Haïti, un siècle di̕ndépendance, 1804-1904

MISSING IMAGE

Material Information

Title:
Haïti, un siècle di̕ndépendance, 1804-1904 J.J. Dessalines, A. Pétion
Physical Description:
24 p. : ; 17 cm.
Language:
French
Creator:
Séjourné, Georges
Publisher:
V.J. Theunis
Place of Publication:
Anvers
Publication Date:

Subjects

Subjects / Keywords:
History -- Haiti   ( lcsh )
Genre:
non-fiction   ( marcgt )

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
oclc - 24608228
ocm24608228
System ID:
AA00008903:00001

Full Text
U OF F. LIBRARY


GFt 'RGLES 3HIl1 ];N L





HAITI

.:UN SIL.LECL I 'INIFPEN.DANCE


1804 1904


J. J. Dl ssalines 11. Pitlon0 -


PRIX : 50 Centime. j
rf


Ii., ,


Se ri.nd ri rlhaiti dltui toute lr trilles


ipuim .rr? 1ll .tNI i I ,1 lr.n i, .\A.IN .. 1
\ vi.-r 'li t' \'i -n I
q72.94
S463h














UNIVERSITY

OF FLORIDA

LIBRARIES


THIS VOLUME HAS BEEN
MICROFItMED
BY THE UNIVERSITY OF
FLORIDA LIBRARIES.


I .


L_ = __









GEORGES SEJOURNE





; HATTI

, UN SIICLE D'INDEPENDANCE

1804-1904


J. J. sDssalieI I8. Pe6iol




Ceux qui pieusement sont morts pour la Patrie
Ont droit qu'A leur cercucil la foule vienneeet prie.
Entre les plus beaux noms, leur nom est le plus beau,
Toute gloire pres d'eux passe ct tombe eph6mere,
Et comme ferait une mere,
La voix d'un Peuple entier les berce en leurs tombeaux.
V. HUGO Chians dti Crtie',scle.




ANVERS
linprinierie Vve Jos. TiiEUNIS, Helinpart des BIguines, 93
1903
*=


UniVersit} ef Florida Libraries






















SAtM





A ines chers Mafitres et nAmis
le Gran d lMinistre des Affaires Etrangeres
MJ. JJEREiIIE;
I'einineent Docteur Leon0 AUDAIJ', anciem
indterne des -iopitaux de Paris;


qu'ils accordent le'r bienvoillante protection a cette
p(laqmillie dliv1en0en1'! co) po soe' en ue des f tes (du
Ir ceno'l.u1ti' de notre Inddpe(ndance, el o l' Pon ne doit
cherche' q(Jue on amour pour la pratHe elt on sincere
ddsi"r de la vohi se relever el derenir digne de ses in~)not'els
fondalcG.s.
G. S.

















A SON EXCELLENCE

MONSIEUR LE GINIRAL NORD ALEXIS

PRESIDENT DE LA RIPUBLIQUE DE HAITI







,1 Monsieur le Precsident,


Permettez que je place sous Votre Haute Protection, celte
plaquette oi j'essaie de fixer I'(poque la plus brillante de
notre histoire.
i Vote Gouvernement a la mission, heureuse entire routes,
i*. organiserer et de diriger lcs fetes de nolre premier centenaire.
Q u'il le fasse avec eclatl
Personnellement, vous avez une double satisfaction :Au
bout d'un sibcle, passed i luster por se constituer en people,
nofre race a fait, avec de grands progres intlelctiuels, des
lautes immense, (dont le ddsordre du dernier Gouvernement
est la plus grande. Nous ne devons pas perdre de vue que
f1'tranger nous tient pour un people solidement constitu ;
qu'en analysant nos fautes, il oublie notre jeunesse. I1 nous
apparlient done d'avoir une vieillesse primaturi(e, d'essayer
de nous tenir au niveau des pays qui vivent depuis plusieurs
siecles dans la civilisation.
C'est li ce que vous vous proposed de fire, Mouvsieur le
Prisidenl, et nous y voyons votre premier titre de gloire.
Celle admirable creation quest la Commission d'Elnqite
Administrative montre at routes les nations civilis6es et. A
votre people, que votre ddsir, votre programme, c'est d'en-
rayer it jamais la dilapidation ; car son but est de rechercher













-4-


et de punir les abus du Goulvernemoent precedent (1). Que
tous ceux qui out pris, avec ce sans-gene insolent, la fortune
publique (iHaiiens ou strangers) soient s:everement punis!
C'est la deuxiime fois que des banquiers strangers prennent
cctte voie malheurcuse ; il v a lix ans ils oiul 61t cdndamnes
it des peines inftimanles :coinmmn la faule est aujourd lui plus
grave, puisqu'il s'ailit de laux litres publics, que le chlifii-
ment soil plus grand Nous avons un sibcle d'existcnce et
nous nc pouvons plus persister dans cell voice miallieureuse,
que I'tranger nous exploile scandaleusement en nous me-
narcant de son canon,
Quand on compare, Mousicur Ic Pr6sident, I'liisloire de
la preiniere ann6e de volre GoluverncmenI, i cclle que j'a
trace dans le Li ihb'rl des sept ans du r h'gne tvra;nique,
imnioral de Sam, on est oblige de reiiionter : vos anltct'-denls.
C'est que vous avez pass(', volre enlance au milieu (e
queoques survivants des guerres de l'Ind(ipndanc(e :; de ces
hoimmes inltrepides qui firent mourir Dlessalines, parce (iu'il
dislrilbuit avec Irop de largesse la fortune publique. Vous
avez gardi leur iioralit0 rigide, leur vie aust're ; un pli pro-
fond s'est creuve dans vote caractlre et le people, habitul
aux scandals de l'ancien Gou\vernement, Vous voil, avec
surprise, aussi parcimionieux quand il s'agit de la fortine
publique qui large el donnant quand vous dislribuez votre
fortune personnelle.
Tous.. Monsieur le President, nous esperons que vous
conlinuerez dans celle voie s6evre, pleine, t la \vrit,
d'ennuis, mais qui reserve de la gloire et aussi cclte
immense satisfaction du devoir accompli.
Du reste, pour continier, aucun dln(ment ne vous manque*
Vous trouvez dans volre famille lous les encouiragemenlset, le
plus grand de tous, Madame Norl Alexis, qui, aprbs avoir
partagd routes les vicissitudes de votre carribre si inouvc-
mentle, suit d'un .wil allenlif les allaires de PlElal, auxquielles

(1) La Commission d'EnquCte Administrative confirm chaque jour
les d.tourncments que, il y a cinq ans, dans son journal < Le Libedra/ ,
G. S6journd reprochait A M. Sam.
















elle ?.vail tIi- iniliee d-s l'entaince par son feu-p're, uni
President Ides bonds jours.
Le people sur leqtil vous devez agir est le rmeilleuir du
inonde; d'tie idocilite( incomparable, d'tine ltmobililetide selisa-
tions si grande qi'ou le p-ull dil'iieri saus ellbols. C'est le seul
pays ofi la stalistiiqtie donned, sur 1.600.000 habilanlts, uni
inrlcnell i' par an et netil' vols siriples.
Les hiotiiies lon plus ne vous ri;lllnji ronlt pasI. .n pa'_
courant ls ls istes des dciix Associatios d(I Ccnteniaire oii en
Iroinve, et des centaines !
EIn prieiniere line, eli 1tcc ldes deusx Associations, avee le
litre de l'rsident d'lloinnlur, nill de int itls beai x pens rs,
il die ios esprits les pls s p couples, les pius g'lcienl, un
hliotiric pri'cieux qieV Yolre EIxceillrPc a rnonire aun Pas sons
in .joil notivel ;ii M. ni'rltitie, qvt i, appei ( pati' l]le ia i)(icp r-
ieitienl des Relalions EAixlrieiires, s'est fail en Irois inois la
plis belle reputatlion diploiiln liqiie el a laissl eelle impression
(qe, dalis its imlimeits de gr'lves coinplicaliois, son ju ienge nt
sni,. soni lIl, sa science. nouis liveri t o ni a 1.-s itenlL d einibarrais.
Coiiinni lPi'csideii d te Fuli tdes A. sociatiois, Fun de nos
deux savanli sel qii est de pius nii llisle, in fin lellI(re, M s-
lin levot, ui, ap.rs de olnt ;iies ann e-"s ti relitaile, dans itne
dotice solililde an milieiO des lives, vieil de reni'er dans la
vie active pour? donniir. pal sa collatorationl, plus d'ecl:t aux
f'-les dll cenlenaire. 11 rie semrble qiue ce -rand ha'lien
n'avalil laiss' Ie mondl lle ( pie ar digoit de la polilique ec(ozl-
ralnie de ces dernieire ainnii es, 1i quit noos est revenue que.
encOotura1 pitar ce. bean itioiiveimenlt qt(il a vu \Volve Excellence
susciticr coiiniie par t iinii lenii n. To til de suite apirs, inois
liroonis nli-re antre savail, cei holiiine d'une inlelliience
illiinense, d l Ine c tf ill ; d'iassiiiilali ili piissante, 3 le Docteur
L,,on Adainii. oranisantill des ConIPr'lences. prenant une partl
alive ani 10a li lU'io livemient d'(\olution. A coe66 d'Andainl
M- Solon tlinos qui, lii anssi. avail priis tine sorle fle relraile
apircs qluil etl pour soni inalhoet, mis son lionntelete e sat
science di ls Un Aliniisi 'e, etl sois in !- n al. lien d exiger Ie
















- 6 -


seul pose auquel ses connaissances aussi varies que
profondes le d6signaient lout naturellemnen: celui de Chef
du Cabinet et Direcleur de la Politique g6enrale.
Je Irouverais encore les Guilbeaud, les Deslande, etc. Vous
avezdonc lout, Monsieur Ie iPr'sident, encore vos beaux projects, le lcr Janvier proclhain, en ressais-
sissattdans cette flte los ides et les reves de ces li6ros que
vous avez connus dans votre enfance.
I1 n'y a qu'un eueil, Monsieur le Pr6sident. La (( flraclion
turbulenle ) de la colonies (trangere qui caloiiinie du reste,les
6traniiers honllou-i,--utanI qu'elle nous menace. Qiiulques
compatrioles. se l;4 ;-. 11ai it ;a r p;aI r eux, [pe'rst'culent ceiix-la
qui diseit la vxril .o dois a celte coalition inoufi';al n es d'exil
et -la liaine de ceux qui in'avaienit connu par tes joulrnaux
fond's( contre imoi par cetle lie dIc la population.
CerCes, il inous f'aul Ic coincours de l'tranger, nais
l'ctr;anger lonnlel, serieux.
Yolve Excellunce apporle un t'l(inent nouvealu : I'htonnlct'elt'
dans l'Adminislration ; pour qu'il deineure. il fautl i'Fefoulcer
vig roiii'(s' :,iin .il, on frappant s1ivreiieni tlous ceux (iui out
crie la inallieurouse situation -i laquelle nous devons d'Olre
aujourd'hui calomnii (s el qui, (,-n 1901, o\uail diiiiinu; notre
coiimmnerce de '16.000.000.
J'ai l'honneur l'tire, de Yotre Excellence,
Monsieur le PrOsident,
le tris liumble et tries devout; servileuir,
GEOII( ES SEJOl'RINE.














CHAPITRE I.


1. La Rencontre. L'Accord. L'Occasion.
II. Le milieu. Le moment.



Le 7 Juillet 1802, au quarter de Plesance oint tait
*cantonn6 le 13" tigiment don't LI avaLt le commn;raiidment,
Petion, avise par J. L. Francois quo le Gendmal .1. J.
Dessalines venait d'etre apercu a p. de disi nce du
camp, se rend immn6diatement an-devant de -on ;incien
adversaire, I'accueille avec affabilite ct lui te6mim ne la
grande joie qu'il a de le revoir.
De-salines, d'un natural franc et sans dissmiiMi li.lion,
respond froidement A toutes ces avances C'est qlue. in ii I ti,
Petion est encore l'ancien oficieer de lig'-iud, I t'liant
capitaine qui, apres la capitulation do Jacinel,va v intiox
aimed s'exiler que de se soumlettre a Toussaint; lune
tenacity incoinparable, n'dtait rentre an Pa\ ,tnl'm;e
l'expedition Leclerc et pour combattre Tousssai, i t ijui
avait donnc le brilliant assaut a la Crtle-;A-Pim'l'r ,,itre
les troupes de Toussaint, que commandait da, II iort
Dessalines lui-rnmeme.
Petion, politique profound et d'une grande pe, I ociie,
comprend in 111diatement tout le lin flice Ci tr- J1 ne
explication serieuse, car, d'un adversaire franc. in i otient
une response decisive. Brusquement, come piii mel tre
Dessalines a l'aise, ii lui larle du passe, de Tu's;-aint;
Dessalines, avec insistence, le prie de ne pas rapjcler ces
sujets de desunion, de ne pas remuer la cendre oteinte;
mais Petion continue; il entire en plein dans l'expoi6 de sa
conduite et montre a son adversaire etonnd qiue, pendant
deux ans, Toussaint s'ctait constaimment servi ('une
parties de sa race pour en dcraser l'autre; des esclaves,












- 8 -


pour restreindre le pouvoir des affranchis ; quo la colonies
devait a Toussaint la suppression des 3 jours de franchise
de travail la semaine ; l redallissement de cette police
rural si odieuse aux cultivateurs et aussi celui de la peine
du Ibuot; en somme l'aholition de tous les privilIges que,,
par des combats sanglants et.par une lutte heroique de 9
ans, les honimes de couleur(1) avaient obtenus en faveur
des mal;hereux.esclaves. Tout en rendant hominage au
genic de 'Tolssaint, h ce qu'il avait fait d'Cclatart et d'ad-
mirable, il inor cependant que depuis la guerre centre
Rigaud, cons.-i',nment ou non, Toussaint, flattC des
advances des colons et du grade qu'ils lui avaient confere,
avait delaiss Jla cause de ses freres pour ne servir que
cell des g, ands pl.anteurs.
DIessalinos avute quoe, toujours, it avait dlsapprolvc
cette tenda;nce de son ancien chef et qu'il avait liiuprise
la cause des grands planters ; toutefois un doute subsiste
dans son esprit ; son nature franc et qu'aucune culture
n'a railind, lui fait obJjecter que la parole une ftis donnce
on est traitr e do a reprendre et qu'il ne pent pardonner
a P' tion d'avoir lutte centre l'ancien (Gouverneur-Gcndral.
C'est alors que, crauig-nant de no pouvoir convaincre son
advers-ire, Pction, perdant de son calnme,-li dit presque
violermment: .Ie ne pIonvais pas appuyer le.Col. Toussaint
v centre les intdi'rts de ma race; d'ailleirs, ponvait-il
D computer plus que io sr la sr incedrit des blancs lui,
t leur ancient esclave ; quand, moi, je n'ai m11nim(e [Is eu
l'amiti6 de mon P1re, par cela soul que to sang africain
, coulait dans lnes veines .
Dessa;lines, tounce par cet argument et profonddnient
emu, lui tend !a main : Tn as raison mon fils, lui dit-il,.
Dbs lors, le pacte est conclu. Co ne sont plus deux adver-

,1 Hommes de cculeur": On designait sous cc nom les affranchis
noirs ct mu'itres.












9-

saires en presence, mais deux amis Ibien plus, ce sont les
representants autoris6s des deux classes : la classes des
affranchis et celle des esclaves; les deux branches de la
race haitienne, c'est l'union du mul'ttri et du noir.
L'union fait la force II ne reste done plus quai' tracer le
plan dans ses inoindres details, poser la base des opera-
tions, rcclhetcier les moyens les plus certain, les plus
prittiques d'assurer le triomphe.
Petion ne se tient plus de joie. )Dej, dans son esprit,
Dessalines est de la revolution. Aussi, tavee fuelle temerite
d6veloppe-t-il le project qui, pendant \i .anuit et jour,
t'avait obsede, avait trouble son somme- 'aitcanchisse-
ment de sa race, I'Ind6pendance pour son IPays.
II expose at Dessalines que, devant les provocations nou-
velles des colons, devant le fait, certain tpour tons, que
lesclavage se rdtablit au fur ett t inesure commune avant la
Beivolution francaise, it est impossible que les airranchis
laissent egor.,'er comnme de timides brhbis des malleureux
parmi lesquels ilscomptent,du reste,des. parents,des amis.
II mlarque e qe e point capital, c'est l'etente entire l'af-
franchi et l'esclave et la iprocription de cette division en
castes. Lui, conduit dans le mouvenment tots les honumes
de couleur (altranchis noirs et lmulires), lbeaucoup d'es-
claves du Sud ; ii rest it D)essalines i rallier l'ancien parti
de Tonssaint.Pour luiil est impossible (que tant d'clements
combines et diriges liabilement, ne condnisent au succs
d6finitif. Ainsi, Iessallines et luisetront les literateurs et
les chefs d'un people libre, les dgaux des souverains.
Dessalines anssi trove le project grandiose ; il y adhere,
it I'approuve; depuis longteinps d(jai, il v avait pense ;
mals est-ce possible ? La France, par de brillants success,
vient d'illustrer nne fois de plus ses armes ; les soldats sont
sous cette emotion puissante ; its ont cette filvre de con-
quetc. Petit-on.les vaincre ? Et puis, les esclaves out repris
depuis deux ans dcja leurs anciennes costumes; et sous












- 10 -


quelle ferule avec quelles menaces I n'y a plus d'arm&e
organis6e Pas d'armes I
Mlais Petion, plein d'esperance, faith part t Dessalines de
toutes les confidences qu'il a surprises dans son camp ; des
iiesures vexatoires dejA prises par Leclerc et de cells
plus graves encore qu'il se propose de prendre. Cette
tyrannic seule fera plus pour la cause haltienne qu'une
longue propag ande.
Convaincu pa; tant de raisons justes, Dessalines promet
son coflcours. (ojl. Aofitera de la premiere occasion favo-
rable. .t
Aprs' cet enutleien ils se separent joyeux tous deux. Uls
caressent leurs rives, ils vivent continuellemnent avec. et,
chez eux, cornme chez nous tous, plus que clez nous tous,
car ai ce nonioent la vie etait intense, 1'idde g'erna vite. Ce
travail subconscient qui se fait cliez l'hoiiiie, cette idee
que 1'on depose dans le cerveau et que longtenlps aprbs
on volt apparaitre avec tout un appareil solide, toute
une nuce d'embranlitcments, de ramifications ; ce travail
puissant prepara plus que toute chose les canmpagnes de
l'lndependance.

I'Occasion. Deux niois apres cet entretien, Dessa-
lines ktant al6l an Cap liver it Ieclerc le general Charles
361air, pris les arimes Ai la main, rencontre Petion. Celui-
ci est outr- de l'execution doe ancientn proteg6 de Tons-
saint; it voit une cause de rdcolte imiiediate, mais
Dessalines lui demand d'attendre son retour it St-MIare.
Attendre Attendre Au nioins si l'attente pouvait
n'etre pas lonIlgue
le6tion souflrait horribleinent. Apris avoir vu Toussaint
suppruner une i une toutes les libert'ts qu'au prix de tant
de sacrifices l'ancien t( part des honmmes de couleun r
avait obtenues pour nos mallie-mreux incetres, il devait
assisted au retablissenient de I'esclavage hidcux, voir












- II -


d6truire ses anciennes conquetes, effacer tout un passe
plein de gloire pour lui et pour tant d'autres !
Et puis, pourquoi c tre chef d'une troupe d'esclaves
deguisde sous le nonm de ( troupe colonial n Ces soldats
n'avaient-ils pas montre autait de courage et de grandeur
d'Ame (lue les eunopeens? En les affranchlissant,ne serait-
il pas chef d'une troupe libre ?
L'dtat hideux de sa race, ses projects d'avenir, tout
bouillonnait en lui. I1 6tait A ce moment de la vie que
connaissent tons ceux qui combattent. ci4i luttent, oft on
se sent conmme Iris dans un rats, ense ( parp des milliers
(d'argnuments. convaincants, puissants; L Xant agfir, mais
n'en avant pias les moyeus, routes les issuess seombl;int
fermees; et alors, vous souhaitez de voir la terre s'ouvrir
sous vous et vous engloutir ; mais, que, dans ces moments
de desespoir, la moindre circonstance se present, vous
vous ruez dessus ; et, tctte baiss&e, vous vous lancez dans
l'aventure, d'a;utant plus gr:ndilose I vos yeux, qu'eile
parait aux autres folle, irrialisable !
('est dans cet dtat d'exasp6ration, n'attendant que
l'ordre de Desessalines pour abandonner 1'armee francaise,
qu'une circonstance, insignifiante en apparence, vient
jeter Petion dans F'action, dans la lutte tant souhaitde.

L'Occasion. Le 13 Octobre 1802, i IBrdda, avant-poste
du IHaut-du-Cap, un otlicier francais,revenant de mission,
fait une halte devant le quarter pour laisser reposer un
instant son chival t arrasse.
Jetant commne par hazard les yeux sur les 6curies, il y
voit le beau chleval do capitaine Francisque et ordonne
q(u'on le lui conduise en change du sieu. Francisque ne
respond pas ; mais l'olticier se montrant inconvenant,
Francisque lui dit av-e came : Vous pouvez le garner a
la pointe du sabre, Monseigneur ,
Une violent querelle dclate et l'aventuricr ne trouve











- 12 -


d'autre preuve a donner de sa bravo'Ite que cette r6ponse
x Je Te-remarque etje sauraiTe r ,nnmander a( l'anliraln.
Ce qui signifiait tout simplemiienf i,'il allait par sa denon-
cialion, fire noyer le capital ,''rancisquie; car pour
s'assurer de la fidelity des ind e es et les imaintenir dans
le respect des lois francaises -e contentait, au moindre
prdtexte, de les arreter et d- leI. fusiller sommairement le
soir on plus implement encore, de les noyer, ce qui upar-
gnait quelques ca'rtouches ': la m6tropole.
Petion, jusque-l '- (i!ine, s'emporta devant la menace ;
4 Ah I dit-il. c -ort jlue tu nous reserves a tons
, e'tre oyvls ; ,,l,ien tu verras?
Trop heureux de perdre nn otiicier de l'importance de
Petion, lejeuneo apitaine pousse de ['avant son pau\re
cheval avec fobr-. coups de fouets et d'eperons. 11 fait son
rapport au co ,iandant Claparelle, lequel le transmit
an General ( auzel. I lmlcdiatemenit PItion est mnudd
aupres de ses superieurs.
Se doutant du Ibut de cette invitation et comprenant
qu'h un, nea re anssi avancee : (4 heures de l'apris-nlidi)
ii serai iLue pen d'in::tants aprds, Petion prevent Jean-
Louis "ianois, ce brave et ddvonu soldat qui combattra
jusq' l'Ind6pendance et servira sous les ordires de Pdtion,
co' ie aux cotes de Rigand, avec honneur et hardiesse
i' cident ensemble d'cntrainer le soir inlime le 13e a la
.iection.
Dl)s le depart du colonel, .1. .. FIrancois appclle le
caporal Germain, lui communique son plan; puis, sons un
prctexto frivole, le frappe en presence de tons les soldats.
En toute I itee le caporal se rend chez Ie CGdnral Clan/
oft ii demnande a voit I1ition. On l'introduit et la, simu-
lant une grande coldre, it raconte son different avec .I. L.
Francois. II s'emportoe miesure que son colonel essaie de
le calmer et ajoute d'un ton menacant: ,Si vous ne venez
) mettre un term a cette alfaire vous verrez mes
, camarades sont indingads !













- i3 -


Le General Clauzel, surprise, rcnvoie Pdtion au quarter
pour mettrefin a cette malheureuse querelle ; avec le
plus grand calme le Colonel se retire, en essayant de
convaincre son subordonne et nui reprochant son
insoumission.

Le milieu. Voil), en resume ce qu'il tait :
Des 1785, un creole d'Aquin, Julien laymond, avait
adresse un minmoire au AareIchal de Castries, Ministre de
la MarIine,pour lui d emander i, assiw'lation des qflranchis
aux blanics, et A l;a Sociatcs des Amis des noirs !? pour
proposer .( 1'lmajcipation parlielle des eselaves c ,. Vincent
)Ogc tratvaillait aussi dans le mi me sens, mais aupres du
SC(lub Iassiac ,.
La M1Itropole se bornait a atermoiimer, pendant que, a
laiti, inmigncs ( de I'insolence des esclaves (oi voulaeint
dveniir lours sellblables les grands planters pillaient
et ll assacraien;. C'est, par exelm7 e, au C(ap. l.acomlbe
qu'on ( nvole A la potence. An Petit ;' .voe, on massacre un
euroupeen, le Scndchal Ferrand ae iiaudiires,accus6 d'avoir
rdig e, uine petition en favour des homes de couleur; A
Aquin, c'est Labadie. don't la nmaison est pillee, et qui,
frapp6 de trois ballet, est ittache it un cheval et mis a la
torture.
!1 va sa;is dire que, devant ces humiliatios, ces nti lheu-
reux ess.iieront de se rexvolter Jaux Verrettes,par exemiple;
meals, ft'eilement ecrases, its seront supplicies et, pour-
terroriser les populations, les colons front quelhnes mnas-
sacTres : tu (;Lap, ia Fort-Dauphin, au Petit Trou des
Baradires.
Cepenidant, le S Mars 1790, l'Assemblle Nationale rend
un decret : (( dlil,'mivi les Ivualidt .'a cessai'es pour
avoir les droits des citoyges actifs toes les leiomiites ages de
2 'I as accoJiplis, propridtaires d '/nme'bles oi, contri-












14 -

buables n (I). De Gregoire insisted aupres de l'Assemblie
pour tblir daus le decret ( exprcssment les droits des
homes de couleur ,. L'Assemblee, i une grande majo-
rite!,juge la motion inutile, le texte 6tant assez clair.
L'arrivee it St-D)omingue de cc decret pousse aux der-
ni6res limites la division entire les grands planters et les
( petits colons ,.
Les grands pianteurs ne laissent pas de poursuivre les
homes de couleur. A Plaisance, Astrel est oblige de
s'enfrir; an Fond-Parisien, a tcte d'un Desmars est fise
a prix. ce qui passe tonte sa famille i la revolte.
Puis, grands planters et cpotits blancs v d'nn coin nun
accord, refusent d'obeir an decret de l'Assembll6e
National.
Au n)inmm moment Vincent Oge deharque au Cap, ay ant
pn quitter la France ct I'Angleterre, malgro les ordres
s6v6res qui avaient etc donnes d'eimpClcher son depart. On
vent I'aLrr3ter. 11 se refugie t la (;rande-liviire cllez J'an
Baptiste Clhavannes. Desormais, cs deux lh6ros vont uItter
centre les troupes europeennes avec 1ne intrepidite et une
hardiesse incomparable. Ecrases pl!r le nombre, ii se
reufigieront tous on terre americaine. (0ge, prisi IHinche, le
20 Novejmbre 1790, avec 23 de ses camnarades et J. 1. Chla-
vannes et Louis t St-Jean, seront livres par les autorites
espagnoles, ramenes an Cap oftil [s periront do P'horrible
supplice de la rone: les 25 et 26 c6vrier 1791.
Le 15 Mai 1791, apres lecture d'une lettre de .lulien
Raynlond, I'Assenblee national rend tun dclcret ordonnant
Sl'adumission dans l'Assembhee coloni;le des sangs-milecs,
s nes do pares et m6res lil)rcs ,.
A l'arrivie de cc dkeret le 30 Juin, les colons protestent
et refusent i la France le droit de regir les colonies.
Les homnces de couleur, exaspcres, tiennent. plusieurs

(1) DIcret de I'Ass. Nat. S Mars 1870. Inst. du 28 du meme mois.














- 15 -


reunions (7 Aofut, 't Mirebolais; 21 Aofit, aux environs de
Port-au-Prince) et d6cident de recourir aux armes.
A cet effet, ils se reunissent sur l'habitation Dieque oud
ils procedenta 'Pilection de leurs chefs : Beauvais est
nommn capitaine-general; sur sa derande, Lambert lui
est adjoint; Daguin, major-general ; ligaud qui avait
fait la champagne de Savanah, colonel" Pierre Coutard et
Marc Borne, commandants; Petion, capitaine d'une
compagnie ; etc. (26 Aoftt).
--Le 26 Aofit, insurrection des homes de couleur it
Port-au-Prince, it Jacmel, an Petit-Grave, a l'Arcahaie,
au Petit-Trou, aux Cayes.
D)jit, dans les planes du Nord, sons la haute direction
de Toussaint-Louverture qui faisait son entree dans la vie
politique, t'insurrection avait commiienceee I, 22 Ao-it,
Bouckmann avait fait incendier les cases des habitations
Turpin, Flarille et (Clement, .ean-Francois, Biasson,
Bouckmann Dutty, Iillet, commandaient les troupes.
Les colons, battns de tons cAtes, vont signer la paix,
reconnaitre les droits des homines de couleur, accorder
aux malhetireux esclaves trois jours de franchise de tra-
vai1 la senaine, la suppression de la pine du fouet.

Voilh par quelles luttes on avait en des concessions ; on
luttera encore plus pour les maintenir.
Lors(qne, g'racie t. Toussaint, on les eit abolies, Ieclere
crut (lu'il lui sfllirait de renverser Toussaint lui-imime
pour re)plonger la colonies dans F'esclavage horrible.
Mais notre genie politique, part en captivity an fort de
Joux, les circonstances mirent en presence : Dessalines et
Petion.















CHAPITRE II.

I. J. J. Dessalines. Alexandre Petion. Menaces
de rupture. Le Drapeau National.

Delji, par le premier chapitre, on a pu juger de la diffd-
rence de caractLres desux gonc'nraux.
Dessalin(s. Dessalines don't la figure est heureuse-
inent connue partout Haliti, grace a un jeune sculpteur
de talent, avait une volontd immense, une grande
intelligence ; mais, malheirousement, aucune culture
intellectuelle.
Ceei explique ct fait excuser bien des fails que l'on a
reproche's A tort t cet illnstre (;lnral.
On Ini en vent surtout d'etre demelnr aux cuts du
(ouveirneur, bien que voyant celui-ci dans une lutte
inalheureuse, mettant son gdnic politique au service de la
cause de- grands planters centre sa race ; puisque Tons-
saint lutta, tour t tour, centre les aff'anchis, pour res-
treindre leur p)onvoi ; et, apris leur defaite, centre les
malhurenux esclaves. On Iii reproche les lenteurs tu'il a
mises a se separer de larmie frtancaise pour onvrir 1.es
campagnes de L'lndependance, pour prendre la haute
direction de ses malhliureux confgeneres centre le systime
hideux de lesclavage ; et on a voulu voir dans ces heLsita-
tions, la penr de perdre une situation certain, puisqu'il
etait general dans les troupes coloniales, la vie mnme
peut-Itre en s'insuorgeant.
De tels arguments ne sont pas fond(is. Dessalines fur un
chef consid-rahle ; d'une dineigie immense (lu se dcve-
loppa a measure (iue les dvinements s'aggrav6rent;
d'une tenacity qIui ne cda en ricn devant les dchecs : d'une
bravonre si grande nce, partout, il expos a s vie, toujours
en teL de ses trouipes,les stimulant, se ruant sur l'ennemi
ario de les entrainer.


- I6 -













- 17 -


Nature franche, inculte, sans ralinement, .;(ans analyse,
il ne comprenait pas que 1'on pouvait reprendre sa parole
et abandonner un chef, quand on le voyuait fire un nsage
mauvais des forces a lni conlides : c'est cc scrupule, q(ue le
manque d'instruction expliquc, qui le retint aux ciues de
Toussaint.
Ce brave, que Ic manque de culture rendit tinmide,resta
avec l'armee fraancaise pour ne pas en trainer, lpar a detec-
tion, des represailles sangltates centre les esclaves. Son
esprit mit longtomps 'a coinpuindre que des bandes d'escla-
vesarnes de (, cannes de, p pi[ques ,*, de ( hmoues ,; de
P pioches', pouvicent r6sister aux troupes disciplines de
la France, iqi a Sa;mnalh,. peu de temps anpa.ravant,
s'dtaient, couvertes de gloire ) (1); arriver, par de longues
et pcInilles conquc'tes, it leur enleveir des arnes et s'en
servir apres centre eux.
P6tion. Combien ditffrente est la figure de P6tion !
C'est 1'esprit anudcienx, c'est I'hommuc e routes les aven-
tures folles et grandioses. N6 de l ,re blanc et de Mere
n6gresse, il a pmu echappor aux rigneurs de l'esclavage et
s'instruire. Ses etudes de droit lui vaudront plus tard le
titre de v, Iro.s lecgislatear de l1Hati.
Si Dessalines, noir de pure race, n'avait d'autres griefs
contre les colons qlue de les voir nmartyriser des esclaves
,noirs comume lui. et rcduire t l'ab; tissement des hommnes
qui, dans les moments dilliciles, avaient montre plans do
courage Ce de g'randeuo d'a[e que des soldats europldens,
Pdtion avait un grief plus serieux,un stimulant plus ener-
gique : son amiour-propre 6tait en jcu; or, c'est l'nn des
cites foibles de notre race. -- Fils d'un black, it se voyait
nmpris6 par les congen6res de son pere. Parceeque sa peau
dtait color~eo, on subalterne tI dedairgnait, lut, grand capi-


,1) Expression de Napolon.












- 18 -


taine evant tant de petits faits, ii perdit toute limited et
voua i la race de son p6re une haine violent qui ne cessa
qu'apres les guerres de l'ndependance. Pendant deux ans,
la Metropole le trouva un adversaire puissant; assez
instruit pour pedntrer les desseins du Gouverneur general
Leclerc, beau-fr're de Bonaparte, assez intrepide pour les
d6jouer, les annuler.
II avait su con-quCrir I'estime, le respect, gagner l'admi-
ration de tout le part, de ligaiad, de la classes des ( hom-
mes de couleur en g6ndral, par son affability et ses
prodiges de valeur. Tous se souvenaient de la facon gran-
diose lont il s'etait porter au secours de Rigaud et de ses
amis enfermins a Jacmel,en sautant d'un voilier en march
dans un cannot, sons une pluie de projectiles; de la tacti-
que sava;nte qu'il avait 1iise a couvrir les troupes a l'(va-
cuation de Jacmel.
On Ie savait aussi brave, intrepide, audacieux, tdnicraire
1lImeI. ('est ainsi qu'ctant a jouer aux dames dans un
fort avec un lieutenant, it voit tomber a quelques mn6tres
une hlombe tous ses camarades se sauvent, pendant que
lui, trai.nquillement ramasse les pionsjetes par son parte-
naire dans sa fuite hiAtive, et, apr&s l'explosion, rappelle
ses comnpagnons avec force ironies.
Ce c;iaa;ctre railleur, mordant, cot esprit caustique,
d'un persililage continue, d'une ironic apre qu'on dirait
de la satire, cc fut le grand ddfaut de Pdtion. IL s'aliena
ainsi l. sympathie de Rligaud. Etant capitaine sons les
ordres de cc general, il lui conseilla, le lendemain de la
d6faite des troupes de Toussaint Leogane, de continue
A poursuivre l'ennemi. I1 dut, devant un refus formel
subir la volont6 do son compagnon d'armes. Mais, tout a
coup, voici que Toussaint revient a la charge.,Qu'est-ce ?n
demanice avec empressement Higaud. P6tion ne trouve
d'autre response quo ces miots : ( Vous me rappelez Praloto
le jour de ma dcrniere victoire sur lui *.Peu d'heures














apres, en effet, les troupes de Rigaud abaadonnaieont leurs
positions.

Voilit les deux Gener-ux qui, associ&s, devaient arriver
i ce resultat admirable. lUs se broullirent une fois,
mais serieusement : ce fut i l'occasion o'un drapeau.
L'avis de P6tion etait que, pour marquer it la mdtropole
la fermie volonte des esclaves de fonder un patrie nonvelle
ofu la race noire serait lilre, une premiere measure s'ilnmpo-
sait: Ie rnoanceenl au dra;peau fran:ais, la creation d'un
nouveau drapeau.
D)essalines, pour les mitnes raisons analvysees au debut
de ce chapitre, hdsitait.

Cependant, t l'Arcahaie, une circonstance vient leureu-
sement determine De:-salines. Au course d'une bataille,
un drapeau de 'l'arnie des( esclaves tombe aux mains des
francais qui se hiatent de s'en servir cono e (d'une arme
pour entrainer dans leurs camps les esclaves h6sitants
et ceux jusque-lt en dehors du miouvemenot. Vous
) voyez leni, dis.int ils, vus Ifreres ne luttent pas contre la
n metroiole, puisque its ont conserve nos couleurs ."
Devant c(e fait, conlirmc par plusieurs t6moins, Dessalines
decide que le drarea;u sera moditfi. Conmne, pour lui, les
3 couleurs ml'aruaient l;a reunion des 3 types d'homines
de St. D)omingue : le noi,. le blanc et le mulatre, it dcdida
d'enlever la bande blanche et de conserve le bleu et le
rouge, symbol de l'union intime du noir et du mulatre.
Plus tard, 6tant eiper)eur, il remplacera la coulcur
bl)uc0 par la noire, mais toujours verticalement.
C'est Petion qui, devenu President, remettra les cou-
leurs rouge et blleue, cette Ibis borizontalement.
.insi, a un moment oft le prcju g de couleure eit dtd
excusable, tDessal;nes, noir de pure race, sans instruction,
malgr6 I'exemple des commissaires civil qui, pour perdre


- 19 -













- 20 -


notr,, cause, iava\ient oppo.s- l-is deux i brli'nclies do la
family tl I ;it ine, ent I'intClligenc de dc dai,, uer un
prl ju'ie iis( uin.
Pct ion a nssi. ([iul vent que, pour avoir la pii (in plin (m1 mons ctoloice,
onil es.t Imiins frcri eot memiiiihr d'uico niniie finille.
C('st en 'ilecvaiit aii-dssus de e pri' jii' e ii'Jiiii Iqei
ces ldeux i, iraix nim.:. fiir it in 1rce et piirecnt nous
affrancIli'i. Si Ian co( uI'S ni ti'e premi(ir .i:-cle I l'!ndi':pei n-
dal.nc 'ette qlue>tion l' t soiulevicc, (ll i'ovitit toutcs les
Iois oii d'amnihitieuix ra;nt d'exploiter 1'igno11 dance d la
masse, on tie .,nc:ns tar.s, l-inranut :ette diversiioi [)pour
touriet les sIn ts contre n ol 'hionrin'-tc cit en elet profitfer
dt e m me i ln lt pout r s pillct r liont tilse 0 eti rit l pays. ("est
ainsi ltlee Ic is victint do Sani. A.ijouiirid'iIi tons i. es
comlrpatr'iotes doivent 1'avoir reimtiarqut ac.t'e a.ux savants
travan x du : la cou iiissiln d' l'Kiiu"tc 't re reittlt I lo'a har-
neiinnt avc lIqnel ils i'oit peirscrutc peI)dILnt nion lonc
et iiallih iie n x exile. I


1) 1);ns le Libral, j'in;crivais coi)m e candidates libeiraux a :. Pr :
dence: Plesance, Nord Ale\is.












21


CHAPITRE III

1 Janvier 1804. Notre etat moral. Une race.-
Un people. Ce qu'il faut.

I risulitat, c est, a uprs des latailles htroiques, I'lndd-
pendanc de i aiti, l; liberty !
l'.lan\ier 1904 I'\evincuent capital de ltli;stoire de la
race ioire a pour point de dtpart cotte date. C'est aux
(,naives (llaiti). I) 's heires du nmatin les tiroupes, tael-
Iours ct clairont. en tOte, courent la vii( one tout sens,
)poiur reveiller le pellple entier et lui announce qu'uln ta.it
des plus imiportants de l'l1istoire dc, 1'lninii anitd v\a s'aceoul-
plir I (iin'ne race' tonte-onticl'e, jusqu i ntlintenn(' da;ns
I'esclavagt e le plus abject, allait jpaser Ia l la lierte.
Les iiieinloires de I'po),que, qui sont lnallileur(llsemnent
pen notmbreux et qui, etant des re6cits de second plan
insc(rits a des histhorjiens vers '18-10, n nous dor nent ique
[pen dc details siur ett(cjouirnce d( 1' .lanvi r 1801, ntus
fbnt regretter lta frai(cieur pa'rticuliri' aux iInpr (ssions
trins,: its ;ailjour le jour.
'lTuntc l'ois nous rcvo\ons tin pcu nos ancitres ; los uns en
grinilles; d'ntres. convertsde blessitres et, nn petit
nonlbre. blien vw-tus, proliablemient d'haliits alia;ndonn(,s
par; l's 'r'aniais en d11 rnte; ils (ont c(urn ai(ei eminress,,-
nient at lat Place d'.Ar nes, tt,t leurs youx sont lblou:i.s pa1r le
11atin oiemnent lds vOltemlents nilitaires nenfs.
.e riveil, tonj(urs d'licieux (lda.ns i(,s pays oft, dos )
heures du ma tin, le soleil met iune vie intense, hlenr l'.rut
incomparil;le cIle jotr-lh. (Cette lhelle nature. ces v rtes
monta;g'nes i'ills avaient engraiss(ees de leur stang 6t;aient
Sit eix Iaintenant: de bhtes de lablounr, ils deven;.aint pro-
Ij'ietauires ; d'animau .x, n'a ant di' commtnitin ave ic l'o1111m
(|ne la parole. ils devenaient hoiini s. les soCS blables les












- f220 -


-ga'ix de lenurs inaitcres d'liiei'. La colol;rtion do leur epi-
dermill n'6tait plis line injure !
Touteesces sensations,v iolemmcent suscit6esles griseri nt
coinell des vins c-ipitenx. Ol ils oublirent letl alfrl'i se
iiiiere S'ils 'nmilrient des repr6saille.s sii. i loirs Lbour-
reaux tde l.i veill. ils oppos lrent la. p ine dIi talion, qfn'on
le ler pairdo.nne. C'est liUe lai, race. ne s'etait pa;s constitnee
ienteileit clibz C x,. snivanlt Its phiIses rit'guli',res d'ine
evolution gradiie Tlolt cel;, d'nn coup, avait irusuiisec-
ie nt jaill i Le travail de p .lusieurs sidles s'6tatit op6or
en 19 jours !
Caet acte dc l'Inde).endance lii-eii ';ili, lst line merveille.
A njouiird'Iini, inos rprouvollns s.s invectives, ses l tmenacese
a lia ;r 'e lla;nc e. alais,;a l''lc loe,eces sellsations n'etalent-
eiles pas jultes ?
Ietllieieale, (laC; d I c;lamation qu l'on sent da.ns cett'
prose, nonus NliinA'(ent, mie(lix equ tolite antre close letat
d'a ile de cos hiros i ls n'ei'pron talent pas coiimmer nous
antreits liatitieins dlc(In&e6s d'aujoullrd'liui, des impressions
att6iinues. efl e'tcl es; aiit is ldes senlsations violentes et si
violentes que I'imcagi' a(ppara.it li dessous. Almiie, 2 mots
ftorg6s expert's (tl'(in y reneontre, marq luent que la lanngue
fran,'aise. limpide. came, no sulTffisiit pas 'i c(s esprits.
solildilent trelpilpfts, at cette- atmoslph;le qui raitpelait
ine tIivei, I. ces pCensll s quni setmbliielnt des conulees do
metta1. eIn fulsion ; cet acte die 'Indiperlndani cc c'est notir
Mla.i'rsellaise ; et si nous devons en io'lcer quelques [parties
qii'e I tolilps a rendlun ridicules, du moins, ([le nouis en
.iardions Ie souI ven II' l'(prt'iensomentl !
Cette fatiile I liCtionne ven'eant ne race oppri mie
es rejetons, cos Jb;itarlds de I'Air'lriie et des colons fran-
tc;ais, ne poutvaient ;Iapparaitre ; la; lilbrtei' qli'avec ei\ivrc-
nient. avec d"lire, avec emli[iliase Empli-ase iqie les tini-
foritiles camari'6s iimaIi.iillent bien.
VoilI 10 Pciiple tinovean; sang 3/- ariain, quiart firan-












23 -


iais. II entire dans une forme d'Etat matl 6limlitec, 1qle
l'on alppelle empire, iarc( que Na poleon est emperl'lll.
( Cinrnle senLsations (t souvenirs : les hiumiliations des
co'ons : le mlassacre, le i'olit ; comI'IIe antecedeCnts,
l'esclav;age; :(1 1iniie evolution, lne irruption subite
seliblable en tons points une eruption volcanique.
In people qui, len(te ent, s'dnmancipe pour pa)ss('er a;'
1'l i(.lpe ndance, a; id;;;i des id6es, sui t une miitliode.
mittlode lento Iials sltee. ]Les Aiiicainis 111 Nord Sont
tdes Anglo-Sa xon; ils avaient trnlicid des lois, avaicnt
trLava1illc les ctalir ai.\va t I'lndle endancei Is 6taient
un11110 race vant d'(itre tn peu()le
Nous, nous n'dtions pas une race. mais les esclaves, los
victims n(es et eonsacries d's autrles 'ces: nous n 'edtions
(ii'un 611clelit passi, une sorte de cire, roecevan t I 'e-ii
preint e ti nos maitres. 1801 tnoii donnait doux illmenses
travaux at luaire : la constttiion Cd'ine race. la formation
d'un people.
In fait certain c'est lue nous omnllies. aujourd'inui
unc race lten af ii1mce, u1ne ;asstciaLtion de noiris fet do
mulAtres; une franche de l'immense r Nice alricaine, si
complex sous ss deliors de simptlieit. (O) teravaillons
de toutes nos lirces ,trte tn grand Peoiple, i inspirer le
respect, a' po{uvoir nous vanter d'i tre ldes negires de Hlaiti.
Au point de-vue intellectnel, nous sommes cionus,
estims ; on constate ue notren race est intelligente et
fait tous ses leforts pour saisir parfa.itemenit la. civilisa-
tion francaise.
Voil,' qui est arritet, et le sults rsl de notrte le sidele
d'l til'lped a nce sont : la constitution en race, uneo
immense faimille vivant sous un nmo'me I on-sens, avec dies
iddes g6n6rales communes.

Notre prenliter travail stera. oen finance. do deOvenir libre
hliangiste ; en politi ue. de siuppriimer les r voltes.















- 24 -


En 'Finance, nous anrons it rendre libros nos droiits do
sortie et d'entrLhe ne plus imposer notr. agriculture !
En poitique. il siif'lit, pour ifa'ire disparaitreo l j;i ainas les
rivoltcs, di crder la police. Sdrieiit-e police ouverte et
secrete. Pr'end1ro,. pour d zrc(essr(, nos 5,ijets, de (gr;LIIds
l)p licie('s eortlcin ens a,; police est li force de tout 'tat.
Sans elle, nous devrons toujours exiler; noul attcndre
surtout;'t des rIvoltes! Elle scile nos ass urera de la
paix, sans lqu el ennotro' commerce scra toujours 1me5 l;aci,
notre beau )pays, suspect i l'dtranger.
\oila desoriniais I prioglrallmme Ilildcral.


Cc (lIe non- devrons surltout 4vit!'. c'est l'li miliati on
de I'lgtranger Faisons le Lcoinmerie ;iveNc dCs "tats quni
nous ailment !
TraIspeiortons nos dennees c(1z en i[)[lie d(I caractie'
ipal.ifiilie qiii n r've ue de vic:tiros comiieirciales.
iotre pays et le pus le ps [rspi it le phlu richly des
Antilles; cherclionel'Etat pacilijquie t ipospio (ii nous
exig, le miains de I rals
1.a ,te-a -Pierot 'eut coulee th cainie du Markomiannia,
iiitUnl de cotmmllcrce! leiieiiiilr ti Markoiiiannia!.











LAMM BROS & C

ANVERS






Rlvei u mli Ir 'Ivers


Cacao. -- )einande bonne. inarcdi,
anihn on c'te par 50 k" Fr. 70.- 7 .-
Cafe. Marchde faille. (ualitc Ilaiti
c te par 50 Kgr. 48.50 A 65.-
Caoutchouc.- Mlarchl continue e dans
de bonnes conditions, prix par K0
suivant qualitC 5.50 a 10.75
Cuirs de boeufs. D1emandes en
bones qualities assez bonne: qua-
litds infirieiires ;aihle on cte par
50 1".
Saines. 88.-- 97.-
2*.. . Sl. -a 87.-
In1erienres . 72.- 80.-
Coton. Al;arlcb iner'tain, tendance
cependant .soutenue Fr. 145.- 150.-
Bois.
Miel.
Cire.














EXPORTATIONS

de la maison d'ANVERS.

Ciments Portland marques A\lille ,. Agnea;n >.


Chaux hydrauiique ni;n'ni'ue .\une;n ,.
Briques et builes oldiniii ires, firels 't due luxe.
Marbres.
Fers, Acier. ;tr''(,, poulltl's, poi nfcellre ^, L, : I, ft,',le
lines el fortes', rails. iles ,; Ilv; i fisCfs. lers bllanw s, arti-
,les en nbntes.
Zinc, Laiton, Cuivre.
Clous, Pointes de Paris, Vis a bois.
Mastic pour vitrier et a machines.
Verres a vitres,Verreries, Glaces brutes et.polies.
Allumettes en bois et cire.
Blanc de zinc, blanc de plomb en punidir et ;' I' linl


Minium de plomb et de fer ;ilssi en inittihn.
Craie en tontes fornbms.
Couleurs en ,geneal.
Bleu d'outremer et couleurs d'aniline.
Meches a lampes, fil a coudre et pour cordonnier.
Cordages, Sacs de tonute c;teorie.
Couvertures de line et coton, Toiles et Draps.
Armes de ehasse et de gue'rre.
Carton de paille et de bois marque u (;roix ronue '.
Papiers d'impression et de fan tasie.
Cartes a jouer.
















EXPORTATIONS


de la maison de VIENNE (Autriche).

Emailles quality suiperieure sans ploimbl)
Meubles en bois courb6 (genre de Vienne).
Cristallerie de Boheme.
Coffres-forts et caissettes.
Papiers et Papeteries de toutes les sortes, lives de
co)mlptabilite, copies de lettres, envelopes, crayons, etc.
Diamants ponu vitriers.
Lait condense, Biere, Conserves, Eaux minerals
et d'autres articles aliiientaiies.
Porte-monnaie, portes-feuilles et d'antres articles
de fantaisie dui dernier genrle.
Ceintures, cordons, rubans en line, cotton, soie et
caoutchouc.
Chaines en acier.
Porcelaine, faYence et majolique.
Porte-cigares, pipes en ecunie de Imer, ambre, bois,
etc.
Bijouterie fausse, Boutons. Jumelles.































1,~'I


-' A













HAITIENS!

Envoyez toutes vos denrees en
Belgique (a Anvers ;
Toutes vos commander:
Le CAFE. des Janvier, entrera franco
Le ...CAO, franchise
I cOIS, franchise.




Envoyez toutes vos Denrees

A LA MAISON LAMM BROS & CIE
A ANVERS (Belgique)
votre consul a Anvers, M. G. SEJOURNE,
controlera tout pour vous.







3 262 0U4325372 2












15 OLU E 1AS BEEN

LORIB LARIES.

































i
HE