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La spécificité, l'évolution et la visibilité du vodú d'origine haïtienne à Cuba. Interview d'Alexis Alarcón

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Material Information

Title:
La spécificité, l'évolution et la visibilité du vodú d'origine haïtienne à Cuba. Interview d'Alexis Alarcón
Physical Description:
digital articles
Language:
French
Creator:
Daniel Mirabeau
Publication Date:

Subjects

Subjects / Keywords:
Vodou -- Haiti   ( lcsh )
Religion   ( lcsh )
African diaspora -- Caribbean Area   ( lcsh )
Spirituality   ( lcsh )
Creoles -- Social life and customs -- Haiti   ( lcsh )
Creoles -- Religious life and customs -- Haiti   ( lcsh )
Spatial Coverage:
Haiti

Notes

General Note:
http://www.ritmacuba.com/Interview-A_Alarcon-par-D_Mirabeau.pdf

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All rights reserved by the submitter.
System ID:
AA00019208:00001

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La spécificité, l'évolution et la visibilité du vodú d'origine haïtienne à Cuba. Interview d'Alexis Alarcón
Physical Description:
digital articles
Language:
French
Creator:
Daniel Mirabeau
Publication Date:

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Subjects / Keywords:
Vodou -- Haiti   ( lcsh )
Religion   ( lcsh )
African diaspora -- Caribbean Area   ( lcsh )
Spirituality   ( lcsh )
Creoles -- Social life and customs -- Haiti   ( lcsh )
Creoles -- Religious life and customs -- Haiti   ( lcsh )
Spatial Coverage:
Haiti

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Full Text

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La spŽcificitŽ, l'Žvolution et la visibilitŽ du vodœ d'origine ha•tienne ˆ Cuba. Interview d'Alexis Alarc—n Alexis Alarc—n Daniel Mirabeau entourŽs de danseuses du groupe Piti DansŽ au Gran Gag ‡ du Festival del Caribe 2012, Santiago de Cub a Alexis Alarc—n Fajardo est ethnologue et spŽcialiste des cultures ha•tiennes et du vodœ ˆ Cuba. Il est nŽ ˆ Palma Soriano (province d'Oriente) en 1953 et vit ˆ Santiago de Cuba. Pour commencer, j'aimerais que tu me parles de ton pa rcours, tes Žtudes, et comment es t nŽ e cette passion pour l'anthropologie... Aprs mes Žtudes de lettre, je me suis lancŽ dans une carrire d'acteur et de directeur de compagnie artistique. A partir de 1976, j'assurais ces fonctions au sein du Cabildo Teatral de Santiago A partir de cette expŽrience de directeur de thŽ‰tre et de compagnie est nŽe progressivement l'idŽe du Festival del Caribe En effet, bon nombre d'invitations Žtaient faites par nous mmes auprs d'autres compagnies thŽatrales, puis ensuite dans d'autres do maines artistiques, musique et danse. Je me centrais mes recherches autour des traditions ha•tiennes, ce qui paraissait naturel par rapport ˆ l'histoire de ma famille. En effet, dans la ferme de mon pre, il y avait toute une communautŽ ha•tienne. Je me su is mis sans le savoir, ˆ dŽvelopper un mŽtier d'anthropologue, de manire empirique en axant mon travail autour de la culture ha•tienne en Oriente. Aprs un travail d'approche, j'assistais ˆ des cŽrŽmonies, partageais un peu de la vie des cabildos vod œ 1 C'est ensuite que j'ai commencŽ ˆ Žtudier les classiques de l'anthropologie de ce domaine, comme 1 Au sens de sociŽtŽs cultuelles

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MŽtraux 2 Simpson 3 Deren 4 et tant d'autres. Petit ˆ petit, je faisais intuitivement mon travail de terrain sur l'immigration ha•tienne et son apport au sein d e notre culture cubaine. Entre ces recherches et mon r™le comme directeur de thŽ‰tre et programmateur, naquit le Festival del Caribe en 1981. En juin 1982, fut crŽe la Casa del Caribe, comme un centre consacrŽ ˆ l'investigation et aux Žchanges, sur les dom aines pratiques et thŽoriques des cultures populaires et traditionnelles. Paralllement, je continuais mes investigations sur le vaudou, avec l'idŽe d'Žcrire un livre sur le sujet. Il fut ŽditŽ ˆ Saint Domingue en 1992, en collaboration avec Joel James e t JosŽ Millet. J'ai Žgalement Žcrit des articles sur le vaudou dans diverses revues et enregistrŽ des cŽrŽmonies. Je suis en train de travailler ˆ l'Žcriture d'un livre sur une mambo 5 cubaine, et l'intŽgration de la culture ha•tienne au sein de la natio n cubaine. Le livre raconte la vie d'Helena Celestin Vidal, qui ˆ plus de 82 ans et malgrŽ les problmes de santŽ liŽs ˆ son grand ‰ge, continue de maintenir les traditions religieuses vodouistes, et la culture que lui ont transmit ses a•eux. Par son conta ct j'ai appris un peu plus sur la pharmacopŽe et les vertus mŽdecinales des plantes, sur les relations d'un prtre avec les fidles, sur la musique et la danse. Par exemple, une cŽrŽmonie trs intŽressante, qui a des relations directes avec ton pays, es t la messe blanche . On l'effectue pour un loa rada comme Ercili Freda trs diffŽrent de Ercili YŽRoug qui est un peu son c™tŽ diabolique et sanguinaire. Pour la messe blanche ˆ Ercili Freda on utilise un minue une polka jusqu'ˆ un congo en passan t par les rŽcrŽations du merengue et d'autres types de musiques profanes. Sont fortement prŽsents des rythmes et danses de racines franaises, de contradanzas dans cette cŽrŽmonie. Les tambours radas l'accompagnant sont, du plus grave au plus aig Ÿ : mama t ambu, secon et leguedŽ Dans ce cas de la messe blanche, on incorpore Žgalement des tambours profanes, les tambujŽs 6 destinŽs principalement aux passages rŽcrŽatifs ( merengue, simbi ,...) de la cŽrŽmonie. On y ajoute aussi parfois du violon ou de l'accord Žon. Comme pour le violon pour Och œ n? 7 Oui, mais dans le cas prŽsent, c'est un violon pour Ercili, qui est il est vrai l'Žquivalent de Och œ n dans le vodou. L'accordŽon aussi peut jouer des polkas valses, des airs trs posŽs et ŽlŽgants jusqu'au moment o l'on aborde les airs congo ; la mambo va alors provoquer la transe et une fidle sera possŽdŽe par Ercili Quand elle accepte les offrandes et 2 Alfred MŽtraux, ethnologue franai s. A publiŽ Le Vaudou Ha•tien (1958, Paris, Gallimard) 3 Georges Simpson, ethnologue Žtats unien. A publiŽ "The vodun service in Northern Haiti", (1940, American anthropologist publ.) 4 Maya Deren, ethnologue et rŽalisatrice Žtats unienne. A publiŽ "The Divine Horsemen" (1953, New York, Thames Hudson Publ.) 5 Prtresse du vaudou 6 Sortes de tambourins sans cymbalettes 7 ou Oshun, dŽesse de la beautŽ dans la santer ’ a. Une cŽrŽmonie particulire peut lui tre dŽdiŽe o le violon est l'instrument de musiq ue central

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commence ˆ danser, on passe au merenguŽ un rythme plus rapide o la percussion est prŽdominante. Les tambujŽs alors utilisŽs, ainsi que les maracas 8 Il y a des cas, comme celui du houmf — 9 de Titina ˆ Las Tunas, o les cŽrŽmonies se transformaient en concerts de tambujŽs ; de plusieurs tailles, ils formaient un vŽritable orchestre. Peux tu me donner quelques sig nes spŽcifiques de la culture ha•tienne ii ˆ Cuba? Des ŽlŽments de transculturation d'Haiti ˆ Cuba dans l'immigration du XXe scicle? Tu veux dire des vagues d'immigrations ha•tiennes du XXe scicle? Oui, entre autres,... Il y a une immigration ha•tien ne au XXe scicle avec la naissance de la R Žpublique cubaine en 1902. Cette vague d'immigration fut essentiellement de ˆ des raisons Žconomiques. En 1913, les Etats Unis dŽveloppent leur industrie et nŽgoce sucrier ii ˆ Cuba en particulier dans les prov inces d'Oriente et de CamagŸey. Cela justifia donc la recherche d'une main d'oeuvre moins chre en Ha•ti, en laissant de c™tŽ l es ouvriers cubains. En effet, aucune loi ne protŽgeait ces nouveaux travailleurs ha•tiens, corvŽables ˆ merci. Les salaires fure nt donc baissŽs, les mŽcontents pouvant tre remplacŽs du jour au lendemain. Ils Žtaient payŽs en bons d'achats de nourriture ou vtements auprs des magasins de l'industrie sucrire. Entre 1915 et 1934, les Etats unis ont envahi l'”le d'Ha•ti, qui Žtait plus ou moins sous sa domination. Le pays est alors dans un Žtat de dŽlabrement Žconomique avancŽ. L'immigration des ha•tiens vers Cuba reprŽsentait donc un double avantage pour les amŽricains: Žconomique et politique. Economique, car cette main d'oeuvre p eu chre permettait de produire plus de sucre. L'autre politique, car une partie des jeunes H a•tiens hostiles ˆ la domination nord amŽricaine quittent l'”le pour faire leur vie ˆ Cuba. Cela permet donc aux Etats unis d'asseoir leur domination sur Ha•ti. D e 1915 ˆ 1933, passrent plus d'un million d' H a•tiens dans cette vague d'immigration. Il y avait Žgalement minoritairement des immigrants de la Jama•que, de La Barbade, de Porto Rico, et des E spagnols. Cette immigration se termine fin 1933 avec des lois p rotŽgeant les travailleurs cubains et incitant au rapatriement des H a•tiens. Beaucoup rentrrent donc au pays, mais souvent sans rien. A partir de 1939, cette immigration repri t avec la seconde guerre mondiale. Elle n'Žtait pas favorisŽe par les A mŽricain s mais perdura jusqu'ˆ 1947 48. A partir de 1952 se distendent les contacts de la communautŽ ha•tienne avec son propre pays. Ce vaudou sur lequel je travaille s' est alors constituŽ dans les montagnes de Cuba et nous est propre. Viens la rŽvolution de 1 959. Se rompent les communications avec Ha•ti, gouvernŽ alors par Franois Duvallier. La communautŽ ha•tienne ˆ Cuba se trouve une deuxime fois plus isolŽe de ses racines. Jusqu'ˆ 1981 et la crŽation du Festival del Caribe les liens avec Ha•ti sont 8 Au sens de hochet, donc vraisemblablement plut™t un ass — n (instrument cultuel) 9 Temple

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spor adiques. A partir de 1981 de nouvelles lois rŽvolutionnaires vont permettre aux immigrŽs ha•tiens de se sentir mieux protŽgŽs, d'acquŽrir la nationalitŽ cubaine, chose que feront un quart de million d'entre eux. Les racines du Festival sont lˆ, dans cell es de la communautŽ haitienne et des Žchanges avec les autres pays de la Cara•be. Nous favorisons avec la Casa del Caribe les investigations, aidons aux cŽrŽmonies religieuses. Ils me connaissent depuis l'enfance ( les H a•tiens ); cela nous a permis de faire sauter des blocages dans la relation avec les C ubains. La pluspart Žtaient encore ŽchaudŽs par le spectre du rapatriement. Cela fait que le vodou en Ha•ti a connu ses transformations en parallle de l'Žvolution du notre, sans beaucoup de relations jusqu 'ˆ 1981. En particulier, il y a souffert d'une transformation de ˆ l'arrivŽe du tourisme et la crŽation d'un vaudou urbain, dans les zones de Jacmel et Port au Prince. Mais ii, le vaudou se dŽveloppa de manire plus pure, non? Attends, j'y arrive! Ii ˆ Santiago, comme je te le disais prŽcŽdemment, le festival a soutenu et aidŽ ˆ faire connaitre les traditions ha•tiennes, tout comme celles du palo ou de la santer ’ a Pour le vaudou, des cŽrŽmonies se font dans le cadre du festival: du houmfo de Nicola C asal, de celui de Pablo et Tato Milanes Fuentes. J'ai eu la chance de voyager plusieurs fois en Ha•ti, dans le cadre de fondations d' E tat. J'ai p u constater ˆ quel point mon vaudou Žtait diffŽrent de celui pratiquŽ lˆ bas. Disons par exemple que un loa p rincipal de chez nous comme Gran Bua est d'ordre secondaire ou mineur en Ha•ti. D'autres loa s qui ii sont peu pratiquŽs, comme les GuŽdŽ sont trs forts en Ha•ti Oui, comme Baron Samedi par exemple Oui ou Baron Cimetiere, Baron Lacrua..., tous les GuŽ dŽ qui sont en gros les messagers de la mort Ces saints ou loas en Ha•ti ont logiquement beaucoup plus de force. La mort fait lˆ bas partie constamment du quotidien et de l' H istoire du pays. C'est pour cela aussi qu' Ogou a perdu sa force en Ha•ti, mais p as ˆ Cuba. Ogou, qui en schŽmatisant, rŽpond ˆ la guerre et est un loa guerrier. Les H a•tiens ˆ Cuba avant la rŽvolution Žtaient encore plus discriminŽs que les ngres cubains. Ils l'Žtaient pour deux raisons : Economique? Non! parce qu'ils Žtaient noirs et deuximement parce qu'ils Žtaient Žtrangers. Des deux c™tŽs noirs de peau, et racistes entre eux! C'Žtait comme a! Et le ngre cubain Žtait aussi discriminŽ. Mais l e H a•tien l'Žtait par dessus tous.

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Ils disaient qu'ils Žtaient le diable et d'autres choses comme cela. Au travers de la religion et du culte d' Ogou en particulier transparait la fiertŽ des immigrants ha•tiens. Parmi les attributs d' Ogou la machete, symbole de lutte. On s'affirmait au travers de la religion, refuge identitaire. A partir de 1981 un grand changement culturel s'opŽra, et pris de suprise le public cubain qui ne connaissait pas tout cela, la musique, la danse. Le Gag ‡ ou Ban Rar ‡ envahit alors le carnaval avec beaucoup de groupes fokloriques d'Oriente qui l'adoptrent en l'in corporant ˆ leur rŽpertoire. Cela fit ensuite sensation dans la capitale, ainsi que la tahona, une autre tradition franaise d'Oriente. Cela fut le dŽbut d'une explosion. Pas seulement avec les formes processionnelles comme le gag ‡ ou la tahona mais auss i le vod œ l' ibo le congo le nago toutes ces choses. Les diffŽrentes comparsas incorporrent musiques et danses ha•tiennes ˆ leur rŽpertoire. Maintenant les anciens immigrants ha•tiens vont Žtudier ˆ CamagŸey, ˆ La Havane, ils bougent et tous appartienn ent ˆ notre grande nation et sont cubains. Du coup la religion vaudou s'est exportŽ un peu partout sur l'”le, se mŽlangeant avec le spiritisme, les abakua le palo la santer ’ a Le vaudou cubain se diffŽrencie de l'ha•tien aussi par le dialecte. Le crŽol e de chez nous est m‰tinŽ d'espagnol, et l'orthodoxie du langage se perd. Comme une langue qui se meurt? Non, car il existe des groupes, des fondations qui font perdurer la langue kreyol. C' est vrai par ailleurs que beaucoup de chants sont repris par les croyants de manire phonŽtique, ils n'en connaissent plus le sens. Du coup, ils les transforment en les espagnolisant. J'ai pu remarquŽ en comparant le travail d'Heidy 10 avec ce je connais sur les rythmes vaudou de Santiago, qu'il y a des diffŽrences de d Žnomination et de faon de jouer pour une mme chose ii ˆ Cuba, selon la rŽgion. Ce que ˆ CamagŸey est appelŽ congo est appelŽ ic i congo layŽ En fait, il y a ˆ Cuba une religion appelŽe vod œ ˆ l'intŽrieur de laquelle des genres trs diffŽrents sont pra tiquŽs. Si l'on regarde en Ha•ti, ce que l'on appelle vaudou beaucoup d' H a•tiens ne le considrent pas comme tel et prŽfrent une appel l ation plus precise : ils pratiquent le vodou le rada le petro et autres. A Cuba, tout cela se mŽlange, et dans la mm e cŽrŽmonie peuvent tre prŽsents plusieurs genres. Pour venir plus prŽcisŽment sur le vocabulaire dont tu me parlais, le congo layŽ viens d'un apport dans le vaudou de la regla congo et est spŽcifique ˆ Cuba. De mme que le vaudou ha•tien n'a rien ˆ voir avec le vaudou africain. Enfin si, car ses racines sont en Afrique, mais il a ŽvoluŽ diffŽremment en Ha•ti.On parle en Afrique du vaudou dahomŽen, bŽninois, et autres. Dans la mme zone en Afrique sont pratiquŽes plusieurs religions. Par exemple au Dahome y, on trouve les cultes vaudou et arar ‡ Ic i ˆ Cuba, on trouve encore plus de diversitŽ et de mŽlanges, de par l'histoire de 10 Heidy Cepero Recoder, ethnologue, professeur ˆ l'ISA de CamagŸey

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ces religions. Elles Žtaient pratiquŽes de manire plus ou moins occultes par les esclaves et en tout cas dŽconsidŽrŽes. D'o le s yncrŽtisme trs fort entre catholiscisme et regla de Ocha 11 par exemple. Ce syncrŽtisme dŽpendait beaucoup de l'origine des colons europŽens. Les Žglises espagnoles et franaises ne dŽveloppaient pas les mmes politiques d'ŽvangŽlisation. Le catholiscism e franais Žtait plus tolŽrant, ce qui fait que les traditions religieuses se sont dŽveloppŽes de manire moins cachŽes en Oriente qu'elles n'ont p l'tre dans d'autres parties de l'”le. Le catholiscisme espagnol est plus liŽ au pouvoir politique du gouve rnement, cela se vŽrifie mme jusqu'ˆ l'histoire rŽcente de l'Espagne. Tout cela fait qu'il y a des diffŽrences avec le vaudou ha•tien. Il y a aussi des diffŽrences notoires entre le vaudou ha•tien et dominicain. Dans la partie dominicaine, il y a actuell ement plus d'un million d e H a•tiens. Il ya donc des endroits o l'on pratique le vaudou ha•tien en RŽpublique dominicaine. Les D ominicains ont par ailleurs leur propre faon de le pratiquer. Il y a une famille de loa dominicains que l'on ne retrouve pas da ns la partie ha•tienne, ce sont les caciques les grands chefs indignes comme Hatuey Cela rejoint une partie du culte de Maria Lionza 12 avec sa branche des caciques 13 ? Oui, c'est le mme processus. L'autre influence majeure est celle du spiritisme d'Ala n Kardec. On retrouve cette influence surtout dans la capitale, Saint Domingue. Dans les objets cultuels, il y a beaucoup de vtements blancs, d'offrandes en eau dans des coupes et des fleurs blanches. Les rezos 14 sont en espagnol, trs influencŽs par le ca tholiscisme, comme dans le spiritisme croisŽ cubain. Pour moi, c'est quelque chose de trs Žtrange l e dŽveloppement du spiritisme ic i dans les cara•bes, alors qu'en France o est nŽ Kardec, quasi personne ne le conna”t. O n dit que ses Žcrits sont parmi le s plus lus au monde. Rappelles toi qu'Alan Kardec vŽcut un temps dans le Sud des Etats Unis et c'est de lˆ qu'on ŽtŽ publiŽs ses premiers Žcrits. L'influence des Etats Unis par la Nouvelle OrlŽans et la Louisiane sur la zone cara•be ont fait le reste. Les influences furent donc plus amŽricaines que franaises dans le cas du spiritisme Oui, mais au dŽpart, tout cela vient de ton pays et de ton continent: le spiritisme, le catholiscisme ; une sorte de culte messianique Y a t il un syncrŽtisme plus fort dans le vaudou dominicain, plus de mŽlanges que 11 AppelŽe aussi santer ’ a 12 Religion nŽe dans les annŽes 50, issue de cultes africains et vernaculaires, pratiquŽe au VŽnŽzuela dans les centres urbains. 13 Chefs indiens ˆ l'origine des rŽvoltes contre l'occupant espagnol; sont considŽrŽs comme saints ou dieux dans le culte de Maria Lionza 14 Chants liturgiques

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dans le vaudou ha•tien? Non, ce n'est pas de cet ordre. En tout cas, il y a des loa dominicains qui n'existent pas dans le vodou ha•tien et qui n'ont pas d'origines africaines, mais plut™t arawak ou ta•no l es peuples indignes de l'”le. Ils ne parlent pas de hougan et mambo mais vod œ de misterios pour dŽ signer le corps sacerdotal. RŽalisŽ ˆ Santiago de Cuba, juill et 2012, par Daniel Mirabeau. Finalisation pour mise en ligne le 18 novembre 2013 Ouvrages d'Alexis Alarcon : El vodœ en Cuba Alexis Alarc—n, Joel James, JosŽ Millet, 1998, Editorial de Oriente, Santiago de Cuba (reŽd.) Avec Julio Corbea, "El vodœ, su proceso de tranformaci—n en Cuba" Casa del C aribe Santiago de Cuba Articles dans la revue "Casa del Car ibe" Santiago de Cuba D aniel Mirabeau & http://www.ritmacuba.com Contact avec l'auteur ou le site : info@ritmacuba.com