Citation
Paris dans sa splendeur

Material Information

Title:
Paris dans sa splendeur monuments, vues, scènes historiques, descriptions et histoire
Creator:
Benoist, Philippe, 1813-approximately 1905
Audiganne, A ( Armand ), 1814-1875
Place of Publication:
Paris
Publisher:
H. Charpentier
Publication Date:
Language:
French
Physical Description:
3 volumes, 99 [i.e. 100] leaves of plates : illustrations ; 50 cm

Subjects

Subjects / Keywords:
Travel ( fast )
History -- Paris (France) ( lcsh )
Description and travel -- Paris (France) ( lcsh )
France -- Paris ( fast )
Genre:
History ( fast )
non-fiction ( marcgt )

Notes

General Note:
Includes extra engraved t.p.
General Note:
v. 1-2. 1. ptie. Description de Paris.- v. 3, 2. ptie. Histoire de Paris. Coup d'oeil sur les environs de Paris.
Statement of Responsibility:
dessins et lithographies par MM. Philippe Benoist [etc.] ; vignettes de Félix Benoist et Catenacci, exécutées sur bois par les premiers graveurs ; texte par MM. Audiganne [etc.].

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
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Resource Identifier:
04401208 ( OCLC )
04026497 ( LCCN )
ocm04401208
Classification:
DC707 .P22 ( lcc )

UFDC Membership

Aggregations:
European Collections

Full Text
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PNRIS
IDNNS SA SPLENIDEUR




NANrRs, IMPHIMERIE CHARPENTIER, RUE D. LA FOSSE.




]ONIIMENTS, lIES, SCENES HISTORIQUES, DlESCRIPTIONS ET HISTOIRE,
DESSINS ET LITHOGIIAPILIES
PAR MM. PHILIPPE BENOIST, POUR LE PLUS GRAND NOMIIRE ET AVEC L'AIDE DE LA PHOTOGRAPHIE; JULES ARNOUT, I3ACHELIER. A. BAYOT, F#LIX BENOIST, CHAPUI', RUG. CICERI, HUBERT CLERGET, DAUZATS, J1ULES DAVID, FICHOT, JULES GAILDRAU, GUARARD, .1. JACOTTET, GUSTAVE JANET, HIPPOLYTE LALAISSE, AUG. MATHIEU, SABATIER, ETC. H, 1, 1 [1r P-1 \,I'N 4~~ 111 ~ 'l~~ ,il Fii X ,':TkKxSII 8 1S )- I FS PHEi I FI t S G fIt A LI, ItS
TEXTE
PAR MM. AUDIGANNE, 11. BAILLY, EUGENE CARISSA, A. DARCEL, LOUIS ANAULT, VICTOR FOURNEL, #DOUARD FOURNIER, AM#D~kE GABOURD,
J. DE GAULLE, EUGENE DE LA GOLJRNERIE, Bon F. DR GUILHERMY, L. LACOUR, LASSUS, ALBERT LENOIR, F. LOCK, LE ROUX DE LINCY, MARY LAFON, A. MAZURE,
1'. MERIMAEF (DE CACADRFmI FRAN AISR), A. DE MONTAIGLON, L'ABBE A.-M. TOUZt%, TROCHE, E. VINET, VIOLLET LE DUC, 0. DR WATTEVILLE, ETC.
R PAT .- DESCRIPTION DE PARIS.
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ARIS DANS SA SPLENDEUR' Cest assur6ment la ville actuelle,,cette immense ca itale qui se raje ni
1 9 avec Falge. Mais, nous tiendrons-nous enferme's dans cet horizon d'un jour? Ne remonterqns-nous point, verse pasg6? Ne
demanderons-nous point 1'explication de ce qui est A ce qui fut? Telle n'a point 06'la pens 'e de I'f.diteur d e'ce livre. 11 a comprise, qu'il en' est d'une ville com, me d'un homm e lorsqu'elle n' ni aince'tres ni souvenirs, elle,,ii'est qu'une parvenue.
L'ouvrage que public'N. HENIII CHARPENTIER embrasse done I'histoi-re de Paris dans son ensemble. E, prdsente ensuite une.6tude
par(iculi6re sur chaeun, de ses monuments, 6glises, palais, 6tablissements, de bienfaisance de plaisir, de commerce et d'industrie; ,il met 'a nu devant- nous tous les rouages de I'administraition qui gouverne cette turbutente et populeuse cit6; puis 11 nous prom ne de rue, en rue 'de souvenir en souvenir, interrogeant thaque dc' Iris An pass6, car il ii-est pas un de ces pans de murs oubli6s par le temps, qui ne soit aussi eloquent dans sa conservation ou dans sa ruine que tout es nos brillantes improvisations d'aujourd'hui.
Un fait g6ne'ral domine I'histoire. de Paris : c'est Ie caract6re de domination et de grandeur qu'elle IrevAt &s le premierjour. Paris ne portrait pas encore ce nom, 11 n'6tait encore que Lutcee, l'opp'dum, I'oppidulum des Parisiens, Ce:st-h-dire leur lieu de refuge, leur citadelle,




PARIS DANS, SA SPLENDOUR.
fit jour dans San cceur; c'est M qu'il entendit sa voix, 'cette voix qu'il prit volontiers pour celle du genie de Vempire. Lutke lui rappelait ses d6sirs, ses vwux, ses succ s; il tie pouvait singer h elle sans voir dans 16- lointain Ia *sedition qui lui apporta Ia couronne, I'assemblee des guerriers qui le proclaim Auguste" le collierr de centurion qui futson premier diad6me. Ninsi, d6s Yan 360 de notre 6re, c'6tait de Paris que partaient les revolutions du monde.
Encore quelques ann6es, et Gratien perdra, sous les murs de Paris, une bataille.qui lui coAtera 1'empire. Puts -le silence se fait jusqu'h Attila et Sainte Ge'evi6ve.
Pari's ne'devait encore'la prMininence qu'A sa position g6ographique. S'lil ii'kait pas le point coittraldes Gaules il du -molins peu. Moign6 jeQe bentr6 que. Usar place chez les Carnu I es, qutv Tegto totius Galli6r media, habetur. Enferm.6 d'aillours dans une &7 41 pouvait braver les a'ttaqtles durant Ia guerre, et commerce avee les provincesles plus fertile pendant Ia paix., La Seine. faisait Al Ia f6is sa, force et sa riches'se. Ces advantages furent-promptement compris.- L69 deux, souls. points, vuln6rables de Foppiduin, Ises deux. pouts, furent 6s Fabord prot6g6s'par'deux forts ou, comme on les appeal dans Ia suite, deuxchatelets. En m6me temps, se formaitl dans'ses huttes de bois ou de terre, ufi e cor rs o ur Ia c6l6bre compagnie 'des Iffarchdnds de Y'Equ, Ia Hanse
portion, do navigate ou deNautes; qui deviendra un j.
parisionne, et qui, &s'le r6gne de TiUre, d6diait des autels h Jupiter et Cernunnos, aux dieux des vainqueurs comme aux dieux des vaincus. Dieux impuissants, qui tie. devalent 6tre pour rien dans Ia grandeur de Lut6clel!.
Mai' A Ia ciyilisation d6cr6pite -des Augures et des druids allait succ6der une 61vilisation houyelle, au. vieux mondoun monde, nouveau, au culte de J.'Ollympe ef des ch6nes fatidiqu6s le'culte'de Ia. Croix!
Au- Nordde Paris, s'61evaif une montagne.que les Romains appel6rent le Mont de Mars; quelques ann6es SWoulerit, et nous Fentendons nommer le, Mont, des' Martyn (Hilduin). Toute un6 revolution s'16tait faite! Paris fut un des fovers-de cette r6volu tion. L' Yam,,ile ne'lui fut pas apport6, en effetpar 4uelque oitvrier obscu r, mais par un de ces chefs de mission. h qui Dieu d6partissait- tout un empire. arrivait de Rome et, biont&--ayee se s. I d isciples, R sfique &uth6ro, Eug6 *tie, 'Quelitifi, R6 I ale, Lucien, Val6re, Fulcieril Victoric, etc., ill a SeM6 Ia Fol depuis, Ia Seine Jusqu'h I'Escaut et jusqu'auRhin. -Plus tatd, lorsqu'Attila envahit les Gaules avec ses cinq cent, mille, Huns noirs, diff6ripaes, les youl croux I les joues cisel6es par le fer, beftes f6roces h deux pieds, comme les, represented Ammien Marc6llin, bipeds 6estias, d'oA viendra le salut aux peoples effr ay6s qui tie songent qu'h Ia fuite? Genevi66, une jeune fille, rapport I'histoire engageait. les felines A jeAner, veiller et prier avec elle. Elle rassurait. en me'me temps les homes. Nemportez pasvos biens hors de Paris, lour disait'elle; notr e ville tie sera- pas souill6e par Fennemi. Et le ftau de Dieu s'arrka, en attendant que Ia main de Dieu brisdt se.s forces dans les champs catalauniques.
kpartir de ce moment, Ia douce figure do Genevi6ve nous apparalt, dans le lointain des Ages, comme Ia sauvegarde de Paris et, Fon pourral I de Ia France. (, La popularity de Genevi6ve 6tait immense, dit M. Michelet deux fo i s'elle avait d6fendu Ia vi e,, el e Fav sauv6e, elle Favait nourrie. Et quand les f ranps furetit maitres de Lutke, seule elle parvint encore, par I'aseendant que Dieu avait mis'en eIIe7 6 se faire respecter elle-m6me et -A faire respecter' lesvaincus. Ellearrachalt fi6quemment des graces- au roi Chil&ric, qui: nosait les lui refused, dit M. Le Bas. On pretend, ajoute-t-il,. cjue, lorsqu'll prononcait, une condemnation h mort, 11 s'enfermait, redoutan't les paroles et les regards 4e.1a Sainte, cet ange tut6laire de tous Ies malheureux. A sa voix, les champs des captifs tombalent et les portes des cachots s'ouvraient.
Plus tard, Genevi6yo deviant Famie de Clotilde, Ia pieuse reine, et, mieux que cela, I'apoltre, des Francs;, elle donne des conseils A.Clovis, le fier Sicambre, et, lorsqu'e-le-,meurt, Ia population d6pose ses.reliques pr s du tombeau du grand barbare, dans cette splendid basilique des Apo'tres wuvre commune do Clovis de Clotilde of do Genevi6ve mais -le people reconnaissant ii'appellera plus d6sorma's que de
son nom. Paris- 6tait domM6 au Nord par le, mont des Martyrs, il sera domine au Sud par le mont de sainte'GenevMve.
linsi chacun. des progr s, chacune des grandours de cette ville 6 alent marquis du sceau cbr6tieD Quelques mots de Gr6goire de Tours iyous signalent, pr6cisement vers cette 6poque, une de ces grandeur qui fit d6 lots 6 Paris, Ia place qu'il occupe'dans le monde: Egressus Chlodovwus A Turonis Parisios venit., ibique CATIIEDR'AM' REGNI constitute; Clovis slortit do Tours et vint Paris, oA 11 kablit, le si6ge de sonempire. Jusquo4h Paris ayait W. sans doute Ia denieure prWrk des proconsuls; il ayait 60 accrul fortifi6, embelli par Usar, si nous en croons Bo6ce. E avait pu mAme We nomM6, en raisbn de ces souvenirs, Ia, ville de Jules Usar, ce que, Bo ce d'ailleurs est le seul ii nous apprendre; mitis jamais encore nous tie I'avons yu d6cor6 dece, titre de cqpitale qtjl, hpartir do Clovis" deviendra son vrai noth. Les Remains tie d6signaient.,habituellement Rome, qu'en distant urbs, Ia ville,; les Francais tie d6signeronL le plus solvent Paris qu'eii, distant Ia capitdle, et les strangers pour Ia distinguer des leurs, dirontla grande capital.




INTRODUCTION. III
Hilaire, Martin et Polyeucte. Le premier des co-partageants qui manquerait A sa parole devait trouper, en chacun de ces saints, un juge s6v6re, judcx ac retributor.
Cet strange partake et les precautions, les segments auxquels il donne lieu, ne sont-ils pas Vloquentes preuves de influence dominate qu'exerealt Paris &s eette 6poque? S1 d'ailleurs Paris avait cess6 d'6tre habit6 par des rois puissants comme Clovis, il n'avait d'e'tre civilise' et protege par de grand 6,0ques. Germain surtout est rest6- c6Mbre. 11 faut lire dans les vers de Fortunat et dans la prose de Gr6goire de Tours le re'cit de cette vie ase6tique et forte, qui agit d'autant plus Sur' les autres qu'elle avait'plus agi Sur elle-m6me. Aux heures de la nuit, Germain Wkait qu'un humble et fervent religieux. Combien de- fois, s'6criait fortunate dan's son po6tique language, n'a-t-11 pas senti les rigueurs des nuits, glades, lorsque se levant de son petit lit,,il chantait h Dieu, dans le temple de son eceur, sans se lesser jamais, Cinquante psaumes et advantage! Utait comme un pieU_x larcin 1: il sortait doucement, et solvent sans chaussures, de peur d'e'tre entendu puis A allait A l'Oratoire-, De voulant rencontrer personnel que J6sus. Sa pri6re achieve, il reto-urnait, dans son lit, et il 6tait le premier se. reliever, quand I'lieure etaitvenue, pour r6veiller les autres.
Afais alors, mais pendant le jou'r, au pauvre moine mortifi6 et print suce6dait Phomme des grandes resolutions et des grande's enterprises le garden vigilant des mo,tirs, le d feftseur du people. Quand tout le monde*.se tait auteur de ces roils francs.aux passions violentes, il y a d6sormals un homme qui parle, et cet honime, Cest Germain. Ses anath6mes vont rapper Charibert dans sa couche.impudique; AS menacent Sigebert que Wettrale pas le souvenir de Ca n, et, quand Brunehault entre toute puissante h Paris, quand le people, les clerks, les families de race s6natoriale se portent en foule A sa rencontre, il est un homme qui manque ii sa joie et A son triomphe, et cet homme Cest encore Germain
L'amertugne des temps avait clou6 Nveque Sur un lit de douleur. Mais s'il ne paralt. pas deviant Brunehault, 11 lui 6crit il- ne.craint pas, de dire A cette femme qui venait souffle la haine dans la famille royale: *,, C'est une honteuse victoire que de vaincre son fr re, que de faire timber sa famille dans I'liumiliation, que de ruiner la propricW'fandk par ses anckres. Ceux qui agissent ainsi combattent centre eux momes., exteri ninent letir propre f6licit6, et 1'ennemi common, qui les Yoit, se detrtfire les uns les I autres, se hAte pour jouir de leur perte ..... C'est avec douleur que je Yous 6cris ces lines, ajoute-t-il; car je vois les rois et les peoples courir Fablme h force d'offenser Dieu. Mais quiconque esp re en la forced son bras sera, confondu.et n'obtiendra pas la victoire; quiconque se confine dans la multitude -de ses gens, loin d'6tre
Fabri du danger, tombera en p6ril ae mort; quicon- e s'eno uei lit de son or et de. son argentsubira la d
qu rg il I isolation etYppprobre avant
d'avoir pu satisfaire sa cupidity.
Ainsi en face de passions non moins. irritable que cells de Th6odose, Paris la France avaient d6s lors leur Ambroise. Et il est arriv6 aussi A Germain comme Genevi6e,- que le temple qui lui servit de, tombeau. fut appel.6 de son nom par la reconnaissance publique. On ne dit plus Satnt-Waaent, On' dit Saint- Germain-de87Pr&.11 est un mot de Gibbon qui est devenu. vulgare h force d'Otre vrai Cest que ce sont les 6v ques qui ont fait la Franco-7.comme les abeilles font leur ruche; mais la, WrA6 de cette r6flexion est surtout sensible h Paris. Les rois francs goAtaient peu le- s6j our des villas : homes -des bois et de la chasse il leur fd1lai ( 14 liberty de* la champagne pour se liver aux. exereices qui leur servaient de d6lassements apr&1a guerre. Aussi ne voyaient-ils de noblesse- que dans les-. champs.. Les champs-et les bois, disait-on alors, f4ment -plus la. noblesse que les villes Plus rura et nemus conferunt ad canse4uendam nobi'htatem. Vie illes, impressions qui ne sont, point encore compl6tement effacks aujourd'hull.
Les rois.francs troWrent donc de pr6f6rence dans leurs'vastes domaine.s de-Clichy, de Braines-, d'Attigny, de Chelles; et le's Varisiens, plus ou moins abandonn6s 'a eux-memes, n"eurent d'autre d6fenseur de leurs droits, de leurs traditions, que 1'66que. Le titre m6me lui en fi it donn6 : defensor plebis. L'immunit6 eccl6siastique deviant la sauvegarde du peu. de libert,6 qui restart dans le monde; Cest -la pens6e m6me do Thierry L'influence toujours croissaint6 des Wques, sur le's affaiies, inte'rie'Ures des- villas, 7 jusque dans sa forme- la' plus abusive un in I oyen de conservation 'pour l'inde'pendance municipale et la plus forte garantie de cette ind 6pen ance ...... Non-setilement l'immunit6 eccl6slastique, maintain, tout en contribuant kl'alt6rer, 16 r 6gfme municipal des villes- anciennes mais enco I re elle fit nattiedes 6bau'ches plus ou moins completes de municipality dins les nouvelles villes, form6es peu A peu auteur des 6glises et des abbayes.
L'histoire de -Paris, sous les deux- premi6res races, est don6 surtout religious ; les monuments omme les institutions qroi9sent et's'y d6veloppent -sous Finfluence pr6dominante de 1T glise. 'Nous noij s. e n- convaincroDs facilement en jetant un cloup-d'ceil Sur 1'ensemble' que
s. te la villeavant les ranges invasions normandes.
IV
Paris est toujours renferm6, comme au temps de Usar et de Julien, dans, 1116 de la' Seine; on dirait un navire A Vancre.' Par tefte raison peut-eUre, par souvenir aussi des Nautes de Lut6ce, le navire deviendra-unjour FemblOme h6raldiquede la commuDaut6 pdrisietine. Vile joult de toi-! s-Wrie Abbon. en s'a4ressant celle yi7i] n6mi-he la reine des villas, -iftsu.la te gaudet -,le fleuve Vembrasse avec amour.




IV PARIS DANS SA SPLENDOUR.
chaume-, sans Mage, sans chemink et sans fenAtres. Usar parle ni me de tents comme d'un genre d'habitations trk-fr6quent dans les oppida des Gaules, et A-bbon r6pke le mot de Tentoria en tracant to tal)leau de Paris. 1.1 seml)lo done que le lUxe avait fait pen de progress. A part quelques grand, 6difices religieux on princiers, Fensemble des constructions continuity &'tre des plus vulgaires, et, lors du grand incendie qui ravaged Paris, en l'ann6e 586, Gr6goire do Tours nous represented l'oratoire de Saint-Martin conime form6 d'un tissu d'arbustes, intextis virgultis. Les '69lises d'ailleurs se multiplient. et c'est par elles que les arts renaltront. Dayis I'lle seule, nous on trouvons pr s d'une dizaine Saint-Barth6lemy, Saint-Martial, Saint-Denis, Saint-Symphorien, Saint-Jean-le-Rond, Saint-Christ6phe, Notre-Dame-Marie et Saint-ftienne, basilica Domncv Marice. Elle a remplaU, I'a-Litel des Nantes et-est devenuo ecclesia mater. Cost dans sa chaire
qu'ont si6ge', Cost dans son clolitre qu'ont vecu Germain, Landri,, Marcel, tons ces homes do fol ot de charity dont les tombs sont Avenues des lieux de p6lerinages.
Traversons-nous la Seine du co't6 du Nord? nous Waperce-Vons d'abord lue des marais et des fore' I ts imp6n6trables. Le petit hermitage de Notre-Dame-d4-Bois se d6tache A gauche Sur la verdure, derriere ce que nous appelons le. quai de la M(. gissorie. Saint-Germain-le-Rond, qui deviendra un jour Saint-Germain-lAuxerrois, sepr6sente ensuite avec son b-ourg, o i so present les p6lerins qui Yont prier an tombeau de saint Landri; Cost la' que les Normands dresseront leurs, tentes-:
Germani teretis contemnunt littoral sancti.
Vers 1'emplacement actuel du Palais-Royal, on peut d6couvrir les debris de quelques villas r6maines, *avec aqueduct tenant de Chaillot, tastes basins et champs fun6raires. Quelques-uns des cippesqul contlennent les condres des morts, garden encore tours inscriptions que personnel no lit plus. lei parmi des guirlandes de fruits et de flours, Cost Anpudia Amanda, fille de Pithusa, morle a dix-sept ans; lh, entre quatre aisles 6ploy6s, Cest Nonus Junius Epiqonus. Le monument sous sequel it repose lul a ete' 6rig6 ar son affranchi-Chrestus. Plusieurs
p
de ces- tombeaux repr6sentent des repas funAres; sur Pun d'eu'x', on reconnall Bacchus et Nriane; sur un autre, une pretresse rendant des oracles qu'un. disciple 6crit Sur des tablette'. Ailleurs ce sont des t6tes de belief, Cost une biche qu'uu aigle d6vore. Voilh tout ce que la mythologie paienne avait inveftt6 pour la consolation des famIlles
Au-dessus de ce champ fun6bre, s'616ye, h peu de distance,' Montmartre, qWune voie romaine met en communication directed avee la cit6; puis, Sur le pyolongement de cette voie, You's rencontrez Clichy, o4 les rois francs Vierinent jouir 'parfois de la vue de lour capital, dans le vaste domain, avec granges et colliers', qu'ils y poss6dent. Sur tout le reste de la rive droite de la Seine, les bois se prolongenL ind6finiment, avec des 6claircies 0 et 1h, pour quelques ermitages, quelqaes monaWres,- dont la croix apparalit comme une sauvegarde dans ces dangereuses solitudes.. A. I'Est,7 vous apercovez denx 6gli-ses qui rappellent et les oeuvres de saint'Germain et de saint E'loi : les 6glises Saint-Gervais et Saint-Paul un pen plus pros, Permitage oA v6cut et mourut saint Me'defic; vers le Nord, le prieur6 Ide Saint-Martin et 1'6glise Saint-Laurent.'L'espace qui les spare est cheque ann6e, depuis Childebert, le lieu d'une foire. c&bre h 1'6poque de la Saint-Denis. On y vient de routes les parties de la France et m6me del'6tranger. Une charte..de Childebert cite notamment les Saxons parmi les peoples qui la Nquentent.
Transportons-nous maintenance Au Sud, par delh le Petit-Pont. Cost Sur la rive gauche de la Seine que se trouvent reunis les monuments les plus c6l6bres et les plus rem'arquables :,le palais des Thermes, la basilique do Sainte-Genevie've et cello de Saint-Germain-des-Pr6s. Ces imposantes constructions sont 6parses sur le coteau et dans -la vall6e, parmi, des pi6s, des cultures et surtout ae fertile vignobles, qui produisent ces. clairets,. si p8illants, si Alicieux, 8i plains de feu, dont Sauval parlera encore en plein, XVIle si6cle, comme r6sery6s- an X meilleures tables et aux plus d9licates.
Les Tbermes conservent leur aspect grandiose; Cost toujours la haute citadelle,'I'arx alta des Parisiens. Sean de Haute-Ville I'appelait encore, an Xile si6cle, le. Wais et la cour des rois, domus aula regum. Ses cimes, disait-il, atteignent jusqu' touchent, h Fe ire- des -morts. Derri6re lui vers le Lu'xombourg, sont les vestiges demi offac6s d'
Inp 7 un camp romaine; vers Saint-Victor,
sont lesUbris d'un cirque; et au-dessus an falte du coteau, se d6veloppent les trois portiques de Sainte-Genevi(Nve. te g6nie catholique entre ainsi en lutte avec le g6nie remain; it ressuscite 1'a'rt, et lui fait e.nfanter des merveilles. En face des Thermes, Cost Sainte-Genevi4e; en face du palais'qui occupy la pointe occidental del l'ile, Cesi Saint-Gerinaiii-des-Pr6s.
Plusieurs autres sanctuaries, moins riches, sont r6pandus-dans la plane. Pr6s des Thermos, est la petite 6glise Saint-Bacque, qui deviendra bienfolt l'a-umo'nerie de Saint-Benolt; 'Plus bas, 1'6glise Saim-S&erin-le-Solitair6; Sur le bord du fleuve, Saint-Julien-le-Pauvre, demure habituelle de Gr6goire de Tours lorsq:u.'il vient 1 Paris'. En remontant to coteau, on apercolt, an milieu des vignes, Saint1tienne-des-Gr6s on des'Degr6s, de Gradibus, et, par delh la valke de la B16vre, la basilique 6lev6e Sur to mont Utard, auteur du tombeau de saint Marcel. Pres de oette basilique et pr6s de colle de'Sainte7Genevi6ve, on rencon'tre un, grand nornbre de sepulcres clirkiens; on en tr uve 'galement dans les environs de Saint-G I eryai s. Les unset les autres se distinguent par le touchant symbo'lismede lours emblOmes. Ce sont, par example, deux colombes,, douce image d'union et d'amour, au-dessus. desquelles on lit : Vitalls a' son' 'pouse bien-atmk Barbe, dg& de vingt-trolls ans. La c6l6bre I inscription INRI et, avec elle, I'Alpha et I'0mcga mystiques coniplkent 1'6pitaphe. Cost h la fois Dieu et la R6demption prot6geant




INTRODUCTION. V
qui brillait au-dessus de routes les autres, comme disait Abbon, r gina micans oinnes super urbes, telle 6tait la conflance qu'on metfait dans ses fortifications et dans ses murs, que les populations les plus 6loigne'es lui apportaient les reliques de leurs saints pour les mettre h I'abri de tout de'sastre. Les religieux de la Croix-Saint-Ouen apportaient le corps de saint Leufroy; 1'6veque de Seez, le corps de saints Opportune les Bretons, le corps de saint Magloire : pieux d6p6ts que Paris plus tard. refuse do rendre.
Bien ne put arre'ter d'ailleurs la faroucho audace des Normands. Trois fois Paris dut subir leurs violence avant ce si4ge fameux qu'Abbon a chant comme une autre, Made : Die alacris salvata Deo Lutetia sionmo ..... La Ville n'avait rien 4 attended des fables rois qui tenaient alors le sceptre do Charlemagne. -Acheter la paix des, barbares, c'est-A-dire leqr offrir un appAt pour des incursions nouvelles, Yoilh jusqulo-h allaient lour courage et leur patriotism. Mais si elle ne pouvait computer sur ses rois, elle pouvait computer sur son 6ve'que Goslin, cet homme, le plus doux des h6ros, comme dit Abbon,, dulcissimus heros; elle pouvait computer sur I'abb6 de Saint-Germain, Lolus, moine intr6pide qu'on eAt pris pour le fils. de Mars, mavorLius abbas; elle pouvait computer surtout sur le, vaillant comte Eudes, le noble fils de Robert-le-Fort. L'enthousiasme d'Abbon d6borde A ce seul nom d'Eudes : c'est le protecteur de la Ville,, c'est le soutien. du royaume; il ne lance pas un trait qui ne soit un coup de mort pour Fennemi. Eudes et son fr6re Robert rayonnaient, dit-il, radiabant. Plusieurs autres comes, se president auteur d'eux; mais le plus noble 6tait toujours'Eudes, 8ed.nobilior fuit Odo.
Won nous pardonne de nous attached ainsi A cette glorieuse figure ducomt e Eudes; mais, A notre sons, elle occupy une-des promi6res places parmi cells des bienfaiteurs, disons mieux, des er6ateurs de Paris. Apr6s Jules. Usar, saint -Denis, saints Genevi6e, Clovis, je ne vois pas de Dom plus grand que celuil du comte Eudes. Le salut do Paris fut en quelque sorte le salut de la France, et, le comte de Paris, on devenant roi de France, d'abord en la personnel dEudes, plus tard en la personnel d'Hugues Capet, son petit-neveu, consacra A jamais pour cette Ville le titre de capital qu'elle semblait avoir perdu depuis un si6elle. Quel royaume d"ailleurs et quelled capital! E faut entendre les, douloureuses plaints de deux pauvres moines, Hilduin et Andrevald, A la suite des invasions des Normands Qu'es-tu
A
revenue, sWrient-ils Lut(ke des Parisiens! to' qui nague're brillais tomme une couronne an front de la Gaule, par I richesse par la fertility de ton sol, par: la douce paix de tes habitants7 toil la fortune des princes et le rendez-vous des peoples, emporium populorum!
Quant au royaume, ce n'e'tait Plus la France, c'kait, FEe de France, h laquelle vinrent s'adjoindre quelques provinces en petit nombre; mais il etait r6serv6 A cotte noble race de-Robert-le-Fort de consti-tuer une France nouvelle, province par province, sikle par si.6cle, depuis Facquisitiort du Berry, en 110 1, jusqu'h cette conqu6te d'Alger,- porte ouverte 4 notre, g6nie et h, notre civilisation sur tout un -monde.,
Vl'
11 est Ws-remarquable, au reste, que, mOme A 1'4poque oA Pafis,-n'6tait Plus que la capital d'un d6membrement de- la Gaule, il prit de suite sur FEurope un ascendant marqu6, et qui n'a j amais W depuis lors ni plus, sensible ni surtout si ac cept6. Cet ascendant fut dA 6 s0s jour Louis4e-Jeune, prendre place sur- les bancs du clo' re
6coles. D6s le X11e sikle, nous voyons 10 fils de Louis-le-Gros, celui qui sera, un Itl ,
Notre-Dame; et longtemps apr&, 41 se rappelait- encore avec motion ces jours de sa vie commenfante, o-h il vecut. dans 1' glise comme, au sein d'une ni re, quasi in. quodam maternal gremlo.
Les luttes ardentes de Guillaume de Chanipeaux et d'Abeilard vinrent, peu apr&, appeler I'attention de t6ute FEurope sur Ncole de Paris. Maltres et 616ves, se trouvant 4 1'6troit dans le cloitre, pass&ent lepetit. bras de la Seine et envahirent la montage Sainte-Genevi6ve. Toute cette parties de la Ville ne fut plus connue &,s lorg que sous le nom &UniversiM. Paris fut divis6 en trois parts : la CiM.-comprenant I'lle; la Ville, s'6tendant sur la- rive droite de la Seine, et Wniversite. sur la rive gaucho. Toutes les nations, tous les. raRgs, routes les fortunes se trouvaient confondus dans ce dernier quarter et on faisaient une population 4 part, dont un historienallemand, Fre'd6ric Hurter,'nous a trac'6 le plusvivant tableau. .,, Depuis longtemps d6jA, dit-11, la Ville r9yale, des Francs s'6tait acquire une haute. c6l6brit' par les maltres qui y enseignalent les arts lib6raux. Grace h Faccueil qu'y trouvaient t6utes les sciences of an soin avec lequel elles y,6taient cultivks, on y.voyait affluer tousceux des strangers qui Youlaient so prayer, dans lour patrie, le chemin.des bonneurs par u ne instruction plus profound. Le droit canon Wavait pas plut,6t commence' h- prendre un rang glorieux dafis Fenseignement, A Bologne, qu'il fut transplant A Paris, oA plus d'un babile jurisconsulte s'en fit l'interpr6te I La m6decine pouvait 6galement y citer avec orgueil son Gilles de Corbeil'; mais il Mait surtout unanimement reconnu que nulle part, la th6ologie, avec les diverse branches qui s'y attachment n'6tait enseign6e A la j eunesse avec la m me 6tendue, la m6me prof6nd6ur, le memo succ6s qu'elle Ntaif 'a- Paris. On s'adressait h Paris pour-tous les,'.cas de conscience majeurs, on soumettalit les querelles religieuses 'a son arbitrage, et 11 on, croyait ne pouvoir faire un plus bel 6loge de tout eccl6siastiqoe capable de juger mArement les doctrines, qu'en distant qu'il semblait ayoir pass6 ses jours dans Ncole de Paris.
A partir du milieu au XIP sikle, le cOncours des jeunes gens qui vinrent 6tudier de routes les parties de FEurope, fut plus grand A Paris quo dans aucune autre Ville peut-Ore et ,A aucune autre, 6poque. A, peine y pouvait on trouper un, lorgment, et minutes fois dissent le-s annalistes le hombre des 6t rangers surpass celui des- habitants. H West pas dans le. monde, entice, s'6criait Guillaume le Breton de III I




VI PARIS DANS SA SPLENDOUR.
d'un bout du monde A I'autre. Tel,6tait d'ailleurs I'agr6ment du.,sdjour de Paris te'ls Ia fertiliO de ses champs, Ia beauty de son site, Ia digRit6 de ses prkre's, FenjoAment de ses habitants, que les strangers y 6taient attir6s, enchain6s, et y Qubliaient volontiers le Sol natal.
Des princes de sang royal, continue Hurter, venaient h Paris chercher les connaissances sans lesquelles ils ne croyaient pouvoir paraltre avec succt s A Ia cour et sur le champ de bataille. Les grand seigneurs suivaient cet exernple;,,chaque jour, Ia foule augmentait, si bien que le nombrp des 6coliers et des bourgeois pouvait, A juste titre, Atre appeal, incalculable. Au milieu d'eux, se trouvalent de jeunes 6tudiants qui devaient un jour honorer le si6ge de saint Pierre par une grande 616vation de peDs6e, des vues profondes et un h6roique. courage; des cardinaux, des patriarchs, des 6vAques, dont Ia science 6tait destin6e A devenir le fanal des peoples. Lh, se nouaient des amiti6s qui contribu rent puissammenta' cr6er cette conf6d6ration majestueuse de l'unit6 chr6tienne, dont le vivifiant esprit animait FEurope; et ce fut par Ia capital franchise, par cette institutrice du monde, que les, mceurs fran aises, les pompes du service divin, le g6At des sciences ei Pamour des beaux-arts se r6pandirent dans tous les royaumes de FOccident.'Je ne sais si jo me trompe, mais il me semble-que ce tableau, frace' par une main krang6re,.place d6s lors Paris et Ia France A une hauteur oA nous n'avons fait que. nous maintenir depuis. Notre league naissante 61tait d6jA Ia league politique de FEurope; notre nom, port6 en Orient par les Croisades, y devenait, ce qu'il y est encore, le titre d'honneur de tout individual appurtenant aux races occidentales. Nous. sommes justemelpt fiers de notre si6cle de Louis XIV; je ne sais si nous Waurions pas, le droit d'Otre pour le moins aussi fiers de'notre si6cle de saint Louis.
V11
Le sikle de saint Louis vit les homes les -plus 6minents et les plus grands_-saints de I'Europe Albert-le-Grand,- Alexandre de HWs, le docteur irrJfragable; saint Thomas TALquin,. le docteur angOlque; sain t Bon venture, le docteur. seraphique, occupier les chairs parisiennes. Albert-le-GrAnd r6unissait tant d'616ves., qu'il fut oblig6d'enseigner sur. une place publique, h laquelle on ne donna plus d'autre nom que celui de Maitre-Albert ou Nauberlt. Saint Thomas dAquin enseignait chez les Dominicains de Ia rue Saint-Jacques, qui ont gard6 pieusement, jusqu'h Ia R6volution, sa chaired de bois encha'ss6e dans une chaired de marble. Alexandre de Hal6s et saint Bonaventure appartenaient h l'ordre de Saint -Francois, et dounaient, leurs leconsaux Cordeliers,. En mAme, temps, saint Louis fondait dans son palais Ia premiere biblioth6que publique, et solvent on Yy rencontrait, lui-m6me expliquant, les plus beaux passages de F&riture ou des, Wres h ceux qui venaient 6tudier. Son chambellan, Joinville illustrate A-la foisnotre langue.et notre histoire; son lecte'ur, Vincent de Beauvais, publiait, Solis le titre de Speculum Majus, c'est-h-dire de Grand. Miroir, une encyclop'die naturelle, scientifique, morale et historical, que n'ont point fait compl6tement 6ublier, malgT6 ses nombreuses erreurs, les travaux indigestes des derniersencyclop6distes.
Et au mAme moment, jes arts prenaient un essor inoui.. D6j A, sans doute ils avaient product d'admirables monuments Saiiit Denis, Saint7Germain-des-Pr6s,, Notre-Daine; mais sous le r gne de Saint Louis, le's monuments sont de tousles jours. Le pieu-x roi fortifia sa bonne ville7,suivant une expression du temps, d'un grand nombke de, coll6giales et de monast6res, qui tous eurent d'616gantes ou de tastes 6glises et, de charmants cloltres, c'kaient les Doininicains7 les Cordeliers, les ALugustins, Jes Chartreux, les Quinze-Vingts, les chanoines de Sainte-Catherine du -Val -des -fcoliers et de Sainte -Croix de -Ia- Bretonnerie *les. Filles-Dieu, mot Itoucliant qui rappelait Ia gu6rison des
mis res mora.es, comme celui Xffitel-Dieu rappelled Ia gu6rison des mis6res physiques. 11 nous, faudrait citer encore Ia -Sorbonne, lescoll6ges & Cluny, du Tr6sorier, des Dix-Huit, les B6guines de I'Ave Maria, etc., souvenirs. 6teinis aujourd'hui!- Les -institutions ont disparu; les monuments eux-mAmes Wont pas laiss6. de trace. Cherchez les Augustins, on vous montrera le rnarcU 4 Ia volaille; demanded les
FilleOieu, et quelcrue savant, si vous en trou'vez, Yous conduira au passage du Caire; informez-vous des Chartreux, dans ce quarter d'Enfer okils furent appeks pour en chaser le disable, et, h l'extr6mite de Ia longue avenue qui leur servlait'd'entr6e, vous rencontrerez Ia p6pini6re du Luxembourg dvecla statue de Lesueur, leur h6te, leur ami et le peiiitre i'llustre de leur cloltre.
gais du moins Ia Sainte-Chapelle, subsisted -encore et avec elle le r6fectoire- de Saint-Martin-des-Champs ces deux fieurs de Fart et du g6nie de Ia France.
Toute cette 6poque,, si. glo'rieuse, pour Paris comme, pour le royaume,, se resume. en deux mots de ChAteaubriand Saint Louis est I'homme-mod6le- du _.moyen-dge : c'-est, un 16gislateur, un h6ros et un saint. Paris avait. d6s lors sa communaut6 de marchands et son Parlou& aux B ourgeois;,il vi-vait de la vie mfinicipale comme dela vie'scientifique et industrielle. -Mais avec saint Louis, Fordre nalt dans les lois, dans Fadridnistration,,dans.1a perception des finances, dans.les r6glemonts des.m6tiers; les serfs du domain royal sont affranchis les arts, produisent des merveilles. Lacapitale franchise deviant plus que amais Ia maitresse et I'linstitutrice du monde.
Depuis lorsjusqu. 'A Ia. terrible guerre de cent ans l'influeace de Paris Se maintient av'ec peine. L'Universit6 perd de son cr6dit, grAce aux troubles qui Font plus Xulie-fois agit6e, et cependant les coll6ges se, multiphent encore C'est une des grades oeuvres de bienfaisance des XIVe et XVe si6cles ; on ne droyait alars pouvoir faire un -olus bel -usave do sa, fortune au.'en ouvrant des asiles- aux ipimeg Lyens dp. In




INTRODUCTION. Vii
en face de nous, A I'Ouest, pyramident les constructions 61ane4es et la fickhe a6rienne de la Sainte-Chapelle; h ses pieds, le Palaispr4sente sa facade toute neuve derric re la porte basse flanqu6e de tourelles en encorbellement, qui sert d'entr6e h sa vastecour. C'est toujours l'insigne 1 alatlium du roi Robert, mais avec les tours de Philippe -Auguste, la grande salle de saint Louis et les portes ogivales de Philippe-le-Bel. Entre I-e Palais et Notre-Dame se present do hates masons et des 6glises saris nornbre dansun inextricable d6dale de rues tortueuses et 6touff6es. Comment computer routes ces 6glises? Saint -Bar th6lemy, Saint-Martial, Saint -Pierre -des -Arcis, Sainte Genevi6ve- des -Ardents Saintl'loi, Sainte-Croix'de-la-06, Saint-Symphorien,, Saint-Denis-de-la-ChAtre, Saint-Pierre-aux-Boufs, Saint-Landri, Sainte-Marine,
Saint-Christophe, etc. Elles s'annoncent, pour la: plupart, par le pigeon aigu de leur facade ot- la modest fl(%che do lour toit.
La Cit6 n'est plus jointe aux rives de, la Seine par deux ponts seulement,.mais par quatre. Ces ponts, dont les- uns sont de pierre, les autres de bois et soutenus par de hauts pilots, ferment autant de rues que garnissent deux rangs de I outiques 'avec pigeons sur la rue et sur la riyi re. A FextHmW du Pont-au-Change et du. pont Saint Michel le Grand et le Petit-Ch'telet dres5ent leurs masses noires et imposantes. C'est 14 que se patient les taxes et que le pr6v6t de Paris tient' son office. Plus d'une fbis 'saint Louis alla au Grand-ChAtelet s'asseoir pr6s de M' Boyleve, afm d'accorder avec lui les plaideurs.
Les fortifications du Grand et du Petit-ChAtelet ne sont d'ailleurs 'un souvenir du- ass6,-'rendu saris obiet par les accroissements
-qu p
successifs de la ville. Depuis longtemps, en effet, Paris a- franchi leg, rempart de Fantique Lut6ce, et de. nouveaux murs trac6s par Philippe -Auguste Ont comprise dans Fenc6inte: an Nord, les -villages de Saint-Honor6, Saint I Martin, Bourg4'Abb6, et, au. Sud, les 6gli'ses et cultures de la mont agne Sainte-Genevi6ve. Hors. de Fenceinte sont encore, sur la rive gauche, SaintGerma.in-des-Prds, et, sur la rive droite, le Louvre.
Saint-Germain a sa culture 'a lui, vastecl6ture gue'rri6re et monastique tout ensemble, flanqu6e detours, avec porte abbatiale et pbrte papale dominant le Pr& aux-Clercs. Le Louvre 'n'offre pas un aspect moing grandiose, avec sa -grosse tour entourk h, distance de tours saris nombre, les unes toit aigu, les, autres, 4 cr6neaux et h plates-f6rmes que surmontent de hates tourelles. Pat derriere, vous. apercevrez Ies bois de Chaillot, les moulins de- la butte Saint-Roeh, et, an Nord, Montmartre avec; les tastes. bAtiments de son abbaye, 6difi6e par Louis-le-Gros. Montmartre est encore loin de Paris; plusieurs, villages I Fen s6parent, notarnment Villeneu-Ye-sun-Grayois. avec' son oratoire de Boime-Nouvelle.
Sur la rive gauche de la Seine, la tout Ae Nesle'forme un, digne pendant aux tours du Louvre c'est une, de ces -hautes constructions A plate-forme flanqu6es d'une svelte tour'elle, contenant la visou. Pescalierqui.-dessert la tour principle, et S'610vant au-dessus- du falte de cette derni6re comme une sentinelle.
Les tours ferment, au. reste, h c6tte 6poque, avec leursAessins divers, h machicoulis, A cr6neaux, A combl6 aigu, h tourelles accost6es, les plus heureux effects Warchitecture ot de passage Quelquefoisj comme*h-la tour du Temple, elles'se d6tachent des angles d'une 6noiine maconnerie hlaquelle elles dormant, A la fois grake -'et, 16'&W. Le- mur d'enceinte a ses tours tant6t rondes tant6t tarr6es; cheque porte do la ville a Iffs siennes, prot6geant le pont-levis etla herse; et, dans quolques jours, lorsqup Charles Vet Hugues Aubriot auront, recul6 Fenceinte jusqu'h la porte Saint-Denis et la porte Saint -Antoine les -huit tours missives & la Bastille apparalitront', au loin co mme autant de ge'ants charges de la garde de Paris.
Les fl6ches des, e'glises s'616vent aussi,, de. la- mani6re la plus gracieuse auA6ssus des toits A pignons,-dont la suite uniform resemble A d'innombrables sillons coups cheque' instant par Jes foss6s 6troits et prof6nds desrues. Les fi6ches les plus 616gantes sont-celles de la Sainte Chapelle, de, Notre-Dame, des Augustins, de Sainte-Genevi6ve et au 'loin, dang', la: campag-ne, de Saint-Antoine-des-Champ.
Les villes -un jour deviendront plates et nues. A, peine apereevra-t-on ch et lh quelque clocher trahissant une pens6e qui s'616ye au-dessus de la terre ., De largest rues, de longues maisons, peu de Mches pen. de tours, une uniformity fatigante ondirait une lotte. d6sempar6e qui a perdu ses mAts et ses, voiles.
Si nous nous engageons maintenant dans les rues de la ville,,I'aspect y est plus different encore dece. qu'il sera un jour, mais du moins cette fois on ira dii mal an mieux. 11 est peu d'habitants dti vieux I Raris-qui.ri'aient4prouv6, de temps en temps, comme le-roi Philippe-Auguste, une grande abomination de -ewur en parcourant; ces rues saris air et trop, souvent saris" paW. Les deuix grades rues de.la Cit6, ce quon appelait la crois e de Parts., ont seules, en effet, W paves sous- le r6gne de Philippe; les 44tres rues ne le seront:qu'avecle temps.. Les boutiques sont obscures, Fauvent qui Jes protege centre la pluie 16s protege aussi centre. le jour;'mais* le* mar6handi'es qif elles contierment sont riches et nombreu8es. Les mercies, surtout, leg polletiers','Ies orf6vres et. terriers attirent: l'attentiori et I'argent par Nclat de leurs draps d'or, de leurs'soieries, de leurs fourrures, de lours bij6ux et de leurs--pierres prkiemses. Les r6les de Philippe-le Bel competent h Paris deux cent quatorze pelletiers et'soixante-dix mercies, tandis que les drapers ne sont quau. nombre de dix-neuf, singulierindice du goAt et des modes de nosy res- Les drapers, sontpresque. tons r6ufiis,.ainsi que'bon nombre d'orf6vres, dans. leg sQixante-hluit boutiques du Pont-au-Change., L'orf6vrerie de Paris est.&s lot's c6l6bre; elle le sera to-'ours. A 1'6poquede Philippe-le Bel, on comptait cent seize orf6vres 'a Paris,' in&pendamment des jodilliers ot terriers.
Parmi les autres industries qui se disputent le march6 doAa capital, les.r6les n6mment neuf s; presVe autant que d'6piciers, ce




Vill PARIS DANS* SA SPLENDOUR.
Quant A la r4partition des diverse industries dans la ville, elle, 6tait sensible all premier coup-d'ail. Dans la 06, sont les m6tiers qui vivent de Nglise, tels que les aumussiers, chasubliers, imagerss, paternostriers; sur la rive -gauche, cells qui vivent do N Cole : e, crivains libraries, relieurs, enhimineurs, parcheminiers, etc. Mais c'est surtout Sur la rive droite,,qu'on pout -appr'eier la vie et le commerce do la capital, depuis Saint -Germain -I'luxerrois, quarter de l'usure et'des Lombards, jusqu'aux rues Saint-Denis et Saint-Martin, brilliant rendez-vous des hates nouveatit6s de 1'6poque. A FEst de Saint-Eustache, se press6ut les petites industries : la lingerie, la, cordouannerle, etc. formant comme un cercle auteur des halls; puis-, CA et M, dans Ies rues les plus riches et les plus marebandes, sont les heaumiers', les haubergiers, les trumeliers., les es.crevessiers, les, armuriers, c'est-h-dire les m6tiers qui, vivent de la cheyalorie et do la g1lorre. Terminons enfin par un mot d'Andrd Duchesne parlant du traft de Paris, il le cite comime- s'exercant avec grande abundance et fidelity.
Nous venons de consider Paris 'a uno de ses brillantes 6poques. 11 change bientlt Xasp6ct avec les Nnglais; son ascendant d6crolt, sa population diminue; les historiensvont jusqu'h dire que, sous Fadministration du due de Bedfort, on compta par millers les masons vides. Avec Charles V11 7 Paris commence h renaltre, mals lentement, et 11 faut attended, pour le, r6voir dans sa splendour, ce qu'on appelle le sikle de Franpis I".
ix
Ce sikle comprend les r gnes de Louis XH,'Francois ICT et Henri 11. Paris, braillee alors d'un 6clat inconteS0 mais qui West pas c6pipl6temen't le Sion. E so fait sans n6cessit6 la riche succursale do Florence et de Venise. Les rangers ne viennent plus en foule chez lui chercher des mahr.es; il les appelle, all contraire, afin de se faire lui-me'me lour disciple, et il d6daigne solvent, pour leurs oeuvres exotiquels, le,,ceuvres naltionales de ses sublimes ouvriers. ('est_ ainsi, que Cousin, Lescot, Jean. Goujon, Germain Pilon, Michel Colomb, Jehan Juste, etc., artistes inspires, dont le g6nie Wa h redouter aucune concurrence sont d6laiss6s pour des artistes italiens, de second ordre, Giocondo., Rosso, Serlio, Trebati'et le Primatice: heureux encore si 17opinion publique ne va pas, avee le temps, jusqu"h attribute leurs chefs-d'oeuvre A ces maltres strangers. Uhistoire et Farc'Wologie diront cepondant les caract6res warqu6s qui diff,6 franchise de la Renaissance italienne, et qui font de la premiere une rivale solvent heureuse de- la, second. Le vieux Louvre ne rodoute la comparison ni des palais de Florence. ni des palais de G6nes; Chambord serait'toujours une merveille, m6me 60W & Caprarola, cette grande conception du Vignole; les cariatides de Goujon seront admires, m6im apr6slla Judith de Donatello et le David de Michel-Nnge, et le de Francoi's 1 11 de Bretagne,, oeuvre admirable de 'Colomb, re'unit le sentiment chr6tien au sentiment de Fart dans une,
perfection dont on.trouverait h peine quelques examples en Italie.
Si nous nous, Nsions humbles, au reste, vis-h-vis -des strangers, ceux-ci se montraient solvent plus justes que nous, et Fimpression que leur causait la vue, de Paris allait solvent jusqu'h Fe thousiasme. Nous pourrions cite' le Prussien Knobelsdorff et les ver .inspiraient les savants leconsdu coll6ge de France; mais nous pr6f6rons, 6tudier Paris dans les d6p6ches dip'lomatiques des ambassadeurs v6n.itiens. Venise 6tait alors all faite de la gloire; elle venaitAe resister Soule 6 toute FEurope, et la fieW des V611itiens avait bien quelqueS raisons, d'.6tre. Utaient,. en outre gen6ralement. des hornmes d'affaires qui dormaient peu dans la po6sie, mais -savaient tout observer adroitement et habilement. Brant6me, plus 16ger qu'eux, s'amuse de ces gens de blen d'ambassadeurs do Veljise Es trolissent leurs
parolees plus courts qu'ils peu'vent dit-il et,'-apr6s avoir entretenu le roy de la principle urg6nee de leurs affairs, ils 'se mettent it causer et, deviser, avec luy fortpriv6ment, luy demandant naivement comment il. se pbrte, ce qu''il fait)' h quoy il passe le temps, quelquefois luy parlant des -dames h quoy le roy prenoit tous jesplaisits du monde,,vu lour na:Net6 si douce et d6bonnairet6 si gentile.
Voyon's done maintenance dans le s6rieux du cabinet, le r6sultat des observations de lees adroits causeurs. 'Andr6 Navagero, qui 6tait A Paris en, 1528, ne parle que par sup6rlatifs-: (, Paris dit-il est., une ville tr6s grande, tr6s-belle, Ws-riche, tr6s-peuple'e, la seule h mon avis, qu'on puis8e compared a' Venise. Pour un. Wnitien, Cost tout dire. On lui donne Sept cent ihille habitants, ajou.te-t-11, mais
elle, en, a au moins-trois ou quatre cent mille. Nous ne-discutons point icices chiffres; le savant historlen qui dolt -traiter cette parties annals de -Paris pr6cisera, A cot 6gard, les donn6es lies plus probables; mais les estimations du temps n'en resent pas inoins pr6cieuses comme impression. Navagero continue: (, Les, rues sont belles et ornees, de boutiques tellement, pleines que c'est merveilleux ii voir. Les masons, sont plus commodes quagr6ables A Vceil._... Paris poss de un Gymnase (Universit6) qui compete un nombre infini d'&udiants; et cependant Chose incroyable quelque graude que soit la population do cette ville, toute chose y est h bas prix, bonissimo mercato.
P
Nous sommes bien- revenues -de oes vieilles traditions Elles commenc6rent d'ailleurs 4 timber en d6suetude &s lafin da XVP sikle.
Navagero cite ensuiteles orf6vres de ParisAeur grand iiombre, lour habilet6, la d6licatesse surtout de lour main et la richesse dealers ceuvres, qui se r6pandaient partout, en France'et hors de France. (, On Wen dira jamais assez de Paris, ajoute-t-il, non si pu6 dir tanto che basti; il Vaut done mieux quej e me tais*e, en lerminant'par un soul mot: Paris est la lug grande et la lus belle ville d'Europe.
P P
Marino 4iustiniani, qui vint -en France en 1535, s'enthousiasme moi ns ais6ment; il lutte m6le Contre 1'enthousiasme: (( Paris est riche, dit41; cependant il Wapproche pas de Venise- 11 West d'ailleurs guere plus vaste que Venise, car on pout enTaire le tour en moins de trois heures k un pas ordinaire, et, encore 1'extr6mi t6 de 1a ville contient-elle bedu6oup de. j ardins Yoserais m6me dire que sa population, tant vanMr.. WkAle nas, (i.pfl. dp, Vimkp- mak h Pariq Inilf It,. mnyirli' ,,zf P" V110 I-InmMPQ fPMMP,;, M"I'llrop r1r1rn0,_f;"11"Q




INTRODUCTION. Ix
V croutons maintenance Marino Cavalli, ambassador prcs de Henri 11 Cette ville West pas seulement sup6rieure a routes les autres villas de France, mals encore A routes eellcs d'Europe, tant par la multitude de ses habitants, que parce qu'elle est la capital du premier royaunic dc la chrOic W. ) Magnifique 6loge et que nous prisons un peu plus que ceux du chancellor de L'Ho'pital, lorsqu'il 616ve Paris ,in-dessus de Rome et voire m0me att-dessus du ciel
Aftior et ccelo majorque Lutetia RomA
ExtolliL caput et reliquas supererninet urbes.
Cavalli porte ensuite la population Zt cinq cent mille Ames, quoiqu'on dise beauroup plus, ajoute-t-il; puis it sepermet cette proph6tie Un pen hasard6e : Cc West pas une ville lbrte el elle ne le sera jamais. Combien an reste, d'hommes graves disaient -encore la* m6me chose it n'y a pas trente ans
Cavalli signaled les excellent professors de th6ologie et d'humanit6s que r6unit l'Universit6 de Paris, et le soin la promptitude, la pronlc a, avec laquelle its enseignent les trois leagues Les kudiants sopt pauvres des biens de la fortune, dit un de ses successeurs, Jean Capello mais du moins its tdchent de s'enrichir des biens de 1'esprit'.
x
Dans ces diverse observations toutefois, nous ne trouvons aucun detail soit sur nos monuments, soit sur nos habitudes. Les d6p6ches de Jerome Lippomano, ambassador pr6s de Henri III sont, A cet elgard un, peu plus circonstanci6es. Lippomano rappelle les vers de
I'Arioste: Paris est assis dans uneyrande plane, au centre., ou, pour. mieux dire, au c6eur de la Frame.
Siede Parigi in una gran pianura
Nel ombilico di Franefa auzi nel core.
Et it reproche h I'Axioste d'ooir oubli6,- en parlant de plane, la montage Sainte -Genevi0e et le chairman, Montmartre, dilettevol Nontemartire. Cette ville abonde dit-il 7 de tout ce que pent rever un appkit human et, bien que le people soit infini, je dirai m6me innombrable, les vivres s'y trouvent.cependant en telle profusion qu'on dirait qu'ilstombent du ciel. Le prix des comestibles est n6anmoins un pen 6lev6, sauf pour la viande (Lippomano 6crivait soixante ans apr6s Navagero); et it ne faut pasen We surprise, ajoute-t-il, les Francais ne d6pensant pour nulle chose aussi facilement, que pour faire-ce qu'ils 4ppellent bonne che're.
S'll fallait en croire Lippomano, l'opinion publique 6tait que.Paris avait un million Xhabitants. Mais it est impossible de *'en a'ssurer', continue-t-il, non-seulement h cause des strangers qui vont et viennent, mais encore parce que les habitants (fentends le has people) d6m6nagent tons les trols mois, en sorte qu'on ne pent tenir aucun registry un pen r6gulier .... Les strangers y accourent en foule,,dit-il encore; non-seulement les provinciaux, mais des Flaniands, A llemands, des habitantsdu Nord, des Anglais,. &ossais, Italiens,. Espagnols, etc. C'est un pAle-me'le et une confusion, moins par la diversit6 que par. le nombre. De 14, tant d'ho'telleries et -d'auberges, tant de vivandiers. et de vouchers tant de bateaux qui couvrent quelquefois, toute la Seine, tant de rohisseurs et de paitissiers qu'ils remplissent sans nul doute la moiti6 de la ville : chose admirable non-s-eulement A entendre mais h voir!
Cette affluence de people et d'6trangers soutient le toyer des masons. Eltes se:louent presque. tonjours garniesj par Jour ou par mois, les concierges ne, pouvant pas en disposer autrement, da:ns -la crainte que leurs malitres ne reviennent 'a la cour ;' car s'ils reyiennent, it. faut d6nicher tout de -suite, surtout si c'est un grand seigneur ...... Entin it n'est'si pauvrechambrette garme qui- n I e coAte deux on trois 6cus par mois. Ainsi leshotelleries routes nombreuses qu elles fussent ne sufficient pas et'les masons des grand seigneurs s'affermaient par mois et par jour
Cette ville est pleine de jeux de raquettes, dit encore Lippomano3 on en compete plusde mille buit, cents, et milie 6cus. sont d4pens6s par jour, seulement en, pauses. ,, Suivant lui, le nombre des 6tudiants 6tait de vingt mille, c'est-h-dire, ajoute-t-.il, autant I et peut-etre 'plus, que n y en ont routes les Universiles d7talie prises ensemble. 11 fait une remarque analogue pour les orf6vres. On en troupe autant7 y comprise les joailliers, sur' le Pont-au-Cbange et aux environs, que peuvent len contenir trois on quatre des premieres villas d'Italie', sa'ns en excepted Rome et Naples.
11 gerait peu sAr *sans doute de prendre trop A la letter les appreciations de Lip-pomano; mais si elles trahissent imagination de I'homme, elles rWlent aussi les opinions du, temps *
Quant aux monuments ceux qui frappen't.le plus Lippoma-Do sont d'abord le Louvre Si on le termite, dit-il, ce sera unedes plus
belles constructions du monde; puis les Tuileries, ee grand, palais quel gran prencipio, oA it admire surtout Fekalier en colimqon dont les largest degr6s, hauts h Peine de-quatre doigts, reposent, comme par enchantment, (miracolosamente), sur une fine aiguille, de marble; et son beau jardin, avec son labyrinthe, ses bouquets, ses fountains, ses ruisseaux, son cadran'solaire repr6sentant, les temps dQ Pann6e
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X PARIS DANS SA SPLENDOUR.
Chose 6-trange!,cette.apparence de rues donn6e aux ponts de Paris 6tait ce qui frappait le plus les 6trangers. Nous venons d'entendre Lippomano; le Prussien Knobelsdorff n'estpas moins explicate. Qu'on nous permeate de citer, au lieu de son latin, la Vieille reduction frangaise d'Andr6 Duchesne
Et cc, que plus j'admire
Sont les pouts, six on nombre ot tellement dresses
Qu'on y void des masons les fondemonLs hauss6s,
Et le tout si bien taict, qu'on jugeroit peine
Quo ec fussent des ponts, que dessous fat la Seine,
Yestoit que l'on le sgait; car les rangs des logis,
Les places, les cantons s'y voyent vis- -vis,
'Tout, ainsi disposes, en mOrne rang Qt teime
Qu'on bastit les masons en pleine terre ferme.
Mais nos 6glises, nos Vieux cloitres, Notre-Dame, la Sainte-Chapelle! on n'en dit rien! On est stup6fait du bruit, du movement, des boutiques; on admire la torture de la foire, Saint-Germain, comme Oil admirers un jour les cloches vitr6es de nos gares; mais de tous nos splendides, monuments religieux, Saint-Eustache seul est nomm6', et encore semble-t-on plus frapp6 du nombre des paroi isiens que de Architecture de la paroisse.
Le Tasse, qui Vint en France en 1570, West pas tomb6 dans cet exc s d'oubli. La manie're toutefois dont il parle de nous et de nos monuments ri'a rien qui puisse flatter beaucoup notre amour-propre : nos edifices ltji paraissent sans 616gance; la plupart des masons sont de bois, les chambers sont obscures et tristes,'les distributions incommodes; les escaliers toujours a vis lui font turner la tete. Mais ce qui 6tait r6ellement admirable aux yeux, du po'ke,'c'6taient nos 6glises avee leurs vitraux points et le-urs l6gers campaniles s'61evant innombrables dans les villas et dans les champs, routes grades routes magnifiquement decor6es, indices certain de Pantique piW' de- la France. Quelque -riches n6anmoins'et quelque somptueuses qu'elles fussent, ce que le Tasse admirait en elles, c'6tait beaucoup moins I'art que la grandeur etla d6pense; il lui semblait"quen les construisant, on ii'avait song6 qu'a' la. dur6e et nullement h la beaW. (, L"art yest
-brut j dit-il, et la plupart de ces 6glises ayant le choeur au milieu de la nef la vue se troupe arretee et ne peut p6n6trer aussi bien Ykendue du monument.
Singuli6res impressions et qui semblent d6jouer routes les u6tres! Le Tasse e'tait d'ailleurs morose h cette 6poque de sa vie, et, si rien ne lui sour'it. en France,* s'il ne tr6uve rien, mOme' Sur nos meilleures, tables, qui valley pour les perdrix et les faisans de Ferrare, il est permits de croire qu'il ne dit pas tous les 'motifs de samauvalise humeur et de ses regrets.
11 est -n6anmoins un mot que nous ne saurions'lui passer, un mot grave. Le Tasse ne craint pas de dire que le people en France est Ws-vil vilissima. Je sais- que Voltaire a dit, en parlant'des Parisiens c I e people si sot; je sais qu'il a krit Les Francais seront toujours moiti6, tigre, et moitie' singes., Mais les impertinences de, Voltaire nle seront jamais une excuse, surtout-pour le Tasse. Torquato -aurait dA se rappeler que lorqu'il lui plut de chanter ces guerriers de Dieu, qui all6reiit d6livrer Je grand s pulcre, les premiers qui se pr6sent6rent A sa-pens6e furent les Francs, primA i Franchi mostrarsil, etc.
X1
Les, derni6res ann6es du XVIe si6cle furent doul6ureuses orageuses. Paris se d6,shonora le jour de la Saint-Barth6lemy, puis il s'illustra durant ce. si ge detrois mois oA A v6cut Sur un approvisionnement de, trois semaines Jamais on ne comprit mieux tout ce qu'il, y a de puissance dans une forte conviction. En 1595, Paris 6tait desert etruine; mais au. bout de quelques jours de paix, 11 redevient la grande Ville. Bentivoglio, qui le vista Au commencement du XVIP si6cle I'appelle la Rome de la France; A se plaint de's lors du. bruit, comme plus tard s'en plaindra Boileau: Paris, dit-il, avec son bruissement de tant de people. et de tant de voitures, me trouble les yeux et m'6tourdit les oreilles,. Boileau. dira
Qui frappe I'air, bon Dieu, de ces lugubres cris?
Est-ce done pour veiller qu'on se couches Paris?
Les, auteurs Francais de la. mAme epqque ne tarissent pas en, exclamations et en Surprises, au sujet de la fi6yre de construction-qui s'6tait d6s, lors empar6e de 16 capital. On connaitt les vers de Corneille
Paris semble h mes youx un, pays do roman:
Yy croyais, cc matin, voir une fle enchanted;
Je la laissais Gserw et la troupe habit66.
Quelque Amphion nouveau, sans I'aide des ma ons,
En superbes palais a change sesbuissons.
Ce m6me grand et bon Corneille, en admirant les monuments nouveaux et leurs superbes toits., veut bien s'imaginer que tous leurs habitants sont des dieux- ou des rois. Nous voilh bien loin'du Tasse! Corneille I troiive'. noijr lp- innings aiissi lijst( lorsnii'il i N41t.- touioiirg




INTRODUCTION. X1
aux arts et aux letters, elle le maintient et le continue par Richelieu et par Louis-le-Grand. Elle devient- plus que jamais le centre du movement scientifique et litt6raire dans le monde. Au XVIll' sle'cle, Paris poursuiyra ce role, mais avec un caract6re nouveau.. Chateaubriand a dit qu'll ne rostail gu()re des 6crivains du XVIIle slikle que la 116volution. En se faisant lour cbntre, lour 6cho et lour bras, Paris deyint la grande capital revolutionnaire. EM mOme temps, il"se falsait ce qu'il est 'encore aujourd'hui : la ville de predilection de tons les riches d6swuvr6s cliereliant une vie agr6able et fa'cile. On y accourait do toute I'Europe, an XlIe si6cle, pour entendre Pierre de Champeaux et Abeilard on y account maintenance de toute I'Europe pour entendre Le* Kain et applaudir Beaumarchais.
On ne vit qu'a' Paris et Ton v6g6te ailleurs,
disait tr's-bien Gresset. Ce mot d'il y a cent ans Wa, pas vieilli.
On pourrait le compl6ter par un autre mot de Collin dHa'rleville
Paris ne donne pas le bonheur, non, sansdoute
11 empOche, dit-on, qu'ailleurs on ne le goLAte.
Le luxe, les plaisirs, les -dffaires voilii, depuis la 116gence et depuis Law, quells sont les -grandes, preoccupations parisiennes. Les mceurs s'en re'sentirent vite. On pent, cot 6gard,- consulter Barbier, on, si l'on pr6f6re les lec6ns de la com6die., on pout se rappeler la question narquoise de Fr6mont M-e Dirval
Lorsque vous parlez des plaisirs de Paris,
Vous ne dites jamais- un sent mot des maris.
Les mceurs se percent, I'incr6dulW circle, le respect s'en va, je-,peuple raisonne ou croit raisonner,' et, Pon commence h s'apercevoir que Paris pout 6tre un danger pour la France'et pour I'Europe. Mercier le dit neftement daris son Tableau de Partsl,'ouvrage peu suspect; cependant, au. point de vae des Wes r6volutionnai-res a Vu politiquement, Paris est trop grand,, dit7il; c est un chef d6mesur6 pour le corps de F&at. Mais il strait plus dangereux aujourd'hiii de'couper la loupe, que de la laisser subsisted il*est des maux qui, une, fois enracin6s, sont indesiructibles.
Mirabeau dira 'son tour, quand viendra pour lu.ile moment des d6sillusions Au lieu de chercherh changer la temperature de Par-is, ce qu on n'obtiendra jamais, il faut au contraire s'en server pour d6tacher les'provinces de la capital.
Vains efforts,! Paris est devenu la grande fournaise oA se fusionnent, suivant quolques.-uns, pour la France et pour le monde, les 616ments d'une soci6t6nouvelle o* ach vent de se- consumer, suivant quelques autres, les deniers liens sociaux. Quand quelque pi6ce.se d6manche a dit Montaigne en parlant de Ff tat, on peut F'tayer,, on pout s'opposer A ce que Valt6ration et la corruption g6n&ales A routes chooses ne nous 6loignent de nos commencements I et principles; mais d'entreprendre de refopdre une si. grande. masse et'de changer les fondements d'un si grand bastiment, c'est 'a faire 'a ceux qui pour _d6crasser effacent, qui veulent amender les defaults particuliers par une confusion universelle et gWrir les malatles par la mort.
Les deniers jours du XVIlle si6cle ont vu h Foeuvre les homes dont parle, Montaigne, et Paris a 60, le the'Atre- 6pouvanW de leurs experiences. Mais tout-h-coup une, main ferme arrAte la dissolution; Paris renalt h, I'ombre du g6ni6 et de la gloire; et -tandis que nos drinks, dont les prodiges depuis dix ans nous au.-raient consoM de tout si on p6uvait se consoler -du crime, promehaient' la victoire par toute I'Europe, Paris s'enriohissait, s'embellissait et vo ait s',ouvrirdes rues dont quelques-unes pouvaient passer pour des voies triomphales. A nulle 6poque, peut-Are, il ne parut plus dominant ni plus grand. Le g6nie,, le courage,, lesucc6s semblaient lui assurer u-ne prosp6rit6 sans 6preuves, Napol6on crut A sa toute-puissance, et,, un jouri le sol de Paris fut f6u].6. par le pied iInsultant de Ntranger immense douleur que nous n'avions pas subie depul's les jours iiffi:stes de CharIesV.I ot des Anglais.
Faut-il le dire?.Paris ne parut pas comprendre alors la dignity' du malheur. I.1 n'avaitpas eu' cette fureur heureuse dont parleVoltaire a propose du si6ge, de 1590, et l'or de'Ntranger -sembla lui faire'oublier -les maux de la patrie.
La France cependant avait cherch6nn appui sur son anciehne base. Priv6e de ta royaut6 du g6ni6 -qui- s'6tait perdue -par ses 6garements, pour parlor comme 31. 'Thiers,'elle avait eu spontan6ment recourse A,- la royaut.6 de. la trad:itiowconsacrk parIes iikles et rajeunie par le malheur. La paix et la liberty -ti6rissent nos blessures, la confiscation est abolie, les monum I ents se multiplient et s'ach6vent, le credit. se d'veloppe et se regularize; la, barbaric est 6touff6e h Alger; les arts et les letters prennent: une vie nouvelle, et Paris continue de donner le branle h ITurope. Mais biento't les provisions de" Mirabeau' 'et Mercier se r6alisent; Paris reverse le tr6ne, et se fait Parbitredes destine'es de la France. Dix-huit ans se "assent, et Paris joue encore avec la revolution : il brise. la couronne qu'il s'est faite. Ses habitudes ses inte're'ts, son luxe, son industries jurent avec les souvenirs r6puiblicains- et, ilpr6clame la B6publique. Si Fon y retrouve 1'esprit'et la civilisation d'Ath6nes, on y retrouve aussi la 16&W ath6nienne. Ainsi il n'en ftit pas toujours. (, Quand le f6y allot anciennement en
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CHAPITRE 1LSPALAIS







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CHAPITRE'117
LE LOUVRE
LE palais du Louvre, dont rach6vement et la reunion aux Tuileries, sont un 'des gloires de notre 6poque, m6rite par sa magnificence et sa c6l&60 d'bccul)er la remi6re place da''s cette description des monuments de Paris. Son ori-ine est rest6einc'onnue aussi- bien que Ntymologie de son now.
Suiyant quelques auteurs, il existait point de !a
Us le temps de la premi6re -race, Sur ce, rive
droite de la Seine et au milieu de bois epais, une mason royale.'servant derendezvous de chaise aux rois m6rovingiens; mais cette assertion ne rep6se que "Sur I'autorit6 d'une charWapocryphe. On ne sait rien du Louvre avant 'Philippe-Auguste, et ,'est, e m 12 0 It. que ce nom apparait pour la premike




PARIS DANS SA SPLENDOUR.
de Philippe-Auguste S'61evaient A I'Oucst Sur les mdmes fondements que la fa ade actuelle qui regarded les Tuileries au Sud, h peu pr6s Sur 1'emplacement du gros mur qui spare en* Iongueur le Mus6e des Antiques du c6t6 de la rivi lre; I'Est, Sur une ligne correspondent, qu peu.s'en falut, h.la face or ientale du pont des Arts, et au Nord, Sur une autre ligne aboutissant A 1'extr6mite septentrionale du pavilion de I'llorloge. La'gross6 tour du Louvre, dominant la ville.et le 'fleuve, 6tait un important outrage de d6fens6 et en m6me temps common 1'embl6me de ]a puissance,-ioyale; Cost d'elle que relevaient les grand fiefs de la couronne. Et maintenance qu'elle est 46truite', dif Sauval,, maintenance qu'il Won,. reste plus. la *moindre p I ierre, Cost d'elle que rel6vent encore nos dues et pairs clest ii -elle, ou plut6t hson Dorn et comme A soil ombre q4'ils: doiv ent foi et hom'mage. Cetto tour, d6fendue par un foss6, communiquait par une galerie de pierre avoc les stages sup6rie'rs do 1'e4c'inte, du chAteau; d'autres foss6s largest et profound, aliment6s par les eaux de la Seine, environnaient tout 1'6difice, dont 1'ensemble avait le sombre aspect des fortresses f6odales.
Le premier fait qui so rattacheIii l'bistoire du Louvre est 1'emprisonnement du comte' Ferrand de Flandre, l'un des vaincus de Bouvines. Ferrand fut en'fernI6 dans la'Tour-Neuve, apr& avoir 60 promen6 dans les rues' de Paris, charge de chains, au milieu des hu6es de la. foule. Pendant plusieurs Si6cles, ce redoubtable donjon servit de prison pour les princes et les grand seigneurs coupables Idu crime do l&emajest6. Parmi ses, h6tes Jes plus cWbres, depuis la fin du r6gne de Philippe-Auguste on cite Engu'rrand do Coucy, les comes de Flandre, Guy de Dampierre et Louis de Male; Jean IV, due de Bretagne; Enguerrand de Marigny, Charles-le-Mauvais, roi de Navarre; Jean, do Grailly, capital de Buch; Jean R due &Alen on. Depuis la mort de' Louis Xf, la tour de Bourges, le chAteau. d'Angers, et plus fr6quemment la Bastille et le donjon de Vincennes, remplac6rent le Louvre comme, prisons d'Etat.
Les premiers successeurs de'Philippe-Augqste habite'rent raTement le chateau du Louvre, quoiqu'il fAt le -symbole de leur suzerainote. On voit par le testament de Louis YIII quece prince y avait d6pos6 ses tr6sors. Saint Louis fit construire dans Yaile accidelntale ulne salle qui fut longtemps appel6e la chamber Alo Saint Louis; on croit qu'elle 6tait place au-dessus de la Salle des Cariatides. La reine Marie de Brabant, femme de Pbilippe-le-Hardi, demeurait au Louvre. Philippo4-Bel y s6journa quelquefois, comme on le voit par les terms d'une'donatioh qu'il fit en 1310 aux chaplains de ce chAteau. Sous Philippe de Valois et sous le roi Jean, les pairs de France y furept convoques pourjuge r Robert d'Artois ot Charles-le-Mauvais,. En 13 5 81 pendant la ca tivild du roi -J an en Angleterre les Parisiens rkolt6s assi6 *ent le Louvre et en cha'ss6rent le gotiverneur, nomm6 Pierr.e Gaillard, qui depuis fut d6capit6 pour avoir mal d6fellckt- son poste. Lorsque to movement r6volutionDaire eut W, comprim6-, le dauphin Charles, rentr6 dans Paris, 6tablit sa residence au Louvre.
A partir du r6gne'de Charles V, pne nouvelle phase commence dans I'histoire de ce monument, et c'est ii juste titre que ce prince est regard comme le second fondateur.,Sans rien changer.aux constrUCtiODSprincipales de Philippe -Auguste, it les exhaussa de quAtre cin q' tosses, mit plus do r6gularit6 dans la I.istribution des, fen6tres, -61argit les fosses, 6leva de, nouvelles chapelles, et multiplia les tours. Ces tours avaient chacune un pom'. Les principles 6,taient celles deTHorloge, du Fer-4-Clieval, de I'Artillerie, de Windal, du Bois, de I'Armo.irie, de la Fauconnerie, de la Taillerie, de la Grande et de la Petite-Chapelle, la Tour oit se met le roi quand ow jofale, la. tour de ftcluse Sur le bord du foss6, les, tours de I'Ittang, du Porteaux de l'Orgueil, la tour neuve du Pont des Tuileries, 16 tour de la Librairie,_ ofi prit nais8ance la Bibi I ioth6que, royale..
Charles V rondit plus commodes et plus riches les sallies servant. ii I'liabitation. It les orna de peintures, de sculptures, de t apisseries, de parquets de bois rares, et do vitraux ex6cut6s Sur les, designs de Jean de Saint-Romaill. Pour monster aux Rages sup6rieurs, it avait fait construire une vis ou espalier en spiral, dont RaYMODd du Temple, son architecte, son'maitre des ceuvres, ava-it dirig6 la construction. Utait une merveille de 16&06 et V16gance- Les artistes les plus habiles y avaient se-ulpt6 la Verge et'saint, JeAn--, deux sergents'd'armes, les effigies de-Charles Y, de la reine Jeanne de Bourbon, de Louis-, due d'Orl6ans, et des trois -fr6res du roi les dues d'Anjou, de Berry et do Bourgogne. Sauval, 4 qui nous demons ces details pulses dans les archives de ]a 'ChAmbre des Comptes de Paris,' ajoute que ces figures 6taient pay6es chactme I raison de v'iDgt -francs Wo'r ou seize livrespaTisis.-. Jean de Saint-Romain re ut six lives huitsou8 parisis pour le prix d'une statue de -Charles V, qu'il avait scul We 4- 1'entree du pont-levis de fa gros e tour, Parmi les -autres artistes employs, sous ce r6gne, 4 la d6coration du Louvre, on doit citer, comme sculpteurs, Jean de Launay, Jean de Chelles, Guy de Dammartin, Jean de Li6ge ou du Li6ge Jacques de Chartres,' et, comme. peintie jran ois d.'Orl6an.s.




LES PALAIS. LE LOUVRE. 3
les unes lourdement assists dans le fond m6me des -foss6s,, les autres suspenders on. qqelqde sorte aux murailles et soutenues en porte-a-faux; cc p6le-m6le de tolts pointus,- ici converts. de plomb, 1 de tiles verniss6es, l.es uns coiff6s de lourdes pirouettes, les autres do erkes, do panM)cs', reluisant au solely tout cola no ressemblait, gu6re A cc qu',on fiornme aujourWhui un palais de souveram; mais cc d6sordre, ces contrasts' ne manquaient ni do grandeur ni de-majest6.
Charles V so plaisait dans cette deme'ure qu'il avait embellie;, il I -'habita souv ent, m6me apr& 1'ach6vement, do I'h6tel.,Saint-Paul qui, plus tard, devait remplac.er le Louvre comme residence royale., Mais'apr6s la mort du' sage monarque. cc dern I er pa I lais -fut entitlement n6gli-6;,on ne s'en occupy plus que pour en r6parer I es.fortifications ou I le faire servir h. lager les h6tes illustres que recevait le roi.
En 1382, pendant 1'exp6dition de Charles Y1 centre les Flamands, 16s gens des m6ti-ers A des halls fOrm6rent le dessein de s'emparer du Louvre; mais le prompt return du roi vainqueur Roebecq, nejeur en laissa pas le temps, et les armes dont les r6volt6s s'.6taient serves ren.tr6rent dans la tour'de I'Artillerie. L'ann6e suivante (13 8 3) fut lermih6e l7enceinte foftifi6e que Charles V avait commence h faire construire auteur de Paris, Le Louvre, plac6, jusque lh hors des mars., Se trouva comprise dans la Ville.
Deux empereurs de Constantinople, Andronic on, 13-9-91 et Manuel'PaWologue,, en .1 W re urent da-ns ce palais I'hospitalit6 du roi do France. Sigismond, empereurTAllemagne, 'le, roi et Ja reine d'Angleterre y furent aqss i'magnifiquement traits en 1419 et 1422.
Utait au Louvre, si6ge official de la royaute fran aise, que 'nos souverains venaient pr6sider aux -c6r6monies oA lour puissance n ourtsi6stants do lue dit6 que, I issait' Charl, s VI sa funeste,
devait paraitre avee leplus d'6clat. -Ainsi, pe dant les
maladic, cc palais fut le tMAre de deux grades solenniWs Sur -lespell6s les annalistes contemporains: nous ont,, donn6 de 'lODgS details. La premi re out lieu, dit Sauval, 16 5 september 1408, lorsque 'le-roi, par.Aa blauche-, do son avocat Jean JuOnM des Ursins, fit savor qu'il'-se reposait du soin du go'uvernemenit de son royaume sur Isabelle de Bavi6re, sa femme:, et Sur Louis do France, due de Guyenne, son, fils ain6. Comme c'6-tait une nouveatit6 de tr6s.-grande importance, on voulut..,qu'efle fdt c I xamin6e par. les Oersonnes les plus consid6rables tant dela-Inoblesse, que &I clerg6'et'du.tiers-6tat. Les, registries du Parlement portent que, la reine et le due de Guyenne assist6rent A- cc counsel avee Juv6nql. des Ursins. Y furent,4ussi pr6sents les dues de Berry, do Bretagne et de Bourbon, les comes do Saint-Tol, do Mortaing d'Alen on de Clermont,'de Dammartin,, de Tancarville, la ducliesse de- Guyenne, la com-tesse, do Cliarblais, le conn6table de France, le ohancelier, Je president dif Parlement, le grand maitre., de l'h6tel les archev6ques de Bou.rges, do et.-de Sens, les &6ques, Ide Senlis., de B, eauvais,, d'Amiens, d'Evreuxl
do Lod6ve, d'Albi, de Tli6rouame,- de S6ez, -de Maillezais, le P'r6v6t de- Paris-0e pr6v6t des marchands,; ,eDfin une. foule d'abb6s, do consoillers Atat, -et une. centaine au moins de bourgeois. la'see.onde, -de.'ces solennit6s, kait non mains. grave et 'Plus touchante. Au pied. du tr6ne royal, u he femme en pleurs'e.t suppliante, envi'ronif6e' d.'une famille en'deuil, imploraitjus.tice pour le meurtre de son 6poux. Utait Valentine de Milan, femme & Louis de-,France,, due d'Orl.6.ans et Wre du roi. UAW. 4 Ch6ry prit la parole pour, Valentine et ses enfants; il- r6claina. hautement Vengeance Au 'crime commi s, pau le due de Bourgogne et de l'audace de Tavocat Jean Petit, qui avait os6 justirter cot assassinate.
Dans la sangl4nte 6meute de 1418 lorsque Ies Bourguigpons, dign'es pr6curseurs -do: nos r6volutionnaires de 11,92 massacr&enttous'les mallicureux Menus dans les prisons dcParis, ils pargn,&Ient ceux-du Louvre,"(( par-respect pour la demure du roi, dit le, Journal d'un-Bourgeois de Paris.
Charles VII, qui passa la plus grande patio de son, r gne loin -de Paris, habitat, lorsqu'il y'revint, 1'fi6tel 46s., Tournelles, son s jour favari. Cependant it parfait avoir'pris quelque soin de la d6coration I du, Louvre. A cette 6poque-, 4eux artistes ped conn as Guillaume Jasse et Philippe de Fonci6res, orn6rent cc palais deAvers outrages de:sculpture.
Sous Louis Xlf le Louvre re 6t up moment des h6tesfort inattendus. Les office's de la pr6v6t6,de Paris, Wig&
le ChAtelet dont les murs, l6zardes mena aient do sWroulersur eux,, obtinrent dii rcii la, permission de s6tablir provisoirement au Louvre. CA n les y lo-cant, on tour fit defense expressed d'allumerdu feu dans les ehemip6es,.. A..eause du'voi.sinage delapoudre et des munitions de guerre- d6pos6cs dans les sales basses. En 15 0 6 les r6parations du ChAtel et RaM ternfin6es les' gens h I la WvW re-prirent possession de leur ancienne demeurei,




4 PARIS DANS SA SPLENDOUR.
splendidement son h6te imperial. 11 y fit ex6cuter de nombreuses reparations. (( On dora, dit Sauval, routes les pirouettes des tours; les armes de. France en plusieurs endroits furentpeintes et arbor6es. On attacha centre le mur, tant des escaliers que des sales -et des antichambres, des chandeliers delaiton. La plupart des crois6es furent agrandies ef les vitres peintes. On augment le nombre des apartments. On fit des fices : il y cut des routes et des tournois. En un mot, 'on n oublia ni n'6pargna-rien,, atin de mieux re.cevoir t'empercur et, le r6galer magnifiquemen t. Et de fait,' on ren'dit cc chAteau si logeable, que Cliarles-Quint, le toi 'la reine, -le dauphin,, la dauphine, le roii et la reine de Navarre les enfants de France, le cardinal de Tournon, le connkable, et m6me la-duchesse, d'Etampes, maitresse de Francois ju, y cureftt chacun des apartments proportions A lour quality. Aussi, continue I'historien y fit"on tant de d6penses, qu'un registry entie'r des- wuvres ou Mifices roy aux en est tout plein et no contient'atitre, chose.
En 154-1 commenc6rent, d'unc mani6rc definitive, les travaux qui devaient. changer le cliAteau de Phlilippe-Auguste et de Charles T en cc alais m-oderne, dont une parties subsistant encore aujourd'hui et appel6e le -vieux' Louvre., estTexpression la plus brilliant et la plus -compl6te de r6poque de la-ftenaissance. Francois I" alla naturellement demander des plans cette plMade d'architectes et de sculpteurs quo, ses largesscs avaient attir6s A Fontaineble.au.et qui avaient domi6 de si brillantes preu I ves de teur talent, dans cette residence e't dans cell-es d'Anet, deChambord, de Folembray,, de- Saint Germain en-Iaye.
Clest 'a Htalien Serlio-,, qui jouissait alorsllme reputation m6ritk, que Francois ja s'ad-ressad'abor&, Mais, soit que ses plans fussenttrop colteux; soit pluto't, c6mme Je pense M. Vitet, -quo le roi vouldt utiliser les rests de 1'ancien Louvre of. 61ever le nouveau sur les fondem-ents, du premier, cc qui.n'Aurait pu. s'accorderavcc'l'idele de 1 architccte italien, son project fut rejeW. On pretend que Serlioaur5it eu la malice et le bon, godt de Aire'au roi q'u'il se strait. fait mieux comprendre, en s'adressant a un Francais. Sinc6re ou non, lecons'oil fat suivi, et Francois "fit-venir Pierre Lescot, AN. de Clagny. Les plans de cc denier ii' joutaient .rien aux dimensions dutouvre de Ph-ilippo7-Auguste. Bon me'nager., comme l'appelle Sauval, il fit server, partout oa il put,' les foundations du-vieil 6dificei Cc fait attesO par uh r6gistre de la. Chambre,-.des Comptes, fut confirm lors de la restauration de la salle des Cariatides, airig6e en -1808 par MM, Fontaino'et Percier. On d6couvrit, derri re le reveltement de la muraille -qui fait face, Aux Tuileries, u I n mar tr6s-6pais, d'une-'construction Ws-ancie.rine, et sur cc mur un ornament sculpt dans -le style du X111' si6cle. Les plans de Lescot ne sont pas parvenus jusqu' nous; cc West: que'par une conjecture tr6s-probable du reste, que l'on crolit que-le nouveau pa.lais devait occuper, Sdr remplaceinefit de Vancien le quart environ de la superficie actuelle de la Our du Louvre. -D'apr6s cc p'r6jet, il, devait -y avoir quatre facades j terminus, aux quatre angles-, par de -rands pa ns de combles Xaedoise la. francafse. Lo du Su&Ouest, appe16 -pavillon du Roi, fut seu-1 b-Ati ; mais A, a malheureusement
disparu depuis dans lo- massif qui contiont 4a Sal-ledes, Sept-Chemin6es. 11 nous en reste un design grav6 par.Ducerceau. L'u' Aes c6t6s de 1'6difie,,e-'n'aurait,,Probablemoiitconsist6 qu' ple galeric A rez-d- chauss6e,
-en uh e Sim -e disposition que nous trouvons au
Patais-Royal et au Luxembourg; car'la epur,: offrant le quart seu-lement'de Ntenclue de celle daujourd'hui, edt W, priv6e d'air 'et de jour si on l'a',vait.entout6e de tous' c6t6' par des bAtiments de 6,0 pieds de, haut.
On, aroit qucTentr6e principa-le du plalais.aurait.W plack darfS un pavilion an centric, de la, galerie du c6t6 de I'Est une .tradition, nous apprend,, choffet, qu.e Lesc6t avait intention de pi acer au Levant sa grande entire.
Les, t.ravaux comm'cnc rcnf par 1'dile occidentale- entre le, d6me de Morloge et I'angle SuA-Ouest de la cour, et Wavanc6rent ,que lentement A cause. du soin que Yon a-ppprtait -A la construction. lKn 1, 5 4 5, it se passa* pr6s de ces nouveaux bAtiments un fait qui caract6rise les incurs du temps. Un gentilhomme, nomm6 Savonni6re de la Perrine, attlacU it la. n aison du roi, avait ,accus6 Yanlail, autrefamilier de la cour, d'un crime que les'bigtorions contemporains nous ont- pas fait connaitre. Cc dernier alla. trouper, I'accusate.ur et l'obligea de force 'a' signer'une r6tractation. Savonni0e vint se plaindre ii Francois 1,rde cette violence, .-et lui demand la permission de vider la'querelle. par un combat en champ cl6s. Le chevateresque souverain, non-scu.1eiiieftt accorda llautorisatioW demanded, mais profit A. SavonnWe diassister au combat et lui donna, un, de ses h6rauts d'armes pour porter Soft cartel -A. VaInlai. Les combatants -devaierit.. se rencontrer deviant le Louvre. ((, Le jour venu, raconte I'auteur des AnliquWs de Paris, .tout 1'espa.ce compri8 entre, la rivi&e et les ancient foss6s, se trouva cou'vert de tents, de barri res, (r6chafaudages, occup6s par les, personages les plus, i-Ilustres. Francois Lou.iso de Savoie, sa mere, plusieurs princes et princesses y 6 1 taic.nt Avec; qqalntit6 de seigneurs et dames de la. cour. SaOnni6re se pr6senta of attendit vainement son adversaire. Celui-ci*ne parut'point, A cause du roi.et de la-reine r6gorite qui le' haissaient; quolques-uns tiennent pourtant qu'il- y vint,




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LES PALAIS. LE LOUVRE.
Cc fut seulement apr6s la mort du roi que Catherine de M6dicis, soit par affectation, soit sous l'influence d'une douleur moinentan6nient sine6re, voulut quitter I'h6tel des Tournelles qui avait ete le th6iltre de la m6rt tragique de son mari, et resolute de vouir denieurer au Louvre. Elle s'installa d'abord dans I'aile- du Nord et dans celle de I'Est, seules parties du Vieux cliAteau qui n'cussent pas encore W d6molies, et elle fit suspended les nouvelles constructions. -Abandonnant le plan de Lescot, ou le modifiant de mani6re en d6truire I'unit6 et l'barmonie, ]a reine-m,6re fit lever par un architect que Sauval appelle Chambiche, et qu'on croit Italien, le rez-de-cliauss6e du bAtiment, perpendiculairc h la Seine, rattacW par un vestibule au pavillon du Roi, construct par Lescot. Les travaux que Charles IX et Henri III firent ensuite. exepter au Louvre, n'eurent d1autre but que d'approprier h leur usage cc palais itfachev6. 11 ne reste aue'une trace de ces constructions -6ph6m6reS qu'un -besoin du moment, un caprice passage avait fait More. L'une d'elles cependant, la co*ur' des Marbres, orn6e de sculptures, de Jean Goujon,- aurait W digne de subsisted.
Charles IX r sida constam ment au Louvre, et cc palais fut t6moin, sous son r4ne, d'6v6nerrients. domestiqu6s, de scenes
ou lugubres que nous, Wavons pas. a raconteur ici. Rappelon-s seulement pour d6truire tine errcur acer6dit.6e, que ja fen-6tre de la galeric dApollon, Woii Charles IX aurait, dit-on, tir6 lui m,6me Sur les-Hugdenots, apartment iiunle construction qui date seulement du r gne de Henri IV. Cette tradition ne m6rite done pas d'6tre discut,6e. Cependant la 'Convention avait fait, placer Sur le balcony de cette fen'tre un poteau portantTinscription suivante Gest de, cette feirkre que l'infAme CharIes4X,,d'ex6crabIc rn6rnoire, a tir6 sur le people avec tine carbine. )) Napoleon, parvenu au. consulate, Ac fit enlever. Parmi 1es incidents qui signal6rent au Louvrela funeste journey de la Saint-Barth6lemy, nous citrons encore., mais comme un 'fait 'douteux, le meurtre de Jean Goujon, qui aurait W W d'un coup,, d'arquebuse,,. tandis que, place Sur un 6chafaudage-, il. travaillait aux d6corations de la cour-, des -Marbres.
En 1581, on joua au Louvre le premier drame lyrique qui ait W repr6s.ent6 en. France, Catherine & M6dicis avait appe16 d"Italie, d'oa venait alors toute nouveaut6, un- grand nombre d'artistes,, pour concourir A I'Mat la f6te, que le roi- Henri'111 donnait I'occasion du marriage de Marguerite de Lorraine, sa belte-sceur av e c Ic_ due de Joyouse. Baltazarini, musician pi6montlais, fut l'organisateur de cette f6te, qqi codta 1,200,000 6cus. Avec I'aide de deux musi'iens fran ais-de la chamber, du roi, Beaulieu et Salmon, il compose pour la circonstancella musique Wune pike dont Ron I sard et Baif ava ient fait les paroles, et qui 6tait intitu]6e 1: Ballet comique de, la Royne. On y chantait et on y dansait. Les r6les principaux furent remplis par les personages les plus distingu6s de la cour.
Henri III cern6 par les barricades des Ligueurs, S'enfuit du Lo' e
uvre 4 grand'pein" -, le -13 m ai 1588, tandis qu-e, de I'autre
c6t,6 de la rivi re, les bourgeois qui gardaient la porte de Nesle, sur sa petite troupe.*
tiraient su.r le prince ct
Trois ans plus tard (15 9 1), la salle des Cariatides, 94.Catherine de M6dici' avait d6p,146 tant de splendour,, fut t6moiu d'une se6ne de mort. Le due de Mayerme y fit pendre, quatre-des Seize : Louchart, commissaive au ChAtelet; Vavocat Amelline, Surionnot procurer au. ParlemerO, et Auroux. Le people' appeal longtemps cette Salle la -chapelle, Saint.-Louchart. En 1,5 93, I'assenibl6e des bats g6n6raux de la Ligue se, tint Oans I'a mAmc Salle.
De's que Henri IV -out pris possession de Paris, il 6tablit sa,_r6sidence au Louvre et f6solut -de poursuivre avec activity6 les travaux de cc monument, suspends pendant la gaerre civile, et 'dont l'interruption faisait le pl.us grand tort aux artistes et aux ouvriers. Gest A cc prince quest due la prerni6re pensee de la reunion de cc palais aux Tuileries, alors sifflple--Maison de plaisance hors de la Ville, saris liaison aucune, soit avec. le nouveau Louvre, soit, avec la parties deYancien, '61ifteau f6odat qui 6tait encore debut. La galeric des Tuileries, dit, Sauyal, est un Ouvrage queHenri IV voulait pousser tout. le long deja rivi re jusqu'au palais des Tuileries, qui faisait alors partic du faubourg Saint-Honor6 afin par cc moyen., Wkre dehors et deans la Ville quand il lui plairait, et de ne pas "s.e voir enfer'6 dans -des murailles, ofi I'h.onneur et, la -vie de Henri'111. avaient presque d6pendu du caprice et-de ]a fr6n6sie d'une populace irrit6e.. Le project deHe.nri IV comprenait tine. vaste place qui se strait 6tendue entre les deux palais et qui aurait pris, selon Malherbe,,Ie nom deplace Bourbon.
existait d6jA un soubassement toscan qui s'avan ait dans la direction projet6e depuis I'aile perpendiculaire A la Seine, Wtie par Chamhiche pour Catherine de Wdicis, jusqu'A la hauteur, environ du pont dir, Carrousel.. On a quelquefois attribu:6, mais saris aucune vraisemblance cc souba.ssemept Serlio.i Ainsi que Ta,, remarqu6 M. Vitet, I'architexte iltalien mourut iii Lyon dans




PARIS DANS SA SPLENDOUR.
que Dubreuil, Bunel et Porbus enrichirent de leurs peintures. On compared que l'unit6 dui plan dut beaucoup soufffir de ce cliangement d'architectes, chaeun d'eux croyant de son honneur de ne pas s'assuj6tir an plan de son devancier. Cette diYersite de direction a fait du Louvre, malgr6 ses beaut6s, un monument plein de disparates. Quant ii ]a difference si tranch6e qui spare en deux parties d'un style tout-A-fait dissemblable, Ia grande galerie m6ridionale ou de Henri IV, on doit I'atfribuer it Ia prescription impose aux architects, de conserver' les- soubass6ments de Charles, IX. Au lieu de l'ordre colossal de Ducerceau ils employ6rent-deux ordres's6par6s par un antique intermediaire, afin de racheter Ia difference du niveau.
La galerie, dutAtre termin6e en 16 08, puisque c'est h cette date, comme Wrefixe nous I'apprend, que le roi fit carpenter ses galleries A Pon P6dro, ambassador d'Espagne, en lui demandant si son maitre. avait ih TEscurial des promenades de cette longueur, av'6c un Paris au bout. D'ailleurs, les-travaux 6taient 46*4 assez avane6s en 16011, pour que Henri, IV voultit loger an Louvre des artisans de routes les nations et y (Aablir des fabriques de soieries. Cc project, qui aurait donn6 au LouvreUDe destination peu en rapport avee -ses souvenirs et sa magnificence, Wcut pas' de suite; mais le roi consacra Ia parties inferieure de Ia grande galerie A loger les artistes Ies plus- fameux en tout genre. L'expos6 des lettres- patents qu'il donna ii cet effet, m6rite d'Mre rapport Comme entre les infinis biens qui sont causes par, Ia paix,' celui qui provident de Ia culture des arts West pas des moindres, se rendant florissant par icelle, et'dont le public re oit une Ws-grande comnlo&0; nous avODS eU allSSi cet 6gard eD Ia construction de notre gale'rie. du Louvre Wen disposer le bAtiment en telle forme que nous y puission's cbm-mod6ment loger quantity de meilleum ouvriers et plus suffisants maitres qui se pourraient recouvrer, tant de pein'ture., orf6vreric, horlogerie, insculpturesen pierreries, qu'autres de, plusieu,,rs et excellent arts OW pour nous.servir d'iceux,'comme pour iceux Mxe par ce moyen emplOY6.s par DOS sujets en c6 qu'ils auraient besoin de.,Ieur industries ; et- aussi pour faire corner une esp6ce de p6pi'ni re d'ouvriers, de laque'lle, sous I'apprentiss4ge de si -bons maitres, il en sortirait plusieurs qui, par apr6s, se r6pandraient partout notre royaume et qu'i- sauraientWs-bien server le.public., )) Les intentions deflenri IV furent suivies, et l'on.continua de' donner ces.logements aux artistes Ies -plus c6l6bres jusqu'A Ia 116volution. Des homes sans talent en ayant quelquefois obtonu par faveur, i6 proverbe suivantnaquit Tous los bons maitres ne logentpas ?i Ia galerie du Louvre.
Sous Henri I-V Je Louvre fut le th6a'tre da derflier combat -chevaleresq*ue qui ait eu lieu en France. (( 'En f6vrier
raconte SaiDt-Foix, le Auc de Guise et Bassompierre obtinrent du roi Ia permission de rompre trois lances, el, cainp overt, au Louvre. Le due avaft pour seconds le prince de Joinville, son fr re, et de Thermes; Saint-Luc et le comte de Saulx 6faient ceux de son adversaire. Le due 6tait mont6 Sur un petit cheat, et Bassompierre sur, un courier de Ia plus grande taille. Le due rompit le premier Mat de s4, lance sup I-e casque d.e Bassompierre; mais il rompit le second. pr& du bas-ventre, de MaDi6re qu'il S'arreta dans le grand. os qui joint Ia cuisse 6ux reins, I Bassompie.rre brisa ga lance dans Ia. salad du due, et bieDqu'il se sentit hless6 gravement, il acheva sa carri6rei Le grand kuyer et le capitaine des, gardes-du-corps de service I'aid&ent A moDfer dans I'appartement de M. de Vend6me. Un gCDtiIhOmMe de M. le prince arracha le lron on de Ia lance avec beaucoup d'adresse. On le d6sarma et on- Iui mit le premier apparel en presence du roi du conn6table et des premiers personages de Ia cour; Ia plupart p leur aient, Henri IV 6tait dottloureus ement affect. On regardait comme certain Ia mort de Bassompierre; lui seulne crut pas ,6tre- en danger; il se, fit transporter chez lui; le people le suivait et t6moignait ses regrets.
Arrive h mon Iogig,, dit Bassompierre, je perdis. Ia vue, ce qui me, fit penser que f6tais bien mal. L'on me fit saigDer et confessed quasi en m6me, temps; cependant Je ne croyais pas mourir et fie faisais que rire. Le roi, d6s que je fus blessed, fit lesser Ies tournoiset ne permit qu'au.cuti autrc.,courAt depuis, cette course de camp overt ayant U6 Ia seule qui ait W faite cent ans auparavant en France, 'et n'a- pas W recommen0e depuis.,)) Henri, en, effet, pleurait au chevet de Bassompierre, se reprochant d'avoir autoris6 ce toprnoi qui,, saris aucun, bdt utile, pouvait le river d'un ami.
Au mois de mai de lam,6me anne'e, on ramenait au Louvre Henri IY qui venait, d'6tre assassin par Ravaillac. On 1'exposa dans Ia salle des Cariatides slur son lit, qui exist encore, aujourd'hui c'est Ih- que les seigneurs de Ia cour et Ia, plupart des officers du Parlement vinrent le voir pour Ia derni re kris.
Outre les travaux..,de construction qui avaient.,,W x6cut6s au Louvre par ses orders, Henri IV en avait fail, decorer les apartments. avee une magnificence toute royale,- et, dont on troupe de brilliant tknoignages dans les belles chambt-es dites de Henri 11 et de'Henrii IV, qu'on a r6tablies. au Lou:vte en 1829, avee le's boise'ries qu'on 'er-,avait conserves.
Henri IV mort, les travaux du Louvre languirent 'quelque temps, bien que le nouveau roi y demeurfit toujours quand il ne




LES PALAIS. LE LOUVRE. 7
Sauval on voyait encore, incrust6es dans ce poteau, des balls do plomb qu'on 'avait tires Sur lui. On assure quo le roi parut ii sa fen6tre et coml)limenta les meurtriers.
Richelieu, qui aimait tout ce q ui pouvaitcontribuer ih la splendeur de la France, ne pouvait laisser les t.ravaux du Louvre dans I'abandon; d6s qu'iI fut arriv6 au pouvoir, il ordonna qu'on les report. (( 11 voulait, dit M., Vitet, porter dans ce qui 6tait eu quelque soi,(e le berecau de la royaut6 franchise, cette grandeur et ect 6clat qu'il r6vait pour la royaut6 elle-m6me. )) Lemercier fut ch(Arg6 par lui d'achever le Lot I vre; mais le cardinal, trouv ant-les plans de Lescot trop mesquins pour un palais dont il voulait faire le symbol do la puissance royale, donna l'ord.re I'architecte A'en ele ver uu I quatr6 fois-plus grand. 11 6tait impossible cependant do chereher a sacrifice le chairman ouvrage de Fareliftecto do Franvis I". Pour le conserver et.satisfaire en-m6me temps I le premier mini'tre, Lemorcier proposal de donner A cheque fa ade u-ne 6te-ndue double de celle de Pierre Lescot. Ainsi, Fharmoniepriulitive'des plans de' celui-ci fut d6truite. La* hauteur qu'iI avait donn6e A ses bAtiments ne se trouva plus en proportion avee une cour d'une 6tendue quatre fois plus considerable. De ceite fa on i le pavilion de: I'Horloge q ui aurait 06,61ev6 par Lescot a I'extr6mit6 de son aile oce ident'ale pour Ore un pavilion Wangle, deviant. un pavilion central. Los, plans de Lemercier furent, approuv6s, et on se mit aussit6t, 4 abattre les-restes du Vieux chAteati qui 6taient jusque-thdemeur& soud6s, pour ainsi -dire, aux constructions moderns. Lorsqu'on les e6t d6tru I its, exception de la tour de Charles V, on s'occupa imm6diatement de continuer I'aile m6ridionale et do monster le pavilion dc I'Horloge qui dev4it s6parer la moiti6 construite par Lescot de celle projeWe par Lemercier. La premi re pierre en fut pos6e. par Louis XIII, le 28 juin 1624. L'ornementation en fut confine ii Sarrazin, qui sculpta les belles cariatides du d6m e. Sous Ia conduit, de -cet habile artiste, Gu6rin,, Van Op'stal i Bistel et Leclair sculpt&ent les noinbreux ornements'de ce pavilion. Lemercier 6leva ensuite le reste.de I'aile occidentale, lepavillon de I'angle Nord-Ouest et une parties de I'aife septenfrionale. La princlipale entr,6,e fut alors, du c6t:6 des Tuileries, qui furent enferm6es dans Jes murg de la Ville, ports au-delii do I'extr6mit6 occidental du jar din actual do ce palais., Lemercier Wavait 6lev6 quo j I usqu'au'premier 6tage la premiere moiti6 de Ia faqade- du Nord, lorsque la mort de Louis X111, arrive -en 1643, et les troubles, de'la. minority de son successeur vinren-t encore-une fois interrompre les travaux. Anne d'Autriche-,alla s'6tablir auPalais-Royal avec-le jetine roi, et leLouvre resta inliabit6- jusqu'h I'ann6e suivante. 11 servit, alors d'asile la fille de Henri IV, f6mme au--malheureux Charles F, et sa fille la jeune Henriette, qui devait, 6pouser plus tard to due cl'Orl6ans. Cos deux princesses, dont la mort devait We illustre e par les larmes de toute une cour et par 1'61oquence foudroyante do Bossuet, furent alors lais"'es dans le plus grand abandon et le d6m:unent le plus complete. Mazarin les laissa manquer de tout dans ce palais oil leur-p re avait 16ngtemps demeur6 et ofi il avait rendu le dernier soupir. Le cardinal de Betz raconte dans ses 46mbires ofi en 6taient r6duites les- deux malheureuses princesses. (( Cinq on six jours, dit-il, deviant que le roi sortit de, Paris, j'a'llai chez la reiDe d'Angleterre que je trouvai'dans la chamber de Madame sa fille. Elie me dit d'abord: Vous voyez, je viens tenir compagme. A flenriette. La pauvre enffint n'a pu se lever aujourd'hui faute do feu. Le vrai 6tait qu'il- y avait six mois quo le cardinalWay-ait. fait payer la, reine de sapension, que les marchands ne voulaient plus Iournir, et qu'il n'y, avail, pas un morcea.u do pain dan's la, mason. J'exag6rai la honte de cet abandonment, et le Parlement, eAvoya 40,000'livres I'a reine d'Angleterre. La post6rit6 aura peine A croire qu'une fille d'Angleterre et petitefille de Henri-le-Grand ait manqu6 d'un fagot. pour se lever, au- mois de janvier, dans le Louvre.
Pendant la minority de-Louis XIV,. on ne fit qu'6jouter quelques assists -A I'aile septontrionale mais Anne d'Autriche occapa beaucoup Lemercier A la d6coration in't6rieure. Elie fit orner les appartetilents avoc une magnificence q.ui 6clipsait, du moins par la richesse des dorures'et 4 es marbles, celle de Catherine et do Marie d.e. M ick. Elie avait fait terminer, pendant que'LoU-' is XIII vivait encore, ce qui restart A faire do la grande galerie du Louvre. -'Nicolas, Porussin, pfemier.'peintre du roi, _fut'cha'rg6 de l'orner de ses outrages; des d6sagr6ments qui lui furent suseit6s par, 1'6cole de, Youet, 'lui firent, abandonner Tentreprise, 'e't priv rent -la post6rit6 des chefs-d'amwe dont son savant pinceau edt, embelU eette galerie.,
En 1 5 2 1' ce fat au Lou 're que Louis XIV, de return de Compi gne, ofi le cardinal de Betz 6tait venti -le chercher avee tous les cur6s de Parisi manda le Parlement de Paris poor y tenir son, lit de justice. Le -2 4 oetobre 16 5 8, on permit A Moli6re de donner une repr68eatation dans la. salle des Cariatides, et la tribune fut en parties cach6e par des construction et, Aes -charpentes aue l'on ne craianit Das dv aDDliQuer. Molike ioua le r6le de NicomMe" dans ]a trag6die de ce hom. de Corneille.




8 PARIS DANS SA SPLENDEUR.
PCDsions des homes de, letters, fussent consacr6s A payer les ma ons du Louvre. Les pokes furent remis A quinze mois pour toucher leurs quarters. De 14, grande rumeur parml les autres privil6gi6s. De Cailly, Fureti re et quelques autres exere6rent
plaisir leur verve, satyrique dans des couplets et des 6pigrammes. Le grand Corneille lui-m6me lit dresser it Louis XIV ces vers peu connus ofi la flatterie se mAle A l'ironie
Grand r0i, dont nous voyons la IiWralM
MonLrer poux le Parnasse un exc6s de boW
Quo Wont jamais eu tous les autres,
Puissiez-,vousdans 6ent ans' donner CDcor des lois,
Et puissent tous vos ans Atre de quinze mois
Cornme vos cornmis font les n6tres!
Boileau ne fit point d6pigrammes, mais cc qui valait beaucoup niieux pour lui, it se fit payer sa pension. M. Ed. Fournier, dans son curieuxlivrel Paris Wmoli, -raconte, d'apr6s Salentin de Wise, que le c6l6bre satyrique 6tant venu au tr6sor royal pour toucher sa pension, remit son ordonnance A un commis qui y lut ces mots .- -La pension que nous avons accorWe Boileau, 4 cause de la satisfaction que ses outrages nous ont donWe,- etc. It lui 7demanda de quelled esp6ce 6taienf, ces outrages. (( De ma onnerie, report le poke, je suis architect. )y Et le, commis d'6crire Sur ses registries : Pay16 I'architecte Boileau, pour outrages de ma onnerie, etc.
- Un incendie mena a de d6vo-rer le Louvre en 1661. Le feu avait pris A la galerie des Peintres, et d"h it se communiquait A la grande galerie, lorsque to roi et la reinefirent prendre, le Saint-Sacrement dans Nglise de Saint-Germain-I'Auxerrois, et'l apr6s l'avoir re u avec beaucoup de pi6t,6 A la porte da Louvre, le firent porter au-devant de l'incendie, qui, dit-on, conlmen a &s ce moment A d6croitre. Ce prodigy, dont Turenne avait 60 t6moin, fut, selon quelques 6crivains, un des motifs qui le d6termin6rent peu apr6s A embrasser, la religion catholique, ce, qu'il avait pr6c6demment refuse an t aux offers
magnifiques du cardinal Mazarin.
Apr6s avoir r6par6 les dommages causes par cet incendie, et apport,6 quelques Modifications au pavilion de I'Horloge, l'architecte Levau, aid6 de Fran ois d'Orbay, son genre et son neveu, c I ontinua I'aile septentrionale et poursuivit VaeUvement, de I'aile m6ridionale. On dut pour cela ab-attre la vieille.tour ronde de Charles V qui flaDquait l'aDgle Sud-Est de I'ancien Louvre, et d6molir.en, m6me temps Ja cour des, Marbres de Charles IX, bAti-e au pied de cette tour. La fa ade du Midi elev6e par Levau ni existeplus maintenant; elle fut, quelque.s anne'es apr&, remplac6e par Celle que nous voyons aujourd'hui, construite par Gabriel sur,16s plans de Perrault et- plus rapproch6e de la Seine. Levau avait adapt sa. fa ,ade six grades colonies corin(Ilienn.es, 6gales en hauteur aux deux premiers kages. Malgr6 cette inutile addition, it avait g6n6ralement reproduit la mAle beauty de, 'Celle de Lescot et son oeuvre doit exciter tous nos regrets.
Lorsque I'aile m6ridio'Dale fut A peu prAs termin6e, on songea a celle de I'Est. Dans 1'espace que cette dern i re devil occupier, se trouvait 11h6tel du Petit-Bourbon, qui avait appartenuau conn6table I avant sa trahison. 11 avait servi, plusieurs reprises, 4, loger des troupes de, com6diens, et en dernier lieu Celle. de Moli6re, qui y avait jou6 l'ibou)-di et le &pit amoureux. On I'abattit amsi que d'autres,-Wtels plusmodernes et une grosse porte flanqu6e de tours rondes, qui donnait entr6e au Louvre du' c6t6 de Saint-Germain-I'Auxerrois. Les constructions d6 Levau sortaient deja de terre, lorsque Colbert lui fit donner l'ordre de su pendre les travaux. Le roi et le ministry Youlaient, de, ce c6t6, une fa ade imposante qui pr6sentAt une entire magnifique, digne -du, palais d"un roi de France. On mit au concourse un autre project Les plans affluent de routes parts ; dans le Dombre Se trouvait celui de Claude Perrault,, li'omme de savor et de gofit, et enm6me temps dessinateur habil-e. On envoy ces plans A Rome. pour avoir I'ayis.du Poussin et celui des architects remains; on demaDda m6me des projects ces derniers. Le chevalier Bernini, qu'on appelait.,enFranceLe Bernin, jouissait d'une immense reputation.. Louis XIV n'6pargna rien pour qu'il vint Paris et qu'il se chargeAt de la direction des travaux. Le pape; qui lui avait confi6 d'importantes constructions, ne se decide pas sans peine a le I'aisser.partir. It fallout pour cela Line letter autographed du roi, et-l'ambassadeur de France dut d6ployer routes les resources de la diplomatic. Le Bernin Tut re u, dans les villas qui so trouvaient sur son passage, par des offiliers eavoy6s sa rencontre, et son arriv'ee Paris, par -le roijui-m6me, avee touts sorts d'honDeurs. Louis XIV lui assure tout d'abord 6,000 lives de pension viag&e ; it lui donna une gratification, de 50,000 ecus et son portrait enrichi de diamants d'une valour de 10,000 lives; it paya, 'a 100 lives par jour, tons ses fvais de voyage et de sjour h Paris. Le fils de I'architecte italien et son







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LES PALAIS. -- LE LOUVRE. 9
remplac6rent les 6loges dont on venait do le cobbler. L'architecte remain fatigue des difficult6s qui contrariaient 1'ex6cution do ses 1)14ns, abandonna. son enterprise. 11 partit, combl6 des' t6moignage de 1'estime et do la bienveillance do roi, recompense aussi magnifiquement que s'il edt men6 son oeuvre A bonne fin. Colbert'lui fit remettre 3, 0 0 0 louis en, or, on brevet de pension de 12,000 lives pour lui, et on autre de 1,200 lives pour son fils.
Le depart do Bernin assurait 1'ex6leution des plans do Claude Perrault, dont le project do colonnade avait plu au roi par son caract6re majestueux, et qui 6tait d'ailleurs vivernent appuy6 par son fr6re, alors fort avant dans Jes bones grAces de Colbert. Le Louvre fut done livr6 A Perrault, qui, apr6s avoir fait disparaitre 16sconstru'ctions que Le Bernin veDait d'61ever A si grand frais, commence, en'1666,' bAtir d'apr& ses propres plans. Cc qui oaract6risait surtout son project, c'6tait la facade monumental qui devait donner entire au. palais do cW, de I'Est. 'Les travaux furent alors poursuivis activement, et Perrault posa le commencement de sa facade on 1670. 11 employ pour le fronton central deux pierces de 54 pieds de long Sur 18 pouches de large, qui, furent fournies par les carri res de M-eudon. A cette 6poque', on regairda, Presque comme on' prodigy 1'616vation de ces masses 6normes A one si grande hauteur-. Un babile char enter, no mm6 I Ponce Cliquin, avait invent.6 la -machine, employee A cette operation. Claude Perrault en a donn6 le, design dans son 6ditw'n do Vitruve.
Personnel ne pout refused la Colonnade do Louvre,' consid6r6e fsol6ment, on caract6re de grandeur et de s6v6re 616gance; mais elle a le grand d6faut de faire disparate avec"Ie' reste do plais et de ne r6pondre A' aucune dos distributions int6rieures. Cc West, pour ainsi dire, qu'une. d6coration de th6kre. On est konn6 de voir cc p6ristyle de temple griec server de facade A on palais de la.Renaissance. La construction, en outre anque de sofidiO. On reproche A Perrault d'avoir employ des armatures et des crampons defer pour la souvenir. (( Malgr6 routes tes precautions, 6crivait en 1852 M., Vitet, le rer se rouille, s e descelle Peu. h. Poo; bient6t -tout Wde,,, tout sAranle. La Colonnade on est &J 14. 11 y a trois ans on morceau s'est d6tach6. Dieu sait si dans on si6cle on pourrA, m6iffe h force d'argent, maintenir debut 'cc splendid' package.
Les- tastes proportions de la Colonnade avaiant d7ailleurs on inconvenient auquel Perrault fut Oblige'. do rem6dier par on sacrifice regrettable. Comme elle d6passait 'de beaucoup en hauteur la facade 'elev6e au Midi par Levau, en harmonic a-vec Feeuvre, de Pierre'Lescot le novel architects do Louvre ne vit rien de mieux A. faire que do construire do m6me cW one second facade pour masquer compl6tement ]a premiere. La balustrade, plac6e ao-dessus de la. -corniche do la Colonnade, dominant aussi les combles des trois autres facades. Perrault, regardant comme impossible, de continuer par derriere, Sur la cour, la. corDiche,, I'attique et les toits A la fran aise do re'te do p6lais, se d6cida A US sacrifier et leur substitute on second 6tage couronn6 par one ba I u-strade correspondant- A celle de la Colonnade. Cette malencontreuse addition compl6t6e Sur trois c6t6s cut l'immense incony6nient de d6truire l'unit6 de l"ensemble'et A'6cra'ser,, en la dominant, lafacade de Lescot, qui est, sous tous les rapports, la plus remarkable. Cc West pas tout Perrault 6tait si Poo, pr6o'cciup6 de mettre, sa nouvelle construction en proportion avec les parties ant6ricures de 1'6difice, qu'elle d6passait au Nord les limits do, carr6, plan g6n6ral de Fensemble. De 1 l'irr6gularit6 do la. facade septentrionale, Sur la rue- do Rivoli. Ainsi, les disparate$ sc, multipliaient de plu's en plus dans 1'ensemble -do Louvre..
Pendant quolques ann6es les travaux de d6coration int6rieure forest poursuivis assez actiVement. Tout cc qui regardait la peinture et la sculpture s'ex6cutait sous la direction-de Charles Lebrun.. Mais bient4t le roi comment a A d6laisse.r cc palais de Francois Ir et de Henri IV, pour porter toute son attention et't6utes Ics ressoOrces de ses finances sur Versailles. D6s'- 16 7 9 1' il West plus fait mention do Louvre dans les -comptes que' Mansard, rendait, cheque annee, au roi. Les constructions de Perrault rest6rent sans to4ure; on apercevait, derri re les batiments inachev6s, de I'aile m6ridionale, I'Ancienne facade de Levau. Poo do temps apr6s la. mort de Colbert, le monument tout entier-,menaca de n'offrir- bient6t plus que do pompeusos ruins. Au-dessous de la grande galerie qui joint le.Louvre, aux Tuileries, do c6tVdaquai -on avait, -6tahli, depuis longtemps d'jA, l'Imprimerie royale, organis6e par, Richelieu on 1610. 'Dans la parties la mieux-,entretenue do palfds, le r0i donnait encore I'hospitalit6 A YAcadl6mie, Prancaise, cell'e des Inscriptions et des Sciences et aux Acad6mies de Peinture, Ae Sculpture, et d'Architecture; to reste fut. consacr6 Au logem ent d'un grand nombred'artistes qui s'y cas6rentcomme ils parent', au. grand detriment do la beauty et de la conser vation do monument., I Mais on abus bi-en plus grave encore- s'introduisit en melme temps: pour faciliter les communications de la rive droite de la Seine avee la rive gauche, Louis XIIV avait ordonn6 qu'on laissalt au.




10 PARIS DANS SA SPLENDOUR.
fermeture du passage. Le roi adressait A ce sujet an gouverneur S6guin une letter dat6e de Fontainebleau, le 9 november 1701 (( Estant inform, disait-il, que le passage qui a est6 overt, depuis plusieurs ann6es an public, dans mon, chateau du Louvre, est une occasion de d6sordres et de scandals, je vous escris cette, letter pour vous dire que mon intention est que ce passage soit doresnavant ferm6, qu'it n'y ait que la principle porte ouverte pour ceux qui y doivent enter, et que Yous teniez la main A ce que ceux qui y entreront se comportent avec le respect dd A un tel lieu.
Le Louvre -servait alors 'a loger, ind6pendamment des artistes, plusieurs officers de la couronne qui avaient obtenu la permission de s'installer, eux et leurs gens, dans diverse parties du bAtiment. Ainsi, le due de Nevers avait sa petite 6curie dans une des sales occupies aujourd'hui par les sculptures de Ila Renaissance; la vaste Salle des montages contenait les chevaux et les carrosses -de MM. de Tess6 et de Champlot. La poste aux chevaux s'e trouvait place dans I'h6tel Longueville, an pied'm6me de la Colonnade, et les chevaux avaient, leurs, mangeoires centre le mur da palais, dans -1equel on avait scell& les poutres du hangar qui les,,couvrait.
Cet Rat d'abandon et de d6p6rissement ne fit que s'aggraver sous la R6gence 'et pendant une grande parties du r6gne de Louis XV. Les chooses' en,6taient m6me venues A ce point,, que,. durant le minist re. du cardinal Fleury, on proposal, en plein counsel dttat, d'abattre le, Louvre et Wen vendre les mat6riaux. (( Cette extravagant proposition,, dit un auteur du temps (Latour de Saint-Yenne), fat 6cout6e, mise, en d6lib6ration, et allait passer tout d'une voix, lorsqu'un des members du counsel demand quel strait le Franqais assez audacieux pour se charger, d'une semblable enterprise.
Telle 6talt la situation du Louvre, lorsque, dan-s l'annee 1754, M. de Ma-rigny,-surintendant des bAtiments, le due de G'vres et M. d'Argenson, ministry du department de Paris, ptaid6rent aupr s de Louis XY en-faveur de ce palais, ef obtinrent.1'autorisation de le restaurer et de I'achever. Les travaux Pqmmenc ront,, le 10 Wrier 1755, sous la direction de Gabriel. Cet architect consolida la Colonnade d"4 fort- endommag6e, construisit d'apre's les designs de Perrault, une parties de I'aile du Nord et fit quelques reparations A-la fa ade m6ridionale, mais sans avoir le temps de la sculptor, ni m6me de la couvrir. Par une sorte, de fatality& qui semblait s'attacher A tons les essays d'ach6vement du Louvre, les travaux f6rent. encore une fois abandonn6s en 1757. Its ne tar&rent pas h We reprise; m4is its Wavane6rent qWavec une extreme lenteur, sous la conduit des architects Soufflot Br6bion, Girault, Hubert et Raymond.,
On se plaignait vivement alors d e Vinsuffisance des trois- guichets qui conduisaient du quai aux rues Saint-Nicaise, Fromenteau et Saint-Thomas-du-Louvre. Ces passages 6troits et embarrasses avaient W le th.64tre de -nombreux accidents, lorsque M. de Marigny fit ouvrir,, en 17 5 9, ta triple arcade de ]a place du Carrousel. Les Parisiens accueillirent cette am6lioration avec enthusiasm. D'Alembert manif6sta une joie presque enfantine h passer et A repasser en voiture sous les nouvelles, voultes.
M" de Cr6qui, dit Ch. Pougens, lui proposal de. le mener prendre l'air Sur les quais dans sa voiture; alors elle demeurait aux Quatre-Nations. 11 accept avec joie et parut, de la meilleure foi du monde, prendre un plaisir si vif an bruit, on plut6t an r6sonnement sourd et prolong que produisaient ou'le 06tinement des chevaux on le roulement de la voiture en traversant les guich'ets du Louvre, pour le ramener chez lui, qw cette dame eutla complaisance d'ordonner, 4 son cocker de passer et de repasser -einq on six fois de suite sous ces voiates sonores. M. (FAlembert la remercia avec cette exaltation naive d'un enfant dont on a complaisamment satisfait la fantasies.
Cette nouve-fle voic de communication ouverte aux voitures ne fat pas la seule qui vint alors faciliter la circulation aux abords du Louvre. On rendit, en melme temps, aux pi6ton's Yentr6e de la cour par la Colonnade- et on pratiqua une sortie Sur le quai en d6gageant la porte lat6rale bouch6e jusque-14 par le jardin de fInfante.
On d4laya tout 1'espace comprise entre la Colonnade et 1'6glise Saint-Germain-rAuxerrois; les hangars et les m assures qui obstruaient la cour, fur ent d6tr'uits; mais on rencontra une resistance tr6s-vive lorsqu'on voulut faire d6loger la population d'artistes qui s'6tait an Louvre. 11 fut impossible de faire sortir Vanloo de la galerie d'Apollon dont it avait fait son atelier et son logis.
Ws qu'on eut pourvu. aux n6cessit6s les plus urgentes, le Louvre' fut de, nouveau d6laiss6. Lorsque la R6volution arrive, it 6tait occupy par les Acad6mies,, l'Imprimerie royale et les bureaux, du seer6taire dEtat qui avait la ville de Paris dans ses attributionsAa g4lerie d'Apollon servant, sous Louis, XV1, auv expositions de peinture; la Salle des Cariatides 6tait revenue un mus6e de sculpture, ofi 11'on avait rassembl6 des -marbres antiques et, des montages de plAtre. Une certain parties des bAtiments




LES PALAIS. LE LOUVRE.
La main puissante de Napol6on put seule arrelter ces d6sordres.,Sous le Consulat, plusieurs sales du Louvre furent assign6es aux corps savants r6tablis, et une exposition publique des chefs-d'ceuvre de peinture et de sculpture, conquis surfItalic, fut install6e au rez-de-chauss6e, dans les ancient apartments d'Anne d'Autriche, au premier Rage, dans le grand salon et dans une parties de Ia grande galcric. En m6me temps, le premier Consul rdsolut de s'occuper du Louvre, non plus seulement pour le r6parer et le (16blayer', mais pour I'achever, l'orner, I'agrandir et le r6unir aux T uileries. Les travaux de restauration et d'ornement, execut6s sous Ia direction habile de MM..Percier et' Fontaine, se poursuivirent activement d6s. 1804;'mais cc fut sculement en 1806 que I'Empereuradopta d6finitivement le prqjet propose pour I'ach6vement des quatre facades de Ia cour, Sur les plans de Perrault.. La Colonnade fut remis6 A neuf, Ia fa0de du bord de 1'eau sculpt6e, close et couverte, cc qui fit disparaitre les vestiges, apparent jusque-l, de celle de Levau. En 1812, le vieux, Louvre-se trauma termin6, quant A I'exterieur, h- peu ju et le public put jouir enfin de 1'ensemble de cc
pres trois si6cles depuis que Fran ois on avait entrepris Ia. reconstruction, magnifique monument.
Dans Ia pens6e de I'Empereur, et suivant le project de MM.. Percier et Fontaine, Ia r6union du Louvre a ux Tuileries devait s'op6rer par Ia construction, Sur Ia rue de Rivoli, d'une. galerie destine A faire pendant h celle qui I longe Ia Seine. On aurait &06 entre ces deux galleries une aile transversale destine h masquer le dlfaut de parall,61isme des deux palais. Q grand design ne put.recevoir qu'un commencement d'ex6cution, La galerie de Ia, rue do Rivoli, partant du pavillm de Marsan,, ne fut baltie que. ju squ'A Ia rue de Rolian, et, du c6t6 du Louvre, les constructions enterprises vis-A-vis de 1'entr6e du mus6e durent 6trepresque aussit6t interrompue's.
Sous Ia Restauration le Gouvernement, enlrav6 par de grand obstacles, ne put continuer Jes fravaux ext6rieurs. du -Louvre, mais il tint A h.onneur de 1'enrichir do sales splendides et de pr6cieuses collections. Louis XVJ11 et Clliarles X firent travailler A Ia d6coration des diverse parties du, palais, et l'on doit cc dernier roi Ia foundation du muscle qui porte son nom.
Louis-Philippe fit faire aussi dans l'int6rieur du'Louvre quelques am6liorations importances; mais, les abords du monument rest&ent embarrasses de d6clombres et de, constructions provisoires. Div-ers projects de loi, que les ministries pr6sent6rent ell 1833 et dans les ann6es suivantes, pour I'ach&ement du palais' et sa jonction aux Tuileries, front constamment rejet6s par les Chambers. Au milieu de Ia cour du Louvre, on 6leva une statue- 6questre du due XOrWans, oeuvre de M. Marochetti. Elle en f6t enlev6e A Ia revolution de Fkrier, et elle est aujourd'hui rel6guk dans une des coups du chateau de Versailles.
Ws son av6nement Ia pr6sidence de Ia r6publique,, le prince Louis-Napol6on c,omprit Ia, n6cessit6 de mettre Ia derni6re main h cc monument c6l6bre consaer6 par tant de souvenirs. Le, 22 f6vrier 1'849, il fit presenter. ft- I'Assembl6e Nationale par le ministry des travaux publics, un project de loi Sur I'acWv-ement complete du Louvre. Cc project, qui-16tait accompagn6 d'une demanded de credit de trente-un millions, ayant khou6 deviant I'Assembl6e, executionon de tout travail d'eDsemble fut fore6ment ajourn6e; on De put, alors que preparer le terrain, en d6molissant les petites rues voisines du palais,'principalement du cW -de Ia place du Carrousel., En m6me temps, un d6cret du prince -.pr6sident ordonnait Ia, restauration imw6diate du vieux Louvre. Cette restauration fut confine .4 M. Duban. Sous Ia direction de cethabile architects, nous avons vu, en assez peu de temps; S'achever les sculptures de Ia galerie du bord de I'eau depuis le, jardin de Rnfante jusqu'au pavilion de Lesdigui6res. Le m6me artiste a r6par6 Ia galerie d'Apollon, et c'est A lui qu'on doit Ia decoration du Salon-Carr6 et de Ia salle des Sept"Chemin6es, ainsi que l'ornementation nouvelle de Ia cour.
Gest en 1852 qu'ont commenc6, pour ne plus s'interrompre-, les immense travaux du D-ouveau Louvre qui vient se raccorder avee tant d'harmonie, dune part,,au vieux Louvre restaur6, d'autre part, au p4lais des Tuileries. Ces travaux, entrepris Sur les plans et sous Ia direefion de M. Visconti, et continues avee-suceds, 'depuis Ia mort de cot 6mineDt artiste, parM. Lefuel, pensionnaire de -Rome, ont k6 poursuivis avee une si prodigieuse activit6-, que nous aurions de Ia peine A Ia croire possible, si nous ne I'avilons pas*vue se d6ployer sous nos yeux. Ainsi s'est accomplice en cinq' annexes cette grande oeuvre architectural que trois si6cles Wavaient pu achiever. L'inauguration du nouveau palais a eu fieu le 14 aou't 18 5 7.
Apr& cette revue rapid des d6veloppements succe'sSifs du Louvre et de',quelques-uns des,6v6nements bistoriques, dont il a W le thMre, uous demons introduire le lecteur dans les diverse parties-de 1'6dific- e, et visitor d'abord avee lui le vieux Louvre.
L'6crivain A6gant, l'observateur judici.eux que nous aimons eiter, M. Vitet, signaled en ces terms, l'incomparable beauty A.- A- A--A A-- 1-- -1--




12 PARIS DANS SA SPLENDOUR.
premiers plans sans style et sans grandeur, I'abaissement des principaux edifices dont I'Moignement fait descendre 1'6chelle, et la diminution de ]a ville elle-m6me, qui semble en parties s'effacer et disparaitre it I'liorizon. Du haut du Louvre, au contraire, vous 6tes au ecour de Paris : tout ce qu'it renferme de constructions monumentales se dressed et se group auteur de Yous. La Seine s'61argit sous vos pieds'pour embrasser dans sa course 616gante cette ile de la 06, qui semble s'avancer comme un imposant navire; puls, pour couronner ces magnifiques premiers plans, 'our eneadrer les longues forks de maisonsqui leur succMent, 4
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tous les points de I'horizon s'616ve une ceinture 'de collins ver'doyantes. Quand on veut mettre notre capital A son vrai rang parmi cells qu'on Jui compare, c'est Sur, ces terrasses d(i Louvre qu'il faut avoir soin de la faire admirer.
La principle fa ade ext6rieure du'Louvre est celle de I'Est, si c6l6bre SOUS IC DOM.de Colonnade de Perrault. Cet immense p6ristyle, qui se d6veloppe Sur une longueut de -174 m6tres, offre un caract6re de grandeur et de majesty qu'il est impossible de 1116CODnaitre. Ses hates colonDes canneWes, orn,6es de chapiteaux d'ordre coriDthien, 1'616gante galerie qui les surmonte, la simplicity 'du stylobate qui fait ressortir ]a rictiesse de la Colonnade, tout cet ensemble forme une d6coration de la plusgrande magnificence. 11 est re grettable, nous- l'avons dit, que ce beau portique s'accorde si peu avec le genre d'architecture du monument auquel it sert d'entr6e,; malgr6 ce d6fau.t, !a. Colonnade du Louvre sera toujours plac6e au nombre des plus beaux outrages qu'ait products rart du XVIF si6cle. L'int6rieur du p6ristyle et les massifs sont d6cor6s de feuilla,,,es et d'entrelacs. ex6cut6s avec une grande d6licatesse, et dans routes les parties de I'ceuvre de Perrault, on ne peut que louer la puret6 des profits 1'616gance des details et le bon gofit de Vornementation.,
Au tympan du fronton est sculpted un bas-relief, oeuvre de Lemot, repr6sentant le buste de Louis XIV, plac6 Sur un pedestal par Minerve, tandis que Mistoire y grave cette d6dicace : LuDOVICO MNGNo. Au-dessus de la grande porte, la Renomm6e monwe Sur un char que conduisent des g6nies, et distribuant des couronnes, est I'ceuvre de Cartellior.
Du c6t6 de la rivi6re, la fa ade m0idionalell qui est due aussi 4 Perrault, se compose dun soubassement semblable h celui de la Colonnade, Sur le uel S,616ve, entre les crois6es, soit du premier kage, soit de l'attique, une ordonnanve unique de pilastres corinthiens. Cette d6coration est parfaitement d'accord avec celle du frontispiece, tant par l'ordre que par 1'entablenient et les details.
Au pavilion qui termite I'aile m6ridionale du c6t6 de I'Ouest, vient serelier, en s'avanl ant au Sud vers'la Seine, la belle galerie iDerust6e de marble et sculpt6e de figures charmantes dues au talent de Barth6lemy Prieur. Cette belle galerie est celle qui fut construite par Chambiche pour Catherine de M6dicis. L'6tag,,e qui, la surmonte date du r 6-ne de Henri IV; it forme la galarie. d'Apollon, dont nous nous occuperons plus loin en d6crivant l'int6rieur du palais. A 1'ext6rieur, l'ornementation de ce premier kage, d'un godt moins pur peut-6tre que celle du rez-de-chauss6e, est Ws'remarquable cependant par son 616gance. M. Duban la. restaur6e it y a quelques ann6es, et en a fait revive habilement routes les d6licatesses ; it a r6tabli la pittoresque decoration du toit et reconstruct le fronton, au tympan duquet M. Cavelier a sculpt une figure de la Renomm6e. Au pied du bAtiment, vers la Seine, s'6tend I'ancien jardin de, l'Infante, plusieurs fois replant, et faisant suite aujourd'hui aux parterres ferm6s de grilles qui le vieux Louvre au. Sud, 'a I'Est et au Nord.
A I'extr6niiW de la galerie d'Apollon, commence la Grahde Galerie qui joint le Louvre aux Tuileries, parall6lement au cours de la Seine. L'6tage inf6rieur de la parties la plus rapproch6e du Louvre apartment seut h 1'6poque des Valois. Tout le reste est du r6gne de Henri IV. Lorsque ce prince eut r6solu de r6unir les deux palais, it charge d'abord 1'arAitecte Jacques Androuet Ducerceau d'&.ver la portion de galerie qui attache le pavilion de Lesdigui6r6s ii celui de Fiore, et qu'on peut consider comme une d6pendance des Tuileries.. Cette construction pr6sente une imposante fa ade former d'un ordre composite, dont les piastres accoupl6s encadrent Aeux rangs de fen6tres et supportent des frontons alternativement eirculaires et tria'tigulaires, tous orn6s de sculptures. Ducerceauayant quitO la France, Etienne Dupeirac et Thibaud Mk&ou, ses suacesseurs, continu6rent la galerie jusqu'au Louvre. Its prolon&ent I'kage inf6rieur bAti sous les Valois, et 1'exhauss6rent d'UD eDtresol et d',un premier Rage, pour faire suite ii la galerie de Ducerceau. La communication se trou'va ainsi compl6tement, 6tablie entre les deux demeures royales. Lesarchitectes DupeiMc et Mkkeau employment, dans le soubassement de la galerie des bossaores vermicul6s tandis que les sculptures les plus delicates abondent ft 1'entresol et ii 1'6tage Sup6rieur;, mais nous demons remarquer que cette riche decoration 6tait reWe incomplk.e, et que c'estseulement de 1849 A 1853 qu'elle a W achieve jusque dans ses moind1res details, a vec un art et"un godt exquis. Toute cette parties de la grande galerie qui forme facade Sur le quai, depuis le Louvrejusqu'au pavilion de




LES PALAIS. LE LOUVRE. 13
La fa ,ade ext6rieure du Vieux Louvre, du c6t6 de l'Ouest, 6tait nagu6re la moins orn6e. Place en regard des Tuileries, elle s'accordait mal, par son austere simplicity, avee les magnifiques constructions du nouveau Louvre, qui sWendent de cheque cet6. Completement transformed, aujourd'hui, avec, le somptueux pavilion de Sully an milieu, elle occupy dignement.'Ie. Centre de 1'ensemble riche et grandiose dont elle fait parties.
qui se d6veloppe an Nord,, stir la rue de Rivoli,, vis- -vis de la rue do Marengo,- autrefois rue du Coq, s'annonce an deliors moins pompeusement que l'aile du Midi. Cette fa ade est d'u-n caract&re, Ws-simple Commenc6e -sons la direction de Lemercier, continue par Levan et a peu 'r6s achieve, par Perrault, elle a 60 restabr e sons le r gDe de, Napol6on 1,.r, Elle se
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compose d'un soubassement perc6 de fen6tres 4 cintres surbaiss6s, d'un premier Rage avee consoles et d'uD antique surmont6 d'un, entablement pareil A celui de la, Colonnade. Le tympan dufronton esi d6c6reAe trophies.
Clest en -entrant dans. ]a cour du Louvre qu'on est surtout frapp6 de la magnificence, architectural, de ce palais, dont la parties [a plus ancienDe est jus'tement consid6r6e comme la plus haute expression de Tart de la Renaissance.
Rien ne surpassed en 616gance cette- patties de la fa ade occidentale,, construite, sons Yran IS ju et sons Henri 11, par Pierre Lescot, et qui sWend seulement depois le pavilion de THorloge -jusqu'4 l'angle Sud-Ouest de la cour. Une inscription plack ati-dessus de la porte dul milieu constate- que cette portion, de lWifice a. W terming, e en 1 5 48-. L"616vation com prend deuxordres, l'UD corinthien l'autre composite, et un attique-. Le rez-de-chauss6e pr6sente une suite d7arcades s6par6es par. des pilastres et des colonies engages; sources arcades court une frise d'une decoration, assez simple., compose de branches d'olivier, de ch6ne et de laurier, entremWes d'arcs et de carquois. Les potters surmont6es. d'ceils-de-bteuif, S.'ouvrent dans des avant-corps dont la saillie varie li.eureusemeDt la disposition des lines et donne en m6me temps une- grande solidity A la parfie inf6rieure, de 1 6difice.. De
I
cheque cW des ceils-de-ketif, Jean Goujou a sculp-0 en bas-relief des figures.all6goriques d'une admirable execution, representant des Benommees, des Vic-toires et les g6nies de la Po6sle, de I'Histoire' de 14 GuerreAu Commerce et de, la Navigation. Au-dessus du rez-de chaussk s'616ve 1'6tage principal, 6-alement,&,cor6 de pilastres et &une, frise d'un'travail exquis, dans laquelle se jouent, parmi des. guirlandes de,-fleurs, des enfants et des oiseaux et ofi sont r6p6t6s de distance- en distance les, chiffres de Henri H et de Catherine de WdicisAette charmante frise 6st attribti6e aux 6f6ves de Jean Goujon. Au-dessus d'une desfen6tres de ce premier kage, da:ns I'angle, est gra v6e sur une plaque, de marble noir la devise de Henri,11 :-DONEC TOTVM iMPLEAT ORBEM. GeSt dans I'attique que Lescot, aid6 du, grand sculpture Paul Ponce, a particuli6rement d6ploy6 routes les richesses de I'art. Les frontons demi-eirculaires qui. couronnent les avant-corps'offraient'A la sculpture un libre space Paul Ponce a W116 dans les tympans de, ces frontons et sur les murs, entrelesfen6tres, les figures symboliquesde 'la Terre.,_ de la Mer, deI'Abondance; Mars-, Bellone, Euclide, Arcliim de, un satire, un.- faune, des captifs enc'hain6s, des g6nies, des enfants occup6s A Tkude. Tons ces bas-reliefs ont une'viguear et une fiert6 de style qui rappellent Michel-Ange dans ses meilleures productions. Au-dessus de I'attique, A la naissance du toit, r gne une arke finement ouvrag6e qui se d6tache gracieusement I sur,.le comble,,ddcor6 lui- m6me autrefois, et dont les ornaments, d6truits, sons Louis XIV, viennefit Zkre en partie'r6tablis.,
Le, pavilion de I'Horloge, construct sons Louis X111par Lemercier, ATextr6mit6 dubatiment de Le'cot, et qu'i o"upe.aujourd'hui le milieu de I'aile occidentale, reproduit- exacteme nt, an rez-de-chauss e et aux 6-tages sup6rieurs, les dispositions et l'ornementation de la fa ade que. nous venons de d6crire. Le -triple fronton *qui couronne a pour supports huit cariatides de proportions colossales, format quatre groups, Ces belles figures, d'un design tr6s-pur et d'un grand.,caract6re, sont dues an talent de Jacques Sarrazin. Sons ]a direction du m6meartiste,, deux autres sculptures du temps 4e Louis X1H, Bistell on mieux Buister, et Louis Gu6rin, ont W116 les Renommks des frontons, ain.si que les trophies qui entourent le -cadran, 'et continue dans cette parties da monument la jolie fi-ise commence sons la direction de.Jean Goujon. Les chapiteaux des.colonnes ont'W'sculpt6s, par LeClair, u pavilionn vient d"tre compl6tement, restau 6 et*1modifi6; la galerie
surnomm.6 Capitofi. te d6me quadrant lairequi sirmonte le e r
place an sommet estorn6e, comme celle des pavilions neufs de ]a place NapQl6an, de t6tes de lion, du ebiffre de I'Empereur, de guirlandes, de couronnes*, et de chaqqe c6t6 on a r6tabli les chemin6es qui oxistaient autrefois.
La continuation de faile occidental, A partir, du: pavilion de Morloge, est aus4 l'omwe de Lemercier,,qui, e' doublant les fa ades et quadruoant ainsiles, dimensions de l'Office de, L'escot, en. a co,nserv6 16 style avee une scru'puleuse Mlit6. On retrbuve ici un fac-signite pur et simple de la fa. ade achieve sons Henri 11. Seul-ement, l'architecte de Louis X111 avait laiss6 cc travail inCOMDI-et: onant A In &eoration- tones h-s seuInttirps, knii-nt P.nenro. A fairo.- F1h,.,.;,n.nt ko. AyAent .P .; di,, 1906




PARIS DANS SA SPLENDOUR.
Les trois autres fa ades de la cour Wexigent pas, de description palrticuUre. t lev6es, comme nous. I'ayons dit, sur les plans de Perrault, cites ne difirent de celle de Lescot que par le troisi6me ordre, surmont6 d'une balustrade-, qui replace I'attique, et rompt d'une mani6re si fAcheuse I'liarmonie de 1'ensemble. Le bas-relief du fronton tourn6 vers le. Nord est de Lesueur, et a pour sujct Minerve encouragement les sciences et les arts. Au fronton qui regarded le Midi, Ramey p6re a sculpt le g6nie de la France rempla ant les travaux de la guerre par ceux de la 16gislation, de la marine et, du commerce. Ces deux frontons ont W ex6cut6s en 1812. Celui de la fa ade adoss6e A la Colonnade est moins reniarquable; on y'voit, au milieu d',une Gloire, le coq gaulois entour6 du serpent symbolique, entre deux figures de femme tenant des guirlandes.
Cette magnifique cour, restaur6e it y a quelques ann6es, sous la direction de M. Duban, est klwre'e par vingt cand6labres d'un travail soign6 et orn6e, dans les angles, de pelouses 6troites entour6es de petites grilles en fonte. Le centre reste'libre. Pendant quelque temps, on y a vu le mobile d'une grande figure 6questre de Fran ,ois I", par M. Ct6singer; it semble, pour le moment, qu'on ait renonc6 y lever une statue que r6clame cepeDdant la nodit6 d'un si grand space laiss6 vide.
Apr6s avoir essay de d6crire I'OxOrieur du Louvre ancient it nous reste donner -une We g6n6rale des dispositions int6rieures et A passer en revue quelques-unes des plus belles sales; mais le lecteur ne devra pas s'attendre A trouper ici une description des muses et des inappr6ciables richesses qu',ils renferment. -Cette tAche toute sp6ciale sera remplie par un 6crivain plus compkent, dans un autre chapitre de cet outrage.
Depuis quo-la construction du nouveau Louvre a n6cessit6 la-suppression de la porte du niusk, situ6e Sur la place du m6me nom, et la d6molition-si regrettable du grand espalier, on penkre dans l',ancien Louvre par le vestibule du pavillonde Morloge. En passant, A gauche,, 'au pied'de Fescalier de Henri 11, orn6 de chatmantes sculptures de Jean Goujon, on arrive la salle des Carialides, qui,, soit par son anciennet6, soit par la beauty de sa _dko'ration m6rite d'attirer, la.premi6re,, les regards du visiteur. Cette vaste Salle, qui Wa pas moins de 45 m6tres de long Sur 10 de larger, fut appel6e d'abord Salle des Gardes on des Cent-Suisses, et quelquefois le'Tribunal, comme on le voit dans le plan de Ducerceau. Elie devait sans doute ce dernier nom h la tribune qui en est l'ornement principal, comme elle doit son nom actu.el aux quatre figures de femme qui soutieDneDt -Cette tribune. Nous avons dit que la salte des Cariatides fut bAtie parPier-re Lescot surTet6placement de la parties occidental dul-vieux chAteau de Philippe -Auguste, et qu'un de ses murs apartment A la construction primitive. Ce fait explique et justified peut-6tre l'ordonnance g6n6fale un peu ecrasee qu'on reproche ici A I'architect6 de Fran ais I". La vofite surbaiss6e ne laisse pas cette Salle. assez de hauteur en, proportion de ses utres .'dimeDsions; mais, comme !'a justement remarqu6 M. de Clarac, it faut tenir compete des -difficult6s que Lescot avait h vaiDere : it a W g6n6 dans ses d6veloppements par des dispositions aDt6rieures dont it s'est born6 h tirer tout le parti possible. Ce d6faut de hauteur de la vodte est rachet6 par -des beaut6s qui placenta cette Salle au premier rang parmi les productions de liarchitecture du XYV si6cle. Elie a R6 dignement restaur6e dans tous ses details par W. Percier et Fontaine-, sous le premier Empire.
La belle tribune qui domine 1'entr6e a -pour supports les quatre cWbres cariatides de Jean Goujon, premier essai en France de ce genre Xornementation. Les meilleurs juges regardent ces figures comme I'ceuvre to plus'acbev6e qui soit sortie des mains du maitre. (( Aueune de ses productions, dit M. de Guilhermy, ne- nous semble atteindre le m6me deg:r6 -de -distinction et de puret6 de forme et de sentiment. )). Sauval nous a fait connaitre le prix qui fut pay6 A Jean Goujon pour ses cariatides, et la date pr6cise. de leur execution. L'artiste fit warch6, le 2 september 1550, au.prix de 737 lives tournois; savoir, 46, lives, pour un mod6leen pla'tre, et 80 6cus-sols pour cheque statue.
I La porte plac-6e au-dessousde la trib une est couverte debas-reliefs en bronze, dus A Andr6 Riecio,-habile sculpteur italien du XVV si6cle. Ges bas-reliefs faisaient autrefois parties' d'un monument elev6 dans 1'6-lise -de San-Fermo, h Wrone, en I'honneur de J6r6m'e Della Torre et de son fils. Les ornaments qui les encadrent sont moderns; its ont W faits Sur -les dossins de M. Fontaine.
Au-dessus de la tribune est un moulage de la nymphet de Fontainebleau, fondue en bronze par Benvenuto Cellini. Les deux g6nies dela Chasse
qui occcompagnent de cheque c6t6 ce bas-relief, ont 6t6 sculpt65 par Callamard, sous Napol6on I"; c'est A un autre artiste du m6me temps, M. Stuff, qu'o-a doit la figure de Diane quiorne la clef de I'arC7doubleau an milieu de la vodte.
Le's bandeaux qui traveIrsent cette vodte sont orn6s profusion Ae sculptures de la Renaissance, parmi lesquelles on remarque une Diane ebasseresse, une Wnus sortant de l'onde, des attributes dechasse, des chieDs, des guirlandes, des flours et des fruits.




LES PALAIS. LE LOUVRE. 15
c6l6bre des figures qu'elle content : ainsi on arrive successivement aux sales de la H4We, d'ftercule et du Sarcophage, qui donnent'sur ]a cour. A 1'extr6mit6 do cette range do sales, s'ouvre celle de la V4nus de Milo, autrefois d'Isis, puis, en return du cW do la Seine, les sales de HelpoWne, de la Pallas de Velletri, du Gladiateur et du, Tibre. En parcourant ces derni6res, on est frapp6 de ]a beauty des colonies qui les d6corent; les unes sont en granite rose Agypte', d'autres en albAtre oriental ruban6 et fleurl Oil en br6che arlequine d'une extreme raret6; mais les plus remarquables sont les huit colonies de vert antique qui proviennent de Fontainebleau et Aicouen.
Le corridor de Pan conduit, vers ]a droite, A la Salle de Diane, dont le plafand, point par Prud 1hon, represented diverse sc nes do la mythologic. Cette Salle communique avec le vestibule rond, o4 se trouvait Dagu6re 1'entr6e principal du, Mus6e, et qui se relie, au rez-de-chaussee, avec les ancient apartments de Catherine de M6dicis et d'Anne d'Autriche, plac6s au-dessous de la galerie d'Apollon. Ces apartments sont transforni6s aujourd'hu i on galleries de sculpture. Le vestibule qui lesprk6de est orn6 d'un plafond peint par Barth6lemy, repr6sentant I'Homme form-6 pat Prom6th6e. Sur les quatre pendentifs sont sculpt6es les quatre 6coles de la statuaire :'la France monte Ie Milon -de Crotone du Pujet; I'Italie, le Moise de Michel-Ange; I Egypte, la statue colossal de Memnon, et la Grke, I'Apollon Pythien. Quelques-unes des galleries sont encore d6corees de beaux plafonds quo ]a reine Anne d'Autriche fit -peindre par Jean-Fran ois Romanelli pendant la minority de Louis, XIV. L'ensemble do ces salles,, au nombre de cinq, est d6sign6 sous le nom de sales des Empereurs. Elles renferment une pr6cieuse collection de sculptures antiques : statues, buses, bas-reliefs, etc. Les trois sales da milieu, s6par6es seulement par des colonies de granite, ne for.ment qu'une grande galerie. Eancienne Salle de Diane, qui occupant le commencement da. rez-de-chaussk de la grande galerie au bord de 1'eau, ne fait plus parties du Mus6e de'uis que les nouveaux travaux ont modifi6 ce c6t6 du palais.
Les autres sallesqui ferment le rez-de-chauss6c &-Louvrellaut-ourrAe la cour, n1exigent pas de description particulie're. Elles sont occup6es, dans I'aile du Nord, par les ceuvres de I'art: grec les antiquit6s assyriennes et americames dans J'aile oriental, par les monuments 6gyptiens, dont quelques-uns, d"unebelle conservation, ont des proportions gigantesques; dans ]a moiti6 de I'aile du Midi, par le Husee de Scul ture Francaise du moyen-dge.,et de la Renaissance, comprenant la Salle des Moulages et cells qui sont d6sign6es sous les noms d.e Jean Goujon, des Anguier, de, Jean, de Douay, et de Michel Colombe
entin dans la parties de I'aile oeeideDtale,' qui fait, pendant au Vieux Louvre, par un m 4s6e de sculpturemoderne.
Des quatre espaliers qui conduisent du. rez-de-chausse'e aux. kages, su Louvre, les deux plus ancient sont ceux du pavilion de I'Horloge; celui qui porte le nom de Henri If est de Pierre Lescot sa w6te-est, d6cor6e de rosaces, de branches de ch6ne, do trophies, d'attributs de chasse, figures all6goriques exkutks avec une exquise d6licatesse. DaDs le m6me pavilloD, du c6t6 du Nord, est 1'escalier dit de Henri IV, bien qu'il date seulement du r' gne de Louis XIII; il n'offre aucune decoration. Les deux autres, plac6s chaque- extr6mit6 de, la Colonnade, d6n.s. les pavillofis, d'afigle, ont un aspect plus monumental; ils ont W coDstruits sous Napol6on yr, par MM. Percier et YODtaine.
Si I'On MODte au premier 6tage par 1'escalier de Henri 11, on entre, A droite, par une longue galerie dans laquelle les rois Louis XVIII et Charles X convoquaient les Chambres pour la stance d'ouverture; cette galerieoccupe 1'espace o4 6taient autrefois le salon de Henri 11 et la chamber de H.enri IV, dont les boiseries -ont 60 transporters de I'autre c6t6 du Louvre, daDs des sales d6pendaDt du Mus6e des Souverains. On y voit mainteDant les batailles d'Alexandre, par Lebrun. La Salle des tmaux, qui vient ensuite et dofit' le beau plafond sculpt en bois a W restaur6 r6cemment-, conduit A la Salle des Sept- CheiniWes, format le centre de I'ancien pavilion du Roi, et occup6e par un choix de tableaux- remarquables de 1'kole franchise moderne.
Do la Salle des Scpt-Chemin6es une porte s"ouvre "a' droite, Sur une autre -Salle renfermant des statues et des objets'antiques et aboutissant au salon eirculaire; cejui-ci Sort d'entr6e la galerie d'Apollon, dont 11 est s6par6, par une belle grille, en for folrg6 et cisel6 provenant du chAteau de Maisons., La galerie d'Apollon, bAtie- sous Henri IV, incendi6e presquo totalement en 166 1 r6tablie par Louis XIV et orn6e, de peintures deLebrun, de sculptures de Girardon, des fr6res Marsy et de Thomas Begnauldin, menacait ruine, il y a quarant6 ans, et 6tait rest6e klfafaud6e depuis 182.3 jusqu'en 1848. Cette magnifique galerie a W rendue A toute sa splendeur par I'habile restauration de M. Duban. La plus remarkable des 'nouvelles d6corations qu.'elle a re ucs, est'la peinture central du plafond,, ofi M. Delacroix a represented' Apollon vainqueur. du serpent Python.
An foDd de la galerie d'Apollon, u.ne porte plack A droite conduit au Grvnd Salon ou Salon CarHfout kincelant de dorure,




16 PARIS DANS SA SPLENDOUR.
L'aile oriental dans laquelle nous arrivons A l'issue du Mus6e Charles X, offre d' abord cinq sales, o6 l'on a dispose le Mus6e des Souverains, et qui portent les noms de chamber d'Anne d'Autriche, chainbre de Henri IV, salon de Henri H avee cliapelle du Saint-E sprit fondue par Henri 111, sal-le Boyale, salle ImpOiale. Viennent ensuite trois salons dont la d6coration est inachev6e et dans lesquels on a -plac6 provisoirement des tableaux de diverse Ocoles.
Le premier Rage de 1'aile du Nord se devise en dix-sept sales qui ne sont pas encore compl6tement orn6es. Elles renferment les gravures et plusi eurs collections de designs des maltres les plus c6l6bres. C'est aussi dans I'aile du Nord que se trouvent les seules sales du second kage qui soient ouvertes au public; elles sont au nombre de quatorze. On a plac6 dans les onze premieres le Mus e de la, Marine, et dans les trois autres une collection ethnographique des plus int6ressantes.
Le pavilion format Tangle Nord-Ouest et quotrie sallies en return dans Yaile' occidentate 6taient affects, sous la Restauration, aux s6ances du Conseil Atat, et-les plafonds points qu'on y remarque rappellent, par, leurs suiets, la destination que ces apartments, avaient alors r"ue. Ils renferinent aujourd'hui la suite des collections de designs originaux. La derni6re de ces sales aboutii au, pavilion de I'Horloge qu'on traverse dans une 0roite galerie qui- -ram6ne 1'escalier de Henri 11.
Telles sont les dispositions g6n6xales de l'intdrieur du Louvre. Nous Wavons pu qu'indiquer sommaireme.nt la somptue-use d6coration de ces galleries routes Plemplies des merveille's de I'art. Les details que demanded leur description trouveront leur place naturellement dans la notice consaer6e aux muses.
J. DE GAULLE.
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LE NOUVEAU LOUVRE.
ous Avions dej* vu comment les malheurs'de la France et la chute du premier Empire arrWrent 1'ex6cution des
travaux confi6s A Percler et h Fontaine, et qui avaieDt pour but la reunion du Louvre aux Tuileries.
oil Ni la Restauration.ni la quasi -monarchie de Juillet ne. parent r a iser ces grand projets.- En d6cembre 18 48,
l"Assembli6e Const-ituante consacra. deux millions A la restauration de ]a galerlie du bord de 1'eau, et, en 1849, I'Asse.mbl6e
Legislative accord les credits n6cessaires pour faire d6blayer la place du Carrousel.
L"Empereur, qui semble s'krefait une loi'de reprendre, lune apr6s I'autre, routes les Wes napol6oniennes et de les traduire en fait vient d'accomplir le gigantesque project con u par ses pr6d6cesseurs, et en achevant ce magnitique eDsemble de palais le plus imposant qui soit an monde il a ajout6 sonDOMA cette liste gtorieuse, o nous voyons Cigurer Franqois jer, Henri 11, Henri 111, Catherine deWdicis-, Henri, IV, Louis XIII, Louis XIV, Napol6on I" et Louis XVIII.
M., Visconti I A qui, d6s 1849, on-avait confi6 les 6tudes pr6liminaires, requt, en'f6vrier 185.2, l'ordre de, presenter un plan d6finitif; deux mois apr6s, ces plans eltailent faits examines et approuvesi L'adjudication des premiers, travaux fut passe le
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LES PALAIS. LE LOUVRE. 17
La premiere de ces difficult6s, c'6tait la divergence, frappante au premier coup-d'ceil, choquante au moitidre examen, des axes des deux iWais, construe its Sur des 'plans'isol6s, sans que leurs fondateurs respectifs_'se sPient pr6o-ceup6s de,. la pensee qu7on'les r6unirait un jour.
On a pens6, et avec raison, que. le plus hour cux'moyen d'obvier A cc d6faut de, parall6lisme dans.- les fa ades, et de, sym6trie dans les ouvertures, cc strait de Aromper, le regard, en rompant,'-, par de grandes. passes, de verdure,. le rayon. visual qui, auparavant p rcourait librement la distance d'unnionumelit A Vautre; ces masses, devaient a.voir, en outre I'avantage de se m arier tr6s-harmonieusemebt aux grades lines archit ectdrales. Cc r6sultat a w -facilement.obtenu. par la,'cr6ation au milieu de la place Napol6on 111, do, deux- squares octogones ptan't6s d'arbrcs et ornl6s flours, se' *par& par -unc large 'voic accessible aux voitures et aux pikons, et entour6s dune haute'grille, dor6e. Au milieu des ifeuillag''$ et, de la verdure, s'06Veront d6ux statues e. celui qui: regarded fes. Tu ileries.
6questres.,: Louis XIV, dans le square le plus rappr*oc46 du Louvre,- et,.NapoW III daus Autour de ces jardins et comme limits randioses de Id Iace 111, se dressent Sept pavilions,, dont, le style, est
9
emprunt6 au pavilion de THorloge du vieux Louvre- ainsi qu'h. la partic ite cc palais bAtie. par Pierre Le'scot, mais. qui sont rev6tus d"une ornamentation plus riche et de formes plu's 616* nfes'encore. Ils' sont-. reli6s entr'eux p4 r des alles. h deux Rages, Sur les parois desquelles on a eu soiWde m6nagerdlassez' grades surfaces tranqullles.,pres quej laocs-,, poui laisser briller les sculptures des'pavillons. De cheque 60 de la place r4ne une vaste galerieou, poritique vompos6 d'arcades, s pW.es par des colonies corinthiennes cannef6es, et remplissant'les vides entTe,-Ics rei-de-chauss6e des.',*avillons., Cette -galerie est surmont6e par une terrasse 'de niveau avec le- premier Rage sor la balustrade da laquelle pyramident, A I'aplomb de chaquo colonne., des statues colossales Whommes qui ont illustr6 la France., La patrie-.reconna-issante a -ses cWbrit6s auteur du palais
de la monarchie., Dans fes fonds, ati-desstis de" la principle cornice et de.ja -balust ade,, A eba atue du premi r Rage corres- ondune figure d'enfant ou de g"nie eutourk Wattributs, ou de trophies., C'est'u n Join de ricbesse' de majesty, d'harmonie et de variW dans Ila syme'trie.,
Les. trois principaux pavilions, auxquels on a donn6 les plains do Sully,,, Richelieu et Denon dessinentj au-dessus des lines horizontales des toits et des balustrades, lours grand combles on dolmesk quatre -pans, su'rmqntes* dun.-couronnem ent en plomb fort orn6 flafiqu6s de chemin6es monumentales leurs v'stes froptons sou- I tenus pat, des cariatides gi-antesques et remplis.d'un' foule, do figures a-116goriques etd'attributs leur splendi.de d6coration de g6nies, de bas-reliefs,, d'airmairies; de -onsoles, do balustrades de fris'es; d6licatement tr4vaillks-.
LOS quatre autres pavilions, d6signes sous les norns- de Colbert-,. Daru Nollien'et"Torgot,--d'une i cc un peu moindre et "rois, ddmes*i .' coupent de 'la, mani6,re. ]a plus -heureusement
dont le courojinement quadrangulaire diff6re essentielliment des t '0
choisie, les angles des fa a'de&,Leurs.grandes et magnifiques lueariio dont nlo'us,no-don.ner.oiig,,',poi.nt ta de description il -faudrait I tin volume. si nous nou.s jetions, dans, les- details, fivalisen-t de *richesgeavec-,les gra.nds-',pavillons d6nt. i1ssou-tiennent 1'effet',en confrAstant, avec eux, par la, forme.
Le Louvre de -Napol6on Iff- commeDee. au pavilion de, Roban*,-- le nouveau travail ne pouvait avoir'n- plus 'heureux'point de6part.. Le pavilion de Roliki est, pour I'affe de la. rue de. Rivoli -'cc ..q.qe:le pavillon d6 Lesdigu re' est pour. celle du bord de 1'eau. Les exigerices, de Ja plus sifflple syni6trie, r6clamaieht le nouveau- pavilion- en 1 ce de I'ancien. Les deux se f ofit pendants, et 17un reproduit I'autre, avec fidMiW, du moi.ns-. en c-e qui-constitu'e 1'ensembie et le", priwipales -.1ignes'.1
Tout-le monde connait 1'616gant cloc4eton qui surmonte le. pavilion detesdigui fcs. Celui dW, pavilion Ae Rahan 'West -pas moins graci ux et il pyratluide' d'une kon, charmante. awboutcle la rue do Richelieu, Sur sa. base A quatre 'panS", escorted de, cbAque c6t6 de. deux grades cheminks. Sa faq de la plus orn6e est' Sur la'placje, du Carrouset-Aans" I'are dw fr 6uton sup6rieur, de'x statuesail6es tiennent 1'6cussoli deTEmpire ot.symbolisent lej-ravaiUct I'AbondAnci, etuh-*,peu plus has, ur le'couronnemeptde 1,0age inferieur, une autre sta-tue-portant unsceptro,, re-pr6sentelaTtanco-.
'La di-spbsitionarchitectur4le compared. trois, ordre's-superpo s le premier., est A, hossa 6s;, le-second -estcorinthien et, A pilastres cannel6s, le Aroisih me est COMPO Rev k col-onnes- enga g4es.,..,D6van;t- 14 fenkte- vichemient encadr6c du premier ka-ge on a plac6 an balcon d'une sorr rie, magnify. c 6
Wre quo., Wns Ie- tympan. d-e I'Are''ade du r i-de-cbauss c,, se,:g.rou ent et
p
s'arrangent avec 616gance- des figures de fewme,. wuvres de-M. Poitevin M. Di-&oldt- est.Vauteur de, cells qui a6corebt le fronton. Pour'ceux-qui violent savoir.ce que-,pOut une volon.0 puissa.nte, donnaint, Vimpu sion, aux 16rces,- d"llue. ,grande nation.,, disons, que
00 MAPXT11;11a11.V n'QATAhAn An Unb-,An AtA.oa,,!r,:4- A at 'aA, ITri0tv.-a




18 PARIS DANS SA SPLENDOUR.
troisii me Rage, de quatre cariatides, grandest noble&-figurels sculpt.ees par M. Bosio. En s'inspirant de I'Antiquit6, Fartiste fran ais ver ses statu de leurs, bras comme l'ont fait les ancient et, h lour imitation le c6l6bre ne I'a point- imit6e servilement jusqu'A -pri os
Je n Goujon, pour pellets que, l'on admire dans une des sales du.vieu'x Louvre; illeur a Wssel les mains qp'il a ebarg6es d'attributs.
Ces gracicuses figure soutiennont un fronton d6cor6 d'.unl baste de M I nerve entour6 d'en.fants,qui -ne sont autres que les g6nies de Ittude LWhementatio I n plus pro recent d1te do cette 'artie du Louvre,,
groupss, ex6cuWs avee. habilW. par -Charrier.
les chapi-teaux- les-panneaux, les console's,'les clefs*do-vottte, les rinceaux, les chi6osj les: aiabe'ques,,,' les nielles les fruits et les fleurs qui- d6corent ]a fa, ade, sont dus aux talents,_divers ,,mais tr6s-distingu6s de W Charrier, -Morand, Lepr6tre, Lafrance, Duvieux,. Knecht, Simouillard,, fla'yo'n etHurpin,-qui.ont fait preave d'un.'Atct d'une f6condit6 vraiment. in6puisables. 'Une inscription en'lettres d'br sur-plapede niarbre noir indique 'aux peasants que cette parties des nouveaux bA(ments est destine la biblioth6qqe du Louvre. L'oscalier de, cette, bibliotWque: est un--des details les plus cbmplkemofit r6ussis Au fiouveau Louvre, et, par -sa- can6eption grandiose -et sa- parfait exe'eqUon '6rieux honneur 6 M. Le qui a sitabitement 'con'tinu6
en les enrichissant et les porfectionnant -Jes t"ravaux -et.les: plans de.-.Yisconti. Nous demons mentionner aussi, comme, une parties in I le long passage.couvert qui 'de la'-place d-u- Palais-Boyal, donne aibc6s directement dans la place Napol6on.
-Do cheque MW de c-ett6 riche- *ade qui o6cupe la, place Whonnour, yis-A-Vis du Palai-s-Royal et pi'sente Sur la rue de Rivoli onze grades fen6tres de cheque c6t&, dij pavilion central Aeux ailes,-d'un styj6 plus s6v6re, 6tablissen.t le raccord des nouvelles constructions, dun -6610, -Avac 14'galerie septeptribn alp, du, Carrousel, bAtie sous I'Elmpire,' de l'a.Utre c6t6 avec le vieux Louvre.. lei naturelleme'nt, architecture, est; I beaucoup -plus simple;, Ale Wadmet-gWre (rautres ornaments que quelques consoles flanquant les fenkres, et les mansardes, et des -caftouches ofi so lit. 10 mi).nobramme itnp6f ial enlac& aux embl6ines de la souveraine puissance, sceptres ot couronn'6s. Dans. J'a surface plane Ad mur, -bn al4nenag6 un certain 60mbre de niches. Les'unes- OjA sont habitues par leur peupie de-,stotuesi Le's padres. AtOndegt,.,eneore ,:,il ,.rf,:faut pas d6dourager les gloires A venir.,
Quant aux d6corhti6ns'int6rieures, elles -n e sont. point encore telrmin6es, No.u"s irons seulement qu'on a, fait U*ne- large part A la fan-taisie, et, dona6. une'grandeIiberW chaqule artiste -Cette ornamentation, qui tie reWe d'auCUD',,Oe' ,ordr,esj.usql '.icI connus, a combi0 et arrang6,- avep un. godt d'autantpluislouabie q-ti"If. 6taitplus affranchi desr6gles, tout ce qui. pout flatter, s6duire, charmer- le Sons pittoresqtie4
Disolfg, pour les aimis de la, statistique, quo,'Vespace, Couvort, et, renferm6 par..les constructions du Utrv t' des" Tuileries, pr6sente une superficie de -193,4,75 mikres cgrr&, .Sur'cetfe suPerficie, les bAtiments anciens occup-ent 32,270 m6tres:carr6s et les nouveaux,14,699. La, longueur" Aotale de cef.- e*space, depuis lafa ade des Tuileries Sur le jardin jusqu'A la,,Colonnade'du Louvre est de 655 inkres'; IA laiirgour, Aovant hi Colon-0ade' eA 'WenWro.0 20,0, mkres ot deviant les Tuileries, Surle jardin, deplus do 30.0 m:6tres. La distant, e d -Tuileries, aii:Tond'de ta est
W es. -place Aapol6on 111, d-e 460 m6tres.,
La-pen'see'del'Empereur' en.com e e W d-e Dalais,, a'-W une, pons6e politique., 11 a voulif grouper
plkant cc magnifique, ns mb
I'Mat auteur de la..r6sidence, officielle, du' chef do Vkta't et.. concentrer dans, sal main les moy ens, Waction Ies- plus' 6nergiques.
.sur la ru.e'de RivA sur la'place'Napoleon 111, et, le corps de bAti'
Gest ainsi que Vaile:du, Nord oli, VAile' parall6le' meDt transversal qui
les relie, par1o, noi-lieu, ont W", dispols6s, en:-caser'ne paur la Garde.."de- Paris.'Au point central, en face du Palais-Royal,, une SAN,'. tongue de,42 w6tres-,large' dell est-dostin6e aux'r6uhiall's-offic' Iles dos' rand$_CorpS de Ittat. L'aile-du- Midi, vois ine des chefs-d'ceuvre -de notre; mus6e, recevra des objets: Wart; les sculptures-, "4u, rez-Ae chauss6e; -jes -peintures, au, -premier Rag-e. Le Centre en, est occupy pat la magnifique Salle des:Etats-, touto- eplendissatite-d'or et de, oeintures..
La, decoration artistique du Louvre,. sur.laquelle ious avons bien rapidement gliss6, 4.60 un des ffits important de notre 6poque. Trois cent 4uarante-quatre, motifs '--Stvitues grouped, cariatides fronton wil's-&-keuf tyrnpans. d'arcades.; dnt 06 distfibu6s, par commandos officielles'; pent. cinquante7 uit sculpteurs,,ont:60 con.vi'
-h Afeau des rois. Uhabile ministry qui a d6plOy6, tant
&6nergie et d'intellige.nto activity d4lis la sLiein tendaiie'e'de,'c'es ,g ands travaux. a. voulu faiie un -appel tous ceux qui.savent pdtr.ir I'argile et faillor le marbro, On' a, frapp+6 A routes 1 es p r-tes t f
6 ait Appel. h:Aoug les talents. La jeunesse, so plaint qu'on ne
lui'donnepoint Voccasion des e produirei Cotte fois,-*I'occas'on fut-b le. Dis -Ourtarit.,, ce sont les- vie'lles- r el oAs-le p I enomm6es, qui
ontle plus vaillammeat soutoifu Yhonueur lu: Arapeau. artistique, Les meilleurag ceuVre' Ce. sont eelles.de Simart, Duret, Burge, Rude, Jaley Y1 -jeune;,tog plys',distingues dans b n.ouv, el &-,6cole nous, ouvons pulni.ceux quio-nt puis6 la
science A' SA source aux acad6mies-de -Par'is'et de Roifio .-, Ai-je Usqjn A piter Gulllabm e' Cuvilier., Bondssieux, Mboldt, et.apr6s Deba ','Bapre, tequesne, Ostin,? Parmi eeux', qui proc'Wilt bill's directement de I'l6cole,.-Oat qui euxi Brian jedne, 10 osjo, A. Y,




EatdhIarpen~tie;di qu~oa deskynaua 2
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17im
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a -ra SR id bO'd de




PALAIS', DES TUILERIES
u X1V' sikle, .1'emp1acement occupy. aujourd'hui parole palais A le jardin des Tuileries, 6tait un towain vague nomm.6 Ia Sab--onni6re, o6 s'e'lovai-ent des fabriques de tuiles.et quelques ma i sons eparses, 'entou r6es de iardins et de champs cultiv6s. Pierre des Essarts, pr6v6t de.-Paris, y avait un logis et quarante-deux parents de terre labourable, qu'il don na,, en 13 42,, APhospice des Qu in Z'*-YJngts. Dans, les prom le'res ann 6es, du XVY si6cle, Nicolas
do, Neuville,, seigneur de Villoroy, seer6taire desfinances ot avdiencier de France fit bAtir,. au m6m6 -lieu, tine habitation assez vaste, avee cours'et jardins clos, de mu's- qu'on appol it I'Wel, des T4iileries.,, Louise d Savoie, duches8e d'Angoul6rfie, m6re de Fran ois, ju, inCommod6e par le. ,ejour malsain du-palais des Tournelle8, vint demeurer quelqqe temps dans Ia -maison'de M....de. Neuville;, elle. y recouYra Ia. santO: etengagea Iero-i l.'acheter. fran ois I" en
fit ]'acquisition pour elle par letters du 12 f6vrl'er 15'1.9,, et I donna on change A X. de Neuville le chAteau et le pare de Chanteloup,',pr6s d Arp joM -Cependant Louise 4o-, SaVoie e' se plut pas longtemps dans sa nouvelle residence des Tuileries. Six ans apre's, on 1-52:5, elle en abandonna Ia jouissatice viagke A Joan Tierceli' 'maitre. d'h6tell.du Dauphin,
A Julieldu Trot,- s.& f6mme..
Lorsqqe. la'd6ni'alition da palais- des- Tournelles- out AW ordonn6 e et, que, Catherine do M6dicis, seAt"install6e au Louvre Ie pour sa r6siden'e particuli&' ',UDe habitation de, plaisanc6
avec Charle's IX 16 roin6-m6re; voulu faire construire hors de 16 vil e e
A l'instar des belles maisons de campagpe de 11talie. -Jetaiit -,Ies, youx Sur fancien b6tel de's Tuileries, elle d6cida que.le nouveau palais 8'616verait' gur son emplacement,- qu'elle agrandit de'beaucoup on- acbetant plusieurs propri6t6s, voisines."Le c6l6bre Philibert-Delormel abb.e,-.de-SainiSergo1_et de-I'Saint-Eloi, otlean Bullant, lo's,-deux plushabiles.architectes de ce:temps, furent charges de'la direction -des travaux, et au -mois de.M'ai 15-6.4 ,-onjeta]es fo.ndemo-nts4o-i 6di.fice..D'abord, onentoura lesjardins
d'un mur' A I'extr6miW duquel fut construct 'du cW, de la.,*rivil're' -n ba,Lstion dont, lo, roi Charles JX- posa Ia premiere pierre le I I jtAllet 1,566. On Peut lire dans I'Mitoire de Paris, d6 FAMen, 4e rkit'de Ia. c6r6monie qui e t lieu, k tette occasion.
C est A Philibert Delorme qu'e8tjustement attribW l'bon neur des* pla ns r-im itifs du palais. desT u.-ileries, quoiqtfil ait I
d6claT6, soit'par flatterie., -soit pour reodie homage A Ia. vdritA j que Ia reine-m&el.avait eu -grande part dans Ia conception des designs du -nionument. Mais I'We premi6re.de. cot illustre architecte Wa re u que tr&7-incomplkement son ex6cution ou a W presque ontidrement d6figur6e et effac:& et I'Miffee Aegont adwirablement proportioned, qu?'I voulait eonstruire, diff6rait beauco'up do:celui que nous voyons. Avant & d6crire',co _qu:FesL, 6xaminons ce qui-Aevait Atre."
Le chAteau des T-bileries; tel- que I'avait conqu, Delokme, g'il e.fit, WtermW. stir son, plan', aurai e, e, d'apr&lesdessins qu'en donne Ducer6mu, beaucoup plus vaste qu1lne 1'est a' J-our&,hui malgr6 les'additions consid6rablesqu'on 6 fates A'diff6rentes 6poqu6s.-:Les- Tuileries ont-, d4ns lour 6tat actual, 16 8 noises ot.demi.e-,de longueur du, c6t6 du jardin et 145 sur le Carrousel. SuivantAe, plan, de Delorme," ce alais Weilt "ou que I 08 Uses vers- 16 j4rdin,,et'_Ia fa ad ..sur Ia- place- edt W de 10 2- tosses,. 11 y aurait eu, comnie aujourd'hui, emqpavillons.
Vis-h-vis -de ce palais, et- A- un-o distance d'onviron 5 0-toises, devait S'61ever un autre. palais- de ha -m6mo grandeur, sur 1'emplacement du-Carrousel. Pare il au premier pour 14 *coratio'n ext6rieure,, il. Wen diffdraifque parle pavilion du* milieu, qqi 6tait beaucoup plus grand, et. -qu7accompagnaient aussi Aes d'ux% c6t,6s,;des portiques' ouvertseh reg.ard:du: Louvre. Destin&s sans doute A, Ia 'circulation, publique', ces portiques'n"lavaient.,de communication avee le"palais, que. par l'extr6 *it6- touchant Mors ad grand vestibule d'entr6e, beaucoup 'lus vaste que:eelui des Tuileries actuetles.Al_,paraft qu.une parties des deux pavillons',quistli-vaient celui d',Milieu'6tait'r6s0rv6e A des 61iapolle& Les deuk grants corps de bAtiment des Tuileries 6taient Us Nnh I'autre,, du, c6t6 de Ja rilvi* et vers fq rue Saint-Ronor.6,', par une ligne, dWifices en retraite qui se yattachait aux pavilions des angles, et gu miliou de-laquelle 'un ati-tre.avant-corps, rmaitfentr& Ces fh ades Wa 'aient- qu e 8 22. tosses' de lo u fo ng eur, etl'ensemble de
tout le nalais -affeetait ]a' form,,. d'i'm earrA Inn o- tinnt' nptik eAt6q AfniAnt nn- N nrA-,P.t nn qnA P4. dnnt Vpytr4mif4 nPionfalo aAf




20 PARIS DANS SA SPLENDOUR.
facades du palais, ainsi que le portique du Nord et celui du Midi, formaient une place de 57 tosses de long Sur 45 de large. Dans 1'espa-ce de 24 tosses qui s6parait les portiques d'avec les'bAtiments.lat6raux ext6rieurs, de cheque c6t6 de Ia longueur des cours ovales-, il y avait d'autres cours carries et tr6s-simples, avec lesqu6lles elles 6taieDt 6n communication, et qui probableMeDt kaient de stin6es aux 6curies et au service 'd'u* pajais; tells sont les disposition I s r6v6l6e I s par inspection du plan de Ducerceau, qu'il est indispensable d'6tudier, si I'on veut se fairc une We complete du project de Delorme.' Des raisons dWono I mie obli&ent, dit-on, Catherine de, M6dicis ii restreindre les proportions de cc plan. Cc qui est certain, c'est que le palais des Tuileries, construct sous ]a direction dePhilibert Delorme et de,, Jean Bullant '* se compose seulement du pavilion, central et de deux galleries lat6rales terminks par dcscorps-de logis quadrangulaires qui occupant maint I 6nant le milieu de chaqu e aile. La planche .82 de cet ouvragedonne A peu, prek.I'We de cc qu'6tait 16 chAteau dans cet Rat primitif.
avillon du centre de fo r Ins 611e 6 qu'il We' A present, comprenait unrez-de-chauss6e, un. preinier
,ge A, un attique surmont6 d'un d6me h' isph6pique. Du' c6t6' de ta cour-, on' I'orna de colonies de mature doriques Corinthiennes et composites ;,du c6te' du jardin, les'colonnes 6taient 'en pierre mais' A' peu. pr6sdans Ia meme disposition., Le rez-de-chauss6e, qui subsiste enleore 'a pea pr6s tel que -DelormeTavait construct, 6tait perc6 d'une porte avec fronton eirculaire remplack depuis par Farcade qui condiiit. du jardin.-dans Ia, cour. A Ia place de Ia grande fen6tre ii balcony qui occupy le premier 6tage au-dessus de I'arcado, 6tait un panneau, entour6 I de moulures et de chambranlesi avec-des consoles supportant un panneau circulaire et un -6cussoo'. De &aque c6t6,- deux pilastres'composites, A I'aplo'mb des colon.nes, du. rez-de-chauss6e, sout'enaient un entablement orn6 dune frise WiMtement travaill6e.- L'attique 6tait--circulaire et perc6 de trois fonkres en arcade, Du OWdu Carousel un campanile sculpte' s61evait Sur chaeun des deux angles qqe'la tourbure de Pattique lai.ssait inoccup6s'. La couple du pavilion 6tait surmont6e d-'une lantern. Sous le d6me 6tait plac6 le merveilleux espalier dont il est si solvent question, dans les 6crits de Philibert Delorme et diins les r6cits des anciens historians de Paris. (( Cet espalier tournan't en limaqon et suspendti,.en I'air, sans aucun. noyau qui en soutienne le's marches, est le plus. beau- chef-d'ceuvre d'archi-tecture et',une des plus belles pikes qu'on puisse voir en n6treFrance.- (Du Breul, TUOre *s AntiquWs de. Pa,),is)
Les deux galeriies qui, s'6tPhdai6nt, -4 droite et A gauche du pavilion central, offraient des portiques composes' chaeun & dauze arcades, -et cou-verts de terrasses du 660 du jardin', de toits, inclin6s'du c6t6 do fa cour.- A Fextr6mit6,de ces'galeries, deux pavilions care's, moins 6lev& que celui du centre, tcrthinai6nt alors fes Tuileries.'Ces pavilions, -,qui ont subi pcu de chaD-ements passent, pour, avoir W,.constfuits par Bullan.t., La gAlerie et, le pavilion du Midil vers Ia. Seine, renfermaient'les apartments d"apparat et d7habitation Ia galerie et le pavilion, du Nord contefiaient une cliapelle et des logements de moindre importance.
Tel 6tait le chAteaudes Tuileries sops Catherine. dell M6dicis et'ses fil's'. La reine-m6re cut A peine le temps de I'liabiter; quelques- 6crivains Densent mAme qu'elle Wy r6sida jamais-. Un atrologue lui ayant pr6dit qu'elle mourrait pr6s de Saint-Germain
on Ia vit fuir, avec soin., dit M6zeray, tous les: li'eux et routes le.s 6glises qui, portaient cc nom. Elie Walla plus h Saint-Germain en Aaye et. m6me, 'a, muse que son Talais des Tuileries -(aussi bieh que celui du Louvre se trouvait surla par I oisse, Saint-Germain -,I'Auxerrois, elle en fit bAtir un autre (I'h6tel de Ia Re''me, nomm6 depuis 1'.h6tel de Soissons) pr&de Saint-Eustache.- Le hasard,,n6anmolins, se chlargea de-doDner raison hl"Ostrologue. La reine wourut, eh aupr s de 1'6v6que Laurent -de Saint-Germain, qui I'assista dans ses derniers- moments-.
Les troubles du r6gne, de, Henri III D e permirent pas de pourguivre Jes travaux des Tuileries; mais Henri IV cru.t sa,_ gloire int6res& A terminerce palais. Le'projet qu,'-il avait con u de joindrele-Louvre'aux Tuileries par une gaterie parall6le A Ia Seine, le for a d'abandonner d6finitivement le plan primitif de Philibert Delorme. Commela raiide galerie-dejonction, d -?1,COMMeDc6e ci
du c6t6 du Louvre, Waurait pas:abouti aux bAtiments quiformaient-alors le'pal'ais des Tuileries, le roi-reconnut Ia nkessiO deproloDger ces bAtiments vers Ia-Seine',, et ii- fit -construire, par Ducerceau I'aile A grAnds pilastres composites qui. touche au pavilion Sud de.Ballant, et I'Anorme pavilion,connu, sous.le nom. de pavillon.de Flore, quiter.mine 'ette aile du c6t(,-,,du quai. Ducerceau men-a ensuite jusqWau pavilion de Lesdigui6res Ia grande galeiie Au Louvre que Thibault MeAkeau de'vait -acliever.
Les Tuileries, rest&ent dans cet Rat jusqu'A Louis XIV, qui, eboqu6 des disparates que- pr6sentaient -les diverse parties de cc- palais, confia, A, Lou-is tevau I et. 4 Fran ois d'Orbay le soin dy r6tablir I'liarmonie. Les constructions de Ducerceau a-ya I nt routes W ajout6es au Midi, le Pavilion, central,, se trouvait aux deux tiers de Ia ligne -des bAtiments. Pour r6tablir I'6quilibre, Levau terminal vers Ic Nord le pavilion de Bdllant,, et y joignit une aile A grand pilastres, A I'extr6miI6 de laquelle il. 01 a le pavilion de Mafsan pour server de pendant A celu'i de, Flore. 11 reproduisit ainsi, du, co't6 ofi se troupe aujourd'hui Ja rue de Rivol;




LES PALAIS. LES TUILERIES.
surmont6es, d'un fronton et Won antique, remplac6rent Ia d6coration de Delorme, etune sorte de d6me quadrangnlaire, do forme massive, prit Ia place do Ia couple primitive; on conserve daDS leur enter les 'aleries, lat6rales et les terrasses qui les surmontalent; mais aux mansardes et aux cartels qui s'y succodaient alternativement, on substitute le -rang. de croisdes, et de trumeaux orn6s de games qui subsisted aujourd'hui; ces galleries, et les pavilions de Bultant furent exhausse's d'un antique. 11 faut reconnoitre, pour, 6tre juste, quo Levau et d'Orbay avaien't A ex6cuter un travail I. ingrate qui sort.du domain de ]a critique.-Dans l'impossibilit6 do faire disparaitre des facades tous les contrastes Wensemble et de, d6tails qulelles pr6sentaient, ils durent se border A rameDer, autant que possible, les masses discordantes: de ces coustructims 4.4ne ligpe d'entahlement A, peu- pr6s uniform, soul MOyen qui.leur restAt de donner une appearance ll'umO, A des parties d6tac]i6es et sons accord. Ils y parvinren t en asstij6tissant los crois6es et les trumeaux" les plains et-les vides do lafacade, .-une disposition A pou pr6s r6guli6re.Ainsi se r6sum6 on trois 6poques I'histoire Ws-simple- de Ia construction. des Tulilerie foundation par Catherine de M6dicis; protongement an Sud, vers Ia Seine, sons Henri IV;, prolongement au,. Nord vers Ia rue de'Rivoli, sous Louis XIV.. Lesprincipaux chan-emeDts qu'on a faits dopuis a,ce pala'is en ont affect surto t le I s, distributions, int6r'i es -w I d6pendances. Nous en parlerons plus loin.
On a vu que nil Catherine de 116dicis ni ses fils Whabit6,rent, les Tuileries. "Henri IV y vint rarementl;, Louis XIII les n4ligea pour le Louvre. Sous Louis.XIV, elles4evinrent Ia demure -de Mademoiselle 1, fillelde Gaston cl'00*6ans et, plus tard de Monsieur.
Le ro.i y donna quelquesfkeS, mais il ne s'en servit:que comme dun.pied-A--terre, lorsqu'il outadopt6 lt6finiti-ven-tent le..sej*our de Versailles. Si Louis )CV habitat les Tuileries pendant so minorit,6, il s'empressa, Waller r6sider A Versailles d6s qu'il- fat majeur. Gest encore de Versailles que to people ameut6 vint arractier Louis XVI pour-Je 6onduire aux Tuileries, le 6, octobre J 7 8 9.
Le polais des Tuileries Woccupe dono.1une 'lace iniportanto dans-notre histoire-politique qu'A dater do Ia 416volution, 11 A jou6 d6s lors un r6le consid6rabledans les troubles qui ontagit-e le pays,, et est devena la rdsid6nee. officielle des divers pouvoirsqui ont gouvern6 Ia France, Nous ne ponvons nous dispenser do rappeler ici les principaux Wnements dont, ce palais a W le th6kre depuis le commencement de Ia 116volution, tout en renvoyant lecteur A I'HiStoire g6n6rale de Parispourle d6veloppement et 1'enchaine m*ent des faits.
Louis XVI amen6 de force A Paris par les, bands furieuses des 5, et, 6 octobre,,, vint babiter les Tuileries, tandis que IAssemblk Nationale s'installait dons le HaOge, v a'ste bAtiment construit par ordre" de Lou-is XV, Sur !emplacement, des. 6curies de Catherine, de 116dicis, et destiny A I'Acaddmie royale &Equitation pour les jeunes-gentilshomtnes. Ceman6ge, si fAmeux.daD.S I'histoire de Ia 116volution, occupant avee sesd6pendances' tout le terrain qui forme, a-u'our&hui 14 partie.dela rue de'Rivoli comprise entre la rue des Pyramides et Ia rue de Castiglione.
Le lendemain do I'arriv6e du roi., les cours du palais se remplirent d'une foule de, peupjel.. La population de Paris Wavait pas encore perdu toute son ancienne affection pout, Louis XVI et- safamille il Wy -avaitpos ps.sez longteihps qu'elle subissait lInfluence des demagogues et des homes vendus k Ia faction A'Orle'ans aussi tout se passfi-t-7il-avec- calm-e.- Leservice ext6riour se faisaft selon 1'6tiquette accoutufflk. I Le roi r6ce I ait A, son, lexer- les, compl, I iments et 16is, harangues des d,46rents corps' constitu6s'. La nudit,6 des apartments du palais des.Tuileries contrastait 'avec le's-m6gnifi"ences do Versaillesi; -c'kaie e sons meubles, aux murs noircis par Ie temps et I'abandon. Au mois de f6yrie'r 1790, les Tuileries. furent envahies par Ia multitude dons une 6meuto, dont le depart des tastes -du roi- fut le prdtexte. An, mois d'a-vril suiv.ant, un au I tre rassem- blement fit irruption dons le jardin, pour. emp6cher Louis XV1, d'allor h 'Saint- Cloud.
Cc fat par Ia- cour r.oyale et Ia place du Petit-Carrousel que LouisXVI et Marie Antoinette'quitUrent, Aans Ia nuit du- 20 au 2 1 juin 17 9 1', les Tuileries pour seyendre Montm6dy. Lorsqitecotte, tentative de fu-ite ent, 6chou6 'a Varennes, lafamille royale fut ramen6e, le 2-5 juin, aux Tuileries,, an milieu de dix, mille gardens nationaux et d'un immense contours. de peupfe Elio rentra au chAteau par le Pont -Tou rna nt,; les grilles dujardiwfurant aussit6t ferm66s, 'et I ontrk en, resta ifiterdite au. publi-c -jusqu'au 25juillet, jour ofi Ia 'constitution fut pr6sent6e aul roi..:'Cependant dans l'intorvalle,, I'A sembl6e d6clara que -Ia. terras'se deg Feuillants 6tait n6cessake, ,ii ses communications, et se-la rdserva. 11 y eut alors deux .parties distiictes- dons le jardin des Tuileries : ja terrasse, qu'lon appela Ia terre national, et le reste, du- jardin, laiss6 -A I'uSage du roi., et de so famille, et d6sign6 par les exalts sous le nom do terre de Coblent, ,. Un simple rubanJr'ico4ore s6parait ces deux terres, A cette 6poque' Ia terras'e des Feuillant5 6tait le' rendez-vous des -orateurs republicans qui e-citaient,' par Iedrs d6clamations furi-bondes les. passions
nnniflniroQ I .'a ;Anr -ni" ],I nnnof t-4;ri- r-4 ___"-tA_ A- T_- VAT[ I- A., -A-




PARIS DANS SA SPLENDOUR.
pendant longtemps, au-dessus de ]a principate porte du palais Lv 10 ao&, la monarchies a 06,d&ruite. Le premier Consul fit enlever routes ces 'inscriptions.'
Les Tuileries prirent le no'm de Palais National d6s que la famille royale eut cess6 de les habiter, et l'on s'occupa aussit6t de disposer, pour les s6ances de la future Convention, la s.allo de spectacle, dite des Machines,' qui avait W inaugur6e, sons Louis XIV, par la Psych6 de Moli6re, et qui avait vu Je triomphe de Voltaire, en, 1778. LaConvention ne tint pas d'abord ses s6anc6s dans ]a Salle des Machines, et ]a douleur de Se.voir juger dans le palais m6me de ses p6res put We 6pargn6e h Louis XVI. Ce fut settlement le 10,ma'i 1793 que- la Convention quilt le MaWge pour singer aux-Tuileries. Gest M, daDs la Salle des Machines, que S', e pass rent ces scenes terrible ofi les repr6sentants du p-euple ge voyaient iDjuri6s et menac6s par ces masses
-dont its qvaient excite' les mauvaiges, passions, ou bien s'accusaient r6ciproqueme* t de trahison et S,env oyaient h lWhafaud ofi its avaient fait monster leur souverain et ceux qui lui 6ta'ient demeur6s fid0e. 'Gest M qu'on vit, le 31 mai, la Conimune' et les faubourgs, d1cter des lois A la Convention et faire proscrire les Gi-rondin's; le 9-th'rmidor, 'Tallien et le reste des Girondins reverser 116besp ierre; le 12'-erminal, une populace furfeuge envahir ]a salle en demandant du. pain et la constitution'de 1793; C'est-M, enfin, que le yr prairial., I-Assem-We fut assaillic de nouveau et ensanolant6e par la mort du d6put6 F.6raud.
La Convention ne fut-,pas s6ule AsInstaller 'aux Tuileries,' Iorsqule'Louis XVI les cut quitt6eg pour la prison du Temple. Le government r6volutionnaire prit aussi possession du palais; le,-WWbre Comi16 Ae Salut Public s'6tablit dans I'aile m6ridionale, ainsi quo 16s Comit6s des Finances et-do la 9-arine.'Celu 1 dela Guerre se lo-ea dans, le pavilion central; les Comit6s de Ugislation, d'Agriculture, WInstruction, Publiqueoccup4rent I'aile du Nora, et le CoMA6 de Sdret6,- G6n6rale si6ge a dans 116tel de Brienne,
Sur ]a place d'u' Carrousel, et qui a W d6truit 'en 18 0 8.,
A. .1'ex.ception des fonctioninaires subalternes aucun d6pW, aucun .embre des comit6s ne demeura aux'Tuileries. Dans la premiere stance de la Conventiort, le girondin Manuel ayant demand que le president eftt son appartem6nt au Palais -National, cette motion- excite U'n violent tu-multe.1ex-capucin, Chabot dit quelorsqu'.0ft voudrait parlor au president, on irait, le t r*ouver A un quatr 16me ou Aun'cinqui'me 6tage, domicile ordinary eldos talents et de 1.4 vertu. QUO niaisefie d6clam6toire, qui 6tait bien 'dans le goiAt du temps', f6t vivement applauded.
Apr6s Ia dissolution do la: -Convention., le, Conseil des Anciens-r6sida dans la Salle -des Machines-, tandis -que le Conseil des Cinq-Cents tenant sesse'an.ces au Maff6ge.
On saft, commerivle 'g6n6ral Bonaparte,- pour refidre plus" facile le coup,-Atat du 18 brumaire, obtint que les deux CoDseils transportassent le lieu de' leurs s6ancies A Saint-Cloud. Le 19 f6vrier 18001 le vainqueurde Lodi et des Pyramides vint en qualit,6 de premier, consul, prefidre possession da palais "des Tuileries. It occupy toute la parties du bAti'ent comprise entre le ,pavilion deFlore -et'celui de I'Horlogo c'est-h-dire celle qu"avaient occuip6e Louis XVI et le Confit6 Ae Salut Public, et 04 furent plac6, depuis-,Jes appartements de Louis XV-111 de, Charles X et de Louis-Philippe. Ce sont les appaIrtem. ents actuels de I'Emperedf. Jos6phine habitat le rez-d-e-chausg6e, du c6t6 du Jardin. Le Congeil d"Ittat sil6geadans une parties de la OTaDde galerie I pr6sdes apparteMeDts du premier, Consul; L6run.6tabIit'au pavillon'de Flore, et CanibacWs iI t'h6tel, d'Elbeuf. On d6truisit A. cette 6poq e la sal p salle de
a Be des Machines, Sur 1'emplacement de laquelle l'architecte Percier 6leva lus tard une chapelle,.unespectacle et une salle del s6afice pour le Conseil d'Etat'. en m6me temps,'on fit'disparaitre les corps de bAtimentsqu'i s avan aient du c6t6 de la place du Carrousel et formaient trois cours h cour 114ale, Celle des Suisses et colle des Wi ces. On d6molft le Manage, et le pericement Ae la rue de, Rivoli d6gagea les 6bords des Tuileries du c6t6l du Nord, tandis qu'on profitait du boulevergement occasjonh6'dan's la rue Saint-Nicaisepar Vexplosioh-de la machine infer'nale, pour agrandir'la place du Carrousel etisoler le palais desbabiiations environnan'tes,- de-mani0e A rendrebien plusdifficile, sinon impossible, le succ6s d.'uneattaque commecelle du 10 ao'fit 1'192.-,
L'empereur Napol6on yr I s'bcc upa, beaucoup de Tembellissement -int6rieur du palais des Tuileries, ofi it donna do brillantes f6tes et re fjt -une foule d'hdtes-'illuStres.,- durant le, cours, de 'salongue prosp6riO. 'Le- 29 janvier 18 Ill, it y fit ses adieux ]a .gar I e national en lui confiani ga 1emme .,-et- son fils;, deux mois plus tard, le, 29 mars,, Fimperatrice Marie-Louigme et le roi de Rome g6rtirent de ce paWs pour ne- plus'y renter. Le 3 mai, Louis 'XVIII fit son entire aux Tuileries, que son fr ro Louis XVI
quitt6es vingt-deuk ans auparavant pour all1er au Temple. Le' 19 rs I nu de l'ile
val ma 8151 a I'approche de Napoleon reve
d'Elbe, Louis XVIII abandonne'lo ch.-Atelatiau milieu: deg larmes de ses serviteurs. Quelques heures apr&, des officers bonapartistes
fnrockni lp( mrtocz An 'n Aqiz 'v,-nr4nronf ]a dranann fr;Pn1nro tit la 90 mnr I c! -a i i cnir Nann]Ann ronfra qiiv Tii;1arin, arrv nric




LES PALAIS. LES TUILERIES. 23
Aux journ6es do juillet 18 3 0, le palais des Tuileries fut pris par les insurgy6s,, apr6s une lutte vivo et meurtri6re centre les gardens royaux et les Suisses dont les debris se retir6reat par lejardin. Lienvahissemen-t des apartments royaux fut marqu6 par des scenes de d6sordre et de destruction : des lustres, des glacesfarent bris6s A 'coups do bAton, et le tableau du Sacre lac6r6. Lorsque Louis-Philippe cut 06 proclaim& roi des Fran ais, it -continua, dans les premiers temps, de r6sider au Palais-Royal; ce fut seulement le 16 octobre 1831 qu'il vint Iiabite.r les Tuileries avec sa famille. La r6yolution du 24 f6vrier 184811'en expulsa h son touri, et it cut. h peine le temps do 5'6chapper par le passage souterrairi pratiqud sous Ia terrasse -du bord de 1'eau. On vit alors se renouveler dans Ia demure toyale les d6vastati.ons do, juillet 1830 .; m6is si beaucoup -Wobjets pr6cieux furent d6truits, it Wy cut point de dilapidations. Los insurg,6s, quiWront les Tuileries sanseimporter autre chose que des lambeaux de tapisseries au bout de, leurs ba'lonnettes, en signe de Ariomphe. Cependant un certain nombr e.. Wivrognes obstin6s -61urent domicile dans les eaves ety resWrent plusieurs semaines. Ce. ne fut que1orsqu'un government A peu pr6s r6gulier' cut succM6 aux homes de Ia rue, qu'on parvint A les faire d6toger' ;'encore fallut-it les'menacer 4e les fusiller A travers les S I oupiraux.
Lo lendemain de sa.victoire, to people avait 6crit Sur les murs dosTuilleries : H61e'l des Invalides' c?*vds-;-nous n'avons. pas besoiti de dire qu'on ne donna aucune, suite 4 'ce project. Le palois-resta inoccup&,- A: I'exce, tion. du.,,pavillon de Mar8an o4 s'6tablit Ntat-major de Ia garde, national.
Apr6s le 2 d6cembre 1851, leprince-pr6sident de Ia R6publique quiRta dlyso pour, les Tuileries, qui ont continue d.Wre Ia residence du chef do Ittat depuis Ia proclamation'de Milopire.
Les distributions int6rieures et Ia d6coration des apartments du palais ont sts'ouvent varW surtout, depuis la 116yolution qu'il strait diffi6ile d'exposer'. ici Vhistoire'de to'utes c.es transformations. No's nousbornorons A in'diqucr-les, dispositions g-6n6rales de cc grand, edifice et .4 ddcrir'e les pri ncipates prices qu'il- renfer.me maintenance. -Nous suivrons, pour les. parc6urir, I'ordre dans sequel on -Ies visit a our&hui, lorsque pendant NO, Je. Souverain. Whabite' pa's1e'palais.
Vous p6,n6t riez, 'par -une entire seconda'ire plac6e dansl'aile du Nord, dans lb vestibule. d'.un oscalier de service, par sequel vods arrived A Ia salle des travels de Ia Chapelle ou -salbh de ta, Chapelle; qui' n"offre riien 'do bion Cette- Salle A servi longtemps aux s6ancesda Conseil Atat.
De'M Ia vue plunge dains, ]a Chapelle, d6corle implement de deux orders decolonnes doriques en pierre et en stuc,' forihimt, au premier 6tage, un rang do tribunes Sur trois c6t6s. La tribune imp6riale fait -face AI'autel, aurdossus-duquet-o-n a plac.6 l'orgue et r6serv6 un espacepour I les Musiciens'.
En arri6re'do Ia chapelle et du salon avee sequel ellecommunique, so triouve Ia sallede Spectacle-; Ole est-do formedemi-eirculaire et est 'Gcork d'un rang de colonies ioniques supportant quatreareg-doubleaux Sur lesquels s'appuie-Ia,_vo6te. La loge' de lImpercur occupy le centre, et-de chaque c6t6 se d6veloppent deux amphith6kres c n fatme- de -corboille 're'serv'e s aux dames. Le parterre, lagalerie deplain-pied et'le premier MAge, sopt ordinairement destine' s aux pers6rin-es de laci)ur ; 11 y..a un rang de lopes grill6es au. el deux autres-au-dessu-s de la-galerie pour les inv'0& LbrsqWon donne des bats, Ia decoration
de Ia salle'.est r6pWej en constructions mobiles ,. suiur llespaceloceup6 'ar-Ja se6e.
A Ia suite du salon de Ia Chapelle, vous passez'dans'Ic'vesti6ule.Wu d6nt vous remarquez seblement, en passant,
le, ric he plafond dor6. A droite se troupe le Grand'Escali6r, dont Ia- cage et Ja vofite soutenue, par.de,corionnes corinthiennes, sont couvertes do sculptures,. Cet espalier AN rampa drorite et A Irois' plierss, a 06 constru''it, par Nt. Fontaine, architectede Louis-Philippe, A Ia place de celui qu'ayalent. Ole"V6 Levau., et &Orbay sous Louis XIV. conduit directement. de Ia Salle des Gardens, plac6eau rei-de-chauss6e dw-pavillon, central j A Ia chapelle.
La premiere Salle important qui se pr6sente, apr& Ia chapelle, est Ia 41 W la Paiz ou gal-erie 'des Fetes. -Elte doit son nom one- belle statue, de. Ia Paix, figure. do grandeur notuilelle et on" argent, donn-6e- A NapoWonl" par Ia ville do Paris en 1807. Sa d6coration or et blanc est relev6e'p4r de's colonies etdes pilastres- d.riq.qeS, et A son plafond* caissons remplisde rosaces, sont.suspendus quatre beaux lustres. La chemin6e, pl acee an centre, est surmont6e Mun portrait de Napol6on III ,cfieval
Cettegaleri6 aboutit A Ia salle des, 'Marechaux, Ia plus remarquable-,. 'Ia plus or0e- 'et Ia pIus-,_m6Dum.entaIe de tout.le palais. Elle occupy to premier etlo. second. Rage du grand pavilion du milieu sous 1-e,.d6.mo,, et-avue on melmel temps Sur le nouveau Louvre et sur to jardiD. Quatorz'e portraits e'n: pied de markhailx AeYrance et -vingt deux-bustos d 0 g6n6raux et amiraux, c6l6bres d6corent le rez-de-chauss6e.. Au-dessus,, Sur do riches. Onsolves., r6gne tout A VeDt.Uf -up b a*lcon. Sur sequel souvrent vi figt arcades o;nfriSiaQ filmlnpQ ninQi rina loc nnrfaQ of JaQ fairiMra' da XT1AAV1Y'1L--rmicro narQ4kin,& Xabn;llaa Xnr Ari Yn;l;av-i da In fnn Jv AfA J,




PARIS DANS SA SPLENDOUR.
salle des Gardes, ou des Nobles, et le salon d'Apollon. Sur le plafond du premier est peint un -sRjet all6gorique, et Sur la voate qui le soutient, des grisailles surhauss6es d'or'figurent-'des triomphes antiques et des attributes de guerrIe.'Tout alentour'l de riches baliuts, rev6tus dWaille incrust6e d'ornements en or, serveDt de pi6destaux des statues de bronze portent des candelabrels. Six lustres sont. suspe.ndus au plafond de cette Salle, ofi l'on -voit un portrait dii premier Consul en face d'une belle chemin6e en marble blane.
Dans le salon d'ApAlon, autrefois I'antichanibre du cabinet du Boi, vous 'remarquerez le tableau de Mignard, repr6sentant .Apollon au milieu des muses. Le-plafond se distingue par le movement et la composition de sa d6coration, dont le motif principal est le Dieu du Jourcoaimen ant sa carri6re, pleinture accompagn.6,.--de quatre gracieux. sujets mythologiques. Les ventures sont en soie bleue avec lambrequins. Des consoles en mosaiques aux brillantes couleurs., une chemin6e monumental en marble blanc et quatre, tustres coinpl6tentl la d6coration.
La. sa Ile du Tr6ne, I'ancienne, chAmbre du Roi a W, depuis le r6tablissement de. I'Empire, I'objet. d'importants travaux de d6coration, ex6cut6s sous la direction de M. Despleschin. Le plafond peint par Flemmael a pour sujet la Religion prot6geant la France. La vodte entre cc plafond et la corniche, est tendue de riches. draperies se-ulpt6es, Sur lesquelles se voit, avec I'image all6gorique du, solely, la devise Nec pluribus impar. Le tr6ne, quoique simple est d'un aSDect i0lDosant.'Un buste de Napol6on Ir est plac-6 en face -d'une riche chemin6e, en marble blanc.
La salle de Louis XIV et d'.Anne d'Autriche frappe les regards par 176clat WouissaW de sa d6coratioff, digne du- grand si6cle, qqoique modern-e- pour la plupart. On y remarque le plafoiA peint par Mi-nard,,Ies tableaux .-repr6sentant Anne d'Autriche, Louis XjV enfantl et Louis XIV montrant I son petit-ills'A Philippe V et -aux d'Espagne, enfin les sculptures de la chemin6e duesA M. Taunay.
La galerie d-e Diane termite a'u Midi la longue, ligne des grand apartments et occupy tout le premier Rage du pavilion A grand pilastres qui prc-c6deje pavilion de Flore. Dkor& -sous. Louis XIY par les soins de 'Colbert, pui-s d6grad6e, elle a, W compl6tement restaur6e Sons Napol6on 1,r. Toutes, les parois de cette salle sont, couvertes de peintures, &nt les sujets Sont emprunt6s h ]a mythol6giel. Cc sont d'excellentes copies de la galerie Farn6se, d'Annibal Girrache, copies ex6cut.6es, au XVII"Si6cle, par les 616ves de 1'6cole fran aise Rome, sous Ia., direction d'Errard, premier d.ireeteur de cette acad6mie. La galerie de Diane, est divisee-en deux parties-6gales par une cloison mobile qui s7enl6ve au besoin. A I'une des extr6mit6s s'616ve une statue 6questre de Louis XIV, et des glaces r6p6tent ii l'inini Ia longue perspective de cette belle Salle d6cor6e de dix lustres.
On sort en traversant le salonde Hdrs, antichambre des-, apartments de-l',Imp6ratrice. Gest une piece career, d6cor6e dans le godt antique sous le, premier Empire,,. a"c un plafond dont'le sluiet, est le Dieu de Ia- Guerre parcourant sir un, char Ia eirconf6rence du globe,' et.signalant.chacun des moi5 par une victoire.
Le's apartments particuliers de. 14 mpereur occupant le rez-de-chauss6e de I'aile du Midi Sur le jardin, et ont leur entree par le pavill6n de Fl'ore*. Leur I d6coratton primitiveremonte A Ia 116gence et est moins riche que_,ceIle des grand appartemepts. Les peintures des plafonds appartiennent A 1'6cole de Mignard et reproduisent des. s1c6nes h Ia gloire de Louis XIV.
Les. apartments de Hmp&atrice sont situ6saa premier kage, au-dessus de ceux del I'Empereur lors du marriage de Napol-6on I" avec Marie-Louise, its avaient d6cor6s it neufaVee une severity de, style et une sobriW d'ornements qui contrastaient avec le gofit pompeux du r gne:de Louis XIV. Parmi les embellissements qu"ils ont re us- depuis I'aV61)ement'de Napol6on III I it faut citer Ia d6coration de, Ia chamber de Hmp6ratrice., ex6cut6e par 81. Faustin Besson dans Ia maDi6re de Boucher.
Le pavilion de Harsan,'occup6, sous Louis XVIII, par le comte d7'Artois, sous Charles X, par M" Ia duchesse de Berry, et sous Louis-Philippe,,. par le due et la: duchess &006,ans, coDtient deux grads apartments l'un au rez-de-chaussk, I'autre an premier 6tage, et, ainsi que Ie pavilion de Flore, 4e nombreuses pikes de service dans les stages superieurs. Aujourd'hui cc pavilion est ordinairement affeW 4 I'liabitation des-princes Orangers que re oit I'Empereur.
.Le JARDIN DES TU'ILERIES, plac6 dans un site admirable, dessincl par Ia main babile de Len6tre, et peupI6 de chcfS-dceuYre .de Ia statuaire, est le digpe- comp:16ment de ces deux splendides palais d6sormais r6unis le Louvre et les Tuileries.
Cette maonifique. promenade n'a,.pas subi m oins Ae, transformations, q6e, les palAis, et on ne lit pas sans, curiosito dans nos vieux historians ce qn'elle 6tait'6vant les.grands travaux de. U116tre. Bien n'y manqua-it de ce qui peut embelfir et animer un lieu Wazr6ment : narterres 6maill6s de flours. all&,; nombreuses. bois touffijs. kanz. voUre. m6nazerie. tUAtre. labvrinthe.







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LES PALAIS. LES TUILERIES. 25
Ionic, Ia noblesse frequentait et qui fut le th6Atre de noinbreuses ventures joyeuses on tragiques. Le cabaret de Renard 6tait surfout en grande xognie du temps de Ia Fr nde. (( Un j ur que le due de Candale, Jarzay, Bout(eAille, Saint-Me',grin et quelques maient fait Ia parties d'y super, les Frondeurs I'ayant su, et craignant que, si I people voyait solvent les seigneurs du parti de Ia cour, it ne s'accoutumAt insensiblement i voir le roi, its y envoy6rent le due de Beaufort, suixi de beaucoup de *gens. Cc prince chasse les Niolons, reversal les tables, et fit un d6sordre dont it est parI6 dans les M6moires du temps. (Piganiol 11, 1). 377.) On voyait aussi, dans d'autres parties du jardin des Tuileries. de petites masons oft le roi lo-cait tant6t ses fm'oris, tant6t les artistes qu'il prot6geait. Le Poussin liabita vine de ces masons.
Vers 16 6 5 tout ect ensemble pittoresque, mais sans unit6, transformed par Ia main d'Un lionime de genie,- fit place a Ia belle et I r6"11Pre ordonnance que nous ad-mirons aujourd'hui. Lorsque Louis Xl*V fit entreprendre Ia restauration des Tuileries', LcU)(re ftit, char-6 de cr6cr le jardin. 11 comment ,a par le r6unir au palais, en supprimant Ia. rue qui longeait, a I'Occident, Ia facade de lWifice. On abattit 116tel de M"' de Guise, la'voUre, le cabaret de Renard, ainsi que toulles les constructions isol6es qu'on rencontrait de distance en distance du c6t6 de Ia rivi re JusqW Ia porte de Ia Conf6rence; le labyripthe, les bouquets, 1'6clio disparurent; tout fut nivcI6, et Sur cc vaste space devenulibre, le grand artiste put ex6cuter a Faise le plan grandiose dont it ayait trac6 le design. Une dith cult 6, pourta nt se pr6sentait : le terrain, dans le Sens de sa largerr, qui est de 882 pieds, offrait une pente de 5 pieds 4 pouches, cc, qui paraissait un obstacle insurmountable A Ia sym6trie du plan ; mais cc qu'iI y avait gularitiS fut adroitement dissimu:16 par le moyen d'un talus peu sensible et des deux terrasses
de choquant dans cette irrk Wrales
du bord de I'eau et des Feuillants lesquelles eneadrant le tout et pr6sentant des perspectives Sur le jardin 6t Sur Ia rivie re ajout6rent h I'agr6inent de Ia proMeDade.
Devant le palais, Len6tre 6tablit une large terrasse orn6e de vases et de statues de marble ; et atin de laisser se d6velopper compl6tement I'wil routes les parties de Ia fa .ade, it nelcommen a Ia plantation des arbres qu' tine distance de 4.22 tosses du monument. Tout l'intervalle laiss6 4 d6couvert fut occupy par des parterres encadraDt trois basins avec jets d'eau etdivi's6s en compartments ornes, d'ifs et de buis talks A Ia mode du temps., Ufie l)artie de ces parterres, dont Ia disposition g6flerale avait subsist jusqu'A nos jours, a 60 -ren rplac6e par le nouveau.jardin Hserv6.1 An delA des parterres, dans I'alignenieDt du pavilion de I'Horloge, Len6tre plant une mapilique all6e de marronniers. A 1'extr6mit6 et dans I'axe de cette all6e it creusa un basin octagonal de 1 $0- pieds de diam6tre, d'oft sAance, ]a hauteur des plus grand arbres, un jet d'eau gigantesque. De cheque c6t6 de I'allk central, it disposal r6guli6rement en quinconces, suivant le gotit de 1'6poque, des massifs d'ormes et de marronniers, des bouquets, des sales de verdure. Depuis le r6gne de Louis XIV, bien des changements ont R6 faits A Fint6rieur de ces massifs; mais I'aspect g'n6ral du bois, des Tuileries est rest6 le n-16me et conserve to caract6re majestueux que lui donnent Ia beauty de ses grand arbres et les grades, lines de ses perspectives.
Les deux terrasses lat6rales qui en adrcnt si heureusement le.jardin, l'une au Midi, celle du bord de I'eau, I'autre au Nord, celle des Feuillants, s'inclinent en d6crivant une course, I'extr6miW occidental, et s'abaissent par tine pente douce jusq4'au niveau du Sol. Eltes laissent entr'elles un vaste, space d'ofi Ia vue plunge Sur Ia place de Ia Concorde et les Cha'nips-Elys6es.
Du c6t6 du Nord, un grand mur covert de charn-tille8 f6rmait'autrefois Ia terrasse des Feuillants, qui prenait son nonl du convent des Feuillants de Ia rue Saint-Honor6 ; an dehors se, trouvaient los jardins. de cc., convent, ceux, des Capucins et une longue cour ahoutissant an Man6ge don.t-nous. avons parl6..Lorsque Napol6on, en 4802, fit ouvrir- Ia rue de Rivoli Sur 1'emplacement de cette cour, de -ces jardins et de Ia fanicuse Salle du Manege, it stibstitua au vieux mur de Ia terrasse des Feuillants une grille ii lances dor6es, soutenue,,de distance en distance, par des pieds-droits surmont6s de vases en marbre..
Au-desso.us de, Ia terrasse des Feuillants, plus basse que celle du b6rd de I'm on voyait avant Ia R6volution, de grand tapis de verdure entour6s de plates-band e-s de flours qui occupaient tout I'espace compris entre Ia terrasse et les massifs. Ces parterres ne, nuisaient en rien- h Ia sym6trie, parce que Ia largeurdu jardin est telle que. les parties dissemblables ne pouvaient 6tre embrass6es du Wie coup-d'ceil. La Convention.les d6truisit et lesremplaca par une plantation de poWmes de ferre. On ne les a point r6tablis, et leur emplacement form e aujourd'hui I'All6e laplus large et Ia plus fr6quent6e de tout le jardin : elle est d6si-n6e sous te nom d'allk des Oran ers A cause du double rang de ces. arbres qu'on y, place pendant Ja belle season. Cette grande allele elgayele par les j eux de 1'enfance est le rendez-vous ordinaire des, ptomeneurs pendant I'hiver.
Une galerie souterraine, coWstruite sous Napol6on yr, communique de l'int6rieur du palais avee le j4rdin pub-lie, en passant sous une Partie de Ia terrasse du bord de I'eau. De cette terrasse. Ia vue embrasse le cours de Ia Seine. deDUiS le Dont Roval




26 PARIS DANS SA SPLENDOUR.
y substityer tin jardin particular, orn6 de plates-bandes et s6par6 du jardin public par un foss6 gazonn6, profound de 2 mNres. Ce jardin priv6 que nous voyions encore, il y a deux on trois ans, simple parterre sans 6tendue ni agr6ment, vient d'6tre agrandi et embelli d'unemani6ie notable. Le Sant de loup qui 1'entourait a W recuM jusqu'A la hauteur du plus grand basin des parterres qu'il laisse en dehors, renfermant, an milieu de pelouses, d'all6es curvilignes et de massifs d'arbres et de flours, les deux autres basins plus petits, sym6triquement plac6s 4 droite et 4 gauche de l'avenue principle. Sur le quai des Tuileries on a pratiqu6, pour la partic publique du jardin, A travers la terrasse du bord de 1'eau, sous un pont d'abord en pierre avec balustrade anjourd'hui en fer, une entire lat6rale, place auparavant tout pr6s du palais, an commencement de la terrasse. On a refait it ncuf, Sur le quai, entre cette nouvelle entire et le palais, le vieuxmur de la terrasse, et l'on a remplac6 le simple parapet qui le surmontait par une gracieuse balustrade. On a jet6 en ni .me temps, Sur la Seine, le pont de Solferino, compose de trois arches en fonte, dans le genre de celui du Carrousel. Plac6 dans le prolon-ement de la grande all6e transversale du milieu des massifs, en face de la rue de Castiglione et de la place Vend6me, et imm6diatentent au-dessous du palais de la Ugion-d'Hofineur, ce.nouveau pont 6tablit une communic ation directed entire ces points important des deux rives.
11 nous strait impossible de doriner ici une description de'taill6e de tons les monuments de sculpture dont chacun de nos souverains, depuis Louis XIV, s est plu d6corer cette belle promenade; contentons-nous d'indiquer ceux qu'on y voit actuellement et signalons, en passant, un commencement, de return, depuis 10Dgtemps 646, vers tin gofit plus pur qui., nous 1'esp6rons, d6barrassera compl6tement nos promenades de certaines statues academiques, qui blessent la pudeur publique et dont la place ne pent 6tre que dans des sales d'6tude.
Le jardin r6serv6 est d6cor6 de groups de statues en bronze et en marble et de beaux vases remplis de verdure. D'abord, deviant le pavilion de I'. Uorloge, pr& des deux. lions qui sembl6nt en garden 1'entr6e, nous voyons le Chasseur au repo en face du Faune jouant de la flAte ; ensuite, Sur une m6me ligne parall6le an chAteau, quatre belles copies, en bronze de chefs-d'ceuvre antiques: I'Apollon du.BeWdOe, la Diane chasseresse, la VMus a la colombe et I'Antinoiis, avee deux magnifiques groups de Lepautre : Luarke et Collatin, EWe relevant Anchise. An de14 des deux petits basins 4 jet d'eau, quatre charmantes figures de femmes assists se laissent voir, ainsi que de fort beaux vases, entre- les massifs d'arbres et d'arbustes.
En dehors du 'Sant de loup qui spare le jardin de FEmpereur du jardin public et comme d6coration de 1'entr6e de celui-M, on a dispose, dans touite la laroeur des oeuvres remarquables de la statuaire alternate avec -des.vases limits de I'antiquit6 : A 1'extr6mit6, Sur Fall6e des Orangers une copie en bronze du Laocoon, puis le Spartacus, de Foyatier; auteur de 116micycle qui contourne le grand bassin, TheWe tuant le Minotaure, le TUmistocle, Ae Lemaire; deux beaux groups : I'EnWelnent de Cyb Ne, de-Renainlin,, et I'Enlkement d'Orythie, de Marsy et Flamant; un POicMs, & Debay p6re, et un Soliat Sparliate; A la suite, le-Phidias, de Pradier, et une copie en bronze d'une oeuvre antique, le Reniouleur, fondue par les fr res Keller.
A 1'entr6e de l'all6e des Orangers, on remarque un Hercule,, oeuvre de Bosio, ot en face, A Fautre extr6mit6 de la m6me all6e, tin MWagre. UAW qui.s6pare les parterres des massifs de grand arbres est d6cor6e de belles figures en marble, copies on imitations de I'antique, parmi lesquelles un Hercule et une Diane chasseresse.
An milieu des quinconces ont W r6serv6es plusieurs sales de verdure. Dans les deux premi res, en avant de deux figures assez m6diocres quoique occupant la place d'honneur, nous signalerons, du cW de l'avenue des OraDgers I-es deux statues c6l6bres de Lepautre et Coustou HippoWne et Attalante se disputant le prix de la course; et de I'autre cW, deux autres figures qui font pendants: Apollon et DaphW, par Th6odon.
Dans les autres sales de verdure, on voyait, avant les deniers travaux, un- Centaure, un group de Castor et Pollux, un Faune portent un chevreau, Bacchus et Hercule, copies de I'antique; et deux Lutteurs., par Mangin.
A 1'extr6init*6 occidental des massifs nous trouvons, encore. des ceuvies, d'art remarquables : h gauche, en regardant le palais, un Bacchus et une Vestale, par Legros, deux Termes repr6sentant I'Et et I'Hiver, un Annibal, de Slotdz; hdroite, Scipion I'Africain, par Nicolas Coustou, deux autres Termes: I'Automne et le Printemps, une Agrippine et un SilMe, de N. Coustou.
En face de I'autre* OW du vaste basin on a dispose quatre groups du plus bel effet : le Tibre, par Van Cl ve; le Rhin et la Moselle, du m6me; le Rh6ne et la Sa6ne, par Nicolas Coustou, et le Nit, par Bourdic.
Dix statues de femmes, dans le sentiment de I'antique, orient les terrasses 6lev6es qui ferment, le jardin du e6t6 de la place de la Concorde, et de cheque c6t6 de 1A grille d'entr6e, un grand pi6destal est surmont6 -d'un group 6questre, un Mercure d'un c6t6. une RenornWe de I'autre. tons deuxde Covsevox enfin Snr In rnArnp. fign,-. mix i-Mr6mitk dop tprrnc.,zpp. nn n niioA ;I







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PALAIS-ROYAL
E fut en 1629 que le cardinal de Richelieu, vrai roi de France' sous to nom de Louis X111, fit bAtir le '.1
Palais-Cardinal sur Vemplacement de 116tet de Rambouillet, qui appartonait alors aux Mereceur, et n'6tait point Iles de ses apartments et par les rc
le faineux h6tel do Rambouillet si c6l6bre par les distributions nouve unions
do la chamber Bleue. Le cardinal avait, on outre, com'bl6 la parties des foss6s de Venceinte de, Charles Y, qui
descendant obliquement de la rue des Foss6s-Montmartre A la rue du Rempart; it avait overt la rue qui porte son nom,
I--- L- et en avait ali6n6 les deux. c6t6s sans imposer aucun plan d'ensemble h ceux qui bAtissaient.
L'6difice MeY6 sous la direction de Lemercier nous est h peu pr6s e:octement connu, d abord. par les vues de La Belle et
de Perelle, puis par to plan et la vue A vol d'oiseau qu'en fit La Boissi6re en 1679. S'i1 ne nous semble pas m6riter les
o-es hyperboliques qu'en fit Corneille dans le Menteur, it ne s-emble pas non plus m6riter le d6dain qu'ont affected pour
ui les derDiers' architects du Palais-Royal. Gertes les constructions s'6parpillaient autour d'une suite de cours sans grand C-1 egard pour la sym6trie, et n'offraient point d'ensemble coordonn6 ni imposant; mais cependant la partic central du palais presentait un aspect aussi r6aulier que de nos jQurs, et bien autrement pittoresque. 11 y avait, comme aujourd'hui,* une
premiere cour, ou cour d'HOMieur, sur la- rue Saint-Honor6, entour6e de constructions de tous c6t6s. Le corps,7de-logis du fond surp-assait les autres en hauteur et en richesse, En- arri re 6tait une -seconde cour plus vaste, s6par6e d'un jardin public par une terrasse perc6e d'areades A jour. Au Levant, des ja'fdins et do tastes cours 6taient entour6s des d6peDdances du palais. Au Couchant, s'61evait un second h6tel, ind6pendant du premier, que le cardinal avait'fait bAtirpour sa famille.
Le palais compronait.dans ses bAtiments, en outre des lo-ements n6cessaires une salle de spectacle, la fameuse salle ofiTon applaudissait Hirame; une deuxi me salle plus intime, ofi les applaud issements 6taient plus enthusiasts; une, premiere galerie, pointe par Philippe do Champagne en I'honneur du maitre; puis une deuxi me galerie, dite des (( Illustres, )) oil le cardinal s'6tait plac6 lui-m6ffie, et une chapelle fort exigo s'ouvrant au milieu de celle-ci.
La cour d'Honneur 6tait compl6toment* ferm6e sur la rue Saint-Honor6, et sa fa ade pr6sentait cinq torps-de-logis A toits distinct qui correspondent aux divisions int6ricures, La porte d'entr6e s'ou'ra-it, au centre, entre quatre' colonies doriques, soutenant un fronton timbr6 des armes da cardinal, ayaDt la ba rrette pour cimier.
La salle de Spectacle occupant le pavilion extreme h I'Est, qui's'61evait sur la place actuelle de la rue de Yalois. Gest cette salle qui fut conc6d6e ii Moli6re,,,en 16 60, et servit apr6s lui, pour Ja representation des dramas h6rolques appeals operas.
La second salle devait 6tre. plack en, arri re, sur le- c6t6 droit de la cour d'Honneur, tandis que la galerie de Philippe de Champagne on occupa-it, vis- -vis, le MO gauche. La galerie des Illustres lui servant comme de prolongement sur to m6me c6t6 gauche do la grande cour. La chapel-le 6tait en arri6re et au centre, et la chamber du cardinal, situ6e entre les deux galleries, devait 6tre 4 I'extr6miW occidental du corps-de-lopis principal.
La grande cour, ou (( cour des Proues, 6tait entourk de tous c6t6s, au rezAe-chaussk, par une creature tympans ornds de caissons d'ofi sortait une proue accompagnee de deux ancrJes, pour rappelor que le cardinal 6tait, en m6me temps que ministry, surintendatit de la marine. Un derDier reste de ces proves existed encore TEst, de la grande..cour actuelle, sous la galerie A laquelle elles ont donn6 lour nom. Sur trois c6t6s de cette cour, cette armature 6tait surmoDt6e do, hAtiments 6clair6s de hautes fen6tres, orn6s do pilastres ot de niches rerffermant des statues couverts de toits 6lev6s avee lucarnes. rondes en pierre. Varcature qui s6parait ]a, cour du jardin 6tait A jour et format terrasse.
Dans la cour d'-flonneur, le 'rez-de-chauss'e'e, apj)areiII6 avec bossages, supportAit un premier 6tage perc6 de fen6tres it doubles croisillons, s6par6es par des trumeaux a caissons, avec. haut toit it lucarnes et pavilion central plus riche et plus overt. Tout cet ensemble 6tait accident, movement, orn6, bien, acce'tu6 dans routes ses parties, un vrai palais enfin. A I'Est, ,;'Aftmdniont Ioq nntnoilpq Pt lp-z onnrQdPQ onkino, nn;n*riPXhii; pmir' daQ Unn.fa;naQ




28 PARIS DANS SA SPLENDOUR.
Le jardin, beaucoup plus large qu'il West aujourd'hul, Mait public el, recevait des Nues directed des masons Wities sur les rues de Richelieu et des Bons-Enfants, qui a-,Taient. leur inur miloyen av, cc lui. Deux afl6cs parall6les de marronniers, plant6es a la place ofi s'el6vent les bAtiments de la. galerie Montpensier (Ouest), kaient s6par6es par un tapis vert. Des files d'arbres s'alignaient dans le reste du jardin orn6 de deux bassi'ns it jet d'eau, I dont le plus grand, appeI6 le ((,Ron([ d'eau, )) 6tait I'extr6mite septentrionale.
Maintenant que nous pouvons a peu pr6s nous oriented dans tout cc d6d4c de cours et de batiments faisons une revue rapid des faits qui s'y sont passes.
Le cardinal do Richelieu peasant bien qu'il portalt ombnage son souverain et aux courtesans, ses ennemis, en 6levant de si tastes constructions, cut I'We, en 4 6 36 de faire homage an roi de son patais par une donation entre Yifs, tout en s'en r6servant la jouissance, sa vie durant; it exc-epta toutefois de la donation I'li6tel Richelieu, plac6 stir la rue du m6me nom. Par son testament date de Narbonne en 4 642 le cardinal ratifia. sa donation, puis revint Paris, trainant Cinq-)Iars et de Thou derriere soi, pour mourir en son palais le -4, d6cenlbre 16 42.
Le royal h6ritier ne put jouir loii-temps ni de la. liberW ni du palais que hii 16,-uait son ministry, car it mourut cinq mois apr s, A Saint-Germain le 4 4, mai 4 6 Ik 3. Cc fut la. reine r6gente Anne d'Autrielic, qui vint occupier le Palais-Cardinal avee ses deux fils, Louis XIV et le due d'Anjou. Atette occasion le palais change de nom, et quoique Anne dAutriche cut -fait r6tablir sur la porte I'inscription ancie I nne (( Palais-Cardinal, )) qui avait tant offense Balzae et les grammatriens, le people continua de donner 4 cette demure lie nom de (( Palais-Royal, )) qui y avait R6 6crit quelques JoUrs.
L'enfant roi -- it avait cinq ans concha dans le lit du vieux ministry, et pour faire des apparteinents an due d'Anjou, on bouleversa. la galerie de Philippe de Champagne. Quant la reine r6gente, elle habitat la. parties orientate du palais, entre la cour des Proues et la cour des Fontaines. Lemercier, conime architects, et Youet comme peinfre, lui arran#rent et d6cor6rent une galeric, une salle de bain, un oratoire et un cabinet ofi 6taient exposes quelques tableaux italiens. Les vitraux de l'oratoire, piece semi-feligieuse, semi-galante, 6taient ench-ass6s dans un trellis d" argent ciseI6, et les peintures 6taient dues it Vouet et A ses 616ves. Ces apartments avaient vue sur le jardin 'public. Its occuipaient de cc e6t6 le pavilion I'Est de la grande cour, puis un corps-de-logis qui s'alignait sur la terrasse des Proues et se retotirnait en 6querre le Ion- du jardin, an Sud-Est, la place'ofi la. galerie'de Valois debouche actuellement, sous le p6ristyle de la galerie vitr6e.
Un balcony en fer forg6, ciseI6 avec (( tendresse, )) garnissait le premier 6tage et s'kendait jusque sur la terraisse.
Gest dans cette retr4ite si bien par6e, car pour elle la. cour quittait son propre palais, que la. Fronde" vint assaillir la. royaut6 de ses intrigues et de ses chansons. Puis, comme pour donner un plus beau champ 'a' la tourbe popular qui, plus brutal en ses Alures, venait trapper a..Ia porte du palais afin de r6clamer ses partisans on voir si on ne lui enlevait point son roi, la reme r6gente fit cr6,er la place qui la. pr6cMe. Pour I'ouvrir, le cardinal avait achet6'116tel Sillery; mais la mort I'avait surprise au milieu des demolitions. Une fontaine occupant le centre de cette place, et. un co I ps-de-garde s'61evait an fond en regard du palais dont I'entre e ne correspondait point avec I'axe de ]a place, 'mais s'ouvrait un pen, plus loin vers I'Ouest.
Le premier 6,6nenient important- de la Fronde qui cut le Palais-Royal pour thNitre, fut caus6 par I'arrestation du conseiller Broussel, en 4648. Le Parlenient, pouss6 par le people, -p6n6tra de force dans le palais, demandaut la liberty de Broussel. Apr& un -premier refus, it y fut encore ramene par le people en furcur et la r6-ente fut alors oblige de c6der, pouss6e peut-6tre ii cette concession par la. presence de Henriette de France, qu'une r6yolution -avait chasse depuis de longues ann6es loin' du'tr6ne d'Angleterre.
Wiais I'on s'arr6te ditlicilement stir la. pente des concessions, surtout quand elles sont fates avec arriere7pens6e et trop tard; aussi le Parlenient devenant de plus en plus exigent, la reline quitta. le Palais-Royal, dans, la. nuit du 5 au. 6' janvier 16 4, 9, pour se r6fugier a Saint-Germain.
Rkoncilik en ao6t 4 6 50 avec le coadjuteur, la reine centre ii Paris, et fait arr6ter les princes que Mazarin est forc6 d'aller d6livrer lui-m6me au Havre une ann6c apr6s. Cependant, comme c'est to renvoi du cardinal que depiand ent toujours le Parlement et le people, la reine projette une second fois de quitter le Palais-Royal et Paris. Mais dans ba nuit du 9 an 10 f6vrier 4 6 5 1, le people s'emeut de nouveau, et for .ant les portes du palais, veut voir par lui-mOme le roi, qu'on lui monte dormant dans son lit.
Cc. I euplc connaissait trop le chemi' d.e cc palais pour que Louis XIV y demcurAt plus longtenips; aussi c'est a" Louvre qu'il vint'habiter en 4. 6 52 lorsque les victories de nos varies, les succ6s de MaZarin et la lassitude ayant vaiDCU les resistances, it arrive 4 sa majority et put r6gner en son propre-nom.




LES PALAIS. LE PALAIS-ROYAL. 5 9
Le marriage fut c6l6br6 en 4 6 6 4, dans la Chapelle do Palais-Royal, ofi le jeune manage vin't r6sider, ]a m6me ann6e, 4 ]a
place de Henriette de France, qui se retire h Colombes et y mourut en 4 6 6 9
Apr6s neuf ann6es de f6tes et de succ6s, au return A'une n6gociation heurcuse efi Angleterre, on entendit tout-A-coup cc cri qu'un hommo -de g6nic a rendu c6l6bre en 1'encliAssant dans les magnificernees de son style.' (( Madame se meurt! Madame est morte!. )) Utait le. 30 join 4 670 que Madame mourait, empoisonn6e croit-on. Apr6s quinzelmois, one nouvelle duchesse d'Orl6ans- entrant dans le palais, mais, bien diff6rente do la premiere. Utait ceItte princess Palatine, hisabeth-Charlotte de Bavi re, qui prit son parti d'une fa on si cavali6re Ide sa laideur et des mattresses deson 6poux, de la coiur de France et do gra nd roi lui-m6me. Mais si le due d'Orl6ans 6tait log6 au. Palais-Royal, il Wen 6tait- point le. propri6taire; cc fat en 4'692 que cetter6sidence 6ntra dans son domain comme Rpanage. Apr6s av6ir- faitremplacer Ila galerie de la BibliotWque, ant6ricurement A ]a rotation apanag6re,,par- de nouvelles constructions- que nous.voyonsappel6es ( NouveattAppartement )) Aansle plan it la main de 1692',' le due fit 6lever one nouvelle galerie le long & la rue de Richelieu, Sur 1'emplace'entde I'h6tel Brion, ancient h6tel Richelieu qu'iI avait aclict6. Cette galerie, construite Sur les plans, de' Mansard, fat mag-t1ifiquement d6cork, par Antoine, Coyp"Icl', d'un plafond dont les sujets,6taient emprunt.6s A-T,&ide..,
Le due d'Orl6ans wourut A Saint-Cloud en 4 7-0 4 et laissale Palais-Royal au doede Chaitres quifutdepuis le-r6gent. Celui-ci fit d6corer le 8alon plac6 en'avant de ]a galeriede, Coypel,,. par; Oppenort, Architecte fastu6ux qui, conserva,.,en le mani6rant le .9 pr deg appartem. ents de Pancierme bibliotWque, fut divis6e ea cabinets, pour
grand 'o6t de Mansard. 11',doit s7agir do derni
recevoir les tableaux dont la reunion a, W c6l&bre sous le nom de ( -galerie daPalai's-Royal.
Cc fut le 7 Septembere 4 7 4 5,'apr6s la mort de Louis XIV,;qu.e le -due d'Orf6ans,. proclaim regent, apres, kre'al-16, faire.ca I sser le testament do d6funt roi, par le Parlement, rentra au palais en friomphateur,' aux acclam-ations de la foule qtii, ruin6c par. I e pouvoir expire, attendant tout do p"uvoir nouveau. En 474 8* le i6gent fit levere, au fand de la* place do Valais-Royal, -par Robert *de Cotte, architecWdwroi, leCh-alteau-d'Eau qui'y est rest6 jusqu'A ces. dernie'res aiindos; &Ualt on edifice assez. laid ei fort lourd, dont le rez-de chaussk-rcmpla ait I-ancien corps de garde. d6truit..
McnaDt de- front ses plaisirs et les affairs do pays r6tablies, par one politiqac -- feim e et patients d,o*nt Dubois.-et le -cardinal de Fleury furent les agents,* le regent racheta lesd6sordres desa- vie intime par., la grandeur des serviees-qu'il rendit au-, roi son pupille, et mourut, au Palais-Royal, le 2 d6c6mbre 4 723,- dans les-bras de M" la Auchesse, de Phalaris sa maitresse.
Son fils Louis, 'due A'Orl6ans, qui par esprit religieux brAla -.one partie-des tableaux de son 1 6re les plus licencieux, et par cons6quent'les plus mauvais, passa presque tout ; e sa. VIC, -A I'abbaye de. Sainte-GoneviO e, liquidant Jes 'dettes, qui lui avAient. W laiss6es. 11 s'oecupa peu do Palais Roy al si cc West Vour r'-eplanter le, jardin sous ]a direction de, Desgots, iie*6u de Len6tre-, qui d6truisit I'wuvre de son oracle tout. en resliettant-les. fammuse'sa,116.6s, do- marrohnie'rs.
Louis-Philippe d'Or Cans 6t.ait maitre do, Palais-Royal depoi's-l'anuk- 17,52 poque de la mort de soii p6re,'. lotsqu'en 4763 l'incendie dela salle de spectacle Vint d6t.ruire toote Voile de I'Est et.un I Ifartie duoorps, principal. Cet- incendie, qui n cessita la -reconstruction &une'partie- do palais', et entrainala rtstauratiOn de- tout le reste offre on episode ass.ez cuilieux dans lli8toire de architecture. Le"pri'vil6ge 4e I'asalle de, I'Op6ra -avdii 60. 6W par'- le due d'OrIcans A -.,Ia- Ville en 17 4 9', et c'kait. 'a la Ville, Auteur indirect do sihistrel, de Hparer le d6gAt qu'elle avait caus& 11 6tait juste aussi que,,,'Charg6e de, la de'pense et des travaux, ellefit coftduire CeUx7el par Moreau,, -son -architeete. Mais, d'unatftre cW, le due I qui en d6 fihitive", Rait propri6taire dece qu'on lui bAtissait, et qui delv'ait y loger,. voulait que -ContAnt.,flyry, son architect 4 lui, dirigeAt les, travaux int6rieurs. De telle sorfe-que I"un 6opstimisit les faOdes, tandis que-l'autro distribuait. les-ijit6rieturs, S"Arrange'ant. comme il pouvait' des ouvertures a -PC A n n e, -6t nous supposon&,qwil y cut- Plus d'ac'cord _qVon se
,qu'.(')n. lui per ait.. Cette histoire resemble u o' ; u cp
plait A le dire entre'deux homes ui avaient inWr&, avant Aout,, A cc* que IeUrs -constructions tjAssent debut.
Moreau 6leva la'fa ade Sur ]a rue Saint-Honor6' t II ex i.-Lasalle-del'0'6rafutrow 'Struite
e e a peo, pr6s qu'elle iste auj U P.
toujours' 'A la droite de la cour d'Honn-eur. Mais -comme I'axe Ae. cette, cour fut rem ont6 de fa on. A: coincided avec celui de.la place et do ChAteau4Eau, -10 due- et la, Ville achet6rent des maison- s de4a, rue Sai t7Honor6l au-dessous de la cour des -Font pour reporter plus -A I'Est IA Salle nouvelle. -Cette courdVonneur -avec. la maigreur'de ses, ornaments,. la s6cheresse de ses profiles, ses murs plats et sans caract6re, son portiqw. dorique.sur. larue, plut.t mason bourgeois' que.,palais triste sp6cimen de I'architecture antique -restaur6e. Constant, TWry semble, avoir- conserv6* davan'ta' e- fes Iraditio ns de lWole
9
C--.- A- VATUO ;A-I-, -4. -A-A i-11--A _k,




30 PARIS DANS SA SPLENDOUR.
Malgr6 ces travaux et ces embellissements, le due d'Orl6ans quitta le Palais-Royat, apr& son marriage avec M"' de Montesson, en 17 7 3, pour aller habiter, rue de Provence, un h6tel qu'il y avait fait bAtir et qui communiquait avec celui que M" de Montesson avait r"u de lui Sur Ia Chaussk-d'Antin.
Le due de* Chartres, conserve Ia residence du Palais-Royal, que son p&e lui transmit en 1780, par advancement d'hoirie, cinq ann6es avant Sa morL A peine maitre du Palais-Royal, le due de Chartres concut le pr9jet de letransformer, on entourant de constructions uniforms le jardin Isur, sequel les mais6ns de Ia rue de Richelieu, et des Bons-Enfants avaient vue directement. On con oit Npposition faite A ces projects par les propri6taires,. de ces ma isons qui au, lieu d'un large jardin anim6 par tous les proven eurs de Paris, allaient avoir, pour vis-ii-vis de' leurs ba1cons, de I'autre c6t6 &une rue 6troite, les derri res des masons nouvelles. Owcon .oit aussi l'oppositim du public, troub16 dans sa. jouissance en effet, on diminuait le. jardin, de toute Ia place prise -par les constructions nouvelles et les rues places derriere elles; 'on abattait. Fall6e favorite, les f4meux marronniers plants sous le cardinal, et I'on ne savait Wre, ce que deviendraitle jardin ainsi entour6. Le due eut beau r6pandre dans le public les vues Jes, bAtiments projects, txpliquer que des galleries A co.uvert'eelair6es de cent quatre-vingt-huit lanterns seraient ouvertes jusqu'4 deux heures du matin; jes cent quatre-vingt7huit lanterns ne s6duisirent point le public. Mais comme
due de Chartres 6tait dans son droit le. Paflement lui donna -raison centre -les opposants qui recourlurent it'la justice, et le suce6s, 1 control' republic. Aussi dut--il- pousser activement les travaux dont les plans avaient W coR us par- Louis,. architects c I onnu par'la construction du heawtfiMre de Bordeaux. Si ces constructions re oivent de Ia 'grandeur des lines un certain aspect monumental, il faut. avouerqu"elles no gagnent point 6tre, examines de pre's, et que ces longues fa ades sans ressauts finissent par devenir monotones; de'plus,: les 616ments de I'archit-ectu're Wy ayant 'plus leurs functions 'rationnelles, on ne sen explique point Ia pr6sonce. Que significant, en effet., tes hauts pilastres. encadvant au rez-de-cliausse'e une arcade sans -moulures et une fonkre au premier Aage; puis cot e ntablem.ent perc6 de fenkres carr6es', alternate, A I'aplomb des pilasties, avee -des coiisolesdestin6es A supporter. Ia corniche-?- Le tout pour porter une, file de bAlustres interrompue,. au-dessOs des'pilastres, oar des d6s, portent des vases : les combles mansard6s etperc6s de fen6tres, places en arr-i6re 6tant, dans Ia pensk de I'archit'ecte, comme s'ils Wexistaiefit, pas. Un 'Corps do hAtiment, A peu pr6s semblable, maisIus riche architecture, etsurmont6 d'un d6me au: centre, devait remplacer I-a-Aerrasse des Proues et renfermer.,de nouveau apartments pour le palais.
Pendant laconstruction de 1'.enle6inte du jArdin, un second,' incendie vint d6truire Ia Salle de I'Op6ra, le 8 juin 17 8 1, apr6s une repr6entation d'Qrj)Ue,, et respect le Palais-Boyal. Pour ne point. 'p river., trop longtemps Paris- d'un spectacle qui 6tait fort en vogue., une Salle provisoire lut bAtiesur le boulevard,,, et livr6e, au public, on deux mois et demi. Cette salle provisoire une des plus:gralides et des mieux coupees de Paris est adjoord.hui le th6Atre de Porte-Saint-Martin.
Ne renon ant point A faire revenir I'Op6ra au Palais-Royal, le due &Orl6ans s'obstina 4 Wre construire Ia salle actuelle du Th-64tre Franqis. A cette'fin, il fit d6molirTaile 'Aes cabinets renfermant les tableaux le salon -d'Oppenort, ]a galerie que Mansard avait_'6Iev6.e rue de Richelieuet qu'Antoine Coypel avait d6cor6e., puisonfin l7aile de la-chapelle-sur Ia grande cour.
T andis quo Ia -salle nbilvelle se bAtissait, un th0tre provisoire en planchies,, Mev6 tout ii- cW, Sur le ((jardin -des Princes,
attirait Ia foule,- sollicit6e d7un autre cW par (( les petits com6diens dwcomte, dd Beaujolais, acteurs en bois install6s dans Ia petite salle'.construite en 1.783 par Louis, celle"ci deviant le th6Atre de 1-9 Montansier, puls- caf6 A spectacle avant que Zeltre le.. th6Atre du. Palals-BoyaL D'un autre c6t6, I'on r6parait les d6gAts caus6spar l'incendie de I'Op ra, en 'Prolongeant Ia ruede Valois jusqu'4 1a rueSaint-Honor6; on Ia. bor'dait s6r- le M6 droit,-de constructions en harmonic avee les' fades ext6rieures de 1'enc'inte du jardin et de Ia, cour des fountains, laquelle., bien quo d6tach6e du-,palai-s, on kait taujours une d6peDdance. En Meme temps que Ia Salle de spectacle-, on -bAtissait. -Ia colonnade deTaile qui devait clore. le jardin au Sud-,' puis dans Ia grande cour, I-e pavilion syinkrique A celui de Contant.
Gost oet 6tat I quo Ia- 066lution sur'jprit-les constructions' du -P.,al iiis, -Royal. Quant_ au jardin, un immense edifice en
trellis, 6clair6 parun vitrage, appW le Cirque on, occupit le, centre. A moilti6'enfonc6 Aans le Sol-, pour ne, point -&ner les perspectives du jardin, portrait des arbuste's Sur sa terrasse et, 6taii enfour6 Ae.jets Weau.- Entre le Cirque et.la rotonde qui existed encore au sommet du jardin control Ia ga-lerie de Beaujolais, on avAit creus6 uo petit basin flanqu6 de quatre pavilions c irculaires. WsYatm6e 17 8 6, le due'ne pouvant hover Ia colonnade Ia couvrit de. hangars-en bois qui,, afferm.6s successivement depuis lors,, dur6rent jusqu'on' 1829. Deux alleges sep-arant trois ringside boutiques oce 'aient- Ia longueu do ces galleries appel6es d'abord le' (< camp des Tartares, )) ',du nom donn6 aux, valets Wkurie du due d'Orl6ans, log6s do ce c6t6'1 ppis, galleries do




LES PALAIS. LE PALAIS-ROYAL. 31
et 16ger en faisaient le centre de la corruption de Pari's et Nne des curiositds de la capital. Ce que devaient, 6tre. fes allures et, I'liabillenient de ces fenimes, 4 une e'poque o4_,, sous pr6texte. d1initation de I'antique, Ia sociW honOte 6tait ii peine. v6tue,' les gravures du temps le montrent assez.
D'un autre cW, les dv6nements pollitiques qui se suce6daient avec une si, 6tonnante rapidity au. milieu de sentiments si divers, niaisfou jours violent, entretenant la fi6vre dansl'esprit de. la, population, attiraient tout le nimide dans 16 j ardin du Palais-Royal comme vers le centre des, nouvelles. Gest'M que le 12 juillet -17 8-9,, 4 la hauteur et- du c6t6 dU caf6,Foyl, Camille -Desmoulins arbor cornme signe de rallienient, la cocardel, vert.e que rlompla a bient6t la cocarde tricollore. Gest onviron A 1a meme place que le pape fut brdl6 eh effigies, le 6 avril 17 9 1. Le palais 16' Indme avait W. envabi. peu A peu* paT des h6ultique _de.toute sorte,, car C'est chez le restaurateur Perrier,' 6tabli dans la etier .,de Saint-,fargeau. fut
grande cour,* pr6s du grand espalier, quo. Lopoll
assassin6, le 2 0 janvier 17 9 3.
Pendant les diff6rentes phases de la W'olution la.,Yio du due d'Orl6an sJut partag6o entre Ia politique et la liquidation, d7une fortunetr6s-enibarrass6e. Oblig6, durant sa'capt iyit6, 4 Marseil I e de co nfie'r -c efle-ci A- des inandataires:,pev fidMes'ses biens furent livr6s A un pillage covert d'un semblant de- 16galit.6. Car si les r6volutions-, -p6mo les Ousl6git imes,'Se font, souvent, -par I es, mains Ies moins pures, il y a-toujours, des-coquins pour profited 'dwtrouble- qu'ellesi lais Sent ap & ellpsi Apr6s le supplies du due d'Orl6ans', le 6 november 17 9 3, ce.qui restait duPalais-Royal fut re; tmi au 4oinain-e. -,national ;'pour en tirer- le- ineillear, parti, on -vendit ce. qui pouvait I en 6tre. d6tach6 et on loua. le Pala-is A 14 tourbe des:entr,epreneurs doloutes sorts de plaisirs qui sly instaNront taillaDt mutilant bAtissant A.Jeut, convenance,-:sans qu'on'. ap drtAt to moindre obstacle leurs fantasies et q'uel'o-n fit la moindre r6paration-au bAtifficint.
Apr& le renversement du Directoire Bonaparte Aonna le Palaisr R6yaf- au: Tribunat, pour y,6tablir le-,lieu. de ses'assenibl6es. LOrsqu'on out expulsO toute* la vermin qui sWait inchistde dans- ses murs on y,,constraisit une; Salle, desl.s6ances dans le. g6.4t des tli6Atres antiques. Utaitun aniphitli.Mre de gradinsentour6s d1une colonnade en hiomicycle 6t covert d7une, demi-coupole,; le president et le bureau de I'assembMe"6tafent adoss6s a.u mur droit 6isant faee'aui 4radins. Cetie salle,,.suivan M-". Fontaine 6tait au pre I mier 6tage, dans le- pavillon- bAti ar, Louis Sur la grande cour,
Quand le Tribuftat eut. 06 supprim6, en 190 7, le Palais-Royat, 4, Pw pf s 'inoccupe, devkit le Pai nt At mire d6s 1aiseurs de projects. La Bourse s'y 6tait..-etablie dans:les g al e rie s A u rez-de-chauss6e dessous de IA sa'llo 4 ti- Tribunat, depuis qu'elle avait d(I quitter Nglise do s Petits Nres, rendue au culte:en 4809. On.-imagipa de la transporter definAwemen't. au premier 6tage, do I'aile orientale'daiis la grand-e. cour, avec:l.e Tribunal deCofflm&ce q4i auraitoccup-6 lo reste des -appartem-ent's. Les. gateries du rez-de-chauss6e auraient 60 livr6es au commerce. NIS,- on Youlut y transporter I'Etat-Major de la place, puis I'Ecole des Beaux-Arts, puis un. 664tre qui aurait. bec'pe le milieu dela -grandecour, So soudant A NWI&6 entreilos d6ux -,- aviflons de, Constant et do Louis. Enfin Napol.6,on vouluf r6unir en uil se-al, palais les Tuileries, leLouvre et'.16 Palai8-Royal r6servant cel.ui cl pour le logement des princes et des. iois qui formaipmt- sa cour.
a_ itl &006ans. A; So renWe I due s' pa de -s'y Joger: m ais
La RestaurAtion r6ndit le Palais RoyRt 4 I'apanag& de I fam e e becu
peine.y -6tait4l, instaII6,, qWil, dut cMerJA place 4 Lucien. Bonaparte :qui la **ida 4 son tour apr6S- le R C8nt7JO at respect les. am6horations apport6es- par le. duc',d',0rl,6a.ns-.. Leu-vre do'eolai-ci, Pendant toute la,:Restauratiqwjut Oe liquider les-dettes de sa fami-Ile., derentrer-A-ans.c.6 qu'if hiijiit possibIe,.de r6cup6rer do Ilan-cien apAnag.el d'achever fe-Valais-Royal pour
le laisser dans Ntat ofi.nous. Ie -voyons aujourdlImi., Stcopd&dans",cette -ceuvre, par Fontaine, 4c"duc. &046ans Y appQrta une pef's6v6rance- et un6 suite Wid&,s, que nous demons, louersan.S.,r6serve', SiYceu'vre de- Ilar liiiec.te-,,,eo-asid6r&e' -a_6 point'de vue- de I'art laisse prise- Aja critique; si_ I'on'pedt Jui re ro-efte-r-..de'lma tiquer'-de.. aract6r ', et-d'a*oir cot as p ..6troit .&nitsquin qui, fut
le cac-liet de Vecole classique," efle dtonnetependant Par, letale dont, fait 'feuve daris les, -distributiOns, et tes a gagewents Comme la prenii6re condition est dieltre convena4toment tog ,, quej o*n, soit pfipco -11011. i: le do.6. 4 046ans: comma a par restaurersesapp-artements particuli6rs daDsl'ailedrojie,.olecup6lejadis paroles prinees'ses-ane6t,,ros;.vinroniensaito-les d6pondances. dans I'aile -gauche. Pendant ce tem pour regulariser.-IaJavde, stir la rutSaint-Honor-6, on*cr6*a.1, *totir-deNeniou'rsq ui- 6
I'uest le, vide Iaiss6, A Mst par la rue de Valois. Les Aiaisons,-,k- uche de, I c -ur, d 'Newo.] rs
ga a o e sur -Ies- rues de, Saint Honor,6 et
de Richelieu, ayant W aequises, fur6nt apprOpri6es pour seryir de feniis.e-,s,-aux,,-voiture&, Ae., d.6pendance,&- an, t464tre *et de bureaux A I'administration"du prince. Les derri res du Wftre Sur Ia. grande cour -6tant. ain-si d6gag&, on Put lestransforn-fer en
p
nnntirhai-niank On fiffnanti -anQnifa In Panfra-An ii,31-aic imi 1 onlin A




32 PARIS DANS SA SPLENDEUR.
promi6res, ann6es de la Restauration, avait W d6cor6 des parterres existent aujourd'h4i. Le basin central y avait W creus6 A la m6me 6poqbeAe due, d'Orl6ans livrait ainsi au roi des Franqais ce. palais com plkement restaur6, mais qui cessait de faire parties de sonapanago pour renter dans le domain: de la couronne.
Habit6 A rares -intery'alles, par les princes 6tratigers qui vinrent visitor le T-oi, lePalais-Royal, devenu national so.us la derriere' r6publique, fut a &W aux expositions des artistes vivants,, en 1854 et 4852.,O-n, 6leva, dans la grande cour, des constructions. provisoires 'fort aides A 1'ext6rieur et satis aucune pr6tention architecturale, maisJort bien disposes A Yint6rieur pout tecovoir'les tableaux. Par un-,hasard strange, A deux' si6cles d'intervalle, la premi re exposition*-.de peinture faite par les members de J'Acad6nde on 16 7 3, et ja-premi6re exposition ou I'on se.,soft occupy, de'disposer un local pour les oeuvres h ex oser, 'se, sont, fates. au Palaig Royal. En 1, 6 7 3, I'Acaddmie royale do Peinture et de Sculpture,,, "qui tenant ses- s6ancesAans 116tel Brion, expose daps- la'cour d.e .'Cet h6tel'-les couvres deses members' et ce fut probablement centre to mur qui !a fermait du cW du jardin,'q'ue fes bataillos,'A'Alexandre' deCh. Lebrun, furentmobWes au public pour lapremike:,fols.
Le Palais 'Nationalkait- oce'up.6 on m6me temps par lWat.-major delta garde national et par I'ex -osition; mais 4 I'avkoment de it fut affe,60 co I me r6 h S. A. 1. to prince J6r6rhe ancion roi de Westphalic, et 'a son fils rEmpire,,ayant r6pris -Son noia, M Sj
S. A. 1. le p!ince J6r6me-Napol6on. Le prince JWme habitat les arr"iens appartements du due d'OrUans le, prin Napol6on et la -princesse. Clotilde son 6pouse C eu x "dog princes,, ses fils.
.Si m ainten ant, comme bazar et comme Jieu do promenade le -Palais-Ro'al est bien d6chu do ce qu"il,6tait jadis anx.yeax du
y
Paris1e n entr'Ai.uk ail] e 6 rs- par I'ouverturede nouvea-ux-,magasios,, pai la c'r6ation d'abtres':promelfades, par la -m d6-enfm,, it Wa point d6chu aux yeux de I-a priovinceet de Ntranger. Pendant to juur, tandis .16e, los,,enfants 6gaient le jard*D* do lo ursjeix et' le dis'putent aux locieurs do journauxqui, lesjours*, do solely; 'nt r&gI6. leur toontre Sur 4e canon partant au coup. de,-midi; tandis .,quo 10, Parigien 1)assela&W-, Sulvant son babitude In
,_Ntranger g'arr6to-Ideboutique en boutique, La famille arcbont A la file envie, leg nom bteux, bijoux VrAis o4hux, qui, S:Ioffrent A cb ce jol is riens, qu
aque pas, et s qu.e ehaque, joar cree,. que cha jour admire,.
et que -chaqqoJour dans Voubli dos ,ehose- fanks et 6-eg de mode. Elle -ad m.ire I'argenterie- Jes -po c *Iaines et I es
crist'aux, s7arrote, songeant h ilutile, choz Iles warchands dhabits tout faits ot ( dan5-ledernier gofit, eCs klonne, tout A 60, du nonibre. de 46coratilons diverse quo- la vainW humaine,'a, i m oginks pour r6compenser,1 onheur et le, m6rite.
qt.ii ature-a-ussi 1,eAra ftger et 10 voyageur c'.est tette table -i m4nense que le Patais-Boyal offre toujours. ser'i aux diners de Oute sort', depuls ceux q 41 vivent pour manger jusqu'A ceux q4i manggent,,po I r vivre;, 4 routess les bourses depuis,.celles qui s'buvrent- volontiors pour., payer cent francs an, diner, jusqu" cellss, qui: y, eofi'acreni Aussi- A I'heure
da, ropas cO, m me* la. f4ule pressed dafis la gaterie, vitree, chacun attendant ses commensaux! foule d4w.caract6re.tout. sp6cia 1, com 96e d'hommes prineipajem
P-0 -ent traverse de. temps en temps;--par une Jamilftequi, va s'asseoir AAns un des n mbreux
restaurants ouverts, sous- les galerios, sollicit6e, 14 par% Ies, prix, IA par. la-r6putation marquis I e, par 16 luxe -des salons et par ces expositions. de primeurs-et do fruits.magfifflques.qWil vaut mioux. admirer que d6guster.
A '.0-dos, 'r.est,,qurateur ,ldiveps.caf6s 'se disputent leg loeteursdejournaux qui e q
_n djetment point chez eux, coax qui
.ceux
crolent n6cessaite do so donner-.de I'appetit Pat I'absinthe et-d'en r S e :eaf6, leg oisifs,'en-fin-Au, caf6 de Foy
sWahfissoat les''gons. paisibl-eg qui "admirent depuis, longtenfps l'birondelle einte pa'r'Carle Nernet'sur le, plafon& A la Rotondo ou r6tentit to cri-des garons affair&,,slinstallent l's'fumeurset' tedout'
ceux, qw, ne ent.zpoint- to. pleih air. Au premier 6tage, log
estal Im[nots., 6onvient:11-es. f-unieurs et. 16s'6mateurs du. (C noble, J.eu'& billa -dang les ca qui neredoutent pas to bruit vont admirer 4o Sauvag'e hattant 's*r ses vi'ngt tamNurs", tAndi5'que:des o.m.bres passeht outourbillon0n't derri&e leg -fen6tres
des salObs do Vorty, AQVefour, de CO rraza au des Fr6res Pr' ovein aux occup6s par. une no'ce- ou par un rep-as d-e corps. Sous,:Ies galflrios resploondissantos,, 64-4'on ffint', encore Sera bin appoll.el la, jounesse aux, ambres. chinoises; les amateurs" de la
p
fatce vo'nt s*1 asseoir au-tWitro du Palais-Koyal:; elt' ceu.N. -do la -com6die, -classique', ou non mais toujour'g admirablement jon6e, restent'fid6los aaThdkreFran ais.Vheure -s'avanc'e lei grilles du jardin sont -ferm6es' la g C*rbe d'eau, no potent& V! I us dans to- bassin les th-64tresont terffiin6 le.urr pr6sentgtion;.-qu iques peasants ktardds .Par.couirent 'lespleries snores en,.seIiAtant,,s'o'usle's ,,feux du gaz qui ont remplac6 les -cent qip.4trevingt h-tiit''quinqiu-etg do M. le due -d'Orlhng.
Xecoute- tout fuit, Tdut passe; Vespee Efface Le',bruit.




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HOTELDE-VILLUPREFEC,T UR*E DU lAPm1.rl,,MEN'.r D E LA SY ANE.''
EST da n S. I a premiere moit]6 du X11' siecle qae. Ja P14".:de Gre've est'..Idevenue propriet6 de- Ja viiIe de Paris, n)ais le"si6ge d u pouvoir municipal ne-fur6tabh stir cette place qu'du, in(ois- d 'juillet 1 3Z 8, Uo.n ne pent. outer' cependabt qu'une maisou d6,sigu6e -sous.Ae noin, tle.,Partoir aw 'BotOgeois, et quelquefois.sous celui de Naisw e 6 Celle qui par4it av pir re
e. la, N(uchandisv, ait exist aiIJeurs, 'm m' depais une poque rku.16 u, la premi6ro
cette desi ,gnako.n,"Aait situ6e dans ]c qi iartier Samf-4acques 1 la la4teur, de I' .,pc ito, r ue de s
f.- flancien co ventdes Jacobios, 'don't el I e,, n"Rait spark _qu6. le mur d'encej te. Environ vers ]a fiw du XII si cle
le's magistrates municipaux durent transporter Sur la xivc' droite Ae, la. Seine le' si6ge de feur'. administ6tim Apr s les ravages exerce's par JesNormands, qui. SO'' terinin6rent awc ]c lx"si6(,Ie,, 'le commerce. 4.e, la ca itqle- fut:coficentr6. dans
1',espace coinpris ,do, inos jours entrp la,-G ve, et Je Pont Netil',,,Ce qu'il ya d .*-,Ces que. dans. la, pr emii re
du XV" sikle,' il existaif.une' mason tenant aux murs du Grafid-C:Wtelet"et'. la 'petite 'e; glise Sai nt-te4koi qUi portaitle' noml-I e deGr muni(i.pal,,,,date'surfQ4t de
PaHoir a ax Roi&geois. La prise de -possession officiefle de fa, plac' .6ve,- par ha po'vol
Npoque ci-dessqsJndiqu6e, ofile fameulx prev6t des, ffi'archands, Etienne Marcel uisition d.e, I a Haisan aimPiliers, r I.-d"une, seance tenge A I'll 6tel de-ville le
la premiere que- l'on efit bAtie s"r ]a place de -Greve,,. Gest dans fe proc&-ve ba,
13, d6cembre 1529 yie j'ai Arouv6 la, I premi6xa- metftion des monuments. qui ex isient, aujourd'huh ., Les. officers manikipaux remontr6rent augouve'neur de Paris, qui 6tait present A cettcs6awm, que plusieurs babitatiQn.savqisinant- 1 4noienne Maiso.n aux Piliers eraient grandement n6cessaires )) pour 66ge r I'm no,4velle construction qu"en cons6quence., .le ,,gouwrneur, 6tait pri6 d'obtenir, du voi des letters pate6tes. a oir (( pa'r, justiW lesdictesmaisons, les.payant,,Ajeur jusWNaleur. Le bureau'd6cida, au mols I de mars suivant, queTon', offrirait a.u'x pro- riktaif es masonaisn pour liaison ou argent, selan lapris6e
p
6d n 4 J,,6tedion damonument "dont la
qui, en strait Les difficulties pr6liminaires un.e fois t1outes r-6solues,, fon proc a
premi re pierre fut po'see, avec une' 'grande, solermit6, le 15 juillet,,1,5 3 3 en presence de tbus'les offlci i ux -et d'un immense concourse -de, petipbe,,, qui mAlait,1ses, acclamation s, -.,a,,ux d6to'natians-Ae I artilllerie; Cent ouvriers. environ,,furent effiploy6s an nouveau bAtimentiDommico Boccador,, dit, de C6 ione, q ii.ena'vait,'(6it',Ie,.dessin fut, charge de Ila direction des 'traivaux, et, rqut 250,livres de 'gages. A u mois de juin 1531 le5 travaux paraissent avoir W, 6ssez avances,pbqr,qu'iI. ait.60,possibIc de, singer au' sculptures. Thomas Choequeur, jailleur d'image s., et.-ub .peintfe pass ,fent donc On mareb.6, avec le., pr v6t et les,' '6chevins, A raison,de 4,1ivres par pike, IyQur 4 sculpture, et -autant, pour, la 'Peinture. La'pve.mj rol cons tructio ndu',.moDument, fut ex6cut6e do 1530A 154t. A cette 6poqq e, I'l-16tel- (I e -Ville., 6tait, c(impoS6, de trois corps de bAtiwents". A u, centre, Se trouvait la court qui existed encore aujpurd'hul et dont le 60 ga uche kait form6.,,,p'ar 1",Iiospi'e du Sa.i,nt-Esprit. Le, Sol, de cette cour, 6tait 61ev6 d'environ 4, m6tres au- des'sus de celui de I a place.,,La grande falode Su* r, la, place' n"6tait compose alorsque d',,un' d'un Oago, sup,6rieur, de lain-pied avect la c r etd* n'pavillon. d'aD
rez-de-chauss6e au nivea'u du -Sol, p u .1 e' x ka'es, 61ev6
droite au-dessus de., I'afeade Saint-Jean.'(Jetto'iacade-6t- ait,,per.c,6e., de, Uo-is,.portes. La p6rte du centre condulsaito.' la''cour.pa r
un espalier dro'i't; les deux autres clon'duisaient A,1A chapelLe du Saint-Espvit et'A. la, r ue du Nartroy.' Pendant, la derni6re, moiti6 du XVU sikle, tous''les, travaux n6cessaire's pour tompIker le nouveau hAtiment *,par'issent'avoir ,k6 SU spebdus; Aq milie, d guerres de religion qui ont rempli, cette p6riodro de' nitre histoire et, des violence "ayxquelles elt.os onf-don.n6 lieu, il, ot, facile'. de' comprendre pourquoi I'H6tel-de-Viile resW inqel,1ev6. Apr6s'. Ia. pacification qw. $uivitTen.tr6ede llebri quelques're.parations fureptd'abord, exe'eut6es, ppis au', mois: de juin. 16 0 5, totajit6 des Aravaux fut mise en adjudicatioil et adjug6e A Marin de ]a Val,16e, jur6 du roi en 1'()fCce,',de tna onnerie, (leineurant, ,Paris,,rue de Beaubourg. Les 'der'f)fers outrages qui devaient




3 PARIS DANS SA SPLEINDEUB.
le pavilion du Saint -Esprit, ainsi que les arcades qui devaient la s.outenir.'Une adjudication nouvelle fut faite on 1618 A Marin do la Vall6e ait pas d'une grande exactitude. Les travaux de cette parties du-,monument ne furent
mais cot entrepten our ne se piqu
comply I ment termiu6s qu'en 1628, comme' le prove une inscription' Wine-, qui se Jit'encorc, aujourd'hui et dont -voici' la,
314fin de IaNall6e, architects parisiOn, a entrepris," I'ann6e, 16-06, ce'grand 6di fiee yest6 lon&mps iiiachev6
A imparfait, et I'a houreusement tertnine' I'an du salut 1 G2 8.-, Quoi qu'il on soit de ce, titre d'architeete, assez in44ment pris
Marin de I-a WWI les, plans donnes en' 1, 530 par Boccador,., furent', sai.vis, et qw ce, dernier,, doit 6tre
ar I t out prquV6 que,
p ion desbAtim ents A 1'ext6rieur,
consid'60 commie le principal auteur de I'an ciep' WWI- do -V, tle. 'Pour- compl6ter la des6ii t** it ne
me reste, plus. q"A parlor de la cour. Elle avait la, forme d"un trap ze-. 4 cause du manage do parall6lisme des -aijes de droite et p I n qui, In6me aujourd'hui,.,que Ii
do gauche6Deux Rages, d'arcades avec, des colonies engag6e8 com osaient une dko. atio e premier
6tage ''est rempli ,, ne inatittOe ffi Vbelgan ce fii, d'origirialiW., Sous le, r gne, de Louis cette cour aN ait "W" couverte, des
les plus sing -seulement Jes v e ce Prince, mais encore.les. 6 emenu,,,d
inser ipti6ns. guji6ies, rappolant, icto.ires d ven e, 14 Fronde,
dont !'H6tel de'- Ville a WTun .dos thMres vrin.ci aux' ', En outre", on-.av.ait plac6 4u milieu 'do la, Cour une'statu e d-u, r6i le
scePtre en main foufani'aux pieds'la Discorde'. Cette statiie,- d7apf6' 1, L uis XW fui-fflkme, fut'. emplac6e pa I rune
ofutreen bronze "del CoySevoxj repr6sonitawt le' roi..on pied,,.dafis Ile clostumo des-tvio"Wiat6urs -romains, appuye Sur un faisec au
Cette, ceu'vre Xart,-Rxiste encore', daris" 16' 016ine, copy., Los pv60ts des -maychands e, t Ies,,,6chev'i0S' 'NciUront,,au8soi 4 la p ar n u pui.s sous. le,
decoration int.6rieurv des, a' p, temenfS La grande Salle co'" & do om Ae salt d
e, T-rdim fut I'o Jet ff.uno att ti
div belles feln6tre's ,,..elle -fitt orn6e,,,ontore e'de.u 'hemi;n6es toute particuli6re. On ne se. eoritental pas', de f6clairer" p ar d x c
de I Thomas Botidin Wd'Antoim -Bornk,'. W i a,
mcinuiftentales,- OilUeS a6falent de Pierre, Biard m miiser av a-us-s tr ite e
le plus grafid-soij). On eb 1' e de Jean: Golujon,,- les. sculptures en bois de-* ]a satte; du'ZMiaquc, att6nant, A 44
grande salle de r6coption ; elles.reprOsentont I.es different -mois ,do, I'ann6e, 211 est1.doutwk-,cependant,,qpe-, ces sculptures de petit ginale do c6, hiajtre peint4res remar'u6ble et dont I,. n'exist orient,
mod6lo'soiont, l7ce.dlvrei ori Des q 's e plus, -aiicu'fie -tra66 46c
non-se6lelitient: Ia. gran.del'sallo'l tiiai.sl,encore",Ies,pi&ces.de Malindre dimension, D's ]a fin. duAWT cle I es,. a. partements de vW, do n I es: apisseries. et des ables di S,
otel- Ville rofifor, 6*6t.d t me e, toute. nature 11ovennant,1100 lives tou'rtoi' 'pqr. an, le taois ier
ordinairede la Yllle dovaictendre 4 la Mi-ao4t lagran'de-s'alte et t6utes Iles destin6esau.i bourgeois, 6,leeteurs. It'devalt
I ar d ]a grande Fae-Ma, t ndre toute.1a faod' du ifil me depukT6' inf-Esprit:jusqu'h I rcade
aussi., pour., g lo e. e onu I n glise A6, Sa a,
Saint-!Jeaw, Avee 'de:4ollgg.-tapisseries. de,, Bruxelles parnii,. lesquelles figarait le fameux., p Paris sous Ffan ois T', plan est resW une, 6nigme. Pendant to 'co* s -dti XVII -m 'o,
pr6cieux don't. I e sort' J, Si 'cle', ce,. -onu w nt recut aussi, prine pa em.entdans les
a iefte tionhe" Tur'g6t, p6re- du: mi nist re: de
dispositions int6ri res, de -grAndes'a 6lioiation's; lei onze nn6es de. wagi stratqr e i.de M Ice nom I furent signa-loes Ohr: des. traVaui de toute nature.,
_Avapt d'aborder- I'histoire. m6derne,- parsons des atentours. de, I'ancien .6difice. la. GOVe", w MY sikle, t6taited"' 16 centre,
&un deS q4artiers, tes, plus populeuxde Paris. L, -an 11.441 Louis-le-lo'.une, vendait bourgeois des..en iron Ia -i place, moyennant 70,livres;, it eist dit dansTacte ("-Nous c6don' rp_6tuit6- 6ette place.',q on ap' elle ,u,e p [a Gr6v c., ofi- existed tin
ancien.loar66, An qu'dle ioSte vide de'toui 6d ice ,-)) Ainsi, dopuis u' if fie, epilue 'Oetil6o Ia' Vlq" de Grev6 ser"ait de'marcU,
an moment ofi Ton U1 on municipal. Le .,pr6v6t desmarch4nd' veillait.,
transporta,,A 1 "Wtel'de-Vi e.si6ge do Fadministrati avee un,
soin tout pArticulter -4 Ia con ervation'deja Gr6vezqui.,, par sa sittiation,'4tait expos6eA des inondatio'nS.,frku 'Dte& A V ou
I'Wtel-de-Nille fut termin6 la GOve da t loin, &.0oir ]a m6me 6teiidue quff de, nosjours, ne'pr6sentait pasle m'me aspect.
Le tervaini plus: en. pente, so, division deux. parties a reve, pro emeat dite, let stir le bord'de'J.'eau. les, Marcli6s ui viin au. cidre, aucharbofi '.erifin, sur''Id ffl ffle plaia quel'ffit I-de-Ville, '14-petite place, Aux Canons; ain-sinonimee., parce -qii elle'servait
A mettreTartifferie de.11a ville daDs Jes solennit-6s. publiquk Cette 'sedo nde:,place, 6tait s6par6e do Ia, grande par un niur format,
parapet it 6,73i A milieu duquai, s'61evait Sur un-pi6destal"attenant au patqet' uh6,croix de pierre'
-ns doute -A reoev ir-Ies-pri6resqueles cond* ais vant de, subir b ur
destiny sa amia6s f 11 aient A Die u,.'avl e peine.'La' Gv6vo. a, eu, efi, effet
ant, ph;Isi urs si' les, to triste privill6ge, de: servi' 6 x criminels. It est'inuffle 'de nom
pend ioc r'de lieu del Ice au. mer- ici tous, c-eux
qui. y furent fnis h mort; je,-dirai, S"oulompant que .4 premi re execution, y,,,t14t lie'u ian -Ila*nn,6e 1310. Marguerite de Hainaut,
surnomffl6ePortke. et Guy ard.,Je, Cressounessard,,clere du', diocese de I Bea'uvais-, convaincus Vh6r6sie,' furew br6168, -on
pr6sonce de 16*16que & Paris et, de. son clerg6; 11 y 4vait, oncoro. sur, la'ptace de Gr6ve, At peu, pr6s, enface-de Ia, petite chapelle
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kapo*-, Edit llraquai 12
s a 1 le d u T r 6,ne







LES PALAIS. L'HOTEL-DE-VILLE. 35
assez vaste. L'une des singularit6s de Nglise Saint-Jean, consistait dans le grand nombre 4'6pitaphes anciennes, dont cheque pierre des di'Grents pliers avait W charg e. L'on y trouvait les iombi, aux de plusieurs homes c60res : celui d'Alain Veau; celui des Guillemeau, chirurgiens des rois de la,* mason de Valois;, ceux dujurisconsulte, Loisel, An peintre Vouct, du g6ographe Baudrah. L'li6pital du Saint-Esprit avec sa petite chapelle'-furent d6truits pour'fiaire place,.a Fun des c6t6s de I'Wtel-de- Ville. Utait vers I'ann6' 1362, au milieu. des calamit6s de tout, retire qui affl i goient, la' capital e q0g. plosieurs bourgeois charitable avaient cou u la pens6e d'ouvrir im asile aux mallieureux' infants* qui naissaient orphelins: Ees Uurgeois s'kaient reunis en Confr6rie, soos l'invocation du Sa int-Esprit, et avaipnt donn6 Ie m6me nom A' leur nou'velle -fond-ation, qui -avaitjO ui'penda-nt plusietirs si6cles d',une assez grande importance.
L'on a pu1juger par tout ce'qui precMe'du. soin que I'a.ncien gouvern-eme I t, d e IaFran'ce avaitmis pour.faire"del'*H6tel-,4e-Ville de Paris tin 'monument dign'e de la capital du royoume. Au moment ".0fila 11 6valution ftlatail,., fflkei-de-,Nille, .16nsform6 en 31aison CoMmunel deviant le si6ge de c.ette fameuse municipalit6 parigienno dorit lesouwnir'kst grav6, danstoute s les. m6moires. Sans avoir W janiais exp.os6 an pilla.) d'une. populace effr6ri6e, T -,dew-Ville _Wen fut -pas.-.moi,fTs 'd6grad6Aans toutes, ses parties, et prineip'alementdans ceiles qui ont.le plus dl'intOkAes soul ptures,, Ies tableaux et les ingeriptiotfs, ces produWons du, g6nie de Fhomme, qui sont comme I'Amo, et Ja vie d',un,.monument,, furent d6truitS saris pitie;, mis h parce
qu'ils 6taient charges dn so'tive'llir et des embl6mes du government dechu. Le inscri tio' gurtodtAevaient compl, changer. Totites cells de la cour, quikaiient relatives 'aux 6v6nements 4u. r4ne, de Louis XIV' disparurent; ]a state enbro'hze de ce prince fut rel6gu6e dans les. caves'de, la Maiswcomm'une. Les porfraitsdes go I tiverneurs,-des pr6v'Ots -dos mare.hands, de's 6chevins et autres officers municipaux, dontquel, remontaiOnt ugqu7au, XVIO. gi6cle., furent lac6r&' safis'piti6; Wais ce qui
doit principatement exciter nos regrets. dans cetW, Ggradatio'w )ffici6lle ( est Fanhntissemerit-tomplet irr6layable des: tableaux do grande dimeDsiDn dont Porbus de Troyes-, Largilli0e,,, Nfignard, Botilogheet'Vanloo, avaient dkor& 1 a grand-e Salle de,,fflotel.
. e r fect re' du &Orte ffl ent de
Pendant je couTs de I'ann 6e 18 0 1, des dispositions furIeTIV prises pour 6tablir A I'fl6tel-wde Vill., Ia p'd u la. Seine. L'ann'6,e suivante,' 31'. Frochot proposait au, C'ons6i I municipaI-].,-a'ch'at dulerrAin sdr fequet-avait- exist6,pebda4t'Ivsiews ociefine, e ape le Saint"Jeaft qui, t wbait, eri -Vuine,, fut dispose sikles la, petite 6gl6e Saint Jean. Par, suite-. de, c'et achat I'ar h I pour'servit aux grades, reunions et rhioflies., Pendant ta 'Restaiirati'66,' les, b4tim ifts do, Ia'I PrUecture, bot W laiss s dans le m6me kat. Les f6tes somptueuse's qui ,eurent, lieu dans diff6rentes circonstakes,- ont- n6cesssiWl U. M)DareileCde s dispositions, qui augmentaitnt Ntendue du monument, mais tes disposition kaieht pagsag6res, et ne, survivai6nt, 'pas aux 6v6nem'e-nts qui les avaient, fait.,naitre. Cependant, pour les f0es donii&es'par I'a vifle,, en 18,23, ka;duc d.Angoulkne revenant:d"Espagn.e.; une #ande saIle fut c6tistruite sur. Vemplacement- de I'6glise Saint-Jean et exista:j6squ'aux derni6s travaux d7agrandissernent, exkuf6s I'Wtel-de-Ville. 11 fall ait, pour enter dan-s cette Salle, traverser la. biblioth6qqe. 'Bien quWablie-,dans les temps: modernes-,; ciette biblioth6que a,-subi-de g-randes, modi fi cations; La: foundation, en est due A M- Motiau, I procurer du roi AVT.136tel 'de'-Villej qui eonsacraune -partie de f6riu'ne A r6unir des lives ef, des-manus*crits lcurieux ,I' dang te but-de, les 1,6guer A ia-villeAe Paris.. 'Ellle d sAa- m ondo saint LoWs, rue
fut oLiverte aw-public, dang 116tel Lamoinon, le 13 avril 17 6 3,; transf6r6o, 8e'tansapres,, an aig Saint-mAntoine, elle y demeur I a jusqu'en,, 17 9 3, Opoque% A 'laquelle ,elte.,prit le 4on! &-bibliatl*queAe Ia' -Comiri Elle fut disperse sons le Directoire,- et le nornbre' et, le- choix des' volumes qu'elle:roiferme aujonrd'bui, ne''font pas oublier ses riche'sse8 a n A wbibliotUque e Hnstifut.
Ossks. La mellleure Vartie des outrages -%ui Ja composajent se retrqjive minute 'ant, I d'
Vers ie milieu du XN711Y siMej il fut question,* 4, pl4sieurs repri:ses, A6 tra'sf6'r-rI'H6tel-,de ,V il-le dans tine autte place que Celle qu'il occupait par cette raison, qu6ja capacit6 du nionument'6tait insuffi4an te., Uh Ael dupkinCe de Conti, Sur la fivegauche de la Seine, avait W. choisi pour ce dessein. Ignore pour quels motifs ce ojev fqt 44ndonnd; mais 'Cet-. emplacement, fut" ep U 7 1, desti ne A recev:oir Ih6tel des Monnales qdis'y Irouve au ourd'.-huic.'Vers,17 83,, les profits, d'enblacements, ti6tive4ux fur' nt encore d6battus; des propositions Aff6rentes furent entendues. Uune"des plug curieuses est Celle de F. Cosseroh,. quiproppsait.de transporter 1'146tel-de-Ville, an terre.-pleiln du Pont-Neuf.: SOLASIe government inip6rial, clette question, fut encore hgit6e et, cette fois"safis, se preoccuper de, chercher -un emplace-inerit, nouveau 1704,,av'ait seulemeAt co,n '64e- desseiii, de construire -un novel' ho"tel-de-ville au fond de la-place de Gr6ve; la Tacade -principale' devait etre fourn6e du c-&6 dela Sei.ne. L'6,n, trouve encore aux Archives- g6n6rales du department le programme d"un concoursp ublic pour le choix -d'un pr et d' arandisse I'Mel-de-Ville 4e Paris, )) Jat6 du 25 mai 1815. Pendant la Restaur*ation. tbus nioiets semblables furent susDendus. C'estdans'




36 PARIS DANS SA SPLENDOUR.
alentours do grades voies, do communication. Une Commission, approval le.s dispositions qui avaient 646 proposes par 11. God(le', ot M. Lesuour, -architecte, f6t appeal A, partager avec, lui Ia grande tache'q0i est aujourd'hui termink.. Le's travaux otit W commenc6s le 20 ao0t 18-37,et achev6s A YeWHeur en. 18IMet A lintMeur en 1&53-. Nous,',ne prions passes bhtimonts suppll6mentaires 61ev6s-'sur' Ia nouvelle, place-d.e, Gt ve, et'qui sont occ.up6s par I'Admi.nistration de I'Assistance, publiqueet par,.Ia'caiss6 dePois y. Des voies, souterraines, metterit on conounication TI-16tel. de-Ville avec ces nouveaux edifices* et avec Ia caserne Napol6on. Les bkimonts' de 1'11601-de-Vilfe,- dans leur 6tat aduel se, component des sales pour les assemblies munjoipales, des bureaux de I'adiiijni traction des sallos des fMes-. d' s Sa]ODs de r6oeption.,et des',appartements du pr6fet. Ces bkiments sont compris'.daps un rectangle dont les grand c6t6s,,,sur ]a place de'Gr ve etlsurla rue -Lubau, oot 4 2 0 mOres de JODgiieur, et, dont Tes: doux autres cdt6s" sur fe, quai, & Ia GOve 4 sur Ia rue de, Rivolli,. ontSQ inkres. Hait pavilions, dout quatro-plao& aux, anglesdu rectaD "fle,, domineut'dfun etage"Ics'bAtime nts interm6diaires. Uarchitecture exterieure, des constructions nouvelles, est, subordonn,6e aux lines prinei pales de I'ancienne facade qui coupe le, Centre deT,6difico sur Ia placq,.et se Aistinguo, an -milieu de routes les additions mioder'ne.s"; par 1'6,16gance do sa, silhouette' L'ordonnance, de cette t acad'e a W prolonged avec limitatiQn Ia plus parfait jusq4'a.ux deux pavillo'ns. Wangle sur 'Ia place de- Gr&C. -LA,, elle change de caract6re et semble ins irk par Ia RenaissimIte itdienne style, qdopW,,po'ur I-es constructions' nouvelles. Apr&, avoir consid6r6 le monumenttel qu)l se pr6sente k 1'ext6r1e.ur, si JIon francs it le, seuil de$-,diff6rentes portes.quicon.dulsont A, t'int6riour,! voici.les dispositions g n6rales que 17on peut y, remorquor,., 11 y, 4 'trois cours pri-neipales Ia cour de, I'ancien -Wtel de -Ville, ou tour fljonnour, Celle, des ]3ureaux, celle .du, Mfkt, Los qu',atrejaca'des d-,e,,chqCune de ces. cours so cow, potent de detix 6tago' A arcades, surmont6s Wun kage, antique, avec de e in es.sur ces cours vie, fient se re oindre avee, les. combles ext6rieurs, an
s, baies, 4 plat s-Wndos. Les co' bi
,.moyen. d'o-ne TCnt"e-,,I6g6re:'ep-forme: &Iterras$e. La'facado du OWde' Ia rue Lobau indique, par ta richesse d ornements qui Iad6corent,1Ten1r,6e des allos- conduisant aux, grand eseailierls,, et aux gale.ries des Fetes ; dos statues-Aes figures sculpt6es en relief des m6dai1,lons,-,4es trophks compl6teu-t cette d6corAtion. G,est par cette entr6o et par celle qui, y correspond dans
r, des Burem x, que nous IiWtrerops dans Yiw6rieur du, monu iment. Apr& avoir-mont,6 quelquesdegr6s,, on 'arrive dans qu des grand escaliers des. F6tes; de ce,
t- ean Cette,,,salle cond dignemo nt: a u v estib ul e, A. atre colo, I& -rande salle Soin. J nnes,
lacour d'Honn6ur., Gest icj'que se trouveht Ia -.partie: I plus, monument vestibule on, peutmwnter ,par quel ues. de#es a a: ale de
1416tel-do -Ville etla &posifionIa Plus, retii6rquablo. dul plan d ensembleAos deux randsescaliers h rampes"droitesi avec Cos galertes superieures, d9nt-les vo,6tes repDsofiC sur -des c6lonnes, do, marbre, resentment un' b.el aspect; Neil, 4St 6tODB6,, satisfait par 1a., m ultiplicit6 des li-giie ,''d'arcliitecture'dont les effects soAt habi1ement, combines. La richesse de l'ornementation dos marbres, -des stic' A des sculptures, est on rapport, avec, Fimportance do cette' partic du monument, -qui doit We consid6r6e comme'une des belies dispositiong."d,' e,e-alie'rs" ,qnntis.,Chaeun de. Oes escaliers abo'utit A',une salle dite des Pr6v6ts.,A Textr6miW, a gaucho, du COW de' Ia rue d e, Rivoli,,, se trouvo le salon.,,de Ia Paix, et, droitel,,symariquement plae6, le, salon .,Napol6on. LAI galore des Fekes.a'onviron. 48 m:krorsd&,longueur,- -elle eA,6clair6e sur Ia rue to'bau. par Aieize baies e n arcades. La decoration de'.cette -'alerie'se coMpose.de colones d6-a-6es,, servant de point d'ap0m, a Ia voAte qui porte le plafond. Des tribunes de f rm6, circulaire: sofit-pr ati, "'s:dansAes- p6twtration's. Les.peintures, du salon Nqol6on sont de M. 1rigresi cells d salon de Ia Nix" 8ont',de X Delacroix. Daasla grande galerie des F6tes,, Nj.A-1e'nri Lehmann, a repr6sent6 en eifiq ante-six s "et s Phistoire Ae la'civilisation, -Ge -vaste- travails n. e
eykut6len-dix m s,:ocoupe une superficie d'e viron 15,0-ni"tres cafr&..,et contient'plus de cent quatre-zvingts figures, 'dont 1es, pyincipales, ant. six pieds Ae proportion. Au, centre de Ia -alerle des Htes 's'ouVre Ia salle dite des- Cariatides, remarkable pa'r une grande ,o6-i6alit6 de* construction': fes'vo6tes.en pendentifsportent une tribune d6co' de- quatorze cariatidos -etsurm-ont6, d1un plaf6nd-; el,11e. conduit I'anoienne s'alle o6 les cofiseillers m6nic'ipaux Aiennent leurs assombl&5. Lestrois salons do r6.optioR Ou pHfet commu,niquent Pun dans Fautre, par trois grades arcades. I a decoration est blahc et or. Les* cheminks ot les"Consolo's son't-efi marble blanc; des graces, d'une, grande dimension, r6pkont l'infini Fensemble do,-ces salons,. aussi, bien-que les peintures, do:t les; ont, orn6 MN1. Cliopin,' Resso ot et Vauctielet.'Citons encore le salon jaulie,,qui conduit,4, Ia magnitiqie, s alle des, -'Banquets, orn6o de stucs, ei- dout les, grades fries ont" W d6cor6es 'par M.. Jadin. Les corps'do bAtiments;affe(1A6S, au. service des' bureaux se trouvent, sur Ia' place 'do, Gr ve et sur Ia rue do 111voli. On y entre par, Ia Porto du, Saint-Esprit.,,
Quelques Pots: stjr Ia municipality -do Paris...Clen',est pas ,.sang raison.qu I'on en fai t remoterr Tkablissement, aux premiers




LES PALAIS. L'HOTEL-DE-VILLE. 37
pas d'exister, et que, passant du monde ancient dans le -monde moderne, elle reparut au -milieu de la sociW clir6tienne '. sous le titre, de confr6rie des Marchands de I'Eau. Au moins, retrou've-t-on, dans la premise moiti6 du MY sie'cle, uno compagnie 6tablie A Paris, avec cette denomination exer ant le pouvoir et jo'uissant de presque,- routes les pr6Pogatives de I'ancienne municipalM romaine, depuis, une 6poque' si recul6e, d.isent plusieurs actes,,, qu'il n7est m6moire ducontrairc. Les members de la confr6rie des Alarchands de ITau de Paris poss6d(Ment le droit exclusif de naviguer 'Sur la basse. Seine, depuis Mantes jusqu'au Grand-Pont de Paris (aujourd'hui le PODt-au-Change), et Sur la, haute -Seine, depu,is ce Grand -Pont, jusqu,a Auxerre., Les rois de France favoris6rent les privileges de Ila Marchandise de Hau; qu'on Wen soit pas surpris Vextension de ces privileges fut Souvent pour eux la cause de concessions avantageuses qui leur Maient largement rkribuks et qui augmentaient le(irs revenues en. les- faisant participer, aux ben6fices des confr r es. Gest ainsi.que la confr6i,*ie de la Aarchandise de Man, revenue puissante par ses richesses et par 1'exereice de ses Privil6ges, se substitua peu A pen it I'antiquemunicipAO, -dont elle continua les f6netiofis impo tastes. La mason ofi se r6unissaient les inembres d'eta confr&ie', 6tait le si6ge cl'un-v6ritable tribunal jugeant en premier ressorL routes les causes relatives au commerce par eau. Cette,,maison fut appel& le Parloir aux Bourgeois et j'en ai fait coInnaitre, pr6c6demment les, situations diff6r'entes. Ce n'6tait -pas seulernent en mati re de commerce Par, eau que. le Parlor aux Bourgeois pouvait rendre des sentences. Tr6s-souverit il 6tait appeal A j-uger des-, points obseurs de droit, civil, pour la solution desquels les habitants de Paris s'en remettai'e'nt 1'exp,6rience des magistrates m-unicipaux., La hawe des bour ,eois de Paris pre'nait sans cesse des, accroissements nouveaux; de tones, les parties de la"France et des autres Etats.voisinsIes comer ants n'h6sitaient pas, I s'y affilier et, A profited, par 'ce, moyen, des privileges, qui lui appartenaieht. Ces, privileges n6 cess rent pas dWre en vigueur jusqU'au XV11"sikle. Je vais examiner separement les diff6rents'objets Sur lesquels sexer pitle goitivernement de eette association de marchands. 11 faut placer- a',u premier ranges merchandise qui arrivaient par eaudans ]a ville, et dont les principles kaient le vin,,Ie W, le set, le bois, le carbon. Depuis le moment o ces marchan.dises oucllialent'au Ifort de Gr&ve, jusqu'A celui o6 elles 6taient distrib'u6es entire les comer ants charges de les d6biter, les. magistrates municipa-ux en avaient la. surveillance. Eux seulg 'eurent le droit d'appr6cier, jaeger, measure, distribute routes ces merchandise. Ieur pouvoir sWendait de plus Sur le pavage des'principAes rues, 1'entretien des chauss6es, des qua'is, des ponts et des Iontailnes; la, p6lict.des, 'ri'urs inspection des polds et measures formaient encore une -partie important de I'administ'ration, confine au gouvernemeDt -municipal de Paris. Ce fdt le. roi Philippe-Auguste qui conc6da aux March'ands de' I'Eau hans6s de Paris ces deux. branches de revenue. 11 est dit dans ]a charter, que les -bourgeois haDS6S tiendront le criage et les poi.ds et, measures aux m6mes conditions que les tellait'autrefois le fermier royal. Ory comprenait, sous ce nom', criage, ]a*, facult6 de faire announcer, dans t"utes les rues ]a capital le prix des marchandises de, different nature, la vente et le, loyer des masons, enfin,, la mortde cheque citoyen. Ceux qui avAient int6r6t A faire faire chacun de ces cris, pay.aientun droit fix6 par Tusage. L'une des pr6rogAtives Ies- plus importance, ou pourmieux dire', l'unedes charges JeS plusIourdes qui aient etd ex.erc6es par les',me'.mbres du Parloir, ce fat, sans contredit, ]a r6partition de la taill-e, qui, depuis la fin du MY siMe,. -allatoujours en se multipliant. D'apr6s les lois du gouvernemen't f6odal, le seigneur avait.le droit de lev r Sur ses sujets une taille extraordinaire.dans.lesquatre. circumstances suivantes : pour armer son fils aW chevalier, pour marier sa fille on pre'mi6res noces, pour aller A la Croisade' pour. payer sa rancon, quand il, 6tait fait prisonnier. Les bourgeois de Plaris se trouvant exempts, par leurs'privileges, des autres corv6es f6odales, Philippe-le-Bel et ses Suce'esseurs m.irent A profit Ies eirconstances exceptionnelles de la taille, afin de tiveri'de la ville de Paris le plus' d'argent qu'ils pouvaient. Les magistrIats municipaux. furent encore a'ppe]6s au government civil et A ]'administration, des h6pitaux, hospices, et autres kablissements de bient'aisance. de I-a capital; depuis, fe XVV Si6cle surtout, le soin du soulagementdes pauvres fut remis A leur aiser6tion. Y 'jouterai queiques details au sujet. du. sceau dont ils -se *sont servi's. Le plus ancient. que j'aie trouv6 est appendu A un chirographe en latiD, qui serapporto aux. derni6res ann6es du MY si6cle. ta forme en est ovale, et'le champ rempli par une. barque, an milieu de laquelle'on voit un mAt soutenu -par trois cordages de cheque c6t6, qui donnent parfaitement I'We des navees que l'on employaith cette 6poque pourfaire' le. commerce Sur la7 Seine. 11 est certain que I de, toute ;ncicniieO., la nef, telle qu'on la voit sur.le sceau, servit d'ar'mes, h, la ville de Paris; m. ais peu A peu, 'dans les armories comme daDS'le 8ceau, elle s'est change en unvaisseau Wargent Sur fond de: gueules, surmontd d'un ch ef d'azar seme
de flours de lis Wor sans nombre.
Le chef de aette -compagnie de marchands prenaiit"le n9m. de pr6v6t. Gest dans ja seconde- moitid duAIII' sikle que cet(e




38 PARIS VANS SA SPLENDOUR.
Au X1111' 8ikle,, A c60, dTtienne Barbette, il faut placer Jehan Arrode, Jean Popin, qui, vers 12 9 3, fit 6tablir le premier abreuvoir existantl; Paris; Guillaum-e Bourdon, auquel on doilt la rue appel6,e au jourdlhui des Bourdonnais. 11 faut encore Dommer Adam Paon, I-es Pizdoe et Bertaut Point-I'Ane, 16 brave 'J6a'n Gentien, Jean Jouvenel des Ursins, Michel, La I lier (11137), Jean Baillet (1444), jean Bureau (1449), Dreux Bud6 (1452)"NicolasViole (1494), c.orrecteur des competes, le premier de cette famille dont les members, toujours, presents au. Parlemont, don0rent lieu ce proverbe-: Le, Parlemenvii'a janwis dans sans Viole. A measure quo l'on approche .' des tem ps moderne8, lcs Donis deVieDnent plusfameux; on en jugera : en 1522 c'est Guillaume Bud6,. savant illustre, connu' do I'Europe- enti&e; en. 1 1 532, c'est Pierre Viole, conseiller au Parlement; en 1538, c'est Augustin de Thou, le premier de.cette grande famille parisienne; en 1558, Chrlstophede Thou, son fils; eff 1580, Jacques-Auguste de Thou, c6l6bre, pour sa grande histoire krite,,eh latin, Dans le cours des XV11' et XV111' sickles, les pr6v0"ts des marchands ont encore lalsg6 un Dom bien connu, surtout par les, travaux.d'embellissetnent dont ils o1nt orn6 Paris : Francois Miron, Nicolas de Bailleul Chrigtophe Sanguin,, Claude Le Pelletier, Henri de Fourcy, Rrome Bignon, de Caumartin. Le corps de ville 6tait compos6 des 6fficiers de toute nature, qui, sous la d6pendance immediate du pr6v6t des marchands, prenaient part administration compliqu6e du government munichal de Paris. Ces officiers'peuvent'se divi5et en trois. classes I" cedx qui si6geaient I'H6tel- de -Ville, et partageaien-t avec le 'r6v6t la direction*des affairs; 2' ceux qui,-6taient dispers6sdans la ville; en surveillaieDt la tranquillity et devaient ex6cater les orders 1dohn6s par le pr6v6t; 3,'. ceux qui etaient .ommis a 1'ex6cution des r6glements et des privil6ges relafifs au commerce par eau, ou'qui en facili6ient 1'exercice. L"6chevin occupant Don -.seulement' parmi eux, le premier rang etjouissait d'une plus grafide"'part &autorit6, il aVait' 611core sur tous les autres le privilege 4e I'anciennet6. On en comptait quatre, 61us pour, deux ans parmi les bourgeois, et les commercants- les plus respects dela ville. On les renouvelait par mofti6, le 16- ao4tde, chaqpe ann-6e, A '60 des. quatr'e 6cheyins, et1j04iSSaDt de la Inkne consideration, plac6s les vingt-quatre cooseilters-de ville, dont U'ne sentence de 1296 nous fait connaitre f6tablissement r6gulier. Puis venaient dans cette ancienne hi6rarchie leclere-greffier', le receveur,'le clerc-procureur, q'u,,i,. A la in du-XVH1' sikle, portaitle n.0mde procurer du rol et de: la ville. Plusieurs autres institutions cornmerciales se rattachaient aussi cette organisation. De ce nombre sont les six. corps, de Wtiers" dont les gardens jur6s et syndics 6taieht compt6s au plombre des. officers du c6r 's de ville, et le's juges-consttls, qui, furent presque toujours, choisis parmi ces officers. Des forictions qonsid6rables 6taien-t encore cells de quartinier.,)) Toutes les fois qule'Paris recut des accroissements, le nombre,'deS quartiniers a ugmenta D.aturellem6nt, et 1'eur pouvoir acquit plus d'importanceXorigine des quartiniers se trouVe,.clairem.ent, d6montr6e, ils 6taien't chefs militaries des bourgeois de teur quarter, et avaient comme adjoins les c ipquantainiers et',16,'dizainiers. Aussi, plus tard, quand les charges des quartiniers furent 6rigees en titfe d'o'ffice, on les consid6ra 'comme kont plut6t, militaries que civiles. Ne, confondons pas les archers, arbalestrier' hacquebutiers de la ville de.Paris, avec I'ancienne milice bour-e''ise rigine ces gardens, de ville aient dd en faire
partie. Ils formaient depuis 1359 deux companies qui, 6tant revenues' insuffisantes au commencement du XVI' sikle, fure'nt remplacdes par bent hacquebutiers arm6s.,dune s6rte de gros, mousquet. Charges IXles rCCODstitua-encore en 1566. Un nouveau r6glement, public en, 16 9 9, signaled des abus de foute'nature qui prouvent que ce'corps 6tait livr6 alors A-une d6'organisation Presque complete. 11 futrecompose sous le Ogne, de Louis XV.
C'est seulement 5 partir de's premi res ann6es du X1V' sikle" que commence la s6rie des'6v6nelnients politiques relatifs h Nistoire de I'H6tel de -Ville de Paris..,- Ne pouvant Dons arrker, faute d'espace, aux d6sordres du gouxernement d'Etienne, Marcel, nous arrivons.aux, se6nes, tragiqu'es de la Fronde et.,des tem'psplus moderns. Toutes les p6rip6ties de cette longue 6meute, connue sous le no.m de Fronde, n"appartiennent pas I'histoire du. gou'vernement municipal mais, par une ren-c'ontre singuWre, 'un des actes les- plus Sanglants (fe 'cette, 6poque,, a eu. p'our. th6kre I'Wtel de -Ville. Ce fait, que, les deux partiS se sont empress s de fl6trir" n'a pas re u, dans les r6cits g6neraux ou particuliers, le cargct re de gravit6. qu.-il, m6rite. Quand on, connaitra tous les details de'ee crime d6signe, avee reason sous le nom de massacre de 1'116tel de -Ville, on sera dispose Oartager l'opinion de ceux quiattribuent h cette parties de nos an.nales plus importance qu'on ne le fait g6n6ralement. Chacun sait que, le 26 juin 1652, un combat sanglant fat livr6 la porte de Paris,, au pied de la Bastille, entre les troupes royalss, commanders prar Turenne, et celles defarm6e des pri'nees,.sous lesordres de Cond6. Malgr6 la brilliant aleur A6pfoyele par ce dernier, Turenne eut pour lui ]a vietpire, et sans quelques coups' de canon tir6s de la Bastille par, I I es orders de M"' de Mo4pensierl les troupes royals' seraient peut-6tre entrees dans Paris. Le'lendemain de ce combat,, les, Frondeurs consider rent leur cause comme perdue, I s'ils I n'obtenaient




LES PALAIS. L'HOTEL-DE-VILLE. 39
. I
d'Orl6ans remercia en quel(lues paroles le pr6v6t des warchands d'avoir pormis a ses. troupes de traverser la Ville; le prince do Cond6 prit aussi la parole, pour dire qu'il ne pouvait ajouter rien de plus aux t6moignages &aAf6etion que.'Son Altesse venait de-faire entendre. (( Sur quoy,,Nlessicurs les gouveraeur, pr6v6t des mar'cliandset esclievins les ayant ref&rciez au nom de toute Fassembl6e, ilz firent entendr& le, su I e edirs places,, ilz firent.des
Jet d'icelle assemble dont ilz ne tesmoignOrent aucun d6goust; nais s' leyantde 1. gestesqui ne pronostiquoient rien'de bon. )) A peine le gouverneur, le pr6v6,t des marchatids.et les-6chovins, qui avaient accohipagn6, le due d'Orl6ans j osqu'-A N porte, furent4s rentr6s dans la, --rande sal,16 j, quo. -des i cri' et -des, coups -de mouquetpartirent de]a place,, de, Gr ve, et jeterent Npouvante et le d6sordre dans, I'assemblk. La 'potteprincipalle, 'bient6t ferm6t, fut.d6fendue par les arcliersde ]a Ville. Cette porte r6sista quelque temps auk efforts des assaillants;-Imais efifin Ole c6da', d6vor6e la flarome (Fun. violent incendie qui brisa en, plusieuirs pieces le cheval do la statue do-Henri, IV, place ati-dessus declette porte., Les archers furentbiont6t massaer6s,, et liv'rArent A la populace 1'entr6e de I'M61-d'e-Villo'. Alorscommen p, entre ceux qui Raient enferm6s dans le, p alais' et 16 urs assassinS, une lutte in gale, dont no parent, sortir qoe-ce.ux q"ixachet6rent Ie'ur v.io. Le greffier, homme de t ieurs des m''a.gistrats mu mcipaux -et, des bourgeois
r6solutiorn vo ulit s'opposer au pillage, mais ilfut incontinent' mis 4. mor'. Plus qui composaient I'assemblee furent aussi massacr6s. Le ri-ombre des pen(Innes Wes 'ou blessess, ep y comprenant le's archers de laville, s'61eva A plusieurs centaines,; les thembres de I'assembl6e qui 6cliapp r6nt curept*A supporter, d'.indignes traitedients, dont les m6moires contemporary I i I ns nous ont conserve H I cit. LeAuc 'de,46atifort ii'avait-pas q.uttt6,,Ia,, place,. de Gt ve, d'o4 il fut t6moin dan.s la mason &un vannier, des premi res sc6n.es de. "sordre ., Au mi'lieu. de Ia nuit, il s empara de I'ffitel-de-Ville, 'of. se mit endeavor. d" market le pilla-e. et un incendie qui, menacait do to Lit enyahir. Le jour.suco6da enfin A ce4te nuit In(yubre,-1, la stup6fattion fie tarda pas A se -r6pandre dans tout Paris,, principalement chez les bourgeois, qiui apprirei[it avec 6poovante la fin tragique, de leurs, repN entrants Le. parti des princes f6t accus Aiautement de cett e 'action, l'une des plus farQuehes, des, pl.usbrutales et des plus IAches'quj se soient vues en France, et. cela 'sans but s6rieux et- pour la vain6-sati sfaation"d'anibitions vulgaires,'
Raconter de. I'Mell-de -Ville, pendant. la p6riode Ovolutionnaire, ee- serait 6crire un prkis.,des,, 6v6nements cette
6poque, *et nous n'en''avons, ni le 'temps ni la-p I lace,; rappelons- n6atimoin le sup[Ylice du., ma S as qUI ouvre la. s6rie des 'spectacles tumultueux que pi ,ndant Ion---ues, a I nnees offrit ]a Gr&ve,. La lanterite ofi il fut. attaeli6 6tait situee 'a pe'u pres au Miliou de nouvelle place, daIns faxe du -boulevard Victoria, et, de. fa Vieille porte. si solvent a'ssi6g6e et toujo'urs debou't : Fluctuatwc inergitur, comme le dit A bien 14 devise, dela Ville.
Les trois Journees de j uillet, 18 310 comment relit et Inirent A IWO -Ae -Ville., Des tableaux- connus, qui couvrent* loute une, salte du mus6e de Versailles., retracent les principals sc.Mes q'ui, s7accomplirent'.alors A l'int6rietfr ou"aux alentburs du mo nument 6lev6 par Boccador. Lepont d'Arcole, reconstruct d'hier et, I'un dos pfus 616gants d6,Paris, tire Sw n0i. dune. des plus jeunWS victims Ae ces Journees trisfement cWbre's. Gest d'une fenkr6,do lasalle du, Tr6ne., de cette m6me salle t6moin. du scandal do la Fronde, et des s6ances de la Gommune'r6volutionnaire, que Lafayett6.j- felafayetto du bailcon d.e'la cour do Marbre, pr6senta au people le.due dOr16ans et lui asura un- tr6ne.
En des temps plus rapproeb6s de n6us, c'es(dun cabinet do j'.Wtel-&-Ville quela France, fotgouvernk pendant deux mois et le peupl* de Paris. maitris6 par la. voix Xiin' poke. -MaiS ces 6venemen'tssont retrac6S'd.ans une autre, p4rtie dec6t outrage.
Les falts politiques' donffai*ra*pef6 les-,principales e irconstances tie son't dans n.otre histoire les souls qui so attachment 1116tel do -Ville ,de Paris. Depuis une 6poque:'reeuI6e,,mais particull." ement dopui& Ja fin du XVI'siecle laflaissance, le couronnement, les victoires,, le mariage on ]a mort de., 'nos -rois, de l fios I reins et des princes.de, leur4amille out dolnfi6iieu 4-de's, uxqueilles les magistrate municipaux et les plus riclies bourgeois ont:to. t.,Ces
c6r6.moniosl plus au moifis.pompeu-ses, 4' uJours pris par
c6reniontes consistent en des entrees- triomphales, accqmpagOes de: re'.Jouissances publiq"es, presentsts do diff6rente, nature de repas, de spectacles dont. I'Mel-de-Ville, a W -bien. sodv'ent le th6Atre,'surtQ.ut Aepuis son agr'.andissemeInI.',La p' -4 Paris des souverains strangers, ou I'arriv6e Aejeuts a.mbassadleur', les:11un'e'railles, des persofinages 'illustres de tous les' -rangs, les f6tes relivieuses ou: comm6molratives d'k6nements Pemarqi!tableskaient aussi, 016br6es,av gra d n e pompe par.le, corps de
Ville. L'une -des' plus anciennes entrees royals dont1hist6ire fasse mention,, est- ce'lle de 'Philip pe-Auguste en, 1214', apr&'la bataille de Bouvines. Depuls., cette 6po'qu e, les magistrates, municipaux., Ies chefs des corps. de mkiers", tt Jos bourgeois ont tou o I rs figure 5 cesenty6es triomphales.Ils-assistaient aussi Auxpebeessions de,16 Fete-Diou et .4 cefles' quie,.okessitait pa rfois 1A desce'rite de Ia*. chAsse.de saints* Genev'i lve. je nientionnerai 'eficore1a, chandelle No.tre-'Raine,' qui. cosistaWdans -une boogie roul6o',-Aussi




40 PARIS DANS SA SPLENDOUR.
La plus remarkable &Aoutcs les'c&6monies religieuses ou civiles cWbrks par I'ancien- government municipal est, sans c6nt'redit, le feu. de'joic all=6, par son ordre.et A Ses frais, Sur la'-placede :Gr6 ve, la veille du jour de la Sai nt-Jean. Suivant l'opi'nionla, plus commune, cette,,c6r6monie, en us age &s le N11' sikle hi Paris', remote aux anciennestroyances du pagani4m e.
,le feu de Saint can 6tait a1l.um6 Sur
11 est probable qu'au moment o6 le si6ge du government municipaffut, 6tabli A ]a Gr6ve _J
geolsle, prirent naturelleinent tout cliarg une d6pense
ce tte pl ace depuis long ues annks. Los chefs de ]a bout e 'ffect6e A des
c6r6m'onies' populaives qWeux-m6mes-,avaient costume de, prafiqwr. Le plus ancient document que faie pu trouper h. cet,, 6gard,, date de 1'ann6e M 5. La so'lenniO du feu de la. Saint-Jean, assez -grande d-A au, XV sikle- ,ne fit q I ue s accroitre avee le temps, et, ''en 15 7 3,, les',d6tonations de',' nornbteases Pi66es 'd'artillerie appartenal'It A la VillC' pr6c6daient et accomp I gnaientIe feu de.bois s6culaire; la collation ancien-ne, eonsistant en pain, vin, ceri-ses,-6tait change en un repas somptueuX, 4uquel assistaient*souvent le roi de Prance, Ses fr res et Jes seigne-u I s de .]a cour' S val, nous a CODserv6 le compete d6taiII6 d s d penises fates 'fe de Saint4ean'de 1'ann6e 1573,- et'cette pike',prouve qde ces d6penses furent'considerables. Parmi les articles de. cc compete, it en est un do'nt la singularity in6rite que je'le rieproduige ic.i-: A Lucas Pollimereux,. Fun des co.mmissaires des quais de ]a Mile, cent Sol's parisis, pour avoir fourni,,durant trois ann6es fines 'a [a Saint-Jean 1-573 tous le, chats, qu'il fattait audit feu-, epmme n A le roi yassista,,. un renaf Upour d6nner pla isi
de- costume, meme pour avoir fourni it y a u a n', 0 A''Sa -Majest6.
Les f6tes donnees A l'int6rieur de ffl6tel-lde-Ville de Paris ont-eui, comme le' Au.de la 'Saint-Jean, unp grande c6l6britd. Depuiis Ies- premiere's ann6es du XVY si6cle jusqu' ,,nos jours, f e monument a servi' de', th6Atre des' solennit& politique.s ou civiles, dont.le plus 'grand, nombre se attache A des v6nenie'nts remarqu'ables, de notre' histoire. 'Ces, solennit6s 'onsist4ient en repas de plus en plus magnirique s, en,'spectapies et en' .,bals.donn6s..en I'lionneur des princes SouY'er0nsAe la France qui, presque, toujours, y., furent presents. L'usage de donne't -des repas A 1'ffitell-de-Vil.le, kait en vigueur &S ]a premi r6 m.oitie' du XV sikle'. Ie pl'us ancient des banqiucts, solennels, doni les registries fassent Mention,. remote i -Tann6e 15 14. Les Magistrats municipaux,,apres avoir offers A Marie diAngleterre, qui venait d'6p'userLouis-1XH, un present de vaisselle en-vermeil, du prix de 6000 livres, Iui denionde'rent vouloi bjeh visiter 1"HOtel-de'-Ville. Elle accept, et,]e dimanche 26 noyembre de cette ann6e 1514, la jeune -reibe, se rendit A la Maison Commune, o elle fut. rNuepar les demoiselles et, dames de ]a bout,"' si parisienne. Efle, manage. 8eule avec., Louise*, de Savoie, duche'sse &AngouMme., 11 -y eut tant de monde A 'YH6te1-de-Ville'qu.e ]a
-meilleure parties des plats dresses dans les cuisines no- furent pas employs, Ies' servantsn'ayant py s e faire.jour-p-ourarriver danS la salleAu. banquet. Douze petites pantomimes nomm6es entregnetsjoti6es par -des Acteurs travesties .4-stes iauvaiges; furent re r6sent6es devarit la reine. Mais ce fut 'rificipalement depuisTann6e-4540 environ,,6poque'.ofi la plus'grande*partie de's ancient hAtiments de ITWI-de-Ville venaient- Xkre terminus, que les f6tes donn6es.*dans ( e'monumeht'se Succ-Wrent, sans interrupt[6n. Elles* cons''Istaient, principalemont 4u. XV1' sikle en representations Mimi ues.1 .
q clompos6es des all6go les. plus singAi'res.
Uno de ce.s f6tes, devait avo.ir, lieu le jeudi 17 f6vrier 15 5"8, en 'pr6se*nce du. roi Henri 11 et de totite s.a'cour,- fut interrompue
les. incident& les plus singuliers-:et les plus urlesqties. Le, fameux poke Etienne Jodelle., Parisien, en 6tajt l'ordonnateori et ,lui-m6me a pris soinde nous faire colnngitre toute la beauty del son enterprise et les. d6sastres qui en trouh,46rent la, representation'. Entr'lauttpg- Surprises, il. avait imagine' A6 se travestir lui-m6me en Orph6e,, et, en _,chantarlt ses vers aux accords d'une I re, it'
y
-dev6it retiouv6ler ce prodigy ffimeui des rockers 'quittant leur base pour vemrentendre ses flots-d'harmonie;, mais1emalencoiltreux machinistede la'ville oyait entendu -des clochers, et, au li'6u des -pierres de la Thrace, it avaiVfigur,6'de belles. pyramids 'gothiques copiks, Sur les nombreux, mod6les que .1.ui :ofltA lent alors le I s 6glises, del Paris,-,Qu'on, se rept6sente 1.9 col6re du. poke et-le s 6clats de tireque dut-faire naitre.une I -aussi r6j6uissante mepriSe.
A partir- des premi .res ann6es du'XVI' sikle,, les f6tes qui :ont W c6l6br6es I'Hltel-,de'rVille,., sont racont60s-avec soin dans Ies regist.res, parven4s, et. qui se terminent,.A l'ann6e 17 8 9.,, De. nos jours,' de splendides soir6es. eAveloppent &ns un.
r6seiu, de'flainmesla, -fa-Ade de. la- prefecture de, la.,Seine. A Tint6rieur,' on dirait Fbahitation dos f6es : tout A'est quefleuts, or;'.. glaces lami6res. De's, jetg Wune,.eau Scintillante apparaissont, au. mili.eu de niasgifs,, de plants exotiques, et transportent 1'esprit sous d'6utres 'climats, dans-des contre;es i0connues. La'' m'usique, la' ciom6dieja danse*-,, n soup u
9 er somptue x, voilAce qqe la vilie
off're encore A ses Wes opr6s lant jouissances., et ces h6tes pellvent se-compter sans,,peine au nombre deplus de six-Mille.' Won se'rappellelos f6t6s"'dti marriage dulprince, royal d'OrWans en,41-8,37, la tke fait A la reino d'Angleterre en 8 5 5, 16s reJouis"s4nces A l'oecaslion dubapt6me:.du, prince imperial en 1815 6 les f0tes splendides offertes prince, Constantin, en 185 7,




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PALAIS- DE LUXEMBOURGOUR le Luxembourgjl sepr'sent le Ome aiv 4-e pour-les Tuileries et Ja lace* Vend6me c'est que:lo petiole, A' 'le palais qu I
s a n Je savor, est quelquelois, WistorierL a conserve dans'le. nom. ]a tradition de s originss. insis'61 ve au bout de Ia rue do Tournon" s'estappW, to'U'r-A-tour le palais do Ja fteino, le palais Wdicisle palais 'd
d'OrWans, le palais de Monsieur; il es:t devenu le palais d i S6nat, le. palais e,,IA Chambre Aes Pairs;,tous ces omsont exisO tons sont morts I et, tant'que I I e mo n-lument sera'-debout-j A, re I 8ter le, pal di s d u Luxembourg.' Le due do Pin-ey-tuiembb'Org aVdit acquis,,en 1583 i'de lacqueline-de Maraitivilliers, veuve de Robert de' Harlay
de Sanc', 'une grande mason quO r u ,,eDta,, de IaArme dite
celui-ci avait fait bAti au milieud XVP, -si-k1e; .1e due 11'augm
y
ances, A I a* posada, jasq Cen rie,,do Wdicis,- volant Peut-6tre rompre
(lu. Bourg et d'autres 46p In 16121 epoque ou Sla
avee les triste's souvenirs du Louvre, lui acbefa le tout- pour y- fai-re:bAtir On palais. Le 1_ contract de.-la vente, dont le prix fut T reme y joignit une
6t-ait de quatro lives, passO Ile, 2 -avril, 16 12;, dans, ann6e quisuivit,,Ia ferme de.
ejardin d'AnioineArnituld et des terrain I s pris -a
I'"61ol-Diou -I' ux Chartr eux qu-olle r6compensa par.. trois fois, a.utaDt, de
terresi _situ6e+s: an -delA. du grand che.min dWsy.
Dahs cotte r0ftieannAe 1 t6121 16, rei n e 's' oectipait avee a ctiv'46 de ses jardins; ( est sous cette date que. Richelieu- -on parle
dans ses M moires':' Par .a vance, elle a faire planter" les -arbres. des jardins,- qui,,ne tenant A lour troissance
qu"avee le, temps quiIeLir".est--IimiW, par Ia nature,, sont'ordinair6ment. devai&s par, les hAtiments, le temps de J'accomplissemon't desquels est mesur6_ par Ia, d6pense, et hAt6 III 'our--donner de 1'eau
par Ia. mag, "ficence. et .1arichesse Aecelui.qW; Ie8 entreprend.' Et,'p A ce. palais,' elle, y fit -,c(ind-tillre, lesfontaiiies de Ro(ngy1-_aquatre lieue*5, de, Paris-, euvre royale ,',, et ce Alautatil plus que, n'en'retenant que Ia .-mbindye part- pour ello, eII6-'donna.tout'le-:reste de-ses-catik aw ublie'les, divisant, Coflk-e. Ro at ot e'n plus.16urs autres lieu xA6. I'Uniyershk U jeune, Lo*U14 X1111' avee un c6r6monialdonf- nous polss6dons le', r6citfait A- Peyresc par Malherbe, posa,-je Ujdil.let 1613,.Ia premi0e, pierrede c'e bel aquedue-1 C011111U.SOUS, 10-hom d'aq'ueduc d'Xrcueil, qui traverse Ia vall6e de Ia Bie"vre,, et ren.ou'velaitTa-cien,, aq'ueduc roliiain- ;lmenant autre I fois c6 m0ne s eauk de Rongis an palais des, p qse de'ces outrages ac
Themes. La & 6 he 65 nouf ans plus tard, -en 4 62 4, sefit n6us Aif Sauval sur Ia,- fertile des, trente sols
d'enfr&_ pour Aiuid'de.vin.. lls' a*aient W adjug6's, )e-"8 octkre' 1612, A fewt-,Coing, maitre --ma on, Pour.la somnle de.,quatro cent soixante-si'X fil-ille lives, et,-cond.,-'uits-,pAr Siiloo on de -osso it 1,16 oe r-e,, mple.; slide, d'un, rand effk' Br qui 6 n a Ia, une be Liv si -9
en -M.6me temps, et u* West en rien inf6rl6ur1e aux'beaux. tra' u x- iq va 'Je I'and ii!Wen C-0 genre;
Ce, ne fut-,quen 16 15 'que. Ion common les. Aravaux d piqlais. Eft -tredsant: I 's foundations, on', tr6 iv*a line.
figurine de
le Vitro do urius
Mercury en bronZe. L6 cowiller des'aides Favereau publia oil son' honneur' un- recueil &6pigraffimes, 5ous .M rc redivivu, et-il fut grav6l par L6onard'GC1'u'Itier, avoc.un quatrain de L... de'Saint-Marffe, ok.-Foit'disait aVec -Ia- poin'te italienne', -que
les dieux-,voyaient ce palais d1un bon- puis446'Mercure,'la -bourse onindifl., venait y-, 1os-ma ons.-La.d6couverte n'av*ait, rien dWonnant, cA-r' le iardin of le palals sont "S-urTemplacement d'une. voie romaine et d'un x61llam.
p
et c'6st,- Pour nous le
La"calistruction du pal.ais7, fut, poussee avec- activ Ws 41620, oil p,.ut'le"cortsid6rer,eoi)i.irle-Iter min6.)inoment-do pafler de son kat'priiinitif.. Cost,; sur, le premi-er, plan,-, un pavilloil central termin6efi d6me 011*6 au. milieu, Willie gale je -en torrasse -(jui rel i e _:'de u xpa.vil lolls d.an,le,-ofi ar"i 'ere, un corps, -de,.bAtiment flanqO A -ses coins de Oatte palvillons deux sur le jardiwet deux sur Aa cour,. re jbints, A ceux An. A-evimt parAeux lolfgue s galeriesqui forillent Jes' c6t6" do cette"co6r. C"
u est"
comme -on voit -une enc6inte carr.6e, termink au- fond -par "ChAteau, wcostk de, deux' ailes 'wo iris bates et fernik's"'t le devapt par u ne--galeri-e moi's-haute eDcorej.de sorte que depuis I'entr6e,- les'-bMillients -s'61.6veftt graduellenlentpourarriver 6, ]a-' artio- principle -qui,-Jomi1n6,l-e reste. Par IA,, surt6ut pay ks paviflons,' d'ain' I t' d-isp'ositioif comp,10 wilt frall e, 'C'es 'Une em aiso,--cefle,
des ch Aeaux Oe notre Renaissance,, heatkoup moinise'kran 're qu'on West, habitu'd A, le-. r6p6ter'- sans exameni- 11 n'y A Wrion que de Ke
ni'lPamAnt, &,1no'ai'Q 'of' rinnQ. ;nQ;QlnnQi Qlir io nnivit nnroo aWnil a hoinionitn'A4 al rtn't in Pat ;Pq aul-Ara QqnL-- voiconn, rivan a -1- 1 A-




PARIS DANS SA SPLENDEUR.
accessoire, quela d6coration do rev6tement, et, je to r6p6te, to plan Ct les formes Wont rien absolument du palais Pitti. Cc sont deux Ws-belles chooses qui ne so resemble nt pas. Gest un bonhe ur pour de Brosse; it a le, m6rite personnel &unc belle Wuvre, et it 6 tait bien Ooi-nd, sa I ns douto, de pr6oir cette singuNre opinion.,. qui, A coup s6r no doit sa IODgUe'er6 n n peu do fondement.
Cola dit, it faut insister sur quelques details de cc Louvre'de ]a reine-m6re. La menuiserie de-1a p-orte &entr6c, une des plus.galantes et des, micuxAravailllks de Paris, ))-6tait de l'ordonnance de'Mercier, et.-Berthelot avait model6 les masques et autres beaux ornaments qui' 1'enrichissaient et qui: Avaient W fondues par-Terlan. L' d6me qu-i s'61e entire6e, 6tait
orD6 do statues de Marbre ct.avait sa ecinfure toute dor6e, comme r6taient les centuries et Ic Haut des. toitsde 6,us los autres bAtiments. Les'',faces des deux" phvillons,.donnant sur Its terrAsses A e La facade, 6taient' dkorks:dc deux statues en pied et de 'arbre,,repr6sentant H.(-,nri'IV let Mario, de.. Wdicis,'C'Atait a u. fond do la, 'our,,dans le pavilion do droite,'aqpreinior 6tige que se t rouvaient les apparteuwnts do Ia rei'ne, coux-14' uielmes ou se I passa, I entre ellc* son'fils etIc cardinal, la-fatneuse sc6ne, do, I I no*'embre- 16 a 0 qui a coilserv6-dans" I'histoireie'-noih de Journ6e des Mrs.* Malingre est to soul qui nous donno quolques' details stir la chamber de la. reine, ((.,belle, gra nde et carrk enrichic d"ne cbeininee admirable pour son outrage et "dorure garnie de grand chenets Wargent, et 66"Ja place.-*du Ht ctait entour6e de baluistres dont les pliers sont d'a-rgent; s ur le: cabinet contigu A cette -, ch'ambre (c, le plus riche.qu-!- se. pu-i9s6 voir, dont Ie plancher, ftoit fait. do marqtleteri.e, on bois,. la chbmink d'on outrage Ws-rare et uut 46r6, le lambris fait (16,pikes de' menuiscrie- do.rapport et. br les vitres do fin crista 11 et, au -licti de plomb poor le8: tiler, la, liaison touto d'argent;:)-). s6r..Toratoire do ]a roine: qui sle trouvait de Pautre c6t6 do la, chamber e't pf6c6dait la -alerie de. Rubens av'c des lainbris dorez et I'autel q-e ii csffle,,- -de Ws-belles menuisMes en -feuillageg-dore t-au WA un
-fort rielietabteau. ))-Dapslafrisede Fun des 8alops Rait- pointe. I'histoire de la mason de Wdicis'eii figures de &emi- natum-Dans la courl., N' partic do. fond re'serr6e ontre les 'pavilions d7ongle kait plus 'lev6e. 'que le reste, comme.dans lacour.de;,Marbre A Versailles-, et, .-formift une terrasse, oucour flionneux, k laquelle on acc6dait par un- person, semi-eircutaire et qui 6tait horde par une balustradede" inarbre,,-Mane -coup6e de massifs servant-de pi6destaux A'desstatues- Celles-ci furent: venues avee -le' mcuiblesde-la-'reine., 'lorsqu elle cut q uitt6 a Fra nce; c' ependatit I a bizarre stat, e aNig I'lan ce., qu'on v e I ne ore dans, to jardin do cW do Railtfi6on',, provident, peut-Ore '.de la d6ebr-ation do- cetteba lustrade. Au. fond ce'tte. cour ffhonneur, 's'o uvraient trois, t)ortes*_enco*r.e existantes et autrefois. surmont6ps:,des. bustes de.11enrilV, do la, rcin et -de Lo-uis,.-XIIL' Elles donduisaie't 4 l.'escalier d'honfieur -dessin.6'par 111arin. de la Vall6e et conduit 'par Guillaume Toulouse, qui, avaienL'aus si -construit 1%e$calier de gauche, fameux par-ses traits et un, pendentif. do Valence,", execuLd par Jean Thiriot.- Do cW do, 'rdin. la fnade rappelait,' Celle de I'entrk plus. que ne fait ]a n ovelle,, construite ous Lo uis-Philippe; .de a
,ux-terrasses*.ratt 6haient les pavillons-d'an' le au
0 S I I I g
pavilion Tentraf, -'qui accost6, sculemlent d',un premier ,6ta'e,- s'e v -au dessus.en ddine Lh,.Rait N grande chapelle supported par tine voitte tre's-hardie* %ge de*, do La fo n s. Cette chap*elle .6tait, dkoxk .. de'quatre I statues de, Vertos. packs
&ns Osniches j et sur I'aotel, -d'un tableau du- Christ port6. au tomb6au qu'an. atfribuait, A Per i'A I V e ague.-.- Enfin,, --du eW do
jardin -comme do --cW de la cour,' rampant des- fmntons 6taient nis de, statues coucues qUi ont W btilevees.,
Mais routes ces d6coratioiis zae pouvaient.: ffire. au ,gout ntin. do .1a: -reine,.- Elle se-- souvenalt'trop, des splendid' s, -galeri' couverfes de 'fresques et de'tablea',ox,. dofit les princes de sa famillc:ivaient',enrichi routes, leurs* r6sidon-ces pour ne I -pas vouloir donner Ason palais'-d-e. Paris cette.illustriti6n h6r6ditaire. Uihtendant de, -la- rein e, sins doute, faW. de Saint-Ambroisc,, aya-nt, vu to sii n*t: Charl6, 4istribuint dcs au ones*. t tol--de Saint-71aecjues4a,713oue ierio, r Q intinNarim,- de Beauvais
to seul d6s m'aitres, do 'Po in
uss qui. ait eo I' lion n eur', Ware: di-ne do souvenir', parla de"-- cot ,artiste A a reine, qui agrea. ari ri fit m6me de- magnifiq'ues, designs qui'Jure t tes, eftips et
n -ado p*f6s; mais, sur -ces e*fitTefii on poke 44 t' on grand ain-j*,
ftornm6 Durand, fut, pris et brCtI6.,pour, avoir kriU centre' 1-6 cardinal ea'favour de' la reino-m6re. GettQfoilune peu: enviable fi t peur--A notre peint,'&, et IL se.. ca6lia si hien quo, la reine revenue On Re put U rO ssir A'Ile trouverl. 1.1 deviant n'ecessaire de -se
:pourvo.ir ailleurs; Mais, si Rubo.ns,, a fait-,Ih-. P clief dwuvre ne -fa.u el iii it pas, fait.
u i-I t pas roiro-."qde Varln' ny a ra' quelque-'cliose
do' tr65-im rtant.* Ic beau tableau, -des Carnies' la Pres(entation, au T I 't 4 Saint-Germ*ain-des-Pr
PO enitide,.,waintonab. es, peouve
surabon-Wam.m.entpar sayaleur et son-ori' in-alitVque'Varin avait,un'temp6rathent- d6, -pein'tre;,ciapabl' do s'uffire 'A nventiQn -et A 1?e-x6cutioR, 4.14-es-.grandes piges dkoratives. 'Robens fut pro, I pose par- 11 amb'ass'adeur e n Fr6nce.de far6hi due' Albert of de
-6 abet e* le'barbad 'Vic' dont le touvre vient d'acqu6rir .1'admirable: portrait, qui s'y tr( v d i fois I' s -pi et
I ante fs, J e, qI e e a ace
pour. sa beauty et'h cause de* Le peibtrovin't, A Paris' c n, 1624 SOUDIlt ScS eS t'de rep,
quisse8 avan utirl et", les
I




en O'
-7 --77LQ III pilin







LES 1) ALAIS. -- LE, LUXEMBOURG. 4 3
travail Ini strait retire, et l'on a retrouv6 de nos jours une letter. du cardinal de Rich6lieu. A la reine, 6crite de Suze,, 4 la (late du 22 avril 1-699, 04 il lui propose, pour.cette second gale'riel., le Josepin, qui. ]a fe r a i t an meme- prix que le sieur Rebens;, mais l'affaire ne r6ussit pas de cc, CW, car, si les circonstances I C'mpkli rent 1'execution definitive,, Ruben's en.demcura charge, et, l'on connait,. dans les muses, des esquisses f4ites. pour cette second -galerie, qui devalt 6tre consacr6e plus particuWrement A, Henri IV, comme ]a premiere galerie 1'6,tait surtoutj) .1a:reine-m6re. Ainsi l.esquisse d'un triomphe du roi et Celle de la victoire &Ivry se violent it ]a galeric de Florence, et AL Louis Lacaze,. ii P aris, poss6do m6nic tin fragment I del"ex6cution c'est un grand tableau ovale repr6sentant ]a France sou's' les tr I aits de Marie de Medicis. 11 faut dire aussi.que la d6coration. de cette second galerie, c'omprise mainuenant dans le in-us6e du Luxembourg, fuC coin : menck sous ]a -rein e-m re ;,fon y voit au. _p lafond -les douze sixties du ZodiaqUe points par Jordaens, et l'on ne pent pas dire qu'ils, y aient, 46 transports Aq plafond de, la galerie, -de Rubens; car Sauval remarque que cette derni rc n"a pas de plafond'., et dit ailleurs.que Cothet avait fait les'excellents stucsde'la galeiiegauche.
Upe fois les tableaux do Rubens enlev6s au Lu.xembourg, il,'s I emblerait'que cc -- a I is -ne Afit plus. I r 'on contenirqii fdt contemporain
p
do ]a reine-m re. 1.1 conserve pourtant quelques d6hris- recueillis et utilis 6s dans (In rez-de-chaussde, arrange
sous la Restauration et, connue. sous le nom-de Salle d' Livre. d'O' a
U r, parce qulou y devait conserver les titres de h prairie alors
h6reditaire. Lorsqu'an commencement du si6cle., Chalgrip cut A re manner l1nt6rieur du palais- ,il recueillit avec soin cc qu"il put de Fancien oratoire de la reine .6t de ses archives; il y r6unit d'autresboiseries.peintes-et dor6es que M. Rayniond, qui pr6parait ail Louvre les tr, palais 6ttefiante
avaux, installation du 31 us6um, avait -6t6 forc6 de- faire enlever dans I'aile de I'ancien A la
galerie. Mais 'Clial-rin* n'eut pas- le temps, de les cm lo er;. cc fut son successeu ill. Bara aid6- do MM. lesu peintre,, et La-nglois, doreur, fit en 18 17. cetravail -de restauratio'n' et mal(s-r6 ]'alliance de peifitures d'6poques diff6rentes, il a fait de cette Salle ane des plus grades, curiosit6s du Luxembourg. 'La 'pike, est earr6e et au fond Wun-o,,partie'
beaucoup plus 6troite; cette dernie're a Sur ses petits- c6t6s doux. portes -qui so foul pendant,,,, et elle, est spark de, la parties p
principle par deux, pliers, converts farabesques stir fond Xor-, comme teux'des antres p ilasfres_ qui, eneadrent les fen6t1res-'ot* diviSeDt les murs. Pour les peintures onja imprim6 les noms I I es. plus 6tranges" ceux de Chain, paigne, de-Rubons., dePoUssin je Jean d'Udine i-n6m-e; mais', on vale voir, an cun. de ces quatre'noms. West, ppssible,,Le couloir par,, sequel on entre' et les portes s ont d6cor6s do m6daillons bleu et or Sur fond b l.ane;'ces lambfts, comme les 'arabesque I s., des pliers points sur fond d'or, proviennent du Louvre; ils 'ont contem.porains de la'minorit6- do Louis XIV,'61poque A laquelle AD,,ne d'Autriche -fit. d6cover tons ses apartments, et ils -sont, tout-A-fait dans le goAt, d'lornementati6n d'Errard'et des dcax Lemoine, I'l n 'I y-A. -que -les p:eintures, Ae sqjets qui soieht d.u tomps de Marie do 316(lic'is. Cc sont d'aboed an Centre.des deux lafoDds, deux sujefs, plus grand'
p
Marie de 316dicis, A moiti6 nue, env6lopp6e de nuages et cnfev6e, au. ciel entre, deux "g6nics," et la m6meen Junon, assist, Sur, I e tr6ne de Jupiter et rocevant ujifaisceau de Akhes; second sRiet, chose- singuli' re -est, dans- I o Wrao'sentiment de, compolsi ion quell' admirable plafand da Louvre, ofi Prud'hon a repr6enf16 Diane aux. genoux. do Jupiter. ,Ces deuxtabl aux-,tr'es-. ,curieux sont dus au. pinceau do Jeaw Mosnier, de 'Blois quaht an buit Sibylles on- busto 140 at.keompagnent to dornier stijet, -elles ne sont quo des tableaux flamandsde pacotille, sees ei, petitsde faire dansle genre de ceux dont-I.A. France 6tait inond6c 'A cette poque. Dans ]a voussure sont des e pants n.us, volantet tenant Jes -arnics- de France- ou. d'-Autros symboles- ils Sont d'unt aitre main: gamme Don plus froide et unpeu verte, mais tres-dor6e et. d'un bon 616ve do. Ruboris. Les infants avee
q et myth6logiques-., Cellos-ci.faisaient parties
des m6daillons Qvales, encore d'une autre maip, repr6sentant des figures all6gori' ues
-d'une suite dem6daillons provenlant des -archives de' la reine 'et leurs companions so 'trouveftt,.au bw de. s places, qui garnissent le,
_premier coup, avee address et Ji ert6, et'le nomde h6odw'Van TThulden, qu-i.a W prononc6 A fond de la pike; ils sont points du' ib
leur me paraft incontestable. Gest sa mafti re, -et il C'st venu A Paris,, o.U' il. avait peim Sur la"'menuiserie. des S*
6glise voisine, I Celle Acs, Mathurins-, des stij ets do 1 a vie- do, leurslondateurs' Saint-- Jean, de Matha, et Saint-Jean de.1a. Croix, Toute cette Salle dernanderait une'descri" tio d6taill6e., maig il faut. q*u je me,.hAte, ot je Wai pas encore--parI6 des'anciens"jardins.
or
Ils taienl Wn inoins ,grands qu'aujourd'litii et s'6tendaicnt'b6aucO'up pla' a r o, e u r,; car.devant 'le bkin 1611t, mAroe es n w kbange fait avoc les Chartreux, ils Wallaient que jusqu:'4 l'ontr6c de Vavenu6 actuelle deI'Observatoire etjic so d I 6velo pV ientq u'e, Sur la.droite. LA c'6taiefft do longuegAll6es, d's palisades, un '' rand bois piusicurs grads jardins r ein
9 plis s.hoples' et, en
--en fo me, de brode e &s terrasscs garnies de
face du palais, des parterres" r ri* s, des batustres'doni, la correctio 6tait cWbre vasques
de marble de couleur; de plus sur-le c.W gauche du,*ardin il y avait, 6t il y a henteus.ement encore, 1,616g.Ante foritaine, wuNrc aussi do Salomon de Brosse qu'onappelait alors Ict grotie de N dicis. _To'ute son- ordlqnQance cst recouveite'do conge'lations pendanies




PABIS DANS SA SPLENDEITH.
du ChAteati-d'Eau de I'aneienne place (In Pa-lais-Iloyal. La forme g6n6ralo, 6tait la m .mo et lorsqu'apre s 1848 on abattit, cc ChAteau-d'Eau, -rien nWait si facile que de conserver cette d6coration central 'et do la saver en la r66difiant ailleurs. Elie edt W au Luxembourg du plus charmant effet, et elle y avait sa place comme d6sign6e d'avance; mais personae n'y a pens6. On n'a pas meme (pargn6 les, 616 gates, figures' de ]a Seine et do ]a Sa6ne, quo le, fin ciscau de' Coustou Avait assists Sur 'les rampant du fronton et fai, v6 Ia' pioche stupid brisker et jeter A terre comme do vils'moellons: les t6tes et les bras 6cras6s do ces d6licate's statues.
Sous Maric do 816dicis, avee Louis XIII A I'h6tel Concini et Richelieu au Petit-Luxembourg, I'histoire a habit le ah
-nous esquissons la f6rtu no; elle no Va -pas qaitt& so.us son fils Gaston, h qui la'rei no I'avait donn6 et A qui il fut -inaintenu, ainsi qvie le in-obilier, par -une'transaction passed entre, lui ef.sorf neveu. Louis XIV, le '26 avril 16 It 6 h la condition de payer les dettes do sca ni re. On sait tout le trouble sans grandeur, toutes Ics tonspirations sans courage, tout le inan6ge iml4uissant qui s'y agjWrent usquA la fin tni- -orit';- mais il faudrait &s present suivre I"histoirede notre palais dans ]a Gazette, dans' les Wmoires, q nous unporte de -dire, Cost que Gaston y avait rhim., un twu dans. le Mercure', et cc Westpas ici le lieu, Cc u'il aux d6peDs de
celledes,,Tuileries, ime collection- d'atitiques Ws-importanW que, lors do I'arriv6c de la second 31adame,! Champagne, qui avait dans"Vorigine travaill-6 aux peintures ci quilAepuis lors, 6 1 ta it loZ,!,,6 an Luxembourg, lut forc6 de se retirer-, e.t que Louis Testelin travai-11a dans un -des -appartements pour. I'abW de la Rivi& l'indigne- favor deGaston. Apr s lui, il passa aux mains de sa. fille ai0e,, ]a Grande Mademoiselle, qui yfit faire des embellissernents; ainsi, elle employa, en 1667, le sculpteur Etienne Le liongre
diff6rents ouvra"e' do stue, dans- ]a chapelle et dans les -appartements, et fit peindre le plafond de sa chamber par LaTosse, qui
r ep r 2,' sa sw r onsan-,uine,-M" de Guise, veuve de -Louis-Jpsepli de Lorra iDe, le partagea
r6senta.Flore et- Z6phy ei, D6s J-67
avec Mademoiselle-, apr6s quelques oiselle; elle
Ticoteries dont, parient- les M6moires de celle-ei. M", de Guise surv6cut A Madem fit', deux ans -,-,ivant- sa mort, don, au *-r*oi, le 16 mai 16911, du. palais, lequel'fit reform, on 171'5, au regent, le due dOrl6ans.
q p rtes du jardin, et Dieu sait qOels- lArdons les
Celui-ci le donna, Asa fille-la duchess de-Berryl ui fit un instant former les o chansonDiers d6cocUrent Sur* cc m ej d esse, lelieintre
jardin, ainsi devenu-un ,auvais lieu Pend-ant toutle temps An s "our e la duch Claude Audran concierge, du-, Luxembourg depuis le 6 juillet 0011, fut forc6, faute de place, d'interrompre le travail d'une nouvelle fa on, & tapisserie qu'il y faisait fabriquer, et qui 6tait compose de laine' hach6e ou pi]6e'sur un fond de toile cir6c, promk qui no devait as kre saps analogie'avee celai do nos I papers velout6s. Quelques ann6es apr s ]a mort de la'duchesse, arrive on, 17 1, 0, le Luxembourg fut WOO par -le voi 4 u1ne autre fille du r6gent, votive, en 172i, du fils de Philippe V. Celle-ei-, qu'oti d68igue toujours sous:le nom de la rein e d'Espague y fut re el 'le 23 d6cembre 1716-.,'par le due d'Antin et le corps'de ville, et y- demeura jusqu' sa, mo.rt arrive en 4 7 42.
A partir de cc moment, le Luxembourg est abaDdonn6, et, en 1745,,-Ie peintre Charles Parrocal y est log-6 par M. de nt'de la'r(Ane d'Espa'ne.et dans'la. grandesalle des garden divis6e par des- cloisons; mais bi Wt Tournehom daDS I'apparteme 9 re
nous voyons dans-11-istoire du Luxembourg- un faft tro's-important I'auverture en France du premier mu' s 6 e public. Les tableaux donL le cabinet du roikait si riche, haient, enf6uis dans les magasinsde- Versailles; un homme de letters du XVIIV si6cle La Font de Salint-Yen* Avait 6mis cette i46e -de la- formation, &un mus6e et beaucoup d'autres,, dans son _0-mbre Wtt grand Colbert et dans ses Nflexions.-sur "elques causes de T0aVp'HsenI de la Peinwre en France. 11 ne lui 6tait pas dorin6 do. I'ex6cuter,'mais elle fut reprise et mise on, oeuvre' presque aussit6t., Ce"fut M. Orry-, soutenu par M.: de Marigny, to fr6re de MI MadeTompadour, qui cut assez d'intelligencie pour com.0rendre et -assez do er6dit -pour realiser le' pro et de Nerivain. L 14 octobre 1750-lu _q i f6imaie t Fa P' rtement'do la reine. d'Espagiye, trausform6es en galerie- de tableaux. Cette exposition Wkait-encore com Pos6 e que, de cent dix- ,tableaux dont on'a jAusieurs, catalogues imprim6s; elle Wkait alors ouverte quo le inercredi et le sanle4ijours auxquels. on- ouvrait de m6me. la, galerie de Rubens;'mais 1146e 6tait passe A Fkat de fait, et, &s lors, I'&x-position, publique et permanent des ricliesses, do I'Etat ne devait pas lesser de devenir & plus en plusconsid6rable et lib6rale.
De cc moment, il faut aller jusqu'A lafin de'.1 7 78,.6poque h kaqu-elle'Louis XVI donna en apanage le Luxembourg A Monsieur, cornte de.Provence, depu-is Louis XVIII. (,elui-ci .'S'kablit' au Petit"Luxembourg_,' t par Richelieu par sa
_m6re, AV"de Combalet, la faimedse-due hesso, d'Aiguillon, parla fa-mille des Con(16, qui, lorsque Jvduchesse do -, Berr y forma le jardin, De.--manqu' reDt'pas,-d"ouNri-P. 116 leur, all public, et- qui -firent, ea 17 11 -modifier les constructions par Germain Boffraud. Quand- Monsieur sortit--de Paris et de France en- jiAn' 17 9 1 il Wavait''pas encore quitt6, le, Petit-Limembourg pour 6 'per le grand, (.jucCbalgrih devait restAurer et renouveler. La. s6ule-tr'ce de, cc Droiet fut, d'un cW. la SUDDression d'une '




LES PALMS. LE- LUXEMBOURG. 45
Avec -]a 116Volution ha se ne change, Le- couy6nt des Chartreux, qui. occupant tout,-le -triangle dont Fallee ile
strait la bissectrice, est convert enune'manufacturc, d'arines, pour las bureau,\ (10*.-Iaq elle',on'. con8trii.isit dans le jardin unc. niaison, depuis lorsr (leNenue un- caf6; le palais lui-4ne'nic se eliaDge en pr I son :'.0est'Ift qu'at(en"drout, Nchafaud-le 'Vieux nlar&hal de Alouchy, le premier mari delos6phine, 4-16bert, _'Ca 111j] le 'Des in-o uli-as',, W'ton'-ettant, &1,,mres;:_,c'est-Iil que', RoVespie re full enfQrn)(1 que1ques heures et r6solut son cou-p-Ae, maiw, Sur- I'H6tel-dC-N1ilIe;- cest-e n core 14 qu"apt, s, le,,J lt rmidor Louis, Davilct fut enl'erm6 et expia la terreurlde sa, dictature,.sur lcs'arls., Bient6t, par- -on Aleccsrcviromonts si. -b-abituels 1ux'r6Volutio-n',-' le Si6ge du nouveau -ouvernenient y -fut instaI16; s"ur tes 61( 1 so- I 'ger d ns,.le palAi' tandis. que les
41,I)irecteurs, Barras ,piif sei.
quatre autres s6tablir cut dans le'Pctit-Luxembourg,.,*6t .. Ton s'occupa X approprierle -lais-A sil no-u v ol le, travail fut de ci euser des: -eaves, "sous le palais, et cc. -ina nque (to 1ondations profQiides, oi lique 4-14 fois Ja rapidit& de".Iii. preniWe coilstruction, et fa raisonqui ilvoit fait prodiguev A de- Bosse des sorf rezAcrcfiauss6e. Afai,
le 18 brumaire (9 noVembre 17 9 0),Nint, interron1pre, ces tl avatlxl CA e4dant, twis, mois- Tonaparte succ6da aux Diroetcur*s dans-
p
Ic peiit 7L(Ixeuibourg. Apr6s soiid6part, pour les Ti.tileries' -Ic palais- flit -,affeote, (Ili, S6nat conservatreur qpv enTrit.-possessio-11. on I vr je r 4 80-1 et lon roprif les-trav aux qui fure&nt, me- s, avee mpidit,6',_ t-ache ety 18 0 4* C6 ill ul e ccs trava*ux,.d6trnisifent to.utoi ne c ve
11ancienne distribution inicricure, il faia, aii'moins, I's,--si or. I plancher -do la galerie'd-e I"aileAroitc
qui deviant le grand e sclier. du S-6nat; tout I'appartement -da la raine.-M-i ,ro-_et'Aa0r, de' Guise'fut C hange-',,cu-pWcs -cond(dsant.it -1a
Salle-des S,6an6es, laquefle renipitic.a' la grande chapellie et. F ancient grand es-calier.- La -.'alle do Tr6n-a. ccupa les, anciansap ,arfe.w6nts
de Mademoiselle. Voici mainte-nantAes c4amaeftients extArietirs Clibig(th), sup al fond dc-- ]a :tour,: Jouta, Sur le,
Miliell do se", doux c6t6s un avant-corips de eolonnes annoncant I-, n I' Att'no vel escalier- I'autre, un pas sa go no-uvejlemcnt,owertentre la cou'r et le ja-rdin, et modifia 11(11a ,ade sor le jardi-fi-!Jl- stipprima le d6mc, cliangea en' feDUTeS "a-reades,'h-jour do la galprie rez-de_*c4auss6e, et construisR stir la WrrIasse* un, premier 6Uji)c. CcJutjtntort-'.d'ijne o rd on win cc q ui rappela-it,.mtle do Fentrk 'et, dont les rotrkifs- etag6s fo.rinaient par lears ressauts. (les- prAndeurs 66 sejouaierft- ]a lumi&e et -Vombre, A-lit, une kade plate -louv&4 Eofin: l'on se so 'vinf dU 1111AS6e OLIVel't par Louis Xv- fah- en forma: un nouveau -:La' I' che
celle qui -devait conte ni r lil- V I e_-all6gorique d e Hen r i IV, re ut'les Aiible ux Ae Ruben s ;': 1'on oignit la -su'itc'd6_ POks de F r ance de Vernet et'de 11 Lic proveniint du minisl re de lalchwine.,-,-et ]a vi de s i t B'runo peintb paf-Lesucur sous le cloit.6,des., ChaHreux, et,,qui,- c6d6e paroles, ChartreuxA L-o u i s XVI, reve-fiait, ainsi. aupr s-de$, lieux pour lesquek-ch:avait, W _ori jnairemc nt.
Ce nouveau musee, n'6prouva pas de changement jusqu'en 5,_ ni sailorss les -1-rois -Svitcs-q.qi_ le-coni"pos'.i ntfur-ent:-Iiorte ?-'S
au Louvre pour caeher les blessures fates au mug6unii *p ar les"tdli6s et remplacer -1-es -mbtead dcs- miciebbes ecloles acquis- A, lit France par des'- traits. 0.-quo'Fiavasion reprenait, avec violence. -Le I Hneipe'd'Vn' m'S'6e. au Luxembourg fut: c-epefiditnt respiect.6" carcclui: ssait fut Went& 'remplace"par u6 I..&, lo' rs A;' des, Cel.1 artistes i
disparai autre encore subsistifnI, ot ccinsacP6 Vtes & -,v -vants
acheWes par I'Etat et attendant que la justice do ia pst6ril:6 leur.accbrde ou ]our -refu% le"'Orilleux. honDeur d7ebtror,46 Lonvre-.
Dans- tout ceci -je Wai pas parl6 d'liistoire,- C'est que. depuis 18 0,41 celle, ,donf, le.- Ll.Acmb"rA J-f]evieht Je "thobrfre es,tr toutc, parlemeDtaire et ne touch.e plus au. monument. 11 faur venixjus'qu'aii r gne de: Louis--ftilippe,, sous 1eq4el lc, palais a W une"seconde fois. et A U-ne. facon encore plus- profondo, qtfau couftnenceniciftAlu. proR er -empire.- t'al c de S6.ances,
construite pour quatre-vingt-qpiltorze s6nateurs, soulement ct-'ho.n,,p"Wiqqc,,_ 6i'ait, Aeptiis lobolem de'ven0c. insuffisahte,, De_m r ai khal No et e e olle
i6mo que la Am bre, des- Pairs avait, 01, ,.Sous' Ia_,fto*4au.ati.orL" 'I '' UT c '16i d.6. Louv I
y
sous le gouvernement do Juillet,, Iejyiste'. pri*il6g, 4C 'olfti -uos,' eft' c 6. s 6 of I es necessife's que en6rmt ,
cW du jir n-" c Wiivril i c sallc provisoire enchar-pont
qui. firent penser ii de nouvolles constructions On '6-leva,- d1A.1 di, our c, u
e, ,,avri suiv nt, pt's' d e ft, r e 1W cutjow.du projectt
commence Je Y f6vrjer 18 3,3- elle I'll t, acliev&, 1 5 R :-Ws-.f6*-.n4 e sept b' lleX6
m Ka itfalte. n, hn a, p res p u si I-S
d6finitif fut. ei-itam 6c et en, 18 3 9 toule ia .-'rossc -macof eriee I -interruj)tiohs'caus6es Par'& nbUveaux*
I)roc6s-, tout, fut achev6 a la fin. de. 18 10,',et' les:d4enses, de ces additions s6Iev6 cnf:a tx*0'isjh.ilIious Al0it 'Icent mille francs.,
.Dans cc travail le-Luxe6ibour-- a k6jou' W qt;e Au, cote"- dtvjardia- sur1equel-J] lost mwl 6., Au. lieu -d'o'ffrir-'sur o1i
do ses flancs'- lat 6 raux apy s les p6la is.' "hl': fa cade,' de-, I ii -iu-e (16A 6ljfn6f1, deux ij, on
offre en plus untroiSiemc plac6' la meme dktancedu, -second que, cclul--ci.'116tait-dti premier. C"est, e'ntr'e', .-ces'deu,x pavilionsmmOnse. -ospace,,;fflt-xm'16Iia'iro elle
ajout6s qu'a R6 rel)Qrt6.e la nou-N,016.fa .ado- 'et l'i' -ke, cfiiP*1oy6- A' fa. DOUN Salle"-et: toutes
f c djtion ,de ce"'Tenre n e lu so' em, qqe la destruction complete
sesd6pend'ances. NouS' demons le remarquer- ic ar des,-it(l I), RV




46 PARIS DAINS SA SPLEINDEUR.
depuis 1612.jusqu'en 1845. Elie joint l1nt6rk ATauthenticit6. pour tout cc qui toucli-e aux nouveaux travaux, et elle restera sur
Ce point tin, document desplus pr6cie-dX.1
'11's.eraii -impossible d'Alftum&er iel les wuYtesWart ex6' 'Wes, alors pour d6corer Vinterieur.. it suffira Xen signaler une entre
totite'sipirce.quelle, es1t la' plus -importapte et*'qq7PlIe, 6st encore 1',une des plus helles 09cs,,que le g6nie, f6cond. et puigsant'de
14. Delacroix aii '6crite's stIk murs de, nos wo I numents. Cest, dans la co-upole de I a'- Biblioth6'-ue, I'Elys6e paien,,r& 6 par
Dante,.,Pour. Thonneur des 'grands,"esprits,.de I'a nti'quft6, et, -a'u-dessus de 16 fenkre celatrale, Alexandre,',apf& la -, Y ictoilree 0 Jom re.,Tour cohipl6tOr la part-prise parle dernier r'
d',Arb ties, f4i.sant'mettre dan,s une"CAssotte-tirkieuse"fe' p' 6mes-fl qne aux,
-embellissements Au Lux"emboirg, if faut indiq',u'qrJa suite de','sWu6S &s reins et'des. h6r6in*es de I'anciefine.Fraiiee quiorne I es t-de At kidl, it y,' n h, quel ques-unes de mauvaises, encore plus de m6diocres, et co terragses, dd- parterre,; -selon- le mb e III In e
h-6npes --ow ne, peqt, gu6re citer que. 14 o d itraux d e Saint-7wferdinand, -et- laJe
Cl ti-16 de. X, agmann-: souvenir es.y anhe Hachette
de, M.-Bon.aissieuxi.,
Avec: I-a.,.r6volution Je 1849 arrivela fameuse c,6,mtnislsilon Aq, t4.embouq, qp I West p s, de notre doniaine; -ppis, o n 190, ot
pen par ian"cune" 176 0 i s e des Religieu4es. du. Calvdire, construite A 63 1, par 'Marie de -Wdicis, A droite sans doute., uh de 1625 ii
dui Pefit, Euxembotirg,- 6t_ qui avait.'s'o6i- de. prison politique sous:Louls-Phi-ripp-a, fut abottue so us pr6texteA'alignement', A- cause
de:obliqu e 4 u' i Wava h c a it, p a's :, d e d e U x, pi e d s s u I r le, tr6ttoir; destruction p 'rile, carj'on-aunit tr&-fadlement
-i it e. -salle.Al _Weti reste, p us -,g -aux, S m r, de
..trouV6,'fiioye6 Wfttilisgrl la -e Pe glise- A Tkat T. rAce -construction vOisines, qqe,,Ie 'u' de
'trale: m- t- n"& (run. buste en.bronze.de Mariede- 146dicis'-06it, lle du'
gauche et celui- duJond.-i,16 jolia &co"ration- cen tonwn, olr.e $urses ,deux cWs-,se. voi '61 enco e' des rests esque -Are de Champaigne-' A' 00 to petit
maitre. autel, et e de 1r 's, couvres eut
itre &s 'rel' celui, des ha Org ongtemps-, 'kait pr&s- de la ru .60 nstaur' et,
Igleuses: dreui, 4 rui-rdep I e d'Enfer
-g clans la: P' Ore par ses collections- e vign ',et .*de
chan e tn-see' -dOxnement.. Plus' tar&, en- 1855 ow. a Nev6 epi iere, 0 d es
"*t- par, IaV1JVdk'dt -Raindrop., -ttn*e s atut d-Tustactie Le Su*eur, noble homagee an genie Oe cet artiste, et:' d-ot 14 e,:la,Wte, de:'Sa.intBrU*-,no de ce gr "dma' e,;bien qu'il ne'soit. pas mort, atw tbu t 6it:i, sa: plaeej, A ettuso (I Chartreux,, ans'
4-1
yoir eu oman"esque e sans avoir e 61 aux prises ave Ce sont1h dOg'brodpmais: a '._,.dedu.eUr e ]a mis6r.e., -eries'l6getidair-es, que de
nouvelles r eh&ehes an- fles suis,heureux &avoir concOuru miseg'a neant,,.ce qui ne' 1, anipe
x UO -e s c 'chera Vas tl'Ure Aites
rit 'dabs'lel' deux'da'es d a d d Ia-ites- satik ., En-fin, Jout.Wcemme p esr ,e-,I' facade -du fon e -,cour iennent: dl'Ore,
-magm -so s, le nom Ael.mlle -du Mite. La d' rure, la kulptu e et
eofiv.ertis,,en une. 1mynefise. -,et #que'salle, de.-f6tes., d6s gn& U11 0 '1
ppinture sontpr -s- 4ans ee -I A -de- I& gaterie. A'Apollon an Lotivre j 4" Ja galerie
odigu6e Aie plerie .-od se a dent es, souveniis
Ver1saillp&._--Us_ Arum 6aux, des fambris -offreot les principaux faits,-.du. Ogne -tictuel,'et Jes, deux lem i-oupoles, des, extr.6 mit6s j C 61 Wes -a H Leh' 6nn offrent, uin re'su" do I'histoim4e Trance-; Vuni, des Aeux 1)
--co* saerk auj premiers-te ps,
eg-t o reuse et k6wai*quable, par Ja. vi gueur et'. e pitt esque destypes efdes, costumes
444ait-,he I I or par' -le sentiment 6nlergque
des racosbarbar&, ,.dans feqttel MM. Lehmah61"et. Cha*86riau suivi Delacroix.,
ANATO-L-k DE MONTAIGLON.
"M




17 Vio~ Vol d'OiOeaLI 10 l 00' (i~mIJlON