Citation
Echos de la MONUSCO

Material Information

Title:
Echos de la MONUSCO
Creator:
Mission de l 'Organisation des Nations Unies en R.D. Congo ( issuing body )
Place of Publication:
Kinshasa, DR Congo
Publisher:
Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en Republique démocratique du Congo
Publication Date:
Frequency:
Monthly
regular
Language:
French
Physical Description:
1 online resource : ;

Subjects

Subjects / Keywords:
Periodicals -- Congo (Democratic Republic) ( lcsh )
Genre:
newspaper ( marcgt )
newspaper ( sobekcm )
international intergovernmental publication ( marcgt )

Notes

Dates or Sequential Designation:
Began with: Volume 1, No1 (Juillet 2011)
General Note:
"Une publication de la Division de l'Information Publique de la MONUSCO".
General Note:
"Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en Republique démocratique du Congo".

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
Copyright, Mission de l'Organisation des Nations Unies en R.D. Congo. Permission granted to University of Florida to digitize and display this item for non-profit research and educational purposes. Any reuse of this item in excess of fair use or other copyright exemptions requires permission of the copyright holder.
Resource Identifier:
on10476 ( NOTIS )
1047609376 ( OCLC )
2018226778 ( LCCN )
on1047609376

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Volume VII N 2015 Progrs notables consolider Droits de lHomme :

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Par Thophane Kinda*Sommaire Photo MONUSCO/Abel Kavanagh Directeur de lInformation Publique Charles Antoine Bambara Coordonnatrice des Publications Aissatou Laba Toure Rdacteur-en-Chef Abdourahmane Diallo Infographiste Jsus Nzambi Sublime Contributeurs Amadou Ba, Yulu Kabamba, Charlotte Songue, Yannick Weyns, Hanan Tabi Julien Attakla-Ayinon, Hlne Devaux, Jean-Tobie Okala, Joseph Tabung Arrt sur image Les anciens combattants regroups Kamina changent avec le Ministre de la dfense et des anciens combattants, Aim Ngoy Mukena, et le Directeur du BCNUDH, Jose Maria Aranaz.Lanne 2015 sachve et un bilan simpose. Pour les Nations Unies et toute la communaut internationale, le mois de dcembre aura t marqu par la clbration de deux journes majeures, lune consacre aux droits de lHommes, et lautre la lutte contre le SIDA. Dans le domaine des droits de lHomme, plusieurs bonds qualitatifs ont t effectus. Le gouvernement de la RDC a fait des efforts remarquables en sanctionnant les auteurs de plusieurs exactions commises dans le domaine des droits de lHomme toutes catgories confondues. Cependant, malgr les progrs raliss, la situation demeure proccupante, comme lindique le dernier rapport du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de lHomme qui a rpertori 143 cas de violations des droits de lHomme et des liberts, et larrestation et la dtention arbitraires de 649 personnes en relation avec le processus lectoral entre le 1er janvier et le 30 septembre 2015. La violence faite aux femmes, malgr les avances enregistres, est un domaine qui mrite encore une attention particulire. Lappel lanc par le Secrtaire gnral des Nations Unies pour une participation renforce des femmes aux efforts de dveloppement dans un espace dnu de toute violence en est une illustration. Dans le domaine de la lutte contre le SIDA, la section VIH/ SIDA de la MONUSCO et lONUSIDA travaillent en troite collaboration avec le Programme national multisectoriel de lutte contre le SIDA (PNMLS) et les agences du systme des Nations Unies pour renforcer les capacits en la matire, et assister les communauts affectes par cette pidmie. Tous ces efforts seffectuent dans un climat politique national assez tendu. Cest dans ce mme contexte dailleurs que le Prsident Kabila a convoqu un dialogue national inclusif. Ce dialogue en gestation, soutenu par les Nations Unies, devrait permettre de prparer le terrain pour des lections apaises en 2016. La MONUSCO va donc accompagner et soutenir ces diffrents chantiers engags par le Gouvernement en vertu de la rsolution 2211 du Conseil de Scurit des Nations Unies *Coordonnateur de la Division de lInformation PubliquePoint de vue3 La Dclaration Universelle des Droits de lHomme : presque septuagnaire, mais plus que jamais dactualitVie de la Mission4 Maman Sidikou invite tous les partenaires travailler ensemble pour mettre un terme aux souffrances des populations civiles meurtries 5 Clbration de la Journe Internationale des Volontaires Politique6 Le dialogue simpose pour relancer le processus lectoralDossier VIH/Sida7 La MONUSCO et ses partenaires clbrent la Journe Mondiale de lutte contre le VIH/Sida au camp de rfugis burundais de Lusenda 9 Osseni Yessifou Alladji : 000 personnes sous ARV en RDC, mais il faut aller plus loin 11 Le Ministre de la Sant publique lance la Campagne communautaire de dpistage au VIHDossier Droits de lHomme12 Interview avec Jose Maria Aranaz, Directeur du BCNUDH 14 Journe Internationale des Droits de lHomme 2015 : Nos droits, nos liberts, toujours 15 Le gouvernement de la RDC raffirme sa volont de respecter ses engagements en matire de droits de lHomme Trois sujets majeurs qui ont domin lactualit au cours du mois de dcembreDroits de lHomme, lutte contre le VIH/SIDA et changement climatique

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3 Comme chaque anne le 10 dcembre, la communaut internationale clbre la Journe de la Dclaration Universelle des Droits de lHomme adopte par lAssemble Gnrale des Nations-Unies, il y a 67 ans. Sa pertinence et son caractre inalinable doivent tre rappels aujourdhui dans un contexte mondial o jamais ce texte naura t aussi instrumentalis et les Droits de lhomme si malmens. La Dclaration appartient chacun dentre nous. Lisez-la, appropriez-vous la Le principe de luniversalit est la pierre angulaire du droit international des droits de lhomme. Ce document comporte un prambule et trente articles consacrant des droits humains fondamentaux, civils, politiques, sociaux, conomiques et culturels qui concernent lhumanit entire. Depuis son adoption le 10 dcembre 1948, la Dclaration continue dtre une source dinspiration des efforts nationaux et internationaux de dfense et de protection des droits de lHomme et des liberts fondamentales. Elle donne un lan prcieux la promotion des Droits humains sur les cinq continents. Rendons hommage, tous ensembles, la vision extraordinaire des rdacteurs originaux de la Dclaration et aux innombrables dfenseurs des Droits de lHomme partout dans le monde, clbres ou anonymes, qui ont lutt pour faire de cette vision une ralit, souvent au pril de leur libert et de leur vie. Les Droits de lHomme sont des droits inalinables de tous les tres humains, quels que soient leurs nationalit, lieu de rsidence, sexe, origine ethnique ou nationale, couleur, religion, langue ou toute autre situation. Nous avons toutes et tous le droit dexercer nos droits fondamentaux sans discrimination, sur un pied dgalit. De surcrot, la journe de la Dclaration Universelle des Droits de lHomme nous dondes mdias libres et au soutien quils apportent aux femmes et aux hommes aspirant un monde plus juste. Nous devons redoubler defforts pour faire passer ce message : les La Dclaration Universelle des Droits de lHommePresque septuagnaire, mais plus que jamais dactualitmdias libres sont les garants de la protection des droits fondamentaux, un bien indispensable pour chaque femme et chaque homme sur cette plante, en RDC comme ailleurs. Le dernier rapport du Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de lHomme, publi mardi 8 dcembre 2015, documente 143 violations de Droits de lHomme entre le 1er janvier et le 30 septembre 2015, en lien avec le processus lectoral en Rpublique dmocratique du Congo. Le rapport ajoute quau moins 649 personnes ont t arrtes arbitrairement dont 20 ont t victimes dexcutions extra-judiciaires. Lisez-le, plongez-vous dans ce document indispensable qui veut comprendre la RDC lore de cette anne 2016 si incertaine politiquement. Larticle 19 de la Dclaration est sans quivoque : Tout individu a droit la libert dopinion et dexpression, ce qui implique le droit de ne pas tre inquit pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de rpandre, sans considrations de frontires, les informations et les ides par quelque moyen dexpression que ce soit. Au moment o le monde est le thtre datrocits grande chelle et de violences gnralises, le 67me anniversaire de la Dclaration universelle des Droits de lHomme constitue loccasion par excellence la Paix (Radio Okapi) dans la promotion et la vulgarisation de toutes les actions de dfense des droits de la personne, de dresser des bilans et de contribuer rendre visible toutes les actions qui favorisent la progression des droits civils, politiques, conomiques, sociaux et culturels. Un lment essentiel de la protection des Droits de lHomme dans ce pays consiste faire largement connatre et comprendre nos millions dauditeurs leurs droits fondamentaux, et comment ils peuvent tre dfendus, promus, sacraliss. En cette Journe des Droits de lHomme, engageons-nous une nouvelle fois participer, chacun notre chelle et collectivement en tant que mdia, la garantie des liberts fondamentales et la protection des Droits humains de tous 3 Par Amadou Ba/MONUSCO

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4 Cette visite qui marque de manire claire son intrt pour cette partie du pays soumise toutes sortes de violences par les groupes arms, sinscrit dans le cadre de sa prise de contact avec les autorits locales, le personnel civil et militaire des Nations Unies, mais aussi et surtout pour exprimer, au nom de la MONUSCO, sa solidarit et sa compassion aux populations locales de cette rgion, victimes innocentes des groupes arms. A Bni, premire tape de sa tourne, M. Sidikou a eu des changes fructueux avec le maire de la ville et les membres du comit provincial de scurit ainsi que la socit civile, mais aussi avec le personnel de la MONUSCO dploy la base de Mavivi. M. Sidikou sest galement rendu Oicha, o il a rencontr ladministrateur du territoire avant de poursuivre sa visite Eringeti, o des crimes dune extrme cruaut suivis dincendies de maisons et de boutiques ont t commis par les rebelles de lAlliance des Forces Dmocratiques, (ADF). Ce fut pour lui loccasion de visiter lhpital de cette localit, des tmoignages des populations mais aussi dexprimer sa solidarit aux FARDC et aux Casques bleus du contingent Malawite de la Brigade dintervention dploys Eringeti. A Bunia, le Reprsentant spcial du Secrtaire gnral des Nations Unies a rendu une visite de courtoisie au nouveau Commissaire spcial de la province de lIturi et a rencontr les reprsentants des agences du systme des Nations Unies en service dans cette zone ainsi que le personnel civil et militaire de la MONUSCO, dans le but de renforcer et coordonner le travail de toute la famille M. Sidikou sest galement rendu Gety o il a rencontr le chef coutumier de la collectivit de Walendu Bindi, accompagn de ses administrs et procd linauguration la MONUSCO notamment : le commissariat de police et la prison de Gety sans oublier la route reliant Bunia Gety, rhabilite par le Gnie Npalais de la Force de la MONUSCO. A Goma, Maman Sidikou a eu des rencontres et changes avec le personnel de la MONUSCO et inaugur en compagnie du vice-gouverneur de la province du NordMONUSCO dans le cadre des projets imlUnion Nationale de la Presse Congolaise. Tout au long de cette tourne une seule requte a t soumise de manire unanime M. Sidikou, par ses diffrents interlocuteurs: La Paix, do, selon lui, la ncessit imprieuse de travailler ensemble sans mnager aucun effort, pour mettre un terme aux souffrances des populations civiles meurtries, au plan scuritaire, et ayant besoin dune assistance humanitaire accrue Maman S. Sidikou invite tous les partenaires travailler ensemble pour mettre un terme aux souffrances des populations civiles meurtriesPar Felix Prosper Basse/MONUSCO4 Maman S. Sidikou, chef de la MONUSCO lors de son arrive Goma M. Sidikou serre la main des enfants visiblement heureux de le rencontrerPhoto MONUSCO/Abel Kavanagh Photo MONUSCO/Abel Kavanagh

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5 Tmoignages de volontaires des Nations Unies (VNU)Sabine WOUBE REOUTOU NGARORUM, Woman Protection Advisor/Coordinatrice Provinciale du Sud Kivu : tre volontaire cest mettre ses comptences et aptitudes au service des autres que lon ne connait pas mais qui ont le droit de vivre dans un monde panoui l o un espoir de bonheur peut naitre. [] La Journe internationale des volontaires est une occasion pour les organisations qui engagent des volontaires et les personnes qui se portent volontaires de promouvoir leur contribution au dveloppement, au niveau local, national et international. Une faon de se faire connaitre en tant que volontaire et le don de soi pour lamlioration des vies des autres. Dramane DARAVE, Webmaster-Social Media Manager / MONUSCO Kinshasa : Je me suis engag comme VNU pour apporter ma contribution dune socit meilleure o la paix et la scurit seront une ralit durable, une socit o tout le monde aura accs linformation grce au potentiel des Technologies de linformation et de la communication, dont lInternet et les medias sociaux, pour une citoyennet plus accomplie. [] Le volontariat revt, pour moi, deux aspects importants : dune part, il est un engagement travers lequel nous, volontaires, mettons nos comptences et expertise au service de la communaut et, dautre part, cet engagement se rvle tre une exprience enrichissante, car il nous offre une opportunit unique de ctoyer des communauts diverses, de vivre dans des environnements nouveaux et dapporter des rponses/solutions de non seulement un acte de don de soi pour le bien des autres, mais aussi une opportunit de dveloppement personnel du volontaire. Michele Churchley, VNU internationale, charge des droits de lHomme la MONUSCO (Goma) : Mon rle est de faire le suivi sur la situation des droits de lHomme dans la rgion du Kivu pour comprendre les proccupations des citoyens congolais. Nous essayons de leur donner une plateforme o ils peuvent sexprimer tout en amliorant la capacit du Gouvernement rpondre aux plaintes des citoyens. qui nous permet de donner de notre temps et de notre nergie pour contribuer la paix et au dveloppement. Nous faisons du volontariat en RDC pour partager notre savoir-faire et des personnes. [] Clbrer cette journe internationale des volontaires avec le personnel de la MONUSCO, des agences des Nations Unies et les diffrentes associations et ONG locales est une occasion qui nous permet de nous retrouver, tous ensemble, pour changer nos ides et diffrentes expriences de volontariat. Nous pouvons dire que nous clbrons tous les jours la Journe Internationale des Volontaires. Francis Sixtus Banyi, VNU international la MONUSCO (Goma) : macien, je suis en charge de la gestion des stocks de produits mdicaux pour toute la MONUSCO. Nous soignons bien entendu les volontaires et les autres membres du personnel de la Mission, mais nous venons galement en aide la population locale. Par exemple, suite aux attaques fournir des stocks de mdicaments et fournien aide la population et remettre lhpital en marche. [] Je pense quil est important de clmum de personnes au volontariat travers les diffrentes activits que nous menons au quotidien 5 dcembre : Journe Internationale des volontairesMaman S. Sidikou, salue lengagement des 483 volontaires des Nations Unies pour la paix et le dveloppement en RDC 5

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6 Dans son discours sur ltat de la Nation devant les deux chambres du Parlement runies en congrs, mercredi 14 dcembre 2015, Joseph Kabila a insist une fois de plus sur la ncessit de tenir un dialogue politique national inclusif en vue de trouver des solutions consensuelles aux questions majeures qui minent le processus lectoral, ouvrant ainsi la voie des lections crdibles et apaises. Ce nest pas par la violence que nous rglerons nos divergences. Ce nest pas non plus des Nations Unies, de lOrient ou de lOccident que viendront les solutions nos problmes. Mais plutt de nous-mmes, et par le dialogue entre des Congolaises et des Congolais, mus lauto-dtermination et lauto-prise en charge, toujours dactualit, de nos deux hros Laurent Dsir Kabila, a-t-il dclar. Devant les applaudissements nourris de lassistance, le chef de lEtat congolais a ajout dans un ton ferme : Je ne permettrai cours de ces dernires annes pour btir la paix et la scurit dans notre pays et dans la rgion, balisant ainsi la voie vers lmergence, soient compromis, sous quelque prtexte que ce soit, par ceux qui, de mauvaise foi et de manire dlibre, choisiront de rester enferms dans leurs postures ngativistes, refusant le dialogue et promettant sang et sueur notre peuple. Il ny aura ni lun, ni lautre. Selon certains observateurs, le Prsident Kabila faisait ainsi rfrence aux membres de lopposition et de la socit civile congolaise qui taient ce moment-l Gore, au Sngal, o ils ont pris part, du 12 au 15 dcembre 2015, une rencontre sur Les lections et les processus dmocratiques en Afrique subsaharienne. Laile dure de lopposition, dont les parlementaires avaient boycott le discours sur ltat de la Nation, dnonce ce quelle Le dialogue simpose pour relancer le processus lectorallEtat, mettant en garde ceux-l qui vont congolais, pour reprendre lexpression du vice-prsident du groupe parlementaire de lUnion pour la dmocratie et le progrs social (UDPS), Fabien Mutomb. Ce dernier a notamment dclar : Nous, nous sommes des non violents, nous navons pas une arme, nous sommes en train de dfendre la Constitution de la Rpublique. Point barre. Pour sa part, le dput national Martin Fayulu, Prsident de lEngagement pour la Citoyennet et le Dveloppement (ECiD) et Coordonnateur des Forces Acquises au Changement soutient que la vraie intention de Joseph Kabila est de faire un coup dEtat constitutionnel. Larticle 64 de la Constitution est trs clair, le peuple congolais a le devoir de faire chec tout individu qui rclame le pouvoir en violation de la Constitution, a dclar M. Fayulu. A leur retour de la runion de Gore, les opposants congolais et certains membres de la socit civile ont mis en place un regroupement appel Front citoyen 2016. Parmi les acteurs politiques signataires de lacte constitutif dudit front, on retrouve Vital Kamerhe, Mose Katumbi, Felix Tshisekedi, Martin Fayulu, Franck Diongo. La socit civile y est reprsente par les ONG telles que La Voix des Sans Voix et lAsadho, ainsi que les mouvements citoyens Filimbi et Lucha. Le Front Citoyen 2016 exige notamment la publication du nouveau calendrier lectoral avant le 31 janvier 2016. mat politique de plus en plus tendu. Do la ncessit, voire lurgence, du dialogue politique national inclusif, auquel appelle le chef de lEtat, pour dcrisper la situation. Le Secrtaire gnral des Nations Unies, Ban Ki-moon, qui a dj reu le rapport de son Envoy spcial pour la Rgion des Grands Lacs, Sad Djinnit, sur la situation politique actuelle, devrait bientt procder la nomination, pour le compte de la communaut internationale, du co-facilitateur dudit dialogue. Au seuil du nouvel an, il faut donc esbilit en RDC Le Prsident Kabila prononant son discours sur ltat de la Nation au Parlement 6 Par Abdourahmane Diallo/MONUSCOPhoto MONUSCO/John Bompengo

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7 La Section VIH/Sida de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en RDC, MONUSCO, a choisi le camp de rfugis burundais de Lusenda 62 kilomtres dUvira au Sud-Kivu et ses 12,111 pensionnaires pour clbrer le 12 dcembre 2015, la Journe Mondiale de lutte contre le Sida. Avec ses partenaires, dont le Programme National Multisectoriel de Lutte contre le VIH/Sida (PNMLS), le Haut commissariat des Nations Unies pour les rfugis (HCR) ou encore lONG internationale AIDES qui soccupe de la problmatique du VIH/Sida dans le camp de refugis, la MONUSCO a saisi loccasion pour sensibiliser les rfugis adopter un comportement responsable face au danger de la propagation du VIH/Sida. Elle les a galement invits se faire dpister pour connaitre leur tat srologique. JeanLuc Kassa de la Section VIH/Sida de la MONUSCO-Bukavu sest adress aux rfugis en kirundi (langue parle au Burundi), pour faire passer les diffrents messages. Il a invit les rfugis faire recours la Police en cas de viol et se rendre dans un hpital dans les 48 heures pour des soins appropris. Sur place, plusieurs dizaines de rfugis se sont fait dpister. Le fait davoir choisi le camp de rfugis de Lusenda est loin dtre fortuit. En effet, cest une population risque, du fait de la qui les rendent vulnrables. Dans leur exode, certaines femmes qui ont perdu leurs maris des partenaires dans le camp ou en dehors de celui-ci. Ce qui les expose toutes sortes de risques, y compris celui de la contamination aux infections sexuellement transmissibles (IST), dont le VIH/Sida. Pour prvenir ce risque de transmission, la MONUSCO et le PNMLS ont ainsi remis une importante quantit de prservatifs aux ONG partenaires du HCR qui uvrent au sein du camp de Lusenda. Selon le prsident des rfugis burundabeaucoup vitent de se dclarer. Au cours des runions de sensibilisation au sein du ces malades avaient t encourags viter de contaminer les autres rfugis. Toutefois, ils sont pris en charge par le HCR et ses partenaires travers la Zone de Sant de Nundu. A noter que la Journe a t accompagne de danses traditionnelles kirundi, de lectures de pomes et de messages de sensibilisation Par Jean-Tobie Okala/MONUSCOLa MONUSCO et ses partenaires clbrent la Journe Mondiale de lutte contre le VIH/Sida au camp de rfugis burundais de LusendaSud-Kivu Une vue du camp de rfugis de Lusenda au Sud Kivu7 Photo MONUSCO

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8 Par Joseph Tabung Banah/MONUSCOLa stigmatisation lie au VIH/SIDA constitue un vrai problme dans la plupart des communauts, en particulier dans les lieux publics, y compris les centres de sant o la plupart des personnes vivant avec le VIH disent ressentir profondment la stigmatisation, voire mme de la discrimination. Selon les experts dans la lutte contre le VIH/SIDA, la stigmatisation et la discrimination sont parmi les obstacles la lutte contre cette pidmie. Plus prcisment, la stigmatisation et la discrimination sapent les efforts de prvention en empchant les gens de demander des informations sur le VIH/SIDA, de peur de se voir indexs. Osseni Yessifou ALLADJI, Conseiller en Information stratgique de lONUSIDA en RDC, souligne que la stigmatisation et la discrimination constituent les premiers facteurs qui empchent mme celui qui a les services sa disposition doser les utiliser. Certains nosent mme pas aller se faire dpister. Les statistiques montrent que dans toutes les rgions de la RDC, plus de 50% de la population stigmatisent et discriminent les personnes vivant avec le VIH/SIDA. Il y a encore des personnes et des communauts qui pensent que le VIH/SIDA est une punition divine. En effet nous sommes nombreux voir dans la maigreur dune personne, ou dun tre maladif les signes du VIH, nonobstant le nombre de fois o nous avons t sensibiliss sur le fait que les personnes vivant avec le VIH peuvent nous apparaitre comme des tres tout fait normaux, cest--dire, ne prsentant aucun signe visible de maladie. Quant ceux qui sont dj porteurs du eux est la faon dont ils sont traits par la communaut en gnral. Ce comportement est galement lun des principaux obstacles qui empchent certains de demander laide dont ils ont besoin. Par consquent, la stigmatisation et la discrimination affectent ngativement la qualit de vie de ces personnes. Il faut donc combattre ces deux phnomnes si on veut arriver bout de lpidmie dici 2030. humains et pas un problme dune religion ou une nation particulire, a dclar un homme de 40 ans vivant avec le VIH, lors dun atelier de formation des pairs ducateurs VIH, Goma, voil pourquoi les obstacles et les menaces ne peuvent pas me dissuader daider ceux qui sont dans le besoin, a-t-il conclu. nir linformation, lducation et les moyens de protection en matire de VIH, et recevoir un appui pour viter les comportements risqus, les principes suivants, nous disent les ducateurs, sensibilisateurs et spcialistes du VIH-Sida, doivent tre respects par tous: Assurer la pleine jouissance de tous les droits humains et les liberts fondamentales par les personnes vivant avec le VIH/ SIDA et les membres des groupes vulnrables; Faire sien le principe de la non-discrimination : protection contre la discrimination si lon demande de laide ou si lon est sropositif Respecter la vie prive : protection contre le dpistage obligatoire; statut VIH Eviter la sgrgation ou lisolement dans la vie courante ou lhpital La stigmatisation lie au VIH reste un grand dfi pour la lutte contre lpidmie 8

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9 EDLM : En quoi la clbration de la Journe mondiale de lutte contre le SIDA contribue-t-elle faire avancer ce combat? O.Y. ALLADJI : Cette journe du 1er dcembre est trs importante dans lhistoire de la lutte contre le VIH/SIDA. Elle nous permet, tout dabord, de penser aux millions de personnes tues par cette maladie, puis davoir de la solidarit vis--vis des familles de victimes, ensuite, dexprimer notre solidarit vis--vis des milliers dorphelins et de malades, qui continuent encore den souffrir. En outre, elle nous permet de penser aux questions des droits humains des populations infectes par le VIH/SIDA. La Journe mondiale de lutte contre le SIDA questions de fond lies la stigmatisation, la discrimination, aux violences qui sont Quelle est la situation actuelle du VIH/ SIDA en RDC ? En RDC, la situation du VIH/SIDA est caractrise par une prvalence faible de 1,2%, selon les tudes ralises en 2013-2014. Toutefois, nous enregistrons prs dun demi-million de personnes infectes qui vivent avec le VIH/SIDA sur lensemble du territoire national, avec une concentration leve au niveau de Kinshasa (65 000 personnes), Lubumbashi (90 000 personnes), Province orientale (prs de 110 000 personnes). En termes de rponse, nous avons plus de 110 000 personnes qui sont sous-traitement. Malheureusement, nous enregistrons encore prs de 25 000 personnes qui dcdent cause du VIH/SIDA chaque anne. En outre, malgr les efforts consentis, il y a prs de 19 000 personnes qui continuent dtre infectes chaque anne dans le pays. Quelles sont les catgories de la population qui sont les plus touches par cette pidmie ? Ces groupes sont essentiellement les professionnelles du sexe, il y en a beaucoup dans la capitale, Kinshasa, mais aussi dans les grandes villes telles que Lubumbashi. Ensuite, il y a les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes, avec une prvalence allant jusqu 15%, mais galement les personnes qui sinjectent de la drogue. Puis, il y a aussi ceux quon appelle population passerelle servant dintermdiaire entre les groupes qui concentrent lpidmie et la population gnrale. Il sagit notamment des clients des professionnels du sexe, des partenaires des hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes, mais aussi des partenaires des personnes qui sinjectent de la drogue. Quel est le niveau de prise en charge au niveau des services de sant ? La RDC est un des rares pays de la sous-rgion qui a pu mettre sous traitement antirtroviral (ARV) prs de 110 000 personnes vivant avec le VIH/SIDA, qui sont rparties sur lensemble du territoire mais cette rponse est surtout concentre l o il y a les besoins, notamment Kinshasa, Lubumbashi, Goma, mais aussi en Province orientale. Du point de vue de la prise en charge, le pays a fait beaucoup de progrs, mais on a besoin daller plus loin encore, parce que personne qui est infecte. Cest ce qui explique lobjectif lanc par lONUSIDA pour que 90% des personnes puissent connaitre traitement ARV. rencontrez dans la lutte contre le VIH/ SIDA ?Osseni Yessifou Alladji : 000 personnes sous ARV en RDC, mais il faut aller plus loin Propos recueillis par Abdourahmane Diallo/MONUSCO Osseni Yessifou Alladji, conseiller en Information stratgique ONUSIDA-RDC 9 Photo MONUSCO/Abdourahmane Diallo

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10 enregistrs, il y a toujours des groupes laisss pour comptement pris en charge. Il sagit notamment des personnes qui sinjectent de la drogue et des hommes qui sont privs de libert, cest-dire les prisonniers. Il y a beaucoup de dispositions autour des prisons qui ne facilitent pas la lutte contre le SIDA. En dehors de ceux-l, il y a les enfants, chez lesquels dtecter le VIH/SIDA est trs dlicat. a ncessite un niveau de technologie assez lev. Les machines existent Kinshasa et Lubumbashi, mais dans un sous-continent comme la RDC, la logistique reste un problme pour transporter les chantillons vers la capitale, les analyser et communiquer les rsultats. Par consquent, moins de 20% des enfants qui sont infects sont sous traitement. Le niveau de couverture du dpistage du VIH/SIDA chez les enfants reste encore trs faible. Le chef de lEtat a pris lengagement davoir une gnration sans SIDA. Cela veut dire quil faut stopper la transmission de la maladie aux enfants et aux nouveaux ns. Malheureusement, ce nest pas encore le cas. Il y a aussi la contrainte de la loi qui empche les enfants de moins de 18 ans daccder volontairement, sans lavis des parents, au dpistage, alors que nous savons que les jeunes doivent tre protgs pour briser la chaine de transmission. Dautres que les produits que le gouvernement et les partenaires achtent pour le traitement des personnes vivant avec le VIH/SIDA puissent parvenir ceux qui vivent dans les zones les plus recules du pays. Par ailleurs, il faut mobiliser davantage de ressources pour quon puisse rpondre avec une approche adapte au contexte de la RDC. Quelle est la contribution dONUSIDA la lutte contre cette pidmie ? Parmi les rsultats concrets depuis la cration de lONUSIDA, il y a la mise en place Fonds mondial. En dehors de la mobilisation des ressources, lONUSIDA, cest aussi cette capacit de mobiliser les leaders politiques autour dun objectif clair, par exemple, en 2002, on stait mobilis pour demander aux pays de prendre lengagement de fournir les mdicaments 3 millions de personnes vivant avec le VIH/SIDA pour rduire la mortalit. Effectivement, en 2005, ce rsultat a millions pour 2015, et nous avons mobilis le monde en disant que ctait faisable. Nous avons atteint ce rsultat avant mme lchance. En septembre dernier nous avions dj 15,8 millions des personnes qui le monde. En rsum, nous avons mobilis aussi bien les leaders politiques au plus haut niveau, la socit civile, ainsi que le secteur priv pour garantir une lutte coordonne, solidaire, et qui intgre les droits humains. Au niveau local, quelles sont les principales ralisations dans la lutte contre le VIH/SIDA en RDC ? En termes de rsultats issus du plan conjoint des Nations Unies sur le VIH/SIDA, nous avons pu aider le pays mettre en place un plan stratgique, qui a t accompagn dun plan dinvestissement qui a permis de mobiliser dimportantes ressources. On peut citer les 62 millions de dollars issus du Presidents Emergency Plan for AIDS Relief (PEPFAR) du Gouvernement amricain dont lexcution a commenc pour une priode de trois ans. Avec la partie nationale, nous avons aussi pu mobiliser prs de 300 millions de dollars amricains auprs du Fonds mondial. Nous avons galement fait le plaidoyer ncessaire auprs des autorits congolaises. Il y a dix ans, le gouvernement mettait peine un million de dollars pour la lutte contre le VIH/SIDA. Cette contribution Le Prsident Kabila a donn lautorisation au gouvernement de mettre la disposition du programme national de lutte contre le VIH/SIDA plus de 60 millions de dollars par an. Par ailleurs, nous mettons laccent sur limportance cruciale des chiffres sans contre le VIH/SIDA. Nous avons besoins de meure cette garantie aux cts du pays pour valider toutes ces statistiques, pour quelles 10

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11 Cette Campagne de trois mois, qui sadresse dans un premier temps aux habitants de la ville de Kinshasa et principalement aux populations les plus exposes au VIH, est une opportunit dactions communes pour promouvoir la prvention, le dpistage et le traitement dans les villes en faveur de ces populations vulnrables. Elle est lune des principales activits de mise en uvre de la Stratgie Fast-track de lONUSIDA et son Objectif dacclrer la riposte pour Lors du lancement de cette grande activit, Dr Flix Kabange a indiqu que le dpistage reste larme de lance et la porte pour laccs aux autres services de lutte contre le VIH/Sida, gage de latteinte dune gnration sans Sida prne par le Prsident de la Rpublique, Joseph Kabila Kabange. Il a par ailleurs nonc quelques efforts supplmentaires, mens par la RDC, pour contenir le Sida, notamment la mise sous traitement anti retro-viraux (ARV), au Le Ministre de la Sant publique lance la Campagne communautaire de dpistage au VIH 30 Juin 2015, de 109.284 personnes vivant avec le Sida contre 53.554 en 2011; laccs aux ARV de 12.294 femmes enceintes sropositives en 2014 soit plus de 52% de celles attendues ; la rduction de la proportion de nouvelles infections de 38% et celle de dcs de 21% entre 2000 et 2015. Le Gouvernement de la RDC, a promis le Ministre de la Sant Publique, va mobiliser la rponse la hauteur des attentes du peuple et ce suivant la vision de lmergence du pays pour lanne 2030. Dans son intervention, le Directeurpays de lONUSIDA, Marc SABA, a salu lengagement tous les niveaux de la RDC, qui a permis ce pays de contribuer de 15 millions de personnes sous ARV, en 2015, dans le monde. Mais malgr les progrs notables enregistrs, a soulign Marc SABA, les facteurs de vulnrabilit au VIH et la charge de lpidmie sont concentrs dans les centres urbains. La couverture des services de prvention et de traitement demeure encore faible et proccupante au sein de certaines couches de la population dont les enfants de moins de 15 ans et les nouveaux ns, les jeunes femmes (15-24 ans), les populations cls ( les professionnelles de sexe, les hommes qui ont des rapports sexuels avec les hommes, les prisonniers et utilisateurs de drogues injectables) et les populations passerelles cest--dire les clients des professionnelles de sexe, les camionneurs, les hommes en uniformes, les dplacs et rfugis, les travailleurs miniers. Ceci explique la volont de lONUSIDA de le traitement dans les villes ; une initiative en parfaite harmonie avec les nouvelles approches envisages par ce Programme des Nations Unies qui encouragent des actions coordonnes et focalises sur les populations et les localits les plus affectes. Pour la premire journe de la Campagne, 107 personnes ont t dpistes au VIH dont six positives Le Ministre de la Sant, Dr Flix Kabange se faisant dpister loccasion du lancement de la campagne communautaire 11 Photo ONUSIDA

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12 Jose Maria Aranaz, Directeur du BCNUDH, revient ici sur la situation actuelle des droits de lHomme en RDC et les dfis releverPropos recueillis par Echos de la MONUSCOQue vous inspire la thmatique de la journe internationale des droits de lHomme de cette anne : Nos droits, nos liberts, toujours ? Cette thmatique nous rappelle linalinabilit des droits de lHomme et se rfre non seulement aux obligations internationales en matire de droits de lHomme mais aussi au fait quils sont une partie trs importante de la Constitution congolaise. Cette journe est loccasion de mettre en exergue le fait que les droits de lHomme appartiennent tous les Congolais et aucune personne ou institution ne peut les leur enlever. droits de lHomme en RDC ? Bien que des progrs importants aient t raliss et des nombreux efforts aient t entrepris, la situation des droits de lHomme en RDC reste proccupante. Ainsi, en 2015, sur lensemble du territoire, plus de 3500 violations des droits de lHomme ont t documentes par le BCNUDH, dont un peu moins de la moiti commises par des agents de lEtat (PNC, FARDC et autres). Le chemin est long, et cela requiert une volont polisensibles. Nous sommes ici pour donner tout notre appui dans ce sens. Quelles sont, selon vous, les avances les plus importantes en matire de droits de lHomme en 2015 ? Sur le plan institutionnel, la Commission Nationale des Droits de lHomme (CNDH) a commenc fonctionner avec la nomination de ses membres. Il sagit-l dune grande opportunit pour la promotion et la protection des droits de lHomme. convention relative aux droits des personnes vivant avec un handicap et son protocole facultatif en septembre 2015. LAssemble nationale a adopt une nouvelle proposition de loi sur la libert de manifestation et jespre quelle sera bientt suivie par le Snat. Cette loi est importante parce quelle met en conformit la lgislation avec la Constitution. Jaimerais galement saluer les efforts entrepris par les autorits congolaises pour dsengorger les prisons, avec une srie de librations provisoires et de main leve, ainsi que dans la lutte contre limpunit avec la condamnation dagents de lEtat pour des actes constitutifs de violations des droits de lHomme. Les Etats gnraux de la justice marquent le dbut de la feuille de route pour matire de violence sexuelle o la Reprsentante personnelle du Prsident de la Rpublique poursuit activement une politique de tolrance zro. portants en matire de droits de lHomme en 2016 ? est celui de garantir la protection des civils travers lradication des groupes arms notamment les FDLR, ADF, LRA et FRPI et le rtablissement des structures tatiques. Sur lensemble du territoire, je pense que des droits civils et politiques et des liberts publiques pour tous. Notamment, les arrestations et dtentions arbitraires et les interfrences politiques dans le cours de la justice doivent cesser, ainsi que les interdictions illgales et les rpressions violentes de manifestations. Les auteurs de ces violations doivent tre traduits en justice. Ouvrir lespace dmocratique nest pas seulement laffaire des autorits; les partis politiques, les mdias et la socit civile doivent, eux aussi, respecter les lois et la constitution et exercer En matire dgalit des droits, il reste Jose Maria Aranaz, Directeur du BCNUDH Photo MONUSCO/John Bompengo

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13 encore beaucoup de choses faire. Dans le cadre des lections, il y a encore le temps pour mettre en place des initiatives lgales pour assurer la reprsentation et la participation des femmes tous les niveaux. Je pense aussi aux droits conomiques et sociaux et aux ingalits qui affectent une grande partie de la population congolaise. traduire la croissance macro-conomique remarquable que connait la RDC depuis quatre ans en un progrs social complet pour tous les Congolais dans leur vie de tous les jours. Une attention particulire doit alors tre porte aux droits des personnes ayant des ncessits diffrentes. Je pense ici dabord aux personnes vivant avec un handicap, aux albinos, aux groupes minoritaires, mais galement aux femmes. Le 10 dcembre a marqu le dernier jour de la campagne des 16 jours dactivisme contre les violences faites aux femmes ; aux victimes de manire gnrale qui doivent recevoir une reconrparation adquates ; et aux personnes qui sont menaces du fait de leurs actions, telles que les dfenseurs des droits de lHomme, auxquels jaimerais rendre un hommage particulier ainsi qu tous ceux qui uvrent pour la promotion et la protection des droits de lHomme. 2016 sera une anne dcisive. Elle sera une opportunit pour les autorits de montrer la volont politique dradiquer limpunit, pour la CNDH de se prononcer comme une institution ferme de dfense de droits de lHomme, pour les agences de scurit de montrer leur neutralit politique et pour le systme judiciaire de dfendre les valeurs protges par la constitution congolaise et leur impartialit. Pour les acteurs politiques, 2016 sera aussi une opportunit de montrer leur engagement pour des lections apaises. Dans ce sens, quelles sont les actions que le BCNUDH pense entreprendre en 2016, en particulier, en rapport avec le processus lectoral en cours ? En 2016, le BCNUDH va continuer appuyer et renforcer les efforts du gouvernement en matire de promotion et protection des droits de lHomme, notamment dans la lutte contre limpunit, dans sa politique de tolrance zro contre les violences sexuelles et dans la protection des victimes et tmoins de crimes. Une attention particulire continuera tre porte la CNDH de telle manire que cette institution puisse avoir toutes les cartes en main pour devenir un instrument crdible pour la dfense des droits de tous les Congolais. La protection des civils va galement rester au cur de nos activits, et cela en conformit avec la Politique de diligence voulue des Nations Unies en matire de droits de lHomme dont mon bureau est le garant. En matire de droits de lHomme en lien avec le processus lectoral, le BCNUDH a dvelopp une stratgie travers trois axes: 1) le renforcement de capacits et sensibilisation des acteurs tatiques et de la socit civile ; 2) le monitoring et reporting, avant, pendant et aprs les lections ; et 3) la protection individuelle des personnes qui reoivent des menaces graves Politique de diligence voulue en matire de droits de lHomme dans le contexte dappui par les Nations Unies des forces de scurit non onusiennes (Human Rights Due Diligence Policy HRDDP)Le message lanc est clair, la MONUSCO ne peut pas fournir son appui aux forces de dfense et de scurit de la RDC, si elles sont souponnes davoir commis des violations du droit international humanitaire, du droit international des droits de lHomme ou du droit international des rfugis. En effet, tout appui fourni doit ltre dans le cadre de lHomme soient commises. Un tel risque nest pas hypothtique, dautant que de nombreuses violations des droits de lHomme ont t commises par des lments des FARDC ou de la PNC. En pratique, pour tout appui envisag, une valuation des risques est faite selon une nouvelle procdure adopte en mai 2015. Cest ainsi que de mai novembre 2015, 135 requtes de demande dappui, dont 105 demandes de transport et 24 demandes doprations militaires conjointes ont t traites par le secrtariat du values dans le cadre de la dite politique. Jose Maria Aranaz, Directeur du BCNUDH en compagnie du Ministre de la Dfense et des Anciens combattants, Aim Ngoy Mukena Photo MONUSCO/Abel Kavanagh

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14 Cest dans une salle de spectacle du Palais du Peuple archicomble environ 800 participants orne de banderoles rappelant le thme de la journe et quelques droits humains, ainsi que les liberts fondamentales contenus dans la Dclaration universelle des droits de cielle de la Journe internationale des droits de lHomme, dition 2015. Au-del des discours traditionnels, le point dorgue de la clbration de la cours dart oratoire (JCAO) sur les droits humains, organis au plan national par le BCNUDH, en partenariat avec le Ministre de la Justice et Droits Humains, la Commission Nationale des Droits de lHomme (CNDH), lAmbassade de France, le Centre Carter et lONG internationale DIAKONIA. Lance le 21 octobre 2015, cette 2me dition du JCAO tait ouverte aux tudiants de la 2me anne de licence des universits lgalement reconnues en RDC. Aprs une premire phase liminatoire consistant en une preuve de dissertation libre, 24 candidats ont t soumis une preuve de dissertation sur table au cours de la deuxime phase. Le 3 dcembre 2015, 12 candidats se sont affronts avec brio au cours dune mission spciale Gnies en Herbedroits de lHomme dans les studios de la Radio et tlvision nationale congolaise (RTNC). A lissue de cette mission, trois a consacr la victoire de ltudiant Kabasele Mamba Giscard de luniversit de Kinshasa, suivi dAgwamba Sirigi Yves de luniversit de Kisangani et de Kagina Senga Benjamin de luniversit de Kinshasa. Le thme de la plaidoirie portait sur une citation de JeanJacques Rousseau dans son ouvrage intitul Du Contrat social : Renoncer sa libert, cest renoncer sa qualit dhomme. Le 1er laurat a reu comme prix une bourse pour poursuivre des tudes en Master 2 dans une universit franaise, un trophe en bronze, un ordinateur portable et un lot important de livres de rfrence en Droit et en droits de lHomme. Les deux La Journe internationale des droits de lHomme a t clbre sur toute ltendue du territoire de la RDC. Par exemple, Kalemie, dans la province du Tanganyika, une marche des dfenseurs des droits lHomme a t organise *Coordonnateur de lUnit Renforcement institutionnel et Rformes, BCNUDHClbration de la Journe internationale des droits de lHomme du 10 dcembre 2015Par Julien Attakla-Ayinon*Un rapport des Nations Unies publi le 8 dcembre 2015 met en exergue une rpression inquitante de lopposition, des mdias et de la socit civile en RDC depuis le dbut de lanne et souligne la ncessit de garantir les droits civils et politiques avant la tenue dlections cls. Au total, le rapport documente 143 violations des droits de lHomme en lien avec le processus lectoral entre le 1er janvier et le 30 septembre 2015. Aprs la rpression violente de manifestations par des services de scurit en janvier 2015, qui a conduit lexcution extrajudiciaire dau moins 20 personnes par des agents de lEtat, une deuxime vague de violations des droits de lHomme a commenc en juillet 2015. Des menaces, des arrestations et dtentions arbitraires ont cibl principalement des professionnels des mdias, des membres de la socit civile et des opposants politiques. mois doctobre et de novembre 2015 o 72 violations des droits de lHomme lies au processus lectoral ont t documentes. Cette tendance de restrictions la libert Un nouveau rapport onusien souligne la ncessit de protger les droits civils et politiques en amont dlections clsPar Helene Devaux/BCNUDHdexpression et datteintes la scurit de ceux qui expriment des opinions critiques concernant les actions du gouvernement, dnote un rtrcissement de lespace dmocratique susceptible daffecter la crdibilit du processus lectoral, dnonce le rapport. Des agents de la Police nationale congolaise (PNC) et de lAgence nationale de renseignements (ANR) sont responsables de la plupart des violations des droits de lHomme documentes dans ce rapport. Ainsi : les arrestations et dtentions arbitraires, en particulier dopposants politiques, de membres de la socit civile ou de manifestants, constituent un moyen rcurrent dintimidation utilis par les forces de lordre pour limiter les liberts Le rapport soutient par ailleurs que les ingrences politiques dans les procs et le peu de progrs dans les poursuites judiciaires de certains dmontrent linstrumentalisation de la justice en vue de faire taire les personnes concernes et a pour effet dintimider la socit civile en gnral. Le rapport salue laccord pass entre la Commission lectorale nationale indpendante et la Commission nationale des droits de lHomme (CNDH) pour faire le suivi et enquter sur les allgations de violations des droits de lHomme avant, pendant et aprs le processus lectoral. Il reconnait aussi certains progrs en matire de lutte contre limpunit. Avant sa publication, le rapport a t partag avec le gouvernement qui a eu 20 jours pour faire ses observations, dont du rapport. Le BCNUDH se rjouit que le gouvernement ait dores et dj demand louverture denqutes sur les violations documentes dans ce rapport. A un an des lections prsidentielles, le rapport est avant tout un message dalerte qui appelle tous les acteurs, que ce soient les autorits de la RDC, les partis politiques, la socit civile, les mdias et la communaut internationale, mettre en uvre dans les plus brefs dlais les recommandations crdibles et apaises. En utilisant ce rapport comme une feuille de route, il est encore temps dinverser la tendance 14

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15 15 Monsieur le Ministre, que vous inspire la thmatique de la journe internationale des droits de lHomme de cette anne : Nos droits, nos liberts, toujours ? Le 10 dcembre est la fte internationale la plus importante, tout court, car sans le respect et la protection des Droits de lHomme, le monde serait une jungle. Pour lanne 2015, lOrganisation des Nations Unies a dcid que les festivits relatives cette journe, qui rappelle la date du vote de la Dclaration universelle des Droit de lHomme par lAssemble gnrale de lONU, soit pla-ce sous le thme, je cite : Nos droits, nos liberts, toujours. Avec la Dclaration Universelle des droits de lHomme, les Nations proclamrent que tous les tres humains naissent libres et gaux en dignit et en droits. Ceci veut dire que per-sonne ne confre ces droits. Tout le monde les acquiert ds sa naissance. Le thme de cette anne nous sensibilise sur tous les droits et liberts de ltre humain, sans exception, en insistant sur llment temporel. Les Droits de lHomme sont indivisibles. A cet gard il me parat anormal quon les considre slectivement, mettant en avant un ou deux droits et, ou-bliant, ou presque, les autres droits, qui sont aussi importants lHomme. Les Droits de lHomme ne sont pas un fonds de commerce et ne constituent Le gouvernement de la RDC raffirme sa volont de respecter ses engagements en matire de droits de lHommeInterview avec le Ministre de la Justice, Alexis Tambwe Mwambapas une marchandise donnant lhomme daffaires le choix de ce qui peut tre propos sa clientle. Aussi, il nous est rappel quil ny a pas un temps particulier pour veiller au respect des Droits de lHomme. Lors de la 30me session du Conseil des Droits de lHomme, au la volont de la Rpublique dmocratique du Congo de promou-voir et de protger les Droits de lHomme sur toute ltendue du territoire national en tout temps et en toute circonstance. en RDC ? Les gouvernements sont tenus de promouvoir, de respecter et de protger les droits de lHomme. A cet gard, je voudrais relever que les efforts inlassables de la RDC ne sont plus dmontrer. Cest ici quil convient dindiquer, sur le plan normatif, que sur dix principaux instruments internationaux relatifs aux Droits de lHomme existant dans le systme des Nations Unies, la Rpublique dmocratique du Congo est Etat-Partie sept instruments. Stant rendu compte que ces droits demeuraient incon-nus de la majorit de ses citoyens, voire de certains praticiens du Droit; les uns pouvant les revendiquer et les autres, ayant le devoir de les appliquer, le Gouvernement de la Rpublique dmocratique du Congo sest engag volontairement les int-grer dans la Constitution et dans les diverses lois de notre pays. Sur le plan pratique, il est important de relever que la Justice congolaise npargne aucun criminel avr. En tmoigne, le fait que la Rpublique Dmocratique du Congo est, aujourdhui, lun des rares pays au monde, si pas le plus rpressif, o les Gnraux dArme se voient tre condamns et emprisonns pour faits de viol. Mme sil reste encore faire, le Gouvernement se flicite que le rcent rapport du Bureau Conjoint des Nations Unies aux -nant la promotion et la protection des Droits de lHomme notam-ment dans la lutte contre limpunit. Quelles sont, selon vous, les avances les plus importantes en matire de droits de lHomme en 2015 ? Le Gouvernement a appuy linstallation et le fonctionnement effectif de la Commission Nationale des Droits de lHomme, une institution dappui la dmocratie, dont les animateurs manent totalement de la Socit civile, Commission qui a reu pour mission premire denquter et de sautosaisir sur les violations des Droits de lHomme travers toute ltendue de la Rpublique. Le temps me manquerait pour vous entretenir, en dtail, sur lEntit de liaison des Droits de lHomme, la Cellule de protection des Dfenseurs des Droits de lHomme, les Missions de moni-toring et de renforcement des capacits des fonctionnaires et agents ainsi que de nos Forces de dfense et de scurit, mission que le Gouvernement organise travers le Ministre de la Justice et Droits Humains dans toutes les provinces, spcialement pour faire respecter les Droits de lHomme dans les cachots, amigos et maisons darrt. A lissue de ces missions, des centaines de prisonniers sont librs dans les provinces visites. Toutes ces rformes et ralisations tmoignent, dune part, de la volont du Gouvernement de respecter ses engagements nationaux et internationaux concernant les Droits de lHomme et, dautre part, que ce Gouvernement na rien cacher en la matire. Au contraire, il demande les meilleurs soutien et accompagnement pour la promotion et la protection les plus Alexis Thambwe Mwamba, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux et Droits HumainsPhoto MONUSCO/John BompengoPropos recueillis par Echos de la MONUSCO

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16 Par Yannick Weyns et Hanan Tabi Unit de Protection BCNUDHLa protection effective des tmoins et des victimes de crime est non seulement un pralable pour que ces derniers puissent porter plainte et tmoigner sans crainte de reprsailles ou dintimidation, mais est indispensable pour victimes, tmoins, dfenseurs des droits de lHomme et personnels judiciaires qui facilitent ou participent aux poursuites judiciaires contre les auteurs de violations des droits de lHomme sont souvent exposs des menaces ou des actes dintimidation et prfrent alors se taire. Malgr les mesures de protection dj mises en place par les cours et tribunaux militaires en RDC, ladoption dun des victimes et tmoins est fondamentale. Labsence dun programme national de protection compromet le droit laccs la justice des victimes et la bonne poursuite des procdures judiciaires. Confrence dexperts nationaux et internationaux sur la protection des victimes et des tmoins de crimes internationaux Les 1er et 2 dcembre 2015, Kinshasa, le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de lHomme (BCNUDH) en collaboration avec le groupe dexperts sur les violences confrence dexperts nationaux et internationaux sur la protection des victimes et des tmoins de crimes internationaux. Cette confrence avait un triple objectif : dresser un tat des lieux des mcanismes de proleons apprises et les bonnes pratiques de la justice internationale et les pays tiers, et formuler des recommandations concrtes aux autorits congolaises. La confrence a runi des acteurs de la justice civile et militaire, des parlementaires, des membres de lexcutif et de la socit civile et des experts internationaux. Le BCNUDH et la protection judiciaire A travers son programme de protection judiciaire, le BCNUDH soutient les victimes et les tmoins lors des procs pour crimes de guerre et crimes contre lHumanit devant les juridictions nationales. Le BCNUDH organise galement des formations et sensibilisations des professionnels du monde judiciaire, magistrats, avocats et ONGs qui accompagnent les victimes et tmoins. La dernire en date a eu lieu Bukavu les 11 et 12 dcembre 2015. Il existe trois types de mesures de protection : 1) Les mesures dites de police ou oprationnelles, telles que la rinstallation temporaire, la mise en place dune protection rapproche, lutilisation de locaux scuriss pour interroger et informer le tmoin, qui permettent daccrotre la scurit physique de la personne. 2) Les mesures procdurales ordonnes par les magistrats et juges, telles que le tmoignage anonyme, laffectation dun pseudonyme ou dun numro la victime ou au tmoin, dans lobjectif de garantir sa scurit durant lenqute et laudience. 3) Les mesures dassistance et de soutien lgal, psychologique et social, qui permettent dviter que la victime et le tmoin ne se sentent isols, non reconnus ou stigmatiss. Ces mesures font partie de lventail de services offerts par le BCNUDH 16 Limportance de la protection des victimes et des tmoins de crimes internationaux Photo MONUSCO Photo MONUSCO

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17 Les violations des droits des femmes sont des violations des droits de lHomme En 1981, le 25 novembre a t dclar pour la premire fois Journe internationale pour llimination des violences lgard de la femme, pour commmorer lassassinat des Surs de Mirabal en 1960 en Rpublique Dominicaine. Cest en 1991 que la campagne des 16 jours dactivisme contre les violences faites aux femmes a t lance pour la premire fois. Elle stale du 25 novembre au 10 dcembre, et est devenue loccasion travers le monde. Selon la Constitution de la RDC, les pouvoirs publics prennent des mesures pour lutter contre toute forme de violences faites la femme dans la vie publique et dans la vie prive et veillent llimination des violences sexuelles. Le 6 juin 2014, le Procureur Gnral de la RDC a publi une circulaire relative linstallation au sein des parquets de grande instance de Cellules spciales pour la rpression des infractions de violences cette forme de criminalit, par une formation continue des magistrats et lappui matriel des cellules spciales. Les Etats Gnraux de la Justice en 2015 sont alls plus loin en recommandant la fminisation du personnel judiciaire. Le BCNUDH, travers le projet de lEquipe dExperts des Nations Unies sur lEtat de droit et les violences sexuelles en des femmes magistrats dans lest de la RDC au sein des cellules spciales des parquets de Bunia, Beni, Butembo, Goma, Bukavu, Uvira et Kalemie, en collaboration avec le Conseil Suprieur de la Magistrature et lAssociation des Femmes Magistrats du Congo. Diverses les institutions judiciaires dans le traitement des cas de violences sexuelles et bases sur le genre et garantir aux victimes laccs la justice. Les 23 et 24 octobre 2015, puis les 3 et 4 dcembre 2015, le BCNUDH a organis des ateliers sur le dploiement des femmes magCellules spciales de rpression des infractions des violences sexuelles et bases sur le genre. Au total, le BCNUDH va appuyer le dploiement de 24 femmes magistrats au sein des parquets, en mettant disposition sept containers amnags en bureaux individuels, des quipements informatiques, des fournitures de bureaux et du mobilier pour les magistrats et les missions de terrain des cellules spciales. Dautres activits ont t ralises sur lensemble du territoire dans le cadre des 16 jours dactivisme. Ainsi, du 3 au 4 dcembre 2015, Kipushi, province du Haut-Katanga, 252 femmes et lves ont t sensibilises sur les avances lgislatives concernant la protection des droits des femmes en RDC *Coordonnatrice du PNAJVVS, MONUSCO Goma16 Jours dactivisme contre les violences faites aux femmesFminisation de la justice en RDCPar Charlotte Songue*Victoire, lve de 15 ans et victime de viol, raconte : Aprs que jai t viole en aot 2014, je suis alle la clinique juridique base Mugunga dans la priphrie de la ville de Goma dans la province du Nord Kivu. Jai t rfre par la clinique juridique lhpital de Kyeshero pour les soins mdicaux en janvier 2015; jtais enceinte des suites du viol. Jai t prise en charge gratuitement sur le plan mdical et psychologique, jusqu mon accouchement. La clinique juridique ma aussi rfre auprs pour une activit gnratrice de revenus, et comme je voulais reprendre mes tudes, les frais scolaires pour le premier trimestre ont t pays aussi. Depuis lors, je vends du lait et du charbon pour prendre soin de moi et de scolaires. Pendant ce temps, les avocats de la clinique juridique ont suivi mon dossier jusquau procs, et ont obtenu la condamnation 12 mois demprisonnement de mon violeur et au paiement de 800.000 FC de dommages et intrts. Mais je nai toujours pas t indemnise. Jespre que lcole me permettra de devenir une grande dame, ajoute-t-elle. Depuis prs de 10 ans, le BCNUDH appuie les cliniques juridiques qui accompagnent les victimes de violences sexuelles travers la RDC. Entre 2014 et 2015, grce 17 cliniques juridiques, celles-ci ont donn des informations juridiques plus de 2500 personnes en les orientant vers les structures spcialises. Plus de 750 victimes ont reu une aide juridique gratuite. Plus de 230 condamnations ont t prononces contre des auteurs de violences sexuelles.*Coordonnatrice du PNAJVVS, MONUSCO Goma Tmoignage dune bnficiaire (Victoire, un nom demprunt), interviewe le 20 novembre 2015Par Charlotte Songue*17

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18 On peut facilement comprendre son exaspration car lchelle des violences faites aux femmes est juste effarante. Dans le monde, le nombre de cas de viols, dincestes, de harclement sexuel et de violence domestique continue de progresser. Dans les zones en celle dun poulet. Ailleurs dans dautres socits, toutes les trois minutes, une femme meurt sous les coups de son conjoint. Un repas trop chaud, une parole qui dpasse la pense, un enfant qui pleure trop (empchant son gniteur de se reposer) et les coups pleuvent. La violence psychologique qui prcde ou accompagne les coups de poing est parfois indicible. Et cest dans des socits dites modernes, ou on discute parit et femmes aux postes de dcision que ce se taire cest accepter genre de comportements pullule. Que lon mexplique car je ne comprends toujours pas pourquoi, avec toutes les femmes quil y a dans les instances dcisionnelles, au sein des parlements, dans les conseils gnraux, au niveau local comme national se perptue une ingalit impossible avaliser. Le peu de femmes qui arrivent sortir du calvaire de la violence que leur imposent leurs bourreaux sont tellement dvastes, aussi bien physiquement que psychologiquement, quelles se retrouvent dtruites jamais. Citons encore le Secrtaire gnral de lONU : paix, la violence contre les femmes subsiste sous la forme de fminicide, datteintes sexuelles, de mutilations gnitales, de mariage prcoce ou de cyberviolence. A Kisangani, le 17 dcembre dernier, Violences faites aux femmes le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de lHomme (BCNUDH), en collaboration avec la Division provinciale des Droits humains, a organis, lintention dune cinquantaine de femmes, agents et fonctionnaires de lEtat, une sance de sensibilisation sur les violences sexuelles et autres violences bases sur le genre, en milieu professionnel. Les confrenciers ont invit les participantes, victimes ou tmoins dactes de violences lgard des femmes briser le silence et dnoncer tout acte, quil soit physique, verbal ou sexiste dans le traitement (salaire, grade, respect, autorit). Car se taire cest accepter, cest participer la banalisation dun phnomne qui na aucune raison de perdurer. La violence lgard des femmes est si rpandue que chacun dentre nous peut faire quelque chose pour la combattre dit Ban Ki-moon. Cest pourquoi aux Nations Unies, nous dnonons et continuerons le faire jusqu ce que les hommes violents, les violeurs denfants et les bandes armes qui sen prennent aux pensent qutre homme cest tre au-dessus de tout, comprennent que la cible de leur ire ou de leur dconvenue nest pas la bonne, si jamais il en existait dailleurs une bonne. Le respect de la dignit de la femme, le respect de ses droits et la reconnaissance de son importance autant que celle de lhomme dans une nation favorise le maintien du tissu social. Cest ainsi que des initiatives mondiales, telles que Tous unis pour mettre et HeForShe, qui visent associer les hommes la promotion de lgalit des sexes ont t lances par lONU. Aussi, devons-nous promouvoir une galit pleine et entire entre chacune dentre elles le mrite et pour le bien de lhumanit toute entire dixit Ban Ki-moon 18 Atelier de sensibilisation sur les violences faites aux femmes organis par la MONUSCOPar Assatou Laba Tour/MONUSCO Photo MONUSCO

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19 Du 30 novembre au 12 dcembre 2015, 195 pays ont particip la confrence sur le changement climatique COP 21, Paris en France. Plus de 150 chefs dEtat ont rehauss de leur prsence ce grand rendez-vous sur le climat et lavenir de lhumanit. Fait historique, cest la premire fois quun accord consistant a t arrach pour faire face au rechauffement climatique. Entre autres engagements, les signataires de laccord ont accept lobjectif de contenir le rchauffement en de de 2C, tout en appelant poursuivre les efforts pour limiter la hausse 1,5C, par rapport lre prindustrielle. Il sagit dun but plus ambitieux que les 2C viss jusqu prsent, et qui tait une rclamation forte des pays les plus vulnrables. Autre fait marquant, les nations riches ont accept daccorder une aide de 100 milliards de dollars amricains par an aux pays en dveloppement. En revanche, les pays du sud devront faire des efforts supplmentaires pour conserver leurs forts. Ceci passera bien sr par la prservation des aires protges. La Rpublique dmocratique du Congo fait partie des pays du sud qui sont durement touchs par les effets du changement climatique. En effet, le drglement climatique a une rpercussion directe sur la pluviomtrie. Les dernires pluies qui se sont abattues sur la capitale (Kinshasa) et certaines parties du pays comme le Sud-Kivu et le Kongo Central ont caus dnormes dgts matriels, notamment la destruction de maisons, ainsi que plusieurs pertes en vies humaines. Pourtant, il est mondialement reconnu que ce pays occupe une position stratgique, avec 50% de leau douce et 50% des forts en Afrique. De ce fait, avec ses 145 millions dhectares de forts tropicales, deuxime massif forestier aprs lAmazonie, la RDC joue un rle dterminant dans la rgulation du climat. Ses forts absorbent une proportion importante du gaz carbonique, mis localement et ailleurs. Malheureusement, le pays a connu un taux de dforestaquactuellement il est class parmi les pays menacs par le rchauffement climatique. Pour lutter contre cette dforestation et la dgradation de ses forts, la RDC a mis au point un mcanisme pour crer des Cest notamment le cas du projet Ibi sur le plateau de Bateke Kinshasa, qui ncessite du processus de rduction des missions de gaz. A cet effet, le prsident de lAssemble parlementaire de la francophonie et prsident de lAssemble Nationale de la RDC a plaid pour que les engagements pris par la Communaut internationale, en ce qui concerne les fonds verts, soient respects et soutenus. Saluant laccord arrach par la COP 21, le Secrtaire-gnral des Nations Unies a encourag tous les pays acclrer leurs contributions, soulignant que la Confrence de Paris est une tape cruciale pour lhumanit. Il faut donc passer maintenant laction Aprs laccord historique sign Paris,il faut passer lactionCOP 21Par Alphonse Yulu Kabamba/MONUSCO19 Raymond Tshibanda, Ministre des Affaires trangres avait reprsent la RDC la confrence de Paris o il a jou le rle de cofacilitateur durant les discussions Le Secrtaire gnral de lONU, Ban Ki-moon, a an-nonc, mardi 29 dcembre 2015, la nomination du gnral Derick Mbuyiselo Mgwebi, de lAfrique du Sud, au poste de Commandant de la force de la Mission de lONU pour la stabilisation en Rpublique dmocratique du Congo (MONUSCO). Le gnral Mgwebi succde ainsi au gnral Carlos Alberto dos Santos Cruz, du Brsil, dont le mandat a expir le 2 dcembre. N en 1956, le gnral Mgwebi possde plus de 35 ans dexprience militaire aux niveaux national et international. De 2004 2006, il a t Comman-dant de la force de lOpration des Nations Unies au Burundi (ONUB). Puis, de 2007 2011, il a t Chef des ressources humaines au sein des Forces nationales de dfense sud-africaines. Il est actuellement le Chef des Oprations conjointes de ces Forces nationales de dfense. Nous y reviendrons dans nos prochaines ditions. Nomination du gnral Derick Mbuyiselo Mgwebi, de lAfrique du Sud, au poste de Commandant de la force de la MONUSCO Photo Tiers Dernire minutePhoto Tiers

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20 Bonne et heureuse anne 2016 La rdaction dEchos de la MONUSCOSE CONNECTER NOUS www.monusco.unmissions.org www.facebook.com/monusco.org www.twitter.com/monusco www.youtube.com/monusco www.ickr.com/monuscoProduit par lUnit des Publications de la Division de lInformation publique de la MONUSCO Contact : 12, avenue des Aviateurs Kinshasa/Gombe Tlphone : (243) 81 890 6650(243) 81 890 6885