La faillite d'une démocratie

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Material Information

Title:
La faillite d'une démocratie
Physical Description:
270 p. : ; 26 cm.
Language:
French
Creator:
Depestre, Edourard
Publisher:
Imp. de "lÁbeille"
Place of Publication:
Port-au-Prince, Haiti
Publication Date:

Subjects

Subjects / Keywords:
Politics and government -- Haiti   ( lcsh )
Genre:
non-fiction   ( marcgt )

Notes

Statement of Responsibility:
par M. Edouard- Depestre.

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
oclc - 24178357
ocm24178357
System ID:
AA00008897:00001

Full Text























































































































~A





UNIVERSITY
OF FLORIDA
LIB RARIES


i~ry 09

























DEM~OCR ATIE




M. EDOUARD-DEPESTRE
Anzcienl pr~ofsseuro ri l'Ecole professlonlnelle,
An~cien Empl33oyd aur Mlinistive e la Guerre,
A ncieiz Conseiller Communnaczl de Portl-al -Pr~inlCe,
Docteurz on Mddccinae,
See~r'ritair-Ridarlcteve, au, Snd,,c de la Cr~ripublqu dl'lldili


PORT-A U-PRINCE
IM4PRIME~RIE DE1 ( L'AB~lLLE ,r
I. RUE AMitRICAINE, A, RUE DU' FORT-PEH.
1916







































AMPIICA




























A HAITI.

Je ddedie! ce livr~e, d toi, chtre Hlaiti. D~es dd'brise de
lon2 passd, fe veu~r f'ormer1 la g~'rade~iltrre sur 1laquzel-
le s'dr~igeraa l'di/tee nouveauz -- une Haiti conscien-
to, qui! esl t l~e rce de tes i/.s qui nre t'ont pas trahie
hier et qui ~croiel nt aufourd'hui & ta r'leaiginralon
J'ai vu vuenir la temlp~le. Paulclre petlit panalg'r .
J'aurlais; pu cr~ier gare auI capC~italine. Ma~t.~is it acal dlt :


Oui, sdenlcss a/11 que l'dquipage put, & l'naie, rd~i
pouiller' les p' magners, prisv de p~eur !
El puisu, nle se prIoposaII'-onL paS de v'endrle. apri8s le
nacu/r'age, Les dldbr~is du, calsseal? La temple est
cenlue, /e kavir~e a som~b:ed... L'hcalrJ d~ Ila g,'rane
Justice asonnel. Le tribucnnl appelle ,t sai barre lesc
responscrbles.


pa"s & unl ho,,nue, n~on pes & 2une famlle~~, macis A
toutr Icn 136uple, 4 tout~e ulne Hare,























Hal'li dlemleurfcor~mmele vaisrseaul qu'i mIn~erai la RaIce
nzoire ti la dd'liuorance, bla 1'nrdhailitaion !... Construi-
son~s! Et, les yellar Uidds ver's l'moile de l'Avenzir quzi
r'a~onn~e sur~ les /lotsE de 'l'Aclantiyue sur la tlerre des
Sumnner, desR Wa~shing~tonl, d~esF LInlnCI, Ides Holivar-, dles
JohnI1 Br'OLLo, -- P)esperanYs!'

S~'eptmbr~e 19/5~.
D> Edl.-DEPES'G TRE.















AV ERTIS SEM ENTrl






Ces pale~s nouratientl pu( itr~e mzieul icrites. Aloinzs
Adtifi, ce liv~re elil o/[ert uin style mloinzs de'rlabrd, plus
poli.
11 n2'a p~oulr moi qule l'arantlage d'dire sincdlre. It! se
trouveran des lecteur~s pourr dire qlue je nz'auralis pas dli
e'taler auxz Ueu~x de el'dtrnger nos laideurls, nos dde-
cordrex. Mais, aulculn Ie contestel'ra /'ex-isence de ces
laid~eurls, deC res dIPsordrles. Au~l.c hleurleS ol je 'omp/l~-

/'enrcisalemls /,our, notr'e diatoc:radie la {illate i:Cowl-

.:'os IJpen~ses exagrdtl'les, irrd/litch~ies, injuLsti/ides,
le di'solllrdre adm~inistrl//li ori I'on se c~ompisait, les
Uluerr~es c;ivi/es v)elnant comm)~e un1 mo20jen ri~gulier
'lrl)augmenter charf~ue anadLe la della publliquel, ia li-
borldl de p)luS en plu1S restr~einte, /e! contrdle de~ plus en
plus abandllronnde, me2 parurlllent alors' des motl~ifs alsses
p,~lacbleS pour' nous metir'e on1 fourii en pr/sen~e or'une
dle (Ces g),randles C~omm)ISi~lSsi intlernatal.ul r'es dont2 on
n!enapal:n l le p~als dlepulis quelquer templs. IMais, lolsque
l R ~XJultlet 19153, je vis dles blrnde( s dee~relpes vio6ler

















l/a Idgatlion d'e France, &i r'ort-al-Pl'rice; /es troupels
atme'ricaines /ouler hard~iment le so! h~ltien sans un~e
pr~otestaticiz r~guiere d~e tout :e pnaUL la loi mlartiate
paci~onal'e, (1 rn me tem~ps que se pr~oduisaientl cer~
ta ins Joits plropres d Izous hrumilier ; les Arnle'ricanins
s'orci'uer de ganrantir' les ddelibe'ralonzs de l'Assemlbl'e
Natiolnale p'iour, l'dlection du Che/ de l'Elat, je vis
alors quce se rdatnisait nonl seculemzenl Ila aillite 'conzo-
mIque1I, maiQs I'effondr~ement dle ~otr~e Souveraninzetd.
D'auctres contlinuleron t de penlselr que nox drloits
nozts outl itde br~tatemzent arr~achds, quelas Pc~or~ce ar
violenld' /e Droit. Aloi, je continuero~i de~ pen2sel'r que
notre passe' jusqlu'au 98 Juille 1015, a justli/d /'in-
tervuention i'tranzgdre.
I,'avenir dir~a qluelsv sorzt ceur qlui out1 euC raison :
lees aur~les qlui ontldoule' d-e la loyZautieet du pr'og'amm~e
p rogr~essisie d~e s Elats-Unis, ou 'nous m~d,,esgut yaoonzs
ci-u, dis /es pr~e nnlers fours de l'Occupation7 !
le" IDiretrIb~re 1915j


Dr Edl.-DEPESTRE.

































































EDOUARD--DEPESTRE-
Ancien Conseiller Municipal Secritaire-redacteure au Senat
Docteur en Madecine


















DEFCLA RA TION1\






Je le tdclicher eni toute sinrcdritd : Je cruois quit a
exzistd danls 1'dm Iin~iistratlionn atlz d n pla plitique ha/i-
tienn/es die bons~ et loylrus~ sorr.ite'Irs ; decs honunl~es dce
bonn~e fol. i&&nr learls efforts ,'ollt pas suffl aj em1p&-
,:her la~r di'chdan~lce suble par' I'ad'2,rnnsltracon)) et la
politique sous l'impulrlsionz des e'lme'nty~l mlalsainz s qui,
momlelleureusemet, se Zlout 12oulvge'.v e ln maor~it danrs
/e pays. Le Itableauii que~ [ai p~rdsentg est une) Ccue
d en~semb2le : O'est ce qui xe ddlage lor'squ'ol com1par' e
les ef'orts~ lenides dles dleux~z cidts et le rdsulllta olenul
apr~ds cent2 d[ouse anlS d'mdpl~l endant~ ce. Je nre crlois pars
4 laI re'habilitatlions possi~b le L du pus par factlionr u~i

I// ful une semtence noutcelle maiiintenant.
Et douti vingl an~s d'ic, a~lo!s .. N'ouls terrons.


------~s~~i--




















LA FAILLITE


1) UNE

Dai21 sD c1A.TrE:





LE PASSE



FA,1ITS VLCUS D)E NOS TREATE7' D)E~SlRN7RE ANNls~


PREMIEREIII- i PARTIES~


CHAPITR~E PHIEMIEHI-


Le rouuage politiqule et admr~linistrat~l i d'H;an~i ost
maQ par trois chefs
Ir 'lo Pouvoi ExZe'ut?/I
go 'o1uvoir' LegisFllai /
So P'ouvroir Julrdiciair~e
De I'harmonie entire cos tr~ois pcuvoir. na~it In!
progrles-.













La Faillite


Le Pa ys a-t-il dvolud~ ? Les fni ts vont pa\r~ler.
Noti'e systeme politique est Ino admocratic
m ilita i re.
Le people r~uni en assemiblies pr~imair~es dLBA-
gue ses p~ou vo irs ;Z dos itoyens q u i pr~en~nen t 10
titre de d~puii. s ou de Repedse~nta\nt s du Pocuple
a u Cor~ps L gisla tift.
Ceux-ci, sue des listed four~nies par los Collirges
diector~aux qui sont des crieations des assembldes
primaires et par 10 Pouvoir Ex!Jcutifi, clisent des
citoyens qui prennont le titr~e de S60ateursd de lai
Rdpublique.
Ch~ambre des Repre~sentants et Sdnal. de la Rd'-
publique constituent le P'ouvoir L~gislatif.
Le Cor'ps L1dgislatif rIc'ni en Assemblio Natio-
nale. t61it le Checf du P'ouvoir Executif a~voci 1 ti-
troc de PrdaJident de la Rbpub~lique Celui-ci nom-
me, par Ardidlj, asi citoyens qui pr~encent le ti~tre
de Ministres oni Secr~~taires dl'Etait. Voilj le P'ou-
voir Ex~cutif.
Le Prds~identt do la~ Hipub~lique nonmme le; ju-
ges dos Tribunau.lr ot lesj juges los Tribunauxs
Civil et de Ca~ssatio~n sont inam~ovibles; voild
pour 10 Cor~ps Judiciair~e.
Malis le P~ouvo~ir Exdcutif s-'appo~ic sur la~ force
aminc pour i'excsidiut io des is at Ila sall\cuveado
des institutions nationales. 11 entrelient des aRI-
mdes per~manentes et nom7me ii la directions. po~liti
qu(.e des (:illes des officers militaires.











dl'rlne I)~l'mocranlie


COMMENT A BVOLUB NOTRE: SYTAEM ?








LE PASSE;

La-dd~mocratlie ha~lienne, pendant plus d'un
sii~cle, n'q 6tc; qu'une oligarchic militairec. Sans
qu'aucune raisaon politique ou histor~ique ait pro
voqud ce fait inexplicpbl-,, vingt et un gc~ncrau x
se sont succd6d au fauteuil praisidlentiol. Sous
leur direction, la nation hantienne, loini de se
constituer en uii bloc solide, s'est plut6t dejaagrd-
gde. L'dnergfie individuelle s'est imiettie au gr4~
des causes qui ont sollicit6. de toutes parts l'ac-
tion dans la resistance. Des par~tis 6ph~mbres,
au vent de la politique, se aont constituids, bri-
s~s. renouvelds, dispers~s, au grd des individus
qui convoitaient ou qul occupaient le fa~uteuil de
la Pr~sidence. Aucune direction n'~s~t sortie de
leurs oeuvres, on vue de faire aboutir h une fin
utile l'effort qu'accomplit le people haltien au
course de ses nombreuses tapes.











La Faillite


DE LS P -A RT IS POLITIQUIES

Di~s Geffr~ard, un par~ti se reconstitua, sans dou-
te avec le programm~e de ces hommes convain-
cus do 1843: c'e~st le parti de la liberty. Long-
temps vex6~ du despotisme do sabre, le sabre,
api~tre du Droit et de la J justice, de ceux-IA qui.
souls Boyer, ont dr~ig6 un trine a ignorance
po~ur mieux dominer un pauvre people ignorant,
vex6 des tur~pitudes dont les hommies d'espr~it se
sont rendus coupables, ce parti s'affranchlit peu
g peu des lions d'une servitude honteuse, en pro
clamant le droit de tous aux a~a~ires publiques.
C'est sous son instigation q ae les masses s'd -
clair~ent, se forment, s'Cdlevent et la nation s'am6-
liore. Peu A' peu ce parti se dessine et son action
mar~que d'an jour nouveau l'effort tentci pour as
surer le f~~onctionnement ed~gulier des institutions~
nationals.
C'est grtice a~ co parti que, depuis Boisr~ond, le
people mnet le doigt, mais un doigt, -- on ser'ait
tent de dire, savant, dans les 1rdvolutions.
C'est par~ce que les idees de ces palrtisans de lA
libe~ti &talent dans touls les esprits que. malged
les dchees subis g Jacmel, a Jeremie et & Mira-
gojne, le lib~~ralisme, quaique sans repr~sentant
direct et titre, est en train de traverser les g406.
rations et de se g6neraliser. Desormiais les pro.
grammes des revolutions ne secont apprciables
que si elles portent dans les plis de leur banni8-
re ces mots magiques : It Vive la liberty. n C'est












d'une7t Il1)e'mocrallti


encore le sedl de tous les partis qui, au nom du
dr~oit at de la justice, envoient constamment ri Ia
mort les plus belles, les plus for~tes die nos intel-
ligences, le seul qui soit inspire des desiderata
du programme d~mocratique.



L'lRCHEC DU PARTI DE LA LIBERT~t

M~ais, soit qlue comme on I'a dit souvent, le
people ne fit pas assez prit pour la liberty, soit
que le regime de la liberty ft't le cauchemar des
d~tenseursj du droit du people opprime. les reven
dicateurs~ qu; arrivalent n'ont jamais os4 dir~e de
quoi its rIevalent, quand, a travers les villes et
les montagnes surexcitdes, its fa~isaient rdson-
ner le clairon des libert~s publiques Mlais le
people hatien a subi touts ces secousses et n'a
pas encore trouv8 ss voie. On se recl~namait d'
long programme. Arr~iv4, on on a peur. C'est
cette pratique de mpnsonge qui a suscit6 et en-
courage constarmment les professionnelsd du doit
de conspirer. Siti~t formd, le gouvernement sent
sa base s'@branlor. La semence de .justice perce
le sol o~i le troph~e de la force se dresse.
On oublie les promesses des premiibres heu-
res et pour~ i6ouffer la voix du martyr sacrifid,
le ver~be qui implore la piti6? du M/aitre pour la
patr~ie saccagde,. .. on menace.
Voil~ le premiere pas fait dans le pr~jcipice. Bilen-
16t, les citoyens: sent poursuivis, la liberty in-
dlividuelle confisqlude. Et dt~s lors que le droit de











La Faillite


parler est censure, dbs que le citoyen est inquid-
td dains I'exercice de co privilege le plus natural,
les partisalns de la libfrte s'indignent. Ius oublie-
ront le peu de bien qu'on a pr~ocurd au people et
dans leur aigreur, ils no consid~re~ont qlue les
maux dont it est friappid.
Mnis par~ce que le people a raison de se plain.-
dre, ceuxqui n'ont pas 6td en faveur du nouveau
regime commencent g trouver le maitre injuste,
Euxr, ilIs n'iront pas j usq u'a le flatter, I'apothdoser.
Et, cette bile, qu'ils ne peu vent pas d~verser dalns
les journaux, parce qlue le Pouvoir qui s'inquid-
te a fait taire ces grandes voix qui parent A la?
f'oule, cette bile, un jour, leur remnonter~a au cer-
veau- Di~s lors, c'est qlue le souff-le de la dimnence
aura gagnd tout le monde et le tr<^me s'i4croulera
dans le sang ou dans la boue...
L'action, mais une action genidreuse, inspiedee
du bien, voilh ce qui dans le pass6 eut sauv6 la
nation haltienne. Touted notr~e inergie, depuis un
siecle, s'est 6puisbe dans one latte sysidmatique
of bhte contre ceux dont la Ilogique et l'indipen-
dance nous offusq uaient.
Mais ceux-1A les a-t on d~truits A jamais ? Le
flot de lumibres qu'ils ont verses sue le Pays est
en train de vivifier toute une masse.
Une tem pite se fait dans les cerveaux.
Le grand didfaut du parti de la liberty, c'est
d'enseigner qlue le meilleur moyen d'alssurer~ le
triomphe des iddes qu'il p~roclame. 'est la cons-
p irationo, c'est I'a ppel a ux ar mes. Les a ven tu rie rs
de-1a politique ne raisonnent pas differemment
Et parce qlue le drapeau du parti de la liberty n'ar-












d'une IMr'pocr~alie


br~ite qu'un petit nombre, pour le triom~phe de la
cause on fait appel g l'ar~m~e sans cesse. accrue
des m~contents, dJes arricistes. Dis lor~s. ce n'est
plus le programmne des droits du people qu'il faut
pr~oclamer :il s'agit de vengeances h exer~cer.
d'ambitions g satisfa~ire. Les vainqueur~s ricla-
mer~ont le pavement desj dettes arridries; ceux
qui ont donnid leur sang pour le gain de la cause
reclamer~ont le plus gros salair~e. Pour rigner, il
faut comipter avec le parti qui n le plus influe
sur la~ victoir'e. C'est ctelui docs ignorants, decs
mercenaires, des r~ebus d'une m~asse sans iddal,
sonls voloutd. A? co mom-ent nO les mcicontents
veulen~t tour'ner' leur's efforlts contr'e le paRti qu'ilS
viennent de fa\iro ar~river, on inventor los plus
monstrueuses iniquiti~s qui aiont boulever~s6 les
families et toute la nation :on divise 10 p~re at le
fils, le flirer et la sceur, la mire.et I'enfant.
<< Les hommnes, dit M. Th. Roosevelt. qui nous
ont faith le plus de tor~t, sont ceux qui ont prech8
Ia disunion, mais de telle manier~e qu'ils ont pu
conser~ver leur position politilue; ceux qui ont.
soutenu la repudiation dles dettes on quelgue mal-
honnitet6e financii're, tout on gH~tardat leur place~
dans l'Etat. ,,

1V

LIB :RAUX ET NATIONAL UX

Libdraux et nationaux se rencontr~aient done
tantit dans deulx camps opposias, tantit dans les
mimes rangs, s'aprouilvant aujouird'hu~i poulr
combattre demain.











Lan Faillite


On.-comprend qu'avec un tel proced6 le parti
liberal comme le par~ti national @taient vouds A
une disparition~. C est qlue, mnitig6 danJ la suite
pal I'd~tendue do ses pr~ogrammeses mitigB des
nouvelles dlifections du par~ti na~tional,, le parti
lib6dral vint ;; manquer de collision. 11 n'osait.
plus se reconstittier dans le bloc pur du pass,
poisque son dchiee et la~ mort deson chef avalent
montrad aux survi vants com bien le trim phe 6ta tt
pir~illeux sinon impossible. 11 n'osait plus com
battre polisque ses ennemisi d'hlier avalent aag-
mentci ses phlalanges. C'Blait une sorte de fusion,
mais elle n'bta~it qlue dans les iddes
Quand au par~ti national, il semble, mainte--
nant qlue l'his-toir~e peirmet d'n~ppricier le pass,
il semble qu'il ait 6td contenii tout entier, dans
lapocns~e et dans le geste de l'hom me qui l'a in-
carn4 : le Pr~dsident Sa~lomon.
Dievant I'ennem~i, celul-ci se montran d'une ft~ro.
cit.6 implacable. Et vainqueur, ii yolubt consti-
tu~er le fa~isconu naltionn~l Mauisj da-ns les r;ngs de
ceux qu~i chanrtalent sn gSloir~e at le tr~iomplie, il
pouvait trouver des m~contents, cari les r~epedc-
sailles ne fr~aptiaient pas qlue des faimilies do 11b6-
ranus, manis dr fam~ilies haltiennes.
El~ depois la chute du President Salomon, il
se voit qu'nucun noir n'nit 6td capable de re-
c~onstituer l~ pa~rti na~tionfll et d'opposer a l'ab-
or~ptiorn une gindratioon sEolide, delairde,; unie,
d~citdcda A ncepter loyal(!ment lai lutte.. con~tre
coux qui no cessent de !ui repr~ochier son inea-

La question de I'Education Nationale sur la-

















< d'zne De'mnocralti


quelle doit reposer l'avenir du pzy; aura~ 1 tissii
indiffdrents tou; ceux de nos hamm ts q~rui, apleds
Salomon, avalent quelque int61it si on vouloir
la pleine r~alisation. Le g~ndral S~m. allied de Sa-
lomon, I'ayant cono~u de presj, so laissa\ tenter
A l'mouvr~e de l'ciduciation national. Saus son adl-
ministration, on congr~ is de p:1dagogie s'ourlVit.
Des lois furent pr~ises on faiveur de l'las~t~u s-
tion de la masse.
En 1898, il pr~it une loi sur la reotraite d~es Ins
tituteurs. En 1901, celles sur la liber~td et la gran-
tuit6 de l'Enseignement et sur l'lostruction pri-
maire obligatoi~e. Des programmes furent 6ta-
blis pour les lyceesa~tCollegzs, les Ecoles pr~i-
mair~es, des regrlements et des bourses pour les
Ecoles de M~tddcine et de Pharmacie et de Dr~oit.
Mais c'6talent des mesu res prises sur du papier.
On n'en voulat pas sdr~ieusement I'excution.











.'.a Vail/He


CHAP\I'THE 11








I.U P~OUVOlR EXEICUTIF:

Malged~ la Constitution qui determine I'inid6-
pendanice de chaque P'ouvoir, c'cet I'Excutif qui
march en 16~te. C'est so voloold qui fa~it agir le
r~ouage entire de la machine gouvernemnentale.
C'est lui qui volt, qui entendt, quii regle, qui orga-
naise, qul repa re.
11 a la nom~ination des Juges~, docs membrees dlu
Parquet, des Commis-gre~fflersx, des~ hoquetops et
de tout le personnel administratlif. C'est lui qui
or~ganise done.
11 no nomme pas par~ce que le candida7t s'est
voud ii la cariibro~ oO il v ent enlrecr, oul, solicited
un advancement. On le nomnme, pir~ce -qu'il a
r~endu~ judis un1 service au Chef d'Etat, h sa fa-
miille, ou a un membre du Goiver~nement. C'est
onl Hommne qui. le jouir de l'Alection du Chef d'E-
In~t se promlenuit daus les r~ues, fusil h la main, A
la titoe de sa colonne. Pendant I'inter~rigne, cet












d'unle IDl~ncratic


homme s'est c~ouch6r chaquie soir sous la galerioe
de la mnaison qu'occ~upait le futor chet de la na-
tion: Et pour rdcompenser le ze~le, le ddvoue-
ment, I'aibnigationo de co citoyen qlui a risqu8 sa
vie, on I'en voie nu -tribiunal.
Cet h-omme, lor~sque le Gouvernement scran on
train de poursuiyr~e quelques fonetionnnirecs com-
p~tents, des haftiiens ou des; 6tr~anger~s, se i'endra
chaque jour d'auidience judi,-;inire, au Palai~s Na-
tional pour renseigner le President sur la mar-
zlhede I'affaire. Au besoin colui ci donnera ses or-
dr~es.
On fera mouvoir plu3 tar~d le res or~t de j lois les
plus immuablei pour rcicompenser le zile priv6
de ce soul fonctionnalire. On pro-posera d'aug-
menter les appointements du p~ersonnel auguel
it appartient, pour que lai puisse r~ecevoir lA rd-
comnpense que lui maritrant sa fiddlit6 ot son obeis-
sance !
On ira remner la cendre du pass pour en
exhumer une loi qui ;y dor~mait depuis cinquannte
ans7 et on I'n~ppliq uern; in~ proihriie f~ >is on favou r
de ce citoyen it qui lanation~ doll unle 1Ca?/recopese
specia'e. Et do cet homme, b31Ie obsc'ur, on feran
l'uln di s plu s dines repr~sealllant de kr~'la gdadraionl qri
m~onte !
S'a7gii it d'une a\ffaiire entro undlgu ml-
Iaire et un citoyen do peu de valeur, e'cst 10 checf
militair~e qui a raison. 11 y~ll; wra! des ikec qlui
6tablicoat que e'est le citoyen rlui .-'est recndu au
bureau du dC616gu6 et auran nianqud d'i6gnid it ce-
lui ci. On fera mentic la justice. Impurni mentln on
se forIa poriljure.11 so tr~ouveru.~ uni C'iliT-le ui





La Fiaillite


venir declarer g la tribune de la Chambr~e des
D~putis ou du Sidnat, que le paisible citoyven a
6t6 surprise en flagant de1it de conspirantion. Les
preruves sontl Ii. LaL fustice pourlsuit sonz court's. Et la
Chambre, bidate, donnera un vote d;! conflance:
d ce Ministr~e.
Sans enquite, la Chambr ie soddelarera satis-
faite de c~ette ddclaration, tout ei pr'en2ant note qlue
dlans cette a/f'aire qui~ a tant plassionadle I'opinion2, les
formes protectr'ices de la loi ontl itde observiees. Avec
la complicity des Pouvoirs L~gislatif et Ex6-
cutif, la Constitution sera done foulde aux pieds,
puisque la Libert@ individuelle auraf dtd violde,
sans que personne ait protest S'agit ii do gra-
ves affaires, d'gtteinte a la stiret6i de.1'Etat ? On
s'empresse de proclamer I'etat do si~gre, afin de
prendre, dit on,tes mnesures rigoureulsesT que 1glric/amen
la protectionz des famzilies et la sauegarde des inlstitl-
tions; mais e'est afin de pouvoir arrieter injus
tement. brutalement les citoyens soi-disant cou-
pables, et ceux rdputds les plus innocents;,les plus
honn~tes, fusiller sonamairement et les enne-mis
du Gouvernlement et les ennemis des; hommes au
Pouvoir. Car, on HaJIti, I'ennemi personnel dl'uni
general, d'un M4inistre ou d'uri Ch f d Etat en
function, est I'ennemi du Gouvernement augcuel
ces fonetion na ires a ppartie nnen t.
11 se trouvera des hommes ajsez coniants
dans la puissance indestructible du mal pour ac-
cepter le v~ble intime de Juge-instructeur et d'a~c-
zcusateur militaire, sous des Gouvernements san-
guinaires.
Savez-vous comment fonctionnait ce tribunal ?












d'un~e De'm~ocrath;i.


TR'I B UNA U X M I LITA I RES

Dans une des chanmbres do la court' de la Pr~i-
son. ou dans3 I'iine des dbpenda~nces du Tr~ibunal1
Civil, au milieu de la nurit, on fa~isa~it d'abne~d soni-
ner le garde A vous. l'is, Iune escounde d'hlom-
mes A la mine. et aux gostes f Icaces, balonnette
it la carabine, I'alrme au poing, fais~it halte de-
vant la cellule du prisonnier qui, sous le coup
des plus mauvais traitements, qulittait ses fers3 un
moment, et d6filait, le plus souvent les deux
bras amarri~s, entre deux hales de baionnettes.
Arrive devant le tribunal inquisiteur~, que voyait
il ? Trois ou q-uatre hom mes, hier ses amis, ses
freres, ses intimes qui, pour la nuit, trannsfo-r~mds
en bourreaux, ddlibdra~ient 10 revolver~ en ma~in,
la houteille de rhum pres de l'bcr~itaire, et pous-
sant I'horreur jusqu'au cynisme, h1umliliaiont In?
prevenu par des injures, de~s men;aces. Dtis quoir
celui ci essayait de proc:tester controe uner gra;ve
accusation, le judge s'emrpor't:it of, fa~i4;nt son norl.
le garde-h-vous, or~donnait les prd~para~tifsj en vile
de I'ex~cution sans brof delai de ce oayabondl qui rl
osd rdver d~'assassiner lei Chle/ de l' Etal et de repl'on-l
ger le p'cay d~ans Icl'narchie, la bar~be~ie.
Le plus sonvent, no se passe-t on pIs de trlibu
nal ? NJ'eavoie t-on pa~s on mlolat0iha-
sacarabine auChamp de Ma.r~s, laI nuit et le (;00l
vernement, pour pnir les conspiratelr~ s rlui out1 O.e
attaguer 17 Palais Nation#-~, nle sepoeti
de ti~er de la prison, nuritamm *nllt.. les











La Failldit


citoyens qui y eitaient IA. la plulart pour des
questions de droit commun, mais ennemis per-
sonnels de tel membr~e du Poulvoir,ect ne les faiit-
it pas fusillelr?
Mais le lendemain, apriBp que son or~dre du jour
suffocant, monstrueux, oa le drioit, la r~aison, la
pitid1, la char~itr', sont bannis, meurtrisi, a faith con-
naltr~e aux famcilles,h l'ar~m6e,, que te Gouvernementl
assurlera~ l'ordre etla .Ir curoitd enr ddpEit d perttuba
teur's, la~ Chiambree et le Sinnt diccident. chacun
de son cojte. dl'envo~yer une d~putatlion au PrIsi
dent de la R~pub~liquee pour 10 fdlicitotr d'avoir
6chapp6 a ses ennemis. Et de toutes parits, on
recommande 5A l'Eglise des messes d'actions de
graces pour rcmer~cier Dion d'avoil protd~gc le
Chef de I'Etat. Les comm117unIes envoVion t dlesardres
ses et des ddligations au Pr~isident de la Rd~pu-
blique pour lui r~enouveler I'assurance do leur
ddvouement.
S'il so trouvo une voix pour protester centre
les orgies d'un Pouvoir tyrannique, sanguinaire,
s'il se trouve un homme assez brave pour oser
fair~e fr~mir la tribune 16grislative do ces rIcits
douloureux, ah! mnalheur A lui. A l'issue de la
stance, ses propr'es amis lui conseilleront de se
miettre ii couvert, c'est a-dire de gagner un con-
sulat, parce quer le Goulver-nement a donn6c l'or-
dre de le faiire arreter Ce 16jg~islateur qui a eu.
le courage, I'audace, de fair~e son devoir seran do-
sor~mais espionn6. On se proposera de I'aissassi-
ner, on l'accusera de conspiration; on amlentera
des gens qui, la nuit, ironta8ssaillir sa maison de
pieirres, de lambis, de ferrIailles.












d'ur~ne Oce'moocrade


S'agit it du vote d'un contrat important, contre
lequel on sait que des d~iputis ou des sdnateur~s
vont protester?! D~is la veille du jour oui le vote
doit avoir lieu. onl caserne l'arm~e, le couvre feu
est sonn6 avant I'heure hiabituelle, d.:; escortes
armies de pied en cap. par~courent les r~ues toute
la nuit, et le maltin17.on se rdpetedoe bouchIe en bou -
chee qu'il y a eu mouciement.il Cela~ explique les mn
s uresdt'ord re qlu e p ren d r le Go u~vern emne nt en fali-
sant placer h In balrridree du Pala~is 14gijlatif~ les
agaents de police qui ddpouiller~ont. d(: loom- ar-
mes, cheque ICgisjlateur, chaqlue citoynn qui la
fra;nchiran. Cela expliquerau pourqua~i. dans I'audi-
toire. des centaines de militair~es. 44~guisas on ci-
v ils, se ro nt Ii. I e ur poce ls b o r r 60sd(i:IerevpIvers,
et pourquoi le ch~ef de la P'olice, In: Cocmmanda~nt
de I'Arr~ondissement, pendant In~ sdannce, p~netr~e-
rocnt dans i'encoinite pour Cjidivisgerr forlmomeltnt,
gravemencrt, tous cuur qui voudranient apifaudir
I'orateur. qiii r~epr6sente l'opposition.
U~n minlistre de la Guierre,~ voyant que~ les Cham~n
bres ne sont pas dispowdeS A voters lesj cr6J~its do-
mandds par le Gouver~neme~nt, feraf venic devant
Le Palais~ Lrgislati~f un comlp \gaie do' soldata et-
en leur faisant, vid]er les m;i-sces doe mornitio'ns
qu'ilsouit pp~r~ties, dlir;. d, fgon h htr~e enton-
du de tous: << Le(I jud! Grl'S rig'lel~r: la question: o
Le Pouvoir Fxdcutif so substitueira nu P-ouvoir
Judicial re, en~ ordo~n nanIt de c,,s or I'i n -t~u ct ion
de telle affaireC gra;ve don~lt l ,ptainac
sd un rdel ~rirj udice au x p ri~i imlierj. tin: 3afaiir~e
quoi intiresse le pays tout entierI. Il so subitituera
au Pouvoir Lt'gislatif, on refusa\nt de pr~omulguer












La Ilaillite


une loi vot6e edigulierement B laquelle il n'a pas
faiit d'objection; on exd~cutant cetto loi, i sa f'an-
talsie, c'est-g-dite en faveur de / ierrpe et en recfu-
sant de l'ex~cuter en favour de Jaicques. 11 se subs-
tituera au Pouvoir L~'gislatif, en demandant g ce-
lui-ci de consalcrer par des votes des falits ill6-
gaux, en mnodifiant A sa fantaisio, et selon ses
vues, le textle consaced des lois, des c~ontra~ts, dles
rd~solutions.

III

DANS LES MINISTERKES

Ceux qui sont au haut de l'echelle pIsent de
tout leur poids sur ceux qui sont en bas. Ceux
qui soot arrives barrient la~ route h coux qlui so
tiennent aux echelons; et, parcoque o'est la r~ai-
son politique qui fait alrriver, on I'invoque h tout
moment pour noirec aux uns et fairie nommrer los
autres. Le grand vice du systeme Rdpub~licain,
c'est d~'avoir %tabli une gal3 rde mntalnte et un~ie
garde descendante. LJej clus p assent a-tvec: leur
monde. Pas do carr!iero~. Nille plaeoc p >urle mdrn-
rite. A part quelgues unes, hos rI~vo~lutio~ns no
soot que des par~ties afftecuies On noe comipto p~as
les atouts II faut gaigner'. On joue toiitei ls caRI-
tes. On emiploie tous ceux qui peuvent ser~vir efi-
cacement la cause. Apres la victoir'e, on s'apor-
cgoit qu'on a abrit6 des vam-pir~es Htilaj On est
pris dans on 6tau. Pa's mayen de r~eculer. 11 faut
faire droit 4 toutes les demandes.
Le ministreest une cible vivante. 11 aura beau












d'un7e De'mocrantie


fairie, ses amis comme~ ses annemnis ne lui par-
doinneront pas l'6trie arr~iv4~ no Minist~re. Cellx
qui ont tra~vaillC dans les coulisses pour le faire
bien voir d~e l'opinion sont les premiersH i le dd.
juger devant I'opinion. Les fonetionnaires et em-
ployd~s qui d~pendenit de lui so plaignent de ce
qu'il ne so montr~e pas assez bienveilla-nt. On lui
repr~oche de donner toutes les t'aveur~sa ceux qjii
sont dehors, ta-ndis qlue ceux qlui peinent dur~i
la taiche sont m~pr~isis. L~e public, attenda-it doe
lui quelgue tranformation ra~pide. L'ho m me n'a
pasrd~pondu 6lloura~ttento. Dane, il no vaut vieni.
S'agfit-il de quelqute solution imnplrtanto? LI
public qui n'est pans no cour'ant des g raindes mi.
sons qui fonlt agic', condul~mno ce ministree de nI':-
voir pas agi comlnte l'opinioi n 10 d~idra~it. AlarsJ..

ver son por~itecuille.
Est-ce un ministroe des Finanlces? Coest uri mi-
s~trable qui miet deux mi-ille courtiers~ debiors,
dans tous les tr~ous die la Rd@publique, ~ouri ac~he-
ter des feuilles et effets publics a 50 o/o. Est il
sincihro, quand ii refuise de pa-yer poisqu'il ni'y a
pas d'ar~gent~ ?1 O af~fir~mo au debiois que telle
frmme avec qui ii so falit bion a toucli~ une or-
donnance de IDix mille dollars.
Est c~o un mninistroc Je Iltlistr~iour 11 do;it soula-
ger~ toutes les detr~esses huma~inesj on dist~ibjuant
des faveursa. 11 fa\ut ordel, crdber cieider sansCess

Ides fa~vours pour enr~ichiir coeux qui s';adressent.it
lui.
Ceusx qui dirigent, dans loj bur~eaux, no font
r~ien pou r se conc i li er 1 ust ime7 de le urs su bord on-












La F'ailirt


nes. D~s que I'un de nous airrive A 6tre le pre-
mier, il endlosse le~ m:anteau do tyra~n, du despo-
te. Son premier acte, e'est de monte~er son a uto-
rite au plus faible. P~ou la moindr~e pecca;dille,
c'est la suspension. Si c'est on chef de division,
I'Hrri~t est irri@vocable. D'ailleurs I'e mplnyd frap
pe ne peut pas toujour~s s'en r@fdrIer no ministr~e
dont il r~eleve ad min~istrati vement. De haut en
bas. cesont des tira~illements. Le Chef de Bu-
reau menace l'employd supcdrieulr, celui-ci se
plaintdel'dl~ve, I'arch~ivislese plaint du hoqucton.
Le Chef do division trouve que' le secr~tair~e
particulier est tr~op pri~s du ministr~e. Cet homime
IA que le ministroe metdlans ses intlimit8s connait
trop de ch~oses qlue lui, chef de d ivision, sous-se-
cretnice d'Etat, ne connaLit pas Et, quand le Chef
de division confere avcc le minisiitre, quand les
deux s'entendent parfaitement sur a no question,
le moment est propice pour le sous -sec rta ire
d'Etat de r~abaisser le sec:~tair~e intime g un pic(-
tr~e emnploy6 dont los ministries ni'int pas besoin.
Le Checf do division r;baissoc 10 Chef de Bulreau.
e Mais, que penses-1u, dit-il A un amiqui le filicite
de to voir si affaire ?- Mais, com ment, to ne sais
pas, jo suis oblige do tout fa~ir~e ic~i. Jo suis Chef
de division, iEast vr~al; mais mon chef de 13ur~eau
ne vaut rien7. Je fais son travail, je fa~is celui de
tous. les employds. ,,
Le Chef (ie Bur~eau, quand il r~encontre le me--
me ami qui vient le fd~liciter h soil tour, de ni'a-
voir pas un momentde r~pit:-- ( Tu n'as pas idde,
mon ami, cette charge de Chef de Buireau me pA'
$e sur le dos. Je suis chef de Bureau et Chef'












dl',rne Dimocr~atie


de division en mime temps. L~e chef de division
est toujour~s au Palais, on ailleurs~, jamais au -mi
nist~ire. Le ministry est lb. On appelle le chef de
division poor une lettre? On ne le trouve pas.
C'est moi qui suis oblige de four~nic les rensei-
gnements. Je dois 4tre au Bureanu iidix heores.
Le chef de division n'arrive, lui, qu'8 miidi, pour
ressortir A midi et demi. Quelquefois le samedi,
je sors de bureau zi hut heores du soir. n VoilB
la? plainte du Chef de Bureau.
Entendez celle de l'employe.: << Mon checr, je ne
crois pns que jeferal plus longtemps dans cette
sale bite. Je suis fa~tigu6 de travailler comme
une bourrique pour enr~ichir le chef de service.
C'est moi qui fais toutes les affai res du bureau. Je
ne peux pas m'absenter un seulI jou r.Je connais.le
service plusque personne.J'avais vu le ministry
pour obtenic une indemnity. 11 mn'avait pr~omis
d'arranger cela pour moL. Maiss, si au paliement,
je ,n'obtiens pas satisfaction, j'irai travailler dans
le commerce. Le Chef de Bureau ne counanitrien.
Le ministr~e lui donne-t-il une lettre pressante B
faire ? Aussitat: Pierre, faites moi Ca vite. Le mi-
nistre attend pour signer. 11 ne fait rien, c~et hom-
me. 11 est 14 pour toucher son argent. ,,
Et les rt~crminations ne tar~issent point. On
se dichire inlt~rieurement. On s'en veut a mort.
U~ne adm in istnation dont les m em bres sontai nsi di-
vis~s n'est pas une force. Elle n'offr~e pasde garan-
tie. Elle est appel~e g chaque choc A se d~mem-
brer. On s'explique pourqual, chaque fois .qu.'un
chef de service nouveau prend les r~nes, il faut
recom~mencer reprendre I l~a bsone ddjh accom,











La F~aillite


plie. Aucun effort personnel: on calque sui- le
vieux cliche, vieux de cent ans. Oh done est la
stability!, quand chaque membre d'une adminis-
tration se croit d'avance ddlie de toute responsa-
Sbilit6 vis-A vis de I'Etat? Personne fle pense g in-
nover'. S'll y a un mal, tous le deplorent. Mais la
faute n'en est pas A eux. Aussi, indiff~rents, ils
se succ~deront A la besogue, sans sentir que cha-
que miaitre qui passe l'alourdit et la r'end insup-
portable A -ceux qui viennent.

IV

INTJERIEUR

Les meilleurs citoyens sont traqu~s, red-uits A
vivre dans les bois, dans les consulate ou sur la
terre-d'exil. La liberty individluelle est cordi~s-
qube, car la prefecture de police veille. Nul ne
peut se deplacer g son aise. Pour aller & 8aint-
Marc, oai nous exergons notr~e profession,un per-
alis delivre par le P'r~sident du ~Sdnat est garden
quatre Jours, sous pr~texte que le Chef de l'Etat
n'a pas encore conti616 la liste des voyageurs.
Les pauvres femmes qui, pour vivre, font le com-
merce entire la Capitale et les autres villes, se
volent arr~t~es, des leur arr~ivee, trainees au bu-
reau de la police, questionnees la nirit,emprison-
nees. Vainement,elles rdelamnent de lA prefecture
un permis de retour.
Le droit de reunion n'est pas interdit pr~cisA-
ment Mais, tous ceux qui se r6unissent pour uti
but noble, utile, sont surveilles et la police, un





d'unre De'mocr~atiec


jour, les prend sans autre fo~rme de procks, pour
les jeter en prison. Les villes les plus ~paisibles
du pays sont militairement occupies.
La force armee est mobilisde dans toutes les
communes pour prc~der auxv 61ections mnunici-
pales et 16gisilatives. Un tribunal mnilitaire siege
constamment a la7 Capitale pour la ddlivr~ance du
per'mis de fusiller.
La police est incapable, louche, mnal Bquipee,
ignorante, brutale, le domicile privet est a sa dis-
cretion. Les journalistes sont condamnds au si-
lence, s'ils ne veulent pas acclamer, flatter le
regne du despotism, du d~sordre, du gichis ad-
ministratif et politique; parfois emprisonnes, s'lls
applaudissent les 16gislateurs qui combattent les
vues du Gouverne~ment.
Des nu6Bs d'espions, males et fe~melles, sillon-
nent la R~publique. L'argent du people est livre
a la discretion de ministres incorrects, qui. sous
la rubriquie de frais de police pour la security pu-
blique, frais de mission, de de16gation, entretien-
nent ces espions, en se ced6ant une grosse fortune.
Enfin, des fonctionnaires de difftironts ordres,
et peut etre pas des moins 81ev~s, ne e~pugrnent
pas au rOle d'agents secrets des Gouvernements.
Les Ministres de I'lnterieur passent g~ndrale-
ment toutes leurs journdes et partois les trois
quarts de leurs nuits, au ralais National. C'est
la qu'il faut aller les qu61rir pour la signature
d'une piece importante, pour un renseignement.
Ils ont beau annoncer dans leurs journaux qu'lls
regoivent les lundis, mlercredisi et vendredis de
onze heut'es a une heure, c'est a peine si, und~












La Faillite


fois sur cing, ils seront au ministbre: pour rece-
voir les nombreux citoyens qui les,y attendent.,
fideles au rendez-vous. Que voulez-vous ? Le Mi-
nistre est toujours au Palais. 11 y a Conseil ce
matin. if y a Conseil ce, midi, il y a Conseil cotte
aprds-midi. 11 ya toujours Conseil.
Donnez un coup de pied- vers le Palais. Vous
verrez ce ministr~e qui fait sa cour a la. famill~e
presidentielle : C'est ga le Conseil.
Mais ce ministry ne peut vivre qu'au Palais.C'est
18 q ue le service telegraph ique est cen trial ise. C'est
IA que le rouage politique, toujours Fon branle,est
actionn6 par le Prisident de la R4publique, les
fils et amis influents du President et le Ministre
de l'ntdrieur.
Car, le Commandant militaire doit faire son
rapport hebdomadaire au Ministr~e de la Guerre
dont it releve. au Ministre de l'Interieur, au Prd-
sident de la IH~publique, au flls on a l'ami influ-
ent du President qui le protege Alors, tout ce
obtacle se reu nit au Palais pou r politiquer, tranas-
rriettr~e les decisions par le t616graphe, boutever-
ser la Ri~publique par sa fagon de tout edduire
alia politique. C'est de IA qu'il decide de faire ar-
reter tel individu, gr~nant pour le~ commandalnt
militaire et que celul-ci a denonc6. Le Ministe~re
ignore ces mebures. C'est au Palais qu'on rddige
les communiques. C'est 18 qu'on dresse la liste
des deputes, des sdnateurs g e1ire.
Le Gouvernement, abusant de la force pour
regner, se cree des ennemis. 11 voit un ennemi
dans cheque publiciste qui le critique, dans cha-
que citoyen pop~ulaire qui ne l'approuve pas,dans











dI'uner /Wmnocrantie


claquee home qui ne le flatte pas. Lels ennemis!i
11 faut pour la~ sor~etd de tous, les accirtor, les em-
pecher de nuirec.
<< Le Gou vernem ent ne doit p Is descend ro dans
les rues pour comnbattre ses ennemis, disnit on
Ministre de l'nteifieur au S~nat, en demannda~nt
des frais de police. 11 fa~ut qlue, par sa police, il
puisse les suivre de pri~s! i
Danis un chaipitr~e consacr6 h M. Jliraimie,. nous
irons plus loin co quec nous avons pens6 de la
police.




RELATIONS EXTE:RIEURESE

Danns cette brannche, pour quelques uins dol ?no
repr~sentants B l'Etranger, W'est la1 honte, le dis-
cridit.
N'6tant pars payds de lours trait~ements, les uns
assistant, impassib.les, h la saisie de leur~s mobi-
lie:*s pour locations et autr~es f~a'is; los autr~es
rtdduits A I'empr~unt, h la mendlicild, vendent leur~s
mneilleursa effets pour r~pondlre h leul'. b~esolos
i.nim~diats. Certnins de ces Agents so~nt remplit-
cis sdns avis prialab~le; d'autres, r~clamant
vainement leursa fr~ais de capatriement, sont rd~-
duits h des expddients pour rentr~er en Haiti, on
g continued de trainer leur~s msisres sur la ter~re
btrangere .
Cependant quede vils mercenair'es idrigernt leur
petite fortune lent~ement, strement, en ac~com -












La F~aillite


plissant la besogne louable pou les Gouverne-
ments de ddnoncer, de trabir. de faire assassiner.
Le Mvinistre n'habite pas 10 Palaiiis National, 10i.
Mais il aime fa~ire la court auxe Repr~sentants di-
plomatiq ues accrid i Is pri~s de son Gou ver~nement.
Now Miinistres des Helations Extirioures, en
gendranl, subissent. presque tous, I'atavisme qui
pi~se sur ma race. D~eva-nt le blanc, its n'out pas
sou ven t le cou rageP~ des dfe~n re lou 11Prs dri ts les
intirets sacrds du pays. Le plus petit consul,
dont le pays n'a mime pas un port de mer, me-
nnace de sa f lotte. et voil8 : on cr'de Celte pusilla-
nimite fa-it que de plus on plus les int~ivi~ts natio-
nnaux ont @tid sacr~iids.
Un agent diplomatiqlue se passe du Ministre
des Relations Ext~ifieures, quelquefois, et va di-
rectement trouver le PrCisident de la R~publique
qui prem~et de faire droit, qui ongago? le pays, on
d~pit des lois, en d~pit do la justice~, de la loyau -
td. La For~ce a parld ...
Dans la discussion des int~rits, on no recher-
chie pa~s assex 10 bien fond. On discute lesj chif-
fr~es. On monsieur se plaint d'a~voir et6 pill. 11
rde'lame cent miille dollars On tr~ouve d'abor~d le
ch~iffro exhlorbitant. On no r~echerche pas la r~es
ponsabilit6 de l'Etat qui souvent est nulle. On
no rccher~che pas si le plaignant a pu disposer
d'un fonds de cent milile dollars. On propose une
reduction Cependant, les haftiens victims dans
les m Bmnes co nd it ions n' u ro nt rien. Cos q guest ions
rocstent se'rci'tes. Le L~ivre Blou est un document
ter~bal Ai Iusagre exclusif du Corps Diplomatique,
des Miniitr~es dles Relations Extirieures.













i~


d'ucne I~emnocralie~


VI


GUERRE

Une rd~publique qui afiche chaquet ann~le la
d6pense de deux millions pris~ pour Iamiiie at
qui ne peut pedcsenter un tout petit corps d'armdeir
passablement 6quip6 de mnille douxs cents hom-
mes; le service m ilIi tai re est riser vd da n ce q u'il a
de plus dur, aux malbreur~eux, auvr inconscients,
tandis que les chanrges our l'on peut so cri~e uno
situation p~cuniair~e fa~cile sont ncalparde~s par~
un petit nombr~e de fa~indants, habitues ari herel.
Le service impose pne laI force aux paysans ; In
force militair~e, avilio. asser~vie par quelques uns
et servant h l'accomnplisse;enen des pires exac-
tions; I'nutor~it militair~e subjuguant I'autor~it6
civiile; le magristrait communaluc empr~isonn@ par
le commandant Je la commune pour avoir rIefu-
s6 h celrli-ci une ra~tion; ot le MI/inistr~e de l'Iitc!-
rieur radiiant cet acto insolito; 10 commandant
de l'arron dissem ent faisa nt fai re la c h i ne a~u to u
de la Douane et arme do son7 coco-macaque pro,-
eddant a une operation doe conitrebando, tandis
que les douaniers tremblent dlian leuri peau.
Et le Chef he l'Etat retournant a ce gr~ndrafl les
lettres de d~nonciation qui par~viennent contr'e
lui.
Une arm~e en guenilles, des soldats qui s'en
vont pieds nus; les culs au vebt; aucune disci-
pline, aucune instruction; des artilleur~s qui no
savent pas le maniement de leurs armnes ; des











La F'aillite


ballcsqyui no sont pas du calibrie dos carkjbines;
dos pointeur~s avougles, des cavaliers h pied; en-
fin dos tr~oupes miila~nt leurs r;igiments, leurs8 ba-
taillons, leur~s sections, leurs cadres; sans caser-
nes, sanis riglements, sons volont@, sans cons-
cience, p~romenant 10 pillag~e, I'incondle, pacti-
sant avoc la rdbol~llion, aba~ndonnant le drapeau
devant I'ennemi. ou se r~endant sans avoir com-
bathu. Toute une aRImie do fariniannts et d'espions
6mnargeant a~u Budget de la Guerire. Voild le Pas-

Je suis per~suadd que toutes ces ddichd~ances
trouvent leurs causes dans le manque de patrio-
lisme. 11 fh~ut done reliever le pntr~iotisme haltien.
11 est une COcolo oil, manlgrd tous les disarr~ois au
grd~ desquels le caracti~re ha'ltion so modifie, dd-
g;@inre et s'a~ffibilit, I'on enseigSne la pratique
des var~itis qui fonit les peuples fort~s at les na-
tions glor~ieuses. Cotte cicole, c'est I'Armd7e. Cons-
titude pour~ la sa~uvegardde do nos Institutions, el-
10 ed~pond h l'un des buts de la ddmocraftie qul
est de conserver. Jo n'hisite pas ii citor ces li-
gnos d'un do ceux qui ont dit le plus de vi~ritt6
sur~ cotto question du i~le die l'narmie danns la ad--
moclRatie,, M. E. Faguet: << Si l'arimi~e a co pr~e-
<< mier. caractarle commiun aIvoc la ddmocrantie d'e-
a t re p~of'ondimencllt conse rvat rice, elle en a1 d'au-
a( tres. Commne 1\l. Br~unctiibre ln tris fortecment
a( d~montr~d, cllo est une @cole d'honneur, elle est
( u ne ccole d'dgal it., elle est u ne i~cole de pau vre-
a( td fiire, et si la democratic no se recconnais-
II su~it pa:s dans11 cott image?, embellie, mais idble,,
a( d'elle-mi~me, oile so m~connaltri~nt et se md-.











d'une1 .De'm)ocratlic


<< priserait elle-meme, et si les anti-militaristes no
a( reconnaissnient pas cos traits conmmuns entire
(( I'nrmde at la admrocratio, c'est h la democratic
ac qu'ils ferapient offense. o
C'est done dan-s l'arm~e que le niveau moral
de la generation qui grandit so revtilemH. C'est lIt
qu'elle apprendra~ i ne pas prendre p-our vains
les mots d'union, do r~espect et de solidaritd, avi-
lis dans la bouch-e des partisans de olgcio
C'est l~iL qu'elle approndlra A rCdsiste h l'app,;t dies
gai ns ill Iic i es a u q uals assuj etti ssout le d~tf Lnsour I
du dr~apeau, ces m1isdrab;\ les qui on1t ilo:V6 it lai hau1-
teur d'une doctrine le dr~oit i la edvolte arimic.
L'armee, voilh do~ne le foyer commun oi tou-
tes les distinctions, toutes les volontiis, toutes les
ambitions viendront so confondrie danns l'uniqlue
distinction de se meltre en relief par la pr~atique
des qualitis de soumission, de vaillance, d'abn8-
gation qui distingruent le soldat, Janns l'uniqlue
volonts qui est celle de ser~vir' le Paiys et soi-min-
me danis le pays, dads l'uniqlue ambition qui c:st
colle de rendro la Patrie plus forte et plus belle !
L'armc'e ranimcrn~ done le p:atriotismne. n'y au-
rait que le nomn du people itL changer B cos ligules
pour nous los- appliquer...
(( Nous no sorons jamais victor~ioux des da~n-
agers qlui nous barr~ientt la r'oulte; nous n'accque'-
cc rons jamais la vraic grandour, nous n'inicin-
cc drons jamnais le sublime idiail que les foodal:-
ac teurs at' s~uvour~s do notroe gra;ndo 116~publique
ac fPderalo nous out proposti, h mnoins d'c8tre amc!
cc ricainis do camei et d'rime, dl'espr~it at dl'ambi
ac tion, pindteds' de la r~espo~nsarbiili que-coniii -nt












La6 Faillit


(( to seul nom dl'Amdrelicin,, at fier~s noI dela do
(a toute mocsur~e du glor~ioux priv.16~ge de 10 por-
(( ter, a L'IdgudedAmdicain2 par Th1. Roosovelt.
L~oiragu I'ur l'~rmniie, nious auralns form les es-
pr~its aou ltc, de I'honneur et du r~espect; lorsY-
qu"'it I'Ecole de l'Armie nous auranis apprisi &
cl~chaun doinner la1 measure vrif c do son action,
n'est-ce p~as que la adm~ocraticc so selRn implantde
lchez nous, puisqlue Phlonnitetl\ et i'action, insp~i-
rde(: dul bien, icom me je le disais, nur11ont ma rq ut
nosefo rt ?~'i~~~ Mn s I'Arrmic ferin mioux : elle r~evi-
vilian; le Punsed. 14:110 r~calblir; Lsite chiaine d'u.

trait;ciioni qui fa~it la Pautrie. o, (Faguet. )
C est it I'de~olo de: l'iarmic qe nous6 prU d PIParerons7
au l'nys des~ citoyons bionuitee, st, sudeux de la
gr'andourl de Inr I'tr~ic. C'est on ri'veillant dans
l'espr'it de la~ nouvelle g~ndrationl touts les gloi-
res dont nocs Aleuxs outi em bellii les pre~mibres pa-
g~esde l'Hiitoire Nat~ionaule- qure nous iui rendrons
Ila Patr~ic plui chore~c et plus digne doe son divoue-
ment. Lal Nation Iiest que ce que les Fonda~teurs
f'oot faite, c'est-h-dire,. e'ost pairce qu'il ya N ne
tradition, un Pa3Ssd, des tails reimariqu ables, ci-
gnes d'i6tre tiransmis A trat~vers~ les siecies, que lai
Nation existe. Elle noe jera~ gra;ndoe qup par la
tradition, a~ La granndeur dl'une nation, dit Mi. [too-
H sevelt, riside dans la faculti d'accomplir quel
(a que choseC dans le present, et rien no I'y pous-
a( so davantage que la conscience d'avoir aiicomn-
a( pli quelque chose dans le pass. n
MaIis, tout cola, e'est I'oeuvredes A'ieux. 11 ne
ser't pas deplac6 ici die diie qlu'; ce compete le











d'unle De'm~ocratici


G~ndr~al Nord Alexis, par son cult dej Hero id?
l'Independance, par I'enth-ousiasmo qu'il m~it a
la recmembrance des diverse 6pop~ies qui abouti-
recnt d lar proclamation do l'lndependance,' est un
de ceux qui out f'ait fair~e 10 plus gr'and pas au
Pays,
Mais toute nation qui aibandonne imnpundment
son pass pour se c~omplaire da~ns le cult: plalo-
nique des hommies du ped6sent mar~ci: ( sa~ dd-
cadence. On ne r~enie p'Is son origiin 3. L'uni des
grinds ad fauts de notro systitme goullversnePmePn tal,
baptis6 du titr~e de D~mocrantie, c'est d'L8troC sans
fondoment, de f~aire des hommes du pedtsent les
pcrte 6tendar~ds de la cohorts qui mar~ch~i I l
conquite du Progris et d'endormir d~ans on ou-
bli systimatique les hommes d'hier, ceux qui
sont les souches vivace dont proc~cde l'arbre
aux multiples branches A l'ombre desquelles s'd -
panouit la Patr~ie.
a Les homme~s qui ont profond~ment influein-
(( e6 le d~veloppement de notr~e calractice natli()
a( nal, dit M.I Ro~osevelt, fureilt en g adral des
a( h-ommes dont I'action s'exer~cait pcur' le bion,
a( versair~es de leur 6poque. Les grandsj de~i vaLinj
a( qui out der~it on pross10 onn vers orit fait b tu-
(( coup pour nous. Les grand or~atoursj don't les
a paroles br~lantes en fa~veur de la libert.i~ do
a( l'union~, de t'honnAte Gouvernement, rbmoiund-
a( rent, dans. nos assemibl~es lPgislatives, ouit faiti
a plus encore. Mais le plus grand bion a 6td fa~it
a( par' ces-hommesu qui nous oult par'ld pa~ action
( et par paroules, ou dont los par~oles p~uizaicnllearu












La -lFail~le


a( sens et leari mystdrioux pouvoiir dans 10 faiit
a( qu'elles venanic-t d'h~ommies qlui prinieiint nussi
e 'parl actions. ,)
Ah! si notr~e democratic: doit se conser'ver, tel-
le qu'on nous I'o faite; s~i toute action individuel-
le qui se dr~esse A la direction dlej efforts com-
muns pour 10 bien-iGtre des gcni'ndrioii s nouvel-
les doit se mouvoiir sans s'uppuyer sur i'une des
forces qui, dans 10 palssa, ont guidli la marich~e dui
Pays; si aucunement, on ne peut, dains 10 chocix
de ~ceux qlue le Palys appelle aux functions, tonir'
compto des grandes ver~tus mnorales quri fir~ed si
grands quelques hommnes de passi, jo crois lue.
tous nos efforts actuellemnent seraient vains et
qu'il vaudrait mieux avoir~ autre dliose que cot te
parodie de gloire, de Pass6d on pll Ier'sonne, i cette
heure, ne se soudie.

VII

MARINE

Des marines sans instrustion qui no posseident
ni les cbtes d'Haiti, ni la pr~atique desa plus Cdi
mentaires instruments A leur servico; la fortiune
publique gaspillde pour la crdation d'une flotte
qui n'a jamais existed depuis ladlistpar~ition du
(' Toussaint-Louverturre ,,, de la (( Crite-h-Pierr~ot i,
et du a( Capois ,,.
Un Ctat major inconscient, incapable; uine ar-
mde de mer inexistante; des soldats du port,
vrais ramnassis de touite la par~ia, promioteurs du
pillage, de l'incendie et de l'anarch-ie !













d'unre Jl)e'mocratlic


VI1


INSTRUCTION PUBLlQ~UE

L'i nstruct ion ni gligdoet~iI us les vilIles; n oIII lledan;
lescampagnes, parce que, dit-on, si Ics paiysansj
arrivaient a avoir de I'instruction, ils dlispute-
raient les fonetions aux cituldins; I'exdcutionr d~s
meilleurecs lois outl~nrcavisprIntrI i
tai re; des functicnnai~ires.- income ItIntS ; VWonsieurl
Guilbaud, 10 soul Ministroynjii \voulut rduagir, maiss
incompr~is, oblig6 de renoneer,, en butte aux ear-
casmes de la mddliocr~itd; I'ce~uvre dul reli~vement
social par 1 la pofusion des lumnic'ie- livrdo enfin
A quelques ambitions qui, de I;l'arent r@scrv6 A
I'enseignement public,, se font noc fo~runo mala-
droitem~ent. Le favoitisjme, le coinp~lrage, la'en;i-
son politique ped~sidAn~t presque seuls ;iux eboix
des professeurs at des dir~ecteurs3; la muisc~~er o
tralvant la fr@quentation scolairle; une mentallit6
odieuse nee des succt~s que donne le triomphe
des revolutions fri~quenles, laqyuelle m~ontroe I'inu-
tilit4 des efforts d~pensc's en vue d'acquir~rirlel
plus d'instruction possible; Ila fiailit6 des con-
qu~tes rdivolutionnairess eloignlant le plus gorand
nombre des sph~ites calmes et heureuses de I'U-
niver~sit6; les fonetionnaires mail oil puis retr~i-
buds : partout le dicour~agement, le manq~ue de
pr~estigo, I'indiscipline, I'absence de toute coh6~-
$100.















IX

AGRICULTURE

Un pays essentiellemrent agricole at industr~iel,
mais ot)i'Agriculture et I'Industr~ie sont dcidai-
gnees, sans protection; la terre, abandclnne0 it
elle-mi~me. On prend ce qu'elle do~nne. Aucune
direction, aucuno amblioration, p thloutl l~i moi-
ne; pas de routes; les r~iviibres suiivent le course
que leur donne leur fo'ce; aU Iun tra'-vail cj'end~i-
guement; les paysans traqcuds po~rii le s~irvicec
militair~e, livrds sans p~rotecti 1 ion ; it la farciti, 5 lai
'venait6, itL In\ tyrannie des chetslsd section;.In
terrie, Achllappant de pilus en plIus au pay sal, g~ritae
ii d e m au vaises lois su r I'ex pro priation et sur le Do'-
m'aine; les int~ir~ts des campflgnar~ds sacrii ds au
gr6~ decs agitateures politiques et de~s agioteurs;
nos principales produictions de pilus on plus d -
pr~ciees, faute de sons11, de direction of de pr~oto>~
tion ; le jeu, I'alcoo~l abr~utissanrt lei esp!its at ea-
traingint de plus en p'us les paysains veris los vil-
les ori In vie est devenue plus faicile p ar lai p'o-
tection donnde nu voi et au libertlin:ag '.



JUSTICE

Les prisonniers, livrdjs A l'arbit'raine du Chef de
I'Etal, grtice it la com~plicili de ses mninistrecs et
de coux appel~sa leIts controtle r; une p~rocmiscuit6l


Z~a 14tlillite












d'un~e Di'mocratie


didgradante et qu'on se refuse a ambliorer pour
les d~tenus: la prison ouverte r' tous et sans au-
cune formnalit6; aucune pr~otestation; les pres-
criptions du Code do procedure civil et du Code
d'instruction criminelle, abandonades aux ca-
prices des uns et des autres: les citoyens livres
a la boucherie gr~ice h une justice sommaire ; le
Pouvoir Ex~cutif aveuglant les consciencer-s les
plus fortes ; des decisions arrachies par la force
au Droit; I'autoritdj militaire terrorisant le Ma-
gistrat.
Partout la faiblesse morale. la dichi~ance.


XI

FINANCES

Les Douanes liv~rbej au pillage: des Gouverne-
ments, toldrant ou facilitanti la contrebande; la
fortu no pu:bliq cue i bremnent t l, Ia rgement abandon-
nee A la concussion, a~u desor~dre ; les payers de
connivence avec les Chefj de I'Etat et les mem-
bres de Leurs f~amilles pout le partage illicite des
allocations budgXhtaires;~ I'ain~rt~ge officiellement
d~cr~t8 su~r les fouilles d'a~Ippointementsts ; le con-
trble inacceptd: les dc~peniej injustifities; la
comptabilit6 voloatair~ement embr~ouill~e et tou-
jours incomplete; la Chambre de~s (Comptes cons-
tamment para;lysde dans socn action par la mau-
vaise fa~i des uns et des autrcs ; la~ centr~alisation
& outr~ance, en dedpit docs lois, aux fins d'effacer
pour les autres~ villes toute tr~ace de gaspillage et












La Fauillite


de mieux d ipouiller les functionnairecs de lin pro>-
VIDCe.
Partout Is ddsolCrdr et la licence. (1)


XII

TRAVAUX I'UBICS

Un Etat qui d~pense cha~que nnade p~ris~ de un
m ilIlion de gou rde:s pour los tra;~v;I ux pubi Ii' et quIIi
no possede pas do\ routes, pnj dl'cditeces, pas de
rues, pas de locaux pour~ ses bureanux !
Pas de routes: alles sont constainmmnt ddifon-
ebes par l es crues d es r~i vi tr~s : cel les-c i n'd lan pas
endigu60cs et n'dtant p;Is surmootics de points.
P~as de rues. A palrt deux ou tr~ols villes noi I'Edi-
lite tient la main a l'entretie~n d'une pr'o pret6 re-
lative dans les principales neiti~ros, par~tout les
rues sont de vr~ais d~potoirs, deS-bulissons oil, mi-
me g la capitale, cr~oissent I'6pinard, le pourpier:
les rigoles sont dea foyers~ pestilentia~ls qure do-
rent les mlonticules d'immondices euneadeds de
chiendent. Pas d'iddiic~es : -- l'Etat adpense dans
les quatr~e cent miille gour~des pari an pour loca-
'tions dont cent quatre~ vingot mill ;i Ilnstr~uctio n
Publique, en ddipit de la loi de l9312 qui crdo~ un

(1) E les nie detent pas d'hier les relatuallitiOnsY et led dlollan-
ces adressdes au Cor~ps L gis:latif pourl aIppointmenltts dtlls. -
O'est filer encore que dans les journaux, la provincee rdela-
mnait le pn;iementc doi moist de Septem~bre, taindiu que Ddeein-
bre crtuit B Jours ; lat ( apitale. Q~ui nl'a pas enltelldnl dir~e qule le
lnoultanlt inltdgralJ IIII no atalin mois de Juillet avait 6tB parta-
g6 an 3Ailintistoe "












imnpGL afftcet A la construction des maisons~ d'If-
coles.- Les Ecoles sonl-e3lles mieux logees? Dans
certain endr~oits....j A uoi bon dire ce que sont
l-es locaux !
Pas d'eau g la capital. L'incendie, allume par
ordre des gouvernements ou dir A la negligence,
devorant en peu de temps le rdsultat des 6cono-
mies de centaines~e fa~milies par manque d'eau.
Les populations, ravagdes par suite du mauvais
entretien de l'eau, de l'4tat d'insalubrit4 des villes
comme g Por~t-au Prince et atr Petit-Gojve.
Partout la mauvaise foi, I'incapacitb, le desor-
dr~e! On ne peut nous r~eprocher de n'avoir jamais
parl6 du mauvais 4tat dos choses du pays et d'a-
vo~ir attend l'arrivde des Amriricains pour pro
tester.
V'oici ce que nous der~ivions dans le journal
L,'Abeille, de Jacmnel, en 1909:


LA LESON

(( Les deghts que les derni~res inondation's
vienn~entt de causer on plaine, A Port-au-Prince,
ont fo'ur~ni l'occasion do pr~ouver une fo~is de plus
l'existence du sentiment de solidarity social. De
toutes parts, sous toutes les formes, la charity
s'est manifested: le didvouemnent et le ddsinteres-
semient ne connaissent pas de bornes, cependan~t
que les plaies faites aux coeurs de nos matheu-
reux frbres de lai Plaine continueront de sa'igner.
Mlais, fa~udrait-il ne pas se dire que de grandes
lemons se d~gagent de toius ces faits qui ont eu le


d'unle Odm',ocratie











La Fai'llite


don d e p romou voi r tantdt'actions gendreu ses? D'at-
boi'd, qu'est-il arriv6 h la P. C. S.? Les jour~naux
I'ont relatC: du cit6 de la Croix des-Missions et
a~illeur~s, les rails ont 6td emportis, des points ont~
et6 detruits. Qui ne se rappelle les grandes inon-
dations d'il y~a deux ou trois ans, dont p~tit tout
le Pays et qui, g la capital, entr~averent pendant
buit jours la circulation, au pont de Tabarre ?
Cette annee encore, la Grande-Rivibre est avenue,
if y a peine quelques miois de c~ela, prouver A la
P. C. S que tant qu'elle ne voudr~a pas entrepren-
dre des constructions solides, elle sera toujour~s
soumise aux rdpar'ations, aux entraves, aux per-
tes continuelles. NV'est-ce done rien pour elle qlue
buit, quinze jours de ch~mage, quand elle est
oblige de payer son personnel ? N'est-ce done
rien pour elle qlue d'avoir Addpenser' tous les six
mois des milliers de gourdes en separation sur
la seale ligne de la Plaine ? Qu'est ce dojne que
cette ligne de c~hemin de fer donnt on ne npeut fairep
aucun usage au moment oOi l'on en a le plusgrand
besoin ?
Mais, voils, deS d~sordres se commnettent a Tho-
m~azeau, par example. II faut des secours immi
diats. La route 6tant impraticable aux montures,
on s'adresse A la Compagnie. << Pardon, la ligne
ne fonetionne pas, les reparations dolvent ducer
un mois. n
Je n'ai pas l'habitude de voyager en pays 6tr~an
ger'. Mais je lis souvent dans les joulrnaux que
quand de tels accidents se commettent, I'autorit6
peut toujours trouver moyen de se rendre suir les
lieux pour constater lesdegats et en faire rapport.














Ce n'est pas le cas, chez nous, oii A la suite d'nne
inandation, la plaine no comm~unique pas avec
la ville, et ce, pendant deux semaines.
11 n'y a pas de: doute qlue les chemins de fer
dans les autres pays oii l'on a1 le respect de soi,
sont construits en vuedes Bventualites probables.
Naturellement, if y on a coanti e lesquelle3 on ne
peut rien. Mais, est-ce le cas d'une ligne qlue les
m~oindres crues emp~ortent ? La legon que les dd-.
sastres de ce mois nous montrent, c'est qlue si la
P. C S. veut rds~ister materiellement et morale-
ment ,2 toutes les intr~igues, elle doit s'imposer
en imprimant h la ligne de la Plaine, si n~cessai-
re, une manrche cer~taine, reduiiere, solid.
La deuxieme cat~gorie de faits qlue nous exa-
minons concern nos rivier~es, la Grande Rivibre,
entre autres, celle qui passe a Tabar~re; les Oran-
gers, A Jacmel. A chaque session 16gislative, de-
puis tanti~t cing ans, la question d'endigruemnent
des rivieres revient devant les Chambres. On vo-
te des lois, on prend des rdsolutions, on ex prime
des voeux;.
Qu'il s'agisse de la Grande-Riviibre du Nord, de
la Ravine du Sud, de I'Artibonite, il se trouvera
toujours quelqu'un qui aura des accents 6mou-
vants pour nous faire le r~cit des d~sastres que
commettent ces course d'eau, chaque ann6e.
Mais qu'il y aloin do la parole B l'action. On
semble ne pas s'apercevoir qu'8 r~ester indiff-
rents, i tant de laits au gr6 desquels notre mis~re
s'augmente, on cr~e une situation dont le poids
ser~a bien loud A por~ter. Comment. n'est ce done
rien qu'un di~bordement qui d~truit d'un coup le


dl/lr une Deoc,atie















r~iz, la b~anane, l potate, les alimnents indispen-
sables B la vie des populations, qui omporte des
maisons, des femimes. des enfants, des homm~es,
-les animaux ?
Apr~s chiaque inundation semblable, la famine
gr~onde d nos por~tes.
La legon, e'est qu'il faut que, di~cid~ment, au
prix d'un sacrifice, I'endiguement de nos rivie
res devienne un fait r661~. Des points doivent Atr~e
jets pour que la moindre crue ne vienne pas
spanrer la ville de la caRmp~agne pendan~t des se-
mamnes.
Toute une partie de la ville de Jacdmel est c~ons-
tamment exposee aux d6bordements des << Oraln-
gers 8. N'est-il pas temps que l'on tende une
main secourable a ceux qui patient I'impqt et
dont personnel ne defend les intdrits ?!
La troisiibme cat~gorie de faits se rappor~te A
nos finances. La principal source de revenues du
pays est le caf6. Nous ne vivons que de nos den-
rbes. Le budget des recettes est calculd suivant
le rendement approximatif do la rtdcolte. Mais,
nos 16gislateurs et nos financiers se sont toujours
mis d'accord gover ne pas vouloir observer qlue la
nature a ses caprices et qu'un jour, la ter~re, cette
mamelle intar~issable, dit-on, peut refuser ses
products. Voici que des inondations viennent de
detruir~e, sur touslies points du pays, le quart, ac-
case-t-on, de la rdcolte prochaine. Qu'allez-vous
faire pour parer g ces 6ventualit~s ? A quelles
resources demanderez-vous l'ex~cution de vos
ddpenses ?
Commentt! vous ne vivez que de l'Agricult~ure,


La Faillite














et vous ne faites pas tout ce qlue vous devez pour
:la rendre toujours prite a repondre A votre ap-
pel? Vous $tes les tributaires des campagnardJ,
et ces malheureux, yous ne pensez pas h les ap-
pr~cier, g ambliorer leur sort ? Je ne parle pas
de lear envoyer des secours, apris les inanda-
tions. Mais quelles measures prend-on pour les
prot~ger contre tous les desordres auxqluels its
ne .peuvent rien opposer, les pauvres Ah i1
est bien tem psqcue tout cela finisse, qlue la (1490
bhliquep ne s'dpoisepa nn vouloir nair qundin alle a
les bras amarres ;que nous cessions de biftir des
projects sur des alas, il est bien temps qlue l'A-
griculteur soit compris, aimed. prot~g8; qu'll ne
soit plus le mouton dont on coupe la laine et
qu'on renvoie apr~a ; qlue d'aut~res voies de res;-
sources solent credes, et que nos finances, assi
ses sur des bases solids et scientifiques, une
destindeemeilleure soit imprimbe aux affaires du
pays.
Certablement, c'est beau de voir nos socidtei
se donner la main pour en farire un appui & nos
deshdrit~s de la campagrne. C'est b~eau de voir lai
misi~re des uns s'6parnouir au luxe inout d35 aul-
tres. Mais!i est-celdh notre tin, I'ultime raison des
faits sous l'emnpir~e desq'lels nous Jummib~aS~ ?
Je voudrais bien pincer une cor de sensible:.j a
crains de provoquer des ddsordr~es dont j'app'd -
hende la responsabilite avee efr~oL.
Beaucoup parent de reliever l'Agricultur~e qui
out de poissants inter~ts engages dans les tra-
vaux des champs; ils sont sp~culateurs en den-
rees. On les verra, les premiers, deplorer les torts


d'alne De'mocratte











L~a F~aillite


qui leur ont 6td fails. Mais combien accepteraient
de demander A I'initiative privde le r~emede A
toutes les d6tr~esses qlue l'incur~ie administrative
s(:me A tort et a. tr~avers. Oui, I'effort personnel,
s'exergant B r~aliser le rIeve de I amelioration
des masses; oui, I'ide ~associde a I'exemple, .le
bras secondant la pens~e, toutes les facultds libre-
mnent depensdes pour le bien iAtre comrmu~n sans
se pedoccuper ni de3 questions de localitb, ni de
celles de races on de situation : voilh` la (thr~e qlue
~j~e voudrais faire vibr~ar. Je ne m'dterniserai pas
sur la question.
A travers toutes les p ripeties dont est mar-
qui~e notre court promenade au cycle do la vie;
au dessus des entr~aves qlue I''dgdisme oppose h
l'ascension de l'effort personnel vers un buit dd,
fini, n'y a-t-il pas une ~place oai 1'ction, co qui
doit demeur~er de nous, quand tou:es nos fa~cu!-
tds deviendront figdes pnr la glace- de la mort,
poisjse se mlanife:ster, s'ac:centuor, se commlruni-
quer et, pour ainsi, devenir le point de depart de
l'dvolution rIEe pour notr~e pays, pour' n~tr'e
race !!!
s~h vouloir que ce soit quand mime I'Etal qui
divilge et or~donne nos pas, comme l'animalI qu'on
m~ne h l'abr~euvoir; attendre de la politique
qu'elle actions tant de~ fa-cultes qui s'a~nkylosent
dans le ddda~in et le silentie; sou~ffrir qlue l'effort
i nd ivi duelI s'an nantlisse -dans I'ac tion bru ta le, ex~i-
geante de I'Etat, n'ejt co pas Iii la plus detilo-
ranble des utopies, la plus hionteuse des reasons
dont poisjse so privaloir I'humnanit6 conscien~te ? ,,





dl'urne De'mocr~ade


CHAPITRE 1Il.




CHAMBRE DE~S COMPTES.

Malgr4B la Constitutionl, malgr6 la loi organi-
que de la Chambre des Comptes, cette Institu~-
tion sen~t. le morse du Pouvoir Exijcutif. Elle est
blue. plar le Sdnat qui choisit les neuf citoyens
appel~s A la composer sur deux listes dont I'une
fournie par le Po'uvoir Exdcutif, 11aut'ee au scru-
tin secret par' la Chambr~e des Communes.
I1ais e'est le Pouvoir Exd~cutif q~ui fournit une
listesecrete dla Ch m b red es. Represen tan ts; c'ewt
lui qui fournit la deuxicimoe liste don't j'ai parl6
plus haut.; e'est lui qui nom~me les neuif membr;s
en fournissant au Sdnat, le jour de la1 sc~ance oh le
vote doit se fairec, une liste secrete qu'on r~especte-
ra. Pendan t u nmois avan t le recno uvelIlemnenrt de hki
Chambre des Com ptes, dont la du rie est do q ua-
tre anndes, les candidats .font I'antichambre au
Palais Nation3l pour 6tr~e ports sur la liste des
candidates; A la Chumbr~e des Communes, pour
6tioe &lus candidates ; au Sdnat, pour itre d~fiiniti-
venient choisis. Et su r Ies neuf sit~ges h com bler,
cent quatre vingts candidate se prisaetenlt. Les
DBputes, les Sdnateurs, le PedsBident de la R~pu-














blique promettent satisfaction aux cent quatre
vingts candidates.
Tous les Senateurs et tous les Deputes n'obeis-
sent pas ii la liste secrete, car, il y en a qui sont
assez respectueux d'eux-m~mes pour ne pas
condescend re j usq u'd aller demander-au Chef de
I'Etat, ni au President de la Chambre et A celui
du Senat, pour qui ils dolvent~ voter. E~t cela,
quoique dans bien des tours de scrutiny, le can-
didat de l'Exe(cutif se trouve .en face de rudes
competiteurs. Mlais il ya des scrutateurs qui
conviennent bien ii ces rales et ils savent ce que
le Gouvernement attend d'eux !
La Cham bre des Com ptes ne pent, veritablemen t
sans subir de rudes assault, exiercar son mandat.
Appelee a contrbler les com ptes des Ministres,
on lui contest le droit de critiquer les actes de
ces Ministr~es qui, apres avoir d~penad Ai tort et B
travers les resources du pays, apr8s avoirr mar-
ch6 B pleds lev~sa sur le reglement sur le servi-
ce de la TrIsorerie, apr~s avoir effectue des vire-
ments de fonds, out neglig6 de soumettre les pie-
ces pour justifier leurs depenses. Et si dans (4
rapport que la C'hambre des Comnptes dpit adree-
ser comme le yout la Constitution, chaque annn&
au Corps L~gislatif, sur la gestion de i'exercise
prime des Minlistres, ceux-ci soupqonnent qu'it
est reve14, des faultesj A leurs charges, d'avail-
ce, Ils mettent tout en cauvr~e pour empicher
m~me lai production de ces rapports. Ils essale-
rent de disperser ce corps en~ faisant indirecte-
mient desj monlaceS ; son Pr@sident. Celui ci, par
malheur pour les Ministres et par bonheur poet'


La Paillitea





















d'une De'mocr~atie


le pays, est toujours un homme de carac~t~re.
Sentant qu'une menace de prison peut se conver-
tir aisement en un emprisonnement effectif oii
les pires vexations ne lui seront pas mdnagees,
ii lgagne le consulate et part p~our l'exil.












La Faillite


CHAP~ITITE IVr




D.ES CONFLICTS.

Entire les deux Pouvoirs Exdocutif et Legislatif,
la fedquence des conflicts s'cxpliqlue par le man-
que de volont8, le manque de formantion des ca-
ra ct~res ild ivIi d uels.
La Constitution d clarie que le Prc~sident de la
Republique noamme et dvoqlue les Seced6rair~es
d'Etat.
Le Checf de l'Etal s'arme done de c:ette disposi-
tion constitutionnelle pour maintenic un Ministre
A qui l'une des Chiambres aurla donn8 un vote de
blinen. De~S Ministres se sont tant accroches A
leurs portefeuilles que, mllgr6 le vote de I'une
des C ha mbres d6cla ra nt le u re~t i re r sa co n la nce,
its ont continue h ga~rder leurs por~tefeuilles; par-
ce que le President de .1a R~publiqlue lear aura
dit: a( Messieurs, e'est moi qui vous aii nommbs et
qui ai soul le dtroit de vous rd~voquer, je nie relA?-
ve pis des Chambres, je vous garde comnme mes
Ministres quand meme. u Ou, parceque l'opinion
sera restee avec ces Ministres.
Quelgues. l~gislateurs, dont les auteurs de f'or-
d re du jou r, soutien nent q~ue le M/in istre tom be dlu

















dl'une" ^De'mzocratic


pouvoir. MIais la majority inconsciente, sortant
du Palais de la Prisidence et ayant recu une ver-
-te semonce dlu Chef de l'Etat pour avoir vo~t6 cat
ordr~e du jour, retourne A la Chambrec,' quelque-
fois la nuit meme, et revient sur le vote acqulis. On
behange parfois des correspondances tr.4me aIvec
le Pou voi r Exdcu ti f et finalem ent, la Ch a mbre, en
vue de mzaintenir~ entire les deuxz Potuntrs, cel acor'd
ndcessaire d l'dvolutlion due Pays, didlare r'evenir surI
son vote.
Et ces Ministres ont continue A exercer le Pou
.voir !
Ce son t l es autres Pou voi:'s qu i on t touj o urs t~ort;
et c'est le Pouvoir Ex~cutif qui atoujours r~aison!i
11 n'y a? qu'une loi et cette loi, c'est la volont6
du Chef du Pouvoir Edecutif.
11n'y a qu'un Pouvoir, et c;e Pouvoir est reped-5
sent par un homme : C'est le Ch-ef de l'Etat.











La Fai~lle


CHAl'ITRE V




DU POUVOlR LEGISLATIF.

Le Pouvoir L~gislatif so compose chez nous
d'une Chambre et d'un Sdnat.
La Chambre des Dbputes dont la duree est de
trois ans se renouvelle toujours g une date d~ter-
minde, le 10 Janvier.
D'puis l'6poque admirable oii malgre la force
oppose a ux? pri nci pes par des~genda ru x don t I'h is-
toire rappelle al~leurs les noms, des citoyens re-
marq uables, com me~ B. Bazelais, protesterent con-
tre faction del'autorit6 pour entraver la liberty
des Elections et triom pherent q uand m ime des ma-
neeuvres occultes du Pouvoir, I'on n'a jamais eu
en Halti q u'u ne parodie d'dlection. Le neu fJa nvier,
c'est A-dire la veille des elections, le P~ouvoir
Executif, apr~s avoir dressed sa liste de candidates
fournie par les Ministres et les amis influents du
Pouvoir, t616gra~phie g chaque de16gu6 ou g chia-
que Commandant d'arrondissement les noms des
citoyens qui dolvent 8tre blus.
Voicicomment dansunedes villes importantes
du Pays, les diections' se passbrent une fois. Le
Commandant de l'Arrondissement, apr8s avoir











d'une D~emocratie ;57


requ la riste du Gouvernement, convoqua chez
lui les fonetionnaires et employs publics et leur
adressa ce discourse : << Messieurs, dit il en dd-
signant les deux candidats designbs qui'll a vai t cuI
soin d'inviter !sp~cialement B la reunion, Mes-
sleurs~, voici les deux honorables citoyens que
le President de la Republique a choisis pour
representer la commune a la Chambre. Veuillez
les reconnaitre en cette qua~lit6. n
Apres le depart de l'assistance, ceux que la loi
reconnait pour diriger les tra~vaux de I'Assemblt~e
primaire furent retenus, et IA, ils radig~irent et :-i-
gnerent le prock-verbal des elections en favour
des sus-dits citoyens. Une h eu ( a pres, ces m~mes
gens, au blireaui da l'Assmablide prima~ire, oft Be
trouvalent vingt c~ng i tr~eate soldats li~guis~d,
firent sembhlant de d~ipouiller une psr~odie d'u rnie,
tandisqu'au dehllos, les vingt-cing B tr~ente 61ee-
teurs parodidati'amed'une population; criaient h
tue tete : < AilIleu rs,da ns ce rtai nes v iIlles pl us delIa i rdes, A !a
Capital par eyemple, voici comment les chosess
se passent loreque le Gouvernetnent veut laisser
croire qlue les diections sont libr~es.
On laisse les candidas mener lourIs campa-
gues.
La. premielre jour~nie des elections estla1 plus
acharnbe. 11 s'ygit de forimer le bureau de l'Ae-
semblie primnaire, appele A diriger les 61ections.
Depuis deux ou trois jouirs, Ics noms des candi-
dats'd u Gou vernemnen t sont dans toutes les. b>ou -
ches. Et c'est la police qui, dans son rble~ deisur-
veillance pour le maintain de l'ordre, va.reatiser











La Fa~iilile


la pensde du Gouvernement. Un commissaire de
police, << un gros nig9, un1 O)ros mo0c', n, comme on
dit, se tiendr~a a la por~te par oa p~nitreat les
61ecteurs et, sous pretexte de disperser les en-
com bremen ts, ili faci lite~a l'en trCe d u chef de bou -
quement et des 61ecteu rs du candidate du Gou ver-
neglent, tandis que dans la me16e. ceux qu'on a.
repousses, sont les partisans des candidats oppo-
s6S.
Le matin des 61cctions, le Magistrat Commu
nal qui a fait dresser deuxv g trois mille cartes
sayrs des noms supposes, les fait remettre aux
diffdrents chefs militaires, dont les soldats dd -
guis6bs en civils et coiffi~s d'uniformes chanpeaux
de .paille pris au march, iront voter avec ces
cartes. Ces soldats, ne sachant pas lif~e, et, gui-
des par' lear chef d'escouade, excutent la plus~
noble fonetion du citoyen dans la Republique dB-
mocratique : le droit de vote.
F~t tandis que le President de l'Assemblee crie
les noms, chaque soldat ddsign6, d'or~dre de son
chef, r~pond: prdsaent, et va deposer sa carte .et
prendre un -bulletin qu'on ad'avance rempli avec
le nom du candidate du Gouvernement,
La fa~rce est ainsi grossierement joude, car,
les candidates opposes, voyan~t que,1eurs partisans:
non settlement ne peuvent pas entr~er pour vo-
ter, mnaish la moindre cohue qui se fait aux por-
tes, sont bousculds et tr~ainds en prison, des' la
premiere journee sont vite d~goittes et retirenti
leui candidature. De sorted que la majority d'une;~
Chambre ainsi composee, est en faveur du Gou-
vei'nlement. S'il se trouve quelques deputes














d'ulne Dimnocr~atie


qui, quoiqlue nommis~~ par le Gouvernement, es-
salent cle lui faire de i'opposition, lour nombre
est bien pauvre ; car, ia majorit`i, en gdnd~ral, est
composee de gens timnides, inca~pab~les.d'aucun
beau geste. La plupart du temps, ils ignorent les
choeesqou'on vote, bien qu'auparavant, dis Ihalt
heumcs du mathn, ils aient fait antichambre au
Palais de la Pr~esidence pour recevoir du Chef de
l'Etat les ordres necessaires sur lesi questions qui
allaient c6tre mises en diibat et dej& fix60s B 'or-
dre doi jour. Et si, p tr hastrJ, par iglo,~rance,,
inadvertance, negligence du President de l'As-
semblae on de quelquecs opposants, un vote est
obtonu contra~irement iA l'opinion d~dfendue p:ar l
Ministre, augiitbt la sdance finie q uelq ues .d tes poltrom3 iront fair~e amended honorable, en se
detendant devant le Pr~sident de la Republique
de n'i6tr~e pas de ceux qui out vort@ contr'e le Gou-
verniement. Ils s'abstiondr~ont meme, dlans la
cour de la Cham bre, de presser la main A ceux de
lears collt~gues qui on t oa panrlePr con tre le Gou-
vernement, de peur qu'il ne soit r~apporte au
Palais qu'eux, sayssi, 6taient avec l'opposant.
r)e m~me, si un de leursrolliguese8 se tr~ouve
en fausse situation devant le~ Gouvernement. ils le
laisseront crever, ils n'irodt jamals le voir dans
la prison ot' un pouvoir ar~bitraire et ombrageux
l'aura jete voire interpelle~r le Ministre respon-
sable sur cet acte malheureux !












60 La Faillite

11-c.



IMMUNITES PARLEMENTA(RES

La Chambre, depuis peu de temps, regle avec
une facility ddshonorante la question de la le-
v~i des immunitds parlementaires d'un d6put4,.
impliqub, & tort ou A raison, dans une affaire.
II suffit que le Ministr'e de la Justice vienne
dire qlu'afin de permneltr~e B la Justlice de sllorle son
court's. il y a lieu de lever les immzunilds pour qlu'on
accor~de.
Une commission spcidale est nommie et, en
tr~ois minutes, descend de l'6tage supdr~ieur oli
elle a fa\it sem~blant de d61liber~er devantl Dieu et sa
conscience, descend avec un rapport concluant
<< a fire droit B.la demand du Ministre de la
Justice. ,,
A la barriere de la Chambrie, le membre du
Pa-rquet et une escounde de police attendant le
d~puth depouiill de ses immunitds, et la prison
serB d6sor~mais sonl domicile.
Lp loi haftienne est moins fdroce lorsqu'il s'agit
d'ug simple citoyen que lorsqu'il s'agit d'un
mepbre du Corps L~gislatif. C'est que, lorsque
c'egt le Ddputit ou le Sinateur qu'on a~rr~ite, la
raiqon dlominante est qu'il faut rdduire au silence
cet' interpellateur persistent qui ne donne pas
qlughtrc l an Mlmnstre.
d'est I'ennemi personnel qu'on fr~appe. VoilB
poyrquoi en vertu de I'article 81) du Code d'[ns-
truction criminelle le simple citoyen beadficie












dl'ane Ddemocradie 6 I


de la .libert6 provisoirz, tandis que~ le ddpute ou
le aboatour arr~t6 ne doit pas b Sinbl:iler de edtlte
faiveur, aux yeux du juge hal'tien.
On ne voit les flutes du Ministre que quand it
n'est plus au pouvoir. S'il est alux affaiires et
qu'il vbeclamne dchar'ge poUr les comptes dr: tel
exercice peirimb, on s'empresse d'acci~der A sa
demand.
S'il a le malhear de tomber du Pouvoir, les
comptes mimes .sur lesquels on *\tait d'accord de
lui accorder dAchar~ge,. serjnt I'objet de mille
commentaires et quatre anndes meme, aprbs que
ce citoyen aura ces~s6 d'etre m~inistre, les Cham-
bres lui refuser~ont la d~chargae, d'autant plus que
le Gouvernement existant, devant lequel les
Chamnbres ont fait tite basse, pursuit cet ex-mi-
nistr.e pour ddlourr2neents, malver~sation-s, etc. Les
Chambres n'exampineront jamais si le G~ouverne-
mnenta raison. Celui-ci est le maitre. Ma/g:ster dizit-

III

BAROMIETRE LltGISLATIF

La premiere annbe, c'est le calme. -Is sont
exacts A I'appel de la Constitution. Des les pi'e-
miers jours d'a~vril, la major~itd sera &2 la capita-
le. On est encore sous I'impression de nobles sen -
timents dont celui de la reconnaissance pour le
Gouvernement qui a nommb. D'ailleurs, s'il s'agit
d'hommes qui sont arriv~s pour la premiere th~is
A la d~putation, its seront plus ou ma~insi tidli-
des. La tribune et I'auditoire les effr~aieront. M~ils









La F~iillit~e


la deux~ibme ann'te, c'est la temp~te qui s'annon-
-ce. D'ailleurs sous pr~texte d'attendre le pale-
ment d'un mois preliminaire, if y aura des recal-
citrants. Certains viendront s'inscrire Pt reparti-
ront. D'dutres secont 8 lacapitale et ne se pr6-
senter~ontt pas les jours de s6anc'e, pour infirrer la
mlajoritd, disent-ils. Cette ann~e, on sera plus s6-
v~re. Les questions et les interpellations pleu-
vrotat. ( Je vais mater le Ministre, dira un timide.g
RJ'entends que le minister me rende com pte de c~et-
te valeur ,,, rdpliquera un autre.-- Tout finica en
queue de poisson. Car, le Ped~sident de la Chanm-
bre, qui est la cr~eatur~e du Chef do I'Etat, et qui
est son organe deavant les Dtdputs, melneri son
jeu die fagCon B obtenir pour le Minisjtre un vote
de satisfaction.
Les votes se~nt le plus souvent escamnotes. La
majority inconsciente a appr~is qlue lorsaqu'un vo-
te est donn e'n sens inverse, c'est-8 dir~e a t'eu:2
qui sont ena feveur, se'lcioer~ont on ( ceu.r: dwelcis conlr~ai
re r~esteront arssis n, c'esit qu'elle ne doit pa~s se le
ver, ce vote 4tant ainsi expos6 pour pou voiir Bre
reject plus facilemnent.
Quelquefois, la mnajor~ite, par distra;ction, so 16~-
ve. Alors. le president lui ini3ie s'empr~esse de
ddel.arecr le contraire de ce qui 'es~t fa~it. Los ap-
posantsqyui olt constat6 la fraude protestent, fonlt
du tapage et rdLclament; la contr~e-6pr~euve.
Le PrIsident discute dh ne pas l'decorder~i et g@-
nAralement, il arrive que da~ns~le brouhaha quel-
ques dbput6sse solent retirds et qu'a la remrise
aux voix, quelqu'un avant dclard@ que la Chamn-
bre est en minority, on 16~ve la s~ance.











d'ucne De'mocratie


IV

SENAT ET CHAMBRE DES DEPUTES

Le S~nat se com pose de trente-neuf ~membred et'
la Chambre actuellement de quatre-vingt-dix-huit
membres (1906). Le nomnbre des deputes et cellui
des senateur~s sont arbitraires.- Ils ne reponden t
ni au chiffre des populations, ni h l'impor~tatce
des communes, ni aux int~rits r~~els du pays !
Une revolution triomphe. Son chef eleveen
communes des quarters. Certains lieux ont ser.
vi de quarter general A l'arm Jc qui portait dans
ses flanes < par le tyrann qui vient de gluilter le Panlais de la Prd'-
sidentce,,; d'autres ont offert une eds~istance allx
troupes du Gouvernement, ch bien cos lieux md-
ritent << la sollicitudle des Grands Poucvoirs de l'Elat.,,
On en fait des communes, de mime qlue les sec-
tions rurales deviennent des quartiers Or, non
seulement le recensement de ces lieux n'est pas
fait, ce qui permettrait de fixer le chiffre des po-
pulations et de lear donner Iin r'eprbsentant, mais
le recensement n'est fait pour aucune ville de la
R6publique. De sorte que la nomination d'un ou
deux( deput~s, pour telle commune, est quelque
chose d'ar~bitraire. Et c'est le Trrsor ha'itien qui
support le fardeau. (1)
Quand au nombr~e des S~nateurs, il ne rd8pond
B aucun but, sinon g celui d'avoir le plus de fone-

/1) Eni 1915, on eiit a 101 deputis.











La Fahilite


lions pourr caser les amis du President de la R&-
publique.
Eiflin, I'iine des considerations $ laquelle I'vn
vise conlstam ment, c'eat do .nai ntsnir I'Bquil ib re
centre d'une .p\r~t, Ie Nor~d, le Nord Onest et I'Ar-
tibonite; d'aurtr~e p-uct, 10 Sudl at I'Ouest. 11 ya
pour: I'Ouest, 11 Srinateurs; pour le Sud, 9\ I four
le Nord Ouest. 4; pour le Nor~d 9; et pour I'Arti--
bonite, 6; total 39.
11 y a dans le Nor~d. le Nord-Ouest et l'Ar~tibo;-
nite, 52 Dbputds~; dans I'Ouest et le Sud, 49




LES ELECTIONS LEiG IS LA TIVES

SUR QUELLES BASES REPOSENT-ELLIEJ ?.

11 B'agit, d'abord, de nommer~les Ddputds. De:
pois on si~cle, c'est la routine qui pr~sideg A ces
operations su r lesq uelles reposent m~me la d~m o
cratie et I'existence du Gouvernement de la Rd~-
,publique. Lie recensemnent de la population nest
phsufait comme j'ai dit plus haut. Jusqu'A cett~q
heur~e, pour estimer le chiffre de la population,
on prend les calculus produits to par le clerg6e q~ui
se base suir les b~apt~imes, ls d~chs, les fr4quen-
tations r~eligieuses on scolair~es Or', ces dernielres
ne s: foot .qu'ar~bitraiirement. Dans tel milieu, les
enfa~nts non compr'is coux des cultes r~formbs,
att-eignt nt on Age avaned avant d'6tre baptisms,
cortimunies, sont instracits par dej mattres pr~i-
ves; d'autres grandissent et meurent sa-ns avoir










dl'une 1)e'oocraie


QisitB l'Ecole, ni l'Eglise, et c'est la majority.
Donc, il reste 4tabli que le receasement de la po-l
pulation n'est pas encore s6rieusement fait. De
cela, decoule cette verite, que lea'deputds ne re-
pr~sentent qu'un chiffre arbitraire d'habitants et
tr8s certainement la minorit61.
Mais, il y a d'autres raisons qui viennent 6tablic
de la fagcon la plus incontestable qlue la Chambre
des D~put~s ne represente qu'une minorittd, la
masse des quantities n~gligealiles du pays.
. Quels sont coux qui votent ? SouS Boyer', SIl-
nave, Nissage, Boisond Canal, on vit les 1'ares2
exemples dans notres histoir~e politique oul la mlas-
se dies citofens dcla~rirs so: battii t ans l'urne1
pour le tr~iomphe de tels candidate. Mais depuis,
pour ne r~emonter qu'iti Salomon, que I';autorit4
s'est mblde intimement,et de la~ fiigon la plus b;n-
tale, aux Alecotions, cette masse s'est effaede, (1)
de plus en plus, par indifference, laissant la pla-
ce t de~s recrues insolites au~xquelles les Gou ver-
nemients conflent le soin de dr~signer les r~epra -
sentants de laR Nation alu Cor~ps L~gislatif.
'$ur une lite de 3~00 61ecteurs3 four~nie &2 Polet-
atWPrince, obtenue une fois, figurlaient les noms
de 300 citoyens eclaird8s: fonetionn tires publish
aiuxquels onl impositit, sous peins de rdvosation,
I'obligation d'alller s'inscr~ie.
IMais des tr~oisj cents, 4i peine on 508, des limi
des, se pr8sent8!rent au local de I'Assemblic pri-
miire. Et les cartes drejjdes aux 2>~mj des deux~

(1! En 190L, anix Meletions quli suivirent la chute de Samu. la
mnasse declairee so prdsenta d::nd f urne. Le n unbr~e dets iuseritd
4tait 11.700.














cents cinquante autres farent re~mises g tel ou tel
candidate, ceux du Gonvernement surtout, qui les
firent ddpose danis I'urne par des citoyens incon-
nius. Alais ce chiffre de Trois mille e1ecteurs qui
n'a jamanis ete atteint qu'une fois i Port-au-Prin-
ce, la commune la plus peopl~ie de la R~publi-
qlue, d'apri~s les statistiques, manis qui se trouve
dans les r~egistres, est tout de mime arbitraire.
Voici comment. 11 y a constamment ch garni-
son, j la Capitale, *des regiments de plusieurs vil-
l-es de la Republique. Ces regiments sont forms
dies paysans qui amends de la champagne ont 4te
de force incorpords, le plus souvent la nuit, au
depart du regiment.
Quelques semaines avant les 61ections, les
noms de ces soldats sont expedies au Magistrat
Communal qui dresse ces cartes et les retourne
au M~inistr~e de l'Int6rieur pour Atre distributes Ai
ces soldats, dd~guisis A l'aide de petits chapeaux
de paille achetds -hitivement au marched et de
costumes civils pris h tort et B travers, lesquels
soldaits, ir~ont au dix Janvier nom mer les deputes
et les conseillers communaux de P-ort-au-Prince,
ainsi que les 61ecteurs de cet arrondissement.
Et ainsi dans les autres communes.
Quand la maijorit6 des citoyens d'une commu-
no s'abstient de voter, quand les 61ecteurs solit
des citoyens d'une localite autre que celle oii ils
votent, quand les votants n'ont aucune connais-
snlace cle l'acle qu'lls accomplissent, et du can-
didat pour lequel on les frait voter, I'election ne
sournit repr~senter la majority de la commune,
et partant, est vicidie A tous les points de vue.


La Faillite











d'une Di'mocratie


Les D~put~s ainsi nommibs ne repr~sentent
nullement la majority, ni mime la minor~it6 du
pays, parce qu'ils ont dtd~~djus par des citoyens
qui n'ont pas en la conscience de les nommer et
parce qlue les 61ecteurs ne repedI.sentent paus les
intdrets de la. commrune oij ils ont vot6. Ce riest
pas ici le cas des militaires i qui la loi p:erm-tt
de voter dans les commune; od its ont leurs~j can-
tonnements. Et qua~nd, h la Chlambre, cos di~pu-
tds en majoritit d~cident au nom du pays, sui le
the. imposent le people, d annent dej fa~nis pour
la guerre, sanctionnent des mesur~es praises par
un Gouvernernent, touchent des indemnit~is, aug-
mentent le budget, Irenversent des ministPIres,
its accomplissent des actes pour lesquels its n'ont
aucune quality. leaurs votes peuvent done 6tr~e
contests !


VI


DU VOTE DANS LES CHAMBRES

D~es I'dpoque oGi les citoyens delairdts se sont
abstenus de voters, I'on n'a plus vu dans les Cham-
bres qu'une majority& c,mposdje de gens A peu
prijs incapables, on de mauvaise toi, en tout cas
disposAs g fair~e la voloat6 du Gouvernement en
votant de grosses d~penses pour la security pu-
blique. On peut affirmer sans cr~ainte, qlue de-
puts une trentaine d'annies, les Gouvernements
qui se sont succid@ chez nous n'ont edgnCd qu'a-
vec une majority incapab le, illettree. Mais qut











Lan Faillite


ne representait nullemnent I'opinion publique,
poisque la voix de ceux qui out voulu I'ordre
dans l'adminiStration, en diminuant les depenses
inutiles en contrlant los dc~penses, n'a jamais
6td 4coutde.
Cette majority n'a jaai rep;~nnn~r~sent queI le Gou-;
vernement qui l'avait nommde, I'opinion pub~li-
que au jour des effervescences politiques s'4tant
toujours manifested en fa~veur du renvoi des
Chambres, accuses de concussion.
Jwsqu'd ce que les Gouvernem~ents militaires
cessent de r~gner, jusqu'd ce qu'ils cessent d'im-
poser brutalement au pays des dl~putes qui ne re -
prd~sentent pas la VoloatB Nationale, jusqlu'd ce
que les citoyens 6c-lairds cessent de se montrer
indiffdrents a I'accomplissement de leurs devoirs,
la2 Chambre des D~lputes ne repr~esentera jamais
que la classes des inconscients, la masse des illet-
trie, des ennemis de notre soci~td, et non la ma-
jor~it6 consciente du pa1ys, I'opinion publique, les
intdrets maujeur~s de la masse Tout le mal est 1d.
Ce que nous voulons, c'est que le pays par I'or-
gane de chanque citoyen choisisse ses repr~sen-
tants. Qui contesterait au Gouvernement le droit
de se fa~ire une ma-jorit6 dans les Chambres? Par-
tout, il y travaille et rdussit. Mais est-ce que ce-
la exclut dans les Chambres le contratle effe~ctif,
I'opinion cAclairde, le triom~phe du Cabinet'?
Lorsque la place aura et6 lalis~se A touted les
classes de la socidt6 pour exprimer leur~s opi-
nions dans les elections, nous pourrons penser 6.
cacll~r~rig lej ;vices que compor~te notre syst~me
B1ector~al. En Angrleterre, A dliff~rentes reprises,











d'utne Ddm~ocratlic


au Portugal, en Italie, au Brdsil, en France, I'on
a essays ;de le modifier de fac~on g oblenir qlue la
Chamnbre soit I'expre~ssion fide1e du pays, par lai
representation mime des minoritis. Ppourquai
dans notr~e pays oui il ya tant d'intirets dliver~s
qu'i se choquent pal' to manque de direction, no:
tenterions~nous pas uno am6loration .


Vll


NOTRKE SYSTEME DE REPRESENTATION

Nous avons divers intdri~ts qui se choquent,
disions nous plus haut, I'industrie, (diff~rentes
fabriques: alcohol, sucre, les entreprises narico-
les) cannes a sure, tabac, farine, pttte, etc, le
commerce ( dearb~es d'ex~portation, importation )
l'art, I'enseignement, I'armee, etc. etc.
Voici, par example, M. M~anass6 S' For~t Co.lin.
J'estime qlue, d~put6 du peuple, Il pout dP fensl roc
les intir~ts du commerce. 11 a 6td~ dirc~teur do
douane, il a vieil~li sur le tarif et danus le centre
comaaerci:al de lai capitale. M/ais, s'Mgit il des
int~irdts de l'agriculture, pourra-t il aussi bien
les defendre que ML. Lou~is Pr~ophi~te, qui est uni
dipl6mb d'Ecole d'agronomie. qui eut pour p~r~e
I'un des plus grands travailleursj de la Plain~e,
M. Brenor P rophiti~ e, propr~idtaire9 des Usjines
O'Gorman, etc. ?.
Non, assurdment. Qluand nous aur~ons enisel-
gn6 au people la raison du vote, nousl poulrrans~~
essayer d'appliquer ici le system du q~uoient





La F'aillite


61ec tor~al, c'est-8 dire que si pour 3 dbput~s A bli-
re, il y n, par11 exemple 15.000 6lecteurs, nous di-
Fonsyu e 15.U000d iv is~ pa ~, d on ne j.000, u ne can -
didaturec qui dispose de 5j.000 voix doit Btre con -
Pacrde par l'Assemblie primaire, c'est-g dir~e que
le candidate sera proclani6. ( voir Laffite.-- Le
suff rage univer~sel etle R~gime parlementaire. )
C1'est IA uin programme & d~ivelonpper D'ores et
ddjh, nous en donnons les g~randes lignes.





LA CONFUSION DES POUVOIRS

Nous etions habituids A voir le Pou-voir Execu-
ltif imposer ses. decisions au Corps Legislatif, en-
tendroc le Ch-ef du Pouvoir Excutif dire en d'a^
driessant au people: a Vos mandatairesj viendron t
rtifieirc votre geste, a voir un Ministr~e effectuer
des d~penses sons la r~u briq ue : Sur, cre'dits B re
gular~iser par les Chambres n,, vroir les Chambres
adopter ces dLipenses en les augmentant mljtme.
Nous n'6tions pas 4tonnes d'entendr~e on Ministre
des Finances, int~rimaire de la Guerre, r~pon-
dre A un 16gislateur qui lui de~mandait de s'ex.
pliquer sur la situation d~es troupes du Gouverne-
ment vis A-vis des rebelles : aJe ne veux pas di-
re A l'Assemblee ori sont actuellement les forces
d u Gou vernement.,,
M/ais combien, plus tard, le changement a 6tB
brusque Sous I'im~pulsion de quelques 16gisla-
teurs, nous avons vu, la premidei~ fois, I'Assem-












dl'une Dipzocratie 7 /


blee Nationale 6crire au Chief de l'Etat qu'E~lle sus-
p~endait ses tranau~tr, (alors qu'un navire de gueirre
anglais venait d'accorder doux heures pour faire
droit A la reclamation Peters ), eni attenzdant d'ap-
pren~dre que le Mlinistr'e des Relationzs Ezl/erieur~es
dtlait rdv'oqud' on avait donnd' sa dd missionz Pous l'im 7-
pulsion des memes hommes, nous avons vu 10
Senat appeler a sa barre le Ministre de la Justi
ce pour le questionner sur la suspension du per-
sonnel du Contentieux, fa~it d'administrantion
intdirieure!i Enfin, sous l'impulslion des mpimes
hommes, le Ministre des Relations Exldrieureess
fut hub au S~nat g prorpos des faits diplomnati-
ques qui n'6taient pas de l'appr6ciatio~n du Scdnat,
parce qu'g cette 'date, its devalent 8tr~e ac~his!
E nfin, celal nous 6toonera-t il de voir on Sdna-
teur, g propos d'une lettr~e qu'il a r~eque d un de
ses amis, rudoyer on Ministr~e sur une question
de paiement d'appointoments accompli a Port-
au-Pr~ince et non accompli en province ? Sz-
rions-nous alors surprise de voir on Sed:nateur so
rendre au bureau by~draulique pour v6rifiar le~s
declarations d'un ~Min-istr~e des Trava~ux Publies,
relatives Ar la r~tection du service hydrau'ique ?!
Vous direz que tout cela, e'est la manifestation
d'un patrio~tisme ardent Mais, oublie t-on que
:chaeon, dans l'adlminlistrai~tion publique, a son
obl6e.
Que dirait-on, si l'on avait vu le MIinistre des
Travaux Publics se rendre chez le marchand -
pour v~rifier le prix du ciment four~ni par un on -
yr-vcie tr~availlant pour. compete d I'Elt`t
'Entin, le S6nat pout r'ait de mi6:ne se rendre I'











La Ftaillite


la Caserne, vP~cifier le conti ngent de l'armee, afin
de s'assurer de la repartition des valeurs votees
pour~ la ration i
Confusion des pouvoir~s! Elle~ existe dans les
trols pnuvo~irs et o'est aussi 14 l'un des grands
maux de notre dc~mocratie !
On a vu des d~put~s inscrir~e de leur propr~e ini-
tiative des valeurs au budget pour la r~pairation
d'dglises et locaux et se charger de ces travaux !
Que fait done le Ministre des Travaux Publics ?
Einfin, dan-s la question de rentes viagaeres,
combien de fois I'initiative en est par~tie du Pou-
voir Esi~cutif? C'est le Corps Legislatifquiappr6-
ie l'etat de services d'un citoyen. c'est lui qui
le recomnmande A2 la sollicitude des Grands Pou-
voirs de l'Etat, c'est lui qui fixe le montant de
la rente
Que font les ministres de l';ntbrieur, des Finan-
cce, de la Guerre. de la Justice?'
Mais combien de fois le Cor~ps Lagislatif a dai-
godn interpeller le Gouvernement au leademain
des executions sommaires qui depuis des temps
affligent le pays ? Combien do fois l'Assembl~e
National a-t-elle eu h se prononcer sur I'incapa-
cite politique de tel citoyen designd Ai la fone-
tion de Prdsident de la R6publique, de Ministre ?
Les Chambres ont-elles jamais refuse d'entrerr
en contact avec un ministry blim6 sous on prd-
cddent gouvernement pour faits administratifs
et qu'uri nouveau regime vient de ramener aux
affaires, avant la decharge 16gislative ?
A part un rare example, auc~cun touc~tionnaire
en exrercice~ a-t-il jarrais etd mis en 6ta-t d'accu'-











d'une Ddmocr~atic


station ?! Cependant, ceux qui se mi~lent de fouil-
ler dans les fins fonds de I'Administration, soit
pour questionner, soit pour interpeller, ignocegnt-
ils au course d'une administration, les~ d~pencse
exagoer~es, non votees, non justifies, qui se per-
p~trent ? Non. On attend que le lion soit parti
pour visiter sa cage. Confusion des pouvoirs !
Elle est la lepre qui ronge notre syst~ime politi-
que.
Le Juge est arre66, emgprisonne pour avoir ose
rendre une ordonnance? contre le cormmandant
de I'Arrondissement. Le Magistrat Comnmun~al
est arr~td pour avoir refuse, uin samedi, une: rla-
tioni au Commandant de la rPlace.
Le Ddle~gud alilitaire so tient devant la douane,
son coco-macaque reposant sur ses jambes cr~oi-
sees, et dans une pose d'impdrator, it ~fit dc~bar-
quer, embarquer des marchandises, des denrees.
en con trebande, i la barbo des douan iers ti mides.
On donon~ce la conduiite de ce grdndrail au P'rdsi-
dent.de la R~publique. Celui-ci lui r~etourne oni
communication les lettres de d~nonciation.
Lorsque le President de la RCdpublique prend
au hasard des citoyens pour les faire nommner
com me d~ put8i des com m unes, lor~squ'u n ci toyen
de Jaccmel, par exemple, est appeld g repr4-
senter~ la commune de Por~t-h Piment; lorsqu 'un
citoyen de Port au-Pr~ince est appel6 h r'epr~sen-
ter la commune de Saint-Mlarc, qu'il ne connait
meme pas, on d~truit le lien politique qui est la
raison d'Atre de la presence de ce d~put6 & la
'Chambre. Ce 14gistate'ue qui ne connait` pas. les,
intir~ts de ses mandants, qui n'a pas recqu de











La F~aillite


mandate d'eux, sera le jouet des passions. Et
qqyand ii sera las de? servir les' int~ri.ts de celu~i
qui l'a nomme, il pensera Aises intir8te pr~opres.
Dans un pays oil la Repr~sentation Nationale
est cr~de do toutes pieces par le Chief de I'Etat,
il ne saurait f6tre question de admocratie.
11 y a plut6t une sorte de faillite de toutes les
garanties politiques: plus de contrble, plus dl'in-
'dgpendance.
Dans un sy'steme de Gouvernement grj les Re-
pr~sentants do people sont nommbes, non par le
people, mais par un homnme ; oG les int~ir~s du
people ne sont pas d~fendus par ses rdlels man-
'dataires, mais sont livrds A1 la vo~lonti d'un iomn-
me; oh la justice defend, non pas les droits de
tous, mais le droit d'un home ; oii la propr~ietd
appartient non pas A celui qui l'a aicquise, mnais
A un hemme; 00i la liber~t6, toutes les liberids
sont fouldes aux pieds par la volont6 d'un hom-
me; si cet homme prend le tire de chef de la
Nation, son Gouvernemenine pe~ut c8tre celui du
people. Ce: Gouvernement est celui de l'homm-e
qlui s'est substitute i tous les droits. A toutes les
Jois, A tous leS intdrits. 11 n'y a pas de d~moc:ra-
tie, il n'y a qu'une parodie de grouvinernemnt, ii
n'y a qul'une autocratie deguisCId.
Voici, co qlue J'ecr~ivais dans le Nouvelli tle du
26 Septembre 1912 A pr~opos des subtilithe do, la
procedure par~lemnentair~e, et de la filgon alrbi-
tr~air~e qui presidnit aux votes des lois.
La Chambre et le Sdnat n'avalen pas did d';ic
cord sur cer~taines mi~odif~icaions nouvelles upi
pyorties Ai une loi. On nie tr~ouva pas q~u'il' convei-











d'une Dd'mocratie


nait d'ajourney le texte integral de la loi,- puis-
qu'on Atait au>C dernibr~es beures de la session et
que la cloture se faisait sans an accoi'd entre les
deux Corps. DO supprima de lat loi les textes
contests et la loi fat expediee ainsi mutilee.


IX


QUESTION PARLEMENTAIRE

Le public s'attendait & suivre avec int~r~t les
discussions qu'amenerait au Sdnat le rapport de
la Commission ch~arg6e de r~soudre cette ques
tion : \< Le Corps Ldgislatif peul-il, dans une sessions
ext~raord~inaire, voter d'autres p-'ojets de lot que ceuxr
dder'mindes d~ans le :tessage Prd'sidentiel ? ,iMallieu
reusement. les for~malitds de I'im pression ,et de la
distribution du rapport prirent beaucoup de
temnps et le GrIand CIrps s'ajourna sans donner
A la curiosit6 du public la 16gitime satisfaction
qu'elle attendait des debats parlementaires At cet
egard.
Mais, ii n'y; a pas que cette soule question qui
se pr~te auxe multiples subtilites de la legislation
haltienne Une autre, non! moin3 intdressante,
m'a -paril digne de retenir l'attention; et si l'une
des Assemblees de la Chambre et du SBnat n'en
a pas fait I'objet d'une des grandest jottes oratoi-
res des deux dernieres sessions, il n'est pas har-
di de penser qu'un jour, cala nldritera de figure
a l'ordre d u jour d'une stance q ui comnptera, tant
par I'int~r~t des d6bats que la question suscitera,











La Faillite


que par le caractbr~e des orateurs qui auront pr~is
Part it la discussion.
Mais je mne hbte de libeller ce point, ct bean-
'coup, je pense, de ceux qui me liront, recconnui
tront que, falute d'une inter~prittao st~ri~euse-
ment d~cidee, la question suivante a joandt lieu
A des anomalies :
a( Loruque la Chambre qui vote une loi en pte-
:mier lieu n'a pas touch au texte de certain
articles, peut elde, quand la loi lui est relourn~e
pour qu'll soit status sur les mnodifications ap-
porties par I'autr~e Chiambr~e, qui vote on second
lieu, r~evenic sur les articles nonl modifids et y
faire des amendements ? ,,
Un example aidera A la clarrte do sulcet.
Je suppose qu'un project comprenant six antli-
cles se trouve dkpos6 sur les bureaux de la
Ch~ambre des D~putis Celle-ci, apr~s les f-orma-
lites raglementaires, en arrive A la d~iscussion.
Elle acceptede les particles 1, 2, tels qlu'i.Is sont li-
belids dans le pro~jet inIIit ia l, fa it des umen dem e nts
aux articles 3, 4, 5, 6 et expddio 10 pr~ojet au Sd-
nat.
Celui-ci, a~pr~s les forImalit~s rea~lomentaires,
acceptc egalement les articles 1, 2, fait do noul
velles mnodifcictions aux articles sulivants ot,
pour ette r~aison, renvoie le project devantla~
~Chamb~re. On demand si cell ci, statuanb sur
les m~odifications du Sdnat? a le dr~oit de revenir
sur l'e texte dbjd adopt par ello et d'y faire ~des
amendments ?
Des auteurs f i'angais, dent les ouvrages sonb
tob6s ap-prrcids~ en Hai'ti ct co~nstitueit. des (I vade~











d'une 1)e'mroc?atie


macum ea matii~re parlementaire, parcequ'ils
out preva toutes les subtilitbs qui, trop souvent,
se presentent au 16gislateur comme des cauche-
mars, ant 6mis, A ce sujet, des opinions qu'il
conviendrait de ne pas laisser de c~td, la 14gisla-
tion haltienne 6tant, elle, muette h ce point de
vue.
J'aurai l'occasion de faire appel aux lumieres
de ces savants.
Notre 16qislation, comme celle de la France,
vent qqe, lorsqu'une loi a 6tB adoptee sans modi-
fication par le Corps qui est appel6 a statuer ~en
second lieu, I lai 101 oit expidide au Prdsident de
la Republique. Alphonse Bertrand qui s'est oe
cupe igalement du meme sujet, ajoute, dans son
livre sur al'Organisation frangalse ,,, ce qui
d'ailleurs est conforme 9 no~s usages: a dans le
cas contraire, le project. de loi, amend par~ la,
Chambre est retourn6 au Senat, ou vice ve~rsg, et
soum~is A use nouvelle deliberation, I'accord des:
deux; Chambres 6tant indispensable pour la coni
fection de la loi. a Lors done que le Corps qui
vote en premier lieu, agissant dans toute la li-
berte de son action, a fini le statuer sur le texte
d'un ~article, ze texte derneure sacred pour ce
Corps; et, statuant en second d61iberation sur
les mrodifications apport~ej par I'autre Corps, it
doit limiter ses discussions aux seuls points qui
font ~que la loi lui est retournee.
M. Eug~ne Pierre, dont I'opinion fait 4gale-
ment loi dans notre rMilieu parlementair~e, .pense
ainsi: (( II n'est pas permis, apri~s le vote d'une
loi de toucher au texte adopted, m~me pour de-











TLa Faillite


mender .q~u'au moyen d'un changement de pone-
tuation, un paragr~aphe soit coupe'en deux.,,
Rench~rissant, la mE~me auteur a7joute: ae Le
president a 6galement le droit de ne pas lire,
dans un project dejd vote par la Chambre et mo-:
difie par le Sdnat, ceux des articles quli n'ont
pas 6te a~mendes par le Stdnat, a I'dgpard desquels
aucune difficulty n'a 6te soulevee.,
Des lors, il devient Avident qune la Chambre des
Deputes peut se d ispenser~de revenir~ sur le texte
adopted par elle et doitse contender do ne mettre
on deliberation qlue la modification proposee par
le Sdnat.
En France, d'apres l'ancienne 16g;islation, I'As-
,Semblee a laquelle le project 6tait retournci, pou-
vait admettre la formation d'unep Commission
qui, en se reunissant a une commission sembla-
ble de I'autre! Assemblee, deliberei'ait sur la1 pos-
sibilite d'un texte commun. Et quand la proposi
tion d'une Commission n'6tait pas Admise, le pro-
jet demeurait ajourne.
Le principle qui subsiste, c'est :
1. qlue le Corps auguel un project est retourn6.
apr~s qu'il en ait adopt6 le textte, ne peut plus y
faire de nouvelles modification3, e'Est-a dire que
le texte deja adopt doit 6tre respectd, le Corps
se reservant, s'il y r~econnaissait un vice, une ano-
malie, d'y rem~dier par une delib61ration ult4-
rieure ;

26\qu'il faut I'entente des d~eux Corpssur la con-
fection des textes pour qu'il y at loi, co! qui re-
vient a dire qlue sur tous les points, les deux par-














ties appelbes A concourir A la formation des tex-
tes de la loi dol vent c3tre d'accord ;
3* Lorsque I'entente n'est pas faite sur le texte
integral, c'est touted la loi qui est ajournee.
En resu me, done, dans le cas que j'ai pris au dC-
bu t, s'i a rri ve q ue la Cham bre des Dd pu tes adopted.
I'ar ticle 4, par example, en disant que << trois
citoyens Paul, Philippe, Etienne, jouiront d'une
r~deompense nntionsle;* y ue le Senat, votant
en second lieu, ajoute aux trois noms, deux and
tres, ceux de Louis et d'Emile, la Chambre, sta-
tuant sur l'addition des deuxt noms faite pa'r la
Senat. n'a pas le dr~oit d'a~jouter encore un autre
nom. Et si dans ce cas, le Senat auguel pour cets
te raison la loi est r~etournde, refuse d'admettret
la nouvelle addition de la Chamnbre, la loi tombd
totalement, g moins que la Chambre ne declari
renoncer i son dernier amendment.
Je r~pete: la loi tombe totalement dans le pre
.mier cas, et ne saurait 6tre admise pour les seuL
les parties sur le~quelles I'accord s'est fait entr$
les deux Chamnbres.
Et le president Dupin, cite par Poudra, s'est
explique ainsi : < Si, mime B bonne intention,
pour faire mieux qu'on n'aurait fair, pour corri-
ger un vice dvident, on se permettait d'introduire
des dispositions nouvelles dans des articles dbja
adopts, il ni'y aurait jamais rien de fini.: aprbs
de longs debats, on aurait vote la moiti6 on les
trois quarts-d'une loi qu'une nouvelle redaction
viendrait detruire. a


d'un~e Ddmzocratie


(N~ouvelliste, 96 Septembr~e 49194.)













I


Lan Faillite


CHAPITRE V"I




DE LA CONSTITUTION.

En vue de provoquer une vetforme dans notre
systeme parlementaire, j'avais adlreuss au Direc-
teur du journal Le Matlin l'article suivant au mo-
.ment ot's les Chamnbres statuatent sue le principle
de la RBvision de la Co~nstitutibn. L'article ne fut
pas public.' Le voici :

MONSIEUR LE DIRECTBUR.

Je viens; de life votre appel aux personnalitbs
politiques, litteraires, etc., du pays, nain d'avoir
leurs opinions sur la rdvision de notre Constitu.
tuion qui date de vingt-quatre ans.
SJe l'ai pas I'honneur d'6tre une personnalite.
Ce n'est done pas en cette quality que je vieas
apporter ma collaboration a. l'oeuvre qui aura
pour but de ramener notre loi mere aux vraies
teridanices du mouveniient politique. Ayant veeu
dixans dans le ,monde 16gislatif, j'ai 6te t~moin
de nombreuses discussions qui ont~ laisse deviner
des lacunes g I'ddifice construit par les c~onsti-
tuants de' 1889.











d'ue Odm~locraie


Du 20 Mai 1805, date de la premnibre Constitu-
tion, en passant par celle du 27 Dbeembr~e "806
qui. en son article 42, ceda la cha1rgre de Com-
mnardant de Departement, jusqu'8 celle du 9
Octobr~e 1889, la politiqgue fut gouvernde par di
verses Constitutions, dont celles de 1843 ot 186n7
qui suscitbrent tant d'actes bir~oryues. tant dr
manifestations du courage civique.
Le sang coula m~me et beaucoup ....
Apr~s21 ans d'essais, celle de 1889 fut denon-
c~e, le 28 Aott 1910, par la Chambr~e des Reped~-
sentants. Un project de revision, lu A la tribune
par le depute Memnon Aine, c'tait appuyd de 4'1
signatures.
C'4tait la majority. Mais le S~nat qui ne fat
saisi de ce projet que quelques heures avant la
fermetur~e de la session prd0texta d'acc~ord avec
le Ministr~e de i'IntCbrieur qul'entee le moment de
la reception du project et celai de la cl6tur~e des
travaux de l'Assembl~e, I'on n'aurait pas en le
temps d'examiner la rdvision demnandde.
Le project fut ajournh, 11 dinoncait les articles
25, 4~6, 47, 55, 57, GS, 77, S;, 90i 9;3, 111, 113, 148,
163, 199, au xquels, su r la demand de M. Morpeau t
on ajouta ceux su~vants : 34, 44, 48, 51, 60), 921
1f7. 120, 121, 135, '190.
Avant de s'en aller, quelques d6puths de lal
prbsntelP 16gislatureP reprenant I'oeuIvre dep 1910,r
viennent de denoncer la Constitution. Une comi-
mission speciale a 6~t6 nommee pour s'occuper de
la question. La C:hambre travailler~a-t-elle avec
assez d'activite pour permettre au Senat de s'oc-
cuper- A1 son tour de la question, avant I'expira-











La Faiillite


tion du quatrieme et dernier mois de la ses-
.sion ?
De tous coux qui appuyerent, ily ya trols ans,
la proposition de rdivision, vingt deux ~appartien
nent Ai la Ghambre actuelle. N'est-ce pas que cela
permiet dl'espdrer que cette revision pour~ra abou-
tir?
Article 6': Voaj me demandez co que je pens e
de I'article ? Bien que la Commission de lai
Chambre~ ait bearte, d'apris cJ que je me suis
laiss6 dice, la discussion en ce, qui concern cet
artiicle, je cr~ois tout de mimne n6cessair~e d'expo-
eer que le mainti~en de l'article 6 cons'.itue un~e
anomalio que les gdndrations qujii montent, si
elles veulent, mar~cher sdrIieusement, dolvent dd-
t ruir~e.
Si nous affirmons bien haut notr~e volontd de
marcher vers plus de lumiere; si avant tout, nous
nous irdelamons du tire de people civilis ; si
nous sommesa assez de bonne foi pour avoueri,
que notre thtonnement depuis un siibcle n'a pas
tr~ans~forme de beaucoup nos instincts maiivais
n'est-ce pas on non-sens que cet particle 6 qlui fer-
mne si br~utalement la por~te h la civilization ? IMais
la? civilization, c'est-h-dire le pr'ogrr~. e'est-il dire
cette tranaformAtion idconomique qui est I'abou-
tissant des multiples efforts accomplish tout pri s
do nous par d'autr~es peuples s'6puisant A la con-
qui~te du m~ieus-i6tre; la civilisation entrera de
forces, et I'd~tranger qui, n'en d~plaise g notre
amour pr'op:e, ejt pr'opridt:aire de faiit, deviendlra
propr~idtaire de dr~oit. Nous sommes tributair~es de
I'irannger en ce qui regar~de notre existence 6co-












d'une De'mnocratie


nomique, matb~rielle, morale. et nous osons croi-
r~e que noussommes les maitres chez nous, par-
ce que I'article 6 veille !
Ah I lorsque nous aurons cesse de vivre d'em--
prugts contracts chez des 6tranger~s lorsque le
Pays aura apprise A vivre de ses seulesj ressour
ces, et g ne pas computer sans cesse sur des ga-
r~anties fictives, alors~... Mais nous avons d~esap-
pris l'ef~ort. Et ce: n'est pas de nous qu'il fa-ut at-
tendre la transformation de nos foriets, des terres
incultes, des mines du Pays, --nos vraies res-
sources. Ne soyons pas la dupe d'un fa~ux amour.
proproA. Nous craignons I'absorption mat~rielle.
19ais l'absorption economique n'est-elle pas didji
consomm~e et n'est-elle pas plus h craindre ?
Done : Mort a l'article 8
Ouvrons la porte aux immigrants, qu'ils soient
belges. Japonais, ambrienins,,allemmands parce
que f'or entire aIvec eux, parce que e'est I'aisa~nce
qu'ils apportent A tous ceux-ld qui meurent de
mist~re chez nous, et pour lestluels nous n'avons
r'ien tentd : Mor~t a I'nrt. 6 !

.4rlicte-76:-- L'ainndo dernibre, ,j'ai eu, apr~s
avoiri constp~td I'immiinence d'un conflict qui fail-
lit so pr~oduire entire les deu Cham bres, j'ai eu g
Acr~ire un article a~u csujet du dr~oit d'amende
ment.
Sans r~evenir sur I le avoloppoment, je tiens g
fa-ire r~emanr uer qu'il conviendrait de modifier
l'article 76., en disant, poisque c'est parce que la.
dicliaration n'en~ est pas faite que- les conflicts doi-
Vent de se: montreer, en disant que la Chambrile qul














a void' d'abor~d ucne loi n's plus le dr'oit d'y fair~e la
mzoin ire addition, ni soustlraction aux particles d/~jd
ardmis p~ar elle, lorsq~ue cette lot Ilui r'evient pour1 qu'dI
soit statud' sur les amnendlements apporlds par la Chaml-
bee uri avotdg en second lieul. Et, comme it im~porte
de tout prevoir, nous ajouterons: R L'ex~cution
de la. loi n'est pas ajournde, si la premiere Chani-
bre maintient ses nouvelles modifications. Elle
no sera ex~cutie que dans ses articles qui ont eni
l'appr~obation des deux( Chalmbres. u

DaISSOLUTION

Nous no sommes pss a~ssez ddpouill~is de cer-
tains instincts qui nous rattachent h nos aroux
pour que nous mettions d'une fac~on absolue au
pouvoir de quelqu'un le droit de dissoudr~e la
Chlambre.des Rneprisentntts, meme si le Sdnat
devrait po~uvoir s'opposer A cette dissolution~ Oh!
non, pour cela.
Je voudrals plutbt que la nouvelle Constitution
pilt Ibriler les cas de confits entire les deux Cham-
br~es. En cas de conflicts entre elles, le P-ouvoir
Exdculif, ne pouvant en appcele;r u people, no
dloit,~ b if s'agit de b~udgets, que prendlre des dou-i
ziemes pr~ovisoies, bas~s sulr le president biid-
get, mnetire sa responsalbilit6 i couvert on ins4-
r'ant au MIonitoru les causes de conflits. A l'ou-
ver'ture do la session suivante, si le conflict per-
sisto entire los deux Chambres,, alors, sculoment,
le Pouvoir Ex~cutif awuait le droit de dissoudr~e
les Chamrnbr~es.
L,'article 9Qlde la Constitution qui donne~au PFd--


/La Faillite















sident de la R~publique le droit do nommer. et
de rd~voquer les Secrdtaires d'Etat, a laiss6 pla-
ce a des conflicts quii ont toujours 6td rglbs en
faveur du Pouvoir Ex~ceutif.
Durant les seize dernieres anades, trois fois,
des malentendus se sont 61ev~s entire les M~inis-
tres et la Chambre. En~ ver~to de 1'Article 98, cos
ministries qui avalent recu un vote de nonl-con
fiance oil de blame, 6taient invit hs conserver
leurs portefeuilles. Et la Chambre, pour rdgula-
riser la situation, eut. une f'ois g 60r~iie au P'ou-
voir Ex~cutif pour fairie la paix avec lui, en r~e
connaissant q-u'elle n'avait pas le droit de rdvo-
quer un ministr~e. C~ertes, oui, le Corps L~gislatif
nie nomme et ne r~voque pas les Secr~taires~ d'E
tat.
Mais, q uand o n Ministre 6prou ve ut 6n chen dans
le vote devant les Chambros d'un project de loi
capitlul ; par exemple, si le Sdnat, au lieu dl'adcop-
ter le projet-Lespinasse pour le r~etr~ait parliiel,
avait adopted le contr~e-projet Mu'ichel Oreste et. ce
dernier accept par la Chambr~e des Reprd~serl
tants, le M~inistre aurait pour devoir de se retiresi
du Pouvo~ir, par~ce que dans ce cas. ii !rdsultern;it
de ce vote que 10 C:orps L~gislatif n'adopte pas Ila
politique d8conomiique du Gouvernement.
E~t si le PrIsident, i la suite do c~e vote, obli-
geait le Ministr~e h garder son por~tefenllele -- c~er-
tainement le MRinistre aurait protests, le Pr68.
sident etit fait un ab~us de I'article 98.


d'une De'mlocr~ale











La Faillite


L'article 94 dit que si le Prbsident est dans l'im-
possibiliti' d'exercer ses functions, le Conseil des
Secriitaires d'Eta~t esjt char~g6 de l'autoritd ex~lcu-
tive1, tant que dur~e l'empi~chement.
Si l'emp~chement dare ch:4- ans, le Conseil
gardera.-t-il l'autoritd executive pendant ce long
temps ? Et d'un. Si durant I'empechement, I'un
des membres de l'autoriit6 executive donne sa
admission, qui pourvoit i son replacement? Et
de deux.
Toutes les measures sont votes pr~alablement
par le Conseil. Arlt. 104.
Larsque les voix sont igalement partagdes,
t roi s pour la mniiesur e, t roib con tre; q ue devient la
mnesu re ? Et do trois. En fi n : Si d urant I'em pic he-
ment, quatre Secretair~es d'Etat donnent en mime
temps leur admission, quelle est la situation du
Po~uvoir Exi~cutif ?
11 convient done de fixer, une hois pour toutes,
une durie a l'emp~chement, pass laquelle, 11
fa u drait fa ir~e di ffrem ment.


Article 167.


DECHARGE

On sait q ue chaquean nee, les com ptes gen rau x
de l'exercice prdeddent, (article 187) sont sou-












dl'une Ddmocratie


mis aux Chambres qui accordent discharge, s'il
y a lieu. La Constitution dit formellement qu'el
les peu vent s'abstenic de tous travau x, r~efuser
la d~charge et le vote do budget si les. Conmptes
soumis ne sont pas suffisamnment appuyds do:
pieces justificatives.
Miai, si ces mimes Minitres, ces mi~m 3i a~d
ministrateurs, n'ont pas encore oblenu dclch trge~,
est il logique de les appele h oc~cuper lesj mi-
mes fonetions, ot's sans doute ils out comm lis des
fa~utes qu'ils travailloront h d barrasser d- tou-
tes traces compromettantes pznd int lowi nuc~
velle ad ministration ?.

INCOMPATIBI LITit
Plusieurs fois, dej8, des Gouvernements pour
se d~barrasser de depdtes on de S'anateurJ ge-
nants, les ont appel6s an Ministere, d'ot', en pen
de temips, its Ptaient culbutds, et, ces dbput 3s 'on
ces s~nateurs qui n'avalent faiit qu'aun m >is on
moins au minist~r~e, perdaient leur~s sii~ges A lai
Chambre et au Sdnat, ot) cependant, its avIlent
Ai passer de trois i six ans.
Revisons done cet article de la Constitutio~n
afin de permettre qlue le D~putB ou lia Sinstau:
qul n'a pu porter le fardeau d'ua p >rtefe:uille
donnt on l'a vait forci'ment c~harga,i poisse r \npma-?
dlre son si~ge aul Conrps L~rgislatif, si co 3ii~g a n'est
pas restd vacant au deli du temps quie nous 116-
terminerons.
Cal:, il ne~ falt pnas quell c sij~g lcj3 rest 11,.1 atte Ir
indefiniment que !e 16gisl~ateur vienne le repr~en-
dr~e.





















La Faillite


Tlels sont, monl cher Directeur, les points sur
leiquels je desire attirer l'attention aujourd'hui.
SEn a~ttendant, d'y revenir, je demneure votre
dbvoui6. ,,











d'ucne Denmocratie


CHAPI'TRE VIII.




ADMINISTRATION GEiNERALE. CONTROLE
ETAT SOCIAL

Dans les Chambres, un parti conscient et dici-
dd A rdagir, mais voyant son action constam -
ment contre-balancee par l'ineptice de coux qui,
faiisant une ma~uvaise application du pr~incipe
ac que d~e Inl'haronie des Grandars Pourroirs nezil la mar -
che en avant du PuLls n croient bien f~ir~e en vo
tant touJours avec le Gouvernemnent, en d~pit
dles pro'.estations delairi6es de ceux qui voyaient-
au bout du laisser-aller s'imnplanter le r~igne de
la licence, de la demagoogie; absence de toute
solidarity; des membres lived6s; sans aucune rd-
sistance, i l'arbitraire gouvernemental; le Pou
voir ExC~cutif subjuguant le Pouvoir L~gislatif
et lui imposant pair la force ses volont~s; les r6-
les renversds par I'abaissement de quelques-uns
auxt pieds dut Chef de l'Etat dont on va jusqu'A,
flatter les passions mauvaises, au point de lui
adresser des felicitations au lendemain d'exdcu-
tions sommaires.; I'assassinat profess officielle-
ment sous couvert de la sauvegar~de des institu-














tions nationals, mais acept6a par la majority&
cim me ulne des~ prdlroga ti ves d U Chef ; u n cont6 -
le fait avec timidity et par~tialitrd. Peu de considd-
ration pour I'un des trols Grands Corps de I'Etat;
absence et refus de renseignements pr~cis sur
les aiffaires publiqlues; aucun respect pour les
decisions 16gislatives; let Par~leme~nt d 4 sarm 6
pour rdagir contre I'inobservance da ses vcetix.
contre la violation des lois; les Chamibress sans
action contre les Ministres; los Ministres sans
action cont e les fonctionnair~es qu'ill no nomi-
ment pas; un President irresponsable et couvrant
de son irresponsabilit6 tous les desoi'dres, tous
les crimes.
Des compromissions Ittches et viles entire con-
trbleurs et contrbids; des pactes hla>teusement
consentis au nom de la nation; la mendicitb par-
tout; I'im morality provenant de haut en bas. par
la protection donnee aux filles publiques infusant
partout le poison die la~ d'!ich lnce physiqule et
morale, par I'absence de contrb6le; la pro~bit6 d8
daign~e; les con:ussi on mne a p phtud i s. chioyds;
des fort~unes scaindaleujement 61ev40s sur la mi-
sere-du people par lo:s fooactionnnaires doi tons or'
dres et de tous rang; la division cribe entire les
families par le mer~cantilisme politique; une ar~is-
tocratie erigde gr~ice h la sueiir du paulple au
profit de quelques monours insens~s, inaptes a
tout effort noble, mais priets A br~ouiller' toutes les
situations ot' les plus grosses pDbondej no lour
sont pas observ~kes ; la sup!Srioritri base sur la
fortune politique ; la raison polit~ique invoq u ee
cont~re tous ceuxi dont la probitcd, la loyaut6, I'in


La Faillite











d'une Dimocratie


dependance, les talents, le caractere auraient as-
suri! l'avenic de ce pays dans le sens do bien;
LOUIS JOSEPH JANVIER, mourant de d~pit a
l'Etra~nger, apres avoir mendid en Haiti une ren-
te viagere et accept un r81e au-dessocis de celui
que lui mdi-italent les nobles efforts accomplish A1
l'honneur du pays; ANTENOR FIRMIN, condlarn-
nB h mour~ic de chagr'in sur la7 terre: d'exsil, p, tr-
ce que son av~nement a u Pou vo i eiit fai~t sonner
le glas de toutes les injustices soc~iales et politi-
ques, revenues la gloir~e de q31Udque u~ns; enthn
les meilleurs esprit de ce pays, calomnids, me-
prisbs, rejetis, poursduivis, exilds, assassins,
pouir quep la loi de! la justice, de l'dailit6 dont ils
faisaient leur r~eligion ne prc~vallit pas; deis Goi-
vernements A l'exception de quelquesj-uns, de
sang, de: carnage, fusillant, sans trive. ni merci
aux; applaudissetnents dle la f rsle d ia me leUrj,
de ceux qui deveabient protester; les affairls de
la R~publique rtigides par dej liommes inaiptos.
Inches, immoraux, lesquels ont per~mis au canon
Stranger d'infliger :i notre! drap.l w 2 lea prlus gran-
des humiliation. Aucutle vocation encouraged;~
le m~dechn abandone jt professiion p ,>ur dleve-.
nic conspiraleur` politique; I'avyocat quitte sa robe'
pour se fai re tr~ansactio~na iczpolitique ; la fortu -
ne publique livr~e g la discr~tion du prem ier banl -
dit qui s'intitule Chet de Rdvolution ; le fonetion-
narisme a outrance; en dehors de l'Etat aucun
effort : tous les addiers soat didaigads. L'initiati-
ve privie est paralysde : l'Etat, mauvais protec-
teur, absorbe tout.
Le budget de la R~publique, gr~ossissant da-













La Falillite


vantage cheque ann6e et la misere devenant plus
terrible; la dette publique s'augmentant chaque
mois et le~s resources du pays diminuant d'au-
tant; I'ambition ne connaissant plus de bornes,
au point de ~i~ve: I'6cr~asement final de notre na-
tionalit6 pour s'61ever sur ses r~uines;.l mntndio-
critd devenue r~eine; le Domaine National illici-
tement partagi4.
Partout le disordre, le gaspillagre, I'anarchie ;
voild le Pass6 .. .
<< uand par suite d'une extr~eme mis~re on
d'une extreme prosp~rite, je cite G. Hano
taux. les peoples sont ar~riv~s a une de ces
heur~es oai ils ne supportent plus l'autorit6, quand
le gouvernement ne gouverne plus, que les~ad-
ministrateurs n'admninistrent plus, quand il y a
une disproportion trop grande entire les hommes
et les lois; quand les parties, c'est A-dire les par-
ticuliers,, domestiquent la force publique pour
I'atteler g leurs passions, quand le vainqueur d'un
jour tr~aque 'le vaincu et que celui-ci n'attend que
son here pour se venger; quand I'anarchie rdsul-
te A la fois de I'oppression des lois et de: la r6sis-
tance aux lois; .quand l'indiscipline est devenuec
la seule r~gle social, alors les consciences 6pr~ou -
-vent la soif douloureuse de ce dont I'humanitdl
ne peut se passer sans p~rir .: L'Ordre. o,












d'zne De'mocratie


DEUX1EME PARTIES





CHAPITRE PREMIER



LE PRESENT.

Le treize Novembre 1914, au- journal le Nouvel-
liste, nous resumions ainsi la situation politique,
g partir de 1911:
BI LAN !

<< Du mois d'Aobt 1911 i Novembhre 1914, q ua tre
Chefs d'Etat ont ddfild au Palais de la Presidence:

C'INCINNATUS LECONTE qui vouIlut inaugurer le
regime civil, si souvent demand par I'elite, et
amener I'pre du progres;

TANCREDE AUGUSTE qui, g ce qu'on en penses
voulut poursuivre le m~me programme et de qui
l'on pouvait attendre l'organisation du Travail,
car Lui tut un des partisans du d~veloppement
de l'initiative privee;











La F~aillite


MICHEL-ORESTE dOnt l0 GOu vernement fut comn-
pos6 d'h-ommes nouveaux, sur la mnoralite et le
talent politiques desquels tous les esprits Etaient
d'accord; Gouver~nement dont le Chef, comme di
sait Morel, directeur de la politique, cc arrivait li-
bre de tote entrave avec le pass, n'ayant ja-
mais apparten~u a aucun pardi militant, a mais
qui tomba sous le poid~s de ses propres faiutes,
par~cequ'au lendemain des E1ections de Jalnvier
1914, (I)le people ne pardonna pas a Michel -Ores-
te d'avoir fr~oiss6 si sottement ses droits et d'avoir
pollu6 les principles de liberty et de justice dont
il etait I'Apbtre incontestei au P'arlement et au
Palais de Justice;

ORESTE ZAMOR qui n'eut pas pour le designer
au Pouvoir l'immense popularity qui avait pr6-
oeddbMichel-Oreste, mais que le droit de la For~-
ce, plus foirt que toutes les lois, plus fort que tou-
tes les considdretions de capacity et de moralitE,
design A I'Assembl~e Nationale le 8e f~vrier 1914,
au lenlemain des h~catombes et des ruines de
toutes sortes dont leis 1"p et 2 Fevr~ier la splendid
ville des Gonaives fut le theAtre; Oreste Zamor
qui, eut-il un programrme, ne put jamais l'envi-
sager, car son arrivee qui fvt la r~esultante d'un
tour de force, com~me son maintien au Pouvoir,
ne tenait qu'd des tours de force.
Que lui mangua-t-il?-- La popular~itd? 11 sem-
ble qu'& Port-au-Pr~ince et dans que~ques villes

(1) Qluelilues semaiines avant les elections, de toutes parts.
des citoyens avalent ecr'it dans les journaux pour rdelamer la.
liberty des CGlections.











d'une D~e'mocradie


de l'Artibonite et du Nord, la majority ait bien
voulu lui en faire. Des moyens ?- Au Corps L~gis-
latif, ii nie p~ourrait reproc~her qu'un exces de pro-
digan!it6! Un premier emprunt de deux millions
de gourdes, un second de on million cing cent
mille, un troisibme de on million deux cent mille,
soit au d~bit de la Rc~publique une dette de
1.602 232.61 dollars, or ambricain, ind~pendam-
ment de 40.000 dollars, de tousautres credits A rd-
gulariser et des allocations budgc~taires destindes
A la Police, i la Guerre : tels sont les moyens que
devant Ouanaminthe, cette nou velle tour de Ma-
lakoff, comme disait M. Pouget, la R~ptiblique a
enigloutis de Mai A Septembre 1914 Ajoutons les
valeurs don't Oreste Zamor a eu la manutention
comme chef de la Re~volution et qu'il n'a~ pas
pensP A re mbo urser.
Et voici qu'Oieste Zamor, h son tour, tombe
du Pouvoir, malged sa force, ses moyens, mal-
gre la complicity des uns et des autres. c~ar, ne
I'oublions pas! en d6pit de tou~tes les-interpella-
tions, po~voqudes soit. pour faire la lumiidre sur
la situation 6~conomique qui s'emlpirait chaque
jour da vantage par le fait de d~penses exag~rSes
et qu'on se refusait h justified, soit pour mettre
au grand jour la situation politique que des dif
ficult~s d'ordre diplomatiqule rendalentt plus
compliquede, le Gouver'nement d'Oreste Zamor
r~lsista A la temp~te qui l'assaillit sans sombretr.
On attendait le salut de la revolution du Nord.
N'est-ce' Pas hier enc ore q u'au S~nat on lui repro-
ch~alt d'avoir recherche l'appui du Gouvernemnent
Americain pour porter un coup fatal g cette r~vo-















lution qui menagaitd'enfermer le GdBnral Zamor
lui-m~me, dans on C4tau ?!
D'autres viendront di re plus tard oa se trou vait
la veritc!!
Regardons le present, envisageons I'avenir.

Ce n'est pas d'esperance, ce n'est pas d'effort, ce
o'est pas de sagesse, ce~ n'et pas de r~jignation
qu'il faiut parler au Peuple. A cette, here, ii est
devenu sceptique, it ne cooit plus g rien. II a
donned son dernier effort et ii a 6tB vain, devant
Ouanaminthe. La sagesse? On I'a vu pendant les
trols mois qu'a durci l'absence du President, il
en a fait une verto directrice. La r~signation,
e'est moins qlue de la sagesse. Or, depuis long-
temps, le people n'est qu'avec Celai qui est arr~iod!
Ce~ n'est done pnas e langage qu'il veut entendre.
Si las hommes qui prenuent la succession du
Gouvernement du Gt~ndral Zamor. ne dolvent pas
entendr~e que ceux qui sont au Pouvoir~ ne gou-
vernent pas pour eux~ mimes, mais pour le peu-
ple, de qui its tiennent leur mandat, eb blea, je
n'ai plus rien & dire.
Mais s'il est permis de leur faire entendre le
language de la v~rit6, je dirai:
A I'hieure actuelle, tout programme politique
qui ne repose pas totalement sur l'organisation
rationnelle du Travail, sur le d~veloppement
methorlique des resources du pays, n'est qu'un
mensonge, line utopie~, et d'avance il faut reC6di-.
ter la vieille chanson:
SCo n'dtait pa:s 1la peinie, assur.;llnwnt
D~e chafnger dle rionvernemuent I


La Fatillite