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Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Physical Description: dl. : ; 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publisher: s.n.
Place of Publication: Paris
Creation Date: 1947
Publication Date: 19XX-
Frequency: regular
 Subjects
Genre: periodical   ( marcgt )
serial   ( sobekcm )
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063
System ID: UF00077027:00034
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SERVICES FRANQAIS
INFORMATION
MINISTRYB DE LA JEUNESSA,
1EM ARTS wT DES LETTRES)

Direction de la Documentalion
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8*).
-


LA DOCUMENTATION FRANAISE


MINISTEFl
DES AFFAIRS ETRA


SERVICE D'I
ET DE


BULLETIN


DE


PRESS


11 fevrier 1947.


QUOTIDIEN"



ETRANGERE


Nouvelle 86rie No 591


I. PRESS BRITANNIQUE


Revue e dc i press britannique du 11 fevrier 1947
1. LA CRUISE DU CARBON
To: les journaux de ce matin mettent en vedette le debat
qui a eu lieu hier a la Chambre des Communes sur la situa-
tion du carbon et qui a mis aux prises le gouvernement
et les conservateurs, ainsi qu'un appel lanc6 bier soir a la
radio par M. Attlee et dans lequel il A demand au pays de
collaborer avec le gouvernement.
Le Times donne un compete rendu in extenso de la seance
des Communes. La press conservatrice met en relief les
attaques lancecs par M. Churchill centre les imprevoyances
de M. Shinwell, et note qu'il a averti le gouvernement qu'il
demanderait un vote. de censure. M. Churchill n'a pas precise
quand ce vote aurait lieu, mais il a declare que la bataille
engagee continuerait. M. Attlee prit la parole au course de
cc debat pour justifier la politique gouvernementale et assu-
rer an pays qu'une pareille situation no se reproduirait pas
l'hivor prochain. M. Shinwell a r6pondu h son tour aux atta-
ques et a declare qu'un rationnement de 1'electricitd au course
de l'Ptt aurait entrainu une diminution des exportations et
par li meme mis en danger l'dquilibre iconomique du pays.
I1 a fait savoir qu'un plan de rationnement avait Aid elabore
dBs le decembre, mais que, en raison des objections sou-
levees par les, industries eux-mimes, il n'avait pas eu le
temps de I'appliquer. De son c6tt, Lord VWoolton, ministry
du Ravitaillement pendant la guerre, a declare devant I'As-
scerblie des, conservateurs de Glasgow que e'6tait un devoir
pour les conservateurs de, faire tout leur possible pour ren-
verser le gouvernement actuel.
L'attitude diterminoe de l'ensemble )l u pays en ces prc.-
miers jours de restrictions cst comment6e favorablement par
la press qui continue it encourager le pays a r6duire sa
consommation au minimum. Alors que le Daily Hera d an-
nonce en manchette que la crise pourra dtre surmontie dans
les huit jours, les organs conservateurs on lib6raux laissent
prevoir 4e nouvelles restrictions de courant Alectrique rt de
gaz.
I)e son c6te, le Daily Worker soutient le gou\ernenient et,
dans son editorial, accuse les conservateurs de mener t la
faveur de la situation actuelle une champagne contre le g'ou-
vernement. II fait ftat de 1'appui qui est accord au gou-
vernement par le Tuc.
Selon une correspondence de Washington parue dans le
Times, la Grande-Bretagne aurait 'intention d'ahciter du
carbon ia '.Amdrique. Cette d6pchlie done a 1'iditorialiste
ie ce journal I'occasion de critique vivement la politique
ouit\ i'nrmentale.


g M. Attlee a eu la chance, 6crit-il, de ne pas avoir
a s'expliquer hier soir sur l'ironie incroyable de cette
incroyable humiliation. Nous utilisions nos dollars
pour importer du carbon, il. y a vraiment de quoi
abandonner tout espoir. *
2. TRAITS DE PAIX
Le Times et quelquea autres journaux rdservent de brefs
articles t la signature des traits de paix & Paris. Le. cor-
respondant du Times insisted sur le micontenzemcnt de la
dil6gation yougoslave qui s'est cependant resignee h signer
le trait italien. II announce dgalement que Rome a observe
dix minutes de silence pour protester contre le trait qui
lui etait impose.

3. PALESTINE
Les Arabes ont rejet,6 le nouveau plan Bevin. Les Juifs
1'avaient rejet6 hier parce qu'il reduisait sensiblement l'im-
migration des Juifs en Palestine telle qu'elle avait et6 pr6-
vue par le plan Morrisson. La visit du roi Abdullah de
Transjordanie I J:rusalem est soulignee par la press, mais
ne s'accompagne d'aucun commentaire.

4. FRANCE
Seul de touted la press de ce matin, le Mandhester Guardian
public un article de son correspondent parisien intituld ;
< Mauvaise, gestion d.s communists en France ,. Ce corres-
pondant assure que les communists auraient 6td tris con-
tents d'abandonner les ministries de l'Armement et de la
Production industrielle d6s -que leur mauvaise -gestion cut
commence At douner des r6sultats qui les inqui6taient ,eux-
mitmes. I1 cite 1'exemple de la SociRtE A6ronautique du Sud-
Est don't M. Tillon, en tant que ministry de 'Air, Btait res-
ponsable, et qui accuse un deficit de 600 millions de francs.
Ce correspondent pense que les communists sont desireux
d'accroitre leur influence dans d'autres secteurs : en poli-
tique Rtrangeroe notamment. Il reprend les paroles de 1'Hunla-
iit refusant pour la France le r6le de < brilliant second >
a la Conference de Moscou.
II insisted sur le prohl6me du carbon que le journal
liberal considered comme la condition a priori d'une alliance
franco-anglaise ; il signal enfin que, pour renforcer leur
position an scin du movement syndicaliste frangais, les
communists demanderaient l'exclusion de la C.F.T.C. de la
C. G. T.

.-. -- T'IAIC AIHIEN
Le Daily Telegraph, le Daily Mail et le Datl~g Express
annoncent que 1'enqunte sur le Dakota qui s'est ecras6 dans


-
- - -- -- --- --









B ULLETI'N IUOTIDIEN., DE PIRESSE T'iRANGARE


Ie ient, apres avoir essay d'atterrir en Frani'c, va dire
rdouvertec.

Le discourse i M1. 'Attlec (Conitinenial l)ai:y Mail, 112) :
L Lorsque M. Attlee a demanded Ihier suir qu'oii fasse
des economies de carbon, il prichail ties convertis.
Le people britannique a dlji muontre au gouvernement
ce qu'il pouvait faire lorsqu;' le pays reclame des sa-
crifices. -
O:1 noais dit que dans cette grave situation national
ii ie faut pas criliquer le gouvernenent du nioins
pas d'une facon qui puisse lui cause du mal. Que de-
vons-nous fAire alors? Devons-nous rester assis, nous
croiser les bras et &tre aussi 6vasifs que le gouverne-
men.t? Ce n'est pas !a facon dlont on r6gle les choses
en Grande-Bretagne. Ce nest lias ainci qu'ellcs se sort
passes en 1940 .orsque le gouvernement Chamberlain
a 'disparu tians une 'vague de d(sillusions et de md-
contcntenteent. Ce gouvernemnlnt avail aussi une majority
ecrasante. II est tomnbe non parce qu'il n'a pas rdussi
h obtenir un vote de confianie au Parlemient, mais
parce qu'il avai' per'du Jla confiance du people du
pays du people de tous les parties.
Le government actuel tonibera de la nirine facon
et pour la mnlme raison s'il continue a mal diriger la
vie d'apres-guerre de la Grande-Bretagne >.



II. -- PRESS AMERICAINE


Reoue ide la press ainricuine tid 10 f'Iuri( r 1947

1. INDOCHIXE
Les declarations faites par Ho Chi Minih i Campbell,
correspondent de I'agence Ret-ter a Saigon, sont longuement
rapporties dans une depdche du 5 f6vrier reproduite aujour-
cl'hui seulement dans le New Yoik Timeis.
Scion ces declarations :
1" Le Viet-Nam est pret i cesser les hoslilit6s cL i conclure
immndiatement la paix quand il aura obtenu << i'unit,
national pour la Cochinchinc, l'Annam, Ie Tonkin, ainsi (que
1'ind6pendance ;
2" Le Viet-Nam fera appel t l'arbitrage des Nations Unies
si la France nc peut pas rigler le conflict par des movein
pacifiques ;
.-3" Le conflict a dtes consequences grayes mu I'6economie
dlc l'Indochine : la production du thi a &ti r.dclnite unn
dixieme, cclle du carbon i un cinqui6me, cclle du riz it
un quat ;
4" Le Viet-Nam n'est pas dirig6 par des Japonais, il n'est
pas soumis t I'influence,des communists. Son progranune
in'est < nii communist, nimeme socialist > ;
5" Le Viet-Nam dement toute premiditation de sa part
dans le conflict actuel.
Hii (Chi Minh se plaint par aillcurs td cc qu., ses appeals
au gouvernement francais soient rests sans irponse. II a
d6clar qcue les articles de M. Boutbien, dans FrIanc-Tireur,
bien que comportant certaines erreurs < indiquent les causes
rdelles du conflict >.
Callender adresse au New York Times une longuc dtpipche
b1-asee sur un memorandum du D:partemient au\ agents di-
plomatiqties ftrancais i 1'Itranger. II met surtout en valcur
que le Ddpartement est ddsireux tide ngocier, mais qu'il
doute de la validity du -rg'ime d'Ho Chi Minh.

S2. GRANDE-BRETAGNE

La press consacre do longs articles ti Londres soulignant
la gravity de la situation ecdnomiique et Ies oinsiqlunces
t'atastrophiqu-s qu'elle peut avoir sur le redresseinenlt de. cc
pays et sutr son programume d'exportatiion.


3. SIGNATURE DIS TiAIT]S DE PAIX -
La signature des traits de paix qui doit avoir lieu au-
jourd'hui a Paris fait l'objet de longues ddepchcs elles
indiquent clue la Yougoslavie est ddcid6e a signer, mais que
l'allitude italicnne est encore incertainei

4. -- PALESTINE
Selon lc New York Timei', z la Ligue anmnricaine pour une
Palestine libre ,'vient d'adopter une resolution i1 New-York
promettant d'appuyer sans reserve la resistance clandestine
juive en Palestine et r6clamant 1'etablissement d'une rdpu-
blique h6braique plans cc pays. Elle deniande la disparition
de l'Agence juive qu'elle accuse de collaboration et do
politique d'apaisement avec Ics Britanniques >.

5. SITUATION I'OLITIQUE FRANCA1SE l.
Les declarations faiths samedi t la radio par MA. Ramadier
pour announcer une nouvelle reduction de 5 %, ainsi quo
des mesurcs sdv\res centre les accapardurs font l'objet de
tidpCches de Paris largement- reproduites plans la press.
-Sclon unte ddpiche Reater, ces declarations

laisserent aux observateurs l'impression que le
premier. stadc' centre 'inf-iation. a dte couronn det
success, nmas que la bataille pour sauver le franc et
pour stabiliser les prix n'a pas enco.e dtd gagnec. a

Une longue d(epiche au New Yotlk Times declare que, slcon
un rdeent sondage de l'opinion pulblique, la majority dels
Frangais approve le programme de deflation tie M. llama-
dier. Elle ajoute que l'attitude des communists ia I'6g'ard de
ce programme, a est amlbigut et divisee et-que Ie 1. R: P.
est oppose ail plan Pilipp.

<< C'est p..incipalement sur ces questions dconomi-
ques argen-tcs, ajoute la depeche dans sa conclusion,
que le goutvermclennt ti coalition se luaintiendra ju
tomibera commin, (du rest, la nmonnaic franaise. .

a), Lua pemire ii' ifbn:ratce de lpresse (ani Secrdiair<'
d'Etat Mairslhtll (New York Heral'd Tribune, 9/2 :

< Au court ; de sa conference, M. Marshall n'a'pas
cesse de soutigner l'iinportance capital des trajies de
paix, qui sont la condition du bon fonctionnemenit dc
I'O.N.U. ct d'un alldgement mnthodique du fardeau edes
armnements actuelleient support par le anonde. La
lAhhe est ardue pour rialiser ine harmonies profitable
entire la Russie et ''Occident : et idans cette tAche les
deux parties ont i se reprocher d'avoir cherche des
advantages tactiques sans tenir compete de ce fait essen-
tiel. Quan'd la Iussie a Wtc citee devant le Conseil de
Security h propos de I'Iran, pour ciler un example, 1es
pays occidentaux se seont cforcds d'imposer A I'O.N.U.
une'responsabilit6 qui relevait ldu 'reglement de la paix.
De son c6t6, la Russie, en insistant pour que des me-
sures soient prises nimm6dlatement h propose du d6sar-
nimeent g6enral, alors que taut tie graves problmies
politiques ne' sont pas resolus, met elle aussi la c.harrue
avant les beutfs.
La l'ucidiet et Te saig-froid avec lesquels 'M. Marshall
a abor'd6 le probl6me sont de bon augure. Ceci ne ga
rantit pas que la tactique americaine sera i la hauteur
des directives que M. Marshall a fixes pour cette dis-
cussion de politique fondainentale .

h) Les diffictlts de la Grande-Br'etagCze (New York
Herald Tribune, 11/2, edition europdenne).:

< Les efforts faits par I'Angleterre pour reliever son
industries d'aprcs-gucrre peuvent atloutir in n ecele.
C'est nine line probability, si 'ties inesutes hi6roiques
ic sonl pas prises en temps utile. Si eel cl'ondrement









BUYLLETrIN QUOTIDmwN DE PRESSE TITRANGftE 3


*. t .duil. IeS -Eltats-Tnis. sereu! potiquement et t 6co-
nomiquermcnft isols de 1'Europe,- et;-cn 'fait, de la plns.
-'IuIle I'rti du continent < EurasiaTique >.
Le deficit-linancier et tico)nomique est ldjtj si accen-
tlu que le gouvernement britannique ne peul s'associer
sur us pied d'6galit6 i uine politique ohsi.rurctive. Son
atlifude est dictee par les 'difficultts auxquelles elle doit
fair face immediatement : le manque tie dollars, de
main-d'oeuvre, de biens de consoimmation et d'6quipe-
ment industrial et il est contraint de recourir a
routes sorts 'd'expdients pour surmnon!cr cette situa-
,tion desastreuse.
Ainsi la consideration prinordiale qui guide sa poli-
tiqu.e dans la zone qu'il occupe en Ailemagne, c'est ie
faith que cette zone, qui constitute pourtant la parties la
plus riche de 1'Europe, reste pour 1'e moment une char-
ge du point de vue finaficier; car elle oblige la Grande-
Rretagne A de lourds ipr6lvements dans ses r6-serves
d6clinantes de dollars. A moins de pouvoir trouver une
solution pour sortir (Te cet 6puisement financier, le
gouvernement britannique ne pourra s'olfrir le luxe
d'une reconstruction de I'Allemagne el de 1'Europe et
il sera amien6e envisager un < rglement a qui sera
en fait un compronmis d'ordre 6conomiique entire ses
propres besoins financiers et les necessities sovietiques
de reparations immmdiates )).
(WALTER LIPPMANN).


III. PRESS SOVIETIQUE



Reie d/e la press soaidlique dut 9 fc;ioer 1947

L'intiert principal se porte aujourd'lui sur les elections
an Soviet suprsm.e cet de ce fait les commentaires de politi-
Itue 6trang're sont moins nombreux qu'ils no le s<.n'tIndi-
ralement. La preoccupation des politiques anglo-amiricirines
y restent domin'ante. On peut grouper les texts en trois
groups.

1. ,LA BATAIILE POUR L..A I)IMOCilATIE EN EURLOPE

Dans tons les journaux, de longues depches de 1'agence
T'qs. traitent de la decouverte du complot anti-gouverne-
mental en Hongric et des premiers acts du cabinet Cyran-
keviicz en Pologne. La chronique internalionale de LJo.ntiev
dans li Pravda, consacre tout un developpement aux cam-
pagnes anti-slaves et anti-sovi6tiques Omanant du gouverne-
mIent grcc. L'organie du part communist souligne t cette
occasion la difference que Ic people sovi6tique institute
entire eI people gpec < qu'il aime et respect pour le cou-
rage qu'il a deployedd dans sa .lutte centre le fascism et le
government qui presentement Ie dirige. 11 souligne que
aI democratic est le meilleur oven d'institucr des rela-
tions d'amiti6 entire les peuples.

2. LA POLITIQUE GENERlALE DES U.S.A.

Tous les journaux donnent de large competes rendus deo
]a Conference de' press donnte le 7 f6vrier par le gintral
Marshall et reproduisent une s6rie de d6peches braves.
L'une d'entrc elles notamment announce la destruction pro-
chaine aux Etats-Unis d'un million de quintaux de pommtes
de terre. La chronique international de la Pranvda traite
de l'attitudc des U.S.A. dans les questions de reduction
des armements. Leontiev souligne quec- les retards apportIs
dans ies discussions au Conseil de sdcuriti proviennent de
la Dil;gation amcricaine et qu'ils sont incomprehensibles
poutr. < les millions de braves gens de par le. monde ,;
qu'nlne sorte d'ultimatum cst present, au Conseil d'avoir B
accepted Ic plan amdricain. La Pranda conclut : question : < l'attitude am6ricaine rdpond-elle it un int6rdt
de paix et de security gnerale. > ? il ne pent y avoir qu'nne
sculp rIdpnit Non. *


*. LA POLITIQUE ANGLO-AMEfRICAINE IN ALLTMAOeN

'ous s les ournaux reproduilent sur pros d'unue demi-page,
des extraits du discours prononc6 le 7 f6vrier au Senat
americain par le S6nateur Pepper contre la politique alle-
mande du part republican. Tous les journaux reprodui-
sent igalement les dt6pches de I'agcnce Tass sur la decision
tie lagence international des reparations h Bruxelles, cri
tiquant )a lenteur avec laquelle il est proc&de aux repara-
tions. La Pravda consacre trois commentaires alk progble-
mes lies h 1'attitude anglo-am6ricaine en Allemagne. La
troisiime partic de la chronique international de Leontiev
signal les bruits croissants don't la press anglaise se fait
I'scho, touchant la constitution d'un Etat de 1'Allemagne
occidentale. Elle se borne it reliever le :moins qu'on
puisse dire est (ue ces auteurs viennent de lancer sur le
march jburnalistique un produit apparemment inspire >.
La quatribeme part.ic de ]a meme chronique international
relve le caractire 6quivoquce dc l'attitude du part travail-
liste britannique par rapport an Comiti Churchillien de
1'union curopeenne don't 1'action est desapprouv6e sans que
son principle apparaisse condamn6.

E En fait. conclut Leontiev, la direction du paliF
travailliste n'est en principe pas hostile aux Etats-
Unis d'Europe, non plus qu'au plan concrete de Chur-
chill-Dulles et de leurs semblables. Seuls, les noms
sont jug4s compromettants car Churchill est suffi-
samment d6masqut : le refus travailliste do parti-
ciper au romiti de 'nunio.n europ6enne a un air
strange. n

Sur le mime sujet Mclnikov rcproduit dans le u 6 de la
revue Temps Nouveaux, un article consacr6 aux reparations
effectivement persues par la Grande-Bretagne et les Etatfs-
Unis en Allemnagne. Apres avoir 6voqud le bruit soulev6
dans les pays de langue' anglaise autour de 1'alligation sc-
lon laquell.e I'Union sovi6tique exige trop de, l'Allemagne,
alors que les pays anglo-saxons ont renoned aux r6para-
tions, l'auteur enum&re lhs diverse categories de r6para-
tions que percoivent la Grandc-Bretagne et les U.S.A.;
a) d'montages op('r6s officiellement ; b) reparations prises
snr la production courante Y< hien que les pays anglo-.
saxons, relive l'auteur. soient hostilas a cc mode de pafe-
ment lorsqu'il s'agit d'en fair binificier I'U.R.S.S. ,) :
c) brevets d"inventions : d) main-mise sur les reserves d de l'Allemagne; e) nainmise sr les avos aoi allemands. A
I'Stranger...
Par comparison avec un calcul oprti6 par Ic journal des
syndicats allemands Tribune, notamment. Melnikov arrive
au chiffre global de 10,5 milliards de dollars, compete tenu
de la production courante et des confiscations, alors que Ie
chiffr.e reclami par I'U.R.S.S. est de 10 millions seulement.
L'auteur conclut en rappelant que la politique anglo-ame-
ricaine des reparations vise t.ssentiellement i assurer aru'
capital de Grande-Bretagne et des U.S.A. ties positions-clI
dans 1'6conomie allemande. On comprend pourquoi les au-
torit6s d'occupation anglo-amtricaines emp&chent les livrai-
sons des reparations pr6vucs par les accords de Potsdam.

Riciiie de la press sovidtiique du 10 fe'ricr 1947

La press parait aujourd'hni, hien que ce soit lundi, en
en raison des 6eections, mais les rubriqu'es etrangerees sont
tires rsduites et uniquement consacr6es i des informations.
La quasi-totalit6 des textes se rifere h la batnille pour la
democraticc dans le mo.nde. 11 y a lieu uotamment de re-
lever :
a) En vedette, Fintervention de 1'O.N.U ,n GrBce pour
faire surseoir i des executions capitals At la demand d'or-
Sganisations progressisies et since f 1'Assembl6c Nationale
Hongroise.
b) En bonne place, trois dipiches de France : les attri-
butions du Ministre de la Difense Nationale, les pertes fran-
.aises en Indochine, le prochain process de Baudoin.
c) Grandes d6peches. sur la situation en Indon.sie et l'af-
faire d 'e 'ccltion du gouververmnent de l'Etat de G6orgie aux
U.S.A.








4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESSE A TANGQ RB


IV. PRESS POLONAISE


LBS POINTS DE VUE AMbARICAIN ET SLAVE SUR L'ALLEMAGNE.
1. Kirier Codzienny (d6mocrate, 9/2) :
<< AmBricains et Slaves n'ont pas la m6me position
vis-A-vis du probl6me allemand. Pou-rquoi?
Iles siAles 'durant, le monde slave a eu A letter contre
la poussbe germanique et il a recu!i, pled' pied, re-
foul6 de ses propres terres. Dans la dernibre Iphase
de cette lutte sans merci, le monde slave a fini par
triompher et il tend aujourd'hui it mettre A -proTt sf
victoire pour cr6er en Europe des conditions qui garan-
tiraient les Slaves centre da renaissance du nfilitarisme
allemand. Pour les Slaves c'est une question de vie
on de mort.
Or cet aspect, le plus important, du probl6me des
rapports entire les deux mondes, germanTque el slave,
est incomprehensible pour les Am6ricains. Pour eux la
Spaix, c'est seulement la possibility d'effectuer au plus
*ite des investissements en Allemagne, de proceder A
des combinaisons de trusts, 'd'&changer des brevets, en
un mot et avant tout : le profit. Et, de meme, la guerre
signifie pour eux la destruction de flindustrie alleinande
et des investissements anterieurs, pour laisser le champ
libre A de nouvelles livraisons, A d'autres investisse-
ments, c'est-A-dire, en definitive, A 'de nouveaux pro-
fits,
La question est caire : 1'Amdrique ne venu pos, tan-
dis que le monde, 'ans 1"lnt6r~t de sa s6curite, 'oent
affaiblir I'Allemagne. LA reside l'opposition des points
de vue >.

2. Dzienlnik Baltycii (ind6pendant, 9/2) :
La Pologane desire la paix et c'est pourquoi nous
tendons A Mabofer un trait avec I'Allemawne qui -soit
equitable pour nous comme pour elle. Nous ne nous
lalssons pas guider par un sentiment de vengeance.
mais par la raison politique qui nous command d'obte-
nir par tous les movens une paix ferme et durable, une
paix. grace i laquelle dans un avenir lointain les deux
peuples flniront peut-etre par se rkeonrilier Mais In
condition de cette reconciliation ne sauralt resTMer ail-
lenrs q(ue dans une democratisation effective et essen-
tielle 'de 1'me et de la nientalif6 allemande. C'est IA]
oeuvree de dizaines d'ann6es.
Aussi est-ce avec une inquietude d'autant plus grande
que nous observons le comportement des puissances
anglo-saxonnes vis-a-vis des artisans du r6veil de 1'es-
prit gernianinmievaineu don't elles tolbrent Tes dange-
reuses incarta'des. La Pologne porte sur elle le noids
des experiences, sanglantes qu -]ui a inflig6es 'AIle-
mnagne. Elle doit s'en preserver dans P'avenir N>


V. PRESS BELGE


a) Le pdriclme alleindiad (La Libre Belgique, c.:tholi-
que. 10/2) :
SII y a accord centre les Allies sur le but final A
atteindre en ce qui concern I'Allemagne. On a renonc6
depuis longtemps au r6ve absurd quori avait caressL
dans l'ivresse de la victoire et qui voulait refaire de
'I'Allemagne un Etat agraire, comme il y a deux si6cles.
On consi'd6re que I'exploitation normal de la Ruhr est
indispensable non seulement A la viability de I'Alle-
magne entire, mais qussi A la restauration de 1'Europe.
On juge indispensable d'empecher l'Allemagne d'abuser


deo richesses do la Ruhr pour an fair, une fois de pls.
un instrument de guerre.
Le d4saccord surgit lorsqu'il s'agit de determi-er
les measures ad6quates qui doivent r6aliser I'objectif
common. II faudra, come toujours, trouver un com-
promis entire les formules frana.ises, plus jurldiques
mais plus rigides, et les formules britanniques, plus
souples, mais souvent plus pratiques. II faudra aussi,
mais ce sera peut-6tre plus nia5ais&, prbciser le r6le de
chacun des Alli6s dans l'aaministration et le control
'de la Ruhr. II va de soi que la Belgique et ia Hollande,
voisins immddiats de 1'Allemagne, dofvent y avoir leur
part. Mais dans quelle measure 1'U.R.S.S. y serat--elle
associe?_Iees Anglais paraissent disposes A leur recon-
naltre une participation au contrle, 'mais A ]a condi-
tion que les nations occidentales puissent participer
elles-m6mes au contr6le du potential industrial de 1'Al-
lemagne oriental. C'est lA une r6gle d'6quitable r6ci-
procit6. Ce serait jouer fin vrai jeu de 'dupes que de
laisser aux Russes les mains libres A l'Est, tout en les
autorisant a intervenir A l'Ouest. S'il existe un rideau
de fer, il ne peut 6tre '" sens unique.
Quant au problme, plus general, du statute constitu-
tionnel de l'Allemagne, la controversy se poursuil.
L'616ment le plus marquant de ces derniers jours a, tc
1'article du, Tmies du 5 f6vrier, qui a romp'u ine lance
en faveur de l'unit6 politique allemande et a soulign6
la vanity et le danger de dispositions qui pretendraieni
int6grer dans le future trait de paix 'la forme de la
Constitution A imposer A 1'Allemagne >.

(PAUL STRUYE)

b) Les Id~teMses teldances anu siefn du M.R.P. (La Der-
niere Heure, liberal, 10/2) :
< La croissance rapide du M.R.P. s'est faite aux dd-
pensv de sa c9hision et l'on est oblige de constater,
aujourd'hui, ou'il comporte plusieurs ten'dances tres
nettement diff6rencihes.
Les dirigeants du iparti sont les premiers a reconnai-
tre les dangers de la situation. Ils ont d6cid6, avant
leur congrbs national, de tenir un certain nombre de
reunions A titre de a r6eptitions > pour tenter de
r6sou'dre quelques-unes de leurs querelles intestfies.
Mais dan-s les milieux parlementaires, on se demand
si ces conversations pr6paratoires n'auront pas pour r6-
sultat d'aggraver le malaise.
II existe d6sormais ,au M.R.P., une droite, un centre
et une gauche. sans prejudice d'une certain nombre
d'autres grounements come, par example. les gaullis-
tes. La gauche est assez pen nombreuse. Ele a pour-
tant r6ussi A entrainer l'accord pour la participation au
minister Ramadier; mais un grand nombre 1'd1us
M.R.P. sont et restent irr6ductiblement hostiles A la
collaboration avec les communists. Es sont fortifies
dans ce sentiment par les voeux de leufrs 6lecteurs,
qu'ils ont pris en grande parties dans les 61ements tr.s
mod6r6s ou conservateurs chapitres par les autbrites
eciesiastiques.
Le Cabinet Ramadier etant appel6 A prendre prochai-
nement de graves decisions en mati6re soiale (les sa-
laires et le minimum vital) et polifique ('affaire 'd'Indo-
chine), on se d'emande si la fotalit6 des ministres M.R.P.
voter avec ''ensemble du minisfgre.
De toute facon, pour suivre ]a politique francaise
des prochains mois, il faudra computer avec les multi-
ples assures don't le Mouvement r6publicain populaire
offre le spectaclee ,.
(Du correspondent
de La Derftire Heare A Paris).









BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE


VI. PRESS SUISSE

a) Le probleine aillca1tidi d la Con/'reznce de Moscou
(Ncue Ziircher Zcitung, 9/2) :

<< L'Amnrique soutenue par la Grande-Bretagne re-
clamera I'orgauisation 'de l'Adeluagne sous fotm-e d'Etat
federal. Le plan de la France qui constitute une variCt6
te la conception occidentale propose la creation d'une
Idduration d'Etats avec des organismes centraux relati-
vement faibles.
Avant tie se prononcer sur les avantages que present
I'un ou l'autrc system, on doit d'abord se demander
s'il est possible de les faire passer dans la realitW. Cette
question est 6troitemuent liee au problem de la forme
sous laquelle la paix dolt etre conclue, et cc problem
n'est pas encore resolu. Si une delegation ademande
se rend a MnAscou pour participer aux n6gociations, si
clle signed un trait de paix, elie sera dans une certain
measure pr&destinee a devenir le noyau du gouverne
ment qui, h la suite de la decision des Allis, dirigera
une Allemagne centralisee. II -est au contraire a peu
pros impossible d'imaginer Porganisation d'une fede-
ration d'Etats ou d'un Etat federal sans une phase de
transition. Ainsi done, cette solution ne pourrait triom-
pher que 'si le point 'de vue anglo-amnricain faisait loi
incme dans la fornie du trait de paix.
Les discussions poliliques qui se development en Al-
lemnagne avec une liberty& deja remarquable montrent
des maintenant que I'idWe d'un retour i tine f6dirastiofi
d'Etats so heurtera A opposition d6cid6e de tous les
parties et de tous tes milieux. Mais la notion d'un Etal
federal elle-mimue rencontre de la resistance, et plus
encore de I'incompre.hension. Pour les nations d'Europe
qui connaissent 1'Allemagne et qui consid6rent par suite
que la seule chance d'assurer la paix de l'avenir, c'est
de reconstituer des (pays > viables dans le cadre d'une
f6ddration, it est absolunent clair que la forme tde
1'Etat ne saurait etre impose par le trait& de paix.
Aussi tontes les discussions qui *se deroulent actuelle-
ment par le moyen des memorandums que les different
gouvernements envoient aux supplants 'des ministres
des Affaires 6trangeres semblent-clles trop mettre 1'ac-
cent sur la forme id6ale au detriment des possibilities
de r6alisation. Nous avions esp6re en Suisse que la
p6riode d'occupation de I'Allemagne strait employee a


ranflier la vie publique. Pour faire naitre un sens ci-
vique et politique d6truit sous la longuc domination d'un
Etat colossal, le meilleur noyen n'.6tait-il pas de co:-
fier A P'administration locale, a !'administration 'des
<< pays la tAche de triompiler de la dltresse com-
mune? Mais on a presque entierement onis de recourir
A ce systime, ou bien ou no Il rencontre qu''i titre
d'indication >.

b) Le r6dl da. PrYsident de la l~publqaie ev France
(Basler Nachrichten, 10/2, edition 'du soir) :
< Le vote de confiance massif obtenu i'As'semblhe
national par AM. Ramadier fut en mime temps ua
succes ,pour le President de la Republique, qui inau-
gura ainsi ses functions sous d'heureux auspices. Au
course du d6bat constitutionnel, M. Leon Blum quali-.
fiait ]a pr6sidence de la Republique d'institution su-.
perflue et en r6clamait I'abolition. Non seulement les
Constituants ne suivirent pas cc 'onseil, mais ils oc-
troyerent au chef de l'Etat des attributions plus 6ten-
dues dans le second project que dans le premier.
M. Blum lui-meme fu;t oblige de reconnaitre en d6cem-
bre dernier les inconv6nients de Fabsence d'un chef
d'Etat. En janvier, la presidence de la Republique triom-
pha des difficulties que M. Blum n'avait pu surmonter.
M3. Vincent Auriol a resolu sa premiere crise commne
n'importe quel president de la Troisimne Republique
1'aurait fait. Sur les autres points, il rappelle egalement
les plus actifs d'entre ses pr.decesseurs... II recoit indi-
viduellement les ministres et voit souvent M. Ramadier
pius d'une lois dans une mnime journ6e:.. On nous dit
qu'il preside le Conseil des Ministres avec une grande
autorit6, qu'il aide M. Ramadier dans ses ,efforts pour
fair d'une coalition de cinq parties un instrument de
gouvernement utilisable. Les articles de la Constitutionl
ne parent que de la position juri'dique du Presideni
de la Republique dans i'Etat. Quant i sa position iper-
sonnele, c'est le President lui-munme qui la cree. DWs
les trois premie.res semaines de son septennat, M. VIn.
cent Auriol a montre qu'il n'entend pas 6tre un pr6si.
dent en peinture. Et on n'a pas remarqu6 quii ait
rencontre des resistances. C'est peut-Ltre que le pr'-
sident Auriol a ~ la manibre >.
lu correspondent
des Hasler Nachrichten A Paris).


I L9. L Imp.. 27. ru Nk Mia-. Parts 31.3009