La doctrine Monroe

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Material Information

Title:
La doctrine Monroe ou le droit naturel des peuples
Physical Description:
115 p. : ; 23 cm.
Language:
French
Creator:
Kernisan, Charles Emmanuel
Publisher:
Impr. de l'Abeille
Place of Publication:
Port-au-Prince
Publication Date:

Subjects

Subjects / Keywords:
Monroe doctrine   ( lcsh )
Natural law   ( lcsh )
Genre:
non-fiction   ( marcgt )

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
oclc - 20582746
ocm20582746
System ID:
AA00010443:00001

Full Text
Vm









IGS29 ~~ ~ L j/ ~l h1Z~U~ iL~
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'2 lA4j-L1


I-U.ALLI7

"A_. /










IZ-

Ch. Emmanuel Kernin




LA


DOCTRINE MONROE
ou
LE- DROIT

NATURE EtD ES P EUPLES







PORT-AU-PRINCE
IMPRIMERIE DE L'ABEILLEI
110, Rue du Reservoir, 110
1902







5 a,'~lllS
j~24$




















A VANT-PiOP S


On1 a ra t>au ilivo l r' Io droit ill crluii niiali. I;'--
droits riespectifs dlcs pples] i l'indclpendalc en favouir
(Id'u) petit Etat, cc( ne se:'a jamais rion tout le tempCls
|qu',i so t rouveLra, e(n piresenc(e (e I'appOtit insatial)l
d'(lu Irand Etat. II vaut mieux alors travailler it pouvoir
concilier I'indpendance de ce petit Etat avoc co qui pout
faiire I'cdljet do la convoitisedun graInd.












X. : i y i r ... -i i











Depuis l'ineent /e M-iey la






dence deos Etats-Unis un courant impOrialiste s'y est
fait jour en divers sens, ct de nature itllnquidter
tous le-, intv'its de pouples doe l'Amdrirue.
11 est permis ns dt t ut people do dK've.lop-
per son activity aunint tcque M 'xigent c a Ises oini-
inmultiples, c'est n droit natural et inAdisnctabll,. Lns
Etats-Unic 1 s p que ls ncoua ont le pri'vilige s'y tre
au-tdessus die toue vsellit d'opposition te ndant Ae
tontraror lesers Iosoins d'expansion. Ils pouvent so
1paIser de tout sl mondo quand tt perspire no pout sC
passer d'ux. actiuit atan tions 6e)xomiques,- indus-
trielles et commereiales enserent;l'UnIvers enter :
voilt unie situation (lqu'on tl'Pt ippnelet A )bon droit
splendideta is pe qui o leaisse pas od'it enivide Mais
les Etnts-Unis sc. contentent-il. souleos ent do faire
l; contrquate I.conomique du anione ? N'ont-ils ps
)enorot la tt In ttion d:'tendre indnfiniment leur
sulpr'mnatie militaire on c()ll ln ltl ,l,;llt par fiir talle
raser des Antillers? a'tio(t cto i de cette dnib-e
Ipra tno sitation e nmisible d' ailleuIrs ave )os droits
protcion I11 pet adm issi 1le (Ia iilen is avec ilos (1roits









LA DOCTRINE DE MONROE OU


essentiels qui nous inspire la pens6e de cet opus-
cule si imparfait soit-il.
Nous avons tout interit, autant que rious respec-
tons les susceptibilitis des ltats-Unis, A mettre
nos appreciations sur la fameuse Doctrine Monroe.
Et si nous semblons douter de la bonne foi des ltats-
Unis A notre 6gard, qui peut nous en fair un crime,
apr6s ce qui vient de se passer dans les Grandes-
Antilles Apropos de l'Independance de Cuba. Tenez,
prenons au hasard cette question Cubaine, que de
phases n'a-t-elle pas prises avant qu'elle fut r6solue
d'une maniere si soudaine. Les itats-Unis ont-ils
d'ailleurs jamais dissimule leur convoitise sur cette
important Ile? Apres plusieurs tentatives d'inva-
sions suivies ide~si funestes consequences, entire au-
tres, celle de Narcisse Lopez, n'a-t-on pas vu I'An-
gleterre et la France presenter collectivement aux
ltats-Unis une note tendant a leur demander de
garentir communement avec Elles l'inviolabilit6 de
l'int6grite territorial de Cuba, et la souverainet6
de I'Espagne. Et qu'ont r6pondu les Etats-Unis, si-
non qu'une pareille convention ne pouvait 6tre faite
sans violer le principle mime de l'Independance des
peuples de l'Amerique, et qu'il pourra se produire A
1'nvenir des circonstances exceptionnelles, don't les
ltats-Unis seuls seront appeals A en connaitre, en
raison de l'instabilit6 de la paix et des alliances Eu-
ropdennes. Les Etats-Unis en rdpondant ainsi avait
parfaitement eu raison sous un certain rapport, et
sous un certain autre, I'Angleterre et la France n'a-
vaient pas eu tort non plus. Ces derniBres nations
ont:des interets 6normes en Am6rique, et claque
fois que I'6quilibre amPricnin est menace de se rom-
pre, elles ont tout int(6rt A. prendre des precautions
de nature A protgger et a sauvegarder ces intirots.
Et ce qui avait d'autant plus port l'Angleterre et









LE DROIT NATURAL DES PEOPLES.


la France A presenter cette note collective aux
litats-Unis, c'est qu'il 6tait connu de tous que I'ex-
pedition de Lopez n'avait point du tout un carac-
tOre essentiellement Cubain.
Les l tats-Unis avaient parfaitement eu raison de
refuser d'apposer leur seeing au bas d'un acte ten-
dant a garantir l'inviolabilit6 de la souverainet6 de
I'Espagne sur Cuba ; c'eft Wtc, en effet, un vdrita-
ble contre-sens, car en raison do forigine, de la
nature et du principle de leur gouvernernent, Ils
n'ont pas le droit de so montrer ennemis de l'Indd-
pendance des peuples. Et s'il est vrai que malgr6
le carhctere peu cubain de I'expddition Lopez, il y
avait toujours cu a Cuba un part qui aspirait A
l'ind6pendance de cette lie, les ttats-Unis ne pou-
vaient pas on conscience signer une convention
qui les aurait obligds A combattre cc parti en cas de
coulevement centre la souverainetd de 1'Espagne.
En ce cas, la diplomatic Europ6enne s'dtait montr&e
inaladroite. Et les Etats-Unis, en refusant do signer
cette convention ont fait preuve de leur respect pour
I'independance des peuples. L'Espagne est une
puissance exotique en Amdrique, et los habitants
de Cuba avaient autant de droit de s'affranchir de
sa souverainet6 que ceux des Etats-Unis avaient eu
celui de s'affranchir de la souverainetd de l'Angle-
ierre. Mais les :tlats-Unis n'ontjamais eu uniquement
la petns6e d'aider Cuba a obtenir son independence,
e(i reason du principle deo l'independance respective
(ldes peuples. La co()duite du people amdricain la
suite do 'affiire Lopez esl venu d(10iller tous les
youx. L'lEurope dtniue s'empresse de dhmandie
l'in violalilit6 de (Cuba, los Etats-Unis s'y re'useni
c rremrnent pour la raison lue nous avons Mtablie
llus Iliut. Mais l'Angleterr(e et la Franicce iuriieiit
bi1on pu prendre les Etlts-Unis dans nI piige, si, au









10 LA DOCTRINE. E II.ONHOE OU

lieu de,d.u'andcader .la fois une garantie de l'inviola-
bilit' territoriale.dl Cuba. et la s uverainietd deo 'Es-
pagne.. El i-.. s'taient contcntees d demandl(sr siim-
plemeint l'inviolabilit6 termitoriale de Cuba. En
protchuda.t ain.i Ell I. n'aunraiiiet pai s subi.im ('hclie
diplo,.m)nal;lpi;, :.l gpulatt i trop servir la 'cause lde
I'Espag It,. 11\'va a ins. di' eque lo s Iats-.Un;T is n'u-
raientp.. s r.e'"us1, d'ndl-n.a rl '.it une. pareoillo conIve(n-
tion, et, i.ls ni'y a raientl-pas vu non plu.-,.un acto do '
dtfi!.icin, puisqile. Ia. mime puissance don't pouvnit
disposer al.ors los .l1'tats Unis pour s'emparore d(
Cuba, .u:n naitre, untion IEurop(')onnef aurait pll ])ien
en dip. SysQ' a.ussi. Les tats-lutis out done li ,droit
f'i'tre: fiers cIl,;iiI les pusillanimes conices-sions do
:en diplomanitiec lEul:Popenne. Mais revenons it I'6po-
(qiue (< e.l'.qxpdition I.,opez, et voyons los diverses
opinioflns ('nijnes. tant -par .I (GiovecrncmInnt .et le
poup !e dIcs 1t aIts-IUnis, siur Cuba. Evidem.nmnt,. et
an pi*limiel ab)ord, on vondrait ablsoudlre io (ou-
vern:irnelt des Elats-Ulnis, d(1 lout intention .hos-
tile a lg, I'ard de l'ind6poe(bndane respctl)(ive de Cu-
ba, PI si l'on voeit enore, t I('cgard dti la In mve-
rai iic' aln'm'me de I'Espagne, on raison dte ]a pres-
si.p' d.ont il (tanit I'objet do la part do son Ipouple;
et Y'on sait )patout idans Ic monde q(u lia volontP
dos ptiCple. est toIujourl plus puissante que colle
des Co. v \vei'emiels.
I)Dpu is avant I'cFxplditiorl de L, opez, les jouirnaltux
ain6rieain, parlanl.,do(' 'an l ioi n prol)labledo Cuba.
anx Eitats-UTJi.s s glorifiaientAdir'(nt-ils, des .sympa-
tliios (ieo l'nioin, relncontrait par'i i les lhabitants de
I'llp'., E ,li lle i olle ocr ei:,.nce, la cour d'Espagne A
crti oppo;rtoIl d'onvoyot.: (h Cul), le comnte de: Mira-
sol pour stond!er le' dispositions des Ilaitants, afin
de savoir si., (dans Ic can d de disaffection, il no se-
rait pas plus avantagoux do c1dc(r cotte Ile aux









LE DROIT NATURELI DES.PEUPILES, 11

l:tats-lUniii nioyennanlt uno indomntit(, coimim hlai.
France avait fait pour la Louisiano. Maiis.des.aven-
tuiiores sons 1o nloil do pionnioes, do.,la l-ibrti't n'rnt
pas cru dlvoir altondr t lc Ic-.liulta.t cs.invostiga:tions
do la couIr d'Es)pgne. UIs s'organisPiront activement
sous 1l'oil ilnull gQlt dot saitol iti('s amin'viT'ain.es. l)e
lourl' cti lo>Ic aiitoriit,(s .d(l l'lle de Cuba ei:ul'no t dn; oir -
lprondre doc's mcosures .c'nolgiqu es n vl!il dy parorL
a touto (v('entutalit6 d'ull elnv lvllisclntl de.-. t l.1': par
d(s avontu(riers, anmi'ricains. Le c6imtc. dl'Alca.zO alors
gouvcrnoliiul do Cula fit. tiue proctla;mationll i a .ES-
pagnolus danis laquello ii le.s raippotlait i..leour d.c.yoir,
i l'obl)is.sanwe qu'i ls devailit it lour sol uvraino, oux,
leo hnlitants de cette Antile, Ia bipe-airmN de (IEs-,
parne. Quoi qu'il on soit, I'invasion oe. lion ave une
appalronc do .suiccOs. Alpn's sIurvint la .dtiacle ,lui
o)bligan Lopez at lprndr la fiitie, 'car .la irprei's-sion
fiIl anussi prompto quo cruello, d( la part dos nuto-
ritos. Espangnolo.. Malis I opez ne so co'lontaI pas do
cot ilns Ces, il llarangna Ia populati e A MolIile ot
lui fit espl'or lin e prolihnine Oxpld(lition plus glo-
iouse. I,o public amol'ricnin no fiut plas. *unal, ir it
jugor '0ot aOct do piratorio aveo illndiglation. On r'-
grotta sCuloment qui'il fut ontrepris (dans in n mome-nt
(' los liEtats-Unis avalint d'assoz graves affairesS 1iir
los brasl, ot si oii olut attend (qu'ils cIlOsclnt fini do
(li!drer sc notuvollos conlquI.lte, a lors ii sornit tormps
do Songir ia 1'a nnlxionl do( Cuba t (I Canadat. Quoi
qu'il on soit I'nffaiire fit grand )rluit ido part Qt d'a utrle.
Au conlglr's, dos interpol[lations violontos fulrolit
faitos on plu lf(t do riT: 'criin i naions contio' I. en lIinet
(t 1lo Prl';sid(lnt qui aivniOllnt Onvoy( dx vaissonIlx
do guorro polur s'oppiosOr a 'i ilnvasio!). Cotto affaire
failli 1n-lo1n1r .ill gllorro ol ntr.. los lt i:tSt-U8nis ot
I'Espag .it ..
Los autorit6s ospagnolos do Cuba so rofunsrent ai









LA DOCTRINE DE MONROE OU


rendre les prisonniers qui avaient 06tc faits durant
cette dchauffourde sanglante ; le Gouvernement de
Washington les reclamait avec obstination et mewme
avec un tonde lhauteuretdemniuvaisehumrnur tout a
fait oppose. A la r'dserve et A la politesse ordinaire ai
li dipl .iatie. Heureusementce conflict n'eut pas de
suite plus grave. L's pr'isonniior furcnt successi-
vement relAches, et ii ne fut plus question de 1'ex-
pDdition do Cuba. Malgir tout 1'Europe s'en dmu
etcru devoir prend redes mosures prlventives pour
empcicher disormais que de pareils fits no se rc-
produisent. Lcs ltats-Unis refuserent une fois de
plus les conditions impos6espar I'Europe et comme
toujours ils parvinrent a triomphorde Il diplomn-
tie de I'Europe. Mais tout en refusant A se lier par
aucune convention 6crite, le Gouvernement des
ltats-Unis n'a pas mins cru de son devoir de piren-
dre loyalement des measure, pour la repression de
a'cte de piraterie don't ktnit victim la colonies Espa-
gnole.
Maisil n'estpa 3 moins-ingulier qu' anetentative d;i
genre e ccelle de Lopez ait pu s'origani',nr suir l
territoire de I'Union sans quee Gouvernement ait
reussi I'empscher. ..... Apris cotte premiere
invasion de Lopez don't nou s venons de faire une
#elation succinct, Lopez no crfit pas devoir jeter Iv
manche laprs hl cognloe, il organism de nouvelles
souscriptlion et de nouveaux ento1lmen.ts et panvint
dans le sei t de la coiofddei tion A pr'palrer un1
nouvellcexp dtlition. NWaninolmin, le GoI vrii memntlde
\W'asllington ne rnanqua point, d( passerIl' dtOs ordlll-
','verces aux alutoitis dle. locnlites ol' Lopez pilisai!
Pses moyen d'iaction, mais co.s ordres riiesii'rent, ilief-
(icaces en prieseence de la rIsistance du peuple, sc
voyant imnpuissant i enmpchiehr siur soil propre t(r-
.iitoire l'o!',:nnisntion des volointairce do Lopez, I!









LE DROlT N.AT'vI'IL 1)ES PRUPLES.


Gouvernement s'empressa de les d6clarer en dchors
desh lois internationales et come no m6ritant point
dans leur d(faite d'etre proteges par le droit des
gens. NDanmoins apres cet aveu le cabinet de Was-
hington n ne gligea rien pour prot6ger ses natio-
naux qui out pu s'&chapper aux funestes cons6-
(quences de leur t6mrit6 ; car cette fois, la rdpre;i-
sion fut plus terrible encore, puisque tout: les chefs
de l'exp6dition ont Mtd tus et notamnment Lopez Et
il est inutile de dire combine l'emotion fut grande
aux 2ttats-Unis, d6s qu'on apprit les sanglantes ri -
pressions exerc6es sur lescitoyens des etats-Unisqui
s'6taient aventurds si imprudemment. Cinquante
d'entre eux tombh nt sous les balles Espagnoles.
Les journaux publikrent lesderniers adieux de tous
ces enfants perdus A leurs families et A leurs amis;
les meetings s'assemblerent partout, dmettant des
voeux pour la d6livrance de Cuba et prof6rant des
menaces centre 1'Espagne. A New-York, A Balti-
more, A Philadelphie, dans des r6unionsmonstres,
des orateurs demandaient I'annexion immnidiate,
prop saient des sou.scriptions pour l'achat d'armnc
ot de vaisseaux, i6clamaiont des cnr1lements, etc.
A la Nouvelle-Orl6ans, il so passa d'affiigeantes
scenes de d'sordres : la foule courant le long des
rues, d6truisit d'abord sur son passage toutes les
boutiques de cigares qui etaient tenues par des Es-
pagnols, en maltraita les propridtaires, et puis,
sur un cri qui s'l6eva de son soin: rendons une
visit au consul Espagnol clle se porte vers l'h6-
tel de ce dernier, qui dut s'dchapper et so retire,
pour plus de stret6, a la prison de la ville. La foul
l'ayant su, s'y transport et menaga de d6molir la
prison, si on ne lui donnait pas le consul ; fort heu-
reusement elle ne poussa pas plus loin ses menaces.
Pendant que ces scenes de desordres se passaient,










LA DOCTRINE DE MONROE OU


'des coups do canon talentt tires, depuis le martin
de minutes en minutes; en i'lionnlur des libedrateurs
fusilis'. ('ittc'; natration enllpruntce it un livre cd-
lebre suffit pour donner uno just idde du character
du people amidricain. Ainsi. avoc un tCl pCuple Ct
dais uln'pays.ott c'st opinion publique qui gou-
verne, il est facile de comprendre l'inpuissance
dais laquellc se trouvre le Gouvernement do eCe
lays it' aadopter unl politique confoniec h I'd-
q it'c: t aux driits naturals des pouplcs. Mais il so-
rait ilijuste : e nc pas reeonnaitrc tout. e Iprix des
'ff6its .dlp)loyids par Ic Gouvermnlellet des Etats-
'Inis pour raonImieCr 10 pays it In saine tradition de
son e seincc gvervcnel1rn tal. T'suffit do lire pour
s'cl conlvaincrld l Inessago du i'Prisident Milliard
Fillmo(e. t la date du 2' Dicombr 1851. On y lit
entree aulirls close. : D)epuis la cl6ture du dernier
co(gri'., un certain noiiibro d1 cu i gains et d'autres
(traingers, rIosidnt al l Etals-Unis, qui so trou-,
vaitent plus o i moins pingag(s dansh la prieiimire in-
vasionl de Cub1a,;, ai 'lieu (d'troe d(lourlags par leur
(Coliec, ot d 110ntiveatu abus de 1'hospiatdiI de cCptas,
pour en faire le tllieatr de I'organisation d'une
InoiIvolle expeiition miililaire centre cotte belle pos-
sesd io de sa liit'| l, '- catl olil ue C et ils ont "t6 aids,
I~iY"(, at sHconldCs ai'tiV('lent pa)r des citosloens des
Elals-Unis. Aissitotl que jo f'us instruit que de parcils
desseins existaient, j'e xpdiai ans ddlai aux olti-
cicrst u Gouern cn tdes iii-tII'rctionis que r'ela-
maicnt. Is circonstafnces. Par uner l'oclanmtion don't
je vous transipets couple, je fis conn;itre itOecux qui
coirniellt le risque lId'tre ntraines tdans cette en-
IrepriscP, son Carnc teic illegal et les penalihis aux-
(1qulcs ils 's'x poserient ln y prlnalt part. Pendant
un moment il y (cot lieu d'cspirer que ses mnesures
suffiraient pour arr('ter enterprisee ; mais cette es-










I.E DROIT N:ATUt E. DES PEOPLES.


prance 6tait illusoire. Dans la matinde du 3 Aolut,
un steamer nomnin le Pampero, partit de la Nou-
velle-Orluanspour Cuba. ayantit board plus do quIatre
ccnts'ihommnes armi.ns et ayant cvidenlneniiiil 'iniitn-
tion de conimence'r la guerre coitrie les1 itito'ts d
'llce. Cotto expedition avait td6 mis-, sur..'piedl en
violation direct des lois des I1.tats-Unis. Avatiit.le
depart do l'cxp!dition, ot plrobal)lnment avnnt-(lirllle
flt organic, un 6ger mnouvemint insun l etionnel,
qui parait avoir etd rapidelen't itoutff,. a vait cu
lioe dant la parties oi:ientile d1e 'llo (ile uba. L'ippor-
tainc ce mnOuvmenmnt futl allihureusetimit si tort
exagcere par los raits .pulli(' d anu les o IrInuIlX
de cc pays-, qul 109 lavcntu.riCrs sonihlont avoir 01
conduits ai croire que la population crdcole ne dcsi-
rait pas seul mnu1 t -scco(uer l I'utori it6 dl1 la MNI0
PatriO, inais l Ic la rvolutlion iatit lhion a rri't(e et
Inelrgiqununoilt conCiu. COux .q' i t fiai:aiot I partic do
ceto exp)'dition 6taient on gonir'l jeunis ot pel)
:laireds. Ie C.ttetuner dan1s lq(uel ils s'(e01 n jilar (''trint
quitta la Nouvello-Orlcans clanddostineOnient, et sans
avoir t(6 expidid en douano..
Apros avoi r touch it Key-West, il se diri.goea vers
la cote de Cuba, ct, ldans la nuit du 11 anI 12. Aolt,
il dcl)arqua los gons (u'il avait a itod(l, ai Pla-
tas iA vingt liouos environ dc la H1avane. Le corps
principal s'avalCa vers l'intrieiiel, (. s'epnpara d'un
village situd ht six lioeues do distance. Le roste die
l'exp6dition devait suivreC aver les l)gagos, aussi-
tot qu'on auvait pu so pIrocurer deOs mVyon do
transport. C( d'tacicinem nt s'tail inis il nI;ar.lu,
pour rejoindr 10e corps priniipal, c, ayaint fait
environ (jquatre lioues dans le pays. f'ul a.ltIqu,
dans la nuit. du 13, par un corps do trouble espa-
gnolcs; il cut it subir une lutte s.uglante, puis
battit on retraite vers lc licul dii dl.'arquiieniont o t









I.A DOCTRINE DE MONROE -OU


cinquante des hommes qui le composaient parviiw-
rent A se procurer un bateau oil ils se rembarquA-
rent. Ils furent toutefois surprise, parmi les babies
qui bordent la c6te, par un steamer espagnol qui
croiait dans ces parages, faits prisonniers et
tranisportes h Ia inHavane, oU apres avoir 6tV exa-
minies devant une court militaire, ils furent con-
damnis h 6tre publiquement executes. La sentence
Iteut son cffet Ie 16 Aoit. Aussit.6tqu'avis do ce
qui passait cet W6t recu, le commodore Facchall A.
Parker partit pour la Havanc a bord.de la frigate A
vapeur Savanac, afin de s'enqubrir sur les charges
qui pesaient sur les gens qu'on avait executes, des
circonstances dans lesq.uelles tlaavaient 6td faits
prisonniers, en un mot.de tout ce qui touchait A
leur jugement et A leur condemnation. Les copies
des instructions donndes par le D6partement d'I-
tat A cet officer, aussi bien que cefles des let-
tres qu'il a adressees au D6partemenf, vous sont
soumises.
D'apris les proces-verbaux de l'interrogat.oire,
les prisonniers ont tous admis la raalit6 de l'ac-
cusation dirigt'e centre eux. Ils ont avou6 qu'ils
avaient envahi I'lle A mains armies. Au moment
de leur jugement et de leur execution, le corps
principal des envahisseurs tenait encore la cam-
pagne, faisant la guerre aux autoritls et aux sujets
espagnols. Au bout de quelques jours, battu par
les troupes espagnoles, il se dispersa: c'6tait le
2i AoOt, Lopez, le chef ne tarda pas A Wtre arretd,
et le 1"' Septembre il 6tait execute. Bon nombre de
ceux qui l'avaient suivi furent tubs .of pdrirent de*
faim et de fatigue; le reste fut pris. Aucun de ces
derniers ne parait avoir 6et jug6 ou executed. Plu-
sieurs d'entre eux obtinrent leur pardon, gi'Ace aux
instances de leurs amis, et les autres, au nombre









LE DROIT-NATUREL DES PEUPLES 17

d'environ cent-soixante, furent envoys en Espa-
gne. De la destinde qui leur est irservie, nous n'a-
vons aucun avis official.
Tel est le triste resultat de cette ill6gale et fatal
expedition. Ainsi des jeunes geis irrifl6chis ont
Mt6 entraines, par des representations fausses et
frauduleuses. h violer les lois de leur pays dans
l'csp6rance timeraire et mal fondue d'aider a l'ac-
complissenmnt de revolutions politiques dans d'au-
tres Etats, et ils ont perdu la vie dans cette entre-
prise. Un jugement-trop se6vre no peut-6tre pro-
nonc6 par l'opinion publique- indignee centre ceux
qui, niieux informs eux-memes, ont 6gar6 une
jeunesse ardente, animco -d'un amour mal dirig6
pour la liberty politi(que. La correspondence entire
notre Gouvernement et celui do l'Espagne relative-
ment i totle cotte affaire vous est communique.
Bien (que ces lhoninmes (qui ont viold les lois aient
plrdu la protection de louIcr pays, cependant le
Gouverniement, atutant quC ccla s'accorde avec ses
obligations envers les autces pays, et sa resolution
doe mintllniii l'execution des lois, peut 6prouver
de la sympathies poui' lours families et leurs amis
qui ne sont point coupables, aussi bien qu'un sen-
timenit do compassion pour oux-mimes. En conse-
(quence, aucun effort n'a 6tc et no sera 6pargn6
pour obtonir la mise on liberty dos citoyens des
Eltats-Unis qui, engag6s dans' cotte ontreprise ille-
gale, sont maintenant en Espagne ; mais i est i
ospc'er que cctto intervention aupr6s du Gouver-
nemelnt ',Spagnol no serti point considdero come
un )pr6txtoe p)our compldl)t que 10 GouvoIrn olent
dos IEat+-Unis, h l'avonir, so croinr dans l'obliga-
tions d'i.ntOrcde-oti'pour obteni l'dlargissement ou
l'amnistie d'individus qui se soront mis en contra-
travention ouverte avoc les, lois des nations et celles
2









LA DOCTRINE DE MONROE OU


des Etats-Unis. Ces lois doivent 4tre exzcutles Le mes-
sage continue ainsi: Si nous ddsirons maintenir no-
tre respectability parmi les nations de la terre, it con-
vient que nous soyons scrupuleusement et rigoureuse-
meni fiddles. aux acles de neulralild passes par le c)n
gres, et que nous frappions autant que f/'ire se peut,
d'un just chitiment la violation de ces actes. Mais voi-
ci le passage 10 plus important (le cc message ex-
traordinaire, concerniant los droits resdectifs des
pcuples, ct I'obligation pour lc (Gouvernenent des
Etats-Unis de les respecter sous quelque former
qu'ils se traduisent:
Los auteuri do l'expedition de Cuba semblent
s'itre decides froidenicnt et par calcul it une entre-
prisCe (qui dcevit fair lionte it leur pays, violor les
lois et mettre cn pdril la vie d'lommes mal ins-
truits et d(clus. Vous auricz. i' examiner s'il n'est
pas niicessaiir dc passer do nou volles lois pour em-
piclihr .t 1'avenir do soni)blablCs imdfaits.
Nul individu n'a le droit de risquer la paix dui pays,
ni de violer ses lois dans Ih vague esperance de modifier
et de lrefolrmer le Gouvernement des autres Elats. Ce
principle est non-setlement raisonnable en lui-nmdme et
d'accol d avec lk loi publique, mais il est encore dcrit
dans le code des autres nations aussi bien que dans le
ndtre. Si tels sont les sentiments de notre Gouvernement,
it faut ajouter aussi que touted nation inddpendante doit
4tre presume capable de defendre ses possessions contre
les attaques d'individus sans autorite, qui s'unissent
pour les encahir. Le Gouvernement des Etals-IUnis, a
toutsles les poques, depuis son dlablissement, a eu soin
de s'abslenir pour lui-mdme ; it s'est e/forcd d'empdcher
ses citoyens d'entrer dans les diff/rends survenus entire
les autres puissances, et it veut observer les devoirs de
la neulralild. A son origine ( I'Administration de IWa-
shinglon ) plusieurs lois ont Nt/ voldes dans ce but..... En










LE DROIT NATURAL DES PEUPLES.


proclamant lu doctrine de neulralite el de non- interven-
vention, et en s'y mnontrant fiddles, les Elats-Unis n'ont
pas suivi l'e.emple des aures nations civilisde' ; its ont
march/e dans ler propre voie et ils y ont e'd suivis par
d'autres. Cola a dtd admis par un des homes d'Etat
les plus 6minents do la Grande-Bretagne, lequel a
(lit au parlement, pendant qu'il 6tait ministry de la
couronne, que (( s'il voulait un guide dans le sys-
tine de neutrality, il prendrait les principles poses
par l'Amir'ique aux jours de Washington. Je ter-
mine cette citation par cos paroles senses du Prc-
sident des fltats-Unis, qui traduisent parfaitement
la saine doctrine prcclie par le noble Washington:
Relations amicales arec lout le monde, d'afliance embar-
rassante acec personnel. >.
Co qui a 6td privu par des e.-Aprits delaires s'est
traduit en tfit, le people dos l-Etats-Unis a comple-
tcoment roni)u avec la tradition; le pouvoir est dehu
aujourd'hui au part qui prond pour mot d'ordre : la
conqueto. Et Dieu sait ou cola doit entrainer le peu-
ple des Etats-Unis, car on nsomble dire que le Prd-
sident lloosevelt est Ia personni ication do I'idde
do conqui''le. 11 y a c(pendant une consideration A
laquelle je dlois rvenir sans ccsse puisqu'elle est
1'objet mime de mon 6crit : los int6r6ts essentiels,
on les droits rospectitfs des pcuples. Les ltats-Unis
ne pouvaient invoqucr cetto consideration pour
justiier leur intervention A Cuba. Ils ne pouvaient
invoquer avecjustice que lour doctrine Monroo. Car
du jour qu'ur (.oaverneinent r6volutionnaire s'dtait
6tabli Cuij;o, et a pu so maintenirdurant plusieurs
annnes, les 1'ats-Unis avaient ho d(roit de dire
carriment I 'Espagne : En vcrtu do ina doctrine
Monroc, je vais intervenir pour af'franliir do vo-
tre joug un p)eu)IC dte de l'Amlriqu(e qui se refuse
d'obdir i vos lois. Alors c'eit Mtd plus crane do la









iA DOCTRINE DE MONROE OU


part des Etats-Unis qui cussent par cc fait sanc-
tionnQ la doctrine Monroe, soit par une victoire ou
par une d6faitc.
Et dans quelled condition s'il vous plait cette inte--
vention d(it itre faite,sinon en vertu du principle po-
s6 par les L tats-Unis oux-mmines ; 'Amnrique aux
Am6ricains. Le drapeau dos Etats-Unis n'eft dit
flotter a cot6 do celui de la R6volution cubaine que
durant la lutto, et sous aucun pr6texte il ne devait
rester une minute aprss ic triompho de cctte r6vo-
lution.: Car, si c' est -n vortu du principle de Monroe
que Ics ltats-Unis sont intervcnu dans les affaires
cubaines, il va sans dire qu'uIo pareille interven-
tion doit otrc ossciticllcnment gratuite, ne com-
portant aucune obligation force a la nation A
laquclle on est \vienu en aide. Car, quandi on repr6-
scnto uni principle on doit pouvoirdisposer d'assez de
puissance pour lc d'ifcundrol t cola, it ses risques et
p6rils. C'cst danis uio Ul1 l)aille occurrence qu'on a
vu la Ru:ssic intcrvcnir cln Hongrie pour ddbarras-
.sr l'Autriche do la lRvolution qui la mottait ia deux
dtoigts do sa port. Et on l'a vuc so rotiror de la Hon-
gric, sitot (que Il Rldvolution 6tait vaincuc, sans au-
tre rdcomponse qu'un romorcioment official du gou-
vcrnement Autrichion.
Et pourtant, sans conipter dcs millicrs d'hommes
tombs sur les champs de batailles, cette interven-
:tion avait cot6 id la Russic plus de 50 millions de
dollars, car on l'a vue inimndiatemnent apr6s cette
guerro contractor un 0omprunt Londres pour cou-
viir secrictement ses frais. Et pourquoi la ,Russic
agissait-olll ainsi silnon parco qu'(llo d6fend dopuis
un sidcle Ic principo conservateur en Europe, et
come puissance limitropho do l'Autricho, ses in-
.tedrts essentials so trouvaient monaces par cette r6-
volution do Hongrio faite sur scs fontiros,, et doht











les tendances 6taient trop libdrales pour ne pais tre
un danger pour sa former d( gouvorneni.ent. ,C'est
dans cette condition que ncous souhnitons voir l'c-
tion du cabinet de Waliingt in s'toendre sur' loes aIu-
tres peoples de I'Amn(riqiie. Et est-il nicessairl
d'imaginer la joic que eo poluples rIssenltiraiCnt le
jour qu1'ils vorraient les lEtats-Unis meItre sinci'(re-
lment lour doctriinl e n pi'atinue Idans le but unique
de les prot'ger tout e(I resplcltant lur s dr itls ires-
pectifs do peuples lil)rs rt indpll)ndallnt Mais a
lieu do so complaire danrs uln lelle conduit liii cht
6td d'ailleurs si grandiose, et si coinfoi'meI a son ori-
gine, co people dispose do millions pour nrgocier
los droits natuiels des pouple.. Car comment quali-
nler In conduit dos Ett.s-Unis aux P'lilippines, si-
non que lc cabinet de \Washington a foulh au\ pieds
les droits los plus sacm'f. dec pOuIples. Sans doult, on
ne doit pas faiire irotuve doe sontilnent qiiand (m d((1-
fo:d ses l)'oprps.- intbl'r.ts, mais il n'st pas just non
plus do briser I'esp(irance des pouples darts lo but
doe fondor un Oempire par la fiorfc, que des groups do
c(1anon.s briseront aupi. La tichlio est plus noble
(lquand on a pour 1ut la fIilndatioln d'un em'pirl-e m1o-
ral blas' sllu sos int('wvts 6'o.nolinliques. Ieo nor dos
lItats-Unis otct t(o cit anujourd'lii ave reconnais-
sance et v',niniation, si, aprn s avoir bris la puis-
sance colonial do aIn pauvire Espagne a. coups de
canons, ils so fussentcontoni, do dire aux pouples
qui comblattaient cotte nation pour leur1 ind(lpen-
dance respective : Jo suis intorvein on Ami(''ique
on vortu do mon t cincipe, ot par un offet. natural la
guerire so trouive port6o jus(lu'en Oc'anio o(n ma
flotto s'(tait trouV60 on face do cell do mon oulne-
mic. Aujourd'hui que vous elos lil-es d'adopter lo
go uvern oent qu'il Vous plait. conduisez-vous
comnme des lioinles civilisit', et je no vous deman-


U.', DHOIT NATUI'IR DES. PEUCPLE.S









LA DOCTRINE DE MONROE OU


de pour toute concession qu'un traitO de rkciprocitO
commercial, afin que les produits de mes manu-
factures s icnt le plus en faveur chez vous. en re-
tour, je vous accord aussi la facultU d'ecouler tous
vos produifs cliepz ni. Et quel oest l people qui
apres un parcil bienfait d(e la part d'un aitre ne
s'empresserait pas do iii accorder toutes scores de
concessions compatihlfloi t s.a dignity( de peuolle
libre et i)nd'(pendantl. Dione I'action du (cabinet de
Washington anx Philippiines est un mauvais prece-
dent etabli dans Io nionde. Je ne dirai ricn de la
Louisianc, la cession do cc pays par hla France A
I'Union amirmcaine, 6tait une veritable nocessitM
d'ltat. La Louisiane s~ trouvant en travers de 1'Union
amnricaine, oft etc1 uine cause perp6tuelle de que-
relle entire la France et les lEtats-Unis, et finalerent
ces derniers seraient parveinus soit de grei ou do
forie h s'emparer de la Louisiane. II taut d'ailleurs
A tout people des limits bien ddfinies par la nature.
C'est le scul moyen de pr6venir un 6tat continual de
guerre.
Je dis quoe examplee donnd par les Eltats-Unis est
mauvais, et en cffet, ii est dur d'entendre dire que
tel people a etd vcndu, j'en appelle aux philosoplies,
aux homes de haute morality, ai ceux surtout qui
savent Ie respect qu'on doit 1 aIn dignity humane,
et aux droits natural ds des puples. II e(t kt6 cepen-
dant tr's noble de la part du people des 1ltats-Unis
de payer au prix de 'or la liberty et 1'ind6pendance
des peuples impuissants ai s'affranchi r do la tyrannie
d. ceux qui sont plus puissants qu'eux. Une tell
action aurait fait tressaillir d'alldgresse les cendres
du noble fondateur de l'Ind6pendance des Etats-Unis
Georges Washington. Mais telle n'est pas I'intention
de cc people. II veut aussi A I'instar de 1'Angletcrre
fonder un vaste empire, malgr6 tons les elements










I.E DROIT NATURE, DES PEUPLES. z3

-dont il dispose et qui le mettent au dessus du besoin
de s'Mtendre ailleurs: vb.yz son etendue territorial,
les diverse forms de sa richesse; qu'a-t-il besoin
de plus, sinon de ddpenser touted son activity a iiiul-
tiplier sa fortune en se repliant sur lui meme. II va
snns dire qu'il faudra des sieclos avant qu'il ne par-
vienno h consommer tous les ('limelnts de vitalitP
qu'il renferme dans son sein. I)one il n'y a pas do
similitude possible entree la situation des IC:tats-Unis
et cell de l'Angloterre par example.
Et pourquoi vouloir done cr6Cer un empire colonial
au risque inme de compromettre ses propres int6-
rAts essentials Eneffet, leslItats-Unis no pouvent pas
direauxautres nations: Je respecteleprincipe que je
defends, je vous engage A le respecter de mAme si
vous no voulez pas que je viole vos propres droits.
Ce sont au contraire Ins autres nations qui ont le
droit de leur tonir cc language. Elles ont le droit de
leur dire aussi, l'Eiiropi aux ouropienos, 'Asio aux
asiatiques et come poissanceil ouropAennes et asia-
tiques A la fois nous vous emp.'elhons de vous mlevc
des affairs de 1'Europe ct do I'Asie autant que nous
respectons votre doctrine. lais aucune nation de
I'Eurlope n'a encore tenu ce discourse aux lItats-Unis,
et aucune d'elles ne Ie tiendra. L'Europe, no pOut
pas s'accorder, ollo se trouve dans un 6tat d'infbrio-
ite deplorable en comparison do la puissance des
'tats-Unis. D'ailleurs la suporioritO de la diplomatic
es Etats-Unis no date pas d'hier. Is ont maintes
ois menace l'Angleterre qui les flatte, et s'ils
nontrent certain 6gards pour la France dans leurs
relationss avec cetto doeni'.ro puissance, c'est qu'il y
des souvenirs qui sont imperissables, et qu'ainu'ine
passionn no saurait eteindre datis le ceur d'un pen-
le comme d'un individu ; c'est qu'on ne pout me-
connaitre at bon escient des services qui ont contri-









IA DOCTRINE DE MONROE OU


bu6e vous affranchir de la tyrannic. Do plus, la
formed Gouvernement de la France plait beaucoup
aux ltats-IUnis et contribute pour une bonne part
A raffermir davantage 1 le liens qui unissent cos deux
peuples. Us oant toljolurls con sidere .1)1 hon droit lI
triomphe 1du principle (1dinocratique en France navec
orgueil connll une consequence de (leuis po' res
institutions. Eneffet, 1: cons titution des tDAts-Uni ;i
toujours 6ti(1'objetdo tle:,n breuses e' s;ivanl.o.s (tiuldet s
delapart tles lhomesd 'l;atfranll;lis. M\,ison I:e a vust
montrertin certain raideu r, oupoi urnmieux dire, un
certain rdsove envers lIa France quand cette nation
a cru devoir une fois do plus changer la forme de
son Gouvernement. M:iisj quant l''Anglelorre, ils
l'ont toujours trait(6 lesteonnt, t. avec Ia preiDied(lita-
tion de la lessor. II esl vnri taussi dedir, eque llears
intdr&ts se j txtaposent, et l.u'ils on arriveoront quand
nlell'l injoaralscpreflndrecor pshl r ;' cOps. A m oilnsalors
qu'ils n'ari vent h s'entend re en so fa isa lt des conces-
sions mutuelles. Mais que lle concession vouleo-vous
que les lltats-Unis fassent l'Angleotere ?... aucune,
mais quant a l'Angleterre olIh en iia hIeaicou1p a lIourn
faini, pour vitor ne guLrre. La missance (lds ;lnts-,
Unis est vivincible, ineonte.table, et co n'est pas
une ou deux nations c rlope inns qui on arriveraient
A bout. Quant A penser it une coalition europeen-
no c'est une veritable chinmi:re.
Les nations ouirop6oinnes, Io rodi (sons-nous encore,
ne pai'Tiendront jamni.s A s'cntendre pour agir col-
lectivement centre la puissance des llaits-Unis, et
ce qui rendra d'nutant plus impo.ssiblo.e hI;dsornlis
toute aMion centre les litats-Unis, c'e(st, (e i[curl
puissamne prena do jour en ,jour un caractire plus
aigu. I'Eurr~pe no doit pas s'en 6tonner, car il n'y
a pas d'6tape possible dans la voice de la faiblesse.
Et si aujourd'hui le drapeau des I:tats-Unis flotte sur










ILE DROIT NATURE. DES PEOPLES


Cuba. Porto-Rico et les Philippines, il y sera main-
tenu tout le temps que to voudra lo bon vouloir de
la puissance de ces lC:tats., t on dlpit de la col6re
dte l'EuropL Collc-ci no peut rien fire sans consul-
tor la iuisance does I;tats-IUnis. Coux-ci ont pris
part dirni'ir(emo nt A l'cxpi'ditiohn dirig6e centre les
Bo,)xe.rs, (o)llectivemoent avnec ttutes ls grandes puis-
sancf.l dlo l'l.Europl'. lEt on pout mi^mn so pcrmettre
do dire q'ue sans la dliplnnatic des li:ats-Unis, ou
poIir iiieux dlireo iur puissance on perspective, que
poutt-itro la Cliine aurait (t6 partagoc.
II y a naturollemecnt triis puissances qui ont tout
int('tiit a s'opposer au partage do la C(line, et parmi
losquelles sn troivte I Ila Hssie on tite. Ello settle d'c
touts los piissanoes (iii aspiront At avoir iun part
(du coloss:;, cllinois, a lo (droit d'aspi crA I 'dritage df
c-t empire. Elt, ost-il '(lonnant (qIu'oll s'oppose It son
pntrtago (q(tand dans tlnc cir(onsla cllc plus oppor-
tune 1)ou11 sa politique elle est c 'voi t avoir elle
soeul tct nte lo les pa.rts...
C'o.st done Iin pure gasconlinade diploimatiqui1 (qlid
l'allianlc ct ontrac',tpo, cont'e le Japon I t l' \A gi;i ot-.rro
p)Iurpi'l(serve (do toiit attointo l'int6g1it(6do1 l'Empire
chlinois. L'Angletorer sora clhassie t6 Ind1os, alors la Hussin restora la snutle puissance
fort e 1 l'Asin qui sc ra h sa merci. I.c Japon, so
trout vant d6'ji dans l'impossilbilit( d'(1'tendro sa puis-
sance sur In continent asintique, no sOlra pas assez
puissant pour ri' sister na colosse Russe, dans un
avenir plirclain. Alliance pour' alliance c'est du
cntO (1d a In1 1ssie quii l Japon dovait p)ncli(h. T,
diplofila!tic lusso os-t la plus pr1ot'o(ndo do l'Eiurope.
C'est la plus lmault plrsonnificalion do rotto puis-
sance (lii semimlle dloestinIoe ia un mission divine
dans les aTffircs des lo poplcs. II cst ponl do nations
qui po.ssde dos qualit,0s indispensalIles au diplo-










LA DOCTRINE DE MONROE OU


mate: la penetration, la patience, et une certain
capacity A turner les phrases quand les bones
raisons manquent. Done il n'y a pas de doute qu'une
nation a-issi puissante dans la science diplomatique,
et .par la force qu'elle dispose pour 1'appuyer, ne
parvienne A avoir raison du Japon. Les I tats-Unis ne
ferontjamais tVete A Forage, et s'ils sont invincible
chez eux, ils ne Ie sont pas aillours. II lour faudrait
fire une guerre naval pour s'opposer A l'action de
la Russie on Asie, mais quels qu'en seraient los re-
sultats, ils so trouveraient dans I'impossibilit6 soit
de les subir ou de les voir vainqueurs, il s ne pour-
ront pas jouir de leur victoire, car il lour serait
impossible d'avoir des possessions en Asic, vaincus,
les r6sultnts seraient ndgatifs pourleur vainqueur car
lesttats-Unis sont invincible, redisons-nous A l'int&-
rieur, et il serait inutile d'exiger d'eux aucune indem-
nitd do guerre. Et il va sans dire que la Russic ne
risquerait pas une escadre pour veniren Amorique la
leur imposer. Elle ne lpourrait que fair la c-lhasse
en Europe a leurs navies marchands ce qui n'au-
rait as )beaucoIIp n11i A leur commerce, puiisqu'ils
peuvent so servir do navires de commerce strangerr ,
et la plus grande parties de leurts products sont trans-
portcs par divers naviros rangersr. On pout done
voir facilement qu'une guerre entire la Russie ot le-
ttats-Unis n'aurait pas sa raison d'Wtre puisqu'elle
ne produirait aucun r6sultat heuroux pour Ic vain-
queur.
Trois puissances avons-nous d(6jhA (lit, s'opposcront
toujours an partage de la Chine tout le temps qu'el-
les le pourront, ot elles sont guides touts les trois
par des vues tout A fait contraires. Sous ce rapport
les vues seules de la Russie sont 6lgitimes comme
puissance Asiatique. L'opposition des autres puis-
sauces pour cc qui concern. 1cs affairs de Chine









IE DROIT NATURE. DES PEOPLES


peuti devenir un moment purement illusoire, quand
on song qu'elles pourront se trouver d'un mo-
ment A l'nutre dans l'imposibilitd d'6tendre leuir
force jusqu'en Asie.
Alors la Russio, par sa force ot sa position gdo-
graphique sera seule inaitresse de 1'Asie. Le Japon
no pourra pas r(sister A sa puissance, car il sera
tout A fait isol.. Et admottons mrnim que les Etats-
Unis, au moment d'une gue-rre Europ6onne, so trou-
veornint libres dans leur action, c'est-A-dire qu'il
pourraient porter lour force partout oft lours int(rAts
les appelle, croyez-vous qu'ils iraient do gait6 de
coeur risquer une lutte avec la Russie pour s'oppo-
ser aux vues do celle-ci? Les IEtats-Unis d6fondnt le
principo do la porter ouverte on Chine parce qu'il
y vade leurs intliv'ts commercinux, et c'estpour cela
qu'on ne peut pas lour contester lI droit de s'op-
poser al plartgec (1e Ce pays, mai In la Russie pour
dviter uno guerie avec les Itats-Unis peut bien
aussi leur nccorder des avantages spi:ciaux, tout A
fait an disavantage des peoples avcc losquels ello
serait en guoerre, t cola, pour uno duride ns.sez ('ton-
due. Car les lEtnts-Unis ne pouvant pas aspiro.r A
avoir des possessions torlritoriales en Chine ne de-
manderaient pas rnieux qude(1( signer iun pareil trait
qui garantirait la RPussie de leur neutrality, et par
.lequel ils jouiraient des prerogatives de la nation la
plus favor isec dans les possessions nouvellement
conrquises o' hA conqucrir par la Russie. Los Pitats-
Unis no pouvant pas obtenir de tels avantages do la
part du Japon ne 1'aideront sltroment pas dans nucune
lutte centre la Russie. Ainsi done, los inti.rts des
Etats-Unis satisfaits, il n'y aurait rien i' craindre
d'eux on Asie. Les Etats-Unis 6tant un people d'une
puissance commercial colossal, il va sans dire
qu'il y va do lours int6rets de trouver des marclihs









IA DOCTRINE DE MONROE OU


libres pourl'6coulement de lours products los plus
divers. Nous nous trouvons maintenant sur le ter-
rain cconomique, et c'est lh priciscment que nous
gallons essayer do prouver I'efficaciti' du grand
principle tI' lInd(o)endlanlce respective des peuplcs,
principle quo toutes los grades nations; out pour
devoir do dlfendre au prix mime de l'usnag do la
force pour no pas voir aprIs louIrs proproes droits
viols fautc de n'avoir pas fait respecter celx des
autres. Nous le redisons encore ii n'y a pas d'etape
possible dans la voice de la faiblesse, et comme
disent les hommes pratiques, une concession en
imeine loujours une autre, et quand on n'a plus de
concession A fair on se voit attaquc apri(s dans
I'essence mime do ses droits.
Que l'6quilibre dos nation ne soit done pas rompu.
Qu'on reh've los nationalist's 61tintes et qu'on forti-
fie cells qui sont abattues, et qui'aucune nation no
croie pouvoir en sul)ordonner uine autre ; ql'anucnne
race ne so croie siupricolureo A un l utre race. Sans
doute do grands int6drits imposent aux )pouples
l'obligation tld'itondro l ur influence resplctiveO; mais
alors pourquioi no pas travailler (a l'unificntion d(es
interits commerciaux tout on respoctant l'imd(lpepn-
dance ot la libertO dtos pouples. Oui, que los ntio-
tionalit6s so respeclent rmutuellomont. Los droits
iaturels sont 6gaux, ot il n'y a pas doux espc(ies
humaines, il y a sans doute plusiours genres d'une
seule ospece.
Comparons los peuples aux indiv'idus; coux-ci no
pouvent pas tons sponsor dot Ia miemoe nmniu're,
avoir los mnime~ aptitudes, les rnmmes sciences et
les m(moes gotjts, mais cetto diffuirenceo ntre lour
nature n'iinplique aucuno inflriorit6 relative
Le people am(ricain des 1;tats-Unis de l'Amn6rique
du Nord 6prouve une veritable r6pugnance lpour la










LE DROIT NATURAL DES PEUPLES


race noire, ou pour mieux dire defend avec achar-
nomont le principle de I'inf6riorit6 des races.
En vertu done do cc principle aucun people n'dtait
mieux appeld qu'cux a d6fendre celui de la natio-
nalit6 respective. Et d'oi vient qu'ils cherchent A
Otendre leur puissance territorial, pour former un
veritable bloc d'Ylements divers, sans cohesion au-
cune, jusqu'A cc quo qu'un choc se produise entire
eux. Et en admettant mime quc ce choc ne se
produise jamais, que r6sulterait-il de tant de pguis-
sances contraires, et at des aspirations si diverse
sinon que ol'elment que ces pouples d6testent le
plus prendrait de jour en jour assez de force jusqu'A
devenir desormais une puissance sup6rieure. DjfA
les homes do coulcur et les noirs des Etats-Unis
sont au nonmbre de 10 millions, et ils sent tous
citoyens amcricains. Et si toutefois Cuba ne doit pas
avoir son ind6pendance, les lEtats-Unis no pouvant
pas on fire un people de sujets, il faudra nccssaire-
mient que cetto ile ftsse partic de l'Union amiiricaine,
de m6me quo Porto-Rico. Done voilai la population
des Etats-Unis augment6e( do 3 millions d'honines
de couleur et noir.
Et les Philippines? Qu'en feront-ils? De. sujets,
mais c'est essentiellemint contraire it la mission
d'un people democratique. Une r6publique n'a pas
le droit d'avoir des sujets. On m'obje:tera sans
doute que la France traite les malgaches, les habi-
tants de I'Indo-Chine avec une 16gislation A part.
C'est done une veritable anomalie. Et, il ni s'ensuit
pas que les Etats-Unis aient Ie droit de fire 1a mnemc
chose. La Republiqcuo est un fait accidoetel en
France. I1 y a trop de pr6tcndants dans ce pays
pour ne pas s'attendre d'un jour A l'autro i son ren-
versement. Do plus l'originc mime de la nation
franchise est monarchique,, tandis que les ltats-










LA DOCTRINE DE MONROE OU


Unis out pris naissance avec la forme et le princi-
pe dnmocratique. C'est done une nation d'une essen-
ce d6mocratique pure don't toutes les lois, les cou-
tumes et les mce'rs reposent sur l'6galit6 la plus
parfaite entire les hommces . .
La scule lutte possible entrc les peuples est la
lutto 6conomlique. L'6quilibre des forces semble
etre 6tabli. La seule question qui allumera t6t ou
tard lc flanmbau de la guerre en Europe est la
question de 1'Alsace-Lorraine, pace que la France
est assez puissante aujourd'hui pour fire du Rhin
sa frontilre de l'Est. Mais quant aux nationalities
qui ont 6t6 d6truites, elles ne pourront se reliever
qu'au prix d'une grande catastrophe en Europe. La
Pologne est norto pour des sikcles encore, c'est-da-
dire tout le temps que subsistora le colosse Russe.
L'lrliand a plus do chance de recouvrer son iind-
pcndanlce de lp)uple, avant lonIgtomps, q(ue la Po-
logno. Aujourd'hui tous los pouples indistinctement
reconnaissent la puissance du principle do l'inde-
pendancce respective des E;tats. Les nationalists
actuellenient existantos no pouvent 6tre 6teintes
sans 6branlcr nminc les fondeiients de l'ind6pcn-
dance des pouples. Ils sont tous des frnires et au-
cun d'eux no souffrira qu'uIn crime fratricide soit
commis, sans s'Cl6ver avoc indignation centre le
criniinel. Au lieu d( s'en carter on a vu 1'Autri-
che au contraire fire tous sos efforts pour 6tendre
autant que possible les droits des peuples qui font
partic de son puissant empire, et c'est pour avoir
tenu compto du grand principle des droits respec-
tifs des peuples qu'on l'a vue jusqu'h cc jour rd-
sister a toutes les vicissitudes. Car les peoples di-
vers qui composent cot empire subissant comme
un fait natural la supr niatic de la race Allemandc
jusqu' i cc quo la Rl6volution de 1818 soit venue









LE DROIT NATURAL DES PEtJPLES


d6siller leurs yeux en leur donnant le sentiment
de leur propre personnalit6. C'est done au grand
siecle profound el. humanitaire qui vient de s'chle-
verque les peuples jusqu'alors opprim6s ont d l1'iin-
plusion qui les a port6d so dresser en face de leurs
oppresseurs pour r'clamer des droits 6gaux de ra-
ces et do nationalists. C'est quand 1'Empire d'Au-
triche s'est vu it deux doigts de sa perte qu'il s'est
empress d'accorder des droits 6gaux a tous les
peuples qui le composent, avec I'arriere-pens6e, il
est vrai, de les dominer apres, s'il parvenait A re-
construire I'ancien empire allemand A. son profit.
Aujourd'hui que cc rive des homes d'Etat alle-
mands de l'A.utriche a 6t dissip6 par les coups
de canons prussiens, qu'elle est la politique ac-
tuelle de l'Autriche sinon de chlrcher par la fusion
des races qui la composout a absorber la race
allemande elle-miinie, ain dtie dtruire l'dl6ment
gormanique qui t6t ou tard pourra entrainer dans
son orbit tous les autres pouples qui composent
cc vaste empire. La parties allemande de l'Autriche
ne vout pas du tout abdiquer ses ancionnes preoga-
tives, elle aimerait mnioux plutot uno scission entire
elle et la puissance Autrichienne, par cc qu'elle sait
que l'Allemagne est lh, qui lui tend les bras. Toute
la politique do l'Autriche dovrait so concenter sur
un seul objectif; 1'abaissement de l'influence allc-
mande dans son propre sein, cette influence qui
mine sourdement le fondement imme do cet empire
et qui encourage ses ennemis a proplhtiser chaque
jour sa perto au profit du colosse Allemand. La
partic allemande ne disposant pas d'assez de puis-
sance pour tyrannisor par la force los autres peu-
ples de cot empire, et no voulant pas abdiqucr des
droits qu'cllo a acquis autant par un long usage de
government que par la puissance scientifique









LA DOCTRINE DE MONROE OU


qu'clle..possede, compete sur 1'Allemagne pour les
iui sauvegarder. Et est-il 6tonnant qu'on entende
dire A tout bout champ que l'Autriche va s'?crou-
,ler bient6t? Nous souhaitons pour la nation Autri-
chienne que de pareilles 6ventualites ne sc produi-
sent jamais, mais pour les pr6venir il faut une po-
litique savante come out d'ailleurs toujours fait
preuve les hommes d'ltat de cet Empire. II est
vrai que la mason rkgfiante elle-mime appartienne
a la race allemande, mais l'Emperour lui-meme
,devrait accepted cela come un fait du hasard tout
en s'.cartant autant que possible de I'influence de
cette race dans les affairs g6ndrales de 1'Autiiche.
En un mot cette maison doit fire une politique
essentiellement Autrichienne. La population alle-
mande qui compose ce vaste empire est six fois
moins nombreux que les aut;es, qu'est-co a dire,
sinon qu'elle so trouvera manifestement dans lim-
possibilit6 de nuive lo jour que Ia politiquc autri-
chienne scra essentiellemont unitairo. QuantI cetle
vieille tiihse de sa supDLriorit(I sur' les autres races
qui cormplosent I'Empire d'Autriclih-Hollgri, la r6-
..volution de 1818 est venu cn dollnnr un ftiormcl
d6nmciti. On ne peut nior legiti mement la diplomatic
.e.t la rare prudence don't elle a fait Ipruve pour
-avoir pu maintenir sa supredmatic surl les autres
races do l'Empire d'Autriclio, mais cette suprima-
tie acquise.par le droit de conqucte a tfilli deve-
nir lgitime et do droit divine quand l'csprit du sie-
cle s'est clandestinement introduit entre les races
opprimues pour lour app)rendr Icurs droit et leur
fire repudier celui qu'il avait acquis suir cux
par la puissance e la force, et qui a dt6 maintonu
par cello do 1'intelligencc. Car quand on reconnait
ses droits, cola suppose qu'on peut los d6fcndrc
et les fair respecter, Jo ne. veux pas dire ce qit.a










LE DROIT NATURELI DES PEUPLES


WtB le Prince de Schwarzenberg qui a su fair
plier la Prusse maintes fois deviant sa politique A la
fois austere et prudent. II suffit de rappeler que
ce grand diplomat appartenait a une ancienne
famille Slave pour d6truire la vicille pr6tcntion
des allemands d'6tre les lumidr'es de 1'Empire.
L'existence de 1'Empire d'Autrichl. est uno neces-
sit6 pour l'Nquilibre europ cn, et toutes les grades
puissances qui l'entourent ont pour obligation do
sauvegarder son existence au prix mcme d'une
guerre sanglante. La dissolution do cot empire
sera une veritable calamity, on ce sens que. ni. la
France, ni l'Allemagne, ni I'Italie, ni la Russic ne
voudront toldrer I'agrandissement territorial de
l'une au detriment do l'autre. Los pclites .-Rpu-
bliques sent i1mpossibles au centre do I'Europe.
lai Russie d6pensera juisqu'. son deri(ier liomine
et son dernier trouble po()u s'y opposer. Ainsi doirc
le principle de nationality est colui que tout Irolm-
me d'ltat sens6 doit prchlier sans cesse. L'exis-
tence de l'Enmpie d'Autricli est un faiit natural so-
lidifi6 par 1e droit des gons. Et pourquoi veut-on.y
attenter quand surtout oln n'est pas stir de .trouver
aucune solution nouvelle do nature ic concilier lcs
inte6rits et los droits rospectits.des .ttats qui leI coni-
posent. II y a plus d'un siicle d'aillours delpqis
qu'on pronostiquc la dissolution .d. ect o-pire,
ch bien, en admettant qu'une parcille. hlypothlise
soit possible, et qu'une tell circonstance so ptroldui-
so, est-on sutr d'en recueillir les fruit-s sans avoir
aupalravanlt joue le jcu (langercux d'une guerre qui
pout mettro milne en piril, I'existence des nations
don't la politique nurait provoqud ceotto. dissolu-
tion. Et it un autre point do vue encore; admnttons
mfine que los ances latines fussent parvenues it s u-
niii aux races Slaves, ot qu'ollos panvieniient par










L.A DOC'ITlNE DIE MONROE OU


cette alliance A briser le puissant empire Alle-
mand, pensez-vous qu'lapris cette victoire, elles se
contenteraient de fire un partage A l'nmiable, sans
secousse, c'est-a-dire sans avoir a se liver enlre-
elles uno nouvelle guerre? Non jamais; car si c'est
en defendant le principle de I'Indpendance respec-
tive des peuples qu'on souhaite la dissolution de
l'Empire d'Autriche, 'Italic no pourra pas avoir
la part qu'elle voudrait pour se maintenir dans
une situation respective en presence du colosso
Russe qui deviendra par cc fait son puissant voi-
sin. La France, ne pourrait s'6tenlre que vers les
provinces rdnhannes, et nimCe 1A, ses pr6tentions
doivent etre limitces puisqu'elle ne peut pas pr6-
tendre l'absorption de tous les petits litats Alle-
mands. La Russie seule profitera aveci advantage
d'une pareille eventualit6 et elle deviendra-si vaste,
si puissante, qu'il n'y aura en Europe nucune au-
tre nation qui sera assez forte pour conltenir ses
pretentions.
Cette immensity de 1'Einpire de Russie sera sa
propre perte. Les diverse nationaiit6s qui le compo-
seraient, ayant djah le goutdu regime parlementaire
et de la liberty, refuseraient obstinement d'ob6ir au
principle qui fait sa force actuellement, il serait oblig6
d'en arriver h leur destruction total, et on sait A quel
prix on parvient A d6truire totalement un people. Le
travail meme de destruction fera en meme temps
oeuvre de proselytisme, et par une destruction suc-
cessive la nation Russe arrivera h d6truire les fonde-
ments mrme de sa propre personnalit6. Mais admet-
tons que la Russie ne se contenterait que de la parties
slave de 1'Empire d'Autriche, que foriit-on alors
des autres nationalists qui forment cet Empire, a
I'exception bien entendu de la parties latine, mais il
y a encore imp6ssibilit6 A r6unir toute la race latine










LE DROIT NATURAL DES PEUPILES.


qui fait parties de l'Empire d'Autriche, A l'Iaalie, sur-
tout Jles Valaques qui se trouvent A l'extremite
orientale dc cet Empire, par consequent a Id frontiere
de 1'Empire Russe. On les -rigera sans nul doute
on royaut6s ou en principautds comme le traits de
Berlin en a fait des anciennes vassalites de 1'Empire
Ottoman. Mais alors pourquoi vouloir la destruction
de 1'Empire d'Autriche si vous devez arriver A, cet
expedient; serait-ce pour les beaux yeux de la
Russie et de I'Italie., Et que feriez-vous de la parties
allemande? Nous avons d6ji- dit que la France ne
peut pr6tendre A I'absorption de tous les petits
6tats allemands. II faudrait alors construire une
troisieme allemagne avec les royaumes de Saxe, de
Bavi're et de Wurtemberg, on bien reformer la con-
feideration germnnique telle qu'elle 6tait du temps
de Napol&on le grand. Mais avant do r6aliser une
pareille politique, il coulera on Europe autant de
sang que les Amazones versent de l'eau dans I'occean
en 2'1 heures. Car la Prusse aimerait mieux dispa-
raitre de la carte du monde que d'etre r.duite A son
6tat primitif. Et cette maison princiere de Habs-
bourg, la plus efre, la plusg6n6reuse, laplus huma-
nitaire et la plus ancienne de 1'Europe, qu'en ferait-on
apr6s? Evidemment on ne sera pas assez audacieux
jusqu'a se permettre de lui offrir une principaut6 de
son ancien empire. Ainsi people autrichien, groupez-
vous autour de votre Empereur, ce n'est pas du tout
au profit de votre nationality respective qu'on sou-
haite la dissolution de 1'Empire d'Autrichc-Hongric.
On veut tout honnement que vous abandonnicz
votre souverain seculaire pour vous englober dans
des combinaisons politiques tout-A-fait contraires a
vos aspirations particulibres. De plus le status quo
actuel en Autricle ne peut 6tre trouble qu'au prix
d'une guerre effroyable qui compromottra votre










36 L.A DOCTRINE I)E MONROE 01;

avenir, qui vous appauvrira pour un grand nombr:e
d'annecs. Difendez vos droitss tels qu'ils sont 6tablis
actuelleincnt. Quant it la liaison do Habsbourg elle
.se-tIouve dans., 1'obligalion do s'tloigncr du gonna-
lisnic pour miieux a.surler sonl Empire sur dtes bases
essentiellement natioliales. E1lle perd it janais Fl's-
poir de reconstruire aulcune alleinagne it son profit,
C'est. en so p0notrant hiin des droits respectifs des
natioiialit(ts (lu'clleo ilarviendlra f so flotifier. C'est
hioei cette politilqu qcue Ia ioble liaison do Habs-
bourg a suivie .dolpuis qu'elle a peItlu I'espliince do
reconstruivro l'hEiiir d'Allnciigne au profit ,do
I'Autriche.
La defensee dos droits vcspectifs des nations, voili
le but vecs lequOl doivent tender tous les profonds
di)lomnates. Des nations scnt rest(ces fidi''les A cos
prinliipes autant (que leur s intc'irts rospectifs l'or-
do(nnaimt, inais on les I viues tol jours chlang'r d(
systi, c si6tt qu'elles out tds appl tils i satisairoe.
Aujoiird'Iiui cos pi'incil'sC sont Iplus u(11 janinis
fouls au pieds : Ia tforceO seIle decide dt la dls(tillnd
des -cp uplcs. Mais il faut il'ccs-zaiirLmn lit (lu'nII
revioennle l'ancicn imolde (dc prIC cddeLr (lui fit des pcIu-
plls des droits publics. Les traits do Vicnne on 1815
n'avaient pas d'autre objet. Nous no pairlrons pas do
c('ux quii garantissent la noutralit6 de la incr Bal-
tique jar l'inviolabilit6 du territoire du Danenark.
Cos trait(csont6tM copendantatteints (ans lourc'essncP
lar los guerrcs 'quo lo Dancinark a eu Ai silui' it
propose de I'affhirv des deux dluc'lh',s de S!esv\'ig rct d(
IIol.teoin. (Cloto question n DanoisCe est VCelnu liiie fois
do plus pr'ouvcer alu nlonde I'cgois(.-1n des naIionsc (1
l'Europe: s'il s'dtait agi do s'einparLr du D)troit d(;i
Sunld, oi les cot vu touts ndcessaire Ient s'y opposci
avoc touts los forces don't olles pou raicnt (lisI)oser.
Mais il s'ngissait uniquenient d'oxtorquer au Dane-










I.E LIROlT INA' I HEl'. DES PET'I'.ES.


mark deux de sos provinces, et on Ios a vues tou-
tcs abandonner ce people it ;son sort, sans se sou-
cior de ses droits, jusqu'A co qu'il liii fut devenu
impossible de i'sisttoi nl puissiance (de I'Allonmagne et
do 1'Autriclh ensoniblo. Ie, trait(' do 181H1, qui garantit
lr paIssage dcs Dardlan eles, ot qui a d(lj fait coulIr
tant de sang, croyez-v(o (uiio cos nations F'ont fait
pourl0 s 1)oi beaux yeOx do la Turquio? Point du tout,
c'est lparct q(u1'elles erCignont ([iun lo colosso IR uss1 ne
s'em pare d(e Constantinoplle et (que pace fait no (doni-
no lout I'oiiestdo l'Eu ropleon l airantle pasnsag(doe I'A-
sie. Et voilA C1qu'on on cst arrive manintonalln an traits"
de Berlin do 1878, q ii garantit l'indpo)enidnan do plu-
sicurs principauts (iui so sont dlerniieOmclnt oigs
on royauices, entire la Russic ol la Turquie; ( cllo-lh
o6\'(1vque le principle do race. Ello v\et aussi a l'instar
do l'Allcmagno ablsorber touts les parties do in race
slnve poulr on fair un soul tout. Et pout-on co'n)scien-
cicusoment lui impulor i (11rin1 un111 pri'tention qui
qui ost t I'ordro du jo(ur l et(don la rl("alisation d(poll'd
souloment do la piln issanc doni ('le plhl lourra di)sposer.
Les plolits royatmnes (',rig'is ,1i.ro la I'Iuriplio (t la
Ruissin dans1 l'inltition d( co' itoInoir Ils vuos ( do cott(
dorni('rn lilissanco sur lyzilanco pourlrai('nt on oflot
servir d( liornes a I'inlhitioni M(os'covito (n I Eu'rope
si an liou d'une alliance Franco-lHuss,, il exislait line
alliance solid(o entire l'Angletcirr'o -t la Frianc,. Mais
non, cctlt proclmi"('ro pllissance (dans u( n (111g (sin
cqu'llo ose appolr splendid isolemenot refuse do(
so lior avoc aucunl poluple, ou hieon so lie avec c ux
dans des momllents difficiles pour l'nid(r (, ('oiml)at-
tre ses onncimiis, quitle ils ( ab)ndlonnli rallpers a; lour
propre sort ct i. les dppouillecr par dossus Io mainrcl;.
Dans ce cas il est devonu difficile a I'Aniglete'rr d(1
trouver dos allies. Aujourd'lhii que la France so(il-
ble e'ro 'Allio, d('"inilivoe t sin ',r' d1 la 1lussi(,









I.A DOCTRINE l)E MONROE Oli


c'est Ai note point do vue tn fait de nature A pro-
duire de graves consequences en Europe. Et nous
ne pouvons que plaindre le sort des peuples qui
n'ont pu contrarier la r6alisation d'une tell entente.
Cette alliance est une veritable 6pe e de Damoces
suspended sur la tCite de l'Allemagne, de l'Angle-
terre et de l'Autriche. L'Italie seule peut-etre pri-
servCe des funestes consequences de cette alliance
pour les peuples do l'Europe, soit par sa neutrality
ou sa position ge"ographique ......... ILe principle
de nationality n'exclut pas copendant le droit qu'i
tout people de. veiller A ce qu'aucune atteinte no
soit porte Ai ce qu'on appelle en droit public ses
interets essentials. Ceux-ci sont de divers genres,
moraux et ntatariels et il faut pouvoir bien les dis-
tinguer de peur do ne pas confondre les divers
moyens par lesquels on pett les fire observer dans
les propres drioit do ses voisins. Les peoples sout
units entire eux 1pa des liens multiples.
L'existence de l'un est une garantie pour c'elle de
l'autre. C'est cc qu'on appelle le plus souvent en
diplomatic, I'dquilibl)e. I'dquiilibre est rompu sitlt
(qu'une atteinte est port6ie a 1'existence d'un des
peuples qui foriment parties du droit des gens. Diuns
ce ca ls le' interits immnidiats des peuples voisins so
trouvent compromise, soit par lune augmentation do
teriitoiire de l'un d'eux, ou par une alliance faite enl re
deux ou plusieurs dans Ic but do porter atteinte aux
droits d'unou de pl usieurs apl s avoir anugmenterleu r
puissan,'r par l'ancaptissement d'un on de plusieurs
peuples. Done tout people don't les intireits essentials
se trouvent. menaces, doit so trouver dans I'obliga-
tion de so predparer hles d:tfondre, et cela quelquefois,
dans les droits des autres peuples. C'est pour cela
que l'inter'vention est quelquefois permise, car en
sauvegardant par son aide l'existence national d'un









LE DROIT NATUREl. DES PEOPLES.


autre, on ne fait ordinairement que sauvegarder la
sienne propre. On a assist depuis le commencement
du sicle pass a plusieurs interventions de diff&-
rentes natures, d'abord cell do )'Angleterre dans
les affaires de la H6volution francaise. Cette inter-
vention n'6tait justifide par aucun peril immnidiat,
car la situation gcog'iphique de l'Angleterre la
mettait alors hours. dc tout p6riil. Et cependant si
I'on vout bien consider les choses on verra que
cette intervention, 't d'fatit de son caracttre materiel
avait un caractCre moral d'une grande 6tendue .....
Malheureusement cette intervention a fait plus de
torts que de biens h ceux pour lesquels on l'avalt
faite. Cela me fait rappeler tout de suite le discourse
de Manuel a propos de l'interventioni franmaise dans
les aes fis de l'Es.pagne. Mais il faut aussi ajouter
que I'intervention de l'Angleterre dans la R6volution
franiaisc n'nva it pas uniqihement pour objet d'ermp-
cher la continuation des horreurs de 1793. L'Anglc-
terre avec le tact politique don't ont toujours faitpreu-
ve ses homes d'Etat avait compris de bonne heure
la ndcessit6 d'arrtcer les progr' s de la Revolution
franchise. Malheureusement pour clio la Rdvolution
franQaise 6tait devenue invincible depuis que sa cau-
se 6tait devenue cole do l'indlpondapce de la Fran-
ce. Et par matheur pour los victim? de 1793, clles
n'ontp is voulu so plier aux n6cessiths de leur 6ppo-
que; et voulant faire tAte A la Rdvolution, elles ont
6td assez imprudentes. pour en appelor A 'Etranger.
Elles sent devenues par co fait des epnomies msme
de la nation francaise en identiflant leur cause A celle
de l'etranger, et elles payroent de leur tite leuu t6-
merit6. Alors.les crimes deviennent des necessiit&s
d'Etat.Donc intervention anglaise avait manqui'au
double but qu'elle tendait, jusqu'td ce que la glorieuse
ambition de Napoldon ter.)oit venue affaiblir la France









40 LA DOCTRINE-DE MONROE OU
par une suite successive de guerresau pointdela liver
pieds et points liss A'ses enienmis. II est inutile de re-
prdduiie ioi' aucun passage de la fameuse d6clara-
tion cde White-Hall, au mois:de novembre 1793. Cha-
taubriand I'a invoqiu.e en vain dans son discourse
sur les affairs d'Espagne. Ferdinand prince cruel et
vindicatif ne mdritait pas de pareils sacrifices de la
part de la France. Ausii c'est en mi6connaissant la
legitimit6 de cette intervention que les hommes d'E-
tat de cette 6poque l'ont appel6e guerre de fantaisie
dynastiqui. Et cependant en nieditant bien le dis-
cours ce M. Chataubriand on verra avec quelle con-
cision, quclle justesse de vue il a su d6montrer la
nkcessit6 de.cette intervention. 11 a invoque tous les
precedents ct tdus les docteurs anciens en droit in-
ternational. Et en quoi les.int6rbts iimmddiats de la
France 6taient-ils conipromis dans la Revolution es-
pagnole, revolution faite en faveur des principles
constitutionnels, et qui avait pour but de changer la
face do Il nation espagnole; c'est qu'alors c'6lait la
monarchic qui Ctait le principle du gourvernement
di la France ; cc qui la mettait dans l'obligation
d'empicher que des idtes d6nmocratiques ne pren-
nent racinesen Espagne, car tant voisine de cette na-
tion, un courant d'id6cs no manquorait pas certaine-
ment de s'6tablit entire elles; ce qui aurlit occasion-
nd des discussions, des disputes, destroubles subver-
sifs.t.lordre politique otabli chez elle. Et c'est pour
pri.venir de pareils dangers qu'on l'a vue depenser
son sang et. son or, au raffermissement du tr ne de
Fodjinand VII.
Cornme nous avons ddjtA dlit, les int6rity cesscntiels
d'un people sont de diverse natures, moraux et ma-
t!riels. On t viu beaucoup de nations p6rir pour n'a-
voiir pas su h temps fair respecter ces interets. Nous
neo voulons pas approfondir la grosse erreur conm-









LE DROIT NATIREI. DES PEUPI.ES.


mise par la France en 1866, d'avoir permis par une
complaisance inqualiflable l'(crasoment de 1'Autri-
che A Sadowa. Mais la France intervnant constam-
mont dans. los affairs Italiennes, avant -'Unito Ita-
lienne a tW. toujours flddle on cela an grand principo
d'interts essentials. Si clle n'a pu 6:cndre son terri-
toire au dolt des Alpes, clli n'avait pas moins pour
devoir d'emppicher qu'une Puissance do Ia valour
de l'Autrichlos'y M tablisso nu moment s utsutout oA cctte
nalioni 6tait en lutte avec la Prusse pour la recons-
truction do I'Empire Allemand A son profit. Cos in-
terventions A notre point de vue avaicnt le caractbrc
d'unc d6fenso propro. Nous n'avons rien A dire des
manoeuvres diplomatiques do 1'Europo qui ont fait
de l'Italie d'aujourd'hui l'ennemic do ln France, mais
ilsuffit de jeter un coup d'cil sur la carte de 1'Eu-
rope pour y voir quc los nations Francniso, Italien-
ne et Espagnole devraient etro des amics naturelles,
lors mimo qu'elles n'oussent pas appa'rtonu touts
les trois a la mi'me race. (C'st done on raison do la
d(('6'nse du principle d'init6rpts eossentiels (quo lI Fran-
co n fait couler plant de sang pouri In cri'naion do I'U-
niitc Italienne, alin d'm mpellher (qiu'un gr;lndo't
pluisanllto nation no vionne s('6tablir A; so.s f'rontiC'-ros
dos AlpI.. IA oncoore le cabinet ftraillais a colimis
uno grande fauto, car on apporanlt )son ()onlCOni's an
Piotmont, il avait pour (dvoi.r do lui imlposer comnme
condition, lo respect to la garan.io des droits respee-
tifs do. autrei nationalit6s Italionnes, on d(pit mo-
mc de cos pouples. Mais m'objcctora-t-on, pcut-otre,
quo I'Unit6 Italionne est tn fait natural contre sequel
aucuno IPuis3ance noe sorait Iassoz puissanto pourl
resister, car on no rdsisto pas A la loi naturolle. Cette
consideration n'IchappO paCs i notre vue, et nous
sommes le premier a nous inclined devant olle,
inais qu'on conviOnnIe anIssi avec nous ique (I ,la science








L-'. I.A DOCTRINE DE MONROE O0:

hu maine se-trouve quelquofois dans obligation de
dirigcr :le COurPS naturcl des choses. -
Partantdec ce qui vient d'6tre dit, on voit quelles'
sont hos dlis.psition envers tout people don't les in
tOrft-; peo voent 6tr( mellacI s par ia politiquc d'un atu-
tre ; et on nous .voit adm(nlft,'e mnimeo le- drit:conven-
tionnel de i'intervpention ; car qCueliqe point de vue
qu'on I'ienisage, uine intervention ne peut-etre que
conventi onnelle. Co q4ue nous accordonsaux nliutres,
nouss. e r6clamons aussi pour l'usag de nos propres
droits. Et 'est en raison du principle 1ev6 d'intdrits
essezntielset.-des( droits .respectifs des peuples forms
en diverses national.it's, quo nous nous opposrons
de tout la fonrc. .dott nous sommes capable. h cc
qu'auciinmeatlei.nte nii soit port6e A l'ind6poindance e
A l'int6gritc, torritorialo de. 'lle cd'Hati tout entil're, Et
nous nous sentons a ussi d6cid.cs quo Ile pl us pLuis.s.ant
des peuples de la terre t d6clndre nos droits par 1'u-
sage de ncotle plropro forle.
Ainsi la. seule lutte per1) ise entire les pouples li-
bros ct ind(l6pndants est la lutte 6conomique, la lut-
te pacifl(ut: do i'intelligence relative des peuples, si
toutcfois it est impossible ('en lariver a l'union
dos douanes par des thait's do riciprocit6 comnmer-
ciale. ..... .Aucun~ nation n'est infeirieure i
une.auvtc -rl;a !i\tc'nment! Ai son age, a son industries,
en un mol .. son caractorc propre. II faut admettre
l'intelligence relative des peuples en'raison de Icur
Age,- confmnr on admet.l infriorit, reltiivo des3-ini-
vidus, en rnisonde leur education respective. 'Parti
doe princip .o les int('6it,. divers does.pup!espour-
-rant facileinint trouver une base de .conciliation so-
lid', et stable, La civilisation .am1lnera quand mnme
la paix :universelle, I'union dconomique des peu-
pies, mais il-faut avant tout que I'6quilibre du monde
soit solid ,i:-,; 6tabli et nettement d6termini6,









LE DROlT NAT'UREi. DES PEUPILES


Les petites commlleles grandes nation. sentent Ie
micmce bosoin do vivrc lihbes ot ind6pondantes.
L'6quilibro amc'icain est bion dtabli, il suffit seu-
lement do le saluvi egardelr en flormil at nll co)ngi's.
pour d6terimninr losdroits respectifs. Tous les pou-
ples (d l'Am(iliiquc out des aspirations qui leur .Zonl
pcrsolnnllcs t qui nc peuvent (tre satisflaites quo
par leu,!s proprcs actions respective. Et en verlt
mnemo d principi de Monro, ils aunaiient e1 droit
d'en appcllev i la raison et la justice liihumaine, si
les ltnals-U nis du Nord, par un amour inseOns6 d(e
conqucte, devnient )orter atteinte a I lursi (l'Oits.
Nous croyons. avoir dcjh ( dit que I'Eulope est im-
puissante ;'l s'opposer aiux vn\s des Etats-Inis sur
qu(iilque terainl que c suit. imais il no doit pas 'tre
dit pour cola qlu I, lhon vouloir doit tire la soule ri',-
gle( de leur condluite. C('ttO grliande n tion oss;d(1
dIiis son S in trSi d'hIonimnrcs d valeur, lllnt an poillt
(o IP Il polite li ei (|1 philosqophlliu( pt(oil no p sco n-
pronldro qu'il y a une l)morne la ggloire. El ('n ad-
Illttant l n111m11e (|u' hlle devait f'ranclhip cotton Iorne,
Pt(or donlnor lihrt cmurs a son i amil]ition, il no soora
pas dit i( )I plus (iiu'lli, ip Irouvierait janmissuLI son
chernin qu( d(s feurs a cu( illi oft d(s lauriors ;i
ret'cu.illir.
(Carloe jour i'i !( publi ( II i 's I l ispan uo-a "'ri'aimit's
prendront leuir role an s(r'ilix, (lles s.'elnt al Iin'i
d'i)lposer unll born'' (a toutoe v(lldit'l d( co(tnquite de
la part dos lt:tats-Unis, si toiitefoisde pavrcilles d\ven-
tualit6s devaient so prodluire. Mais les Etats-Unis In,
donnevrit jamnais ai l'Europi)o un tel spocta(loe, pli)i
pcu que ce pays soit toujoliirs Yo- Uvorn6 pai r d(os
homimoes semblfalales par lin jugenmint, lIurl pro(f(n-
dourl de vues. a colX (jqui lo gouvoielnt. on Io (, I)o-

Car i"eot ot16 'occasion poll (1.,]( lwues puples do









I.A :DOCTRINE DE MONROE' 01:


l'Europe d'intervenir isoleinent en Amc1ique, et de
fire subi a-h la puissance des Etats-Unis un 6chec
peut-Otre irreparable. Quoiqu'il en soit on pe;siste
toujours a pretcr a co people des idces (do conquete
qu- inalheuriseonient il n'a que trop justifl es palr
ses publicists ot ses tendances ag-essivcs centre
Findependance de curtains peuples do i'Amirique.
La doctrine de MonroC', dit-on, impliquc -l'idce de
conquutc sotis la former d'une protection dc.sint6res-
s6e. En co ens, 1. devoir des peuplos qui ha.biteit
collectivement i'Am6riquc avec les Itats-Unis, est
d'interprpter cette doctrine dans le sens de leurs na-
tiohalit6s iespectiv.s. M. Monroe n'a point du tout
6tabli sa doctrine dans un sens exclusif. car pour.
Ptre citoyen des Etats-Unis, il ne cessc pas d'appair-
tenir au continent amdricain; ct, en posant son
grand principle : I'Amdrique aux Amdricains, il a
certainement entendu par lA : le continent amr'i-
cain aux peuplls de I'Am6ivique. Done Ie sens do ce
principle n'est pas du tout restrictif, il cst aussi g('-
n6ral que g(niurux, et il s'appliqute au plus grand
commune ;n plus petit people do I'Amrniique. Et c'est
dinsi qu(' e cornprennent les lommrres d'Etat senses
des I;tats-Unis. Dans une tolle vue tous les peoples
de l'Amn'riquue se Irouve dans l'obligation l'adlhIrer
a cette doctrine (qui ost la sauvcga.rde nim me d lenu
ind6pendance respective. Done le sons nature l do la
Doctrine de Monroei est: les Ittats-Unis aux habitants
des litats-Unis. Ie Mexiquc aux Mexicains ct HaYti
aux Hallicns, etc. II pout arriver cependant que Ies
IEtats-Unis, 'tant .la plus puissanto nation do I'Am6-
rique, parviennent it on chassor les nations- euro
p6ennes ctt A recouvrer leur heritage, a ce titf~e ii y a
cn Am6rique une foule d'ilos qui no pourraient pas
s'administrer ell6s-memes. Dans cette condition au-
cu!n attcjinte niaurait 6t6 port(c, aux droits des ai-










LE DROlT NATUtEL DES PEUPIES


tres peuples. de TAmdrique, et la doctrine de Moiro.
aurait requ son application la plus juste,:;et la plus
equitable ; car aucun principe no doit 6tre pouss.
a l'extr6me, et si nous reconnaissons/ aux -puples
le droit d'Vtre libres et independants,/de maniire A
segouverner comme l'entendent leurs int6rits res-
pectifs, nous reconnaissons aussi l'impossibilitd6
certain petits peurples de se gouverner d'une ma-
ni'.re absolue, par example les Bermudes, les peti-
tes Antilles danoises, anglaises, hollandaises _t les
petites miles de la Melan6sie, etc.
La doctrine de Monroe ne rejetto pas copendant
'id~ e'de toute association politique entree les .pu-
ples de l'Amerique en vue du,diveloppcmcnnt de
leurs int6rits collectifs. Au. contraire, le priincipe
mime de cette doctrine impliique 1'id(e d'une vaste
combinaison politique ot commercial (lu'il sreait ai-
s6e de former si les Etats-Unis inavaient. Ias inspi-
rer une sort do terreur uinioe aux plus opti-
mistes, par lour vollitO d( conqueOte. Lours jour-
naux parlent insolemment de In conquOte d(.: An-
tilles, de l'occupation des points str;ategiques de 1'A-
me.rique, come si, pour uoe (dlfenso Icomnunne,
tous les peuples de l'Amtrique n'6taient pas capable
d'action. II y en a qui sont vraiement dans un tat
d'inf6riorite assez notoire pour n'en pouvoir attend.
dre aucun concours cffica.e; mais il suffit de les
encourage par des conseils pour les voir so rIveil-
ler de leur 16ihargic ot devenii des peuples s~rieux.
C'est hien lI Ic r6le des Etats-Unis. Cclui dc donner
des conscils do sagesse, do prudence et doe Patrio-
tisme aux autres peoples de l'AimOrique,. au lieu
de les instulter A tout, bout de champs, et de
-songer h en fire des pedants t' leur puis.sanicc djat
trop 6norme. C'est done sur. le terrain cconoiique
que les Etats-Unis doivent songer th 6tondre leur










LA DOCTIlUNE DE, MONROE OU0


puissance. I1s n'ont qu'A Ie vouloir pour fire -du
continent am6ricain tout enter leur march exclu-
sif. Les Etats-Unis n'ont rien A perdre et tdut A ga-
gi.'ler pr I'erteission paciflque de lours interets 6co-
noiniqucs cc ui poui'rral tfilement s'obteny, par de:.
conlcessions ialtuelles. I'Enipire des litatg-Unis est
presqu'aussi vaste quie I'Europe, qu'ont-ils besoin err'
core d'etendre leur territoire. l1s auraient dO avoir
pour mission au contraire. d d d1fendre les droits des
peouples faibles ; car ulne nation qui so trouve dans
les condition. d'oxistonce des Etats-Unis .pout tout
oset( de co qui est grand et gnrcl;eux. Les litats-
Unis n'ont A' singer aucun autre people, ils doivent
rpiudier tout ce qui peut porter atteinte -aux droits
et A I'ind6pcndance des autres. Ceux qui veulent
mrettre en pratique la thdorie des grands empires
sont les instrumniets de lour plroprc perte. I,s
grand emCpires, c'est In mort des nationalists, c'est
le crime, c'et le dospotisme, c'est I'absorption dti
toutes leS vertus et de tous les vices dans un grand
tout sans -c.oh.'sion naturelle, cc qui produira tot ou
tard'comme result:at la negation de puissance innel'e
etd6fensive. Touite natiOn prive 6 de principle mi6re
est appel6 t p6vir', et la thdorie des grands empires
est In nigation absole de tout principe mere. Les
lStats-Unis n pouvent pas, apr.s avoir fond( Ie
plus grand empire dimocratique que le monde ait
jamais vu, aspirer a la domination universelle, c'est
une chose qu'ils savent Otre contre la loi naturelle;
its n'ont aucun iinti('t A courir aprls cos grands de-
sastres qu'ont connus tous ceux qui out o-bi A une
ambition demneisur6e ; t ils ne peuvent pas apres
avoir fond lour independanoe au prix de tant de
douleurs revcr duser de leu.r puissance pour asservir
la liberty et 1'indpiendance d'autrui. Sans doute, la
civilisation, Ie temps n'ont d'autre but que l'unit6










LE DROfT, NATUREL DES PEUPI.ES


'des peuples, mais cetie operation natu rel.e cuan
somnmera encore bien dcs siBeles. iavant de:-dcvehir
une 'railit6 ; et tout people qui- vent.d ieva.nr 1'ac-
tion du terips estappel. Ai p6ri r imin i.anu h blemewit.
Chaque people, quclque -petit q(u.il siot; arisnr -arc-
tire'spkcial. 11 y en- : qui soiit pldhs a:van-i'6.~ les uns
que les autres d(tan ieC vice.i don'tt les: m'xinr: tSont
'pourries ou qui portent dans-leur -sein un germe
dest;ruteur, et vouloir absorber dins.un soul-tout~tuint
d'61mrents divers et de 'nature si mauivaisa, cest
couriT le danger bien grave d'etre.absorb6 soi..mlme
part l'andantissement du principle vital quo tout paiu-
ple porte en soi. Nous sommes amends- a iter :ici
un passage du celebre ouvrage de M. D. Delorme :
Les peuple.5 nese formnent pas par I'aveugl.h action
du hasard. II y a des raisons int.imes d'(llhistire. de
sang, de langue, de traditions, qui forinment co qu'on
appelle une nation. Quand on violent toutes ces
raisons pour-assimiler des peuples 6t!angers A une
seule et unique administration, ils semblnt plierr
d'abord; mais c'est pour se ramasser l'instant d'apres
et recouvrer la l1gitinme indipe.ndnce-qu 'is tifln-
nant de-l;a nature des choses,. ::- -: .".,-.
SLa th6orie des grands empires etla thdorie socia-
liste de ndgation des fronticres, quoique*de: nature
different concour6nt cependant at me~ne but. Non,
c'est une chose qu'il' fatt conserver:que les natidria-
litds, les nationalit6s sont des personnalit:S qu'on
no peut tuer sans comniettre un crime de 16se-hu-
manit6; non, c'est une chose qu'il faut conserve
que les frontieres ; les frontihres sont, con mme 'a si
bien dit un home d'Etat fran.ais, des eoupures
dans la chair des nations. Prenons au- lisard Rome
qui victorieuse de Carthage ne tarda pas a son tour
A succomber, pace qu'ctant le seul people civilis.
puissant:qui existait alors elle s'est assi nilde-tous









LA DOC'TiRlNE DE MONROE OU


les vices do son 6poque pour avoir 6td le vainqueur
de tous les peuples connus alors. Et se reposant
voluptueusemenit sur ses lauriers, olle dedaignait
les iesures do suret6 qui l'eussent 6pargnee de l'in-
vasion ies hIarbares, et malgi'6 le ressouvcnir de
ses anciennes gloires elle u'a jamais pu parvenir a
son ancienne splendeur gucirrie're, pace qu'elle
avait complement perdu la force de cohesion qui
6tait le secret de sa puissance. Cari partout ou il y a
la inolesso, la volupt6, le sensualisme, les d6bau-
ches, on est sir.d'y trouver la decadence. Rome a
done perdu Ic secret de sa force par l'abus de sa
puissance. Sansdoute, les nations de 1'Europe sent
encore ( loiin te touted invasion barbare s'il faut qua-
lifier ainsi les Chinois, car c'cst ce people qui t6t ou
tard ferna une irrupltion on Europe. Et d6jit on a une
pour beiu die cc qu'ion appollle Ic pril. jaune; et en
cef t ce p6ril est iiintvitable, los lpuples de 1'Europe
cux-minies travaillent it a prOcipiter on initiant les
Clinoiis ;it la civilisation occidentale.
Et (ui )peut nior I langer' autluel les pouples de
l'Europe scIonit exposes quand lesCiinois pourront
construire aussi d(1 gros canlos In 'l'urtrilrs, des fu-
sils it precision et de gros cuirasses. La Hussic
seulc est destinio It reccvoir, la.promicre, tous les
coups des Chinois. Quelle preuve inturelle d'6 lii-
libre que la situation do la Russic en Eurol) et
en Asic Cet cquilibre est inatoriel et moral i 'la
fois. La Russie Otant par la nature de son Gouvcr-
nolclnt, la pl),'sonuifincattion du princLipo te d conser-
vation social cLn lEulrope, clloe st applel6e ( coii lun
elle l'a ddjit falit d'nilleouis) it co ( mllttro en I Euirope
touted vellit6 rdvolutionnaire toedant h transfor-
mor l'ordre de choses 6tabli, par 1'6tablissemient
d'une grande I~epublique Anarchique, c'est-at-dire
la negation des fronLtitres, (des lois res)pectives,
entin de tout ce qui tend it fortilicr l'idoe do Pat'ie.










I.E DHOIT NATURE DES PEUPLES


Mais la Russie seule- pourra-t-elle s'opposer aux
flots envahissants des peuples asiatiquesaussi bien
munis qu'elle de tous les dl6ments destructeurs du
temps moderne? Et combien faut-il de temps pour
transformer le caractcre indolent des Asiatiques,
une pens6e, une idde suffit. II est done evident que
la lutte ne sera pas gale entro les Europ6ens et
les Asiatiques. La Russie faillirait en presence de
ce danger si elle n'avait pas conscience de sa mis-
sion providentielle en Europe.
Et c'est pour rester fiddle A cette mission que le
people Russe est condamn6 pour longtemnps enco-
re A etre gouvern6 par I'absolutisme tout en tra-
vaillant A I'assimilation des peuples de 1'Orient A
sa civilisation. Car le jouIr o la moindre conces-
sion aura td t'aite par le Tsar, c'en sera fait de 1'Em-
pire de Russio. Mais tout en conservant la forme
de son Gouvernoment la Russie se trouve dans
1'obligation d'accorder certaines libertis A ses su-
jets.
Cet Empire est aussi un compose de plusieurs
nations (u'il efit 6t6 dlifficile de thaintenir dans Ie
devoir,sans I'usage d'un pouvoir qu'on ne discute
pas. Aucun autre people de la terre n'a le droit
d'imiter le people Russe. Sa mission, avons-nous
dejh dit, est providentielle, abandonnons-la A sa
propre destinde. Contentons-nous seulement de la
contenir dans certaines limits par rapport A 1'Oc-
cident. Mais quant aux autres nations qui veulent
s'assimiler les petits peuples faibles, pour en for-
mer de grands empires, ce sont l1 des ambitions
qui no peuvent etre satisfaites que momentanement
et par l'usage normal de la force. Et si elles
n'ont pas A craindre d'etre envahis par des hor-
des harbares apres avoir perdu par une tropgrande
assimilation d'1hements strangers a leur nature,
4









(.A DO.CT'INE MONROE OU


la; force qui niain.tlenait. leur existence, elles ne so-
ro.nt pas. noin.! exeiptes- d'une: dissolution plus
pl couplee .. n-o.e:eon .raison surtout. de la lutte
4!l l -1,.o, .a stin'e,-e terrible que ne mianqueraient .pas
de. liv.rcr ..dlns son sein ces 616ments qui se repous-
sent mutuellement, lout en,-refusant de concert
tout assujelissemecnt, toute contriinte faite leurs
qualit6s naturelles. On nous objectern sans doute
que de pareilleo 6ventualitCs ne sent plus A craindre
aujourd'hui en, raison de la I'uissance dontdispo-
sent les nations conquerantes pour maintenir dans
I'obissance des possessions conquises. Cette objec-
tion a naturellement sa valour tout le temps que
ces nations pourront inaintenir la supcriorit, de
leur puissance: respective, mais le jour que cette
puissance scra 6vanouie, aucun lien moral ne re-
tiendrait-il dans l'obWissance des peuples qui ont te
maintenus violemment sous lejoug par la seule puis-
sance de la force. Car, le redisons-nous encore, il
y a des peuples qui n'accepteront jamais A 6tre
assimil6s, temoin Ic people arabe qui so targue d'a-
voir une civilization aussi avanc6e que cello des
peuples qui veulent I'assujettir. Coux-IA se plai-
gnent du caractere arabe qu'ils appellent refrac-
taire, barbare, inhumain, impuissant A s'humani-
ser et repoussant syst6matiquement toute influence
bienfaisante dtrangere. Pourquoi? Parce que le
people arabe a une civilisation s6culai re qui fait
aujourd'hui parties mme de la nature de .sa race.
On ne peut maintenir un moment de p:foils peu-
ples sous sa domination qu'en les abandonnant A
leurs propres mours et A leurs propres lois. Mais
alors pourquoi cherche-t-on A s'assimiler des pou-
ples qu'on serait impuissant A ranger sous ses lois,
car aucun people no peut se maintenir s'il n'est pas
rigi par un principle fixe qui doit 6tre 1'existence de









LE bROI'' NATUtEfi. DE-S PI'UPi.L,


son -tre, et en m6me temps le r6gulateur de sa
march ascendante vers la perf,.cti, l.' Tout pen-"
pie a le droit cependant de s'attribuer le nobbtf&eA.i\''
de l'expainsion de la civilisatioh dan- u~-bilt:h.m
nitaire. La reconnaissance do ieux-l&a'll~ iefl:,n,'
anrait ouvert les portes de la civilisation peut les
attached a leur bienfaiteur, mnais al)rs toute con-
trainte aura cess6. Le lien sera purement moral
et revktu du caractere de la plus pure liberty. C'd-
tait au commencement le role de !a nation anglai-
se: Aujourd'hui cette nation semble sortir de sa.
noble mission, en donnant A ses conquiktes up ca-
ractere p'urement ego'iste.
Mais i n'estpasmoins vni qu'elleaitfaitpreuved'un
grand g6nie politique par l'organisation savante de
ses possessions exterieures, car eile semble dire. A
chacune d'elle: je vous instruis de vos droits ; je
vous mets A 1'6cole de la liil rt et de administration
en attendant que vous soyez i mminrne de rigir vos
propres interets par votre propre action respective.
Alorssi apres vous avoir intruits de la sorte vous
voulez en reconnaissance de mnes services me
roster attache, je continue;-ai toujour's A vous pro-
teger et a vous donner mon concours le plus ma-
ternel. Je citerai a I'appui de cette these un discours
de Lord Derby que voici:
((Le temps nest pas venu, sans doute, de fairejouir
les peuples de l'Inde du bienfait de la civilisation
curop6enne : il s'coulera bien des ann6es avant
qu'un pareil changement soit possible; mais cequeje
puis affirmer, c'est qu'il est de votre devoir, en vue
des int6erts de l'humanit6, de la morale et de la
religion, de veiller a ce que les habitant- de 1'Inde
soientgraduellemeni investis de pouvoirs aussi 6ten-
dus que la prudence puisse le permettre, dans le
but de prendre une part de plus en plus active a









I A DO(CTf'INE DE MONHOE IT


I'ad ministration de lours affairs int6rieures, pou-
voirs qu'ils exerceront sous le contrOled(e l'A'itorili'
Anglaise et souts la protection des lois par lesquelles
cette autorit6 les a rdgis avec tant formit4 eot de
moderation, apprendront aussi a. la respecter, a l'i-
miter ct, je I'esptre au Iinins A' la surpassoer un
jour.
Et si le risultat de cetie initiation graduelle
d'un people A l'art de so gouverner lui-minein d'-
vait etre de l'entrainer A d6siror une part plus ac-
tive ot plus decisive encore, je dis, Mylords,
que, quand m me la consequence do ces tendan-
ces nouvelles devait 6trd la cute der la Domination gi-
gantesque de la Grande-ire'tagne dans 1'Hindoustan,
quand m6mne cette domination toute puis:sante au-
jourd'hui devrait, apr6s ds sieclcs(car il s'(1couleor
des si'c.les avant (lu'un parcil 6vdinerent puisse
se produire) se suicide' de scs propres mains, il
resterait t notre grande nation la gloire incontestable
d'avoir affrancii les peuples de I'lnd' du joug do
I'ignorance ct de la superstition et de les avoir inis
en 6tat, au moment oi cesscra notre domination.
de s'administrer cux-mImes, comme nation indd-
pendante sous l'influence de ces lois etdecesprin-
cipes dont nous leur auront faith comprendre l'utilit6
et soigneusement enseign6 I'application bienfaisan-
te. 11 devront nous en etre jamais reconnais-
sants.
( Ce ne sera pas l'ceuvre de quelques mois ou de
quelques anne1s, ou peut-6tre mnemo de quelques
sieles; mais, bien qu'aucun de nous no puisse vi-
vre pour en 6tre les t6moins, bien qu'il soit do no-
tre devoir d'6viter aujourd'hui do placer entire les
mains de ces peuples un pouvoir don't ils scraient
hors d'Etat de fire un bon usage, cette conviction
ne saurait nous dispenser de l'obligation qui nous









I.E TROIT NATURE. DES PEUPI.ES.


est impose d'employer tous nos efforts hdlever de
plus on plus la condition social des indiens, et de
leur confler 'administration de lours affaires dans
les limits quo prescrit le soin de leurs veritables
int6drts, sous la surintendance du Gouvernement
Britanniqne. Quelque temps april's lord John
Russell a dit. dans un expos relatif aux affairs
des Indes et (le. c),onies: Jo sais bien qu'un jour
p'ut venir o certaines- colonies; accrues en force
et en population, pourront die A la mI6re-Patrie:
Nous sommes assez puissantes maintenant pour d6-
fendre notre ind6pcndance, et Ic moment est arrive
ou, sans cesser de rester des allies de t'Angleterre,
nous devons briser les derniers liens qui nous unissent d
(lie.
Oui, je snis cola mais qu'importe Donnons-leur
l"s moyens do se bIic gouverncr clles-mAmc s :
(Ionnons-leur les moyons do grandir et de so forti-
fier, et, quoi qu'il advienne, nous aurons du moiis
la consolation d'avoir contribu6, dans cc grand Em-
pire ( l'Inde) nu bonheur do l'humanito... Quelles
nobles paroles I
Done en, 6t4endant sa puissance, l'Angleterie
s 'tait attribute au commencement ia noble mission
de civilisea, mais aujourd'hui I'Angleterre somble
s'(tre divide de cc role civilisateur, car les conque-
tos qu'elle fait en cc moment n'ont pas pour but la
civilisation. Et d'ou vient cola ; c'est que le carac-
tire des peuples, comme celui des individus, est sus-
ceptible de transformation; c'est qie l'Angloterre
d'llumanitaire qu'olle Ctait autrofois est revenue
cgoiste par la puissance mrime du progrL(s, car il
n'y a oDs A sortir de Hl, le progr6s est synonym
d',goisme, de violence, d'extorsion, do l'andantis-
soment des faibles, de I'accaparement, mais cette
lii est inflexibhl, il thaut on la subir ou mourir









.54 ,LA DO';TRI-N. DE .MONlOE .OU..

A, L'exp.ditijn -d u Tr nsvaal n'est.pas faite.h la gloi-
,xe de i'AngleteVrre,,i'autres nioyensrque celui de la
,.guprre aurait bien pu regler le diffi~rend..entre .ces
.-deux peuple-s.
. .:Les )!oej.3,~~o;t ,itil d''c'te n people de savages.
-.ma-is en retour ils o.:t beaucoup d'or, voilh la cau-
se .:de l'agression de. 1'Angletcrro. En -cel, cclle-ci
n'a fait que suivro le courant mnatriel du si6cle...
,: Qu:'a-t-on i it oni I'r.'ocIhe'r, pouples faibles? Se-
rait-ce note fai.les-e,'ou notre organisation int6-
..ieure, ou g;njf.i..OU ni)s co.utumres? En quoiavons-
.to,.p. ,aTng.n ,ro -i.drce, n,.aptu!re, aot -aux -d ,oits
,,FB itW^ udl0e ieQllls.-.I'-,y a dos principcs qui
gsp.ntplus. poi anntS-c.f-.uc ,, es autres; il yai des.:rai-
sons qui subordonnont les autrs raisons. Je dis qu,o
l,.pgincipc de l'int6grit6i des .prouple) est un prin-
cipCinviolablo. On n'a pas a;t s'occuper de l'organi-
s4ipn.. inte.rieure. (d'un people en temrps (qu cette
oprganS.ation..n.'Lttcpto pas aux droits des autres.
Si.-'i y.-a, ds 061 ennts contraires, dans 'e sein d'u.n
-i-?uple, c'es.t A es 616ments a se fair la guerre,
jusqu'a' co (iu'ils rr'ivent par l'usagc de leur puis-
.sance re.spective L t(ablii lours d-roits respeetifs.
;,Qp reproQhC aux.b)bers d'etri des inhumains pour
.s'Otre faits,lfs oppressours des malhcureux noirs
africains,. Ge. qu'on reprocho auk boers sous -une
formee so ploduit chez. les .autres sous'une autre.
P'artou:t; ily a toujours une classes qui souffre de
1.:oppression ;ou-de In haine fointo d'une nutre. Et
.en ad:. attant. memo que los boors eussent 6t6
s:iul.s a donner V'exemple d'une paroilic injustice cc
un'.0t pais-t4dydt tout un pr6texte pour intervenir
"dans,.lejiprs- affairies, dan s 1'intention manifesto de
violpp. !jeir .indipeinda(nIce. On ne pourrait alors que
leur donner des consoils d'humanitM en 6voquant
leo' religion et: lou'r propros droits. Et de plus,









'IE DROIT NATTnlEL. DES TEUPLES. 55
talite cl.a c' qui se sent opprimPe a pour devoir de
livrer des hlittes incessantesjusqu'st. ce qu'elle pair
*vienntrie recouvrer ou: A fair respecter des iiits
qu'ell'r: -.acquis do la nature' : elle pliirria "succomn
ber dins li .luttc, C'e.scia alors' uO nini'lticur ui rie
peoit t Stil qu'mtire dcplord par les amis de
l'iumanit6.. Mais d lai, i violor la nationality d'lin
people sous .pretexte que son organisation iiltdrieu:-
Ire vous firoisse, il ya loin.
L'Angleterre n'a done qu'a revenir A sa noble in-
tention primitive pour qu'elle -soit toujours- le plus
puissant peupol du monde, car Alle Acra'ire d';i voir
Sa syrmpathic et I'allince -terp-rnlle des I'puilfs
qu'elle tiirait aid6 par sa "civilis atioii' 'affrani'-H il
du joug de l'imb6cilit6, et A devoeninc pa~r le pfio'-
grs, .des peuples libres et ind6pendaits. A insi ilieo
de cberchor A tendire dayantage liur supr6matie ar-
mde, les nations puissantes devraidit se replie'r 'sii
eiles-iimes afin de travaillor h l'atimlioratibn '"si-
ciale dcis'habitants' de ieur empire. JToutes les id-
fluences sont presque d6termin6e.s mniintennht, il hie
reste aux co-partageants qu'a t:'avah iller l'anm'-lio-
ration du sort de:nos pauvres:.con :ndres. II n'y a
done plus imaintenant, de prd t xto. .de oconqudt.a i;
d-'nnenr.Quant An OIIu, petits pieuipl de.l'Anmdrique,,
nous; -.tis lsentOnsdducs d'une- vi.talit6 trop puis-
sante pour ne pas tre:- assimilabl1s aux progiPs
du monde. II nous sufht squlement de quelques mo-
ments de inmditations .pour nous d:aoncr une notion
vraie de nios droits et de nos besoins. Noos n'avon'
besoin, pour cela que der 6ducateUri spoIlltques. Le
Mex-iqu'e, le Chili,:la Rdpublique Argentfil ont 'ie
les leuir, et auj:uurd'hbi le Brdsil a pu fhvoir le sien
en appelant au pouvoir supremo utnCivil p)lii ad
connaissances diverse d.e 1'art de gouverner. Noiis
ittendoris de mrime nos duticateurs "politiques, lo









I A DOCTRINE DE MONROE OU


progr s d'ailleurs et la neccssite de notre existence
nous les imposeront.
Et nous sommes loin de croh'e qu'on voudrait
nous absorber pour la seulc raison que nous som-
mes des petits peoples. Nous repondrons, d'ail-
leuurs qu'il n'yapasde pctits pcuples. Le progris ne fait
pas de distinction ethnographique ot g6ographique.
La Belgique et la Chine sent deux examples con-
traires qui frappent toutes les imaginations. La
Belgique est Ie champ d'expcrimentation do tous
les progrcs, elle fuit ht promirke aprcs l'Angleterre
A adopter les chemins do for, son commerce rela-
tivement A son 6tendue est le plus important de
l'Europe. Eton oserait dire qu'un tel people n'est
pas digne d'Mtre libre ot :ind6pendant, et pourquoi'?
Si le people Beige est petit par rapport l'6ten-
due de son territoire, ii est immensoment grand
par rapport A son industries, a si science, A son
commerce, en un mot, a sa civilisation. Jetons,
au contraire, un regard sur le Cleste Empire, nous
voyons un vaste pays, naturellement riche, le plus
peupl6 du monde, mais sans force, refusant tout
contact avec la civilisation actielle qui c0t pu lui
permettre de dicter des lois au rest du monde.
Sans doute, il scrait injuste do classor la Chine au
rang des peuples harbares sans civilisation aucu-
ne, sans industries, sans science. Au contraire, la
Chine a la civilisation la plus ancienne des peu-
pes existants, son industries est jusqu'A ce jour ini-
mitable. Et c.'st parce quo sa civilisation est trop
raffln6e qu'elle semble dedaigner celle qui lui viont
du: dehors. Cette civilisation qui s'est maintos
fois transformed semble Atre A bout d'efforts genial,
elle est blase pour avoir d6pens. trop de puis-
sance de f6condit6. 450 millions de chinois vivent
de sensation- et d'imagination au milieu des bruits









LE DROIT-.NATURE. DES .PEUPLES


qui sO. font autour d'eux. Mais que cette .nation
par un miracle .quelconque se reveille de~ .sa 16-
thargie, c'et .alors qcue le p6ril. jaune sera unv6ri-
table pdril.:Et elle n'a qu'A -s'initier a la civilisation
occidental pour devenir dans peu de temi)s la plus
puissantn, nation du globe. Mais en attendant les
180,000 'hom mes, qui ferment 1'armie Belge ;sur le
pied de guerre, seront plus que suffisants pour sou-
mettre Un.vaste empire de 450 millions d'Ames. J'en-
tends M. )elcass6 dire que la Chine est un oc6an
human qui a ses coleres et ses tempates : on ne
doit s'y'!embarquer qu'avec prudence. Et quo dira-
t-on alors quand cet ocean lhumain sera pouru .de
tous leg'l66ments du progr;s moderne. Dans la per-
sistance de I'Europe A vouloir quand memtne -a'ci1-
vilisation, elle entretient Ie monstro qui ddit; un
jour la d6vorer. Et c'cst pour le plus grand
bien de l'Europe, si, jusqu'ici la Chine so imon-
tre rdfractaire A sa civilisation. Par la cqmp!a-
raison que nous venons d6 fire entire la Chine et
la Bolgique on voit done qu'il n'y a pas de- petits
pocuplos. En offet, aucune grand nation quelque ci-
vilis6o quelle puisse ttfe ne le saurait 6tre plus luo la
Belgique, la Hollande et la Suisse.
C'est ia science, c'est Ie travail, c'est l'6conomie,
c'est, on un-mot, I'ndministration qui forment laIgran-
dour d'un couple. C'est un crime bien granil quc
celui do tuer un people, et il l'est d'autant: nlus
quand ce couple est petit, car alors cost un v6rita-
ble abus do la force. C'cn est assez, que sous pr6-
texte de civilisation on cherche A absorber quel-
ques peuples pour les mettre, qu'on nous passe
I'expression, A l'6cole de la' civilisation. C'est un
fait qui pe!it 6tre told6r, sans pour cola qu'il soit
permis de 'admottro dans lo droit (les gens; cair
aucun people n'a dedroit natural sur un autre. Cepen-









I.A DOC'TRTN:I 'DF MONROE OU


dant il en est d,.t la vi, des petuples coimme to celle
desindividus. Aiiuctm trec h'uhalin ln'a d( droit na-
turcl suir n autre, mais il n'est pas moins vrni qu'ily
a des loi, qui riglent los rapports entree les homes,
ce- lois sent humnines et (i'iiles, et clios sont inviolta-
bles, car violer'tiunc' cle d'entre (ollI-. cest so trdou-
ver par ce fait 'n dehorl;di:dlroit.des gens. et oi doit
subir une punition relativoment a:Ila gl;vit( do ceotte
violation. C'est on celte vue que-des oonqu6tes d ci~'i-
isation peuivent : Ce ssorWsde conquItes ont 6t6 ati prerthier ab id;
iomm-e Aoi8ts 1'vons d6jA fait remlarq'uer,'l 'Ipins6e
t'iiwavait g;ltde...la nation Angtlise. Car est-il 'nihce
stir' dle dive quetotites nations qui so siraient lii
vrcs A.dds actes :de'sutivageoies que rvprouvenit
totii's les Jois naturollos et morales sr-, plaicerient
de suite oni~jdhors-du droit doSg gons ? Lfi'guorre ci-
vile ccpocmlant n'ost pas. un crime commis centre lc
dryoit 'dos-gens, en ternips qlu'llo n'nIflecte' as los inl
tWrits dos autroes nations. Et cepondant que dl' fois
n'a-t-on pas vu dos strangers 6t.allis chez un plueU
pie souffrir dans lu rs int(r'tt.: des b)ou loverl's.-oients
de cc people sans pour cela qu'ils aicnt droit ld rt'-
clammor contre cc people. Car si un pays 6tnit expo-
s6, A chaqie fois qu'il y a dos actesl de brigand ages
a r6prinmr choz lui, A avoir A sa charge tous los
torts" qui .pourraicnt c tre occasionn&s a u' intirt(s
des ctPanRers, il vaudrait mieux alors pour le'gou-
vertriment do ec pays de n'ncccptor jamais i)erson-
no ch ez lui, ou (d poser dos conditions sans 'lrquiel-
les on ne pourrait pas s'6tabllir dans cc pays. Cat
aucun people ne peut s'affranchir do guerres civilos :
L'Angleterro, la France, I'Allemagne, PAutriche,
1'Italie, 1.'Espagne ont connues des guorres civiles
les plus nmurtri(res; oellos. ont piss i. : par ds boule-
vorsement. politiques qui oni mis i rle natioiialiRt









LE DROIT)'NATMl1REI DES PEUP.LES. -o5U
A deux doig'gts de leur porte. En etotUffant uine insur-
:rection dans son sein uni euple n'cstpas imoins oblige
d'accorder aux strangers toute la. -so me de protec-
tion n.cessaire pour:la sauvegarde d lleui's biens et
de leur peoso.nne. Mais cette protection peut-6tre in-
sufflsante ou inefficace, c'est-A-diie q "e le gou verne-
ment peut so trouver dans Vim'nossibilit', ..com-
me il doit l'^tre en effect, de sauvegaVclder les intord;ts
strangers -dans le lieu m6me dd l'insurrection.
Alors :comment le rendre responsible d'un dtort
doat :.i.:n'est pas1 Fauteur. .,i peut arrived .aussi
que IPndant -ar suppression .d'ufre insurrection,
comn m"par example la. prise, d'aspaut-d'uneiwlle,
que.' ds int i.6 ts strangerss peuvht, 6tre- Atteints,
dans e. cas encore le gou iernement.n'est auilcieent
respond able.- C'6tait come s'il ,;mettai4 ala -raison
des brigands qui infestaient une:potiot de son .ter-
ritoire; Supposons par example qh'une bando .de
mercepaires envahissent un pa ys, et qtu'apr6s .av6ir
comm is toutes sortes do d6pir6datiohs, ;le gouverho-
ment de ce pays parvienne A les' .chasser, serait-
ii responsible aprsi cola des loWts' commie par
cette lande de brigand ? Vous- Aurez beau- dire
queje devais pouvoir pr dvenir ce dl.-:ngir, je:vobis
r6pondai qie la surprise pout un moment me met-
tre da qi'I'impossibilit, dc me d6feini're, .t jlue quil-
quie pui sant quo soit un people, il no pent emp'eher
queces'-c6tes ne soient quelquefois iravagces-par des
corsairies, ou que d'autres brigandages -ne.soient
comih-chez lui. Il n'ya pas de r6plique possible
aprs inne pareille analogie. Des prcCdents sont 1A
qui no sdonnent raison ; on ne pout 6tre responsible
des tor s qu'on a Wtd impuissant a pr6venir; Ces con-
sideratlons peuvent ne pas nous servir, mais nous
les avo~ns cependant faites, appuy6s que nous som-
mes dep pr6ecIdents histori-ques quo nous invoquons










I:A DOCTRINE rE MONROE 01:


:icid: Loid :Palmerston so laissant entrainer par im
'orgueil excessif vonaitdo prononcer un discours.qui
Mait ldo nature A froisser bion dos susceptibilit6s. et
'ost pr(icisi('meint an moment (oti il prononCait cc
Sdiscouris (qi'il vwnait do formal er A Naples et en
Toscane des r'clamnations analogucs A( cells qlu'il
avait 6levcs en GrCce : nou.s reproduiiion-s ici c(
passage (liurioux et suiggostif de l'lhitoiire : Des -sujets
anglnis avaient soiuffert on Sicile, durant Ic silgo do
Messine, ot A Iivourne, par suite dos mioyons do guer-
re employs par 1'Autriche on mai 18-, pour Ic
r6tablissement dte 'Autorit6 I(gilime.
Le Ministry Britannique A Florenco avait eron For-
dre d'insister fortement nupr6s du Grand-Due. et
niCme do donner enlendre que, si ses r(Cilnmationls
n'taient. pas advises, I'Anglotorro. so eroiinit
autoris('6 A employer la force. Sur un conseil du
Ministre id 1l'Angloterre, la Toscanf;' avail song6 A'
demander un arbitrage ; ell s'6tait adrcss('e la
Russie, qui avait refillse. La, Russio no voulait
on aucune mani're admnltro 10 lpri'ncipe d'in in-
demnit6. L'Autriclh so trouvait indirecloment en-
gag'c da'ns la question. Outre los liens d palrent6,
d'amiti( e(t de voisinagc qui l'attlchint A I"l Toscane,
elle otait cllc-nimern l'ailcur d(es (1.'gats dlnlt I'An-
g!ctorre i>Iursuivait la r6iparation. L'Autriche fut la
prnemiiero ;'i protester en faveour de Ia Toscaln. Elle
le fit par uno note, en date du 1.t1 Avril, adr1ess'O na
baron de Koller, son charge dl'affaires A Londres.
La polilique do l'Angleterre en Griece donnait de
1'importannce A cet incident. Aussi 1'Autrich, qui
avait d'ailohurs plus d'un grief contre I'Angleterre
dopuis 1818, ne craignit-elle point do s'exprini'mr vi-
vement ot do fair e de cetto question un1 question
d'int;r6 t g.i,'al. Quelque dispos(6 que( I'on soit A
reculer les liniites duii droit d'li ispitalit6, dit le priln-









IE DROIT NATURE. DES PEUPLES


ce de Schwarzenberg, los nations civilisd6es dle ':E;I-
rope lie les 6tendront jamais au point d.'accordor
aux e(trangers un traitement plus favorable que ce-
lui que les lois du -pays assurent aux nationiaux.
Remcttre en question ce principle do droit public,
que nous avons rdsolu do maintenir intact et in&-
branlable, et rdclanmer pour les Anglais 6tablis en
pays stranger uune position exceptionnelle et vrai-
ment privildgike, ce serait force les autres lEtats A
so prdmunir contre les suites ('une pr6tontion si
contraire A leur ind6pendance. ,
L'Autriche ne se cotntenta point d'adrssior, isold-
ment, cette ddpeche au cabinet Britannique, elle en
donna communication au government russe, eni
le print de lui venir on aide et d'appuyer ,sei d(-
marches A Londros. Le gouvernement RussO saisit
cette occasion d'adresser h Lord Palmerston do vor-
tes romontrances pa' une note du 3 Mai. ", L'aprs8
l,'s rIgles du droit public tells quo nous los onten-
dons. dit M. de Nesselrose t M. de Brunow, il nous est
impossible d'admnettre qu'un souvorain, forced, come
I'a did le Grand-Due de: Toscane, a se rcmellre en posses-
sion d'une villo occupdLe jpar s iinsu:rds, soil tenu d'in-
demniser les sujets dtran.ers qui on! pa sou/f)'ir quel-
quo dommage d I'assaut donnd 4 celte ville. ,
Ce principle pose, la Russie n'6pargnait point les
invectives Si le dvoit que le gouvernement anglais
revendiquait en Toscane et i Naples venait h pr6va-
loir, disait M. de Nesselrose. il en r6sulterait au de-
hors,pour les sujets Britanniques, une position excep-
tionnelle fort au-dessus des avantages don't jouissent
les habitants m6me des autres pays, et. pour les
governments qui les accucillent, une intolerable
situation. ( Au lieu d'etre come j usqu'ici, joutait-il,
commeun bienfait pour les countries Oi ils apportent,
avoc leurs richesses et leurs moyens industries, les









LA DOCTRINE DE MONROE OtU


habitudes de,moralit6:-'et d'ordre qui distingluent si
honorablrment le people Anglais, leur presence y
deviendrait un inconvenient perp6tuel et un vriita-
ble -flca. Ellc.y serait, pour les fauteurs de troubles,
un encouragement i la r6volte, car, si derriere
les barricades r6d lutionnnaires devait se dresser
continuellement i'dventualit6 menacante de recla-
mations futures en favour do sujets anglais lIsds
dans leurs biens-par la repression, tout souverAin quo
sa position ou sa faiblesse relative expose aux me-
sures coercitives fune flotte anglaise se trouverait
frapp6e d'impuissance en face de 1'insurroction. ,
La ddpeche de M. de Nesselrose se termine par une
menace. (( Quelquc dispose quo soit 1'Empereur et
qu'il ait toujours 6td A accueillir avec bienveillance
les individus appartenant a la nation Britannique,
pour laquelle son estirne est assez connue, nean-
moins, si des reclamations du genre de ceiles qui
out Wtd faites en Sicile et en Toscane. vonaient ja-
mais A ktre appuy6es par des moyens autres que
ceux de la conciliation, sa Majest6 se verrait indvi-
tablement conduit A examiner et it precise d'une
mianikre plus formelle les conditions auxquelles
dor6navant elle consentira it accorder, dahs ses
6tuts, aux sujets britanniques le droit de residence
et de propridtd. : VoilA comment la Russie et l'Au-
tricle, deux puissantes nations ont compri laI ma-
niero de traitor en faveur d'une nation qui 9'6tai,
trouvde dans la n6cessit6 de vainere chez elle une
insurrection.
Elles ont compris tout de suite que des cas analo-
gues peuvent se produire chez clles, c'est-d-dire
qu'elles pourraient aussi se trouver dans I'obligation
de vaincre des insurrections. En tout 6tat de cause,
ce ne pourraitjamais 6tre une insurrection qui pour-
rait iustifier une, intervention chez un people dent









T.E DItOIT.i..ATUIEI. DES PEUPI.ES 63

le. eul tort est d. n'avoir, comme.ii Frn..ace, l'Angle-
te.: ~ ,eit l'Al.leinagne last.btilit'poli tique, staibilit quo
ces -peup!es- ont acquise apris ,plusie.urs si 'cles
d'existence come nations libres et ind6pendantest
ct au prix degrands efforts de-conduite: .
Alors de quel droit peut-on s'iminiscer dans les af-
faires d'un people :en tant que ce people se condiilse
conform6menf au droit des gens? Ce n'est done que
par l'usage de la force seule qu'on peut exercer fun
pareil droit, mais ce qu'une force a fait, une autre for-
cele: d6fera. Et corn nent pourrez- vous remain d6fen-
dre vos propres droits si vous avez 6te le premier a.
donner l'exemple de la violation de ceux des autiles
par l'usage de la force? Car il faut admettre que ila
puissance don't vous disposez peut tre in.f6rieurb a
une autre. Et comment, apres avoir viol6 les droits
(l'un plus faible que vous, pouvez-vous avoir le cou-
rage d'en appeler a un plus puissant pour vous aider
; sauvegarderles v6tres?
Ainsi done, tous ceux qui se font les pan6gyristes,
des grands enipires par la violation des droits res,
pectifs des peuples flibles'sont de v6ritables. enne-
mis de l'humanite, ils sont de vrais anarelistes d'di-
autre gerlre, car ils veulent liver le monde A'l'anar-
chie de la force,
Tout peuple a le droit:de s'agiter dans le. senS de
son.bonheur, .'est un droit naturel- que nul n'al.le
droit de lui contbster. Nous.avons d6jA vu que ,-les
reclamations anglaises,. a la Toscane out soulevd
beaucoup de protestations de la part de deux grande
puissances en Europe. I1 est vrai que ces rCclama-
tions avaient :te faites d'un ton commiuatoire. et
c'est ce qui avait d'autant plus soulev6 l'indignation
de l'Autriche et de la Russie. Et cependant, nous ad-
mettons nous-memes, le principle de l'indimnit6 en
temps qu'il.repose sur une base equitable, et-ii est









LA DOCTRINE DE MONROE OU


pius que just que tout individu insdistinctement,
qu'il soit Ctranger oui national, a droit A une indem-
ni.t6 qund if a pu subir un tort dans ses interets ou
dans sa personnel d6pendamment de Faction d'au-
trui.i Mais de IA A violcr mes droits naturels sous
pr6tbxte que je ne reste pas tranquille chez-moi, il
y a loin. D'ailleurs, vous peuples civilises, .je puis
vous dire sans crainte d'etre d6menti que c'est vous
qui n'avez donn6 l'exemple de guerres civiles?
Quo de shng 1'Anglcterre n'a-t-elle pas fait couler
avahlt de parvenirau degr6 de liberty, de prospdrid
etde civilisation oi elle cst en cc moment. Nous ie
dir.ohs 1ien do la R6volution frangaise qui fut Blabo-
-rie dans 1'intOrit g6ndral de I'humanitd. Mais tous
les Etats curopeens ont deja passe et passeront en-
core par cls filicres des revolutions. ou pour mieux
dire.des guerres civiles. Los Ftats-Unis eux-memes,
qui bitatteint h un sihaut degri de bonheur, n'ont-
ils pas domii l'exemple de la plus effroyable guer-
re divile que le monde ait jainnis vue. Sans doute,
tous ces 6vneiments qui peuvent so traduire sous
divers cnract'res ont eu necessairei1ent leur raison
d'6t;ie;c c '6r'citicnt tout simplement des principles
quiWse c-hoqui;ient on raison de leur density. Mais
c'est ,n aussi qui est la cause de notre agitation, car
coimnie nousl' Ivons dejA dit, il est permis a tout le
nai.dedftravaillerdains le sense son bien-&ti'eetde sa
staiilit6; etrd'outie endraitque ce qui vous 6tait per-
m isrne nousleserait-il pas aussi? On aaboli l'esclava-
go des homes; et quand' done abolira-t-on l'escla-
vage des peuplea?.. '
Les empires peuvent se-former pour s'effondrer
encore, au temps seul appartient le droit de parve-
nirh l'unit6 do races, de muoeurs; quant Ah identityd
des intelligence, c'estune fantasmagorie, une utopie,
tue Dieu mnme aurait te6 impuissant A r6aliser s'il









I.E DROI' NAATUREt. DES PEIjPLES (5

lui p'enait la fantaisic de se mnler des choses d'ici-
bas. Jc conclus done qu'il est de l'ordre. nhtbrel de
laisser les peuples tels qu'ilssont avec leur liberty,
leu independence, leurs institutions sociales et Oo-
litiques. Nous le redisons encore, on n'absorbc p.as
facilement un people. Le temps qu'on metirait pour
y parvenir ( si toutes fois ce temps devait av6ir une
)borne ) devraitktre employ plut6t A une 'tche: no-
ble en soi, celle de 1'aider A grayir I'6chelle p6rilleu-
se de la civilis:ltion, de sa propre initiative. On rau-
naitpar ce fait concili pacifiquoment ses penc-hants-
natu'rels avec eettce Ci-vfisatio.:-lMais voauiir- imposer
par la seule puissance de la force une civilisation
don't les bienfaits 6chappent. encore A son intelli-
gence, c'est mal comprendre la nature,.
Et est-il nkcessnire de dire que la violence est mau-
vaiseconseillere et qu'a measure qu'on l'emploi elle.ne
fiit iqu'aiguiser davaiita'geie sentiment repulsifde.ce
peuple sans pour! cela parvenir A lui fire fire un
pas vers le but oO vous voulez le mener par la force:
Les Indiens sont un example frappant. Quoi qu'iL
cu soit, .on doit autant que pos3ible-6oloigner de. soi
toute penls~ e tendant a donner lanmo.rt.A un people
libre-et ind pendant. Et ce qui est vwai des individus
pourquoi ie le serait-il pas:dos peuples ? N'est-il:pAs
(lit quo l'iomrme estsolidaire.de -tout ce qjui existe.et
f'ree en tout ce. qui respire, et pourquoi n'en ~ralt-il
pas ainsi des peuples. Qui, si come vous dites,:vb-
tre mission est civilisee, nous.admettons. m6me que
vous nous fassiez la guerre pour nous imposer un
nouveau genre d'existence conforme.aila civilisa-
tion, c'est-A-dire, bien entendu, au droit des gens;
inais la soulement doit se borner vote action, oar
vous n'avez nullement le .droit de m'effacer du
rang des peuples libres et independants. Ld butappa-
renit de lacivilisation est de lier de j.our en jour plus








A66 I;'A DOGtllINE i1E MONROE OU
trt Coement le, p.u^~les entire eux. N'a-t-on pas dit
'de la'latnce et de.l'Angleterre qu'elles sont tropci-
-'.ilisees pCur se faire Ii guerre? Done nous. e. redi-
ni.s., le but apparent deja: civilisationi est- de lier de
.|-plus'en.plus les in~if&tedes peauples fin.:de pai'venir
S*'les~eoh ffond I.e tojut en obse rva n t leurs d roits respec-
tifs' '&inadlphdance-.
S 4t i(dtae. rtali4dai-it6 qui semble de jour en jour
':pi'Valoir, advantage. Deja les peoples s'ertr'aident
comme si leurs rapports etaient ceux d'individus Ai
individs: Ne se pr6tent-ils-pas mutuellementdel'ar-
':gernt? Ne font-ils p's des alliaaces en vue- de la
Sd6fense de leurs int6rets communs. Sans doute, on
verria des agglomrrationis de peuples A peuples com-
me d'individus Aindividus, car ils ne peuvent tous
.avoir les m6mes interests pour ne former qu'un bloc
de leur alliance, mais en raison de leurs int6rets di-
;vers, ilks-e formeront une agglomeration -qui sera
opp.6os6e d'aijtres agglomerations jusqu'a ce que
ce que l'6quilibre soit 6tabli. Mais cela ne peut em-
.pecber qu'elles n'&rriveront ase'faire la guerre, .m,-
me, qu'elles fussent parvenues A dtablir l'dquili-
bre-oentre leur.force, leurs droits respectifs, et. leurs
,i~i' tts. Car la guerre est de l'ordre natural, c'est un
minyen extreme de civilisation. Toutes ces consid&-
Sratibns n'6chappent pas : notre vue, nous avons
dfnh6 M chacune d'elle sa valeur, mais ce que nous
combattrons toujours, et que nous ne voudrons ja-
*mais admettre, c'est la violence des droits des fai-
'bles par -les fortsi11. n'est.pas periis de fire a un
autre ce qui-eft. 6td un tort fait soi. Le droit des
,gens en 6tablissant certaines p6nalites, come les
.indemnitds, par example, a en vuesurtout les droits
materials des peuples. Pourquoi.tue-t-on par exem-
ple un individu qui tue' c'estlparce que :s'6tant ar-
rog6 sur son prochain d'un droit qui ne lui appar-









LE DROIT NATURE!L DES PEOPLES.


tient pas naturellement, il so trouve que la loi s'ar-
roge aussi du mmee droit sur son existence. 11 en
devrait etre aussi de mime pour les nations.
Unindividu qui dans un moment d'oubli commetun
tort envers un autre. la loi social lui exige de suite
une.r6paration proportionnelle au tort qu'ila commis,
car. tout mal fait a son prochain est une chose centre
nature, la socicte a done le droit d'user contre celui
qui comment ce mal des measures de repression, et il
faut de plus qu'elle puisse le mettre desormais dans
l'impossibilite de nuire: un mul en amine un autre,
.celui qui tue un individu aujourd'lmi arrivera A en
tuer deux, trois, quatre domain.
Mais malgre cette. violation du droit natural, au-
jourd'hui la civilisation ldclarea non, on ne doit pas
tuer un individu qui tue, et cllea etabli 0I systime
penitentiaire dans la noble intention de donner 1une
education morale A l'assassin. 'En effect, on a vu de
grands assassins, par ce systeime humanitaire, de-
venir des homnmes honnletels, lA)borieux ot moraux:
Des d,',polrt6s anglais e( Auistralie sont devellus
millionunir Ve. II en idevrait ('tre (le mi'me des )ou-
ples. On peut exigr ld'un lpuplle ([u'il nit une exis-
tence plus conlfrmi e ie h I'ordre 'il ic vent pas se
trouver on doliors du droit des gens, nimis attenter
h sa libecrt6 et h son ind0pelllndnce quand d(ja il
est dans une voie de civilization, c'est un crime qui
co1mme tous les crimes, m'rite in cliatiment exemi-
plaire. Le drapcau d'un people doit reslei- Ive\ ses
couleurs primitives. Iaissez-lo auissi subir la Ini de
la selection. Apres vos turpitudes de routes sorts,
vous aviez compris qu'il vous fallait serieuscment
marcher dans une voice parfaite de civilisation et di
progrs, eni un mot, ld'asimiler routes les id6os lqui
vous viennent du dehors.
Eh bien laissez.lo aussi se dCbattre libreiment dans









L..\ bOC''IINEI DE MONROE OU


le champ de I'exp~rience, afin qu'il soit plusAh Mi le
de clioisr un mode de gouveinementc capable de
concilier tous ses instincts. Vo\s n'avez pas le
droit .de m'imposer des lois, une civilisation qui
ne rIYpondent pas L m1'S aspirations 1 naturilles.
Que nim parlez-vouis d(i \vos coutuinos, do votrl
religion. de vote Dieou: vis couturms, vote religion,
votre Dieu, ne sont-< e pas des nimtiercs a controversy?
Eta-t-on le dr.oit d'imiposer (.co qui pout ',true discut(.
Vous aurez beau niLf diVo (lue j.o suis.dans 1'erreur.
mais prouvez tnoi (iqe vyous Gtes, os, dans la
verit : vous reconlnissez un Dieu j'en reconnais
aussi in, seuloment le Dieu quie j'andre diff.'re du
votre, du moins pouri 1I1( iormillc, V\'s vous) dites c ivi-
lisps; vous faits de la toi le, ds miachinps, vous faites
des d('couvprtes scientifiiIu.-e imt porlante:s, cola e(st
vrai. ninis 1 moi je cIultive du caNf'", idu c nao et du
tht', et il se fait e itre hnou-, un c(olnm eirce d'dclP inge,
en quoi done voi.s sui -jo inft'lrioeui, il n'y a (Lq'une
seule distinction i tablii c'est que man genre d'exis-
tence difftiroe du vatre. La diversity des qualit6s est
d'ailleurs dans 1'ordre d.-. lia n tur. No ime parlz.
pas de l'unite d'action, I'intelligence quelque puis-
sante et solid qu'clle soit n'a pas le don d'ubi-
quitm. Toute doctrine qui s'impose par la force est
sujet a controversy. II u'y a que lcs lois naturelles
seules qui soient indiscutables, car oin o'6prouve
pas de difficult iA les comprendre, et elles sot a la
portCe do toutes los intelligence. Que de former
diverse de civilisation, le monde n'a-t-il pas di
prendre avant do parvenir au degrd ofi nous Ie vo-
yons aujourd'hui. Sans parlerdelE'gypte, do nl Medie,
de la Perse, de Babylone, de Troie, de nl Grice,
enfin de Byzance otdeo Rome, est-il nIcessaire de dire
que l'excis do civilisation,' est un acheminement
A la mort do la nationality. C(ar touted nation contilnt










1-1 I DROIT NA'; I R '. ;.E PE P'LE'S.


dans son scin un gemin, do f'!condite qui entretient
continuellement la vitality, d:anm l'sprit qui a pr6sidd
a. sa constitution come t piuple, ct le jour que cette
f-condation est comlpri nim'e p:w lt fait d'une trop
grande intensity' d'l6niments divi'rs q'ielle s'est assi-
mrils, c'en ost frit de son ,xistcnce. Et vous home
ingdnu, croyez-vous gquc' la civilisation moderne a
pour but 1'amilion.l'i. h i :.' v.)tre sot: ? Non, le vyri-
table caract',e 'rq u noi s pls,;slnto I'eCspiit actuel, c'est
l'6goisme dans tout Ce (lu'il a deo cynique. On ne
verra janais ( at moins alorse (lit le m6ndo neo cnaisse
tdo nHouvoeu ) l'accomplii wlment de cette parole. cedl-
be'e (d I'homme Dio:i: I'cmpoir d, l'esprit sur la
matire.
La civilisation augineonl ls h)osoins do I'homme,
ot tant que ces bosa)ins s'augmenton', ,'estautant que
'oppression morale et mnat6rolle, le vol, l'assassinat
des peuples corn me des individius s'augmentent nussi.
Mais inalhoiuirusnment cotto (ivilis:ation est inOvita-
table, natureillomient con(duite, il faut ou It subir
ou pVrir nvant 1'heur Les. pouploes. la portent dans
leou soin combine Co jOunn Ihomme (1 Sparto (qu la
loi de Lycurgue conduamnait t plrtr' planss le venture
le vauoi ( rqui'lo divoiaiit continutlllemcent. Mais que
cotto civilisation soit I'Fxuvro die ( t(oips ct non celui
du canon .. .
Interrogez tous los l).iu)ples co:mmri' tous les indi-
vidus, dernandez-leur leurs aspirations, leurs -veux,
lour id6al, ils vous Oponldront tlus: nous voulons
ktre libros ot ind6plndants. La plus petite ile de
l'Ocdanie vous dinr. Jo voux jouir do ma liberit; le
premier piorto-fitix vous 1'-lpondrena : laissez moi vivre
commC je veux.
Les lItats-Unis eux-mcinics, (lui sont une veritable
6p16o do Damocls suspoendl sul Ia tt;e des )pquploes
tfil)ic:s do I'Amndrique, qui so sot Ioppos:s d'une










IA DOCTH1INE DE MONROE OU


nlmnivro si ouverte contre lo partage de In Chine,
in'ontn vlue que Ic droit respectif do 'indpon!dance
des 'umples.
lEt lani qu'il ya do p upleslibres eo i ndp''(ndants,
(c'st aulailt que leo raplporis e-rtro l'o u devionnentii
ni 'co..al iii'o pouir 1n111 reason tlou)l 0 5 iidil. c'eo s quo les
(ld oitS l l'Am ti(llt vioI ,lillt(ll ; uxl p is(I ue( lsc.avanitago
(quo V 1O.u ()Iord(z nux un1s1. vous I tos oblig s (d los
a;('n()id' r 'ussi anx ai'5 pour lno pIas froissor lcur1'
su1e-coptibiliil-. I' A (l d p1 i.. I nu s la civilisation ml rcho
Oil Iavnt. 's st )!.-ns oil a ilntl't Ai cons erv r oI prin-
cip:'di d'nidt rcl '.l'ti (d os p. 'upil (: hr le conlmniirce.
i'indiislrio, ls .cicii '.S (i'. s HInaions P irfait(lmellnt
civilis,''(-s s !t i(l'liti(Inl 's. (Co (qu In lFran((C produit,
l'FA.!gletorru I( pih' duit (do mi'time. dI' ( quI'a)pp lle-t-onl
g 'iirre ('(llionl) itii. si co iiW'.-t la Iit (1 IIno L pr("in-
di i'r com mollt ncl i'cialo q'u I" so livront (ntr1,<1 oelles les
nations inrr1ustilles. I Et ([uani.l d(ux oni trI is' do c's
puissantos i nti onsi ildIstriit- ll'.s parvillndriont .I s'ac-
a ar.-I' d( ton~i ls l l i''.'4 dal 1oinlide'. q '111 riiVe -li-
t-il. sinon quo I'iiidusirio dos nations inoins puis-
sints'qu'ellAs p riilit lront do defant d( I nna chi('s pour
o'-oulor lours prodlut. Et', si do gnrndos nations
(comme la France, I'Anglotorve, I'Allemagne, 1'Italio,
etc.. cholrclnt it a ('tondre lou ionr piroe, cost nminis
dans le but do iondro les pouple)s con(iui hlieooux
on les fIoMnnant ait 'opi it do la libert't et do l'Ind6-
p)'ndance, q(ue co ii do troiver dos d(hbolullchls lilbros
At leourI plduits rolspoctifs. D1) cotton mani'cro il est
incontestablloment vrai que li 0i1 i unn d(ls cs nations
ple('it6os a plu dtablir son influence, cc sonra ien
a:i detriment des autrps. Les Etats-Unis, le redisons-
noUS. le ')mo)prInn:int )ien pour W'Otre opposes au
p:rtage do la Cliino. lt ponrquoi done cc qui soeait
vrai (do 1'Asie. no lo sorait-il pas do I'Amvrique?
Los citoyens des lI'tuts-Unis ont-ils plus do droit









IE DROIT NATURE. DES PE'UPLES


naturel au continent am6ricain que ceux d'Haiti, du-
du Mexique, des Re.publiques Centrales, de la Colom-
bie, du Vendzuela, de la Bolivie, du Paraguay, -de
l'lEquateur, 'du PWrou, dii Chili, *de la Republique
Argentine, du Brlisil, etc. I1 serait absurd mnme do;
le penser. Et celpndant le .chaunvinisme Am4ricain
no donne a utre sens ai la doctrine Monro.;. Et l'Europe
aussi n'a jamais consider cctte doctrinii que com-
me un voile qui cache d' grande.s ambitions de con-
(qutes. Mais e'est une grave iljui'e faiteit l'esprit de .
M. Monroe en.donnant h.sa doctrine tin sens si
restrictif, en travestissant une si noble intention1T....
Quoiqu'il en soit, los petits pouples se trouvent dans .
l'obligationde se preparer a In lutte.Ils succomber'ont
6videmment contre le choc des grands:--peuples'..
mais faut-il qu'apres avoir: subcoi(lnl, l'hlroi'sme de'
loIu lutte reste grair dans toutes.les m6moires Tfaut-
il qu'on dise apre's leur mort qi'il m6ritaiei.t ilu
moins leur indipendance !...... Mais revenons it
Cuba, ce pays qu'on se plait i appelor la perle des
Antilles, est-il viai qu'il a dcs aspirations les plus
elev'es et ('ffe sa civilisation est aussi raffin6e que
cclle de tout people civilise, et cependant an mo-:
ment oC nous 6crivons ces lignes le drapeau amori-
cain des lEtats-Unis flotte encore sur cette ile,.qui.
par ses luttes successives pour l'independance se.
monte digne d'elle et de la liberty .. ....
Tout le monde demandait iigrands.cris l'indipen-
dance de Cuba. On 6tait centre l'Espagne, non parce:
qu'on la haissait, mais parce qu'on voulait. voir Cu-..
ba libre et ind6pendant, pace qu'on -'est.~..touj)oums
(lit, si un peoplee montre tant d'obstination d-ans -s:a
lutte pour la liberty, c'est qu'il 6tait. digne d'etle.
L'Europe meme, malgr6 son indifference pour l'in-:
d6pendance des peuples qui ne sont pas europeens,
adinirait avec enthousiasme ccs nobles Cubains









LA DOCTRINE DE MONROE PU


combattant pour leur ind6pendance. Las de la lutte.
les cubains ont pouss6 des cris ds.-.ir. d!
Un hasnad.a fait.sauter le Maine, les litats-Unis qui
cherchaient un pr6texte pour iuitervenir dans .les
affairs de Cuba se sont vite eoipresses d'envoyer
un ultimatum A I'E-sptgnc, demandant A colle-ci de
mettrefiln A une guerre qui porte ti'op de prejudices
a leurs iipt6r(ts. L'Espngne n'a pas fait cas del'ultima-
turm, et la guerre s'en suivit. L'Espagne succomba,
mais: ell a sauv6 l'honncur. Quello devrait Ctre la
consequence des victo)ire.3 des itats-Unis, 6videm-
ment l'ind6pendance de Cuba, car s'il en devait Ctrc
autrement, les Cubains auraicnt mieux pi-'fcr6s con-
se.rver.leu:rsanciens maitres. D'ailleurs de quol d oit
les amiri-cains auraient-ilsdemand6 l'6vacuation de
Cuba.pnr les Espagnols pour se substituelr h leur -pln-
ce ;serait-ce cn. ertu du principo de Monroe ? Point
duo-tnt-puisque les -ltat-Unis sont venus troutver un
people qui combattait depuis. nomhre d'annic', pour
son.ind penance, et ce people, come d'aillcurs
les ,tati-Unis, est un people du continent am6ricain.
Est-ce qpe.par hasard un turc, un bohi6mie.n ne sont
pas des 0urop6ens, ot admettons mnme quedes ci-
toyens cubains, mnexicains ou haitiens ne seraient pas.
a la hauteur.de la civilisation des citoyens des fItats-
Unis, cesoersaiont-ils pour cela d'etre citoyens amcr'i-
cains.? .t.si on veut bien 6tudiei' l'Fttat moral de
certain peuples qui forment parltic des Emproes
d'Autriche-Hongrie, de Russiel, on voirait tfacile-
mentquo.cetcat moral est plus bas que celui des
pouples am6ricains centre lesquels on se rerie tant
aujourdi'ui. Co n'est done pas on vertu dti priicipe
de Monro c que les Eltats-Unis se sont substitu6s A
Cuba en lieu et place do I'Espagno, cart le sens .de
cette doctrine est tout a fait conform au droit iatu-
rels des iabitatts de l'le..de Cuba.. C'est donce'o..


72 .









LE DkOI'T NATUhIr DES PEliPI.ES 73-
vertu du droit de la force qui viole le droit natural
d'un people qui a autant deBfricaulis :4ue les Etats-
Unis pour avoir droit A ine irid6ip~lndamco pleine et
entice.
Nous entendons dire (Iude I lI tts-Unis n'avaient
nul!emcnt le droit de is'otablir ~ Cuba en lieu et
place de 'lEspagne en vbrtu di principe de Monroe,
mais s'il est un droit qu e persohncInene .puvaitlui con-
tester en vortu m.me'de; si gu ande doctrine, c'6tait
hiNn celui dedoniander tl' Espagne l'vacuationdeCu-
ba pour le compete des habitants de cette Ile, et cela
sas nucuin predjudic...au ~.ibit natltiircl des cubains.
No.i -ainions h croire qtihaVarit niume I'apparition
deo ott.e brochure, leslthts Unio eoccuteront. la
promnessc qu'ils avaient kaite aux haltitantsdlpCubti-
ldc:,lur donner leur inddehdance; samnis ndanmoins
porter aucune atteinte A l'integrifi territorial de
1'lle d Cuba. Il est vrai 8'a icurs: que la politique
dos Etats-Unis a change: dr phase et qu'ellc ri'est
pas du tout do nature a niou irispir'or confianct,
come des petits poupids.; mn isi aivon:m-nous C~pen-
dant:le-droit do pr juger"? 11 y n trOp d'hommes son-
s6s et v6ritablemeht rupdblibaiifs adx IRtats-Unis.
pour que cotton politique Impe.rialiste puisse so conti-
nuer indclfiniment A se fai;re jour aux IEtats-Unis.
Les l:tats-Unis sont un linay. essentiellement ddmo-
cratiquo, bleu principo est.ciu t A l'oppos, de celui des
puissances come !'Anyletirre, Ia. Russie ct mnicm
la PFrance. Car nous pouiyon-olm -timo .lire que la Re-
publique en France est un faiit accidental, tandis
qupe les Etats-Unis oux-mni~les scront toujours con-
daxmnis A avoi-r comme base tondilmentale de gou-
vernement le pvincipe d(moc.liatique, et ce principle,
au; lieu de s'affaiblir, tend de jou: en jour i se for-
ti fler davantage. eI raisohi doe lur rigine etde l'es-
prit qui a pIrtisid, 1't lbeur con'stitutio)n. Di! cette










I.A bOCTRINE DE MONROE OU


conditiinl,l i; :ttits-Unis fie peiivent pas s fire l'as
sassin 'd(i4 nafionalit6s impiiishArtes a so ddfendro.,
c'bt 6t5' urie violence fiitdith teou propre plrincipe
qui est l'Vgalit6 Ia plus absolue dos droits. II faut done
espere q(;e cotte vollcit'( de conquito dos l:tats-Unis
s'effacer.i an triomphe di'flnitif diu parti colnipos,
d'hommean ens e ntiellemen't d('mocrate par conis'-
quernt rspIOcctiUOi Uxd (saoits(l'auitrui. I st em p. ;(hdail-
lo'i11squ'il y ait iune mnio-ale commnitio ai tous. 11 est
tenmp. qu(1i"*la f.ore cesAe d'-tre tni droit; La race
A'nglo-Saxonne est line race hautnaine ot astiicieusie
a la foi-. L'Afgloeterre par cxem plo a. toPijou r don-
n6 1pexctiple do I'ni prlu grh'doefaniasett" dins sa pT'
liliqule okl t'Iieu re. 1J. l' -[i-- Unis if'ont pas ,l droit
de se modefloP' ,lelltll'C: L'Ipngli'hrr1 eost appel('e tot
oii'ff did"' rr,' 'iitt :a -a; plus simple oNpressio n,
ca'r 'c ll e 'n n;'i iri'tl U(' suai 'a tte tiop do hailnes do
pedplesp rpoiirt rin pas avoi'r iI succonmber soni- le poids
d'tilne c al'itin;, In-i- les lItats-Unis i'ont pas (du
tout a craindro unoe parille 6ventualite si sos lion-
mes d'lttat marchent sur les sillons tracks par le
noble Washington. L'avenir des Etals-Unis est d'au-
tant plus assure qu'ils se trouvent places dans une
situation inexpugnable. Toutefois, los home d'ltat
de ce pays ont pour devoir de manager cotte situa-
tion au lieu d'en abuser. Qu'ils restent sounds a la
voix de certain millionaires qui veulent i toute
force les p:isser A une politique d'impirialismeo et
d'alliance g6nantp. Les inillionnaires sont h notro
point de vue do vdritables sans Patrie. Ils no tion-
nent aucun compete de l'Mtat natural d'un people,
pourvu qtl'ils trouvent des d6boucihs ou d'autres
moyens do multiplier leurs capitaux, e'est 1A tout
leur iddal. Is poussent aussi A l'abolition des frion-
tikres, afin qu'ils no soient pas ginds dans leurs
transactions. Les itats-Unis n'ont aucun intrvit it









LE DROIT NATURAL DES PEOPLES 75
tendre fl vantage leur te'ritoi 'e; i F 'n; i'a' ter'
aucune alliance. Qu'ils restent, avec plus ;de 'ai so^t
d'ailleurs, comme I'Angleferre, danis'b n th ~ i ndide
isolement., Que les hommes d'fitt des Etaf-2iirs
lodigrient (utant'que possible l'6ventallitfe ,'/d'Otiilu
alliance genante pour leur pays.surtont'unC il inm:le
avoc l'Angleterre, car Ai cco ImoTieit' si i oeront s~eie-,
ment entra'in6s A une'guo.rre. .
I1 est impossible de' n pas Ier'on ai lV1t la'si-,
riorith des 1Rtats-Unis sui los nut'fres illl ,r' i'
cains, c'eit 6t61 m Ime Tinc vir ta i l 'it6. -|ui d e' ,-' f
blir nucune hanalogl entn'c' :s tidf~ti dt I T's ltatfs
Unis ;u point. de'iru dl r6 'fhin i tt sdpi'id-
i'6lt d'actwitv d'e(*nrgie,''tl ''tiavinl,, et si 6on'Aveft
encorei, d'intlligence, n'impli ini '6.. rjn^'$ pil -
Iit6 d.idroPt~ Ft"corimem i hho lkX-il: ,tiOl t
tout natiiilol qtc( "ibs i 'll i'rts li'* 'fli'l h Il t;ol 1lo
l'Amerique avfe% ('troits, en raison de la ptiisagnplit dti In- .i i'ii)-
rih' commereinles de ces ldeiniirs :; in'is "ic'l;A A
a'tenter aux droits nat urels de ces litai-, 'let'subju-
guer pour ne former qu'un bloc, il ya laoin. Et iltfib
fautpas oublier que do gr;ands lItats-AMirichins tcl:s
que le Mexique, le Chili, la Rfpublique'Ag56tihi6et
le Br6sil ne sont pas des peoples qui.1i soli^ilsSonlt
absorber de gaietM de cur. II y en a qui pei vent il-
lerjusqu'a en apple aux autres puissances en leur
faisant des concessions qui no seront pas certfaine-
ment dedaign6es. Done les l"tats-Unis ont t6ut irit&-
r~t a respecter les droiiotsdes autres' ltafs NA~Mri-
cains tout 'ei faisant des efforts pour. e ireidri"l Tes
seuls maitres de leur commerce. IIest vraiqu'eiice
moment suitout, iotre patrie est la blus meiace'e
des autres peuples de l'Arnirique de l'acc.apare-
ment des lBtats-tUnis, mais nous n 'avos qu' i nrious
rappeler les luties de notre ind6pcndalncd pout: nou-










I.A DOCTRINE DE MONROE OC


rir avec honneuir ct en defense de notre druit nature
de people. Et nous sommes d'nutant plus tort de ce
droit que nous nous avons (,t6 laremitire nation do
I'Amr(riqiie~ proclamer notre ind6pondanc n prPs les
l,'tats-Unis du Nord. Des g6n6iraux do notre indCpcn-
dance ont particip6 h la guorroe do l'ind6pelnd(nce
des ltiats-Unis comme officers dans I'ni'm( fr'n-
(aise.
11 n'ost pas encore temps de pa'rlr du d 'butt glo-
ricux de notro Patrie, laissoz-nous nois 6tcendr dan-
vantage sii. Ic sujct 1A(du du droit r'spectif d(os peu-
ples. Nous disons que malgr Inl doctrine de Monro'
et la superiority incontestable des itnts-Unis sur Ics
autres fItatsde 1'Amnriique, cola n infi're nucun droit
autre que le droit d'nlliance hns6c sur les intOrits r1-
ciproques. Nous voulons, minme adimnttre (jq'un tat
am6ricain.s s sntant impuissnnt A so gouvernor, on
appelle aux Etats-Unis, c'est un droit qu'il lui scrnit
incontestable puisqu'ctant maitre do ses dostin6es il
a le droit natural d'aillour. d'agir d in- lo sns qiu'il
croit Ic plus propre I'i atteindro son bien-.Mtei. Mitis un
(tat quielconque de I'AmLrique, qlulquc la tibcle qu'il
soit, a le dcroit d'.tre lihrc et ilndpl)ndanlt, et de so
gouvorn'i' r connmmi )on lui somble, po'irvu qui'il no
porte atteinto aux droit3de.- autrce. Los Etats-Unis
sc mettraient n1 dehors du droit des g'cn,; ils so
croyaient Ic droit de lui ravir sa liberti6 panrce gu'il
so serait gouvoirn dCans un sons qui no lour convion-
draiont pas.
Dans les ttnemps les plus reculs, I'hist.(ire faith
mention de polits litats qui out 6td intercalos dans de
vastes empires qu i copcollnt n'ava int janais port'
atteinte A leur ind0pondanco AUijour d'hui la civili-
sation oftf, l'exemplo delay Rolpublique de San-Marin,
(nc!laliv.6 dans les Etats-Romirins, ujourd'hui depen-
dante dulRoyaume d'ltalie, ietlr petite rpuIblique









LE DO11T' NAT'U flEl. ELS I EI tLS


est 1a plus ancienne de 1'Europe; la principauth de
Monaco et ,a Republique d'Andoredan. les Pyri n.es
sus la protection respective de la France ot de l'Es-
pagne. J'en conclus done que la plus petite lie de nl
mer des Caralnbes a le droit d'aspirer a son indl6pen-
(lance, ct de comubattre pour I'obtenir, si c'est la son
aspiration. Nos di-oits 6tant naturels et conmme il n'y
a n aucune conve Cntvriere ntire Intre nous; j'ai
done le droit de reprendre ina libeirt .et mon ind6-
pendance sit6t que je mne sens assez fort pour le fire.
J'en conclus encore que tous les tats de l'Ani6rique
pendantss ou ind6pendants ont pour obligation de
d6fendre le principle de Monroo dans le sons de leWurs
droits respectifs. Mais si ce principle de Monroo de-
vait foreoment avoir le sons restrictif que veqlent
lui donner les chau(vins des litats-Unis, c'est aussi le
devoir des autres ltats de l'Am6rique do n'en pas
fair cas et de soe lrparer A. une defense commuune
de leursdroits respectils. Au moment o, nous Ocri-
vonsces lines, le Prince Henry de Prusse est aux
:taits.-Uilis pour implorer, dit-on, I'ndhlsion de ceux-
ci,en vuede pe mettrelt 'Allomagne Jl'ctablir une sta-
tion naval dansla mor des Caralbos,pour la protec-
tion des intir6ts allemands, Nous avons ridiculisd
cette demand non pas dans le seas qu'elle soit im-
possible d'8tre admise par les litats-Unis, mais bien
dans celui qu'une grande et puissante nation nit pu
demander d une autre non moins grande ct puissan-
te une chose que cette derni6re n'a nullement le droit
d'accorder. Nous sotnines loin de croire que 1'Alle-
mague compete fire un coup de main sur 1un despeu-
ples libres et independants do I'Amdrique. En lais-
sant accomplir un pareil fait, les Etats-Unis uraient
compl6toment pordu lour prestige, et on sc'empres-
serait de dire que c'ktait sur la malheureuse Espa-
gne seule qu'ils pouvaicnt abuser de leur force.









.8 LLA DOCTRINE DE MONROE 0O,
SMais si, 1Allepagne se trouve dans 1'impossibilit6
(de fN' i e ciji dl: main en Ani-rique en presence
des grifes des Etits-Unis, ouelle est done son inten-
t ~o vda il on' tabil.i une base d'operation naval
ion Aner'ltiie? Oiiin nc4oit point, nous ainions A le
croire, supppser qu tucune transaction soit possible
entire I'Allemagne ei. les Iltats-Unis, pour permettre
L. celle-lh de fire l'acquisitio1, des Antilles Hollan
daises, car c'efit.t une atteinte tris grave portee A
la doctrine de [Moiro. Mais admettons que cette hy-
nothese 1e soit possible en raisOn de cette doctrine,
et que I Alle nagne se"tfr:ouve en Amrique possIdant
une base d opiL'atioil nvale. vale va sans dire qu'on
aura alors' affaire a u.e national s6rieuse, pratique et
savante a la fii-, et qu'avant longtemps elle par-
viendra a se fair ciin An6rique une situation inex-
pugnable, et qu elle dira aux I~tats-Unis le mot (616-
bre de Mac-Mal6ni que tout le inondeconnait. Nous
n'avons pas Ic droit de nous 6tendre davantage sur
un sujet douteux, ot nous espdroIs avec une forte
conviction que lia diplomatic des Fltats-Unis ne so
laissera pas.jou(eor ia la diplomatic Allemande......
Mais si toui t'i-' un- Xoaircll. fiit devait so produire,
:( I '.1i I.it io par :' rI agne on Am6rique d'line
station nivale', et cela, du consentemient des Etats-
Unis, c'coit c ti uii actc d'abus de force d'un carac-
:tgre vraiment ridicule, ot tous les autres peuples (Id
1.'Am6riqiue so trouveraient alors dhins I'obligation
d'en appeler ax autres nations ao du mondo. Los amc-
ricains sent lo. gos los plus excentriques du mon-
de, inaisjusqu'ici ils out toujours tenu une conduits
diplornatique assez correct pour no pas so permettre
de les traiter d'excentriques en diplomatic. _M. Hay
a dejh fait preu.ve d'une trop grande valour diploma-
tique pour teirnir sa carri;re de cotte fa;on. Les Itats-
Lniis sont d'ailleurs libres cliez eux. Et come ctant









tbE DR6IT ,NATUt:Eii ,.DES.,PEIPLES


lcs plus fot tsde !'A'mOriqe, iJ.l out:.i rf4iter ent le
d4ro.it de. disposeed'unre parties de leur territoiie: cOpn-
nmcbon leur seniblerait, et .do!nne!:.tutan.t de places
qu'ils voudront a 'AUl.emagne *pour., lu ,pigtrmettre
-*dAtablir sa station naval. Et si c'6tait un Chilien ou
un Br6silien qui avait pos6 le principle de Monroe,
peut-etre aucu.n de ces;:deux peuples n'aurait.pu. le
d6fendre par l'usage de sa propre,f9,qjqi, 4 ,tputefcyis
on voulait y attenter. Mai, tel;,'estpas .le cas des
lRtats-Unis. Ilsdisposentd'asse -depuissance pour d6-
fendre le principle pose par es-,:Dpnc si une attointe
doit 6tre portee a ce princip.,f4iut-il alors que ce soit
de leur plein gre. Mais, aLsi, si les litats-Unis ont
une concession a fire en Am.rique, faut-il que, ce
soit t leurs propres d6pens, et non aux d6pens d'au-
cun autre people de cet h'misphere, catr il n'y a pas
deux morales, ce que vous no voudriez pas voir pour
vous, vous ne devez pas le souhaiter i un autre,
ot on est home d'lonneur combine on est p3uple
d'honneur.
Nous souhaitons pour les Iltats-Unis qu'apres avoir
accorder en Amerique, aiuxl 1tats-Unis mtime, une
station navale a l'Allnmagne, celle-ci veuille bien
le r accorder de mrme une station navale chez Elle.
D'ailleursles l tats-Unis, ontde plus grands int6rets
on Europe que l'Allemugne n'en a en Am6rique.
C'eit 6t alors l'application du principle 'nouveau de
r6ciprocitO territoriile. En cc cas, cela importeraitpcu
aux autres E;tats do l'Am6rique. Mais si tuno tell
transaction devait etre faite aux d(pens do I'un d'eux,
lours inteirts et leurs droits respectifs seraient alors
sans garantie aucune, ils se trouverticnt dans l'im-
p(rieuse necessit de seller entire eu.xd'uno maniere
solennelle on vue de la: deferise de leir ind6pendan-
ce respective. Car une tell concession faito aujour-
d'hui t. l'Allcmagne, peut etrofaite domain soit A


, .:79









80 ILA DO(TitRlNE DE MONROE O2
l'Autriche ouii 1'Itiflie, etc, et loes ltats-Unis se trou-
veraient alors danls I n e(essit6 morale de restituer
A l'Espagne Porto-Rico.
Quoiqu'il en soit, la conduit des litats-Unis n'est
pas du tout deonaltlre A' inpil'er' confiance aux nuttl'e;
peoples de I'And6riquce Ceux-ci ont done polir de\voir
do poser carrcinent aux :ltats-Unis la question, de
leur independence respective.
Des nations qui ont. Pu iaintenir encore lours
possessions en Anlrique, (luec ce soit au grd des
lbtats-Unis ou de leur propro puissance, n'ont pas le
droit de s'en ri6frer A ceux-ci le jour qu'elles seront
dans I'im p ,-il'ithde ma qtafir leuIs droits de sou-
verainet6e ur ces "possessions. Car tout droit do con-
quete faite par la force c.sse d'ceister le jour que
la force cesse d'etre assez puissante pour la main-
tenir. La personality mnoratle d'un people est im-
mortelle. Avant d':voir ('td conquis son droit natu-
rel existait, qu'elle qu'eit (4td d'ailleurs la former
sous.laquello il so traduisait. ,'est pour nous l'occa-
sion de parlor des n6(gociatious qui sont en ce mo-
ment en course cntrot Ic Danomi rck et les tltats-Unis
pour la vote tdes posses:iolns \16-dricaines de cette
premiere nation. La base do cea gcgociations se re-
pose sur la somrme do 5.000t.000 Hillions do dollars
offered au Danemark par les itats'lnis Mainterlant
nous demaldons au Danemark en, vertu do quel
droit il pent disposer de la personnalite morale des
peuples de Saint-Thomas, de Sainte-Cr(ix et de Saint
Jean ? II nous r6pondra sans doute quec'est en ver-
tu de son droit de possession; et quelle est l'ori-
gine dece droit, c'est la conqukte, c'est-A-dire Ie
,droit de la force car le Danemark est de la race
scandinave et les habitants des Antilles Danoises
sont des noir. et des sang-mcld.
Le jour o le I)anemark ne peut pusso miaintenir









IE DROIT NATURE. t)ES PEOPLES.


dans les Antilles so6n devoir estde consulter les ha-
bitants de ces lies pour ledlr demander leur avis, en
leur distant ceci :j'ai pu par le droit de 'aL torce eta-
blir ma souverainetC sur vous, mais aujourd'hui que
co droit a cess6 de produire un bon resultat pour
nioi et qu'au lieu de tirer come auparavpntdes res-
sources de votre tr6sor pour alimenter le mien, c'est
aujourd'hui des emprunts que je suis oblige de
contractor pour' payer les fonctionnaires qui vous
rIgissent, cet 6tat de choses no pouvant pas durer
davantage, je vous consulate, comrnme people ayant
di'oit it la liberty et a l'ind6pendance, savoir si
voous ou croyez capable de ',ius diriger vous
meiinm ou avec 1'aide d'un de vos frresde l'Amerique,
Et les habitants de ces Iles r6pondraient certaine-
ment, oui, nous pouvons Ious gouverner nous-m(me
s.ulemient il nous faudra n6cessairement une pro-
tection puiss;ani pour nous garantir centre la vio-
lation do nos droits par'les forts. Alors on vertu
mnionme d( principe de Monroe, les habitants de ces
Miles se sr'ient adresses directernent aux i~tats-Unis
conmm e 6tant ii icssairement les plus pOissants l~tats
de 1'Am6rique, pour leur demander cette protection:
maisde l it vendre les Antilles Danoises pour la
s'omme de( cinq riillions sans au prealable consulter
les labitants de ces Iles, c'est un fait inoul qu'au-
cun prccdent d'ailleurs no saurait justiflcr, car
nous vivins dansune poquc do haute Civilisation.:etle
Danernark n'ost. pas en Europe une nation des
moins civilisOes. Ce pays a toujours eu i sa t6te des
lionnnmes d haute valeur intellectuclle, des philo-
splhes et dos penseurs. Un jour par'xemiple, un des
MI nistresAde Fride(rik VI, lui dit cette parole c6lbre:
SArrIt,., sire, cela est centre Ie droit ot centre la loi
naturelle. Ainsi le Daleii~iark comprend iparfaite-
nent q u'en traitant conime il le fait on cc moment les









I.A DOCTRE~E DE MONROE OU


..pe ples de ses Antilles il peche sclemmeni centre
::e idri'oit ature.l i iqu nul n'a Ic. droit do violer. 11 n'a
dI l- aucun droit de nigocier 'des pouples colmme
id(s: colis de marnciandises pour lesquels out de-
:mainde cinq millions.
v- not nous supposons lln moment q(lue !es habitants
.des .Antilles dannoiss Pussnt d( de uaid eur plein
grW' leur annexioin aux IEats-4lnis, (.'eIt ('1( ahiors e l
l eUr' quality de people affirmant son dri it natiurel
d.'aspiroer i un nmeilleur so't, on ce cas Ic i)alemark
.n'aurait-pas encore le droil de les nI ocior pour la
soi-nic de cinl millions. 11 Inus objectri que s'(tani
-trouve dans la ndrcssit( de cont rcter des eniHpr'uns!
pour le maintion de I'administlation do ces lies,
il intend simplmenlt payer 'e.'C. dcttes ;avo~ cctte
valoiiu de c'inl millions. Nons rd'ondroi's an Dla-
ll'nlarlk jqu'n aIHe ll c as il ni s.alrnit dI"peliser plus
d'argent pour cps lep qu'il ntf n est entry dans son(
triusor depuis (q 'il ; ('tabi sai souveoraninet sur
lle'.-s. En ce cas. le pen d'ariget (qe 1I DanOema'rk
a dlpense pour rlenr triien no pent niullenientl t-
tOindre la valour n('Horlie (lie cs pay lui a florni
depuis qu'il les a sulij iuguit's.
La vente de ces lies est done faite daiis un iut
de pure speculation, an m6pris de tous les droits,
mrnmnie de celui de. 'amiti6, car il va sans dire qu'il
.se troupe parmi les habitants des Antilles dannoises
des individus qni sont fortement attaches h celte
nation. La nation danoise .n'aurait jamais trait('
ainsi uneo parties (uelconque dedo son territoire eln :u-
rop)ecar on l'a vue s'imposer maintes fois d'*nlornoe.s-
sacrifices pour retenir une province qui q'1 lui etait
pas du tout attachee pour des raisons do race et d(
traditions. Et il estinutile de dire que jamais 1'AI-
lemagno ne serait parvenue A lui fire accepted
une valour, quelque grosse qu'elle serait, pour obte-









LE DROIT NATURAL DES PEUPLES


nir la renonciation de ses droits sur le duch6 de
Holstein. L'administration du Danemark est la plus
corrompue de l'Europe, on comprend tout de suite
l'effet qu'a dO produiresur les homes de cette ad-
ministration la valeur de cinq millions de dollars,
ce qui fait plus de 20 millions de kroners. Bref
dctournons nos regards de cot acte inique qu'on
va commettre au m6pris des droits les pls sacres,
voyons les Etats-Unis en possession de ces lies sans
qu'aucun des droits de leurs habitants ait kt6 d6flni
dans le contratde cession, que s'ensuiverait-il, sinon
que les habitants de ces lies seront traitees avec le
plus profound mdpris par les hommes du Nord, qui ne
manqueront jamais de leur fire ressentir leurs con-
ditions d'inf6riorite, et eux, les habitants naturels de
ces lies se verront toujours gourvernes pas des
;avenlurioirs Furop6ens que la constitution des
Ftnts-Unis rend si facilement citoyens am'ricains.
Nous no souiaitons pas un piareil sort A mos conge-
u 'r(os, mais tout est possible avec les Etats-Unis
(quand on song surtout combien avec quel mepris
co peuple a toujours trait les noirs. Qu'on remarque
d'ailleurs que les Etats-Unis ne font pas do distinc-
tion entire les noirs et les muldtres quelque clair que
soient d'ailleurs ces derniers. Alors ce serait la ne-
gation de cette mrme doctrine de Monro, qui tend
tant ai consacrer le droit natural des peuples de 1'A-
m6rique, puisqu'on ne ferait aucun cas des habi-
tants naturels de ces Iles, h savoir s'ils peuvent ou
non administer leur propre bien. Onm'objecterasans
(loute que le droit de naturalisation est un droit 1i-
gitime reconnu par toutes les nations du globe, je
vcux bien I'admettre aussi, mais avant tout on a aA
tonir compete de mon droit nature qu'aucune conside-
ration de race ou de superiority no saurait attenuer.
Car siA moi qui suisnatutrellement du continent anli<-









8' LA DO6ItRINE DE MONROE OtJ
li;ail vous. rfutsex syst6matiquement de m'accor-
i: les. dio'ts qui me perimettront d'exercer une
fntion, et que vous accorded ces memes droits i
un chenapan' europeen venu de on ne sait oet,
Si'tf- ce pa's une injustice flagrante contre laquelle
j,'ai'le 'd'itid me ricriei bien haut ? Done curtains
fiotnmec dl" tt n'out pas eu du tout tort jusqu'ici de
ne voir dans :la doctrine de Monroe qu'une feinte
diplo0niatique des I:lats-Unis pour opprimer t6t ou
tiIrd les autr.s peuples dce 1'Amcrique. Telle n'est pas
celpndant notre opinion. Nous respectons cette doc-
trine combine emanant d'tin grand cerveau poli-
tique.
Cotte mnme doctrine.: Amniriq:;e aux americains a
6td d6felndiue aus.si p)arl Rosas dans un sens plus lo-
yal, sije puis in'exprimer' insi. Co dictateur de la
conf(tdr'atipn Argentine s'ftait fait une veritable
gloirce de repoussor toute inufluceice uropienne en
Amerique.
El on a vu la France ot l'Angleterre agir collecti-
verient centre sa politique sans toutefois parvenir
t le vaincre. L'Anglotcerro nytant la premiere recon-
nu l'impossibilit6 d'une lutte de cette nature s'est
empressee'do traiter avec lui. La France a..et6 obli-
.gie de suivre pcu do temps aprs l'exemple de I'An-
gleteri-e. La politique extdrieure de Rosas fut I'ex-
pression la plus parfaite de l'ind6pendance am6ri-
citine. On 1'a viu s'appuyer durant tout oni long
pouvoir sutr cette force d'opinion pour comlbattre
Sc. ennemis intcrieurs qu'iltenait come dos allies
de 1'Mtranger. Ainsi des nations curopeennes n'ont
pas tard6 a reconnaitre que plus elles voulaient
s'immi.scer dans les affaiiRes interieures de la Plata
plus elles avaient fortified le pouvoir de Rosas. Et
la France qui tenait A coeur de faire triompher les
ennernis de Rosas ne' tarda pas a son tour A recon-









LE DROIT NATURE. DES PEUPLES


naitre le tort qu'elle causait A ceux qu'elle croyait
servir, puisqu'cn identifiant sa cause A la leur, elle
les exposait A dos acts do rigueur l.s plus extr,!mes
de la part do Rosas qui d'aillours )(s decnonqait
conume dcs ennemis de l'ind('pondance amnricaine:
L'Europe a (d luicher prise et fire la paix. Mais la
puissance de Ilosas s'ctant affaiblie par une lutte
continuelle de l'int'rilulr, no tarda pas a s'dcrouler
on pr6scnce de l'intervention d'un 1:tat amiricain.
1'Europe otonnlle de c, fait s'est demanded par
qtuel inoyen le Brisil a-t-il pu parvenir it avoir rai-
s i en si peu de teripsS d'une lpissance comine cel-
Ic de Rosas. C'est pace (lu'ai)r(';s.avoir fai la paix
avec Rosas, colui-ci no pouvait pas choisir conmnie
iprtexto de sa dictature opp;rssive aucune question
d'ordrc international. Et lo jour qu'il a cess6 d('tre
la personnifiiction du sentiment national dos an-1m'-
rieains, son l)pouvoir a succomb6'. C'est alors (que la
France surtout a reronnu son errmur d'avoir voulu
mettre it la raison un. homine doint la puissance aug-
inentait en raison d(ls efforts (qu'elle faisait
pour I'abattre. Et voici coI que j'ai lu dans un grand
ou v\rag qui a traitor ctte nmalhliurouse affaire de la
P'lata: on a voulu d(truir(.e l'as'ec1dant politique d'un
hl)onine, o1n nmontrant l'opini(on ouroplll()( on hlos-
tiliti .contre lui, et on n'a tait l que le grandir aux
youx de son pays ; on a voulu prod'(' (oulelr dans
Ie movement dos antagonismes nationaux, des ri-
valit6s locales, et ce qu'on a soutonu est plr(S d'expi-
rersous nos youx (les ennomis pl)itiques del Rosas )
on a voulu imposer la paix, on s'est trouv( jet6( d(ans
uneguerrc inextrical)le (lu'on ne sait comment teromi-
nor. Cela ticnt implement A co que la questions dle la
Plata a 6t dt irigi',- en geinral par des conside(rationii
i(trangeres, come nous disions,' la question mime,
et en dehors d'unie exacte6 appreciation do la situa-









LA DOCTRINE DE MONROE OU


tion. Si 'on veut se rendre.compte de l'affaire de la
Plata et de la solution qu'elle peut recevoir, il faut
carter les ~lrments strangers qui ne servent qu'i
suspendre le movement qui tend A s'Mtablir entire
l'Eu rope et 1'Amirique du Sud. Ce qu'il f;nt car-
ter en premier lieu, c'est cvidemnment toute ques-
tion d'amour-propro commre toute question de dignity
national. Nous nous demandons quelle question de
ce genre pout exister entire la France et le Clef de
la R6publique Argentine. Peut-Atre mrnme l'orgueil
national a-t-il eu plus A souffrir dans ccs conflicts -
qui se sent succdes, qu'il n'aurait A souffrir de la
paix, resolument accept6e. On peut se souvenir de
I'etrange proposition qui nous valu un jour notre
situation dans la Plata, et qui consistait Ah len moins
qu'A incorporer des bataillons fran(ais dans un
corps d'insurg6s argentins. VoilA A quoi nous de-
vrons servir 11 ne serait pas moins utile de se pr6-
munir centre toute pens6e d'immixtion dans los d'-
bats int6rieurs qui agitent ces countries. On voit ou
cela abodtit. Sans doute, il est permnis d'avoir ses
prtef'rences entire les tendances diverse qui sont
en lutte, et on pout bien ne pas voir lo meilleur
gouvernement dans celui de Rosas. Mais quand la
manifestation de ces prdefrences et de cc sentiment
d6passe une certain limited, on perd le be6neice
d'une neutrality ind6pendante, et on risque d'enve-
lopper les intierts les plus vitaux dans la d6faity de
la cause qu'on adopted. C'est Id ce qui est arrive i
un errtain degr&.. Ce qu'il faut carter 6galement,
c'est la perspective, s6duisante peut-Atre sows quel-
ques rapports, d'une entreprise militaire directed
centre la Ripublique Argentine. Le principal incon-
v6nient qu'il y a h agiter une telle question, c'est de
fire une menace sans rdzlisation possible. La France
peut-elle en effet aller s'aventurer a deux mille










I.E DROIT NATI' E1:. DES P'.;I'PIES


lieuos, sur un torritoire nu. immense et d'peuphl('".'i
la pouruiteo d'un ennemi qui t'uirait dvont s.s sol-
dats, en les attirant sans cesse pour les surprendro
ot los (dcimcr' ? On pe1)ut saill-; uul doutei renouvelor
lpour la troisi'Lne t'(is le blo0us.- doe Biu ioo-Ayrps, .'-o
I (-sl: pas Ron;s qu(li on 1 utt'rira : II suppl)lce aux do-
fiiils dI a o (10U nil )L I (11 paprIc '.l-i'-nillimie co Srol'
le commerce 0ounq)()'el (|ui, uln f1ois do plus sPera pa-
!'LlyV (1 da s cotte pIrtie (10 FAlllc'Irillo P d Slid slp-
p)omalt lo poid'< (['111 prI)tectiol on lrose. ilnt pro-
C(a' i al1 IillSi I|)l l'1('li imii atioll suiccessivo deo c*o qui
(si nuisible on inipossil il(, qoii, i'r-sto-t-il ? 11 re.-ie
i'iillmn nse avalntage d(e la p)aciflfatioll do i';" Plaia.
('osi parla ip)aix seule, (11 1 nlos ilnti'r'ts plvenllt so
II'vell pp(_er etI pronldro d10 la pu)l issaMWi ILI(e: l'acti\vit('
Oull*opl)~'olli i pout trolvl\r it s'OX(r'Cte'r sull les hbrds
do< la Plata. La conclusion prompt et oomIplkate de
nos (dnimls avoe le gouvrn'HmiontI ari'gentin (.st uille
condition essnliellh pour l'avelir do notro com-
mI' 'rce oI de's ('nlt ig!atioiips (iiropri' nHI's. ,' (Ce (lil'
niIMs 'ral portois lHA. relaliveil(en I 1; in Riplblilque
Arg,0 nline, pen, l 6g-Alg ii'llt s'aI)ppliq(u r aux anultrv.s,
iilts df i'A III''riq[II dill Sl I oI'l !'o ll voil p r ce siiim -
plo' ici1t que lt s.cntimoiilt do i'ind(pleld lcoI n an -( nt ri-
(ai"ne s'I assoz vivace, ot (le s gorauds fEtnt4 do
I'Aini('rqlie d(i Slid pIuvent bi'n sO josser de l'ap-
pli do ia doclrilio de Moroo dans olur lutto avet
de's 1p)1issanc. 1';opi'nn('IIIIOes. Ctt' doctrinll de Moll-
I'0 Ca noirel point di vue, ino pout avoir d'offet que
sur h.les petils ('lats aliibl's' do I'Amn,'iqupe Contralo
S(' surl' los grandos pe('tiles Antillos. (,'ost poun'ro-
la (jun noIus inous sontons fortifih davantago dills
Ia (I.'onvition ( 1101.1nous lnoull somnImII faito toll d'a-
l)ord qui tout,' atteinto polt'i" i( notrl' droit do p-U-
ph1 libro mt ild(lpenldanit par ls :toals-lJnis syra
collsid(i'i ('co illu Itnn in vrai abus do la: forced. 11, [aut










LA DOCTRINE DE MONROE OU


considerer aussi que la Doctrine de Monroe perdra
beaucoup de sa valeur si ics chauvins na6ricains
continent toujours a lui donnor Ln carac!tere res-
trictif dans le sens des inteirts exclisifs des ltats-
Unis. Et il y a encore quelque close ldo plus. C'est
que quand des nations ame(iciines tclles quo lp
Bresil, le Chili, I'Argentine et Io Mexique auront at-
teint A un haut degrc do pliissance, on les vor\ a cer-
tainement so servir de cotte doctrine mnim pour
opposer une digue A l'ambition cotnqui(;ranto des
iOtats-Unis. II faudra sans doute beaucoup d'annees
encore avant de voir cos r'publiques assez puis-
santes pour avoir une politique ext6rieurv amiiri-
caine capable d'en imposer, mais on n'a pas le
droit de dire qu'un parcil avenir n'est pas possible
en tant que ces pouples tiennent une conlduite con
forme au progress et a la civilisation. On doit. tlre
cependant just on tout. Si de grands capitalists
am6ricains des litats-Unis voudraieont voir l'absor)-
tion de tous les ltats amiricains par les itats-
Unis, il n'est pas moins vrai (que (cos I:tats ont oe
toujours l'appui dos o es d'l:tat seinss des ltats-
Unis pour plaider et d6fendre leut droit do pciples
libres et ind6pendants. L sinat americain comrpo-
s6 des plus profonds politiques des l;tats-Unis n'ou-
blieront jamais la recommendation de l'lllustre
Washington, le fondatour de lour ind6pendance.
Dans une prochaine 6poqu e l prtli qui so forait
aux Etats-Unis Ie champion do l'ind6pendance res-
pective des ltats- amr.icains obtiendlait cert ine-
ment I'assentiment de la majority du people des
Eltats-Unis.
Et c'est grace a la fornie d6mocratique du Gou-
vernement des Etats-Unis que nous dovons:de no
pas trop nous inquitter du spectable d'un grand
people ne dans les conditions les plus favorable a









LE DROIT NATURAL DES PEUPLES 69

la liberty, 6touffant I'ind6pendance des petits n0s
aussi dans les mmrmes conditions morales que Lui.
Nous esperons done qu'au lieu de penser dcsor-
mais a s'accapirer do toutes les Antilles, soit par la
plissaince de 'or on par la poissance de In f6rce,
les Italts-Ulis voudront hien so faii'e le champion
do lear ind(6pendancne respective, et cela en vertu
du droit nnturel des peuples.
Car, si 1'E[urope monarchique offre I'exemple de
petits pouplei don't la population de chacun d'eux
ne s'elive j)as h plus de 20.000 times, pourquoi'
done 1'Am rique d6mocratiiue ne peut- Tle pas don-
noe celui des Antilles daioises, e.splgnoles, etc.
se gIouvrnant eiles-mremes D'aillie rs'plelt-on d ire
conscienciculsenmnt que ces iles nc p)ss'deint pas
des ilomlmes capablecs, alussi versi dans le com-
Imerce que dans la science de administration. A
ce point (10 vue, les homes des Antilles damioises'
sn)t sans doute les plus en arri6re on prison: delay
mauvaise foi du Gouvernement du Danoemark qui'
a c(ru devoirl toijolurs les traitor common des serfs.
Mais quant anux homes des Antillos franchises,
anglaises, cspmgnoles et hollandaises is sont assez
avalnlc('S ot H 11me trop. pour So gouvernole de leur
propre itniitiativ. Elles n'ont besoin, ces miles, que
d'avoir ch liaine d'olle n1111 Con li! at la llmaflire d'un
d'un conseil (d'lEtat qui serait a la f(ois 16gislatif et
judiciaire. Il faut espl)rer (que IlA IarnAce ct I'An-
gletoler no suivront jamais l'exemple (du Dane-
mark, relalivemrnCt i lours poss essins en AmCri-
que. San;s doute lt ]'rannce a 'td pent Atre'o al ins-
pliree quanml elle a vendu aIn Iloisiane, manis avons-
nous d-ljh dlit, clle ne pourrait fire autrenment si
elle tenait at n'avoir jamais avev les ltats-Unis
pour l'in(dpondance desquels ello a versa son s;ing,
aucune cause de conflict, car en tout il y a des rai










.LA DOCTRINE DE MONROE U01


sons qui sont plus puissantes que les autres La
vente de la Louisiane a Wtc uno veritable question
de raison d'Etat. 11 a fallu n6cessairement la Loui-
siane pour complete la forme gdographique des
Etats-Unis. La vente de !'Alaska. n'a pas une rai-
son aussi piissante que cellede la Louisiane. mais
aurui people autre quie les ;tats-Unis ni'urnit
pu fire I'acquisition dtl ce teritoi c; L'Angi loterre
cependant aurait bion pu fire l'aciquisition do ce
pays pour parfaire la fornp g6()ogra1)phiquie ld Ca-.
nada, mais cetto acquisition n'eit 6t(I qiue tonmpo-
raire vu la n1ccssit6 dans laquelle so trouivera d'-
sormais 1'Angleterre d'abandonner ses possessions
du continent am6ricain. Et puis admettons me-
me que ces vents cussent 6t faites alors dans des
conditions normales seraient-ils permits pour cola,
en raison surtout de la march ascendant de la
civilisation de prendre pour modeled de tels antI-
c6dents? Alors cette civilisation que nous invo-
quosii- tout bout de champ dans nos rapports so-
rait un vain miot: on pourrait aussi do nian(e ('xo-
quer 1'exemple d'Attila pour justiller sa conduite'
II est done do droit natural que les Antilles soient.
aux Antildens, ce cri doit tre d&sormais le cri do
ralliement do tous cls habitants des Antilles. II V
a longtemps d'aillcursl que la Jam-ialque aspire ;'
l'Ind6pendanco. Le Gouvernement Britanniiqiu y a
itouff mnaintes insurrections. Ft ce n'est qu'aprcs
avoir accord a cc peuplo le droit do se gouvorner
qu'il a pu avoir un moment do rdpit. Les Jamai-
cains sont un people s6rioux chez qui le travail est
en honneur, ils sont des cultivateurs consomnm6s,
la vie y est douce et facile, et pourquoi done un tel
people ne pout-il, ne doit-il pas etre libre ot ind6pen-
dant, le jour que l'Angleterre se trouvera dans
1'impossibilitd d'y maintenir sa supr6matie. Los Ja-










LE DROIT NATURE DES PEUPLES


maicains doivent s'attendre d'un moment A l'autre a
6tre libres et ind6pendants et non A Mtre vendus A un
people quelconque de l'Amcrique commn e un pa-
quet de marchandises. D'ailleurs, ils sont assez ri-
ches par leur travail, pour pouivoir payer la ran-
Con de leur1 indcpendance. Ce que nous disons 1a
des Jamaiiains peut s'appliquer aussi ux habitants
des ils holls;daises qui sent iissi dans lhs mnimes
conditions de civilisation qun les Jamaincains, done
de tels limmes no p)uvent pas servir de mati'lres
a transactions. Los homes de la possession fran-
gaaise des Antilles sont tris turbulents cela est vrai,
mais la turbulence d'un people, dans le sons de
son bien 6tre, est la condition par laquelle on le
reconnait vWritablement en possession de la liberty;
de plus, c'ett Wti une grave injustice que do ne pas
reconnaitre, aux habitants des Antilles franqaises
des qualities (qui font d'eux de vrais champions des
liibert6s pulliques. I.s sont 6veilles. actifs et intelli-
gents, ils ont inimrne fournii des savants A la Francr,
11. Gerville-R1achie par example est une des gloi-
res des hablitants des Antilles francaises. Ieur .'edu-
cation n'est pas encore achev&e au point de vue de
tl liberty, et on les voit souvent la contfndre avec
la licence. La France a pour devoir de rermdior it
cet 6tat de choses. Ello devrait plus s'ingenior A en
fire des homes, avant d'en fire des citoyoes.
Etlejour que los Guadeloupkens et les Martini-
quais arrivoront A avoir une saine comprehension
de la liberty, il est incontestablement vrai, que ce'
jour-lA. la nation franqaise n'aurait pas de meilleurs
infants. Dj('jt minme ils portent le sentiment pa-
triotique jusqu'au fanatisme, et cela tient 6videm-
ment i la haute attention que la nation framnaise
n'a jarmais cess6 d'avoir pour leurs interits et leurs
droits. Et vous nous direz que de tels homes, ha-










LA DOCTRINE DE MONROE 01:


bitui's Ctl:ct traits avce dos 6gards d(s aux ~tres
hurmain-, accepteraient volontiers qu'on so serve
d'eux coInme des mnatitires It transactions; gallons
done Ainsi l'eventualit( do seo gouverver iun jour
sans la tutelle di In la France peutd'un ioiiicent it
I'autre s( iPodniirce en tfavc' v des lihl)itants dls 'An-
tilles frant-lises, et ce joir.qu lque C 1oign6 (u'il
soi t aririvoi'a induliiit:l)lement. (Cos peuplos ont
done (.out ilntic't th flire lne ,O tudeo sSuccinlC'tp (do
l'existciince s;c;iale paI ra pori't aI Iurs droits r.:s-
pectitf, an lien do' s livrLc tout e(' ticr 't e ttc vie
politi(lq e (Li i est I1l pois)on1 de leulr vie. C'o.t pnar
jine vie paisible.q'u'un people, come nil individu
lpeot parveni3' a con li'eondlero s d(Iits if sOs in-
t!'rCts:..Alors (quand il so minl' on gestation, c'esi lpour
iniposcr s(it (I ds lyransIon i d' (s 'o nd Icteours
inalhal)iles la rid'L lisa fion d(1 s" aspirations. M l-
iheuir ci c (ux fi (q'i c roi t (lle le lerrain politiqu c. est uf
chnmps d'cxpcr imentation. C'c,st ici l'o)caIsion
pour ni(7iis, de rappiehr c(' que nous avons d(6Pj. (lit
relativoinent Ina mission g('In'il'ruse (liei s'6tait
donnc(', I'AniglcotcrrI qluand cll moIInonI ; i i -. C'o-
loniser'. EIl lle veCra son remi pir, c('ilo ial dirce'
longt:mps encore e imilgr' son ('tenmbl (t les 616 -
Imenlts divers qi(i le co(ll mpsenlt p[ircc q(u'o lI( su (r'-
ganiser c1liactin des peouples qui le (omplos.'elt selonl
scs aspirations politiques et sLociales. Et c'est moins
'it pl i. sslance du ('lCanon I l 'a L 'ctto .t sa'lvallnt o 'rgallni
station (uifC I'AngletcTre dit ni si oxcell eni avn-
tnge. il clIo a toljollrs com(ipris (qu'eclicl dov:tit i'aire
dos Iiabitants de sos colonies (1cs l)omins avaInt
de pe.nscr iL n '1t1 aioL" des citoyeCns. C'est sos c
rapport qfle so difft'rent los delx nations frainn(;i-
ses et a nglaises. l.a France somnble avoir p)lus de
re tesect pour e I'espcC humaine (ue l'Angleterre,
celle-ci anI contraire somble avoir plus d'amour.










LE DROIT NATURE DES PEOPLES, 93

Cela tient au caractere distinctif de ces defix na-
tions. Partout o passe le francais, iliveut voir une
image de la France, 1'anglais au contrairb viiit voir
une image de peuple......
,'empire colonial dte c(s ieux peuples a pour !ibse
deux principles difflrenlts qui .n visent pa>s nlmins ai
un noble but: lei respect des homnies. ('n et lc
colntrairc pour los autires peles) qtui). oint e perdu de
vastes empires coloniaux pour s'etre noltii'rs trop
hautains envers les droits (l'autrui
Comme citoyen d'un (t;iat lil)ir et indlpendanit on
comprend tout de suite lh pesils' qui inous guide en
faisant tous nos efforts pour d6fo1ndre ledroit natural
des peuples
Nous somnmes rnintils fis menaces 1par le jour-
naux clhanuvinlesdes l'itals-IUllis danls tout co que nli 0o
avons de plus chier a111 monde. ot on comllpried l(;o-
cessairementi combien nolir inquietude doit Itre
grande ell presence di'une telle attitude. ....
Nous avoinis cru d( notre devoir, de defondre le
droit natural do toun ls lpeuples, quclolue pelti!s qu'il
soient d'aillcurs,, afin de po uvoir llieu x d:fo'wlndr le
n6tre. Et on n1 pOut nulloeuenill nous fair iill crime
de lnotre ddollnce en vers lun' peipleh. q(!ui liOus ap-
parait A chulue 1101moment co('1llel 10 I111on1st'ro qli
doit nous dlvorei irritnidia] lement. Et nous en
appelons pour cola au inloile civilisd, .srtout aux
prihc)iies :ouverains du drolit, de la raison et de la
justice, iluellque soit 'aillour0 In m ilepris 1thi" i ces
gen6l 6reux sentim ents! . .
Nous sentons encore qu( la pr~senlce d.:- Eltats-
ULis dans les Antilles port atteinto at no.- iinterts
essentials. Cotte influence oet trolp active, lirop puis-
sante pour no pas nous clmporter d'assint 16t oil
tard. Nous savons bien quo inous in'avoUs droit ai
aucuneo protection morale. Les l;.18tts Eulrop6cens (llt









LA DOCTRINE MONROE Ot


fait amende honorable devant I'attitude altiPre des
lItats-Unis. Et, c'est pour cela que nous croyons
devoir nous en appeler aux homes d'litat senses
des lEtats-Unis mrme, et nous leur demandons si
notre droit h une existence libre et indppendante n'est
pas aussi lIgitime que celui de la grande R6publique
;:toilde du Nord. C'est ici I'occasion pour nous de
dire ce qu'a 6td le ddbut de la nation haltienne dans
la vie de people. Au premier aboard des gendraux
de notre ind6pendance ont versd leur sang come
officers dans I'arm e fran aise, pour l'indfpendance
des fltats-Unis. Nous citons entre-autres le g6ndral
Rigaud que nl p)olitique astucieuse de Santihonax a
mis dos-a-dos avec Toussaint-Louverture. Ce qui fut
l'origine de plusieurs guerres de caste. Et il va sans
dire que comme los plus- faibles en nombre les
homes de couleur ont doI succ'mber mainites fois.
Aujourd'hui la guerre de caste est devenu impossi-
ble en Haiti. Le Gouvernement de M. Sam avait un
moment voulu eveiller les susceptihilds I teintes des
noirs et des hommes de couleur, nmai iil fut lblige
de suspendre cette manceuvre impio on presence de
la haute indignation de l'opinion publique. Ce mal-
entendu centre les homes d'une meme race et d'une
mAme patrie dtait le principal obstacle A notre mar-
che en avant. Aucune narration de nos pdripeties
interieures ne serait de mise ici.
Nous d6fendons le principle dievd de l'ind6pen-
dance respective des peuples, et aucune erreurdans
leuis affairs interieures, pourvu ieon entendu que
cette erreur ne porte aucune atteinte au droit de la
civilisation, ne saurait justifier intervention d'au-
cune puissance. Notre debut a done( 6t(6 assez glo-
rieux. Nous avons mnme trouv6 des flrancais assez
gdnereux pour defendre la cause de notre ind(pen-
dance en France mnme, car ces g6n6roux franiais









LE DROIT NATURE DES PEUPLES 95

trouvaient note initiative trop noble, trop levde,
trop digne de li liberty qu'ils d6fendaient eux-meme
a outrance pour fire de nous une exception, et
on les a entendus dire a la Convention : (( p6risgent
les colonies pLijtt qu'un principle. Et pourquoi n'ai-
merions-nous pas la nation qui a donn l'ex iemple de
tant de gendrteux 6lans! Voila bient6t un sickle
.depuis quo nous sommes un people ind6pendant
quels griefs peut-on avoir coftre nous pourI votloir
nous ravir cette ind6pendance. Sans doute, nous
savons parfaitement bien que nos ennemis nous
sont et nous seront toujours systimatiques, que ja-
mais ils ne voudront voir en nous des hommes
assimilables la Civilisation, mais leur haine, leur
jalousie et leiir convoitise trouveront 8i qui parler.
Qu'on ne nous'1 'reproche pas d'ailleurs nos niceurs
elles sont ce qu'ktaient cells de toutes nations qui
venaient de naitie a la civilisation, On s'ing6nie
beaucoup a parler du vaudoux, en ,verite c'est le mot
soul qui effraie, et s'il y a une chose inoffensive
c'estbien celle-lh. Ie vaudoux est une simple danse,
a.la manirl' du bamboula dans6 dans toutes les
Antilles, et la Tzigane de. I'Europe. Des femmes
decolletees dansant avec des gestes gracieux propres
a inciter la plus delicieuse convoitise, des animaux
avant d'Atre tu(s sont offers en sacrifice A I'instar
des temps antiques, toutes sortes de liqueurs sont
offertes aux invites, et quand laqcuriositd vous mcne
au homfort, qu'y voyez-vous, sinon un assemblage
d'images repr6sentants tous les saints et saints; une
partic de presque tous les 6lements de la nature;
des coquilles, des pierces; du bois etc.; c'dtnit comine
si on adorait dans ,ces divers roprlsentants de la
nature le Tout ou Dieu. Notre scepticikni rojette la
croyance en de telles choses, et nous soupirons
apr6s elles, afin de voir leur effacement complete de









96 LA DOCTRINE DE MONROE 01
nos mrnurs, mais dire que la cer6moie du vaudoux
implique des sacrifices humans, c'est une affreuse
calomPie don't le people haitien ne d(evrait fair au-
ciin cas..Ceux d'ailleurs qui sont initids aux vaudoux
s()lt des (Ctres to t-a-tait inoffensifs et incapables de
se defend e..contre la calomnie don't ils sont l'objet.
Ainsi donc e vafudoux nc signifle pas magic, ce
sont deux closes tout-A-fait diff6'rontes. Fait A sou-
ligner: sous tout lc regne de Sam on d(fendait la
danse du vaudoux, et cc Gou\ivernenlet 6tait !e plus
mauvais qfu'Hiiti ait jamais eu. Ce n( serait jamais
nIous qui d6fQildrions la danHse du vaudoux pour
fair plaisir A des ldtracteurs (Lu'i tr0uve'ont toujours
un motifl d traction, car, en defendant au people
de so divertir sa maniore, c'est une atteinte grave
qutLe nious portions A sa libhert. MIaintenant (lU'il (est
prouv' que l e vaudoux est une chose tout-a-fait innt o-
cente qui Oe seuntSculinelt entretenue !)pr ti rest de
superstition, qu'on, ne mange pas de chair iurinine
en HaYti, qu'il serait impossible A nios caloniiiatturs
d'appuyer, leurs ldolun(ces d'aucune priluve. et qu'en
ious dnij'rant e(1 !a s )rte, ils ne font que satisfaire il
.es I hlailnce. .(de ;race. Et co qui les a d'autant plus aigris
,'olntr'e nous, c'est que l'esclavage etant aholi, ils se
t .rlouvent d1ton la niic:ssit6 do travailler ((ux-nlmnes
ou de dcpenser de grands capitaux, cc (qui a dimni-
.nu( dq cent pour cent leurs ijhe6lices....... oui, au-
jourd'hui que tout cela est coninu et prIou( qu petit-
on maintenanl objecterlpou nous rhivirnotreindOpen-
dance ; scrait ce notre nmauvaise organisation plliti-
que? Mais c'est une chose accidentelle qui ne serait
revenue pr6pond(rante que si on nlouns avait vu dans
l'impossibilit6 d'aspircr a tune moIilleu re organisa-
tion, soit par note imnmohilit6 ou parnotre inaptitude
intlllectuelle. mais nous prlouvlls (que lnous som-
mnes un people qui entend avoir une mcilleure con-










L.E DROINT ATUREI DES PEOPLES.


edition, puisque nous sommes presque toujours en
gestation, et nous poss6don., des intelligentes d'olite
pour nous guider dans nos mouvements.
D'ailleurs depuis notre apparition dans le monde
come lRtat independent les grades capacities ne
nous ont jamais fait drfaut, et ces capacity sont de
diverse natures. Nous avons eu, nous l'avons djhA
dit, des officers dans 1'armec fran tribu6 h rendre les Etats-Unis libres et ind pendants.
Nous e0mes 6galement des g6nraux qui combatti,
rent A c6te de Simon Bolivar pour l'indipendance de
presque toutes les Rlpubliques de I'Amerique du
Sud. Et, nous avons de plus ouvert nos arsenaux
.] ce mine Simon Bolivar pour y puiser des ar-
mnes et des munitions necessaires; et en quoi done
apr's un dlbut si noble, si glorieux, et nous
nous abstenons de parler de nos luttes gigantesques
pour l'ind6pendance, en quoi done n'au rions-nous
pas Ie droit de rester libes et inde6pendants? Avons-
nous jamais refused de payer nos rentes? Quand des
rangers qui,aprCes nous avoir pousss, les uns conrte
les autres. p-' leur astuce nous pri'isentint leur carte,
avons-nous janmais iefuse de payer les reclamations
diplomnatiques f'ites a leurs instigations? Nous con-
venons que nois no sommes pas toujours corrects,
mais des incapacites qui sont ordinaireinent au pou-
voir con1duisCnt tellement mal les questions diplo-
iuatiques qu'ils arrivent parfois 1 avoir tort mal-
grd ceux-IA avec qui ils sont en affaire. Voyez
par example l'affaire Luders; il va sans dire quo
1'Allenagne n'avait pas l'intention d'en arriver lh
avec nous, mais l'ignorance des hommesau pouvoir,
et principalement M. Sam, nous a fait subir une in-
sulte de plus do la part de cette nation. Et en d6pit
de tout, 1'Empereurd'Allemagne qui sans doute n'A
pas de renscignements pr6cis sur nous, nous a trait










98 IA DOCTRINE DEI MONROE o 01
fde < negres, 16gerement teintfs d'une petite dose de
civilisation franca.ise '; cela vaut encore beaucoup
de- lI bduidh du Tout-Puissant Guil-aume II;: Mais
ce qu'il faut reconnaitre de suite, c'est .que malgre
notre legere teinte de civilisation frar aise, des -AT-
lemands du tout puissant Empereur se trouvent si
:parfaitement bjen chez nbus, qu'ils pousent nos
'ifilles, font;ie commerce au point d'en Atre. les mai-
tres aujourd'hui, passent des contracts avec le gou-
4vernement etc..; On doit cependant reconnaitre que
la cond(ite des allemands chez nous est des plus
;reguliere: Ce sont des individus qui viennert d'Eu-
-rope pourtravailler et s'enrichir; its ne s'occupent
gu.re de nos affairs interieures. En cela nous avons
-plus Asbuffrir des homes noirs o.u de. couleur des
antilo que des europeens. La prehve, c'est: que M.
Luders est un mulatre, fils d'Allemand. Nos plus
graves difflcult~tiplomatiques proviennent ordinai-
nairement de ceuf'k qui sont appelds naturellement
A nous d6fendre.
Les citoyens frangais de la Guadeloupe, pas tant
ceux-de la Martinique sont les strangers qui.nous
procurent le plus de d6sagrements diplomatiques. M.
Gerville RBache entire autres quiet aujourd'hui un
potentat en France & la poursuite d'un ministire
qu'il .n'hura jamais, a yvcu nombre d'ann6es en
HaYti come professeur d'un denos lyc6es,. eh ben,
ce nonisieui'A qui notre argent a permi'sde se compld-
ter a et6 le ppremier come deput6 & la Chambre fran-:
caise A demander, je ne sais pour quelle affaire di-
plomatique, entire Haiti et la France,; 'enybi d'un.e
escadre frangaise dans nos eaux. C'est pour celaque
nous exhortons, autant que possible, nos concitoyens
A prendre des measures assez pr6voyantesi pour
empecher que notre pays ne soitenvahi par certain
individus des Antilles qui.ne viennent chez nous