Autour de l'isthme de Panama

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Material Information

Title:
Autour de l'isthme de Panama (questions internationales d'actualité)
Physical Description:
ii, 43 p. : ; 24 cm.
Language:
French
Creator:
Justin, Joseph
Publisher:
Impr. H. Amblard
Place of Publication:
Port-au-Prince
Publication Date:

Subjects

Subjects / Keywords:
Panama Canal (Panama)   ( lcsh )
Economic conditions -- Haiti   ( lcsh )
Genre:
non-fiction   ( marcgt )

Notes

Statement of Responsibility:
par Joseph Justin.

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
oclc - 24047812
ocm24047812
System ID:
AA00008893:00001

Full Text






SAUTOUR,

DE


L'ISTHME DE PANAMA

(QUESTIONS INTERNATIONAL D'ACTUALITE)


PAR
Joseph Justin
Avocat, Directehir de I'Ecole Nalionale dce Droil

."Le. di oil dl'anlriciir oc-
cupant disparaitl devant le
droit de supcricuir exploi-
tan ."
Capilaine MAHAN.


Imprimerie H. Amblard
PORT-AU-PRINCE
136, Rue du Centre, 136.
1913


~364


'U

















UNIVERSITY
OF FLORIDA
LIBRARIES


THIS VOLUME HAS BEEN
MICROFILMED
BY THE UNIVERSITY OF
FLORIDA LIBRARIES.









AUTOUR
DE

L'ISTHME DE PANAMA

(QUESTIONS INTERNATIONALS D'ACTUALITE)


PAR
Joseph Justin.
1/3- /t6?20
Avocat, Directeur de "'Ecole Nationale de Droit


"Le droit d'anterieur oc-.
cupant disparait devant le
droit de superieur exploi-
tant."
Capilaine MAHAN.










Imprimerle H. Amblard
PORT-AU-PRINCE
136, Rue du Centre, 136.
1913









-u
nwm











PREFACE

Le lendemain de la grande demonstration nava!e des Etats-
Unis dans la baie de la capital d'Haiti, il y aura tant6t
vingt-truis ans nous avions public A Paris une brochure sur
l'Affaire du M6le Saint-Nicolas (r) oi,tiou't en notant l'echec de
la politique Blaine Gh rardy, nous conseillions aux Pouvoirs
publics de prendre les measures necessaires pour epargner au
pays le retour d'une pareille violence.
La nation haYtienne, disions-nous, ne pouvant comnpter sur la
force brmale pour se faire respecter, pourrait tout au moins s'at-
tirer l'estime et la sympathie des puissances par une conduite
sage et correct a l'intericur et par le respect des principle dans
ses relations a i'exterieur.
Vingt-trois ans! qu'avons-nous fait pendant ces longues an-
n6es? Avons-nous conscience du temps 6coul= et des change-
ments suvenus autour de nous ?
La v6iit6, c'est que la situation est essentiellement differcnte
de ce qu'elle 6tait en 1890. Hier on pouvait dire avec un cer-
tain orgueil que K ce n'est pas la destinee manifeste du M61e de
devenir un d6p6t de carbon a l'usage des navires de guerre
des Etats-Unis )).
Peut-on aujourd'hui tenir le meme language ?
Redoutable point d'interrogation.
Rien nc sert, cependant, de niettre sa tate sous le buisson; -il
faut, au contraire, regarder la v6ritd en face, afin de conjurer
le sort, s'il en est temps encore.
Car il n'y a pas de t fatality pour les nations laborieuses,
conscientes de leurs devoirs. a 11 n'y a de fatal dans l'ordre
historique que l'enchainement des effects aux causes 9 (2)
TUmoin les Etat. de I'Amerique latine qui, apres des efforts
assidus, sont parvenus a l'6tat de la civilisation que l'on sait.
Effectivement, dans le monde moderne, ils sont des exem-
ples de ce que peut une volonti perseverante, inflexible.
Par consequent, la volonte est le plus puissant levier d'un
people qui veut se reliever.

(1 ) La Question du Male Saint-iVjcolas, A. Giard, libraire-6diteur,
15, rue Soufflot, 15, 1891.
(2) Essai de la R6volution de 1843, par Pauldu s Sannon










-II-


Avec le prochaijn traffic du canal de Panama,' Haiti va entrer
dans tune nouvclle phase de son histoire.
"-Etre ou n'6tre pas: voilA les alternatives qui lui restent.
Qu'on nese fasse pas-illusion, le temps presse..
C'est pourquoi, comme ce vieil ent&at de la Rome antique,
nous demandons a cor et A cri que I'on organise le travail; que
Von organise ;les ports de la fRpublique, notamment celui du
M6e ; que l'on regle d6finitivement la question de nos fron-
tieres sur la base de l'uti possidetis, reconnu par le trait de
i874.
Ce sont ces trois points essentiels qui, A l'heure pr6sente,
doivent solliciter l'attention des pouvoirs publics, I'attention
de tous les vrais bors citoyens.
En effet, si nous les faisons entrer dans le domaine des r6a.
lisations pratiques, nous romprons du- meme coup avec a ces
dissensions qui jettent sur nous comme une sorte de maledic-
tion v. nous marcherons dans l'ordre, dans I'activitd, dans la
prosperity.
Auissi, pour finir, nc us souhaitons qu'au seuil de cette ann6e
de 1913, le Pr6sident Tancrede Auguste, soucieux de la chose
publique, entreprenne, avec l'aide de bons collaborateurs, de
donner une direction 6nergique A notre nationality. (x)

J. i
D6cembre 1912

(1) Relativement h l'dtude : Consdquences iconomiques du perce-
ment de l'Isthme de Panama pour Haiti le a Bulletin of the Pan
American Union d'octobre 19'12 a public la note que voici:

An interesting article on the (, Economic.. Consequences of
the Bulding of the Panama Canal for Haiti ) is running in Le
Nouvelliste of Poit-au-11iince. The author, Mr. Joseph Justin, is
thoroughly alive to the wonderful development in store for Haiti
in consequence of the opening of this great water route, and he
makes an earnest appeal to his countrymen to make ready for
this new era, so that they may be able to seize the opportunities
which will come their way. He also urges that immediate steps be
taken by the Government in order that Haiti may be fittingly re-
presented in the great International Panama-Pacific Exposition to
be held in San-Francisco in 1915.














CONSEQUENCES ECONOMIES
du pcrcement do 1'sthme de Panama pour Haiti


Ainsi que nous l'avons dit ailleurs, le canal de Panama
sera definitivement creus6 le ler Juillet 1913, mais il ne se-
ra livr6 au traffic que deux ans apr6s, c'est-h-dire le ler
Juillet 1915. (1)
Pour f6ler cet 6v6ncment de premier ordre, le gouver-
nement des Etats-Unis fail construire, depuis juillet 1911,
A San Francisco, I'Exposition international Panama-Pacifi-.
que. On y travailleactivement, et on' presume cu'elle sera
la plus grande et la plus inl6ressante que le monde ait
vue. Point n'est besoin de dire que Ions !es peuples y :se-
ront convids, et notammeht.ceux de cet hemisphere. Aussi
bien est-il A conslater qu'A I'heure presente, il y a une forte
poussee sur tous les points du globe vers. le Travail. On
se prepare non seulement A prendre part aux f6tes inau-.
gurales du Canal, mnais. aussi on s'apprdte A tirer profit de
cette voie de communication qui va abr6ger les distances
dans d'6normes proportions.
DejA, des puibsances maritimes et commercials, comme
-'Allemagne, I'Augleterre, la France, le Danemark, le Ja-
pon, oat song A crier en Amrrique de bons d6bouch6s, des.
ports de reliche, a y 6tabjir des quais, des docks, des
stations de tel6graphie saus fl1, des d(p6ts de charboi, des
points de ravitaillement. Elles se proposent de b6ndficier
sur une tres large dchelle de cette oeuavre colossale, et elles
y attachent tant de prix qu'on les voit se rapprocher en
vue d'une action commune centre les Elats-Unis, qui vou-
draient en avoir le monopole A leur prejudice.
(1) D'apr6s de nouvelles estimations, un navire pourra le 15
Octobre 1913, aller de 1'Oc6an Atlantique A 1'Ocdan Pacifique
en traversant le Canal.










-2-


En effet, la question des tarifs du future canal est lr6s dis-
cutle. en ce moment dans les chancelleries. Oa se demand e
si les Etats-Unis, en presence des traits, peuveni accorder
A lenr navigation un traitement differentiel. Non r6pond-on.
Aucune puissance ne peut annuler Ie Irail[ Hay-Pauncefote,
qui stipule l'dgalitd d(i traitement pour toutes les nations.
n tire argument de I'article 18 du trait Hay-Bunau-Va-
rilla qui declare formellement que In Canal et ses entries
sont neu'res ,t que son regime est determine pa' I'article 5
du traitd conclu entire les Elals-Unis et la Graade Bretagne,
le 18 Novembre 1901. Et I'on arrive A cette conclusion, que
1 annulationn de cet article 18 impliquerait la destruction
d u titre des Etats-Unis d la propridtd du Canal. Ce qui
revient A dire que les puissances intressees en cas de non-
excnulion du trait anglo-ainmricain Hay-Panacefote, s'en-
tendra:ent pour empecher les navires amwricains de jouir
d'un traitement de taveur, au detriment des autres navires
qui passeront par le canal.

Et ce n'est pas mount. En provision de l'ouverture du Canal,
on voil que le gouvernement de rUnion se decide A exer-
cer son contr61e- c'est bien le mot- sur tout ce qui se fait
chez les Etals am&ricains, ses voisins. Depuis 1906, cette
politique est neltement dessinde.
De faith, c'est a celte 6poque que Mr Rool, Secrelaire d'E-
tat, sons la prCsidence ide M. Rooseveil, fit un voyage dans
I'Am6rique du Sud, A I'occ vision de la Conference paname-
rizaine de Rio-.Janeiro. Ce voyage :;vait precis6ment pour
but de persuadener lts rdpub iques litines qu'elles n'avaient
rien a craindre des ambilions des Etls Unis et que leurs
amis les phis sfits dlaient ii Washinglon. II a hien fall leur
donner cottc assurance, plarce qu'i ce moment-la elles sem-
blaientimollre e doue I'amili6 do la grande RKDublique
du Nord. El come pour encherir, le Secrelaire d'Elat am6-
ricain, dans la Confrence leinue 4 Rio-.laneiro, en 1907,
leur ti ce langagp: a< Dans qulIques nois, pour la pre-
miere fois, les possesseurs reconiius do chlique pouce du
territoire di continent nmirricain auront droil ( droil que
j'esp6re ils front valoir) A ,i'e re- risenles au Congres Uni-
versel A la laiye, avec les privileges d'E(las souverains.
Ceci constituera l'acceplation formelle et decisive do la












declaration qu'aucune parties de ce continent n'est ouverte
A la colonisalion.) On s'en souvient, ces R6publiques sont
-allies A la Haye, mais sous l'egide protectrice des Elats-
Unis.......
Tout derniereme)t,le Secretaire d'Etat americain, M.Knoi,
qui entreptil A board du croiseur euirassd Washington un
grand voyage'dans, I'Amnrique Centrale, employa les memes
moyens de persuasion et de seduction. Come son prdd6-
cesseur, M. Root, ii essaya de convaincre les r6publiques
latines du golfe du Mexique et de la mer des Antilles, que
le gouvernement de l'Union ne leur veut que du bien, n'agit
que pour leur prosp6rit6 et que le panamdricanisme est
I'ideal continental A r6aliser. Cependant le p&re de la cc di
plomalie du dollar ( (2) jugea n6cessaire de menacer les
r6publiques turbulentes de la region du Canal de la politi-
que du big-stick.
<( Un Etat, dit-il, sujet h Utre boulvers6 par des dissen-
sionts intestines, ou arrzt6 dans ses progr6s par les conse-
quences du non-accomplissement de ses obligations interna-
lionales, n'est pas en bone posture pour m6riter el r6col-
ter les profits qui r6sultent des large occasions de com-
merce, d6s l'ouverture du Canal. Vraiment, il peut devenir
uAn obstacle A la jouissance universelle db-ees avantages.)
On le comprend sans pine, une telle declarations met en
d6fiance- les R6publiques amiricaines, et malgr6 le discours
que M. Knox prononca en Mai dernier, a New-York, au
grand banquet qu'avait organism l'association panamhricaine,
celte menace d'inlervention des Etals-Unis dans les affaires
intlrieures des Etats voisins, ne pioduit pas moins un vi-
sible malaise. Tout le monde se rend compile aujourd'hui du
but que pursuit la Grande R6publique, et personnel n'est
dupe de ce acode de moralitle, don't le president Mackenley
fit 6tat dans son message du 6 decembre 1897, A propos
de l'annexion de Cuba. D'ailleurs, un grand nombre de ces

(2) En ralit6, c'est M. Huntington Wilson, Sous-Secrdtaire
d'Etat qui en est le pere. Le New-York Herald traduit com-
me suit la formule The dollar diplomacy : Derriere le dol-
lar amdricain, le ciloyen ambricain; derriere le dollar am6-
ricain et le citoyen americain, le Gouvernement amadricain.
(Behind the american dollar, the american ,citizen, Behind
both the american Government.)












peliIre rdpinbli'qes Ont dTjA ressenii les effects iniiidhilt fde
Viijp Rdi'iilibte iord-anwmricin.
Pat conisdquent, les uays o t la guierte civil esi A I'6lat
end.niiqu. et oni les fiarnces sont avarides, (3) n'ont qit' se

(3) Les pays i finances avariecs sont forc6ment*a-u rgime du
papier-monnaie et contractent, pour vivre, des, eniprunts triess
ondreux. Aussi, la tenue du change exerce-t-elle une influence
desastrcuse dans leurs finances.
Au contraire, d:ns les pays a finances saines, le change q'e-
xerce guere d'influence. En some, c'est la monnaie quiinflue
le plus sur le taux du change. Ce change varie necessairemient
avec la quality de la monnaie. II y a d6pr6ciation .du change,
quand il y, a d6pr6ciation de la morunaie. D'autre part, comme
plusieurs facteurs concourent en meme temps pour avoir, une
monnaie non d6pr6cide it arrive que ces pays sont les seuls ca-
pables d'avoir une monr.aie non ddpr&:iee et par voie de cons6-
quence, un change non d6pr&id. Its ont en outre, la.quantit6
de monnaie don't ils out besoin pour faciliter les changes. Car
la quanti.6 de mannaie qu'il faut a uri pays est dUterminoe
par la somme des changes que ses richesses entrainep't.
Plus la production est active, plus la consommation est
6tendue et plus on a besoin d'une forte some de monnaie pour
les changes a conclure. Par centre, un pays qui, sous pr6-
texte,de s'enrichir, augmenterait son stock mon6taire mnarcherait
a coup sutr A sa ruine.La circulation n'6tant pas en proportion de
l'activit6 des affaires, l'instrument des changes se trouve for,
cement d6pr6ci6. 11 y a li un fait d'ordre natarel.
Les variations du change, disonm nous, ne produisent gutre
d'effet chez les nations a finances saines, puisqu'il n'y a pas de
causes de d6pr6ciation. Cependant des causes occasionnelles
peuvent y faire varier le change : maii ses variations se corn-
gent d'elles-memes et 1'6qu libre se r6tablit rapidement.
En r6sum6, quand an pays possede une organisation &co6o-
mique moderne, une administration exacte, scrupuleuse, r6gu-
liere ; quand ii nest pas au regime du papier-mo'nnaie qu.i'nd
ilt a utn budget qui n'est pas en deficit permanentt, quand il
augmente et diversifie la production, le change ne varie,.pres-
que pas ou plut6t sa tenue n'exerce qu'une tr&s faible influence
si2f les transactions'. VoilA ce qu'enseignent les econoinistes,
notamment Paul Leroy-Beaulieu.









- 5---


bien tenir. Le cas 6chdanl, le gouvernement- aniricn-sMe-
charge de les pacifier et de rpstauretr leurs finances.- Est-il
besoin de dire que Io'w, cela n'est pas fait pour rassarer
l'Europe qui, elle aussi, a de l4gilimes .inthr.ts aiSauvegar-
der dans ces pays ? Et puis,- on ne sauraititroi le redinge-
les nations marilin;es et commercials da globfn'entelident
pas laisser aux Etats-Unis la predominance econom-qie et
I'hNgdmonie politique dans le Nouveau Monde, :
Les trails ayanl fix6, d'une fa0on foi'melIf le; -rgimne
d'6galile du canal de Panama, elles enteudehLprofiterdes
immerses inidrils economiqups que d6velopiera, celt6,nou-
velle "oie de communication. Elles oul utle conviction failed
sur ce'point, et il n'y a pas do danger qu'elles y renoncent.
D'I)utaut plus que ces jours-ci, dans le d6bat de ( Panama
Bill aun Senal amiricain, les Senaleurs Buton, Commies,
Buslow, Rool, Lodge oni declare que les (( Eta's-Unis doi-
vent observer scrupuleusemenrt les ob'ligaii6ns que leiir
imposent les trailss)
On le voil, I'avenir apparait gros de menaces. If ne aliut
pas pourtant s'en Mlonnpr. En r6alitl, il.n'y a qu'U eisedue
et vraie polilique : la politiqiie de Vlintgr&t. Liinteirdt diise
les peuples. L'inl66it les unit. C'est l'6ternelle 4-luife'p"idir
la vie.)) El quoi qu'on dise a la raison du plus" fort est o6i6-
jours la meilleure.a Aussi, le Gouvernement Fd&dial 4iii a
une reelle vision des choses, ne n6glige rien pour s',ssiirei
sur la route de Panama toas les points strat~giq'ies .
Assurdmenl, s'il dUpense des cenilaines de imfilionsi de
dollars pour 1'extcution ou la furlification dui c'rial, c'est
qu'il entend en dlrj le seul maitre. Tout 16moigne dur:esfe,
sa resolulion d'en defendrc 1'enlre envers et c6otr.e l'tou's
Pourqnoi ft rail il dresser le fort Grant sur fe Paciifil("e. e(
les for's Sherman, Randolph, Lesseps sur les c6tes de, Af-
lantique ? Ponrquoi ferait-il efivoyer A' Panamia ft cah'on
mooslre de 40 pouces existent A Sandy-look ?
Done, il ne faul pas le nier- ii y a l uni foeir d'jn-
cendie que la moindre dtincelle petit alfuirTer, c ee qui"'er
fort dommage pour la paix de notre plant. .To:I'ef9fs,
nous qui ne revons ni pl.ies ni bosses;nous qti ne Vou
drions pas voir, dans une conflagiratoi g nrqle; 1 tionm ,
i' fen et a sang, nous souhaitons trks vivemdri t i i e 'oun
troiuve un .errain d'lenite,', a'fun i e 'l.cfianc puTs'p
tlire pro'fi des grands ta*VNifes-c l ja ef,










-8-


pele A offrir la voice interoceanique. Cela 6tant dit, neus
allons dans une synthse rapide examiner les points sui-
van!s :
lo La Republiqne d'llaiti, se prdpare-t-elle a participer A
1 Exposition Internationale Panama-Pacifique qui aura lieu A
San Francisco, A I'occasion de I'inauguration de l'achive-
menit du Canal de Panama?
2o S'apprete-t-elle A faire executer les Iravaux n6cessaires
pour que le M61e Saint-Nicolas devienne une sorte d'entre-
p6t commercial dans les Antilles a la porte du Canal ?
3() Quel profit comple-t-elle lirer de ses ( richesses na-
lurelles ?


Dans son numero du moss de Novembre 1911, le 1Bul-
letin de l'Union Panamnricaine,; apres avoir fait le comple-
rendu des feles qni ont en lieu A l'occasion de I'inaugura-
tion des travaux de l'Exposition Panama Pacifique, s'expri-
ma en ces terms: ( On espr'e que chacune des R(publi-
ques Amiricaines, depuis le Mexique et. Cuba jnsqu'a la Rd-
publique Argentine et le Chili au Sud, volera les fonds nd-
cessaires pour la construction de pavilions et 1'ins!allation
des products et articles a exposer, ce qui d'ailleurs leur fera
honnear et sera en rapport avec les progress qu'elles font en
ce moment.))
Nous venons de le dire, on se prepare parlout, dans le
monde entier, A participer A celte Exposition qui durera
pendant toule I'annee 1915. Les pays latino-am6ticains
surloul s'y preparent avec le plus grand enthousiasme, et ilt
n'auront pas, certes, beau-oiip A faire pour y prendre parl
dignement. Car, depuis de longues ann6es ils ont introduit
dans leurs institutions les id6es 6conomiques de I'Europe.
On doit le reconnaitre, ces peuples sud-ambricains, jadis
si turbulent, imprevoyanis, sont aujourd'hui des people;
pacifiques, amants passionnes de l'ordro et du travail.
La Republique Argentine en est un example frappant.
Celte nation, naguere pauvre, indigenle, barbare, est ;i
1'heure actuelle li nation la plus riche, la plus florissante de
I'Am6rique latine, Buenos-Ayres don't le norn lui vient de la
bont6 et de la douceur de son climate, est une des belles ca-
pitales du Nouveau Monde. D'aspect absolument europ6en,










-7-.


bien bati3, bien entreteniie, celte charmante ville, liree au
cordeau, attire, t l'iustar do Paris, tous ceux qui ont le
goth de belles choses.....
Ces pays, disons-nous, front banne figure A I'ex position
universelle de San-Francisco. Leurs agriculteurs, leurs com-
mergants, leurs industriels, comme A Chicago en 1893, A
St. Louis en 1901, y apporteront leur concours le plus
brilliant. Et nous, pourrons-nous en faire aulant ? H6las!
non, Haiti,-- celt aveu est penible a faire- est incapable
do rivaliser avec ces pays n6s d'hier, 1'6inancipation des-
quels elle avait pourtant contribn6. Trop longlemps, elle
s'est comply dans l'ignorance et le d6sordre. Trop long-
temps, elle a vcu .en marge de la civilisation. Copendant,
noiis.-e pouvons'pis refiser de partticiper A cette Exposi-
tion, anx manifestations iilellecluelles qui se produiront
lors de son inauguration. II nous est 'fait une obligation
morale d'y figure.
Pour cela, le Goluvernement, doit, des maintenance, faire
appel aux activists, A tous ceux qui s'occupe de science,
d'art, de commerce, d'industrie, d'agriculfure, en un mot,
A la tcollalboration intelligepte' du pays. Mais il n'y a pas
de temps A perdre. II ne faut pas qu'on s'y prenne trop tard.
11 ne faut pas que les prdparatifs soieilf"faits a la hate, X la
dernireo minute, comnme cela est arrive plus d'une fois.
En effet, on se. le rappelle, en 1893, notre. participation A
l'Exposition universelle de. Chicago, par manque de pr&-
paration, ful d-s plus mediocres. De. mime, en 1910, A l'ex-
position universelle de Bruxelles, notre pavilion a presque
passe inaperpu. Nons n'avons pas pu nionlrer aux visiteurs
<< la dixi6me partie du travail national..>) Tout cela est re-
gretllable.
On le sail, une Exposilion n'a pas. d'aulre mobile que
celni de firee constater les progres realises dans les diff6-
rentes branches ue l'.activit6 humaine. C'est one grande
a Foire ou les exposants, pour moptrer. I.eur savoir-faire,
talent leurs meilleurs produits. N'est-ce pajsdu reste, I'oc-
casion la plus favorable pour eux de .pon.urer les choses
di s lesquelles leur aptitude s'affirme ? Et les rdsultals a
ub'enir, tes comple-t-on p,our- rien ? Certainement, uun
pays ue sauratt mieux se faire connaitre,,sz faire appre-
cier. 11 tend son influence, dlargit son:, champ d'action,












prend sa place au soleil. C'est ainsi qu'il devient dans l'or-
giinisation, ,e a vie internationale.un facteur du progres de
l'esprit human.
11 n'y-a pas de double. Celte Exposition Pacifique de 1915
sera particiulirement inthressante. Justement, elle coincidera
avec la troisi6me conference de la Paix, quii se reunira h !a
Haye au co.urs de. 1'Ml de 1915. Elle coincidera aussi avec
le centeuaire de la paix entire la Grande-Brelagne et les
Etals-Unis, avee la fin des guerres napoldoniennes. Et com-
me I'a si bien dit M. Murray Buller, l'honorable president
de 1'Universit6 de Colombia : < Compaies aux s76cles pr6-
c6denlts, les cent anntes qui expirent en 1915, constituent
un si-cle de paix, un siecle de progr's constant vers la
justice.Ce grand fait dominant devrait 6tre c6l6brd A San-
Franrisco. afin que. les hommes se tournent vers l'avenir
plus tiches d'espoir et de confiancr.))
Done, celte ann6e de 1915 ne devra pas itre pour nous
une annie quelconque du calendrier. Nous avons un interet
au. moins 6gal a celui.des Etats .civiiis6s de cet h6misphkre,
a.-.pirticiper aux reunions internalionales, aux congress
sci.ntiliques qu'elle provoquera. Et nous ne saurions nous
y derober sons grand dommage.

D ins le minme ordred'idees, le MWle St-Nicolas doil-6tre
l'objet de .nos plus vives preoccupations. Evidemment, si
nous voulons en tire tout le parli possible, nous avons
le devoir de nous en occuper tout de suite, sans perte de
temps.
-En btomme, qu'allons-nous faire de ce coin de terre si
aprement convoit6 ? Comment allons-nous I'organiser pour
profiler de sa situation privil6giee ? 11 est indiscutable qn'il
y a quelque chose A faire. Mais, ne l'oublions pas, ce
quelque chose, c'est nous haitiens, qui devons le fire,
plIrce que le Ml6e est notre bien, notre propn6 1 faisant
)aut:lie -iuttgraante de notre territoie, de notre domaine
maritime. Voild done un probleme vital qu'il est neces-
saire,.qu'il est urgent de rdsoudre.
"f'alIendez:pas de nous, cependant, une nouvelle des-
eriplioti de ce (( Gibraltar des Antilles )), qui allume tant
de convoitises et 6veille tant d'apptlits. Nous ne dirons
pas que le M61e St-Nicolas .( ce joyau de la nature ), se











Irouve sur la route directed des c6tes de 'Atlantique a ls-
1hme de Panama ; qu'il faith face-aun canal 'de Bahama par
of passeront tous les bateaux devant-se tendre- ern-rlrope
par la voie des Elats-Unis qu'il est u des-plus beaux
mouillages du monde ; qu'it constilue un centree d-cisif,
stralegique, une fortification natureile *A la polite du Canal;
qu'il conlrdle, d'ume facon efieclive, par -sa p6sitin nati-
relle, la mer des Caraibes. Nous ne dirbns' pas non plus
qu'au point de vue codiimercial, il est plus important que
St-Thomrns qui se trouve sur le passage Andgadd ; que
Samana sur le passage Mona ; que Kingston, Santiago
de Cuba qui conmmandent le passage Winward. Ce sont
toutes choses qui out 0t6 dites et redites dans les rap-
ports des commissaires amiricains, et dans les relations
de tous ceux qui ont visit ce port merveilleux.

Voici, snivant nous, la premier&e question qui so, pgse :
le Mole, doit-il 6tre tn port ferm. 111 pori't tivbrt, un
port -franc ? II va sans dire ilu'on ne peut soriger a
interdiie l'entree de ce porl aux navires '.-Irangers ni en
refuser I'usage pour les besoins du commerce. Au idineu-
rant d'apres le code du droit des gen-, il n'rxiste pas 4des
ports r6ellemne fermes. Mteme la Mer Noit *. ceIte mer
entierement enclavee qui communique ai la pleine mner par
les detroits des Dardanelles et l'duIosphore, ne peut-Olr.
considerde comme telle. Nagiire, ui paupl6e 6ait line in-
dividualite distincte et isolee. II vivait pour liii s-ul et par
lui seul. I el nest pas le cas aujourd'hnii : toules l aes bar-
ri'res materielles et morales se sont abaissses. Lee monde
est la patrie morale de chacun. Toliles les iiations sont sb-
lidaires, toutes les nations sont soeiirs... 'Pouirquoi f;rions-
nous exception ? Pourquoi ni'ouvririofis-noiis pais le i6le
au commerce international ?
En g6nerial, on peut dire que tons les porls sont ouverts,
sauf des restrictions apporte es par des traitis6ou par des
regles spkciales. On ne tvotivo pas seulement de ces pots
don't l'acc6s est libre an commerce de loules les nations,
il y en a aussi q.ui permelleifien" menie lefimps aux navires
strangers d'entrer sans pay'r aficun droit. Ce sonfdes
ports francs. Le M6le Sl-NicdlIs, d(pifnt donnfi si mer-
veilleuse position geographiquhe-t Is"''nITr's 'sdiveis nUi










-10-


seront en jeu d6s I'ouverture du canal isthmique, dot't d re,
A notre avis, un port franc.
Aucun autre regime ne pent lui convenir, ancun autre
ne pourra nous permettre tie le mieux utiliser. Nous disons
port Iranc et non port libre. Car on ne saurait penser A
I assimiler aux : villes libres b de la Hanse, qui au dou-
ble point de vue polilique et ecoijornique ne faisaient
Doint parties de I'Allemagne. Cette situ:i ion pailadoxale a
heureusement change. Aujourd'hui Breine et Hambourg,
ces deux ports francs, ouverts sur le vaste ,monde, appat.-
tiennent A l'empire allemand. Mais Hambourga une situa-
tion exceplionnelle depois quelques .ann6es.. Bismark
le divisa en deux ports : (( I'un soumis' aux l'irifs
douaniers, ofi se rencontrent toutes marchandises venues
de I'Allemagne ; I'autre ((port franc ofil tousle es navires
du monde peuvent se rencontrer et eehanger leur fr6t
sans avoir a payer de droit de douane.) Ainsi, le port dJe
Hambourg est A la fois allemand et international. Pour
mieux dire, it est 1'entrep6t des kehanges allemands,. en
m6me temps qu'il est l'entrep6t des changes internatio-
naux. Ce qui constitute une double clientele. D'une part,
les biteaux y trouvent des inarchandises allemiandes. qu'ils
dchangent contre leur cargaison.
- Par example, un vapeur charge de lines ou de caf6s,
peut revenir en son port charge des colonnades allemajn-
des. De I'autre, le m6me navire charge de caf6s, s'il 'ne
trouve pas de products allemands A ramener, renconire
toujours dans le port franc un vapeur anglais on dariois
avec qui changer son fret. Au resale I'armateur, c'est-A-di-
re celui qui exp6die un navire charge dans no port loin-
tain, n'a qu'un seul objectif : c'est qu'il revienne aussi
charge. a De cette fa on, dit M. Delaisi, le fret de retour
diminue le coft du fret de 1'aller, it permet ii 1'armateur
de faire A ses clients de meilleures conditions, lout en
augmeutant ses b6enfices. ) 11 y a mieux. Les mati6res
premieres venues A Hambourg, par example, sur des bd-
teaux frangais, peuvent attenidre en entrep6t les bAteaux
ou norv6giens on hollandais qui les transporteront. Par-
fois, elles subissent des transformations avant d'6tre reex-
pddiees; ce qui est une source de b6ndfices considerables
pour i'industrie hambourgeoise.










S-11-
Aussi, Hambourg est-il actuellement un des plus vastes
ports du monde avec ses 17 kilometres de quais et ses
143 kilom6tres de voies terr6es. 11 est desservi par 118 li-
gnes de vapeurs : 86 menent vers des ports europ6ens, 32
vers les quatre continents ; des premieres, 43 sont alleman-
des : parmi les seconds 4 seulement sont etrangares. D6-
sormais il n'y a plus tine seulo region du globe qui ne
soil reli6e A l'Allemagne par une ligne r6guliere de va-
peurs allemands. La flotte du seul port de Hambourg est
superieure a touted la flotte du commerce frautais, et le
mnouvement de ce port a d6pass6 celui de lous les ports de
la mer du Noid, Londres except. ) (1)
II est 6~ident que tout cela n'est pus arrive du jour au
lendemain, el qu'il lui a fall du temps pour conqudrir cetle
predominance sur les marches d'Europe. Ceci soit dit en
passant, I'Allemagne sait vouloir, c'est le pays des oeuvres
patients et "des c)nstructi,)ns m6thodiques ; c'est le pays
de long espoir et de vastes peus6es. Sans capitaux, sans
industries, avec une agriculture insuffisanle, I'Allemagne de
1870 vivail mal, miserablement. Mais depuis.. < voqu6 et realis6 la plus extraordinaire revolution 6conomi-
que que le monde ait vue dans le course des sitcles. D
Nous disons douc qu.uu regime analogue peut etre ap-
pliqu6 noire port avec, bien entendu, les differences qui
s'imposent. Ici, notre tiche est limitle. Elle se borne sur-
tout A fixer i'allention sur des possibilities pratiques. D'au-
tres, des techniqiens vie dront donner le coup de pouce
necessaire.
Que I'ou ne s'y m6preone pas. Pour aboulir A la cr6a-
tion d'un port moderne, c'est-A-dire pour fair du M61e un
port ouvert au commerce mondial, il faut une organisa-
tion. El il n'est pas trop 16t d'y penser.
D'abord, it est de la plus h'ute importance d'dtablir des
phares A grande porle lumineuse sur nos c6tes, particu-
lierement sur les c6les qui jalounent la route jusqu'aupr6s
du port. II convient 6galement de baliser le littoral, au
large, par des amers, des balises, des boudes, par tous
les objets fixes, \isibles it grande distance, afla d'dviter
tout danger aux marines qui n'en connaissent pas la posi-

(1) La Force allemande, par Francis Delaisi. (1905)









-12-


tion. Personne d'autre ne doit executor ces travaux sur la
fior t ri-6iilae H aonf.a -:ilislance, selon l'lnstitut du Droit
i.bierriati6nal,St"de six mille marines. Personnel d'autre ne
dobil enn'avoir I'administration et toucher par consequent
les revenues y affrients.

II n 1 st dq me6me des travaux interieurs. Nous devons
saps.viord, i;sentrepreOndie, y meltre la main. 11 convent
qvant tW( ecre'uer.la trade, d'en assurer 1'dablissement,
e q ib e et. Ie bon ordre. L'Etat hailien doit prendre tou-
tes dispositions relatives A la police de navigation. -
Commen, d'ailleuirs, percevoir les droils de navigation,
si des r.6g1 e6nts ue determinent pas les conditions, a
remiplif pAirnaviguer dans les eaux haitiennes? De plus,
it fa tfohstruire au M6le des maisons pour les particuliers,
dei'h6ilel ayant tout le confort necessaire,. des jardins
publics, des squares, des sales de spectacles. II faul y ins-
taltdr des quais, des jetdes, un dock avec bassins de ra-
d'otilis, fdes mgasins destinds au stationnement et au dd-
chi-geientf des. navires. I1 faut y dlablir des magasins
piAficsffde provisions de bouche et de carbon pour re ra-
vilaille 'fit; des forges et chantiers pour !a construction
ddoff l Rpration' des vaisseaux de'toutes "dimensions, des
rseabixfdex' chemain de fer, de la 16e1graphic sans fil, (on-
ti chtes qui "'ous peimettront de prdlever certains
dfits if"qu'Taisseront profit. aux journaliers, anx ouvriers,
i'fforoimertants, aux eutreprises de navigations et de
Iransports terrestres.
'A c6ld de cel outillage 6conomique, il faut une agricul-
lure'Vii pourta rgmplir le march national. En d'autres
te'iies, il faiht, piar une mdthode rationnelle de culture,
accroitre, diversifier la production. La richesse de noire
s'6; dufteste, tiefit' du prodige. Dans une belle relation.
L~C'lonies, Victor Scoelcher rapporle qu'avec une popu-
td~,iu esclave de 500.000 individus, St-Domingue poss6dai
tine mase' 6nornme de richesses.
.0n 'tiltivait : 793 sucreries, 3117 cafdibres, 3150 indigo-
tieres, et 786 colonnelies. En '1789, la colonie poss6dait
48tfM0 -mol6s,'35.000 chevaux et 240,000 .tetes de grands
et petits bestiaux. Cette meme annce de 1789, la Colonie
recut,: 51~4iavires frangais et 1063 navires Utr-angers,
on tout, 1578 b4timents qui emporterent de F'lle ;










-13-


120 millions pros de liv. de sucre terr6
250 23 0 < ((< de Caf6
1 < < t K d'indigo
8 a << << de cotton
28 mille cuirs de boeufs.
On export en plus pour 25 millions de francs de sirop-
et pour 2 millions d'acajou. On estime outie cela A 30
millions de livres de sucre, 20 millions de cafe et 3 mil-
lions ef demi de colon, ce qui tut enlev6 en contrebande
part lesHollandais. les Anglais et les Americains. L'lle,
en retour de ces denries montant, d'apr6s les 6lals de la
doudine, i 461.843.678 livres tournois, avail recu
pour 255.372.284 livres de marchandises eurupDennes.
Saint.Domingue, devenu le grand march du Nouveau
Monde, avait eu ainsi, en 1789, un mouvement d'af-
faires de 717 715.962 lives, suar lesqielles le litsor de
France' prdleva 21.587.180 livres d'imp6ts directs ou indi-
rects. L'jihportatiun et I'exporlation, ghnhrale du royaume.
A cette -poque, ne s'6levait qu'A '1.097.760.000 livres.
Si' avec une population de 500.000 individus on a pu
obtenir de si beaux rdsultals, combien n'en obtiendrait-on
pas avec une population trois fois plus grande. Aussi, la
fortune 'des colons, des planteurs frangais. est-elle deve-
nueo proverbiale. Ne parlous pas de travail esclave. Quoi
de plus puissant que la liberlI Quoi de plus puissant
que la science, que les machines d'anjourd'hui! Nous som-
mes done coupables au premier chpf d'avoir neglig6 toules
ces cultures qui avaient fail de Saint-Domingue le grand
marched da Nouveau-Monde.
N'est-ce pas humiliant de n'avoir d'autre resource
chez nous que Je Caf6 ? Qa'est-ce qne ce chifire de 80
millions de livres de caf6 que nous recoltons par an pour
une terre d'une si merveilleuse fecondi,6 ? Et le colon ?
Ce. petit arbuste qui a revolutionn6 le monde et qui, avec
lea besoins de la civilisation, devient chaque jour plus ne-
cessaire, ne pourrions-nous pas en cenlupler la produce
lion ? Nous avons le cacao, le tabac, le caoutchouc
et parmi les plants alimentaires, le mnirs, l'igname, la pn-
tate, le manioc, le riz, les haricots, les pommes
de terre. Nos arbres fruitiers poussent un pen paitout










-14-


sans aucuns soins de culture. &.Quels bnadfices ne tirerions
nous pas du commerce de; fruits tels que la banane, I'ana-
nas, I'orange, le citron ? Quant A notre sous-sol, de
I'aveu de tous, il est des plus riches. La pierre de cons-
truction y abonde.
On y trouve plusieurs varidles d'argile, des minerals mr-
talliferes, des gisements carbonifdres, des sources minera-
les et thermales. On y rencontre des nirais salants. Nos
rivieres, nos c6tes sont tres poissonneuses, les crustaces et
les mollusques sont en tres grand nombre sur les rochers
aux embouchures de nos eaux. A quoi bon atlirer F'atten-
tion sur nos oiseaux qui sont tres nombreux, tres varies,
sur nos an.maux domes iques, sur notre flore qui
n'a pas de superieure au moude ? (1)


Par ce rapide expos, on voit que le sol et le sous-sol
d'Haiti recel6nt en abondance des resources diverse. D'oii
vient, cependant, que sa population meure de misere au
sein de tant de richesses ? D'oui vient que ce pays,- l'un
des plus favoris6s da globe-traine encore dans les or-
nitres? Cela tient A plusieurs causes, et notre eminent
compatriote Edmond Paul, dans son ouvrage a Les causes
de nos malheurs n les a mises en relief avec beaucoup de
sagacitM.
Ce qu'il faut retenir ici, c'est que les pouvoirs publics
n'ont jamais employ les moyeus qu'on emploie ailleurs
pour .['exploitation de nos richesses naturelles. Jamais l'on
n'a pens6 serieusement A organiser le travail. Certes, si,
dis le principle, on avait mis ce pays dans le chenin de
l'organisation, si on avait toura6 nos idles, nos eflorts,
vers la mise en valeur de nos terres, on n'est pas d6plore
ces reoolutions qui nous rendent tous matheureux come
des maudits.-Tout vice, dit Courier, vient d'oisivetd, tout
d6sordre public vient du manque de travail.
II est certain que celui qui a un lopin de terre A faire
valoir, qui vit de son commerce, de son industrie, est par-

(1) D.'apres Sir Hary Jonhson, HaYti est un paradise terres-
tres. Les bords du lac Azuey ne peuvent etre plus beaux,
(Journal de Geographie de Londres )










-15-

lisan de la paix. II a 1'esprit de r6flexion, 1'esprit de
conduilc. II apprecie ce qui est conform son interet.
En revandhe I'homme oisif, le saus-travail voit dans un
bouleversement general, un changement de situation. Aussi
y pousse-t-il de toules ses forces. La, selon nous, est la
question, la question lout entire.
Done, pour soitir de cette perilleuse situation, pour sau-
%er le pays on doit se hiler d'organiser le travail. Avec plus
de travail, dit le meme publicisle, il y a plus de products,
c'est-A-dire plus de richesses, plus d'aisance el, nolez ceci,.
plus d'ordre dans 1'Etat come dans les families.
C" et oracle est plus sur que celui de Calchas "
...Nous 'ffhsitons pas a revenir sur ;e meme sujet.. a
p'almodier la meme antienne. II n'y a pas de temps A.per-
die. Oui, nous devons tout de suite nous mettre A l'oeuvre.
Le Canal, avons-nous dit, seia ouvert an traffic mondial le
ler Juillet 1915. 11 faul que les baleaux, provenant de di-
vers pays, qui relacheront soit au M6ie ou dans n'importe
quel port de la Republique, puissent retourner charges de'
nos produits. Culture, 6levage, pecheries, distillerie, rien ne
doit 6ire n0glig6.
La culture maraichere? Est-il besoin de dire qu'elle est une
source permanent de revenues? Principalement les pelits
ports, A proximity du M61e, lels que le Jean-Rabel, le Port-
a-l'Ecu, la baie de Moustiques, le Port-de-Paix, la Tortue,
serout en,bonne posture pour en tirer profit..II va de soi
que les navires qui y feront escale, s'approvisionneront dis
fruits, des cenfs, du lail,du bourre, de la volatille,de la viande
de consommation, de 16gumes etc... De tout ceci, it resort
que si nous ne nous pr6parons pa;s a alimentet ces centaines.
de steamers qui fr6quenteront nos ports, des gens plus actifs.
plus intelligent. le front en notre lieu et place. Car,
Haiti- ce pays da cocagne,- sera le rendez-vous des in-
dividus de toules nationalitls, de toule provenance. Fran-
cais, Anglais, Americaijs, Allemands, Beiges, Italiens, Es-
pagnols, Japonais, Russes, Mallais, i{oumains, Israelites,
Syriens, Chinois, tous y afflueront. Les uns viendront en
tourists par curiosity, par d6soeuvrement ; les autres vien-
dront pour travailler, se creer un riant avenir, devenirtpro.
prietaires.











DIpenir proprigtaires. Ce n'est pas un paradoxe. Ils .ap-
por~r6nu leurs papitaux, leurs bras, leur science, leur ex-
pdrience, et noUs, q4u'aurons-ndus # leur opposer ? Dans
urmO')irase lapildaire le capitaine Mahan eo a fail la predic-
tion :- a Le drilt d'antdrieur occupant disparait devant le
droit de sup6rie.ur exp!oilant..
A notre tour, nous predisons que par la force ou par la
raison Haiti mnircliera quan mrine...







5 Aott 1912.













Itineraires futurs
par le Canal de Panama

Dans notre brochure parue en d6cembre dernier et intitruloe :
a La Baie de Samana, le Ml61e Saint-Nicolas, le Canal .de .a-
nama )., nrous avons essay de mettre en lumiere tout-ce .qui
est relatif au canal isthmique.
On a vu qu'en 1879 un Congr6s .international compoWS
d'ing6nieurs, de geographes, de savants:et de marines, venwusde
toutes les parties du monde, se r6unit a Paris o0, par acclama-
tion, Mr Ferdinand de Leseps, ing6nieur francais, fut charge, du
percement del'Isthme americain. On a vu qu'aussit6t que M. Fer-
dinand de Lesseps put trouver les capitaux n6cessaires pour
l'ex6cution de cette entreprise, la compagnie universelle du ca-
nal interoc6anique fut constitute, ( Mars 1881 ). Erifin, on a
vu qu'apr6s que les installations furent vigoureusement pous-
s6es et que les travaux commences suivirent une constant
progression, un accident financier survenu le 14 D6cembre 1i8$8
fit passer l'entreprise aux Americains.
Depuis lors, les Francais qui ne se consolent pas de voir I'oeu-
vre se realiser au bene'fice et A. la gloire des Etats-Unis, man-
quent rarement l'occasion d'accabler le ( Grand. Francais 'Et
tout r6cemment, au sujetdu creusement 'lu Canal, une trbs vive
discussion s'est 6lev6e dans la press faangaise. D'aucuns 'repro-
chent A la compagnie de Lesseps d'avoir vouluhjoindre.les. deux
Oc6ans, Atlantique et Pacifique, par un canal a niveau comme
h Suez. ( Cette Compagnie, dit-on, avec un optimism squi
d6notait plus d'enthousiasme que de r6flexion, avait entrepris
de creuser au seuil de la Culebra, elevee a iio- mtres .au-desSus
du niveau de la mer; une tranch6e de 120 metres-.de;:.profan-
deur... Les Am6ricains suivant les grandes lignes du plamarr&Wt
par la Compagnie nouvelle, se mont.irent moins .,presemp-
tueux D. Mr Philippe Bunau-Varilla, dans un article que:pu-
blia c Le Temps ) du 5 Avril dernier, crut devoir. remettre.Acs
choses au point.
Ce n'est pas la compagnie nouvelle,dit-il, en sutbstance,:qui










-18-
a pris l'initiative d'un canal A 6cluses, c'est la Compagnie de
Lesseps, I'ancienne Compagnie En effet, le c6lbre ing6nieur des
points et chauss6s, M. Gaudin de LUpinay, fut le premier A pro-
poser au Congres international de 1879 ce project.
Mais le ,Congres, compose de sommitms scientifiques de tous
les pays, pr6f6ra adopter le canal A niveau ptut6t, que le Canal
A ecluses ,< toujoars dangereux dans un pays A tremblements
de .terre P. Lui, M. Bunau-Varilla qui n'dtait pas partisan d'un
canal a c luses perp6tuelles, trouva un moyen terme, et en 1885,
il proposal a la commission international de faire d'abord le
canal a ecluses, puis de le draguer, d'abaisser successivement le
plan d'eau, ce qui permettrait d'arriver au canal A ni-
veau en course d'exploitation. Ce plan d'un canal A 6cluses pro-
visoires fut donc adopted par la Compagnie et sans la panique
financiere de 1838, 1'(Euvre strait ainsi realisde rapidement par
les Francais.
A son tour, le S6nat ambricain fit siennes les id6es de M.
Bunau-Varilla, parl'organe de M. Knox, aujourd'hui Secr6taire
d'Etat, premier ministry, alors s6nateur.- De fait, celui-ci.
tout en faisant adopter, par ce corps politique le canal a 6cluses,
airiva n6anmoins A faire rejeter la perpetuity. II dit : 11 se-
ra plus tard transform en un vrai canal A niveau, en un canal
large de 500 pieds ( 152 m. 50 ) et profound de 50 pieds
( 15 m. 25 ).
Donc, conclut M. Varilla, ce "n'est pas le project de la Com-
pagnie nouvelle que r6alisent les Etats-Unis, c'est un project
beaucoup anterieur.
L'honorable ministry pl6nipotentiaire de la Republique de
Panama, sans avoir l'intention de critiquer l'oeuvre des ing6-
nieurs americains, ne peut s'empecher cependant, de faire la
comparaison entire les travaux actuels et les travanx execut6s
*par la compagnie de Lesseps. o Les n6tres qui se sont accom-
plis au milieu des h6catombes de la dii6vre jaune et de la fievre
palud6enne sont assimilables a ceux du g6nie militaire sous le
feu d'une forteresse, tandis que les v6tres ressemblent plut6t A
ceux d'une vaste usine D De plus. il montre a que dans les trois
dernieres annees, I'ancienne compagnie, avec un effectif de
12.000 A i5.ooo hommes a fait par metres cubes, toutes pro-
portions gard6es, les memes travaux que les 33.699 hommes
qu'accuse le rapport de 1909; que lorsque le project A 6cluses
actuel a 6td rddig6 en 1906, il a dtd evalud A 698.880.000










-19-


francs. Par consequent, en trois ans et demi la somme ayait
plus que double ) (i).
Passant au materiel, il constate que les ing6nieurs americains
ont 6te stup6faits de voir mieux fonctionner les vieilles dra-
'ues franfaises commandoes en 1884, restdes inactives de 1888 &
igo4. pendant seije ans, que les dragues nouvelles commanders
apr6s la reprise en 1904. C( C'est en considerant, dit-il,ces r6sul-
tats que nous pouvons regarder derriere nous avec orgueil
ce qui a kte accompli sur le champ de bataille, mais avec
douleur ce qui en a kte dit en France .
Suni lacrimin rerum.
Oui, les larmes qu'arrachent toutes ces choses, trouvent aussi
un 6cho douloureux dans l'Ame des haYtiens qui ont pris part
aux premiers travaux de l'Isthme. Ils se rappellent 1'accueil favo-
rable qui leur a 6t6 fait dans ce lieu, alors que leur Patrie les
rejeta de son sein, et regrettent sincerenent que le genie fran-
qais n'ait pu mener a bonne fin, l'oeuvre qu'il avait si glorieu-
sement entreprise.


Chacun le sait, l'Isthme de Panama, situe dans la R6publique
de la Colcmbie ( Amdrique Centrale ) est une langue de terre
qui unit les deux grands continents am6ricains. Lps premiers
explorateurs constaterent avec regret le peu de larger de cette
langue de terre qui empechait les havires d'atterrir de l'autre c6-
t6 de 1'lsthme, A 70 kilom6tres A peinc du pcint de depart.
L'un d'eux, Samuel Champlain, l'illustre explorateur du Cana-
da, don't on vient d'driger la statue aux Etats-Unis, avait concu
mrme l'idee d'en op6rer le percement. Mais, les difficulties de
cette operation, vu 1'6tat de la science A cette 6poque, 6taient
tellement grandes qu'il dut y renoncer, Ce n'est que plus tard,
i 1'6poque conremporaine, que quelques hommes d'6lite ont re-
pris et 6tudie a nouveau le project, et, comme on 1'a bien vu,
c'est A. M. de Lesseps que revient I'honneur de l'avoir mis a
execution.
En r6alit6, il s'agit de mettre en comunic.ation l'Ocean Atlan-
tique et I'Oc6an Pacifique par un canal a travers l'Isthme de
(i) Le colonel Goethals, charge de la construction du canal, a
annonc6 que la construction ne cofitera pas deux milliards de francs
comme on l'avait pens6. Le prix de la construction, dit-il, atteindra
probablement le chittre d'un- milliard 875 millions de france.










-20-

Panama.- Pour mieux dire, il s'agit de r6unir pratiquement
les deux Oc6ans, afin de permettre aux navires de passer, en
quelques heures, de l'Atlantique dans le Pacifique, et vice versa,
Au reste, en consultant la carte, on peut voir combien.les
itineraires actuels seront r6duits, lors de l'ouverture du Canal
interocdanique.- Aujourd'hiui, le d6troit de Magellan est l'uni-
que passage en Amerique des navires a vapeur partant soit de
l'Atlantique, soit du Pacifique.
Que ces navires viennent du Hivre, Bordeaux, Marseille,.Lon-
dres, Liverpool, Hambourg, Breme, Anvers, Barcelone Genes:
qu'ils viennent des ports bresiliens ou v6nezudliens: qu'ils aient
pour points de depart les ports qui avoisinent New-York: .en
un mot, tous les navires tenant deb cotes occidentales de l'an-
cien monde et des c6tes orientals du nouveau sont.obliges de
doubler toute la grande Amerique du Sud et de naviguer dans
les sinueux contours du d6troit de Magellan, avant d'entrer
dans le Pacifique. Qui pis est, pour atteindre le mdme bit,
les bitiments a voile sont obliges, en courant les risques les
plus serieux, de naviguer de longs mois pour doubler le fameux
-Cap Horn. Ce Cap, semble-t-il, est la terreur des navigateurs, a
cause des temp6tes et des vents qu'on rencontre I ext-r6mit:
de la Terre de feu. D'ailleurs, dans tous ces parages, depuis la
Patagonie, jusqu'aux miles Malouines, nommees Falkland par les
anglais, ce sont des mers turbulentes, de terrible ouragans.
Demain, it n'en sera pas ainsi. En effet, a partir du Ier Juillet
1915, la route du d6troit de Magellan sera remplac6e par une
nouvelle route qui n'aura pas ces inconv6nients.


La future route offrira le pr6cieux advantage d'abr6ger les
distances dans d'6normes proportions. Et, comme dit Mr.
Bianconi, il serait trop long de mentionner tous les itineraires
qui subiront des modifications de ce chef, modifications qui
sont, du reste, plus appreciables graphiquement et numbrique-
Iment Aussi, -l'ingenieur-g6ographe croit-il, dans l'interft du
commerce, devoir tracer sur une carte sp6ciale .les principaux
itin6raires actuels et futurs, et donner, sur un tableau, les dis-
tarides comparatives entire les. deux itin6raires reliant les prin-
cipaux ports du globe.
Si nous prenons comme example le Hivre (port de depart .) et
San-Francisco -( port d'arriv6e ),' nous constatons que la dis-













tance (en milles) parcourir est de 13.390 parre dtrit ide Ma-
gellan, et de 8. i19 .par le Canal de Panama :'d'6o iune diff6-
rence de 5.27r entire les deux itineraires, en fav'ur,du 'Canal.(i)

( 1 ) Voici. d'autre part quelques chiffres qui montreront
de combien les distances de navigation seront rddiites par la
nouvelle voie.
a La distance de New-York A San-Francisco,, auto6ur du
Cap Horn, est de 14 840 miles marines; par le canal de Pa-
nama, la distance ne sera plus que 5.3oo miles. De Harm-
bourg, la distance par mer jusq'u h San-Fraricisco' est' lde
15,14) miles en contournant le Cap Horn, et de 8.488 dil-
les par le nouveau capital.
.(La distance actielle de New-York h Hotig-Kong par le ca-
nal de Suez est de 11.655, miles ; 'par Pa'nama, ia distifice
sera de 9.835 miles. Melbourne sera A.2.ooo miUles phlus:pres
de, New-York que Hambourg (10.247. miles au lieu de 12,307
miles, distance Hambourg-Melbourne).
La distance Hambourg-Yokoharia, est actuelleimeiit de' 12.
53o miles, et reslera la m6me, alors que la distance de Ndew-
York h Yokohama par le Panama sera,de 9.835 mtiilds) suoit
une reduction de 2.700 miles en faveur de New-Y6rk ).
Le a Temps ) du, 15 novembre 1912, public information
suivante :
aLe President des Efats-Unis, M. Taft, vient de, lancer, une
proclamation qui fixe les droits de -page darts le canal de
Panama. -
< U'n navire .marchand transportant des ,qy geurs o.une
cargaison payera un dollar 2o cents (6 fraics )' par tonne
nfetted, c'est-h-dire pour chaque centaine de pieds cubes de
capacity utile.
aLes vaisseau,x charges de lest sans passageris'ni cargaison
paieor6it40 o/o de moins que ceux avec passAgers ou cargai-
sons,.
L( tes navires de guerre, except les transports, les niavires
charb'6hniers; les navi.res-h6pitaux et ceux portant des, ap-
provisionnements, payeront 5p cents ( 2 fr. 50 ) par tonne de
d6placement.
Les Itransporls des armies de terre et de mner, les na-
vires cliabonniers, les navires-h6pilax' et les inaviets porlant
des approvisionnements payerorit un dollar 20 cents par ton-
ne. nette.
i La capacity de ces vaisseatix sera meisree comme s'il










-22-


* Ainsi- la ab.uvelle artere r6duira de .presque la moiti6 le che-
mini a faire. Gette abreviation des distances sera surtout profi-
table au developpement et au progres des ports americains du
Pacifique. Et elle ne profitera pas moins aux miles Sandwih, aux
miles Tahiti, Aux miles Samoa, a l'Australie. A la Nouvelle-Z61an-
de, a la Chine, au Japon, aux Philippines, a toutes ces vastes
et riches contr6es de l'Asie et de l'Oceanie.
De ce qui prdcede, il resort que ce grand 6venement don't
se pr6occupe a just titre le monde entier, contribuera non -
seulement A rapprocher les diff6rents peuples, a les 6clairer les
uns par les autres, mais aussi A favoriser leur essor, en aug-
mentant leur activity laborieuse. Et c'est justement en pr6vi-
sion de cet immense movement d'affairds que les nations
bietr outill6es-cherchent a s'assurer des maintenant des gites
d'6tape, de bons d6bouch6s sur la route de Panama.
Djia, elles ont arr6t6 leur programmne d'action, et acc6le-
rent leurs pr6paratifs. L'Angleterre organise ses colonies, cons-
truit une calc s6che a la JamaYque et ouvre a Kingston un ar-
senal avec toutes ses d6pendances. Le Danemark d6pense plus
de 38 millions de francs pour creer a St Thomas un port franc.
La France effectue des travaux A Fort-de-France (Martinique).
qui deviendra une base navale important. Le Japon est en
pourparlers pour la creation des 6tablissements dans la baie
mexicaine de Magdalena. L'Allemagne... oui, I'Allemagne dd-
sire avoir, soit en Haiti ou ailleurs un d6p6t de carbon. On
le comprend sans peine, a routes ces influences 9 ne laissent
pas d'inquidter le Gouiernement Americain, car elles ne ten-
dent A rien moins qu'i gener le contr6le des Etats-Unis sur
le Canal. "
De son c6t6, la grande R1publique du Nord ne n6glige rien
pour accroitre sa puissance dans le Nouveau-Monde. Non con-
tente d'occuper toutes les approaches de l'Isthme, d'avoir une
base d'action solide, elle voudrait en tirer le plus de
profits possibles. C'est pourquoi la discussion sur les droits de
passage du Canal a eu tant d'ampleur ces jours derniers au
S6nat ambricain.

s'agissait de reliever le tonnage net des navires marchands.
(. Le Secretaire d'Etat A la guerre pr6parera et prescrira
les r6gles de jaugeage pour les vaisseaux, ainsi que les r6gle-
ments qui pourraient Wtre n6cessaires et appropries i la Imi-
se en vigeur de la prdsente proclamation D.










-23-

Les uns sont en faveur d'un canal essentiellement libre aux
navires et au commerce de tous pays, x c'est-a-dire que.. les
droits a reclamer se borneraient au coup r6el du halage et du
movement g9ndral des navires. ) D'autres sont au contraire
d'avis de baser les droits de passage pour les 'navires strangers
et americains engages dans le commerce exterieur sur les d&-
penses annuelles aff6rentes a l'exploitation, ii l'entretien et au
pavement des intr6rts sur les placements, et d'exempter de ces
dro.its les navires faisant exclusivement le cabotage entire les
ports des Etats-Unis, de l'Atlantique, du Golfe et du Pacifique.
11 parait que c'est le dernier point de vue qui a pr6valu au
Senat amdricain en violation du traits Hay-Pauncefote.
K D'apr~s des armateurs, experts en matieres de transports
maritimes, on pense que les navires qui se serviront du Canal,
pourvu que les droits soient raisonnables, repr6senteront un
total de plus de 10.000.000 de tonnes nettes, peut-8tre mrme
i2.ooo.ooo. On estime A P. 3.000.000 par ani.-les d6penses d'ex-
ploitation du Canal. Les placements de fonds l'ach6vement
du Canal s'&lveront A P. 40.000.000 ; en fait d'int6r6t A payer
sur cette some, si l'on prend comme base le taux peu Mlev6
de 2 1/2 pour cent, ce que l'on paye pour les obligations
gouvernementales, I'int&r&t sur les placements de fonds s'l66 -
verait a P. o10ooo.ooo. Si donc on 6tablit les droits de. pas-
sage sur ces d6penses fixes d'inthrkt, d'exploitation ou d'entre-
tien, ils doivent rapporter un revenue annuel :de P. 13.o000o.o000o
o En se basan- sur io.ooo.ooo de tonnes nettes, non com-
pris les navires en cabotage de nationality ambricaine, les droits
de passage s'l6&veraient A *P. 1.30 par tonne nette. (i) En
supposant que le jaugeage d'un navire soit en moyenne de
3.000 tonnes nettes. il devra payer pour chaque voyage
P. 3.900 soit P. 7.8oo aller et retour, some qui paierait le
traitement du capitaine, de trois officers et les gages de plu-
sieurs membies de l'6quipage pendant une ann6e tout entire.
On le voit, tout est minutiensement &tudiL.

(i) On pretend que ce prix est relativement ~leve, le tarif actuel
pour le canal de Suez 6tant de 6f75 pour les navires charges et de
4t45 pour les navires sur P'est, prix qui seront d'ailleurs diminues de
ofso centimes A partir du ler Janvier 1912. ( Le c Temps-)) du 15
nov. 1912.) etc.










-24-


Da..~ce .:ofert dbs nations, HaYti, dtarit donn6 sa position
geQgrap.hiqqie, a u'e place marquee; elle doit bendficier prit?-
cipa'im'2ntrde 1'ouivertire du Canal de Panama. Ainsi que
"rtius. l'av6ns 'crit .plus d'une fois, c'est un pays d'avenir oil
les tipsactiphs se d6velopperont ais6ment sur une tres large
echelle ; "c'est in pays riche en possibilities pratiques.
T 1Cefe ile; dit 'le President Grant, dans son message au
,opg.resde i87~r, comm-ande 1'entree de la Mer des Caraibes et
l pihre par o" 'sse le commerce de. I'Ocdan Pacifique. Elle pos-
s6de le sol le'plus fiche, des ports excellent et large, un
climate tris salubre ; et les products de ses mines, de ses forces,
de-son.'.sol n'ont de superieurs dans aucune autre ile des An-
tilles. ;La .possession, pour notre pays, donnerait nais, ance, en
peu'd'annaes,.A un commerce maritime qui contribuerait puis-
sainment .A'ren.dre sa splendeur, aujou.rd'huii perdue, a notre
marine marchande.
-, Elle:houis procurera tous ces articles que nous consommons
largement et quie nous ne produisons pas, ce qui amenera 1'6-
'quuiibre-entre nos importations et nos exportations. En cas de
:"guerre :'trangdre elle nowu donnera une position dominant dans
*les miles. de la iner :des Caraibes et empechcra l'ennemi d'avoir un
"point :de Mend.eK-vdus 'a portde de nos cotes.
.,; A present, note commerce c6tier entire les Etats bord6s par
l'Oc6an Atlantique et.ceux bord6s par le Golfe du Mexique est
coup en deux par le Bahama et les Antilles. Nous devons
lasserdeuxfois A5tiat ers des mers ou des pays strangers
tpi'r:aller :ir mer 'de la G&orgie aux c6tes occidentales de
!a Flbride. '
.". L Iacquisition de cette Hle est en harmonies avec la doc-
tiriYie de Mbnro: ; c'est une measure de protection national,
-c'e'st 'rie assertion de nos justes prdtentions A contrdler l'im-
hiense :lradic qui bient6t ira de l'Oaust a l'Est par 1'Isthme de
Dai'h i c:'est'-umi moyen de faire revivre notre marine mar-
chande : c'est 6galeltient le 'noyen d'ouvrir de nonibreux mar-
ch6s aux products de nos fermes et de nos manufactures. D

-'T6uV.tela, n'est-ce pas -autant de raisons de mettre lil e
"d'Hati' sous la:ga antie international ou plit6t sous la sanction
c6llective desgrandes Puissances '?
Qu'on y r6fl6chisse un pcu !.. 2i Scptembre i912,












La Doctrine de Monrod
Son origine- Son hisloire.


On se rappelle que la vaste et belle Amerique lati'ne fut te-
nue en esclavage pendant trois sieclcs par les. portugais
et les espagnols.
Oui, pendant trois siecles, ces conquisladores faisaiekt
suer des richesses aux habitants aulochIplies 'de cett im-i
mense contr6e et ne leur laissaient d'autre choixilue;: l'as-
servissement on la mort.
Mais la revolution d'Aranjuez de .1808 qui :renversa les
Bourbons d'Espagne leur offrit 'Foccasibn de s'a'ff nehir de
leurs oppresseurs.
Libertei ou la morl, telle 6tait leur devise.
C'est done A partir de ce moment que 1'Amnrique espa-
gnole se leva en masse centre l'ennemi commun.yPariai.les
heros de cette just cause le fameux Hidalgo, curt.,de
Dolores, an Mexique, se signal particiulhirpment. A-vecsI n
poignde d'hommes, il battil les troupes. royalistes ezamrinles
rencontres et enleva les positions les plus difficies. Et;
plus tard, en 1819, Bolivar, A la tlte:de ces faroupwe mam6-
ricains, acheva I'ceuvre d'6mancipalion.
Ainsi, en l'espace d'une dizaine d'arindes, I'Espagne, celte
nation orgueilleuse, ce puissant empire dnu eizikme 'siece
,( sur la terre duquel le soleil ne se couchaitjamais 4 avait
perdu presque toutes ses colonies dans le N6uveau Minde.
Juste retour des choses d'ici-bas !...
On s'en souvient, c'est vers la meme dpoque que dles af-
faires allaient Wtrs, mal en Europe oti les puissanlces coa-
lisbes livraieut un dernier assault Ai 1l'Ogre de iGoise..
A ce xmoment-li, en effect, 'Euxope dtait mise a feu ,et;,a
sang. Apres la champagne de Russie en 18t2 oii.sambraitila
grande Arm6e, Napoleon dut subir l'arrmt du desti. ,
Auissi, de!1815 4 .823, sous le nom- de conc-;t europaep
ou de pentarchie, les cinq. -graikdes p.uissances iqui costnti,-
tuWrent alors un ardopage :.oliUiq.ue, .impos6teat- l1es~Auxt
volont6 dans les affaires jint6rieures ietext6ri4ur*es dAs!Atis-.
ind6pendants.












Elles assum6rent, pour ainsiTdire, le r616 de justiciers
internationaux,et, par les diffdrents irailts qu'elles sign6rent
A cetle 6poque, elles 6rig6rent un systeme permanent d'in-
tervention dout le but evident 6tait a de piotlger les mo-
inrques contre .les tendances revolutionnaires dls peuples.)
Le Irait4 de la Sainte-Alliance de 1815 dtaiL le module du
genre.
Cet acte a solenael et sonore ) qui ne conlenait que des
principes vagues et mystiques devait donner plus lard. sa
porlee pratique A la suite des congrAs de Troppaio et de
Laybach.
C'est, du reste, a cause de son execution dans le Pi6-
mont que I'Angleterre se retira du concert europeen.
Point n'est besoin de. dire que 'l'Espagne, pour recon-
querir ses colonies, s'adressa A la France, A I'Aulriche, A la
Russie, A la Prusse qui composaient la Sainte-Alliance.
En effet, ces puissances r6solurent de I'aider A faire ren-
trer dans le. devoir ces peoples revolutionuaires. On le
pense bien, ce projel causa une grossed emotion en Am6-
rique. La grande R6publique du Nord a .qui avait assist
avecsympathie au movement de r6volte des- colonies es-
pagnotes contre la mnre-patrie ) ne pouvait resler iudifl6-
rente dtcvant une telle entreprise. Elle craignait, non sans
raison, .~ie le r6tablissement du principle monarchique dans
son voismage ne fuit pour elle une grave menace. De plub,
elle1 ne'yoalait pas admettre comme principe du droit des
geos la doctrine d'ingerencm perpetuelle. Car,il n'y a pas
le droit contre le droit.
Pour toules ces raisons, le Gouvernement f6ddral rdsista
aux' r6lenlions des puissances signataires de la Sainte-Alliance
et pour bien montrer qu'il s'opposa A la mise en pratique de
leur resolution, il eut recurs A une declaration de principes.
C'est alors que JamesMonroe,homme d'Elat remarquable,pr6-
sident des Etats-Unis demand conseil A Jefferson don't il esti-
mait le seos politique. Celui-.i dans une letire demeurde cd-
16bre u( condensa les deux principles essentials de la diplo-
imatie amdricaine, principles qu'elle a conserves d'ailleurs A
1'heure actuelle, celui dit de la non-intervention et celui
prkcisirrent de la doctrine dile Monroe.D
c Notre premiere maxime fondamentale, 6crivit Jefferson,
d9it 6tre de ne jamais nous laisser entrainer dans les que-










-27-

relies qui troublent 1'Europe ; la second, de ne pas s.onf-
frir que 1'Europe se mele des affaires de ce c6lt-ci da I'At-
lanlique.
a fait distinets de coux de I'Europe el qui lui appartiennent
en propre. II1 faut done qu'elle ait un systlme A elle et s&-
par -de I'ancien continent.- (1)
Ce fut une heureuse inspiration et le president Monroe
en fit dtal dans un message adressd le 2 d6cembre 1823 au
Congres des Elats-Unis.
a Nous devons, dit-il, A notre bonne foi. aux relations
amicales qui existent entire les Etats-Unis et les puissances
europeennes, de declarer qua nous considerons toute tenta-
live de lear part d'6tendre leur sysl6me A quelque parlie de
cet hemisphere come dangereuse pour notre tranquillity'
et notre streto. En ce qui concerrie les colonies et ,ls d6-
pendances actuelles des puissances europdennes, nous ne
sommes pas intervenues et nous n'interviendrons pas dans,
leurs affaires.
(Mais en ce qui concerne les pays qui ont proclaim laur
affranchisseinent, qui 'ont maintenn et don't nous avons
reconnu l'ind6pendpnep, apres de .mdres refl6xions et d'a-
pros les principles de la Justice, nous ne pourrions envisa-
ger l'intervention 'd'un pouvoir europeen quelconque, dans
le but de les opprimer ou de contr61er en aucune mani]re
lear destinoe, que cc mine la manifestation de dispositions
hostiles envers les ltats-Unis.
e...Notre polilique, ajonite-t-il, consiste A ne jamais nous
interposer dans les affaires inlerieures d'aucune des puis-
sances de 1'ancien monde ; A consider le gotivernement
de fait commine gouvernement 16gilime relativement a nous ;
A 6tablir avec ce gouvernement des relations amicales et A
couserver par une politique franche, ferme, courageuse, en
admettant sain distinction les justes reclamations de totes
les puissances et en ne souffrant les injustices d'aucune.
< gent tout A fait de face car si les puissances allies vou-
laient faire prdvaloir leur system politique (tans l'une ou
l'autre, parties de I'Amtrique, elles ne le pourraient 'pas


(1) Excelsior, 12 Aoft 1912.











-28-


sans qu'il en r6sulttil un danger imminent pour rnoire
bonheur et notre tranquillity. II nous serait impossible de
demeurer spectateurs indifefrents de celle intervention sous
quelque forine qu'elle euit lieu.)


VoilA la declaration qui :rebut le' nom de doctrine de
Monroe et qui a tire son origime de i'ind6pendance des
anciennes possessions transallantiques de. I'Espagne.
Cerles, cetle declaration, telle qu'elle est conque, est ex-
cellente ; elle tend A prevenir les conflicts en proclamant la
ndn-intervention. Desormais I'Europe n'est pas autorisde A
inierNenir dans les affaires am6ricaines, ni A 6tablir en
Amnrique sa domination politique.
<( L'Amerique aux americains ), tel est le nouveau prin-
cipe du droit public.
D'aitre part, les Etals-Unis s'engagent solennellenment A
ne pas s'ing6rer dans les affaires intlrieures et exterieures
de l'ancien monde.
Tout cela est bel el bon.
On ne pent trouver rien A redire d'une doctrine qui pose
aussi nettement le respect mutual des Etats. II fault y in-
sister.
LA fameuse Doctrine proclame (( que 1'Animrique cesse
d'etreun champ de colonisation pour les Eurore6ens.-'-Ce
qui veut dire, que ces peuples qui venaient de cbnqubrir
leur Ind6pendance, ont le droit de se donner des institu-
tions i'rpublicaines, el que I'Europe ne peut les obliger A
changer conduile politique. Mais, cela velit-il dire que,
de preference, les Etats-Unis doivent les coloniser, les tenir
en tulelle ? Eh bien, disons-le lout de suite: cette
doctrine que Bismarck, traitait <( d'iinpertinence interna-
tionale ) et que les jingoYstes amDricains traduisent aujour-
d'hui par ces mots : Hands up Europa a eu toujours celte
interpretation de ce c616-ci de I'Allantique.
L'Amerique aux Etats-Unis. Les homes d'Etat ambri-
cains, qu'ils soient d6mocrales ou r6publicains, n'oit ja-
mais compris autrement la declaration du President Mon-
roe.












Oui, c'est elle, cetle interprtlalion 6goiste, qui aboutit a
consacrer (( l'imp6rialisme et I'heg6moide x des Elats-Unis
sur le continent americain. Et .s'il fault s'en tenir aux fails
historiques, relatifs A cette doctrine, on est entierement
MdifiU.
N'est-ce pas, d'ailleurs, en soa nom qu'en 1848, les Elats-
Un.is prirent la Haute Californie, le Texas, le Nouveau-Me-
xique et une. parties de Coahuila ? N'est-ce pas a cause
d'dtle, qu'ils intervinrent dans la guerre du Mexique, et
qu'ils exig6rent la fin de I'occupa.ion frangaise dans ce
pays ?
N'est-ce pas elle qu'ils invoquerent pour interdire au
Chili 1'annexion des territoires piruviens ; pour ddclarer la
guerre A i'Espagae en faveur de Cuba ; pour intervenir
dans l'incidqnt surve u en 1895 entire le Vdnezu6la et quel-
ques puissances europ6ennes ?
Uri fait qui frappe 1'esprit le plus vulgaire, c'est ljue de-
puis une quizaine'd'aan6es, la RMpublique Nord-Amniricaine
devient un objet d.'appr6hension el d'ahirmes pour toules
les petites R6publiques de eel hdmisphere. Dans ce court
space de temps, elle a pris l'ile de Porto-Rico'; elle a
cr66 la Republique de Panama. La Republique de Cuba est
virtuellenieit sous son linhgmonie. Toule 1'Amerique Cen-
trale, A 1'exception de la colonie anglaise de Honduras et
des Anliiles europiennes, est soumise A sou prolectorat de-
guise. Elle exerce en Dominicanie un contr6le financierlqui
prend depuis quelques jours Ie caractare d'un contrOle po-
litique. Elle maintient envers le Mexique une attitude equi-
voque et menagante; elle jelte un regard de convoilise sur
le Brisil. Elle complete I'absorption du splendid Doihi-
Dion.
De vrai, la lettre du President Taft relative A l'adjonction
du Canada aux Etals-Unis ) a d6fray6 en ces temps derniers
toute la press mondiale. Et nous pourrions contituer cet
expos par la citation d'autres ;ays don't eile a faith defini-
tivement la conquite dconomique. Ne l'oublions pas : d'a-
pies le programme de l'imperialisme, la conqudte 6cono-
mique est la preface de la conquete politique.
Mais ce qui suscite surlout I'animositt g6n6rale des puis-
sances contre les partisans de cette doctrine, c'est la poli-
tique de I'Union Amtnricaine en ce qui concern le canal










-80-


de Panama. Cette politique devient, en effect, chaque jour, de
plus en plus inquidtante.
Assuremenl, on ne sau.rai! faire un crime au Gouverne-
ment des Etats-Un's de songer a d6fendre le Canal conlre
toute atteinte de 1'Europe, au double point de vue politi-
que et dconomique. C'est son droit le plus 16gilime. Du
reste, en vertu du traild Hay-Pauncefote de *1901 rempla-
cant celui de Clylon Bulwer de 1850,- il en a obtenu lion
seulement la possession, mais il a acquis le droit exclusif de
le construire, d'assurer la responsabilit6 de-sa protection et
d'en r6gler la neutralile. Seulement, on lui reproch.e, avec
quelque apparence de raison, d'en vouloir faire ie creuse-
ment rien qu'A son profile, et d'employer un syst&me de self
defence qui, s'il 6tait accepl6, emp6cherait les puissances de
s'installer en Amdrique. Deux aces 6mands du S6nal am6-
ricain, lout rdeemmewil, vieiiieut justifier celle opinion.
D'abord, le vote 6mis le 3 Aott dernier A Washington sur la
motion du s6nateur Lodge; epsuile celui emis a quelques
jours d'inlervalle sur l"ensemble d'un project de loi relatif au
canal de Panama.
La resolution du senateur Lodge interdit A lotie compa-
gnie fina:ci6re 6trangere d'acquerir des terriloires sur n'im-
porle quel point du continent anmricain. Ce vote vise par-
ticulierement le Japon et I'Allbmagne, qui tons deux font des
teniatives pour acquerir des territoirts dans la region de
I'Istminie. Le second vote viole ouvertement ie traits Hay-
Pauncefote qui stipule I'egalitI de traitement pour les na-
vires de toutes les nations traversant le Cainal.
Effeclivement, le Se6at example des droita de passage du
Canal, non-seulement les caboteurs americains, mais encore
les navires au lorg course batlant pavilion animricain que
leurs armatears aurcnt consent A meltre a la disposition
des Etats-Unis en limps de guerre.
Est-il be;.oi'i de dire l(jUn les puissances inldressdes pro-
testeul conire ee project?
,& L'Angleii ire a dkja fait connailre son intleilion de soUi-
mettre cttle q(vestioii des droils de jp6ige au tribunal d'ar-
bilrage de ia fliye. D'ailJeums, eu Amcrique m6me, le gesle
d'imp'erialiswe cconon.ique du Senat n1' pas eu uie bone
press : I s joutnaux les plus serieux des ltats-Unis ei des
personualitls appartenatit aux professions les plus varies











-31-
out qualify le Panama Bill de. shonore le pays.)) (1)
Aussi en presence du meconlentement general, lant en
Amerique qu'en Europe, a-t-on 0t6 oblig6 d en aiourner le
vole definitifjtisqu' lia prochaine session du Congr6s.
Comme on vient de le voir, avec cette nouvelle ('exlen-
sion de la doctrine de James Monro6, il est fort proba-
ble quo, dans un temps plus ou moins 6loignd, il n'y aura
du Cap Horn aux terriloires glacis de I'Alaska aucun eta-
blisseinent europ6en.
Chose digne de remarque, landis que le Gouvernement
de la RWpublique Etuil& f;iit defense anx peissances d'avoir
un pouce de t(rriloire dans le Nouveau-Monde; lui mnme, il
ne se gene pas, malgre la declaration de 18-23,d'intervenir
dans les affairs du vieux monde, et d'y faire m6me des
conquetes.
LAmnrique et le monde aux Etats-Unis.
Ce sera bien6ll un nouveau sysftme de la politique
mondiale. Qui vivra verra.
.Novembre 1912.
(1) La Grande Revue, No. 16, Aoft 1912.












ETAT ACTUAL DES TBAVAUX
DU
CAlNTAJ.' DE P.EAlNTA.IVEA (1)

Les francais diviserent la ligne du canal en onze
chantiers : Colon, Gatui, Bohio-Soldado, Gorgona, Mata-
chin, Obispo, Empei'ador, Lulebra, Paraiso, Corozal et la
Boca.
Par leur situation, Gatun et Culebra en sont les deux
principaux et offrent, par consequent, des travaux diffici-
jes d'ex6culion.
A propos de Galun, lors de la reunion du Congres
international, en 1879, a Paris, la proposition d'un
barrage avait 6t6 faite par M. Godin de Ldpinay. En
effel, le cel6bre ingdnieur des Ponts et Chaussdes, en oppo-
sition au canal A niveau, proposal de (former un grand lac
central avec uii plan d'eau A vingt-quatre m6lres de hauteur
au-dessus de I'ocean, grace A un barrage A Gatun, s'il Mtait
reconin possible, ou en tout cas h Bohio A quinze kilo-
mietres plus haut s. M.is le Coagres reponssa cette m.-
thode de comnsruclion, et ce u'est que vingt six ans plus
lard, en,1905, qu'on y revint. N6anmoins,M. Bunau-Varilla
qui en fit la proposition devant la commission interna-
tionale, rduni, A Washington par M. Roosevelt, out bien
soin de dire qu'il reprouve son application a Gatun persisfe A considcrer le barrage comme expose & des ris"
ques ioadmissibles. x.
Aujourdi'hui c'est chose faite. Les ing6uieurs am6ricains
ont fait de Ga ni un lac dout le niveau d'dtiage est de26
m6tres, avec l'iplti closes. Ce qui veut dire que les navires
qui traversir'unt le canil moiitront A un niveau de 26
miitres, en pa'ssant par uinI serie de trois ecluscs.

(x) Les p.iges qui suivnt .sont indites. Nous profitons de
cette o0 :.ciLII putii- icwn'rcier. M. C:iraquit, l'aimable Directeur
du q Nouv 'll.J:ic, d s avoir publi&a dans son int6ressant
Quoti'.ien.










-33-


11 s'agil, bion entendu, des navires partant de Colon,
port d'enlree sur 1'OcMan Atlantique.
Dtns tn iitjfressaht article sur I'etat d'avancement des
travaux dui Canal de Panama, pnru dains le Bulletin do
l'Union Panaminricaine, en septembro dernier, I':iu!eur, M.
Granville Fortescue, donne A 3et'egird des renseignements
tres prldis.
Le barrage et la voie d'ecoulement de Gatui sont les
caractrisliques de celte gigantesque enltrpwris. L'eau
qui couvre une surface considerable anu'a 2fi4 kilomnitres
d'6tendue, quand elle aura atteint la hauteur de 26 1m6tres.
Ce sera riant de 305 metres A 153 m6tres, traversaht son centre ).
Les ecluses sont doubles, out 33 metres 50 de larger et,
une longueur utilisable de 305 metres ; elles sont cons-
truiles en fer, en ciment, avec l'6rection de deux murs
de c6td, et d'un mur central qui les divise. De puissan-
les portes de fer, ayant 2 m6tres 15 d'dpaisseur ferment
les chambres de l'cluse d'un mnur 6 I'autre.
c On peut mieux comprendre, ajoute-t-il, et m6me- so
rendre compete de l'immen.it6 du travail que I'on a entre-
prise, si I'on sail que dejA on a employ aux ecluses de
Gatun, 4.647.000 m6tres cubes de bd:on et que le travail
n'est pas achev6. Cominme it faut environ 1.800.000 metres
cubes de b6ton pour la construction de ces 6eluses on:voit
tres vite le peu de travail qui rest A faire, 4 cot endroit v.


De meme, les frangais diviserent la region traverse par
le canal en trois parties ; la vallie de Rio-chagres, d6bou-
chant dans l'Atlan'ique ; une region montagneuse dite la
grande tranchee ou Culebra.et la vallde de Rio-Grande vers
le Pacifique.
Au dire de M. Bianconi. les travaux de derivation du
Chagres don't le canal suit le lit dans la parties infdrieure
sont d6licats et grandiose A la fois, A cause qu'il faut se
d6fendre A Panama centre la masse d'eau d'une region
tropical, landis qu'A Suez on ne se preoccupait que d'y
amener une quantity d'eau douce suffisante.
A partir du Bas-Obispo oft les collins se rapprochent des
deux c6t6s, on est A la rentr6e de la Grande tranch6e de










-34-
Culebra. (1) Ici, aussi, c'est un travail de titan qu'on a en-
trepris.
C'est pourquoi les frangais y concentraient les plus for-
midables engines lels que : excavaleurs, tranches-montagne,
dragues, trains de ba!last, etc. Tont au d6but on estimait la
tranchee maxima A 110 metres de hauler jusqu'au plafond
du canal et la quanlil6 de terre A exlraire des montagnes a
88.000.000 de metres cubes Mais par suite d'.boulements
qui s'y produisirent, le ch;ffre d'extraction augmente chaque
annde et depuis 1895, 819.00U.000 de mtlres cubes vien-
nent s'ajouter au chiffre primitif.
Quoi qu'il en soil, les iravaux y sont menoa tr6s active-
ment et, d'apres les ingdnieurs aim6ricains, ces phdnom&-
nes ne peuvent retarder l'ouverlure di canal.
A en croire le rapport des inghnieurs frangais, le nombre
de metres cubes A exthaire 6tait au commencement de 110
A t20 millions pour le creusement du canal.
Voici. d'ailleurs, les ~hiffres d'extraction de 1888 A juin
1887:
1888 2.7b0.534 m3
1884 7.454.784
1885 8,150.000
1886 11. 27.(000
Et dans les cinq premiers inois
de 1887 5 838. 0J0
On doit se rappeler qu''. parlir de 1887, M. Varilla
avait faith adopter par Ila compagnie franc iise une md-
thode d'excavalions des roches noy~es. Cela devait per-
metire A la fin de 1890 d'avoir une line d'eau continue
d'un ocean A l'autre, et au course de 1891, i'ouverture du
transit. Celle m6thode consistail surtout a examiner l'ex-
cavation des roches noytes a un prix ,gal, sinon inferieur
A celui des roches exposes l'Fair libre. L'excavalion dtait
done porlee Ai in million de m6ires cubes mensuels. Aussi
A la veille du krack financier le 1888 qui a a avi le fruit
pr6cieux de tant de sacrifices et d'efforts D, il ne reitait
que 8 millions de cubes A excaver.
Mais cette measure fut d6laiss6e par les americains qui,

(1) L'auteury a travaill peudant quelqt-e temps,









-35-
selon M..Varilla, auraient ouvert le canal en 1909, en y
d6pensant moins de cinq cent millions, puisqu'ils einploient
aux thivaux un effectif de 33,999 homines et qu'ils ob-
li ainint 2.393.000 mitres cubes mensuels. Eli r6suam les
travaux de la section de I'Atlantique dout la longueur est
tle 11 kilom6lres 375m. sont presque finis. .
II en est de md no de la section li sud, tongue de 50 km.
En ifTt, les travaux de creusement, mailgi'. It march
en avant des terres, seront achev6s A temps. II est vrai
qu'on travaille en mdme temps A changer 1'emplacement du
chemin de for de Panama, par suite de la crdition du lac
de Gatun, ma s cela ne retardera pas leur ex6culion.
Quant A la section du Pacifique mesurant 17 km,700m.
elle sera sous peu en pleine exploitation. Les clauses de
Pedro Miguel quni font suite A cells de Miraflores se
conslruisent, come cells de Gatun ; elles seront assez
spacieuses pour laisser passer tous les navires du type
<( Olimpic ).
SApr6s les 6ckses du lac de Miraflores, on se trouve danq
le canal A niveau. M. Granville Forlescue A qui nous em-
pruntons ces renseignements nois apprend qu'en pregnant
un bateau sur ce qui dtait aulrefois le Rio-grande, on
parcourt environ 13 km. du canal enli -ement teimina.
D'abord on pacse A c6tL de la digue provisoire que l'on
construite pour faciliter les travaux d'approfondissement du
canal jusqu'A 13 m6tres 70. et on arrive en vue de Bal-
boa. Quiltant Balboa, on se dirige maintenant le long de
brises-lames qui s'dlendent ver.i File Naos. r 11 y a encore,
dit l'auteur, une grande troupe A remplir, mais cola ne
nous emp6chera pas de naviguer librement de l'Atlanti-
que au Pacifique, et lorsqote nous passerions en vue de
Flamenco, nous saurons que nous avons traverse le Canal,).
Le colonel Goethals a dejA faith parvenir au Prdsident
Taft le programme de r'ouverture du canal qui aura lien le
ler janvier 1915. Cependant, les bateaux de commerce
pourront uliliser le canal A partir de d6cembre 1914. (1)
(1) Dans les derniers jours du mois de d6cembre 1912,1e
President Taft a inspect les travaux du Canal,.notamment la
tranch6e de Culebra et les fortifications sur la c6te du Pa-
cifiqueo D'autre part, la station navale americaine de Guan-
tanamo (Cuba va 6tre convertie en une inexpugnable forte-
resse avancde de la-d6fense du Canal. Guantanamo est a quel,
ques miles du Mole et de Jdrdmie, D cenmbre ipj1,












PORT-AU-PRIN.CE
ET LE
CANAL DE PANAMA
Que l'on ne s'y trompe. pas, A partir de Janvier 1915,
Port-au-Prince, la capital d'Haiti, biti grAcieusement en
amphilthatie, avec dos rues large el droites, sera, apr6s
la Havane, la ville antilenne la plus frdquent6e, le point
d'attraclion le plus interessant. Par sa situation topogra-
phique, il sera le rendez-vous de la marine marchande des
deux hemispheres. En effel, dote d'une bale magnifique
qui'rappelle au voyageur celle de Naples, d'un wharf et des
quais superbes A l'instar du Havie, it est destiny a uu im-
mense d6veloppemerit, it est appel6 A un grand ivenir.
D'ailleurs, ses nombreuses resources, son excellent cIi-
mat, les sites ravissanis de ses environs merveilleusement
bois6s, lels que Mariani. Bizo.lon, Fmrcy, Kenscoff, lout est
faiLt souhait pour rendre agieable le i6joir de l'dlrangpr.
C'est une grande ville, tres hosp!ialiere et c'est aussi de routes
les Antilles le niarch6 le mienx approvisionr.d en legumes,
en fruits tropicaux de touted sorles. Sa population qni ne
compete pas loin de 125.000 Ames augmeitera dans de fortes
proportions par l'immigration. Car plus de 30O.000 d'6tres
humans peuvent y vivre A l'aise.
Cependant, pour qu'il devienne une grande place commer-
ciale, un centre d'affaires important, en mdme temps qu'nne
ville de luxe, it faut le transformer, I'cmbellir. En d'aulres
lermes, pour developper son aclivit6 6conomique, il fant
reliever le commerce national, entreprendre des travaux
d'amblioration et d'organisation.
Ce probl6me W'est pas au-dessus do nos forces. Pour le
rdsoudre, il suffit de nous modeler sur ce qui Fe fail ailleurs.
DerriiW'emenil sur la demand du d6pute Lagrosilliere, de
la Martinique, le gouvernement francais s'avisa aux moyens
x d'assurer aux Antilles frangaises le .plein b6n6fice-qui de-
vra resulte' pour ses colonies de I'ouverlure du Canal de Pa-
nama )).A cet effel, ui comit6 compose d' minentes person-
naliths a ttd orgawise sous les auspices.do M. Henri Boren-
ger, s6nateur de la 'Guadeloupe.










-37-


Eh bien nous poarrons en fair autant, nouspour-
rons nommer une commission d'organisation. comprenant
los homes d'affaires, les banquiers de toutes nationalist s,
certaines comp6tences politiques et sociales et don't la ti-
che consistera A' 6tudier avec la resolution d'aboulir a- des.
solutions pratiques, imm6diatement r6alisables, routes les
questions.qui ont trail ai ce, sujet.
Voici, selon nous, les points qui ispritent une attention.
toule particuliere:
L'hygiene publique, l'organisation d'une bonne'police sa-
nitaire, la r6fection de nos rues, la creation d'gofi.ls, la r&-
feclion du service hydraulique, la construction de .mais: ns
pour les parliculiers, la construction d'une Bourse de Com-
merce, des magasins gdniraux, des dtablissements pd iten-
tiair.es, d'un h6lel de ville, des h6tels publics, des pares,.
des thd ires, des sales de spectacles, des. bibliolhpques, des
sales de lecture, toutes choses qu-i tendront A augment.er.la.
richesse national et A procurer (( 1 s meilleures commoditls
du bien-elie moderne >).
Mais ott trouverons-nous les capitaux et les homes in-
dispensables? Quel est Ie marchM financier'qui voudra'bien
nous fair crdit ? Cette objection n'est pas assurement sans
importance. Les capitaux nous manqt:ent, el, pour avoir'
contract des emprunts onereux et passe des contracts
absurdes, presque tons nos revenues se trouvent aujourd'hui
hypothequ6s. Nous avons engage l'avenir, nous avons mang6
notre blh en herbe.
Tontefois, si nous avons le ferme propose de nous d6pouiller
du vieit homme ou plut6t si l'espril d'ordre et d'dconomie
entire definitivement dans nos mceurs, nous pourrons attirer
l,.s capitaux, ( leur donner confiance el securilt6 .
De meme, nous pourrons appeler chez nous des travail-
lenrs instruils, inlelligents, descornmergants, des industries,
des ingenieurs, si nous nous ddecidons A marcher dans la
route du progr6s. de la raison, du bon sens.
Dioons le lout do suite, homines et capitaux, nous les
trouverons chez l'industriense nation beige. Oui, la Belgi-
que qui s'inthresse a notre pe:iti Repiblique nous les foar.
nira, pour la bonne execution de ces entreprises, moyen-
nant I'adoption des contracts loyalement ndgoci6s el sincre-
ment pratiques. Car -cette fois-ci- nous emprunterons
.des travaux au lieu des capitaux proprement dits. Ce qui










-38-
vent dire que les prix des travaux A dntreprefidre seron
d6termin6s, calculus, ddbattus A I'avance 6t qu'aucune majo-
ration ne piirra avoir lieu dans la suild. C'cst un engage-
ment que nous devonq prendre par devers ceux-la qui doutent
de la puretd de nos intentions.
Mais nibus le r6p6tons et nous ne sa rions trop insisted
sur ce piint, si nous nous abstenons d'pgir, c'esit--dire si
nous ndus abstenons de doter notrek capital de ces
linments n6cessaires A la vie civilis6e, d'autres viendrout
agir -a leur profit- en notre lieu et p ace.
Par example, nous verrons s'elever les h6lels suisses
somptueux, s'6tablir des bars, des cere es, dps cafes, des
restaurants ambricaiis, fran:is, allema ds oh les haltiens
seront exclus. Dktenteurs des capitaux 9 ayant une bonne
"discipline morale, ces 6trangprs s'enterdroat A merveille
pour s'assurer le b6ndfice de toutes ces;entreprises. Nous
maugr6rons, mais il sera Irop lard. Port-lau-Prince sera une
ville pacifiquement conquise; notre plate sera peut-6tre A
la banlieue ou ailleurs.
Ce n'est pas, certes, pour s'amuser qu'on s'improvise c le
Jerdmie et la Cassandre d'un pays .
,La Vdritd est en march !....
Decdmbre 1912.





a* 41-













APPENDICE


L'IMMIGRATION
On s'en souvient, dans une serie d'articles parus au i Mpni-
teur official D en- 1899, sur ce sujet, nous avons mhontr6'que
c'est 1'immigration qui faith la prosp6rit6 des Etats de 1'Am ri-
que latine et que si nous voulons aller de l'avant nous devons
comme eux avoir recours aux bons l66ments strangers.
Malheureusement, vox, clamantis in desert.
Aujourd'hui,. it est expedient de r6soudre. ce problems et
c'est prkcissment pour en faciliter la solution que nous don-
nons les extraits suivants :

ETATS-UNIS DE VENEZUELA,
Loi du 9 juin 1891 sur l'immigration
Aux terms de 1'article 3, ne seront pas accepts
coa. me immigrants les individus de nationality asiatique, ceux
des antilles anglaisis et hollandaises, ceux Ages de plus de soi-
xante ans, A moins qu'ils ne soient le frere ou la mere d'un:
famille qui vient s'6tablir avec eux. Ne sont pas admis non
plus les individus n'offrant pas les conditions requises de sante
et de moraiit6 --- art. 4 -- Est r6pute immigrant tout stranger qui,
abandonnant son domicile pour s'6tablir dans le Ven6zuela, ac-
cepte le passage aux frais de l'Etat depuis le port d'embarqie-
ment jusqu't son d6barquement dans Ie pays art. 6, ---
Pour favoriser l'immigration, le gouvernement fournira aux
immigrants, le passage, les frais de debarquement, le logement
et la nourriture pendant les quinze jours qui suivront l'arrivee,
1'exemption des droits d'exportation sur les habits. et meubles a
leur usage, les machines, outils et ustensiles de leur profession,
le payment des droits de consulate, le transport jusqu A la colo-
nie --- art. 10-- Tout immigrant a droit A uh hectare de terre dans
la colonie of il se fixe, apr6s une annie de sejour, pendant les
deux premieres ann6es, il peut acheter des terres en friche
pour la moiti6 du prix fixW par la loi. Le prix n'est exigible
qu'au bout de deux ans; mais la revente ne peut avoir lieu a-
vant trois ans de possession ---art. 11 et 24 -
Les immigrants qui obtiennent la naturalisation sont exempts
du service militaire pendant cinq ans.
I art. 15 1. Les immigrants ne peuvent quitter le pays avant
une annie, sinon ils doivent rembourser les soinmes depens6es
pour leur transport. --- art. 16. ---










-40-
L'EMIGRATION AU MEXIQUE.
Privileges accords aux enMigrants.

Pour etre consid&r6 comme mexicain. et avoir droit aux
franchises accorddes par la loi mexicaine- il faut, si l'on est
dtrtrnger, venir an Mexique muni d'un kertificat d'un agent
consulaire ou.d'immigration, qui est ddl!vr6 sur la demand
de l'immigrant lui-meme ou d'une companies autorisee par le
government A amener des colons au "lexique ; si I'on est
dlabli dans le pays, it faut s'adresser ad Ministere de Fo-
menlo.
D.ans tous les cas, on doit presenter un certificate de bonnes
mo'urs eftieclarer quelle profession on exercait ayant de faire
sa dte'itande pour 6tre admis comme colon. Les. colons qui
s'dlablissent au Mexique jouissent pendant dix'ans :
lo De Texemption du service inilitaire;
2o De I'exemption de toute espece de contribution,
excepl6 les contributions fde6rales.
3o Exemption des droits d'imnportation et d'octroi
poua les vivres ( lh o6t le colon ne trouverait pas ceux qui lui
soritnincessaires), les instruments de labour, les outils, les
machines, denrees, nmatriaux de construction, meubles, anim-
maux de service et de de reproduction.
4q .Exemption personnelle et intransmissibles des
droils d'exportation sur les products recolt6s par le colon;
5 1 Primes pour les iravaiux notables, primes et protec-
tion speciale pour l'introduction de cultures et industries
nouvelles ;
6e Exemption des droits de regularisAtion de-'signatures
sur les passeporls delivres par les agents consulaires aux
personnel qui viennent au Mexique comme colons en ver-
tu de contrals conclus entire le government et une com-
pagnie. .
Les colons qui se seront tablis sur des terrains ddpour-
vus d'arbras et qui justifieront avoir fail, sur une dixieme
partie au* moins de leur lot, unt. plantation d'arbres pro-
poriionnfe A l'ctendue du terrain, et.cela deux ans .au
moins avavnt lh fin. du terme des exemptions. seront exemp-
tds.-pen.dant un an de plus de loute contribution.
Les colonies sont elablies sous le rgigme municipal en
vigaeur dans la Fd6ration' ou les Etats.
Tout immigrant stranger dilt, en s'ktablissant sur une
colonies, d6clarer devant Tautoritldcomp6tente s'il conserve
sa nationality ou adopted la nationality mexicaine,











-414-
Les colons jouissent en g6n6ral de tous les.droits accor-
des par la Constitqtion aux mexicains et strangers ; pour
tons les litiges qu'ils pourraient avoir, ils sont- soumis aux
decisions des tribuiaux mnexicains a l'exclisi6in absolue de
toute intervention 6trangere.
Les terrains nationaux sont ced6s aux colons dans les
conditions suivantes :
1 o En vente, au prix du tarif ; ils sonLtpayables en dix
annuit6s qui cotmmencent a partir .de' la second anne-:d't-
tablissement du cplon,

29 En vente au comptant;
30A tire gratuit.Dans ce cas le terrain c6de ne pourra
avoir-une 6tendue de plus de 100 hectares .et.le titre dl-
finitif de propriM16 ne sera dlivrM que 'lorsque Ie colon aura
justified l'avoir conserve en son pouvoir au moimis la'dixieiie
partie pendant cinq ans consecutifs. '


LA CONSTRUCTION DES MAISONS POUR LES PARTIGU-
LIERS.
C'est aussi nn grave probl6me & resoudr'.
A Port-au-Prince, par suite de fr6quents- incendies, il y, a ra-
rete de mairons; Jes loyers sont aussi chers qu'- Paris. "Avec
les 6irangers qui blient6t y afflueront,le taux de loyerisera deux
fois plus eleven, et on ne trouvera gu6re de maisons A louer. 11
imported d'y penser sdrieusement.
Pourquoi ne pa5 faire batir des maisons dans les principaux
quarters de la ville -par unee riche compagnie "de' constructin ?
G'est ainsi du rest qu'on a proc6d6 A Gosta-Rica etfdans-d'nu-
tres pays sud-amniricains. La complagnie advance les fonds, n6-
cessaires et entreprend elle-mnme les: travaux.


LA POLICE RU.RALE. --- Au point de vue de la s6curit6 de nos
campagnes, cette- question est trees imprtante. On d6oil' 6gaeiment-
lui donner une promple solution. Tout Ie' ionde sait t'Aq telles
cruelles exactions sont exposes nos; pauvresp'ays aris.Le? chefs
de section south une plaie. Come I'a si'bien'dit M'. aihinibal
Price p6re. ed donniant :la securil6 aut travailleuti agricole; on
devra s'attendre A voir s'616ver notre production'.nationala, en
tr6s peu d'ann6es, dans ine 'proportion knbrme.-
Car deux autres, 616mqents:ideipro.sp nrit6 -qi -mapquepnt ;A.,ptte
here dans nos campagnes y.seraient imm6djaleneAt "eqfraifns
par cette s6curite: i'mntelligence et le capital."












ETATS-UNIS

LE MESSAGE DU PRESIDENT TAFT

Dans le message qu'il a adress6 au Congres h l'occasion de
I'Oaverture de la derni&re session de la 16gislature acturlle, le
otrsident Taft recommande l'esprit de suite, la prevoyance a
tongue 6ch6ance dans la politique exterieure qui doit s'l1ever
au-dessus des divisions de la politique iutnrieure.
< La politique ext6rieure du gouvernement actuel a surtout tendu
a l'expansion du commerce ambricain A 1'6tranger.
(<1 a fait de la diplomatic comnierciale et pour cela il convient
d'avoir un personnel diplomatique et consulaire entrain6 et mieux
rktribu.
u(Le gouvernement, s'inspirant d'un ideal de paix, a n6gocie,
mais 6 son regret n'a:pas pu conclure definitivement les traits
d'arbitrage avec la France et la, Grande-Bretagne, traits qui
avaient pour objet de substituer la raison a la guerre pour rd-
gler les conflicts internationaux.
(Le president fait ressortir la cooperation sur le pied d'6galit:
des capitaux ambricains avec les capitaux europeens en Chine,
cooperation qui a aid6 la Rpiiblique chinoise a franchir heureu-
sement une difficile pdriode de transition,
cM. Taft insisted sur la n6cessit6 pour les Etats-Unis d'aider les
r6publiques de l'Amkrique central a se r6habiliter financi6rement
et a se d6gager de la double menace des revolutions et de 1'inter-
vention des creanciers strangers. Cette rehabilitation financiere et
et la tranquillity permanent permettraient d'6tablir des relations
commercials florissantes avec les Antilles et les r6publiques de
l'Amkrique central.
fl ,regrette que le SUnat n'ait pas approuv6 l'emprunt du Nicaragua
et donne un avertissement au Guatemala, don't les creanciers
britaniques se sont address& aux Etats-Unis pour 6tre prot6egs.
cUne remontrance est 6galement adressbe au Honduras, qui ne
paye pas ses creanciers rangersr.
tLe gouvernement s'est employ-, au Mexique, A d6fendre les
intt?&ts am'ericains, et a heureusement suivi envers ce pays une
politique de non-intervention.
aApr6s avoii constat6 le developpement de l'exportation amdri-
caine, Ie president insisted sur la n6cesssiite- de crder une forte
marine marchande, d'&tablir, a l'6tranger. des banques amdricaines,
des .journaux americains, des bureaux de renseignements ameri-
cains pour faire connaitre les products des. Etats-Unis..
tll rappelle I'ouverture prochaine du Canal de Panama qui va a-
mener an redoublemerit d'activit6 dans la-vie international,













ePr6parons-nous, copiclut M. Taft, aux grands Ov6nements qui
vont en r6sulter. Ayons une diplomatic moderne et alerte afin
de traiter les\ probl6~pes de nos relations extdrieures avec ma-
gnanimit6 et en conformity avec l'ideal Mlev6 d'une grade nation.

((On a remarqu6 dans le message du president le passage dans
lequel il dit que la tendance caracteristique de sa poliiique et de
sa diplomatic a dt6 de substituer le dollar au boulet de canon..
(Le Temps du 5 D6cembre 1912.)



EXPANSION WERRITORIALE DES ETATS-I, IS

( Lorsque Ics Etats-Unis, dit M. Jean M6neval, vers le
milieu du dix-neuvi6me sibcle,.eurent r6alise leur d6veloppe-
ment territorial d6finitif en acqudrant toute la vallie du
Mississipi et en embrassant le d6veloppement entier des c6tes
septentrionales du golfe de Mexique, ils prirent alors con-
tact avec l'Amirique central, et surtout avec cette mer des
Caraibes qui allait 6tre appelde la a Mdditerrann6e am6ricai-
ne,). L'expansion territorial de la Rdpublique avait 6t6 ex-
cessivement rapiile. La mise en valeur de cet 6norme do-
maine le fut encore plus. Et bient6t, les Etats-Unis se trou-
v6rent en possession d'un colossal rectangle large de l'Est it
I'Ouest de a l'dpaisseur du continent. C'6tait la un vice ca-
pital. Comment s'effectueraient, en effet, les Ochanges entire
les Etats de I'EsL h I'Ouest. ? Par un r6seau de voies ferries ?
Certes, c'6tait une solution, mais suffirait-elle lorsqu'il s'agi-
rait de jeter sur le continent asiatique les products europ6-
ens similaires favorises an point de vue du transport grace
au percement de de H'lsthme de Suez? 11 n'y avait qu'un seul
moyen de parer anx graves inconvdnients de cette situation :
c'dtait la construction du canal de Panama ....... ..
............. ... ............ Pour cela la mer
des Antilles devait tomber sous l'influence directed des Etats-Unis. C'est
ce qui explique que la mailrise de la a M6diterrann6e ame-
ricaine D devint bient6l le centre de gravity de ler politi-
tique extdrieure. ) Excelsior, 12 aout t9l,




Imprimerie H. Amblard, 136, Rue du Centre, 136.






Due
Due Returned


Due


Date


Returned


I




3


41 1/


Autour de I'isthme de Pana UGL
386 444 J96a

3 12112 011 30 138I
3 1262 01130 7138


THIS VOLUME HAS BEEN
MICROFILMED
BY THE UNIVERSITY OF
FLORIDA LIBRARIES.










Joseph JTJSTIN1


La Question du M61e Saint-Nicolas brochure
Conference sur Haiti faite A 1'Ecole
libre des Sciences Politiques de Paris brochure
Etudes sur les Institutions haitiennes 2 vol.
Le P eril dominicain brochure
Les Relations Ext6rieures d'Haiti
(Etudes historiques et diplomatiques) i fort volume
De la Nationalit6 en Baiti I volume
De l'Organisation judiciaire en Haiti i vol.
La Baie de Samana, le Mole Saint-
Nicolas & le Canal de Panama brochure
Le Diff6rend entire la R6publique d'Haiti
et la Republique Dominicaine brochure

Pour paraitre prochainement ;

Haiti & la Revision ccnstitutionnelle


-^r-


Imprimerie H. Amblard, 136, Rue du Centre, z13.