Ma réponse à Jacques St.-Lot

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Material Information

Title:
Ma réponse à Jacques St.-Lot
Physical Description:
1 online resource (15 pages) : ;
Language:
French
Creator:
Daumec, Gérard
St.-Lot, Jacques

Subjects

Subjects / Keywords:
Politics and government -- Haiti -- 1934-1971   ( lcsh )
Politique et gouvernement -- Haïti -- 1934-1957   ( ram )
Genre:
federal government publication   ( marcgt )
non-fiction   ( marcgt )

Notes

General Note:
"Cette réponse a été lue à la radio dans les premiers jours du mois de Mars de cette année." Foreword.
General Note:
Dated at end: 5 mars 1957.
Statement of Responsibility:
Gérard Daumec.

Record Information

Source Institution:
From the collection of Wolfgang Windel
Rights Management:
Copyright Board of Trustees of the University of Florida
Resource Identifier:
oclc - 657383120
ocn657383120
System ID:
AA00021578:00001

Full Text


















This volume was donated to LLMC to enrich its on-line offerings and
for purposes of long-term preservation by

Collector Wolfgang Windel, Norderstedt,
Germany.









GERARD DAUMEC


Ma
Response
a
Jacques St-Lot












U lecteur doit savor que cette riponse a 6tlue 4 la radio dans les P-ei iers jours du mols de Mars de cette ann6e. FIle est d6di6e ik Ma G6n6ration qui semble oublier que la ((Relive* West pas encore assure, parce qu'elle n'accuse aucun effort majeur pour une mission si noble. Xespire qu'eUe prendra conscience de son r6le h jouer dans I'avenir de sa Patrie.

G6rard DAUMEC

















MA RESPONSE A JACQUES St. LOT

A tous ceux-l qui, pour une raison ou pour une autre, s'int6ressent activement la politique. A tous ceux qui, pour des motifs pertinents ou s6rieux, ont fait choix d'un candidate
la Pr6sidence. A ceux qui savent et peuvent comprendre, je parle sur les ondes de cette station pour r6pondre A Pinvitation d'un lutteur: Jacques St.-Lot.
Tout d'abord je dois lui dire comme je Pai confi6 ik bon nombre de camarades que fai 6t6 d6gu. Profond6ment dku.
D69u pour avoir constant que les 7517c de ceux-19L qui 6taient centre, M. Magloire, s'6taient inscrits centre, parce que pr6cis6ment, ils n'6taient pas Ambassadeur ou Chargk d'Affaire. Ils 6taient centre parce qu'ils n!& talent pas d6put,6 ou s6nateur. Ils 6taient contre, parce que leur fils n'kait pas Secritaire d'Ambassade ou leur fille, tdactyYo* A un Department quelconque. Rares sont ceux qui invoqu&rent Phonnket6, la logique, les principes au nom desquels l'on doit ]utter et combattre.
Cette douloureuse v6rit6 je ne Pavais pas senate. Ma jeunesse, mon enthusiasm, ma spontan6it6 et ma sinc&R6 en sont les seuls responsible.
Et A cheque nouvelle aurora que pr6-5-














voit toube provocation heureuse du coq, ce ne sont que des themes de deceptions que me propose Fattitude de certain homes, mon indignation est A son comble quand je sais que le dollar dieu s6v6re bouscule la logique, avilit le patriotism, joue dans routes les equations et decide solvent du sort de ma patrie. Chaque jour, c'est le mensonge et Finvention de cerveaux maladies. Chaque jour, c'est la haine et la rancune, les repr6sailles et rancoeurs mal venues, cheque jour c'est l'imb6cillit6 et la sottise assists sur aa chaise curule de Ignorance 6norme, rappelant les hates montages, qui sont les facteurs primordiaux de la politique halitienne.

Et, oii est mon pays dans tout cela9 Je me suis d6sint6ress6 de cette bataille parce qu'eUe est sans grandeur. Je suis indifferent A cette bataille parce qu'elle n'int6resse pas ma patrie, mon pays. Je ne suis pas dans cette bataille parce qu'alors m6me le pays est deviant un abime, personnel, 6 excusez-moi, Messieurs les candidates, mais quiconque n'a encore pos6 Jes probl6mes du pays. C'est une bataille d'hommes dans laquelle l'id6ologie est a.bsente, et s'iI vous plait, parce qu'6tant une lutte ridicule, elle est mineure, petite et sans grandeur. Je dirai A Jacques St.-Lot que je Wai pas fini d'kre bless par l'incompr&ension accuse 4e routes parts. Les haYtiens ne com-6-














prennent pas encore qu'il faudrait d'abord un bel effort afin d'enlever le pays deviant ce trou profound et qu'il eCit fallu avant tout proposer des formulas heureuses pour refaire Haiti. Ce n'est pas tout de bousculer un homme ou de chaser une clique dhommes, il n'est pas n6cessaire que Fon oppose la haine a la haine, car pendant trop longtemps, on a hal ce pays, et je ne sache point qu'il fail-le avoir reoours A la fausse logique pour rendre Haiti vraiment libre, vraiment ind6pendante.
Il est d6solant de savor que ce sont toujours et encore les m6mes homes qui d6cident, agissent avec une timidity calcul6e. Il est curieux et d6couragearit d'entendre dire: Vive un homme et rarement vive Haiti.
Comment peut-on ne pas comprendre, que sans une collaboration total, r6gullire, honn6te et d6sinthress6e, la paralysis tue les gestes et atrophied routes les d6marches. Cette petite bataille de rien du tout o i certaines propositions sont d'une mesquinerie in6dite ne peut pas m'int6resser, car la lutte en somme n'est pas pour la collectivist, elle est pour un clan, un group. Oii est done sa valour, son 'RuthenticitV
Or, certain secteurs auraient souhait6 comme Caligula que leurs adversaries eussent une seule t6te pour pouvoir la cooper d'un coup.

D'autres provoqueraient et provoquent dAA

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une scission, et des millers d'haftiens present au pillage si leurs efforts ne sont pas applauds par les r6ussites.

Tous ceux-l avec qui j'ai fait la prison, comprendront mon attitude, car ce petit tournoi de carnival est inqui46tant. Je ne collabore it a4cun movement parce que I'agissement g6niral donne raison M. Magloire qui pr6tendait C-tre le seul haftien capable de diriger ce pays. En le distant, ce semi human regardait les mitrailleuses, Jacques Etienne et son rninist6re de sous-whommes, ses matraques et ses bottles lustr6es.

Llw'itien ne respected mime pas le choix d'un homme. M. Magloire trouvait dr6le et impertinent que I'on fOt centre lui, et malgr6 les absurdit6s de ce Cr6n6ral de carnaval (absurdit6s, que tout un chacun souligna d'ailleurs) certain candidates applaudissent ]a provocation chez leurs partisans. Cette absence total d'6ducation, ce manque de fair-play, cette in6l6gance me monte au nez, et qa sent la pyorrh6e.

Je ne suis pas dans cette bataille parce que mon pays n'y est pas. Je ne suis pas dans cette bataille parce que son but est le palais national avec ses privileges et loisirs, ses advantages et frais de police, ses grand menus, ses qte deum>> et les fernmes offertes it Fauiorit&

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Non merci, messieurs.

A cheque fois qu'il est question de concourse 6lectoraux, tous les principles sont debut, on campe le patriotism, les philosophies sont d6cachet6es dans une boite ik surprise, on visited les quarters populeux, on fait la tourn6e dans les fauboargs, on souscrit, on est g6n6reux, on prompt et mange h la table du paysan. Mais sit6t la bataille gagn6e, c'est la capital et ses belles receptions, les discourse flatters et les presents, et Fon oUblie ce qu'on avait vu, c'estii-dire: la mis6re, les handicaps, le people et ses prablimes. Les promesses sont aussi nulles qu'un ch6que sans provision.
Non merci beaucoup.
Pour saver Haiti, il faudrait aller jusqu'it 1'extr6me limited. C'est h dire:

1) Imposer la retraite A certain politicians qui, hier encore, votirent routes les lois d6savantageuses pour le pays, le people et son avenir;
2) mettre en quarantine certain esprits crocus qui ne s'inquikent in6me pas du sort de votre pays pourvu que leurs carnets de banquet regorgent de gros billets;
3) d6poser au mus6e de la honte certain homes tqui ne sont que des pikes de m6daille dont 1'effigie a W us6e sous le pouce de I'acheteur*;

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4) appeler deviant un tribunal tous ceux-16 qui, pour 6tre ministries ou d6l6gu6s, accept6rent A vendre A la police Windsor K. Laferri6re, Jacques St.,Lot, Pierre Chavenet, Calixte Delatour, Th& dore Baker, Firmin Joseph, Luc B. Innocent qui voulurent organiser un congris de jeunesse.
11 y a trois ou quatre ans, rares sont ceux qui eurent le courage de s'opposer A la dictature. Il y a trois ou quatre ans, ils 6taient quinze ou vingt et s'appelaient: Georges Petit, Jacques Rich6, Calixte Delatour, Paul Blanchet, Franck Lanoix, Jean Magloire, Luc B. Innocent, Cidoine Brice, Rodrigue Numa, G& rard Jolibois, Fritz Th6baud, Albert Occ6nad, Boileau M6hu, Franck S6raphin, Doe Vilain, Windsor Laferri6re et quelques autres encore.

D'aucuns, ces jours-ci, sont conducteurs de people vedettes, tribune, bien qu'i1s: eussent
presenter M. Magloire comme I'ap6tre souhait6_et les articles dans lesquels ils: avaient 16ch6s tout ce que M. Magloire avait sur lui, de poils; et d'ongles, sont encore IA. Ils sont plusieurs centaines ceux qui invent6rent Magloire de toute pi&ce. Ils sont plusieurs centaines ceux qui sont responsible d'un gouvernement oil les savages furent en smoking et gabardine bleu marine.

Aujourd'hui les voix sont pius; fortes et le courage est revenue, mais ils avaient refus4i

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les fhunmes d'une bataille qui paraissait sans issue, et d'aucuns nous traitaient de fous. Apr&s ma premiere arrestation, fai vu des hommes myopes et presbytes qui ne furent jamais myopes ni presbytes. Ils ne pouvaient pas me voir parce qu'ils; 6taient en position. Aujourd'hui ce sont les accolades fraternelles, les rires de I'amiti&, les invitations 6 c'est tellement villain, c'est lbassement crapuleux, Wen parlors m6me pas. Ce West qu'apris la bataille que les pr6tendus jacobins arrivent et cAent sur le champ encore tout funiant le nom des ,victimes en faisant 6goutter des larmes dans leurs voix et leurs yeux 6gr6nent des chapelets de larmes.
Aujourd'hui, jurists et sociologues, donnent leur point de vue, et que n'avaient-ils opin6 quand M. Magloire voulut de toute sa force de semi-ba6are, brisker les reins de la Constitution pour 6tre rMu. On dut faire appel ik un jurist frangais et nos hon-imes de lois bien que certain fussent converts d'immunit6s
denieur6rent muets comme un silence.

0 merci beaucoup A cette 6poque, les browning 45 et les 38 canon long, battgient pavilion derriere, les matraques 6taient faites sur measure la chamber de torture 6tait un jeune enfer, ot Jacques Etienne, lucifer terribImnent vrai, commandant A deg thurif& raises (qui prenaient sur lea fewes des bypo-11 -














thbques ligales) et les sbirZs mal payis 6taient plus tristes A voir qu'un d6sespoir.
Aujourd'hui, les members de la junte ou de la jungle sont absents. C'est une terre promise et riche parce que lav6e de certaines mal6dictions. Cette terre, au lieu de I I enrichir par la fraternity, c'est Yimpertinence mal venue, & un point tel, qu'elle accuse un g6n6ral de notre arm6e, sur le compete de laquelle Arm6e, les bruits les plus saugrenus prennent leurs credits chez des esprits; hyst6riques et imbeciles. Je ne defends quiconque, mais je veux kre juste.
M. Magloire devait partir, parce que le glas avait pleur6,1'agonie d'un government irr6m6diablement imbecile et incapable. Cependant si I'Arm6e avait entendu les; deniers ordres-de I'ex-g6n6ral de Division, ce seraient les cadavres, la chair broy6e, Fincendie, le sang, le plasma, les fun6railles et les messes d'actions de grfice. On double d6jA Findiff& rence heureuse de I'Arm6e deviant les derni6res exigences de ce fou. C'est de Pingratitude.
Non merci, messieurs.
Jacques St.-Lot, vous m'avez demand nies po6mes, voici deux vers: Fais donc de l'oubli l'objet de ta vengeance et entre fi6rement au temple du silence.' Jacques St.-Lot, vous m'avez demand ma prose, voici une phrase:

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Triste pays de carnival o i exploiters et imb,6ciles se faraudent pour la parade de leur r6ussite. I
Je vous f6licite pour votre d6sint6ressement, votre beau courage de jeune dieu. Mais quand les professionals en combines hautement louches s'entendront pour signer un pacte au profit de leur seul appitit (jamais dans Fintkit du pays) ce n'est qu' Faurore que vous le saurez et il serg d6j presque trop tard.
La 'parole je I'ai prise je la prendrai encore s'il y a n6cessit6 dans Furgence.
Je me demanded avec angoisse je me demande si le mal aura toujours raison jusqu'ik ]a fin. Le mal qui se nomme pr6jug6, partisannerie, division et subdivision, reprisailles, rancour et rancune, le mal et ses equations trop connues 4cil n'y a pas de fum6e sans feui Maintenant M. Magloire est en face de sa conscience (non il ne Pest pas encore, car il vous suit, souscrit et applaudit) C'est lui votre inspirateur, vous le pastiche, le d6calquez et malgri tout vous eballadez-, 4vos fiers profiles de tribune de vedettes, de conducteurs de people, et bien oui, qa y est! vous 6tes deviant Pabime.
11 avait camp6 Fopposition deviant j'opposition, vous vous entred6chiriez sous son regard amus6 de patron de patron bott6. Vous me laissez comprendre qu'iI n$est pas parti puisque vous vous assassinez.

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11 a inaugurk le pillage, vous le provoquez maintenance. Mes compliments, messieurs, et il doit se dire.debout dans gParis*:
,KJe suis fier de mes il6ves*.
Vous avez essay 4cune grande tentative en common*, la r6ussite vous sied tr4s mal, paralt-il. Vous avez reprise votre soi distant ind6pendance et d6jA vous criez: 4(A mort Fadversaires.. Mais Fadversaire est votre fr6rc, il vous faut done du g6nie pour comprendre tine chose si simple. Et vous continued votre triste carnaval en distant: 4A mort tous ceux qui ne sont pas pour moh, et vous insulted et I'Empereur et Pkion, et le grand Metil, et la majesty du Roi Henry.
Gallons, assez de singeries, de bave et de fiel vid6s et aval6s, excusez-moi, fai dit ce que favais sur le coeur. Je pense A mon pays. Car la patrie a 6t6 mise dans la bolte it oubli.

Entendez 9a, s'il vous plait. A Faurore d'un jour nouveau que pr46voit toute provocation heureuse du coq, A Paube qui prepare le grand solely, qui suit routes; f6tes; et manifestations, tout dialogue inutile et sans 6conomie pour ma patrie, il ne reste plus rien que quelques mouchoirs perdus et sans parfum, une demi-douzaine d'agrafes, quelques; padres de boucles d'oreilles que ramasseront ceux qui viendront nettoyer pour pr6parer une nouvelle f8te.

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Il ne demeurera que les pages 6crites dans la chaleur de la bataille, les ennemis pour vos enfants, les pi6ges pour vos soeurs, le poison toujours prik vous cooper le rire.

Jacques St.-Lot me disait: ((Cesse la po6sie et fais de la politique*.
Si c'est ga la politique, si elle doit 6tre Fennemi de mon pays, de ma patrie, des halitiens,
- mes fr6res si elle doit ine pousser i halir celui-ci, et ne pas savor pardonner, je ne la ferai jamais, et je la miprise cette bfite A cent gueules qui a des javelots pour dents.

41 y a, je crois, dans cheque (6tre) deux homes qui s'entendent ou s'affrontent, suivant les circumstances I'ange et le dimon de chacun d'entre vous: un berger et.un banquier, Phornme qui donne sa vie pour ses brebis, I'bomme qui vendrait son Ame pour de Por.
Quand le Pfitre Femporte, le monde enter vous aime et tourney ses regards vers vos neiges qui significant alors, pour lui, la puret6. (Car le 12 du mois de D6cem-bre, vous avez W net et blanc comme neige). Mais quand Phornme de la fausse logique, du consort, du calcul, quand le banquier gagne, vos neiges ne repr6sentent plus qu'un linceul, et elles vous glacent le coeur ... *.
G6rard DAUME)C,

5 Mars 1957
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