Le Département des finances & du commerce d'Haïti, 1892-1894

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Material Information

Title:
Le Département des finances & du commerce d'Haïti, 1892-1894 rapports au Président de la République et au Conseil des secrétaires d'État
Physical Description:
236 p. : tables. ; 21 cm.
Language:
French
Creator:
Haiti -- Département des finances
Marcelin, Frédéric, 1848-1917
Haiti -- Département du commerce
Publisher:
Kugelman
Place of Publication:
Paris
Publication Date:

Subjects

Subjects / Keywords:
Finance, Public -- Haiti   ( lcsh )
Commerce -- Haiti   ( lcsh )
Genre:
federal government publication   ( marcgt )
non-fiction   ( marcgt )

Notes

Statement of Responsibility:
par Frédéric Marcelin le Sécretaire d'État au Département des finances et du commerce.

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
oclc - 23093517
ocm23093517
System ID:
AA00008911:00001


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Full Text

















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UNIVERSITY
OF FLORIDA
LIBRARIES






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LE DEPARTMENT


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FINANCES & DU COMMERCE D'HAITI


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FiREIDI RIC MARCELIN


H^a?-^pb;c) LE


DEPARTMENT


FFIANCES &DU EOMI1E D'lITI
(1892-1894)


RAPPORTS
au President de la R6publique et au Conseil des Seor6taires d'Etat




PARIS
SOCIETY ANONYME DE L'IMPRIMERIE KUGELMANN
12, rue de la Grange-Bateliere, 12
1895

























a























II est natural, quand on a tented au pouvoir,
en d6pit des avertissements de 1'cxpdrienc
routiniere, l'execution de projects qui nont pas
rdussi par une suite d'enchainements don't
on n'est nullement responsible, car pour une
large part ils relIvent du milieu et des circons-
tances, qu'on a soulev6 autour do soi, non
seulement 1'animositW des detenteurs de situa-
tions menacees, mais encore la passion de la
clientele a leur sold, il est natural que le pre-
mier devoir de 1'homme public, la retraite







6 LE DelPARTEMENT DES FINANCES

sonndo, esl de prendre le pays pour juge et
de lui soumettre les pieces du d6bat.
C'est cc que j'entreprends de faire. Je sais
convaincu que le lecteur de bonne foi pourra
- non sans doute partager toutes mes iddes,
je no le demand pas mais me rendre ce
temoignage, devant la some de travail,
d'cfforts conscienciousement tenths. que le
pouvoir n'a jamais dtd dans mes mains une
sindcure, que si je me suis trompd, mon
erreur a dtd loyal, et que le seul sentiment
qui ait jamais fait battle mon coeur, durant
ces deux anndes, a 6td l'amour de ma Patrie!
Dans une s6rie de publications, je passcrai
en revue toute notre administration : Douanes,
Banque national d'Haiti, Banque de Port-au-
Prince, Chambres 16gislatives, Comptabilit6
publique, etc., etc. Un dernier volume sera
consacrd a l'historique de ces deux anndes et
cinq mois do minister. 11 renfermera mes
appreciations personnelles et sera, en quelque
sorte, la psychologie de cette pdriode.
La prdsente parties continent des rapports
adressds au Prdsident de la R6publique et







ET DU COMMERCE D'HAITI


quelques-uns de ceux que j'ai faits au Conseil
des secretaires d'Etat.
Je suis heureux de trouver ici une nouvelle
occasion de redire mon ddvouement et mon
amitie pour le chef de 1'Ftat qui m'avait ap-
peld a ses c6tes. J'ai la conviction de l'avoir
second du mieux que j'ai pu, au travers de
difficulties sans nombre, dans son ceuvre de
pacification des esprits, oeuvre qui, d'un gouver-
nement accuse au debut de localitisme, a fait un
gouvernement fort, durable, d'une assiette
solide h Port-au-Prince et dans le pays. Ce
-sera sa gloire d'avoir fait taire toutes les divi-
sions de parties, d'avoir rassurd les families et
les intderts g6ndraux de la society, en convain-
cant chacun que, sous son administration,
aucune 6ventualit6 quelconque ne ramnnerait
jamais sur la scene politique l'incendie, le
pillage et le meurtre.
Je reste done persuade que le general
Hyppolite arrivera paisiblement i la fin de
son mandate. Je le souhaite, en tout cas, pour
sa propre renomnee et pour Haiti. Demain,
dans le recul de l'Histoire, les erreurs, les







8 LE DEPARTMENT DES FINANCES

fautes inevitable. la faiblesse humaine dispa-
raitront ou s'attdnueront : ce gloricux travail
d'une transmission pacifique du pouvoir se
dressera et suffira pour faire vivre avec hon-
neur le nom du chef qui l'aura accompli.
C'est ainsi que de prime abord les cimes
dos hautes montagnes captivent seules le
regard et kcrasent tout cc qui git a leurs
pieds.
Mais le profit en sera surtout pour Haiti. La.
est le salut pour elle. L'Histoire des gouverne-
ments issues des revolutions est toujours une
calamity pour la morale publique et pour nos
finances. ls sont fatalement vouds a perdre la
majeuro parties de leur temps en tftonne-
ments pour chercher leur voie, pour se creer
un personnel toujours detestable, sans computer
les mois gach6s a r6unir une Constituante qui
bdcle une constitution mediocre, pleine d'obs-
curites, de lacunes, de contradictions, et qui,
en some, n'est faite quc pour flatter les
instincts du g6ndral de la Rdvolution, 'l61u,
avant la lettre, de l'Assembl6e.
La transmission 1lgale 6vitera ces inutiles







ET DU COMMERCE D'HAITI


complications. Le gouvernement nouveau trou-
vera la machine gouvernementale installed, en
plein fonctionnement. Certes, il y apportera
de nombreuses modifications. Mais le moteur.
existed, il fonctionne, ii march. Et quelle
garantie, quelle sdcuritd desormais pour le
fonctionnaire en place! Jusqu'ici, les rdvolu-
tions triomphantes renvoyaient, sans delai,
chacun chez soi, presque sans exception. II est
a presumer qu'il n'en sera plus ainsi et que le
chef, ldgalement nomm6, voudra peser le
mdrite et so donner le temps de la rdflexion.
Je no puis pas dire quo cc soit sans illusion
que j'ai acccptd d'etre ministry. Oh! j'en
avais..... Je me souviens, h cc propos, d'un
mot dui gdndral Hyppolite lors d'une visit
qu'il me fit longtemps avant mon arrive aux
affairs. Une pluie torrentielle 6tant survenue,
la visit se prolonged. et, selon le p6che mi-
gnon de l'Haitien, on causa politique. Je sou-
tins avec chaleur que I'on pouvait tout tenter
pour le bien public et que le pouvoir qui
l'oserait serait vigoureusement appuyI dans
toutes ses rdformes par le people. Le general








10 LE DI~AHRTEMENT DES FINANCES

sourit en m'6coutant et repliqua, non sans
quelque tristesse : Un jour vous verrez sans doute
si cela est si facile. Tout le temps qu'on n'a pas
exerce le pouvoir, on ne se fait aucune idee de ses
difficulties dans note milieu si peu stable et sous
l'apprlhension d'un bouleversement toujours probable.
Pourtant, malgremon experience recent,
je persiste h croire que-le bien ne peut Atre
realise, en Haiti, que par le pouvoir, que nos
habitudessociales, notre 6tat d'Ame a fait chez
nous v6ritablement la seule puissance effective.
Une vue d'ensemble, une direction unique, une
persdv6rance nettement marque, visible dans
les moindres actions, seront toujours les con-
ditions essentielles de cette transformation.
Sp6cialement pour les finances, je pense
qu'aucune rdforme n'est possible qu'au ddbut
d'un gouvernement. Ce n'est pas seulement
parce qu'il est indispensable d'avoir quelques
annees devant soi; il est necessaire surtout de
modeler les homes et les choses sur le des-
sein qu'on s'est form d'une administration
financibre sdvissant inflexiblement contre les
abus sans s'arr6tcr devant aucune considdra-







ET DU COMMERCE D'HA'TI 1

tion politique. Le seul moment propice a cette
besogne est au commencement du regime.
Aprbs il est trop tard, car le pli est pris.
Du reste, ce n'est pas une reforme partielle
qu'il faudrait: une refonte gdndrale s'impose.
Mais si le nombre est grand de ceux qui en
parent, il est bion petit de ceux qui y songent
sdrieusement. Car ceux qui exploitent cette
situation sous toutes les forms possibles et
imaginables, ceux a qui l'Etat sert de grosses
rentes, soit pour des locations ou achats abusifs
de maisons, soit pour des subventions aux
entreprises dites d'intt6rt general, soit poui4
des fournitures ou travaux qu'ils n'executent
pas, soit enfin pour aucnn motif ce nest
pas souvent un mauvais titre pour obtenir une
rente sur 'Etat ceux-lh sont legion. Et
c'est cette 16gion qui hurle avec le plus d'en-
semble et la plus grande emphase a la corrup-
tion et a la rdforme. Hypocrisie et cynisme
Depuis de nombreuses anndes, les finances
haitiennes sont la proie des maux suivants:
Les d6penses augmentent sans cesse;
Le montant des d6penses reellement effec-







1I LE DEPARTMENT DE8 FINANCES


tu6es au bout de l'annde d6passe toujours le
chiffre fixd pr6alablerment comme ddfinitif et
infranchissable par la loi de finances. C'est le
systeme national des paiements sur repus a rdgu-
lariser. Une des beautds du syst6me consist i
avoir des douzi6mes tres faibles, au-dessous
mime des credits budgetaires. (a c'est pour le
bon public et la Chambre des Comptes. Mais le
systeme permet d'effectuer des sorties de
fonds illimiteessur simples recus qui attendant
indefiniment leur r6gularisation;
Les recettes sont infdrieures aux d6penses
votees dans une proportion qui est un v6ri-
table d6sordre;
Enfin, les Chambres 16gislatives, par une
fausse conception de leurs devoirs les plus
61mentaires, acclament toute augmentation,
rejettent syst6matiquement toute reduction,
detruiscnt l'dquilibre si p6niblement trouv6
par le ministry et a l'heure de ]'addition lui
disent tranquillement: Ddbrouille-oi !
J'ai constamment luttd, on le constatera
dans le course de cet ouvrage, contre ces fu-
nestes procddes. Et aucuie march r6guliere







ET DU COMMERCE D'HAITI


de nos finances ne sera possible que lorsqu'ils
seront compl6tement vaincus. Car ce sont eux
qui annihilent les plans les plus sagement
congus, rendent inexecutables les meilleures
conceptions et obligent finalemcnt le minisire
a recourir aux errements, aux expedients
condamn6s pour faire aller le service. II n'y a
peut--tre pas une measure critiquable de notre
administration financiere et je le dis pour
moi aussi bien que pour mes preddcesseurs -
qui n'ait eu, en principle, N'obligation do faire
face a une depense mal avised ou excessive
crdec pourle service des autres d6partements.
Cette s6rie de ddpenses qu'il faut satisfaire,
noil seulement rend toute amelioration radi-
calement vaine, mais elle fait peser sur le
ministry des finances une responsabilit6 qui
n'est plus de la bonne justice distributive. En
definitive, ses colleagues out le plaisir de dd-
penser l'argent qu'il ne trouve, lui, qu'au prix
de sacrifices ondreux et impopulaires.
Aussi, ma preoccupation fut, durant mon
passage au ministare, d'essayer de diminuer le
taux de l'intiret sur place et d'arriver a nous








4,1


ouvrir le march des capitaux en Europe.
J'appelai par tous les moyens en mon pouvoir
attention des capitalists a l'dtranger sur le
credit d'Haiti. C'est ainsi que les obligations
de notre Dette extecieure, qui dlaient h 160 fr.
quand j'arrivai aux affaires, avaient atteint le
taux de 250 fr. quand je les quittai ct furent
admises a la cote officielle de la Bourse de
Paris. Noire credit so capitalisait done au taux
de 6 0 0 i l'6tranger et nous payions 15 et
18 0/'0 sur place! De nombreuses proposi-
tions d'emprunt furent faites, h cette occasion,
au gouvernement, propositions permnttant une
conversion avantageuse de notre Dette flot-
tante. Dans mes diff6rents rapports aux
Chambres, j'appelai plusieurs fois leur at-
tention sur ces efforts pour preparer les esprits
a une evolution indispensable dans nos
finances. Toutefois, je dois ajouter que, pour
I'avenir du pays, ce qu'il faut prdalablement
a touted operation de ce genre, c'est la rdduc-
tion des ddpcnses ct leur fixation au chiffre
rdel des recettes.
J'ai luttd pour essayer d'arriver ai ce rdsultat


"










et je puis me rendre cc t6moignage qu'aucune
consideration ne m'y a faith d6vier. Quand jo
vins aux affaires. 1'Etat n'avait aucune res-
source disponible ni a l'importation, ni h
l'exportation. Je degageai 0.96 sur nos cafrs
et no voulus sous aucun pretexte les ren-
gager dans la suite. Le jour que le Corps 16gis-
latif voulut me contraindre a les prendre pour
dquilibrer un budget qu'il avaitenfl6 en dehors
de ma participation, je d6clarai p6remptoire-
ment que je ne le ferais jamais e que les
depcnses votdcs ainsi ne seraient pas acquit-
tdes. II faut chercher 1h, dans cette resolution
indbranlable i ne pas engager nos dernieres
resources pour satisfaire des crdances qui no
me semblaient pas justifies, la source de cer-
taines animositds que je me suis attirdes. Je
dois aussi faire cet aveu : jusqu'au dernier
moment,j'ai cru, dans cette session de 1894-95,
qu'on ne s'entendrait pas ct que, pour le plus
grand bien de la nation, le soin d'adopter
finalemcnt un budget strait, comme en 1892,
laissi i l'Ex6cutif. Mais trop d'intir6ts dtaient
coalisds contre moi et agissaient dans un sens


Tr liU uioMililndEi DA'l~'iL'







16 LE DEPARTMENT DES FINANCES

oppose au mien. Le lecteur verra en parcou-
rant ce volume si toujours ma conduite dans
le Conseil n'a pas 6te d'accord avec celle que
j'ai tenue dans les Chambres quand je soute-
nais la ndcessitd des reductions.
J'aborde maintenant un sujet plus directe-
ment personnel.
Tout le monde salt que la calomnie est
l'arme des democraties et, on l'a ddjh remar-
qud, elle y remplit de nos jours le m6me office
que jadis le poignard et le poison dans les
Rdpubliques du moyen age. La democratic
haitienne, ou plutot ceux qui se disent ses
rcpr6sentants, ne se spare pas des autrcs
democraties sous ce rapport.
Au fond, le principal 616ment qui fait agir
les deux ou trois individus qui parent en son
nom est la jalousie et l'envie dans ce qu'elles
ont de plus bas et de plus m6prisable. La
politique n'dtant pour eux qu'une loterie, ils
n'injurient et ne temp6tent que parce qu'ils
croient qu'on a amend le gros lot.
Pour la majority du public, en Haiti, c'est
un dogme que le ministry des finances a la








ET DU COMMERCE. D'HATI .


pouvoir d'enrichir qui lui'plait et il va de
soi de s'enrichir lui-meme. Ce mot finances
produit un prestigieux effet sur les imagina-
tions. C'est le ministry distributeur des fa-
veurs, dispensateur supreme des dollars et des
gourdes. Toutes les convoitises, toutes les
esperances convergent done vers lui. Mais
aussi toutes les haines, si ces espirances et ces
convoitises sont trompees!
Au lieu de croire alors tout simplement que
c'est un homme qui veut faire son devoir, on
n'itnsite pas a penser que c'est un 6goiste qui
garde tout pour lui. Le malheureux a beau
rappeler que s'il faut, selon le dicton vulgaire,
pour faire un civet avoir un lievre ou l'6qui-
valent, de m6me pour voler il faut un complice
ou un associe, et faire remarquer que dans le
concert donni en son honneur il ne s'est pas
trouvd une seule voix pour attester m6me de
quelque ldgere faveur obtenue de lui... On ne
l'6coute pas; on ne veut pas l'dcouter. II a
tromp6 tout le monde, c'est-4-dire il n'a en-
richi personnel!
II se peut qu'h certaines 6poques, quand les







18 LE DfPARTEMENT DES FINANCES

appointments restaient dix et douze mois
impayes, qu'ils s'escomptaient a vil prix, que
les ordonnances 6taient dresses pour la forme,
il se peut que ce portrait d'un ministry des
finances faisant la pluie et le beau temps ait
eu quelque resemblance. Mais il n'en est plus
tout a fait ainsi et il en sera de m6me tant que
le service se fera rdguliirement. Le ministry
des finances n'est, en ce sens, qu'un comptable-
payeur. Du moment que les pieces sont en
Srgle, que l'argent est en caisse, il ne fait
qu'acquitterles comptes. I1 n'a pas d'initiative;
il n'a pas non plus de commander i donner.
II voit passer sous ses yeux, il sent, si vous le
voulez, le fumet du r6ti appetissant du voisin :
il ne peut que subir le supplice de Tantale, s'il
a quelque vocation pour cet emploi. La se borne
son r6le. Cela n'empAche qu'il ne soit le plus
harcel6 de tous les ministres, tout le monde
s'adressant a lui, se liguant contre lui. II ne
lui suffit pas de se d6fendre contre le public;
ses propres collgues I'accusent, I'accablent.
Et pour peu que le paiement d'uneordonnance
soit retard par insuffisance de recettes, on







ET flU COMMERCE D'14AITI 1

rejette toute la faute sur lui. Car il est do
bonne guerre d'oublier que les revenues de la
R6publique s'616vent 7,200,000 gourdes et que
le budget des depenses d6passe 9,000,000.
De l dans le public une irritation latente,
sourde, centre le galeux, cause de tout le mal.
La seule facon do s'en tirer serait de favoriser
quelques-uns au detriment de tous. On aurait
alors un petit group avec soi, surtout si on le
choisit avec habiletd, tried sur le volet, parmi
les forts en gueule d'estaminet et les intrigants
qui ont la pretention de constituer l'opinion pu-
blique.
Pour ma part, en arrivant au minister, je
nm'tais promise de ne faire que ce qui 6tait
strictementjuste. Je ne pense pas avoir divide
de cette ligne de conduite. Jusqu'au dernier
moment, je n'ai jamais voulu encourager l'es-
compte des cffets publics, en favorisant ceux
qui en faisaient metier et profit. Je ne sais si
on l'a oublid, maisje me rappelle avoir toujours
repoussd ceux qui sollicitaiont le pavement
d'ordonnances escomptdes dans Ie commerce.
Sur le point de me retire, dans les derniers







20 LE DIPAR'LREMENT DES FINANCES

jours de decembre, ayant en main plus de
800,000 gourdes pour acquitter par anticipa-
tion le mois di settlement le 10 f6vrier 1893,
je n'ai pas voulu qu'un centime ffit detournd
du service des appointments. II m'eit 6td
facile de donner, en payant quelques ordon-
nances, a des amis de la dernirre heure qui
avaiont cru en moi et defendu mies idWes avec
desintdressement, cette preuve de mon amitid.
Combien d'autres l'eussent faiL a ma place!
Je n'en eongus meme pas la pensde. Ni non
plus je no voulus signer aucune ddldgation de
paiement sur les mois a venir, malgr6 qu'il y
en eit don't le Conseil des secrdtaires di'tat
avait ordonnd Facquittement. J'estimais que
le devoir me commandait d'agir ainsi pony ne
pas entraver la libertL d'action du ddpartement
tdes Finances. En rFsumi, je n'ai fait de
favours f personne, pensant que je n'avais
pas a en faire. Quant i mes parents, je n'en ai
casd ni enrichi aucun, rompant de cette fagon
avec nos plus vieilles traditions...
Jusqu'au 30 septembre 1894, grAce a des
efforts persc v Arants et avec nos seules ressour-







ET DP CGOMMERP.F. D'HAlTI 2f

ces de trdsorerie, j'ai pu maintenir les offers
publics au pair ou avec un leger escompte de
5 h 6 0/0 pour ceux qui, ne voulant pas atten-
dre le paiement pr6alable des appointments,
vendaient 4 des tiers. Une scene journaliere
se rdp6tait trbs souvent a ce sujot : quolqu'un
s'adressait-il a moi ot me priait-il de lui per-
mettre d'acheter quelques ordonnances avec
promesse de paiement immddiat? Press,
harceld, j'avais Fair de consentir. Un instant
apres, Pindividu revenait me reprocher de lui
avoir fait faire une course inutile, attend
qu'on no pouvait trouver d'ordonpances a
escompter. De cc chef, j'ai dil, sans doute,
provoquer quelques colbres, quand on devait
plutit sc rdjouir de cotte situation.
Solon l'usage, une fois qu'on a cesse
d'etre ministry, quelques calomniateurs n'ont
pas manqud do dire que je m',tais enrichi
au ministbre. Jo no pouvais esp6rer faire
fldchir la rbgle commune en ma favour; jo suis
force pourtant de rappeler quo personne no
pout ignore que, longtemps avant d'etre aux
affairs, j'avais une aisance gagnde honorable-








22 LE DEPAhTEMENT DES FINANCES

ment dans le commerce. Ruind par les dvdne-
ments de 1883, je m'dtais, au rebours de ceux
qui desespre6rent, remis d&s le lendemain a la
besogne, et, grace au concours de deux amis
- Fun h New-York, I'autre Port-au-Prince,-
je ne tardai pas, quelque temps apr6s, a me
trouver a la tote d'une situation florissante.
Chaque annde je voyageais en France, et ma
famille y faisait de longs et frequents sejours.
Ce que je pratiquais pour moi, je le recom-
mandais a mes concitoyens : < Voyagez, ins-
truisez-vous, leur ai-je crid souvent. Notre
pays ne sera pas 6ternellement voud h la md-
diocrite de premier ordre, et vous ne le suppor-
terez plus en constatant par vous-m6mes les
bienfaits de la civilisation (1). )
11 n'y a done rien d'dtonnant si je suis
actuellement en France et si ces lignes sont
dates de Paris. Ce n'est pas la premiere fois
que cela m'arrive... Mais demain je serai en
Haiti, pret h prendre ma part de la vie natio-
nale, de ses dangers, de ses luttes, de ses


(1) Questions hanliennes, pages 23, 21 et 25.







ET DU COMMERCE D'HAiTI


espirances aussi... Pourquoi, au surplus, ce
que je faisais hier aurais-je peur de ie faire
aujourd'hui? Je sais que c'est dans l'habitude
de nos hommes d'Etat de capituler devant la
calomnie et le mensonge. Ces principles, quant
a moi, n'ontjamais dirige ma conduite. Je ne
suis plus ministry, je suis libre, maitre de mes
actions et, fort de ma conscience, je brave tous
nos Pharisiens.
Des journalists, en quete de malveillance,
ont pris une phrase d'un de mes ouvrages et
ont essay, durant et apres mon minister,
d'en faire une arme facile contre moi. Ils ont
dit que j'offrais en example ii mes concitoyens
le fonctionnaire qui preleve une petite dime sur
les revenues de l'ltat. Je rappelle que quand ce
mot fut 6crit, et naturellement pas dans le
sens qu'on lui prete, je n'dtais qu'un simple
publiciste pouvant donner a ma pensee tous
les d6veloppements qu'elle me semblait com-
porter. Sous le rapport des resultats acquis,
j'6tablissais dans l'ouvrage en question une
comparison entire le politique intelligent, mais
peu scrupuleux on qui passe pour tel, et l'ad-







24 LE D1APARTEMENT DES FINANCES

ministrateur qui, n'ayant pour soul argument
que sa reputation de vertu, laisse tout gicher
en attendant.
'avais en cc moment 4 l'esprit la derniere
periode de notre guerre civil ct la phrase s'ap-
pliquait exclusivement h quelques homes du
gouvernement de Port-au-Prince. Oui quo
nos puritains s'en formalisent s'ils voulent -
dans ces tourmentes, cclui qui va droit an but,
sans titonnoment, raccourcissant ainsi la
dur6e du cyclone au prix d'actes qu'il faut blh-
mer tout en on profitant, est predfrable a colui
quo curtains scrupules tourmentent ot arrc-
tent, 11 n'y a pas d'hdsitation possible dans le
choix t faire.
Je n'ai jamais proclamd, du rested, quo
c'6tait lh mon ideal; bien plut6tj'ai dcrit tout
le contraire. Je protest done l'application de
cc mot solon quo mos adversaires l'emploicnt.
Et puisqu'ils veulent absolnment que je sois
un homme tres habile, ils conviendront que
je n'aurais pas fait 18 prouvo do grande habi-
letd en d6voilant Ie fond de ma pensde...
Combien, au reste, me reprochont d'avoir







ET DU COMMERCE D'HAITI


exprim6cette thdoric don't. copendant, 'iddal lo
plus elev6 pour Haiti ne d6passe pas colui
d'un gouvernement qui centraliserait les fa-
vours au sommet et r6primerait avec la der-
niere rigueur routes les tentatives de second
degr6! Ils voient dans cette minority aristo-
cratique du djob pourvu qu'ils en soient -
Ic bonheur national...
On a dit onfin que je m'6tais cramponnu au
pouvoir. Rion de plus faux, rien do plus men-
songer. On verra plus tard, dans la partic
consacrd6 aux Chambros, par uno lettre
adrossdo au Prdsident do la IRpublique, queo,
d6s le 9 septembre 1893, je voulais me retire,
et on constatera que dans los premiers jours do
la session de 1894 j'y 6tais absolument rdsolu.
Malheureusement une indisposition subite du
chef de 1'tat m'empkcha do donner suite a
ma resolution. Je crus qu'il 6tait do niori
devoir envers Ic g6ndral Hyppolite de rester
jusqu'h ia cloture des travaux Idgislatifs. Mais
qui oserait soutenir que d(s cette 6poque jo
n'ai pas harceld le President pour avoir un
successeur? C'6tait 14 Ie sujet quotidiende mes







26 LE DEPARTMENT DES FINANCES

entretiens avec lui. Je lui faisais chaque jour
remarquer, tant en Conseil que priv6ment,
que l'interet de son gouvernement lui ordon-
nait un changement de ministbre.
J'estimais que le cabinet 6tait us6, fatigue,
tant par les luttes quotidiennes que par les
&v6nements auxquels il avait pris part et qu'il
ne pouvait plus lui rendre les services qu'il
6tait en droit d'en attendre. Jo sais qu'on a
insinud qu'en agissant ainsi, qu'en tenant ce
language publiquement, je jouais un double
jeu: queje poussais a la dislocation du cabinet,
avec l'espoir que le President en formerait un
autre don't je ferais parties. J'atteste que
cette pens6e ne m'est jamais venue. Au con-
traire, je soutenais dans les differents cercles
politiques que le Prdsident devait accepter la
admission de tout le monde et ne rappeler
personnel. ( Pas de replAtrage, disais-je. 11
faut des hommes absolument no veaux! )
Si je n'avais 6coutd que me int6erts pro-
pres et, certes, j'avais asset le sentiment
de la situation pour le compare dre j'eusse
provoque une crise ministeriel e des le debut








ET DU COMMERCE D'HAITI 27

de la session dc 1894. Mais l'affection pro-
fonde que j'ai toujours eue pour le gdenral
Hyppolite me retint. Je voulus qu'il fit, au
prealable, bien convaincu de cette n6cessitd. II
ne se passa done pas de jour que je ne l'en
entretinsse. Je me defendais devant les
Chambres; c'6tait mon devoir, c'etait le gou-
vernement que je d6fendais. Mais j'adjurais
le President d'accepter notre demission.
Le cabinet, lui disais-je, est un vieux para-
pluie auquel vous avez dejt fait pas mal de
pieces. II ne vous protege plus. L'eau le trans-
perce de toutes parts. II est temps de vous en
payer un tout neuf. ) Le general Hyppolite,
don't personnel ne saurait contester la parfaite
connaissance des choses de son pays, dcoutait
et ne se d6cida enfin qu'i l'heure qu'il s'etait
reservee.
Il est done absolument faux que je me sois
cramponn6 au pouvoir. Des les premiers jours,
j'en dtais absolument ddgoute et j'avais ddjh
plusieurs fois manifesto cc degodt : ( Ah! Prd-
sident, lui disais-je parfois, quel cadeau
m'avez-vous fait li! Si je ne savais vos senti-







28 LE DftPAHRTNMENT DES FINANCES


ments, je croirais vraiment quo vous ne m'avez
pas traitL en ami! )
Ce qui a pu faire penser le contraire a mes
adversaires, c'est la vigueur que j'ai mise a
me defendre devant les Chambres.
t1s out pris pour I'amour du pouvoir ce qui
n'dtait chez moi quo le sentiment du devoir,
lequel, dans quelque cause, dans quelque si-
tuation oh je me trouve, m'ordonne de d6-
fendre le post confi6.,..
Parmi mes calomniateurs, I'un s'est parti-
culierement distingud par la furio et 1'6pilepsio
do ses attaques : je veux parler du man-
dataire do Gros-Morne totalement in-
connu, il y a peine quelques ann6es, non
seuloment du pays, mais encore do lui-mme.
Ddputd par une grace d'6tat tellement sur-
prenantc, a son propre jugement, qu'il n'osa
jamais affroiiter la face de ses dlocteurs, il
cssaya vainement 6 la Chambre de se signaler
a I'attention publique par une sdrie d'inter-
pellations grotesques. Gesticulateur de pre-
miere grandeur, la bouche ouvorte la tribune
en 0 majuscule, 1'61oquence consist pour lui







ET DU COMMERCE D'HAITI


en ce goste do michoire et en trepidations frd-
n@tiques ofi, au licn d'arguments, il montrait
le blane de 'oeil. Sur toutes questions, il de-
mandait la parole. Finances, guerre, marine,
instruction publique, il embrassait tout, pero-
rait sur tout, invoquant cent fois a la minute,
pour la plus grandejoie de la galeric, Assyriens,
Babyloniens, Perses et MOdes h propos de la
plus mince affaire.
Petit de taille, long d'appittit, ce rtformateur
qui ne parlait tant que pour donner le change
et masquer ses troudes dans le bois de nos fl-
nances, est le plus gros budgdtivore de la Rd-
publique : sous prdtexte d'1cule profession-
nelle, il nous soutire bon an mal ai plus de
vingt mille piastres.
II avait former un grand dessein qui n'a pas
about il voulait faire d'un des sins un ni-
nistre. 11 aurait alors fond deux ou trois
autres 6colcs professionnelles et capti toutes
les fournitures du ddpartement au noin do
l'avancement de ses concitoyens. Car c'est le
sigue distinctif do tous ces riforrmateurs
qu'ils ont besoin eux-mbmes d'etre reforms







80 LE DIPAItTEMIENT I,)1S FINANCES


incontinent. On n'a qu'a leur enlever le faux
badigeon de lib6ralisme et d'independance don't
ils s'affublent pourles trouver associes a bien
des tripotages. Heureusement que cesYautrins
de notre politique ne font plus illusion qu'a
quelques -rares badauds.
L'v6iiement fit avorter la combinaison. De
1a, contre les hoinmes en place, la fureur de
cet ami du people, de cc tribune en carton
- de 1'espece don't furent confectionndes cer-
taines semelles de souliers fournies nagubre h
nos soldats. De la sa colbre, d'autant plus legi-
time, a son idde, qu'il n'a pas su garder la petite
pelotte gagnde au jeu des revolutions. Les roves
auxquels il lui est d6fendu maintenant de prd-
tendre, il me les prete : ces gens-lh ont toujours
aimd a parer les autres de leurs vertus.
Les princesses du trottoir parisien troublent
son sommicil et dmacient sa face; les flonflous
des tripots borgnes hantent ses nuits et lui
soufflent au rCveil les poussives m6taphores
grace auxquelles ii pense forcer notre confiance
et attraper commands et subventions.
N'importe, il prOte tout cela h son adver-








ET DU COMMERCE D'HAiTI


saire, ne se souvenant plus que bien longtemps
avant que les dchos burlesques de la Chambre
eussent cle6bre la gloire de M. Etienne Mathon,
cet adversaire voyageait chaque ann6e a Paris.
11 n'y venait pas pour les duchesses interlopes;
il y venait parce que Paris est le cerveau du
monde. et il conviait ses concitoyens a se
retremper et a s'dlargir dans le commerce de
ce cerveau. Ce n'est pas de sa faute, en vWrite,
si le depute de Gros-Morne, suivant mal ce
conseil, a cru de bonne foi que I'dloquence
s'enseignait dans les parades de foire et que
les mauvais lieux rdsumaient touted la vie de la
grande cite... Mais je laisse Lindor essayer de
se refaire en pingant de plus en plus desespd-
rdment la guitar de l'amour du people.

Je ne veux pas finir
sans rendre un public hommage au concours
empress, ddsintdress6, que j'ai trouv6,
durant mon ministbre, dans le personnel
exceptionnellement intelligent et devoue du
ddpartement des finances et du commerce.
On ne saurait rencontrer' une lite plus







32 LE DfPARTEMENT DES FINANCES

remarquable, plus foncierement honn6te,
tranchant davantage sur la foule des queman-
deurs pour qui le bon ministry des.. finances
doit rdaliser la fable de Jupiter arrosant
Dana6 d'une pluie d'or. Citer des noms est
impossible; il faudrait trop citer.
Toutefois, qu'il me soit permis de nommer
deux hommes, don't la valeur intellectuelle, le
patriotism 6clair6 m'ont procure, dans un
commerce queje me rappelle avec plaisir, l'oc-
casion de reconnaitre et d'apprkcier le m6rite.
L'un est M. Dantes-Dujour, chef de division au
department du commerce. L'autre est
M. Alexandre Lilavois, chef de la comptabilit6
au department des finances. Je veux croire
pour mon pays que ces deux hommes ne tar-
deront pas, dans un avenir prochain, a arriver
aux affaires, si la rectitude du caractere, la
conscience des maux don't nous souffrons, la
science du remade h appliquer sont des titres
suffisants pour obtenir cet honneur.
F.M.


Paris, le ie' juillet 1895.











SITUATION FINANCIERE DE LA REPUBLIQUE






Port-au-Prince, le 26 aolt 1892,
An 89, de 1'Inddpendanco.


Le Secrdtaire d'Etat au Ddpartement des
Finances et du Commerce d Son Excel-
lence le Prdsidenl d'Hatti.


PRESIDENT,
Vous m'avez fait 1'insigne honneur de me confier
le portefeuille des Finances : je dois justifier votre
choix par le d6vouement le plus absolu, le travail le
plus opiniAtre et mettre au service de votre gouver-
nement tout ce que je puis avoir d'6nergie et de
force.
C'est engagement solennel que je prends vis-i-
vis de Vous.
It m'a fallu quelques jours pour me rendre compete
de la situation financiere de la Republique. Cette
situation, je ne la d6peins pas A Votre Excellence,








3' LE I)tPAIITEMENT I)Es FINANCES


je lui soumets des chiffres : ils parleront d'eux-
mimes.
Pour le premier semestre de.l'exercice en course,
les droits constat6s ont produit :
A l'lmportation. G. 2.082.015 40
Al'Exportation..... 2.291.071 65 G. 4.373.087 10
N'ayant pas encore recu de
toutes les administrations des fi-
nances leurs etats de droits locaux
pour le deuxieme semestre de cet
exercise, le d6partement se trouve
dans l'impossibilit6 d'6tablir les
chiffres de la recette partir d'a-
vril 1892. N6anmoins, pour avoir
des donn6es sinon reelles, au
moins approximatives, sur nos
recettes du deuxibme semestre en
question, nous avons di prendre
pour base les chiffres du deuxieme
semestre de 1'exercice 1890-1891,
tout en tenant compete de la diff6-
rence qui resultera, selon toutes
probabilities, de la superiority des
revenues de cette periode de l'exer-
cice dernier sur ceux des deux tri-

A reporter........... G. 4.373.087 10








ET DU COMMERU:E D'HAITI 85


Report........... .G. 4.373.087 10
mestres de 1'exeroice en course, un
cinquieme environ, soit-:
Importation..... G. 2.211.051 36
Exportation ....... 1.084.198 94
G. 3.2,5.250 30
Un cinquieme en
moins.......... G. 659.050 06
2.636.200 21
A ce chiffre, si nous ajontons le
produit des imp6ts divers don't le
montant pour toute l'annie peut
6tre 6valuee, selon nos provisions,
A environ ....................... G. 150'. 000
On obtiendra............ G. 7.159.287 34

Ddpenses. Les charges de
1'Etat pour l'exercice 1891-92 com-
prennent:
10 Credits budg6-
taires ouverts aux
departements minis-
teriels.......... G. 5.829.147 29
20 Credits supple-
mentaires votes par
A reporter. .: G. 5.829.147 29 7.159:287 34








86 LI. DAPAR'iEMEXT DES FINANCE


Report ....... G.5.829.147 29
le Corps 16gislatif, le
29 novembre 1891.. 206.105
30 Compete de li-
quidation (credit spe-
cial au d6partement
de l'Inslruction pu-
blique voir bud-
get de 1891-92)..... 9.201 79
4O Service de la
dettepublique...... 1.954.316 67
5o Service de la
Banque............ 174.850 36
60 CrBdit suppl&-
mentaire aux d6par-
tements des rela-
tions ext6rieures, de
la guerre et de l'int-
rieur (arrWte du le'
mars 1892, de Son
Excellence le Pr6si-
dent de la R6publi-
que d'Haiti)........ 432.849 17
7o Chambre des
deput6s, pour deux


7.159.287 34


A reporter, ... 8,69.473 28 7.159.287 34









ET DU COMMERCE DIHAYTI


Report....... G. 8.669.470 28
mois d'indemni-
ts ...... G. 57.000
8 Pour '&-
change des
billets de
caisse dt&-
riores, 3,000
par mois.... 36.000
93.000


7.159.287 34


D6penses g6nerales... G. 8.699.470 28
Deficit probable...... 1.540.182 94

Pour les deux derniers mois de 1'exercice, aott et
septembre, les recettes probables A l'importation
s'leWvent a environ .............. 542.827 62
Imp6ts divers...... 12.500 D
G. 555.327 62


D'aprBs le relev6 suivant des al-
locationj budg.taires, les d6pen-
ses des memes mois atteindront :

Relations extdrieures
Credit bud-
g6taire.... 3.368 84
A reporter. 8.868 84


555.327 62








38 LE DIfPAUTEMENT DES FINANCES


Report.. G. 3.368 84 555.327 62
Credit sup-
pl6mentaire 2.962 48
6.331 32 6.331 32
Finances et Commerce
Credit budg6taire.... 124.554 74
Guerre
CrBditbud-
g6taire... 178.227 67
Creditsup-
pl6mentre 33.826 29
212.053 96 212.053 96
343.940 02
Marine
Credit budg6taire..... 30.291 50
G. 373.231 52
Intdrieur
Creditbud-
g6taireP. 301.581 10
Credit sup-
plementre 172 86 201.753 96
Travaux publics
Creditbudgetaire.. P. 192.441 08
Agriculture
Cr6ditbudg6taire ..... 54.956 6
Instruction publique
Credit budg6taire..... 168.032 70
A reporter .,.. G. 990,415 62 555.327 62









1T DU COMMERCE D'HAITI


Report....... G. 990.415 62.
Justice
Credit budgktaire.... 83.587 67

Cultes
Credit budg6taire.... 28.031 32
Difference.. P.
A ce chiffre s'ijouteront :
1 Le solde d6biteur de la Ban-
que an 11 de ce mois, qui ne devra
pas changer au 30 septembre, puis-
que la Banque, se remboursant de
ses avances au fur et A measure des
rentrbes, fait d'aut'es avances A
l'Etat, soit .................... P.
20 Les ordonnances en depot au
MinistBre des finances :
Relations cxtbrieures. 12.594 40
Finances et Cpmmerce 1.329 11
Guerre et Marine..... 14.393 55
Interieur............ 49.881 06
Travaux publics..... 120.990 06
Agriculture......... 10.230 0)
Instruction publique. 9.451 83
Justice .............. 4. 193 71.

A reporter....... 223.063 72 P.


555.327 62


1.102.034 61
546.706 99


738.203 51


1.284.909 50








40 LE DEPARTMENT DES FINANCES


Report ......... 223.063 72 P.
Cultes.............. 6.337 50
229.401 22
30 Les contre-bons actuellement
en circulation................
4o Une parties des sommes qui
seront dues au Syndicat financier;
il y a lieu, selon les probabilit6s,
d'6valuer ,ette crbance au 30 sep-
tembre A la some de P. 500,000,
et d6ja figurent P. 350,000 au bud-
get du prochain exercise, soit.....
5 Les bons A echeance, faveur
Bobo............. P. 10.000 ,
Miot Scott et GC, deux
terms .......... ..... 12.546 66
22.546 66


1.284.909 50


229.401 22

22.470 70








150.000


22.546 66


De ce chifire................. P. 1.709.329 08
doivent 6tre d6falqu6es les valeurs
suivantes, payees sur requs A r6gu-
lariser sur les allocations du pro-
chain exercise :
Relations exterieuresP. 20.000
Guerre............... 84.375
A reporter ....P. 104.875 P. 1.709.829 08








ET DU COMMERCE D'HAITI


Report ......... 104.375 P. 1.709.329 08
Interieur............. 64.811 14

169.186 14 169.186 14

Le deficit A combler le 30 sep-
tembre sera done d'environ..... P. 1.540.142 94

I1 n'y a pas lieu de penser que les recettes du pro-
chain exercise permettent de regler ce decouvert,
puisque le budget des recettes de I'exercice 1892-93,
pr6sentd par mon predecesseur, compare A celui des
depenses, laisse un deficit de P. 572,711, soit:

Budget des voies et moyens.... P. 8.032.397 a
des d6penses........... 8.605.113

D6ficit.......... P. 572.716

Mais au lieu de P. 8.032.397, les recettes, selon
mes provisions, atteindront a peine P. 7.200.000

de lI un deficit nouveau de....... 1.405.113


auquel il faudra ajouter :
1 Affaire a Haitian Republic )
en voie de r6glement, A peu pres..
2" CrBance Riviere et C ........

A reporter. .............P.


120.000
330.000

1.875.113








42 LE DIIPAlATEMrENT DES FINANCIKS


Report ..................... P. 1.875.113 )
3o Miot, Scott et Co (Wharf de
Port-au-Prince) .................. 62.733 30

En additionnant les........... P. 1.937.846 30
au deficit de l'exercice 1891-1892.. 1.540.142 94
on aura, au 30 septembre 1893, un
deficit de ...................... P. 3.477.989 24
plus les garanties d'interuts sur les contracts en
course, notamment les chemins de fer, les restitu-
tions des droits de wharfage sur les contracts du
wharf du Petit-GoAve et de celui de Jacmel, etc.;
les pensions a liquider conform6ment a la loi: les
inouveaux credits qui seront probablement deman-
ils pour faire face A ces d6penses urgentes et enfin
toutes autres d6penses augmentant encore les
charges de l'Etat.
Pour ce qui est des droits fixes d'exportation, je
vous ferai remarquer qu'ils no peuvent en ce mo-
ment etre disposes puisqu'ils sont affectEs a la liqui-
dation de 1'emprunt du 27 janvier 1892, ainsi qu'il
doit en 6tre rendu compete aux terms de la loi.
Telle est ]a situation, President. Elle n'est pas
brillante, il ne faut pas se le dissimuler. Une foi
robuste, un labeur incessant, une activity sans cesse
en 6veil ne suffisent pas pour la changer. Le pr6-
cieux concours des conseils de Votre Excellence, et










ET DU COMMLERE 1DH. iTL 43


la certitude qu'elle m'encouragera de toute sa sym-
pathie dans oeuvree que je vais entreprendre, sont
les puissants auxiliaires sur lesquels je m'appuie.
Dans le poste de combat of il vous a plu de me
placer et oh, en toute loyaut6, je vous promets de
faire tout mon devoir, qui, autre que Votre Excel-
lence, peut soutenir mon courage et reliever mes
d6faillances ?
Je rest de Votre Excellence le tres humble et
tres d6vou6 serviteur.
F. MARGELIN,








44 LE DEPARTMENT DES FINANCES


DEPARTMENT DU COMMERCE





Port-au-Prince, le 23 novembre 1892,
An 90. de l'Independance.


Le Secrdtaire d'Etat au Ddpartement des
Finances et du Commerce 4 Son Excel-
lence le Prdsident d'Haiti.

PRESIDENT,

J'ai l'honneur de soumettre A Votre Excellence
mon rapport sur le d6partement du commerce que
vous avez bien voulu confier A mon patriotism.
La triste situation faite au commerce par l'une
des plus formidable crises qu'il ait eu A traverser
a reduit notablement nos importations.
La prudence et 1'6tat du march prescrivaient
d'attendre l'6coulement des stocks existants avant
de faire de nouvelles commands. N6anmoins, les
affaires semblent vouloir reprendre, et si le mouve-
ment commercial n'est pas ce qu'il a 6t6 dans lea








EW DU IOM.fiERCE D'HAITI


ann6es prosperes, it n'en est pas moins vrai qu'il est
plus important qu'il n'a etW l'aunee passe A pareille
6poque.
La demonstration de ce fait A l'aide de chiffres efit
6te plus suggestive et plus convaincante; mais
comme nous 6prouvons forcement du retard dans
la reception des droits locaux, je me reserve de
mettre sous les yeux de Votre Excellence, dans un
autre rapport, les tableaux de nos importations pour
ces deux annees, pendant les deux derniers mois de
l'exercice prime et le premier de celui en course.
Devant 1'etat precaire du commerce, qui devait
influer sensiblement sur nos resources, mon pre-
mier devoir, en pregnant les renes de ce d6partement,
a 6tW de faire appel aux lumieres et i la fermet6 des
administrateurs des finances et des directeurs de
,douane, pour les inviter A tenir la main A 1'ex6cution
des lois douanieres.
La tAche consistail a obtenir non seulement la
plus enjtiere, mais aussi la plus prompte perception
des redevances du fise, sans trop paraitre presstlrer
le commerce dBej assez 6prouve. Pour nous appro-
prier, en effet, les principaux engines de civilisation,
I'int6grit dans la perception de nos droits de douane
ne suffit pas; ii faut encore que cette perception
soit faite dans un delai tel que nous ne soyons. pas
obliges, forces meme, pour satisfaire aux depenses








46 LE DEPARTMENT DES FINANCES


urgentes, de recourir aux emprunts payables avec
ces memes droits de douane : ces expedients nous
imposent de trop grands sacrifices.
Si mes efforts dans ce sens n'ont pas Wt6 cou-
ronnes d'un complete succes, il n'en est pas moins
vrai que les ameliorations obtenues sont fort sen-
sibles.
La vigilance de nos douaniers et des autres fonc-
tionnaires proposes au contrl6e des operations
douanibres a prevenu ou r6prim6 la fraude, et gi'Ace
A l'application de la loi du 29 septembre 1891, les
n6gociants n'attendent plus, comme nagubre, qu'il
se soit Bcould des mois avant de verifier les mar-
chandises et d'en acquitter les droits. Au contraire,
is se hAtent pour ne pas encourir les p6nalit6s de
cette loi.
Aussi nos douanes se vident-elles au fur et A
measure qu'elles s'emplissent, et. les colis ne quittent
plus ces 6tablissements si les droits n'en sont stric-
tement pays au prealable. Mais si l'ltat se montre
severe quand il s'agit des imp6ts, l'quit6, par contre,
veut qu'il donne au commerce certaines satisfactions
qui ne sont que trop 16gitimes.
La question de locaux qui servent d'abri aux
marchandises et garantissent les droils du fise est
de celies qui doivent arreter tout particulierement
Attention du gouvernement. Certaines douanes de








ET I)U GOMMERCEI D'HAYTI


la Republique sont dans un Blat de vltuste tel
qu'elles ne laissent pas de donner des apprehensions
pour les marchandises qui y sont depos6es. Au fur
et A measure qu'elles me sont signalees, je m'em-
presse de pr&venir mon college des travaux publics,
qui a fait bon accueil A mes renseignements.
L'empressement que le commerce met A s'acquit-
ter vis-A-vis du fisc dictait l'emploi de certaines
measures qui tendent A le faciliter dans ses opera-
tions. De 1l la pens6e de faire ouvrir la douane de
Port-au-Prince de huit heures et demie A midi le
main et de deux a cinq heures l'apres-midi, de facon
qu'il y ait deux verifications par jour. Cette measure
6tait d'autant plus urgente et bienfaisante que nous
6tions A la veille de la r6colte, 6poque oh les affaires
acquierent une cerlaine animation. Dans le mime
esprit, j'ai d6fini les attributions des inspecteurs et
des sous-inspecteurs qui, avant, ne se croyaient
point obliges do supplier les contruleurs absents :
ce qui amenait des temps d'arret regrettables dans
le service. Je me suis, en outre, 6vertu6 A rt'soudre
avec promptitude les contestations survenues entire
l'Ftat et les commercants. Ces contestations nais.-
sent toujouis de i'ambiguilB ou du silence de notre
tarif. Ce code douanier n'a pas Wte malheureusement
revise en son heure et mis en harmonies avec les
besoins du commerce et lea progr6s de l'induatrie.








48 LE biPARTEMENTi bEE FI6AUICES


De 1a les lacunes que chacun y signal et que la
commission de revision s'attachera a combler.
L'importation de la k6rosine, frappee d'un droit
prohibitif, a donn6 lieu a une contrebande effr6-
n6e. J'ai df prendre des measures qui n'ont que
mediocrement mod6er l'ardeur de ceux qui se livrent
a ce commerce interlope. Aussi le seul moyen, le
vrai critdrium pour faire cesser cette contrebande,
c'est de d6grever ce combustible.
Les colis a ordre aussi ont une tendance a
faciliter la fraud. Renvoy6s en g6enral a 1'exporta-
tion, la negligence, et parfois la complaisance de
certain employes, out pu permettre que ces colis
fussent enlev6s de la douane en ne payant que des
droits derisoires.
J'ai pu enrayer le mal en faisant appliquer A ces
colis la loi du 29 septembre et en les soumettant a
des verifications sp6ciales. Par surcrolt, j'ai d6elgu6
A la douane d'ici M. l'inspecteur g6enral X..., avec
mission de les verifier, ainsi que ceux a l'exportalion.
Aux yeux de ceux qui pensent, Pr6sident, que le
colis a ordre est le produit d'une tolerance d6ej
ancienne de administration, ces measures peuvent
paraitre faibles ou -tre considerees comme de sim-
ples expedients. Mais il ost certain que ces sorts
de colis sont consacres par la loi inme, de sorte
que nous ne pouvons pas les proscrire sans modifier








ET DLt COMMIRE b'HAITf


notre droit public. Le Code de commerce, en effet,
en permettant que le connaissement soit A ordre,
permet, par voie de consequence, que le colis le soit
aussi. C'est pourquoi l'Administration ne peut que
se borner A eutourer ce colis d'une tell serie de
formalities qu'il devienne impossible de l'enlever
frauduleusement, et que m6me ]'exp6diteur soit
contraint d'y renoncer, A moins qu'il ne cede A de
puissantes raisons tires de la necessit6 de connaltre
le degr6 de solvabilit6 de celui avec qui il veut
entrer en relations d'affaires.
La fraude n'est pas d'ailleurs plus speciale a ce
colis qu'A celui A personnel denommde, et dans I'un
et l'autre cas la fermet6, la vigilance, et par-dessus
tout la probity des douaniers sont des barrieres
aussi, et peut-etre plus puissantes que les prescrip-
tions l6gales.
Profitant de la recolte, j'ai d6l6gu6 dans divers
arrondissements financiers les membres du bureau
d'inspection et du contr6le. Ils y resteront tant que
les besoins du service le commanderont.
Le bon effet de cette measure se manifesto princi-
palement dans ce fait qu'ils ont pu hater le recou-
vrement de sommes consid6rables dues sur le
dernier exercise, et je ne manque pas de leur pres-
crire de poursuivre avec instance l'amortissement
de toutes les creances de l'ltat










50 LE DI PARTEMENT DES 'INANCE.4

A mon avenement au ministAre, j'ai et6 frappb de
voir que I'impot des timbres mobiles ou proportion-
nels donnait un rendement presque nul, malgr6 le
d6veloppement incontestable de nos operations
commercials.
J'ai adress6 une circulaire aux agents de change,
qui doivent tenir la main A l'execution de la loi sur
ces timbres. Ils m'ont r6pondu que, malgr6 tous
leurs efforts, ils n'ont pas pu faire executer la volonte
du 16gislateur. C'est qu'en effet le mode d'apr6s
lequel se font les ventes de traites, de lettres de
change ou la n6gociation des effects commerciaux
susceptibles d'etre timbres, ne leur permet guere de
s'assurer si cette loi est executee. En la soumettant
aux debats de la SociWt6 de Legislation, j'aurai soin
d'appeler tout particulierement son attention sur
les lacunes qui la remplissent.
C'est sur ces considerations que je fermerai ce
rapport, en priant Votre Excellence d'agr6er lhom-
mage de mon respect et mon devouement.


F. MARCELIN.








ET DU COMIMERGE D'HAITI 51


DEPARTMENT DES FINANCES




Port-au-Prince, le 23 novembre 1891,
An 89' de I'Inddpendance.

Le Secrdtaire d'Etat au ddpartement des
Finances et du Commenrce c Son Excel-
lence le Prdsident d'la'iti.


PRESIDENT,

Par les efforts constants que je ne cesse de faire
pour assurer une march r6guliere A 1'Administra-
tion financiere de la R6publique, le service du d6-
partement des finances don't Votre Excellence a
bien voulu me confier la direction ne tardera pas,
je l'espere, A s'effectuer de maniere A donner toute
satisfaction au Gouvernement.
La situation s'ameliorera grace au bienveillant
concourse de Votre Excellence et A l'appui qu'elle
veut bien me pr6ter dans le post of je lui ai promise
de remplir consciencieusement mon devoir.
L'arriBr6 de l'exercice 1891-1892 est en parties








'2 LE DAPARTENMENT DIAS FINANCES


Bteint et des measures sont prises pour en parfaire
le r6glement.
Dans le but d'6tablir au 31 d6cembre prochain,
d'une maniere claire etpr6cise,les comptes de liqui-
dation de cet exercise, j'ai adre.s6 cesjours derniers
une circulaire aux administrateurs des finances de
la Republique pour les inviter A me faire tenir les
documents suivants:
1 L'Etat des valeurs A recouvrer pour compete de
1'exercice budg6taire qui vient d'expirer.
20 Celui des ordonnances 6mises par leurs admi-
nistrations et non encore acquittees.
Quand ces 6tats me seront envoys, je pourrai
dresser les competes de liquidation et j'aurai I'hon-
neur de les placer sous les yeux de Votre Excel-
lence.
Je suis dispose, conform6ment aux prescriptions
de l'article 58 du r6glement pour le service de la Tr6-
sorerie, A former 1'exercice d6finitivement au 31 dd-
cembre prochain. A cette date, les valeurs revenant
au fisc auront et6 versees A la caisse publique et
employees au paiement des ordonnances de d6pense
dues jusqu'au 30 septembre dernier.
A part les recettes des douanes qui forment les
principles resources de l'Etat, il en est d'autres
qui, recouvrees int6gralement, pourraient servir a
acquitter dans une bonne proportion bien des d6-








ET DU COMMERCE D'HAITI


penses budg6taires. Je parole desdroits d'entegistre-
ment, de ferriage et du produit des greffes.
Ces diverses categories de revenues ne sontperQues
qu'imparfaitement et les valeUrs encaissees de ce
chef restent quelquefois en possession des agents
percepteurs.
Les meilleures dispositions sont prises et elles ont
pour objectif d'empkcher le retour de pareilles irr&-
gularites.
L'ex6cution pleine et entire des Reglements et
Lois actuellement envigueur 6tant labase essentielle
de toute administration rdguliere, je n'ai point
manque d'y attirer, toutes les fois que je l'ai era n6-
cessaire, attention la plus soutenue des fonction-
naires de mon d6partement sur ce point capital.
C'est par ce moyen et aide des pr6cienx conseils
de Votre Excellence que je parviendrai a assurer
1'ordre dans les diff6rentes branches du service
administratif 6t A obtenir dans le rendement des
resources publiques des r6sultats pouvant per-
mettre peut-6tre d'atteindre les provisions budg6-
taires qui, on ne doit point l'oublier, sont gran-
dement majorees.
Cette question fait l'objet de ma plus vive pr6oc-
cupation. Sije ne prenais des measures Bnergiques
pour enrayer les abus regrettables qui existent dans
bien des administrations, ii se pr6senterait, a la fin








59 LE DEPARTMENT DES FINANCES

de l'ann6e budgetaire, des deficits consid6rables A
couvrir par des emprunts, lesquels emprunts, dimi-
nuaut dans une notable proportion les prochaines
recettes, augmenteraient encore les charges de
l'Etat.
It y aurait lieu de s'attendre sous .peu a une
situation financiere des plus pr6caires. Pour parer
anos d6penses,il faut absolument une strict per-
ception des droits de douane. Mon devoir m'ordonne
done de ne pas faiblir devant ceux qui seraient tents
de d6pouiller l'Etat. Nos administrations publiques
sont assez bien payees pour 6tre rigides.
Permettez-moi, President, d'6tablir la situation
du Gouvernement aveo la Banque depuis le com-
mencement de cet exercise :
Pour le mois d'octobre, les recettes recouvr6es A
importation ont atteint la some de g 133.664 15
Versement du Syndicat ........... 150.000 B
283.664 15


Du 1er au 17 novembre, recettes effec-
tues Al'importation. S 145.555 49
Yersement du syndicate 150.000

D6penses du mois
d'octobre...... 8 171.849 02
D6penses du ler
au 16 novembre 331.339 60 ...
Balance au credit du Gouvernement.


295.555 49
8 579.219 64



483.188 62
g 96.031 01








ET DU COMMERCE D'HATTI


Recettes en or A 1'exportation.Octobre
er au 15 novembre
Ensemble g 164.777 79 pour les ser-
vices suivants .................
Service de la Dette int6rieure.......
Somme affect6e au remboursement
de lemprunt du 6 mars 1890.....
Augmentation. Emprunt du 22
juillet 1891 ................. .
0 50 cents des droits fixes..........
0 33 1/8 Dette Ext6rieure.......
0 26 2/3 Conversion de billets deg 5
0 30 cents Miot Scott, J. Dejardin,
Th. Luders et Brickenridge......
Commissions sur recettes en or.....
Recettes affectdes au remboursement
de l'Emprunt du 27 janvier 1892..
Recettes disponibles .............


96.638 32
68.139 47


g 164,777 79
13.763 27

13.763 27

32,090 25
17.763 27
9.175 50
7.340 42

8,258 01
2.471 67

63.915 64
236 49


Le solde de femprunt du 6 mars 1890 est de
g 29.676 56, et les valeurs encaissees pour son rem-
.boursement. permettront sous peu une r6partition
entire les ayants droit.
DWj,, il a 6t6 verse dans le course de cet exercise
la sommede g516 59 sur l'emprunt du 22 juillet
1891, il rest A verser pour le liquider d6finitive-
ment celle de 8193.119 90.








56 LE DIPARTEMENT DES FINANCES


Une repartiticn de $ 39.925 50 faite au syndicate
financier a la date du 31 octobre dernier, r6duit le
montant de sa creance a g 700.378 12.
Au 15 courant, le compete des 33 1/3 a 1'exporta-
tion, destine aupaiement de la Dette exterieure ne
s'l6evait qu'A g 25.569 23 or, et celui des 0.50 cents
destiny au service de la Dette IntBrieure atteignait a
cette meme date 8 8.805 14 or.
Pour arriver A racheter les diff6rents emprunts
contracts sur place A des conditions tout A fait one-
reuses pour 1'Etat, j'ai dil inviter l'agent financier
du gouvernement a Paris A s'entendre avec des
hanquiers et capitalistes d'Europe aux fins d'6tablir
un syndicate charge de mettre a la disposition du
gouvernement les sommes necessaires au service
public, A un taux raisonnable.
Deja il a commence des d6marches dans ce sens,
et prochainement il me fera connaltre le r6sultat
des negociations entreprises. Je ne manquerai point,
des qu'il m'aura adress6 des communications A ce
sujet, d'en entretenir Votre Excellence.
En terminant, je crois devoir vous faire remar-
quer qu'il n'existe en d6p6t dans mes bureau
qu'une seule ordonnance appartenant A l'exercice
courant d6partement de l'interieur laquelle
s'6l6ve A sl some de 8 85.000, ce qui implique que










ET DU COMMERCE D'HAITI 57


toutes les depenses du mois d'octobre ont Wte en
grande parties payees.
Daignez agrrer, Pr6sident, 1'hommage respec-
tueux de mon d6vouement le plus absolu.


F. MARCELIN.









58 LE DI 'AlATEMENT DES FINANCES


ORDONNANCES DRESSES EN OR




Port-au-Prince, 20 d6cembre 1892.

A Son Excellence le Prdsident d'Haiti en son
Conseil des secrdtaires d'Etat.


PRuiSIDENT,

La mise en pratique, depuis trois mois, du bud-
get de 1'exercice 1892-1893 m'a inspire quelques
reflexions que je crois devoir vous soumettre : elles
ont trait-aux ordonnances de d6penses dresseespour
fournitures payables en or americain.
Dans un pays comme le n6tre, of ii n'existe point
d'6talon d'or, oi les provisions au budget des
recettes pour cette monnaie ont des affectations
speciales et les absorbent routes, of toutes les allo-
cations don't dispose le gouvernement figurent au
budget des d6penses en monnaie national, n'est-ce
pas un vrai danger de voir les d6partements minis-
teriels s'engager, avec des tiers, pour l'acquisition
de fournitures payables en or americain?








ET DU COMMERCE D'HAITI


A part le traitement de nos agents a 1'exterieur,
leurs frais de police, le salaire des strangers engages
par contract, et quelques commands d'un genre spe-
cial directement faites par l'Etat, toutes les d6penses
generalement quelconques devraient 6tre, il me
semble, acquittees en monnaie national. Quelqu'un
se pr6sente, sollicite une furniture, une subvention,
un travail a ex6cuter en or, d6clare-t-il. Ne peut-
on, A ce moment, l'obliger A convenir d'une prime
6quitablementbas6e surlamoyenne de Pann6e? Cette
prime ajoutee au capital constituerait le chiffre
total de la cr6ance centre 1'Etat, mais en gourdes
nationals.
Qu'importe si quelques transactions de ce genre
tournament parfois A notre detriment? Le r6sultat
gAneral nous dedommagerait amplement et la r6prps-
sion de l'agio deviendrait plus facile.
En effet, vous n'ignorez pas, PrAsident, que
depuis le mois d'octobre jusqu'A cejour, 6poque de
l'ann6e administrative oi d'ordinaire les departe-
ments minist6riels se procurent les fournitures
n6cessaires A la bonne march du service public, les
ordonnances de depenses dressees en or americain
ont puissamment contribu6 a alimenter les fluctua-
tions du change. Chacun salt, en consultant le dou.
zibme, quels seront les besoins de 1'Etat et ohacun
sp6cule 1A dessus.








60 LE DIPAHTEMENT DES FINANCES


Voici le chiffre des valeurs en or americain
exigees par le service public rien que pour le pre-
mier trimestre de l'exercice 1892-1893 :
Octobre 1892................Or. $ 175.712 23
Novembre .................. 127.203 45
D6cembre .................... 155.168 82

458.084 50
Sans computer 100.000 piastres en or pour les tra-
vaux hydrauliques des Gonaives et du Cap ordon-
nancees A 1'exercice prim6, mais payees durant ce
mois.
11 est ind6niable que ces appeals mensnels et A
p6riodes d6terminees exercent une notable influence
et dans un sens que nous devons d6courager, sur le
march de 1'or.
Tous les budgets de depenses que j'ai consults de
1870 a ca jour s'accordent A prevoir les paiements,
sauf les cas ofi il y a des affectations speciales, en
monnaie national, qu'il s'agisse de services rendus,
de r6muneration de salaires ou de fournitures quel-
conques. Pourquoi ne pas rester dans la verit6 bud-
getaire ? Tout comme en sollicitant une command
on stipule son benefice et on fait entrer en ligne de
compete les alas qui peuvent survenir, de meme, en
determinant la prime, on y ferait entrer un certain
cart pour parer aux 6ventualit6s. Ne nous proc.










IT DU CUMMEhCE b'IHAiTI


cupons pas trop du fournisseur; il ne sera jamais
du mauvais c6tB. Et quel auxiliaire precieux ne
sera-t-il pas a l'Etat pour emp6cher les hausses
exag6ries ? II a a recevoir en paper: comptez qu'il
fera la propaganda de la baisse. Il y est trop int6ress6
pour qu'il en soit autrement.
Je ne sais, President, ce que mes colleagues pense-
ront de ce procede. Mais puisque, selon decision du
Conseil en date du 17 novembre de cette ann6e,
chaque d6partement est responsible de la prime
payee sur ses ordonnances en or, je np vois pas
d'objection seriesue toute ordonnancer en gourdes.
Bien au contraire, je vois l'Itat rentrant dans la
verite de son r6le et cherchant par tous les moyens
en son pouvoir a reliever le prestige et la valeur de
son papier-monnaie.
Que Votre Excellence daigne recevoir la nouvelle
assurance de mon d6vouement.


F. MARCELIN.








P2 LE DiPARTEMENT DES FINANCES


SITUATION FINANCIERE

DE LA REPUBLIQUE




Port-au-Prince, le 26 d6cembre 1892.
An 89- de l'Ind6pendance.

Le Secrdtaire d'Etat au Ddpartement des
finances et du Commerce & Son Excet-
lence le Prdsident d'Haiti.


PRESIDENT,

II faut se r6p6ter et so rep6ter malheureusement:
la situation financibre de la R6publique devra et de
longtemps fare l'objet de notre plus vive preoccu-
pation.
Au moment oi des d6penses nouvelles et urgentes
s'imposent imperieusement pour le bien-6tre general
et la march en avant du pays, les recettes publi-
ques diminuent sensiblement.
Parmi les causes multiples de cette diminution,
on a parfois invoqu6 que la Republique se ressentait








ET DU COMMERCE D'HAITI


des crises commercials qui s6vissent souvent a
l'6tranger.
Ces crises, a mon avis, pas plus dans le pass que
dans un avenirtres lointain, ne sauraient nous attein-
dre: elles sent plutOt favo rables au commerce haitien.
La concurrence sur les marches europ6ens s'6tablit
naturellement par la fabrication des objets divers
de l'industrie en quantity considerable. Ce sont les
pays comme le notre qui, ne manufacturant pas, en
profitent ou en beneficient.
II est bien evident qu'une evolution 6conomique
s'est accomplie dans la repartition g6ndrale de nos
importations. La province s'est 6mancipee et Port-
au-Prince n'est plus l'entrep6t g6n6ral de la RBpu-
blique. Toutes nos villes ouvertes au commerce
stranger important directement et tendent 61largir
le rayon de leur influence commercial. D'od la n6-
cessite imperieuse de les surveiller plus etroitement
et de les pourvoir de tout ce qui est indispensable a
un rigoureux contr6le.
Port-au-Prince seul, sous ce rapport, est assez
bien dot6; cet outillage ne nous servira peut-6tre
pas aussi efficacement, les importations de la capi-
tale, touts proportion gard6e d'ailleurs, logiquement
devant diminuer.
En attendant, le bataillon serr6 du personnel de
la douane de Port-au-Prince, don't le chiffre depasse








64 LE D-EPARTEMENT DES FINANCES


89 employes, estun obstacle 4 la bonne march du
service. Beaucoup ne se presentent que du 5 au 10
de chaque mois, pour emarger. Et, de l'avis de 1'ad-
ministrateur et du directeur, il est preferable qu'il
en soit ainsi, ce trop plein d'employ6s paralysant
l'expedition des affaires.
En th6se g6nerale, je crois que 1'on pent soutenir
avantageusement que l'ecoulement des articles im-
port6s en Haiti n'a nullement diminue : cet Bcoule-
ment est meme facility par le paiement r6gulier des
services publics.
.Les principles denrees d'Haiti, le cafe, le cam-
peche, le cacao sont en bonne posture sur les marches
strangers, ou leurs prix se maintiennent. Aussi sont-
elles recherchees par 1'exportation. En attendant
que, par un control efficace, il puisse Otre indique
la quantity exacte de denrdes produites en Haiti afin
de determiner celle r6ellement expedite A 1'6tranger
et la quantity livr6e A la consommation, le rende-
ment a 1'exportation, variant peu sensiblement
d'apres la statistique des annies budgetaires 88-89,
89-90 et 90-91, pourrait certainement augmenter. II
ne demeure pas moins constant que 1'habitant, le
cultivateur, retire de ses travaux, chaque ann6e,
une some d'argent qu'il change ensuite contre les
prcduits imports. Cette some d'argent ne saurait
6tre prkcis6e, mais elle doit d6passer, en r6alit6, le








ET DU COMMERCE D'HAITI 65


chiffre qui pourrait 6tre 6tabli, en ajoutant au prix
des articles exports (caf6 et cacao) le montant
approximatif de ceux consommes dans la Republi-
que.
II y a done lieu de chercher ailleurs la plaie qui
ronge les recettes de l'Etat. Et personnel n'h6sitera A
dire que pour une large part elle side dans l'inexd-
cution de nos lois. Mais ici une question se pose :
Pourquoi nos lois sont-elles inexecut6es? Faut-il
toujours accuser le mauvais vouloir, la negligence,
la mauvaise foi des fonctionnaires? HBlas! oui, il
faut accuser tout cela, et Votre Excellence sait
par experience les luttes incessantes, journalibres
qu'il faut livrer pour obliger l'accomplissement du
devoir. Est-ce tout pourtant? Et n'y a t-il pas une
autre responsabilit6 en jeu ? It est av6er que les
seules resources de l'Etatse trouvent dans l'exploi-
tation de nos douanes. C'est de 1l, de cette exploita-
tion que le people des fonctionnaires vit. C'est grace
au rendement des douanes que la machine gouver-
nementale fonctionne. Pas un centime n'est d6pens6
en Haiti qui n'ait et6 tire de cette ceinture de bati-
ments, lesquels sous la denomination de douanes
environment notrelle etla prothgent centre la fraud.
Or, s'il an est ainsi, quel est le devoir de l'Etat,
mais son devoir le plus strict? Rendre facile, effi-
cace, le contr6le du douanier, mettre dans sa main








66 LE D]iPARTEMENT DES FINANCES


tons les 6elments materiels necessaires a l'execution
des lois. Ge devoir, l'Etat l'a-t-il toujours comprise?
II n'y a pas, il ne saurait y avoir de bonne percep-
tion de droits, tel qu'est congu notre tarif fiscal,
sans locaux appropries A cet eflet. Eh bien I d'un
bout a l'autre de la RHpublique, les locaux sont in-
siffisants ou existent a peine. C'est pourquoi plus
d'une fois, dans certaines douanes de la R6publique,
des marchandises soot remises sur le dBp6t de
droits approximatifs avant meme la confection du
mariifeste. Le proc6d6 prate A des fraudes et les
int6rrts de 1'Etat ne peuvent .tre sauvegard6s.
D'autres fois, une cargaison de marchandises
saches est d6barqu6e au moment of une averse
s'annonce, la douane dblivre les marchandises et se
content le plus souvent de la declaration qui lui
est presentbe ensuite. Peut-on rendre conscien-
cieusement l'Ytablissement responsible de cette in-
fraction A la loi A-t-on un endroit assez spacieux
pour abritei les colis d6barqu6s? Si la douane agis-
sait autrement, le commerce se plaindrait des d6te-
riorations survenues aux marchandises, et ce serait
assur6ment son droit, Dans ce cas, la loi si habile-
ment congue de septembre 1891 sur la verification
et la remise des colis ne peut Atre sx6cutbe dans
teutes ses dispositions. Cette loi et toutes celles
relatives aux douanes. appliquees convenablement,;








ET DU COMMERCEE DIHAITI 67


doivent pourtant produire les meilleurs resultats.
Et on peut affirmer, sans exag6ration aucune, que
les recettes gen6rales d'une annie moyenne peuvent
atteindre ais6ment g 8,000,000, si elles 6taient int6-
gralement percues.
Pour arriver A ce resultat desirable, il faut assu-
rement computer que les citoyens qui se trouvent A
la tete de nos administrations et de nos douanes
soient des hommes de devoir, et que ce titre seul a
designs A ces hautes functions. Votre Excellence a
eu souvent la main heureuse, et les principles d'ordre
et de r6gularit6 pratiqu6s lar elle ont eu parfois des
imitateurs. Mais, je me rdp6te, pour obvier A ces
irregularit6s et enlever au vice toute excuse, il faut
que des halles spacieuses soient construites dans les
differents ports de la R6pub:ique pour le dep6t des
colis. Ce point essential, sur lequel j'attire la haute
attention de Votre Excellence, a pour effet d'assurer
A l'Etat, par les measures que je suis dispose A pren-
dre, la strict et pronapte perception des droits de
douane. Je ne saurais done trop insisted aupres de
Votre Excellence pour qu'elle m'autorise A en entre-
tenir mon coll6gue des travaux publics, afin que des
halles pour le service des douanes puissent 8tre
erigees dans un dblai de six mole, partout od le
besoin s'en fait sentir. Je ne pense pas que le Conseil
des secr6taires d'Etat puisse h6siter non plus A







68 LE DIPARTEMENT DES FINANCES


m'appuyer quand, devant les Chambres, je soutien-
drai que rien n'est plus immediat que la n6cessit6
de ces constructions. Sans critique aucunement les
liberales dispositions du Corps 16gislatifenvers les
6glises et presbyteres, les encouragements a I'agri-
culture, les sommes d6pens6es pour des services
dignes assurement de l'attention du 16gislateur, je
crois pouvoir demander qu'on assure tuut d'abord
l'exacte perception des droits de douane qui, seule,
peut permettre la liquidation de ces depenses, parfois
retardees par rapport A l'insuffisance de nos ressour-
ces. Etant donn6 que, A la lettre, nous n'avons
aucun autre revenue que le rendement de nos
douanes, n'est-il pas obligatoire d'entourer ce ser-
vice de toutes les garanties d6sirables? Cette propo-
sition est 6vidente par elle-meme et n'a pas besoin
d'etre d6montree.
L'id6al auquel je vise, President, serait d'ar-
river A couvrir les allocations budgetaires par les
seules resources du budget des voies et moyens,
A liquider ou A rembourser les emprunts contracts
A des conditions tout A fait on6reuses pour 1'itat,
et, enfin, a. tablir une caisse d'6pargne pour le
surplus des recettes.
Le gouvernement ne saurait toujours avoir recours
A la banque et au commerce pour des avances de
fonds. En realite, il peut par ]ui-meme suffire A








ET btJ COMMERCE D'HAJTt


ses charges, telles qu'elles sont inscrites dans le
budget.
.Une paix solide et durable, je l'espere, est ktablie
d6sormais grAce a la vigilance et A l'6nergie de Votre
Excellence. Vos ministres sont les gardens et les
comptables de cette paix vis-a-vis du pays. Ils ne
doivent pas laisser faiblir entire leurs mains les
diff6rents rouages de la machine gouvernementale
qu'ils dirigent..Pour ma part, je comprends qu'il
m'incombe de faire chaque jour de nouveaux efforts
afin de presenter A Votre Excellence une situation
financiere pouvant lui permettre d'executer son
programme de progres et d'avancement social. La
tache est lourde, mais grande aussi, peut 6tre, la
volont6 d'un citoyen qui n'est pas insensible a
l'aiguillon de l'amour-prppre, et. que stimule
..l'exemple de pers6vrant patriotism donn6 par
Votre Excellence I
L'inspection g6n6rale des finances et des douanes
est une excellent creation, sous la condition
expresse, pourtant, qu'on ne fausse pas l'id6e-mere
qui l'a inspiree. Cette idWe consiste uniquement a
voir dans les inspecteurs gen6raux les message's
du ministry des finances, toujours en inspection
continue et soutenue. Its s'inspirent des instructions
et de l'esprit de administration central, et les
*portent.dans les provinces. Ils tiennent en 6vei.lels








70 LE DPARTEMENT DES FINANCES


administrations n6gligentes ou coupables, et sont le
plus str et le plus efficace moyen de control qu'on
puisse d6sirer. Pouvant tomrber a l'improviste sur
nos douanes, ils realisent l'idTal de toute bonne
administration : la contre-v6rifization sponlan6e des
operations en course sans avis praalable. II faut done
que les fonctionnaires appel6s A ce service aient des
qualit6s physiques et morales qui en assurent le
plein d6veloppement et donnent & la creation toute
sa valeur pratique. Des r6sultats ont 6t6 dejA
obtenus dans ce sens, et I'inspection generale des
finances et des douanes peut citer quelques noms
avec orgueil. Cela ne suffit pas, pourtant, et ii fant
voir dans n- avenir proebain tous nos inspecteurs
en voyage, stimulant par leur presence le zBle de
tous et d6concertant la fraude. Alors, dans cet
avenir prochain, ils ne seront plus immobilis6s du-
rant toute une recolte dans le meme arrondissement
financier. tvoluant plus rapidement, ils pourront
Utre alternativement transports d'una leeaitkW i
l'autre. Dans la p6riode made des affaires, :eurs
soins pourront ktre donn6s plus sp6cialement A la
eomptabilit6 de nos administrations que, sur les
lieux, ils verifieront et rectifieront.
L'agent financier du gouvernement A Paris, sur
l'ordre de mon d6partement, a du commencer le
travail de la v6rification des comptes de la SoeiB6t








ET DU COMMERCE D'HAtTI 71


de Credit industrial et commercial, charge dlu
service de l'Emprunt de 1875. J'espere recevoir pro-
chainement son rapport A ce sujet et je m'empres-
serai de le placer sous les yeux de Votre Excellence.
Dans sa d6peche au no 997, Votre Excellence.l
appel6 mon attention surles embarras financiers que
la cessation du versement des 150,000 gourdes da
syndicate financier, en janvier prochain, ne manque-
rait pas de nous causer. Elle m'a fait l'honneur
d'ajouter qu'elle approuvait entierement les d6mar-
ches que j'avais r6solu de tenter en Europe pour
essayer de trouver, A un taux moins 6leve que sur
place, les valeurs necessaires au service public.
Le r6sultat de ces demarches, entreprises par
l'intermediaire de notre agent financier A Paris, a
Wth port A la connaissance du conseil des sec.retaires
d'Etat, qui, sur ma proposition, les a rejetees. En
effet, elles 6taient inacceptables. Nous ne devons
pas, toutefois, nous dissimuler que nous aurons
bien des efforts A faire, bien des obstacles A sur-
monter, avant d'arriver A un r6sultat satisfaisant,
avant d'interesser les capitalistes serieux a notre
sort. Le principal obstacle reside dans le course de
nos obligations de 300 francs qui, rapportant 5 0/0
nominalement, se traitent au prix de 180 francs
II sera toujours bien difficile de fire comprendre
an public et aux Chambres que, pour une rente







72 LE DEPARTMENT DES FINANCES


5 francs, par example, 1'~tat n'aura A recevoir que
60 francs de capital. Quand done on extend chez
nous des personnages qui se pretendent verses dans
la science financiere on auxquels mme nous accor-
dons toute competence en ces matieres, nous parler
de l'abondance des capitaux en Europa, des taux de
2 1/2 0/0 A 4 0/0 l1'usage des grands Etats en
possession du credit public, nous ne devons pas
oublier que ces Etats s'appellent la France, 1'Angle-
terre, la Russie et que, malheureusement, nous ne
sommes encore qu'un pays merveilleusement riche,
il est vrai, mais peu connu, ou fAcheusement connu,
grAce au rbglement de I'emprunt Domingue.
Pourtant, j'ai l'espoir, avec beaucoup de pers6v6-
rance et beaucoup de patience, de reussir a ame-
liorer le credit de l'Etat. Des renseignements
particuliers que je possede m'inspirent cette 16gitime
confiance, mais ce ne peut Wtre que l'ceuvre du
temps et, en attendant, il faut que l'Etat vive, que
les services publics soient assures, il faut que le
fonctionnaire et le soldat soient pays.
Cette imperieuse necessit6 m'a oblige de deman-
der au Conseil l'autorisation de renouveler 1'em-
prunt du 27 janvier. Cette autorisation obtenue,
cela n'a pas march tout seul avec les syndicataires,
Vous save, President, qu'au 81 janvier 1893 le
sold df au syndicate sera d'environ 900,000 dollars.








ET DU COMMERCE D'HAITI 78


Si quelques-uns desiraient renouveler, la majority
n'6tait pas de cet avis. Elle objectait que le renou-
vellement portrait la balance due au 31 janvier
1894 a plus de 1,800,000, ce qui reculerait le regle-
ment definitif de la nouvelle affaire A pros de
quatre ans. Faire appel au public, solliciter de
nouveaux souscripteurs, c'6tait bien perilleax. En
effect, les nouveaux participants devraient d'abord
rembourser aux sortants le montant de chaque
part, soit 6,000 dollars en or. Dans ces conditions,
personnel ne se souciait de se presenter.
Votre intervention per.onnelle, President, a
change la face des chose. Vous avez des arguments
financiers irr6aistibles : ils se trouvent dans la
confiance inebranlable que vous inspirez au capital
et au commerce. Quand on a su que vous d6siriez
le renouvellement, toutes les hesitations sont
tomb6es et chac.un a gard6 sa position. Le ministry
des finances vous remercie de lui etre venu si
efficacement en aide.
Mais quelle sera la situation, fin janvier 1894,
quani le deuxibme contract sera expire? A quelques
gourdes pros, nous devrons le chiffre total de
2,000,000 de piastres or ambricain, car il ne faut
pas oublier l'interet de 1 1/2 0/0 a capitaliser
chaque mois sur le sold debiteur du 27 janvier
1893. Tout renouvellement sera alors impossible et








74 LE DePABTBMENT DES FINANCES


il faut songer' d6s ce moment ou A un mode de
liquidation qui d6gage les affectations ou A trouver
autrement et ailleurs les 150,000 dollars n6cessaires
au service public. Ify a la un travail d'ensemble A
tenter sur les recetles de l'Etat. II faut les amenager
de tell sorte qu'elles fassent face A tous les besoins
publics, a tous les engagements pris, tout en nous
laissant la libre disposition de quelquts resources.
C'est une oeuvre difficile, mais pas impossible. En
tout cas, j'y consacre tous mes soins.
Vous apprendrez avec plaisir, PrBsident, que
1'emprunt du 6 mars 1890 a et6 d6finitivement sold.
Les 50 cts or qui y Blaient affects, ainsi d6gages,
vont servir d6sormais A lamortissement de notre
nouveau papier-monnaie, nlais A partir seulement
du er janvier 1893, ainsi que le comporte la loi
vote par les Chambres. Je ferai done porter au
compete de la. reserve le produit de cette taxe pour
le mois de d6cembre. Ce sera environ une some de
50,000 A 55,000 dollars ajoutee A notre actif.
De meme qu'avec l'autorisation du Conseil j'ai
distrait du solde cr6diteur de l'emprunt du 30 sep-
tembre dernier les fonds n1cessaires au pavement
du coupon de la dette ext6rieure, de meme je ferai
pour la dette int6rieure. Les 33 1/3 de la dette
exterieure et les 50 cts de la dette int6rieure
resteront ainsi engages jusqu'A leur complete








ET DTf COMMERCE D'HAITI


libAration vis-a-vis du Solde crrditeur de l'Em-
prunt du 30 septembre ). II avait 6te avance,
comme complement, un chiffre de 106,315 dollars 66
en gourdes pour l'ExtBrieure;il faudra pour l'Int6-
rieure environ 109,000 gourdes. Ces deux sommes
reunies formeront dans quelque temps un chiftre
de 215,315 dollars 66 or ambricain A i la RBserve en
or ,, sans computer les 50 cts affects au papier-
monnaie et qui, une fois encaiss6s pour le mois do
d6cembre, iront grossir la meme reserve.
Ce matin, 26 d6cembre, voici la situation des
comptes du Gouvernement avec la Banque :
Comptes du Gouvernement d'Hacti
au 26 ddcembre 1892.
DOIT AVOIR
ExMeice p6rim6 1891-1892. 1.515 70
Exercice p6lAtm 1890-1891. 5.336 93
Reserve en billets (solde de
l'emprunt du 30 septemb.) 293.684 44
RBMrve e oar............. 24.167 78
Service detteint&rieam &.at 34.505 91
Amortissement billets (troi-
sime emission or)...... 13.563 64
Billets detbriors.......... 44.500 ,
Espbces Boyer............ 41.000
Le sold cr6diteur de l'empruat du 30 septembre
a'616ve done A 8 293,684.44. Je prends occasion,









76 LE DEPARTI1FMENT DES V'NAMNC9i


President, pour vous demander l'autorisation de
porter A 1'exercice p6rim6 1891-18921es 8 93,684.44.
Cet exercise prime doit A la Banque un chiffre de
1,515.70 qu'il imported de combler. D'un autre cote,
je suis assailli de reclamations touchant le paiement
des ordonnances arri6r6es. Je dois payer une ordon-
nance de 8 50,000 or ambricain pour les travaux
hydrauliques des Gonaives. Je ne puis plus
retarder ce paiement; il imported done que j'aie la
some demandee plus haut.
Je prends la liberty d'appeler aussi attention de
Votre Excellence sur ce fait : J'ai regu dans mes
bureau deux ordonnances, l'une de 5 5,000 pour
une imprimerie A Jer6mie, l'autre de 5 2,580, en or,
depenses extraordinaires. Nulle part on ne trouve
dans le budget de 1891-1892 des valeurs votees
pour ces objets, ni dans les differents credits men-
suels de cet exercise. Du reste tous les credits du
d6partement de l*intdrieur sont depuis longtemps
6puis6s. Il est vrai que. le Conseil s'est occupy du
sort malheureux fait A tn citoyen qui, ayant reelle-
ment fourni A l'Etat, ne peut meme avoir lgalement
le titre de sa creance.Et il avait 6t decide que, si le
ministry des finances r6alisait des economies sur la
liquidation de l'exercice 1890-1891, ces economies
pourraient Otre affect6es A cette cat6gorie de
.cr6ance. Dans ces conditions, j'avoue que cela ne









ET DU COMMERCE D'HAITI 77


semblait pas m'engager beaucoup. Mais la faute, a
qui incombe-t-elle reellem.ent? Au department, qui,
n'ayant plus d'allocations budg6taires disponibles, a
contract. Quand j'ai demand aux Chambres le
credit necessaire pour couvrir le deficit de1891-1892,
je n'ai pas pu prevoir qu'il y aurait des valeurs A
payer en dehors du budget. J'ai base mes apprecia-
tions sur les documents officials que je possedais, et
mes calculs, si ce procede pouvait 6tre admis, se
trouveraient radicalement faux. Heureusement que
les lois et les reglements s'y opposent formelle-
ment.
Tel est le rapport que j'ai 1'honneur de faire A
Votre Excellence. Puisse-t-il meriter votre appro-
bation C'est la seule recompense qu'ambitionne
votre tres devou6 serviteur,

F. MARCELIN.


P.-S. Le compete ( Recettes et Paiements >
s'616ve, a cette date, A 404,414,56 gourdes au debit
de I'Rtat.Le paioment anticip6 du mois de d6cembre
a contribu6 a enfler ce chiffre, qui sera ramen6 en
janvier A la proportion normal par le versement
du syndicate, la perception rgguliere des recettes et
le d6sint6ressement des services deji acquittes.








78 LE DfPARTEMENT DES FINANCES


NiCESSITE QUE LES DEPENSES
NE DEPASSENT PAS LES RECETTES




Port-au-Prince, le 18 janvier 1898.

A Son Excellence le President d'Hafti,

PRESIDENT,

La patriotique pens6e que Votre Excellence a eue
de mettre, des ce moment, 1'6tude des budgets des
diff6rents d6partements minist6riels A l'ordre du.
jour des deliberations du Conseil doit 6videmment
produire les plus heureux r6sultats sur le sort du
future budget de 1'exercice 1893-1894.
Deux idWes ont guide Votre Excellence dans cette
circonstance. La moindre c'est que le voeu constitu-
tionnel qui ordonne que le budget soit remis aux
Chambres dans les huit jours de l'ouverture de leurs
travaux devienne desormais une v6rite. Mais la
plus important, cell qui a fait vraiment votre
souci, cell que vous n'avez pas manqu6 de nous








ET DU COMMERCE D'HAYTT 79


exprimer A maintes reprises, c'est I'idWe fermement
arr4t6e que nos d6penses soient en harmonie avec
nos recettes, et que le temps ne nous manque pas
pour examiner les unes et les autres. Expurger done
rigoureusement de nos budgets toute superf6tation,
toute d6pense inutile, telle est la loi qu'une ineluc-
table n6cessit6 nous impose. Telle est la loi, A
laquelle, avec votre experience et votre haute
autorit6 morale, yous nous avez pries de nous sou-
mettre.
Votre appel sera entendu, car notre intfrkt imm6-
diat nous ordonne de le suivre. Mais, pour arriver A
un travail profitable et utile, il est necessaire que
Particle 11 du r6glement pour le service de la TrBso-
rerie soit observe.
( Art. 11. Chaque annee, les diff6rents secr&-
taires d'Etat preparent le budget de leurs departe-
ments respectifs. Le secr6taire d'Etat des finances
centralise ces budgets et y ajoute celui des recettes
pour complete le budget general de 1'Etat.
En effet, President, la discussion utile des budgets
ne pent commencer, en Conseil, que sur ce travail
d'ensemble. Mes colleagues m'ayant prealablement
declare les credits qui leur sont indispensables, j'y
ajouterai celui des recettes pour constituer le budget
general de l'lEtat, comme le veut la loi. C'est sur ce
budget g6enral que le Conseil aura A statuer.









80 LE DIPARTEMENT DES FINANCES


Je prie done Votre Excellence de rappeler aux
secr6taires d'Etat queje suis pret a recevoir leurs
budgets respectifs. Puisse chacun de nous, au
moment d'apposer sa signature au bas de documents
aussi important, ne pas oublier que 1'6quilibre
budg6taire fait les cabinets durables!
Je reste, de Votre Excellence, le tres devou6 ser-
viteur.

F. MARCELIN.








ET DiJ COMMERCE DiHAiTI 81


DOUANES



Port-au-Prince, le 30 janvier 1893,
An 90, de l'Independance.


Le secrdtaire d'Etat au ddpartement des
finances et du commerce a Son Excellence
le President d'Hditi,

PRESIDENT,
Lorsque j'eus 1'honneur, au mois de novembre
passe, de fire mon premier rapport sur la march
du d6partement du commerce, je disais i Votre
Excellence que, d'apres moi, la situation commer-
ciale de la RBpublique, jusque:lh si mauvaise,
s'ameliorait sensiblement.
Je ne m'6tais point tromp6, et cette opinion a pu
heureusement se v6rifier pour les deux derniers
mois de 1'ann6e Bcoul6e, mis en regard de ceux de
l'ann6e 1891.
Nous avons eu, en effet, pour
Novembre 1891. Importations... 431.610 36
Exportations... 144.256 1?








82 LE DEPARTMENT DES FINANCEd


Decembre Importations.. 402.663 09
Exportations.. 361.490 43
Novembre 1892. Importations.. 435.958 74
Exportations.. 176.169 56
DBcembre -- Importations.. 487.838 40
Exportations.. 348.364 56
D'oW :
Difference en faveur de novembre 1892:
Importations........... 4.318 38
Exportations .......... 31.913 37
Difference en faveur de d6cembre 1892:
Importations.......... 85.175 31
Difference en moins de d6cembre 1892 ;
Exportations.......... 13.125 87
Le mois de janvier, aussi, sera d'un bon rende-
ment, surtout au point de vue de l'exportation, car
les inspecteurs en tourn6e m'ont 6crit qu'il y a eu
de fortes livraisons durant ce mois.
L'exc6dent des importations de l'ann6e 1892 sur
celles de Fann6e 1891, tel qu'il resort du tableau
ci-dessus, a sa signification : il est un indice certain
que les auciens stocks se sont peu A peu 6coul6s,
que l'6quilibre entire la demand et l'offre tend ai se
r6tablir: en un mot que la crise, don't la dur6e et les
effects ont W6t au delA des provisions les plus pessi-
mistes, march vers une complete liquidation. Cela








ET DU COMMERCE D1HAiTI


devait arriver par la force meme des choses. Mals
les efforts constants que fait le gouvernement pour
ramener 1'ordre et la r6gularitA dans les rouages
administratifs ont contribu6, dans une measure
fort appreciable, A ce resultat.
Nous avons done toute raison de pers6v6rer dans
cette voie, et, dans cet ordre d'idWes, nous devons
r6p6ter A la fin de chaque annie 1'exp6rience que
nous venons de faire par 1'envoi des inspecteurs
dans les diverse douanes de la R6publique.
C'est une experience assez concluante,etau n'ombre
des ameliorations obtenues par ces fonctionnaires,
il faut surtout mentionner celle d'empecher que les
marchandises soient enlevees avant que les droits
en aient 6t6 pays.
Si, depuis longtemps, on avait pu obtenir ce
resultat, cela nous 6pargnerait toutes les difficulties
que nous avons pour recouvrer les droits dus A
l'Etat sur plusieurs exercices, et en nous permet-
tant d'avoir A temps la disponibilit6 de nos recettes,
l'inconv6nient de recourir A des emprunts ou d'au-
tres transactions parfois fort on6reuses. Une bonne
organisation, un contr6le bsrieux et constant, voilA
done ce qu'il faut pour assurer le bon rendement de
nos douanes.
C'est pour r6pondre [a( ette double n6cessit6 que,
des l'achevement du hangar en fer de Port-au-








84 LE DIPARTEM NT DES FINANCES.


Prince, j'ai ordonn6 d'y fire toutes les verifications
de comestibles.
NaguBre, ces verifications se faisaient sans ordre
ni m6thode, et la confusion 6tait necessairement
plus grande A l'6poque des grandes importations; il
6tait impossible, par consequent, de s'assuret de la
correction des operations, et plus d'une frauide est
due A cet 6tat de choses. II est certain qu'avec ce
nouveau batiment, qui est amenag6 de facon a offrir
toutes les commodities au commerce et aux doua-
niers, les choses iront mieux, et, pour ne perdre
aucun des advantages qu'on peut tirer de ce local,
j'ai dict6 au Directeur de la douane tout un plan
d'organisation don't je n'ai pas manqu6 de surveiller
l'execution.
Ce que nous avons faith a Port-au-Prince, il seraiE
A souhaiter qu'on pit le r6aliser pour les autres
douanes de la R6publique; j'ai dBej eu l'honneur
d'examiner ce point dans le dernier rapport que j'ai
fait a Votre Excellence sur notre situation finan-
ciere.
Votre Excellence me permettra done de no pas
insisted sur cette question de manque de locaux et
de ne m'y arrtcr que pour lui dire qu'elle est une
cause de fraudes, qu'elle met sans cesse en jeu la
responsabilite que nous avons des marchandises
don't nous avons la garden come garantie 'de nos








ET DU COMMERCE D'HAYTI 85


droits de douanes, qu'elle oblige A transgresser la
loi et qu'elle ktablit une complication regrettable
dans notre comptabilit6, par la necessit6 qu'elle cr6e
de delivrer les marchandises par bordereaux ap-
proximatifs.
C'est une question don't la solution s'impose A
tous les points de vue.
A c6te d'elle s'en place une autre, qui ne m6rite
pas moins d'arreter notre attention par l'inflnence
qu'elle exerce sur le rendement de nos douanes et
la perturbation qu'elle cause dans le commerce
honnete: je veux parler de la contrebande, qui sem-
ble vouloir prendre des proportions inqui6tantes.
En effect, je recois presque tous les quinzejours des
nouvelles que des marchandises ont Wte saisies au
moment oi l'on cherchait A les faire passer en
contrebande. C'est un faith connu que les tentatives
de contrebande deviennent plus frNquenles, A
measure que le fisc se montre plus rigoureux, et les
articles le plus fortement imposes sont ceux don't
s'alimente ce commerce inlerlope. Telle est l'exgli-
cation qu'on pourrait donner pour la contrebande
de la kerosine, par example. Mais l'industrie des
fraudeurs ne se borne pas seulement A cet article.
Aussi faut-il chercher la cause de ces fraudes dans
la negligence ou la complicity de la plupart de ceux
qui sont prlpos6s A leur repression. En effet, chaque








86 LE DEIPAIITEMENT DES FINANCES


fois qu'on me d6nonce une contrebande aux Go-
naives et au Petit-GoAve, pour ne citer que ces
deux points, ce sont, en general, les canotiers du
port qui en sont les principaux auteurs.
Ce faith m'a paru tellement curieux et grave que
je n'ai pas manqun d'appeler l'attention de mon col-
16gue de la marine a1-dessus.
Mais les principaux foyers de la contrebande sont
le Port-de-Paix, Saint-Louis, le Borgne, tout le litto-
ral du Nord-Ouest, enfin la frontiere du Nord.
Votre Excellence a ete inform6e en son temps de
l'audacieuse contrebande de cafe faite par MM.
X..., de Port-de-Paix, et c'est pour moi l'occasion
de lui dire que je n'avais pas manqu6 de notifier ce
fait A telle fin que de droit A mon collbgue des rela-
tions exterieures, le sieur X... 6t:int consul ou
agent consulaire.
Cependant la decouverte et la repression de cette
fraude n'ont pas empech6 qu'on dise qu'elle a ten-
dance A se perp6tuer et l'on base cette opinion sur
ce*qu'A Port-de-Paix le pesage des cafes et autres
denr6es se fait en pleine rue, la douane n'existant
pas. Mais, sans Bcarter tout A fait cette cause, je
pense que c'est la situation gBographique de
Port-de-Paix et aussi de toutes ces villes du Nord-
Onest qui y rend la contrebande facile. En effet, le
littoral a une6tendue telle qu'on peut, horde la vue








ET DU COMMERCE D'HAITI 87


de l'autorit6, charger sur de petites embarcations et
sur n'importe quel point des denrees qui sont trans-
borddes dans le canal.
Dans une telle occurrence, il n'y a qu'A faire res-
taurer l'ancien garde-c6tes et le faire monster par des
Miarins habiles qui, par une ronde incessante, ren-
dront impossible ce commerce interlope.
II semble que sur les frontieres la fraude est
encore plus accentuee.
D'un rapport fait pac le consul dominicain aux
Etats-Unis d'Amerique et public dans la Gazette
offlcielle du 5 novembre 1892, il resort que la
Dominicanie a export 8 1,931,079 de caf6s pennant
l'ann6e 1891. Ces cafes sont incontestablement de
notre provenance et le Tresor a Wt6 frustrA de tous
les droits qu'ils eussent rapports s'ils 6taient
exp6dibs de nos ports pour New-York.
Ce n'est pas un prix plus remunerateur qui solli-
cite nos habitants a traverser les frontieres pour
aller vendre leurs denrees, mais les marchandises
qu'ils recoivent en Bchange on qu'ils achetent leur
reviennent a meilleur marchU que chez nous, de
sorte qu'ils sont dedommag6s de la perte qu'ils su-
bissent str ces denries. Et ces transactions influent
de deux manieres sur nos recettes : elles diminuent
nos droits d'exportation, ainsi que je l'ai 6tabli; elles
produisent le mrme effect sur nos droits d'importa-








88 LE DEPAIRTEMENT DES FINANCES


tion, en ce que les articlesachet6s A Saint-Domingue
et jets dans la consommation obligent le commerce
regulier a diminuer ses importations dans une gale
proportion.
II y a done toute urgence de r6primer ces d6sor-
dres, et le moyen le plus exlpditif d'y parvenir
serait d'Bchelonner sur toute la frontiere des soldats
qui empechassent de traverser avec les denrees ou
d'entrer avec les marchandises 6trangeres venues de
la Dominicanie. Mais, ii faut bien le reconnaltre,
cette inesure ne deviendrait tout A fait efficace quo
si notre consulate A Monte-Christi consentait A faire
son devoir et tout son devoir. C'est en effet a Monte-
Christi que nos denr6es aboutissent et que sont
deposees les marchandises que nos nationaux
regoiventen changed ces denr6es. Notre consulate,
paralt-il, regarded faire ces choses avec une si grande
placidity qu'on n'a pas craint d'essayer un autre
genre de fraude. On achete du sel marin aux lies
Turques et on le depose A Monte-Christi, oh les
caboteurs haitiens viennent le prendre et l'introduire
chez nous comme produit du sol dominicain, c'est-
A-dire en franchise.
La responsabilit6 de ce fait dblictueux qui psse
d'un lourd poids sur nos nationaux producteurs de
sel income exclusivement A notre consult. II pour-
rait facilement arr6ter ces fraudes, puisqu'il a pou










ET DU COMMERCE D'HAITI 89


instructions de ne delivrer des certificates d'origine
pour les products dominicains qu'apres s'8tre assure
de visu qu'il y a une fabrique ou manufacture du
produit dans le lieu meme d'of on le pretend venir.
Je n'ai tant insisted sur cette question de contrebande,
sous ses differentes manifestations, que pourrendre
plus saisissants les moyensd'action, mieux montrer
son influence malsaine sur le commerce honnele,
par voie de consequence, sur le fisc, faire sentir -
en indiquant quelqaes-uns des moyens a employer
-- l'urgence qu'il y a A la combattre A outrance.
Car, sI nous arrivons a en avoir raison, la situation
commercial s'ambliorant sans cesse, nous pourrous,
A force d'ordre, de r6gularild et d'6conomie, reparer
la brbehe faite A nos finances par trois ann6es de
crise.
En racommandant ce rapport A la haute attention
de Votre Excellence, j'ai l'honneur, etc.


F. MARCELIN.








90 LE DEPARTMENT DES FINANCES


CONTREBANDES




Port-au-Prince, le 21 fdvrier 1893, An 90W de l'Ind6pendance.


Le Secrdtaire d'Etat au Ddpartement des
Finances et du Commerce e Son Excel-
lence le Prdsident d'Hat'i.

PRESIDENT,

Les int6rits en jeu sont trop important pour que
je ne revienne pas, des aujourd'hui, sur la question
de contrebande don't j'ai eu 1'honneur d'entretenir
Votre Excellence dans mon rapport au no 93.
NaguBre localis6e dans les douanes, ou il 6tait
facile de l'atteindre, la contrebande se fait mainte-
nant dans les zones qui en rendent la pratique plus
aisee, en meme temps qu'elle oblige 'autorit6 A
recourir A des moyens de repression plus com-
pliques.
Personne, mieux que Votre Excellence, ne peut
m'aider A trouver ces moyens qui s'imposent, car la
caisse publique est trop ob6r6e pour que nous ne








ET DU COMMERCE D'IIAITI 91


tAchions pas d'y faire rentrer le plus possible de ses
revenues. Sans computer que cette pratique, si elle
reste plus longtemps impunie, affectera profond6-
ment la morality commercial.
II y a de cela quelques jours, j'ai eu un long
entretien avec notre consul aux lies Turques. II m'a
confirmed tout ce j'ai dit A Votre Excellence A propos
de la contrebande qui se fait dans le canal. Ii m'a
dit que ses observations personnelles, autant que
les confidences que lui ont failes les commissaires
des steamers, lui permettent d'affirmer qu'il se faith
14 un brigandage inoui. Les steamers y stationnent
pendant des heures pour y remettre des marchan-
dises aux caboteurs et en prendre des denr6es. II
m'a entretenu d'une faCon toute particulibre du sel
marin qui est transport des lies Turques A Monte-
Christi, d'of ii est exp6di6 pour nos ports of ii ne
paye pas de droits.
Un fait tres caracteristique est le suivant : lors-
que je suis arrive au minislere, M. X... m'a. adress6
une leltre of il se plaignait vivement de la triste
situation faite.aux commercants en sel par le pro-
duit similaire des lies Turques. II a insist surtout
sur ce point que, la Dominicanie n'ayant pas meme
assez de sel pour sa consommation interieure, elle
he pouvait pas a fortiori en avoir pour l'exporta-
tion.








92 LE DIPAhTEMENT DES FINANCES


C'est un argument irresistible, confirm d'ailleurs
par tous ceux qui connaissent l'endroit. Or, il est
arrive que, depuis, le mdme M. X... a pass un
contract avec les deux seuls propri6taires de salines
en Dominicanie et que la production de sel s'est
tellement accrue qu'il n'a jamais moins de deux
mille barils en dep6t au Cap Haitien. C'est done par
la voie d6guis6e des lies Turques que ce sel lui
prvient.
Plus je r6flechis sur cette question de contre-
bande qui se faith sur le littoral et dans le canal,
plus je me convaincs qu'il n'y a qu'un garde-c6tes
qui puisse y romedier.
Les matelots qui le monteraient devraient em-
ployer les moyens les plus coercitifs, et il est pres-
que certain qu'apres quelques bons examples les
coutumiers de la contrebande, intimid6s, renonce-
raient A une entreprise au bout de laquelle ii y a
tant et de si grands perils. C'est dans tous les pays
du monde un des attributes de la marine de proteger
dans sa sphere les int6rets commerciaux de la
nation.
Quant A la contrebande de sel, il faut recourir a
un moyen kconomique pour la faire cesser. Ce
moyen, c'est de baisser les droits sur cet article de
premiere n6cessit6, de telle sorte que le double
transit des miles Turques A Monte-Christi et do ce der-








ET DC cOMlR(i DtI~rrr


nier port A Haiti devenant plus on6reux que le
transport direct des lies Turques a Haiti, le sel soit
oblige de prendre cette derniere voie. Ce ne sera pas
moins de S 10,000 qui rentreront dans la caisse
publique, en meme temps que nos nationaux pour-
ront soutenir la concurrence.
Pour complete cette measure, on pourrait nommer
un agent consulaire A Cokbun-Harbor, car c'est en
cet endroit, situ6 a quelque distance des lies Tur-
ques, qu'on prend le selet c'estainsi qu'OD s'explique
que le contr6le de notre consul ne soit pas plus effi-
cace.
Je n'ai tant insist sur ces points que parce que
je desire serieusement voir l'ordre s'implanter dans
administration, seule condition d'ailleurs de pros-
p6rit6 pour notre pays. Aussi Votre Excellence me
permettra de retenir encore son attention quelques
minutes sur la douane des Cayes.
L'6cho du dissentiment qui a existB entire l'Ins-
pecteur et !'Administrateur des finances est parvenu
jusqu'A Votre Excellence. Mais quoique ce fait soit
de nature A jeter la perturbation dans le service, il
n'est pas 1'6venement le plus considerable qui se
soit d6roul6 dans cette administration. Ce qu'il y a
de vraiment grave, ce sont les plaintes formulees
contre la douane. Elles se r6p6tent journellement.
Viais ou faux, tous ces bruits ont ei pour effet










94 LE D9PAWTEMENT DES FINANCES


d'amener un grand relAchement dans le service de
cet important 6tablissement etcela suffirait a defaut
d'autres raisons pour determiner l'autorite supe-
rieure A aviser.
Lorsque, dans une administration, un souppon
universal plane sur les principaux chefs, la con-
fiance disparait et c'est le service public qui pAtit
d'un tel Rtat de choses. Or, c'est notre devoir d'im-
primer A ce service une impulsion active, claire et
honnete, et c'est pourquoi j'ai tenu a ne pas laisser
s'6couler plus de temps, avant de mettre Votre
Excellence au fait de l'6tat de cette douane.
Daignez agreer, President, l'hommage de mon
profound respect.


F. MARGELIN.








ET DU COMMERCE IDHAITI


BUDGETS DE LA REPUBLIQUE
ET OBSERVATIONS
SUR LE PROJECT DE BUDGET 1893-1894




Port-au-Prince, le 25 mars 1893.

A Son Excellence le Prdsident d'fHa'ti,

PRESIDENT,

Les projects de budget que les diff6rents d6parte.
ments minist6riels m'ont fait parvenir, confor-
m6ment au rbglement, m'ont sugg6r6 quelques
r6flexions qu'il est de mon devoir de consigner dans
ce rapport pr6liminaire.
La march ascendante de nos dopenses ne pent
laisser indifferent aucun esprit soucieux de l'avenir
du pays. Nos recettes restart a peu pres station-
naires, chaque annde il y a un d6fisit budg6taire
qu'iI faut combler. C'est ainsi qu'au mois de
septembre 1892 les Chambres 16gislatives ont 6t6
obliges de voter un emprunt de 8 1,540,182.94
garanti par des droits d'exportation d'un rendement








96 LE DEPARTIrdEiNT DEs FINANCES


annuel de pros de 8 900,000. Ces droits allaient etre
liberes en janvier de celte ann6e, mais 1'engrenage
malheureux dans lequel I'Etat est pris 1'a oblige de
s'en dessaisir pour un long temps encore. Toutes les
operations pratiquces sur nos revenues annuels ont
la meme cause et le mime resultat. Contract6espour
faire face A des d6penses trop fortes, elles ne nous
d6gagent que momentanement pour resserrer l'ins-
tant d'apres le fatal lacet.
Ce qui s'est passe en septembre 1892 va se
reproduire en septembre 1893 : nous allons etre en
face d'un nouveau deficit budg6taire. Dans mon
rapport au Corps l6gislatif, j'avais estime ce deficit
a 8 2,000,000 environ. Pourrons-nous songer A le
combler comme en 1892? Le doute est permis, car
aucune de nos affectations n'est libre. Elles sont
encore engagees pour de nombreuses annres. Telles
d'entre elles cells, par example, relatives au
renouvellement du syndical financier de janvier
1892 -- ne nous retourneront qu'en 1898.
Dans ces conditions, n'est-il pas absolument
indispensable de revenir i la regle ordinaire, qui est
aussi bien la base des administrations publiques
que celle des administrations priv6es? Ne faut-il
pas borner nos d6penses A nos revenues? Si la liqui-
dation de chaque budget doit laisser un deficit de
S 1,500,000 A 8 21000,000, il faut dire adieu A tous








~E DtJ COMMERCE D'riAf'I 97

nos roves de restauration des finances publiques. t1
faut laisser la vague nous emporter et nous resigner
au sort de 1'epave qui ne peut pas savoir oh elle
Bchouera.
Le Conseil des secr6taires d'Etat m'a fait l'hon-
neur, il y a quelques jours, d'approuver la combi-
naison que je lui ai soumise et qui a pour but de
d6gager une tres grande partie de nos affectations.
Mais cette combinaison, en resume, quolle est-elle
et que peut-elle? Au 30 janvier 1894, les 8 150,000
fournies par le syndicate qui, ajout6es aux 350,000de
l'importation, garantissent le service de la solde, de
la ration et des appointments, vont nous faire
radicalement d6faut, car il n'est guere possible de
songer A un autre renouvellement. Comme ii n'y a
plus de valeur A affected, le Gouvernement forc6-
ment ne pourrait plus faire compl6tement ce service.
C'est A cette grave hypothese que la combination a
par6. Elle met en nos mains, en d6gageant plus de
2 millions de piastres, les moyens n6cessaires pour
continue ce service privilegie et qui est une des
garanties de la s6curit6 publique. Elle met aussi a
notre disposition une some de 5 millions de
francs, mais pour une seule fois, et it y aura lieu de
savoir A quel usage employer ces 5 millions de
francs, ou A des travaux publics ou A la liquidation
d'une portion de l'exercice 1892-1893. Toutefois, elle








8 1LE DEPARTMENT DES FINANCES


n'a pas la vertu et aucune combinaison financiere
ne saurait avoir cette vertu-lA de rendre nos
recettes l1astiques et de .nous permettre avec nos
7 1/2 A 8 millions de revenues de continue
indufiniment A en depenser 9 ou 10, sous peine
d'avoir, chaque ann6e, un nouveau deficit budg6-
taire.
Ayant souffert du mal, nous devons courageuse-
ment nous appliquer A 1'extirper. Ce mal est tout
ertier dans l'6normite de notre budget de depenses.
Certes, nous ne visons pas A d6gager une portion
de nos droits d'exportation avec l'arriere-pens6e de
les rengager immIdiatement apr6s pour satisfaire A
nos d6penses. Notre but est plus Blev6 : 1'explrienoe
nous.ayant enseigne ce que content les emprunts
ruineux, tels qu'ils se pratiquent sur place, nous
ne voulons plus y retomber. Et, si nous d6ga-
geons nos affectations, c'est que nous sommes
rbsolus, il me semble, A vivre de nos revenues
encaisses A leur heure et non plus A les escompter
par anticipation en abandonnant une bonne portion
aux escompteurs.
Mais on ne croit pas generalement A notre
sagesse. TUmoin la Banque, qui, dans le fameux
plan patronu6 par elle et par le haut commerce et
oomptant d6,ij suri son acceptation force, osait
k6rire ceci : .Le GoIvernement se faciliterait aussi




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