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SECRETARIAT D'ETAT A LA PHASIDENCE DU CONSEIL ET A L'INFORMATION Direction de la Documentation 14-16, rue Lord-Byron, Paris (8e). LA DOCUMENTATION FRANQAISE MINISTER DES AFFAIRES ETRANGERES BULLETIN PRESS 3 janvier 1947. QUOTIFgy' ETRANGERE Nouvelle S6rie No 558 I. PRESS BRITANNIQUE Revue de la pres1se britannique du 3 janvier 1947 La premiere place revient, ce matin dans plusieurs jour- naux aux 6vinements de Palestine, mais le Times donne la vedette h l'experience Blum, le Daily Worker a l'dvolution de la situation militaire en Chine. 1. PALESTINE La vague de terrorism qui continue en Palestine est corm- ment6e par de nomb-eux correspondents; la plupart des journaux soulignent particulirement le fait ique lp te-'ro ristes ont fait usage de lance-flammes h J6rusalem. La press s'interesse d'autre part A l'arriv6e h Londres du Haut Com- missaire britannique qui doit collaborer a la confLrence ave" le ministry des Colonies. Le correspondent diplomatique du Daily Telegraph 6crit notamment : a On pense que le g6enral Cunningham dire h M. Creech-Jones et aussi A M. Bevin qu'il devient de plus en plus difficile de contenir l'indignation des forces britanniques en Palestine devant l'accroissement du terrorism de l'Irgoun et que des measures decisive doivent Mtre prises. Le correspondent diplomatique du News Chronicle s'intd- resse dgalement A 1'entretien que le ministry des Colonies a eu hier avec M. Ben Gerion qui, selon lui, a dit donner au ministry des precisions sur les divergences de vues qui se sont manifestoes aur CongrBs de Bale. Editoriaux dans le Manchester Guardian, le Daily Mail, le News Chronicle et le Daily Worker. 4 2. FRANCE Le correspondent du Times t Paris signale les decrets qui viennent d'etre pris par le gouvernement frangais eA vue de rdduire les prix de 5 %. Il estime que 1'effet immddiat de ces d6crets serait peu considerable, mais il note la satisfaction gdnerale qui se manifesto dans P'espoir qu'il ne s'agit seulP* ment que d'un commencement. I1 Bcrit notamment : c Seul un assault 6nergique peut influence de fagon notable les fortes positions que les producteurs fran- gais se sont assures dans presque tous les domaines de la vie 6conomique. M. Blum a tout au moins tire tn premier coup de feu... Une reduction d6termin6e des prix pourrait bien rdussir a ramener sur le march un flot de marchandises que le manque de confiance maintient en ce moment dans les granges et les maga- sins. Lorsque la circulation commercial redeviendra saine, les prix commenceront a descendre d'eux-mnmes A des niveaux raisonnables. Mais on peut mesurer la longue experience et le sens politique de M. Blum au fait qu'il a d6fini un programme qui va beaucoup plus loin. Outre la chute des prix, il a riclamd come 6tant d'egale importance un accroissement continue du volume de la production. Si la France doit devenir de nouveau line puissance commercial de premier rang, il fuut I'aider a moderniser ses moyens de production. Cela impliqum des credits exterieurs et des conditions gnnereuses pour son commerce, tout au moins pour les quelques annues qui viennent, et ces derni&rcs condi- tions impliquent h leur tour une saine politique finan- ciere en France. C'est le problme de la foi des Fran- gais dans la France. D Apres avoir analyst I'attitude des syndicats et sig'nald que M. Blum ne pretend pas r4sondre les contradictions d'un systeme qui hdsite entire le lib6ralisme et le socialisme, le correspondent du Times conclut : c Un aspect de l'expdrience ac- tuelle qu'on aurait tort d'ignorer est l'impression salu- taire faite par le gouvernement qui, contrairement i scs prdd6cesseurs, semble avoir r6alise 1'harmonic entire ses actes et ses paroles. P Le correspondent du Daily Telegraph A Paris donne, lui aussi, quelques pr6cisions sur les d6crets du gou'vernement; il note que les commergants out 6tB quelque peu disorient6s par le delai tres court qui leur est donn6. II ajoute que le course de la livre sterling continue, a diminuer au march noir. Le correspondent 'du Daily Graphic a Paris souligne la satisfaction des consommateurs qui ont vu hier soir les -r- ductions de prix a'inscrire sur les 6tiquettes des inagasins.' I1 dcrit notamment : < Ceci est unie experience inoubliable pour les hommess et les femmes qui avaient observe de jour en jour la spirale de l'inflation et le d6clin diu march noir qui les menait a la ruined ,. Editorial dans le Times et le Daily Herald. (Voir ces arti- cles plus loin.) 3. INDOCHINR Le correspondent du Times i Paris communique a son journal les informations relatives au voyage de M. Moutet. & Trois solutions possibles, ecrit-il en substance, s'offrent au choix des autorit6s frangaises : n6gocier avec le gouvernement du Viet-Nam; chercher d'autres chefs politiques dans ce pays; ou attendre le r6tablis- sement de l'ordre pour negocier a nouveau. , I! ajoute o .es Antorites frangaises essaient evidemment de donner l'impression qu'elles ont la maltrise de la situation et qu'elles peuvent attendre leur here pour prendre une decision. L'offre du, President Ho Chi DE --------- - -- -- 2 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE Minh, si elle sert a rejeter sur la France la responsa- bilite de la continuation des hostilitds, semble trahir 1'anxidet et l'incerlitude que les hesitation, delib6rees des Frangais cherchent h crier. >, Enfin, le imme correspondent souligne les intentions con- ciliantes de M. Moutet et sa volonti nettement exprimde de ne pas restaurer le regime colonial de 1'avant-guerre. Le correspondent dli Manchester Guardian h Paris fait allusion aux declarations faites hier par un porte-parole du Quai d'Orsay. I1 ajoute ; a L'hypothese suivant laquelle la France pourrait negocier av'ec un gouvernement annamite compose d'6e16ments plus favorables a la France n'est pas ex- clue... Le President Ho Chi Minh pourrait faire une demarche plus officielle. 'Un message radiediffuse est 6videmment insuffisant. Elle sserait chaudament ac- cueillie par les Francais don't la principale preoccu- pation est de mettre fin a P'el'nusion de sang. Bion que M. Moutet n'ait requ qu'une mission d'inspection, il ne serait pas difficile de i'investir de pleins pouvoirs si le gouvernement le disirait. > D'aprBs le correspondent du Daily Herald i Paris, lks Frangais seraient disposes h entreprendre des negociations si le gouvernement du Vict-Nam donnait l'ordre dc cesser le feu sur le champ et pr6sentait une d6elgation possddant les pouvoirs necessaires. 4. POLOGNE, Plusieurs journaux accusent le gouvernement polonais de fausser, par des measures arbitraires, les elections qui doivent avoir lieu le 19 janvier. Le Daily Herald 4crit : < Les 'lkc- tions polonaises du 19 janvier ne seront qu'une formalitO. Le resultat est d'ores et ddjh acquis et, pour assurer sa vic- toire, le bloc des gauches gouvernemental se livre A des arrestations en masse, retire le droit de vote aux mnembres de 1'opposition et se dispose en maints endroits it violer 10 secret diu scrutiny. 5. BASES AMERICAINES DU PACIFIQUE Quelques journaux annoncent que la Commission de la Marine h la Chambre des representants de Washington vient d'approuver un rapport du sous-comile relatif it i'tablisse- ment de bases americaines dans plusieurs miles du Pacifique qui ont appartenu aux Japonais ainsi qu'e dans quelques positions australiennes et anglaises ou frangaise, (notam- ment h Noumea). 6. ALLEMAGNE Le Manchester Guardian reproduit une d6peche A.P, qui analyse les declarations faites h Berlinpar un officer ame- ricain ces declarations sont relatives i la reduction du potential industrial de l'Allemagne qui ne sera pas executed dans les zones britannique et amsricaine -aussi longtemps que les Frangais et les Russes retarderont son application au pays tout enter. 7. RAPPORTS ANGLO-AMEIRICAINS Le cornispondant du Manchester Guardian a New-York fcrit que la press amdricaine donne peu de place aux nou-- velles relatives t la cooperation des forces adriennes britan- niques et amerieaines. Il ajoute que le ministrre de la Guerre se montre particulierement discreet et remarque : La raison de cete attitude parait &vidente. Les Etats-Unis desirent 6viter de donner l'impres ion d'une alliance militaire definie avec la Orande-Br tagne qui pourrait provoquer des questions A I'O.N.U. et ailleurs Cependant il n'est pas douteux que les, institutions nmilitaires des deux pays travaillent en 6troite colla- boration ct en pleine, harmonic. Cela est vrai egale- nent pour les Etats-Unis et le Canada. > 8. SYRIE Le Daily Telegraph public un article du general Spears relatif a son dernier voyage au Moyen-Orient. I1 fnsiste par- ticulirrement sur le d6sir des Syriens d'obtenir des marchan- dises, des livres et des technicians britanniques. a) L'EXPERIENCE DE M. BLUM. 1. Times (3/1) : < Les nouveaux decrets franCais concernant ies prix unt eiL pubiies hier soir; ils repr6sentent I'effor le plus decisu pour abaisser le niveau des prix et le cofit de la vie et pour sauver 'reconomie frangaise des perils de I'inllation et ddes conflis sociaux. Pour la second lois depuis dix ans A peine, M. Bluin a assume en tant que chet au gouvernement 1rangais la restponsabiiite d'une experience critique dans l'econo- mic national. M. bium a fait appel a 1'esprit de sacrifice et a la discipline volontaire ae outes ies passes frangaises. Si la naus.e des prix ne peut e.re arretee, la stabimte, don't ic plan Moniet on un autre 'programme analogue de- pecn, s'averera impossible. La course sterile entire les salaires et le coutl ae la vie contnuera et ne fera que s'acc&erer et ii ne restera pius d'espoir de maintenir la valeur du franc dans les Bchanges internationaux aussi blen que dans la circulation interieure. La riposte de M. Bum a P'evenualile de cette crise de conliance qui pourrait s'avdrer ruineuse consist i realiser ce qu'il appeile un < choc psychologique >. La reduction qui atteint ious les prix, qu'ils solenit ibres ou cont.r61s, ne s'accompagne d'aucune measure suppi6mentaire qui assure leur mise en vigueur en dehors de *quelques clauses concernant la pubiicit6 des nouveaux prix et la possibility de former, 'dans certain cas, les boutiques ou les 6ta'blissements en defaut. Les conseillers de M. Blum, quoiqu'ils reconnaissent la ndcessit6 imp orieupe d'augmenter la production in- dusirielle et particulirrement les products de base, ne croient pas que l'actuelle hausse des prix soit reeliement 'due a la disproportion qui existed entire le volume des denr6es 'de coinsommalion et des products alimentaires el le pouvoir d'achat des Frangais. Ainsi interpreted, l'inllation apparent esi due A des causes psychologi- ques, et le choc psychologique est la meilleure parade si l'on veut restaurer la confiance avant que la hausse -des prix et des salaires n'engage sur le veritable che- min de l'inflation et ne ren'de impossible la reconstruct, lion industrielle. Le destin de la deuximme experience Blum repose dans les mains des Frangais avec l'espoir qu'apris les experiences des six ann6es passes, I'on n'aboutira pas a un 6chec come la premiere fois. Cet appel caract6rise pleinement la foi indbranlable que M. Blum a 'dans ses propres compatriots. Quelle que soit la r6ponse populaire que susciteront les decrets, ce sera l'affaire du gouvernement de s'assurer par tous les moyeis possibles que les conditions qui permettent la stabilisation des prix, A un niveau inf6rieur, existent' riellement ,. 2. Daily Herald (travailliste, 3/1) : < LBon Blum a mis en application un plan hardi et draconien pour faire 6chec & l'inflation qui menagailt de submerger la France. 11 impose, 'dans la measure oi le gouvernement peut le faire, une diminution de 5 % sur,.,es prix d'un tres grand nombre de marchandises. Son but est d'arrater 1'augmentation du coitt de la vie et 'd'bviter ainsi de nouvelles augmentations des traitements et des salaires. BULLETIN QUOTIDIEN DR PMSSE e .TRANGAR. 3 Le people britannique souhaite & M. Blum et A son pays tout le succis possible dans ce nouvel et courageux effort. Bien que les probl6mes qui se presentent aujour- d'hui A la France ne soient pas tout A fait les memes que ceux qui se posent A nous, ses difficulties et les remedes proposes contiennent n6anmoins une morale don't on 'devrait tenir compete en Grandde-Bretagne . 3. News Chronicle liberall, 3/1) : < Si le d6cret gouvernemental est aippliqu6 et si le public exerce une pression sur les commergants qui lui sont hostiles, cette measure qui doit etre suivie par une nouvelle diminution de 5 % avant deux mois, de- vrait marquer le debut d'une veritable 'diminution dans le coft de la vie >. (HENRY STONE). b) LA SITUATION EN INDOCHINE (Times, 3/1) : ( Le voyage d'enqubte qu'accompiit en ce moment M. Moutet, ministry des territoircs d'Outre-Mer, a r6v616 la presence en Cochinchine. au Cambodge et au Laos d'l66ments puissants qui craignent la domination 'du Viet-Nam et se tourn-ent vers la France pour assurer leur protection et leur autonomie locale. I1 n'y a aucune raison de douter que le parti du Viet-Minh est toujours le porte-parole le plus autoris6 du movement natio- naliste du Viet-Nam. II a pu sembler difficile de n6go- cier avec le Dr Ho Chi Minh et ses coll&gues. Mais ces 'derniers sont les seuls avec lesquels un accord peut etre conclu. Leur demand d'entretiens avec M. Moutet est susceptible d'offrir plus d'espoir pour une conclusion satisfaisante des hostilities actuelles que ne le ferait l'exploitation 'de la presence A Hanoi, sous la protec- tion de la France, de M. Nguyen Manh Ha, ancient mi- nistre du gouvernement du Viet-Nam qui a reffts- de suivre ses colleagues 'dans leur refuge secret des jungles du Tonkin. Mais, comme preliminaire n6cessaire A la formation de la nouvelle f&'dration indochinoise, les chefs du Viet-Minh doivent se montrer moins intransi- geants et comprendre qu'une parlie de leurs aspira- tions doivent etre sacrifices s'ils veulent s'assurer la bonne volont6 de leurs autres partenaires dans la f6de- ration >. II. PRESS AMERICAINE Revure de la press americaine dIn 2 janvier 1947 1. ALLEMAIONE La pressed continue a consacrer de nombreux articles A la situation interieure allemande, ainsi qu'a la politique amr- ricaine a 1'bgard de 1'Allemagne. An point de vue economique, elle reprend les articles de ses correspondents en Allemagne relatifs i la production de la Ruhr. Le correspondent du New York Times i Minden fait Mtat d'une initiative prise par les mineurs allemands qui auraient soumis aux autorites hritanniques un plan destined augmenter la production char- bonnibre de cette region. Les mineurs recevraient des points de rationnemrnts suppl)mentaires proportionnellement l'aug- mentation de leur production individuelle et ainsi le chiffre de 250.000 tonnes par jour, qui devrait etre atteint en mai prochain, pourrait &tre r6alis6 des le mois de mars. Le cor- respondant signal que les autorit6s britanniques n'ont pas fait connaltre leur opinion et que le problme le plus delicat soulevd par cette proposition est celle de fournir les denr6es suppl6mentaires que les miners rbclament en change d'un meilleur rendement. Une dephche A. P. de Berlin, reproduite dans la press, declare que les autoritds militaires ambri- caines annoneeront proahainament que totes 1e entreprlses employant plus de dix mille personnel en Allemagne seront dissoutes. L'objet de cette measure serait de mettre fin aux cartels industries allemands. L'article des Izuestia accusant, ai son tour, les Britanni- ques et les Americains de violer 1'accord de Potsdam qui pre- voyait I'unification 6conomique du Reich, est mis en relief dans des depeches de Moscou au New York Times et au New York Herald Tribune. Cette attaque russe centre la politique americaine en Allemagne n'emp&che pas, cependant, un des correspondents du New York Times i Berlin d'dcrire que : S1I'Union Sovi6tique s'engag'e dans une voie abou- tissant h l'unification possible de 1'Allemagne a la Conference de Moscou qui doit se tenir en mars pro- chain, A condition, toutefois, qu'elle regoive une con- cession 6conomique raisonnable en change. Telle est 1'opinion .des fonctionnaires haut places du gouverne- ment militaire americain. > Ce correspondent note, toutefois, qu'il existe encore une divergence de vue profonde entire les personnalit6s amcricai- nes responsables de la politique L l'6gard de la Russie. En ce qui concern < une concession raisonnable > qu'il convient de lui faire, les unes estiment qu'il serait opportun de lais- ser la Russie prelever des reparations sur la production cou- rante allemande ; les autres, au contraire, s'y opposent, et le correspondent cite l'opinion de ces derniers dans cette phrase : c Nons somanes engages dans une sorte de guerre avec la Russie si I'on admet que la paix est une guerre faite avec d'autres armes. Nous n'approuvons pas la theorie politique et economique des Soviets et nous ne devrions rien fair pour aider 1'Union Sovi6tique 6co- nomiquement. Cctte proposition mise a part, c'est une mauvaise tactique que de payer deux fois la mAme chose. Nous avons achetd unification Aconomique A Potsdam et les Russes ne nous ont pas fait un don, Pourquoi 1'achbterions-nous une fois de plus ? * L'6ditorial dir New York Herald Tribunen constate que 'ar- ticle des Irtilestia zne fait que r reprendre 1'accusation que les autoritis amnricaines d'occupation avaient lancIe centre la Russie en la re.. tournant centre la Grande-Bretagne et les U. S. A. II estime que cela fait parties d'une politique qui ne pent aboutir a rien. Le fait est, dit-il, que a tout le monde serait content d'unifier l'Allemagne a sa propre Image. Malheureusement, le systeme communist est completement incompatible avec la d6mocratie capi- liste amiricaine et, ni la Russie, ni la Grande-Bretaghe. ni les U.S.A. ne peuvent accepted que 1'Allemagne devienne simplement un appendice politico-economique de I'une quelconque d'entre elles. a Dans son article d'aujourd'hui, M. Sumner Welles cons- tate que les politiques allies a 1'6gard de 1'Allemagne sent divergentes. (Voir article plus loin). Une ddpbche du correspondent du New York Herald Tri- bune h Berlin reproduit les declarations de M. Murphy, indi- quant que l'ex-chancelier Bruening n'avait pas I'intention de quitter les U. S. A. pour prendre un post en Allemagne. Une dep&che de Paris au New York Timels indique que M. Brown, repr6sentant europien de la F6edration amtricaine du travail, est intervene aupr&s du D6partement d'Etat pour tenter d'em- pbcher une unification des syndicats allemands, unification qui permettrait aux Russes, dit-il, de contr6ler tous ces syn- dicats. 11 aurait ajout6 qu'elle constituerait un instrument politique important pour Moscou >. La propaganda faite par les exiles allemands aux U.S.A. sons diverse formes, en particulier, par le moyen de lettres adressees aux journaux americains, entraine parfois des reactions trbs vives de lecteurs indign6s. C'est ainsi qu'une lettre adressde au Washington Post par un group d'anciens membres du Reichstag, disant notamment : Le people alle- - mand a 6td puni d'une manibre unique dans I'histoire mo- derne. I1 est temps d6sormais de dinner leur chance aux 4 BVULEIN QUOTIDuEN DR PERSsE *tMANGRIt democrates allemands don't la lutte desesprire et hiroique pour la liberty a merit6 I'admiration ,, provoquc la reaction d'un lecteur qui protest en ces terms : Le comnble de I'insulte et de la perfidie des Allemands soi-disant d6mo- crates, apparatt dans ce dernier paragraphe... Amiricains, rappelez-vous l'histoire. Nos vies en dependent. > 2. POLITIQUE PRAN;AISE La politique de reduction des prix announce par M. Blum A la radio, le 31 d6cembre, fait 1'objet de longues dpeches de Paris, largement reproduites par la press, les correspon- dants presentent favorablement initiative du Pr6silent du Conseil. Reprenant ses propres paroles, ils 6erivent que la decision d'abaisser imm6diatement de 5 % le prix de detail et de proo6der A une reduction gale d'ici soixante jours pourrait bien provoquer le < choc psychologique don't la France a besoin pour retrouver confiance en elle et r6tablir son 6conomie. Callender, dans le New York Times, declare : ( L'initiative presidentielle est la plus frappante qui ait .etB faite pour combattre l'inflation en France. >> Wiitcomb, dans line de- p6che au Baltimore Sun, ecrit qu'elle constitute < un geste d'encouragement pour le Franqais moyen ,. La pressed ne lui consacre aucun editorial. 3. INDOCHINE Des depcches de Paris rapportent I'arrivee i Saigon de pre- miers renforts et signalcnt la repression d'un nouveau sou- 16vement au Cambodge. Elles soulignent que les r6voltes cambodgiens etaient arms par des Siamois et organisms par le Viet-Nam. Le Washington Star consacre un editorial h 1' a imbroglio indochinois n et il conclut en d6clarant : n Abandonn'r touted l'Indochine A des fanatiques irrcsponsables serait d(6astreux pour les indigenes aussi bien que pour les intdrCts Uliilimes de la France. 4. POLOGNEF Marguerite Higgins adresse une ddpeche de Cracovie an New York Herald Tribune, dans laquelle elle declare : 1 Les elections polToaises du 12 janvier seront une simple forma- lit6. Le resultat se decide actuellement. Pour assurer sa vie- toire, le bloc de gauche, qui est au pouvoir, est en train de procdder A des arrestations en masse, ii retire aux electeurs de I'opposition leur droit de vote et, en bien des ectdroits, il prend des measures pour turner les dispositions legales qui garantissent le secret dies votes. > La correspondante ajoute qu'elle a eu des preuves de toutes ies, mesu:es qui 'avaient 0t. prises au course de son long voyage en Pologne. a) Lla it te Wornite la hdu ikse des priix en FITrrnc (New York Herald Tribune, 3/1, tidit. europ6enne) S< Le gouvernement provisoire frangais, dirigi ,par M. L6on Blum, a ptbli6 la ,nuit 'drniere un dcrcl laco- nique en quinze points qui met en vigueur la diminu- lion promise de 5 % sur presque tous les prix ie de- tail en France, pour prendre effect imm6diatement. Commergants et acheteurs ont exprim6 1'espotr que celte fois peut-6tre les hommes politiques francais veulent s6rieusement commencer leur champagne pour arreter la hausse constant des prix. Les milieux gou- vernementaux ont 1'espoir que le d6cret qui prCvoit 6ga- lement une second diminution *de 5 % A ,parlir du 1" mars, Ipourra .mettre un terme A la hausse persis- ante des prix et provoquera le retour des dtnrees ,tockees sur le march normal lorsque les producteurs comprendront qu'ils n'ont plus d'avantages A entasser des marchandises en pr6voyan 'de nouvelles augmen- tations de prix. La Bourse de Paris a r6agi A l'annonce de la baisse des prix par une baisse gne6rale des valeurs et par une tendance, plus ferme des valeurs A revenue fixe, ph6no- mene qui est interpreted par les courtiers et agents 'de change combine indiquant un enforcement de la con- fiance dans l'avenir de la valeur du franc s. (DAVID PERLMAN). b) Almait 4a Coolnfdelnce ,de aoisciolt (New York Hera'd Tribune, 3/1, edition europ6enne) : < Quand le Conseil 'des ministres des Affaires 6tran- g6res va s'occuper en mars prochain A Moscou du trait avec 1'Allemagne, ipresque deux annees se seront Bcou- lIes depuis la d6faite de l'Allemagne. Et ce Irait6 est la pierre d'achoppement de la reconstruction de 1'Eu- rope et 'de la paix du monde. Les clauses du trait de Versailles n'auraient pu etre ex6cut6es que si les deux puissances alors pr6pond6- rantes en Europe, la Grande-Bretagne et la France, avaient cooper a leur mise en vigueur. Les contrbles imposes A I'Allemagne par le trait se Irouverent annul6s par suite de ce manque de coop- ration. Cette legon aurait dfi clairement montrer que, A moins que les grandes puissances ne se mettent d'accor'd sur les m6thodes exig6es pour contr6ler et rdg6nCrer le people allemand aprbs la second guerre mondiale, aucun nouveau lrait6 ne r6ussira mieux que ne l'a fait le traits de Versailles. I1 devrait 6galement etre evident qu'il ne peut y avoir 'de cooperation efficace entire les Quatre Grands pour la mise en vigueur de ce trait A moins que chacun d'entre eux ne renonce A 1'id6e de chercher A utiliser l'Allemagne dans des buts purement &goistes. Alors que 1'on commence A prAparer la Conf6rence de Moscou, les politiques des Quatre Gran'ds pr6sentent d'importantes divergences. L'UI ion Sovi6tique desiree que ce qui reste de 1'Ale- magne soit unifi6 sous un gouvernement central.- La France demand la possession permanent de la Sarre, l'internationalisation 'de la Ruhr et < une Alle- magne d6centralis6e organisee comme une federation d'Etats allemands >. Le gouvernement Iravailliste bri- tannique desire une Allemagne puissante et unie et que ,es Allemands nationalrsent les industries de la Ruhr. La politique americaine, tell que l'a indiqu6e le 'dis- cours Iprononce A Stuttgart par le secr6taire d'Etat, M. Byrnes, semble souhaiter l'unification iconomique de 1'Allemagne et I'6tablissement d'un gouvernement cen- tralise dans l'cespoir qne les Allemands 6tablironl d'eux- mimes ult&rieurement une sorte de regime 'decentralis6. De ces quatre politiques 'diff6rentes, c'est incontesta- blement celle qui est proposBe par la France qui per- met d'offricr aux p'euples curop,6ens I'espoir d'une paix durable. Dans sa facon de coneevoir ce qui peut contri- huer a la stability de 1'Europe, la France est aujour- d"hiii aussi realiste (qu'elle l'6tait en 1919. Mais il y a peu de chance que les vues de In France puissenl pre- valoir. II est probable qu'un trait effectif peut etre conclu A Moscou si les Etats voisins de 1'Allemagne .prennent part 'ds le d6but aux negociations. Ils congoivent clai- rement que' la decentralisation politique de 1'Allemagne es une measure aussi essentiel'e pour la paix future de l'Europe que peut l'ctre la prosp6ritC Iconomique dii peoplee allemand et que la premiere de ces conditions n'est nullement incompatible avec la seconTie. Ce sont les petites nations qui reconnaissent que ce sont 1A les conditions indispensables A l'6dification Cventuelle d'une vaste federation des Etats-Unis d'Europe et que Tde la r6alisation de'cet ideal depend la possibility pour les peuples europeens d'avoir la paix ,. .. .(SUMNER WELLES). BULLETIN QUOTIDIEN DE BRESSE iTRANGARE 5 III. PRESS SOVIETIQUE L'AVOLUTION DE LA SITUATION INTERNATIONAL EN 1946. 1. Izvestia (1/1/47) : < Le monde entier aime, A l'heure actuelle, la paix plus que toute autre chose. Je ne parole pas seulement de l'Europe, of sont passees les chenilles des tanks, mais de l'AmBrique, qui a, elle aussi, soif de paix. Si maintenant les journaux strangers parent moins de la < troisieme guerre mondiale >, ce n'est pas parce que les r6dacteurs sont devenus inteliligenls ou que les jour- nalistes sont fatigues. Il nous arrive assez souvent de lire des t61egrammes sur les interventions de tel ou tel homme politique, de tel ou tel diplomat. Mais per- sonne ne nous envoie de telegramme sur ce qu'a dit le vigneron a la lecture du discours de de Gaulle, sur la reaction de ce qu'a dit le mineur Sinith aprbs le dis- cours de Churchill, et sur l'attitude du m6canicien Da- vis avant les declarations du s6nateur Biibo. Et pour- tant, A c6t6 des orateurs, il y a le people. .Nos amis a Pittsburgh, A Leeds, A Lyon, A Salonique, a Bombay, se souviennent pourquoi a brfle Stalingrad et se r6- jouissent chaque fois que l'on reconstruit une maison. Les ann6es de guerre n'ont laiss.- derriere elles que des ruines, des tombes, de la misbre, de la fatigue. Les ann6es de guerre ont appris beaucoup de choses aix hommes. Les peuples ont grand, et si parfois certain d'entre eux se taisent encore, leur -silence apaise. La guerre a dur6 bien des ann6es, les gens mouraient; it semblait, dans les villes obscures, qu'il n'y avait plus de place pour les muses, pour la sagesse. Mais main- tenant, nous voyons que l'humanit6 a progress pen- dant ce temps. Les gens ont beaucoup perdu, mais ils se sont enrichis de connaissances. C'est en vain que les gens de mauvaise foi ont voulu cacher 1'Union Sovi.6- tique au monde. C'est en vain qu'iils ont prepare en s6rie < les rideaux de fer >>. Le monde a vu comment nos soldats se sont battus sur la Volga, sur la Vistule, sur l'Oder. Le monde a vu ensuite comment les repre- sentants de notre pays ont d6fendu la paix A Paris et A New-York. Il y a un quart de siecle, quand nous parlions de paix, on pouvait rire de nous. Nos paroles pouvaient alors sembler une faiblesse. Maintenant, les gens de mauvaise foi ne parent plus du colosse au pied d'argile >, et tout le monde salt jusqu'ofi sont all6s les pieds des hommes sovi6tiques. Et maintenant, .les gens de mauvaise foi reconnaissent notre force. Mais ils veulent catcher A leur people que nous conti- nuons A parler de paix. Nous d6fendons la cause de la paix A chaque conference, A chaque reunion, A chaque commission, A chaque sous-commission. Nous tendons la main aux autres peuples, non pas parce que nous sommes faibles, mais parce que, au cliquetis des ar- mes, nous pr6f'6rons une amicale poign6e de mains. , (ILYA EHRENBOURG.) 2. Trad (1/1) : < L'annee qui vient de s'ecouler a confirmed la n6ces- site vitale d'un organisme international comme l'Orga- nisation des Nations Unies. Elle est le r6sultat de la ferme conviction des peuples dans le fait qu'une paix solide et durable ne pett 8tre fondee que sur les prin- cipes d'une collaboration active et constant des gran- des puissances, l'6galit6 des droits et la comprehension mutuelle. Le travail de l'Organisation des Nations Unies n'a pas 4td faith dans les coulisses, mais au vu de tous et sous le contr6le constant de d'opinion publique in- ternationale. Le monde enlier y a pris pari. Les inetnofles de la dipljmatie ouverte ont beaucoup contribu6 au succes de la collaboration international et an enforcement de l'autorit6 de 1'O.N.U. Ce succ6s a eLe obtenu en d6pit des intrigues de la reaction in- ternationale, qui a acherch6 par tous les moyens a rui- per les efforts pacifiques de tous les peuples et a divi- scr le monde en camps ennemis. Deux tendances se sont heurt6es sur la scene international : 'une d'elles etait la tendance a la violence et h la domination ; elle s'est particudiirement fait sentir A la ConI6rence de Paris, ou un bloc de de6,gations a cherchb a r6soudre les questions de 1'6tablissement de la palx par la ma- jorine mecanique des voix. L'autre iendance conduisait a la collaboration d6mocratique ; elle ne tendait pas a attiser ie disaccord, mais A la collaboration internatio- nale; elle ne voulait pas de la domination de certaines nations sur les aures, mais d'une paix equitable et d6- mocratique; cette tendance a .6te repr.6sent6e par la delegation sovi6tique au Conseil des Ministres des Affaires 61rang&res, A la Conference de Paris et a l'As- sembl6e de I'O.N.U. L'esprit de collaboration qu'elle a monlr6 au Conseil des Minisires des Affaires 6trang&- res, et qui a U6t reconnu par les autres ministries, a contribute au r6glement favorable des projects de paix avec les cinq satellites. Les lemons des relations internationales de 1'apres- guerre ont confirm que les anciennes nmthodes imp6- rialistes don'tt les politicians reactionnaires ont la nos- taigie sont vouees a i'ccnec. Les temps changent. Comme l'a montr6 l'ann6c ecouloe, .les principles pro- clames par la politique extirieure sovielique, les prin- cipes de collaboration international dans 'l'interet d'une paix equitable et d6mocralique, sont de plus en plus reconnus et 1'ann~e 1946 a marqu6 un succes sen- sible de la m6thode de collaboration international. Le m6rite en revient, sans aucun doute, a notre gouvcr- nement, qui a 6lev6 bien haut d'6tendard pour une paix equitable et democratique. > (ZAGORSKI.) IV. PRESS SUISSE a) La qioeshion d'lndochine (Basler Nachrichten, 2/1, edition du soir),: < Personne ne sait combien coeitent les operations militaires d'Indochine. Une seule chose est certain : c'est qu'on est oblige d'envoyer des renforts impor- tants en hommes et en materiel. Le socialist Blum ne pouvait agir autrement qu'en chef de gouvernement bourgeois. II a fait une conces- sion aux theories de son parti, en d6clarant que le vieux systeme colonial 6tait mort. Mais ill s'est tenu fer- mement a l'id6e que le Viet-Nam dolt demeurer un des 616ments de la F6edration indochinoise, don't I'ind6- pendance n'est conque que dans le cadre de 1'Union frangaise. Le President du Conseil et le ministry de la France d'outre-mer sont solidaires avec d'amiral Thierry d'Argenlieu, qui fait Pobjet de si violentes attaques. Ils d6clarent que les gens du Viet-Nam ont rompu les accords conclus let que toute n6gociation est impossible tant que d'ordre n'aura pas W6t r6tabli. Nous ne pouvons porter aucun jugement sur les causes pro- fondes des 6v6nements actuels, ni sur les torts et griefs des deux parties. A l'heure actuelle, il ne r6gne quel- que lumiere que sur l'aspect de cette affaire qui int6- resse la politique int6rieure frangaise. A tort ou A rai- 6 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGBRE son, on soupgonne les communists d'agir dans la cou- lisse, car ils ont favors, partout les aspirations sepa- ratistes, et ils auraient des raisons toutes particuliires d'agir ainsi en Indochine. Ii est indubitable que le con- flit d'Indochine a elargi le foss6 qui spare les Fran- Vais et a donn6 une nouvelle impulsion A tanticommu- nisme. ) (Du correspondent particulier des Basler Nachrichten A Paris.) b) Avant l'election du Presidellt de la R6publique fraln- Vaise (Basler Nachrichten, 2/1, edition du soir) : < Aux terms de la Constitution, la session ordintire commence Ie deuxi6me mardi de l'annie, c'est-h-dire le 14 janvier. Mais les hommes politiques devront revenir plus t6t a Paris, afin de meler les cartes du grand jeu. L'Blection du Pr6sident de la R6publique a d6jA ete fix6e au 16 janvier. A i'heure actuelle, c'est M. Vincent Auriol qui parait le favor. Mais si M. Herriot accep- tait de poser sa candidature, ses chances ne seraient pas minces. I1 se peut aussi qu'on ait recours i une troisieme personnalit6. A Versailles, des surprises se sont souvent produites dans le passe, et le r6sultat n'est Jamais acquis t l'avance. II existe A l'Assembl6e Na;io- nale une tendance qui voudrait carter les communisles des quatre pr6sidences. Cette tendance a fait cole au Conseil de la R4publique. D'autres, au contraire, n'at- tendent rien de bon d'une telle politique et pr&chent l'entente. Jusqu'A present, ce sont les irreconciliables qui ont eu le dessus. L'issue du scrutiny, dans quilze jours, d6pendra dans une large measure du courses que prendront les .6v6nements d'Indochine. (Du correspondent particulier des Basler Nachrichten A Paris.) c.) La nouvelle attitude sovidtique (Journal de Gen6ve, 3/1) : a Les concessions faites par les Soviets A la derniere Assemblee g6n6rale de 1'O.N.U. et A la Conference tes Ministres des Affaires 6trang&res ont donn6 lieu aux suppositions les plus diverse, toutes 6galement vrai- Jemblables et 6galement gratuites. Pour des raisons evidentes, I'U.R.S.S. a besoin d'unc longue period de paix. II est evident que la situation int6rieure devait in- fluencer I'attitude du Kremlin en politique 6trang6re. C'est pourquoi M. Molotov a faith montre d'un esprit de conciliation, que la victoire des republicans au Congress rendait encore plus neccssaire. Ainsi, le droit de veto, qui repr6sente, aux yeux des Soviets, la clef de vofite de l'Organisation internatio- nale, n'a nullement Wet abandonni, si re n'est dans la question du d6sarmement, a la suite d'une convention en la matiere, sugg6ree par M. Molotov lui-m6me. L'ac- ceptation de la libre navigation sur .le Danube s'expli- que par la recherche de credits americains indispen- sables aux pays d'Europe orientale, sans que les So- viets aient A craindre la penetration &conomique anglo- saxonne dans ces regions, oh l'influence russe 'est suf- fisamment profonde pour parer A une < dollar diplo- macy > trop active. Quant i .'accord de Trieste, il re- presente un compromise a defaut duquel I'anarchie au- rait r6gn6 sur les bords de l'Adriatique. Enfin, la non-intervention des Russes en Iran, apres la r6occu- pation de l'Azerbaidjan par les troupes gouvernemen- tales de Teh&ran, a surprise certaines gens don't 1'6lon- nement cachait mal la deception, car de toute evidence une invasion de la Perse par i'Armee Rouge efit e6t un casus beeli entire les Allies. Aussi pensons-nous que si I'attitude conciliante des Soviets peut s'expliquer ais6ment par le jeu des forces actuellement en presence, la politique du Kremlin vise incontestablement A carter de I'horizon les casus belli. II ne serait exact de parler de g retirement > que si le desir de guerre avait inspire jusqu'i present les ne- gociateurs moscovites. Or, ceci est impossible A prou- ver. Nous avons simplement assist A la fin d'un ma- quignonnage houleux, oh l'on a bluff de part et d'au- tre et oh les hommes d'Etat se sont enfin mis d'accord sur un prix acceptable, ou, plus exactement, accept bon gr6 mal gr6 par les int6ress6s. ) (S. STELLING-MICHAUD.) S. P.I. Imp. Paris (31.3009) Prix : 6 f r. |
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