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Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Physical Description: dl. : ; 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publisher: s.n.
Place of Publication: Paris
Creation Date: 1947
Publication Date: 19XX-
Frequency: regular
 Subjects
Genre: periodical   ( marcgt )
serial   ( sobekcm )
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063
System ID: UF00077027:00028
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IPRESIDENCE aDt CONSI --
SECRETARIT D'ETAT A DOCUMI

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8*).





BULLETIN


DE

4 fevrier 1947.


PRESS


NATION FRANCAIS


KINISTEM


QUOTIDIR D



ETRANGERE

Nouvelle S6rie No 585


I. PRESS BRITANNIQUE


Revue de la press britanniqte du 4 fourier 1947

En dehors des questions purement ,6conomiques, ce sont
encore les 6venoments de Palestine qui prennent le pas sur
les autres questions de politique extdrieure. L'essentiel du
memorandum frangais sur la Ruhr est largement reproduit
dans la press de toute tendance, mais, ,sauf dans le Daily
Worker, ne fournit matidre aucun commentaire.
1. PALESTINE
I1 n'est pas un journal qui ne amette en vedette la note
envoyde i P'Agence juive par le gouvernement de Palestine,
aux terms de laquelle la Communaut6 juive devra decider
dans les sept jours qui viennent si elle est disposee A colla-
borer avec la police et les forces armies pour extirper le
terrorism de Palestine. Au cas oh l'Agence juive repousse-
rait cet ultimatum, la loi martial serait proclamlie sur tout
le territoire.
Selon J. Hoare, dans le News Chronicle, cette measure en-
trainerait l'arrit de la vie normal du pays dans toutes ses
formes.
John Wallis, correspondent special du Daily Telegraph ai
Jerusalem, estime que les travaux de la Conference de Lon-
dres sont de cc fait arrives' au point mort.
A-uun journal ne se risque i pr6sager ce que sera l'atti-
tude de la Communaut6 juive en Palestine.
Le depart du Dr. Weizman pour la Palestine annoned hier
dans une depeche Reuter laisse esperer que celui-ci usera de
son influence moderatrice. En attendant, le nombre des
civils britanniques 6vacues s'616ve a ce jour a 1.621.
2. LE MEMORANDUM FRANCAIS SUR LA RUHR
Le Times, le Daily Telegraph, le Manchester Guardian, le
News Chronicle, le Daily Mail, le Daily Worker reproduisent
lessentiel de la conference de press tenure hier au Quai
d'Orsay par M. HeTv6 Alphand au sujet du plan frangais sur
la Ruhr. Aucun commentaire n'aecompagne ces articles a
1'exception d'hn court passage dans le Manchester Guardian,
oil le correspondent parisien de cc journal ddclare que :
< Ce m6morandu-m est destine A saver ce qui peut
1'6tre encore apr5s le rejet par les, Allis du plan fran-
caiss de separation politique de la Ruhr du, restant de
l'Allemagne. II constitute, en d'autres terms, une
deuxibme ligne .de defense. >>
3. -- LA PRODUCTION EUROPSIENNE DE CARBON
Le Manchester Guardian reproduit lessentiel du rapport
de organisation europ6enne du charbon publiS aamedi der-
nier et d'ois il resort que la production du carbon de sep-


tembre pour toute 1'Europe n'a atteint que 65 % de son
niveau d'avant guerre.
En ce qui concern la France, sa production represente
104 % de celle d'avant guerre.
4. LE VOYACIE DE M. TANGUY PRIGENT EN AM~RIQUE
Le Daily Telegraph announce que le ministry de 1'Agricul-
ture frangais. se rendra en Ambrique mercredi prochain pour
obtenir un minimum de 200.000 tonnes de graines de bl6.
Ce journal ajoute qu'il est fort peu vraisemblable que la
Grande-Bretagne soit en measure de les lui avancer, ses pro-
pres reserves 6tant extremement faibles.
6. GRACE
La plupart des journaux annoncent que les .effectifs des
troupes britanniques stationndes en GrBce vont etre rdduits
de moitie.
D'autre part, la commission d'enqufte des Nations Unies
a entendu hier martin M. Alexander Kyrou, porte-parole du
gouvernement anglais. Celui-ci aurait demand h la commis-
sion de rejeter la proposition yougoslave, bulgare et alba-
naise selon laquelle la commission devrait enqueter princi-
palement sur les affairs interieures grecques. AppuyS par
les representants frangais, le d6C1gu6 americain aurait faith
savoir t M. Kyrou que la commission 'se r6servait le droit
de fixer elle-meme sur quelle question devait porter son
enqute.

6. CHINE
Conform6ment a la nouvelle donaee hier par le Daily
Worker, le Times et ile News Chronicle annoncent le debut
d'une nouvelle tentative des troupes du Kuomintang centre
les communists.
Par ailleurs, le TimIes signale que le ,Dpartement d'Etat
amdricain est continuellement saisi de rapports '6manant
d'hommes d'affaires ambricai'ns en Chine se plaignant de ce
qu'ils se trouvaient de plus en plus en butte aux nouvelles
r6glementations chinoises sur 1'exportation.

7. RIVALATION DES SECRETS ATOMIQUES

Tandis que le Time reproduit le text d'une d6p ahe
Reuter annoncant que les trois Canadiens accuses de divul-
gation des ,secrets atomiques ont &t6 acquitt6s, le correspon-
dant particulier du Daily Telegiraph announce que M. Baruah
a dSclar6, au course d'une s6ance de la Commission des Na-
tions Unies sur 1'Pnergie atomique, qu'il Stait profondement
trouble par la fuite de certain/ secrets. I1 a laisse entendre
que les Russes obtiendraient des renseignements precieux du
Canada. D'autre part, le correspondent de ce mgme.journal
a Montreal fait 6tat du m6contentement de certain membres
du gouvernement canadien devant l'acquittement des trois
aceus6s.






2 BULLETIN QUOTIDIEN


8. E'rATS-UNIS
Le Times, Ie Daily Telegraph, le Mawheq s'er Guurc'ian, le
Daily Herald annoncent que le Prtsident Truman a dtmande
au' Congres le droit de conserve certain contr6les .du temps
de guerre particulibrement ceux qui inte sscnt l'aliilnuta-
lion. AM. Truman aurait. doannt pour raisons la situati.im cri-
tique des stocks moudiaux et l'obligation pour les Eta:s-Unis
de pourvoir au ravitaillement tdu Japon it dt la zon,, ame-
ricaine d'Al'lemagne.

Le 'problMne *de Ia nmui-uid'iruvre en Francce (Continen-
tal, Daily Mail, 4/2) :

La p&nurie de main-d'teuvre qui regne en France,
p6nurie plus aigue quc celle que I'on constale dans n'im-
porte quel autre pays d'Europe, est probablement le
facteur d6cisif dans la lutte engage pour son redresse-
ment 6conomfque. A une epoque ol presque tou.es les
nations accordent une valeur nouvelle et elev6e a tLut
homme en 6lat de travailler, la France a besoin de
2 millions de Iravailleurs supplementaires. L'4poque esl
r&volue oh elle n'avait qu'h faire signe a des legion.5
d'ouvriers d6sireux de changer d'horizon. 11 esl pro-
bable que ceux-ci viendraient encore, s'ils le pouvaient.
Mais le probe6me de la main-d'oeuvre qui s'est pose en
France apr&s la premiere guerre mnondiale et qui s'est
aggrav6 apres la second, est maintenant un prtblbime
qui preoccupe presque tous les pays.
II est A craindre tqe les esp6rances que i'on f mdait
sur une immigration de travailleurs italiens ne puis-
sent se r6aliser; bien qu'un accord ait Wt6 sign entire
les deux pays, cet accord ne semble pas jusqu':i pr6-
sent avoir 6t6 vraiment suivi d'ex6culion et il est encore
difficile pour les travailleurs italiens d'obtenir !'auto-
risation n6cessaire de s'expatrier.
iCependant, I'infiltration clandestine de travailleurs
strangers en France montre qu'un grand nombre tie
ceux-ci sont d6sireux de venir s'y installer. I1 vst re-
grettable pour ce pays que tant de nations 6trangeres
aient, elles aussi, besoin de main-d'oeuvre. Les travail-
leurs strangers se trouvent heureux en France. Ils y
sont traits avec 6quit6 et ceux qui r6fl6chissent siur
la situation politique et economique peuvent irouver
une consolation dans le fait que ces problhmes ,se po-
sent partout. Des milliers de prisonniers de guerre alle-
mands travaillant actuellement en France d6sir. nt y
rester.
D'autre part, la proportion de personnel ag6,'s esl
plus grande en France que partout ailleurs. Ce n'est pas
une consolation pour la France que d'autres pays, y
comprise la Grande-Bretagne don'tt la population, comnme
celle de ia France, comprend un nombre extrnememenl
61ev6 de personnel Ag6es), aient besoin, eux aussi. d'un
plus grand nombre de travailleurs. Et la France ne
trouve guere de secours dans le faith que des pays
come la Russie, la Pologne et la Tch6coslovaquie Ft-
moignent d'un vif d6sir de rapatrier leurs nati naux
travaillant a 1'tranger.



II. PRESS AMERICAINE


Revue de la presse americaiie du 3 feirier 1917

1. ALLEMAGNE
La remise dir' memorandum frangais sur la Ruhr est an-
noncee dans les d6epches de Paris au New York Times et au
New York Herald Tribune. Callender dcrit que ce :memoran-
duim marque un changement important dans In politique
frangaise.


DE PRESS ETRANGORE


l I.a France, dit-il, demandera bien i Moscou 1]
idtachement de la Ruhr ei: de Ia Rhinanie, mais tout le
nonde, Bidault, le tout premier sait trls hien qu'il
s'agira d'une simple formality. >

Humlphreys, corrcspondant du Newi York, Heald Tribu.ne,
tliclare que dans son memorandum, la France demand :

< Un contrile absolu des allies sutr l'exploitation
du carbon de la Ruhr et sur les usines d'industrie
siderurgique de ce territoire. >

Les deux premiers m6morandiums franqais sur I'Allema.-
gne sont favorablement comments dans les articles de Fer-
dinand K'uhn et d'Andre Visson dans le Washington Post.
Visson Lcrit :

c Le plan frangais concernant l'Allenmagne... et le
plan de Dulles... sont considirds it Washington come
I-s propositions les plus intiressantcs et les plus cons-
tructives. Elles sont de nature it avoir une influence
considerable sur la Confdrence de Moscou. >

Vi-.son expose en detail la thl se frapnaise lclle qu'elle
resort de l'analyse des edcux premiers memiorandums don-
nes par l'Agence France Presse.
Pour RKuln, les propositions franchises sur l'Allemagne
se rapprochent beaucoup sur les points essentiels des idWes
amnric.aines et britanni(ques. I1 declare que les recomman-
dations qui furent fails rtcemment A Marshall par un
spedialiste des affairs allcmandes du D6partement d'Etat;
sont, sur le rble future des Etats allemands, remarqun-
lccment proches du plan frangais ,,.
Les principles dli\,rgences entire les th6ses franchise et
amdricaine au sujet dv la structure politique do l'Alle-
magne, concernent la Ruhir et I'Assemblie federale... 1.is
Americains desirent maintenir la Ruhr attache it 1'Alle-
magne, tout en plaeant scs industries et ses resources
sound le strict contrdle d'une autorit6 international com-
parable a i Tennessee Valley Authority ,. En ce qui con-
cerne le Gouvernement federal, les Frangais ne veulent pas
d'Assembl e clue nationalement. Ils ne veuslent pas davan-
tag e d'uun nouvcea Reichstag... On montre 'un vif intiret it
Washington pour les moyens suggrdCs par les Franafis
pour privenir la rdapparilion en Allemagne d'un nouveau
Fuehrer... Nianmnoins les plans amtricains qui out it& sou-
mis i' I'examen du G6neral Marshall prnvoient un Reichs-
tag 6lu par le peuple... Les hauts fonetionnaires am'[ricains
t'stiment que l'absence d'un Reichstag central constitue-
rait un reel danger et craignent que les puissances vo)isines
t fins politiques.
Chamberlin dans Wall Streel Journal, preconise une A1-
lemagne f.dirtc conforminment aux dispo.iiions de Dulles.
Le Newt York Times public Lnie dtiCpch-e dt -Mloscou si-
gnalant un article de < Ulyin > dan, L,s Tcmp.i No.nit'eanu.r
rejetant inergiquement les plans occidentaiux de feddralisa-
tion on de division tde l'Allemagn'e.
Henri Wales, correspondait du Chicago Tribune t Pa-
ris, declare que le project d'alliance franco-anglais actuelle-
anent en voice d'6tude, comiporerait les ncuf points suivants
au sujet de 1'Allemagne :
1) Reconnaissance d'uin iintert politique co-mmun en Al-
lemagne et garantie mililaire britanniq'ue A la France on
eas d'une aggression tde 'Allemagne.
2) Reconnaissance ties intirets iconomiques de la France
dans la Sarre ct dans la Ruhr.
3) Reconnaissance tde la nicessitI d'un regime adminis-
tratif special en Rhenanie.
4) Internationalisation te la navigation sur le Rhin.
5) Reconnaissance de l'etablissement dres Etats fiddraux
en Allemagne.
6) Appui anglo-frangais i la Belgique et A la Hollande
pour leurs demands de reparations et leurs revendications
frontal rcs.
7) Adoption ldu plan frangais pour l'exportation massive
de carbon allemand en France et livraison h l'Allemagne


I__








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGERE


de certain products' des usines sid&rurgiq'aes frangaiz es
(ces livraisons devant service de pavement pour le carbonn.
8) Appui britannique pour los demands de reparations
fran.vaises.
9) Coordination de la politiqcue francaisc et de la politi-
que britannique pour la defense commune de lours nmpi-
res d'outre-mier et d'utilisation conjointe des ports (basl's
ct terrains d'atterrissage).
Le d6part de Herbert Hoover pour 1'E'mope est annonedc
dans toate la prcsse. liWal Street Journr., pub;lie i celic
occasion un long article sur la mission de 1'ancien prisi-
dent des Elats-Unis. II declare que < la vraie question
quoe Hoover va chercher i rdsoudre est cell de sa\oir
quelles d6penses scraient ndcessaires pour fire renaitre
l'ecolnomne allenmndtC et lui permet'.re do se uaffire A ile-
meme.
Une ddpeTeli :'e ,io'c(ou au rNe,' York timess signal les
critiques des Izlusli nan sujet de la dinazification des
zones amnricaine et britannique imettant particulir.emnca
cn valour << que I's U.S.A. et la Grande-Bretagne n'ont anu-
cun dosic d'e1imincr, Je fasc;smn on Allemagnc n
ine cfdpeche A.P., de Berlin, est consacrce 'i la contro-
verse centre le Gndrial Kotikov ct le Colonel Howley au
sujet du pritendu sabotage d'un:' election syndicaliste ai
Berlin.
Des dipeches de Miami Beach, largement reprod'uites
dans la preo.se, rapportcnt les declarations faites dans cette
ville devant le Conseif de I'amitii amiricano-sovidtique >>
par Novikov. L'Ambassadeur de I'U.R.S.S. a Washington
niuail exprim6 une conviction profonde

S< que l'ombre qui dernicrcment assombrit les rela-
tions russo-amdricaines ne reflete pas l'itat riel des
affaires s'ntre les deux pcuples. >

L'Ambass.adeur dinonca ensu'ite I'acivijt 6e ML. Churchill.

2. INDOCHINE,

De nombrcuses ddelarations de porte-parole frannais sont
frdqucmment rapportes dans la press amnricaine. selon
Icsquelles la France ne reprendra pas les negotiations avec
le Viet-Nam tant que l'ordre n'a'ura pas Wit ritabli en Indo-
chine. Par ailleurs une dipeclhe U. P. de Paris, largement
reproduite, declare que !e gi6nral Morlirre vient d'etre
rappcld h Paris. C(tte decision

c est interpretde come une indication que le Ca-
binet frangais prepare des ndgociations de paix en
Indochinc. ,

Whitco.mb cAb)le de Paris au Baltimore: Sun que les com-
munistcs .exercent actuellement une forte pression sur le
Gouvernement pour provoqi'er le rappel de 1'Amiral d'Ar-
genlieu o en raison de ses lcndances anti-communisles -.
Los declarations d'un < observateur neutre, eon Indochine
sont rapporties dans une dipiche de Trumbull an NO'e
York Times. D'npris cet observateur, la politiquc inergique
b I'agnrd des annamites adopt6e par les autoritis frangaises
en Indochine < risque de jeter les rebelles dans les bras de
Mosrco.ur -.

:. PALESTINE

La presyE continue ia conarcrer une assez large place aux
dtpeches de Palestine sur la situation dans ce pays. Scul,
toutefois, le Neo Yornk Herald Tribumne consacre un idito-
rial i c0'te situation. ii declare qu'il n'y a que doux solu-
tions possibles au probl6me palc.tinien 1a orlation d'un
Etat juif ind6nendant, solution qu'approuveraient les
U.S.A. -, o0 l'Ctablissement, d'une tutellc des Nations Unics
en Palestine.

4. QUESTIONS FIAN(AISES

D'apris une d6piche de Callender au New, York Times, les
honmacs d'affaircs amiricains en France sc proposent de
faire pression sur le Sinat amiricain pour qu'il rejette le


project d'accord tfranco.amnlricain 'sur la taxation de leurs
nationaux qui lui a idt soumis. Ces AmCricains estiment, en
cffet, quc ce project est injustfe lecur 6gard.
Le Newo York Times public des d6piches inanant des ca-
pitales dd plusieurs pays d'Europe sur la situation alimen
taire dans ces pays. Warren, corresponldant du journal i
Paris, declare qu'en France le ravitaillcment en vivres et
en comblustibles < est presque aussi iauvais que pendant
la guoerre ).
Constantine Brown consacre deux nouvelles dip&ches de
Paris dans l'Eoe.ning Star, l'une au miitche noir, 1'autre a
la situationn politique et 6conomique. I1 declare que le Gou-
vernement actuel no durera pas longtemps parce que ,c les
factions politiques v s'int6ressent advantage i leurs propres
int'rtts qu'au'x intirCts du peuple. II dcrit encore qu'au
point doe ue economiquc, la France souffre do de la dids:ga-
nisation la miux ornistisiee >>. 11 d6crit la miscre que con-
naitrait naturellement la classes moyennc et pridil un conflict
violent entire les coninuniste. et les conservateurs.
5. -- P'TROLE

Solon ine dip che U'.P, de Washington, le s6nateur
Mahoneh, parlant h la radio, a accu'si les companies p6tro-
liures Standard et Socony de chercher i monopoliser la
distribution du petrole dans le monde.

a) Le problem df idesarmom'ennt atotmique (New York
Hcra'd Tribune, 3/2) :

s Apr&s avoir laci'a los bombers atomigques sur le Ja-
pon, nous avons tAtonni pendant plusieurs mois pour
trouver une solution aux problems qu'elles posaient a
:a sociild mondiale. Une fois que nous avons mis au
point une politique personnelle, nons avons eu beau-
coup trop tendance A pretendre qu'elle o tait le remade
it tous les naux de t'univers et que nous pourrions r'-
soudre tous les vastes prob!lmes des arinements, de la
guerre et de la souverainet6 selon nos propres d6sirs.
C'dlait lI uhe erreur. Mais ceci n'empiche pas que
notre offre d'internationaliser cette armed, don't nous
possddons encore le monopole exclusif, est un fait sans
precedent come l'arme elle-mEme, et un acte de poli-
tique cclairee qui n'a eu son &gal nulle part ailleurs.
C'e.st une contribution effective et g6nereuse, apport6e
sur le plan pratique, par une d6mocralie capitalist, A
la solution d'un des plus terrible problemes de cette
epoque. Les propositions americaines n'ont pas it6 si-
gnees Ia 'endroit sp6cialeinent r6serv6 a cet effet en
faith, pour cc qui est de la plupart des details primor-
diaux, it n'y a pas encore d'endroit r6serv6 a la signa-
ture et il se peut bi'en que nous ayons trop peu
consid6dr les implications que d'autres pourraient y
irouver. Mais mime si cctle politique pr6sente des dd-
fauts, il rest encore ia voir si la diplomatic totalitaire
sovi6tique peut apporter une contribution gale ou su-
perieure A la solution d'un problime commun don't
i'urgence est ind6niibre.

.b) Les Eioits :Un'; :i ''Arentfne (New York Herald Tri-
bi;ne, 4/2, d. enr: p.) :

s L'one des premibres laches qui attendent le secro-
taire d'Eiat George C. Marshall A son nouveau post,
c'est de se prononcer dans une situation qui resemble
de bien pris A une crise dans le ddveloppement de la
politique extirieure bipartite. La cruise est n6e lorsque
le sdnateur Arthur II. Vandenberg a pris sur le pro,
*blame argentin une position qui diffrre de celle du
ministrre des Affaires etrangeres. De ce fait, le se-
cr6taire d'Etat adjoint Spruille Braden a offer
sa d6mission au gindral Marshall, et il ne faut
pas voir li simplemenl un geste fait pour la
tforme, mais une demand effective pour 6tre re-
levC de ses functions si son point de vue nest pas
soutenu. En consequence, Marshall sera oblige de pren-






4 IULLTIN T QUOTIDIEN DE PREBSE kTRANGBRE


dre sa premiere decision important presque avant de
reprendre haleine. On savait depuis des mois que
M. Braden 6tait en. dsaccord avec l'ambassadeur am-
ricain en Argentine, George Misscromith.
Braden n'a pas cess6 de lancer des imprecations con-
tre le dictateur Juan Domingo Peron, tandis que Mes-
sersmith pr6sentait gentiment ce fanfaron nbo-fasciste
comme un veritable d6mocrate et insistait chaudement
pour qu'on entretienne avec lui des relations amicales.
Ce qu'on ignore, c'est jusqu'A quel point Messersmith a
fait ouvertement preuve de deloyaut6 dans cette cam-
pagge centre Braden.
Le secr6taire Marshall se trouve maintenant pris de
trois c6tes. D'un c6t6, se trouve Messersmith. En atta-
quant ouvertement la politique minist6rielle, Mersser-
smith a soulev6 le probl6me de la discipline A l'int6-
rieur du service. D'un autre c8t6, se trouve Braden
soutenu par le sous-secr6taire Dean G. Acheson, don't
I'avis devrait influer fortement sur la decision de son
vieil ami Marshall. En demandant d'etre soutenu ou
relev6 de ses functions, Braden n'a laiss6 le choix qu'en-
tre deux solutions pour le probl6me. En troisiTme lieu,
on trouve les r6publicains du SBnat, sous la conduite
de Vondenberg. Ceux du genre 1Wherry sont pour la
politique d'apaisement de Messersmith. Vandenberg de-
mande simplement un r6glement de la question, mais
le r6clame avec insistence. Cependant, I'intervention de
Vandenberg souleve la question de la responsabilit6
finale pour la politique 6trangbre bipartisan.
Bien qu'on ignore totalement le point de vue du g6-
n6ral Marshall, il est presque impossible de penser qu'il
se ralliera sans reserve A la position de Messersmith.
D'un autre c6t6, il trouvera qu'il est aussi difficile de
se rallier completement A la these de Braden. Malgre
toutes ses qualit6s, Braden. a ignore l'habitude de par-
ler doucement A moins de se trouver en face de quel-
qu'un qui soit arm6 d'un gros baton. Peut-tre le meil-
leur moyen de se tirer d'affaire serait-il de se d6bar-
rasser de ces deux hommes et de repartir avec un per-
sonnel nouveau. v
JOSEPH et STEWVART Ai]soP.



III. PRESS SOVIETIQUE


Revue de la press souiefique du 2 fdvrier 1947

Comme chaque dimanche, le*s .com:mentaiTes sont particu-
librement nombreux dans les rubriques dtrangires, notam-
ment en cc qui concern les menaces centre la paix et l'ex-
pansionnisme anglo-amnricain.

1. L'EXPANSIONNISME A5MERICAIN

Tous les journaux reproduisent un bref td6lgramm. rIv4-
lant les conditions du pr&t am6ricain consent Ai 1'Iran. D'a-
prbs le journal de Tdheran Arras, la liquidation des mouve-
ments de gauche, l'4tablissement d'une majority parlemen-
taire jouissant de la confianoe ides U.S.A., 1'envoi d'une
mission ambricaine pour contr6ler les dapenses du budget.
La politique americaine en Chine retient particulierement
l'attention de la press. Taos donne un compete rendu des
appreciations du Iporte-parole du part communist et du
* president de la Ligue d6moeratique en Chine sur le rappel
par lea U. S.A. de leur delegation A la commission d'arbi-
trage. Un article d'Izakov dans la Prarda comment cette
measure, soulignant que les Etats-Unis reconnaissent ainsi
I'6chec de leur politique en Chine.
Le rapport de Coldwell sur la propaganda sovietique en
Chine fait l'objet de oommentaires qui dbnoncent ]'esprit
d'intervention des fonctionnaires am&ricains. (Voir I'article
plus loin.)


2. L'EXPANSIONNISME ANGLAIS
Tons les journaux reproduisent des thlhgrammes Tass sur
les sujets suivants : violation de la frontiere libanaise par
les troupes britanniques, la press anglaise et 1'6chec des
negotiations avec l'Egypte, une conversation du President
Libanais avec un diplomat britannique.
La Pravuda comment dgalement, dans sa chronique interna-
tionale, les negociaticgis anglo-birmanes. Izakov_declare no-
tamment que l'accord conclu ne rbgle en rien la question
de l'ind6pendance birmane pour laquelle lutte le people
birman.

3. LA POLITIQUE ANGLO-AM'ERICAINE EN EUROPE
La press sovidtique s'interesse a deux themes essentials :
1 Les relarions anglo-yougoslaves.
Tous les journaux donnent en premiere place les d6p&ches
Tass qui risument la note yougoslave au gouvernement bri-
tannique t propose de l'assassinat de Glountehitch. Des
extraits de l'Economist sont 4galement reproduits qui traitent
de la ipolitique anglaise a l'rgard des rdfugids yougoslaves.
2 La politique anglo-amdrioaine en 4llemagne.
C'est l le theme essential de la journ6e quo les journaux
traitent par caricatures et en reproduisant .des dbpeches de
1'agence Ta.s. Celles-ci signalent notamment que des hitl-
riens se trouvent aux postes de command dans les zones
occidentales. Dans les commentaires sur ce sujet, on relieve
dans les Izvesria un article de Meelnikov sur la d6nazification
au sens anglo-amdricain.
Une note d'information de Troid signal que la Bavirre
est un veritable nid de reaction. Dans Flotte Rouge, Du-
man'sky donne une revue de press Ctrangere sur les zones
occidentales de P'Allemagne. Dans l'Etoile Rouge, Kon'stan-
tinovsky fait paraitre un volumineux article sur la dbmili-
tarisation en Alemagne. Enfin, la chronique international
de Ia Pravda ddveloppe longuement les obstacles qui sont
opposes du coth anglo-americain a .1'6tablissement du rapport
de la Commission de contr6le. (Voir l'article plus loin.)

4. LA POLITIQUE ANGLO-AMiRICAINE
ET LES ORGANISMS INTERNATIONAUX
Tous les journaux publicnt des dedpehes Tass sur la
since du Conseil de Sdcuritd ot a it6 4voqube Ja plainte
anglaise centre l'Albanie. D'autres t6dlgrammes ont trait au
ddbut des travaux de la Commission de contr6le de I'O.N.U.
en Grbee. A ce propos, Flo te Rougte reproduit une caricature
sur les mises en scenes organisees par les Grecs pour accuser
les pays voisins.
Dans les Izvestia, un court article de Morane accuse le
marechal Smuts de ne pas respecter les decisions de I'O.N.'U.
a P1tgard de l'Union sud-africaine.
Sthatnov, dans la Pravda, consacre une demi-page h la
question du principle d'unanimite appliqud an problem du
contr6le atomique. 11 -s'l6ve A ce propos centre le rdeent
article de Lippmann dans le Herald Tribune qu'il consider
come une manoeuvre trbs p6rilleuse pour la paix, manoeu-
vre organism de e concert avec le plan Baruch. (Voir 1'article
plus boin.)

Revne de la predsse sovitfique, du 3 fevrier 1947
Seule, la Pravda parait aujourd'hui. Deux themes prin-
cipaux apparaissent dans la rubrique 6trangbre : le mouve-
mient ddmocratique mondial et la politique anglo-americaine
en Allemagne.

1. LE MOVEMENT DEMOCRATIQUE MONDIAL
La Pravda public des dpA&ches Tass sur les sujets sui-
vants : l'anniversaire de la proclamation de la R1publique
en Hongrie, le project de plan triennal en Hongrie, l'enquete
sur le complot en Hongrie, les difficulties intestines du P.S.L.
en Pologne, la press atrang6re et I'anniversaire de la capi-
tulation allemande A Stalingrad, les projects de fusion entire
les deux centrales syndicales americaines, le nouveau gouver-
nement italien, la. parution du journal Dmocratia Nowvelle
A Paris.







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS PTRANGkFRE


2. LI POLPFIQUE ANGIO-AMERICAINE EN ALLEkMAGNE
Un article d'Izakov cite une multitude de faits ct de chif-
fres relatifs & la pendtration du capital anglo-americain dans
l'industrie allemande. Le journalist conclut en declarant
que cette politique est incompatible avec les decisions de
Potsdam.
Plusieurs d6peches Tass sont relatives aux sujets sui-
vants : une loi electoral rbactionnaire dans le Schleswig-
Holstein, l'activite hitl6rienne en zone anglaise, la revocation
du procureur de Stuttgart coupable d'avoir voulu pousser
trop loin la denazification.

a) Autour du rapport du CGonseil de contr6le en Allema-
gne (Pravda, 2/2) :
< Le Conseil des ministres avait introduit un point
special dans l'ordre du jour de sa prochaine stance :
le rapport du Conseil de contr6le sur l'Allemagne.
Le rapport devait donner un tableau ditaill de I'ac-
tivite de cet organisme dans le domaine de la d6milita-
risation et de la d6nazification, dans celui des measures
concernant les reparations et, comme il en d6coule des
declarations que vient de faire le martchal Sokolowski,
des difficulties ont 6tt soulevees pour la preparation de
ce texte; pour quelques-unes des parties du rapport, les
repr6sentants ambricains et britanniques ajournent la
presentation des renseignements concernant la situation
dans leurs zones. Ii s'agit, en particulier, du chapitre
sur la d6nazification; or, pour faire retomber la respon-
sabilit6 sur les sovi6tiques, les d61Cgues anglais et ame-
ricains essaient de tirer argument du fait que l'U.R.S.S.
n'a rien prssente concernant les d6montages d'usines en
zone Est. Ce point de vue apparait d'autant plus strange
que la question soulev6e a 6tt r6glee A la session de
New-York. M. Bevin avait propose d'introduire dans le
rapport des renseignements sur le d6montage op6rB en
Allemagne, mais apr6s les explications de la d616gation
sovi6titlue, il avait retire sa proposition. Les tentatives
pour poser-A nouveau la question sont done sans fon-
dement et constituent seulement un pr6texte. Le cor-
respondant de Reuter, Robert Rocca, a voulu assumer
la tAche ingrate de fournir une base au point de vue
anglo-am6ricain. I1 n'a pas ni6 que M. Bevin ait retire
sa proposition, mais, d6formant des faits connus de
tous et invoquant on ne salt quel porte-parole -de la
section anglaise du Conseil de contr6le, il essaie de
persuader ses lecteurs que la d616gation sovi6tique
s'6tait engagee a presenter ses informations sous une
aqtre rubrique. II ne veut pas savoir que le point de
vue sovi6tique a Mt6 fix6 hA New-York au course d'une
stance officielle. I1 n'est pas gent du fait que son inven-
tion A propos de l'autre rubrique est privie de toute
base. Son but est simple : justifier A tout prix la ten-
tative de retarder le rapport. .


b) RMponse it un article de Walter Lippmann (Pravda,
2/2) :

< Tout le monde comprend que 1I'una'nimit6 des cinq
grandes puissances a li6 les mains aux puissances
agressives et que le refus d'admettre 'ce principle, dans
quelque phrase qu'on P'enveloppe, laisse les mains libres
SP'agresseur de demain.
Au course de la premiere session de 1'Assembl6e g6-
n6rale, une attaque concelntrique avait 0tt d6clench6e
contre le principle d'unanimit& des cinq membreS per-
manents du Conseil : cet assault avait t66 repousse. Te-
nant compete de cet 6chec, M. Baruch, a la ,stance de la
Commission atomique du 27 d6cembre, essaya de sou-
tenir que la proposition americaine ne portait pas
atteinte au principle d'unanimit6 des grandes puissan-


ce,, qu'ii s'agissait seulement d'une renonciation volon-
taire A appliquer ce principle dans les cas of il faudrait
prendre des sanctions centre ceux qui auraient viol6
la convention sur les armements atomiques.
On voit sans peine que la renonciation volontaire
6quivalait a une revision de la Charte de l'O.N.U. C'est
en se fondant sur cette consideration qu'A la stance du
30 d6cembre, le dBl6gu& sovitique s'opposa a la pro,
position americaine. La Commission atomique approuva
pourtant le texte propose, qui s-era examine le 4 f6vrier
au Conseil de Securit6. Etant donn6 que le principle
d'unanimit6 n'a pas &t6 abrog6, il va de soi que, meme
si un des membres permanents 61eve des objections, la
proposition americaine ne passera pas. Comment lever
cet obstacle ? C'est ie probl6me que vient d'essayer de
r6soudre le fameux Walter Lippmann. Dans le New
York Herald Tribune, il public un article oi il assure
que le meilleur moyen de r6soudre le probl6me du con-
trdle de 1'6nergie atomique, c'est de proclamer qu'en
cas de preuves 6videntes d'une violation de la conven-
tion, les Etats-Unis considereront ce fait comme un
act.e inamical, comme un cas d'agression, et qu'ils s'es-
timeront autoris6s a prendre des measures d'auto-
defense, conform6ment P'article 51 de la Charte de
I'O.N.U. Or, que dit Particle 51 ? Voici ce qu'il dit:
< La pr6sente Charte ne touche en rien le droit im-
prescriptible A l'auto-d6fense individuelle ou collective
s'il se produit une aggression armee. D Ce texte ne laisse
done aucun doute. II s'agit d'agression armee contre
un membre de l'Organisation. C'est dans ce cas, et seu-
lem-ent dans ce cas, que ledit membre de l'Organisation
a le droit d'auto-d6fense.
Or, de quoi s'agit-il dans le plan Lippmann ?
D'agression armee ? II s'agit de tout autre chose, de la
constatalion que tel ou tel Etat a viol6 la convention
de contr6le sur l'arme atomique. Comment annuler
cette difference ? Lippmann n'a pu que baptiser carpe
le lapin. 11 demand qu'on identified toute violation de
la convention A une aggression armee. Quel est le but
de cette manipulation de la Charle de 1'O.N.U. ? Lipp-
mann proclame : < Nous consid6rerons toute violation
comme un acte d'agression. > C'est-A-dire que pour
Lippmann, il suffit que nous, par consequent les Etats-
Unis, ayons qualifi6 d'agression une violation de la
Charte, pour que la guerre contre l'agresseur en ques-
tion devienne 16gitime. Ainsi done, la question tout
entire et le bruit soul.ev autour d'elle apparaissent
comme une sorte de rideau de fumee derriere lequel
aura les mains libres qui voudra, pour que nul ne l'em-
peche A un moment donn6 de declencher le bombar-
dement atomique, lequel, comme on le sait, n'est pas
une arme de defense, mais une arme d'agression. Le
correspondent du New York Times assure que le plan
Lippmann pr6sente cet advantage qu'il n'exige pas
d'amendement A !a Charte de I'O.N.U.
L'avantage, c'est surtout que le plan Lippmann d6-
truit la Charte sans toucher A son texte : c'est un
habile truquage, c'est incontestablement un service quo
Lippmann a rendu a Baruch. Mais voici ce que nous
pouvons proclamer en toute certitude : les Lippmann
en tout genre qui revent de ce plan n'ont et ne peu-
vent avoir aucune chance de se faire approuver par ceux
qui veulent une paix veritable. Un semblable project ne
pent pas recevoir l'appui de ceux qui refusent do
frayer la route h extension imp6rialiste et a 1'agres-
sion de demain, car les hommes qui sont au service de
la paix tiennent et continueront de tenir au principle
d'unanimit6 et d'action en commun, non seulement des
grandes puissances, mais de toutes les nations unies
qui se sont donn6es pour but de d6fendre la cause de
la paix en g6n6ral. a


___ ~II~_






6 IBLLETIN QtTO'I'TDIEN DiE PRESSE fTRbNGARE


c) Le rapport Coldwell 'sur I'inflt ence de Ia radi)difflu-
sion sovidfique en Chine (Pravda, 2/2):

M. Coldwell, fonctionnaire des Services de 1'Informa-
tion des Etats-Unis en Chine, vient de d6couvrir que
les Chinois 6coutent volontiers la radio sovi6tique,
s'interessent aux nouvelles de la press sovi6tique et
lisent la littirature sovi6tique. ,Ce qui d6plait tout par-
ticuliBrement a M. Coldwell, c'est que les Chinois ap-
prenn-ent a cette occasion certain details touchant la
presence des troupes americaines en Chine, airsi que
la politique des forces d'occupation am6ricaines au Ja-
pon et en Allemagne. Pique au vif, M. Coldwell a r6dig6
un rapport pour le D6partement d'Etat, dans sequel,
avec un chagrin sensible, il insisted sur l'cfficacit( de
information sovi6tique. D'apres les nouvelks que
donne du rapport la press ambricaine, on ne vwit pas
bien ce que propose au just M. Coldwell. Veut-il que
le D6partement d'Etat interdis.e aux Chinois d'icouter
la radio sovietique ? Ou bien recommande-t-il qu'on
d6fende aux Chinois de lire Ia litt6rature sovi6tique et
les nouvelles de source sovi6tique ? On l'ignore. In lout
cas, le rapport de M. Coldwell niontre avec quel d(-
dain des convenances les fonctionnaires americains se
mnlent des affaires int6rieures de la Chine.
L'observateur impartial a de plus en plus I'inpres-
sion que ces hureaucrales traitent la Chine en pays
conquis. Le rapport de Coldwell r6v le le vrai visage
des amateurs de libre information, de liberi6 de la
press et autres liberals qu'on trouve nu DIparlenent
d'Etat de Washington. Les fonctionnaires de cet!e ins-
titution se gargarisent volontiers de leur attachment A
]a liberty de la press, mais cet attachment a un carac-
tere assez original. II s'6tend sealement aux inrorma-
tions qui servent l'interRt am6ricain. >



IV. PRESS POLONAISE


a) Le stdtult de d'Allemagne et la question de lI Rnhr
'(Gazeta Polska. officicuse. 3/2) :

< Si le Gouvernement polonais a pris position pour
l'unit6 de l'Allemagne, il ne l'a certainem-ent pas fait
.dans le dessein de renforcer la puissance allemande.
TLes autres points de son memorandum 1'attestett net-
tement...
Le Gouvernement polonais demand, entire nutroes, la
< liquidation de la Prusse en tant que source perma-
nente de menace centre la paix en Europe >. Do ctte
faQon, la future unite allemande reposera sur d.' nou-
velles bases. Elle avait, Wt r6alisbe jusqu'ici < par le
sang et par le fer ,, sous I'impulsion de la Pruss: qni
conf6rait a I'Allemagne son carac;&re militarisle et
agressif, son caract6re prunsien. Les Junkers, allis aux
magnats de l'industrie lourde, onl faconn6 1'Alleinagne
dTepuis Bismarck jusqu'a Hitler. La complete liquidation
de la Prusse pent modifier I'ancien caract*re de I'Alle-
magne...
Pour ces raisons, nous nO vovons aucune con'radie-
tion contradiction qu;'a Youlu decouvrir une parfie
de la press franchise -- entire la liquidation deniand6e
de la Prusse et le principle du mainlien de I'unit6 alle-
mande, mais sur de nouveaux fondemenls...
Analysant la position de I'U.R.S.S., qui est Aga'ement
favorable A une administration central allemande,
M. Maurice Schumann observe non sans raisol que
cette position est dict6e par la crainte d'une < confis-
cation du bassin rh6no-westphalien au profit des allies
occidentaux >. Certes, la question n'est pas sans int6-


r&t non plus pour la Pologne, qui smuhaiterait que la
Ruhr ne serve pas d'arsena l a I'associalion Schumacher-
Churchill.
Nous ne pouvons, touler t is, dissiniuer notre sur-
prise quand M. Schumann, traitant de la participation
de L'U.R.S.S. au control de Ia Ruhr participation
-;u'ii estime desirable, voire n6cessaire la fait d.e:
pendre de la << r6procite >, c'est-A-dirc de < l'inierna-
tionalisation ou du control international de.toutes les
sources importantes de richesse et des principles voie-
de communication de l'Europe central >. Dans ce cas,
l'internationalisation envisage devrait s'appliquer,
come il rEsulte du reste d'aulres declarations do
M. Schumann, 6galement a... notre Sil6sie.
II semble qu'il s'agit ici d'un malentendu. L'interna-
lionalisation de la Ruhr avec la participation de I'U. R.
S. S. se justifie par le souci de pr6venir le danger d'une
restauration de I'industrie de guerre et, par consequenlt
du militarisme allemand. Pareil danger n'existe pas en
Sil6sie polonaise... Son indus!ri:lisation signiflerait uni-
quement le relour des capitaux strangers ayant parlic
liee avec les capitaux allemands et une atteinte, que
rien ne l1gitimerail, a la souverainet6 de 1'Etat polo
nais. II serait incroyable que 1e contr6le sur l'agresseur
soil subordonn6 a un contr6ole sur sa victim.
II est evident que la Pologne ne donnera jamais son
accord a un project de ce genre, et on peut etre certain
qu'clle trouvera ici 1'appui total de l'U.R.S.S.
On ne saurail douter cependant que la solidarity do
la Pologne et de la France, dans une question aussi
vitale pour elles que le desarmement r6el et durable
loe l'Allcmagne, s'afflrmera par-dessus les divergences
de pure forme quant au regime de l'Al!emagne. En tout
eas, la Pologne, qui s'cst declaree pour le rattachement
de la Sarre a la France, peut accueillir favorablement.
le project francais concernant in Ruhr, aux terms duJ
quel l'ensemble des industries et des mines devrait
devenir la proprie6t des Nations Unies qui ont pris
une part effective la lutte contre 1'Allemagne. ,

b) L'Allemagne p(rdicr-t-elle des e paralions? (Polska
Zbrojna, Arm6e, 2/2) :

< L'Office des dommages de .guerre aupres de la Pr&-
sidence du Conseil vient de publier l'6tat des pertes en
vies humaines et en biens mat6riels subies par la Polo-
gne pendant la dernibre guerre.
Vies humaines : il a peri an toPal 6.028.800 person-
nes, don't 694.000 seuleenent du fail des operations nili-
laires proprement dies, ei le rest, soit 5.334.800, p)ar
suite de la terreur exercee par 1'occupant. La Pologne
omnpte 590.000 invaiides civils et militaires, don't
60.000 atteints d'infirinilt psychique. II faut y ajouter
d'aulres vic'imes de l'oppression qui n'ont pas perdu
Ia vie : 867.000 personnel emprisonn6es dans les camps
de concentration, prisons, etc... ; 2.460.000 d6porles du
travail et 2.478.000 expuls6s.
Dommages materiels directs et indirects : leur mon-
tani total s'e&'ve (d'apres la paril6 du zlofy au 1/9/39)
a 258.432000.000 de zIotys.
La base territorial de I'estimation cst I'actuel terri-
toire de la Pologne, sans les regions recouvr6es. Les
series humaines comprennent celles concernant les
personnel de nationalists polonaise et juive des terri-
toires cde6s A I'Union Sovi6tique.
Nos droits aux reparations ont Wet 6tablis de facon
ca'6gorique A la Conf6rence de Potsdam. II y a 6te d6-
cide, en effet, que 1'Allemagne devra payer des dom-
mages de guerre et que le standard de vie des Alle-
mands ne saurait &tre plus 6lev', que celui des pays
voisins.







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGARE
I


Un sentiment 16ementaire de justice, le souvenir de
nos souffrances et pertes inouies, celui de la lutle he-
roique des soldats, marines et aviateurs polonais, la ten-
dance a bitir une paix equitable et A rendre impossi-
ble toute nouvelle aggression de la part de 1'Allemagne,
devraient incliner 1es Nations Unies A soutenir la these
polonaise, d'apres laquelle les Allemands doivent re-
construire ce qu'ils ont d6truit. >>



V. PRESS SUISSE


Les relations auglo-aunericaines et I'U.R.S.S. (Neue Ziir-
cher Zeitung, 2/2):

< Moscou n'a pas oubli6 de reprochcr aux Anglais
d'entretenir des relations bien plus etroites avec l'Am6-
rique, a laquelle aucun Irait6 d'alliance ne les unit,
qu'avec I'U.R.S.S., qui pourtan -a conclu une alliance
avec eux. Le gouvernement de Londres va rdpondre a
ce reproche en se declarant dispose A 6tablir des rela-
tions aussi cordiales avec Moscou, sans toutefois s'ecar-
ter de l'Amirique. La diplomatic britannique, en depit
de son desir de dissiper les inquietudes russes, est Ter-
mement resolue i ne point renoncer aux amitics djAi
existantes, ni a sa liberty. d'initiative. C'est ainsi qu'elle
a entam6 des conversations preliminaires en vue de la
conclusion d'une alliance franco-britannique. 11 y a
peu de mois encore, Moscou aurait stigmatis cette de-
marche comme une tentative pour la formation d'un
c bloc occidental >. Or, rien de tel ne se produit. Et


il faut voir dans ce silence la preuve que Moscou re-
connalt que I'isolement des diff6rents Etats europeens
et la crainte, en relation avec cet isolement, d'etre im-
pliques dans de nouveaux contlits militaires, pousse
ces Etats A chercher un appui du cot6 de l'Amerique.
L'Union SoviCtique n'a pas inter&t a voir subsister cette
crainte avec les consequences qu'elle entrain'e. Elle est
done amen6e a s'accommoder d'accords plus 6troits
entire les nations de 1'Europe occidentale.
Mais elle ne doit pas escompter qu'un relachement
des liens entire l'Angleterre et I'Am6rique va s'ensuivre.
On constate au contraire que les pdeux pays agissent
d6sormais de concert comme il est d'ailleurs natu-
rel et m6me qu'ils se sont partag6 le travail, dans
le domaine de la politique international. En AmBrique,
la revolte d'un Wallace a 6t6 surmontee, tout comme
la rebellion d'un Zilliacus en Angleterre... Les Etats-
Unis p.6netrent dans les positions du Proche-Orient que
1'Angleterre ne peut plus tenir, et il ne faudrait pas
etre surprise de voir le general Marshall souligner, A
1'occasion, l'int6ret que son Ipays porte au sort de la
Turquie. Les deux puissances font bloc dans la ques-
tion allemande.
Ce sont les passes d'armes precedant la Conference
de Moscou qui d6cideront d'un relachement 6ventuel
de ces relations, de 1'6tablissement de nouveaux liens
avec 1'Union Sovi6tique, et surtout de la maniere don't
la France et les moyens et petits Etats se comporteront
dans la parties que jouent les principles puissances. De
la r6partition des forces qui en r6sultera d6pendra le
succes ou. 1'chec des travaux tendant A l'organisation
de la paix. )


E. P. L Imp.. 2q. rue Nicolo. Pwris .11.2qQP