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Echos de la MONUSCO

Material Information

Title:
Echos de la MONUSCO
Creator:
Mission de l 'Organisation des Nations Unies en R.D. Congo ( issuing body )
Place of Publication:
Kinshasa, DR Congo
Publisher:
Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en Republique démocratique du Congo
Publication Date:
Frequency:
Monthly
regular
Language:
French
Physical Description:
1 online resource : ;

Subjects

Subjects / Keywords:
Periodicals -- Congo (Democratic Republic) ( lcsh )
Genre:
newspaper ( marcgt )
newspaper ( sobekcm )
international intergovernmental publication ( marcgt )

Notes

Dates or Sequential Designation:
Began with: Volume 1, No1 (Juillet 2011)
General Note:
"Une publication de la Division de l'Information Publique de la MONUSCO".
General Note:
"Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en Republique démocratique du Congo".

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
Copyright, Mission de l'Organisation des Nations Unies en R.D. Congo. Permission granted to University of Florida to digitize and display this item for non-profit research and educational purposes. Any reuse of this item in excess of fair use or other copyright exemptions requires permission of the copyright holder.
Resource Identifier:
on10476 ( NOTIS )
1047609376 ( OCLC )
2018226778 ( LCCN )
on1047609376

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Est de la RDC Espoir de paix malgr de nombreux ds scuritaires Volume 1 N Septembre 2011 Une publication de la Division de lInformation Publique de la MONUSCO Echos e

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2 Septembre 2011 Sommaire 4 Nouvelles La classe politique et la MONUSCO pour des lections apaises 5 Interview Asseta Ouedraogo souhaite une meilleure participation des femmes congolaises aux lections 7 Reportage Situation scuritaire et humanitaire proccupante Shabunda 9 Oprations dissuasives de la Force de la MONUSCO dans le Sud Kivu 10 Populations civiles protges, comment ragissent-elles? 11 La Brigade du Sud Kivu en chires Horizon Directeur de lInformation Publique George Ola-Davies Edition coordonne par Toure Penangnini Rdacteur en Chef Joseph Tshimanga Infographiste Jsus Nzambi Sublime 3 Nouvelles LAmbassadeur amricain en charge de la rforme de lONU, en visite dans le Nord Kivu Joe Torsella reu par le contingent uruguayen Kimua, le 31 aot 2011, dans le Nord Kivu De la couverture mdiatique des lections P our la MONUSCO, la question de lquit et de lobjectivit dans la couverture mdiatique des prochaines chances lectorales en RDC est dautant plus importante quelle sen est saisie, faisant en sorte que son princi pal outil de communication dans le pays, en loccurrence Radio Okapi, donne le ton. Cest ainsi que le 10 septembre 2011, la Division de lInformation publique de la Mission a prsent aux partis politiques et aux mdias la charte lectorale de Ra dio Okapi qui est conue pour tre sa feuille de route dans laccompagnement du processus lectoral. Cette conduite implique, entre autres, les responsabilits de la Radio face au traitement de linformation, sa philosophie de la couverture mdiatique en priode lectorale, ses principes quelle se fonde partir des rgles de lthique et de la dontologie en matire de journalisme, les normes rgissant ses diverses productions, ainsi que dintrt entre le personnel local et la Radio. La charte peut tre consulte sur le site de la MONUSCO ladresse suivante : www.monusco.org. Photo MONUSCO/Sylvain Liechti Photo de couverture : Lenfant dplace, en 2008, dans le camps de Kiwanja, territoire de Rutshuru, province du Nord Kivu

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3 Septembre 2011 Nouvelles Joe Torsella, Ambassadeur amricain en charge de la rforme de lONU, visite le Nord Kivu L Ambassadeur amricain en charge de la rforme de lOrganisation des Nations Unies, Joe Torsella, a effectu en septembre 2011, une Nord Kivu. Il a, notamment, sjourn pendant deux jours Goma, o il a rencontr le personnel des Nations Unies. Selon lui, le travail actuel de la MONUSCO pourrait servir amliorer la performance dautres missions. Je suis merveill par la discipline, le sens de devoir, le sens de responsabilit avec lesquels vous accomplissez vos tches dans un environnement particulirement lavait conduit Kimua, un petit village du territoire de Walikale non loin de Goma. Avant Kimua, lAmbassadeur Joe Torsella stait rendu Kinyandoni, dans le territoire de Rutshuru, un secteur largement contrl par les milices des Forces dmocratiques pour la Libration du Rwanda (FLDR). Leur prsence dans le Rutshuru comme dans le territoire de Walikale est source dinscurit pour les populations civiles locales qui sont victimes de pillages, de viols, de turies et dautres formes dexactions. A lorigine, les FDLR taient un groupe arm form en RDC en 2000 pour dfendre les intrts des Hutus rwandais rfugis suite au gnocide du Rwanda en 1994. Trs vite, ces lments arms vont se retourner contre les populations locales en prenant refuge aux alentours de plusieurs villages du Nord Kivu, principalement dans les forts de Walikale et de Kinyandoni autour du parc des Virunga. Une de ces localits, en loccurrence Kimua, va leur servir de centre dentranement avant dtre dtruit en fvrier 2009 grce lopration militaire conjointe Rwanda-RDC connue sous le slogan Umoja Wetu en swahili (en franais, notre unit). Affaiblies et LAmbassadeur Joe Torsella en compagnie des casques bleus de la MONUSCO Par Alexandre Essome leur organisation structurale mise mal, les FDLR sont aujourdhui disperses dans la brousse, ne vivant que grce aux raids mens sur les populations civiles. Pour assurer une protection adquate ces populations, la Mission de lONU pour la Stabilisation en Rpublique dmocratique du Congo (MONUSCO) a dploy dans ces zones assiges des contingents militaires pour apporter protection aux populations civiles et faciliter laccs humanitaire. Partout o il est pass, lAmbassadeur Torsella a pu se rendre avant la tenue prochaine dlections apaises. Photo MONUSCO/Sylvain Liechti

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4 Septembre 2011 C ette question proccupe toute la classe politique congolaise ainsi que lensemble de la communaut internationale avec, au premier plan, les Nations Unies. Cest dans ce cadre que des rencontres dchange ont eu lieu entre la Mission de lONU pour la Stabilisation en Rpublique dmocratique du Congo (MONUSCO) et un nombre de reprsentants de la classe politique congolaise impliqus dans le processus lectoral. Lune de ces rencontres a eu lieu le 26 aot 2011 au Quartier gnral de la MONUSCO, Kinshasa, entre plusieurs hauts responsables onusiens et une cinquantaine de chefs de partis politiques de lopposition. La dlgation de la MONUSCO qui recevait tait compose du Reprsentant spcial adjoint du Secrtaire gnral des Nations Unies, Monsieur Fidle Sarassoro, entour pour la circonstance de plusieurs Directeurs de divisions. Proccupations Prenant la parole les uns aprs les autres, les reprsentants des partis politiques ont expos plusieurs griefs qui pourraient se rsumer en trois proccupations majeures, savoir la scurit des candidats de La classe politique congolaise et la MONUSCO pour des lections apaises lopposition tout au long du processus lectoral, la transparence dans la gestion mdias dEtat. Au plan scuritaire, ces responsables de partis ont dnonc la stratgie de harclement et dintimidation dont ils sont victimes face certains lments des forces de scurit. Ils ont ainsi plaid pour une libert totale de mouvement travers le pays dans le cadre de leurs activits politiques. lectoral est celle qui aura soulev le plus de passions. A la conclusion des oprations denrlement, un certain nombre de partis avaient exig une la Commission lectorale nationale indpendante (CENI). Ces partis avaient en outre souhait la ralisation dun audit irrgularits ventuelles et dy remdier avant la tenue des lections. Au moment o nous mettions sous presse, cette question tait toujours en discussion au sein de la classe politique et avec la rappeler, est le fruit du travail de quatre mois de collecte de donnes sur lensemble du territoire ralis entre le 2 avril et le 1er juillet 2011 avec une prolongation de 10 jours accorde par la CENI. La troisime proccupation des partis politiques tait celle lie lquit et lgalit daccs aux mdias dEtat. Les reprsentants de lopposition prsents la rencontre ont exprim le souhait dtre tous logs la mme enseigne quant au traitement que les mdias dEtat font des activits respectives des partis politiques engags dans la course lectorale. Dans ce climat de suspicions toutes lections, les chefs des partis de lopposition ont conclu leur runion en donnant lassurance de tout mettre en uvre pour viter leur pays les mauvaises expriences lectorales vcues ailleurs . Ils se sont dits galement dtermins viter de retomber dans les mmes erreurs que celles vcues aux lections prcdentes de 2006 en RDC. Par Pnangnini Tour Nouvelles Comment assurer des lections libres, transparentes, crdibles et apaises en Rpublique dmocratique du Congo (RDC)? Du matriel lectoral achemin lintrieur du pays par la MONUSCO, le 16 septembre 2011 Photo MONUSCO/Myriam Asmani

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5 Septembre 2011 Asseta Ouedraogo souhaite une meilleure participation des femmes congolaises aux lections Propos recueillis par Michel Cirimwami, Radio Okapi Madame Asseta Ouedraogo, de nationalit Burkinab, est charge des questions de Genre la Mission de lOrganisation des Nations Unies pour la stabilisation en Rpublique dmocratique du Congo dans lest du pays. Une quipe de lInformation publique de la Mission la rcemment rencontre Goma dans le cadre dune concertation bimensuelle avec les partis politiques. Elle nous livre ses impressions sur la participation des femmes congolaises aux lections de M me Ouedraogo, vous venez de participer une rencontre sur la participation de la femme et surtout les candidatures fminines aux prochaines lections en Rpublique Dmocratique du Congo. Quel tait lobjectif de cette rencontre ? Asseta Ouedraogo : Je vous remercie. Ici au Sud Kivu il y a un cadre permanent qui a t mis en place, un cadre dchange avec les diffrents partis politiques, et le thme quils ont retenu aujourdhui pour le dbat cest: La problmatique de la participation de la femme la vie politique, les perspectives pour les lections 2011 et les candidatures fminines Cest dans ce souci que je suis venue pour exposer le rsultat dune consultation que le Bureau Genre a effectu. Quel message aviez-vous transmis aux participantes dans votre intervention intitule La candidature fminine sur la liste des partis politiques, problmatique de la participation de la femme la vie politique ? A.O. : Je voulais dabord partager dans un premier temps le point de vue des femmes; les problmes quelles ont rencontrs lors des lections en tant que candidates et galement les diffrentes propositions quelles ont eu faire, et amener les diffrents responsables des rapport avec laspect juridique, jai aussi galement parl du cadre conventionnel favorable la femme en faisant allusion certains textes, les textes internationaux tels que la Rsolution 1325, la plateforme de Beijing et les engagements de lUnion africaine dans ce domaine, Ensuite on a ressorti aussi la faiblesse de certains textes, et jai surtout mentionn, bien sr comme aspect positif au niveau national et de la constitution qui consacre la parit, et comme faiblesse larticle 13 de la loi lectorale que les femmes ont soulev comme tant une contrainte qui en fait noblige pas les partis politiques mettre en application la parit. Et ctait vraiment un handicap pour ces femmes candidates. Il fallait soulever cette question. Nous avons aussi parl des obstacles sur le plan socioculturel, tel que le contexte dans lequel ces lections 2006 sont venues trouver les femmes. Ctait tout juste au sortir de la guerre et ces femmes gardent encore les squelles de la guerre, les squelles de violences de toutes formes, les violences sexuelles, les violences physiques, les traumatismes, etc., et les femmes taient beaucoup plus proccupes par la paix que dtre Interview Nouvelles Asseta Ouedraogo, pour une participation massive des femmes congolaises aux lections de novembre 2011 Photo MONUSCO

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6 Septembre 2011 candidates. Nous avons galement fait mention de la faiblesse conomique des femmes parce quelles ont soulev comme problmes le manque de moyens que ces femmes naient pas de ressources tait un handicap qui explique un peu pourquoi elles nont pas russi. Et de manire globale nous avons relev quil y avait trs peu de candidates ; cest donc normal quil y ait galement trs peu de rsultats. Donc nous avons invit les partis politiques analyser toutes ces questions. A se dire quil ny a pas de dmocratie sans la participation des femmes. Les femmes reprsentent plus de 52% de la population congolaise. Les ignorer serait choisir de manire dlibre de ne pas tenir compte de la prsence de cette frange importante de la population, de ne pas tenir compte de leur besoin et de ne pas tenir compte galement de leurs aspirations. Pensez-vous que les partis politiques ont compris votre message ? A.O. : Je crois qu travers les diffrentes interventions, il y a quand mme une certaine ouverture accepter que sans les femmes, il ny a pas de dmocratie. Il reste maintenant de savoir comment y parvenir. Et je leur ai fait comprendre que normalement leur rle aussi cest de sensibiliser la population, les hommes et les femmes. Ils doivent les former. Les partis politiques devraient faire valoir dans leur travail une politique claire en matire de Genre. Comment est-ce quils envisagent intgrer les femmes? Il faut quil y ait une politique claire, une stratgie claire, crite par les partis politiques. Etes-vous optimiste, et quelle est votre apprciation sur la vie politique ainsi que la participation de la femme congolaise, surtout lEst du pays, aux prochaines chances lectorales ? A.O : Je crois quil y a des raisons dtre optimiste ; cest vrai que, quand on regarde les rsultats de 2006, on se dit il ny a pas eu une bonne reprsentativit, mais pour moi je me dis que malgr cela il ya eu des leons apprises. Cest une cole, les femmes sont rentres dans cette cole des lections. Parce que 40 ans sans voter, sans lire, sans se prsenter, ce nest pas facile ; mais elles ont os, elles se sont lances dans la bataille. Elles se sont jetes leau, elles ont nag, il y en a qui ont pu sortir la tte faiblement, dautres non, mais cest une leon. Aujourdhui, le langage quelles tiennent nest pas le langage quelles tenaient avant et je pense qu ce niveau, il y a eu une avance. Cest sr quon ne peut pas le faire par coup de baguette magique pour que les choses changent de zro 100%. Ils analysent positivement la chose et moi jai espoir que les choses vont changer et que la femme va occuper sa place dans le concert de la vie politique en RDC. Quelles stratgies prconisez-vous pour les femmes congolaises pour une meilleure participation dans le processus lectoral ? A.O : Avant de vous donner quelques exemples dexpriences dans dautres pays en ce qui concerne la vie politique et la participation des femmes aux lections, je voudrais tout dabord dire que ces expriences ne doivent pas tre appliques directement dans tous les pays, parce que cela dpend des contextes, de la culture, de la coutume, des femmes ellesmmes et des hommes. Nanmoins, je peux partager quelques exemples. Si je prends le cas du Burundi o jai travaill quand jtais UNIFEM, les femmes se sont organises bien avant les lections et ont demand une rvision de la constitution. Elles ont utilis cette stratgie en partant mme de la constitution de la priode transitoire, et elles ont travaill sur cette constitution en relevant les aspects qui ntaient pas conformes la parit, qui ntaient pas conformes au quota de 30%; elles ont corrig ces aspects et ensuite, fortes de cela, elles ont organis plusieurs runions lassociation des femmes juristes du Burundi. o les associations comme le Cadre permanent de Concertation de la Femme congolaise (CAFCO) par exemple ont fait signer des engagements aux diffrents partis politiques. Mais ces engagements ne constituent quune tape. Je crois quon peut partager ces expriences mais je des stratgies ainsi que des mcanismes adapts son contexte. Photo MONUSCO/Myriam Asmani Les femmes aux urnes, Kinshasa/Limete, le 30 juillet 2006

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7 Septembre 2011 U ne quipe pluridisciplinaire de la Mission de lONU pour la Stabilisation en Rpublique dmocratique du Congo (MONUSCO) sest rendue du 17 au 19 aot 2011 Shabunda, chef lieu du territoire du mme nom, quelque 250 km de Bukavu, le cheflieu de la province du Sud Kivu. Lobjectif de la visite tait dvaluer la situation scuritaire et humanitaire de la localit Situation scuritaire et humanitaire proccupante Shabunda Enclav et confront linscurit, le territoire de Shabunda traverse une situation trs FARDC ou de la MONUSCO. juge proccupante. Shabunda a aussi la particularit dtre riche en minerais tels que lor, la cassitrite, lamthyste et le wolfram. Ces minerais ont vite fait dattirer les Forces dmocratiques pour la Libration du Rwanda (FDLR) qui sy sont installes en matres depuis plus dune dcennie, et constituent la principale source dinscurit dans ce territoire de 758 539 habitants, dont une partie est en fuite, la recherche de zones plus scurises. Le territoire de Shabunda couvre environ 40% de la province du Sud-Kivu. Il est constitu par les collectivits Bakisi et Wakabango et abrite 11 groupements diviss en 21 postes dencadrements administratifs de prs de 900 villages. En plus de ses richesses minires, ce Par Biliaminou Alao Reportage Sud-Kivu Ni paix, ni scurit, les populations de Shabunda seules face leur sort Photo MONUSCO

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8 Septembre 2011 territoire regorge galement de ressources hydrauliques considrables. En effet, Shabunda est travers par la rivire Elila au Sud, la rivire Ulindi au Centre et la rivire Lubulu au Nord. Ceci contribuet-il lenclavement de ce territoire ? La question mrite dtre pose du fait que Shabunda compte peine 70 km de route en terre praticable. Face cette situation, le Bureau des Nations Unies pour les Services dAppui aux Projets (UNOPS) sactive, depuis 2010, la rhabilitation denviron 330 km de route avec le du Dpartement britannique pour le Dveloppement international (DFID), et de lUnion Europenne. Vide scuritaire cr par les FARDC Aprs le dpart dune trentaine de compagnies des Forces armes de la RDC (FARDC) estime environ 7 000 hommes pour procder une restructuration interne, les FDLR ont occup diffrentes positions stratgiques abandonnes. Il sagit notamment des sites miniers de Kabulu, Misima, Katombi, Biangama, Gombo, Mulungu, Nianzi, Ngoma, et Kashei, tous situs dans un rayon de 45 et 200 km autour de Shabunda. La suite est une inscurit gnralise qui sinstalle sur toute ltendue du territoire caractrise par des prises dotages coups de ranons. En outre, Nabese, Nyembembe, Idunga, Mulungu, localits situes entre 60 et 200 km de Shabunda, et dans plusieurs autres endroits, les FDLR tuent, pillent, violent, brlent et rigent des barrires sur les en place une administration parallle. La population de Shabunda dsespre, se dit prte se prendre en charge dfaut du soutien des FARDC ou de la MONUSCO. Cest ainsi que certains notables et leaders dopinion ont fait tat de la rsurgence du groupe dauto-dfense Ma Ma Raa Mutomboki, qui dit vouloir protger les populations contre les FDLR en les dsarmant. Le en juillet 2011 une moisson bien maigre, vu lampleur de linscurit. Ces Ma Ma sont aussi visibles Shabunda centre o ils ont dpos des lettres aux ONG internationales, aux agences de lONU et la MONUSCO, demandant des vlos, des motos et des bottes notamment. Ils font galement pression sur les populations locales, auprs desquelles ils collectent de force de largent, environ dix dollars par personne, comme soutien leurs efforts. de ranonnement que les FDLR quils combattent. Les exactions commises depuis juillet 2011 par les FDLR dun ct entraner un mouvement important de populations avec de lourdes consquences humanitaires. Prises en tau entre ces deux groupes arms, les populations aux humanitaires et aux Casques bleus, les forces de scurit nationales tant presquabsentes de la zone. Consquences humanitaires Selon les estimations des humanitaires, prs de 50 000 personnes ont t dplaces par linscurit une quarantaine de kilomtres au nord de Shabundacentre, principalement dans les localits de Lulingu, Katchungu, Tchonka, et Lugungu. Dans ces zones, les dplacs se plaignent de linsalubrit, du manque deau, dlectricit, de nourriture et de mdicaments. Certaines maladies hydriques telles le cholra y ont rapparu. La population de Shabunda dans son ensemble se dit abandonne et laisse pour compte par les autorits du chef lieu du territoire seulement une dizaine de kilomtres du lieu o sont commises les exactions. Mme si la capacit oprationnelle de la MONUSCO ne lui permet pas de couvrir lensemble du territoire de Shabunda, elle sy attelle en installant des bases oprationnelles mobiles et temporaires, et en renforant les patrouilles motorises et pdestres. Enclav, le territoire de Shabunda fait face la dgradation des infrastructures routires Photo SBK/Mujihadid

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9 Septembre 2011 Oprations dissuasives de la Force de la MONUSCO dans le Sud Kivu Par Joseph Tshimanga C e 19 aot 2011, les lments du Premier Bataillon pakistanais de la Force de la Mission de lONU pour la Stabilisation en Rpublique dmocratique du Congo (MONUSCO) mnent une patrouille autour de la ville de Bukavu, chef lieu de la province du Sud-Kivu. Partis 12 heures de leur Quartier gnral de Panzi, les hommes du Lieutenant Colonel Shahzad Mehmood Qadir, Commandant du Bataillon Panzi, sont chaleureusement salus par les passants, signe quils sont bien connus de la population locale. A cette heure avance de la journe, les habitants sont en train de vaquer tranquillement leurs occupations. Les cris des gamins qui jouent au football sur un terrain ensabl et le brouhaha dun petit march non loin dmontrent que la vie a repris son cours normal aprs la manifestation de colre de la population de Bukavu le lundi 15 aot suite lassassinat dun riche homme daffaires connu sous le nom de Patrick City 2 Durant trois jours, boutiques, marchs, magasins, pharmacies et autres lieux dapprovisionnement en vivres sont rests zone rouge par les habitants du fait des violences et manifestations qui y sont souvent enregistres est galement reste ferme la circulation. Un seul mot se lit sur toutes les lvres depuis le meurtre de cet homme daffaires, par ailleurs membre de la Fdration des Entreprises du Congo: inscurit En effet, depuis plus dune dcennie, cette zone de la RDC est plonge dans une situation dinscurit chronique en raison des guerres successives que la province du Sud Kivu a connues. Cest cette situation que fait face la Force de la MONUSCO en effectuant des patrouilles quotidiennes. Mais, en quoi consiste exactement une patrouille de ces soldats pakistanais de la Brigade du Sud Kivu tablis dans la banlieue de Panzi ? Nous allons voir ensemble avec vous sur le terrain comment nous effectuons des patrouilles motorises et pieds ; comment nous surveillons les quartiers, comment nous obtenons des informations auprs des villageois sur leur scurit et celle de leurs biens explique un chef de troupes, la tte dune dizaine dhommes arms de fusils dassaut. Au passage des vhicules blinds qui les transportent, ils sont applaudis par les habitants amasss tout le long des avenues. Djambo Karibu Vive lONU, vive la MONUSCO ! peut-on entendre. Le convoi continue son chemin jusque dans les petits recoins. Aucun incident nest signal. La situation scuritaire est sous contrle. Les troupes onusiennes quittent les lieux 13h30. Rassurer, plutt Comme expliqu plus haut, ce genre de patrouilles sont effectues rgulirement par la Brigade du Sud Kivu de la MONUSCO. Mais, le systme scuritaire mis en place par la Force va au-del des simples patrouilles. Une rcapitulation de ce type dactivits nous indique quen moyenne 2 384 patrouilles sont menes par mois, tandis que 48 50 bases doprations mobiles sont installes, 10 12 runions sur la situation scuritaire tenues, un nombre quivalent doprations conjointes avec les Forces Armes de la RDC (FARDC) conduites, trois quatre oprations de soutien aux missions du programme de Dmobilisation, Dsarmement, Rintgration, Rapatriement et Rinstallation (DDRRR) lances. Reportage Des soldats du premier bataillon pakistanais en patrouille, le 19 aot 2011 Panzi, pour assurer la protection des civils Photo SBK/Mujihadid

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10 Septembre 2011 L es objectifs des diffrentes oprations militaires de la Brigade du SudKivu ne sont pas toujours bien compris des populations locales. Celles-ci voudraient plutt voir la Mission de lONU pour la stabilisation en Rpublique dmocratique du Congo (MONUSCO) mener une opration de grande envergure, limage dune expdition militaire contre les groupes arms encore oprationnels dans cette province. Mais en ralit, la MONUSCO na pas le mandat dentreprendre une opration de cette dimension, ce rle tant dvolu aux Forces armes de lEtat congolais, premier responsable de la scurit des citoyens. En revanche, la MONUSCO se donne les moyens de lancer des oprations militaires cibles Populations civiles protges, comment ragissent-elles ? Selon le Brigadier gnral Mohammad Jamil, qui est le commandant de la Brigade du Sud Kivu, les oprations telles que Amani Leo (La paix aujourdhui); Ngurumo ya de poing) ; Kutafuta (Ratissage); et Jua Mupya (Nouveau Soleil) ont eu pour objectif de protger, dassurer la scurit, et de montrer que la MONUSCO se tient aux cts des populations civiles. Parmi celles-ci, Akikisha Usalama (en franais, Assurer la scurit)lance le 12 mai 2011 avait pour but principal dassurer une meilleure protection des populations civiles, au moment o les FARDC entamaient une priode de restructuration, laissant derrire elles un vide que la MONUSCO avait vite combl. En rapport avec cette opration, la Brigade du Sud Kivu avait tabli huit bases oprationnelles mobiles susceptibles dtre actives de la scurit et mener des actions de prsence par des patrouilles intensives dans les zones vulnrables aux attaques des groupes arms. Cette initiative a eu pour consquence immdiate le retour des populations dplaces du village Molungi, qui avaient fui leurs habitations suite au retrait temporaire des FARDC. Inquitudes Si Akikisha Usalama, et Enduring Peace (Renforcement de la paix mene le 24 mai 2011), ont permis de stabiliser les zones abandonnes par les troupes congolaises, en revanche les populations locales desdites zones sinquitent que ces oprations naient pas russi mettre par les groupes arms. Ce vendredi 19 aot 2011, M. Patient Koko, prfet du principal collge Adora, et dautres autorits administratives locales ont t invites prendre part une runion dinformation au Quartier gnral du Premier Bataillon pakistanais de Panzi. Ils disent apprcier les efforts de scurit et dassistance sociale dploys par le bataillon, mais dplorent le manque cruel de forces spciales ractives de la MONUSCO, capables dun dploiement rapide l o lon a vraiment besoin delles . Tout en reconnaissant que la MONUSCO joue un rle important dans la stabilisation de lEst de la RDC, ces autorits estiment quil faut doter la Mission onusienne de moyens adquats Par Joseph Tshimanga Reportage De plus en plus des populations dplaces par linscurit esprent la paix Photo MONUSCO

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11 Septembre 2011 S itu sur lavenue de la Montagne, commune dIbanda, dans la ville de Bukavu, aux encablures de la frontire entre la Rpublique dmocratique du Congo et le Rwanda, le sige de la Brigade du Sud Kivu est le centre des dcisions de la Force de la Mission de lONU pour la Stabilisation en Rpublique dmocratique du Congo (MONUSCO) dans cette partie du pays. Toutes les branches militaires de la Force y sont reprsentes et rparties en quatre principaux bataillons, essentiellement pakistanais, ainsi que trois compagnies chinoise, uruguayenne et bangladaise de gnie civil. La premire mission assigne Les ralisations de la Brigade du Sud Kivu en bref cette brigade est la protection de la population civile conformment la Rsolution 1991 du Conseil de Scurit des Nations Unies. Ses tches additionnelles comprennent un soutien au programme de Dsarmement, Dmobilisation, Rapatriement, Rinsertion et Rintgration (DDRRR) dans ses oprations ; un appui logistique aux Forces armes de la Rpublique dmocratique du Congo (FARDC) lexcution des oprations conjointes contre les groupes arms ; une assistance aux compagnies civiles militaires de la MONUSCO dans la rhabilitation des axes routiers ; un appui au renforcement des capacits des FARDC ; un rle de prvention dans lexploitation illgale apport lexcution des Projets Impact rapide, lorsque cela savre ncessaire. Dans le cadre des Projets Impact rapide, la Brigade du Sud Kivu compte son actif la construction du pont TulinkiMulamba dans la commune dIbanda; la construction des btiments de lInstitut technique du Dveloppement de Kalehe (ISTD) dont le cot sest lev 23 800 dollars amricains ; la rhabilitation dune cole Walungu ; et la rhabilitation des tronons routiers travers la province dont la longueur est estime 247 km. En dehors des ralisations en infrastructures, la Brigade a galement assur la formation denviron 7 060 soldats des FARDC, ainsi que lapprentissage de mtiers plusieurs centaines de Congolais pour leur autonomisation. Reportage Le lieutnant-colonel Shahzad Mehmood Qadir, commandant du 1 er bataillon pakistanais de Panzi Le Quartier gnral de la Brigade du Sud Kivu Photo SBK/Mujihadid Photo SBK/Mujihadid

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12 Septembre 2011