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Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Physical Description: dl. : ; 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publisher: s.n.
Place of Publication: Paris
Creation Date: 1947
Publication Date: 19XX-
Frequency: regular
 Subjects
Genre: periodical   ( marcgt )
serial   ( sobekcm )
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063
System ID: UF00077027:00013
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PRESIDENCY DU CONSEIL
SECRETARIAT D'ETAT


LA DOCUMENTATION FRANCAISE


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES


Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8e)






BULLETIN


DE


PRESS


17 janvier 1947.


QUOTII /



ETRANGERE


Nouvelle S6rie N 570


1. PRESS BRITANNIQUE


Revue de la press britannique du 17 januier 1947

Tous les journaux, ce matin, donnent la vedette i la solu-
tion du conflict des transports routicrs; les gr6vites doivent
reprendre le travail domain martin. Parmi ies autres qu'es-
tions qui retiennent l'interet de la plupart des journaux, il
faut citer 1'6lection du Pr6sident de la Rfpublique en France,
la Conference des supplIants et les reactions provoquies
par le project d'alliance franco-britannique.

1. PROJECT DALLIANCE FRANCO-BRITANNIQUE
D'apris le correspondent du Times a Washington, < bien
qu'aucun commentaire official n'ait elt fait a Washington
str le communique franco-anglais, il n'est pas douteux que
le gouvernement am6ricain considbre avec favcocur le project
d'alliance, car ce project ne peut manquer da faciliter la
solution da probl6me allemand a.

a Le communique de Londres, ecrit le correspondent
du Manchester Guardian i Paris, ne constitute naturel-
lement pas une promesse bien concrete du c6te bri-
tannique, mais il est la premiere tentative expliquant
d'une facon coh6rente taux Franqais la politique bri-
tannique du carbon ainsi qu'une reconnaissance
solennelle des besoins de ]a France, compldtl e par
]'affirmation qu'ils scront satisfaits autaint que pos-
sible des que la Ruhr sera en measure de produire plus
dae carbon. Tout en faisant, avant de quitter le pou-
voir, un effort pour tablir un lien de plus centre la
France et la Grande-Bretagne, en d6pit de la propa-
gaude communist, M. Bevin a eu aussi pour but, sans
aucun doute, de resserrer la solidarity des deux grands
parties socialists de I'Occident solidarity qui, si elle
6tait de plus en plus effective, pourrait, on le conqoit,
dcvenir un facteur de renaissance pour le socialism
en France. Pour 1'homme de la rue en France, il n'y
a rien de tris excitant dans les conversations relatives
h alliance franco-britannique, mais toute perspective
reelle d'une cooperation plus 6troite centre les deux
pays est ccrtainement siduisante. Ces deux pays sont
elairement considir6s come allies par la plupart des
Frangais et une bonne parties de l'aigreur des critiques
qui se sent faith jou'r en France centre la politique
anglaise est due i ce sentiment qu'on estimne que la
(rande-Brotagne donne trop pen de place h nne allie
sur laquelle, dans les deux dernimres guerres, elle a
laiss. retonmber le poids de la lutte dans les premieres
anndes. Ce'te alliance consiitlue une bonne nouvelle
ftour' leF Franqais, nmais elle crde certainement chez
.Iux des espnrances plus giandcs. ,i


f La perspective de la signature prochaine du trai!&
iranco-anglais, ecrit le correspondent du Daily Telc-
0ruph a Pari,, a produit aujourd'hui dans les milieux
politiques frangalis une satisfactioni qui ne In:isec paI
.t'ctre m&lee de scepticisme. Tous s s sec.:eurs de i'opi-
alon, sans en exceptcr le, communists, souligncnt le
fait qu'un tel accord est desirable pour coniplCter les
paetes anglo-ru'se ct firaco-russs.'. Ma's, ajoule en
substance c correspondent (qui ci-e les commentaire,
dte Ce Soir et du Monde), on estime g6ndralemnent qu'il
Scra nucessaire d'ameliorer d'abord les relations r-o-
nolniques entire les deux pays. ,

La press isovitique, derit de son co6t lc correspondent
diplomatique du Daily Herald, n'a fait hier aucun commen-
t;ire sur la decision de lngoeier une alliance franco-brian-
nique, mais le government soviitique a dtjh donns I'assu-
rance qu'il ne verraLi pas d'objec'ion i la conclusion de cc
Iraite. Rappelons que M. Bevin avait soulev6 cette question
Ideant M. Molotov cet itid Paris. M. Molotov avait donn6
a M. Bevin l'assurance qu'il approuvait I'idde de compI)l'-r
'union des trois grades puissances europoennes centre tout
danger d'une future aggression germanique.
S('esti uine attitude d'expectative, ecrit le correspondent du
Daily Worker, que les Francais ont adopt6e i l'egard du
project d'alliance franco-anglais. > Le parti socialist, ajoute
en substance cc correspondent, n'a pas imanqud d'exploifcr
an maximum les promess,-, quelque peu briumnuses qui ont
i6t faites i Londrcs I M. Blium, mais la plupart d(s Fransaia
. paraissent s'interesser davantage an faith que M. Blum n'a
pas rdulssi h obtenir la promesse de livraison de charbon
de la Ruhr m.

2. ELECTION DE \l. VINCENT-AURIOL
focus les journaux annoncent cette Blection ct soulignrnt
le fait qu'elle a ite acquisea u premier tour et accueillie
par des applaudisscments unanimes. Le correspondent du
Times t Paris donne un compete rcndis precis de la stance
et de l'arrivde h Paris du nouveau presktle;t don't il retrace
bri6vement !a carriire politique. II ecrit notamment : t I1
a fait plus que personnel pour transformer le regime provi-
soire en une forme vivante et fdconde de government v.
Le correspondent du Manchester Gnuardian rappelled les
principles Rtapes de la vie du nouveau president. II insisted
sur le fait que M. Vinceqt Auriol 6tait consildr6 come un
financier du part socialist et que, depuis la Liberatlon, i
s'est fait remarquer par ses efforts pour resoudre les crises
gouvernementales successive. I1 ajoutc qu'ufae grande partic
de l'opinion est favorable au maintien de M. Blum it la tte
du government, mais qu'i! est peu probable que le Presi-
dent accepted de wrestler an pouvoir et que les coa-nsunistes se
r6signent i laisser deux socialist-s a la presidcnce de la
Republique et 5 cell du gouvcrncment.


^I______ IIXtl----*~D-----II. I--II~-- 1 ~_.~___~I
I--- II------~---------- -i~-^------ _----I ___ i







a BULLETIN QUOTIDIEN dE PRESS ATRANGARE


D'apr6s le corresp-ndaut du Daily Telegraph, les radicaua
espereraient l'appui des socialists pour faire 61i e M. Herriot
a Ia presidence oc P'assemblde. On remarque dans le mmme
journal une note elogieuse Lsur M. Vincent Auriol :

,, La loyautd, dcrit le chroniqueur, est le trait domi-
nant de la carridre de M. Vincent Auriol. II a 6t6 aussi
loyal ,,our sts amis qu'il !'a 6dtd & 'gard de son part
avant de devnir un president de 1'Asscmblec stricie"
men. partiala. Quand ]es Allemands avaieni mis
M. Blum en prison, M. Auriol se fit son porte-parole
avec un courage rdellement emouvant. II a de nom-
Ireux am's A Londres et c'est un heureux prdsage cue
sn:n c:cction ai" coincided avec la declaration relative
A In future alliance anglo-francaise.
,1 .1.1, son infle.\il)l. loyaud, IM. Auriol ress:'mble
an pris'dnt Emile Loube' qui dtait president quand
YE'.itent- cord'a'e fut signee.

D'n.rris le correspondent du Daily Worker A Pari ii est
f) l p:'ohb l)' que Ion dmniin:ac M. Blim de res..er h la t6te
cxl ,ou v'urne~nie: l .
I.e News Chraonic!e 6cr:t en litre de son ar'icle : < C'est
n fli' do bow;'an"ge' qlii deviert le premier President de la
IV' Rdpublique franchise >. Le journal ajoute :

Se est presque c-rla'n que ]e p:"s'dent cs-aiera do
pers'uader I. Blum do rc ter en fnc..ion avec tout son
i~:nistere socialis'e pour continue la tAche qu il a si
mien commenc6e. J'apprends que les communists no
s'y opposeraient pas mais que le m6decin de M. Blumn,
lii, s'y opposerait. )
Le corre .pondant du Daily Herald consacre iui aussi ine
lnngue ddpche i l'l6ection du nouvean president don't il
resume la b'ig,)aph:e. Comme ,Ic currespondaut du Daily
Worker. il se contenle de noter aue M. Vincent Auriol a ctd
dlu par les voix rdunies des communities et des socialists
cXnX(ueICls '. sci'aiiil jo:its des nwIccbres du M.R.P. et du
part radical qui sont ses amis per-onnels. Ce correspondent
pri'voit 1'eiction de M. iHrriot i- la pr6sidence de 1'As-
sembhlp,
3. --- IA CONFERENCE DES SUPPIAANTS

La plupart des correspondents diplomatlqucs analy:.nt
les d6bats des deux conferences. Ils signalent le fait que l'on
a accept de convoquer un representant de I'Autriche et que
]'on a decide de donner an trait ailtrichien le titre proposP
par M. Gusev.
11 attire Agalement attention sur le memorandum deposd
par le gouvernement yougoslave pour exposer ses revendi-
cations territoriales.
Le correspondent diplomatique du Manchester Guardian
estime que 'on a assist hier A un bon ddbut pour le traifd
nutrichien et que la reunion relative au problime, allemand
n'a eu aucun rdsultat, car la plus grande parties de la seance
a dtd absorbde par les questions de procedure.
Ir. News Chronicle analyse bri6vement les revendicalions
de la Yougoslavie en rappelant que les territoires en lilige
avaient dtd attribu6s a I'Autriche en 1920 a la suite d'nn
plebiscite. Le correspondent diplomatique du, Daily Herald et
celui du Daily Worker enregistrcnt eux aussi, sans Jes comn
center, les demands du gouvernement yougoslave.

4. PROJECT DE FiDARATION EUIROPEENNE

Trou les journaux annoncent qu'un Comit6 britannique
provisoire vient d'etre form sous la prdsidence de M. Chur-
chill pour rdaliser une union europdenne. Plusieurs journaux
,eproduisent la declaration publide hier par ee Comit et
donnent la liste de ses membre;, parmi lesquels on remarque
quelques personnalil s apparlcnani anx trois parties anglais
et aux diffdrentes 6glises catholiques, ainsi que M. V. G(ol.
lancz,
Le correspondent politique du Manchester Guardian sou-
ligue le fait que la champagne de M. Churchill ne sera pas
une champagne politique. II ajoute que l'ided d'nne Europe
unie trouvera certainment A I'6tranger de nombreux parti-
sans, mais que les projects de M. Churchill ont dija 4*


atta.quds par M. Wallace et que la mdfiance de celui-ci sert
doute accrue par la nouvelle de l'aceord franco-anglais.
Dans un article public par le Daily Herald, le rddacteur
en chef de ce journal se livre A un premier examen du' plan
de M. Churchill et conclut qu'il faut 6viter la constitution
de tout bloc qui risquerait di' ,eparer l'Europ' Icentra.le
occidentale de 1'Europe orientale et s'en remettre A I'orga-
nisation des Nations Unies.
Le correspondent politique du Daily Worker dxfinit irbni-
quement le nouveau, Comitd comme < le front uni de
M. Churchill et de V. Gollancz ,.

5. POLOGNE

Plusieurs depeches sont consacrdes A nouveau A la cam-
pagne dlcctorale. Elles souligunct nota:unent le o aractlre
pe similte des declarations fai.es A la pres-se par M. Miko-
lajczyk.
1,. correspondant special du Daily Telegraph dcrit notam-
ment ,, La dtmocratie, au sens occidental du mot, sera
fo'mellement dtoull'te en Pologne dimanche prochain. On
peut rem:irqucr egalement la manchet::e du Daily Mail : c La
farce des elections libres et le commentaire du correspon-
diut (lir Jaily Herald : 4 Une vague de terrorism montr
contre l'oppsition t.
Au contrai,t, le correspondent du Daily Worker insisted
sur l'nnioni qui regne en::re lei communists et les socia-
L.stcs, tandis que le correspondent diploimatique du journal
conmmuniste accuse M. Bevin d'avoir fait un geste ddlibdrd
centre ia democratic polonaise on renvoyanl I Varsovie
M. Cavendish Bentinck.

6. ALLEMAGNE

Le correspondent du Times A Berlin commen'e la publi-
cation par les au.:orites ,,ovidtiques d'un programme en sept
po-nts visant & I'xmdlioralion de la situation economiquc
en zone russe. II ecrit que de nombreux observateurs out
accupilli avec surprise et avec quelque scepticisme la nou-
velle e l'arret du ddmantolement d'industries. (Voir I'ar-
ticle plus loin.)
Le correspondent du' Manchester Guardlhn A Berlin con-
sacre une ddpdche A la nomination du Dr. Agartz comme
chef de I'admiinstration economique de la zone anglaise et
amdricaine. Ce correspondent estime que ce!te nomination
renforcera peut-6tre l'influence britannique et montrera en
tout cas aux Allemands que les responsabilitds leur sont
transfderes d'une fagon plus effective qu'ils ne 1'esperaient.
D'apris le correspondent du Daily Telegraph A Berlin, les
frais d'occupation de la zone britannique seraient en vole
de diminution.

a) L'ULECTION DE M. AURIOL ET LE PROBLIME GOUVERNE-
MENTAL.

1. Times (17/1) :

< Les considerations tactiques n'auraient pas suffl A
assurer la victoire A M. Auriol, surtout au scrutiny se-
'cret. II a 6td choisi comme president de la IV" R6pu-
blique parce qu'il est manifestement I'incarnation de
I'esprit de la France nouvelle
On ne doit pas supposed que son influence disparai-
tra parce qu'il accepted une charge qui, en pregnant la
Constitution A la lettre, ne conf6re pas -de pouvoir rdel.
Le contrast qui existe entire I'impasse of l'on 6tail
A Paris avant No61 et la decision rapide prise hier a
Versailles est une preuve de 1'esprit pratique qui anime
raintenant la politique francaise. C'est A MM. Monnet
et Blum qu'il a'ppartient surtout maintenant de donner
une direction positive aux energies frangaises. ,

2. Daily Mail, conservateur (17/1)

Vendredi, a 11 heures, le president Auriol commen-
cera ses consultations en vue de former le premier
cabinet stable du nouveau rigi-me. Aux terms de la









BuLLETIN QUOTIIAN DR PBRUSs ATRANGhMRE


nouvelle Constitution, il a le pouvoir de choisir le pre-
mier ministry.
Logiquement, c'est aux communists, qui repr6sen-
tent le parti le plus important A la Chambre, au'on
devrait donner la premiere chance ,de former un gou-
vernement.
Cependant, les communists pourraient avoir de In
difficult A former une majority viable. Aussi y a-t-il
de fortes chances pour qu'on demand A M. Blum de
eonstituer un nouveau gouvernement. Les succes qu'il
a remportes A l'interieur, ave-c sa politique de baisse
des prix, et a 1'ext6rieur, en ouvrant la voie vers un
renouvellement de 1'Entente cordiale avec le gouverne-
ment britannique, ont rendu courage A es compatri-
tpes. a
(WALTER FARR.)

b) UTNE CHAMPAGNE DE M. CHURCHILL POUR a UNE EUROPF
UNIE >.
1. Daily Telegraph (17/1, conservateur) :

k M. Churchill a form un comit6 d' e un caractere
priv6 et populaire > pour .d6velopper l'id6e tque PEu-
rope doit s'unir ou pBrir. Son comit6 est fort et remar-
quable et comprend des personnalites qui sont des ve.
tyrants des divers parties ou qui n'appartiennent A aucun
parti, tous ayant fait de l'organisation des relations in-
ternationales leur specialit6.
NManmoins, des difficulties ne vont pas manquer de
e'l6ever et l'une des premieres sera vraisemblablement
1'hostilit6 de la Russie et par consequent celle des com-
munistes. Le comit6 a agi avec sagesse en ne se laissant
pas arreter par cette crainte. Si on ne mettait jamai
rien sur pied par crainte d'un veto de la Russie, on ne
ferait jamais aucun project. Si d'autres nations sont fn
vorables A ce project, un biais pourrait ktre trouv6 pour
disarmer dans la pratique les suspicions de la Russi
Une second difficult, c'est -de d6cider ce qu'on en-
tend par la < pleine contribution A l'unit6 europ6enne *
de la part de la Grande-Bretagne, et si cetle nation
sera membre tout A la fois de 1'Europe unie et du Com-
inonwealth britannique. Une dernibre difficult*, c'est
de savoir dans quelle measure les nations seraient dis-
posees A abandonner leur souverainet6 A un tel c group
regional >. Le comit6 declare qu'il serait pr6matur6 de
repondre A cette question d6s maintenant et on ne Deut
que s'associer A ce point de vue.
Ce que l'on peut dire dbs maintenant, c'est que l'id'e
g6enrale est bonne et que M. Churchill, avec son im-
mense reputation et son prestige, ne pouvait rien fire
de mieux que de consacrer une parties de son Bnergie a
une tache si bien appropriee aux qualities d'un homme
d'Etat exp6rimente.

4. News Chronicle (17/1, liberal) :

g Quelle que puisse etre dans l'avenir la position pre-
cise de la Grande-Bretagne, d'une part, et de la Russie,
d'autre part, A 1'egard d'un groupement europ6en, il est
hors de doute que de v6ritables Etats-Unis d'Europe
constitueraient un immense advantage pour les peuples
de ce continent et que, de plus, ils seraient un facteur
de stabilisation pour la paix mondiale. En fait, comme
le declare le manifeste, < si 1'Europe veut survive, ell,
doit s'unir >.

3. Times (17/1) :
< Une -des difflcultes qui se presentent A propos de
l'Union europeenne est que la Grande-Bretagne ne peut
ni en etre exclue ni en faire parties. Les promoters du
plan en question pensent naturellement que la Grande-,
Bretagne continuera a faire parties du commonwealth


britannique. Cependant, si ces groups regionaux sont
appel6s A constituer des entities reconnues, le fait d'etre
membre simultannment de deux d'entre eux pr6sente-
rait, au point de vue ,du droit constitutionnel, une cu-
rieuse anomalie.
Les m rm'es difficulties s'elveraient a propos de
l'Union sovi6tique, qui faii indiscutablement parties de
I'Europe, mais qui n'est pas tout entire dans ce conti-
nent. #

c) LE CHANGEMENT DE POLITIQUE RUSSE EN ALLEMAGNE
(Timnes, 17/1) :

a La publication d'un programme en sept points pour
Sl'ai6e:ioration de la situation 6conomique de la popu-
lation allemande dans la zone d'occupation russe en
Allemagne a cause une veritable surprise aux obser-
vateurs -des autres nations allies A Berlin.
En g6n,6ral, on a accueilli favorablement l'annonce
de la reduction des pr61lvements effectu6s par les Rus-
ses sur la production courante de leur zone au titre
des reparations. Cette measure impliquerait un renver-
sement complete et brusque de la politique russe actuelle.
Par exemple, c'est une chose bien connue ici que la
plupart des grandes usines de textile livrent pour 'ins-
tant la totality de leur production A la Russie. On pour-
rait consider cette moderation apport6e i leurs exi-
gences par les Russes comme un effort pour presenter
-cette pratique qui a toujours fait parties de ieur poli-
tique sous un jour favorable, et pour la faire accep-
ter comme une condition de l'int6gration de la zone
russe dans le bloc conomique form par la zone anglo-
am6ricaine.
On accord bien volontiers aux Russes qu'ils ont re-
mis l'industrie en march dans leur zone. mais la pro-
messe qu'ils font maintenant semble incompatible avee
leur politique ,ant6rieure de spoliation de I'Allemagnt
qui se traduisit d'abord par le prl61vement de butin -d
guerre, puis par le pr6lvement de reparations. >
(Du correspondent du Times d Berlin.)



I1. PRESS AMERICAINE


Revue de la pWesse amiricaine du 16 januier 1947

1. LE VOYAGE DU PRESIDENT BLUM

C'est en premiere page et sous ides titres tenant parfois toute
la larger du journal que sont publi6es les dpAcehes de
Londres signalant le communique britannique sur les entre-
tiens du Pr6sident Blum avec MM. Attlee et Bevin. Les
correspondents, soulignant l'importance capital des decisions
qui ont Wtd prises au course de ces entretiens, dOclarent
qu'elles marquent le debut d'une &re nouvelle dans les rela-
tions franco-britanniques. Elles rehausseront encore, ecrivent-
ils, le prestige du Pr6sident Blum et renforceront le parti
socialist frangais. Browne, correspondent du New York
Times a Londres, 4crit :

L'accord sur le traits d'alliance r6sulte du rappro-
chenunt des points de vue britannique et frangais
sur le probl6me allemand. Blum a apport6 a Londres
un point de vue beaucoup plus mod6er sur la Ruhr
que celui de son predecesseur M. Bidault.
n Le President du Conseil a dit a Attlee et a Bevin
qu'il etait pret a abandonner les demands de la
France pour le detachement de la Ruhr et de la Rhe-
nanie et, en retour, les dirigeants britanniques se sont
declares d'accord, ainsi que l'indique le communique,








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS TBRANGARE


pour que des measuress effective soient prises pour
emprcher que la reconstruction economique de 1'Alle-
magne ne devienne une fois de plus une menace
pour la paix. ,

Les d6peches de Washington signalcnt que Ic project d'al-
liance franco-britannique a e6t accueilli tres favorablement
dans les milieux gouvernementaux oil, en I'absence de com-
smentaires officials, on declare cependant que le project e est
do nature & ameliorer les relations franco-britanniqnues et
qu'il aura, par consequent, un effet stabilisateur 3.

2. ALLEMAGNE

An monimen oil vient de s'ouvrir la Conf6rernc ie e Londres,
la press public deux interessants articles sur le problem
allemand. Lippmann, dans le New York Herald Tribune, et
lre Wal ington Post approuvcn:t I'oposition de la France
a une Aliemagne unie et fortement centralis&e. (Voir 'article
plus loin.)
Dans elc Walshinlg:on Post, Barnet Nover expose le. diff6-
renles th6ses amdricaine, sovietique, britannique et frangaise
qui s'afffontent a la Confrcence de Londres. 11 estinie qu'il
faudra de loffgs mois de n6gociations pour concilier ces dif-
1'fents points de vues.
D'apr&s une dep&che A.P. de Berlin. le gsenral Clay a
dolnn6 des instructions tris s6v,6res au personnel du nouver-
nement militaire americain pour qu'il laisse < dans tute la
measure compatible avec les objectifs americains on Alle-
inagne les Allemands se gouverner eux-memes. Les efforts
des autorit6s ammricaincs d'occupation en Allemagne pour r6-
eduquer les Allemands ,sont tourn6s en derision par Clark,
correspondent du New York TnAmesi & Berlin. II rapporte no-
tamment que ces autorit6s enseignent le jeu de bast-ball a
aux jeunes AIremands, parce qu'ils espfrent que ceux-ci en
apprenant un sport tr&s r6pandu dans un pays ddmocratique
acquerront eux-m&mes une formation ddmocratique.
Le New York Times public la lettre d'un lecteur pr, teslant
counre la recent declaration d'un group de socialists alle-
mands d'avant guerre qui demandait que I'Allemagne soit
represented h In Confdrence de Moscou. Cc lecteur clcrit que
, par leur impuissance politique, leur manque de courage
civique et leur complicity dans les preparations secrntes de
I'Allemagne laI derni6re guerre, ces Allemands out contribud
grandement aul sucecs d'Hitler a

S. POL.OO"N
La prcsse announce que la Russie et ln cologne ont rejete
les dernibres notes amiricaincs au sujet des elections polo-
naises et que la Grande-Bretagne a adresse une nouvelle note
an gouvrnelment de Varsovie pour lui demander de prendre
des measures pour assurer que les prochaines elections se
diroul,.nt librement, conform6ment A l'accord de Polsda'm.
D'apres une dipeche tie Washingllon an Nec~ York Times. I1
gouvernement americain une retirera probablement pas Ja
reconnaissance qu'il a accordie au government polonais
actual, .ien que celui-ci nit rejete scs notes au sujet des
i.lectioni. Toutefois, dit la dtpeche, il est possible que
W:]shint1n n'aeco'deira pas immedialement sa reconinai-
sance an gouvernemenil qui soffira de ces elections

4. SPITZBERGn
D)'aprcs les ddpoches de Washington, un porte-parole dut
Department d'Etat a d6clard que celui-ci n'avait pas encore
requ de confirmation officielle d'un accord centre la Russie
et la Norv6ge pour In defense conjointe du Spitzberg. Le
porte-parole a ajout3 qu'ayant participe 'au trait de 1920,
<< les U.S.A. ne doutent pas qu'on les consulterait dans le cas
oh la Norvege et I'JT.R.S.S. s mettraient d'accord sur la
ni'cessite d'une modification au traits '. D'aprss tlne dlepcbe
de Londres au 'elw York Herald Tribune, le Foreign Office
a reject la thise sovie&tiqne selon laquelle le trait de 1920
est nul, parc:' que plusieurs de ses signataires sont des pay%
tn illn11is'
5. INDOCHINE
D'aprns un- d6peche A.P. de Paris, l'amiral d'Argenlieu
vient de fair appel h la Croix-Rouge Internationale pour


qu'elle intervienne n faveur des 425 civils frangais et do
plusieurs milliers de Chinois pris comme otages par les
Vietnamiens.
Edgard Mowrcr prend la defense, dans le New York Post,
,de ce qu'il appelle < 1'imp6rialisme d6mocratique ,. II Bcrit
que les indig6nes qui y sont soumis sont souvent plus heu-
reux que s'ils 6taient ind6penda'nts >. I1 est possible, pour-
suit-il, quc la France, en emp&chant une transition trop
rapide de l'assujettissement total a l'inddpendance complete
cn Indochine, aide au developpement de cc terriloire au lieu
de tle compromettre.

a) La situalioln politique en France (New York Herald
Tribune, 17/1, ed. europ6enne) :

< Le President Auriol a annonc6 qu'il s'atta)uerait
de bonne heure ce matin a la tache essentielle de choi-
sir un president du Conseil pour former le premier ca-
binet non provisoire de son pays depuis la liberation.
Ceci imiplique que la lutte veritable entre les divers
parties pour contr6ler le gouvernement commerce era au-
jourd'hui.
(JOHN O'REILLY.)

b) Le problmne allenmanid (New York Herald Tribune,
17/1, ed. europ6enne) :

< Au moment oft s'ouvre h Londres la conference sur
l'Allemagne et l'Autriche, il semble que les divers Etats
europ6ens voisins de I'Allemagne soient A peu pres
d'accord. Ceci est tres encourageant. car, sans leur
consentement et leur participation active, un r6glement
t6abli par les Irois grande puissances non europ6ennes
devrait 6tre impos.- non seulement A l'Allemagne, mais
a l'Earope.
Un rbglement imiposi ne pourrait pas bien fonction-
ner et ne durerait pas tris longtemps non plus. Pour
cotte raison, il ne suffit pas que la France, la Belgique,
la Hollande, le Danemark, la Pologne et la Tch6coslo-
vaquie fassent entendre leurs voix et qu'on les 6coute;
il faut encore qu'elles jouent un r6le predominant dans
l'l6abhoration de ce reglement. Ces pays sont int6ress6s
au premier chef et le v6rfiable r6le des trois Grands
est de trouver, d'ambliorer, d'appliquer et de garantir
un rbglement europien sur lequel tous les pays d'Fu-
rope soient d'accord.
II est impossible de commencer par unifier et recons-
Iruire l'Allemagne, puis de la d6centraliser ensuite. L'AI-
lemagne peut 6tre d6centralis6e seulement pendant
qu'elle n'a pas un puissant gouvernement central. Une
fois qu'elle aura un tel gouvernement, les Allemands
qui seront A sa t&te pourront et seront d6termin6s a
refuser toute autorite effective aux divers Etats.
Tifce rFlait la thlise francai.se depuis le d6but, et 1'in
peut dire maintenant qu'elle est la these europ6enne.
Une trop grande unit pour I'Allemagne n'empeche-
rait pas seuleinenn T'unification de l'Europe, elle risque-
rait de diviser les trois Grands. En effet, une Allemagne
unifi6e et centralis6e deviendrait A la longue, peut-Mtre
en dix ans, la iprincipale puissance du continent. La
Russie, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis cherche-
raient A obtenir son appui, A moins qu'elle ne se re
l:iurne centre eux.
A Moscou. a Londres et A Washington, on trouve der
hoinmes influents qui pensent qu'une Allemagne for,*:
ct unifibe puisse devenir un alli& sur lequel on puiss.
computer. C'est la plus dangereuse de toutes les illusions
et aussi !ongtemps qu'elle persistera,,elle constituera le
principal obstacle A un rfglement sense.

(WALTER LIPPMANN.)








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE


III. PRESS POLONAISE


a) Les soucis eatirieurs de la France (Rzeczpospoiita,
officieuse, 16/1) :
< On peut deviner qu'en change du carbon de la
R'uhr et en change de la Sarre, les homess d'Etat an-
glais deman'deront l'accord de la France sur leurs plans
d'envergure concernant l'Allemagne. L'abon.dance des
commentaires de press sur la visit de L&on Blum A
Londres, soit qu'ils traitent de la question du charhon,
ou de l'alliance franco-britannique, ou encore 'de l'agr&-
ment de la France quant au regime f6daratif de l'Alle-
magne, dmnontre combien delicate est Ia position de la
France, d'au:ant plus quil s'agit aussi pour elle de
credits, d'accords commerciaux, etc...
On sait que la France s'6tait opposee A l'ouverlure
de la discussion au sujet de I'Allemagne, avant d'avoir
un gouvernement stable qui pfit assumer 1'entiere res-
ponsabilit6 de la po.itique 6~rangire francaise. II est
done permis d'esperer qu'apris le 16 janvier, c'est-A-
dire aprbs l'election du president ct le remaniement du
Cabinet, la France pourra adopter A la Conference de
Londres une attitude logique, conform A son intfrct
national et aux interCts de ]'Europe >.

b) Le citmat Ide la Conf6rence de Londres (Glos l.udu,
ouvrier, 16/1) :

a L'influence 'des attiseurs de gue'rre, du type Chur-
chill. semble avoir laibli dans les deux pays anglo-
saxons. Un facteur important .de dWtente aurait &ta la
conviction qui croit jusque dans les milieux des gros
capitalis:es de i'Occident que la politique anti-sovie-
tique, pfTconisee par Churchill, manque tout simple-
inent d'esprit realisle. Des app'rciations de .ce genre s*-
rencontrent, par example, souvenir 'dans la bouche des
leaders r6pubdicains des Etals-Unis don't les disposi-
tions reactionnaires, quand il s'agit des affaires int&-
,rieures de l'Amirique, ne font pas de doute. Or, une
parlie important '~es gros capitalistes anglo-saxons se
rallient a 1'ide" d'une entente politique et d'une colla-
boration avec l'Union Sovietique.
Pareille 6volu;ion a une portee considerable et posi-
tive pour ]a Pologne. A measure que le vent tourne de
plus en plus A la cooperation international, la compre-
hension de l'Occident grandit quant A la position de la
Pologne A J'6gard de l'Allemagne, position que soutient
pleinement 1'Union Soviblique.
La Conference de Londres s'ouvre 'done dans une
atmosphere international qui nous est favorable ..

c) Le message radiodiffutsi de M. Mikolaczyk, president
idi P.S.L. i(parti poapulaire polonais) (Zycie Warsza-
wy, independent, 16/1) :
a Le micro a r6sonne 6trangement lorsque le presi-
dent 'du P.S.L. s'est 6cri6 : Nous avons combattu (-t
continuous A combattre pour la stabilisation de la situn-
tion en Pologne >, ou encore : < Nous propageons le
precepie de l'amour du prochain ,.
C'Ctaient IA, reconnaissons-le, les paroles les plus rb-
v&latLrices parmi toutes celles qu'a prononcees hier soir
le president du P.S.L. Elles demontrent qu'entre 'es
tendances de leur president et 1'attilu'de de nombreux
membres du P.S.L. qui cooperenf activement avec la
clandestinit6, il rest creus6 un abime. A moins qme
nous n'admettions au depart que la clandestinite fas-
ciste tend la stabilisation de la situation en Pologne
el applique Anergiquement les principles 'de l'amour du


prochain. Mais que pouvait done avoir en vie le pre
sident du P.S.L.?
M. Mikolajczyk a longuement parl6 aussi des liberes
civiques, des conditions ilans lesquelles ii vaut la peine
de vivre, etc... A quoi bon, puisque la vie d6montre que
c'est par le labeur quotidien et non par la negation que
l'on peut cr6er ces conditions dans lesquelles il vaut
.-- ou il vaudra In peine de vivre! II faut encore db-
fendre la liberal centre ceux-1 prkcisement qui tout
en pr6nant la liberty pr6parent la voie A ses ennemis ,.


IV. -' PRESS BELGE


La mise en application du plan Mo'nnet (La Nation
Belge, Union national, 16/1) :
a La possibility d'application du plan Monnet est
soumise A Irois conditions fondamentales qui seront
difficilement reunies. Avant tout, elle suppose un appro-
visionnement tres considerable rn eharbon, Or, In
France, qui a toujours Wte un gros importateur de char-
bon, n'importe A I'heure actuelle que 45 % de la quan-
tile qu'elle achetait A 1'mtranger en 1938. Et cette rd-
duction considerable de l'approvisionnement exterieur
n'est pas compensee par 'une augmentation correspon-
dante de la production nationale qui, A 1'heure actuelle.
d6passe !A peine le niveau de 1938.
II est fort A crain'dre que application du plan Mon-
net soit handicap6e 6galement par le volume de la main.
d'oeuvre dbfit dispose la France. Le relevement de Ia
production industrielle s'est fait, jusqu'ici, dans des
conditions assez satisfaisantes. Mais la France a eu au
travail jusqu'A 500.000 Allemands. Il est clair que, lors-
qu'iTs auront Wte rapalrfis, elle ne parviendra pas vite
A compenser leur abseifce par des .ouvriers volontaires
en nombre igal et d'autres nationalists. Le probl6me de
la main-d'oeuvre ne conslitue d'ailleurs pas seulement
une question de quantity. On sait que la main-d'oeuvre
frangaise, comme celle d'e heauconp 'de pays d'ailleurs,
se caracterise par iune reduction de productivity que
1'Institut de Conjoncture de Paris a 6valuee A 40 % par
rapport A 1938. Cela signilie qu'A l'heure actuelle, les
ouvriers francais produisent, darffle meme temps, en
moyenne les 6/10 de ce qu'ils produisaient en 19'8.
Enfin, et surtou;, rapprcation du plan Monnet va se
heurter a un terrible problmine de'financement. Qu'elle
cherche une solution A l'int6rieur ou A l'exitrieur, il
seraa bien difficile a la France de le resoudre >,
(JEAN COLARD).


V. PRESS SUISSE


a) LE PROJECT DE TRAITS, FRANCO-BRITANNIQUE (La Tribu-
ne ide GenSve, 1"6/1) :
< Le project de Trai~e est accueilli favorablement de
part et .d'autre de la Manche, oi l'on est 6galement
conscient de la soli'darit6 ,occidentale, et of les commu-
nistes eux-mAmes aifraient mauvaise grace A bonder un
accord qui dolt lier deux allies de leurs inspirateurs
sovi6tiques. Mais il est probable qu'une grande parties
de l'opinion francaise 'ne le consid6rera pas comme
une assurance suffisante a 1'igard de I'Allemagne, alors
quie, pour les Anglais, il represente apparemment, avec
la meilleure preuve de leur bonne volont6 envers la
France. le maximum de garanties qu'ils soient disposes
& donner. S'il constitute 'un nouvean rt rijouissant res-


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BULLETIN QL OTIDIEN DE PRESS ETRANGARE


serrement des liens entire les deux nations, le project
d'alliance ne resouf done pas toutes les questions que
pose leur collaboration dans les affaires 'd'Allemagne.
Et selon que M. Lion Blum sera, remain, 6condnit
ou reconduit, cette collaboration pourra s'orienter ile
mnaniere fort diverse 2
(JEAN-JACQUES \CHO UET).

)) LE P1ROBLEME ALLEMAND ET LA CONFERENCE DE
LONDRYS.
1. Journal de Gendve (17/1) :
11 est possible de d6celer des maintenant qlelques
tendances qui indiquent dans quel ,eii* s'opircIont les
conmproinis el oi s'etabTira le point d'equilibrc. Tout
d'abord, il semble que les Frangais et les Russes se
rallieront-' l'initiative anglo-saxonne de la fusion des
zones. L'occupalion milltarre e ant revenue bcaucoup
moins dense de part et dPautre, la circulation des pro-
'duits enlre les divcrses zones deviendra plus fac lenient
rCa.lisahle. La France ne s'opposera sans doute plus a
cette suppression des barrieres 6conomiques er:rc les
zones, depuis que M. Blum a 'obtiTu l'assur-nce, a
Londres, que la Grande-Bret1gne reconnaitrait A la Con-
f6rence des ministres, le rattachement economique de
In Sarre a la France.
Le second facteur 'de developpement sur le plan in-
ternational est l'attitude concilante des Russes a l'dgard
d'une unification 6conomique .de l'Allemagne. 11 semble
m&me qu'ils ne s'opposent plus, depuis les dernieres
elections d'une maniere aussi formelle qu'auparavant,
A la decentralisation polifique 'de l'ancien Reich. Les
revendications sovi6tiques porteront en premier lieu
sur les reparations qui, en raison des per; s inornies
subies par la Russle, seront tres 6lev6es, et s'6tendronl
A routes les zones du Reich.
Pour Moscou, en effect, le probl6me iconomi(lue cst
plus important que le probl6me politique. C'es 'pour-
quoi les Soviets ont modifi& dans leur zone d'ocoupa-
lion le systeme 6tabli A Potsdam, en 6tendant leurs pr&-
lIvements A la production courante et en ne se bornant
pas seulemeni aux prelvemecn!s stir ioutiilage. Le Krem-
lin demandera probablemen! que ce syslime soil ih6enld
aux zones occidentales. Sur ce point, les gouvernements
de Londres et de Washington opposeront sans doute
une vive resistance ,.
(S. STELLING-MICHAUD).


2. Neue Ziircher Zeitung (16/1, edition du matin) :
II ne serait pas t6mCraire 'd'altendre de M. Ldon
RNlam qu'il e'rlvIt line Inouvelle page de la politique
exterieure de la France. Son prestige 1ui permettrait de
realiser ce qu'aucun parti n'oserait entreiprendre :
changer Porientation de la poiitique de son pays en ce
cui concern ('AlleiiiTgne. Dc toute facon, pour la Con-
ference des ministries 'des Affaires rangerss qmu se
licndra A Moscou, il anut 'donner de nouvelles .directives
avec plus de netted[ que precedemment, et il est plus
que doutoux que la France rapporte des lauriers si elle
persisle A dire < non > aux solutions proposes el a
manifester passivement sa mauvaise humeur.
Sans doute on ignore :si M. Blum est all A Londres
tie sou propre chef on sur invitation, s'il desire propo-
seltr In ciolpronlis entire Its plans russe et nnglo-saxon,
ou bien encore s'il compete prendre en consideration
tune eventuelle invitation britannique A participer A la
fusion des zones ae I'Allemagne ,occidentale; mais cetic
incertitude n'affaiblit point l'impression qu'iI ne veut
pas laisser tout bonn.ement les choses suivre Jisur
course .
Du correspondent parliculier
de la Neue Ziircher Zei'tuig h Paris).


3. National Zeimi nq (16/1, edition du soir) :

< En cc qui conccrne le < cordon de .scurit* P,
'Union Soviblique dispose ,maincnant, le long de sa
frontiere occidental, d'une chain d'Etals qui consli-
lunlt de vEritables satellites de Moscou et qui ont a
!ii '' cirs ,il\-,:e(in em is ri~lachC s Otroitement au
Kremlin par leur id6ologic. Quclle que puisse 6tre la
constitution des deux camps ,dans le cas 'd'un future
conlit, on sait A Moscou 4.ue jamais ces Etats ne prcl-
dront part a uin.e guerre dirigee contre les Soviets. A
cet regard, !a question de la frontiere orientale de 1'Al-
lemagne prvsente 6galement une importance particu-
libre pour 1'Union Sovi6tique, et on peut s'attendre A
voir les Russes adopter une attitude intransigeante sur
ce point lors ae la Conf6rence de Moscou. En effet,
IU.R.S.S. ay'-aii main'cnant atlandonnt J'.pspo"r d'artirer
*!" :,';n c^Si i'ensenhbe de I'Allemagne, el!e ne saurait
desormais avoir d'autrc souci que c'enfourer le Reich
'le gardiens dociles aax directives du Kremlin >.


S. P. I. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009


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Prix : 6 fr.