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Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Physical Description: dl. : ; 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publisher: s.n.
Place of Publication: Paris
Creation Date: 1947
Publication Date: 19XX-
Frequency: regular
 Subjects
Genre: periodical   ( marcgt )
serial   ( sobekcm )
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063
System ID: UF00077027:00009
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PRESIDENCY DU CONSEIL
SECRETARIAT D'ETAT


LA DOCUMENTATION FRANAISE


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES


Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8*).





BULLETIN


DE


PRESS


11 janvier 1947.


Q U 0


ETRANGIERE


Nouvelle S6rie No 565


I. PRESS BRITANNIQUE

Revue de la preSse britannique du 11 januier 1947
C'est surtout la question de la greve des transports qui
retient ce matin l'attention de la press britanpique. Tous
les quotidiens lui rdservent leurs manchettes. Sur ]< plan
extdrieur, ils donnent ,ne certain importance A la question
du Spitzberg et au retour a Londres de l'ambassadeur bri-
tannique A Varsovie. Le Times, de son cotd, consacre un long
article aux relations franco-anglaises, le Daily Telegraph
aux questions intdrieures frangaises.
1. FRANCE
a) Relations franco-britanniques. Le correspondent par-
ticulier du Times a Paris ecrit au' sujet du voyage de
M. Moch a Londres .' Le fait que M. Moch n'ait pas rdussi
a reporter de sa visit de Londres autre chose qu'un accord
maritime alors que son but veritable 6tait d'obtenir une
augmentation de-s livraisons de carbon de la zone britan-
nique et d'ailleurs facteur essential a 1'avenir de cc pays
en tant que puissance industrielle met une fois de plus
en lumiere l'incapacit6 ohl se trouve la Grande-Bretagne et
la France d'harrmoniser leur politique a I'egard de I'Alle-
magne.
M. Blum fondait de grands espoirs sur un appel A
M. Attlee au nom de la solidarity des democraties socia-
listes. Mais, quel que soit le ddsir du gouvernement travail-
liste britannique de venir an secours.de ses camarades fran-
gais, celui-ci ne pouvait pas payer le prix fix6 par M. Blum,
la promesse immediate d'une livraison de un ou deux mil-
lions de tonnes de carbon. ,
L'auteur de cet article rapporte ensuite les bruits selon
lesquels le gouvernement britannique gurait propose au gou-\
vernement franqais un arrangement douanier et l'ouverture
de ndgociations en vue d'une alliance. a Les Frangais, selon
ce correspondent, ne trouveraient pas, pour le moment, dans
ces offres, matiere A des contacts personnel entire les deux
cabinets. Ii saisit l'occasion pour rgppeler les grades
lignes de la politique ext6rieure de la France.
a Les buts que tout gouvernement frangais doit s'ef-
forcer d'atteindre sont la s6curit6 et la reconstruction,
tout d'abord de la France et edisuite de 1'ensemble de
l'Europe. v
,, Les Frangais voient dans leur propre reconstruc-
tion et dans leur propre security le moyen de sortir
de l'effacement du a leur faiblesse actuelle. Ils voient
dans la reconstruction de 1'Europe en tant qu'unit6 la
condition de lem sdcurit6 et de leur liberty. Us ne
d6plorent pas leur effacement uniquement pour des
raisons de prestige national, maie parce qu'ils esti-
,ment que les n6gociations de paix out souffert de


Absence pratique d'une puissance forte reprdsentant
1'esprit continental. *

Le correspondent vent voir, d:tns ces considerations une
explication des nombreuses difficulties qui se son believes
entire la France d'une part, la Grande-Bretagne et l'Amirique
d'autre part. II ec'e en exomple I'attitude de la France A
l'dgard de la. fusion kconomique des zones britannique et
amdricaine fusion destince a rendre, ces regions du Reich
capable de suffire a leurs besoins et il conclut :

c Les Frangais ne peuvent pas comprendre une poli-
tique qulils considrcent comme la restauration de
1'economie de l'Allemagne, y compris celle de son po-
tentiel industrial et de ses exportations, comme un
but en soi, cela leur semble saper la sdcuriti fran-
caise et europdenne. Si la Ruhr, sous la souverainete
politique allemande, devient une fois de plus le centre
industrial et exportateur qu'elle 6tait avant la guerrt,
lle devra necessairement, estiment-ils, ritablir son
emprise sur 1'Europe central et finalement occidentale
avec tout ce que cela comporte de, menaces pour la
liberty des nations tributaires.
c La Grande-Bretagne et 1'Am4rique n'ont peut-&tre
pas I'intention de laisser les choses aller aussi loin.
Si cela est vrai, les Frangais estiment que cette- limited
devra dtre fixde A l'avance et qu'elle devra 4tre connue.
Mais ils craignent que la Grande-Bretagne et l'Amd-
rique n'aient pas pensd aussi loin. La critique qu'ils
adressen' A la politique britannique et amdricaine en
Allemagne ,est prdcisement qu'elle n'existe pas. Cela
explique en grande parties la rigidity apparent de la
politique frangaise qui pourrait Otre simple et conci-
llante si *on lul offrait quelque chose de substantial
en contre-partie. En France, 1'homme de la rue se
preoccupe davantage de la' politique intirieure que des
affaires exterieures. Mais une des idles qui ont gagn6
le plus de terrain en France est que 1946 a et6 un
recommencement de 1919, quand la France s'est vue
'frustree par la faute de ses propres allies de la
chance d'assurer sa s6curite. Pour cette raison, les
Frangais observeront avec beaucoup d'inquiA ude les
negotiations de Londres et plus tard celles de Moscou. ,

Le Daily Mail public une dep&che Reuter annongant qu,
la France a transfdrd cinq grandes usines allemandes de la
zone francaise en Alsace et en Sarre. Aucune de ces usincs
n'Wtait sur la liste des reparations. La depeche ajoute que
ces transfers ont Wtd op6drs malgr6 les protestations ame-
ricaines contre le transfcrt de l'usine Bosch en Sarre.
b) Questions intdrioures. Le Daily Telegraph public en
tr6s bonne place un article intitule 4 Quel sera le premier
President de la IVO R4publique ? (Vois Particle plus loin.)









I wmrrix QvamEx nv PrmenmN us mMR


2. LA FRANCE ET LES PATROLES DU MOYEN-OPIENT
Le correspondent diplomatique du Daily Telegraph signal
que la protestation fraunai'se est actucelement ltudide an
Foreign Office et qu'elle reccvra une reponse. Jusqu a main-
tenant, le point de vue official est qu'il s'agit d'une affaire
commercial.

c Lontrairement au rapport precedent, rcctifie ce
correspondent, la France n'affirme pas que e recent
accord entire 1'Anglo Iranian Oil Cie, la Slandlard Oil
(Cie et la Socony Vacuum Oil Cie viole accord de
1928. Lc point contest est que deux aulres co:ipagnies
Americaires, avant d'ob..enir des concessions d2 petrolt
en A abi. Seoudite, ne se sont pas inquietees c.e savoir
st la France y avait des intdrdts. ,

3. SPITZBERO
Tous les journaux signalent que le gouvernemert aovi&-
tique a demand, des bases au Spitzberg au gouverncminnt
norvegeen. lls sont tons d'accord pour eslimer qu'une modi,
fiction du statut du Spitzberg .cquaei-t le consentemnent des
puissance signataires auo traitL de 1920 auquel l'Union So-
viettque a acdh6r en 1925
Le Times rappelle A ce sojet qu'un article du trait stipule
que le Spitzberg ne doit pas servir a 1'6tablissement de bases
uouvelles ou A des fins militaires.

4. POLOGNE
Tous les journaux signalent egalemeut le retour h Londres
de 1 ambassadeur britannique a Varsovie, M. Cavendih Bn-'
tinck, pour mcltlre son gouvernemcat au courant de la siua-
,tion en Pologne. M. Cavendish Hentinck a Wte recemment
accused par la propaganda polonaise d'entretenir des relations
avec le movement clandestin polonais et, pour cette raison,
a ete invite i dAposer au proces du come Grochols;i pour-
suivi come agent du general Anders. Le Foreign OIffce a
autoris6 son anmbassadeur A rdpondre par 6crit aux questions
qui pourraient lui 6tre posees.

5.-- CONFERENCE DE LONDRES
La press se borne a comnluniquer la listed des delegu6s A
la Conference de Londres. Le correspondant diplomatique du
Manchester Guardian 6tudie cependant les diff6rentcs ques-
tions qui surgiront anu eours des d6libdrations, notimment
celle des reparations demand6es par les Etats voi:ins de
1'Allemagne -et par la Yougoslavie 1' Autriche. Sur la ques-
tion de savoir quelle sera la constitution future de l'Alle-
magne, 11 ecrit : ,

t La France soutient ividemment la forme de f6de-
ration la plus extreme, c'est-A-dire celle qui comporte
In plus faible centralisation, alors que la Rusisie, dp
son c6bt, donne l'impression qu'elle favorite la cen-
tralisation absolfie.

(. TRIESTE
Le News Chronicle et le Daily Mail publient tou:, deux
une d6epche de-leur correslo&ndant de New-York, annoncant
que le Conseil de security aurait accept d'assumer I'admi-
nistration du territoire libre de Trieste et qu'il allai nom-
mer un gouyerneur apres consultation avec 1'Ilalie et la
Yougoslavie. Tous les dbl6gu6s ont vot6 en faveur de cette
resolution, i: 'exception de l'Australic qui a d6clard que la
Charte ne donnait pas au Conseil de s6curit6 les pouvoirs
n6cessaires pour faire face aux obligations insc.iles dans le
status de Trieste.
7. ETATS-UNIS
Les jpurnaux signalent que le president Truman a pr6sente
le budget au CongrBs. Ils souligncnt lc.s lourdes charges
qu'il pr6sente pour le contribuable americain en raison des
depenses pour la defense national qui rest le chap.tre le
plus important du budget. Les chiffres intdressant l'emprunt
M ttannique 'sont de 375 millions de livres sterling pour


l'ann6e fiscal se terminant le 30 janvier 1947 et de 300 mil-
lions de livrs sterling pour l'annee suivante. La Daily
Worker public un article intitule a Les U.S.A. ont I'intention
de depenser davantage pour les recherches atomiques >.

a) Vars Ie choix d'tHi Pd6sident' en France (Daily Tdle-
graph, 11/i) :
< Bien que les institutions de la QuatriBm'e R6publi-
que soient 6tablies sous leur forme definitive, il semble
cependant que la tendance au provisoire se g6n6ralise
'de plus en plus dans les coutumes parlemeniaires fran-
caises.
Si ce n'6tait 1'ennui de perp6tuer une situation para-
doxale. on devrait etre heureux en France de voir le
minist6re actue'l au pouvoir. Car au lieu d'ajouter en-
core de la confusion aux politiques des partis comme
l'ont fail ses predicesseurs tripartites, il faith de son
mieux pour met.re en vigueur une politique national.
En ce qui concern M. B-um lu.i-im6me, ill n'est ni
niais ni ambitieux. II s'est 'dit que la premiere chose a
faire 6tait de mettre les nouvelles institutions a leur
place appropriate de facon A permettre ieur fonctionne-
ment dans un sens ou dans 1'autre; ainsi l'avenir aurait
une chance de se mon:rer, comme dit le proverbe :
c galant uomo a, c'est-A-dire honn6te courtier.
Le public qui cherche A resoudre ce problem se
trouve loujours p'lac, devant le meme choix : le g6ne-
ral 'de Gaulle, d'une part, et les communists de I'autre.
Le public sait fort bien que le parli communist peut
r6soudre les problems gouvernementaux mais seule-
ment en employant les m6thodes du. totalitarisme et de
la dicature de classes. Des leur arrive au pouvoir, le
masque dnemocratique, conciliant et ind6pendant qu'ils
affichent, tomberait brusquement.
D'un autre c6t6, le g6n6ral 'de Gaulle ne pourrait re-
venir au pouvoir que s'il pouvait computer sur l'appui
de la grande majority du pays.
.C'est aux par:is politiques de montrer que le system
actuel peut reussir a retab'ir 1'autoritd central, en assai-
nissant la situation 6conomique, en sauvegardant l'Em-
pire et en remettant la France d'aplomb >>.

b) Le probIIeme lallema!nd (Continental Daily Mail,
11/1) :
S La Conference du 10 mars a Moscou qui reunira
les Quatre Grands, bien qu'elle ait A s'occuper du traits
de 'paix avec l'A'llemagne, a comme tiche plus impor-
lante et plus urgente de d6cider s'il y aura une veritable
cooperation des quatre puissances pour administration
du Reich vaincu, ou, de se resoudre a des measures qui
entraineront une separation certain -entre I'Est et
l'Ouest don't le r6sultat sera deux Al'lemagnes au
lieu d'une.
Cette question don't l'importance est, primordial, se
situe I'a.rriere plan de l'unification des zones britan-
nique et am6ricaine qui est entr6e en vigueur au, d6but
de I'ann6e.
Les Britanniques et les Amnricains declarent que la
Conference de Moscou aura comme resultat I'union des
Qualre Grands et 'le retour aux principles de Potsdam,
et que l'unification des deux zones peut se fon'dre dans
un plan g6ndral pour toute I'Allemagne. En memc. temps,
ils savent que si I'on n'aboutit pas a un nouvel accord ils
devront logiquement prendre des measures s6evres -
peut-6tre Etablir une nouvelle monnaie pour les deux
zones pour prot6ger les investissements qu'ils ont
deja effectues dans les territoires sous leur contr6le.
Les consequences politiques mondiales qu'entraineraient
ces measures sont bien faites pour effrayer v6ritablement
ceux qu'elles concernent.
Le probleme qui se pose avec tous ces arguments est











S. BULLETIN QUOTIDIAN DR PRESSED *TRANG*RE


celui de savoir s'il est possible oui ou non de cr6er un
E:at national allemand par une decision prepare A
Londres et scel9ee A Moscou par quatre puissances non
allemandes qui n'ont visiblement pas l'intention de de-
mander l'avis des 66 millions d'Allemands directement
interess6s. L'idee que se font les Allies d'un Etat na-
tional est on bien qu'il se fera toui seul de facon orga-
nique, ou bien qu'il se former en vertu de la volontl
librement exprimee de ses sujets.
En gros, la Grande-Bretagne et la France ont adopt
maintenant la mmme position qu'elles avaient rise res-
pectivement A Versailles. La Grande-Bretagne favori-
sant l'unitA allemande et la France combatant pour le
d6membrement 'du Reich. La Russie n'a jainals en de
politique clairement d6finie, et les Elats-Unis adoptent
une position interm6diaire entire celles de la Grande-
Bretagne et de la France visant a la fois a l'unit! alle-
man e et A la < decentralisation >s. La decisionn que
i'on doit prendre, Moscou pr6sente ividemment des
difficult6s. Envisag6e du point de vue historique, la
situation n'est pas tellement nouvelle. Les puissances
non allemandes out souvent faconnb qa structure dp
I'Allemagne a.

c) La visit dut rr*r6hal Montgomery d Moscont (Times,
11/1) :

SLa rAserve avec laquelle la Russie a accueilli les
expressions de l'amitiA que lui adressaient les puis-
sances oceidentales se comprend parfaitement. A la
base de cette reaction se trouve le sentiment que la
Grande-Bretagne et' I'Am6riaue, en concentrant leur
interAt sur leurs propres efforts, n'ont pas apprdcie
suffisamment le prix que la Russie a df payer pour
sa contribution a la victoire commune. Pour les puis-
sances occidentales la 'deuxiime guerre allemande a en-
traind moins de pertes en vies humaines; nour 1'Union
Sovi6tique, avec ses -6normes listes de disparus mili-
laires et civils, le coup a Wti terrible. Les.Russes ont
support le poids de la guerre, mais 'arrAt brutal 'du
pr&t-bael, conjueu6 avec le refus d'accorder un prst
pour 1a reconstruction, a Wte interprWtd come une
manifestation d'indiff6rence aux besoins d'un alli.
Finalement, A l'heure m8me de la victoire, survint la
bombe atomique, et aux yeux des Russes l'isolement
part complete.
Dans une tell atmosphere, 'la r6cente visit de lord
Monteomery A ses camarades aux Etats-Unis aurait pu
paraitre d'un mauvais presage. La franchise du language
qu'il a tenu. A Moscou et le plaisir evident que lui a
caus6 sa visit aurait pu convaincre un people moins
prompt A rdagir sentimentalement du fait que son sen-
timent 'de camaraderie ne se limited pas A ceux avec
lesauels il 6tait quotidiennement associr.
Ii y a lieu d'etre sinerrement salfsfait du fait que sa
visit ait pu encourager une interpretation plus v6ri-
dique des relations anglo-russes. Lord Montgomery s'esi
non!re un ambassadeur de bonne volontd, et son oeuvre
'doit faciliter la t!iche 'des diplomats qui le suivront
d'ins pen do temps A Moscou >.


If. PRESS AMERICAINE

Reoue de In pre.se ambricaine du 10 janniA 1947
1. LE CONSEIL DE StCURIrt
Les debats du Conseil de Securite sur le contr6le de 1'ener-
gie atomique font l'objet de longues depeches de Lake Suc-
cess, largement reproduites dans la press. Ces d6epches
mettent en relite les declarations du d6legue amdricain
Johnson, qui a affirmed la primaut6 du control de 1'energie


atomique, et cells de M. Gromyko qui a insist pour que
le probl6me du ddsarmement soit trait dans son ensemble.
Elles signalent l'intervention conciliante de M. Parodi, qui
a propose que le Conseil examine le project americain pour
le contrSle atomique, tout en cr6ant la Commission de d6sar-
mement demanded par la Russie.

2. LA PREPARATION DE I.A CONFtRENCE DE MOSCOU
Browne cable de Londres au New York Time's que, d'apr6s
le- milieux gouvernementaux britanniques, les perspectives
de success de la prochaine conference de Moscou ont et6
accrues par la reccnte amelioration des relations anglo-
.sovietiques. II ajoute :

< On a appris aujourd'hui, de source autoris6e, que,
pour tenter de confirmer ces progris, une l6g6re mais
significative evolution vers 1'Est et vers la 'gauche
marquera d.or6navant la politique 6trangere britan-
nlque. )

D'apr&s une depeche de Londres au New York Times, on
aurait appris de source autorisee que I'U. R. S.S. vient de
demander au gouvernement norvegien l'autorisation d'tablir
des bases militaires au Spitzberg.
Le New York Post public un excellent article d'Edgar
Mowrer sur Te problem allemand. L'auteur critique severe-
ment les vues du Ddpartement d'Etat a ce sujet et affirmed
que, si le public americain en etait informed, il les rejetterait.
11 defend par contre la politique frangaise t ]'6gard do
I'Allemagne.

3. LES QUESTIONS FRANI(AISES

La levee du siege d'Hanoi par les insurges annamite' est
annoncde dans la dep8che A. P. de Paris qui rapporte, par
a:lleurs, que M. Ho Chi Minh aurait fait h la France une
nouvelle offre de treve par I'interm6diaire de la radio viet-
namienne. Une ddp&che de Paris au New York Times signaled
la declaration que M. Moutet aurait faite a son passage a
Madras, selon laquelle nous n'avons pas besoin de l'inter-
vention de puissances 6trang6res 7. Le ministry aurait ajout6
qiue de telles initiatives n'ont d'autre but que de jeter le
discredit sur la politique de la France en Indochine. n La
France, a-t-il encore ajoute, sait comment r6tablir l'ordre
iians ce territoire. s
Une depech-e de Paris au Chicago Tribune fait etat d'un
article de l'hebdomadaire Les Paroles Frangaises qui est
intitule : a Les conimunistes sont en train de faire crouler
I'Empire frangais ,.
Le Christian Science Monitor public une excellent d6peche
do son correspondent i Paris, Hurd, sur le success eton-
nant a des measures prises par M. Blum pour assurer une
baisse des prix. De son c6td, le New York Times reproduit
ane longue dep&che de Sulzberger, date de Paris, faisant
I'dloge de M. Blum. Ce correspondent .ecrit que, lorsque le
chef socialist se retirera dans une semaine pour se con-
former aux ordres de ses medecins. a il laissera une situa-
tion politique consid6rablement amelioree n. Comme son
collggue le Christian Science Monitor, 11 relive le success do
,, l'experience Blum > pour arreter la hausse des prix, mals
il estime que le plus grand success du President est < d'avoir
restaur6 les habitudes du gouvernement parlementaire en
France o.
Des depiches de Paris signalent que la France est prive
de journaux par suite de la greve des typographes. Une
depeche du New York Times fait remarluer que cette greve
prive ]e gouvernement d'une de ees armes principles dana
sa lutte pour r6duire les prix, r6tablir les marches et stabili-
ser le franc .-
Le New York Times rapporte de New-York les declarations
faiths par M. Maurice Schumann a son passage dans cette
ville. Le chef 'du M. R. P. a insist sur le r ld historique
reserve par la nouvelle Constitution au President de la
fl6pnllique. II a exprimP In satisfaction de son part devant
les measures prises par M.' Blum pour faire baisser les prix.
11 a declare que la question du carbon 6tait A la base de
la politique frangaise A I'egard de 1'Allemagne et il a souli-
gon la nkcessitc d'internationaliser la Ruhr.


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Ir


BULLETIN QUOTIDIEN DR PRESS ATRANG&IR










4 BULLETIN QUOTIDIAN DB PRESS fTRANGARE


< L'arsenal de la Ruhr, a-t-il dit, dolt 6tre utilis6
au benefice de toute l'Europe. Il dolt dtre mis au ser-
vise de la reconstruction de tout le continent... 0'est
In base de la paix et de la security dans le monde '

Le Chicago Daily Tribune public une ddp6che de Berlin
rapportant les declarations d'un ancien prisonnier de guerre
nllemand en France sur le regime de tcrreur auquel senrient
soumis les captifs allemands en France. Cc prisonnier a.irait
declare en terminant : q Je ne vis que pour le jou. oi
Je pourral de nouveau porter l'uniforme allemand. *

4. L'ACCORD PITROLIER

Des .dipeches de Washington, largemnent reproduites dans
la press, font 6tat des declarations d'un porte-parole du
D6partement d'Etat, qui aurait rejete les protestations du
gouvernement frangais au sujet des accords de la Standard
et de la Socony sur les p6troles du Moyen-Orient. Le Dtpar-
tement d'Etat estime, a dit le porte-parole, que le diff6rend
soulev6 par ces accords a un caractere privd et qu'il doit,
par cons~,fucnt, itre reglC par les companies intercssees
elles-m6mcs. La press public, par ailleurs, les declarations
de la Standard Oil de New-Jersey, d'apres lesquelles cette
companies n'a conclu les accords qui ont souleve les protes-
tations fianqaises. qu'aprbs avoir 6td informed par les lom-i
mes de loi anglais que l'accord de 1928 avait e6t annule par
l'occupation allemande de la France. La compagnie ajoate :

Le group americain a inform tous les partici-
pants de I'Irak Petroleum Company qu'il itait prit
t couclure un nouvel accord, A condition que cet
,accord ne contienne aucune restriction k'la libre con-
currence. -

Cne aep&-cle- de Londres an Neu, York Herald, Tribune ,a
rapport les declarations d'un porte-parole du Foreign Office
qui sont semblables A cells du porte-parole du Departement
d'Etat americain.

5. 'LA POLOGNE

Une nouvelle note americaine au gouvernement polanais
demandant uine fois de plus A celui-ci de mcttre fin aux
mnesures de repression centre P'opposition, de faqon h assurer
des elections libres, conform6ment h l'accord de Potsdam,
est signalEe dans toute la press. De grands journaux en
publient le texte integral, mais cette note ne fait encore
l'objet d"aucun editorial.


L'Attensagie problinme essetitiel pour le geiiral .Mar-
shadl (New York Herald Tribune, 1.0/1) :

< Dans sa lettre de demi;,sion, M. Byrnes a fait re-
marquer que son successeur aurait besoin d'un certain
temps pour se ofamiliariser avec les comp'lexit6s de la
situation allemande avant que la Conf6rence 'des mi-
nis:res des Affaires etrangrres ne se r6unisse en nar,
"a Moscou pour commencer 1'elaboration du trail- dti
,paix avec l'Allemagne. Le general Marshall sera sans
aucun doute reconnaissant de ces deux mois de o,-pil
qui lui sont accords avant qu'il n'ait A faire facee :'1 ai
premiere grande 6preuve en tant quc secretaire d'Klit.
Le probleme a'llemand est fort delicat ct pre ,enle
bien des difficulils. -
Le' general Marshall s'apercevra *qu'il y a d6jh dans
de nombreux domaines des bases 'd'accord.
Les Russes, come les Am4nricains et les Britanniques,
se sont orient6s vers le principle d'une unite poli ique
et economique de I'Allemagne. Go n'est pas trop d'es-
pbrer que ''on pourra saurmonter les objections des
Francais et que l'on pourra gagner la France A l'id6e
d'une solution qui puisse permetire le contr6le eflectif
du potential industrial de la Ruhr et de la Rh6nanie


sans toutefois entralner la separation de ces regions
du reste de l'Aliemagne.
11 sera beaucoup plus difficile d'arriver a un accord
sur les measures pratiques que l'on dolt prendre pour
realiser I'unitC Cconomique de l'Allemagne.
II faudra pour cela plusieurs mois de p6nibles et dif-
flciles negotiations. Cet accord, par bonheur, ne semble-
pas hours 'de port6e, et nous avons dans le general Mar-
shall u'n repr6sentant don't les talents et experience
permettent de garantir que les Etats-Unis contribue-
ront de toutes leurs forces pour arriver A cet accord '.


III. PRESS SOVIETIQUE


Reire, re e la press sointique du 10 janvier 1947
Les rubriques 6trangBres sont un peu plus fournies que les
ours precedents. La politiquc anglo-amdricaine reste le sujet
dominant,

1. LA VIE POITTIQUE AMERICAINE

Les journaux publient une analyse du 'message ddu Presi-
dent Truman sur les questions 6conomiques, les declarations
du directeur de la Section juridique du C. 1.0. au sujet de
l'affaire du sinateur Bilbo, et annoncent, en deux lignes,
avec un titre discret, la ratification par le Senat de la nomi-
nation du g6n6ral Marshall comme secr6taire d'Etat.

2. QUESTIONS ITALO-YOUGOSLAVES
Une longue s6rie de depeches est relative aux evenements
d( Pola ,, aux protestations centre la terreur en Sicile, h la
note de In section de press de l'ambassade de Pologne i
Rome sur l'organisation par les autorites britanniques de
groups de l'armee Anders, A la decouverte d'un dep6t d'ar-
mrs d'origine fascist a Trieste.

3. LA VISIT DU MARACHAL MONTGOMERY

Les journaux reproduisent en premiere page le communi-
csui official sur la journte du 9 janvier. Dans, les Izvestia,
un grand article du g6ndral Galaktionov est consacre aux
operations d'El Alamein. Le general comment avec beau-
coup d'dloges la manoeuvre du commandment britannique :
in man qui etudient l'art militaire contemporain >.

4. NOUVELLES DIVERSE
Flnsicurs didpclies Tuss concernent les sujets suivants :
la vie politfque en Pologne, la reunion de la Conference
syndicate organis6e par la F. S. M. pour 6tudier la question
ttu carbon, la politique britannique dans le Proche-Orient,
la non denazification en zone americaine, le movement
anti-gouvernemental au Japon, le movement demandant le
retrait des troupes amdricaines en Chine, la gr&ve des chauf
feurs londoniens, etc...
Dans l'Etoile Rouge, Vydokossdrovsky, correspondent spe-
cial du journal de l'armee sovietique an Japon, fait la des-
cription des measures policieres < extraordinaires >> qui ont eu
lieu A son arrive, et de la route de Yokohama a Tokio oi
il y a heaucoup plus de liaisons d'habitation d6truites que
d'usines ou d'objectifs militaires ,. II rapport les << bavar-
dages >> sur les dangers d'une nouvelle guerre et le p6ril
rouge, dans les milieux des correspondents .Strangers. 11 i-
gnale ]a propaganda faite autour de la bombe atomiquc, fi
cinema et dans la press americaine du Japon :

< Tous les Aniiiicains ne sont pas atteints de la
ruge atomique, ecrit l'auteur, certain officers, sol-
dais et civils critiqtent la protection dunt jouit la
reaction locale et les efforts qui sont faits pour retar-
der la democratisation du pays. P









tIA3tBrTIN QUOTIDIN DE PRESSE ATIANG*RE


IV. PRESS SUISSE

LA NOMINATION DU GANARAL MARSHALL.

1. Nette Ziircher Zeitzung (9/1, Bd. de 'idi) :
< Si quelqu'un est qualified pour pratiquer au course
des deux ann6es A venir une politique etrangere au-
dessus des parties et poss6dant un caractAre national,
c'est bien le general Marshall. M. Byrnes lui, n'etait
guere en measure de jouer ce r6le, non point pour des
raisons personnelles, mais pour des raisons politiques.
Depuis que le senateur Vandenberg a annonc6 qu'A
'avenir il se consacrerait en premier lieu aux ques-
tions intlrieures et qu'il ne participerait aux nego-
ciations avec l'L:ranger que 'dans des circonstances
exceptionnelles, la < plate-forme > national en matirre
de politique 6trangere, que Washington avail p6nible-
ment elaboree, semblait fortement menacee. Le danger
atait d'autant plus sarieux que c'est maintenant 'des
r6publicains qu'il depend en derniere analyse que la
politique suivie par M.. Truman dans les n6gociations
de paix obtienne ou non a la fin l'indispensab'le appui
du Senat. Le g6enraq Marshall est inconteslablement
I'homnie qui peut donner A cette politique le caractere
'de constance don't elle a besoin, et I'on peut computer
qu'il la maintiendra avec une Igale fermet6 en face
des deux parties. I1 est vraisemb'lable que des incidents
tels que l'affaire Wallace, qui rendit si p6nible l'exis-
tence ministerielle de M. Byrnes, sont moins appeles
A se produire avec lui, parce que, A' titre personnel, et
en tant que representant de l'armie, il se tient au-
dessus de la ml.ee >.
(Du correspondent particulier
de ia Neue ZiPrchar Zeitung A Washington).

2. National Zeitutng (10/1, Adition du soir) :
c 11 est evident qu'un militaire poss6dant *une telle
experience et une perspicacity aussi remarquable esti-
mnera que les questions inidressant la defense national
de son pays doiveut tout naturellement figure au pre-
mier plan 'de ses preoccupations. Aussi y aurait-il de
la naivete A admettre que le nouveau ministry des Af-
faires 6trangeres se mon'rera dans la question du con-
tri'le des armements, moins attach-6 u.n system effi-
cace et affranchi de l'hypotheque du veto que ne le
furent MM. Byrnes et Baruch. Cependant, en ce qui
concern opposition qui a dressed jusqu'a present la
politique international 'des Eiats-Unis centre celle de


l'Union Sovi6tique, le nom du g'mneral Marshall a bien
plus rarement paru dans les pul6miques que Ile nom
de son predecesseur. Bien plus, il possede encore A
Moscou un capital moral considerable datant de 1'6po-
que of, contrairement a la prudence britannique re-
presentde par M. Churchill, it .essaya avec un achiarne-
ment extraordinaire d'obtenir, d6s l'ann6e 1942, que la
Russie ffit militairement soulag6e par la creation d'un
deuxieme front sur le sol frangais. 11 faut avouer d'ail-
leurs qu'il a faith cedte proposition parce qu'il sous-esti-
mail la force de resistance de l'arm6e sovietique. Mais
le souvenir des inquietudes d'un general qui redoutait
sincerement une d6faite sovietique est plut6t de nature
a inspire confiance aux homes d'Eiat de Moscou.
11 est done possible que la seu'le presence du, g6nbral
Marshall donne aux negocia'ions avec l'Union Sovie-
tique un caractnre plus amical, plus aise, moins entach6
de mnfiance. En outre, l'exp6rience prouve qu'instinc-
fivement les chefs de la dictature sovietique negocient
plus volon:iers avec un miiitaire victorieux, don't ils
croient connaitre la menalit6, qu'avec un parlemen-
taiire occidental >.

3. Gazette e Lausanne (11/1) :
c Bien que Washington projette de poursuivre la
meme politique de fermete A 1'6gard de la Russie, il
est evident que le general Marshall compete beaucoup
plus d'amis parmi 'ies Russes que n'en avail M. Byrnes.
Le general Marshall avail 6et indign6, en mars der-
nier, lorsque M. Truman consen.it A apparaitre aux
c6t6s 'de M. Winston Churchill, lors du fameux discours
belliqueux de Fulton, dans le Missouri. M. Churchill
essaya alors d'avoir un entretien prive avec le general
Marshall, mais ce dernier, mefiant, pr6fera rencontrer
M. Churchill en presence d'un tiers, en la personnel de
M. Bernard Barueh.
Pourtant, la nomination du general Marshall ne sau-
rait signifier que l'Amerique va relacher sa politique
de fermet6. Dans son discours d'adieu' comme chef
d'e6at-major, le general s'6tait montr6 partisan de re-
serves d'armes importantes, assurant de maniere du-
rable la puissance militaire ambricaine...
Le general Marshall a des relations Ipersonnelles excel-
lentes avec les officers sup6rieurs russes et egalement
avec des officers sup6rieurs anglais, mais en pregnant
le pouvoir il garde les mains libres 'des deux c6t6s 3.
(Du correspondent particulier
de la Gazette de Lausanne A Washington).


S.P.I. ImE., "7, rue Nicolo, Paris 31-3009


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