Citation
Echos de la MONUSCO

Material Information

Title:
Echos de la MONUSCO
Creator:
Mission de l 'Organisation des Nations Unies en R.D. Congo ( issuing body )
Place of Publication:
Kinshasa, DR Congo
Publisher:
Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en Republique démocratique du Congo
Publication Date:
Frequency:
Monthly
regular
Language:
French
Physical Description:
1 online resource : ;

Subjects

Subjects / Keywords:
Periodicals -- Congo (Democratic Republic) ( lcsh )
Genre:
newspaper ( marcgt )
newspaper ( sobekcm )
international intergovernmental publication ( marcgt )

Notes

Dates or Sequential Designation:
Began with: Volume 1, No1 (Juillet 2011)
General Note:
"Une publication de la Division de l'Information Publique de la MONUSCO".
General Note:
"Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en Republique démocratique du Congo".

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
Copyright, Mission de l'Organisation des Nations Unies en R.D. Congo. Permission granted to University of Florida to digitize and display this item for non-profit research and educational purposes. Any reuse of this item in excess of fair use or other copyright exemptions requires permission of the copyright holder.
Resource Identifier:
on10476 ( NOTIS )
1047609376 ( OCLC )
2018226778 ( LCCN )
on1047609376

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Volume VIII NJuillet 2016 Province de lIturi Terre gnereuse en qute de stabilit

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Par Charles A. Bambara*Sommaire En Rpublique dmocratique du Congo, le mois de juillet aura t un mois marqu par la tristesse davoir perdu un homme dEglise et un homme de dialogue en la personne de feu lAbb Apollinaire Malu Malu. Quoiquon ait pu en dire, il aura laiss sa marque dans lavance dmocratique de la RDC la tte la CENI, lors des lections de 2006. Homme de consensus et de Dialogue, son pays avait encore besoin de lui. Mais hlas, la RDC qui tente vaille que vaille de runir ses lites politiques autour dun Dialogue dont les prparatifs ont malgr tout dmarr, sous la houlette du Facilitateur nomm par lUnion africaine, Edem Kodjo. Il y a un mois, la suite de la prsentation du rapport trimestriel du Secrtaire gnral des Nations Unies sur la situation en RDC, devant le Conseil de Scurit, les membres de lONU ont exprim leur inquitude et lanc un appel au Dialogue et au respect de la dmocratie. Encore et toujours le Dialogue fait sens. La MONUSCO, ainsi que le lui recommande son mandat, dict par le Conseil de Scurit, na cess dinciter les acteurs politiques et la Socit civile congolaise accepter le principe dun dialogue politique inclusif et transparent. Lors de sa confrence de presse mensuelle, le 14 juillet, le Reprsentant spcial du Secrtaire gnral des Nations Unies a mis en exergue tout leffort qui tait dploy pour que les lignes bougent. Les enjeux, dira-t-il encore, sont normes et le Dialogue est incontournable. En visite, en Rpublique dmocratique du Congo, du 19 au 21 juillet, le HautCommissaire aux droits de lHomme de lONU na pas dit autre chose, en insistant tout de mme sur la ncessaire question du respect de lexpression libre. Ce numro de votre magazine accorde par ailleurs une large place la nouvelle province de lIturi. Cette partie du territoire national est une en termes de protection des civils ; car lactivisme des groupes arms FRPI dans le Sud Irumu et des Ma Ma, dans le territoire de Mambasa, constitue un obstacle dans la stabilisation de cette province. A cela sajoute laccroissement des dplacements de la population venant du Nord Kivu, notamment de Beni suites aux oprations militaires quy mnent les FARDC, avec le soutien de la MONUSCO. Selon OCHA, on estime environ 218 000 personnes dplaces internes, enregistres au cours du premier trimestre 2016, dans lancienne Province Orientale, dont plus de 70 % en Ituri. On noublie pas la situation au Sud Soudan, frontalier de situation dinscurit des populations locales. Face cette ralit en Ituri, et dans la dynamique de la nouvelle province qui a vu le jour en Novembre 2015, nous avons voulu faire un de la situation travers le travail de la MONUSCO, pour soutenir les institutions en vue de consolider la Paix. *Directeur de la Division de lInformation Publique Consolider les acquis dmocratiques, stabiliser pour la paix Directeur de lInformation Publique Charles Antoine Bambara Chef Unit des Publications Aissatou Laba Toure Rdacteur-en-Chef Tom Tshibangu Infographiste Jsus Nzambi Sublime Contributeurs Laurent Sam Oussou, Aissatou Laba Toure, Yulu Kabamba, Tom Tshibangu, Theophane Kinda, Isaac Remo Yope, Pamela Lubaki Dsir Balume, Anne Herrmann, Salifou Mforen NcourupouoVie de la Mission3 Le Conseil de scurit de lONU souligne limportance dlections apaises et crdibles pour la RDC 4 Maman Sidikou face la presse-jeudi 14 Juillet 2016 : Tout faire pour aider dpasser les blocages vers des lections crdibles et paisibles 5 Fin de mission pour le Commandant en Chef Adjoint de la Force /MONUSCO : Gnral Jean Baillaud : Je ne formule quun seul vu : que les gens soient dtermins travailler ensemble et jusquau bout 6 Gnral Mgwebi : la coopration MONUSCO FARDC est facilite par laccord entre les deux parties 7 Zeid Raada Al Hussein : Le respect des droits de lHomme doit tre au centre du dialogue prvu en RDC Actualit8 Dialogue national, les lignes bougent Dossier9 Point de vue : Mhand Ladjouzi : Le potentiel dont regorge lIturi lui garantit un avenir prometteur 10 Ituri : une nouvelle province, des opportunits mais aussi des dfis 12 Lvolution de la situation des droits de lHomme dans lIturi : vers la fin des violations ? 13 Genre : Limplication des femmes dans le processus de consolidation de la paix dans le territoire dIrumu 14 La stratgie de stabilisation pour la province de lIturi 15 Les communauts du Sud Irumu sengagent dans un dialogue inclusif 16 Renforcer le systme judiciaire et pnitentiaire : Un besoin vital pour lIturi 17 Protection de lEnfant : Un exemple russi de rinsertion 18 Protection de lEnvironnement : La Rserve de faune OkapisHumanitaire19 Journe internationale Nelson Mandela : Plusieurs activits organises en mmoire de Madiba

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3 Aprs la prsentation au Conseil de Scurit des Nations Unies du dernier rapport sur la situation en Rpublique dmocratique du Congo, le 7 juillet 2016, par le ViceSecrtaire gnral de lONU, Jan Eliasson, le Conseil lissue de sa runion du 17 juillet a rendu publique une dclaration qui peut se rsumer comme suit : pour que la dmocratie se stabilise, se dveloppe et se consolide en Rpublique dmocratique du Congo, il est crucial que le prochain cycle et crdible. Par consquent, il est urgent que les Congolais engagent un dialogue politique ouvert, sans exclusive et apais qui permettrait de dcrisper le climat politique dans le pays en vue de la tenue dlections dlais prvus par la Constitution. Ainsi les 15 membres du Conseil de Scurit ont-ils exprim leur appui la dcision prise par lUnion africaine dentreprendre des consultations sur ce dialogue et approuv la nomination, le 6 avril 2016, dEdem Kodjo, ancien Premier Le Conseil de scurit de lONU souligne limportance dlections apaises et crdibles pour la RDC ministre du Togo, en tant que facilitateur du Dialogue. Dans la foule, ils ont lou les efforts dploys par le Reprsentant spcial du Secrtaire gnral pour la Rpublique dmocratique du Congo, Maman Sidikou, notamment par le biais spcial du Secrtaire gnral pour la rgion des Grands Lacs, Said Djinnit. Ayant pris note du communiqu publi le 4 juillet 2016 lissue de la runion inaugurale du Groupe dappui la facilitation du Dialogue national en Rpublique dmocratique du Congo, les 15 ont demand tous les acteurs nationaux de cooprer pleinement avec lquipe de facilitation internationale nomme par lUnion africaine, et encourag toutes les parties prenantes participer au dialogue. Toutefois, ils se sont dits vivement proccups par la rduction croissante de lespace politique en Rpublique dmocratique du Congo en particulier, par les rcentes arrestations et mises en dtention de membres de lopposition politique et de la socit civile, ainsi que par des restrictions des liberts fondamentales, telle que la libert dopinion et dexpression et par les retards constants, pris dans les prparatifs des lections. Ainsi le Gouvernement de la RDC et toutes les autres parties concernes ont t pris de respecter les droits de lHomme et de sabstenir de recourir la violence et la provocation. Cependant, les membres du Conseil ont reconnu les efforts constants dploys par les autorits congolaises et, en particulier, par la Commission lectorale nationale indpendante, avec lappui de lectorales. Mais ils ont insist sur le fait que les autorits congolaises devaient prendre toutes les mesures qui simposaient pour ne pas prendre de retard et demand aux partenaires internationaux de leur fournir lappui ncessaire. Les membres du Conseil leur soutien sans rserve la Mission de lOrganisation des Nations Unies pour la Stabilisation en Rpublique dmocratique du Congo et au Reprsentant spcial du Secrtaire gnral en Rpublique dmocratique du Congo. Par Tom Tshibangu/MONUSCOPhoto ONU/Rick Bajornas

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4 Lactualit politique, depuis la dernire rencontre du Reprsentant spcial du Secrtaire gnral avec les journalistes, est encore bien fournie et porte essentiellement sur limpasse autour du processus lectoral et les efforts visant faciliter le lancement dun processus de dialogue politique crdible et inclusif. A cet gard, M. Sidikou a succinctement abord le conclave de lopposition qui a eu lieu du 9 au 10 juin, Genval, en Belgique et les ractions de la classe politique aux conclusions de ces assises. Ensuite, il a voqu la mise en place du Groupe de soutien la facilitation, la tenue de sa runion inaugurale, le 4 juillet, Addis-Abeba et la rencontre dune dlgation de ce Groupe avec le prsident de lUDPS, Etienne Tshisekedi, et dautres leaders de lopposition, Bruxelles, le 9 juillet. Conseil de Scurit, sur la situation en RDC, tenue New York, le 7 juillet. Sagissant de la situation politique, les efforts dploys pour aider dbloquer limpasse autour du lancement du dialogue et du processus lectoral a-t-il dit, commencent porter leurs fruits. Les enjeux sont normes et le dialogue est incontournable pour viter les risques de rechute, dans une instabilit politique et le recours la violence. Dailleurs, fera-t-il remarquer, en sadressant aux membres du Conseil de Scurit le 7 juillet, le Vice-Secrtaire gnral des Nations Unies, Jan Eliasson, a exprim son inquitude face la monte des tensions lapproche des chances lectorales et a appel les parties prendre part un dialogue politique inclusif, pour viter que limpasse actuelle ne dgnre en crise grave. Pour les Nations Unies, seul un dialogue inclusif et crdible entre les parties prenantes congolaises permettrait de dsamorcer les tensions actuelles, surmonter limpasse lectorale et prvenir la violence. Cest pour cette raison que je voudrais saisir cette Maman Sidikou face la presse-jeudi 14 Juillet 2016 Tout faire pour aider dpasser les blocages vers des lections crdibles et paisibles occasion pour ritrer les appels incessants de la communaut internationale, notamment le Conseil de Scurit des Nations Unies, lUnion africaine, lUnion europenne et lOrganisation internationale de la Francophonie (OIF), invitant les acteurs congolais travailler avec M. Edem Kodjo pour dbloquer limpasse autour du processus lectoral. Le facilitateur, faut-il le rappeler, agit dans le cadre des instruments pertinents de lUnion africaine et de la Rsolution 2277 du Conseil de Scurit des Nations Unies. En ce qui concerne la MONUSCO, a-t-il quivoque, face aux efforts de facilitation mens par M. Edem Kodjo au nom de lUnion africaine. Nous avons commenc prendre toutes les dispositions, en troite collaboration avec lUnion africaine et les autres partenaires, pour le dtachement dexperts sollicits par lUnion africaine. Tandis que la MONUSCO uvre et continuera duvrer en troite collaboration avec les partenaires concerns, en vue dappuyer les parties prenantes congolaises, y compris le Gouvernement, lopposition et la socit civile pour sortir de cette impasse. Il insistera pour dire : de ma responsabilit dalerter les uns et les autres que nous ne pouvons pas nous permettre dhypothquer les normes investissements consentis par le peuple congolais avec le soutien de la communaut internationale au cours des 17 dernires annes pour asseoir la paix et la stabilit en RDC. Dans le contexte actuel, toute action, toute initiative ou mme toute perception datteinte aux Par Assatou Laba Tour/MONUSCO 4 Echos de la MONUSCO N Juillet 2016Photo MONUSCO/Jsus Nzambi Sublime

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5 droits constitutionnels des Congolais ne feront qualimenter davantage les tensions. Cest la raison pour laquelle il ne cesse dencourager les autorits congolaises prendre des mesures pour dcrisper la situation. Dans le mme ordre dides, il a soulign avoir toujours encourag les leaders des divers plate-formes et partis dopposition faire preuve de responsabilit dans lexercice des droits et liberts de manire ne pas attiser les tensions, qui pourraient plonger le pays dans une violence aux consquences dsastreuses. Abordant la situation humanitaire alarmante, en particulier dans lEst du pays, il constate que laccs humanitaire dans lEst de la RDC est devenu de plus en plus marque par les embuscades contre les ONG ainsi que les enlvements de leur personnel par de prsums lments des groupes arms, y compris les FDLR, les MaMa Nyatura et autres lments criminels. La fermeture des sites de personnes dplaces, notamment dans le Nord-Kivu, est galement une question proccupante. Ensemble avec la communaut humanitaire, nous poursuivons notre plaidoyer auprs du Gouvernement pour quil respecte ses obligations internationales y compris en garantissant la scurit des zones o sont tablis les dplacs et en veillant ce que la fermeture des sites naugmente pas la vulnrabilit des personnes dplaces. Les rcents vnements Buleusa et Kamina mettent en exergue limportance dun appui national fort dans la mise en uvre du Plan national pour le dsarmement, la dmobilisation et la rinsertion des ex-combattants ainsi que de mesures effectives pour le renforcement de lautorit de ltat. Son avis est que: sans un adquats, la rinsertion et la rintgration des ex-combattants dans la vie civile risquent simplement de draper. En outre, les atrocits commises dans la rgion de Beni, les tueries criminelles et insenses de civils de mme que les actes de violence perptrs dans le triangle dEringeti par les lments ADF et autres groupes aggravent davantage la situation. Il sest flicit des succs obtenus dans les oprations SUKOLA I et II menes par les FARDC avec le soutien des forces de nous devons faire plus pour neutraliser les forces ngatives et crimes ainsi que ceux qui les soutiennent. Aot 2013-juin 2016, un peu moins de trois ans, cest la dure de sa mission en Rpublique dmocratique du Congo. Lui cest le Gnral Jean Baillaud, Commandant en chef adjoint de la Force de la MONUSCO. Et la Mission lui a rendu un hommage appuy et mrit, le lundi 17 juillet en son Quartier Gnral de Kinshasa. Crmonie mouvante comme savent en faire les militaires, Le Commandant en chef, le Gnral de corps darme Derrick Mbuyiselo Mgwebi quil a second avec dtermination a salu limplication du gnral Baillaud de la RDC. Il a notamment voqu son implication dans la gestion de la crise Fin de mission pour le Commandant en Chef Adjoint de la Force /MONUSCO Gnral Jean Baillaud : Je ne formule quun seul vu : que les gens soient dtermins travailler ensemble et jusquau bout du M23. Selon le gnral Mgwebi, le gnral Baillaud a galement jou un rle dans linstauration dun climat de MONUSCO et larme congolaise dans les oprations Sokola 1 et Sokola 2. Pour sa part, le gnral Jean Baillaud morts notamment Kibati, Kiwanja et Eringeti dans les combats contre le M23 et les ADF. Invit de Radio Okapi jeudi 14 juillet, le commandantadjoint de la Force de la MONUSCO, a salu cette coopration militaire et dit son souhait de voir se poursuivre cette coopration en vue dassurer la scurit et lavenir des populations congolaises. Lappui de la MONUSCO est selon lui ncessaire Cet appui se traduit par les moyens de renseignements, lappui arien, lappui feu avec tous nos moyens. Nous avons aussi des troupes au sol, un appui mdical. Le futur ex-numro 2 de la Force de la MONUSCO est convaincu quavec les oprations denvergure, qui sont menes, les groupes nfastes nauront plus une capacit de nuisance. Je ne formule quun seul vu: que les gens soient dtermins travailler ensemble et jusquau bout, a souhait le gnral Baillaud. Par ailleurs, gnrosit des populations congolaises. Il a dit croire que les Congolais sont capables de vivre ensemble en paix malgr les tensions. La crmonie dau revoir sest droule en prsence du Chef dEtatmajor adjoint en charge des oprations et des renseignements des Forces Armes Congolaises, le Gnral Amuli Bahigwa. Ce nest quun au revoir mon Gnral, je suis sre que vous reviendrez en touriste ou mme pour vos vieux jours. Comment ne pas aimer ce pays ? 5 Echos de la MONUSCO N Juillet 2016 Photo MONUSCO/Jsus Nzambi Sublime Photo MONUSCO/Jsus Nzambi Sublime

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6 RFI : Laccord de reprise de coopration a t sign il y a six mois. Quelle valuation en faitesvous ? Gnral Derrick Mgwebi : La signature de cet accord nous a permis de nous parler, de commune. En tant que Monusco, nous avons un mandat qui est au-dessus de cet accord technique. Mais pour lappliquer, nous pensons que nous devons le faire en collaboration avec les FARDC. Cet accord se termine. Nous sommes en train de faire lvaluation et nous estimons quil faudrait le renouveler pour un peu plus que six mois. Plutt un an.Cet accord a t critiqu sur la partie sur la communication aussi puisque ce sont les FARDC qui sont en charge de la communication. Est-ce que ces aspects vous ont gn au cours des six derniers mois ? Nous avons notre propre communication et parfois nous faisons des communications conjointes. Pour ce qui est des conditionnalits, le plus important pour nous, cest de travailler troitement avec les FARDC et de les soutenir. Mais quen est-il de la politique de diligence est-ce que vous en parlez ? Quand nous devons soutenir un bataillon FARDC, nous parlons du commandement, base de donnes et sil y a un problme, nous en parlons. La population au Nord-Kivu sinquite ou se plaint que les oprations concernent qui visent les groupes accuss dtre proches de certains commandants FARDC. NDC-Rnov de Guidon fasse lobjet dune opration de la MONUSCO ? La seule position que nous connaissons chez les FARDC, cest que personne dautre que le gouvernement na le droit de porter des armes et que ceux qui le font seront attaqus. A Buleusa, alors que nous tions en train dessayer dassister la population, nous avons t attaqus par un de ces groupes mai-mai et nous avons ripost. Et cest la direction que nous allons prendre. coopration, les oprations conjointes avaient repris contre un groupe qui svit en Ituri, les FRPI. dattraper les chefs des FDLR ? Alors quon sait que si le gnral Mudacumura tait groupe arm? Cest notre cible principale. Le problme, cest de savoir o il est au moment voulu. Nous le cherchons lui et certains autres leaders. Mais nous ne savons pas exactement o ils se trouvent, nous connaissons le secteur, mais pas lendroit prcis et cest ce sur quoi nous travaillons. Comment expliquez-vous que les casques bleus soient incapables dintervenir lors de massacres ? Ils sont intervenus une fois en deux ans... Depuis que je suis arriv en fvrier, nous avons revu les dploiements de la brigade dintervention rapide de la Monusco, la FIB, donn la responsabilit de certaines zones certains bataillons. Et on a commenc oprer dans le triangle de la mort. a une prsence de la MONUSCO et mme de sortis ? Dans la rgion de Beni, le dploiement est conjoint avec les FARDC Dans la localit dont vous parlez, Tenambo, il y a eu des contacts quand lincident a clat et la rponse des FARDC, ctait que la situation tait sous contrle. Ctait ce quon avait prsum. Gnral Mgwebi : la coopration MONUSCO FARDC est facilite par laccord entre les deux parties Extrait dune interview ralise par RFI Photo MONUSCO/Force

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7 Pour surmonter les nombreux le pays, il faut un dialogue ouvert et honnte. Cependant, ce dialogue est tout simplement impossible dans une atmosphre qui touffe la discussion, lexpression de griefs et dopinions et ou des mdias indpendants et le respect des liberts fondamentales sont menacs, a estim Zeid Raada Al Hussein lors dune confrence de presse tenue au quartier gnral de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Rpublique dmocratique du Congo (MONUSCO). Le responsable onusien sexprimait lissue de sa premire Gouvernement, visite qui a dur quatre jours et qui la men Goma, au Nord Kivu, Il a rencontr notamment le Premier ministre Augustin Matata Ponyo, les Ministres de la dfense, de la justice et des Zeid Raada Al Hussein : Le respect des droits de lHomme doit tre au centre du dialogue prvu en RDC droits humains, ainsi que des responsables des services de scurit et des membres de la Commission nationale des droits de lHomme. A Goma et Bukavu, le HautCommissaire de lONU aux droits de lHomme a t reu par les autorits provinciales, avant de sentretenir avec des victimes de violences sexuelles, lhpital de Panzi, Bukavu. A chaque tape de cette visite, Zeid Raada Al Hussein a pu galement rencontrer des dfenseurs des droits de lHomme et des membres de la socit civile et de la communaut onusienne. discussions avec les autorits congolaises, sa vive proccupation face aux rapports faisant tat dun harclement croissant des reprsentants de la socit civile et des journalistes, de la rpression des voix qui sopposent au gouvernement et des dispersions excessives et parfois mortelles de manifestations au cours des derniers mois. Si elle parvient enclencher une dynamique en matire de droits de lHomme, de dmocratie et dtat de droit pour tous, la RDC a la possibilit de faonner une socit avec une force nouvelle et une cohsion nouvelle, une socit qui peut vritablement plaid lmissaire des Nations Unies. Mais si et les griefs croissants, a-t-il prvenu, les incertitudes politiques actuelles pourraient conduire une grave crise pouvant dtruire les nombreuses avances ralises par le peuple congolais. Voil pourquoi le Haut-Commissaire a appel le Gouvernement et toutes les autres parties prenantes au processus lectoral, faire preuve de responsabilit dialogue national se droule dans le respect des droits de lHomme. Ce que jattends des uns et des autres, cest de faire preuve de responsabilit et de retenue. La question des droits de lHomme est centrale, la question de louverture de lespace public lest tout autant. Un processus de dialogue est important. Il convient que les diffrents acteurs fassent preuve de responsabilit, a dclar Zeid Raada Al Hussein dans un entretien accord Radio Okapi le mme jeudi 21 juillet 2016. A cette occasion, le Haut-Commissaire aux aux autorits quil dtenait une liste de personnes dtenues qui, du point de vue de son quipe, devraient tre immdiatement relches, et quen rponse le Gouvernement a exprim sa volont de lcouter sur ce point. Il convient de signaler cet gard que, dans une ordonnance prsidentielle, publie vendredi 22 juillet 2016 et lue sur la chaine de tlvision nationale, le chef de lEtat Joseph Kabila a accord une remise de peine totale aux six militants du mouvement pro-dmocratie Lutte pour le changement (Lucha) qui avaient t condamns le 4 mars dernier six mois de prison. Par Tom Tshibangu/MONUSCO Photo MONUSCO 7 Echos de la MONUSCO N Juillet 2016

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8 Tous les regards sont maintenant tourns vers le Dialogue national. Un Dialogue national qui se veut de format rduit, de courte dure et dont les travaux du comit prparatoire devaient commencer le 30 juillet 2016, selon les termes du facilitateur Edem Kodjo. Il permettra la RDC damorcer le dernier virage pour trouver un consensus pour lorganisation des lections. Un pari os, au regard de la dclaration de rejet de Edem Kodjo comme facilitateur, par lopposition politique, regroup au sein du Rassemblement des Forces Politiques et sociales de la RDC acquises au changement. de continuer et tenir le Dialogue comme recommand. La socit civile, les leaders religieux, la communaut internationale, les acteurs politiques, et la population accompagnent cet engagement et sont en attente pour vivre ces moments historiques pour la RDC. Comme au mois de juin, on a assist durant le mois de juillet 2016 plusieurs initiatives pour consolider les efforts et Dialogue national, les lignes bougentaller vers un dialogue inclusif. Du ct de lopposition, aprs la rencontre de Bruxelles, dbut juin Genval, en Belgique, suivie de la visite aux leaders de lopposition dans la mme ville, par le groupe de soutien au Dialogue, un nouveau pas diplomatique vient dtre franchi, avec la rencontre des leaders de lopposition et la communaut internationale, Paris pour discuter des schmas du Dialogue. Les leaders de lopposition et les autres membres du Rassemblement ont en effet rencontr le 18 juillet les diplomates franais sur la situation politique en RDC, au Quai dOrsay, pour changer sur les conditions de leur participation au Dialogue tel que mentionn dans lActe dengagement de la confrence de Genval. Sur le mme registre, lenvoy spcial des Etats Unis dans la rgion des grands lacs, Thomas Perriello, sest rendu en Angola, au Congo-Brazzaville, au Burundi, en Tanzanie, en France, en Egypte et en RDC du 9 au 23 juillet 2016. Sa feuille de route tant davoir le soutien de certains pays, dont limplication reste incontournable, dans la recherche de solutions, aux questions politiques en RDC. A Kinshasa plus prcisment, Thomas Perriello a mis laccent sur la ncessit de faire des efforts pour le Dialogue national. Il sest entretenu avec les leaders rgionaux ainsi quavec des partenaires bailleurs de fonds de la RDC et discut des inquitudes croissantes, relatives limpasse politique et aux efforts pour aller vers un Dialogue inclusif avec tous les acteurs concerns. Lenvoy spcial de lUnion europenne Vervaeke Koen a, quant lui, rencontr le Premier ministre de la RDC Matata Ponyo, et chang sur des questions relatives lappui de lUnion europenne, pour la rsolution de la crise. Son objectif tait de trouver une issue consensuelle et politique. La situation actuelle, dit-il : cest de la responsabilit du Premier ministre de voir comment mobiliser les moyens pour et dautre, nous avons fait des progrs, cest pourquoi il faut mettre en place des mesures dapaisement, qui permettent de lancer le dialogue, le plus rapidement. Toutes ces activits diplomatiques ont prcd le retour, Kinshasa pour le Dialogue, du tnor de lopposition, Etienne Tshisekedi, prsident de lUDPS et le retour annonc de Moise Katumbi, lex-gouverneur du Katanga, candidat dclar llection prsidentielle. Les initiatives diplomatiques et les actes poss par lopposition politique Reprsentant spcial du Secrtaire gnral de lONU en RDC, Maman Sambo Sidikou, que les lignes bougent. Le Reprsentant spcial qui a, par ailleurs, chang avec les mdias lors de sa rencontre mensuelle, le 14 juillet 2016, o il a interpell la classe politique se surpasser pour aller au dialogue. Le Dialogue est incontournable pour viter les risques de rechute dans une instabilit politique et le recours la violence a-til dclar. Il a notamment indiqu quil ritre les appels incessants de la Communaut internationale, notamment du Conseil de Scurit des Nations Unies, de lUnion africaine, de lUnion europenne, de lOrganisation Internationale de la Francophonie, invitant les acteurs congolais travailler avec M Kodjo pour sortir le processus lectoral de limpasse. Le Dialogue tant prn est donc porte de main, il reste souhaiter que de fortes recommandations qui seront issues des discussions, si le Dialogue prend corps, permettent la RDC de consolider les acquis dmocratiques et de les renforcer, pour le bien-tre de la population congolaise et de la sous-rgion. Par Thophane Kinda/MONUSCO Photo MONUSCO/John Bompengo8 Echos de la MONUSCO N Juillet 2016

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9 Pour le Vice Gouverneur de la Keta le fait que lIturi soit une province est une opportunit pour esprer le dveloppement. provinciale nest pas bat. En effet, lIturi regorge dnormes ressources, aussi bien humaines que naturelles. La fort, qui est lune des grandes potentialits de cette province, est prsente sur une grande partie de celle-ci, surtout Mambasa et dans le Sud Irumu. Ce qui fait le bonheur des exploitants forestiers, surtout pour le bois. Il y aurait galement dimportants gisements de ptrole dans la plaine du lac Albert, qui sont en phase dexploration. Transformer les potentiels en richesses Le sous-sol regorge galement dor qui est exploit par la socit minire de Kilo Moto et ses partenaires dont Mugwalu Gold Ituri : une nouvelle province, des opportunits mais aussi des dfis Par Sam Oussou et Isaac Remo Yope/MONUSCO Echos de la MONUSCO N Juillet 2016Photo MONUSCO/Laurent Sam Oussou

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10 Mining et Mwana Africa et plusieurs autres entreprises semi-industrielles, sans oublier les orpailleurs artisanaux. Et nous ne parlons pas des ressources halieutiques, avec le lac Albert, lun des plus poissonneux du monde o la pche est trs pratique. Pour Abdallah Peke, toutes ces potentialits doivent tre rentabilises et transformes en richesse pour le dveloppement de cette nouvelle province. Il soutient par-dessus tout, quil y a le potentiel humain pour cela parce que dans lancienne Province Orientale, plus de la moiti de la population se trouvait en Ituri. Il est donc question de la rendre utile et de lutiliser. Le Gouverneur ajoute, par ailleurs, que parmi les opportunits de cette nouvelle province, il y a aussi de nombreuses richesses issues des activits de llevage et de lagriculture. En effet, lagriculture y est trs dveloppe, grce un sol trs fertile, qui permet la production pour la consommation locale et aussi en partie pour alimenter dautres centres urbains dans les provinces voisines. LIturi produit notamment du haricot, du mas, du riz et du manioc, ainsi que du sorgho et des bananes. La culture du Mahagi et Irumu ainsi qu Mambasa. Une nouvelle administration pour amliorer la scurit Le statut de province confre lautorit provinciale le pouvoir de prendre des engagements avec des partenaires extrieurs Chef-lieu : Bunia Plus grande ville : Bunia Fuseau horaire : UTC+2 Dmographie : Densit : 22 LIturi est devenue une province depuis 2015. LIturi est situ sur le versant occidental du Lac Albert Il partage ses frontires avec lOuganda et le Soudan du Sud LIturi comprend cinq territoires administratifs : Aru (6 740 km2) ; Djugu (8 184 km2) ; Irumu (8 730 km2) ; Mahagi (5 221 km2) et Mambasa (36 783 km2) LIturi est une rgion de haut plateau ; il possde une grande fort tropicale et une faune rare qui hberge les Okapis, dans une rserve patrimoine de lUnesco. 50 000 morts et 500 000 dplacs. La province de lIturi est riche en or, avec la mine de Kilo-Moto 2 La fort dIturi fut traverse pour la premire fois par un europen en 1887, Henry Morton Stanley, au cours de lexpdition de secours Emin Pasha de certains projets de dveloppement. Ceci ntait pas le cas lorsque lIturi encore district lpoque, se trouvait 700 km du centre de dcision de Kisangani, dans la Tchopo. Ainsi, la nouvelle province prsente lavantage de rapprocher les dirigeants des administrs. Ce qui permet de rsoudre localement certains dossiers car les grandes dcisions sont dsormais prises localement et permettent de rgler un certain nombre de questions; notamment le problme intercommunautaires, avec le concours de Contribution Carte Postale Ituri la police et de larme, pour lamlioration de la scurit dans la province. Il y a aussi un dividende politique prendre en compte puisque ce nouveau statut pourra conduire des quotas supplmentaires la dputation Bunia, tant devenue une ville. Mais en dpit de toutes ces opportunits, il y considrables au Sud Irumu et Mambasa. En effet, les exactions des groupes arms ont des consquences graves qui risquent de mettre des dcennies pour se rsoudre si lon ny prend garde. A cela en violences intercommunautaires affectant ainsi les activits agricoles, dans plusieurs localits. Localement, lautorit provinciale interpelle les leaders communautaires encourager la base rejoindre le processus que la MONUSCO et dautres partenaires. Par ailleurs, lautorit provinciale va mettre tout en uvre, en matire de bonne gouvernance, pour restaurer lautorit de lEtat, en organisant une administration forte pour remdier certains dsordres constats. infrastructures, ltat des routes et des ponts laisse encore dsirer. Tous les tronons routiers sont dlabrs et entravent la bonne circulation des personnes et de leurs biens et mme, quelques fois, les oprations militaires. Photo MONUSCOEchos de la MONUSCO N Juillet 2016Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ituri

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11 Sil faut le dire, jai t marqu par, essentiellement, deux vnements en Ituri. Le premier cest lapparition de groupes arms Mambasa en 2011; alors quauparavant Mambasa navait pas connu de prsence de groupes arms marqu parce que jai eu voir un problme en devenir. Jai vu comment des groupes arms sont crs : par des circonstances, des vnements, pour devenir par la suite un problme qui se pose, videmment, la population congolaise, aux autorits congolaises et bien sr la Communaut Internationale qui essaie, autant que possible, daccompagner les efforts des uns et des Le deuxime vnement qui ma marqu: les incidents de novembre 2012 o il y a eu des attaques contres les installations des Nations Unies et ce moment l, jai eu faire le constat que, malgr les progrs qui ont t raliss par la MONUC ensuite la MONUSCO, en collaboration avec les autorits, il y avait un problme de comprhension; il y avait un problme dexplication du mandat, un problme dexplication de ce qui a t ralis en commun. Ces deux vnements mont emmen personnellement penser que nous devions envisager un peu nos activits et peuttre mme notre mandat sous un angle relativement diffrent que a na t le cas jusque l. Jen ai dduit ainsi dune part, que si nous avons fait beaucoup defforts depuis 2010 qui sont mal compris cest peut-tre, dune certaine faon, que nous ncoutons pas assez nos interlocuteurs, nos partenaires. Il ny a pas meilleur expert des problmes congolais que les congolais eux-mmes Je crois que ctait vraiment important dcouter et non pas voir de quelles manires nous pouvons aider Point de vueMhand Ladjouzi : Le potentiel dont regorge lIturi lui garantit un avenir prometteur les autorits. Surtout, couter les autorits, la fois dans le diagnostic et dans les solutions envisager. Toutefois, Je crois que tout ce qui a t fait, partir du moment o la Mission un mandat de stabilisation, a t de commencer par laborer un mandat conjointement avec les autorits. Dautre part, cest que la Mission, sans aucun doute, a ralis des rsultats trs concrets toujours en collaboration avec les autorits et avec la population. Nanmoins la probablement, doit nous amener envisager des solutions plus ou moins diffrentes. A commencer dj par couter les solutions que prconisent les congolais pour leurs propres problmes et dtre un peu imaginatif dans notre approche. Donc une autre approche pour mieux concrtiser lappui que nous accordons au pays hte. Pour revenir la nouvelle province de lIturi, lavenir est bien sr prometteur parce que cest lune des provinces qui a, la fois les ressources humaines, mais galement les ressources naturelles, pour vraiment rpondre aux besoins de sa population; pour tre vraiment dans un processus endogne de lancement du dveloppement conomique et social. Mais pour arriver cela il faut que toutes les dispositions de la Constitution soient appliques y compris en ce qui concerne la rtrocession. Toutefois, avec les efforts que je constate qui consistent largir la base des revenus, parce que la province dispose de ressources, il faut que ces revenus soient bien canaliss pour se retrouver un peu dans les institutions tablies en la matire et visant au dveloppement conomique et social de la population. Bien que les attentes soient normes pour la population de lIturi qui veut que, du jour au lendemain, les choses samliorent, on peut certain stade, que le potentiel dont regorge lIturi lui garantit un avenir prometteur. Aussi loccasion est donne aux Ituriens dapporter leur contribution dans la recherche de solutions de leurs propres problmes. La FRPI est un problme Iturien. Les Ma Ma Mambasa est un problme Iturien. La rserve de faune Okapi est un problme Iturien. Le dveloppement aussi est, en partie, un problme Iturien. Si les Itutriens se mettent donc ensemble dans les institutions prsentes, lues dans le cadre de la nouvelle province, cela pourrait apporter vraiment des plate-formes de solutions que nous sommes heureux de pouvoir accompagner dans un processus de dveloppement. Je peux dire que nous sommes vraiment que les groupes arms soient rduits dans leur capacit de nuisance, voir radiqus. Ainsi les communauts pourront-elles entendre entre elles pourront exploiter ensemble les ressources de la rgion et aller de lavant, pour une vritable stabilisation la fois scuritaire mais galement conomique et sociale. Propos recueillis par Jean-Claude Locky et Laurent Sam Oussou/MONUSCO Photo MONUSCO/Laurent Sam Oussou

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12 Situation gnrale des droits de lHomme dans lIturi et principales tendances observes La province de lIturi demeure confronte Hema et Lendu (qui sest achev en 2007 avec environ 60 000 morts, une prolifration des armes lgres, et un activisme ngatif des groupes arms (FRPI dans le Sud-Irumu, MaiMai Simba dans le territoire de Mambasa); le tout couronn de la persistance de rumeurs faisant tat de la prsence de combattants ADF et FDLR, fuyant les oprations militaires en cours, dans les deux territoires de la province du Nord Kivu. Larrestation de Cobra Matata et son Kinshasa, et la mort de Paul Sadala alias Morgan, loin de rsoudre les problmes scuritaires de lIturi, ont plutt conduit une fragmentation de ces deux mouvements, donnant naissance de multiples sousgroupes de milices et/ou factions sans unicit de leadership, aggravant de ce fait la situation dj prcaire des populations civiles. Cette situation sest aussi traduite par la multiplication des incursions, consquence logique dun vide scuritaire, ciblant principalement les populations civiles, dont certaines, dans plusieurs localits de la province de lIturi, se sont vues obliges de trouver refuge dans la fort, une fois la nuit tombe, de peur des attaques des miliciens, Lvolution de la situation des droits de lHomme dans lIturi : vers la fin des violations ?notamment dans le sud du territoire dIrumu. Lautre corollaire de laggravation de linscurit apparait au prisme de laugmentation du nombre de dplacs internes; 104 503 dplacs enregistrs dans le Sud-Irumu entre juin et dcembre 2015 contre 15 871 en 2014. Statistiques Le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de lHomme (BCNUDH) Ituri a constat pendant cette priode, une multiplication par deux-et-demi (2.5) du nombre dincidents. Les violations ciblant principalement les femmes sont passes du simple au double abus sexuels et de violences bases sur le genre a tripl. Les statistiques du BCNUDH Ituri tmoignent en effet de cette situation scuritaire dltre. A titre illustratif, en 2014, le BCNUDH a document 137 cas de violation des droits de lHomme (VDH) soit au total 566 victimes, contre 382 cas de VDH ayant fait un total de 1 324 victimes. Cette dtrioration de la situation des droits de lHomme sest accentue courant juin 2015 avec le lancement de lopration Mongoose cense dloger les miliciens du FRPI de leurs derniers bastions. 120 VDH et 359 victimes (50% dhommes, 40% de femmes et 10% denfants) ont t documents avant juin 2015, contre 173 VDH et 509 victimes 45% dhommes, 43% de femmes et 12% denfants) de juin dcembre 2015. Actions du nombre de VDH dans lIturi et des vulnrabilits, le BCNUDH a entrepris plusieurs actions, notamment le dploiement de 14 missions sur le terrain, lorganisation de 13 formations en droits de lHomme et en Droit international humanitaire (DIH) lintention des ONGDH et des acteurs de la socit civile, de 10 formations des contingents de la MONUSCO, 6 formations de la PNC, 3 formations lintention des organisations fminines, 3 formations des autorits locales sur les mcanismes dalertes prcoces et des mcanismes de protection et 2 formations lintention des magistrats et des avocats. Le BCNUDH a galement organis plusieurs runions avec les acteurs de la protection et de dfense des droits de lHomme, dont 23 sur la lutte contre limpunit des Violences sexuelles et les SGBV, avec les partenaires. Le BCNUDH Ituri demeure toutefois, malgr Les problmes de coordination entre les diffrentes entits; linaccessibilit de certaines localits, thtre de multiples VDH notamment dans les carrires minires de Mambasa et certaines localits du SudIrumu; le manque de professionnalisme de certains lments des FARDC, accuss de harclement, dextorsion et darrestations arbitraires des populations civiles; des ONGDH; le non-respect des lois de 2006 sur les violences sexuelles et la poursuite des arrangements lamiable. activits de monitoring, reporting, plaidoyer, formation et protection au courant de lanne culture des droits de lHomme, au respect dinverser la courbe des violations observe en 2015. Par Salifou Mforen Nchourupouo* 12 Echos de la MONUSCO N Juillet 2016Photo EPA/DAI KUROKAWA Photo MONUSCO/Laurent Sam Oussou

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13 Avec lappui de la MONUSCO, le rseau Espace Echange des Femmes de lIturi a organis cette journe dchange Gety. Plus de 230 femmes et 38 hommes ont accueilli la dlgation venue de Bunia, conduite par Mme Marie Kabazaire, prsidente de la Fdration des Femmes Protestantes de lIturi (FFPI). Prires et paroles Aprs une prire cumnique pour la paix, Mme Louise Tajeki, reprsentante du Rseau des Femmes pour le Dveloppement (REFED), a expos les mcanismes de protection et de prise en charge des violences faites aux M. Venant Bashizi, Chef de la Section Genre de la MONUSCO en Ituri, a ensuite vulgaris, en Kiswahili, la Rsolution 1325, en prsentant le rle que les femmes peuvent jouer, au sein de leurs communauts, en portant un message encourageant, en invitant les miliciens du FRPI quitter la brousse et adhrer volontairement au processus de dsarmement, de dmobilisation et de rintgration. La parole sest ensuite libre parmi ces femmes venues de toutes les communauts du Walendu Bindi. Elles ont dnonc les exactions quotidiennes auxquelles elles sont soumises.Limplication des femmes dans le processus de consolidation de la paix dans le territoire dIrumu Aujourdhui, disent-elles cultiver son champ, vendre ses productions au march local ou aller chercher de leau ou du bois de chauffe sont devenues des activits haut risque. Elles sont victimes dagressions sexuelles rptes ou assassines par les hors-la-loi, ou alors souponnes de collaborer avec les FARDC, ces mmes FARDC qui se retournent parfois contre elles les accusant leur tour de cooprer avec leurs enfants/maris miliciens. Sortir de chez soi aprs 18h, mme pour se rendre au centre de sant, cest sexposer au danger des miliciens. Une femme, qui habite quelques kilomtres de Gety tmoigne : Ce soir, aprs cette runion, je ne sais pas o je vais dormir et je ne peux pas rentrer chez moi. Priez pour moi !. Lhbergement lui sera offert avec une vingtaine dautres femmes lintrieur de lglise CECA 20. Dans ce contexte, les maladies sexuellement transmissibles se multiplient dans les groupements du Walendu Bindi. La population, victime de pillages et de prlvements intempestifs de taxes, a du mal survivre. Les femmes du Walendu Bindi ont aussi dplor les tentatives de ngociations de paix avortes entre les leaders de la FRPI et le Gouvernement. Simpliquer et esprer Malgr cela, cest sur une note despoir pour le rtablissement dune paix durable que ces femmes du Walendu Bindi ont marqu cette journe dchanges. Elles veulent simpliquer dans la stabilisation et la recherche de la paix. Ainsi, ont-elles dcid de constituer un rseau de femmes leaders du Walendu Bindi. Elles pourront ainsi solliciter lengagement des notables, des chefs coutumiers, des confessions religieuses et des autorits politiques et scuritaires dans la relance du Sud dIrumu. Par ailleurs, elles ont dcid daller dans leurs communauts, faire du porte porte, pour sensibiliser les proches des miliciens de la FRPI et les encourager inciter leurs enfants, maris, frres et voisins, librer les enfants, arrter les violences contre les femmes, rendre les armes et se dmobiliser. La MONUSCO et les femmes du rseau Espace dEchange des Femmes de lIturi se sont engages accompagner et soutenir les femmes du Walendu Bindi, dans leur travers les changes dinformation pour des actions concrtes mener et le renforcement des capacits. Cependant, les femmes restent lucides. Malgr tous leurs efforts, elles savent que leur espoir dune scurit et dune paix durable dans le Walendu Bindi ne pourra devenir ralit que sil y a une relle volont du Gouvernement de la Rpublique dmocratique du Congo et des miliciens pour teindre ce feu qui na que trop dur. Par Anne Herrmann et la Section Genre MONUSCO Ituri Photo MONUSCO/Myriam Asmani

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14 Laurent Sam Oussou : Pourquoi avoir choisi Mambasa pour ce projet ? Cest suite aux attaques de Morgan, la situation ntait pas bonne dans la zone. Une situation proccupante qui avait mobilis toute la Communaut internationale ainsi que la Communaut nationale. Il fallait venir Mambasa mettre en place un processus de stabilisation. Quels sont les rsultats de ce projet ? Nous estimons que le bilan est positif. En ce qui concerne le dialogue dmocratique, le processus et le cycle des dialogues a permis un rapprochement entre les administrs mais aussi, entre les administrs et les autorits locales. Dans son volet restauration de lautorit de lEtat le projet a permis le renforcement des capacits de la police. travers ce projet, 3 btiments entirement quips de la police ont t construits. Maintenant les conditions sont favorables pour la police, dautant que, la MONUSCO a form dans ce cadre, les lments de la police, pour amliorer ses services envers la population. Pour le dernier pilier la rlance conomique, nous avons appuy les activits gnratrices de revenus. L, nous avons essay de rinsrer les femmes avec la mise en place des Mutuelles ou tontines. Quel est limpact de ce projet de stabilisation quand on sait que les zones continuent de de faire lactualit ? Dune manire gnrale, jestime que tout ce que nous avons ralis au niveau de Mambasa consolidation de la paix dans la zone. Nous voyons dj les effets du projet. Par exemple entre la population et les institutions publiques. Pour la population ce sont des services qui leur causent des tracasseries. Les services en question accusaient la population de collaborer avec les miliciens. Cest au travers du dialogue quon a russi rapprocher les autorits locales de la communaut. Ce projet pilote donne des orientations pour la stratgie de stabilisation de lIturi Que peut-on en esprer pour les 4 autres territoires dont certaines sont en proie aux Pour le moment nous sommes en train daller vers la deuxime phase du programme STAREC-ISSSS qui sera annonce bientt au niveau de la province. Ce quil faut retenir actuellement cest que nous avons notre priorit des priorits cest la zone du Sud Irumu suivie de Mambasa. La question de lexploitation illgale des ressources minires, parce quil y a un lien entre la commercialisation des ressources naturelles et la circulation des armes. De lautre cot au niveau du Sud Irumu, plusieurs annes avec les attaques et autres exactions des FRPI, la situation deviennait de plus en plus proccupante. Nous savons que la collaboration MONUSCO-FARDC contre les FRPI est dj un acquis. Maintenant, dans le cadre de la stabilisation, il faut venir avec une approche communautaire. Pensez-vous que ces actions vont mener dveloppement de lIturi ? Cest vrai quon a besoin de dveloppement mais si nous voulons vraiment le dveloppement, nous devons avant tout chercher la paix. Si aujourdhui nous sommes dans des zones comme le Sud Irumu ou Mambasa, cest important que nous puissions mettre en place des mcanismes de dialogue assez forts pour que la communaut ellemme soit en mesure de grer ses problmes. Comment se droule la collaboration avec La collaboration est bonne. Nous avons un point focal SSU qui est bas ici, auprs du chef du bureau de la MONUSCO qui est le co-prsident du comit technique conjoint. Au niveau technique, le Gouverneur de la province prside avec le chef de bureau de la MONUSCO. En tant que reprsentant de la partie gouvernementale dans le cadre de la part de vos partenaires notamment de la MONUSCO qui partira un jour ? Ce qui est important cest le transfert des comptences. Il faut quon arrive renforcer la capacit de la socit civile, des structures nationales ainsi de suite. Parce qu un moment donn les partenaires peuvent dire quils nont plus de moyens. Donc le renforcement des capacits peut permettre aux structures de demeurer et poursuivre avec les acquis. La stratgie de stabilisation pour la province de lIturi Propos recueillis par Sam Oussou/MONUSCO 14 Echos de la MONUSCO N Juillet 2016Photo MONUSCO/Laurent Sam Oussou

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15 A lurgence dun dialogue. Le territoire dIrumu a longtemps les communauts Hema, Lendu (Ngiti), Bira, Lesse et Yira (Nande). Ces rivalits qui durent depuis des dcennies ont t exacerbes au facteurs notamment lmergence du groupe arm FRPI dont les attaques rgulires contre les populations locales, toutes ethnies confondues, sont la base de linscurit chronique dans ce territoire. Plus que jamais, les habitants dIrumu sont conscients de la ncessit dun dialogue inclusif pour une Partant de ce constat, le Bureau rgional de la MONUSCO Bunia a facilit en juin 2015 llaboration du projet intitul Appui au dialogue intercommunautaire, la prvention dIrumu. Cette initiative a pour ambition de contribuer la relance dun processus de dialogue inclusif permanent entre les acteurs et de rduire les risques descalade entre les communauts concernes et de promouvoir une paix durable ainsi que la cohabitation socit civile, Vice-prsident des notables de lIturi note quil est primordial que les Les communauts du Sud Irumu sengagent dans un dialogue inclusif dveloppement. Il faut aplanir les divergences et trouver des pistes de solutions durables. Un processus de dialogue inclusif accompagn par les autorits provinciales et facilit par la MONUSCO Le projet repose sur un engagement fort du gouvernement provincial, de la socit civile et des reprsentants de la base (chefs, notables). Un Comit Consultatif de 40 membres a t constitu, comprenant des reprsentants de lautorit provinciale, de membres des communauts dsigns par leurs bases respectives, des diffrentes sections substantives et des Agences des Nations Unies. Ce comit est anim par un reprsentant du Gouvernement provincial tandis que le Bureau Rgional de la MONUSCO, travers la section des Affaires civiles qui en assure provisoirement le secrtariat. Le projet suit galement une dmarche mthodologique rigoureuse, articule autour dune srie de consultations et de les communauts ont dsign 15 experts (10 hommes + 5 femmes), lesquels ont reu en mme temps que les membres du comit consultatif une formation en analyse et en Ainsi, sous lgide du Gouvernement provincial de dIturi et lappui de la MONUSCO, les reprsentants des communauts en autour dune mme table pour parler de leurs dissensions, partager leurs points de vue respectifs, et travailler ensemble sur des pistes de solution. Autorits publiques et reprsentants communautaires, hommes et femmes dIrumu ont tous eu voix au chapitre au cours de dbats riches, francs et dexcellente tenue. En attendant des changes cibls avec les Ngiti et les Hema dans les semaines venir, lquipe conjointe de la MONUSCO et du Gouvernement provincial a rencontr les reprsentants des tribus Lesse-Vunkutu les 28 et 29 juin, Yira les 4 et 5 juillet, Ngiti le 12 juillet et Bira le 15 juillet. Ces sessions ont permis aux participants de proposer des voies de sortie concrtes en vue dune La prochaine tape consistera poursuivre la facilitation des rencontres la base, au sein mme des communauts (dialogues intracommunautaires), avant denvisager le dialogue entre les communauts (dialogues intercommunautaires) dans une phase ultrieure du projet. La dynamique dchanges est porteuse despoir Les rsultats obtenus dans cette premire phase du projet sont encourageants. De lavis des communauts, ce projet a offert lavantage de mieux comprendre les de rapprocher les points de vue des uns et des autres sur lhistorique desdits possibles solutions durables pour y mettre souligner cet engagement des communauts qui sapproprient progressivement les efforts Pour que ce cadre de dialogue se prennise, le leadership et le soutien des pouvoirs publics demeurent indispensables. De ce fait, les communauts ont insist sur limplication constructive et constante des autorits provinciales et nationales dans ce processus. Le Vice-prsident du Comit Consultatif et Chef de Division, pour sa part, a insist sur limportance de maintenir les efforts au-del de annes. Un plaidoyer auprs des dcideurs sera donc ncessaire leur rsolution. Selon lui, il demeure impratif de trouver rapidement des solutions puisque plus on tarde les cur des victimes et se transmettent dune gnration lautre. Par la Section des Aaires civiles/MONUSCOPhoto MONUSCO/ Anne Herrmann Echos de la MONUSCO N Juillet 2016

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16 En Ituri, lutter contre limpunit qui pose un risque sur la situation scuritaire est un challenge quotidien. Au manque dinfrastructures pour rendre la justice et assurer des conditions de dtention humaines, sajoute le manque crucial de personnels judiciaires et pnitentiaires. Par exemple, la prison de Bunia, qui a une capacit de 200 prisonniers, en compte actuellement 1316, dont 36 femmes et 16 enfants, surveills par 25 personnels, toutes fonctions confondues. Des vasions sont rgulirement enregistres. En outre, la prison de Bunia nest pas raccorde leau et lalimentation en lectricit est quasi inexistante. Par ailleurs, le manque de personnels judiciaires, notamment de juges et de magistrats, est lorigine de longs dlais de Renforcer le systme judiciaire et pnitentiaireUn besoin vital pour lIturi Par Anne Herrmann et Dsir Balume/MONUSCOdtention prventive avant les procs. 930 personnes sont en attente de leur procs la prison de Bunia. Ces dlais judiciaires population, envers le systme judiciaire et tend favoriser les actes de justice populaire, crant ainsi un environnement scuritaire volatile, dans les 5 territoires de lIturi. Depuis plusieurs annes, la MONUSCO appuie la Rforme du Secteur judiciaire et pnitentiaire. Dans le cadre de ses Projets Impact Rapide (QUIPs), la MONUSCO a par exemple appuy la rhabilitation de deux prisons, respectivement Gety et centrale de Bunia. Le Secrtaire Gnral de la Justice a dailleurs rcemment affect des directeurs pour ces deux prisons. Un groupe dun peu plus de 120 dtenus a prison de Gety. Le plaidoyer des autorits provinciales, des ONGs locales et de la MONUSCO a galement permis la cration dun parquet militaire Gety, le renforcement des effectifs des magistrats et juges en Ituri, dont trois nouveaux juges affects au tribunal de grande instance, six au tribunal de paix dIrumu, deux au tribunal de paix de Djugu, deux au tribunal de paix de Mahagi et trois au tribunal de paix dAru. Il a galement t cr rcemment deux parquets, prs les tribunaux de paix, dont un Djugu et lautre Irumu, pour tenter de rapprocher la justice des justiciables. En tout, lIturi, compte 78 magistrats pour environs 9 millions dhabitants, soit 01 magistrat pour 115 385 personnes. Malgr les efforts consentis, on constate que le nombre de magistrats et juges reste dlais raisonnables, dans le respect des droits de lHomme et sur toute ltendue de lIturi, en particulier dans les zones les plus recules, selon les propos des membres de la socit civile de lIturi. Il est donc urgent de renforcer la rforme du systme pnitentiaire en RD Congo, en envisageant la constitution dun corps de police pnitentiaire professionnel capable de maintenir une bonne administration pnitentiaire qui tienne compte de la surveillance et du transfert des prisonniers, mais aussi prompte intervenir en cas dincident au sein de la prison. En attendant la cration dune cole de formation du personnel pnitentiaire qui peine tre mise en place, tout agent devrait tre form dans une cole de formation de la police, avec un focus sur ladministration pnitentiaire. 16 Echos de la MONUSCO N Juillet 2016Photo MONUSCO/Laurent Sam Oussou

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17 Prsentez-vous ? Je me nomme K. A. Moise. Originaire de la collectivit de Walendu Bindi. Trs tt orphelin de pre et de mre, jai t lev par mon oncle paternel qui navait pas denfants. Jai grandi pendant la priode o lIturi tait tourment par les guerres au sud Irumu. Ds le dbut des guerres je me suis retrouv avec mes parents au camp de dplacs de Gety en 2006. L jai commenc les tudes primaires en 1re anne. Malheu-reusement il ny avait personne pour me payer les frais de scolarit et cest ainsi que jai arrt les tudes. Je voyais dans le camp, les miliciens qui circu-laient avec des enfants de mon ge. Comme je navais rien dautre faire, jai dcid de suivre librement la FRPI pour me retrouver avec eux Protection de lEnfant Un exemple russi de rinsertion dans un village du nom de Tehi. A ce momentl je nentrevoyais aucun avenir. Que faisiez-vous dans ce groupe arm ? Au dbut et vu mon trs jeune ge, jaidais aux tches mnagres et la cuisine. Jobissais scrupuleusement aux ordres et consignes parce que javais remarqu que les personnes ttues taient srieusement fouettes. En grandissant, je voyais aussi les attaques des Forces armes Congolaises (FARDC) suivies de morts parmi les miliciens et jai aussi vu les vagues de dmobilisation et dintgration au sein des FARDC. Pourquoi navez-vous pas particip aux vagues de dmobilisation ? Un jour la CONADER (Commission Nationale de Dsarmement et de Rinsertion sociale) est venue Aveba et a demand et obtenu la sortie des enfants. Jtais parmi ces enfants. Nous sommes sortis pour le centre dAveba dirig par lONG Save the Children. Mais aprs quelques jours, jai fui avec dautres amis pour aller en brousse parce quon avait peur de tomber entre les mains des FARDC qui avaient la rputation de maltraiter les FRPI. Mais, jai aussi not paradoxalement que plu-sieurs adultes, dont certains leaders, taient sortis et beaucoup ont t repris au sein des FARDC. Malgr a jai prfr rester auprs dun aux cots de qui jai men plus-ieurs combats. En 2012, jtais caporal et jai volu jusqu adjudant, avec une position militaire grer. Le sens de ma prsence en ce moment-l tait juste une question de survie. quitter la FRPI ? Tout a commenc avec la 2me ngociation de juin 2015 pour la sortie des FRPI aprs larrestation de Cobra et lchec de la 1re n-gociation en novembre 2014. Jai vu les tentes qui taient installes pour cette nouvelle ngociation et je me disais quil fallait que je de rien. Notre salaire ctait le fruit des pillag-es que nous orchestrions. Ma volont de me rendre grandissait parce que je ne supportais plus les pillages. Mais malheureusement ces 2me ngociations ont chou. Finalement un jour, nous nous sommes vus encercls de tous cts par les FARDC et les forces de la MO-NUSCO. Lattaque fut brutale, terrible avec des bombardements dhlicoptres et de chars. Ce fut une exprience traumatisante pour moi. Il y a eu beaucoup de pertes du ct des FRPI. Je suis all voir mon major pour lui signirendus Gety. Et cest ainsi que jai commenc raliser que le Gouvernement pouvait tre bon parce quon ne nous avait pas tus. En ef-fet, ce que redoute le plus chez les FRPI cest que quand vous sortez, on vous tue. Ensuite un Major des FARDC a appel la MONUSCO, qui nous a transports Bunia, lhpital de la base militaire de la MONUSCO, Ndoromo. Il y avait des blesss parmi nous qui ont tout de suite t pris en charge par la MONUSCO. vous y avez fait ? Le lendemain de notre arrive au camp Ndo-romo, une quipe de la section Protection de lEnfant de la MONUSCO est venue rcu-prer les enfants de notre groupe pour les amener au Centre de Transit et dOrientation (CTO) dAJEDEC. L, il y avaient plusieurs activits rcratives mais aussi de la forma-tion daccompagnement. Jai choisi de faire la menuiserie, en plus de la remise niveau psychologique qui permettait aux enfants de parler de leurs souffrances et recevoir une aide psychologique. Je dis merci la MONUSCO et lUNICEF qui mont soign de la dmence. Ensuite du CTO on a t transfr dans des familles daccueils transitoires. Jy ai t bien trait. Comment vous sentez-vous aujourdhui et quel est votre message aux autres qui sont encore au sein de la FRPI ? Ma vie en brousse avec les FRPI ctait lalcool, le chanvre et bien dautres choses nfastes pour un enfant. Je ne peux pas comparer cette vie-l avec celle que je mne actuellement. Ma nouvelle vie est de loin meilleure. Jai choisi de rester Bunia, aprs ma formation, pour per-fectionner mes connaissances en menuiserie. Aujourdhui, Jai 18 ans. Je suis rentr chez AJEDEC 17 ans et je me prpare exercer un mtier. Je demande mes amis de choisir de sortir parce quils perdent leur temps et leur sant. Quils viennent apprendre un mtier Propos recueillis par Sam Oussou/MONUSCO Photo MONUSCO/Laurent Sam Oussou 17 Echos de la MONUSCO N Juillet 2016

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18 Valeur universelle exceptionnelle La Rserve de Faune Okapis possde abrite de nombreuses espces endmiques et menaces, dont 1/6me de la population existante dokapis. La Rserve protge 1/5me de la fort dIturi, un refuge plistocne, (qui appartient au dbut de lre geologique actuel) domin par une fort dense sempervirente (toujours verte) de Mbau et par une fort humide semi-sempervirente qui sentremle avec des forts marcageuses qui poussent le long des cours deau, avec des clairires localement appeles edos et des inselbergs (montagnes miniatures cres par lrosion). Au nord de la Rserve, des inselbergs spcialement adapte ce micro climat, Protection de lEnvironnementLa Rserve de faune Okapis caractrise par de nombreuses espces telle que le Cycade gant. La Rserve compte 101 espces de mammifres et 376 espces doiseaux rpertories. Parmi les autres mammifres galement la genette aquatique et la genette gante. La Rserve abrite 17 espces de primates (dont 13 diurnes et 4 nocturnes), le nombre le plus lev pour une fort africaine, dont 7 500 chimpanzs. La Rserve abrite la plus importante population dlphants de fort, encore prsente lest de la RDC, estime 7 500 individus et elle est importante pour la conservation dautres espces de fort, comme le bongo, lantilope naine, le lhylochre. Elle est galement rpertorie comme lune des aires protges les plus importantes dAfrique pour la conservation des oiseaux avec la prsence de nombreuses espces emblmatiques comme le paon du Congo. Un patrimoine en danger mais un effort du Gouverneur pour le prserver La Rserve de faune Okapis est sur la liste du patrimoine mondial en danger. La plus grande menace encourue est celle de la dforestation, cause par lagriculture sur brlis, et la chasse pour la vente de viande de brousse. Les prospecteurs dor et, depuis quelques temps, les groupes arms Mai Mai qui posent galement problme. Alors que les indignes Mbuti et les peuples bantous respectent la fort et la faune sauvage, les immigrants nont pas ce mme respect. Le 24 juin 2012, le centre de recherche dEpulu fut la cible dune attaque mene par des rebelles arms et des braconniers. Six personnes seront tues, les locaux de la Rserve pills et incendis et les okapis prsents sur le site, massacrs. Le 20 juillet 2012, lUNESCO attribue une aide durgence de 30 000 dollars pour aider la reconstruction et venir en aide aux familles des victimes. Le gouvernement congolais contrle, depuis quelques mois, plus de 60% de la Rserve de faune Okapi (RFO) qui, en 2012, tait contrl 90% par les Mai Mai Simba. Le responsable de la RFO, Gdon Lokumu, 25me anniversaire de lrection de ce site en patrimoine mondial. Il a expliqu que le contrle de la quasi-totalit de ce site par les miliciens entravait la protection de la son ct, ladministrateur du territoire de Mambasa, Alfred Bongwalanga a indiqu notamment, la prsence de plus de cinq mille orpailleurs dans le foyer minier de Muchacha. La cohabitation entre les gardes de la RFO et les communauts locales sest amliore grce au programme STAREC et lappui de la MONUSCO en territoire de Mambasa, travers lISSSS (Stratgie Internationale de Soutien la Scurit et la Stabilisation). Les activits touristiques ont repris dans la Rserve de faune Okapi. Selon le conservateur du parc, qui livre cette information, 20 touristes italiens ont sjourn durant 5 jours dans cette rserve naturelle, en 2016 et dautres touristes sont attendus. Ils taient merveills. Ils ont camp dans la grande fort et ils taient trs contents de leurs visites Radio Okapi, qui porte bien son nom. Par Laurent Sam OUSSOU bas sur les sources de lUNESCO et de la Radio Okapi 18 Echos de la MONUSCO N Juillet 2016Photo UNESCO

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19 Une journe o le Secrtaire gnral des Nations Unies, Ban Ki-moon a invit chacun, partout dans le monde, consacrer au moins 67 minutes une activit de service communautaire. Etant donn que Nelson Mandala a montr lexemple, en donnant 67 annes de sa vie pour changer la vie du peuple sud-africain. Et ses accomplissements lui ont beaucoup cot, luiservi le peuple de sa nation, et au monde un monde. Pour commmorer cette journe, dont le thme choisi cette anne par la Fondation Mandela est : Fais ta part pour Madiba, la MONUSCO, les agences du systme des Nations Unies, lAmbassade de Rpublique dAfrique du Sud en RDC et le gouvernement provincial de Kinshasa ont organis du 18 au 21 juillet 2016, une srie dvnements et dactivits culturelles en mmoire de lancien Prsident sud-africain. activits a eu lieu le 18 juillet 2016, la Place de la Gare centrale de Kinshasa-Gombe. Au cours de cette de la journe ont t prononcs, respectivement par le Reprsentant spcial adjoint du Secrtaire gnral des Nations Unies en RDC et Coordonnateur humanitaire, le docteur Mamadou Diallo, lAmbassadeur sudafricain en RDC, Son Excellence Ndimeni Luvoyu, et le Gouverneur de la ville-province de Kinshasa, Andr de membres du personnel du systme des Nations Unies, ainsi que de reprsentants de diffrentes organisations et de milieux daffaires. Dans son mot de circonstance, le Reprsentant Spcial Adjoint du Secrtaire-gnral des Nations Plusieurs activits organises en mmoire de Madiba Unies en RDC, a indiqu que la MONUSCO se flicitait de ce que la RDC, par la voix de son gouverneur de la ville-province de Kinshasa, a ritr son engagement aux valeurs universelles qua dfendues Nelson Mandela quil a dcrit comme lune des plus grandes personnalits de ce sicle. Pour sa part, lAmbassadeur sud-africain a invit la jeunesse congolaise sabstenir de rpondre aux appels la violence, surtout en cette priode lectorale : La Journe Mandela veut galement que les jeunes puissent se porter un secours mutuel et surtout assister les personnes les plus vulnrables, les vieillards, a-t-il dit. Le premier jour a connu galement louverture dune exposition dobjets dart et de peintures sur Nelson Mandela, qui avait pour ambition dtablir un lien avec le public, en provoquant motion, sensations, parcours dhomme, de militant et de personnalit politique. Sen est suivi, une visite de lOrphelinat Matu Maini dans la commune de Limete o des vivres ont t distribus. A lissu de cette journe, lAmbassadeur dAfrique du Sud a procd au lancement de lopration botes de dons dans diffrentes entreprises, organisations et ambassades pour collecter de largent destin tre distribu dans les orphelinats et hpitaux, dmunies. Pour rappel, en novembre 2009, par sa rsolution A/RES/64/13, lAssemble gnrale des Nations Unies dclarait le 18 juillet Journe internationale Nelson Mandela en lhonneur de la contribution apporte par lex-Prsident sud-africain la culture de la paix et de la libert. Par Pamela Lubaki et Yulu Kabamba/MONUSCO Journe internationale Nelson MandelaPhoto MONUSCO/Assatou Laba Tour19 Echos de la MONUSCO N Juillet 2016

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20 SE CONNECTER NOUS www.monusco.unmissions.org www.facebook.com/monusco.org www.twitter.com/monusco www.youtube.com/monusco www.ickr.com/monuscoProduit par lUnit des Publications de la Division de lInformation publique de la MONUSCO Contact : 12, avenue des Aviateurs Kinshasa/Gombe Tlphone : (243) 81 890 6650(243) 81 890 6885