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PHESIDENCE DU CONSEIL SECRETARIAT D'ETAT Direction de la Documentation 14-16, rue Lord-Byron, Paris (8*). BULLETIN DE PRESS 5 fevrier 1947. A- D ATO FNsiA N IS THER LA DOCUMENTATION FRANCAISE DES AFFAIRES ETRANGERES QUOT ETRANGtI E Nouvelle 86rie No 586 I. PRESSE BRITANNIQUE Revue de la press britanniqtre du 5 fcviier 1947 1. PALESTINE Sir 1'6evcuation des femines et des enfants britanniqucs de Palestine, la plupart des journaux donnent des comptes rendus d6taill6s et certain d'entre cux critiquent trcs suvb- rement l'accueil reserve aux rdfugies par les autorites fran- qaises lors de leur scale en France. Michael Wilson dans le Daily Express et Farr dans le Daily Mail se plaignent des tracasseries subies par leurs compatriotes au moment de lear passage h la douane fran- gaise, des difficulties qu'ils ont cues a se longer et h trouver du lait pour leurs enfants. Le correspondent special du Manchster Guardian so dc- mande, de son c6t6, quel effet produira la note britannique dans la Communaut6 juive de Palestine. I1 estime pour sa part qu'cllei aura pour r6sultat de rapprocher la population mod6ree juive du camp des terrorists et qu'il faudra en fin de compete avoir recours i la force arm6e. Par ailleurs, la Conference de Londrcs est arrive a une impasse en raison de l'opposition formelle des Arabes au partage de la Palestine. Cette opposition que mentionne l'ensemble de la press rend plus urgente encore la decision britannique. Le correspondent politique du Manchester Guardian d&- clare que le Gonvernoment anglais est convaincu de la n ces- site d'une decision rapide, mais qu'il est impossible de dire si cette decision interviendra, comme l'annonce notamment le correspondent diplomatique du Daily Teleyraph et dul N.z s Chronicle dans les deux prochains jours. Le Daily Mail public en deuxieme page un article de son correspondent b New-York Don Iddon, relatif aux reper- cussions que peuvent avoir leis 6venements det Palestine sur lcs relations anglo-am6ricaines. Le poison palestinien, icrit-il, commence h corroder ]'association anglo-amnd- ricainc et de nombrcux juif- d'Am6rique accurmulent s l''gard des Britanniques des reserves de miconten- tement et de coldre comparable a la haine que ]es Irlandais ressentaient i notre 6gard. , 2. ALLEMAGNE A la veille du debat sur 1'Allemagne qui dolt avoir lieu nux Communes, le Timesi public un long article de son cor- respondant particulier i Berlin relatif aux conditions d'exis- tence extremement pinibles qui suvissent en zone britanni- que et au an4contentement croissant des Allemands & l'4gard des autorites d'occupation. ILe correspondent du m6me journal s New-York signal que l'armDe amrricaine s'attend a une recrudescence des movements subversifs en raison du r6tablissement des moyens de communication. Le G6n6ral Clay a toutefois d6elar6 que les forces armies :inmericaines seront a m6me d'empecher cc movement sou- terrain de gagner de l'importance. La press sovi6tique con- tinue a critiquer la politique anglo-saxonue en Allemagne. Le Times signal que le journal Pravda, dans unel s6rie d'articles recent a accuse la Grande-Bretagne et 1'Amerique d'abandonner leur zone a influence des milliers d'hommes d'affaires anglo-ambricains. < Si le but de ces attaques, declare ce correspon- dant, est d'obliger les puissances occidentales a ad-pter une attitude defensive lors de la prochaine conference de Moscou, leur extravagance et la violence de leur ton suffit a leur faire manquer leur but. > Cependant Arthur Bailes announce dans le Daily Mail qu'un nouvel accord anglo-americain vient d'etre sign h Berlin aux terms duquel des fires 6trangeres sont autorisEes a negocier des contracts avec les fabricants allemands dans le plus brief d6lai possible. > 11 announce en outre que le Gouvernement militaire am6- ricain va publier dans plusieurs langues un guide s pour les hommes d'affaires se rendant en Allemagne. Le Daily Worker public un article de son correspondent intitule < Le novel empire allemnand est en train de se faire. II critique violemment la politique anglo-saxonne en Alle- magne qui tend a restaurer l'economic allemande avant celle des pays hlberds. Selon lui cette politique ne differc pas de celie qui a et6 suivie par l'Anglcterre et 1'Am6rique .Avant la guerre et qui a permis a 1'Allemagne de s'assurer une position predominante en Europe tant au point de vue uconomique que politique et militaire. II est notable, oependant, continue Franck Piteairn, qu'apres l'entrde en guerre de la Grande-Bretagne, et beaucoup plus tard, des Etats-Unis, i'Allemagne s'est efforc6e de remedier h I'absence temporaire des capitaux anglo-saxons en adap- tant I'industrie et l'agriculture francaises, aux besoins de 1'Etat allemand. C'cst ce dernier fait qui donne une impor- tance particuliere a 1'attitude adopted par la France devant le problem allemand. Le correspondent accuse ensuite les puissances anglo- saxonnes de favoriser la naissance fa'un nouveau schaohtis- me, c'est-h-dire I'emploi de capitaux rangers en vue do l'asservissement economique des pays voisins de I'Allema- gne. I1 reproche 6galement i la Grande-Bretagne et 1'Ame- rique d'encourager les hommes d'affaires a restaurer 1'Em- pire allemand. 3. -- POLOGNE I.e Manchester Guardian signal que les observateurs de Grande-Bretagne et des Etats-Unis n'ont pas assisted ii P'ou- verture de la DiUte polonaise. Gette absence aurait rempli I _ BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS rTRANGARE de consternation des milieux politiques polonais ct I'on se demandait s'il s'agissa:l di la part des gouverncmen s :;in- ricain et bri'annique d'un desaxveu de ces pays ou Ie point de d6part vers la rupture des relations diplomiatiqm' . De son c6te, Forrest, correspondent special du New,; Chro- nicle en Pologne decrit, dans un assez long iaricle, 1 'a:nos- phbre de fraudc et de conirainte dans laquelle so, sont de- rouldes les 5lctions polonaises. Enfin. plilsieurs journaux publient en bonne pl] ie des d6p&ch.es de Washington indiquant que le Prisident' runman, A I'nocainn de la premise des letlres de crianee du novel bni-l- a' i :Ie Poloe naux Eta:.s-Unis, a fai* a cel;:i-ci S ..' n "uj, t tcds conditions dans lesque' er les LS lit eu lieu'. 4. CONSEIL DE SICURrFi" iLa pi:: so faith :tat dos po'lrparlier: qui out on iu niu Clinseil rl: Sic'erit# en vue d'eiaborer u n connprom-i entree les th&ses :;ovietique ct ainericairie sur le con'r6'e de l'i::r- gle atomique et sur Ic disarinement. Cos nigociations ont fourni hI MI. Baruch 'occasion de r6affirmer que la Russie etait on possession de secrets sur la bombe atomique. G. -- STANDnRDISATION DES ARIMES ANGLO-AMERICAt NES En p'emiiere page, sons un gros titre, len DanF; '.i :rkci pu'bic ies declarations d'un expert mili'aire sovi6tiqu., selon lequel la standardisation des armes anglo-amiricaine!; cons- titue line menace pour I'inddpe.ndance de la Gran l;:-Brc- tagne >. La constitution d'un commandement unique. ame- ricain scrait une prouve supplhimenanire de l'emprisc croi:,- sante exercei par 1'6eonomie et industriese americaine sur la Grande-Bretagne. a) QUELLE SERA LA STHIUCTUi'I; IPOLIT'!QUj )1)C I.A ,!.iiIA- GNE ? (Timets, 5/1) : < 11 reste h d6lerminer la structure ideale a (:onner & 1'Allemagne. Une conf&deralion, une f6d6ration on un Elat unitaire soni les possibilities mises en av;int et, en general, la Russie et Ics pays de I'Europe or entale sont favorable A un Etal unitaire, landis que le, pays, de 1'Europe occideniale preconisent une fd&raiion ou line confed6ration. Les vues orientales semblenl etre plus realisles et plus raisonnables. La r6alisation de i'unit6 allemnande date de 1870 bien que le d6sir en soil antiriear de plusieurs siecles. Tout ce qui est arrive depuis 1870, et en Iparticulier les 6v.6nements survenus au couirs de ces quatorze dernjires anndes, ont renforc6 Ic d6sir allemand d'unit6. Tous les parties ayant I1ne cerlaine imiportano donns I'Allemagne Wd'aujourd'hui sont d'accord sur oe point, inme s'ils ne le sont sur aucun autre. On pent ronsi- d6rer cette unanimity dtc sentiment come r:grei!ab'e. mais c'est une realitUI qu'il serail stupid d'ignorer. La < federation lachec recoinimand6e par la F 'ancc, ct la confCdBration preconisce par ]a Hollandc, nL pourraient durer qu'aissi longileinips quc les Allii'-, in- lerviendraient. L'unit6 allemande est un plhnomnne Ina urei. C("Ii-ci pent 6tre dangereux, mais s'efforcer d'y parer p; r des demi-mesures constitutionnelles, dans un trait. eo fe- rait que le rendre plus dangereux encore. La veiitable garantie reside dans une entente solide entire les puis sances qui se r6unironl bientit A Moscou. > b) LE MEMORANDUM FRANCAIS SUR ILA BUHtl. 1. Times (4/2) : < Si des concessions oun bien Wte faites, c'cs'. )iull dans un sens qui perImctrail de confer aux Allemands administration locale de la Ruhr bien que ccux-ci ne soient ipas repr6sent6s dans les Conseils d'un gou- vernenient ccntrnl Ivenuel, si6geanI A Berlin. \'6an- moins bien que M. Alphand ait pris la precaution de n'en rien dire les nouvelles propositions donnent a penser quc les Frangais recherchent un compromise salon sequel un detachement politique serait possible a la seule condition que le conirOle des Nations Unies, en revanche, soit total. Ce memorandum va plus loin qu'un plan de simple contr6le, car ii recommande de soumettre l'adminis- tration des industries du carbon et de l'acier a l'exer- cice direct d'organismes in;ernationaux composes des representains de ceux des membres des Nations Unies qui son, con-,ideres comme e.ant < directement inti- ie,sds -- ormuae qai aera precise a ia Conierence de Moscou, a ajout. M. Alphand. Tandis que tous tes iIgna.aire. du traiti avec I'Aiiemagne auraient la fa- cule de naire vauoir ;eurs droits sur les industries pla- cees sous control international, seuls les signataires directement interesses prendraient part A leur adminis- tration. > (Du correspondent du Times A Paris.) 2. Daily Worker (4/2, communist) : < On peut s'oipposer au memorandum frangais sur la Ruhr, parce qu'ii implique un partage de 1'Allemagne et crait le jeu des milieux dirigeants de Grande-Breia- gnc el des Etats-Unis qui veuient placer la Ruhr sons leur con.r6le et en fire I'arsenal d'un bloc occidental, ou des << Etats-Unis d'Europe >, ainsi que Churchill et sa petite clique de lib6raux et de travaillistes prefe- rent I'ap'ipeler. Mais les Francais, semble-t-il, sont parfaitemenl conscients de la menace que reprsenterait I'adoption d'une tel!e solution pour la Ruhr. , c) LES RAPPORTS ANGLO-SOVItTIQUES (Conlinental Duily Mail, 5/2) : < I1 est peu probable que Slaline accepterait un n1ou- veau trait qui se contenterait d'6carter la clause seioo laquelle I'alliance acluelle pourrait etre supplanted par la Charte de I'O.N.U. Ce point a dejA 6t6 6clairci par 1'6change de lettres. Staline desire de toute evidence nie alliance A effel de r6ciprocite, jouant centre touo < agresseur > et non pas seulement centre l'Allemagne. 11 espere contrebalancer 1'6troite collaboration ameiri- cano-britannique par une collaboration aussi ttr'oite entire la Grande-Brelagne et 'Union Sovietique. 11 y a de forces chances pour qu'une telle alliance soit con- clue entre la Grande-Bretagne et la Russie. Les deux pays oni naintenant precise les frontiercs approxima- tives de leurs < spheres d'influence >. Les Soviets sc sont retires de leurs positions avanc6es dans le Moyen- Orient, cl ]a Grande-Bretagne ne les provoquera plus en Europe orienlale et dans les Balkans. S'ils peuvent parvenir A un accord sur leur influence respective en Allemagne, leurs spheres d'influence pourraisnl tlre sta- bilis6cs. >> II. PRESS AMERICAINE Re'ui'e dc lat press(i amrti'ailiie du 4 fdvrier 1947 1. ALLEMAC.NE Le project frangais d'organisation tconoinique de la Huhr, tel qu'il fut e..pose hier par IM. Alphand, fait 1'objet de nombreuses dipeches de Paris, largement reproduites dans la press et gindra'lement en premiere page. Les titres font ressortir que la France pr6conise pour la Ruhr un rginme plac6 sons le contrale 'e l'O.N.I'. Dans une d6dpche de Paris BULLETIN QUOTIDIBN DE PRESS ETRANGARE au New York Times', Callender met particuli6rement en va- leur le caractere international du regime 6conomique prdco- nis6 par la France pour la Ruhr. 11 declare que le project frangais privoit une rdpartition fixe du charhon de la Ruhr entire la France et les autres pays importateurs. Le corres- pondant souligne, par ailleurs, que, selon M. Alphand, it serait << dangereux d'autoriser un accroissemcnt substantial de .la production -d'acier de la Ruhr. La France voudrait que cette production soit limited i six millions de tonnes par an environ. a Cela signifie, poursuit Callender, que le trait imposerait le transfer du gros de la production euro- peenne de l'acier h la France, i la Belgique et au Luxembourg don't les hauls fourneaux seraient ali- ment6s principalement avec le mineral frangais et le carbon allemand. , Le correspondent 'souligne, comme le font d'ailleurs ses colleagues du New York Herald Tribune, du Chicago Tribune et du Batimore Sun, que le project frangais pour la Ruhr est 6minemment inspire par le ddsir d'as'surer en permanence la s curitd centre toute nouvelle aggression allemande et de faire de la Ruhr en quelque sorte un arsenal pacifique >. Tous les correspondents relhvent que le project frangais n'in- dique pas clairement quelles sont les nations qui participe- raient t administration de la Ruhr. Le correspondent du Chicago Tribune, notamment, se demand si les U.S.A. se- raient compris parmi elles. Comme Vfsson, hier, dans le Washington Post, 'I6ditoria- liste du Christian Science Monitor ddelare que le plan f/an- gais concernant 1'organisation pollitique ect iconomique de l'Allemagne et celui de M. Dulles rev6tent un caractere extrimement important, et doivent servir de base aux con- versations de Moscou. Une depcche A.P. de Washington signal que Sumner Welles preconisa i ila radio, diminche, la creation e d'nne F6ddration allemande d'Etats autonomes 3, suivant les li- gnes assez analogues i cellos du plan frangais. Selon cette dtp6che, I'ancien secr6taire d'Etat declara quc : < Si l'on permettait i 1'Allemagne de s'unir et d'&ta- blir de nouveau un gouvernement centralise6, les Alle- mands cr6eraient une fois de plus une police d'Etat dominie par les militaristes allemands qui serait en niesure de rdigimenter toute la population et de la pousser de nouveau a I'agression. , Welles aurait critique le discours prononc6 i Stuttgart par SM. Byrnes et fait 1'Aloge des propositions frangaises de fIdd- ralisation :de 1'Allemagne. Dans une depeche de Londres au P. M., Kuh declare avoir appris de source sare que les U.S.A. rejetteront en parties la proposition frangaise concernant la constitution alllemande ct qu'ils priconiseront la creation d'un government central alllemand < dou6 de pouvoirs reels et auquel les Etats s6pa- ris alilemands seraient subordonans >. En d'autres terms, dit le correspondent, les diplomats americains preconisent pour l'Allemagne une constitution similaire a celle des U.S.A. Selon Kuh, ,les Ambricains reprochent au project frangais de tendre an d6membrement de l'Allcmagne. Us rejettent les dispositions de ce project donnant aux Etats allemands le droit de nouer indiviluellement des relations diplomatiques avec les puissancei itrangbres. Ils sont partisans d'uni Reichstag 6lu par le people. Ces vues americaines, va jus- qu'i declarer le cocrespondant, so rapprochent des vues suvi6tiques. En fait, dcrit Kuh, les U.S.A. et 1'I.R.S.S. veulent un Reich puissant pace qu'ils esperent chacun l'attirer dans leur camp. Sellon une ddpcehe de Munich a Boston au Daily Globe, le docteur Hans Ehard, ministreo president de la BaviBre, :dd- clara aux journalists americains qu'il espdrait, ainsi que son gouvernement, que 1'Allemagne serait reconstruite dans le cadre d'une federation. ,, Un gouvernement fIddral en Allemagne, d6clara- t-il notamment, constituerait la meilleure garantie qui soit d'une Allemagne et d'une Europe pacifiques. Si nous avions eu un gouvernement federal dans eI IIIp Reich, tla Bavibre et les autres Etats n'auraient pas permis h Hitler de mener le pays h la guerre. , Le New York Herad Tribune announce l'organisation, le 6 mars, a New-York, par Mme Roosevelt et Edgard Mowrer, d'une conference destine it l'etude du problem allemand, A laquelle seront invites cinq cents personnalit6s' amdri- caines parmi lesquelles Bartley Crum, Richard de Roche- ment, Albert Einstein, Henry Morgenthau et Sumner Welles. Une nouvelle dpieche de Berlin au New York Times est consacrde laI controversy entire 'le gienral Kotikov et le colonel Howley au sujet d'une election syndicaliste alle- mande. Elle declare que les Americains ont portW .la question devant les Allemands par l'intermddiaire de la press alle- mande. Le New York Times' signal de Moscou un nouvel article de la Pravda accusant les Amiricains ct les Britanniques de tenter par des placements massifs de capitaux en All'emagne occidentale d'amener celle-ci sous leur tuteille economique. Selon une d6piche A.P. de Francfort, les autoritis ambri- caines envisageraient de rdduire leurs forces d'occupation en Allemagne a moins de neuf mille homines et A cent avions de chasse en 1948. 2. ENERGIE ATOIIQUE e La crainte exprimee par Baruch dcvant la Commission du Congris que la Russie ait reussi h obtenir certain des secrets sur la bombe atomique est rapportee dans toute la press en premiere page et sous de gros tires. Blle fait l'objet de longues ddpkches de Washington, mais aucun editorial ne lni eat encore consacrd. 3. CHINE D'apris ine ddepche de Washington au New York Herald Tribune, le Dr. Stuart, ambassadeur des U.S.A. en Chine, serait prochainement remplac6 par le gnderal Wedemeyer. << On croit savoir, dit la de6pche, que Marshall dd- sire, par ce changement. marquer la rupture avoc la politiqu de de 'annde passe. '1. -- INDOCHINEr Les d6piches de Saigon et de Paris au New York Times annoncent l'arrivie tde nouveaux renforts et le succs des operations franqaises de nettoyage dans' la region d'Hanoi. Le Christian Science Monitor consacre un editorial A la question d'Indochine. (Voir P'article plus loin.) 5. QUESTIOhNS FRAN(AISES D'aprBs une ldpitche de Paris au XNew York Times, le cabi- net a 6tudid nu course de so derniere reunion les measures A prendre pour poursuivre l4 politique de M. Blum en matiere de reduction des prix. Le Wall Street Journal public une depiche de son corres- pondant A Paris, Hargrove, sur cette question. Selon cette depiche, les premieres measures de Blum ont eu pour resultat de paralyser le march, los acheteurs s'abstenant de toute operation dans I'espoir d'une nouvelle baisse. Dans les mi- lieux d'affaires, poursuit'la ddpeche, on se montre 'en gdnral sceptique quant au succis final de la champagne, en raison essentiellement du dusdquilibre budgitaire. Le New York HeraldJ Tribune signal un article public dans son edition continental sur la situation 6conomique et financiere de la France (e 1946. I1 relive particuli&-ement que la p6nurie ie combustible et l'instabilit6 mon6taire ont constitud les principaux obstacles au redressement economi- que de la France an course de cette period. 'a) VERS UNE NOUVELLE BAISSE DE 5 % EN FRANCE (New York Herald Tribune, 5/2) q M. Ramadier n'a encore faith aucune communica- tion officielle au sujet de la late d'entrde en vigueur de la prochaine baisse, mais les graves en course et cel- les qui m'enacent, ainsi que le movement g6nbral pour _ __ U~I_ _~~_ __ _I_ 4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESSE ETRANG*RE le rel6vement des salaires, imposent d'une maniere im- p6rative de nouvelles measures. Selon la politique inaugur6e par M. Leon Blum du- rant sa breve carribre de Pr6sident du Conseil, le gou- vernement s'est engage A bloquer les salaires *et a r6- duire les prix. Chacun se rend compete que les salaires sont beaucoup plus bas que ne le justifient les prix actuels et le gouvernement a fait tout ce qui 61ait en son pouvoir pour apaiser les travailleurs sans accorder en fait des augmentations de salaires. Le r6sultat de cet ensemble de faits est qu'on se trouve en presence d'une course entire le gouvernement, avec son programme de reduction des prix, et les sala- ri6s, avec leurs demands d'augmentation de s;laires. La premiere baisse de 5 % a 6eti ge.nralement obser- v6e dans le commerce 16gal, mais elle n'a eu que pen d'effet sur les innombrables operations du march noir. Les prix sont si l6ev6s qu'une second diminution de 5 % ne constituerait pas une difference appreciable pour la plupart des Francais. > (JOHN O'REILLY.) b) LA SITUATION EN INDOCHINE (Christian Science Mo- nitor, 4/2) : SUne, France 6conomiquement forte est essentielle. non seulement au relivement de l'Europe, mais ii celui du monde. Les chefs du Viet-Nam, comme les dissidents indo- n6siens, devraient comprendre qu'ils n'ont rien a ga- gner en prolongeant la lutte dans un but assez obscur et qu'ils ont par centre tout A gagner d'un compromise qui aurait pour r6sultat certain d'am6liorer le standard de vie du people indochinois et de le faire progresser vers son ind6pendance total. > C) L'INDEPENDANCE DE LA BIRMANIF. 1. New York T7ime's (3/2): c L'ind6pendance accord6e A la Birmanie est sem- blable A cell, qui a 6t6 accord6e A l'Inde, mais la Bir- manie peut s'av6rer plus aipte que 1'Inde A avoir un gouvernement autonome. Naturellement les Birmans sont divis6s en parties, mais en g6n6ral ils s'accordent davantage entire eux et 6prouvent moins de ressenti- ment contre la Grande-Bretagne que les Indiens. Avant tout, 11 n'existe pas entire eux de divisions religieuses irr6m6diables. > 2. Saint-Louis Post cDispatch (3/2) : < L'offre faite' A la Birmanie esl analogue A l'offre faite par le gouvernement travnilliste i l'Inde. On or- ganise un Empire conform6ment aux revirements de l'opinion mondiale qui se declare centre le colonia- lisme. La ipolitique du president Attlee A I'6gard de 1'Inde et de la Birmanie confond ceux qui predisaienl ,que mmee si le gouvernem'ent travailliste pouvait chan- ger la politique int6rieure de la Grande-Bretagne, il poursuivrait la politique de Churchill 'i l'6gard d( l'Em- pire. 11 se pourrait bien que, au lieu de liquider 'Emnpire britannique, M. Attlee forge des liens plus durables que les lourdes chains du colonialism. La cohesion du Commonwealth britannique lui-meme est assure par des liens de soie. Le Canada, l'Australie, la Nouivelle- Z6lande et l'Afrique du Sud sont des nations ind6pen- dantes et cependant font passionnement preuve de loyaut6 envers leur m6re patrie. En Orient et ailleurs, le temps est revolu oit Ics peu- ples (quelle que, soit la couleur de leur peau) pouvaient se montrer satisfaits de la dominalion imperial. RelAcher les liens de l1Empire, quoi qu'en pense Churchill, peut s'av6rer en fin de' compete le seul moyen de le perp6tuer. 3. Baltimore Evening Sun (3/2) < I1 y a encore beaucoup A fair, avant que l'ind6- pendance de la Birmanie devienne un fait accompli, et le people de Birmanie doit encore decider s'il vent demeurer au sein du Commonwealth britannique avec un statut de dominion. Mais ce qui est encourageani dans le nouvel accord, c'est que le principle de l'auto- nomie a Wtd accept sans 6quivoque. > III. PRESS SOVIETIQUE Revue de la press sovidtique du 4 fdvrier 1947 Tous les journaux paraissent sauf la Pravda. Les autres organes d'ailleurs reproduisecnt la plupart des informations d6jih donn.ees hier par oe journal. Les textes in~dits refletent tous la preoccupation des politiques anglo-ambricaines dans le monde. 1. LA POLITIQUE BRITANNIQUE HOURS D'EUROPE Deux grandes depiches Tass : critiques du Reynolds News a propos du choix de l'Afrique du Sud comme but de voyage des souverains britanniques ; extraits de press egyptienne d6nonqant les projects de la Grande-Syrie. 2. LA POLITIQUE INTERIEURE AMIRICAINEI Une s6rie de d6p&ches Tass sur les sujets suivants : ls militaires maitres de la Commission atomique aux U.S.A.: Protestations des savants amiricains centre l'intiroduction da savants allemands aux Etats-Unis; Le senateur Oanahony dinonce I'influence de la Standard Oil dans le monde ; RBvlations de Rodge sur une personnalit6 que compromet trait son rapport sur les liaisons hitl6riennes aux U.S.A. 3. LA POLITIQUE ANGLO-AMIEHICAINE EN EUROPE Tous les journaux publient une d6epche de l'Agence Tass. sur le voyage de Schuschnig aux Etats-Unis relevant qu'il est invite par une association -qui avait pr~ecdemment inter- view6 Otto et Felix de Habsbourg. La conference de press de Smoldaka A Rome touchant l'assassinat de de Glount- chitch fait l'objet d'un copieux compete rendu. La press donne 6galement de large extraits de l'audience du, process de Skomlje mettant en lumi6re les liaisons qu'entrete- naient les inculp6s avec la Gr6ce et un consul hritannique. En cc qui concern les relations ext6rieures de la Yougo- slavie, tous les journaux publient une note premise an Vatican touchant les criminals de guerre yougoslaves qui, d'apres des informations britanniques notamment, y auraient trouve refuge. Enfin, le Vorwaerts donne de large extraits touchant les formations militaires allemandes en zone bri- tanniqu'e. a) Le rdle de Iai Ruh' .(Temps Nouveaux, 3/2) : < Comme le montrent les statistiques officielles, 5 millions de tonnes .de carbon ont 6t6 exportees de la Ruhr dans treize pays ed'Europe durant le 1" semes- Ire 1946. Beaucoup de ces pays ont un besoin aigu de carbon pour leur econohie ruinee par l'occupation allemande; le plus gros de ces importateurs est natu- rellement la France. Cependant. elle ne reqoit qu'un peu plus que les autres pays. Si en juin 1946, 950.000 tonnes furent exp6di6es.en France, l'exportation tomba a 62.000 tonnes en novembre. Actuellement, .d'aprbs les information's de la press, elle continue A diminuer. hJULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS iTRANGARE ~" ^ __ -^ - - __ -i ii T -^- _______________ ^ _ Au course de la visit de M. Blum it Londres, lit-on dans la press, on d6ciara qu'il 6tait impossible d'ac- croitre ]es exportations de 'la Ruhr. NLanmoins, simulta- nement, de nouveaux pays firent leur apparition sur la liste .des importateurs de carbon de la Ruhr : Gr&cc, Suisse, Portugal. Le Portugal recoit ipresque deux fois plus de carbon que la Yougoslavic. Si l'on fait attention a la 'direction de '1'exportation du carbon de la Ruhr, on se repr6sente le tableau d'une diplomatic d'un nouveau genre, la diplomatic .du carbon. On ferait mieux de chercher le moyen d'ac-. croitre l'extraction dans l'inltret de i'economie alle- inande et europ6enne. Mais tune solution aussi simple n'est pas avantageuse pour ceux qui veulent utiliser le carbon de la Ruhr come un instrument de la diplomatic. Le carbon a aussi sa place dans ,'arsenal de la po- litique de force. VoilA pourquoi jusqu'ici les pays de I'Europe occidental ne reCo'vent pas 'de carbon au titre des reparations et doivent le payer en ,devises, el voilA aunssi pourquoi la quantity de carbon obtenue par cux ne r6pond pas a feurs besoins essentiels. La ques- tion de la Ruhr ne doit pas etre resolue du point de vue charbonnier. La Ruhr est le bien conmmun .de toute l'6conomnie allc- niande. Certes, l'Allemagne ne dolt pas itre transformed en pays agraire arribre et on ne peut pas la faire reve- nir A son .tat d'il y a deux si6cles. Son economic et tout d'abord son industries doivent 6tre d6militaris6es ct servir A des besoins ipacifiques. Pour i'execution dde cette tAche, le carbon possdde line importance capi- tale. L'ordre qui' r&gne dans la Ruhr prove que les autorit6s anglaises d'occupatio.n ne peuvent pas ou ne veulent pas assurer une restauration normal de l'in- dustrie charbonniire de la region. C'est une polilique qui viole le principle proclamnI A Pots'dam de l'unitC ero- nomique de l'Allemagne. La restauration de ,a Ruhr come base id'une eco- nomie allemande pacifique et l'intreit des pay's d'Eu- rope qui ont besoin de carbon, exigent 1'6tablissemenl d'un control interalli des Quatre Grandes Puissances. C'cst ce que le gouvernement sovi6tique avait demand'b aver insistence il y a plus d'un an >. (ILINE). h) La p'neiadtivoul di capital cangltias et (amirflclin dk0is l'i'lndustlie all'emanldle (Pravda, 3/2) : < Les capilalistes anglais vsulcnl a leur tour netllre la main sur les postes de commander de l'industrie alle- mande. Dans ce but, ils ont recours a une s6rie .de ina- nowuvres afin de career une siagnalio.n artificielle dans la vie 6cononmique de 'a zone d'occupation brilannique on Allemagne, En mmnie temps qu'elles reduii'niit I'exltraclion tdu carbon dans Ic bassin de la Hulrr ainsi quI lia pro- duction d'acier et de fonte, les autorilts britanniques freinent encore davantage le d6veloppement de '1'indus- trie 16gire, qui n'est pourlant pas contraire aux deci sions des puissances allies. Les administrateurs britanniques fixent des contin- gents redluits ih ia vente des products fabriques, ce qui aboutit souvent i la fermeture des entreprises. En zone britannique, on cxtrail 35 % de la qpuantile de carbon extraite avant guerre et la production de l'industrie legere ne se silue toujours qu'A 20 % dun niveau de 1939 >. IV. PRESS BELGE Coiirovcrs'es sir Le C on scil de ia RIdi;blique (La Dcr- niire Heure, liberal, 4/2) : < Les premiers pas .de l'Asseimbice qui sigec an Luxembourg sont I'pccasion pour les < senateurs > de ieprocher aux groups de gauche de vouloir < sidri- ser '> itl Con:.oeii, faule ,d'avoir pu l'eClupi 'i- er ie nailre. C'est ainsi que 'le M.R.P. s'-ievc conlc rea Icanalive faite pour priver du droit d'cnqueite Iles cominUissiois dll Conseii. On a recherch 6,galeimnt i contesier aux con- .iillers le droit de poser des questions aux ministres. Enfin, alors qu'un conseiller M.I.P. proposait tile mid thode ide travail et demaondait di rechercher les ques- tions qu'on pourrail poser ai prcsideni, un commu- nist6 a rep'ijqub qu'il n'y avail qu'i attendre les textes de lois qui parviendraient par la voie normal e de 'autre Assemble. II est vrai que, prise au pied de la l.ellre, la Cons- titution n'accordp guBlre de droits h la deuxibime As- seniblee et que 'es groups de gauche peuvent deman- der que, sir ce point, ies lois fondamentales soient respeclees. Toutefois, on fait reimarquer que le Conseil de la H publique a an moins la possibility de prendre I'initiative des lois. Dans ces conditions, on pense que, finalement, un modus vitvenidi sera trouve entire les conseilers de la BRLpubllique partisans d'Llendre leurs prerogatives et ceux qui entendent s'cn tenir i la lettre des textes, pour ties raisons 'de lroit. I1 n'en rcsle pai; moins qu'une pariie Aics menibres de l'Asseiiiblec du Luxeminbourg peut Eire considbrie couine I'adversaire de cette Asseimble, cc qui est assez' piquant. Enfin, dans ceriains milieux, on reproche anu gouver naimen! de boudctr le Conseil de la RCpublique; M. Lcon Blum, alors qu'i' 6tait ipisident du Conseil, y a fail une apparition, mais, depuis lors, les ministres sem- blent s'ilre d6sinteress6s des debats du Luxembourg a. (Du correspondent de La Dervibrie iHene ai Paris). V. PRESS SUISSE I,/ jm':iiliqise a i:opi''lne des Ekils-Unis (Basler Nach- richlen, 4/2, tdilion du soir) : <; Les Etuls-Unis d'Europe n'est-ce pas un cnuple- uiisnme qui couvre le pa-iiage dce 'Europe? Oh le croi- rait presque. Dans le Coilic Magazine, M. Winston Churchill a parle, en son temps, tde 2 a 300 millions d'Europiens. M. John Foster Dulles, directeur tde conscience des r6publicains en niatiLre de polilique 6trangre, 'donne le chiffre de 200 millions. La ConlnunauL6 de l'Atlautique devait engiober tous les riverains de l'Oc6an du m6ime nom, tons it l'excep- tion de l'Allemagne, pour laquelle on conseillait t.ne n6buleuse neutralisation. C'esi ici que parait r6sider Ja difference essentielle entire I'ancienne et la nouvelle conception. MM. Churchill et Dulles veulent incorporer l'Allemiagne A cc bloc, on pour Ltre precis, la plus grande parlie possible de l'Allemagne : ii s'agit en r6a- lite de cr6er un equilibre des forces a I'echelle mon- l'iale au point de vbe militaire. Ni l'Angleterre, ni l'Amerique, ne sont traditionnellemenl des puissances de terre ferme, et elles ne d6sirent point le ddevenir. L'Anglcerre se sent ah 'aise sur mer, et le domain de 6 tittLETIN QUOTIDItN IDE PIESSE TtANGfRSE l'A'merique c'est 1'espace a6rien; mais pour tenir la Russie en 6chec, ill faut aussi une arm6e de terre en Extreme-Orient et sur le continent europ6en... Ceux qui, A la suite de la victoire Blectorale des re- publicains, craignaient un retour A l'isolationnisme, peu- vent maintenant constater que la nouvelle majority du Congres e.st 'd6cid6e A poursuivre vigoureusement la po'litique inaugur6e par M. Byrnes dans son 'discours -de Stuttgart. Les Allemands voient ainsi s'offrir a eux une chance qu'ils ne doivent pas seulement au respect qu'inspire partout leur valeur militaire, mais aussi A I'incertitude qui semble encore subsister touchant les perspectives francaises. Certes, i'Amerique continuera a faire des efforts pour remettre la France sur ses pieds car elle est persuade que le communism surgil. sur- tout quand les -estomacs sont vi'des; mais elle *croit que ces investissements .de capitaux comportent certain risques. M. Herbert Hoover se rend en Allemagne et en Autriche pour voir s'il est avantageux d'investir de l'argent 'dans ces pays. A priori, on est g6enralement dispose a l'admettre, bien qu'en raison des circonstances particuiieres dans lesquelles elles se sont deroulees, les elections alieman'des jusqu'A ce jour n'apparaissent pas come entibrement probantes. En ce qui concern la France, on tend a croire dans la capital 'des Etats-Unis que les saines forces de re- sistance A la pouss6e communist peuvent lui opposer un barrage efficace. 11 est significatif que les Polonais, les Hongrois, les YougosTaves, les Bulgares affames de liberty qui vivent en exil sur le so' americain mettent leurs espoirs dans ]a bolchevisation de la France. A ce moment-1l, disent-ils, les Anglo-Saxons -se mettront en movement. Le discourse de M. Dulles prouve que les Anglo-Saxons ne veulent pas atten'dre jusque-la. Its font entrer en action I'artillerie des dollars. Euram&- rique contre Eurasie ). S.P.L ap. .ru KsS. ere- 3.809Pix 6 a. L mNV.. 2W. rw NMholo. Pwr 81.3009 Prix : 6 fr. |
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