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 Lettre aux messieurs les deput...
 Autour des elections: A propos...














Group Title: MÉmoire a la Chambre des Deputes : Contestation de la validite des pouvoirs de Mr. Georges Nicolas Leger
Title: Mémoire a la Chambre des Députés
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 Material Information
Title: Mémoire a la Chambre des Députés contestation de la validité des pouvoirs de Mr. Georges Nicolas Léger
Physical Description: 13 p. : ; 26 cm.
Language: French
Creator: Barau, Justin
Leger, Georges Nicolas
Publisher: Edmond Chenet Impr.
Place of Publication: Port-au-Prince
Publication Date: 1917
 Subjects
Subject: Politics and government -- Haiti -- 1844-1934   ( lcsh )
Genre: non-fiction   ( marcgt )
 Notes
General Note: Cover-title.
 Record Information
Bibliographic ID: UF00074088
Volume ID: VID00001
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: aleph - 001130178
oclc - 23830431
notis - AFM7420

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    Lettre aux messieurs les deputes
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    Autour des elections: A propos de l'acrcahaie
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JTUSTZIT'l BARAU.T




MEMOIR

A IA

CHAMBRE DES DEPUTES


CONTESTATION

DE LA VALIDITY DES POUVOIRS
I)E
Mr Georges Nicolas IEGEi.


PORT-AU-PRINCE HAITI
EDMOND CHENET Impr.
106, Rue Roux 106.
1917.

/

?..
















PORT-AU-PRINCE, le 26 Ma's 1917.

Messieurs les Depults,

Les manceuvres deloyales employees par Mr. Geor,_es
Nicolas LIGEI pour arriver a st- faire prorlainer IDl)pu-
te de la 16re circonicription de I'Arrondisselncil de
Port-au-Prince inm donnent le droitet min font m6me le
devoir de protester centre son Eleclion.
Un citoyen elu DepuCt par des tnoyens que 1:a mo-
rale reprouve ne peut pas singer A la C'.am're
Permetlez-mn)i done de vous exposer les I:ils qui se
sont passes dans les diverse sections dL vote et c'e les
soumettre A votre appreciation .
ARCAHAIE.
I.es inscriptions rtgullirenment ouverles, le 1, Oclo-
bre dernier avaient atteint le cliilrede 2.3:31. Au jour des
elections, le 15 Janvier. I peu pres 00 )bulletins de vo-
te out pu seulenmunt tre d6posl s aux uirnes Voici
pourquoi.
Le parli progressisle don't le canampion M. (.eor'ges
N. Leger n'avail ,nucUlne poplularilt dan- la commune
avait jugS a propose de lui adjoiiuire Monsieur L uis
C;assagnol conmme candidate poutr fairle la campagrie
dlectorale. Mais, malgre celle lacli lie, le r snltat al-
tendu ne fut pas obteiiu Les deux candi.lats accouples
furent regards avec m6fiance et leselecteurs s'ecarl6rent
d'eux quoiqu'ils eussent louche I.- point sensible du
plus grand d6sirdes habitants, en accom agna t avec 'ra-
cas, le lundi 4 Dece ibre, des officers et des ingenieurs
de l'Occupation amicain a iie la section rurale des Ma-
theux pour fire croire que c'est grAce a It sollicitu-
de M. George- Nicolas .Leger que 1i commtuine devra
la construction d'une digue pour la rivire. Le Par-
ti progressiste chercha alors un moyen de faire annu-
ler les elections : M Louis Cassagnol d nona a FOec-
cupation Amdricaine comme fraudiuleises les inse ip-
tions faites a 1'Arcahaie










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Le 6 Janvier, je publiai dans les quotidiens de Post-
au-Prince I'articlesuivant qui mettait leschoses au point.


AUTOUR DES ELECTIONS.

A propos de l'Arcahaie.


Depuis quelques jours il circle le bruit qu'd l'Arca-
haie il s-est pass quelque chose d'anormal. ... le
bruit devient plus fort et il est dit que les elections
n'auront pas lieu dans la commune de 1'Arcahaie par
ce que des fraudes ont 6et commises dans les inscrip-
tions. II est n6cessaire de mettre les choses au point.
Tous ces brui s, routes ces rumeurs ne sont que des
manoeuvres Mlectorales faites par les partisans d'un
condidat aux abois.
Voici, d'apris les rerseignements que j'ai recus. ce
qui s'est pas-6 : Le 30 D6cembre, Monsieur Louis (assa-
gnol. candidate accoupl6 A M. Georges Nicolas Leger,
a conluit un officer am6ricain. venu de Port-au-Prince
A l'H6tel communal de 1'Arcahaie pour examiner les r&-
gistres 0'inscription sous pretexte que des inscriptions a-
vaient ete faites par unp main autre que celledu Magistrat
communal et a dmand6 1 annulation d'ecesinscriptions.
11 fut combaltu par M. Bernadin Bernadotte et Me Pierre
Agnant, candidate A la d6putation M. Louis Cassagnol
demaida ensuite 1'annulation des inscript ons faites A
la Petite-Anse ( GonAve ) par le Suppl6ant du Mag s-
4tat com,nunal, parce que pr6tend-it il il n'y avait pas
lieu de fire inscrire en cet endroit. 11 fut encore com-
batta par mon reprtsentant qui a soutenu av c raison
que les inscriptions faites enn'imporle quel lieu de la
GonAve etaient valables. L'(fficier americain est parti
le m6me jour p')ur Port-au-Prince, mais M Louis Cas-
sagnol est rested pour porter l'officier de la Gendarmerie
A demander en communication le, registres d'inscrip-
tion. Le Magistrat Communal a refuse de liver les re-
gistres el le lendemain 31 Decembre M. Louis Cassagnol
s'est pr6senat A nouveau A l'ht6tel Communal accompa-











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gn6 de 1'officier de Gendarmerie, il avait en main les
lettres du juge de Paix et il a confront es 6critures.
Comment qualifier 1'attitude de mcs adversaires ?
Est ce seulement une attitude d61oyale d'un adversaire
qui, prevoyant sa chute certain, vent maintenir quand
m6me sa chance en faisant annuler des inscriptions qui
ne sont pas faites en sa faveur ?
Non, ii y a autre chose et cela me fait 6prouver une
certain repugnance. Pourquoi n'avoir pas suivi les voices
ligales en la circonstance ? Pourquoi avoir immisc6 des
officers de l'Occupation dans une affaire qui peut et qui
doit etre reglee par nous ?
Le Parti progressiste fait fausse route. II y a des ma-
nleuvres 6lectorales qui sont anti-palriotiques et qui sou-
levent la nausde de tous les gens de bien.
Cofite que co te, l'6curie-coupl4e du Parti Progressiste
L6ger-Cas-agnol, sera battue aux elections qui se feront..
malgre toutes les sales manoeuvres
A Port-au-Prince, le Parti progressiste n'aura avec lui
que quelques cantonniers et que ijuelques politicians cha-
grins et a la Commune de l'Arcahaie, il ne trouvera que
du vide
De mon c66, j'atlends le verdict de la vi le de Port-au-
Prince et j'6crase mes adversaires a I'Arcahaie.

Juslin Barau.
S. ... Ce meme jour, le Gouvernement, a cause des
bruins qui circulaieiit, envova A I'Arcahaie. le substitute
du Commissai-e du Gouvernement, charge du Parquet,
Me Acqloque. pour faire une enqu-te sur les inscriptlins
M. Louis Cassagiiol fut eniendu 11 eclara que des ins-
criplions Hvaient 6t~ faites frauduleusemeni en faveur de
M. Juslin Barau. candidate officiel, et que n'avant aucune
confiance ni dans le gouvernement haitien ni dans la
justicee haitienne, il n'atait p:is a ten r compi)te des voices
I~gales et qu'il avait port& plainte a l'Occupation ameri-
catine, smul a ZItorite qui ilnspirail c Mnliance. Le charge
dui Parq(uet lui demand A preciser les inscriptions qu ii
cr.:'ait tire fraud leases. II prltendit que 27 inscriptions











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suivies avaient ete faites sur listed. en dehors des heures
16gales, par le juge de Paix. Les 27 citovens furent app6-
16s el entendus. Tous d6clarerent qu'ils s'Mtaient pr6sentes
en plein jour A l'h6tel communal pour prendre leurs
cartes et F'un deux m6me infligea le plus formel dementi
A M. Louis Cassagnol. C'est M Dambreville, arpenleur
public, qui d6clara avoir pris sa carte en presence de
M. Constant Cassagnol frbre de M. Louis Cassagnol.
L'enqu6te termin6e M. le substitute du commissaire, d
Gouvernement adr6ssa son rapport au Secr6taire d'Etat
de la .Justice.
Tout semblait 6tre conjure quand le jeudi 1I Tanvier, le
lieutenant Brown. officer de la gendirmerie A l'Arcahaie
et plusieurs autres officers americains se pr6senterent a
3'h6tel communnal pour consutlter lescahiers d'inscriptions.
Le lieutenant Brown lit savoir rordm populo qu il allait
annuler les elections et qu'il allait tout casser.
Le soir 7 hnures, mn m representant, le v6n'rable
vieillard. M. Bernnrdin Bernaaitle fit appeld an bureau
de (Gendarmnerie et cut a subir les vexations les plus
cruelles.
Mis an courant d- ce,qui se passait, j'crivis la lettre
suivante au Secretaire d'E at de llntel ieur
12.lanvier 1917
Monsieur le Secr6taire d'Etat,
Devant les faits graves qui se su t passes Ai 1 Arcalhaie,
au sujet de ma candiiature A la 13Dputation, je me vois
oblige de fire ap!pel I vous.
Mes adversaires du Parti progressisle emploient les
movens les plus deloyaux pour me combattre. IIs sont
a vrvs meme a poisser le lieutenant Brown ;: menacer
I'" Bernadin Bernardotte. mon repr6seiiant, honmme
ve!iarablle et digne de respect, de inovens tortionnaires.
Je soumets a voire napp)recialion le minuoire que m'a
address& auliourd'lhui M Bernadin Bernadotte; c'est 1'in-
terrogaloire que ili a fait siibir M. I lieutenant Brown
En me presenlant ;i la Deputatio:i intionale, j'ai cru
a 11 sJiceritl d s elections, Ai la bonne foi taut du gou-










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vernement haitien que de l'occupation ambricaine et je
ne m'attendais pas a constater que seule devait primer
la force brutale dans la consultation national du 15
Janvier prochain.
Je me permets de vous demander quelle attitude doit
prendre le gouvernement dans la question que je vous
soumets.
Recevez, Monsieur le Secr6taire d'Etat, mes salutations
les plus empress6es,
Justin Barau

( M6moire )
INT.- Combien d'argent Justin vous a compt6 pour
son election?
REP. C'est comme ami que je dirige ses elections
et il n'a pu se permettre de m'offrir de l'argent,
INT. Combien d'argent a-t-il envoy A Dufrene
Delva?
IREi.- Je n'en sais rien DufrAne Delva dirige ses
elections a Cabaret.
INT Combien d'argent Justin B irau a-t-il envoy
au Juge de Paix par votre interm6diaire?
REP.- MA Justin Barau n'a jamais envoy d'argent
au Juge de Paix.
INT.- Dans une profession de fui, il est dit que Justin
Barau a d6pos6 1500 gourdes en vos mains pour ses
elections.
REP'.- C'est un mensonge Je puis dementir cela en
face de M, Barau si c'est lui qui I'a dit.
INT.- Si vous continue a me cacher la veiitl, mon
caco, ainsi qu'a mes assistants, je vous garderai ici, sans
aucun 6gard pour votre Age, assis sur cette chaise toute
la nuit.
REP.- Toutes mes r6ponses aux questions poses sont
des v6rit6s incontestables.












INT.- Eh bien! je vous ferai boire trois boquittes
d'eau, si vous continue A me cacher la v6rit6.
RKP.- Je ne puis mentir.
INT.- Les supplants Alcide et Dartagnant se plai-
gnent dece qu'ils n'ont rien touch dans le partage d'ar-
gent que Justin Barau a envoy au Juge de Paix.
REP.- Ces supplants ont avanc6 des fails faux.
INT.- Est-ce que le Juge de Paix n'a pas r6voque
son gretfier pour avoir refus6 de porter un argent d M.
Dufrene?
REP Jignore mime si le greffier a e6t r6voqu6 ou
est en permis.
INT. A quel prix Justin Barau achete chaque vote?
BEP. 11 n'en a jamais achete. A chaque 61ecteur qui
me dit que Cassagnol, Pierre Agnant. Madiou donnent
cinq gourdes, je responds : allez a ces candidates.
INT -- Vous savez que ie Magistrat communal a re-
mis des caries au .luge de Paix pour etre premises aux
6lecteurs de Juslin Barau.
REP'.- Ce n'est point vrai : c'est faux?
IT. Comment savez-vous que c'est faux.
RIEP.- '.arce que je suis le seuI representant de Me
Barau ici, quant au Juge de Paix, il ne s'en est jamais
occupy.
IN r.- Vous ne pouvez pas me dire que M. Darau n'a
pas donn6 de I'argent a ses electeurs et a vous.
I'EP Dans son dernier voyage, il a ete su I habita-
tion de son pere, accompagne par d'autres amis, il est
probablequ'il a tdu donner quelques sous a ses Blecteurs.
Quant it moi, le n'ai eu de lui que 130 gourdes durant
les trois voyages qu'il a fails ici, mais; puur ses Irais de
reception et ceux de ses electeurs.
INIr.- Eh bitnl par rapport a votre frure, je ne vous
exp6die plus au grand prev6t. mais a la condition que
vous ne vous occupez plus des elections de M. Barau,










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parce que de grands malheurs vous arriveront si vous
continue A vous en occuper.


Me Bernardin Bernadotte me disait dans sa lettre :
< J'ai eu a supporter des actes inouis de violence et A
subir les pires menaces pour me forcer A affirmer des
faits quej'ignorais, des faits avanc6s contre vous, centre
le Magistrate Communal, le Juge de Paix, ses Suppl6ants
et son greffier. Si vous ne garantissez pas ma vie, il ne
me sera pas possible de diriger vos elections. )
Et M. Charlemagne Bernadotte ni'crivit: Je vous fais
ce petit mot pour vous mander que les intrigues n'ont
pas cess6. Au contraire, les choses prennent une tournu-
re inqui6tante. D'autres sont plus autoris6s que moi A
vous tout dire :mais je crois que la force, une fois encore,
va primer le droit On est revenue sur la question de
l'autre jour et on veut quand meme trouver des fraudes
dans la liste de 1'Arcahaie. Depuis deux on trois jours,
nous revivons, dans toule sa beauty, ce pass que nous
croyions aboli ofh coup d'intimidation et a l'aide de
la force brutale on 61iminait un candidate indesirable. )
La population elait d6jA conslern6 et les 6lecteurs en
desarroi quand A l'aurore du samedi 13 on eiilendit
tire des coups de feu dans la cour de la maison du
commandant de la Gendarmerie. A ce moment-la, la
panique devint g6nerale.
Mle Bernadin Bernadotte m'envoya le t6lPgrminme sui-
vant : < Difficult6s sur difficulties, impossible de diriger
vos l6eclions D
Je courus trouver le secretaire d'Etat de l'InlIrieur et
lui communiquai le t6legranmme qu'il envoya aussit6t an
General Cole, chef de l'Occupation, a qui il avait deja
ecrit pourl'entretenir desactes de violencequi se commet-
taient ta 'Arcahaie.
En sorlant du Ministere de l'Interieur, je me rendis
chez le General Cole et lui exposai le but de ma visit.
II me recut avec la plus grande courloisie, me parla dece
qui se passait .i l'Arcahaie, m'assura que les elections
auraicnt la plus grande liberty et qu'il cntendait qu'elles
fussent sincere.


- -U-f










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Je me rendis au bureau t6l6graphique etje remis la
d6peche suivante : M. Bernadin Bernadotte.
Lettre et t61egramme recus. Ai faith n6cessaire pour que
vous soyez respected come vous le m6ritez. Rassurez
les amis. Ai vu d'abord Ministre de l'Intlrieur en suite
chef Occupation. Elections completement lihies.
Le secr6taire d Etat de f'lnt6rieur, apres avoir cerlaine-
ment contlr6 avec le chef de l'Occupation envoya ce
t6legramme au Magistrat Communal :
e Gouvernement et Occupation affirment une nouvelle
fois leur volont6 de garantir la liberty et la sinc6rit
des prochaines elections. Que les citoyens de l'Arcahaie
se rassurent! Qu'ils se ressaisissent I Qu'il aillent A l'Urne
librement en toute s6curit6 sans se laisser intimider par
qui que ce soit et qu'il votent carrementpour le candidate
de leur choix sous la protection des lois. Vous por-
terez imm6diatemeut ce t616gramme a la connaissance
du people devote commune tantld'Arcahaie quedans les
quatiers de Cabaret et de la Gonave --St6nio Vincent
... Et ce soir-la m6me, A onze heures et demie, le sergent
D1gaat d6fonca une porte de la maison de M. Bernadin
Bei nadotte pour y donnerl'entre a un, officer americain.
Ie sergent monta an grenier r6veiller M. Bernadin Ber-
nadotte et le contraignit a descendre au 2ieme Mtage of
I'officier americain avait dej' commence des fouilles. Tout
fut boulevers6. Les papers et les minutes du notaire fu-
rent jets aux quatre coins de la maison. Les letlres. les
cartes d'6eecteurs, les valeurs trouv6es furent confisqu6es.
Et apris plusieurs scenes de violence, les visiteurs
nocturnes se relirerent pour aller continue leurs oeuvres
chez le Juge de Paix et chez le Magistrht communal. Ce
dernier, ayant su que des visits nocturnes se faisaient,
abandonna sa maison, laissant sa famille aux prises avec
les inqiisiteurs et partit cette nuit m6me dans un cannot
pour Port-au-Prince, oh it eut a mettre au courant M. le
Secr6taire d'Etat de l'Initrieur de ce qui se passait chez
lui II donna sa admission et fit publier dans les quoti-
diens la lettre suivante :
Au Secretaire d'ltat de l'Interieur
Monsieur le Ministre,
Je viens vous prier d'accepter ma admission come










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Magistrat communal de I'Arcahaie, car je suis dans
I'impnssibilit6 absolue d'exercer librement et dignement
ces functions.
Veuillez agr6er, M. le Ministre, mes respectueuses
salutations. *
J. A. Armand.
Ce samedi 13 Janvier, d autres personnel furent inquie-
tees et violent6es, entire aitres le S6cr6taire de la Con-
in me et Mf. Louisville Casseus accuse d'avoir requ de
moi une valeur de 40 Gaurdes.- On mit les menotles a
ces deux citoyens.
La journee du Dimanchel4 Janvier, veille des elections,
se pass dans la plus profonde consternation Les rumeurs
circulaient. Dans toutes les sections rurales, le; inter6ss6s
firent courier les bruits les plus alarmants : Justin Barau,
le grand candidate populaire a k6t condamn6 aux travaux
forces par le grand prv6dt. et on a faith bore plnsieurs
boquittes d'eau A M- Bernardin Bernadotte, le partriarche
de l'Xrcahaie qui faisait les elections en faveur de Barau
le Magistral communal, le Juge de Paix ont pris la fuite,
il n'y a pas d'lection demai,~ ce n'est done pas la peine
d aller au bourg. d'ailleurs ceux qui iront seront battus
et verront bien des choses .....
Le Dimanche soir, les perquisitions recommencerent.
La maisoi de M. Bernardin Bernadolte, une nouvelle fois,
fut envahie. La famill- Bernadotte qui se crovait quite
des actes de violence fut surprise. Tout le monde dormail.
Les femmes, les jeunes filles r6veill6es en sursaut eurent
a subir les v s tes des inquisiteurs qui, leur lampe elec-
trique A la main, avec un priapisme exc6ssif. examinaient
les lits en d6sordre.
Le lundi 15 Janvier. jour des elections. tout se passa
come le desirait le Parti progressiste. Le Juge de Iaix
mis de c616. le .nagistrat communal en fuite, les bureau
furent forms ill6galement.
Art 17 -- Dcret du 22 Septembre 1916.
r Ce bureau est compos6 du JuYe de Paix, president et
d'un de ses suppleanis, vice president ; du grelfier on
cnmmis-greflier secretaire et de quatre assesseurs choisis










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par le president de chaque section de vote parmi les
4lecteurs sachant lire et 6crire.
Dans les communes divisees en deux sections de vole,
la presidence d'un des bureaux sera confine A un juge-
suppl6ant d61egu6 par le juge de Paix. Dans le cas oi il
n'y aurait pas de supplant disponible pour la vice-pr6si-
dence de ce bureau, le greffier sera appel6 A cet office et
l'emploi de secdetaire sera confi6 a un greffier ad hoc,
design par le Juge-suppl6ant, president.
Art. 3 D6cret du 15 D6cembre 1916.
( A d6faut du Suppliant du Juge de Paix pour la pr6si-
dence ou la vice-pr6sidence de ces bureaux suppl6men-
taires, les presidents et vice-pr6sidents seront d6signPs
par le conseil communal soit parmi les Conseillers com-
munaux. soit parmi les electeurs sachant lire et ecrire,
ciuq jours au moins avant la date fixee pour la reunion
des assemblies primaires. *
De m6moire des gens de l'Arcalaie, jamais, meme au
temps des pires gouvernements haitiens, les elections ne
furent aussi baillonn6es. Ceux qui croyaieiit qn'il leur
etait permis de d6poser un bulletin de vote pour moi
furent maltraites.
Par une ironie amere, NM. le lieutenant Brown fit tenir
A M. Bernadin Bernadotte le recu suivant pour I'argent
qu'il avait confisque dans la nuit du 13 Janvier..

L'Arcahaie tHaili
Jan. 13 1917.
Reciveed from Bernadin Bernadolte the sum of 300. oo
Gourds acknowledged by him to beJustin Barau money
J.Brown
lieut. G. d'l.
Jack Brown, sergt. M.C,

A l'heure actuelle, la valeur est encoreentreles mains
du lieutenant Brown.










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CABARET
1298 inscrits, a peine 250 votants.
Comme A I'Arcahaie, les mimes manoeuvres produisi-
rent les memes effects Mon representant, M Dufrrne
Delva dut abandonner les elections pour ne pas subir
de violence
Et mes adversaires firent courir les mlmes bruits
pour intimider les 6lecteurs.

GONAVE
1020 inscrits, A peine 100 votants.
Mon representant, M S6mera Blaise, l'homme le plus
influent et le plus populaire de File avaient pu
faire inscrire 778 electeurs et d autres citoyens avaient
travaill6 a faire triompher ma candidature: 1 ile de la
Gonave 6tait ma Californie.
Mais le 15 Janvier fut une journ6e de caricature dec-
torale.
D'autorit6, 495 inscriptions fure it annules avant les
operations electorales, malgr6 une decision da Tribunal
civil de Port-au-Prince. du 13. anvier, statuait sur une
demand en nullit& des inscriptions rises I la Gonave,
Itormul-e par \l t;. Hosemond, candidar a la Deputation.
Et le.; miovens d'intimidation furent tellement grants
qu'il ne fut permits a personnel de mnifester librement
son opinion. 1Mo representant, M Seri ra Blaise et p'n-
sieurs dlecteus furent depos6s en prison pendant la
plus grande partie de la diu e des operations electo
rales Le .luge de Paix dul d.missionner.

PORT-au-PRINCE
M. Georges Nicolas Lager rempo ta une facile vic-
toire grAce a des manoeuvres frauduleuses I es 1e- clions
avaient hien conmmence et les citovens allaient aux urnes
assez librement, mais vers midi le Parli progresses e
vovant son candidate battre de l'a 1- fit envahir la ville
par une baide de ca tonniers venus de la plaine. Port-
an-Pr nee conquis. XM. Georges Nicolas Leger fut roi.
On fit voter les equipes en plusieurs fois.











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c Nous avons tons assist A ce spectacle degoltant, B
c cette comddietriste ethonteuse A tous les points de vue,
a devoir trois-cents cantonniers environ, divisdeparequi-
Spes de vint-cinq homes, conduites chacune. par
Sun chef, se promener de bureau en bureau, dans les
Sdeux circonscriptions 6lectorales.
c On les a vus voter au moins quatre ou cinq fois, en
Schangeant de nom selon les nouvelles caries qu'on
Sleur passait au fur et a measure suivaut des instructions
a plus ou moins bien executes ) L'Evolution No 24
Janvier.
Qu lques enfants de choe i progr6ssistes bien sty-
les places aux portes d-s bureaux de vote substitu-
aient des bulletins de M' Georges Nicolas LUgpr A ceux
des autres candidates et cherchiient A corrompr, les
Alecteurs piendant q:ie d.s thurfraires de parti stimu-
lai-iit dris Is ras le zble d *s c'a ilo iiers et dis tru-
ands en leur dislrib:iant de I'argent.
Messieurs les Dputis ,
DPs fAits qie je vie is de rappel-r il se delgage qie
mon concurrent nour se faire elire a employ des
manoeuvres firaiduluses et des manmouvres dPloyales
qui ont about aux menaces aux intimidations el aux
violenc-s -delits electoraux qui auraint pui tre pour-
suivis devant la Jii-,iiice i notre indheureux pays r'e-
tait pas sous le joig d'une occupation militaire.
Muis il vou< appartient s'il ne voua est p s accord,
le droit de rpressiou de status r s r lavalidite des
operations electorales.
En Vertu de la Constitution ,
Art. 66- Chaque Chl'nbre v6rifie les pouvoirs d,.
ses membres et juge les contestations qui
s'vlIvent a ce sujet.
Art. 74.- Ch:iq ie Chambre a Il droit d'enquete sur
les questions don't elle est saisie.
Je m'adresse A votre souverainet6 pour vous deman-
der apres avoir vrifie les ponvoirs de M. Georges
Nicolas Leger, de lui infliger la fl6trissure qu'il mhrite.




J


-- 13-

Vous direz A cet enfant irrit6 du Parti progressiste
qu'll n'y a pas de place pour lui parmi vous parce qiue
c'est par lui et pour lui que M Louis Cassagnol, en m6-
prisant les voices 16gales s'estadress A il'Occupa!ion am6-
ricaine pour des faits qui relevaient de la Justice haitien-
ne que c'est par lui et pour lui que les citoyens de 1'Ar-
cahaie o;:t sibi l1s pires menaces les plus excessive
intimidations et les plus cruelles violence, que c'est
par lui et pour lui que des manoeuvres les plus frau-
duleuses et des ill6galites les plus criantes ont kt6 com-
mises et que la Chambre jury souverain, prononce la
nullit6 de son ele -tion parce qu'elle ne saurait s'inc iner
devant des actes reprouv6s par la morale.

JusTi BARAU.










^SC^*[C


Inprimerie ED( ND CHENET. -Port-au-Prince, Haiti.




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