Observations sur tout ce qui concerne les colonies d'Amérique notamment celle de Saint-Domingue

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Observations sur tout ce qui concerne les colonies d'Amérique notamment celle de Saint-Domingue
Physical Description:
1 online resource (36 pages) : ;
Language:
French
Creator:
Legal, G

Subjects

Subjects / Keywords:
Racially mixed people -- Legal status, laws, etc -- West Indies, French   ( lcsh )
Slaves -- Emancipation -- Early works to 1800 -- West Indies, French   ( lcsh )
Mulâtres -- Statut juridique -- Antilles françaises   ( ram )
Esclaves -- Émancipation -- Ouvrages avant 1800 -- Antilles françaises   ( ram )
Colonies   ( fast )
Slavery   ( fast )
Politics and government -- West Indies, French -- 18th century   ( lcsh )
Colonies -- Race relations -- France   ( lcsh )
Politics and government -- France -- 1789-1799   ( lcsh )
Politique et gouvernement -- Antilles françaises -- 18e siècle   ( ram )
Colonies -- Relations interethniques -- France   ( ram )
Politique et gouvernement -- France -- 1789-1799   ( ram )
France   ( fast )
Haiti   ( fast )
Genre:
Electronic books   ( lcgft )
non-fiction   ( marcgt )
Electronic books.   ( lcgft )
Early works to 1800   ( lcsh )
Ouvrages avant 1800   ( ram )
Electronic books   ( lcgft )

Notes

Citation/Reference:
Goldsmiths'-Kress
General Note:
At head of page 1: "II".
General Note:
Signed: G. Legal.
General Note:
The date "1 janvier 1798" appears in the text on pages. 33 and 36.

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Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
Copyright Board of Trustees of the University of Florida
Resource Identifier:
oclc - 65353488
ocm65353488
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lcc - HB151 .M35
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AA00024127:00001

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I










OBSERVATIONS

S Sur tout ce qui concern les colonies
d'Amdrique, notammetit celle de Saint-
Domigue.
*K'c>'


a^


I
j A


I,


' V-






* .
p




4.1




i i
".i t1




.










N*. IL




OBSERVA T IONS

Sur tout ce qui concern les colonies
d'Amerique, notamment celle de Saint- -
Domingue. ji '

' .-' i'l
Du commercefde la trait es Neges.

u E 1l'on daigne 1g1 infant jerer avec moi uii
coup-d'oeil fur tout ce royaume, & qu'on y apper-
poive la quantity enornie d'hommes fans acivitre, !
& *par cela feul talheure.ux; qu'on-cherche en.- 1
fuite Ia principle caufe de cet'e pofrion d'res
qui pourroienr' etre employes, & fortir par ce
moyen de leur eat pirboyable; & qu'on fe dife ,(
enfin, d'ou vient leair malheur|? ui roccafionne ?
& n'eft-il pas de remede ? '
Qu'on jette enfuire .les yeux fur ce q'ue 'ori
appelle commerce, & qu'on examine fi f Mrt irac- ,
tivite n'eft pas le principal motif de la mifere ac-
tuelle. Quel effet produit la grande aivire d i
commerce ? ille emploie tne quantlte immenjfe
d'hommes. & de femmes dans tous les meriers,
A 1







(4)
'inoa6fivite, par cqifIquient, laiffe fans travail,&
fans painI cestmes ouvriers, & c'eft ce qui i
lieu dans ce nmoment. Ls iicredules ou .plutbt
3^ de -
ceux qu e veuleit pa$,convenimr de cette verite ii
frappa;ite,.& qu'ils featent parfairement eux-
nMi.meS., nous 4ifent,i tout ifltant que la cupiditre'
.des pmmerTcanrts, affames d'or au depend de qui
que ce fojit, eft feule l'objet-de la reclamation des
encouragements pour le commerce. Quelle imbe-
dl640! Avatrit de fAire des allegations auffli abfur-
de, reflchifTez donc & fates attention ce qtue
Je commercant retire d, commerce ,&a4cequ'il en
diftribue, Le comner.ant a toujours 46 envifage I
ia la plupart des hominmes ; comme u.una re qui
ne faith jamais que des operations tres lucravs
& cependant la majeure paric ne faith que s'y fbu-
tenir mediocrement; autre. parties s'y ruin'e ,.autre
partie y. faith fortunew,. E.r comme chacun a ,aaant
de droit &..defpoir dq hiaena 4ea tirer, comme
chacua croxt qqu le bon lot. lui eft deftin, une
quantice.de'pariculiers ,sy porteutr & c'eftce qui
faith dire aux cenfeurs que s'ils n#'y tro.vvoiet, pas
de gros profits, o n' y verroit pas ine. fi graud.
fou l ,
Cependant ii eft4 4jen evident qu~il.n'eft pas
i'&at plus, eftimable &,moins table' que;:celui du
commerqant,. Plus eftimable parcequ'il n'en ,elft

*




-.-.--. -I -- --- -.-... =. ,*,-- -. ---r- ^ -.--- -



(5)
aluciun qni fafTe vivre uie au t grande rultirde
d~ividiv ?; momsfiae,; f+eU' uh'ff as
d'au'Tfli aifijetti-aux hrards'-& aix- angel Ce-
pendatit enoir& q' iuun codnrm.rntreul.lff iedfbi iI
ou final cdns fes operatloiis ; ced operati6s .n'eni
'ont6 pas I fhtifs rmis und fiI'd o&~mmr es rai I
I. 1
,ie i? hlommes n', ont pat ni"ii 'et
payes.- QUelques paricilier'pretendeit qIie la !
Fran'c en'a' pas befoin de coloii -.ce. tero'albr;.
S il .' '* c '". *.- + .., i
pretendre qn'elle.n 'a pas befdiri*de ',otnifcef. ','
Vedt'6n'dire qu'elle'n'a iasbeoidebi i c ',:iriie.rce,
& qutelle peut f fuflire pf6i6r?' 11 eft a.df j
Sfacile de piouver :que fi ie fol 'zt..t 'fuffire a ia fil-
fftancee de 'fek habitanrs, il ri peur fsffire f lr +,,
-enploi. Que deviendroient done 's ge'os nbn ,
inpldyes-? Seroient-it I 'aIa' chfge 'de ceuix'utuie A
fbnit 's'tra illan^ devroieiit-ils hvoir ton- ,
ftammtint des hommes I hburrir dans'aiiti&ivet' 0
parcequ'il kt'roir plii dIs'legi'ffteurs'mal enten-
dUs &'bin-pdu ages de prefcr Iapareffe dans
ie phlis beaI royatime de lPuni &,' &parmi uan
peuplenatuielleinent induftriet: '
SI1 -'eft pas*befoin d'appuyer mon opinion fr :
ce qtie le fol du royaume ne peut fuffire -il'ena-
ploi de fes habitants ce fait frappe n6syeux. De
tour temps, it ya eu des hommes fairs employ 11
faute d'en trouver: le nombre en a augment ?r
43







(6.)
chaque fois que les circonftances ont altere Is
confiance & par confequenr l'a&ivire du cornm-
merce. II n'eft pas de fol en France qui ne foit
fufceptible de produire au-deflus du couit de I'em-
ploi d'un .ljourinalier: ainfi s'il en exiftoit de fuf-
ceptible d'employer tous les hommines qui peavent
&rre dans ce cas, nous ne verri6ns pas autant de
nmalheureLux. It faur done aider au fol par quel-
ques aitres moyens. Quel eft le moyen a em-
ployer ? L'induftrie qui peut foutenir afta&ivite
de ''induftie? Le cominerce feul qui a trait 'A
toutes fes branches. Qui peur entrerenir le com-
merce? Ses liaisons avec l'etranger & les colonies.'
Qui peat entreretenir les liaifons de norre conm-
merce avec N'tranger ? Nos colonies, qui lious,
donnent par ears produ&ions, les moyens de
commerce a2Llli avantageufemenr que nous le
S ferions avec defavantage y fi nous ririons de 1'c-
tranger ce qu'elles nous fourniffent direfement.
Ne doutons dac pas iin infant de l'urilit6'des
colonies pour I ance, & de l'utilite du com.-
merce, qui ni'el s, commne le croient certaines
gens, lueratif feulement pour les commerqants,,
mais feulement plutto pour les ouvriers d'e touted
efpece;' puifque, come je i'ai deja dit, fi un
commercant gagne, l'autre perd, & On he voit
clacun s'y porter que danls I"efpoir de rencon-


4





-*- -t -- -


(7)
trer les bones veines : mais que les veines
ioient bones ou mauvaifes, l'ouvrier fe trouve
toujours employee & bien paye'.
Si le commerce eft donc fi effeintiel, quel mal
nie doit-il pas. refulter de .fbn ina6ivite ? quel
mal n'opere pas en effet for ina&ivite a6luelle, j
qui n'a lieu quepar une prudence bien eritetidue
des commeriants qui dans l'&at, atuel des i
chofes, ne pfuvent faire auCun fonds fur les i
operations fufceptibles d'etre entreprifes. Si le i
commerce eft fi effentiel enfin, pourquoi 1'af-
femblee national ne s'occuperoit-elle pas de lui !
donner tout l'effor don't iA eft fufceptible ? Elle i;
s'occupe du fort des malheureux, elle cherche
les moyens de foulager & de fecourir les pan-
vres inaitifs : elle y parvient, mais foiblemeunt,
par des aumbnes; cela ne pourvoir q'aux plus pref ,
fans befoins, qu'aux befoins du jour m me. Ces au.
ones ne fuffifent pasielles ne pourront continue,
elles deviennent de6ja a charge A laplupart des par.
ticuliers; & enfin ii faut d'aurres moye' de poir-.
voir aux befoins urgents d'une foufe d'hornes
-faniis emploi. L'affemblee narionale en a un evi-
dent. QWelle cefhe d'Ore aufli indifferente fur
Je commerce de la nation; qu'elle cef6e d'etre,.,
indiff6rente fur la difcufion des-colonies, relative )
a. leurs approvifionnemnents p&r les rangers ou '
A4




;




': : 7 . . -*"- I
t'

I-t ,' 'fl
p.,,e cQmnqrcm pai;onal,; qu'elle s'occupe & i
i'lelle proaopcnj :furLs iobjets aufli Importants; .
ulle, domie uq bafe sure aux commnerqants
qu'elle, Cncourage la traite dosmnoirs ielle verra
4'akivite reprmudrC avec vivacite, &.lenombre
,es malheureux, ina&ifs dimiuera rApidementr.
Le commnierce itiopal avec les colonies ne peqt
pxifer quge fur .une. bafe certame. ,La, principale
eft de ne l'aflujexrir a aucune concurrence; il ne
peut en fupportet.,,, .
La nation'envifageant les colonies comme Ie_
mobile de Pexiftence da quart de fa population,
ne doit avoir egard qu'a cet afpedi, inte'ref-
fant; & s'il s'enfuivoit pour clemaintenir qu'il
faille par cela: fei4 aftreindre les colonies a' s'apt
proyifionnpr par le feul commerce national, il
n'y auroitpas plus qu'il niy a a balancer fur un
objer aufl. important.
SJe n'ai rien lun, 84 principalement pour n'etre
pit tent' d'6crire, parcequ'il. vaiitt mieux -f.e
'raire que .de mal dire. Les circonftances me
forcent a parlr : j9 4eire raifoniier .fagement r
mnais ici, cpomn)e;4ans mon premier. Nq, on ne
verra que Ie fruit de moii experierc.e & ,.res
opinions, fans avoir'.gard j cellss des aurres
que je ne connois pas, ,
A Je ne'fais danc quelIVspouyent eCrejles recla,








(?5)
mentions des colons mes concitoyens. J'ai feule'-
.ipent oui. dire qu'ils demandoient 1'admiflion des
,ettngers dans les colonies,' fans doute parcequ'ils.
y yoient.un advantage pour eix ;-i-mis je veux ta-A,
cher. de.leur ,prouver qLIu'ils y voient mral. Et fi
je reuflis,'jp in'en 'faliciri-ai ,; ptifque je :ferai
parvenui.?iUs 'faire defirer am liett d'apprehen-
der le decree de l'affemnblee national qui ex4urit
jes etrangers de nos colonies., & qui operera en
grande parrie le bonheur d'une foule d'hommes
*Ie. la metropoe. '
En effect, les colons ne peuveni fe flatter d'etre
parfaiteimentindc'pendants; defendants donc d'unwe
nation quelconque, cete nation ne pouvant fup- !
porter la concurrence des rangers, elle fe re '-
fervera feule le droijt d'y commerce : cela &eanr, |
R n'eft point de puifTance qui convienna mieux
aux colonies que la France : il ftutle prouver,
& la preuve offre d'elle-mine. Quelles f0ot
les coloniesvfavorifes co mem celles qui appar-
tiennent 41 a, FranCe? quelues, font celles qui en1
effer prefentent uni tel degree de fplendeur ; qlui
fe f6ient enrichies & mbifes en production au
xrrnie point? ti cette fplendeur n't--elle pas
due autait I encouragement accorde6aux ciA.
tivateurs qu'a leur afivit6 & a leur infiduftrie i
i'inos colonies venoient a tomber fotis l ro 4
431







(10)
gime efpagnol, '. quelles fujeions ne feroient-
elles pas expofees! & quel eftli le colon qui en
doute! Si elles appartenoient an contraire a .'An.
gleterre, oi les colons trouveroient-ils ce. credi*
don't ils jouiffent avec la France i cet encourage-
mnent du cotrnmerce qui a fait, a' ma connoif-
fance particuliere, Ia fortune d'une quantity de
paisiculiers qui n'avoient aucunes facultes ?
Je pourrois dire aux colons que d'ailleurs la
feule reconnoiffance qu'ils doivent aut com-
merce de France pourroir bien les exciter i1
faire quelques petits facrifices, s'il ile falloit; mais
ils me repondroient que fi le commerce de
France n'avoit pas tr'ouve fon advantage a leuM
vendre & a leur faitre credit, iI n'eut pas'traitc
avec eux ; qu'en confequence, il feroit bien fin-
gulier qu'il exigeat de la reconnoiffance. JY'en
conviendrois s'ils avoient r6 exats a payer les
engagements qa'ils prenoienc'avec Ie commerce;
minais come tolusou prefque tousy ont mianqu6
bien effentiellemnent-, par cela feul' its doivent
une reconnoi(lance tres &endue, & d'autant plus
que fouvent leur inexa&itude a opere la ruine &
le deshiormeur d'une multitude de particuliers
refpe~al3les.
Mais, me diront encore meffieurs les colons
te credit que vPus faires rant valoir ;,eft bien plus








( 11)
que compenfe chez les Anglois, par la diff6reace
idu prix qu'ils exigent de leurs fournitures dans
leurs colonies, fur-tout de celui des negres,.
objet le plus effentiel. Comment ne fentezvous ,i
pas, leur repomdrai-je, que fi ctte nation, at '
lieu d'avoir une petite quantire de colonies A
approvifionner &oit obligee d& fournir i routes p
celles que no.us poffdons,' il s'enfuiyroit 1ne fi
grand; concurrence dans fes operations d'Afrique,
que les negres y dtubleroienc necefnairement de
prix, & vous feroient vendus en cQnfeqpefce.
dans les colonies au comptait,- ~. tiun taux gal A i
celui que vous les payez au compierce national ?i
Er s'ils ne vouloient pas convenir avec mnoi de ce
a4 evident, je leur demanderois encore comment
*les paieriez vous? vous qui :es loin d'etre i-. i
quides I car, en confcience, vous auriez da, avanm
de vous propofer d'acheter au comptanr, parler.
de payer ce que vous devez depuis tant de temps j
i1 eftfi vrai quae les colons cultivateurs ne pea,
vent pas acherer au 'compt'anr,.-que Je vais leIur
pr6uver, par une quantity de faits: don't Ils 'ne
pourront difconvenir, qu'ils font les ma"Ures d'a1
cheter du commerce national am meme prix que
les Anglois vendent dans leurs colonies;, & qu'ils
preferent I cer avantage celui d'avoir a' credit. En A
fetr k es Anglois, a bord deleurs ne'griers ,font

S1U
^ *








e Ioos o' ils merttrtparrie boiig, partie mautvais;
parrie, forts,& parties faibles. Ces lotifont aflfea
generalement veiidus., das Ia circon'ftiance "-
uele,, 165OQ,, 1,.700 o& juIfq.i'a' I oo lives: iNs
fopAYP"ays, foi?.en efpeces.,, foir en traires'fnr
I'Anglpyerre qui ne manquent jamais de recevoir
ti.bon accueil..&4 affcz gene'ralemerit, les paie*
nents s'effefuent-de cetre deroiere maniere, qui
convient mieux que des efpeces Varmar a .a.
ayvire, qli par, c maoyen,. eft fur dal produit de
F1,yage, des que fa vente, eft. effelu 'e dans les
ifles, & fe menage encore la facuit de fire un
fret avantigeux. II s'enfuit de'la que les habitants
font eux mem es & pour'leur propre compte'la
rerife en Angleterre des denres de leurs HaMhi,-
Uonsps/0r, fire ,.ls fonds de leu'rs traires, Ces
Xemifes levroeint rere conpt4s ,Ml come ch
,nous, une porarit l'autre, & en bon -c:alculateur
qui ne veur pas fe .trimpera' raifon de 5o pour
Ioo de perte: mais j, ne les metsqu'a.'io pour
.9 -,. tauxttz modefte .: il, ef clair. .que, ,fur onve
remife de 0oo ,livxres, prix; moyen des' negres
anglois., habitantt perd une fommnne de 7yoliO.'
qui, joinre audit prix moyen:, porte It! price de fon
aicquifition a 1 87o liv. Et quel eft le vendeur de
negres dans pos colonies qui tine s'abandonnerdit
pass~faire reTortir 4a ca.gaifon au prixde80oo 800






9

livres compranr ? -Eeft-il n feu' q'i ne.prefcrt
P e tte maniere dearrairer.? ,M,1als' dn d fl-'hnfai!
qui laitrouvk? J'Yi va moi', des hlabitanits I--
Ofjrer payer de9 negresi mediocres ez8o lives' s
crdi r, que de les pay6ri, ciWiflI, izoo 6ivresi
clompcanti je l'ai vt dis-je,.& ,dL e vSit' jour
-nellement. II convient doncwi l'habtta n de eraiter
.Iec le commerce national fenl. quir puilff li i
ddnner ces facilities. -' .
Je dis &ecides negres, & je' puis 1lipliquera
;tPute efpece d'approviifionnements; je vais encOre
citer des exeamp1les qui leprouLvent."I I
--; L'habitanc 'de la 'oonie s'apprpviflioniie, rait i
'les, objets narionaux que des obje&s arrangers ;.
,qon de la mnaih des strangers qui les lui aippor- i
tent, mais ae hi main des commer1ants ds 61colo-
niws finin cette parrie, qui vendert l'habirant
pcrldjtl, au prix ;d6. fobus, unobjet qui lear el
Coupe ;. P'utca cxiger une plus grande preuve
Sqdil convientt tiU'iI a ,convenu de tons tehmps
atwx prbpri6caires colons. d'aclieter credit & plus
.char? .peurtfon.demander, une preave pIus dvi-
,d&nte.encorede'lear impoffibilite de traiter avec
,11rraiiger. dire& ,inQr,'puirqcu'ils ie luii chetenc
.a.s au prix.de: 3 focus ce qu'ils Viemient patr 5 focus
chezcle, negolianv?
puc y avoir quelques prbprietaires aift dans

I '








.(I4)
le cas de pouvoir payer leurs divers approvifioti-
nements au comptant, & qui, par ce moyen, ga-;
gneroient ai une concurrence entire les commerce
arranger & national; mais le nombre en eft fi
petit qu'il ne peit pas ecre mis en comparaifona
avec celui qui a befoin dti credit que lui accord
Ia nation, & qui ne peut parvenir que par le
moyen de'ce credit qui lui faith fa fortune.- An
furplus je fuis, quant a moi, tres perfuad6 qtu'u
habitant af1, moyennant foin comtptant, trouvera
chez le commerce national les memes facilities
qu'il trouveroit chez l'&eranger.
Qa'efpererQit donc cette grande quantity de
colons, qui ne pent acheter diredement de l'&ran-
ger, & qtui en demand cependart l'admiflion ?
Croiroir-elle que les moyens des cornmercants de
la colonie fuffiroient a fes approvifionnements ?
Peut-elle fe figure qu'aucun negociant fe char- 14
g(ear de lui fournir fes befoins, s'ils confiftoient
a etre pays tous au comptant, pour n'en erre
rembourf6 fouvent que dans un deux on trois
ans ? Ce feroit une abfurdit6 de leur part i & fi
le comimercant colonial foutient deja avec peine
A fournir ce qu'il achete prefque toujours lui-
A N I1 .,
meme a credit comment pourroit-il fournit
payant tout a comptant?
S'l eft donc vidnrue le propriaire colon
S'il eft donc evident que Ie proprietaire coloa



*4


0 -







('5)
tie peut defirer d'appartenir a une autre natoia
que la France, comment ofe-t-il prerendre a ce
qu'on lui accorde une concurrence entire 1'retranger
& le national.?. Quel example a-r-il chez les
puilances & colonies errangeres? Pourquoi ap-
partiendroit-il au commerce de France feulemeint;
deja accable d'une quantity d'ei.traves qu'il im-
porte beaucoup d'aneantir, d'&tre conftamment
fur le qui-vive fans fondement folide dans fes
fp&culations, & dans le cas de fe ruiner, en fe
trouvant dans- une concurrence foit continuelle,
foit momentanee ,. qu'il eft impoffible de calcu-
let ? Au-farplus, ne fent-on pas que le commerce
national ne pouvant foutenir des operations
ruineufes, fe retireroit necef!airemnent des colo-
nies ? Et ne venons-nous pas de voir quelles pertes
elles en eprouveroient elles-memes.
Les objets de premiere n&eceffitr du moins, md
diront les colons, doivent nous etre fournis dans
le befoin par ceux qui nous font le plus a proxi.
mite, & enfin par ceux qui nous les donnrnr i
plus bas prix." Point du tout, leur repondrai-je
encore,; & je vais vous rappeller At inoyen ,qui
a dvja ete donn6 & qui me paroit le plus pratiw
cable. Vous verrez que le commerce national fera,
a portee de vous fournir avec autant de prompti-
tude que l'retranger; &, duffiez- vous payer ces ap-







(16)
provifionnemenrs, plus cher, fice font ceu'i qtil
momentanement & foiblement recuperent le coni-
mnerce national d&me quautirte de pertes qu'il
eprouve fur d'autres objers ; vous devez & vous
pouvqz, an" nitfire i vos inrerets, fupporter cette
petite difference, fi elle exiflte; & le feul efprit
patriotique qui n..devroit jamais fortir de vos
cmurs, eft fait pour vous y encouragerr. Mais
que dis-je ? fi je vous prove que le cdimmerce fia-,
tional peut vous fournir au meme prix que 1'etran-
ger, & que perfonne ne fera vidime de ce r&-
gime que quelques coitmernitside la. colonie,
qui fe'trouveroni proves d'une branches decor,
merce; alors vous founiettrez-vous? voyons.
D'abord je vais vous faire connorre ce noyei
sur & convenable d'etre approvifionne de tout, &
promprement, par le commerce national. Vout
I'eAes, & vousr avez ere' onftaamnieht & fuffifam-
meht parceconimerce, de tous nos objers de ma-
niufa&ure, & generalement de tons vos befoins; cai
la diferte :atuelle de farine dont j'ai &te tnoii
moi-nieme dans Ia colonie, lots de fon plus haut
degree en mai dernier, qui iie laifroit -encore
d'ailleurs rien a craindre, & la fuire l'a prouv6 & d
prouve ; ceete difette, dis-je, commune eprre vous
&" tout le royaume on plutrtr, que Vous etes toirl
1 ** .,. "1 1 d O










de reffentir a mneme point queo ei habirants dt-
la metropole, ne peutt rre ui prerexre pour vous*
fire dire que vous n'avez pas &c fufhifiimment
approvifionne,'mais enfinw puifque vous vous en*
fervez, & que d'ailleurs je coinviens ke premier
qae fi *vous n'avez pas, beaucoLlupfOtffert, vobus
eiez vraiment expofcs*a fouffrkfi, fahs 'ei fecouirs
de la farine .trangere; il faat di uni minoyen de
vouis mettre a Pabri de ces evenements & un
moyen qui puiffe turner a 'avanr age du com-
merce national, fans nuire a, vos interes.
it en a, dis-je, &6te propof6plufieutrs: celui
,d'un entrepot a Miquelon de toutes les marchan-
difes errangeres que. pourroient y aller cercher
iws navires, f:eroit A mia convenan&e, fi b nous
ifenious point admis dire6&ement dans les' porrs
de I'Amerique feprentrionale; mals puifque nous
y fommnes reaus, a quoi bon' un enrrepor qui lie
fetlroit qu'a nous -faire payer tous les obfjers i5
a z 0 pour cent -ait moins au- deffus de ce qSjue
nous les paierions dans les potrrs'de I'Amnerique ?
Cela eft aif a' concevoir; car il eftl bien certaiii
qu'en h'me remps qu'on obtiendroit la farine
SPhiladelphie a 3o liv., il faudroit que Par-
aiateur qui prendroit la peine de'Tenvoyer par
fon navire a Miquelon, trouvat a fe remplir de
fes frais d'armement, de fes d'penfes, gages


.





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dequipage, rifques, frais de .dcl&hargement &
interets efperes fur, fon opcratioi.. Je dis cle la
farine ce que je puis dire du riz, de la more,
& de tout en general,;& je penfeiqu'en portant
' augmentation a 5 i & 0 pour cent, ce n'eft
point exagerer: je ne la port encore a ce taux
qu'en faippofant que nos *capitaines achetaffrent
direaement des capitiines strangerss qui feroient
poirteurs des divers approvifionnements ; car fi je
luppofokis que ces capitaines rangerss vedjiffent
Icur cargaifon a des n1gociants de Miquelon, qui
la revendrolent enfuite a nos capitaines, & qui
ne le feroieit pas fans y trouver A leur tour leur
profit, cetre augmentation deviendroit bien plus
.confiderable : ainfi je rejette dpnc le project de
i'tabli1.ement d'unm entrepot a' Miquelon, au-
tant que les batiments francois feront admis dans
les ports de l'Anerique feptentrionale, & qu'il
ieiir fera permis d'y former ces fortes 4 cargai-
fons.
L'expe6dirion des batinents francois dire&ement
pour ks ports d'Amnierique, a effectt d'yformer
des cargaifojis de farine pour les colonies, n'eit
ni convenable au commerce national, ni conve-
niable aux colons dans certaines circonitatces.
Voici potirquoi :
SLe commerce national qui deja en n'en-.


*






F


voyant qu" ddes Tfeulis p'6ts d.&' 'nation ,'eft
fouvent "trompe dans fes' Iictulaions ,;, s'et
fouvent' ruine; par fa coiirtfeiice fule feoic
bien6 plus expof6 i tes` perdsI fi pouvantr bieia
moins calcailer encote la qiuantit6 de farines' qui
pourroient Zire: inlroduikes ,dahs lks' olonies
pat la voe dePAinriqUe, il"toit 1noin dan1
le cas par --onifeqdeht dA fixerl a quaiirir 'cqiiA
d',ioit en expdieer des. ports de la iietropoie
Lacolonie, ldans ce cas ,tferoi r plus fujerte que.ci-
deVant a des oionens d'abotidaiice en6orme qtii
ecrafcroient le commerce, ,, des moments de
difetie' enfiiite qui feroient'criert les' colbns,.
8&"es detx exrremires dependroienr abf0liren6i
d'' opitiong"taint des charges des expddivi0is
pour 4'Amc'rique que des nergocians des pbrts
de 'Irance.1l1 conviendroit donc qu les expe-
ditibiis"quiife 'feroient diredemen- deA France
p |b'e coinrinenr, &de.a dans nos colonies, me'
f tu flt autorifees a. porter dans lefdires colo-
nies' iie 'des bois de route efpe e-e C &' aittres
objkrs qLie' notre nmetropole tieS peut fourni.':
., 'a c lt expe'der'
'Le& tcifl 'itie noven iqqu! eft c" !d exp"die
des' hiloies ytcdi menr deiv :'ni bamrense po'tf 'A-
Smeri'que fL tenti6n-&ate tefert d'y icer cher-'t
cher les objets de confonmnatiois qiie Ia mie-*-
tropolb ne pedit pas fburifir", fie paroit le feul
B








(20o)
convenable. 11 convient au commerce national;
parce que les batimens qui font envoys dans
nos colonies en cargaifon, au lieu de refer dans
le port 6 8., S o mois & un an come cela
arrive tous les jours, feroient exptdies des co-
lonies par le capitaine du navire qui y refte-
roit'a faire fes affaires, & qui ne les feroit pas
moins bien; &c expedie, dis-je, fous le com-
mtandement -du capitaine en second auquel il
feroit donned utine cargaifon de fyrop, don't le pro-
duit ferviroit a rappotter en retour des bois &
It~ le t. io-x .... y -
autres objets dA merique que ne peut fournir la
mtropole. Par ce moyen le batiment fe trou-
veroit employee pendant quelques mois, & por-
teroit un profit a fes armateurs, au lieu de refer
cdans 1'inaH&ion dans-le port.
SJe ne. voudrois pas encore que ces memes
bHrimenes euffent tous le loifir d'introduire des
farines d'Amrnique, parcequ'il faut d'abord .
ver la confommation de routes celles de nosTa-
boureurs nationaux. Mais je voudrois qu'il y ekc
Gc prepof6s dans la colonies, a l'effet d'.tre ton-
jours parfaitement inftruirs de la quantity de fa-
r ine qui y exifteroir., Je voudrois quil fUit fixed
une qnanre# de marine a toujours y exifter: par
example, l'approvifionnement calcule de trois
nois i & que d& lors qu'il n'y auroit pas dans







(21 ) 4
hacolonie cette quantity de farine fi x fur quoi
tous les colons feroient autorif6s aI s'inftruire
par eux-memes, il feroit donned, par les admi-
niftrateurs, aux batimens allant aux Provinces-
Unies, des permiffions & mrne des ordres pour
Hintrodudion d'une quantity limitee de farine'
au moyen de quoi, le commerce national feroit
fixed fur cette efpecee de concurrence & le
colon feroit bien suir de fon existence.
Voyons a prefent fi je 'parviendrai a ce que
j'ai promise a prouver, que le commerce natii-
nal fournira an 'mme prix que l'tranger, ,&
fi mes cheers concitoyens veulent fe lailTfer per-
fuader. Exafninots d'abcd l'exifterce des chofes
depuis que 1'etranger vient dans nos colonies.
Nous verrons comme* je l'ai prouve ci-devanct,
que le proprietaire colon n'a jamais achete di-
Sre&emrent de retranger, parce qu'il ne le pou-
voit ni ne le trouvoit a fon avantage ; quq
le., negociant, feul, de la colonie, achetaut des
strangers les bois a z & 3 faus le pied, les riz
14 a 30 liv. le cent, & ainfi du refte, les reven-
doit au proprietaire colon, ou, plutot a fes .ti-
miffionnaires a 4 & 5 focus, & 36 Ai 45 livres.
11 s'enfuivoit que Is strangers, gagnart necef-
fairement fur leurs objets, laitfoient encore un
B3




U T~


b ei o bda^ rok,' fiIr act fir omtiergant C.I6w
c~ftine cho^1tvidient~fP ;>'.-q ./i.-s. .
: Nbfte'iavigaeto',r: plki difpendieife'atI'1 v6-
rite fne permetproit peuit .ctie pals .au commerce
tiatioriai de fe contetier fur les differences intro-
du&insde b6is,; rifz, farines;'i&c.etrangeres,
d'tin 4ufli legeit profit que celui. qLue'font les
Aimnicains, gui,'par Jeur, grande aftivitre, par
urttr- navigariowa econome.'par, advantage qu'ils
ont fur-tout de realifer leurs catiraux a tous les
voyages,' font A mneme de reircrer autant leurs
operariolis qu'ils fe dommagen bieide'e-
pece de douceur qi'tls accordent fur les prix.
fCependaa.- ti v O w vi fige I ue4 .ien
frah'ois aui, a1 defal'r, feroit imadifdans le port,
e' rrouve employee il as de nouveaLix frais ;par
cette brafiche'de commerce"ajouie t celu dire&
de la ritropole, & qtii iekderange rien du plan de
l'operation effenrielle. On verra que l'operareiir
doit ~&tre modefte fur le profit dece voyage* Mais
je veux bieii'encore qu'au lieu de dormtner les bois
a deux & trois fous le pied, le riz vingt-quatre
& trente liv.; & ainfi du refte, comme strangerr,
il ie puiffe donner ce premier article qt'a, trois &
quatre Sus, "Ie dernier, liv.: qu'impdrte au proprietaire colon Et n'eft-
ii pas evident qu'au lieu de payer plus cher, il ob.


4 - 1'- `j








tiendra -i plus bas prix, p.iifqu'albrs les capicaiii.
nationaux, pouvant vendre.,ces diff6rents articles-
de meme que ceux qu'its apportent des porus de
France, a credit &, en derail '.Ie propriCcaire co-
lon s'approvifionneroit dire&ement chez eux ft
par lui-nmee, foit par la voie de fon commilioii-
naire, & qu'il ne paiefa que xtrois & quaare fCis,
& que trente & trente-fix Iivt ce qu.'il payoi ci-de-
vant chcz le fpeculateur quatre & cinq fous
trenre-fix & quarante-cinq liv. ; ,,
D'ailleurs, come les rangerss paint des.
droits affei confiderables fur prefque tours leuis
initrodu&lions* dans nos colonies,& qu'",l erct-
,tres a propos d'abolir ces droits; des queces me-
mes objers feroient introdaits par les barii.eiurs
Snationaux s il er re'fulteroit une iouvelLe diilinu-
tioi furle pidx., qui le rameneroit I-peu-prfv at
.taLux que 1'on paie aux cr.migers; de maniere, qque
habitantt ne paiera chez !e capitaiie francois, .que
le prix que payoit le'fpeculateurqchex le capiraine
anlglois,; &, par ce moyen, ce premier.gagnera, a
ce novel ord-re des chofes,, tQot .ce que le fpecu-
Slateur faif.otde profit ,,. .. >, ,.
- Je' cruise raifoileneitment az-clair,.pouir ,ne
, pas imertirer us d'explication por re te
i l'abri defdifcufliols. .A.u.urplus., fi, nilgre ,es
flexionsej.re fuis trdmpe, je verra avec plaifir
B4







(24)
qu'on me defabufe; mais j'avoue que je le crois
diffieile.-On-ne--peut me difcuter la verite qui a
exifte dans l'ordre ancien : comment me difcu-
tera-t-on la poffibilite de l'ex6cution de l'ordre
nouveau? -
VoilA donc, fuivantinoi, une rres bonne maniere
d'approvifionner nos colonies;, maniere qui tourne
au profit du planteur, & qui fournit au commerce
national une branch confiderable de plus, par
confequent un moyen d'augmenter encore la na-
vigation & le nombre des matins. On fent que,
par ce moyen, nos colonies n'en deviennent qtte
plus importantes pour, nous, &qu'il eft de norre
plus. grand interet de nous les conferver. Cette
conservation precieufe ne peut avoir lieu que par
le maintien de- lefclavage des noirs & par l'en-
couragement de la traite.
J'ai affez dmonrre, dans mon premier N. que les
colonies ne pouvoienr exifter que par le maintient
de l'efclavage des'negres.-Je fuppofe un infant
que cet efclavage rendit cinquante mille negres
malheureux; c'eft en admettre a-peu-pres. un fur
douze, & dans quelle indifpofition que l'on foit
centre les colons, on,ne fuppofera pas qu'i Is por-
tent leurs cruautrs au-dela. Si done le malheur
(tres modern dans tous les cas), de cinquante
mille negres aux colonies devoit eviter celui de





-I








cinq a fix millions d'hommes ent Europe; y auroir-
il a balancer fur le malntien oa-1'abolicion de 'ef-
clavage? C'ell cependantv ki la'qu~fti6h, a cela pres
qu'il n'y a de malheturedx dahshlsrnegres que Ia
petite quanrite qui faith elle meme fon malheur
par des defauts infupportables &meritanits c'rrec-
tion; come nous avons de mem en Europe une
quantitye d'hommes qui.fe rendent eux-memes
malheureux par leur inconduite ou leurs crimes.
Examinons un infant le fort de nos laboureurs
& ouvriers en France, & celui des negres en'
Amerique; & faifons-en la comparaifon; Nous
verrons qne ces premiers, fouvent inquiets de
leur fubfiftance pour le lendemain, ne dorment
pas d'un bon fommeil, & foitent de leurs ttriftes
maifons avant le jour, pour paffer la joumee dans
un travail force, parceque leurs befoins le font.
Nous les verrons avoir a peine,. dans le fruit de
leur labeur du jour, de quoi fournir i leurs pref-
fants & indifpenfables befoinsdu meme jour, & ;
fouvent pas affez pour fubvenir i ceux d'une fa-
milHe qui les entoure. Nous, les verrons conftam-
ment penetres de leur position, & de celle d'une
quantity d'enfants defines au meme fort. Je laiffe
le refte a penfer A ceux qui, plus que moi, font .
a mime d'en juger, puifque, depuis bien des
ann6es, j'ai perdu de vue ce que je n'avois vu


i
.i








qu'a, peine. Nous verrons, au contraire, chez re
negre un homme infouciant qui ne connotr
Point Ile prix de la liberty foit pir effectt de
fon caradere borilne', foit parceqcu'il eft ne dans
1'efclavage pour lquelC il croit htre faith, & auquel
il fe fouinet d'autant plus volontiers, foit enfin
parcequ'il s'y trouve generalement heureux. Nous y
verrons un homme qui n'a nulle inquietude fur la
maniere don't il fera nourri route fa vie lui & fa
famille, parcequ'il eft certain que fonj maitre y
pourvoira, qui paffe routes les huits parfaitement
tranquilles dans fa maifon au fein de fa femme
& de fes enfants, fans s'inquimeter du lendernmain,
parcequ'il faith qu'au jour, Ia cloche fonnante
fera le final de fe rendre au travail; qui fe leve
a cette, cloche ;fonnante, prend fa houe, & fe
rend an jardint, o'rtout atrtelier fe trouve af-
fetble : voicd igenieralemnienr coImment on y t4a-
vaille. Soir pour netroyer la terre1 fit Wie habi-
ration de fucrefie", foit-povr fuiller des rtous de
canine, foit enfin pour plantetraiine'les'ne-
gres fnt alignss: on exige des tils & dhs aAres
qails frappent chacUiine coup-de hilue en'fen'ible,
oi qu'ils planten chit aci' q 1t"ais lt-:-m"hiie Pteitps
leurs trous decanne wenfit ltl le r'avai 'l i'f "
forne, O- ene.'qtill'G de '^r' {naif,
d'autresq h-lls itelyl s.-Ctte't- nitierei' raleitit







(7)
l'a&ivitQ I d premier, comme :elle excite celle
du- dernier, & le itou: opere uine active mi-.
toyeinne qni petit 'tre coiimparee a-peu-pres a la
moitie de celle qqu'ont ordinairemenr nos labou-
reurs. On voit que ce trava efl par confquentc
affez lent; & ce ni'eft pas trop exiger d'un pegre
que de le foumettre a' faire come les aurres. Ce
n'eft.que dans le cas ou il ne s'y coniiforme pas, ,
qu'il eft primitivement reprehende & fuccefli-
vement, chatie, apres plufieurs recidives.
Vers les huit heures l'atrelier dejeune. A midi
la cloche fonne; & 'eft le Iignial de fe retire cAhez
foi, o-' Pon a deux heures comnpletres pour le di-
ier., temps que le negre peut employer a quoi
boa luit femble.
A. deux, heures on fe' remet au travail, de mtme '
que le matin, jufqu'au foleil couchant. Alors Fat-
telier fe retire de nouveau & eft parfairemenct
trinquille jufq4au4endemain:
;, Voila .1 maniere donr fe diftribuenr le temps
iles! hetres des travaux.
Jes negres Qj.t leuir dimanche a eux, & fbuvent
lh, fees enl, general leurfont accoridees lorfqu'il
n'ya, ,pas de .travaux prefantes fur les habitations.
.Plii6euLrshhabitanrs preferent n'avoir a' euxqu'un
ftperfHlu de vivres ppur fervir a l'occafion, & ac-
corder a leurs negres les faniedis de ehaque fe-






(8)
Mnaine, pour les employer a cultiver chacun un
petit jardin particulier, dans lequel ils font venir
ce que bon leur femble pour fe nourrir ou pour
vendre & en faire leur profit.
Sur les habitations-fucreries feulement, lorf-
qu'on roule (i) une partie de l'attelier faitht le
S quart; mais, pour peu que l'attelier foit conf&e-
quent, cela ne reviefit a chaque negre qu'a quatre
heures de quart ou momins par quarante-huit heu-
res; &'on fent que cela ne peut influer fur fon !
fort.
L'ordonnance de 1784, que cite M. l'abbM
'Gregoire dans fon memoire en faveur des gens de
couleur, faifoit defense de faire travailler aucun
negre apres le foleil couche.. 11 faut connoitre la
colonie pour fentir toute 1'abfurdite de cer article
de cette ordonnance.
I, II 'toit prefque impoflible. de ae mettre a exe-
cution, a moins de fire, fur certaines habitations
fur-tout, le facrifice d'une grande partie du re-
venu. Laiffez la colonie fe fair elle-meme des
loix pour l'adminiftration generale de ton inte-
rieur, & vous ferez fages.
Enfin, n'eft-Lil pas bien evident, en d&eails justes,
pleins de verite, que le Iort des negres dans les -
W.


(I ) On appelle rouler fabriquer Je fucre.







(9)
colonies eft bien moins a plaindre que celui de It
plus grande parties de la population francoife ?
Occupez-vous done de faire des heureux autour
de vous; & laiffez aux colons le foin d'en faire '
chez eux. Croyez d'ailleurs que fi la colonie a '
permis des licences dans fon fein, & que fi les
ufages ont tolere bien des abus, on peut auffi y
cueillir bien des vertus. Et quand vous. fuppofe-
riez injuftement aux colons des cara&eres gene-
ralemnent durs & mechants; leur propre interest
particulier ne les porte-t.il pas a avoir foin & a
manager des Cres don't les travaux font leur for-
tune, & don't la confervation leur eft pr'cieufe ,
puifque chaque tete de negre d'attelier faith, eft
eftimee valoir 4000 livres a fon proprieraire ? II
.faudroit etre bien infenfe pour croire qu'un co-
Ion ne fait faire cas ni de fon urgent ni d'un
honime.
SAu furplus, ceux qSi ont of4 propofer le d&-
cret de, la liberty des negres, ont-ils bien re-
fiphi? p'oqnt-is, pas craint que la population
entire du royaume fondit fur eux ? n'ont-ils pas
fenti' quq.l'(ft(emblee national ,en prononcanm
un tel decer, ruinoit l'etat, parcequ'elle rui-
noit le commerce qui a trait-a-tout-trrat, &
qui, en fuccombant, faifoit tout fuccomber?
a ont-ils pas fenti ue malgre tout le refpet







(30)
du a l'aflemblee national & a fes dcrets, dix
millions de pardiculiers quii fei'oent reftes fans
pain ou ruins, auroiett cement facrifi leur
vie a tous les evenenienrs? c'ae les 'colons fur-
tout qui out-leun fortune enitiete en efclaves,
qu'ils ont acquis de leur bien legitime avoir'
fe feroient pluto' fait mettre en pieces ? qu'une
autre puiitan'ce d'aiHleurs ,bient6r emparee' de nos
colonies, les auroir de nouveau reduites ouI elles
en font ? que. 'afFemblee national enfin n'a'pas
Ie droit de 'depoliller un pi-oprieraire de f6n"
bien, des qu'il ne l'a eu ni par lI'ufurpation.
ni par faveur, mais bien de fes deniers legiti-
mement acquis, a moins de lui en faire le rem-
bourfemnent? Er auroir-on cru qu'il convent a.lal
nation, deja ober"ee, de rembourier le prix de
600oo miille efclaves qui peuvent rre valuess I'
deux milliars ? Non, je ne concois pas comment
on a ofe faire la propofitin d'un femblable de-
cret, ni meme comment on eft rfti6 quelque
terns dans 1'indecifion fur un femblable objet t
II ne .faut quy penferun intantr."
Les droits de l'hommel deorertes hIrt 'afTeni-
blee nati6nale" nie comprennent que'les homes
du fein du royaumei;ils ii'ohfi atcun trait auz
colonies & je puis dire plus, ls ne compremenn
que fur les etres naturelsdeia' nation, que fur







(3)
les blamcs enfin. Jamais 1'aflemblee national j
en prononcant le decret des droits de P'hommie,
n'a enten.du y compreiidre les efclaves de nos co-
lonies: il luirefte a s'expliquer plus clairement
a ce fujet & de maniere ai ne laiffer aucun
doute.
Je ne fuis informed qu'indire&tement d'une dit.
position qui regne a Saint-Domingue dans 1'ef-
prit de tous les colons : je ne la done pas come
certain : mais on m'a aflure qu'ils avoienr jur6
unanimement qu'a fur & mefure qu'il debar-
queroit dans cette colonie quelques porteurs de
d&erets prononiant la liberty des noirs s'il en
Ctoit lance ils feroient fur le champ pendus,
& fans nulle mifericorde ni inftruaions. L'af-
S femrnblee national, dans tons les cas, pardon-
nera ce propos ades bons citoyens, qui ne Ponti
tenu que dans 1'exces de leur-defolation a la
menace d'un d&cret centre lequel ils expoferoient
mille fois leur vie puifqu'il porteroit avec lui
'aneantiffement de leurs fortunes.
Veut on dire que du tnoins la traite des noirs
doir etre abolie? Et pourquoi? Quelles allegations
donne-t-on encore A l'appui de cette idee abfurde?
Dit-on qu'elle eft centre l'humani'te ? Of s'en eft-
on. appercu? Que refultera-t-il de la continuation
de la traite? i .Elle fert a. 'entretien de nos







(^z)
colonies, reconnues pour ered'une utilite' indif-
penfable A la France & a. l'exiftence d'une popu-
htion nombreufc ; z '. elle 'dcebouche une foule
de marchandifes de tons les genres, pour la fabri-
cation defquclles uine foule d'autres particuliers
font employes: ces deux raifous devroient fuilire
pour qu'on n'entrat dans aucune autre confid&a-
tion. Mais, elle arrache A im efclavage nimeur-
trier, en Afrique une quantity -d'etres qui,
fans devenir hlibres, pour la plupart, fe -tronveInt
du moins dans utin efclavage infiniment plus dd'ux;
& la plus grande preuve qu'on puiffe en donner,
c'eft le refultat des confultations qu'on peeut fair
avec nos efclaves. Qu'on en.confulte 5o0, &
quion leur d&mande s'ils veutent retourner dans
leur pays ou s'ils.defireroienr y erre; on ein rrou-
vera 490 qui repondront qu'ils ein feroienr d6-
fesper6s. II eft des cas ou les affetitiohs les plus
fortes font permifes; je fais ici lefermnent le plus
foleinuel fur laverite de ce que "'avAnc..
Ne reftons donc plus en ditire fur la:grainde
importance du commerce avec' le cdlonie,,; fur
la grande utility de-la traite des Aoirs, rant" potir
Nhumanite europCenne qaafrlcaiiie' fur la pofli-
bilite d'approvfionner les coloins'de tout & a
bon compete' par nos batiments nationaux &
enfin donnons au. commeiice de^ bafes fuifcep-
' -: tibia^ '


4

^ I








( 33)
tbles de l'encourager & de remettre tout en
afivite.
Voici le d&cret que je propofe a l'affemble
national, fEaf a le rediger.
SLa declaration des droits de l'homnme, pro-
, nonce par l'aufrmblee national, ne comiprend
Sque fur la population naturelle du royaume;
S& I'aflemblee national n'a nullement pr&rendu
Sl'etendre jufIque fur les efclaves de nos coltnies,
don't I'efclavage dolt &rre maintenu, parcequ'if
Seft reconnu pour ctre de la plus grande utility
pour I'hlUmanite
,. La traite des noirs continuera a avoir lieu,
& fera rnme encourage fi le casy &cher; fe
c refervant l'alfemble national de ftatuer, part
Sla fuite, lesdirs encouragements, fi elle en
to reconnol I'1 [ le.
,, Les colonies ne feront deformais approvi-
fionnees, de quoi que ce foit, que par les badi-
ments nationaux, & de la maniere que les cir-
Sconliftances le neceffiteront. En confequence, a.
computer da premier mai prochain, nul bad-
ment stranger ne fera admis dans nos colonies,
fous quel pr&exte que ce foir, finon les bani-
Sments efpagnols, apportant des animaux ou
", des piaftres.
c A computer du i janvier i 79 les memes
c loix qui auront lieu Cen France pour les conir
C




LI $
11 1(44 1,

o traintes, atix .pamiwents deo derrt. quelconque ;
C, frroiut ate.c;alnt' mies tnvigueur dans les
colonieN, Jufq9i'4i oimat e poque c, celles Ufite'es
:tft'.ce mhomne-1ht "
< q_'ace mome.ontitnIuetont ay erre exe-

I,. Tpoutes lesjIoix o.n rcglements quelconques,
,* fpit d'adijiiniflrarion ou .autres,, & geierale-
4c .n, ,tour, Ce qi n'aura trait qu'a 'inthieur
c des,.colon4:s, fera regle' & ftatue dans lesdiees
colonies & prles colons eux-nmmes affeinble6
S-4gulire!ient &de la-maniere qu'ils 'avife-
'4 ,to 13,- ,,,^ ^ ,,,-. ,^ ^ .. ..
Ces ..premiers articles fe tQouveprt expliqu's
'' 4a is,|e copurnt.:de ce petit otivrige. I mereftee
S:^ ^fire feuir 1'urilice' des derniers.
Les habicanurs ,des colonies n'ont, jiquTa. ce
moment, pay6 1e cominercanr, oin petit le dire,
qup lorQfquiIs slont bien voLdu. I.I -ettfg'erale-
mneei impoflible fuivant les loixd astelles ,de
coIntraindre ow plut&odobtenir le piiemenr Cd'un
habitant ,iln'y, ef porter de bonnie volonte;&
S une grande preuve,, c'eft qu'i eift., pas. de nego-
ciant qui ne defire tre,.pay '; &: cependanc la co-
lopie de S. Domingue. doit Soo ,milionis ;tour.-
nois, echus au coroieranits, .. ..
:, Qa'n r' fultert-il ? Quelques particuliers pt6-,
ij tendent qu'il convient., ineme aux commeraia*s,
1"' .que I'habitant ait ctt faUiw6,frc~qu'il pr1nd "








('35) -
plus d'engagemrnnts comifovwiune dav.amrigL, force
fessaquilitions ,& donne, par l1i plus de mouvd-
menr au cbmminerce;gqni feroit ifihanirieuirplus bor-
ne fi cliacmi t'Icheroir quie felon fes moyens. Ce
raifonnement n'eft pas fage. On pourroit lui' en
oppofer bien d'aurres; mais je n'en veux qu'un
feul. Qn'eflt-il refildte, dis-je, delJ'inexaditmude
des habitants? Que les comrnmercanrs, epuifes &
decouriages, ont ceff6 ou ralenri leurs operations.
Que rcfulreroir il de la continuation de cetre
inexa6tirude? Que le commercant ne potirroir
plus fournir. Pourquoi ? Parceque fes moyens font
bornes, & qu'il n'a pas des puits d'or pour y pren-
dre continiuellement a l'effet de tout enfonir dans
les colonies; parceque enfin le commercant ne
peut travailler qu'au moyen d'une navette fuivie
& rcguliere de fes fonds; & que ce, n'eft qu'en re-
cevant de fes acqLuereurs qu'il pent payer a fes
Tenders. Do maniere que fi pendant que 'es
commercants ont des moyens, ilsifnr -plus d'opera-
tions, ils ceffent d'en faire quand les moyens leatr
manquent; & il s'eiiftir qu'il n'y a ni fhlbilite', *ni
regularity dans le commerce. II faut en mettre.
: II eftcapendanit important que les colons ;, deja
oberes, & qui ont contrade' des engagements
,au-defTlfs de leurs moyens actuels, dans la con-
fiance qa'ils avoient fur les anciens ufages aienrt
lecempsde remiettre de 1'ordre dans tout leur avoir,





** (36).


& de fe liquider a fur & mefure: car il fer6it
ruineux pour eux & pour le commerce qu'on em-
ployat des cet iiftant les moyens qui les deffaiffi-
roient de leurs biens, fans les liquider en.enrier.
C'efR pourquoi il convienr que les anciens ufages
foient encore pratiques pendant quelques annees;
& j'ai cru donner une limite raifonnabik enfixant
leurs expirations au i janvier 1798.
I1I eft auffi de la plus grande importance que les
colons faffent eux-memes dans les colonies les loix
& les reglemenrs divers concernant leur interieur
& leur adminiiftration ; parcequ'on ne peut en Eu-
rope connoitre des ufages, des befoins & des cas
qui different abfolument de ceux de la ;.ctropole.
SOn fent que, par ce moyen, les colons r jaronr
pas ou tres raremeutirt befoin de depurt'r If em-
blue national, puifqu'ils front fixes lur objets
qui ont trait a la nation & aux colonies, & qu'ils
fixeront eux-memes ceux qui ne covcineront
que ces dernierst
G. LEGAL.


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