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Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Physical Description: dl. : ; 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publisher: s.n.
Place of Publication: Paris
Creation Date: 1947
Publication Date: 19XX-
Frequency: regular
 Subjects
Genre: periodical   ( marcgt )
serial   ( sobekcm )
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063
System ID: UF00077027:00003
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SECRETARIAT D'ETAT
A LA PRASIDENCE DU CONSEIL
ET A L'INFORMATION

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8e).


LA- DOCUMENTATION FRANCHISE


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES


BULLETIN


DE


PRESS


4 janvier 1947.


QUOTI1



ETRAN


Nouvelle 6Srie No 559


1. PRESS BRI'TANNIQUE

Rose de la presse britannique du 4 janvier 1947
Tandis que le Times donne la premiere place A la premiere
reunion du nouveau Congres americain, le Manchester Guar-
dian donne la vedette it a -situation en Grece ; le Daily Tele-
graph, le News Chronicle, le Daily Graphic consacrent leurs
articles de tete aux &venements de Palestine et aux conver-
sations que le haut-commissaire britannique vient de com-
mencer A Londres sur ce sujet.
1. PALESTINE
La prcsso signal de nouveaux attentats en Palestine et
announce que le supplant du haut-commissaire vient d'aver-
tir les cheis de la Communaute juve quil sera obligd de
proclamer la loi martiale si des actes de terrorism conti-
nuent i se produire.
La plupart des journaux commentent, d'autre part, 1'en-
tretien qu leI haut-commissaire, Sir A. Cunningham, a eu
hier, a son arrive A Lonares, avec le ministry des Colonies,
en presence du marechal Montgomery.
Les correspondents diplomaaques du Daily Telegraph et
du News Chronicle insistent, come d'ailleurs la plupart des
journaux, sur les measures ex'raordinaires qui ont ete prises
pour assurer la security du haut-commissaire et sur le mu-
tisme que l'on observe dans les milieux officials en ce qui
concern les details de 1'entretien d'hier. L impression gdnd-
rale est que cet entretien a porter particuli&rement sur les
mnesures 'militaires qui devront 6tre prises pour faire echec
aux terrorists.
Le News Chronicle insisted sur la faiblesse des effectifs des
organizations terrorists et ajoute :

v Des temoignages rdcents font penser que les forces
de l'Irgoum regoivent maintenant de l'?xterieur les
armements les plus complete et le ton de certaines de-
clarations et des informations qui ont det publides aux
Etats-Unis n'ont guere contribute it fare disparattre
les soupcons suivant lesquels l'argent et l'organisation
amdricaine pourrait bien donner une aide aux terro-
ristes. II n'est naturellement pas question d'envisager
que le gouvernement americain ait jamais donna le
moinidre encouragement i des proccdes de ce genre. v
2. -- PREMIERE REUNION DU NOUVEAU CONGRoE AMERICGAU
La plupart des journaux rendent compete de cette reunion
et le Timas souligne particulierement l'appel address, a la
minority d6mocrate de la Chambre des representants par le
President de cette assemblee. La plupart des autres journaux
s'interessent particulibrement i la discussion qui s'est enga-
gee sur le cas du senateur Bilbo qui n'a pas encore 6t6 auto-
rise a enter au Senat.


3. FRANCE
Le correspondent du Times a Paris consacre une longue di-
peche a la renaissance industrielle ide la France. II 6tudie
anoamment la gstlon des usines Renault depuis la Libdra-
tion et il insisie sur la volont6 de tous (patrons, ouvriers et
experts) de mainienir l'independance economique de la
I'rance. < Cette volont6, 6crit-il, est p.articulierement appa-
rI'ne dans le plan Monnet Toutefois, ajoute-t-il, les
Franqais ne meconnaissent pas la necessity d une aide ext6-
ricure et cette n6cessie6 s'inscrit egalement A chaque page
de ce plan. ,a
Une depeche du meme corresponaant enregistre le success
initial de I experience Blum. II note les efforts faits par les
mnembres du gouvernement pour produire le .-choc psycholo-
gique indispensable et Pappui qui leur est donn6 par la
G. l. T. II aoune quelques examples des consequences que
les decrees du gouvernement ont eu hier a la Bourse et sur
le march noir des devises etrang6res. D'apr6s le correspon-
dant ete universellement appliques.

u Aucune reduction g6eneale, 6crit-il, n'a encore 4te
appliquee. t un certain nombre de denrees de base
come le beurre, le lait et les saucisses..

Cependant, ce correspondent signal la diminution des
prix ,du pain et des cigarettes et I'application immediate du
ddcret dans les grands magasins. 11 ajoute :

La popularity du gouvernement fait de grands
progres et l'on pense que ce gouvernement se tournera
vers les allies de la France pour leur demander leur
appui. ,

Le correspondent du Daily Telegraph a Paris souligne, lui
aussi, les efforts faits par le gouvernement pour gagner < la
bataille des 5 % >. I1 assure que le prix des legumes a di-
ninud dans des proportions beaucoup plus considerable.
Le correspondent du D&ily Graphic, tout en notant le sur-
croit de travail impose aux employes par les nouveaux d&-
crets,, constate que le march noir vient de subir un premier
coup et que le prix du fromage, par exemple, a notablement
diminud.
Editoriaux dans ]c Manchester Guardian et le Daily Tele-
graph.
4. L'ACCORD FPANCO-ANpILAIS
Plusieurs journaux annonceunt que 1'accord franco-anglais
relatif an r6glement des dettes pendantes entire les deux
pays du faith de l'utilisation de navires marchands pendant la
guerre a Wtd sign hier par M. Jules Moch et par M. Barnes.
Suivant le correspondent diplomatique du Times :









BULLETIN QUOTIDILN DB PRESS ITnANOBtR


a Bien que cet accord soit purement technique, il
marque un nouveau pas dans la voice du d6vcloppeinent
dune cooperation etioite et anicale cntre lt6 deu;
nations vois.nes, Ln rentorgant leurs relations finan-
cieres et economiques. ,

11 fait allusion au .ddsir de la France d'obtenir une plus
grande quantity de carbon allemand et a l'in.ention de la
Granae-Bretagne ic tenir conmpic ti cc disir datis la pius
large measure, car, ajoute-t-ri, a pour le gouvernemleat ari-
tannique, la renaissance de la France present, un inllotri de
piemier plan ,.
11 estinue, on par.iculier, que les Anglais ont !out interit
h conull ier a a reusite (aun plan lounuc et qac ie igoau 'vrne-
mnenl D'lrhanulque puura doniter sur cc point une reposee
plus Salltaiiaunte.

c Dans 1'intervalle, ajoute-t-il, on a dclard hier i
Lonires qu'on ne laisse-aii echapp.r aucune: occasion
de resserrer les relations centre ks deux pays. Le guu-
vernemen; de Blum est un gouvenumenu pr.( vlso,re,
niais le couiage qu il a moutre ct l'app, obatioi, quil a
rcgue lui dunaiiut un p,'esage beaucup I%.us suiiae que
ne pourlait le faire cr'oire t importance numieique du
parti socialist. ,

Enfin, le misme correspondent estime que les malii:cindus
relatlfs aux inesuies pr.sts par ies i''laiia.s lls la Sar. e
ont eid disA.pes hir, car le F-oreign Ulfice avail siinp.enieni
demand au gouvernemcnt francais le -tete des .lernieres
orc0unilances du general huenig.
Le correspondent du Manchester Guardian A Paris dcrit :

< On pense ici que 'M. Jules Moch, qui nidgocie i
Londres un accord financier, pourrait en proi'.er pour
insisted i nouveau sur les beso ns matdricls de la
France, notamment en ce qui concern le chambon. Une
information suivant laquelle M. Moch strail chaig6
ensuite d'une mission special aux Etats-Unis n'a et6
ni confirmed, ni dementie au quarter gindral de
M. Blum.

Le Daily Telegraph et le Daily Worker signalent 4gale-
ment la signature d'un accord franco-anglais.

6. POLOGNE

Quelques journaux reviennent sur la question des lec-
tions polonaises du 19 janvier. D'apres le correspondent di-
plomadique du Manchester Guardian, les milieux ifticiels de
Londres partagent 1 opinion suivant laquelle le pirti paysan
est prive presque compl6tement de ses possibility, normales
d'action.
Le correspondent diplomatique du Daily Telegraph announce
que la Grande-Bretagne et les Etats-Unis se prepaient a rd-
pondre en terms tris 6nergiques a la note polonaise du
21 decembre et i reprocher au government le Varsovie
les measures d'oppression qu'il a prises A 1 occasion de la
champagne l6ectorale.

SOn esptre, dans les .milieux diplomatiques, ajou-
te-t-il, que la Russie donnera de nouvelles preuves de
1'esprit conciliant qu'elle .a montr6 a Ihew-York et
prendra, ffit-ce au dernier moment, des measures pour
assurer la liberty et la sincerity des Ilections da
19 janvier. ,

Le correspondent de Reuier et du Daily Herald en Pologne
signal dgalement plusieurs textes qul prouveraient I'inten-
tion du gouvernement de fausser complttement le resultat
des elections.

6. PROCHAINE REUNION DU CABINET BRITANNIQUE

Plusieurs journaux annoncent que deux reunions du cabi-
net auronf lieu la semaine prochaine. Parmi Irs problems
qul seront discutes, on mentionne g6ndralement coux de
J'Egypte, de la Palestine et de 1'Allemagne.


D'aprns le correspondent politique du News Chronicle, le
cauliueL cd.scu.era celui.alllcicll t Ies principes du plan de
IM. ivin pour I AIllunague.

7. INDOCHINE

P'iusieurs dipeches souet a nouveau consacrees aux 4vdne-
muens a indoci.ne. Le correspounant cu I nmes a Paris si-
gnaie pailtcuiieement l'aritle de renfor.s iraugais et la
iluleiie cauaLive lai.e par Al. Ho LGni Mlinh pour ouvrir
jce ueoeUial.illi. 11 hs.iine que les F rainials su.si decades A
aiJouUhiLr Lu..n: InlgocianIon Juaqu'au niOllent ou ia situation
liliua.rc 'cur bi, a neitClen. e loavoiaec ou meme jusqu au
iliulmiIit On i. oIQJCalous autu io e. suspciinlues p.er le
v\.c.- a ll. ci ajuu'. quie I ull j.i t IIotr nCb dcn. coSeS Inl
Iriatlsnbltiiit i-s i ie.. ie curespousantl du ui cluaes.er (-uar-
a(ltii a rulas s.gilaie It mnitabsa anaCsed par le President rio
L .i i. llli au 6ceraiAi. eCectC. lans une auLIrL tpeclie, il
e.ucie ii niiuiueicc te la propagaaue Japonuaise sur is indi-
gniLes. 11 suu.iiie impour.ae tie e la quesc.un de la Laociin-
L1nui. 11 cioukcut :

o II est clair, aujourd'hui, que le Vict-Nam lutte
avant tou, pour iucouporer la Cochinchine dans sa
r1pauulique lu,teinen. celntralise, sals se aoucier beau-
Ceup a cS Co.ipichl.L-ns.uiiS oceuentales du Droit. Les
suciaAistCs tra.qatis crulcIn. encore que l'iuddpcndance
e i A.lialn Ces coinpai.ble avec le niaintien tie Union
ilmpeialce iraneaise, mnis ii scmble pluLt6 que Ie plan
ii',i;ais dune 1C.t .eration autouume et d'un dquilibre
asurail i la nmiinoiite des uroits Qamocraiqu,s suom-
L.c'ra sur le recif du nationalimie asiatique en pleine
expansion. ,

8. GRACE

Le Manches:er Guardian reproduit une longue d4p8che de
son corresponuant sur l'activud des guerillas. Ce correspon-
idant value i 15.000 homes les ettectifs de ces guerillas
et signaie qu elics disposenc de materiel britannique et amin-
rcain. Le LAws Chronicle announce que la Yougoslavie, 1 Al-
banie et la Bulgarie out fertm leurs frontieres aux bandes
grecques qui se ciplacent maintenant en masse vers le sud.

9. AUTRICHE

O'apres le correspondent diplomatique du Times, les mi-
lieux officials britanniques estimeraient que la question des
hiens al.emands en Au.riche ne pcut 6tre regile que par un
accord t qua.re et non par une entente direcie entire 1'Autri-
phe et PU. R. S. S.
D apr6s Il correspondent du Manches:er Guardian & Vienne,
le gouvernement rubse n aurait pas regu d6favorablement les
propositions autrichicnnes, et se prdparerait a faire des
contre-propositions.

10. R1IGLEMENT ENTIRE L'AMERIQUE ET LA RUSSIE

Quelques journaux annoncent que le gouvernement amtri-
cain a dcmande par trois fois a 1'U. R. S. S. l'ouverture de
nCgocia:ions en vue de rdgler la dette sovi6tique resultant de
I'accord prbt-bail.

11. PROJECT DE MARRIAGE DE LA PRINCESS ELISABETB

En premiere page, le correspondent politique du Daily
Worker fait allusion & la a bataille politique que ddchat-
nerait le project suppose de marriage entire la princess Eli-
sabeth et Io prince Philippe de Gr6ce. I1 s'agirait, d'apres
lui, d'une affaire de haute politique que le gouvernement
actuel, dans son embarrass, s'efforcerait de presenter comnme
un roman d'amour.
Editorial dans le Daily Worker.


a) L'EXPARIENCE DE M. BLUM.

1. Daily Telegraph (conservateur, 4/1) :
c Un gouvernement qui chercherait & arriter la
hausse des prix et du coit de la vie au moyen de
d6crets serait considered comme -ne mnqanquant pas-de







8UULLEWTN QtOTrflEN DR PRESSE ATRANGARE 3


hardiesse; et quand ce gnuvernement n'est qu'un gon-
vernement charge d'exp&dier les atffires courantes
comme e'est le cas pour celui de M. Blum en France,
il merit on'on le salue comme un'veritable Ney, a( le
brave des braves ,.
L'accumu!ation des s'ocks n'est pas la seule raison
qui explique la position preraire du franc. Il en est
d'autres qui sautent aux yeux comme les dUnenses ele-
v6es du gouvernement, I'extension du mqrche noir et
la facon ambre on sombre don't bien 'des Francais envi-
sagent l'avenir politique et 6conomique de leur pays.
II faut rsperpr que M. B'nm et ses successeurs an
pouvoir pourront cr6er des conditions analogues A cel-
les de M. Van Acker en Belgique. M. Blum a montre la
volont6 louable de ne pas subordonner 'des measures
pratiques a des theories politiques.
Tout denend de ]a collaboration du public. Si l'on
,reussit A l'ob'enir, il sera beaucoup plus facile d'arri-
Ver A creer l'atmnsph6re necessnire A Ia stabilisatiop
de la monnaie. II faudra pour cela un taux de produc-
tion susceptible d'ameliorer le rapport entire les denrdes
et la monnaie disnonibles : bref, 1'ancroissement dp la
production par t6te, la stability politique, de strio'es
economies dans les d6penses 'du gouvernement.
La premiere reaction en France semblait 6tre de
I'approbation legirement teint6e de scep'icisme >.

2. Daily MaNl (con-ervateur, 4/1) :
i En France, le Pr6sident du Conseil, Leon Blum,
vient de faire une tentative hardie pour acclerer la
baisse des prix. II a der6t6 une reduction ob'igatoire
de 5 % sur tons les prix.
Une telle measure 6lait absolument n6cessaire si l'on
vou'ait sauver la France des terrible perils de I'in-
flation que l'on pouvait d6ja distinguer; les r6sultats
de cette Px.prience seront examines aver. Ie p'us grand
in:'6rt dans les autres pays oi 'de tels dangers sont
loin d'etre ecartfs P.

3. Times (4/1) :
Les nouvelles de Paris et de la province signalent
que les deux premieres journbes de 1'expirience de
M. Bium en vue 'de faire baisser les prix par decret se
soni ecoul6es sous le signe d'un plein succes. Le ( cioc
psychologique > que constiluait ia baisse 'des prix pour
la premiere fois depuis de longs mois semb.e bimn
s'ktre manifesto; et, si la tendance est encore un peu
d6sordonnee et insuffisamment cootrilbP. il est clair
d6s main.e'nant que les premiers r6sultats sont satis-
iaisan,s s,
(Du correspondent du Times A Paris).
b) UN NOUVEL ACCORD FRANCO-BRITANNIQUE. (Times,
4/1)
c Les gouvernements britannique et frangais ont
conclu hier un nouvel accord qui s'ajoute aux nom-
breuses conventions passes entire les deux nations au
course 'des mois coul~s. Comme les autres. l'nacord signi6
hier a des objectifs limitss et, tout en ne comportant
pas de clause poli:ique, il implique quelques repercus-
sions sur le plan poliique. 11 constitute une nouvelle
6 ape dans le d6velo.ppement d'une amiti6 et d'une coo-
peration etroit2s entire les deux puissances voisines en
fortiflant, avant lout, leurs relations financibr.s et 6.o-
nomiques.
M. Moch, minis're des Travaux Pubics. ds Trans-
ports et de la Recons ruction en France, 6lait present
hier matin au minister des Transports pour signer


l'accord au nom de la France: M. Barnes a sign pour
I'Angleterre. La convention prevoit un rgl!ement final
pour ce qui concern l'utilisation durant la guerre de
navires marchands francais par l'Angleterre et de na-
vires britanniques par la France. II en resultait un
credit pour le gouvernement frangais d'environ 5 mil-
lions sent cent cinquante mille livres.
La visit du ministry francais a donned lieu. comme
'le costume, A un large change de vues; hier apris-
midi, M. Moch a rendu visit a M. Attlee et il semble
probable que' les deux hommes d'Etat se sont enfretenus
ties rimes sujrts aui furent d.jscutes au d6but de la
.,emaine entro M. Binm et M. Duff Cooper, I'ambassa-
deur britannique A Paris >.
(DI) redacteur 'diplomatique du Tirmeg).


.IPRESSE AMERICAINE


Reine de la p;iesse americaine du 3 januier 1947

1. QUESTIONS ALLEMANDES
Des dendhels de Berlin rapportent les declarations faites
pir le colonel Willinson, chef de la Section economique du
Gouvernement mnlitaire americain. Le correspondent du New
York Times dcrit que deux decisions importantea ont 6t6
prfi'es :
1 Des reforms monEtaires seront faites dans la zone
americaine, soit sur la base d'un accord quadripartite, soit
sur la chase *i'un accord hilateral anglo-americain;
20 Les niveaux de la production industrielle, dans la zone
unifiPe, devront 6tre relevCs, si cette zone doit se subvenir
A elle-mWme.
Le colonel Wilkinson aurait ajoutd que si les plafonds de
la production d'acier. par example, qui avaient Wtb fix6s par
tn accord quadripartite, etaient atteints dans la zone uniflie,
ils pourrairnt Atre ddpasses mIme si un nouvel accord n'In-
tervenait pas. L'augmenta'ion de cette production allemande
serait nt'res:aire pour perinettre b cette zone de se sufTire
a rlle-mIme. I1 anrait estiml A 350 millions de dollars In
montant des credits que 1'Amerique devrda accorder & 1'Alle-
innitne en 1947.
line dtppche A.P. de Berlin declare que c'est c Ia France
ce non pns nla inssie q(ii est le plus arand obstacle a al
creation d'un Reich d'apr'rs guerre 7. Elle explique P'oppo"-
sition francaise A une Allemagne centralisde et se subvenant
A clle-meme come unoe consequence d'un

c recensement official recent qui aurait d6voild qu'll
y a 66 millions d'Allemands dans le Reich, alors qua
la France a une population inft'ricure h 40 millions.
Deux fois envahie en un quart de siecle, la France
considered que ce'te difference de population assurera,
h nouvean, un role dominant A l'Allemagne en Europe,
si l'on ne prend pas de mesures... La France est guide
par une crainte dominant, base sur 1'experience de
deux invasions, qu'un nouveau colosse allemand so
dressera pourr entreprendre de nouvelles guerres de
icnnquetrs et, par consiquent, elle veut une Allemagno
faible, dlmembr6e et decentralisc 3,.
L'attitude americaine a l'egard de l'Allemagne est ddflnie
dans celle dp6eche comme visant a assurer un standard de
vie normal pour les Allemands et une Allemagne se suhve-
nant a elle-meme, afin que les U.S.A. n'aient pas a I'alder
financi6rement.
Un editorial des journau'i de la chal're Scrippshoward
s'oppose A ce que les Russes prellvent los reparations iur
la production courante allemande, car, dit-il,
c si une teller concession 6tait faite, elle le seralt au
dcpens des contribuables amdricains. Ni la zone am6-
ricaine, ni la zone britannique ne peuvent produire
suffisamment pour finance le ravitaillement de leur








4 BULLETIN QUOTIDIRN DR PRUSSE *TRtANiRR


population. La difference est fournie par les allies de
1'Ouest, principalement l'Am6rique. Ainsi toute rdpa-
ration, qui pourrait etre donnde a la Russie en prove-
nance de la production courante dans ces zones, serait,
en fait, payee par nous et non pas par l'Allemagne. a

L'article des freres Alsop, dans le New York Herald Tri-
ourte, announce que le general Clay .remplacera le general
Mac Narney comme commandant en chef des forces ieamri-
caines en Eu-ope. Ainsi, le general Clay aura en mains les
directions des affairs militaires et des affairs civiles du
gouvernement militaire americain. Les freres Alsop r<'ndent
homnmage, A cette occasion, au general Clay pour les services
qu'il a rendu"' par sa a politiqu'e allemande intelligence ..
Une court depeche du correspondent du Chicago Tribune
de Paris declare qu'un porteparole du Quai d'Orsay a an-
nonc que le Luxembourg revendiquait les villes de Vianden
et de Bixbourg.
Le Washington Post consacre un editorial a la question de
la Sarre, critiquant l'attitude franqaise et disant notam-
ment

SLa France, agissant sans le consentemtnt des
autres puissances occupants, a commence a:.similer
la Sarre... Les Frangais d6clarent qu'aucune measure
ne sera prise, qui puisse 6tre qualified de politique.
.sans le consentement du Conseil des minislres des
Affaires Btrangeres. Mais cette declaration n'est con-
vaincante pour personnel. Un fait demeare : la France
a enfonc6 un autre clou dans le cercueil de PC tsdam..
Son action dans la Sarre n'en souleve pas mains des
objections, parce qu'elle vient A un moment ob le pro-
bl6me allemand dolt etre examine par le Conseil des
ministries des Affaires etrang6res. "

Des d6pches de Washington font 6tat d'un rapport pr6-
pard par la Commission militaire de la Chambre des reprd-
sentants sur les agissements de I'arm6e americaine d'occu-
pation en Allemagne. Ce rapport critiquerait particuliere-
ment la politique de d6nazification amdricaine qui nurait cdt
appliqu'ce avec mollesse et attitude des soldats ainericains
vis-h-vis du march noir.
Les correspondents du Chicago Tribune en Europe conti-
nuent a faire champagne contre la France au sujet du trai-
tement des prisonniers allemands. C'est ainsi qu'un corres-
pondant de Berlin h ce journal consacre un article au sujet
d'un a certain prisonnier qui sorffrirait de tension an coaur
par suite de delAx ann6es d'andmie et de dur travail dans un
camp en France ,. II serait dans un tel 6tat moral et phy-
sique que les organizations de secours allemandes ont du le
prendre A leur charge. Ce correspondent ddcrit le retour
d'Amdrique a deo esclaves des allies en ces termr.s : 4 Ces
victims de l'accord conclu par 1'Amdrique a Yalta et &
Potsdam deviennent les pupilles des organizations chari-
tables appatTvries de '.Allemagne .


2. INDOCrHIN

Les declarations d'un porte-parole du gouvernement, re-
pousisant les ouvertures de M. Ho-Chi-Minh et precisant que
la France ne ndgociera pas avec le Viet-Nam tant que
I'ordre n'aura pas tdB rdtabli, sont mises en relief dans des
d6p6ches de Paris qui sont largement reproduites. Ces dd-
p8ches annoncent, par ailleurs, que M. Moutet quite Saigon
pour Hanoi et ajoutent que le mini'.tre pourrait avoir un
entretien avec M. Ho-Chi-Minh. Le journal communist Daily
Worker public une ddepche de Paris accusant a les vichystes
et les planters a d'etre responsables des troubles actuels
en Indochine. La ddepche fait l'eloge de M. Ho-(hi-Minh et
affirme que son autorit6 en Indochine est incontestable >.
Elle note, par aillcurs : Ldon Blum a 6crit recemment
dans le Populaire que < la decision doit 6tre prise non par
les autorites militaires on les colons en Indochine, mais par
le gouvernement de Paris ,. II -faut espdrer quI le chef du
gouvernement mettra en pratique cet excellent principle.


Dans le quotidien liberal P. M., Padover signe un editorial
dans lequel il predit avec satisfaction la fin des empires
coloniaux dans le monde. 11 declare qu'en Indochine t les
Frangais combattent pour sauver leur vie ,, ce qui indique
que la, comme aux Indes britanniques et aux Indes n6erlan-
daises, i le colonialisme est en voie de s'dcrouler. II con-
clut en suggorant que les U.S.A. profitent de la situation
actuelle pour se concilier la sympathie des peuples coloniaux.

< Nous avons maintenant une chance de reussir IA
oii d'autres ont ichoui et il est bien possible que la
securitU de notre nation depende finalement de ce quoe
nous allons faire. Ce qui est necessaire, c'est une
politiquc democratique a l'egard de toutes les races
A 1'intdrieur du pays comme i l'exterieur et la
determination de ]utter centre nos propres imperia-
listes. ,

Une revue, le News Week, public, dans son numdro du
6 janvier, une version tendanrieuse du recent entretien de
M. Bonnet au Ddpirtement d'Etat sur la question indochi-
noise. I1 ecrit

a La semaine derniere i Washington, l'a'mbassa-
deur de France, Henri Bonnet, a 6t6 convoqu', an Dd-
parterent d'Etat et on lui a dit : 1 qu'un raglement
indochinois etait imperatif; 20 que l'affaire pouvait
dtre port6e devant le Conseil de security de I'O.N.U. A
tout moment et par n'importe quelle puissance et que
les U.S.A. n'appuieraient pas forc6ment les Frangais;
3 que les U.S.A. veulent etre certain que les armes
provenant du Lend-lea,e ne sont pas utilisdes pour
rdprimer la r6volte des Vietnamiens et .qu'ils soup-
Vonnent les Frangais d'utiliser ces armes; 40 que
M. Moffat, specialist du Departement d'Etat en ma-
tieres des affairs d'Extreme-Orient, est dans la region
(il est arrive a Batavia le 19 deembre) et qu'il serait
heureux d'etre utile aux deux adversaires.

3. QUESTIONS FRANgAISES
D'apres une dep6che U.P. de Paris, reproduce dans le
New York Times, 1!s d6taillants n'ont pas applique l'ordre
du gouvernement de rdduire leuns prix de cinq pour cent.
D'apres une antre ddpeche au New York Herald Tribune,
souls quelques detaillants ont annonc6 cette reduction pour
aujourd'hui et, dans I'ensemble, la decision gouvernementale
a et6 accueillie avrc scepticisme, elle aurait caius6 en outre
uue certain confusion.
La decision amiricaine de la Federation Labor de ne pas
tstablir ses bureaux i Paris par suite de l'hostilit6 de la
C.G.T. qui est domin6e par les communists ; est mise en
relief dans la Ddpdehe de Paris et le New York Herald Tri-
bune. La Ddpeche de Paris precise que cette decision a 0t6
iannoncee par M. Brown repr6sentant 1'Europe au course d'une
conference de pres..e & Paris. Une autre dpdeche de Paris all
New York Times declare :

a On a appris aujourd'hui que,' sous la pression des
Britanniques, le gouvernement frangais vent de rbu-
nir en conference secrete A Paris des representants
officials des U.S.A. et de la Grande-Bretagne en
France pour examiner les moyens de mettre fin au
flot ed refugids en Europe Orientale qui arrivent en
France. La tension entire la Grande-Bretagne et la
France sur la question des rdfu'gi6s a etd provoqude
par la conviction des Britanniques que la France est
devenue une escale sur la route de la Palestine... Les
U.S.A. catiment que les victims des persecutions en
Europe Orientale doivent Atre aides et que l'attitude
franqaise de sympathie pour les rdfugids est louable...
l.a France autorise I'afflux des refugies pour des rai-
sons humanitaires et parce qu'elle a besoin de main-
d'ceuvre. a -

4. LA VIE DU PART HfRPUBLICAIN
L'election du representant HallLck, do 1'Etat d'Indiana.
comme leader de la majority a la Chambre des representants,








BULLETIN QUOTIDIEN DA PIESSE *TrANxa*En


est annoncee dens les de6pches de Washington. Celles-ci
rel6vent que cette election constitute un succ6s pour le gou-
verneur Dewey qui avait recommand6 Halleck pour ce pose.

5. RELATIONS AMERICANO-RUSSES
D'aprBs le sondage de l'opinion publique que vient d'ef-
fectuer l'Institut Gallup, 43 % des electeurs amiricaini sont
maintenant convaincus que la Russie est pr6te A coop6rer
avec les U.S.A. en matieres internationales. En octobre.
32 % seulement paitageaient cette opinion.

a) L'EXPERIENCE DE M. BLUM.

1. New Yoank Herald Trtllh e (4/1, edit. europ6enne) :
( M. Lion Blum, le philosophy de 74 ans, don't le
gouvernement socialist provisoire n'a plus que deux
semaines a vivre, a fait sortir du chapeau magique le
lapin psychologique. Ce n'est cer.es pas un gros lapin.
Mais il a promise que d'autres suivront et plus d'un
Frangais las de l'inflalion souhaite que les lapins 'de
M. Blum se multiplient pour le plus grand bien de la
nation. Sans fanfare pr6liminaire, M. L6on Blum a
annonc6 dans la nuit du 1"' janvier que tous les prix
seraient r6duits de 5 % et il a fait appel au people
francais, aux consommateurs, aux commergants, aux
i6gociants pour donner leur appui a cete premierP
manoeuvre dans la lutte pour sauver le franc.
M. Blum savait mieux que quiconque qu'en France
5 % ce n'est ,pas grand'chose, mais c'etait 5 % 'de dimi-
nution au lieu d'augmentation, et cela arrivait just
apris de nombreuses augmentations. Qui plus est, 5 %
etait un chiffre psychologique. Si M. Bium avait dit
20 % ou 30 %, les gens n'auraient faith qu'en rire.
B Reduction de 5 % > est devenu le cri de guerre
de la defense 'du franc.
M. Blum savait et beaucoup de gens savent maintr-
nant que si l'on pouvait .obtenir ces 5 %, on arriverait
tout au moins A arreter la hausse des prix.
II est encore' trop t6t pour determiner si cette id6e
ya r6ussir aupres du public, comme l'espere M. Blum.
mais il semble qu'elle a pris un bon depart.
D'aucuns craignent qu'au fond ce ne soit une vague
passagere d'enthousiasme. Le gouvernement Bum 'doit
etre remplace dans 15 jours enuiron, mais il a pre6vu
la suite de son plan et une second diminution de 5 %
au premier mars.
Jusqu'ici les Francais avaient vu les divers Cabinets
appliquer diff6rents plans pour chercher a enrayer I'in-
flation, an6antir le march noir et assainir la France
financirement, mais tous comportaient une augmenta-
tion du fardeau financier impose au people. C'est la
premiere fois que l'on enlend parler d'un plan qui
permet d'economiser, ne fut-ce qu'un peu >.

'(JOHN O'REILLY).

2. New Yolrk HeraWd Trizbine (4/1, edit. europ6enne)
c Le people francais paraissait hier se rallier der-
riere les d6crets du president Leon Blum qui pr6voient
u.ne baisse g6n6rale de 5 % sur les prix, a measure que
les magasins diminuaient leurs prix et que les syndi-
cats ouvriers et les organizations professionnelles sa-
luaient ce qu'elles ont appel6 ia ba.aile pour sauver le
franc. Tan'dis que administration du pays s'attelait A
la difficile besogne qui consiste A faire diminuer les
prix apres plus de dix ans d'augmentation, la reaction
populaire s'est manifest6e hier avec enthousiasme. Les
rapports parvenant des provinces frangaises indiquent


que le dRcret a 6t6 generalement observe avec enthou-
siasme par les commereants, bien que l'on puisse enre-
gistrer un certain scepticisme dans la classes paysanne,
A Paris meme, on t6moignait encore d'un certain pessi-
misme en ce qui concernait les effects 'de l'exp6rience,
bien que dans les quarters ouvriers of les clients
vivent sur les salaires officials et cherchent A acheter
au prix official, les reactions fussent empreinies de plus
d'enthousiasme >.
(DAVID PERLM N).

b) LA SITUATION EN INDOCHINE (New York Herald Tri-
bune, 4/1, edition europ6enne) :

M. Moutet, ministry de la France d'Outre-Mer, a
essuy6 a plusieurs reprises le feu des francs-tireurs
vietnamiens, peu de temps apres son d6barquement A
Hanoi oi il s'itait rendu pour n6gocier les conditions
de ,paix avec les chefs nationalists du Viet-Nam...
M. Moutet est reparti en avion a Saigon sans qu'aucun
eniretien se soit diroul6.
11 ne semble pas que M. Moutet ait fait d'autres tenta-
tives pendant son sejour a Hanoi pour prendre contact
avec le president Ho Chi Minh. I1 ne parait pas non plus
s'6tre entre.enu avec Nguyen Manh-ha, le ministry de
l'Economie national du Viet-Nam, qui s'6tait rendu
aux autorit6s francaises au lieu 'de s'enfuir avec les
autres membres de son gouvernement >.
(SYDNEY KELLER).



III. PRESS SOVIETIQUE


Revue de la press sovidlique du 3 janvier 1947
Les rubriques 6trang6res n'occupent que deux tiers de page
par suite de la publication des premieres candidatures A la
deputation.
Trois themes se partagent les diverse Informations
1. LA POLITIQUE ANGLO-AMDRICAINE
Un telegramme de Nankin et deux dp&ehes de Londres
signalent 1'extension du niuvement de protestation des etw-
diants chinois contre les AmBricains.
Un teligramme de New-York announce l'arrivee dans cette
ville de MM. Eden. Braker et Bakster et la rencontre pro-
chaine Braker-Baruch.
Une autre d6p&chr de Londres announce 1'cchange d'un pre-
mier contingent de 30 a 40 officers entire les flottes adriennes
anglaise et americaine.
Enfln un long t6l6gramme de Londres reproduit de large
citations de l'article du Sunday Express sur la derniere
decouverte atomique, qui permet la production de I'energie
a des prix presquL aussi bas qu'avec l'utilisation du char-
bon, et qui laisse envisager, a breve 6cheance, I'application
de cette decouverte dans 1'industrie.
2. IRAN
Une longue d6pCche de Th6eran resume la protestation du
Comitd Central du Parti Populaire centre les campagnes de
calomnies que la reaction dirige centre lui. D'autres t616-
grammes signalent I'arrestation de militants d6mocrates.

3. INDOCHINE
Une information Tass, de Paris, intitulbe a Qui sabote les
conversations avec le Viet-Nam ? ,, public des extraits de
Franc-Tireur et de 1'article de M. Courtade, dans I'Humanit:
sur le r6le de l'amiral d'Argenlieu.







6 BULLETIN QUOTIDXEN DR PEHSSE fThkAr*RU


IV. PRESS BELGE


L',expdptencee e M. Blum (Le Soir, 3/1) :
c On pent dire que M. Leon B'um a engew6 l'exp6-
rience qu'il tente dans les meilleures conditions tech-
.icluesB
On ne pouvait s'empecher d'6voquer l'exp.rience Van
Acker. M. Leon B'um a voulu s'assurer le concours de
tontes les forces de la na'ion.
P-ut-on rannrncher 1'exn6rience Blum de celle de
M. Van Acker? Elle s'en 'distingue par ceci qu'en Bel-
giaue. tons les prix. y compris ceux des services pu-
blics, les frais postaux, les tarifs des chemins de fer,
subirent la reduction impose : I'Etat donnait l'exem-
ple, alors que la baisse envisage par M. Leon Blnm
devri coincider avec la mise en vigueur d'une hausse
g6n6rale des tarifs des transports, 'de marchandises, du
gaz, de I'Clectricit6 'et du t616phone. De plus. I'exp6-
rience Van Acker s'accompagnait 'd'un blocage de la
plupart des salaires alors que la nouvelle exn6rience
Blvm est confronted avec des demands d'augmenta-
lion de salaires.
Dans I'ensemble la decision de M. Leon Blmni .st
commented favorablement. On est unanime A rendre
homage A son courage et A sa clairvoyance. Cepen-
dant, des reserves se font deja iour et les journaux font
appel A leurs lea'dars 6conomistes pour la juger. e II
reste, dit l'un d'eux, que initiative de M. Leon Rlum
est assurfment dans ce qu'on pourrait apneler la line
des hoses A faire. TI n'est pas doutelx au'elle merite
d'etre soutenue, mais le seul soutien d6cisif ne peut lui
venir que du gouvernement et du Parlement. C'est A
eux ou'il annartient de transformer un geste s6di~isant
en une politique efficace. Faut-il dire que cette evidence
a'est pas ce qu'il y a de plus rassurant dans l'affaire!
Tont le mio"de pst d' 'nord nour remarnuer qu'il neut
paraltre t6meraire d'applicquer une baisse des prix A un
march of les biens restent rares et les besoins immen-
sre. Mai, d'iu're part. cotte raret6 d-s mnrchqndises
n'est que relative et des quantit4s consid6rables de
products de toute nature sont stock6es en raison de la
m6flance que le pays 6prouve envers sa propre mon-
naie.
Le gouvernement r6ussira-t-il A renverser le courant
et A r6tablir la conflance dans la monnaie, afin que les
marchandises sortent 'de lpurs c1rht'les et trinsfor-
ment ainsi la baisse 'dcrethe d'office en un 'nouve-
ment natural? Toute la question est 1A D.


V. PRESS SUISSB


a) L'ACTION DU MINISTtRE BLUM.
1. Basletr Nachrlichten (3/1, edition 'du matin) :
a En France, tout le monde sait que le gouvernemeni
actuel se retirera dans une quinzaine de jours, mais
le prestige personnel de son chef, sur lequel repose
tout le ninis 6re, est assez grand pour endosser la res-
ponsabiliti de trois groups de mcsures d'6gale impor-
tance qui ont pour objet le r6tablissement 'de l'equilibre
financier, la d6f-nse de 1 Indochine e. la lutih conlre
!a hausse des prix, ou plus exactement la bataiile pour
la baisse des opix.
Pour s'attaquer A des problems aussi gigantesques,
et cela dans le peu de temps don't dispose le gouvernc.-
ment, il faut presque posseder une foi qui transport


les montagnes. Mais le president Leon Blum a large-
ment foi dans les destinies de la patrie et croit qu'elle
.osstd.e les forces n6cessaires A son relvement. En
France, I'opinion publique a constat6 que M. Leon Blum
est dou6 de qualit6s extraordinaires d'homme d'E'at, qui
ont e-conre muri '6n'dant la guerre On connait bien
peu d'hommes poli'iques francais, don't le prestige mo-
ral ait grand aux yeux des masses durant la pridee
1940-46. Mais M. Leon Blum, olus encore que M. Her-
riot, est du nombre.
AT. Paul Reynau'd, dans les declarations qu'il a faites
r6cemment A un journal suisse, exprimait ]'opinion que
le ministry B'um devrait rester an pouvoir apres le
20 janvier. Ce souhait est un signe des temps, et il est
vraisemb'able que M. Paul Reynaud fera cole, en depit
de la resistance qu'il faut attendre de la vart des spb-
cialistes de la chasse aux portefeuilles.
Au course de l'ann6e 1946, les Francais ont eu pen
de sujets de satisfaction. Is ont W6t tdmoins de 1'effri-
tement progressif de l'autorit6 de l'Etat sous l'influencP
du funeste tripartisme. Mais depuis quelques jours ils
ont soudain l'impression de vivre dans un air p'us pur
Pt d'avoir un gouvernement qui poss6de A sa t6te des
hommes conrageux. 'dcid,6s, aux idWes nouvelles et aux
coud6es branches. Ce changement les surprend, mais
i:s commencent d6jA A percevoir une immense amelio
ration >.
(JULEs-ALnBET JAEGER).

2. Gazette idle Lttsacune (4/1) :
c L'important est que chacun soit persuade de la
r6ali,6 de ce.te baisse, que chacun ait la conviction
que jusqu'ici la vie augmentait sans cesse et qu'elle
baissera d6sormais. Et c'est pourquoi en pronontant
cette phrase : < Cela depend de vous, le saiut du pays.
It vl6re est entire vos mains... >, le chef du gouverne-
inent a dit l'essentiel et pos, le probleme toun endier.
On verra binntbt se d6geler les stocks et la circulation
norniale se r6tablir. On verra surlout r6apuaraitre la
conflance sans laquel:e la vie 6conomique d'un pays est
paralys6e, cette confiance qui se iiianifes. sur le DIar
che par un jus:e 6quilibre entire 1'offre et la demand.
II va sails dire que l'expCrience Blum rencontrertn
des dlifficuiiLs. Une po itique de baisse des prix ne peut
se concevoir que dant la measure oh elle est eBay6e par
une augmentation de la production. C'est la raison pour
laquelle le government ne s'est pas conten,6 de pro-
diguer au pays des encouragements puisqu'il a d6cidi
le r6tabiissement de la semaine 'de 48 heures. Selon la
formule : < A la sernaine 16gale de 40 heures est subs-
litu6e la semaine normal de 48 heures >.

(Du correspondent
de la Gazette de Lausiaanre A Paris).

b) LA QUETTION SARROISE (Gazleflle de .Lieuasarmne, 4/1)
c Annexer la Sarre, ce serait certes donner a la
France une compensation, dans une certain measure,
aux dommages subis pendant la guerre.
Mais le r'glement de la paix n'est pas la foire d'em-
poigne. Et les vainqueurs de la guerre n'ont rien A
gagner A res'oudre les probl6mes europ6ens en faisant
fi de la liberty des pEup.es A disposer d'eux-momes.
C'esit our In dciense 'tI ce principe que I'on a combat-
lu. Les Nat:ons Unies ne pourraient le fouler aux pieds
sans affaiblir leur position morale.
II s'agit ici d'inltrits mat6riels. Valent-ils la peine
d'encourir un gros risque, celui de faire naitre remain








BULLETXN QUOTMIAN DE PRESSE ATRANGtRE 1 7


un nouvel irr6dentisme? On n'6tablit pas la paix en
cr6ant de nouveaux problemes; ce serait en crier un
que d'incorporer a une nation homogene comme la
France un territoire allemand.
La bonne solution de la question sarroise n'est done
en tout cas pas dans I'annexion. Quant A un attache-
ment 6fonomico-mon6taire avec la France, comportant
la possession par la France des industries et i'occupa-
tion permanent du territoire ou de ses frontieres, nous
ne croyons pas qu'il differe vraiment de 1'annexion.
C'est une question de mots. Si encore, comme dit le
a Populaire ,, il n'y avait que les Sarrois, on pourrait
peut &tre s'arranger mais il y a les Allemands, qui les
r6clameront 'd'autant plus forl qu'ils se sentiroat w.ou-
tenus par 1'un ou 1'autre des Grands Allies ,.

C) LES ALLIES ET LE PROBRLME ALLEMAND (Tribune de
Gendve, 3/1) :
g Derriere la a reaction anglo-am6ricaine c'est la
France qui se trouve particuliirement vise, elle qui
n'a cess6 de s'opposer au r6tablissement en Allhmagne
d'un gouvernenmnt central, m6me avec d.s p.:rogatives
ex:rrmement limitees. Fn ou.re, le goinvrnPrent so,
vi6tique blAme 6galement les measures unilat'rales prises
par les autoriles frangaises dans la Sarre, car, apres


s'6tre largement servi lui-mmre A 1'Est, et conform6-
ment A la nouvelle tactique inaugurbe par Molutov, il
ne veut pas entendre parier maintenant de nouvelles
amputations territoriales a I'Ouest, si minimes soient-
elles.
Ii est un point, il est vrai, sur lequel Russes et Fran-
gais se rejoignent. C'est lorsqu'il s'agit du d'dsarmement
et des reparations. On compete 6galement au Kremlin
que la France sera amenee, en vertu de son pacte
d'assistance muluelle avec I'U.R.S.S., A appuyer les exi-
gences de cet.e derniere concernan; sa participation a
I'organisation du contr6le international dans le bassin
de la Ruhr. Mais de la A 1 'tabissement 'd'un front com-
mun il y a trss loin. En passant outre aux objections
'de leurs deux allies, les puissances anglo-saxonnes ont
d'ail.eurs tenu A leur montrer qu'elles pouvaient, A la
rigueur, se passer de leur appui. Pour la premiere fois,
dans les diverse conferences qui se sont succ6dees de-
puis la fin de la guerre, c'est done el:es qui meneront
le jeu A la future reunion de Moscou. Pour la premiere
fois aussi, c'est I'U.R.S.S. qui fera figure de demande-
resse et elle verra ainsi se retourner centre elle cette
politique du fait accompli don't el!' avait donn6 l'exem
pie, la loute premiere, en Europe orientale P.
PAUL DU BOCHET.


S. P. L Imp. Paris (31.3009)