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HIDE
 De meme auteur
 Dedication
 Precision
 Pretition de principe
 Quelques realisations du second...
 Bibliography
 Lettre a Mesmin Gabriel














Group Title: Au service de la jeunesse haèitienne
Title: Quelques réalisations du Second Empire
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 Material Information
Title: Quelques réalisations du Second Empire
Series Title: Au service de la jeunesse haïtienne
Physical Description: 45 p. : ; 22 cm.
Language: French
Creator: Fignolé, Daniel, ca. 1913-1986
Publisher: Impr. A.P. Barthélemy
Place of Publication: Port-au-Prince Haiti
Publication Date: 1950
 Subjects
Subject: History -- Haiti -- 1844-1915   ( lcsh )
Genre: bibliography   ( marcgt )
non-fiction   ( marcgt )
 Notes
Bibliography: Bibliographical footnotes.
General Note: Cover title.
 Record Information
Bibliographic ID: UF00075402
Volume ID: VID00001
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: aleph - 000142671
oclc - 23453167
notis - AAQ8839

Table of Contents
    De meme auteur
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    Dedication
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    Precision
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    Pretition de principe
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    Quelques realisations du second empire
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    Bibliography
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    Lettre a Mesmin Gabriel
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Full Text


Du meme Auteur


L'INSI RUCTION PUBLIQUE EN HAITI
1< 804-1859 ),
L'INS7RUCTION PUBLIQUE EN HAITI
1859-1879 ),
UN PEU DE GEOGRAPHIC : Co'nferencs sur la
Province dom'nicaine de Barahona, in Edition Extraor-
dinaire de CHAl-NTIERS, !3 mai 1948.
UN PEU DE GEOGRAPHIC : Conference sur la
Province dommrcaine de Benefactor, in Edition Extra-
ordinaire de CHANIIERS, 13 mai 1948.
UN PEU D'HIS70IRE: Conferenee sur la ques-
tion des frontier es Haiiiano-dominicaines, in Edition
Extraordinaire de CHAN1IERS, 13 mai 1948.
LE NORD'OUEST DOMINICAIN : Conference
stur la Province dominicaine de LIBERTADOR et de
MONTE CRISII.
NO7 RE NEY BE OU LEUR BAHORUCO: Con-
ference sur la Province dominicaine de BAHORUCO.
UN PEU DE MATHEMATIQUES: Quelques
Constructions Interessantes.
UN PEU DE MA7HEMATIQUES: Communi-
cation faite a l'Institut Mopique le 15 Septembre
1949 a I'occasion du Deuxieme Congres Mopique du
Livre.
CUBA ET HAII Conference prononee a
I'nstitut Mopique,





















UMY4
Ado""


a*y
-- -B-P-







A



ines Amis



et


Freres de Combat
Michel R. H. Romain

Louis Alerte
Henri P. Bernard
Edouard Pierre-Pierre
Carmeleau Romulus


Je dedie ces Pages


Daniel FIGNOLE








PRECISION

Dans les pages qu'on va lire nous avons dit quelq'ue
bien de la MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE de
FAUSTIN ler. II ne serait pas 6tonnant de voir d-s
gens non consider come monarchisle ou faciste.
C'est bien l'habitude des communists haitiens qui
avouent qu'ils sont plus f6rus d'histoire russe que d'his-
toire d'Haiti. Ceci est simplement la consequence de
l'inattention criminelle d'une Education Nationale
frapp6e d'aprosexie. Les communists appellent sou-
vent facistes tous ceux qui travaillent a l'organisation
de la personality~ national et qui croieit que, sans
etre communists, ils peuvent resoudre le problem
social haitien, donner satisfaction aux revendications
pr6ltariennes sans verser dans l'injustice centre les
autres membres de la communaut6 national. Au vrai,
nous sommes centre tout imp6rialisme esclavagiste
qui replace une injustice social par une autre in-
justice. Bref, nous sommes d6mocrate, si l'on entend
par d6mocratie l'application de la doctrine politico-
6conomic- social qui offre a tous les memes opportu-
nit6s de bien-etre sous un regime de justice et de res-
pect de la personnel humane. Nous sommes demo-
crate tout en 6tant chaud partisan des Haitiens qui
r 6vendiquent le droit d'apporter a nos problemes natio-
naux des solutions nationals. Nous devrions dire et
souligner que nous sommes actuellement le Chef du
Parti Politique Haitien qui pense et agi ainsi. (1)
Done, nous 6crivons l'histoire en respectant les lois
de la m6thode et pour y chercher quelques conditions
de la conservation de la Patrie. De tells demarches
"1" Consulter les documents et declarations de principle
du MOVEMENT OUVRIER PAYSAN.


--5--







ne sont pas faites pour 6tonner ceux qui savent que "le
droit des peuples a disposer d'eux'memes, le principle
des nationalit6s ainsi comprise se rattachant a la doc-
trine des droits de l'homme sont autant de terrain
gagn6 pour l'esprit d6mocratique ( 2 ), Et Monsieur
Louis Alerte, en quality de Chef du Bureau des Rela-
tions Internationales du M.O.P. disait l'annee derniere :
Nous autres du M. O. P., sommes un PARTI NA-
TIONAL POPULAIRE, le Parti de la D1mocratie en
Hiati. Nous ne tenons point A mettre notre pays dessa-
linien sous unimperialisme :Ce serait plus qu'un re-
.iement : ce serait un crime. Mais notre doctrine qui
n'a rien de p6rim6, ne preconise point un nationalism
d'isolement et agressif.Car,notre conception de la diplo
matie haitienne serait bien imbecile, si elle rejetait sans
examen une politique sincere et d6finie de bon voi-
sins (3)
Cette important declaration avait pour but de rap-
peler notre acquiescement a l'interp6n6tration des peu-
ples pour l'organisation d'un Monde human, humani-
taire et sans pr6jug6. Elle manifeste aussi notre- desir
de contribuer au respect du principle des nationalists et
a la solidaritW inter-americaine.
Mais, diront les superficiels, est il sincerement d&"
mocrate l'homme qui dit tant de bien du SECOND
EMPIRE HAITIEN ?
Au norn de la science, nous av6ns d6ja r6pondu, en
parties, a cette question en disant que nous respectons
les lois de la m6thode historique, c'est i dire que nous
6crivons ce que nous croyons ktre vrai sans consider
uniquement notre doctrine politique. Nous avons sim-
"2" C. BOUGLE, professcur a la Sorbonne : La Deme
cratie devant la Science page IX.
'3" LOUIS ALERTE: "L'ACTION PROLETARIENNE"
du samedi 24 septembre 1949.






plement pratiqu6 cette recommendation de Cic&ron
dans DE ORATORE : Ne Rien dire qui ne soil vrai et
oser dire tout ce qui est vrai. Nous aurions pu nous
con-enter de cette declaration : "Evidemment, le di-
mocrate convaincu que nous sommes ne peut proposer
a l'heure actuelle la Constitution de 1849 comme une
Charte r6pondant aux aspirations du people haitien.
Mais en 1849 cette Constitution refl6tait la volontE
d'un groupement human qui avait hesoin de security
et de paix pour imposer ses aptitudes a menera bien
les affaires de la nation cr6ee par Dessalines." En par-
lant ainsi en mai 1949 nous ne faisions que consulter
l'expirience universelle et laisser parler les fails (4),
puisqu'en decembre de la meme annie nous devions li
re sous la plume de C. BOUGLE qui n'est point a nos
yeux un chaud d6fenseur de la democratic :
"La d6mocratie est chose inapplicable et comme in-
concevable a telles phases de 1'Evolution, devant telles
formes de societ6s, mais il y a peut-6tre aussi des con-
ditions historiques (5) qui la rendent possible et mme
n6cessaire, c'est h dire a la fois inevitable et indispen-
sable. Des changements dans la structure mtme dcs
societis (6) travaillent a aplanir les voies pour le suc-
ces des id6es lib6rales et 6galitaires (7).
Donc, notre Parti Populaire National : MCUVE-
MENT-OUVRIER-PAY SAN, a consult l'exp6rience
politique am6ricaine et mondiale, il a laiss6 parler les
faits au point de conclure, lui aussi, que le monarchis-
me ne gagne pas plus de terrain dans 'ordre thiorique
que dans l'ordre pratique. (8)
'4' C. BOUGLE : La DMmocratie Devant La Science, page 15
'5' C'est nous qui soulignons,
'6' C'est nous qui soulignons.
'7' C. BOUGLE : La Democatie Devant La Science, page 18,
'8' C. BOUGLE : La Demoeratie Devant La Sciznce
--7--






Done, nous rejetons !es critiques sans fonderrent
des ignorants qui, suivant leurs besoins personnel ac-
tuels ou les courants d'une politique haitienne sans
doctrine, sans principles et concepts connus et bien defi.
nis, pourront tenter de nous presenter pour faciste ou
communist. Car il serait injuste de nous rendre res-
ponsable de l'ignoranee ou de la mediocrity de la plu-
part de nos adversaires politiques.
En tout cas, si nous devions introduire dans un d6-
bat purement politique des considerations sentimenta-
les, nous dirions au moment oa nous &crivons ces
lignes : parmi les raisons historico-g6ographiques d'ex-
p6rience universelle, il y a certainement place pour les
intAr-ts superieurs de classes et de nation qui nous sug-
gerent d'opter pour la d6mocratie avanc6e.

Daniel FIGNOLE
Port-au-Prince, le 31 d6cembre 1949








Petition de Principe


Cet opuscule pr6sente au lecteur une conference que
nous prononsames a I'INSTITUT MOPIQUE en mai
1949 et au GRAND QUARTER GENERAL DU
M.O,P. en juin de la rniie annEe. A la v6rit6, la con-
f6rence avait 6t6 pr6par&e pour 8tre prononcEe a Petit-
Gohve, a l'occasion du CENTENAIRE DU SECOND
EMPIRE. Mais la curieuse conception de la politique
en honneur ne vculant pas que les leaders de l'Opposi.
tion parent au grand public, nous n'eimes pas l'occa-
sion d'entretenir la Sociate de Petit-Goave et les invi-
tes de tous les coins de la Rfpublique, de QUELQUES
REALISATIONS DE L'EMPIRE DE FAUSTIN ler.
Cet opuscule devait paraitre depuis d6cembre 1949.
Si vrai que sous le titre : PETITION DE PRINCIPE
le Bulletin du 6 novembre du Bureau des Affaires So.
ciales du M.O.P. publia cet
AVANT PROPOSE
Encore une fois, nous prenons plaisir a livrer au pu-
blic quelques pages qui disent les grandes lines do
PROGRAMME et de L'OEUVRE DU SECOND EM-
PIRE. Notre formation morale et scientifique nous
command de ne dire que ce que nous savons Rtre
vrai.
Les Haitiens documents savent que la plupart de
nos pr6tendus historians n'ont 6crit que sur les prises
d'armes qui mirent les homes au pouvoir aux prises
avec les opposition sans CONSTRUCTION POLITI.
QUE, ECONOMIQUE ET SOCIAL. A 1 v6rite les
Louis Joseph Janvier, Jacques Nicolas Lfger, Antoine
Michel, Louis Etienne Felicitc Lysius Salomon Jeune,
GCdEus G6d6on, Paul6us Sannon sont rares.







Done, notre quality de Professeur nous command
de nous eloigner des manifestations de rancunes de
cians, et d'Ecoles sans puissance doctrinale et scientifi-
que pour appr6cier ce que Faustin ler r6alisa en ex6cu-
tant un PLAN DE GOUVERNEMENT. Dans une
telle entreprise il n'y a pas de place pour des allega-
tions fantaisistes. Si notre Ecole se propose de faire
des tetes bien faites et bien pleines, elle se doit de
combattre 1'action des intellectuals ASTH- NIQUES,
APRAXIQUES qui font parmi les jeunesses du pays
des victims d'une politique 6motionnelle criminelle.
II faut que les inutiles solennels fassent place a une
l6ite attentive, capable de parler a tous le langage de
la science avanc6e,
Ce qui nous interesse dans Soulouque et Faustin ler?
Ce n'est certainement pas sa face noire Mais 'in-
te!ligence, I'attention. la volont6, le SENS DE SA
MISSION HISTORIQUE. Sa face noire ne nous inte-
resse que quand les actes de la PrEsidence et de 1'Em-
pire prouvent que les descendants de nos illustres pe-
res sont capable de mener a bien les affaires d'une
petite nation don't les 616mentz sociologiques privilk-
gigs ont trop souvent agi a l'encontre de la vivante
continuity de I'Histoire Nationale
Or, celui qui 6crit ces lignes est Chef du PARTI
NATIONAL qui s'intitule : MOVEMENT OU-
VRIER PAYSAN. Mais un Parti National, pour se
d6finir a la satisfaction des Haitiens les plus intelli-
gents, ne doit-il pas r6pondre a leurs petitions de prin-
cipes ?
Chez toutes les petites nations soucieuses de l'affir-
mation de leur MOI COLLECTIF les parties natio-
naux sont les plus logiques, les plus r6fl6chis, les plus
attentifs, les plus intelligent, les plus capable et les
--10--






plus respects, Et J. B. Dorsainvil de souligner en
1912:
TOUTE POLITIQUE NATIONAL EST NE-
CESSAIREMENT PROGRESSISTE".
Et Jacques Nicolas Leger avait deji dit en 1885 :
Le Parti National n'aurait aucune raison d'etre,
s'il ne se faisait r6formateur, s'il ne cherchait a satis-
faire les aspirations dcmocratiques de la Nation et ne
tendait a am6liorer la situation morale et mathrielle
du plus grand nombre".
Et les kvenements actuels nous autorisent a souli-
gner ces mots de Pauleus Sannon :
"Aux heures de grande crise, tous les peuples se
sont d'instinct reports en arrierc, pour chercher dans
leur histoire des lemons de patriotism collectif, de
nouvelles regles de conduite, soit pour pouvoir mieux
d6fendre leur existence menace, soit pour se reliever
plus rapidement de leur chute".
Done un parti national postule :
I.- Une conscience collective historico-geographique
avec tout ce qu'elle suppose de definition descriptive.
2.- Que les 616ments d'avant-garde et les ressortis-
sants a 6duquer aient confiance:
a).- en le Destin de la Patrie
b).- en les possibilities cerebrales de l'homme haitien
pre )are conformement aux enseignements et a l'Evolu-
tion de la science avanc6e et au contenu non p6rim6
de I'histoire de la race.
Une elite comprend-elle sa mission historique quand
elle donne dos au passe ?
Nous ne pouvons nous empecher de sourire, a lire
les 6crits des intellectuals plus tapageurs que r6flechis,
lorsque, pour encenser les" incapables, ils accusent IN
GLOBO les gouvernements passes de n'avoir rien faith.
-.11-






Et ils n'ont pas conscience de la catastrophe qu'ils
prpvoquent.
Voili 1'explication
I.- De la faillite spirituelle, scientifique et rnorale de
l'enseignement dispense en Haiti.
2.- De l'humiliation don't nous sommes victims de
la part de nos chefs d'Etat frappes d'AFRCSEXIE et
d'un complex d'inf6rioritE.
En effect, si vous pretendez que de Dessalines au Co-
mite ExEcutif Militaire les ,ouveincn.ents Eaitiers
R'ont rien tent&, une nation n'a qu'a demander a l'O-
1'U de nous mettre sous tutelle ou sous ,mandat...
Pardon Dessalines, Pardon !... Et 1'6tranger de vous
opposer des arguments AD HOMINEM quand vous
petaradez. Si vous pr6tendez qu'apres 146 ans d'ind6-
pendance le cerveau de vos p ies n'a jamais rien don-
n6, vos propres propositions fantaisistes auront permits
a vos d6tracteurs de tenter un neo-racisme injuste et
r6voltant.
C'est pour rompre avec tout cela que nous sommes
revolutionnaires, a la pens6e qu'une revolution est
those graddiose lo;squ'elle 6rige une conscructicn ma-
gnifique sur les ruines de ce qu'elle a d6truit, lorsqu'-
eile impose i un gouvernement d'une nation une
MISSION HIST. RIQUE.
Et nous avons entrepris d'ordonner les materiaux
qui doivent servir a la philosophies de l'histoire natio-
aale. Et si nous avons tenu a dire quelque bien de la
PrEsidence de Faustin Soulouque et de I'Empire de
Faustin ler, c'est pour poser un acte de justice et sur-
tout pour satisfaire ceux qui croient que I'explicaticn
de la doctrine de notre grand Parti National DPmo-
crate exige sur le plan national PETITION DE PRIN-
CIPE.
Daniel FIGNOLE


--12--











Quelques Realisations du Second Empire


Au-dessus des erreurs syst~mati-
ques des historians il y a l'histoire.
Antinor FIRMIN.
in 'de TEgaliti des Races humaines"

OXO

Une revolution est chose grandiose
lorsqu'elle &rige une construction Ma-
gnifique sur les ruined de ee qu'elle a
d6truit, lorsqu'elle impose a un Gou-
vernement d'une Nation une MIS-
SION HISTORIQUE.

Daniel FIGNOLE

Mesdames,
Mesdemoiselles,
Messieurs,
Nous ne parlerons pas ce soir du President Soulou.
que, encore que d&s 1848 l'Empereur pergat sous le
President. A cette date deja le President Soulouque
prit la position revolutionnaire caract6ristique du SE-
COND EMPIRE d'HAJTI. Mais il est impossible de
relater dans un simple entretien dix ann6es de la


--13..






Grande Histoire de EMPIRE DE FAUSTIN Ier,
Nous nous proposons de dire quelque bien de 1'OR-
GANISATION IMPERIAL.
Donc, conformement au respect que nous devons a
nous m.mes et a l'auditoire et pour ne pas induire en
erreur les jeunes generations don't nous voudrions fai-
re des tetes bien pleines et bien faites, nous 6viterons
les conjectures de la PHILOSOPHIE DE L'HISTOI-
RE NATIONAL ACTUELLEMENT EN HON-
NEUR pour offrir des relations basEes sur le t6moigna-
ge scientifique et la critique. La methode historique a
ses lois et Cic6ron, dans DE ORATORE, recomman-
de de NE RIEN DIRE QUI NE SOIT VRAI et
d'OSER DIRE TOUT CE QUI EST VRAI.
Dans notre ouvrage L'INSTRUCTION PUBLI-
QUE EN HAITI (1959-1879) nous avons soulignE :
Nous ne sommes pas monarchiste. Mais nous som"
mes oblige, si nous faisons de I'histoire, d'appr6cier
le prestige du Gouvernement de Soulouque et le mou-
vement de progres qu'il inaugura dans le pays ".
Oui, d&s le 9 avril 1848 le President Soulouque posa
quelques grands poblemes haitiens auxquels l'Empire
donna des solutions. II prit position en faveur des mas-
ses populaires qui, sous Pktion et la P.OLITIQUE DE
DOUBLURE, furent attaches a la glIbe, furent corve-
ables a merci, fournirent les soldats maintenus dans
les bas grades de l'Arm6e (1)
Le 9 avril 1848, apres qu'un grand nombre de cito-
yens se furent presentEs au champs de Mars pour re-
clamer avec I'Arm6e I'abolition de la Constitution de
1846, la reprise de la Constitution de 1816 et I'aboli-
tion du Ministere, Soulouque proclama : Je renvoie

"1" Consulter : Les affaires d.Haiti, Les Constitutions
d'Haiti, Les Anti-Nationaux,par le Dr Luis Joseph Janvier.

--14







dance le Ministere, et nomme aupres moi des citoyens
tires de l'affection du people pour aboutir a la refor-
me demand6e ". Le meme jour il fit publier I'Arrat6
par lequel les citoyens DUFRENE, VAVAL, FRAN-
CISQUE et SALOMON Jeune furent appeles a former
le nouveau cabinet. Francisque devait remplir provi-
soirement les functions de Secr6taire d'Etat de la Justi
ce, de l'Instruction publique et des Cultes.
Le Gouvernement de Faustin Soulouque se mit done
au service de L'IDEE PROLETARIENNE. Car, dit
Firmin. UN REMANIEMENT MINISTERIEL
DANS LEQUEL PREDOMINAIT L'OPINION PU-
PULAIRE EUT LIEU LE 9 AVRIL 1848 "2".
SEt le 29 d6cembre de la meme annee fut promul-
gu6e une loi qui organisa 1'Instruction Publi que sur des
bases solides et durables. Cette lo: avait promise les ins-
titutions que l'Empire crea et fit fonctionner. Au dire
de Stenio Vincent et de L. C. Lherisson, LA LOI DE
DECEMBRE 1848 FUT LN PROGRESS REEL (3)
Elle fut la reprise du movement de civilisation inau-
gure dans le Nord par Christophe. Soulouque organisa
les Lyc6es du Cap et des Cayes.Le Lyc6e de Port-au-
Prince n'existait que de nom a l'avinement de 1'l6u du
lermars 1847 14).La Loi du 29 Decembre 1848 en fit
un centre de dispensation de la culture du TROSIEME
DEGRE aux Orphelins, aux Fils des travailleurs agri-
coles et de l'Ouvrier et de 1'Artisan des villes. Elle
donna au Lyc6e qui portera sous 1'Empire le nom de
COLLEGE FAUSTIN, un contenu cultural et un pro-
gramme qui le mirent sur le m8me pied que les ins-
"2" Antenor Firmin : Roosevelt et Haiti. page 361.
"3" Consulter : La Lgislation de l'Instructi on Publi-
que de la R6publique d'Haiti.
"4" Date de l'avenement de Faustin Soulouque a la Pr6
sidence d'Haiti.


--15







fitutions similaires de France. Les Lycee du Cap et
des Cayes n'existaient que sur le paper. A Port-au-
Prince, le Lyc6e PNtion, a l'avenement de Soulouque.
ne comptait que 120 l6ves aux fraisde 1'Etat. Le Lycec
du Cap n'avait pas toutes ses classes a la mort de
Rich6. Celui des Cayes ne commence a fonctionner
que sous le Ministere Larochelle (5)
L'Histoire impartiale dit que 'organisation des trois
premieres Lycies d'Haiti est Ieouore de la Prisidence ef
de l'Empire Soulouque.Si vrai que, le dernier alinea de
I'article 96 de la loi du 29 decembre 1848, tracant le
programme du Lycee de Port-au-Prince, precise :
L'enseignement dans les autres Lycees embrassera
ces differentes branches d'gtudes an fqr et a mewure de
l'acancemeni des Mlves. "
Sous 1'Empire
Soulouque ne se fit pas proclamer Empereur comme
ses d6tracteurs d'hier et d'aujourd'hui l'ont toujours
mechamment insinu6. En 1849 l'Arm6e Haitienne arri-
va jusqu'aux portes de Santo-Domingo. "Elle se vit
oblige de lacher la conquEte qu'elle tenait dej4, parce
que pendant qu'elle 6tiit engage dans l'Est de nou-
veaux complots se tramirent dans l'Ouest contre 1'Elu
du ler mars 1847.
"Les soldats qui revenaient de l'Est, en 1849 vou-
iurent donner a leur chef une autoritE plus solide que
celle qu'exercait le President de la Republique, en ver-
tu de ia Constitution de 1846 (6).-
"5" Larochelle fut Ministre dans le premier Cabinet du
President Faustin Soulouque.
'6' Si l'on met de c6te les terms EMPEREUR et PRE
SIDENT pour consider le mandate du Chef ou la dur6e
du re.ime, on peut se rappeler que Richi fut President 4
vie et Geffrard aussi...
-.16-..






"'La petition de l'Armne se couvrit de signatures;
qu'oa recueillit facilement dans les rangs du people.
"Au mois d'Aout 1849, l'Empire etait fait" (7).
Par la proclamation de l'Empire le Peuple et 1'Ar-
mee confiaient a Faustin ler UNE MISSION HISTORI-
RUE. I1 avait a donner a l'Empire LE CAP ENGANO
POUR FRON IERES NATURELLES et il avait i
resoudre le PROBLEM SOCIAL.
Soulouque 6tait mandingue. Et l'histoire de l'Afri-
que enseigne que le Mandingue fut grand Construc-
teur, Homme de G6nie et eut de l'aptitude & comman-
der aux armies. Soulouque 6tait de la race des Tous-
saint, Christophe, Pierrot (8).
Nous sommes r6publicain et democrate par principle.
Mais si nous 6crivons une page d'histoire, nous devons.
tenir compete des circonstances de temps et de lieu
dans la presentation des faits.
Faustin ler fut a la tate d'une monarchie constitu-
tionnelle qui puisait sa force non point danm une aris-
socratie, non point dans l'ideologie esclavagiste des
boy&ristes, mais dans le Peuple, l'Arm&e et le Parle-
ment defenseur de la Constitution. Ironie ou contra-
diction des choses Alors que la Republique de P tion,
de Boyer, de Riviere Herard, de Rich6 fut une came-
lotte d'exportation et un ,cran de umbe camouflant,
les app6tits et pr6jug6s ,frbces des directeurs de la po-
'7' Docteur Louis Joseph Janvier :-LES CONSTITU
TIONS D'HAITI.
'8' "Descendant de parents esclaves, de la race mandin
gue, affirme-t-on, Faustin Soulouque est-n6 a Petit-Goaire
en 1788 sur I'habitation d'un homme de couleur du nom.
de Vialet. Affranchi la suite de la proclamation, de la
liberty gnetrale des esclaves '29 aout 1793, il prit part a la
guerre de l'Ind6pendance '1802- 1803'. Antoirie Michel:
AVENEMENT DU GENERAL FABRE NICOLAS GEF
FRARD A LA PRESIDENCY D'HAITI.






fitique de doublure; alors que cette r6publique devait
tnanifester, aux yeux des doctrinaires, I'Etat repr6sen-
sentant les ambitions d'une minority, la monarchie
constitutionnefle,- la monarchie de Soulouque b&nefi-
eiant de l'onction de la volont6 populaire, posa des ac-
tes, les actes caract6ristiques de la democratic qui met
a la portee de tous les memes opportunities de bien-
etre,

Le Second Empire fut une R6volution
Le gouvernement du Second Empire fut une machi-
ne conque et monte pour des fins pr&cises. Le gouver-
nement agissait au nom d'une doctrine et d'un pro-
gramme politique. Participant i l'autorite Executive,
le doctrinaire piquitiste (9), 1'organisateur de I'6cono-
mnie et des finances de 1'Empire, I'Organisateur de 1'6-
ducation (10) : le GCneral Etienne Felicite Lysius Sa-
lomon Jeune essaya de r6soudre quelques grands pro-
blWmes haitiens pos.s depuis 1843 (11).
'9' Dansleco.irs des deux ann6es 1944 et 1846 les pay
sans demandaient en toute propri6t,' pour les faire culti-
ver et fructifigr, les terres de 1'Etat que celui ci laissait im
producuives; en miEre temps ils reclamaient I'instruction
primaire pour leurs enfants. Ces paysans qu'on a appelks
PIQUETS, et don't les revendications 6taient entierement
justes et bien fond6es, furent massacres ou disperses par
les troupes regulires que les gouvernements reactionnai
res qui si6gaient i Port au Prihce envoyerent centre eux.
Jusqu'aujourd'hui, en'Haiti et i l'6tranger, des publicistes
mal renseign6s ou peu sinceres coritinucnt d'insulter a la
mt6moire de ces vaillants pr6litaires".
Louis Joseph Janvier : XES ANTI-NATIONAUX.
'10' "Les Finances furent tris bien administries sous Faustin ler"
Docteur -Louis Joseph Janvier.:. LA KEPUBLIQUE
bDHAITI'ET.SES VISITEURS '1840 1882'.
"Le gouvernement de Soulouque ne se content pas
--18--







"L'Ernpire, dit Louis Joseph Janvier, venait a son
heure. 11 fut unr reel bienfait. I1 redonna la security au
people des villes, la paix rau people des campagnes.
L'Empereur lui-mmrne dans sa proclamation du 8 jan-
vier 1859 pr&cisa :
S"Haitiens, la guerre civil est une source de maux,
souvenezvous en... J'ignore l'avenir, mais quelqu'il
puisse ,tre, j'aurai toujours la satisfaction de me dire
qu'apres avoir r6tabli l'union et la concorde parmi les
enfants d'Haiti, l'ai tout fait pour les empecher de re-
tomber dans la voie sanglante des luttes intestines."
La -Constitution Imperiale renouait la chaine de la
vivante continuity de I'Histoire Nationale. Elle souli-
gne des principles qui donnent un sens a l'existence de
la nation cr6e par Dessalines. Elle mit fin a l'ostra-
cisme don't avait 6et victim Jacques ler dit le Grand.
Depuis 1806, au prejudice de l'.ducation du people et
des generations montantes, les homes au pouvoir fu-
rent d'accord, pour que le nom de notre premier Empe,
d'organiser et d'6tendre I'enseignement public. 11 subven
tionna les &coles priv6es.
Le lecteur instruit sait que seule bonne situation finan
ciere pouvait permettre A Soulouque de mettre tous les
degr6s de 'la culture a la port6e dcs fils des pauvres et de
subventionner toutes les ecoles privies."
DANIEL FIGNOLE : L'Instruction Publique en Haiti
'1859 1879'
11 "A l'Age oi d'habitude on ne pense qu' ux frivoli
t6s, Salomon pr6chait dejA l'union et r&clamait des am6lio
rations. Et il n'a cess6 de poursuivre avec une courageuse
perseverance la r6alisation de l'id6e a laquelle ii avait con
sacr6 sa vie : relevement et rehabilitation des Haitiens."
JACQUES NICOLAS LEGER: Haiti et la Revision
1885. -
Soulouque eut le courage d'appeler dans les services pu
blics des hommes veritablement instruits et 6clairis.
ABEL NICOLAS LEGER.
-19-








rear ne fit Jamais cite. Depuis 1816 routes nos consti-
tutions refletent un crime, un reniement et quelques
pr6jug& firoces...
La Constitution de 1816 en son article 34 dispose :
"Les fetes nationals institutes par les lois de la
R6publique, seront conservees savoir : celle de 1'INDE-
PENDANCE d'Haiti, le premier janvier de chaque
anne ; celle de I'AGRICULTURE, le premier mai ;
celle de la NAISSANCE D'ALEXANDRE PETION,
sera solennis6e le 2 avril, en reconnaissance de ses hau-
tes v6rtus".
Donc, aux yeux de Petion et des P6tiohnistes,
Dessalines n'avait pas de vertu, n'a pas fond la na-
tion haitienne, n'a pas droit A la reconnaissance et a
la piWt6 filiale des descendants d'esclaves et n'avait
meme pas exists.
C'est cet Rtat d'esprit qui dominera les gouverne-
ments de Boyer et de Riviire Herard. ( 12 ).
L'article 197 de la Constitution de 1843 souligne :
"Les fetes nationals sont celles de l'lndependanee
d'Haiti, Ie fer janvier de chaque ann6e, celle de l'Agri-
eulture, Ie ler mai, celle d'Alexandre Petion, le 2 avril,
celle de Ia Reg6n6ration, Ie 27 janvier de chaque an-
nee".
1843 fut encore une Revolution escamotie, Les me-
mes or6jugs obs6derent les hommes au pouvoir. 11 n'y
eut pas d'anniversaire de naissanee pour Dessalines...
La Revolution d'Accaau escamot6e, le gouverne-
-"12 ."Le premier janvier 1844, la f&te de l'Ind6pen-
dance fut c6lebr6e avec la pompe inaccoutumie.
"'Nous etions parvenus A la 41ime annie de la fonda-
tion de l'Etat d'Haiti.
Le cortege des membres du Couvernement provisoire,
compose des autorites civiles et militaires, se rendit du
Palais National, sur la Place P6tion, qu'entouraient les
Cqrps de la Garde Nationale et les troupes de lignes.


--20-.








rent de doublure continue I leurrer les simples avec
le visage no'ir d'un pantin qui gesticulait sur 'ordre
des boyeristes agissant derriere la scene. Les principles
de sectarisme et de haine qui avaient privalu en 1816

"Le General HFrard Riviere monta sur I'autel de la Pa-
trie avec ses collogues ; il avait a ses cotes les consuls des
puissances 6trang&res et quelques membres de 1 Assem-
bl6e Constituante. I1 prononca un discours oi, pour la
premiere fois, depuis la mort de DESSALINES en Octo-
bre 1806, les paroles suivances sortirent de la bouche d'uit
President de la R6publique : C'est au glorieux Des aliJ
nes, c'est a ses immortels compagnons que la Patrie doil
l'ere nouvelle dans laquelle elle entra; I'issue de la Guerre
de l'Ind6pendance est un prodige !'
Cependant Riviere H6rard et les siens appartenaitnt a
la classes des citoyens qui ne voyaient en Dessalin-s qu un
despite barbare qu'on avait immol, mais comme on pro-
jetait un coup d'Etat, il fallait s'attirer les sympathies du
people, en glorifiant le fondateur de l'Ind6pendance:
Le people, comme ii le prouva bien, n'etait pas dupe de
vaines paroles debitees dans le but de le tromper, alors
qu'il entendait dire que DESSALINES, don't les restes
gisaient dant une fosse, presqu'abandonnee, etait indigne
d'un mausole".
Le President Florvil Hippolite, fils de Jacques Sylvain,
d'une ind6pendance de caractre remarquarle, a ripar6,
repar6 50 ans plus tard, de son initiative propre, cet oubli
do a l'esprit de part, en 6difiant sur les restes de DESSA-
LINES un modest monument ".
THOMAS MADIOU: Histoire d'Haiti, .angees 1843-
1846.
C'est ce monument qui, sous le gouvernement,du Pre6
sident Stenio Vincent, fit transport, du CimetiOre inte-
rieur "Sainte Anne" au Pont Rouge.
L'auteur de cette publication propose qu'un jour .soit
sp6cialement consacri A l'exaltation des hautes vertus dqe
Dessalines, le Grand, Fondateur de la Nation ,Haitienne.
On peut bien revenir a la date du 2 janvier inscrite dans
la Constitution Imperiale de 1849.


-21..






, et en f843 furent conserv & a article f82 de la Cons-
fitution de 1846.:
Les fates national sont cells de I'ndependance
d'Haiti, le 'er. janvier ; celle d'Alexandre Pition, le 2
avril ; elle de 'Agriculture le ter, rmari celle de
Phippe Guerrier, le 30 juin".
Rich& fut une doublure, un pantin entire les mains
des fr&res Ardouin..,
Enfin 'Empire vint..., vint I son here et reprit
l'Oeutre Ie R~aration et de Rehabilitation inaugurie
par l'Illustre PresidentJean-Louis Pierrot powr la mi-
moire de.Dessalrnes ( 13). Et la Constitution de 1849
dira dans son article 198 :
".Les f&tes nationals sont cells de 'lndipendance,
le ler janvier ; celle de Jean-Jacques Dessalines; le 2

-13-. La tendance du President Pierrot et du Prisi-
dent du Conseil des Secr6taires d'Etat itait bien dessinee
en faveur de quelques illustrations queles gouvernements'
de PEtion et de Boyer avaient tenu par esprit de parti pres-
que dans l'ombre, principalement la grande fiEure de
Dessalines... le fondateur de l'Ind6pendance d'Haiti....
Dessalines etait le plus grand Capitaine du pays, agissant
toujours de son propre mouvement'pendant la guerre de
l'Independance, comm'e il l'avait fait pendant la guerre
civil entire Toussaint et Rigaud.
Sous I'influence de ces sentiments reactionnaires 1'e-
gard des principaux citoyens de l'Ouest et du Sud, le
President Pierrot ordonna, par un Dcret, que le 17 Oc-
tobre ces ceremonies funebres seraient c6l6brees dans
route la Ki publique en i'honneur de 1'Empereur Dessa- .
lines.
Un Service funebre fut c6l6br6 avec pompe A I'eglise
paroissiale des Gonaives, en commemoration de Dessa-
lines.
Le citoyen J. J. FRANCISQUE y prononca un discours
o0i ii rappela les principaux faits d'armes du Fondateur de
l'independance. A Port-au Prince un pareil Service fut
c6l6br6 le 27 Octobre. Des la pointe du jour la solenniti

-.22--






janvier ce le d'Alexandre P&lon, le 2 avril, celle de
d'Agricultue, le ler mai ; cele de Philippe Guerfier, le
30 juin; celle de I'Isllivhtion de 1'Empire,le 26 Aoat ".
VoilI les prejugis stupides, criminals et anti-natio-
naux que Faustin ler evit a ,combattre au nori de
I'Histoire, de la justice social et des conditions enno-
blissantes dans lesquelles nos Peres firent 1804. VoilL
une prise de conscience historico-g&mraphique la.
base de rEducation du Peuple sous le Second Empire.
Voila un acte qui prove la larger de vue des Sou-
louquiens.
Evidenmment,le Dimaocrale conaincu que nous som-
mes ne peut proposer i l'heure actuelle iaConstitution
de 1849 conime une Charte r6pondant aux aspirations
du people haitien. Mais' en. 1849 cette constitution r6-
fhtait la volont6 d'un groupement human qui avait
besoin de s6curite et de paix pour imposer ses aptitudes
a mener ; bien les affaires de la Nation cr&ee par Des.
salines. Evidemment les. autres touvernements lIgifere-
rent aussi. Mais la 1~gislation du Second Empire r&so-
fut annonc&e par 16 coups de canon. Str le c¬aphe
dress, en face du maitre autel il y avait 6crit3
A JEAN JACQUES DESSALINES
De son vivant, .Emperewr d'Hai
AUX BRAVES 'DEFENSEURS DE LA PATRIE
Au pied de l'urne funeraire talentt places I'6pie et la
couronne'imperiale. Toutes les tro'pes de Ia garnison, le
Commandant du D6partement, les Secretaires d'Etat, les
autorits' civiles et niilitaires assist&rent a la ceremonie.
Dins toute la Republiquedes services funebres furent
cl16br6s conform6ment au-d6cret de Pierrot.
THOMAS MADIOU! Histoire d'Hiiti, annee 1843.
1846.
'Salomon jeune prono qna un retentjssant -disco rsen
L'Eglise paroissiale des Cayes,

.,23-






lut des problemes d'tat et mit au service de plusieurs
gouvernements subs6quents une machine administrati-
ve bien congue et bien monte. Le Second Empire or-
ganisa les Finances, 1'Arm6e, la Justice, le Commerce,
I'Agriculture, I'Electorat, l'Instruction Publique. 11 est
vrai que l'6lectorat refl6tait encore les ambitions d'une
elite. Mais il est aussi vrai de dire que sous le Second
Empire il manifestait des amrIiorations dans la con-
ception des choses haitiennes,
QUELQUES REALISA7IONS
DU SECOND EMPIRE
A la pens&e que de mauvais Haitiens ont tout fait
pour mal presenter 1'E.mpire de Faustin ler. aux g6ne-
rations montantes, nous evitons les conjectures d'eco-
Ics sans prestige aux yeux des intellectuals exigeants
pour mettre une documentation solide quoiqu'incom-
plate, a la disposition des maitres de 1'Enseignement
Primaire Superieur et Secondaire.
DANS LA DIPLOMATIC
"Dans notre vie de people libre nous eimes deux
fois 1'Empire et une fois la Royaut6. Les Haitiens peu-
vent etre fiers de la facon que la diplomatic a Wte con-
duite pendant ces trois p6riodes". (14)
Soulouque eut la dignity de son rang. L'Etranger
le respect chez -lui". (15 )
Faustin sut vaincre le prejuge de couleur des hom-
mes politiques de 1'Europe. Le premier il conquit le
droit d'Ambassade pros des Cours de Paris et de Lon-

"' 14". ANTOINE MICHEL: La XIVeme L6gislature;
tome IV.
"15". JUSTIN BOUZON : Etudes Historiques sur la
Presidence et l'Empire de Faustin Soulouque.


--24--







dres. 11 6tendit consid&rablement nos relations consume
laires. ( 16 )

DANS L'AGRICULTURE

En 1859 Haiti venait en quatrieme rang parmi les
pays exportant alors le plus de cafe.
Le Brisil figurait pour . 346 millions de livres
Java . 135 millions de livres
Ceylan "
Haiti .50 "
Cuba et Porto-Rico 20 "
Venezuela .... 20 "
Costa-Rica . 10 "
' A catte 6poque, le Guatemala, le Salvador et le
Nicaragua ne figuraient pas encore come pays expor-
tateurs du caf6" (17)
Tout cela n'est-il pas une consequence des efforts
du gouvernementqui tomba le 15 janvier 1859 ?" ( 18)
"En 1850 l'Agriculture et le Commerce du jeune
Empire se mirent a refleurir". ( 19)
L'article 119 de la Loi du 29 D&cembre 1848 sur
rInstruction Publique precise : 11 sera annexed h cha-
que cole rurale un terrain d'une 6tendue suffisante,
pour que, mise en culture par les lives eux-memes, il

"16 ": AEL LEGER: Histoire Diplomatique d'Haiti,
page 315.
"17". Extrait de Hunt's Merchant Magazine public par le
journal Le Travail et cite par Edmond Paul, Imp6ts sur le
Cafi, page 14.--Cit6 par Ant6nor Firmin dans Les Lettres
de Saint Thomas. Cit6 par Daniel Fignole dans L'Instruc-
tion Publique en Haiti 1859 1879.
"18". DANIEL FIGNOLE : L'lnstruction Publique en
Haiti 1859 1879.
"19". LOUIS JOSEPH JANVIER :Les Constitutions
d'Haiti, page 267.
-.25--


$








fournisse en tout ou en parties leur subsistence" ( 20 Y.

Dans 'Arm6e
L'Empire organisa la Flotte qui devait aller pren-
dre possession de LA NA\AEE. (21)
"Les hommes de 1'Est avaient positivement peur
de lui (Soulouque): Affol6s, ils appelirent tour a tour
A leur sesours, I'Anglais, le Francais, I'Espagnol et I'A-
mericain. En d&fiinitive, c'est aux deux expeditions
militaires de 1849 et de 1855 qu'est due l'incorpora-
tion Haiti de Hinche, Lascahobas et de toute la ri-
che valtle du Gouabe jusqu'aux portes de Banica"
(22).
'"On salt qu'en vertu de la Ligne Faustin de 1856,
"20". Cit, par Daniel Fignol dans L'Ins;ruction Publique
en Hciti 1804-1859.
'21' Le M. 0. P. a toujours considered les grands pro
blImes. Nous avons initid certaines gens au patriotimne;
au ourd'hui, en dtpit de toutes leurs inconsequences et
de routes leurs malpropretes i19 osert se croire plus ratrio
tes que nous qui n'avons jamais t6 esc aves ds Fpatri
des bien connus qui ont jete I: pays dans l'abime et la de
ception... En tout cas, avant mrme la foundation du
M. 0. P. la Revue "CHANTIERS" etudiait les questions
haitiennes avec sens du serieux. Dans son editicn du mois
de Juillet 4942 on peut lire cetextrait d'un art.le de M'cn
sieur Clement A. Coicou, public dans T'Hebdomadaire
"LE MERCUIE"':
"Parmi les questions que pose pour nous le Panamerica
nisme si 6pur6 d'aujourd'hui, on ne s urait ne pas souli-
gner celle de I'exploitation, sans profit pour nous, de 1'l-
ie de LA NAVASE, oi le gouano n'a pas cess6 de faire la
fortune d'un petit group de concessionnaires strangers
quelque peu oublieux de notre droit de propriet&".
'22' LOUIS JOSEPH JANVIER : La Republique d'Hai
ti Et Ses Visiteurs. Abel Leger : Histoire Diplomatique
d'Haiti.


..26--






COpey, actuellement Section de Monte-Cristi, fut in-
tegr~e dans le Territoire de l'Empire. Les Ar.nees de
Faustin ler d6passerent les limits du Rio Maguaca.
Et l'on salt l'influence qu'exergait le GCneral Haitien
Dicay3tte sur les habitants de Monte-Cristi. (23)
"Sous l'empire de la ligne de 1856 la commune de
Binica, le territoire de'l'actuelle province de Liberta-
dar aient absolument haitiens" (24),
"Faustin ler nous 16gua la ligne qui laissa a l'Ouest
I'Ile a Cabrits et aboutissait a la PUNTA ARENA,
pres de la ville de ENRIQUILLO (Petit-Trou) (25).
Le Second Empire 6tait done dans la ligne de l'idee
obsidante de Pierrot qui avait d6ji dit dans sa procla-
mation du 10 Mai 1845: JE NE RENONCERAI
JAMAIS A L'INDIVISIBILITE DU TERRITOIRE".
DANS LES FINANCES
Le Second Empire crra la Bourse du Commerce
(26), rendit la' loi du 12 Novembre 1854 (27). ii vcu-
'23' DANIEL FIGNOLE : Le Nord'Ouest Dominicain.
LOUIS JOSEPH JANVIER : La R6publique d'Hai
ti et ses Visiteurs. Dans cet ouvrage on peut lire : "L'Em
pereur 6tait sur le point de voir venir A lui les populations
de Laxavon et de Monte Cristi et de toute la region d6
pendante de ces villes, ou le G6enral Paul D6cayette, cor
mandant a Ouanaminthe, entretenait des agents secrets,
Iorqu'arriva, en 1859, la chute de I'Empire".
'24' DANIEL FIGNOLE: Le Nord'Ouest Dominicain.
PAUL PEREIRA: Geographie d'Haiti.
'25' Daniel Fignol : Le Nord'Ouest Dominicain
Notre Neybe ou leur Bahoruco ?
'26' Vo:r les articles 71, '2 et 73 du Code de Commer-
ce et I'Arr&te du 6 Fevrier 1-58.
"Sous le gouvernement du General Hyppolite l'id'e
d'une bourse de commerce a Port au-Prince avait ete re-
prise, mais sans succes".


-27-






lut realiser le grand project de [a Creation d'une Ban-
que, idee qui sera reprise sous Domingue et realisfe
sous Salomon (28). Mais c'est 1'organisation des finan-
ces et du Commerce par Salomon, qui permit la dis-
pensation de la culture a tous les degres aux fils du
people; c'est cette organisation des Finances qui per-
mit a Salomon, Ministre de l'Instruction Publique de-
puis le 14 F&vrier 1851, de subventionnpr les icoles
priv6es (29). C'est l'organisation solomonienne des fi-
nances qui permit la preparation des guerres de 1849
et 1855 sans emprunt extErieur et la mise au vent de
la Flotte qui devait aller prendre possession de la Na-
vase au nom de l'Empire d'Haiti.
Avec quoi pouvait-il faire tout cela, lui, l'Empe-
reur, si les finances dc l'Empire n'6taient pas organis6es ?
Cette bonne organisation des finances signalee par Louis
Janvier ne s'explique pas sans l'apport de la production
kconomique.
Voila qui montre les efforts de Salomon a l'Indus-
trie, an Commerce et a I'Instruction Fublique,
d'Hyppolite a l'Int6rieur et i l'Agriculture. On sait
que la papeterie de la Maison Centrale a fourni jusqu'-
Consulter HANNIBAL PRICE : Dictionnaire de l'Ad.
ministration Haitienne. page 51.
*27' Cette loi permet d 6tablir que Salomon june ne
pouvait etre tena pour responsible de certaines irregula-
rites qui pouvaient se commcttre dans la verte des
fo.irnitures de 1'Arm6e. Nous reprendrons la question.
Cette loi cr6a aussi LA COUR DES COMPTES.
'2S' Consulter DUCIS VIARD : Almanach-Rev e,189t
HANNIBAL PRICE: Dictionnaire de
1'Administration Haitienne, page 145.
'29' Consulter : Docteur Catts Pressoir : Le protestan-
tisme Haitien.
Daniel Fignol : LInstruction Publique en Haiti'1859-
1879.


..28--






a la Fin de 1858, toute la matikre dont l'Administration
avait besoin pour alimenter ses travaux (30).

AU DEPARTMENT DE L'INTERIEUR

Le D6partement de l'Int&rieur favorisa le develop-
pement de l'Assistance Publique et Priv~e en Hdiii. A
part les hopitaux qui fonctionnaient normalement dans
les grandes villes de l'Empire, des entreprises priv6es
purent rendre service a la collectivit6 grace i la pro-
tection et aux subventions accordees par le gouverne-
ment. Par l'ArrWt6 du 22 novembre 1854 sur la propo-
sition du Secr6taire d'Etat de Intrieur, Sylvain d'Hyp-
polite, Due de la Bande du Nord.
L'HOSPICE SAINT VINCENT DE PAUL
FUT CRE.
L'Imp6ratrice Ad6lina fit don du terrain et la cons"
truction fut faite par Rouan6 Bijou, Magistrat Comr
munal".
Cet Hospice qui se trouvait au nord de l'actuel
Hopital General, a fonctionn6 jusqu'en novembre 1915.
(31)
En 1852, l'Empire protegea l'importante institu-
tion fondue au Cap-Haitien par le Consul Am6ricain
'30' F. D. L6gitime, Ancien President de la Republique, au
Premier Congres Universel des Races, a Londres. Cite par
Daniel Fignole dans: L'InstructioR Publique en Haiti
'1804- 1859'.
La Fondation de la Maison Centrale est 1'Oeuvre du
gouvernement de Soulouque. A ce sujet consulter :
Daniel Fignole: L'Instruction Publique en Haiti '1804 1859'
Louis Joseph Janvier : La R6publique d'Haiti et ses Visi-
teurs.
-31 Docteur Augustin Mathurin : "Assistance Publique et
Privee en Haiti".


--29-






Wilson. Nous citons I'Hopital qui rendit de grands ser,
vices durant l'6pid6mie de fiivre jaune".. (32)

DANS LE DOMAINE DE L'INSTRUCTION
PUBLIQUE
L'euvre du Second Empire fut une R6volution.
C'est une construction gigantesque qui depasse les ef-
forts du Grand Christophe. L'Empire organisa quatre
degrees de la culture :
a).-- L'Enseignement Primaire
b).-- L'Enseignement Secondaire Special
c).-- Les Lyc6es
d).-- L'Enseignement Superieur.
Par la loi du 29 decembre 1848 le gouvernement du
President Soulouque avait deja organism :
a).-- Les Instituteurs
b).-- Les Degr6s Universitaires
c).-- Les Ecoles Nationales Urbaines
d).-, Les Ecoles Secondaires
e).-- Les Lycees
f).-- Les Ecoles de Filles
g).-- Les Ecoles Rurales
h).-- Les Ecoles Communales
I.-- Les Ecoles Particulieres.
Parlant de la Loi de 1848 qui etablit pour ia pre-
miere fois en Haiti une &cole primaire dans chaque
commune, MM. Stenio Vincent et L. C. Lherisson sou-
lignent que C'EST UN PROGRES REEL. De plus,
disent-ils, les conditions d'admission ne sont plus aussi
compliquees que par le passe. Tout enfant, des 1'hge

-32-- Docteur Augustin Mathurin: "Assistance Publique et
Prive en Haiti".


--30--







de sept ans jusqu'A quatorze ans revolus, peut entrer
adans une cole primaire. (33)
Par cette Loi Soulouque poussa Haiti a emboiter le
pas avec la France qui venait de bineficier de la Loi
Guizot de 1833 dotant chaque commune d'une cole
primaire, alors que 1'Angleterre devait attendre 1867.
(54)
Par la loi du 2 juillet 1852 1'Empire 6tendit, conso-
lida les dispositions liberales de la loide 1848 et appor-
ta quelques modifications aux appointments de ceux
qui se consacrent i la carriire penible de I'Enseigne-
ment. (35)
Une piece publiee sous Geffrard, vingt-huit jours
apres la chute de 'Empereur, une Circulaire du Mi-
nistre A. Jean Simon atteste le Fonctionnement d'&co-
les et colleges particuliers dans toute l'6tendue de la
RWpublique (L'Empire 28 jours avant). (36)
Le Gouvernement du Second Empire subventionna
les ecoles priv6es.
Par example :
a).-- L'Ecole MWthodiste des Gonaives
b).-- L'Ecole M6thodiste de J6r6mie
c).-- L'Ecole de Madame Belmour L6pine
d).-- L'Ecole Polymathique.
Conformement a l'article 128 de la loi du 29 decem-
brc 1843, I'Empire crea et fit fonctionner la MAISON
CENTRALE qui existait encore en 1946 la Rue du

- 33 Daniel Fignold : "L'Instruction Publique en Haiti I804-
z859".
-34 m&ne riefeence.
-35 Consulter : Daniel Fignold : "L'Instruction Publique en
Haiti I8o4-1859".
-36 S'eno Vincent et L. C. Lh&ris-on : La Legislation de
I'Instruction Publique de la Republique d'Haiti".
-31-






Magasin de I'Etat a Port-au-Prince. C'est cette Ecole
industrielle organis6e sous Faustin ler par Salomon
jeune, qui, au dire du President L6gitime, produisait
toute la papeterie don't l'Administration avait besoin
pour alimenter ses travaux.
La loi de 1848 6tablit pour la premiere fois un pen-
sionnat national de demoiselles a Port-au-Prince. L'Em-
pixe en 6tablit une second au Cap-Haitien. (37)
L'Empire organisa les Lyc6es du Cap, des Cayes et
de Port-au-Prince et laissa les conditions d'organisa-
tion de ceux de Jacmel, de J&6rmie et des Gonaives,
par l'Etablissement de 1'Enseignement Secondaire sur
des bases solides et rationelles. (38)
L'Empire de Faustin ler organisa I'Enseignement
Superieur en maintenant l'Ecole de Medecine et en
creant de toutes pieces les Hautes Ecoles suivantes:
a).-- L'Ecole Navale Militaire-d'Haiti
b).- L'Ecole de Droit
c.-- L'Ecole de Peinture
d).- L'Ecole de Musique
A propos de l'Ecole de Medecine, nous prenons plai-
sir a souligner ce texte qui atteste son fonctionne-
nient sous la direction du Docteur Paret :
AVIS DU MINISTRY DE L'INTERIEUR
ET DE L'AGRICULTURE
Le public est pr6venu que S.M. I'Empereur, par
suite de l'examen qu'on subi les sieurs M. Bruno, J.
B. Imbert et Dorvil Mirambeau, a daigne accorder aux

-37-" Daniel Fignole: "L'Instruction Publiqute en Haiti 1804-
1859."
-38 Daniel Fignol : L'Intruction Publique en Haiti 1859-
1879".
--32--







deux premiers la licence de Medecin et au dernier la
licence de Pharmacien.
Ils sont d6sormais habiles a exercer ces professions.
Port-au-Prince, le 19 fevrier 1855. (39)
Voila qui manifesto l'application de la loi sur les
degr6s universitaires. (40)
Le gouvernement de l'Empire sollicita et obtint qu'-
une Mission francaise vint enseigner dans nos Lyc6es
et Ecoles Superieures. Si vrai que dans un discours a
Paris le 12 Avril 1858, a l'occasion d'un banquet of-
fert h trois jeunes Haitiens couronnes au grand con-
cours de la Sorbonne, Louis Audain souligna :
J'entends dire en cet instant, a c6te de moi, que
deux professeurs demands par le gouvernement, sont
de'j parties de France pour se rendre a Haiti. J'en f6-
licite cordialement le gouvernement de sa Majest6."
)41)
IMPORTANCE SOCIAL
DU
GOUVERNEMENT DE FAUSTIN SOULOUQUE
C'est surtout au point de vue social qu'il faut cher-
cher la necessity du Gouvernement de Soulouque au
lendemain du boyerisme, des revolutions populaires

-39- Moniteur du 24 fevrier 1855. Cite par Docteur Rulx
Leon in "Chronologie Medicale Haitienne in Revue de
la Sccietd Haitienne d'Histoire et de Geographie. Octo-
bre 1947.
-40- Ce document contredit les allegations fantaisistes de
Madame Madeleine Sylvain Bouchereau dans EDUCA-
TION DES FEMMES EN HAITI et de Maurice Dar-
tigue dans L'ENSEIGNEMENT EN HAITI.
-41. Citr par le Docteur Catts Pressoir in UNE CURIEUSE
BROCHURE in REVUE DE LA SOCIETY HAI
TIENNE D'HISTOIRE ET DE GEOQRAPHIE. Ces
trois jeunes Haitiens furent Faubert, Delva et Dupuys.
--33..







escamotees et des governments de doublure. L'exis-
tence de certaines gens avait un sens sous Dessalines,
sous Christophe et meme sous Pierrot. Mais la cause
d'Accaau ne triompha pas imm6diatement et Jean
Louis Pierrot ne resta pas longtemps au pouvoir.
L'homme du people fit la R6volution de 43, mais
n'en tira aucun profit, puisque Riviere H6rard envo-
ya Salomon Jeune pourrir dans la prison de Neybe...
Et il n'Etait pas permis aux homes come Salomcn
d'aspirer a Etre repreSentant du people au Parlement
... C'est tout cela que Joseph Antenor Firmin explique
en ces terms :
II faut reconnaitre que le gouvernement de Sou-
louque a eu son utility social. Qu'on aille au fond, on
verra que durant les vingt-cinq annies de rigne de Bo-
yer, les elements qui forment la nationality haitienne
forces de se diff6rencier-intellectnellement et Econcmi-
quement par un moyen puremeni artificial, c'est-a-
dire par une selection purement administrative, 6taient
arrives h un 6tat de dissociation menagante, et mnme
pr:illeuse pour le developpement national. II 6tait
temps que le movement Egalisatetur (42) vint entre-
mler les groups sociologiques, sinon par le sang, du
moins par le temperament moral resultant d'une edu-
cation soignee aussi bien chez les uns que chez les au-
tres. II fallait cr6er parmi les noirs le sentiment de
leur valeur personnelic ; leur donner I'assurance qu'ils
s-nt prop:es a exercer a l'6gal du mulatre ou du blanc,
un role social superieur (43(.
L'Arm6e, cette grande cole, oui dans toutes les
nations civilis6es, les elements sociologiques sont mis
en contact direct et se confondent moralement, par une
discipline, un sentiment de patriotism actif et d'hon-
42 C'est nous qui soulignons.
43 C'est nous qui soulignons.

--34.-







neur militaire, qui tend a cr&er un temperament et
une mentality unitorme, avait perdu sa haute efficacity
social, quand les favoris6s n'eurent point a suivre la
carriire du soldat pour acquerir les plus hauts grades
hierarchiques. Sous l'Lmpire, fils de famille ou culti-
vateurs, jaunes ou noirs, 6taient confondus dans les
regiments de ligne, astreints a une communaut6 d'exis-
tence d'autant plus effective qu'ils avaient constam-
ment la perspective de se trouver ensemble, c6te a
c6te, sur le champ de bataille, et d'avoir i computer les
uns sur l'appui des autres, en face d'un danger com-
mun. Les functions pubhques cessirent d'8tre le lot
d'un group social de citoyens, sur une presomption
de capacity souvent injustifiee. (44)
En fin de compete, le Second Empire fut un regime de
lumiere et de progr&s. II sut imposer le prestige du
nom haitien. En une autre circonstance nous parlerons
de I'attitude de Faustin ler. cn face de l'Amiral Du-
quesne. Nous dirons sa deception la suite de la tra-
hison qui l'empEcha d'int6grer dans les faits son rave
de donner a l'Empire le Cap-Engano pour frontieres
naturelles.Et c'est parce qu'il a appartenu i la Gran-
de Ecole de ceux qui ont fait l'Histoire de ce pays,que
nous r6p6tons avec satisfaction et reconnaissance ces
mots de Mr Abel LUger: Soulouque cut a un drgrg,
un induscutable fond de patriotism, le souci des inter(s
et du prestige de la nation (45). Caractere intraitable,
volont6 de fer, l'homme en imposait aux Cabinets 6tran
gers. L'Unit6 territorial, par la reconquEte des pro-
vinces de l'Est, fut la pens6e maitresse et obsedante
de son regne. Ce cauchemar trouble son sommeil pen-
dant douze ann6es. II puisa dans cette revendication
44 Joseoh Antenor Firmin : M. Roosevelt, Pr6si
dent des Etats-Unis, et la R6publiqiie d Haiti, page 367.
45 C'est nous qui soulignons.


-35-







national le courage d'appeler dans les services pu-
blics, tant au dedans qu'au dehors, des hommes v6ri-
tablement instruits et &claires. Coalitions, intrigues,
menaces, rien ne put d6tourner ses regards du Cap-
Engano qu'il avait fix6 comme limited au territoire na-
tional (46).
Chers auditeurs, rendons justice a qui justice est
die et crions avec Abel Leger : Pour le souci de la
dignity ext&rieure du pays, pour la rare &nergie deplo-
yee a la sauvegarde de nos droits, pour son formi-
dable entftement a vouloir un territoire unifi6 en face
des convoitises 6trangeres, ne m6ritrait-il pas, Soulou-
que, que retint son passage au pouvoir sous d'autres
traits que l'accoutrement ridicule du Bohomme Coa-
chi ? "
Done la memoire de Faustin Soulouque attend r&-
paration, justice et rehabilitation.
II faut construire au Cimetiere de Petit-Goavn un
mausel digne de la Gloire et du prestige de notre deu-
xieme Empereur.
I1 faut 6riger sur la place publique de Petit-Gohve
un monument Equeqtre, donnant face a l'Est, a la gloi-
re de l'Empereur Faustin ler.
I1 faut career et organiser avec les Arrondissements
de Hinche, Mirebalais et Lascahobas, un D6prrtement
g6ographique, politique et militaire qui s'appelera
DEPARTMENT SOULOUQUE et don't le Chef-lieu
s'appellera : FAUSTIN-VILLE.
Voila un petit programme de reconnaissance et

4 Abel Lger : Hisioire Diplomatique d'Haiti,
page 315.


--36--







de patriofisme et de pi&te filiale qu'un gouvernement,
*soucieux de renouer la chaine de la vivante continuity
.de 1'Histoire Nationale, peut raaliser avec l'appui d'une
i-jnainiue Sociiti les Amis de Soulouque.
Daniel FJGNOLl






IB[L[OGRAPHIE


Alerte, Louis

Bouchereau, Mad
Sylvain
Bougle, Co

Bouzon, Justin


Chantiers

Dartigue, Maurice
Duga L.
Fignol6, Daniel






Firmin, Joseph An




Janvier, Dr Louis


Leger, Jacques Ni


Declaration in L'action Pro-
litarienne.
eleine Education des Femmes err
Haiti.
La D6mocratie Devant la
science.
Etudes Historiques sur la
PrEsidence et -'Empire de
Faustin Soulouque.
Revue Politique, Sociale et lit
teraire
L'Enseignement en Haiti.
Vocabulaire de Psychologie.
L'Instruction Publique en
Haiti (1804-1859 )
L'Instruction Publique en
Haiti (1859-1879)
Le Nord'Ouest Dominicain,
Notre Neybe Ou Leur Baho-
ruco ?
tenor De l'Egalit6 des Races Hu-
maine. Les lettres de St.
Thomas ; M. Roosevelt,
President des Etats-Unis, et
la R6publique d'Haiti.
Joseph Les Constitutions d'Haiti.
Les Anti-Nationaux
Les Affaires d'Haiti.
La R6publique d'Haiti Et ses
Visiteurs.
colas. Histoire Diplomatique d'H.







LUger, Abel Nico
ULgitime, F. D.

Leon, Docteur Ru

Madiou, Thomas

Mathurin, Dr Au.

Michel, Antoine



Mouvement Ouv
Paysan
Pereira, Paul
Pressoir, Docteur

Price, Hannibal

Viard, Ducis
Vincent, Stenio el
risson, L C.


las


Ilx



gustin





rier


Haiti et la Revision (1885)
Premier Congrhs Universel
des Races,
Chronologie Md&icale Hai-
Haitienne.
Histoire d'Haiti annres 1843-
1846.
Assistance Publique et Pri"
v6e en Haiti.
Avenement du GCneral Fabre
Nicolas Geffrard A la Pr6si
dence d'Haiti.
La XIVe L6gislature
Documents Officiels


Geographic d'Haiti.
Catts Une curieuse Brochure. Le
Protestantisme Haitien.
Dictionnaire de rAdministra-
tion Haitienne.
Almanach-Revue 1891
t Lh6- La Legislation de l'Instruc
tion Publique de la Ripu-
blique d'Haiti.











o-J9i-S








Lettre a Mesmin Gabriel

Port-au-Prince, le 9janvier 190
Monsieur Mesmin Gabriel,
Directeur G&neral de 1'Education Nationale
Port-au-Prince
Monsieur le Directeur G0neral,
Quand vous lisez la pr6sente, il est desirable de ne
pas consid6rer votre loyaut6 envers le Gouvernement
de la R6publique comme haut fonctionnaire, come
chaud partisan de la politique g6n6rale de Monsieur
Dumarsais Estim6 don't vous avez appuy6 Ia candida-
ture i la Premieie Magistrature de 1'Etat, en face de
Daniel Fignol6. President du MOUVEMENT OU-
VRIER-PAYSAN, I1 est recommandable que Mon-
sieur Mesmin Gabriel ne tienne point compete des lai"
deurs et contingencies de la politique haitienne en exa-
minant la revendication que je vais poser au nom de
la doctrine qu'il vulgarisait en 1942 dans' CHAN.
TIERS ", sous la rubrique : CEUX QUE NOUS
DEVONS ADMIRER ET IMITER ", comme Joseph
L. D6jean dans : NOTRE COMBAT et" LA DE.
MOCRATIE DANS LES ACTES ". (1)
Done, notre opposition au Gouvernement de Lescot
proposal au pays une politique nationaie, une politique
progressiste qui veut que nos compatriotes respectent tl
contenu non p&rim6 de 1'histoire de nation haitienne
et de la race noire.
"1" CHANTIERS. 16re Annie, No. 2,Juillet 1942.
..41--






Aujourd'hui done, un professeur de carrier double
d'un historien, le Chef d'un parti politique national
a le droit et le devoir de poser a l'attention d'un col--
lIgue, professeur de carriere, pregnant une part serieuse
au fonctiSonement de la machine gouvernementale, une
re vendication relative a la dispensation de l'enseigne-
ment de l'histoire national.
Mr le Professeur Mesmin Gabriel, actuellenent
Directeur General de 1'EducationNationale, n'est pas
sans savoir que le Gouvernement du President Faustin
Soulouque et de I'Empereur Faustin ler. poserent des:
actes qui autorisent les historians et les sociologues
scrupuleux A souligner que l'organisation de I'Admi-
nis ration sous Jean-Baptiste Francisque, Guerrier Pro-
phete, Sylvain Hyppolite, L. Dufrene, Damien Delva,
Jean Paul et Lysius Salomon, fut une gigantique cons-
truction politique concue et montie par de voritables
hommes d'Etat.
C'est ce que, apres Abel LUger,Louis Joseph Janvier
et Antoine Michel, j'ai 6tabli dans mes ouvrages:
I. -- L'Inscruction Publique en Haiti 1804-1859.
2. -- L'Instruction Publique en Haiti 1859-1879.
3. -- Un Peu de GCographie : Conference sur la
Province Dominicaine de Barahona.
4 -- Un Peu de G&ographie : Conf6rence sur la
Province Dominicaine de Benefactor.
5. -- Un Peu d'Histoire : Conference sur la Ques-
tion des Frontieres haitiano-dominicairkes,
6. -- Le Nord'Ouest Dominicain.
7. -- Notre Neybe Ou Leur Bahoruce ?
8. -- Quelques r6alisations du Second Empire.

.-42-







En rcrivant ces ouvrages et pour respecter les lois
de la methode historique, il m'a certainement fall
consulter une bibliographie considerable, a la pens6e
qu'l la base de l'histoire proprement dite et de la philo-
sophie de l'histoire se trouvent la recherche des temoi-
gnages et la critique de la documentation. VoilU qui
nous autorise a consid6rer Antoine Michel comme un
eminent compatriote et un considerable historien, quand
nous examinons son oeuvre a la lumiere des regles de
la presentation de l'histoire' proprement dite d'un
people.
Et pourtant dans un livre destine a nos tout petits
et recommand6 par la Direction GUn6rale de l'Ensei-
gnement Urbain ou pins precis6ment par la commis-
sion: Oscar Boigris, Emmanuel O. Gabriel, Ulrick Du-
vivier, l'auteur, Monsieur Stephen Alexis, qui ne s'est
point souci6 de l'expression de la verite historique, a
ose ecrire :
Le ler. Mars 1847, Faustin Soulouque, chef de la
Garde du Palais fut, a son insu, 6lu President d'Haiti,
en replacement de Rich6. C'itait un militaire igno-
rant et quelconque.
Un an apres son election, ilfut pris d'une vraie fo-
lie des grandeurs, et se montra tres mechant.Soulouque
fut un disastre pour le Pays qu'il appauvrit et ensan-
glanta.
"En Aotit 1849, rentr6 furicux d'une malheureuse
champagne dans I'Est, il se fit proclamer Empereur
d'Haiti, sous le nonm de Faustin ler. I1 cr6a une noblesse
h6reditaire de 700 membres. Cet Empire ruina le Pays
par ses folles depenses, et fit pleurer de honte les vrais
patriots.
En Decembre 1855, l'Empereur renouvela son en-
treprise contre les Dominicains. Ce fut un nouvel
6chec,-parce que Soulouque n'avait pas de talents mi-


--43--






litaires et que les Haifiens montraient peu de goit pour
dominer leurs voisins. Fabre Nicolas Grffrard, chef de
l'Etat-Major de I'Empereur, sauva l'Armee Haitienne,
d'un disastre a Ocao. Soulouque, croyant son pouvoir
menace a Port-au-Prince, avait abandonne ses troupes
devant l'ennemi.
"Au grand soulagement de la Nation, te regime op-
pressif de Faustin ler fut renoersi, par. ce mime Fa-
bre Geffrard et Aime Legros, qui prirent les armes aux
Gonaives, le 22 Septembre 1865". (2)
Je ne veux pas chfrcher a savoir si Monsieur Ste-
phen Alexis fut serviteur i gages du gouvernement
d'Elie Lescot ou s'il est actuellement un doctrinaire
consequent de la politique en honneur sous le regime
de Monsieur Dumarsais Estime. Je pose plut6t une
revendication soutenable, au nom de ce que les gens
dits Eclaires appellent la morale et de la v6riti histo-
rique.
Done, Le citoyen Daniel Fignol6, ancien Professeur
de premiere classes au Lycie-Pftion de Port-au-Prince,
auteur de plusieurs ouvrages d'histoire, ancien Secre-
taire d'Etat de l'Education Nationale, Chef d'un
Grand Parti Politique national, consid6rant que le
manuel de Monsieur Stephen Alexis est contraire
1.- A la verite historique
2.- au triomphe d'une politique national sup6rieure
basee sur "l'enseignement qui d&coule des gestes et des
d6marches de ceux qui font l'histoire;" (3)
propose au Directeur Gen6ral de l'Education Na-
tionale de demander au Secr6taire d'Etat, son chef
hierarchique, de rapporter l'Acte par lequel le Secr&-
(2) C'est nous qui soulignons les points que nous sa-
vons contraires A la verite historique.
(3) Docteur Price Mars : Une Etape de l'Evolution Hai-
tienne.


.-44--






taire d'Etat Maurice Dartigue donna suite au docu-
ment du 2 juin 1942 recommandant que le manuel
soit destiny tant au course Moyen qu'au course Elemen-
taire de nos Ecoles Primaires.
Veuillez agr6er, Monsieur le Directeur Gn&ral,
l'expression de mes meilleurs sentiments et de mon sa-
lut en la Patrie.
DANIEL FIGNOLE


--45-




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