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SERVICES FRkANI;Ai D'INFORMATION (MnISTARn Dn LA JEUNUBse, DBS ARTS T DRS LWTTRBB) Direction de la Documentation 14-16, rue Lord-Byron, Paris (8*). BULLETIN DE 18 fevrier 1947. SMINISTERI A DOCUMENTATION FRANCAISE DES AFFAIRES ETRANGERES __________________ _____. QUOTIDI ETRANGERE Nouvelle S6rie N5 97 I. PRESS BRITANNIQUE Revue de la presse brittrnnique du 18 fivrier 1947 1. LA crISe DU CARBON La crise du carbon continue a etre la preoccupation essentielle de la press de ce matin si bien que l'arrivee de la family royale au Cap, l'accueil enthousiaste qui lui a 6t6 r6servd, les paroles d'amiti6 changes entire le roi et le premier ministry de I'Union, n'apparaisseni en g4ndral qu'en place secondaire. On announce une augmentation sensible des stocks de carbon et il semble que la press s'inieresse moins a cette question pro-prement dite qu'l celle de la *main-d'ceu- vre. Guy Eden, dans le Daily Express, announce en man- chette que le Gouvernement va probablement organiser I'immigration de milliers de travailleurs strangers pour re- midier a la p6nurie de main-d'oeuvre ,dans les puits. Cette measure ne manquera pas d'avoir des repercussions sdrieu- ses pour la reconstruction, parce que tout l'effort devra se porter sur la construction de baraquements destines a cet apport de main-d'oeuvre 6trang6re et non sur celle de mai- sons pr6fabriquees destinies i la population sinistrde de Grande-Bretagne. De son c6t1 Broadbent announce dans le Daily Mail que 1'Angleterre cherche a travers toute l'Alllemagne des experts et des spdeialistes a engager. A ce sujet, Peter Zinkin, correspondent politique du Daily Worker, prevoit de violent remous au sein du movement travailliste et un vif mecontentement chez ceux qui depuis longlemps avaient conseill la demobilisation rapide des forces armies comme le moyen le plus efficace de remedier au manque de main-d'oeuvre. Sur le carbon proprement dit le News Chronicle public un article de G. Co.x dans lequel celui-ci declare que le cou- rant l6ectrique sera en parties rendu aux entreprises indus- trielles dans un d6lai assez proche mais que les coupures continueront inddfiniment pour la consommation domesti- que. DBjh certaines usines ont rouvert leurs portes, 35.000 ouvriers ont repris le travail dans le Landshire, 2.300 aux usines Marconi, 8.000 a la Vickers. Toutefois il reste encore plus de deux millions de personnel sans travail. 2. FRANCE Le correspondant particulier du Times h Paris prevoit que la grbve des employs de la press pourra durer plu- siaurs semaines. II mentionne avec ses collogues des autres journaux, l'inoident qui s'est product au siige de l'Bana- niit et au course duquel les membres communists de ce journal ont chasse les grBvistes de l'immeuble. I1 men- tionne dgalement que certain journaux belges pr6tent leurs equipcs de travail i certain journaux frangais et que nime certain de ceux-ci out ddcidd d'avoir recours aux impri- meurs londoniens. Quant au Daily Worker, il voit dans cette grdve une ten- tative des trusts pour rLuiner la press issue de la R6sis- tance. 3. ALLIANCE FRANCO-ANGLAISE Le Daily Worker intitule son court article sur cette al- liance c Pacte franco-anglais. Contre qui ? >. II fait etat d'une depecher Reuter precisant que cette alliance est avant tout dirigee centre 1'Allemagne et quelle sera dtablie sui- vant les principles du pacte franco-sovid'ique. Une diffe- rence important entire ces detux pacts est que ]'alliance franco-anglaise est place dans le cadre de I'O.N.U. et ne pr6voit qu'une vague collaboration eoonomiquc entire les deux pays. De m6me le Daily Graphic announce que cette al- liance defensive de 20 ans sera signde avant la Conf6rence de Moscou. 4. INDOCHINE Le correspondent particulier du Times B Paris ainsi que celui du Daily Telegraph reproduisent 1'cssenticl du com- muniqud du Quartier Gendral des forces frannaises d'Indo- chine. Le correspondent du Times met en relief le fait que lo Viet-Nam incendie systdmatiquement les habitations indi- genes. 5. CONFERENCE DES SUPPLANTS Le correspondent diplomatique du Times donne un bref compete rendu des negociations en course sur le trait alle- mand. II signal que les ddldguds frangais, britanniques et sovidtiqucs se sont mis d'accord en principle sur la c-dation d'une commission permanence de consultation et d'i-Vor- mation au moyen de laquelle les Gouvernements allies pourraient participer A 1'l6aboration du trait allemand. La question qui est restee en suspens est celle de la composi- tion de cette commission. Les deleguds franga!s et britannique estiment que les repr6sentants des quatre grands et ceux de tous les autres Etats interesses doivent en faire parties. Le Ddelgu6 sovid- tique s'y est oppose en d6clarant que fi cette Commission devait Vtre 1'organisme des ministres das quatre grands et les membres en 8tre d6signcs par eux, seuls les quatre grads devraient y 6tre repr6seatis. PRESS -- -P----~ -- U - I- I- ---- 2 BULLETIN QUOTIDIEN DE P1ESSE ETnANGEiIH Le News Chronicle reproduit une depeche BUP selon la- quelle les huit reprdsentants allemands des zones britan- nique et ambricaine auraient decid6 de refuser de signer le trai:4 de paix si on le leur demandait et de paraitre a la ConfBrence de Moscou s'ils y 6taient invites. 6. INDES Le correspondent particulier du Times A Paris .,nnonce que le Gouvernement frangais et le Gouvernement de l'Inde ont decide d'echanger des repr6scntants diplomatiques. (Voir Particle plus loin.) 7. RELATIONS RUSSO-AMERICAINES Une d6peche A.P., reprodui'e par le Times, announce que le General Marshall a envoy une note au Gouvernement sovid:ique pour ripondre aux accusations portics, par celui- ci centre M. Acheson. Ce journal, ainsi que le Manchester Guardian, reproduit une d6peche de leur correspondent ia Washington, signalant que les Etats-Unis ont inauguie hier leur mission radiodiffusee pour la Rusic. Le Gouverne- ment soviktique a Wte inform de cette decision et n'a jus- qu'a present fait aucune objection. Le Manchester Guardian souligne que cette emission ne pourra 6tre captie que par 500.000 rdeeptceurs dans l'ensem- ble du territoire russe. 8. PALESTINE Le correspondent du Times A J6rusalem reproduit mne de- claration de 1'Ageno e juive selon laquelle celle-ci ai'avait pas l'intention d'abandonner la lutte. Elle se preparv'rait a d6fendre sa thBse devant I'O,N.U. et n'admettrait pas que le fait de porter la question palestinienne devant ce Tilbunal international soit une nouvelle measure dilatoire. D'autre part le Daily Herald announce que les Arabcs ne sont pas alsposds a se soumettre sans condition aux deci- sions de I'O.N.U. 9. VENiZUELA Le correspondent diplomatique du Times signal que le SV6nizudla est disposed recevoir 15.00-0 personnel ddpla- cees. a) Les rapports entire la France et I'Inde (Times, 18/2): < Le Gouvernement francais et le Gouvernement in- dien ont d6cid6 d'6changer des repr6sentants diploma- tiques et de donner a leurs missions respective le rang d'ambassade. On peut rapprocher cette information des decisions similaires prises par les Gouvernements amdricain, russe et chinois. La decision qui vient d'etre prise est une consequence naturelle de l'ind6pendance de l'Inde. En dehors de relations commercials et autres rap- ports directs avec 1'Inde, les Francais ont un besoin constant de garder une liaison 6troite avec le Gcuver- nement indien A cause de l'Inde francaise : les cinq comploirs de Pondich6ry, Chandernagor, Mah6, Ya- naon, Karikal. L'intBr&t 6norme don't ont fait preuve les divers organismes nalionalistes indiens a l'6gard des dv6nements d'Indochine est une raison de plus qui explique pourquoi les Francais d6sirent avoir aussitlt que possible des moyens de communication directs avec le nouveau gouvernement int6rimaire de Delhi. Jusqu'A maintenant, le seul moyen de communication 6tait constitute par 1'ambassade de France A Londres. (Du correspondent du Times A Paris.) b) Le conlrdle de 'de nergie atomique (Manchester Guar- dian, 17/2, liberal) : < Le Conseil de S6curit6 a adopt une ligne de con- duite engageante au course de ses d6bats sur le d6sar- mement. Aprbs des semaines de discussion qui ne sem- blent mener A rien, il s'est fix6 un delai limited pour parvenir a une r6alisation quelconque. En consequence, il s'est arrange pour pubher pour le 31 d6cembre le rapport de la Commission de l'6nergie atomique, et s'est fix6 la semaine dernibre deux autres c objectifs ,... Ii est encourageant de noter que M. Gromyko semble avoir adopt une autre habitude, d'un genre nouveau et remarquable, en s'abstenant de voter sans faire usage de son droit de veto. II serait imprudent de con- clure d'apres tous ces signes que I'O.N.U. va enfin abor- der le problme du d6sarmemen.t. Mais, au moins, le Conseil de S6curil6 met de l'ordre dans ses idees et a re6usi a separer ces trois domaines : le d.sarmement general, le contr6le de l'6nergie atomique et l'organi- sation des forces armies des Nations Unies. II est re- grettable que l'atmosphdre soit actuellement obscurcie par les nuages de la a guerre civil am6ricaine qui s'est d6clench6e autour de la nomination de M. Lilien- thal comme president de la Commission de 1'energie atomique, ce qui fait douter de la bonne foi du parti r6publicain au sujet du plan Baruch. > c) Les rapports entire liberaux et conservaceurs (News Chronicle, 18/2, liberal) : c Vers la Libert6 ,, tel est le titre d'un manifest r6dig6 par un group de liberaux et de conservateurs qui out essay de realiser un accord entire leurs parties et qui sera pubii.e demain. Ce document trailed des prin- Scipes gensraux qui d'apris ce group devraient etre appliques aux problems sociaux et 6conomiques de l'heure. Nous n'avons nullement 1'intention d'engager une chasse A I'hdresic centre une fraction quelconque des liberaux. Le parti a beaucoup trop souffert dans le passe des rivalites sectaires. Si des conservateurs qui consid6rent avec amertume le bilan de leurs activities passes et l'impuissance actuelle de leur propre parti souhaitent lutter pour des principles lib6raux, la mar- che A suivre pour eux est claire. Ils devraiefit adherer au parti liberal, car c'est le seul moyen effectif de transformer ces principles en actes. Ce fut l'attitude qu'adopttrent un certain nombre de d6putes et de can- didals conservateurs (et parmi eux M. Churchill lui- meme) lorsqu'ils se trouv6rent places devant un di- lemme semblable il y a plus de quarante ans. Le parti liberal accueillerait 6galement bien les mem- bres du parti travailliste. Maiss les lib6raux ne pourront jamais oublier A quel point les pactes ant6rieurs onl W6t d6sastreux pour l'esprit de leur parti. A cette 6poque de confusion politique et de doute, nous pensions qu'il imported que le parti liberal ne se tourne ni vers la gauche ni vers la droite pour con- clure des alliances, mais qu'il r6tablisse sa position dans chaque circonscription 6lectorale, de facon a se trouver en measure de fournir un gouvernement possi- ble A la nation. Toute autre measure impliquerait, a notre avis, I'aanantissement du parti. > 11. PRESS AMERICAINE Revue de la press amdricaine du 17 fuorier 1947 1. LES RELATIONS AMERICANO-SOVIETIQUES La protestation du gouvernement sovietique, adress6e par M. Molotov A 1'ambassadeur des Etats-Unis I iloscou au su- jet d'une declarationn que le sous-secretaire 4'Etat Acheson aurait faite a la Commission senatoriale de 1'Energie ato- mique, provoque des commentaires dans les 6 dtoriaux et des articles en premodre page portant sur divers as ects des rap- ports russo-americains. BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGARE 3 Solon le New York Times, M. Acheson aurait dtd amen6 & declarer, h la suite d'une remarque faite par le s6nateur Me Kellar: < Je suis conscient du fait que la poli'ique etrangbre sovi6tique est une politique agresrive et expansion- niste. Je pense que Pun des princ'paux efforts que chacun doit faire a I'O.N.U. est de chercher les moyens de rdsoudre les probl6mes ide cette sorte. 3 Le Philadelphia Inquirer declare dans son editorial inti- tul6 : La pure v6ritd est une pilule ambre pour Moscou : I1 est peut-etre regrettable, atant donnd la posi- tion elev6e qu'occupe au DNpardement d'Etat M. Ache- son, qu'il ait fait le faux-pas diplomatique d'appeler les choses par leur nom, mas 'si M. Acheson ou toute autre personnel a declare que fa politique suivie par I'U.R..S. depuis la fin des hostilities de la deuximme guerre a 0t6 aggressive et expansionniste, il ne fit que constater un 6tat de chose... > Le BaHtimore, Sun, dans son editorial, constate que beau- coup de senateurs considerent que M. Acheson n'a fait qu'ex- primer une vrite, mais il ajoute qu'il ne fait aucun doute qI'au course des derniers mois la politique sovietique fut plus moder&c que par le passe. II conclut en souhaitant que les Etats-Unis restent fiddles h l'engagement qu'ils prirent do liver du materiel pre-'bail d'une valour de vingt-cinq millions de dollars A l'U.R.S.S. Les correspondents a Moscou du New York Time*i et du New York HeralId Tribune signalent les attaques des Izvestia centre le recent discourse de IM. Dulles qu'elles accusent de , fomenter avec la Grande-Bretagne une attaque militaire centre la Russie b. Dans unte tude de la question allemande vue de Moscou, Middleton, correspondent du New York Timen;, estime que l'attitude sovidtique hA regardd de la question allemande s'est sans doute raidie A la suite de deux Avdnements r6conts : l'unification des zones d'occupation amiricaine et britanni- que et la publication du plan Dulles. Middleton remarque que les Soviets craignent de voir imposer au people alle- mand un avenir qui ne sera pas de leur gout et prcconisent une participation de ce peuiple a sa future organisation. Cela entraine, dit-il, la reconnaissance du fait que les Russes consid6rent que les forces d6mocratiques et progressistes en Allemagne sont actuellement capable de travailler h cette rdorganisation. Middleton relive 6galement les craintes russes de voir les industries allemandes tomber sous la coupe du capital anglais et am6ricain. Une d6peche United Press de Washington declare que les Etats-Unis, afin de renforcer un gouvernement europeen amical et non communist, viennent d'accorder un second credit de 15 millions de dollars A la Hongrie pour acheter des surplus de materiel de guerre amiricain. D'autre part, ]es journaux annoncent qu'A partir d'aujour- d'hui, 1'Amdrique dirigera sur la Russie un programme en russe de radiodiffusion par ondes courts, afin de faire connattre aux auditeurs sovi6tiques le point de vue ameri- cain dans les affaires mondiales. 2. QUESTIONS ALLEMANDES Une d6p&che de Berlin au New York Herald Tribune et une de Londres a la mime feuille signalent une recrudes- cence de l'csprit nationalist allemand. La premiere cite une declaration de Hugo Buschmann, ancien administrateur de la zone d'occupation russe indiquant que < le chauvinisme en Allemagne existed apartout et qu'il est p'us rampant qu'avant la guerre. ) La second depeche cite l'avertissement donn6 par le ComitA international pour 1'6tude des questions curopeennes que, c si les dv6nements con'inuent A suivre la tendance actuelle, un giant pourrait trbs bien apparaitre dans quelques annaes, dans une Allemagne renaissante ,. Par ailleurs. une c'i6pche de Berlin au New York Times signal que 'n champagne de recrutement ,de mrneurs pour la Ruhr ne donne pas de hons rdsultats dans la zone d'occu- pation amrica''ne ois les A'lemands montrcnt peu d'cmpres- sement A 'ravaillcr dans les mines. Un Adi'orial du Chicago Sun rcnd hommage au plan fran- gais pour la Ruhr, d6clarant que l'Al'emagne ne punrrait ipas devenir a un pion dans la lutte entire la Russie et l'Ouest >, si la suggestion franCa'se de placer les inurustries- clefs de la Ruhr sous l'autorit6 des Nations Unies 6tait accepted. Un editorial de Boston, dans le DaiPly Globe, constate lui aussi que le plan francais cherche A eviter a une scission entire 1Est t et'Ouest qui donnerait a P'Allemagne un allied et entrainerait A nouveau une catastrophe >>. L'dritor'al sympathize avec attitude frangaise A l'gard du Reich. Dans le Washing"on Post de dimanche, Andr6 Vinsson passe en revue I'attitude des Be'ges et des Hollan- dais Ah l'gard du plan francais pour la Ruhr. II constate qu'ils sont favorables aux theses politiques soutenues par la France, mais qu'ils ne sont pas en faveur d'une partici- pation sovietique au contr6le de l'Ouest. Ils verraient egale- ment, avec crainte, un tra'tement s6vre de l'Al'emagnc qui ferait disparaitre les invcstissements financiers ou'is nossi- daient avant la guerre dans cc pays c'est ponrquoi. ils se- raient rgalement opnosCs << Ia socialisation des industries allemandes u proposes par les Bcitanniques ct h < l'inter- nationalisation > de ces industries proposed par les Francais. 3. SITUATION INTERIEURE FRAN.AISE Une ilepuche de Cal'ender au New York Times faith ressor- tir la situation difficile ou se trouve l'agricnlture franchise par suite des geldes et l'aide que la France attend de l'Ame- rique, princinalement en semences. Anne Mc Cormick, dans le New York Times, prcconise une aide americaine continue A la France et f la lGraide-Breta- gne qui traversent dit-elle, des crises economiques. El'e con- sidere qne ]a position amerinoine cst plus forte si ces d6mo- craties demeurent bien etablies. Par ailleurs. ds depnches de Paris au New York Timers indiquent oue le gouvernement se trouve nlac6 devant le grave pro.bl6me de 'augmentation des salaires. Callcnder ecrit : g Dans les milieux officials, on est convaincu une les communists ne veulent pas forger une crises, mais qu'ils veulent demeurer dans le cabinet pendant la conference de Moscou... Cette thdorie fai' annaraltre l'espoir d'un compromise sur la question des salaires. a) La cruise dr charboix en Grande Brelagne (New York Herald Tribune, 17/2) : c La question essentielle est de savoir si le g6nie politique du people britannoque. qni a soutenu l'esprit de ses ins'ilutions avant les violent courants doctri- naires qdi ont dE er' sur le monde A des epoques troubles. peut suonorter ce novel assist. En mettant les chose au m;eux, In Grand-Bretagne aurait toujours 6e oblique de faire face A une epreuve supreme dars cette p6riode dc I'anrcs-guerre. Son peu- ple est fatigue pres.que jusqu'A i'6puisement ; la struc- ture de son Empire et de son 6conomie est Abranle jusque dans ses fondements. Mais elle a tirn parti de *ses resources d6clinantes avec courage et discipline ; elle a adopt, de nouveaux principles qui ne constituent pas une rupture avec le cnracfdr, de leur graind- tradi- tion. Des prob'dmes et des difficult6s rroi auraient en- voy6 d'autres pDeinles sur les bmrr'cades. on otui les anriient nmends A s.? nlcc"r sins la pro'ec-innr i"luvolre de la dictature. ont A'I r6g'6s aux urnem, daqis des dis- cussions publiques at au Parlement. Et teant que la 4 BvwLLnF QUOTUIZXN' Ds 12131SX ATwIGa*l Grande-Bretagne demeure un symbole de stability, mal- grd ses difficutl6s, il y a de 1'espoir pour les autres nations qui se trouvent places devant les sombres pro- bl6mes de I'apr6s-guerre. Ce symbol si n6cessaire pour le monde est d6fendu dans des bureaux gouvernementaux 6clair6s A la bou- gie et dans des mines recouvertes de neige. Et les Bri- tanniques sont en train de reporter leur lutte centre le d6sespoir et la violence, malgr6 le froid, comme ils 'ont remport6 sous les bombes. Mais ils meritent que l'on fasse preuve de sympathie et de comprehension A leur 6gard dans cette 6preuve sympathie pratique, quelle que soil la facon don't elle puisse le mieux s'ex- primer, et comprehension du r6le que la Grande-Bre- tagne doit jouer pour fair revivre le bon sens en Europe-'et dans le monde: b) Les Etats-Unis et I'Ammrque latine (New York He- rald Tribune, 18/2, edit. europeenne) : < Si l'ambassadeur Messersmith regoit la pleine ap- probation de Washington pour continue la politique qu'il a WtB primitivement autoris6 A suivre, la solida- rite interamdricaine sera restauroe et le systbme r6gio- nal des Etats d'Amerique pourra de nouveau fonction- ner. Par centre, si l'on permettait A ses adversaires au sein du gouvernement de poursuivre leur champagne actuelle, il deviendrait impossible de mener cette tache & bonne fin. Les membres de la Commission des Affaires 6tran- gBres qui estiment necessaire une prompted restauration de l'unild de l'hlmisphere et de ]a conclusion rapide .d'un trait de defense pour celui-ci traite qui n'est pas encore conclu du fait de la politique r6cente du D6parlement d'Etat), rendraient service A la nation s'ils examinaient tous les details de cette situation pour 6tablir avec certitude quels sont les individus et les influences qui sont responsables d'une champagne qui va a 'encontre des interets les plus important de ce pays et de tous les Ambricains. , (SUMNER WELLES.) m. PRESS SOVIETIQUE Revue de la press soviitique da. 16 fivri r 194'; Tons les journaux publient un communique du ministbre -des Affaires 6trang6res de I'J.R.S.S. suscit6 par un jugement de M. Acheson sur la politique 4trang6re de la Russie. A l'occasion de la publication des textes des traits de paix avec les ex-satellites de l'Allemagne, les rulb-iques dtrangrres prennent, dans les grands quotidiens, des dimen- sions inusitdes. La politique anglo-am6ricaine demeure toujours nne des preoccupations predominantes. Les journaux en ,d6noncent les tendances dangereuses et l'etudient : 1 sons I'espct de la politique ,aenrale et 20 de ses rapports avec l'Allemagne. Dans sa chronique, Viktorov signal les fausses nouvelles anti-sovi6tiques. 1. -- LE COMMUNIQUE DU MINTSTIRE DES AFFAIRS TRHANGfiRES DE L'U. R. S. S. Le 10 fevrier 1947, lors de l'examen, par le SBnat des U.S.A., de la question de la nomination de M. Lilinthal comme president de la Commission de 1'energie atomique, le senateur Mac Kellar, s'adressant au secretaire d'Etat adjoint, M. Acheson, s'est permits de demander : c Ne pensez-vous pas que la Russie s'emparerait des restes de 'Europe et du monde, si elle possddait la bombe atomique ? En reponse A cette grossiere attaque du s6nateur Mac Kellar portde centre l'Unlon Sovi6tique, .M. Acheson, serrdtaire d'ltat ad- joint, a declare : a La politique ext6rieure de la Russl* est aggressive et expansionniste. Le compete rendu de cette seance du Senat contenant les declarations ci-dessus repro- duites de M. Acheson a 6td public, le 11 fevrier, par un certain nombre de journaux americains (Washington Post, New York Herald Tribune, etc.), ainsi que par l'agence United Press. Le 14 fdvrier, le ministry des Affaires etrangeres de I'U.R.S.S., M. Molotov, a address& A 'ambassadeur des Etats- Unis a Moscou une note dans laquelle il indique que le gouvernement sovietique attire attention du gouvernement des Etats-Unis d'Amerique sur la conduit inadmissible de M. Acheson qui s'est permis, sans 6gard pour sa situation officielle, de faire au Senat une declaration grossierement calomniatrice et hostile & 1'iJnion Sovidtique. Le gouverne- ment des Soviets demand aussi, dans la note, que ce qui a ete expos plus haut soit portd6 la connaissance du gouver- nement des U.S.A. 2. LA SIGNATURE DES TRAITS DE PAIX AVEC LES EX-SATELLITES DE L'ALLEMAGNE Les Izvestia, la Pravda, l'Etoile Rouge entreprennent la publication des textes des traits de paix avec les ex-satel- lites de 1'Allemagne et donnent, pour commencer, le texte du trait signed avec l'Itakie. Les m&mes organes consacrent leurs editoriaux de la page I A commenter la signification de ces actes diplomatiques. On relieve, en outre, dans la chronique international de Viktorov (Pravda) un d6veloppement cob- sacrde I'interview accord6e & Paris par le plenipotentlaire Itallen. 3. LA POLrr~QUE ANGLO-AM RICAINE Celle-ci est etudiee d'abord sons son aspect 6neral. Au compete rendu analytique donnd par la Pravda des discus- sions qui ont eu lieu au Conseil de Securit6 touchant le pro- blame de la reduction des armements, tons les journaux ajoutent le texte du discours prononc6, a cette occasion, par M. Gromyko. En outre, une contre-offensive est nettement entreprise centre les accusations d'impdrialisme lancees centre 1'Union Sovietique aux Etats-Unis d'Am6rique. Tous les journaux reproduisent le communique du minister des Affaires etran- geres de I1U. R. S. S. relevant la protestation que le gouver- nement sovidtique a formulee centre les rdcentes assertions de M. Acheson touchant le caractere expansionniste et agres- sif de la politique de 1'U. R. S. S. Dans les Izvestia, I'acad6micien Tarle denonce la manoeu- vre tentde par M. Dulles en vue de faire passer les U.S.A. pour un rempart centre les appetits sovidtiques. C'est ensuite la politique anglo-americaine a l'egard de 1'Allemagne qui retient attention des journaux sovi6tiques. La Pravda reproduit Particle que, dans le numdro 7 de la revue Navoie Vremia, Rubinstein a consacrb au transfer des brevets d'lnvention allemands aux trusts anglo-ambricain. Dans la chronique international du meme journal, Viktorov souligne le bien-fondd des revendications prdsentdes, I la Conference des Adjoints, par les ddelgu6s de 1'Ukraine et de la Russie Blanche. II relive notamment que ces pays ne reclament ni I'aneantissement de l'Allemagne, ni son dimem- brement. mais sa transformation en un Etat pacifique et ddmocratique qul serait prive de la possibilPi de redevenir une force aggressive. 11 oppose A ces vues claires et concretes les tentatives de la revue britannique l'Economist pour di- viser, au sujet du problbme allemand, les puissances entire PEst et l'Ouest. 4. LES FAUSSES NOUVELLES ANTI-SOVIATIQU'ES Les fausses nouvelles anti-sovi6tiques constituent le theme des deux derniers d6veloppements de la chronique de Vik- torov. Le premier traite de la diffusion par PA.F.P. de la nou- velle d'un partage d'influence anglo-sovidtique dans le Proche-Orient. A cette occasion, la Pravda rappelle que c'- tait devenu une tradition pour P'agence Havas de lancer des canards anti-sovi6tiques et ajonte que, sur 'c point. l'agence France Presse suit l'exemple de son at&ne. BuLLn1D *UOTYafT Bi Pr8sn *tiAn@x1e 2 5 L* ea-ond signale 'annonce, par I* Manchester Guardian, de I'arrivde de 200.000 ressortissants sovittiques en Bulgarie < pour y assurer influence russe et se borne A demander ce que le Manchester Guardian va bien inventer, la prochaine fois, pour faire rire ses lecteurs. a) LA SIMILITUDE DES POINTS DE VUE DE MMI DULLES ET CHURCHILL (Isvestia, 16/2) : c Rarement des hommes politiques ayant une cer- taine responsabilit6 se sont exprimes avec autant de franchise que le leader r6publicain John Foster Dulles, dans ses dernieres declarations, et en particulier dans le discours qu'il a prononc6 A l'assembl6e national des 6diteurs A New-York. Le discours de M. Dulles, c'est l'6cho du discours de M. Churchill A Fulton. Churchill masquait a peine sa pensee en disant en substance : Unissez-vous vite a 1'Angleterre, et dB- clenchez une attaque militaire contre la Russie pen- dant que les Russes n'ont pas encore la bombe ato- mique. 3 M. Dulles, masquant a peine sa pens6e, lui aussi, r6pond : c D'accord, M. Churchill. Nous, repu- blicains, sommes prets A active la chose. 3 II n'est pas possible d'interpr6ter autrement les d&- clarations de M. Dulles, expert official du parti r6pu- blicain pour tout ce qui concern la politique inter- nationale. II attribue a l'Union Sovi6tique l'intention de vou- loir dominer le monde, et declare que : la solidarity de P'h6misphere occidental est A la veille d'une dure 6preuve ,par suite des succ6s de la propaganda effec- tive de 1'Union Sovi6tique. II pretend kgalement que c les movements r6volutionnaires en Indochine fran- gaise et dans les Indes n6erlandaises sont encourages par des dirigeants sovi6tiques ,. Et M. Dulles pr6conise le moyen de combattre ces < calamit6s ,. Ce moyen, c'est la formation rapide d'un bloc militaire compre- nant les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France (ce n'est pas par hasard qu'il avait mentionn6 l'Indochine) et, en g6enral, tous les Etats europ.ens qui desirent prendre part A cette croisade. Un fauteur de guerre ne peut pas oublier l'Allemagne, et naturellement M. Dul- les recommande t le developpement du potential in- dustriel de l'Allemagne occidentale dans l'int6ret de 1'Europe occidentale, don't fait parties 1'Allemagne >. Ce qui veut dire qu'il faut transformer les zones d'occu- pation ambricaine et britannique en une place d'armes solide, en une base industrielle pour les armies du bloc anti-sovi6tique. (TARLE.) b) APRAS LA SIGNATURE DES TRAITS DE PAIX AVEC LES EX-SATELLITES. 1. Pravda (16/2) : < L'analyse des traitBs d6montre qu'ils sont justes. Ils ne laissent pas impunie la participation A l'agres- sion hitlerienne, et donnent satisfaction aux revendi- cations legitimes des Etats qui en furent les victims. Rien, dans les textes des trait.,s, ne fait obstacle A la souverainet6 de l'Italie, de la Roumanie, de la Hongrie, de la Bulgarie ou de la Finlande. Leurs clauses assu- rent a ces pays leur ind6pendance territorial et 6co- nomique. 3 2. Krasnata Zvezda (16/2): 1 II va de soi qu'il ne sufflt pas seulement d'applau- dir la signature de ces traits, mais qu'il faut veiller A ce que leurs clauses solent reellement appliquese. L'Unibn Sovibtique, qui a tant insist pour une signa- ture rapide des tiait6s, luttera avec non moins d'insis- lance pour que ces textes se traduisent eompl6temen.t et effectivement par des faits, en particulier en ce qui concern l'elimination du fascisme. Dans les pays qui participerent A la guerre aux c6t6s de l'Allemagne hitl6rienne, les traces du fascisme sont encore sensibles. C'est pourquoi il convient d'accorder une attention particulibre aux clauses des traits pre- conisant l'abandon des principles fascistes et le renfor- cement des bases d6mocratiques. > 3. Izuestia (16/2) : e Les milieux imperialistes ont voulu se servir des traits de paix comme d'un instrument pour affermir leur influence economique dans les pays vaincus. En fait, ils voulaient qu'on revint aux conditions d'avant- guerre, au temps ou les petits pays 6taient une mon- naie d'echange dans le jeu des interets imp6rialistes. A la Conference de Paris, et aux reunions du Conseii des Ministres des Affaires 6trangeres, les d6lgu6s de l'Angleterre et des U.S.A. ont tout fait pour revenir aux conditions de Versailles. Ils voulaient assurer A leur pays des privileges. Ils insistaient pour faire adop- ter des clauses 6conomiques qui auraient pu equiva- loir A l'asservissement des satellites. Dans toute une s6- rie ,de cas, les repr6sentants des puissances anglo- saxonnes s'efforcerent d'imposer leur volont6 aux peu- ples qui avaient bravement combattu 1'ennemi com- mun. , IV. PRESS POLONAISE a) La politique anglo-amldrtcaine vis-a-vis ide I'Alle- mcagne (Rzeczpospolita, officieuse, 16/2) : < Depuis les recentes declarations formul6es par des personnalites marquantes -du parti republicain sur la politique MtrangAre des Etats-Unis, on n'ignore plus que les capitalists am iricains et anglais ont un int6ret de plus en plus grand au maintien, dans les zones occi- dentales de l'Allemagne, de I'industrie allemande qui devient du reste peu A peu leur p'ropriWte. De lA la tendance A s6parer 1'Allemagne de l'ensemble econo- mique allemand, A fragmenter pour cela 1'ancien Reich en plusieurs entities, A eviter enfin les differen:ds pou- vant s'6lever en matiere de reparations. II apparait de plus en plus clairement que la politique des Etats-Unis vise A faire de l'Allemagne occidentale une colonie plus ou moins camouflAe du capital ambricain. A cela se rattache le rachat en course des entreprises industrielles allemandes par les AmBricains. Le fait cependant qu'il existe de telles ten'dances n'indique en aucune fagon qu'elles doivent 6tre cou- ronnees de succ6s. En verite, la politique .trang6re des Etats-Unis, quand elle passe de la phase theorique et des programmes A celle des r6alisations, subit des alt&- rations continuelles, parce qu'elle se heurte alors A la politique 6trangbre -des autres pays, politique qui A son tour se trouve Wtre 1'expression 'des interAts des dits pays. Le 10 mars s'ouvrira A Moscou la Conference des ministres des Affaires etrangBres. Chacun .des quatre mi- nistres represente un pays ayant son programme, ses interAts et ses objectifs propres. La tAche de la Conf6rence sera d'atablir la r6sultante des ides ida ivergentes ainsi que le minimum necessaire A la prise dtune decision commune. Ce minimum, c'est I'admission du principeque les pays Id6truits 'par 1'Aille- magne doivent gagner sur elle la course 6conomique. Le d6tachement de 1'Allemagne occidentale et son assi- 6 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE milation 6conomique, base sur une combinaison quel- conque de l'ouest europeen, ne rentre en aucun cas dans le cadre de ce minimum ). h) L'O.N U. ert la question diu disormment (Robotnik, socialist, 17/2) : ( Avec le plan de desarmement qui doit 8tre 6labori par 1'O.N.U. 'la question se trouve transfl6re sur un plan plus concrete. D6sarmement veut dire A l'heure actuelle, non seulement I'aneantissement des espoirs de tous ceux qui competent sur une troisimme guerre, mais aussi le retour A une activity economique normal de centaines de milliers de bras. Si on consider, par example, le cas de I'Angleterre, on pent dire que le d6- sarmement signifie pour elle quo plus de 2 -millions d'Anglais qui idemeurent jusqu'h present, soit dans l'ar- mne, soit dans les usines d'armement, reprendraient une occupation normal, s'integrant ainsi dans le cycle de la production. Pour ce qui est de la Pologne, le Pr6sident du Con- sell, M. Cyrankiewicz, a declare que dans le courant ie fevrier et de mars 1947 de nouvelles measures de demobilisation allaient intervenir. La Pologne d'apres- guerre a dejA fait .connaltre A plusieurs reprises qu'elle est partisan du desarmement le plus large. Et c'est pour- quoi nous nous rejouissons chaque fois que l'il'e du dssarmement faith *un nouveau progres sur le plan inter- national >>. V. PRESS SUISSE LE PROJECT DALLIANCE FRANCO-BRITANNIQUE. 1. Nere Ziircher Zeitung (17/2, edit. du martin : < Ces jours derniers des milieux britanniques auto- rises ont pr6cis6 leur position au sujet de la signature du trait; A Londres, on ne desire pas attendre plus longtemps, an cas oh la France serait prite A signer... Que s'est-il passe pour que les Ang:ais se soien. sentis depuis peu beaucoup plus d6sireux de voir les n6go- ciations s'acc6l6rer? D'abord on se rend compete dansl ia capital britannique qu'a Pai-is l'initiative praise par M. Leon Blum n'exercera peut-6tre pas ind6finiment ses effects. En reprenant son ancien portefeuille, M. Bidaull a bien d6clar A Al'ambassadeur de Grande-Bretagne qu'il avait l'intention de poursuivre dans la voie oil M. LAon Blum s'est engage. Mais les -deux grands parties, commu- nistes et M.R.P., ont deja rappel6 que, ,comme par le passe, ils entendaient faire d6pendre une alliance de concessions britanniques dans la Ruhr et en Rhenanie. Sans doute un examen plus attentif montre-t-il que les chefs de parties ne projettent pas reellement 'de mettre cette menace A execution et que, Vdans le fond, ils sont disposes aujourd'hui encore A laisser conclure sans op- position une alliance avec l'Angleterre. Toutefois, cet etat de choses pourrait se riodifier en quelques semaines on en quelques m.ois dans la chaleur des luttes int6- rieures. Ensuite, la Grande-Bretagne ne craint plus, come au debut, que l'Union Sovi6tique ne voie dans un trait l'alliance franco-britannique le germe d'une c fed6ra- tion de l'Europe occidentale >, qui pourrait etre dirig~e contre elle. En effect, la France travaille A une alliance avec ia Tchlcoslovaquie; et, d'un autre c6te, les conver- sations anglo-russes ont dejA commene6 dans les co-u- lisses. En outre, au course des derni6res semaines la propaganda sovi6tique a de nouveau administer aux Anglais une legon de tactique en matibre 'de politique et de diplomatic, qu'ils ne pourront ais6ment oublier : les Russes leur ont montr6 que des concessions faites a leur pays ne seront guere de mise aussi longtemps que celui-ci n'aura pas envie d'en faire de son c6l6. Tout compete fait par consequent Londres est entidrement dispose aujourd'hui a signer le trait d'alliance avant la Conference de Moscou >. (Du correspon'dant de la Neite Ziirciher Zeitung a Londres). 2. Basler Nachrichten (17/2, edition du soir) : < La conclusion et surtout I'application .d'un trait d'alliance efficace entire la France et l'Angleterre n'iront point sans peine. Bien qu'un accord sur les questions allemandes ait cess6 d'etre une condition pr6alable, cet accord n'en d6terminera pas moins le sort !du trait. Comme pour le pacte franco-sovi6tique, la defense contre une attaque de l'Allemagne figure au centre des preoccupations. Des examples classiques montrent que la volont6 de conjurer un danger lointain ne fournit pas un contenu suffisant A un trait d'alliance. L'Angle- terre et la France sont de grandes puissances coloniales et, A ce titre, elles sont aux prises avec des embarrass ccmmuns don't e'les peuvent mieux triompher unies que s6p-arees. Mais comment la France 'd'aujourd'hui pourrait-elle contractor et remplir des obligations dans ce domaine? Certaines difficulties ext6rieures avec la crise int6rieure qui en r6sultera ne seront-elles pas in- surmontables? M6me sur le plan economique, l'harmo- nisation des interets est une oeuvre rien moins qu'ais6e. Mais si le nouveau pacte comporte seulement une assu- rance centre un danger allemand tr6s loign6, il ne fera qu'enrichir la collection des parchemins st6riles >. (Du correspondent des Basler Nachrichten a Paris). ANNEXE a) Inte!view de M. Ramadier tm correspoaidant de l'Uni- led Prcss (13/2) : La press ambricaine donne une large place a l'inter- view accord6e par M. Paul Ramaldier, Pr6sident du Conseil des ministres de la R6publique Francaise, a Jo- seph Grigg, correspondent de ''United Press A Paris. Nous reproduisons ci-dessous 1'article de Joseph Grigg. 13 fe rier. Dans une intervi.-w exclusive accordee A l'United Press, M. Paul Ramadier, Presildent du Conseil, a affirm que jamais encore depuis la fin de la guerre les chan- ces de paix n'avaient 6t6 aussi favorables qu'actuelle- ment, et a exprim6 l'espoir que la Grande-Bretagne, la France et 1'Union Sovi6tique, feraient, apres la conclu- sion prochaine d'une alliance franco-anglaise, une d6- claration tripartite commune affirmant leur amiti6 et garantissant leur assistance mutuelle. Le chef du dernier gouvernement francais de coali- lion a regu le correspondent de 1'United Press dans le salon de l'Hotel Matignon qui sert actuellement de bureau aux premiers ministres frangais. En raison de la p6nurie de carbon qui rbgne en France, le bureau etait A peine chauff6, bien qu'il gelit dehors. Interrog6 au sujet de la possibiiit6 d'un resserrement des relations politiques entire les Etats-Unis et la France, M. Ramadier a r6pondu : 13ULLETIN QUOTIDIEN DIE PRESSE 9TRANGtRE 7 ( Cela ne depend pas de nous seuls. Mais nous sommes prkts a nous mettre d'accord avec les Etats-Unis en vue d'une cooperation plus 6troite aussi bien avec ce pays qu'avec tous les autres pays pacifiques. Le mot alliance n'est pas le mot just. On devrait parler plut6t de pacte d'amiti6, et un tel pate n'est pas exclu de notre horizon politique. Je ne crois pas que les Etats-Unis aient jamais sign une alliance avec un autre pays quel- conque, mais do notre c6te, it n'y aurait aucune difficult6 au sujet d'un pace d'amiti6. o M. Ramadier a declare qu'il ne croyait pas possible la conclusion d'une alliance tripartite anglo-sovi6to- frangaise, mais a ajout6 : < On est en droit de souhailer que 'a conclu- sion de alliance franco-anglaise soil couronnee par une declaration commune des trois puissan- ces. Ce serait un facteur d6cisif pour la paix euro- p6enne. > Le President du Conseil a declare qu'A son avis la tension entire la Russie So'vi6tique et les puissances oc- cidentales avait sensiblement 'diminu6 ces temps -der- ,niers : c On peut dire actuellement qu'il exisle une r6elle detente et une volont6 de rapprochement. La Russie s'efforce d'obtenir des relations plus 6troites avec la Grande-Bretagne, et la Grande- Bretagne a une attitude identique a l'6gard de la France; et je suis persuade6 que les recents efforts faits par M. Leon Blum A Londres en vue de la conclusion d'une alliance franco-anglaise abouti- ront A de tangibles r6sultats. Ainsi des points ont 6t6 jets entire I'Ouest et I'Est; les relations deviennent plus 6troitcs et il n'y a pas de conflict en vue. Sans doute toutes les difficulties n'ont pas k6t surmont6es et l'on ne peut dire sans mentir que toute trace de m6fiance a disparu. Mais l'atmosphbre est nettement moins ten'due et il n'existe aucune 6ventualit6 de conflict ni volont6 de conflict de part et d'autre. > Interrog6 au sujet de l'attitude de la France au course de la prochaine conference des quatre ministres des Affaires 6trang6res qui se tiendra i Moscou, M. Rama- dier a r6pondu franchement que la France 'demanderait avec insistence que soit accepted l'id6e d'une f6d6ra- tion souple des Etats allemands,'la Ruhr 6tant 6cono- miquement s6par6e du reste de l'Allemagne et le bassin de la Sarre 6iant compl6tement int6gr6 A 1'6conomie in- t6rieure frangaise. < Notre recent memorandum sur la Ruhr a tent6 de concilier l'ide6 de la separation 6conomique de cette region et de son maintien dans l'orbite politique de l'Allemagne. Mais le point sur leqpel nous insistons absolument est l'internationalisa- tion Bconomique de la Ruhr. I1 est evident qu'il doit y avoir une interdependance en're le statut politique et le statute 6conomique de cette region. Pour que nous puissions 6tre certain que la Ruhr ne sera pas a la disposition d'une future Allema- gne aggressive semblab'e a l'Allemagne hitl6rienne, il est indispensable de placer cette region sous un regime 6conomique special, et cela entrainera 6videmment des consequences polili-ucs. Nous ne demandons ni l'annexion de la Sarre ni son incorporation dans l'Etat frangais. Nous demandons simplement qu'elle soil incorpor6e A 1'6conomie franchise. Cela aurait aussi des roper- cussions politiques; mais cela ne revient pas i une annexion. Nous ne demanderons pas d'an- nexion et aucun gouvernemcnt francais ne la de- mandera jamais. > Harcel par une nouvelle vague de groves et par les menaces qui se sont manifestoes centre sa champagne < pour sauver le franc >, le President du Conseil a accord la prscente interview dans ses moments libres entre les conferences avec des dirigeants politiques et des chefs du monde du travail. Comme le corrcspondant de l'United Press lui de- mandait s'il pensait pouvoir cmpecher une hausse des salaires tout en continuant a baisser les prix pour 6vi- ter une inflation g6n6rale, M. Ramadier a r6pondu par l'affirmative, manifesiant a cet regard une grande con- fiance. < Je suis persuade que nous pouvons poursuivre avec succ6s notre politique aceueile des prix et des salaires. II est certain que les travailleurs qui ne gagnent pas assez pour vivre qui ne peu- vent assurer leur pain quotidien doivent rece- voir le necessaire A leur existence. Mais la poli- tique du gouvernement concernant les salaires maxima et la baisse des prix doit cire poursuivie jusqu'h son terme. Et je suis fermement convai.ncu que la France peut 6vilcr uine inflation effr6nde et la faillite du franc ct qu'clle le fera. > Le correspondent de l'United Press a demand alors: < Pensez-vous que la France peut devenir communist, comme la crainte en a WtL exprime it l'6tranger, sur- tout aux Etals-Unis ? > M. Ramadier a r6pondu : < Je crois que la France prend de plus en plus conscience du faith que les communists francais ne sont pas un corps 6trnnger dans la nation, mais au contraire un linment de la nation come les autres parties. < En rcconnaissant leur influence, qui est jus- tifi6e par la force numinrique, nous verrons le probl6me comnmunistc sc transformer progressi- vement et cesser d'tere co qu'il etait avantla guerre et surtout il y a une quinzaine d'annses. Nous ne d6siruns pas exciure los communisles de la nation pas plus que nous ne voulons 'qu'ils s'en excluent cux-mimes. Mais nous devons leur demander une collaboration loyal et sincere. Je me felicite que, dans mon government, ils aient faith preuve de comprehension et de moderation. > Interrogi au sujet de cet autre important problem frangais d'aujourd'hui la guerre d6clar6e dans les riches territoircs francais d'Indochine, M. Ramadier a dit qu'il n'cxistait pas i I'heure actuelle de gouver- nement vietnamien avec lequel la France puisse traitor. ( Tous les accords 6crits o.nt 6t rompus par l'agrcssion vietnamienne, suivie par les odieux massacres et les acles de cruaute ct de barbaric, et par les destruction syst6matiques incroyables a notre 6poque. L'excmple le p!us lypique de ces destruction a Wte sans doute I'an6antissement de l'Institut Pasteur h Hanoi. Pour que nous puissions n6gocier, nous devons avoir affaire A un gouvernement libre, repr6sen- tant un people vietnamien libre. A l'heure ac- tuelle, il n'existe pas de gouvernement de ce genre avec lequel nous puissions traiter. 8 WIULLrnN QVOTWIEN OR PFIRME tMThA-N AE Nous affirmons, comme nous l'avons toujours fait, que la France est pr&te i accepter un Viet- nam libre dans le cadre d'une f6edration indochi- noise et de l'Union frangaise. La France n'a pas le moindre d6sir de r6tablir en Indochine un pro- tectorat ou un regime colonial. En reprenant Ha- noi et Hue, nous avons manifesto notre force ; mais notre but est aujourd'hui de nous 6tablir comme conseillers centre les-divers peuples ind6- pendants de 1'Indochine. La France ne veut 6tre ni maitresse ni tutrice, mais institutrice et con- seill6re. J'esp&re que les Vietnamiens le compren- dront lorsqu'ils se seront rendu compete de 1'inu- tilit6 de leurs actes de violence. >> b) Interview du President RBnmadier au correspondent de I'Associated Press (15/2) : Interrog6 sur la politique exterieure de la France au course d'une interview qu'il a accord6c au correspon- dant de l'Associated Press, M. Paul Ramadier, president du Conseil, a declare que cette politique, basee sur le principle .de la mediation entire 1'Est et l'Ouest, demeu- rait sans changement. a Nous ne la changerons pas, a-t-il precise, parce que nous ne pouvons pas lp chan- ger. >> Apres s'6tre refuse a prendre au serieux les bruits selon lesquels la France avait l'intention de se placer aux c6t6s de la Russie et centre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis h la prochaine conference de Moscou, M. Paul Ramadier a ajout. : Nous n'attachons pas moins de prix a l'amilie britannique et americaine qu'i l'amitie russe. A Moscou, la France s'emploiera a rechercher une synth6se centre les divers points de vue qui pour- ront se fair jour parmi les Allies au sujet du traite allemand. > On a dcmande h 3I. Ramadier s'il poursuivrait dans lcs conferences internalionales la politique de neulra- lit6 tell tlu'elle a kte fixCe dans ses grandes lignes par le g6ndral de Gaulle et poursuivie cnsuile par M. Georges Bidault. M. Ramadier a rdpondu : < Nous no pouvons pas avoir d'autre po itiquc. Nous sommes en Europe, places centre l'An:irique et la Russie. Peut-6tre si nous 6tions en Afrique ou en Amnrique latine... > Sans completer la phrase, le chef du gouvernementc a poursuivi : Pcnsez a la Belgique, A ]a Hollande, a la Suede, A la Suisse. Tous ces pays se trouvent pla- ces, come le n6tre, entire deux grandes puis- sances. > Revenant sur l'attitude de la France A la conference de Moscou, le president Ramadier a faith remarquer qu'un alignement de la diplomatic frangaise sur celle de la Russie 6tait hors de question parce que, a-t-il dit, la politique allemande de la France a ne coincide pas cxaclement avec la politique allemande de la Russie, pas plus qu'avec celle des Etats-Unis ou de la Grandc-Brctagnc. > La politique etrangere de la France est-elle condi- tionn6e en premier lieu par sa situation geographique et sa vuln6rabilit6 aux invasions terrestres ou par la crise iconomique qu'elle traverse et qui rend indis- pensable pour elle l'aide des nations anglo-saxonnes ? A cette question, le President du Conseil a r6pondu : ( La position geographique de la France en Eu- rope est un facteur invariable de notre politique. Ceci ne veut pas dire, toutefois, que nous soyons condamnds A une alliance exclusive avec la Rus- sie. La crise dconomique est un facteur variable, 'qui peut imposer a notre politique 6trangBre des changements d'accent exig6s par les circonstan- ces. > Nous avons demand au chef du gouvernement gais qui est un gouvernement de coalition - presence de repr6sentants de parties si nombreux divers au sein du gouvernement ne rendait pas cile la tAche de fixer les directives de la politique rieure. Sa r6ponse a 6tC : fran- si la et si diffi- exte- a Bien au contraire. Ce qui devient difficile, dans un cabinet de coalition, c'est de changer les directives de la politique etrangBre une fois qu'el- les ont 6t6 fixes. Si je voulais changer I'orienta- tion de notre politique exterieure dans un sens ou dans I'autre, meme avec le concours du ministry des Affaires 6trangeres, je ne pourrais pas le faire. Non, je ne crois pas qu'il y ait contradiction dans le fait qu'un traits de defense mutuelle con- tre l'Allemagne soit A l'6tude entire la France et 1'Angleterre au moment oi les Allies sont tous d'accord pour recoiiaitre que l'Allemagne ne doit jamais retrouver la force qui lui permettrait de menacer a nouveau ses voisins :, a repondu le President Ramadier a la question qui lui a 6tC pose A ce sujet. < Ces pactes ont pr6cisement pour but d'em- p6cher un rctour offensif de la puissance alle- mande. > Le correspondent a demand finalcment au President du Conseil s'il partageait l'opinion de nombreux Fran- gais qui croient que la politiquc britannique et ame- ricaine tend a reconstituer une Allemagne puissante. Sa r6ponse A ceite question a 6t6 quelque peu evasive : q Je ne peux pas croire, a-t-il dit, que la Grande- .Bretagne et les Etats-Unis songent A la reconsti- tution d'une Allemagne puissante. El il a ajout6 : < Nous ne savons pas ce:que sera demain la politique de la Russie. (ROBERT C. WILSON.) ERRATA Bulletin quotidien, n* 596, page 6, colonne 2 : a Les diverse repercussions de la politique anglo-amdri- cainc >, 13" line, lire :., Chacun sait qdui r&ve... Bullelin quotidien, n' 596, page 8, annexe, ligne 1, lire : a les relations amirticano-sovidtiques. > S.~-"-- P.-- I. Imp. 27, ru NcooPri -31309Prx fa S. P. 1. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31-3009 Prix : 6 frazes. |
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