• TABLE OF CONTENTS
HIDE
 Cover
 Introduction
 Avant-Propos
 I. La Mission
 II. Premieres Attaques
 III. Lever de Boucliers
 IV. Supremes Assauts
 V. L'Entrevue du Camp-Gerard
 VI. Le Dernier Bastion
 Conclusion














Group Title: La mission du general Nicolas Geffrard
Title: La mission du général Nicolas Geffrard
CITATION PAGE IMAGE ZOOMABLE
Full Citation
STANDARD VIEW MARC VIEW
Permanent Link: http://ufdc.ufl.edu/UF00003983/00001
 Material Information
Title: La mission du général Nicolas Geffrard
Physical Description: 19 p. : ; 22 cm.
Language: French
Creator: Jeannot, Pierre L
Publisher: Impr. Le Jour
Place of Publication: Port-au-Prince?
Publication Date: [1953?]
 Subjects
Subject: History -- Haiti -- Revolution, 1791-1804   ( lcsh )
Genre: non-fiction   ( marcgt )
Spatial Coverage: Haiti
 Record Information
Bibliographic ID: UF00003983
Volume ID: VID00001
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: aleph - 001129749
oclc - 20280669
notis - AFM6985

Table of Contents
    Cover
        Page 1
        Page 2
    Introduction
        Page 3
        Page 4
    Avant-Propos
        Page 5
        Page 6
    I. La Mission
        Page 7
        Page 8
    II. Premieres Attaques
        Page 9
    III. Lever de Boucliers
        Page 10
        Page 11
    IV. Supremes Assauts
        Page 12
        Page 13
        Page 14
    V. L'Entrevue du Camp-Gerard
        Page 15
        Page 16
    VI. Le Dernier Bastion
        Page 17
        Page 18
    Conclusion
        Page 19
Full Text


Pierre L. Jeannot


La Mission- du General


NICOLAS GEFFRARD



Imprimerie ALE JOUR;































Introduction


A la veille du Tricinquantenaire,
j'offre cette plaquette sur Nicolas
Geffrard A mes lecteurs et amis du
Sud, les priant de voir en ce geste
un acte de piOt6 filiale et de recon-


naissance envers ce Divisionnaire
de la guerre de 1'Ind6pendance.
Son arriere-petit-fils,
I ouis DEJOIE
Sdnateur du Sud.

























AVANT-PROPOS


Trop souvent, on a contest la
participation du Sud aux guerres
de l'Inddpendance.

Feu Marcelin 'Jocelyn, avec la
logique et I'impartialiti de l'Histo-
rien avise, a d6ja etabli la rdalite
de cet apport au cours de deux ma-
gistrales conferences, reunies de-
puis en une utile plaquette.

Aujourd'hui, dans le mgme olre
d'idde, je me suis permis de retracer
la MISSION DU GENERAL NICO-
LAS GEFFRARD3. Humble hom-


mage aux vertus de nos PERES. Mo-
deste contribution de notre Comitg
aux Collections du Troisieme Cin-
quantenaire de l'Independance Na-
tionale.
Qu'on ne cherche pas en ces br&-
ves pages une these d'histoire.
Qu'on y voie de prdfrence une
simple synthese de faits historiques
qu'aux heures cruciales de recru-
descence patriotique les Ginera-
tions aiment toujours revivre avec
des disirs de grandeur et de force
aux fins de raffermir leur foi dans
le destin de la Patrie.



















































S













La Mission


On 6tait A la fin de 1802...
La guerre de 1'Irid6pendance se
poursuivait dans le Nord. La Petite-
Rivibre de 1'Artibonite venait de
tomber. Cependant toutes les villes
du Sud se trouvaient encore au
pouvoir des Francais.
Cette Province, qui 6tait place
sous les ordres du Brigadier- Gen-
ral La Plume, 'comprenait trois
arrondissements militaires. Le Ge-
n6ral Darbois commandait la region
qui s'6tend de 1'Anse-a-Veau A Da-
me-Marie; le Chef de Brigade Ber-
ger, de Tiburon A Cavaillon; le
Chef de Brigade Nerette, de Ca-
vaillon & 1'Anse-a-Veau, y compris
le cordon qui limitait le Sud &
I'Ouest.
Cet 6tat de choses ne pouvait
plus durer, car 1'Ind6pendance ne
serait pas complete, meme possible,
si notre presqu'ile ne se r6veillait
de sa 16thargie.
LE GENERAL EN CHEF DES-
SALINES 1'avait compris. II resolut
de porter la guerre dans le Sud. A
qui p'ouvait-il confier une si haute
tache? Lui, personnellement, ne
pouvait pas l'entreprendre. Com-
ment gagner a la cause, qu'il d6fen-
dait, ces populations qui, depuis le
conflict entre.Toussaint et Rigaud,
professaient pour lui la plus grande
abjection? Son nom, a la verit6,
dtait execr6 de tous, meme de ceux
qui, tel un G6rin, avaient b6nefici6
de sa magnanimity. Notre D6par-
tement lui 6tait entierement hos-
tile...


Alors il se souvint d'un brilliant
Officer, le Colonel Geffrard. Ce
Brave des Braves s'6tait distingu6
au course de la guerre civil de 1801
par son courage, son intrepidit6 et
sa valeur militaire. Sa fermet6 et sa
discipline touchaient A la durete.
Sa haute conception de l'autorit6
lui attirait la sympathie de ses com-
pagnons d'armes, sur qui, d'ailleurs,
il exergait un puissant ascendant.
Dessalines 6tait s6duit par la fou-
gueuse ardeur de ce beau Cheva-
lier.
N6 en 1761, sur l'Habitation P6ri-
gny, section rurale de la conmune
de Torbeck, d'un pere, homme de
couleur, Nicolas Geffrard ainsi
qu'il s'appelait et d'une mere,
africaine du Sn6Bgal, du nom de
Julie Coudro, le Coldnel Geffrard
grandit dans le cadre intime de sa
famille qui se d6pensa h lui donner
une solide instruction. II 6tait dou6
d'un temperament vif qui n'exciuait
nullement la douceur et l'amabilit6.
En 1790, nous le trouvons Sergent
de la Compagnie Masse; -en 1793,
Lieutenant dans les rangs r6publi-
cains. II devint Capitaine-Chasseur
de la L6gion de 1'Egalit6. En 1'an 4
de la R6volution, il fut promu Chef
de bataillon et Commandant de
Camp-Perrin. A ce poste, il apprit
a bien connaitre notre plaine et le
Plymouth, A apprecier 1'importance
strat6gique du Camp-G6rard oft,
plus tard au fort des luttes piques
de 1803, il devait 6tablir son quar-
tier g6n6ral pour mieux diriger le
siege des Cayes.











En 1799, il commandait le 4*me
regiment de Rigaud au grade de
Colonel. A la chute de ce Procon-
sul, il partit de Jeremie pour Cuba.
De San-Yague, il revint au pays peu
apres l'exp6dition Leclerc. La d6-
portation de Rigaud, puis celle de
Toussaint lui dessill6rent les yeux,
d'autant que l'ordre 6tait donn6
d'arrater tous les Officiers indig&-
nes pour faciliter le r6tablissement
de 1'esclavage A St-Domingue. II se
rallia A P6tion au moment de la
prise d'Armes du Haut du Cap.
C'6tait a cet homme autoritaire et
influent don't le passe constituait
une precieuse garantie pour le
succ6s des A'eux, que revenait la
lourde responsabilit6 de diriger la
guerre de l'Ind6pendance en notre
province.


Le Gen6ral en Chef le manda A
la Petite-Riviere de I'Artibonite.
dans le Sud A la tate de la 13Mme.
Usez de votre genie conciliateur,
ainsi que du credit des Officiers
de votre demi-brigade pour gagner
a la cause que nous d6fendons tous
les anciens partisans de Rigaud.
Vous-porterez tous les insurg6s A
reconnaitre mon autorit6.&...

.Tenez ce paquet, mon Colonel.
Vous ne 1'ouvrirqz qu'apres la con-
quote d'un port ouvert de votre
commandement>.

Se tournant vers Petion, present
A cette entrevue: vous accompagnerez cet Officier
aussi loin que vous le pourrez,.















Premieres Attaques


Geffrard accept cette mission.
La tAche n'6tait pas au-dessus de
ses capacities. II donna sa measure
en realisant le destin pour lequel
il avait WtB cr6.
II partit avec la 136me, s'empara
de Fort David, pros du Morne Co-
nil au Mirebalais. Et le voil d6j8&
L0ogane, occupant (Ca-Ira oA il eut
un bras fracass6 par un coup de
mitraille. LA, il se s6para de Pktion.
LA, il constitua son arm6e en faisant
appel A ses anciens freres d'Armes,
entire autres: G6rin et Cang6, le
premier, son ancien Chef qui vint A
sa rencontre, le second, Lieutenant
principal de Lamour-Derance. Tous
deux se soumirent au General en
Chef.
Puis Geffrard s'achemina rapide-
ment, en 6vitant Petit-GoAve, vers
I'Habitation Cup6rier, non loin du
pont de Miragoane. II y trouva LB-
veill6 et sa bande. Pour frapper
I'imagination de ses soldats et aux
fins d'augmenter le nombre des
adherents A la cause sacree, il pro-
clama aux portes de son commande-
ment: Dessalines, Gindral en Chef
de 1'Armee des Incas. II divisa ses
hommes, fort de ses derniers ap7
ports, en trois bataillons: Moro
Coco-Herne regut la direction de la
136me; Jean-Louis Frangois, celle
du 26me corps; et G6rin, celle du
36me.
Les soldats, arms de piquets,
envahirent Miragoane, et march&-
rent sur 1'Anse-A-Veau, apres avoir,


sur 1'Habitation P6rinier, culbut6
B6rette et l'Adjudant-G&n6ral Ber-
nard qui tenterent une resistance.
Le 16 Janvier 1803, Geffrard atta-
qua cette ville. Trois heures d'un
combat meurtrier, d6ciderent de la
victoire des insurg6s. Le Colonel
en Chef avait atteint un port ouvert.
Se rappelant le paquet de Dessali-
nes, il l'entrouvrit et y trouva A la
satisfaction de tous un brevet par
lequel il 6tait promu Gdndral de
Brigade et Commandant du Ddpar-
tement du Sud.
Cette premiere d6faite des Fran-
gais suscita la reaction du Gen6ral
Darbois qui, de J&r6mie, arrive au
Petit-Trou de Nippes avec une forte
colonne que renforga celle du GB-
neral La Plume, accouru des Cayes.
Une lutte sanglante s'en suivit qui
opposa de jeunes dragons indigenes,
arms de sabres, faits de cercle
de barrique,, A des soldats entrai-
nes, porteurs de sabres longs, forts
et tranchants. Les rangs des ind&-
pendants se decimerent. Partout,
on 6tait en d6route: Geffrard, don't
le cheval a WtA abattu en traversant
la riviere de l'Anse-A-Veau, solina
la retraite et n'eut la vie sauve que
grace A son pistolet qu'il d6chargea
sur un group de cavaliers. 11 gagna
les hauteurs de Petit-GoAve.
L'ennemi ne resta pas inactif. II
fortifia la ville de MiragoAne et fit
garder le Pont militairement pour
emp&cher toute infiltration des
insurg6s dans la Presqu'ile...

















Lever de Boucliers


H6las! les cruaut6s auxquelles se
livraient les Frangais en execution
des ordres du Capitaine-Gendral
Rochambeau, avaient, en tout point,
alarm les populations.
Bardet, un ancien chef de batail-
ion de la 136me Coloniale, fut noy6
en la rade de 1'Anse-A-Veau. Les bi-
timents de guerre 6taient combl6s
de prisonniers indigenes que, profi-
tant des t6nebres de la nuit, on pro-
jetait A la mer, quite a les retrou-
ver, le lendemain, inertes sur le
rivage, ou bien, a demi-mort, tel ce
noir, Jacques Giraut, don't le corps
perc6 de plusieurs coups de poi-
gnard et d6pos4 par les vagues sur
le littoral de Labacou, devait inciter
la vengeance de ses freres. Les
cadavres de Joseph Armagnac et
de ses compagnons d'infortune
6taient fraichement pendus aux
Quatre-Chemins. Les chiens de Ro-
charabeau poursuivaient leur oeu-
vre de carnage dans les camps ne-
gres.
.T6moins de ces atrocities, que
1'Humanit6 ne peut que flageller,
les indigenes r6solurent de se sou-
lever, domin6s par i'id6e de demeu-
rer libres, surtout effray6s par celle
de devenir esclaves sur cette terre
ofi, depuis 1793, ils avaient, eux-
memes, par le fer, le feu et le sang,
au p6ril.de leur vie, proclam6 libe'rtd6e.
Oh! Liberty, que d'actes d'h6rois-
me n'as-tu pas suscit6s?
10


mais centre les Frangais", r6pondit
le Colonel F6rou aux envoys de
Darbois.
Ce soldat altier et opiniAtre avait
W6t avis6 par son ami, un autre
homme de couleur du nom de D6-
joie, du project du Colonel Berger
d'abattre tous les officers indig&-
nes influents. II souleva, par 1'in-
term6diaire de ses 6missaires, les
paysans de 1'Arrondissement des
C6teaux. Son geste fut suivi par
Gilles Beneck, Nicolas Reigner et
Goman qui attaquerent Tiburon. La
Fr6diniere,- celui-1A, un blanc,-
et Guillaume Lafleur donnerent le
signal A Camp-Perrin, tandis que
Trichet, Vancol et Wagnac haterent
la r6volte au Port-Salut. Bazile et
Armand Berault dress&rent les cul-
tivateurs de la Plaine des Cayes.
,L'stendard sanglant est levs
De partout retentissait le son lu-
gubre du lambi,
De partout montait 1'hymne de la
vengeance:
<'Aia Bombaia bomb,
cLamma, Samma, Quanna,
,Evam, Vanta. vana docki!.
Traduction:
eNous jurors de ditruire nos enne-
mis
-Et tout ce qu'ils possedent.
vis.











Les premiers chocs entire ces
r6voltes et les Divisions exp6di-
tionnaires,- tous, des luttes atro-
ces,- porterent 1'ennemi A d6gar-
nir le pont de Miragoane.
Le G6neral Geffrard n'attendait
qu'une telle opportunity pour p6-
n6trer A nouveau dans le Sud. Pro-
fitant de son sejour dans les mornes
de Petit-GoAve, il l6abora le plan de
d6lib6ration de son Commande-
ment. Les Cayes etait son objectif.
En attendant l'heure de son retour
A la charge, il connut les vicissitu-.
des du vaincu. D6laiss6 et honni par
un grand nombre de ses compa-
gnons de la 136me demi-brigade,
il essuya ses larmes, pansa ses
blessures, et ranima son courage.
Tout cela ne rentre-t-il pas dans
l'existence de l'homme d'action, des
directeurs de groupement? Gef-
frard, loin de se laisser 6crase,
n'eut qu'une vision: Exdcuter son
plan. Exdcuter I'ordre du Gnd6ral
en Chef. Combien, dans sa d6tres-
se, ne lui appliquerait-on pas cette
pensee de Clausewitz: grand dessein et le poursuivre avec
une energie perseverante, telle est
la cause d6terminante du success .
Aussi, fut-il heureux de recevoir
de CangA, son vieil ami de guerre,
un escadron et un bataillon. Son
rave s'*tait realis6 puisque, d6jA, il
se retrouvait sur la route du Sud.
II forca. ie cordon de Miragoane,
fit attaquer la ville d'Aquin par
Jean-Louis Frangois qui refoula le
Colonel N6rette sur le littoral, pen-
dant cue, lui, il se dirigeait a pas
presses, par I'intdrieur, vers la sec-
tion rurale de Citronnier. Ce ne fut
pas sans effort, car il dfit traverser
plusieurs embuscades, tendues par
une important garnison frangaise


qui gagna les Cayes sitot I'arriv&e
des insurges.
De 1A, il envoya un message au-
pres de F6rou. Moins de deux jours,
il regut une d6putation des deux
chefs des Ind6pendants du Sud.
CCitoyen-GenBral, s'exclamerent
les d6putes, notre Chef, le Colonel
F6rou, nous a charges de yous offrir
le commandement de I'insurrec-
tion.,
-Allez dire, riposta Geffrard, au
Commandant Ferou que j'obeis aux
ordres de Dessalines et que je d6-
ploierai toute mon energie pour
faire respecter son autorit6 dans ce
D6partement. J'accepte son offre,
s'il consent A reconnaitre Dessali-
nes, G6neral en Chef des Armees
indigenes.
-Votre parti est celui du Colo-
nel F6rou. Vous avez Wte, sous le
Gen6ral Rigaud, notre compagnon
d'armes et nous savons que vous ne
pourriez embrasser une mauvaise
cause,. (Madiou).
Ce dialogue t6moigne du grand
credit don't jouissait en sa Province
l'homme que F&rou et ses bandes
s'empress&rent de rejoindre sur
1'Habitation Charpentier. Les deux
armies se confondirent dans la joie
la plus 6clatante. .C'taient des
FrEres d'Armes que le Destin avait
s6par6s depuis la.chute de Rigaud.
. Geffrard, avec sa fine psycholo-
gie, profit de ce moment d'all6-
gresse pour leur expiiquer le but
qu'il poursuivait et que Dessalines,
lui aussi, d6sirait.
--I obtint la soumission de F6rou
aux cris riit6res de:
<,Vive le Gendral en chef
<,Vive l'Ind6pendance!...















Supreme Assauts


L'6cho de ces rejouissances et la
presence des insurg6s aux portes
des Cayes avaient inquiete les ha-
bitants de cette ville malgr6 les
3.000 hommes de troupes qui y
6taient cantonnes. Sous la pression
de la Municipalite, compose de
colons, Te General La Plume'prit la
determination de chasser les indi-
genes de la Barri&re de Charpen-
tier. II ordonna le 6 mars 1803 a la
Compagnie des Polonais, au nombre
de 120, de disperser 1'ennemi..Gef-
frard, camp6e Bergeaud,' envoya
sur le champ Moro Coco-Herne
avec 200 volontaires au secours de
F6rou. La cavalerie indig&ne reprit
le dessus et assaillit les M6tropoli-
tains.
Enhardi par cette victoire, le 8
Mars, il se decida A prendre l'offen-
sive contre la ville. II 6tait cinq
heures du matin, quand les Ind6-
pendants, divis6s -en quatre colon-
nes attaquerent les Cayes. Cang6 et
Moreau dirigeaient la premiere qui
devait p6n6trer par l'Avenue des
Quatre-Chemins. La deuxieme, sous
les ordres de GBrin et Jean-Louis
Frangois, occupa les fosses du
Fort Ilet. La troisieme, qui avait
pour Chef Vancol, voulait traverser
la riviere Reynaud. F6rou, A la tete
de la quatrieme, attaqua le Poste
Trousse-COte (Fort Boyer).
Magnifique disposition de com-
bat. Malheureusement nos Peres
furent refoul6s sur tous les fronts
apres deux heures de luttes conti-

12


nues et acharn6es au course des-
quelles Cang6 et Moreau malmene-
rent les Polonais au point de p6n6-
trer au coeur de la ville, alors que
G6rin, .forgant les vives decharges
de mousqueterie et d'artillerie, 6tait
parvenu A faire planter un drapeau
en face du Palais du Gouverne-
ment.
Les rangs des insurges se d6ci-
merent sous 1'action de six pieces
de canons. Plus ils tombaient, plus
le courage des autres s'animait.
Geffrard, en presence de cette tue-
rie, ordonna la retraite tout en
pregnant ses dispositions pour main-
tenir le si6ge des Cayes. Il se re-
trancha au Camp-G6rard et envoya
F6rou aux C6teaux, facon d'isoler
la garnison cayenne de celle de Ti-
buron.
Heureuse tactique, car le 9 Mars
mouilla en cette baie le vaisseau
,1'Atlante, qui, nouvellement arri-
v6 d'Europe avec d'importants ren-
forts A destination du Cap, recut du
Capitaine-G6nBral l'ordre de d6-
barquer en notre cit6 munitions et
forces, ainsi que le General Sarra-
sin, v6t6ran de l'Armee Expedition-
naire d'Irlande. Ce vaillant Militai-
re, que n'effrayaient pas les fati-
gues, command A ses troupes de
descendre. Par lettre, il pressentit
le General La Plume de sa presence
a Tiburon pour que ce dernier
marchat A sa rencontre. II partit de
cette ville en direction des Cayes
avec 1.200 soldats.










Le 10 Mars, ils croiserent les ar-
mes avec les indigenes A la Ca-
houanne. Des combatants tombb-
rent des deux c6tes. Le 11 Mars
Sarrasin rentra aux Anglais apres
avoir mis en d6route 3.000 cultiva
teurs arms de piques et de pierres.
cEn avant... En avant>, criait-il.
Le 13 Mars, surmontant embuscade
sur embuscade, il atteignit la gran-
de cr&te de Port-Salut don't le som-
met 6tait occupy par un miller
d'insurg6s. Apres deux heures d'u-
ne bataille sanglante, les Frangais
s'emparerent de la position, lais-
sant 200 soldats sur le terrain. Ils
continubrent leur march jusqu'A
Welch-Taverny pros de Torbeck,
ofi Bazile, A la tate de sa bande.
s'6tait port pour les attendre.
Un autre combat s'engagea A
Houc. Sarrasin dft solliciter.deux
relaches pour pouvoir soulager ses
bless6s. Habilement, il s'infiltra
dans l'Eglise de Torbeck, de6tour-
nant ainsi les troupes de Geffrard
qui gardaient le carrefour de ce
bourg. Ii ne put atteindre les Cayes
que, grace A l'offensive entreprise
par les 700 hommes que La Plume
avait envoys au secours de sa co-
lonne. Le G6ndral Sarrasin perdit
500 soldats.

Rochambeau, apprenant cette
perte, embarqua le 6 Avril pour le
Sud 2.000 hommes de troupes frai-
ches, polonaises et francaises don't
il confia le commandemient au G&-
n6ral Brunet et qui arriverent i
J6r6mie le 10 du m6me mois.
Nouveau plan d'attaque et. de
defense de 1'Etat-Major. Des for-
ces sorties de Nippes, de la Grand'
Anse et de Tiburon, devaient en-
cercler les indigenes qui 4taient


masses A l'int6rieur de la Pres-
qu'ile, tandis que, du chef-lieu du
D6partement, serait d6clenchee
une important offensive.
Geffrard eut flair de ces attaques,
prit la resolution de les arreter. II
exp6dia G6rin et 900 soldats A la
rencontre des 1.000 hommes du
General Darbois qui venait de lais-
ser l'Anse-A-Veau. Les deux armies
se heurt&rent aux hauteurs de Ca-
vaillon, sur 1'Habitation BWrette ou
se deroula une bataille sanglante
au d6savantage des Frangais. Ces
derniers se refugierent A Lacombe,
aux portes de Corail. Sur cette m&-
me habitation fut aussi refoul6 un
deuxieme bataillon ennemi, venu
de J6r6mie. Cette colonne, sous les
ordres du Commandant Marfranc,
avait traverse le Plymouth pour
envahir les Cayes. Elle fut arret6e
par la 136me, command6e par Mo-
reau Coco-Herne et Thomas Duro-
cher. Les troupes indigenes 6tabli-
rent une ceinture de protection de
notre plaine.

ParallBlement aux deux premie-
res, une troisieme colonne dirig6e
par un Gen6ral polonais, fraiche-
ment debarqu6 A Tiburon, ouvrait
la march sur les Cayes. Sur le
champ, ordre fut transmis au Colo-
nel F6rou de leur offrir une r6sis-
tance opiniatre. Les indigenes se
retranch&rent A Garata pour atten-
dre la division frangaise. C'4tait
une redoute naturelle perchee au
sommet d'un monticule, car, de ce
c6t6, .la montagne tient tout le
paysage.
Brunet, apprenant la nouvelle de
la mort de I'Officier en chef, d B1-
gua 1'Adjudant-G6neral Cercley











pour le remplacer. A la t6te de
1.500 hommes, ce dernier entreprit
la route. 11 fit attaquer A la balon-
nette le retranchement des insur-
g6s. Tentative vou-e d'avance a
1'&chec par l'Adjudant Borgella. Un
second assault, par un ravin qui lon-
geait la redoute, fut entrepris par
Bernard. L'ennemi fit les frais du
combat. I1 se replia sur la ville des
C6teaux d'ot il s'embarqua pour
les Cayes. Cette bataille de Garata
fut le point culmunant de la guerre
du Sud. L'Bchec de Cercley entraina
la chute de Tiburon. L'arm6e m6-
tropolitaine allait de d6faite en d6-
faite.
Notre Arrondissement 6tait tota-
lement isol6. Seul un point de notre
Plaine se trouvait encore aux mains
des Frangais. Le G6n6ral Sarrasin
gardait les lieux avec 600 soldats.
Brunct s'emprcssa de renforcer cet-
te position.
Le G6ndral Geffrard. de retour de
Corail of il avait 6t6 chasser Dar-
bois, vint camper au Pont de Du-
truche, attendant 1'offensive de.ses
adversaires, qui, apr&s deux heures
de combats durs, abandonnerent
leur camp et gagn&rent la ville.
Sans perdre de temps, le Com-
mandant du Sud d6cida de faire
6vacuer les centres de ralliement
et de refuge des -M6tropolitains.
G6rin, parti avec 1.000 hommes,
tsaversa Aquin, Petit-Trou et alla
assi&ger 1'Anse-A-Veau. Plusieurs
assauts des indigenes port&rent la
garnison franchise A capituler ho-
norablement. G6rin rentra dans sa
cit6 en triomphateur tandis que
1'Arm6e vaincue se dirigea par mer
vers J&r6mie.
Les Ind6pendants ouvrirent les


hostilit6s en cet arrondissement. Ils
s'emparerent du Camp Ivonet que
Berger reprit le 23 Juin 1803. Il y
trouva la mort. Les insurg6s tinrent
bon, malgr6 cette d6faite momenta-
n6e. Ils furent r6confort6s par
l'arriv6e, au d6but de Juillet, du
Colonel F6rou charge de lib6rer la
Grand'Anse. Cette division, apres
une halte A Tiburon et aux Irois (5
Juillet) rejoignit a 1'Anse d'Hai-
nault la fraction que dirigeait le
Colonel Bazile. On march centre
le Camp Bourdon d'oit 1'on chassa
300 Francais. L'arm&e indigene at-
teignit le Poste de Marfranc dans la
nuit du 19 au 20 Juillet. Malgre le
feu nourri de l'ennemi au nombre
de 500, elle traversait la riviere qui
les s6parait du fort. On monta A la
con'qukte de ce Bastion, en riant et
en chantant:

,,Grenadiers, I'assaut
, man..."

Bazile group 3.000 cultivateurs
et se porta devant J&r&mie. Le
Commandant Fressinet constata
que la valeur combattive de ses trou
pes s'affaiblissait. II sollicita une
tr&ve de dix jours, esperant rece-
voir du renfort de la M6tropole. A
Expiration de cette relache, il pro-
posa un nouveau dl6ai de quatre
jours au terme duquel il 6vacua la
ville, laissant aux vainqueurs tout
son materiel de guerre. FBrou fit sa
rentr6e en cette ville le 4 Aoft 1803.
Quelques jours se pass&rent. Pestel
c6da sous la pression de la Fr6di-
ni&re.
11 ne restait que les Cayes A lib6-









V


L'Entrevue du Camp-Gerard


Si le courage, I'ardeur et l'esprit
de discipline don't firent montre les
Ind6pendants, ont Wet la cause
ddterminante des heureux r6sultats
jusque 1l obtenus, nous ne devons
pas, pour cette raison, sous-estimer
l'influence exercee sur l'issue de
.ces luttes par certaines circonstan-
ces, ind6pendantes de la volont6
des Combattants. Ainsi les ravages
occasionnes par les maladies dans
les rangs frangais avaient puissam-
ment facility la conquate de ces
villes. Les combats assidus avaient
affaibli les soldats autant dans leur
physique que dans leur moral. La
guerre, nouvellement d6clar6e en-
tre la France et l'Angleterre, fut
aussi une coincidence favorable. De
meme le rdconfort ressenti par ces
troupes au course de 1'entrevue du
Camp-Gdrard joua un rl1e consid6-
rable dans le triomphe des insur-
g6s.
Ce fut au course de cette reunion
que Geffrard fut l6ev6 au grade de
G6nBral de Division en meme temps
que G6rin, Jean-Louis Francois,
Moro Coco-Herne et Fdrou, promus
au grade de G&ndral de Brigade,
regurent respectivement les com-
mandements des arrondissements
de l'Anse-A-Veau, d'Aquin, des Ca-
yes et de Jdrdmie.
Le Gen&ral en Chef avait tenu, en
Juin 1803, a visitor le quarter g6n6-
ral de son fiddle Ambassadeur pour
lui apporter ainsi qu'A 1'Arm6e du
Sud, forte de 10.000 homes, I'ex-


pression de ses sinceres felicita-
tions.
Pour la premiere fois, depuis DB-
cembre 1802, il revoyait son Lieute-
nant. Geffrard avait r6uni en son
camp des milliers de personnel
pour accueillir leur Chef et pour en-
tendre le Message de Paix et d'U-
nion de Dessalines. Mes freres,
s'6cria-t-il, apres la prise de la Peti-
te-Riviere de 1'Artibonite sur les
Frangais, je fus proclam6 G&ndral
en Chef de l'Arm6e ind6pendante.
Les G&n6raux du Nord et de l'Ouest,
mis par l'amour de la liberty, ou-
bliant les haines politiques qui les
animaient les uns contre les autres,
vinrent successivement reconnaitre
mon autorit6. En acceptant le com-
mandement, j'en ai senti l'impor-
tance et la haute responsabilitdp...
"Je suis soldat, j'ai toujours com-
battu pour la liberty, et si j'ai ete
,pendant la guerre civil aveugld-
,ment ddvou6 A Toussaint Louver-
,ture, c'est que j'ai cru que sa cause
etait celle de la liberty. Cependant,
eapres la chute du G&ndral Rigaud,
,de braves que le sort des armes
eavait trahis et qui, eux aussi,
etous nos efforts tendaient A 6cra-
ser le parti colonial. Beaucoup de
ceux qui m'&coutent, me doivent
ela vie; je m'abstiens de les nom-
emer...


-'**







ablions que dans ces temps affreux,
aalors qu'6gar6s par les blancs,
Anous 6tions arms les uns centre
ales autres. Aujourd'hui, nous
ccombattons pour 1'Ind6pendance
,de notre Pays, et notre drapeau
cGuerre A mort aux blancs. (Ma-
diou)
Ces paroles, vraiment r&cbnfor-
tantes, remuerent I'assistance, par-
ticulibrement les Officiers sup6-


rieurs. Aux cris de: Vive la liber-
te,, chacun d'eux regut I'accolade
du General en Chef.
La joie fut A son comble quand,
en retour aux nominations et pro-
motions qui venaient d'etre faites
dans l'Armee, Geffrard presenta
Boisrond-Tonnerre A Dessalines en
lui demandant d'agreer ce jeune
Militaire comme Secr6taire.

Vite un ultimatum fut r6dig6 et
lance a 1'ennem d'avoir & -vacuer
d6finitivement le Sud.










Le Dernier Bastion


Cela s'etait pass a la fin de Juin.
Pourtant on dft attendre pres de
quatre mois avant d'assister au de-
part des Cayes du dernier soldat de
la M6tropole.
Geffrard preparait une offensive
supreme centre cette ville, dernier
retranchement des forces frangaises
en notre Province. Mais il n'ignorait
pas que, pour faciliter l'objectif
final, il fallait d'abord faire 6vacuer
les autres centres de la Presqu'ile.
II n'ignorait pas l'importance des
troupes qui s'y trouvaient massees.
Chaque capitulation apportait A
cette cite un renfort appreciable de
combatants venant consolider la
resistance A 1'ennemi. Il n'ignorait
pas que les soldats qui, depuis dix
longs mois, parcouraient nuit et
jour les Mornes escarpes du Macaya
et les vallees humides de notre De-
partement, avaient grand besoin de
repos. Aussi s'empressa-t-il d'ac-
cueillir la trove de quinze jours que
lui avait propose 1'Etat-Major
frangais. II n'ignorait pas non plus
le peril qu'il encourait d'entrepren-
dre l'offensive centre une ville
plate, naturellement protegee par
deux profonds fosses 'et par des
postes militaires fortifies et bien
gard6s. L'attaque du 8 Mars ne
cofta-t-elle pas la vie A des centai-
nes de volontaires? .Ne fut-il pas,
lui-meme, contraint de replier?
Certes, l'entreprise ne depassait
pas les possibilities de ses troupes.


Geffrard avait munitions, armes,
canons, un materiel de guerre ap-
proprie, rangon de ses pr6c6dentes
victoires. En chef human, il se
devait d'abord de prot6ger ses
hommes d'autant que I'adversaire,
le G6nBral Brunet avait jure de
s'ensevelir sous les ruines de la
ville plut6t que de capituler hon-
teusement. Les deux Arm6es etaient
face A face, prftes A s'entred6chi-
rer.
Dieu avait decide autrement.
Trop de sang avait could. Trop de
plaintes 6taient mont6es de cette
terre de souffrance, veritable cal-
vaire de deux races hostiles. Trop
de braves peres de famille 6taient
tombs des deux c6tes, laissant
apres eux, qui, une mere sans sou-
tien; qui, une femme sans defense;
qui, un enfant sans pain; tous, la
libert6...
Cette liberty pour quoi, eux fran-
gais, ils avaient parcouru les
champs de bataille d'Egypte et
d'Europe pour implanter le dra:
peau de la France Eternelle, la
France des Droits, de I'Homme et
du Citoyen.
Tandis qu'on s'appretait A la bou-
cherie et que les escarmouches fr6e
quentes attisaient la haine dans les
deux camps et nourrissaient le d6sir
d'une vengeance inouie, quelques
unites, entire autres Sa Majest6 Britannique, vinrent
bloquer le port des Cayes, augmen-





tant la disette qui y rdgnait. L'en-
nemi vit s'effronder tout espoir.
Plus de renfort du dehors. Le d6-
couragement s'empara des troupes.
Chaque jour, la population civil vit
partir plusieurs de ses membres qui
allerent grossir les rangs indigenes,
abandonnant sans appui et sans res-
sources leurs d6fenseurs de la
veille.
Le mdcontentement se g6ndrali-
sa. Les murmures montaient a 1'en-
tendement des chefs: ,La France,
dirent les soldats, nous .avait-elle'
envoys A St-Domingue pour y r6-
tablir l'esclavage? Sommes-nous les
soldats du Parti colonial? N'avons-
nous pas combattu en Europe pour
la liberty de tous les hommes?
Pourquoi remet-on en servitude les
Noirs et les gens de couleur? Ne
sont-ils pas francais comme nous?
N'ont-ils pas eux aussi, lutt6 pour
la Gloire de la Patrie?
Nous ne serions pas livrds aux
horreurs de la famine, si le premier
Consul n'avait pas r6tabli l'ancien
regime. Nous aurions avec nous,
centre les Anglais, les populations
des campagnes. Bonaparte nous a
envoys ici A l'extermination; il
redoutait le patriotism des soldats
du Rhin. Si nous avions A notre
tote Moreau et Bernadotte, notre
drapeau serait encore certainement
celui de la liberty, (Madiou).
L'&cho de ces rumeurs parvint a
Brunet. II n'avait plus d'hommes
pour affronter la lutte. II comprit
la situation. Une seule decision
s'imposait: 1'6vacuation de la ville.
Mais avec qui devait-il traiter?


D'un c6te les Anglais commet-
taient des hostilit6s en notre rade;
de l'autre les indigenes forgaient
les portes de la cite.

Brunet r6fl6chit. La haine du
negre le fit pencher vers le blanc.
D'ailleurs, en traitant avec les in-
surges, ne courait-il pas le danger
de se voir attaquer a sa sortie du
port par les.Maitres de la Mer.

Ii conditionna sa retraite par un
accord intervenu eritre son d6lgu6,
le Colonel Lefevre, et le Commodore
Cumberland de la Marine Britanni-
que. Le G6n6ral francais embarqua
sur quatre navires, la garnison, les
employes d'Administration et les
families qui voulurent les suivre.
Puis lui et ses soldats furent ac-
cueillis A bord d'une frigate an-
glaise, les conduisant A la Jamai-
que.

L'Histoire, en ces terms, raconte
la rentr6e triomphale des Vain-
queurs. diou, I'Armde indigene du Sud en-
tra aux Cayes. Les personnel et les
propri6t6s furent religieusement
respectdes. Le G6ndral Geffrard
regut des Anglais les canons de la
Place que Brunet leur avait livres.
Peu de jours aprbs, le G6n6ral en
chef Dessalines apprit la prise des
Cayes. II se disposa aussit6t a
marcher sur le Cap.

Bient6t, ce fut Vertieres, le Su-
perbe et Hro'ique assaut... Puis les
fastes du ler Janvier 1804.










Conclusion

La guerre du Sud achevee, le G6- ble sous-estim6 leur m6rite et leur
ndral Geffrard, en route pour le participation A la cause de notre
Carrefour LimbB, ot etaient convo- souverainet4, il restera toujours
quds les soldats d'elite des Armees vrai que tous, avec Honneur et
Indignnes, dut, A la fin d'Octobre Courage ont grav6 leurs noms, par
1803 sur la demand de Dessalines, leurs exploits heroiques, au Grand
gagner les Mornes de Jacmel afin Livre de 1'Epop6e Nationale.
de reprimer la r6volte des anciens
partisans de Lamour Derance, qui, Il restefa aussi vrai que, sans
une nouvelle fois, venaient de se I'apport du Sud aux luttes titanes-
dresser contre I'autorit6 du G6nd- ques de 1803, la Victoire des Aieux
ral en Chef. II fut force d'occuper pourrait 8tre ou compromise, ou
les lieux jusqu'A la chute du Cap. retardee. Le Gendral en Chef en
Ainsi s'explique I'absence de nos 6tait tellement convaincu qu'il con-
troupes A la Victoire decisive. fia au g6nie du General Geffrard de
Voilk, en raccourci, ce que, jour decider du sort de cette Province.
apres jour, de Decembre 1802 au 18 Ce Paladin sans peur et sans re-
Novembre 1803, les Fils du Sud ont proche, s'etait-il acquitted de sa mis-
realise au service de la liberty, au sion? On n'en peut douter. II a dd-
bendfice de l'Ind6pendance Hal- pense son 6nergie et son influence
tienne. Leur sang a arros6 le sol de a asseoir 1'autorit6 de Dessalines.
notre presqu'ile. Les plaintes de Son sens de la discipline et sa haute
leurs freres martyrs avaient forg valeur de strat6ge ont assure le
leur conscience. success de nos Armees.
Qu'ils s'appellent Geffrard ou
Ferou, G6rin ou Jean-Louis Fran- Autant de faits qui placent le
cois, Vancol ou Moro Coco Herne, Gnral de Division Nicolas Gef-
Bazile ou Goman, Wagnac on Guil- frardau rang des plus pures gloires
laume Lafleur, La FrediniBre ou de notre Inddpendance.
Trichet, tous h6ros connus ou ano- Toujburs, il demeurera le Hros
nymes, ils ont droit au respect et d incontestg du Sud.
la reconnaissance de la Naticr-.
La Posttrit6 ne peut que les ma- Les Cayes, le 12 Nover bre 1953.
gnifier. Pierre L. JEA. OT, av.
Si la passion des Mortels Pr&eident dr ': ,ni Cayen du
l'Histoire 6tant chose hur... 15"':. A.i,..iversaire de 1 In-
a par dessein ou ignorance "oul. ddper.dance iu.




University of Florida Home Page
© 2004 - 2010 University of Florida George A. Smathers Libraries.
All rights reserved.

Acceptable Use, Copyright, and Disclaimer Statement
Last updated October 10, 2010 - - mvs