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Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Physical Description: dl. : ; 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publisher: s.n.
Place of Publication: Paris
Creation Date: 1947
Publication Date: 19XX-
Frequency: regular
 Subjects
Genre: periodical   ( marcgt )
serial   ( sobekcm )
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063
System ID: UF00077027:00012
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PRESIDENCY DU CONSEIL
SECRETARIAT D'ETAT

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8*).


LA DOCUMENTATION FRANCAISEI


MINITTERE
DES AFFAIRES ETRANGERES


D'INFORMATION
"ftPRESSE


BULLETIN




DE PRESS


QUo0



ETRA


ERE


16 janvier 1947.


Nouvelle S6rie No 569


1. PRESS BRITANNIQUE


Revue de la press britannique du 16 janvier 1947
Toune la press donne une importance primordial aux
entret.ens franco-bri anniques ct comment le communique
qui a ei6 public i'issue de ce, entretiens. L'annonce dune
prochaine alliance centre la France et la Grand-bi.etiagaue
est reproduate pa, tous le, journaux en p.emere page. Le
Daily Mail lui iiterve mime une manchette sensa ionneale :
SBilum, Attice, Bevin forget le plan de la paix. Alliance
avec la France >... Le premier object esL dempch'er
1'Allemagne de declencher une nouvelle guer-e ,. Le Daily
Express present I'devnement sous cet e forme : < Alliance
to a.e avec la France >. Le Daily Miraor insisted, dano sa
manchette, sur l'aspect economque des entretiens et crn' :
t La Grande-Bretagne et la France s.s mettent d accord pjur
lier leurs economies. Seuls, le Daiiy Worker, tou- en fai-
sant figure la nouvelle en prerm.re page et sous une man-
che.:te assez impor'ante, met l'accent sur l'absence de date
precise pour la signature de coete alliance.
Les trois grands journaux : Times, Manchester Guardian,
Daily Telegraph, soulignent la pleine russite du voyage de
M. Blum. a Londres est sati.fait ,, erit le correspondent
du Daily Telegraph. Celui du Manchester Guardian es'ime
que les a risultats soni plus que satisfaisants a, t celui di
Times declare a que les e.poirs qu'on avait mis dans ces
entrctiens sont plus que complex >>.
En outre, les journaux consacrent a cet ev6nement un
-grand nombre d'6ditoriaux (Times, Daily Teleltraph, Daily
Heraid, News Chronicle, Daily Mail, Dady Graphic) et in-
sistent sur le fait que les E'ats-Unis et 1'U. R. S'. S. ont 1t6
tenus au courant.
Le r6dacteur diplomatique du Times ecrit A ce sujet :

t La visit de M. Blum a cu des r6sultats bien plus
important qu'on n'osait l'esp6rer iquand elle a et6
propose. Mais, come le monte le communique of-
ficiel, les ministres britanniques se sont trouvis d'ac-
cord avec M. Blum sur taut de points et particulibre-
ment sur l'Allemagne, que la decision de commencer
les negotiations officielles en vue d'une alliance a 6te
la consequence logique.

Apris avoir rappeld que les gouvernements amiricain et
sovidtique avaient 6t tetnus au courant des entretiens et
que le trait d'alliance serait conclu dans le cadre de la
Charte des Nations Unies, le correspondent pursuit :

Depuis de nombreux mois on a reconnu des deux
cAtes de la Manche la nlcessit6 de complete le trian-
gle des alliances fondamentales europeennes en liant
l'un P'autre Londres et Paris. a


Ce correspondent fa:1 ensuite l'historique des relations
franco-angia.ess ae ces deux dcrniices annteo e. Cds dfti-
cu'.ties (qiii e sonl uresecs cntri' lIs ueux pays :

a Maintenant les diffrcents parts politiques fran-
:nis qui de.sctrauient vo.r ia liuhr ct la iti:amanie s-
pardes de I'Allemagne do.vent se rendre compete, mal-
g r' eLu, qU auiu. au .'Ce pu.ssanice ; -c.i -i..i. Lue
I..ic s dparLt.J. Ln cc qu, coLCOrniL ncf, b.-uons de la
'lian-c C. enla.bo., M1. iJ11um a recollnn qu 0o lie pou-
\'at pa, exporter pour I'.notan: de la Huar unr plus
G.'anld quautite de chuiLon, mais il a ilt aux cor-
ire-jpoadants qu il tait p.ir :cu.irmin-.lt leureux
l avo.r pu s'ausur!i' ce ( les exjpo ta..ollns :!nu,ra,n.a -
r.ent au mime rythme que criui de la pro,,ution.
Anssi, 11 cunsiddrait cela comme urne aosmance pi6-
c. use pour l'aveair de la France, p.us interes ante
cv!ece que la simple promesse immediate d'une aug-
men at.on des exportations en avril prochain. n

Le correspondent du Times i Paris reserve aux entretiens
franco-anglais un article de plus d'une colonne :

c L'annonce que des conversations vout hientAt
comnmncer pour conclure u'ae alliance entire le
Royaume-Uni et la France rijou:ra le coeur de ceux
qui ont longtemps pcnse que le pac'e franco- oviti-
que et le pace anglo-sovi.:ique dcmanda'ent a &tre
contrebalances par un pacte avec la Grande-Bretagne
si l'on voulait que la pol'tique de la France jouht
le r6le de pont centre PEst et l'Ouest de 1'Europe et
que le triangle de la security europdenne centre l'Alle-
magne ffit d6finitivement fermi. n
L'acceptation de la poli::ique britannique du char-
hbn dans la Ruhr sera difficile a accepted poumr 'er-
tains, surtout apres les arguments qui lui out Wtd si
frequemment opposes par les gouve.nemenm.s ante-
rieurs. Certains verront en cela une concession unila-
tirale envers la Gran le-B:ctaisn? et soupconncront
M. Blum d'avoir sacrifice a l'intodrt du par'i socia-
li te. M. Blum, just avant de qui.ter Paris pour Lon-
dres, avait rencontrd M. Bogomolov, il avait cerfaine-
ment dL lui erpliquer avec a .ez de soin et de d-tail
le hut de sa prochaine vis'te A Londres pour dissiper
dans 1'esprit de l'ambassadeur sovid.ique l'idee que
I'ampleur de ses prochaines conversations impliquait
une nonvelle tentative de formation d'un blo ,rocci-
dental on mAme d'une entente purement occidental.
I.a France a bien trap besoin que la Russie accepted
ses rcvendications snr la Sarre pour courier le risque
de s'alidner le Kremlin, ddjh peu spontand dans son
appni.
Les conversations de M. BluBm aveo M. Bogomolov


_ I







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANOARE


et avec M. Attlee et M. Bevin et l'accent qu'elles met-
tent sur I'avenir de 1'6conomie allemande, la recons-
truction frangaise et britannique, doivent Utre con-
siddrees comme une tape d'une tentative har.lie de
la France en vue de trailer l'Europe come un tout.
Si M. Blu'm avait encore quelques semaines a rester
a la tdte du gouvernement, un observateur pourrait
prddire avec confiance que qon voyage A Londres
serait suivi d'un voyage h Moscou.

Apres avoir fait 6tat des difficulties que rencontrera le
nouveau President de la Republique pour nommer le Pre-
sident du Conseil, le correspondent a declared :

a Si ce nouveau President demandait h M. Blum,
au nom des Frangais, de rester :.on post as:ez de
temps pour r6aliser la politiqu-e economique et etran-
gede qu'il vient d'inaugurer, il est certain que son
profound patriotism et sa ]oyautd iddologique ne lui
pdrmettraient pas de refuser. ,

Le correspondent conclut :

L'amitid personnelle et politique qut le lie an
chef britannique a enrichi les chances qu'a do inees
a son pay, le gouvernement socialiste francais d'ou-
vrir un nouveau chapitre plus cordial et plus ;on-
tand des relations anglo-frangaises d'apres-gu.re. z

Plusieurs journaux du soir reservent au suocis du voyage
de Blum des manchettes enthousiastes. < Nouvelle pn-eve
de la valeur marchande pour le people frangais de toute
politique d'entente franco-anglaise >.
De son c6ti, le Manchester Guardian 6crit :

L'inattendu s'est produit, le Premier Ministre et
le Ministre des Affaires Etrangires britanniques ont
r6ussi a convaincre M. Blum qu'il fallait davantage
qu'un accord sur le carbon pour parvenir A uri ac-
cord sur la politique. La route d'une entente sitr une
base ferme et large est d6sormais ouverte. II rest
maintenant a d6velopper cette alliance. >

Apr6s avoir rendu hommage aux chefs britanniques qui
out su rendre possible le suce6s du voyage, le correspon-
dant pursuit :

c Ii faut esp6rer que les Frangais comprendront
dgalement notre situation et que cette comprehension
aboutira a la fin non seulement i la conclusion d'une
alliance, mais igalement i une collaboration Ilans
tcus les domaines.

Ii conclut enfin :

I M. Blum, cc grand chef francais peut rentrcr a
Paris satisfait du resultat de sa mission. II lui in-
combe maintenant, a lui et a ceux qui I'entourcnl, de
fixer les prdliminaires d'une collaboration anglo-fran-
gaise comme base de la sdcuritd de l'Europe et des
allies. ,

Ce correspondent signal 6galement que lcs Etats-Uni, et
la Russie ont dtd tenus an courant ides negociations et en-
visage notamment l'aspect militaire de la prochaine alliance.

a Le nouveau traits aboutira au mdme principle cque
les deux qui existent ddja et entrainera une aide mi-
litaire dans le cas d'une menace d'agression par 1'Al-
lemagne, on d'autres puissances associles a I'Alleina-
gne. .

De m6me que son coll6gue du Times, le correspondent
parisien du Manchester Guardian fait ttat de I'accueil fa-
vorable qui a dte reserve a Paris aux rapport sur les
conversations de M. Blum.
PQas le Daily Telegraph, le correspondent diplomatique


signal a son tour qui !a prochaine alliance franco-britan-
nique completera le systeme ddfensif de l'Earope et declare
centre autre :

On estime A Londres que cet accord est -le bon
augure pour les conversations de Moscou sur 1'Alle-
magne. On estime 6galement que sur la question des
fournitures de carbon allemand, le point de vue bri.
tannique a itd accept avec l'espoir que d6sormais les
deux pays pourront organiser leur politique sur la
question g6ndrale de l'industric de 1'Allemagne occi-
dentale. t

Dans le Daily Herald, selon M. Ewer, les negotiations en
vue de la signature d'une alliance franco-anglaise ne doi-
vent pas presenter de grandes difficulties, a car on a I'in-
tention de suivre 6troitement le module du trait anglo-
isovi6tique de 1942, qui est 6galement celui du dernier trait
franco-zovi6tique n.
Ewer insisted 6galement sur le fait que ce nouveau trait6
compl6tera le system de la s6curitd europdenne.
Dans le News Chronicle, R. Waithman rappelle lui aussi
les difflcultis qui se sont dresses entire les deux pays de-
puis l autre guerre pour arriver en temps voulu A une al-
liance defensive et estime que la satisfaction de M. Blum
est largement fondue, non seulement en raison des avan-
tage, s rategiques et dconomiques de cette alliance, mais
6galement en raison de ses repercussions. politiques. Apres
avoir note que la promesse d'une augmentation des livrai-
sons de charnon a la France pourrait career ine ccrtaine
inquidtu'de en Grande-Bretagne, oh la question du carbon
retAe la preoccupation essenticlle, Waithman comment les
consequences qu'aura le voyage de M. Blum sur son avenir
politique. Scion lui, M. Blum veraail son prestige si accru
actuellement qu'il pourrait fort bien dtre A i mme de for-
mer un gouvernement satisfaisant tou's les parties et ayant
des chances de stability.
Dans le m&me journal, Stone declare que le communique
public a I'issue des entretiens a &te accueilli avee beau-
coup de plaisir a Paris.
Le Daily Mail, sous la signature de W. Broadbent, derit
que I'accord obtenu i Londres enforce la position de
M. Blum aupres de ses concitoyens et que du point de vue
economique I'alliance envisage permet une collaboration
6troite et, il faut 1'esperer, permanente. tell qu'on ne
l'avait jamais imagine auparavant.
I1 rapproche, dans un contrast saisissant, Pattaque lan-
cee par la Prauda contre M. Bevin oh celui-ci se voit accuse
de vouioir rompre ie traits anglo-sovietique. Broadbent rap-
porte I'opinion qui prdvalait A Londres hier, selon laquelle
ces reactions russes indiquent que I'U. R. S. S. savait diJa
cc qui allait sortir des discussions anglo-frangaises.
Bill Greig insisted sur 1'aspect economique des entretiens.
On croit que les deux gouvernements ont l'intention d'al-
louer la production de certaines marchandises aux indus-
tries du pays qui peuvent le faire de la facon la plus
economique ct la plus efficace. Cela permettrait un meilleur
ncmploi de la main-d'oeuvre. La Grande-Bretagne serait ainsi
ii jnnme de rdduire ses d6penses en dollars en s'arran-
geant avec la France pour la production de certaines mar-
chandises qu'elle ne peut trouver maintenant qu'en Amd-
rique et pour lesquelles elle ne peut pas consacrer de main-
d'oeuvre.
Le correspondent du Daily Worker erit notamment :

< En tant que proposition pratique, le communi-
qud n'a rien modified, et en fait il n'a presqu'aucune
signification... Sans aucun doute le commnniqud sera
exploit i Paris pour ce qu'il vaut. Mais hier soir,
mIme les milieux tris proches du Cabinet avouaient
qu'il ne valait pas grand chose. L'appel urgent de
M. Blum pour obtcnir plus de carbon de Ig Ruhr en
vue d'aider la France a surmonter ses graves diffi-
cults economiques a ete vain. ,

(Voir ci-dessous les editoriaux consacies dans la press
britannique a cette mlme question.)







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGARE 3


VERS UN PACTE FRANCO-BRITANNIQUF,
1. Daily Herald (travaillisEe, 16/1)
< La visit a Londres de M. Blum a Wt6 brive, mais
elle a donn6 des r6sultats plus que satisfaisants. L'id6e
'd'une alliance anglo-francaise inspire, comme l'allian-
ce ang.o-sovi6,ique et ceile qui unit la France & I'U.R.
S.S., par la n6cessit6 de se premunir contre toute ten-
tative 6ventuelle d'agression de la part de l'Allemagne
dans I'avenir n'est -pas nouvelle.
Elle avait W6t discut',e par MM. Churchill et Eden
avec le g6n6ral de Gaulle m~me avant la liberation de
la France, mais il y avait toujours eu des obstacles.
Maintenant M. Blum, M. Attlee et M. Bevin out 6carte
ces obstacles dresses par Teurs pr&'dcesseurs. Les n',-
gociations doivent commencer immediatement. Leur
success est certain.
Sans doute certains penseront qu'une alliance for-
melle n'est pas indispensable entire deux nations qui ont
At6 amies et partenaires pendant plus de quarante ans.
Mais cette alliance ne concern pas seulement les deux
nations, elle complete le systmme de la s6curite euro-
peenne. Elle donnera confiance aux Detites nations )>.

2. Times (16/1) :
a La br&ve visit 'de M. Plum en Angleterre a permis
apres tout d'aboutir a des decisions d'une grande por-
te, bien que celles-ci n'aient encore 6t1 formuldes qu'en
terms g6ndraux.
Des deux c6tes de la Manche, on accueillera avec une
gale satisfaction le communique qui souligne une in-
tention commune de preparer des bases solides pour une
nouvelle entente. VoilA qui ranimera -- et il en 6tait
bien besoin la chaleur des relations anglo-francaises.
Cet accord, auquel on a about h Londres, apparaitra
pour M. Blum comme un triomphe final.
Le project auquel il est fait allusion dans le commu-
nique d'aujourd'hui doit recueillir I'approhation des
autres parties francais, si l'on se rapporie A leurs pro-
fessions de foi antdrieures. Mais la question qui deman-
de encore une r6ponse c'est de savoir si le gouverne-
ment qui succidera a M. Blum suivra avec la mdme
decision ses initiatives autorisdes. Une fois 'de plus, ce
don't la France et ses amis ont-besoin, c'est d'un gou-
vernement francais bien assis.
Le premier but de cette alliance est n6cessairement
europ6en. En lui-m&me, il ne pr6sentera qu'un aspect
d'une cooperation plus large, qui sera ainsi rendue pos-
sible, comme le reconnait le communique, entire les deux
puissances contractantes. La situation international
actuelle impose aux hommes d'Etat francais et anglais
I'obligation d'envisager les relations entire les doux pavs
dans leurs aspects les plus 6ten'dus.
Mais le facteur d6cisif de la cooperation ainsi envi-
sagee, ce sera la tache plus positive, et plus promet-
teuse, de d6velopper les aspects compl6mentaires de
1'6conomie francaise et de 1'6conomie britannique. C'est
par la mise en commun des resources, des marches.
des techniques et des entreprises, qu'on peut arriver A
'des progrds communs.
C'est uniquement par un travail concer!i et construc-
tif, entrepris pour augmenter la production et develop-
per le commerce, qu'une entente 6conomique peut per-
mettre A une alliance militaire de prendre corps et
d'avoir toute sa force >.

3. Daily Telegraph (conservateur, 16/1) :
< 11 est evident, d'aprds le communique official, que
les conversations tenues par M. Attlee et M. Blum se
sont ddroulees dans une atmosphere d'extrdme cordia-


lite. Nous sommes persua'd6s que cette cordiality ne
s'amoindrira jamais plus entire nos deux pays, et que
les points d'animositd qui out marqu6 Ia p6riode de
l'entre deux guerres ne se renouvelleront jamais.
On doit se souvenfr que M. Blum est le chef du part
qui a probablement les sentiments anglophiles les plus
puissants et il ne peut engager ses successeurs qui sont
en passe d'dtre nomm6s au gouvernement d'ici quelques
jours. II est probable que ce project d'alliance recueil-
lera les suffrages-'d'une large majority, mais que les
communis:es qui se sont toujours opposes (suivant en
cela Moscou) a la formation d'un bloc de 1'Europe occi-
dentale, se d6clareront centre lui. Ceci suffit A expli-
quer pourquoi on n'a pas encore mis an point ou sign
de document official.
M. Blum a, semble-t-il, acquis la conviction que les
plans britanniques concernant l'Allemagne ne laisserit
pas pr6voir une renaissance dangereuse de l'industric
allemande, ni un d6veloppement 'de cette industries dans
un sens qui en fasse un satellite de l'industrie britan-
nique; ,on ne laissera l'industrie allemande se reliever
que jusqu'A un niveau qui lui permette en fin de compete
des exportations suffisantes y compris pour le carbon.
Il faut esp6rer que M. Blum pourra r6pandre cette con-
viction dans son pays, car elle pourrait conduire A un
alignement 'de la zone francaise et des zones anglo-am6-
ricaines, et, dans un autre domaine, garantir qu'une
action utile suive ces conversations cordiales .

4. Daily Mail (conservateur, 16/1) :
Le project d'alliance militaire et 6conomfque anion-
c6 par Downing-Sireet hier soir r6jouira tous les amis
de la paix.
II s'agft d'une des plus importantes initiatives en po-
litique 6trang6re que la Grande-Bretagne ait prises de-
puis longtemps; elle devrait s'exercer avec efficacity
pour emp6cher les erreurs et les malentendus qui out
eu 'de si tragiques consequences dans le pass.
Dans 1'avenir, le doute ne sera plus permis : la
Grande-Bretagne et la France marcheront la main dans
la main. Les conditions du nouvel arrangement seront
tres voisines de cells qui caraci6risaient l'offre d'union
anglo-francaise lance par M. Churchill en 1940. II en-
trainera pour nous des rapports plus 6troits que ceux
que nous entretenons avec n'importe quel autre pays
en dehors de 1'Empireq
Ce pace sinserera 'dans le cadre des traits anglo-
russe et franco-russe et il est prdvu qu'il constituera
le chainon d'un accord regional dans l'esprit de la
Charte des Nations Unies.
I1 n'y.a Ih aucune menace pour la paix. Au contraire,
cette alliance servira A poser les foundations d'une
Europe stable, ce qui est le besoin le plus pressant du
monde aujourd'hui >'.

5. Daily Express (couservaleur. 16/1) :
a lUne alliance franco-anglaise ne sera pas consi-
'd6r6e dans l'un et l'autre pays comme le seul et mrme
le premier objectif d'une politique a une p'oque oi l'on
s'efforce laborieusement de reconstruire la paix.
Au-dessus de toute autre consideration plane aujour-
d'hui le besoin de maintenir et de renforcer l'entenfe
avec la Russie. Tous les autres projects doivent ceder
le pas devant dt objectif >.

6. News Chronicle {(liberal, 16/1) :
L L'annonce qui a 6td faite la nuit deFntere que
les gouvernements britannique et francais doivent com-
mencer des. n6gociations sur le champ dans le but de
conclure un trait formel 'd'alliance sera accueillie avec








4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGARE


quielqu surprise par I'opinion publique des deux i6t6es
de ia Manche, mais n'en sera pas morns sa u'e avec joie.
Les r6sultatL de cct important 6v6nement pourront
avoir, pour les affaires int6rieures 'de la France, une
porthe plus imm6dia.e que dans les questions interna-
tionales.
C'cst iA un fait qui pourra arreter la tendance qu'a
la France de se turner vers les par.is politiques extr6-
mis.tes.
En entrant en relations plus Btroites avec la France,
la Grande-Bretagne met en relief l'importance de son
vrle en tant que pu:ssance europeenne. Ce'a devrn ]'obli-
ger nadmct re ce qu'elle n'a jama:s tout A fait aimis
pendant les deux guerres qn'elle ne peu s'empr-her
d'1lre une parties integrante de I'Europe. En poursui-
vnnt son oeuvre en 6troile cooperation politique et cco-
nomique aver an France, cPile for ifiera largemenl ses,
mnnyens de poursuivre une po!i ique ind6pendante en
Europe el dans Te rest -de l'univers >.



II. PRESS AMERICAINE


Revue de la pAesse amiricatne du 15 jdnvier 1947

1. LE VOYAGE DU PRiSIDENT BLUM
Les dipkches de Londres annoncent le sncc6s des premiers
entretiens du Prdsident Blum avec M. Attlee rt M. Bevin an
sujet d'une cooperation dconomique plus dtroite entire la
France et la Grande Bretagne. Cer'ains corresnondants, ins-
pid-s disent-'ls par I- Foreign Off;ce, declarent que la voie
est maintenant ouverte unne alliance et ,peut Atre mbme
k une union douani6re entire ]es deux pays.

2. LA CONFERENCE DE LONDRES
L'ouverture de la Confdrenc' de Lond-es fait l'ohiet de
d&p&ches largement reproduites dans la press, oui signalent
la confusion oui aurnit marqud la premiibe stance et mnet-
tent en va'eur le cn'-act&re partieulirement ardu 'e la tiche
qui attend les dpl4cues des Quatre. Le memorandum du
gouvPrnement hollanrais an sujet du fraitement de I'.lle-
nmane est nalnim-nt s; nal6 dans la press. Une deipche de
Londres an New York T:mes relive one le point de vue
hollandais se ranproche heanconn rde celui de la France. Elle
note aum le gonve-nement hollandais part favorable aux
rervndicinns francai'es sur la Snre et ari'en ee qui con-
cerne la RhPnan;e et la Ruhr il nr^conise un regime seAarr
nonl- assE-"'r le control des industries et une longut
occupation al'ie.
I.e NewP York Times public ue deMinche de Sulzberger da-
th re e Rome annoncant qla ronhaine nlblication- nar le
ComitW Interna'ional d'Etude des Questions Europdennas a
t'un ranp"rt sur le dancer allemand. Ce rapnort soul' ne
lo sucrPAs du programme d6mogranhioue nazi qui, en d pit
de la ddfaite, asrur-rnit 1'avenir de 1'Allemagne.
L'rhec de In dua7nf;ieation dans la zone amTricaine est
signalA dans iRne denpche de Bterlin an New York Times oui
en fait retomiber la resnonsabiliti slr les au+or ,'t6 annmri-
eaines d'occunation. Cet 6chec s-rai* d6 dit la d:epkche, A une
apnlicatin- tron libhrale du principe d'nap-s lequel les Alle-
inann"'s dnivent se Fluvernor eux-mimes et an d-sir des
Amndricains d'assurer le success de la fusion economique der
zones anqlo-sqxonnes. disir Gui leur fa't conserver aux postes
imnottats dpc nzi,. nn-pe qu'ils sont des administrateurr
Oih des technicians de valeur

3. SPITZBERG
Une dfeAcbe 'oTails anlnnoncr! ou,- la R',scie et la Nors Age
son+ d'nci-rr no ;,,,wrr rr conin ;itmf nt 11 dr!pfnse du Sn itz-
bper fait I'objet de r06ncheh de Londres Inarrment reprodui-
tes dans la press. Toutefois, aucun editorial n'est encore
gonsacr6 A cetie question.


4. ITALIE
octroioi 'par la Banque Import Export d'un prkt de cent
millions de dollars A 1'Italie regoit une large publicity dans
leP journaux qui signalent, par ailleurs, que le Dipartcment
de ]a Guerre a donn6 des ordres ,pour que six navires de bl6
se trouvant actuellement a Br&me soient envoys d'urgence
en Italie h titre de secours.

5. QUESTIONS FRAN)gAISES
Les elections de MM. Auriol et Champetier de Ribes a la
prdsidence de l'Assemblic national et du Conseil de la
IRpublique sont annoncees dans toute la press. Les opdra-
tions militaires en Indochine et notamment la champagne
entreprise pour digagcr Hud sont signalees dans les depb-
ches dc Paris. Un diepkche A. P. d'Hanoi s'inquitte it ce pro-
pos du sort de la population civil du quarter indigitne au
eas oh les Franqais lanceraient l'attaque centre les forces Adu
Viet-Nam qui y sont retranchdes et qui refusent d'6vacuer.
Les declarations d'un porte-parole du Departement d'Etat
dimentant que celui-ci ait rejet6 les protestations tde la
France au sujet du pdtrole du Moyen-Orient et annongant
qu'au contraire la question faisait actuellement 1'objct d'un
examen tr6s attentif et qu'une nrponse serait remise I
M. Henri Bonnet, sont rapportees dans la plupart des jour-
naux. Par ailleurs, le Journal of Commerce declare que la
protestation du gouvernement frangais est considdr&e avec
beaucoup d'attention par les companies amnricaines intA-
rcssdes >>. II ajoute que celles-ci front tous leurs efforts
pour parvenir a un arrangement donnant satisfaction aux
Frantais s.
6. GRiCE
Les vues de M. Sofianopoulis pour mettre fin h I'instabiliti,
polit'que de la Grece sont mises en relief dans le journal
P. M. qui announce par ailleurs que, selon les d6p&ches
d'Ath6nes, le cabinet Tsaldaris est h Ia veille de tomber,
ayant perdu I'apipui de M. Gonatas, chef du parti national
lheral.
7. POLITIQUE ACONOMIQUE AMERICAINE
Les diverse tendances qui se sont rdcemment manifestCes
parnl les republicans au sujet des relations economiques des
U.S.A. avec les autres pays sont clairement exposes dans un
editoriall du New Yok Tinmes qui relive avec regret que cer-
taines d'ent're elles menacent la politique des Achanges multi-
latiraux inaugurde par l'adinilitration du President Roose-
velt.

a) ,F VOYAGE DE M. BLUM A LONDRES ET LES RAPPORTS
FRANCO BRITANNIQUES (New York Herald Tribune,
16/1, edition europdenne) :

< Le fait qu'on soit parvenu A un accord pour ntgo-
cier ce trait represente un triomphe considerable pour
M. B;um et M. AtJee, aussi Iien que pour M. Bevin.
L'id6e d'un tel arrangement, qui, en particulier, envi-
sage c l'examen de toutes les difficultis pouvant s'le-
ver entire les deux pays >, a dt6 lanc e bien des fois
au course des 'deux-dernieres ann6es, mais elle a tou-
jours ete combattue A cause des divers points de friction
qui tendaient les relations entire la France et la Grande-
Bretagne, notamment les differends qui les opposnieni
A propos du Levant et de l'avenir de la Ruoir el de la
Rhinanie.
Une consequence de cet accord, c'est que M. Bluma
pourra retourner demain A Paris avec une position no-
tablement renforc6e pour lui-mbme et pour son parti >.

b) LE PRORLEME GOUVERNEMENTAL EN FRANCE (New York
Herald Tribune, 16/1, edition europienne) :

< Apris toutes ce elections, la lutte politique pour
la possession du pouvoir en France va reprendre.
Al. Blum va reme tre au president sa missionn et celle
de son Cabinet de transition, probablement le lende-
main de P'lection. Le president d6signera alors un







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGERE


nouveau premier ministry don't la tAche sera de former
un Cabinet qui soit accept par 1'Assembiee natonaale.
Cela signifie qu'apres '61ec.ion prCsidcntiel.e, les
parties politiques opposes repar.iront du point oi' ils
en etaient avant Facceptattion du Cabinet socialiste in,6-
rimaire de M. Blum. Bien qu'on s'a.tende A la forma-
tion d'une sor.e de coalition, personnel ne pouvail pr6-
dire la nuit dernibre quels homes ou quel part cons-
titueraient le premier gouvernement de la IV' Repu-
blique ,.

c) APRPS LA PROTESTATION FRANCAISE SUR L'ACCORD PA-
TROLIER ANGLO-AM.ERICAIN (.VW' IYr'k leru (l Tri
bune, 16/1, edition europeenne) :
< Selon des nouvelles 6manant de source privbe. re
cues 'de Londres, les directeurs de 1'Irak Pe roleum Com-
pany se r6uniront demain en conference, et i'on pense
qu'iis prendront en consideration la protestation fran
gaise. Ceci revet la forme d'une action intentee centre
d'au:res associ6s de l'lrak Petroleum, y compris la
Standard Oil de New Jersey et Ia Socony Vacu.m, pour
empecher 1'excution de l'accord sur tes petro:es 'de
l'Arabie seoudite. Le bruit court avee insistence d'une
reconciliation avec la France. qui s'effectuerait sans
heurt >>.

d) LA CONFERENCE DES SUPPLE.ANTS A LONDRES.
1. Baltimore Sun (15/1) :
a La Conf6rence qui s'est ouverte le 14 janvier a
regu la charge de s'attaquer A la tAche la plus impor-
tante: celle de tracer le plan de la paix. En effrL, les
supplants doivent preparer les travaux du Con-eil des
Quatre sur le plus grand prob:'me qu'il ait A rksou-
dre : I'avenir de 1'Allemagne. C'est a eux qu'incombe la
tfche de r6gler I'ordre des discussions du Conseil et
aussi de recueillir les opinions des divers gouverne-
ments << in:6ress6s : : Be:gique, Danemark, Luxem-
bourg, etc., sur les projects de traits.
Il est A peine besoin de faire remarquer que le Ira-
vail pr6liminaire des supplants sera d'une grande im-
portance. Le succ6s de cet e Conlrrence, combine 1de
celles des Ministres des Affaires 6:rangeres, depend
toujours, dans une certain measure, du serieux et tde
l'efficaci:l des travaux prl6iminaires. Ceci est parti-
culi~r.ement vrai dans le cas d'un prob'&me aussi c m-
.plexe et difficile que le trait avec l'Allemagne, qui d6-
terminera non seulement le sort de ce piys, mais affee-
tern profond6m.ent toute 1'Europe occidentale. >

2. New York Times (15/1) :

< Diff6renle en cela de 1946, I'annee pendant laque'le
it a fallu preter attention A quantile de prob &nmes di-
vers dans le domain international, I'annCe 1947 s.ra
vraisemblablement domin6e par un seul prob'eme cen-
tral, don't depend la solution ultime de tous les au'res.
Ce probl6me. c'est celui du IraiIl de paix avec I'AI-
lemagne, qui d6terminera non seulement le sort de ce
pays, mais aussi celui de l'Europe et de la d6mocratie
europeenne.
Ce probl6me dolt 6tre trait6 par le Conseil des Mi-
nistres des Affaires 6trang6res qui doit se r6unir A
Moscou A partir du 10 mars. Ses pripar-tiFs soni d';A
commences, A la fois en nmatibre de politique miiilair'
et de politique economique. Alors que chceun rec'n-
nait la n6cessite de d6truire comD'6tement ce ani fit
la machine militaire la plus puissante du monde. il
subsiste encore beaucoup de divergences d- vue- sur
tous les autres aspects du probleme, en're les Eti s-
Unis et la Grande-Brelagne d'une part, et Ia Rissie de
I'nutre, la France rendant la situation plus compliquee


encore en .pours.-vant sa propre polilique d'annexion
ma'gr6 les trois au'res pui sauces.
Le raite do paix avec l'A"em 'gie tourne nulour de
troi pr b:) mes essenties : celui des frontieres, celui
de l'unification de I'A:emagne et ce ui des r6p riions,
prob:6mes qui porent 6galment sur la capacity in-
dustrialle de l'AlIcmagne e les m yens do subsistance
qui sernnt lais; s au people allemand. Pui que I'A'le-
magnv a longtemps 6tt I'a e ier de l'Furope et son plus
grand march, le rig'ement dr ces que tions doil aussi
:Iv)ir nne pro onr'e infl ience sur la proispirie: ct done
1'6vo'ution pi'i ique des autres pays europeens de
1'Europe e' di moid?.
Tint q'ie I'Al'emagne, le grind pr duc'eur et arhe-
teur de l'Europe, ne stra pas rtablie beonomiqnumenl.
l'6cinorpie du rest de l'Europe ne pourra se remetlre
sur pied.
Les pet:tes nations de l'Eurape le savent et deman-
dnnt A 6tre en'endues.
II est vrai 6g.ilemn' qu'e I'A'lemnvge res'erq une
menace pour la paix. Mais une occupation prolonged
ne fern pas des Allemands un people pacifirq e de-
mocratique. Nous devons prendre et consarver des me-
sures -efficacs coitre une renaissance de !a puis ance
militaire de I'A'lemagne jusq'i'A ce qu'e'lle puisse pren-
dre place parmi les nations pacifiques du mncde.
La s'lu'ion de ce prob'Pme est done que 1'Allemagne
soit unifi6e 6conomiquement e! en m6me temps d6cen-
tralisee sur le plan politique. )


III. PRESS SOVIETIQUE


Revue de la press sovidtiquie du 15 janvier 1947
Les rubriques 6trang6res occupant une page et demie en
movenne. La politique des puissances occidentales constitute
le th6me principal.

1. LES RELATIONS DE L'U.R.S.S. AVEC LES PAYS LIMITROPHES
Deux communiques officials, transimis par I'agence Tass,
sent reproduits dans tous les journaux : 1 I'arr'vee i Mos-
c ,u d'une mission comm rcia'e rouma'ne, compose du
ministry des Finances et du m'nistre des Inr'ustries extrac-
tives de Bucarent : 2 un communique sur la question du
Spitzberg. (Voir annexe.)

2. LA POLITIQUE D'OCCUPATTON EN ALLEMAGNE
ET EN AUTRICHE DES PUISS\NOES OCCIDENTALES
Tous les journaux publient une demi-pag- d'informations
sn- -' suje;. On relve nonamment : 1 die large extraits de
I'Vd'to-ial dfu Neuom Dcutschland sur les concept ions britan-
niques en mntiEre de reparation : 2" 'e laIn'es extracts rm-
prunt.s an mcme journal sur I'artivite des hommes d'affai-
res americains en Al'emagne ; 3 de larg s extraits d'un
an'ile de la Berinner 7e' n-g sur le plan de refo-me moni
ta're drans les ones oc'dentales et le danger qu'ii pris nte
pour l'unite 6conomique allemanc de 4 un resume de Par-
ticle du' meme journal sur Ia stagnation des entrep-ises
industrie'lls dans les secteurs anglais et frangais de B rlin ;
5 un resume de Particle .du journal britanniquc Tribune,
en date du 13 sur la baisse de l'extraction du carbon dans
la Ruhr 6 les revelations du journal yougoslave Borba
sur le bon accueil don't btenficient 1,s fascistes en Autriche
de la part des autoritds anglaises, franqaises. americaines et
n','rih:ennes : 7" le recit d'un attentat commis en zone
angla'se centre des officers yoiugslaves, d'apres le N'ues
Lei'schland.
3. LA POLITIQUE BRITANNIQUE
Presone tons les journaux rep-oduiscnt les infomatioins
su'vnntes : le3 dcla nations de M Svolos s'" Inr rcsions:dhi'it?
bri'anniqc' an su.ct de la situation n Grece, !es declara-
tions de MM. Cripps et Shinwell sur le manque de carbon







a BULLETIN QUOTrDIEN DE PRESSE ATRANGARE


en Grande-Bretagne, la gr6ve des chauffeurs A Londres, une
mission militaire anglaise en Arable seoudite, comment le
quotidien Jour de Beyrouth traite ironiquement le discours
du roi de Transjordanie A Ankara, etc...
La politique de la Grande-Bretagne, particuli6rement en
te qui concern ses rapports avec 1'U.R.S.S., est 6tudide dans
un article de la Prauda, signed N.N. Le journal commiente ie
passage du Broadcast de Noe1 oH M. Bevin declare c:ue < In
Grandc-Bretagne n'est liWe avec personnel ; et intitule son
article : M. Devin .ddsavoue le pacte anglo-sovitiique >
(Voir annexe.)

4. LA POLITIQUE FRANCHISE
Tous les journaux publient deux grandes dpechrs Tass
sur les elections des presidents de I'Assemblee national et
du Conseil de la Ripublique et sur le voyage de M. Lonu
Blum A Londres.
La press sovietique reproduit, a ce propos, les informa-
tions des agencies Reuter et A.F.P. d6clarant qu'il s'agit de
1'examen de questions touchant les intfr6ts de !a Franc. e'
de l'Angleterre et < que cette visit entire dans le cadre,
des relations economiques entire la France et la I;rande-
Bretagne ,.

a) M. Bevin idrsavoue le trail~ anglo-soviciique (Pravda,
15/1) :

< Dans son message de Noel, M. Bevin, pour r6pon-
dre aux s6rieuses accusations port6es centre lui A I'in-
t6rieur du parti travailliste, a jug6 utile de d6clarer:
La Grande-Bretagne n'est li6e A personnel, sinon par
les engagements qu'elle a pris en vertu de la Charte de
I'Q.N.U., et je consid6re que ce que je viens de dire de
no:re politique more que nous agissons dans un
esprit d'ind6pendance et en fonction de nos propres
buis. > Cette declaration de M. Bevin ne .peut utle pro-
voquer de la perplexity, elle laisse dans I'ohscurit6 la
question de savoir comment M. Bevin consider es en-
gagements internationaux de I'Angleterre. Nul ne dis-
cu.e le droit de ia diplomatic angaise d'clre pendante .et de < poursuivre ses propres buts >. Mais
dans le dimaine des relations internationals, chaque
home d'E at, s'il respecte son people et son pai s, res-
pec e aussi les engagements internationaux que son
pays a assumes. Lorsque M. Bevin souligne que la
Grande-Bretagne n'est li6e A personnel, sinon en raison
des engagements qu'elle a pris en vertu de la Charte de
1'O.N.U., une question se pose : est-ce que M. Bevin a
oubli6 que 1'Angleterre est liBe a l'Union Sovi6tique par
un trait d'alliance dans la guerre, ainsi que d'assis-
tance mutuelle apr6s la guerre ? 'Est-ce que M. Bevin a
oubli6 que c. trai.P a 6tW sign le 26 mars 1942, i n Lon-
dres, pour une dur6e de vingt ans ?
M. Bevin ne peut pas l'avoir oubli6, car il y a quel-
que t'mps a peine il avai, propose au Gouvernement
sovi6tique de porter a cinquante ans la valid.6e de ce
pacte. Neanmoins, sa declaration touchant le faith que
la Grande-Bretagne n'est li6e a personnel subsiste. I1 en
r6sulle ceci : M. Bevin a propose de porter a cinouante
ans la validi:- du pacte anglo-sovi6ique. Aujourd'hui,
il ignore l'existen.ce de ce fait. On voit mainienant
quel cas il conviendra d'attacher a la proposition de
M. Bevin de porter A cinquante ans la validity du pacte
anglo-sovi6tique. C'est une proposition qui n'6tani pas
serieuse ; elle ne traduisait pas une volont6 effective
de resserrer les relations entire les deux pays. Apr6s le
miss-,ge de NoE' de M. Bevin, on peut, bien entendu.
npprecic; d'ffer mniie'it le v6r',able sei: de la 'o!i i-
que 6 ra.igbre pre en e de ta Grande-Bretagne, .-n se
r pp Ii.i qc.e cls paroles de M. Bevin ne correspou-
d ,'I p' t i j:urs A ia r6alit6 de la politique 6trangere
britannique.
Mais une chose est devenue parfaitement 6viden a


la suite de cette declaration : M. Bevin d savoue 7e
pacte anglo-sovi6tique. a

b) La question dil Spitzberg (Agence Tass, 15/1):

< Dans la press norv6gienne, ainsi que dans celle
d'un certain nombre d'autres pays strangers, ont paru
des informaiions concernant des pourparlers entire les
gouvern-ements sovi6tique et norv6gien au sujet du
Spitzberg (archipel de Swalbard). A propos de ces
pourparlers, des milieux sovi6tiques autoris6s ont com-
munique a l'Agence Tass ce qui suit: z A la fin de
1944 et au d6but de 1945, des pourparlers ont eu lieu
entire les gouvernements sovi6tique et norv6gien au su-
jet des lies du Spitzherg, au course desquels, du c646t
norv6gien, a 6t1 pose la question de la n6cessit6 do
la revision du trait du Spitzberg .conclu le 9 f6vrier
1920 a Paris.
Ce trait (qui apportait des changements essentials
dans le statut des iles du Spitzberg, consid6r6es jus-
qu'alors comme < no man's land ,, alors que 'ile de
]'Ours, qui faith parties du Spitzberg, 6tait en fait une
ile russe) avait 6tB sign sans l'accord de 1'Union So-
vi6tique et -sans sa participation. Etant donn6 que parmi
les signataires du traits se trouvent des Etats qui ont
combattu les Allies, ce texte ne peut dem.eurer en vi-
gueur ; ce trait ne tient absolument pas compete des
int6r6ts de la s6curit6 de 1'U.R.S.S. dans le Nord, non
plus que des interets 6conomiques de l'Union Sovi6ti-
que. En ce qui concern la question de la s6curit6 de
I'U.R.S.S., comme l'a particulierement montr6 la se-
conde guerre mondiale, les iles du Spitzberg, par of
passe la route vers I'Oc6an Atlantique, ont a cet 6gard
une importance exceptionnelle pour 1'Union Sovieti-
que. Sous le rapport 6conomique, I'importance de l'ar-
chipel du Spitzberg pour I'Union Sovi6tique est iden-
tique, du fait que jusqu'A la second guerre mondiale
les regions septentrionales de I'U.R.S.S. et la flotte so-
vi6tiqne du Nord utilisaient du carbon qui 6tait
extriit par d.es orgnisations sovi6tiques des iles di
Spitzberg, soit 400.000 tonnes par an, la production
total du carbon 6tant de 600 A 650.000 tonnes. Au
cours des pourparlers sovi6to-norv6giens don't il vient
d'6tre question, on s'6tait mis d'accord sur la n6ces-
sit8 d'une defense commune des iles du Spitzberg. II
avail 6t6 6galement pr6vu que 1'on consulterait les goii
vernements allies int6ress6s au sujet d'une revision
des accords de 1920, mais les pourparlers n'ont pas C16
menss A bonne fin. En novembre 1946, lors de la ses-
sion de l'Assembl6e de I'O.N.U. a New-York, un change
de vue sur la m6me question et dans le meme 6tat
d'esprit a eu lieu entire le ministry des Affaires 6tran-
gares de I'U.R.S.S.. M. Molotov. et le ministry des Af
Iaires 6trang6res de Norv6ge, M. Lange. >



IV. PRESS POLONAISE


'/annec 1919 se rgipterail-elle ? (Zycie Warszawy,
14/1, ind6pcndani) :
< Le climate politique de 1'Europe d'il y a vingt-huit
ans et sa situation actuelle ont d6jh fourni plus d'uni
fois matirre a comparison. S'il est vrai que dans l'His
toire cer ains 6v6nements peuvent se r6p6ter, avec
quelques modifications n6g'igeables, a un quart de si&-
cle d'intervalle, c'est pricis6ment a l'Allemagne de 1919
et A celle de 1947 que s'ap.piqueraient aujourd'hui
d'6tranges concordances et analogies.
Ainsi, ap.rbs la premiere guerre mondiale, les Alle-


I







iULIETImN QUOTIDIEN DE PRESSE THANGaORE 7


mands avaient d6ji utilis6 avec succ6s la menace de
la revolution, afin d'obliger les Alli6s a diverse con-
cessions en leur faveur. lEt M. Schumacher, a Londres,
n'a-t-il pas agit6 devant les yeux des hommes politi-
ques anglais une perspective semblable, en 6voquant
en premier lieu le danger d'une renaissance de l'hitl6-
risme, sans n6gliger pour autant les autres courants
susceuptibles de gagner < l'Allemagne affam6e > ?
Mais les Allemands ne seraient pas ce qu'ils 6taient
et ce qu'ils sont, s'ils ne parvenaient pas a convertir
cctte crainte des Alli6s d'un < Berlin en r6volte >, en
actes plus positifs et des plus avantageux pour eux-
m6mes.
11 en fut ainsi en 1919, quand la diplomatic alle-
mande r6ussit a exploiter le sang d'un Liebknecht et
d'une Rosa Luxemburg, et aussi le haio d'une r6volu-
tion au-dessus de Berlin, pour obtenir de substantielles
concessions mat6rielles.
Ce qui imported done, c'est que l'on comprenne it
Londres qu'Erzberger et Schumacher ne signifieut pas
seulement une analogie de m6thodes. C'est une lecon
qui decoule d'une faute, d6ji une fois commise et com-
bien ch6rement pay6e C'est l'obligation d'intensifier
la vigilance a l'6gard de tout ce que projette l'ennemi
vaincu pour d6tourner de lui le chitiment qu'il m6-
rite.


V. PRESS BELGE

Le rapprochement franco-britaituique et le carbon de
la Rauhr (Le Soir, 15/1) :
c Dans les milieux brilanniques, on a l'impression
qu'une declaration formelle d'amiti6, peut-6tre sous la
forme d'un trait d'alliance, ne serait bien accueillie
en France que si ce pays recevait- de la Ruhr tout le
carbon don't il a besoin.
Lors de la visit a Londres de M. Moch, ministre des
Travaux publics et des Transports il y a une di-
zaine de jours les obstacles qui emp6chent la
Grande-Bretagne d'accorder actuellement a la France
une quantity plus considerable de carbon de la Ruhr
furent expliqu6s. II faut que I'Allemagne n'exporte pas
de carbon pendant quelque temps, pour qu'ell.e puisse
en produire davantage plus tard.
Bien que les ministres et les hauts fonctionnaires
britanniques d6sirent vivement inviter M. Blumn a uie
conversation g6n6rale, ils ont tenu a lui faire remar-
quer a nouveau que tout espoir d'obtenir du carbon
semble tr6s 6loign6.
Les Frangais m6me, qui acceptent plus au moins le
point de vue britannique, A savoir que le carbon alle-
mand dolt rester, pendant quelque temps, a l'Allema-
gne, demandent combien de temps ce nouveau regime
dolt durer, et jusqu'i quel point les autoritks britan-
niques et amrricaines ont l'intention de restaurer l'in-
dustrie allemande. C'est de la r6ponse qui sera faite a
ces questions que depend, pour la France, tout espoir
de recevoir du carbon dans un d6lai assez court et
en quantity suffisante.
Les declarations officielles qui ont 616 faites, a Paris
comme a Londres, donnent a penser qu'on s'efforcera,
en ordre principal, a 6tablir entire les deux communau-
t6s nationals des rapports plus 6troits et plus harmo-
nieux. Le Comit6 financier et economique franco-
anglais, qui est d6ji arrive a quelques accords, limits
mais utiles, en vue de l'augmentation du volume des
&changes, doit tenir tres prochainement une nouvelle
reunion a Paris. On estime, a Londres, que rien ne


pourrait mieux aider ce Comit6 a poursuivre efficace-
ment ses trava4x que de nouvelles directives, plus fer-
mes, plus 6tendues que ceiles qu'il a revues nagu6re,
et qui, oette fois, 6maneraient directement des chefs
des deux gouvernements.
Tout project tendant a rapprocher les deux pays au
point de vue Bconomique dolt peul-6tre manquer de
precision, i l'heure acuuelle, puisque le Gouvernement
britannique ne possdde pas encore un plan d6laill6
comparable au plan Monnet. Il n'en est pas moins vrai
qu'on peut arrkter, d6s a present, les grandes lignes de
la cooperation a venir. Enfin, on insisted, A Londres,
sur le fait qu'aucune question nest bainie de la ds-
cussion. Ce.oe-ci pourrait dune cau.er de, surprises,
tant au point de vue poli,ique qu'au point de vue 6co-
nomique. >


VI. PRESS SUISSE

Les problkmes autrichien et allemand (La Tribune de
Gengve, 15/1) :
< Les adjoints des ministres des Affaires 6trangBres
sont charges d'6Lablir, dans un d6.ai de six semaines,
un rapport sur I'Ahemagne et sur l'Autriche, apres
avoir pris connaissance des points de vue de dix-nuit
pays, don't onze nations europ6ennes.
Dans le cas de I'Autriche, ,'entente pourrait se fire
assez rap dement. Elie serait d6ja lai.e si Moscou
n'avait int6r6t a prolonger l'occupation de ce pays, et
par consequent celle de la Hongrie elt de la Roumanie.
L'Autriche ayant 66i prociam6e en 1943 e prrm.bre
victim de I'agression hiti6rienne ), ayant regu i main-
tes reprises l'assurance d'6ire consid6r6e comme pays
lib6r6, il devrait en d6couler naturellement que son in-
t6grit6 territorial et son ind6pendance doivent 6&re
resiaur6es, qu'aucune reparation ne saurait lui 6tre
impose et qu'elhe est apte a figure au nombre des Na-
tions Unies et a exercer les droits reconnus a celles-ci.
En r6alit6, les choses ne vont pas si facilement. II faut
notamment r6gler le sort des biens allemands en Au-
triche et assurer l'existence 6conomique de la R6pu-
blique, ce qui pose la question de la liberty du traffic
danubien. Enfin, on ne peut tout a la fois pr6tendre
reliever l'Autriche et lui imposer le fardeau de l'occu-
patio.n. Et sur ces diff6rents sujets, les c Grands : dif-
e1rent d'avis.
N6anmoins, la question autrichienne ne donne pas
lieu aux difficult6s que soul6ve le cas de 1'Allemagne.
Celui-ci se confond avec le problmme europ6en, et per-
sonne n'a la candeur de croire que les Quatre Grands
aient des id6es communes en la matibre. Sur le but a
atteindre, on est d'accord: l'Allnemagne dolt 6tre mise
hors d'6tat de nuire ; elle ne doit pas 8tre a charge aux
autres nations, mais elle dolt apporter son tribute i la
reconstruction du monde. La s'arr6te 1'unit6 de vues
des vainqueurs, qui, pour le rest, ont chacun lcur
id6e. Pour la France et les petites nations occidentales,
il s'agit de reparations et de security ; pour les Anglais,
de s6curit6, mais aussi de prosp6rit6 6conomique et de
p6dagogie d6mocratique ; pour ies Am6ricains, il im-
porte surtout que les Allemands se liennent tranquilles
et ne soient pas conduits a souhaiter une revanche qui
troublerait le repos du monde; pour les Russes, le
souci de leur s6curit6, la reparation des dommages
qu'ils ont subis et la volont6 de r6pah~dre le commu-
nisme priment tout, a commencer par les preoccupa-
tions ethniques. a
(JEAN-JACQUES CHOUET.)


S. P. I. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 313009