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Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Physical Description: dl. : ; 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publisher: s.n.
Place of Publication: Paris
Creation Date: 1947
Publication Date: 19XX-
Frequency: regular
 Subjects
Genre: periodical   ( marcgt )
serial   ( sobekcm )
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063
System ID: UF00077027:00025
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PRESDRNN1 Df CONSEIL
SECAfTARIAT D'ETAT

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8e),


LA DOCUMENTATION FRAN4;AISE


MTNTSTPRE
DES AFFAIRES ETRANGERES

SERVICE D.1NFOR*OYOOF1
ET DE PRFlftkS,-3W* _C)


BULLETIN


DE


PRESS


31 janvier 1947.


QUOTIDIEM



ETRANGERE


Nouvelle 86rie No 582


1. PRESS BRITANNIQUE


Reuue de la presse britannique du 31 janvier 1947

Sauf le Daily Worker qui r6scrva sa manchette A la
nomination de M. Cavendish Bentinck, jusqu'i maintenant
ambassadeur de Grande-Bretagne en Pologne, i de nouvelles
fonctions, aucun des journaux de ce matin ne cherche a
mettre an relief des nouvel!es de politique exterieure. No-
tons cependant en second page du Daily Mail et du News
Chronicle, deux articles de leurs envoys sp6ciaux chez les
rebelled grecs.
1. AUTRICHE
Le Times public un article de son- correspondent diplo-
matique dans Icquel celui-ci expose la these dtl Dr. Siegl
sur le passe et l'avenir de l'Autriche. 11 signal que le
Dr. Siegl consid6re son pays comine la victim dpe 'agres-
sion nazie et que les frontitrcs de 1937 ont pour lui sin
caractere intangible. Aussi repousse-t-il les revendirations
yougoslaves sur la Carinthie et demande-t-il que le trait
de paix avec l'Autriche n'inflige pas A ce pays des obliga-
tions trop louides susceptibles d'empccher son redressement
et qu'au contraire son traits constitute la grande charge
d'un pays libre, r6nov6 et d6mocratique.
--A
2. ALLEMAGNE
Les correspondents particuliers du Times et du Daily Te-
leqraph font etat des progres realises par le Conseil allib
de Berlin dans la redaction du rapport qui doit Etre soumis
A Moscou. Le correspondent particulier dir Times rappelle
A cc sujet les accusations portees par le Marachal Soko-
lovsky centre los membres nnglo-amniricains du Conseil.
II signal en outre I'hostilitd manifesto par les Russes
A l'edard de la fusion economique des zones anglo-ameri-
caines, et r6pond h cette hostility par des arguments d'ordrr
purement dconomique.
3. POLOGNE
Le Times, le Manchester Guardian, le Daily Mail, le News
Chronicle, le Daily Herald, le Daily Worker signalenl que
le Gouvernement polonais a tdu informni hier soir par le
Gouvernement britannique, de ce que M. Cavendish Ben-
tinck a Ct6 nommr A un nouveau pose. Ces journaux signa-
lent qu'il ne s'agit absolument pas d'une disgrAce mais au
contraire d'un advancement. Seul le Daily Worker fait inter-
vrnir des elements d'ordre prive dans cette affaire. D'autre
part, la presse signal qu'une interpr6te de l'Ambassade
britannique i Varsovie a et6 arretde par la police de s6curit6
polon lise pour des raisons politiques.


4. FRANCE
Le Manchester Guardian public un article de son corrcs-
pondant rappelant les difficulties materielles qui sevissent
en France : raret6 du combustible, coupures de courant, r6-
duction du gaz, pauvret6 de l'approvisionnement.
5. PALESTINE
Le Manchester Guardian announce qu'un d6bat aura lieu
aujourl'hni aux communes sur les rdeents 6venements de
Palestine.
De son cAt6, Geoffroy Hoare, correspondent particulier du
News Chronicle & Jerusalem, consider la situation en Pa-
leo;tine coninme encore incertaine et tendue malgre le retour
des deux otagec. Robert Waithman. correspondent diploma-
tique de ce m6me journal, fait itat de Vactivil' dCploy&e
par M. Bevin pour concilier les points ,de vu'e arabe ct juif.
6. ETATS-UNIS
Le Daily Telegraph reproduit une d6peche de son corres-
pondant h Washington selon laquelle M. Vandenberg n'irait
pas i Moscou parce qu'il estime e6re plus utile lau Senat
qu,' Moscou pour obtenir le trait allemand d~sird par les
Etats-Unls.
7. CHINm
Le correspondent particulier du Times h Washington si-
gnale que le Gouvernement chinois se retire E son tour du
comitd de mediation de Pdkin. La declaration officielle
paialt rejeter le blmie de l'echec des pourparlers sur les
communists.
Jack Chen, correspondent special du Daily Worker a
Hong-Kong, announce dans an tres long article le success
militaire des forces arnmes communists. II accuse le
Kuomingtang de ruiner le pays ct dc vouloir pre-
senter a un front de paix ah l'opinion mondiale. Scion
ce mIme correspondent. une des conditions que les com-
munistes mettent iL la reprise des negotiations, scrait le
retour aux positions inilitaires occupies a le 13 janvier et
la suppression de la constitution a.
8. GnRCE
John Fisher dans le Daily Mail et Stephan Barber dans
le News Chronicle publient chacun un long article sur la
situation et les buts des rebelles grecs. Tous deux mettcnt
l'accent sur le fait que le plus vif d6sir des rebelles est de
voir les troupes britanniques 6vacurr la Gr6ce. Ceux-ci pen-
scraient en effet qu'une fois les forces gouvernenentales
livrdes h elles-mcmes, ils pourraitnt devenir les maitres de
la Grbce en 24 heures.
D'autre part certain membres des forces r6guli&res an-
raient d6clard i Stephan Barber qu e les troupes britanni-
ques emp&cheraient celles-ci de prendre les measures impi-
toyables qui s'imposent pour liquider les rebelles. John








DULeYDIoree~nip OUOWIU D~Ib 13353 *nIWPh


Fisher se demand sl Ia Grande-Bretagne ne risque pas, en
definitive, de se fire des ennemis des futures chef- de la
Grece.

Les Etals Unis el la Chine (Continental Daily Mail,
31/1) :

a L'information selon laquelle les E:ats-Unis ont de-
cid6 de metire un terme A leurs tentatives de mediation
dans la guerre civil en Chine et de rappeler la pres-
que totality de leurs forces militaires slationn6es dans
ce pays, constitute Pun des 6v6nements les plus serieux
qui se soient products en Extreme-Orient depuis un
certain temps. Les E:ats-Unis, en effet, se d6sinteres-
sent de ce qui se passe en Chine et, pour employer une
expression plus vulgaire, ils laissent ce malheureux pays
n mijoter dans son jus >. Dans cette decision r6cente
et radical, on peut voir l'intervention du general
George Marshall, le nouveau secr6eaire d'Etat, qui, an-
terieurement A sa nomination, 6tait l'envoy6 special en
Chine du President Truman.
Cetle decision de cesser les tentatives de mediation
en Chine a pour origine I'6chec recent, et sans double
definiif, de se rapprocher du Kuomin:ang et -des com-
munisles et d'elaborer, sinon un r6glement durable, du
moins -un embryon d'accord susceptible de mettre fin
A la guerre civil en Chine.
Maintenant que la derniere influence moderatrice a
ete ecartee et que le Comit6 des Trois s'est dissout, il
ne semble pas y avoir d'autres perspectives pour les
d-eux parlis que de combatire jusqu'A la vicLoire du
plus fort. La Chine est un pays beaucoup trop grand
pour qu'il puisse etre question d'une forme quelc.nque
d'intervention materielle, meme par les soins de I'O.
N. U. ; le mieux que l'on puisse esperer est que les
grandes puissances pourront maintenir cerlaines zones,
et notamment celles qui entourent les ports, dans un
Ctat de paix relative.
C'est 1 une mince consolation pour des dizaines de
millions de paysans chinois qui, une fois de plus,
6prouveront les horreurs de la guerre. Cette perspective
est deplorable. On pouvait croire que la situation de
la Chine ne pouvait pas atteindre un stade plus cri-
tique, mais il existe apparemment des abimes de misere
encore plus profonds.
C'est devenu une pratique courante de faire appel A
I'O.N.U. meme sur des sujets qui ne relevent pas de sa
competence, nais l'affaire chinoise est certainement
une des questions A propos de laquelle des efforts pour-
raient etre fails par le Comi:6 de S6curile pour amener
par la force les deux parties rivaux A reconnaitre Iex-
treme gravity de la situation.
1I est regrettable que cette premiere decision Impor-
tante du general Marshall sur les questions d'Extreme-
Orient soil aussi desappointante, mais il est evident que
les 6v6nements ne lui laissaient pas d'autre recours.


II. PRESS AMERICAINE


Revue de la pre.se americaine du 30 janvier 1947
1. ALLEMAQNE
L'examen par le cabinet politique a P'gard de 1'Allemagne
et 1'expose fait B ce sujet par M. Bidault devant la Commis-
sion des Affaires 6trang6res de 1'Assemblee font l'objet de
plusieurs depsches des correspondents americains. Callender
relive que M. B'dault, dans son expose devant la Commis-
sion, n'a pas parle du detacliement de la Ruhr et de la Rhe-
nanie et il conclut a une evolution de la politique de la
France sur ce point. Ce correspondent fait, par ailleurs, re-
marqu.r que la demand de la France pour le detachemnent
de la Ruhr et de la Rh6nanie avait det le principal obstacle


h une alliance franco-britannlque et que les negociations en
vue de la conclusion de cette alliance viennent de reprendre
A Londres. Cette nouvelle est confirmed par une depeche de
Mattews au New York Times, qui signal les entretiens d'hier
entire M. Massigli et M. Bevin.
Des depeches d'Humphreys au New York Herald Tribune
et de WVhitcomb au Balimore Sun d6clarent que le cabinet,
aprAs avoir entendu l'exipose de M. Bidault. a approuve le
programme A I'dgard de l'Allemagne que le ministry se pro-
pose de defendre A Moscou. Whitcomb precise que le cabinet
a autorise M. Bidault A fire des concessions sur ce pro-
gramme dans la misure ofl cela serait necessaire pour que
les Quatre presentent un front uni sur la question allemande.
Des dep&ches de Moscou signalent de nouvelles attaques
de la Prauda au sujet de la fusion 6conomique des zones
am6ricaine et britannique. De Berlin, Clark cAble au New
York Times que les autorites d'occupation sovietiques vien-
nent d'entreprcndre une nouvelle champagne extr6mement
active de d6nazification dans leur zone.
Selon une depeche de Gallagher a I'Associlated Pr'ets, date
de Berlin, les attaques de la press sovi6tique contre la poli-
tique anglo-saxonne en Allemagne et la decision des Soviets
de cesser le demontage des usines de leur zone et d'auto-
riser dans celle-ci un accroissement de la production de 200
b 300 pour cent sur le niveau maximum fixed par les Allies,
font parties d'une vaste champagne de propaganda destinee, A
la veille de la Conference de Moscou, A gagner l'appui
des Allemands ,.
D'apris une depcche du New York Herald Tribune,
M. Dulles assistera probablement f la Conference do Moscou
comme conseiller republican de la delegation americaine, en
replacement du senateur Vandenberg qui desirerait rester
a Washington.
ILe Saint Louis Post Dilpatch public un editorial favorable
aux propositions de M. Dulles au sujet de l'Allemagne.

2. CHINE
La decision des U. S.A. de mettre fin A ses efforts de
mediation en Chine constitute la grosse nouvelle du jour.
Elle est rapportde dans toute la press sous de gros titres et
gendralement en premiere page. Les diepches de Washington
qui lui sont consacrees declarent que cette decision sera
vraisemblablement suivie d'un retrait du gros des forces
americaines en Chine et qu'elle aura sans doute pour conse-
quence une intensification de la guerre civil en Chine.
Des editoriaux du New York Times, du Waahington Post
et de P. M. approuvent cette decision. Ces journaux font re-
marquer qu'elle 6tait inevitable apres la declaration sur
la Chine faite le 7 janvier par le general Marshall.

c Mais, 6crit le New York Times, on commettrait
une grave erreur ici et a l'dtranger si l'on pensait que
les U. S. A. se ddsinteressent des ev'.nements de Chine.
C'est le contraire qui est vrai. Les U. S. A. ont tou-
jours considered la Chine comme la clef de la paix
en Extreme-Orient... La decision announce hier n'im-
plique aucun changement dans cette politique. *
Le journal conclut en exprimant l'espoir que Tehang Kai
Chek, conformement aux recommendations du general
Marshall, Bliminera les reactionnaires et appellera au pouvoir
les liberaux de tous les parties.
Jacoby, dans P. M., estime que la cessation des efforts
de mediation en Chine supprimera une cause essentielle de
friction entire 1'U. R. S. S. et les U. S. A. en Extreme-Orient,
qu'elle prouvera au people chinois que les U. S. A. sont de
bonne foi et qu'ils n'ont pas de visees impirialistes sur leur
pays. II prdvoit que Tchang Kai Chek et les communists
finiront par desirer la paix et qu'A ce moment les U.S.A.
pourront de nouveau offrir leurs services de mediateurs avec
un prestige accru et de plus grandes perspectives de succs.

3. INDOCHINE
P. M. public deux photos d'Indochine montrant, l'une, des
Annamites e victims de la revolution du Viet-Nam contre
la puissance colondale frangaise -, I'autre, un soldat frangais
bless.
Une deppche de Paris au New York Herald Tribune declare
que les journaux frangais consacrent une grande place aux







3uLLKTZI QUOflMlN Xt PnESS3 ATRANa*f2E


declarations faites par les blesses rapatries d'Indochine par
le Pasteur. Ces declarations, ajou'ent-ils, montrent au people
frangais que a leur guerre non declare contre les nationa-
listes du Viet-Nam est plus qu'une simple operation de
police ,,.
Le Christian Science Monitor public deux articles sur
1'Indochine. L'un, par Edmond Delage, membre de la
Maritime Academy, declare que la France fit de gros efforts
pour developper 1'Indochine et qu'entre les deux guerres elle
d6pc'nsa trois millions quatre cent mille dollars pour y cons-
truire des routes, des chemins de for et des cnnaux et pour
d6velopper ses resources agricoles. L'autre article, qui n'est
pas signed, passe en revue la situation actuelle en Indochine.
II dEclare que, malgre les premiers success remportes par Ies
Frangais dans leurs operations militaires, le retablissement
de l'ordre ne pourra 6tre realisd qu'apres une lutte tres
longue et tres cofteuse.

4. QUESTIONS FRANCAISES
Elsa Maxwell, dans le New York Post, consacre sa eolonne
du jour & l'entrevue qu'elle cut r6cemment & Paris avec
M. Bidault.
Les difficulties du ravitaillement provoquees par la vague
de froid en France sont rapportees dans une depbche de
Paris an New York Herald Tribune.
Une depeche de Paris au New York Times signal les dd-
clarations d'AndrA Philipp a la Commission des Affaires
Aconomiques de l'Assemblee. Elle relieve particulierement
que', selon le ministry de l'Economie national, le retour a
une situation normal en France demandera deux ans et le
r6tablissement de la liberty commercial beaucoup plus de
temps encore.
L'Eieninq Star public une deuxibme depeche de son em-
voyee special A Paris, Constantine Brown, consacree aux
communists francnis. Elle declare que ceux-ci sont mat-
tres de la situation politique et qu'ils pourraient, s avec
un simple coup de telephone, saisir le pouvoir s'ils le desi-
raient ,.

a) LES RAPPORTS AMtRICANO-SOVIETIOUES (New York
Herald Tribune, 31/1, 6dit. europ6enne) :
< L'importance primordiale que revet le probl6me
des relations ambricano-sovi6tiques est doe en parties A
I'arcroissement illimite de la puissance russe et de la
puissance americaine. Mais celte raison n'est valuable
que dans cerfaines limits. La faiblesse de la Grande
Bretaene, I'etat de devastationn dans lequel se trouve
l'Eurone. le manque dPunite de la Chine, la disparition
de I'Allemagne et du Japon. ont augmented l'importance
relative de I'lTnion Sovi6tique et des Etals-Unis dans
les affTires mondiales.
Le but que nous devons poursutvre, c'est de fdTre
6chec A I'exnansion de l'imD6riilicme russe.et du com-
munism-, sans nous laisser corromnre nous-memes DIr
&in imneriilisme nuremeni americain. et sans nous lais-
ser entrainer dans un conflict pour la domination du
monde
Dns In lutte que nous soulenons contre 1'Union So-
vi6tieue et le communism, seule la puissance peut te-
nir en 6cliec la puissance. seule I'influence peut con-
trebalancer I'influence. Quand il s'acit de s'opposer &
I'avanre de l'arm6e rouge ou de la limiter, on ne peut
compfer que sur la presence de forces militaires egales
ou supPriPures pour convaincre le eouvernement sovtl-
tique. MSis quand il s'agil de contrecarrer les progres
des nnrtis communists qui eux ne s'sppuient pas
sur I'armee route les settles measures effeclives sont
relles qnii consistent A soutenir les gouvernements qui
peuvent Lamner et conserve la confiance de leurs pro-
pres peuvlee
C'est en fait une politique double qu'il taut suivre.
Elle differe de celle pr6conisee par les partisans rt1
' < apaisement en ce qu'elle n6cessite le recours At
Ja puissanne militaire amEricaine, consid&r6e comme
une arme diplomatique, en tous lieux oi le gouverne-


ment sovietique menace d'6tendre son influence mili-
taire. Voila qui implique qu'il faut maintenir les ar-
m6es d'occupa:ion en Allemagne et en Autriche; la
presence de forces militaires am6ricaines est 6galement
n6cessaire pour garantir qu'on restera sur ses positions
A propos de la frontiBre italienne, de la frontiere grec-
que, des Dardanelles, de la Turquic, de 1'Iran et de
1'Extreme-Orient. P
(WALTER LIPPMANN.)

b) LE PROBLEM DU D]SARMEMENT '(New York Herald
Tribuaie, 30/1) :
On rapport que M. Austin, le secr6taire d'Etat
Marshall et le President Truman se sont mis d'accord
pour que les Etats-Unis ne s'opposent pas aux deman-
des pressantes des Russes d'examiner la question g6nP-
rale du desarmement en meme temps que les proposi-
tions sur I'energie atomique, devant le Conseil de
Skcurit6, la semaine prochaine. S'il en est ainsi, cela
laisserait entendre que la politique americaine montre
une conflance et un realisme un peu plus grands.
Les Russes doivent la plupart de leurs succ6s A pro-
pos du recensement des effeelifs stationn6s A I'etranger
aux hesitations effray6es dans lesquelles le D6partement
d'Etat americain et le Foreign Office britannique ont
cherch6 secours. Si les Russes ont maintenant quelque
chose de substantial A nous proposer en matiere de d6-
sarmement general, il n'y a pas de raison pour que lf
rest du monde n'ecoute pas ces propositions, et, s'il
ne le faith pas, la raison en apparaitra rapidement. Les
Elats-Unis n'ont pas A avoir honte de quoi que ce soil
en ce qui concern leur propre politique d'armement.
II est manifestement essential que le probl6me du con-
trble de 1'6nergie atomique, pour lequel on devrail
arriver A une solution, soil examine independamment
de tous les autres problems beaucoup plus complexes et
qu'il est moins facile de resoudre; mais pour arriver
A ce but, les Etats-Unis devraient pouvoir s'en remettre
A la force, A I'intelligence et A la conscience de notre
diplomatic. La decision que nous avons signal6e plus
haut implique une foi dans nos propres desseins et
propositions, foi don't notre politique a paru trop sou-
vent manquer dans le passe. ,

C) APRiS L'ARTICLE DE M. STIMSON SUR LA BOMBE ATO-
MIQUE.
1. New York Times (29/1) :
e M. Stimson, comme beaucoup d'autres, est parfai-
tement conscient qu'une justification des r6sultats pra-
tiques ne peut ere une justification ultime. En effet,
cela 6quivaudrait A peu pres A la these allemande selon
laquelle la necessity ne connait point de loi, et qui veut
que la guerre la plus brutale soit la plus cl6mente,
parce qu'elle se termine plus vite, et que la fin justifle
les moyens. ,

2. Chicago Daily News (29/1) :

c Nous avons ouvertement employee la bombe ato-
mique pour mettre fin A la guerre, et c'est bien ce qui
s'est produit. Le problem est maintenant de I'interna-
tionaliser, de crber un contr6le mondial qui puisse
pr6venir une course d6sastreuse pour fabrinuer des
hombes encore plus fortes et encore plus dangereuses.
Du ct66 de la Russie comme du n6:re, ii faut retrou-
ver cette meme conscience du danger qui nous a fait
(apres avoir libere les puissances atomiques sur Hiro-
shima et Nagasaki) entreprendre de placer cette arme,
comme tous les autres instruments de destruction mas-
sive, sous conlr8le international. >









4 BULLEWN QUOTIDmRN DR PRESS tTRANG*flU


3. Washington Post (29/1) :

< I1 y a un ou deux points qui .demeurent obscurs.
A part ce fait evident qu'en donnant ainsi au Japon
une occasion de sortir de la guerre nous avons effecti-
vement provoqu6 sa reddilion, nous ne sommes pas
convaincus 41u'en juillet 1945 les Japonais n'aient pas
montr de' signs de faiblesse dans lesir resolution de
combattre... En presence de ces considerations, sans
oublier celle-ci, que nous tenions ia bombe atomique
toute pr6te, nous n'avons jamais compris pourquoi, a
la conference de Yalta, en f6vrier 1945, nous avons
pris tant de decisions d6sastreuses, y compris celle sur
les Kouriles. a


IIl. PRESS SOVIETIQUE


Revuc de la press sovidtique du 30 janvier 1947
La politique anglo-americaine et le problem allemand
constituent toujours la prIoccupation dominant dars la
press.
1. LES REPERCUSSIONS DE LA POLITIQUE ANGLO-AMERICAINB
Un grand compete rendu de 1'agence Tass est consacr6 aux
discussions du 29. janvier au Conseil de Securite a propos
dv la plainte albanaise.
Plusieurs informations ont trait aux negotiations anglo-
birmanes, ain demarche -de la Yougoslavie i 1'O. N. U, pour
obtenir le visa de son ddlegu6 a la Commission de contr6le
en Gr6ce, a la Vidntite Julienne. etc...
Dans les Izvestia, Moran comment ironiqucement I'cho
favorable qu'a trouve le plan de Churchill sur les E ats-
ITnis d'Europe dans les milieux reactionnaires italiens, ct le
fait que les autoritds britanniques imposent aux soldat; de
I'armde Andcrs 1'etud.e de la langue malaise afin de s'"en
servir comme des e lansquenets coloniaux P.
,Dans l'Etoile Rouge, un reportage de Vysokostrowsk3 si-
gnale le caract6re exasperant v du contr6le policier ame-
ricain impose i certain correspondents strangers au-Japon,
la mn'sere qui rggne dans ce pays, et l'emploi des enfants
dans Is usinr'e.
2. LA LUTTE POUR LA DIMOCRATIE
Tons les journaux publient les informations suivantes :
une ,de6p&che de a'United Press met en lumiire 1'influence
americaine sur le deroulement de la crise gouvernemenwale
italicinne, la dimission du gouvernement Giral, les ddclara-
tions de Santiago Cardialuo a I'Humanit' d6sapprouvaut la
crise au nom du parti communist espagnol, I'union interna-
tionale des 6tudiants protest con're la dissolution de l'orga-
nisation democratique de la jeuncsse grecque, les phalan-
gistes a Cuba, le complot antigouvernemental en Hongi'ic,
r'indulgence don't a bhndficie le traitre Ezck en Yougoslaivie,
la situation en Pologne apr6s les elections, la persistence du
fascism en Autriche sous la protection des autoritds locales,
etc., etc...
Trud public une interview de Louis Saillant sur la F.S.M.
et 1'O.N.U., la F.S.M. et le movement syndical en Ir.m,
la F.S.M. et la Grece, les syndicates en Allemagne, la dena-
zification insuffisante en Allcmagne et en Autriche, son
project de voyage au Japon, la champagne anti-ouvri6re aux
U.S.A., les sympt6mes d'une crise iconomique amiricaine.

3. LE PROBIEME ALLEMAND
Plusieurs journaux publient des extraits de I'organe syn-
dical allemand Tribune sur le travail des hitleriens en Alle-
magne occidentale.
Toute la press consacre un tiers dde page a l'analyse dun
memorandum yougoslave sur I'Allemagne. L'agence Tass cite
le passage relatif aux f sympathies d de la Yougoslavie pour
les revendications frangaises ainsi que les paragraphs oi it
est question des 16gitimes revendications de la France !
sur le carbon de la Ruhr et de l'impossibilit6 oh se trouve
la France d'obtcnir des reparations.


Une dedpche du correspondent Trt.s h Londres comment
la fagon don't a 6ti accueilli le memorandum polonais en
Grande-Bretagne. Le journalist reproche i la press britan-
nique d'ignorer les demands du gouvernement polonais ten-
dant i obtenir la creation d'une Allcmagne democratiqu,
unie et de ne pas citer les arguments qu'il a donned en faveur
de l'uniti allenande. I1 dtablit un lien entire cette attitude
et la publication par la press britannique de fausses nou-
velles confirmant un p'rdtendeu e sabotage : du rapport do
la Commission de contrBle de Berlin par 1U.R.S.S. I1 signaled
les objections faites par le d6legu6 francais, qui doute de il
valeur des conclusions polonaises tendant A faire admettre
que le nationalism et le chauvinisme straient moindre ep
Allemagne si ce pays dtait politiquement uni. II analyse
les rdponses du d6legue polonais aux objections frangaises
terminant son compete rendu sur ces paroles de Werblowsky :

II .ri'existe rien qui resemble A une conscience
national prussienne, car il n'y a pas de nation prus-
sienne ; mais il existe une nation allemande et une
conscience allemande fortement cvolude qu'on ne peus
pas plus d6truire qu'oiu ne peut .detruire ou demembrer
I'Allemagne. *

Le problem. des reparations japonaises (Izvestia, 29/1):

e Le document intitul6 : Rapport Pawley sur les
reparations japonaises ,, est un texte bourrA d'inven-
tions tendancieuses et d'accusations absurdes contre
l'Tnion SoviBlique. Le but imm6diat du rapport Pawley
est de jeter de la poudre aux yeux pour que l'Amriqu.e
mene tranquillement sa politique des reparations, poli-
tique absolument indifferente aux inlerets des autres
puissances allies qui ont collabor6 ila d6faite de
1'Empire japonais. Il existe une Commission d'Ex:r6me-
Orient, avec des del6gu6s de tous les Etats qui ont com-
battu le Japon. C'est I'organe competent pour routes les
questions concernant les territoires japonais. v compris
cell des reparations. Mais tout a 6t6 fait pour emp6-
cher la Commission d'Extr6me-Orient de s'occuper cor-
rectement de cette derniere question. On a d'abord
tenl6 de lui imposer la discussion de la question des
trophies de guerre A i'occasion des avoirs strangers au
Japon. A la suite de cela, en septembre 1946, le gou-
vernement sovietique s'est vu dans l'obligation de faire
comprendre que les trophies de guerre ne doivent pas
Atre compris dans les reparations. C'est alors qu'A la
surprise g6nerale, le d616gu6 ambricain proposal que
cette question soit discutee en dehors de la Commission
d'Extr6me-Orient. On en a d6duit que le gouvernement
am6ricain n'6tant pas en measure d'imposer ses concep-
tions, et en particulier d'imposer que les trophies de
guerre figurent dans les r6paralions, pr6ferait s'enga-
ger sur la voie des actions unilat6rales et ill6gales. C'est
ainsi que sons le covert des accusations calomnieuses
de M. Pawley concernant les < actions unilat6rales de
I'U.R.S.S. en Mandchourie ,, les autorilts am6ricaine-
se prdparent effeclivement A r6soudre unilat6ralement
le problbme des reparations japonaises, en d6pit des
accords interallids. On ne saurait douter que de pa-
reilles nouvelles seront accueillies avec sympathie dans
le camp r6actionnaire japonais, car le militarisme nip-
pon, qui n'a pas desarm6, les hommes d'affaires des
trusts japonais, font tous leurs efforts pour tirer l
meilleur parti de l'absence d'action concertee des puis-
sances allies sur le problbme des reparations.
Mille quatre-vingt-dix usines figuraient sur la liste des
entreprises japonaises qui devaient 6tre .demantelBes,
lorsqu'elle a Wti publide en aofit 1946 par l'6tat-major
du g6ndral MacArthur. A la suite d'innombrables revi-
sions el mises au point op6r6es par les autoritis mili-
taires am6ricaines, en fin d'ann6e, ce chiffre 6tait
tomb6 A 934. C'est ainsi que sur les 457 usines d'avin-
tion destinies aux reparations, il n'en restail plus que
334 sur la listed ; sur 273 usines priv6es d'armement, il








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n'en restait plus que 235 ; su 49 laboratoires, t1 n'en une part trop lourde des reparations exigees do 1'Alle-
restait plus que 42. Ce qui nous a surtout stupffl6, c'est magne, ils risquent de la tuer pour tout de bon. De
que sur le nombre des usines d'aviation retirees de la plus, la division du pays en quatre zones 6,anches,
liste des reparations, figurent 24 usines souterraines. 1'existence du 4 rideau de fer > qui bloque la reprise
Une telle politique de reparations ne peut que faire des changes avec le reste du bassin danubien, les char-
l'affaire des proprietaires japonais d'usines de guerre ges 6crasantes qu'impose A l'Etat la prolongation des
et de toute la pegre d'aventuriers qui revent d'une nou- occupations militaires, creent A la longue une atmo-
velle guerre. w sphere proprement irrespirable.
(JOUKOv.) La petile r6publique alpestre ne pourrait s'6panouir
vraiment que dans une Europe reconciliee, sans la
quelle elle deviendrait tris vite un element de stability
IV. PRESSE SUISSE et de concorde. Mais encore faudrail-il qu'on lui fit
confiance et que, comme le d6claraient deja en 1945 les
dirigean:s de 'U.N.R.R.A., les vainqueurs ne la consi-
dErassent plus comme une ennemie, mais bien come
LE SORT DE L'AUTRICHB. une nation reellement libre, conform6ment A la pro-
1. Tribune de Genewe 1(30/1) : messe inscrite dans la declaration de Moscou. ,
t 11 s'agit maintenant d'empecher A tout jamais la (PAUL DU BOCHET.)
repetition de 1' 4 Anschluss >. D&j. les supplants des 2. Gazette de Lausanne (31/1) :
ministres des Affaires 6trang6res des 4 Quatre Grands ,,
actuellement reunis A Londres, ont r6dig6 une d6clara- a L'Apret6 du gouvernement de Belgrade apparait
tion dans ce sens. declaration qui figurera en tote du sinon stupefiante, 4u moins choquante. Sans doute
future trait de paix. Cependant, les examples de Ver- peut-il avancer quelques arguments historiques et quel-
'sailles et de Saint-Germain ont prouv6 que tous les ques statistiques A vrai dire un peu anciennes. Sans
< Diktats s et tous les z Verbot P resteront lettre morte doute pent-il rappeler les souffrances que les peuples
si les puissances garantes ne sont pas d'accord pour de Yougoslavie ont endurees et les ravages que la
les faire respecter, puis pour accorder une contre- guerre a causes. Mais, si un certain nombre d'Autri-
partie posiiiie aux peuples qu'ils prenncnt ainsi sous chiefs ont travaill6 sous la direction de Hitler, peut-on
leur tutelle. pour cela en rendre l'Autriche entierement responsa-
En ce qui concern le premier point, lc Conseil de ble, On a trouve des collaborationnisles dans presque
Skcurit6 de I'O.N.U. disposera 6videmment de moyens tous les pays occupies, mime en Yougoslavie. Et l'Au-
d'action qui faisaient totalement d6faut au Conseil de triche a eu, elle aussi, ses r6sistants. A quoi bon d'ail-
la S.D.N. D'ailleurs. la menace d'un retour nffensif de leurs accabler les Autrichiens? Le gouvernement de
l'imperialisme allemand est conjuree pour bien long- Belgrade salt bien qu'il n'est pas possible d'oblenir r6-
temps ; le vrai danger n'est plus IA. Pour que l'Autriche paration pour tons les dommages de guerre, et qu'a
puisse s'organiser et reprendre confiance en ses desti- s'obsliner, en reclamant de l'Autriche argent ct biens
n6es, il faut tout d'abord qu'on lui donne la possibility ou en lui arrachant certain territoires, il rend impos-
de souffler et de vivre. Si les vainqueurs pr6tendent sible son rel vement et la fait sjmbrer dans l'anar-
rogner encore les 6:roites frontieres dans lesquelles elle chief.
avait v6g616 entire 1919 et 1937 et l'obliger a assumer (JACQUES FREYMOND.)


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