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Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Physical Description: dl. : ; 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publisher: s.n.
Place of Publication: Paris
Creation Date: 1947
Publication Date: 19XX-
Frequency: regular
 Subjects
Genre: periodical   ( marcgt )
serial   ( sobekcm )
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063
System ID: UF00077027:00011
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PRESIDENCY DU CONSEIL
SECRETARIAT D'ETAT

Direction de la Documentation
14-16. rie Lord-Byron, Paris (8e).


LA DOCUMENTATION FRANQAISE


MTNTSTERPi
DES AFFAIRS ETRANGERES


BULLETIN


DE


PRESS


14 janvier 1947.


QUOT


ETRANGERE


Nouvelle S6rie No 567


1. PRESS BRITANNIQUE


Revue de la predsse brifanique du 14 januoier 1947

La press de ce matin reserve ses manchettes h la crise des
'transports. Les trois marchds de la vianae (Smithfield), des
legumes et des fruits (Covent Gaiden) et du poisson (Bil-
linsgaie) ont Btd paralysis par la greve jusqu'au moment ofh
la troupe a df intervenor pour supplier aux grdvistcs.
Dans le domain extdrieur, c'est la visit dde M. Blum i
Lonares qui tient la vedette. (Voir plus loin les articles trai-
tant de ce sujet.)
La situation politique frangaise fait egalement I'objet de
deux longs articles dans le Dadiy Mail et le Daily Herald.
1. FRANCE
Le Times public un article de son correspondent parisien
intituld Semaine d elections en France ., suivi du sous-
titre a Marchandages entire les parties >. Le correspondent
prdvoit 1 election de M. MaIrane h la Pr6sidence du Conseil
de la Rppublique, de M. Herriot h celle de 1'Assembide, et
de M. Vincent Auriol a l'Elys6e. Le M.R.P. obtient la pr6si-
dence du Conseil. En ce qui concern les communists, ceux-
ci seraient, estime ce correspondent :

a trop r6alistes pour sc lamenter vainement sur ce
que represente en faith leur exclusion de 1'Elysde, et
ils se contenteront volontiers, en retour, de posters
substantiels dans le prochain gouvernement... ,

Au sujet de la reconduction possible du gouvernement
Blum, le correspondent du Daily Telegraph ecrit :

< Le parti socialist serait heureux de voir iM. Blum
former un gouvernement de coalition et les commu-
nistes d6clarerit qu'ils y souscriraient. *

Sous le titre : ArriBre-plan i la crise frangaise ,, le
correspondent parisien du Daily Worker public un article
sur deux tiers de colonne, consacrd, a la situation ginBrale
de la France et au probldme d'Indochine. Ce correspondent
insisted sur la necessity pour la France d'accroitre sa pro.-
duction pour donner plus de force h la champagne de reduc-
tion des prix. Il ne menage pas ses critiques h l'6gard de la
politique frangaise en Indochine. (Voir la conclusion de cet
article plus loin.)
En revanche, Walter Farr, dans le Daily Mail, ecrit un
long article intituld : a Cette semaine, la France prend un
nouveau depart ,. Il rend un chaleureux hommage h la per-
sonne de M. Ldon Blum et rappelle aimablement que son
gouvernement a regu en France le surnom de a Gouverne-
ment du P6re Noel .. Le Pr6sident Blum est 1l'homme des
xpiracles ,,.


Cependant, Walter Farr emct quelques reserves sur le
caractere durable de la politique actuelle du gouvernement
Blum, et il fail dtal des dilliculds que la France rencontre
dans son Empi.e el dans le lediement de ses probh.mes
sociaux. (Vo.r un extrait de cet article plus loin.)
i ausre par, it. Mat.hews dans le ua.,y Hr:.aid, :ntitule
son long artiir.e 5ur la 1 ranch. : 4 Les tren.e et an jours v.
Lui aus i rni d bo dub homage A la pe.sonne inlme .da
citf cn gouve nemcntc ; il race I'historique de la cruise qui
a mend V1. Blum ai saisir Ies renes du gouvcrnemeut maigrd
sa propre voloute.
I( Eh bhin, le 17 decembre, MI. Blum a accepted Ic
pouvoir et il a rdfldchi longuement. I1 est arrived A la
conclusion que, si l'on ne voulait pas que ie franc s en
ailifl en fumde, il falla:t r6duire les prix. Sa decision
prise, il s assura qu'il ne pouvail y avoir (e fuite...
et une vague gigantesque d'optimisme dans 1 avenir de
i] France et au franc sembia balayer .t pays.
c Simultandment, d'autres measures furent prises
et quand Ldon Blum remettra sa dem'ssion au premier
President de la IV' Rdpublique a la fin de ces trente
et un jours, non sculement il aura m6ri d, mais il aura
acquis ia reconnaissance de tous les Frangais.
a Ii aura dgalement acquis la gratitude du parti
socialist qui, avant qu'il ett le pouvoir, avait ten-
dance h se consitalcer romme une armed. d6faite, con-
damnde i disparaitre entire les grands blocs rivaux :
communis'es et M.R.P.
Le parti socialist, si les elections avaient lieu
remain, pourrait fort hien, malgre ses partes de un
million de voix aux dernieres elections, se retrouver
une fois encore le part le plus fort de France. Qui.
sauf Blum, pourrait succeder A Blum quand seront
echus les trente et un jours ?...
a Quoi que 1'avenir nous reserve, il ne fait pas de
doute que seulement le sabotage volontaire par
rIextreme droite on extremee gauche pourrait faire
sortir la France du droit chemin oh l'a rnise son pre-
mier ministry de 74 ans. ,

2. INDOCHIN
On troupe aujourd'hui encore quelques comnlpttaires sur
l'Indochine. Walter Farr, dans le Daily Mail, lui consacre
quelques lignts dans l'article mentionn6 ci-dessous.
a Les Franqais commencent a dire que cc soulevc-
ment, cause dde violent combats, pourrait conduire i
la ddsintegration rapid de 1'ensemble de 1'Empirc
frangais. a

Le corrcspondant parision du Daeily WOrker critique la
politique du gouvernement Blum en Indochine et accuse
M. Moutet de s'dtre laiss6 prendre en- mains par le gnderal


__ __








a BULLETM, g'UO'flIME DE1 PRESSE TMANIG*HrR


Lcclere et 'namiral d'Argenlieu et de n'avoir pas pris en
consideration les avanccs de Ho Chi Minh >>.
Dickson Brown, correspondent special du News Chronicle,
trace un tableau tres sombre de 1 6tat dans lequel se trouve
la ville de Hanoi. Scion ce correspondent, la capilalc in'st
plus qu'un amas do ruines, les magasins ont B,~ pills, les
reservoirs d'eau ont atteint un niveau alarmant. La poli-
tiquc du Viet-Nam serait celle de la terre brfilee. Les .priuvcs
s a.cumu.ent que Ho Chi Min.h ne strait plus a mine do
contr6ler son gouvernemen.. I1 est doulcux quil soil per-
sonncllement responsible du gouverncment.
Depu s son ritour de FLance, il aurait 61 le jouet d'une
cliq',. i)cpuis es nmols, prCcise ce correspondant, il ne
so a pius ibre; il n aurai. plus I auiorisa.ion d avoir des
.. p so. ln av'Cc .es agi n consulair-s qui. iupa-
ra\an,, ava.ent coutume de le runcontrer tou.es les semaines.

3. CONFERENCE DES SUPPLANTS
Ccitt conference fournit matire A quel-ues articles, no-
La.nien. dans le Manches er Guardian, le News Chron.c.e,
Ic Du,ly Wo,'ker.
L. MuiLntester Guardian fait 6tat d'une ddp&che de Reiuter
se:ou laquei.le e gouve.ncment tcheque essaierait dap.auir
Luus les d;iftren.s qu elle a avec la Pologue pour que les
c.d.dgations tchbque et polonaise pussiint adop er uuc atti-
tude commune h i'igard Ie 'Alleinagne. 11 sigaale 6galement
que la Grande-Bretagne est disposee h admectre les vu-s d&
1 Au:riche, pace qu'cle consi.die celle-ci comme une com-
plice involontaire du RLich.
Les autres journaux se bornent A donner des renseigne-
men.s d ordre nmariel sur l'ouverture de la confdrcnce.

4. BIRMANIE
La press rcproduil, soit iin erxenso (Times), soit en parties,
les paoles qui ont &t6 changes entire M. Attiee et le chef
de la d68:gation birmane, lors e l'ouverture de la Conference
de Londrcs qui fixera le sort de la Birmanie.
Le Daily Express fai, mention dune protestation adress6e
au gouvernement b'itannique par le capitaine R. Derhannes,
otficier Ce liaison aupr&s de la 147, armec pendant la 'cam-
pagni de Birmanie. Le-ui-ci rappelle au government que
certain membres de la delegation birmane actuellemert i
Londres ont collabole avec les forces japonaises et que Aung
San, chef de la di66gation birmane, a ite d6cord par les
Japonais de 1'ordre du Soleil Levant.

5. ACCORD SOVIETO-AFGHAN
La press signal qu'un accord a 4te signed entire le gou er-
nement russe et le gouvernement afghan pour la delimitation
des frontieres communes enre les aeus pays.

a) LA VISIT DE M. BLUM A LONDRES.
1. Times (14/1) :

e Cette visie la premiere qui a W6t rendue par un
Premier Minislre frangais depuis 1940 a e&. propo-
ske par M. Attlee. M. Bium et lui sont des amis person-
nels de longue date. Piusieurs en:reliens et changes
de lettres avaient prepare cette visit. II y a quinze
jours, M. Blum avait eu une longue conversation avc e
M. Duff Cooper, au course de laquelle il avail souligne
son d6sir de d6velopper les relations d'amiti& entre la
France et la Grande-Bretagne, mais il avait insis:~ 6ga-
lement sur les besoins de la France en carbon. L'im-
pression qu'en retirent les Britanniques, est qu'une de-
claration d'amitie, peut-ktre au moyen d'un trai'6 d':cl-
'liance, trouverait son plein echo en France seulement
dans le cas oi ses besoins en carbon seraient satis-
fails grace au carbon de la Ruhr. Quand M. Mocli,
ministry des Travaux publics, se trouvait ici il y a d x
jours, on lui expiiqua la raison pour laquelle il 6:ait
difficile d'allouer A la France davan.tage de carbon de
1 Pt.uhr. Le charbon doit rester en Allemagne un cer-


tain temps, afin qu'on en puisse produire davantage
p.us .aru... Ceia ne signifie pas que la quLstion du
carbon aera exeae des diccassioas. Mais ies Francais,
qui admettent a regret ie bien-fondc de 1 argument bri-
lannique, seton lequel le carbon doit rester en Alle-
niagne pendant un certain temps, se demandent quel
sera ca de6ai et dans queie mneoure les auturnt6s briian-
niqucs e, amer.caines enteadent reconsiruire l'indus-
trie atiemande. De la response qui leur sera faite dB-
pendent ies e-pJirs des 1'radais de recevoir assez ra-
p.dlment uea qanLal su,fi~Late de carbon. De teiies
quiS.,CbJ'II Siroit sans dou.e soulevees dl.sl ies jours
q-. vinimie.-. lJ_ ieur coti, .es miin.sre, briianniques
c'.itc.u.i. tLuies e, sLagg2.:oJins .ranlaiSLs e. s'cfatr-
ccrjit d'asdsrer aa iv''auce qa elle recevra toue sa
pari' qIalti uae qaanLtld p,us graiide de carbon sera
disponibie.
L, dec.arations officiellcs, tant A Paris qu'A Lon-
dr-s, solt d'accord pour lais.scr eateanctr qu'on e.u-
d.aer partica.ierLement es poisibiiit6s d une harmoai-
sa.ion pius 6tri,e ties deux Cconumies. Le Comiit
fi.iancier et ecoanou.que co.ijoint anglo-trangais, qui
csti.eja arrived a u es accords tres precieux pour a'aug-
menCahion da irafic cainmerclal, doit se reunir bientot
a Paris, et rien (pen-e-t-on A Londres) ne pourra aider
dvanlage son travail que de nouvelies direcives -
pius precises et plus coump:.-s que celies du pa>s& -
des chlfs des gJuverneenties. II se peut que des pro-
jets Lendant A rapprocler plus 6troilemenat les deux
economies lmanqdeuit pour l'inslant de precsion, parce
que ie Gouavrneilent brilannique ne possede encore
aucun p.an synierique du plan Monnet. Mais, meme de
cc te lagon, une forme de cooperation future pourra
e.re fixee.
Enfia, on souligne a Londres que rien n'est exclu
des discussions. E.les pourront r6erver des surprises,
tant poiliques qu'~conomiques. ,

(Du r6dacleur diplomatique du Times.)

2. Manchester Guardian (14/1, liberal) :
Il est probable que M. Blum renouvellera les ef-
forts dBjA accomplish dans le pas.e par le parti socia-
lise Irangais pour attenuer les divergences de vues
entire la Franc.e ei la Grande-BreLagne A l'egard de I'Al-
lemagne. Les Frangais, qui pensent que la nomination
di general Marshal indque que les Etats-Unis ont I'in-
tention de se concenLrer sur le Pacifique, considerent
comme extremement important que la France et la
Grande-Bretagne conna.ssent leurs positions respective
an moment ou ii faudra discuter le sort de l'Allemagne
avec I'Union SoviBtique. Elant donn6 que la visit de
M. Bium a lieu deux jours avant sa d6mission, il faut
la consider comme la preuve qu'il pourra permettre
A son successeur de recueillir les fruits de ses entre-
liens, ou bien qu'll envisage de rester A son pose quel-
que temps encore apr6s sa d6mission officielle. malgr6
ses declarations anterieures.

3. Daily Telegraph (14/1, conservateur) :

< La France a 6te m6contente de la part du carbon
allemand qui lui est allouae et elle s'oppose vigoureu-
sement a toute politique ;endant A accroitre le potential
industrial de l'Allemagne. Bien que le Gouvernement
britannique considire avec inltr6t les vues franqaises,
il ne peut, en raison de la fusion des zones brilanni-
que er americaine, accepted aucun engagement sans
consulter les Eta:s-Unis, qui seront tenus au courant des
conversations. ,

(Du r6dacteur diplomatique du Daily Telegraph.)







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE 3


4. Daily Mail (14/1, conservateur) :
< TTn des buts essentials de M. Blum, h Londres, est
d'nbtenir du carbon de M. A:tlee. Les Francais nous
sou.ponnent de vouloir reconstruire l'Europe autour
d'une Allemagie ressuscitee. Ils veulenl obtenir une
quantity plus grande de carbon allemand et s'assurer
que le res'e de l'Europe, y compris la France, est mis
a mime de restaurer son Pconomie ; aprBs quoi, ils se-
ront prets A discuter de l'entr6e de 1'Allemagne dans
la famille europ6enne. >>
(WALTER FARn.'

5. Daily Express (14/1, conservateur) :
< M. Blum discutera avec les ministres britanniques
sur l'Allcmagne. II plaidera en faveur des interets fran-
gais en Sarre. II soulignera le danger de permcttre A la
Ruhr de devenir une menace pour la paix.
Les Frangais se trouvent devant une grave crise en
Indochine. De violents combats menacent d'affecter les
in:lrits britanniques et americains en Extreme-Orient.
M. Blum, pense-:-on, essaiera d'expliquer la politique
francaise et examiner dans quelle measure elle peut
6:re harmonis6e avec celle des autres puissances occi-
dentales. mm
(GORDON YouNG.)

6. News Chronicle (14/1, liberal) :
< II se peut qu'il y ait un change de vues sur F'ave-
nir de l'Allemnagne, bien que cette question, comnme le
savent les deux Premiers Ministres, constitute un pro-
b:'6in intlressant les qua-re puissances et devant etrc
r6gl6 a Moscou. M. Blum pourra 6ga!ement avoir quele
que chose A dire au sujet des dernieres measures fran-
caises en Sarre et du but final de la France dans ce
territoire. Mais tout semble montrer que le plan Mon-
net constitute pour M. B'um son premier centre d'in-
tre8:. Pour entreprendre son execution avec des chan-
ces de success, le Gouvernement francais devra aug-
menter ses resources en matieres premieres. Or, de
toutes les matieres premieres don't la France a besnin,
]c rharbon est de loin la plus important' et la plus
urgente.
(ROBERT WAITHMAN.)

7. Daily Worker (14/1, communists) :
c On sail que le chef socialist du Gouvernement
provisoire de la France esprait que le gouvernement
travail iste aurnit < un geste > part:culier en sa faveur,
en accedant A sa demand de carbon de la Ruhr. i

8. Daily Herald (14/1, travaillistel :
< M. Blum ne demandera pas Avidemment de char-
bon briannique, car il salt qu'il n'est pas possible d'en
avoir. II demandera une augmcn:ation des exportations
du carbon de la Ruhr vers la France... Mais cela aussi
est plus que difficile. ,
(W. N. Ewnn i

b) LA SITUATION POLITIQUE EN FRANCE.
1. Daily Mail (14/1, conservateur) :
< Jeudi prochain, le system republicain que le r-
gime pro-allemand de Vichy essay d'abolir il y a six
ans va re'prendre vie.
GrAce un home, A un seul homme, il y a d'ex-
cellentes chances que le depart s'effectue brillamment.
Cet homme, c'est le President Leon Blum, AgC de
74 ans; hier, il a soudainement 'dcided de partir par


avion pour Londres, en vue de conf6rer avec le Gon-
vernement hritannique.
Blum, offrant en cela un contras'e marque avec la
plupart des cabinets francais forms depuis la libbra-
tion (y compris les cabinets diriges par le general de
Gaulle), a agi avec rapiditW pour eviter la banqueroute
don't la France 6lait menacee a la suite de la course
entire les salaires et les prix.
Blum agit, nu lieu de dblibrcer. 11 avait cependant
devant lui peu d'encouragements r6els A I'action. II pst
encore trop t6t pour dire que le miracle a 6t0 accom-
pli, mais son plan, qui peut se resumer ainsi : < Da-
vantage de travail et moins d'argent >, a certainement
abou'i A des resultats miraculeux. Si Blum revient au
pouvoir, la ,plupart des Francais ont la certitude que
son plan pour sauver le franc rBussira. >
'(WALTER FARR.)

2. I)aily Worker (14/1, communist) :
< Nous sommes maintenant confronts avec le spec-
tacle bizarre d'un 'gouvernenmenJ socialisle 6tabli sans
le soutien de la classes ouvriire, qui se voit prie par
les journaux les plus r6aclionnaires de res!er au pou-
voir.
L'objec'if de la droite est d'isoler les socialists afin
de les d6truire plus facilement par la suite, et en
mnme temps d'6loigner les communists du pouvoir
et de laisser la crise ouverte.
Car c'cst sur la prolongation de la crise et de PIins-
tabilil6 que compete la droite pour detruire la fiddli6:
du people A l'6gard de la d6mocratie et pour revenir
une fois de .plus au pouvoir. >
(Du correspondent A Paris du Daily Worker.)

C) LA REUNION A LONDRES DES DELEGUES DES MINISTRES
DES AFFAIRS ETRANGERES.
1. Times (14/1) :
< Les d616gu6s des ministries des Affaires 6trangBres,
qui se rencontrent aujourd'hui pour la premiere fois,
se trouvent devant deux tfches bien dis:inctes l'une de
l'autre. Elles le sont et devraient le rester. Le regle-
inent de la question autrichienne ne depend en aucune
facon du regl-ment de la question allemande.
L'6bauche d'un trait avec I'Au'riche existe deja et
les principaux 6'6ments de son statute fu.ur ont 1et
longtemps un terrain d'enlente common aux Allies.
L'&laboration du trail de pnix avec l'Allemagne fail
encore pariie d'un av-nir 6:oign..
Le but actuel des d6l6gubs se limile A la preparation
de rapports qui seront soumis a la reunion du Conseil
des Ministres des Affaires 6trangeres, en mars. Des pr&-
para:ifs de grande importance pour le reg'ement de la
question allemande se font 6galement A Berlin, oif le
Conseil de contr6le travaille A la preparation d'autres
rapports pour la conference de mars. Toutefois, la reu-
nion qui se tient aujourd'hui A Londres marque le de-
but d'une nouvelle tape pour ce qui est des affaires
allemandes.
L'une des premieres conditions pour parvenir A un
r6g'ement stable doit 8tre de brosser un tableau clair
de l'avenir de 1'6conomie allemande. ,

2. Daily Herald (14/1, travailliste) :
< Les de16gu6s des ministres des Affaires etrangeres
se r6unissent aujourd'hui A Londres, pour avoir des
entretiens preliminnires sur les traits de paix qui se-
ront conclus avec l'Autriche et 1'Allemagne.
Les quatre puissances : Grande-Bretagne, Elats-Unis,
Union Sovietique et France, y prendront une part








4 BULLETIN QUOTIDIEN DB PRESS ATANGfBRE


effective ; mais elles pren'dront connaissance des vues
exprim6es par les nombreux autres E.ats int6re.isss A
la question. Ce sera certainemenl une ische difficile
que d'arriver A conc.lier les int6reis rivaux que met
en jeu 1'avenir de ces deux pays el particulirement
l'Alemagne. Mais la n6cessit& d'arriver A cet accord
demeure toujours le centre des efforts de paix; et le
d;ai que F'on apporie A la conclusion de ce; accord
est en grande pariie la cause de la tension persitantc.
Potsdam nous a fourni un arrangement provisoire
pour l'occupation de ces deux derniires contrees, et
l'esqu-sse d'un plan 6conomique pour les reparations
et le d6sarmement industrial de 1'Allemagne. Les pro-
b:'mes politiques essen.iels restlrent sans solution.
D6ji, cependant, le plan economique a fait faillite;
i'occupa'ion est devenue un fardeau pour les puissan-
ces occupants. Pour la plupart des gens, en Grande-
Bretagne, la continuation de l'occupation mililaire en
Autrlche semble eire revenue un fardeau qui pese sans
necessile sur nos resources en main-d'ceuvre. Dans le
cas de l'Alemagne, les discussions seront sans ;ucun
doute beaucoup plus longues et beaucoup plus diffi-
ciles.
11 faudra substituer aux propositions de Potsdam un
nouveau plan 6conomique. Une measure a W6t prise en
ce sens, avec la fusion Bconomique des zones britan-
nique et amnricaine, qui a pleinement r6ussi, et l'of-
fre que pourrait faire la Russie de se joindre a cette
association serait exe:rmement bien accueillie.
On doit reviser le plan initial pour qu'il permeate
un niveau plus l6ev6 de production et une embauche
accrue, de facon a ce que le pays puisse se suffire a
lui-meme.
II est devenu Avident qu'il n'est pas possible de gou-
verner l'Allemagne avec efficaci 6 sans l'adminislr ition
central allemande que proposait l'accord de Po:sdam.>



II. -- PRESS AMERICAINE


Revue de la pressie amW&icaine du 13 janvier 1947
1. DISCOURSE DE MM. BYRNES ET VANDENBERG

Les discours sur la politique americaine prononces an Fo-
rum de Cleveland par MM. Byrnes et Vandenberg sont
i'objet d'une tres large publici. Les grands journaux en
publient integralement le texte, soulignant leur caractere de
discours-prograrcmmi et insistent sur I'un!tL de vues des deux
hommes d'Etat qui sont les porte-parole des deux grands
parties amiricains.

2. ALLEMAGNE

A la veille de I'ouverture A Londres de la Conf6rence des
supplantt., des dpteches de France, d'Angletcrre, de Russie,
d'Allemagne prcsentent les vues de res pys A 1'cgard du
probl6me ailemand. Dans une d6peche de Paris au Newi
York Times. Sulzhergcr souligne les declarations faites par
M. Bidault au cours d'une interview. L'cx-PrPsident du Con-,
seil a expo:.e de noiuvcau la thise franchise du ditachement
de la Rh6nanie, de la Ruhr et de la Sarre. II a insisted sur le
danger que l'Allemagne continue de presenter pour la France
et sur la resolution de ce pays de s'opposer i toute poli-
tiqus tendant s In ertation d'une Allemagne unie et pulis-
sante. I1 a declared que les Frangais ne desespCraient pa1
d'amcner.-leius all s i comprendro leur point vd rue g Ins1
.ret certaines declarations etonnantes come cells faite s
recemment par Ie general Clay >>. AI. Bidault a di. que la
France etait favorable a unie Allemagne fed6rde, mais il a
souiignP la nd6ctsitl de regler les questions frontibres do
l'Allemagne avant d'aborder celle de son regime politicue.
Danielle cihbl de Londres au New York Times qu'il est pen
probable |que les deinndes de France en faveur dsu dtahlie-


ment de la Rubn et de la Rh6nanie trouvent un appui quel-
conque de la part des autres puissances. Les autres d6peches
de Iondlres an New York Times d6clarent :

Dans les milieux officials britanniques, on consi-
ai'cr maintenant comme admis que les adjoints des
Quatre et plus tard ces derniers vont s'efforcer de pre-
parer tin < statut de paix > pour l'Allemagne qui res-
semblera plus a une revision et a un d6vetoppemeni
de l'accord Potsdam qu'h unn trai'e de paix tradi-
tionncl. n

Dans une 'Apeche de Moscou au New York Times, M. Mid-
dleton resume ainsi ]a politique sovidtique a I'dgard de
I'Allemagne :

SD6nazification et d6militarisation. ContrBle .de la
Ruhr et augmentation des niveaux de production pour
re territoire. UnitS economique et politique. Continua-
tion des tran-,ferts de materiel industrial des zones
occidentales ii I'U.R.S.S. A titre de reparations. ,

Une autre dpiche de Moscoui au New York Times signaled
Particle de Monin paru dans le journal sovidtique Lea
Temps Nouveaux, soulignant la n6cessite d'unifier 1'Alle-
magn'e politiqucment et 6conomiquement pour Cviter la divi-
sion de cc pays en spheres d'influence. La dpcrche ajoutn
que cctte declaration < est consid6rde par les diplomats
Strangers A Moscou comme une des opinions les plus impor-
Inates qui aicnt 6t6 exprimdes en U.R.S.S. sur le probl6me
ellemand o,. Enfin, d'apres uine d6ppehbe de Berlin an Neri
York Herald Tribune, Jakob Kaiser, president de 1'Union
chr6tienne d6mocratique, preconise que le trait de paix
avec l'Allemagne soit sign par les ropr6sentants des prin-
cipaux parties politiques allemands, puis ratified par le p.-uple
allem.and dans un referendum. Le Kaiser estimerait qu'une
trlle ratification cmpechernit dans l'avenir qu'un parti nazi
on militariste fasse retomber sur la republique d6mocra-
tique allcmande de domain la responsabiliti d'avoir signS
4 une paix de honte et de defaite ,,
D'aprBs une dtepche de Paris an New York Times, la
France va remetire a la Conference des adjoints une propo-
sition de trait avec l'Autriche conform dans ses grades
lines A la proposition britannique. Les Frangais voudraient
ritablir les fronti6res .autrichiennes de 1937. Les clauses eco-
nomiques du project frangais. et notamment cells concernant
la libre navigation sur le Danube, sont similaires a cells
des traits danubiens pr6par6s par les Quatre i, New-York.
Le Christian Science Monitor public une depeche de Huid
date de Baden-Baden declarant que administration de la
zone frangaise d'occupation eh Allemagne done un b6n6fice
a la France. D'aprbs le correspondent, ce rssultat est dfi en
grande parties h l'habilet6 de cette administration. D'apr&s
une d6epche A.P. de Paris reproduite dans le New York
Time's, I'agence France-Presse a d6menti que la France pro-
cedait A des transferts d'dquipement indus:riel do diff6rentes
parties de sa zone d'occupation on Sarre et en Alsace. Selon
une de6p6che de Washington au New York Times, la FedS-
ration amdricaine du Travail vient d'adresser un message a
M, Bevin et au president des c Trades Union Congress *
protestant centre la decision qui aurait it, prise par lI
World Federation des Trades Unions en faveru diu travail
force dans lcs mines de carbon de la Ruhr.

3. INDOCHINE
;D'apris une d6pache de Paris au New York Times, L6on
Boutbien, qui accompagnait M. Moutet dans son voyage en
Indochine, a dMclarf a sa dcsceitf d'avdin que les Frangais
et les Vietnamiens 6taient 6galenient responsables .es trou-
bles actuels d'Indochine. II a dit qu'apris avoir conf6r6 aver
les leaders vielnamiens, il 6tait convaincu que les incidents
d'Haiphong qui ont cause le sou'lvement 6taient le resultat
d'erreurs commies par les Frangais. Une depiche announce
par ailleurs ie partt de l'lle-de-France avec renforts pour
1'Indochine. D'apres une d6peche U.P. de Paris, M. Moutet
a annone6 quo la France







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE


q a conciu un accord avec des 6l6ments indochinois
autres que les rebelles vietnamiens 2.

4. L'EXPERIENCE BLUM
M. Hymphreys dans le New York Heziald Tribune et
M. Warren dans le New York Times rendent homage i
M. Blum pour les measures < audacieuses qu'il a prises
pour arrbter la hausse des prix et sauver la France. M. Hum-
phreys inttuTe son article : Geste magnifique de Leon
Blum. >> M. Warren relieve la vigueur de la champagne entre-
prie par le Pr6sident :
e La France, dit-il, n'avait pas vu une Iclle encrgie
de la part d'un gouvcrncment depuis la Libdration. >>

M. Hargrove, corrspondant du Wall Sreet Journal, rend
bgalement homage A < l'denergie et conviction a don't
M. Blum a fait preuve dans sa croisade ,a Bonoinique. Mais
il prdvoit que experiencece Cchouera en raison du chef socia-
Jis%:e.

3. PIuSONNIERS ALI.EIANDS
Le Chicago Daily Tribune public une nouv.llo "dlpich,, die
son correspondlant a Paris, Henry Wales. sur les conditions
de vie des prisonniers allemands en France. La ddepche est
intitulde : & Ag6 de seize ans seulement, 'un Allemand est
prisonnier depuis pres de deux ans ii est trop jeune pour
fumer, ,mais i! cst miuffisamment agd pour etre rdduit a 1'Ptat
d'esclave ,.
6. CHINE
D'apres une dclpechc de Shanghai au New York Herald
Tribune, les rddc;arations du g6ndral Marshall sur la Chine
ont eu une heureuse influence dans ce pays ot 1'on note
une amelioration de l'atmosph&i-e politique ,. La d6peche
ajoute que les nouvelles offres de paix aux communists
chinois scraient en preparation dans les milieux nationa-
listes. M. Durdin. correspondent au New York Times h Nan-
kin, declare qu'au course d'une interview Tchang Kai Chek
'a fait l'loge du g4ndral Marshall pour ses declarations sur
la Chine, nmiis a rejetd sur lcs communists la responmsabilit&
de In situation actuelle.

a) Le voyg ge' ide 3. Blunt i Ljadoles (New York Herald
Tribune, 14/1, edition europEenne)
(< M. Leon Blum est arrive a Londres cet apres-midi
pour discuter de questions economiques et oommerciales
avec les leaders gouvernementaux britanniques. La pos-
sibilit6 que ces conversations puissent servir de point
de depart un trait d'amiti6 anglo-frangais n'6'ait pas
6cartde ce soir par le Foreign Office.
Un porte-parole du Foreign Office a declare qu'une
alliance entire la France et la Grande-Bretagne 6tait
< dans l'air a depuis que'lque temps et quand M. Blum
prendra contact avec le Premier Ministre .Atilee ct le
ministry des Affaires dtrangcres, Ernest Bevin, a ajouti
le porte-parole, il est possible que la question d'un lei
pacte soit soulev6e.
Ces conversations qui dureront deux jours et qui
commenceront demain par la rencontre de M. Attlee ct
51. Blum seront vraisemblablement consacres en parties
-1 examiner 'la demand de M. Bium en vue d'obtenir
une attribution plus grande de carbon a l'industrie
francaise. Certain de ne pouvoir obtenir davantage de
carbon de la Grande-Bretagne elle-mime, M. Blum in-
sis'era sans doute pour une augmentation des exporta-
iions de carbon de la Ruhr vers la France, bien que
les autoritds de la zone britannique en Allemagne so
soient trouvbes r6cemment dans I'obligation de rdduir,
les exportations de carbon de la Ruhr.
Au course de P'entretien qu'il aura avec M. Bevin;
M. Blum abordera sans doute la question de l'Allemagne
dans son ensemble en se ref6rant en particulier i'ave-
nir de la Ruhr et.de la Rhbnanie. A ti:re de ininistre


des Affaires etrangeres, ii discutera vraisemblablement
aussi de l'action que la France a entreprise le mois
dernier en 6tab'lissant une frontiere douaniere entire la
Sarre et I'Allemagne.
II est probable que la visit *de M. Bium faite sur
l'invitation de M. Attlee comprendra des discussions
avec Sir Stafford Cripps, president du Board of Trade,
qui dirige la champagne pour accroitre les exportations
de la Grande-Bretagne. Au course des derniers six mois.
les missions &conomiques francaise et britannique se

sont rencontrees pour laborer un plan commercial
juxtaposant 'les efforts 'des deux nations; les progr6s
r6alises A la suite de ces pourparlers seront passes en
revue et la line de conduite future sera tracee.
Les observateurs qualifies A Lonrdres d6elaraient au-
jourd'hui que M. Attlee 6tait trbs d6sireux de discuter
de la formation 6ventuelle d'une union Aconomique
anglo-francaise et en particulier d'un arrangement doua-
nier.
La visit de M. Blum est consid6rke A Londres come
opportune en raison de 1'identit* des vues des gouver-
nements socialists de France et de Grande-Bretagne;
on considbre la visit A Londres de M. Blium comme
tr6s opportune. Les observateurs diplomatiques entre-
voient quune attenuation des diff6rends entire les deux
pays a propos du reglement final 'de Ia paix avec 1'Alle-
rnagne sera un des rbsultats A attendre des pourpar-
lers >.

b) Ex;tihats du discorrs Ipronon~e prr M. Bfyries d Cle-
ne1mned.

< ...Nous avons fait clairement comprendre que, quoi-
que nous ayons l'intention de r'duire le fardeau de
l'occupation, et lorsque nous le ferions, nous ne cher-
cherions pas An chapper A nos responsabilitds. Et nous
avons aussi fait comprendre clairement que tant que
nos allies maintiendraient des troupes en Allemagne et
en Autriche, les Etats-Unis feraient de mnme.
Nous nations d6terminds A apporter notre contribution
A l'etablissement de la paix dans un monde fatigue t'de
la guerre, et nous n'avons cherch6 aucune excuse si
plausible qu'elle fut, pour nous drober A nos respon-
sabilit6s.
Les traits avec 'Italie et avec les pays ex-satellites
de l'Axe, tels qu'ils ont 6t6 finalement r*tdiges aprAt
des mois de nbgociations et de 'discussions intermina-
bles, na sont pas parfaits; mais ce sont des traits aussi
bons nque nous puissions espdrer d'en faire en cherchant
A arriver rapidement, ou tout au. moins dans un laps
de temps raisonnable, A un accord g6n6ral.
Ces traits marquent une Atape 'du relour a la paix.
Le fait que les allies aient pu se mettre d'accord sir
ces cinq traits laisse esperer qu'ils pourront bien'6t se
mettre d'accord sur les terms d'un trait avec 'Au-
triche et i'Allemagne.
Ceci .permettrait de mettre fin a l'occupation militaire
de tous les pays de 1'Europe, y compris l'Allemagne, et
soulagerait des millions 'de gens du fardeau de ]'occu-
pation militaire...
La lutte pour Atablir la paix est une lutte pour faire
r6gner le droit et la justice. C'est une lutte incessante.
Le droit et la justice ne peuvent se d6velopper et Atrc
appliques qu'au moyen des institutions existantes, ca-
pables de vivre et de croitre, et ces institutions doivent
jouir de l'appui 'd'une force assez grande pour prot6ger
les nations qui respectent la loi centre les nations tpq
I'enfreignent...
Si nous voulons contribuer pour notre part A 6ta!lir
le rbgne de In paix par la loi, nous devons drne garder
levant les autres nations la force militaire q'li nous
est n6cessaire si nous voulons nous acquitter de no.s






a BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESSI1E E i3ANGIERE


obligations. La force ne fait pas le droi', mdis nous
devons compren'dre que dans ce monde imparfait la
force, aussi bien que la raison, affecie les d cisions
internationales.
La Charte impose certaines responsabilit.s aux
grades nations paree qu'elles possident la puissani3c
militaire n6cessaire pour maintenir la paix si el;es veu-
lent vraiment maintenir la paix. Leur force relative est
telle qu.'aucune d'entre elles ne peut impuneinent alten-
ter A la paix si les autres restent unies et pretes a dri-
fendre la Charte.
Nous nous sommes unis A nos allies des Nations Unies
pour supprimer la guerre. Nous nous sommes engag6s
avec eux A ne pas nous servir de la forct. si ce n'est
pour 'dfendre la loi. Nous tiendrons cet engagement.
En tant que grande puissance et membre permanent
di. Conseil de S6curit6, la responsabiit6 nous incombc,
que le veto soit en vigueur ou non, de veiller a ce que
les autres nations ne se servent pas de la force si ce
n'est pour d6fendre la loi. Nous devons nous acquit er
de cette responsabilite. Et nous devons cotnprendre que
I'Organisation des Naiions Unies ne pourra emp&cher
Ta guerre que si les grandes puissances sont non .eri-
lement pretes A respecter la loi mais aussi pretes a la
defendre activement...
Dans le passe, la loi international s'est trop occupee
des regles de la guerre dt trop peu des regles de la
paix. Je m'interesse plus aux falcons 'd'empecher la
guerre qu'aux moyens de faire Ia guerre. Si nous n'Lta.
blissons une loi international commune qui d.efinAsse
clairement des regles de conduite sur lesquelles nous
serons tous d'accord, semblables aux regies qui gou-
vernent les decisions du resort de la Cour interr. dio-
nale de justice et telles que celles sur lisquille. nous
esperons pouvoir arriver A un accord pour le contr6le
de 1'energie atomique, les problimes internationaux qui
se posent entire les Etats souverains devront etre rtso-
lus par des accords entire les Etats souverains.
Les Etats-Unis ont pris l'initiative de proposer le
contrble et l'6limination 'des armes atomiques et des
autres armes de destruction massive aux terms d'une
loi acceptee de tous. Cette loi doit comprendre des
garanties claires et adequates qui protegent les Etats qui
la respecteront des 'dangers de violation et de sub er-
fuges. Ces garanties devront etre assez explicites et pr6-
cises pour empecher un Etat qui viole la loi d'entraver
toute action rapide et effective destinee A faire respec-
ter la loi.
Si une nation accepted, par un traitM solennel, un p an
de contr6le des armes'atomiques et accepted que toule
violation de ce trait soit punie, j'ai peine a comprendre
pourquoi cette mime nation ne peut renoncer a exercer
son 'droit de veto, si elle 6tait accuse d'avoir v;ole le
trait .qu'elle a signed.
En 1921, alors que j'etais membre de la Chambre des
Repr6sentants, j'ai propose que le President r6unisse
une Conference en vue de limiter les armements naval.
Par la suite, le President a bien r6uni cette Conf6rence.
Ce qui s'est passe ensuite influence ma fagon de voir
A~e maintenant. Alors que 1'Amerique demantelait des
*cuirasses, le Japon mettait au rebut 'des plans de na-
vires deji construits. L'Amerique ne fera plus cetle
faute... Nous avons propose avec insistence une limila-
tion g6nerale des armements, mais nous ne d6sarmerons
pas pendant que les autres resteront arms.
Et nous devrions veiller a ce que tous les gouverne-
ments respec:ent l'engagem-ent qu'ils auront pris de de-
sarmer.
Nous avons demanded avec insistence que 1'on >e
mette 'd'accord en premier lieu sur Ie con'r6le d.es
armes atomiques parce que celles-ci sont de toutes les


armes les plus destructives, parce que nous avons tra-
vaill A cette resolution pendanL p.us de six mois, et
parce qu'eiie pose de facon r6aliste le problem des
inspections et do, conir6le international. Nous sommes
persuades que si un accord est possible sur ce proble-
me, l'accor'd pourra se faire sur le contr6le des autres.
Arms principles et sur une reduction g6nfrale deo
armements.
Mais le rtgne de la loi international dans un monde
pacifique eL amical doit reposer sur quelque chose de
plus qu.e de simples regles, quelque chose de plus que
la force, et quelque chose 'de p.us que la peur. Nous
devons le fonder sur ie d6veloppement d'une commu-
.naute de sympathies, d'interets communs A tous les p-eu-
ples de ce monde.
C'est parce que nous avons su career une communaut-
de sympathies que la politique de bon voisinage a ete
efficace dans les deux Amtriques. C'est cette commu-
naut6 de sympathies qui a rendu possible I'accord de
Chapul.epec...

c) Exriidt dLt liscodi:ls piTonanlc6 plr le Senice:lear Van-
denberg & Clevelantd.
c ...Nous ne tramons point de conquites. Nous ae
reconnaitrons point les conquLtes des autres; noii na
fermerons pas les yeux sur elles. Nous ne demandons
rien pour nous-m6mes, si ce n'esl que 1'on soit loyal
envers nous comme nous le sommes envers les autres...
Nous faisons de notre participation aux Nations
Unies le cen re, le noyau de la poliique etrangere unie,
et non partisan, de I'Alnirique. Nous res:erons fideies
A la lettre et a l'esprit de ces obligations. Je crois pour
ma part que cela est vrai, quel que soit 1e gouvernement'
qui si&ge h Washington; et que cela sera vrai, 'dans la
mesure of les Nations Unies elles-mimes, resteront fi-
deles a la Charle.
L'O.N.U. n'est ni parfaite, ni infaillible. Comme toutes
les autres institutions humaines, elle peut commettre
des erreurs. Elle dolt apprendre a l'exp6rience. Elle doit
m&riter de survive.
11 est certain qu'elle court cer:ains dangers. Par exem-
ple, la clause qui rend necessaire 1'unanimite des cinq
gran'des puissances est a la fois une source de faiblesse
et de force. C'est line source dr force parre qu'unies.
ces grandes puissances sont invincibles. C'est une sour-
ce de faiblesse parce qu'u.n usage excessif du veto dans
le r6glement des disputes peut 'faire une farce du sys-
teme tout entier. I1 est encore beaucoup trop tBt pour
parler d'une operation chirurgicale importance sur la
Charte elle-mtme. Mais nous esp6rons que touts les
grandes puissances se nmettront toutes librement d'ac-
cord sur une notivelle interpret at.on de la Charte afin
de liberer de l'entrave du veto routes les negociations
qui visent A un reglement pacifique des conflicts. Je fais
de sette interpretation un critcre 'de la bonne foi inter-
nationale...
Nous ne devons pas &'re imipalients. 11 a iallu cinq:
annies pour diviser le monde en ses parties composan-
'es. 11 ne serait pas surprenant qu'il nous faille au
moins aussi longtemps pour l'unir de nouveau...
Nous sommes pr6ts A dsarmer : 1 dans la measure
mnme oif les autres puissances soit sincerement pretes
Q d6sarmer de fagon permanent et -effective; 2 et 'dans
la measure oi l'Organisation des Nations Unies et sa
toice de con:r6le remplaceront efficaceiment la force'
militaire. C'est lI notre reve le p'us cher. Mais nous
ne d6sarmerons pas seuls. Nous ne nous fierons pas A
la vqleur de notre example no-ir nrs'uader les au res.
Une fois dans le pass nou, .vons essay cette me.
thode. Nous tien'drons desormais compete de la r6alite..






BU4LiTIN QUOTIDIEN DE PRESSE ATIANS RE


Mais nous serons heureux de rivaliser avec les plus
grands efforts que front sincrement les autres titans
du monde pour disarmer, s'il exis e des reglements qui
nous garantissent contre la mauvaise foi. >

d) Apr-e la dkicours de M. Byrnaes et Ide M. Vandenz-
berg d Cleveland (New York Herald Tribune, 14/1;.

,c Samedi, A Cleveland, le secrLtaire d'Etat Byrnes a
prononce un discours d'a'dieu empreint de force et de
bon sens, tandis que le sdnateur Vandenberg a done
au monde I'assurance effective que l'unit* et la conti-
nuit6 de la politique 6:rang6re resteraient in.actes m.;-
gr6 le changement de majority au Congres et le depart
'de M. Byrnes. Cette unanimity d'opinion chez les Ami-
ricains sur les questions de politique 6trangere esscn-
tielles est incon:establement l'une des bases de la poli-
tique 6trangere .que M. Byrnes legue au g6n6ral Mar-
shall >>.


IH. PRESS SOVIETIQUE



Revue de la presse souidtique du 12 janvier 1947

Las journaux publient aujourd'hui un tr6s grand nombre
de commentaire3 qui ont trait, pour la plupart, A la poli-
tique anglo-amdricaine. Quelques articles sont relatifs L la
politique franchise. Si on except les comptes rendus sur eI
dipart du mar6chal Montgomery et la tongue analyse de
PAgence 2'Tas, eonsacrde a la stance du 10 janvier au Conseil
de security (question de Trieste), on peut classer les textes
en trois groups : l'orientation general de la politique amo-
ricaine, les repercussions diverse dr. la politique de la
Grande-Bretagne et des U.S.A., la politique frangaise. .

1. L'ORIENTATION DE LA POLITIQUE AMIRICAINE
Tous les journaux accordent une place de choix aux rC-
sum4s de i'Agence Tass relatifs au message du president
Truman sur les questions budg6taires amiricaines.
A propos de la admission de M. Byrnes, Leontiev pose
dans la Pravda la question de I'orientation-future de la poli-
tique etrang6re des U.S.A. Sans r6soudre ce problem, il
souligne la gravity des probl6mes internationaux que Ia
politique amirieaine devra r6soudre, notamment au sujet
du d6sarmement.
Sans faire allusion A la d6mission du Secretaire d'Etat, les
Izuestia se posent la ,m.me question et oppo-sent Ie recent
broadcast < pacifique > de M. Austin .au rapport qui a et6
pr6sent6 A la Chambre des Reprisentants sur extension du
r6seaui des bases americaines dans le Pacifique. Le Journal
indique que ies fles Kouriles, bien qu'itant une possession
soviitique figurent dans ce r6seau.
Un autre article des IzvestYa cherche a expli4uer la dmis-
sion de M. Baruchl et s'efforce de imontrer le r61e jouui par
celui-ci en tant que repr6sentant des nilieux preeon:sant la
diplomatic atomique.
L'organe du Soviet Supreme reproduit enfin une depeche
de l'Agence Tass annongant la nomination de M. Austin
eomme d6ligui des U.S.A. A ]a Commission doe conlrl!e de
P'inergie atomique.

2. LES RtPERCUSSIONs DES POLITIQUES ANGLAISE
ET AMIERICAINF

Tous les journaux feproduisent le d6menti suivant de
I'Agence Tass :
< Le journalist am6ricain Drew Pearson, parlant ces
jours-ci h la radio et utilisant des rensciguements fournis
par l'attach6 militaire amiricain A Ankara, a annonce que
l'Union Sovi6tique concentre des troupes A ]a fronti6re
turque. L'Agence 7ass a recu tons pouvoirs pour di'mentir
cette nouvelle qui est un mensonge et une provocation. ,
Toute la press public avee les titres suivants o La
TFrance est mncontente des accords anglo-amierieafns sTur le


pe'role L'accord anglo-am~ ricain sur le pitrole eat
dommageable aux interets frangais s, des informations de
Londres et de Wahlnngton au s;ujet des protestations levees
par le government frangais aupris de la Grande-Bretagne
et der; Etats-Unis en raison des accords anglo-americains
qui 16sent les int6r&ts de la Compagnie Frangaise des PB-
troles.
Le correspondent special de la Pravda a Kharh'ne envoie
une depeche ,ur les operations de 1' < arm6e denmcra'ique
unifiee a oil il reproduit un communique de l'Etat-Major
de cette armne qui declare :

e Les troupes du Kuom:nlang, soutennes par les
Amdricains n'ont pas cess6 un seul jour les hosti-
lites en M&ndchourie. L'accord du 27 mars et les tr&ves
des mois de juillet e' de septembre n'ont etW que des
:manoeuvres poul camoufler des offensives. *

A propos de la fusion des zones c'occupation occidentales
en Allemagne, Leontiev, dans la Pravda, d6nonce les inves-
tissements de capi::aux americain; comme etant la raison
principal de l'accord Bevin-Byrnes sur la fusion. A ce pro-
pos, 'oute la press reproduit une d6piche de 1'Agence Tass,
signalant l'absence d'e denazification dan les zones occi-
dentales.
Dans un autre article, la Pravda d6nonce les relations do
M. Mikolajezyk, d'une part, avec les gouvernements anglo-
saxons et, d'autre part, avec le movement fascist clan-
destin polonais.
Un long comp'e rendu sur le proccs de Varsovie pour es-
pionnage est reproduit par tou les journaux. L'Agence Tass
s'gnale qu'on a pu 6tablir les relations entretenues par 1cs
accures avec < un certain ambassadeur dtianger a, relations
< qui avaient pour hut de creer des difficulties entire la
Grande-Bre'agne et l'Union Sov'eti-rue L'Agence precise
enfin que les rersnignement. fournis i I'ambassadeur itran-
ger devaient permettre A son government d'exercer une
pression diplomatique au moment des iiections. 'Elle announce
qu'une dern'iee envelope n'a pas pu &tre remise I ce dinoo-
ma:e a qui re trouvait en visit chez le come Grocholsky
lorsquc les membres de la sfuret6 .ont intervenus a.
Un article de Krillov dans la Pravda est consacrl aux
6venements d'Islrie. Le journalist declare dans sa conclu-
sion : a L'enlivement prec'pift de 1'6quipement industrial
en Istrie ne pout avoir aucune justification. De tel. actes
sont absolument incompatible avec le trait de paix sur
lequel les m;nistres des Affaires C'rangeros viennent de se
nettre d'accord pour 1'Italie. n
Dans les /zvestia, un grand article de Smolen'ky sur le
Siam Eignal.' tout particuli6rement 1'enchevetre-ment- des
intedrts 6*rangers dans ce pays et montre les possibilities qui
s'offrent A ce !euple de participer A la cooperation inter-
nationale.

3. LA POLITIQUE FRANgAISE

a) La formation du futu-, guuoeernerent. La plupar'
des journaux signal la deci ion du hu'e-u politique du
P.C.F. en date du 9 janvier. Dans l'Etoile Rouge, tun ar'icl
de Nikodimov sur la question gouvernementalc en France
s'el6ve contre le- projects de reconduc::ion du gouvernement
actuel qu'ils consid6rent come une manoeuvre de la reac-
tion destine A dissoc'er les forces d6mocratiques.
b) Les .vdnenments d'lndrchine. Le texte du messagee
adress6 le 11 janvier par M. Ho Chi Minh au gouvernement
francais est reproduit dans la plupart des journaux. Dans
Trud, un grand article de Lazarev analyse la situation et
met en cause M. Marius Moutet et l'amiral d'Argenlies.

Revue de la press sovidtique du 13 janvier 1947

La moi'ie de la rubrique itrangOre de la Pravda est oc-
eupPe par un long article de Gouber intitul << La lutoe de
l'Indontsie pour l'ine6pendance et le; manoeavres des imp6-
rial'stes hollandais ,.
Plusieurs informations sont consacries an movement d6-
mocratique en Europe : les debats sur la constitution bul-
geare, la champagne electorac .ea Pologne, la pracl mation






DE PRESS 9TRANGARE


du Front Uni des parts d6mocrati-ues allemands A propos
de la decouverte du complot anti-gouvernemental en
Hongrie.
Deu'x d.pches sont placees en vedette : l'utilisa ion de
Japonais dans 1 armde chinoise, les declarations de M. Green-
mat, ex-in. pectcur general Je 'U NJL.R.A., sur la iituaiion
des personnel, dplacdes.

a) Le prob:'me gouvernemental en France (Etoile rouge,
12/1) :
e En Franc2, ofi le parti communist francais a re-
cuerii pres de six millions de voax et dcvicnt e pre-
mier p ,r.i au Parlcment, mime Ics r6actionnaires les
plus inve6.ees ne pcuvent pas s'opp. ser ouverloment
a sa pirtic palion an gouvernemeni. C'est pourquoi la
reaction a du rocourir A une manoeuvre d6tourne. C est.
en effjt une manceuvre de cAt ordre que represent
l'id6e des milieux de droite de reconduire le gouver-
nfment de M. LUon B um. A la veille de la demission
du President du gouvcrnement, on s'cst mis a parlor
brusqucmcni, dins ces milieux, des avan.ages dei cabi-
*nets hcmogines, de la solidarii6 minist6rielle, dE l'effi-
cacAle de la poli.ique de M. Bum dans le doma;ne de
la ba.sse des prix et on en tire a conclusion que seul
un g,,uvr rn:mni homogine p2ut agir de facon crficace
'et avec esprit de suite. << Qui ne voit que c'est iA que
r6s:de le secret de 1'cfficacii6 gouverncmcntale ? :> s'ex-
clame Robert Lecourt dans l'Aube. De la sorte, ceux
qu hbier encore s'cffaraicnt A l'id6e de la d.ctature dun
seu: parti et r6clamaient un gouvernement de largos
coa:itons afin d y introduire les parties d'extreme droite,
sont d-vcnus auj.:urd'hui les champions d'un gouver-
n.meni de gaucho. La tartufferie qui se cache derriere
.celle manoeuvre est parfailement 6evdenle. La reaction
se rend compete que, devant une union solide des parties
de gauche, ces manoeuvres conlre la d6mocratie scraient
vainl.s. Elle a recours alors A tout ce qu'elle peut ima-
giner pour dissocier les forces du camp d6mo*cratique
de fagon A se frayer la voie vers e pouvoir. D'oh l'ur-
gence pour les .d6mocrates francais d'assurer I'unit6 de
leur action et de r6unir toutes les forces qui ont intt6rt
a co que le pays continue d'aller de l'avant sur la voie
de la d(mocraiie.
NIKODOMOV.

Ib) La si'nauicn en Indoichine (Trud, 12/1) :
a La concentration d'cffcctifs et do materiel, 'e ca-
ractire acharn6 des combats et le rcfus das autoril6s
fr nnaises de reprendre los n6gociatirns d6montrent
l'in:cnion qu'on a du c6t6 francais d'6cras:r par la
force les arm6Cs du movement de 1b6ra'ion national
du Viet-Nam. C'est celte intention que confirm notam-
nciil le rCc"nt voyage de M. Marius Moutet qui, avant
de quilter Hanoi, a d6clar6 : < Avant toutes nb!ocia-
lions. il est nccessaire d'obtenir une decision mili-
taire. > I faut 6galement remarquer qu'il n'y a pas en
de r6ponse au message du 2 janvier du chef du gou-
vernement vietnnmien, Ho Chi Minh, qui demandait a
voir M. Moutet a Hanoi. C'est la mnme attitude qui a
6e adopl6e h l'6gard du message personnel envoyi par
H. thi Minh au general Leclerc le 3 janvier. Quelles
sent lIs c- u'cs qui cnt amend cette aggravation de la
siuaton nu Vie.-N.m ? La press frangaise de droite
fail rctomb r toute la faule sur le parti du Viet MAInh
qui sera'l, d'prcs c le, intraiable. Les organs progres-
s:stcs de la presse francaise et de. la press 6tr:ingre
appr6crint au:iement les 6vinemenis d'Indochiie. Le
journal Franc-Tireur met I'accent sur les interlts priv6s
au nom del);ucls on verse actuellement le sang des
Francais et des Indochinois. 11 s'attache particuliere-


ment -A 'action de la Banque d'Indochine et, A propos
de la mission du g6nera, Leclerc et de l'envoi des
10.000 homes en Indochine, ce journal se demand
si ce n'est pas le r6sultat d'une pression de certain
e6iments mi itaires li6s avec cetle Banque. C'est 6ga:e-
ment l'influcnce des milieux d'affaires sur la politique
francaise en Indochine que met en lumibre la revue
am6ricaine Far Eastern Survey dans un article de Lau-
riston Scharp, qui 6crit : ( Parmi les Francais, il se
trouve encore des 61ements r6actionnaires dans :'arm6e
et dans le monde des affaires qui exigent I'application
de measures de violence pour r6tablir I'autorit6 et le
prestige de la France dans la plus imporiante de ses
colonies d'Extr6me-Orient. > La po itique de ces milieux
r6actionnaires A la base de laquelle on trouve le vieux
mot d'ordre imp6rialiste : Divide ut regnes, et don't
le representant en Indochine est le haut commissaire
de France, lamiral d'Arg-nlieu, s'est montr6 de facon
particulierement 6clatanie en Cochinchine. Selon la re-
marque : < On ne peut penser A l'aulonomie 6conomi-
'que du Viet-Nam sans :a Cochinchine. > Or, le ler juin
1946, sans l'cmbre d'un referendum, l'armiral d'Argen-
lieu proclama la Republique autonome de Cochinch:ne
et sa reconnaissance par le gouvernement franCais
sans que les protestaiion; du gouvernement du Viet-
Nam aient 6e' prises en consideration. A la lumiere
de tous ces faits, on ne peut 6tre que d'accord avec ,
I'appr6ciation que donne de 'a politique franqaise en
Indochine 1hcbdomadaire britannique New Statesman
and Nadion. Cette revue consider que la France, aprBs
avoir reconnu le Viet-Nam, a d6clench6 la guerre. La
declaration de M. Blum, 6crit ce journal, affirmant que
l'unique possibility pour la po itique francaise reside
dans le r6tablissement de la paix et de l'amiti6 avec
les" Annamites, n'a pas empich6 I'amiral d'Argenlieu
de retourner en Indochine et d'y faire ce qui, selon
toutes els apparences, apparait comme une veritable
guerre centre les Annamites. ,
(LAZAREV.)

*c) Les protestations angio'-dmricaines d propos des
elections polonaises (Pravda, 12-1-47) :
o Quels sont ces 616ments d6mocratiques don't la note
amnr,caine prend la defense ? Tout le monde sait qu'il
s'agil du P. S. L. et de son chef, Mkolajczik. C'est lui
qui fournlt le maierio: pour l'inierveniion 6&rang6re
dans Ics affaires in,6ricures polo-na.ses. Or, de quoi peut
bien se plandre Miko.ajcz.k si le P. S. L. quil dirige
est libre de presenter ses candidals aux elections. II
protest contre l'arrestation de certains mcmbres de son
parli. Mais les autorilts po onaises arrent ces gens
non pas parce qu'ils sont membres du parti de M ko-
lajczik, mais pour leur activil6 d'espionnage, de bandi-
tisme et de diversion, pour les meurires do militaires
d6mocrates et pour leur liaison avec la clandeslinit6
fasciste. Les 6v6nements des dernieres semaines ont jet6
une lumibr nouvelle et encore plus 6clatante sur la
vraie physionomie du P. S. L. et l'activit6 de Mikolaj-
czik. Les organes de la sfiret6 ont arr6it les directeurs
de la clandestinit6 fasciste et en particu:ier Vaclav Li-
pinsky. Une correspondence a 6t6 d6couverte entire Mi-
kolajczik et les directeurs de la clandestinite. Dans l'un
dcs documents, les terrorists conseillent a Mikolajczik
de boycbtter les e eciions a pour ne pas permettre au
gouverncmsnt proviso:re d'.ffermir ses positions en
devenant d6finitif >. Dans une autre letlre, les bandits
promettent A Mikolajczik de diminuer leur activity ter-
roriste, < vu qu'elle fait mauvaise impression en An-
gleterre s. La publication de ces textes'a provoqu6 un
certain effarement dans les rangs du P. S. L. Mikolajczik


~---YWI---ii-ijl_-------^__r-


BULLETIN QUOTIDIEN







BRLLETrN QUOTIMIEN DE PRESSE ATRANGATRE


a proclaim que son parti ne boycotterai
tions. L'une des manoeuvres 'dc la r6actio
en breche la d6mocratie polonaise vien
son tour et les protecteurs strangers du
nent de se mettre dans une d6sagr6able p





IV. PRESS BELGE


La situntian ,conomique et politique en F
ni6re Hcure (hbera.), 13/1) :
c L'exp6rience de M. L6cn Blum se
un climate p.us peri.ieux. Les revendieca
vriers et des foncAonnaires present sur e
S 11 est, d'autre part, assez s-ngulicr que
individual des travailiurs ai.ie en Fran
en d6clinant. Ce pays est a la veille de
graves diflicul6s de main-d' euvre dans
principaux de 1'6conomie. I, manque d
d'ouvriers agricoles, alors que d'autres
Ssurabondamment pourvues, et il n'y a d
que l'immigration. Mais il y a plus gravi
qu'il faut ,pairLout, pour faire la meme ta(
vriers ou d'employds qu'autrefois.
Le plus important des facicurs moraux
d'nrdrp politique. L'action du Cabinet est
ses effects, non seulement par les differ
mais aussi par la cruise gouvernementale q
el 1i y a un lien entire eux. Les communis
en effect, des revendications ouvrieres po
qu'au cas oil on essaierait de les 6cartcr
pouvoir, il faudrait s'attendre A rencon
obstacles. On se defend mtme mal, II
de l'impression qu'ils rendcnt 'a mission
ment socialist quasiment impossible afin
essai de reconduction. >
*(Du correspondent parisien de la Dern




V. PRESS SUISSE


a) L'ELECTION DU PRESIDENT DE LA REP
CAISE.
1. Gazette ide Lausanne (14/1) :
c Jeudi sera une journ6e important p
L'6ection du president de la Republiqu
.avec impatience non seulement par le pa
par les cercles politiques strangers qui
beaucoup d'int6r6t l'6volution de la situ
Selon les derniers pronostics, on done
Auriol, candidate non encore d6clard des
maximum des chances. Celles de M. Ed
semblent avoir 16gerement baiss6 ces d
jours. Enfin, ce'les du candidate M. R. P
bien Utre M. Francisque Gay, sont, il faut
que inexistantes.

2. Tribune de Gendve (13/1) :
a En bref, les choses se pr6senteront
xment de la faron suivante : au premier


t pas 'es 6'cc- tion centre le communiste Cich:n, Ie socialis'e Aur:o',
in pour baltre le rCpub.:ca n popu!aire Schum in, M.I. Qu ui.le et
t d'6chouer a Yvon Deibos, el pcut-iLir i on ou duv u:ir'.s cantida s
P. S. L. vien- de second p an. Mais p .ur le d-uxieme tout djhi, il
position. > est difficile de formuler des pronostics. Les commu-
nistes donneront alors leurs suffrages A M. Vincent
(LEONTIEV). Auriol, qui pourrait ktre 6lu, s'il pouvait a ce moment
comp'er sur des amis dans tous les groups de gauche.
Le M. R. P. lui est pcu favo.rab e a cause de ce qui
s'-sl pass au Conseil de la Ripub C eI., cl i. n'eit pas
ccr:a.n que le M. R. P. n2 donn. p s ses voix p.u.6t
a un c ndldai du Ras nib amin d gs gauch-s ilu s.a-cnd
ou aul oii,.Clu t-Lur. iE dtlin. Aivc, I ci.Lon de M. Au-
ance ( riol n s, pas pu.i assurkc qu'un' au.rc, tout cn rcsiant
t"nce (La Dcr- pos.;iblc.

II faudra savoir aus;i, et c'esl de loule prcm'ebr im-
poursuit dans por.ancc, qucl mode de scrut.n sara cho.si : im.jcri.6
onions des ou- abso;ue aux premier e. d&uxilme tours, ct majorie re-
ille. nla.ve au iroisieme. ou bicn mnjorit6 abo u A t, us 'es
le rendement tours. C'esl un po.nl qua I'on aurai, di deteiminer, et
ice sans cease l'ind.rlitude oi I'on est a ce, 6gard p.ut susciier d'in-
connai.re de tirminables d.scussions. z
Ics sccteurs
IJ mineurs et b) L'ACTION DU MINIST1RE BLUM ET LE PROBL:IE GOU-
branch-s sont VERNEMENTAL (Jouina de Geneve, 14/1) :
autre rnemde
e encore, cest < L'extreme-gaiche n'cst pas satisfaile de un plus
che, p us d'ou- ddenir de porcfuAles a.ors qu., depu.s daux an., elle
avail occupy des pcslcc importan.s avwc tLcus Is avan-
est n6anmoins ages 6Lcioraux qu',s comiporaient. E le n'csi pas con-
entravke dans tente, non p.us, du prcs.ige accru que le parni socia-
ends sociaux, liste, malm.nd aux 6-l'cons, s'est acquis grAce aux
ui va s'ouvr.r, indtiaiives inlelligentes pr.ses pir M. Leon B um.
tes se servent, Ce;ui-ci a r6ussi parce que, d6tachM d2 toutes con:in-
ur faire sentir gences partisans, il a su praliquer une politique natio-
a nouveau du nale, s'adresscr au people francais dn., son ensemble
trer de rudes et en.reprcndre pr6c.s6nmni I acon a pus ndcsaire
heure actuelle, au rclevement du pays. li a agi eih homme d'E.a., ct non
du gouverne- en chef de pari; il a 6L6 sou.enu par un 6tal-major
de ruiner tout homogene don't les membres onl suivi ses instructions,
sans chercher Ai cn tirer un bdneiice p rsa :nel.
1ire Heure.) Ce cabinet, apres un mois d'existence, la:ssera un
meilleur souvcnr que beaucoup de ccux qui I'on, pr6-
cede. Le nom de son chef restera altachM A une expe-
rience hbrdec et qui commencait de porter ses fruits.
En dCcrbtant une baisse de 5 % sur tous Ics prix,
M. Blum n'a pas vou u seulement crdcr un choc psy-
chologique, mais marquer la direction dans laqulie
devait s orienter I'6concmie national.
UBLIQUE FRAN- A-t-il rCussi ? En parties seulement, car les revendi-
cations de sa!aires acconpagnbes de grves qu'on volt
.se d6c encher maineenant risquent de ralentir I'effet
bienfaisaut de son action. Pour e're efficace, il faudrait
our la France. que celle-ci fiut soutenue par une discipline absolute do
e est attendue pays, par une sorte d'abn6gation national.
ys, mais aussi II faudrait surtout qu'elle put s'exercer sur une lon-
suivent avec gue duroe et b6n6ficier d'une veritable tr&ve politique.
action. Mais on ne peut esp6rer que les parties comprennent
A M. Vincent qu'une p6riode de stability est indispensable ct ii est
socialists, le probable que, dans le courant de la semaine, on verra
ouard Herriot renaitre les discussions assez d6cevantes qui ont marqu6
erniers quinze l'aurore de la Quatrieme Republique. S'il 6tait solicited
., qui pourrait par tous les groups de conscrver le pouvoir, M. Blum *
1'avouer, pres- consentirait sans doute a le garder. Mais a voir les
impaliences qui se manifestent, il est douteux que l'As-
scmb 6e Nationale soit unanime pour le prier de rester.
De sore qu'elle recherchera une nouvelle combitaison
afin de remplacer le minister actuel. 7
VA i it.. 1 flJe.I _i


tour, coxnpbti-


(RINt PAYOr.)







1A hitJtf*J QtVl6TfDrfN DF PggS&E E'TRANGB'RE


2. National Zeitung (13/1, edition du soir):
e Certes, on ne peuz dire encore si les initiatives de
M. B,um servant finaaement couronn6es de succs. Mais,
pour la poditique des pariis, cette incertitude quant au
r~sul.at importe moins que la demonstration de l'ap.i-
tude A agir et mrme de i'ind6pendance du min.stere.
Plus d'un d6pu.6 a le sentiment tr6s net qu'une autre
formation gouvernementa.e, loin de mieux r6ussir, fe-
raiL pis dans p:usiears domaines...
Les communities ont manites 6 tr6s ouvertement leur
crainte d 6tre exclus du pouvoir. I.s pznsaient sails au-
cun. d3u.e qu'ea d6aongan; une coaspira.ijn r6action-
n~ire contre eux, iis resserrerraiu: iieulr iiens avi- les
sucia.is es. Une raison qui rend c- rapprjcheinent im-
p6rieu emeni n6cessaire, c'est que :es socialists, sous
la can.rainie des 6v6nements, ne veulent plus ent(ndre
par.er de n6gociation. en ce qui concern 1'Indochine.
Avec leur these de l'ind6pendanco indispensable des


territoires d'outre-mer, les communists se trouvent
c mp 6.ement isol6s ; el leur isolement en mati6re co-
loniale pourrait se transformer ais6ment en un isole-
ment total.
Cependant, qu'on ne l'oublie pas, les communists
forment le group le plus fort de l'Assembl6e Nationale.
Leur clientele comprend un tiers du people frangais.
L'ampleur de l'agilation social montre aussi l'impor-
tance de leur pouvoir en dehors du Parlement. Il est
hors de d3uce que la grcve des journaux et le raidisse-
ment de l'attitude des syndicats et des fonctionnaires
c nsti.uent des avertissements. La division de la France
en deux blocs (on se rappelle la resolution du Congrbs
socialiste, faisant d6pendre la participation au gouver-
nement de la presence des communis'es) pourrait avoir
de funestes consequences. >
(Du correspondent particulier
de la National Zeitung A Paris.)


S.P .ip,2,reNcl, ai 130 ix 1 r


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S. P. 1. I~mp., 27, rue Niculo, Per-is 31.3009


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PRix : 10 fr.