<%BANNER%>
Bulletin quotidien de presse étrangère
ALL VOLUMES CITATION SEARCH THUMBNAILS PAGE IMAGE ZOOMABLE
Full Citation
STANDARD VIEW MARC VIEW
Permanent Link: http://ufdc.ufl.edu/UF00077027/00015
 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Physical Description: dl. : ; 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publisher: s.n.
Place of Publication: Paris
Creation Date: 1947
Publication Date: 19XX-
Frequency: regular
 Subjects
Genre: periodical   ( marcgt )
serial   ( sobekcm )
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063
System ID: UF00077027:00015
 Related Items
Succeeded by: Articles et documents

Full Text





RESIDENCE DU CONSEIL
SECRETARIAT D'ETAT


LA DOCUMENTATION FRANQAISEI


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES


Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8e).






BULLETIN


DE


PRESS


SERVICE D'INFORMATION
ET DE PRESS

zN'_ OP


QUOTIDI



-ETRAN


Nouvelle S8rie N 572


I. -- PRESS BRITANNIQUE


Revue de la press britamnique; du 19 janvier 1947

1. FRANCE
Les conversations menices par M. Ramadier en vue de for-
mer Ic Cabinet de coalition sont. comjnenties avec intirit
par la plupart des journaux. L'Observer pense quo M. Ra-
madier reussira, mais ajoute que la note politique donmi-
nante h Paris -est 1'indifference et en quelque sorte l'apathic
dir public i 1'dgard, des 6v6ncments politiques. C'eet ngale-
ment ce que souligne le Sunday Times qui fait toutefois
confiauce au bon sens future du Premier Ministre, bon sens
don't ce drnier a timoigni en dirigeant les operations de
nationalisation 8es industries du gaz et de 1'electricit6. La
rdcente visit de M. Blum h Londres fait d'autre part 1'objet
de deux longs articles publids, le premier par l'Observer et
le second par le Sunday Timeg. Le premier remarque le
caract6re pa-adoxal de la visit faite par l'ancien chef du
gouvernement f-annais it la veille de sa admission. Ce n'est
1l, ajoute-t-il, qu'un paradox apparent. Pendant les quel-
ques semaines qn'a dure son gouxerniment, M. Blum a agi
a;vec plus de fermete cn politique interieure et extirieure que
tous les gouvernemnents qui l'ont precede depuis la Libe-
ration.
L'Observer se montre en conclusion optimist sur les pos-
sibilit6s de developpement de 1'alliance franco-anglaise don't
la conclusion am6liore'a fondamentalemoent la position des
deux pays. Dans le Sunday Times, Scrutator analyse lui
aussi le sens qu'il convient de donner i l'alliance franco-
anglaice cL so montre 6galement optimiste i0 ce sujct. II
reprend les ternics du communique public mercredi dernier
auquel il donned son complete accord. I1 ajonte quo d'autres
questions devront itre discutees lors de collaboration d'un
trait former : I'harmonisation des deux economies, la coope-
ration colonial et pcut-Mtre, en mati&re do dPfense, la stan-
dardisation de certaines armer.
2. POLOGNE
'Osbserver public de longs extraits de la note remise par
le gouvernement britannique an gouvernenment polonais au
sujet des accusations lances contre l'ambassadeur de Grande-
Bretagne A Varsovie. La note dimrnt cat6goriquement que
M. Cavendish Bentipck ait eu aucun contact avec les parties
polonais clandestins. be correspondent diplomatique du
mIme journal comment d'autre part le sens qu'il convient
d'attacher h la demarche faite par Londres au debut de la
semaine derniure pour se plaindre des conditions dans les-
quelles ont 6et prdparees les elections polonaises. Ce corres-
pondant voit dans la note en question et dans le refus qu'a


fait l'Union Sovietique de s'assoeier aux demnandes anglaises
et amdricaines le temoignage d'une rupture ties engagements
pris it Yalta, rupture don't lea consequences peuvent &tre
graves pour les relations ult6rieures entire les trois pays et
plus particulirerment Iour 1'avenir dti uact analo-sovie-
tique. Le correspondent -du Sunday Times i Varsovie se
montre igalement sevtre stir la fagon don't lee operations
electorales se d6roulent en Pologne. Mais il faith en nh&me
temps le plus grand 6loge de l'activit& du government polo-
nais au course de ces dix derniers mois et de !'fnergie avec
laqaelle il a su pousser la reconstruction iconomique du
pays. A 'lheurc actuclle, conclut-il, ii y aurait. pour la Po-
logne de graves inconv6nien's a changer de government.

3. ESPAGNE
I,'Observer announce que eI parti socialist espagnol a
decide de retire son appu'i au gouverneiient (iral et va.
essayer de trouver un terrain d'entente avcc les e61ments de
droite qui cherchent i renverser Ic ge d'ral Franc",
4. -- GIicL
Les journaux annoncent que la crise politique attlcndue
depuis quelques jou::: a eclat hier Athenes dans une atmo-
sphere de total confusion, cn'mc ecrit le correspondent de
l'Obserror, et qu',i la su'ile doe la dnxis.dii dti.s s'eirt mli-
nistres il parait peu probable que Je Pr:'sidcnt Tsaldaris
rluosisse a reconstituer son Cabinet.

Revue de la press britannioqu du 20 janvier 1947
1. NOTE BRITANNIQUlE AU GOUVERNEMENT SOVIITIQUE
Toute la press announce que I'ainassadcur d'Aingleterre h
oloscou a r2mis samedi au gouvcr:ncieni sovi6tiq;;e une note
protestant centre l'article do la Pravda dans cquel M. Bevin
aurait it6 accuse d'avoir din'.,nc cn faith l'alliance asglIo-
sovidtique.
Le correspondent diplomatique du Times donned le text
de la note hritannique dans laquelle, crit-il. 6tait joint le
texte de l'allocution pronone6e .A Ia radio le 22 dicembre
par le ministry des Affaires dlrangeres. CG text est donnd
6galement par le Manchester Guardian, le Daily Telegraph,
le Daily Express, le Daily Mail, le Daily Herald.
Le correspondent diplomatique du, Daily Telegraph no*c
quc.la Ptravda a renouveld hier ses attaques centre la poli
tique britannique en faisant allusion notamment aux con-
versations franco-anglai-es de Londres.
D'apr&s le correspondent diplomatique du Daily Express
M. Bevin, qui attacherait une grande importance aux accu-
sations de la Pravda, aurait l'intention de fire ce1tte se-
maine sur cc sujet des declarations ,i la Chambre des Com-
munes.


20 janvier 1947.









2 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGkRE


Faisant allusion a la situation dangereuse que pourrait
creer (particuli&rement en Allemagne) tout malentenda sur
le trait anglo-sovi6tique, le correspondent diplomatique du
Daily Herald ecrit :
On espere que le gouvernement sovi6tique, in di-
clarant; comme le gouvernement britannique, que le
trait a gardd toute sa force, dissipera tous les doutes
que Particle de la Pravda pourrait avoir fait naltre
sp6cialement dans 1'esprit des Allemandr. ,
Le correspondent diplomatique du, Daily Worker sosiligne
le caract6re inusitl du document public par le Ft reign
Office parce qu'il s'agit, derit-il, < d'une rpponse faile par le
gouvernement A un article de journal ,.
La plupart des journaux font remarquer qu'e la nott bri-
tannique est congue en terms particuliercment dnerg ques.

2. POLOGNE

La plupart des journaux publient une depdche re active
aux elections polonaises. Ils signalent g6ndralemnent quae la
proportion des votants a &ti considerable et que M. Mliko-
lajezyk a ddcidd de demander : la Couu Supr&me l':nnu-
lation des Alections, tout en envoyant un mdmorandun aux
ambassadeurs de Grande-Bretagne, de Russie et des EItats-
Unis.
Le correspondent du Manchester Guardian a Varsovie
derit :
t Un ordre complete scmble regner partout. ,< D'apres le
eorrespondant special du' Daily Telegraph :
g Le secret du scrutiny parait avoir Ltd normalement
respect, mais il y cut des exceptions et dans at cune
des sections de vote que j'ai visit6ec aujourd'hui, on
n'avait amenage d'isoloirs. >
Tout .en signalant la presence de soldats arms pris de
chacune des sections de vote, le correspondent du i)aily
Herald remarque que tous les correspondants'6tranger; ont
etA admis a observer le scrutiny sans avoir besom de laisser-
passer special. Cependant, il ajoute que les urnes on. 6td
scelldes d'une fagon trds imparfaite ct qu'elles avaient fort
bien pu ttre remplie iA moi;id de bulletins de vote favora-
bles au gouvernement avant 1'ouvcrture dur scrutiny.
Le Daily Worker assure que le scrutiny s'est ddroul6 dans
le plus grand came et dans des conditions propres i en
assurer le secret.
Quelques journaux annoncent d'autre part que dans la
note remise samedi au government polonais, le gouver-
nement britannique a tenu A declarer que son ambassaileur
h Varsovie n'rtait nullement accuse de complicity avce le
nouvement d'opposition clandestine.
Le Daily Worker derit a ce sujet :
a Dans certain milieux politiques, la decision de
renvoyer Cavendish Bentinck come ambassadeur est
consid6ree comme l'intention ddlihd6re dou gouvorne-
mient britannique de rendre les relations diplomatiques
impossible avec la Pologne. ,
Le correspondent diplomatique du Daily Telegraph croit
savoir que la Grande-Bretagne se dispose a soumettre aux
Nations Unies le cas de la Pologne. 11 pourrait en risulter,
ajoute-t-il, comme dans le cas de l'Espagne, une dem nde
tendant au retour des ambassadeurs et ministres en vui de
marquer la disapprobation du regime actuel par les puis-
sances intdressees. En tout cas, 11 est peu probable quo la
Grande-Bretagne reconnaisse officiellement le gouvernement
polonais lu dans des conditions qui sont lamentable et
loin de correspondre aux stipulations suivant lesquelles les
elections devaient &tre libres et sans entraves.

3. FRANkCE j

Plusieurs journaux annoncent qu'apres avoir consult les
chefs des different parties, M. Itamadicr a td6 dssign6 par
le President de la Rdpuhlique comme President du Conseil.
D'apres le correspondent du Times A Paris, M. Ramadier
a toutes les chances d'obtenir une majority loraqu'll se pri-
sentera mardi devant l'assemblde.


c M. Ramadier, ajoute ce correspondent, a montrd
beaucoup d'habilete dans ses negociations avec les
partis... 11 a propose une coalition de cinq parties dans
laquclle les socialists se chargeraient des principles
responsabilitds. :
D'apres cc correspondent, c'est dur co6t du M.R.P. que
M. Ramadier aurait rencontre les plus grandes difficulties.
Le correspondent du Manchester Guardian souligne le fait
que le P.R.L. sera le seul parti exclu de la nouvelle combi-
nalson et que celle-cl sera aussi la plus large que 1'on ai'
connu depuis le premier gouvernement du general de Gaulle.
11 renarque qne 1'on a 6t6 quelque peu surprise de voir
quL les communists envisageaient d'accepter le ministdre de
la Defense national sans pouvoir de direction sur les trois
stou.-sccre'aires d'Etat charges de l'arme6, de la marine et
dt i'aviation. Quant aux objections faites par le M.R.P., il
ne les attribue pas seulement a sa repugnance a laisser la
defense national aux communists, mais aussi a ses craintes
un ce qui concern les resultats des conversations Blum-
Attlce.
Le grand journal tic Manchester reproduit, d'autre part,
une declaration de M. Thorez approuvant chaleurcunement
le dernier communiqu6'franco-anglais a l'exception du para-
graphe soulignant la possibility d'augmenter dcs maintenant
les livraisons de carbon de la Ruhr A la France.
Le correspondent du Daily Telegraph donne quelques prd-
cisions sur la future r6partition des portefeuilles, pr-cisant
que M. Bidault reviendra vraisemblablement aux Affaires
6erangdrcs. 11 remarque : < Pendant les quelques semaines
de son minister, M. Blum a introduit une note nouvelle
dans la politique 6trang6re, >
Le eorrespondant du Newsi Chronicle a Paris s'itonne de
la decision prise par M. Ramadier. On croit g6ndralement,
ecrit-il en substance, que le M.R.P. refusera finalement les
offres du nouveau president du Conseil qui s'efforcera alors
de former ine sorte de Cabinet de Front Populaire dlargi.
Tandis que le correspondaut du Daily Herald a Paris s'in-
t6resse particulierement a la solution adoptde pour le minis-
tere de la D6fense national, le chroniqueur du mdme jour-
nal rappelle quelques episodes de la carridre politique de
M. Ramadier et ecrit : < Paul Ramadier est un hoimme qui
n'a jamaih fail de compronis avre sa conscience.
D'apr&s le Daily Graphic, M. Bidault aurait exprime6
M. Ramadier ses inquietudes au sujet des remarques suivant
lesquelles M. Leon Blum aurait envi-ag6 A Londres une
modlication de la politique allemande de la France.
Plusieurs journaux rapportent d'autre part les incidents
qui ont marqud les deniers concerts Alfred Cortot.

4. AUTRICHE

Quelques journaux font allusion aux travaux de la Confe-
rence des supplants. Le correspondent diplonatique du
Daily Telegraph donne quelques precisions sur le project
frangais de prdambule au trait autrichien.

5. ALLEMAGNE
Un certain nombre de journaux signalent 'accord com-
mercial qui vient d'etre conclu entire les repr6sentants de la
zone sovidtique et ceux des zones britannique et amric.aine.
Le correspondent du Times A Minden regrette que les re-
presentants de la zone frangaise n'aient pas particip6 aux
discussions qui ont about a cct accord, mais il ajoute que
ces representants rencontreront aujourd'hui ceux de la zone
anglo-americaine.
Le Times reproduit d'autre part les declarations faites i
New-York sur le future regime de l'Allemagne par Foster
Dulles
6. ENTfEE EN FUNCTIONS DU GENERAL MARSHALL

Quelques ddipchcs sont consacrees A nouveau an rempla-
cement de M. Byrne-, par le general Marshall qui doit preter
sermcnt aujourd'hui. Analysant, lui aussi, les declarations
de M. Foster Dulles, le correspondent special du Daily Wor-
ker A New-York ecrit < Le parti rdpublicain qui a la majo-
rite fera une pression energique sur le nouveau secretaire
d'Etat pour lui faire suivre 'a politique anti-sovittique et
pro-allemande.








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGkRE


7. PALESTINE -
Quelques ddpeches sont consacries a nouveau aux affairs
de Palestine. D'aprBs le correspondent du Daily Telegraph A
Jirusalem, tous les efforts faits par les dirigeants de 1'Agence
/juive pour mettre fin au, terrorism auraient ichou6.
D'aprts le correspondent politique du Daily Herald, le
gouvernement britannique aurait I'intention de'faire con-
nattre A la prochaine ConfBrence de Londres ses projects
relatifs au statut de la Palestine.

8. MOYENT-ORIENT
Le 'Times reproduit une longue d6epche dans laquelle son
correspondent a J.rusalem souligne le malaise cri en Syrie
par les n6gociations men&es au Caire par le roi de Trans-
jordanie. Le grand journal de la Cite signal d'autre par'
la nomination comme representant de la France h Dj.eddah
de M. Saabeddine Ben Cheneb.
Rappelant d'autre part la creation par M. Blum d'un sous
secretariat d'Etat aux Affaires musulmanre, le correspondent
du Tilmes I Paris ecrit : Ce sont les signs d'une recrudes-
cence effective de la diplomatic frangaise dans le monde
arabe .
9. INDOCHINE
Le correspondent du' Times A Paris croit -avoir que 1'agi-
tation grandirait en Cochinchine et que M. Moutet aurait
confirm A la Commission de la France d'Ontre-Mer les ru-
meurs suivant lesquelles le gouvernement amdricain serait
intervcnu dans le conflict indochinois. Le ministry des Colo-
nies aurait requ, par l'interm6diaire de M. Jefferson Caffery,
une requdte du' gouvernement am6ricaip demandant nu gou-
vernement franvais d'agir rapidement en Indochine,

a) Les nappot~fs co'oanoifqses franlo-f,'tlaaninfques (News
Chronicle, ITbral, 20/1) :
< Si I'alliance projetee entire la France et la Grande-
Pretagne doit s'appuyer sur 'des realit6s elle devra Rtre
base sur des relations economiques plus 6troites qu'il
n'a Wte possible d'en 6talblir dans la p6riode difficile
et anormale qui s'est 6coul6e depuis Ja fin de la guerre.
Ces relations ont faith, a maintes reprises, au course de
l'ann6e 6coulee, l'objet de 'discussions, et encore r6cem-
ment dnrant la visit de M. Blum a Londres.
Au course de ces ngo-ciations, trois points ont attire
particulierement l"attention. Le premier est le problem
du dks6quilibre de Ia balance commercial entire le
franc et les zones sterling. Le second est caract6rise
suffisamment" par le simple mot a carbon >>. Le troi-
si6me est la mise en harmonies de l'activit6 in'dustrielle
avec les measures de dirigisme aussi bien en France
qu'en Grande-Bretagne.
La premiere de ces trois questions a 616 soulevee,
et provisoirement regl6e, au course des discussions qui
ont eu lieu en octobre dernier. Les statistiques commer-
cia.es pour les trois premiers irimestres de 1946, n'il-
lustrent que trop clairement la situation. Durant cette
p6riode, la Gran'de-Bretagne a export en France des
marchandises pour une valeur de 29.400..000 lives et
en a import de France pour 7.637.000. livres. Ces chif-
fres repr6sentent la continuation d'une tendance.qui
s'est faite jour depuis Ja fin de la guerre et ils ne
peuvent causer une r6elle surprise, 6tant donn6 O'appau-
vrissement de la France 'durant P'occupation et la ne-
cessit6 dans laquelle elle se trouve de reconstiluer ses
stocks de mati6res prem'ieres et de f &6quiper son in-
drustric,
A propos du carbono, les discussions r6centes avec
M. Blum sembleff av75ir convaiacu les Francais tu'ils
d.oivent faire preuve de patience avant 'de recevoir des
importations additionnelles de carbon allemand. En
attendant, on ne pent m6connaitre le fait qu'A la base
du probl6me du franc et du 'd6s6quilibre de la balance
frangaise des.paiements se situe la p6nurie de carbon


et le ralentissement de I'activit6 industrielle qui en .est
la consequence.
En ce iui concern le troisi'me point, c'est/-dire la
subordihatiot de I'activit6 industrielle au systime d'6co-
nomie dirigeeTaussi bien en France qu'en Grande-Bre-
tagne, nous entrons dans un domain o P'on ne peut
s'engager qu'avec reserve. Les deux nations procAdent
chacune selon des directives 'diff6rentes. Elles gagne-
raient donc A changer leurs informations et A se com-
muniquer leurs projects r
b) L'avenir du parti sociallfste franqcais (New Statesman
and Nation, travailliste, 18/1) :
a En tant que pa.rti surtout repr6sentatif des classes
moyennes, les socialists francais peuvent suivre deux
voies diff6reates : its peuvent 'devenir les otages de la
droite qui les paralysera pour les d6truire ensuite, on
ils peuvent faire de leur mnieux pour collaborer ouverte-
ment et efficacement avec les communists. On pourrait
rfpliquer qud dans cette position ils courent le risque
d'8tre absorbs. Ils ont aussi, A notre sens, leur unique
occasion d'exercer une influence bienfaisante. Mais si
le gouvernement Brilanilqffue les incitait a ne pas saisir
cette occasion, ce serait le plus mauvais service qu'il
pourrait rendre A la France et aux socialistes frangais,
chez qui il provoquerait une scission. Ce serait aussi
ignorer la legon de P1'volution politique qui s'est pro-
duite sur le continent aussi bien A 1'Est qu'A 1'Ouest
- pendant les dix-huit derniers mois >.

c) La situation en Indoclhine (Economist, liberal, 18/1) :
a Les lourdes pertes subies par les troupes franvaises,
et le massacre d'un grand nombre de civils francais,
au course des combats de Hanoi, ont amen6 les autoriths
frangaises d'Indochine A prendre la decisionn d'6craser
le regime d'Ho Chi Minh et son arm6e, et, jusqu'A pr6-
sent, rien ne semble indiquer qu'elles aient &t d6s-
avouces par Paris.
On est peu dispose en France aujourd'hui A accorder
tune .pleine Indepen'dance a une parties quelconque de
reEmpire franais. Le cas de la Syrie tait exception-
nel; la Syrie, en effet, n'6tait pas ,un territoire francais,
mais un territoire sous man'dat de la Soci6t6 des Na-
tions, et, souns le regIme de Vichy, les << Francais libres .a
ont dA se conformer a la politique brilannique en Syrie.
AprEs cela il s'est r6v616 impossible pour la France de
revenir sur ce qui avait W6t fait; mais on ne pourrait
pr6tendre que la France ait abandonn6 ses positions
'dans le Levant de bonne grace. En Indochine, la R6pu-
blique du Viet-Nam a W6t reconnue, mais non pas en
tant qu'Etal souverain; le project 6tait de I'int.grer an
sein d'une fAdration indochinoise celle-ci faisant
parties A son tour de 1'Union Frangaise et les Frangais
ont 6galement insist pour que la Cochinchine'regoive
provisoirement le statute d'un territoire distinct au sein
de la Fid6ration. Mais ces conditions n'6taient pas ac-
ceptables pour les nationalists annamites et I'impasse
proiong6e of 1'on s'6tait engage a about a un conflict
arm6 qui a pris les proportions d'une veritable guerre a.

d) Les elections polonai s (Daily Telegraph, conserva-
teur, 20/1) :
Selon les clauses de l'accord de Yalta, l'objectif
des puissances 6tait de cr6er a une Pologne forte, libre,
ind6pen'dante, et d6mocratique 3. Les Blections qui se
sont d6roules hier sont l'aboutissement malheureux
des espoirs que l'on entretenait alors. Les protestations
qui ont 6t6 faites avant le scrutiny par l'Am6rique et la
Grande-Bretagne n'ont pas eut e suite. Cependant, il
ne faut pas regretter qu'elles aient 6te faites. car, il
ne faut pas tolerer que la cause de la liberty soit ba-









4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS RTBANGARE
|lI -


fou6e oft qure ce soit. De plus, dans le'cas present, de
fausses accusations ont Wt6 porties centre notre ambas-
sadeur A Varsovie, fait qu'aucun gouvernement bri-
tannique neipouvait passer sous silence.
La possihilite subsiste 'de soumettre le cas de la Po-
logne devant les Nations Unies et d'exposer an juge-
ment du monde comment le scrutiny a 6t6 organism6 par
Ie gouvernement. L'actel gouvernement polonais a ad-
mis, par sa propre action, qu'il ne po6ivait gouverner
avec 1e consentement du peuple et qu'il devait avoir
recours A la r6pression-et fi-appuI de la Russie. Si I'on
nvait gard6 cette unit de vues qui s'6tait manifested A
Yalta, si l'on avait- continue A collaborer en vue 'de
I'Adification d'une Pologne stable, on n'aurait pas 6t,
t6moin .du triste spectacle qu'ont pr6sentA ces 61ections
et les relations entire la nouvelle Pologne et les demo-
craties .authentiques n'auraient pas pris le caract6re
d6plorabl e P 1'on constate actnellement ..


3. LA FRANCE

La cruise gouvernementale franliaisc.
La plupart des journaux publient des d6epehes de Paris
annongant qtue c'est M. Paul Ramadier qui a 6td d6signd pour
constituer Ie cabinet. Elles d&clarent qu'il va s'efforcer de,
rdaliser un gouvernement de coalition, mais elles soulignent
Ics difficulties qui l'attendent dans cette tAche. Elles mani-
festent ]a crainte qu'en cas d'echec, une crise difficile ne
s'ouvre. L'eventualit6 d'un nouvel appel A Leon Blum nest
pas 6cart6e.
Selon une duptche A.P., M. Caffery aurait declare au
President Blum : << Les U. S.A. voudraient vous voir A la
tete du gouyernement. ,
Les journaux retracent la carrire. politique de M. Rama-
dier. Whitcomb, correspondent du Baltimore Sun A Paris,
ecrit : < M. Ramadier est consid6r.e dans tous les parties
comme un home politique consciencieux et rigoureusement
honnute. ,


4. INDOCHINE


II. PRESS AMERICAINE



Revue de ta presise amdricaine du 18 janvier 1947

1. LE PROBLkME ALLEMAND
a) La Confirence de Londres.
Une d6piche.de Londres an New York Times relive les
declarations de M. Couve de IMurville, indiquant que la
France reconnaissait le principle de 1'accord de Potsdam, se-
Ion lequel le trait de paix avec 1'Allemagne doit &tre aocepte
par le gouvernement allemand. La d6peche souligne l'impor-
lance de cette declaration en ajoutant :
I Elle dissipe l'impression que I'objectif des Fran-
qais comme celui des Britanniques ct des Americains
.tait une paik impose et non pas un traited dans le
sens rdel dr ce term. ,
1)) La ddinazification.
L'dchec de la denazification dans la zone americaiae est
de nouveau mis en valeur dans les depiche; de Clark au
New York Times et d'Attwood au New York Herald Tribune.
Le corrLSpondant du New York Times 6crit de Berlin que
les manuels scolaires public A la fin de 1945 contiennent des
passages glorifiant la guerre.
De Francfort, Attwood declare, de son e6td, qu'en depit
des efforts des Americains pour rPbduquer les Alle:mands,
c une 6pid6mie de nationalism ddferle aujourd'hui dans ce
pays vaincu ,. Et il ajoute :
Le people ambricain devrait maintenant avoir ap-
pris qu'il est moins onreux d'arrtter une telle vague
de naiionalisme a ses dehuts que de laisser ca soin
A la prochaine g6ndration. a
Le New York Herald Tribune consacre un Mditorial i << la
mentality alleLnande >. II estime qu'elle ne pourra pas etre
rtform&e taut que le traits avec I'Allemagne n'aura pas Wtd
conclu
a Les Allemands devront etre gudris par des Alle-
nmands : tout eo que les Allids peuvent fair, c'ost de
les mettre en measure d'y parvenir a, ecrit-il.

2. LA PUBLICATION DES TRAITES DE PAIX

La publication des traits de paix avec les anciens satel-
lites de 1'Axe et avec la Finlande est annoncee dans touted
In press.e. Le New York Tines public le texte integral tle ces
traits et lenr consacre un editorial dans lequel il dcklare
nolamment que les Allies s'efforelrent de rediger les traits
< conformement aux principles de la justice ,, mais, qu'en
fait, ils durent avoir reeours a des rlglements d'expd-
dients a sur tous les points qui soulev6rent des. controversies.


La gravity de la situation indochinoise est signaled dans
les d6peches de Paris qui declarent, par ailleurs, que, selon
la radio vietnamienAe, les rebelles indochinois se prdparent
a une longue guerre.

Le proibldme allemanfd (New York Herald Tribune,
19/1) :
< sang d'un people ipourrait 6tre profond6ment change
en 'deux ans. L'6ducation se fait par .un lent processus
et ses r6sultats seront plus facilement appreciables apres
plusieurs g6n6rations. Ceci cependant n'excuse pas un
mauvais depart. II est evident que tres peu d'hommes
parmi nos troupes d'occupation *et nos .experts au gou-
vernement militaire sont qualifies pour leur mission.
Nos jeunes de 18 ans n'ont pas dtU de bons d.ucateurs.
nl par leurs principles, ni par leur example.
Il existe cependanT-iineraTson plus profon'de que ]e
manque de personnel qualify] pour expliquer que nous
n'ayons pas rdussi a impressionner les Allemands. C'est
la desunion des Allies. II est difficile d'apprendre la
ddmocralie aux Allemands lorsque nous-m6mes ne som-
mes pas 'd'accord entire nous'sur le sens de ce mot. Les
Russes et nous-memes luttons en Allemagne et en
Europe pour des types diff6rents de democratic. C'est
une difference de point de vue'qui ne peut 6tre resolue
par 'des ndgociations. Elle pourrait 6tre moins g6nante
si elle ne coincidait pas avec les divergences sur le sor
qui 'doit &tre rdserv6 A I'Allemagne A d'autres 6gards.
DejA quelques Allemands r6alistes 6prouvent les effe'
destructeurs du partage de leur pays dans les absurdit6s
*dconomiques que constituent les zones d'occupation.
C'est le r6sultat direct du manque d'accor'd entire les
Allids pour autoriser la creation d'une Allemoagne unified
ne pr6sentant aucun caracftre dangereux.
Lorsqu'un tel accord aura et. r6alis6, on aura moins
besoin de se soucier des speculations des Allemands sur
la d(6union des Allids. Heureusement, les gouvernements
ont commence maintenant A porter leur attention sur
ce probh!me. II fa:udra de nombreux mois avant qu'ils
puissent trouver u.ne -solution, un traits pour 'Alle-
magne. Un tel trait&, mme sAvere, permeltrait aux
Allemands de savoir oh ils en sont et ce qu'ils peuvent
attendre. Leur incertitude actuelle est cause jusqu'A un,
certain point de leur attitude offrairt un melange d'apa-
thie, de cynisme, ,'amertumc et de haine.
Un trait de paix avec l'Allemagne permettrait aussi
aux importantes armies d'occupation de partir. Un or-
ganisme peu important de sp.cialistes aurait plus de
chance de mieux guider les Allemands, de les e'duquer







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ITRANGBRE 5


ou plut6t de les aider a s'eduquer car les Allemands
devront etre gu6ris par les Allemands : tout ce que
peuvent faire les Allis e'est de leur permettre de le
faire >.



11. PRESS SOVIETIQUE



Revue de la pressle slovidlique du 18 janvier 1947

Les rubriques 6trang6rsc ont une page et demie en moycnne
avec plusicurs articles consacres en gdenral h la politique
anglo-amdricaine.

1. LES DEMOCHATIES SLAVES ET LES DEMOCRATS
ANCiLO-SAXONNES

Tous les journaux accordent une place de choix an graild
conpte rendu sur la conference de press de M. Gomulka
A Varsovie (territoires de l'Ouest, activity et avenir de
M. Mikolajczyk, le process Solner, A Belgrade, pour tentative
d'exportation de capitaux sur les instructions de 1'ancien
chef de la mission militaire anglaise aupres de 1'Etat-Major
de Mikhailovich, avoc l'assistance d'une ambassade dtrangerc
a Belgrade) retient 6galement attention de la pressse. Les
journaux signalent le Congrbs du P. S.L. h Varsovie.
Dans la Pravda, un article de Kowalsky est consacre aux
territoires polonais de l'Ouest. Le journalist rappelle les
droits historiques de la Pologne sur ces territoires, le sang
vers6 par l'arm.e polonaise pour les reconqudrir, l'importance
do l'omuvre accomplie dans ces regions par le government
democratique de la Pologne, l'opinion unanime du people
polonais pour maintenir ces terres sous la souverainet6 polo-
naise, et les declarations de Staline et de Molotov au sujet
de ces territoire'

2. LA SITUATION POLITIQUE EN EXTRIME-ORIENT

Tous les journaux publient les d6p6ches Tass sur l'activit,
de la mission militaire britannique en Arable et donnent de
larges extraits de la press syro-libanaise critiquant le
voyage en Turquie du roi .de Transiordanle,

3. LA POLITIQUE D'ARMEMENT AMERICAINE
La press public un compete rendu de l'agence Tass sur
les projects du ministore de la Marine des U. S. A. concernant
1'6change d'armements > avec les flottes 6trang6res et
reproduit des extraits du journal canadien Star critiquant
les measures militaires prises dans le Nord par les Americains.
Dans I'Etoile Rougte, un feuilleton de Streletov, compose
d'extraits de la press anglo-americaine relatifs a la coope-
ration militaire anglo-saxonne, declare dans ca conclusion
quo ces i tentatives se heurtent a* la volont6 de paix de la
population de ces deux pays a.

4. LA POLITIQUE D'OCCUPATION AU JAPON
ET LES CONTRADICTIONS ANGLO-AMERICAINES

Une d6p&che du correspondent particulier de la Pravda a
Shanghai unumere les depenses d'entretien des troupes d'oc-
cupation au Japon. Un t6elgramme Tass est consacre au
traitement privil6gi. qui est accord aux anciens diplomats
allemands demeures 'au Japon.
Dans les ztrestia, un trts long article d'Iarovoy aborde
le probl6me japonais sous un angle nouveau. Ii s'attache a
faire ressortir les inter&ts contradictoires des puissances
anglo-amiricaines et les contradictions de la politique bri-
tannique, qul, tout en luttant centre l'envahissement ame-
ricain, se -met de plus en plus a la remorque de la politique
des U. S. A. (Voir article plus loin.)

5. LA VIE POLITIQUE AUX U. S. A.

'ous les journaux reproduisent des til6grammes Tass sur
les lois anti-syndicales aux U. S. A., le proces Lewis, le con-
flit dans l'industrie de l'acier.


Dans les Izuestia, un article intituln a Les inceurs poli-
tiques dans l'Elat de Georgie > signal les scandals admi-
nistratifs de cet Etat en 'utilisant des sources americaines.

6. LA VIE POLITIQUE EN EUROPE

Plusieurs tdldgra:mmes concernent les sujets suivants :
la mission confine A M. Ramadier pour former Il, gouverne-
ment frangais, la admission de M. Pietro Nenni, la fin de
la gr6ve des chauffeurs en Grande-Bretagne.
Un article de Moran dans les Izvestia comment, sur le
mode ironique, l'indulgence des tribunaux autrichiens a
I'dgard du fascisme et la measure du gouvernement grec reti-
rant son titre a la princess Irene de Grc' pour avoir rd-
clame I'dvacuation des troupes 'britanniques. Un simple mor-
tel, dit-il, y efit perdu, non pas son titre, mais sa t&te.

7. LES ORGANISIMES INTERNATIONAUX

La press announce l'ajournement au 20 janvier du Conseil
de S6curitd et rend compete de la stance du Comit6 de coordi-
nation de Berlin.
Un article de Moran dans les Izvestia signal I'opposition
qui s'est manifested contre la proposition sovi6tique de re-
duction des aimements et cite h ce propos un article de la
revue Economist.

8. -- LE MOVEMENT SYNDICAL EN ALLEMAGNE

Le journal Trud reproduit un article de Sierov sur e les
monopoles allemands et les groves aux usines Wodepanzer >.

La po'litque anghtise au Jap,on (Izvestia, 18/1) :

Apres la ddfaite de l'imperialisn.e japonais, I'Anglc-
terre a essay de r6tablir ses positions dans le Pacifiilue,
qu'ell' avait perdues au course de la guerre. Mais en
cela, elle se voit conlrainte de tenir compete tdee nom-
breux changements : d'abord, I'ampleur prise par les
smouvements 'de liberation; n.suite, la puissance crois-
sante des U. S. A. et leur ruie vers le Pacifique.
Ayant reconnu le role predominant des U. S. A., les
milieux anglais recherchent une alliance avec 'Am6-
rique en vue du partage du nionde te de l'institution
d'une hdg6monie anglo-saxonne. Mais il est clair que
cette politique est loin d'etre le r6sultat d'un libre choix,
qu'elle decoule de l'affaiblissement des positions du ca-
pital anglais, qu'elle marque une modification .du rap-
port des forces dans la lutte entire la Grandc-Bretagne
et les U. S. A. Ce n'est done pas un hasard si la polili-
que de Washington A l'6gard du Japon est critique
dans les milieux anglais les plus divers.
Le gouvernement anglais, qui s'est solidatis6 avec
les Amiricains dans sa politique vis-a-vis de la reaction
japonaise, so heurte n6anmoins au faith que, sur de nom-
breux points, les interets 'de ces deux pays apparair-
sent contradicloires, qu'il s'agisse de s'opposer A la re-
naissance du militarism japonais, qu'il s'agisse encore
du commerce exterieur nippon, du niveau de i'indus-
tric japonaise, de reparations on de d6sarmement 6co-
nomique. Les points de vue anglais et ambricains diff&-
rent consid6rablement.
On salt que 'Auslralie et la Nouvelle-Z6lande, qui ont
Wtd longtemps menaces d'une occupation japonaise,
avaient dlabord un programme de d6sarmement tres
pousse. L'Angleterrc ne pouvait pas ngliger les concep-
lions de ces Dominions, et ce n'est pas pour rien qu'elle
d6signa l'Australien Ball come repr6sentant imperial
au Conseil interallid pour le Japon; mais ni l'Australie
ni la Nouvelle-ZWlande ne peuvent jouer un role ind6-
pendant, 6tant donn6 que I'Angleterre et surtout les
U. S. A. disposent de moyens suffisants pour leur arra-
cher des concessions.
Des exigences trs dures presentdes par les Domi-
nions, tout de suite :apres la capitulation, il ne rest







fj idtILLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARV


plus grand'.chose et les repr6sentants ,de la Grande-Brc-
tagne au Conscil pour le Japon font de plus en plus un
bloc avec les Am6ricains. La question du commerce
ext6rieur provoque de s6rieuses divergences. Les An-
glais s'alarment A la monopolisation de ce commerce
par le capital americain. La transformation de l'icono-
inie de guerre anglaise en Bconomie de.temps de paix,
a mis A I'ordre *du jour le probl6me de 1'exportation des
inatiires premieres par les pays ,du bloc sterling; or,
il est difficile d'admettre que les Anglais ne voient pas
sans d6plaisir les firmes cotonnieres amiricaines pren-
dre en mains le march japonais, et il ne rest plus
aux companies britanniques qu'A rover aux jours heu-
rcux ofi le colon de 1'Egypte et de 1'Inde affluait au
Japon.
Une autre source de divergences s6ricuses est cons-
titu6e par la question du niveau et .de la structure de
l'industric japonaise d'apres guerre. En avril 1946,
M. Pauley remit au Prsident Truman un rapport sur
les reparations jaiponaises, ofu I'on proposait de dimi-
nuer la part de 1'industrie lourde dans I'6conomie du
Japon et d'ouvrir *de larges possibility i l'indlistrie
16gere, notamment celle du textile. Or, le plan anglais
tend justement a limiter l'industrie textile du Japon
(on se rappelle 6videmment qu'avant guerre le Japon
6tait le principal concurrent des fabricants anglais de
tissues, sur tons les archess du monde el jusque dans
I'Empire brilannique).
En definitive, les divergences anglo-ambricaines re-
flitent toute la complexity et toute la contradiction 1'aititude d'apres guerre de la Grande-Bretagne, qui
lulte pour une honne place au soleil, tout en subo'l-dn-
nant de plus en plus, par la volont6 de ses dirigc:nts,
sa politique aux int6rets des U. S. A.


IV. PRESS BELGE



La situation politique frangaise (La CitH Nouvelle. ca-
tholique, 20/1) :

< L'impartialit[ du president Auriol dans ses nou-
velles functions est certain. Avec lui, la lettre cie la
Constitution, remani6e apris le rejet par le people 'de sa
premiere r6daction, se rapprochera nettement de l'es-
prit de la IIIP R6publique.
Les difficulties cependant ne lui manqueront pas pour
inaugurer sa haute magistrature. Le rcourant de plus
en plus fort qui se dessine au Parlcment et dans le
pays en faveur de la reconduction du cabinet Blum --
cc qui ne peut que s'ntensiner apres I'neureuse corcim-
sion d'une alliance franco-anglaise aura contr l lui
l'unanimit6 du parti communist, qui support avec une
impatience non ,dissimul6e son 6loignement du pouvoir.
Une fois de plus il sera, non l'arbitre de la situation
- ce rBle incomberait plutlt au Rassemblement des
gauchos on m&me au M. R. P. mais le centre de
1'obslruction i une solution parlementaire vieux style.
Minority au Parlement, qu'y aurait-il d'extraordinaire,
sur le seul terrain arithm6tique, A ce que les cornmu-
nistes formassent I'opposition au l par:i frnire > ?
Mais .c'est A quoi celui-ci ne se r6soudra jamais, et
ce que M. Vincent Auriol lui-meme ne voudra pas, pour
les raisons que nous avons exposes ici le 3 dccembre.
On je me trompe fort, ou la crise ministerielle franchise
qui va s'ouvrir sera l'une des plus malais6es a r6soudre
de l'histhire *de la RBpublique. ,
(ELIE BAUSSART.)


V. PRESS SUISSE


La question du Spitzberg (La Tribune de Geneve,
18,19/1) :
< Certes, la Norvige est mal place pour resister aux
pr6tentions sovietiques. Non seulement les Russes ont
largcnent contribu6, dans leur propre inthrMt, il esl
vrai, au d6veloppemcnt 6conomique du Spitzberg, mais
encore ils sont pour la Norvege continental des libe-
rateurs et des voisins. Les Norvegiens n'oublient pas
que, le 26 octobre 1944, l'arm6e Mcretzkov franchit la
premiere la frontiire et que, si Ics derniers soldals
roiges ont quitt6 le pays onze mois plus tard, ils ne
sont cependanl pas tres loin. La politique *norv6gienne,
depuis la fin de la guerre, porte la marque *de cette
rccounaissance et de cette proximitU.
L'attitude du gouvernement Gerhardsen mnontre que
cette influence est plus forte encore qu'on ne pouvait
le supposed. L'Union sovietique, al16guant les imperatifs
'de sa sc.urit6, demand a la Norvige de consentir a la
< defense commune >> du Spitzberg, tuut come elle
proposait 1'6t* dernier a la Turquie d'assurer en com-
mun la garde des Dltroits. Mais, alors qu'Ankara ameu-
tait l'univers et repoussait la suggestion sovietique, Oslo
traile en secret ct se declare dispose A n6gocier avec
P'U. iR. S. S. < 1'usage militaire de l'archipel par, les
dleux puissances >. Et come le gouvernement norv6-
gien n'est pas assez naif pour croire que la puissance
norv6gienne pise tres lourd en regard de celle de sa
parcenaire, il faut bicn en conclude qu'il n'tlait pas
loin (te se r6signer, pourvu que les formes fussent res-
pectees, a l'un de ces abandons don't l'histoire contem-
poraine connait deja de si nombreux examples.
Que les Norv6giens approuvent la con-duite de leurs
chefs on qu'ils la condamnent, -c'est affaire a eux. Mais
ce qui interesse tous les peuples, et ce qui peut A hon
droit les inqui6ter, c'est de voir les Ires grandees puis
sances faire aussi bon march de ia cause de la paix
lorsque leurs propres inter6ts sont en -question. >
(JEAN-JACQUES CHOUET.)

2. National Zeiting (18,19/1) :
( La Russie, qui a cssay&, sans success jusqu'h pre-
sent, d'enfoncer au sud les portes des D6troits en nego-
ciant directement avec Ankara pour turner la Conven-
lion de Montreux, vient d'enregistrer un succ6s de d6but
pour sa strat6gie de security et de points d'appui. Ses
reserves juridiques h 1'6gard des traits internationaux
de 1920 et 1925 relatifs au Spitzberg manquent *de soli-
dit6; en effel, la Russie avait en son temps reconnu de
facto et de jure In souverainelh norv6gienne et la neu-
tralisation militaire de l'archipel. Recourant a une ha-
bile politique du fait accompli, le gouvernement sovi6-
tique, sans attendre une revision r iguliere du trait, a
vise A tin accord direct vee ia Norvege.
Les intui6tudes des Etats nordiques devanl I'irrup-
lion inalicnduc de la rcdoutable politique internatio-
nale dan. leur monde pacifique sont d'autant plus jus-
lifiies que la strategie des bases militaires, en l'espece
celle des Anglo-Saxons, a d6jh pris pied au Groinland
et en Islande. C'est sa presence qui, plus que toute autre
chose, a dfi pousser les Russes. avec lcur sensibility si
vive, a s'a-ssurer des points d'appui dans les iles du
Spilzberg, qui sont proches de lenr zone d'influence.
Pourquoi pas la Nouvellc-Zemble ? peuvent sc demander
les Anglo-Saxons. Cependant, vu la siluatio:n, il faudra
sans doute qu'ils finissent par mordre dans ce fruit
amer. Le Spitzberg, c'est la r6ponse russe A Paffaire des
Dardanelles. ,


8. P. I. Imp., 27, rue Nicolo. Paris 31.3009 PriX : 6 fr.