La question haïtienne

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Material Information

Title:
La question haïtienne conférences et lettre
Physical Description:
54 p. : ; 22 cm.
Language:
French
Creator:
Morpeau, Moravia
Publisher:
Chéraquit
Place of Publication:
Port-au-Prince
Publication Date:

Subjects

Subjects / Keywords:
History -- Haiti   ( lcsh )
Genre:
non-fiction   ( marcgt )

Notes

General Note:
"Errata": 1 l. tipped in.

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
oclc - 23808365
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System ID:
AA00008901:00001

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372. 9
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(S VOLUME HAS BEEN
CROFILMED
TE UNIVERSITY OF
)IDA LIBRARIES.


UNIVERSITY
OF FLORIDA
LIB RAR IES










H QUESTIONS IIAITIENNE




CONFERENCES ET' LETTHE'


Me M MORPEAU
anr~crie Bartonnier de P'Ordre dfes arocot,l
anlcienl Dcputd du peniderl,
anciecn Sdnoleter de la Replubligne~, etc.

TIIur patr~iole a pour devoir
de conseiller et d'Sdifier ses
concitovens. .La voi la mneil-
leure pour y parvrnlprest crlle
des Ironfertnces, des livres et
lu I on exemnple.
:\ ~M. MlORPEAU, avcat.







CHFRAQUIT, MnParniun-P.DITEUR
1516, Rute du1 Docteur-AubrU, 1516
P'oaR-AI!- PamNes ( HAITI)
19~32

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Pages
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de: de lire du
o~xpension a expansion
lu :( la
Dominecains << Domninicains
1314 G 1914
ambricaine (( ambricaines
avanc~e < avanc6
avis obcepticin << avis-riPception
Toot Paissant << Toot-Puissant
bien etrr a bien-&tre
dilecto dilectio
salvastii << salvasti
predestinasti B predestinasti
Si Vincent << St Vincent


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LA QUESTION IIAITIMNE


Elle a priss naissance le jour, ob le gouvernemnent
hialfien, apiies tant de services rendus B la cause de
fi'ndependance de l'Ame~rique.du Sud, par I'intermea-
diaire de Simnon Bolivar, so? vit exclure do- CongrBs de
PANAMA, provoque, en 182, par cet etminent homme
d'Elat.
L'on se souvient que le President PBrion conribua
largement, au nom d'H-aiTi, & celle ind~pendance, en
lui fournissant des soldats, de! I'argent et.des mun~ition~s.
11 rdtablit I'enitente entre B~olivar et les chefs` de sa flot-
tille, quis'8laient m~me mutines contre lui, dans les
eaux de la rdpublique. 11 lui four~nit I'argent necessaire
g feur r~concinliion. L'hiat monie ainsi retrouvie a en-
traind la victoire finale, en faveur des peoples de
l'Amdrique du Sud.
La question hairiennee a continue g exister le jour,
ch une ordonnance du Roi Chrarles X imposa B la RB-
publique d'llaIli,, isolde, la reconnaissance condition-
nelle de son indipendance, moyennant la grolsse in-
demnit8 de cent cinq~antee miillions'de francs, payables
en cing ans. Elle Ptait danrs I'impossibilil6 de payer si
vite unie telle indemnit8, alors que bouleversee de fond
en comble par la gulerre de I'ind~pendance, la nation
se format au~ milico des ruines parsrmies de part et
d'autre. Cepenrdant sonl entrde a la vie national etait
edmise et reconnure de fait par les gouvernements, qui
entretenaient des rapport avcec elle. Car tte inde minit8 si
pesante avail en pour but d'arriter soni epsor commne
people.
Si le president Doyer maintenail, aprbs l'avoir
agr6e, le rapport de la commission Iniginac, qui reject











-4-

I'ordonnance. apr~s quatre jours et goatre nuits de pa-
triotiques discussions avec M. le Baron de iMackeau,
qlue ferait au pays le gouvernerkient. de Charles X?
Rien absolument. Cela retarderait la reconnaissance
officielle de notre ind~pendance par la prance, alors
qu'elle fat reconnue offciellement, depuis 1823, .par
l'Ambassade d'u gouvernement papal aupris do nbtre.
Jl est a noter qlue ce fait la lecture & Paris daris le 16grapheg, journal ofliciel de la Itipublique, de la cor-
respondance tenue entre les deux gouvernemnents au
sujet de trdile religieux proposP par notre St-P're le
Pape, qui d~termina celmi de Charles XY g agic pour
Bviter le fait accompli. On se rappellera qu'en 1a mpme
annee 1823, le President Monro~i, 8coivit sa memorable
doctrine contre les tenidances de la Sainte-Albiance a la'
colonisation des peoples Bmancipis de l'A mdrique. L~e.
gouvernement dea Boyer n'rivait qu'8 co~nfirmer l'ouver-
t'ure de tous les ports du pays au commerce de tous
les peoples sans excetiter, cette fois, le commerce fran-
Cais, pour q~u'une entente provoqude par celui-ci
ramenit les parties & de meilth ures dispositions.
L'accepLation de l'ordonnance par le president Boyer
eut des consequences fjcheuses pouiria Nation, dont
les inthrits forent sacrifibs. Cet homme c~lebre, qui,
par son habilet8, parvint 51 la fusion -de tous les Hai-
tiens et g IFuoita de l'lle, etait arrive en 1824 a l'apog~e
de la grandeur et de la gloire et avait oblenu les sym-
pathlies nationales. II s'humilia anx -pieds de Charles X,
a voir sa d~pbehe adressde a ce Mboarque et hurnilia
ainsi la Nation. 11 se crut oblig6 de dbcouvric nos mi-
seres. Depois, les -m~contentemneiits commenc~rent et
les prises d'armes se succbddrent, jusqu'd la revolution
populaire de 1843, qui fut I'aboutissant des fantes edi-
thries de son gouvern~emeid. Cepeedant a)ant constate
sa grande faute dans cette acceptation et I'irritaion
de la nation, iI eut la noble pens~e de se ressaisir. 11
d6savoua la commission haltienue qui, en 1831, con-
clut avec le gouvernement du roi Louis Philippe an
trailt8 qui fut cependant ratifib par les chambers fran-
Caises et dpnt certaines clauses outrepassalent ses
instructions. Ce fait Ptait plus grave qlue le rcfus d'ac-
ceplation de I'ordonnance de 1825. Copendant qu'arri-













va-t-il h la R~publique d'Haiti? Rien. 11 est vrai que
le gotivernement de ce roi-citoyen prdpara contre Hag-
ti une expedition militair~e et maritime. Un Frangais,
Ctabli & Haiti et qui s'etait alors rendu a Paris, ne
manqua pas, d~s qu'il I'eut app~rise, d'ecrire on mi-
moire dans lequel it ddelara qu'Hain~ etail capable de
se d8fendre et rappela I'dphec de I'exp~dition de LE-
CLERc. Quand ce memoire parvint au godrernement,
I'exp~dition fut contremand~e et se dirigea plut~t con-
tre. I'Algdrie.
`On est oblig6 de r~endre cette justice a Boyer qu'il
employa one bonne parties de son vegne B reparer la fau-
te de1825. On eut alo~rs le t~raite de 1838. Le rejet.de
l'ordonnance telle qu'elle fut prbsealde, au lieu d'an
traits de paix syriallagmatiquement disaut6 et conclu,
entrainerait-elle alors une guerre entre H~alti et le gou-
vernement de Charles X, si d~cri8 en France ao souve-
nir de la royaute reintegree en ce pays, au moyen des
baion nettes Btrarig~res ? NJous en doutons.
Dans t'oas les cas, vainque et obligee. par le fait de la
d~faite, d'accepter cette ordonnance, elle ebt conserve
son honneur saul. On doute qu'elle ful dt~faite, Mais
I'accepter alors qu'll y avait A l'6poque une arm~e haI-
tienne et que les veterans de la guerre de l'ind~pendan-
ce 6talent aux affTaires, c'8tait une hon~e ~nat~onale que
le President avait inflig~e au P'ays. A ussi le Pr~fiident
Moorod, dans no message ao congress ambricain, dB-
clara-t-il que son gouver~nem'ent avait trefuse de recon-
nattre I'ind~pendance de la Rdpublique d'Haiti, parce
go'un people, qui s'est courbe sous une ordonnance
octroybe, 6tait indigne d'8tre ad mis dans la society des
nations civilisdes.
P~tion, dont le gouvernement ne se trouvait pas dans
les conditions de celoi de Boyer, sut resister aux envo-
yes du roi Louis XVIll et il Btablit, d'ane maniere plus
pacifique et ferme & la fois ce que le rol Christophie fit
plus audacieusement, les bases de la veritable diplpma-
tiB halitienne: la conzsultationz prdalable duG people et dle
ses tr~ais in~tirdts.. En effer, sous P'6tion, f'ile 6tait divis~e
en quatre go~uvernemnents: celui de Petion, la royoute
de Christophe, I'6tat de fai t de Goman et la colonie es-
pagnole de l'Est, Il semble que la divine Providence ait













permis & Boyer de r~unic successivement toute l'lle
sous un sent gou\vernement, afin de former un front
usi, pour discater et agrier le premier~ traits de paix
propor8 a ce gouvernemient par le representant deDieu
sur la terre et refuser celte ordonnance im~posee. La
question halitienne o'en continua pas moins' a xister,
lorsqu'en 1831, le rapport d'une commission d u Nord-
ambri-cain concluail & la possibility du percemnent do
canal de Panama, tout en demandant I'ajournement de
ce project, jusqu'B re qlue les AmBricains du Nord eus-
sent poss~d8 des capitaux suffsanis pour une telle en-
.treprise. Le rapport a ajout6 que le percement achev8,
Haiti sera la clB de ce canal, oil devait passer desormai4,
le commerce du IMonde et que cette ile devr~ait aire an-
neree A l'Union Etoil~e. Nos Eouvernants, ont-ils on-
vert les yeux sur cette declaration ? La question hal-
tienne a pris de l'ampleur, lor~squ'aprb8s le rapport, sur
les aptitudes des Haitiens au self-government, de la
commission Mackensie, qui a visit68 Iile en 1833. le
gouvernementanglais', appreciant ce rapport impartial,
les efforts phila~nth ropiques de la society abolitionniste
de Londres et se rappelant I'acts ant~rieu r de la grande
Convention franCaise, abolit, en 1837, I'esclavage des
noirs dans ses colonies.
N\otre gouvernement d'alors,- mettant g execution le
testament de nos pires, les principles et les recomman-
dations de notre constitution, avait quelque chose h
faire. Se r~concilliaot avec l'opposition parlementaire
qui avait sa raison d'8tt'e et unissant les Ha'itiens de
toute I'lle sur une politique commune et vraimnent na-
tionale, il avait~8 pr~ofter de I'aide de cette socidt6 et
des bonnes dispositions de l'Angleterre, notre pre-
mibre alike, poor Cmettre, en principe, comme Mlonroe
l'a fait pour toute l'Ambrique, ( que le gouvernement
haltien considdre'rait comme inamicale la conservation
de l'esolavagre dans les possessions voisines de son er-
ritoire. r
De fait, quand en 1822, il reanit pacifiquement g la
Repubblque la parties orientale de f'ile, ne libdra-l-il pas
vingt trille eselaves noirs qui y subissaientle joug es-
pagnol? El quand en .1820, I'Espagne reclamna d'llaitli la.
possession de celle parties, le gouvernement ne lui op-















posa-t-il pas ~les principles de la constitution ha'itienn4
et le fait accom~pli ? Que lui arriva-t-il 8 cel effet? Hien.
Ce principle d~velopp8, avec l'instruction populaire,
I'6ducation national, le travail sous routes ses formes
et la vraie religion, devrait etre soutenu par' nos hom-
mes d'Etat commne un moyen pairiotique, un iddal d'en-
tente et d'anion de lous les citoyens pour emnpicher
entire eux la guerre civile. Ainsi no.; gouverneinents
devraient Btend re non~e intluen cecomnme pe ple civilIis8
et faciliter notre expansion nationale et territorial.
Un grand s~nateur americain o'a-t-il pas d~clar8 en
plein senat que les Antilles 4taient destinies a devenic
la patrie des noirs rdg~ndrds et de leurs descendants?
Chaque people a son idi~al. Quel est le nbtre? C~e o'8tait
pas aux Amiricains du Nord a provoquer l'abolition de
l'eselavage & Cuba et a contribuer g son ind~penidance.
C'elait a nous de le faire. II nous appartensit aussi de
contribuer a fI'ndependance de Porto-Rico et d'eqpipb-
cher sa colonisation par eux. Nous avons mranqu8 a
nos idt~r~ts de people antilden et civilis8.
L'iddal amBricain du Nord est < feste destine de tous les peuples de graviter vers
l'union 8toilde.~
Est-ce en leur ouvrant pacifiquement ses bras qu'elle
le congoit, on est-ce violemment ? Avons-nous bien 6to-
di8 la politique des Etals-Unis et celle des autres peu-
ples? En fair, lors de la proclamation de l'ind~pen-
dance ambricaine, en 1783, I'Union Etoilde Btait former
de treize Etats ou 6toiles. Ce -furent les rignicoles de
notre fle qui, fuyant tantit les bouleversements issues
de la grande revolution de 1789, en France, tantit ceux
des guerres civiles, se rendirent aux Etats-Unis et con-
.tribu~rent par les Bcoles et I'expansion de la religion
catholique a la civilisation yankee. Aujourd'hui l'Union
am~dricaine comprend quarante-huit Etats ou 6toiles et
est devenue un colosse de cent trente millions d'hom-
mes environ, avec Icquel les nations du M~onde sont
obliges de computer.
Haiti, la second Ripublique du nouveau M~ionde et
qui a contribute i en fonder tant d'au tres, di mi nue cha-
que jour, grace a une politique de sentiment, grice a
lan~gation des vrais intdrits du people. On dirait an










g8


corps devenu sans 1<^ te, en face de l'arbitraire Btranger.
C'est ce qui a inspire a NietiStowe, L'auteur admirable
de la << Case de I'Oncle Tom n, ces paroles mblancohi-
ques: << Eaiti, la patrie de Louverture, a g peine jailli
comme une source aboodante et limpide qu'elle no
s'ali men te plu set se desseche. D II sem ble que beaucou p
d hommes d'Etat haltiens solent heureux et satisfails
qu'elle devienne une .colonie ou un Bta~t vassal. En cela
i quoi out aboudti taut de sacrifices de nos phres?
Un auteur a 6crit que la revolu lion populaire de 1843
a abouti & 1915. Qu'il me soit permis de prouver le
contraire. Ce forent I'ordonnance de 4825, qui arr~ta
l'essor de la Nation et ne permit pas -d'em~ployer les
fonds du tr~sor i I'expension de I'instruction publique,
i l'encouragement do travail, au d6veloppement de
l'agriculture, de l'industrie et des ro~utes puibliques, et
la reaction vd~volutionaaire de 1844, qui nous valarenlt
1915.
Le President Boyer ne vosulat jamais d'une revision
de la constitution, malgre la reunion a la. Republique
des dissidents de la Grand'Anse, du rofaume~ du Niord,
de la colonie espagnole. La revolution populaire de 1848
permit aux repr~sentants de tous les d~partements de
'l'lle, depuis l'Engano jusqu'au cap-Tiburon, depais.
Mlonte-Christi jusqu'au cap-Mongon et A laBeata, d'y
donner une constitution vraiment national. Elle nous
accord l'Adilit8 communale, la prefecture qui s'est rla-
lisbe de nos jours. Elle est ~depuis & la base de tou tes nos
consti tutions, j usq u'& celle de 1932. Elle a Btabli le par-
lementarisme dirgeratique. Cette- revolution nous a
fourni deux de now chefs d'Etat les plus progressistes,
Geffrard et Salomon, deux ministres qui, dans le passe,
out faith le plus d'honneur i l'instruction publique:
HonorB Firy et Elie Dubols, tous les quatre signataires
d u man ifeste de Praslin,d es m inis tres co m tents i plu-
sieurs points de vue, tels que les Hippolyte Gelin, etb,
etc. Le premier maire de la capital fat le citoyen J.
Paul, le pare d'~d mond Paul. Nous som mes loin d'8tre
r~volutionnaire; mais nous coastatons an fait histori-
que. Ce u'est pas. Ia grande revolution de 17893, qui a
fait le inalbeur de la France contemporaine. Elle lui a
octroyd see plus grandes gloires et sortout cell de











-9-

I'8ttlancipation des peoples par la proclamation des
droits de l'hornme et du citoyen.
D~s qu'un homme politique arrive aux affaires, il se
croit en possession de son hderitage. It se croit tout. II
est un Louis XiV, sans les quait~s. II s'eotoure de sa
camarilla et il n'a plus besoin ni des conseils, ai de l'ex-
perience patriotique des autres. Si une peasde, une idlee
ne vient pas de lai ou de son entourage, cette pensie,
cette'id~e est d'an ennemi. De 18 a la prison et mime
a la fusillade, il n'y a pas loin. Oh soot-ils nos hommes
d'Elat a haute envergure? ceux qui codiprenneat qu'-
une nation est comme un hoinme, qui se d~veloppe,
grandit, s'affirme et, loin de disparaitre vite, tend a se
conserver, a s'etendre dans le setts du bien-Blre, de la
moralit6 et de la vraie grandeur?
Pour on homme qui comprend la n~cessit8 de la vie,
quad -l vit on ois s'agrandir, ii cherche aussi B
le fire, alin de garder I'8quilibre. 11 en est de mime
des Etats. Halti ne le comprend pas ainsi; parce que ses
citoyens, :loin de s'aimer, de cherir la patrie et de la
mettre au-dessus d'eux, se jalousent, ne voient avant
tout que leurs-int~r~ts personnel. L'egoisme les use,
ila se denigreet, no se donnenit pas la main et tendent
a s'entred~chirer. Aussi l'un de nos plus grands hom-
mnes d'Etat, Te Pr~sident Salomnon, a ddvoilB cette v~rit8
qu'en Ha'iti le mal vient d'an-haut.
Si vous n'4tes pas flatteur, yous n'i6tes ni regu, ni vos
idbes.- Et cependant la maxima est wa~ie: < vit au d~triment de celui qu'il flatte,,. On ne recher-
che pas les hommes pond~rds, les vrais patriotes, les
hommes d'iddes. 11 faut qu'ils aillent qudmander,` com-
me si on ne -doit pas computer avec leur modestie, leur
fiert6, leur d~licatesse.
L~a question hlaltienne reparut avec -beaucoup plus
de force, lorsqu'aprbs la rdvoluition de 1843, la r~a~otion
boyidriste, pour avoir' provoqu6 et consommklu chdle
du president Charles H~rard, qui Ptait parti pour com-
battre l'insurrection de l'Est, facility la separation de la
parties orientale de f'ile,. soul~enue par la diplomatic
Btrangere. Elle se constitua en R~publique dominicaine.
Que comprandre d'une teller conduit, en face d'un tel
resultat? Depuis lors que de sang verse inutilement de











--r6 -


pal t et d'autre par les guerres civiles. En cela le.pr~si-
dent B~oyer fut plus patriote que ses amtis.
En eff'et, lorsquie le roi Louis Philippe, g une rdcen-
tion qu'il lui fit as palais des Tuileries, apres sa -sortie
du pouvoir, le reput eri prince et lui offrit de meltre g
sa disposition une arm~e et une flotte pour lui permet-
tre de recouvrer le pouvoir, le cone-derant commie un
alli8 de la France, ce cele~bre ch f d'Etal !nii r~pondit
qu'il accepterait avec honneur une telle offre, s'il'6tait
stir que le sang de ses concitoyens ne serait pas rB-
pandu; mais n'dtant pas certain d'un telrresultat, il
priait Sa MajestB de l'excuser de ne pouvoir I'agr~er.
La question haltienne continue g avoir plus d'acuite,
quand I'envoy8 de France, 1M. Maximee Reybaud, voyant,.
en 1849, I'ebtrainement des troupes du president Sou-
louque et craignant uhe nocuvellg union de routes les
parties de f'ile, convoqua le corps consulaire et diplo-
matique et, aprbs entente, d6pi~cha g ce chef d'Etat en
pleine victoire a Azua, pourI'informer que, s'il avanCait
davantage dans la Domninicanie, une conspiration mnu-
Ijtre lai ferait le sort du president Charles Ildrard. Sou-
louque, des la reception de la dip~che, craignit pour
son gouvernement et fit. battre la retraite. La victoire
d'Azus se change en d~route. L'historien J. Bouzon
raconia cette victoire dans son livre de la pr~sidenrce
de Souloug ue ; mais il ne put s'espliquer la retrai te or-
donnes. Cette retraite cofita la vie a bon nombre de
soldats et au vaillaat colonel Mc~orisset, des Gonalves';
Soulouque retourna i Port-au-P-rince pour y constater
que c'dtait une montagne qui accoucha d'ane souris.
Maxime Reyband, apris s'6tre rendu en F'rance, s'en
est -r~joui. Soulouque profit des vantages qu'il avait
obtenus pour se faire proclamer Empereur. Ce que fit
Maxime Reyband constitute la mime rengaine de Ma-
loniet sous ~P~tion et Christophe, la mime rengaine des
colons sous Toussaint-Louverture et Lhigaud.
La question haltienne se d~veloppa encore, lorsque
Santana, pr6sidentdominicain, remnit purement et siim-
plement le nouvel Etat sous l'obedience de I'Espagne et
que le president Geffrard, soutenant Ie movement de
protestation des patriots dominicains, envisagea avec
raison l'avenic de son pays, en face d'ane nation autre-











-- II --

ment plus poissante que les Dnminecains, d'autant plus
qu'elle etait eselavagiste. Cela nous valut Rubalcava.
Cependant quand le gouvernement espagnol se vit
devant I'evi:dence', il appela cet exceyen.t chef d'Etat
halitien g 4tre I'arlnt re dfe la resti tu tionq qu'il fi t aus Do-
minicains de leur ind~pendance national.
Depuis la question hlailtiennee plit une large exten-
sion, quand le pr~sillent Nissage-Sagel, lors de l'anne-
xion ~de la Dominicanle aux Etats Unis par le president
nBad, se vit obligB de penser anx interits immediate
de la patrie haltienne, en encourageant les revendica-
tions patriotiques de Cabral contre Uaiz. On vit alors
seize bd'eaux de guerre ambricains ouvric leurs sabords
c~ontre le palais prisidentiel, pr~ts h y lancer lears' pro-
jectiles. Le comodore ame~ricain, sans respect pour les
usages diplomatiques, sans dif~ence ni pour ce vene.
rable vieillard, ni pour la Nation qu'il repr8sentait, osa,
du palais, lui mtfutrer du doigt ces biteau x et le menaga
d'un bombar~dement complete, si le gouvernement haC-
tien n'abandonnait is son sort la Dominicanie. La rB-
ponse de Nissage-Saget au commodore fut une dela-
tante victoire contr-e le pr8Fident Grant et son impe-
rialisme brutal, au dire de l'honorable Senateur Sum-
mer, du Massachussetts, dans l'on de ses m~morables
discours contre l'annexion de la Dominicanie et d'Hai'ti
au- gouvernement Am~ticaio: a J'ai conscience de la
faiblesse de mon gouvernemnent, disait Saget au como-
dore; mais je ne pois empicher le people h~altien de
manifester: ses sympathies pour les patriots domini-
cains D. L'imtnpdrialisme amdricarn fa t u ne premiere fois
vaincu dans nos eaux et Haiti sauv~e, grjce g Dieu.
Mais nos revolutions n'en continuaient pas moins,
comine du ieste celles des Dominicains, grace au
d~f~att d'Bquilibre de~s forces de I'ile divis~e, aux fron-
tibres mal ddlinies,oft se faisait on commerce interlope
d'armes et de munitions de guerre et surlout grace aux
ambitions Pgoistes des uns et des autres. Certes, il y a
de belles, de nobles, de grandes ambitions, des ambi-
tions dignes d'Sttre imiltds et encourages. C~e sont cel-
les, qui ont pour biit la plus grande gloire de Die~u, qui
mettent la patrie et I'humanite au-dessus de soi, envi-
sagentle bien-8tre de la patrie avant celui des particu-













lier's, un avenir ~grandiose, lin plrogrb8s 8vident~ pour
elle, y contribuent largement en sa faveur et allient
Loutes ces chioses apx droits et au respect de I' umanitB
et B la philanthropic.
Plus tard, la question haitienne revetit on caraclbre
-de gravity, quand de nombreux biteaux de guerre amb-
ricains, conduits par l'a~tiral G~rar~dy, si~jourabrent
trois mois environ dans les eaux de la capitale, r~cla-
mnant le MI~le Saint-Nicolas, le nouveau Gibraltar des
Antilles, qui, parait-il, avait dId promise par le gon-
vernement septentrional pour des services pendus.
Mais le patriotisme haltien Btdnt encore vivace, la di-
plomatie haltienne, dirigbe par I'eicellent homme d'E-
tal; que ful 1M. Firmin, pr~serva Haiti d'un malheur
Evident.
Par contre,1es Haitiensoublibrent que l'amiral G~rar-
dy, en s'en a.11ant dian et le diplomats Bbaine ayant per-
du la tate, fit cette menacante prediction : << Vous ne
voulez pas Alre AmBricains, ch bien dans vingt ans,
vous serez ou AmrrBicains on Dominicains!E,,C'Etait en
1891. Les Haitions, oublieux et comme des enfants de
sept ans, au dire de IM. Russel, ne pensbrent plus g
cette prediction, ni a celles autrement plus patriotiques
des devranciers :hai'tieus, tels que ~les Villevaleix, les
Faiubert, les Janvier, etc. Its recevaient depais, a grands
renforts, des armes, des munitions, le diplomatic dollar
et s'amusaient aux guerreF% civiles inutiles,. comme des.
Cettiwayos africains. la se rdve/ilrent une premiere
Ifois occupies par les troupes de quatre nations : alleman-
de, anglaise, frangaise, amnericaine.
Elles ne purent s'entendre poor depecer la nouvelle
Pologne. Elles se sdparbrent et la guerre mondiale vint.
Le biteau sentimentale de notre diplomatic, la topograp~hie des
points strategiques de la R~publique, fit son rapport.
Les guerres civiles,- provoqudes par les armes et mu-
nitious limiricaines, contrairement an droit internatio-
nal, permirent A I'A mdricain de profiter de I'isolement
d'H-ai'ti, grbce g la guerre,mon'diale et de deux catas-
trophes coup sur coup: un ancien chef d'Etat et cent
soixerite-dix detenus assassins, le 27 j uillet, et on chef













d'Etat et son principal lieutenant tombant le 28 sous
les coop's des parents de tant de victims I!!
L'amiral' Caperton et le capitaine Bach, de St-Marc,
apprirent ces matheoreux evbnenents et accomplicent
les menaces de Gerardy. a Allons mettre ces sauvages
B la raison >>. Et leS H~ai'tiens se reveillbrent une autre
fois occupbs par les ar.mes de l'll~nion Btoilde.
Imi tateu rs des folreu rs r~volutionnaires franqaises, ils
n'eurent pas le pairiolismre et le courage frangais. Ifs
ne p ureet, la pluspart, se ressaisi r. NIos revol 4tion naires
passbrent leu r q ueue sons learI venture. Et la na tion Bton-
nee, non consuillde, patriote pourtant, se vit des chaines
au cou. Elle ne trouva pas beaucoup de d8fenseurs.
On oublia avant tout qu'Haiti 6tait ind8pendante, que
l'A~mbricain n'avait pas le droit de s'imnmiscer dans ses
allaires in terieu res, aprbs y avoir pr~ovoq uB les guerres
ci-viles; que, pourvu que ses ressortissants ne fussent
atteints, il avai't a se retirer. On ou'blia que l'U~nion-
Bloilde, la France, !a Russie, I'Angleterre avalent eu
letirs mauvais jours; que la France, pour conserver
son droit de s'occuper de ses affaires, trancha la tite
d'un monarque faible, mais bon et la langa a la face de
la coalition europ~enne, en r~ponse bses provocations.
La Con vention ambr-icano- hailienne ne fat pas vote,
mais impose & la nation, qui avait vainco et enseign8
comment on pouvait vaincre le plus grand homnme de
guerre, le plus grand g~nie, qu'a fa~it naltre 1,a grande
et immortelle Rdvolutioni de 1789 et qui, jusqu'ici, n'a
B16 remplac8: N\apolbon Bonaparte.
Bien longtemps avant ces catastrophes, qu'avait fait
notre diplomatic, en face de ~la conference d'Alg6siras,
qui avait livr8 la R~pub~lique d'Ha~li en piture au gou-
vernement amiriorin ? Rien. Le people en avait il Btd
inform8? Non. Les p~oliticiens avalent-ils 4te mis en
garde IA-dEssus? N\on.
La question ha~lir~nne continue & survive, quand on
gouver~nement -oublieux lit vendre cing bateaux de
g~uerre, pendant la guerre mondiale, poulrquatoirsemrille
dollars, quand I'un d'eux, 1'(( Alexis Nord p parlit de
Port-au-Prince pour I'etranger, avec ub chargemnent de
campcche s'8levant i la mim~e some. Ce mime Mtleau
simplement r~pard6 et pint .ful vendu cent cinquante













mille dollars, sans compler les autres. Cependant, vu
la guerre mondiale, ces steamers, nolises en bgteaux de_
commerce, pouvalent rendre de brands services a nos
conimunications maritimes et cdtieres. On vit, peu de
temps apres, une esp~ce de chaloope B vapear, achet~e
vi ngt huit mille dollars, remplacer ces cingq biteaux de
guerrel Jusqu'ici elle est dans notre rade, ne pou-
vant pas mim~e se rend re g Cuba ou g San to-Domingo l
Mais la divine Providence est 16, qui veille sur H~aiti
malgre ses fates nombreuses et les defauts de ses fils.
A pr~ts dix-sept ann~es d'epreuves .et de sottirrances,
I'A ssem blee na tionale s'es t e nnoblie e n face de la Nation,
qui se. ressaisissai t. Elle a rej et6 & l'u nani m i t une nou-
velle convention q~ue la force a essays de lui imposer.
La Nation a jugC. Maintenant, it nous faut une nouvelle
orientation. Au rencart la guerre civil, au rencart Je
calbindage, le < civique, que donne I'amlour de la- patrie, !e desintbres-
sement patriotiqus et la conviction. H-aiti est la eule
nation du monde, qui soit parvenue B l'ind~pendance
sans devoir, grice B Dieu, un son, BOqui que ce soit.
Cependant grace a des emprunts onbreux, dont nous
n'avons pas la manutention des fonds, nous som7mes
devenus..un people tributaire, qui mneurt de faim. Q2ue
notre diplomatic pense maintenant a la politique des
resultats: << Do ut des: Je te donne pour que to me
donnes s.
Les'peoples de I'Am~rique du Sud, A l'autonomie
desquels nous avous contribu6, ne nous conna~issent
pas assez, ainsi que ceux do I'Ambrique central. Ils
sout meme agr~ablement surprise quand, par hasardi Ms
se trouvent els presence de Noirs civilisds d~'Hali, Ce
n'est plus seulement en Europe et aux Etals-Uniis qu'il
nous faut envoyer des repr~sentants. P'ensons aussi a
en avoir au Canada et dans les vingt R~publiques qui
nous avoisinent en quelque sorte el qui peoplerr I'A-
uti~jnque Centrale et I'Amerique du .Sud. D~ve~lopplons
avec ces Nations d es r~apporls com merciauxa, poli tiq ues,
de bqn voisinage. Facilitons dans notre sein l'eltude
des autres langdes, notama~ent, colle de l'espagnol, de
l'anglais, de l'allemand, de litlalien, de I'arab~e. Q2ui sait
si de nos bons rapports avoc ces dif~fients peuples, ne-











sortira la veritable union latine, qui nous permelte de
respirer, de nous fortifier et de vivre !
Alaintenant que l'esolavage matiriel n'existe plus
dans notre hiniisphere, comballons l'esolavage moral,
fruit des emprunts exotiques trop onereux, des mau-
vaises doctrines, de notre ignorance et de notre apathiie
s~eulaires. Plus de prdjuge de cooleurs, moure des
anciens colons et des ~anciens zoologistes. Ouvrons
grandes les portes de la Patrie g I'btr~anger, qu'il soit
brano, noir ou jaune, en lui ac~coidant le droit de de-
venir hai'tien et en nous rappelant la doctrine chretieo-
ne que Dieu n'a cree qu'une race : le genre humain.
Ddveloppons I'instruction publique, I'i6ducation, la dis-
cipline nationals dans toutes les couches sociales., le
travail sous toutes ces formes et la religion chr~tienne,
base de la vraie morale contemporaine C'est ddsormajs
par le nombre et la quahite que nous triompherons.
Et ainsi, la question hal'tienne, dont la solution fut
rid~e avec tant de~souhiaiis patriotiques et d'exemples
fournis par on des hommes qui ont le pigs aime~ Haiti,
Monsieur F. D). Longchamp, rentrera dans le domaine
des faits accomplish.
En definitive, nous estimnons qu'en raison de tant
d'ignominies, d'humniliations, de pertes de vrips tt de
biens qlue nous a inflighes, sans droit ni quality, I'oe-
cupation ambricaine, en pregnant possession de notre
pays dans les conditions de brutality et de duperie
employees contre -lai, alorj que toutes nos institutions
ont Alb par elle saboldes, nos monuments historiiques
d~truits, qu'Hai'ti iblait en harmonie avec les Etats-Un~is
selon le traite de paix, d'amnitie et de comnmeice sign@,
en 1865, entire les deux nations, le gouvernement
amirricain, en retirant ses forces et son administration
de notre R~publique, a pour devoie de lui accorder une
forte indemnild et de 18gitimes d6dommuagements. Par
sa persistence coupable a s'aessjelic run people, qui ne
lui a jamais rien tait: et qui pluidt lui a lonjapgrs rida-
nifest6 sa sympalhie, ii prouve contre lui ane antipa-
thie mahifeste. 11 est oblige de r~pater ses torts.
D~jB n'etaient le rel~vement et I'entrainement de
l'armie hailienne par le P'r~sident Soulouque et la
guerre du Texas entre 1'Union Etoilde et les Mexicains,









-- 16 -


le president ambricain Polk dirigerait une exp~dition
,militaire et maritime contre la scule R~publique noire
du monde, pour s'en emparer. Rien ne reste imnpuni
dans l'Humnanit8. It en est des individus, comme des
peoples.
Deux petites nations en Europe furent dcrasses sans
raison, en 1914. Commre consequence, on vit par ce fait
des gouverneme~nts fortement constitutes disparaitre de
la scene du M~onde. Tant-il est vrai que Dieu, qui diri-
gre les destinies des peuples, les punit au besoin par la
verge vengeresse de son immanente justice.
Ce farent les proconsuls remains,. qui out entrain8
la chute de dl'antiq ue Rome.-'Habitu~s A massacrer Jes
peuples coniquis, A les rbduire g la servitude et a la
misbre, en se tfev~tant de leurs depouilles, ils sont par-
venus g donner des fers Q cette offlebre citA.
Cisar, vainqueur de la Gaulle, de la fiibre Albion et
de petits .peoples, arriva an R~ubicon. Selon une loi
romaine, ii n'6tait permis g aucurrchef d'arm~e de le
traverser aveo des troupes. II se mit a pleurer. Ses
amis lui en demanderent .la cause. < r6pondit-il, parce que si je m'arrate, ici, je suis perdu;
et si je franchise -le Rublcon, c'en est fait de la libirt8
de Romel ii Unle V~turie avait alrrit Coriolan, son fils,
a la tete des Volsques.,Mais depois le passage de cette
rivibra par C~sar, Rome a en beau avoir de grands em-
perears, elle etait cont~amnie a dispara,1tre; parce que
les m~mes instituioins sages, la mime austbritb de
principles, le m~me courage civique, qui out fait la va-
leur de ses citoyens, luttant pour le-triomphe.des prin-
cipes, le respect et la liberty des autres peoples, et q~ui
ont contribue ainsi g la faire monter & un si' haut- de-
grt4 de gloire, oni BtP les causes de sa cbhte du jour, oh
elle les a mis de c~td, pour ne penser qu'aux jouissan-
ces 6phimeres de victoires d'iniquit8.
Go~e I& gouvernement americain y refli9chisse. Les
hiommes, comme'les peoples sont solidaires.

Port-au-Prince, 4 Octobre 1932.


M~ORPEAU, avocat.














DISCOURS
Prononc6 le 3 Mai 1931 a la S~ance
d'Installation de 1'Association.
de 1st Jeunesse Chretienne


MESDEMOISELLES,
ME5DAMES
ET MESSIEURS,

Au nom des intelligent et distingues recipicndai-
res, qui ont bien voulu me charger de repondre pour
eux aux aimables parcles de bienvenue de l'excellent
president du cercle et en mon nomn, je presente a la
patriotique Association de la Jeunezse Chritienne nos
remerciments les plus chaleureux de l'accueil bienveil-
lant dount nous avons eid I'objet de sa part,. par notre
election ii des p'aces ~d'hocneu:r dans son sein.
Nous remercions egalement son saleureux president,
avec l'effusion de la reconnaissance, des paroles 61evees
et touchantes q~'il vient de nous adresser. Elles nous
sont parvenues droit aux coeursr Je o'ai psas cru devoir
exprimer ma gratitude a cette noble Association par
une sim ple improvisation. Permnettez- moi, je vcus prie,
de life les pures ebauches que j'ai rddigdes. Elles sero~nt,
je l'es~pere, I'expression de la pemsie de coux, qui m'ont
appeld a la haute dignir6 d'(tre leur interpr~te et iga-
lemient la manifestatio-n de cel~e de tous lo assistants,
qui me feront la bienveillante faveur de m'ecouter.












Mesdemoiselles,
Mesdames et
Messieurs,

Je muis beureux de renouveler h l'aimable cercle de
.la Jeunesse Chretienne mes vils remerciements de I'hon-
neur qu'il a daign6 me faire en m'e1isant I'an de ses
membres protecteurs. Je me suis demrand6C quelles sont
les qualities, quelles sont les connaissances, quel est le
merite, que je rdunis pour etre entourC d'une si haute
trarque de sympathieZ
Je declare ne rien poss~der de tout cela. Je vois
plut~t dans la copduite des excellents concitoyens, des
jeunes amis de distinction qui -out affirm6~ lear con-
viction en ma faveur, I'expression de la ptlus cordiale,
de la plus pure sympathie, la marque de lear encou~ra-
gement noto~ire en faveur d un homme de b~orne vo-
loate, d'un patriote, qui a, peut-6tre, le defaut. de trop
aimer sa.patrie et les hommes, qui sent~le besoin,-
son ccour etant rempli d~e la charitC de Dieu- de les
aimer-c'haque jour plus profoqdement..
En effet, aimer la patrie, se- divouer pour ses con-
citoyens, c'est accomnplir le plus gland' devoir, aprts
celui d'aimer Dieu et I'Humanit. ~Aimer la patrie ter-
restre, F'est dn roame coiap~aimer la patrie c61este, dont
la terrestre n'est qu'un avant-goilt. Aimer les hbmmes,
c'est prouder qti'on est mem!re actif, citoyen de l'Hu-
manire. de immense Patrie terrestre, en attendant que
la Religion chretienne realise fee~uvre de la grande Re-
publique universelleguwe~e Christ est venue fonder par
la charitC, le: pardorides injures et f'oubli du passe.
Vous avez done raison; b'ieta chers colleagues, de
mettre votre interessante et intelhg~ente association
sons I'dgide protectrice du Sacrb Caeur de Jdsus. Touted
society, toute agglomeration d hom~mes, comme la
patrie, doit avoir pour but d'arriver g la perfection
par la mise en pratique des trois principles qui, selon











I- Ig -


tnoi, ferment la base essentielle de toutprogrbs, avec
l'esprit nouveau qui anime les peuples: I'instructionz
publiqlue, la Religion, le Travail soUS TCUTES SES FORA#ES.
J'ai en I'honti'eur de les priconiser- en 1s88 dans
L'expositionz N~aionale et I'Avenir d'Id'fti. En7 I889, je
les ai ddveloppes da17s P`-ro Pairid, en 190S dans la
Civilisation par le Chritianlisme, en I9I4 dans ma pr~o-
position de loi agr~aire, en I 92 I dans ma ConfiCrence suir
Tourssaint Louvertlure at en 1930 dans un Mimoir-e, oix
je demandais la restitution au pays de ses institutions
aussi excellentes que celles des htats Unis de I'AmC-
rique du Nd~rd et la levee de l'Occupation militaire de.
cette Natiion.
Je les rappel!e encore en cette interessante solennite.
L'Instruction .pubhique ne doit pas Otre sur du paper
Tosbjet de nos preoccupations. Elle doit 6tre rapandue
effectivement dans toutes les couches sociales, dans
nos vil~les, dans nos oampagnes et jusqu aux confins
les plus recules ae nos morn~agqes. St1 nous pouvions
avoir des lois ar bitraires, ce devraient 8tre celles en
f~aveur de l'expansion de F'Instruction publique. C'est
dire qu'e'le ne doit pas @tre restreinte, sous le rprtexte
futile do manque de numer~ire. C'est elle qui ouvre
aux hommes les p'us brillamres carriat~es EI'e est done
indispensable 1 l'avenir de touted society, de toute na-
tion. Elle doit eire .solennellem~ent din:0crarisee.
Aussi votre interessante association grandira t-el~e, s'af-
1rmnera-t-elle quand .elle aura too ours en vue ce
haut principe. ~L'instruction publique ne doit pas @tre
sealemlett on bienfai~t pour I homme. Elle doit s'6teo-
dre, &tre encore le pain quotidien semeC a profusion
au profit dubeau `sexe. Ce n'est pas l'homir.e seul
qui forme la nationa'it6 haitienne.
C'est aussi et peut etre plus la femmne, parce qu'elle
est plus nombreuse: En effet, il y a p'us de femmes
en Hai'ti que d bommnes.
Ce o'est pas exclusivement A ce point de vue que
\'instruction publique doit profiter a la femme. C'est











S20 -

au point de vue plus 61eve du pr-ogris social. C'est, en
effect, la femmne qui fonde la civilisation. C'est elle qui,
se charge d- la premiere, de la vraie Cducation de
P'homme. Constamment dans I'imberieur do foyer do-
mestique, c'est elle qui initie son fils aux principles de
la vraie vie. Gardienne de la mlaison conjugale, elle le
prepare Q tout ce qui est avantageux, utile, grandiose.
Instruite, avant de l'edocation, elle inculqu'e a ses
infants, tout ce qu'il ya de bon, d'Clev6. Epouse ac-
compliegelle leur assure les charmes de la vie famniliale.
Bonne mdre, elle en faith d'excerllents fils. Patriote, eile
leair inocule adroitement I'amour de la Patrie. Chercheuse
du bien, du beau, amante de l'Hiumanite, elle leur in-
sinue ce que c'est qu'aimer. Oui, I'amour, I'amour
eclaire, flamour sain vient de la femme pure, excel-
lente et instruite. Et vous sayez qu'aith-er, c'est vivre.
(Applaudi,sements).
Un coeur,qui hait est le plus malbeareux des coeurs,
quaind sa haine n'a pas le vice poor motif.Voos voyez,
par ces considerations, la n~cessitted'instruire la femme,
comme I'bomme ou plus que l'homme.
L'instruction, dissit l'illustre A. P~tion, elave l'homn-
m1e a la hiauteur~de son 6tre. Les grands principles d6-
veloppes par les philosophies de l'encylopedie n'ont
pu produire effet et preparer I'esprit frangais et le
monde entier A la revolution 6mancipatrice de r789
que grdce 1 l'instruction publique rdpandue alors avec
plus de profusion. Ce bienfait de l'instruction publi-
que s'est moutre chez nos anc~tres d une m~anibre ad-
mnirable, quand on a vu des hommes, hier esclaves, en
profiter pour soutenir les droits de I hommee et du
citoyeo, accomplice des aces de valeur pour I'6manci-
pation et le salut de notre race,
On a vu Toussaint.Louverturpe, esolave libdrC, ap-
prendre a lire et a 6:rire a I'ige de quarance cing ans.
Et ce genie extraordinaire, qui fait h~onneur a notre
pays, g la France et a la race noire, a prouv6 sur le
theltre de Saint-Domingue ce que peuvent la force de










21 -

I'instruction~ servant et eclairant le g~nie. II a de ce
faith habilement prdpar6 I'lnd~pendance national,
On a vu aussi le celabre Ahndre Rigaud, affranchi,
mettre son intelligence 6cla'ree par l'instruction au
service du droit et contriboer 6galement a l'emancipa-
tion de ses freres. Mais on a encore vu quelque chose
d'aussi noble, peut Ctue plus grandiose, le grand Son-
thonax, blanc, comme les preconisateurs, lrs protago-
nistes de l'esclavage, oser creer tout d'une pieae un
peupile nouveau, en proclamant l'Cmancipation des
noirs de Saint-Domingue~! Oui, il a le premier os6
decrter cette measure que je qualifierai da terime de
divin:I11a eu le courage de la soutenir et de 11 faiie
ratifier par cette Assemzblde Uniqule dans lese annales du
blonde: la Convenztionz Nationlale de France.
Par ces temps-ci oi l 'on s'engage a 61ever aux nues
ceux qui ont dit du bien de nous dans nos malbeurs.
A donner leurs noms a nos rue?, a nos boulevards, a
lear 61ever, que sais-je, des statues, je me demnande si
le negrophile Sonthonax, qui o'a pas seulement dit du
bien a Saint-Domingue l'dgalit6 des droits devant la loi,
aboli les fers des esclaves en les rendant a la liberty des
enfants de Dieu, qui a encore affrontC pout eux la pri-
son, 12echafaud, la guillotine, a os6 penser pour eux 1
lear future ind~pendance national, je me demand, dis-
je, s'il ne merite pas davantage de voir son nom et sa
statue dominer, non seulement les rues et les boule-
vards de notre capital, mais aussi toutes nos villas,
toutes nos bourgades avec cette recommendation qui
vientde lai a inscrire en lettres d'or au bas de sa statue:
Souvene(-vous, B noirJ, que! pour sauvzefparder cette liber~td
qule je viens de vous ocllroyer-,au nom des dr~oits de I homme et
du citoyen, il yous faul tenir. d une main votre fusil pour la
ddfendre, de l'autr~e, votr-e boue pour gagnler vote vie.
(Applaudissements).
Washington, I'illustre fondateur de l'independance
Nord-Americaine, n'a pas lib~r6 ses esclaves, ni ceux










-- 22 --


de sa patrie. Southonax a d61ivre ceux de Saint-Do-
mmngue.l
La Religion est le guide, qui conduit P'hmme g tr~a-
vers les sentiers abruptes de la vie. Elle est I'oasis dans
le desert de nonie existence. Elle est fa consolation de
I'bomme~, la cause de sa rehabilitatiati et de sa. grandeur,
la prescience de sa destinee. Et elle devient- sa recom-
pense, non seulement stir la terre, mais a PhBu delay.
Tous les hommes marquants out en besoin.de la
religion pour grandi~r,et s'a~ffirmer. Le Chr ~tianisme,
religion- divine, est yea-u 61ever f'liomme a la connais-
sance, a1 excellence de sa nature !et le preparer au bon-
hear de I'-ternit6, par la vie surnaturelle qu'il a entie
eth nous.~ Quand donc, dans votre programme, vons
avez inscrit en lettres d'or la religion chretienne come
base~ du ddiveloppement de votre vi-rile association,
yous avez nkcessairement accompli un acte m~titoire
qui lui assurera le plus reel succ~s. (Applaudissements)
Le travail,-mesdem-oiselles, mesdiames et messieur~s,
n'est p~as seulement an -besoin. 11 est pour I homme
inspire, qui souffre, une pribre, qui monte aux pieds
de Dieu. Du jour oi le Cr~ateur a entourb d'un corps
materiel FIme, l'es-prit de I homme, oil i~l lui a d~onn6
Ishe la terre la liberty et la volontC, le travail -etait de-.
venu pour lui une necessitC, une raison d'etre inbluc-
table.
En effet, P'homme a ete crd6 pour 6tre le rol de la
creation. Son divin Auteur Thi a communique ses at-
tributs propres. It ne pouvait ni ne devait reste: -inas;-
til en face de cette nature admirabid' qu'il 6tait appel6
a dompter, a cultiyer, pour la rimener en adoration
avec lai aux pies de Y'Iternel.
L~e--travail est done le passe- temps de P'homme in-
telligent et libre, la cause de sa richesse, d~e son bien-
Ctre matbriel, intellecruel et moral. Ii est indispensable,;
parce que f'esprit inoccupC devient malade, est hant6
par les vices de toutes sortes et n~e peut accomplice la
destinee pour laquelle it a 6t6 crd61I










-- 23 -


Or, ce n'est pour rien que le cercle de la Jeunesse'
chritienne se reunit. C'est- pour parvenir aussi au per-
fectionnemnent desesmtembres par le travailsous routes
ses formles.
Si notre-peuple eit- devenu si miserable, c'est qu'd
part d'autres. considerations, qu'il nous est inutile
d'6numterer ici, it a manque de constance as travail,,
considdr6 plat~t comme on bienfait que comme une
punition, selon le vieil adage. Depuis le passage parmi
nous du fits du Charpentier d~e Nazareth~, le travail ne
peut plus Ctre consider comnme l'apanage de l'animal
on de l'esclave, mais plutbt.comme la source r~con-
fortante do bien 6tre, la sauvegarde de I'homme libre
et resignC. (Applaudissemrents ).
Votre association At une collectivity particulibre,
une nation, une grande collectivity. C'est dans I'asso-
ciation pour le travail que, se trouveront pour 1 'une
comme poaur l'autre la paix, I'union, le salat social et
patriotique.
Celui qui travaille aim'e mieux que celui qui ne fait
rien. Ses besoins sont satisfaias et it est plus dispose B
'Ia charity, qui renouvelle -les hommes et les conserve.
N~otre petit pays serait grand, si chacun de notts se
cr~ait on travail remundnrateur et si l'on comptait plus
sur Dieu et sur soi-m~me, ~que sur les autres.;Si nos
terres etaient cuhtivees avec intelligence et s'il y avait
parmi nous beaucoup de ~Cincinnatus, comme tout y
serait pour le mieux! Et si la grande Republique du
Nord-A:mbricain qui, 'malheuretisement, emploie au-
}ourd'hui ses richesses a dominer les peuples, A les hu-
milier et non -a y introduire les grands pritacipes de. la
fraternitC universelle, a pu parrenir a un si haut degr6
d'avancemnent materiel,- c'est grlce au d~veloppement
do travail sons routes ses formes, A son esprit de con-
servation et de prudence. Or pour que l'esprit d'un
people, d'une socidte poisse se developper, il faut que
le corps social se nourrisse du travail i S il es't ecrit, en
quelque part, que l'homme ne vit pas settlement pain, mais de toute parole de Dieu, rappelons-nous










-24 -


aussi qu'il vit des deux et en premier lieu du pain,
c'est At-dire de la nourriture corporelle que crberle travail.
L'on croit. qu'une function publique constitue on travail
assez remunerateur pour recdre le citoyen heureux.
C'est u e erre ur. C'est pl ut~t la r~m unbration d'u n serv ice
momentan6 que chaque citoyen doit rendre 6 tour de
r8le. La richesse publique a dimin~e et I'on semble metire
notre infortune national stir le defaut de capitaux.
C'est encore une erreur. C'est par un travail actif,
intelligent q~ue le capital est creC6! Que l'on poss~de
beaucoup de numbraire, qu'on me I'emploie pas a un
travail conscient et remuneratear, I'on sera vite mis6-
rab~le, parce qlue tout aura et6 dbpens6 inutilement et
inconsciemment. C'est par l'economie et la bonne ad-
ministration qu'on cree, qu on fait fructifier les capitaux
et qu'on les conserve. C'est ensulte sous 1 inspiration
d'un amour vraiuient patriotique, une bonne coricep-
tion do bien-&tre public qu'on les fait circuler partout
comme un sang renovateur qui, loin de provoquer l'a-
nemie du corps social, le ranime et le maintient ferme
et -solide. Aussi, mes chers collogues, votre association
ne sera fructueuse et heureuse que lorsque par une ha-
bile direction, on travail constant, yous aurez cre6 des
finances qui lui permettent de se donner de l'ampleur,
en lui infusant cette vigueur, ce sang ficond, qui rem-
plissent, deve~loppent ses membres et fassent tout con-
verger g son salut social pour la patrie hai'tienne et
pour chacun de nous en particulier. La vraie demo-
cranie consiste pour un peoplee, q~ui veut &tre libre, 1
se suffice en routes; circonstances, sauf pour les acces-
soires. De mime une association comme la vatre qui
ne veut pas mourir, doit pouvoir se mettre B I'acu'vre
rdsolument pour accomplice avantageusement sa desti-
nee. Sur ces diffrents poiints, yous pouvez compier
sur le d~vouement ininssable, la bonne voloat6 de celui
qui v~eut d'une Haiti grande par le caractere, I'intelli-
gence, la constance, la volombC dans le bien quoique
petite par le nombre et par le pou d'6tendue de son
territoite.















LE T TRE ,Al DIllElTElil 111 diTON


Port-au-Prince, le 14 avril 1932-
A MONSIEUR CLBIMENT MAGLOlRE,
DirPctirJ du journal < Le Mlatin,.
En ville. i
Mon cher Directeur,

Au numdro du 8 mars expire de votre inieressant
jooural, mon nom figure parmi les candidates h la pre-
sidence d,ont une declaration formelle est reclambe, au
sujet du passage de la lettre du sieur W. Cameron Forbes
inseree sur les colonnes du a Temps i du 4 mars. Voici
ce passage:
< marines, dans des conditions qui doivent Ctre lI'ob-
a jet d'an accord entre les deux Gouvernements. Vous
< a En faith nous avons trouv8 pen de demnandes pour le
a espdrait qu'ils seraient rerenus. Je suis enclin g croire
s que les Americains voudront se retire plus vite qune
< les Hardiens ne voudront les voir se retire. a
D'abord, Mr Forbes aurait di~proguire les noms
des candidists a la president qui se soot presents
comme tels 1 lui ou a la commission qui porte son
nom, candidates qui ont manifesto le desic de voir rete-









- 26 -


hit encore les marines en Hai'ti. 11 est mnis enz dlemeurel
de les div~oiler.
Pour avoir agi dans le -temps comme senateur et
corr~me citoyen de la Repulilique, je in~e suis contents
de la satisfaction du devoir accompli Je me suis cru
en droit de garder le plus profound silence. Mais vote
numero du 9 avril constituent commne us~e mise en
demeure, -je me vois oblige de pai ler, de moi-mime,
ce que le.-n'aime pas, quoique je -ense' quz'aucun doutfe
ne peut eire elevi sur mnon anitud~e.
Lorsqu'g la seance de constitution d'u Senat de la
Repubique, le 21 avril 'I}4, je prod~uisis.une protes-
tation en regle cornre l'intervention, sans motif idgiti-
mne, des armies etrangiares en .Ha'id, apres ~le ~depart du
president Oreste Michel, le gtand Corps, pair un vote
s61ennel et unanime, provoqu6 par l'honorable Sena-
teur Luxembourg Cauvin, de regrettee memoie, de-
clara sienne cette protestation et elle -fut insdrbe selon
un vote prea'able et encore unanime as plus prochain
No du Mloniteur sur la ,patriotique proposition de l'ex-
cellent sepateur Paul Laraque, d'aussi regrettee m~moire.
Lorsqu'en jaillet 1915S, les Am~ricains du Nord, pro-
fitant de la -guerre mondiale et de moments matheureux
et lugubres pourle pays constamment soi2'ev6.par le di
plomatic dollar;: les armnes venant de ce 'people, d~bar-
qubtent leurs .midines et s'en emparbrent sous pretexte
de nous a~pporter 1 honneulr et le bonheurv, jk protes'tai _de
nouveau contre cet acte inamical tianten man nom
comme~ S~nateur et citoyen,- qu'au norA de- la PATRIE
entire. Ma protestation .a paru dans le seances du Sduat, je protestai encore par une Rdsolution
qui tendait g fire decider que~:-< r Puisque les Ameti-
a cains out pris -par la violence possession du te~rritoire
(r national, sans Sf avoir 6te appelds par aucun pouvoir.
constitutee et sans y avoir etd provoqtids par aucan
ccattentat contre les propri~tis et les vies ambricaine,












< < venant de la IEi ublique Etoilee, ne sera ecoat6 avant
< < < dre au Pouvoic Ex cutif lui meme. Cette resolution,
qui date du 19 aofit 19r5, avait 6t6 soumise 1 ane
commission' Senatoriale..
Plus tard, la Convention Amdricano-Haitienne fut
def~t~e an Sdnat. Comme la Constitution ne devait
pas 6tre mise en- de1iberation en face d'un instrument'
qui la heurtait si violemment, ainsi que la Souverai-
nete national, j'ai soulev6 A ce sujet la question pre-
alable. Le Comit6 du S~nat, triC a cette fin sur le volet,
gn^1ce a l'hon~orable Seoateur H. Baussan, de regrett~e
m~moire, et a -votre humble serviteur, conclut apr~s un
examen approfondi, a lajorirnetn'ent de cette conven-
tion reconnue inconstitutionnelle. Avant le vote de ce
traits, on essaya de m'i-ntimider. pes; porteurs de cr6-
ances contre 1'Etat regarent d'un Mtnistre pour toute
reponse 3 lears demands: < peau qui emp~che le vobte de la Convention; demande?-
lai de renoncer a sa conviction antipatriotique (sic) et le
lendemain du vote une pluie d'or inondera la Re'pc-
bliqiie et vous serez payds.;u Ces pauvres porteurs de
titres vintent en grand nombre m'en avertir, le sourite
patriotiq~ie sur Jes lbvres... ]'a~i eu, dans l'intervalle, une
lutte corpS-a-corps devant le bureau de l'inspection avec
un detachement de marines -Corps ausojet de moubiton
dont ii voulait me disarmer, le croyant armC. .Mon,
biton me resta. Je me rendals alors au Senat...
Parrain de noces, je conduisais les mnaribs chez euzz
en faisant la tournee teraditionnelle. Je fus arrit6 dbs
que les Marines m'eurent reconou. 11 a fallu l inter-
vention du marie, d'origine anglaise, pour que je passe
continue. Lors do vote de la Convention, alors que je
retournais i la tribune pour faire valoir la Rdsolution-










'- 28 -


Aforpeaul, dont la discussion devait preceder I'examen
de la Convention, mon fils- feu ILouisdkloRPEAU fut
arr&te dans l'enceinte meme du S~nat et trained en pri-
son, pour m'empicher de defendre b Constitution et les
droits du peuple.- Le vote de~ cette Convention fat $n
lev6 a ce moment m~nme,en violation de cet~te Consti-
tution et des Rig'ements, grice aux baionnettes ame-
ricaines'introduites dans la salle des stances.
Depuis lors, nous som mes g attendre cette pluie d'or
qui doit f~conder toute la Republique, T'Ionneur et le
Bonhstur,- :pres le sabotage de nos institutions qui poor-
tant soot aussi bonnes que celles de~s Etats-Unis!i Ce
vote ainsi enlev6, cinq mois apres le Senat 6tait chas-
s6 et ks barrieres du palais Ltgislatif cadenacees!i II pe
restait que l'6criteau de Cromwell: Maison d louer.
Sans doute, le dernier geste m'etaie reserve par la
divine Providence. Des shoateurs se rbanicent sans ar-
mes apres l'ouverture du Corps Legislatif dans un nou-
veau local lou8 par la Chambre. Un officer de: marine-
Corps y entra entour6 de quatre gendarmes arms de-
pied en cape, au cri dC g Go ahead >; a Nous sommes
sici, r~pondis je, pic la voloptkdu people et nousn'en
gsortirons que par la force des bai'ornettes! s Les S6-
nateurs sortent. a Go ahead s, fit f'officier,---je ne sors
pas.-l-ies colleagues me disent: < a la main sur vous. > Alors je suis sorti. On sut bien
que deux Ministres d'alors s 6taient blottis derri~tes les
perslennes d'une maison voisine riant des humiliations
d'un des grands Corps de l'Etat. ( Voir le li'7tre du Se-
nateur Paul Laraque, au sujet du conflit entre le Pou-
voir Executif et le Pouvoir L~gislatif.)
Maintenant, oa sont-ils ceux qui, par leur imprb-
voyance, leurs passions et leurs exce~s out prepard I'ayb-
nement de f'ambricain!i La plupart, ils ne sont plus!..
Oh soot ils encore les Caperton, les Beach, les Bailly-
Blanchard, les Fornich, qui out consomme I'attentat
odieux contre ce petit people ind~pendant d'Hiaiti ? Ils











- 29 -


ne sont plus !.. T~ant il est vrai que les mots du Sagne
demeureront toujours vrais: Sic transit, glor~ia mulndi,
a Ainsi passe la fausse gloire du Monde... o Tant il est
vral aussi qu'un gouvernement a pour devoir de ne
pas prendre de prime abord pour en-oemis et d'Pcouter
ceux qui, ayant les mimes responsabilites, les m~mes
souffrances, dolvent subir en comneun les maux de la
Patri,- commune.
Lors de la messe c616brbe A la Cathddrate en 1930 P
la memoire des vicrimnes de Marche-a Terre, pour avoir
remerciC, come homme des Cayes, I'assistance et les
orateurs qui s'etaient si bien exprimbs, en y ajoutant
mon mot, je fiis arrit6 chez mroi. Et comme je c~cla-
nial la presence du juge de paiix,selon la loi, on mne
permit de me 'rendre librement au bureau de la gen-
darmnerie. Lri, je fus renvoy6 parce que I'attentat de
mon emprisonnement 6tait trop cril, vu mon0 sige et
sur ma rdponse n~gativ~e a savoir si mes paroles pou-
valent soulever le people. Apres tout cela, quel int~rat
avais-je g me dementir jusqu'd ( esperer que les mari-
a nes amb~ricains seraient retenos encore en Haiti et h
a permettre a M. Wr. Cmeron Forbes d'Ctte enclin a
(I croire que les Americains youdront se retire plus vite
(tque les Haitiens ne roudront les voir se retirer.u
Lorsque le gouvernement ambricains voulat imposer
au gouvernemnent dominicain une convention sembla-
ble 5 cell d'H-a~ri, on vit son noble President d'alors,
I'honorable Monsieur HENRIQUEZ DE CARVAJAL prCfiere
abandonner le pouvoir plutBt que d'accepter ni propo-
ser une telle convention au Congris Dominicain. 11
laissa tout prendre plutbt que de rien dtonner. Ce beau
geste, qui avait toute sa valeur, fat acclam4 avec raison
par' les patr iotes hanietns et on ourblia que qulelqtlu'u
f'avarit propose' enr Hai'li avlant Ilui. Ce geste de desinte-
ressement et de respect de la Patrie de la part de cet
excellent homme d'Erat dommnicain valut la liberation
de la DOMINICANIE i
SSachant que la Commission Forbes allait se pr~sen-











g -

ter en Ha'iti, j'ai prdpark un m~moire. C'est aux Cayes
que je l'ai achev6. Partant de cette ville je passai au Ja -
mais-Vu, centre montagneux admirable entre les com-
munes d'Aquin, des C~tes de-Fer, de Mirago:^me et de
Petit Golve,~ oil j'ai une propriet6. Les habitants de l'en-
droit, ayant entendu des bruits sourds se couchbrent i
terre et vinient m'apprendre q~ue cos brits 6talient le
grondement- du canon. J'ai conipris que c'd:air'la com-
mission, qui-avait avancde son arriv~e d'ua on deux
jours. Pris de peur, ils me conseilleren-t de ne pas par-
tir pour Port-au-Prince,` dans l'ignorance' de ce qui s'y
passait. Je les tranquillisai et wne readis tc ut de suite B
la capitale. II ne- me fallair que le temps de dactylogra-
phier mon memoire et je me transportation au local de la
Commission avec la pensee de le:1ire et de le divelop-
per. ]e n'ai 'ti nzi repu ni entendu ni en public, ni en pr~ivd
par la CommissionZ C'itait le Sinaileur -de l yz y!
Cependant poursuivant un but, une i0nviction pa-
triotique, je me suis fait introduire au secretariat de
cette commission, oit jai depos6 man Memoire, la
R~solution-Morprau et I'inconstitutionnalite de la Con-
vention amtricanio- Haitienne, croyant que je serais ap-
peli po0ur y Ctre entendu. Rien encore. C"est un des
motis pour lesquels je ne me suis pas empressi de
repondre a l'enquite du Mari n., Mon m~moire a Cid
remis i tous les journaux, qui s'imprimaient alors a la
capital et it a 6t6 ins~r6 In extension au journal cla
Presse >. Je l'ai expedite a son Excellence Monsieur
HOOVER et il a 6td requ A la MAlsoN BLANCHE i WAS-
HINGTON selon l'avis reception, qui m en a ete letournd
Jvec l'aF2~ni envoy6 aussi 1 la SocirI~T 1)ES NATIONS...
D'apres un tel m~moire, je me demande si je pouvais
mne dementir encore jusqu'd a esl Prer que ces marines
a seraient retenus en HaIti. P
Au nroyen du memoire, qui date du r4 fevrier 1930,
j ai prouve l'esprit paciiique du peuple hai'den, son in-
tdret si rdagic contre les tendances aux coups de mains










--3 --


et I'experience que lai donnent ses malbeur~s. J'ai done
detlnandC categoriquement, apres le depart du president
Borno, non le replaurage a la fois revolutionnaire et.
constitutionnel, inusit6 dans~ nos affaires interieures;
mais un gouvernement provisoire, Ctant donnC ce ilu'il
y avait 1 faire au point de vue de nos intir~ts aprils les
Cv~nements de Damiens et des Cayes. Ce gouv-erne-
meat devait &tre compose d'un president et de six
conseillers aux departements ministdriels tels qu'ils
existaient -avant I'occupation .militaire ameritaine~c'est-
l-dire avec un conseiller aux depxrtements de la Guerre
et de la mari'ne...
Quel people peut-il se maintenir et se faire respecter
sans une armee regulibre ?.. Quelle nation insulaire
.peut elle se communi~quer aux autres sans une marine ?...
Comment alors aurais-je pu consentir a la conservation
des malines-Corps en. Haiti?... Je vous envoie on
exemplaire de mon Memoire...
Maintenant, a l'encontre des pluiies d'or, 'de P'hon-
neur et du bottheur, c est le people qui meurt de faim,
ce soot nos planes revenues presqu'en friche, tros ins-
titutions sabotees, les vestigesde notre gloire nationa~le
detruits, notre representation nationale deux fois avilie,
notre argent drainC a l'etranger, par contre une rarqe~t
de numd~lrailre-retaida vil le prix des proprietis, notre
commerce aux abois, notrejindurtrie andantie!i C'est la
loi irrefibethie sur' l'alcool detruisant par action reflexe
les champs de cannes de nos plaines,.dont vivaient si
bien nos ruraux et foule de citadios!i L'industrie de
l'alcool et celle de la canne h sacre faisaient vivre prer-
que tous nos d~pat tements, particulierem~ent I'arron-
dissement des Cayes. Maintenant tout a presque dispa-
ru, et c'est~la Hasco qui tend 1 remplacer le clairin et
le: talia. Elle a se's d~p~ts a Port au-Prinice, aux Cayes,
au Cap, a Jbremie, a Jacmel,atix Gona'v'es, an Port-de-
Paix, presque partout!
C'est la taxe excessive sur le tabac, qui en,a detruit
de vastes plantations en pleine voie de d~veloppement,












~Partout e-n Ha'iti,- c'est la misbre -noire qui menace
d'aneantir cependant on people viril, endurant. On di-
rait un assassin, dont le sang couple par tous les pores!
La situation exceptionnelle que nous subissons n'est
pas le fait exclusif de la cruise mondiale. Elle est plut~t
li c~onsequenc~e de l'occupation militaire et civil de l'A-
-meticain c~hez nous. Cette crise s'etait fait sentic dans
le monde de r87r P I875 Hai'ri a pu alors s'en tirer
avantageusement.Jamais, & auchn~e Ppoque de nos crises
revolutioiimaires les plus redoutables, le pays n'a souf-
fes t comme~sous fIoccupation americaine. Toutes les
pretendues ameliorations, que I'on cro~it constater pen-
dant les 17 ans d~e cette occupation, o'ont Ctd accom-
plies que dans'les interats des Ambricains. L'emprunt
Squ'on nous a imposh n'a servi qu'd ces inte:0ts au dC-
triment du pays. Les routes existantes ddji ~n'ont Cid
perfectionnees et- entreteuues~que pour leur usage stra-
tigique et Je developpement de leur commerce d'auto-
mobiles et de camions. Pas de route de pindtration...
SPas de canalisation d'eaux pour l'agriculture... Eh bien !
tout I'e temps que l'occupation inilitaire et civile, to-
tale on partielle et le conseiller financier seront main-
tenus, le pays degringolera jusqu' a- ce que les eHaitiens
deviednent des parias comme les Porto-R~icains, les
habitants de Lib~ria et de St-Thomas. i Non-seulement
les 17 ans de cette occupation le prouvent, mai encore
l'histoire et les donnees du droit international. Voici ce
que disent Fuinck Breniarno et Sor~el, dans leur volume
du droit des glens, pages 2r9, 220, 221, derximetn
edition :
u Le giou~vernement qui sollicite ou accepted l'interven -
a tion d'un Btat Cttanger, porte lui-m~me atteinte a.la
asouverainetC de I'Etat qu il dirige. Ilconstate, en, effet,
< a syjets de lI'tat, et il declare implicitemnent par 16 qu'il
(a laiss6 pericliter la souvertinet6 de I'Etat. Leshtats ne
a sont des Etats, ne sont souverains et ne soot indepen-
a~ dants qu'a condition de maintenic l'ord-re al Iintdrient












get d'assurer le respect de leurs frontieres... Les diffi-
< ac national du people, de la constitution'de 1 Etat, de la
nature ~du gaouvernement; I'intervention (tranogire ne
rd~truitiamais.. ces causes de difficultis, mais- elle en
s preci pite souvent les conseq uences. Le coractbre natio-
a nal en de'vieric plus irritable, la- constitution, si elle
cc Ctait mauvaise, parait pire encore lorsqu'elle est impo-
crsbe par une force 6trangare et le gouvernement qui pC-
achait par inintelligence, ignorance on faiblesse, se re-
a pose surcette mime force et ne devient ni plus intelli-
a gent, ni plus instruit, ni plus Cnergique... L'interven-
ct:tion devient alors permanente, I'anarchie en est la con-
a sequence et conduit' promptement soit a la ruine de
a I'~tat, soil i~son as~servissement it une puissance 6tran-
agb~re! i
~Votre ~o du 9 avril parle de la roylutC frangaise pre-
fdrant la loi de fiPtranger acelle -d~i people, des Du-
mouriez', des Pichegru, des Moreau devienus les con-
.seil'ers ~des soieverains ehneniis, des Talleyrand pacti-
sant ave c es souverains. Nous ne sougmes pas avec
ceux-ld,;parce qu'avec J'aide de Dieu, nous ne pouvons
lear ressembler. Qu'on nous parle des Bonaparte, des
Massena, des Lasnes, des +Cambronne, des Desaix, des
Mac Dopald,- de cette p'eiade de francais mi'ritaires on
civils, qui sure'nt mettre lear patrie au dessus dt'eux-
m~mesf qu'on nous,parre d'un Mirab'eu, d'un- Gam-
bttta. d'un Adolphe Thiers restauriht la Frdnce repu-
blicaine et assurant quie I'av~enir est as plus sage; a un
Clemeneau (le'Tigre,1ie Pkre la Vijctoire,) d'un Poincard
apthis la guerre mondiale, -reledant la France ruinde,
quoique victorieuse, les finances oberkes, .1'agriculture,
I'industrie et le camnerce' frangais ayx abois, Irs villes
detruites par le faith de la guerre, facilitant la sortie
abondam~e du via frangais Jaiis taxe et introdluisant en
retour f'or en abondance dans sa patrie, jusqu'a en faire
la secondle nation qui posside le plus d'or, en peu de
temps; qu'on nous parle encore d'un Blucher, des












gra~nds philosophes allemands, tels que les Goethe, Igs
Shiller, les Nietzche, preparapt ~par leur patriotism
avis6 la rehabilitation de leur patrie, d'un Pitt, d'tin
Wilb~erforce, d'un W~Sellingtodn, travailiant' g immense
gloire de I'ilngleterre, d'an Bisniark rendant an un fait
accomipli foceuvre de l'biegemonie allemande et de bien
d'autres don't s 'enorgueillissent des peoples divers, tels
que flItalie avec sa maxime : dirons avec raison :vo li des bommes dignes d'&tre imi-
tes. Nous oulons $!re de lear Ccole pour la gloire de
note Patrie bleo aimbee...
Nous nous reportons -en. Haiti. Qu'on nous parte
main tenan t de To uwsai nt-Lo uvertu re, de. Dessalingsa, de
Christophe, d'AndrC Rigaud, de P~tion, Clerveau, La-
martini re, Capois-La-Mort, IMaurepas, Faubert,- La-~
bastille, Ja-Pierre Boyer, Soulouqte, Geffard, Nissage
Saget, 80isrond-Canal, Salomon, Legitime, Hyppolite,
Tirdsias S~m, Nord Alexis, Leconte, Bonnet, Inginac,
Sabotirin;T`mbert, Pilie, Dumesle--Hcrardl,'Brice ainC,
Pierre -Momplaisir P'ierre. -Louis Joseph Janvier,
Edmond P'aul, Thimag60e Rameau, Septimus Rameau,
Preston, A4. L. de -Pradines, Plaisance, Fredetic M~arce_.
lin, Firmin, Steward, Hugon Lechaud, Volmar La-
porre, B. Lallemand. Boyer' Bazelais, Eugene Margron,
* Edmood Cabache; Elie Guermn, Charleti~agne Peraltc,
et de'certe ple'iade de citoyens distingues qu~i n'ont pas
m~atque h Haitij dont nous~ne citons pas les noms,
p~arce que le ca'~re de certe ~lettre est trop restreint,
dorit les uns sont thorts et les "axtres encore vivants,
quoique la plupart ils aient commis Ades erreurs, qui
n en a -pas commis, des fautes graves m~me, ils sont
dignes d'Ctre imites en ce qu'ils ont fait de bon, et cous
somnmes, avec eux, parce qu'ils ont fair des efforts pour
la Patrie et I'ont 'transmise g la postirit6 sans aucune
intervention, sucune, occupation militaire Ctraingeres!
Avec f'occupation ambricaine, nous ne pourrons rien
tenter', qui rdussisse ii la Pdtrie haitienise, pout la reti-
rer de fdtrleiDte de cette misere, quil'expose a une brive












dichdance.~ Cela s'explique: les ten'duces de I'Amberi-
cain du Nord ne sont pas les obtres 11 nous consider
comnme un people, une race inferieure et abus voulons
prouver que nous sonames digues de. la civilisation.
S'il nous considerait comme un people respectable,
pourquoi, ap lieu'de la~convention et des tractations
qui f'ont prkcdbe et suivie, et au moyen Jeaquelles i
tient h nous asservir; pourquoi ne nous a t il pas pro-
pos6, pourquoi ne nous presente-t-il on traits d'allian-:
ce defensif de people a peuple et oil les avantages po~iurs
~raient Ctre r~ciproques?, .. Ouecr orqo ep
conise t-il pas la neutr~alit6 parfai ement possible des
deux republiques qui se partagent I ile d'Haiti a f'ins-
tar, de la Su~isse, de la Belgique, etc. Ce sont ces deux
clfodses, que j'avais soumises en lieu et place de la Con-
vention.
C'esr une question de vie pour nous que I'occupa-
tion militaire et civil soit levee, sans genre de temps.
Quan~d ce sera accompli, au lieu de reprLsaills le peu-
ple haitten se livrera aux transports des plus saints
et patriotiques rejouissances. Je m'en porte pour lui
ganrar, avec l'aide de Dieu. D'ailleurs, le people n'est
pas armed, ses fusils lui ont ete eniev~s subrepticement
par I'dmericain. Un faith A remarquer, c'est que depuis
l'occupation :militaire, on ne constate plus ces impor-
tations-interlopes, par les frontieres, des munifiGDS et
ergi~ns de guerre amb~ricains. Le burt Nait auieint.
LIe langage que je tiens est celui dont s'honorerait
tout' patricte ambriclan, qui verrait sa patrie occup~e,
par u~ne force militaire 6~trangtre, sans y avoir 6t6 ap-
pelde.-
Aussi qlue tous les citoyens en fassent leur expdrien-
ce et leur profit; qu'lls ne pensent plus A la guerre
civi'e, dont le rdsultat au moins est de mettle la na
tion en arribre, mais qu'ils developpent le courage
civique, comnme je I'ai propose dans c Je salut de la Republique et le triomphie des priacipes
et des institutions Que tous les citoyens accordent au















gouvernement ifabli pour le maintien de la paix, un
concours actif, positif, patriotique, moral, afin de lui
permcttre de reclamer et d'obtenir..cette~evee Qdfinitive,
g condition que rienZ ne sel fatsseau profitexclusif~de l'And-
ricain et- au~ditriment dje la Paufie. Au~tant notre people
est pe~tit, aultant iI~doit rrsclamer lorsque le dlro~it esy de
son ctdt, parce~ qu'il n'y a pas de droit contre leldroit
Idgitiame. Puisque << M. Cameron Forbes est anelin a
< e qufeles Haitiens ne vtiudront les 'voir se retirer,b
pourquoi leur reticence h accorder d'ane main et Si re-
tirer de l'dutre. Ils n'ont done qu'di se retire.
D'ailieurs Haitd n' pas faith plus de guerres civiles
que les peuples des rrois Am~riques et ils jouissents, la
plupart, de la pidnitude de lear indCpendance. Malheu-
reusemient pour notre gouverne, nous ne nous sommes
pas inppel6 qlue nous sommes des descendants d'crsclaves.
C'est done pa~rnotre sagesse. notre science, notre ex-
per ~nee, notre esprit de religioth, qui command le
sacrifice de soi-mime, le -travailsous routes ses formes,
note courage civique, qu-e lious commanderons le
respect et 'a~mitie des autres peuples. *
C'bst I'occasion ppur moi de renouveler a votre in-
terelsant et vaillant journal, mes vaeux de longevite et
de bonne bespgne patriotique. Je souhaite qu'i! c616bre
ses noces d''or C est pourquoi j'ajoute: ad murlos annos!i
Veuille4z -agr~er, nion cher Direcieur, mes plus pa-
triotiqu~es salutations.
M. MOR~PEAU, nUICal,















CONFERENCE~
Pronon'cee en 1Vai -1932 au loc-al` de
1'Association de la Jeunesse Chrdtienne
A 1'occasion de la f~te du Trava~il et
de 1'AgriCulture


C'est par les expositions nationals que
les peoples s'affirment maintenant dans
la voie de la civilisation. C'est par la 1.utte
incessan te d o travail,ce tte lu tte pacific ue,
qui mel de citB l'6pee pour repgeter les
esprits/4 l'amblioration de l'es(14ce humai-
ne, que l'Halien pourra regagner le temps
perdo et avoir cette civilisation,qui est le
plus bel apanage de l'intelligence de l'homn-
me...
It. MORPEAU

MESDEMlOISELLES,
MESDA;MES,
MESSIEURS,

L'exellen n:-prdsident de l'Association de la Jeunesse
chiretienne a bien voulu par son interessante lettre du
13 avril, m'inviter, 1 I'occasion de la fate national du
Travail et de 1'Agriculture, d entratenir I'assistance des
'deux problemes qui passionnent avec raison 1 Huma
41ite entire. Je reponds B cette nioble invitation, non














pas que je me crole capable de satisfaire aux vaeux de
cette Association, mais parce qu aimant, la jeunesse,
avenir reconfortant de la Patrie, me d~vouant pour
elle, je sens le besoiu de l'encouraiger, selon mes faibles
lumirens et I'experience que donne fI'ge.
Dieu, spreg avoir former le mnonde visible et todt ce
qu'il continent, prit conseil de lui-m&mne et se dit: sons l'homme a notre image, g notre resemblance et
qu il command d toute creature. P L'homme etait dans
la pensee du Tout Puissant, quand il le rev~iit d'un
corpg qu'-il aninia. 11 tient a la fois du diel et de:Ia
terre: du clel, par son esprit, de la terre par son corps.
Son origine c61este doit le pre eadre at
Tereste, l vt, e nurrt e la terre, se couvre de
tout ce qui vient de la terre et il retourne g la terre;
tandis que son Ame immortelle monte a sa source pr'e-
miere, qui est Dieu, d'ott la nicessite pour lui du tra-
vail sous toutes s2s loymes: spiritual, moral, intel-.
lectuel et materiel.
Le concert d'un Dieu,-en trois' personaes, dans la
creation de l'homme, est aussi merveilleux et divin
qu'll rappelled: la noblesse et la grandeur de Porigine
de I'H-umanitC. Anssi la Bible, qui est le livre par
excellence, I'anthologie en quelgue sorte de la pofsies
divine, et Bossuet dans son pathetique discours sur
I'histoire universelle,ont its chantC la grande bombC du
Seigneur et la splendeur de son amour pour l'bom-
me.
Apres avoir faith de lui 'un chef-d'oeovre de cette su-
pi~me bombC et de cet amour infini, il le mit dans un
jardindelcieux avec la premiere epouse,qu'il lui don-
na pout compagne. La,il jouissait avec elle du bonhear
de innocence par un travail volontaire, facile, beni et
productif. Depois leur desobei sance, tout a change
contre eux. La nature s'esp endurcie A leur 6gard, leur
intelligence s'est obscurcie et le travail est pour eux.
de~venu penible.
Depuis I'avenement du nouve~l Adam; fils de la nou-













velle Eve, du diva maitre, qui a travailli de ses mains
pendant trente ans et a employ trois autres anneis
g repandre autour de lui ses -bienfaits et la plus
pure, la plus saints des doctrines, le travail, dur
pour li9me desenchandee et impatiente, est devenu iun
objet de v~ndration, de haute ndcessit6, parce qu'avec
l'obeissance et la resignation chrt8iennes, ses aspdrites
ont disparu.
L'homme a. ainsi appris que c'est en faisant la vo
loat6 de Dieu, en se montrant patient, constant, et lut-
teur qu'il peut jouir du fruit de son travail et parvenir,
non seulement au bien &tre terrestie; mrais encore au.
bienfait et aux jouissances du ciel.
.L'homme, g ces titres divers, est I'ambassadeur de
Dieu star l~a terre. 11 y remplit une mission. Deux lois
sent infiltries dans son coeur.
La premiere est celle de la reconnaissance enters
son- Auteur, qui f'a 6tabli encore le roi de la creation.
La' second est. celle du travail.
Dieu don: nous command de travailler et it se rd-
serve d'en accorder le profit et la jouissance aux
hommes de bone volonte, aux vrais lutteurs, aux
hommes de foi et d'esperance.
Comme l'a fort bien exprimC Mr. de Lamartine, le
travail est une priere. C'est I'acte reconfortant qu~i, en
indme temps qu'il contribute a lui assurer la vie, 616ve
son Ame vers l'infini, I'epure- et lui rend cette vie pos-
sihle. Po~ur gouverner la ierre et la mattriser,, il faut
qu'on soit du diel. Le travail est un vrai sport. 11 coi1-
serve la santt, rend I'hemme robuste. Le travail inte'l-
ligent et beni nous permet de gagner norre existence,
de l'amdliorer, d Stre au-dessus du bessaini, de satis-
faire aux exigences de notre condition, de crider une
famille,.de lia developper, d'Clever nospnfants comme
il convient, de faire du bien, de contribaer & ,la
fondatioi,~ au bien-Ctre de la Patrie, d &tre libres, in-
dependaii1, de ne pas nous- assujettir au mal, de










4o -

n'&tre les esc'aves de personne, si ce n'est que du de-
voir ou de la loi.
Pour parvenir a son bLien-&tr~e, I'homm~ne we doit
computer que sur Dieu et sur lui-m~me selon la
maxime anglaise : G'o ahead, never mind, help yourself.
Parler du travail, c'est dA tous les ~points de ~vue .com-
mencer par la base, c'est en choisir la premiere bran-
che: I'agriculture. Ce o'est pour rien que Dieu avait
donned pour sejour a nos premiers parents I'Eden,
ce jardin de1icieux, couvert de plants et de fruits;
c'6tair comme pour nous dire : adonnez vous au tra-
vail des champs.
En effet, agriculture est la principal source des
richesses. Cultiver la terre, c'est assurer le present et
I'avenir. LIe premier devoir. de tout homme est de
peaser g sa subsistence, par constquent de produire
ce qui c'onvient g sa nourriture, de l'a~voir par lul-
m~me on I'dquivalent.: L'industrie, les arts, le com-
merce, les objets.mame de la science sont .les products
de l'agriculture ou de la terre, et sons-auantat de. choses
qui contribuent P l'entretien de lhomme. Le surplus,
des matieres agricoles permet I'echange. Aussi la
maxime de Seneque restera t-elle toujours vraie: e Pri-
mnum tdivere deinde philosophari: vivre d'abord, philo-
sopher ensuite. > Certes, la parole est indispensable 1
l'bomine; mais it fatit permettre au corps par une
nourriture substantielle, higienique, de porter l'esprit
pour. que celui-ci le dirige, d'od la necessity d't8tre
positif.
Mais comment travailler la terre, comment s'adon-
ner a I'agricultur~e. Est-ce sur du paper ? On doit
d'abord I'apprendre, car l'agriculture est an art. 11 faut
ensuite que l'homme possede la terre on comme pro-
pridtair~e on autrement. II lui faut ia.dl~fricher, I'ense-'
mencer, la cuhiver, V~arr'oser, .la survei~ller, d'odS les
instruments aratoirds et les proc614s mizddrnes, qui lui
contiennenjt. Alors les' products abondants sont la rC-
compense de la patience, de la constance, de I'effort,










-- 41 -
de l'energie du laboureur intelligoent. On dira qu'il lui
faut des capitaux. Nous dirons oui et non. S il en.a
tant mieux. S'll n'en a pas ? Lui faut-il mourir de faim
sur cette terre pleine de fruits naturels? Ira-t-il a I'em-
prunt? L'emprunt your les petits peuples com~me pour
les particuliers, c'est la m~ine, c'est f'esclavage degui-
se, a moilis que ce ne soit a longue Acheance, 1 un
taux raisonnable, par amortisse-ment et que l'emprunt
ne soit-surtout interieur. La Russie aki~prunt6 et o'a
pas payer. Qui a ase l'attaquer ? Mais si elle e'tait une
petite nation, comme la ntre, il y a longte~mps _qu'elle
serait occupdet coinme nous. Nous dirons que le capi-
tal est dans la terre, dans l'eau, les seinences qu'elle
fou~rnit, le credit et la science de I'homme de volombe.
Le travail des champs parait diffieile; mais il.est hono-
rable, rend frugal, developpe la vertu, la simplicitC,
I austerity 'du caractere et le .courage civique.
R est utile qsue agriculture soit profegee par 1'Etat,
qui lui doit de la securitP par une bone *police, de
li'encouragement par des, routes de penetration, qui
facilitent I'6toulement, I'6change des products, des ca-
nauyI d'irrigation, qui lui permettent de ne pas comp-
ter exclusivement sur la nature. Pour le surplus `des
produits.agricolei, il lui faut.des debouchis g l'6tran-
ger. Chez tous les peuples d ii ennde, I'agriculture~a
toujours 6t6 honoree. Parmi ~les .anciens on voit les
Persets, les Fgyrptiens, les -Romains figure au premier
rang. Les souverains des deux premiers peuples don-
naient, h des epoques deteimindes et aux f~tes c616-~
brees en Son hionneur, I'exemple du labour manuel, au
mojren des instruments aratoires. En Egypte les inon-
dations FRcondes du N~il- facilitaient beauco'up le tra-
vail des champs.
En Hai'ti, tout~es les eaux vont se perdre a la mer,
au grand detriment de I'ingriculture. Aussi Y'Egypte est-
elle rest~e longtemps le greni~er du Monde conou. Qui
ne se rappelle I'histoire merveillease de Joseph, le
grand, I'intelligent ministry de Pharaon, qui sut habi-












element faire promouvoir pottr son maltre l'agriculture
Cgyptienne et metire dans ses greniers I'excident des
r.6coltes et contribuer k sauver le people de la famine,
qui sevissait alors chez les autres nations. En Egypte,
le fi's s'adonnait g la profession de son pere et la con-
siderait commne un heritage gircieux. Pour ,ma part,
je me fais on thtre de gloire et d'honneur d 6tre fits de
planteur et d in ustriel, d:&tre aunssi planteur, indus-
triel qu'e0tivain et avocat. A Rome, I agriculture 6tait
vraiment I'objet d'un culte. Elle faisait d'elle et de l'art
mi~llitaire la base de sa richesse et de sa puissance. Le
prenuer devoir du citoyan 6tait a Ctr~e armb poth~ la de-
fitnse de la Patrie et de travailler pour subvenic 1 ses
besoins et 1 ceux de cette patrie. On a va Cincinnatus
oblige de laisser ses champs pour revitir la dictature,
afin de parer au salut de la R~publique, I abandonner
avant le temps fix6, pour retourner a ses champs. On
a vu encore Rtigulus, gdadral des marines romnaines, ce
s~nateur qui- pr~f~ta 8tre martyr des Carthaginois plu-
tat~qie de con~seiller g sa patrie la paix avec eux, sol-
liciter quelque temps atiparavent son cong6 du S60at
romaqin, pour se rendre g sa ferme rurale diblaiss~e par
son~ absence.
Ecoutons ce que I'immortel Bossuet dissit desi Ro-
mains dans son discours sur T'histoire universelle:
a Le fond d'un Romain pour ainst parler, 6tait
I'amour de sa liberty et de sa patrie. TUne de ces cho-
ses lui.faissit aimer l'autre, car, parce qu'll aimait sa
liberty, il ajmait aussisa patrie, comme une mere,qui
le nourrissait dans des sentiments egalement genereux
et libres. Saus ce nom de libertC, les Romains se figu-
raient, avec'les Grees, un Etat oh personlne ne fut su-
jet que de la joi et ch- la loi lut plus puissante que les
hommes. La liberty leur 6tair done an trbsor qu'ils
pref~raient- r outes les richesses de l'Univers. Aussi,
avez-vous~vu que dans leurs commencements et m&-
me bien avant dans lear progres la pauvretC n'etait pas
us mal pour eux. Au contraire, ils la regardaie~nt comn-











me un moyen de gard'er leur libei-t6 plus entire, n'y
ayant' rien de plus libre, ni independant qu'an hom-
me qui~sait vivre `de pe tit qui, Sans rien attendre de
la protection ou de la libeta~it6 d'autrui, ne fonde sa
subsistence que` sur son ;hdustrie et sur son travail.
Cetst ce que faisaient lesipombins. Nouric du betail,
labourer la rtere, se d~tobe?'f eux-mCmes' tout ce go'ils
pouvaient, vivre d'epargnps et~de travail. Voila qu'elle
6tait leur vie. C'est de quoi ils soutenaiest eurr famil~le
qu'ils accoutomaient r\ de semblables travaux. Tite-Live
a raison de dire qu'il o'y eut jamais de people, oft la
frugality, oil I'epargne, oix la pauvrete aient 6te plus
longremps en honneur. Les Sdnateurs les plus illustres,
A o'en regarder que l'exterieur,diffdraient peu des pay-
sans et o'avaient d'eclat ni de majesty qu'en public et
dans le Senat. Do reste, on les trouvait occupies du la-
bourage et des autres soins de la vie rustique quand on
les allait queric pour commander les armies. D
Si nous laissons l'antiquit6. nous admirons les peu-
ples modernes embrassant I'agriculture comme le pre-
mier facteur de leur gloire, de leur prosperith et de leur
puissance. C'est qu'en etfet au moyen de l'agriculture
leur industries est cre6e et leur commerce deviant flo-
rissant. Louis XIV,en encourageant le developpement
de l'agriculture frangaise, fit concourir ~l'industrie, le
commerce, I instruction 'pubbique, la religion, les scien-
ces et les art's a la gloire de la France. 11 etit l'honneur
par son amour du beau, de l'utile,de voir appeler le
sibcle, oi it a rign6, le~sicle de Louis XIV. Naptileon
Ie en fondant par ses guerres et son habile adminis-
tration' la fusion et I'unite de la France, rendit l'agri-
culture prospare par les travaux d'irrigation, les routes
'interieures et de communications et la protection qu'il
lyi accorda. De nos jours on voit la France,ruinde par
la g~erre mandiale, quaique victorieuse, remoter B
flot, grkte a l'energie patriotigue de MI Raymond Poin-
carb protegeant l'agriculteur frangais, facilitant la sor-
tie abondante du vin sans taxe et faisant recueillic :\











- 44 ~-


son people le plus de profit.jusqu'a faire de la France le
second pays du monde,qui possidle le plus d'or. L'Al-
knmagne, par son agriculture, on Pnergie industrielle et
son commerce patient, a pu se ravtitailler et mainteni~r
son rang. Pas loin de no0us, aul Mtxique, le peiaple az-
teque si intelligent honore sea8 agricu ture et accomplit
le but de son existence: la c~Elbation L'Americain du
Nord par le developpement de son immense territoire,
a renldu I'agriculrure florissante. Ce peuplead agricul-
tears et de marchands de porcatcomme l'ap ~elaient par
ironie les Europeens, a pu par son travail enlever tant
d'or du monde qu'il en est devenu le plus riche pos-
sesse~ur. Quoique,au point de vue du travail sous tou-
tes ses formes, il soit digne d'etre imite, il n'en est pas
moins injuste pour avoir os6 humilier et amoindrir
notre patrie. Grand cr~aacier de l'Europe, il est devenu
le Banquier du monde et il croit que c'est la manifeste
destinee des nations de graviter vers l'Union 6toilde.
En Angleterre, ce sont les grands qui s'occupent le
plus de agriculture. Les Lords, les d~putbs des com-
munes, les ministres habitent le plus souvent la cam-
pagne. Ils sont admirables,quand ils en descendent dans
leurs voitures pour s'occuper des affaires de -la nation et
retourner h leur plantations rurales.
Grice au developpement intense de l'agriculture, la
portion frangaise de St. Domin'gue, aujourd hui Hai'ti,
rapportait autrefois Tes deux tiers des revenus de la
France. Elle Ctait appelee le Paradis des Franlais, le
grand march du Nouveau Monde. 11 est vrai que ce
resultat 6tait feceuvre de l'esclavage.
Depuis l'abolition de cette institution barbarg, 1 Saint-
Domingue on vit Rigaud, Toussaint Louvertur~e retablic
la culture libre et, au moyen de leurs auxiliaires,yfaire
revivre la prospririt.
Dessalines,Christophe,Petionl,Joyer,SoulouueGef-
frard, Nissage, Boisroand Canal, Hyppolite, NJord Alexis,
bien d'autres chefs d'Etat et des ministresfurent de grands
planteurs. Salomon, fils de planteur, s'occupa du dC-










- 45 -


veloppement de I'agriculture et, par sa loi agraire de
1883, extension de celle de P~@tion, il contribua beau-
coup a la reliever. Comme Toussaint Louverture, Ri-
gaud et les autres, -it fit en: sorte que ses lieutenants
s'occupassent Id'agriculture et fussent d3es planteurs,pour
CtablirlI'autorite du bon exemple. Legititte, pendant son
riagne, s'occupa d'agriculture. Comuie ministry de ce
d~partemnent,.il prit une part dctive a exposition natio-
nale de IS88. En attendant le d~veloppement 'e l'in-
dustrie et du commerce national, et~ les nouvelles car-
rieres indispensables au people, I'agriculture est .la
premi~te ressbu rce de- notre Repu blfque. Les membres
des pouv'oirs publics doivent donner le bon example,
en s'y appliquant. Par lears functions et les.appointe-
ments qu'ils percoiver t du- tresor public, its Sont en
measure plus que d'aut es, -d'Ctre de grands planteurs,
de resider m~me W.c'ertains moments.h la campagne.
L'exemple parti d'e~n ha~ut sera saivi. L'on s'enferme
trop dans les villesAbvec les facilities des voies de com-
Inunication, no~s clmpagnes dolivent &tre exp~lordes,nos
mornes visits plus frequemmenb. Reporter en vue
du travail agricole le plus d'hommes vers nos campa-
goes et nos mornes' si admirables de. verdure. si 6-
cond en tous genres, leiur donner de la s~curite, les
de aitout~rner 'e""~'autant que possible des charyges publiques,
leshaite'rphletravail a se donner une nonnate
alsance et a parvenirrg, la richesse !m&;te, ae pas fraip-
per de dioit les proom-is de l'agriculture, les desinteres-
ser de la 'politiqure tenre terre,qui fait- la ruine du pays,
c'est le-.meilleur moy~en d'avoir la paix, qdisiest le pre-
mier progrbs de la Patrie et de faire cdonverger le peu-
ple hd~rien, ce petiiple si bon, st endurant,dont la nais-
sance-fat si noble, vers l'accomplissemlent de ses hautes
destinies.
Comnme ie le-disalss en r &81, l'occasibn de 1 Expo-
sition N~ationale d'H~ai'ti: a C'est par les expositions
nationales que les peuples s'affirment maintenant dans
la voie de la civrilisation. C'est par la latte incessante












du travail, cette lutte pacifique qui met de c6ti I'Cpbe
pour reporter les esprits a I'amelboration de l'espkce hu-
'miaine, que l'Hlaitien pourra regagner le temps perdu
et avoir cette civilisatioii qui~ est. le plus bel apanage
de I'intelligence de l'homme.o
Mais je m'apergois, mesdemoiselles, mesdames et
messieurs, que )('abuse de vote patient bombC. Auss'i je
termine mon humble apergo sur le travail et I'agri-
ctilture par les passages suivants de Pro Patria :
c L~a veritable reforme poiar nous doit s'effsctuer,
comme nous I'avons exprimC, daqS le tratrail, da~ns son
organisation.C'est en reportant les esprits.vers le tra-
vail sous toutes ses formes qu on babituera 1 Haaitien a
la vie g'ind~pend'ance, au-dessus du iiesoin, qui permet
a I'homme sbrieux, ddsintdresse, de se former une
opinion, de suivre un principle, de le soutenir au pC-
ril de son existence; de la donner mim~e poor le faire
triompher, toute chose qui,s'6tendant a la collectivist,
assure la liberty d'un people et le preserve d'Ctre le
jbuer. des agioieurs, des speculateurs polititque<, ~des
tyrans de bas 6tage. Pourquoi le manque defit d s
les principes,dails les opinions,4up remarque le specta-
teur attentif dans I'Haitien ?.Pourquoi ce jeu de bas-
cule maladroit ? Parce que le~ citoyTen ne croit pas que
pauvre, c est par un travail horinate,tacessaqt,qu i1 pos-
,stdera I'aisance, le bien-6tre, la consideration; qtie ri-
che, c'est encore par le travail qu'il conservera sa for-
tune et son horneur; parce qu'il ro.ugit en-quelque
sorte de sa pauvret6, quand il l'est, ce qui` le porte 4
se ravaler; parce qu'enfin la liberty o'est ~pas assise en
Haiti sur les'bases solides du travail moral, intell~ectuel,
mnateriel, sur le respect des Icis et ce je ne saiS` quoi
don'tt les peuples vraiment libres se nourtissent.
e'Developpons done le travail.~Crbons parlui la seale
politique qui Soit capable de rendre le pays heoreux. i
Depuis Dessalines, Petion, Christophe, Sbulougue,
Nord Alexis, os divers gouvernetientsmne se soot plus












47 1

'appuyes sur Te people, pour le maintien de notre di-
guith nationale. C'est f'une des causes, pour ne.pas
dire la vraie cause, qui faith qualifier la politique hai'-
tienne par ces mois: nlcessitC et impuissance.
En.ce moment oil une misere ~affreuse hante tous
les foyers, rappelons souvent que, lorsqu'en bivouac
de guerres, on envoie la sentinelle surveiller les mnou-
vements de f'ennemi, on lui crie: sentinelle, prenez
garde a vous! Qu'Ha'tii veille. Haitiens, prenez garde
1 vous i!!!

















CONFERENCE
Prononcee & 1'Association de Saint
Vincent de Paul


La plenitude de ^la loi, c'est la chlarid.
SaINT PAUL

ME'DEMOISELLES,
MESDAMES
ET IMESSIEURS,
Le christianisme a transform le Monde.
Avant I'avEnement du Christ, son fondateur, I'Hu-
manit6 etalt livrbe au matirialisme le plus grossier.
Les peuples puissants detruisaient ou assujettissaient les
peuples faibles et sans defense. C'est pour attenuer I'ef-
fet de cette destruction que l'esclavage fat cr66. 11 fut
relativement alors un progress humain contre l'horreur
de la sauvage destruction. L'homme fort, intelligent,
riche, rendait.esolavre son semblable. Le travail, I'une
des premieres e~t saints lois donades par le Createur it
l'bomme poor son bien Stre, avait it6 considered com-
me l'apanage de; 1 esave ou: de l'animal.
Des philosophies not'mes, sans doute, de sentiments.
humains et inspires conime d'en-Haut, osaient pro-
tester contre les maux sociaux, 16gitimbs par les lois et
les mceurs de !'AntiquitC. Mais les crimes, les abus n'en
continaaient pas moins. Pas de morality, pas de vertus










49

religieuses. Les nations livrees a elles-m~&mes, 1es hom-
mes, sous les artifices d4 malin esprit, avaient meconau
f'origine de leur nature divine et abandonn6 la vraie
vole du bonhedr et de la paix.
: Ces faits s'expliquent. Pour d~traire les mame: sociaux,
renverser les systimnes qui les amiplifient et leu~r donnent
dde la corinuitC, il faut le sacrifice, non pas de ceux qui
le1s .peliftient, mais bien I'immolation de soi-.mbme.
A ce soldr if faut qu'on s'offre en `holoci'uste. C'est 14
le lvrai divouement, la quintessence de l'aurour. C'est
ce que TrHomme-Dieu a accompli sur la- terre. Qu'y
a-'t if de mieux, diSsit il, que .de donner sa vie pout.
ses amis. Or Dieu n'est pas sculement le Pere, le Mai-
tre, le Createur de P'homrme. II s'est faith san ami, mal
.grb la diiechiance, I'indignit6 de sa creature. VoilP
pourquoi ilf s'est immol6 pour nous. Ce qui rend sort
amour pour 1 HumartitC plus evident, plus ex~pressiF,
plus divin, c'est qu'il s'est abaiss6 jusqu'au plus hum
ble, se advouant ainsi et pour ses amis et pour ceux
qui ne f'oot pas compris et se sont faits ses ennemisi
afih~ gue disormais dans 1 Humanite, il n'y sit qu'un
Sseul Dieo, un seal Seigneur~urtseul Chef, un seul Pbre
commiun,' un seul people, le people chreitin. En agis-
sant comme ii en a donad I'exemple, ii a convi6 tous
les hiommes h l'imiter. C'est ce qui faith que, malgrd
tout, le Christianisme se developp'e partout, se main
tient, s'etend et march inevitablement h la conquete
.du monde entier. Son acuvre est faite de -patience,
.d'amour, de labeur, de souffrance, d'intelligence, de
sagesse, et doit en~ assurer le triomphe; tandis que no
Ssont pas durables et ne sauraient triompher routes en-
treprises ayant pour but de dttraite des' hommes pour
assurer le triomphe d'une idee, mime d'un principe...
Quoique les peuples contemporains continent leurs
systimes d'asservissement et de destruction des plus
faibles, pour assurer lear domination ephembre, les
serviteuts du Christ interviennent au moyen de. la










fo

charitC pour att~nuer, sinon faire -disparattre` les viices
sOeCIAHx,
L'amoaur du vral Dieiz n'existait p~as autrefois, parce
qiue son existence 6tait imparfaitement ~conaue et la
charire, qui est i'am~our du prochain, n'etait guere en~
ddLidence et praticable. Qn connaissait I'amour de la
Patdie dans ses manifestations extbrieures.- C'tait pres-
que tout .
Mais~ depais favBnement du Christ que~ d'biommnes
out~ surgl poor manifester -la gloire de D~ieu et se dd-
Foure~ as bien-6tre, as salut materiel et morazl de~L'Hulr
mtaanit6 Parmi ces hommes` illustres, on~ compte avec
raison S aint-Vincent de- Paul.
' Cest avec justice, ITes chers amis, que votre asso-
elattooa 1a pri~s pour modble' et patron. Ohi, St-Vinceit'
de Paul est ua medd~l~e de l.a charit6 chretienne. Fils d-'un
'sisup'e libour~ede VFincent de Paul fpt commre A bel e~t
h siain Rei Bavid, gardien des trou eatux d~e son phre.
1: Efat un hostpe des champs Pol~rss par la charity
evangahlque,. et comprena'nt te bien qu'il 6tait appel'd k
accomaptli au service de Phuamanit6, it surivit les insplra-
rions de sea~n caetu et devint pr~tte :Dans Ifaccomplis-
s~etame det~ see. m~inisthe sacxd, it' fut entev6 pat les
~tares,, enwb~tedr e~a, kmt pays et vendu comme esclkve.~
Seao amourLtt; de D~ieu et sa! charid~ enviers Peo prochain
Amreeat tel qiu'it~ourrtir son mnattre,?1 a tn eagat, et sa:
f~eptaie~, quir in rendirent Ba libr~er46 Rev~enu en Fsanc~e,
soa paste,~ que d' rcuvres de ch~arit up fondart-iF pas ?
Pa~rtout aid i% Lt y avai dles ptuv~res g caonsole, es.
ztakes~C~ tPend~s A 4kver~~ eB saucer, des orpyhelins a se-
teasijlr desv;'vidilirs B vivwiffe~r,, des ven~es. & prot~gir,
dksr noi~nfer gunE & ~ jenab, dePS 6tal sils~em1~lSCents de hiea
'lisance, es~ Ccs~e D fot4dern, Saint-Yiiacent de Paul y
deemi~t la: mesure de sea4 droem~`~~4~eks. Ik. inStitu;I ks
Sdiaes~s aissag~ia~iless de~tudes e de bienfaicsnce, quir,
juCslu a' priSeQftatt pornen so~n Rom. 1:1 ert appele av~e~
liaker~n Ifangede behiariist divine, e~ma ome tptop~s qlu ll
est, test& I'une dteSI~~s, g eain kmU plu*s a de l'Eglise ca-













th~oliqu~e, N'ecoutant que son z&le pour le salut des
Ames et le bien-6tre intellectual, moral et matetiel de
ses frere~s,- il s'emnpressa d'evang~liser ies campagnes, y
faisant partout des- prostlytes Amtour de lui se ran-
getent des pr~tres dbvoues, qui embrassbrent cette aeo-
vre et firent voeu, sous inspiration de ce saint mission-
naire, de" se devouer, totate leu r vie, au salut- des pauvres
gens de la campagne. Ce fut li le debut de la congrd-
gation des missions, f'une des plus repandues de ses
ceuvres. II fooda encore les associations du devoue-
: ment chretien, par example, celle des dames de charity.
'Plus tard,il reanit des homatels, leur prepara des sta-
tuts,. un progiamfue, et posa ainsi les bases des conf6-
rences dites de Saint-Vincent de Paul.
L a douceur de Vincent de Paul 6tait one forme de
sa chirit6 6Cminemment chrCtienne.
SDans une lettre par lui adress~e a un Ev&que. il lui
disait ceci: d Le Seigneur a autrefois armed le clel et la
a terre centre l homme, I'a-t-il par la convertiZ N'a-t-
a il,;pas dtb s'abaisser et s'bumilier devant lui pour lui
40 faile agrier son joug ? Ce qu'un Dieu n a pu obtenir,
ar malgr6 sa Toute-Puissance, comment f'obtiendront
e nous, sinen par- la douceur a. N'est ce pas pourquoi
\ T'fomme-Dieu a dit: doux et humble d-e coeur >; Dien le pbre a crie I'bom-
me en lui donnant Y~intelligence, f'esprit, la libert6, la
volont6 pour sa gloire la plus parfa-ite. Et Pbomme,
aym6 cle ces forces et devenu arguei leux, les a tournees
contre lui, par la volomiCpropre; cont~re ses semnblables
~par Je dbsirimmod~x6 de'la domination. Dans cct oubli
de ses devoirs, it a cru pouvoir s'en: servir contr-e
Dieu Ibi-mdme.
:-C'est pourquqi, sprbs avoir' parley g P'homjme par la
voix de Moi'se sur Je Sinal' dans l'effrol do tonner're et
des tremblements -de terre et favoirr vu s'endurcir, if
employee dansles demniers temps, la voix de la douce~ur
Set de IThumilite. Roust en dononer f'exemple, il se. fit
ifomme. Par son d~vouement, sa booat6 et toutes les ver-












tus anxquelles il donna naissance, il r~unit~ceite ple'iade:
de saints, qtfi, com~me Vincent de Paul, rco'ncilibrent
par leur devowsement, leurs souffrances, l~eur charit6;
le'urs vet tas chretiennes, ila terre avec le ciel et read-irepDt
li v~ie terresc-re possible, en la faisant deventir uni peri-
dant, iun aivant-goft du c~iel. Dieo, en se faisant hom-
he, s'est inanifestbita I'hoaxme. Est ce pourquaei, repon-
-.dant i Philippe.gui lui demanda~ii de faire voir son pttre
--ases disciple's, it lui disait : mbo p~re! i'est pourquoi aussi-l'apitre St-Paul, exr-
phiquant la loi de Dies relque par Moi'se an Sinal' et rb`-
srlunde en ces deux priceptes: <1A4dore ton' Dieu en es-
Sprit et -en v~rit6, et aime ton prochain comthle toi-
menie ;, s'est 6ecri6: ar La plenitude de la loi, c'est la
charity. ,, Plenitucdo 1 ~gis est ~dileto -Nos phres, esclapes,
n'ent conna -les 616ments de la -charite ch'retienne que
grdce aux religieuxt des divers ordres qui passerent & St-
Domingue. Ces religieux ons protests ~par leur conduite,
leur bad exemplest -lear enseignement chr~tienecontre
l es brutalits,- les'atrocites et les immoorai-ths de I'escla-
vage. Leur doctrine peu tol~ree par les colons, ifs ti'ont
pu inocaler pro~foud~ment ~dans~ les. coeurs de ~ces' infor-
tanes, cette charity chretienne Jont I'une des maniifes--
tations les plus esjsentielles :est .le pardon -des inj~ures. Et
comme lecoeur de Ih'omme est naturellethient port~evers
l'egoisme, la haine, la vengoeance, nos phres out blen
souvent bloigne d'eux la charity& chr~tienne, creatrice de
la -douceur, de .la bombe, de la patience et: de l'altruisme.
SIls se Font lariss dorniner~parla hainie, i'egolisme, la- ven-
geance et se sod't fait du mal. Aussi est-ce l'occasion de
souhaiter gue les maximes, la chari!d,-'1k douceur, .la
sainte indifference prachbes par Saint-Viticn-t de Paul,-
solent 6tudiees, se d~veloppent chez nous et contribu~int
a la paix et a l'avancement du cher pays' d'Hai'ti.
Saint-Vincent de Paul a et6 appel6 avec raison le
grand Apdtre de la charite; son nom, repkte-t-on, est
synonime de charity.
Doux,~ bon envers les infants suroiott, il se donnait












ar tous l!es hommes, pour les gagner tous g Dieu, g
I'exemple de St Paul Rien ue gagne, dissit-il, le coeur
des hommes, comme l'amour et I'affbilit6. Aussi l'onc-
tiori de f'amour divin rayonnatt sur son front, comme
l'huile sainte qui, repandue sur la tete d'Aaroniujaillis-
sait sur son visage rendu par ce fiit resplendissant. Si
Haiti poss~dait dans-son sein.des Vincent de Paul ver-
sant O~flot le parfum divin de la charity, comme not-re
chbre et bien-aimbe patrie reviendrait de ses miiseres mo-
rales, physiologiques, et ataviques, pour revirtir la vraie
livrde du Christ.qui est la charitC, I'anion fraternelle,
base de la- waie paix. N'est-ce pas en vue de` ce rbsultat
admirable que Saint-Augustin a dit: < animam tuam predestinasti. En sauvant une time, youa
ptedestinezr la v~tre. > Si Vincent de Paul aima'it les
pauvres, les desh~rires du sort pour Dieu, pour eux-.
mimes et pour lui, n'y ayant rien dans le monde de-
p~lus suave qule .cette direction, cei amour. pratique, pour
nous~rendre en paix avec D~ieu, avec nous-m~mes et
nos semblab~les. Dans ce but, les ceuvres, les institu-
tions de bienfaisance de ce saint, qui gale les Fran-
<;ois d'Asslse, les Paul, oat port6 des fruits incommen-
surables da~ns leur dur~e, a travers les- temps.
Pour terminer cette simple conference, qu'il me soft
permis de transmettre ici uo passage de sa v~ie si -bien
remplie: -a. Le chef d'aEuvre de Vincent de Paul fut,
(r charity. De concert avec une femme d'une rare. intel-
a ligence et 8'une fo~i 6minente, la venerable Louise de
a Marillac, il cr~a cette ceuvre avec une audace -que Ife
-a g~nie. de la charity lui inspira. Jusqu'alors, en effet,
sleur vertu dans les clottres. Vincent de Paul osa jeter
<[ ses filles -au rinilieu do monde, comptant sur leur dd-
a: chastet6. Ideri~vit dans leurs riaglements ces paroles adJ















































Imp. CataAQurr, 2516, Rue du Docleur-Aubry, 1516.


cles rues des villes et les sales des h^pitaux,-point d'aix-
a tres, cultures que l'obeissance ni datre voile que la
e sainte modestie. Aussit~t a l'ceuvre, les filles de Saint
a Vincent, penchees sur le berceau des en~fants trouves,
aon sur le lit des mourants, envoydes par lear bienheu-
acreux pere lui-mime sur les champs de batailkc, au siege
a de Calais, et parmi les pestildris, provoquerent un cri
cad'admiration,qui o'a cess6 de retentir~dans l'Eglise ca-
a tholique.Ces humbles filles proclamaient, de lear c6te,
ctleur bonbear de servir les pauvres. que Vincent leur a
(appris a regarder coamne leurs seigneurs et leurs mat-
a tres. P 11 fallait pour une vie si bien remplie et consa-
cree par de nombreux miracles, a part la recomnpense
.Cternelle du ciel, celle de I'Eglise representante de Dieu.
Vincent de Paul fut canonis6 par le Pape Cletuent XII.
On peut v~nd~rer les reliques' de ce saint dans I'Eglise
des pr~tres de sa Congregation 1 Paris. Ii eut la gloire
d'&tre proclamC par le Pape Leon XIII, patron de toutes
les ceuvres de charity. C'est pour encourager tous ceux
qui entlent dans la vole difficile, mais combien gran
diose du devouement apostolique det de la saintet6, que
l'Eglise, qui e'st avant tout le premier gouvernement du
.IMonde, 6'eve ses grands liammes sur les antels et leur
brige des'statues, non pour &tre des objets djadoration,
mais comme moyen de perpetuer leur ban example au
service du vrai Dieu et du Prochain.

3r juillet 1932.












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