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Group Title: Pampas de la Republique Argentine, par John Le Long
Title: Les pampas de la République Argentine
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 Material Information
Title: Les pampas de la République Argentine
Physical Description: 24 p. : map. ; 23 cm.
Language: French
Creator: Le Long, John
Publisher: C. Delagrave
Place of Publication: Paris
Publication Date: 1878
 Subjects
Subject: Pampas (Argentina)   ( lcsh )
Genre: non-fiction   ( marcgt )
 Notes
Statement of Responsibility: par John Le Long ...
General Note: Extrait du Bulletin de la Sociéte de geographie (mars, 1878).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00000992
Volume ID: VID00001
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: aleph - 002374662
oclc - 34753924
notis - ALX9363
lccn - 04011419
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LES PAMPAS


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PARIS. IMPRIMERIE DE E. MARTINET, RUE MIGNON, 2









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'AMPA'

DE LA

REPUBLIQUE ARGENTINE


PAR


JOHN LE LONG,
De la Socidt6 de gdographie de France,
Membrc du Conseil de la Socidt6 do gdographie commercial de P.,ris,
Correspondent de la Socidtd de geographic commercial de Bordeaux,
Commissairc-ddldguS de la RWpublique Argentine,
Rapporteur de ]a Commission syndicale des ltats de I'Amdrique Centrale et Meridiona
pour 1'Exposition universelle de 1878,
Ancien consul gdndral.



EXTRAIT DU BULLETIN DE LA SOCIETe DE GEOGRAPUlE
(MARs 1878)





PARIS


LIBRAIRIE CI.


DELAGRAVE


EDITEUR DE LA SOCI TE DE GEOGRAPHIC
58, RUE DES ]COLES, 58


1878

















LES PAMPAS

DE LA

Ri PUBLIQUE ARGENTINE



LES FiONTIERES SUD-AUSTRALES MILITAIRES fTABLIES CONTRE
LES INDIENS, ET LA PAMPA ARGENTINE (1).

Par frontieres de la province de Buenos-Aires, confinant,
au sud, le territoire argentin de la Patagonie, et, A l'ouest,
le territoire pamp6en des Andes, 1'6tranger qui veut se
faire colon ne doit comprendre que la ligne de demarcation
militairement prot6g6e.

I

La R6publique argentine ne reconnatt, A bon droit, pour
limits politiques, au sud-ouest, que celles exis.lant entire
elle et le Chili le long des Andes, s'incorporant ainsi gdo-
graphiquement la Patagonie et tout le territoire vers le
nord-est jusqu'a Mendoza et San Luis. La quality d'Etat
poss6dant n'appartient point en effet A ces peuplades in-
diennes, divisees en tribus plus ou moins nomades, comp-
tees pour 25,000 ames environ dans la Patagonie, d'une
superficie de 18,000 lieues carries, et pour 24,000 ames en-
viron dans la parties de la pampa des Andes, d'une super-
ficie d'environ 9,000 lieues carries geographiques.

(1) Communication adressde A la Socidt6 de Geographie, dans sa seance
publique du 16 mai 1877. Voir la carte ci-jointe










6 LES PAMPAS DE LA REPUBLIQUE ARGENTINE.
Une nation organis6e comme la nation argentine a pour
elle, sur un tel voisinage, une sorte d'action centrifuge,
avec une expansion ind6termin6e. A voir la march de la
soumission de quelques lisieres de la pampa, on peut envi-
sager le term non BloignB de nouvelles occupations terri-
toriales vers l'ouest; mais nous resterons, pour le moment,
dans le fait accompli et surle terrain admis comme posses-
sion paisible.
La derniere incursion des Indiens sur le territoire de
Buenos-Aires en octobre 1876, ayant d6montr6 l'insuffi-
sance des measures de preservation 6tablies, le systrme de
defense depuis longtemps project a 6t6 mis a execution,
vers la fin de 1876, par le gouvernement argentin; il ne
peut manquer de ruiner la tactique employee par l'Indien
dans ses foudroyantes agressions.
L'Indien, couch A plat sur son coursier, la race che-
valine est la d'une vigneur exceptionnelle, arm6 d'une
lance qu'il tient collie au flanc de l'animal, se dissimule
assez pour que de loin l'oeil confonde une troupe de mille
lances avec ces groups de chevaux sauvages fuyant A fond
de train devant la poursuite du chasseur ou des jaguars. A
cette faveur, l'ennemifond A l'improviste sur les estancias,
remplit de provisions et de butin les sacs qui lui ont servi
de selle, et rassemble en troupeaux boeufs, pores et mou-
tons, qu'il aiguillonne avec la lance pour regagner son
repair.
Mais la razzia ne doit pas profiter tout entire aux pil-
lards. A l'alarme donn6e, de chaque station militaire pr6-
pos6e a la garde des frontibres parent des cavaliers i la
poursuite des envahisseurs, relard6s dans leur retraite par
la march des animaux, et c'est alors que l'on voit, de part
et d'autre, 'incendie des herbes de la pampa employee par
les poursuivis pour effrayer les chevaux des poursuivants,
et, par ces derniers, pour couper la retraite aux, colonnes
des fuyards et ressaisir, en parties, butin et troupeaux.











LES PAMPAS DE LA REPUBLIQUE ARGENTINE. 7
Ainsi se sont passes les choses lors de l'invasion indienne
de 1876, don't la d6pr6dation, 6valu6e au depart a 2 millions
de piastres fortes (10 millions de francs), a Wt6 r6duite, par
les reprises, a moiti6 de ceote perte.
Le nouveau systlme de defense ne fait pas imm6diate-
ment table rase de la ligne actuelle fortifile, laquelle com-
mence au pied des Cordilleres, et aboutit A un gu6 du Rio
Colorado sur le chemin de Bahia-Blanca A Patagones, cou-
vrant, sur une longueur de 300 lieues, les provinces de
Mendoza, San Luis, Cordoba et Buenos-Aires. Divis6e en
neuf sections, elle s'appuie, dans le d6veloppement de sa
course vers l'est, depuis le fort Sarmiento jusqu'a celui de
Nueva Roma, sur les commanderies de Lavalle, Paz, Blanca-
Grande et Curumalal. Chaque chef de section occupe un
petit camp fortified avec le gros de ses troupes; des postes
d'observation, 6galement fortifies, sont 6tablis A 8 lieues
espagnoles (40 kilom.) de distance les uns des autres.
La derniere irruption des Indiens ayant d6montr6 l'insuf-
fisance de cet ensemble de dispositions strat6giques, le gou-
vernement argentin n'a plus h6sit6 A ex6cuter, sous l'habile
et 6nergique impulsion du ministry de la guerre, le colonel
Alsina, le plan de defense herm6tique des frontieres que la
difficult des temps avait force de laisser a 1'6tat de project.
Au trac6 militaire decrit ci-dessus, d'une longueur de
150 lieues entire les forts Sarmiento et Nueva-Roma, a 61t
substitu6 un trace presque direct entire les memes points et
d'une longueur de 90 lieues seulement. La nouvelle ligne
de frontiBre s'avance jusqu'a Withalobos, Tranquelauquen,
le lac del Monte, Carhu6, Phuan, enfermant derriere elle
plus de 2,000 lieues carries d'excellentes terres (1).
Comme defense, elle sera pourvue d'un chapelet de for-
tins, arms de canons, et pr6c6d6s d'un foss6 rgniant sur
toute la longueur comme obstacle a toute charge de cava-
(1) Voir la carte de la pampa argentine et des nouvelles limits mili-
taires centre les Indiens..










8 LES PAMPAS DE LA REPUULIQUE ARGENTINE.
lerie. Les postes sont d6jh mis en communication par un fil
6lectrique, partant du minister de la guerre, pour l'6change
rapide des correspondances.
Comme combinaison strat6gique, on aura enlev6 aux
Indiens les pAturages, tels que CarhuB et la lagune del
Monte, ot leurs chevaux pouvaient prendre des forces et
leur servaient do campement pour une expedition an mo-
ment favorable.
Ce plan sera compl6t6 par le choix de points de defense
naturels sur les rivibres aux bords escarp6s, et notamment
sur le Rio Colorado et le Rio Negro, forqant ainsi les
colonnes enemies A aller chercher des gues obliges.
Tout est done conqu pour garantir d6sormais une s6cu-
rit6 parfaite des terrains occup6s et amener graduellement
la soumission des indigenes. La pacification reste dans des
conditions trop precaires lorsqu'elle repose, comme on I'a
essay, sur le service de tributs concedes et sur la foi de
traits d'amiti6 avec des caciques don't on ne peut surveiller
les men6es, on bien lorsqu'elle n'est que le r6sultat de chA-
timents toujours incomplets a l'6gard d'un ennemi qui a
pour retraite le desert et ne laisse derribre lui que de rares
toldos et tolderias, habitations et villages tellement diss6-
min6s qu'une tribu occupe souvent une superficie de plu-
sieurs lieues. II faut aller droit a la soumission de ces peu-
,plades insaisissables, et le mode le plus efficace du compelle
intrare consiste, comme le veut le dernier systeme de
defense, A refouler les Indiens au delh de la pampa fertile
et vers les territoires deserts. R6duites, par les measures
militaires, a l'impuissance de piller, reduites aux products
dela chasse pour nourriture et pour le commerce des peaux,
cuirs, plumes, etc.; r6duites enfin h la dispute de rares
piturages, sources, l'une et l'autre, de guerres incessantes,
les tribus de la pampa, Pinzen, Ranqueles et Pehuenches
scront forces de se faire les h6tes de leurs voisins civilis6s,
en attendant que l'exemple du travail et du bien-8tre, qui en










LES PAMPAS DE LA B PUBLIQUE ARGENTINE. 9
est le fruit, les ambne a devenir tout 4 fait Argentins.
Ma formule de pacification, la soumission, contrast vir-
tuellement, je dois le dire, avec les id6es humanitaires
qu'une plume estimbe exprimait dans le num6ro du 5 avril
1877, Revue des Deux-Mondes. Cette plume est celle de
M. Emile Daireaux.
Il y 6tait dit, en effet, ( que toute tentative violent, en
dehors de l'instrument de travail, mis aux mains de l'In-
dien pour f6conder le sol et le preparer pour les descen-
dants r6g6ndr6s, devait entrainer la ruine de ceux qui s'y
sacrifieraient, sans avancer d'une heure la conqudte des
territoires pampeen et patagonien, qui, l'Indien disparu,
resteraient d6peupl6s, faute d'offrir A la'race blanche les
conditions d'habitat qu'elle exige; mince profit, ajoutait-
on, qui ne saurait excuser la destruction d'une race hu-
maine, qu'il serait injuste autant que nuisible d'arreter
dans l'accomplissement de ses destinies. e
II a ,chapp6 A l'auteur de ce language philanthropique qu'en
fait de tentatives pacifiques tout a Wt6 pratiqu6 : tributs,
dons utiles et de luxe, traits d'amili6, tout a 6td offert et
fidelement rempli d'un c6te, accept ct deloyalement ou-
bliu de l'autre c6t6. a
II lui a echapp6 que tout criminal, en revolte contre la
loi et la patrie argentines et en rupture de ban, devient le
frere d'armes des Indiens dans leurs hostilit6s.
II lui a 6chapp6 que, dans les invasions, les pillages de
la fortune des estancieros n'est pas le seul m6fait des In-
diens, mais que le sac s'6tend au rapt des femmes, livrdes
ensuite A la souillure des moeurs indiennes, et au rapt des
enfants, voues h la degradation de la vie sauvage.
AprBs les brigandages de 1867, renouvel6s en 1876, sou-
mettre 1'ennemi, n'est-ce pas dans les droits de la 16gitime
defense?










10 LES WIPAA DX LA R9PUBLIQUE ARGENTINE.


II

LA PAMPA.

Maintenant que la pampa de Buenos-Aires est ferm6e A
l'agression indienne, et qu'une nouvelle zone territorial
de plus do 2,000 lieues carries est mieux garantie au tra-
vail ogrioole; maintenant que le nouveau system d6ferisif
prot6gp les rives inf6rieures du Rio Colorado et du Rio Ne-
gro, nous allons porter nos investigations sur cette region.
Puisque nous devons p6netrer sur un coin do territoire
pamp6en, disons ce que l'on entend par ce mot g6n6rique.
La pampa (mot indien qui signifie plaine), d'une super-
ficie d'euviron 650,000 kilombtres carr6s suivant les rap-
ports dignes de fois parait Otre, dans sa formation, le pro-
duit d'u violent entralnement diluvien, inclinant du
nord-ouest (les Andes) au sud-est, entire 310 et 390 de
latitude sud, etj57 et 68 de longitude. Elle forme un
vaste continent g6ologique, g6n6ralement argilo-siliceux,
que le Rio Parana et le Rio de la Plata barnent A l'est, don't
la limited occidentale touche a la formation del Monte (les
Andes et leurs' ramifications), celle du nord au Grand-
Chaco, et qui se Iermine A Bahia-Blanca.
Telles sont les grades ignes de demarcation de ia pampa
argentine provincialement divisee; c'est dire que nous lais-
sons en dehors le territoire paimp6en argentin, occupy par
les Indiens au del& des frbntires militaires, et celui de la
Patagonie..
Parmi les documents. gdolbgiques recueillis sur la struc-
ture du sol pamp6en, les:plus exacts paraissent 6mai6s du
savant directeur du mus6e d'histoire naturelle de Buenos-.,
Aires, M. Burmeister. II a pu constater la superposition de
cinq couches differentes de terrain : la premiere superfi-









LES PAMPAS DE LA RBPUBLIQtJE ARGENTINE. '1
cielle, peu 6paisse, compose d'alluvions modernes, la
deuximme diluv.ienne, les deux suivantes tertiaires, et la
cinquibme sedimentaire, form6e de roches m6tamorphi-
ques,
Les perforations pratiqu6es sur divers points pr6sentent
le meme systhme de construction de la pampa avec cer-
taines differences d'6paisseur des couches, don't la plus va-
riable est celle des alluvions.
La pampa n'est point uniform dans ses degrees de fe'ti-
lit6. La parties appel6e la pampa fertile, celle ohl nous con-
duirons exclusivement le lecteut, est une continuation du
bassin du Parana, auquel elle s'unit au 320 de lat. sud, puis
s'6tend jusqu'a la latitude de la sierra Ventana et de Bahia-
Blanca. Cette plaine, presque sans accident de terrain, est
g6n6ralement couverte de hautes graminkes touffues, qui
forment, surtout dans la province de Buenos-Aires, des
prairies semblables a cells de quelques contr6es de 1Alle-
magne septentrionale, excellentes pour le b6tail.
Plus au nord-ouest, on rencontre la pampa sterile, et
au nord-est commence le terrain bois6 du Grand-Chaco.

III

SLe climate de la formation pamp6enne est principalement
caractdris6 par l'irr6gularit6 des pluies abondantes qui
tombent dans toutes les saisons; I'absence absolue de bois
forestiers est aussi le caractbre marque de la pampa, non
pas cependant que les arbustes et les arbres de culture,
comme les arbres fruitiers, n'y croissent et ne s'y multi-
plient facilement. Tous ceux de France se sont propages
merveilleusement, surtout depuis une vingtaine d'anndes,
dans les nombreuses quintas qui peuplent, A 50 kilombtres
A la ronde, les environs de Buenos-Aires; aussi le jardinier
frangais y est-il tres-appr6ci6 et bien retribu6.
Quant au picher, introduit dans ces contr6es longtemrps










1t2 LES PAMPAS DE LA REPUBLIQUE ARGENTINE.
aprbs la conqu6te, il s'est tellement reproduit partout
qu'on le prendrait pour un arbre indigene.
On sait quel r6le important la ve6gtation forestibre joue
dans la salubrit6 d'une contr6e, et l'on pourrait se prepccu-
per, a ce point de vue, de la salubrit6 de la pampa, si un
vent sud-ouest, nomm6 pampero, justement appreci6, ne
se chargeait de remplir cette function en apportant de la
gorge des Andes un air toujours pur.
Ce vent, apres avoir traverse la pampa (plus de cent
lieues) sans rencontrer aucun obstacle, vient quelquefois
s'abattre avec fureur sur les bassins du Parana et du Rio de
la Plata. Ce ne serait pas donner une id6e suffisante de sa
violence que de parler des arbres qu'il reverse sur les bords
do ces fleuves; mais je dirai, chose A peine croyable qu'on
a vu des batiments de plus de cinq cents tonneaux jets sur
le rivage par le pampero. Ajoutons cependant que, malgr6
ses ravages, les habitants du Rio de la Plata l'appellent
souvent de leurs vceux; c'est qu'en effet il chasse devant lui
tous les miasmes d61ltbres et garantit ces contr6es privil6-
gides de toutes les maladies terrible qui ravagent p6riodi-
quement d'autres parties de l'Am6rique. II purifie l'atmo-
sphere, en dissipant ces chaudes et 6nervantes vapeurs ve-
nues des regions tropicales, vivifie la nature et donne au
ciel cette limpidit6 transparent du ciel d'Orient.
La pampa est un ocean de verdure came et uni, mais
imposant par son immensity et par les f6condes richesses
qu'on sent qu'il recle. C'est une veritable prairie, don't les
chevaux se sont empar6s tout d'abord et oh I'herbe se pro-
duit sans l'intervention de l'homme.
Plus privilegiee que les immense plains herbeuses du
centre de l'Ambrique du Nord, que ne visitent point les va-
peurs salines de la mer et don't la v6egtation luxuriante
laisse fade la chair des animaux, la terre alluviale pam-
peenne, parsem6e de nombreuses lagunes salves, traverse
par des rivirres sales (rios saladss, qui se ramifient en










LES PAMPAS DE LA RfPUBLIQUE ARGENTINE. 13
branches multiplies, cette terre infuse h l'herbe une sa-
veur saline tres-recherchbe par les animaux, au grand profit
de leur chair comme quality.
Les quelques chevaux et vaches imports s'y sont multi-
plies rapidement et ont form d'eux-memes A la longue
d'immenses troupeaux. Les dispositions favorables de la
pampa en ont fait naturellement le si6ge privilegi6 de la
grande industries pastorale qui a fond ces nombreux sala-
deros, lesquels ont enrichi et continueront A enrichir des
milliers de colons, chefs d'industrie et ouvriers.

IV

Le vaste pays de 2,000 lieues carries (10,000 kilomrtres
carr6s), oi le colon pent aujourd'hui planter sa tente avec
s6curit6, ne diffbre des parages que nous avons d6crits ni
pour 1'aspect ni pour la quality. Le territoire de la pampa
est sans doute destine h rester principalement un pAturage;
n6anmoins l'argile calcaire du sol pamp6en et les sediments
salins qui entrent aussi, avec le sable, dans sa composi-
tion, permettent de transformer certaines parties en champs
cultiv6s, tres-productifs en c6erales et en p6pinibres abon-
dantes.
Ce serait une erreur de se representer la pampa come
une plaine unie d6pourvue de vall6es et d'accidents de ter-
rain; le sol au contraire est ondul6 et ces ondulations sont
de la plus grande importance pour l'habitant de ces con-
trees; bon nombre des vall6es rappellent, par leur consti-
tution, leur aspect et leur fertility, les riches vall6es du Nil.
L'immigrant europ6en, don't les aptitudes sont plus par-
ticulibrement agricoles, peut croire, a la vue de ces planes
sans limits, que la nature les a exclusivement r6serv6es
aux troupeaux. I1 ne tarde pas a reconnaitre qu'elles sont
6galement propres agriculture. Ce qui s'est pass, h cet
effet, dans la pampa de Santa F6 et dans la pampa~ interieure


'-~~irrrrre~-rpbr~gg~IPIC*IOC~I~









4 ULES PAMPAS DE LA RPDBLIQUE ARGENTINE.
de Buenos-Aires, oh pullulent de riches estancias entour6es
de champs de bl6 et de florissantes colonies, so renouvellera
dans la pampa australe de la r me province.
Le gouvernement de la province de Buenos-Aires encou-
rage dans la pampa la culture du bl6 par des distributions
gratuites de semences des meilledres qualit6s, qui ne se sont
pas 61eves A. moins de 150,000 francs dans ces dernibres
annes. 11 y a 1A, en effet, 1'avenir d'exportations toujours
croissantes de farines, qui d6ja se placent si avaniageuse-
ment sur les marches du BrDsil.
Les colonies sont gen6ralement dtablies dans des canadas,
vallees au fond desquelles se trouvent de petits lacs qui
fournissent 1'eau n6cessaire aux homes et aux animaux.
A dMfaut, le forage de puits permit de trouver reau & peu
de distance de la superficie (3 A 5 m6tres), soui la couche
argilo-siliceuse; e'est 1& que se tient, en permanence, la
nappe aquatiquea ntretenue par I'infiltration naturelle des
:eaux pluviales et la p6n6tration souterraine de certaines
rivieres appartenant A la lisirre sup6rieure de la pampi,
don't les courants disparaissent plus ou moins compjltement
dans les terres. Ce drainage est favoris6 par la pente na-
turelle da la pampa du nord-ouest au sud-est; en effect,
quoique l'inclinaison de la pampa paraisse nulle A la sur-
face A cause de.son imiensit6, cependant elle ressqrt 6vi-
demrnent des gradations dbcroissantes d'altitude de Men-
doza, au pied des AMdes (772 metres) et du Rio Cuarto
-(414 metres), point A peu pres interm6diaire entire Men-
doza et Buenos-Aires.

V

Deux sortes de vegetations herbacBes semblent se partager
la surface de la :pampa. Dans les vall6es apparaissent des
pAturages tendres et fleuris, tels que le pourpier de varieties
diverse, les verveines7es ombellirfres, lee papilionaces,










LES PAMPAS DE LA R6PUBLQtfE ARGENTINE. 1.
les euphorbiaces, etc., qui sont un paturage excellent pour
engraisser le b6tail.
A c6t6, le sol des petites l16vations de terrain est plus sec,
et la vegetation qui le recouvre pr6sente l'image d'un vaste
damier de louffes compacles et isolees de grimin6es seches
et dures, donnant a la pampa I'aspect d'une prairie de cou-
leur tres-varie: suivant la saison; noire au printemps apres
avoir brfl6 les touffes de l'annee pr6ecdente, vert bleuatre
et clair quand apparaissent les jeunes feuilles, vert fonc6
lorsque la plante acquiert de la force, et enfin blanche
comme de argent, lors de la floraison.
Toulefois le package des brebis change le caractere de ces
surfaces de la pampa; les herbes isol6es et dures font
place a un gazon compact, form d'herbes moins hautes;
c'est ainsi que la parties de la pampa comprise entire Bue-
nos-Aires et le Rio Colorado a 6tW completement modiflbe.
Les troupeaux de vaches et de chevaux ne peuvent se
passer du paste duro, le seul qui puisse les maintenir pen-:
dant l'hiver. Pour cette raison, une bonne exploitation doit
comprendre les deux classes de terrain.
Des roseaux et un grand chardon (eryngium) croissent
abondamment sur les bords des ruisseaux. Les chardons
de haute taille, appeals abrojos, forment des vastes fourr6s
6pais don't les animaux, chevaux, bcaufs et moutons re-
cherchent l'ombrage pendant la grande chaleur du jour,
h ce point que la plaine, garnid g6neralement de nombreux
troupeaux, semble d6serte a certaines heures. L'arbuste
6pineux lui-meme procure une certain nourritji au goAt
des bates A comes; mais l'inconv6nient pour le mouton
est qu'il sorte de ces buissons la toison impr6gne de pi-
quants, cause d'une depreciation notable de la laine, avant
l'6puration encore incompl6tement pratiquee dans le pays.
L'absence d'arbres dans la pampa est un probleme d'au-
tant plus strange que le sol est trbs-propre A la sylvicul-
tuire. On aurait djit pu planter en grand nombre certaines










4A LES PAMPAS DE LA REPUBLIQUE ARGENTINE.
families d'arbres, qui donneraient du bois de chauffage, si
le besoin s'en faisait sentir; mais les m6nageres des champs
(chinas) renonceraient difficilement a I'habitude de bruler
les fientes de b6tail.
Cependant, dans ces dernieres ann6es, quelques pro-
pri6taires ont donn6 un excellent example par de nombreuses
plantations qui ont admirablement r6ussi; nous citerons,
entire autres, MM. Leonardo Pereyra et Emilio Duportal.
L'estancia de M. Pereyra, situ6e sur l'arroyo de las Con-
chitas, a 40 kilometres de'Buenos-Aires, n'a pas moins de
cent mille eucalyptus globulus, arbre d'Australie, d'un su-
perbe feuillage qu'il conserve toute l'ann~e et d'un bois
excellent pour la construction; d'ailleurs toutes les espkees
d'eucalyptus prosperent sup6rieurement dans ces contr6es.
L'estancia de M. Duportal est bien plus Bloignee de Buenos-
Aires, dans cette mime province. Sa principal plantation,
dgalement d'eucalyptus globulus, rivaliseavec celledeM.Pe-
reyra. Ces plantations datent d6ej d'une dizaine d'ann6es.
L'ombu (pirunia dioica), A l'envergure majestueuse, don't
le bois est sans valeur, mais fort appr6ci6 pour son ombrage,
n'existait pas non plus dans la pampa quoiqu'on le rencontre
partout sur les rives de la Plata. Get arbre est aujourd'hui
r6pandu dans un certain nombre d'estancias de la region
pamp6enne.

VI

Comme toutes les terres d'alluvion, celles de la pampa
sont d6nuses de roches propres a la construction, sauf cer-
tains bans 6pars de schiste, que la nature rend particulie-
ment convenables pour la maconnerie des puits; mais l'ar-
gile meme, qui forme la structure sup6rieure de la pampa
additionn6e de la fiente d'animaux, compose un excellent
mortier, imp6entrable a la chaleur comme a l'humidit6.
On en construit A peu de frais des habitations (ranchos),










LES PAMPAS DE LA REPUBLIQUE ARGENTINE. 7
pareilles B cells qu'occupent les habitants de nos contr6es
les plus riches en paturage de la Normandie et de bicn
d'autres provinces. Pour couvrir ces bAtisses, on a sous la
main une paille naturelle, bien superieure pour la r6sis-
tance aux chaumes en usage en France.
C'est dans ces modestes demeures que l'on peut 6tudier le
vrai caractbre national. On y trouvera, comme l'a vu l'au-
teur de ce recit, 1'antique hospitality biblique, I'affabilit6
pour l'6tranger, la g6n6rosit6, la sobriety, l'amour de la
patrie et la bravoure; la bravoure, quality qui, chez 1'Ar-
gentin, n'est surpassde par aucun people repute brave.
Quant a la question social, voici ce qu'6crivait, le 22 mars
dernier, un notable colon franqais recemment install dans
la pampa : ( Quoique je voie dans les institutions bien dcs
motifs de se plaindre, j'en vois bien davantage pour es-
p6rer. Le danger pour cette society n'est pas, comme chez
nous, dans la racine. J'y vois bon nombre d'enfants qui se
querellent, je n'y vois pas de classes sociales qui se haYssent.u
Lorsque l'on parole d'un people 6loign6, on recherche de
pr6ference le temoignage d'hommes auxquels une longue
residence donne l'autorite de l'expdrience; mais l'impres-
sion d'un d6butant a peut-6tre davantage le m6rite de
mieux refl6ter la nature prise sur le fait (1).

VII

L'aperqu topographique que nous venons de tracer a
seulement trait h la pampa que l'on pourrait appeler la-
pampa civilisee, an sud-ouest de laquelle se trouve la
pampa occup6e par les Indions, et don't les rapports les
plus recents 6valuent la superficie' a 80,000 kilometres
carr6s. Ces memes rapports ajoutent que l'on ne connait

(1) La RNpublique argentine d l'Exposition de Philadelphie, par don
Ricardo Napp et plusieurs collaborateurs. 1 vol. avec cartes, grand in-8o.
Buenos-Aires, 1876. Get ouvrage, oi j'ai puis6, est excellent A consulter
pour les details compldmentaires.











18 LES PAMPAS DE LA RBPUBLIQUE ARGENTINE.
que tris-superflciellement le sol de cette pampa; on pr6-
sume qu'il est g6neralement propre A la culture et a l'616ve
du b6tail, parce que la plupart des tribus qui l'habitent y
ont des demeures fixes. On connait cependant l'existence
de nombreux deserts (campos esteriles) et de nombreuses
salines. C'est sur cette terre que devra se projeter un jour
]a force extensive de la R6publique argentine, en proc6-
dant d'abord par 1'Ntablissement d'oasis espac6s de maniere
h servir d'6tapes aux colons cultivateurs. Cette conquete
agricole est la tache des pionniers de 1'avenir.
La pampa, par sa constitution g6ologique et sa produc-
tion spontan6e, a 6t6, a bon droit, et ne cessera d'etre la
mere toujours f6conde de l'industrie pastorale, laquelle a
W6t, jusque dans ces dernieres annies, la source princi-
pale des exportations commercials argentines en lines,
graisses, siifs, peaux, cuirs, crins, etc. De nouvelles des-
tin6es semblent s'ouvrir pour cette industries par le trans-
port en Europe de viandes fraiches (1) conservees par le
proc6d6 frigorifique Tellier, et par la vente des chevaux,
dbjh l'objet d'un march pass, en 1876, apres essai, avec
le ministry de la guerre en France. On se souvient, dans ce
d6partemnit ministeriel, qu'en 1859 on avait besoin, pour
la guerre d'Italie, de 56,000 chevaux de sell; h peine put-on


(1) Jusqu'A present, il n'a 1t6 export que des viandes s6chies A l'air on
saldos; celles-ci, prdpar6es d6fectuousement dans les saladeros. Cette viande
n'est pas recherchlie ct so vend sculement au Be6sil Ct A Cuba, oil elle sert
de nourriture aux esclaves; c'est la came tasajo. II est A present reconnu
quo cette nourriture est infiniment pr6fdrable A celle de la more sale,
don't se composait, A une 6poque peu 6loign6e, la prin&ipale alimentation
du n6gre. Ii est parfaitoment d6montr6 que l'ouvrier nourri de tasajo
est capable d'un travail double de celui qui n'a pour ses repas que de
la more.
L'autre mode de conservation consiste A couper la viande en trenches
minces (environ 1 centim6tre d'6paisseur) et de la faire secher au solcil,
apr6s I'avoir saupoudr6e; c'est le charque dulce. Cette viande se rencontre
peu dans le commerce; elle est cependant fort appr6cide dans certaines
countries, notamment au Chili.










LES PAMPAS DE LA RIPUBLIQUE ARGENTINE. 19
en rassembler 12,000. MOme insuffisance en 1870. Pendant
la guerre de cette 6poque, on ne put acqu6rir en France
que 20,000 chevaux, et combien de mauvais! Que d'efforts
a fire avant que la France parvienne a poss6der des che-
vaux, non pas dans la proportion de 22 pour 100 habitants
comme en Russie, mais seulement dans celle de 9,1 par
kilometre carr6 comme en Angleterre.
Lorsque, dans cette condition, I'industrie national fait
une concurrence si vive A la cavalerie militaire pour le
besoin des transports secondaires, quel d6bouch6 ne trou-
verait pas, en France seulement, I'exportation du cheval
argentin, r6put6 infatigable!
Aujourd'hui le gouvernement belge s'occupe de doter son
arm6e de cet excellent cheval de remote. Quelques vapeurs
ont 6galemcnt transport en Angleterre un certain nombre
de ces chevaux, don't la vente aux encheres a atteint les
memes prix en Belgique, 800 francs en moyenne (1).
Au reste, introduction pour croisement, dans ces der-
niires ann6es, d'6talons hnglais et percherons ne contri-
buera pas peu au perfectionnement du cheval argentin.
Voil done une nouvelle branch de commerce qui va se
d6velopper entire 1'Europe et la R6publique argentine.
Toutefois la pampa de Buenos-Aires, bien protegee par
les frontieres militaires de l'ouest, serait commercialement
prisonniere h d6faut de voies de communication sans les-
quelles un pays est ferm6 aujourd'hui. Tel ne sera point
son sort. On voit, en effet, partir en rayons, de Buenos-
Aires et de Rosario, divers chemins de fer appel6s A des-
servir les parages que nous venons d'explorer. L'ensemble
de ces voies constitute deja un r6seau de 2,138 kilometres.
Ces lignes sont pi~tes a p6n6trer dans la pampa jusqu'A la
frontiere militaire pour r6pondre au besoin progressif du
commerce et des populations.
(1) Compte rcndu d'une vente r6cente de 80 chevaux au Welch Harns
farm, pres Londres, par le journal Bell's Life in London (may 1877),










20 LES PAMPAS DE LA REPUBLIQUE ARGENTINE.
Des maintenant il est question de la prolongation, h
partir de Brogado, du chemin de fer provincial de l'ouest
jusqu'd Guamini, point central du territoire r6cemment
conquis et situ6 i environ 50 kilometres du nouveau fortin
Carhu6.

VIII

RIVES DES RIOS COLORADO ET NEGRO.

Nous avons vu que les course du Rio Colorado et du Rio
Negro entraient dans le system d6fensif des frontieres
militaires sud-australes. Si leurs rives out une valeur stra-
t6gique, elles ont une valeur de culture plus grande encore,
et, pour les explorer, nous quitterons la pampa provincial
de Buenos-Aires et nous entrerons sur les terrains natio-
naux de la Patagonie.
Le Rio Colorado, qui prend naissance entire 34 et 350 de
latitude sud, se jette dans I'Ocean A pe'u pres sous 400 de
latitude sud.
Le Rio Negro, don't les sources sont comprises entire 360
et 410 latitude sud, se jette dans l'0cian par 410 de latitude
sud.
Ces deux course d'eau coupent done paralllement la
Patagonie des Cordilleres A l'Oc6an, en laissant entire eux,
au nord, une tranche de terre de 150 kilometres environ de
larger.
Le gouvernement argentin a port la limited interprovin-
ciale projetee at 200 kilometres environ du littoral, et per-
pendiculairement au course de ces deux fleuves, et c'est A ce
paiall6logramme que nous bornons nos indications.
Le Rio Colorado coule dans des ravins 6troits; mais a 10
ou 15 lieues de la c6te, son bassin s'6largit de plus en plus
jusqu'h la mer. La fertility de sa valle est plus grande, sa
v6g6tation plus abondante que celle des meilleurs parages
de la Patagonie; mais elle perd beaucoup de son importance










LES PAMPAS DE LA REPUBLIQUE ARGENTINE. 21
par son peu d'6tendue, et d'ailleurs les terres de la vall6e
de cette riviere ont 6t6 presque toutes conc6d6es.
La vall6e du Rio Negro est, au contraire, large et d'une
grande fertility sur tout le parcours de ce fleuve magistral.
En amount se trouvent les forts de pins, les bois de pom-
miers et des richesses v6ge6tales en grand nombre.
Une lisibre forestiere de talas, arbre de la famille des
mimos6es, court parallblement A l'Atlantique A. partir de
l'estancia de la Postrera (100 kilometres sud de Buenos-
Aires) jusqu'a Montes Grandes (1) (80 kilombtres sud de la
ville de Dolores. Apris une interruption d'une trentaine de
kilomntres, des talas apparaissent de nouveau, toujours a
2 ou 3 kilometres de l'Oc6an. Cette ceinture bois6e se con-
tinue sur lun et I'autre bord du Rio Colorado, et enfin,
apres un parcours de 300 kilometres, va se perdre dans
une lagune, A une petite distance de la rive gauche du Rio
Negro. Le tala est justement appr6ci6 pour son ombrage
frais et pour l'emploi de son bois 6pineux en culturess (2).
La vall6e du Rio Negro est arros6e par des d6bordements
p6riodiques. Les territoires de cette vall6e sont r6put6s
comme pouvant recevoir une nombreuse migration, et
sont d6jh peupl6s, sur une 6tendue de 25 kilometres envi-
ron, de chaque c8t6 du fleuve. Ils offrent, sous un climate
semblable A celui du nord-ouest de l'Europe, toutes les
conditions n6cessaires pour la culture des c6rbales et cell
de la vigne. Des essais de culture de la vigne ont 6t6 cou-
ronn6s d'un plein succes. Ce fleuve pr6sente aussi les plus
grands avantages sous le rapport de la navigation.

IX,

Le c6bt militaire de notre relation, sur les nouvelles fron-
(1) Monte est le mot espagnol don't on se sert g6neralement, dans ces
contrecs, pour designer tout territoire boise.
(2) Il existed plusieurs esp6ces de tala : les plus communes, dans cette
partic de la region pamp6enne, sont le celtis tala et le celtis sellowiana.










t2 LES PAMPAS DE LA REPUBLIQUE ARGENTINE.
tiUres militaires et les pampas argentines, resterait peut-.
6tre un peu trop thWorique encore aux yeux de 1'tranger
qui tenterait la fortune de la colonisation, si nous ne la
completions par un document de prise de possession du
sol argentin, si riche par sa nature et si desert par sa
population que 1'on compete A peine 1 habitant par 2 kilo-
mitres carr6s : c'est la loi, votee en 1876, oi sont 6dictds
les avantages faits aux premiers colons de ces terres nou-
velles :
Avance du prix du passage (1).
Don de 100 hectares a chacune des cent premieres
families d'agriculteurs.
Vente de terrains & raison de 10 francs l'hectare (2 pias-
tres fortes) payables par 10 a partir de la 3 ann6e et
sans int6rets.
Avances de vivres pour une annee au moins.
Avance du b6tail n6cessaire, ainsi que des semences et
des instruments aratoires et construction d'une maison.
Exemption d'imp6ts pendant dix ans.
Prime de 10 piastres fortes (50 francs) pour chaque mil-
lier d'arbres de 2 ans plants par les colons.
On announce le project, par la grande speculation, d'un
transport en ces parages de la race chinoise, qui fournit
des ouvriers si actifs, si laborieux et si sobres.
Ce n'estpas avec indifference que l'on pourrait voir l'Asie
prendre place pour sa population et pour son commerce,
au milieu d'une race latine, comme celle de 1'Europe cen-
trale et m6ridionale, djiA vieille dans. I'adoption de nos
mmeurs, de nos arts, de notre civilisation et de tous nos
products.
Jusqu'A present, c'est A la R6publique argentine, apres
les Itats-Unis, que s'est rendu le plus grand nombre d'6mi-
grants europeens, surtout ceux de race latine.
(1) Comme toute depense de 1'Etat, celle-ci est susceptible d'etre regl6e,
chaque annie, par la loi du budget.










LES PAMPAS DE LA REPUBLIQUE ARGENTINE. 23
La mission de la geographie est de prendre l'homme par
la main et de le conduire 1I oh un coin de la terre est a
peupler et A fertilizer. J'ai voulu etre son fiddle disciple en
consacrant quelques pages A une contr6e ou des milliers de
tentes peuvent etre plant6es avec une s6curit6 qut ne
s'achete par aucun sacrifice de liberty.


APPENDICE.

On s'est demand comment s'6tait form6e, dans la pampa,
cette population chevaline et bovine A l'6tat sauvage, tres-
considerable il y a quelques ann6es, et qui n'existe plus
aujourd'hui.
Ce serait une erreur de croire que ces animaux appar-
tiennent a une production primitive et naturelle du pays;
ils ne sont que la post6rit6 des animaux imports, A diff6-
rentes 6poques, par les conqu6rants et les colons espa-
gnols.
On peut dire que la propagation de la race sauvage est
le fait de deux fl6aux. Le premier a et6 ces grandes s6che-
resses, heureusement exceptionnelles, qui forgaient les
propri6taires (eslancieros) A lAcher les bestiaux a la quote
de paturages frais et de sources d'eau, qu'ils n'atteignaient
souvent qu'A des distances de cinquante A soixante lieues,
et d'oi bon nombre ne revenaient pas.
Un autre fl6au a Wt6 momentanement d'une action plus
puissante encore : ce furent les measures dictatoriales de
Rosas de 1831 a 1852. Ce Domitien argentin, se faisant le
plagiaire du farouche empereur remain dans ses cruaut6s
envers les personnes, dans la spoliation des propri6t6s
privies, jusque dans ses insanit6s de divinisation, fermant
les temples ou son image ne figurait pas A cot6 de celle de
la Divinity (Dominus, Deus noster), d6crlta tous les chevaux
materiel de guerre et propriety de l'Etat, pour s'en emparer.
ExaspBr6s par ces exactions, les estancieros ne garderent










24 LES PAMPAS DE LA RBPUBLIQUE ARGENTINE.
que le nombre rigoureusement n6cessaire aux besoins de
leur exploitation et chasserent le reste dans la plaine.
Ce gros noyau d'exil6s, abandonn6 pendant plusieurs
ann6es A la vie errante, devait naturellement turner a l'6tat
sauvage avec sa nombreuse procreation, mais non sans
d6g6n6rescence; aussi, aprss la chute de Rosas et la security
rendue a l'industrie pastorale, vit-on s'organiser de nom-
breuses chasses oh les chevaux sauvages furent abattus par
millions pour le seul traffic des peaux et de la graisse.
Actuellement, lorsque des secheresses exceptionnelles
obligent a mettre momentan6ment les animaux en liberty,
ils portent tous une marque propre A chaque domain et
d6clar6e a l'avance A la police, ce qui permet de les reinlt-
grer aux mains de leurs possesseurs 16gitimes.
Grace A cette sage measure et A la tendance qu'ont les
animaux A revenir a leur paturage d'origine (la querencia),
tout en recrutant dans leurs rangs certain cong6neres
du desert, le cheval sauvage a entibrement disparu dans
les pampas.


tnARS. IMPIhMERIE DE B. MARTINET, RUE MIGNON, t
















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