Notes fournies au Comité de salut public par les commissaires de Saint-Domingue

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Notes fournies au Comité de salut public par les commissaires de Saint-Domingue
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1 online resource (80 p.)
Language:
French
Creator:
Page, P.F.
Publication Date:

Subjects

Subjects / Keywords:
Haiti- History- To 1791
Haiti- History- Revolution, 1791-1804
France- Colonies- America

Notes

General Note:
N⁰. 1er. Situation politique de Saint-Domingue avant la révolution. Élémens révolutionnaires de Saint-Domingue. Vues politiques des agitateurs de Saint-Domingue. Précis rapide des événemens (p. 1-16) -- N⁰. 2. Examen de la conduite des commissaires Mirbeck, Roum & Saint-Léger. De l'état de la colonie de Saint-Domingue à l'époque de l'arrivée des commissaires Polverel, Sonthonax & Ailhaud. Examen de la conduited de Sonthonax, Polverel & Ailhaud (p. 17-32) -- N⁰. 3. Suite de l'examen de la conduite de Sonthonax, Polverel & Ailhaud. Notes sur le rapport fait à la Convention nationale, le 16 pluviose, par le sans-coulottes Duffay, ci-devant soi-disant marquis de la Tour-Maubourg (p. 33-48) -- N⁰. 4. Suite des notes sur le rapport fait par Dufay. Considérations politiques (p. 49-64) -- N⁰. 5. Des trois soi-disant députés de Saint-Domingue, Duffay, Mils & Belay, & de leur caractère politique. Des colons réfugiés dans l'Amérique du Nord (p. 65-80).

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lN ie.


N O T E S
FO 0 URNIES

AU COMITE DE SALUT PUBLIC

Par ies Commijjaires de Saint-Domingue,
PAGS & r BZrLZEr.
1 ''.. .
Eh! quelle fuperbe carricre s'ouvroit devant
nous ? Aux Indes occidentales les colonies
angloifes, quil etoit fi facile de boule-
verferI feulement en achevant de purifier
Ie rgime des notres : moyen qui n'ctoit
meme pa$ comprise.
J P. BsRitssorT Js Commcttans.


SiT VA T i 0 poliNqu de Saint .- Doming:i
vatdll lat revol'uittOni,

L A colonie Je Saint-Domingue etoit arbitrdo-
remenk gouvernce par un agent minifterinel. De-
puis it prtfident du confeil fouverain, ufquau
dernier da hubliers; depuis le commandant en
second jufqu-au dernier fldat depuls Ie com-
mandant des milices, lufqu'au dernier foos-ieu-





' t 1 :1 1 ** ~ i ~.- - ** -


tenant milidien tout etoit dans les mains du goui-
yverneur. Ce gouverneur avoit done beaucoup d'a-
gens; il avoit autli beaticoup d'ennemis, pace
qu'il exercoit un d.tfotif'me cpouvantable.
> '*' ... ml ...__ __

kLEMfENS revoutwonna ers de Silnt-Domingue.

L Es $ennemis du gouivernement, dune part$
ontvoula naturaifer k Saint-Domingue ia rcvo-
lution de la France.
DMautre part les partifans du gouvernement
ont voulu l'carter.
Les colons residentss en France ont pris part
pour ou, centre le gouvernement, fuivant leurs
2affe6tions ou leurs interecs. Les uns connoiffant
pea, ou point, les colonies, Ife rtuniftoient a
lhiotel de Malfiac : la. dupes de quelques intri.-
gans que dirigeoit le minftre la Luzerne is te*
nojent pour le gouvernement de Saint-Domingue.
'autres% ifoks Ctrangers aux intrigues, te-
noient pour la democratic : mais ceux-ci &roient
fans influence, parce qu'ils neavoient pas de centre
Xdacivitelo
Par une fituite du fyfteme miniftriel, les hom-ab
mes de couleur formoient ai Saint-Domningue &
dans les autres Antilles, une efpice d'ordre inter-
nmediaire au blanc & a Iefclave. La maff e de cet
ordre etoit peu inftruite. Elle ctoit accoutumee i
ramper aux pieds de 'homrme, que Ie gouverne-
ment avoit decor det quelque hochet mitatre.









(3)
te negre non-,libre- senorgueilliffit li-m me
en railon du rang que ofn maitre occupoit dans
lafocite, itde point que I'efclave d4'., home
du gouvernement meprdfbit 1'efclave d'un fimple
citoyen, & traitoit fouvent avec orgucil ce citoyen
lui-meme.
Celt lii que le government de Saint-Do-
mingue a trouv' des inirumens, comme la no-
bleffe & Ie clergy dans les homes de Ia Vend'e.



V/'Ve S politiues des agitateurs e Saint-'
24
Donzingue.

JL'INTRIGUE ourdie par lesminifleriels,& i'h6tel
de Maffiac fe fubdivifoit de mnaniere que les uns,
jaloux de leur autorite, ou puremelit royalifles,)
fervoient Louis XVI pendant qued'autres, de-
termines par des int&erts particuliers, fervoient les
princes migres : mats les uns & les autres efp.
roient amener, par la deflruion momentanee
des colonies, la ruine da'commerce de France &
la contre-revolution (i).
Dans ces premieres manoeuvres de deflrui1on,
venoient fe fondre les intrigues coritre-revolution-4
naire de 1Efpagne & les interets rnercantils de
'Angleterre. L'une & 'autre ,de ces puiflances
fourniffoient des armes, des munitions & des ap-
provilfionnemens aux revoltes Les Efpagnols, ainfi

(i) Pieces de a s L ** ^ ,K4 K..,- L.LL.. &.
SPirces des archives K*: .c.. - ,, .0 #c.
** -.' ** v- '- ^ V w - ... ...:- ^ ^ 2. ; . :,^ 1 *









que Ie gouvernement de France, vouloient la
contre-revolution :t'Anglcterre vouloit ajouter
a la contre- revolution, la uine du commerce
Fran ais.
--~ ~ ~ ~ 1 IZ .I I lill _ l


P t C 1 :$ rapide des ivenemens.
E
E 1790 fit formne I'afremblee colonialc, dite
te Saint-Marc. Elle Ctoic fur la iigne de la revo-
luiion. Rien ne Ie prouve mieux que les vexations
qu'eie eprouva de ia part' du gouverneminent de
Samt-Domingue & diu itiniflere franpais. Elle
heurta de front tous les abuse; &le nombre de fes
ennemis fut dautant plus grand qu les abus te-
noient a toutes les ramifications diu gouverne-
ment quit ne ceffiade Ia perfccuter, lufqu'a ce
quil fe crut affiz pulfraflnt pour la diflbudre, les
armes a la main. Pour viter une gutrre civie ,.
cette aflembce .. apris ine iatte de trois mois,
vint en France ddnoncer fes ennemis : mais elk
y fut devancoe par la calomnie, parcel que les
miniilhes & le gouvernememt de Saint-Domingue
avoient les m6iMes interits.
Le gouvernement de Saint-Domingue, le mi
niftre la Luzerne, Barnave, accuserent cette afiem-
ilee de vouloir !indipendancedes colk.nies(i), Bar-

(9 Mont/a"r Milfieft de Mioije, aujoiurd'hui le
Cri< ?Patr4iwlallbit & ciVoit Ic lt avzil 1790,







(1)
I'ave ,qui avoit bti C.on rapport fur cette calomnie,
a eti convaincu d dinjfice & d"erreur lorfiqu'a
tribunal rivolutionnaire nous avons dif'cute cette
parties de fa vie politique. I efbt vrai quc, pour
concilier l'interdt des colonies ceux de la
France, & fes principesconftitutionncls, raffemblee
coloniale, dite de Saint-Marc, demandoic t' fire
les reglemens d-adminiftraton intericure. L'af-
femblee national auroic fiatu6 fair les rapports ex-o
terieurs. Si ce fyY1me avoit tt approuv e par
I'affemb1ice cofflttuante, les colonies feroient pail-
fibles, & la France auroit confervr fon commerce.
Les corps populaires fubalternes &toient paroille-
Sment dans une lutte perpltuelle avec le gouvere
nement. Prefque tous ffent difflbus par la force
& la violence; & dans Its quarters que I gouver-
nement n'ofoit attaquer ouvertement, l es ind*ivi
dus miniftdriels formoient des corps populaires
parafites, qni luttoient d'autorit avec les corps
populaires patuiotes done ils paralyfoient les mou.
vemens. Les agens du gouvernement fe placoient
entreux, & les comathandoiemt lun par l'autre.
Pendant quo le governeur do Saint- Domin-
gue divifoit les citoyens, diffolvoit, opprimoit &

F0. 8,9 & iS, que la eolonie4e Saint-Domingue oit
libre & indapeadante doe la France..
Monfieur le marquis de Cadtachs, foa ami, ofa ea
dire autant er feptembre 791 i & ds ce moment i
fut execri des patriots. Le citoyen Page le denonpa
pour ce fait, 1 14. mai 1792, a I'afleniblke nationate
legmatve.
A3







(6)
divifoit les corps poputaires Ic miniftre la Lu-
zerne furprenoit a 'affemble national des de-
Screts d fOtrux par leur ambiguiht & leur inco-
hMrence i afin de tout brouiller dans les colonies
de maniere que Iorfque les corps populares &
les aflemblees coloniales vouloient fire tin pas en
avant dans a revolution de fuite le gouvernenicnt
les arrftoi par quelqu'une des difpofitions de ces
diff&rentes loix. ,C'ef amini queIa derniere affenm-
bI e colonial 'a j~imais pu traiter la queflion des
iommes de couleir; parce que la loi du xi fevrier
29x9 lu defendoit de faire executer aucun de lfes
aa&s fhor la giflation & l'organifacion des colo-
nies avant iarriv.ce des commiflaires civils. Ces
commifhtircs, ne vinrent k, $aint-Domingne qufa-
vec ledecrct du 4.+ feptembre I79,, qul invefit-
foit ctteC, momee aiffemblee du droit de latuer de-
finimivemeht:fur",i'ctat politique des'-ahonimcs de
couteur & ncgres libres,, & le fort ,de cettx non,
libres; de maniere que, pendant, huit mnipis, laf-
femblee colonial fuit entirement paraiyfe, & Ie
gouvctnement iifut tout puiffant. C'ef t dans cet
S intervalle qu'il rvolta les hommes de- couleur &
les attoliers. Nousallons voir avec quelle adrefe
1 tiroit patti deletirs afte ions, & de 'incoherence
des decrets.
Apris-vingt jours de rcvolte, de meurtres &
d'incendies Ie t ri fepwembie, les homes de cou-
leur reunis en corps d marme la Croix des Bou-
quets, demand'rent, tant en leur nom qu'au
nom de ceux rvo1tes dans le nord(t,) & ceux non
r... ou*sP"erre Dufay de `4To-r, .uer_
(t) Mer oi-PireDfy la Tour, 9icuyet ,







( 7 ), 0 ,
encore re'voltes dans le fuad, -i'executon du dccret
du i mai. Neuft ours, apres, le .20 feptembre,
taflcmbiec colonial arreta qu 'elle feroit executer Ie
d&cret du 15j mai, des quil tui feroit envoye offi-.
ciellement. L'afiemblcc colonial ne pouvoit fare
aurre chofe; car la loi dcfenJ a route autorite
conlituce de faire excCuter un decret avant qu'il
lui ait te officielliement notific. L'affemblee colo-
niale fit plus encore; elle promit d'en citcndre
autant qu'il feroit en eie, les dilfpofitions fur ceox
des hommes de couleur qui toient horse de cette
1oi (1). (Cette loi it'appelloit a Ia&*ivitc politi-
que que ceux des hommes de couleur ns de pere
.& mere libres: & tells fbnt les matrs de Saint-
Domingue, que fart une population, de z8,ooo
perfonnes de eouleur, 400 ncetoent pas dans Je
ben fice de la loi du" rd ni),
Les gouvernaliftes ,furentI foudroycs par ranr te
da 20 teptembre 179 1. Itieretoit plus auxihom-
mes de couleur qu'a rentrer dans 'ordte : mais !es
agitateurs loir firent confidcrer que cectte vikloire
netoit qu'un premier pas dans leur course revohu
tionnaire. Uls leur.` firent envifager que Ie dccret
du xI mati leur e&oi irifuffifant, us provuqucrent

ancien officer (chaff6) idu regiment du Cap, fils de
meffire Dufay de la Tour, cuyer, ancient brigadier
des gardens du, corps du roi, aujourd'hui fo-i difant
depute de Saint-Domingue', pretend, "dafts un romai
qu'il vient de publier ,que lcs mulatres n'etoient pas
revoltes avec les negres. Les quatie cinquiemnes t'etoient.
Voyez les pieces indiquees au n f. :z du folio 9.
(i) Proccs-verbaux de 'affembi'e coloniale F. 10.








tmax qu fe twuvoient hors de ces difpofitions, &
les retranchrh&ent derriere rartcice IV des inmfilruc-
tions du z8 mars 1790.
En effect, les i2.3 o&obre 1791 r, les revoltes de-
manderent qu'il fSt fat aux hommes de couteur
Isapplication de IParticle IV des minftru'ions du 28
mars. Cet article IV indiquolc quels coienr les
citoycns qui devoient compofer 1s aaemblees pri-
maires. ls demandehrent encore la difflution des
corps populaires. 'aflemblke colonial nepouvoit
acquiefcer 4 de tels tratnes, qui daiileurs fe trou-
volent contradiaoires a il du t5 mai: car d S
parar article IV des inftruLions du z8 mars 1790,
raffemblhenatonale avoit volu appeller tous lUI
hommes de coalenr a !a&*vite polhiqe, lle u'au-
rot pas porte, e 1- mai 179. 7 une .oi quai n'ap-
pelle cette meme ativte politique, que ceux des
homes de couleur nes de pires & meres libres.
Enfin Ie decret du %4 feptembre 179t arrive:
'aifemble4 colonial & les commifaires invitent
les hommnes de couleur en rebellion dcofer leurs
armes, t rentrer dans I'ordre, & fie joindre aux
patriotes, pour qu'eUe puife ftatuer 6fr leur ecat
politique (C). Pendant que IarlemhkIe coloniale pre-
noLt cette deliberation les revolves requ roient le
ouverneur & les commifraires de ne correfpondre
qu avec eux, attend qu'ls ne reconnoifloient ni
ne vouloient reconnoitre IafemblIe coloniale, ni
fes aides (). En eflet il fe forma la C1iCx-de-

(t) Proceswverbaux de lPaOMe ooloiale, F 16.
( ) Pi ces des archives S, n. t, a? 3.








(9)
Bouquets, in corps daffemblee, cornmpofde d. gens
de P'ancien regime, qui reunirent autour d'eax tes
chefs des homes de couleur. Ce corps rivalifoit
1'affemblee coloniale & paralyfoit fes a&es. C'eft
ainfi que la Gironde atoit voluh former a Bourges
un corps parasite pour paralyfer la convention na-
tionale. +
Telles furcent les agitations de la colonie juf'qu'
l'arrivee de la loi du +avrl 179. & at fon accepta-
tion par l'afTemble colonial, 2-z7 mai fuivant(i),
Quedemnar doient les hommes de couleur? Legahite po-
litique. Que difbit la loi du+ avril ?Que les hommes
de couleur out I'exercice desdroits politiques. Cette
10* 60 +*6k, orp p opu atres
loi eroitollee accepted par les corps populaires &
lIs patriots? Ouil (z). iPourquoi.donc les homes.
de couleurt ne .e font-uls pas ralihs autour des
corps populaires & des patriotet> Voia laa queftion
k traiter. Sa solution d&chirer I volev e doint tes
agitareurs, qui confontident totes les affeffions
tous tles interts ont envelPdoP a v-it. -
+= -' *'; . .- ..' 1 -. .-. -+ ** '- + '

,)t Pieces des archives zz.
(i) Memoire du 9e.- bataillon du regiment d'infan-
__C fei, J;, o : , ... .
CQrrefpondance de Raymond F 85, no, 35,
F.. 92,n 39 F. 98 no, 42, Fo. o00, flP436
SProclamations'de Sonthbnax& Polverel, des X2 oc-
tobre & 30 novembre 1792.
Lettre de Sonthonax & Polverel a l'afifmble natio-
nak,le b 25 odobre .X79 .
Pieces des archives tQAQ^ tA r. T.T.TT,
+4. S S.S. n1 3. B*1B. Z b.b.b.bob4o dl d.d.d. F& P1 & P.PP.PP
d? i A 24 '









On a toujours prd6ent 'affaire des colonies
come une atlbe purement de prejuge entire les
b:incsd'ane part,& les hornmes de couleur & negres
lisres, d'autwe pArt. L'affaire des colonies eft une
$guLTrre tentre la democrat & tle defpotiime. Let
mulicres, & Its regres lires & ljon libres, n'y
Joii-nt q'ie Ie rtle fcondaiire & palif des payfans
de ia Veiid'eQ(i)
, Tons les corps populaires de Saint-Donmingue,
cKcrcepi e r'aflemblee provirnciale du Cap, etoientt dans
tles pricipes r6voluitionnaires, & s'ils ont eu quelque
tort, c'eiA.de ne p-as avor affez pris fur eux; c'elt
avoir. trop rcfpett6 des loiK incoherentes. rel eft I
k0d zIproche on puiflk eur fire. Dans lear (cin
:,,~ ~ e.p rp. m r .
etoie icde tt.sartens parriotes & de nes-enrages
coutre- revolutionnaires mats ]a maife en etoit
cp;i 4.. ii quekefois les ..4iberations etoient
%Ltes,) rarement lesrefilrat en d oeoc perdus'
pur I revuidtion* .,les centre -,rcvoiutionnaures
etotc pguV eoj ibreux dans es corps populaires,
nais is toicenr tarts'de Tinfiuence do gouverne-
men~I, & qiil queqfois ils dominoient par intrigue
& la ten -eu r 1- .: : .,': - : ..
iT' let etoit h pbfion-r des..ctys Populaires.
Irndepndammnent de es ag ens darsles dorps papu4
laires lee goavernemncnt avit dins fesintrtr t teatS
Uarree deligne, eC4tetles2'b1atadIons ds s8.
a.
a. _.
tI) Pi ,cs des archives t.TT.T. - KI.
,. p;a.. N- D.D 4. t,.-q qQ.Q.Q Fo, ,
"r F, 13F it t 3 e n 1 .
P+". 1, n- FO.26;ho. 7. F6 8l#.&7 a .4
"^ , ? (F^^








.. ( z Z .s
regimens, & quelqies foldats des autrcscorp,. I s ont
deports le zi* batailton du 9e. regiment cn entir;ils
ont deporte les principaux patriots des au ti es crs.
II avoit tous leS ancienscominmandans des provinces
& des quarters ;i1 avoir les of0lciers des tritinaux &
de 'adminiliration des finances il avoit prefque tous
les ci-devant pivilegies.
Le refiedes habitats de ha colonies fe partageomt
entire les deux parts, fans diftfinion de naiflance,
de rang onl de fortune. I e cependant vrai do
dire que getncralement prefque tous les fLns-cu-
lottes, que Briffot & fes complices peignoient
come des brigands, fous le nbm depetits blancs,
ctoient dans c pre:p i revolutiornaire.
Voitl ltat politique de Saint-Doiningie, quart
aux, blafics.' 1 JI'
Refleit encore l es homes de touleur. & nei rcs
libres & noi libres.
Dss le commencement des aflmbtlbe prrm:itj,.
les patriots les appelkrrentptarniJ "eua (i)),; fnis
bientot 0'i gou.vernenrent voyanti que rna n npou
vot mieu& affarer fa paiftance que bdiviiiot ,ntre
les hommesde couleur &les blanc, c mploya tois
les moyeir.'s poffiblbs pour f flrj: 1l provoquti
Forgueil desO bans; il s'etaiya des cor.fidcraiorns
politiques & d'iniretk; il eur prclenta les.homtes
A
de couleur & riegres non iibres prets a IfeL
rcvolrer dei- ceI.fljnt de .voir emr&eux & les
hlancst ,4s hrnmmes de couleut I& agres ,ibres.


(x) Le difcaurs prononc= par aymondo A la barre
de 'aff. nat'Conflituante, le i5 mai X7,.
* J-79t* '"* ; ;








Tous les officers dcivils & militaires, repandus fur
la furface deo la colonie, Ctoient fous la main&
dans les interets du gouvernementj don't ils par-
trageoient plus ou moins les profits & lautorite.
Us avoient habitudee de parler & d'influencer l'om
pinion publique. Its furent facilenient scouts
lorrqu'ilts voulurent demontrer qu'il feroit dange-
reux d'appeller les homes de couleur aux affiem-
blies du people, parce que hommee aime ce qui
flatte fon orgucil & fom interest les hommes de
couleur & negres libres furent cart&s.
Alors commencerent les haines entire les blancs
& les homes de couleur & negres libres; alors,
Ie gouvernement fitt travailler ceux-ci dans fon
ftns (t) Vlua faveur des dccrets des 8 & 8 mars
3790. Bient6t s'engagea ouvertemtnent la lutte en-
tre le gouvernement & les corps populaires. Les
homes de couleur furent arms par le gouver-
nement. >
?ci Ies.,intextst fe fubdivifent, quant aux hom*-
mues de coUlcur & negres libres. La mnaf&f trop,
pea inftrimite pour ne pas voi avec indiffrence
ces debats p htiques, fuivoit aveuglement 1im-.
pulfion dugoz ernement. Elle trouvolt fa r&'com-
ptre dans qudques attentions quc lui portoient
que quefois des homes aux pieds defquels ils
croyoient devoir ramper ()., Ceux-la fuivront
toujours le vainqueur. Ceft ainfi que les payfans
de la Vendefe cbattoient avec orgueil poir dieuri
le roi & Irglife.
,; .. :; *. ... \ - ^ ^ .. **S 1 e .. . .* -* -
() Pieces des archives F. E.'8 n'. 4.
( Ibid L.K, -. . .
.<,9






41
('3)
Dautres, plus Intelligens, plus in fruits, croyoient
que la democratic fuccomberoit dans cette hutte.
Effeaivement, il falloit du courage pour s avifer
d'etre rdvolutionnaire A St. DomingueLIs croyoient
au retour du def'otifme Uils efperoicnt que, pour
rccompenfe de leurs services, le gouvernement
les placeroit k c6te des blancs ( ).
Dix k douze feulement, Raimond, Pminchinat,
Savari, Chanlatte, Rigaud, Boury, &c. avoient
des vues plus etendues. us vouloient profiter de
la division des blancs, pour s$affeoir fur leurs
eadavres (a).
Les hoimmnes de couleur, & nfgres non-libres, au-
roient vu tous ces mouvemens avec indifference s'iI
n avoientti rccherches, entratnes, forces prendre
parti (3) Le negre ne connoit pas d'etat interm-
diaire a 'efclavage & au defpotifme; il ne faith que
commander en tyran & obeir en efclave. Ses notions
religieufes fe repofent fur un dieu, don't. it ne
cherche pas k ie fair d'autre image pq'un vd-


() Pieces des archives d. F. 8, n.4, K.KK.
) bjd. b. F. 2 & 3, f.--JJ. 3., R.R
n.a, F. 8. -- XX. a4 FP 3, n. 5. F" 4, n. 6.
(3) Pices des archives X, F. 1, n. z. aa..
bb. ii. hbh. RR. XX. -* a, n' .
- F.4,n.6.--b), F.3,n. I & 2.-. -E,F.t,
- &), F. t, n. t. -- F.. n.1. G, F#.
nT. xI & -- h, F. r, n -. L F. x, n*. t
& 2 0, F. ,S n. T,IFt 3e -" 2.
ie. ,- CC, F. a, n. x. F*. 3, o., 2 o. *F
6 ,nS o" PPa #. a. toon x..re*.







("4)
g&alun infd'e ,enfin Ie premier corps qui,. fixe
iKn attention ; un ditblee q il crant ep1oivanta
blement. Ses notions politiques- ftnt une longue
ine, du Ie roi tienrt a fes pieds le premier
chainon. Chacutn dveux crit devoiL rLtter a la
place o i, fe trouve. Le negro rtac le dernr
diuu atttriier, rampux px& detous; ion maitre
le mnt-it La tOtiA de tous, il commande avec
orgl-eiL
I. ... d- I I .. .-
Nous avons dt clue le gmouvernemeitrde France,
quti croyot faire Ia conut-'evutlione par ta rune
at r V+ % n r la
mnomentanee des ctulonies (i, le gouvernenmit
le, St Domnin te qui vouloit comtirv'er fa toute-
puifitnce, le gouvcrren-entr d'Ediagne quine vou-
olt pas Voir la iberte fl pre de fe frontieres (z); les
princes (naigres qui voulolent a tu"tP evenemtnt,
fe donntr un ayle (); le gouvernement d'An-
gietehre, quti vouloic agircr la France, ruinerfon
commerce & fa marine, fe coalisermnr pour mettre'
0i,1mouvemnentls 1ominmes de. couleur & negres
libre & non-ibres. S'ils n'ont pas tous fecoud
cgaltment ces ctlemens rmvolutiornnires, fi le gou-
vernement de Saint-DomiLgue a fkul donned Im
pulion premiere bientot i a c feconde par
fi* complies. 0.
SDyap: esle developpementdes causes prenmieres d
NO rcvole&do 'incendi. dans cett-l cooi o il'e:t
pas difficil de conceoir ourquQ la !oi 44 av rl4y
Fv -u l 14 101 9 a i
+- i n in lll" "' " ... ... ^ '* ^ * ..
...-" ". ** *. @ *
; (i) PiCes des archves KK., ,? R n --

r) bd 1id ILLLU 6 MMM; -- no.4,
&& aa, no. 3 :- bbh ,qcv) m* .
) Hitd. LLLLL) no. 6, F. 28.-11111, ni.







('5)
a pas ramen 'ordre.Cetteloni nentroit dans 1 :it.-ret
dXaucun des agitateurs. Ele enlevolt au ,overne-
merit les hommes de couleur & n',,res. libres, q a,
une fois fondus dans !a garde national & .ts corps
populaires, en auroient pris l5s princrpes & le ca-
raftere. Elle n'entroit pas non plus d.ns Ics ite'
rets des Pinchinat, Savaryv & autrc_,; ti trs
chefs de parti, qui, accotitum..s "a doininer Ies
a 'Z, ^ S I _4 *
hommes de couleur craignoientt d ptrdre hi-r
influence, lorfqune dans in etat de .ilme, ifs,
aurolent ete en concurrence avec in miller de
blancs plus on morms eclaires qu'ewx, nmas qui tous
avoient 4 leur reprochtr afraIffinat de quelque pa-
rent, & t rincendie de quelques- habitations. leLs
grands coupables, craignant de te trouver feuk
avec leur confidence, nte peuvent trouver le re"
pos que,, dans I'agitation.
Si le contre-revolutionnAires n'avoient revo tr
Lyon, Toulon, Marfeille an nom deIa repubi"-
que; fi les briotins n'avoient vonla fedc-ralier
les d.partemens, en jurant nimxe,6 & ]indivibti1iyi:t
de la republique, fi les contre-revolutionnriaires 1a
volent revoltke les payrfans de la Vendee contre la
liberty, Ie'tgalite & la Convention nationall, nodus
aurions et accufes d'impoflure, lorfque. nous au-
rions dit que inos mulatres, que tnos negres libres
&non-libres nront amaisc6(nbatti par Ia hliberret
ni pour ila republique.
Cependant, ainfi que les payfans de1la Vend e,
ces malheureut ii'6toient4 que Ie -i arche-pied de
quelques intriguans places en ce :moment entree
riautel 1& 'echafaud,. car la lutte qui t Sel levee
entire leurs emiffaires & nous doit donner c re-.
iulcat. Ad'aufi grandcs djftances, Ia verite n' it








pas toulours apperquc; & tous ccux qui ont in--
teret agiter la France, a ruiner fes manufadu-
res, fa navigation & fon commerce, opt tous
interet a nous perdre; ignorance des localites &
des chores, life un fi grand champ h leurs ca-
lomnies! Brifflot qui come eux, vouloit dechirer
la France, k fi fort cgar T'opinioa publique fur
ce pays-lah*, qu'il nous faut plus que des preuves
inaterielies pour perfuader la verite.
Telles ton les cIrconftances, telhes font les
confid&rations qui ont paralyfe la loi du 4 avril,
& ia benevolence des patriots.
Tous les hommes de couleur & negres libres &
ton-libres, eCtoient-is egalement dans le part con-
tre-revolutionnaire? Non. Beaucoup d'hoin-
mes de couleur, beaucoup de negres libres font
toujours demeurcs invio!ablenient attaches au part
revolutionnaire. Ceux-la ont ett,. come les
blancs, fignales par ks agitateurs, & les plus re-
marques ont, commne les blancs, peri ou tai la
Nouvelle-Angleterre. Ccux non-libres ont corn-
battu pour les patriots, -la ou les patriots ont
eu le bon efprit de les arminer. Jacmnel & le Port*
au-Prince kur ont dfi, pendant long-temps, leur
conservation; & les quarters de la grande Ante
)2'ont dA lear fauint qdaa cette fageL melire. tLe
n4re ar*nc fuit fon ialtre an combat, comme iI
le fluivoit an champ du travail (fi)
(i) Le n. a traitera de l'tat dea h colonic de Saint-
Domningue i lVpoque o0 Sonthonax, Polverel & Ai-
haud y arric rent. II traitera encore dos atcs de ces trois
commiflaires.
.NO W ,



> . ,i ^ ,
^\







'^.t-__ -<*"*''g "

XeaMEN dte a eontuhci dy commnfaires 3!ir-
beck, Rotne 60 Saint-L.',er.

C ES trois commiffDires arriv'rent a Saint*Do-
mingue le z8 nuvinblire 1791. ils y furent ac,
cuei lis comnie des arigts teilairts. L'aflembli e
colonial, les corps popu]ires, & Ie people les
accablerentd'honneurs & debenedidions. 11s furent
an contraire affez mal recus pr Blanhelande&
fies affides.
Pendant un ou deux mois, ils fe tinrenc fur
la ligne de la revolution, & marcherent accord
avec t'aflmnble'e colonial & la muimcipalt"re di

Le gouverneur ne rarda pas a saappercevoir
que ces trois comriifaires prenoien t un ascendant
tris-prononce6; i fentir qu'il avoit beroin de leur
influence, & des-lors il fit circonveiir ces homtoes
quiil avoit jufqu'alors ecartes de hui. Le fybarite
Mirbck Afut auflibtt entoure d filleds : il aimoit.la
mufique, i fut entoure d'amateurs. tn crepe &=
nebre cotvroit la ville; la champagne ne prtefon-
toit plus que i'image de la deltrudion & de Ia
north; il dormoit au miliei des parfums. Mirbeck
.nsmvra de plaifirs jufqu au moment de fon dparc
de Saint-Domingue, on Ie faith trop pourquoi,
apres trois oa quatre mois de fljoor. II ferolt bitn
coupable, fi la perverfite de fes colleagues n'avoit
faith oublier fon immoralited.
L'enicens & le plaifir avoient endormi Mirbeck;-
mnais Roume & Saint-Leger avoienfun autre ca-
a









raAere. Ecrangers Pun & l'autre h la E'rance; n's
anglais & irlandois, ils trattertit les colons en
ennemis. La foif de t'or & du pouvoir, fembloit
les occuper entierement. Les patriotes n'etoient
pas la parties des colons la plus riche, parce que
la torche & les poignards des revoltes les avoient
particulieremenr recherches. Auffi les deux coim-
miffaires cesserent blentot de les voir; bient6t ils
traiterent avec mepris & paralyferent les corps
populaires eux-mnimes (i) Enfin, la coalition de
ces deux homes avec Blanchelande & les fiens
mit le comble It rinfolence des ariflocrates, & a
roppreflion des patriotes (2).
SLe process de Blanchelande a prouve leur
complicicd avec Ce gouverneur atroce; & la pro-
ccdure inltruite contre eux au tribunal revolution-
naire, mais fuifpendue jutqu'au rapport du comit#
colonial, ne laiffte aucun doute furleur criminalit".
Roume fut le dernier des deux qui quitta Saint-
Domingue i 1 'arrive dc Sonihonax, Polverel
& Ailhaud.*


(i) Pikces des archives, QQQ.Q KK. PPPP.
t7 *.o
1). 7.. i
(z) hid. RR,n0.9, 10, x xi, VV, n1. 1,2, 3.
XX, n1 i, SSS, no. ix. RRRR, no. 123,


t -t.




!; !
L +
f


(,19)


De N-tat de la colonic de Saint- Domingae 4
V epoque de arrivee des commjfaires Polvwrel,
Sonthonax Allhaud.

L A Ibi du 4 avril 1792. avoit devanc6 ces corn-
mifaires. Des le 17 mai fuivant, elle avoit ec
acceptee par Eaffemblee colonial. Les corps po-
pulaires, & giniralement tous les patriots de la
colonie, s'y &oient foumis loyalement (t).
Blanchelande & Roume auroient bien voula
qa'elle efitc prouve quelque r~fiftance. Us auroient
bien voulu trouver encore quelques moyens de
guerroyer foic dans le Nord, foit dans le Sud,
foit au Port-au-Prince r mais chacun etoit fatigue
de cet etat de malheur & force fut aux agitateurs
de laiffer calmer tenthouliafme de la tourbe de5
hommes de couleur, avant de les agiter encore.* L'ar-
mnee des homes de couleur, campee ela Croix-des-m
Bouquets frut revue au Port-au-Prince. Let confeil
polirique de cette armee, le m.me qui, refufant
de reconnoitre rafembl&e colonial, avoit paralyfo
fes a&es, ceffa fes fondions. Mais en meme-temps
Roume & Blanchelande organiserentaSaint-Marc
un autre corps politiquee, qudls mirent en oppo-
fition h Iaffemblee colomniale. Des blancs contre-
tevolutionnaires, & les. chefs des hommes de coi-
(I) Rapport du commifflaire Roumc, Fe, 19.
Proclamation, ne. 3
Pieces des archives, QQQQ, n. ?. ,tt ; n0. 4.
SSS nr 3. ddd, n0. lx. -1 zz bbbbb,- ddddd,
B2r
F x + ', : .+ ,+PPPPP' c ,,
Y B -..







( ,0 )
- ler, e compofTuient. Cetoift-la le tribunal contre-
revolutionnaire charge d'aflaffiner les patriots,
que vouloeint immoler Roume & Blanchelande.
Jutquealors les negres rvoltes n'avoient com-
battu qu au nomi du roi de France, aut- noai da
clerge & de ia nobleffe; graces aux agitateurs, ils
prirent une autra attitude : ls demanderent la 1i-
berte de leurs chefs; car ilstrouvoient difoient-ils
bien strange ique les homes de couleur & nigres
libres fuflent les egaux des blancs, pendant que leurs
chefs etoient dans I'efclavage. Tells oient les ma-
noeuvres du gouvernement pour provoquer encore
destroebicstiouveaux. C'ctoit cependant alors qu'il
dcportoit de Sain- tDomingue ie z bataillon da
9.'. regiment, don't la convention national a
Pe "1" 0" r I
depuis honor Ie patriotlme. Csctoit a ors qu'il
depotOit les mntilleurs citoyens. C'ctoitalorsque,
Dar des dirpofitions perfides, il fatifoit egorger dans
la province du Sad la troupe qu'i avoit envoyee
contre les eficlavcs r'voltcs.
Qd'auroit d fire Roume ? Qu'uro.t du. faire
B3lanchelande? ls auroient dut raire difparoltre,
autant qu'i toit en eax, les tra vs di, picjuge &
daeinegalite politique, & ramener tous ks citoyens
a tn centre commun d'adivitc
Laflehinbice colonial en avoirt bien fenti le be-
toin : elle auroil fouli fe decharger du4 fardeau
de iadminiflration de l& colome, fur utine affem-.
btle former dapres les dirpofiutions d la 1o du
avril. Elle confideroit., avv raift, cette mefurv,
come la feule propre htablir la confiance entire
tous les ciroyens. Mais le ;ommiffaire Roume de*
chara quil tn lti appirtwo'Iw pas de fair xccuter








la lo0; dit qul falloi attendre rarrnee ds
commiflfaires charges de cette mufflion.
Alors raffemblee colonial crut pouvoir conc-
lier I'impatience que kes hommes de couleur au-
roient pu avoir, de jouir du benefice de la loi
du 4. avtil, avec lei difpo(rions de la loi elle-
meme. En confquenee, le 17 aofit 1791, elle
arreta que jlufqu'au moment oui les commiffaires ci-
vils auroient fait eXccuter la loi du 4 avril, iit fe-
roit appeltl dans fon fein, donze homes de coun-
leur & negres libres quYi en feroit appene quatre
dans chaque aflemblke admnifirative -, & nn dans
chaque munitdp'ihteI, .&c.
Telle etojt la fimaton pol4ique de Saint.lo-
mingue a r1poque oih POlverel, Sonhonax &
Ailhaud, arrivrent le 17 feptembre 1792. Les
homes de eouenr & negres ibres, etoient tou
.jo.s dans 4es mains dti gouvern:ement les corps
populaires .oient toujotirs para yfts ; les patrites
ctoient tonuJours opprins;' la loi du 4 Ivril
n'y vwoit d'auitre execution que cellt que. hi
avoit do tat iaflemb1te coloniale, e Z7 ma-,ie

ExAI AW t e e4 co dtip dc SanthIonLax, PotLverde

v 1-,.V 01 "-IT 'l, -*-~ :/ -; f1 ^*
QV'AQ OXdfiT du fazir# ofntlthax Poks~re1
& Aillihaud d.s leur arrive Sain t-Dominglue?
Executer la lot du 4 avri .
Ont-iIs execLi cetere tlo? 160on.
Pourquoi ne 'ontmils pas exccutee? Pour dommi.i r
(r) Pieces des archives, ddddd, F.I tI n*"., O
B33







2(2z)
par la divi on des citoyens, les pler, & faire fa
contre-revolution impunement : car ce font eux
qui, par temperament., oU par fpeculation ont
enleve Saint-Domingue h la France. Pour les ju-
ger, nons expoferons feuleement leurs principaux
afes, fans toucher aux faits par ticuliers, & fans
nous permettre aucune reflexion.
Sonthonax & Polverel, arrives Saint-Do-
mingue, ont declar, Ile 24 feptembre x,179, que
Iefclavage ei nccrefjaire a Saint-Dominguie 6
iu aux ajfmbltes eoloniales appartient Ie droit
de flatuer fur tetat des eficlaves (!).
Par leurproclamation des t 17, 5 ocIlobre,
,4 & 14 decembre, is difint mme, chofie ; &
dcfinitivement ils jurent, le 4 dcembre (,), de
ne pas executer les dicrets de 'ajfembli' national,
SI, PANS Uq INSTANT D' GAREMENT, ELL
PORTOIT UNE LO CONTRA1RE A L'ESCI-A"
VAGE, T ATTENTATOIRE AUX DROITS PES
colons (i) ^. ;, ^ .-, ,.^ -*.
Ces mefires prliminaires etoent nrcefaltres
pour etablir la confance; & c'eft dans ces menes
vues que, te 4 odobre 1792z (i), s prominent de
convofuer, fous bhuit jours, tes afemblies pri-
maires, pour nommer des deputies a la Conven.
tion nationate pbur composer I'affemblie colo-
niale, & Ies autres corps p opulaires.
Ieli o&obre 1792 (1), iS prodiguent aux corps
(x) Proclamation, nI.t.
(4) Ibid. nO. 3, xo x,
(4) Ibid. no. l,*
jfS)7d.. n* 4.







(3)
populalres des eloges & des tcmolgnages de fatif-
faffion & de reconnoiffiance & crainte d'allarmer
le people en prononqant leur diffolution its pro-
mettent de convojuer, SoUS LE ?LUS BREF
DELAI les afemblees primaries pour former
les corps popuilres &6 nommer des deputies 4 la
Convention national. I
'Le 3 0oobre 1791(x) ,ils renouvellent la pro.
meffe de convoqucr prochainemnzent les af tembl'cs
primaires,. Ceft encore alors qt'ils fe partagent les
trois, provinces de lacolonie. Sonthonax prend pour
lui celle du nord, Polverel celle de ooueft &
Ailhauid celle du Sud. Uls arretent qtie chacun exer-
cera dans fa province la plenitude des pouvoirs de
la commiffion reunie. Ailhaud, le troiierme corn-
nmifiire, abandonna la partie, & vint en France
d~noncer fes colgues. SC pintesfurent etouf-
fees.
Apres avoir diflout les corps populaires, aprtes
les avoir remplaces par une corporation legiflative
qu'ils tenoient dans leurs mains (j), uIs vulurent fe
d&barraffer des chefs du part contreorevolution-
naire. En confequence1 par Ileur proclamation d,
17 oaobre 179 (3), ls encouragent la focietC

(W) ProclI"nation, no 4,
(2) Ces commiffaires compoferent cette corporation
de douze jndivdus, dont fix blancs pris dans l'aIletm.
blee colonial, & fix homes de couleur choifis &
nommes par eux. Ceux de ces douze citoyens qui re.
fuferent d'etre les inftrumens de leur derpotifmne, furent
bient6t deportes & remplaces. (Foye Ie Diyeloppe4
ment des causes des difaftros des cloness. *
(3 ) t id n . . : " I n
. 1: ;-. A ,'! !1








populaire & la commmune du Cap, a leur denoncer
les mauvais ciroyens. Its le invirent cependant t
ne pas inquicter les capitalifles, de crainte quils
ne portent leursfonds hors de- la cotoIe.
Des-lors ces mejJieiirs pculoient furles coffres-
forts des ctoyens. Si le z drcembre 1792, ils ont
manque leur coup, le 2o pinI 1793 les a parfai-
tement fervis.I eft bien etonnit que mefflire Du-
fay-de-Latour, qui nous a donned tant de nouvel-
les de ce pays-la naK jamais piari e en public d'au-
cun de ces coffres-forts.
Ils demrnandent en outre ulle contribution vo-
lontaire (t), artendtc que s'afremble coltonile
avoir cM ne pas avoir Ie droit d'dtablir lrnmp6t du
quart des revenues. Les citoyens lear donnerent de
argent, & la commune leur foumit la life des
proscription qtfelle avoit fate (z) non-feulement
par fuite de lear proclamation du 17 o&obre, mais
encore par fuite de leurs intrigatlons particuliei
res. En effetI, i e[ conllant q, ih y ont infcrit de
leur main le nOm de quelqnes perlfonnes (C3)
Ce n'toit pas encore aflfez ploair eux; ils vou
lurent que la comrniflion intermediaire sexpli tiqr
fur lefait de cette life & parleaur proclamation da
t -novemtre 170i (4),its hui ordonnentt de don-
ner fon avis, dans Ie dclai de trois Jours. Ils
Ili't i ^ . ....

() Proclamation, A., Sw
(i) Lite de profcription ABA.
(3) Proc.s de Defparbes au tribunal revolutionnalre,
Declarations de Defparb*s ABE- & AIF.
(4) Proclamation, n* 6,









(zo I
dcclarent cependant que les citoyens qui ne fin.t
pas fon&ionnaires publics, ne doivent pas contIteC
de lear opinion (x).,
C'eft ainfi quIls fe menageolent les deix parts.
Enfin, le zo novembre 1791 (.), ils ordounment,
par lear proclamation la demilion ou la deporta-
tion de tous les fondionnaires publics porter fur
la life de profcription. Mais 1'execIution de cet
a&el fat fubordonnee a leurs caprices; ils deporte-
rent ou retinrent arbitrairement les hommes de-
nonces.
Le zo&obre 179z (3), les commiffalres avoient
ecrit k la Convention nationale:, LA MAJORITE
DES CITOYENS DE COULEUP,. EST PEU INS-
STRUITEI; rILS ]EPOUSOIENT AVEUGLEMENT,
ET SANS LE SAVOIR, LES INTEILATS DES
SENNEMI nE LA FPF.ANCE. PAR-TO0jT OU
lEUR' CAUSE TRIOMPROIT, U IOYA.LIS-
SME TOIT RESTAURVIB LE GOUVERlNEKENT
POPULA1RE nATRUTTO.. .. LA CONNIVENCE
1 6TOIT EVIDtENTE ENTIRE XLE GOUVERNE-
MENT ET LES REEVOtTS. CEUrx-c1 Die
COXPS DES ORDRES DU ROX, PADRES DM
SLA COCARDE -BLANCHKE, 'E PARLENT fDE
LA ItBMTA' 1WUE cOMM 1)ftjN4 OBJET
ST1ES-ACCESSOIRE AUJX CAUSES DE LEUIt
PRAISE DARMES. ILS VULENT VENGERl,
) DISENT-ILS NOTRE ON R.OI LOUIS XVi.
IS VEV4L1iMNT LE REiMETTRE SUIJ LE T ,.NYE.

(t) ProdAmatton, n o. 6.
(3) L ede. o m.7.7
(3) Lettre des commifraires ABC.


__^,,fc^_,fth.-OB't.-ll. ...A-"-"""- -







( z6
SMALHEUR A CELUI QUI TOMBE CENTRE
LEURS MAINS AVEC LE SIGNE DE LA I4
BERT ]L Isr HIACHE SANS MISiERICOR-
DE. It N'Y A DE SURETE QUE POUR LA
4 COCARDE BLANCHE ET L'9CHARPE BLAN-
A CHE. IES OFFICERS GENKRAUX, LES CO-
SLONELS ET AUTRES OFFICERS DE ^AN-
SCIEN REGIME PEUVENT ALLER DANS LES
' CAMPS DES RAVOLTES, ILS EN SONT IDO-
LATRE*S .
Ils avoient pareillement ecrit que la foclete po-
pulaire, la garden natlionale, & les citoyens blancs,
ctolent dans les tieilleurs principes (). I)1s avoient
fait .1doge le plus pompeux de leur patriotifme,
de leur refpe& pour eux commiffaires & pour
la loi, fur-tout pour celle du 4 avril' Alors its
avoient intter~t & manager les patriots, pour fe
icdbarraffer des ariftocrates. Mais ie 30 novembre
fuivant (z), nayantplus les meimes menagemens a
garder & voulant e defaire des patriots eclaires
pour regner plus arbitrairement fur les hommes de
coutleur, don't ils connoiffoient le temnperameit.

(1) Lcttresdescommiffaires daz25 o6obre%792, )ABC.
Comment peut- it fe fire que Ies citoyens de
couleur, qui,, le 25 oobre 1792., toient fi ignorans,
fi atroces, ft ftupidement contre-revolutionnaires, foient
au)0urd'hui fti claires ,fi humans, fi bons patriots ?
Comment peut-il fe faire que les colons blanes qui, au
z5 o&obre 1792e toient dlexccllens republicans, pC-
ntres de refpe& & d'attachement pour la France & fes
agens, foient, tout-a-coup, devenus des morifires, des
affains des traltces, des contre-rivolutionnaires?
(2z) Proclamation, nW. 9g







(47)
Sonthonax qui toit feul au Cap t porca ,une pro-.
clamation dans laquelle i1 pretend lil\ circule
dans la ville un faux decret deftruieur des droits
politiques des hommnes de couleur; & pour don-
ner plus de coififtance h cette aflrertion, 1i ordonne
qu'il fera infotme de ce delit. (II na rien cto ar-
ticule a ce fujet).
Par des intrigues fecretes, Sonthonax accre-
ditoit cette calomnie, & les hommes de couleur me-
'ians, foupgonneux, ne regardirent les blancs pa,
triotes que comme leurs ennemis. 11 fut d'autant plus
facile i Sonthonax de les entretenir dansces difpo-
fitions, que les contre-r volutionnaires Ies avoient
toujours tenus en opposition k ces memes patriots.
Cette proclamation & ces intrigues preparerent
les -venemens da z (i) decembre fui vant. $i ce
jour-.i tous les blancs ne furent pas gorges, c'eft
qu'ils furent les plus forts; c'eft que les patriots les
plus inergiques n'avoient pas encore et deport6s.
Alors commencerent les deportations des prin-
cipaux patriots (2); & pour Jes exicuter plus fa-
cilement, Sonthonax s'entoura d'une armee fa
folde, & compotde de maniere k n'tre jamais que
fon inftrument.
En effet, !e 16 decembre 79z (3) fl ordonne
qu'il fera forme des compagiies branches; que ces
coMrpagnies ne front compofees que d'hommesde
couleur & niegres fibres; que les blancs en feront
exclus (4); que les officers front choifis par le
(i) Memoire de Verneuil, Fo. x7 &c. n. ABD.
(a) Ibid. ABD1
(3) Proclamation no,. ,13.
(4) Cette claflification des citoyens toit-elle comn.
paandic par la loi du 4 avril i








govefeur. (Ce gouverner.ur, les commififairs
lavoient normmI ; cetoit Rochambeau).
Sonthonax ne peut pas motiver rexclufion don-
nee aux blancs fur leur incivifme *car Ie z2 o0o-
bre (x), il a faith d'eux Te plus beh dloge. It rpete
cet bre (3), Rochambeau lui-nimee par fa proclama-
tion declare que ia loi du 4 avril a ete loyale-
mrnenrt accepted par les blancs, QU'i t CONSIDERE
COMME LES BIENFAITEURS DES HoMMES DE
CoULEUR,
Aprcs avoir ditruit tous les corps populaires;
apres avoir fibflitu6ci i'afiemblee coloniale or'
donnce par ]a loi du 4 avril, une corporation de
a v Ii I u" a qt,"
donze Individus ; apres avoir deported les trois ou
quatrel iembres de cetce corporation qmt forif
tolent A. leur defpotiine; apres avoir deported les
cte6 des patriotes & du part ariftocratique apres
avor deport & rempiace atbitrairement, tous les
fonlionnaires publics; apres s 're entoures duiue
corporation d'hommes de couleur; co qui devoit
ncceffairement provoquer des baies entr'eux & tls
blanes, ine manquoit plus aux commIffaires quc
de semparer des denies de diaun.t C'eft Ce que
fit Sonthonaxi, parfa proclamation dAt 2.2 dIcenm-

Par cette proclamation, I ordonne ka percep-
tion du quart des revenues. It d&lare que a com-
(i) Lettre de Sonthonax & Polverel ABC.
(2, Proclamation, n. 9.
(3) lIid. n. ii
(4 Proclamation w'. 14.







(19
ffion ne a vo0tCce qu apres I'au'oir conulte. Ifi
dJclare que cette iibvention fera percue dans 1i
province du Nord nonohftant la proclamatiun a
ce contraire, faite par Polverel au Port-aui -Prince,
les xz & 14 de ce mnme mois; it dclare enfit,
qute Polverel a tort de croire que la comonilnon
intermndiaire n'a pas quality fuffilnte pour voter
cet import.
Le 7 odobre 1792, 11'aemhle coloniale vota
'impot da quart des revenues de ha colonie; mais
Defparbes refuifa fon approbation a cet arrete. I1
motiva, avec raifon1, fon refuse, fur ce que, d'apres
Ics difpofitions d la Ioi du + avril, cette affem-
bt61ce, qui nt'ctoit comptofe que d'hommes blancs,
n 'avokp pas qualit ihuffifante pour etablir ,imp6t&
11 demand que, prealablement I'affcmblee co-
loniale ftt organifiee conformementa I laoi. Un pa-
telle aflemblee n'entroit pas dan s es interacts des
commiflaires, dont eldie auroit dcjou6 les projects.
Comme atuffi ,Is ne vouloient pas laiftfTer vemnir a Is
Convention national, des deputes qui auroient ar*
rdte leur ntarche deftruivg. S'ils en ont envoy de-
puns, ce n'eft que pour fare legitimer leurs, crimCs
(r). AMors its firent offrir a Dfparbes i-xanre-fix
niuille livres pour avoir fon approbation. Ce faith
ft prouv6 au tribunal revoluhionnaire. Defparbes
refufa ; & bient&t il fut dport6, apres vingt &
quelques lours de residence a Saint-Domingue.
La comtniffion intermediaire, qui, t y2. o&obre
1792 (z), remnplaqa Ia{I mbte colonial, reprit,

(x) Declaration de Defparbcss,,ABF,
(2) Proclamation, 11. 3







( 30 )
les 7 & t 9 () novembre fiuivant, la queftion de
1impot, & la perception en fut ordonnee. Le mode
de perception ctoit tel, que la difpohiion des
fonds demeuro*t dans les mains des commiflaires.
Mais Polverel, qui eoit dans les provinces de
l'Oueft & du Sud, s'oppofa, le ii & (z) e 24
decembre a la perception de cet impbt. II efp"
roit, par cette mefure, etablir dans les trois pro-
vinces, umn fyfttme de jaloufie & de difcorde ne-
cetaire a lear plan de domination. Cependant,
en meme-temps que Sonthonax portoit fa pro-
clamation du zz decembre (3), qui ordonne dans
la province du Nord, le pavement de import ,
malgrd la proclamation contradiftoite de Polverel;
cc dernier commiffaire compofoit avec les hahitans
des deux provinces de l'oueft & du lfud, qui ui
fournirent une contribution volontaire. Les eve-
nemens prouveront que la mefinteligenci de ces
deux hommes n' toit qu'apparenre. 11 fuflit, pour
s'n convaincre de lire ce qui fuit, avec quel-
qu'attention.
Le 29 novembre (4) x79., la municipality du
Port-au-Ptince craignant la revolte des atteliers,
reqUit le commandant de la place de fare re-
parer les fortifications de la vile. ,
Polvcrel, tout en rendant hommage au civifme
des habitans blancs du Port-au-Prince, k a leur
rerpe& pour la loi, s'oppofa, par fa proclama-

(i) Proces-verbaux, AAB.
(j) Proclamatlons n. 30.
() Ibid. 3no ..4
(4) bida 3to


9 0







(3)
tion du 30 novembre (1), 4 a rc "i"fition de a
municipalite
Le t2z dcembre () 17791 la municipalite du
Port-au-Prince avoit invite les autres municipa-
lites de fe reunir pour demander aux commiffaires
la convocation des affemblees primaires, afin de
nommer des deputies k une aflemblee colonial &
a la convention national.
Polverel ne vit pas fans peine une determi-
nation pareille: it craignitr de perdre fon influence,
& par fa proclamation fubfcquente, il s'oppofe a
la formation 4es aflemblees primaires (3)" It fe
rend a Saint-Marc, ob stoit Sonthonax. 11 forme
une arme d'hemmes libres & non libres, iaiche
fur Ie Port- au..Prince par mer & par terre, &
punir ainfi Cette vile d'avoir vOulu executer la loi.
Inutilement la ville lui demand de lin fair
connoitre les motifs de ces preparacifs: inutilemnenc
el* protefe de fon ob~ifrance la iloi: les corn-.
Smifiires figmnifient pour touted riponfe : qu' la
tcte de leur armee, ils entreront dans la ville 4
difctition. IHuitijours vant, Chanlatte, citoyen de
couleur, commandant-genral deo cette armee diL
foit dans fa proclamation % Que nos ennemis trem-
. bknt jefJai, en voyant ia courageufe ardeurque
m nous gallons mcttreu atterer & aniantir cettefc-
tion infolente, don't Ic foyer eft au Port-au-
Prince, Jurons tous de ne pas revenir que I der-
niernefoit extermin o. Cettefafion etolent les

(t) Proclamation, x. 8.
(3) Ibid.n.







(3z)
ctoyens qul ie tIz decembre x791, avoient de-
mandc I conformdment a ia loi da, avril, ia con-
vocation des affembles primaires.
Enfin les commiffaires donnent e final de
rattaque, & entrent dans la ville apr&slui avoir cird
trois mille fix cens coups de canon. Us font payer
aux habitans une contribution premierede 4p,0ooo
Iivres; mettent aux fers, fond des navires qui
&toient dans la rade, cinq ou fix cens patriotes,
pour etre deportes en France., & au lieu di. c im-
put da quart des revenues, ils ordonnent uine con-
tiibution gndrale dc Ila moiti des revenus. De
t ri 4 't ton ge erle, de- mi,. #1
raniere quk Polverel qui, le itz deccmbre 1792,
cdioir que la commiffion intermediaire & Its corn-
inflires eux-mames, n'avoient pas le droi de'ta-
hir line fubvention du quart des -revenus, or-
donne arbitrairement, une contribution de la mot-
tic de ces memes revenues. Ators les habitat du
Porctau-Prince, virent, mais trop tard, quels ctdient
Ies motirs fecrets qui avoient determine Polverel
t soppofer, Ite 30 novembre, k ha reparation des
fortifications dcmanddes par la municipalitd.
Jufqiues-la, les perfidies de Sonthonax & PoL-
verel ,turs manoeuvress pour tromper Its colons,
font combines avec I. plus profonde politique;
mais apres la nune du Port-au-Prince, ils ne gar-
dc t plus de management, & marchent i d-
couvert.
Plufieurs citoyens du Port-au-Prince setoent
refugidsajacmel; les commiflaires marched centre
cette ville, y entrent fans refiflance, profcrivent,
cgorgent fes habitans, & pillent fes richcffes.

a ta Jfuite au N0, .T








No. 3.


Suite de I Examen de la conduie de Sonthonax,
P6A' e 'e.t..
Po';eret &' AilAaud.
Le quarter de Jeremie s'etoit .conferve inta&
par le moyen des negres non-libres, que les mu-
nicipalites voifines avoienc armess: les commitllii
res ordonnent le-defarmement de ces ferviteurs
fiddelles; mais a peine cet ordre el1-il execute,
qu'une grande parties des idommrS de couleur de'
ce quarter fr mettent eii armes, & fe joigneit
aux revolts du Sud pour exterminer les colons
blancs. Auifi-tot les municipa1ites rcarment eurs
rearmentl r
negres, & mettent les rvoites ven fute. -
Pendant ce temps, Sonthonax&P1olveremarchent' -,
vers leCap, ou etoit arrive Galbaud 1us fe font pe,;.-, :... ;
ceder par le marquis DuIffayde-la- Tour, le meme' ii..
qui fe, dit aujourd'hui dLp.te a la convention,
pspr les aflemblees primaires de la province' da
Nord (i). Cet dmihifaire alIi Afo ida lea.fpoh
fitions de Galbaud, pour en rendre compete aux
Commnaflaires, qh da liruerent ce goutirneur, foas
pretext qu l etoit propretaire. d'habitations k
Sairit-Doinrigue, & encore, fiivant leurt letrc
du i juillet 1793 (z) au miunifre de Ia mai-
rime, rous pretcxte quil avoit des pouvoirs trop .
etendus & qui tenolnt tropdeI'aucien regiae(*).

i Denonciation fate au comite de firete general,
(. Cette piece ,eft. chez le minifte ie ia marine.
3) C'O'eC ainfi que les commiffairesjugeoient ,*r
gr' les operations du gotverneinent. 11 ef vrai que des









S34 ),
Apris avoir deflitu6 ce gouverncur, usil font de-
farmer les citoyens, dont us diftribuenc les
armes aux enclaves, qu'ls priparoient depuislong-
temps a la r6 volte (1). Cdt alors qu'ils provo-
quent les hommnes de conletfi"r co1rtre les blancs,
& fur-tout centre les matrots. De-ia V'ev cement
dftrudceur du Cap.
E mnnmee tcmps q.,iils provoquoient lers fatel-
ites, contre les quipages de la rade, i es defen-
dojent aux comniandans des ports de lacolonie,
de ecevoir aucuti Val;,au de la r6publique (z);
en ffet Ra1 concorde it, chafIfee du port dePaix
Al dUMole.
Enfin 1e 2'Z jin 793 iorfque Calbaud eut
abanidonne iechaump dc batille (4), Sonthonax &,
Polverel prociamiren t que,q uiconque leroit pris a
miller ou incendihr_, ,eroit Eufil'uI6;r-Ie-champ.
Pour erre bien cntenduc,Ictte proclamniation a
befoin d'ctre expliqtce. Celks des 18 & oijuil-
le fuivant en donneront Je dcveloppement (3)*

homes qui onit confainment fubfituc leur volont
h o161 pevet ie renvoaer l examenen de la Con.,
venti muni arctc du conieil, quand il gene leurs
c6culs particulieis.
(t. Ces fa its font pruuves par divers memoires de-
pofes au commit tde e alut public, & dans nos archives,
(2) Proclamation n i 22
(3) Toutes les pieces font chez ie minifire de la
m arine* .. ,, .. .; ,
i(4 Si quelque circonflan-ce pouvoit motive lacom-
plicite de Galbaud &. des commiffiires, c'eff fur-tout







(3)
Le 18 juillet 179 (t) les 'co mumif" res d&
clarent que tous les metaux & approvifionnemens
qui e trouveront dans la ylle du Cap1 front
fequef res. us e refervent dindiquer les moyens
d'en fare la fouille, & Ie lieu ou iis les feront
depoer. 1s$ declarent que, quiconque fera flurpris
faifant des fonuills particulkres, fera fufille furle
champ, 11 feroit curieux de voir rinventaire de ces
fo6ulles, faCns doute qt l aura tc apporte par mon
rfeur DufaLL,
Par eurs proclamationsdu zO juillet& I8 aout
1793, is dclarent emigres tous ceux qui ont fui
du Cap. us & decarent leurs biens fequeftrcs aia
profit de la republiqute. Certes, il eft fort commode
de chafler les gens a coups de canon pour s empa-
rer de leurs proprieets.
SLes proclamationsdes 18, o juillet & z8 aouit (),
front cependant pas d'autre but; & quoique dans
des termnes plus gencraux la proclamation du, z6$
juin; ne vouloit pas dire autre chofe*,
Au Capetoient au moins deux cents millions d'orl
& d'argent, & encore des marchandifes infiniment
riches. Cette vile etolt lemagafin generalde Saint-
Domingue & ce netoit pas fans motif, que par


fa lachete apparent, fon attaque fan aucun plan; &
fur-tout fon obftination a s carter des confcils infini-
ment judicieux, qui lui furent donnes par ces gens
ineiruits m
(r) Ces pieces font chez Ie minifgre de la marine.


a

#1 ~


'"(2) Ces pieces font chez Ie iraine. '*,








(36)
ra proclamation du 17 o&tobre 179z (1), Son-
thonat recommandoit aux cioyens du Cap de
ne pas inquieter les capitaliftes, de peur qu'ils ne
portaflent leurs tonds hois de la colonies. 11 devo-
rcit d'avance ccs riches mctaux, don't lapl I:'avoit
conduit a Saint-Domingue.
Ati d'?s les premiers jours dejuilItt, Sonhtonax
& Polverel firent fare Ia fouile s richbtffies duCap;
& pour ft les appropr'er excduivemnient, fauffains
doute le partage avec M. Duff;y, &c. its faifo'ent,
confonincment a* leur pruclamation diu ,8 juin,
fufiller qukconque etoit furpris detourrnant quelque
chore de cette ituille genrale, & les citoyens que
leurs mauvais trimemens contraignoient de partir,
ne pouvoient -obtehir la permilfion de fortir do
Cap, quapres avoir vuide tcurs bOmfes dansleur
mtains.
xVori fiommairement l*exphicationdes proclama-
mations des 6 juin I t ,0o Jmuilet & -8 aoeit.
Nous ne dirons rien des atrocities qwils ont com-
mifes; notre cadre te noiis Ie permit pas. Mais
i1 eft vrai de dire que phlufieurs blancs ichappcs de
tuis iSiains, Iong-rctmps apres 1,incendie, aflurent
quelesnegres avoient eux-nimeshorreur des crimes
des comniifaires.
11 refloit a 'onthonax & Polverdel un nouveau
moyen de semparer ,de !a fortune publiquel, ie Ie
trouverent dans leut proclamatin du3 ju illet (2).

S() Proclamation n. 5.
(i) Cetre proclamation et chez Ie minliftre de It
marine.








( V7 )
Jufqtialors les denrees provenant des biens des emi-
gres avoientete vendues aux cries publiqtes; cectC
pbliciet nuioiAt leurs defeins, & p;ar leut pro"
declamation, ils en ordonr.ent la vente de gr' a grc.
Par fa lettre du to iillet t793, au mniniitire
de la marine, Sonthonax accufI les baIncs du Cap,
d'avoir eux-ni-nes briLk la ville; mais hqui ap-
partenoit cette vile? Aquiappartenoientles richefl"s
quiele renfermoit? Eit-il probable que huit a dix
mille citoyens mettent eux-memes le tfeu h leurs
richefrts, pour s'enfuir tous nuds ,& demander 'au-
mone a la Nouvelle- Angleterre & en France?
Mille tcmoins atteftent que leurs propres negres
leur ont dit de s'enfuir, parce qu'ils avoient ordre
de la part des comnmmiffares, de les gorger, & de
bruter letirs miaifons.
Cependant les Efpagnols marchoient contre Son-
thonax & Polverel; & les negtres r6voltes deIuis
deux ans, fous les ordres deJean-Franpois, s etoient
ranges fous lear banicre. Ces negres, au omnbre de
douz., ou quinze mUile, fe battent au nomi de Louis
XVII, coitmme is fe battointra autretbis, au noma
de Louis XVI.
Les habitans des quarters inta-1s de la province
du Nord effraydes des atrocity commifes au Cap,
au Port-au-Prince, a Jacnmel, avoient recu les E1-
pagnols; & certes leur d ifpoir devoit tre `bien
grand, puifqaiiIs fe jettoient dans les bras de cette
nation, juatement abhorre des colons : car elle
avoit puiffamment feconde'la revolt de leurs atte-
hiers.
Les coninmmiffaires n'etoicnt dela plus entoures que
4e qiudIqias centaines de blancs leurs coampliccs;
C3








(38)
its ctoicnt devenus fI.fpecs aux hommes de con-
kwr proprictaires; ils n'avoienr autour d'eux que
les cfclaves de ia ville. Juflemeent exicrcs Is
ne trouverent dans hour caur q1e la teireur &
effihol; & dans lcur de['cfpoir, Is ordonncrent par
Icur proclamation duI x uiilet (i), que tous les
enclaves qui feniarieroient dans un delai indique,
feroient libtres eux & leurs tmfans. Cette mefure
me leurparo-il-nt pas fiffifante, ils p'roclam'rent le
zr juilltt, Pa"rainchifirement de tous les negres quil
voudroient combattre pout eux.
Ces deqx mefures n? leur avoient donned que
deux nuille combattans, lorfque le z9 aotit, San-
thonax proclama la lihbertc gencrale. Mais telle eft
l'opinion que Sonthanax porte du negre, que,
dans fa lettre du 28 feptembre an miniftre de la
marine, 1 dit que ie negre eft une nouvelle na-
tion qni va reprendre fG place dans 'efpfce hu-
in.ine, & Luzl efpere, avant pea, par'enir h la
elvilieri
DuThy dates fa relation d"taile imprimee
par ordre du comite d'inllru'ionwpublique, juge
les negres encore moins favorablement. II dit, FO.
54 U, 7 96 & e, que les attliers de S-iint-Do-
mingue font un cn;opoq de ditfierentes hordes,
toutes eguLemcI f t ces ', jupides, atroces an-
tropophdges; que les ncgrs nnont auchne idee de
nos meurs, de notre language, de nos habitudes,
de nos loix; qu'ils n'ont d'apt!itude qu'au pillage,


(x) Cette proclamation eft chez Ie miniftre de la
mai n'.








(39)
&C. &c. Voila cependant les hommes que' Son-
thonax &Polverel ont appelle a la iber'te, ouI
pluto6t ia revolte, a la guerre civil, a la def-
trudion (i). Iti eft vrui que,dans ibn difcours dui 16
pluv0ofe, Duffay tenit in' Lngage comtraire...
Mais que penfer de tout cela, fit ce neft que Duf-
fay efit un traitre fans pudeur, qui ment ait gri,
de i. fon interet.
Apres avoir prefente les a&ies les plus cara&etift-
tiques de Sonthonax & Polverel, nous gallons exa-
minerla juflification qu'ont vouhi en faire les emtiC'
fairies quHils ont fait deputer k la Convention na-
tionale, par leuats initnumens & leurs complices.


(i) Sous les tropiques la patate, quarante jours !
apres fa plantation I2 e bananier & mille autres
vegetaux fans cefie renaiflans, fourniffent fpontan,-
ment uue nourriture abondante. Cette marche de lau na-
ture ne peut etre retardee, ni nio.iiiee par aucune loi
humaine. L'hoimme noir, demi-fcuvage, en profitera`;
& nul raifaunement phi,.fophique ne lit perfuadera
quant a prefent, de devenir un journalier, quand il 'a
nut befoin de fe vctir & qu'il luit faut peu ou point de
travail pour fe nourrir. N'antkipmons done pas fur les
operations dui temps. Lui feul ,Par tine progreilon lente,
parachevera fans boulcveirfcment it r,-eneraion entire
de !espece humain-. Sur-tout ne comparons pas
l'homme indolent des triopiqule. avec lhommne adit
de la zone temperee; ce dernir n'eft laborieux que par
le befoin urgent de fe procur'r en tout temps, uni
nourriture difficile & des ve*emens indifpenif.bles. Si
le nerr-sl'telit aenIe c'eft: p6Ur
jamais les negres ifrtent de leur appathie cepour
sentregorern. Dufiay en c 'niviet lui-munie.
0 4 *i'
C *







(40)


N O'T S fur Ie rapport faith a la Convention na-
tionale, l e 16 pluviofi par I. fans-culottes
Duffay, ci dzvantfoi-dijfat marquis de la Tour-
Maubourg. :

D 'APRItS le rapporteur, Galbaud eft bien cou-
pable, & fes complices font bien nombreux! Nous
fommes loin de vouloir excufer cet officer. Tous
les renfeignemens qne nous avons pris fur les eve-
vemens du Cap, ( & certes ils font bien nombreux
ces renfeigitcmens,) n'ont pu fixer notropinion
a fan egard. Nous ne favors encore s1il doit etre
confid&reconime la vidiime,j ou conime Ie corn-
plice de ces commiflaires. Nous nous bornerons
k repondre 'ux inculpations cnoncees par le rap-
porteur; & nousex.poferons les faits, don't la preuve
eft dans nos mains, fans chercher a influence 10o-
pinion du comite.
Sonthonax & Polverel etoient execres Iorfque
Galbaud arriva Saint-Domningue. Son entree dans
la ville du Cap fut un jour de triomphe. Chacun
crut voir en ui le rellaurateur de la colonie. Cha-
c n crut y voir le moderateur du defpotifine des
commifaires.
Galbaud. repouffa tout le monde, & detrnUifit en
un clin-d'cel la confiance & lefpoir.
Telles etoient les difpofitions des citoyens a e-
gard de Galbaud & des commiflaires.
Pour mectre knud routes les perfidies du rap-
porteur il fuffit de narrer les evenemens.







(4')
Sonthonax & Polverel bombardoilent le Port-.
au-Prince, lorfque Galbaudmarrivoit au Cap. Gal-
baud y demeura feul pendant quelques jours, d6-
pofitaire de Pautoritc publique : mais loin de fe
concilier les citoyens, ii fe comporta de maniere
a perdre la confiance & l'efitime que lui avoit acquis
fa reputation. II n'eut de rapport pofitif qu'avec
sionfieur le marquis Duffay, que les commirffaires
liu avoient depeche duPort-au-Prince (i).
Les humiliations que lui firent effuyer les comn-
mifaires a leur arrivee au Cap te to jin loin
d'infpirer de l'interet, ajoutarcnt au m6contente-
ment- general.
Enfin, ile x du mmee'mois, les commiflaires
donnent ordre a Galbaud de ferendre en arreffa-
tion a bord des vaiffeauxdere'tatj pour alleren-.
fuite rendre compete de fa conduite a la conven-
tion nation ale.
Le meme jour us donnent ordre au concierge
des prifons du Cap de fair tomber les fers de 7
h 8bo brigands de routes couleurs.
l1s defendent aux equipages des vaiffeaux de
'retat & du commerce, de defcendre a terre, fi
ce n'eft' a des temps, & en nombre determinnes.
Les jours fuivans, les t6 & 177, des lhommes
de couleur infiltent des officers de la marine, les
menacent le piftolet au poing; provoquent &


(1) Des declarations ecrites atteftent ce fait.
r Nota. Toute la parties hif orique &f le rkfultat de
plufieurs mcmoires circonftancies d-pofss au bureau de
Ia commiffion de Saiint-Domingue*







(4%)
frappent des matelots. Les officers de la marine
fe plaignent, & ne font pas ccoutes.
Le io, les commiffaires annoncent qu'ils veulent
ouvrir le fpe&acle. XIs font fignifier a d'anciens
artlffes, & aux amateurs qu'on leur deflige, qu'ils
ayent i fe preparer pour deux operas comiques,
fous peine d'^tre deporrtes.
Le mnime jour ils invitent plufieurs amateurs de
mnufique ,, qu'ils recevolent pour la premiere fois,
a utin concert qil devoit preceder un repas qu'ils
donnoient aux citoyennes de leur fociete.
Le x9 jour du concert, un blanc, citoyen eF-
time eft fiappe & grievemtnt bleffi par une bande
d hommes de couleur, faifant la garde a ]a porte
des commflaires Le meme jlour, utin matelot eft
aflfaffine par iun negre libre ; & ces accident ne
dirangent aucunemnent les plaifirs bruyans des com..
miflaires, qui infulteient ainfi au deuniljgen&eal &
a la misere publique.
Le zo au martin, Galbaud fort de lI gabarre la
Normande, a bord de laquelle il 1 toit alley en ar-
reflation. II fe porte vers tous les batimens de I'tat,
en fait mettre les commandans en arreftation, fait
emboffer les vaiffeaux contre la ville h quatre heures
du foir, i1 defcend a la t6te de fix cents mrnatdelots,
& s'empare de qudeques poftes.
Les commilfaires font ouvrir les prifons &
de cainent centre Galbaud, Ifept a huit cents af-
falIins, negres on blancs. uls font armer cinq on
fix cents negres qu'ils avoient fecretement enroies
de longue main. Lavatud, commandant militaire,
de longe min.- vnd co' madat-1wlia
marcholt audi contre Galbaud, 1 la tete de quelques
corps de troupes & d'hommes de couleur. Les ci-






I '

(43)
toyens fe tenoient renfernes cliez eux, craignant
egalement I'armee de Gaaud & celle des coinm-
miflaires. La nuit ftpara le comh.'ttans.
Le lendemain i, a fix heures du matin, Gal-
baud renouvelte fion attaque. Alors les commitl-i- I
fiyent loin de la ville apr^s avoir fit armer les
ekclaves, & commander inicendie.
Hommes, tfmmes vieillards, enfans, chacun
court chercher un afyle dans la champagne; tous
font egalement preles par leurs propres negres, .
qui leur difent avoir requ des comnmirifiies l'ordre
du pillage, du meurtre & de 'inccndie. "Enin
les commiffaires appellent autour d'eux les negres
revoltes, qui entrent dans la Ville Ia torche &
ICe poignard a la main & ne fe retirent qu apres
'" ~ ~~~~ CCU, ,. .
setre charges des d6poumlles de fes habitans: ceuxla
marchoi.nc fous les ordres de Pierrot; mais cex j
de la bande de Jean-Franqi && Biaffon, refient
d'y prendre part, & rejettent les offres des corn-
miffaires. I
Tel eft lIe rcit fidele des evenermens du tnois de
juin. Les habitans du Cap, loin d'etre a~teurs dans
Cette horrible trag.die, 'ont &te que des vicimni.
itimolees aux paflions de trois tires feroces, oil
a quelqu intrigue polmque (i).
Nous ne fuivrons pas DuifIv dans fa longue
.diatribe. Son rapport eft on roman, q i pourroit
6tre confidCre come le fri'it di'une imagination en

qI,,
De -, e. '
(t) Des mcmoires, des declarations fans nombre,
dipofes au comite de falut public & dans nos archives)
atteftlent ces faits.







S43)
delire, fi nous ne favions qu'il eft ile refnltat d'ur.e
intrigue contre-revolurionnaire. Ce rapport & Is
.,~~~ .0 .. 0po
relation des evenemens du Cap, impritmee par
ordre dii comite d'inilru&ion publique, mis en op-
pofiuon, en front le developpement. Pour le mo,
mnent nous allons reliever quelques faits prLncipux.
Duffay voudroit fair confidcrer Galbaudicomune
notre agent.
Galbaud n'a jamais eu avec nous aucun rapport.
Ii a ete nonmme par Monge, 4 la foliiciation de
Raymond (i), qui le recommanda a fes amis
comnime un home de confiance, & entierement
devou t a fesintrets. Certes, l' rhomme de Raymond
ne pouLvoit etre notre agent.
Daffay prifente l'aflemblee colonial come un
foyers d'intrigues & do confpiracion.
Cette affemblee a toujours ete dans la rcvolu-
tion. Elle a toujours etc lirreconcdliable ennemie
des contre.revolutionnaires (a.) Elie a toujours po-
fitivement obei a la loi. Sonthonax & Polvcrel
lui ont rendu cette juftice. Its ont plus d'une fois
applaud a t fon civifmie & h fon courage (3j.
L'Afltmblce generale de Saint-Marc etoit dans
les mimes principes. La perfecutidun minifttrieile
l'attefte fuffifamm"ent. EIek n'auroit pa. tc la vc-


(i Correfpondance de Raymond, Fo. x0o8, n.. 45,
Fo. 1x3, n0. 48.
() Pieces des archives, LL, no. RR,n0, 6 &
J. JJJ, o. & 2. ddddd, no. 5. PP1PPPP n. .
KKKKK, no. i &z.
(3) Proclamation, no# 3, 32, &C.
^ ,







(41
time de la Luzernefi elle avoit voulu compofrer
avec lui. Batnave au tribunal re"volutionnaire, a
&tc convaincu de favor calomniee. Sa mort attefte
qu'il netoit pas coalifH6 avec elle, come ledit
Duiahy.
Les blancs ont eux-memes incendi6 la ville., dt
le rapporteur, & fe font charges de pillage.,
Sonthonax & Polverel avoient ft fort compnim6
renergie des citadins du Cap, que dans cette cir-
conflance ils fe font tenus strangers aux matelots
de Galbaud & aux fatellites des co nimtfhires,
comme faifoit Ie peuple'de Rome, lorfqu'Ccraf6
fous le poids des fafions, il attendoit lachement
la fin da combat qu'elles se livroient, pour con-
noitre a quel tyran 11 devoit obeir, Tous les cl.
toyens energiques avoient fui on avoient ct d&
portes; il ne refloit plus au Cap que de ces homes
timides, irrefolus, qui ne favent jamais prendre
utin part. Des milliers d'entr'eux ont peri dans Icurs
maifons, fibus leurs totts embraces ou fous le poi-6
gnard des atraffins des commiffaires. Ceux-la n'ont
pas incendie la ville.
Plus de trois mille, loin de fair vers les vaifteaux,
ont couru chiercher un afyle aux pied' des come
mflf'aire,. Cenx-a n ont pas incendie la vi!Ie.
Un plps grand nombre fe fonr fauves a board
des vaiffiaux ceux4la h coup-sir, ne fe font
pas charges de pillage leur misere profonde &
les aumones que lear fait le gouvernement do
I'Amerique du NordA,'attefltent fuffifamment,
L'homme qui fuit la mort, rhomme fur-tout qui
laiffl apres lui fa femme & fes enfans, n'ir'cendie
pas ta demeure, & ne va pas miller des richeffes.







(46)
Ce. e'eft pas au moment ou tout un peuple titir a
bord des vailfeaux mouilles 4 unle grande diflance
du rivage; ce n'eft pas au moment m des milliers
d'affaflins errent dans une ville, que 1hiomme qui
fuit, vole, incendie, & pille.
Dutfay compare les colons de Saint-Domingue
aux habltans de Toulon ; & par des raprro-
cenemens perfides, ii cht'rdie a critninalifer des in-
fortunes, places entire les poignards des coni'mif-
faires de la France, & la prote&ion de I'Angleterre.
Si Jeremie, fil e Mlde, fi route la colgnie s'e{
jettee dans les bras d rEfpagne &,,de 1'Angleterre,
elle a cede 1'empire irrefiflible de-la neceflhte.
Mais compare les colons aux trattres de 'Torlon,
celft porter le dernier coup de poignard a de ci-
toyens vertueux ; c efl vouloir achever de brirer le
effort qui les preffe encore vers la France.
L vlea de Toulon, place dans le perimctre
de la France, a confpue la convention national ;
ele a abjure Ie gouvernement republican; elle a
rcfifte ax armies de la rE-publique; ite a attente
it la reprelentation.nationale Ielie a proclame Loris
xv n . ;. .. ... :.
XVIL1
La, coloie de', Saiant-Domingue eft deux mille
liceues de la Fratnce; les communications en font,
depuis long-temps, interceptees la- revolution &
les evenemens qu'elle a products y font defigures
dcpuls quatre annes les -aIenis de ia France y ont
porter la deforganfation, I olppreffion & la morit
dcpuis quatre annees il n'eft pas fort du corps
Iugifltif un feul decret qu t ne fut deaflreux; &
cependant lorfque Ie traits fakt i Londres I. z
fivrier x793 fut apportd kI Jeremie IQe o juin,








(47)
par deux frUgates envoyces de la Jamaique, les
habitans de ce quarter, menaces, attaques par
. les'fatehites de Sonthonax & Polverel & temoins
des profcriptions dejacmel & du Port-au-Prince,
rejetterent la proredion que leur offroit rAngle-
terre.
Le Mole, citoyens, eft commne Jeremie damns
les bons principles; fes habitans font, cominme ceux
de Jremie, amis de Ia rpublique & de la libert-....
Comm Jeje mie ils,, ont recu les anglais : mails
dansquelles circonftances!1! Ecoutez, & jugez.*..
Le zo juin, les- conmifatires avoient provoque
au Cap tine rixe entire leurs fatellites & les equi-
pages de I'efcadrc ; leur plan de deffru&ion de Ia
marine & du commerce franqais I Vtoit fi bien conz*-
bine, qu'ils avoient difendu aux conmmrandans des
ports & rades de la colonies, de recevoir aucun
des vaifreaux de la republique.,
En efftet, le z$ juirn la frigate la Concord
i'etant prefemtee devant Ie port de Paix y fut ac-
cueiilie par deux coups de canon. Elle fe prfenta
au M61e, & Ie commandant de cette plce hi
fignifia Fordre de fortir fous deux heures.
Tels 6toient les ordres des commifaires; tel
etoient les evenemens, lorfque le gouverneur de
la jama'ique fit faire aux habitans du M61e les memes
propofitons dej afaites Jeremie. Ainfi que j-
remie, Ie Mble les rejeta.
En mfme-temps que les anglais etoient repoufls
de Jeremiee I l juin, les commflnaires faitoient
marcher une armee de revoltes contre cette ville
fiddle. Cett'e armne fut quatre fois battue; & Ji-.


-








(48 )
rcme & le M-le fe df"endirent egalement, & des
conmiffaires & des anglais, jufqu'au moment ou
la proclamation de Sonthotiax, du z19 aout, por-
titat afiranchiffement des efctaves, leur fat connuie.
Alors les anglais, ftirent appellt's & recus. Ils por-
tcrent awtour d'eux la paix & r'abondance. Lorfqie
plus loin on aura vu le portrait que l.cuyer Duildy
fait lui-mcme des negresI on jugera i les habitats
de Jeremie & dii Mule ont maiche fir la mcne
line que tes rebdlics de Toulon. LorfqAuon faura
que ks commillaires faifiulent marcher trente mille
revouits centre l Mole au moment ou les anglais
Sfe prifu:toient1 devant 1on port, on fera en me-
%hre de jug' r des motifT secrets de rant d'6vnemens.
Conwnt, dans un hioment ou ennemit menace la
colonic d'une invafion prochaiae, les commiflaires
arment les citoyens les uns centre les autres ;les
efclaves centre leurs maitres; ils afliegentles villes,
ils protcrivent, its pillent, ils egorgent leurs ha-
bitns ; & -l'on, oudranous perfuader que de tels
homes tie font pas les agens d rennemi! 1
Quelques hommes dun tel cara&ere, citoyens,
valent a eux feuls, tine arune ennemie.
Mais le M61e pouvoit fe difendre, dira-t-on
peuti-rre? Cette place eft e Gibraltar deSaint-
ioniingue. Cela eil vrai quant a la mer. Ca
ett faux quant a la terre. Le Mole pouvolt rfifter
a 'Angleterre; il ne pouvoit fe dfeddre des
allnalins des comDiffaires. Des deux ennemis, le
monS atroce a ete rct & les fatellites de Son-
s.honax font retoutrnes fur leurs pas.
S(La Jhite au NQ. 4 )
Duftay









N. 4.


N




C


-" _ -- ,' - - '=- 't '.. . .. .. 1 ^,. __ .. .
S trif y,'s Not-., 0 .

SUITE des notefiLr c r.:portfidt par DIf Iy.

Dtifiy nousa dit queles habicans du Mole &
de Jeremrnietoient ceux-la imenie qui avoient traite
a t.ondres le fcvrier 317 .Celaell faux. Le
traits a t, r jettet & es colons de Saint.Do-
miiligue, lo'n d'abjurer ia FranceW n'ont reu les
antlais que come proteieurs.. ., Oui ci-
toyens, c'eft dans le fin de rennemi de a repu-
blique, que les blancs patriots font oblighs de
chercher un afyle centre les agents de la France.,.
Tel etoit le fyLame de Briliot, & It fil de cetto
trame n'ell pas encore coupe.
Daftaty dit que dcs colons font de la dtpenmfe lh
I'Amierique du Nord.Nouis les avons denonces vous-
menes, depuis long-temps1, au comic vc &, la
convention nacionale. Plufiturs font les complices
de Blanchelande, qui inities dans les profonds
nmyfleres du gouvernemcnt ont exporte leurs r.
Cheffcs) & {ouivent celles que les tevoltes avoient
pill-es fur Ies habitations des parriotes (x),
On y trotiuve encore grand nombre de complices
de Sonthonax & Polvered, gorges d'or & da
fang' On y trouve fir-fout un Galinau de Gafq,
qui ne fut jamais Saint-Doiningue qa'un intri,
.' ' z t ,.. .. '!

(?) Les ouvrages de la commifhlon de Saint-Domin..
gue, BAA, BAB, BAC, B3AD, BAF, BAG,
BAJ, en donnent les dtai ,, ,


.~ ~' -
.r,~.
-.
.~ i
N


6Mw nf iiiiim """ ." ~"-







(So)
gant aux gages du gouvernement & qui long-
temps, fut le triflan des commfltaires.
Galbaud avoit itabli dans le nord, une batteries
qu commandoit une parties de la ville. Cette por-
tion de la vlle n1a pas eti brulce. Pourquoi ?--
Parce que les patriots en defencoient Iapproche
aux satellites des com'ilaires.
tes commiffaires avoient leur demneure & leurs
archives dans un autre quarter : ce qua! tier n'a pas
ati incendi. Peurquoi? -- Parce gqu'ils I'occupoient.
Enfin, un Cti ggniral s'levedetoutes parts contre
les commflaires, oux feuls avoient donned iordre
aux revolts dn meurtre & del'ncendie. Des blancs,
des multres, des nagres refugles, atteftent cette
verite.
Galbaud, dit le rapporteur a enclouc les canons,
demont les i mortiers: fans doute les commiffaires
auroient mieux aimi que Galbaud leur efit donnet
ie temps de fire incendier la rade, come ils
en avoient donn6 lVoxdre former (r).
ies nouveaux citoyens (les negies revolts) ont
donned aux blancsP dit Dufay, l Tes preuves d'une
gn&rofite bien grande.
II eft vrai qu'environ trois mille patriots, croyan t
troutver afyle auprts des commiUaires, fe rendoient
autiour deux, au bourg du haut du Cap, au riffque
d'rtre affafi is par la foule innombrable de bri-
gands qui rempliflbient les chemins les commi1-
faires en font informs ils craignent I'arrivte de
ces maliheurux, ils veulent I eviter : uinnouveau

(x) Cet ordre eft dipofc at comitY de falut public,
Nous en avons copi certified.









crime qut fakt horrcur leur paroltI le moyen Ie
plus suAr d'y reuffir : ils ordonnent de les arrtter par
uine forte garde de bandits kI 1'entree du bourg,
d conduire des canons, de les charger k mitraille,
& d'exterminer cette foul d'infortunis. Ce trait
incroyable d'inhumaniti faith frmir la stature; il
elft nianmoins conflant. II n'eut pas fon execution.
Qui le croiroict ? Les fatellites des commiffaires fe
montrerent moins atroces; ilsen eurent liorreur(I).
Apres le depart de Galbaud, il n'a pas 6te
commis un feui mneurtre, dit impudamment I*
rapporteur.
Citoyens, chaque jour fut marque par la mort
d'un grand nombre de citoyens, que ces tigres
avides de fang faifoient impitoyablenent fafiller.
S'il fallout en nommer quelques-iins, nous deman-
derions 'a mtneflire Lduis-Pierre Dufay de la Tour,
c&uyer, olicier au regiment du Cap, ce que font
devenus les citoyens Guq, voyer, Gay aubergifle,
Abadie, chirurgven, Bernard flier Robard,
mnfon Simon, imprimeur, & Cofte, chlaircui-
tier, tous fufilles par ordre de ces cornmiflfires.
Nous lui demanderions ce qu'eft devenue la
citoyenne Cofte, quil, ne pouvant furvivre i tant
d'horreurs, & fur-tout i aflalnat de fon mnar,
prit fes deux enfans, a jett Ie premier ha la mer,
a lii le fecund, plus jeune, fur fon fein, & s'eft
prcipitte avec lui au -milieu des floats, dans let-
quels elle a perin.
Nous ne nous occuperons pas, quant a prdfent

(i) La preuve en eft dans nos arcbivcs. Elle, t etl
galement au comit6 de sdut public.





B




d'une plus tongue diidculfhon fur le rapport de
metlire Louis Pikie D-fay ; ce roman f.brique
depuis long-temps, p iit-ete outs, qiquze cheminte
de Paris aura cC4tndant une rcporiit; ma1is enel
attendant, nTous pr1ons monfieuir k niarqiis de
nous accorder cen face de quelque cooite une
conference dans liquellenous puiftions -ti prouver
ue sil fiiut autretois un intrigant, il li auourd'hui
Agent falart dune coNurat .lon pofonide qui ,
apres setre go y ce ie fang & id'or a Saint-Domingue,
vient encoreoporter en France les delh-ins d'une
contre-revolution a "h briilot.


Confiderations politiqules.

ILORSQJE la maifon de B,-urbon fut humilie
par i'Angltcrre, dans %,avi0t dcr ere guerre, le
uinirftre de France jura Ii;4deppendatic de I'Ame-
r iue du Nord*
Lorique la mnailn d' ovre ccn X lt 'indi |
pendantd& d I'Amt*reique du Nord eile i ptomitt
une grande vengea..e; #ilevcta Iati; iliement, |
riinupeindance ou 6a ruine uks :oloies fl,ntait0s;
CA jura dh'tiinil'r la PncFaie & la Imaiion qui
S' r f *. **
rcgnolt ufr ele.
LAtmerique du Nord ttou4'ant touto s !es fac-
tto1S rovaliftCs, cOnllilailt avec tite Ciaeie pro-
fonde la phiitulopbie & la poitiqu:e, a fiu fe don.
rr utin gouverninient libre. la rH:.tce en a fair
autant. C'cii anfil que la ptiiofophie fait on profit
tleis pafliuns a iint. ,s gouv.rntiei;.'

r)








La maifon d'Hanovre voyoic que la profjpcttd
des colonies franqoifes alloit Clever te connmerce
de France, a pluhis haut degree de fplendeur ,diel
voyot que le genie des aits, de lignricilture, &
de la navigation, outroitt, egamnt a touces s
clafles des habitans de cette ptuflTnce rivale; diee
favoit que la marine militaire d'un grand people,
dolt toujoairs tte' en rafon de fa imaiine mar-
chande : alors le fentiment de fa foibleIUe I'a frap-
pe, 46e a vu r'inde clhappant de fes mains;
elle a via fon commerce rutne, fa marine anean-
tie, fes villcs defertes, & fa puiflance ecroukce
fhus le poids d'une dette immenfe, L'Angkterre,
enfin, ne pouvoit fe fauver que par les malheurs
de la. France, Briffot a fervi fa politique & fa
vengeance; & la France a.te attaquee en mme
temps & dans fon femn & dans fes colonies.
Les evenemens ont feconde cette politique &
le genie vafle du mitnifitre d'Angleterre a fiU
turner a fon profit les evenemens revolution-
airtes qu avo',ient developers la philofophie & le
malheur. 11 a voulu dechirer la France par elle-
meme; il a voalu nationalif'er chez elle 1'anarchie
& la difcorde; & pour le fare avec fuhces, ii
a tonr-a-tou- feconde, mbattu la revolution de
1789; il a .,voulu rdtablir la monarchie for les
mrembres e pars de la republique fdderative;, il veut
fur-tout fire perdre a la France fa puiffance &
fon credit& il voudroit ancantir chez elle le gout
des arts, des manufactures & du commerce, il
voudroit etoufer dans la generation pre6fente, le
germe d'une poftertre nombreule I lvoudroit fur-tout
lui raviroutdevafterles colonies: car le people anglais
D3 I







14)
ne vlt jamais que fon commerce, & s'il pardonne
k fes rois les horreurs de la guerre, malheur au mi-
niftre qui, trompe dans fes fp)culations politiques,
ne lui prefenteroit pas en dernier refultat de nonu.
veaux moyens de commerce.
Tel devoid 4tre Ie refultat des inftrufions per-
fides donnees i Geneft Ie 17 fEvrier dernier,
par le confeil executif brifl'btin. Ses inftru&fions,
nous les avons denoncees 1 la convention na-
tionale, le mois de mai dernier, & Geneft a ekt
rapplle.,
Geneft avolt e6e charge de propofer aux Etats.
Unis de 'Ameriquedu Nord, an noveau trait par
lequiiel la R.pnblique leur auroit accord la fran-
chife du commerce avec fes colonies, k la charge
par eux de les proteger, & d'en garantir la prot
priethi Ia France.
te plan paroit fiduifant pour les colonies, &
cette franchise de commerce auroit te pour elles
an moyen de profpriti incalculabl, e fi le plan
lui-mime nent td illufoire. Livrer les colonies
franqaifes h la proceMion de l'Amirique du Nord,
qui n'a pas de marine militaire; c'toit dire a 'An-
gleterre de s'en faifir h volonte; 'toit dire k
toties les places de commerce, 4 routes les villes
maritlmes, 2 toutsIes lesmanufaaures, tout Ik peupfe
francais de s'lever contre un pareil fyftfme; ce'toit
provoquer la guerre civil & rafflirviflement du
people; c' toit ce que voulolent les briflotins, Ceftlo
|e cc que nous avons dinonce.
Mais les EtatsUnis ont vu le piege mal-adroit
quc leur tendoit ce mniftre intrigant, quils out








tralt. avec le mniepris que meritent desmandataircs
infidelles.
Egalement amis de toutes les puiltances helli-
drantes, les Etats-aTnis promenerit leur pavilion
iur toutes les mers, & font prefque feulh le com-
merce du monde. Cette puifiance encore 'fon
aurore, va s'enrichir des evenemens de PEurope &
des Antilles; egalement utile h toutes les nations,
elle fe gardera de rompre le noeud qui Pun h
chacune delles: tel feroit necefairement 'eff'et
du nouveau trait6 propof6 par le confeil exe-
cutif.
Loin de favorifer les colonies, ce train devoid
tre Ieur arret de mort; i t devoid coincide avec
la rivolte 3e la Vendee, avec la deroute de la
Belgique ; il devoi t m contenter tous les d4-
partemens maritmes, & les places de commer-
ce ; ii devoit motive Ie fyftme' du f-dera.
lifme, qud nel'w luI-nime qu un echelon pour
anter le defpotifme fur Ie deichirement de tous les
d5partemens & la guerre- civil.
Nous difons que ce traits devolt tre ,arrt de
mort des colonies, parce qufil devo1c n4ceflir
meant fire perdre la neutralit aux Etats- 1nis
& voila fans doute ce que defirot le comic Brntf-
fotin: non qu'ili vouhut donner un alliit' la France;
mais parce quiil vouloit livrer les Etats-Unis an
cabinet de Londres, qu'il vouloic mettre en me-
lure .de donner un prcfident hereditaire a ces re.
publicaimis. En effit les Etats du Midi qui voyent
le terme de leur profperite, dans l prohibition
de la traite, que la conftitution decretee en 1787,
ne tolre que jufquen x8o8, mcnacent cette ri-
D4


R _







(6)
publique dime dtiff'!T1ion proch:,i"e ; & lesn.tre.s
ctacs enrraines dans ce totbililon revolution-
naire c6deroient i" viab'cn a cett d-ince
evtathlemn~t a cettc ehn,
& fuccomberoicnt dans cette iutte defairlteute
mais le congrcs dluecra cette trawe abom.iiable.
Enfin dans I'i dt chat 9fepiare par le con-
fell excCttif, les colnies a'jruint p.rdtu e'?cul
t, t ,fi. Pm.nie f t
nioyen dapprovifitnemcntnr qi le;r re toit encore;
& leurs habhoitns aprcs avoir I rvecu a tous les
fleaux que la fatalile appdcfntitr ,fir eux, auroient
pri par la famine.
Telte ctoit cette fa,1on : Pitt lii a donned une
double tache h remplir, i* l lui a co(mtnande
d'oprer te dechirement de la France, z 1. II iti a
conimande d'y naturalyfer ledefpotifie, par l'puif-
fement du corps politique. Cette f-ion ne fert
enfin ni la detnocratte ni 'ariflocratie; efle eft
fubverfive de tout ordre tIOcial. Vous alloz en ju-
ger par Ie tableau rapid de fes operations.
Un. conflihution avoit fixed le inouvement r-
volutionnaire de a France; d'excelens citoyens
frappds des, vices qu'celle prl'ntoii, & plusfrap-
pes peut-etie, des attentats contre-rcvolurionnairs
aune cour ,corritompue, detireient un gouverne-
snent republican. Cette fhdion fc Iirvit adoite-
ment de cette Circorftance pour agiter eickLre ia
ocilete.
Louis Capet fut luge & condamnCn. Cette fac-
tion vit danst'appel au people iun moyen certain
d'anarcie & de gtierre civie; ele ey vit le mo)yen
de fe conrilier la confiance des contre-revolution-
iatrcs qui auroient cru qu'cie vouloir faiuver le
roi; lle y vii enfin Ie moyen de fe conciiier i'el-







(57)
"( s7 )
time & la confiautice du pcup!e, don't elle fernm-
bloit rt.pn-&er Ia fouverainet.
-Utne coniftituition femiboit devoir naitre des
ruins du trone; mais i elle n'a pu defcendre de la
montagne, qu'aprtes qie le peupAe a eu difperfC
leV tAMtrCs qui en arreoICnt It la marche.
C&tte fdion embrafFoit la convention le con-"
ft:1 exc'itif, & les ccrivains periodiqucs: & par
tous les moyens que lui permettoit Ia situation,
die a corrompu i'ef prit public, & federalife les
dcpartcmens qu'ele provoquoit contre Paris.
C'el dans les nw es vues qu'ille provoquoit
toute la France contre les colonies. Eile preimn-
toit ces contries comme le fejour de .'arilocra-
tie & de la tyrannic.
C'toit vrai quant au gauvernment & fes
complices; mais c'toit d'autant plus faux quant
aux patriots qu'ils ont mieux aimne laifer deva("
tjr leurs poffetliions, que de compofer avec eux.
Elle prefintoit les inul.tres conmme des citoyens
verueux riches, puiMflns par leur i'dullie; &
d'autant plus zc!s poor la revolution qa'ils etoient
opprimes par les colons blancs. EilM prefentoit, les
Ir.res efclAaves come des hommes douQ's d'une
profonde inttellisgence, & d'une intrreffante fen-
hbilitet & vitfiaies comme les mulatres, d ror-
gueii & de 'ainbiltion des colons blancs. Des
homrines honnctes & fenfible vivCement affcdes de
C% tatlcau l, en rlevotilent les Couei, Les co*
lons btancs eto:enc conlLdrer s Conrme des canni-
balds ennumis de l'efpece hum ine & de la rdvo-
!uti, 9; & les efdaves-& les mulitres dcgoluitans du
fan d patriots ntoin ps q"ue des homes
iag ,. patrio net..n [, a







( -s8 )
arms pour la liberty & ldgalit. C'efl comme fi
I'on jugeoit de l'opprefllon aduelle da people fran-
jais, par la revolte de la Vendee. Les mulatres
& lesnegres 6toient commeleslpayfansde ces contries
arms par le fanatifme, & le refpe&t religieux,
qu'ils ont toujours port k l'homme rivatu des ho-
chets du defpotilme. Le roi eft i pour eux image
de la divinity: quils n'adorent que dans la mani-
fdtlation de fa puifance.
Cette fa&ion s'toit faifie de la queflion des co-
lonies, don't elle ecartoit tous ceux qui n'6toient
pas dans tes interets. Ceft ainfi qu'elle a toujours
trompe la France fur eurfituation c'eft ainfi qu'elle
a toulours influence le choix des chefs militaires,
des adminifirateurs, & des comnifIaires qui alloient
les regir; c'eft ainfi que ces contrees ont tou-
ours 4el livrees a des hommes, q ui joignoient
ala foilf de lor, la certitude de fatisfaire im-
punemeut cette paffion, en nouriffant dans ces
contrees Ianarchie, & Ila revolte, comme ls ef-
peroienct limpunite, en preparan t l Angletterre
un triomphe certain & facile, lorfque fes vaifTleaux
fe fertoient prlfentes devant lear port (i).
Tel eft le fens dans lequel a ete faith le rap-
port de Duffay. Tel a toujours Ct le plan de
Sonthonax & Polverel.
En effet, pendant quo les commi1Taires levoient
a St. Marc, une armee pour punir la vile de
Port-au-Prince, de ce que, d'apris la loi du z.

() Les nouvelles anglo-amricamnes & angloifessan-
noncent que Sonthonax s'eft fait conduire a la Jama-
que, fur un bitiment charge d'or.







(19)
aout, elle avoit ofL demander a Polverel, la con-
vocation des aflfembles primaires, afin de nom-
nier des deputies ka convention national, &
aux corps populaires de la colonies;
Pendant qu'ils marcholent contre cette ville;
Pendant qu'Ails occupolent les vaiffeaux & les
frigates de la r6publique, k y j'etter trois mille fix
cens boulets; pendant quIls en egorgeoient les ha-.
tans; pendant qu'uls en tenoienc fept k huic cens
enchames au fond des vaiffeaux, les Anglois in-
terceptoient tous les batimens franais qui fe pre-
intoientfiar ila c6te, & ruinoient le commerce de
la colonies.
Pendant qu'ils provoquoient au Cap, tine rixe
entire leurs satellites & airmie navale, Us difen.
doient a tous les commandans des ports [& rades
de la colonies, de recevoir aucun b'timent de
guerre de la ripublique, fous quelque prdtexte que
ce fat: de mani&re que la frigate la Concorde,
qui fe prifenta au Mole, le z 5 Juin, requt ordre
d'en fortir dans deix heures.
Du moment que le convoi fut mis en fGirete
dans les ports de I'Amerique du Nord, les ci-
toyens fagitifs du Cap, & les quipages des vail.
fraux -tmoigncrent egalement le defir de retour-
ner a Saint-Domingue, pour combattre les en-
nemis de la rdpublique; Geneft an contraire, leur
ordonna d'aller croifer dans les paragesj orageux
de la Bermude; d'aller enfuite enlever aux An-
glais, St. Pierre de Miquelon, fitue dans des
paiages plus or-. eux encore. C'itoit cependant
alors, que k giuverneur de la yJamaique fe pre-







( 6o )
paroht a fMe, axec deux fi gales, la conqu&te de
Salint-Domingue ().
Si la France a etc long -temps ctonne du
peu de mnioyens que rAngleterre d&velopp)oit centre
les colonies,, c'eti qui'dle comptoit plus fur la cor-
ruption & 1'inrigue, que fur le developpenient
de force. Faire hair la France par les colons; voila
Ie fyfeme dp go'vernenient d'Angleterre. Faire haic
les colons par la France; tel etoit le fyNne de Briflot.
Solt comnplicit6, tbit remperament, Sonthonax
&Po!verel remplifloient ligoureulement cette tacbe
abominable.
En effet its ont diffhut les corps tpop1ulires,
& les ont remplaces arbitrairemeiit par des cor-
porations qtu'ils "tioiiit* ("bus lars mains. Ce pre-
mier pas dans leur carrire polinique, devoir
neceeTfirement meconteiter les patriote.
Rs ont deported toura-tour, les tins par les
autres, les chefs du parti contre- revolutionnaire
& ceux du part republican. Cette meflre devoit
mettre a leurs pied; Ie rei fte de la fociet.
Its ont tenu les honimes de couleur hours de
la loi du 4 avril ; its en ont form' des conpagnies
branches, ctrangcrs i a celles des biancs, afmtinde
leur donner fans ptifne uhe impuifion convenable
a eurs interets (2.).

(s) Tous ces fiits font prouves par pieces depo-
fees dans nos -rchives, &aut c)init de falut public.
2v Ce tfydne nWeit quune suite de celui adopted
p-r Bliaich-ini)de. Les mulatrzs et les nere' nae'toient
qu.e des a.zis d pprcon et de d eftrutr '. Sonthonax
& 'Polverel ont bi t pr'uve par !eur lettre du 25 oc-
tobre 1792: AUC ; & leur proc,.Latioun n0. 5, qu'il
avuiciat la miefure de leur temptraianeiit







(6i) .
Pendat que les Atgloks fti p.jaroient e io-a
v%.in de Sint-DOqnnUC, Sonthotax & Polve-
re alitinttoutote les es parades de cette colonel 11s
r.dconnoi.nt les fionldioriares publics, & les
remntp-,chlent par des huo;t;ns dans leurs inte-
rIes. Loin d employer Ies forces de la rp"ubli"
que contre les neir:s revolt-s, ilsfomrnentolent de
nouvJ-lles revoltes & f0i!uient archer 'arrme
centre. es villesles plus patriotes de ]a colonies.
Pendant qiue les Anglais cnlevoient fur la cite,
toius'le batimeus du commerce, ils bombardoient
10 Pc, t-au-Prince.
Pendant que les Anglais 'e prep roient h faire
la conquete de Saint-Domingue, Sonthonax &
Eolverel reunifmoient au Cap toutes les forces na-
vales de la colonie, provoquoient ewre leurs fla.
te lires & leurs matelots la -ixe qui a emnmene
les elvnemens prfrm6dites du ,.6 jin, & def'en-
doient aux commandans des ports de recevoir au-
cun des bitimens de Iretat.
Pendant que deux vaiffIeaux &:quatres fie'g;ates
efcortoient le convoi vers les ports de I'Amerique
du Nord, la frigate la Concorde eft rcpouffle
du port de Paix, & du Mo1lle, par ordre des
commillires.
Pend0rnt. que Geneft refuse aux colons refugies
a bord du convoi, la facuhe de retotirner a Saint-
Dominguc, dcfindre la colonie c-ntre les An-.
glois.: pendant que le miniftre entvoye les vaif-
keaux de la republique ,e bri('r d.rs kIs mers du
Nord- de" x fi-&at9, aSoiritv.
rcniie & ie Ivull(, ,,







S(62l)
I importe, f rns doure, qae nous filrions con-
ioltre par quclles circonftai.ces J.c'mie & le Molle
St. Nicolas ont requ les Anglais.
Pendant que Sonthonax & Polverel faifoient
mafiacrer le Z juin, les blancs du Cap, ils fai-
foient marcher tmne armee centre Jeremie; des
commifaires dAligues par eux la precedoient. Les
habitans de Jeremie manquerenteq itre les dupes.
Trop de precipitation fit ichouer la trahifon des
commifaires. Le combat s'engagea, & leurs fatellitec,
furent mis en fuite .OnMtrOuva dans le portefeuille
d'un des chefs, tu fur le champ de bataille, uneepi-
taphe, qui devoit ere mife fur un poteau au pied
duquel devoient rtre brfiles let cadavres des blancs
de kRremie.
Le 21 fvrier 1793 des emigres reflugks a.
Londres, & proprietajresauxcolonies, avoient fait
un traite avec le gouvernenment d'Angleterre : trait0
centre lequel nous avoas depuis longt-cemps pre-
rmuni la convention, & concre sequel nous avons
procefte.
En execution de ce trait, le gouverneur de la
Jamaique envoy le 2o0 jun, deux fregates a ie-
remnie, pour en prendre pofftifion, cts ftegates
syy prcfenterent fons le drapeau de 1 amirie, pen-
que les commiflaires talfoient marcher leurs fa.
tellitcs, pour egorger les patriots de ces quar-
tiers, comme ls avoient gorge ceux du Cap.
Mais les habitans de J&remie repousserent cega-
lemnent & les fatellites deftruleurs des commiflaires,
& les frigates proteltrices de 'Angleterre.








(63)
Mais lorfque les habitans de Jermnie eurent
vu Ie bombardment du Port-au-Prince, par les
commifflaires, la deportation & le maflacre des
patriots de cette ville; la prike de Jacmel ; la
deportation & le mafracre de fes habitans; la ruine
du Cap; la fuite & Ie matffacre de tous les blancs;
lorfqu'il eurent vu une armce d'afraffins marcher
contr'eux adu nom des commifiaires; lorfqu'ils
eurent vu r'arrt, de leur mort ecrit dans la
poche d'un des chefs de cette armee; lorfqu'ils
confidererent que depuis quatre ans, la France ne
soccupoit d'eux que pour y porter des loix de-
faftceufes, & y einvoyer des agents fc'lcrats; lorf.
qu'enfin ils virent la proclamation de Sonthonax,
da Z9 aoftt, portant i'aff'ranchiflement gin6ral,
ils appeerent les m6mes Anglois qu'ils venoient
de repoufler deux mois avant, & fe mirent fous
leour protefkion Ie x i feptembre dernier,
Le Mollo 6toit dans fes mtmes principles que
J~remie, le Molle auroit refifte A toutes les forces
de I'Angleterre. Mais cette place eft commander
par la terre' & dans le memrne moment oif les
Anglois fe prisentoient fous fon canon, Sontho-
nax & Polverel faifoient marcher contre elle leSr
efclaves qu'ils avoient rivoltes dans le Nord.
C'eft encore par de femblables manoeuvres qu'ils
ont forc6 les quarters de I'Eft de la province du
Nord, k fe better dans les bras des Efpagnols.
Dans les bras des Efpagnols I Grand dien. Le de-4
fcfpoir le plus extreme feul a pu comraander aux
colns patriotes, un pareil abandon.
Ces quarters avoiont toujours rfiftc aux bi-



i
ii
i ,
i i


i! ?




Ilk


(64)
gandi, its avoiknt forrmc utin cordon inexpugnable, 4
qU. avot prdferve les provinces dc- COucH & d,
Ad, de Iinvation des e Colics. Sontmionax & Po!-
vrel cesc dforgnzataturs etterncls, en confertrit
le commandemcnct a tides hon:ues dans leur ointe-
r&ts, & bicntat rarm e d'forganife, Ic 1b- S
16atmees .r aCit.elcs hfb-
tails opplimeCS perltcu5s it Iivrc:ent fans rfid-
tance aux fpagnols.
Nous covuinons q'il fera fort difficile de C
fuader 'I plufiours qe Sonthonax & PolveNel ne
font pa s de vrts reipublicains, amis d la liberty
& do E.4galtte: cer ca't at nom de la rcpubli-
que qu*lis out aifranchi les nbgres, & donne
a 1"' France quatre censi mille republicans arms
put fa def.n(- : quarre cens mille r ptblicains, qpe
S 41. regiment dAngletertcrrc enchaa d'un coup
d'aeil i fes pieds. Mais citoyens, 'eft encore aut
torm de Ia rtpublique, -ae Sonthonax & Po!ve-
rel ont cgorge tous les patriots; !ft encore au
norf de ia rdpubfique cque Ies coutre rvolu-
tfot.llueS de. Lyon, de Bordeaux, d4 Marfeille,
faiibiCnt la cort;tre-rdvolution; rpubIl~qIe, ue Pitt a prepare Pntrec de ftts vaGla
fataux canl'l Toulon; 4cff encore aW nnni de Ia
11 oil vouC-Voit V UUI
rcp!,iiiqi'& d laa phlulufhie, quel'onvotch-oxt vou^
faire tfahe la cont e-revoluton ; ou plutt 1, cCA
ant rom de Ia repubiique, que i'eon voutdiot vous dd-
clIirer, pace que vos ennemis nevoUdroient pas que
vous avez de long-tcimps, atcun gouvernemcnt.
Isk favcnt que laopas un peupIC nIt plus' ter-
rible a fIs enneinis, que loriqu'itl pend un at-
fic.tze cranquilc, aprrs-de grands orages piuriques.
S( S;+ N ,) ":V0





DES trois foi-difant deputies de Saint-o"ningue,
Duffiay, Mils Belay, & de leur caradcr-,:. -
polituque. ,

SONTHONAJX & Polverel fe font bien donned
de garde d'envoyer en France les Pinchinat, les
Savary, Rigaud, Chaniatte, Lapointe, c... Us
favenrit que leurs crimes font icrits en traits do
fang dans nos archives. Us ont pris deux hommes
de conleur, qui n'ont 6td connus damn la revolution,
quc parce qu'ils en ont dit eux-mnmes a la fee.
tion des Tuilleries. L'a, uis nous ont appris qu'ils
commandoient chacun des pelotons arms par les
commiffaires, pour gorger les blancs. IUs ont tou-
jours etc perdus dans la foule & leur nullit6 au-
roit ete leur fauve garde. L'un des deux elift, dit.*
on, ne Anglais, & 1autre Africamin
Quant a Duifay, il prefente un autre carae-
tere. Ainfi que beaucoup d'autres intrigans, mef.
fire Louis-Pierre Duffay-de-la-Tour, ecuyer, filsde
meinlire Pierre Duffay-de-la-Tour, ecuyer ancient
brigadier des gardes-du-corps du roi, vint k Saint-
Domningue dans le courant de la guerre d'Ame-
rique. It couroit les mailons publiques du Cap
lorfque Ie gouverneur de Saint Domingue lui
donna utine place d'officier dans un corps de negoes
libres, qu'il leva pour aller a Savanahlia, fous les
ordres de d'Eftaing. Au retour de pette expedition,
11 fut place fousileutenant dans le regiment du Cap,
don't i'fut bicrtt6t lchaffe. 11 epoufia une femme qui lii


N0. 5.








A( 56 )
vortai en nv u- '.
Tvora par un ixe inloleir;c c*. e:t rs ,,,i 1
tunr-a-tour les quClificaios naqi-,. ce
ee baron, fe difant di-.a, toir-,,ii., c)t
aiors, enfin, q"e la fern i ii`r e s1r IC.L.- .c...
nations, ne Put fe foi,.a.lrr.x cr lrc..s de
mnijifieur le baron-muie.,i0 Le p., u pe fzpara-
1*0 1 'i A ., I a v. T '
tion. a laqidlle OnCen t rtA'heur d-la--.tour-
Maitbourg, hvoyennant le i. :ik.l de qbe!ques
r~ik livres. -e
1t el:& de CCs partucul,.es, de ces accidens
itFar leur eniembke, pfdveit jfter un grand'
jcir fur ta cau1 des 4vnnen cns & dans un
moment oi. la fortune ps..?ri,}e"el efn dUngrer,
nous erions bien :coupablcs If nous n*
tnalions pas fs' hncmiD. Nous prouverons que'
medire Duf'ay-de-la-Tour, apres avoir emprunten
des ominms codlerables-, impetra ... tnultfte de
fes engagniens a la fiveur de e Vitrait de bao-
tme dkin fien fircre ui, a cette epoque etoit v ra
meant mWner. -
S-Ieile encore de .notocte publique, .meflireI
DlaEIytde-laT our, dans Ie t,.emrps oiu i n'avoit
pas encore t6 contract d'bandoriner 1afmimfinf-
tration des enclaves de fi femme, ne profefroi
pas les pincipmts de philantrop:e qU i manicetib
ainourd'hu5, Dans cnq on fix anns, it dcora
deux milho.s de richefls: combieii, a travers tout
cela, affrauchit-il d'efclavcs? S'i -nous faf.it ja-
mais lince lu.;on -p reille, nols"l repondriois
-avec laiistaiion...,.. Notre philofophie-nous favors
dans Ie coeonr; i y defend janmas a i' j
'. vlr. r-m' rds --vcngeur da crime. '







K
A "nanJrt Duitay .azroit l fait le 6Lonheur de
I cclavCcs? Apies avoir empoiionne ia vie d'une
t~,n:*e qui le fit nager dans 'opulence ne porta-t-il
-o Ia .f1 fdu crime jIu(quc dans cet infant oi le
tr, lu-1n me ofblie 1a4 rocte ? Une femme qui
I avuit aincu, revint a lui apres quelques jours d'inm
coniaunce; i la cautcrila d'un flacon d'eau-forte,
qui punt cette infortunce de man re k ne pa.
il.-ar afon nepoux de doute fur {on infidclitC.
DuEay, MsN1s & Beley, rC font & ne peuvenc
t:re que les &mufairts de Sonthonax & Polverel.
Nous demandoIs 'cxa-men de leurs pouvoirs. Nous
VOLTs denoncons qu'ils nopa pas 1'ava des colons
patriots refiigiC i'Anmrique du Nord ; qu'ils front
pas 'avea de ceux refigics en France & don't un
IylteIeI de terreur :, rpandu a-propos par une nt
trigue criminelle a aritre lIs proteftations & le
weavcu. '.onsousuS denoncons que nous- tant en
notre propre & priv e norm, qu'en notre quality,
& au 1om de Sainmt-Domingue nous protei.ons
ontre lear nomioation. Notus demandons a 4tre
entendins contra i oiremetit avec eux. Alors, nous
tar demanderoi-; -'exhibition de 'ieurs pouvoirs.
Nous leur dermnanderons pottrqoi -Sonthonax &z
Jolverei ont cru pouvoir convoquer les affembl!es
pt.;maires au mreis de feptembre dernier a rtravers
les decombres de la vitlle du Cap & es cadavre
de-fcs habhitans lorfq': ils ,ont conflammecnt refuf&
de le s convoquer depuis leur arrivCe a, S..int-D0o
nimingue t aui mons de fep:tenmbre 1- t79
NIou. leur dcm.r,.-,ons po'r'quoi Sonthoiax &
Polver-l ont refaft u ia municipalit' du Port-au,"
Princ.c & .i 4cel!e dt, Cap, ,is 1 & z6 d cemrbre







( 68)
1792, ia permiflion de convoquer fes affef bles
primaires ,pour nommer des deputes a la conven-
tion nationale&aux corps populaires de la colonie.
Duffay 4ira-Ot-ii que la colonie etoit encore
trop agitie? Mais Ctoit-elle plus tranquille, lorfque
les commiffaires n'ctoient plus cntoures que de de-
combress de cadavres & d'efclaves revoltes qui,
depuis deux ans combattoient pour la tyrannie?
Nous leur demanderons ouh, en quels lieux ces
affembles ont 6't tenues?
Nous lear demanderons s'il a et former des corps
populaires, conformiment la loi du + avril?
Nous leur demanderons pourquoi Sonthonax &
Polverel cafserent, le 2.7 juillet dernier la mu-
nicipalite du Cap, & .ui fIbfituerent un bureau
de police, compof- de trols perfonnages qu'ils
ont eux-mimes nommess?
Citoyentis tien ne prouve mtleus h defotifme
exerce par Sonthfonax & Polverel que leur pro..
clamation du 2z8 feptembre 1793. Alorsiis difen-
doient route affremblee, except celle du bureau
municipal, quAils avoient cre Ie 17 juilet. Qu'on
judge par-lk dela mefure de liberty qu'ont eu les
afTfemblees primatres convoquees le ti du mmem
mois. N'del-il pas conalant qu'elles n'ont et6 que
les infIrumens don't ils fe font fervis pour fair
donner un cara&ire impofant aux imiffircs qu'ils
ont charges de leur defenfe?
Sonthonax & Polverel rcgnoient feuls au Cap
h I'poque ob mefire Duffay de la Tour, l'ecuyer,
lMils, I'anglais, & Belay, 1',fricain furent deputies
Sia convention nationale,
S'ibs tcnoient le niveau de o'egalite fur toutes les







(69)
tetes, ils s'etolent mis hors du cercle politique, &
du haut de Pautel, ils lancoient ila foudre fur le
people, tremblant .a leurs genoux. L'impunite d,
leurs devanciers, Roume de Saint-Laurent ,f an-
glais, & Edmerde Sant-Leger tirlandais, qm 0
comme eux, ont exerce la di&ature a Saint-Do-
mingue a accru leur audace- & peut-etre que,
dans leur dire, ils orat cru pouvoir clever unu
muraille dor entr eux & Iechafaud.
Quoiqul en foit, rien ne nous parolt plus
etrangeque de voir Icurs e mi'aires converts come
eux, du fang de nos freres & charges de leurs
ddpouilles, -figer dans la convention national.
Les drconfhlances de leur admiflion & Ia cclerit6
de leurs mouvemens peuvent feules ajouter a
notre etonnement. Ils paroifflent : ils font admis,
Ils font leur eloge, celui de Sonthonax & Polverel;
ils mentent avec impudeur; ils calomnient avec
audace; is jettent., enfin aut fein de lPaftlmblee,
une question ,a ia solution de laquelle uient efen-
tiellement la profperit6de la repubhique ,;une question
autour delaquelle Briffot lui-mnme rnavoit ofe tout-
ner qu'a de grades diftances....... 11 nous femble
voir Ie miniftre d'Angleterre lettant magiquement
cette0pomme de difcorde afin de placer chacun
de nos Icgiflateurs entire iaufterite des principles de
la philofophie & rinteret poPliique du gouvernement,
entire foa cmur & fa ralfon. En effet, c'etoit Ie t6
I~~~ # "" I d* 1+, I
pluvIofre. & cc jour-'4m mee avoid t ecte indique par
Wilbeforce pour fire au parlement d'Angleterre la
motion periodique de abolition de a traite. Cetoit
Ie 16 pluviofe & trois ours avant, Ie milniftre
d'Angleterre avoit dit auti parlement que la Franc-
abandonnoit fes colonies. E 3







(70)
Citoyens earminjez vetiiez les po.vohs d0 ce
ci-devant marquis, de cet anglais, de cer atri-
cain ; fcrutcz k'ur conduit'.
a Demandcz-leur comnpte des richeffes immenfes
extorquees aux habitans de Saint-Marc.
Demrnandez. Iar compete du quart des revenues
prelevis dans la province dti Nord.
Demandez-leur compete de la moitia des rcvenus
des provinces de 'Oucil && du SUd, pr levce par
Sonthonax & Polverel.
Demandez-leur compte du product des blns
mis arbitrairement en fiqueftre.
SDemandez-Ieur compete du produit dcr biens
des emtgrsc.
Demandez-kcur compare des trois contributions
dont ils ont faccelivement iwpofI la vile du
Port-au-Prince.
Demandez-leur compte-da pillage fait Jacmel,
don't le produit a cted da (eiAhuit cents livres our
chacun des dragons duZt rgilent t ORLEANS.
Demandez-lcur compete du, pillgc fa't dans !a
viIle du Cap, qui receloit des richeffcs inimen-
fs, don't le product a dI re anu moinis de deux
Cents nrii!ions d&or.
Demandez-ieur compete dos fotilles i.aites dan;
cette meme vile.
Derandez-Ieur compete du fang de nos fiered.
Oui citoycns du fat.g de vos ieree VI. arrofe
une terre qui fit long-temps la pro!,p.rit6 de la
France. II teint les veremens, il Hteint les mains,
ilt pntre jufqu'au fonds du coeur du monfir& qui
rfiege parmi vous 'a Pombre de I) piderme de fcs
&ux compIice...







( 71j

DESJ colons/ ref, ges darns VA2mer.i- d:i dord.

C '" *-'m- .:?1:1 ."^ . ,*;nth o n a ,- &
ES colons,, iunt-lls nigrc.s Sonthona &
Polvzerel lont dit. Eft. i jufke ,efi1 politique que
laconvent u conltcre ctze d-clarar onh?
Les colons qui fe foInt .,,lUs' Pa IArnrjqt edu
Nordj font divifCs Cn deux clafies : les dcm6o.,
crates ou les ami s d ao repuhlique, les centre,,
revoluionnaires o les, pa tifans dl e la royautc,
des princes emigr's o01 ds puiflances Codalilees.
A qiels Ignes pe-t-on le, reconnoitre ,,:,A
leur phls ou moud dr cicelwwis: car ,en gencrat
tles dcmoCrates avotent ee ruins a "Saint.Domrit
gue, par kcs, ngrcs & les mulutres qu'avoie00t
'revones les contre-revolttionnaircs t! Ceux-c4 l I
,- -' ; ii i t!' 1
contraire mioiris attaches I cblonm, o
inftruits- des m.iioeuvres dmt gouverneen.t aVoieit
emporte avec enx Ie product de leurs hab1ations;
)nmme les p 1lage' que les revolt& avbieCIt itr ftlr
Ve- habiation tdesa:td ccrates a(i.i "' -
.. 'z w Aux pr~n c qes <^ profeffent, Tes d!^
,vnocrates ont foi,",1:d1e.- fes-ambees-primaifes^
tles cfnzonist- ld e publ.,. e ,.,.-. cux qiO,.
.Ies, ennemis ,d. ireal u n m i ex u n.(n
pas Ie courage ea letter contfe maiheur .- ,E
,t Ie, pr,,ri pe d r.n)er ( qude t'uel|t

(t) Pi~ees iles arJiv.2 11"f
.,( -Proces..o ^ ,. d 11 ,,fi ,-r .?,? & coIons,..t ,--
,, " . ....
d a rn s 1 A m e r i ul u s u a .o r .r . . . ^ T c h e .. 1"
.. ,"4







(7)
ayant propofk de reclamer raf/lfance des puiflances
coalifies, attend l'abandon que la France faifoit des
colonies, il a 4te ignominieufenient chaftf de leur
focicte. Un autre ( Tanguy Laboifiere) ayant
profcffd dans fes feuilles pertodiques, desprincipes
anti-ripublicains, re'ut le difaveu le plus formel,
& une proteftation centre oe qu'il pourroit dire &
ecrire (i).
NroIl les dcmocrate$,s.... & nous demandons
s'il eft poflible que ron traite comnme emigres,
des citoyens qui, ruines, vexes, opprimesdepuis
quatre ans, & chaffis de leurs foyers par les
agens infidelles de la repubhique, repoufletint ce-
pendant de leur fein, ceux qui leur preentent
dans une puiffance ennemic de la France un moyen
de fautuI
Pourquot ces patriots fe font-is refug es C a
-Nouvelle-Angleterre ? (Nous te parlons que de
ceux-ci nous Ihvrons les contre-rivolutionnaires
1l a justice nationale)
Les uns ont tc deported par Bhamchelande. SI
ccax-ia font emigrts Blanchelande coit donc un
bon re-pUblicain r ous fommes done des contre-
Tevolutionnaires & Ie tribunal sevolutionnaire a
eti notre complice .
tes autres ont itd deports par Sonthonax &
Polverel. II ne refte plus pour motiver leur enim
gration, qu' dire que Sonthonax & Polverel,

(d ) Proccs-verbaux de l'afemblcc des colons refugiOt
4ans l'Amerique du Nord.







(73)
affis ifr les rulri s enfanglant'es de SaintDomIngaue,
ont bien merite de la patrie.
Les autres enfin ont fui devant les enclaves
quavoient revoltes Sonthonax & PolvereL.Ceux-
Ia devoient-ils frir, fe laifier atfl'fliner, ou poi-
gnatderles conmjfaircs? Se laifler affifliner! Quel
advantage en tut-i refuIte pour la repubique
Qu'un hommne s'immole au bonheur de fes conci-
toyens, nous le concevons; mais -. quoi bon tout
un peutple de patriotes egorg ? St ce nl au
triomphe des ennemis de la rcpublique.
Se feroient-41ls dufendus centre les commiffaires?
La raifon & la juflice le leut commandoient fains
doute; mais auroit-il fall qu'4 s euffent falc i St-
Domingue, ce que font les btes firoces dans
les defects de 1'Afrique ne reconnoitre de rAgu-
lateur, que la force & I'audace? Le refpe& que
des hommes, amis deo a palx, ont port aux agents
de la rdpublique, feroit-il donc un crime -
D'autres enfin, qui, timoins chaque jour, de-
puis les' delaftres du Cap, du meurtre de leurs
fires, moor-ants de faim, expof6s a tre a chaque
in4lant ati.afinis par I'ordre oflenfible ou secret
de Sonthonax ou Polverel, ont fui, aprs avoir
vuide dans les mains de ces deux aflffins, ce
qu'ils pouvoient avoir fauv de leurs richeffes
pafifes; auroient-ils duiI, coMiime la feimme Cofe I,
jeter dans la mner leurs enfans, chercher avec eux
la mort ai milieu des flots ? ou devoientils at-
tendre l'inflant, que Sonthonax ou Polverel, au-
roient marque pour leur fupplice!
La convention national pourroit-elle traiter
4


4-







(745
comrne etfigres des hommes qiui, fuyaot de"ieurs
maifons incendice par ordre des commiffaires ,
Sontr cherch un t 6fuge a bord de Vefcadre Fran-
aife, fous le pa'"rl' national
Ceux ,e ce ; Colons qg font vCrn;s en France
chercher un ayl on denoilcer leurs aflflins, font
donc aufli emigres ?
Si les patriotes qui font rAmcrique du Nord,
n'onc pas -pa9a en France, c'eft que le minilhe
de ka r6publique n'a pas voutu le leur perniettr,
c -lft qutis nen ont ps eu. la faculty, ceft9 qu1'1s
p croyoent plus en nimefur de repafler a Saint-
Domingue., En efFet, ils ont conitlammnentdemande
h Genet, d'ailer defendre ia colonies de rinvafion
dc iAngleterre. Genet les a toujours repouffes.
SCes Colons ont-4ls con f ) 0cocarde tricolore?
Ont-is arbor les drapeaux- de la contre-rr&v-
lution Sont4ils fortis de leurs pays fousIe pa-
vilion einemi ? Ont-ils ceiie im infant de marcher
foas errendarc de la republique? N'on1t-ii pas
cnaff' du fein de leur afi:nblce') deux homes'
qu? l'oppreltion & k 4nalheur avoient carts de
la iigne de la rfvoluhtion
Les pacriotes d la -iantinlque & de la Gua-
deloupe font donc auffi des "n igrS ? us devroient
IErer dvautant plus, q'il"s font aies chercher
afyle chez lcs Anglais, a larbade. Leurs de4
puttes que la convention rationale a recu dans fon
fein, oint donc av.f, des cmi'r~s, & d'autanf plus
enigrcs, qu'ls onut t noimics chez ies Anglas,
a ia .i3atbade ?








(71
t rM7r's d
Maisdira-t-onpeut-ire iisfon-t rentr6s danri
leurs foyers ? is en onit chalk" les contre-rcvolu-
tionnaires? Cela eft vral. Mais podrquol la nature
na- t-efle place la JBarbade qu'a vlingt Ieu:s de
la Martinique & de la Guadloupe ? Pourquol a-
t-e?!e place 1Amerique du Nord a fcpt ou huit
cent lieues fous le vent de Saint-Domingtue?
Pourquoi la republique a-t-elle done tfa confiance
t un traitre, (Genet) qmU a refAfC aux Colons la
permiilion & ia faculte de retourner k Saint-
Domingue ? Pourquoi ce minilire a4t-il envoy
Fes vaifeaux de la republique, croifer dans le;
nicrs du Nord, pendant que les Colons demiai-
.oieirt k retourner fir leurs Foyers, pour les d&e-
tenudre de Einvafion des Aiglais?
Si la convention national confiderolt c6ninw-
emitgres, Ides patriotess amis de la republic te,
qy nont ete chaffes de chez eux, que parce
qu'ils g.noient les operations 'anglicanes de Son.
trhonax & Polverel qu'en r iu!teroit-il ? 11 ci
refi!teroit que cette olomnie d'hommes jndufhieux,
de cultivateurs inftruits ( car qu on ne s y trompe
pas, ces emigrs font les vrais Colons, les vrais
tnanufaturiers du fucre, du caf de 'indigo,
du coton), i` en refilteroit, difons-nous, qt
cette colonie d'hommes, feroit perdue pour ia
France; qu'ele iroit enrichir lIAmerique du Nord,
VAngleterre ou IrEfpagne; i en refultercit qu.
les terres des Antilles demneurerolent incultes,411
faut en convenir, la culture de qAmeue e"l
m peu plus favant quJe cetle do la vigne &:,&du







(76)
fromenr. I a fillu plus d'un fiecle d'eflais. II faut
encore des calculs bien fuivis, pour diriger tine
habitation. Une pareille colonie d'hommes feroit
un percent bien precieuxque la rpubquelarue feroit
aux puiffiances ennemles.
A,
SMaisdira-t-on peut-etre, les Colons ne font
pas dans les principles secretes par la convention
naionale; sAils font republicaiIs, ils n'en font
pas moins des egolftes, qui veulent voir fous eux
des enclaves ; ft ces hommes reparoiffoient a Saint-.
Domingue ils y paraLiferoient le grand principe
de ]a liberty gcnerale.
Ceux qui ont haiffi incendier leurs habitations;
ceux qui ont Liffil gorger leurs parents, leurs
amis, plut6t que de eeger de porter obeiffance
entifiere aux decrets incoherents &.vexatoires de
Taffemblee conflituante & de -'affemblde legf-."
lative, meritent-ils moins la confiance de la con..
vention national, que tout autre itoyen I
Faudra--t-il laiffer rnmourir de faim fur des plages
itrangeres dix mille families Franqaifes, parce que
quclqucs mnitaphyficiens douteront fi elles ont entiw-
rement oubhie que quatre cents mile republicans
arraches par Icurs foins a la barbarie de leur
pays ont ete leurs efclaves ? Leurs efclaves!
C'eft un mot bien hideux, mais encore eft-il vrai
que Rome, dans fes plus beaux joursA donnoc 'k
un pire ptus de droits k exercer fur fon fils,
que le Colon ne peut en exercer fur cet efclave.
Voudroit-on facrifier des moycns certain de








(77)
profpertte publqNtie au fyfteme impratcable de la
cvitifation acludile du negre. Voudroit-on en-
richir les ennemnis de ia France d'Ino colonie
-d'hommes induifrieux, af&ifs, courageux, fid'les
aax principles & a leur mere patrie, pour Jleter
dans les Antilles, quelques profeffeurs de meta.
p.yqiiue ? Si la Fraince veut former de nouvelles
colonies, ne peut-elle pas Ie faire, fans aneantir-
celles qtu exillent deja. Les miles des mers du Sad,
Ie continent d'Afrique & d'Amerique, jne four-
imffent*ils pas des champs affez vafles, pour ef
fayer dun nouveau mode de cultiver la terre des
Tropiques 1 Faut-il rifquer la ruine du commerce,
de la marineI des manufalures nationals, plutot
que de faire Madagafcar, 'effai que I on veua
faire a Saint-Domingue I
Ne feroitil pas poflible de fire cet er-elal
fans condamner a uu banniflement ternel, diX
mile families francaifes, qui apres avoir, par
lear indufrie port la France au fate de Ia
profperit6 commercial; qum, apres avoir tout fa *
crifie k la republique j ICront condamnees h cher-i
cher afyle chez des nations, etrangcres Faudra-
t-il que -s Anglois, que les Efpagnols, ennemis
de la republiqtte faudra-r-il que les hurons donnent
au peuple Fraqnais r6gndr, ti un grand exemple
d'humanit* ?"Ou voudroir-on que ces infortunes,
vi&imes dune Mrnetaphyfique erronneev, autanc
qu impolitique, allaflent .porter leiur induftrie &
leur a&ivite chez les puiffances ennemies, qu'ils
cnrichiroient au detriment de la r'publiquel Vne










Les inn, i s c e la''
'~C1 N antes*1 !;
P r- S. -




pareille mctflhre iie fonfilkra jaraas les pages de ]
x~otrc~ hiftolie. Los implrtcations de la France
ruince par la revocation de 'drit de Nantes,
contre Ie fanatifine religicoix de Louis XIV, d
DI em.nemple terrible a nos leIIatcurs, amns de
1f' f! its I e a. no,.
la profprite puMbiquie. Ee repioche juftement fait
4 Ia Gironde, d'avoir voulu porter Ia Iibcrte an-
dehors pour raviverla i tyranuie 'anU-dedans, doit
ihre pour eux un grand. exernk*,. L'eur:ouhiaiie
pafa la verie refle depoullc dut preftige qui
1'environnoit. Si les tratires quc Polverel & Sona
thonax ont envoys de Saint-Domingue, porter
n France, la contrc-rvolution cn bonnet rouge,
avoient ete les amis finceres de a r4publique &
4de a, libetc, As (froitnt aJlcs apof kt fce-
rojen Cld 1 11'" a....
rojent alls cvillfer les fauvages de AHfrique
ils leur auroient porter la mrme frnbmme de bon-
iur, te' mime cercle de jouiflance, qu.onrt s
negrs es des colonies ; alors uis auroient bien me
fite de Ia parrie don't i5s auroient etendu let
relations pdlitiques & commerciales. Is au
roSent bien mneritdc de rhumanit, en 'modifiant des
hordes d'1iommes 6parfes dans les forts, fans celne
F "a3uX prifCes entr'elles on avec des t;gres moiis f&-
C,4
routes qu-'elles ; scar- *zi e R: d~eshrdsc nia,:
r parmi les ncgres comrnle p-rm3 1 uva es
VA rl OU- 1u- .* M .*
L C!itoyens dans fe courant de |in dernme "
convention a dcrc6 d'accurfaton n r, thonax
S&f Polverel. Leur non cwaiit n opprobre; &la
convention national a faith k B1iflt, un grand

t.-''

( ,








(^79 )
'4i1e de fes rappoti. dt Cux. A4i0os 1
iimm appeals en temoligna.e out i:,t'vc cette
opinon par des circontia.ccs & ds feit6.4..:...
*Le fang de Briffot auroit-l_ lave .ujour,* Aiii k's
crimt's de fies complies? La juflice du pcieple
petit-elle varier au gr des paflions Sonthonx
& Polverel font-ils done hmons cotpables au-
iotrd hui, parce qtilis ont, com is de ph1s grands
,rimes ? N'cIl-ce dune qu'1t force de fbrdits que
_ennemi, de la reviaqepet bN '
I'enicmi de h ynblktiite peut seafurer Van-
/~ a nt; t r til.* -

Quatre cent miile :ngres srendus a Iefcavage
atroce de I'Afrie prdus pour la fociitc '
& pour la profpcrite de la republique, Ia fhagna.
tion du commerce & des mnanfaiures nationakes*;
les ofIremens de dix mille Fran 9ais, amis de la
republique & de k lia e te, epars fTr ls rmns
de Saint-Domingue; les cri de diouxeur de dix
miles famnils Francaires qui, memo dans leur
defef poirr ilvcquent la republique & la liberte ,
I"ront-jls :. 6 ticres honorables & juflificatif U poi
ces mnandLtaires infid-les Les cadavres de nos:,
fi'rers doiv iat-ils etre le mnarche.-Fied de leur.
autel!

SCtoyens, a hacie fons laqueHe a tombe Ia
the de Brifibot, n'a pas tranche Ie fil polinque;
par le moyen duquel le miniffre d'Angilererre'
veut ruiner l commerce & la ptofjcrite de la
rpublique. -
En effet, pendant que Sonrthonax & Polverce


6 *^ *







sgo)
faicoient cgorger les habitans de Saint-Dotnmingue
ks utins par les autres; pendant qu'ils bombardoient
le Port-au-Pxince, avec trois vaiireaux de 74 &
* # L t 4-.
cinq fregates, deux frigates Anglaifes ruimoent lt
commerce de la colonies & de fa metropole.

Pendant que SonthonaxI & Polverel armolent
au Cap leurs fatellites contre l'ecadre de la re-
publique; pendant qu'ils defendoilent aux com-
xn~ndans des autres ports de la colonie de rece-
voir aucun des vaiffeaix de la ripublique; cnfin-
pendant que cette efcadre & le convoy qu'ele
efcortoit allolnt chercher afyle vers iAmcrique du
Nord, le gouverneur de la Jamaique fe difpofoit
a envahir Saint.Domingue,
Pendant que les habitans du Ca refiugis a
bord de ces vaiffeaux vouloient alkr reconqu0rit
Saint-Domingue, Genet, 'amni de Briflot, de
Sonthonax & Polvere,- envoyoit cette cfcadre
fet brifer dans les mers .du Nord;& voila ce=
pendant les homtnes que Ion voudroit r5purer
A, W,*t, Ha, en. 11P ^ ,
emigres La Jamaique, la Havane etoient k cote
d'eux; mais la Jamaique & la Havane font des
colonies enemies & loin d'aller y prendre
afyle, ils fe rendent chez un peuple d'amnis. Et
ces hommes-ik font emigres!

l (a fiuie au iVo 6.)



Enfin,