Title: Opinion de M. Dallarde, sur la fabrication des assignats de 5 livres
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Title: Opinion de M. Dallarde, sur la fabrication des assignats de 5 livres
Alternate Title: FRP: 0047
Physical Description: Book
Language: French
Publisher: L'Assemblee Nationale
 Subjects
Spatial Coverage: Europe -- France -- Paris
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Bibliographic ID: UF00000733
Volume ID: VID00001
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: notis - X

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OPINI ON

: DE M. ALLAR DE,

Sur la fabrication des assignats dc 5 livres ;

IMPRIMuS PAIL ORDRE D& L'.SEIMBItE NATIONAL.-


-oi0






'SSIEURS,


M. Rabaut de Saint Ptienne vous a proof I'r-
miiion de petits allignats ; fur de premiers apercu;
-t fur des Wbaes inexades il a dleve un IMlime qiie
r m, dioquence' a redlu fpdcieux; il I'a appuve de
.raifohneimaes qi ne doirent lear force qu'a la puretd
,d4;lpr..fource le patriotirne.
Et moquffi, j'embraffe les flatues de la patrie & de
ja loi; je vous crie en leur nom : ne comnmeitez pas
Wne erreu tfnefte que ddja plufieurs fois vous avez
repouffie, & notamment par votre decret qui a tfxd
a yo liv. Ic term de la division des allignnLs.
A







(2)
Je combattrai M. Rabsut, "adverfaire frop redou-
table, fans doute, s'il eut errd dans une matiere qui
lui fut plus familiere. Apresl avoir rendu fenfible une
contradidion que la magie Mu fl)le vous a peut- -rre
d6roble relevi des enreurs de fait qui ont conduit
a de falls indudious je dilcute.rai les.rpincipes.&
les ionl quences de c'dirigereux lftir~
M. Rabaut de Saint-Etienne attribue a la raretd du
num6raire l'aneantiffement du coi~tpirce dosFilj int
la-balance renv rcie. 11 ajoute cependant que les ma-
nufadures font fatigues de demands auxquelles
elles ne peuvent fuffire.
Ces deux affertions impliquent neceffairemetit con-
tradi&ion.
Preff6 d'arriver as. principes ie me contenterai
d'indiquer les cafes de la mort & de cette efpice de
rdfurrefion du commerce; ii a t&6 andanti dans les
premiers moments de la-rivolution. La crainte, la mal-
veillance, les migrations, la fupprel'ion des abus &
de richeffesfonde- fur ces abuse, out parlydi e luxe;
& une grande partLe d.foue -d cdfammatiaon
a 6t6 tarie: 1efpoir de la fupprelTion des imports perqus
a la circulation des marchandifes ajoutoit encore a
la Ifagnaton des fahbiqyus, . .... .
Vous avez, Meflieuts, ditruiLatonme lei entravas
inventces par le g~nie O'lcal; &riiinadifrie,.ernd6e
libre, a allidi: les rdiag~rns de fes demansdii; aemAd
les Ctrangers out eux -memes tir6 de. norafabriqlI,.
Ils acheenpt des lettres fur France g d.uio u 't-jlile
pour cent de perte, & fe procurent n6ia ihandjtqs en
jouillance de ce bKnifice : ainfi, ee'"qu' 'iTn labpee
les mauvais changes, favorir- le ldBit'de' .Ap -Mi
nufadures; ainli les ettangers ont adheit ppur'fix iitd-
Lons de toile des indes i la lademire vt-e de'notie







esmpagnie de FOrient, tandis que les anntes precd-
dentes i'Angleterre en avoit fourni a la France juFqu'a
la concurrence de quaratae millions.

Erreur de fait.

M. Rabaut &leve a douze cents millions le nu-
rmiraire mitallique d'Angleierre, & for numdraire-pa-
per A un milhard buit cents millions: total, trois mil-
liards.
La rdponfe rdcente de Pa) nne a Burke nous apprend
que d'apr's un rtlev6 exaa, faith par Chalmers, le
total du numnraire qui circule.dans la Grande-Bre-
lagne, ne monte qua vingt millions tlerbng, & le
dodeur Smith efl de cet avis : il pretend daidleurs
qu'on ne peut, dans un Etat faire circular ds bil-
lets de credit que jufqu'a moitiJ du numdraire cfTe lif
qui exifte; d'apre; cetie donnde, tout le numdraire
Ij6if de l'Angleterre nc monterolt qu'd dix millions
flerling ; mais ie fuppore qu'il foit legal au numeralre
riel, je fuppole meme qu il foit double ; ii n'en re-
fulieroit pas que le nunieraire en circulation dans
l'Angleterre fit de deux billiards.
Et quand on lui accorderoit cette donn6e, 'induc-
tion qu'il en tire n'en feroit pas rloins erronde, puif-
qu'il exile erite les deuL papers monnoie cette
nuance elTentiellement differenc;elle, que laI rdaliauon
du note eft conditionn-rlle a trmne indrfini, randis
que celui d'Angklerrr:c fi change A bureau overt.

.Disu ssion des principles.

L'honorable nmembre vous a dit que l'alivird du
commerce lpendoit de la miullpliclne du numdraire:
ce principle eft vrai quant au numinaire metallique,
A 2,






(4')
parce qu'il eft le plus pur, le plus imm diat figne-
d'char.ge; parce qu'ila une valeur rdelle, intrinse-
que & inddpendante de fa forme representative ; mais
on fe trompe en appliquant ce principe au numeraire-
papier, parce qu'll n'efl & ne peut etre qu'une pro-
mefre de payer ou un paitment fifif, don't la valeur
efl relative a fon hypotheque. Ainfi, tandis que l'un
repole fur les rapportsles plus invariables, I'autre ne
porte que fur la plus mobile des bales, la confiance.
Lorfque vous avez dccritd, Mellieurs, douze cents
millions d'alTigrats, votre fageffe s'eft propold pour
objet la facility de la vente des biens nationaux; vous
avicz pour but de nittre des capitaux en circulation
& de les forcer a venir s'ancantir dans la caifTe de
extraordinairee : remilfion de petils aflignats ef di-
reAten-ent oppol'e i ce hut ; tn entrant dans la cir-
culaltion, its en ont clhalfd 'argent : celii qui avoit
rvil1 livres en un feul alfignat & mille lives en
efp.ces anroit change Ion papier-monnoie centre
une valeur urniarielle ; mais des qu'on lui a dlvird
fon alTignat de mille lives en petites fommes qui-
valentes a fer befoins, il a gardr fon argent, & s eft
fervi de fes afignats potur fes dipenres couranies:
& I'on vous propolce une nouvelle division d'alTrgnats !
on reg.irde cc moveR conime l'unique remoide centre
la hauffe de Pargen!
Je rpond' a ce raifonnement par des faits.
SLe taux de largent s'ell toujours ldevr en raifon
de 13 quantlil de paper emnis. Lnrfqu'll n'y as oit que
cent foixante dix millions de billets de la caiffe d'ef-
comrpt.' en c lrirljti;n!o, .L difference de 'argent avec
le clIllki to.t e I pr.ir cent: on a tm;rs quatre cents
millions d'alfignats, & 'argent eft month a trois ou
quatre pour cent; on en a cree pour douze cent mil-
lions, & il s'fl elevd i lix pour cent. La nouvelle d'une






(5)
cmiffion en replacement de ceux qui ont dti brilds,
& d'une divifon en petites fommes, s'elf rdpandue au-
'dehors de cette affemblie & il a ddt potnd huit
pour cent, & nos changes ont fulvi cotte graation.
Je ne rdpondrai pas a ceux des partifans de ce
fyvleme, a !qui'l'engouement fait oublier que I'argent
elt le pivot de nos relations commercials avec I'd-
tranger, & qiui, ne voyant qu'autour d'eux, s'imagi-
nent pouvoir le remplacer; mais que peuvent centre
I'expdrience les metaphyliques raifonnemens des
autres ?
Je vais fuivre leurrvfleme dans fes confiquences.
11 el evident que les embarras qui exitlent dans les
changes, entire les perronnes quiont des alfignats de
cinquante liv., fe mutiplicroiententre cells beaucoup
plus non breufes qui recevrnient des alTignats de cinq I.
Les fabriquans n'acheteroient plus Iargent, il ell vrai;
mais, ce qui et uin plus grand mallieur, I'artifan, 'ou-
vrier, le pauvre I'acheteroient. Oterez-vouis a la clalfe
aife un fardeau qu'elle peut supporter, pour le faire
peer tout entier fur la clalTe indigete ? J'ofe vous le
dinoncer, ce fyflme come une conjuration des
r!chts centre les pauvres, don't jufqu'lci les droits ont
dtd pour vous fi facrts.
S. Et de pombien de difficulties n'eft-il pas enrayd!
Commerit n petit ddtailleur de comefibles
dans les marches, pourra-t-il faire tous les appoints
Et fi fa pdnurie s'y refufe,, il faudra qu'il arrive de deux
.-chofes' 'une: on que Iacheteur Ie pnve d'acheter, on
que le vendeur refuse de vendre. Dans s o les cas, le
cloven ell idfC. Qui peut en calculer les fuites ddfaf-
tre les ?
Si vous en fuppofez la circulation rapid, je vois
naitre de plus grands dangers. Fatigues, falis, rendus
-prefque miconnoiffables ils front plus alldment






C 6 )
conttrefAit: la fGmpliciti, 14 bhannefo, 'ignorance
rm6me do ptuple prlienteront un apdpde plus a des
fourbes habies; les.fignes caraddrifiques ne feront'
plus g6vtiaiemont fitils...
Joignez i ces confiderations 'ipldret que les en-
nemis du dehors & mrme diu dedans aumient a ri-
partdre ces kdarmes par des mernes foit diredes,
iot ndiredes; Conges qu'avec moans de deux millions
ilt peuvent enfouir toatenotre monnoie, & vous dloi-
gnerez de ears mains cette tume terrible, la derniere
qui leur refle centre le people, parce que Ie courage
& la force ne peuvent rien centre ele.
Si une guerre maritime portoit nos forces dans un
autre hdmifphere, fi rnme nous etions obilgds de
kfutenir tine guerre de terre, & qu'une premiere vic-
tbwie en rejetat le thditre ur les terres enemies, que
deviedr6iient nos valeurs fiirves & conventionnelles
chez un people qui ne les apas conseniies: nous nous
versions bientrt fans rimpolibilitd de foutenir la guerre,
6 moins de faire des racritices dnormes, & qui rui-
ncroient les generations futures.
Si I'intdret des nrgocians, marque de celui du com-
merce, a dleve cette prnpofition, qu'l raut abfolument
unevaleur reprdfent iv'e en petitespartres,ils peuvent
c.i 'recr Ciir leur crdart; ce mnoven a ddja did avaa-
igzeurement tentn dans plnicurs \'illes:.ce paper
n-roit d'aitleurs un tire inapprdciable celui d'etre
Ibre.
Vous approchez Meffieurs, du term de vos tra-,
taux ; 1'exccution de vos I,.!s va biento6 en affluer
Ic hi;lnfa'. Malgrd les crns di f.niniifinc, la vecne des
l.' t- :Ltr-iri.ns!\ cxsc L.i: trmin uilleincnti lei ailignats
Er-am and'antis leur diFpariation rappelera le numd-
rlire :crai;n.r. par une difpoliuon dangereure, de
caufer une fecoullTe ; lles ont renverre I'ancien ddi-







S7 ),
fice; elles branleroient celui que vous vnez de conr-
truire ; que la paix foit ecrite fur a bale; que la Lbert6
le foutieine, bientot vous verrez I'itranger ncus ap
porter fon or; vous verrez 'arbre denfchic du com-
merce refleurir & dtendre au loin fes branches f&-
condes.
Je me rdfume, & je dis que le numrraire n'efl pas
forti du royaume; que la confiance feul peut le fair
reparoitre ; que la fabrication de petits -iTfrg-alis au-
roit un effet contraire au but qu on fe propofe, &
expoferoit le royaume aux plu grrinds dangers; que
le feul rem&de a nos maux p :!g.:rs, & occafionnes
par la dirfee des efpeces eft de hkter la vente des
biens nationaux, & de brdler les affignats.
Je conclas par demander la queflion praalable fur la
motion de M.Rabaut de Sainrt-IieJnne.


A PARIS, DE L'IMPRIMERIE NATIONAL.




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