Histoire de Toussaint-Louverture, chef des noirs insurgés de Saint-Domingue;

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Histoire de Toussaint-Louverture, chef des noirs insurgés de Saint-Domingue; précédée d'un coup-d'¶il politique sur cette colonie : et suivie d'anecdotes et faits particuliers concernant ce chef des noirs, et les agens directoriaux envoyés dans cette partie du Nouveau-monde, pendant le cours de la révolution
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1 online resource (211 pages) : 1 leaf of plates, portrait ;
Language:
French

Subjects

Subjects / Keywords:
Antislavery movements -- Haiti   ( lcsh )
Mouvements antiesclavagistes -- Haïti -- 1789-1815   ( ram )
History -- Haiti -- Revolution, 1791-1804   ( lcsh )
Haïti -- 1791-1804 (Révolution)   ( ram )
Genre:
non-fiction   ( marcgt )

Notes

Citation/Reference:
Lib. Company. Afro-Americana,
Statement of Responsibility:
par Cousin d'Aval.

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University of Florida
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Resource Identifier:
oclc - 872282485
ocn872282485
System ID:
AA00021864:00001

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I S TO I.R E

D E

TOUSSAINT-LOUVERTURE











HIS TO I PE

D E

TOVSSA*IXT-LOUVERTURE7,

,C11EF DES NOIRS INSURES de Saint-Domingue i

P r, -EC A D E, d'un coup Xmil politique
sur cette colonies,

E'T s u r v i E (I'anecdotes et faits particuliers
concernant ce Chef des Noirs, et les Agens chrectoriaux -envo ye's dans cette parties du Nouvea-a-Monde pendant le cours de la
x6volution.

PAR COUSIN DIAVAL.

Les abstractions et les vines tb6ories en politique
produiront toujours les plus grand mallieurg.




A P A R I S
Chez PILLOT; fre\ res 7 Libraires sur le Pont-Neufj
no.







AVERT ISSE MENT..


ON Vient de donner au public un-e.espece de croquis Je la vie de Toussaint Louverture. Cc ,croquis fruit d'une speculation mercantile est loin de donner sur ce chef des noirs rebelled de Saint-Domingue I tous les, eclaircissemens et les renseignemens qu'on peut desire.
C'est pour preparer cette omission que je 'me suis applique' 'a ra, assembler tous le faits conceriiant la revolution de Saint-Domingue 'a designer les characters des ex-agens, du director exe"9
,cutif qu* y ont ex6rce un pouNToir illimite I solvent contrarief par le cours des 6velneinens et don t
A






Ignorance la. cupidity' et la
mauvaise foi ont cause' tous les :6-iallieurs de cette colonies.
J'ai recueilli dans les mille et une brochures qui ont paru pendant six ans tout ce q-Lii a trait Toussaint-Louverture 5 impassible comme la, ve'rite, j'ai rejete' tout ce qui aVoit ete' dicte' par les circumstances et par Ngarement des passions ayant adopted' cette niaxime sacred : -,4717iCUS -,47-istoteles icus Plato magis
amica ve7-itaS.
Cet ouvragye 6toit depuis longtemps en porte-feuille on attendoit le moment propice pour le mettre au. jour. La vie de Touspe saint -Louverture par Dubroca7 vlent de hAter son impression. Cet auteur n'a donne' qWune es.,







quisse le'gere et tres-imparfaite de la vie et des actions de ce chef des noirs et on s6 flatten avec raison d'avoir rempli les lacunes d'un outrage qui dans ce moment est du plus grand int'r't.







P R E A C E.


LEs colonies sorit files des nations qui les ont fbrmees 5 elles sontunies par les liens qui attachent la mere 'a ses enfans 5 elles ont droit 'a toute sa tendresse comme a routes ses sollicitudes. La metropole leur doit une protection toute particulie're 5 car plus e'loignees du centre des bien. faits plus e'loignees de Pappui des
%
lois les colonies sont plus sujettes 'a timber sous la verge des tyrants subalterns. C'est en vain quIelles re'clameroient Fassistance des lois i le pouvoir insurmontable de, leurs d6pre'dateurs rendroit leur douleur inutile etleurs reclan-iations ridic-Liles.





V
0 Francals fortune's vous qui jouissez, ausein de la republique, de tous les plaisirs que vos coni q 'tes on-&I-, rendus plus assur' ue es,
apprenez a-Lijourd'hui qu'un. he'ros va me-OAre un terrine 'a touis les maux qu'e'prouvent les colons i sachez en-core que c'est Fimperitie des ex-l'gislateurs et les carts de leur propre institution qui semerent la re'volte et le de'sespoir dans nos colonies 5 ce furent leurs principles exager"ef s qui insurgerent to-Lis les noirs i ce furent leurs agens qui foment e*'rent les troubles et les divisions.
Une experience de que1ques
Prit enf prin
-(5, e s ,,o in que des
cipes beaux ell tlie- orie avoient prdduit les plus gran(Is ni alheurs
0
lorsqu'on les avoit mis en P--aft-






vi
que;onrev int alors des opinions plus mode're'es et plus sages : mais le mal etoit en parties fait; on voulut done y remedies; les premiers efforts parent inutilies 5 'l fallout alors de'ployer de gTandes forces et soumettre par la force, ce qui refuse. de se rendre 'a la persuasion et aux bienfaits.
Toussaint Louverture occupera une place dans Phistoire de la revolution. Ce chef de noirs, seduit par les emigre's et doniin e par les pre'tres fixe a'jourd'hui toute Fattention du gouvernement fran ais ; Cest de lul"' et non des habitats de St. -Domingue egares par ses suggestions que la France w en deployant ses, forces veut tirer vengeance. t1le lui a Porte' d'abord des Paroles de






Pai-t iI n'a pas voulu les enten-i dre 5 elle lui a offers une brillante carrier 'a suivre il y a 'te' insensible pref6rant -le role de rebelled 'a celui d 6 restaurateur du
il'a ve'-cu eii esclavage. pays ou 0
La France ii'a plus a-Licuns me'nagemens a observer 'a son eaard, et le capittaine general Leclerc en. employment tour "a -*tour la douceur et. la seve'rite a rempli les vues du gouverneinent,et pris les measures, iinperieu, ses commande'es par les circonstances.
C'est sur ce rebelled que nous gallons aujourd'hui attached les regards du public etfixer sa curiosite'. On aime 'a connoltre les moindres particularity's, qui re. garden un individual qui, du sein
4






de Pesclavage, parvenu aul&jfte des grandeur Yeut trailer de puissance 'a puissance et conserver un pou-Nroir ille'giti nie: plus son'1'vation fut rapid, plus sa chute doit 6tre terrible
FeriuntfaInzina montes.
Mais avant de tracer la vie cle, Toussaint-Louverture, nous Cyoyonsdevoir la faire prece'der de que1ques apercus qui seront Tiles pour Ja plupart des lecteurs. Ces apercus sont relatifs
Ik
a Fe'tat de chooses qui existoit lorsque la revolution commence a 6clater 'a Saint-Domingue.
Les blanco etoient devise's en deux classes. La premiere, attachee au salut, de la. colonies parses propriety's regrettoit peutA
etre sa, domination antique i





ix
neanmoins dans le danger commun; elle sacrifia. ses pretentious
la 'ret' de to-Lis.
Laseconde n'etoit qu'un comosede varfabonds de France de, mercenaries d'Europe un vil
ramas de Napolitains 7 'de GOnois, chasse"s de leurs provinces. Ces, miserable, profitant des circons. dances r'volutionnaires e'craserent les premiers blanco se chargerent de leurs depouilles et m archant 'a la te'te des noirs qu'ils souleverent de routes parts porterent le de'so rdre et Fincendie dans les plus fertile habitations. Cette second classes de blanco qui s'appuya de laforce des noirs, et qui pour recompense leur
A
remit Pautorite' supreme fut aussi de'tes t'e de ce qu'on appelle






IIIUJ A
les atres qu'elle Pouvol"t
A
etre des blanco proprietaires ses fureurs ses atrocit4s son sysOme de nivellement la rendirent e cablee aux homes de coLileur dont elle ile tarda pas a projeter la, ruilie entire,
Les noirs long-temps asser. vis et depuis tonjours flatten S'abandonnerent ch Fivresse de leur independence conq-L'Iise, et invoquerent les furies impitoyaA
bles centre leurs wialtres. Le mat magique de liberate exalta, si fort A
cement, leurs etes, que les blanco n.iveleurs leur ayant insinue' que
l MUIA
es atres vouloient seuls dominer, il n'en fallout pas davan.tage pour decider les noirs aN tourner centre ceux-ci leurs glaives ensanglante's.






xj
Les agens envoy's par le directoire dans les colonies au lieu d'y re'tablir le calnie e t la tranquillity', yporterenttous les fermens de la re'volte. Tous les pouvoirs' furent inconnus et Panarchie la plus coniple*te de.0 Vora tine parties des habitats de ces contrees. Les n oirsbeaucoup plus nombreux que- les colons, Voulurent s'emparer de, la coIonie ; des chefs de, leur couleur se mirent 'a leur te'te et cominirent les plus grand exceS.
Bonaparte apre's avoir fait la. ,,paix avec la coalition, a tourney' ses regards vers les colonies apres avoir employe' to-Lis les, moyens de persuasion et de bienveillance voyant que tous ses, efforts C'toient infructueux il a





xij
voula mettre un terme 'a tant (16 calainites5 il a prepare eii silenc.-.. uneexpe itionq iienyrtablissan-t le- calme et la tranquillity fera renter les noirs dails leurs devoirs et rena3ra a la France une de ses plus belles colonies,






P 0 R T R A I T

pHYSIQUE ET MORAL,

D -E
TOUSSAINT-LOUVERTURE.
I


TOUSSAIINT-LouvErTUPF, est d'une taille inediocre, et dune complexion foible en appearance : il a Pceil vif; son regard est rapid et penetrant. Sobre
b
par character, rien ne met obstacle
Pinfatigable, activity' avec laquelle il travaille au succ6s de ses projects; il monte bien 'a cheval, et march
f
toute une journey sans se fatigue presque toujours, il arrive seul ou presque seul, au terme de ses courses ses aides-decamp ou ses domestiques Wayant pu le sul-vre pendant une rnarcbe solvent de cinquante ou soixante lieues execute'e avec une rapidity' inconceivable. 11 se couches presque toujours babille', et clone






4
tres-peu de tems au sommell et "a ses repas. Son habit ordinaire est celai de general ; sa. t8te est toujours enveloppee d'uii fichu, et par-dessus, il porte le chapeau milltaire. Son humeur est sombre et taciturn; A parle peu et tres-mal la league franqaise. Toutes ses actions sont couvertes cl'.un voile d'hypocrisie sli profound, que, quoique sa vie entie're soit une suite continuelle de trahi. sons et de perfidies, il a encore Part de tro-nper tous'ceux qui Pappro.., Sur la, puret 'de ses sentiments. Le marquis d'Hermona, cet officer espagnol distingue' dont nous parlerons dans le cours de cette histoire, ,disoit de lui, cc que si Dieu deseendoit ,sur terre, if ne pourroit babiter un coeur dont les appearances fussent phis imposantes que celui de Toussaint Louverture. ?i, Son caract6re Cst un. melange affreux de fariatisme et de penchain s atroces; il passe froi-







dementde Pautel au carnage, et de la prie're aux sombres combinations de la perfidie. 11 march toujours escorted' de preftres, pour-lesquels il aff ecte -une grande veneration ; ce sont eux qui redigent ordinairement ses proclamations: il avoit en dernier lieu trois confesseurs., un preftre ita. lien. nomme' Martini le cure' du Cap, et PabbeMolie're, re'sidant dans cetteville. Au reste, tous ces dehors de devotion ne sont qu'un masque dont il a cru necessary de couvrir les sentiments deprave's d-e son coeurl., pour commander avecplus desucces a Paveugle cre'dulite' des noirs. S'il posse plus loin son hypocrisies a cet egard et il est capable de ce dernier trait. il n'y a pas de doute qu'avec la haute idee que les noirs ont de lui et second' par les, preftres qui Pentourent il ne parvienne 'a se faire regarded comme inspire', et 'a comr. manner les plus horrible forl'ait5






1.6
au nom du ciel. Toussaint-Louverture au surplus ine veut ni de Ja liberte'des noirs ni de la domination des blanco; il de'teste a mort les mu.,
A
atres dont *11 a -presque e"teint ]a race ; il reprise les siens, qu'il fait server d'iristrumens "a ses vues; ambideuses, et dont il ordonne f oidement le massacre, Rs que son poLvoir se troupe un instant menace. a abuse' de Ja confiance de ses premiers bienf'aiteurs il a trahi son parti ; il a trabi les Espagnols, l'Angleterre, les Mulaltres, les Blancs, la. France sous le government des rois., la. France republican, le sang, sa. patrie, et la religion quT feint de respecter: tel est le portrait de Toussaint- Louverture, dont la. vie sera un example frappant des crimes ou" Peut conduire Painbition, quand la probate" Pe'ducation. et Phonneur n en repriment pas les exc6s.

IIIISTOIRE






HIS TO I R E

D E

TOUSSAINT-LOUVERTURE,


TOUSSAINT-LoUVERTURIP, uaq'u'i'tau inois de mai 1743, su r Pha citation du ci- deviant comte de No6 appelee vulgairement 1--habitation de Bi-dda, 'a
une lieue de la ville du Cap Franais, clepartement du No'rd de SaintDomiingue.
Ne' au sein de Pesclavage, il pao-sa ses premieres annexes a garden les bestiaux'sur Phabitation qui Pavoit
A
vu nature. L'activite de son genie et le temps que lui lais-soient ses occupattlions, lui inspire'rent Pid6e cle le mettre 'a profit; il apprit 'a lire,
4
a ecillre (i). On doit presumed que ]a

(i ) La lecture et POcriture sont, parmi les Tiegres le nec phzs u1ird des Connoissances humaines
13







connoissance de ces deux objets lu' attire une grande consideration I)arIni-les noirs flatten& cl e voir Pun d'eux S clever pour ainsi di're 'a la, classes des blanco, et abjurer- ]a profound ignorance 'a laquelle ils e'toient crondamne's.
TO-ussaint-Louverture avec. ce double talent abandonna -bientft le metier de P ahre et s'adonna 'a des travaux moins ignobles et plus lucratif's.
M. Bayon de Libertas, procure-Lir 'de Phabitation de Bre'da, auqltiel il f'ut rebommajide voul'ant mettre "a profit ses- talents et son intelligence resolute de se Pattacher. 11 le fit. son cocker. Oans cette place, ToussaintLo-Liverti-ire sut s'atti'rer la bien-veillance do son inal-tre qui lui accorda-, biento^t sa confidence) etnoublia rien de ce qu* pouvoit en faire un serviteur ficl'le et reconnoi'ssant.
To-ussaint-LouYerture, au inilieu






1-9
de ses occupations ne prevoyolt
guere le rAle, qu'il devoid un jour jouer dans la revolution de SaintDomingue. Satisf'ait, pour ainsi dire, de son etat P il ne prit aucune part aux premiers movements d'insurrection qui se manif*esterent dans cette Ve ; il y a plus., il ne trempa point ses mains dans le massacre horrible' des blanco execute" dans le mois d'ao At :L 79 1-
Une concluite aussi sage avoit redouble' ]a confidence que son maltre avoit en lui. 11 n'ignor"it pas Pesp6ce de liaisons qu'il avoit avec les, chef's des noi*rs revolt's BoucknZant (i) Biassozz (2) et Jean-I'raiz(i) Les atrocity's de ce 'chef de noirs font fre'mir. Envoye' comme, prisonnier "a SaintAugiistin I it v mourut que1que temps apre S 7 de chagrin, ou plut't de rage.
(2) Boucknzant fut defeat et tu' dans une affaire qui eut lieu aux environs du-Cap. Sa teA te fut plaDtee sur une pique au milieu de
B






90
(i) et Parniti f articull
cozs 6 p ere qui
Puiiissoit sur-tout 'a ce dernier A
lui sut gre de sa moderation et
Xavoir resisted" aux seducLions de la vengeance et de, la cupidity' : soit hypocrisie soit qu'il crk que Pheure n etoit pas enGore arrive de se declarer on le vit plusieurs fois lancer des imprecations centre les auteurs

la, place d' armes de cette ville i on y mit Un
I
ecriteau portant..ces- mots
Tete de Boizckinant. chefdes rdvoltdsr.
Jamais te'te de mort ne conserve autant la'expression ; ses yeux e'toient ouverts et sembloient encore kinceler et donner A sa troupe le signal d'un massacre. 11 'toit tomb& perc6 de balls et de coups de bayonnettes 1, en se defendant jusqu'au dernier soupir.
(1) Ce dernier cbef des noirs est rester fiddle "a I'Espagne; it est aui-ourd'hui 'a Cadix7 avec le titre et les appointments de lieutenant-ge'n6ral des arme'es du roi ; it y vit splendidenient ; dix officers noirs sont attache's 5on service.







et les instigateurs des d6sastres de la colonies.
L'espeke de neutrality' qu'il conservoit alors lui avoit donne' une certain preponderailce aupres de son maitrej qui. avoit inter8t de le
r
3me.nager connoissant ses moyens ce qu'R auroit pu entreprendre et Influence qu"il auroit pu obtepir sur les noirs A t VOU lu en abuser;
et on lui tint compete d&,_son inaction) et de cette resistance qui sembloits'opposer acequipouvoit tenter son ambition et sa cupidity'. On ne pouyoit pre'voir que cette inaction 11-etolt qu'un calcul de sa part, et qu'il attendoit I'instant ou' les success des noirs.seroient assures, pourlever I etendard de la revolte.
Lorsqu'il jugea. que les affairs de la colonies prenownt une tourntire favorable a ses desSeins, et que les noirs trion pholent presque par-tout, il s'e'chappa de la mason de son







maitre disparut de I'habitation de Bre'da et se rendit dans le camp de Biassou, qui I'accueillit avec amitie', et fut charge' de l'avoir pour cornpagnon. Voulant tirer parti de ses talents il 1'employa aupr6s de lui en quality' de son homme Waffaires, et Admit dans son intime coifflance.
Toussaint -Louverture -de-venu le CODfident de Biassou, comment a "a d'ployer ses talents avec la f'e',rocit' de son character. 11 fut employe' par Biassou, clans plusieurs expeditions, dont on connolt les re'sultats horribles (i). Pour le recompenser de son Ze le il. 1) eleva h la place de son capi-taine des gardens.
La division qui s'etoit mise"parnii les chiefs des noirs'. 'a cette epoque reveillal'ambition de Toussaint-Lou(i) Ila paru. enl'an4.) une petite brochure intitulee les Crimes des noirs., o % Pon pe u t li re avec horreur les de"sastres commis par Toussaint-Louverwre,






23
overture, et lui- ouvrit une carri6re facile "a suivr e pour la satisfaire. La trahison et la perfidie lui servirent C1 echelons pour r-ealiser ses- projects. De concert avec Jean-Francois) Pennemi personnel et le concurrent le plus dangereux de Biassou, il forma le dessein de se deffaire de son bien.faiteur et de se mettre "a sa place. L'occasion sen present bienLlt : Biassou reposoit dans sa tente; on vint PaverLir que son. camp e'toit cerne par 8ooo noirs et que Jean
-Francois s'avan oit "a la tefte de sa cavalerie pour I'arre^ter.- A cette nouvelle le f6roce Biassou court aux armes fit battle la ge'ne'rale, et ordonna "a son capitaine des gardens de faire routes les dispositions necessaires pour repousser ses ennemis. Toussaint Louverture fit d'abord quelques movements qui annonCerent qu'il allot se mettre en de'ferise ce n etoit qu'une feinted; on






.24
le'it tout-a.coup s advance vers JeanFrancoisP et apres qtelques pourparlers, il lui livra Biassou. "
Le sort de ce cbef do noirs. fut biento^t decidee. De'claretraitre et dechu. de son rang de general des no irs, il fut envoy' prisonnier "a Saint-Augustin, ans l'inte'rieur do l'Ile.
Pour prix de sa trahison Toussaint-Louverture re-cut le commandement d'une division, avec laquelle il continua 'a se signaler par de nouveaux desastres et de nouvelles horreurs. Les evenemens qui se president alors auteur de lui change"rent bientot sa destine'e et le porte'rent sur un nouvea-Li
I A
theatre.
II faut se reporter 'a 1'epoque ou la France aux prises a'vec tous les peoples du continent presentoit alors le Spectacle de la valour la plus he'roique et du couragele plus intrepide. Vainqueur sur- tous 11 les points,







points, -le- people francais souten'6 itune lutte vigoureuse et qui n''toit,' pas egale n-eanm oins le- courage supple'ant "a ses moyens parvint 'a dissiper une partle de ses ennemis,
Dans cette crise ses colonies senti. rent le contre-coup de la secousse qu'il ,eprouvoit; 'a St.-Domingue sur-tout,. les Franqais rested's fiWes 'a la republique, avoient non-seulement com battle les noirs qui s'e'toient -mis en. revolt (juverte, et qui e'toient ren. force's par les preftres les royalists, et les einiare's mais encore lesAn-glais qui les inquie'toient sur les co- tes, et les colonies espagnoles qui leur avoienthautement de'clare'la guerre,' et qui avoient UP commence les hostilities,
Les Espagnols pour aicroive leurs forces appelerent sous leurs drapeaux les noirs rebelled de Saint-. Dowingue..,Tean-Francois et Touy
C






26
sdint LouV rW-e furent les premiers qui'se rendirenth cet appel. 'Jean-Franqo'is fut cre'e' lieutenante e'n'ral du roi d'Espagne. Toussaint-Louverture- fut eIeve an grade de warechal-de- camp.
Ils porterent tous les (leux les marques distinctive de Jeur rang, et, pour la premiere fbis, on vit des noirs enclaves chaw arr's de cordons, de croix etdes autres signs de noblesse (i).
Jean-Franqois et Tous-saint-Lou.verture, enorguefflis de leur eievation se devou6rent sans bones aux inte'rks du government qui les employoit, et commenc&-ent un cours de massacres qui fidt fr6mir d'horreur. Tous les Francais de

-(i) On ne pre'vit pas aiors les funestes -.re sultans timent
qui devoient suivre Passeo
donne' A 11insurr4ction des negres. Le mot dl I herld des noz'rs pronounced -a Passembl'e
-constitnante causa le matheur des colonies.







-quelque couleuk qu'ils flussent, s'ils servoient la. cause de la rePubliqpe,
-6toieiit SuOrs., en tombant entre leurs, mains, Xeftre impitoyablement.egorges ou tortures,.' Leur- fureur e'toit 'S'ans cesse alimente'e par les cris des pr8tres et des eSibigre's qui leur ,assuroient q:u'ils e'toiew charge's des vengeance de Pautel et du trone. Ce double fimatisme excite' par une barbaric profound, pour, qui les lois de la nature, clu sang Rt de.,Pamitie' W'toient rien,, les
-poussa auk plus. grand exds de ,cruaut6.: des homes furent sci6ls
-en deux ou: mutil's dans tous., les sens, ou brU6s 'a petits feux, ou .ecorchl.'s vivans en un mot. ils renouvel6rent Ies scenes du plus affreux cannibalism. Cette guerre
-ou plutot ce massacre continued
-dura* deux ans. En vain, pendantcet 4espace de tems, les commissaries du gouvernernent fiancais 'a SaintC 2






28
Domingue (i) essayerent de les ram el ner, et le'ur- firent offrir'p aix, liberty' et, protection;, i1s, ne repo-Ddireiit A 16im" off'res et 'a leurs'prom' 'essesque par-de-nouvellesatrocifes. 1' ;Toussaint-Louverture crut devoir ,Iioiiver particulie'rement ses, refus; il ecrivit aux'commissaires en date! du'28 a6 At 1793 une* letter o U" Pon remarque les phrases suivantes
Nous ne pouvons hous conforvo .: -3 Mer la. volont de ]a nation -vu 3..)tque depuis que le monde r6gne., .3onbus n'avons execute que cello 5..) d'un*. roi. Nous, avons, perdu celui
d Trance mais nous, sommes ,:)>.che r'is; de c'elui d'Espagne, qui nous
donne des 'r'ecompenses et, n e :o cesge de nous secourm Comme
-hous ne-pouvonsvous recon(i) CefutSanthonax quiproclamala liberty"
-des ne,,gre'si il vit alors le bon 'Usage quilts en faisoient.







29
'no"tre- commissaries que lorsque:
vous aurez trl iric' un roi (1).
On pretend que cette letter flit
A
ecrite par un pretre espacrnol et
b
alors 'C'onf'esseur 'en titre .e Toussaint-Louverture., 11 '3Quelque, tems auparavant le 25, juin 1793',ce chef de noirs.,Avait adfess' une procl'arnation- a- ses offers du Cap, re'-digee dans le M eIme sens.
Apres -ces deux pieces authentiques,. on devoit pre'surner que Tous saint Louverture qui avoit Pret,6 segment Ae fidelite.. au. roi d'EsPagne, le tiendroit- irre voc able in e nt. Ma.is les calculus de Parnbition changent avec les chooses. La republique, ayant, par ses success commence a degou"ter les Espagmols de la.co.ali
(j)Ilestais4dereconno]4LtreALlatournure d6 cette lettre)qu'elle n'est pas eicrite par un Fr ncais, etque Id redacteur n'etoit pas un person;. nage dont les lumicres fussent tres-e5tendaess






3o
tion, oussaw-t-Lotiverture preVit que I'Espacrne, Wayant-phis besoinde ses services povrfoit It- remerciir-,- craignant alors d'9tre sacrifice' iLla p'aix, il songea "a changer da, parti. Apr& avoir m'rement r6fle's chi sa nouvelldtrallison. ., it re'solut de Paccompagner de c *-rconstances, horrible. Qtiand il arrive au mil iew des ES-Pagnols, il se present a* euxles mains degofttantes du sang des Fran ai' ; il -voulut, en" revenant par mi ces deniers, s'ofrrir 'a eu-x ave les 8mes trophe'es'et les'memes gages,, et verser le sang des Espagnols en- dedommagetnent de celui dos Franqais-, -qu'il avait sl impilitoyablement eigorge's pendant deux ans.
Toii9saint Louverture cbez les Espagnols, avoit eteplace' a*la Marnzelade I sous les orders du marq'is d'Hermona ofli(iier espagnol disungue'. Cest la' que ce chef* de noin






31,
resolute de mettre'vA execution son project.
Le 2,5 juin 1794, apres, avoir eri,tendu la messe avec le plus grauLl rec-uteillement, commune' et affich' une de'vofion extraordiDaire, Toussaint Louverture sortit de Pe'glise monta a clieval fit entourer par ses froupes les Espagnols qui koient sous. ses orders et ordonna froide'-ment leur massacre. Tout ffit passe' au fil 46" 1'e-'Pee sans distinction d I Aage ni de sexe 5 les felines as" sonvirent la. brutality' des noirs de son prince, qui pillerent ensuite le' 691ises. Les tre'sors des particufl&s et du gotivernement furent enlev6s.
A
11 exer a les neMes atrocit6s aux Gonaires an Gros Morrie au Dondon 'a la Petite Riviere et,,dans routes les autres parois.ses de 1'1',te qui e'toient occupies par les Espa' gnols depuis la guerre (iL).
(j) Trais heures avant ce massacre Toui4







La plume se, refuse h --tracer -"Ae tells horreurs et Pesprit auro*t peine "a y croire, si Pon iie savoit ce que peuvent Pambition et-le Eanalisme sur une ape fo ible qui se
fvbit lainc'e dans mie carrier qn'elle :11 war -it dA jamais esperer de parApre"s ce massacre, ToussaintLouverture pas a avec ses troupes 2u. port de Paix, ou' il fit le segment de fide'lite' A-Aa Rep-ublique fianaise en -presence de Laveau ge-w neral en cbef de, Parm.ee de SaintDomingue (i). Ce dernier, instruct saint-Louverture avoit renouvele' le se'rm6nt de fid4lit' au." roi d'Espagne entre les- mains de,. dom, Garcia 1 -pr6sident de I'Audience A Santo-Domingo) et du marquis d'Hermona.
(i), Le ge'n6ral Lavea.u. I dont la. conduit a le plus contribute' "a donner aux negres Pesprit d'insubordination et dia licence) etdont lesproclamations'et les letters etoient farces de passages du vieiix et du nouveau Testament) ecrivoi:t au coudt6 de salut public le 24niy6se







par'l-es evenemenas ) ne crut -pas clevoir lu"i a-ccorder de suite sa' confiance ; il le re'duisit 'a Pinwion et, lefit surveiller dans, sa conduite, de te.11le so..rte que cc chef de noirs
-sembloit eftre au bout de sa carr. "ere., lorsqu'uii e've'nement malheureux vint le roplacer tout-h-coup sur 1A scene et ouvr1r. 'a wn ambition ujfe nouvelle carrier.
,_ Le g'n' al
6 -Laveau avoit re n
des nouvelles de France par la cor. vette- la Vdaus; le silence qu'il. affectoit de garden sur ces nouvelles echauffa tellem-ent les esprits qu'il en re'sulta un souleYement dans1equel il fut emprisoline' avec un-nomm' Pe&oud.
a Les citoyens de couleur sont au de'ses33 poir de ce que ce n'est pas un d'eux qui m est gouverneur de Saint-Domingue; As se Mpermettent de dire : cest notre pays; pour D-.) quoi nous donner des blanc'pour goiuviernOv wr-notre pays? m,






34
A la nouvelle. de cette arrestation,, Ambition, et les espe'rances -cle-Tous.; saint- Louverture se re'veillerent. Ce chef'de noirs commandant alors, des Gonaires, se mit en marcbe
ela, t d'un corps nombreux de troupes et se, reiidit deviant le Cap. L'appareil t-nenasantd'ansi6gef'*a les habitats d'en ouvrir les porter's il entra, au Cap en vainqueur, o'. son premier soin fut de deliver le general Laveawet Perroud et de les reintegrer solemnellement dans leurs function S.
Ce fut par cet e've'nemeilt inat. tendu que "'Toussaint Louverture recouvra, la-CODsid.6ration (IU''il avoit perdue et ce qui le rendit en quelque sorte Parbitre des desthie'es de la colonies.
Nousne demons pas omettre ici'ua trait qui caracte'rise la, prof'onde hypocrisie de- Toussaint -Louvertur'e. A cette me^me affaire du CaP qui







faillit Aeve n--*r si f uneste au ge'ne-ral'Laveau, ce chef des noirs, dej "a decide' "a souvenir ce'ge"'ne'ral con-voqua chet lui ks c6mmandans des' places du Gros Vbrae de Plaisance.. des Yerettes et autres forts tous chefs, inuldtres et leur apprit en confidence la conspiration ourdie centre le general Laveau, ajoutant qu'il allait marcher centre Iui,, et le faire juger comme ayant voulu, enchalner les noirs tt livrei la col6nie aux ADglais. Les chef mulaRtres qui avoient trempe' dans !a conjuration, et qui attendoient en silence la journee du 3o ventolse pour se de'clarerou-vertemeD tfurent charge's des bonn es dispositions de Toussaint Louverture : *ls Ie feilici t6rent sur le. Parti qu'ils se disposoit a prendre, et s'excuserent de ne lul avoir pas announce pluto't leur projet centre Laveau. Alors Toussaint-






36
to u*verwre, se levant brusquement S ) ecria ., Gaf'des v arr&ez ces fac-tieux' Des soldats en effet 'qui etoient cache's dan's les appartemei-is vision' I parurent aussito t et s"emA
parerent des mulattes,,qui ffirent jete's dans les fers au fflorne- Blan C*
la e noirs
-et a Petite Ri vi re. Des chef's de I'arme'e de. Toussaint les remplacerent dans les places qu'ils occw.. Poient.
Le general Laveau, dans Pivre8se de sa. reconnoissance, pro"clamaTous. Saint-Louverture le vengeur det'an. trite's c'onstitue'es et le sauveur des
-blancs. 1116 cr "a 'n 'ral de division, et lieutenant. au government de 'Saint-Domingue.
-cc Cetoit disoit il ce noir ce Spartacus pre'dit par Raynal., dbnt la destine'e etoit de vencrer tous les outrages faits "a sa race et il x) ajoutoit que d'sormais jI ne feroit






37
53 rkn que 4e concert avec lui et par D> se conseil.5 (1).
toussaint Louverture appuye"
par Laveau, se vit en.etat de preparer, avec succ6s les bases de son usurpation. II s'occupait donc par tous les moyens possibles de propager le.s. piincipps de Findep en dance future.des colonies (2) lorsque de nou,
veaux agens, envoys par le director.

(i) Proclamation sur le 3o vent6se.
(2)Toussaint-Louverture etoit devenu le partisan le plus declare' de, Raynal; Pouvrage do ce philbsophe e'toit devenu pour ainsi dire son breviaire.'Il cro-oit y lire sa destined dans, les, cbapi.tres qui traitoient de Vinde'-. pendance pr obable, des colonies du'Nouveau. Monde- i 'it en recommandait vivement la lecture. L'bistoire de, Raynal 7 le chapelet et le, *rosaire e'toient le talisman en vertu
-duquel it agissoit sur les esprits foibles et superstitieux 2 pour les associer aux projects de son ambition.
On peut remarquer id que tous les Tsysw6mes de nos philosopher moderns n1ont





38
executif pour y proclamer la cons.4. titution' de Fah 3 vinrent. affermir son cre pt preter- en que1que
sorte de nouve.1les armcs "a son ambition
Ces agens du gouvemement franais etoient charges specialement de temoigner 'a Toussaint-Louverture la bienveillance du director Pt de reconnoitre par de nouvelles faveurs, les services qu'il avoit renaus ai, la republique, lors- de Paff4ire du Cap I
Arrive's 'a Saint Domingue, les commissaries clu dire ctoire executif 4 empresserent de rppondre aux vues du gouvemement qui les avoit-envoye's. Ils firent h Toussaint-Louverture un accueR disth3gue', en

about qu'-Age.mer le trouble et la division parmi Jei; nations. Leurs principles, beaux en theorie sont et seront taujo-urs suivis des
-plug grand -d6s4stre's 7 lorsquion essayera de Ies xneure en pratique.





(39)
lui -exposant la n6cessite' de chass.er promptement les An glais de la colo. nie (1). Celui- ci_, volant en quelque sorte j us fifier fa bonne opinion qu'a'Voit de lui le government fia* qais, de'ploya beaucoup de zeIe et une grande valour, et parvint a" reconque'rir le Mirbalais, lea Grands Bois et plusieurs autres places qui etoient occupies, par lea Anglais. Sa conduit pendantcette guerre, fut caracte'rise'e parla loyaute' et la frau.. chise. et on devoid pre'sumer necessaLrement, qu'il agissoit de bonne foi. Mais le moment n'e'toit pas encore vend pour lui d'agi r foiblement conme lea Anglais ou de concert avec -eux : ilfallait auparavant. don-ft ver au gouYernemexit fran ais toas

C16toit Ilepoque ou. cette puissance agissant oavertement centre Saint-Domingue) etoi-t parvenue 'a slkablir dans plusieurs cantons,, d'oi ses armies menacoient Vile cNis envahissement prochain.






4o
les gages possibles de fide'lite' (1) pour assurer sa conflance et lui arracher les nouvelles faveurs qui
-evoient le conduire h son but. II ne fut point troinpe' dans son attente le-'s coinmissaires du government, le proclam&ent.ae'ne'ral en chef des armies de Saint-Domingue en gerrninal an 5.
Toutconcourut "a faire croire que,ce .. general des noirs etbit entierement deVoue' A la republique. Les rapportsquiarrivoientjournellement en sa: faveur au, director, -et aux deux cons-eils-., le firent regarded comme-le sauveur de ]a colonie.,'Ses cruaute's-*, sa. dissimulation, son hypocrisle'dont on avoit dejh quelques examples frappans, et ses e5ternelles

(1) Pour 6ter, tout soupcon 7 il envoy sea deux fils.en France ; on ne dut plus outer de la bonne foi et de-la sinc6rite' du'p6re quand "on le vit abando.nner "a la Franice Ic sort de sa famille.






(41,
fluctuatiofis furent oublie'es on passa. I epon ge sur le passe, on n'envisagea'que le present -, et on espe'rA pour I'a'venir. L'harmonie -sembla alors s'e" tablir entre les commissaries du government et le general en chef (i). La colonies comment a alors a respirer des troubles qui Pavoient si long-te'ps agitee. Mais tout cela n'6toit qu'un cali-ne apparent. et ne servit qu'a' oiler les projects ambi-tieux du ge'neral en chef. Au moment ou' Pon s'y attendoit le moins Toussaint Louverture impatient d'acce'le'rer execution de ses proj ets se rendit- au Cap 'a la tefte cl'un gros corps de cavalerie, et descendit chez le commissaire du government Santhonax q'i le requt avec tous le's, regards d As "a son rang. ils se donn6rent pendant Ie,premier jour., r6ciproq*uement des.
0) Uetoit vers les p-remiers jours de fruc'fidor an 5.






42
t6moignages' d'estime et de confiahce. Le lendemain ToussaintLouVerture fit -battre- la ge'ne'rale P pdssa en revue la garrison du -Cap., et se retire enstilite dans son gouver-a nernent.
Au moment ae son arrive'e, il invite "a un repas les chef's des coros et les. autres officers, civil et mili-taires de la vi'lle. On pre'tendit qu'a10'rs il 'leur fit part-de ses projects, qui etoient de rendre la calorie inde'--Pehdante. Apr6s, avoir corrompu une parties des officers s' tre assure de letrs suff'rcign& A proposal sans detour VembArquement de- Santhonax.
11 'se -trouve ici que sur quelques points esseD tielS, Santhonax et Tou&--isaint-Louverture 'son t countries, en faits. Sans partager en aucune ma-w
A
ni&e Popinlion de. Pun plutot que 4wIle.de Fautre, nous gallons exposer Simplement les faitsw
-Ile






43
S'ilfautencroirecedernierSanthonax., des le mois, de ftimaire ou de nivoAse an S. Favoit sonde' sur un project tenant a etablir I'I-DdepenZance a Saint-Domincrue et 'a se cle'faire- des habitats, blanco,, Ou par Je fer ou par ]a deportation.
Toussaint, eftonne' et alarmed A.1a. ois avoit demanded' si la.liberte' de;s ,noirs'toitmenac'e. Santhonaxavoit repon clu Xum maniere evasive, mais cependant negati-ve. Alors Toussaint avoit manifesto' Phorreur qu'un pa,--reil project excitoit en lui il avoit .conjure' Santhonax de cliasser luiA
.meme pour toujours de son esprit des ide' es, semblables, et il avoit exige' de lui la promesse de ne jamais ramener eRtre eux la conversation sur ce sujet.
CependantSanthonaxe'toitrevenu plusieurs fois "a la charge, et notamment en flore'al et en frtictidor an 5.
Toussaint, des-lors n'a'Voit Plus D2






44
donte que Santhonax ne s'occupalt tout.de bon du project en question et, e neAme temps qu'il
persuade en
n 2etoit point homme "a aj turner 1'exe'cution d'un. dessein qu'il avoitune fois laisse' e'claiter, il pensa qu'il importolt absolument -au salut, de la colonies qu2il de'terminat Santhonax A la. quitter sans de'lai. II prit sur lui de lui faire cette declaration--,, et itI'obligea d'y acquiesced.
Cette affaire-se-traitoiCentre eux-clan s le plus grand secret.- Toussaint avoit promis.- de ne reveller 'a personnel es diff'rentes propositions que Santhonax lui avo't fates et ce secret Fut religieusement crarde" j usqu'apre"s le depart de celui-ci.
Des measures furent con certees pour que San thonax e ^t 12air en partan t,Xavoir 'ce'de', ou, 'a une determination
-libre de sa part ou "a des instances d'un, tout autre genre que cells qui avoient eu lieu en effect.,,,






,(45-)
Voilh le8'pirincipaux faits sur Its-, quels on s'a ttendoit que.Santhonax, de return en France doinneroit des ecldircisserhens.
On pensoir assez- generalement qu'eiitre lui etToussaint-Louverture_: il pouvoit y avoir qu-elque mal-enten du.
Au surplus., sur cela comme Sur que1ques autres articles, il e'toit pos/Isible que Santlionax eh voulu simplement -sonder -et'c'prouver TousSaint. Louverture.
11 se pou- voit aussi que Santho-tiax, vraiment inquiet Sur la- liberate des colonies cru"t que des measures extraordinaires e'toient- indispensable pour maintenir la liberate' 'et pour empekher, d'un autre cote'.. que les colonies elles-memes 6chappassent pour toujours "a la France. 11 e5toit
'A A
possible qu'il s'occup dt a murir pour cela quelque project et que Tom~ saint FeAt
-jug' tr 'Pi s'v rementsur






(46
urfe premiere ide'e Mal dige're'e Mal rendue, et pe etre plus Mal coiuprise encore.
f 41
On esperoit que -Santhonax donneroit sur cela des explications satisfaisantes ; wais le parti qu'il a pris, a ete' de nier absolument les pretenclues conferences secretes entreToussaint-Louverture e t I ui. Il a nie aussi que pour le de'termine.r "a partir pour la France, on ait useenvers lutl'au une espece de constraint.
Cette de'negation pure et simple repand une grande obscurity' sur toute cette aEaire- On est d'autant plus uncertain. sur le judgment qne I'on doit en porter, que le rapport
A
metne de Sandionaxy prisisole'inent, West pas toujours bien consequent ni bien clair.
Au reste, si comme Passure Santhonax, lesconfe'rences secr6tessont uneflaussete', il sepre'sente une question fort important c"est C'elle de






47
savoir si Toussaint lui meme est I'auteur de cette caloninie, ou si elle. S est repandue sans, son aveu I Cette derni6re opinion n"est gue're soutenable ; car enfin Toussaint -a 1 0 0 1
avoue. les 'crits qui ont 6te imprimes au Cap sous son nom et sous ses
-yeux 5 il avoue tout au moins 1es oriA
ginaux qu'il a du dresser au directoire executif.
Si, pour rancher la. difficultt. on convenoit de prendre pour constants touted le s, assertions de Santhonaxt 'on n. en seroit gu6re plus advance 6r il semble sur ce sui.et se -conA
'dire un peu lui n1eme.
tre It dit
(.pacre.23) que Toussaint estpwfa'
Z)
.te mezz t in capa b le de ten ir le language 0. oa lui pr&e ; et ces, expressions annoncent clairement que Toussaint n est pas le calomniateur.
Mais la -pagre suivante parlant toui ours de Toussaint, ildit : 0& il a trompe' le goievernement. par- sa






48
derni&e accusation e"n me chargeant d-un "crime que je n-ai pas. commis; ou bien ses letters aurninistre ddmontrent qzze, 107-Squ-Iii les e'erivoit, il dtoit mon complied. .1ci
c'est bien'Toussaint que Santhonax
1%
reconnoft pour son accusateur.
Si Toussaint, pour noircir San-. thonax a reelleinent suppose' des confidences qui n'ont jamais eu lieu, lil ne merite'point les me'nagemens dont Santhonax-use en-vers lui (p 18).
elementt il diment les, 'loges Non-seu e e
que lui ont donne's "a 1'envi taint de voix et celle de Santhonax luimerne; mais on ne peut s'e echer de. le regarded combine le plus fourbe et le plus sce'le'r'at des homi-nes.
Santhonax dit (page 3.7) : ccJesuis 3 parti librement de Saint-Domin gue, >> le, 7 ftuctidor dernier pour me Do rendre a mon poste au corps legislatif Depuis neuf mois moii :o depart avoit C'tc' ajouine 'a cause )o des





49
-n des troubles du Sud et du Portde-Paix.
Mals A s'expF.que biendiffe'remm.ent (page.ig, 2o et2-'i). Ces pages ,annoncent positivem-ent qne Tousla Saint-Louverture et Raymond season determine's 'a livr-er Santhonax aVaublanc -et h Bourdon de Mise- ) ; qulunie letter a e'te concert,6e -entre eux pour Vinviter 'a se rendre- 'a son poste au corps legislatif- que cette lettre.-a-roit eke' .f*aite.,avec- de m-an.vaises intentions qui nont point .echappe' aux officers de la garrison du Cap etc. I
Non seulement Santhonax avoit dit (page 17) qu'i.1 etoit parti libre. 'Mont, mais il rend compete -immediatement apr6s de ses'motifs,
4 ccLa re4auration du--commerce et des cultures, la re'e
13, deificationn de la
ville cluCap, enfin lapaix laplus >-> profound ayant succ6de' aux ora.1)? ges, aux deyastations et--aux dan-







gers de toute espekeje crus, ditil, ponvoir singer & retourner iQu
France.
Mais (page 2 1 ) -il motiv e ce m8me depart,"sur des c considerations lien different.
cc On alloit-, dit-il, se porter centre :),3 lui (Touss"aini-Lonverture) 'aux
dernietes &xtremite s;lo-fsque, pour
vS e itor'l'of'f*u.siondu;saiig,,I'insiirla rectibn de-la plane, Vincendiedes ., o proprie't6s et le -Mas7actedes pro..
r ietAire8 -ino ai nc i tous le's
p
i>3 f6ilibtionnaires.,public8,-de -la.'com33 mune du Cap, que J'alloig partir__/ )Toar me rendre Atm T-tance -au !i3 -corps le',,glslatif.-)a
",Coinifteffv.- ooiitilier ceg "dermers
-les prekedetfs ?
age--it') ]a
d6wwv otte Wun complot- rrame'
'y),parAes'ipie mset "des e ,'>3,-et -dont o ti 6 s:a in t I ou ott u re
livIll strum ejAt -.,.,2p0wr, so v-






215 Ealre cle Ia commission du gouver33 nemeriu. 31,
On doit crolre qu'll ne partira det sorinc-is qu'apriA-savoir dejoue C%,,, Abominable complot.
On s'attend du moins qu'il aura ,pris le temps Idlen bien. -approfbi-idir le dangereux myste"re.
On es.t,,tout surpyis.de voir-qu'il ,n"est-plus question du tout du coqi,. ,plot, et que rien 41'pst change
-Projet dpdepayt.
I" uTle, dit il cepeqdant,'
.) e pe
x, (page22) e'toit consterne' delmqa 3o de' art,; onne pATIoit que de '-S'y >3.oppqser.; xi
ct-La maniciPalit.6-yint, pnvi,;->,,-nee-dupe-upIe,,:eten son.nom, me
declared que. man depfLrt annonc' ,ancav qitjesplu grand niurmpres;
I ", tj I33 que le mecontentemcm-augmentoit
1% -stant, ct qjieJ'-jr;*
-x),.a chaq.ule in -A ique
nio.yen-popr x4pi,* -T'rpivenir- des
qqp,, 0 qit e, t y ;dgas Ja
L I -d..





52)
colohle jusqu'a ce que les nou-il belles d'Europe me permissent'de :)D. la quitter sans danger- pour la
-chose, publique.
Certes, de pareilles invitations etoient Wen pressantes,'et les ino," if u e' Iles faiso"ent -valoir e'toieiit bied de'terminanS.
Onbon oit difficilement comment I'homm"e qui.9 par z6le pdur la. t'ran-iq u-iffite' cle ]a,- c6lonie, 'ajournoit depuis neuf mois son -d'part', ne Pa. pas differe'en-doredans des conjonctures ,aussi critiques.
I gur -t t bieri doul
Ce qui renc ou OU
reux 1'e'tat de Perplexite' dont on nd 1 eut s6r-'tir"en examinant toulte ccitte affairib c"est qu'6n, e4t presque fbite'
A f
de reconnJolitre que d'un *C8 te ou. de I'autre i il y a necessairement plus que -de 1'err6ur.
Je n'e dis 'point que- Santhonax soit coupable : jee me reserve la con .. solution penser que Ses' tQit n".e






53
sont qU'app*ar'e1js. Santhohax-n'oppose ou'un fait : clest la. letter ecrite par Toussaint- Louverture .Ie 0 pluviolse an 5, au ministry de la marine.
Dans le commene-ement de cette lettreTo-dssaintpiirlecollectiveinent des citoyens Santhonax et Raymond,
-e.t il-dit : X-allezpas croire..... q ze les cito ens Santho* nax et Baymqgd trahissent les intdr&s de la France!
La. suite de la letter applique particulierement 'a Santhonax et
-ToussP"IiDt y dernande, au, nom de 11'inte're^ t de la. colonies qU au-.moins j usqu'a': la paix, ce cominissaire reste en place et continue de re'sider "a Saint-Domingue.
Comnien't observe Santhonax Toussaint a-t-il pu, -le 13 pluvio'se, parlor. ainsi d'un homme qui, en frimaire ou en nivo"'se lui avoit A ce qu'il dit propose' Pindepca3







54
Toussaltit" r6pondroit "a cela, sans doute, quala, letter dont-it est quesift tion avoit ete' ecrite dans Pintervalle entre la premiere coni erence eit les suivantes qui n'eurent, lieu qu'en flore'al-et en fructidar.
Ce sont ces dernietes seulement qti Ii Persuaderent "a Tou-8saint que'Santhonax ?occupoit tout d'e bon du project d rendre I& col6nie'independalite,
La premie'reonvertureqiiiltiiavoi*I 0,6144e h cet 6aard en frimaire ou en nivo^se Wavoit e'te' regarded I par lul, qu,,,, caipme I ecart fugitlif d'une imagination-distraite, coin'-we'twe sorte de ref've sans consisiarice etsans. desse-In.
Sandionax et lui s'e'toient proinis, mutiiellement., Pun de n7y plus swiger etdc Wen plus"Parler; Fautre, d'observer sur ce qu'il venoit'd'entendre le plus inviolable secret.Toussaint regardoit coinnae non






avenue the confidence qu.11 cro olt devoir kre sans suite, et sur laqiwIlQ il avoit Promis de se taire.
Pouvoit-il V a -epoque clue Poa c! te et dans de pareilles circoi istances laisser irrien. transpired de cette venture dans sa corresPQh--' dwice avec le ministry ? De-voit-t- il, affficher des soup ons qui, dans lo fait Wavoient encore Cclucti-i-le existei-ice? Poilvoit-Al. sans maifqper "a sa parole ne pas conthwer de s'ex, primer sur le compete ae Santhonax, de la m8me maD ie" re que par le passe-P
A
On est force' de reconnoitre que" Sari rh onax West pas bien cons'queiit a ui-m&me dans les reproaches qu'il fait 'a Toussaint-Louverture.
11 dit ( pa')e 18 a Je dois cetto 5,3 justice A Toussaint-Louverture-, 3o C est que par lui meme il est in
Capable de concevoir de P areils );I projects; et ie sais, 'a n'en. pouvoir
4






(56)
5 outer que s"il nlavoft PAS ete >3 obse'de' Al f,
travail 6 au-dela' de toufeimagination, il n'e^t ja ais con
senti; A se- -souiller du crime de
rebellian.'x) k
Rapprochons- -Os-expressio s de cells. des pages,24 et 25.
cc Certes si quelqu'un pouvoit S> ttre- soupqonne' de flavoriser le syst8nie d"Independance ce seroit x, san adoute celui don t la vie politique :)3 n"a eke' qu'une r6yolte continuelle
centre la France. Toussaint-Louverture a 6-te' 1.'un. des cliefs de-la
-Don-iln -le. Par Vend e de Saint L
1,1.1,11pulsion de ces memes' e'migre's :):)'qui Pentourent aujourdliui it
ganisoit en .1791, la r'volte des
noirs-fe t, le m, massacre des blanks
i tirese.
propr e -Ei-i 1793 et 04
x ,conqmandoit Var m.'e des brigands 33 aux orders du roi catholique et
n'a posse' au service des repui blicains que .1arsf-l-L.te les u.0-







57
o ciati6ns de paix Jai ont apprise >:) que I'Espagne n'avoit plus besoin
de lui.
II y a evidemment contradialon, il y a-m8me incompatible lite' entre les premises phrases quie je viens de citer et les dernkres (j).
Le tems et Tes e'venemens prononceront entre Santhoijwx, et Tous.saint Louverture pour nous dispenser de ffiire des refflexions sur ceg observat'ons.
Cependant Toussaint-Lou-yeTture Wavoit pas eul"approbation do tous, les officers ge'ne'raux de I'ariiieo,, L'un d'eux Etienne_ Mentor' .- aldrs adjudant-ge'ne'ral, et depuis deputy de Saint-Domingue au conscil des
-cinq cents,, eut le courage de s'e'leyer avec force centre la measure pro(t) Extrait de nouvelles Observations sur Saint-Domingue I par Rallier, ex-membre du consent des ancient.







541)
posee., et d'en Presenter "a ses camarades-les terrible, consequences fit plus 5 il-rasSembI a les officer's qui lui e'toient subardonn6set ceux qui partageoient son opinion leur fit i(irer attacherrent et firleliter "a la,
f
republique fran aise .et mort centre tous ceux qui parleroient de se soparer de la mere-patrie.
Avant de continuer la narration des faits., notts croons devoir fiiire une mention particulie're de"cet adjudant-ge'ne'ral..
-E6e&'1za-Mejztor Idela classes des
-propri"taire Saintr AIIOLrs libres et e a
Pierre de la Martinique ou' il 'toit ne en 1771 avoit re u de la nature' tous les dons qui peuvent disposer 4 ]a constance et au courage dans les, grades vicissitudes de ]a vie.; et de Pe'ducation tous les principles qui peuveirit en embellir Jes instant pa*s.bles. La revolution vint le plon. Ferp comme tous les autres noirs.,








clans- Paltt ,rnat*v'6 A6 sa clefense oii de Pesclavage. Quand la liberate des I -- I'am
noirs filt proclamee 'il deviant cle la France -et- il lui voua pour jamals a:ttacbement e't fidelity. El&e'
-au grade- d6 capitaine des chasseurs de la Guadaloupe, il combattit vaillain ment centre I es An glais auxquels il ne ce'da la batteries do'nt il avoit ete' cllarg6 que' lorsqu'il vit tous les slens tues ou reverses a cote cle lui.'-Fait prisonnie-'r ef deported' en Angleterre il coii ut et execute le project, "a la-vue d-es co"tes d'Oi.iessant, do s'emparer du baItimentqiii le concluisoit en. Anglete*rre-,-et de le niener.a Brast..Cette aiuclacieuse enterprise le rendit "a ]a liberate et a% ]a France. Incorpore', 'a son Arrive'e dans un b4tai'll o*n il fit une campagtie dans la Vende' e sous le g III I e eral
Westermann il fut ensuite apple'
a Paris pour donner des rensei ne mens sur la prise de la, Gtiadeloupe








n6mme", 'en Pan Z adjoint-aiixadjudans-gene'raux pour Saint-Domingue, It arrive, dans cette fle apr s
A
I evenement du 3o ventose qui
avoit compromise la liberate' et I a" V i e d 4 u general. Lave'au ; il deviant Ie de,"enseur des agents du gouverli;e-' ment fta-pqais et 1'appui des Euro6ens opprime's. Apple' aupres de, Toussaint-Louverture) il me'rita p pr ses, td1ens militaries et par ]a cons'ideration qu'il'avoit obtenue, paraii
.
les no'irs.,,.d' etre admis daiis la confiance intitne dece general, et d'e^fre
2
eleve'au grade'd'adiiidant-7gene'ral de Parrn'e de Saint-DOM'Dgue. Uest
les relations q"T eut alors avec, Tous5aint-Low*erture qu'il pe'ne'tra 16 secret de son ambition. Son couTage a la, 4evoilerlui'valut des fers,',; mais le people de Sainv-Domilngue ne tarda pas a Ie de dornmager de ce't outrage en le nommant. del)ute' au
-Conseil des cinq cents. Vest la que





( 61 ) ,
Seul OU presque seul centre le parmsans noriibreux de ToussaintLouverture-, il eut encore la force, en. Fan 6 1 Ae denoncer le project Win'dafice du On 'rat de Saint-Domingue.,' et de signaler sa perfidie.
-Ses soupqon-s de partiality et de.-vengeance que les amis de Toussaint Louverture firent planer sur sa teft'e.,
I
.ne le decourage'rent pas; il en e5cri, vit au director e'xecutif : plusieurs jo, u-rnau'x devi*nrent les de5positairesde ses vives alarms et il "ne cessa, de les publier que lorsqu'il.vit les preven-tioiis sl fort arme'es centre lui qu'il n'y avoit plus que du danger pour sa personnel, sans aucune utillite"
-Pbur la ch-osepublique, a insistersur es enonciations. Cet officer noijr ,fut exclu du corps legislative au- iS lb"riiinaire. Paraii les traits qui- caracte'risent son coeur bon et humain-, nous ne citerons,. que celui dont Ies journaux, ont-iend'u compete en






62
n1v8se an 9. it e'tait AN Brest j su r Ia fiegaLe Ia CrWole 2 lo'rsqu'un matelot tomba 'a la mer et fut entraline par les flots. Tandis que des spectatorsur' nombreux gemiss oient sursonsort Mentor n'ecoutant q-ue son courage, s'e'lanqa-.' 'a Id mer et alla aupe'ril de sa vie 2...arracher le malheureux matelota'.u-.n...eDerte certain-e.
,_ Sa'demarebe.bardie-autant qu'ho. notable parvint A Tou ssaint-,Louverture- s -ur-71e -champ il lerfit gar" der a' vue et un ordre,,sigiie' de
SVL Inain fut .,donne' pour, ,arxe"ter.
I
Christophe (jL), un des aigen-s de',,%es ,actes, tyranniques., fut char ,de
.1'executer. Mentorfut arr&,te.. ,dant-lanuitetc.ondu*ltienpr*ISO
Apres.cevacte-de.violenqje,,Tous
W'Llun'-ldes -Affid4s de'Toussaint.louver. .,ture j, jui lors --de'Varrivie de -M lottee, fran,saise au-,- ap I mit
ic le feul-,cette tville I et, Se
iretira, "a Ia., lueurde Vinceadiee,





63
.saint rassemblA. de nouveau dan.s .son gouverneinent, tous les officers qu'il savoit attache's 'a la France' et
-ceux dont il netoit pas assure de Peritier de'vouement : tous -lui refuIserent leur assentifnent pour le projet de renvoi de Santbonax. Dan-s la 'chat eur & la-discussion, ilsvoulureitt
,niA
eme TarAter. Tandis qu'ils, de'li'be'roient sur c-e -projet-, I-a munici'p6lit6'"dulCap -- les, autorite's constilii6es et le-, people -firent 5clater'leur ibelcomentement. -On- tou6h6it -au inoment d'une insurrection general, lorsque Toussa'int-Lo-uverture in-4-larme-de-ce-qui-se passoitet-effilaye' 'du-&anger, -se xetira preicipitammexft ,h la Petite.,4we.
V-6ici Padresse -,qu'il envoy A' de Au'on-pre'v nd, -au citoyen Santhoa' i "I er son d6part.'Ie 3 ,nax, pour cce er
fructi-or an 5.






64
o -LOUVe7-tZI7,C,
ssaint genera e
chef de Sa'n.t Donu*n,,rue.,, au citqyen Sahthonaxv reprdsentant dmpeuple et commisal're 61didgud
aux Iles's'OUS le vent.
tc Prive's depuis, long tems des ,)3 nouvelles du government, franais ce long silence" affected les vrais ainis de a r6publ que. Les )o- ennemis.de Pordre et de la liberty" xi Cherchent 'a profite'rde Pignorance O Ou nous sommes, pour fair',e circu" ler des nouvelles dont le, but est de jeter 16 trouble dans la -co lonie.
Dans oes 'Circo--nstances, il- es't

n6cessaire qu,"un h6mme instriiii xy des e've'n'eme ns et. qui a &6 le
te'moin des cbangemens qui ont >3,procluit sa restauration.et sa tranifflite' veuille bien se 'rendie
a-upr,&' du director executif pour
lui faire, connoftre la ve'rite'.
Nomme depute' de la colonies an corps







cotps 16gislatif, des circumstances imp'rieuses vous firent un devoir 3* de' jester quelque temps encore auL
Milieu de nous.': alors votre infl'ence e,toit necessary; des troublesndusavoient agite's, i1j'alloit les cal mer. Aujourd'hui que Yor-X) d r-e la paix, le zeIe pour le reta..
blissernent-des cultures-, nos success
I
sur nos ennemis exterieurs et leur >3 impuissance pexmettent de
:> -vous rendre "a vos functions., allez
dire 'a la:'France ce que voYs- avez, VU, les prodigies dont :N7ous avez ete t'moin ; et soyez toujours le >3 defeuseur de Ila cause sacred que
vous *av'ez embrasse'e,. et dont nous >> sommes les e'ternels soldats.
:o Salut et respect ,
Sig-nd ToUSSAINT-LoUVERTURE.):;

Cette address fat presented "a la signature des officers de la garrison du Cap; i1srefuse"rentunanimement.
F






66
0-n jetoit I es, b au. ts cris centre Tous saint: co'MmConluisoupc,.onnoitde mauvaises intentions on allo't se'Porter- contreldi aux derni6res exf
Aremites,16rsque, -pour- eiviter Feffusion du" saDg, Pinsurrection de Ia plane, Fiiicenffie- des propriety's et le niassacre des proprietaires Santhonax afnionSa, "a tous les fonctibn-.-.naires publitws do Ia- commune dii Cap, qu'il allot par'tirpour se rendre .i6n- France. au corps .16gislatlif.
Cependant ceul qui s &oient em-pare's de Fesprit de Toussaint-Lou., Alarrh
,vertdre es des effects, de sa
letter, lui en dicte'rentune second, interpretative de ]a Premie"re.





67-)

Tozzssa;nt Louverture 9dneral. en
chef de Parnide de Saint-Donzinze, au citq ,yea Santhonax.j 71e prdsentantdapeziple., coznnz;ssaire d4 ld,,a,-7.lepa7'1 ,,ffouverne,,7zent aux
lles,.sous Ze vent.

cc CITOYEN COTNIMXSSAltLk%

-Le vceu du people cle Saint-Dogue s"toit fix'
>3 min C e sur Yous pour
le repre'senter au corps leigislatif: dans la letter que nous -vous- a-vons
r
x; ecrite, nous avons- Youlu, joindre 3o notre assenth-nent particular "a la x) volonte' ge'ne'rale. Si les ennemis
de la liberate' s-'obstinent encore "a VOUS poursuivre dites leur que n o-us avons protested' de re'ndre leurs x) efforts impuissans et que nos x) inoyens sont notre courage., notre
perseverance., notre amour du tra4L
vail et de Pordre. C'est par nos >) yertus Aet notre attachment "a la
2





68
republique, que nous, repcdidroms5o aleurs-calomnies ; et, d'apreS -ce
que vous xve2 vu dans la colonies vous avez dei 'a sentl qu'il vous eto it x) aussifa6'ledecle'fendrenotre cause,
que de terrasser nos- ennemis.
Qu oi qu'i.1 en soit, ce chef'de no- i'm CDtra en fureur d'a-voir troupe' une pareille opposition. Defa A rassewMolt son arm6e, et 1'exhortoit-au 'carnage, quandSanthonax, dontla presence au Cap -sembloit y conjurer taus les d'sastres, se'deeida 'a 6 embarquer. 11 partit de Saint-Do-f MID Clue le 7 fruc-tidor an 5; ses col
b
leagues a-voient dej "a quite' la colonies avantlui 1'exceptiondeRaymond,
A.
ll -Oatre entie'rement devoue "a Toussaint et auquel pour conserver quolques apparen6es il voulut bien confer Padministration de la colonies apres le depart de Santhonax.
Prevoyant bient^t quel.e coup d'e'clat- qu'il venoit d'executer "a Fencya"rd






f 69
tIn COMMIssaire ftan ais, produlroli une forte sensation "a Paris et quo sa cle'rnarche 0 en de'vollant ses pro' jets, ne le flit soupconner de vouloir syem'parerdu gou government cle SaintDomincyue it fit passer- en France 'trois commissaries charcre's d'accuser
b
en son norn Santhor- ax, comm e ayant voulu. Proclamer l'indepen dance de Saint- Do'mingue et se constituerle4 chef supreme de cette colonies.
Cette cle'n onciation fut accueillie et propagee comme un ffiit; Touss.aintLouverture triompha, etfutregard6 combine le sauireur de la colonies.
Le clirectoire, pour lui donner des temoignages et des preuves de sa satisfaction et de sa rebonnoissance lui fit present cl'un habit richement brod6, d'un superb sabre, et de plusieurs padres de Vistolets de la
-manufacture de Versailles.
Toussaint Louverture, apres le clePart de Santhonax fbr,,a -- par'






70
ses intrigues et ses violences, le cornwissaire Raymond 'a lui* a.bandonner Administration. de la colonies. Cet agent, vendu au. par-LI' de Toussaint, 46s qu'iI se vit en place voulut affecter Finderendance ; il'demanda compete des sommes qui devoient existed dans les' caisses du gouvernem ent. Cette audace de'plut an ,general en cbef qui appeal sur ce commissaire. Panimadversion de la troupe. La gannison. du Cap qUl. n avoit pas re u. de solde depuis le- depart- de Santbbnax se so'uleva : on dirigea son n-le'contenternent et sa fureur centre le commissaire Raymond qui effraye' des dangers qu'iI c ^ ouroit, depose dans les mains du general, les re^nes d'une ad alinis t ration cbancelante et trop dangerous pour lu.i. Toussaint Ivi, en sut gre' i et ce fut par le moyedde ce cbef de noirs, qui voulut le re'!cornpenser de ce sacrince qiie le






71
-comiffissaire Raymond fut nom-me'
-e ute aucorps le'crislatif', en I'an 6.
P 0
II. le fit passer en France avec ce titre, .se mettant peu en peine des re'sultats de sa nomination pourvu qu'il pft se defaire d'un homme qui avoit pr6.tendu lui resister.
Le director oxecutif ( i ) feignit d'approuver Ix conduit de Toussaint Louyerture et Pouryut au emplacement de Santhonax. Le ge'-veral Hedouville -fut envoy' "a sa .Place (2); c''toit le seul'homme
A
.Peut-etre capable de retablir la tran(i) A cette epoque on chprcha "a expliquer la conduit du director ; on crut voir qu'iI n 7 avoit presqu7aucunie donne'e certain sur
colonies. 'It -les faisoit gouverner comme il gouvernoit lui-meme la France.
(2) He'douville g4n6ral de division 2 dans tout le cours de la. revolution ) se distingua par la douceur de ses principles et une con. duite irre',prochable. C'est 'a lui qu'on doit en grande parties la pacification de ]a Vendc'e OiL it so romporta en homme 6claire' et Te'ri-






71
wu i e I CIO
'11"t dans- Ie8 colonies y r'# padre les germs de la morality et d'y faire refleurir le commerce.
He'douv'lle malgre'ses-intention
-paciliques vit bientot ses esppranceg s evanquir. J1 ignoroit alors qu!II avoit affaire "a un homme fourbe .*
-am iiieux dissimule' qui trahisso"it la France et qui visit 'a Pusurpation de Pautorite su pre^ m e
A-son arrive'e au Cap, il ne trouva Toint Touss a-int-Louverture ; ce 'ge.';. neral e'toit alors occupy' 'a une opera'tion militaire, dont les d eftails- me riterlt d'eftre circonstancies non-seu-, lement parce, qu'ilssont lie's avec la disgrace du-gene'ral He'douville, mais parce qu'ils mettent en evidence un nouveaixtrait remarkable de Ia' peir fidie de Toussaint-Louverture*, tablement philosophy en contribuant "a ra-. ', wener au sein 'de la-r6'ubliqueldes bo*mines, f 'f p
egares, par le fanatisme' des preftres et les suggestions des emigres* Ce






71)
Ce chef (IQ noirs cherchant tous-les mo ens de consommersa trahisoll votdut mettre dans SeS-iDte'refts les
-Plussances enn-emies de la France ; et on doit pre'sume-r que I'Angleterre fut celle d'Ont il recherclia. :avec le plus de soin Pappui..
Cest dans ces circumstances -q-ue le general anglais Mayland proposal h Toussaint -'Louverture Pe'vacuation de Saint-Marc, dn'Port-au.-Prince, de Je're'u'nie du M^1e -et autresplaces dont PAngleterre. e'toit encore eii possession.'a -Saint-Domingue.
Cette prop position ayan. t,,e" te' communiqu6e amge'ne'ralfHe'douville, en sa qudlit4 d'agentdirect de.la-repu. bliquej il s'empressa. de Paccepter, se reservant ne'anmoins.de.traiteravec Jes.clauses -'et la dignity' du gouver..
-nement quit repre'sent6it. Cette rdserve effraya. les.emigres colons qui se trouvoient dans les places occu. pees par les Anglais; ils de'chir6rent
G






74
vabliquement les proclamations'du commissaire fran ais, firent rompre les pre'liminaires, en de'clarant qp'ils ne vouloient reconno']'Ltre que TousP saint-Louverture, et qu'ils n'entencloient trailer qu'avec lui. En effet la. capitulation re'digee p'ar le gedhe'ral Mayland et les colons fut'con,
-sentie sans la participaliori'du getneral He'douyille entre Toussaint e t le ge'ne'ral anglais.Comment les Anglais oublierent. !Is dans cette occasion, ]a trahison inflame dont Toussaint Louverture 8'e'toit rendu coupable "a leur egard. en 1795, six ow sept mois apre's le massacre des Espagnols "a la. Marme. lade, et sa rentre'e sous les drapeaux de la repubYque P Ce trait, peu connu I merited d'e^tre raconte'. Le siezer Thomas Brisbanne, major des troupes anglaises, occupoit "a cette 60oque la ville de Saint-Marc et ses depen!" dances Toussaint-Louverture, quil





75
av'oltialoksleplusgranclinte'r^et Wins. pirer quelque confidence au general
et cle ranwner la consid' Laveau e
ration sur lui par un coup d'e clat, resolute de s'emparer-cle cette place par un strataggme. tn consequence, il fit dire au general' anglais que, degodid'de servirla 1 republique, et desirantpasser soms les drapeamx de'I dngleterre, il dtoit prdt a Ui liver les G- ona7*Ves, les Ferettes ef autres places qzzi dtoient soms ses orders, soil vouloit lui accorderyiz rendez-vous am point de I'Ester. Le
credule Brisbanne s'e'toit deja mis en march pour se rendre au, lieu indi.que lorsque quelqu'un lui fitheu. reusementobserverqu'il avoit affailre a un houlme' sans f6i, -vie'lUi dans la
_prfidie et qui se faisoit $_ Ulf jeu de.
violet les Promesses les plus sacr6es, Ces observations le firent revenir sur ses pas. Cependant pour ne pas
-=.an quer une occasion favorable 51.
G






76
Toussahit-Louverture e'toit sincere dans ges -propositions -il c1rut devoir envo-yer a sa place -un,.notnine' Gaul?
thie7-, emi r, f,
g e rancais commandant en s6c6bd 'a Saint-Marc. A son arri. vee., Toussaint-:Louverture, furieiix
-Wav6ir ma.nquesa proieJe-fit arre"Iter
t cori d-6ire -,awp Ort de Pa ix ,-ou' il fu t fusille, Premierementcomme--emi., gre, l t-ibiS'"ec6ndlien., 'commeayant -voulu'-cor'rompre-l-e-yert.ueux general

Toifs8a int 'Lou, ver Lure N
Le"'sd-cfos &-trdhision-et-de perfidie
-ne tci-hfb1'6nvrienA Tousgaint-Louvertufe. I'm media to ai en va&& Ja capituldtion d'Oh t n6ij S"Ven oils de.par. Jb r il se rehdlt" iti Mole ;'ilfit un-e entree -dontla. porhpe etoit uno, de'ris,6,-;,14 die Ia- Part'deceux.qui avoien t
su-jets de le rnieipris -r- (i) tant -- de e
itse'r e'ndit ia-p-rem- -fois
iere au
Cap I on le'vit priekede de ses kdyers -et 'acconipagn6-de-2o'drcigons.I dofitles casqxies







il Put re u "a la principle po.lrte.sotA,& un dais, et conduit au mili eu des ', accla_inations et au, bruit da -canoii -,, jusqu'au g6uve moment. Un repas, magnifique. lui fut servi; los t.rotipes An suite. ea:glaies mameuy.re.rent. en,
sa present ce et le, gpnef ral, Maylar, lui fit present au nom du. roi d'A n-. gleterre, d'une piece de canon de, bronze.
Une pareille demarche de la pckrt de Toussaint-L uvelrture, exci.ta les inuralu res des ve tables partisans guircq 4ssez.
de ]a Erance. Ils sQ plais i hautement de. lVuarage J'a it 'a 1. r6;7 publique, dans; la peysonpeAe, soA agent. Pour faire lesser leurs plaiqte
0 A
et pour avoir ewmeme, tems, -anpiretexte de renvoyerle ge'ne'ral H'.dou- v

ornes de crins couleur de pourpre I e5toient revkus de lames d'ar(Tent. It ne faisoit jamais
A
un pas sans eLre eavironne de tout cet ap7 pareil e'datant.







78
ville o'Europe, Toussaint-Louver. ture r6solut de cal omnier ses inten. tioni de le faire passer comme un ennemi secret cles noirs dont le but etoit de les reploriger dans. Pesclavage. Pour avoir un motif qui pfit appuyer ses perfides intentions, it fit adopter par les comraissaires franqais un re'glement sur la culture, dont il avoit lUi-Me^Me re'dige' les bases.
Aussito^ t que ce reglement fut pu.. blie I e s ennem is du commissaire fran ais ) et les agens stipendies de T-ussaint-Louverture cri6rent a a tyraniiie et 'a la violation de tous les droiis naturals de 1'homme; Facte
r If
reglementaire -fut represented comme un acte attentatoire 'a la liberate des noirs : des propose et des mur. :rnures on en vint aux menaces, et la
-vie du general He'douville fut en dan- ger. Deux de ses aides-de-canip f'urent massacre's pre's do ]a ville do





79
Saint-Marc, au moment uh ils revb.& noient d'une- mission officielle aux Cayes, pour se rendre au C ap.
Le g6.lne'ral H6douville dans Pim.. pu chance de faire lelien, et dont
-la vie e'toit ouvertement menace ,,ainsi que tous les blanco de la colo'nie contre lesquels Toussaint-Lou,verttire-s'avancoit "a la. tefte de sorL arm 'e prit la resolution de repasser en France, en nivoge an 7, apres trois mols, de residence au Cap.
Le director fran ais e ^t dU' pen.. .serf d'apr6s le return du general He'.& douville, que Toussaint-Louverture trahissoit les inte'r8ts du gouverne. ment fran ais; inaissoit ignorance des faits, soit prevention, soit enfin tout
ni Pint 'grit' du g'n' autre motif 6 6 6 e.ni ses plaints motiral Hdouville
Vees ne parent dessiller les yeux des clirecteum
Toussaint-Louverture envoy sur les traces d'fle'douville un de ses





(. so )
stipendie (i), qui osa, accuser ave-G
0 w
impud6ur Ile co-mmissaire f an ais d'avoir-voulu attenter 'a la liberte'.des noirs, d'e^treun ambitieux, et d'aviair dilapide' les fonds publics ;--!ego*.0 yer'nemejit le crut, oufeignitdele, croi--e -. il auroit du" rejeter des inculpations aussi. absurdes -et savor faireUDe distinction -entre un citoyell 'vertueux cotinu. par sa morality', et qui avoit renda de grand services 'a., la chose publique,'et un homme sur. sequel A i-i'avoit que des renseigncmens ti-6s'_douteux* Le general' Hecw douville filit-dis graci','et Tous3aint, I-ouverture fut re e encore una
second I'ois comme le sauveur de la colonies ,
Cepeiid ant, le ge'ne'ralH'douvilla avolt Jaisse en partant de nombreuxparLisans de ses. operations et qui avoient ose' defender ses inte'refts et

Le Codomd, Vincent.







etolent oppose's aux violence de Toussaint. Louverture. Ledepartdu com-missaire f ran ais ouvrit la carri6re aux vengeances de ce chef' de
2 A
noirs et rien n arretant plus le cours cle ses ffireurs il resolute de les immoler a seg ressentimens. Laplup-art ffirent narrate's jete's dans, les fers, et.bientotapre'sf'tisille's,,coml-ne partisans de la France (z). D'autres furent noye's pendant ]a nuit dans la rade de-Saint-Marc. Parmi ces derviers on compete NoN Ldveillef, CO lonel du 3e. r4priment. Cet oflicierdistingue, aussj recommendable par ses t0ens militaries que par son atta(i) Parmi ces victims on compete 9
10. Barth dlend dze Limb',. chef de brigade.
.0. Pierre Michel, general de brigade.
30. Al-OZine, Edomard Collot.
411. Pierre Paul,, joge au tribmial cr' 'mine!.
50. Et Christophe Alorizai, chexde bri. gade.







cbeinetit "a la France emporta'aVco Ini les regrets de ses soldats dont il
f
etoit Pidole. Son regiment, qui avo-.*t
de cet acte arbitraire
murmured _..Ut
renvoye au M^Ie et bientot apr6s licence. I
Ces VeD glances affreuses de Tous" saint -Louver ture d 6terminerent plusieurs colons 'a abandonner leurs fa.milles et leurs proprie'te's, plut ^t quo de s'exposer 'a devenir les objets de sa fureur.
Toussaint Louverture cependant suivoit ses projects a^mbitie'ux-; tous les e e _' la
amisde la. France 'toient livr's a mort, tandis qu'il cherchoit 'a se Her avec; les puiss a'iaces qui faisoient la guerre Ala republique, et 'a s6n faire un appui. Si Pon en juge par un paragraphe insure' dans le Mominff. Chronicle, sous la date du 18 ther,midor an 7, ses negotiations "a Londres n'e"toient pas sans eff'et. Void ce qu'on y lit






83
cc Sainedi dernier.' dit co journal
juillet le general Mayland
o arrive, dans la derriere flotte de:*-la- Jama*ique. Nous apprenons h 3,) nos lectures que cet officer distin13 gue a parfaitement re'ussi dans sa,
negotiation. avec Toussaint-Lon.
verture..... II a mis nos relations commercials avec cette colonies 3,> sur nn. pied qui* nous assure tous
les advantages commer6auk que nous sommes en droit Xen attenX) dre, et celal, sans compromettre en >> rien. la s-urete' de nos colonies (i).
Au. ge'n4ral Hddomville succe'da Roume, qui residoit A Santo-Do(i) En mettant sous les yeux de nos lecteursceparagraphe, nousne pretendons point montrei I'Angleterre sous un jour odieux -1 toute puissance en guerre avec une autre) a le droit ) selon, les publicists I de cbercher ses advantages par- tout oA elle peut les trouper I mais de de'velopper la perfidie de Toussaint-Louvarture ; qui ) tandis qu'iI





84
mingo-, "en qijalite' Xagent de la re%. publiquefran aise, etyiireyit ordre du, directoire-de se rendre au. Cap, et d'y prendre les, re^nes de Vadminismttion g6ne'rale,,
Ce novel agent fut assez tran-,, quille pendantAes premiers ruois de son adi-iiiiiistrat-ioin. Tousscaint-Lou-' verture loin de contrarier son insr tallation la favorisa de tout sorL pouvoir. Son bm, en agissant de la, ,sorte fut d1droplo-yer son intqrveq'tion et de s'eq-a-er de son. autorite' dans la guerre q-q'il.avoit die'cjq e'e aq mulahre Rigaud, ge'-pe'ral du Sud (i).
Oil sait quels fu.reAt lea de'sastres

entretenoit par ses agens le gouvernernent francais dans la plus parfait SeCUTite' I en-i tamoit des n6gociations aupre's des ennemis de ]a France pour leur liver la colonies.
(i) Jamais homme ne fut plus calomni.6 Andr" Rigaud. Ve'venement apprend au-, jourd'hui q-ue ce g4n6ral de brigade a voit pr6vu presqu'e tous les desseins de Toussaint-!






qne produisit la guerre ititestine qul'
"'leva entre ces dibtix -cheTs, d'
tres dont Saint -Domirigpe se-reSsenfira: encore Jong--leins. Ces deux geineiraux se baignere'nt altOrnati einent d4ns Iesang de leurs coiidtoyens. C'est pen-dant cette guerre baroce que Toussaii-it.-Louverture fit ihassacrer les deux tiers de la -population de Saint-D6mincrue et au
Cap., tous les nairs proprie'taires, desig -es sous le:fitte de-IaTadtion f*rancais e.
And:re'Ri*gaudvaincu,-se saiwade la colonieavec sa"famille, et se rendit en France. Son depart force' livra 'a la vvie'nigeahce & Touss;iin- t-Louver. tu ""Plus ih*ti m-es amis, qui f'ureAt
fitsille's 'itnpifby-abl-erneht Or ordto de ce did. de'-"ffoirs, inat rr6 les pitf9
Louverture. Voyez les Me'moires apolog6tiqdds'de sa cdr duite dans lesquels on, ob. ti,6 ddta de : grand 'edaircissemens '-sur les affai es-de la colonies.






86
messes qu'll avoit fates de pardon. ner a ceux qui prendroient le parti de se liver "a sa cle'mence,
Toussaint-Louverture, aebarrasse' cl'un. rival dangereux qui pouvoit Duire 'a ses prpj -Its, toitrna ses intrigueg du c8te' du com missaire Roume A la suite d'une insurrection fomen"a dessein., ce commissaire, contre la violation du droit des gens fut arrefte' par le general de brigade AIOYse neveiL de Toussaint-Louet conduit au, Fort Br'da Overture e
"' o il resta pendant neuf joursexpose
aux plus grand outrages et aux plus cruelles avaniest
L'intention de Toussaint-Louver. ture etoit de lesser le courage du commiwaire Ronme., et de le forcer au sacrifice qu'il se proposo4d'exi-. ger de lui,
Apr6s neuf jours, de'so'uffiances et d'alannes le general de brigade Moyse se present "a Jui, et Je sow-






( 87 )
.nia de lui donner son consentement par ecrit, pour la possession de ]a parties des colonies espagnoles qui, avoient e'te' cede'es 'a la France par le trite' de paix conclu, entre ]a republique ftanqaise et sa majesty' catholiqiie Ie roi d'Espagne.
Le coramissaire Roume, fid.eHe "a Sondevoir, rePondit qu.'il ne pou.voit acquiescer 'a une pareffle de.,mande. On inenaqa de le fusiller avec sa fbrume et ses enfans: ces menaces ne parent Pintimider. Apie's avoir employe' tous les moyens pour vain-v' cre sa resistance on le mena a de faire maswrer tous les blanco de 14 colonies,
Tant que le danger ne plana que sur sa tefte et celle de sa femme et de ses enfbLns, Roume oppose une re-; sistance glorieuse; mais lorsqu'il vit qu'il allot s'etendre sur I es blanco do la colonies sa fermete'll.'aban donna, vt il Promit tout ce qu'on desiroit de







lulo' 11 ecrivlit sons lecouteati de Tous. saint-Lo tiverture "a doin Joachim Carcia a Santo-Donjincro, pour Pinviter 'a liver la parties espagnole comp ri8e dans le trite de-paix-, au. ge eral-ent 'hef desarme'esde Saint. Domingue u It eqwo a sa preiiiiere r'
sition. Dom Joachim Garcia protest d'abord centre cette invitation 'du commissaire franqais ; mais sur ]a meiiace d'invasion -par ToussaintLouviartu're il C'herc'ba "a tra'"n er I'af*I'alro en'longtteur afin de pouvoir pre venir son gouverneinent. Enconsequence il demand trois mois pour
i
evaciier le'-partie espagnole dont- it S 7agissoit. Tous saint- Louverture lui a ccoida ce de'lai ; mal's ce in'e'toit qu'une feirite ; tandis que dom-.Toa. ,chim'Garcia: se reposant -sur sa pro,. mess e attendant la response de son gouverneinent Toussaint Lou verture fit advance ioooo'homm-es sur Santo-DoiniDgo pour "en-emparer.
Les





( 89 )
Les Espagnols qui Wavoilent pas assez de f orces pour resister, 6yacue-, rent Santo -Domingo et s e reti r erent lan$les fies de. Cuba et de PortoRicco.
Toussaint- Louverture, en possession de la parLie espagnol.e qWil con. V oitolt arracha Rouine ae son gouvernement, et le fit conduire dwis une petite ville de Pinterieur au Dondon, ou" 'l resta dans, les fers pres de sept mois. Rendu 'a la liberty, depuis la nouvelle connu e 'a SaintDomingue d'une expedition cowre cette '11e, il s'est retire' aux'Etats--Gnis d'Ame'rique en attendant Pinstant I'a-vorable se, rendre en France.
Toussa.int Louverture croyant me plus ay oir rien h redouter, s'ern. para de tous les pouvoirs*, et com.men a'a y exercer les actes*d'un souverain.
Apre"s axoir'calme' des trouble& arrive's dans la parties du nord o A






go
plus de 6oo blanco furent massacre& R fit fusiller le ge'neral Moyse qui. avoit fomented' pes troubles.
Sa. puissance s'accroissant de jour en jour, il r6solut de rendre la. cb-, Ionie independent de la'me'tropole et de lui dicter des lois, en s'en. constituant le chef supreme. Une constitudon fut faite "a la ha sanctionnee et proclai-ne'e 'par lui.
Le 5 friin aire, il fit distribuerla pro. elation suivante, dans laquelle, apre's a -oit- fait Pe'numeration-de tous les I)r6tendus services qu'il avoit rendus. Ala ie-publique ftan aise, il exhorta les enfans b, h'norer leurs p&es et = res. Cette Piece, qui a plutot Pair d'un sermon que d'une proclamaA
tion, est assez curieu'se pour etre rapportee ici."
cc Depuis ]a r6volution.,- j'ai, fait tout ce qui a depend de moi .,pour ramenerle bonheurdans mon pays, pour assurer la liberate' de mes cond-




Nb


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toyens. Yorce' de combattre les eft. rienns inte'rieurs et exte'rieurs de la republique fianqaise j'ai fait la guerre avec courage, honneur et loyaute'. Avec mes plus grand ennemis je ne "me suis jainais carte' des regales de la justice; et si j'a i employe' tous les moyens q'ui dtoient. en mon pouvoir pour les vaincre, i 'ai cherche' autant qu'iI e'toit en Moi, a adoucir les horreurs de la guerre h epargkier le sarig des hom. ines. J'ai toujours eu pour principle. le pardon de ofibnses pour preiiiier sentiment Mumanite' et solvent apre's la victoire, jai accueilli comme des amis et des frees ceux qui la veille e'toient's-ous des drapeaux ennerilis. Par Voubli des erreurs et des fates j'ai voulu faire aimer la cause le'gitime et sacre'e de la liberte..
-rd8me a'ses plus gardens adversaries.
-)3 A mes fr6res d'armes getne'raux et officers j e leur ai canstarnment
H






9g,
T-appele que les gi-ades auxquel., Est etoient'e'leve's, ne-devoient e'tre que ]a re'bornpense de l'boli-neur de ]a. bravoure et d'"une- conduit prive'e, irr6proGhable 5 que pfas ils.etoient au-clessus deleurscomitoyens, plustoutes leurs actions et routes leurs.paroles devoient 8tre m-es-ure'es et irreprochables ; q7ne le scandal des, homes publics a-valit des consequences encore plus ffinerstes, pour ]a so'ciete que celui des simples. ci-, to ens que les grades et les fonc-tions dont ils etoient revehus, ne letir etoient pas donne'& pour server tini,quement- a leur fortune ou "a le'ur ambition mais -clue ces histitutlio.113 S n-ecessaires avoient pour cause et pour but. le bien cye'ne'ral; -qu"elles
-imposoient des devoirs qu'lil fallout cl"abbrd remplir avant de singer "a soi ; que Pimpartialite' et Pequi'te devoient dicter routes, leurs cle'eisions I'amour cle lordre la pros.;.






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perl'te' de la. coJonie la repressloxi de tous les vices, exciter sans ces&e leur aotivite', leur surveillance et leur zeIe.'
J'ai toujours, et e5nergiquvment recommended a to qs les militaries fa subordination, la discipline etl'ol)e'is.. sance sans le.squelles il ne Peur existed d'arme'e. Elle, est crpee pour proteiger la liberate' la surete'des per. sonnets et des proprie'te's ., et tous peux qui la comp:osent Tie d.oivent jamais perdre de vu-e Pobjet de son honoral)le destination. C'est aux officiers "a donner 'a leurs soldats avec Cie bon-nes le ons de bons -exem-. ples. Chaque capitaine doit avoir la noble" emulation d'avoir sa compagnie -la mieux discipline'e la plus propremiOut tenue, Ja mieux:exercee ; J1 doit penser que les eca.rts de ses, so.1d.qts rejaill.issent su.r lui, et se croire avili "par' les -japtes de -ceijx
A'
q11T conamande. Les meines septi--






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a autmens doi*ent animer ufi plus b degre' encore les chefs de bataillori pour leurs bataillon s et les chefs de brigade pour leurs brigades. Ils doiyent les regarded comme leurs propres families quand les individus qui les component rempli sent bien leurs devoirs et se montrer en chef rigides lorsqu'ils s'en ecartent.
Tel est le language que j'ai tenu au general Moyse depuis dix ansi dans routes mes conversations partic-uli6res, que je lui ai repe'te' mille fois en presence de ses camarades, n presence des ge'ne'raux que j e lui ai renou-vele'dans m'acorrespondance; telssontlesprincipesetlessentimens consigned's dans mille de mes-lettres. JDans routes les occasions jai cherche a lui expliquer les saints m'aximes die notre religion, "a lui prouver que Phomme niest rien sans ]a puissan'ce et la volonte'- do Dieu; que les'"de-






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voirs d'un chre'tien qui a requ le baptAme, ne devoient jamais eftre neglige's ; quef lorsqu'un homme brave la providence, il doit sattenc1re "a une fin terrible. Que n'ai-je pas fait P'Our le ramener "a la vertu ZL I quitee, A la bienfaisance P pour changer ses inclinations "vicieuses pour 1empe^cher de se precipiter dans Fablme? Dieu seul le sait. Au lieu d'ecouter les conseils d'un pere, Wobeir aux orders d'un chef devoue au bonheur de la colonies il nta voulu se laisser guider que par ses passions ne suivre que ses funestes penchant; il a pe'ri miserablement Tel est le sort reserve' "a tous ceux qui voudront Pimiter. La justice du ciel est lehte, mais elle est infallible et to^t -ou tard elle frappe les mechans et les erase comme la f oudre.
La cruelly experience que je
-viens de'faire, ne seraP as inutile p our





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moi et d'apre's PiDcondulte du-g6a neral Moyse, il ne sera plus nomme'. cle general divisionnalire jusqu'l, de 'nouveaux orders du gouverne-. ment franqais L.e general Dessalines, rieaDMOiDS, 'a cause des services qu'.il a renclus, conservera. son grade de general'divi.siox.-inaire.
> Dans une de mes proclaxnatian s',,,
-a epoquedelaguerreduSud ay.ois
trace' les devoirs des p'res e,.t we're enters le-tirs ei-ifans Poblication ou'
b
ils etoient de Jes e1ever dans Pamour et la, crainte de Dieu ayant touj purs regarded Ia religion combine la base de routes les vertus 'e.t I-e fon dement du bonheur des socie'te's. Ene.fl*et, quels sont ce.ux qpi, depuis lar'volp-dion, ont cause' les plus grand malheurs
-de la, colonies? Yont-ils pas e'te' tous des homes sans religion et, saii' mceurs P Celui qui reprise Dieu.et ses diving precepts, q-6 ne'ctierit pas ses premiers p areus, aimera-t-fl ses sein 0 blables.