Lettre de M. François de Neufchateau, procureur-général au Conseil souverain du Cap, à M. le P. Dup

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Title:
Lettre de M. François de Neufchateau, procureur-général au Conseil souverain du Cap, à M. le P. Dup sur quelques réformes à faire dans la législation criminelle : suivie de lettres de M. le P. Dup
Physical Description:
1 online resource (28 p.)
Language:
French
Creator:
François de Neufchâteau, Nicolas Louis, 1750-1828
Dupaty, Charles-Marguerite-Jean-Baptiste Mercier, 1746-1788
Publisher:
s.n.
Place of Publication:
Cap Français, Haiti?
Publication Date:

Subjects

Subjects / Keywords:
Criminal law -- Haiti   ( lcsh )
Convict labor -- Haiti   ( lcsh )
Droit pénal -- Haïti   ( ram )
Prisonniers -- Travail -- Haïti   ( ram )
Colonies   ( fast )
Convict labor   ( fast )
Criminal law   ( fast )
Colonies -- France -- America   ( lcsh )
Colonies -- France -- Amérique   ( ram )
France   ( fast )
Haiti   ( fast )
Genre:
non-fiction   ( marcgt )

Notes

General Note:
Title from PDF t.p. (LLMC Digital, viewed on July 7, 2011)
General Note:
Letter dated (p. 3): Au Cap, le 1er avril 1787.
General Note:
"Les deux lettres par M. le P. duP. sont extraites d'un recueil de lettres manuscrites sur l'Italie. Celles-ci ont été publiées dans l'Essai sur la nature champêtre, par M. le marquis de Marnesia, & dans quelques journaux"--P. 17.

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Source Institution:
Library of Congress Law
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Resource Identifier:
oclc - 739670284
ocn739670284
Classification:
System ID:
AA00021604:00001

Full Text























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Library of Congress















L E T T R E
D F
7
M., FRAN(;OIS DE'NEUFCHATEAU,

PROCUREURGtNtRAL
'AU CONSEIL SOUVERAIN DU CAP
A M. L E P. D U 2-Sur quelques reforms faire dans la Legiflation
Criminelle.
3 U I r I E

DE LETTRES DE AL' L A P, D UP..









A














Ilu CaP, le I- A-Til 1787JE les ai lus, Monficur & cher Prdfident & ami, je les ai d6vor6s ces Moyens de droits fi puiffans & ce f ible Nyuifzzoire que votre arnitid fouhairoit fans doure que je puffe lire. J'ai regrctt6 amerement d'8tre fi loirt de vous. C'cft ce que mon naufrage a eu fur-tout de d67 faftreux. Mais enfin le vais vous rejoindre. Je ne vous ai jamais quict6 par la penf6e. Et dans cc moment m8me, je ne peux rdfifter la tentation de caufer un peu avec Vous.
Ne vous effrayez pas du volume de cetce Lettre.
Quelqu'occupd que vous foyez vous devez m'dcouter. Car je vais ramener robjet de mes iddes i Fobjet principal des v6tres.
Dans le tiffu du bien public, tout fic tient tout fe lie. Les fils qui le component s'entrelacent & fe rdpondenr. Cela pofd, voyons fi je rduffirai h remplir quelques points du fond de la grande tapifferie qui vous occupy dans cc moment.
Vous avez le defrein de r6concilier les Loix de la Juftice criminelle avec I'humanit6. Cette tache fablime eft digne de votre ame & de votre g6nie. Je n'aurai point le tort de vous en dloigner ni de vous en diffraire; j'oferai feulement me placer votre rencontre, dans un coin de cc labyrinth dont vous 6clairciffez les routes ; & je vous offrirai peut-8tre un repos agrdable.
Arr8tez-vous donc un moment, & jettcz un coup-d'ceil fur cette Colonic.
A 2





V




La crife embarraffiante oh nous jette aujourd'hui la & fette du numdraire eft un mal politique d'autant plus dangereu qu'on y propose des remedies plus dangereux encore. Dans cette circonflance, j'ai fenti ma main pleine de quelques vdrit6s tiles ; & malgrd le pdrit attach h cette franchise j'ai overt cette main.
Ceci ne vous announce qu'un proper de finance mais attended & vous verrez qu'un project de finance peut ame-t net des rdgleniens utites.
Jai donn6 comme un des moyens de rdg6ndrer SaintDomingue I'application qu'on pent faire h des travaux publics des fonds & des advances que Yon pourroit fe procurer par un emprunt colonial on par des afflons.
Dans le nombre de ces travaux je comprends fur-tout les chemins qui fe font aujourd'hui par des corv6es de Mgres pris dans cheque atelier ; c'eft dire que ces chernins font fouvent mal-entretenus & que les portions mieux fates font toujours affligeantes pour le Philofophe qui fonge qu'ellcs font cimentdes du fang & des fueurs des homes innocent. Car voila' les effects de ceite hezzrezife ideefif&ale qu'on nomme la corvie, C'eft cc que Yon voyoit en France, &, graces 'a notre Monarque & I'Arr6t de fon Confeil du 8 Novembre 178(5, cc qu'on n'y verra plus.
Je ne fais pas fi je me trompe mais je penre que ces travaux ces ouvra aes & ces chen-iins dans notre Colonicparviendroienta int6reffer cettch=6 demurqui difthigne ft bicn, notre augufle Monarque, fi on lui pr6f ntoit routes ces entreprifes comme tine occaflon d'ef,"acer la rigueur desRipplices du code noir., z* Uffituer la pcine










de mort & 'a routes les autres pelnes prononcies contra les efclaves la condemnation aux outrages publics fbit pour route leur vie fbit pourf un tems determined fui-!
A,
vant la nature des crimes.
On a ddj dans Saint-Domingue une id& imparfaite.& ce que je propose; & cc quon appelle 14 chain des nigres def ,rteurs en eft comme 1'effai ; mais cet effai mdrite de recevoir une autre forme & une exiftencenouvelle.
Les Ndgres la chain font perdus pour leurs Maitres pendant qu'ils y derneurent & font dgalement perdus Four le Public. Its reflect dans l'oifivetd fe corrompent les uns les autres & portent de la geole beaucoup plus perverts qu'ils ne 1'6toient leur entire. Ces iticonvdniens font G g6ndralement connus que J'ai vu les Colons regarder comme un rr s-grand mal I'dtabliffement de la chain, & les N gres Tailleurs n'en font nullement effrayos.
Les Confeils fouverains de cette Colonie font devenus tres doux & tr6s humans dans les jugemens criminals. Les condarnhations a mort ne font pas Uquentes. Elles le feroient moins encore F les Juges dtoient certain que ]a punition d'6tre mis la, chain imprimat dans 1'efprit des Erclaves coupables une falutaire terreur, & donna un example ut fe.
La difpofition des Magiftrats de Saint-Domingue leur fait honneur fans doute. C'eft une preuve de li raifon univerfelle qui va taus les jours en croiffrant & qui Ooit t6t ou tard 6tendre par-tout fon empire I'aide de l'Imprimeric & de la Navigation les deux Arts Jes plus adniiraWcs ),c les phis tiles au monde.
It eff trite TIonfieur que 1,6prit 3'in-at:JgCnce des










Tribunaux des Colonies fbit contrarle folt g6nd par Iimferfeffion de cette galere de terre dont je vous ai parld.
II en rdfulte aufri de Ia. part de nos habitats une certaine aversion de liver an ilaive des Loix les 1 &gres pt6venus de crimes.
En cas de peine capital le prix de ces Efclaves eft rembourfd au Maitre fur Ia caiffe municipal des droits fupplicids ; niais cc rembourfement eft flxd fur un pied trop foible & qui n'a trop fouvent mille proportion avec Ia valour des E(claves.
11 en eft tel de ces Eklaves qui a co6td au Maitre cinq fix mille francs & s'iI eft condamnd mort, Ia caifFe publique le paic ii raifon de douze cent lives. On ne fauroit banger cc taux fans furcharger Its Habitans, & Its Loix g6ndrales ne peuvent gueres enter dans; Its exceptions.
Si I'Efclave all contraire n'eft que condarrind 'a Ia chaine pour un tems Jimitd il s'y gate & finit par n'6cre boil r;en.
Ces deux alternatives expofant Its Propri&aires A un prd)udice evident ferment done deux obfiacles cc que Its < ;times des Noirs foient connus & punis 'a tem I s oil d'une maniere efficacy. Auffi Ia Colonle a grand befoin it cet dgard d'une police mieux con uc.
Celle que )e propose rduniroic les advantages qui.nianquent a Pufage fuivi jufqu' pr6fent. Elle s'accommoderoit bien mieux avec les inter6ts des inaitres avec ceux de ]a Colonic avec Ia cidnience des Juges enfin avec Intention de nos Loix criminePes.
Les N gres reconnus coupables devroient donc 6tre











d6formais livrds pendant un certain tems; 2ux adjudica! tires du deffdchement des marais des remuemens des terres des fouilles des canaux de la confeaion des routes ou de leur entretien enfin de ces travaux dquivalens i
ceux des mines auxquels les Efpagnols ont defined leurs Criminals.
Ce que je voudrois ajouter A cette Police efpagnole j ce. feroit de payer les journ6es de ces criminals aux ddpens du Public & de donner an Maitre ce que gagne. roit fon Efclave la d6duclion des frais de nouriiture moddr6ment dvaluds. Oa intdrefTeroit ainfi I'Habitant de la Colonies d6noncer aux Juges les N&gres criviinels, fans craindre de fe voir fruftr par leur fupplice des droics fouvent couteux de fa propridtd. Utat du N6gre efclave, condamn6 aux travaux publics ne feroit point change relativement fon maltre qui le prix de fon travail & le loyer de fes journ6es continueroient d'appartenir.
Par ce moyen Monfieur on ne fauroit outer que la Juffice criminelle ne fur mieux fecondde & mieux adminiftrde. Les coupables fero;ent d6fdrds & punis leur cba^timent feroit utile, & par l'ouvrage de leurs bras & par 1'exemple fubfiftant fous les yeux des autres Efclaves de ces travaux forces & correaionnels.
De leur c6t6 les juges dclair6s & humans qui fignent regret' des condemnations rnort abfolument infiructueufes puifque ces condemnations fervent d6truire des homes fans rendre les autres meilleurs, semprefferoient d'admettre une Loi favorable, qui rempliroit le double but punit les coupables & de les amender. Cc nouveau genre de fupplice feroit 'fur les ef'prits des












AWN












'Mgres une imprefrion plus profound que les potences & Ics roues. Leur tournure d'efprir leur fait braver la mort, & dans certaines eikconflances ils paroiffent la defirer. Auffit le N gre eft-il en g6ndral indifirent Pappareil des peincs capitals & A deft pas 6mu ,

Quand if voit la hiflice, en grofre compagine
Mener wer un homme avec c6r6iionie.
DESPRiAUX

Vous connoiffez Monfieur, ces deux vets du grand Satyrique ils auroient dfi pent 6tre faire ouvrir les yeux de fon fiecle fur Finutile atrocity des ex6cutions comme fes quatre vets fur lefale mot A Coqgris eurent le mdrite tr s-rare d'influer fur l'opinion & la jurirprudence. Le Parlement ne rougit pas de ddFerer alors 1 I'avis d'un PoZte pour corriger un vicil abus; & la Cour, en cela fe couvroit d'une gloire vdritablement exemplaire.
Je vous dirols Monfieur que I'arpeEt des fupplices m6me les plus Ildveres ne touchoit pas les N&gres & n'6toient pas conf quemment un moyen efficacy d'arrtter le cours de leurs crimes.
11 en feroit tout -autrement du fpeaacle continued de as For ats livr6s des Entrepreneurs par lefquels ils feroient faris ceffe attached aux travaux publics & privds des douceurs que les Efclaves bon fujets go6tenc dans le train ordinaire des Habitations. Ce parallel fi frappant auroic un grand pouvoir fur 1'efprit des Efclaves.
Les











Les befognes les 'plus p6nibles les plus pdrille'ufes feroient le partage des N6gres condamnds au dernier fiappl ice, comme le remuement des terres inonddes le deff6chement des marais &c. L'entretien des chemins feroir le lot' des autres qui feroient condamn6s aux galeres
terns., Certe occupation ne Its corromproit point & l'on peut prdfumer qu'elle en corrigeroit beaucoup. Leur tems fini lps Maitres les reprendroient fans r6plugnance.
La crainfe feule de quitter leurs babitudes & leurs cafes, pour 6tre en proie 'a ces travaux & aux privations dont ils feroient accompagnds cette feule'erainte dis je fuffiroic vraifemblablement contenir dans leur devoir la majeure parties des N&gres. Elle dpargneroit bien des coups, bien des fdvdritds -qui font prdfent n6ceffaires.
4i
Par ces raifons, je crois Monfieur cet arrangement practicable & m6me desirable pour perfeEtionner le Code criminal & la Police g6n 6rale de cette Colonie.
YaJoute une r6flexion.
La caiffe des Supplicids dont je vous ai parI6 eft %celle oi Fon percoit les contributions de tous les Habi-, tans pour les inlieninit& qui rdfultent aux Maitres de]a perte de leurs Erclaves. Cette caiffe eft adminiftrde par les Confeils Supdrieurs', parce qu'elle eft envifag6e comrn.e municipal. La con fiance des Colons & du Gouvernement ne fauroit &re mieux place. Ce regime Ionfieur s'adopte de lui-m6me Farrangement propof6. Ces contributions employees 'a payer non le pTiX des Efclaves rijais le prix des travaux publics qui feroient faits par eux tourneroient d'une autre maniete & plus direfte & plus utile au profit du Public & des Intdreff6s.,
B











Mnrf ]a- ph"ie de fiftnce qui- croife (i fouvent tant Ae penMes tiles ne gAteroit point celle-ci.
VOHA mon v(xu pour $aint-Domingue. Mais je ne peux. me border h '; car j'ai roujours les yeux fur la mere patrie.
Ce que j'ofe indiquer pour les Negres enclaves, pourroit s'exLuter avec tout autant de fucc6s m6me I'dgard des Blancs & des Libres jug6s dans lei Cours du 'Royaume, fi, le Roi voulbit defliner quelqu une des Antilles non encore alliess i recevoir ces Criminels.
Je dis qu'il ],cut faudroit une Ifle non encore dtablie. par des Mgres enclaves, parce qu'il feroit impoffible d'offrir aux yeux des N6gres d'une Colohie Efclaves le fpeaacle de Blancs ddgrad6s 'a ce point & vendus, des Maitres qui pourroient les trailer plus mal qu e les N6gres eux-m&mes ne le font ordinairement. It y auroit du moins un danger evident faire ce mdlange,; au lieu qu'on peut,-faus aucun iifque, piacer ces Criminels, tranff6rds du Royaume dans une Ifle particuliere & leur, faire fubir une captivity 16gale, qui fatisferoit la Loi pour le chatiment de leurs crimes, rendroit en m6me tems lent exifience utile h la mere patrie, & leur laifferoit.n6anmoins Pefpoir de recouvrer un jour la vie civil f! leux conduit en dtoit digne.
Meft-ce pas une experience digne de la grandeur & de. Iliumanitd du Roi de rdfoudre ainCt par le fait la quef, tion tant agitde de favor fi des Blancs pourroient fuffixei la culture des terres fitudes dans Ic voifinage de la Z6ne Tortide? On en, doute commun6ment.. On, fouticat m6me









lit
le contraire trials 'la negation n'eft 'qu'une conjeaure IP car on ne Pa )amais tentd.
L'dpreuve en teroit important quelled qu'en ffit l'iffue.
Rn effet fi ces Criminels ne pouvoient foutenir latranfpIantation & le 'travaT de Ia,, culture s'iIs 'dtoient 1110iffonnds par les intemp6ries des climates CL redoutables, le probl6rne dont il s'agit feroit une fois d6cidd & le sacrifice des jours de ces Coupables ne feroit pas de grande confirmation.
Mais s'il arrivoit au contraire que ces malheureux rduffiffent d6cicher une Ifle & 'a la cultivar auffi-bien ou mieux que les N6gres ; ne feroit ce -pas un moyen tr6s avantageux la France de fe d6barraffer de beaucoup de mauvais fujets ? Ne feroit-ce pas une 6poque fa. vorable I'humanit6 glorieufe pour la Juflice int6reffante en policique que celle o6 l'on verroit la peine de mort abolie dans une infinite de cas & les meurtres )'Udiciaires fagement converts en une transportation fous cette Z6ne ardent des Criminels jug6s par les Parlemens odu Royaume I
Si j-- peux hafarder ma foible divination fur un fi grand probt6me tout me porre penfer, Monfieur que ces Blanes bien conduits & bien difciplinds furpafferoient Jes N6gres dans routes les cultures qui font propres: au Nouveau-Monde.
Je n'en chercherai point la preuve dans les jardins & les campaigns d'Alger & ee Mnroc de Malthe & de Conftantinople fertilif6s comme l'on fait par les mains des Captifs. Mais, fans aller fi loin je dirai que le people en France & dans cauce, I'Europe le people le plus libre B 2










4es pays Ies plus tempdrids fupporte des travaux plus grand & des faifons plus difficiles, & des befoins plus durs & des privations cent fois plus douloureufes cue la claffe la plus charge des Efclaves de Saint-Domingue.
Ceci a Pair d'un paradox. Je ne I'surois pas avanc6, quand je ne connoiffois Sainc-Domingue cue par les lives: mais ri I en n I eft plus exaEt. J'ai vu de pr s le people & fes pines dans I Ancien-Monde. J'ai pu compared f0r) fort celui des Noirs du Nouveau-Mon e. Ceux-ci n'ont pas m6ne Pid& de la mifere affreufe de la'plupart des Payfans.
M. de Saint-Pierre a eu le noble courage d'dcrire qu'il y avoit dans Je Royaurne fept millions d:hommes falls pain fans vkemens & fans afyle.
Ces homes font bien plus h plaindre cue les N gres des Colonies.
Satis la Religion qui les foutient & les console, ces fept millions d1ommes fans pain fe livreroient an d6fe(poir. Ils ont cet advantage d'6tre inflruits croire en un Diem & Xerp6rer tine autre vie,
Les Mgres fous ce point de vue ne font pas tout-,
-fait auffi-bien partag6. Orv a peu de foin de leur ame, & c'eft un vice politique inexcufable nion avis, d'autant plus cue Pefpoir d'en faire des Chrdtiens fut le.ref. peaable motif qui d6termina-Louls X111 j tol6rer leur efelavage.
Ce vice pent fe f6parer I quand, on le voudra bien. Mais, an physique auquel fur-tout les N grcs font fen(ibles, ils ne mariquent de rien. Ils menent une viv cue Pon peui ix1re 'heureufe & nont point fo uffiir les rigueurs de' FWver ni Pexaaion des impacts ni les foucis de Fave 7t










nir ni tant- d autres maux de tout genre qui font.
dans vos campaigns & dans vos villas mCme des fl6aux
fi terrib!es pour la, claffe des pauvres. I I
Ces pauvres cependanc meurent de froid de fairn ou de douleur la porte des m8mes homes qui dpuifent leur rh6torique en d6clamations ridiculement ampouldes fur le mallieur des Noirs enclaves. Voil l'inconf6quence oh conduit la fureur de s'occuper d'autrui, en s'oubliant fbi-m6me. L'Affranchi d'Augufte a raison

Peras impgfuit nobis Jupiter daas.

C'eft par Peffet de ces beaches qu'on a des entrailIcs d'airain pour la, foule des mif6rables que l'on voit tous les jours dont on eft entourd ; & qu'on s'attendric en paroles fur le fort d'hommes 61oign s que Fon ne connoit pas dont on n'a pas m6nie d'idde. C'eff ainfi que I'Europe au fein de fon luxe brilliant ne ceffe de blimer ta fervitude amdricaine & loin de reformer chez elle Finbofpitalicd la duretd des riches enters des millions de pauvres elle eft par -tout rongde de la mendicitd de certe lepre fociale dont ]a contagion triomphe'de fa politique & d6shonore fa. fagef1e..
0 contradiaion c'eft- -dire, 6 cfprit human
L'Europe & I'Amdrique ont peut-6tre leurs torts; mais ce n'eft pas ici le lieu de trailer cette question. Celle qui nous occupe eft affez important & fa solution rendroit utile PEtat une foule, d'individus que l'on pekd tous les ans.
Sans doute il faut les, retrancher de la foci&d pulf-











qu'ils y onc portd le trouble. Mais bn peut les en feplrer, Cans leur 6ter la vie dans des tourmens abominable, dont ]a feule We eft horrible ) dont le norn fouleve le cocur & dont la contemplation rapproche les folemnitds de la justice criminelle de I'afpea d6gofitant des repas des Ancropophages & des f6tes des Cannibales.
A un people doux humanan comme ce bon people Franjois il faut n'en doutons pas une autre Ugiflation. Nos Loix font trop loin de nos occurs. 11 faut que nos Loix s'en rapprochent.
C'eft dans cet efprit moddr6 qu'on a imagined la peine des galeres; je ne ignore pas. Mais vous favez que les galeres ne font pas non plus fuffifantes pour contenir les Criminals. Si vous 6tez la honte, laquelle il fe troupe encore des Sc6ldracs tr&s-peu fenfibles ; pour de certaines gens du people c eft prefqu'un 6tat defirabie que la qualitd de For at,
Soyez bien convaincu qu'il n'en feroit pas de mtme i leurs yeux de cette transportation fous un ciet d6vorant ou un efclavage durable & des travaux pdnibles attendroient le s Gal6riens. Ils en feroient plus effrayds, & par conf6quent mieux Funis.
Ceux qui ca pdriroient ne indriteroient pas de laiffer des regrets.
Ceux qui r6fifteroient au danger du climate pourroictit fe corriger & devenir meilleurs.
Je n'o(c prefque pas hafarder une autre raifon. C'eft qu'en fuivant ce plan les m6prifes de ]a Juftice s'il lui to ichappoit, ne feroient plus irr6parables.
Je fcrai plus hardi pour dire que ce genre de peinc











perronnelle, n'imporant au Coupable qu'une efpece (Texif & une difparution de ]a foci6c6 pendant un tems plus ou moins long n'emporteroit pour les parents nulle efpece d'ignominie & qu'ainft le Gouvernement extirperoit dans fa racine cet affreux prdjugd qu'a ft bien combattu mon ancient anti, A de ]a Cretelle.
Sous tous les points de vue 1effai que je confeillt n'eft pas indigne d'un bon Roi c'efl- -dire, d'un Pere, qui en faifant punir fes Sujets les plus crintinels doit regrettcr encore que I'autoricd de fon nom ferve 6goiger fes Enfants.
C'eft vous Monficur de juger de la valour de mes iddes que je fouttlets aux v6tres.
En finiffant ma Lettre affArdment trop longue je reSois des nouvelles. Nous en manquions au Cap. Depuis quarante iours on n e fignaloit plus de navies d'Europe. Enfin donc il en arrive un Qn m'apporte l'inftant des paquets de papers publics o i je vois mon project exdcurd en Angleterre par Ntabliffement de la Baie de Botanique &- bien mieux encore en Tofcane par I'Edit admirable que le Grand-Duc a public; Duc. vraiment bien nomm6 vrairnent grand en effet par cette attention fuivie qu'iI donne au bonheur de fes Peuples voyez
les Lemes
Vous favez bien Monfieur que mon idde 0 ancienne. fuivances.. je vous en ai d6j tournament dans tiles Lettres; mais aujourd'hui Yinfifte. L66pold de Lorraine & Georges de Brunfwick confacrent cette idde. Ces. deux autoritds me femblent impofantes.




. . ......





Joignez h ces examples celui d'Elifabeth & de fon long Regne en Ruffic fans goucte de fang rdpandue,
On ne manquera pas de me dire que cc n'e.ft pas la m6me chofe parce que la Ruffic a une Sibdrie lieu d'exil & de chakiment plus craindre que la mort m8me. Je rdponds que la France a des poffeflions fous la Z6neTorride & que Sainte-Lucie ( en trant"portant ailleurs les Mgres qui s'y trouvent ) on, implement encore, Hfle de la Gouave on bien de la Tortue aupr s de SaintDomingue offrent pour cc project un.local f6par6 tout auffi effrayant tout auffi peu commode que les environs de Tobolfck.
Mais oh trouper I'argent ?.... 06 ?.... Je crois ravoir d;t. Dans les fou(criptions dans les advances primitives, que feroient fur cc point de g6ndreux Affionnaires qui anroient le plaifir de faire une bonne oeuvre & de bien placer leur argent
Ainfi donc je perfifte dans mes conclusions s6r de garner ma caufe ft votre voix s'dlcve & range en ma faveur Popinion publique.
Ceft cc que je fouhaite Saint-Domingue & 'a la France', an nom de cetre fainted & douce humanity dQnt vous 6tes le D6fcnf ur Au nom de ]a Juftice, qui n'a pas be. foin que fon glaive fbit teint du fang des uns pour prot6get les autres Enfin au norn facr6 de ]a gloire du Roi, qui maltre de choifir dan les divers chemins de Fimn-kortalitd ouverts aux Monarques Fran ois a re u du Ciel m6me le don de pidf6rer les fentiers de ]a bien, faifance









Ivy
faii(ance de la perfe6lion des LoIx & du bonheur de fes Sujets.

J'ai I'houneur d'8tre avec un refpe6lueux attachment

Monfieur & cher Pr6fident & ami

Votre trh- humble & tr s-obdiffant Serviteur, '
FRANJOIS DE NEUFCHATFAV.


V E R T I S S E M E N T

On a cru que le Public apr s avoir lit ce que M. de A'ou/chateau vient de dire far le Grand Duo de Tofcane, firoit avec intiret ce que A le P.. du P.. a icrit
jur le m me prince en 1785Les deux Lettres qu'olz va lire font extradites dun Recued de LetLres manuCcrices jur I'lialie. Celles-ci ont iii publiies dans I'Effai la Nature Champ8tre par M. le Marquis de Marnefia, K daas que1ques Journaux.







C











FlOrence P 1 16 4vril 178S% L A plus belle galerie du monde mon cber ami, eft I Florence ; mais je ne vous parlerai point aujourd'hui de tableaux de flatues d'images. J'ai vu a, Ldopold & fon people; c'eft de Uopold & de fon v people que je veux uniquement vous parlor.
Uopold aime finn people, & il a fiapprim6 les impks m qui n'&oient pas n6ceffaires au bonheur de cc people. x 11 a licencid prefque routes fes troupes : il nen a gardd v que cc quil fallout pour en conferver un mod6le.
11 a d6truit les fortifications de Pife dont Pentrcx tien dtoit fort cofiteux. 11 a renverfd les pierces qui x ddvoroient les hernmes.
a trouv que fa cour lui cacholt fon people. I I
n'a plus de cour. 11 a 6tabli des ManufaEtures. 11 a fait Y, ouvrir par tout des cbemins fiaperbes, & fes frais. 11 )o a fon& des h6pitaux. On dirait que les b6pi-aux dans z la Tofcane font les Palais du Grand Duc. Je les ai m vifitds & j'ai rencontrd par tout ]a propret6, Pordre les ), foins ddlicats & attentifs. J'ai vu des vicillards maladies, )o ils avoient Fair d'6tre fervis par'leurs enfans. J'ai u des v enfans maladies ils avoient I'air d'8tre fervis par leurs, x Wres. Je n'ai ph voir, fans verfer des larmes cc luxe ,)D de la mif6ricorde & de I'humanitd.- Sur les f2cades.de v ces h6pitaux on a donnd Uopold le titre de P re x des pauvres. Les h6pitaux feuls lui donnoient cc titre.
11 eft des Monumens qui n ont pas befoin d'infcriptions Le Grand Duc vient fouvent vifiter fes pauvres & fes











a maladies. 11 ne neglige pas Ic blen qu'll a fair. It n a pas )Dfeulement des movements d'humanit6 it a une ame a humane. 11 ne paroir jamais dans ce f6jour des angoiffes x & des douleurs fans faire vcrfer des larmes de joic. It n en fort )amais fans 6tre covert de b6nddifflons. On
croit entendre la rec onnoiflance d'un people heureux, & fes antiques s61 vent d'un 1 spiral.
v On peut 6tre pr6fe=6 au Grand Duc fans avoir quatre cens ans de nobleffe fans defcendre de ceux: :) qui ont difputd la couronne 'a fes ancetres, Son palais :D eft overt tous fes fujets fans exception comme lea a Temples. It y a feulement trois jours de la femaine )D qui font confacr6s plus particuUrement une cerraine claffe d'hommes. Cc ne font ni les grand, ni les ri" ches ni les Peintres ni les Muficiens ni les PoEtes, jo ce font les malheureux.
is Ailleurs le commerce & l'induftrie font devenus. X comme les terres le patrimoine d'un petit nombre Thommes. Chez Uopold, tout ce quon fait faire on a peut le faire. On a un 6tat d6s qu'on a un ta:o lent ; & it n'y a qu'un feul privilege excluff, c'eft le 3) gdni.e
x Les pri6res qu'on -fait 'a Dieu pout lui demander des moiffons ne font plus defcendre ]a famine dans 3D lea campaigns. Cc Prince a enrich Vann6e d'un grand )o nombre de jours de travail qu'il a reprise 'a la fuperfliw tion pour les rendre Pagriculture aux arts j aux p bones mocurs (i). It eft occupy d'une rdforme entire
(i) Ccr example avoic Od donDi par la plus grande paitic des Eveques










i, de la l6giflation. 11 a -vu une luml&e nouvelle dans a quelques lives de ]a France. 11 fe hate de la faire paffer dans les Loix de la To(cane. 11 a commenced par
fimplifier les Loix civiles & par adoucir les Loix cri minelles. It y a dix ans que le fang n'a couI6 en Tofcane n fur un 4chafaud. It n'y a que la liberty qui fbit bonnie
des prisons de ]a Tofcane. Le Grand Duc les a remv plies de justice & d'humanitd.
Cet adouciffement des Loix a adouci les occurs
publiques. Les crimes deviennent rares depuis que les :D pines atroces font abolies. Les prisons de la, Tofcane
ont dcd guides pendant trois mois.
:D Le Grand Duc a portd deux Loix fomptuairo' admiral les Paccu il qu'il fait la fimplicitd & fon
example.
Quand le foleil fe 16ve fur les Etats de cc Prince;
le Prince d6j4 les gouverne. A Fix heures du matin it a effuyd bien des larmes. Ses Secrdtaires d'Etat font P des Commis.
>) Les Nobles trouvent qu'il ne les diffingue pas affez, les Pr6tres qu'it tie les craint pas afrez, les Moines qu'il i) ne les enricbit pas afl'ez, les gens en place qu'il les
furveille trop. Dans fes Etats le Magiftrat juge le Militaire fert le Prdlat r6fide t'homnit en place fait
fa place; c'eft que le roi regne.
) Ses enfans ne font pas dlevds dans un Palais ; mais
dans une maifon; it cherche ea faire des hommqs

Fmce; par M. I'Archevcqut dc ,4 aqujr4unjt ageffic humane a u x vcrtus religicufes.










non pas Princes, car its le foftt. LVdacItTon
)D qu'on leur donne les rapprocb fAns cefre qs malhcur4 x donr leur condition les dlq %ne. On e xpofe leur, qo urs a tout ce qui peut les ouvrir ii la giti6l Or 4,Jal bjerIT faifance. Yai vu dans leurs mains les outrages de Loke.
)) Je ne connois difaitun jour le Grand Duc, que deux fortes Thommes dans mes Erats : les gens de bien & les m6chans.
) 11 eft question dans ce moment de donner des f8tes au Roi & la Rgine cv Naples. On lui a propof6 pour Cubvenir aux ffais une irnpofition fort, 3 iodique. Ma femme, a-t-il r4ponda, a encarc pour tva, millions )o de bijoux.:-,
Le Grani Duc fe prorn ne f ul & s les rues de
Florence & la nuk cc m nc le jcwr & ce ne feroit pas
un bon Prince I i I
,) Le Grand Duc eft heureux car fes peoples font heureux & it croit en Dieu.
Quelles doivent Etre les jouiffances de cc Prince lorfque tous les fbirs, avant que de former les yeux >) fur fon people avant de fe permettre le fornmeil., it z rend compete au fouverain Etre du bonheur d'un million d'hommes pendant le cours de la journde figurez-vous un tel Prince dans une telle confidence avec:
Dieu.
Youbliois une parole de Titus. On regrettoit un
jour deviant le Grand Duc que fes Etats ne fiaffent pas plus 6tendus. Ali s'6cria-t-it it y a encore des malheureux dans mcs Etats.










v Heureufe Tofcane rnais n'oublions pas que la Tof. cane eft un petit Etst; que Ia France eft notre patrie,3o que la Reine. elt la fccur du Grand Duc. Lou'is XVI. a aft notre Rol











-d Pyze, .4vrY 17

R ER en vous parlant du Grand Due je ne vousA. montrd que les rayons du foleil ; je veux vous montref aujourd'hui fes teaches, du moins cells qu'on lui reproche, cells que Fenvie pretend avoir d6couvertes mais avec fon ocil louche qui faifbit lui-meme ces teaches.
On dit centre le Grand Due:
Depulsqu'il a dtabli la liberty abfolue du commerce 3) & de l'induftrie les artisans font fans pain.
Depuis qu'il a d6fendu d'emprifonner les ddbiteursi b on ne pr6te plus aux malheureux.
Le Grand Due protege la mendicitd.
On dit enfin centre le Grand Due: z 11 hait le Me )o & la Nobleffe, & il 16 vexe.
Ecoutez ma conversation fur les trois premiers chefs d'accufation avec une perfonne tr6s-inilruite. Nous difcuterons lequarridme da s la premise letter.
J'ai vifit6, lui ai-je dit, I'h6pital de Pife; je n'ai jamais vu d'h6pitaux ob I'humanit6 efit moins fe plaindre des Palais. L'infcription qui braille fur la porte ne flatten pas. La providence de Uopold p6re des pauvres: Provideatia Leopoldi patris' Fauperum. Je Fai vue dette pro-, evidence, je Fai vu e de mes yeux
On pourroit encore mieux faire m'a r6pondu ]a per-s forte avec qui je parlors. Ces h6pitaux ont du moins un grand ava ntage ; c'eft qu7ils font tr s-adr& L'air eft pour la fantd le premier des aliens & le premier des rern6des pour la malady c. Vous avez vu nos b6pitaux? Vous ne










voyage done pas comme I fiule deg Anglois Sur cencit n' 'eli a pas deux qui chercherit s'inftruire. Faire des lieues par terre ou par eau ; prendre du punch & du th6 dans des auberges dire du mal de routes les autres nations, & variter faP4 -ceffe la leur ; voM cc que Iz fbale !es Anglois appelle voyager. Le livre de pofte eft le feul o i its s'inftruifent.
Mais, dites-moi, je vous fupplic quel effer la libcrtd ind4finie du commerce a-t-ii produit
Unfi bon effet, que je ne confeillerois h qui que ce f it de tenter de r6tablir le regime r6glenitntaire, 11 ferol't lapidd par le people. J'ai lu tout cc qui a &6 fait & 6crit dans votre pays en faveur ou centre la liberty. I;expdrience a r6folu la question en faveur de la liberty. Avant ellc it y cut en Tofcane deux anndes pauvres; it fallut que I'Etat achetat du bled ; it en co6ra lltac cent mille 6cus ; it y cut beaucoup de troubles & Pon apperquIt la famine. Depuis la liberty it eft furvenu trois anndes plus faAcheufes. 0 n n'a pas achec6 de bled ; on n'a pas contnac'16 de dettes it n'y a pas eu de troubles & la Totcane a vdcu. Je crois la vdrit6 qu'il faut pour que la liberty du commerce foit falutaire qu'elle "t ind6finie. Quand on g6nc le cours des rivieres it Y a toMours des fiagnations ou des d6bordemens. La liberty du commerce a augment fluguli6rement la culture & FindufIrie. Les laboureurs font. riches les artifims font leur aife. Les premieres anodes ont &6, pdnibles; mais c'eft le fort des commencement. Lorfque ]a ji6ertd -commence 'a marcher toute feule elle fait toujours quelque ch6te mais cheque chate Finfiruit & cheque









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cheque pas la fortified. Sans doute a!-je r ,pondu; routes les loix qui prohibent autre chofe que -des ddlits font oppreffives.
J'ai demanddenfuite ft le Grand Due s'occupoit'd'extirper la. mendicit6 dans fes dtats car la mendick6 eft une des grades places eft un des grand crimes des focidtds aauelles. La mendicitd eft une exposition des homes.
Le Government s'en occupy me rdpondit mon interlocuteur ; mais A ne peut aller vite. La mendicitd eft favorif6e ici par des prdjugds religieux & Zes intdrets particuliers. On emploie ici les medians i favor ce qui fe pafre dans les dglifes, qui y va ou qui n'y va pas, combine on a brfil6 de cierges au Salut quel Pr8tre a offici6 : & d'ailleurs on fait faire ces medians beaucoup de petites commiffions peu de frais. Si le Gouvernement g6noit la mendicitd la fuperftition crieroit 'a Fimpi&6 & Favarice au defpotirme. La mendicit6 a done en Tofcane des facines plus fortes & plus profoftdes que par-tout.ailleurs ; elle en a fous les autels.
Eft-il vrai ai -je, demand enfuite que la d6fenfe faite aux cr6anciers d'emprifonner les d6biteurs air 6td caufe qu'on a moins pr8td aux malheureux, & qu'ils ont moins de reffources dans leuts befoins f On le craignoit; I'dvdnement a raffur6. En effet ce e6toit jamais la caution de la liberty qui ddcerminOiE i pr8cer puirque cette caution dtoit toujours inutile ou ondreufe. La loi a Jai& aux crdanciers la faifie des biens. Tout homme malheureux trouvera toujours i emprunter fur fa probity. Celui qui u'cn a point ne trouvera pas;,










H eft vral mals, cela m8me eft un bien. On ne faurotr rendre trop imp6rieufe la ndceffi td d'6tre bonn6te homme.,
Satisfait de ces rdponr6s fi luM incufes, quoique ft fimples,
je demandai fi on avoit fupprimd en Tofcane ]a question
& la peine de mort. Elles le font non par une loi
mais par des orders ; on attend experience pour faire une loi. en effet, elle feule rdv6le tops les biens fe.
crers & tous les maux caclids & une bonne Idgiflation efL comme la bonne physique elle doit 6tre exp6rimentale..
11 faut effayer les loix.
11 fur queftion encore des afyles fupprimds en Tofcane
k maintenus i Rome ; des abus & du fcandale de cet.
ufage; de limpoffibilit6 que Fdtat eccldfiaftique fOt bien governed; d'une bulle qui excommunie rous ceux qui des, 6racs du Pape important en Tolcarre certaines marchandifes. Up payfan, me dit mon interlocuteur r6pondit un jour affez plaifammenr, a que cette excommun i cation ne lui
x feroit rien ; qu,'efle ne pouvoit timber que fur, fonAne
)o qui feul portoit ]a denr6e, & qui beureufement avoic
bon dos. (c Nous parlames encore de ]a convention entre
tous les dtars de IItalie de fe rendre les criminals, ex., cept6 entre Genes & la Tofcane; enfin de beaucoup &au-Itres objers d'dconomie politique.
Avec qui aije eu certe conversation ? A qui ai-je fait
ces objections ? Qui les a ainCi rdfolues ? Eft-ce un 6crivain, un magifirat un part culler ? C'eft un Souvera n
c'eil le Grand Duc. C'eft lui qui m'a donn6 une heure audience, qui a permits que je le queflionnffe que jeLe preffafre que 'e le critiquaff, C'eft le Grand Due,.
c ui a. dit- vou purs 0a afzit, le Gouvernelmat ajaiz,,














mow"










quijamals na paTM'de lui. C'eft le grand Due qui rePouffibit tous mes dloges qui Its paroit avec une adreffe que jo nai pu trooper que deux ou trois fbis. Ceft le Grand Due qui m'a parld pendant une heura debut dans. un cabinet oh une simple table eft un bureau; des planches do f pin fans' couleur un fecrdtaire; un bougeoir de fer-blanc un flambsau ; car le Grand Due n'a d'autre luyx que le bonheur de fon people. C'eft le Grand; Due qui a. cette raifon eette fimplicitd, cefte facilitdSes loix ne regrient malheurcufcin ent que fur ]a Tofeatie.
En fortant de cette audience, )"ai dtd admis, 'a celle des, trois ainds de fes enFans, dont le premier a kize ans. LeConite Alin Frddini leur Gouverneur, & digne de Pkre,, m'a introduit dans leur chamber, car leur appartemente.ft une chamber & Ieur palais une maifon.
Jai trouvd I'aind lifant le livm de la grandeur & do,la decadence des Romains. Monfeigneur, vous ap prenez done I'hiftoire ? Oui ) Monfieur, c'eft ma piiacipale dtude, avec l.effai de ]Lokd fuE 1'entendement humain. ,Monfeigneur vou& &ulliez Loke 11 vo,,is f rablen utile lorfqu'un jour il vous faudra r6gler ou onter des cerveaux humains,,dans vos Etats d'avoir d& -;- pofd & connu le m6chanifrne du cerveau human dans votre cabinet.. Mais Monfeigneur permettez-moi de vous in, viter joindre la league de Loke celle de I'Art de pen. ler & fur-tout de ]a Logique de M. I'Abbd Ae Condillac..
Nous favors quo ces outrages existent nous les Erons..
Nous avons caufi enflaite fur Loke & Lr Condillac, fur Its advantages do 1'efprit m6taphyfique q4i feul, con










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dult'lavdritd, & de Ferprit analytique, quifeul la troupe; fur le fyftme de ]a liaison des Wes ft f cond en v6ritds importance dont Condillac s'eft pr6rendu l'inventeur & qui tout enter eft dans Loke. Y&ois ravi, J,6tois attendri en voyant un Prince qui doitregner un jour s'effayer h Part derendre les hornmes fieureux en apprenant.1'art de connoicre Phomme. Cc prince pourp g.ou,krner par lui-m6me car it connoirra ; it-_pq*ra vouloir.
Ge matin on me promenant daris le 'ardin botanique j'Ai renc.ontrd un'pctit enfant qui un ddMGnflrateur faifbit connGitre les plantes,;TC'6toit unenfau flu Grana. Duo. J'aime voir les enfaris des Rois ay la'--,narurerLa nature devroit 8tre le premier livre. des:'eA ans & le dernier des vicillards.
It faut maintenance quitter le Grand Duo ife & Valley chercher Livourne. Le Grand Duo e en effet dans tous fes Etats & on le fait: c'eft une parrie do fa police.
Quelqu'un me difoic : it ne faut pas favor tant de gr6 au Grand Duo d'aimer le people ; le Prince de ... faime auffi. Le Grand Duo aije rdpondu aime le people & le pr'lace de aime la populace.