Coup de clairon

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Material Information

Title:
Coup de clairon problème politique contemporain
Physical Description:
25 p. : ; 19 cm.
Language:
French
Creator:
Laroche, Dejoie
Publisher:
Imp. La Conscience
Place of Publication:
Cap-Haitien
Publication Date:

Subjects

Subjects / Keywords:
Politics and government -- Haiti   ( lcsh )
Genre:
non-fiction   ( marcgt )

Notes

Statement of Responsibility:
par le Dr. Laroche.

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
oclc - 23898068
ocm23898068
System ID:
AA00008899:00001


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Full Text




UNIVERSITY
OF FLORIDA
LIBRARIES


Fv on


VN TEs.r or





CAP-HAITIIENR


IMPRIMERIE LA CONSCIENCE~:


1908.


COUPF DECLABIRON

BROBLBME POLITIQUB CONTEMPORARY



c S'if nous fant une ambition
a ayons'telle de fairedu bien,
a la seule amblition virile.,.,
J. SImon.


PAR

LED Lg ~AROCHE
s$NATEUR DE LA R PU~BLIOUE D)HAITT



Troisiime miller



PRIX: 50 centimes.













use
IMERIC*


u














A~ux Hommes cl'Eta-t d'Haliti.


Aucx Sena~teurs et Dtputes.









COUP DE CLAIRON

PROBLEME POLITIQUE CONTEMPORAIN



S'il nous faut une ambition
a ayons celle de fairile du bien,
a la scule ambition virile.u
J. SmJoN.



L'ide~e de cette yietite brochure nous esl venue 4 la suite
d-'uneF conversation avec un personage d'une grande noto-
ri~te sur la transmission prochaine de la Pr~sidence de la
R~publique; cette conversation ne sortait pas d'un sujet
qui depuis longtemps passionne a un haut degrd I'opinion
publique: le .gouvernement civil oppose au militarisme
comme systime de gouver~nement. En y repensant, plu-
sieurs. idees se sont jointes g celles-ld, notre plan s'est
agranldi et nous avons r~dige ce morceau que nous pre-
nons la libertB de soumettre au jugement du monde poli-
tique.
S'il est vral qu'il n'y a point d'tcrit qui ne garden I'em-
prainlto duI Lemps oh 11 a Bti6 concu, cette marque est bien
plus visible quand o'est; de la politique qn'il s'agit, car s'il
n'est pas impossible qn'un derivain s'isole de son milieu
ot qu'il parle du passe on de I'actualite sans y porter les
idlees et les passions du jour, il en.est tout autrement de
l'homme mil6 B la politique militant et on ne peut Jume
pas lui demanded cette indiffdrene.






-4-


Qui parle aux hommes doit d'abord entrer dans leur~s
vues, s'il veut qu'on I'deoute; o'est son devoir que de se
jeter dans le courant, non pas pour y .suivre stupidement
la foule, mais, pour combattre l'erreur et defendro la rai-
son.
Lorsqu'en 1904, nous eilmes l'honneur do rentrer au Par-
lement comme membre du Sduat do la R~publique notre
premier desir fut de rdpondlro B la conflance du pays, en
n'e nous 6eartant pas des idl~es a~uxquelles nous avons con-
sacr8 notre vie et on faisant notre devoir dans la mesure
de nos forces, en un moment de crise et de danger. En
1902, Hlaiti, on s'en souviont, venait de subir les vices
d'une Administration sans precedent, elle -envisagealt- avec
effroi l'avenir que lai avaient prepare l'imprbvoyance et
la copidite du gouvernement d~chu au 12 mai de cette
mitme annee. Sortir de l'abime que l'inquidtudle et les pas-
sions creusaient chaque jour, c'6tait le cri du pouple!;
mais nous voulions nous associer $ cette aeuvre: commune.
Patriote,nous n'entendions pas nous attaquer au gouverne-
ment quenous avious condamn6 comme citoyen, ni pousser
A laz haine des Haltions los uns contre les autres; grbce:
g Dieu, nous nIous falisons use autr'e id6e de n'os devoirs:
mais nous voulions chercher i la clart8 des principles d@-
mocratiques et en dehors de l'agitation publique quelles
sont les conditions durables de la liberty et comment un
pays qui souffree pent se ressaisir sans se Jeter thte baissie
dans les aventur~es. O'est le plus grand problime de la po-
lItique; o'etait alors pour la patrie uue question do vie
ou de mnort.
Quel plus beau sujet de rbilexions Et quelle joie si les
taits apportent un remade B taint de maux L
Quand le pays est livr8 B la merei des passions, cha-





.-5 -


cun a le droit sinon de se mbler 8 la manoeuvre au nioins
d'indiqner ce qu'il croit le bien. C'est & ce titre que nous
exprimons notr~e opinion; o'est celle dl'un homme convain-
cu et qui ne croit ne le ebder A personnel pour P'amour qu'il
porte d son pays. Plus nous regard ions de pres la scene poli-
tique et plus nous on fumes frapp6 comnme d'ane r~v61a-
tion. O'elaient nos fautes et nos souffrances. Oui l Tous
nous avons tort; les generations passes aussi bien que la
generation actuelle portent la responsab~ilite des malheurs
de la patrie et'si o'est par l'aveu spontan8 de ces torts que
doit s'operer la reconciliation de la famnille haltienne, confes-
sons-le hardiment. Les recriminations ne serviront B rien.
Ce fut sons l'empire die ces idbes que I'auteur do ces li-
goes fonda au Cap-Hai'tion un organe de~ publicity ayant
pour titro ac La Pensde a qui parut le 15 mai 1902 avec un
programme, sorte de credo politique, qui aujourd'hui est
do toutea actuality et que nous reproduisons dans son int8-
graliteJ: ( 11est dos conqubtes, e~crivions-nous, dont on se
a plait A suivreo les dbveloppemnents dlans la vie d'un peuple
cc Elles s'accomplissent sans faire couler une larme ni rB-
H panlr~e une goutte dfe 68ang.
SElles subsistent sans e~xciter une revolte. Ceux qui y coo-
cc pihrent en Cprouvent une douce satisfaction et ceux qlu'el-
a les subjuguent n'ont nul regret le leur joug.
cc Ce sont los con~quttes de la raison alliee B la sagesse.
cc Leur 616ement do force est danns leur caract~re pacifique;
c( paisiblement et sans br~uit elles se consolident en se r~pan-
a dant dans l'esprit des masses populalres. Immense est leur
a puissance,assurde leur action; et, ee sera l'honneur de la
ccChambre issue des dlectious du 10 janvier dl'avoir vu poin-
ac dre cette gre de veritable amour oh i'Haitien donnera la
cc main B l'Hai'tion partout on tout et & ioute heure, sans






-6-


arribre-pensde pour marcher ensemble vers l'6panouisse-
a ment du bien general, vers la rehabilitation de sa race.
a Les qualitbs morales et intellectuelles, apanage de tous,
a realisent chaque jour cette fraternit6 de l'esprit sinon du
<< coeur qul nous lie dans la chaine des responsabilitbs par
a la poursuite d'une destinde commune. Le propre dou sa-
a voir, c'est de sentir, c'est de concevoir spontandment au
a milieu mime des erreurs rignautes toutes les belles vB-
ar rtes qui crbent l'ordro of l'harmonie dans une society et
a il arrive.une j4poque de l'8volution d'une nation obi, las
a do repr6sa~illes, des enfants longtemps en latte sentent le
a besoin d'une conciliation rig~ndratrice mieux adaptee B
a leurs intirits materiels et moraux et oh oubliant leurs
a querelles passsies, ils mettent au service do la pens~e les.
cc m~mes efforts qu'ils mettaient g l'i~toutler.
ctL'intellectualit6- hal'tienne qui il y a une trentaine d'an-
a ndes existait g peitte a acqyuis assez de coalescence pour
a representer une influence sur laquelle on peut aujourd'hui
a computer et quidemande une orientation. Il n'est pout-8tre
ac pas superflu de dire ici ce que nous entendons par intel-
a lectualite'.
a Elle s'entend .de gens qui ne caressent d'autre ideal
a que celui de s'instraire. Ils professent le culte du beau et
a ne manquent pas de travailler dans la measure de leurs
forces au r~elbvement de la terre qui les porte. Ils s'asso-
a cient pour repandlre les doctrines do blen et se nourris-
a sent des principles de justice et de v~ritd en s'appliquant h
a tout ce qui est utile ici-bas.Rayonnants d'enthousialsme,
a ils cherchent une consolation -dans les jouissances intel-
a lectuelles.
<< Nous adoptons cotte definition pat' ce qu'elle ~nous sa-
ac tisfait en ce sens qu'elle permit g tout on chacun de fi-






-7-


@ urer dans lafgiranile famille dles intellectuals. Elle a le
'c m6rite, en outre, de couvric sous la banni81e de l'intel-
a ligence jointe B la noblesse du coeur los HaIi'tiens de tous
cc les parties tout on laur enseigrnant les principles dont I'ap-
<< plication los aidera A dbvelopper le patrimoine common.
(c On entend certain esprits chagrius tenir on presence
ac do faiths on apparence contradcictoires qui pourraient
ac faire douter de l'avenir si l'esprit philosophique u'etait
c( Ilr pour s'armer de patience et de foi et dedluire des faits
a similaire~s les lois qui ont r~gi la march d'autres peu-
ac ples vers la civilization.
(( Dans co milieu hai'tien, les actours sont tous ilgaux en
ac digrnit8; dans une revue var~ice, chaeon prend et quitto
c( les promidres places selon les circonstances individiuelles.
cc Cela continuera ainsi jusqu'au jour heureusement peu
cc i6oigne, nous en avons I'intime persuasion, oh ils poui'-
a( Icot so supplier indlistinomolent saus effort ni froisse-
cc m~ent daus la function capitale qui est de soutenic 10c
a( fambeau intellectuel.
a( L'6poqlue que trlaverje H-ai'ti en ce moment abonde en
ac sujots d'observartion pour lo sociologue qui voudrait voir
<< dans les impatiences de I'opinion le r~bveil de I'esprit pu-
cc blic ou plut~t la manifestation de cette mentality: dont
ac la force invincible mais rbelle pousse le pays avec uno
a( irresistible i6videnlce vers la paix, vers la lumidre, v-ers le
a( progrds dont il a solf.
c C'estB a ravailler & l'oea~vro d'orientation des espr~its,
c c'est A ranimer la2 foi chalncelante de quelques-uns, g
cc grouper sur un terrain d'entente autour d'une? personna-
ac lite politique les 616ments disseminds, h nous mettre en
cc accord avec les desseins de la Providence que tendront
ac les efforts de co journal.





g8


aSi la force, intellectuelle en Hai'ti a I6th lento A se rb-
a( vbler malgr8 des avantages naturels, on peut bien certi-
fier qu'll existait uno cause occult, politique on social
quli l'a paralyse, ralenti sa march at amorti son Bner-
a gie expansive. Cependant, comme la plante vivace qlui a
a recu la sbve ardente et r~icho de la terre tropical, elle
ac repousseljuste au moment oil I'on p~ouvait la croire mor-
ac te; elle grandit et fai; si bien qu'elle finit par renversor
cc les obstacles pour redlresser la tete vers la lumibre.
On compete, en effet, dans notr~e organisme~politique uno
infinite do braves gens honables et droits qui tournent
dans le cercle habitnel par~ce que o'est le cercle habitellc
aI et qui serverit avant tout le pays malg~rd les imperfec-
cctions de nos mours politiq~ues. Il n'y a pas ri r~cri'miner
cc contre' le pass; il n'y a pas A bouleverser ce qui est, il
cc fault prendre! Ha'iti comme elle est, utiliser tous les dbL-
cc vouemnents, toutes les bonnes volonths q~ui .se son7t con1-
a~ sacrtIs At la patrie et soulever le moins possible les quaes
at ions de personnes sans ndgiligor do modifier les jiddes.
Pour le tr;iomphe de cos iddes de pardon et dol conel-
cc liation, nous ferons appol au concours do tous, gouver-
cc nants et gouvernbs, au patr~iotisme eclaird du Corps 14-
ac gislatif, de la Chambre des D6pute~s qui par 10 renouvel-
ac element de* ses membres compto dans son : sein des hom-
ac mes ind6pendants ayant 10 sons pr~atique dosd choses et
ac s'appliquant avant tout A~s'harmoniser avc la 16gritime
ac esp6ratnce dlu people halt'tica.n
Telles sont les id~es quet nous avons expr~im60s & P'8po-
que, auxqualles nous sommes rest fid~lo et dorit nous
poursuivons la ri6alisation at qjuand on rapprloche de ce
progrramme le discours suivalt prononc8 rCceminent par
le Secribtaire d'Etat des Etats-Unis, M. Root, A la c61rdmo-






-9-


nie de la pose de la premiere pierre de l'Bdifce qui doit
abriter le Bureau de 1'Union Internationale des R~publi-
ques amegricames et auquel a sonscrit Hai'ti, on ne peut
se defendrel'un sentiment d'orgueil d'8tre en communion
d'iddes et do! sentiments avec des hommes qno lear situa-
tion place comme gardiens des principles qui rrigissent
l'humanild.
... e Beaucoup de nobles et beaux edifices, dit-il,
cc tiennent 10 record de la perfection et ttlmoignent de la
(c civilis'ation moderne. Les Temples de la Rteligion, du
(c Patriotisme, de P'Enseignement, de 1'Art, de la Justice
cc abondecnt, mnais cet Edifice est & part, il est le premier
a do son espcce: un Temnple d~diB & I'amiti8 internatio-
a nale. 11 scra d~di8 A la diffusion de cotte connaissance
a international qui abolit le prtjud~ice national et libbre
ac le jugement des nations. Ici, naftra cette'sympathio nee
ac de la-similituide des heer~euses impulsions et des nobles
a decsseins qui condl-uit los holmmes de races et de pays dlif-:
ac ftlrents g fatire unle communautd: et contratio la tendance
cc des instincts i&goi'tes qui poussent les nations armies et
u enemies les uines contire les autres.
ac De cette source 86couler~a l'assistanlce mutuelle entre
a totes les R~publiques Ambricaines, do telle sorte que la
cc meilleure connaissance, I'expi~rience, le! courage et I'es-
ac pL;rance de chaqule rbpubliquce pr8!era use assistamee
ac morale pour soultonic act for~tifier chaque autre dans sa
cc lutte pour rt~soudlre les pr~obl~mes die son existence,pour
ac amd1iorer la liberty! ot la paix par la Justice; et, de cette
(c manibre, aucun dea peoples de ce continent,- mi~me de-
cc courage~, m~me appauvri par le desordre ne manquera
-c de sen~tir qu'il n'est pas seul dans le monde, no manquera
ac pas do voir P'aube prochaine d'an j our meilleur en vo-






- 10 --


it yant que ddji le soloil s'est lev6 sur les autres.w
Note, programme gagnait du terrain de jour en jour;
nos idl~es i6talent partag60s par un gr~andl nom~br~e d'homn-
mes d'expdrience et do sage~sse qui ne se preoccupaicnt
pas alors de poser la questioii d'aucune personnalit8, quand
survient sur la sc6ne p~olitique on actour nouveau qui
sans mime s'8tre mis au courant de ce qui avait Btd fait
par les ouvriers de la lirclmidre haure, sans prendro con-
soils de couix qui avalent le dlroit de lui eni donner, .a cro
qu'il pouvait 4tre cotte at personnalit8 politique ,,; et, sB-
duit plus par la reputation. que par les qualities qu'on lai
reconnaissait, on voulut I'essayer comme leader. L'illusion
-ne dura pas longtemnps. La deception fut profonde : sanls
regard pour les principle, I'ancien Mlinistre Pldnipotentiaire
d'Hai'ti B Paris ne recula pas devant la redoutable recspon-
sabilite de lancer 10 pays, a deux reprises, dlans les risques
d'une guerre civil inutile, donnant ainsi un flagrant
dermenti i son passi6; il continue, depuis, h nourr~ic uno
chimere que poursuivent encore avec lui quelques exialtc;s.
Mais, nous restous ce qlue nous avons e~tB d~a I'origiine,
nous tenant & l'idcart des coteries, tenant haut 10 drapyeau
adopted, d'accord en ceci avec le journal (t Le Matin.n qul
dans son No. dn 2 juillet dernier derivait : a si par intel-
lectuels, 11 faut enten~ro les hommes instenits-0 tournis
vers l'etude, n'est-ce pas aupris du ge~ndral Nor'd que s'en
trouve le plus grand niombre ? quel grouver~nement mon-
tra un plus grandl souci dl'encourager, do protegocr, de rd-
-compenser to midrite? Un simple coup d'ceil suf'fit pour
voir la qu~antite d'hommecs instruits qjue la! g~ndral N\ord a
appel~s et appelle chaque jour ii de hautes f'onctions. Qui
peut dire qu'il s'en trouve de plus 6minents ni un plus
grand nombre dans la petite chapelle firministe. A moins






- 11 -


qu'll ne faille computer comme intellect~uels los iMdrisier,
les Petit Jeannis etc, etc....,, En outre, 10. Fdirbre, de re-
grettBe m~moire, candidate en 1902 A la D~eputation natio-
nale a, pris soin aussi d'expliquer dans sa profession de foi
ce qu'il comprenait par intellectual en disant : u L'intol-
lectualiti: ne s'entend pas exclusivement de gens de tres-
hautes capacitis; il s'applique, indbpondamment du degr6
d'instruction, i tout partisan du bien et du just, amant
passionni: din beau et du vrai, fer~mement dicidd tl en pour-
suivre la rdalisation par les principles d'ordre, de morality
et de lib~ert8. n II occupa dans la suite pendant plusieurs
mois le portefeuillo des Relations Extbrioures et de l'Ins-
truction.Pl-ublique.
Un pays, g tout bien considd~rer, d~ans lequel le budget do
I'Instr~uction Publique croit dl'anuee en anni~e josq u'd attein-
dlra on 1908, 1. 142. 456i gourdes nationals at 13.560 dol-
lars ne saurnlit Btre considered par les autres nations commec
quantity nligligeable et doit s'appliquer & atteindlre le but
dldsirdi; o'est donec avoc r~aison qlue nous avons fait ressor-
tir losdroits doe I'intellectualit&: de figure dans la politique.
Car de deux choses I'ane, ou cos ddpenses faites pour
I'instruction publique soot n~fgatives, et, alors, il faudrait
les supprimer, on les rdsultats en sont appr6ciables et ils
ne peuvypt se tradLuir'e qlue dans le sons de l'accroisse-
ment de l'intellectualitc6; danls ce cas, il faut computer avec
co nouveau facteulr dlans la politique.
C'est quand on a vC~cu enr temps de revolution, au mi-
lieu des app~tits et des passions soulevids qu'on sent la
valear des prine ipes. Honnis soient ceux qui les oublient!
IL y a, d'ailleurs, uine sentinelle vigilante qui ne laisse ja-
mais le people s'endlormic sur ses libertes menac~es: c'est






-- 12 --


la press, cotte gardienne n~cessaire de tous les droits pu-
blies et prives.
En Hai'ti, il est ais6 de faire le proves de la presse, nous
on avons beaucoup souffort, ses end~s nous ont
aveugl~s sur les services que seule elle pent rendre. Mais,
I'homme n'abuse-t-il pas de toutes les forces qui sont B sa
disposition, et, avant tout, n'abuse-t-il pas de la plus prB-
cieuse de toutes, de sa propre vie ? La presse est la vie
.m~me du corps social;. quelque abus qu'on en fasse, on
n'en d6truira jamals la ndcessit6; elle seule achive l'Bdo-
cation du people, ear, en excitant I'esprit, elle amine la
richesee g la suite de la hlbert8: ce sont 14 de vieux axio-
mes .
Ha'iti est un pays passioonn; tout y est mode et entrai-
nement. Le lendemain diu 12 mai 1902, nous voyions pas-
ser A notre gauche une fdule de gens que nous avions
longlemps conaus A notre droite; anjourd'hui, les voici
revenues A leur premiere place, toujours fiddles g la mime
pensi~e, c'est qu'il faut soutenic et servir le Pouvoir.
Quelques personnel les bitment, nous, nous les approuvons
et les admirons, car, its ont retsolu le plus ddlicat des pro-
bli~mes en mettant d'accord lear devoir et leur int~r~t.
C'est, sans doute, un d~faut chez cer~tains hommes po-
litiques soi-disant ibbraux on progressistes qiue d'6tre!
incorrigibles; nous remarquons, du moins, que e'est tou-
jours parmi eux qlue se trouvent ces hommes ab~surdles qui
n'hdsitent pas g sacrifier leur libdralisme? B leur impatience
d'a~rriver au pouvoir et de r~ecourir dalns co but aux mo-
yens les plus rdprouv~s. Nous avons ou le bonhear d'8tre
61)ev6 B I'6cole de la fraternity: et des' principles particula-
r~istes of l'6tude de 1'histoire n'a fait que nous confirmer
dans ces sentiments do notre jeunesse. Nous sommes encore






- 13 -


avec quelques fiddles un de ces imb~eiles qui croient a la
justice social; notre foi dans ces idees est si vive et si
entire qlue loin de rougir do riotreO avenglement, nous ,en
sommes fier et ne demandons ni d'autre recommendation
au lecteur ni d'autre hooneur pour notre nom.



Aujourd'hui, la d~mocratie est mattresse absolue; le pays
n'appartient qu'g. lui-meme; il n'y a plus a dbtruire, mais
a fonder. Ce n'est plus de lutte qu'il fant parler, e'est d'or-
ganisation.
L'organlisation demandle des hommes dl'6nergic et do
bonne foi. Rarement les hommes qui out militrl dans une
opposition syst~matique apportent as pouvoir des idbes
d'organisation; il on est un peu comme de certain avo-
cats devenus juges qui trop habitues a ne voir les choses
que par la face critique et le petit.cbt8 ont grand peine g
prendre l'esprit large et impartial du magistrat.
Mais, A des homnmes ddoidds, qui out la noble ambition
d'etablic un regime durable, il faut, pour 6tre autre choso
que des thboriciens, e'est-8-dire la plus dangereuse espice
d'bommes d'Etat, colle qui le plus st~rement avec les con-
victions les plus dr~oites et par les combinaisons les plus
ing6nieuses mine un pays a sa ruined, il faut la sagesse
alliee au sang-fr~oid. Ce sera I'oeuvre des hommes de de-
main; le ur av~nement est prdpar6 par le septennat actuel
qui toyche bientBt A sa fin.
Ce septennat occupy par un gouvernement dont la ca-
ractdristique est celle du combat, attitude 6videmment
transitoire, mais impose tant par l'opposition de l'616ment
Cltranger que par l'hostililt6 de l'416ment r~volutionnaire,
veille, I'armo aux pieds, pour assurer le fonetionnement






14 -

r~ga~ller du rouage constitutionnel au momnent de la trans-
mission du pouvoir. II prit naissance, on s'en souvient,
da~ns une situation delicate, au~ lendemain d'anc guerre fra-
tricide, au milieu de cos passions qlue soul~vent les rd-
volutions. En fondant an gouvernemrent solid, aguerri
par la lutte, B force do courage et de patience, en ecra-
sant .m~thodiquement los l-ntatives insur~rectionnelles, on
conduisant Je proces do la. Consolidation avee cette
mattrise qu'on lui reconnatt, le Prisident NLord Alexis a
non soulement sauv6 la pat~rie dcs dangers dont elle Btait
menace, mais ex~cuta, par co: proc~s fameux le plus beau
geste qlui alit Bte accompli depuis 1804, affirma d'une mla-
nibre definitive notre Existence commne people ind~pendant
et vengea la nation does humiliations gratuites qlue lai
avait prodiguides dans le pass! la force~ insolente du calnon
stranger.
Non, la fortune d'une nation n'est point I'oeuvre d'une
azveugle destine; e'est par le caractice, par la constance,
par I'6nergie que les peoples s'idli~vent; les institutions
politiques out justement. pour~ but de les fortifier' dans
leurs parties faibles et de les contenir dans leur~s excis at
nous somnmes tente d'appliquer i Hai'ti, aprais on sidelo
d'effor~ts, la r6v61ation qu'eut Fra~nckrlin de la grandeur
ambricaine. Faisant allusion a un tableau place derriir~e
le fauteuil du president, au Con-grbs, il disait: bien souvent dans le course de nos rt~unions, dans les vi-
cissitudes de nos esporanlces et dans nos cr~aintes touchant
le r~sultat de nos dblibdrations, j'ai r~egarcd6 cette peintur~e
sauls Btre capable d~e dir~e si le soleil s'y lovait ou s'y cou-
chait; maintenant, B la fin, j'ai le: bonbeur de voir que
o'est bien le soleil qui se 100e et nonl point on soleil qui
s'Eteint. ,






-15 -


O'.est done avee une 'foi absolue que nous voyons da~ns
demain I'aurore d'une Bre de prospdrit8, I'avdnement .du
travail organism & 1'ombre de la paix pour b~ehauffer, ptiur
feconder 10 sol national. Pour pretondre diriger ce courant,
n'est pas chef qui veut; if y faut des aptitudes, une 6du-
cation pr~emidre, -une experience qui s'impose, le succ~s
qui consacre.
Si illusoires que puissent paraitre les iddes exprimbes
ici, nous les croyons de nature A falire refibehir un lecteur
impartial; o'est b celui-18 que nous nous adressons: nous
n'8crivons point pour les parties.
Quant aux politicians qui so croient sarxs de leur succ~s,
nous n'entendons point tr~oubler lear securit6; diseuter,
d'aillours, avec eux, n'est pas aujourd'hui chose facile.
Nous continuerous g soutenic que e'est B l'aide de la reli-
glon, de l'6ducation bien comprise, du travail, de l'armbe
qu'on enracine la liberty dans 11^tmo du citoyen; ce sont
lI les quatre piliers qui soutiennent la Constitution.
Est-ce g dlire qu'll suffit d'emnprunter A un pays sa Cons-
titution pour que les difficulties solent de ce fait resolues ?
Non, et quoiquie aujourdl'hui nous ayons beaucoup em-
prunt8 B la Fr~ance, une pareille pens6e est loin de nous;
on. ne prend &, un pays ni ses moeurs, ni ses institutions;
les unes sont la consequence des autres et ce qui convient
h la France peut Btre nuisible h Hai'ti. Mais, d'un autre
cgtl, no rejetons pas les bonnes mndthodes parce qu'elles
n'ont point BtB experimentees sur notre sol; sachons diis-
,tinguer ce qui est I'esprit d'an pays oft Ja liberty! ne fait
pas peur de ee qui est purement ha'itien; en deux mots,
profitons des lecons, de I'experience des autres et, tout en
restant Hai'tiens, ne rougissons pas de suivre les examples
cities par la Science social. Co que nous voulons dire, co






16 -

n'est pas le micanisme de quelques ressorts politiques,
mAcanisme qui change d'effets en. changeant de pays et
amine souvent des r~sultats tout opposes a csux qu'on en
attendlait; ce que nous voudrions proposer pour example,
c'est I'esprit q~ui a produit les institutions ambricaines,
c'est l'id6e quiles a inspires; c'est I'8ducation particu-
lariste ( no pas confondrle avcec l'instruction ), c'est la mB-
thode adoptee en pays anglo-saxons; car, cette id~e, elle
est nbtre dis que nous on sentons I'utilit8 et d~s que nous
on comprenons la puissance; et pen imported, ensuite, la
fac~on dont cette id60 s'incorpore dans nos lois; ce ne sont
pas les formes qui donnont ou conser~vent l'indt~pendance
individuelle, e'est l'esprit qui an~ime la methode dans l'ap-
plication.
En Ha'iti, nous: r~cuisons tous les besoins de la society!
en probl8mes politi~ques. Hous nous ressemblons tous en
co point que nous demandons A l'Etat une solution qu'au-
.can gouvernement no pent donner. Los institutions politi-
ques ne sont qu'une partic de la vie social, une forme,
un mayen pour assurer le libre developpement des indivi-
dus, la satisfaction 16gitime. des besoins generaux. Mais
l'Etat n'est pas la society, it o'est ni la religion, .ni la
morale. ni 1'8ducation, ni l'industrie, ni le commerce ; son
r6le est d'assurer le libre jeu do ces spheres diverse; et.
de leur bon fonetionaement decoulera la prospirite de
l'Etat. Pour peu que~ I'Etat entro trop avant dans cette
organisation delicate, it empiche, il g&no il ditruit ce
qu'il croit prothger. Go ah~ead! HFelp yourself En avant !
No compete que sur toi-mneme!i Telle est la devise de l'an-
glo saxon. En ne demandant ii l'Etat que ce qu'on peut en
attendre, en empichant son' intervention 15 oti elle, est inu-





- 17 -


tile ou dangereuse, on rend le gouvernement fort, accep-
table, facile et bientaisant.
S'est-on jamais decmand6 ce que c'est que la liberty po-
hltique et comment on peut la donner A un people ? Est-ce
quelque chose d'exterieur, d'absolu comme une verit6! ma-
th6matique qu'on transport d'un Etat dans un autre sans
qnl'elle perdes rien de sa valeur. Suffit-il de d~montr~er 1'u-
tilith d'une liberty: politique poilr qu'g I'instant mime cette
libert6 soit recue sans resistance ? La liberty ne serait-elle
pas, au contr~aire, 10 resultat de certaines habitudes, cer-
tains bosoins qu'on ne pout communiquer g un people que
par degrds et ne faut-il pas des soins i-nfinis pour l'appro
prier At la nation, au si~cle, au climat qui doit en jouir ?
Si la liberty politique est une v~rit8 absolue dans ses ef-
fets, it suffit de transporter en Ha'iti la constitution des
Etats-Unis ou d'Alngleterre pour faire de nous des hommes
aussi libres, aussi habitubs au gouvernemeont de la nation
par elle-mime. que pouvent I'4tre apris des sidcles d'exp8-
r~ience les Ambricains ou les Anglais.
Si au contrairo, la liberty ne rdsulte pas dl'une: charte,
mais d~es moeurCIs, des ildbes, des habitudes d'un people, si
on ne la d~cr~te pas par un article de loi, si le temps en
est un dles e16ments ndeessaires et si l'apprentissage ne
s'en fait pas on on jour, qui ne volt que les chartes, les
constitutions, les lois borites n'ont do valeur que par le
people qu'elles regissent et par le souffle qui les anime et
.les vivifle?



Ici, nous sommes amen8 A border use question des
plus dblicates et des moins 6tudieep; cependant elle est





18 -

d'oae~applicaltion journalib~re on politique hai'ti~enne' et par
consdquent,.ello offre un graud intdrit. Nous entendons
parlor du militarism com~me systame do gouvernement.
Le regime milit~aire a prils naissance on mame temps
que la nation haltienne; le p~ays entier no format qu'un
grand camp. Chaque Haitlion capable de porter les armes
contre les Francais Btait mis en -rdquisition; si ce principle
n'arait pas 6t6 adopt, i eat 6tB impossible die conserver
l'existence de la. nation. Cette ruineuse necessity fut con-
tinude comnme moyen de defense, et pendant un sibcle,
lesyeux fixes sorl'horizon, 6piant les moin dres
movements des flottes .6trangbres, I'Hai'tien a en pour
principal preoccupation colle de la conser~vation de l'indd-
pendance national. Sans doute, des efforts Btalent faits
dans toutes les branches. de l'activite du nouveau people;
tous les 61ements constitutifs de la soci6ti! ha'itienne, mili-
taire et civil, 6volnaient, chacun dans sa sphere, empron-
tant les uns aux autres les forces qiui devaient conduire la
communaut6 aux perfectionnements reves. Au for et &
measure que des besoins nouvetaux Cataient crCids, que des
horizons jusque-18 voil~s se ddCcouvraient A l'espr~it Btonnt6
clu succ~s B cause de la nature meme des obstacles rencon-
tres en route, PiClbment civil se dessinait et ne tardait pas
a afficher des pretentions a la direction des affaires du
pays; de 14, une rivalit8 parfois sanglante entire l'elbment
militaire jaloux de ses dr~oits etl1'bl8ment civil trop impa-
tient de voir une transformation de notre-syst~mo politique.
Des deux parts, dlans 1'attaque comme dans la rI.sistance;
on a Bte b l'extrime et cependant, si l'on~ vent bion r6fl6-
chir, on ne manquera pas de comlprendre que l'618ment mi-
litaire et I'e16ment civil, tout en ayant des territoires dis-
tincts, peuvent et doivent vivre I'un pres de 1' autre






- 19 -


non soulement sans se dbtruire mais on se pratant un mac-
tuel appui. Ii vaut mioux accepter franchement la situa-
tion et t~cher de voir ce qu'on est en droit d'attendre de
part et d'autre, car si l'on ne s'entend pas, on ne peut es-
pbrer aucun arrangement cdquitable.--
'Aujourd'hui, en ettet, que le danger a diisparu du obt8
exterieur, mais exisle pluti~t a 1'interiour dans nos dis-
cordes intestines, par malentendu plus que par incompa-
tibilitd, il appartient au parti militaire' de parachever~
I'oetivre de 1804 en s'associant aux idbes nouvelles poor
les prolfiger et cooperer g leur complete P4panouissement
d'ot' sortiront la prospirit6 et le bonheur commons.
Que dans cotte orientation des efforts collectifs I'esprit
mil'itaire soit represents sur la scene par un soldat de pro-
fession, ou que l'entente concertbe se traduise par la pr6-
sence au gouvernement de la R~publique d'un personnage
civil, peu imported; dans l'un comme dans l'autre cas, la
participation du militarisme ne sera pas moins efficace
dlans l'oauvre de salut g~n6tal, parce que Il'nn a besoin de
l'autre e~t no peut rien sans le concours de l'autre. II faut
le dir~e hautement pour bien pr~ciser la question.
Les modifications dos iddes ne sauraient avoir d'action
sur I'esprit-d'un people que lorsque, B la suite d'une 61a-
boration tres lente, elles sont descendues des regions mo-
biles de la pensde dans cette regionl stable et inconsciente
des sentiments oil s'8laborent les motifs de nos actions.
Elles sont alors des E14ments du caractere et peuvent agir
sur la conduite.
Quand les idees ont subi cette lente Elaboration, leur
puissance devient considerable, parcel que la raison cesse
d'avoir prise sur elles, et si ces iddes ne peuvent avoir
d'alction qu'apres 4tre descendues des regions du conscient






-- 20 -


dans celles de l'inconscient, nous comprenons avec quelled
lenteur elles dolveht se transformer. Il est heureux que
des idees nouvelles' puissant B la longue finir par se faire
accepter, car si les idbes anciennes Ctalent absolument
immuable~s, les civilisations n'auraient pu rdaliser aucun
progr~s. Grbce g la lenteur de nos transformations men-
tales, il faut plusieurs dge~s d'hommes pour faire triom-
pher des id6es nouvelles et Phbistoire d'Hai'ti est jonch6e
des debris de ceux qui ri'ont pas so respecter cette loi en
maintenant I'1'quilibre au milieu d'C14ments disparates.
L'id~e continue A grandir et bientbt elle n'a plus besoin
d'aucun appui. Elle se rdpand partout par le simple effet
de l'imitation, par vote de contagion, faculty don't les
hommes sont g~ndralement douds g un baut degr6. D~s
que le m~canisme de la contagion intervient, I'id~e entiree
dans la. phase qui la conduit foredment au succbs. L'opi-
nion bientit P'accepte. Elle acquiert alors une force pdne-
trante et subtile qui la rdpand progressivement dlans tous
les cerveaux, aridant du meme coup une sor'te d'atmos-
phbre sp~ciale, une manibre gp~nerale de peaser.L'idee et
ses consequences font alors parties de ce stock compact de
banalites hdrbditaires que n~ous impose l'education.
Elle a triomph6 et est entree dans 10! domaine dou senti-
ment.
En religion comme en politique oia le sentiment seal
domine, le succbs est tonjours aux croyants, jamais aux
sceptiques, et aujourd'hui P'avenir semble apparlenir aux
sages et non aux Pcerv-elds qui no sauraient harder leur
sang-froid. Lorsque, apris une pbriode plus on moins lon-
gue de tatonnements, _de remaniements, de deformations,
de discussions, de propagandes, une id60 a acquis une
forme definitive et a p~n~tr6 dans` l'bme des foules, elle






-- 21 -


constitute anl dogme, c'est-A-dire une de .ces vbrit5s .abso-
lues qui ne so discutent plus. Son cargetctre g~nbral lui
permet de jouer un r6le prdpond~rant. :
Les qualitds morales ol intellectuelles Jiont association
forme l'Ame d'un people representent la, synthese de tout
son pass, I'heritage de tous ses anc~tr~ee, les mobiles de
sa condluite. Cet agr~gat d'81@ments 'physiologiques ob-
servable chez tous les individus d'une race constitute ce
qu'on appelle avec raison le caractere national. Quoiqu'il
fasse, l'Hai'tien est avant tout le repr~sentant de sa race et
celte ralce est compose non seulement des individus vi-
vants qui la constituent B un moment~donn4,;mais aussi de
la longue serie des morts qui furent ses ancitres. Infini-
niment plus nombreux que les vivants, les morts sont
aussi infiniment plus poissants qu'eu~x. Ils rigissent I'im-
mense domain de l'inconscient, cet invisible domaiine
qui tient sous son empire toutes les manifestations de
l'intelligence et du caractbre. C'est par ses morts plus qlue
par sPs vivants qu'un people est conduit.
Les gienCrations 6teintes ne nous imposent pas seulemen t
leurs constitutions physiques, elles nous imposent aussi
lears pensbes. Nous portions le poids de ~leurs fautes, nous
recevons la recompense de leurs vertus et du fond de leurs
tombeaux, les genies incarnant et exprimant 11iddal de
leur race et de leur temps,courberit encore l'esprit sous le?
joug de leurs penst'es et agissent sur le caractbre et la
destined de la nation. Grbce A leurs ideals, nos peres out
connu l'esperance et dans leur course hdroi'que et folle AL
la poursuite de leurs r~\ves ils nous on,' sortis d'uri btat
ddigradant B'la liberty.
Des sommets intellect~uels oQ elle ag pris naissance, I'i-
die descend de couchie en couche/en so modifiant saus





cesse jusqu'd ce qu'elle ait r~evetu une forme accessible B
I'hme populaire qmt la fera triompher. Elle se prdsente
alors concentrate en on petit nombre de mnots, parfois en
un seul, mais ce mot bveille de puissantes images, selui-
santes on terrible et par consi~quent impressionnantes
toujours. Tels le militarism et 10 civil, courts syllabes
qui ont le plouvoir magrique de rrdpondre b toult, et pour les
Ames simples d'expliquer tout. Le mot militarisme reprtS-
sente pour les uns unet de cos formules magiques et sym-
boliques capable d'ami61iorer lear sort. Elle dvoque, sui-
vant les masses oh elle pdn~tre des images et jou~issances
varies mais puissantes. Pour les autres, les mots gou~ver-
nement civil d voq/uent I'imagre d'une sor~te de paradise oh
les Haitions devenus eg;\ux jouissent sous la direction in-
cessante de l'Etat Jl'une felicit6 iddale. Tous les deux out
une alnbition commune: I'amblioration de l'individu et
n'ont plus besoin que de s'appuyer I'un sur I'autre en se
p~netrant rbeiproquement, en utilisant les moyens d'action
de I'nn et de l'autro?.

L'Haition cherche encore la1 base d'un futor Ciat social
et 14 est le danger pour lui. Ce qui impor~to dans I'histoireo
d'un people et ce qui influe profond~ment sur sa destinee,
ce ne sont pas les changements dans les idees fondamenI-
tales mais les re~tolutions, les guerres. Ce n'est pas tant
I'adoption d'id~es nouvelles quoi est dangeruse ~onur n
people que I'essai successif anquel 11 est condamnC avant
de trouver celle sur laquelle il pourral asseoir solidement
.nln i~difice social nouveau destin6 h rempla~cer l'arncien. Ce
n'est pas par~ceque I'idfe' est erronnee qu'elle est diange-
reuse mais e'est pa`eequ'll faut des experienes longtemps
rip~t60s pour savoir\,si les idees nouvelles peuvent s'adap-
ter aux besoins de la soci~th qui lesr adopted. L'dvolution de








la civilisation a malheureusement cr86 chez l'homme mo-
derne une foule de besoins saus lui donner les moyens de
les satisfaire et prodluit ainsi un malaise gindral. Elle est
mere du prrrores, sanls doute, la civilisation, mais elle est
aussi mire3 de l'anarchie. On1 ne transform un people que
quand on a transformed sa facon de concevoir et par con-
sequent de penser et d'agir.
Le progr~s social s'accomplit par la subordination des
anciens orgranes aux nouveaux mais not par une substi-
tution violent et radical de ceux-ci. Les anciens orgaanes
se modifient et s'adaptant aur fonetions nouvelles, mais
ilr ne dispar~aissent pas. La cr~oi'sance de l'orgoanisme so-
cial resemble beaucoup en ceci h la croissance de l'orga-
nismo animal: les societfs humnines doivent vivre avec
leurs anciens orgarnes ; et, nous ajoutons qu'elles ne doi-
vent pas les subir comme des maux indvitables, mais qu'el-
les doiveht les entretenir comme des organes bienfaisants
et indispensables dout depend la sant6, la vie. Quand
une population so d~veloppe et s'unifie, il n'y a pas de
pouvoir au mlondle qui parvienne h empicher le programs
social sous sa triple formet politique, 6conomique et reli-
gieuse. Voila ce qlui ost plus fort que les hommes et ce qui
les mene irrisistiblement, qu'ils le veuillent ou non, qu'ils
le sachet ou non.
C'est dlans l'har~monisation des fonetionnements sociaux
que les directeur~s do courants peuvent exercer leur salu-
taire influence et qu'ils a~uront toujours d'immenses servi-
ces A rendre a leurs concitoyens. Nous Pviter le~s trop
grads retards, les fondrieres et les cahots, tel est le rbale
des hommes d'Etat. 11s ne seront do bons conducteurs so-
claux Qu'd la condition de miepx obbir que les autres aux
lois sociologriques.






- 9B4 -


ParvPenu au terme de nos Irbilexions,- tirons-en-des- coxi-
clusions pratiques.
Grjce ii 1'entente que chacun doit appeler de ~toute son
Ame entire l'861ment civil et I'616ment militaire au nom :de
la patrie qui crie piti4! A ses enfants qu'elle atime sans
faire de distinction, Hai'ti pourra jouir de la civilisation
chr~tienne qui s'8l8ve sur la terrel entire; il lui sera im-
possible de contempler ce grrand spectacle dans I'inacti-
vit8; tous les peuples dolvent Btre acteurs sur cette vaste
schne. L'arche qui- s'CIBve sur les eaux montantes sauve la
race humaine. Mathe~r a la nation qui ne s'Clive~avec
elle, car les flots du pr~ogr8s sont irr~sistibles. Comme
toute autre nation, Hai'ti .doit s'tilever ou doit se laissor
engloutir. Elle nre peut re~jeter aucun des C16ments par le
moyen desquels la Providence tra~vaille au bien genbral de
la farmille humane.
L'heure est solennelle. Il revient A l'Assemblie Natio-
nale qui ~compts dans son sein des hommes 6prouves,
conscients de ieur :rBle et de lears p r 6 r o g ati ves d.e
rbsoudre Jo prob~l~me politiqae hatitien. D8s aujou~rd'hui
la question est pose. Les donndes du pr~obl~me sont
connues- d'eux.
L'Blect~ion pr~sideotielle qui va avoir lieu dans quelques
mois fournira aux membr~es du Corps Li~gisla~tif l'occasion
de se manifester et il est At souhaiter pour l'apaisement
.des esprits que les anzciens compzpititeurs as pouvoir solenrt
deartis des pre'occ~upationzs de Itos parlementaires.
Enfin, quel que soit I'elu, pour~vn qu'il soit libre de
toutes comqpromissions, ii nous est permis d'esp61rer que
pour la durede de son mandate cormme pour le bien et le re-
pos do pays, il rdpondra a. I'es~prit dont nous avons fait
ressortir la valeur et la puissance dans le course de cette






25 -

brochure et qu'il saura s'y plier. La parole est aujourd'hui
a l'Assemblee Nationale. Nous avons conflance en sa sa-
gesse et en son patriotisme.



























































































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Date Due


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Ti







Full Text
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