Henri Christophe

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Material Information

Title:
Henri Christophe
Physical Description:
33 p. : ; 21cm.
Language:
French
Creator:
Pierre-Paul, Antoine
Publisher:
C. Magloire
Place of Publication:
Port-au-Prince
Publication Date:

Subjects

Genre:
non-fiction   ( marcgt )

Notes

Statement of Responsibility:
Philippe Guerrier (Cayes).

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
oclc - 26116296
ocm26116296
System ID:
AA00008906:00001


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02 t. 27irate 2alU





















ENIBP CHIS~rTOPHE


CONFERENCE
FAITE

AU LYCEL NATIONAL PHILIIPPE GUElRIER ( MIES ).



MESSIEURS,

Depuis longtemps, Monsieur le Directcur du
Lyc~e, dans un but 6~minemment patriotique,
caressait I'id~e de convier les professeurs de cet
etabl~issement A faire, 4 des intervalles plus ou
moins rapproches, des conftdrnces dont les
sujets seraient exclusivemecnt tirds de l'histoire
national. J'applaudis, en passant, A cette noble
id~e du Directeur et le f61licite de ce qu'aujour-











CONFERENCE SUR


d'hui elle soit entric dan~s le domaine des faits
r~els.
Quant j moi que le sort a. disign6 pour
inaugurer cet excellent et nouvel ord re de choses,
je me suis empress d'accepter la tiiche delicate
qui m'est d~volue, mft sedlement par le desir
d'accomplic mon devoir enters ceux dont I'ins-
truction et I'Pducation nous sont confidIes.
Mais, en presence de la multitude de fits in-
tiressants et de p-rsonanges ca~ldbres et agale-
ment dignes d'admiration qui so ren~ioatrent
presque A chaque page de notre histoire, I'on
parvient difficile:nent ,i se fixer sur le choix
d'un sujet. Cependan:, je dais vous l'avoucr
en toute franchise, c-t embarras no m'a pas
arrite un seul instant. Car, rnal~lgr l divecrsit6
d'opinion quile plus souvent sollmat le leitctur
a des analyses et ii dcs appricsiation~s person-
nelles, la lecture de certains ouv~rages traitant
des hommes et des choses d'H-aiti, .n'a appris A
estimer a un haut degri un h~ros do notre
Independance, Icquel, pour n'i~tre pas entiLbre-
ment enseveli dans l'ab~ime de l'oubli, n'est pas
moins l'objet des calo:nnies les plus in~justes,
les plus ab;:urder. La vi:, politique de ce hc~ro;
m'a toujours entraind ii de~s considerations et











HENRI CHRISTOPHE 7


des ri~flexions qui m'ont on quelque sorte
dominde comme une espice d'obsession perpd-
tuelle. Aussi, est-ce pourqual je me suis, depuis
quelque temps, propose d'entreprendre en sa
faveur une ceuvre de r~ilabilitation on, pour
mieux dire, de lui faire assigner sa veritable
place dans le Panthdon n7 itional.
Peut-8tre vous attendies:-\-us g cc qlue votre
serviteur vous rappelit la brillante clpoptde de la
Crete-a-Pierrot ou vous montrt^1t Dessalines
bran:1issant sa torche sur le fort et ranimalnt
ainsi au combat ses vanlcurzux compagnons
d'armes ? Peut-etre maintena~nt encore, croyez-
vopus que je m'en vais fire revivre a vos yeux
le gi~nie sublime du grand Toussaint ? Non,
Messieurs; cc scra autant .l- sujets pour nos
entretions a venir. Mais von: ne trouverez pas
mauvais que, pour ouvric : tte sdrie de conf6-
rences qui dolvent vous etre olfcrtes, je vous
parle aujourd'hui de Honri Christophe, rol
d'Hai~ti.
Messieurs, I'ignorance on nous avons tou-
jours vecu des iavcnements d'oh est d~finitiv~e-
ment sortie la nationality haitienne, I'indiffdtren-
ce qlue nous avons tonjours timoignic pour les
vaillants artisans de notre liberty, ont puissamr-











8 CONTFERENCE SUR

ment contribuP a i6teindre le patriotisme dans
nos coeurs. D'odi ces calamiti~s qui out souvent
pes6 sur notre pays; d'oh ces luttes incessantes,
periodiques, suscities par la seule ambition.
Car, n'ayant pas su itudier les fits qui concer-
nent notre vie comnme people libre, nous n'avons
pas pu en tirer l'exp~rience niessaire pour
l'i&volution pacifique de la Nation.
A part le parti-pris, la partialit6 do nos his-
toriens, I'h~aitien n'a en queilque sorte, qu'une
vague et faible notion de l'histoire de son pays.
La masse surtout,1la masse encore plongle danis
les tt~nibres de l'ignorance, meconnait absoTlt-
meent les bases sur lesquelles s'est fondue la Na-
tion a laquelle clle appartient. Mais, que dis-je ?
combien de coux-lA mimes qui ont pass6c sous
la filrule d'un instituteur et qui out plus on
moins con nu les bien thits de l'instruction,com-
bien en sont encore :i so mciprendre sur notre
origine et notre destinto~ comme nation indd~-
pendante ? Et chose plus deplorable encore, le
petit nombre de coux q ui cultivcnt quelq uepeu
l'6tude de I'histaire d'I-latti, professe, sans ri-
flexion aucune, I'opinion fausse, crronnice de
nos historians qui, le plus souvecnt nous rap-
pr"tent les faiits non comme historians manis











HIENRI CHRISTOPHE


comme adversaires ou comme partisans. La
polit~que et toutes les passions qu'elle engendre
out malheureusement influence leurs ceuvres.
De hi notre ar-dent d~sic de voir t6crire l'histoire
vraie d'Haiti pour l'initruztion des gtinertions
g Venlf.
Ainsi, sauf quelques rares hai'tiens qui ont
su rendre hommage au m~rite de Christophe,
ce sont surtout les tcriv-ains strangers qui ont
conservP avec le plus d'impartialit6 le souvenir
des exploits de ce grand homme. Mais aujour-
d'hui oul, bien Ploignes de l'dpoque oil vivaie~nt
nos aieux, nous pouv~ons porter sur eux un
jugement impartial issu de l'analyse profonde
des &v~inements, nous croyons qu'il est grand
temps qlue la logique des faits ait raison des
16gendes fantaisistes qui rcdpugnent au bon
sen~s. Nous voulons done vous prdsenter Chris-
tophe comme il m~rite qu'il soit rappel6 &
rotre souvrenir.Nhous nce tairons pas ses d~aUts,
peut-&tre ses grands d~fauts; mais nous nie
manquerons pas non plus de mettre on relief
ses grandes qualities d'organnisateur et de civi-
lisateur.
Henri Christophe naquit a I'lle anglaise de
la Grenade le 6 Octobre 179. II fut amnene











IO CONFERENCE SUR

tr~s jeune a Saint-Domingue par un anglais.
Esclare d'un frangais, il parvint ai se racheter et
servit comme domestique dans une auberge.
L'on ne sait pas au just h quelle 6poque
commenga sa carriere militaire. Mais quand
6~clata dans I'lle la revolution par laquelle
Toussaint Louverture avait rc~solu de secouer
le joug de la IMetropole, Christophe avait fait
dCdji ses premieres armes. Son courage et sa
bravoure le rezommandc~rent ri l'attention du
Premier des Noirs qui Ic nomma g~ndral de
brigade. La ne devait pas s'arrater la brillante
fortune qui souriait ii celui qui av'ait pris plus
tard le titre de Henry ler
Apris la mort du gindral Milsec. gouverneur
du Cap, la1 codrance de Ta~u~ssint le dt~signa
au commandement de cett- villc. Son ddvoue-
ment ii la cause de la lib-ri:6, sai reconnaissante
fidblit& & Lou vertu re le rendliro-n t d igne, ;i be u-
coup d'autres titres encore, do nouvecau poste
qui venait de lui etre confloI. C'est IA qu'ildon-
na preuve de cette cdnergic indomptable, de ce
mile courage qui fals.iient le fondi de son caracz
tLire. C'est l~i qu'il manifcstanit, on des circons-
tances solennelles, son amoul exclusif et plein
d'abnegation du sol de Saint-Doumingue et de












HIENKI CHRISTOPHE


-II


ses frbres g~missant encore dans les chaines
de l'esclavage. C'est enfin li que se passa
le plus bel episode de sa vie toute pleine d'h6-
TOlSme.
En F~vrier 1802, aboria au Cap l'escadre
frangaise qui amenait dans Ille l'expitdition
comrnandc~e par Leclerc. Deji la IMitropole
n'avait plus confiance dans Toussaint Louver-
ture A qui elle supposait I'intention de travail-
ler A l'6mancipation de sa race.
D~s son arrive au Cap, au mepris mime de
l'autorit6l du gouverncur-g~ndral1, Leclerc en-
voya nu pres de Ch risto phel'e nseig ne deva i sseau
Lebrun.. Celui-ci avait pour mission de trans-
mettre A Christophe l'ordre que lui intimait
Lecler, de lui linecr la ville. Christophe alvec
son sang froid et cette prompte d~Icision qu'il
a toujours temoigads dans ses aces, dit ai l'of-
ficier frangais: (c Paisque vous o'av~ez pas de
(r lettres pour le general en chef ni pour moi,
ac vous pouvez vous retircr et dire ii votre~ gi~ne-
<< ral qu'll ne connait pas son devoir. que ce
a( n'est pas ninsi qu'on so pr~sente dans un
a pays appartenant A la France. > (I)

(r) Y`oir S:-RZimy, ( Mam!loires de TIoussaint-Louverture. )











Il CONFERENCE SUR

Devant la fermeti: de Christophe et devinant
en lui le soldat fiddle A son devoir et fiddle a
son chef, Lebrun essaya pourtant de le gagner
par des promesses et d'eveiller ainsi son ambi-
tion. II alla jusqu'd lui proposer la trahison.
Mais cette ignoble combinaison &choua devant
le sentiment du devoir que Christophe poss6-
dait A un tris haut degri6. Deji, il av~ait youit
une eternelle fid61ith &i Toussaint i qui it devait
honneurs et digniti~s; dij~i, il avait jure de
mourir sous le drapeau de la liberf6.
Ce n'est done pns iGeonnant que Christophe
repoussiit les avances de Lebrun.
a Rendez la ville, lui dit Lebrun, yous serez
bien r~compenst; le gouvernement frangais
vous envoic des pr~sents.
a Non, Monsieur, r~pliqua Christophe, je
a ne puis entendre aucune proposition sans les
a ordres du gouverncur-g~ndral. L3s proclama-
a tions que vous apportex respiront le despo-
a tisme et la tyrannie. Je vais faire priter ii mes
a soldats le serment de soutenir la libertP nul
a p~ril de leur vie. a (I)
Dis qju'il cut appris l''insuccias de la mission


(I) Voir St-R~myr, ( mime ouvrage. )











,HENRI CHRISTOPHE


de Lebrun, Leclerc adressa A Christophe le 2
Fevrier 1802, une lettre dont voici un extrait :
<< J'apprends avec indignation, citoyen g6-
neral, que vous refuse de recevoir l'escadre
frangaise et I'armbe frangaise que je command,
sous prt~texte que vous n'avez pas d'ordre du
gouverneur-gi~niral. Je vous previens que si au-
jourd'hui vous ne.m'avez pas fait remettre les
forts Picolet et Bel-Air et toutes les batteries
de la c~te, demain, d la pointe du jour, quinze
mille hommes seront d~barqu~s. a
I'appelle ici, IMessieurs, votre plus st~rieuse
attention sur la rdponse que fit Christophe au
g~nitral frangais, Ecoutez cette ri~ponse ;car,
elle tc~moigne non seulement de I'ob~issance
toute hiibrarchique de Christophe a Toussaint,
mais encore du sentiment de la dignity~ natio-
nale qui 6~tait surtout la vertu dominant du
h~ros noir:
< Christophe a Leclerc, m'a remis votre lettre de
ce jour. J'ai eu l'honneur de vous faire savoir
que je ne pouvais vous livrer les forts et la
place confi~s i mon commandement, qu'au
prealable j'aie regu les ordres du gouverneur
Toussaint Louverture, mon chef immediat, de












I4 coNFARENCE SUR

qui je tieiis les pouvoirs dont je suis revitu. Je
veux bien croire que j'ai affaire a des frangais,
et vous Ptes le chef de l'arm~e appel~e exp6-
ditionnaire ;mais j'attends les ordres du gou-
verneur i qui j'ai exp~did un de mes aides-de-
camp pour lui annoncer votre arrive et celle
de l'armt~e frangaise, et jusqu'd ce que sa r6-
ponse me sont parvenue, je ne puts vous per-
mettre de debarquer. Si vous avez la force donlt
vous me menacez, je vous praterai toute la
resistance qui caractdjrise un general ; et si le sort
des armes vous est favorable, yous n'entrerez.
dans la ville du Cap quelorsqu'elle sera reduite
en cendres, et meme sur ces cendres je vous
combattrai encore. n (I)
Ah combien peu de nos compatriotes du
jour se r~signeraient a combattre, mime sur
les cendres de nos villes, I'6tranger insulteur,
injuste! Ouel contrast existe-t-il entire le pa-
triotisme, le mile courage de Christophe, et
la pusillanimity de nos concitoyens que l'amour
du pouvoir et des jouissances faciles et gros-


(I) Saint-Remy, ( meme ouvrage ) et Madiou, Histoire
d'Hai'ti











HENRI CHREISTOPHE If

sibres semblent condamner a se soumettre,
sans examen, sans discussion, i l'ultimatum
de l'6tranger Christophe alla jusqu'd I'abnC-
gation de la personnaite pour soutenir l'orgueil
national; mais eux, nos liches concitoyens
aveugl~s par I'ambition, ils ont devie de la route
que nos pires leur avaient 1;racee; ils se sont
rendus indignes de I'acte merveilleux don't la
consecration grandiose eut lieu aux Gonarves
le Ier Janxier 1804. Grise i. eux, nous avons
bu jusqu'd la lie la coupe d'opprobre et d'igno-
minie que leur lichet6 et leur incivisme nous
avaient prepare! Nous mourions dehonte sans
pouvoir exprimer nos douleurs ;et, selon la
belle expression de Tacite, nous aurions perdu
la memoire avec` la parole si l'oubli 6tait aussi
facile que le silence. Un jour, I'histoire impar-
tiale, tout en ce16brant le beau trait de Chris-
tophe, fli~trira sans merci tous ceux-la qui, soit
absence de courage, soit manque de patriotis-
me, n'ont pas su imiter son bel example.
Apres l'infime trahison de Brunet et la dd-
portation de Toussaint Louverture, Christophe
ainsi que tous les generaux indig~nes se sou-
mirent a la Metropole. Mais pendant la guerre
de l'Ind~pendance, nous le voyons encore r6.











CONFERENCE SUR


pandre la terreur et la mort dans les rangs
de l'armee franCaise. Son nom figure a juste
titre, au bas de l'acte par lequel les Haitiens
se sont di~clares libres et ind~pendants.
Sous le ri-gne 6ph ~mire de Dessalines, C~hris-
tophe servit I'empereur comme l'un de ses
principaux lieutenants. Son nom 6tait ddji
c~lebre dans l'arm~Ie et dans le pays. Aussi,
apres I'acte inotwi du Pont-Rouge, apris la
sanglante ingratitude qui, en 1806, entacha
l'histoire national piesque au lendemain de
l'Indi~pendance, apris l'assassinat, la mort tra-
gique du Fondateur de cette Ind~pendance, un
conseil militaire le nomma commandant des
forces et chef provisoire du pays. Ses services
signals avaient 16~gitim6 ses pretentions a
succ~der ii l'Empereur.. Cependant deux autres
gi~ntraux, Petion et G~rin, 6~galement dignes
du Pouvoir le disputaient a Christophe. Mais
partout dans le pays, I'on reconnaissait ddja
en lui, celui A qui devaient choir les destinies
de la Nation. L'opinion publique, comme l'a
fort bien dit le cel16bre apologiste d'Agricola ne
se trompe pas toujours; quelq'ue fois mime elle
decide les choix. En effet, malgre l'esp~rance
des uns et les habiles mana'uvres des autres, a











HENRI CHRESTOPHE


l'ouverture de l'Assembl~e Nationale consti-
tuante de 1806, Christophe triompha dans
l'urne de ses competiteurs. Le 28 Decembre de
la dite ann~e, il futdlu President d'Haiti pour 4
ans, d'apri~s la Constitution 61abor~e par P~t-ion.
Avec le nouveau rttgne s'ouvre une bre
nouvelle dans les annales de notre Rbpubhl~que.
Le pouvoir que la Constitution venait de con-
ferer ri Christophe ne convenait guere a ses
vues quant a la former du gouvernement.
Ajoutez ii tout cela la fraude qui entacha la
Constitution de 1806, et vous trouverez le
motif qui le d~termina A enticer en- lutte contre
ses comp~titeurs de l'Ouest et du Sud qui,
pour avoir une majority dans l'Assembl~e Na-
tionale, avaient faiit 61ire, contrairement A la
Constitution alors en vigueur, des Constituants
non seulement pour les paroisses, mtais meme
pour les bourgades de l'Ouest et du Sud et
avaient ainst souill6 la troisidme Charte cons-
titutionnelle d'Haiti. La proclamation que
Christophe langa accusant Pcction et les gene*
raux de l'Ouest d'avoir. par la Constitution
vici'e de 1806 concentre le pouvoir entire leurs
mains, prc61uda d la lutte qui s'annonqa terrible,
'd~sastreqse.











r8 CONF RKENCE SUR

C'esti-pendant ces p~riodes sanglantes qui,
pendant rquatorze ans, di~solaient I'ancienne
piartie f~rangaise de I'lle, que se commettaient.
tous les crimes que l'histoire, avec raison, re-
proche P'Christo~ihe. L'$ge, le-sexe, le rang,
rien n'6chappa a I'instinct cruel qui s'6veilla
souldain chez le monarque du Nor'd: Tri~s ja-
louxs de la~d~ignit6 national, il n'a eti: que trop
prodigue du sang de ses concitoyens. Ces criines
sur lesquels ont ench~ri les li6gendets ridicules
qui out port& bien des gens a mesestimer
Christophe, sont comme la tare qui a rendu
demesurenlent odieux son r~gne si f~cond en
grandes et belles choses.
Le 2 Juin 181I, Christophe fut proclam6 roi
d'Ha'iti sons le titre de Henri Ier C'6tait commie
,1p-triomphe de ses idees sur la former du gou-
vernement.
7, Lee gouvernemnent monarchique, en effet,
EgggyTepjait mieux au caractbre et aux' moeurs du
.jBaggapuple haitien qui, venant a peine briser
.JAF;~hgpes de l'esclavage, n'avait pas alor~s
.$pg)~j~ aptitudes n~cessaires pour faire bon
,wiage die la Constitution toute liberale du
Republicain. C'6tait fyfe le simulacre d'une
civilisation trop avanc~e A laquelle ne sauraierit











HIENRI CHRIISTOPHE


atteindre des individus qui, tout reinplis encore
du souvenir et des horreurs delay servitude,6~taient
par Id m~me exposes aux seductions d'une
liberty excessive et voisine de la licence.-- Le
Conseil d'Etat du Nord qui avait 61u Christophe
roi d'Hai'ti, I'avait bien compris et s'en 6tait
clairement explique. Ainsi; dans son adresse
au people en date du 4 Avril 181:, oh le nom
de Montesquieu se trouve mime cit65, ce Conseil
a reconnu avec le publicists frangais << l'excel-
lence du Gouvernement paternel monarchique
sur les autres gouvernements.
Pour nous, Messieurs, qui avons parcouru
l'histoire de n~otre pays et qui voyons encore
de pri~s les hommeset les choses, nouscroyons
avoir fait lad~solante re marque que nous n'avons
jamais eu de Republique en Hafti. Nous portions
assez longtemps d~ji le titre de R~publicain;
mais nous n'avons jamais joui des droits
conf~r~s par ce titre. La Constitution qui a crid
la R~publique en Haiti et toutes celles quil'ont
maintenue ou renouvelie n'ont fitit que prou-
ver, autant de fois de plus, notre maniere de
compiler les unis sur les autres des projects
sans execution. Le pouvoir monarchlique absolu,
cr~e par la volont6 propre do nos gouv-ernalts











SO CONFERENCE SUR

et apparemment decore du nom de pouvoir
d~mocratique, a toujours suppl66 chez nous
la forme de gouvernement adoptee par nos
Chartes.
Si, avec l'6nergie qlu'on ne saurait lui nier,
Christophe avait exerce sur toute l'lle, et sans
trouble, le pouvoir absolu qui lui avait 6t6
confer6; si, d~s les premiers jours de notre In-
dependance, nous avions adopt le gouverne-
ment monarchique, nous serions bien mars
pour la Republique que nous ne. connaissons
que de nom. Car nous aurions 6t6 forms g l'6-
cole de la discipline, de l'4nergie et de l'activite:
nous serions ainsi parvenus a un degre de
civilisation relativement a~vanc6 qui conforme-
rait nos moeurs aux lois toutes liberales de la
Republique. Malheureusement nos devanciers
n'ont pas pense ainsi, et, depuis la foundation
de la R~publique en Ha'iti jusqu'd nos jours,
nous assistons, a cet 6gard, a la violation
constant, perp~tuelle de nos Constitutiotis.
Pendant son regne, soit comme president,
soit comme toi d'Ha'iti, Christophe ne renouga
jamais A son dbsir de gouverner !Ille entire.
Il tenta tous les moyens pour y parvenir.
Lorsque la voie de la conciliation ne pouvait











HENRI CHRISTOPHE 2I

I'y conduire, c'est au canon qu'il allait deman-
der le triomphe de ses id~es. Voila ce qui
explique les troubles civils, les luttes intermi-
nables qui ont existtd entire la Republique Sud
Occidentale et le gouvernement du Nord
d'Hai'ti .
Cependant les occupations de la guerre
n'empachaient pas Christophe de donner ison
royaume l'dlan veys l'industrie et le progrits.
Tant6t vaincu, tant~t vainqueur, ce Pierre Le
Grand de notre histoire n'abandonn a jamais
les id~es largaes qu'il concevlait pour le bonheur
de son people.
On a blrim6 et exagbrd le despotisme de
Christophe. Mais de ce despotisme est sortie
l'industrie national; de ce despotisme est n~e
l'activiti haitienne eteinte avec la vie du Mo-
narque. Mais ce despotisme s'exergait danS le
senls du bien; avec ce despotisme regnait le
respect des deniers publics; avec ce despotism
attenu6 par les ans et d~truit par la civilisation.
Haiti serait aujourd'hui ce qlue nos piares de
1804 avaient di~sird qu'elle filt :une nation de
lumibre et de progri~s digne du respect et de
l'admiration des peuples.
Cependant ce despotismequi tenaittoujours











22 CONF .RENCE SUR

en 6veil l'dnergie et I'activit6 du peuple; ce des-
potisme qui avait longtemps affermi I'autoritt
de Christophe et avait. pendant les troubles
civils entire l'Etat du Nord et la R~publique de
l'Ouest, presque toujours assure le triomphe des
armes royales, ce despotisme. dis-je, devait
hiter la fin du monarque et la ruine de son
royaume.
Frdppe d'apoplexie, Christophe nn pouvait
plus diriger les combats, electriser ses soldats
et les conduire ai la victoire. Lorsqu'i6clata i.
Saint-M/arc f'insurrection de 1820, 10 ro!.aume
du N~ord s'apprietait dc~ji a se soumettre aux
lois de la Riepublique. Les troupes royals en-
voydes pour 6tooiffer l'insurrection rGrent dcdlec-
tion en favour de B~oyer. L'armice rdpublicaine
augmentt~e, fortifdec pa" les su jets de Christophie
marchait sur la capital du Nord.
A cotte terrible nouverlle, le Roi comprit le
sort qui le men~aiait et, dans le sentiment de
son impuissan-e, il so dicida A abriger ses
jours. Le 8 Octobre 1320, Ch~ristophee avait ddj~i
vi~cu.
a Celui qui reprochait si souvecnt A Napolidon
ler d';ivoir osi survivre A ses malhours, se
suicide dens son p~alais de Sans-Souci. >>Triste











HENRI CHRISTOPHE 2f

fin de celui qui pouvait` faire le bonheur de son
people !
La16~gende nous a reprisent0 Henri ler comme
un.monarque ignorant, sangumnaire et ssuvage.
Le general frangais Ramel qui commandait
Port-de-Paix apri~s la soumnission de Maurepas
a la M~tropole et qui, ayant ca A combattre
Christophe, avait par consequent, tout inter~t
a le charger de crimes et de d~Ifauts, ~nous a,
au contraire fourni le plus grand dementi aux
notes peu flatteuses de la 16gende sur le carac-
thre et le regne du premier et seLI roi d'HaIti.
L'opinion du general Ramel sur Ch~ristoph~e
est, par la situation politique de celui qui l'a
formul~ee le moins susceptible de partiaite.
La bonne foi du gendlral frangais no saurait
Store r~voquee en doute ;son jug~ement est im-
partial et sans 6quivoque.
Dans un court portrait qu'il a trac6 de Chrls-
tophe, le general Ramel, qui avait connu le
monarque et l'avait vu parvenic au comman-
dement de la ville du Cap, a 6crit ceci:
cc Christophe est tra~s bien fait de sa personnel.
cc On ne sau rait imagi ner a quel poi nt cet~hom me
cca l'usage du monde; doud des formes les
It plus s~duisantes, il s'explique avec beaucoup











CONFERENCE SUR


a de clart6 et parle bien le frangais. Quoique
a tres sobre, il aime neanmoins l'ostentation ;
at il est trlts instruit, vain jusqu'au ridicule,
n enthousiaste de la liberty. Combien de fois
at ne m'a-t-il pas dit que si jamais on osait
a parler de remettre sa couleur en esclavage
ct il incendierait jusqu'au sol de Saint-Domin-
a gue l II~ avait p~our le g~ndral Debel une an-
r tipathie insurmountable. D'od provenait-elle ?
a je le sais bien; mais il ne faut pas que tout
at soit connu. Christophe n'6tait pas cruel ;je
a' suis sir qu'il se fait violence quand il s'agit
ct de measures de rigueur. II command le Cap
a apr~s la mort de Moi'se, et il s'y 6tait fait
at g~neralement aimer de toutes les couleurs.
ct Aujourd'hui c'est un ennemi irr~conciliable
cc tres dangereux, et qui jouera un r6le par ses
a talents militaires. (I)
Ce grand r61e, Messieurs,que lui r~servaient
ses talents militaires, Christophe l'a reellement
jou6. Il gouverna son pays comme Prdsident
d'abord et comme roi ensuite. II marqua son
regne par de grandes et belles choses. La Cita-

(r) Voir preface de la piece a Toussaint Louvetrture n,, par
Lattartine:











HENRI CHRISTOPHE 2)

deller La Ferridre et le Palais de Sans-Souci en
ont surabondamment t~moign6. QuantA la
premiere. notre distingue compatriote, M. F.
Marcelin en a fait, dans un de ses ouvrsges,
une brillante description. Le temps me manque
pour vous la lire. Cependant je m'en vais par-
courir avec vous, g propos de monuments
trig~s par Christophe, quelques lignes d'un
6crivain anglais, M. Bird.
Apri~s avoir reproduit la description du Pa-
lais Sans-Souci par un voyageur anglais,
M. J. Candler, et celle de la Ferriibre par un
voyageur anglais, M. Mackensie, Monsieur Bird
ecrit ceci :
(r Ces examples d'Cnergie, de goat et d'entre-
prise, quels qu'aient ete les motifs de leur ori-
gine, etaient des demonstrations du pouvoir et
de la pensee haitienne. On pourrait en dire
autant de Marchand od Dessalines laissa des
traces de son pouvoir et de sa fortune. Pour-
quoi les a-t-on laiss~s tomber en ruine. Si
Boyer avait convert le palais de Sans-Souci en
university national, il aurait immortalis6 la
memoire de son nom.
a Et pourtant les moyens n~cessaires a l'ac-
complissemern de ce project etaient dans le











CONFERENCE SUR


pays. II pref~ta cependant (de) les laisser perir
parce que Christophe 6tait un despite, I'ennemi
delui-meme et de laR~ipuoliqjue.
<< Un auteur anglais ( Fran~cklin ) qui a &crit
sur. Haiti, dit que Christophe avait amassC le
tr~sor dont nous avons parli(r) avec le dessein
dans la suite d'acheter du gouvernement espa-
gnol la parties espagnole de Ille. 1u~oiqu'il en
soit, le chateau etait un endroit convenable
pour recevoir ce tr~sor.... .
Ces manifestations de la v~rit~I historique se
passent de commentaires.
Un coup d'oeil en arribre. Apri~s l'Indipen-
dance haitienne, le gouvernement frangais avisa
aux ma~yens de reconquerir, par des negocia-
tions diplomatiqueset des promesses de liberti6,
la terre qlue nos piares avaient acros~e de leur
saeur et de leur sang. D~s 18I4 des dt~maiches
furenit tenties et divers agents franglais farent
envoys en Haiti, A cet effet. L'histoire n'a pas
omis de nous faire connaitre quelled inergte et
quelle fermet6 Christophe opposa aux propo-

(I) Dan1s la1 description d- in Fecrriidre parl Mackecnsic, on
lit ceci: On dit qu'P une certaine 6poqjue on y appor~ta
30.ooo.oo. de dollars dont B peu pres six millions furent daris
la suite places dans le trdsor de la R~pu blique.












HENRI CHRISTOPH~E 27

sitions des agents francais. Vous savez le sort
de l'un d'eux, M. de M~edina, qui travaillait, au
norn de la France, ii replacer Hai'ti sous !a do-
mination de son ancienne Ma~ltropole.
Ayant appris qlue Mlbdina avait la mission
secrete de sender la disposition des chefs noirs,
Christophe l'emprisonna, le fit j ugeret le punit
sdverement.-- Le Conseil d'Etat du Nord en-
vloya au Roi u nead resse par laquelle il protestait
au nomn de la N~ation contre les tendances de la
France. Christophe lai fit aussit~t cette ri~ponse :
<< Haitiens, vote gendreuse risolution est
digne de nous. Votre Roi sera toujours digne
de vous Notre indignation est ii son comble !
Qu'Hai'ti, des cet instant, no soit qu'un vase
camp; prcdparons-nous a combattre cos tyrans,
qui nous menacent des fers de I'eselavage et
de la mort.
<< Hairens I'univers a les yeux fixis sur
nous, notre conduite doit confondre nos d6-
tracteurs et justifier I'opinion qune les philan-
thropes concoivent de nous. Rallions-nous,
n'ayons qu'un soul et mime va cu, celui d'exter-
miner nos trans : du contours unanime de
notre union, de nos eiforts d~pendra le prompt
succes de notre cause. D~onnons ii la posticrita











CONFERENCES SUR


un grand acte de courage, comnbattons avec
gloire :soyons effac~s du rang des peuples
plutat qlue de renoncer A la liberty et A l'indt6-
pendance, Roi, nous saurons vivre et mouric
en Roi ; v;ous nous verrez toujours d votre tite
partager vos perils et vos dangers. S'il arrivait
qlue nous cessassion's d'8tre avant d'avoir con-
solidG vos droits, ressouvenez-vous de nos
actions, et si nos tyrans parvenaient A mettre
en danger votre liberty et vrotre Ind~pendance,
exhumez mes os, ils vous guideront encore &
la victoire et vous front triomph~er do nos
implacables et 6ternels ennemis. ,,
Cependant, I'opinistretc6 de Christophe et le
terrible chitiment qu'il infligea a M/Idina no
di~couragerent pas le gouvernement frangais
dans ses demarches pour reconquriri son an-
clenne colonie.
En 1816, M. Ic viconte de Fontanges, les
sieurs Esmanigart, Dupetit-Thouars et Lanjon
arrivi~rent en Haiti pour continue la mission
des premiers agents frangais. Christoph'e no
maintint pas moins sa decision i perir et ii
faire disparaitre jusqu'au dernier; des haitiens
plutbt qlue de se soumettre A la Frange.
Nous relevons de sa declaration au people,











HENRI CHRISTOPHE 23

en date du 20 Novembre 18r6, le passage sui-
vrant:
< quelles qlue solent les menaces des Francgais
pour nous intimider, quelles que soient leurs
entreprises pour nous subjuguer, le genre
d'attaque, de crime et de barbaric qu'ils comp tent
pouv-oir ex;ercer contre nous, rien ne pourral
6branler un seul instant notre resolution. Dus-
sions-nous iStre exterminds par l'univecrs con-
juri6, le dernier des Hartions rendra son dernier
soupir pluti~t qlue de cesser d'itre libre et in-
d~pendant.
Ayant foi dans la distinee de son people,
Christophe cItait de tousles chefs haitiens, celui
qui avait le micux compris cette destintic. Apre~s
avroir travailli A chasser les Francais,il voulait que
la Fra~nce cessiit d'i~tre non sculoment la mitro-
pole politique, mais encore la miltropole com-
merciale d'Hai'ti. 11 implanlta l'industrie dans le
pays. Souslui, le Trdsor poiblic regorgeait d'or,
au point qlue, malgr6 le vol, grice aug ucl bien
des fa~milles du N~ord sc sont enrichics la
mort du Mionarque, Boyer a pu y trouvecr de
nombreux arnas d'or qui lui permirent d'ache-
ter les consciences dominicaines et d'unir ainsi












CONFHERECE SUR


j la Republique d'H-aiti la parties espagnole de

Au rapport meme de Mr Bird, a Christophe
bleva son royaume a un haut degr6 d'industrie
et d'opulence. u
a On savait, dit encore I'6crivain anglais que
Christop~he avait des idees large tellement
qu'avec tous ses defa~uts il 6tait alors considirrd
comme un homme extraordinaire. ,, aA plu-
sieurs Agards-- nous citons toujours le mime
auteur ses institutions 6taient bonnes et en
general, bien adaptees au caractbIre et aux cir-
constances du people.
Notre iAminent compatriote, M. Ls Joseph
Janvier, nous fera eniore mieux connaitre
Christophe comme organisateur et comme ci-
vilisateur.
a Christophe, dit le Dr Janvier, fut un sou-
verain essentiellement organisateur, adminis-
trateur, moralisateur.~ II imprima un immense
movement de civilisation au pays dont il
avait la garde. II f~onda des imprimeries d'oh
sortirent de vttritables ouvrages Pcrits par des
Haitiens, une acad~mie oh s'enseignaient la
m~decine, la chirurg ie, 1'hygiane, un observ-a-
toire oil I'on recueillait des observations md-









HENRI CHRISTOPHE J I

teorologiques, des ecoles professionnelles ;. il
attira dans son royaume des professeurs euro-
peens qu'il plaga A la tete de tous ces 6tablisse-
ments.
<< II devanga son temps en montrant sa sol-
licitude pour I'instruction des masses, en
repandant largement le go~itt de la culture
intellectuelle dans les classesles plus i n ferieu res,
en ouvrant partout des ecoles primaires. Il eut
une marine et une arm~e disciplinees. La p~o-
lice 6tait admirablementfaite dans toute I't6ten-
due de son gouvernement, la justice rendue
impartialementP tous. Elle poursuivait avec
activity, punissait sevetement les voleurs, les
contrebandiers, les faux-monnayeurs.
<< La production agricole de ses Etats fut des
plus abondantes, les denrdesqu'ils produisaient
pour l'exportation des meilleures, des plus
recherchees sur les marches des deux mondes.
<< L'excellent 6tat de ses finances lui permet-
tait de bien gouvcerner A l'interieur, de se faire
bien servir a l'exrterieur, d'avoir de grands
desseins... II n'ei~t jamais consent a traiter que
d'6glgal g~al avec un souverain stranger ;:il
n'eti~t jamais admis que les Haitiens, devenus
libres par la force des armes, fussent encore











CONPBRENCE SUR


obliges de payer en or cette libertit d~ja si
chitrement achette ; il n'efit jamais voulu
hypoth~quer l'avenir de sa patrie, I'exposer aux
injures, aux humiliations, aux calomnies en
contractant aucune dette national a l'Ctranger. u
Par ce qui precede, Messieurs, yous voyez
bien que Christophe 6tait des mieux inspires
pour faire le bonheur de son people. Admi-
nistrateur integre ec s~vi~re autant qu'organisa-
teur et civilisateur, il op~ra d'excellentes
reformes. Il efit fait encore d'avantage, si la
guerre civile. ce fl~au qui, arr~tant tout essor
vers le progres, detruit nos hommess et leurs
combinaisons, n'avait troublt6, boulevers6, dtd-
sold son regne.
Christophe est done rest&, quoiqu'on dise,
le Pierre Le Grand de l'histoire national.
Avec une s~verit6 qui confinait parfois A la
cruaute, 11 voulait discipliner, organiser, civili-
ser son people. Son regne a fait 6poque dans
nos annales et sera rappel, jusqu'd la dernibre
posteritC, en temoignage de l'6nergie et de
l'activit6 hartiennes. Les hommesimpartiaux et
de bonne foi diront de lui ce que IMr Larousse
a 6crit au sujet du R~g~n~rateur de la Russie :
ct On ne peut dissimuler ses cruaut~s, son












HENSH1 CHRISTOPHE


despotisme et m~me ses v-ices, mais ce qui lui
meritera l'aamiration universelle, ce sont ses
hautes facultes~ d'organ~isateur, sa perseveirance
h~rorque, ses travaux prodigieus et son indomnp-
table tAnergie.


Port-au-Prince.-- Imprimnerie C. MAGLOIRE, 8, Rue Amdricaine.


















Henri Christophe, conferen UGL
972.9404 P622h
1111111111111111111111118
3 1262 01132 0305




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