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Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Physical Description: dl. : ; 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publisher: s.n.
Place of Publication: Paris
Creation Date: 1947
Publication Date: 19XX-
Frequency: regular
 Subjects
Genre: periodical   ( marcgt )
serial   ( sobekcm )
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063
System ID: UF00077027:00004
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14-16, rue Lord-Byron, Paris (8e).





BULLETIN


DE


PRESS


6 janvier 1947.


QUOTIDWiN



ETRANGERE


Nouvelle 86rie No 560


1. PRESS BRITANNIQUE

Press britannique du 5 janvier 1947
1. POLITIQUE EXTARIEURE BRITANNIQUE.
L'bditorial de PObserver a l'occaoion de l'annonce de plans
communs d'entrainement pour less armes ariennes amd-
ricaines et anglaises refute les arguments que, L la suite
des rebelles travaillistes, le. partisans d'une politique de
neutralild pourratent mettre en avant.
Selon lui, les plans de cooperation militaires anglo-am6-
ricains seraient plus pouss6s que ne l'a jus u'ici annouc6
le Gouvernement et ceiui-ci aurait tort de en cacher, 6tant
donnd les consequences considdrables qu'ils doivent avoir.
11 semble, en effet, que la politique de ferme:d vis-t-vis de
la Russie n'a pas eu jusqu ici pour effet de rejeter celle-ci
dans une ho.tilite caraLterisee, comme le redoutaient les
e rebelles u. La neutrality recommande par ces derniers,
si elle correspond A la faibiesse relative actuelle de 1'An-
gleterre, prbsente cependant de graves dangers, comme le
prouvent les resultits de.astreux de la politique de neu-
tralit6 A tout prix des petites nations vis-A-vis de 1'Alle-
magne hitl6rienne. La Grande-Bre!agne enfin ne peut nier
que les principles d6mocratiques de 1'Amerique sont fonda-
mentalement les m6mes que les siens propres.
2. PALESTINE.
Tous les journaux consacrent des articles aux delibera-
tions actuelies du Cabinet sur la question palestinienne et
publient de nombreuses nouvelle. sur les measures miliaires
prises on envisages. Beaucoup s'attendent A la proclama-
tion de la loi martial, qui permettrait l'adoption dune
politique beaucoup plus efflcace de repressions.
Le Sunday Times, dans un editorial, fait appel aux Juifs
anglais pout se ddsolidariser publiquement, de la maniere
la plus catdgorique, des terrorists de I'Irum.
Scrutator dans le m8me journal souligne l'impossibilite
de laisser se prolonger la situation aetuelle. Etant donn6
attitude des deux parties en prieence, la seule solution
semble Atre un compromise et un compromise impose par la
force.
Le soldat anglais a faith preuve jusqu'ici d'une re-
marquable patience, mais il n'est pas h souhaiter que
celle-ci se prolonge.
Le Gouvernement doit montrer sa force et reagir
centre la prise d'otages par les terrorists. Le souci
d'dpargne des vies anglaises ainsi realise n'a etd
quPillusoire. L'inpunitd dent ont joui les coupables
risque en outre d'encourager los Arabes et d'opposer
alnsi aux Anglais deux advcrsaires au lieu d'un. 11
dolt y avoir partage an gouvernement par une tierce
parties. Cette second solution semblant incompatible
avec le desir des Arabes et des Juifs pour l'auto,no-
Imlx us .partage devrait finalement Intervenir, 6tant'


donned les conditions geographiques de transfer et de
populations.
,Jruoaltm, par suite de son caractere religieux, de-
vrait ,tre place ious la tutelle de 10. N. U., ainsi
sans doute que Haifa, port indispensable i la vie
economique de deux communautes.

3. ALLEMAGNE.
L'Ob:erver Bcrit que, si le plan britannique qui consis'e
A confier a des ~dquestres ahemand, les mines et Pindus-
trie iourde de la zone bitannique semble dca.tt pour Pins-
tant, la cau.e ne sembie pas devoir 6tre cherchee dans les
objections ambricaines, mai. dans une certa.ne his.tation
de la part des principaux foncLionna.res britanniques res-
ponsable. de la m.se en application du project. Les socia-
listes allemand,, d'autre part, seraient opposes A l'appii-
cat on du principle dans une seule zone, car elle irait A
l'encontre de leurs dd-irs de centralisat,on. Le journal si-
gnale d'autre part les excellent r6sul ats qu'a donn6, d&s
sa mise en vigueur la fusion des deux zones amdricaine et
anglaise. 11 en serait r.-ult6 un remar,,uab:e rdsultat du
point de vue de 1 administration, qui permettrait de prendre
rap dement des decisions importantes. Cette experience est
cependant menace dans ses r6sultats par deux dangers.
C'est d'abord la lenteur avec laquelle ces r .uitats seront
perceptrbles pour la masse de la population; c'est, d'autre
part, les limiles fo'cdment restreintes des resultats qu'on
pent en attendre. Lcs questions reellement importantes,
come par example le rAl6vement du niveau de l'industric
allemande ne peuvent 6tre t.ai'ees que sur le plan quadri-
partite. Des rumneurs courent sur l'adoption par la Russie
d'une attitude plus conciliante dans la question allemande.
Ceci, cependant, serait probablement lit i Lnne demanded
rus.e de separation plus important prdlev6e sur la pro-
duction de l'Allemagne occidental. Etant donna' les sacrl-
fices que cela' imposerait aux Anglais et aux Amdricains,
ceux-ci demanderalent sans donte une contre-partie consis-*
tant dans le retour A 1'Allemagne de territoiree a 'e.t de
la ligne Oder-Neisse.
4. FRANCE.
Le correspondent A Paris du Sunday Times signal I'ac-
cueil encourageant que tronve en France la decision du
gouvernement de p-ovoquer une baisse des prix. Les r ul-
tats de ce'te courageuse measure ne dependent pas unique-
ment d'el6ments 6conomiques, mais egalement de condi-
tions politiques. Ils laissent prevoir la possibilitL de la
formation, sous la pr6sidence de M. Leon Blum, d'un gou-
vernement de coalition; toutefois, la participation des com-
munistes poserait des questions difficiles A r6soudrc. (Voir
i'article plus loin.)
Revue de la press britalinique du 6 Janwier 194I
Ce matin, l'intdret de la press se partage entire 'atcentat
contre un train de troupes britanniques en .gyptele: situa-


CTETrAftTAT VE1TAT
A LA PRASIDENCE DU CONSEIL
ET A L INFORMATION


LA DOCUMENTATION FRANCAISE








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS tTRANO*VE


tion en Palestine, le rapport de la ddligation du Pariement
britannique qui a visit la Grdce au mois d aoit. Le Times
donne la premiere place i la stance inaugural du nouveau
CongrBs- amricain.

1. -- EGYPTE.

La plupart des journaux notent que des bombes ont td
lances hier centre un train de troupes britanniqucI qui
quittait le Caire pour la Palestine.

2. PALESTINE

Le correspondent diplomatique du Daily Telegrapl cril
que le Gouve'ement britannique prendra une ddcis.on cette
semaine au -ujet de 1 arrestation de tous ceux qui sont
soupconnis davoir faith partie de I'lgoum et de la Bande
de Stern. Par centre, aucune measure ne .era prise contrr
la Hagana. Des measures scraient prises dgalement con re les
villages et colonies qui ont servi de point de depart aux
attend ats centre les troupe, britanniques. Tou's les immi-
grants seraient envoys immLdiatement Chypre on dans
de nouveaux camps qui seront dtablis dans le Kenya. Le
gouverncment britannique aurait remis un ultimatum i
M. Ben Gerion, president de l'Agence Juive, lui enjoignant
de condamnex categoriquement le terrorism juif.

La solution britannique du probldme de la Pales-
tine, ecrit ce correspondent, ne serait appliquee qu'au
mois de mars et lide & la cessation des activities ier-
roristes. Le plan britannique pr6coniserait mais
eci n'est pa, confirm la formation d'un Etat
arabe en Palestine representant 60 % du territoire.
Le reste du territoire constituerait 1Etat juif. Ce der-
nier aurait une pleine autonomie, jouirait du statute
de dominion, aurait son drapeau, son ministry des
Affairs 6trangeres, son armee. Le, Etats arabes out
annoncd qu'ils s'opposeraient h tout project d. mor-
cellement.

Le Manche's er Guardian signal que l'ambassadcur de
Grande-Bretagne a Washington a eu hier un entretiea avec
M. Byrnes au sujet de la Paletine. L'ambassadeur s( serait
plaint en particulier de 1'aide donn6e aux sionistes de
Palestine par des organizations privees amdricaines.

3. GRACE.

La plupart des journaux (le Daily Worker en touWe pre-
midre page) annoncent que la delegation du Parlement bri-
tannique qui a visit la Grece repemment vient d'adresser
un rapport au cabinet Attiee, au foi de Grece et a son gou-
vernemen.. Le Times et le Manchester Guardian icndcent
compete en detail du contend' et des conclusions de ce rap-
port. Le Manchester Guardian signal que les d6l6guns ont
joui de toute la liberty d'action et de movement voulues,
Le Daily Telegraph 6crit :

S La dlgation parlementaire qui a visited la Grece
du 13 au 29 aofit recommande, dans son rapport pu-
blid aujouTrdhui, la formation d'un gouvernement re-
pr6sentant tous les parties, A exception possible de
Pextr6me-gauche. Ce gouvernement devrait avoir Pap-
pui de la Grande-Bretagne.

Le correspondent diplomatique du News Chronicle sou-
ligne le passage du rapport qui prdconise le retrait des troiu-
pes britanniques.
D'aprBs le correspondent du Daily Herald, le rapport reve-
lerait que la Grdce a trop souven:t tendance a slappuyer
sur la Grande-Bretagne ct il en cite le passage suivant :

I1 est certain que les chefs politiques sopt tellement
habitues i se turner vers la Grande-Bretagne et A
computer sur elle pour remettre leur pays sur pied
qu'ils ont presque perdiu de vue la n6ces-it6 imp6-
rieuse de fair tout leur possible eux-m&neL pour
reIettot leur tnaison sn Rtat.


Le correspondent politique du Daily Worker mentionne
plusieurs actes de terrorism de 1 extrdme-droite, auquel Irt
rapport fait allusion. I1 ajoute :

Malgre ces examples de terrorism de l'extrbine-
droite, les membres du Parlement commencent leur
rapport en biAmant les extrdmiistes des deux parties
pour ce qu'ils appellent < l'dtat politique deplorable
de la Grdce >. 11 conclut qfe les accusations de la gau-
aeC south plus nombreulses et plus precises que les
contrc-accusations de la droite, qui sont vagues et
gdndrales.

4. CONGRESS DES ETATS-UNIS.

Le corire:pondant du Times a Washington consacre une
assez tongue note h l'ouverture du nouveau Congres ame-
ricain et attire I attend ion sur le confit qui divi..e la gauche
r6pDnlicaine en anticommunistes et en procommunistes. Au-
cune nuicaLion n'a et6 donnee quant au programme du Parti
repubucain pour la nouvelle session ldgislaiive. Cependant,
quesques correspoodanls font allusion uux declarations radio-
diluu,ees du s6naeur Tast qui out laissd entrevoir I'adoption
d une nouvelle loi relative aux organizations ouvrieres.
Le Daily Worker comment la demission du senateur Ba-
ruch, qui pourrait servir de pr6texte aux republicans pour
refuser la participation des Etats-Unis au control interna-
tional de 1 dnergie atomique.

5. GRANDE-BRETAGNE.

Plusieurs journaux, en particulier le Daily Telegraph, le
Daily Herald, annoncent la publication i. une date procnaine
d'un Livre Blanc conacr6 au problime de la main-d'oeuvre
et de I dconomle britanniques et contenant des dounnes sur
les prix, les salaires et le coit de la vie. Ces rapports con-
ciuraient A la ndcessite d'augmenter la production et seraient
discut6C mercredi prochain, au course d'une reunion qui doit
avoir lieu entire les reprlsentants de la Confeddration gdenrale
du travail britanniquc ('. U. C.) et les reprdsentants de la
Fdderation du Patronat britannique.

6. INDOCHINE.

Sous le titre : l Une decision par les armes s'impose >, le
correspondent du Times h Paris rapporte les declarations
faites en fin de semaine par M. Marius Moutet et M. Sainteny,

M. Sainteny, dcrit ce correspondent, explique la
disintegration du Viet-Nam par le faith que son orga-
nisme central, le Tong-Be, est maintenant incapable
de catcher plus longtemps ses tendances totalitaires.
11 se demand jusqu,'h quel point le gouvernement du
Viet-Nam a dvolu dans le .sens de la d6sint6gration
et signal les exagdrations de la radio viet-namienne
qui, icrit-il, indiquent un manque d'6quilibre.

I1 termine en donnat un bref rdsumb des dernicres ope-
rations militaires en Indochine.
Sous le titre : a La faillite de la mission indochinoise ,
le correspondent du Daily Telegraph A Paris announce le
retour de M. Moutet, qui arrive sans avoir pu prendre con-
tact avec les chefs viet-namiens. Ce correspondani 6crit que
M. Moutet est maintenant convaincu que l'insurrection ne
pent 6tre vaincuc que par la force des armes.

7. FRANCE.

Le correspondent du Manchester Guardian h Paris con-
-sacre une note i ce qu'il appelle < la bataille du franc ,
et de la reduction des prix. I1 semble optimiste quant au
rdsultat des efforts du gouvernement dans cc sens.

8. ALLIMAGNE.

Le Manchester Guardian public en toute premiere place
une longue note du correspondent special sur la d6tresse de
la ville de Hambourg. Ce correspondent termine son rap-
Sport ainsi a La situation A Hambourg exige 'attention
immtliate du government britannique. Le corcspou-
r/


_~II_


I -







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ITRANGRBE


dant diplomatiqu'e du Daily Herald ecrit que les premieres
measures tendant i placer l'industrie lourde de la zone bri-
tannique de l'Allemagne sur une base socialist seront com-
mencecs d'ici une semaine ou deux. II ddment les bruits
d'aprbs Iesquels les plans en question auraient subi un
chanem;cnent A la suite de opposition americainc.

9. POLOGNE.
Le Daily Telegraph reproduit une note dh'aillec de
C. Buckley, son correspondent special a Varsovie, sur les
nctivit6s ouvribrcs polonaises et le regime de terreur qui
regne en Pologne. Ce correspondent ecrit

< qu'il n'y a aucunc v6rite dans les informations de
source amnricaine suivant lesquclles l'ambassadeur de
Grande-Bretagne a Varsovie scrait appel6 comme ti -
moin au proces du' come Ksawary Grachel ki, accuse
d'avoir comploti le renversement du gfouvernement
provisoire. >

Le correspondent du Daily Telegraph dcrit que le Foreign
Office a demand a l'ambassade britannique des rensei-
gnements sur les allMgations qui ont Wtc formulkes sur son
compete.

10. SYRIE.
Le Daily Telegraph public ce matin un second article de
Sir Edward Spears dans la serie qu'il con acre an Moyen-
Orient. Le general Spears s'occupe aujourd'hui dc la ques-
tion de la Grande-Syrie.

a) L'experience de M. Blum (Manchester Guardian.
4/1, liberal) :

< La tentative de M. Blum de juguler la cruise finan-
cire sera suivie ici avec beaucoup de sympathie. I1
faut si peu de chose pour mettre la France sur le che-
min du redressement. En comparison avec notre
'tache hercul6enne, la solution des dirficult6s financi&-
res franchises est incroyablement facile. Un peu de
patience, un peu de cooperation de la part de toutes
les classes socials, quelques restrictions. et la valeur
du franc pourrait Atre stabilis6e dans 1'espace d'une
nuit. 11 n'est pas n6cessaire de recourir A des measures
h6roiques. II fant donner aux paysans, aux industries
et aux commercants une confiance suffisante dans la
valeur de la nonnaie, pour les inciter a vendre. La
m6fiance A l',gard de la monnaie s'est profond6ment
enracinbe dans l'esprit du public francais. Ceci se com-
prend aisement ; slcon I'indice official des prix de d6-
tail, le pouvoir d'achat du franc ne reDrtsente Dlun que
2 % de sa valeur de 1914. Deux aednrntions de Fran-
cais ont trpvaill6 dur et mis de l'argnt de c6te uni-
quement pour s'npercevoir aue le cont-nn do le]rs fa-
meux has de line perdait de sa valeur d'ann6e en
ann6e.
Ils en reiettent le blame sur le gonvernement; ils
veulent voir le budget en .niilibre et !Pr finances re-
mises en ordre. Ils se raccrochent aux billets en livres
et en dollars, comme si ceux-ci ne devqient iamais
changer de valeur. Ils ardent des marchandioes en
stock. Bien que la France ait accompli un redresse-
ment remarouable, cqui n'a jamais W6t comnl e'cment re-
connu en France et A 'P6'raner. et nue sa production
roor6,sent Iels 4/5' de celle d'svant la euerre. 'es transac-
-tions commPrciales sent froin.-es n'r le mo"nane de
confinnce. C'est stir ce point one M. Bi'm a decide die
lanepr son attaoue. Les nrix e les sl(i'res ont montp
ran;dement. Le nonveau government a nrd(nni.( nar
d6cret. Oine tons les Drix snipnt rd'iits le 1" ii,-
vier de 5 %. Une baisse complTmentaire est promise
pour mars. En comparison des hausses r6centes, la r6-


duction apparait faible, mais M. Blum esp6re qu'elle
agira A la maniere d'un choc psychologique et arre:era
la fuite devant la monnaie. Si l'on 6tait fond6 a croire
que la France n'avait besoin que d'un signe pour re-
trouver le droit chemin, il est bien possible que ca
signed ait 6tW donn6.
Sans une certain amelioration dans les finances pu-
bliques, le gouvernement ne pourra persuader les Fran-
cals que le danger est pass-6. II res e beaucoup A faire,
mais avant tout I'atmosphere dolt Mtre dcbarrassse des
miasmes de panique qui s'&taient r6pandus durant tous
ces derniers temps.

b) M. R'num sera--fil president du gouvcrnrnment ddfini-
fif ? (Sunday Times, 5/1, conservateur) :

4 Si M. Blum n'est pas trbs d6sireux de rester A la
tete d'un gouvernement form de membres de son pro-
pre part, il dolt 1'&tre encore moins A 1'id6e de former
un ministure de coalition, et une coalition cnmprenant
un pqrti aussi agressif que les communistes. Cependant,
son prestige dont tiennent comate les communists,
si pen al,'ils l'a;ment et sa haute conception des res-
ponsabilites qu'imnlique la direction Dolitinue, pour ce
ani est de na coordination et de I'inspiration A suivre,
iui donnent plus cqu'A ouiconquTe une meilleure chance
d'obthnir de cette coalition un v#rithble travail d'nnuipe
-- condition touteFois one sa snnt6 le lui permette.
On a sn1ffir6. enre aunre chse, la formation d'un
onlveprnement compo' rie so ciilistes pf r1 membres dn
Rq-rnmbl mpnt d(s G'iichos. o' le MR P. et les com-
mn'niiste sernient zvnlholi;mnement renpyAentbs chscun
par nn simnle ministry d'Etat snns qucunne chlrce im-
pnrtante. Les communi-ses accenteralent dififlilpment
eotte combinaison et nroclament one les svndlicnts in-
c.toe:t zsur une participation communist adequate.

(FRANK MAC DERMOTT.)


1. -- PRESS AMERICAINE


RFriue de la presse tnamuicaine do 4 ja~iwiler 1947

1. LES QUESTIONS ALLEMANDES
Une d6;eche de Franefort au New York Times signale A
nouvau la situation difficile oi se trouvent olnacees les in-
blustries allemandes par suite du manrue de carbon. Le cor-
r clondant de ce journal note qne In Grande Hesse n'a requ
"r, 50 0% de ses allocations en carbon pour ecrpmhre, le
W'urtemhner 70 %, la Baviere 35 t%. < oar suite. dit-il, des
(';rfieullis de transport .. Le correspondent du New York
Timnes A Londres declare nne le iuonvernemrn"t b-itanniune
et dr'acord avec les ddeclarations faites hier b Berlin pour'
6&cver le niveau de la production industrielle du Reich, si
l'un;fieat:on des zones analo-amriecannes le nicessite.
Clark. I'un des corressondant du New York Times A Ber-
lin rpem-noue li(i certain nnzis out r6ussi se fire envover
en Am6riquc come technicians. II cite le cas d'Ax'er, don't
les relations avec le Haut-CommanrIment allemand ataient
connues et dent la f-mme Rtait un officer des sections femi-
nines du Parti national-socialiste, et celui de Paten, ancient
prouri6taire d'usines ayant trava;ll6 a la fabrication d'ap-
pareils de detection pour P'aviation alleman-de. Ce corres-
pondant renrond la protestation dn Rir'lin Tribune, organe
des svndicats allemands, centre l'infiltration de nazis en
Anmerique. et fait 6tat de P'oninion de fonetionnaires am&-
ri'nins du qouvernement militaire oui considArent que cette
situation d6montr" un manque de comn-ehension sur 1'im-
pnrtnice de In resnonsahilitW amnricaine en inntiere de dena-
7;';.ation ,. Un des d:teu-s du journal liberal P. M. Max
WV-ecr r .' prononce aujourd'hui pour une unification du
Heich







MULLSTIN QUOTIDISIN


,, Si les U.S.A., la Grande-Bretagne et I'U.R.S.S. sont
d'accord pour l'nification de *l'Allemagne, la France
lacceptera de toutes fagons... L'U.R.S.S. est prlte A
accepter l'unification de l'Allema.gne t l'accroiss ment
de la production industrielle allemande. Ce sont Ih le-
lignes g6ndrales ,de lu politique americaine et britan-
aique... Sans l'unification, nous ne d6penserons pas
seulement des millions de dollars en Allemagne. mais
nous les perdrons i tout jamais. ,

Mac Cowan, correspondent du New York Sun, ec. t (Ie
laden-Baden que la zone frangaise est tres bien administrec
et que la politique franqaise paralt donner bien de meilcleurs
risultats que la politique d'occupation pratiqude aprbs la
guerre de 1914. Le titre donn4 a cet article souligne que la
zone frangaise se subvient A elle-meme. Mac Cowan rol6ve
le contrast existent entire les zones anglo-am6ricaines et la
zone frangaise et remarque que les Frangais ne demandent
pas d'aide aux autres zones, consid6rant qu'ils peuvent rdus-
sir sans cela. I1 affirme que, si les livraisons de carbon
allemand A cette zone ne sont pas faites r6gulibrement, les
Frangais peuvent toujours blam-r les allies, mais, ajoute-t-il,
les Frangais ne blament personnel. II note encore que les
habitants de la Sarre sont genbralement satisfaits de leur
sort et favorables A une union economique avec la France.
I1 termine par cette phrase :

a La zone franqaise est la seule qui ait r6ussi A
lancer des emprunts. Leur succis est un tdmoignage
d0montrant que la polit'que- francaise a r6ussi beau-
coup mieux que cell qui a et6 suivic apr6s 1914. >

2. L'INDOCHINE
he retour de M. Moutet a Saigon, apr6s une court visit
A Hanoi, est signaled dans des depeches ide Paris qui pricisent
que d *s frans tireurs vietnamiens out tir6 a deux reprises
sur le nunistre sans I atteindre et qu'ils ont tui6 'eux so'dats
tranga-s qui 1'escortaient. Whitcomb cAble de Paris an Balti-
more Sun :

a Dans les milieux de gauche a Paris, on declare
quL les coups d. feu qui ont marqud la visit de
M. Moutet A Hanoi provenaient d'616ments frana is qui
cherchaient A effraycr le ministry. )

Dans l'Evening Star, Constantine Brown, qui s'est signal
par ses articles anti-communistes, declare que Jes troubles
indoch'nois ont &td causes par .des agents communists. Les
leaders communists indig6nes, dit-il, ont 4:4 prepares A di-
riger la revolte dans les udoles de Moscou et de Bakou et lour
formation est telle qu'ils

a slnt incapables de faire .la difference entire le na-
tlonalisme et le communism. s combattent avee au-
tant de fanatisme pour Moscou que pour l'ind6pen-
dance de leur territoire. ,

Brown termine en declatant

Ceffe question est si delicate que M. Blum no tient
pas A ce que ces faits soient connus, de ppeur qu'ils nr
causent des difficulty s non seulement avec Ic part
communist en France, Inais aussi avec Moscor s

3. LES QUESTION'S FRA)lUAISES
Des correspondents de Paris 4crivent que les inesurc;, gou-
vernementales pour faire baisser les prix paraissent tgagner
I'appui de toute Ja nation Perlman declare, dans ulie d6-
p8ehel au N,,w York Herald Tribune, que la reaction ptpu-
laire est enthousiaste ,. D'apr6s une d6p4che A.P., M. Blum
a declare avoir regu des promesses d'appui des patrons, des
groups de detaillants, des organizations agrico-les, dcl svn-
dicats ouvriers. Le, New York Herald Tribune estime, dtans
un editorial. que l"nitiative 'e M. Blum est louable, mais
1i doute qu'elle done les rbsultats escomip's, parce qu'elle
est faite dans Ic cadre du diriglsme et que celui-ci a, d'apr6s
le journal, paralyse les activities 6conomiques en France
come aux U.S.A. (Voir Particle plus loin.)


a9 PrtssE AhANeIaHE

4. LE SIONISME
D'aprBs le New York Herald Tribune, le rabbin Wise a
annonce qu il se retirerait de l'organisation sioniste d'Am&-
rique, don't i1 dtait le fondateur, parce qu'elle avait prouv6,
lors de la conference de BAle, a sa tragique insuffisance t.

5. LA R PUNION DU CONGRESS
La premiere session du nouveau Congres s'est ouverte hier.
Elle a &t~ marquee A Ia Chambre par le disdours du Pr6si-
dent Martin et, au Senat, par un d6bat sans r6sultat sur I'ad-
mission du senateur Bilbo A la Haute Chambre. M. Martin fit
un expos try's g#nciral des vues r6publicaines. II a recom-
inand6 notamment la suppression de tous los contr6les gou-
vernementaux *sur l'4conomie amiricaine. qui subsistent en-
core et 1 expulsion des communists qui occupant des pastes
administratifs. Au sujet de I'aide amiricaine aux autres
nations, il d6elara :

c Avant que nous puissions aider effectivement Ic
reste du monde, nous devons revenir A une production
maximum offrant le maximum d'emplois tt entral-
nant une reduction des prix dans un systeme d'conomie
libre. Y

a) L'expirience du gouvernement Blum (New York He-
rald Tribune, 4/1) :

< Le gouvernement socialist de la France a decr6th
une r6dulcion de 5 % du coat de la vie et applique
une baisse correspondante sur les prix soumis au con-
tr6le official. Le President Blum a lance simultan6ment
un appel au peup'e frangais, pour 1'inviter a ne plus
pratiquer le march noir. En gros, la double action de
M. Blum est de trouver une solution au dilemme qui
se pr6sente A lui pendant la p(riode interimaire de son
passage au pouvoir, pour d'mieler l'imbroglio 6cono-
mique et financier de son pays.
L'6conomie frangaise est soumise au dirigisme et les
trnis grands parties politiques sont d'accord sur la ques-
tion de l'6conomie dirigec. En v6rit6, m6me le lib6ra-
liste 6conomique le plus impenitent n'oserait appliquer
ses principles en France aujourd'hui, pour supprimer,
sinon tous les contr61es, du moins la plupart. Cepen-
dant, M. Blum, dans son appel A la population, est
oblige d'admettre que le,controle des prix a 0tb inop6-
rant. Bon nombre de Francais, se trouvant dans l'im-
possibilit6 de tirer les profits qu'ils r6clarment de la
ve,' 16gale tde leurs products, offrent ceux-ci ill6gale-
ment.
Une majority beaucoup plus grande, qui ne peut trou-
ver au march official cc don't ele a besoin, s'arrange
pour se procurer I'argent n'cessaire aux achats qu'elle
dolt effectuer sous le comp'oir.
C'est au patriotism de scs compatriotes que M. B'um
fait instement appel pour uomnbattre le march noir, et
les Frangais n'en manquent certainement pas. Mais il
est difficile de voir ce qu'ils peuvent faire, mrme pour
repondre a un plaidoyer aussi urgent et 6mouvant que
celui de leur Pr6sident par in'erim.
Et pourtant, les Frangais doivent s'en sortir eux-
nimmes. 11 est prouv6 qu'il y a en France un nombre
sans cesse croissant de gens qui comprennent la chose
suivante : s'ils ne veulent pas etre compl!tement enser-
rts dans les liens du contrOle absolu d'une 6conomie
totalitaire, ils doivent s'efforcer de secouer les entraves
qui les paralysent et qui r6sullent des destruction cau-
sees par la guerre. Selon M. W. J. Htmphreys, le plan
Monnet pour le redressement de 1'industric francaise
est destiny A faire revenir la France A la liberty 6co-
nomique vers 1950. Si ce but est atteint, aI France aura
d6pas6e meme les r6alisations russes dies A aucun plan
quinquennal, car elle aura sauvi sa liberty aussi bien







BULLEtIN QUOTIDIRN DR PRISM iThANGiRE -. 5


que sa richesse industrielle. VoilI qui demandera un
effort considerable, mais telle est indubitablement la
direction que la France devrait prendre.

b) La question sarroise (New York Herald Tribune,
5/1, edition europkenne) :
c I1 existed aujourd'hui en Sarre un puissant mouve-
ment qui fait champagne pour le rattachement politique
de la Sarre A la France. Les chefs de ce movement,
connu sous le nom de Mouvement pour le rattachement
de la Sarre (M.R.S.), pr6tendent aue le nombre de leurs
adherents s'6l6ve A plus de 100.000, mais ils adme"ent
que le principal soutien au'ils recoivent leur vient de
gens qui n'ont que peu d'amnur pour la France, mais
qui savent appr6cier les avantages nconomiques que
procure le fait d'etre citoven frnncais.
Les adversaires du M.R.S. l'appellent un movement
d'opportunisme.
En faith, les Francais ne se pr6occupent pas s6rieu-
sement, d'incorporer la Sarre a la France, comme un
nouveau d6partement. Les fonctionnaires du gouverne-
ment militaire admettent que la France veut rester
associbe etroitement aux richesses indus'rielles de la
Sarre, mais ne cherche pas A int6grer pres d'un mil-
lion de Sarrois de langue allemande dans la RBpubli-
que frangaise. Si la France en arrive a anneyer la
Sarre, ce sera seulement parce qu'elle n'aura pas d'au-
tres moyens de conserver les mines.
Ce que les Francais "d6sirent. c'est une Sirre auto-
nome rattachee economiquement a la France, qui en
contr6'era les mines de carbon. Ce point de vtie est
adop:6 par trois des quatre parties politiques du terri-
toire.
Le sort ddflnitif de la Sarre d6pendra des decisions
que prendront A Mocou les min.stres des Affaires
,etrangeres des c Quatre Grands ,, quand ils se r6uni-
ront en mars pour discuter le trait de paix avec l'Al-
lemagne. D'ores et deja, une chose est certain : les
Francais peuvent accep er des compromise en ce qui
concern 'administration du territoire, mais ils ne re-
nonceront pas a contr6ler 9 milliards de tonns de
carbon qui se trouvent dans son sous-sol sans offrir
une vigoureuse resistance. En attendant, ils agissent
comme s'ils devaient conserver les mines et montrent
en mime temps aux Sarrois A quel point la domina-
tion franchise peut 8tre agr6able, au cas of les grande
puissances se d6cideraient A organiser un aure pl6
biscite.
Si un tel pl6bisci'e etait organis6 A l'heure actuelle,
il est possible que les Sarrois, tenant compete de la pau-
vret6 et du desordre que la guerre a inflig6 a l'Alle-
magne, votent pour leur rattachement a la France. Mais
le jour of les Sarrois verront un Reich recons:ruit et
prospbre, les Francais se trouveront devant une vague
d'irr6dentisme. s>
(WILLIAM ATTrWOOD.

III. PRESS SOVIETIQUE


Revue de ila press sovidtique du 4 januier 1947
L'abondance des textes relatifs A la champagne 4lectorale
diminue l'importance des rubriques Atrangres qui occupent
une demi-page en moyenne, L'expansionisme anglo-saxon
reste la preoccupation principal dans 1'ensemhle des infor-
mations de l'agence Tass.
Les journaux publient un resume de l'allocution prononcde
le 1"' janvier par M. Enver Hodja, en citant des passages
relatifs aux relations des puissances anglo-saxonnes avec
,'Albanie.


Les dibats sur la question soudanaise an Parlement igyp-
tien font l'objet d'un grand compete rendu. Dans 'Etoile
Rouge cette information est intitul6e : c La propaganda
*s6paratiste anglaise dans le Soudan ,.
Les revelations du R.enolds News au sujet de la colla-
boration militaire entire la Grande-Bretagne et les U.S.A. sont
resumees dans un long article.
Une dcepche du correspondent de 'Etoile Rouge A Berlin
signal 1'existence, en zone anglaise, d'une c arm6e royale
yougoslave z, constitute aprbs la capitulation de I'Allemagne
et renfo-cte par des a quislings v, des criminals de guerre 4
des a volksdeunsche ). C tte arm6e serait sous le commande-
ment des g4neraux Jivkovitch condamne f mo't pour trahi-
son a B,.lgrade, Anlitch et Teshanokitch. Elle aurait une
mission militaire accr6-itle auprss du commandment bri-
tannique. et d'sposerait d'unit6s 'e gendarm orie, qui sont
charges de la police des camps de rnfugids, et qui a terro-
risent ceux qui veulent rentrer dans leur pays a. Le corres-
pondant sovi6tique conclut en d6elarant que cette situation
e est contrai-e aux decisions interallites, qui interdisent
tou'e ac:ivit6 hostile aux Nations Unies sur le territoire
allemand ,.
Les journaux puhlient un compete rendu sur les manifesta-
tions provoqudes en Chine par le viol d'une 4tudiante par des
marines ambricains.
La press cite des extraits des journaux brdsiliens sur la
penetration des capitaux amdricains an BrAsil.
Une informationn de 'A.F P. sur I'arriv6e de renforts fran-
- gais en Indochine. le dementi du minister italien de l'Avia-
tion an sujet de la remise A l'Italie de l'aerod-ome m'litaire
alli6 de Fogria. et des details sur les combats en Indonesie
figurent encore dans la press de ce jour.


IV. PRESS POLONAISE


a) RWneflron ang'o-allemndnd (Rzeczpospolita, 4/1, offi-
cueuse) :
1 On made d? Ln-'reW nmle leq 'fto dC- NoW1 et du
Jour de 1'An ce sont d4ronu'6s en Grande-fretonne sous
le s:-e d 1l'amit;n po"r I'41!emafne : prisonniers con-
v'i6 t venir rb'.6br Ch-itims ranos 'es f1mllp~ e q-
glaises, descrin'ions et photogranhies de ces fes'ivltes
communes. e-fl ,*]' r'l'n r-dirh-nroe'ie r'un beri-
vain angli's C&'bhre A l'adresse des Allemands, qu'il a
apnel.s Poir nous, Polonnis, comme poir les uitros peunies
PbPrBs rbcemment d& I'ncc'Dation hitl6rienne. cette
fretern;sation an e'n-llPeminde, le so'r dl rnvei'lon,
done hequcoup A penser. On v voit, cousue de fils
blancs, une manoeuvre p'ilique tres ne'te. C-mbien
loin p,,raissent aujurd'hui les paroles de Churchi'l, qui
r6p6'ait si souvent i la rad'o : a Le people allemand
tout enter es responsab!e d'une guerre men6e en vio-
lation de toutes les lois et il s'ecoultra pas mal de
temps avanl qu'il puisse 6tre A nouveau admis dans la
famille des nations

b) Le mtmoire des socialddmocrates allemands an Con-
seil in'erallg de canerdle (Glos Ludu, 6/1, ou-
vrier) :
q Le texte de ce m6moire d6passe par son effronte-
rie tout ce que nous avons pu lire jusqu'A maintenant...
Bien qu'une polemique sur le fond nous semble su-
perflie, il e-t pourtant un passage du mmoi-re qui
apple que'ques mo's d" comnientaires : la S.D.P. r6-
clame n s lerritoires de l'Ouest en faisant valoir comme
argument le fail que no re pays a une c faible density
d6m)graphique ,, altendu que la Palogne a perdu pen-
dant la gurrre un tiers de sa population. 11 s'en sui-
vrait, comme nous lisons encore, que t la superficie


5


BULLETIN qvQUOTIDIEN DE PRRssE *TRANGARE







8 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE


de 'Eta! polonais dans ses frontieres de 1947 pourrait
faire vivre un plus grand nombre d'habitants que celui
don't dispose la Pologne a.
Les mots manquent pour qualifier le cynisme inoui
de gens qui pr6tendent 6tre les adversaires du nazisme
et ont Ic front de vouloir recueillir pour eux le bn&e-
fice des massacres hit'!riens. Peut-8're regretlent-ils
que le temps aiP manqub pour liquider pendant la
guerre tous les Polonais. Poursuivant leur raisonne-
ment. ils auraient pu exiger alors l'incorporation dans
, le Rcich de tous les territoires polonais. Comme on le
voit, la pomme de Schumacher n'es' pas tombee bien
loin du pommier hitl6rien. Et voilA les gens que I'on
regoif av'c des honneurs et qie 1'on fete a Londres !
Et Cioe 'on soutient aujourd'hui comme 6tant les plus
qua'ifi6s pour assurer la < democratisation > de 1'Alle-
magne I... >>

c) Le tred'4 de pirx anec l'Allemqgne sera-f-il signed &
Varsovie? (Rzeczpospolita, 4/1, officieuse):
e La nouvelle d'apres laquelle le Gouvernement polo-
nais aurait 1'intention de demander que le trait de
paix avec I'Alemagne soit s:gn6 a Varsovie, a product
en Allemagne un effet foudroyant. Un en'trefilet sans
imnor'ance, paru dans les'journaux de Varsovie, a sus-
cit6 d'ns la press allemande des articles abondlnts et
sensationnels, avec force guilleme's et points d'interro-
gation, au trqvers desquels percent 1'6nervement et la
consternation.
Comme on le volt, le coup a por'6 au coeur de lTor-
gueil allemqnd, d6voilant par la m&me occasion certai-
nes snTculations politiques. Un traite de paix signed h
Moscou, a Paris on A Londres, aurait le caract6re d'un
document ooliticrne. Sign6 a Varsovie. il constituerait,
en you're. un acte svmboliqiue de justice hitorirrne. Et
c'est dr ce'a rnue le Anemands se rend-nt bien conmte.
,'onininn nolonaise sontiendra chilourenuement I'ini-
tiatve dii ffivPernement et nous ne concovons pas
quo p l n rfe r'1qrqurmenfs noirt'lit invounier aiienonquie
vorndr-it metire en cause la 16gitimit6 d'une tell pro-
position. >



V. PRESS BELGE


L'ExPV*RTTNCE DU GOUVERNEMENT BLUM. (Le Soir, libp-
ral, 3/1) :
ST1l rst b"aucouD trop tot pour pr6d're si M. Blum
rbussira mieux on mn'ns hien que M. Van A.ckcr. Les
?ueures ne s'rntend-nt mime pas ru- le pDint d- sivoir
si les c:reon-tpnceo soil p'us on mo'ns f-vrables en
France nlu''n B"lau;cru. Les ambitions de M. B'um sont
d'qlleunrs o's rToaistes 11 se .contpnte d'une b'iqse de
5 % au lieu de 10 % et il la pratique, dans le domain
Rtatique tout au moins. au lendemain d'une hausse cui
avail W6t sensiblement plus considerable. On a djhA
signil6 une reaction immediate a la Bourse ; hausse
des rentes et baisse des actions. Le march noir a r6agi
encore p'us forteomnt : on a enregistr6 une baisse do
10 % environ sur l'or et les devises 6trangeres.
Le plus sienifqcat;f sans donte, est la reaction du pu-
blic, (ni exiae en toute circonstance. bien ou rnal fon-
d6e I'Pnn'lcation do l rnluction. C'Pst cot etat d'es-
pr't an' don fair triomnnher I'xneripnce Blum. Ce qui
etiit A cr-inldr c'6'pipnt unp nas;ivit6 et un d6sint&.
ressement qui auraient 6nerv6 le decret. >>
(Du correspondent du Soir a Paris.)


VI. PRESS SUISSE


a) L'EXPIRIENCE BLUM ET SES CONSEQUENCES POLITIQUES.
1. (Neue Ziircher Zeitung, 6d. du martin, 4/1) :
( Si "on tient compete de la monte des prix au course
des douze derniers mois, la baisse de 5 % d6cret6e pa,
le ministbre Blum pr6sente un caractere symbolique.
Visiblement il s'agit d'une part de manifester l'irr6duc-
tible volont6 gouvernementale de s'opposer A l'infla-
tion, d'autre part de donner A l'6conomie frangaise ia
possibility de r6aliser par ses propres moyens un tra-
vail d'adaptation don't tout le monde s'accorde A recon-
naitre I'imp6rieuse n6cessit6.
La stability po'ilique, 1'Pquilibre budg6taire, un ac-
cord entire les patrons et les ouvriers pour fixer le ni-
veau des prix et des salaires, telles sont les conditions
d'une entreprise d6flationniste poss6dant un caractbre
organique. >

2. (National Zeitung, 6d. martin, 4/1) :
Evidemment I'usager du m6tro qui d6sormais ne
paie pas moins de 4 francs au lieu de 2 pour un voyage
n'a pas l'impression que ce'a constitute une baisse des
prix. MAis l'adoucissement des tarifs d6cid6 par le
gouvernement doit donner I'impression qu'il consent,
lui aussi. les sacrifices r6clam6s aujourd'hui de tous les
industries, commprcqnts, etc.II1 serait invraisembla-
b'e qu'"purs la forte hausse des prix enregistr6e au
course des derniers mois, les int6resses ne fussent pas
en Mtat de fire un sacrifice de 5 %. II s'agit (et c'est
P'a-oect psvchologicue du problime) d'un acte de bonne
volonte. Tous les Francais, y compris ceux qui jusqu'A
cos tomps derniers ont profit de la hausse on cru en
profiter, doivent se persuader comme M. L6on Blum
que < cela ne pent pas continue >, Le choc psycholo-
ginue des 5 % doit secouer les Francais. Ce n'est pas
un;nwment avec des remedes de caractAre 6conomique
et financier que "on pent gu6rir l'organisme malade
d'un Davs. nui pris en lui-meme est riche. II f.aut com-
battre P'esprit de scepticisme. Il faut rendre au Fran-
cais I1 confiance et, en particulier, la confiance dans
son propre argent.
En g6n6ral on ne considbre pas M. LAon Blum come
un speci:liste de la finance et de 1'6conomie. II n'a pas
obtenu P'emprunt am6ricain qui sert au relbvement de
in France en employant des artifices financiers A la
monibre de Schacht; c'est sur le plan psychologique
un'il a r ,ussi avec les Am6ricains, notamment parce
mi'il a nu lpur Enoorter, non point des promesses ou
d"' porsnectivps ndbuleuses, mais les r6alites du plan
do r con'trvction de M. Monnet. M. L6on Blum avec sa
p6n'tration d'esprit n'ifnore pas qun ses com'atriotes
ne croient plus aux grands mots. Aussi renforce-t-il le
choc psychologique de son aupe! A la confiance dans le
franc au moyen de IR r6alit6 des 5 %. II est indu-
bitable qu'en entreprenant ce combat centre le dra-
gon de la mAflance dans le peu de temps que doit durer
son minister, le Pr6sident du Conseil donne une grande
preuve de courage. M. Blum sail qu'il ne rAco'tera sans
doute pas le blW qu'il seme aujourd'hui. II n'en seme
pns mebins. >

3. (Tribune de Genvve, 4-5/1):
<' La sagacit* et la rapidid4 don't vient de faire preuve
M. L61n Blum dnt donni A r6fl6chir noimbre de par-
lementaires qui se dissent : << Voil l'homme qu'il nous
faut comme president de !a R6publique >.








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANE3REt


Les partisans de celte solution font ressortir qu'A
I'Elys6e M. Blum pourrait continue P'ceuvre entreprise
centre la vie chere en inspirant son president du Con-
seil et que, d'une mani6rc g6n6rale, son influence per-
sonnelle s'exercerait opportu-6ment sur la politique
ext6rieure aussi bien qu'int6r eure.
II est tres comprehensible < ue M. Leon Blum jouisse
d'un regain de popularity aus.i marque. Mais l'id6e de
le porter a la pr6sidence de la R6publique rencontre,
si on 1'examine de plus pres, certain obstacles. Le
plus lourd est la vo:onte de M. Blum lui-m6me. It est,
en effet, fort douteux que l'on obtienne de lui un con-
sentement. En acceptant de former un ministire, it n'a
pas voulu se d&rober A ce qu'il jugeait &tre un devoir.
En revanche, le salut du pays n'6tant point en cause
dans election du 16 janvier, ii ne se sentira pas les
m6mes obligations.
II semble done peu probable que M. Blum donne son
approbation au project qui vient de naitre, mais il a le
droit de voir dans cette designation anticip6e un hom-
mage bien significatif. Ce qui efit et6 souhaitabie, c'e't
que M. Blum put rester au pouvoir .aurant que1ques
mois au morns, c'est-A-dire ,e temps n6cessaire pour
paraohever ce qu'il a entrepris. >
(Du correspondent particulier
de la Tribune de Geneve A Paris.)

4. (JournMal de Geneve, 5-6/1) :
q On s'est demand si, au moment ou il soumettait
a 1'Assemblfe national des projects fiscaux don't les
consequences dolvent etre une hausse considerable des
prix, M. Blum avail deja decide 1'opration actue-le
dans 1'espoir de contrebalancer l'effet produit par I'en-
semble des measures financieres. C'est une version,
mais ce n'est pas la plus gen6ralement admise. On a
l'impresssion, du faith des conditions memes dans les-
klue.les se pr6sente l'experience, qu'il s'agit d'une im-
provisation. Celle-ci aurait kt6 determine par les
demandss d'augmentation formulees par les fonction-
naires et la C.G.T. En pregnant initiative d'une cam-
pagne de baisse, M. Blum aurait voulu trouver un
moyen de leur opposer une certain resistance.
Les effects politiques de 1'op6raLion ne peuvent pas
p:us 6tre pr6vus que ses effels 6conomiques. Dans quelle
measure exercera-t-elle une influefice sur l'6lection du
President de la Republique et sur la formation du future
gouvernement? Ii est d'autant plus difficile de s'en


rendre compete qu'une grande parties du personnel par-
lementaire esl en province. Ce qui est certain, puisqu'il
a profit de F'oocasion pour le dire, c'est que M. Leon
Blum desire se retire. II est jusqu'ici douteux qu'il
cede A certaines pressions qui s'exercent sur lui pour
obtenir qu'il accepted 6ventuellement d 'tre i6u a la pre-
sidence de ia R6publique.
Dans tons les cas, on se rend bien compete que
M. Bium a engage une parlie qu'ii est desirable de voir
reussir. En Wffet, son echcc aurait des consequences
graves, car il rcndrait p.us difficile encore la situation.
C'est pourquoi on s'absiecnl cn g6neial de la cl cutcr
a fond pour ne r.en fare qui puase la gener. Sa reus-
site dependia Ctn grande paric d.s m6thudes politiques
qui seront app .ub6es. v
(Du correspondent particulier
du Journal de Geneve a Paris.)

b) LA QUESTION D'INDOCHINE (Tribune de Geneve, 4-5/1):
< A son arrive a Hanoi, M. Moutet a 616 accueiili &
coups de fusll. PourLanL, ie president Ho-CuG-M.nh, qui
est en fuite, iui- a fait savor par radio qu'ii 6tan pret a
faire la paix. Apres toutes les preuves de duplicity
qu'il a donnees, ii est cependant p-u probable que le
government frangais veuulle encore ie reconnaire.
Pour rache.er sa trairise, it fautrait done que ie Viet-
Nam accepiAt de se separer de ses chefs ies plus com-
promis.
Cette affaire d'Indochine n'est d'ailleurs qu'un 6pi-
sode, parmi tant d'autres, de iinmmense evo.uiion qui
souieve l'Asie entire.
Les vioienLes campagnes menses contre les vieilles
puissances coloniales par les innombrables agitaleurs
qui regurent tout d'abord leurs inspirations du Ko-
mintern, puis de Ber.in, de Rome et de Tokio, et qui,
maintenance que le vent a tourn6, se r6clament des prin?
cipes de la Charte de l'Atlantique, portent ainsi leurs
fruits. Mais la principal responsabiiii de cette situa-
tion income aux nations europ6ennes elles-memes qui,
en r6v6lant a ces immense populations les bienfaits
de la science, leur ont 6galement incu ue le gout de
la liberty et le sens de la dignity humane. L'ingratitude
don't tnmoignent a leur regard lears anciens proteges on
sujeLs piouve simp emcnt que le grain qu'elies avalent
sem6 est en train de germer. Mais la trag6die, pour
elles, c'est qu'en definitive, leur effort civilisateur se
retourne done contre elles-m&mes. *
(PAUL DU BOCHET.)


S. P.I. limp. Paris r31I.3009)