Citation
Echos de la MONUSCO

Material Information

Title:
Echos de la MONUSCO
Creator:
Mission de l 'Organisation des Nations Unies en R.D. Congo ( issuing body )
Place of Publication:
Kinshasa, DR Congo
Publisher:
Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en Republique démocratique du Congo
Publication Date:
Frequency:
Monthly
regular
Language:
French
Physical Description:
1 online resource : ;

Subjects

Subjects / Keywords:
Periodicals -- Congo (Democratic Republic) ( lcsh )
Genre:
newspaper ( marcgt )
newspaper ( sobekcm )
international intergovernmental publication ( marcgt )

Notes

Dates or Sequential Designation:
Began with: Volume 1, No1 (Juillet 2011)
General Note:
"Une publication de la Division de l'Information Publique de la MONUSCO".
General Note:
"Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en Republique démocratique du Congo".

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
Copyright, Mission de l'Organisation des Nations Unies en R.D. Congo. Permission granted to University of Florida to digitize and display this item for non-profit research and educational purposes. Any reuse of this item in excess of fair use or other copyright exemptions requires permission of the copyright holder.
Resource Identifier:
on10476 ( NOTIS )
1047609376 ( OCLC )
2018226778 ( LCCN )
on1047609376

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Une publication de la Division de lInformation Publique de la MONUSCO Echos e Mettre la protection au centre des priorits du Gouvernement Volume II N Avril 2012 Droits de lHomme en RDC Nord Kivu : La MONUSCO prte aider assainir la prison centrale de Goma Fidle Sarassoro procup par la situation humanitaire des dplacs de Dungu Controverse autour de lexploitation ptrolire dans le parc des Virunga

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2 Avril 2012 Sommaire 6 Interview Chander Prakash : La MONUSCO fait tout son possible pour assurer la scurit des civils dans les Kivu 8 Reportage Fidle Sarassoro visite les dplacs de Dungu 10 Nord Kivu Goma : ncssit dassainir la prison centrale 12 Equateur : eorts damlioration de la situation des droits de lHomme 13 Diagnostic Dcs en dtention : un d relever Muene Ditu 14 Zoom Environnement Parc des Virunga : la population soppose lexploitation ptroiire de son sous-sol Directeur a.i. de lInformation Publique Madnodje Mounoubai Coordonnateur Penangnini Toure Rdacteur-en-Chef Joseph Tshimanga Infographiste Jsus Nzambi Sublime 3 Nouvelles Le Secrtaire gnral adjoint des Nations Unies aux droits de lHomme en visite en RDC Photo MONUSCO/Sylvain Liechti E n visite de travail Goma, province du Nord Kivu, le 9 avril 2012, le Reprsentant spcial du Secrtaire gnral des Nations Unies, Roger Meece, sest prononc sur le cas du Gnral Bosco Ntaganda, estimant que ce dernier constitue une menace pour la scurit des populations, et doit tre arrt et traduit en justice. Un extrait de propos de M. Meece recueillis par Jules Ngala de Radio Okapi. Depuis longtemps, nous avons bien parl des problmes poss par Bosco Ntaganda. Cest quelquun () qui pose une menace la scurit de la population dans la Rgion depuis assez longtemps. Cest quelquun recherch par la CPI (ndlr: Cour pnale internationale), et nous pensons que toute personne recherche par la CPI doit tre traduite srement en justice () Jencourage donc tout le monde qui pense sallier Bosco ou ceux qui pensent dserter leurs postes de ne pas le faire et de reprendre leurs places, comme soldats au sein des FARDC (ndlr: les Forces armes de la Rpublique dmocratique du Congo). Photo couverture : M. Ivan imonovi salue une foule denfants Kamako, territoire de Tshikapa, Kasa Occidental Photo MONUSCO/Elie Katende Le Reprsentant spcial du Secrtaire gnral de lONU en RDC, Roger Meece, Goma, Nord Kivu, le 9 avril 2012. Roger Meece : Bosco Ntaganda est une menace pour la scurit des populations

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3 Avril 2012 Le nouveau gouvernement de la RDC a toutes les possibilits daccrotre la protection des droits de lHomme, estime Ivan imonovi Droits de lHomme I l sagit de ma premire visite en RDC () Ma visite au Sud-Kivu a eu lieu un moment dinstabilit gnrale dans certaines parties de lest du pays o la population se trouve, comme trop souvent, prisonnire dune srie dattaques conduites en guise de reprsailles et sans scurit. Je suis constern par les actes de violence rcents qui rsultent des dfections de certains lments des FARDC (NDLR : Forces armes de la Rpublique dmocratique du Congo), y compris des ex-CNDP et ex-PARECO, et qui ont provoqu le dplacement de 40.600 personnes dans le Nord et le Sud-Kivu depuis avril 2012. Ce mouvement des populations est le rsultat direct et indirect des rcentes dfections. Je suis aussi trs proccup par les allgations de violations des droits de lHomme qui auraient eu M. Ivan imonovi, Secrtaire gnral adjoint des Nations Unies aux droits de lHomme Nouvelles lieu. Nous devons tout mettre en uvre pour viter une escalade du de lEtat, la mise en place dun tat de droit, le respect des droits de lHomme et ltablissement des forces de scurit dmocratiques, responsables et professionnelles doivent tre notre priorit. A cet gard, jai soulev avec lInspecteur gnral de la police le besoin dun redploiement rapide dunits de police dans plusieurs endroits du pays, y compris Luvungi, dans le territoire de Walikale, de mme que le renforcement progressif de garantir la scurit dune population vulnrable qui a dj beaucoup souffert. La protection des civils a t le thme central de mes discussions avec le Commandant de la Brigade du Sud-Kivu de la MONUSCO et le commandement

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4 Avril 2012 des FARDC. La situation des droits de lHomme demeure trs proccupante en RDC. Les activits des groupes arms constituent une grande menace pour la population civile, en particulier dans les Kivu. Le Bureau conjoint des Nations Unies aux Droits de lHomme (BCNUDH) a observ au cours des derniers mois une augmentation des attaques par des groupes arms, notamment par les FDLR, la LRA et les groupes Ma Ma dans plusieurs endroits des provinces de lest du pays. Les dfections de membres du CNDP / PARECO ont encore plus dstabilis ces deux provinces dj fragilises sur le plan scuritaire. Limpact ventuel de ces dfections sur la protection des civils constitue une proccupation majeure. En outre, le BCNUDH continue de documenter des violations des droits de lHomme commises par des soldats des Forces armes de la Rpublique dmocratique du Congo (FARDC). Jai t heureux de constater la bonne collaboration entre la MONUSCO et les autorits du Sud-Kivu dans la mise en uvre de mcanismes innovants pour protger la population et rpondre aux violations des droits de lHomme. Par exemple, la participation des composantes civiles de la MONUSCO lopration militaire conjointe Amani Kamilifu a amlior nos capacits en matire de protection. Cette participation constitue un modle qui devrait tre reproduit. Pour protger la population civile, il faut lutter contre limpunit. Le territoire de Shabunda, avec son million dhabitants rpartis sur plus de 28.000 kilomtres carrs, est une illustration des problmes rcurrents fondamentaux : lloignement des tribunaux, la pauvret gnralise et le manque de routes et de systmes de communication. Jeudi dernier, jai rencontr Shabunda des organisations de la socit civile et les autorits locales qui mont signal, mon grand tonnement, dans la ville de Shabunda, labsence dautorits judiciaires qui puissent assister les victimes. Jai visit la clinique juridique CADDHOM qui apporte une assistance juridique aux victimes de violences sexuelles. Ces cliniques juridiques jouent un rle essentiel dans le soutien aux victimes pour accder la justice et dans la sensibilisation des communauts. Elles ont besoin de notre soutien et de notre attention continus / Je salue les poursuites et les condamnations rcentes de plusieurs violations des droits de lHomme, y compris pour des cas de violence sexuelle. En mars de cette anne, le Tribunal militaire de garnison de Tshikapa et le Tribunal de grande instance de Luebo, soutenus par le BCNUDH et la Section Etat de Droit de la MONUSCO, ont tenu deux audiences foraines dans les rgions recules du territoire dIlebo, dans la province du Kasa occidental. Ces audiences ont examin 81 affaires et rendu 62 jugements, dont 41 pour des cas de viol. Je salue les efforts de la justice militaire qui travaille dans un environnement trs incertain. Les jugements rendus constituent un message aux auteurs leur disant quils ne peuvent plus rester impunis. Jencourage le gouvernement M. Ivan imonovi ( g. en cravate) Bukavu, Sud Kivu Photo MONUSCO/Sylvain Liechti

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5 Avril 2012 poursuivre ses efforts dans ce sens et je ritre le soutien de lONU cet gard. Jai t trs encourag dentendre parler de lengagement du gouvernement pour arrter et poursuivre le gnral Bosco Ntaganda, qui a t inculp par la CPI. Une autre proccupation majeure est la situation des migrants illgaux congolais expulss dAngola, estims en 2011 environ 100.000. Cependant, le manque actuel de suivi adquat et des capacits dintervention humanitaire ne nous permet pas davoir une vision globale de la situation et de rpondre visite la frontire angolaise ce lundi avec le Reprsentant des autorits provinciales, jai rencontr plusieurs victimes, la Direction gnrale de migrations, les forces de scurit, ainsi que des reprsentants de la socit civile et de ladministration. Jai entendu des tmoignages de viol, de traitements dgradants, demprisonnement prolong et dextorsions / A Kinshasa, jai eu loccasion de discuter avec le nouveau gouvernement et de renouveler le partenariat avec le Hautcommissariat aux droits de lHomme sur les questions des droits de lHomme. Jai t encourag par lengagement du Procureur gnral qui ma inform que les enqutes en cours sur les violations graves des droits de lHomme commises pendant les lections prsidentielles et lgislatives de novembre 2011 seront acheves avant les lections provinciales et locales / Les Nations Unies se tiennent prtes aider le gouvernement dans la lutte contre limpunit et la rforme des forces de scurit nationales. Merci beaucoup Le Secrtaire gnral adjoint aux droits de lHomme, M. Ivan imonovi M. Ivan imonovi salue une foule denfants Kamako, territoire de Tshikapa, Kasa Occidental Photo MONUSCO/Elie Katende

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6 Avril 2012 Interview G nral, pourriez-vous nous dcrire la situation relle qui prvaut en ce moment, sur l axe Masisi Kitchanga plus au Nord et sur laxe Masisi-Sake plus au sud du territoire? Gnral Chander Prakash: Dans les dernires 48 heures, il y a eu certaines actions, des confrontations, des affrontements ont eu lieu entre les lments des FARDC et les ex-CNDP. Les affrontements se poursuivent au moment o nous parlons (NDLR: samedi 30 avril). Nous avons aperu des mouvements venant des deux discerner de quoi il sagissait de faon prcise. Nous avons not des mouvements de dplacements de la population fuyant les combats. Mais, ces populations, des villageois pour la plupart, sont indemnes et vaquent leurs occupations. Dcrivez-nous aussi ce qui se passe autour de laxe WalikaleBunyampuli vers le NordEst, de mme que les villages environnants, comme Luvungi? Gnral Chander Prakash: Nous Chander Prakash: La MONUSCO fait tout son possible pour assurer la scurit des civils dans les Kivu Propos recueillis par lquipe de lInformation Publique/Goma Le Lieutenant-Gnral Chander Prakash, Commandant de la Force de la MONUSCO Photo MONUSCO/Sylvain Liechti

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7 Avril 2012 avons des rapports faisant tat dlments Ma-Ma de Tcheka qui sont en mouvement dans la rgion. Notre lecture est qu la suite de la rorganisation des FARDC, le 803me rgiment est actif sur cet axe. Nous navons pas de prcisions sur les efforts mens par des FARDC. En ce qui concerne la MONUSCO, nos sont trs actifs dans la surveillance de la rgion pour assurer la protection des civils. Pourriez-vous nous donner une valuation du nombre de personnes dplaces ce jour au regard de ce que vous avez vu jusquici? Gnral Chander Prakash : Jai moimme survol la zone aujourdhui tt le matin. Jai vu quelques mouvements dans la zone de Ngungu o je viens de voir soixante ou soixantedix familles. Jai aussi constat que dautres familles continuent marcher vers les centres urbains. Durant ma reconnaissance, jai constat des mouvements vers Mushak et Sak. Dautres mouvements se font de Sak vers Goma. Mon sentiment aprs ce que jai vu est quil ny a pas encore de dplacements importants des populations lexception dun ou deux milliers de personnes aperues. Vous parlez des deux territoires de Masisi et de Walikal, ou simplement de laxe Sak Masisi? Gnral Chander Prakash: Je parle de laxe Sak Masisi. A Mushak, je viens de voir environ 10 personnes lbas, ct de notre base, et Ngungu, jai vu environ 50 personnes Quelle a t jusqu prsent, la rponse de la MONUSCO sur la protection de la population et, audel, de ses efforts prter main forte aux FARDC ? Gnral Chander Prakash : En ce qui concerne la MONUSCO, nous nous sommes concentrs sur notre mandat de base qui est la protection des civils. Nous avons essay de faire en sorte que la population ne soit pas affecte par les affrontements en cours entre les FARDC et les ex-CNDP. Et, je dois dire que de tous les affrontements qui ont eu lieu jusque l, il y a eu un seul mort qui a t atteint dune balle provenant dun tir crois. Cest le rapport que nous avons reu. Plus prcisment Gnral, quest ce que la MONUSCO a fait sur les deux axes de Masisi et de Walikal? Gnral Chander Prakash : Dans les deux zones la MONUSCO a t active en patrouillant ces zones, nous avons essay de faire en sorte que les affrontements natteignent pas soit pas affecte et nous continuerons de le faire. Avez vous un message que vous souhaitez adresser la population du NordKivu? Gnral Chander Prakash : Je veux juste leur dire travers vous que la MONUSCO est trs active que nous avons fait certains dploiements pour assurer la protection des civils et que vous avez certainement vu, aujourdhui, un grand nombre dhlicoptres y compris les hlicoptres dattaque, effectuer des vols de reconnaissance dans la zone pour assurer la protection des civils. Nous avons aussi dploy des blinds autour de Sak. Nous conduisons des patrouilles pour freiner toute intrusion sur Sak. Nous effectuons des fouilles des individus pour empcher toute intrusion suspecte. Le Lieutenant-Gnral Chander Prakash (d.), et son adjoint, le Gnral Major Adrian Foster Photo MONUSCO

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8 Avril 2012 Reportage P our rappel, six agences des Nations Unies, et plus dune trentaine dONG internationales et nationales sont impliques dans La Communaut Internationale est consciente de votre sourance vis-vis de la LRA Fidle Sarassoro aux dplacs de Dungu les rponses humanitaires dans les Haut et Bas Ul, travers le du Pooled Fund, dont notamment la Commission europenne pour laide humanitaire (European Commission for Humanitarian Aid ECHO), lAgence des Etats Unis Par Bertrand Galemas, UNOCHA M. Fidle Sarassoro (au centre en costume) la tte dune dlgation Bagulupa, prs de Dungu, province Orientale. Photo MONUSCO/Sylvain Liechti

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9 Avril 2012 pour le Dveloppement (United States Agency for International U.S. Foreign Disaster Assistance OFDA), le Dpartement britannique de la Coopration Internationale (Department for International Development DFID), Swedish International Development Cooperation Agency (SIDA). Monsieur Sarassoro sest rendu au Centre de sant Boboto un centre qui prend en charge les dplacs et est appuy par MEDAIR et o les soins sont administrs gratuitement aux dplacs. A la suite de la visite, M. Sarassoro sest dit heureux dentendre les propos depuis la mise en place de ce projet de soins gratuits, notre sant sest amliore. Communion avec les personnes dplaces de la 17 me Avenue Dungu La visite de terrain qui a conduit la dlgation du Coordonnateur humanitaire au site des dplacs de la 17me Avenue, un site qui abrite 2528 personnes ayant fui les attaques de lArme de Rsistance mois de fvrier 2012 et qui sont arrives Dungu en mars dernier, lui a permis de communier avec des dplacs venus principalement de Bagulupa, un village situ 55 km sur la route Dungu-Faradje. On y rencontre aussi les dplacs venus du village de Nangwakaza, situ sept km lEst de Dungu qui ont fuit lattaque de la LRA dans la nuit du 8 au 9 mars 2012. La plupart de ces personnes sont leur deuxime ou troisime dplacement depuis le dbut de la crise. Les dplacs de la 17me Avenue se sont dits fatigus des exactions de la LRA. Et pour cause, en 2008, ils ont fui Bagbele pour se rfugier Masabe. Une attaque de la LRA en 2009 les a pousss vers Bagulupa. L, ils ont subi trois attaques en 2011. Avec celle du 17 fvrier 2012, la 4me sur Bagulupa, ils se sont dcids se dplacer sur Dungu. Depuis leur arrive, ces dplacs nont reu quune assistance en biens non alimentaires et sheeting de la part du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Rfugis (UNHCR), et galement en vivres de la part du Programme alimentaire mondial (PAM). De manire gnrale, travers cette visite, le Coordonnateur humanitaire et sa dlgation se sont rendus compte, non seulement des problmatiques qui se posent dans les Haut et Bas Ul, consquences des activits de la LRA, mais aussi et surtout de limpact de laction humanitaire dans humanitaire dans cette partie de la RDC se posent essentiellement en terme de scurit. Un groupe de travailleurs humanitaires en discussion avec le Coordonnateur humanitaire (en costume) Bagulupa, province Orientale Photo MONUSCO/Sylvain Liechti

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10 Avril 2012 Reportage S elon la constitution de la Rpublique dmocratique du Congo, dignit . Les conditions de dtention dans la prison centrale de Goma sont contraires ces principes. Dans ce lieu carcral, le dlai de dtention nest pas respect, les visites sont monnayes, les repas ne sont pas rgulirement assurs. Construite en 1953, la prison centrale de Goma avait au dpart une Goma : ncessit dassainir la prison centrale Nord Kivu Par Clara Padovan/MONUSCO capacit daccueil de 150 prisonniers. Aujourdhui, elle hberge prs de 1100 personnes dont 26 femmes et 55 mineurs. Hommes et femmes adultes vivent ensemble avec les mineurs dans une grande insalubrit. Les dtenus partagent les mmes cellules avec des condamns pour meurtre, viol et autres crimes. Au moins 70 % des dtenus sont emprisonns pour viol et autres dlits graves. Entre temps, le nombre de dtenus continue daugmenter. En cause, le taux de criminalit galopant de la ville de Goma. En raison de la surpopulation, certains prisonniers doivent parfois se relayer pour dormir. Dautres encore doivent passer la nuit la belle toile. La question de la nourriture se pose avec acuit. Le gouvernement donne1000 dollars US de ration alimentaire par semaine, ce qui revient environ 80 centimes par tte pour assurer le repas quotidien. Du coup, les prisonniers dpendent de leurs proches pour salimenter. Leau est rare et impropre la consommation dans cette prison. Consquence, les Une vue de la prison centrale de Goma Photo MONUSCO/Sylvain Liechti

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11 Avril 2012 maladies dorigine hydrique, comme la dysenterie, sont frquentes. Par contre, la situation des femmes et des mineurs sest amliore depuis la mutinerie de 2009 au cours de laquelle 20 femmes avaient t violes. Cet incident tragique tmoigne des conditions pnitentiaires inhumaines, mais aussi du niveau lev de la violence sexuelle. Depuis 2011, des quartiers de la prison ont t amnags pour ces deux couches sociales grce aux fonds de lONG Restauration de la Justice au Congo (REJUSCO). A ce tableau peu reluisant sajoute la lenteur de la justice dans le traitement des dossiers des prisonniers magistrats. Au total, ce sont huit de personnel pnitentiaire, chacun travaillant un jour sur deux. Les quelque timides tentatives damlioration des conditions de vie de prisonniers nont eu aucun situation, les autorits carcrales se disent impuissantes avec les moyens De ce fait, si lon ny prend garde, de nouvelles tentatives dvasion, voire de mutinerie, ne seraient pas exclure. Lappui de la MONUSCO Depuis un an quelle existe, lUnit pnitentiaire de la MONUSCO cre pour soutenir ladministration nationale des prisons a pour objectif daider amliorer les conditions de vie dans les prisons du pays. Elle conseille les autorits pnitentiaires sur lorganisation des prisons au niveau de la scurit, de la gestion des peines, et de la vie des dtenus, et cela, en conformit avec les standards internationaux en matire pnitentiaire. Selon Robinson Cadet, coordinateur rgional de lUnit pnitentiaire pour le Nord Kivu, le moyen le plus rapide de venir en aide aux prisonniers de Muzenze est daugmenter le nombre le traitement des dossiers et de dsengorger cette prison. Mais cela se pose un problme de taille : la question de leur rmunration, qui reste sans solution. Daprs les normes internationales, lespace allouer chaque dtenu est de 4,5 m2. A Muzenze, cest loin dtre le cas, chacun des 1000 dtenus ayant 0,65 m2. Ds lors, lUnit pnitentiaire de la MONUSCO a suggr le transfert dun certain nombre de prisonniers de Goma dans les prisons de Bni et de Rutshuru. Cette ide na pas reu ladhsion de tous les acteurs impliqus. En lieu et place, une extension de la prison a t envisage et devrait tre acheve dans le courant Canada et du Fond de Consolidation pour la Paix. En dehors de ce plan, lUnit pnitentiaire de la MONUSCO et lONG AFEMED, une association de femmes mdecins, ont mis sur pied au sein de la prison Muzenze une fabrique de savon grce un Projet onusienne. Lobjectif premier de ce projet tait doccuper les prisonniers tout en leur inculquant un savoir-faire. Aujourdhui, le projet a t interrompu, son appropriation ayant t remise en question par la partie congolaise. Dans lentremise, lAssociation amricaine Health through Walls de 300 dollars par mois, et permet ainsi dans une certaine mesure de faire face aux problmes dhygine et dassainissement. En attendant, la situation gnrale demeure alarmante, pendant que le plan de dsengorgement propos par la MONUSCO attend toujours dtre adopt. , avertit monsieur Robinson. Des dtenus de la prison de Muzenze devant leurs cllules Photo MONUSCO/Sylvain Liechti

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12 Avril 2012 Reportage N . Ces propos dun activiste des droits de lHomme bas Mbandaka rsume plus ou moins bien la situation des droits humains en Equateur. A ct de cette perception ngative, lon doit galement reconnatre quen Equateur, la situation des droits humains samliore sans cesse du fait des nombreuses campagnes de sensibilisation conjointement menes par la MONUSCO, la mission onusienne dans le pays, et ses diffrents partenaires. Cette amlioration est galement le fait de lactivisme des dfenseurs des droits Equateur : eorts damlioration de la situation des droits de lHomme Par Jean-Tobie Okala/MONUSCO de lHomme qui, travers la Radio des Nations Unies, Radio Okapi, nont eu de cesse de dnoncer les violations des droits de lHomme. Il y a galement tous ces sminaires de formation organiss par la MONUSCO ou dautres partenaires, tels quAvocats sans Frontires (ASF), les missions conjointes de terrain, les visites de cachots de la Police nationale congolaise (PNC) et des Forces armes de la Rpublique dmocratique du Congo (FARDC), pour ne citer que ces activits. Beaucoup reste faire Face ces efforts qui commencent porter leurs fruits, la vigilance doit tre de mise. Du fait des conditions de lEtat, les populations de larrireProvince continuent de subir toutes formes dexactions, parfois en toute impunit. Ici, ce sont des civils qui sont forcs de cder leurs rcoltes leurs tortionnaires et de les transporter pour ces derniers jusqu destination ; l, ce sont des amendes exorbitantes et illgales quon fait payer aux femmes commerantes ou aux producteurs de mas, qui viennent au march de Mbandaka pour couler leurs produits. Les activistes des droits de lHomme, aids par la MONUSCO, ne baissent pas les bras. Ils dnoncent au quotidien ces violations, organisent les victimes pour leur venir en aide, et entreprennent des rencontres de suivi entre les autorits militaires et policires, le Bureau conjoint des Nations Unies aux Droits de lHomme, la socit civile, les autorits judiciaires et les ONG des droits de lHomme. Ces activistes font galement des plaidoyers pour attirer lattention des dcideurs sur ces violations. Dans le cadre de lassistance aux victimes de viols et autres exactions, en fvrier 2011, la MONUSCO, travers le Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de lHomme et lONU-Femmes, avaient fait don dune baleinire de 42 tonnes aux victimes de SongoMboyo pour les aider vacuer leurs produits agricoles vers les centres de consommation. Procs de Songo-Mboyo, province de lEquateur Photo BCNUDH/PIO

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13 Avril 2012 L e droit la vie ne doit pas sappliquer aux seules personnes en libert. Les personnes en dtention doivent pouvoir en jouir au mme titre. Pourtant, la ralit est toute autre, notamment dans la province du Kasa Oriental o on enregistre chaque anne de nombreux cas de dcs lis aux mauvaises conditions de dtention caractrises nourriture et le manque de prise en charge mdicale. A MueneDitu, deuxime ville de la province, dans le district de Kabinda, on enregistre le plus grand nombre de dcs de dtenus. Selon les donnes disponibles, la prison de Muene-Ditu a enregistr 49 cas de dcs en 2011, soit en moyenne quatre dcs par mois. Le dpt de noix de palme qui est devenu aujourdhui la prison de Muene Ditu, est loin de rpondre aux normes internationales pour les personnes en dtention. Ici les prisonniers sont exposs plusieurs cellules qui ne permet pas une bonne la lumire du jour ; il y a ensuite le manque criard dquipement, notamment le mauvais tat de la literie Par Timothe Katunba et Piergiorgio Paglialonga/MONUSCO Dcs en dtention : un d relever Muene Ditu qui expose les prisonniers lhumidit cellules, le cadre nest gure propice aux petites promenades journalires accordes aux dtenus. Appui de lONU Le Bureau de la Mission de lOrganisation des Nations Unies pour la Stabilisation en Rpublique dmocratique du Congo (MONUSCO) au Kasa-Oriental, a sans cesse aid la recherche de solutions durables aux nombreux cas de dcs que connat cette prison. En 2010 dj, au cours dune mission dans cette ville, le Bureau conjoint des Nations Unies aux Droits de lHomme (BCNUDH) avait rencontr les autorits locales et attir leur attention sur les conditions des dtenus qui restent souvent sans nourriture et eau potable. A cette occasion, le BCNUDH avait men un plaidoyer auprs du maire de la ville en faveur de loctroi dun champ en dehors de la ville pour la culture du mas, du haricot et dautres produits pour assurer lalimentation des prisonniers. Ce plaidoyer qui fut tendu aux autorits provinciales et aux agences du systme des Nations Unies, permit en octobre de la mme anne, une remise par la FAO dune quantit importante de semences de mas, dharicots, ainsi que des outils aratoires. LUnit pnitentiaire de la MONUSCO a, pour sa part, soutenu plusieurs initiatives, ensemble avec des partenaires locaux, pour aider amliorer les conditions de dtention de la prison de Muene-Ditu. Parmi les plus importantes de ces initiatives, un projet impact rapide qui a permis en aot 2011 la construction dun dispensaire quip, et lapprovisionnement en mdicaments et matriel de sant par lOrganisation mondiale de la Sant (OMS). Rsoudre la question de nombreux cas de dcs en dtention la prison de Muene-Ditu revient amliorer les conditions carcrales, et plus particulirement lalimentation et les soins mdicaux. La MONUSCO, dans son mandat de protection, reste saisie de la question, et continue soutenir les efforts de ses partenaires tatiques et la prison de Muene-Ditu Une vue de la prison de Muene-Ditu, Kasa Oriental Photo MONUSCO/Timothe Katumba Droits de lHomme Diagnostic

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14 Avril 2012 Zoom E n septembre 2011, lorsque SOCO reoit lautorisation pour conduire, pour linstant seulement, des tudes de prospection dans le bloc 5 du rift Albertin Est, Parc des Virunga : la population soppose lexploitation ptrolire de son sous-sol Environnement cest--dire dans les trois quarts de la direct avec la loi congolaise et les accords internationaux. Les pays dont sont originaires les ptroliers, le Royaume Uni, la France, ont lUNESCO classant le parc des Par Clara Padovan/MONUSCO et Dario Tedesco/UNOPS Parc des Virunga Photo MONUSCO/Sylvain Liechti

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15 Avril 2012 1979, cest--dire au patrimoine commun de lhumanit. Cette convention interdit toute exploration et exploitation minire et ptrolire dans les zones reconnues patrimoine mondial. LEurope, un des principaux investisseurs pour la protection du Parc des mais les communauts locales qui habitent autour du parc se sont fermement opposes lexploration et lexploitation du ptrole. Il faut savoir que la densit de cette population est une des plus leves dAfrique, avec plus de 400 habitants par km2. un reprsentant de la socit civile de Nyakakoma. En effet hormis la les compagnies ptrolires ne pourront viter la contamination phratiques, lacs et rivires par les dchets toxiques, comme cela se passe actuellement dans le delta contamination rendra leau impropre la consommation pour les villageois et terme aura des consquences ngatives sur la pratique de la pche. ajoute ce reprsentant. Les communauts locales exigent dtre impliques dans ltude de limpact environnemental et social de lexploitation ptrolire dans leur milieu. A qui protera la destruction du parc national des Virunga ? Cr en 1925 et situ au centre du Rift Albertin dans lEst de la RDC, ancienne rserve dAfrique. Il couvre le long du Rwanda et de lOuganda, stend sur 790.000 hectares et prsente une diversit dhabitats uniques, allant des marcages et des steppes jusquaux glaciers du col Margherita du Ruwenzori, plus de 5.000 m daltitude, en passant par les plaines de lave et les savanes sur les pentes des volcans. Il abrite plus de 200 espces de mammifres dont les gorilles de montagne, les chimpanzs, les hippopotames, les lphants et lokapi, animal symbole de cette rgion dAfrique. Le parc est aussi laire protge en Afrique la plus riche en espces doiseaux. SOCO vient dobtenir le droit de faire des explorations ariennes pour reprer les gisements de ptrole. Les risques environnementaux lis une exploitation ptrolire ventuelle dans ce parc sont indniables. Autoriser lexploration ptrolire class patrimoine de lhumanit par Une vue du parc des Virunga Photo MONUSCO/Sylvain Liechti

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16 Avril 2012 Pour nous contacter : 12, avenue des aviateurs Kinshasa/Gombe Tl. : (243) 81 890 6583 (243) 81 890 6885 E-mail : tourep@un.org Site web : www.monusco.org www.facebook.com/monusco.org twitter.com/MONUSCO www.youtube.com/MONUSCO