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Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Physical Description: dl. : ; 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publisher: s.n.
Place of Publication: Paris
Creation Date: 1947
Publication Date: 19XX-
Frequency: regular
 Subjects
Genre: periodical   ( marcgt )
serial   ( sobekcm )
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063
System ID: UF00077027:00014
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PRESIDENCY DU CONSEIL
SECRETARIAT D'ETAT

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (88).


LA DOCUMENTATION FRANCHISE


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES


BULLETIN


DE


18 janvier 1947,


PRESS


QUOTIWI



ETRANG


Nouvelle Serie No 571


1. PRESS BRITANNIQUE


Revue de la press britannique du 18 janvier 1947
Le Daily Telegraph, le Daily Express oit pass au premier
plan le conflict du travail. Le Times, le Mancheslter Guardian,
le Daily Worker donncnt la vedeLte aux elections polonaises,
le News Chronicle s'intre;.se surtout i la designation de
M. Ramadier come chef du gouvernenmet.

1. POLOGNE

La champagne ilectoralc et le incidents sanglants qui 1'ont
marquee sent le thbme de nombreuses ddpeches qui sont ge-
niralement reproduites en tres bonne place.
D'apris le correspondent du Times i Varsovie, le mouve-
nent d'opposition clandestine serait de plus en plus actif.
tVoir 1'article plus loin.)
Le corre-pondant du Manchesler Guardian insisted surtout
sur les measures prises par le gouvernement pour empicher
de nombreux mcmbres du' parti paysan tde poser leur can-
didature.
Le correspondent diplomatique du grand journal liberal
se demand si les puissances occidentales no devraient par
invoquer laffaire devant l'O.N.U. et ajoute : < Aprrs la vic-
toire du gouvernement, il se pourrait bien lue le parti pay-
san ffit exclu du pouvoir. > Mais il conclut : < II serait
difficile pour les puissances occidentalcs d'accepter une dci-
sion qu'cll's jugent pcu dcmocratique et oltenue par l'inti-
midation et la terreur politique. )
Tandis que le government polonais a ddclard que' 200.000
electeurs seulement seraient priv6s du droit de vote, le cor-
respondant du Daily Teeegraph a Varsovie assure que leur
nombre est en reality de plus d'un million ct demi. Le cor-
respondant diplomatique de ce journal ajoute que des obser-
vateurs britanniques reront charges de suivre les operations
6lectorales ct que leur rapporl, envoy i' Londres, pourrait
constituer un dossier qui serail soumis a 1'O.N.U.
Le Daily Worker assure que le gouvernement polonais a
pleine conflance dans la victoire qu'il va reporter.
D'autre part, le correspondent diplomatique de ce journal
attaque violemment l'ambassadenr de Grande-Bretagne qui
vient de repartir pour Vareovie.
Plusieurs journaux reproduisent les ddelarations de M. Mi-
kolajezyk, d'apr6s lesquelle.s le chef du parti paysan s'atten-
drait ah tre accuse de haute trahison au lendemain des dlec-
tions.
2. -- FRANCE
La plupart ties journaux annoncent que, par suite du refuse
de M. Blum de rester au pouvoir, M. Vincent Auriola charge
M. Ramadier de former le gouvernement.
Le correspondent du Times a Paris souligne les difficulties
qui attendent l'anden ministry de la Justice. II souligne que


M. Herriot semble avoir prefire la pr6sidenco de 1'assemblie
a celle du' gouverneinent. Il remarque d'autre part que l'6lec-
tion de M. Vincent Auriol a Wtl bien accueillie par toute la
press, malgre ]es observations quelque peu ironiques de
1'Aube.
Le correspondent du Manchester Guardian ecrit :

< M. Ramadier n'cst pas un jeune hoinmme; dans les
annecs qui ont prceded la guerre, c'6tait un socialist
dissident, mais il est rentrd dans Ic cein de son parti
& la Liberation. Le public le connait surtout come
le ministry malliur.ux du Ravitaiglmcnt des deux
dernibres annies. Bien que sa carri6re parlementaire
soit honorable, il n'cst certainement pas au premier
plan. Le choix du president Auriol montre la difficult
de trouver un succeszcur pour M. Blum.

Le correspondent du Daily Telegraph ;' Paris 6numBre les
personnalitis qui out Wti consulates par M. Ramadier. II
signal que le M.R.P. a admis le mainticn du cabinet socia-
liste homogene et que les communists insisteront probable-
ment pour la formation d'un Cabinet de cooperation. II en
conclut que M. Ramadier dcvra faire face aux m&mes diffi"
cults que M. Blum il y a un mois.
Sous la manclhette, : < La France design un inconnu
comme Premier iMinistre >, le correspondent du News Chro-
nicle rappcllc les princip-ales Ctapes de la carriEre politique
de M. Ramadier. 11 ajoute que la plupart des obhervatcurs
ne pensent pas qu'il puisse rdussir t former le gouvernement
et que le Prisident de la Rdpublique sera sans doute amene
a faire appel i nouveau au frile et courageux M. Lion Blum.
Au contraire, le correspondent (du Daily Herald croit que
M. Ramadier reussira i former un gouvernement et que
M. Blum a sais doute refused de rester au pouvoir pour deux
raisons 1 il n'est pas membre du Parlement; 2 il desire
peut-otre se r6server pour l1es heurcs difficiles que la France
pourrait bien16t traverser.
a M. Blum, ajoute cc correspondant, estime probable-
ment qu'il est essentiel que la France ait un hommi
doud d'un grand prestige personnel et d'un attache-
ment incontestable ia l'iddal democratique tout prst i:
intervenir. S'il no se riscrve pas, une crise grave pour-
rait laisser la France dans i'obligation de se risigner,
soit a la prise dir pouvoir par les communistec, soit a
une dictature du general de Gaulle. ,

Quant au correspondent special du Daily Worker i Paris,
il ecrit : I1 est encore trop t6t polr savoir si Ramadier
r6ussira h former un gouvernement. .
3. --- ALLEMAGNE
Plusieurs journaux annoncent qu'c les autoritis anglaises
vt americaines en Allemagne publieront prochainement un


------------







2 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGARE


document pour informer les Allemands du niveau qi'elles
ont d6cide de fixer pour la production industrielle de l'en-
semble .de-s deux zones.
D'aprs le correspondent (du Manchester Guardian i Ber-
lin, il r'agirait d'une nouvelle gaffe > psychologique des
Anglais et des Amdricains car, ajoute-t-il, cc que les Allc-
mands veulent savoir, c'est si le plan aclucl a Wti reject et
remplac6 par quelque chose de nouveau.
Le correspondent du Daily Telegraph i Berlin pr6volt line
modification presque certain dou niveau de production indus-
triel allemand, soit A la Conference de Moscou, soil plus
tot.
Le correspondant du News Chronicle craint que la rise
de la main-d'ceuvre dans la Ruhr n'ait pour conseiuenc:
'eclhec des plans relatifs i ]a fusion des zones.
Le Daily Herald announce en premiere place que I'indiislric
allemande va otre reorganisde ect que les cartels se'ont aboli:.
Plusieurs correspondante etablissent ua lien entire l.i
decision anglo-amnricaine et les dernibres dielaratiotnl du
mar6chal Sokolovsky relatives a 1'augmentation de la pro-
duction industrielle de la zone sovi6tique..
Le correspondent special du Manchester Guardian h Ham-
bourg accuse les voisin:;' de 1'Allemagne (il cite notanimnent
la France, la Russic, la Tchecoslovaquie, la Belgique) ce lui
voler sos wagons de marchandises.

4. PALESTINE
Plursieurs journaux annoncent que le Hadt Commi:isaire
britannique, qui vient de repartir pour la Palestine, a ren-
contre t son arrive M. Ben Gurion et que In Confdren e de
Londreo recommcncera ses travaux mardi prolhain. La plu-
part des correspondents prevoient que les Juifs n'y -'ront
pas represents, mais que les chefs de I'Agence juive este-
ront en contact avec les ministrcs britanniqucEs.

5. -- LA CONFERENCE DES SUIPLIEANTS

Le correspondent diplomatique du Times analyse les ddci-
sions prises par les supplants en ce qui concerned la dis-
cussion du trait autrichien. 11 resume d'autre part les dis-
cussions relatives h la procedure .pour la preparation du
trait avec i'Allemagne et mentionne parliculidrecmcit !
memorandum -nd-africain.
Le correspondent diplomatique id Mancheslar GuaCdia:c
estime que les deliberations relatives au traitd autrichion ont
progress d'une faqon normal et qu'elles soht plus claires
que cells qui concernent le trait avec I'Allemagne. 11 sou-
ligne particuliirement la volontl dn gouverneienet cann.dien
de participer plus activement h la rjorganisation de I'Eu rope.
D'apris le correspondent du Daily Telegraph it Paris, la
d6l6gation frannaise aurait l'intention d'ahorder le prol lIim,
allemand sous un angle nouveau. II s'agirait d:tvrantage d'cm-
p&cher la reconstruction de I'industrie lourde de la Ruhr
que d'insister pour obtenir le ddtaclhemenp politique tie In
Ruhr et de la Rhenanie. La France se serait mis d'a,:cord
avec la Belgique. la Hollande et le Luxembourg pour falir
triompher oette politique ct ce serait une des raisons pour
lesquelles M. Blum s.o serait montri si d6sireux d'obtenir I:i
coordination du plan Monnet et des projects britannique:,.

6. SPITZBERG
Le Times public Ic texte de la declaration dans lquoocle It,
gouvernement norvdgivn expose ]es negotiations qu'il i:
mcnies avec le government sovi6tique au sujet de L] d6
fense du Spitzberg.
Le correspondent diplomatique do Daily Telegraph son-
ligne 1'opinion du government norvegien scion laqo'el:'
tout accord tventuel devra etre signed par le;t anures inleb'hrcs
du traitL de 1920.
Le correspondent diplomatique duo Daily Herald ecrit :

c D'apres la declaration, le government norve
gien aurait, au eours des ntgociations, informni le fou-
vernement sovi6tique qu'il croyait savoir que les a:tres
puissances occidentales acceptenaient une modification
du traits. S'il en est ainsi, le gouverneiment norvwgien
a fait iette hypolhise sans aucua fondement, car it est


certain que le gouvernement britannique n'a aucune
raison de la meltre en avant. Le porte-parole du Qual
d'Orsay a dit hier que la France s'itait range aux
cetds de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis pour
s'oppooer i la militariiation bilatdrale du Spitzberg.

a) A la veille dies dec!tiwis ent PoVoylre (Times, 18/1) :
< I! es; certain qu'un niouvemient clandestin actif
exsise. 11 a sans doute commis des exces. 11 n'y a pas
'dO duie 1no1 plus qu'il ail cherche sans justification
t::; appu ii dmocratique h I',tranger, n'eta.nt toujours
que irop de'ircux do simplifier 1'cexcds la politique
a suiv:re cn Europe Orientale. Mais Mikolajczyk n'est
ias respo .,able de ee inouvemen ni de la fausse inter-
prela.ion dirangere des questions polonaises. II n'a pas
besoin ,de ce niouvenmcnl, ayant -un appui plus respec-
table parmi les Polonais h strangerr.
Coinme i'a ecrit noire correspondent de Varsovic,
iuenle si A ia suite des elections, il se Irouve 6vince du
government ent, ( Mikolajczyk 'demeurera toujours une
force que n'inmpor.e quei gouvernement sera oblige de
respecier si l'on vent que la stability, ct la paix preva-
lent on Po'ogne ).
Un gouvernenment polonais doit avoir le consentemesnt
des paysans et ieur donncr une voix proportionnelle
dans les affairs du pays. Le gouvernement actuel n'a
pas lait cela car il n'a pas su obtenir Pappui dde Miko
lajczyk, ni su gagner les paysans a sa cause.
Conmme le gouvernement no peul gouverner par 1'ef-
fet du consentement et 'de la confiance, it dolt le fair"
par la set;e grace de la Russie et la repression ;.

b) Le pr'obVl[ e ,.tii.r. ronl l n1 Fianuce (Continen-
lal Daily Mail, 18/1) :

rations aupris des principaiux chefs des parties pour
voir quelles chances il a de r6ussir A former un gou-
vernement -de coalition, donnera aujourd'hui sa r6ponse
officielle au Prdsident de la TiRpublique a savoir s'il
accept e ou non 'de former le Cabinet.
Le faith que le Pr6sident ait choisi un socialist pour
former ]e nouveau gouvernement constilue vraisembla-
blement une tentative pour trouver un personnalite qui
puisse concilicr l-s demiandes contradictoires des com-
munistes et du XM.R P. les deux plus important par-
tis du Parlement.
M. Ramadier essaiera de former un large gouverne-
ment de coalition comprenant les communisles, les so-
cialistes, les ra'dicaux, ie M.R.P. et les elMments mode-
res de la droite.
11 est possible que M. Blim accepted un poste de
noinistre d'Etat dans un gouverneneiht Ramadier ,

(HAROLD KING).

c) La nou teie oraientation plotibi)que ianmiioaizze (Conti-
nental Daily Mail, 18/1) :

La significaiion de l'avenenmenii des militaires dans
la politique 6trang6re, c'est que 'les Etats-Unis competent
beaucoup, a l'hoeure actuelie, sur 1'emploi des moyens
militaires pour oblenir des rdsultats politiques 'dans le
domain de la politique .trangdre. La politique amiri-
caine s'appuie sur cetle id6e que la force armne est
un moyen de sauvegarder la paix.
Outre le conTfrle exerc,' par des militaires a d'im-
portants postes politiques, d'autres faits soulignent Pin-
fluence croissante de 1'arm6e dans la politique 6tran-
gtre americaine. En 1946, le Presi'dent a demanded au
CongrBs le droit d'6changer -es armes avec les autres
R4pub'liques americaines et M. William Pawley, ambas-







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGBRE 3


sadeur am6ricain au Br6sil, a declare que Ie meilleur
moyen pour 1'Am6rique d'am6liorer ses rapports avec
i'AmLrique latine serait de < career d'importantes mis-
sions ,de l'arm6e et de la marine >> dans ces pays. On
ta galement demandede an Congr s de permettre aux
Americainfs de supervisor la riorganisaiion des armies
chinoises.
Cc sont des officers de 1'armee et de la marine
am6ricaine qui out en fait d6cid6 de la politique 6tran-
gire h suivre dans l'Ocnan Pacifique, en exercant un
control absolu. sur les bases insulaires conquises sur
1'ennemi; et, en juin dernier, le Pr6sident a demand6 au
Congres le droil de cr6er un Conseil de la Defense Na-
tionale don't 'le secr6taire aurait le pouvoir de coordon-
ner une politiqiue 6trangire et militaire au course de
conferences r6gulieres avec le secr6taire d'Etat.
I1 est possible, d'apris tout cela, 'd comprendre pour
(qouL cerlains pay onl l'imp:-essi n que les Etats-Unis
se pr6parent plut6t A ]a guerre qu'a la paix. Cependant,
la nomination du g6ndral Marshall ne pent justifier unu
telle interpretation. Le general aime sincerement la
paix. Son point de vue diffrre de celui des milieux
militaires qui rTclament une politique Atrangere de
puissance >.



It. PRESS AMERICAINE



Revue de Ie press amoricfin, din 17 janvier 1947

1. L'LECTION DE M. VINCENT AunIOL

L'election de M. Vincent Auriol h ia Pr6sidence de ia R6pu-
blique regoit une large publicity dans la press qui la conm-
mente tres favorablement. Les ddpches g6n6ralement re-
produites en premiere page relevent qu'clle est due avant
tout h la personnalit6 mnme du nouveau President de la
R.-publique, don't la moderation et 1'esprit de conciliation
lui ont conquis la sympathies ct gagn6 le respect de tous les
parties. Les correspondents .emploient souvent les expressions
de c pacificateur 'et d' arbitre impartial D pour d6sign r
'M. Auriol et souligner l'influence mod6r,atrice qu'il est appeld
a exercer sur la politique franqaise. L''lection est igalement
intcrpr6t6e comme tune victoire pour le part socialist et
comme une approbation de la politique d.e M. Blum, dent
la popularity s'est ,encore 'accrue h la suite de' sa champagne
pour r6duire les prix et do son voyage I' Londres. La press
public des photos et des biographies tres favorable dil nou-
veau President d.e la Ripublique. Voici les passages les plus
caracteristiques des d6p&ches des iditoriaux :
I.e New' Y'ork Times derit :

< Vincent Auriol est le plus grand pacificateur poli-
lique francais... II jouit du respect de tons les partiess
et exerce sur eux une grande autoritd... Nous fdlicitons
pour son election aussi bien la France que Vincent
Auriol lui-mime... L'accord franco-hritannique que
Blum vient de conclurc a Londres tire la France (de
la position inconfortable d'isolement oh e!le avait et'
place par le gdncnral lec Gaulle et M. Bidanilt, et ii
amnliore sa position dans le monde, cc don't ille a
bcsoin pour maintenir son Empire. L'accord signifie
quo la Fr.ance abandonne ses demanded de 6dimemhrc-
ment de I'Allemagne a 1'Ouest et qu'elle approve In
reconstruction allemande. ,

Hoffmrann, de Londres, cable au New York Times :

a Le fait que les syndicats francais paraissent avoir
nccepte Tw'Me d'une semaine normal de quarante-hui*
heures a fait une forte impression en Griandc-Bretagn"
oil aliunn dirigeant, quo ce soit du gouvernement on
dc 1'opposition, n'a osc fire une tclle suggestion. -


Whitconmu note dans le Baltimore Sun :
z La position de Blum est aujourd'hui extrmmement
solide... Le principe du gouvernement d'un seul part!
est dgalement appuyd par l'opinion publique qui com-
pare les resultats etonnants obtenus piar M. Blum en
ciuq semaines, avec le chaos tripartite des deux an-
ri'.s pr~cidentes. ,

2. INDOCHINE

Une idpeche de Saigon au New York Times declare qur
cette ville est entourde de rebelles annamites operant sous
la direction du Viet-Nam et quo sa situation est do plus en
plus Inenacee.

3. LES I'nISONNIERS ALLEMANDS
D)an une ddp&che de Washington an New York Times,
Ieston declare que le seul regret de M. Byrnes, au moment
oti il quite le Ddpartemerit d'Etat, est de ne pas avoir obtenu
de la France qu'elle libere les prisonniers de guerre alle-
mands qui lui ont Wte remis piar les U.S.A. Le correspondent
rappelle A ce propos la thbse franqaise et announce que ce
problem sera un .des premiers que devra resoudre le gdniral
Marshall.

4. LES FORCES ARMS'ES AMERICAINES
L'accord intervene entire 1'arm6e et la marine amrdic.aines
on vue de la fusion de leurs Etats'Majors Generaux est pre-
sente dans toute la press come la nouvelle la plus impor-
tante du .our. De nombreux articles lui sont consacrds qul
fonit essortir que cet accord constitute ine victoire pour le
President Trumn.an.

at 4tprs l'dlection da president Anuiol (New York He-
raId Tribune, 17/1) :
c L'election 'de M. Vincent Auriol come premier
President de la IV~-RBpublique francaise marque une
nouvelle tape dans i'Pscension du Parti socialist fran-
yals, Cetle ascensionn a commence, de favon paradoxale,
quand ce part, battu aux elections, eut W6t reduit A
(c,'cprr a I'As'embibe Nationale la troisieme et derniere
place parmi les < trois grands > parties qui avaient
jusque-lA gouvernA par lefir coalition la France lib6r6e.
En mime temps que M. Aurioll triomphait A Versailles,
M. L6on Blum reven6it de Lontdres ofi il avait requ un
rhaleutreux accueil; il n'en rapportait pas, contraire-
ment a ce qu'il avait 'sp6rB, ders attributions suppl6-
Imentaires dde carbon pour la France, mais la decision
de negocder une nouvelle alliance anglo-francaise.
1. Blum a fait route solennellement lavec son ami et
second depuis Versailles jusqu'au Palais de 1'Elys#e.
(;C tliomplh est 'ldft ( I'habiletA que les socialists ont
dIp'loyee en exploitant leur position strategique dans
irne situation qui n'etait dominee par aucun part ou
bloc; il est di aussi A la maladresse du M.R.P., don't les
lcefs, qui se sont trouiv6s jets dans la polilique par
leur resistance A l'ocupation et A Vichy, .n'ont pas en-
core appris tons les artifices de la politique, et n'ont
mmnie pas Ipu mctlre d'aplomb un ensemble pleinement
eolhrent ot efficace de principles politiques. Ce parti,
qui est devenu le principal adversaire ,des communis-
tcs, --el, en consequence le principal objectif de leurs
altaques, a subi un premier Achec en ne 'ralisant
pas un arrangement avec M. Edouard Herriot et ie
fnsio:r nbl.'0 io ( (I;ahebes pour donner M. Herriot
la presidency de 1'Assembl6e Nationale, en contre-pariie
d'un soutien apporlt au candidate M.R.P. a la prbsidence
de la Republique. Le M.R.P. a ensuite persists 'dans son
liul, i c;' c, : 'n vpes aurun espoir, de
faire e;ire M. Champetier de Ribes a la pr4sidence,
centre M. Auriol.
On p-n;e que c'esi M. Herriot qui va maintenant rem-







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANG-RE


placer M. Auriol, comme president de I'Assemblie Na-
tionale, et que M. Champetier de Ribes reslera au pos:l
morns important dde president de la Chambre Haute, le
Conseil tie la Rlepubiiqut >>.

bl lie problmnle ga lernemeniall (New York Herald Tri-
bune, 18/1, Idition europ&enne) :
a M. Paul Ramadier, miinistre socialist de 1, Jus-
tice dans le Cabinel Blun d6missionnaire, a et6 :-hoisi
hier soir par le president Auriol pour essayer 'ie for-
mer un gouvernemenl.
Si M. Ramadier r-ussit ih laborer an programme et
a former un Cabinet qui obtienne un vote favor.::ble i
1'Assembl6e Na:ionaFe, le President de la RFpublique
et le president du Coiseil seront tons les deux meinbres
du parti socialist, parli qui a perdu le plus de voix
alux devlietres 6!ections.
M. Rama'dier a Bl6 choisi apres que M. Bluim c t re-
fuse ,d'entreprendre une nouvelle fois cetle lafihe dif-
ficile.
Tout portrait A croire hier soir que M. Ramadier es-
saierait de former un -iuvernement de coalition aussi
large que possible.
-Le recent esprit de conciliation don't out fail preuve
les communstes, en particulier en votant pour Al. An-
riol a la pr6sidence, indique que quelque chose st1 pre-
pare, mais on ne sait pas quoi exactemeni,
Le fail que ie M.R.P. et ses rivaux les commu aisles
ne soienl pas parvenus a un accord sur la forniation
'du Cabinet a et eltabli hier soir, lorsque le secrb'ariat
general du M.R.P. a poubiti une declaration disani qu'il
lreferail un nouveau goluvclrneimen inomognle ocia-
lisle pour pou suivre l'exteution du programme 61 ono
mique 6tabli par le Cabine! Blum. Ceci est evideninent
en contradiction avec I'intenlion ividenle de M. Fama-
dier de former un gouvernenient de coalition, les com-
munistes acceptant qn'il coniprenne m'me 'des mUembres
de la droile du M.R.P. Si le JM.R.P. persiste dans cette
a titude, il sera peut-etre impossible pour M. Ramadier
(!e former un Cabinet.
Les raisons evidentes du choix de M. Ramadier sont
que le ipr6si'dcnt Auriol a pens6 qu'il valait mieux (qu'uii
gouvernenient socialist poursufive le programme amor-
c, par an autre gouvernement socialist >.

(JOHN O'REILI.).

c) Le probl'inme di'u Wdlcarimenteit (New York Herald
Tribune. 18/1, edition europeenne)
< An lieu de discuter avec M. (romyko pour .s:voir
qui re:arde le desarmeinent, il serail pr-fLrable, i mano1
sens, que le Pr6sident donne a nos d6l6gues 'des in -
tructions pour demander un ajournement de la tolalite
des d4bats, jusqu'A ce que le general Marshall adt la
possibility de s en occuper.
C'est a cause dou manque d'une vue 'd'ensemble de
notre politique, que nous sommes lomb6s dans unre osi-
rion qui ne tient aueun compete de nos interils.
Nos; avons niun supLriorit pripondtraule pouI c
qui esl du materiel de guerre lourd. Nous affirlnons
que nous desarmerons dans ce donmaine aussitot que
onus auronis reussi A 'd4isarmer dans le domnaine alo-
miiqne. En change, tout cc quie nous demandons, *;en-
ble-t-il, aux Russes, e'est qu'ils d6Omobilisent lun cr-
lain nombre de leurs divisions d'infanterie.
Ce n'est pas la seule question qui demanderait ulne
pause opportune ce qui nous laisserait lie teinmp, de
riflrhir et permettrait au g6nLral Marshall de rIeon-
siderer les L16ments 'de notre politique. Nous nous ache-
minons vers la Confirence de Moscou sans 6tre en me-
sure de soumettre un plan g6n6ral qui resolve la ques-


tion de I'Allcmagne ct de I'Auiriche dlans le (adre d'un
r6glement europ6en.
Nous n'avons aucun contact avec les pays qui doi
vent vivre au voisinage de l'Allemagne, et nous agissons
comme si 1'avenir lointain de 1'Allemagne pouvait etre
lix6 par les arrangements que nous pouvons conclude
avec les Russes. Nous oublions que l'Allemagne retrou-
vera sfireme.nt sa place 'de grande puissance on Europe,
el que si l'on ne reconstilue pas avant ce moment uD
syst6me europren autour d'elle, les clauses do trait
que nous allons lui imposer inaintenant n'auront mime
pas la valeur du paper oi elles seront consign6es. 11
serait bien preferable d'ajourner la Conf6rence de
Moscou que d'y pariiciper dans 1'6tat d'impreparation
oft nous sommes )>.
WAALTIR .TLIPPMANN.

III. PRESS SOVIETIQUE

Revue de la press soovieoiqne dou 17 janvier 19.47
Les rubriqucs dirangeres occupant une page et deoiie en
iiioyenne. La politique anglo-amiricaine rest Ic thbme prin-
ci.al

1. LES O(IIGANISMES INTERNATIONAUX
Tous les jouroaux pulblient les comptes rendus de I'agence
Tas's sur la sa ncc du 16 janvier au Conseil de Securit, (dis-
cours de M. Gromoyko) ce sur l'ouverture de la Conofrence des
Adjoints discourses dt Ml. Bevin). Cette dernibre information
est suivie d'un resumi des revelations du Yorkshire Ioisl
concernant les neuf points du project britannique de trait
avec 1'Autriche. La press sovidlique signale le faith que les
projects americain et franqais coincideirai'nt danis ensemblebe
avec le project britannique. Toutefois. les journaux publient
igalement, d'npres Renter, un dimenti des milieux officials
britanniques niant 1'existcnce d'un accord franico-anglo-aoi6-
ricain sur les neuif points du traite av\cc l'Autriche et annon-
qant que le project anglais a 6td modtifi6 depuis I'annce der-
niere.
2. LE MOVEMENT DiIEMIOCRATIQUE DANS LE MONDK
a) La Fr!ance.
Tous les jouLrnaux publient une grande d6peche Tass sur
l'election de M. Vincent Auriol. Dc brefs telegrammes annon-
cent Ic retour de M. Leon l3um et a d6inission. de son gou-
vernement.
b) La Polognie.
L'agence Tags public un grand compete rendu sur la Confe-
rence de press tenue le 15 janvier par M. Osubka Morawski.
Les Izveszlla ivoquent les campagnes de press 6trangeres
dirigees centre Ics elections polonaises. L'organe du Soviet
Supreme voit dans ces manoeuvres le desir de revanche de la
reaction international apris les d6f.aites subies dans les
Balkans ct la preuve qu'en Pologne, egalement, la reaction
sent < le sol manquer sous ses pas v. (Voir 'article plus
loin.)
Diverses informations ont trait aux sujets silvants : la ipr-
paration d'une journie ode deuil en Egypte pour I'annivcr-
saire de la separation du Soudan, les raids do police centre
les immeubles du part coinmmuniste hindou, le discourse de
M. Zilliacus h New Castle sur lIts relations anglo-soviitiquc,
etc.

3. L'EXPANSIONNISiME ANGLO-AMERICAIN
La plupart des journaux pullient des informations Ta.sa
sur les sujcts suivants : les reactions de In press syrienne
nu sujet des projects doe bloc oriental >, la visit f W.a.shing-
ton du prince h6ritier d'Arabie, le maintien d'hitleriens a
leur post par les autorit's amnricaines, les protestations du
commandement yougoslave centre I'enl&vement de machines
a Pola, etc...
La chronique international des Izestila s'61~ve centre le
bruit qui a 6td fait autour des pourparlers sovi6to-norv4-







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ITRANGARE 5


giens A propos du Spitzberg. Elle considered que cette ma-
noeuvre est destinde A detourner I'attention des proj.ts amn-
ricains concernant les bases du Pacifique. (Voir I'articlo
plus loin.)
Un bref communique sur la visit de M. Modzelewsky At
Moscou precise qu'au cours des conversations qui sont
deroulees -dans une atmosphere de sinc'ritd et d'entiere com-
prehension r6ciproque, 11 a &te procede A un change de vues
sur le probl6me allemand et sur diverse questions en cours.

a) A (I veille des elelcli(,'ns en Polo rne (Izvestia, 17/1) :

c La reaction etrangere vaincue l'ann6e dernibre en
Yougoslavie, en Bulgarie, en Roumanie et en Albanic
veut prendre sa revanche aux elections du 19 en Po-
logne. Mikolajczik, qui hier pr6tendait encore pouvoir
obtenir 75 % des sieges A la Dibte, est contraint aujour-
d'huii de faire appel aux correspondentss et aux repre-
sentants diplomatiques strangers pour alimenter les in-
formations tendancieuses et fausses sur la situation on
Pologne. C'est sur ce materiel que se fondent juste-
nient les dernieres notes que les Etats-Unis ont adres-
sees aux gouvernements 'de la Pologne et de 'U.R.S.S.
Il est significatif que, dans sa note du 5 janvier, le gou-
vernement am6ricain ne s'appuie pas sur des rensei-
gnements fournis par le gouvernement 16gal polonais,
mais sur ceux .de Mikolajczik. On salt que les notes
anglaise et am6ricaine ont 6t6 pr6c6d6es par toute une
champagne de la press r6actionnaire de ces pays. Cette
champagne essayait d'affecter par advance le r6sultat des
Elections, en parlant de poursuites contre le Parti Pay-
san et de falsification des listes 6lectorales. ce qui 6tait
facile A puiser dans l'exemple fourni par les elections
grecques. Ces mimes presses ont essay dde ocrer une
discorde entire les gouvernements sovi6tique et polonais,
ne reculant devant aucun mensonge grossier et calom-
niant, come par example le Manchester Guardian.
La nervosit6 de la reaction polonaise et de la reaction
6trangrre prove implement que le sol commence A
se derober sous leurs pas et que 1'6crasante majority
du people polonais a choisi sa route, celle qui mene A
l'ind6pendance et i la liberty *d'une Pologne d6mocra-
tique. >

b) La question des bases amnricaines dans l'Oc',an In-
dien et le proubbme dA Spiltberg (Izvestia, 17/1) :

a Dans son discours du 11 janvier a Cleveland, le se-
nateur Vandenberg a declare : < Nous ne demandons
ricn A personnel, sinon qu'on joue franc jeu des deux
!cAt6s. > Si on traduit dans un language plus concrete,
cttel phrase don't la terminologie est quelque peu inac-
'outum6e en politique international, il est difficile de
ne pas ktre d'accord avec cette facon de poser la ques-
tion.
Malheureusement, des declarations come celle de
Vandenberg sont essentiellement destinies A tranquilli-
ser opinionsn publique. Le m&me jour, le New York Ti-
mes annongait que la commission des Affaires 6tran-
g6res de la Chambre des rcpresentants avail adopted un
rapport prioposant de miainten.ir pour ltoujours l'autorit6
am6ricaine sur les miles que le Japon poss6dait dans
l'ocan Pacifique. Les auteurs du rapport ne s'6taient
pas sentis g6nes par le fait que tes Etats-Unis ne sont
pas seuls dans le Pacifique, que d'autres puissances ont
aussi particip6 A la victoire sur le Japon. II existed un
organisme des Nations Unies qui s'occupe des questions
de tutelle. Les auteurs du rapport voudraient faire
croire que leur action n'est pas de l'cxpansionnisme,
mais seulemgnt un 616ment du a jeu correct >a don't
parole M. Vandenberg. Seulement, le ( jeu correct > s'ar-
rAte 1a ofi s'arrttent les interAts americains-


Les journaux r6actionnaires d'Angleterre et d'Am6-
rlque sont en train de soulever un vacarme hypocrite
autour des n6gociatlons sovi6to-norv6giennes sur le
Spitzberg. Le journal sudlois Dagens-Nyheter, pour
complaire a ses protecteurs anglo-am6ricains, s'est mis
A hurler que ( des bases russes dans 1'Arctique sont un
revolver braqu6 au cceur des Etats-Unis >. Des initia-
tcurs de cette bruyante champagne percent de vue un
l66tent essential du problnme. Jusqu'a ce jour, c'est tou-
jours le trait6 de Paris du 9 f6vrier 1920 qui rbgle le
regime du Spitzberg. L'Angleterre, les Etats-Unis et la
France avaient jou6 le role principal lors de la r6dac-
lion de ce texte. Et l'on se souvient des rapports que
ces pays entretcnaient alors avec l'Union sovi6tique. A
l'6poque, ils avaient cru possible d'ignorer les interMts
Itlc la june R6publiqtue des Soviets, en d6pit du carac-
tAre incontestable de ceux-ci sur les plans territoriaux
et economiques. Bien plus, les signataires avaient juge
opportun d'inclure dans 1'archipel du Spitzberg i'ile de
I'Ours qui en fait 6tait russe. L'article 9, qui inte'rdit
A la Norvege de fortifier ces lies, s'appuie sur la Charle
de ia Soci6t des Nations qui, a 1'6poque, Atait en vi-
gueur. La second guerre mondiale a d6montrd que cette
situation causait un tort considerable A la defense du
lilloral septentrional de l'U. R. S. S. D'autre part, on
sait que, parmi les signataires du trait en vigueur,
figurent l'Italie et le Japon qui depuis ont combattu les
Allies. Pour totes ces raisons, il est evident que le
trait a vieilli. Au course des 25 ans qui se sont 6coules
depuis sa signature, il y a cu beaucoup de char.gements
dans le monde, 'et il y a bien longtemps qu'on aurait
dfi faire abandon des m6thodes de 1920. Il est temps
te Drendre en consideration les inttrAts r6ciproques.
Du reste, 1'U. R. S S. avait en vue de proc6der A des
consultations avec les gouvernements allies. Fidble A ses
paroles, elle ne veut pas mener une politique unilat6-
rale don't les partisans semblent travailler assez active-
nment au Congres amnri-cain. Le caracitre pr6mAdil6 des
protestations soulev6es par la question du Spitzberg ae
pett pas Achapper A l'opinion publique mondiale. Elle
ne peut pas d6tourner son attention des choses que ten-
daient A catcher les suspects machinations ourdies au-
tour de l'archipel du Swalbard.


IV. PRESS BELGE


a) L'AL.IANCE FRANCO-BRITANNIQUR.

1. La Metropoe (17/1, calholique) :
< M. Blum, A Londres, vient de fire les premiers
pas. Les Anglais suivront-ils ? Certes, Ic desir ne doit
,pas leur fair d6fant, mais la position anglaise est ex-
trniciment delicate. Elle sort appauvrie de la guerre et
une union avec le continent la rendrait plus vulnerable
en cas de conflict. En 1939, elle avait voulu d6fendre
ses frontibres sur lc Uhin, mai*s c'est sur 1a Manche
qu'elle a pu rsister. En ouire, que penscraient les deux
autres (rands d'un accord qui pourrait servir de base
A une Western Association Aventuclle ?
La prochaine alliance anglo-francaise pourrait Atre
riche en consequences, si le ciel et les homes sont
favorables aux idMcs churchilliennes. It n'y a qu'un pas
a franchir pour qu'un accord analogue soit sign& avec
l'union Belgique-Hollande-Grand-Duch6. Dbs lors, les
EIal.s-Unis d'Europe no seraient plus une ile d'utopie. >
2. La Nation Belge (17/1, Union national) :
< L'accord r&alis6 en principle par MM. Bevin et
Blum permet d'esp6rcr que, cette fois, la raison l'em-







( BULLETIN QUOrIDIEN DE PRESS ETRANGIRE


porter. Souhaitons qu'elle fasse pr6valoir une entente
necessaire A noire propre sicurite commie a celle le nos
grands voisins. A la veille de la Conference de Mloscou,
qui doit r6soudre le problelme alleiiani, ii fanut ocuhai-
ler aussi que le project d'allianace franco-britannit'ue ne
serve pas d'argument pour faire 6cartcr les solutions
indispensable a la mise de l'Allemagne hors d'itat de
nuire.
Lntin, il est permis de formuler un autre v de voir l'alliance franco-brilannique preluder .' une
alliance ,plus tendue encore qui, en dehors dc toiite
idWe de bloc et de toute pens6e de menace a E]tgard
de quiconque, assurerait aussi A nos pays d'Occident
le concourse inilitaire cvenluel des Elals-UInis. >

3. Le Drapelan Rouqe (17/1, communisle) :

< L'opinion francaise reproche an gouvernement an-
glais de songer beaucoup plus au relevement de l'Alle-
magne qu'A celui *de la France.
Les Francais apprendroni sans doute avec surprise
que Leon Blum avail adm-is l'impossibilit6 (( d'augmen-
ter > immediatement les exportations de la Ruhr
Jusqu'A present, la France affirmait fermemeniil que
I'augmentation 6tait non seulemoent necessaire, mais pos-
sible, si 1'interet de la viclime prime cciui de !'agrcs
scur. Bien plus, ne voulant pas se limiltr ah exiger la
justice, le Gouvernement francais pr6c6dent, par I i voix
de son 5 minister communisle de la Production inIdius-
trielle, Marcel Paul, a propose d'cnvoyer dans la Rubr
des technicians francais aux fins de r6organiser I:1 vro-
duction du carbon. *
Les Briianniques n'ont janmais vouiu accepted cis sug-
geslions. Et voila qu'aujourd'hui le pr&sidenl doi G,;u-
vernement francais leur donne rai.son.
On est en droit alors d e deniander s'il eslin e que
les Anglais onl raison sur d'aulres points 6ga:lemeii con
ccrnant le problime allemand.
S'il en est ainsi, it pourrait en r6suller une division
de l'opinion franchise, jusqu'ici quasi unanime A IlAgard
du probl~me allemand.
Est-il besoin d'ajouter quc coile division ne feral
(qu'aggravcr les difficulties qui a:saiilent noire \v:isinc
du sud ? >
(J. LONc:N.)

b) LA CONFERENCE DE LONDIES ET LES PETITES N.'TIONS
(Li Nation Belge, 17/1, Union nationale):

C II ne semble que trop vrai, h6las! que le regle-
ment de la paix comnmenc6 a Londres cl qui s ach&-
vcra a Moscou, bien plus qu'un riglement de droit, sera
un reglement d'iquilibre, toujours provisoire et intable,
enire des forces, que nos inlurets come ceux (dc dix-
s.pt autlres petiles nations, aulant de compagnons d'in-
forlune, v seront delibreiiient sacrifice. Des uatre
Grands, ii n'y en a qiu'utn, le moins grand mallhei cuse-
mcnt dt;ns le sens de Il'lendue, la France, doiit les
inl6rits soieni idenliques aux nblres. C'esl dans l.I mc-
sIur oil les inlerits de In France scraient sauvegard-e
que les ncircs pourraient I'lre cgalement. Mais pre-
nin.s garde ici a ne pas laisser, par noire imolle:;s el0
nl.'te carenlcc, ipcridre des positions qu'a noire d(taul.
plus pugna'ce ct plus resolue, la France pourrail peul-
i!re oblenir. II ne s'agirait p:,s a' :rs pour nous de crier
A l'encerclement, d'accuser les anl:lions de la France
el de denonccr son imp6rialisne. Car ce n'est certes
pas d'un mauvais ceil que la F;'ance i us verrail It ol
la presence de l'Allemagne lui parn:il intolerable. I elle
l'esl certainement sur toute la frontifi:-e actuelle tqni va
de BAle A l'cmbouchur e de Ems.


Mais pour l'instant, nous ne sommes pas si loin. II
ne s'agit pas encore des -droits quc nous avons a recla-
mier, mais simplement celui do nous faire entendre. i
(CIIARLES BERNARD.)

C.) LA CRUISE DU PART ISOCIALISTE ITALIEN (La Met ropole,
catholique, 17/1) :
< Dans le fon-d, il s'agit d'une lutle A la fois sourde
cl acharn6e entire la democratic a l'occidentale et le
tolalitarisme. Le but des philocommunistes ne parait
e c rien d'autre que de dltruire le vieux part socialist
ilalien avec la eIchnique froide et inexorable du sys-
&lme totalilaire. Ceite accusation est formulee non seu-
lement par Saragai, mais par Matteoli (le fils de l'ancien
(( martyr >> socialisle) et m&mne par Lombardo, qui a
fonctionn6 jusqu'A ce jour come secr6taire g6n6ral du
part. C'cst 'pourquoi .si, come il semble prouv6, ses
griefs on! une base de v6rite, on se voit oblige de con-
clure que la baiaille actuelle inthresse au plus haut
t.icgre les Italiens, m6ime non socialists, qui d6sirent
avant toul que la lutte politique se d6roule dans la p6-
ninsule dans un climate de liberty et de democratic, afin
.d'6viler une nouvelle dictature.
Quoi qu'il en soit. A son retour d'Amn6rique, M. de
Gasperi se trouvera devant une nouvclle situation inte-
rieure. Le schisme socialist rend en effect des plus in-
certaine la collaboration entire les trois parties de la
maj:irile et d'aucuns y voient le signe pr6monitoire
d'une crise ministerielle.



V. PRESS SUISSE


a) LES RELATIONS FRANCO-BRITANNIQUES.

1. (Journal de Gen ve, 18/1):
i En rCtablissant avec la Grande-Bretagne des rela-
tions cordiales, et en aanoncant dans plusieurs domai-
nes une collaboration fructueuse, M. L6on Blum a non
seulement ameliore la position international un peu
pr6caire de son pays, ii a rendu service A 1'Europe
tout. entierc. Son re6ablissement economique et l'ins-
tauration d'un regime de droit garanlissant l'ind6pen-
danc e d tous les )Etals sun!, 'cn effect, lies A une troite
cooperation fran-co-britannique. Il est infiniment re-
grettable qu'elle n'ait pu se r6aliser au lendemain de la
liberation ; deux ans ont tel ainsi perdus, et le relard
apporte a la liquidation de nouveaux problbmes pro-
vient, en parties, des divergences qui se nmanifesterent a
Londres et a Paris, sans que, de part et d'aultre, on ail
fait l'effort n6cessaire pour r6aliser ine eniente.
Le trait d'alliance fer; l'objet de discussions par
voie diplomatique. Dans !es circonstances actuelles son
utilil6 iminmdiate sera r6duite, car ii se passer de
nlombreuses annces avanl .que I'Allenmagne ail reirouve
lne puissance mnme rdlduite. Mais ii aura n6anmoins
une valeur symbolique. II atteslera le rltablissement de
la solidaril6 entire les deux grades nations occidenta-
les. Place dans le cadre de I Charte (de 'O.N.U., qui, a
Particle 52, admet les enlenles regionales, ii compl&-
tern, sans Otre dirig6 contre quiconque, les pactes deja
existants que la Russie a conclus avee la Grande-Breta-
one et la France. Les rapports franco-britanniques
vont ainsi pouvoir se d6vclopper dans un climat meil-
leur. L'Europe en ben6ficiera. >>
(RENE PAYOT.)







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE 7


2. (Gazette de Lausanne, 18/1) :
& TuLIe la politique cxierieure franchise a et6 inspi-
ree, depuis la Liberation, par le souci de maintenir mn
juste 6quilibre entire les puissances de 1'Est .et de l'Ouest.
Mais la France avait conclu, le 11 d6cembre 1944, a
Moscou, in pacte d'assislance militaire ct econonlique
avec la Russie. II ipouvait done sembler logique que P'oi
songeAt aussi A une alliance avec la Grande-Brelagne,
d'autant plus que cette derniere etait li6e clle-mime Ai
I'U.R.S.S. par un trait d'alliance signed en 1942.
Divers obstacles s'opposaient cependani encore a
ine alliance franco-anglaise. Ii y avait tout d'abord,
pour les Anglais, l'instabilit6 du regime politique de la
France, dotee d'un gouvernement provisoire ; pcul-
itre la crainte d'un gouvcrnement a direction c:niiinu-
misle, danger nmomentaneiment ecarli. Les divergences
de vues sur l'Allemagne et la Ruhr etaient un second
obstacle. Mais comme on le sait, MI. Blum professe a
cet 6gard des id6es diff6rentes de celles de son prfdp,
cesseur M. Bidault. D'autre part, l'a.ccord franco-bri-
tannique sur le Levant, du 13 d6cembre 1945, a mis fin
a un conflict d'int6rets aigu dans le Moyen-Orient. En-
fin, les problems 6conomiques et financiers en susapcns
centre les deux pays out eld r6gl6s par les accords du
25 mars 1945, puis du 3 decembre 1946.
11 parait certain que le gouvernement britannique a
d6sir6, a la veille de la Conf6rence de Moscou, offrir
une garanlie de s6curite et une compensation A la
France qui ne ipourra sans doute pas faire admettre sa
these quant au statut future de l'Allemagne. De ce res-
serrement des relations franco-britanniques dans le
cadre de l'O.N.U., a une resurrection de l'cnlenee cor-
diale, lelle que la concevait un Poincar6, il y a une dis-
lance qui n'6chappcra a personnel et qui devrait sufiire
a ne pas jeler I'alarme dans les milieux sovietiques.

3. (National Zeitung, 6d. soir, 17/1) :
*r Pour Ie cabinet travailliste les perspectives de r.'
tablissement de alliance avec la France constituent
un succ6s sur le plan moral et politique qui renforcera
son autorit6 aupres des doctrinaires du Labour Party
el en mimetemps exercera sur eux une influence cal-
mante et salutaire. Car, tout compete faith, c'est avec le
chef reconnu du socialism frangais de la meme ten-
ddnce mod6r6e qu'a Wt6 r6alis6 I'accord recherche de-
puis longlemps. Et c'est encore au socialisme frangais
qu'echoit niaintenant, dans la personnel de M. Vincent
Auriol, la dignity supreme de l'Etat r6publicain. )>

)) L'FLECTION DE M. VINCENT AURIOL ET LA CONSTITU-
TION DU NOUVEAU MINISTrkE.
1. (Neue Ziircher Zeitung, cd. nation, 17/1)
< A l'Assemblee de Versailles, socialists el comniu-
nistcs .rBunis, disposaient de 417 voix ; or. M. Vincent
Auriol a obtenu 452 suffrages d6s le premier tour do
scrutiny, d6passant ainsi la mnjorite absolue de 10 voix.
Le Rassemblement des Gauches n'a certainement pas
contribu6 au succis du nouveau president; il a au
contraire applique une stricte discipline. L'appoint
don't a b6enfici& le candidate des Gauches ne peut pro-
venir que de '.extreme-droite (P.R.L. et petits grou-
pes voisins). Sur 93 membres des parties de droite, 60
seulement ont vote pour leur candidate de combat,
M. Michel Cl6menceau. Par consequent un bon tiers a
faith d6feclion. II s'agissait certainement de parlemen-


taires mecontents de voir que les chefs de 1'extr6me-
aroite s etaient refuses A un accord avec le M.R.P. et
avaient ainsi affaibli A I'avance ies chances du camp
bourgeois.
Mais ii semble bien que les raisons de la secession
qui s'est produite A droite sont plus profondes encore :
M. Michel Clniencnau, le fils du < Tigre >>, est tn gaul-
liste notoire... II y avait quelque t6merile de la part du
P.R.L. a aller A la balaille en invoquant le nom de Cl6-
menceau et celui du g6enral de Gaulle. Le r6sultat a
dLe un echec crasant. Peul-8tre la droite voulait-elle
se corner A une dmnonstralion el se flattait-elle de
prendre d'autres dispositions pour le second tour. En
fait elle a des le d6but ruin m compltenient les faibles
chances du M.R.P., car les frondeurs sortis de ses rangs
out faith pencher an premier tour la balance en faveur
de M. Vincent Auriol.
De plus en plus, le gaullisme, qui ne vent pas se sou-
met re au nouveau regime constitutionnel de la France
el qui ne respect ni usages, ni conventions, apparait
comme une source de d6saccords. Aujourd'hui le
M.R.P., qui se donne encore theoriquement come
gaulliste, mais qui depuis longtemps s'est vu oblige
dans la pratique de suivre sa propre voie, a dfi payer
l'addition. Facheux ipr6sage au moment oil s'ouvre la
lutle pour la presidcnce du Conseil.

2. (La Tribune de Genbve, 17/1) :
< Si M. Vincent Auriol I'a emporld, ce n'cst pas seu-
lement parce qu'il a trouvP pour I'apipuyer les parties de
gauche et d'extreme-gauche, r'enforc6s d'une cinquan-
taine de congressistes d'autres tendances, et ce n'est
pas seulement grace a ses qualitls personnelles 6viden-
tes. C'est aussi, et pcut-~tre surtoul parce que, au
ours de ses presidences successives Conslituante el
Assemblee national ii a assume praliquement et
avec bonheur le role de conciliateur *et de m6diateur
qui elait deja, sous la iP Republique, la mission essen-
tielle du clicf de l'Elat, lequel s'en acquittait d'aillcurs
avec plus ou moins de succes. En portant M. Auriol A
l'Elysee, le Congres de Versailles a faith sienne cette
constatation et reconnu la necessitL de confer h une
personnalit6 capable do s'&lever au-dessus des parties,
la surveillance et l'arbilrage des jeux turbulents et sou-
vent dangereux de ces derniers.
De I'Elysce, M. Vincent Auriol va done poursuivre,
avec l'autorit6 accrue que lui confbre sa nouvelle di-
gnite, la tache a laquelle des circonstances l'avaient
deja appele. Et cette tache ne sera pas facile. II lui fau-
dra d'ibord provoqucr la constitution d'un nouveau
gouvernement.
C'est ici qu'apparait deja l'iimportance de la foncti<>.
presidentielle, don't le litulaire peut. par I'orienta!' '
donnCe A ses consultations, faciliter la poursuile tde
l'exp6rience Blumn, ou, au contraire, rouvrir la porle a
l'incoherence gouvern-ementale qui a si funesletnent
mnarqud les derniers jours du tripartisme. II n'cst pai
difficile, d'ailleurs, de deviner a quelle solution v )n
les predfrences de M. Vincent Auriol. L'issue de la crise
pernmeltra done de v6rifier immendiatement si le ur<,i
dent de la Republique est condamn6 par la Cons'ilu
lion A n'etre, si grands que soient ses m6rites, qu'un
roi-soliveau, spectateur impuissant des querelles parti-
sanes, ou si, garden de l'inter&t national, il est en :ne-
sure de le faire privaloir. D
S ((JEAN-JACQU.ES CHOUET.)


S. P. L Imp., 27, rue Nicolo. P ris 31.3009