Citation
Echos de la MONUSCO

Material Information

Title:
Echos de la MONUSCO
Creator:
Mission de l 'Organisation des Nations Unies en R.D. Congo ( issuing body )
Place of Publication:
Kinshasa, DR Congo
Publisher:
Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en Republique démocratique du Congo
Publication Date:
Frequency:
Monthly
regular
Language:
French
Physical Description:
1 online resource : ;

Subjects

Subjects / Keywords:
Periodicals -- Congo (Democratic Republic) ( lcsh )
Genre:
newspaper ( marcgt )
newspaper ( sobekcm )
international intergovernmental publication ( marcgt )

Notes

Dates or Sequential Designation:
Began with: Volume 1, No1 (Juillet 2011)
General Note:
"Une publication de la Division de l'Information Publique de la MONUSCO".
General Note:
"Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en Republique démocratique du Congo".

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
Copyright, Mission de l'Organisation des Nations Unies en R.D. Congo. Permission granted to University of Florida to digitize and display this item for non-profit research and educational purposes. Any reuse of this item in excess of fair use or other copyright exemptions requires permission of the copyright holder.
Resource Identifier:
on10476 ( NOTIS )
1047609376 ( OCLC )
2018226778 ( LCCN )
on1047609376

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Volume IX N Janvier 2017 Dossier Tanganyika : Rconcilier les coeurs pour un environnement paisible

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Par Charles A. Bambara* Sommaire L e 30 mars 2016, le Conseil de Scurit des Nations Unies votait la rsolution 2277 sur la RDC o il tait clairement dit que : le Conseil se disait proccup en particulier des informations faisant tat de la recrudescence des violences intercommunautaires dans certaines zones de lest du pays Ces violences ont touch tout au long de lanne 2016 et en ce dbut danne 2017 plusieurs provinces du pays notamment la province de Nord Kivu, la province du Tanganyika. La MONUSCO qui sest toujours sentie interpelle par les diffrentes rsolutions na mnag aucun effort pour simpliquer autorits provinciales. David Gressly, ladjoint au Reprsentant spcial du Secrtaire gnral des Nations Unies en RDC, charg des Oprations, sest rendu Au mois de juillet de lanne passe seulement, on a enregistr selon des sources concordantes plus dune centaine de morts, une cinquantaine de viols et quelques centaines de blesss. Le bureau curs, et revenir une convivialit entre communauts. En plus de ce plaidoyer de rconciliation, la MONUSCO se devait galement comme lindique la rsolution 2277, de remplir son mandat de protection des civils. Cest pourquoi lors de son sjour dans la province du Tanganyika, M. Gressly a tenu visiter les territoires de Manono, Moba, et sest fortement implique pour faire baisser cette tension parfois en sappuyant sur les Barazas , qui sont en ralit des outils de Cest toutes ces actions que Mr Gressly est venu appuyer, encourager et renforcer. Mme si tout ne sera pas rgl dun coup de baguette magique cest un signal fort donn par la MONUSCO surtout dans cette province et dans la province du Haut Katanga quil a aussi visite. Linscurit risque dempcher des millions de congolais de se Plus que jamais la MONUSCO reste dtermine pour lancer des environnement paisible o les diffrentes communauts travaillent ensemble pour dvelopper leurs provinces. *Directeur de lInformation Publique Rconciliation Pygmes/Luba : la MONUSCO simplique Directeur de lInformation Publique Charles Antoine Bambara Chef de lUnit des Publications Aissatou Laba Toure Rdacteur-en-Chef Tom Tshibangu Infographiste Jsus Nzambi Sublime Contributeurs Thophane Kinda, Joseph Tabung Banah, Anne Herrmann, Guy Karema, Fatou Jobe, Jean-Pierre Elali, Emmanuel Imbanda, Marcelline Comlan, Amuri Aleka, Jean-Tobie Okala, Nana Rosine Ngangoue, Hlne Devaux Actualit 3 Egalit salariale hommes-femmes : en 2186 Politique 4 Dialogue politique en RDC, un consensus pour raffermir la dmocratie Elections 5 Les responsables de la CENI en province de la Tshopo largement satisfaits de lappui de la MONUSCO Dossier 6 Les conflits communautaires au Tanganyika au centre des proccupations de la MONUSCO 8 David Gressly : La MONUSCO appuiera des programmes pour aider les efforts de rconciliation Stabilisation 10 Le Commandant adjoint de la Forces MONUSCO, le Gnral Commins, en visite Lubumbashi Protection 11 Grce la MONUSCO travers la SOLIUV, linscurit en nette diminution dans la Cit dUvira Droits de lHomme 12 Situation des droits de lHomme en 2016 : principales tendances 13 Un centre de dtention rhabilit pour lamlioration des conditions des dtenus Genre 14 Un cahier des charges pour la participation des femmes aux ngociations de paix et aux processus dcisionnels Humanitaire 16 Il est temps de considrer la transmission du VIH comme une arme de guerre 17 Kasa : Une crise humanitaire oublie

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3 J aurais voulu acher, en ce dbut danne un optimisme conant, mais la nouvelle que japprends ne me lautorise pas. Je savais que lgalit des salaires dune manire gnrale entre les hommes et les femmes laissait dsirer. Rien de nouveau sous les Tropiques Ce qui ma abasourdie cest que cette galit ne se raliserait quen 2186, et encoresi chacun y met du sien. a ne vous en bouche pas un coin vous ? Moi je suis eondre Je dois reconnatre quen tant que fonctionnaire des Nations Unies, je ne fais pas partie des plus concernes mais Nelson Mandela a dit : Etre libre ce nest pas seulement se dbarrasser de ses chanes, cest vivre dune faon qui respecte et renforce la libert des autres Quel rapport me direz-vous ? Eh bien ce nest pas parce que je ne suis pas directement concerne que la question devrait mindirer, bien au contraire. On ne peut pas, on ne doit pas saccommoder des injustices. Un tour vite fait dans lAdministration congolaise ainsi que dans quelques entreprises a ni de me conforter dans lide que cette injustice-l est lune des mieux partages de par le monde. Or donc diplme gal et job description identique, les femmes sont moins bien payes que les hommes. Pourquoi? Disons, quentre autres raisons, elles sont alles plus tardivement lcole. Donc moins alphabtises et moins instruites, elles ont plutt occup des postes subalternes pendant trs longtemps. Ensuite ayant investi le monde du travail bien aprs les hommes, ces derniers, recruteurs pour la plupart, ny sont pas alls de main morte dans les propositions salariales, estimant quelles ont moins de charges (ce qui pouvait tre vrai mais non une excuse, du temps o lhomme tait encore le chef de famille). Autre raison, les interruptions de carrire dues aux grossesses, taient/sont perues comme des alas pour lentreprise et sont sanctionnes en consquence. Le plafond de verre galement fait que lon compte toujours trs peu de cadres et hauts dirigeants femmes, qui auraient pu promouvoir les femmes, dans les administrations ou les entreprises. Les femmes elles-mmes, lors de leur recrutement ne viennent pas avec un salaire, en relation avec leur niveau dtudes, proposer, et en cours de carrire enn, elles demandent rarement une augmentation de salaire. Cette question de lingalit des salaires Egalit salariale hommes-femmes : en 2186 est souvent souleve mais reste un combat bien moindre parmi tous ceux mens par les organisations syndicales, les activistes des droits de la Femme et les mouvements fministes. Cependant, tout rcemment, elle est revenue sur la table. Un collectif de femmes, en Europe, a dcid dencourager toutes les femmes qui se sentent lses, travailler au prorata de leur salaire. Il a t ainsi dmontr quen moyenne, une femme travailleuse donnait 34 jours de labeur gratuitement son patron. Les Glorieuses telles quelles se sont baptises, veulent faire de lingalit salariale une problmatique politique centrale Car tout est li : ayant un bas salaire, la majorit des femmes nouvrent pas de compte en banque, nont donc pas accs au crdit et ne peuvent devenir propritaire quen hritant, soit du pre, soit du mari (ce qui est loin dtre souhaitable !) En Afrique ce nest pas la mre des batailles ; celle contre les violences bases sur le genre venant avant toutes les autres bien videmment, mais pas que. Il y en a trop et toutes malheureusement trouvent une rsonnance en RDC. La lutte pour lgalit entre les genres nest pas quune aaire de bonnes femmes Nous exhortons les hommes sen mler car les prochaines sur la liste des exploites, sous-payes, maltraites, violentes, malmenes pourraient bien tre leurs lles. Cest donc tous ensemble que nous devons lutter an de promouvoir des relations plus harmonieuses entre les femmes et les hommes. Prenons cette bonne rsolution en ce dbut danne. Par Assatou Laba Tour/MONUSCO Photo MONUSCO

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4 A prs la signature de lAccord global et inclusif du Centre interdiocsain le 31 dcembre 2016 entre les signataires de lAccord du 18 octobre 2016 et ceux de lopposition qui ny ont pas particip, le cap a t mis sur les ngociations directes entre les dirents acteurs sur les modalits pratiques de mise en uvre de cet accord. Fort heureusement, aprs dpres discussions autour des questions sensibles tournant autour de la responsabilit gouvernementale, le processus lectoral, la composition et la rpartition des postes au sein du Conseil national du suivi de laccord, les participants ont trouv un modus vivendi pour amorcer la dernire ligne droite et aller poursuivre les discussions avec la CENCO comme facilitateur, sur les lections. L accord de la Saint Sylvestre a permis de renouer le dialogue et crer des espoirs et un environnement favorable pour avancer vers les lections. Le Secrtaire gnral adjoint des Nations Unies aux Oprations de maintien de la paix, Herv Ladsous avait notamment Dialogue politique en RDC, un consensus pour raffermir la dmocratie dclar immdiatement aprs la signature de laccord du 31 dcembre 2016 quil sagissant l de la cl qui ouvre des perspectives nouvelles pour la rsolution pacique de limpasse politique, soulignant que des eorts majeurs sont ncessaires an davoir ladhsion de tous les acteurs et une mise en uvre de bonne foi. En eet, tous les observateurs saccordent pour dire que cette adhsion est le passage oblig pour russir accorder les violons entre les dirents protagonistes de la scne politique congolaise. On peut le reconnaitre, les discussions sur la mise en uvre de lAccord sous la facilitation de la Confrence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) ont t trs dures et diciles mais fructueuses. La CENCO lavait prdit du reste en annonant aprs la signature de laccord que le plus dur tait la mise en uvre au regard des direntes sensibilits politiques. Les dirents acteurs se sont donc entendus sur le minimum pour mettre en place les arrangements permettant davancer. La communaut internationale na quun seul souhait : faire avancer la barque vers sa destination nale. Le Prsident de la Rpublique du Congo Denis Sassou Nguesso, qui est venu prendre langue avec la CENCO, le 19 janvier, Kinshasa, et les acteurs politiques sest inscrit sur la mme ligne. Il a prodigu ses conseils et encourag la CENCO continuer ce travail de fourmi, pour accompagner le processus engag. Il a compar le travail des vques celui dun barreur qui est en train daccoster, qui doit faire toutes les manuvres pour bien accoster, ce qui ncessite beaucoup de patience. Cest aussi le message dlivr par le Reprsentant spcial du Secrtaire gnral des Nations Unies en RDC, Maman Sidikou, qui estime que Linclusivit souhaite a permis davoir ce consensus plus large, mais le travail doit continuer, il faut sauvegarder la stabilit politique en mettant en uvre chaque point de cette nouvelle feuille de route politique Une fois de plus, les acteurs politiques, la socit civile et la population congolaise doivent se mettre ensemble et trouver les ressources ncessaires pour la mise nen uvre de cet Accord. Par Thophane Kinda/MONUSCO 4 Photo Radio Okapi/John Bompengo

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5 L anne 2017 sera une anne lectorale en Rpublique dmocratique du Congo. Cest du moins le souhait des ngociateurs de lAccord politique global et inclusif sign sous lgide des vques catholiques, au Centre interdiocsain de Kinshasa, le 31 dcembre 2016. En son article 4, alina 2, cet accord stipule que les parties prenantes conviennent sur lorganisation des lections en une seule squence prsidentielle, lgislatives nationales et provinciales au plus tard en dcembre 2017 Le Comit national de suivi de lAccord est aussi charg de surveiller lvolution du processus lectoral en RDC. Dans la province de la Tshopo, conformment son mandat, tel que dni dans la rsolution 2277 du Conseil de Scurit des Nations Unies, la MONUSCO est en train dappuyer la CENI, en prvision de la tenue de ces lections. La MONUSCO fournit une assistance technique et un soutien logistique pour la rvision des listes lectorales et pour la tenue des lections. Ce soutien est, bien sr, valu en permanence en fonction des progrs accomplis par les autorits congolaises, dans la conduite des oprations lectorales. Une runion hebdomadaire regroupant les experts des Nations Unies et de la CENI a t institue et se tient tous les mardis au sige de la CENI. Les responsables de la CENI dans la province de la Tshopo ne cachent pas du tout leur satisfaction au sujet de lappui quils reoivent de la MONUSCO. Regardez comment notre lieu de travail a t rnov. Cest la MONUSCO qui la refait dit avec reconnaissance Madame Aime Lihaha, Secrtaire excutive de la CENI en province de la Tshopo. En eet, les locaux de la CENI avaient t incendis le 20 novembre 2012, lors dune violente manifestation populaire contre la MONUSCO et le Gouvernement congolais, aprs la prise de la ville de Goma par les rebelles du M23. Aujourdhui, ils ont t entirement rnovs grce un projet impact rapide nanc par les Nations Unies pour une valeur de vingt-neuf mille dollars amricains. Le btiment comporte sept bureaux somptueux et une salle dattente, arme rement Madame Aime Lihaha. Les eorts de la MONUSCO ne se sont pas seulement limits lassainissement des locaux de travail. Lactualisation du chier lectoral va aussi bncier de lappui de la MONUSCO. La MONUSCO nous a beaucoup appuy dans le transport arien des ches et formulaires y arents de Kinshasa Kisangani cone toujours Madame Aime Lihaha. Selon la Secrtaire excutive de la CENI dans la province, depuis le dbut de cette anne 2017, la MONUSCO a, non seulement, mis leur disposition un vaste entrept pour garder tout le matriel lectoral, au niveau de laroport de Bangboka, mais aussi, multipli les rotations de ses hlicoptres pour distribuer le matriel lectoral, en provenance de Kinshasa, vers la Tshopo. Trois autres provinces du pays sont servies, en matriel lectoral, partir de la Tshopo, savoir : le Bas-Ul, la Tshuapa et le Maniema. Madame Aime Lihaha explique que la MONUSCO ne se limite pas seulement dposer le matriel lectoral aux chefs-lieux des provinces, mais quelle aide encore dans son acheminement dans les territoires les plus loigns, trs souvent dicilement accessibles par la voie routire. Dans la province de la Tshopo, les territoires dIsangi, Yahuma, Basoko et Opala ont rceptionn leurs kits. Pour ces quatre territoires, la MONUSCO a fait deux rotations dhlicoptre pour transporter environ 30 tonnes de matriel explique-t-elle. Dans la province du Bas-Ul, le transport du matriel lectoral par hlicoptre de la MONUSCO a dbut depuis le 14 janvier 2017. Les territoires dAngo et Bondo ont dj reu leur matriel, soit environ 10 tonnes. Dautres rotations sont prvues dans les jours qui suivent pour les territoires de Bambesa et Aketi explique Madame Aime Lihaha. La Secrtaire excutive de la CENI en province de la Tshopo se rjouit aussi du fait que limmensit de lentrept, que la MONUSCO a mis la disposition de ses services laroport de Bangboka, lui permette de desservir aussi les territoires de Lubutu et de Punia dans le Maniema. Les vols de la MONUSCO sont donc planis partir de Kisangani pour y acheminer leur matriel lectoral Les responsables de la CENI en province de la Tshopo largement satisfaits de lappui de la MONUSCO Par Guy Karema/MONUSCO Photo MONUSCO/Guy Karema

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6 A insi du 18 au 20 janvier 2017, les territoires de Kalemie, Manono, Moba ont t visits par la dlgation avec pour objectif, comme la indiqu M. Gressly, de venir se rendre compte de la situation juge proccupante par tous : Il y a eu beaucoup dincidents, beaucoup de violences depuis quelques mois ; on a not quil y a plus de 150 morts depuis le mois de juillet, de nombreux cas de viol et des centaines de blesss; il tait ncessaire de venir pour comprendre la situation et discuter avec les autorits pour voir comment apaiser la tension, a indiqu M. Gressly. Il est important de comprendre les causes de ce conit et de cerner les problmes lis au conit intercommunautaire principalement entre Twa et Luba, a prcis, le Reprsentant spcial adjoint du Secrtaire gnral des Nations Unies en RDC, Charg des Oprations dans lEst. A Kalemie, la dlgation a eu une srie de rencontres avec plusieurs partenaires, les autorits provinciales, la socit civile, les Agences du Systme des Nations Unies ainsi que les responsables du processus lectoral, tous impliqus, directement ou indirectement, dans la rsolution du conit qui touche cinq territoires sur les six que compte la Province du Tanganyika. A Manono comme Moba, outre les autorits territoriales et la socit civile locale, les chefs traditionnels ont pris part aux changes avec la dlgation. Ils ont dcrit une situation qui perturbe leur mode vie et menace grandement la paix dans leur rgion. A ces discussions se sont joints les dputs, lus locaux venus de Kalemie. Tous ont eu loccasion de donner un aperu du conit vcu et les consquences au plan scuritaire, socio-conomique et surtout agricole. Pour sa part, M. Gressly a rappel le mandat de la MONSCO en matire de protection des civils, ainsi que la promotion et le respect des droits de lHomme comme Les conflits communautaires au Tanganyika au centre des proccupations de la MONUSCO Par Marcelline Comlan/MONUSCO Photo MONUSCO/Xavier Mybe

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7 S uite son sjour dans la province du Tanganyika du 18 au 20 janvier 2017, layant conduit successivement dans les territoires de Manono, Moba, et Pweto, M. David Gressly, le Reprsentant spcial adjoint du Secrtaire gnral des Nations Unies charg des oprations dans lest du pays, a poursuivi sa visite de travail dans la province du HautKatanga, prcisment Lubumbashi o il est arriv le 21 janvier 2017. A la tte dune forte dlgation de la MONUSCO, le Reprsentant spcial adjoint du Secrtaire gnral des Nations Unies a entrepris ds le 23 janvier 2017 Lubumbashi, dintenses activits essentiellement focalises sur lexamen de la situation scuritaire, tant une priorit. Il a insist galement sur limpartialit de la MONUSCO et ritr la disponibilit de la Mission accompagner les eorts des autorits provinciales pour le retour la paix entre les communauts Twa et Bantou. Par ailleurs, la visite du Reprsentant spcial adjoint a concid avec les oprations dinscription des lecteurs dans la province du Tanganyika. M. Gressly sest proccup du bon droulement du processus lectoral, reconnaissant limpact du conit au plan lectoral : Il est important de sassurer que tout le monde ait la possibilit de participer aux lections a-t-il estim. Lors des changes, quelques dicults lies au conit ont t souleves en eet au plan lectoral. Certains centres dinscription nont pu tre ouverts; dautres ont d tre ferms pour cause dinscurit. Au terme de son sjour dans la Province, M. Gressly sest dit satisfait de sa mission de terrain. Il dit avoir eu une meilleure ide de la situation qui prvaut actuellement dans le Tanganyika. Pour lui, La chose la plus importante, cest dappuyer les eorts pour la rconciliation. On utilise trs souvent dans les territoires, les Baraza comme moyen pour se rconcilier, deuximement, nous avons notre Force et notre Police, qui ont dj fait beaucoup de travail travers des patrouilles conjointes avec les FARDC et on va continuer Il convient de souligner que, avec la reprise des hostilits entre les communauts Twa et Bantou en juillet 2016, la MONUSCO a mis en uvre immdiatement un certain nombre de mcanismes pour faire baisser la tension et contenir les menaces. Il sagit notamment dun appui logistique pour le dploiement des FARDC et la PNC dans les zones aectes, la mise en place de patrouilles conjointes Casques Bleus de la MONUSCO et FARDC, le dploiement temporaire de la Force de la MONUSCO dans les territoires comme Nyunzu et Kabolo qui ont retrouv depuis une accalmie. Pour rappel, la MONUSCO a appuy en 2015 la cration de cinq comits Baraza dans le territoire de Manono ; ce qui a permis le retour la paix et la cohabitation pacique entre Twa et Lubas dans certaines localits touches par le conit. La mise en uvre de lapproche Baraza outil de rconciliation et de pacication communautaire va se poursuivre, comme la indiqu M. Gressly, sous limpulsion du Bureau de la MONUSCO Kalemie, qui a dj entam le processus didentication des zones bnciaires. politique et lectorale qui prvaut dans la province du Haut-Katanga et en Rpublique dmocratique du Congo en gnral. Au cours de cette visite, monsieur Gressly a confr avec les autorits provinciales, administratives et militaires, sans oublier les membres de la CENI/Haut-Katanga, de la socit civile, de la majorit mais aussi de lopposition et le personnel de la MONUSCO et des agences du systme des Nations Unies. Dans cette province qui focalise prsentement lintrt de la MONUSCO, il convient de noter aussi le travail eectu par le Commandant adjoint de la Force de la MONUSCO, le Gnral Bernard Commins, arriv Lubumbashi le 23 janvier 2017. Lobjectif de sa mission, selon ses propres termes, est dvaluer leectivit des dploiements des troupes de la MONUSCO dans les zones dintervention mais aussi et surtout, renforcer les relations avec les Forces armes de la Rpublique dmocratique du Congo (FARDC). Les entretiens quil a eus avec les autorits tant civiles que militaires, ont surtout port sur les tensions violentes et rcurrentes entre les populations Twa et Bantous dans la province du Tanganyika, qui de facto, ont des repercussions sur la province du Haut-Katanga, avec larrive massive des dplacs Pweto. Source : verbatim-confrence de presse Photo MONUSCO/Amuri Aleka

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8 M onsieur David Gressly, vous avez eectu une mission de travail au Tanganyika, vous avez pu visiter les territoires de Manono et Moba en situation de conit intercommunautaire intense. tes-vous satisfait de votre passage dans la zone ? David Gressly : Nous sommes venus parce que la situation dans ces territoires reste trs proccupante. Il y a eu beaucoup dincidents de violence depuis quelques mois maintenant. On a not quil y avait plus de 150 morts depuis le mois de juillet de lanne 2016, plus de 50 viols et des centaines de blesss. Donc ctait trs ncessaire dy aller pour comprendre la situation et voir comment on peut appuyer les autorits locales, an dapaiser la situation dans ces territoires. jai eu de bonnes discussions avec les autorits, la socit civile, le reprsentants de larme congolaise, de la police et avec les chefs coutumiers. Je pense que nous avons une meilleure ide de ce qui sest pass. Du ct de la MONUSCO, nous avons fait quelques engagements pour aider les territoires dans cette situation de crise Vous dites que vous avez fait quelques engagements et quelle sera la contribution de la MONUSCO pour arrter la reprise des hostilits entre communauts ? Je crois que la chose la plus importante, cest daider les eorts pour la rconciliation, on utilise trs souvent le Baraza comme moyen pour se rconcilier, nous allons continuer donner notre appui qui est trs important tant logistique que technique pour cela. Le Bureau de la MONUSCO Kalemie a plusieurs personnes pour travailler avec la socit civile et dirents groupes sur le terrain. Ensuite, nous avons notre force et notre police, ils ont dj fait beaucoup de travail avec des patrouilles et maintenant avec de patrouilles conjointes avec les FARDC et la PNC, nous allons mettre prot cette approche comme elle a dj eu un impact positif selon les informations en ma possession et enn, nous avons quelques programmes qui peuvent aboutir au nancement pour apaiser la situation. Cest un nouveau programme de rduction de la violence communautaire, donc, nous allons octroyer un nancement aux territoires et dautres projets seront aussi mis en uvre. Vous avez rencontr les responsables de la CENI, Manono par exemple, vous avez visit un centre denrlement. Avec la situation dinscurit, le dplacement massif de population, ne craignez-vous pas que lenrlement des lecteurs soit confront une srieuse dicult ? Je crois que cest un aspect trs important, la rvision du chier lectoral. Nous avons not quil y a encore des centres non fonctionnels et dautres centres ferms suite la situation dinscurit. Cest important que ces centres soient fonctionnels le plus tt possible pour permettre chaque congolais davoir accs au centre pour son inscription comme lecteur David Gressly : La MONUSCO appuiera des programmes pour soutenir les efforts de rconciliation Photo MONUSCO/Xavier Mybe Propos recueillis par Amuri Aleka/MONUSCO

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9 et obtenir sa carte. Du ct de la MONUSCO, nous allons continuer donner notre appui logistique et technique la CENI et aussi, nous allons suivre de prs la situation an de voir comment scuriser les zones o les centres sont ferms pour que la population senrle. Les attaques de direntes milices ont caus des dplacements massifs de population dans dirents territoires avec pour consquence une situation humanitaire proccupante, comment la MONUSCO compte-t-elle ragir ? Laissez-moi vous prciser que la MONUSCO nest pas une organisation humanitaire, nanmoins, nous avons eu loccasion de discuter de la situation humanitaire avec les personnes aectes, les autorits locales et aussi les acteurs humanitaires. Ces derniers ont la volont dintervenir pour appuyer les personnes aectes et dplaces selon les informations reues, il y a plus de 380 mille dplacs. Cela demande un eort multidimensionnel et la MONUSCO est engage apporter son appui dans la mesure du possible. Votre passage Kalemie intervient au moment o un climat de mance sobserve envers la MONUSCO au Tanganyika. Comment la MONUSCO interagira-t-elle face cette situation an daccomplir son mandat? Nous ne savons pas pourquoi certains lments sen prennent la MONUSCO et pourquoi ils agissent de cette faon. Toutefois, nous avons t bien reus par tout le monde. Je ne crois pas que cela reprsente un problme, mais, nous allons continuer de dialoguer avec toutes les communauts et je crois que cest partir de ces discussions quon peut avoir une meilleure comprhension entre nous pour faciliter notre action. Les lus et autres notables au Tanganyika ont sollicit de la MONUSCO le renforcement des eectifs des contingents dans les zones sous tension et en conit intercommunautaire, est-ce envisageable? Nous avions dj commenc dployer des troupes quand ce problme a commenc; ctait un dploiement ponctuel Nyunzu et Kabalo et sil y a besoin de le refaire, la MONUSCO est prte pour se dployer rapidement. Cela ne pose aucun problme, on doit valuer la situation scuritaire pas seulement au Tanganyika mais partout o nous avons des oprations. Selon les besoins, nous allons prioriser notre dploiement. Avez-vous un message de paix partager avec la population du Tanganyika ? Cest vraiment le moment darrter la violence et de rechercher des solutions durables, car si cela continue dans le mme sens la violence peut sinstaller et ce serait beaucoup plus dicile de lradiquer dans lavenir. Cela va demander toutes les communauts concernes de dialoguer et de trouver la raison pour laquelle cette tension existe. Il ne revient pas la MONUSCO dimposer mais aux communauts de trouver leur propres solutions pour viter le pire. Mission humanitaire en cours dans le Tanganyika pour valuer les besoins des personnes dplaces : L e conit intercommunautaire qui svit dans le Tanganyika ne cesse de prendre de lampleur car, ce jour, tous les six territoires de la province sont aects par les consquences de ces violences. Sur prs de 385 000 personnes dplaces, plus de la moiti sest dplace au cours des trois derniers mois. Les acteurs humanitaires sont particulirement inquiets. Bien que les besoins humanitaires des dplacs soient immenses dans tous les secteurs, la priorit absolue reste la protection des civils et la couverture des besoins primaires tels que la nourriture, les soins de sant, leau. Dans cette spirale de violence, les enfants et les femmes gurent parmi les plus vulnrables. On estime que plusieurs dizaines denfants auraient t enrls dans les milices, des centaines auraient tout simplement perdu la trace de leurs parents, tant la merci des groupes arms. Ce mouvement incessant de personnes au sein mme de la Province du Tanganyika et vers le Haut-Katanga fait craindre une explosion des cas de cholra et de rougeole, deux maladies qui sont devenues des ds de sant publique majeurs. Face ce risque, une vaste campagne de vaccination lance n 2016 a permis de vacciner plus de 300 000 enfants contre la rougeole dans les provinces du Tanganyika et du HautKatanga. Depuis lundi 23 janvier, OCHA, le Programme alimentaire mondial, le Haut-Commissariat aux rfugis et dautres organisations humanitaires eectuent une mission dvaluation dans les territoires de Manono dans le Tanganyika et de Mitwaba et Pweto dans le Haut-Katanga an dvaluer les besoins des dplacs et de coordonner la rponse humanitaire entre les deux provinces. Les rsultats de la mission qui se terminera samedi 28 janvier seront communiqus ds que possible. Source : verbatim, confrence de presse Photo MONUSCO/Jean Ngandu

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10 A Lubumbashi, le Commandant adjoint de la Force de la MONUSCO sest notamment entretenu avec le Commandant de la 22 me zone de dfense, le Gnral Jean Claude Kifwa, ainsi quavec le Gouverneur de la Province du Haut-Katanga, M. Jean Claude Kazembe. Les entretiens ont surtout port sur la situation de tension violente entre les populations Twa et Bantous dans la Province du Tanganyika, et dont les rpercussions se font ressentir sur la province du Haut-Katanga, avec larrive massive des dplacs Pweto. Lors de lentretien avec le Gouverneur, le Gnral Commins sest rjoui de limplication des autorits tant militaires que politiques dans la recherche des solutions pour ramener la paix entre les communauts. Il a salu Le Commandant adjoint de la Force de la MONUSCO, le Gnral Commins, en visite Lubumbashi les relations trs bonnes entre les forces de la MONUSCO et les FARDC et renouvel lengament de la MONUSCO appuyer les forces gouvernementales pour essayer dinstaller des zones de paix et de scurit l o la paix est fragile ou a t brise. Pour sa part le gouverneur de la Province du Haut-Katanga a indiqu que la tension entre Twa et Bantous est un sujet de grande proccupation pour son gouvernement. Il a soulign la ncessit douvrir une enqute pour connaitre lorigine du conit an de poursuivre en justice les instigateurs. Il ne sut pas dteindre le feu, il faut connaitre lorigine du feu , a-t-il dclar. Jean claude Kazembe a en outre sollicit limplication totale de la MONUSCO dans la rsolution de cette crise. Il a en outre plaid pour une prsence notable de la Force de la MONUSCO dans le Haut Katanga pour jouer un rle de prvention et non dobservation lors notamment des manifestations politiques observes dans cette province. En rponse, le Commandant adjoint de la Force de la MONUSCO a tenu rappeler le mandat de la MONUSCO qui est celui dappuyer les forces de scurit nationales, qui ont le premier rle dans la scurisation de la population. La MONUSCO ne peut pas prendre la place de la Police et de lArme congolaises. Ce ne serait pas lgitime. Notre rle est dtre avec eux, aider faire descendre les tensions et ramener la paix . Il a insist sur ltablissement dune liaison ncessaire entre les forces de lordre et la MONUSCO. Lidal cest de prvenir les conits. Mais il faut un travail densemble avec nos partenaires congolais , a-t-il conclu. Par Nana Rosine Ngangoue/MONUSCO Photo MONUSCO/Carine Tope

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11 11 C tait le 2 dcembre dernier : la tte dune forte dlgation dune quinzaine de personnalits, le Commissaire gnral de la Police MONUSCO, le Gnral Awal Abdounasir, lanait ociellement la SOLIUV, Stratgie Oprationnelle de Lutte contre linscurit Uvira au Sud-Kivu. A ses cts, le patron de la Police Nationale Congolaise (PNC), le Commissaire gnral Charles Bisengimana. Un mois plus tard et de lavis de tous, cette stratgie de lutte contre la criminalit dans la Cit dUvira porte ses fruits. En quoi consiste la SOLIUV ? Mcanisme de protection Concrtement, comme le dit Sidi Goumour, Chef intrimaire de la Police civile de la MONUSCO-Uvira, la Soliuv vise assurer la protection des civils dans le contexte de la Police de proximit, travers des patrouilles nocturnes et diurnes dans la Cit dUvira . Dans le fond, elle vise deux objectifs principaux : dabord renforcer les capacits professionnelles et oprationnelles de la Police Nationale Congolaise ; puis, assurer de manire eciente, la scurit et lordre public dans la Cit dUvira et les territoires avoisinants en termes de prvention et de rpression des crimes et dlits. A travers la SOLIUV, la MONUSCO a mis en place ce dispositif exprimental dune dure de six mois. Il consiste accompagner la Police Nationale Congolaise aussi bien en conseils, logistique, quen communication... Cest ainsi que la MONUSCO a dabord fait don de trois containeurs que la PNC a placs des endroits considrs comme problmes de la Cit dUvira ; ils servent de postes de Police pour la PNC. Ensuite, la MONUSCO a oert une quarantaine de motos de marque Yamaha, dont certaines sont dployes dans dautres localits quUvira (Minembwe, la Plaine de la Ruzizi, notamment). Mais Uvira mme, ce sont plus de 24 motos qui sont en service, la grande satisfaction des populations qui apprcient enn de voir autre chose la nuit que des Ma Ma ou des bandits circuler dans les rues arme une Uviroise qui ajoute que nous nous sentons de plus en plus en scurit. Avant, quand on les appelait, ils ne venaient presque jamais, parce quils navaient pas de moyens de transports. Mais dernirement, ils sont arrivs Kasenga quelques minutes seulement aprs notre appel a, a nous rassure . Des numros verts Outre ces motos, la Mission onusienne a galement oert deux appareils cellulaires comportant deux numros verts que la population peut appeler gratuitement, la charge de la MONUSCO. Et les Uvirois ne sen privent pas : jour aprs jour, ils appellent ces deux numros, qui pour dnoncer une attaque dans un bistrot de la Cit, qui pour signaler un cambriolage chez des voisins, qui dautre encore pour alerter sur un cas dagression ou de violence Le Colonel Gilbert Serushago, Commandant du District PNC dUvira conrme : Limpact de la SOLIUV est largement positif en termes de lutte contre linscurit Uvira. Je dirais que depuis le lancement des oprations, linscurit a diminu de plus de 50 %. Avec les moyens mis notre disposition par la MONUSCO, notamment les motos, les numros verts, notre travail sest amlior. La population peut voir que nous intervenons dsormais plus rapidement Impact positif Un mois aprs son lancement donc, le bilan de la SOLIUV est positif. Lopold Amadjikpe, Coordonnateur adjoint de la SOLIUV au sein de la Police MONUSCO-Uvira, arme que depuis le lancement de cette stratgie de lutte contre linscurit Uvira, quelque 133 patrouilles motorises et pdestres conjointes ont t eectues dans la Cit, de 19 heures 30 minutes 5 heures, avec un eectif global de 721 lments issus de la PNC, des FARDC (arme rgulire) auxquels se joignent des lments de la Direction Gnrale de Migration (DGM), ceux de lAgence Nationale de Renseignements ainsi que des Forces de la MONUSCO, travers la Police civile et les Casques bleus pakistanais . Quant au principe des patrouilles conjointes, il obit la volont des autorits congolaises et de la MONUSCO dimpliquer de manire collective toutes les entits ayant en charge la gestion de la scurit, cela, en vue dune lutte plus ecace contre linscurit sous toutes ses formes, , explique-t-il. Il sagit donc dune rponse concerte et coordonne de tous les acteurs impliqus dans la scurit en vue dune lutte eciente contre linscurit Uvira. A noter enn que, la MONUSCO ore chaque semaine la SOLIUV des rations alimentaires (prs de 2 tonnes de nourriture) et du carburant (plus de 220 litres de gazoil). Sud Kivu Grce la MONUSCO travers la SOLIUV, linscurit en nette diminution dans la Cit dUvira Par Jean-Tobie Okala/MONUSCO Photo MONUSCO/Jean-Tobie Okala

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12 E n 2016, le BCNUDH a document au moins 5.190 violations des droits de lHomme sur ltendue du territoire de la RDC. Cela reprsente une augmentation signicative de prs de 30% par rapport au nombre de violations enregistres en 2015. Cette augmentation sexplique en particulier par le grand nombre de violations lies la restriction de lespace dmocratique et par les activits accrues de plusieurs groupes arms dans les provinces touches par le conit. En 2016, les provinces les plus touches par les violations documentes ont t principalement celles de lest du pays, notamment le Nord-Kivu (1.910 violations) et lIturi (749 violations), mais aussi louest, avec la province du Haut-Katanga (328 violations). Les agents de lEtat, principaux auteurs des violations des droits de lHomme en RDC Prs de 64% des violations des droits de lHomme documentes au cours de lanne 2016 sont attribuables aux agents de lEtat (avec notamment 480 victimes dexcutions extra-judiciaires), tandis que plus de 36% du nombre total de violations ont t perptres par les groupes arms (ayant caus la mort de 718 personnes). Parmi les agents de lEtat, les principaux responsables des violations documentes en 2016 sur ltendue du territoire de la RDC sont, linstar de lanne prcdente et dans une tendance proccupante, les agents de la PNC, avec 1.553 violations, soit prs de 30% des violations documentes par le BCNUDH et une hausse signicative de plus de 65% par rapport 2015 (941 violations). Les provinces de louest de la RDC ont t les plus touches par ces violations. Le BCNUDH a galement enregistr 1.218 violations attribuables aux militaires des FARDC, ce qui reprsente une hausse de plus de 10% du nombre de violations commises par des membres des FARDC par rapport 2015 (1.106 violations). Les provinces de lest de la RDC ont t les plus touches par ces violations. Les combattants des FRPI, groupe arm qui commet le plus datteintes aux droits de lHomme Parmi les groupes arms, et contrairement lanne prcdente au cours de laquelle les FDLR avaient t responsables du plus grand nombre de violations, ce sont les combattants des Forces de rsistance patriotique de lIturi (FRPI) qui en ont commis le plus grand nombre, savoir plus de 27% du total des violations attribues aux groupes arms et plus de 15% du nombre total des violations documentes dans les zones aectes par le conit. Cependant, ce sont les combattants des Allied Democratic Forces (ADF) qui sont les principaux auteurs, parmi les groupes arms, des excutions sommaires documentes par le BCNUDH en 2016 avec au moins 230 victimes. Dans les provinces aectes par le conit arm, au moins 3.378 violations des droits de lHomme ont t commises, dont 512 cas dexcution sommaire et extrajudiciaire ayant fait 1.009 victimes. Cela constitue une hausse par rapport lanne prcdente (3.044 violations et atteintes). Au moins 55% de ces atteintes ont t commises par les combattants de tous les groupes arms confondus et prs de 45% par les agents de lEtat. En 2016, le BCNUDH a document 348 victimes adultes de violences sexuelles lies au conit, ce qui constitue une baisse par rapport lanne prcdente (375 victimes). Les agents de ltat ont t responsables de 92 victimes de violences sexuelles et les combattants des groupes arms de 256 victimes adultes de violences sexuelles en 2016. Quatre fois plus de violations lies la restriction de lespace dmocratique quen 2015 Le BCNUDH a aussi document 1.102 violations des droits de lHomme et des liberts fondamentales lies des restrictions Situation des droits de lHomme en 2016 : principales tendances Photo MONUSCO Par Hlne Devaux/MONUSCO BCNUDH

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13 de lespace dmocratique sur lensemble du territoire congolais. Ce nombre, en hausse importante par rapport lanne prcdente (260 violations), constitue plus de quatre fois le nombre total de ce type de violations documentes sur toute lanne 2015. Les auteurs de ces violations restent, linstar de lanne prcdente, les agents de la PNC (539 violations soit prs de la moiti des violations), suivis par les agents de lANR (182 violations), les autorits politico-administratives (174 violations) et les militaires des FARDC (155 violations). Les membres de partis politiques (1.105 victimes), dorganisations de la socit civile (348 victimes) et les journalistes et autres professionnels des mdias (86 victimes) ont t les principales victimes desdites violations marquant ainsi une restriction croissante de lespace dmocratique. Le BCNUDH continue dappuyer les autorits pour lutter contre limpunit Le BCNUDH salue la condamnation dau moins 167 militaires des FARDC et 59 agents de la PNC pour des actes constituant des violations des droits de lHomme dans lensemble des provinces de la RDC, ce qui tmoigne de lengagement des autorits dans la lutte contre limpunit. Le BCNUDH a continu son programme dappui aux autorits judiciaires engages dans la lutte contre limpunit des crimes graves, notamment travers 16 missions denqute conjointe (JIT) et 14 audiences foraines aux cts des autorits de la justice militaire et civile an de traduire en justice les auteurs de violations graves des droits de lHomme. Le BCNUDH a appuy ou pris part 220 activits en 2016 Au cours de lanne, le BCNUDH a notamment accompagn la Commission Nationale des Droits de lHomme (CNDH) dans plusieurs activits visant renforcer les capacits des membres de linstitution et de son personnel technique dans plusieurs domaines, notamment sur les procdures de traitement des plaintes, les enqutes, le monitoring des manifestations publiques et des lieux de dtention, la rdaction des rapports des droits de lHomme etc. Le BCNUDH salue ladoption du plan stratgique de cinq ans par la CNDH ainsi que la publication de son premier rapport. C e projet, nanc par la MONUSCO hauteur de 97 600 dollars amricains, permet de protger les femmes dtenues contre les violences et autres traumatismes. Les cellules hommes ont aussi t agrandies pour faire face au problme de la surpopulation carcrale. Lespoir est que lamlioration des conditions de dtention facilitera la rintgration sociale des dtenus leur sortie de prison. La Directrice de la prison centrale Kakwangura de Butembo a remerci la MONUSCO et les autorits urbaines pour ce projet impact rapide. Ce projet contribue prvenir les violences bases sur le genre et les tentatives dvasion dont le nombre a sensiblement diminu depuis la construction du mur denceinte a-t-elle dclar lors de son discours. Avant, les dtenues femmes taient en proie aux violences bases sur le genre, dont les violences sexuelles, avec comme consquence des traumatismes psychologiques, physiques mais aussi Butembo Un centre de dtention rhabilit pour lamlioration des conditions des dtenus lexposition au risque de grossesses indsirables et dinfections aux maladies sexuellement transmissibles. Aller aux toilettes tait une prise de risque considrable pour ces femmes dtenues. Le Maire adjoint de la ville de Butembo insist sur la contribution de ces travaux de rhabilitation pour la stabilisation et la restauration de lEtat dans la zone de la ville de Butembo, ce qui bncie galement aux habitants en rduisant les vasions. Par Anne Herrmann/MONUSCO Photo MONUSCO/Anne Herrmann

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14 T rois points essentiels taient au cur de ces assises, savoir lanalyse du contexte du moment par rapport la situation sociopolitique et scuritaire qui prvaut dans lEst du pays ; la mise sur pied des stratgies pouvant permettre leur participation aux processus de ngociation de paix et la gestion de la chose publique ; la proposition des recommandations en vue damliorer les conditions de vie des femmes et leur protection face la situation socioscuritaire en province du Nord Kivu en particulier. Analyse du contexte Les femmes participant ces assises ont tout dabord donn des informations sur le contexte socio-scuritaire et politique dans le pays, un contexte encore tendu, marqu par la prsence de plus de 44 groupes de milices et autres groupes arms trangers dans les villages de la province du NordKivu, notamment dans les territoires de Beni, Lubero, Walikale, Masisi, Rutshuru et Nyiragongo. Elles ont soulign les consquences rsultants de cette situation, savoir : des Un cahier des charges pour la participation des femmes aux ngociations de paix et aux processus dcisionnels Par Fatou Jobe/MONUSCO Photo MONUSCO/Fatou Jobe

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15 exactions et viols commis lencontre des femmes ; des massacres rptition de population civile constitue en majorit de femmes, de jeunes lles et denfants ; des conits de leadership politique dans le pays, qui occasionnent les manipulations politiciennes et les conits inter-ethniques dans les communauts ; des conits fonciers et identitaires suite certains comportements belliqueux des leaders politiques ; de frquents kidnappings de paisibles citoyens et arontements entre les forces rgulires et les groupes arms occasionnant des morts et des dplacements massifs de population qui touchent particulirement les femmes et les enfants. Il sagit dun contexte galement caractris par la misre qui ne cesse de crotre au sein des communauts et plus particulirement chez les femmes qui ne trouvent de ressources que dans leurs champs ; la prsence des forces trangres qui endeuillent et commettent des exactions lencontre des populations civiles dans les villages et les champs, et tablissent des administrations parallles dans les zones quelles contrlent; de nombreux cas dassassinat, dexcution sommaire et denlvement dhommes et de femmes, et des pillages des biens de la population qui se commettent dans certaines zones et localits de la province. Les participantes se sont rjouies de la convocation du dialogue national en vue de xer un calendrier lectoral raliste, ce qui a conduit la signature de lAccord politique du 18 octobre 2016, tout en dplorant la faible reprsentation des femmes des provinces ces assises malgr les dispositions prvues par la Constitution, les Rsolutions des Nations Unies et autres instruments juridiques prnant la participation des femmes aux processus de ngociation et la gestion de la chose publique. Et pour nir, elles ont voqu le mauvais tat des routes qui occasionne certaines violations du droit de circulation par des personnes non autrement identies; linsusance des eectifs des agents de police et de scurit ; la modicit de salaires des agents de lEtat qui renforce la corruption dans la gestion des ressources au pays; le lancement des activits de rvision du chier lectoral en province du Nord Kivu par la CENI ; la faillite de certaines coopratives de crdit qui appauvrit les communauts, en particulier les femmes. Position des femmes du Nord-Kivu Les femmes du Nord-Kivu ont dit apprcier leur juste valeur le travail abattu par le gouvernement congolais, les acteurs politiques de la RDC, la MONUSCO et la communaut internationale travers lUnion Africaine dans la recherche de la paix et la dcrispation de la crise socio-politique dans le pays. Elles ont en outre encourag la classe politique uvrer pour la paix et la scurit des femmes, des jeunes et des enfants pendant cette priode tumultueuse, ainsi que toutes les initiatives tendant la recherche de la paix et la dcrispation de la crise sociopolitique dans le pays. Elles ont toutefois recommand au gouvernement congolais de porter une attention particulire aux zones de conit dans lEst, conformment larticle 9 et 10 de laccord politique. Et notamment de : construire des camps et casernes militaires dans la province du Nord Kivu; rhabiliter et construire des routes de desserte agricole ; renforcer leectif des agents des services scuritaires en amliorant leurs rmunrations; procder au recrutement du personnel fminin au sein des forces armes et de la police nationale; encourager lalternance dans la gestion de la chose publique tous les niveaux; mettre sur pied une politique nationale de cration demplois; appliquer eectivement la loi sur la gratuit de lenseignement primaire; encourager le processus de dcrispation de la crise politique dans le pays ; respecter le SMIG x par le code du travail pour le respect des droits des travailleurs; respecter les instruments juridiques prnant la participation quitable et paritaire des femmes aux instances dcisionnelles tous les niveaux, la Constitution, la rsolution 1325 et autres instruments juridiques dont la RDC est signataire ; promouvoir la paix et la justice pendant la priode prlectorale, lectorale et postlectorale; lutter ecacement contre limpunit pour les cas dabus et de violation des droits humains ; amliorer les conditions de vie des populations; radiquer les groupes arms locaux et trangers; partager quitablement le pouvoir; respecter la Constitution et promouvoir la bonne gouvernance; et crer des emplois pour dcourager lenrlement des jeunes dans les groupes arms. A la communaut internationale, elles ont recommand duvrer pour le retour des groupes arms trangers FDLR, ADF NALU et les rebelles sud-soudanais dans leur pays dorigine ; dencourager les pays des Grands lacs organiser des dialogues dans leurs pays respectifs en vue de mettre n aux mouvements des groupes arms trangers dans la rgion ; et dappuyer nancirement le processus lectoral an de renforcer le processus dmocratique en RDC. Photo MONUSCO/Fatou Jobe

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16 16 L e viol dans la guerre est aussi vieux que la guerre elle-mme. Trs souvent, les mdias qui couvrent les guerres se concentrent davantage sur le nombre de morts et de rfugis tout en ngligeant le viol qui est un des aspects les plus horribles de la guerre. Il savre que maintenant, les violeurs connaissant leur statut de porteurs du VIH/Sida ajoutent leur ignoble acte le fait de transmettre volontairement la maladie. Ces crimes commis sur des tres humains laissent des cicatrices quil est dicile pour la plupart des victimes doublier, mme longtemps aprs la guerre. Le viol laisse des enfants indsirables qui servent comme des rappels constants du pire jour de la vie de leur mre. Lune des victimes de ce crime, rencontre lors de la commmoration de la Journe mondiale du SIDA, au mois de dcembre 2016, Rutshuru, en Rpublique dmocratique du Congo, a relat lhorreur quelle a subie aux mains dun groupe de rebelles. Je noublierai jamais ce jour-l. Cela a chang ma vie dit-elle en larmes. Le viol est une arme encore plus puissante quune bombe dit cette femme de 41 ans qui vit maintenant avec le VIH aprs sa rencontre malheureuse avec ses violeurs. Je prfre mourir que de vivre parce que avec une balle, tu meurs. Mais si vous avez t viole, vous restez une mort vivante toute votre vie conclu-t-elle. Des questions plus srieuses peuvent tre poses sur lintention des violeurs. Cette femme qui a t victime de viol dit que les blessures invisibles du viol sont beaucoup plus dvastatrices et beaucoup plus diciles rparer particulirement si lon contracte le VIH suite au viol. Ces hommes mont detruite Il y a prs de deux ans, jai dcouvert que javais le VIH. Il ny a aucun doute dans mon esprit que jai t infect par ces violeurs, a-t-elle arm. Dans le contexte humanitaire, les femmes qui ont t victimes de viol pendant les conits ont un droit inalinable la rparation, la radaptation psychologique et physique, laccs aux mesures sociales et la scurit sanitaire. Dans cet perspective, la question qui se pose est : est-il temps de considrer que dans les eorts de reconstruction des socits sortant dun conit, les processus de dsarmement, dmobilisation et rinsertion, on devrait inclure aussi des politiques et des programmes durables visant rparer de faon holistique les victimes de viol infectes. Quune prise en charge spciale doive leur tre accorde, cela devrait tre une vidence pour tous. Par ailleurs, en cas de procs impliquant des violeurs, sil est prouv quils sont lorigine de linfection de leur victime, la justice ne devrait-elle pas appliquer le principe de la double peine, puisque deux crimes auront t commis sur une mme victime? La rexion est pose. Il est temps de considrer la transmission du VIH comme une arme de guerre Par Joseph Tabung Banah/MONUSCO Photo Tiers

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17 D epuis aot 2016, une autre crise est ne au centre du pays., selon le Bureau de coordination des aaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), des dizaines de milliers de civils innocents vivant dans les provinces du Kasa, Kasa Central et Kasa Oriental du centre de la Rpublique dmocratique du Congo sont aects par une spirale de violences ne de tensions entre les forces de scurit congolaises et la milice dun chef local connu sous le nom de Kamuina Nsapu, dans le territoire de Dibaya, au Kasa Central. Escalade de violence Les violences daot, selon lONU, ont entran la mort de plus de 100 personnes parmi les civils, les hommes de la milice et les forces de scurit de lEtat ; la perte de maisons et de biens; des dgts sur les btiments et dices publics ainsi que des mouvements de population. Les violences au grand Kasai auront occasionn lenrlement de dizaines de mineurs dans les rangs de la milice, regrette lONU. En septembre dernier, de nouvelles violences avaient clat, opposant toujours la milice et les forces de scurit de lEtat, entranant la mort de prs de 40 personnes Kananga, au Kasa central. Plusieurs autres incidents ont t rapports la mi-octobre et en dcembre. Au dbut de dcembre, la milice de Kamuina Nsapu a atteint Tshikapa, dans la Province du Kasa, pour prendre part un conit entre deux communauts. Kasa : Une crise oublie ou hors radars? La crise qui svit au Kasa est considre par certains humanitaires comme une crise oublie ou hors radars dautant plus quelle nattire pas autant dattention auprs des donateurs et autres bailleurs de fonds, que lEst du pays, estime-t-on. Crise oublie? Pas tout fait cela, estime pour sa part Yvon Edoumou, charg de communication et du plaidoyer OCHA. Pour lui, le Kasa, rgion situe au centre du Kasa : Une crise humanitaire oublie pays, a t un havre de paix pendant plusieurs dcennies. Le fait que des troubles viennent maintenant perturber la quitude doit alerter et interpeller la communaut internationale. La situation est de plus en plus critique. Le 5 janvier dernier, de nouvelles violences ont t observes. La Communaut humanitaire interpelle Une mission conjointe humanitaire dirige par OCHA en mi-dcembre 2016 a dtermin que quelque 150 000 personnes sont aectes par la violence. La mission, compose de reprsentants du Fonds des Nations Unies pour lEnfance (UNICEF), dautorits congolaises et dorganisations non gouvernementales, dont Action contre la Faim et Agence adventiste daide et de dveloppement international, sest rendue Tshikapa pour valuer la situation ainsi que les rponses en cours et attirer lattention sur cette crise qui, pour lheure, semble tre oublie. Il y a donc un besoin urgent de nancement pour venir en aide aux populations aectes. A ce jour, seulement 15 000 personnes ont reu une aide directe, en espces, grce aux activits appuyes par lUNICEF. Do cet appel pressant du Coordonnateur humanitaire, le Docteur Mamadou Diallo : Cest trs proccupant de constater que les besoins humanitaires augmentent de faon dramatique dans les provinces du Kasa .Il est impratif quune attention soutenue soit accorde ceux qui sont touchs par des crises humanitaires quel que soit lendroit o elles se trouvent. La communaut humanitaire est pleinement engage ragir et nous appelons les donateurs soutenir la rponse. Nous appelons galement les autorits congolaises faire tout ce qui est en leur pouvoir pour sattaquer aux racines de cette crise Par Jean Pierre Elali/Radio Okapi Photo MONUSCO

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18 P atrice Emery Lumumba est n Onalua en 1925 dans le Kasa. Il frquente les missions protestantes et catholiques, avant de continuer ses tudes, Stanleyville, actuellement Kisangani. L, il devient fonctionnaire de ladministration avant dtre employ la poste. La poste lenverra Leopoldville (Kinshasa) pour une formation. Cest dans cette ville cosmopolite quexplosa sa soif de connaissance. De retour Stanleyville, il simplique activement dans la vie associative. En 1955, il se rend en voyage dtude en Belgique. A son retour, il est accus par les services postaux de faux en criture et dtournement des fonds. Il purge douze mois de prison. Trois ans plus tard, le 10 octobre 1958, Patrice Emery Lumumba et des personnes issues des direntes rgions et tribus du pays annoncent dans un communique adress lagence belge Belga Kinshasa, la cration dun parti politique, le mouvement national congolais (MNC). Lumumba en est le prsident. De lengagement politique la lutte pour lindpendance politique du Congo Le MNC a dans son programme, la lutte pour la libration du Congo de lemprise coloniale En avril 1959, Lumumba organise le premier congrs politique du Congo avec tous les partis nationalistes du moment. Il veut une date pour lindpendance du Congo comme une concrtisation de la promesse royale belge aprs les vnements de Lopoldville en janvier 1959. Le 20 janvier 1960 souvre au Palais des congrs Bruxelles la table Ronde de Bruxelles. Le front commun des politiciens congolais prsent la Table Ronde russit obtenir la date du 30 juin 1960 comme date dobtention de lindpendance du Congo. Passage phmre la tte du gouvernement congolais En mai 1960, lections nationales au Congo: Le MNC arrache une victoire crasante sans obtenir la majorit absolue requise. Le parti gagne un tiers des lus de cinq des six provinces. Aprs lchec de Kasa-Vubu former un gouvernement, Lumumba est responsabilis par le nouveau ministre belge charg de suivre la mise sur pied du premier gouvernement congolais. Nous sommes le 23juin 1960, une semaine de la dclaration dindpendance. Kasa-Vubu obtient le poste de Prsident de la Rpublique et Lumumba celui de Premier ministre. Le 30 juin 1960, cest la crmonie ocielle de dclaration de lindpendance du Congo au Palais de la Nation. Premier discours, celui du roi des belges qui loua luvre du roi Lopold II. Le deuxime, celui de Joseph Kasa-Vubu que la plupart des historiens considrent comme conciliant. Le troisime discours est celui de Lumumba. Un discours trs controvers jusqu ce jour, 56 ans aprs. Ce qui est sr, les historiens et autres analystes sont daccord sur un point : il a t peru dans les milieux des ociels belges comme une injure sa majest. Patrice Emery Lumumba ne restera la tte du gouvernement congolais que six mois. Six mois pleins de pripties, de contradictions et de rebondissements dont sa rvocation par le Prsident de la Rpublique. De la dchance par le Prsident Joseph Kasa-Vubu sa cavale pour atteindre Stanley-ville Le 5 septembre 1960, le prsident Joseph Kasa-vubu annonce sur les ondes de la chaine nationale de radio quil rvoque le Premier ministre Lumumba. Le chef du nouvel Etat voque larticle 22 de la Loi fondamentale qui stipule que le Chef de lEtat nomme et rvoque le Premier ministre et les ministres. Kasa-Vubu annonce aussi le remplacement de Lumumba titre provisoire par Joseph Ileo. Toujours dans la mme soire, aprs une heure, le Premier ministre annonce son tour, sur les mmes ondes, la rvocation du Prsident de la Rpublique, en voquant larticle 51 de la mme Loi fondamentale. Selon cet article, linterprtation des lois par voie dautorit revient aux deux chambres du Parlement. Cette confusion en une soire marque le point de dpart dune crise constitutionnelle. Le 13 septembre, le parlement conrme sa conance Patrice Lumumba et ne reconnait pas Joseph Ilo comme Premier ministre. A son tour, le prsident Kasa-Vubu congdie le Parlement. Le colonel Joseph Dsir Mobutu, lami de Lumumba que ce dernier leva la tte de larme prote de la situation pour neutraliser les deux protagonistes et mettre en place le gouvernement des commissaires gnraux. Kasa-Vubu restera symboliquement, Prsident de la Rpublique, mais Lumumba est mis en rsidence surveille. De son arrestation lassassinat au Katanga Le colonel Mobutu na pas russi mettre la main sur Lumumba Lopoldville pour lcrouer, grce la protection onusienne. Il lance aux trousses de Lumumba ses hommes. Et le 1 er dcembre 1960, les soldats de Mobutu arrtent Lumumba et sa suite lors dune tentative de traverse de la rivire Sankuru, prs de Mweka au Kasa. Ils seront ramens vers Kinshasa par avion, puis conduits Tshysville, actuellement Mbanza-Ngungu. Finalement, le 19 janvier 1960, Patrice Lumumba, Mpolo et Okito arrivent Elisabethville, 16H40, bord dun DC-4. Ils seront achemin dans une villa quelques kilomtres de laroport. Cest non loin de l quils seront excuts. Lumumba Par Emmanuel Imbanda/MONUSCO Photo Tiers

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19 C est le constat qui a t fait aprs une tude sur le plus grand primate au monde et lun des plus proches cousins de lhomme. Le gorille de Grauer, dont lhabitat se concentre dans lEst de la RDC, est au bord de lextinction et pourrait avoir totalement disparu dans les cinq ans, conclut cette recherche amricaine publie lanne passe. Le chercheur Andrew Les gorilles de Grauer pourraient disparatre dici cinq ans Plumptre de la Wildlife Conservation Society, principal auteur de cette tude, parue dans la revue scientique amricaine Plus One , indique que les conits, dans cette rgion minire, les mineurs arms qui chassent pour se procurer de la viande de brousse, notamment de gorilles, sont lorigine de ce constat. Selon lui, lvaluation de la population de primates a t complique par la prsence des milices. La population de ces gorilles des plaines orientales, tait estime 16.900 individus en 2007. Elle a diminu depuis de 77% pour nen compter dsormais que 3.800 et ce, en une seule gnration. A la n des annes 1990, ces primates taient dj classs dans la catgorie des espces menaces . Ils sont dsormais considrs en danger extrme dextinction, gurant sur la liste rouge de lUnion Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN). Les chercheurs se sont appuys sur les populations autochtones et les donnes recueillies par les gardes, ainsi que sur les observations des niches sur dix sites et des estimations de la densit doccupation de leur habitat. Les chercheurs ont identi trois zones cl pour leur survie et lanc un appel pour une intensication des eorts de protection. Ils prconisent notamment larrt des activits minires dans les parties les plus vulnrables de leur habitat ainsi que des incitations pour persuader les militaires de protger la vie sauvage dans cette rgion, o la biodiversit est trs riche. Cette nouvelle recherche indique aussi que lhabitat de ces primates stend sur environ 19.700 km2. On savait que le gorille de Grauer tait menac, personne navait jusqualors ralis combien leur population avait dclin, pointe avec amertume Andrew Plumptre. Source : AFP 19 Photo Tiers Photo Tiers

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