Haiti

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Material Information

Title:
Haiti son commerce et ses industries
Physical Description:
iii, 91 p. : fold. tables. ; 22 cm.
Language:
French
Creator:
Légitime, François Dénis, 1842-1935
Publisher:
Chapotin
Place of Publication:
Port-au-Prince
Publication Date:

Subjects

Subjects / Keywords:
Industries -- Haiti   ( lcsh )
Commerce -- Haiti   ( lcsh )
Genre:
non-fiction   ( marcgt )

Notes

General Note:
Bound with Nau, Eugène. Le Bassin Général. Port-au-Prince, 1880.
General Note:
At head of title: Conclusion.

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
oclc - 24894561
ocm24894561
System ID:
AA00008913:00001


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Full Text

7- 4-


CONCLUSION.


HAITI


Soan commerce et sea inbnetries.




FAR

F. D. LEGITIME,
Sdnateur


Quel people, aujourd'hui, paie 40 o/o d'impot





PORT-AU-PRINCE HAITI.


1888.


/ .L.. k
JP









































THIS VOLUME HAS BEEN
MICROFILMED
BY THE UNIVERSITY,OF
FLORIDA LIBRARIES.









*Extrait du COURIER POPULAIRE
DIU NORD DE LA FRANCE,
10 Juillet 1885.
*
M. F D. Lgitime, senateur de Haiti, a public. il y a quel
ques mois. une brochure intilulee: LA VOIE, LA VERITE, LA VIE, Oa,
A propos d'un project de loi qu'il prdsente a la Chambre des Deputesl
il examine l'dtat du commerce dans 'Ile, ainsi que les remedes qui
pourraient le relevcr.
Nous croyons qn'il n'est pas sans interkt de tirer. de ces pages
quelques observations sur le commerce d'un pays oiu la canne a sucre
est cultivee, ou I'industrie prihnipale est la fabrication du rhum, surtout
pour les lecteurs d'un ddpartement comme le n6tie. oi les distilleries
et les raffineries sont en si grand nombre.
La culture est dans le marasme a Haiti, non que les agriculteurs
manquent, ni que le courage fasse ddfant; mais si les Haitiens sont ar-
dents au travail, ils sent faciles a ddcourager : la perseverance leur
serait necessaire. et les propridtaires, d's quatout ne mnarche pas au
gre de leur desir. renoncent i Faire*tout effort.
Voici quelle est la situation:
Le rhum d'Haiti a des qualities supdrieures. A e'xpositinn de
Bordeaux ( 1481, ) a 1'exposition d'Amsterdam derniirement, ii a ob-
tenu le prix d'honneur. On peut le pioduire en grande quantity par
rapport au rendement du sucre. Et pouniant. les distilleries ne prosp..
rent point ... Et, cependant, la culture de la canne languit.
C'est que le credit manque ia Pexterieur, c cst que 1'activite man-
que i Tinterienr. Tout cela, parce que le commerce manque de dheb,-
chis. En effect, exportation, qui doit se fire par des navires strangers.
estentravee par des droits exorbitantset des reglements vexatoires. La
libre circulation d'un port i un autre n'est onverte qu'aux vapeurs; on
a fait a ces vaisseaux des conditions bien avantageuses. Ainsi, ils ne
patient qu'un faible droit de tonnage, et encore seulement s'ils font l'im-.
portation en mime temps que 1'exportation. Au' contraire, les voiliier ,
mime considerable, patient on fort droit de tonnage, nime quand iJs
cntrent dans les ports stir est. et sont soumis h uu droit d'dchelle an
Port-A-Piment et au port du Ml6e-Saint-Nicolas.
Or, M. L'gitime montre que le commerce d'Haiti devrait se
fire surtout par les voiliers, il propose done de diminutr le droit de
tonnage et d'en affrarchir condilionnellemientles navires, de supprimner
le di'oit d':i hfle.










Grace A ces moyens, il pense que le commerce pourra se rele-
ver. Nous n'avons pas a prendre part dans la question. Nons n'avons
voulu qcexposer la situation du pays.
La brochure montre I'industrie et la culture, la vie de cam-
pagnards d'Hlaiti, dans un ktat assez triste. Or, dit 'auteur, le moyen
de remedier a ce marasme, c'est le travail d'abord,. ensuite la propa--
gation de I'Instructton. Son conseil n'est pas mauvais, meme pour
d'autres contrdes que Haiti.

*








AVERTISSEMENT.


L'auteur, aprbs avoirpublid Le Mdle-St.-Nicolas
et L'industrie sucriere ou Solution dconomique, s'gtait
proposed de les faire suivre d'une nouvelle etude qui
aurait pour titre : Haiti, nation neutre, commergante
etrmarztime.
Pour obbir aux ndcessit4s. *des 'temps, il a,
depuis, fait paraitre successivement La Voie, la Vdriti
et la Vie, puis Haiti, nation maritime, ouvrages dans
lesquels se trouvent en'partie trat6s les diff6rents points
rdpondant au'titre de l'ouvrage projetO et announce
La nouvelle publication vient done compl6ter
cette oeuvre dconomique. Elle en est la conclusion,
C'est aux Chambres Idgislatives qu'elle est
particuliirement adressee, parce que les mandataires
de la nation auront, cette annie, A se prononcer de-
finitivement sur la proposition de loi que soute-
naient les premiers merits .

L'auteur, en soumettant de nouveau la cause
au jugement de ses pairs voudrait, come le meu-
nier de Sans-Souci, s'assurer si, vWritab!ement, il y a
ane justice a Berlin.










fe mepriserais, a dit ]'annde dernikre le Presi-
dent SALOMON, je mipriserais un membre du
parleinent qui hisiterait i donner son avis quand se
trouvent engagds les grands inter6ts du pays.
En donnant librement, frauc'ement le sien
daus cet opuscule, 1'auteur croit avoir rempli son devoir
de shnateur et de c:toyea. Uae patriotique indignation
n'a pas moims anrm sa main lorsque, parcourant une
revue rtcente, ses' Iyeux so porterent sur ces lines "
propose d'Haiti:

Quel rang doit occupr cette race daus ]'dchelle
des sncidtis ? Nous demauderoas A Sir Spencer, qui l'a
fr6quentie, son appreciation-sqr ce sujet :
( Nous avots, dit-il, souvent discutd, A Haiti,
1'imiportaute question de I' pace occupde par le negre
dans le systbme de la nature. Je regrette de dire
que phlis j'ai acqais d'expdrience, moins j'ai cru a sa
capacity pour occuper une position inddpendante. .
et s'il ne survenait aucune pression, il retrograderait bien
vite l'dtat des habitats du Congo.

v Nous pouvous concllure de cette etude, comme
l'observateur anglais de son experience, que la race
inire a besoin d'un patronage, et qu'elle ne peut le
irouver en elle-meme, malgrd la situation crde'e quel-
ques-uns de ses mnembres pat les dvinements histori-
ques. C'est une race sortie de sa condition subordonnke
avant d'avoir ete formde aux institutions qui sont
nccessaires h toute race pour so gouverner elle-nmme











Pou. r'am, ier les i.igekai daus la vaie de la prosp&rit,
il f:i:ldrait leur procurer le patromage d'dldments 6tran-
gers etsu pericur.. .. ,

Q tel eat IIlaHiien, ass z peu soucieux de son
an enir, assez Pteiemi de lai-m6me pour hisiter A pro-
tester, iimn par des paroles enflammdes, imis par des
ctt.s vii ils centre un verdict si peu bienveillant jet6 aux
ce;t mnille voix de la press.

A uo's a raniasser le gant.!
Aux calomiies sachois seuleieut opposer des
faits.


UNE OBSERVATION LOCALE.
*

Un IIaitica, Monsieur F. Armand, ancien magistrpt
communal del Port-an -Prince, possede hors les inurs de la ville,
a Sai'ut-Martin, une propriedt de 10 carreaux de terre, qu'il
habite et fait valoir lui-mdme.
La proprilet n'cst pas arrosee; cependant, en 1881 et en 188?,
Monsieur Armand pouvait, avec ses vaches et en exoloitnt 1'herbe
de Guinde ct le mil, .en tier in revenue de 450 piastre, pa.
mois, soit 5,400 piastres 'an, non eompris le produit de sa basse
court.
Aujour:rd'hi, pourq!ui avec Ia m6me some de travail et plus
d'cxperience, Mr. Armand n'obtient-il relativement presquie rin de
son champ ?
Tout simplemcnt pace que la compagnie des.Tramways, qui
lui achetalt, par lour, dii piastres de fourrig-, est en deca-
dence, DERAILLE pour ainsi dire par suite des affa;res gindrales di pays.
On paie aujourd'hui-plus difficilement que hier les DIX CENTIMEs de
cars.
.Voila comment tout s'enchaine dans economicc publique d'un
pays.









COMMERCE EXTIRIEUR.



Le commerce extdrieur d'Haiti se fait jusqu'ici
au moyen de


*70,000,000 1. de car A P 10 o/o 7,000,000
282,620,852 a campnche 6. o/oo 1,695.725-11
2.637,653 g- coton 7 112 197,823-97
S3,939.445 a cacao 8 112 314,155-60

Puis quelques articles d'une
valeur relativemeni insi-
gnifiante qu'ou pent es-
timer a. 105,000

P. 9,312,704,-68


Importation (2)


Marchandises diverse con-
sistapt en tissus, mer-
ceries, comestibles, provi-
sions et autres objets
fabriquis montant a 9,312,704,-68


P. 18,635,409-36
Ces 18 millions six cent mille piastres sont: la va-
leur maximum de nos affaires avec l'Ftranger, lesquelles
n'ont encore atteint effectivement que le chiffre de quinze
d seize millions de piastres fortes ou 85 millions de francs.

( t ) Nous avons adopted, pour, 'exportation, les chiffres les
plus 'leves qu'on a encore atteints, avec leurs prix moyens. La rd-
colte de cafe v:rie de 50 a 70 millions ; 1'ainie' 1886-1887 n'a don-
ne que 41,570,072,

2- ) Les comples-rendus officials donnent un chiftre moindre


Exporta-
tion ( )











Poer s'expliqucr le inalais:e -nd'ral du Pa.ys et
1'embarras financier: dle nos, governments, il ne.st pWsa
n6cessaire de recouii'it A d'au.re gen oe die 'dmon?!ra-
tion.
Seize millions d'alraires avec le dehors, dcns un
pays plus grand, plusfertile qpie la Belgqtoe et qui comp--
te plus d'un million d'habitaits'; seize millions d',iffaiies
sur lesquelles. 1'Elat .prdlvve.plus de 6 millions d'im-
pot, soit 40 o/o, sont loin d'Otre strffisants pour permetlre
de reconstituer la richesse nationaleet d'eilrelprelro les
grands, travaux. d'ltilitd g.inrarli

'Le cafr, qii forme la base de son commerce, est
d'abord une. dengdre Irop pcui: ceilaine par sa mobility. ;
car, outro les variations aiinuelles de la rdcon tle, le
prix de cettee tve 6proiive d td si ibi'sties fniclualions,
que tel ndgociarin enrichi .a veille, se voit ruin le
lendemain, ,L'dcait est souvent enlre 4 et 22 p'iastres.
Uue paretlle situation,.jointo aou mouvcemeatL du change,
ddroute le ndgoce et provoque niciss"irenment das fail-
lites. On ne pent (done jamais s'en dtayer-ni pour faire
un calcul tant soit pu regalier,'ni pour so liver a
de serieuses combinaisons.

Dans un pays si esseritielle-ment .'agricle,. an
point do vue commercial, cliaqie baisse que subit
la production amene, pour consequence, ou.la diminu-
tion de 1'importation ou l'obligation d'en payer l'ex-

connnicvaleur de 'limporiation. C!ea pio, ient de ce qu:ol) se bse gdn.i
ralemient sur Ic inoitant des ianifestfs. conisulaircs dlnt Irs cliffrcs
ne sont jamais exacts. I\ilne dans ce, rn, il ne liaulrait ras moiis, y
fire entrcr 20 o/o ic pli.s pour avoir Ie prix de i lace.
(Vo i liil.au. dcrnire Tgc )










c&Mlent en nliJrair'e ; c'est cdmrne un tribitt, di a
1'Etranger, .leqiel e.ntrav, la circulation mondtaiure et
nuit .par consiquent au mouvemertt du commerce in-
terieur.' La i',gle, en science cobnomique, veut tou-
jours que x e'est par les.proIluits. Que les products
s'ach-tent. .
De la faillessee, de la mdbili!d de celte siina-
tion provicnt naLireliemen.t [a crise g.'ri, rale,,loit l'inii
tensit6 mat ea t n 6ei routes les combinaisoni- j!s-.
quici adople&s' dtans le. e but de 1'enrayer. Elle n6ns
oblige, malgrd les plus.siges avis, a *-r.ecourir, C pour cha-
qie nouveli embarras, aux emprunts les plus onereux.
Au temps de la colonie. il faut bien se le rappe-
ler, on avait, -avec les mimes dlcnirde, p-is le sure, l'al-
cool et 1'indigo, atteint le chiffre inorine le 71.6 millions
de. francs, valenr qui, alor reprdseiitait les leisx tiers
des affaires gindrales de la France. '(1) Aujourd'hni,
malgre la baisse du -sucre, la forttne.publiqne ne dc-
vrait pas, en raison de la valeur de' l'argent, et. '
moindre de celle de 1789, pluisque les besoins. de la
population actuelle sont' plus grands et qu'A .part lo
sucre, I'alcool et l'indigo, [fiiti poss&le alhndaminert.
de denrdes autres que le cafd, le campliche, le c. tcn
et le -cacao. TI fauidrait se!'iement, par Il'enremise dui
commerce, les fire ':n..-,l'.iir a. oblenir. etet ct acrois-
sement do la. richesse et, par suite, I'apimlinration de
notire etat .s'oial. .
Alais stiffit-ii d'expo.er la Situation -commerciale

I( I 1 L'iIi par'lili;'i ct I crpi,'lal;on geld ales de la France d'le-
*aient Zi 1,097,76-2,000.








-4--

du pays, d'en indiquer la solution dans cette formule
vague pour se cruiser ensuite les bras.? Ce serait, ma
foi, par trop commode. Il y a,. au contraire, dans
I'~quation de ce probleme, une infinite .,'opdations,
une multitude de dMtails qu'il faut saisir tres-exacte-
ment. Souverit ils dchappent A bien ,es intelligence,
parce qu'elles ne sont pas toutes en situation de, les
connaitre. C'est'ce qui en fait la difficult. Alors on
voit des esprits, du reste tres distinguds, s'embrouil-
ler dans IPS recherches et finalement se diviser a ce
propos. Chacun, pour son proprd compte, lourne comme
a plaisir dans un cercle vicieux. C'est la ceiainement
13 signe d'un manque de meihode, d'un ddfaut d'analyse.
Or, notre but, en reprenant la question, est d'es-
sayer, une derniere foi. en- ve du commerce exterieur,
d'y fire nailre la plus grande clart6 possible. Elle est
important, cette question, parce que le relevement matd.
rietde I1 nation, le bien-6tre des families, et, disuns-le,
le n6tre -n parliculier en dependent. Nous avons char-
ge d'aies.

Pour mieux etablii l''d!at de cette question, nous
devons commencer par examine les principaux moyens
proposes jusqt'ici comme devant ,tre la cld de la si-
tuation conomique d'Haiti. Ce sont les suivants:

Routes publiques.- Nos grades voies de com-
inunication sont ouvertes au public; on- peut y voya-
ger, aller d'uue ville a l'autre, ou d'une ville a un
gross bourg quelconqlte. Seulement leur ktat laisse .
dd.irer. It incomnbo lonc A i'Adminuistration superieure
de les rdparer et t1- socc'lpjr d., lear entretien : cet-








-5-


vre lente, conti uelle, toujour.~ A reprendre t a para-
chever. L'etat de nos affaires ne permet pas paur-
tant d'y faire executer A la fois des travaux d'art,
tels que: points, chaussees, rampes, pavage. En cer-
tains endroits, il faudrait meme creuser des fosses et
endiguer plus daun course d'eau don't les debordements
p6riodiques causent beaucoup de digats.

Relativement aux autres voices de communica-
tion, dites chemins vicinaux, 'on sait que leur eritre-
tien, leur reparation incumbent specialement aux com-
munes, A leurs contribuables respectifs: Ceux-ci, A l'oc-
casion, des qu'une necessit6 parait evidetite, n'ont gehn-
ralement besoin d'etre aiguillonnes que par 'intdret.
En Angleterre, par example, pays de liberty oi I'ini-
tiative privie est reine,- en Angleterre, un proprietaire
rcsidant A la champagne, depensera des millions pour
reliever une contree. Possesseur d'un domaine stable,
il est str du profit que le temps se-charge de lui ap-
porter et que la paix lui assure. Matheureusemnnt, ii
n'en est pas ainsi chez nous, od la propridt6 est instable
et oi le proprietaire, de m6me que la commune,
vit sans capitaux et sans credit!

Chemins de fer.- 'Rien de mieux, surtout s'il
s'agit de mettre en communication l'intdrieur du pays
avec les ports de mer et de relier entire eux deux points
opposes du littoral-: par example, Miragoine et Aquin,
Port-de-Paix et Gonaives.

On abr6gerait de cette mani6re les distances; on
diminuerait pour plusieurs les risques de la navigation,








-- 0 -

puisque les capi ( i L M61e, do Tiburon ct la 'oinif
.~dile A Gravois, si difficiles i doubler a certaines dpoquies
dti I'ai:rne, pourraient iirae ditds. On feral ainsi, en un
mot, le plus giand bien au commerce iitidrieur et parti-
culireoment aux populations plucdes aux antiipodes, pour
ainsi dire, le; unes des autres. Mais ?es faclits n'e-
largiraieutpas considdrablernetit le cadre tie nos produits
Schangeables, si nous continluions si n'expdicer au dehors
(qe le caf', le cacao, le campeclie et le colon. Ces
deux derniers articles y gagneraient tout au ulus en-
quanlit, z'est tout.
Les cihemins de fer soujt partouit tablis pour le
commerce et en vue du commerce el grand. Its doivent
facilite'r le transit eatre deux ou plusieurs pauplcs ; a
cetle condition seule its sont productiffs. Le transport lice
l'Woduils aimentaires d'un pays, pour I.a consomma-
ion iiitdiieure de ce pays tt le ddplacement plus com-
mode de quelques voyage-rs seraient, par eux-mOmes,
d'un reidementi abolumnnt nut, s'ii fallait s'y baser
pour fire vivre une voie ferrde.
La premiere raison pour l'exploitation d'une line
de chemins de fer, c'est que cette exploitation soit pro-
ductive, A moins que 1'dtablissement de cette line n'ait
ite ddtermind par uti moti stratigique.
Des voles fetrdas sont necessaires efi Haiti, nous
en convenons ; mais quel que soit lio're ddsir de voir
transformer nos planes par cet aclif et ingenieux moyen,
nous opinions invariablement que ce n'est pas en em-
.pruntant,-quand le gouvernement a rccours a ce proced6
pour payer ses fonctionnaires at employds,- ce n'est pas
en empruntant de l'argent que nous devons songer 5 les








--- 7 -

4 ablir; ce genre d'oet ep it aI pi.i .iet. liniti ate.
pr /i 'i. l.,i ; -. :. ,' li. fi* i par :lELt t. F ii-
sois naitre d'abord L Ces' capitattx en frappant dua pied


I, iacti 'n c ', l, .e..- ('est ici la thdorie citrce:
-LI, S c I -'
de liotre dpo;que. C penlant,' s6ius Ch;arlemagne, c'est-
A-il ie ciniq si&clas avant quie '1irmprirnerie wvint vul-
wg fiser 1jw -f [ lettrtee J 'ilrl' icli,' i pub qIu.i?
dtait .djt co6j !i it coim'ne aiie n l',csii social; elle
tait. ni mne, ce tiL-e, : l i,'Ai-,... I l..Lj l e palais de-l'em-
pereurr. Nil noui sub sole dliait iA ce propos un drudit.
Oui, A'',,.I -' l ire et, A e':rire aux g.. rnins c'es
[11i excelleute *chose. C'st .mime an devoid de
c-i1-i.:.i_:.:', -poxur quiconqut a !a conduit des peuples,
d'ddlairer les esprits en tes airachant des t.ildbres de
!'ignorance; mais cel ne. i ee personnel de la loi
du travail, '.[ui est une 6loiprimordiale.: .

S' [l:li I.I,',ueiir .'rIit iI tari r tr lijo l r; q .cjque, .pp'ren'iie
a lir.i LI .' 'l ice', cc n'ost pas tri's spuvent' appre~ndre.-A
df6rrner son JI'ln.b'-6t ni bcher la terre et 1 ciilti-
ver, de faion: que I4'iil;iidia puisse Me creer,-' ans la Snitf,
une polsiii,;, aides ethonorable. Cela est ui genr, ie ddu.
cation special. qu, i :.int "'L:ir ,:l llorn.Il':' e .-de bonne
Sheure. U-ii acadimiciei o ii I pi'iofr.l: er .de la facultd de
:D:..i'it uaiait bien de la peine Ais'y faire,'si, un jour- ii ti
ell C'l'lit la fantasies. ;
S.II Ili: nt done que, A I't..l"4 rtfraie pl inm'ire
et l'ori joii l'Icole~d'capplicatiiof, si l'on
veut t i':n.-foir mer: r ie s-i\ernenl la vie rutale et ne pas
fair d'ime Icn:cai i.on de robustes travailleurs, un people









-8--


~io 4'ildass&s. En attendant, la paysnnne rest encore, com-
me au temps de la colonies, employdeA la charrue, ou plu-
<6t a la ho:oe, et ctla, de 6 heures du martin jusqu'a 6
lieures I; soir. ( 1 ) 11 en ris ulte que les enfants de la
cam inage d'.lHiti, privds de direction, de surveillance,
ist I''- t de 6 ans, sont de. fait irrdguli&rement dman-
vil)d:. Daans ce milieu on trouve bien la famille, mais son
a;:in .morFalisatrice ne peut que rarement se fire sentir.
Ainsi, an lieu d'une v6ritabl)e Evolution sociale,-
evolution morale et dconomique,- c'est plutdt, grace A
inos prdtenlues rJoolations, uu simple movement de
rotation qu'acconopli.t la soeidt d'[;titi str elle m'me.
II est oexlentri.pin p:a rapport aux systlmes d'ddncation
si dliltrents dle la ville et de la camnpagnt, ce qui ferait
croire quie tette socidde role sur deux axes, n'ayantpoint
le mime mobile, un centre unique d'action. Les lois, 1'E-
conomie politique ni les commotions politiques n'y peu-
vetit rien modifier, c'est uu 6tat de choses, qui relive du
MJnage-. Ot:, donnez la bonne education a la femme, vous
inoralisez tlonute uPe gYnration: la civilisation patr cette
voie peIndire a la canpagne.

Police-ruralc.- C'est un fort bon moyen.
Le vrai garde-champktre nous fait ddfaut. Nous
sonm.es trop heureux lorsque, dans le personnel de
notre police rurale, ii se rencontre quelques hommes

( 1 ) Ailleurs la femme s'occupc de la ricolte, de la vendange,
coimme lorsqu'elle s'occupe tranmasser, A' aniarrr Ja canne on A ricolter
d lutres dendnes, dans les champs'; 1l s'arrte son irle. Puis ele a les
Soins du potafgcr et d'autres soins ou travaux du manage, conmme par
cxeimple trairic la vache, preparer le hcurrc. Mais au-dessus de
Ilt dtloninc son rile ncomn e 6,ll:atrice, ciiinie ange tutelaire dsi
HloM~l C'cst en 'c]Ia qul s'accomplit sculenicut I'cenvrc du Iteim s.








-9-

de bonne volont6, capable de fire r6gner iunpeu d'or-
dre et un pen de justice dans une section. L'action de
la justice devrait cependant se fire senior partout,
pour garantir le producteur contre les d6prddations, fair
respecter les personnel et les propridtds; c'est la un
point non moing important et sans sequel on ne peut se
fivrer a aucune culture serieuse,
Mais la police rurale ne s'improvise pas. Sor/'i
mode de recrutement est ce que partou't il y a de
plus d6licat, de plus minutieux ; car chez tons les peu-
ples elle estune belle institution.
Ainsi, coiffer quelqu'nn d'un tricorne d gendarrne,
ce n'est lui inspire ni I'esprit, ni la religion. du. nmtier.-

RADIATION :DE L'ARTICLE QUI, DANS LA CONS IUTION
D'IAITI, INTERD1T A L'ETHARGER DE POSSIDER DES INMEU-
BLES DANS LE PAYS Au mnoyen d'e cette modification,
d'aucuns voient ddjA les capitanx dtraiigers' ait'uer dans
le pays et y faire renaitre la pro.peritd.

Nous ne sommes pas, nous, partisan de V'ex-
elusion absolute, mais nous voulons, el. c'est notre droit
et notre devoir, le maintain de 1'heg6monie national.
Que 1'6tranger soit propridtatre en Haiti come
'Ilaitien 1'est a 1'dtranger, c'est juste. Ddjd celui-li,
malgrd la !ettre de la Constitution, ne jouit-il pas plei-
nement de ce privilIge, et par droit d'lhypolthqe
et par simple representation ?

On n'a pas arrachl DIQUINY A Monsieur DPijarin
LA SERRE, a' capitaine Cutts, ni A Mfonsieur BrIwn s:.
belle propridit a BOi'DE r. Tous les hiPns ponseIls en eHiiti









-10-


par 'l6trangersont lgitirnement acquiset universellement
respects. Un amdricain, Monsieur Folsom, a long-
temps exploit I'habitation Gf;LIN, situde A J6mrnie, sans
avoir rien eu a ddrn6ler avec 1'autoiidl, ni avec les
particuliers.
Mais a-t-on remarqu6 cncoie que, du privilege
occulte, mais rdel qu'a l'Ntranger de poss6der en
Haiti, ii soit sorti pour l'llaiien une amilioration quel-
conque ?
Au contraire, il a dt6 conslalt depuis la colonies
que l'dtranger, une fois enrichi, se sent atteint de nos-
talgie etregagne la terre nalale. (1 On n'en peutexcepler
qu'un tirs-petit nombre, et de ce nonbre figure le
pretre catholique, a pauvre chien del'"humaniid, caress
et battu, qui mord sachaitie el quimeurt i sa chuine i (2)
Or, le mal i'est paB essentiellenicnt Ia.

L''lranger cependant peut bien Wtre propritlaire,
puisq''il I'est dtdj des plus belles maisons de nos
villes. Une possession plus nette et don't la forme assi-
milerait ces immeubles aux inmmeubles hailiens, sera
moins nuisible que l'autre qui, en temps de guerre,
oblige A payer des inrlemnilts.

( I J On ne vient pasdans la colonies pour changer d'air. disaient-ils.
Monsieur Saint-John qui a vccu daus notre soricle, et que tant
'i'hoinmes politiriqus ont tour A tour caress", Monsieur Saint-John
n'a pu, lui. s'empnp&cer de nous ptindre sons les plus som brescou-
leurs : L'Utianger, est-il dit dans la Pc:fence social, a l'eranger
qui reside pour ses affairs ou par suite de ses fonltions dans les
principaux ports d'Hi-ati, clierche dans la promenade une distracs
tion que la fr, qiuentat on de la socitle locale nct suffit pas a'ui-
procurer,
(2 ) A scene Iious.ve. Inaugiratt ,n de la statue de Lamartine.








- 11 -


Mais, si, pour btre maoPanRtrAREFONCIER, 1'dtraw-
ger ne doit point dhfiicher et faire valoir de nou-
velles terres ; si 1'Haitien, sous I'amorce d'un haut prix-
peiit ali6ner les domaines qu'il possede, lui, K de par
droit de naissance et de par droit de conquete D c'est
une imprudence, un crime de 1Mse-nation que de ne pas
protlger celui-ci contre la convoitise de celui- l

Tant que la question de race sera encore un objFt
de discussions, de division et de haine ; tant que les har-
tiens n'auront pas, par 1'iude approfondie et I'appl ca-
ion des sciences, confirm) la verit6 de I'dgalitI des
races humaines; tant que le noir, enfin, peul etre con-
siddre come un Otre inlfricur, il faut une 1egislalion qTui
Ie mette a labri de 1'envahissemenL C'est la l'id6e
essentielle que nous avions nagnere exprim6e.
11 est done evident qaie ce nouveau moyen n'est
pas, comme on se l'imagine, celui qui doit rendre
l'Hailien prospBre. On ne l'est pas par le fait qu'on
a rdalis6 plus ou moins quelques p6cunes en ven-
dant son domain ; ces pecunes seront bien vite dis-
sipdes. Tons ceux qui, come nous, se donnent
la peine d'ltudier un peu ces questions, s-vent que
I'habitant de la Dominicanie, dis qu'il a aliien sa pro-
prikdt sous !'appat d'un gros gain, est rednit A tra-
vailler en SUBORDO.ssi sur cette meme proper dit qui
4tait sa part de domaine national.
En Angl2terre, 1'extension de la grande propridle,
d'une part, et, de I'aulre, le pauir iisme qni inquiete la
nation, competent, parmi les causes qui les ont produits
]'un et I'autre, la facull. qu'on avail, au 18P. siacl-, d'nlid-
ner lapropri6t du sol. Enfin, observons, pouren finir, que








12 -

en cessant de se garantir par une exclusion raison-
nde, les Etats-Unis d'Amdrique d'aujourd'hui ne peu-
vent dire positivement comme autrefois : L'Amdrique
aux Amricains,-- L'dIdment stranger les submerge.
Notre opinion, A cet egard, conform a la rai-
son et A I'histoire, se resume en ceci: II est jusie
que l'dtranger soit en Haiti trait comme l'haitien
1'est dans les pays dtrangerqu'il soit propridtaire come
celui-ci c'est-A-dire sans danger et sans intervention
diplomatique. (1 )

Brazza ou Stanley, qu'il soit soumis aux seules
lois d'Hai'ti; mais la propridtd, en majeure partie, doit
jester aux hailiens quidoivent en -tre les maltres sta-
bles, eux et leurs descendants : c'est logique.

D'ailleurs, par nos seules combinaisonslaterre peut
retrouver sa valeur, et les richesses' se former et se dis-
tribuer dansle pays.

Nous arrdtons ici l'diumdration des moyens
proposes pour la march en avant de la nation. II dtait
utile d'en rdunir les principaux, bien q e nous les
ayons developp6s ailleurs, de les r6stimer pour en
fire appr&cier le bon et le mmuvais cdtd, afin de pou-
voir, en une seule, discussion, dire :

Relativement A la solution du probl6me dcono-
mique d'Haiti, tout le monde a jusqu'ici tort et raison
A la fois.


( 1 / Concernant le domain public, je vondrai attircr vote at-
tention sur la f Ie, section le F'article V de la Constitution, (qui )per









13 -

Tout le monde a raison parcel que necessaire-
ment c'cst de l'ensemble de ces moyens que doivent sor-
tic la prospiritd, Ie progres d'Haiti. Tout le monde a
tort si 1'on croit qu'il suffit de l'apphcation d'un seul
de ces moyens pour obtenir !e moindre bien possible.
II faut doce pouvoir les mener tous ensemble
sans quoi, si l'on y met isoldmentla main, on verra
s'mnietter, s'annihiler celui.sur lequel on avait fondd le
plus d'espdrances. Et cet insucc6s sera d'autant plus nui-
sible au commerce, A I'agricultnre et A l'industrie, qu'il
aura d'un coup compromise les faibles resources du trd-
sor et aggravd la situation de chacun.
Mais comment fire marcher de front ces gran-
des entreprises et arriver sf~rement au but ddsird, s'il
est reconnu que, pour rdaliser une seule d'entre elles,
les resources font ddjA ddfaut ? LA est le nceud de la
question. Le ddfaire c'est rettre tout le monde d'ac-
cord et ouvrir ensuite au pays les plus large horizons.


met la concession de terrains aux strangers, sans distinction de cro.
yance on secte pour la colonisation des missions, des ecoles ou autres;
institutions chacitables, pourvu que ces terrains soient affects A ces
usages legitimes.
s Les demands de terrains pour les usages ci-dessus nommis.
devicnnent de plus en plus frequentes avec l'accroissement de
nos relations B l'Ntranger qui sont dedj tries dtendaes. Autrefois ces
demands vcnaient seulemcnt d'un paysassez intdressd dans la pros.
pIritd de la Ripubliqne pour qu'il n'y cut pas a craindre des com-
plications graves ea accordant ces demands.
a Mais aujourd'hui le cas est different, les demandesarrihent
d'autres parts. Des ddsagriments sdrieux ient dtd occasionnes par la
fausse interpretation des Gouvernements puissantsdes intentions cha-
ritables des Gouvernements plus faibles. Outre ces disdgrements, des
terrains, apres concession, restent quelquefoislongtemps en chomage..
Le PEUFLE, 18 juin 1807. Message du President de Libdria.









4. SOLUTION.


'our rd0oudcle aisdient le problime dconomi-
qe dl'Haiti, il ne faut fixer son attenti-n que siur un
principle don't l'application est pour ainsi dire d'une
preiision niathmnatique ; nous voulons paler de la loi
de l'offre et de lt, demand a laquelle est subordonnee
tout autre idee en matiBre de richesso publique. Seu-
lement elle est une conception abstraite.
Avec la claire intelligence de celte loi, tous
les progr6s agricoles, comrnmrciaux et industries se rd-
alisent, par c que:
1o. Elle stinule ou inodre la production, et
partaut amdne 1'aisaace;
2o. Elle augment ensuite les recettes de 1'Etat,
diveloppe l'acion des Gouvernements, en ouvrant
un champ plis va-te a lears combinaisons financieges.
Les voles de communiication, les chemins de fer, l'Ins
truction publique, la police rural, et tous au!res projects
s'effectueront dliJ lors come par enchantement : con-
sequence r.aturelle de la richesse publique.
La loi de l'offre et de la demanded est, en d'au-
tres terms, la r6gle formulde des transactions com-
merciales. Plus les productss sent recherchis, demands,
plus is obtiennent un prix qui r6munere le produc-
teur, a moins que les frais de fabrication ou d'autres
obstacles ne viannent empecher ce risultat. T.andis
que plus les products offers sont, pour une raison on
pour une autre, d6laiseds par le commerce plus leur








-- 15 -


pri'\ s'avilit. II baisse jusqlu' ce qu'e la m'chandise
dhvienns sais valeur comme la plupart de nos denr6es
I4 i, relativement au commerce extdrieur, ne sont jamais
entrees dans la circulation.

Done, la loi de l'offre et de la demand est
toute la loi en ,eonomie politique. En effect, c'est elle qui,
multipliant les aflaires, augmente raisonnablement la
production. La paix publique, 1'ordre public, qui repo-
sent sur !a sdcurit6, de m6me que l'ind6pendance so-
ciale des individus, lui sont par consequent sabordon-
lins.

De tous les agents naturels, I'eau est celui qui,
en agriculture, remplit le rOle le plus important. Si
des obstacles cependant en interrompent pour quelque
temps le course, elle grossit, ddborde, et, en large
nappes, se rdpand dans la *plaine. Inondant ce qu'elle
ne devrait qu'arroser, elle va partout former des cloa-
ques oi, a la fin, elle croupit et se corrompt.

Mais que des mains energiques se hatent alors
d'en faciliter vers la mer le rapide dcoulement; qaue
d'autres la dirigent habilement dans des conduits,
dans des canaux d'irrigation, la voilA, au contraire,
qui ~ ddcuple la valeur des terres, modified le climate,
transform une contrde b selon la belle expression na-
guere employee dans le Bulletin-Journal de Nice. La
mer en aboribant la plus grande parties de cette eau,
ne 1'a pas moins convertie en vapeurs qui, elles-memes
se condensent en pluies [bienfaisantes.
II en est de m6me de toute industries qui se








- 16 -


developpe dans un pays. Facilitez l'dcoulement de sei
prodllits vers un centre consommate.ur, voiti aurez, coln-
me d'une pierre, fait plusieurs coups.,

Cette solution si simple en elle-lnime n'itait
pas A chercher. Puode en fait come elle l'est de tous les
tenmps, o:i la trouve partout oh Ie comme'cc a inlroduit, la
civilisation. Elle domine I'histoire des villes d'Assyrie,
des villes maritimes de la Gr6ce et de 1'Italie. Car-
thage et Marseille lui doivent leur splendeur ; le Por-
lugal, 1'Espagne, la [Iollande, la France, leur exten-
sion co!oniale; et c'est e.c )re par elle qiie sont de-
venues prospers anjourd'hui toutes les grandes nations
de l'Europe. Supprimez-la, et I'Angleterre rivalise de
miscre avec Haiti.

Seulement, pout la tiouver, ii fallait ne pas
s'dcarter de la meihode d'observation, la seule voie
qu'indique la science en pareil cas, ainsi qu'en tant
d'autres. Entendue comme nous venons de I'expli-
quer, cette solution, dtait i la portie de tous, du pay-
san comme de l'homme d'Etat le plus eminent.

Par consdquent, si les gouvernements d'Haiti
i'adoptent, et qu'ils enlhvent tous les obstacles capa-
bles d'en contrarier les donn6es, ils obliendront tou-
jbirs d'heureux resultats econorniques et financiers.

L'expos6 prciddernment fait sur I'dfat de notre
commerce, l'analyse des measures proposdespour son amd-
lioration et la solution scienlifique si naturellement indi-
(quiedans ce chapitre, nous conduisent i reconnaitre que,
sans rnnyuns d'tdministration, iln'y a pas d'agriculture;









- 17 -


sans commerce, on ne saurait parvenir A orgaifiser ces
moyens, a moins de s'endetter imprudemment et ind--
finiment.

Mais le commerce, le commerce extlrieur, a
pour base la navigation. De sorte que, nous rdsumant,.
nous pouvons rire : sans commerce, pas d'agricul-
ture; sans navigation, c'est-a-dire, sans voies de com-
munication faciles, nomhreuses et A bon march, paa
de commerce en grand. Or, vouloir 1'un, c'est vouloir
absolument I'autre. *

Nous en serons encore plus convaincus par
quelques courts considerations qui concilierout nette-
ment nos vues avec celles des publicistes ayant, come
nous, visd le inme but : L'AUGMENTATION DE LA PRODUC-
TION EN HAITI.









LA GRANDE NAVIGATION.


Dans nos precedents ouvrages, nous avons ddj i
fait renaryquer que, inalgre sa belle position mariti-
me, Haiti- hormis ses caboteurs- eat un pays sans
marine. Elle resterait partant isol6e dans la mer des
Antilles sans le concours des navigateurs strangers qui
la mettent en communication avec le dehors. Ceux-ci
lui rendent done un important service.
Mais, pour exister par eux-memet et soutenir la
concurrence qu'ils se font les uns aux autres, les bLai-
mants strangers, employs aux voyages de long course,
sont laplupart encourages et protdges par les Gouver-
nements don't ils rel6vent (1). Par eux ou plutot
par le commerce, ceux-ci trouvent Ie moyen (d'eendre
influence de leur nation* et de fortifier en mrmne
temps chez eux l'esprit maritime qui est l'un des eld-
ments de leur puissance.
Qui ne sait combien la question de d6bouche6s
prdoccupe a cet regard la politique europdenne. Parfois
les hommes d Jtat en croient trouver ]a complete solu-
tion en prodiguant follement l'or et le sang des peu-
ples. C'est que partout, dans les grands centres manu-

( I ) La compagmedes services Mariiines des Messagerics Iiiipria-
les regoit une forte subvention pour le service postal: ell est. je (rois,
de plus de 5 millions.
Par son article 3, ]a Loi du 22 juillet 1881, relative aux
grandes pclhes maritimes, accord une primn d'armciient aux homn-
mes de l'tquipage inscrits defiuilivement aux niaticules de 1'inscription
maritime.
Loi sir la marine marchlande du 29 janvier 1881:
Article 4.,- En compensation des charges que Ic tai it des dona-











facturiers, le march regorge de produils. Le chumage
et les graves, qui en rdsultent, sont des dangers oux-
quels on prdffre la guerre. Mais les fortes suignees nu
gudrissent point de l'an6vrisme.
Ainsi, a prt les expeditions qui parfois s'orga-
nisent, a part la protection accord6e A la marine mar-
chande par le maintien de nombrenses stations nava-
les, les primes et les subventions, jointes aiu privdlges
nationaux, ne paraissent pas aux nations (qui en font.
la d4pense, comme d'inutiles sacrifices. Elles en tirent
du profit, de l'honneur et quelquefbis de la gloire.

nes impose aux eonstructeutrs de blirtinents de mer, i lecur est altriLbI
les allocations suivantes:
Pour les navires en Ier on en acici ( francs par tonnean de
jaFigc L ule,

t en boisde 200 tonneaux oi plus. 20 frcs.
i ( tie moinsde 200 10
mixtez. : 4) .
it les machines motilccs places a board des navires a vi-
penr et pout les appareils auxiliaires, tels uie pomnpes a vapeur, ete
et ainsi que les chaudnircs qlii les ahinentent et Jler tiiuautage. .
par 100 kilogrames 1'2
Article 9.- A titre de compensation des cliarges imposes a,
la marine marchande pour le recruteiment et le service e tie marine
militaire, il est accord, pour une perioole te dix ainres, a partir de
la promulgation de la present Loi, ulr primnee I nat igation aux na-
vires tirancais A voileson a vapeur.
Cette prime s applique exclnaiveinmnt a la navigation au long
cours.- Elle est fixCe, par tonneau de jange n. lie et .o00 illespar-
courus h f. 1,50 pour les navies de construction fraiinuise, sortant
de chantier et decroit par annee tide
0,075 par nav'iies en Ilis
0,075 ua coml)psites
0,005 I( ( en Ier
La prnme est atigunntc tde 15e i/o(. lpon es vap)eurs etc.


- 19-








20 -

Ces subsides donn6s sous plant de forces diffdren-
tes, sont done jugds n6cessaires en raison des frais que
support la navigation.
Pour bien juger de 1'importaiice de ces frais,
voyons d'abordce que cote a une companies maritime le
deplacement d'un de ces transports -si utiles et don't cla-
que mois, nos ports regoivent les visits. Nous prenons,
pour example, la Ville de Bordeaux, capitaine Brilloin,
de la ligne transatlantique, bateau don't le personnel,
qui est a la hauteur de sa mission, reptrsente 1'esprit,
la cordiality et le bon goi't diu people franqc'is. Le na-
vire jauge 2748 toineaux; sa construction a coi':ld en-
viron 5 millions de francs, et chaciin de ses kosnges,
aller et retour, n6cessite rdguli('reiriwnt ine depense (le
30.000 francs environ. Soit pis de PI. 6.000
A ce chilfre dejia inrme, si l'on njoute.l'inli dt
de F'agent employed, les fruis d'assur;nce et de naviga-
tion, tels que pilotage, tounage, visite, phare, pays-
plus ou moins dans chaque station. on aura une exacle,
ide de ce q.u'exigent le service et l'entretien d'un'boa-
teau mis a notre disposition,, sans que, de note c6toe,.
il y ait en bourse deliee pour sa construction.
Dds navires a vapeur, passions maintenant aux
voiliers, le plus modest, le moins cofteux des trans-:
ports, celui auquel les xapeurs enlevent depuis long-
temps les pas3agers et le fruit des inarchandises mann-
facturkes. Le voilier, lui, ne fait d'escale nulle part.
II arrive A peu pr6s en droite line du port d'expdlitio
Grice aux rModifications apporties a lii forme de sa voi-
lure, it deviant par la vitesse, en suivant les nouvelles
indications de !a science nauliquie, preque aussi rapi-









/
--=2I --


lde que le vapaneu lui-m!n:n-.-. L9 brick.- I3dina Ide
;:31 lonneaux, ca;pilaine Potter, ne vient-il pas de faire *
I voyage de New-York en 9 jours (1). Les steamers de
la line Atlas, lI'HatItit Republic, en mettent ordinaire-
ment 7 jours, non compris le temps qu'emploieleur voya-
ge de circumnn4vijation datis la mer des Antilles.

Voiliers. Un voilier amdricain, goelette a trois-
mats ou brick-go&lette portant cinq huriers, coite envi-
on 8.000 piastres. Sa construction, tonjours plus eco-
nomique aux Etats-Unis qu'ailleurs, de meme que la
jouissa.ice de certain avantages maritimes, le dispense
de toute subvention; mais pour un voyage de 30 jours,
aller et retour, il ddpense:

Personnel I capitaine
I second
3 matelots
Scuisirier. P. 25
Ainortisse.neit de 5 of/. str 8000-33-3
Assurance 40 o/o .' 66-66
Inter&t du capital engage 6 o/o 40 '" '14
Arriineurs en Haiti ct scieurs pour les hois,-'
Ddcharger le lest, provisions d'eau,- Docteur en
mddlecine- Reinorqueurs et pilots aux Etats-Unis,-
arrimeurs aux Etats-Unis-. courage d'affretement.
190

P. 589

/a l Cette niit, a mouilli en grande trade le brick MEDINA,
/ c/pitaine J. POTTER, notre loup de mer, Cc navire avait quitter
New-Yorkdans la matinde du lerD.icembre courant et est arrive aux
Iles Tuiq' qs Ie 6 dans I'apr's midi. II n'a J.u quitter cette ile que 24
heures apres, et le 10 dats la soirde, il dtait A Port-au-Prince qu'il a
atteint en neuf jours avec une ddviation de. 150 200 miles de sa
route direct. C'estinfailliblement le plus beau passage que nous ayons
encore cnregistrd. a v* Le Peuple, 17 Ddcembre 1837.








- 22 -


Q(u'ori ajoute a cela la probability d'un retard ou
jours de surstarie A la charge du consignataire, indem-
nild qui est de P. '20 pour le voilier, et qu'on pourrait
tvaluer de I'. 250 a 300 pour un vapeur, s'il n'dtait
libre de circuler,- on peut alors saisir I'importance
des f'ais qu'entraine la navigation, 4 part ce qu'elle
deriiule d'dtude et d'atteption, de prudence et d'au-
dace a ceux qui risquent leur vie en s'y livrant.
Cela pose, il faut done se dtmander si ces navires
qui emibarquent nos cafds, nos campbches, etc, denrees
qui leur ausurent un fr'et convenable, peuvent, Ai c6t6
de cos pruduits, prendl(e a prix reduit des objets de pen
de valeur et incapable parlant de concourir effective-
ment a couvrir leurs d6penses.
Ces degrees sont pour la plupart, puisqu'il faut
les nomnier, la banane, la banane-figue, les 16gumes,
les iruits; tels que ananas, mangos, oranges, citrons,
etc, marchandises .ercombrantes qui occupent plus de
place qu'elles n'ont de poids. Elles rempliraient le na-
vire qu'elles ne lui donneraient pas un plein charge-
ment. Mmre dans ce cas, il ne faudrait les admettre
qu'A la condition qu'elles supportent a elles seules
tous les frais de la navigation, ce qui serait absurde.
Et ensuite, quelque cdldritd qu'on mette A les
expddier, quelque rapid qu'en soit le transport, elles
n'arrivent pas a New-York ou a Philadelphie sans subir
une diminution par ddchet bu deterioration, comme ce-
la se produit pour les pommes que nous recevons
de 1'Etranger.
Aussi, l'on doit pouvoir assurer le plus possi-
ble la conservation do ces fruits pendant la traverse








- 23-


par des soins speciaux et par un management conve-
nable. II y a meme des pays of l'on envelope de pa-
pier chaque orange, chaque citron et pour I'ananas,
la precaution va quelquefois jusqu'd le recouvrir d'une
couche de sucre glacd.
On volt ddji comment les frais s'accumulent.
Et qu'on juge quel en serait 1'exc6s, si, pour compld-
ter piniblement le chargement d'un navire, il fallait
encore s'adresser aux quatre vents afin de rdunir, au
moyen du cabotage, tous les fruits dans un seul port
d'expddition,
Ces denr6es ne sont pas jusqu'ici comprises dans
notre exportation, tandis qu'elles figurent ailleurs d'une
maniere important sur le manifest ou la carte de sor-
tie des navires exp6dids. Des steamers sont meme de-
puis quelque temps affects sp6cialement A leur trans-
port. La raison en est qu'elles supportent en Haiti trop
de frais et laisseraient actuellement au commerce trop
peu de b6nefices.
Dans les autres Antilles, Cuba, Kingston,
Barbade et les villas de l'Amdrique Centrale, les
frais sont rdduits et le fret moins Blevd parce que les
droits affectart le corps des batiments y sont eux-memes
tris-faibles.
Diff6remment, on ne s'expliquerait pas pour-
quoi nous qui vendons nos cafes et autres articles de
commerce monopolists dans les ports du Havre et
d'Anvers- nous ne retirons presque rien des autres den-
rdes existantes. Comme substances et comme matieres
premieres, elles sont Cependant aussi recherchies que
les .autres.








24 -

Donic, i imported qu'eatre cas articles et ceux
4d1s pays strangers, de.mrme que pour le sure etl'al-
cool d'ilaiti, I'Etat retablisse autant qu'il est possible 1'd-
jquilibre du revuna. II y parviendra. nous l'espdrons,
s'il alopte francheminat ce que nout avons proposed en
1884, c'est-a-dire la suppression conditionnelle:
I,) des droits de tonnage et d'6heiele
2,). en accordant une prime aux navigateurs
et plus de liberty a la navigation. Ces quatre moyens se
complkttent et s'expliquent : on ne peut en modifier l'un
*sans rendre cauacs les effets des autres. To be or not to be
Digrever seulement un navire du dioit de tonna-
ge serait partrop ddrisoire, car ce droit, pour le sucre par
example, est de o. 75 les 400 livres ou o.'19 cs. le cent
(' ). Ce qui ne serait rien s'il n'dlait combine avec
d'autres avantages permeltant aux armateurs de
routes les nations de prendre, en Haiti, un chargement
de s icre on meme d'exiger dans la charte-partie moitid
de chaigerment avec ce product on autre. Its sont par
a non-seulement converts des frais de navigation, mais-
encore de ceux qu'entraine la vente de ces products. Au
tremenf, ces armateurs seront aussi disintdressds, aussi
indiff6rents que le ndgodiant haltienlui-meme en presence
de ces products. Celui-ci n'aime-t-il pas mietix fair sea
premises en traites on en numeraire plut6t que d'exp6dier
, l'Etranger sans advantage des denries telles que le sure
ou les fruits pdrissables d'Haiti-
( 1 ) Un navire de 300 tonneaux pregnant 150 toanaux de sucre
brIut 300.000 livres, fait aujoud'hui payer pour son fret
soit 750 barriques de 400 lives A 75 le baril P. 562.
Le uieme navire degrevg du droit de tonnage
soit 300 tonnaux A P. 83 1[3. P, 550 a
L'affranchissement done lui imported peu.











Relaiivement A V'alcool, it faut considkrer ern
d.r-nipr lieu que la France, 1'Angleterre, l'Allemagne et
les Etats-Unis ne sent pas d'es rnarch6s favorables -
son ecoulement.

Ailleurs, nous n'avons ni commettants, ni comp-
foirs haitiens. Efpuisietie de nouveaux debouch6s nous
sout aussi necessaires qu';ux au res peoples produc-
ten'rs, nous 1nepayons pas trolp'cher, en ccorcrant, par ce
imode de subvention. un service de com-ptnir en pays
iiranger. C'est ine des conllitions dii commerce extl-
rieur.

Tels sont, Pn tont ce qui prcEde,. les motif;
et I'dconomie d? notre provp)-sition d'e loi prdsenrle
an Corps LIgislalif en 18s4. Iors de sa discussion fi la-
:hambi e des commrniies en 1885, I'hoiolrable Seerdla ire
d'Etat des Finances, qui en aa;it admis le princine,
souleva qielqnues objections '- propor- des articles. 1 et 2
Nonn avons admis les amendlements portl .
pnr ninsi i different articles., mais, apr~s le rapport
dri cornite du Senat, rapport qui moliva le retrait
dii rojet, nou us esiderviotis de, pTrduihe ulldrieu-
rement nos observations.

',,iird'hui que, revenn avec de nonveanx ar
urnmiils, nou s faisons appel a la consciene et a I'in-
tellip'enie des mrnebres du parlement, nous espe81iro
tine lJ Mi-,istre des Finances. satisfait 'd'avoir vu sane-
ionnrir ses dernieres comhinaisons financi6res, nonO
spcondern tont le premier, a moins qu'il n'aiit A prsen-
ter a A Corps LIgislatif nu project de loi misux con-c.-








20 -

4u point oh s'arr6te le r61e du financier doit
commencer necessairement celui du chef du commerce,
car, s'il est raisonnable de payer rdguliirement les fonc-
tionnaires publics, il est d'autant plus jnste de pro-
tdger la classes la plus nombreuse, celle don't 1-
travail donne le moyen de fire face aux depenses
publiques. C'est en' cela, et en cela seulement que
'onsiste cette politique, qui a faith dire autrefois au
baron Louis : ( Faites de la bonne politique, je ferai
de la bonne finance. >

Et le fonctionnaire public lui-m~mre, peut-il,
avec 50, 109 et 150 piastres, assurer en Haiti un avenir a
sa famille ?

II fautdonc encourager, protdger sdrieusement le
travail, et nous ne pouvons le fire qu'en favorisant le
commerce.
*
Et puisque, nous revenons 5 notre project de
1884, ii nous income en nous expliquant, de refuter
quelques unes des arguments don't s'dtait servi le Secretai-
re d'Etat des Finances, et qui ont fait modifier le project
eu question.


ARTICLE ler.-

qui p rtira de Fun des ports de la RWpublque avec
moitie ou plein chargement des denr6es et produits
ddsiguds ci-dessous, comma tout steamer qui prendra
300 tonneaux des memes articles, eA t et emeare affraa-
chi du dro't ae lonnage. '--/









27 -

ARG UMENTS. RIFUTATIONS.


Le Secrdtaire d'Etat des A F' poque o0, Ie conMIernCce
Finances: se faisait par lesvoiliers, il venait
arnemeinnt eu Haiayti un batirnent
Je vous prie,. MM, de bien jaugeant plus de 500 tonellaux
fire attention a une chose: 'l.'honocrable Secrtitaie d'Etal tes
chaqie navire paye un droil Finances veut done fau'e ic alln-
sion au,, bateaux va|peu puis,-
de P. 1. 83 A l'Etat par slon au bateaux A v pm
13 1ei t lque I'article ler. de l. Ipro position
tonneau. Eu exondra.t du de loi leur accorde allianchisse.
droil de tonnage un navire mrnt lorsque, avec leur clharge-
de 200 tonneaux, c'est 366 ment de retour oir ni)r, ifs Ipret-
piastres que l'Etat lui re- nent 300 toneaux tie denrtes ou
met. Si vous me diles qu'u i products ilesignes.
navire de 800 topneaux peul Mais les vapcutis, lussent-ils
caller dans tous les ports de .'e 800 tonneaux de capactd, ne
la IRpublique piendre des sunt pa;s I'pls 11poses-- nvant
rodits do u t It mention plein chargement- qli'un vnilier
products dolt htit mention tie 200 tonneaux. Fralpp d n
la loi et itre exonedi de ,h,,it de I. 0,25 par toneatde
tours droits de tonnage, riilchandis-s iluport&cs, ils paie-
nous perdons prs de 1,500 ,aient P. 366, tout counie uu
piastres. Je prdf6re nuire a voilier de 200 tonneamrx.
l'dconomie de la loi qu, Les vapeurs ventis sur le.t
nuire A t'economie du bud- n'acquittent cepedart aucun druot
rget. et peuvent, dlns ceCsmirmes con Si I'a t. ler. n'est pas ti""s, s'en retourner charges; tacldis
vodavecl amendementque le pauvre voil;ier haro su
.voavec I at e le baudet! charge no nun chliar-
j'ai propose, it arrive a que ge, paie sou tonnage et imtte un
les navires qui ne trouve- ,,oit d'ancrage, s'il a passe scule-
ront ni cafe, ni cacao lie mient 24 hlues dans une rade.
prendront que des fruits Ionirquil cette in(;galtd de-
pour ne pas avoir a payer vanl la loi ? Avons-notl imue lua-
un centime de droit A 1'Etat. aine a voiles A protuger?
Pesez bien, MM, ces con- C'est peut-etre par ciainte de
siderations. Ia contr(bndc *.
L)'un anire coe, sIuppTlSns
avec le Seerlailre d'Etat des Fi-
nances qcue. pir le fI it de la Loi,
des voiliers de 800 tonlneaux, i.ar
exermple, arrivenl en grand itoi-
be pourt duiner uine \al('ur aniu









- 28 -


priduits qli. sans rux, n'en anl-
raient pas, doit-on en infirer qie
le Tr-sor public perde en reettles.
PLour peidre, il landrait d'abord
que, dans ses Voies et Mo\ens,
I'Eiat pot non-seuleniet irevoir,
mais encore a voir la celr'lllitle iile,
sans la Loi, les naviles (Ie t;U
tonneaux viendiiintii. conitr;ibuelr
la cdnsolllllanoTde, son il,.0rCl.
II n'elr ust pas ainsi. lone le TrI-
sor ne pelnt tie ilri' de c-cI quIl
n'a jallalis ell onu ce e (u1i l "l
pourrait avoir. An conlrall ', ii a-
grrerait )par suite 'ln ilus
gra.dicd'velojpeu'ient di (ioiinll'it'e


ARTICLE 2.-

w Aura en outre ledit nav;re A voiles, le. privilIge
de prendre chargement, en veinnt dalii 1 pyv, our
deux ou trois ports ouverts de Ia RI publique.

a Seulement obligation lhi pas f iite ds divii. r -i b
chargement par compartments distit cts. k


L'article 2 est mis en dd-
libdration.
M. F. C. Domingo: MM,
pour ce qui est de I'article 2
du project de loi Ldgitime,
vous me permettrez de vous
dire une chose, avant de dd-
velopper mon opinion sur le
sens de cet article.
Aux Etats-Unis d'Amdri-
que, un navire ne peut pas
prendre chargement A New-


T,'nrateur a senti lu;-mcme la fai--
bles;e d'un tel argument; ausis
s'est-il empress d'ajouter: a nous
ne sommespas, 11 estvrai, dans Je
cas de la grande Rdpublique itoi-
de ; nousn'avons pasdenavires. a
Cela suffit.. On ne fait pas
la guerre aux morts,









- -29 -


'ork pour caller en Californie
soiin pavilion stranger.
Nou. n" sommrs pag, il
est vrai, dars le cas d- la
grade .lRpubli uie 6toilde,
parceqiie nous i'avons pas
-de navires.
L'orateur fait a l'Assem-
hide une nouvel'e lecture de
1'article 2 et ajoute:
,le ne crois pat que nous
puissions voter cet article
tel qa'il est redigd...
Le Secretaire d'Etat des
finances :
Le ddputd Domingo vient
de fLire uneobservation fort
judicieuse. II faut 6tre dle-
v dans l'administration, d
dans I'administration doua- .
ni6re surtout, pour se ren- a
dre compete de l'inopportu- q
nitd de cet article, ti
Si les vapeurs qui vont a
d'un port unautre nese li-
vrent pas a des actes de con- P
trebande, c'est parcel que
leur itindraire ne leur per- m
met pas de prendre beau- es
coup de temps, mais it u'en
est pas de meme des voi- p
fliers qui se prominent sur p
uos c6tes. g
Accorder aux navires im
voiles le privilege de pren- si
dre chargement, en venant
dans le pays, pour deux ou
trois ports ouverts de la Rd-
;publique, c'est leur perme't-


Pourquoi une 4elle crainte ?
L'article 2 de la proposition
e loi, en assimilant les voiliers
un fort tonnage aux vapeurs,
te, par consequent, toute chance
la contrebande, et s'oppose a ce
ue I'dquipage d'un bhtiment con-
racle des habitudes dangereuses/
vac les populations maritimes.
SLe dechargement de chaque
portion de sa cargaison s'operant
esormais en pet de temps, un
lavire ne devra sojourner que le
loins possible dans la rade. Cela
t de la mpilleure evidence.
N'ayant qu'en partant a
rendre A la Banqtue le depdt fait
our assurer son tonnage de char.
sent, le navire sera d'autant
ieux A mdme de remplir sa mis-
on.









- 30 --


ltre d'etblir mime des si-
gnaix t6ldgraphiques au
long de nos livages.
Si vous voulez faire de la
contrebande et la bien faire,
c'est se mettre en rapport
atec les vniliers.
Dernierement, 11 a dtd
permis a un voilier sorti des
Gonaives d'aller prendre
cuargement a 1'Anse-d'Hlai-
nault.- II est arrive que ce
voilier.au lieu de fire voile
pour son poit de destina-
tion a relichd aux Gonaives,
sous prdtexte que le navire
6tait en dtat d'avarie, tandis
que les faits ont prouvd que
ce navire avait imagine cette
reliche pou* transborder
ine cerlaine quantity de ca-
fi par la voie de la contre-
hande; cela tout naturelle-
ment a donned lieu i des dif-
licultds entire le Gouverne-
ment et les chargers. Ii a
fallu touted las peines du
monde pour donner A cette
aliaire une solution dqui-
table.
C'est pourquoi je vous le
dis, MM, s'il faut un per-
sonnel de huit membres
pour exercer une surveillan-
ce sur les steamers, il en
faut au moins vingt pour les
voiliers.
Vous savez que chaque
ois qu'un voilier docharge
la cargaison, I'cmployd dd-
signP A l'elfett de contr6lcr


C'est IP loi en vigueur qui
pernet aux navircs rangers de
faire echelle.
Le project n'a pas pour elet
de favornser la contrebande; an
contraire, les avantages qu'il ac-
corde dispensent d'en faire, puis-
que la contrebande est la conse-
quence d'un tariff trop dlevC.
Et, si les scellIs sont rigu-
liirement apposes sur les panneaux,
comment la contrebande peut-elle
avoir lieu ? Mais enfin, ce n'est
pas en ddharquant la nuit une
centaine de barls de porck ou de
marine ou mdme moins que la firau-
de se pratique.
II y aurait trop de dangers
et pas assez de profit.
La raison de I'article 2 de la
proposition de Loi, c'est quc les
voiliers, surtout ceux qui viennent
d'Europe, ne trouvent point pour
se charger- depuis que les va-
peurs leur enlbvent passagers et
fret des marchandises, manufactu-
rdes- que des articles, tels que
boissons, provisions, bois, briqucs,
pierres, machines, ferraille, faien-
ce, verrcrie ct des matieres pre-
imi'res. Encore faut-il qu'ils les
prennent a bon march.
Or, ces articles ne se trouvent
pas en quanti d suffisante pour
un scol port d'Iaiti, et souvent
umime pas assez dans un port
d'expCdition, On doit donc les
quter' en quelqne sorte. Les na.









- 31 -


cette operation, est obliged vires allemands, norvegiens, par-
d'apposer les scellds tous les fois ne vont-ils pas jusqu'au Ha-
toirs. vie ou a Pauillac coinpleter leur
Et bipn it arrivera que chargemnent i d charge
Cette difficuhe du charge.-
si vous ;:cordez aux voiliers nment constitute un serieux mono-
le privilege de prendre char- ole pour les vapeurs qui, suivant-
gement, en venant ici, pour eur tarif, font payer tres-cher.
deux ou trois ports ouverts Sans les voiliers americains.
de la Rllpubhque, que 1'd- nous payerions le campCche P. 5
quipage, A force de visiter de fikt au lieu de P. 3 ]e o/oo.
nos ports, finira par con- Cestainsi que depuis quelque
fracter avec le mdme per- temps, les verres frangais. d'une
sonneldes habitudes suscep- composition si fine et de forme
6ldgante, font place aux verres
tables de restreindre a rigi- amricains qui sont plus grossiers.
dted des agents fiscaux. Apres ces courts explica.
Sans l'itindraire djs stea- tions, it faut choisir entire la ni-
mers qui les oblige A ne pas cessitd de livrer au.peuple la mar-
perdre beaucoup de temps, chandise a bon march, de donner
il faudrait exercer la mime de la valeur a ses denrees ou de
rigidity que pour les voi- gorger le Trdsor d'un argent j us-
liers; mais, grace a cette ra- qu' e irraisonnablement preleve.
iers asg ce ette a- L'honorable Secretaire d'E-
pidite, nous-somnes moins tat desFinances a parle des ha-
exposds avec les steamers. bitudes quil faut e-mprcher a
l'6quipage de coutracter avec le per-
sonnel administratif. Tout cela dd-
pend bien plus du choix fait par e Gouvernement des fonctionnai-
res, qu'il place dans on a la tate de ses administrations. C1est avec
le chapeau as qu'autrefois un capitaine anglais, franais ou ameri-
cain abordait un Odrisier Segur ou un Hannibal Price p'ere, et meme
leurs successeurs.
D'ailleurs, in voilier des E:at-Unis peut 'a peine fire sept/
o i uit voyages par an.
Parce que l'article 2 aura itd vote et qu'un navire des lors,
poir ne pas sojourner Port-au-Prince, passera de Petit-
Goave aux Gonaives, s'ensuirait-il qu'il voyagera plus frdquemment,
en Haiti.
Nous arr6tons ici cette discussion pour laisser a la Icgique le
soin de conclure.








--32 -
,
L'auleur de la proposition de loi a passed les plus
belles annees de sa vie a la Douane du Port-au-Prince, la
premiere des douanes d'Haili. Il y est entr6 a une popqde
oi le port souvent offrait A la vue le spectacle d une fo-
ret de mats: 75 navires a voiles y venaient mouiller en
Novembre et en DPcembre de chaque annee, pour- le
;l'as grand bien du commerce et de la population en
gdndral. -l)Dpa.is le Saint-Jacques, la Loire. l'Hiram,
le Haiti, la Clara Windsor., 'Ariel, I'African, le Spit-
Fire, jusqn'au .Gaimili, le Feu-Sacr6 et Zulma, ii
connait tous les voiliers qui, pendant un quart de si*-
cle,, out tour a tour friquentd cette belle rade. Comme
el6ve, ii a apposd des scelles A board et control des dd-
chargements de cargaisons; comme Directeur, ii a or-
donn6 des v4rificatiois.

Le s6nateur Lgitime connait Te capitaine et le
gabelou, leur intimrit et leur hostility. II peut done, au-
lant que n'importe qui, parler avec autorit6 des choses,
,qu'il a pratiqudes, et avec d'autant plus de droit que,
.aSant tL. Bleve au bord de mer dans un chantier maritime
il.a travaill6'lui-meme sur l'Epure,- circonstance qui lui
permet de distinguer la forme d'un batiment, d'en juger
]a capacity et d'apprdcier en meme temps les dispositions
de sa cale. Pour principal ornement, 1'dcu de sa famille
porte un navire. I. est du m6tier.

1 sait done,par experience, que plus un batiment
,est considerable, plus ilexige pour capitaine un hommede
mdrite. Les Laind, les Cutts, les Happer, les Lasalles
avient trop de reputation, trop de valeur personnelle et
Irop d'inte':ts engagds dans la navigation; ils n'oseraient








33 -

point commettre une fraude, lorsque cette fraude ne'
pourrait surtout que leur rapporter une misere relati-
venient A ce qu'ils avaient place dans le navire.

Mais le sdnateur Lg.itime salt aussi qn'en tout
temps- hier come aujourd'hui- il n'est pas possible
d'empecher un matelot ou un second de navire d'appor-
ter dans son sac ou dans sa cabine, et pour en fair tra-
fic, des revolvers, de la fausse bijouterie,. quelques costu--
mes, tous objets fortement imposes: on ne peut non plus
1'empecher de cddar un ou deux articles qui sout census
faire parties des provisions de board:
Ces objets, on les achete a board des' voiliers
comme A board des steamers, et plus encore a bord de.
steamers.
A-t-on dUjA interdit aux.embarcations d'etre enm
rapport avec les navires enedichargement ?.

Dans tous les eas, arreter ces traffis fraud,-
eux, c'est 1'affaire de la police du port et.de la douane.
Le littoral,de Bizoton au fort Dimanche, offre par exem-
ple un, champ assez vaste pour un travail de nuit.
Et, est-ce IA un moti pour- nous-d'entraver lI na-
vigation ?
On s'etonne A notre 6poque de ce qu'au len-
demain de l'Independance d'Haiti, Henry Cnristophe,
chef d'un minuscule royaume, ait pu, sur les ruines en-
core tildes des habitations colonia!es, realiser des- ri-
chesses considdrables. D'aucuns croient avoir expliqu'
ce ph'nomene ~conomique en disant toit bonnement
que le roi Christophe fut un despite dclair6. C'est li
i.ne aberration, car il est evident pour tout le moi.de











que le despotisme de Christophe a [td f;tlal a son regne.
Ce despotisme est positivement la cause de ce que, hormis
Laferriere, ce colosse de granit, aucune des couvres ad-
ministratives du monarque n'a surivcu a son r6gne.
Ce qui a pourtant fait I'honneur de ;e r6gne et
lui rend encoreuntardit regain d'admiration, ce furent les
faeultds gdniales de I'homme d'Elat : par elles seules
le despite releva facilement la fortune publique et put
aux yeux dtonnds du monde dtaler la magnificence qu'ori
lui connait. Le guerrier, en eflet, dtait double d'un fiio
administrateur; it comprit de prime-saut que l'exclusion
systdmatique 6tait un mal apres le triomphe, et que
pour fire refleurir l'Agriculture dans le pays, il tallait au
commerce: liberty, protection et concours de tous.
Tel etait le secret de la prospdiitld q('il rdalisa, mais qui
ne devait profiter i perjonne.
Les qftelques lignes que nous allons reproduire
une second fois en sont la preuve la plus irrdfragable :
Toute note attention. dit-il anu nations neutres, toute notre
attention est naintenant tournde Vers la culture des productions de
prix. Notre industries nous a amplement rdcompensds de nos travax ;
nos magasins rernplis de totes les productions des Antilles p'atten-
dent que.l'arrivee de nos flottes pour dceanger les marchandises que
vonis recherchei contre celles don't nous avons besoin. Si un systenie
defavorable aux intirets du commerce 1'a jusqu'a ce jour empech6 de
reussir parmi nous, cette influence ddsastreuse cessera bientit.
Le gouvernement actuel est si dloign, de vouloir
mettre des entraves au commerce, qu'il vous offre des
advantages q'i'aucun autre gouvernement ne saurait ac-
corder. N'importe sous quel pavilion vous vous montre-
rer, le government s'engage d veiller attentivement d
votre stretd personnelle et d vos inteirts. Les taxes seront
proportionndes aux dtfficultis que vous pourrez Jprou-
ver en gagnant nos ports. On expddiera vos bdtiments
avec la plus grande promplitude. PROCLAMATION 24
Novenmbre 1806.


-3"/ -









35 -

1epuis Christophe, rien n'avail fail nailre an
pays plus de confiance et d'admiration que celte parole
Sd'un chef d'Etat inscrite pour ainsi dire en 16te de soni
programme : Relever le credit d l'dtranger, le travail d
l'intdrieur, ne chercher lafortune quedans les efforts de
l'activitd indivicdelle, etc.

S'appliquer a l'accomplissement d'un si beau
programme, c'est en quelque sorte reparer dans 1'ceuvre
national ce que la co'ere ou ce qu'on nomme despotisme
avait, en d'autres temps, gravement compromise.

Harti n'a pas par el!e-meme db navigateuis pour
transporter ses products au delors; elle doit, par conse-
quept, comme a 1'dpoque d'Henry Christophie, offrir des
avantages aux navires strangers qui la mettent en rela-
tion. avec tous les peuples, tgus les marches consom-
mateurs. Ces navires n'attendent que cela pour Otre
plus complement A notre disposition, dtant enx-my-
mes par rapport a leurs frais d'entretien arrel5s
quelquefois dans leur armement.
SQu'attendons-nous pour profiter de la' fortune
qui s'offre d'elle-meme ?

II faut degrever les navires d'es droits irration-
nels que nous signalons, et cela, pour un lint dltermi-
nd que tous nous voulons atteindie: L'AUGMENTA-
TION DE LA PRODUCTION.
Ce d6grevement ne derangera en rien l'assiotte
d'e l"impt, puisqu'elle doit s'6quilihrer par nne plils-
,'alue dnns les affaires gendrales: ainsi, il assirera,
plus de recettes au Trdsor.








36-

Nous proposons cemoyen comme pouvant seul
dans 1'actua!itd, donner sirement une base plus large
et plus solide au commerce d'Haiti. IIen sortira l'es-
prit d'entreprise qui manque chez nous, la facility du
credit A boa march, puis le relevement de la valeur de
nos terres. En un mot, ne serait-ce pas fa donner un euf
po+r un bceuf.
I n'y a d'ailleurs pas d'autre solution possible ;
hors celle-ci tout semble 6tre expedient. Nous ne l'impo-
sons pas ndanmoins ; mais nous reclamons de la science
de ceux qui s'en front les adversaires un project meilleur,.
plus concis, plus pratique. Nous nous y rallierons.








S NOUEAUX PRDUIT.
LES NOUVEAUX PRODUCTS.


Pour bien comprendre les avantages qui doi-
vent rdsulter d l'application des measures proposees,
nous allons. en quelques mots, faire saisir l'importance
des denrees don't nous voulons la transformation en ma-
tieres cdhangeables.

La R6publique d'Hafti, dans ses diffdrentes z-
nes, donne A part la banane, base de l'alimentation gi,
ndrale, quantity de fruits don't la saveur et I'ar6me en
font des articles de premiere quality. On y trouve
ceux de tous les climats, grace A la diversity des alti-
tudes dans les mon'agnes. Mais josqu'd present ils sont,
ces fruits, sans valeur appreciable pour le commerce;
ainsi, loin d'etre un moyen*de prospdritd ou de bien-
6tre, leur abondance cause leur d6preciation, malgre
les fatigues d'un long et penible voyage pour les trans-
porter sur nos marches.
D'un autre c6td, ces fruits, comme aliment, s'a-
joutent aux autres moyens de subsistence dans 1'6cono-
mie rurale : alors ils favorisent 1'immobilit6 en beau-
coup d'endroits, 6tant donni que dans ces conditions,
ils disposent peu les campagnards A entreprendre un
travail plus penible et partant peu r6mundrateur.
S'ils etaient, au contraire, employes dans la
petite industries, ces fruits rendlrl;i3et, sous d'autres for-
mes, de meilleurs services a ceux qui les rIcollent.
Ainsi, sait-on combien il se consomme en Haiti de ces
products tels que: confitures, geldes, fruits A I'eau-de-








38 -

vie, au sirop ou au vinaigre, venus de 1'Etrange'r ? La sta--
tistique en serait bounn3 consulter. NManmoins, on
peut ddja affirmer que, traits de la m6me fa'con, nos
ruiits sufltitaient non-seulement a la consommation in-
terieure, imis'seraient encore ua objPt d'exportation
co'siderable, conne .le sont eni leur 6at natural ceux
des auties pays.

En 1857-58, il fut expddid des Agores ou plut6t
de File de St.-Michel seule, pour le Portugal et Londres
200,000 caisses d'oranges. Chaque caisse dtant de 100&
oranges, 1'opdration a donnd le resultat suivant:
290,000,000 d'oranges A fs. 0,15 ch. 30 millions de
francs ou P. 6,000,000, ( 1 )

En Europe, la vilTe de Paris seule consomme
5 millions de ce fruit ; og evaluait. a la meme dpoque,
a 250 millions la part de l'Angleterre.
4Et depuis ce moment, quelle extention n'a pas
pris le commerce des lfuits j Inddpendarnment de ce
que fournissent l'Europe et 1'Afrique, 131 steamers, an-
nuellement, en sortent charges de l'Amerique. ( 2 )
Beaux rdsultats !
IL en serait encore meilleur pour nous,' si 1'on
considdrait tout ce que Haiti peut de la sorte offrir sr /
les marches strangers. Le tamarin, par example, ce ui
de nos fruits qui a l'apparence d'etre le plus insignificant


( 1) Extrilt du jouunal d'Horticulture du Gand ( Belgique.)
( *2 < Voir a ce sujet une int6ressante etude publide parole PEU-
PLE et reprodiite dans la VE RITE du 11 fevricr de cettc annee.








- 39 -


la tamarin don't i'arbre croit dans nos forts, dans
nos jardins et sur les grandes routes, par suite de se-
mis natural est aussi en Europe l'objet d'un commerce
assez dtendu. On estime a 300,000 francs la consom-
mation qu'onen fait en France seulement.
Avec les fruits, nous avons encore des grains
oldagineuses des racines A f6cule, des sirops et des li-
queurs. On sait en tout temps que la liqueur des colo-
nies est toujours recherche, dtant moins capiteuse et plus
sucrde.
Que dire pour prouver qu'avec les pro-
duits de nos vergers, de nos jardins A vivres, meme avec
ceux de nos grands bois, nous pouvons ddja combler bien
des deficits ?
Eh quoi ne serfit-ce pas encore 1 un moyen
d'employer une grande par lie de nos sucres et de nos
alcools ? ( 1 )

A propos du sucre, on semble manifester certai-
ne crainte;on en reroute la surabondance parce que, dit-
on, beaucoup de pays produisent cet article, notammery/-
le sucre de betterave. Cette crainte pourtant ne devr it
pas nous trouble outre-mesure, car nous tirons au moyen
d'anciens procedds, plus d'avantages encore avec le peu
que nous fabriquons qu'avec du sirop. II est d'ailleurs
de vdrit6d conomique que tout produit don't la consom-
mation est constant et qui n'est jamais ddlaissd, ne saurait
6tre surabondant. II peut come le cafd, subirlongtemps
une baisse, en raison de l'offre ou dd la quantity offerte,

(1 )Deja la consommation du pays est de 4 millions de sucre
par an.








40-

c'est tout. Mais alors it v a toujours moyen, en attendant
une hausse par suite d'un 6vdnement quelconque,Ide con-
vertir la canne en alcohol ; et jamais quoi qu'il arrivf,/-
le gain n'en sera moindre pour nous que -ce qu'il e?/-t-
pour les colonies oih on faith le m6nfe commerce:
Porto-Rico, Cube, la Barbade, etc.
Nos products pont abondants et divers; le sol,
.le sous-sol et la mer nous les fournissent en quantity ;
mais, en some, sahs l'application des measures propo-
-s6es, ('est en vain que nous espdrerons les voir aujour-
d'hui s'accumuler dans les magasius ou sur nos quais.








ALCOOLS D'HAITI. ( rI


RHUM ET TAFIA,

*
Le prix courant du,i riu, nF Fiance,. est. de.
fcs. de 4,68 A 6 fcs. le gallon, moins les droits et les
frais. ( Voir tableau A la fin du chapitre.
On comprend qu'avec cela les alcools d'llaili ne
peuvent guere sortir du pays, ofi leur- fabrication est plus
coiteuse qn'ailleurs; leur prix s'avilit done a measure
que la liqueuraugmente on quantity ; Le tafia y, obtient A
peine 20-25 centimes le gallon. Encore une dtonnante
anomali I. Ce produit de nos planes n'abonde point
sur les marches de la DorUinicanie,,c'est au contraire le
produit similaire dominicain qui envahit nos marches.
De 15,. pour nous,. un accroissement plus considerable et
une baisse plus accentu6e, grace 5. un traitd don't l'exis--
tence est encore un problem.

(1 ) M.le general LUgilime, s6hateur de la R.hpulfli!
que d'Haiti, continue avee perseverance la publication de.
ses interessantes. etudes sur le commerce hailien.
Dans un recent opuscule, qui a 6td fort rernarqu:.
/ a Voic, laVeirite, la Vie, ce vaillant derivain a trait
/ superieurement, sous le r's divers aspects, toutes les
questions qui se rattachdnt .l'alcool: et au sucre d'Haiti,
deux productions locales qui sont rnaintenant ci;tases
par des taxes arbitraires et la concurrence dtrangcre.
Par un autre opuscule: l'Industrie sucriM'e, M. le/
general LUgitime dmnor.tre qiu' la lafaveur de la loi d/



,

7 / *) '; */t










Nout n'en tirons aucun profit 4conomique.

L'alcool de la parties de l'Est n'est pas semblable
au n6tre; il lui est meme inf6rieur au dire des con-
naisseurs, de ceux qui, de deu. bouteilles, disti.guent
le meilleur bouquet. Mais il est fabrique dans des con-
ditions plus avantageuses que le n6tre : On est l4-bas
mieux outill qu'lci.
A cet 6gard on peut nous compare A un home
qui, enferm6 dans un bassin, volt l'eau l'envahir gra-
duellement; s'il ne fait aucun effort pour en diminuer
le volume, il est bient6t submerged. Et cepenlant, n'a-
vons-nous pas sous la main pompes et robinets de dd-
charge ? II semblerait pourtant, A voir notre insoucian-
ce, que le people dominicain en connait mieux que
nous le secret.

Pourquoi notre commerce: d'alcool n'a-t-il pas
pu jusqu'A prdsent.rdussir en Europe ? C'est d'abord par
]e fait de nos mauvaises combinaisons dconomiques, et
ensuite parce que 1'article n'est pas assez connu, malgr6
les expositions d'Amsterdam, de Londres et de Bordeaux.

8 octobre 1881, un grand nombre de planteurs s'dtaient
livres A la fabrication de la canne A sucre, avec l'espoir
d'en tirer un profit rdel; mais que leurs efforts sont au-
jourd'hui paralysis par l'excessive delvation des frais
d'exploitation et la concurrence 6trangere, plus active
que jamais, et qui s'empare des moindres ddbouchds.
Cette loi n'a done pas assez protege le commerce local,
et il en demand, des lors, la modification.
Il est evident, comme le dit le general Ldgilime.
que l'industrie sucri6re, qui a fait hutrefois ]a richesse
de Saint-Domingue, dcit continue A fair la richesse de
ceux qui vivent et travaillent ea Haiti.


-42-








- 43 -


Dans le commerce nous confondons gkndralment
deux operations, deux choses don't les intirkts sont tout-
A-fait distinct : la fabrication et le ndgoce. Souvent l'un
peut nuire A l'autre ; en voici la raison :
Celui qui fait le commerce du rhum et du tafia, les
ach6to ou est censd les avoir achetds pour les mettre en dd
p6t et les revendre au fur et a measure et proportionnelle-
ment A l'age qui diffdrencie chaque quality. Ce genre de
debit est'lent et coiteux, parce que l'alcool, pour se boni-
fier, doit s'dvaporer dans des futailles, qui elles-io6mes
en absorbent une parties. II y a de plus A noter le loyer
du d6p6t, l'intdr6t du capital employee et le coulage: aus-
si cet alcohol ne peut-il se vendre qu'au prix de 2, 3 et
mbme 5 piastres selon sa quality, en Haiti comme en
Europe. C'est un rhum superieur, qui ne peut Wtre con-
somm6 que par un petit nombre d'amateurs.
A Paris, of il est trbs-%stimd et oi l'octroi aug-
mente l'imp6t de fcs 2, 85 par litre, on le vend tr6s-bien,
s'il a 1dt expedid en quarts. (1)
Il en est autrement du rhum sorti de l'usine.
Celui-ci est l'a!cool du commerce en gros, le seul qui

Dans un troisi6me opuscule : Haiti- nation ma-
ritime, M. le general Ldgitime examine A fond la ques-
tion du cabotage en Haiti qui continue, malgrd les modi-
fications dconomiques qui ont transtorme les usages du
negoce, A (xister dans des conditions tdplorables dignes
d'un autre temps. Aussi, dans l'interet des producteurs,
en demande-t-il la complete rdorganisation qui, rdduisant
les frais rendrait la lutte supportable avec les grades en-
treprises dtrang6res qni paraissent vouloir s'emparer du
commerce local.
( 4 ) On a calculd qn'en France, il/se ne) consomme pas moins
de 16 milliards de petits veresd'alcool sous. //








- 44 -


aonvieithe A la grande exportation, puisque, libro die.
frais de dep6t et en raison de sa qaalit6, i peut sou--
.tenir partout la concurrence,. et tre ineme vendu A" bon
march, c'est-A-dire A. 6 francs le gallon. Le bindlice
du fabricant sera toujours la difference entire le prix de
ravient et celui de la vente en gro6 Comme le culli-
vateur, speculation, car on ne peut bien fire dans deux choses.
a la fois. )

D'ailleurs, au: point d e e des intiild s du fabri
cant, le seul 6couleinent de ce product au dehors doit re-
laver suffisamment son prix au dedans. Nous avons pour
ces diffdrents motifs conseilld et nous coiseillons encore
non-seulement de fabriquer un alcohol de premier jet,
mais surtout de diminuer toutes les charges qui acca-
blent cette excellence production.
Relativement A la. rPavigation, nous pouvons libre-
ment agir; mais comment parvenir C diminuer en notre

Pour mieu' dtablir que la prosperitd d'une nation
est la plus sfre garantie de sa tranquility, M. le g6nd-
ral Legitime trace, en terminant, un touchant tableau de
la population de l'Arcahaie. LA, dit-il, ~ le soullle des.
* revolutions passe et repasse's;ans pouvoir jamais I'agi-
( ter s6rieusement. Pourquoi? Parce que cete cormmuine
t est prospere, et que 15, personnel n'est A. la recheche.
t des places publiques... .G'rce au travail, l'Arcahaie:
c s'est fdite, de tout temps,, la g;irdieMne e la paix. .
Les sentiments si. patrioliques exprimds par M. lo
general Ldgitimre trouveront urn echo, nous en avous le
ferme espoir dans le Parlemneit linilien, et bien:ot, esp,-
rons-le aussi, la prospdrild Tonlil ra en Haiti o6 I'on atia-
t;jt la France et la hlcrtd.
V. Adviello. (chlo de Plornil'y 2) Novenbir:e 18,K'.








COMPETE DE VENTE


j 'apres
facture t 10 /. barriques rhum expddiees par le steamer francais VILLE DE BORDEAUX,' allant 4 Bordeaux,
pour compete at risques des soussignds et consignds d Mr. *


TA & F 10t2 Barriques
B contenant nmernmble
462 Gallons de Rhum
GO degres j 1 1/2 le Gallon
P 693
10 hits vides 40
Embarquement, permit et timbres 2

P 735
Commission 2 172 co 18.37

P 753.37


toit i 5 113


Fes 4017.97


Porl-au-Prince, Dec. 1886.


TA & F 10 Fdts Rhum d'Haiti.
B ex. VILLE D;; BORDEAUX contenant ensemble
1,529 litres
a 125 frs l'hectolitre frs 1911 25
& deduire :


fret psyd h la Cie Transatlantique fs 150.50
Droits de Doucne 244.54


Magasinage A l'entreoot
DNpotage des 10 flits
Camionnage du quai a l'entrepot,
de 1'enirepot dans les chars 1.25 le filt
Permis et Statistique


35.50
S7.90

12.50
1.60


452.35

frs 1458 90


Valeur aS 30 Juin 1887.


Ohs: De Dec. 1886 A 30 Juin 1837, il y a eu done une perte, en
coulage, de 55 gallons, puisque 1529 litres calculus A 3 3/4 donned
407 gallons au lieu de 462 cmbarques.- En redumd sur 753.37
1'expdditeur a pcrdu 479.83 piastres.


5








- 45 -


faveur l'imp6t excessif don't I'alcool est frappe 1 PEtranm
ger? Devons-nous recourir, comme on le pense, a I'ef-
ficacit6 d'un trait, a'prs les inconvdnients attaches.,a
celui de la Domifiicanie.
Nous pouvens "nous-m6mes, en tragant une voi
nouvelle dans notre legislation douani6re, abaisser leI
barri6res en faveur de nos products; nous allons le voir,
Cependant il ne faut pas surtout oublier qu'en de-
hors de la France, de l'Angleterre et des EtatsUnis, oa
par systmme de protection, l'imp6tsur 1'alcool est tr6s-
Olevd,- des ddbouches consid6rables qui peuvent nous
assurer une assez bonnie clientele, existent au nord de
I'Afrique, au nord et au sud de 1'Europe/ .
---s^=~-'/








TRAITS DE COMMERCE.


L'idde d'un trait de commerce avec l'dtran-
ger hante parfois nos cerveaux. Nous devonl en con-
sequence ne pas la n6gliger dans une etude comme
celle-ci, et essayer de la ramener A sa plus simple ex-
1 session.
Pour des peuples mieux assis et pl s puissants/
que nous, un trait est souvent un emba ras contre
lequel les intdrdts g6ndraux ne cessent de protester. Le
trait passe entire la France et I'Angleterre, et celui
existant entire l'Italie et la France soulevent encore des
-objections apres bien des annaes de pratique. C'est dire
assez qu'il faut, dans une question si compliquie, re-
garder a deux fois avant 'le s'endosser la responsabi-
litd d'une conclusion.
Un traits est un con'trat qui lie tr6s-sdrieuse-
ment. Nous n'avons besoin d'autre preuve que notra
thraitd politico- commercial consent en 1875 avec la
TDominicanie, trait qui devrait, au point de vue territo-
,rial, avoir une plus haute portde politique, mais qui nous
livre, nous people peu producteur, A la merci d'un autre
people chez lequel l'activitd et les capitaux strangers
font depuis quelque temps 6chec A notre industries na-
tionale. Le sucre et l'alcool, prohibis par nos lois,
sont les premiers atteints. Les bougies sltariques et
autres objets qui, venus de l'dtranger, patient un droit
assez elev6, ont libre entree chez nous lorsqu'ils sont
fabriquds chez nos voisins.
II faut avouer que nous avons 6td tres peu prd-
vovants.








- I7 -


Deux autres conventions, 1'une passe avec la
France et l'autre avec les Elais-Unis, assuraient ddjA A
cos peuples le droit d'etre traits en Haiti sur le m*me
pied que la nation la plus favorisde.
Cependant, malgrd les difflicultds que chaque jour
nous reucontrcis ; malgr6 les avanies qu'on ne cesse
de nous prodiguer, avec la pensde que nous sommes
faibles et incapables; enlin maigre les justes obset-
vations que nous avons fiiites en 1885 au sujet d'un
intiressant article du s6nateur Riboul sur la question
de trait, itse. trouve encore des voix pour priconiser
la mtime chose. On ne considBre sans doute que la
facility d'ecouler chez autrui quelques-uns de nos pro-
duits en retour des avantages qii'on voudrait soi-m&-
me offrir. Cela prouve que relativement au system de
libre-echange, beaucoup ne se sont pas encore tait
une idde bien nette.
Pour demontrer clairement I'inanit6 d'une pa-
reille measure, en ce qui nous regarded, ii suffit de rap.
pel.r ici !es conditions d'un project de trait signed en
Novembre 1884 entire le Gouvernement des Etats-Unis
et 1'Espagne touchant les relations commercials entire
les Etots de 1'Union et les colonies espagnoles,, Cuba et
Poito-Rico. Le CongrBs de l'Union refusa sa sanction
pour le motif que o le project ne donne pas aux Etats-
Unis des avantages equivalents 6 ceux qu'il confere D
On peut du reste, dans le < Courrier des Etats-
Unis i du 20 Janvier 1884 voir ce qui avait itd stipule
pour ces deux riches colonies.
Pour celui prompt A juger les choses sur la
paper, les dispositions de ce trait .paraissent, A pre-










miii'r lecture, rdpondre aux conditions d'une gale
Iciproeilt. [33 uni et les autras des 'contractants s'at-
Le;i li t djuc A en retirer de rdels avantages. II n'en
part pas de mnme A l'esprit clairvoyant des Amni-
ricains; its y vireut au contraire la ruins de(leeir indus-
trie. *
En ellet, Cuba et Porto-Rico, avec lu irs popu-
lations, ne garantissent pas assez aux Etats-Unis une con-
soninatioa suflisante des articles qui devraient lear atre
i:t mris par ceux-ci, pour equilibrer en qlielq(e s rte les
expoltations illimit6es etde plus en plus considerables que
i:cs deu. iles pourraient y introduire. ( ) Ce trait fut
dune reject.
On doit n6anmoi ns ftliciter les hommes d'Etat
espagnols des efforts liplomatiques qu'ils ont tents
pour assurer la richesse de eurs colonies. Mais les Arm-
ricains sont, saus contredit, des homes pratiques que
n'e~garent pas facilement les phrases. Ils n'accordent de
Sriviliges qu'autant qu'ils espirent en lirer du profit.
Ne vieuinen-ils pas derniirement d'adopter un sys-
lene presque absolu de protection.
Nous autres cependant, nous ne devons pas
abandsonuer I'idde qui d online dans un trait : elle
est en soi quelque chose de raisonnable, car, ce qu'on
cherche avant tout, c'est l'change pur et simple et di-
sons sans imp6t, des objets que l'on produit contre ceux

( 1 /Par I'application de ce traits. Its Etnts-Unis feraielt abandon
ld'ul revenue annual de 33 millions de dollars rque la. douane
peipoit re&llement sur ls sacCls biuts-, tabac et cigares de Cube
Et Porto 1 o ali s que Ia co l inpesalton ufferte par l'Espagne ne
s l 'eva't pas an *d J dtie deux imillions. Obscrv-ation de Mr,
J. li. dc Nciv-Yf 'k.








49 -

que l'on ne produit pas; ou bien encore le besoin de
concurrence entre deux nations pour des produits
similaires, lorsque la production ou la fabrication met
de chaque c6td, la 1 itte sur tun pied de parfaite egalit6,
sinon, l'idde est chimdrique.
Or, nous Ooulons la prdconiser, nous, dane sonr
acception la plus just, afin d'entirer parti, come pour
rait le faire un Am ricain. Pour cela, il faut se I'ajusler
comme un v6tement qui, pour bien aller, ne dolt 6tre ni.
irop large ni trop &troit. C'est apres avoir rapport cette
idee A notre pays, que nous sommes arrived A introduire,
dans le project de loi en question, un nouvel article assu-
rant A tout le moiide les advantage; d'un triit6, sans en
infliger les inconvenients A personnel : r6sultat simple et
net du libre-dchange.
Le rhum, par example, paie:
En France, le fut de 60 gallons, 60 degres (23 1/2 Car-
tier) formant 36 glls ou 133 litres d'alcool pur
de 100 dgs. A 30 fcs.l'hectolitre. (1) P. 7.59
En Angleterre et aux Etats-Unis, P. 2,- 2, 44
le gallon, droits prohibitifs.
Le sucre aux Etats-Unis, les 400 liv. 5 52
Tandis que le vin, la biere, les planches que
nous ne prdparons pas et qui nous sont d'un usage
journalier, acquittent en IHaTti les droits suivants:
Vin par lilt de 63 gallons .... P. 9,63
c <( caisse de 12 bouteilles 1,03
13ire par baril de 4 douzaines 4,12
Planches pitchpin, le miller .. 4,581/3
(1i Le rhum d'Haiti dF 60degrds, arrii\ en France, tombe gdnera-
lement 54 dcegrs.








- 50 -


Nous pouvons, avec ces articles, 6dtblir un
system d'cchange favorable pour nous et les autres
nations qui en font le traffic. Du reste, sous le chautl
climate d'Haiti, 1'usage du vin et de La bire., s'il ten-
dait par ce moyen A se g6n6raliser, strait un prdsa-
ge infiniment heureux, car i l'aide du travail plus
dve1loppe dans le pays, 1'emploi de res deux boissons
diminuerait la trop grande consommation d'alcool
qui se fait chez nous.
Nous ne ddsignons ici que ces trois articles
d'importation : le vin, la biere et les planches, don't les
convenances n'echappent a personnel. A d'autres le
soin d'en augmenter le nombre. On le peut ais6-
ment, puisque la loi de 1883, qui pr6leve de nouveaux
imp6ts sur certain products, n'avait ete, en principle,
votee que provisoirement. Sitlle 6tait de cette fuaon mo-
difide en faveur de la production national, ce serail un
bienfait.
Le system ea est simple et des plus pratique ;
nous affranchissons du coup, etindirectement, ins alk
cools et nos sucres des droits prohibitifs don't ils sont
frappes A I'Etranger. Un droit de s'atistique., s'il est
un jour jug6 n6cessaire, pourra ]eur 6tr- appliqud.
Que doit-ondemander de plus au libre-6change .
Que pouvons-nous fire davantage ?
N'y aurait-il que ce qui est propose, l'on ver-
rait les chemins de fer sillonner nos planes, sans qu'il
soil besoin de subvention., ni de garautie d'intr6lt A la
charge de l'Etat, parceqae :
to du c6t6 de l'Europe, nous aurons posi:ivement
libdrd nos products









51 -

20. du c6td de l'Amerique, un drow-back fortified
nous assurera disormais la difference existant entire
les P. 1.38 cs. pavds pour le sucre blut et les P. 3. 94
pays pour le sucre raffind. / 1 )

Mais, sb contre notre Uttente, les moyens que
nous avons I'honneur de presenter ne sont pas admit,
il nous faudra alors mettre le feu. A nos cannes, reduire A
1'indigence des campagnards q(i, de pare en fils, n'a-/
vaient connu que ce genre de culture. Ils iront disor-
mais de locality en locality, essayer de nouvelles cultures,
jusqu'A ce qu'ils trouvent celle qui leur convienne le plus-
Au contraire. s'ils sont sanctions, nous ietrons
reverdir nos planes et entrer 1'aisance dans les foyers o0
r6gne la misere

Les pays producteura du sucre se trouvent
aujourd'hui gends, mis A lltroit par les measures qu'ils
ent prises, chacun, pour protdger l'industrie sucriere.
On en vient A penser qu'un disarmement g4n6ral

( 1) D'apre la loi de 1881.
70 liv. de sucre blanc patient en Haiti P. 3, 94
00 liv. de sucre brut paient i New-York. .. 1.3

Difference P, Z. 56
Mais. jusque 1 les frais A payer tant en Haii qu'a New-York
absorbent ce petit bhndfice :
Fret par baril de sure de 300 'h 400 liv. ..0, 75
Frais en Douane 5 a 10 selon la quantity
Courtage sur le gros montai.t de la vente 114 olo.
Arrimage si le navire nest pas accosted au wharf 0,15
Travailleurs. 15
'Ceitifical . .. 2. ,
Pesage .. 0.10
Assurance l?
Commission I1I oiu









52 -

s3rait plus*profitable aux intdrsts de tous, si le dernier
mot dtait laiss6 A la concurrence des procedds de fabri-
cation de plus en plus perfectionnis.
Haiti bdndficiera-t-elle d'une pareille measure ?
En attendant, faisons nous-memes couvre serieuse.,
-r
7--









CAM PF(C IIE.


Bien des gans A bout de moyens se conten-
telt d3 peu el croient trouver,dans l'exportation da cam-
p6che, la supreme resource pour augmenter la fortune
publi[ue. Ne voulant pas sortir de la routine, ils re;,t-
teront mnmi t out moyen pratique, toute solution scien
tifique quii demand ua pea d'efforts, de la bone vo-
loaut et moins de pr6tention.
Le campiche est v dritablement une bonne den-
ree. Des milliers de manufactures s'en servent : il leur
est aussi necessaire comme teinture que les amidons
comme appret. On le vend en Europe et aux Etats-
Unis A un prix relativement dlevd, lorsqu'll est de qua-
lit6 sup6rieure. Mais est-pe A dire que nous avons
seulement A pcusser les populations dans nos forces
pour qne renaissent chez nous le bien-6tre et la civilisa-
tion ? Nous en croyons le contraire.
A 1'4gard du cam pche, nous devons considd-
rer les conditions dans lesquelles se fait le commer-
ce de ce produit avant de conclure en faveur de telle
ou tclle measure.
D'abord, il est bon d'observer lo system
de son transport sur nos quais, le temps qu'ily sejourae
dans la pluie, son mode d'embarquement, puis son
exploitation dans le pays. Suivons la merchandise
dans ces diffdrentes situations.
Transport. Le transport le moins coiteux est celui
qui ise fait au moyen du petit cabotage. Les charettes ou
cabrouets absorbent presque tout le profit de l'exploi-








73.-

tutAion puiq'isqls enlivent la moitid du prix de la
vente lorsque.le campeche pris A i'inldiieur est porter
:sur nIos quais.

Quant au transport A dos d'animaux, il nous
fait bien I'effet d'une mystification. C'est cependant jus-
qu'ici le gain e plus net di' travailleur qui coin-
Line ainsi ie profit de la coupe avec celui que laisse ce
genre de dIplacement. Dans des sacs-paille sont mis
n-elques morceaux de campeche coupes d la longueur
de..2 ou 3 pieds, pesant en lout '100 a 150 lives et qu'on
vedtii, aprs 24heures :le march. 60 centimes environ.
Quel mince bindlice, si l'on consider alors les 48 heures
de voyage, pour 1'aller et le relou:, et si l'on compete
les moines a traverser avant que I'arl.icle, arrive au
,lieu de ddept ?

)Dep6l. Ren-.!u or nos quais, le campOche
s'empile et forme des remparts qu'on entame
assez lentement. par suite du temps qu'il faut, pour
chaque pesde. Ausst, sa masse n'est elle jamais com-
plktemelit expddiee que la pluie et les torrents ne
lui aient enleve plusieurs fois' une bonne part de
teinture, avant I'embarquement

Emba.rquement. -- II arrive alors rarement
que 1 e Lois ne louche pas A l'eau de mer, lorsqu'o.,
le transport dans les acons ou dans les embarcations du
cabotage ; cela se voit en beaucoup de localilts. II nait
toujours de li un vice qui en alt6re la quality et qui le
lait considerer A 1'Etranger comme rebut. C'est pour
qet effect que Ie .campBche d'llaiti selon sa provenance
est divursernent cdte.








- 55-


Comprend-on maintenant l'importance des res-
sources que nous offre jusqu'ici I'exploitation de cette
denrde ?
Nannmoins nous embarquons, chaque annde
282 millions de livres de cette essence. La raison
*
en est que, notre exportation comportant peu de denrdes,
le caimpehe doit former I'appoint d'un chargement
en m;aoiie de remblui. Les voiliers amdricains ne
pren:int ts amIre chlioge. Nous ne produisons
presquie rien qui se rcoiornmae directement aux Etats-
Unis, de sorte que les locahtIs pour lesquelles le camn
pA he est l'niqiie proi~iit d'exportation le Fort-Li-
lbrtl, par exemple arrivent bien vite A 4pniser leurs
forces, celles qui sont toutefois le plus rapprochees du
littor'il!. De v;ttes surfaces ddfr.clies offrent aujou rd'hui,
en ces endroits, i peine qiuelques souches av c lesi
quelles on essaie encore de trafiquer tant bien que mal.
UIexistence des forils est cependant quelque
chose qui compete dans une contrde. La furet. rdclame,
quand elle est du domaine national, la solicitude des
gouvt-rnement., parce qu'elle preserve un pays des effects
de l'ino!dation et qu'elle doit 6tre protegde contre
l'avidlitV et I'imprdvoyance des individus. II faut la con
server, A moins que, pour la ddtruire, il ne s'agisse de
livrer de nuuvelles terres a la culture.
Cette protection est ndcessaire, car la reproduction
des aiLres s'oplre leiernent.
On a done, pour ce motif, ddictd des reglements
d'admini-tration qui en ddteminrlent les coupes annuelles.
Ces reglements sont partout appliquds par une Adminis-*








'- 56-

'Iranion dite des forkts, grace a laquefle Ie iebnoisement se
"fAit propoFtionnellerrentrt ces ;coupes.'
Oui, le camprclie est une bonn' denree; maii
si nous vodloi-s en retirer un gain convenable dans I'ac-
.tualiti et augmenter par ainsi la foriine publique, ii
imported, a ce propose, de fire come on dit, flMche de tous
I)ois, d'abord en relevant notre commerce qui est en
ldc.,elence, et en defaisant ensnile autant qu'il est possi-
I'le, res inutiles entraves mises A l'embarquement de
ia denrde.
Et dire que cet article. paie encore
.Droits de douane P. 1.93
Fret par voiliers le tonneau ( 3. )
( vapeur le <( 5.
C'est done plus qu'il ne rapporte au pauvre
expfoiteur qui s'dchine etes'tiole dans: les forests;
II serait n6cessaire- nous sommes de cet avis-
qu'on ddBruve le 'camp6che do 60 cetimes le miller. It
ne peut qtand it ne vient pas des domaines
forestiers de 1'Etat, payer que P. 1,20 soit 20 o/o des
son prix courant.











LE MOLE SAINT-NICOLAS.


Si nous savons nous', preparer, I'ouverture dc-
I'Isthme de Panama aura pour lune de ses consequen-
ces le d6veloppemeit du commerce d'Haiti, car avec nos
products d'"change actuels, pas un navigateur de plus
ne sera attire vers cette ile. 11 y a done lieu de savoir,
dcs maintenant, quelles denrdes elle peut fournir-an
commerce' de 1'Exhtlme-Orient. Les populations dj ces
contrees ont leur goOt. leur usage. A la' moaniue
d'or, certaines d'entre elles, dans lestransactions, pre-
ftrent Ia monnaie d'argent.

Prboccupd de cette iide. st par rapport au.nouveP
itindraire indiqud A cette lin aux navires du commnei-
ce, nous avons, eri'attendant, propose un genre de
rgglement d'administration douatiiAre pour le 6dle Saint-
Nicolas. Ce port est appeld A servir qu-'cpierdia de- lieo
de relAche ou de ravitaillement tant par son' im]'or
stance maritime que p'r la stiretd et par la profondeur- de
ses ba-sins. Lapresqu'ile n'avait-elle pas did surnoni-
mde le Gibraltar dit Nouveau Monde; a- cause de
I'dtroit-canal qui la separe- de CuBia.?

Voici quelles sont les dispositions (lu r1gl1
ment propose:
Art. 7 Le pot t clu Al6c St-Nicoras.. ccux de 1'Ansc-d'alli-
nau It Ile l 'ort-h-lPiicnct Sont ouverts an coiiuciee hlianger pon-
1'ex poitation des dendecs autres quie Ic cafd.
Art. 8. Les narchandises d Europect d'Aunt;riilue pour I'Ccian
Paciti( Ci, (t crll(s ~ti les dc l'Ocran".l'acri(i n pour hIs dcux in-
tincnts, srcnll Ii(''llrs (n lnsit Y) d(as le scul pol du M61c St-
Nicolas








58 -

Art. 9 Une loi spciaale fixera la position, Iemplacement d'un
entreptt destined A cette fin, reglera la police et le moode de la sor-
tie des marchanilises pour I'un des ports d'Haifi. s'il y a lieu (1 )
Art. 10. Toutes les precautions hygeniques idictdes par les
codes maritiues seront rigoureusement observers a 1'4gard des na-
vires venus des ports de 1'Asie.
Ces dispositions furent a contre-sens, modifide
par laderniere Chambre et finalemant rejetees par le
Comit6 des finances da Senat, parce que c I'Exdcutif
qui est en relation direte avac M. de Lesseps, se char-
geait de rigler cette importance affaire. ,
Nous ne reproduisons pas ces articles; notre
conviction est qu'il viendra un jonr oh, bon gre, mal
grd, I'on sentira la ndcessitO d'y recourir. Dieu veuille
qu'il en soit encore temps ?
Un cable sons-marin ne va-t-il pas relier ce
point avec le monde civil[6?
Comme locality, le M61e n'offre pas moins
d'excellents fruits, malgre l'ariditd de son sol. Le
Bombardopolis, situd a 5 lieues de It, et qui est un terrain
propre a la culture du pistache ( arachides) a pour
d6bouche natural le Mdle St-Nicolas.

( 1 II est inutile de faire ressortir la difference qu'il y a entire
,so ville d'entrep6t et une maison d'entrepOt.











INDUSTRIES NATIONALS.

Mais ces articles si disirables (vktement s
4 ne poussent pas tout seuls come let
S-mangues ou les fruits de I'arbre ia pain
u On ne peut se les procurer qu'a la con-
S edition de les produire direetement, on par
a voie'd'dchange. Or. les bons haitiens.
4 peu au courant des progress de la
4 science, ignoraient cette vdritg fonda-
Smentale des theories protectionnistes
Squ'il vaut mieux produire soi-meme les
a choses don't on a besoin que de Its
acheter, et qu'il est prdfdrable de se
a laisser mourir de faim ou d'aller nu
a que de demander A l'etranger sa subsis-
a tance et sesjvtements *
Journal des Ddbats.
G.. de MOLINARI
La Chambre de 1885'a vote, dans la meme sian-
ce, les dispositions suivaniits, formant la troisi6me par-
tie de notre proposition de loi. Elles sont relatives .l'in--
dustrie national:
a Mesures protectrices en faveur des taitleurs, des coutu-
rieres, aussi bien que des confiseurs a

Art. 9 Demeure suspendue pour no ddlai de trois ans, 'importa-
tion des objets suivants : et ce, aprbs la foundation des itabliusemetal
c-dessu, mentionnds:
fo. robes de tuile confectionnees
2o chemises a femme unies de toutes qualitis.
3o. taies d'oreillers sans marque do. do.
4o. jupons et calefons de totes qualitis, except le tricet.
5o. vWtements d'enfants.
6o, layettes de baptime et bonnets d''nfaots.
To. pant alons de toile.
6o. gilets do do.
So. 'estons C
40. vareuses de tontes qualhts.
tio. confiures et gdeles.









- 69 -


Ndanncins, lacultd est lalss'e a timt dltallissement de contiir-
conmmr a tout parliictlier de t'fire veiir directement et anniiel-
lement de I'Etraungr,. pour' modliles on iuage personnel, itue
douzaine des objets plus haut ddsignls, sanr i paver le triple
des droits actuellement en viguour.
Art.' 10 Lcs dtablissemlats de couture ou de e:oofiseries, pour
se fonder rignlicrement et donner lieiu I la prohibition tempo-
raire sus-ddictc, devront fire la ddclarationl din fiontant de lvir
capital et prouver q'l'en raisn' de lcur outillaae! et I'onr or'gan ia
tion, ils peuvent fournir a la consomination gdnCrale, A bon mlarclih
on suivant les prix courants 'l( 'Etranger.
Art, 11 Si, dans l'intervallc' des trois anndes aecorddes pour
le developpement des dite in lustries. le prix des olbets prl'tagfs
venait s'dlever par le fait de la raretd au des sous des prix
courants et ordinaires des dits objets, I. Pouvoir Eedcutif' est
autorisid lever la prohibition.
Art. 12 La prdsente loi abroge toutes lois oi d;spositions de
loi qui lai soot contraires. Elle scra publide et exdcutec a
la diligence des Secredtires d'Etat, chacun en ce qui Ic concern.

C'est ddjA, un hon success, car, en Haili, dans
tout metier oh le citoyen aciutert de l'habiletd et
touche a la perfection, la main d'ceuvre doit lui 6tre ga-
rantle, duit-il en colter pour quelque temps, au raffine-
ment du luxe. L'existence assure de 'artisan est plus
digne de respect, de sollicitudec que la satisfaction
du goat chez les gens par trop ddlicats. Seulement it faut
aux riches laisser la liberty de se pourvoir oft bon leur
semb.e.

Le moment cependant ne nous parait:pas opportun
pour q e nous reprenions ave la premiere cette troisi6-
me parties do notre proposition.
Mais comment parler de commerce et d'agricul-
fure, sans faire mention de ieii dhilie vc ];'ci:clle il
sont 1'un et l'autre en de si diroils rapporls?.
On s'est'dVjJ beaucoup preocco-p de la question








01 -

d'industrie en [iaiti, et indls avons en,, nous mmnes; plus
i'une occasion de la, soulever. La chose en vaut bien la
peine; elle est important et mime essentielle. Aujourd'hui
nous ne devons nous contenter que d'exposer bri6vement
'les motifs qui, A ce propos, avaient,il y a quatre ans;ditct6
les trois dispositions de loi plus haut rapportles.

Lorsque nous avons, maintes fois, ;conseill6 aux
pouvoirs publics de tenter l'organisation de nos ind:us-
tries nationals, nous n'avons pas entendu que'le pays
doive, dans l'actualit6, s'aventurer dans les grades spd-
culations a I'exeinple de ses ainds et entrer de plein-
pied dans la p6rioile manufacturiere. C'eut dtd dtran-
gement nous abuser et fire un voeu sterile, mcme un
acte de folie.
Nons n'avons pas enteuda non. plus, en propo-
sant note systeme d'encoaragement, de protection rai-
sonn6e, prendre parties contre ou pour le libre-6chan-
ge. La tribune parlementaire est loin d'etre une chaire
d'Economie politique. Selon nous, I'homme d'Etat, en
pareil 'cas, a pour devoir de se renfermer strictement
dans l'application de cette loi: offre et demande, comme
nous I'avons d6montr6 plus haut. Son objectif doit toiu-
jours 6tre I'interkt des populations.

Nous savons tr6s bien que la grande industries de-
.mande, pour sl developper, des conditions que la jeune
Ha'iti ne pourra de longtemps lui offrir. Pour un people
nouveau, it n'est pas besoin de cet exces de production.
Oa sont du rest nos marines, nos capitaux, nos comp-
toirs ou nos colonies ? Les traditions dans l'art nous
font meme difaut.








--2 -

La grande industries reclame encore 1 etude et
I'application des sciences, qui sont par nous negligees
et don't la pratique constant vaudrait mieux que 1'art
de versifier au moment de grandes difficulties o0 la lu'te
pour l'existence dtouffe, en ce pays, toute gen"reuse *e't
sublime inspiration. *

Done il ne serait point logique, il ne -erait pas mr-
me nicessaire que HaTti recherche prdsente'omnt, i'au-
tres resources en dehors de cells que lui a.surent son
sol et son climate.

Aussi nos vues n'ont elles encore embrass6 que-
des m6tiers simple, qui entrent galemnent l;ns l'6no-
nomie rura!e; telles sont la cordonnerie, la con'ure, la
tannerie etc, mdtiers qui se d6veloppent en raison de la
density d'une population, et don't les prodnits sont nous en si grande consommation, qu'il en vient en masse
de 1'dtrangfr chaque annie. Sismondi et d'aulres dcono-
mistes parlant du paysan petit propridtaire, assurent mne
me qu'il peut rigler sa consommalion sur sa product n.
c I1 mange son propre bld, boit son pro pre vin, se revet
t de son chanvre et de ses lines, se soicie peu de con.
Snaitre les prix du march, car il a peu A vendre et peu
Ac acheter: il n'est jamais ruin par les revolutions du
a commerce. v

Mais jusqu'ici les Haitiens, ce people de paypns
et de petits marchands, consument eux-memes leur acti-
vitA dahs un travail sans profit. Dans les villes oil la
speculation et l'ngiotage enserrent toujours, l'air ambiant
des boutiques .4touffe leur intelligence, et paralyse leur










*
action. P,:lr q'ils renaissent, il leur faut les fortes effluves
de la m r et 'air pur, mai3 agitL d2 la champagne indus-
trirlle. Ne doivenl-ils pas pour cela s'approprier tous
les genres d'exercice de corps et d'esprit ? De cette ma-.
nmlre seulement ils deviendront un people fort et pros-
pere. *

Voihai dcni leo motifs qui nous ont fait rdclamer en
faveir de l'artisin et de l'industriel, en faveur de celui
qibe la nature ou l'dducation a peu faQonni pour l'a-
gricullure, le commerce on la marine. Pat son activity,
il n'erire pas moins dans le movement 6conomique
et social.

0:1 sait quelle est, depuis quelque temps, la
co.ncilion de I'esistence dans le pays. Aussi personnel ne
veut se fire ouvrier: A ce point de vue, on a raison, puis-
que alors tout avenir semble ferm6.

C'dlait pour obvier A ces inconvrnients que le Gou-
vernemaent,' en 1881, proposal aux Chambres qui la
sanctionnirent, la loi accordant P. 50,000 A titre d'encou-
ragemcnt a l'induistrie. On avait senti la ndcessit6 de
creer dos ateliers modules d'oi sortiraient plus tard
des series de bons ouvriers.

Avec le relIvement de la petite industries, qurlle
rdjouissante perspective! La femme haltienne don't la
classes forme la moitid, pas la moins intdressante, mais la
moi:s bien part~g6e de la population ; la femme hailtien-
ne poiarait, a l'aide de ses doigts, obtenir plus d'aisan-
ce qu'elle n'en a hab:tuellement en mesurant quelques
aunes de toile ou en labourant la terre. La piece d'dtoffe









*
,que, chaque jour, elle tale, pile, ddplie et replie
avec peu.de profit, si elle dtait transformed en article de
confections, trouverait pour6tre revenue, des commer-
<;ants patriots et intellige.its tels que les Lahens, les
rires Roy et autres.
*
Nous avons aussi des hormmns entreprenants com-
m' .les Sylvain et q'li sont toujours prets 5 se mettre A
'ectfvre.
Du reste, s'offre-t-il quelque part mieux que chez
l'haitien les signes d'une plus fdconde activitL. d'esprit?
Nous croyons que c'est plut6t par un manque d'applica-
tion et d'encouragement, qu'il voit.ordinairement se bor-
ner tous ses efforts.
Ainsi, pour le montrer sous.le rapport scientifique,
nous rappellerons que le premier cannot; mi par la m6-
Aeanique, qui s'est promend* dans la rade de Port-au-
Prince, fut l'ceuvre originelle d'un p6cheur. II avait ima-
gind un apparel en bois ayant deux roues A' palettes-
au moyen duquel il faisait, avec une vitesse arprdciable,
gllsser sur les floats son petit coralin. C'6tait en 1856
ou 1857.
Vers la m6me ppoque, un autre haitien, inventeur
d'un nouveau syst6me de moulin A vent, 6tait parvenu A
en monte les premieres pieces- on ne sait pourquoi-
sur'le bureau de police, place Valli6re. L'inventeur n'a
pu, faute de moyens, achever son ouvrage.
Enfin,.au pdint de vue architectural, il n'est pas
un pays ou la race indigene arrive facilement et d'ins-
tinct, c'est-a-dire sans dtudes -prdalables ou autre prd
paration, A atteindre plus exactement les proportions.








- 65 -


Comme" preuve, le Pomme A. .. jetine home
presque illetird, qui n'a point visit un chantier'marili-
me, et qui n'a jamais tenu une palette ni un compas,
peut, A l'aide du plus.l ger instrument, donner en
petit la representation d'un navire qnelconqne; il lui slf-
fit seulement1'en avoir vu le mode : les mats, les agris
les cordages sont par lui reproduits dans leurs difficiles
engencements. Aussi, lorsqu'on voit une oeuvre de giant
rdduite A cetle infime proportion darts la main du gXnie,
on ne peut s'empkcher davoir !quelque illusion.

Un autre ouvrage du mnme enre, mais nlus fini'-
plus artistique, et di. a la patience de Monsieur Nadal,
fait aujourd'hui l'ornement du bureau du port de la Ca.
pitale.
On peut de nmeme trouver dans le pays:dix mille-
autres ph6nom6ies d'itlelligence semblables lesquels.
ont, en 1881, assured le succs de la premiers Exposi-
tion Nationale d'Haiti.

Et, si court que puisse tire ki l'cnumira-
tion de nos artistes, ii n'est pas possible d'omettre-
le nom de Bellegarde.et celui de Badere, ce dernier sd-
nateur de la Rlpubliaue. Ces homes 6tonnent vraie-
ment pal lI hlardiesse de leurs conceptionis. Puis au
dessus d'eux tous brillent encore, pleins d'avenir, les
Ed. Laforestrie, sculpteur, les Miguel Boom, inge-
nieur civil, deux compatriotes qui, 6leves a Paris,
ont eu l'honneur d'orcuper 1'altention en Europe et en
Amerique. le premier, par sa statue la Rdverie et le se-
cond, par l'inven-tion d'une nouvelle machine pneunati-
quie :. pompe d air comprimd.









06 -

C'est que, comme araignde, notre race possIde
une adresse excellent des mains. Les yeux et le cerveau
sont aussi pour elle une sorte d'appareil photographiqne.
Telle est sa formation physique.
D'autres plus autoiisis ont parle des facilils de
son esprit; nous, mais plus tard, nous inous occuliero:ii
des qaalitis de son coeur.
Toutefois, qu'il nous soit permis, en passant, de
saluer par un hommage public d'admiralion, l'interes-
sante famille Sabin, de Jdrmie, famille qui, de pere
en fils, s'honore d'etre compose de loyaux et honn'ites
a rtisans.
A l'amour qu'ils professent pour le travail, les
Sabin joignent le goft des voyages. De Tibuiron a Oua-
naminthe, du Cap-Haitien A Jacmel, sur toutes les routes
du pays enfin, il est tou ours possible que de cette noble
famille on rencontre un rejeton qui cherdhe A dcouler
ses bijoux rdputis le mieux fauts et les plus piirs d'Haiti.
On peut dire que, A li mo lestie de l'ouvriel, 5 la pru-
dence du citoyen, chacun des Sabin sait allier la bra-
voure la plus chevaleresque.
Un pays qui produit de lels honmnips ne s'avonc-
t-il pas incapable, si pour exister, il est for~ic de s'drI-es-
ser a 1'Etra'nger, afin de se pourvoir des articles tels que:
V&ements conifctiorines et
chemises pour heomnes,
femmes et enitints.
Chaussures, brosses d sou-
De premiere hers et cirago.
ndcessitd Chapeaux de puille.
Peignes pour so:'gnr les











cheveux.
Sa;ons pour la lessive.
Chaises.
Fers A repasser.
Clous.
Ins ruments aratoires les plus
simples
Barr ques pour alcohol et s.-
Cl't'.
Liqueurs, sirops, bitter.
Bougies steariques.
Chaiirdiees, marmites, cas-
serolles.
Assielles en fiance et verres.
Couve its et coulteaux ordiii ;res.
'aupier, pluomnes e[ encre.
Hygiene ilarfims ordlinaires et savons
de toilette,
Eau de fleirs d'oranger.
Defense nalionale *Poulre A lirer. (1
Sont-ce 15 des cb'etq qni, pour leur fabrication,
demandent 1'intervenlion d'hommes de gduie et A esprit
transcrncdantal? Faut-il qu'oni soit Lavoisier ou AIiprre?
Tout y est an contraire fort simple el. digeio
d'exercer notre intelligence et notre habilet duns la
main d'c~uvre. 2) Nous pourrions arriver a inventer de
Iinnveauix'ypes d(ans ce genre d'occ'paiion et a fire
classer dans l'art une nouvelle ol i2inalite.
Dins ine population, asscz consiid6rab'c, conla'n-
nde for'clnent ,dopnis longtlemnps 5 l'iinmobiliti des mil-
liers d'imilividus ne demanderaient pas davanlage.

( 1 nus De)s~lines, on fabriq;iait de la pmudre en Ia'l;,
et I'Enperrcu I'ar lit de la ndcesiil d'avuic une londeie rporr couler
s 'P Canons.
(2) rlusiArs des peup ,ilces de l'A!i]que,. cls I'ahouins, pFr
icrmple, le phls rdeCmeuIne cours trn;\aiilInt admi almItunlt Jc firi
Li, n qu'i!s s,,ent dcpoul' v s V d'outill'ge p, fic lit T :d.


- 67 -








--68--


Nous ddlaissons cependant ces choses si utiles
pour courir apres d'autres plus compliqudes No'is you-
lons avoir vapeurs et chemins de fer : leur entretien et
leur direction exigent qu'on soit au moins capable de les
rdparer en cas d'accident.

Et que ne pourrait-on pas dire, si, aux articles
plus haut dnumB6rs, 1'on ajoutait lesproduits de pitunr-
ge, tels que viande sale ou fume'e, mantpgue et beurre,
puis toutes sortes d'huiles et de graisse ? Cela explique
d'une manidre surabondante comment un peuplP peut
vivre miserablement au sein de la richesse. (1)

Et combien ndanm ins ne nous faut-il pas r6pan-
dre de sueur pour payer injlilement a l'etranger ces ob-
jets siinples don't nous m1 pouvons nous passer sans
dAroger, sans consentir de recu!er. Ces objets, nous les
avens pourtant sous la main At '6tat natural.

Non, il ne faut, pour organiser en IlaTti '" petite
industries, rien d'extraordinaire, rien d'impraticable. Ce
qui manque aux haitiens c'e't simplement la bonne vo-
lontd et I'6mulation. Nous pouvons done, en con edquence.
conclude que noire proposition ne comporte rie; d'extra-
vagant, rien qui soit audessus de notre intelligence et de
tios moyens, rien enfin don't la protection et le d6velop-
pement pourraient nuire aux intdrets bFen entcndus des
autres peuples. Nous ne devons pas 6tre leurs tributaires.


(I ) Monsieur A. de Priville, un detract ui pissionr.e, dit dans
la Science Sociale: Le nigi e est incapable d'engraisser utn pore.








- 09 -


Differemment, pourqnoi importer dans ele pays
tant de petites machines a coudre, tant d'outils de touted
surtes et tant de mati6res pour ktre confectionndes ?

Pourquoi avons-nous une fonderie, avec un matd-
riel immense, un outillage perfectionne ?
On parledien de l'exploitation de nos mines de fer
et de carbon. Serait-ce pour en faire seulement des arti-
cles d'exportation et pour rdaliser au plus vite quelque
argent?'
Notre diat 6conomique, tel qu'il est depuis long-
temps, a dA naturellement ddvelopper la paresse, exciter
les ambitions et crier. le malaise gdenral don't souffre
actuellement le pays. L'organisation social et les institu-
tions politiques s'en ressentent, Ponr vivre, le citoyenest
force A l'avance de tailler sa place dans l'Etat. Alors
les caracteres.perdent peu A~eu de leur independence, et
miles gouvernemnents eux-memes sont dans l'impossibilit6
d'administrer. C'est ici une loi de circonstance, car it
faut bien que chacun s'arrange de fagon- s'il vieht un
jour A quitter la place- A n'avoir pas A v6geter ou i
mourir de faim.
Or, ei pregnant, come nous l'avons toujours fait,
la defense de I'int6ret ouvrier : intdr't du paysan, de
l'artisan, du marin et du commergant, ce n'est point en
coas iderant ces diverse corporations comme d'impo-
sants g,,oupements, ni non plus en les envisageant comme
classes don't it convient d'exploiter les passions, idoles
de ant lesquelles des esprits superieurs meme s'incli-
nent parfois.
tQuant' h flatter la foule, 6 mon esprit! non pas.








-70 -
*
En defendant cette cause qui est cell du tra
vail et a n6treen particulier, nous ddeendonw la raisoa
et le droit ; puisque dans ce milieu social seul secondense
la for:eledont e pays p urrait avoir b6soin, s'il etait
un jour envahi I
C'est en vain qu'en matiere doonomique
on invoque en Haiti 1'initiative privwe ; elle est nulle
danq nne 'oci6dtd encore si peu constitute, si mai assise.
Aussi incombe-il t un gouvernement dclahir et pa-
triote, :.e'es-d-li'e franch.nment national;, d'i lar A5 'd-
rmancipation do l'inlivida- but toijours visd-.en en-
coumaganit autan.t q'i[ est. passsible l'orgm isation da
travail dans ses forinns les plus di-erses. C'est Ia rem-
plir~. un role. paternel, i.u p.itrolnag' e mimn M'nnt glo-
rieux, -II ne pent, ce gouvernement, so d6sinlr'esser
de ces choses ;. son devoir est dc s3 rri:ilrer par-
tout oh so manifeste p3sitivement l'incapaild indi-
viduelle. La granlear oblige, a dit uq publiciste mo-
derne parlant de l'Allemagne, c il n'est pas permis,
ajoule-t-il, qiuand on est tout-puissant do ne rien faire.
La victoire d6fi'e au victorieux, qiu'i[ le veiille ou non,
I'h6gd:nonie du inonde. D Nous avons nous-rinmeI pour
mission d'assurer seulemrent la n6tre, dIt la malveillance
en gmnir, !'igniorancc s'en alarmed Notre objectif c'est
1'aisance, la.sliailitd et 'li'horenr des families, trois con-
dilio:is qui, livilidts p a; l religion, rdsument les prin-
c:paIei c dess'il l la 'vi sociale.
Avec c;ola. nou;s rel6verons surement le pays des rui
nos enl.;tasss pal' leos guerres civiles et pot .1O1us en con-
vaii.,n;'e, il ?sufit do-, nans rappeler qu'il y a a pine un
sie.cl, [aiii, sa!is fair ide la granle in:ilstrie, sans
agriculture perfeclionnie, produisait deux fois plu, que
I _









fa 3anqne Vationate.


Les arguments products dans le course de eet ou-
vrage sont, nous le croyons, suffisants pour faire ac-
cepter ou rejeter d6tinitivemant la proposition de loi que
nous allons retablif d la derniere page.
Nous nous arretons la.
Reste toutefois une autre question a ddbattre;
elle est relative a 1'un des contracts passes, I'annde der-
niere, entire le Gouvernement et la Banque d'Haiti. Ce
contract, pouvant Wtre invoql comrnme fin de non-rece-
voir, ii imported de pr6venir, dis a present, toute objec-
tion d cet 6gard.
En n4gligeant ce point, nous courons risque,
rnalgre la meilleare chance, dd subir cette fois dahec et
mdt. Nous l'examiineons en. consequence.
Le contract sur le service de la Tr6sorerie engage
le Golvernemtnt d'-Iliiti A ne pas mJ lifiar les tariffs ac-
tuals de DO)uiine, sans l'ass;i;ti:n it li. la Ba nqlue. Mais,
d'apres les deAlarations frrnmllts dil S-o, tire d'Etat
des Finiances, it demenv'e acquis a qu'un Elat, a moins
de faire fi de son autonomie, a toujoirs le droit d(t mo.
difior ses irmpos, dea remntu er, s'il I, jage coaveaabf~ et
seloin As bdsoins, le tarif de ses douaues..
II n'en aurait pa 6tre autremniat, car la d'oit da
voter 1'impot, de rdviser partant les t;rifb, drnit consti-
tutionnel et inalienable, est le principe foudarr ntal du
Parlement. Aux Chlimbres done et au Pouvoir Exdcutif,
il appartiant de juger de l'opportuniltd d'une tell meo
sure.










C'est par la revision des lois tiscales qie s'aran-
'iiare la situation dconomique d'un pays. Cela est si clair,
si bien comprise que de tout temps, ea Haiti, tout le
monde- gouvernants et gouvernds,- est unanim, A pro-
-clamer la n4cessit6 de rdviser les tarifs actuels de Doua-
re. Mais, au lieu de baisser, on a co'nstamrnent surele-
v, les droits, au point que de 20 A 25 b/o., la nation
puie aujourd'hui plus de 40 ojo d'imp6ts.
'Le digrevement que nous propo.ons affaiblit-il
neanmoins la garantie conventionnelle d'Octobre 1837 ?
Non il ne fait meme pas baisser l'imp6t actuel
de -o0/o, les recettes dtant d 6 millions.
L'exportation des nouveau products devant ame-
nor une plus grand circulation du numnraire, 1l'importa-
tin' s augmentera necessaireneant et le hombre des
!avires aussi.
Et le credit de P. 333,003 accord au Gouverne-
ment est d'ailleurs suffisarnment couvert par des recettes
qui a l'importation, ne descendaient jamais au dessous
de 1.625.293 piastres. (1)
Quel est li pays qai aujourd'hui paie encore 40
0o/o0 dTc'impt ?
En 1789, notre ile, qui produisait 716 millions
annuels, rapportait a l'Administration, pour im~Fts (di-
rects' et indireets ) la valeur de 15 millions de francs,
soit 30,00,003 de piastres environ.
Et avec cela, que de travaux accomplish! Des ruined
hombrauses attestent I'existence passe des ceuvres d'art
imbibes de nos sueurs, entreprises et ependant achevdes

1 i I Balge: de 1?70-71











1I esil ien clair que nous autres, sans avoir
fait axeculer aucun outrage sdrieux, nous avons excel]
a dpuiser le travail national par un system d'inmp6tpro-
gressIf.
Maintenant, si I'on, compare les deux' 4poques:
au poilit de vue tnatiriel, on pent dire,.que dans l'ile, il
s'est produit, 'pendant un sikcle de titonnement, d'une
part, diminution des 9 o/o de la valeur commepciale, et,
d'autre part, augmentation de 100 o/o des contributions-
en dehors des corvdes et de l'imprt du sang: bilan mal-
heureux dont la perspective et les ddsastreuses conse-
quences ont inspired Mr. Spencer Saint-John, qui n'a
pas consciencieusement etudid le pays, ces dddaigneuses
et outrageantes rdflexions: s'il ne survenait aucune pres-
sion, il( le- negre ) rtrograderait bien vite d Ve'tat des
habitants du Congo.
*
Pour 6tre just, l'auteur anglais aurait dA bien
plutot, en ddnoncant notre situation .A la vieille Europe,
lui rappeler les rdsultats d'un funeste patronage
sons les anciens maitres de Saint-Domingue, patronage
auquel les Hailiens sont redevables, en effet, des ddfauts
de leur organisation social, ainsi que de leurs luttes de
clan, vraie cause d'une mauvaise administration. (1) Eu

(1)a J'attribue dit le colonel Malenlant, j'attriube une parties des
malheurs de Saint-Domingue au pen de surveillance des agents du
roi; on congevra a peine que ces gouverneurs,qui etaient distinguds par
leur nassance et par la douceur de lear caractere, aient soul'fet que
des crimes atroces fnssent commis sous le r'cgnede.ce. bon Louis XVI.
crimes connus de tous les colons qui eux-mitues en frimissaient.
On a vu un Caradeuaini, un Latoison-Laboule qu:. de ,ang-froid,
faisaient jeter des nregres dsns des fourneaux, dans des chaudiires,
le uilsantes, on qur I s faisai ent'erner Tils et adebut, avant seulement,









74 -
*
philosophy profound, ii eut pu ajouter: E Ft cependanl,
malgrd les miseres que, moi-mmie, j'ai pu imparfaite-
ment observer, ii y a encore lieu d'espdrer qu'avec les
progress incessants de l'esprit human, avec les prdeieu-
ses indications de la science social et grAce surtout a
un enseignement moins dgoiste et plufs pur de la religion,
la race noire d'-Ia'ti un jour occupera diguiemmnt sa pla-
ce dans le monde. Ndanmoins. pour la complete et rdelle
4volutlon de cette race, la justice impose aux nations
anciennemeit colonisatrices, le devo'r de lui pr6ter leur
appui moral,'comme un acte de legitime reparation. .,

Monsieur Spencer Saint John, ancient diplomat,
n'eut pas certainement deiogo en tenant ce 1. ii,- :' a
la fois ferme.et l.b6ral; il sa serait au contraire montre
gentleman, noble fils de la noble, fire et puissaule
Angleterre. *

la thte dehors,et les laisgaient pdnr de celte maniire :hcureux quand. par
pitidcleurs ,amis.lenrs camarades abregeaint lcurs lourments en Jes as-
sommant A coups de pierre (Page -172).
a Quels dtaient les principrs de rpli ion que vous donniez a vos
esclaves, colons? Aucun;vous ls falsicz iiptlser, voila tout. ( P. 227.')
a Les colonies, dont les governments prorcssent la religion rdfor-
rme,ne font point baptiser leurs csclaves. Ce n'est point onbli,insou-
ciance; c'cst nui: negligence raiso:n;i. Qnelq~r'-uns de ces colons.
aI tis!rs 1'ni paldt de I'avantag 'le la religion, i r'ont rdpond,: N\o!u
conc-vons biea qile si les nairs avaient des piriicipes religicax, ce se-
rait avantageux pour la tranquility; miais la religion que nous
professions ne nous permit pas d'avoir des chretiens pour escla-
ves, et dcans nos colonies, nous ne pouvons point nous passer
de l'escla\age ( Page 231 )
Celui qui a lu ces lignes cotprend que le people haitien n'est
pas sorti trop t6t de 13 condition subordonnee dans laquelle I'dgoismn
I'av.it enfermde.- Que Messieurs Spencer et A. de Priville gardunt
leur pitid pour eux-muleiis.








- 75 -


Qu'importe, du rest, sa sinistre prdiction ?

Tant qu'il y aura une ]ogique plus implacable que
les faux calculs de parti-pris; tant que Haiti, porlant
les stigmates du siecle dernier, saura- sur son fumier-
eouver des euifants plus fanatiques de I'ind6pendance,
plus conservateurs de l'honneur national que de leur vie
mime, la nation ne retrogradera pas, au point qu'il.lni
faille, au 19e ni .mrnme au 20a sikclc, recominencer le
pass. Le pr'texte de nous remettre dan.s La voice de la
prosperity est done des plus sldeieux..

La force, nous le savons, peut touijours mutiler un
people, lorsque ce people ndglige de veiller a sa conserva-
tion; mais la force ne pent dteindre dans les rnmes le senti-
ment national, ce feu saerd que la cendre-a toujours pour
mission de harder Dans ces derniers temps, n'a.c-on
pas vu l'Alsace et la Lorraiie dUtachees-de la France-
rdveiller en ce pays plus de patriotism que. le, victoires
de Solfdrino et de Magenta.- Celles-Mi, cruel relour des%
choses humaines devaient, t6t ou tard, abouljir A Sedan,
et s'effacer finalement par le trait d''alliance quir attacihe
de nouveau l'Italie a l'Allemagne.

Laissons ce c6td tdndbreux ofl se jouent les mal-
heurs dos temps, pour nous occuper de cc qui prdsen-
tement m6rite notre attention, et disons: rela!i.vement a
notre diplorabla situation, tout le monde, et la science
et I'histoire nous conseillent do ddgrever le plus t6t nos
tariffs.

D'adord Mr. Daireaux, A propos de la Republique
Argeilnne, nous dil : a Le viail m;l, qui ronge le pays,











c'est I'absenie d'un sysltbiie dconornique ft financier adaptld i sa sitl'a&-
tion. s ne se sent jamaispreoccupes de la necessity de ddvelopper
I'industric ni le travail sousaucune forie. Do .inds par des ncessites
d'aigent toujours pressantes, cherchant non pas les charges le moins
lourdes mais les iinpots faciles a lever, tons les gouvernements qui se
sont snccddd, obliges de tecourir anx douanes, ont eu le tort de ne Ies
considre-: que cornmm une source ce revenus- pure et simple, au lieU
d'y voir un clement protecteur du pr'gres local.. L'n pareil systime
ne peut aboutir qu'a 1'ndantisseluet ide' 'agriculture et de
l'industrie, ea mdme temps q l'an ddveroppement excessif du corn-
meree dtrangcr qui est la pire forime d parasilisnie, al)sorbant a
son profit toutes les richesses du pays, eloignant le- producteur
de son march natural, eten dornmnt le people entiecr dans l'Fisi-
vetc et une abundance factice. (1 )

M. G. de Molinari, qu'i s'est mnotr6 si sympa-
thique au goumernement acltel, parlant de notre situa-
tion financiere, s'exptime en ces termss;.
Les re:ettes consistent rcesque aniqrniment dans l(.s droits do
douane A l'entrde et.a la sortie, et ces droits out ddpass4 deja la
liunite fiscal, c'rst-a-dirrele taux' auqgrul on droit a atteint son nia-
xiinum de produot.ivitd Dans l'exercice 18.4-'885, e produit des
douanes a did de 6.054.000 g6i lcs. C'est une moyen e de plus
de 50 cTo. Scion toute apparence, une nouvelle auginentation du
taux des droils anrait pour effet de diininer les recettes au liPu
de les augmenter. II serait plus avantagenr pour ]e tr'sor d'abaisse
le tariff et surtout de le simplifier. Un Robert Peel noir aurait eu
une belle occasion de reliever *les finances tout en ddveloppant Ic
commerce, en soulageant les c:mnso matcm s. a ( Page 245/.

Si nous voulons nous dpargner un reproche uni-
versel et mdrit6, il faut nous d6cider a remanier nos
tarifs : c'est li le but de notre proposition don't la
sanction peut se baser sur les pr'dcdents suivants dia-
blis depuis longtemps dans le pays

4o. L'affranchissement di droit de tonnage ac-
cordd aux navires charges de glace ou de carbon;


I [ Voir note ouvrage ( Proprilt6 foncibre,


- T7G -








77 -

Io. La subvention de -P. 80.000 accordee a lali-
,gne si utile du Service Acceldr6;
30. Les interets de 6 ou. de 7 o[o offers aux ca-
,pitalistes pour l'itablissement de voies ferriess ;

40. Remse de pavilion ( loi rapportee )
et 50. Privilege laissd aux steamers strangers de
,circuler librement dans les ports ouverts de la RBpu-
blique.

Quand un petit Etat s'est tant de fois montr6 li-
beral envers les int6r6ts s3condaires, peut-il refuser
d'accorder au commerce ce qu'il lui doit, bl commerce,
principal levier qui lui assure r6ellement une aug-
mentation dans la production. Sir Robert Peel, en re-
visant les tarifs,, en modifiant l'imptt, a change, :il y a
A peine O40 ans, la face des choses en Angleterre.
Et maintenant, pour mettre le! consciences en
repos et leur permettre d'agir en pleine connaissance
de cause, envisageons quelle yaleur le d6grevoment
propose pourra enlever au Budget des Voies et Moyens.
Aujourd'hui, il est materiellement impossible
de charger, en une ann6e, plus de cinquante navires
avec les nouveaux products designs. Cependant mon-
trons-nous excessif dans nos calculs en pregnant pour
base le chiffre de 100 batiments de toutes especes. Co
sera done :

Droits de tonnage:
100 navires de 300 tx. ( moyenne 1, 83 113 P. 55.000









-78-

*Report' P. 55.000
roiits d'Echelle :

-20 navies .. a 25 P. 503
:20 .. 30 600
.20 .. ... 35 700
.30 .... 40 800
20 ......... 50 1.000 P. 3.600

Premise :

21 steamers, ou 2 steamers par mois
-prenant ensemble 690 tonneaux de fruits
pedrissables- sur P. 240.000 dimportalion6 o/o P. 14.400

67 voiliers di 333 tonneau.
soit P. 268,000 A :3 o/o. ( 1,) 8.040

.P. 81.040

Or, voilla qu''avec .te minime valeur de 81.040
piastres, -valeur i peu pr6s gale A celle accordde au
Service Acc6lrd, mais qui doit se. reproduire sous
d'autres fortnms et se taultiplier dans nos mains,- nous
amdliorous considdrab-lement la situation des choses en
Haiti. Et, pour la fair completement changer de face,


/ Dans t'eat de nos usines, on ne peut avec la meilleure volonti
du made produire, avant cinq ans, plus de -10 millions de lives de
tur.re. Prenriou cepenlant pour base 20,000 lives, alcohol compris, ce
qui assurerait une importation ou une circulation de plus d'un million
dans ,le pays-- nous avons calcule qu'il faut au plus 67 voiliers
dle 300 fonneau- don't le project fixe J'importation a P. 4.000,
woit ", !68,000 a 3 ei. F. 8.04).








:79..-
*
il suffit de lui appliquer le syst6me d'dchange qie nons
proposons en dernier lieu, i savoir'

EXCHANGE:

4.000 fcts dl via de 39 gall. A P. 4,81 1/2 P. 19.260
10.000 barils de bire da 4 douz. a 4.12 41.200
6.000 milliers de.planches pitch. < a 4.58 1/3 ( 27.500

P. 87.960

Ce seraitld accomplirune-veritable revolution 6co-
nomique et assurer de la fagon la plus soiidcI la paix dalns
l'Etat. Par quel autre moyen parviendro as-nouii jamais
a affranchir le pays des obligations que lui impose en
quelque sorte le nouveau centrat ? .... Si la production
ne s'augmente pas, il faudra bien, mbme sons une direc-
tion deBanque moins bierweillante, le renouveler dans
cinq ans. Ne serait-ce pas mettre, dans ce cas, la Repu-
blique aux carcans? La nation alors pourra s'dcrier
avec le po6te.:

a Je ne me trouve pas delivi Nan, j'ai bean
Me dresser, je me heute au plafond du tombln:
J'dtouffe, j'ai.sur moi 1'Fnormitd terrible. a / /

La Banque, elle-meme, en refusant son consen-
tement aux modifications proposes, agiraiC contre
ses propres intdrets et bien plus contre sa propre institu-
tion, qui jusqu'ici se repose accidentellement sur les
revenus- du trdsor.

( 1 ) VICTOR HUGO.- La Liberation du f rritoire.








--'8@ -


*
Messieurs du Corps L6gislatif.

Je vous apporte ici de bonne foi et comme tribu't
de mon patriotism, un rdsultat de mes observations
Economiques; A vous maintenant il appartient de decider
zselon ce que vous command votre rtison dclairee.

Osons en cette circonstance fire oeuvre durable.

,Cela ne necessite aucun debours; I'oeuvre au con-
traire assure i nos arriere-p-tits-fils'les resources d'ua
travail honn6te et toujours inepuisable.

Et- ceux qui disent: ii faut d'abord de l'argent,
I'pondons fiirement que ,< le credit, les capitaux viennent
naturellement au pouvoir qui s'applique l'accroissement
de la richesse, A la bonne gestion des affaires, au main-
tien et A l'affermissement de*l'ordre. D

Autrement, si l'on nous offrait 100 millions de
capitaux, couvrons-nous de crepe, car- les.faits partout
I'attestent- la R1publique d6s lors serait en peril!

Regardons dans le passe et souvenons-nous quelle
fut so prospiritd matdrielle! Si nous voulons toutefois
nous consoler de notre 6tat present et nous faire illusion,
c'est en vain et bien .tort que nous repdterons, apr6s
le renard de la fable: c'etait bon pour des goujdts !

En effet, chez tous les peuples en voie de civilisa-
tion I'exp6rience, depuis longtemps, a prouvd que le tra-
vail libre est plus productif que le travail force.
Et, en matirre administrative, l'exemple de H. Christophe









81" -

cdft assez qub lbrsia'une nation' n'habite pas un pays
compl6temnent en friche comme l'ont dit les savanes de
1'Amdrique, il n'est pas ndcessaire qu'elle attended, ainsi
que les anciens colons, deux si6cles de labeur pour accu-
mrler des richesses et assurer sa prospdrite..
I











PROPOSITION DE LOK


Considerant que le pay. so iifre actuellement
d'une crise agricoba et commercial;

Attendu qu'il y? a lieia d'y. porter au plus t6t
remade;
Et attennu qu'en facilitant I'6coulement do nos
produits, nous en encourageons le ddveloppeinent ent
leur assurant le coricours ui Comimerce;

Le Corps L4gislatif,

Usant de 1'initiative que lii conf&re l'article 79 da
la, constitution,
A rendu. la loi suivante-:
Art. ler:- Tout navire A-.voiles qni partira de I'uan des
ports de la RIpublique avec moili ou plein chargement
des articles d.signds au tableau ci-annexd, come tout
steamer qui prendra 300 t-. des memes articles, est et
demeure affranchi du droit de tonnage.
Art. 2'-- Le dit navire a voiles, s'il est de qualre
cents tonneaux et plus, aura e;: ou're, le privilege de
prendre chargement. en venant dans la pays,- pour deux
ou trois ports ou.verts de 1t Republiqiie.
Seulement obligation lui est faite de diviser son
chargement par compartimenrts distincts pour chaque ]o-
calite, lesquels compartiments seront scellds des I'enltre
du batiment dans le premier port de- destination.
Art. 3.- A tout steamer qui, partant d'un port d"Haiti
en ligne directed pour !'Amdrique ou 1'Europe, aura pris
chargement en fruits yerts tels que oranges, citrons,
ananas, mangos etc, ii est accord une remise de 6 ojo
sur une importation de P. U.000 et au dessous. (4)
i1 / Ies Steamers affects spdcialement at transport des fimits
sont de la capacity de ((Dessalines #.










Une re'mise' de 3 o/o sur P. 4.000 d'importaliont
ou au dessous est dgalement accordee a tout voilier qui
prendra complete chargement de sucre ou d'alcool. (1)
Art. 4.- En garantie de l'exportatiori des no'uvelles
denrdes et pour la regularity de ee nouveau service, dd-
op6t sera fait a la Banque Nationale d'Haitl du montant
des droits de tonnage des navires affranchis, jnsqu'au
moment de leur departddfinitif pour 1'dtranger.
Art. 5 -- Les Niiinents ci-dessus d6signds peuvent,
en partant, prenire tfancs de tout droit, cent sacs de
brisures de cafe, provenant du nettoyage faith par les
machines.
A ]eur embarquement, ces sacs seront vdrifids par une
commission compose d'un employ de l'Administration
des Finances, du pesear, d'un employ de la Douane,
du Magistrat Communal ou son adjoint et de trois nd-
gociants de la place.
Art. 6. -- Les avantages et privileges ci-dessus seront
re tires A toute line de bateaux a vapeur, a tout n"vire
a voiles sur lequel la police aura surprise des arm es ou
de la munition.
Art. 7. DWs la promulgation de la prdsente loi,
t out ndgociant ou industrial qui aura expddid A l'dtran-
g er un fft de 60 gallons de rhum de 60 degr's. ou une
b arrique de 400 livres de sucre, peut, s'il est muni d'un
acquit a caution vise par l'Administration sup6rieure,
recevoir en retour, franc de droit, soit nn fit de 30 gallons
de vin, soit un baril de 4 douzaines de biere ou un mil-
lier de planches de pitchpin.
La prdsente loi abroge, etc.

(1 ) Nons extrayons du discours prononccd par la Rcine Vic-
toria t 1'ouverture du 'Parlement anglais le passage suivant, h propos
du sucrs: % Une conferencee d dcleguds des puissances interessces
dans 1'industrie du sicre a &te convoquee i Londres, I'automne der-
nier, en vue de mettre fin, si c'est possible, au systieme prEjudiciabllc
des primes. Elle a progress aupoint de readre prochaine la conclu-
sion.d'un arrangement satisfaisant









'TABLEAU des nouvelles denrles don't l'exportation
test encourage par la loi du de l'annee 1888.

1. Sucre de toutes qualitds.
2. Alcool, rhum ou tafia de 60 deg: Centi.
3. Sirops et. mlasse 40 deg. c
4. Bananes figures.
5. Malioc et farine de manioc, tapioca.
6. Amidon et Sagou, arrow-root.
7. Vinaigre. I
8. Confitures ct geldest
9. Tabac..
10. Pitte,
11. Noix de coco.
12. Cirejaune.
13. Ananas.
14. Oranges et citrons.
15. Casse.
16. Piment,
17. 'ois et mais.
18. Jone, roseaux et bambou.
S19. Graines de Palma-Christi, d'anis et autres graines oleagineuses,
telles que hoboli et pistaches ou arachides et graines d'amandes.
20. Huile Palma-Christi ou ricin prdparde A froid, hui-
le de Ben ( Moringa). et autres,
21, Graisse d'animaux et poissons.
22, Poissons sees.
23. Bananes conserves au saindoux.
24, Gomme de gaiac et brai de pain.
25. Byiques.
26. Chaux
27. Coquillages.
28. Os, sabots et comes de betail.
29, Oscaleind h blanc.
30. Noir animal,
.31. Oreillons et autres products d'animaux.
32. Laine et poil brut.
33. Chiffons de toutes sortes.
34. Plumes a lit, duvet ou autres.
35, Acajou.
36. Noix de pommes d'achjou.
37, Tamarin,
38. Graines on extrait de grains d'avocat pour teinture
et tannerie.
39. Ecorces de tan.
40. Cigares. j









IT ,TL kU de diuers renle~n ,aits du
Qromitercy .hSI'r;S'' r.

Le Moniteur dt 2.6 Janvier cde mtee' alpne, et I'un
dte 'ecedents Nos. donnent les chiffres suivants :
,Anne. 1I8-4-45. Importition. P. 5.914.81 .45,
LErpurtation 7. 7.313. 434.72.



S 118156 Imphrt. .012. 555 1.2.
Expert. .7,869. 989.65.

P. 13.82.4 77.

1886-.7. Tmpoat 5 975. 1,37...
Export. .... 8.63. 45.55 ,

P. 44,66S. 383.37.

Er cette annde 1881, 'le caf a kd venda exceptionnelli-
mrent jusqiu' P., 24 ( argent meicain') .

Un pays qui produit encore si peu etqpuiregoit toutde 'Etrazger
fait, on le conprend, une importation exceddant 1'exportation.

Le rendemnent le plus fort en rccett:s est celui de 188y-t 85,
,equel a donad P 6.111.870.03. En ldflquantr de cc hhiffre'
165,122.45 pour contributions directed, il reste I't 5.946.741, 58..soit
A 0 o/o. de la valeur du conimnerce ;g'n.i:r.l, qlu'on petit eVIui.r A pi's
de 15,000.00000,

Cei'taines marcliaudi es eependant patient un droit de30 O et mi6me
de I00 Qo,,

Malerrni t quin ,1 p t Stir les Oolonies, cstimedans son ouira-
ge inti u-I atint Do,)in;gnd., qn cavec une depense de FS. 63,50
par tidt, poutr procurer ~ milleesclaves chacun, 2 pantalolfs brain
( rlssic, ) 2 chemitse de travail, 1 :palntalon ginga, I vareuse, I pan-.
talol et. i.e cheli.e mcinlai, i nocholr Ro.en pour col; une palre
de suliers, I chapeau-- Ics colonies dev6aient rapportce en p!us h !a M-.
tropole, 63, 500,000 fiancs.- O'es, commne on leIvoit, avec toute
proportion gardde; I, valeur tt a'I, .Ie iioti' cotiinc re l d'anjourd'hii
*arvc I'etrangt,.








TABLEAU des Financeset du Commerce de la parties frangaise de St.-Domingu.e,
Valeur commune des Emportgtions four' 'anne'e 1790.


Indication Ide la nature
.its (Ie 1s rI


tL' ,filatinl eln ra! 'Valcleur cnmmiunp. DroiS. pergus. 1 Vendues
soI i u en
nw. I Friner.


Sucre blnnc on tl d 7, 227,708'
b ut. '95, 177.512
Cufd. 8 1.i.0 'in
Co( ,. .. ', 2 1 i. O
l.<;;. ./ 930,0163

T ,HaI. .. .. .. 3;)5
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Gaiic, tl4J'LU Ct.canjAche, ..' .1,5' 00,0o


Livres




Bunca2nts.
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(:)its
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67.670.7S ;.
49,941,567
51 ,9Ou):748
-17,572 252
1 o875,120
1' 0 2o0
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93.343.
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54,0(00
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2,528,107
I.ti77,'195

765,736
465;oU8

9221,275
'1,821
15,377
7,807-
U
a *


200o.3-.ti4 0,6-24,1 66


48,264,37-2
S5i),664 ,(28
'16,786,486

120,1000
1;725,857
19,995
68,493
85 541
54;00

193.377,468


11 y avait alors a St-DOMING&UE:


Sucreries en blanc....
-" i bIut .
Cafelteries .. ., ...
Cotoeies .. .
ITr igoteies .. ..
G.ili (lie. -. .. .. ..


'i.-a ach, ,- ieriJ 'ct o rtolerieB

Champit \t .ak .
$cits a 60omi3.t


451
341
SIO
.705-
3.097
173
69
3
3.74


12,00. "0


230.000
180,000
20,000
30.000
30,000
5,000
4,000
165,000
15,000

4100
120


103,730,000
61 :38o,0o0
G 200,00oo
21 ; 50,ooo
$2,910,000
865,000
275, 0 o
480,oo.0
.5.510. 000
- 342.5)uu00
6,40!0,000
1,440,000

350,30 0:000


-I ~ -~-`---~-~ -----


Ir


I-, ---- ,








POSTFACE. ^S

UN DERNIER MOT DE L'AUTEUR. t

Je' devrais, en commencant, publier la pr6cieuse
dpdeche ins6rde dans cette page. Je u'y avais pas son-
ge. Elle est m* rcomnpense, et come telle, sa pace
4tait au frontispice d.e Fouvrage:
Port-ou-Prince, 6-Octobre 1884.
No 206.
LE SECGRTAIBE D'ETAT DE L'AGRICULTURE,
Au shnateur F. D. Legitime
SMonsieur le sAnateur et cher concitoyen;
Par decision din Pr&sident d'FHaiti et en souvenir
de tout ce que vous avez fait pour leI Dipartcment de-
I'Agriculture, j'ai le plaisir de vous remttirae 1me des
m4dailles obtiues par le*Gouvernemeat a l'Expo,-i-
tion d'Amnterdam.
Veuillez agrter, Monsieur le asratpur et chcr
concitoyen, I'assurance de ma haute consideration.
( Signed ) B. ST. VICTOR.

A ma satisfaction personnelle cela suffit, et je
remercie publiquerneut le-President de la Ltpublique
de sa delicate et patrloliquli intention.
Maintenait par cet ouvrageje frTme ddfin:tive.
ment ]e course de rnms ctodes ,coumqtinqes sur H.iti.
Je me rdeerve tolt fois d'ten ruunir ies diver.,.s p b i.
cations, afin d'eui faire plus tard, en un seo volume,
Iyne addition' sinon plus complete, du moius mieux soi-








- 88-


Le' lecteur eonscicncieux, qui appr4ciora la sin.
4e4ritd de mon language, excusera d'ores et dpja l'imper-
ifection des premieres editions. II n'etst pas facile. quand
op-Cest dans Iaction et qu'on vtt en HIAOi, de donner
uhie ciselure artistique, une forme plus acad6mique A
Je productions de ce genre. s

Pour arriver A ddmontrer d'ane minre saisis-
it4of les vdrIlts d'ordre matri.l, on a principalement
A i'occuper de chiffres et non ade phrases.
S'efforcer alors d'etre clair dans ce qu'on vent
-dooucerest la chose nicessaire.



< L'art de parler et debien 6crire, a dit M. e
eormte deCavour, exige dans certain orgaues, ine fi-
nesse, uue. souplesse, qu'An ne contract qn'aut:nt
4qu'on les a exerces da s lajeuuesse. li en avait lai-
in6me senti la difficialtd.

Je me cro-rais tout A fait dansq on, s si
j'eublia's que, pour Ire corirctc, uLe oeuvre Ihttiraire
ne s'accouche pas enun jour.
Dieu n'a-t-il pas ordonre'd la bate do licher
,ou de soigner ses petits.

1 *

Je n',ai obtenu hecrn dps succes de I'homme:
d'Etat italicn et na pretends j:imais en avoir un seul.

Le theatre n'est d'ai;,eurs rai lo IdsMe, Pi lei
&vnements non plus. I! a eu, lui, a parier a des libon
Trne qOu, suivant Fa doctrine, voulaieut l'nito de 'Ita.










ie ; mui, je m'adresse solvent.& deb compatriotes drovi
beaucoup u'entenlenth pas I'unitA nideessire desesprit9 :
l'idd8 dea olidar.tS et d'assoiation los trouie'ln.iff -
reuts.
;^-
A l'harmonie social'. kA la diversitY des aptitui es,
ils prftrentt ia vatidei du slyle et I'harmouie de phir ,ir.
alors m6me que cellfs-ci exp' imet sealcemeit d,-s gpnd-
ralitis et ne tendent qu'a rojeunir d'aneieaues cvlornm
nies par I'emploi de tours tLouveaux.

L'art de bieta gcrire n'est pourtant pas Ind4pen-0
dant de celui de bien. peuser.



L'opuscule qu'aujonrd'hui je livre' au public u'est
pas fait pour !e docte eutendement do ceux-IA.

II n'est pas une attaque contre personnel; it est,
au contiraire, une dt'fnse entreprise-en faveur do tous.


Cependant, miagr6 son caraetbre
ndreux, it rencontrera probblement
teurs,. d ces envieux qui essaterout
le senq, d'eu attnduer la poree. ..
osd I'derire.


pacifique et g&
de ces d.trac--
d'eu dmnaturer
parce que j'i


J'geris paree qlte je suls eitoy.'u hiatien,. '
sinateur;

p, J'Teris parce qe,- J dater da 1879,- i'ai
I ntract6 envers mon pays une dette: j'ai ma part .d
rSinsabiii4 politique et administrative;








_;<- --90 --
..J
J'ecrisenfin paree quefai devarit mi l'avanir
et 1 histore.- -

Qu'on dsie mainfenant si j'ai mal fit d'crire,
etmon anlmblioi est vulgaire.
'

Senateur, je le suis aujiord'hui par le libre
Suffrage des dlecteurs et de l;i Chambre dt 1884.-

A cette position d'evoe, je rexgrde la rn4publ'qtj
en face et je pose a qu'c:uilque le dal de di e quf du-
rant une carribre de plus de tre,,te a'zs fouroie an s-r-
vice de mon pays. j'ai reco'lrai.h ia f-veur, aux sllidc-
tationa, ou mime a I'intrigue pour r. mpriir 1,s diverse
functions que j'ai occupies d ins Et;.t. ( 1)

(!) No 338.- rPnT-Au-pRi-CE, le19- Novembre '1858, an
55e. de 1'Indepeirdance, et 'le 10r. du rigne de SIla I.
Le Due de St.-Louis du Sud,
Minis!re des Finances et du Commerce.
A Monsieur DENYs LEGITIIJE, d eva au bureau de
Ia Douane d e port.
Je vons prTvien';, Monsienr. quef par d4cisionude
*Sa Mhjestd 1'EmperPIu, vons tIes nom)mi6 employed de
dcuxi~me classes au bureau de la Douane.de ce port.
Je vous sale affectueusement.
SALOMON jeune.
No 603.- GONAiVES. le 23 Septemibre 1865, an 62e. de
l'Indpendance.
FABRE GEFFRARD,
President d'Halio.. -. '








S- -91 -
I :.
Done, je De puis 6tre, en aucun- temps, un
obstacle A la paix pullque. Conwervateiir et pr ioges'~P,
je i is de ceux qui veilent .a Rng'OLUTlON E 6 in,:i'.iiQ'
IJAITIENNE, I e'Slde qu'uu mnorceau de nime:l j u, e
coinsitiie p-is :la foritue: la fort: et c'est le Travail. _A1 )

Au mar&chal des logis-chef D. LEGITIME, des chase
seurs a ch'eval de ma garde,
Satisfait de votre conduite et voulank
r6compenser vos service.- militaires, je vous Bleve au~
grade de Sous-Lieutenant
a prendre rang ce jour

Ddsormais etc.
GEFFRA F)
Par le President :

Le Secrdtair? d'Etat,
de la guerre,
PHILIPPEAU.
Enregistri h la Secrdtairerie
I'Etat de la guerre,le 23
'ptembre au No 603 ;,
Le chef de division,

MAXIMILIEN LAFOREST.


(" ) Histoire contemporaine de la France,




Full Text





ERRATA.


Au lieu de-:
PA-,: -0 ligne28- expdditio,
24 20- d
9 28- tonnaux
27 7- valp.?u
S 1 8-- Frappd
31 38- s'ensuirait-i!
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39 20- notammen
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58 4- hjj.rTuUes
'- 21 d.i pistJIch
,' CO -14- ac-de'ssous
33.- il
4 '" 5- r*rs Roy
73 5 pespctiue -
u 74 No!e c 5- aucuvn,
75 d'adord
78 6-- 30 navires
2- millions
79 IG- aux carcans
80 7- aucun


lisez: expedition
S la.
tonneaux.
A vapeum.
F'aprPs.
s'ensuivrail-
extPn,,iion.
a no tam m nP i..
arrive.









f '1r 'e l'o .
ils.

perspectlive.
aliutns.
S d'abord.
20 navires.
<" millions
au carcan.,
I" ucun,

























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Due R-turned


te Due

Due Returned
















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