Citation
Cuba, ses ressources, son administration, sa population

Material Information

Title:
Cuba, ses ressources, son administration, sa population au point de vue de la colonisation européenne et de l'emancipation progressive des esclaves
Creator:
Cuba -- Superintendencia General Delegada de Real Hacienda
Vázquez Queipo, Vicente, 1804-1893
Yanez Rivadeneyra, Manuel Maria
Avrainville, Arthur d' ( translator )
Saco, José Antonio, 1797-1879
France -- Ministère de la marine et des colonies
Place of Publication:
Paris, Imprimerie nationale
Publisher:
Publisher not identified
Publication Date:
Language:
French
Spanish
Physical Description:
1 online resource (2 preliminary leaves, xx, 594 pages) : table ;

Subjects

Subjects / Keywords:
Economic history ( fast )
Emigration and immigration ( fast )
Historia económica ( qlsp )
Emigración e inmigración ( qlsp )
ESCLAVITUD -- CUBA ( renib )
Cuba ( lcsh )
Economic conditions -- Cuba ( lcsh )
Emigration and immigration -- Cuba ( lcsh )
Cuba ( fast )
MISCELANEA -- CUBA ( renib )
Conditions économiques -- Cuba ( ram )
Conditions sociales -- Cuba ( ram )
Politique et gouvernement -- Cuba -- 1810-1899 ( ram )
Genre:
federal government publication ( marcgt )
non-fiction ( marcgt )

Notes

System Details:
Master and use copy. Digital master created according to Benchmark for Faithful Digital Reproductions of Monographs and Serials, Version 1. Digital Library Federation, December 2002.
General Note:
"Avis de l'editeur espagnol" signed: Manuel Maria Yanez Rivadeneyra.
General Note:
The notes to the French edition are translated from José Antonio Saco's critique of the work, published at Seville in 1847 under title: Carta de un Cubano à un amigo suyo ...
General Note:
Original Spanish edition appeared at Madrid in 1845, with title: Informe fiscal sobre fomento de la poblacion blanca en la isla de Cuba y emancipacion progresiva de la esclava ...
Statement of Responsibility:
Rapport du procureur fiscal d. Vte Vasquez Queipo, tr. de l'espagnol, avec notes, par Arthur d'Avrainville, attaché à l'Administration centrale des colonies.

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
UF Latin American Collections
Rights Management:
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Resource Identifier:
794351276 ( OCLC )
036230346 ( ALEPH )
Classification:
F1758 .C96 ( lcc )
330.97291 C9625iFa ( ddc )

Full Text



OF FLORIDA
LIBRARIES
THIS VOLUME HAS BEEN
MICROFILMED BY THE UNIVERSITY OF FLORIDA LIBRARIES.






















CUBAl
SES RESSOURCES,
SON ADMINISTRATION, SA POPULATION,
AU POINT DE VUE DE LA COLONISATION EUROPEENNE
ET DE L'iMANCIPATION PROGRESSIVE, DES ESCLAVES.
RAPPORT DU PROCUREUR FISCAL D. VTEI VASQUEZ QUEIpo,
TRADUIT DE L'ESPAGNOL,9 AVEC NOTES
PAR ARTHUR D'AVRAINVILLE,
ATTACHE A L'ADMINiISTRATION GENTRALE DES COLONIES.
PARIS*
I.MPRIMERIE NATIONALE.




LATIN
CA




NOTE DU TRADUCTEUR,
Les deniers e've'nements dont Cuba a e'te' le tbeAtre front sans doute accueifflir favorablement la fraduction d'un outrage que son seu.1 titre signalait 'a I ') atten-wtion du department de ]a marine, comme entrant naturellement dans le cadre de ses etudes sur les ques-, tions colonials. Par cette publication se trouveront combl6us, en grande parties au. moins, les lacunes regrettables que laissait, dans les travaux entrepris sur ces matieres I'absence de tout renseignement official ,sur les possessions espagnoles des, Antilles,
La reduction d'un volume de plus de 5oo pages grand in-80, ecrit dans une league totit 'a fait tecbn*que et pour laquelle assistance des dictionnaires est so uvent insuffisanie, exigeait u. ne reconnaissance profound de 1'espagnol, 'a laquelle nous etions et nous sommes encore loin d'oser pre'tendre. Cette consideration nous a faitb6siter, quelque tempsa' entreprendre iine pareille,
A
takbe. Ne'anmoins, Finte're^t- que nou's trouVames., en parcourant l'ouvrage, a voir a*ns* discutees et juger es ,
r I IV
phisi eurs annexes a i advance des questions alors routes




d'actualite le de'sir artaL avec nos chefs, de rechercher et de faire tout ce qu* A ies
peut etre utile aux colon"
et le souveni*r que nous conservons des chooses du pays
natal furent autant de motifs qui* triomphe'rent de notre
hes*tation.
A
Trop instructif dans son ensemble pour etre soumis
A
a un, fractionnement mais trop Volummeux en meme
A
temps pour se peter aux proportions restreintes de S A I du*t ,
la" Revue colonial san etre re i a une analyse
tres-'sommaire, l'ouvrage nous a paru devoir former
une publication distinct. Toutefo*s nous n avons pu
nous dispenser de retrancber quelques-uns des nombreux appendices qui accompagnent le mernoire principal et ferment comme une collection d'autres rapports,
ou sont traitel es PI -us en detail les diff6rentes matieres
qlui en font Fobjet.
A
Par une sorte de compensation, et pour etre impar-,
tial 'a 1'egard des colons de Cuba, apres avoir expose'
opinion me'tropobtaine represente'e par M. le Procureur fiscal, nous avons cru devoir mettre en regard
r
l'opi*ni*on colonial, represented e par Don Jose-Anton*o
Saco. Ce colon, run des plu's distingues de la Havane,
a fait une critique de Fouvrage de M. Vasquez Que*po
dans une brochui e ecrite sous forme de letter h un e '. Nous en avons
ami, et publiee A S'ville en 1847
Recueil dont les 616ments sont fournis par I'administration des -colonies.
2Cette brochUre, crite A Gibraltar, en cours de voyage, porte la date du ZV 7 1-1 1




supprime certaines parties d'un inte'rAt purement bistorique, et nous avons attachee, sous forme de notes, les objections plus ou. moms serieuses U. critique aux parties de l'ouvrage qu'elles concerned. Cette brochure a provoque une response de M. Vasquez Queipo, et A s I en est suivi une polemique dont une parties des e'le'ments nous manque, et que nous naurions pu, d'ailleurs? reproduire utileiment sans depasser les limits qui nous etaient imposes.
Pour completer notre travail, nous avons place' fla
40
suite des appendices .
A
10 Un extract de l'ordonnance royale du i o aout 18157 conteDant les regales 'a observer pour le developpement de la population, du commerce, de Findustrie et de I'agriculture 'a l1le de Puerto-Rico;
2OL'ordonnance royale du 18 ctobre 18 17,
tenant Finstruction et les regales adoptees pour raccroissement de la. population balance A I'Ale de Cuba,
A A
ordonnance que nous croyonS etre la Meme que celle qui est indiquee dans l'ouvrage comme etant du 2 1 Octobre;
30 Une reduction de la letter d'envoi de ]a balance general du commerce de Cuba, servant introduction a ce document, et divers resumes ou. tableaux coinparatifs du meme.
Nous 'ne saurions terminer cet expose sans remer cier tout particulie'rement M. Duflot de Mofras, connu par son exploration du territoire de FOregon, des Ca-




IV
lifornies et de la mer Vermeille pour son empressenient A nous communique les principaux elements d'e
A
notre travail, et pour la bonne grace avec, laquelle A a bien voulu mettre notre disposition lesCODnaissances acquires par de longues etudes colonialss, par plusieurs sejours dans les pays espagnols qii'I*l a sites et par une grande prat ique de la league castillane, qui lui a merited le titre honorable de member corre*pondant de I'Academie de Madrid.




AVIS DE L'EDITEUR'ESPAG'NOL,
Un de nos ainis de Ja Havane nous a remis, 'l y a quel-. que temps, ce rapport du fiscal de ]a surintendance dele'guee des finances. Nous le donnous aujourd'hni au public, en regrettant qu'il ne nous soit pas parvenu avant que
ouvr 1 1 a a suppression
au. congress la discussion relative
de la trite des noirs, point sur sequel nous aurions eu A le consulter. La letter dont il a accompagne Fenvoi de ce travail et que nous publions egalenient, en donne tine bre've analyse et peut aussi lui server convenablement de r ace. Mais, dans notre
e'f opinion, elle ne suffit pas pour
donner aux Cubanais une juste ide"e, de importance et dLi veritable character de Fouvrage, lorsqu'il s'agit de questions aussi vitals, pour ]a prosperity de leur fle, que cells qui se discutent dans cet ecrit.
Malheureusement, A n'en est pas de meAme dans ]a Pe'ninsule, ou', entrances que sont les esprits par Ie courant revolutionnaire, c'est A peine sil, de temps a autre, quelquun daigne turner ses regards vers les ri.ches posses




vi
moins qu'Lin project de loi pe'nale concernant la repression de la trite pour tirer le congress espagnol. de la lethargic ou' it a ete pendant presque. toute la duree' de la legislation actuelle. Nous le disons, neanmoins, avec' satisfaction, cette tardive manifestation, encore quielle n'ait ete' qu'une simple reconnaissance du terrain, prove au. moins qtie notre nation se, prepare au combat, et qu'elle saura souvenir le pavilion espagnol forsque Faction s'engaorera. Honneur donc aux illustres et patriots deputies qui, ont su. le defender One manie're si brilliant
Toutefois, it n'est pas moins certain que la majeure parties des Espagnols de la Peninsule s'inquiete peu. du sort d e's COJODies, ou que, si parfois que1ques-uns slen occu.pent, c'est pour de'battre de mesquins inte'refts personnels, pluto't que Mans le noble but d'accroitre la puissance et la, richesse de ]a metropole. Ils bornent les relations de celleCi avec ses possessions 'a un system de government coloDial sage et'bien entendu. Mais it strait necessary que l'on commencAt A se pene'trer de Pimportance des colonies pour une nation coinme la n^tre, que sa position geographique rend naturellement maritime. 11 estAraiment do**loureux que, Jorsque tous les autres peoples, moins favorite's que nous et n.'ayant pas les glorieux souvenirs qui devraient nous stimuler si vivement, se lancet dans les enterprises maritime et font-toute sorte de sacrifices pour saver leurs colonies, de la crise qui pese sur elles nous soyons nous Espaornols, les seuls qui, nous reposant sur nos lauriers d'autrefois, abandonnions presque au hazard le sort des notres.l. Un si orrand egarement ne peut s'expliquer que par




VII
tance de- colonies, soit que, nous ayons double' la preponde'rance politique que nous leur avons due en des jours plus beureux, soit qu'abaitus par la perte immense que nous
f
avons faite de la plupart d'entre elles sous le regne pre-, cement, le peu. qui nous en est reste ne nous paradise pas digne de notre solicitude.
Et ce qu'il y a de plus a ffligpant, ce D'est pas qu'une telle opinion soit professes par le vulgare, qui n'est pas tenu d'en savor advantage, mais que les persODnes me^mes
t A
qui, par leur long s6jour dans les colonies, devraien etre et se dissent in.struites de leur importance et de leurs- besoins, soit parce qu'elles feignent d'ignorer ces besoins, soit parce que n'ayant point fbi dans la cause des colonies, ils la CODside'rent comme perdue, se montrent les plus empresses 'a leur susciter des concurrent jusque dans la metropole. Lorsque le Gouvernement britannique et le Gouvernement fran ais, aussi clairvoyants que pratiques dans tout ce qui toucbe 5 leurs inte're'ts n ont pas he'site' 'a faire les plus grand sacrifices pour protege industries sucriere de leurs colonies et Faffranchir de la concurrence tant etrangere que national, nous voyons,'au contraire, dans la Peninsule, announcer et organiser une companies anonyme poul" y favoriser la production des denre'es colonies; et cela
A I
au moment Meme ou une parties de la pressed re'clame, au profit du commerce metropolitan, le monopole du marcbe' dans nos Antilles.
Que se proponent ceux qui ont imagine' et qui diligent cette association ? Rendre la- metropote independan'te des colonies et la preparer, disons'le, 'a. 1'6ventualite' d'une scission ? Nous approuverions leur pre'voyance et leur patrio-




Vill
tisme si. nous croyions un tel 6venemen t probable pour le moment, ou si, du moins, nous considerations comme inevitable la ruine de Findustrie sucriere d'a'ns nos possessions, par suite de la. suppression de la. trite; dans aucun cas nous n aurio fis adopted pour nops soustlaire aux coiis6quences d'un si grand mallieur, une measure qui doit
A
n6cessairement Facce'lerer, et qui peut Meme suffice (It le causer.
Lors meme que le triste sort qui menace* les Antilles,
S Al
quoique moins part ic ulie'rement le I es espagnoles, viendrait en grande parties 'a se realiser, et qu'elles perdraient Ile vaste inarche'. qui soutient leur production, FEspagne devrait encore, 'a tout prix, maintenir les siennes exempts de toute concurrence dans la metropole, sous peine de renoncer retirement ses colonies et aux advantages
A
qu'elles procurent, Meme en ne les conside'rant que comme Points militaries et base de notre puissance maritime.
Si, au contrairejIs n'ont en vue que d'augmenter la richesse du sol peninsulaire en donnant un novel employ. A ses capitaux ou en facilitate la. vente de ses terres, nous ne comprenons pas I comment les personnel qui sont A la.
tA f A
et'e de cette, enterprise ont pu en meconnaltre les consequences pomiques aussi wen que son peu d',efficacite' pour fa.voriser l'ind'strie sucri6re naissante de la. Pe'ninsule, en concurrence avec. Findtistrie robust et avantageusement sitm'e des COIODies. La. pensee de les mettre sur le pied degalite', en. 'e'levantIeDco-re les droits dont la. derriere est grevee pourrait soule expliquer cette ligne de conduit.
Une semblable enterprise, nous le repetons ne denote
-n; '11na nt'nrnnrla J'a flem -




coloDies, ni une. grande conDaissance des conditions necessaires Fin-troduction d'une nouvelle industries. Pour nous, qui conDaissons ]a capaeiter Do'toire de la personnel qui la dirige, nous ne poLi-vons attribute cela qu.'A ]a triste idee qu'elle s'est faite de Favenir des'Antilles, en Jes condamnant proplietiquement 'a la perte de leurs precieuses degrees tropicales. A notre avis, it efit e'te plus saore de rechercber et. de proposer les moyens d'eviter, ce malheur dont elles sonL re'ellement menacees; et C'est precisement ce qu. I on a ta4che' de faire'dans le rapport que nous publions.
Cet ouvracre, moins remarkable it UdLISe de son st le
0 y
simple, correct et facile, que poux la claa' et la force de logique avec, laquelle it est ecrit, se recommended principalement par ]a varie'te' des matie'res qu'il embrasse, par les connaissances aene'rales qu'il suppose et, par-dessus tout, par le character pratique que son auteur donne' aux ques,tions en ne s'elevant jamais aux Wes abstraites de ]a science, si ce n'est pour les appliques immediatement aux faits, qu.'it a su. mettre 'a la porte'e de tous. Gest pourquoi Dous nous hasardons A le publier, persuade' qu'il sera lu
A
avec interest et plaisir par tous ceux qui d0sirent connaltre 'a fondle situation economique, politique et administrative
IIA
actuelle de. lie, et les moyens de la preserver dans Favenir des maux qui la menacent.
Les divers appendices qui accompagnent ce rapport
A t.
ajoutent encore beaucoup 'a son' inter Its renferment les
A
avis eml*s par, le Meme minister fiscal sur des mati6ves nombreuses et varies de Fad ministration de File, et pourA
raient etre considered comme un coul's I pratique d'economle politique et. administration sur que1ques points inte'ressants




x
de ces, -deux scieDces. Parmi ces'annexes on peut signaler, comme se distinguant par leur importance et leur etendue, cells qui concerned les miaes, Vemanctypation des esclaves, la sanction pMale pour la suppression de la trite, les questions sar lejaugeage des navies, la r forme da plan des etades, lWabhsCuba la r forme da sys0me mondtaire segment des banquet a de
I A
Re, etles questions de tar fs et de tonnage avec les Ptats-Unis.
Si, dans. tous ces rapports, on remarque un esprit generalisateur et une attendance 'a tirer parti de la circonstance la plus futile en'apparence pour corriger les imperfections de la 16gislation, dans ceux que j e vieDs, de signaler, on voit developer et presenter avec carte et concision les, principes generaux des matieres, respective qui y sont tra.itees avec des applications A la situation de'-Fifle, dans lesquelles on troupe, co't6 des considerations tfieo*riques de la
A
science, Je tact Sur et la sagesse de leur auteur pour en apprecier les cons6queDces.
* Opinion que nous, nous sommes forTelle est du moins,
mee de ces, appendices, et nous, aiMODS 'a croire qu'i1s la justifieront pleinement aux yeux du public impartial, que nous.-n avons pas voulu river d'un travail que ne lui destinait pas son auteur par des motifs que nous respectons tout en les ignorant.
MANUEL MARIA YANEz RIVADENEYRA.




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Havane, 2o mars 184/5,
A MONSIEUR MANUEL MARIA YANEz RiVADENEYRA.
Mon tr's-estimable ami, je remplis aujourd'hui le promesse que je vous a fiaite, par le dernier paquebot, d'accompagner ma. prochaine letter d'un exemplaire du Mdmoire sar la colonisation blanche dans l'le, presented' 'a ]a surintendance des finances par son procurer fiscal, vers ]a fin de Fannee. derriere. L etendue de, ce travail, accompagne'. d'appendices, et le petit nombre de copies qui en circulent, m ont empeche' de le porter plus o a votre connaissance; et, en ve'rite je le regretted doublenient, deptilis que fai vu. agite'es au. congress et. dans la pressed des questions de la plus baute importance pour File, questions trainees fort au long, et, h mon avis, avec une grande clart6 dans le m6moire ci-joint.
Mais ce ne sont pas la' les seuls points que se soit propose' de Araiter M. Queipo. Son principal but a W, 'a ce qu'il paraft, doffrir au. Government, dans un cadre restraint, les moyens de maintenir la grande prospe'r4e' aN laquelle est parvenue cette fle, en ]a faisant sortir triompbante de la crise qui. menace aujourd'hui routes les AnA
tilles, sans affaiblir en Meme temps les liens qui Funissent 'a la. metropole. Pour arrived 'a ce re'sultat, apre's avoir passe en revue la' situation de Cuba, relativement 'a sa population enclave, compare 'a celle des autres colonies krangeres, it examine et critique les moyens adopted par la Junte royale d'encouracrement (Real Junta de mento) fo
pour favoriser le developpenient de ]a colonisation blanche; it pre'A
sente. ensuite son plan pour le Meme objet, et aboard enfin, franchement et sans detour la. grande question de Feinancipation des
At
enclaves. 11 en reconnal Fine'vitable necessity'. et propose un moyen nouveau, simple et sfir, selon moi, d'y arrived lentement, sans secousses ni sacrifices pour le tresor, non plus que pour les propri& tires, sans porter la plus le'gere atteinte 'a ]a discipline et 'a ]a subordination. de ]a classes esclave ni produire consequemment la moindre inquietude dans les esprits.




rusation blanche, M. le procurer fiscal fait une revue complete, des r6formes qu'il onvient d'introduire dans notre 16gislation politique, 6conomique et administrative ; revue dans laquelle, se r6f6rant 'a ses rapports iinultiplks sur ces matieres, et dont il reproduit quelques-uns comme.pie'cesjustificatives, il de'veloppe avec assez de clarte tous les vices et les abus que le cours du temps et les vicissitudes politiques ontintroduits dans nos vieilles lois des Indes. Personnel, mieux qu 1) un Fiscal, ne pourrait non plus faire ce travail, parce que, comme vous le savez tre's-bien, le' fisc est tout dans ce pay s-ci. L'action protectrice du Gouvernement slo y fait senior dans, routes les institutions, et il n'Y a pas une enterprise publique ou prive'e de que1que importance o' I"on necompte sur I'assistance du tre'sor et sur laquelle, par conse'quenf les, bureaux de la tr6sorerie officialss de rentals et surtout le minister fiscal, ne donnent leur avis. Aussi, malgre' le petit nombre
f a A s
d'appendices dont son Me'moire est accompagne peu-E-etre Yous des matie'res qui rentrent dans ses 'tonnerez-vous de. la diversity'
attributions et da peu de rapport qui existed entre elles : aqueduct et distribution des eaux; biens communauxlet administration financiere des villas, eclairage au gaz et a' 1'hulle desdites villas; prisons et bagnes; instruction primaire; ecole de marine ; e ze
"tablissement et entire* n des
phares; jardin botanique ; encouragement de T agriculture et de la colonisation blanche; masons de bienfaisance; h' itaux militaries et- de charity
OP
chaussees et chemins defer; couriers maritime; navigation des leaves et rivieres ; approvisionnements et consummation intdrieurs ; turifs, drolts de tonnage etjaugeage des navies; overture de s ports ; toute espece, de contributions; contr6le des bureaux de finances et du sys teme de comp tabiMe.; brevets inventionn; syste'me monetaire; banquet; monts-de-plad; caisses W'epargne ; exploitation des mines dans. routes ses branches; questions politiques et diplonzatiques relatives a' 1esclavage; expropriation forceB; revenue des di'mes, sa rdpartition; rotation du culte et du clergy; affhires contentieuses dujisc dans routes leurs instances; rdformes du personnel judicialre. Bref, tout ce qui, dans cet.te He,, centre dans les attributions des services financiers et administrations concerned ]a surintendance des finances :, elle intervient directement ou indirecA
tement dans tout. iusaue dans les defenses meme de la (-Yuerre. car




XIII
Ces explications Yous mettront 'a m6me de juger 'a quoi peuven't se r6duire en general ces rapport s tan t pour-le fond que pour la forme, non-seulement 'a cause de la celerit6 avec laquelle la fiscalza est oblige'e d'en exp6dier quarante ou cinquante par jour, mais encore, sauf de tres-rares except-ions par l'impossibilite qu'il y a pour une seule personnel de posse'der les connaissances qu'exi*geraient des matieres, si he't6rogenes. 11 n'est pas moins certain, avec tout cela,, que le procurer fiscal est, apres le surintendant ge'neraldes finances, la personnel qiii, par son intervention dans routes les affairs de plus ou
t A
moins, grande importance,, peu etre le mieux au fait des besoins de
I 'A
]a colonies; car il posse'de beaucoup plus de donnees a cet 6gard que les simples particuliers, et meme que beaucoup d autres fonctionnaires publics resserre's dans le circle etroit de leurs attributions.
A t
Je persisted done 'a croire qu'il eu eA6 plus utile que le m6moire que je -vous envoie Yous Rit parvenu avant les d6bats qui ont eu lieu
A
au congress et dans la pressed. Peut-etre alors e ^t-il servi 'a dissiper les illusions que se font des personnel tres-respectables sans doute, mais qui, malgre' leur reconnaissance du pays, n'ont pas eu occasion
A
d'6tudier, les details qu'entrainent 1'examen et ]'expedition des affairs, si'diverses qui ressortissent 'a cette surintendance"des finances.
I A
Elles sauraient alors que I'avenir de notre colonies est loin d etre aussi brilliant qu'elles se le figurent, si, ce qu'a' Dieu ne praise, Cuba devait renoncer 'a industries sucriere par suite de la cbert& du travail libre qui, dit-on, pourrait remplacer avantageusement celui des enclaves. Telle n'est pas l'opinion de M. Queipo, non plus que de ceux qui ont e tud*' la mati're ie e a fond et sans prevention. Toutes les, autres denre'es
I'A
qui peuvent se cultivar dans ile, sur une plus ou moins grande
AL
I
echelle, ne remplaceront jamais la richesse que lui procure la canne
N A
a sucre; et, lors Meme que la suppression de cette dernie're culture ne r6duirait pas 'a l'indigence les habitants de Cuba, cette prosp6rite' merveilleuse, qui excite aujourd'hui Fenvie des autres nations, dispaA 17A A 0
raitrait et mettrait He au meme niveau que les provinces de la P6ninsule. D'un autre coAte, comme les frais administration sont toujours plus considerable dans. les possessions, d'outre-mer, loin d'aider comme aujourd'hui la me'tropole par leurs gros excedants ce




xiv
peine de se, voir expose'e aux dangers d'une administration et d'une garrison mal r6tribue'es, Pour- penser diff6remment, it faudrait dire, avec certain cerveaux br files que les colonies sont plus nuisibles qu'utiles 'a I'Espagpe, et quepuisqu'on doit les perdre un jour, nous demons pen nous inquieter de leur avenir et en tirer provisoirement tout ce que nous pouvons. De tels sentiments ne me'ritent d'autre response que le mepris a la pitie que nous inspirent ces jeunes ecervele's qui, pour colorer leur libertinage et leurs follies dissipations, respondent aux remonstrances de leurs mentors qu e, puisqu'ils doivent mourir, its ailment mieux jouir 'a leur aise que de vivre longtemps avec economic eL dans ]a temperance. Si le Gouvernement, comme
en suis''fermement persuade, de'savoue des Wes aussi absurdes, il devra faire tous ses efforts pour conserver dans ses colonies la production. du sucre., soit par les moyens qu'in'dique le Fiscal, soit de toute autre maniere, pourvu, qu'il ne perde pas de vue limpossibilite de immediatement et sans preparation convenable le travail libre au travail force.
Mais ce qui inte'resse surtout le Gouvernement, c'est la r6flexion par laquelle l'auteur termite son m6moire, et av ec laquelle je terminerai egalement cette longue ep'ltre : 'a savor, que, quellesque soient les r6formes qu'il sepropose d'introduire dans I'Ve, ces reforms, doivent 6tre le re'sultat &un plan ge'neral.bien combine, et non, comme en ce moment, 1'effet de measures partielles et isol6es. qui ne servent qu a rendre notre situation encore plus critique. Que le Gouvernement proce'de comme ferait, en pareil cas, un babile architects;.,
'il trace d'abord le plan de ].'edifice qu'il se propose d"lever; qu'enA
suite it consacre Meme plusieurs ann6es 'a sa construction pourvu.
'it ait de la pers6v' 'it ne iaisse. passer aucun jour et ne
perde aucune occasion d'y ajouter quelque. pierre, jusqu'a' ce qu'il y ait mis .aderniere main. Bref, mon cher ami, il faut que le Gouvernement sorte de la voie incertaine dans laquelle, depuis la fin du r e\gne de Cliarles IV, et plus encore depuis le commencement du re\gne suivant', it a marcbe' d'un pas si mal affermi 'a Fegard de ces, possessions, vivant, comwe on dit ge'n6ralement, au jour le jour, sans, plan ni We fixe sur I'avenir, et 'a la merci d'influences particulie'res, suivant,
#%-tv Ow%.T .Wuo -J. .1 I -




XV
forme. Depuis bien des annexes il ne s'est t rouv6 parmi les CODseillers
0 A .
de la couronne aucun haut fonctionnaire d'Ame'rique qui en connut pratiquement la legislation, non plus que le character de I'adminisA
tration des Indes. Avec la suppression du counsel Supreme et des autres cours bates de la nation se sont perdues, les fables traditions que I'on conservait encore de nos vieilles colonies. Au milieu des vicissitudes de la guerre civil, il n'a pas 'te' possible non plus de s occupier serieusement des magnifiques, debris qui nous en resent encore, et c 'Pest precis-ement dans-- de tells conjonctures que, la politique int6resse'e d'une nation rival et puissante nous prepare quelque chose qui resemble beaucoup a un bouleversement social, pour couronner son oeuvre en nous private, encore de ces rests. glorieux.
Rest done urgent que le Gouvernement s'entoure de routes les personnes qui peuvent I eclairer, afin d'arre'ter un plan g6ne'ral des re'formes, de manie're qu'iI en r6sulte pour ces possessions un system, fixe et durable d'adm'inistration, qui n'ait pas 'a souffrir de I'instabilite' ministe'rielle et serve de guide dans Favenir 'a ceux qui pourraient
A
etre apples 'a diriger les destinies de la nation. Ce plan nest sans doute pas facile 'a tracer. Beaucoup de ceux qui seront appeals 'a 1'e'laA
borer ne sauraient etre exempts de preoccupations; quelques-uns
Ut_ A M A
seront anim6s de passions pe etre eme de vues plus ou moins inte'resse'es plus ou moins le'gitimes - . Le Gouvernement. doit tout voir, 'tout entendre, tout examiner Attentivement. La route es't
I C A I '
etroite et parsemee d'ecueils des deux o es, et malheur 'a lui s'iI se laisse 6garer! Gen est fait de la prosp6rite national et colonial!
Impartialite' etjustice pour tous : telle doit eftre sa devise Le me'moire du procurer fiscal r6unit 'a nos yeux ces, deux conditions: il
AtS
tient ]a balance 6gale entre les iate'r.e coloniaux et les int6re'ts meil tA PlAt I
tropolitains of], pour mieux. dire, ache de les concilier. u a
At
Dieu que son style, toujours tant soit peu v6hemen-t, eut ete moins. s6vere pour certaines classes, qu'il trite avec une extr6me duret6! Toutefois, il n'Y avait pas lieu d'esp6rer que celui qui a park de luiA 0
meme et de sa propre juridic-tion comme 1*1 I'a fait 'a I'occasion de I'alcabala I traiterait les autres avec- plus de me'nagements. ,
I Imp6t qui se paye sur tout ce que I'on vend. (Note da traducteur.)




XVI
Sa franchise 'a ceL 6gard saut tout d'abord aux yeux; de m 4Me que ses rapports prouvent la libert6 a-vec laquelle il a toujours expose' ses idees, soulenant les droits 16gitimes du fisc, mais altaquat)t aussi les abus qui, 'a sa faveur, voulaient s'introduire, au. prejudice de ]a fortune publique. Dans tout le memoir, et surtout dans ies notes
I'accompagnent, domine, en outre, I'id'e abatement patriotique de avenger FEspagne des iml)utations gratuities dirige'es centre elles ainsi que de loubli et du d6dain qu. It affect*e nt les strangers pojir ses institutions.
Je termite done. en vous dematidant de coDsacrer que1ques moments 'a sa lecture, qui, jen suis persuade', ne Yous de'plaira point. Je 46sire'surtout que Fauteur profit du credit et de, l'influence que. lui donnent ses connaissances et sa. posiLion de, depute' aux Corte's, pour Mairer le Gouvernement sur Jes graves et importance questions colonials, aujourd'hui soum*ses 'a ses deliberations, et 'a Fheureuse. s-olution desquelles s'inte'ressent tous les bons Espagnols et tout particulie'rement volre tres-affectionn6.




TABLE DSM-ATI1.,RES&
INTRODUCTION..........................0#. *so***.
POPULATION........... 10
FORCE MILITAIRE........................23
COLONISATION...........................................38
S ler. Accroissement du nombre des travailleurs par I'impor.
tation de simples journaliers ..................39
S 2. Inconhvenients &conomiques ..................00 4
S 3. Inconv~nients morauxea. ..... 000 *....**68
5 4. Manque de ressources..........Igo ............. *.....76
SUBSTITUTION DE LA RACE BLANCHE A LA RACE ESGLAVE. -IMMIGRATION DE FAMILLES. -MOYRNS D'Y PARVENIR..........8o
LLEVE DU BETAIL.......... 100
Bois ET FORfiTS.................... 102
EXPLOITATION DES MINES.*.. 4.....................o4
DIMINUTION DE LA RACE DR COULEUR.- EMANCIPATION......... 108
OBST .ACLES QUI S'OPPOSENT AU DEVELOPPEMENT DR LA COLONISATION
BLANCHE............i24
OBSTACLES POLITIQUES.....................12,6
S I o Agglomeration de, la propriete, amortissement des
rentes ou redevatices................iid.
S 2. Privilege des sucreries. .. ...... .. 135
S 3. Regime hypoth~caire ................138
S 4. Stfiret6 publique et police.. J.. . .48
S 5. Culte, clergy' et leur dotation ................155
s 6. Education et instruction publiques........161 OBSTACLES ECONOMIQUES................................. 1x68
c.Communications intrieures.-Casest iein
de fer. Paqiuebots -pour la m6tropVole.......... 169




-XVIII
Pages.
5 2'. Capitaux et leur circulation. Monnaie ........... i 8o
5 3. Approvisionnement et consonunation int~rieurs. i85 5 4. Alcabalas.................191
S 5. Droits d'imporlation et de tonnage .........197 S 6. Farines....... 208
,. 7. Sel.... 0. ............ 225
S 8. Droits d'exportation ...............a 0 0227
OBSTACLES ADMINISTRATIFS................... 238
VICES DE LA LEGISLATION.................................. 240
S 1r Frais juiciaires .243 S 2. Insolvabilit6.................. 248
S 3. Re'cusations ....... .. 252'
S 4. Instruction ou procedure des affaires, ............. 255
S 5. Aternioiements .,............. .......257
S 6. AssembI~es de cre'anciers et executions tes tamenltaires. 263 S 7. Dettes....................25
5 8. Oppositions ou obstacles aux liquidations ......... 268
S 9. Sentences de partage entre coh~ritiers,, tutelles et
curatelles ....................269
5 10. Bacheliersj procureurs et avocats ............274
S' 11. Notaires et leurs d6l6gue's accr~dit~s............ 279
S 12. 5uges non grad u~s et leurs assesseurs 0-..........10 283
S M3. Juges grad'u6s ................ *....0.....286
S '14. Cours royales ................. ............295
S515. Jurlidictions privih~giees..-Tribunaux d'appel pour
icelles. Junte des confits. ................297
OFFICES SIUNICIPAUX............................... 00.0600....3o5
GOUVERINEUR SUPERIEUR CIVJL ET SON CONSEIL SPECIAL...... 310 J UNTE 'ENCOURAGEMENT...............................318
JUNTE DES'AUTORITES...............................................321
MINISTERE1F GENERAL DES COLONIES..................323
CONCLUSION..................................326




-XIX
APPENDICES.
Page.
1. D6lib~rations de la Junte royale d? encouragement relatives au
It developpement de la colonisation blanche ............ 329
2. Programme des primes offertes par l1adite junte pour la
creation de sucreries avec des travailleurs blancs.... 336
3. Des peines, qu'il conviendrait d'appliquer aux infracteurs
des traits' conclus avec 14 Grande-Bretagne pour la suppre ssion de la traite des noirs... . 342
4. De la legislation actuelle concernant les, terres de la Conronn..............................351
5. De l'instruction et de la proc~dare dans lea causes relatives
aux terres de Ia Couronne,.............356
6. Etat ge'n6ral de l'enseignement primaire dans la province
de la Havane, indiquant Ic nombre des 6coles et celui des
enfan ts des deux, sexes qui lea Urqu~en tent. 359....
7. Expose pre'alable pr~sent6 par I& commission charge& d-e
re'diger le plan g~n6,ral d'etudes pour les iles de Cuba et
de Puerto-Rico................ ............363
j Rapport sur l'tablissement d'une banque de de'po^t, d'un
m~ont de piete' ou d'une caisse d'6pargne 'a Ia Havane.. 377
8 Opinion concernant I'etablissernent, dans lFile, d'une sucet Jcursale de la Banque coloniale de Londres ........... 386
SOpinion sur les conditions qu'on devrait exiger de Ia society'
on companies a laquelle on accorderait l'autorisation
d' tablir une banque de circulation 'a Ia Havane......2




-xx
Pages.
1.Avis sur la question des tarifs et des droits de tonnage en
cc qui concerne les Etats-Unis ................538
1.Autre avis sur ]a. meme matioere...........5 52
13. De la ne'cessite' de modifier les tarifs en vigueur, en taut
q'ils gr'vent les matieres premieres plus que les produits
manufactures..................557
14.1 Releve' comparatif des quantities de farine espagnole et am&ricaine importe'es 'a la Havane, de 1826 'a 1843, avec
distinction de pavilions et de provenances.........558 15. Tableau graphique des re'sultats nume'riques quc pr~scnte
le m~me releve' de l'importation des farines 'a1File de Cuba.- 56o 16. l1'sultats avantageux qu'a produits pour le'tr6sor 1'cxemption des droits d'exportation accorde 'a la viule de Baracoa. 56 1 17. Releve' des frais taxes et pays dans tous les tribunaux de la
Havane, deduction faitede ]a difference du papier timbre
pendant le quinquennat de 1839, 'a 1843 ............. 564
Ordonnances royales des io aoiut 1865 et 18 octobre 181 7,
relatives 'a 1accroissc cut de la population blanche aux
ies de Cuba et de Puerto-Rico...'.... ........569
Note ainnestir le commerce et la navigation de Cuba
en 1849 ................ *.....................581
R~sum' de la balance gen~rale du commerce de Cuba,
pour 1849 ct comparaison des re'sultats de cette ann~e
avec ceux de 1848...............58 7




CtBAI
SES, RESOURCES,
SON ADMINISTRATION SA POPULATION
AU. POINT DE VUE DE LA COLONISATION EUROPEENNE
ET DE LIEMANCIPATION PROGRESSIVE DES ENCLAVES.
INTRODUCTION.
Si le d6veloppement de la- population a ete', de tout
I
temps et cbez routes les nations, considered comme le regulateur de I -a prosp6rite publique, et si les vues des homes d'Etat les plus erninents de cheque pays ont par suite, tendu vers ce but, nous ne demons pas trouper strange que nos rois, qui aimaierit 'a faire. le bien, ai ent, depuis la decouverte des deux Ameriques.' monte' le plus grand empressement non-seulement 'a protege et 'a conserver la population indigene, Ynais encore A I'accro^ltre par immigration des pe'ninsulaires, au moyen des dispOSitiODs que les idees administrative et 6cono'iques de 1'epoque signalaient A leur Pre'f6rence. Malbeureusement, la cupidity' des particu




2 INTRODUCTION.
hers, celle de beaucbq d'aventuriers rangers qui firent f'lo.* I A
parties des premieres. expealtions et Peut-'etre celle de quelDon J. A. Saco dit, pages' 6 A 8 de sa brochure
# 11 est certain que nos monarques, et principalement ]a reine 'Isabelle, prirent beaucoup de dispositions fayorablesA 'la conservation des Indiens il e3t certain que I a cjupidit6 des particuliers frustra, desi louables esp6rances; mais ce n est point qu'il fdt pass6 en Am6rique beaucoup d'aventuriers 6trangers avee fe's premi6re's expe'ditio'ns.
a Ce grand nombre etait incompatible non-seulement avec la politique adopted des le principle pour 6loigner de 'ces terres tous les strangers, mais
A
encore avec, le regime restrictif 6tabli 'a 11'6gard des Espagnols eux-Memes. La reine Isabelle avait d6fendiL qae nuls autres que les Castillans prelendissent en rien A ce de 'c uvertes et conque'tes., attend que c"dtait au prix de leur sang et de lear existence que ceux-ci eh avaient overt la route, sous la condaite da cdMbre don Christophe Colomb, premier admiral des Indes., et attend, en outre, qu'elk
A
pensait ne pouvoir etre, mteax obdie de personnel que'de ses propres sujets, et que nals aatres n'exe'cuteraient mieux ses orders. (Voir Herrera, decade V% livre IX ebapitre v.) Et qu'on ne s'im'agihe pas que le mot Castillans doive se prendre icii dans tine acception large, car il ne applique (fdaux sujets de la couronne de Castille, comme il resort clairement de Fautorisation royale accord6e, le 17 november i 5o A un Aragonais et dont'suit la teneur
a Le Roi.- Voulant vous faire du bien et vous accorded une fayeur A Yous ((Juan Sanchez de la Tesoreria, 6tant en la ville de S6ville, natif de Sara((gosse, dans le royaume dAragon; tenant compete des bons, se''Vices'Aue avous mavOz rendus et de ceux que Yes&e que vous me iendfei A
a 11A
al'ayenir, vous autorise par ces pr6sentes A transporter ile &Hispaniola (((Espanola), qui est sur la mer Oc6an les merchandise et autres chooses oque peuvent- v transporter les bourgeois et habitants 'n4s dans cdtte aparLie-ei de nos Etats, conform6ment aui 1ettres patents, qu'-A ce'' effet ft notis faison's de'livror, bien que vo 4 s n'cn'soyez point originaire; de quoi ordona nons que ]a pr6sente yous soit reiiiise. s.igne'e de mon nom.)) Les noms 6trangers qui se rencontrent dans les annals des Yihgt-cinq ou tmnte premieres. annexes de la conqueAe sont donc'tr s-r'ares et encore ces noms, i-le sont-ils que ceux de que1que pauvre marin'qui, I A raison de sa..mallieureuge condition n6, pouvait exercer aucune influence sur le sort des Indiens, ou de quelque babiie navigateur qui conduisait en Ame'rique les vaisseaux castillans. Et ces
*1 A
bowmes, loin d etre des intrus ou des d6vastateurs du Nouveau-Mon'de, furent ppel's par le Gouvernement espagnol, atrque'l ils rendirent de grand, e.' vice3




INTRODUCTION.
ques-uns des chefs quiJes, commandaient et les, dirigeaient, rendirent impuissaDtS les sentiments pbilantbropiques et paterhels Je nos souveraiDS. Ceux-ci se virent comme, con, trains de transiger avec la SOW iDsatiable de richesses'qui tourmentait alors comme aui our&hui, tous les conqu6ran ts ou fondat'eurs de colonies dans -les 'pays recernment decouverts ; et dans l'impossibilite de repri*mer les abus qu'en.
A
tr ainait Fexploitatio-n des mines 'a 1'egard des indig6Des, ils autoris6reht FintrodtctiOMde' la race africaine,,comme un moyen de conserver la premiere. Mais, comnle les res'ultats ne correspondent pas tou jours A ia droiture des intentions nos monarques eurent la douleur de voir echouer leurs
MA 'ils
ebarit.ables efforts, quelquefois par les moyens emes qu emplov'rent pour en assurer le success; et ce qui, dans le principle, : av I ait ke' de leur part Fob et d'une pieuse sollici. tude pour la vie de leurs nouveaux suJets, dut se converter, plus tard, entre les, mains des entrepreneurs et des gouver,nements etranoers qui les imit6rent, en une sordid sp6culation mercantile
car le royaume de Castille, fort arri6r6 alors dans la science nautique, man. quait de pilots intelligent. Ce n'est pas moi qui le dis -. ainsi Faffirme la
A
reine dona Juana, dans le brevet de pilot major, expedi6 le 6 aou-t i 5o8 A PItalien Americo Vespucci. (Voir le tome III du Recueil des voyages et d& couvertes que firent par mer les Espagnols, depuis la fin du'xv' sikle, OUvrage d6di6 par son auteur D. Martin Fernandez de Navarrete A Ferdinand VII, et imprim6 par ordre de S. M. "a l'imprimerie royale de Madrid.) Don J. A. Saco ajoute, pages 16 i
a Est-ce que M. Queipo croit que les Espagnols et leur Gouvernement n tont pas 6galement particip6 A cette sordid speculation ? Je n'inculpe et Waccuse personne, et, dans ce que je vais rapporteur, je ne fais qu'6claircir un point historique.
Les Espagnols furent les premiers qui comment rent-en Am6rique le traffic




4 INTRODUCTION.
Tel en resume, Excellence, Forigine du' mal qu*
afflige aujourd'hiii ]a majeure parties des colonies nationalists, et ki--angeres deCeS CODtrees', par Faccroissemen't de, la race.des esclaves noirs, en I.es transpbrtant Mspagne o ul ils abondaient de temps immknorial, et ils eurent une grande part A son maintain durant le. XVIe siWe. Ce commerce alla en d6croissa'nt pendant, le xvii' siMe, et on peut dire qu'il cessa de la fin de ce sibele jusque Yers le milieu du xviii'. Depui's lors, ils passbrent des'march6s avec des companies de co mimerce, pour introduire des negres dans leurs colonies. Son action se ratima au moyen des privileges accord4s d s 1789; et, depuis la prohibition de la trite en 1820, les Espagnols ont ete presque exclusivement les pourvoyeurs d'esclaves, A Cuba et A PuertoRico. Consid6rant don- qu'ils ont introdult beaucoup de noirs aux xvi* et xvil'a siMes, et que, dans celui -ci' pendant sequel le. traffic a pris son plus grand essor'dans ces deux grades' Antilles, ils'ont 4galement 60 presque les seuls irnportateurs, je n'h6site pa& A affirmed que leur influence, vu le nombre, a &.4 plus grande, encore que celle m6me des Anglais. Telle est Ycouvre des particuliers ; voyons maintenant celle du Gouvernernent.
a Celu'i-ci a minutes fois envoy des enclaves en Am6rique pour son compte;
tAt
it a, dans ce but, pass6 des marches, tan o avec ses nationaux, tant6t a ec 6s etrangers; et il a conserve pendant prbs de trois cents ans le monopole de vendre en gros et en detail les-permis &introduction dans ses colonies. Les esor royal par ces operations &744vent sommes qua encaiss6es le tr' a- un
premieres permissions se sont vendu
chiffre considerable. Les o en 15 13 et
depuis lors on a per u deux ducats par cbaque noir. On les greva ensuite de
A t Ate
nouYeaux IMpots qui s'accrurent j'usqu'A 3o et 4o, ducats par e sans computer les 2o et meme 3o r6aux dits d'aduanilla,.dont- iesproddifs'furent pequs au moins jusqu'en 16 5 5. Quant aux fermes, (asientas) les deux premi6resfurent autoris6es gratuitement, mais A n'en'fut pas de me"me des suivaiites. Dan's cells qui fureat autorises. de 1586 63-1, les eD-trepreneurs s I engageaient a payer au domain plu'6s de cinq millions de, ducats,'et, dans les marches qui se pass6rent depuis jusqu'en 1713, la somme qu'ils devaient acquitter par cliaque n gre introduit' varia de 33 1/3 A il i 2 j/,2 piastres fortes; de Sorte qu'avec les marche's en main j'obtiens, en mettlaint les closes au plus bas, pour cette derni6re pe'riode, la somme d'environ'll millions de piastres fortes. Sans aller plus. loin ces indications suffisent pour prouver 'que les I spacrnols, aussi bien que l'ur Gouvernement, ont pris part aux sordides sphulations du traffic des enclaves.))




INTRODUCTION N. 5
de couleur et, conselquemrneDt, la diminution de la race blanche. Cest preci*,scment 'a prevenir les grave's inconv6I f
nients que l1expefri'ence nous a revelers, et qui sont encore pl-us "a craindre dans Favenir, du defaut de loyaute' dun people qui se dit notre alli', que tendent les measures dont la Junte royale encouragement, par un z6le lovable,
OA
poursuitavec tant d'arl,".-eur Vexecution, A Peffet d'acer itre la population blanclie.
DeJA prec6demment, en 1817 et simultanemeDt 'a
Abolition de la trite A Ia c^te d'Afrique, le Gotivernement
A it
supreme s etait occupy de I accroissement de la population
Al I
balance dans. cette i e comme'mesure comple'mentaire del
A
la premiere. Votre Excellence elleMeme, de concert avec I'autorite Icivile et lancienne Junte de population, avait
0
imagine', de's 1832, l'unique resource de queique impor11 a Je me vois avec douleur oblige de reliever da*ns ce paragraph un oubli et une injustice involontaires sans doute, A Ngard de I'homme qui fut alors le veritable promoter du d6veloppeintnt de la colonisation blanche A Cuba. Si le Gouvernement supreme, digne certainenient d'41oges dans ce qu'il a faitl s est occupy de cette question, on le doit A I instigation du bon intendant D. Alexandre Ramirez, qui avait auparavant propose et fait ado ter des measures
p
semblables pour Puerto-Rico, comm e I e de" clare la c4dule royale du .2 1 octo. bre 1817.- Etj'ai dit 6aalement que l'on avait commis, une injustice, parce que M. Queipo, en parlant des dispositions qu'a prises, en faveur' de la colonisation blanche l'intendant actual M. le comte de Villanueva, compared Cienfuegos ou Fernandina de Jagfia au nombre des -colonies 6tablies. par lui. Ce bourg fut fond6 en 18 19, sous les auspices de Ramirez, et on lui donna le nom de Cienfuegos, pour perp6tuer celui de Ibonorable chef qui gouvernait alors, A% Cuba. Je n'ai W ni I'ami ni 1'ennemi de cet intendantv ma position A I egard du comte de Villanueva est tout A fait la meme, et ce que je fais mainA
tenant, MU seulement par un sentiment de justice pour la memoir de Rami rez, je le ferais 6galement domain pour celle de Pinillos, si des circumstances
analoprues sp. rPnrnrhiiqqiPnt_ n ( Dnn T A Sarn n- i R_ I




6 INTRODUCTION
tance stir laquell e compete ce service en lui attribuant les
p. o/o provenant des frais judiciaires, en- lui conc'da'
en outre, quelques t erres de la couronne et e1i y etablissant 'i elles n$ont pas routes prosp
de nouvelles colonies qui, s ere ,
ont en parties com me 'Celle de Cienfuegos, donne' de brillahts
Iresultats.. 11 faut cependant le reconnal'tre taDt efforts
reunis n'ont pa's eu, en general, les heureuses consequences, que se promettait le Gouvernement suprem.e. La facility' accorded aux strangers par la c'duk royale de 1817 pour se faire naturaliser; les droits dont jouissent ceux-ci (meme lorsqu'*ls n e sont ici que passagerement) presque '6aal des nationaux le respec.1 qu'on a toujours porte A leurs proA fs et leurs croyances religieuses
prie e a our lesquelles ils
n I ontiamais ete' inquiete's nonplus, enfin, que exemption des droits et des imp'ts que le Espagnols de ]a P'nins-ule ont eux-memes 'a acquitter rien n'a aide' et ne pouvait aid.er A, vaincre les obstacles que la nature m'eme'des choseis opposite, aux de'sirs bienveillants du Gouvernemen't., Si'le
La tol6rance A cet egard a 60 pous&6e 'a un pointwaiment pr6judiciable. Lorsque tous les autres Gouvernements sans excepterja r6publique de Washlngton, interdisent aux strangers, qui ne sont que temporairement dans leurs E'tats, 14 facuN d"ouvrir magasin, de fournir caution e't d"accomplir les actes civil autres que ceux qui sont stipuks dans les traits, diplomatiques;
File, non-seutement on tol4e q .i*ils 6tablissent des' masons de comA
merce I meme sans requ6rir ]a formality d7inscription sur lainatiie"uIe, maison les admet encore, sans' autre caution, que leur parole,'A plaider devant le's tribunaux, et ils profitent. 'a la douane des d6lais qu'on accord aux natio-naux pour I'acquittement des droits d'importation. Enun mot, ils se considbrent comme na*tionaux pour'la jouissance des franchises et des libert6s, et
que pour s aurancbir des charges
-revendiquent la quality d'Urangers et
des impks. Nous, ne croons pas que ce soit 16, v6ritablement un moyen de




INTRODUCTION., 7
Fiscal doite'mettre son opinion avec la franchise qui le caracte/rise, le moins. qu'il pui*sse dire, c'est qu'il c'rai*nt beaucoup que les nouvelles a) ensures proposes par la, com t ees par celle-ci da
mission de la Jun'e roy ale, et adopt' ns'ses
seances des 29 f6vrier et 7 mars dernier, ne soient egalement inefficaces'et illusoires non pas qu'il les croie tout a fait,, inopportuties, mais parce* qu'it n'y a pas A attended de ces measures partielles et isolees l'objet important que lion I se propose', et qui comme Votr Excellence 1"aura reconnul avec sa penetration habittielle', embrasse dans sa vlaste extension l'organisation potitique et eeonomique de I'lle ; ou, en, d'autres terms se lie intimement au syst6me colonial qui y est suivi.
A
VoilA pourquoi la- question actuelle n'a' pas du et ne peut se trailer partiellement, comme on Pretend le fairer, si Pon veut que les re'sultats correspondent aux nobles fins que s'est'prop osees, ]a Junte elle-meme. Le Fiscal toutef A
fois ne meconnait pas Ja grave difficult que pr6sente 1'examen lent et complique' des questions de'licates et transcendantes que compote immigration et qui, comme it vient de 16- dire toucbent essentiellement 6 forganisatiori colonial, et'peuvent de plus' n6us conduire, ainsi que nous le verrons plus loin, 'a I'abolition de 1'esclavage', sans transitions viol entes, par la seule force du temps et les progr6s de la eivilisatio'n.
Par cela meAme, it se strait abstenu d'en faire 1'expos6, si, dans 'son esprit, Jes devoirs que lui impose, son 'minis-'
Autorite' qui represented le procurer g6n6ral enFrance, avec des attributions beaucoup plus e'tendues. Voir la letter servant de preface A l'ouvrage, vaue xiv. (Note du traducteur.




8 INTRODUCTION.
tere. ne 1'emportaient stir la conviction de son insuffisance' pour trailer des questions aussi heterocre'nes par leur' nature.
A
que compliqu6es dans leurs rapports de meme que sur
la crainte de se heurter aux preoccupations qu'elles, font
A
naltre, et de signaler des abus, qui pourraient lesser la susceptibility do certaines classes. Mais ni ces, considerations, iii I'apprehension de paraitre diffuse, ne pourront l'arr6ter
I A r I
et I empecher' de repondre a confidence dont Votre
Excellence Fa honored sur un point si important pour la prosp'rite' de File et pour Jes inte're^ts de la m'ere patrie.
En le faisant, ne'anmoins, it ne se propose pas d'insister sur tous les points qui ont efte' precedemment sournis par V. Exc. Pexamen des bureaux Ides finances; it se contentera de renvoyer aux avis qui ont ete emis h leur'sujet, et qui, pour plus de cartee, accompagnent ce rapport sous
A
forme appendices Mais, Meme en agisisant ainsi, it ne peut se dispenser de'passer en revue beaucoup de questions que n aboard point le project de, la. Junte royale, et qui, suivant lui, en sont inseparable et d'une influence beaucoup plus puissante, quant h Faccroissement de la population b1ahcbe, que les c inq causes qu. I elle indique 'a la fin de sa de'libe'ration, presque routes d'un effet partial, et quelques-unes d'une importance tre's-limitee et passage're.
At
po urrait bien se faire que1a. commission en eu indique quelques autres -dans, Pexpose du project ou dans ''les conside'rants qui I'auront ace ompagne; et, parleela. :m ,me! le Fiscal regretted beaucoup que la Junteroyale n'ait pas daigne y joindre" les proces-verbaux de ses s6ances, parce
t A
qu'elle fui aurait ainsi evit6 peut-etre de timber dans, des
A
r e 'tit, M
pe ions, et eme de basarder ses jugements sur llnef




INTRODUCTION. 9
ficacite' des moyens adopted's par elle, et dont A ne peut, maintenance se former une *dee qu'en recourant au resume des s6ances address' 'a V. Exc. Du reste, ce minister n''a pas Fintention de la. suivre pas A pas, mais Men d'aborder franchement la question ge'ne'rale, autant du moins, que le fui permettront ses fables connaissances; et si parfois, dans le cours de cet examen, il combattait, les opinims de cette respectable corporation ce ne sera jamais qu avee la reserve qu'exigent les conveyances et le but louable de ses efforts pbilanthropiques.




POPULATION-'.
It ne parfait pas necessary de rappeler ]a cause determinante qui a, comme tout coup, ramene' l'opinion publique
M Saco dit page 1 q.:
01 Vauteur Yeut absolument prouyer dans ce chapitre que,- de 1827' A 1842, le, nombre des esclaves n'a eu que peu ou point d'accroissement A Cuba par suite de la trite africa ine. Si, pour Fhouneur et la f6licit6 de notre patrie, ce traffic en 6tait aux derni res angoisses de, I' je et s'il n s agissait de diminuer les ebiffres que pour le plaisir de le faire, je garderais le silence comme je l'ai fait d'autres, fois; mais, quand ]a reduction da chiffre de la population africaine doit ayoir pour r6sultat de nous endormir dans une vaine confidence et de nous faire consider comme peu n6cessaire, et
A
nullement urgent ]a colonisation balance, v'ous reconnaitrez cber ami quon est forc6 de d6molir 1'6difice 6leve' gur des fondements si dangereux. Examinons donc les donn6es qu'on pr6sente et les consequences qu'on en tire.
1A
Yaprbs le recensement de 1827, la population de toute I ile s'61eyait i
A
7o4,487 Ames, ainsi r6parties:
PROPORTION FOUR 0/0.
41
Libresdecouleur..- ...... io6,40........... 15
Esclaves ............ i86,942 ........... 41
((Cette population s'est 6ley-6e en 18 4 2 (on devrait dire 18 4 1, puisque c'est dans cette'anne'e qu'a e46 fait le recensement) A 1,6'07,62!4 Ames, dont. le rapport par caste est comme suit:
PROPORTION POUR 0/0.
Blatics 418,291 ........... 42
Libres de couleur ......... 1 152,838 ............ 15,
Esclayes. 0 0 0 0 0 0 0 1 **too** 436j q5***##*#o,*** 43
a Cest-a-dire, dit le rapport, que dans lei quatorze nannies de la piriode la plus prosper qa4ait eue dans 1'1*le la culture do la canne, etc. v




POPULATION.
A la' questiorv jusqu'A Present oublie',e, ou tout aumoins fort Degligee, de encouragement de la .olonisation blanche. Toutefois, les deniers 6venements de Matanzas sont trop recent pour qu'on puisse meconnaitre ]a part qu'ils ont eue
A
a ce return salutaire de l'opinion. Mais en meme temps on, ne peut s'empekber de conve'ni r que les esprit, preoccup6s du sentiment du danger common ont passe instantan6ment
A
-de 1'extreme confidence, dans'laquelle ilsse reposaient quelquefois, 'a un etat d,'alarme et d inquietude qui ne leur laisse d'espoir de salutque dans Factivit6du remedy; semblables
SYMPtA
au m6decin qui, D6gligeant les premiers ornes d1une
maladies chronique se voit surprise par les progr6s du mal et cherche A obtenir par des m6dicaments h6ro*lques la gueA
vison quidevrait Utre le m'sultat d'un plan bygi6nique constant et saivi. La surprise a eu, en outre pour effet natural
7 1 4 d'iniaaggraver le danger, que tous nagueres avaient trite
ginaire, quoique bien peu eussent pris spin de le measure., Gest cependant par lAqiM faudra, commencer, car on peut difficilement prescribe un trAitement convenable lorsqu I on ignore 1'etendue du mal. Si nous avions proceed' i ,e, ainsi pfuteAtre aurions-nous eu alors plus de confidence d#As pos I A
propres resources; parce que sans meconnaltre les progr6s du mal, nous nous sermons convaincus de ce fait qu e fes, Antilles espagnoles sont de tous les pays 'a enclaves ceux qui
'dent la population blanche la plus nombreuse; et que
A
meme en cettelfle, beaucoup moins 'a la verite' qu'A'PuertoRico, elle egale presque la population'esclave, et ne diff4e pas notablement de toute celle de couleur.
En effet, suivant le dernier recensement, qui remote
A
A 1842, la, population 'blanclie se'dentaire, repx6sente




12 POPULATION.
4 18,291 A mes et celle des mulAtres et des noirs esclaves 436,495. En ajoutant A ces deux nombres 152,838 libres de couleur, la population sidentaire totale de l'ile s'l1evait, au commencement de 1842, A 1,007,624 habitants dont la division par castes est comme suit:
PROPORTION POUR ofo.
Blancs............ 418,291.... 42.... 42
Libres de couleur. 152,838.... 15...
Esclaves........... 436,495.... 43...
En 1827, suivant le recensement publi 'pour cette annie, la population ne s'e1evait pas A plus de 704,487 ames, ainsi rdparties :
PROPORTION POUR o/o.
Blancs............ 311.o51.... 44.... 44
Libres de couleur.. 10o6,494 .... 5...
56
Esclaves......... 286,942.... 41 ...
C'est-A-dire que, dans les 1 4 annies de la p6riode la plus prospbre qu'ait eue dans File la culture de la canne, et que nos implacables ditracteurs attribuent au diveloppement considrable de immigration africaine, le rapport de cette partie de la population avec celle des blancs a a peine varid de 2 centimes, celui de Ia classe de couleur 6tant rest stationnaire 1
Ces proportions, dans les quatre recensements antdrieurs, ont 6t comme suit:
1774 1792 1817 1827
Blancs..... 68 6 5 52
Esclaves..... .32 39 46 48
100 100 100 100
Diminution de la population blanche et augmentation de ia population
esclave............... o,o7 o,07 o,o2
Que l'on compare cette progression avec celle qu'a enue, dans les mAmes




POPULATION. 13
Ce r6sultat est certainement aussi loin de justifier les
values declamations des abolitionists que d'inspirer 'de sef rieuses craintes pour la trafiquillite de File quant 'a pre sent; et moins encore pour Favenir, si l'on etablit l'ordre et la
qui ont 't' tant neglig's dans le principle. 11 doit
p6riodes, la population esclive des colonies anglaises et fra nqaises, et m6me avec celle qui existed waintenant au-Bre'sil, et que nos d6tracteurs dissent, la main sur la conscience, si toutefois ils en ont, en faveur de qui est Ilavantage
A
,et si jamais aucune nation a ete' plus r6serv6e -que la notre dans ses dispositions "a favoriser ce traffic r6prouv"
Al y a lei tin sophisme cache' sous, I'apparat math6mathique. Pour savor si la poI A
population enclave a an g*ment6 ou decru on n aurait pas du la compared avec la blanche 4 mais avec elle-m6me, des epoques diff6rentes. Autrement, il peut en r6sulter que, lors m6me' qu'elle aura eu de grand 'accroissements il n'en paradise rien,'si la population blanche les a egalement 6prouve's. Un simple example e'claircira la question. Repr6sent6ns par 1 o la population blanche et aussi par i o la population enclave. Supposons qu au bout de 1 o ans Celle-ci comme ceRe-la, repr6sentC 2o. A en juger par leur rapport, il r6sultera que la population enclave ne se sera pas accrue. parce que 2.o est 20comme i o est 'a 1 o. Mais si nous &isons abstraction de toute comparison t et que nous consid6rions les enclaves absolument alors on verra qu'ils ont doubl6 puisqu e de 1 o qu'ils 6taien t d'abord ils sont maintenance ai 20. Supposons qu'au bout des i o ann6es, Ia population blanche, au lieu Xavoir ke' 20, SOA arrive 4 3o : dans cette bypoth e**se le rapport des esclaves avec elle change 6galement, puisque les deux terms kant 6gaux auparavant, celui qui represented les eselaves est maintenance pour I'autre comme2 est 'a 3. De cette sorte ,Ia population enclave parfait diminu4e, lorsqu'en r6alit6 elle a augmeDt6. L a fausse argumentation que Nn emploie conduit 'a ces erreurs, et, pour le comprendre il n'y a qu'h jeter les yeux sur les donndes m6mes que l'on pre'sente. Ell 1827, le rapport des gens fibres de couleur avec la population entire a 6te
A
de 15 p. o/o et cette Meme proportion s'est rencontr6e en i 8412.Mais quels, ont 46 les, chiffres qu'elle represented P i o6,49 4 suivant le premier recensement, et 152,838 d7apr6s le second. Mais est-ce que ce sont la' des quantit6s 6gales P 11 en est de m6me quant aux enclaves. Ell 1827, le nombre S'en est 6lev6 h 286,942 et en 1842 h 436,495. Eh bien, si l'on compare entire eux ces chiffres, I'augmentation de ]a population enclave ne sera-t-elle que de 2 P. 0/0 comme on I'assure dans le rapport?
#AMais M. le procurer fiscal ne veut pas m6me admettre cette augmentation, quelque fable qu'elle soit, car il assure, page 7 de son rapport, que le recensement de 1841 est e'videmment entache' d exaggerationn. P (Don J. A., Saco, pages 2o et 21.),




POP.ULATI.ON.
plutoAt nous rassure.r un Teu sacIbant, comme le sait par sa propre experience ce minister, que le dernier recensement est I 6videmment entache' d'exaOre'ration en ce qui concerned le chiffre* des enclaves; car, loin d'avoir 'a craindre des soustractions, comme il y est dit, c'est ''reeisementle contraire qui a li*eu ici, par suite de la prol)ension proverbiale qu'a tout le monde de faire parade de se&, richesses surtout les administrators et les ge'reurs, d'habitations qui crolent se donner' de importance en exa.gerant le nombre des esclaves con'fie's -'A,'Ieurs soins. Des personnel habitues ce genre- investigations et qui
slocciipent aujour&bui* avec, Fautorisation du Gouvernern t
en a rectifier le re'e'nsement, nous ont communiq u6 et garanti des donnees qui de'montrent que 1'erreur en plus
A
depassera. peut-etre 5oooo esclaves; de' 'orte, qu en deduisant ce la. proportion strait excitement, la.meme
quen 18_27, c'est-A-dire de 44 blanco sur 41 enclave celle de ]a classes libre de couleur restart A peu pr6s invaL liable 1. Et que Fon ne dise pas que I"equilibre da.ans la
Don J. A. Saco, pages 22 a 28, s"exprime ainsi,*.
g Je ne doute pas un instant que M. Queipo ait vu les renseigneme nts conzfidentiels dont il Inous parle; mais Fhommage que je rends volontiers A sa v6racit' ne s'tend pas dains le cas present A ia. justesse de. ses raisonnements. 11. nous dit, au commencement de ce paragraph, que les h6gres a sont loin dinspirer de. se'rieuses craintes poar la fra nqaillitd de Ul ; -a et, A la. page i og, il demande qu'onlnelaisse plus en'trier de n gres, parce que o les r6cents 6v6nements de Matanzas ont mis A ddeouvert le c'ratere sur,lequel se frouve 17le.)i Cantradiction 4vidente! car, S'itn'y a pas de craintes se'rieuses A avoir pourla. tranquilliti de Cuba, comment considbre-t-on File comme kant sur un volean? Et sitlle se troupe effictivement dans cette position, comment soutient-on qu lil nly a pas de craintes s6rieusles A avoir pour son repos?
a Pour ce qui est des richesses, en faire-parade nest pas une, propension ex-




'POPULATION. 15
proportion des deux castes se doit moins 'a la diminution de ]a trite qu'A la plus grande mortal-46 dans la population esclave,- parce que, abstraction, faite de ce qu'iI y a d'indices
elusive aux babitants de Cuba, mais bien une faiblesse commune A tou'i le genre bumain. Tous nous aspirins A We, et si nous ne sommes pas re'elle'ment, nous voulons paraitre. Tel a toujours W Fbomme e't tel il sera toujours. 11 n"est donc pas' range, mais plut6t fort natural qu'il y ait A Cuba, comme en Europe, des personnel faisant parade de ricbesses qu 11 elles no possbdent pas. Mais, si, dans les circles et dans les salons, le Cubanais lot I'Europ6en
Je MA
sont mus par eme sentiment, il en est tout autrement quand l'un et
I'autre se trouvent en presence de I'administration pour d6battre, leurs interns. Personnel n'est alors plus prudent que. le Cubanais, et, do, l'ostentation qu'on Jui impute, il passe "a la modestie la-plus outr4e. Yopposerai A M. le procurer fiscal le t6moignage des colonels Crevant et Valcour, charges de faire le recensement, le premier dans le department de I'Ouest, et le second dans, celui do I'Est. Grevant, dans I'avertissement pr6limin'aire, no 3, audit recensement, public' A la Havane en 184,2, dit: a Au moment de proc6der A cot exanien strupuleux de mason par mason dans les villas et d7babitation par habitation dans la champagne, pour rechercher le nombre exact des habitants de cheque
IA
district, avec distinction de castes, de conditions, de sexes d ages et de professions', la section ne perdra pas de vue I es motifs qui par un faux ju kemen t I portent les habitants de totes classes A mettre en couvre tous les moyens que letir suyq rent leur sagacitJ et leur malice poarfaire des declarations incomplkes. . Valour, dans Favertisseme'nt no s exprime en
7, qui pr&We le recensement,
ces terms: e Vouloir arrived A connaAtre excitement le nombre des habitants, particuUrement en ce qui concerAe les esclaves, c'est encore une enterprise qui offre plus de difficult6s, par la. propension qu"on a qJne'ralement ii ca'cher les proprieWs.)) Ces messieurs, donc, et principalement Valcour,.ayant pris part a letablissemeDt de la statistique de 18 17 et de celle qui fut commence'e en 1838, ont constant, pareipe'rience, que les babitants de Cuba, Ioin d'exag4rer leurs riches'ses en presence de I'adminiistration s'efforce I nt de 16s amoindrir, en les soustr3yant autant que possible aux investigations officielles.
a Eh bien cot inconv4nient, consequence n6cessaire du Maut de guaranties dans un pays gouverne despotiquement, a une bieti plus grande influence quand il s'agit des enclaves, parce que ce recensement kant fait sous 1empire des craintes que l'on avait de se Yoir frapp6 de quelque impo"t, et, plus que tout, sous Fimpression terrible que caus4ent i Cuba les tentative dit




16 POPULATION.
dans, le recensement meAme qui Permettent de refuter cette assertion, il faut'convenir qu'h cet egard tout, le monde rend justice 6 Phumanite des colons espagnols. En effet,
cabinet anglais pour entreprendre une enqueAte dangerous, il est fort improbable, pour ne pas dire moralement impossible, que les propri6taires eussent exage're de 5 oooo le -nombre de leurs enclaves. Mais aamettons 1'exag6ration et diminuous, le recensemen L Xantant, je le veux bien; les enclaves resent alors
'duits, pour 1.842,A 386,4'95 seulement. 4algr6 cela, M. Queipo n'am'l*
la position dans laquelle il S'est plac6. Vapibs le recencement de 1827, Cuba comptait alors 28,6,-qi2 esclaves; et, quelque induction que l'on veuille faire,
t A
leur nombre. ne samurai etre en 1833 moindre que 33oooo, de sorte que la difference entre cette ann4e et celle de 18J2 n'est Ve de 56495. Eh bien-, maintena nt, quelled a 4te'.1'exportation du sucre de Cuba pendantles, dix ann6es qui se sont 6coule'es de 18 3 3 A 18 4 2 ? Voyons ce que dit M. Queipo lui-me'me au e A
commencement de la page 64: Si la production n'a pas eu dans notr 11e. un deVeloppement si rapid, elle s'est da Moins, etc. Comment accorded cette double quantity de sucre avee Fauguientation insignificant de 56,ooo enclaves? Si 33oooo noirs, en 1833, ne peuvent donner A 1'exportation que 45 iooo caisses, sera-t-il croyable que 56,ooo seulement de plus aient doubl6 cette quantity en 18 4 3 ? Expliquera-t-on cet a.ecroissem'ent par les perfectionnements apport6s la fabrication du sucre? Gest impossible. Uexpliquera-t-on par la destruction de quelques caffiries, dont ies noirs aient W affects A ]a culture de la canne? En 1827, il y avait dans toute I'lile 2,o67 caffiries, et, en i 84 1 le nombre moins; de sorte 'tait r6duit A 1., 8 3 8, c'est-A-dire A 229ou un neuvi we de
que, lors xn me que tous les bras provenant de ces habitations eussent W employe's sur les sucreries, ils n'auraient donne' qu'une augmentation proporA
tionnelle qui, Meme en la supposant beaucoup, plus forte, n'6galera jamais, la d-Wrence en plus que pr6sente'i'exportation du sucre en 18 43. 11 fallt TeCAt'
marquee que sl Xun o 6 1 e nombre des caffiries a diminu6, d7autre part, non-seulement les noirs des sucreries, mais le's sucreries elles-*mes ont augmented, car, de'xooo qt;elles 6taient en 1827, elles ont aitteint en,184-1 le chiffre de 1,238. En outre, les exploitations de mines, les plantations de iabac et les atel iers o1h se pr6parent cette, feuille I se sont considerablement multipli6s'dans ces dernibres ann6es 'et ont con'equeniment donn6 une nouvelk occupation 'a un grand hombre de bras africains. Toutes ces 6boses bien pese.es demontrent jusqu'A 1'e'vidence que les assertions de M. Queipo sont countries A ]a re'alit6,des faits.




POPULATION. 17
guide's par l'impulsion de leuf nature]. plein de bont6, ils ont etabli une 16gisiatioll usuelle si d-ouce e't si favorable, A extinction de 1'esclavage,. que les autres nations, qui ont entrepris d'amelioier le soa de la population e'sclave, n'ont
a La consequence qu'il tire du, fable chiffre auquel il r'duit la population esclave de l''le de'Cuba n'est pas plus fondue. Eyaluant celle-ci i 386,J95 Ames pour 18142, ill S enforce de prouver que la proportion e'tant alors, comme en 1827, de 44 blanco pour 4 1 esclayes, ceux-ci n'ont eu aucune augmentation dans tout cet intervalle. 11ci se reproduit 1'erreur que i "ai d6ja combattue, celle de d6duire les progr6s de la population esclaye de sa comparison avec la population blan&e. S'il n'en etait pas ainsi, on Yerrait que, malgr6 la d6falcation indiqu6e, les esclayes ont eu, dans la p6riode qui S'est 6coul6e entre les deux recensements, une augmentation de 99,553.-Mais ce qu'il y a de plus
'trange, 'est qu'il n'attribue pas m6me ce nombre au traffic clandestine et que, contrairement aux faits les plus, patents et les plus notoires, il affirmed bravement, dans la note de la page 22, qa"a' Cuba le chiffre des naissances est supeA
rieur & celai des ddc s, et que, consiquetwnent la population enclave a da sacM A
croitre, pour le moins, dans la eme proportion que les blanco. Si les raisons sur lesquelles S'appuie M. Queipo sont certaines, elles sont 6galement applicables
/I/ car elles ont routes exist ant6rieurement A
aux annees qui ont precede 1827,
cette 6poque; or elles sont en contradiction avec ce que tout le monde sait A
A It
Cuba, de Meme qu avec routes les donn6es et documents officials les plus dignes
tte Ale.
de foi de ce I Prenons deux p6riodes, soit de 1791 A 1817 et de 1817 A 1827aVapr s le recensementpubli6en 1791, il yavait "a Cuba 84,59oesclaves.
De cette ann6e a celle de 18 16 inclusivement, il en est
entr6 seulement par la Havane, a 0 9 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 55,98 1
Lesquels deux nombres ferment ensemble le total de. . 24o,571 Mais le recensement del 18 17 ne porte les enclaves de toute
I JA
Ile qu'A ......... 199, 145
Done, au lieu d'augmentation il y a eu une diminution de 41,426 diminution qui paraitrait plus forte, si Fon eut fait enter dans ce calcul les importations, effectu6es par les autres ports de Cuba. Ws lors, oit sont les progrbs dus 'a la reproduction ? Poursuivons.
a De 1817 aux commencements de 1821, A a &6 introduit A la Ha-




18 POPULATION.'
pas trouvf de m'oyen plus efficacy pour y parvenir que d'adopter nos usages. C'est c'e qu)a faitle Danemarck, en
8 3 4, pour ses colonies de Saint-Thomas et d e Sainte-Croix; c lest ce quavait fait I'Angleterre auparavant d'abord en
189,3, puis en 183 3, pour preparer dans les siennes Fabovane*,,...**.** 84,74o eselaves.
Et tous ceux qui,,entraient en meme temps A Matanzas, 'a Trinidad et par les autres villas de l''le? Consid6rant fessor qu 1) avait deJA pris Pagriculture et I'ardeur avec laquelle tout le monde s"empressait de les acheter, car on pensait que la trite allait lesser imm6diatement, je crois "tre tr s-modeste en 4valuant l'importation A"yn dixi6me de celle de la Havane, c'est-A.dire A 8,471
qui, avec, la quantity ci-dessus, donnent. 93,214
Mals le commerce ayant cess6 de se faire l6galement depuis la Pin de 1820, et routes les importations se faisant depuis lors en contrebande les douanes'ne peuvent nous dire A combine elles se sont Oevks. Arretons-nous cependant au tr s-faible chiffre de. buit mille esclaves par an pour toute
IA
Ile : cela fait ......................... -0#0*000 48,ooo
pour le's six ans qui se sont 4coul6s de, 1821 A 1826.
Cette quantity, joint A la prk4dehte offr6 un total de. 14 1 214 esclayes i*troduits A Cuba de 18 17 a 1826, lesquels re'unis aux. 0 f # 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 W 4 & 0 0 99, 45
du recensement de 1817 devraient 4lever le cbiffre des esclaves pour 1827 A ......... 34o,359
Mais, &apr s le recensement de ladite annee IS 2 7, ils n'ont atteini que le chiffre de ........................... 286,02
et donn4, par consequent, un deficit des 0 0' 0 0 0 # .40 0 0 0 53,417
((D slorso-hgontjeledemstndeiencorel olh sontlesprogr sdusila reprod uttion ? Et c7est quand nous A-Vohs Ous tes yeux ces preuvesAvidenteset, convaincantes du contraire qu)on pense nous persuader que Faugmentation du nombre des enclaves dAns ]a p6riode de 18 1 1, A 18 2 tiles pas le r&ultat du




POPULATION. 19
lition de fesciavag-e, comme Fa declare en plein parlemelit son Ce Wbre ministry Canning co'me Fa minutes fois recomni-ande dans son rapport la commission nomme'e pour ciot objet par le Gouvernement francais 1; ain'si que vient de le declarer Oe meme aouvernement dans un project de 10i
commerce clandestine, mais bien de leur accroissement natural! Je me plais "a r6pe'ter avec M. Vasquez Queipo que Ja f6rocite A 1'4gard de ces, malbeureux n est pas le character distinctif des Cubanais': Je me r6iouis cordialement avec lui quanA je lis'dans nos codes les lois humaines qui temp rent iet adoucitsent-4 ]a rigueur de 1'esclavage; mais la douceur de character des Cubanais et ces lois bienfaisantes sont peut-etre poste'rieures A 18.2 7 Ont-elles exist longtemps auparavant et princtpalement dans les deux p4riodes durant lesquelles nous avons vu une si grande wortalite.3- Ce ne sont pas Ia' les, seults objections auxquelles expose M. Queipo. S'il y a chez les enclaves une augmentatilo.n, due
JUi A e.
seulement A'Ja reproduction, pourquoi Ise contredit-il aiDSi -meme en pr' sentant, Aans le compete de d4penses qu'if kablit pour une sucrerie, page 5o, tin article pour I'amortissement du capital, dont il value la perte annuelle A 5 p. o/o par la mortality'.) Aurait-il ins4r6 'un tel article, si, les enclaves avaient effectivement un accroissement qui balan at la mortaiit6? Si cette. accroissement existed, pourquoi parle-t-il de diminution? et si les enclaves diminuent, pourquoi dit-il qu'ils augmentent?
((En r6futant les erreurs de l'auteur dans ses calculs sur ]a population esclave, je vous le reDke, won ami je ne me suis point laiss' importer par le d6sir de prouver qu'il a e'46 clandestinement introduit de& n gres A Cuba: mon unique intention a 646 a'ebranler la base sur laquelle s 4appuient certaines Wes qui sont fort pr6j udicidbles, A Cuba. Je rends justice "a la loyaut6 des sentiments de M. Queipo i mais, d apres ma mani re de voir, il ne desire pas v4ritablement encourager le development de ]a population blanche, dans notre pays. Car, franchement, que demande-t-il, que propose-t-il pour cela? Partout il ne fait qu'e'lever (les difficult, montrer des dangers et ins, pirer des alarmed; et si, parfois, il parle de immigration -je families, c'est element de families d e cultivatcurs et en exigent en meAme temps qu elles ailment s etablir pour leur cot'pte et sur des terrains 6. eux appurtenant. Je vais maintenance prouver que' M. le Fiscal ne desire point le d6vel'oppement de notre population blanche, et cela a'ec les memes id6es qui se trouvent r4palldues dans son rapport. ( Voir la suite A 1'artide Force militaire, page 26.)




20 POPULATION.
e comme I'avait
devantles Chambres et I'Europe entire 1; dit longtemps auparavant le cel6bre baron de Humboldt-, comme I'a reconnu I e commandant francais Layrle, dans son rapport sur la Trinit6, address' au ministry de ]a marine, et enfin comme Fa avou6 le fanatique et re'volutionnaire ex-,consul Turnbull lui-meme dans soii Voyage a' N'te de Cuba. Pour la premiere -fois, Excellence, justice a. et6 rendue aux Espagnols,, que des ecr ignorant, ou, comme
' 2
M. BI peu au, fait de notre I 'gislati
anqui e on economique et
de no's m oeurs, s'etaient plu 'a repre'senter comme les auteurs et les soutiens du system colonial oppress etabli et maintenu encore 'a present dans toute sa ri.gueur par les nations' qui pr6tendent marcher 'a la te'te de'la civilisation.
Mais aujourd"nui que ies rivalite's etrangelres ont disparu. avec notre puissance nationale, lors meme qu'on ne nous rendrait pas justice, les documents officials re'duiraient A '6ant des imputations aussi peu fondest. 11 suffit pour cela de faire observer qu'e le marriage ou Fkat de famille, si peu
Par I"organe de I'amiral de Mackau, dans la stance du i J mai dernier. A l'occAsion de la presentation d'un project de loi sur les colonies.
2 Nous connaissons et nous appr6cions les talents de M. Blanqui ain6, qui
honored de son amiti6 depuis 18U. Mais nous regrettons extreArnement que, dans son Histoire de Nconomie politique, il laisse piercer A cheque page Firnpression d6favorable qu'a du" faire nal"tre chez ldi la pr6yention avee laquelle administration de Calowarde le trait en i 83o,,,Iorsqu 1-I entreprit de visitor I'Espagne et d'6tudier A fond sa legislation 6conomique. Peut-6tre, mieux inform6 alors sur notre c6l6bre Code des Indes, se serait-il form6 une id6e, plus exact de 1'esprit liberal et philanthropique q'i a pr6si& A sa r6daction, et auraitil acquis la conviction de ce fait, que le'systbme strict et severe qu'asuivi et que suit encore I'Angleterre A 1'6gard de ses, colonies na point 6W emprunt6 A nos lois. 11 est vraiment p6nible que les 6criyains rangers, xn6me les I plus recommandables et le's plus senses, parent de notre Espagne comme ils pourraient le faire de la Chine ou de la Nouvelle-Hollande.




POPULATION. 21
frequent parmi les esclaves. des autres nations et qui, a servi de theme oblige' 'a leurs philanthropes pour declamer centre 1'esclavage, comme contraire 'a la. premiere base de la. morale publique, est, au contraire, A Cuba, dans la proportion de 2 A3 ) par rapport aux families blanches, le nombre des marriages etant dans ]a proportion de* i sur i o habitants de cette derni6re classes, de i sur 15 pour les. enclaves. Ce re'sultat s'accorde parfaitement, avec celui que presented le
. A 0 7 A
meme recensement relati'vement 'aux categories d age des deux populations le nombre des enfants au.-dessous de
15 ans etant de i sur 2 1/2 pour les blanco et d'e i sur 4 1/2pour les enclaves; il prouv e egalement, et soit dit en passant que les unions illegitimes et le libertiage ne sont pas si frequents parmi nos enclaves, puisque le n6mbre des naissances conserve, avec celui des inariages, Afres-peu de chose pr6s, le me^ me rapport que celui qui existed pour les blanco Enfin, nous trouvons la preuve du bon treatment que re-E oivent les premiers, ou de ce que ]a mortalite'- n'est pas plus grande parmi eux que parmi les blanco, dans ce fait que Fon compete par cheque miller d e, ceux- ci excitement. comme
A I'appui de cette assertion, nous citrons, ce que dit un auteur moderne nullement suspect certes pour I es -abolitionistes anglais,. qui donne 1'6tat cbmparatif des naissances et.des manages pour les classes blanche et eselave dans les colonies fran aises et A la Hayane. On compete dans cette derni re wlle', 9,5 naissances pour un marriage blanc, etiL 1,6 pour uja marriage de couleur. A la Martinique, 8 naissances po ur un marriage, en tre libres, et 569 dan s la pop ulation enclave 6,4 naissances par marriage blanc A la Guadeloupe, et 15 5 par marriage entre esclayes. Ce nombre comprenant les enfants naturals, et
-les n4gresses esclayes n etant pas plus f6condes, dans les colonies fran aises que dans les no"tres, il s'ensult que, le cbiffre des naissances dans la classes de couleur, par rapport A celui des mariages,'4tant de i iQ Ala Hayane et Ae




POPULATION.
pour cheque miller d'esdaves, '22, viefflards au-dessus de 6o ans et 3 octoge"naires".
569 A la Martinique, le nombre des enfants naturals est, dans cette derni6re toralite', 49 fois plus grand que, dans- la premiere.
-On n'a jarnais connu non plus dans nos colonies I'infAme costume qui. suivant le rapport de M. le due de Broglie, se pratiquait dans les possessions anglaise's et autres etrang6res, d'offrir les plus jolts jeunes n6gresses aux voyageurs, qui Yisitaient les etablissements de la champagne.
L e ineAme auteur d6jA cit6 taxe inexactitude. le recensement de 1817, en taut qu'il r6sulte de ce- document quedans I'lle, ]a population esclave
A
compte une naissance par 21 individuals de la MeMe classes et un d6c s sur 4o,5; attend que cette proportion est tr s-di&rente dans les Antilles anglaises, et fran aises, o' les naissances de Ia. population enclave sont, dans le raivort dei/4.2 A 1/43, le nombre des dec s 'tant sup6rieur de 1/18 celui des naissances. 11 conclut de, IA que 1'esclavage product, annuellement, dans ia population qui y est sujette, une.diminution qui suffirait pour en finir avec Ia race africaine sans I'existence de ]a trade. Pour que les. donin6es relatives aux AntiRles 6tran&es pusseInt s'appliquer aux, no"tres, il faudrait d'abord prouver que les enclaves v tr'ouvent le treatment human dontils d jouissent 'a
Cuba.-Tbus les habitants de l'i'le savent parfaitement Ia notable difference qui existdit dan's, Ia mani re dont les e'trangers, qui y -e'taie.nt d-bmicili's dans le principle traitaient leurs esclaves et I si pareille chose. avait lieu. en presence des examples humanity6 que Ileur donnaient les nationaux, nous ne demons pas nous 6tonner de ce que, dans leurs colonies, ia mortality so'it infiniment, plus grande que dans les n6tres, et qu'il 'S'y commette les cruaut6s que d6nonce M. le due de Broglie, et qui vont jusqu a enterrer vivants de nialheureux esclaves! Notre 16gislation ne souffrit jamais de tels excbs; elle punit comyne homicide celui qui attente "a Ia Yie des esclaves aussi bien, que celui (lui attente A. celle.. des libres.
Nous ne voyons done pas que li difference desresultats entre les unes et les e I ,I- des documents offiautres solt uh motif suffisant poup refused tout cr "d*t As d'autant moins suspects qu'ils remontentA une epoque oi& les macl-iinations clan d estinesdes n6grophiles'n'avaient pas encore product I'alarnie que
Par suite de Ia suppression de Ia virgule'des d6ei-males, ce chiffre pre'seDte une grave .Lx
erreur qui d6truit dans sa base le raisonnement' de M. Vasquez Queipo. Dapre's les,
A
Tableaux de population, etc., pour 1839, qui:on't du server a Ntablir, I-e nombre des naissances parmi les eselaves est de 2 2 -39'o 1', et "elui des marriages, de 42 ; ce qui donne 6,9 naissances p.our i, marriage, (Note du fraducteur.)




POPULATION. 23
Si 1'examen et ]a discussion immediate de notre recensemeDt font voir qu'il n'y a pas entre les castes la disproportion que le vulgare croit g6n6ralement existed, et que c'est
tort, conselquemmeDt, qu'il s'est laisse surp, rendre par le s craintes qu'a occasionn.ees la conspiration, 'a laqvelle des ,,pouss'nosne'gres,
agents strangers ont e ot'e confidence doit
A
etre encore plus grand-e ., si nous comparons cet etat de la population' avec celui de tous les aLitres pays 'a enclaves. A la Jama*ique,, par example la population enclave, en 183 4, s levait a''322,42 I A
e ames, et la blanche 'a 35,ooo A peine;
cle qui fait bien pres de i o negres centre i blanc. Cette proportion ne change pas, si l'on prend la moyenne de 1'ensemble des dix-buit colonies que poss6de daos ces mers la Grande-Bretagne puisque la population enclave s'elevant
A 3 1 A
cette meme annee, 'a 63.9o ames, et celle des libres de
couleur 'a 63,4 1 o, la population blanche atteignait A peine le chiffre de 75,ooo.. Dans la parties de la Guyane qui apartment A cette puissance, la proportion est trois fois plus forte, puisqu'elie donne 32 noirs centre i blaDC ; a' Maurice au contraire, o' Fon compete 5 hornmes de couleur pour 1 blanc, elle est moindre de moit*6.
Bien que la proportion entre les dilf6rentes castes, ne Soit pas si desavantageuse 'a la. Guyane et dans le's Antilles franchises, elle I ns beaucoup moins favorable
y est neanmoi
leurs vues ostensible et non dissimulees excitentaujourd'bui chez les Autorit6s et les habitants de l''le. Ces documents demontrent que le cbi]Tre des naissances y est sup6rieur, A celu' des d6c6s, et que, par consequent, ia population
A If A A
esclave a da s accroitre, pour le moins, dans la meme proportion que ia. population blanche; combine cela. a eu fieu, du reste aux tats-Unis, ou' ]a pren-i re a double depuis la suppression de la trite, bien que I'auteur auquel nou's faisons allusion soutienne le contraire, sans dire sur quoi il se fonde.




211 POPULATION.
que dans notre, ifle, puisque, pour une population de23,o,87
A
blanks. (en supposatit ceux de I.a. Guadeloupe dans la Meme proportion que ceux de la Martinique et de la. Guyane ), A y a 185,897 e.sclaves; le rapport entre les premiers et les deniers, est donc celui de 8 i /2 h'68. Nous avons dej*.a dit que ce rapport 'tait pour Cuba celui dle 4 4 'a 4 1, d'apre's le recensement de 182 7, et comme 42 eSt 'a, 4 3, d'apre's le dernier de 184 1, qui encore qu'on le croie exage're'
rAl
donne, en faveur de i e, comparativement aux colonies fran aises, la proportion de 8 A i; en d'autres terms, par cheque 1 o o enclaves nous comptons 'a Cuba, 9 8 blarkes et, 12 1/2 seulement dans les colonies franchises.
Les tats du Sud de l'Union-Ame'ricaine sont les seuls dans lesquels la proportion entre ces deux classes de popuFA
nationn soit plus avantageuse que dans ile de Cuba, les blanco. y taint, par rapport aux enclaves, comme 3 A 2 ; mais
A MA
no.tre ile de Porto--Rico Femporte encore eme)sur cette
parties des tats-Unis, puisque la proportion y est de, 4 blanco. pour i enclave.
Le dernier recensement, termite' A la -fin de 18&6 itablit comme suit le rapport entre les diverse, classes& de ]a population PROPORTION P. 0/00,
131ancs ......... 9 a 425,767-000** .47
Libres de couleur. .149,2-26 17
Esclaves, 0 .0 0 0 323,759 ...... 36 TOTAL. 8918,752 ...... i oo
(Note da tradacteur.).




FORCE MILITAIRE.
11 reste done d6montr6 et ce point est tr6s-important dans la question qui nous occupy, que la position de nos fles, quant A la proportion ui exist entre les blanco et les enclaves, est incontestablement, bien supe'rieure A celle de
A A 'it I I
routes les autres colonies eltrangeres ou. i esclavage -a ete institue', et que, sans compter sur autre chose que la population blanche, elle aurait des forces suffisantes, pour tenir en respect celle de couleur, vu. la superiority de moyens et de resources de la premiere. Nous demons beaucoup, plus computer pour cela sur la brilliant arm4e permanent que nous avons aujour&hui dans ride, et sous ce rapport, nous avons encore I'avantag e sur les colonies anglaises, mais non sur les possessions fran .aises. *En effet, la Jama*ique, qui compared 'a elle seule presque la moitie' de la population de couleur de routes les colonies anglaises,, ne compete v comprise la police clulun mintaire pour 8 4, habitants de cou.ieur et 9 blanco. La Guyane et les Antilles Prancaises, au contraire, competent i soldat par ta6 esclaves et va libres'.
Ces cbiffres ont W calcuigs sur les donn6es du Rapport de M. le duc de
ft"^ -C' I Ar-j J.. %




26 FORCE, MILITAIRE.
A Cuba, non comprise les companies de couleur, et sans computer la, marine id y a pre'sentement, et d'apres des documents dignes de foi que nous avons sous les yeux, i soldat de ligne pour 45 bom.mes de couleur et- 32 blanco.
Ce nombro, quoique beaucoup moindre que celui qui est afr6rent aux colonies franchises, suffiraitpleinement pour contenir ]a population enclave I si Pon considered la. prepon derance de la race- blanche; mais la force armee est, en outre necessary dans, l''le,'comme dans Ia' Peninsule pour mainA
tenir l'ordre et la tranquillity au sein meme de la population blanebe Or, la Jamaique ou nous avons vu i soldat
Ilk
La comparison qui s"etablit ici entre. I'Espagne et Cuba est aussi inexact que mal amene'e. Est-il logique, en effet, de m ettre en parallble un pays boulevers4 par la revolution et un autre qui, est des plus pacifiques, et des plus soumis de la terre? 0U' sont "a Cuba les parties aebarne's, les considerations et les executions qui entretiennent la malheureuse Espagne dans uDe alarmed continuelle? Eh bien, un bomme qui a en si grande defiance la population blanche de Cuba, puisqu'il ne pout Ja maintenir en paix que par le Moyen
I A
des armes, un, te,,l homme peut-I etre partisan et promoter de ce qui lui inspire tant de craintes? En vain essaie-t.-il de retenir le coup qu'd a porte en louant le bon sens et la sag6sse de la pormlation cubanaise. et en n1attribuant certaines pens6es, qu'A que1ques jeunes gens mal. dirig6s dans leur Mucation, parce qu.'oia. leur a faciliV inconsid4r'baent Pentr6e, des carries scieptifiquea, et qu on les a ainsi plac6s daia's une position fausse et violent A Ngard, de la soci4te'. Si ce 16ger palliatif sert A quelque chose, c'est A montrer que M. le JUiM A dans, sa pens6e,
procurer fiscal n'est point consequent avee eme.' Car, si, la population cubanais 6 e st si prudeate et si sage; s'iI n7y a que que1ques, jeunes 'tourdis, qui puissent concevoir certain projects, pourquoi leur donne-t-il taut &importance, quand leurs imprudentes tentative 61choueraient conlre la fide'lite et le' bon sens de la grande masse de ]a population? Pourquol deman4er une armee nombreuse, et dans une proportion toujours croissants uniquement pour contenir quelques i eunes etourdis? De tells suggestions font un tort immense A Cuba et 'a I'Espagne -. elles tendent 4 divider les esprits, A semer ]a defiance -entre ceux qui doiventI.s'aimer comme des ft4es et




FORCE MILITAIRE. 27
de figne pour 93 habitants entretient une inilice colonial de 12,000hommes, ce qui donne i milicien par 3o, habitants tandis que dans Pile, et y comprise la garde bourgeoise, la proportion n'est que de i 'our i Go habitants, ou a peine
p
1. 1/5e du chiffre de. la colonies anglaise.
L'augmentation proportionnelle de notre arme'e permar 0
newe parfait done eftre une consequence necessary de I'accroissement de la population balance, avee dautant plus de raison que cette possession ou province integrate de la monarebie espagDole se troupe plus e'loign4e de I'action' du gouvernement central, et qu'iI est, par cela me^ me, plus difficile de pourvoir avec opportunity et promptitude aux mo I ens de repousser les attaques du dehors e.t de r6primer les de'sordres de l'inte'rieur. Pour justifier cefte ne'cessite le Fiscal n'alleguerapOiDt les raisons etles crain'tes politiques qui se laissent deviner dans quelques-uns des rapports pre' 'dents, non plus que les plans que l'on suppose se rattacber A I'accroissement de la population il a une plus haute
I A
a pr6venir le Gouvernement centre les enfants les plos fidMesqu eut jamais colonie am4ricaine. Ne jamais parlor "a Cuba de ce quIton ne veut pas qu'll y arrive; voilA la grande p.olitique-que je recommande A M. Queipo et A tous se-s imitateurs.
a Mais, consider6eaupoint de vue 6conomique, la measure propose lest 6galement contraire au d6yeloppement de la population blanebe? En effet, si avec les progr s de celle-ci on doit augmented I'arm'e, it est clair que ses frais d'entretien augmenteront aussi, et conskquemment le G6uxernement Se privera, des revenues qU'iI pourraft employer 'a d'autres objets important. 11 enre'sultem que celui-ci, pour ne pas mettre tant &argent a entretenir la force armee, au lieu de favoriser la colonisation, s'y opposera ouvertement ou ]a surchargera d'entraves qui 6quivaudront 'a une prohibition. Et it pourrait m'rne arrived q U' 'ton se v] ore' d4mposer directement on indirectement de. notivelles contribtitions, qoi sont un genre encouragement peu propic A aitirer des Tondateurs de colonies. r (Pori J. A. Saco, pageS 28 Ct 29.)




28 FORCE MILITAIRE.
ide'e du bon s'ens et'de la prudence, des habitants actuels de I'le -, et si des projects d'une autre espece peuvent quelquefois traverser imagination ardent de que1ques jeunes gens, on doit attribute cela A la mauvaise direction qui a ete. donn6e A education de la jeunesse, en I lui facilitate inconside'r6ment 1'entr6e des carriers scientifiques, et en la pla ant ainsi enforcement dans une fausse position A I egard de la society.
-tout en r'servant A cette question sa v able place,
ais e erit
le Fiscal ne pQut s'empe^cber d'i n sister,, de's A present ur la n6cessite &-augmenter notre armee permanent au fur et
I A
mesur e que s accroitra la population blanche, surtout si
*t A
celle-ci deval etre comme I'admet Farticle 6 de la de'liberation de la Junte royale d'encouragem*ent, recrutee en Europe, autre part que dans la Penin'sule.
Une I population he'te'rogene a ete de tout temps l'un
it Avant routes closes, il est A remarquer, dit don J. A. Saco pages 4 3 A 5 3, que les terms population Utfrogene sont assez Yagues ; car 11&4roge'nefite
A A
nait de causes diverse qui opbrent A des degr6s distinct et par cela Meme donnent des r6sultats fort different. HWrogbne est la population, qui'se compose de deux ou plus des principles races par lesquelles se devise 1'espbce humane s commecela a lieu A Cuba et en d'autres parties d'Am6rique, ou' les
A
races e5thiopique et caucasique existent en Meme temps; h6terog6nee'st la population, qui,,proc4dant d'une seule race, se compose cependant de deux ou
A
plusieurs branches ou varift6s, de Meme que celle qui se forme de la subdivision de ce's dernibres. Qu'A ces differences viennent se joindre cells quwetablissent la politique et la religion' il en resultera une population h6t6rogbne dont les 616ments seront entre eux les plus opposes, tandis que, dans I'autre, eels 616ments ne se distingueront que par de petites differences qui dispara-A tront facilement. Ces courts 'observations fates examinons la valour des examples qu on nous cite.
# Q u ant "a I'Espagne, I'auteur s'exprime eu terms si peu pr6cis, que j e devine plut6t que je ne comprends ce qu'il veut dire. A : quelled 6poque de I"histoire se reporte-t-il ? Au 6oc de quells races fait-il allusion, et quells s'ont ces consgfillonrojoa "ivv &a f^r%'f anrif; Y, 3 T^raf ,,a "mia awrine vu, rip. Y nq intirs




FORCE MILITAIRE. 29
des plus grand obstacles 'a la prospe'rite des pays qui lODt admire, parce que des elements si divers manquent toujours
les divisions, les baines -' le sang Yers6 dans les combats dune guerre civil, ne sont certainement pas venus de ]a diversity des races, mais bien de principles purement politiques, me16s quelque peu au fanatisme et A I'ambition; et' si ia discord se rallumait en Catalogne ou dans les provinces basques qui,
A
a raison de la difference de I 'ur league et de leurs franchises Vueros), sont ies moins assimil6es A I'Espagne, ce ne, strait point en faisaDt appel A la diversity des races mais bien en mettant eln avant des Wes politiques ou des int6re^ts commercial. La grande v6rit6 que nous enseigne l'bistoire, c'est que, tant que les peoples h6t6rogbnes qui constituent aujour&hui FEspagne rest6rent devise's, ils furent la proie de ceux qui envabirent leur pays, malgr6 ]a r6sitance qu'ils opposerent plus d7tine fois A la domination 6tra.p&e.,11S, se rapprochbrent peu A peu, et quand enfin les sceptres de Castille, et dAragon se r6unirent, nous Yl'mes alors I'Espagne, S''levant A une hauteur qu'elle n'ayait jamais atteinte, remplir ]a terre du bruit de son nom. sous les r gnes de Charles jer et de Philippe 1I.
a M. Quei oparle 6galement ae la lutte perp6tuelle, occasionn6e par la dip A
versit6 de races, entre I'Irlaude et I'Angleterre; mais qu I y a-t-il de common entre la position respective de ces deux pays et la colonisation de Cuba? Mettre un people A cote d7un autre, l'un oppresseur, I'autre opprim6, serait-ce
A
par hazard MeMe chose que d'encourager l'immigratton en attirant tous les colons A un centre commuil de populatiODqui- les modified et les absorbed dans son propre sein ?, Pour le savor, il suffira de jeter un rapid coup &Ceil sur I'histoire de I'Irlande.
A A
((Henr 11, roi d'Angleterre,, entreprit la conqUete de cette lie dans le xii' sibcle, et, par une stipulation faite avec lui, les Irlandals devaient conserver usage de leurs lois. Par cette raison,, entre autres, les tribunaux anglais les regardbrent comme e"traDgers et, en certain cas, comme ennentis. I;Irlande fut soumise A Henri ainsi qu'A ses trois successeurs imm6diats; mais la politique qu'on suivit depuis fut diame'tralement contraire A ]a fusion des conqu6rants et des Yaincus. On blahma les Anglais 6tablis en Mande d7a'voir
A
adopt la league, ies noms et les costumes de cette lle, en s"affranchissant des lois de leur pays natal et en 6pousant des irlandaises. Le duc de Clarence, fils Adouard III, r6unit un parlement nombreux en 1367, et y fit passer un statute s6vbre interdisant non-seulement le marriage entre Anglais et Irlandais, mais d'autres actes conduisant 'a la fusion des deux races. On public




00
FORCE MILITAIRE
de I'UDite et des sympathies qui constituent la force et le nerf d'une nation. Sans rappeler ce qtii s'est passe' ei-i d'audans les me^mes temps de nouveaux status et dans tous on trait les vaincus comme rangers, leur donnant commun6ment l'irritante qualification de # Ienneml lrlandais.,)) Offensgs daDs leurs, personnel et continuellement attaques dans leurs'proprie't's, ils prirent les armes pour se d6fendre. Dans ie cours de quelques annexes, ils recouvr6rent les provinces du nord et une parties de -celles, du sud. Leur triomphe fut presque complete au XVe Si el avec les, guerresciviles d'Angleterre entre les masons d'York et, de Lancastre; et, sous le r gne &Henri VII, ]a domination anglaise sur I'Mande ava-it presque Uj4 dispar.u. Mais elle fut de nouveau conquise, et la r6forme rellgieuse d'Henri VIII combla la measure, de ses infortunes. FiMes "a ]a religion e ,,res les Irlandais r6sist6rent leurs pe ourageusement aux innovations du,
protestantisme. De cette epoque date une notivelle "ere dans l'bistoire de ce
f
malbe'u reux people. Aux animosities nationals sucee'de'rent les, haines de relijion et, entre persecuteurs et pers6cut6s, il ii'y eut plus ni Anglais ni Irlanb
dais, mais protestants et cathofiques. Au nom de la religion, iet seulement on son nom., o6'publia des lois i-niustes et, tyranniques, sous les rbgnes &Elisabetb, de Guillaume et d'Anne, et, sans distinction de patrie ni dorigine, ellespoursuivaient I'Anglais aussi bien que FlAandaiso s'ils n'6taient members de Nglise r6form6e. Aprbs une longue lutte, le catholicisme se rel4e peu A peLi, et iejour viendra ou' I'Angleterre, moin8 pr4occup4e et plus convaincue des dangers qui la menacent, finira par effacer de sa legislation leis fataies (oniinosas) distinctions qui existent encore entre ses enfants et ceux de l'Irlande. Cest donc une erreur grave pour l'bisw.-oire, et funesto. pour Cuba-, e -iflits qui ne proviennent absolUMeDt que
d'imputer aux rivalit's de race I-es coi
de Intolerance religious.
((On fa-it aussi mention de troubles et de mesintelli(Tences dans le haut et le bas Canada, entre les races anglaiseet frall aise. 11 est A regretter qu'o'n n'ait pas d'sign6 Fann6e dans laquelle its ont eu lieu, parce queje n I ai connais, sance que de l'insurrection de 18.39, et celle-ci ne se produisit pas entre c0s deux provinces, mais entre le bas Canada et sa m6tropole, sans'qae'l'antipatbie des races y ait eu la moindre part. La colonies fraD aise du Canada fut conquise par IAngleterre en .1760. Seize ans apr s commence la revolution des Etats-Uni's, qui se terminal, comm6 tout le monde'sait,,par 1'etablisseme'nt d'une republique f6de'rative. Le Canada eut alors une occasion favorable pour suivre le movement de sa voisine, en preDant part A ]a Jutte centre ies An-




FORCE MILITAIRE. 31
tres temps dans ]a Nninsule et dont les conshluences se resentment encore ni la latte perpe'tuelle entre FIrlande et
glais, et en s'incorporant 'a ]a conf6d6ration comme Etat independent; mais, au lieu de cela, it fit tout le contraire; car non-seulement it resta fiddle, mais. encore it repousse de son territoire les Am6ricains quiTavaient envahi. Pour mieux faire appr4cier'l'importance des services que rendirent alors les Canadiens A la'G rand e-Bretagn e, je citerai les paroles &u'n historian analais
((,Lors de invasion it n'y avait dans ]a colonies anglaise que qoo homes 44e troupes de ligne, et ]a majeure partie-de ce no I mbre 8'6tait renferm.Ae dans les forts de Cbambly et de Saint-Jean, ou avait CA4 r6unie A lbord de ((Ia gabare qui se retirait de Montreal, tandis qu'il n'y avait pas de malice. (t Manmoins, tels furent les.sentiments des Canadiens, par suite du treatment ,K honorable. qu'ils avaient rep du Gouvernement anglais depuis la conqu6te de la colonies, qu'ils r6solurent noblement et de plein gre' de conserver le ox Canada pour I'Angleterre.))
a La Conf6d6ration du Nord-Am6rique se pr6senta au monde en peu d'ann&s comme. une puissante nation. Son example 4tait fait pour exciter Nrnulation, et si des sentiments bostiles 'a la race de leur m6tropole eussent agiV le coaur des Canadiens, le destiny allait leur offrir l'occasion la plus favorable de le suivre. Le bruit du canon annon a, en 18 12, que les Etats-Unis et ja Grande-Bretagne 4taient en guerre. Mais quelled fut la conduit du Canada
A
dans c es circumstances, critiques ? Etre toujours fiddle A sa m6tropole, prendre
A
les armes pour elle, -et pref6rer MeMe 1'6tat de colonies 'a celui de people ind6pendant. tcoutez ce que dit le m6me auteur que je viens de citer.
aLe 24juin 1812, on sut A Qu6bec que ]a guerre avait 06Aklar4e entre o(I'Angleterre et I'Amerique les Canadiens, quoique depuis longtemps accuse's o de disaffection enters leur m6tropole, et opprimes par des gouvernaws im#Wciles et arbitraires, se lev rent avec un noble courage pour d6fendre I'Ana gleterre et leur pays. Us auraient pu profited de la situation embarrass& de la ,gGrande-Bretagne en Europe; its auraient pu se joindre aux E'tatsi.-Unis et, faire parties du congrbs: Mais non; bien que sentant le poids des offenses fAdont i1soavaient &6 accabl6s, leurs efforts fure.nt ceux &une nature g6nea reuse et oubliant les in. jures, its ne se souvinrent que des bienfaits rqus de a I'Angleterre. Quatre bataillons -de malice se formerent A Finstant; un corps a de cbasseurs canadiens (troupe brilliant et particuUrement adapt6e au
Montgomery Martin, History of the British colonies., Vol. Ill, chap. 1.




3 2 FORCE MILITAIRE.
I'Angleterre, ni les troubles sans cesse oce'asionne's dans le bas et le haut Canada par la me'sintelligence qui existed entre
a pays) s'organisa et %76quipa dans le court space de six semaines, grace 'a la ,dr6solution de lajeunesse de la classes moyenne, du sein de laquelle sortirent aies braves officers, qu'ils se donu r *nt, et un entbousiasme militaire s'enyapara, de toute la population, donnant ainsi aux colons du haut Canada un
ple trh-important dans un moment de crise o' I'on retirait la
exem u troupe de
a ligne anglaise des colonies pour la faire marcher centre Napoi6on ...... La guerre &Am6rique a d6montr4,* en 1812, que les homes tax6s &infid6lit6 t enters Ila m6tropole n'etaient ni des rebelled ni des traitres car ils ont Acombattu. Yaillamment 'pour I'Angleterre et n"eussent 6t6 les Canadiens, o I"Angleterre ne strait pas aujourd'hui en possession du Canada.))
it Ceci prove que les habitants du has Canada, bien que de sang fran ais ont At6 amis de I'Angleterre, et que si, en 1839, ils se sont' lev6s centre elle, ce movement rqut son impulsiow, non de I'ofigine.des races,'mais de causes politiques.
a Mals accordions quil ne soit proven que de la rivalit6 des-races pourrat-on jamais compared la situation du has Canada aVec la colonisation cu I banaise? L'Angleterre a acquis cc pays par droit de conque-te, mais les colons qui iront "a Cuba n'auront pas le caractbre de conqu6rants pas plus que celui de vaincus. Quand le Canada passa au pouvoir de la Grande-Bretagne, C'6tait d6jA une colonic respectable par sa population, ayant une nationality 6tablie, une league, des lois, une religion et des costumes diff6r'entes de cells de la nation qui venait de la conqu6rir, de mani re que, de mal'tres et naturelsdu pays qu'6taient les Canadiens, ils se trouy6rent tout A coup comme sujets et sujets strangers de la puissance sous la domination de laquelle ils talentt
A
tombs. A Cu" ba, le contraire a lieu : le maltre le natural du pays reste toujours tei, et le colon qui arrive, qui est 1'6tranger, demure stranger twit
i n'embrasse pas' nos institutions et ne s'identifie pas avec elles.
((Qu'on se mette bien dans I'espriit qu'il n'entrera pas A Cuba ni 20,000, Di 30,000 colons d'un coup, quoiqu'il. strait bien A d6sixer qu'il en ffit ainsi. L'immigration ge fera graduellement'; les nouveaux venus ne se fixeront pas sur un seul point, niais se r6pandront dans les villas et dans les campaigns; ils se meleront et sunir6nt A la race espagnole; les enfants qui nal'tront, quelled q e soit l'origine de leurs ''parents,, seront 6galement Espagnols,,et, coinme la force dissolvante et assimilate du corps social, est plus puissante que celle de l'individu, Cub&, qui a d6ja' u'ne grande base de, population.,




FORCE MILITAIII.E. 33
les races anglaise et franchise, il suffira de jeter les yeux sur nos anciennes et malheureuses colonies, trava'ille'es inte'rieuremeDt et soumises en grande partly 'a influence des 6trangers, qui y sont kablis, elles sont aujourd'hui, comme le .Texas la prole aes quelques adventurer's qui les ont soustraites 'a la domination dLi me^me iGouvernement qui les avait accueillis avec tant d'hospitalite. Le Fisc -a I ne cniint pas que pareille chose arrive de sit k dans File; mais il n'est
absorbers et confondra, dans sa propre masse les e16ments rangers qu'elle recevra. 11 n'est donc pas 'a' craindre qu'il reste une race. I A c Ate' de I'autre, conime c est malbeureusement arrive avec ]a race africaine, qui n'a jamais pu Aetre assimilee "a cause de la funeste couleur qui la distingue. Et if y a d autant moins "a craindre, que les strangers qui iront A Cuba devront app4rtenir leM A
a des nations diff6rentes, dont la diversity sera par el eme une nouvelle garantie pour FAle; parce que, ne pouvant former un corps compact et hornog ne, ils se 'contre-balanceront eux-me mes, et ]'element espagnol, e'tant le plus fort, comme un astre puissant, doniinera. tous les autres en les attirant irr6sistiblement A son centre.
((Ce n-i^me Canada, que l'on oppose comme argument centre I'admission des races diff6rentes la colonisation de Cuba, va me server', A moi, pour ia defender. M. le Procureur fiscal nous a parl6 des niaux qu'elles produisent entre IADgle.terre et HrlaDde; et, pour cette raison, if considi re les Irlandais, commeennemis des Anglais. Eli bien, qu'a fait le Gouvernement britannique? Encourager autant qu'ill a pu Fimmigration des Irlandais au Canada. Et if ne s It est pas borne' 'a ces deniers; car if y est aussi pass6 des millers a, Ecossais, race egalement distinct des Ang-lais : de sorte que Ia' ou if y avait deja, ainsi qu'ou le supposr-, deux 616ments de discord, A savor le Fran ais, et I'Anglais, on a reuni. encore I'Mandais et I I Ecossais. Croyez-vous maintenant qu'un cabinet aussi intelligent que le cabinet britannique encouragerait introduction de races differentes-au Canada, s'iI s'apercevait qu'elles
A tS
fussent countries "a ses int6re coloniaux ?
a Les circumstances dans lesquelles je me troupe ne me permettent pas de votis offrir un 'tat complete de immigration annuelle au Canada'; mais les' quelq'es donn6es que j'ai sous la main et que je vous transcris ci-aprt ,s, bien qu'arrie're'es, Vous donneront une We des progr s de ia colonisation. Pendant' les anne'es 1825, 27, 29, 3o, 3 1 et 3,2 if y est entre' 36,600 colons,,sans




'FORCE MILITAIRE.
pas, douteux, que Fintroduction de colons kranzm Deut entrainer de, graves inconve'nients surtout dans, 1'etat actuel
computer ceux qui. sont d6barqu6s 'a Quebec et 'a Montreal les deux ports principaux par oa ]a plupart sont arrives, comme l'indique 1'etat suivant:
1829. 1830. 1831. 1832.' 1833. 1834.
D'Angleterre. 6,709 10,243 17$731 51198 61799
VEcosse .......... 2,643 2 450 61354 41379 121013 19,206
UI IrIande .... 91614 -18,306 34,133 27ffll 4t 196 41591
D'autres lieux ...... 123 -451 424 164
TOTAL.... 15,945 28,000 51,154 49,905 21,407 30,596
((On, nous effraye aussi avec le Texas; mals il n'y a aucune analogies entre ce qui S'y est pass6 et la colonisation cubapaise. Le Texas' 'tait ane. province de'serte ue perdue aux confines d'une nation d6cbir6e par les factions,, mise.
en, contact avec une r6publique puissante, et avee une front re d6couver'te, qui ne pouvait, arre ter le torrent adventurerss qui se pr6paraient perfidement A se pr6cipiter sur elle. Les circumstances dans lesquelles se troupe Cuba sont tout autres. Si sa position insulaire, dans des eaux avantageuses, et excellence de son sol la font envier par beaucoup 4c nations j. ces m 6mes quality sont le gage le plus certainde sa conservation pour I'Espagne, parce que la nation qui'tenterait de la lui enlever aurait centre, elle routes les autres. Peut-Are Pease-t-on que, parce. qu'il y strait pass6 buit oul dix mille famillesalilemandes, autant I de fran aises et, meme un nombre 6gal &anglaises, I'Allemagne, la France, oul'Angleterrefgrmeraient le stupideprojet de se server des colons qui auraient 60 pr6cedemment 4eurs sujets, pour s'emparer de Cuba. Une pareille We strait ridicule 0' ne saurait enter dans une Q-te aussi bien organis6eque celle de M. Queipo's Le plus strange de I'affaire, c'est que ce monsieur, qui se montre- si effrayant (pavoroso) quant A I'admission des strangers, et qui sans cesse accuse I'Angleterre de Yues sinistres A Ngard de Cuba, De remarque pas qu7en iopposant A la prompted et franche polonisation 1, il court
A
I" a devant du mal 'il voudrait 'loigner. Le Gouvernement anglais a-t-il sur Cuba les vues quon lui impute? Dans ce cas, rien ne Ies favorite autant que la situation actuelle de cette Antille, parce qu'etant praecteur decide des




FORCE MILITAIR)l 35
des chooses, ou', meme sans. ce pretext, les moyens n'ont
' ceux qui envient tant I'Espagne -e pr'c*
pas manque a C e leux
Wes qui inte'ressent plus de la moiti6 de notre population colonial, it, tient d3ns ses mains Farme terrible avec laquelle it peut la bouleverser en un moment. 11 n'y a qu'un moyeti un seul moyen de la lui arr acher et de nous rendre invulne'rables: demander 'a I'Europe et A I'Am4rique leurs enfants; les appeler, les convier a'ec instance, et ouvrir A deux battants les portes de Cuba A tous les planes de l'univers. Gest ce qu'ont fait les Etats-Unis du NordAme'rique, et c'est a cela qu'ils doiveDt d'avoir acquis, en peu d'ann4es, une prosp4rit6 sans example JaDS le' fastest de lbistoire. L'accroissement extraordinaire de leur population et de leur richesse est le fruit dc., Fimmigration europeenne; et quand on cherche, sur le vaste territoire de cette r6publique, les races rivals et enemies qui pourraient trouble le repos public, on ne troupe partout qu'une nationality' profondement enracin'e dans le c(eur de tous ses enfaDtS.
a On accuse enfin les'etrangers domicili6s dans les anciennes colonies espaI A
gnoles d etre en grande parties, les auteurs des d6sordres qui les affligent. It faut distioguer les indiyidus des gotivernements. Quelques-uns de ces deniers PeUt Atre auront bien pu, 'a raison de vues particulibres, fomenter des troubles dans quelqu'un de ces pays-la; mais les cultivates, les ouvriers et les comI A
mer ants qui sont all4s s'y etablir, loin d etre des instruments d'intrigues ou de disorders politiques sont e'sentiellement paisibles; parce que ce n'es-t qu'A l'ombre de la paix qu'ils. peuvent travailler et acqu6rir une fortune ou une existence aisee. Tous les troubles des republiques hispano-am6rica*ines peuvent etre ramen6s A deux causes principles. L'une, c'est que, gouvern6es des-. potiquement pendant 1'espace de trois sibcles, elles ne parent jamais faire I'apprentissage de la liberty, et que le jour ou' elles pr6clam ren-t leur ind6penda&ce, si elles surent combattre et vaincre elles se trouvbrent sans bases sur lesquelles asseoir leurs nouvelles institutions. De la', tant de faux pas et de chutes dans le sentier scabreux par sequel. elles se sont advances, car on ne passe pas sans preparation du. government le plus absolu 'a la plus ample liberty d6mocratique. L'autre cause, et la pire de routes, c'e4t, l'ambition des, cbefs militaires qui., se consid6rant comme les mai-tres du pays, aspirent cbacun de son coW, au commandment supreme pour gouverner suivant leur bon plaisir. Gest tellement vrai, que, dans les r6publiques o1h I'arrogance du pouvoir m ilitaire a disparu, ta paix est revenue,, et avec elle I'agriculture, le commerce et les letters ont commence A fleurir.




36 FORCE MILITAIRE.
rA
joyau pour traveller Ile et Ja mener A deux doigts de-'sa
perte. Le Gouvernement supreme doit donc y reffle'ehir, et
aJe rearette qu'un homme du merited de M. Queipo se motitre-si. acbarne
6
centre immigration des strangers 'a Cuba.'Ses opinions, e"mises avec toute Fautorite' que leur donne le poste'e'lev4'qu.'il o'ceupe, peuvent avoir de I ecbo dans ]a P6ninsule et causer les plus grand prejudices. Est-il possible que lorsque les lumi res du siMe, ]a tolerance des principles po'litiqfles et relicrieux 'et la facility des communications tendent, aujourd'hui plus quejamais, A diminuer les antipathies Dationales et "a unir les peoples entre eux; est-il possibie- qu'on aille prAcber A Cuba une "croisade centre les strangers, A Cuba, ohnous leur demons une grande parties de ce que nous sommes et o-h, saDs eux, nous peririons? Car, sans leurs mareb6s, qui consommerait nos products? Sans leurs navies, qui ies exporterait et qui nous apporterait e#n 6cbange tout ce dont nous avons besoin pour figurers ur la sc ne du nionde comme un people civilis6? Cuba n'a jamais pu se plaindre des strangers qui l'ont adopte'e'pour mere. La faire progressed, 1'enricbir, et m6me server d'exemple A ses enfants, sont des bienfaits 'que nous leur demons et dont I'Espagne recucille dej*a de grand advantages.
((Je pourrais taxer de r'etrogades le's id'es de M. Queipo, car, me"me dans les premiers temps de la conquest, il y eut des Espagnols 6clair4s qui plaid6rent pour I'admission des rangerss 'a la colonisation. En 1 17, arriv rent "a Santo-Domingo'les trois religieux, bi6ronymites que choisit si' heureusement Ie cardinal Amen'ez de Cisneros, alors regent du royaume, pour apaiser les troubles des Castillans dans cette fle; et dans empire que lun deux, le F. Bernardin de Manzanedo, address en f4vrier 15 18, on disait, entre autres
I
chooses, que pour coloniser, le point le plus essential, !a base de tout, c'etait qa'11
At
y. a a beaucoup de cultivateurs et de travailleurs ......... qu'il, conviendrait de puA
blier, a son de trompe,'et defaire conna'.1tre a tous ceux d'Espagne, de Portugal et des Canaries qu'll leur dtait laissd la liberty d'aller s dta6lir. D Remarquez bien que les. Portugais etaient alors aussi kraTigers qn'ils le son't aujoud'hui, car la couronne de Castille n'avait pas encore domine' le Portugal et cette do 'ination ne passa point 1'ann4e 16 4o.
((Le Iicenci6 Alonso Zuazo, juge de residence en l''le de Saint-Do mingue e.ut encore des Wes plus lib6rales et plus convenables 'a la colonisation. Dans une letter dU 2 9, janvier, 15 18, 6crite par lui A M. de CIA&res, ministry de
* confidence de Charles I er on fit ce qui suit : (41 est indispensable qu'on puisse
venir librement de routes les parties A monde coloniser cette terre, et que l'on




FORCE MILITAIRE. 37
serieusement avant de s'aventurer dans une. voie si seabreuse.
L'augmentation de la force armee n'etant pas extraordinairement urgent, il n'est pas necessary d'examiner imme'diatement dans quelled proportion elle devra avoir lieti; dans tous les cas ce ne strait point de la competence d'un ministe're si 6traDger 'a la pr ofession militaire. Laissant par ce motif 'a d'autres plus -babiles la decision A prendr.e sur ce point, il se bornera A dire, en ce qui concerned la parties politique, que, la force des troupes consistent dans Jeur discipline rigoureuse, Faugmentation de. Parmee permanent
A I A
parfait plus conform aux int6rets de FEW que Icelle des milices dont la nature ne compote ni la discipline ni Factiv'ite dans le service quereunit ]a premiere. Toutefois, si, dans Ie but de rendre moins lourd au tre'sor 1'entretien
A
de ce surcrolt de forces, on pref6rait augmented la malice rural, le Gouvernernent ne devrait pas n e'gliger de composer les cadres de' son etat-major avec des officers emprunte s aux ve Wrans des troupes p6ninsulaires si l'on'veut que Institution reponde 'a ses fins.
doane une authorization 'gdngrale A cet fet, en en exceptant seulement les Maures et les Juifs, de meme que les he'r6tiques converts, leurs fils et petitsfils, conformement 'a la prohibition qui les frappe dans l'ordonnance. -a Antonio de Herrera en racontant I es e've"nements des Indes en 15 2 o, dit, livre IX cbapitre vii, que I'ile d'Espanola demand, au Roi de permettre aux (yens de toute nation de venir la coloniser, afin de detruire Finfluence des n6gres. Choquant contrast entre le language d'un siMe que nous appelons d'obscurantisme et celui que l'on tient aujourd'hlui, au. milieu de notre civilisation advance et lorsque des perils plus iniminents que jamais nous nCDt de toutes parts!




'COLONISATION.,
Ces, pre'litn inaires pose's, la prem eire chose qu'il imported d'examiner, cest le but qu'onsse propose en poussant, 'a Ja colonisatibn parce que suivant I)obj et qu"-on aura. en vue les moyens A employer pour y arrived devront 6gale ment varier. A ,en jogger par Ies motifs que nous indiquons, au ,commencement et qui sont 'in dubitable m ent, ceux qui ont, guide' la Junte royale, il paraft qu'il s'agit purement tt si Em elementt de substitute une population blanche stable 'a celle de couleur, sans s'inquieter de I'accroissement de' la population en general, qui pourr ait tout I au plus eftre une cons quence secondaire de on but principal tandis qu'au contraire les moyens adopted. par elle pour Fatteifi dre tendent uniquement 'a augmented le nombre des simplesjournaliers blanco, qui ne pourraient contribute que tr s-peu, Si me* me ils ne nuisent pas consid6rablement, au de'veloppement de la population se'dentaire. Selon notre maniere de voir, la Junte royale a co'nfondu-deux chooses tres-diff6rentes: Augmentation des bras qui pourront e^tre necessaires dans




COLONISATION. 39
)A
ile, par suite de la suppression total de I d trite, aujourd'hui absolument indispensable et la substitution de la race blanche 'a la race actuelle de -ouleur. Ces deux points sont important et doiveti t se trailer se,parement.
er
ACCROISSEMENT DU NOMBRE DES TRAVAILLEURS'.
Emporte's par leur instinct ii-tereantifle ou 7 si Pon veut par un movement de sine6re et ge'n6reuse humanity enters leurs esclaves I es Anglais decreterent, e'n 18 3 3, leur comete emanci at' r s quelques annexes d'un
p ion ap e regime
interme'diaire qui devait les preparer 'a la jouis'ance d'une liberty' absolute. Les evenernents mareb'rent plus vite dans les colonies que les idees dans la me'tropole; et non-seulement le Gouvernement se vit dans la ne'cessite d'oetroyer la liberate aux esclaves avant I epoque determined mais il dut -encore eprouver I'amer de'sappointenient de voir ses plus che'res esperanc:es d6cues par Iinvincible repugnance des noirs pour toute espece de travail inethodique et soua Dans cet article, diverse donn6es tendent a prouver que si, en d'autres
A
pays, les esdaves n'ont pas diminu6, Meme sans la trai'te,,, on doit moins s I attended 'a ce qu'il en soit ainsi 'a Cuba; et de IA on degage la consequence que l'inimigration blanche West n6cessaire ni, pour la conservation de's exploitations actuelles, ni pour d6fricher et essartler' les terres ineultes Reportonsnous aux propres paroles de I'auteur, dans les deux deniers parAgraphes de cet article, page 4 2. On ne saitrait dire n6n plas que, etc. (Don J. A Sacop. 2 9.)




40 COLONISATION.
-tenu. Votre Excellence peut constater cc qui est aij our-I d'hui de notoriu't6 publique, jusqu'at quel point et dans quelle progression rapide a de'cru dans les colonies anglaises, et particulie'rement 'a la Jamaique, la production des denre'es tropicales 1. Pour obvier 'a ciet inconvenient, le Gouvernement britannique s'est vui oblige', en, contradiction peut-tre avec les principes qui l'avaient port' 'a la grande mesure de emancipation, 'a promouv oir- et At stimuler immigration des Indiens. malabares 'a l'ile Maurice, et celle des Europeens et des Ame'ricains aux Antilles; puis enfin 'a recourir, dans ces derni~eres anne'es, 'a celle de ces meimes Afficains libres, mais sous, des conditions re'glementaires rigoureuses, que, par un
1Suivant une note pre'sentee par le ministre anglais des colonies a la Chambre des communes, au mois de mai 18 44, les importations de sucre des Indes occidentales, de 183x 1 ala fin de j 843, sont comme, suit:
P!bR10DE D'ESCLAVAGE. PiARIODE D'APPRENTISSAGE.
Ann'es. Qulitaux. Annees Quintaux.
1831 ........... 4, 1o3,8oo 1 835 ........3,524,209
1832 ...........3,745 fi3... .,61791
1833.*..**..*... 3,646,205 1837............. 3,306,775
1834...............3t843,9761
PAIODE DE LIBE1IA.
Anne'es Quintaux. Anne'es. Quintaux.
1838. .. .. .. . .. 3,52o,676 184i. I.. .. ...2, 148,2 18
1839 ........... 2,824, 37 2 1842 ............2,508,725
1840............ 2,214,764 1843............ 2,509,074
Moyenne de la pe'riode d'esclavage ..............3,907,074
d'apprentissage ............3,474,258
de libertL..........2,621,076
Ainsi donc, -malgr6 le salaire d'ev6 qu'a permis de donner aux aifranchis le haut prix assure au sucre colonial par des tarifs protecteurs, sur le march de l'Angleterre, et nonobstant l'augmentation du nombre des travailleurs au moycn des immigrations, le produit a diminu6 de plus duan tiers.




COLONISATION.
respect phatisaique pour Phumanite, it n'osa pas imposer a ses nouveaux afTranchis.
f 9
Que chacun apprecie, comme it 1'entendra, la morality' de cette measure considered par rapport au Gouvernement anglais qui se monte si zele' pour la suppressioti de la trite chez les7 autres nations; quant h nous, it nous suffit de savor qu'il avait e'videmment en vue quelque chose d'utile et surtout de necessaire pour le de'veloppenient de ses colonies. Mais cc qu'il imported le -'plus A notre but de faire observer, c'est que cette measure n I a pas ete' ]a consequence de la suppressionAe ]a trite decrete'e par le parlement anglais et scrupuleusement obs6rve'e dans ses colonies depuis 18 o -/ mais bien pluto^ t celle de Nmancipati.on qui, Ilaissant aux enclaves, 'a partir de 1838, la libre disposition de leurs volontes, leur a permits de se liver impune'ment 'a leur naturelle indolence, et de. refused le travail constant et regulier, sans sequel la culture en grand, qu, I exiLent aujourd'hui les denies colonial s, est d une impossibilit' absolute.
La suppression de la trite n'a pas diminue' 'non plus le nornbre des bras dans les colonies fran *aises; Au mOiD S, j USqua present, leur government ni les colons ne s'en sont plaints. Cc maDque, de travailleurs n'aurait pas e-te compatible lavec ]a prosperity croissantede ces possessions, avant que ]a concurrence du sucre de betterave Ant, en 1833, changer leur situation.
Dans les Etats du Sud de Mnion ou" 1'esclavage subsisted encore, la suppression de ]a trite depuis le ler janvier 1808, loin de Produi*re une diminution de bras, a plus que double' le nombre des esclayes qui de 1 9 1010,000




42 COLONISATION.
"Is talent cette epoque, S'elevaienth 2,487,355 vers
la fin de i 84o. Ce re'sultat est si natural, que', de's 1807, le Gouvernemept britann'ique fondait ses esperances sur cet accroissem.ent comme offrant'un moyen d'am6liore.r le sort de la population enclave, par l'interiet que devaient avoir les maitkes A ]a signer et 'a ]a former aux bones moeurs, afin de la conserver. A plus forte raison devons-nous Fesp6rer chez nou' qu- i sans ce Motit avons encouran,4 les inariages, presque inconDUS parmi les enclaves des autres, Colon 1*,es au point d'en porter le' nombre, cornme nous Favons vu a une t*
propor ion presque egale A celle qui jexiste pour les families blan cbes, relativement A la population laquelle ell es appat fiennent; cheZ DOUS, enfin, qui les, avons trite's assez humainernent pour qu'ilspuissent egaler en longe'vite' les colons blanks''.
2 11 n'y a donc pas 'a cka'indre que les bras manquent pour Favenir et encore M o ns au"ourd'hui que nos negres ne se refusent pas travailler et ne pourftAient le faire si
ce nest dans le cas d'une emancipation ge'n6rale comme dans Jes C01ODies anglaises.
MaIgr6 les -assertions countries d 11 un auteur moderne dont nous respectons l'opinion nous avons cru Aevoir acco' rder plus de credit au recensement official qui se troupe dans I'almahach am6ricaln de David H. Williams. ''2 Don J. A. Saco dit, pages 3oA 38
4 Je le demanded 'a' iout homm e,- de bonne foi, un tel language peut-il Se CODcilier avec, encouragement de la colonisation blanche I ou ]a prosperity' de Cuba? E D. admettant que les, esclaves se multiplient, leur aCcroissement lent et Presque imperceptible, suffira-t-il a'uxgrands besoins de I'agriculture cubanaise ? Nos tastes 6tendues de terres incultes pe demand'ent-ellesvas A grand Cris des bras qui les d6frichent et les, assent produire 'a I'ayantage reciproque de IA colonies et de ]a me'tropole'? Quoi! parce *ue ]a culture n'est pas enti rement n6gli 'e J'ans ]a, parties occidentale de 111c, nous ne demons point faire




COLONISATION. 43
On ne saurait di'M non plus qm, si l'immigratioa n'est pas necessary pour Ia conservation des habitations Uwas) actueld7efflorts pour I'am6liorer dans cette m6me parties, en Ntendant aussi-aux fertiles regions qui se trouvent encore au m eme kat dans sequel elles sont sorties des mains du Cr6ateur! L'Espagne nest pas le pays A citer comme mod8e en mati6re de population; elle na pu, durant ses longs mallieurs, la d6velopper comme il conVient A la fertility de son sol et au grand r6le qu'elle doit jouer
A
dans les destinies du monde. Mais, Meme ainsi, la difference est enorme et toute au prejudiceAe Cuba. Ce n'estpas dans une seule province, mais dans I'Espagne entire que l'on compete -7 5 o habitants par fieue career; tandis qu'A Cuba, dans sa parties la plus peupke, il ne sen troupe que 5 8 7. En Espag-ne, dans les villas comme dans les campaigns, toute la population est libre et blanche'; mais A Cuba, et surtout dans ce m6me department occidental, plus de ]a moiti6 de la population est noire et soumise A 1esclavage. Et ce nest point IA le pire: il consisted en ce que M. Queipo double entibrement d'examiner la question au point de vue de son influence politique, qui est la plus grave et ]a plus important de routes. La colonisation A Cuba est une n6cessit6 des plus urgentes pour donner A la population blanche une pr6pondirance morale et num6rique sur celle de couleur, qui est excessive; elle est n6cessaire et urgente pour l'opposer, dans le department oriental, aux i,3ooooo habitants dMaiti et de la Jama-ique, qui, des co"tes de ces deux. Iles, considbrent attentivement ies, pages deserts et Ies, solitudes de Cuba; elle est necessary et urgent pour ntutraliser jusqu'A un certain point ]a terrible influence des 3 millions de noirs qui nous environment, millions qui vont croissant et qui pourraient nous engloutir avant peu si nous restions stationnailres; elle est n6cessaire et urgent enfin, pour rompre le levier dangereux qui, manceuvr6 par des mains ennemles peut mettre Cuba dans un tr s-crrand p6ril en la courant de deuil Z)
lUiMA
et en Vinondant de sang. M. le procurer fiscal I'a dit eme et P vais reproduire les expressions dont il se sert A I'article Sireti publique, P. 15 1.
,a)Si, depuis I'abolition de 1'esclavage, I'Angleterre a cru convenable d'instituer une police qui, pour la Jamai-que seule, ne col te pas moins de
-a i oobaro piastres par an et dont la force num6rique S'6the A iooo bommes, o pourrions-nous entoure's comme nous le sommes de si nombreux. et si actifs a ennemis, feindre de m6connaitre la n6cessit6 qU iI y a de career un corps de aaooo bomnies au moi ns afin de pourvoir A la s6curit6 des campaigns, peuit pl6es en majeure parties par ies, enclaves, ainsi qu'au bon ordre et A ]a police a des villas ou' existed le foyer de iturs t6n6breux. conciliabules? Que le Gouvernement ne se fasse pas illusion. 11 ne s'acrit pas d'arre"ter les complots des




COLONISATION.
les,'elle 1'est du nloinsspour I ledefrieernent et la mise en valeur des tastes e'tendues de terres qui resent encore incultes;
((noirs qtfil, 6videmment, ne sont pas nos ennemis, malis pluto"t les instruments aveugles d'autres plus Rcharn4s, tr s-puissants et dont la pers6ye'rance finit 4(a'% la longue par assurer le triomphe.))((Et qui .6crit clela, n'est-ce pas le mAme hornme qui met.partout des entraves A immigration blanche, et nous prive ainsi de l'unique resource que nous ayons encore pour d'jouer les projects t'nebreux qui inspirent tant de tefreur?
Ilse recrie contreles engagements que i'on peut contractor pour introd u ire &Espagne A Cuba des journaliers blanco, et il demanded meme que le Gouvernement ne les toMre point. Et pourquoi ? Parce que, dans d'autres pays, ila e't6 quelquefois commis des abus. Ce qu'on peut en inquire, Vest qti'if
A
faut, prendre des measures pour ies empecber, et non point qu'il faille condamner absolument les engagements et renoncer aux advantages qu'ils peuvent
A
nous procurer. L'int6ret abuse de tout,'et si l'on devait pour cette raison proscrire les institutions 'a la faveur desquelles se commettent les abus, il n'en existerait aucune dans la society. Suivons les examples que nous cite M. le procurer fiscal. 11 y a eu des abus dans 1'enrAlement des colons que-l'on introduisait aux Antilles anglaises; mais le Gouvernement britannique, loin de pobiber leur immigration, a porte rembde. au mal, et la colonisation continue., Dans le meme rapport, il donne des lounges A la companies belge, 'a celle dfi Texas, A celle du Canada, etc. : eb bien done, de meAme que celles-ci
A
ont iDu s organiser de fa on "a m6riter I'approbation'de M. Queipd, de Meme aussi il pourra sen former d'autres 'a Cuba ou en Espagne, exempts de vices
'il est tre's-facile de corriger. Et, en effet il s'est form6, it y.a deux ans,
la Havane, non une companies, mais une enterprise pour y introduire des cultiYateurs et des ouvriers de la P6ninsule. A son example 7 il aurait pu S'en form er d'autres; mais la brigue des contrebandiers de trailed (n6griers), faisaInt
A t
jouer tous les r6ssorts qui favorisent leur int6re s est applique'e 'a discredited immigration blanche, pour voir si. elle forcera l'opinion A reculer, et si lon en reviendra 'a demander des n6ares.
((Il e"nonce 6galement que c'est "a peine s'il y a des fonds pour souvenir aux 'frais de passage des premiers colons. Le mal est tout par6, en consacrant "a un si utile objet une parties des revenues de Cuba; mais il ne propose rien de semblable, et tout se r6duit 'a demander que les families agricoles ailleDtt pour leur compete, s'6tablir sur, des terres et elles appurtenant. Mais scra-t-il facile 'a des families pauvres d'avoir de quoi pourvoir aux defenses d'un si long voyage pour tant de monde A la fois (de un viage tan largoy dilat-ado) ? Et




COLONISATION. 45
parce que, rernettant 'a bientok le soin si nous
sornmes ou non dans le cas d'entreprendre ces dffricbememe, en supposant qu'il y ait quelqu'un qui leur fasse des advances, donneront-elles ]a preference 'a notre pays, iorsqu'il y en a d'autres qui, aux memes qualities physiques, joignent des advantages politiques que nous ne pouvons leur offrir ? Admettods queltes le pre'f6rassent y trouveront-elles des terrains
4
A eux appartenant, sur lesquels elles puissent travailler? Auront-elles tou,ours de quol acheter ces terrains et I si elles en ont les moyens, y aura-t-iil toujours des veDdeurs? Forcera-t-on les proprietaires 'a ali'ner leurs t erres ? Mais le GouAt
vernement leur distribnera lessiennes. Dans le meme rapport', on reconnal l'insuffisance de cette resource ; car nous lions, page 13 4, la phrase suivante En, admettant que, par cette voie ou par d'autres, aa moyen d'achats, par example, 1'Etat acquit des terrains pour les repartir entre les premiers Colons /ear nombre demearerait toujonrsfort restraint
((Demander done que ]a colonisation de Cuba ne se fasse qu'avee des families agricoles, et sous les conditions qu'on exige, c'est ne point vouloir ce qu'on demanded. Je veux, qu ant A moi, qu'il y aille des families, aussi bien que de' simples colons; je veux qu'il y aille des ouvriers, des comer ants,
-des letters et des savants -. en un mot, je veux qu'iI y aille toute sorte de personnes, pourvu'qu'elles aient la peavi blanche et sacbent travailler ho'norablemeia. Vouloir cela, c'est ce qui s'appelle vouloir le de'veloppemeDt de la population blanche; vouloir autre chose, c'est nous repaired &illusions, et DOUSpreparer des deceptions certaines.
((Pour d4montrer l'impossibilite' d I exploiter les sucreries avee des bras libres M. Queipo s etaye sur le baut prix des salaires dans les Antilles anglaises et a Cuba. Je sais bien que le travail des esclaves, consid6re' mate'riellemeDt, et VU les circumstances du moment, est moins cher que celui des bras libres; mais les calculus de M. le procurer fiscal sont inexact pour diverse raisons.
(t 10 11 y prend comme un 6tat normal et constant des salailres ce qui n'est que passage et 1'effet de circumstances extraordiDaires. Dans les Antilles anglaises, il y a eu apr s 1'e'inancipation un d4placement g6n6ral de travailleurs, ceux-ei se retirant dans les villes et laissant les campaigns, pour ainsi dire, A I'abandon. It en est resulted' un grande diskette de cultivateurs, et de la' le baut prix des salaries.
2' Quant 'a, Cuba, si tous les negres disparaissaient d'un''seul coup de ses sucreries, et que -des ouvriers blanco vinssent subitement les remplacer, peutM. Saco da pas'reproduit la phrase enti re. (Note da traductear.)




46 COLONISATION.
wents avee des ebances probables de success, il n'est pas certain, que la culture 'soit retirement negligee faute de
A 4f
etre alors les observations que l'on fait 'Seraient-elles admissible ; mais, combine les enclaves doivent rester sur les habitations, et que en supposant
A
q "ils diminuent la diminution doit etre lente les pertes que l'on 'pro petivent bien se preparer "a I'aide de' travailleurs blanco., de mankre que les chooses s'e'quilibrent peu A peu., saDs que les proprikaires se voient forev's de payer tous les salaries que n6cessiterait une substitution instantank.
Y Pour resource le proWme des advantages ei-itre le travail libre et le travail force', on n'a tenu. compete que d7un. seul 'des e'le'ments qui le Constituent, a savor le prix des esclaves, et on a laisse' compl6tement'de coW la ItAunion de zirconstances qui font varier et modifient ce prix. Force nous est de reproduire les id6ea que nous avons publi6es sur ce sujet, A Paris,, il y a deux ans, dans, une brochure intitule'e : Supresion del traffic de esclavos africanos.
((Quand il s7agit de decider si un enterprise pr4sente ou. non des advantages, il ne suffit pas de consider seulement un de ses eUments; il faut, en outre, peser, routes les citconstances qui peuvent influer d'unle mani6e favorable ou. contraire. Les propri6taircs ou. planters (hacendados) qui, pour calculer ies bene'fices des sucreries, ne tiennent compete que de la. somme des salaries, parent d'un faux principle; car ils se figurent que parceque ces salaries sont 6lev4s, on ne pourra trouper dans auction des autres 616ments dt la. production une economic qui compense leur cherte. Heureusernen t 'a' Cuba, il y a beaucoup de moyens, auxquels on peut recourir pour balancer cette perte, dont la cause ne doit pas eAtre consid6ree comme constant mais bien puren-ient transitoire; en effet, avec I'affluence des colons, 1'6quilibre se Tkablira tres-promptement, et les chooses prendront une march plus- re'guVoici quelques-uns des moyens, que l"on peut adopter:
K All6ger ou. supprimer compl4tement' les imp'* ts qui gr vent le sucre et les, autres denre'es de Cuba;
4tExempter de tout droit ou. contribution certain articles que le propri6taire emploie pour Ia consomination de ses travailleurs
4tendre la. mefme protection A tous instruments et machines propres A I'agriculture et A la fabrication du sucre
Simplifier et perfectionner les operations agricoles et manufacture 'res des sucreries soit en introduisant des machines qui suppMent les bras nombreux qu'on emploie aujourd'hui, so"it en ameliorate la quality' du product, soit en utilisaiA tout ce dont un bon syst ine'dkonomie doit savor tirer parti
Faciliterefifin Its communications no-n-seulement en construisant des




COLONISATION. 417
bras, puisque la population de la partie- occidental de 1'^le I I
s value, aux 5/6 de la population moyeDne de la Peninsule.
routes dans toute File, mais en levant les entraves qui emp6chent de nayiguer fibrement sur ses co"tes. Quelle difference de sort, 1pour les proprie'taires, s'il y avait A Cuba des cbemins! Quelle 4conomie pour eux dans le transport de leurs deDrees aux lieux de leur embarquement! Avant la construction du cbemin de fer de la Havane 'a 6uines dont la longueur est de 12 lines, les propri'taires des sucreries situ4es dans ce quarter payaient pour le transport de cheque caisse de sucre A la capital 3. 1/2 piastres fortes, et quelquefois advantage. Si une sucrerie fabriquait 2,000 caisses, leur transport pouvait oIter de 7 A 8 mille piastres; mais aujourd'hui, avee le chernin de fer, on peut en -6pargner de 5 A 6 mille, somme suffisante pour souvenir convenablement une famille respectable.
((Ces idees se confirmed par observation de ce qui se passe en &autres pays ou, bien que le sucre ne se fabrique point par des journaliers, mais par des esc-laves, le prix de ceux-ci est si 6lev.4, qu'il excMe de beaucoup en importance celui des premiers. Stir ies sucreries Je la Louisiane, on n 11 emploie que des enclaves, et la valour de ces eltablissements est si grande, qu'elle surpasse du triple, et me"me advantage, celle des habitations de Cuba; eh bien, malgr6 cela, malgre' le climate qui tue la canne et oblige de la replanter tous les ans, malgr4 le fable rendement de ce roseau et la mauvaise quality du sucre, il a pu encore letter sur le march avcc celui de Cuba, et cela ne lui
A
a ke' possible que grace 'a la facility des communications et 'a la protection que le Gouvernement am6ricain a su lui octroyer. QU'on en fasse autant A Cuba, et ses sucreriessubsisteront, quels que soient les bras qufles exploi-tent.
t(L'e'levation des salaries troupe aussi une compensation dans certain, avantages que preseDte le service des colons blanks, et qu'on ebereberait vainement dans celui des enclaves.
a 10 L'intelligence -sup6rieure des premiers et la plus grande utility de leur travail leur donnent une grande pr4ponde'rance sur les enclaves africains.
G 20Quand une habitation est. exploited par des, libres, si quelqu'un centre eux contracted des vices, rqoit quelque b)essure, ou deviant paresseux au travail le proprie'taire peut le conge'dier et le remplacer par des bras tiles, du le garden sur son habitation, en faisant avec lui un nouveau contract moins on4reux. Mais, lorsque les'cultivateurs sont esclaves, lema-tre est condamn-A N A
a supporter les n, emes frais, sans pouvoir jouir des me^mes services.
a 30 L'indolence des esclavescause beaucoup de prejudices sur unesucrerie. L'animal qui s'&bappe et ravage les plantations, le cheval qui se niorfond,




48 COLONISATION.
La population iotale de PES'Dagyne, sle'levant 'a environ
millions, fait -ressortir h /75-0 IeDOmbre des babitants par
le bceuf qui se rom pt ]a nuque, 1'e'tincelle qui tombe -et brlle le champ de cannes ou incendie toute la, sucrerie, sont des malbeurs qui arriveront moins frequemment, lorsque les habitations ne seront plus A la merci de sauvages afficains.
((4* Ayee la fid6lite et ]a responsabi'lite' personnel des colons blanco, on evitera les vols de sucre et de vivres qui, sur une grande sucrerie,'4quivalent annuellenient A des Centaines et meme A des millers de piastres.
((5" Les maladies lei marronDages, les captures, les bapt emes, les marriages et les enterrements sont des frais qui-retombent sur le maitre des enclaves, et'qui, sur une habitation de cent n gres peuvent bien s''valuer de 8oo A 1,000 piastres. L'babitant n*aura rien de semblable 'a paver le jour ou' il emploiera des cultivateurs l bres.
A(60 Les soul6vements des enclaves entrainent 'a leur suite des pertes qui 11 affectent point celui qui emploie des bras libres. Le nombre de noirs quii perissent dans la lutte et les frais de la procedure judiciaire, ou les gratifications qu'il faut donner I pour 1'empe"cher,- sont' des charges qui retombent sur le mal"tre des enclaves.
((70 Tout'es les habitations, et particuUrement les sucreries et les caffiries, ne se sont-elles pas conside'rablement ressenties de la crainte quinspiF
rent ]a trailed et ses consequences? A quelled 'aleur ne s"16veraient-elles I A
si, au lieu d etre exploiters par des esclaves, elles 1'etaient par des bras libres? Beaucoup d'habitants n'ont-ilis pas leurs fonds dans des banquet Ctran&es? Yest-il pas vrai que les capitaux leur Irendent un int' e C, comparativement 'a ce qu'ils leur produirdient 'a Cuba? N'on"t-ils pas perdu desMilliODS de piastres par les faillites des banquet des Etats-Unis du Nord-Am6rique? Et tout cela, n'est-ce pas une perte grave qu'ils supportent par suite des appr6bensions foudees que leur inspire ]a pontiDuation du traffic des esclaves ? Je
les proprietaires d'arreAter leur pensee sur ces considerations et, lorsqu'ils supputent la d6pense que leur occasiODnent leurs esclayes, de ne jamais oublier ces pertes, non plus que leltaux eleve d'assurance qu"ils parent aux pays strangers.
((,AIais revenons aux colons du rapport; M. le procurer fiscal les r6duit A une triste condition. 11 les condamne A vivre dans uu c6libat perp'tuel, car, etaryt prolitaires leurs mariages- accrottraient la' mise're des classes indigents, et
-avec elle la scarce trop ficonde' des crimes auxqtwis la socUt-d est en batte et des dangers qui 1environnew. v (Voir ]a suite, page 7.2 -




COLONISATION. 49
lieue carree de,,2o au degree, et le dernier recensement de
A
Cuba en attribute, 5 8 7 'a la meme superficie dans le d4parJA
cement. occidental de I i1e. Mais en admettant pour les autrq districts le manque' de bras et la ne'cessite qu'if y a A introduilre des. travailleursJ1 Y' aurait encore a examiner si
A 'tant possible, et moral, le moyen adopted par la Junte
eme e
royale, Fimportation de simples jourDaliers ou. manoeuvres europ6ens permettrait d'atteindre, le but qu'on se propose.
5 2.INCONVENIENTS ECONOMIES.
La'question, considered au point de vue &onomique, se credit 'a une' simple comparison de cbiffres; end'autres terms, A savor si la, substitution du travail salaries. au travail force' permettrait 'a nos degrees, de so'utenir la concurrence sur les marche's. d'Europe. Tour cela il faut d'abord de'terminer c'e que peut couAter aujourd'hui la journey de travail d'un enclave, *et le min imum auquel le prix, du sucre permit de faire face h ce salaire san& auctm beneffice pour le proprietaire. Sans ces donne'es le proj et introduction de travailleurs blanco manquerait absolument de base, et, si la Junte royale ne les a pas reunites et discutees, il faut avouer que sa determination dans une si grave matiere a e'te' moilris le re'sultat d'une conviction puisee dans, 17examen attentif et consciencieux qu 7 elle en a fait, que celu* dune impulsion




50, COLONISATION.
qui resemble beaucotip 'a 1'essai d'ac' n ble et spo'tane,
cliniatement &une plante que l'on reconnaitrait utile, mais dont on ignorerait les conditions de culture et existence.
11 n'est pas facile, 'a la verite', de determiner excitement A combine se16ve la defense de nourriture, d'habillement,, de conservation et de logernent d'un enclave; parce q'e, pourvoyant en nature A routes ces eboses, leur prix-... variant frequemment sur la place, et celui des vivres de Fhabitation
JuS A
ne pouvant non p etre fixe' qu'approximativement, cette
I
evaluation reste tant soit peu vague et comme renfermee dans des bones insaisissables. On peut cependant, en la portent au taux le plus eleve, 1'evaluer annuellement A 70 piastres 4 reaux ainsi r4partis
PAR AN.
Viande sake et fumee (Tasajo), une demi-livre P. r,
par jour 'a 2 piastres Farrobe i 1' 494). 4
Deux liabill6ments ou reebanges complete en toile,
avec une couverture de laine. . -,-. 0 0 0 4
Malis, bananas ou autres vivres de Fhabitation 'a
1/8 de real par jour. 9 0' A 0 0 0 a
M6dicarxients et soins m6dicaux pour un/e habitation ayant -2co noirs, 4oo piastres ......... 2
A
Int6rets da capital de 3oo piastres, representant
la valour moyenne &un negre d'ateheir. 3o
Amortissement du capital,. en' portent 'a 5 po 0/0
le chiffre de ]a mortality, ou en Ovaluant a 2o
ans la dur6e moyenne de la viie dans ce pays-ci. x 5
.7o 4




COLONISATION. 51
'Felle est ]a defense la plus. forte qu'occasionne annuellement un esdave, meme dans les eirconstances les 'Moins favorable pour le maitre.
11 strait plus difficlile de degager le minimum de prix
A
auquel le sucre permit, sans perte ni profit pour le maitre,, de couvrir cette defense,, ainsi que les autres frais ge'ne'raux de Mabitation; mais, comme il n'y a pas de necessity'
nous laIncer dans de longs calculs, nous pouvons admettre, avee l'opinion general, que ce prix est de 4 et 8 re'aux I'arrobe, pour les, nouvelles sucreries bien montees, qui ne labriquent pas moins de 2'5oo caisses ou 10) 0 0 0 quintaux de products 'a cbaque recolte C e miniCe calcul peut cependant S'6tablir ainsi
Reaction ou frais exploitation b. Maire, pour entretien, nourriture, salaries, etc., sur une sucrerie pouvant prodaire 40,000 arrobes ( 2,500 caisses avec un atelier de 200 noirs de tout dye.'
Nourriture ve4tements 'm4decin, medicaments, droits eccUsiastiques pour marriages, bapteAmes et enterrements "a 25 piastres 4 r6aux. 5, 1 oo piastres.
Inte'r6ts A 6 P. o/o du capital de 3oo piastres, que repr6sente la valour moyenne d'un noir &atelier.. . 0 6 0 0 0 3,6oo
Amortissement de ce capital. A raison de 5 p. o/o, en supposant de vingt ans, ia duree moyenne de la vie sous ce climate ............ 3,ooo
APPOINTMENTS ET SALARIES.
i gereur (mayoral) 700 piastres.
i maltre raffineur (maestro de azucar). goo i m6canicien . 0 0 0 goo
I atelier (taller) de charpenterie, 0 8oo i bouvier (boyero).. . 0 0 0 0 0 0 400 i 6conome ( mayordomo ) . 0 a 300 i briquetier ( tejero 200
4,200
A reporter...... j 5,qoo




52 COLONIAL TION.
mum est cependant plus, e'leve dans les C01ODies franchises, ou on Ie fixe "a 2 2 'frtincs les 5o kiloor.', 1/2reaux forts
sOit 7
Report.. 15,9oO piastres.
2,5oo caisses, (envases'), cuirs, gros'et petits clous pour,
Fencaissage, transport aux magasins de vente ...... 0 0 0 0 6,25o
Redevance ou rente fbnci re de 4o caballerias de terre. iooo
Savage pour les bestiaux et a'pprovisionnement de fbu
rage pourla roulaison%......O...... 11000
Replacement des boeufs, chaudibres autres ustensiles
e.tfrais imprevus. 2SO00
Int6re^ts A 6 p. o/o du capital de I 5oooo piastres, repr6sentant la Yaleur des cases A n gres ( barracones) mason de maltre (casa vivienda)-, purgerie, sucrerie etc., et des train's, machine, moulin* et salaries des deux premi res ann6es i mproductives ................. AP 91000
TOTAL ..... 35, 1 5o
PRODUCTS.
4ooo.o arrobes de sucre A 5 1/6 r6aux, 25,025 piastres.
2,5oo caisses a"26 r6aux ..... 8,125
Pour les siroVs, ann6e immune, moyenne des, su carries. 2,ooo SOMME E GALE'S 6, 0 35,1 5o
Pour que la production puisse couyrir.les frais, il faut don'c que I'arrobe, valley 5 r6aux ou en employment le language commercial de ]a Havane, 3 7/10 et 7 7/1o, en calculate slur 2/3 de. jaune et, te'te ( qaebrado y cacarucho et 1/3 de blanc; ou bien en chiffres ronds, 4 et 8 r6aux, comme nous lindiquons daDs le texte..
Potrero para la boyada y habilitacion para la molienda., (Voir article Ave da Bitail, page I oo
A Cuba, il est d'usage sur les habitations de faire six nuances de sucre'terr6 deux de blanco et quatre de brun. Manmoins o Ane -fait que cinq nuances &un m6me pain, parce que le sucre blanc de cheque pain est'classe comme de Ire OU de 2 quality' comparativement aux ty es. C es six- nuances 'se d6signent en espagnol sous les noms, de: b lanco primer ou florets (angl. prime white) premi "ere; b lanco seg unda qualityy white), second ; quebradoflorete (superior browner. yellow), troisi eime; q uebrado primer (prime brown), belle 4";,quebrado 2 da (2' quality-brown), 45 ordinaire; cucarucho (inferior, brown tips or cockroach), t6te. Voir, page 1 18, le Rapport du professor R. S. Mac-Culloh, public' en 1847 aux tats-Unis, sous le titre: Invest'gations in relation to




COLONISATION. 53
Farrobe lorsque dans I'de, grake 'a ]a plus grande fert A
tilite du sol, ces delpenses. peuven etre couvertes sans depasser le Prix moyen de, 5 reaux 1/3, en re'glant, 'comme ci-dessus, la nature des products A raison de 2/3 de jaune ou blond et 1/3 de blanc'. Void done les deux terms extremes de la" question :,,&une part eaux
70 piastres. 4 r'
pour le salaire le plus 6leve' ou les frais &entretien de Fes. clave qui--cultive la terre et d'autre- part ,5 reraux 1/3 pour le plus bas Prix auquel le sucre permit, de couvri.r les frais, de production. Consequemment tout ce qui influx sur I'augmentation du premier ou sur la diminution du second occasionne necessairement une perte pour le propri'taire La perte, au. contraire, se change en profit, quand C'est I'inverse qui a lieu.
La limited etant fixee pout les sucreries exploitees avee des enclaves, il ne reste plus qu'a' determiner les modifications quly apporterait 1'emploi de travailleurs, planes. Nous accordions gratuitement que la bonne volonte'de ceux-ci pour le travail compare 'a I'indolence inseparable de.. retat d'esclavage, compense en eux la moins grande facility' de la race blanche 'a supporter les intemperies du climate sous les tropiques et la difference en moins du temps qu'ils doivent consacrer au travail qui ne peut exceed eir huit heures par j our (e est la moitie' du temps qu'on exige des noirs A 1'epoquede
I Suivant le rapport de M. le due de Broglie, le prix dusucre dans les colonies franqaises, a 6te', de 18.23 'a 1829, de 28 'a 32 francs les, 5a kilo-w grammes, soit 6 francs5o centimes a' 7' francs 5 o. centimes I'arrobe ( i o A i i realesfuertes). De 18321 "a 1839, ce prix'a 6te de 25 A'26 francs les 50 kilogrammes (9 realesfilertes I'arrobe), et etait, dej& consid6r6 comme fable. De,M A
puis, il est tomb6 jttsqu'A 22 francs et quelque fois eme A 5, ce qui met I'arrobe a" 7 1/2 et 5 1 /! r6aux forts, prix, regard comme ruineux..




54 COLONISATION.
A
Ia re'colte) et que par consequent le Merne atelier suffice, dans Pun et Fautre cas, pour fabriquer Ia. merne quantity de sucre 1. Merne ainsi, il est indubitable, que les plus grand risque auxquels leur vie se troupe expose exigent uD salaire phis e'leve que celui qu'on accord ici aux, bom*mes libres de couleur ou, pour 1-tiieux* dire, que le loyer d'un eselave, puisque c'est 'a peine si les individuals de Ia premiere classes s'emploient sur les s'Ucreries, et autres habitations rurales. Ce loyer, qui monte 'a 15 et 17 piastres pour les esclaves exerCaDt quelque metier, peut s'evaluer 'a i o piastres par mois ou 1 2 o par an, independamment de Ia nourriture
Nous savoDs bien tout le scandal que produira. parmi les philanthropes abolitionistss anglais Ia seule pens',e de voir qu'on soumette les nbgres, pendant cinq mois de I'ainee, "a un travail journalier de seize beures, Y comprise les, deux beures et demie consacr6es A leurs repas, lorsqu'ils i'ont eux-m6mes r6duit de quarante-cinq 'a quarante-deux heures par semaine, c'est-A dire 'a up
A t
peu plus de sept heures par jour ouvrable. Neanmoins, ce cordial int6re que t6moigne A Ia race africaine un people civilise" ne se concilie pa's tr sbien avec Ia manifestation qu'a faite deviant les Chambres, dans Ia session de cette annee, son premier ministry, M. Peel, pbdanthrope et eminent politique d'ailleurs, en menacant de se retired du-,,,cab et si I'on r6duisait A dix heuresletra* ailjournalier des femme's et des enfants' d#qs les manufactures. Dans ses conclusions Ia Chambre a repouss'la motion de lord Ashley tenant A faire re'duire 'a dix heures les douze que porte le bill! Combien d'heures travaillent done Jesadultes planes dangles fabriques anglaises? D'aprbsles renseignements que nous avons, reunis et les observations que nous avons pu faire nousMA 'I pour toute 1"annee, Y comemes en visitant ce pays, nous 6valuons ce travel
A
S-c MeMeS -pendant
pris le temp les xepas, 'a ces seize'heures qu on n exige que cinq mois des adults sur les sucreries de Cuba; car sur les caffiries
on ne leur deniande jamais plus de dix heures. D'aussi 6tranges contradictions de Ia part- d 1) une nation 6clalr6e nepeuvent s'expliquer que par le fana. tisme 'religieux et, politique avee sequel elle pursuit, n'importe par quels moyeps son oeuvre saints Ae 1'6mancipation africaine, en meme temps que I'ane'antissement'des productions tropicales aux Antilles.




COLONISATION. 55
de ]a case et dos frais d'h^pital. Le salaire dun journalier, blanc devrait done s'ervaliter pour le moins A 12 piastres; neanmoins nous Fadmettrons, comme le loyer des esclaves, 'a 10 piastres. Et que Pon ne dise pas quen Europe on peut' trouper A contractor beaucoup plus avantageusement parce que, bien que ce soit malheureusement trop certain, c'est en eel a pre casement que con-siste I'un des pl us grand m aux inherents aux immigrations de travailleurs planes ainsi que Ila
A
reconnu le Gouvernernent britannique lul-meme en interdisant Femigration des Indiens pour File Maurice apres
avoir constant les, abus et les frauds qui se commettaient dans lour engagement. Et sans cbercher au dehors, d'autres examples, 1'erreur profound et patented dans laquelle'on induit les come'diens de, Ia troupe que nous avons ici saute maintenance 'a Ia vue. On leur cache les conditions dexistence de ce pays et on offre A beaucoup, d'entre eux une paye menstieffe de !a o 'a 3 4 piastres, somme certainement tres-61evee pour Ia Peninsule, mais' qti*l*, comme le sait tr6sbien Votre Excellence, suffit A peine pour le Joyer d'un tr's-petit logement et les frais des'maladies auxquelles ils sont expose's sous ce climate. On ne doit done pas computer
4
A I
sur des contracts de cette nature et lors Meme qu ontrouA
verait 'a en passer de semblables le Gotivernement supreme ne devrait point les tolerer en ce qui CODcerne ses suj ets qui certainement n ont pas moins de droits h sa "protection que les Indiens 'a celle de" Ia. Grande-Bretagne
((Si cette r6flexion est exact, m6me en ce qui regarded les engagements qui se font pour nos colonies, Sous le rapport des frauds -et des abus dont peuvent e^tre victims les Espagnols de Ia Nninsule, quells expressions pourrions-nous employer pour, censurer le bonteux traffic que font encore les




COLONISATION.
Sans insisteudavantage Su'r un Point dont ce minist6r'e s occupera plus loin, la depense, relative 'a un travailleur blane peut, sans y comprendre les frai' d'immigration, Setablir de la manjere suivante
PAR-AN
Piastres. Re'aux.
Salaire 'a i o piastres ..... ........ loo
Viande sake et funi6e (lasajo), ration 6gale en
quantity et quality A celle d'un esclaye. . 0
Mals, banana, etc., idem... 5
Medicaments et soins m'dicaux pour les maladies qui Wexcedent pas quatre jours.. .
De sorte que le salaire annual strait de., Oo 4'
cliques de Montevideo et de Buenos-Aires avet nos nationaux de I'anr6pub
'Cien royaume, de Galice? Quelles pines -ne'devrait-on pas infliger aux trois ou quatre comer ants de la Corogne et aux capitaines de ba5timents employ6s, dans cette nouvelle trite de blanco, de la Peninsule? Nous I'appeloijs trite, parce qu'il, est bien connu que les malheureux Espagnols qui arrivent dansces republiques sont traits, Comme des n6gres et constraints de prendre les armes, sans, que, jusqu'A cejour, ils aient 6te'proteges par notre Gouvernement, comme le sont les Fran ais et les Anglais par les leurs. Le nombre
r
de ceux qui ont passe des contracts, d'enaageraent', avec que1ques masons de la Coroornequi leur donnent 8o piastres par Ute, s'eI ve aujourd'hui A douze mille. Aussi ne se decouragent-elles pas. &envoyer des e"missaires dans les, campaigns, pour s6duire ot trooper des paysans naifs et imprudent, qui Croient de bonne foi aller, comme anciennement, faire leur fortune en Am6rique, ou' ils ne trouvent aujourd'hui que la mis re et la mort. L'abus a et6 pouss6 'a un tel point, suivant ce qui nous a ete dit, que, le Gouvernement ayant prohib6 Nrni,,ration pour lesdites r6publiques, il y eut un. capitaine qui s'exp6dia pour Cadix avec trois cents I passages et rela'cha A Montevideo! Un autre,,plus audacieux, quitta le port sans ro'le d'equipage Di papieis- de bdrd., et fut'retenu aux Canaries," ou' il s"6tait vu constraint de relakher.




COLONISATION. 57
1 1
pour un travailleur europeen en I evaluate au plus bas possible. En effet,, il est evident que ni le tasalo, ni le. barracon, que l'on donne aux enclaves negres ne pourraient convenir aux Europeens peu habitues aux aliments sale's, et qui, n'e'tant pas soumis 'a la se'v6re discipline des premiers necessiteraient des logements spares afin de pre'venw les inconvenient et les abus du casernement. Pour se convaiDcre de 1'exactitude de ce qui pre'ce'de, il suffira de se rappeler u emerary'A D seule possession aDglaise o', jusqu'a' present, immigration blanche'ait fait des progress, le salaire des Allemands qui, comme on le sait, sont les meilleurs, les plus bonne'tes et les plus consciencieux travailleurs &Europe, s'ele've 'a 20 fires sterling ou ioo piastres par an et que Jeur Dourriture et autres' frais 'a la charge du proprietaire s'e'valuent 'a 15 o autres piastres. Gest pourquoi aussi on ne les emploie pas h ]a culture, et on leur pref6re les Indiens malabares, auxquels on ne donne qu'un salaire de 36 piastres en sus des prestatiODs enDature, qu'on peut evaluer A i o o autres piastres; et sans parlor encore des jollies cases avec jardin, que l'on donne aux AllemaDds, et dont la valour peut- e'tre estim'e de 6oo A 8oo piastres chacune. Ces cases peuvent loger deux families, ou U11 nombre equivalent de ce'libataires,
Quant aux salaries que Fon paye aux afTranchis par jour Est-cc que nons devrions, lorsqu'on 6tablit des pines, si rigoureuses centre la trite africaine, rester spectators, indiff6rents de cc qui se passe sur nos propres, cotes, A Ugard de -nos propres, concitoyens ) Nous esp6rons que le Government ne n6gligera pas de prendre les measures les plus sev res centre ces nouveaux tr aficants de planes, et que mieme en ce qui concerned nos colonies, il s'attacbera 'a pr6yenir lesi abus.. que I'auteur signaled dans, le texte. i) (Note A 1editeur espagnol.)




58 COLONISATION.
ou Ia ta'che, nous nen parlors pas car ils ont e'te' Porte's a un taux exorbitant dans certain endroits comme. A la Guyane anglaise, 'a la Trinite, 'a Maurice, et, dans Presque routes les autres colonies britanniques, 'a tres-peu dexceptions pres.. 11 suffit de dire qu'A Antigue, ou' les salaries sont le plus bas, la journee de travail, meme ax j I ourd'hui, ne se paye pas moins d'une piecette sevillane 1, outre les prestations en nature, A- la Jamaique, selon M. Mac-Queen, ]a i1ournee peut s'evaluer A. quatre piecettes, y comprise les presentations en nature et jusqu'a' 5 francs 'a la Trinit6.
Lj takhe se paye 'a la Guyane 'a raison de 3 reaux simples la premiere W62") et 'a 5 1/2 la second ( 2' 97 C 1 /2 ), et imported, quel travailleur peut en faire deux avee la plus grande facility, et trois sans beaucoup de peine car ceux qui
A
s appliquent en font meme quatre; de sorte que quelquesuns gagnentiusqu'A 8 et 9 plecettes.
-On voit done qu' en adoptant le cb Iffre d e 14 o piastres
I
4 reaux pour le salaire des Europe'ens, nous sommes rested's dans une limited fort inf6rieure A la re'alite'. Nous comparerons neanmoins cette evaluation avec celle que nous. avons fixee prece'demment conime limited du Prix de production, qui ne laisse ni perte ni profit au proprietaire d'une sucrerie faisant '2,500 caisses. Nous avons dej*a vu que ce Prix de revient-devait egaler avec des enclaves 70 piastres 4 reaux,
-a- e ute un jourc, est" dire excitement la moiti' de ce que co' nalier blanc; de sorte que le plus bas Prix que devrait avoir e sucre pour balancer ces frais de production' strait Presque
Le mot piecette est une corruption de celui de pJsette usit6 dans les, c olonies, et -qu* aVayantagre de conserver A 1'expression'espagnole pesela son 6timolocrie comme diminutif de peso, piastre. La piecette s6villane i fr. 8 cent,




COLONISATION. 59
le double de ce' que nous av ons deja fixe, soit i o re'aux ou plus excitement si Pon opere directement sur routes I es, donnees du probl6me, 8 reaux 1/4 I'arrobe, sans distinction de quality' ou. bien, to e
Ujours suivant l'bypotb'se de 2/3 de jaune et 1/3 de blane tres-pres de .7 et 1 1 suivant Fidiome commercial. du pays,
Tel est, Excellence, le minimum de prix que doit avoir le sucre sur le' marebe de Cuba, pour que, 4 raison dLi modique salaire attribute' aux journaliers europe'ens, le planteur puisse sans aucun benefice couvrir ses frais de production. Mais comme, dans ce cas, qui est 1'extreme limited, ]a production manquerait de stimulant, puisque personnel ne cultive s'il ne retire au moins le b6ne'fice do son travail, il est clair quien fixant 'a la' fable somme de 9,,5oo piastres
A
le travail personnel du maltre, on augmented les frais de 1/2 real par arrobe. 11 s'ensuit q*e, me^me sur les nouvelles sucreries d'un grand product qui sont comparativement
Evaluation' des frais exploitation d'une sucrerie d'un product de 4oooo arrobes, cultiv'e par des bras fibres :
Salaire de 2oo journaliers 'a 120piastres, ci ...... 2 4,ooo p.
Nourriture, medicaments et soins m6dicaux a 2 oj p.. 4,1oo
Autres frais g6neraux des sucreries exploit6es avee des eselaves, et qui sont 6galement applicable ici, &aprbs Festimation pr4c6dente ........... 3,45o 51,55o p.
PRODUCTS.
4oooo arrobes de sucre A 8 r6aux Cie a 6 0 4 0 0 J1,425 p.
2,5oo calsses a ,.)6 r6aux ........... 8,125
Sirops et m6lasses .......................... 21000
SOMME iGALE .................. a 0 0 0 0 a 5i,55o
Le prix nioyen de I'arrobe devrait hre dans ce cas de 8 r6aux, et, dans FhypotUse favorable de 1/3 de blane et 2/3 de jaune, cc prix correspondrait A 7 et i i dans le language commercial de la place.




60 COLONISATION.
les plus avantageuses, les p'roprietaires perdraien't -pour le
A
moins leur. peiDe et Finte'ret de leurs capitaux, routes Ies fois que" le prix des sucres ne se soutiendrait pas a 7 1/2 et i i 1/2 reaux Farrobe,
Le simple 'enonce' de ce resultant numerique fait voir aux personnels le moins au. courant de la situation ou se troupe aujourd'hui sur le globe Findustrie sucriere combine son't peu fonde'es les espe'rances que nourrit la Junte royale au stijet de immigration de simples, journaliers europeens comme moyen de favoriser la culture de la canne dans n os, Antilles. Ces espe'rances sont encore, -plus vines s'iI s'agit du caf6,, qui bientAt cessera de figurer parmi nos degrees, exportables d'apres. le rapid accroissement qui s'est mamfeste' A Java et au Bre'sildans la production de cette f6ve et d'apre's le bas prix qui en resulted aujourd'hui pour elle sur le marcbe'.
Pour s'en convaincre il suffira de remarquer dans le relevd suivant, que nous demons aI'amiti' d'une personnel fort au. courant de ces mati6res et qui y prend le plus vif inthet, la progression n croissants, qu. ont eue les exportatiqns de sucre et de caf6 'a Java, de i 829 'a 18 4 3 inclusivement, savor
ANNftS. ARROBES DE CAFA.- CAISSES DIE SUCRE.
182q0**0***** 1,52oooo.. 25,ooo
183o ......... 1,5*701000WO 0 0 0 0 0 310,000
1831 ... IV6201000*'* o 9 ... 41,ooo
1832.-, *.V* 11,7001000 w 0 0 *'10 0 0 83,ooo 1833'........., i,4ooooo.. 70,000
1834.... 0.000 2,1500,000. 1 25,ooo




GOLONISATION.,
ANGLES. ARROBES DE CAFL CAISSES *DE SUCRE.
1835. 2,55oooo 15oooo
1836... 217001000. 0 17ooo5
1837*****.***** 31700,000 9 ''2251060
1838 ........... 31200,000. 245,ooo
1839 ........... 3,75oooo.. 26oooo
184o ...... 6,2ooooo., 345,ooo
1841.. 5,2 ooooo 3 70,000
5,6ooooo 3oo,000
6,5ooooow, w 0 0 0
Ges t dire que, la production du caf6 a presque quintuple" dans les'dix derrieres a' t, qu' 'Ile es'tl- trois f6is 'plus
e que p senate I s -de
considerable 'qu celle r ur le, march" l1le,
Cuba dans les *el*lle* ures ann ees. Ajoutez cela maintenance une quantity, egale que product le Bresil, d ont la culture c6mme celle de Java, ., va tolli ours croissant L, et la grande consommation. qui se fait en* Allem agne. de la. racin*e -de cbicoreesauvage- pour supp'le'er' le caf6-,-et *Chaeun se convaincra, de be fait que tant que' le Gou've*memen't 'hollandai's player A ses national de Java le picul de caf6 ( 5 arrobes 1/2 de Castille) 'a raison de i!a florins de cuivre, Monnaie'coloniale (quifont 17'j/5,florins, &argent d'Amster-dam), d6ductionfaite de la contribution qu'il leur impose pour les. terres, il n'aura pas A craindre de concurrIcsnee. sur le -'marc'he' de I'Europe, -o h il.1peut donner caf6 A 5 piastre'& le quintal en; realisant un e'norme b6nefice.
Qiielque- douloureux qu'll soit de, le dire,'il faut convoinir qu.6 la culture du-caf6-tend* A'disparaitre'de-, nos Antilles,urtout dep *s, les'de8astres'o'ceasionnes par la s'cheresse et




62 COLONISATION.
par le terrible ouragan qui vient d'affliger Ia partie la plus peuple et la plus riche de 'ile.
La situation des propridtaires sucriers, quoique n'etant pas trbs-brillante, n'est pas si d6sespirie, parce que la consommation du sucre augmentera nicessairement avec la depression des prix, cet article pouvant ddjA se considirer comme etant de premiere necessit6 pour les nations civilis6es. Mais cet accroissement de consommation sera lent, et, pour sir, beaucoup moins rapide que ne l'a 4ti celui de la production dans ces dix dernibres annies. Nous avons dbji vu qu'a Java la production avait etd de 70,000 caisses en 1833, et de 3oo,0ooo, ou quatre fois et demi plus considerable, en 1842. Elle s'est accrue dans une proportion encore plus forte dans les Indes orientales anglaises, comme le prouve lIe relev6 ci-aprbs :
ANNkES. CAISSES DE SUCRE. ANNLES. CAISSES DE SUCRE.
1832..... ...... 24,oo000 1837............ 8o,oo000
1833........... 31,5oo 1838........ 116,ooo
1833............ 21,000 1839........... 142,o000
1835............ 27,5oo00 1840o ........... 132,oo000
i836............ 41,5oo 1841 ........... 31o,ooo
II rdsulte de ceci que la production s'est dievie a un chiffre douze fois plus considerable dans une piriode de dix ans, et que la progression croit si rapidement, que, dans la dernibre Annee, elle a plus que double. On ne devra pas s'6tonner de la voir augmenter encore au fur et A mesure que la Grande-Bretagne poursuivra son plan de conquete et d'usurpation de tout le territoire de l'Inde. Nous ne comprenons pas dans ces chiffres les possessions de I'Australie




COLONISATION. 63
et cells qu'elle peut encore acquerir aux depends, de 1 empire cbinois et peut-e'tre de la Hollande dans les 'Iles de Sumatra et de Borneo, qui sontl-aujourd'hui presque incultes et peuvent arrived 'a produire du sucre en grande abundance.
Une progression egale et peut-eAtre sup6rieure slest fait remarquer en France, dans ]a production du., sucre de bet11imp At
travel jusqu.'en 1 -8 3 8, annee ou' il a e't6 soumis 'a 0 car, de 2 3, 0 0 0 caisses qui se fabriquaient en 18 2 8, elle a atteint, en 1836, le chiffre de 265,ooo, et, bien que, dans les trois campaigns qui suivirent 18 3 7, elle soit descendue 'a 14 6, o o o I, A y a lieu de croire que ce chiffre est tre's-loin de la. veritel en raison des frauds qui ont lieu pour
rimpAt.
se soustraire 'a 0
L'Etat de Mnion qui nous avoisine, dont le climate nest certainement pas favorable A la. culture de la canne, et o-h la gelee detruit frequemment les recoltes, a cependant participe l'impulsion general donnee 'a l'iDdustrie sucriere
A
grace au droit diff6rentiel considerable que maintiennent en sa faveur les tariffs am6ricains. La Louisiane qui, il y a peu d'annees, figurait A peine parmi les pays producers de sucre a fabrique, d'apre's les documents que nous aVons, sous les yeux
En 184o 0 be 175,ooo caisses.
270,000
1842. 42o,648
3oioM
54oooo
En 1843., et dans ]a pr4sente ann6e, la production a atteint les chiffres de 162,ooo et 176,ooo caisses, ce qui prove qiMle augmented de nouveau.




COLONISATION.
Cest* dire que sa Production a triple' dans les cinq derrieres annexes, et qu,'elle suffit presque, pour., approvisionner, les marche's interieurs -des Etats7Unis,.. d6nt la -consommation sevaiue, a tres-pea de chose pres, par pr6q-ue toutes'les personnes.competentes, 'a 55oooo caisses Neanmoins,
cet etat de pro'sp6rite est purement artificial et entie'reme'nt
U. c6mme,. nous Favons dit au. droit, enorme dont le Gouver'nement'anglo-ameri*cain' greve le sucree'tranger.-,
A
-i n a pas eadans notre He un dveloppeSi la production e
ment si rapid, elle s'est du moins suffisamment accrue pour que, rnieres annexes le chiffre Ae
Aan& Fespace, des -dix' de'
A
1'export'a'tion ., doub at en s'elevant *'. 45 1 15 3 4 caisses qui7 figurent'a' la sortie en 18 3 3, A 8 8 9, 1 o 3, n'ombre' constate'- en
8 4 3. Si mainteDant* l'on tient compete I de la production & ''Bresil et -des autres'pays'du globe, u.,secultiv'e'nt1espla'nteS
F A
saccharif6res, les plus- O'bstines meme.pourront-ils:n'e'pas
Atre, r -ac'
reconnal que- la depression' n du march resulted de F lit
croissement considerable qu.'a pris', la, pro duction're'lative"MentRJa'consommation?', De quet profitnous strait alors, augmentation' des ..bras' et.- co n ei 6 Ile des'cul-, A le'placeme'n't, de-,
tures, lorsque-nousnetrouvonsp*asmeme nos -produits actuels ? Ce, qui -,importe.po'ur le mom ent -, c'est moins Faugmentation des products que la diminution', des frais de production; et ce n'est point, comm.e nous Favons vu, par immigration' Ae' 'simples europe'ens
que.nous y arriverons,
Avant de se lancer, dans.une enterprise. qui demanded tant de circonspection, que ]a Junte royale- considered done et Ies*
M. Sagra Nvalue A 820,000ok




COLONISATI N. In)
fell,
trais qu elle exige et les grades consequences qu ene peut
A
entrainer. Nayant pas fait Jes calculus et les remarques qui
1 1 A
precedent, il para*ssait natural qu'elle se procurat au moins des informations sur le's re'sultats qu'avaient p roduits, de's essays semblables tent's dans les Antilles anglaises. Cell-es-ci bnt avec les n6tres plus d'analogie que le Texas, le Canada et autres pays auxquels elle les a compares, et dont cependant les conditions climate'riques e't constitutives sont routes diff6reDtes.
Des nombreux passages qu',on-pourrait emprunter 'a des rapports dignes de foi, qui peignent le ma-Livais succe's qu a eprouvel'introduction des travailleurs europ6ens dans les Antilles anglaises, le Fiscal n'en citera qu'un seul, extract du rapport du commandant Layrle, capitaine de corvette de la marine francalse, sur Pile de la Trinite". ((Si je n1avais 'a paro ler, dit-il, que de cette foule d'etrangers sans profession ((sans aptitude aucune au travail, qui ont abandoned leur ((patrie par, amour du changement, dans Pespoir de satisfaire ((plus facilement des penchants vicieux, plutk qu'avec la ((fernie resolution de se rendre tiles de se career des moyeDS od'existence et d'assurer ieur avenir, j-'aurais fort peu de
cbose 'a dire-, car la plupart de ces homes ont pay' tribute ((au climate et ont succombe victims de leurs debauches, ((malgre'les conseils des habitants et les soins bygi6niques qui ((leur- ont e'te' prodigue's 'a leur arrive*e dans la colonies. Mais oune classes plus interessante de nos compatriots a fixe' mon attention ce sont ces families entieres venues des d6parteoments lesplus recules de la France, et qui, apr6s. avoir vendu
Page 2 56 du tome IV de I'Abolition de 1esdavage, pubW en Fran'te par le ministt ,re de la marine.




66 COLONISATION,
(deurs terres et les, mcubles qu.'elles posse'daiejjt, se sont aaper ,ues trop tard qu'elles etaient victims, de la super((Cherie de -quelques speculateurs et des pi' s tends 'a leur credulity& Ce sont des prospect-Lis mensongers, des invita.tions tromPeuses addresses 'a domicile par les agents de ((Fimmigration, qui ont 6gar6 ces malheureuses. et honneftes familieses quiCroyaient trouper A la. Trinity beaucoup, mieux aquece quielles laissaient deffiere allies.
((Mais Jes resources qu. offre la. colonies et qui sont r'ellevment, immense pour les travaifleurs qui ne redoutent pas de solely devorant des Antiltes, ne peuvent balancer pourf
des Europeens les, inconv enients du cl*raat et leg mau. que
A
ofont nature I-es travaux agricoles. Aussi des p6res ont perdti (deurs, enfants des families ont perdu leurs Chefs; la 'Mort ((enfin a moissonne en tr6s-peu de temps les deux tiers de
riots. Au.
onos compact jourd'hui, ceux qui mtent & cette
mmallieureuse immigration, sont, dans un etat de ebagrin et ((dedemoralisationquineleurpermetdentreprendreaticuii travail et le's laisse en proieA la plus profound mise're. -Tous (Jettent un ceid de regret vers leur patrie; ious voudraient ((y renter. tous ils, ne ferment qu'un voeu celui Je quitter
it A
((une tolonie qui deva etre une second terre promise,, ((mais'O' U' ils ne voient desormais qu'un tombeau assure',.))
Cette vive peinture, triste mais fid le ex Aes maux eprouvespar les Europeen& qui se livre.nt aux frawaux des
A
champs sous ce brulant climate, ne d6it pas surprendre la. Junte royale s'iI en etait besoin elle trouverait dans'ses propres, annalesdes.faits qui les Jui rappelleraient dans..Ie inallieureux sort ecbu aux Irlandais que Fon fit venirpour etre employe's au chemin de fer de Guines, des l'ouVerture




"COLONISATION. 07
des tra vaux.. Et ce ne fut pas le scul essai de cette nature que
I
tenterent quelques habitants notables, pour doter de-ti-aCette A
vailleurs blanks la culture sucri "ere de Ile, sans que leur r I
resultat ait 6te plus satisfaisant qu*e celui des experiences pre,cedentes. Des go Catalans jeUDes, robustes et endurcis aux travaux agricoles dans feur pays, anienes A grand frais et kablis par don Miguel Estorch sur sa sucrerie, qui est situe'e dans un,'des quarfiers les plus sains de l''le, beaucoup ont Succombe aux rigueurs du climate et les autres se sont refugies dans les villas' pour y cbercher, dans le service domesPlus S A
tique et dans le commerce, des moyens urs et plus
prompts de faire fortune.
I Ce puissant attract, qui existed dans routes les Antilles, enleve 'a la culture non-seulement les blanco, mais en.core les ne'gres fibres eux-memes qui abandonment les travaux des ebamps pour se liver de preference au Petit commerce, occupation plus lucrative et moins penile. 11 en. a ete' ainsi au dire du meme commandant Layrle, des bons et laborieux noirs de rAme'rique du Nord, emigre's 'a la Trinit'. Et sans, sortir de cbez nous, notre population libre de couleur n I agit-elle pas de la sort.el) Voit-on advantage, par bastard, quelqu'un de cesjeunes blanco vullub I epuis quelques an. nees de la Pe'ninsule ici, qui ne pr6f6re se fixer dans les villas, ou qui, s"l est force' de -s'eta'blir A la campagne,daigne accepter une autre position que celle d'&onome ou de ge'reur d'une habitation? -Si -la Junte royale croit vaincre cette repugnance, inhe'rente A la nature du climate et aux circumstances politiques et economies des pays oit subsisted 1'esclavage elle se trompe krangement, selon nou&, 'a Inoins qu I elle ne compte pour cela sur la contminte morale




GOLONISATION.
impose 'a de pauvres colons, transported's 'a plus de, i,5oo lieues de leur patrie, sans aucun moyen d'y retourner lorsquIlds en auront le de'sir.
S 3,
INCONVENIENT MORAUX.
Le Fiscal ne presume pas que telle p uisse eftre ou avoir et6, la pensge de la Junte royale; mais comme en definitive, cette respectable corporation n' entreprend pas seule l'immiA.
gration et qu'au contraire, par Farticle 3 de sa de'libe'ration' elle autorise la formation de societies anonymes pour, le meme oMet, qui nous assure que le de'sir, natural Atoute Societe par actioDS, d'augmen'ter 'a tout prix'-, ses benefices ne s7emparera point de ces corps I sans tefte? Qui ne x"oit qu'lls seront tout au. moins peu scrupuleux dans les'moyens d'embauchage employe's pour attire les colons? Nous avon's deja vu ce qui s'est passe A cet regard pour *la. Trinite', et le, meme temoin oculaire precite' ajoute : ((Son Excellence ((Sir Henry M'Leod, gouverneur de la. Trinite, a mis sous 'Ies yeux. de Lord John Russel I"tat affligeant de Femi.
A
f(grati6n f ancaise; illui a fait connaitre en meme temps U-Jes moyens coupables qu'ont employe's les, agents apple's (4. diriger cette measure avec priere On informer le Gouovernement franqais, afin que'lesprefets des departments ((tinssent'leurs administers en garde centre les fallacie'uses




COLONISATION. 69
a, processes des, speculateurs qui n'ont tn vue ni la reussite de Immigration, ni le bien-e'tre de ceux q'U'*ls lancet Aans cette voie, mais seulement la prirne qui leur est
par cheque individual qu'ils re'ussi
((accordele *ssent A diriger
((vers le. Havre.))
Les representations du gouverneur de ]a Trinite', les motifs q u-i deja, en 183 8, avaient oblige' le Gouvernement britannique A probiber Fintroduction des cools de I'Inde 'a
M A f f
Maurice, et enfin d'autres abus de eme nature, denounces par les missionaries, porterent le ministry des colonies
I A
dresser sa depeche du 2o mars 1841 au gouverDeur de Sierra-Leone. Lord John Russel y fixe les regales que Fon do'*t suivre'pour, Femierration des Doirs; il recommended surtout que I'agent du Gouvernement charge' de surveiller lernigration donne une attention, toute particulie're ((aux manageses iDsi'dieux que ron pourrait tenter dans 1'engage((ment des emigrants, aux substitutions, fraluduleuses de
A I
ces Memes emigrants UDe fois engages, et aux mauvais treatmentsns don't ils pourraient avoir 'a souffrir pendant la traverse.
Mais admettons que le Gouvernement supre rne adopted, des measures analogues pour prot6ger les emigrants de, Ia:, PI
eninsule, et que la Junte royale inter element son
A
autorite' daDS le meme but, en donnant 'a ses agents et
I
delegue's des instructions severe et opportune; puis arretons-nous un instant sur le sort de ces emigre's, A partir de leur arrive dans I'lle. O' les logera-t-on, une fois debarque's). Dans des barracons, dit la. deliberation de ]a Junte Royale (voir I'appendice no i). Mais 1*1 ne suffit p as de les loger; 1*1 faut encore savor comment on pourvoira. 'a,




70 COLONISAYHON.
letir entretien qui Ies nourrira ? ah se mettront 1es mallil
A
Jades, do'nt le nombre devra etre plus considerable dans, les premiers j ours et surtout, a quelled discipline les soumettra-t-on, afin d'eviter les. de'sordres, la malproprete et meme ]a crapule, qui re'sultent ordinairement de I'agglomeration de journaliers et d'artisans dans des Ioc'aux trop peu tastes? Que'lles. que soient les, measures que ron adopted pour souvenir ces premieres n6cessit6s, le Fiscal. ne croit
Iles puissent 'tre efficaces pour pr6venir les maux qui naissent du default de discipline : avec des homes libres, on ne peut employer le fouet, avec sequel on conduit les esclaves; ]a se've'rite"du regime m'litaire ne convientpas davantage des reunions de paysans.. En une telle conjuncture, serait-11 bien decent d'offrir a.u public firrit'ant spectacle de blanco en'tass6s' dans des barracons comme Utaient les negres A une autre opaque et ces baftiments converts en autant de balls oumarches publics o-h 1'on irait choisir e't louer les travailleurs, comme on le fait presentment a'vec certain lie d emigres, que nous envoient quelques-unes de osfles voisines du continent africain ? Du moins la companies beige, celle dn Texas, du Canada, etc., la junte royale s'est propose'
qu e ees pour mode'les ,
n 1) ont pas proc'de de la sorte,; elles ont commence', comme il 'tait natural, de le faire et comme on I'a fait ici jusquA ce jouravec les colonies qui Se SODtetablies par construire des cases paur recevoir les families immigrants et I eur ont donne, de's Ieur arrive des torres sur lesquefles elles pusA
sent employer leur temps. Gest PeUtetre bien ce qu'it convient de faire Pr6sentement, sous certaines, conditions que nous indiquerons en leut, lieu. Mais poursuivons,' en atten