De la capacité présidentielle sous le régime parlementaire

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Material Information

Title:
De la capacité présidentielle sous le régime parlementaire
Physical Description:
29 p. : ; 23 cm.
Language:
French
Creator:
Thoby, Armand
Publisher:
A. Laforest
Place of Publication:
Port-au-Prince
Publication Date:

Subjects

Subjects / Keywords:
Presidents -- Haiti   ( lcsh )
Genre:
non-fiction   ( marcgt )

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General Note:
Caption title.

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Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
oclc - 24917848
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AA00008892:00001

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BY ,THE UNIVERSITY OF
FLORIDA LIBRARIES.





'IL'


I I
t
(I












DE LA


CAPACITY PRESIDENTIELLE

SOUS LE R[&IME PARLEEITAIRE.


Le despotisme n'est pas et nie sera jaiimais en Haiti la
dictatuie de la raison. II forge des chaines, et fussent-ells
-lgeres, does, portles sans murmur, elles 6nervent la por-
,tion eclairbe et virile de la nation, elles sont impuissantes
en faire passer la portion ignorant et passive de sa vie
sans culture intellectuelle a 1'existence superieure des grads
peoples modernes.
Le gouvernemeut repr6sentatif et parleientaire est la ve-
ritable (cole politique des peuples.' C'c t" le gouvernement
des meillcurs, le gouvernement des plus capable.
Qu'est-ce h dire ?
Le peoplee est arnme din suffrage universe. mais de ses
couches pirofondes et entenebrees, it no s'est deIacIe q(iu'une
portion peu considerable d'6leclenrs exercant, prop)io molai,
le droit de vote. Forme-t-elle avec la minority delaitre un
Jury competent charge d'examiner et de couronner les ca.a
pacitis poliliques? Comment faudrait-il compreindre un tel
r6le qui serait un veritable sacerdoce? Et peut-6n, a I'.,-
xemple d'un group d'esprits, d'aillenrs distihguies. posi-r pni
candidate A la prdsidence d'une Rp>ii lilque p,irl,.ieiitdire n
ces terms :
De tous les hommes politiques d'Haiti, voici le plus ca-
Spable ; la preidende dedIa. l ReVpuhliique lui revient de pin
les droits de sa-haute capacity.. .


University of florida Ubrarims







LATIN AMERICA 2 -

Nous saisissons la pr6tention dans sa nudity, et non pas
planss les periphrases el les detours ingdnieux que les con-
venances politiques imposent -minC au genie.
Qu'on ait voulu on non fo.rnuler une. nouvelle thdorie
politique, la pensbe original qu'on a voulu exprimer, en
1876, c'est que Ila piuis haute capa.iic poiitique a droit A
la.prdsidence de la Republique, nonobstant toutes autres con-
siddrations. II n'v avaiL pas matiere A- equivoque sur le sens
(de la candidature posee par Ie liberalisme transcendent. On
ne contestait ni la bone foi,:. ni. de3 sentiments libhraux,
ni minme ui -certain degre d'instruclion au general Boisrond
Canal, alors l'60pe. du parti liberal et Ie c:imidat pos6 par
la force des ovnnements,; on lui suscita un. concurrent dans
la personnel, dun autre lib) 'ral qui. n'afficha d'autre pr6ten-
tion que celle. .d'.Atre- plus capable que -lui- 'De c.ette prdten-
Lion il est rested ,omme une: th6orie des droits de la plus
hau-te, capacity politique la presidence de la Ripubliqne.
La th6orie, convenons-en, a un air magistral, elle exhale un
certain parfumn saint-simonien, et elle semble ne s'adresser
qu'aux intelligences.droites, aux esprits aust&res,. aux cons-
ciences pures.: en. est-elle plus jus.te? C'est ce don't .nous
osons douter.'
Consultons a cet regard le (K Bilan de la -camptigne prd-
sidentielle > ; c'est un recuoil des eccits, sans doute les -meil-
leurs, publids *en fav-eur du candidate de la cappacite gendralce
et complete.
Un ddpute s'6c'riait ern pleine Assemblde, an moment de
l'dlection riside.ntielle :
k. Entre. le. capable et. le plus capable, tous deux honnd-
L tes, lequiel nious .faut-il choisir? cette demanded, mes chers
<< coll6gues, ne mreite pas une second de rflexion. Le plus
c capable.. doit Atre notre Elu. (1)
Ce que le plus capable doit Wtre au pouvoir, un savant
nous le dira, .et m6me il enseignera a l'A.ssemblee natio-
nale comment elle doit.proc6der a une si extraordihaire election

(1) Le discours est inser6 tout au long dans le Bilan.







-3-


SEh'. une telle situation, avee 1'Assemblde souveraine, ayvec'
( la nation, constitute, qui doit 61ire, libiremnent, sainement,
consciencieusement pieuser ient idm e, il .faut le -dire, .'e_
xdcuteur de ses volontes, --cet administrateur des fiances, ce
fdjrant du *pays, cet instituteur de notre soci6td, cet .ami de
nqotre bien-4lre, ce repr6sentant de nos intdrdts,'-de nos-iddes,
de, nos aspirations, de: hos besoins, de la dignity national,
cet anneau de notre chatie, brisie, cet eldment dnseient .in-
telligent, fa.ornn, ddvotuo'de la liberty pour- iouis, de Ia pros-
pdritd pour tous. cetdu'.de la nation, 'qui sera-t-il ? (2)
Hercule. avec s'es. douze travaux ne sera- plifs qu'un
pygmin a uprt's d'uin president tant embles.ogan. Ponr pen-
ser et travailler. -A-la chose publiqu. ainsi- comprise sans
cesser de jiempli-' tbutes les fonctions.neces aires, de notre
vie animal, I- plus capable sera force de"Lchantger la notion
du temps : soan jouU sera de plus de.` vingt-qilatre heures.
Et- i faudrda eii quu le soleil' s'arrete sur Gabaon, car
voiliA qu'uin audtre SAVANT imagine ed& revise- le programme
presidentiel et de 1'ew-idchir d'uin sacecdoce qui, 'sans doute,
y 6lait omis ou trop vaguement indique. 'Ce n'est pas assez
que te ..plus capable s'en vienne,
a Maintenir la 'Reub'lique, soulager 'te .Peiple, fonder la
tsbci6td :surr la nymipathie populaire, ,.reer definitive-'
.<.ment le .o.ntrle,.-cmber le Deficit, --relever la con-
Sfiance, ii ni iner 1e travail, rtlablir ia lihbrt rdaliser la
4 Justice, la libert6d, la Paix'- offrit aa monde -Ie specta-
< cle il doit
< Faire b:reculer Ia Misere "
-Et combien de, ,temps reclame-t- on .pouur. accomplir tant
'de travaux ?-,ILe premier SAVANT :
Notre -supreme espoir e6s.t. que, par le gouvernement
< qui sorlira de' cette 's.itjation, la nation apprendra enfin

(2) L'artiele est extrait du. Constitutionnel du 24 Juin .1876 eat re-
produit dans le Bilan. Les mots en italique et avec tiret sont tells dans
le texte.







-4-


comment tin vrai gouvernement fait son devoir ; elle ap-
* prendra enfin ce que peuvent operer -1,- miracles, mwme
Sen quatre anndes, intelligence, le devonement, le travail,
la probitO publique. ) .
..,,Le mot est .ltchb : nous aurons des miracles. Et enqualre
rnn.ees dle i'rtilencO' De nime que le jour sera de plus
de( vingt-quatre heures, les annues seront des semaines
d'anndes.
II nous tardait d'aborder l'inventeur de la nouvelle thd-
orie, I'An?.. de l'Ecole, le superbe et foudroyant peripat6-
ticien d'Haiti. Quoiqu'il ait baiti a ses pensees un autel
devant lequ.tel.il pontifie, c'est lui rendre justice que de
e.:.-,n;aitre qu.'il ne, met pas les miracles au norubre des
litres do la plus haute capacity d la pr6sidence de la Repu-
blique; it puise ses raisons dans I'deude de notre histoire
et de notre 6tat social. Ecoutons-le :
Il y a une opinion qui croit encore possible le gouver-
n nement d'un chef don't l'insuffisamce serait corrig6e par la
( doublure d'un bon conseil.
e Cette opinion serait respectable, n'6taient ses cruelles
K deceptions encore fraiches dans nos mdmoires.
t Hdrard-Dumesle fut la doublure de Riviere, Paul,
t Gdlin de Pierrot, Ardouin, Dupuy de Riche, Paul de
K Soulouque Paul, Pldsance de Geffrard Delorme et An-
t drb Germain de Salnave, Septimus de Domingue. Tous
( ces essais, toutes ces combinaisons ont produit ce r6sultat:
9 les haitiens ont baiss6 sur l'chelle des nations.
t Demain, chaque membre de l'Assemblde votera done
S librernent, en suivant son jugement, sa conscience et l'im-
c pulsion de sa morality.
g,Quant A la politique de la doublure, le Parti liberal l'a
A repudide. Ses principles ne la comportent point. C'est pour
c quoi je ne la rallie pas. D
Que routes nos elections presidentielles, de 1843 a 4876,
aient 6t6 les fruits d'une politique dite de la doublure,
c'est un point de fait qui sera discut6 plus loin et retabli
dans son vrai jour. Disons des maintenant que ce pe1d,







-5-

ce galeux de systeme, trained la barre de l'Assemblea
national pour y t're condamne et execuit, triompha de
sa rivale, la thdorie des droits de la plus haute capacity
politique A la pr6sidence de la Republique. Get 6cliec a peut-
ktre donn6 lieu a penser que l'AssemblIe national de 1876
6tait composer d'une majority de pharisiens. Aussi le p6ri-
pat6ticien ne douta nullemeut de la rigueur de sa logique,
et il reprit la question A nouveau dans sa brochure de 1882.
Nous en extrayons les Fassages suivants
< Ds 1870, sur le drapeau qui flotta dans nos mains,
< < capacity. sans epithete. Groupant nos principes autour de
< cette idde initial, nous avions convi6 tous les haitiens,
a tous les parties, vainqueurs ou vaincus, cacots ou piquets,
a a ne former qu'un desormais, a marcher hardiment vers
a un avenir meilleur .
( A ce principle directeur de notre politieque : le pouvoir
<< au plus capable, Boisrond-Canal 6tait venu se hleurter en
<( 1876.
< Qu'importent, en effet, tous les titres sp6cifiquas ou bigarres
s don't peuvent se couvrir les citoyens sur la scene publi-
a que come autant de couleurs qui leur servent ai s
t distinguer et a se grouper en vue de l'action commune ?
< Qu'importent tous les vains adjectifs que nous pouvons
t accoler a nos noms, que nous nous fassions appeler natio-
< naux ou libtraux, republicans ou imperialistes, quand,
o avant tout, la question d envisager est de connaltre la
Force d'esprit que l'on porte en soi lorsqu'on se donne
a pour capable de diriger la barque commune, 1'entreprise
a collective, de faire l'application de la pensee genrale .....
K Le pouvoir au plus competent .. .
K Produisez un candidate qui ne soit pas inifrieur a Ba-
< zelais par les connaissances administrative ou gouverne-
( mentales, et je renonce a lui. ,
Ainsi le pouvoir au plus capable, au plus competent,
qu'il soit cacot ou piquet, national ou liberal, r6publicain ou
imperialiste, en un mot, quelle que soit-son opinion politique.







-6--

]Et plus de Chef. d'Etat don't il faille corriger 'Finsuffisan-
ce par la iloubl i.re d'un bon conseil.
Entendons-nous sur un mot;: Au thdftr&, la doublure esst
celuiou celle-qui joue un role en 1'absenee de Tacteur ou de
I'actrice qui en est le principal interprte'. Selon Littre, le
mnot est pris eOin'maivaise part, a ce point qu'on dira d'an
bion acteur qu'il double, un,. autre, non pas qu'il en est la
'doubluie. Le ptripaletlicien,. en ihntroduisant ce mot dans
notre langue politique, ne 'l'a done .pas- employeee dans son
acceplion usuelle. Selon, lui, la. doiublure a,-plus de talent
quie l'acteur- double ,elle est son cerveau :l son -po rle-
parole. C'est come qui: diraitf un conseil de' Cernacs-Mi-
nislres r.]'ai s autour d'un Elephant-Prisiden t.
Vraiment, .on fait honneur d'uine pensee malhidavdIique
bien profoade aux homes d'Etat haltiens queI'on donn'
come les inventeurs -ou les applicateurs de -la politique
dite de-lhi doublure...Ils ont .ob6i aux n6cessit s impirieu-
ses de leur temps, soit en patroainant telle candidature pr6-
sidentielle, soit en servant- tel President -lu ont-lils. tant
son'ge6 a crer et a preconiser, un systeme? Nous les soup-
co.nions d'avoir mis. beaucoup d'art -A paraitre commander
aux dv6nements qu'ils subis.saieet. Saas", doute, des calculs
personnel se sont milnxs aux actes de la plupart' d'entre
eux ; les theorciens de la nouvelle' theorie ne sont pasj
que nous sachions, depuui3 esprits, sans ambition, des anges
nqn dechus ne rOvant que le royaume des cieux.
Quelques opinions que I'on- profess sur la Politiqiue-dite
de la doublure, q-u'elle ait exists ou non it l'dtat de syste-
me, qu'elle ait r6ussi, qu.'elle ait :chou6, '"est violenter les
faits pour les accommoder A une these que de represen[er
p6le-mile, conyne des .ius; de cetteb politique,. Rivire-Hl-
rard, Pierrot, RiclKd; Soulouque, G.effrard, Salnave, -Domingue.
Et pourquoi -Pbilippe-Guerrier 'et Nissage -Saget ne sonrt-ils
pas--cites? *L'omission 6lait-elle necessaite pour ne-pas gener
1'argumentation ? II s'en fillait de beaucoup, selon fa nou-
vele, .th~orie, que' ces.'deux Pii-'isidiets .fussent capables de
se' passer de doublures.







-7-


-La question. pr6side tiblle, en Haiti -est ;.une question
comrpl-ee -et delicate,' don't 1es donnes variables ne sont
pus,- toutes, ..:,4: au grand jo.ur et carrerneat disout;es,
don't La. : ol.l. ibn, :boniie Qu mnauvaise, ne dpeand pas di.me
cause unique qui s'appjlle;la politique de ia doub lur,; et
qu'il siufi.i d e d 1d' i.ir. .
Lei i.;; ;~ n' de, :1876 a'tanmt pas eiftieremeint .lii'fdents
des' haitionsdes idi.' ni.ceix-ci, des 1l.it'ie-, de -18049 tou-
tesa nos Cle6 ion s preiderutielles sa -;sont res..:-.1j-,1 : par c!r-
tadins cot6s, 'i e.ii, .-l -,' d r i in I ; encore inalteris,
du caractre national ; elles i'o,; pas moins difftr&', entire
elles :ipa -de3, c,,',i_: :.- :e i'opres, alix epoques-OI'" elbesa s
s':it. produites. Co son.t ces .cirepostaices -qu'il Iat "it idier
et, ripl.otIiri: des fats n'.ini'ui, pour y bie-a d Mdnler Ia
cause, oqu:plutt -.les causes, de chaque dlectiori, prsdeieielle.
SPar.: uie o6L. er..aion sup rfi cel1e, on peut .'se l.iipr sur
la nature des causes,- miis la 'plus 1, r.-o 'connaissaace-de
nos- faits -eI gastes, depuis: A183, einpch' dee ,tirer d'nime
m6me politique, dite de hA -doahlure Rivi,-.'-TTi'ard et Phli-
lipp?, Guerrier, S'iilou'l.i *it Geffrdirf, Silnave et Nissage
Saget, -Domingue :ti DBio'i ):i I-Canal' En vain repliquera-t-
on qu'oin ne nie pas les. c i-e i seco ades, qu'elles onut mar-
ch. a T'e u:.on i ou-ia F'appui de in cause premiere pour
en attmntter oi :e .aggrarver: les :;:i et qiie c'est la cause,
preniire, .faelle qif 'ei sdit,; qu'on, d6nlnouce; sou; li -"nomn
de. la' politique e lea- 'dil 1u,1 il.faudr.a-alors .atirn6ttre que
ces cauIses seconds, qui p.ourraient. bioen etre ces causes pre-
mieres, on-tt t. "assez puiS.intes- pour .produire plusieurs
pr6sidenits de la doublure, es. bons. come des mauvats;
ii'rihedes um-6diocres, et. cas distinctions- renversentla these.
'Le- piquetisme doctrinaire dcisignue par Line expression sai-
sissante, qufii nest guire plus ipritde,t a veritable politique
qualified deo a doublure, 'et il l'attaque ayes alatant d'a hiar-
nement cque le libierali Mne tiranscendalint.: Est-ce pour le,rnal
qiu'elle a cause ? Ne serait-ce pas' pour lr mal qu'elle aempeche 4
Mais le piquetismie doctrinaire ne s'ast- pas avis6 ;de dionner
Rivibre Hdrard coiiirne le premier produit de cette politique.







-8-


Elle a Wte, au contraire, inaugurde, a partir de '1844, pour sau-
ver la soci6te d'Acao et de sos piquets, pour d6gager le.
pays tout entier de l'impasse oIt 1'avait acculh la mauvaise
foi politique d'H6rarud-Duinesle. Quel aulre homine que Phi-
lippe Guerrier aurait, par le prestige do son nom plut6t que
par la force ,militaire, fait deposer les armes d Acao ? On n'a
pas dit de Philippe Guerrier qu'il fit un mauvais president,
et pourtant que valait-il sans la doublure de son conseil ?
La politique, Jui nous 1'avait donn6, 6tait la seule praticable,
la seule possible,, et elle prevalut de 4844 41848. Elle 6tait
uin modus vivendi, queliluc chose qul exclut Pesprit de sys-
1,me, et c'est ainsi qu'elle reunite dans une action commune
rivieristes et boyeristes: Dupuy, Ferry, Aug. blie, etc., d'un
c6t ; Paul, les deux Ardouin, etc., de l'autre. Une constant
nrdoccupation du peril social et la ferme tisolution d'y pa-
rer, n'importe comment, en enlevant au piquitisme doctri-
naire ]a direction des forces populaircs brutes et inconscien-
tes, voilA quel fuit 1'b6jectif des 'meilleurs hommes politi-
ques du temps, quand' ils subordonnerent et associerent leur
ambition a celle de 1'homme queleonque qui, tout en re-
presentant la force imposante, f'it dou6 d'un esprit non
sophistiqud, cultiv6 peu ou prou, inais assez droit et assez
just pour c.)mprenlre et protJger la march d'un bon gou-
vernemerit. De ,quelque noma qu'on decore cette politique,
elle compete, com:ne ses souls rapr-iantgants au pouvoir su-
preme, Philippe Gtlerrier-, Pierrot, Richi&elt Soulouque. Elle
ehiou.n et prit fin avec ce dernier. Qu'on se garde bien
de la caractdriser par 'ce qui fut son accident: l'ignorance
et la brutaliteddu sabre tr6nant et diriged par'la capacity mi-
nisterielle gouvcrnant et administranit.
Des quatre presidents que nous venors de nominer, Sou-
louque est le seul qui soiLtsorti des: votes d'une assemble
d6liberante, du Senat conservateur de la constitution de 1846.
Si l'Assemblie avait e'd guldde par l'.esprit de systnme, Sou-
louque aurait' td pose des le premier tour du scrutiny. II
commandait, comme Riche, les six corps de la garde, il par-
lait afix yeux. Malgre sa haute situation militaire, les voix







-9-
A tort ou a raison, l'opinion publique craignait de. ne.
pas trouver -dains PAJL un honmme d'assaz d'dnergie, le bras
puissant, la force imposante qu'il fallait. A tort ou a rai-
son, oile craignait encore plus de trouver dans Souffrant un
homme d'un esprit, sinon sophistiqu6, du moins suscepti-
ble d'endoctrinement anti-social. De quelque poids que les
considerations qui precedent eussent pes6'sur l'esprit de l'As
sembl6e, elles n'dtaient pas. les seules. Un fait positif, c'est
que la voix qui manquait au gi'nral Paul pour. obte-
niOi la majority absolue des suffrages, il pouvait la d6tacher
du g6n6ral Souffrant en promettant A un Sdnateur bien con-
nu une mission aupres du' Pape, un voyage Rome.- Le
general Paul eut le tort, tr6s honorable pour son caract6re,
de ne pas vouloir 6tre president d'Haiti au prix d'un voya-
ge t Rome. On voit qu'il s'en fallout de 'peu que .le prd-
tendu systeme de la doublure ne fait renversd. Mais tel-est
l'aveuglement de la passion politique en Haiti que l'on ci-
te toujours pour rire le voyage d Rome, tandis que l'on
impute l'dchec du g6ndral Paul au machiav61lisme de quel-
ques hotlines politiques, des deux freres Ardouin surtout.
Cependant, au t6moignage des hommes de 1'6poque les.mieux
renseigns, .B. Ardouin, president du Senat, yota constam-
ment pour .le -gndral Paul. Mais s'est-on jamais deinande
pourquoi la candidature du g6twral Souffrant fut produito et
soutenue pat uni grio'upe de Senateurs, au point de balancer
celle du general Pagfl?
Le general Souffrant n'avait pas les'lumieres et le talent
politique de son concurrent, mais il -n'6tait pas pour cela
un illktir, et la supdrioritd du g6n1ral Paul n'etai-t pas aux
yeux do tout le monde une chose si .vidente qu'il y eut
crime de la part des partisans de Souffrant A. ne pas renon-
ce'. tout de suite A leur candidate. Les Sdnateurs d'alors sa-
vaienit bien que la question prdsidentielle en Haiti ne sau-
railt tre envisagee du soul point de, vue de la capacity et
qu'a4 surplus it faudtrait pouvoir s'entendre sur ce qui cons-
titue la capacity presidentielle. Le general Souffrant avait
sur le gdn6ral Paul 1'avantage dut prestige et du talent mi-
litaires: il etait, dit B. Ardouin, ( l'un des plus braves of-









lciiers Ade 1':rJf.e Aide -de campI de "'Bonic'iL en 1808 et
de Boyer -e 1812, il s'ea1.t distingue sur pins d'uli clhi'np
de bataille. -Le general Paul n'avait suivi ..que la camiere
administrative; ili n'tait pas un militir' dans1 ie. vrii sens
du ,not, et 'quoiqu'il joult d'und gr,i nmd consideration au-
pr6s de ]a" 'minMrit6 dclairee, niulle dlaitl son influence ,sur
1'armde: )'Or, ei:. 1847, ]e nilil:;ii ine hltien n'etait pas tom-
1h daris le'disoi'dit oiu nous: le voyons aujoiurd'hui, et pieut-
6tre:indme avait-it acquis u.a certain regain d'influence p.o-
litique et de faveg.ipopulaire .parla reaction centre les .p in-
Oipes de la redvolihilo de 181-3. Le. gandral' Soilffrant dtait
done,'plus que Ie general. Paul, la: personification de cette
iide lout-Aa-fait hailienne quI' a: .p:rsidence de la R6pdubli-
que .est le jpa liinoirie d miiilitaire. Et ce ,fut le sabre quirk
i'emporta .en. 'i847. -I1 s'appela Soulouque, et 6nonSouffrant,
.par les raison-s que nou s avons donnees, et par celle-ci qui
bien son inporanc&ce. les Senateurs, opposes la candi-
ialure 'diu: general S: fl.iT'iii, redoutaient sort re-.sentir neiit.
'i I venait trioipher,, et pri- l i';creint, [peuL-e'tre avec
trQp d'eipresiernent, Soulou'que comme trinacltioin. 'Ce fill.
lAn l.ii er eo r pliutot qu. Ieur' crime. -Non qiu'il-;-k L nt
tort de transiger, ils fransigerefit mal. vuoil tout: Mais mY
point qui n'a jamai. e. suffitamment rAtis en. relief, c'est
que les partisans de Paul ai ,Senat furen, prdcisement ces
homes politiques de 844 a qui 1'on reproche d'avoir in-
etg6 le" systnime de la doublure, qaoiqu6 le general Souf-
frant, centree qui its avaient vote, diutete plus que leur-can-
didat un president, de doublure.
Toutes les fois. 'qu'une dledtion, prdsidentielle sera tres-
contest6e,- que deux groups d' lecteurs, presque d'dgale for-.
'ce, seront en presence, ,on se rabattitra le plus souvent sur
unl troisieme.caniidait, quel que'soitle n-mode d'dlection, quel
qute soit le system politique; et le plus grand, sinonr ie
sedi mdrite dun nouveau -indi'ljt sera peut-6t.re 'apparte-
,nir l. a fir cion inoderee d'un parti.
Pour que le choix presidential, soil. aiss J bon *que: pps-
sible, la 1ieilleure politique 'doit.coriister,' selon iine, ex-,









pressiori de .Monsieur Paul Janet,i:d, ,ti.ii ei cjuelque sorte.
lt- iioy, ne c.:s parlis et.1 i point de j, t..lioi t 0o il' onrt le
plus ide chance de .s'accorder 'tous :'
SLa recheriehe c-d'ine moyenne des parties, ld'un 'point .de
jonctort- serait .peut-'tre la .ciaracteristiq.ue de la politique
de 4&844.-. Elle .na e6td. poursuivie pour atucun des chefs d'E-
t it' suivan ts : 1.ivi Ire-HeriuI, Geffrard, Sal nave,. Nissage Sa-
get, -Domingue. Ils sot des produitLs 1:evolutionnakires. Bon-
nes ou. mauvaises, les.consid6rations qui les -ont portes au
pouvoir supreme 'soiirt.tout autres que celles qui ont dictd
les choix de 1844 4847.
Nos" revolutions oht.jtisqu'iqrisent i.oujoutisadcouchi d'un
eandiidat presidential, parfois le deuxlout pretait devenirEteocle
etPolvhice. Les Assermblees quLi o.Ildent,.ences temps, aux e-
lections pr'siden tielles'so t iniq_- egai ,',e l'idee de '6la passion
-rvdlulionnaires. Si libre- qp('elles soient, 'si loin qu elles
portent :esprit d'independunce, elles, ne sont pas l.ib.res do
noe 'pas lir e Je candidat qui, dlans chaque rl 'luition, la
t-,' .pl, ,-le plus.'. 'Elles en sont elles- ii'me.s une. di ana;
fl,,: et ctest 't l iin pi :. i: ii.a .e qi 'elle rendent liorn-
ImageD:: eles s'adjmiretit dans leuir Elt. ,
GelTiard, successeu.r: lde Soeuloitie, 9niservi la Cliambro
c .l, Senat d, Siu u'.ui,;ie. Au-si G.elf'rail. ;',il-il 6td f1u
president par "o conikt ri&voltinnii. tirle des Gona"ivs. Le
,S6nat conservateur: regUt souloneent' sa prestaltion do ser-
mennt. On aurait uine fousse idde,.non seulenent,, e. a valeur1
reelle de eeffrard, mais .de la reputation don'tt il jonissait
aliprk di public 'daiir, si ion allait ]e considered co0ni-
mie Utin President don't i'insuffisance politiqu6 -rn6rilit uine
doiiblure dans le sen.s aitien dui mob. I' o 'dtliit pas uh letter;
pour s11 il n'itSai pas daus les c, ini.ilioi scielifiqiiLe.- ekigdes
par la.inoivelle :tjeaorie. Etait-il un ignoranta.ux ye i.d de lmi: o-
rite "i'i.? Pour ielle commeiiour les passess titairnule.-,, 1"6-
,lJil-i i:s compldau a nlibnire les h mines eclail:s. 11 attt iai-
onl r-stll:,lment pilus''de luoni&res que PIiliipe Guiie'r-
Paul 'et Pldsance, s'ils poi vnint etre ses conei iers 1utiles,
r mnmi-e i6cessaires, n'dlaierit' pas fni jic Pi. sa, ieril 'pas noil








plus ap6our '6re. ses doublures. 11- s'eslt servi d'eux beaucoup
plus qg&ils ne se. s.nti servis doe f'[i. Plesance, ,sli 1ounte,
fut sa. victim rdsign&e. Dupuy 'et Auguste Elie, qui suc-
.cddre~it a, Plesanc'e, eurent ai peu [uwes le meme sort. Gef-
frard avait adtant d'intelligenee politique que ses ministers
les pjus capable; iI lhui a manque d'ktre un correct pre-
sident 'parlemenltaire.
Saliive .et Nissage .Saget dtaient indvitablQs `romme *ti-
vi6re Herard. Certes its miiritaient, to.ins les ~trois,: d'etre
doubles, mais it ne suit pas 'de l'a qu'une politique de la
doublure ait preside -leur nominatioti. A., la suite do bou-
leversenmients politiques, Gueirrie r remplaga Rivitre-H6rard;
Salnave, .Geffrard; ,iNssage Saget, Sal.ave. Renverseurs et
reniverses -n s',taient pas heui4ts au nom r'un m&me sys-
teme -diti d( .l -a .doublure: ils itaient. les produfits (e' deux
forces opposes don't I'une se .substituailt. a 'autre en s'ii-
iarnant dans un l 6onme elupresident.
Si Salniave n'avait pas 6t. lu pen 1867, ,se, sorait-on ac-
commod6 de Victoriti Chevalier? ,Aucun gouvernement -ri'tait
jp.0ssible.e-n preiencc de cesdeux hornmes non satisfaits: A coes
deux .torrents melafit leurs eaux .bourbeuses, ii fallut le lit
de ha pre'sidence,. et eucore- ne fu-il pas assez large.. En
4870, Si l'on n'avait pas.el-u.Nissage Saget,, l aurait fallu elire
Michel Dominigure mais l'onni'auirait-.ait qu'avancer de quatre
ans la riine des institutions l ib6rales. Doniungue: n'avait pas
.plus 'de,liiiniee que Saget, imais ,il lui etait inferieur par
la, morality et par la mQd ration- de caractere, et .il n'avait
-pas come cIorrectif une bone doublure. La circonstarice.
agg-ravafte,; c'est que la doublure,. d6ja inaiuvaise, devail ab-
-sorber:.le president double au point de lui 'laisser a peine
1'apparence fdu pouvoir. En supposant, que la. politique dite
de ,a doublure flut applicable eni 1874, .ses adeptes eussent
ete. inconsequelats au principle en patronnant Domingue, car
elle; a 51eur terms dont I'un manquait: la bonne doublure.
Domingue fut le continuateur ,t; en quelque sortie, la se-
conde mani6re ..d'une revolution qui avait euL plus d'uu re-
prisentant; avec des titi'es presque' dgaux: C'est ce que-.le
Bilan do la, campagne.pr6sidentielle coiistate en ces termes,







--13 -

& En .1870, on se'souvient'que la dispflte' fut Igrande sur
, le point de savoir de Nissage Saget ou d Doaingue le-
c quel avait un plus. grand titre r6volutiomii.ire.
((iDe 1A l entente 6tablie apres. de vives -sce:es qui falli-
< rdnt culbuter de nouveau la. RPpubliqne.
; Nissage Sa'get.passera l.c premier.
i Michel Domi.ngue apres.
(-Nord Alexis viendra Ie troisiome. )
Malgr6 ce'.pact.e,, il s'6tail form6 dans E'Asseiblie'~iatio-
nale, appele ia'6ire-un -presideiit d'Haiti efL. 1874, uue ina-
jorite favobrable-d la canldidature du g.ndiral Moniplaisir Pierre.
Le ggnfral DQmningce vint ca*iAper. dans la -capitale avec' u.e
armie, brilsa. la constitution, dispersa I'A" semnblee n.aIIn.1 i ,
et fit. elie/n lilit.ir,.lmenit une Cohbstituante qui 1'lit, a: son
tour, Pr&sident; d'Halti. Or quetl n-ilipe I'epr6seh(aiit Pierre
don't -la. candidature n'echoua que devant la force des ba-
ionnettes ? Pierre, sanI, dtre ileitr, iu'etait 'pas. un hoinme
instrdiit,, n. :Savt -id'une capaeitc ge'ndPrale .et omi.l': il
euit .et un president de doublure,.. seon la, nouvelfe thi-
orie. Gopendant, tel .qu'il se pr5seratit, avec un h6roisile an-
tiqile, une haule morality, un. esprit droit et juste,, le tout
relev6 par beaueoup de triodestie et de bont6, ,n'tait-il
pas bi.en digne du parti quti le portait au pouvoir- et qui
dtait le .parti'-des -thoridiens de.:la-nouvelle 'theorie? PieTre
efit td le fid1e : garden des institutions librales, taridis que
Domingue .les renversa:: .on etait pour celui-la et centree ce-
lui-oi p-r une :tout autre raison que celle de leur plus' ou
mioins de competence gouvernermentale et administrative.
Quand on entire sans ,iddes lirdconques ,dans 1'examen des
eau.ses et motifi- de-,;nos elections p; 6sidentielles, ,on 'y cons-
tate de constants efforts.de la-part,de l'opinion delairee pour
echapper au gouvernement personriel, A forti6ri, an gouver-
nemen personnel des, Chefs d'Etat ignorants. Elle demand
de plus eii plus .un go'u4ernement capable et lbinngte. Elle







- 14 -,


a souvent manque' le but, elle y a toujours.vi.se., La ques-
tion est de savoir si la condition sine qua. non d'un' gou-
vernement capable, d'un government parlemenraite sur-
tout, c'est, que lalus haute capacity, politique soit assise
au .fauteuil ;prs. identiel.
Qu'on ne riponde pas.qu'il serait bien qu'il en fNit ainsi:
c'est seo tirer d'affaire A, bon march et en payant un hom-
mage pureme4nt platonique a un principle qui n'est pas 6nonce
en des terms rigoureux, qui pent 6tre in teiprptd de tou-
tes les fagons. que 'onr.:cornooit la caipacit politique. et qui,
en raison doe tout cela, n'a aucune valeur pratique.,
Qu'on .ne repond'o pas que. le,'plus capable e.t celui que
le scrutiny, aura proulamrn tel : la reponse ne seiaii., pas to-
pique. Tout icadidat Iaftirme sau capaci6 par cela seiol q u'il
se -pose, ,et -c'es avant et non aprs l'1ection,. que nous
aurions boesoin, pour reconnaifr le plus capable, d'uno preu-
ve suffisalPn.ent probante de la capaci. "
Que la. i. ,ii,.il? thiorie ett et6d d'asez vicille .date"[ou1,
introdbuire' uni candidate devanit 1'aicndie S& rat, conservateur
de 1817,; sans. rul doute, 'ce candidate cet 6d6le 1..il, mais
]a It'iijlit n'amiait eu ren, d'illog'ique. L'ancirin Senat
conservaieur avait la mission de choisir un prc--il,?it Ld'Haiti,
rion seloti le -yVe u nanifustd, selon Ia volot6 iorinultie par
1e li-ii u mai s.selon son inter6t bion entaedu. II auraiL
done suffi d ,un tel Sknat de concevoir la cap acile prsi'-
dentielle selon la nouvelle theorie, pour que tout ft't dit-
Mais depuisA 1867, la- prsidebnce a vie est devenue tern-
poraire, et l electionn ,prdsidentielle, autrefois ddvol.ue au S&
nat conservateur, creature~et ej'alteur des presidents d'I-Iaiti,
(*) -est ponfiee a' l'Assemrblde national formne de lai reunion
du Senat et de la Chambre des: commuries. Et cas deux
chambres 14gislatives procedent du suffrage uriversel, qu i-

'() Est-il nicessaire, de rappeler que les S6natcurs de l'ancien Senat con-
servaeteur laient .lus plr Ia GhaCmbn'e des Bieprisentants su'r une liste
de trois candidates 'pour chaque Sni. leur prisentec par le President d'Hifti?
D'autre part, c'est le mrme Snat qui 6lii'ait le President d'Haifi.







-45-


que,-par des .inolJes difldi'ents. IItest incontesftble 4que Ie
nfliit.. f d'61 ire ;in Presideintd'IHailit primer toujou rs le man-
dat 'de faire -des lois, et ilu'ainsi le. people sera sans cesse
sollicite aimeltr'e son opinion sur l'hoinme qui. doit .tre
son premier Magistrat; assurdment ce n'est pas, pour qu'il
ne so9it pas tenu compete d'0ue.stelle opinion, d'o;i il s'ensuit
logiqiiment que 1'assemblee: nationale, plus :que' 1'ancien
Sdnat codnservateir, doit se cohforin6r ..sur ce -poin t -. la
volont6e opulaii'e-ortmiulee par Ie scrutiny general des- As-
semblees prtilaires.
Or, quellbest la corimptence du Peuple pour resoudre la
difficile questMio de l'homme politique'le plus. capable? Vrai-
mlent "notre '.Soiverain, encore. si irmparfait, si' haif, *se doii-
te-t-il -de la: cu.estion .posee stus' ce' titre par le liberalis-
itie transcefodant?- Podr qu'il' la -comprt et la r'solht d'une
fJi;on qdelconique, il aurait fall que cddjA is'nbr~eu\it. com-
iu ses qiiestiobrI ies, aux sources de la mrie,, vie in-
tellectuelle et-l. n.orale,; el que, come eux, malgr6 de pro-
fondes inegalitds de lumnires et -d'dtat: social, it poursui2
vit le r6me ideal. Car, 'selon'a-. nouvelle thoQrie, le plus
capable doit. faire, en tant que President d'Haiti, .'appli-
calion dcle la p,ense gdndrale: i. nous .sembLe que voilA.des
mfs qui. exigent :quelque explication.
Quand 'on-dit que la loi est expression de la .volontd
general, oi, n'a jatmais enteadu, dire que la volonto
gendrale soit- la. some de toutes les volont4s particulieres,
li volont. de tout le monide : la volont6 g6nerale 's'entend de la
majority des volontes. Celasuffit et deit.suffireenvertu di prin-
cipe, sans 'lequel i n'y' a pas de societe.t de gouverne-
ment' pos'sibles : I'obissance aux .decisions de. la majoIrite.
Mais pour assufer cette. bbdissance, la mrnajoritR n'ira pas
confier V'exdcution de sa 'volonid,- j'applica ti6o de sa pen-
see aa plus eipiab'le des capable qui i.e' partagerait, pas cette
volonte, cette pens6e, spdcialement sur les.points, qui ont pro-
voqud lalutle 61ectorale' et constitute. un part en majority
et. un autre part en"' minbritd. La tache gouvernementale
comportera beaucoup ,de chosess que le Clhef ,de .1'Etat fera







- 16-


exciuter, a"quelquie opinion politiqueqi@'il appartienne; mais
elle comportera aussi des cchoses qu'il inefera pas ex euter
dlu tout ou qu'il fera. mal exkouter, s'il Llese'poit mauvaises
ou seulement iropportfunes;, et justeinent de ces choses-ci
il suiffit d'une- seule .a 1'.exdcution de laquelle ]a majority
tient, ;pour.i-jue la questiofi de part, prime toute question
.de capacit.. 'Done, si' par impossiblele la majority confiait
la direction de la barque commune, de 'entreprise. collective
au plus capable des capablee, qui serait. un membre de la
minority, tenez pour certain ,qie .ce. plus capable des capa-
bles avaitd'avanceadh6ire'au pointcapitalqui est.a liaison d'etre
de la maijo ile, et. la question que l'on, a ervisagle avant
.out, c'est le changement d'opinion et non la capacity hours
ligne. De cacot le plus capable est deyedu, piquet, ou.-de
piquet,- cacot; d e lib al, national,.oude national,. liberal.
'Ei frt, la question de 1'election presidentielle ne se pose.pres-
;qpe jamais avec une tell precision et une telll: cliptee dans
le. language. La,.politique-haitienne est pleine de s-oiin -ei iteh d i.,
de demi-inots, yoire mnmem de proverbes. Quel. national ne
se.proelame pas liberal par uKi bout queconque? Quel. li-
Jbral fie 'se vante pas d'etre qaelqcie, peii national ? Au fond,
les partiess ne seo trompent pas,. I.. candidate triomphant est
de 'telle opinion, et non;pas .de tille autre,. et il:triomphe;
parce que I'opinion d.laquelle Ail appartieLt, de vieille oi. de'
fraichie date, est en' majpril6.
Il est a.peine bsoinm de rappeler quo nous parlons d'une
election pesidehitielle- faite en: toute liberty,, ou le vice,
l'ecreur, toutes les passisoni malsairies peuvent se produire
at grand joiur,d-mais cdmnbattues'par la vertu, la vritiA, les
nobles passions.-
.A considerer le people, soit dans l'hle6nent actif gui vote, soit
dans Pl 1ment passif, beaucoup ,plus co-niderable, qudi ne vote
pas, il n'est-pas seulement un Otre dou6 de raison, il a ses pas-
sions et. ses prdjuges, et.l'61ection qui les -remue le plusprofon--
dement, c'et -l'electianpresidentielje-. Le people aun patriotisme
dd-iait que le piiqutdisme doctrinaire siyexcite sans uesse .et
qu'il faut sans-cesse s'.tudier a rassurer pleinementL Le peu-.
pie rdpudie'assez liautement les doctrines anti-sociales, et-








- 17-


le president d'Haiti qu'il concoit n'est pas ce qu'en pense
le piqudtisme docttinaire,. mais ce President n'est pas- ron
plus ce qu'en pense le liberalisme transcendant.
Nous- accordons que tout candidate dau ibsralisine traunscen-
dant -soit le plus capable de nos homes politiqies; que
son instruction soit'profonde,; tendue .et vari6e ; que, travail-
leur iAmftigable, son portefeuille soit. plein de tolutes sor-
tes de plans hien: coordonn6s sur toutes sortes de questions
politiques et socilates; qu'il suffise enlia de ce petit rie :
une presidence de qu'ttre aides, pou' que le, people hai-
tien soit gudi'de tous. ses maux et promenid de merveille
en merveille; nous jiecordofis tout cela. Voici la pierre d'a-
choppement qui artete le char du candidate: que comprend
le people, toutes, les grades id6s essentielles A..son bon-
heur', sans lesquelles it trdbuche a chaque ,pas,, et quitcons-
tituent pour un c6nacle l'priginalitd et la n6cessil6 diu p)6-
sident d'Haiti d'e la nouvelle thiorie?
Le people desire son bien, MTais si son puissitit inilinct
tdu vaii, ,soi. bon o sens inn.,, le met, r .1 pl: ir' co: ntere leg
piquktisne- doctrinait'r, s'ii no vNoiL pas cA ]bien ,l*ni 'les.
divagations des ultra-iiatiouatix, cela 3ir fait pas (q'il le voie
necessairemelit et toujoui'rs,-dtns les lhWniites lees plus ea.
pables deo leli wrocurer, dans les idies et les plains de ces
hoummes. Ne Taudra-t-il pas toeiii prudeinihent sous' le l'ois-
seai une' lumiOre trop ~clitante poi' dies yeux qtui .ne pen-
vent encore s'ouvrii qu'au. peit .jourt de la.libeitd politique
et 'du parleineita is'ihc2? i)ans co cas, q 'es'tcc- qtu L'est
que Ja plmls )mauie capacity politique .sans le co l'.-ge il'.: rs,
rdfot'-ms, sans 1'idie, sp6eialt qu'elle -est charge de repe-
sernter et de s'ervir'?
Supposons (la stupposition est& to ite riatpilt)." q.ui' l'idit
special 'soitiieltemea.t.afiinrmie dah( son e 'wpi'sentant, d'au.
cuns pensent'q.u'olle n'est pas. tQuj ours le inieux -servie dans umt
-ouvernement parlementaitre, si Ul plus haute capacity .politiqVec
est,, portee au 'pouvoir sup'rymen. Les qualities maitresses qki:
Snt un chef. de part -ne .sort pas les qualitis :Wiftre.sses.








-48-


qui'. font un chef d'Etat. -la plus haute capaci Id ,politique
peu' trei un chef :de. part, u:n excellent, leader-, parler ineii-
taire, et par cela pienie ne pas. 'tre .ua- bInA. prd6ident de
rdpublique parleien'taire.
Dans tout home politique, il V a 'i rechlercher la part
des facults 'intellectuelles et des facuItts morales, de 1'es-
prit, et du coeur,-de la pr'ofondeur de, 1la raison: et de, 1'6-
nergie de la. vlonte, de 'i-ufluence et' du prestige. Chef
d'Etat ou .leader parlmentaire,i dans tell ,situation politi-
que, c'est ,la nature morale de 1'hommme qui parlera le,
plus en sa faveur dans telle autre situation, e'estt la. beautZ
ou la rectitude de son, i-ntelhgence; dains une troisieme si-,
tualtion, c'est son .influence at son prostig;, d'ou qu'ils vien-
nent et de quel'que. .racon qu'ils aient R6~ obteriis:
Ainsi dqnc, les temps,iles lieux, les systems de gotiver-
nement,,les idWes courantes, les passions, les interts,. voila
des' donnees qu'on ne saurait n6gliger pour eonmprendre -a
qui peit ou doit -dchoir la rei'neire nmagistrature de I'Etat.
Dans de tells conditions, et Otarft donn6 le, syst6me .lec-
toral de la ,constitution de 41867, que signifient: les mots :
ignorance, instruction, insuffisance politique, capacity politique?
Tout haitie-n, s'il est de bonn~ foi,: est a tm6me aujour-
d'hni, par son .vote,. d'carter des .foaetioris ilectives Icette
ignorance grossiere qui, se constate aisement da.s 1'hbmnme
tout-a-fait illettrd; mais que de degrds,. que de 'nuances,
que de fausses.ipparences dans ces mots: instruction, science,
capacity politique, qui plus est, capacity des c.pacites Sur.
ce chapitre-a; nos. dogipatiseurs politiquss auront jdliment
a en decoudre avec nos remueurs des masses.
)u moment qu'on ertre .dans le -monde. sachant lire et
ecrire, depuis. les homes possidant F'instruction pri.naire
jusqu'aux savants. en us et en x, connait-on, dans l'tat ins-
iable de notre democratie ignorante et en'vieuse .unA moyen
de classer. lies' haitieng au point de Ivue .de. leurs connais-








--19--


sances, aul point de vue de leoirs aptitudes politiques, et d'en
deduire d'abord.la plus haute capacity qui sera le Presi-
dent d'Haiti, ensuiteles capacit6s qui seront nos sdnateurs,
nos, deput&s, nos conseillers d'arr6ndissements, rios conseil-'
lers. commuhaux ? Personne n'a pre4tehdu cela, dira-t-on aves
raison. La nouvelle 'th6orie l'implique, ou elle ne signifie
rien .du tout. Elle ne rejette; pas le gouveineinent parle-
mentaire, et si la plus haute- capacity doit s'asseoir au fau-
tueil presidentiel, 'il faut qui'au Corps 14gislatif siegent- des
capacityt s politiques d'un ordre':assez el1eve, pour que la ma-
jorit6 parlementaire ne soit pas composee d'opposants ab-
s.urdes ou d'approbateurs ineptes..
Oh poutirait, pnser plus. sens4ment, s'en tenant toUjours
a la seule l1ectiopn pr6sidentielle, que certaines occupations
intellectuelles, cdrtaines professions lib6rales, certaines fonc-
tions publiques rivleront la plus haute capacity politique
adu Pays, et- qud ce serara, par example,-, ou le premier ju-
risconsulte, u. le :prminier orateur, on le. premier general,
oti, le premier kconomisle, bu ,1 premier financier, etc. Tout
de siaite, nous voyons que la question serait simplified de
beaucoup, puisqu'on: supposerait, par advance, un accord qui
assigne a plusieurs homes les,; premiers; rangs dans des
branches sp&ciales.' Mais quand oh aurait former mnaints pe.
fits jury c6mpdtents qui, auiraient st.atu- sur ces homes ;
qnand u graud-jury, fomi'I des petits-jurys, aurait re-
connu et proclame 1'une quelconque des capaciL6 spdciales
comme la: plus haute capacity. politique du pays; quand on
aurait- decidaque. la presidence de la Republique est le droit
et le lot de cette capacity, que vaudraft la, decision ? Tout
le 'ionde s'y soumettrait-il come a uin comimandement
de Dieu .ou de 1'Eglise ? Ou par venture, aurait-elle force
de loi et 1'appui de la. gendarmerie au besoin, come Par-
r.t'd'une court supreme? Que deyiendrait alors le suffrage
uiniversel, la iouverainete du people?
La theorie des droits de la plus haute capacity politique
ne supptime point le vote populaire, mais si le peoplee vote







-,20 -
.ne-cI ,oule-t-elle pas? "Qu' .eonfirme on qu'iL rejelle la -
cisiii dilu pl.trand-jury, Al ,peluple n'a paint stltu -sur 'une
question fle .capaciLt : :i. .a statinusunrd'autreq uestionis mi-
.s.es :1la paorte de- i'son- intelligence, -ot ila v- ot6 .pour -ou
contre- ill cati.,idat qu'il ; .einvisag. sous' u-n jour favorable
,oi ileda.:'orabje, Tmais- dans les :cotditiois- humaines et. or-
.,liniaires lIc lIou-S les :aulidl. a laj pr6sidence..
11 nous "seAmble que les' ch6ses ne se- passent pas auti're
mrent-aileiiui. Dans quelle 'election prdsidentielle a-t-oni ja.
mais vitA.la -majdritd du peniple :oii rler ses d'6sirs et, se.
volont6s -devan t la capacity ,1par 'i'nique raison .qt'elle est
.la ,apacitl, en' siu plosanl qu'elle ait dt& d-ternmindeenr elle-
min-me et conslatic d insles iildiidlis
'Nous srmnies tine Re-publique sans classes a'istocratiques
concuurant a former par le .privilegede la naissance a .chai-
"tire 'haute ou" Snat,. et par l'i illuencO sociale, la lcinhalke
has-e on des communes. Nous n'avons pas 'non- plus% de
corps, de Iont i.onnirYes puissants par- leurs. luInires .t oil
1'on puisse circonsi-rie l'dlection pr6sidentielle. Chaque re-
volilion chauige les fonctionnaires qui ne sont pyroltges, ni
par une savaante et forte hierarchie, ni par. une loi d'avan-
'cement. Les Juges m- m., re he sont plus a 1abri des esca-
lades r6vblutionnaires: I'inamovibilitd de la magistrature a
ti tro8(s fois suspendue danis' Pespace de cinq ans, de 1874
A 1879 : : .
,Di. reste, il serait -faux de. conclure dela, capacitW ad"
minisi rative. ou judiciaire ia la'. capacity politique. Selon nous,
il 'st de -la plus haute importance que, certaines spcialiits
s'ient .eprisent6es au Corps l]gislatif, et que, d'urie fagon
quelconque tout -autre que ie mode actuel 'd'lectionm ;e'lles
soient 'assurees d'Oun certain,;nombre de sieges ai Sdnat;. mais
c'est li une heureuse .exceptimi qui, .mnmne restreinte au
ch'oix' dYun petit nomnbre de senateurs, s' carte du point de
vie tie ia constitution de 1867. Cette exceptionD,si elle- tait
admilse, servirait fpurnir uh, certain nombre de seriateurs










d'une grande cominptence, -surtout'dans les questions, 1gis-
latives o0A la politique ne joue pas et ne devrait pasjouer
un rale pr6ponderant..
En general, les choix -.politiques, et surtout le choix d'trn
President .d'Hati, .ne sont, dictds piar aucuite thaerie de la
capacity. Le r6giame pavlementaire'ne s'en met pas en peine, Ot
cependant it fait nailre, connaitrle et 6lire les plus capable
avec 'autant moins d'ecrreurs et d'injustices que 1'6tat social et
-politiqued'un people est plus avance.
La libert- pohitique enfante. des -partis. ,et les parties se
Scomposent d'hormmes ntfis.par.de~)onures- come par de maau-
rvaises passions, ingaux en luini.res, -en sagesse, enenmora
lit6, et vou6s. enfin au- culte dlun ,int6rkt, soit personnel,
soit collectif. Les parts pretendent representer des id:des,
mais leurs, idees, vraies ou fausses, sont tant6t :.uettement
formuldes,- tanl6t habilement sous-enteiidues. 'Toutes les fos
done qu'il s'agit d'une. election .politiquie quelconque, it y a
on des iddes, :.ou-.des pi,'sions, ou des int6rets' en Jutte.
Ces trois facteurs, en agissant isol6ment ou era se combi-
nant.:dans les parties quL se coalisent ou .s'entre-choquent,
concourent en definitive a- donrier unrresuiltat que le scrutiny
proclame. Les .vdnements politiques changent a tout mo,
meat -le ours des id6es, des passions,, des intdrets, et ils
Ssont -eux m6mes, ces evenements, les conAdquences d'un tra-
vair incessant. oper, par les parties qui se font, se 'dfont,
sont tantOt en majority, tant6t en~ minority. Et au' sein des
parties il y a des-points communs qui forment la chaihe d'u-
nion, et des points divergents qui forment-des groups dis-
tinqts.
Etant donnas les homines tels qut'ils sont, et surtout.tels
que les 'ait la politiqtue hailierine, que de concessions a
1'erreur et a a]a passion,, que de sacrifices de capacities qui
se croienL indiscutables, pour empecher que des- choix, qui -
ne peuvent pas ktre tout A fait -bons, ne soient tout fait'
mauvais,


-21-








- 22--


:Le risuillat -iogique de toute election A lI Represenltation
nationale. c'est de, montrer le part' ein majority. L'idte de
ce parti est-elle la Lonne o-;. la ia'taiai se, Ia vraie oi la
fausse, 9 -Le scL'tiir n'est pas charge de repondre pareille
question; il nniine siniimpleriiernt le parti et I'idee en ma-
}prite. Le part en majoritV a son' repisenitaint lu, le r e-',
prisdntant est-il 1'hpmme .le plus apte anu nmandat qn'il va
exercer'? Autre question que le. scrutiny ,ne resou L pas non
phis, tout importrlinte qu'elle semble etre et qu,'elle est e0n
effet. La majority confoit dl'une certain facon le mandate,
et .sa conception: est une r sultante de seslinumires; de .se.s
traditions. de ses -pr6juges, de ses passions. La n majority
a vote': pour, quel i.'"- qui est.--ceis se [repsenter tout cela,
6u encore pour quelqit'unt qui n'est pas represente come
1'anti those" de tout cela.
L'Electeui'. populaire, .^qui fait pai lie le celte majority, vd-
tria assez souvent, ne I'ouljlions pas,. par sympathie ou par
reconnaissance, pour un citoyen eminent et, capable. Mais
iL faut que sa sympathie.ou sa reconnaissance ne soft pas
en conflict .aved .ses prdiiges. Flatter les prejugs populaires
serait, d'un .charlatasnise grossier: il siflit d'avoir 'habile-
t- ou la chance de. ne pas les roisser ouvertemen, dee ne
pas les lheurter de, front, et l'on eia del. C'est quelquee
chose que ce triomrrphe: il prove qpo les courliansi-sde pbo-
pularit6 n'ont pas toujoLurs pris" sup l',hme tie e'Electeur
,populaire. Aller plus loin, et supposed par.exernple qu'entre
plusieurs cantlidats qui-soit dans les mrmes coiditioiis d'ho-
norabilite, I'dlecteii' ,populaire saui'a p-eser la. mediocrit. de
Tun, le talent de:l'a tre, le gInie d'un .tioisidrne;. c'esltliT
supposed" gratuitementiin dliseriiermeit politiIue que ne pos-
sede pas mime le ciliyen ambricain des classes laborieuses.
Un au'tre1 e16ment di vote "de 'Electeur' populaire, `c'est
son intrel' person e'l on collectifi :1 concevra i'uri ou lautre
d'une fagon qui, sans tr'e toiijours dtesavantageuse, ne sera-
la plus avantageuse ni pour. lui, ni pour ]a commuinaute








-23-

1.Le geniie 6u Ie talent voudra chercher: l. bien de' chacun
dans le bien g6neraI.; il concevra et realisera I'un iet l'autre
d'une fagon meilleure. iiis tout autre qiie le \,ulgnire: sera-t-fl
dansN cais l'dlu du -peupc,?- L'dlecteur p0pulaire ,votera de
deuxf^aeois bien diffdrentes, solon-les questionsqque son
vofe doit decider.
Les questions' d'o0dre iiurement ligislatif, dans leurs phases
d'expositioi publique et de discussion, parlementaire, soit
ides generalites, ,des abstractions dont.t 'Electeur populair6
ne s'emeut gu.tre, pace que, si -pro.fondement qu'elles af.
fectent son intert: personnel ou cbllectif, ell es 'attirent.son
attentior,.-que par leurJ mise on oeuvre. En matiere de lois;,
et- si, par exiltion, ii n-y a' pas; A.l'ordre. du- jour,. une
de ces quest ion, bi'Lilaites qui alai:meht'ses prdjuges il signe
un 1ilanc-senii et il est 'to.ut pret a le Iemfettre. a- l'hommo
de talent ou de g.enie,- douiqde quelqties vertus pul.liques,
qui, ai montrd di-co irage civique, qui nmet de quiteie darns
ses. rapports avec le people, qui n'es 1 pas insensible A ses,
soulrances, toutes rchoses dbont lii, Electeur popu.laite, est
bon juge et -sur lesquelles il- vote, plutot que sur des idee
oui .sur.des i'dformes don't il bnidficiera la' tongue, mais
qu'il est incapable dX'apipreir leur just valeur, avant d'en
avoit resseiiti les elTels .bienfaisarits, Le genie "ou le talent,
sans' se prostituer..et er. laissant dans hombree la partie-la
plus imporl;inte do son programme, 6btibndra quelques succ6s,'
mais jl faut que son petit( manage ne s'exerce que dans les
elections pu remnent e1gislatives.
;Quandd les, 6lecticons- aiu premier diig'd impliquent une
ilection'presidentielle au: second degree, 1'Electeur populaire,
comme 'tout autre dlec.teir, noibmme e Mandataire en vue du
Dhef d'Etat 5 elire. L'ElecLeur populaire peut nie pas donner
ai. imaridat irnipiatif, et, quoiqu'il vote pour tel Repi'rsentant,
j.iree que tel, Representant Voeci'a pour, tel candidate prd-
,identiel, it extend puttt fair savoii' quelle sorte de Prdsident
.1 veut. : 11 sait encore. ihieux, et il intend encore plus for-










mellem.i.tI fair savoir, quelle sore d7, President il ne 'eut-pas,"
surtout si un candidate presidential, qui nest pas le sien, est
longtemps pose Fa'vance, et qiue des:candi4ats a la Reprd-
sentation nationale..deploient, dans l'arene 6lectorale,' le dra-
peau de sa canididature pour trioripher ou succomber. eh
son nomh. Iln'y pas alors moyen de prdsenter ce candidatet
presidential en dehors de sa signrificatiotnpolitique,, e'est-a-ilire
de e'enseinble des idle< q iu'on lui pr6tei des intr-ts, .des espd-
ranices qui l"ehtourent, pai lent pour l1ii, et alors mrme quil:
voudi'ait ,se laiRe et se c-bs uir d'lin ceriniii woile, expliquent
co, que sat: pi:ulei.ce aurait- c;, iid. II a .beau se i.ri-ire el se,
proclamer le plus .capable',d'entre les capables, ni le scrutiny
des assemblies primaires, ni Jle.scrutin de Al'sembl6e, n
tio-nale ne tranchent une pareille question.
Coincidanced frappante et qai devrait doiiiner'a refl6chir:
les proneuis' du 'de-potisme eclair' mettent aussi ern avanti
un Ilri-it ,lu plus capable, m6a1 ii p 'ivoir absolu. Si.1e Vbut
est, dillei ent, Ies deuix, theories, soit tellement ilOijlijiuis ani
forid, elles cuiriid,'l t si ien -la capacity en olh-iui'me'et
1,.,Ic. qu'elle'est la'caap cite, elles i d. g, ,i,' si ii tnii itil
des conditions -politiques qfi devraient constituer .sa 'force,
sa signification et, son droit, qu'on a va, doe 1876 A 1878,
deS, jot, riuaux libelraux (x) potter le rele r e -ith inl t,-.*'du
despolm11 e d-laire. come candidate : pJ.iilentielt A cd6t. clu
representant diu fiberalisme transceldauit. Ni I'.ui, tii l'auhtre
cadi.uld; i' oit L ioiut d'abord protest corntre' cicoupleinen't
de' leurs. nomis et pour'cause : ela eot ,rudi.iidl. Ihi-nie des
droits de la plus .haute. capacit.. Mais cette, -cnfusion .de
candy ilidture.i ne si.ipprimiit pas les. y'rit..bles tendm.ices dies
dedix candiilats. L'Ait t e-ul re savoIieit tiks bie. a i.uel'As-,.
semblee national he proc&lce- point Al- u~neI election presi-

(x) Dsilus Lamouir,` 'a Jacmel, 1 Nelon D':-, oches, au CaIp-h1filirfn
Iw)rcliamerent, conformenie'n'l i la theorie A-in plus capable, que les-
l.eux candidals 6 la presidlenie deiaitent &- re Ii',ler-B3azelauii et Sa-
omon jelue.


X4-







-25-


detiielle sur une 'simple question. de haute' capacity politi-
que, et. rime qu'on -sera d'autant moins dlu qu'bn est plus
capable, si celte haute capacity doit s'exercer A l'encontre du
point de vue politique dominant. L'un et I'autre se propo-
saieiil dle coiwivincre les dlecteur s du 1eitet du 2e degree, nion
ie leur lhaut, capacity, inais de la convenance,: de I'appor v
liinite, et si' l'on veut,.,4e la ncessite politiquie et social
de leur ioniinati oii. Leurs arguments, leuis voies.et mbyeni;,
pourt"produire. cette- conviction, devaient. 6tre difflrents, op-
po 6s, puisque leursi candidatures, reposaient sur des idees,
des prinripeq, des 'yst6mes politiques et sociaux.qui hurlelit
d'etre ensemlile. EL voila pourquoi, lorsque le pseudo-Cesiur
voulultprei!idrie le chethin du Sdnat pou r arrive a Jlt pr`si-
dence de la Rdpublique, son ex-lequo liberal 1'arri.ta tou-t
court On so brouilla,'et chacu rentra daThsla vdrite do son1
rdle et de.ses prinicipes enr fburnissant, ainsi la preuve qu'une
l1ectih presideritielle n'est pas un. election acadd unique.
Sous uni gotuvernement' linrlemenlaice, hI pri'tileai]? de
la .i-pu)blique, totit. en dtanit le i.'wemicr ,rung, nel 'ait pas
toujours jouer au presidentt le premier r6le, Cepsta-idire le
rLdie qui- exige. le piA"u de con naisai-ntes. de (;lllent, d'ac-
tivitl pour 1ia besogne- politique 4! 6 excuter. Or, il est
de 'dioi et d'intderet gendial ,que Ia plus ha;mle capacityd
ait l e' -premier, r6le, nion, [as Ie Ip iii .ir 'rainlg, ,pour v
doneer 10oute sa measure ot y, extcutevr la be)sogne politi-
qu6e dec la majoril6 parlemeritairc donit elle est l'xpression.
Et cothmme cette hesogne n'est jarnais constammen'it l ani-
me, comnie le point de vue pbilitique put" changer dnjoqut'
aa lendeimain et. xiger de;nouveaux -4nterpr6tes aut pouvoi't,
excutif, c'est par exception et: dans .des temps aniorm tux
que le premier rang et le premier. role seront confv'ndns
dans un personnage politique inamovible (1) comme le
president de -la -Republique. Dieu metrci, notre pays i't 'st
(IH i.e president de In R publi.qu et.t innibnm iile, iniqui e 'l poi:r
1'aitre ans. en ce sons qu'un jugemeni t euC l ,eul ler" r oiiur de fon.
tionll .


University offlfid4a Lliaras








-26-

.pas .condamnd7, pour I'd]ection de son premier Magistratl
4, opter- entire le-. plus instruit. et le plus ignorant, entire le
plus capable et le plus incapable: il y a un just niilieu a
garder dans les chases politiqies.. Ce qui nous rassure
completemepit,. e'bst qu'il i'y; a pas dan's le gouvernement
parlementaire, come dans. le gouvernement personnel,
pdril puhljic si-le pr'6sident de la Iipubliquc -n'est lu''une,
mediocri l 'Lessentiel, c'estu qu'i1 so6i l'Elu franchement
accept de toutes les classes sociales. Le -d6sirable, c'estqu'il
soit un grand pcaractre entfour6d e tout le prestige 'neces-.
saire a. sa haute position et uhn'esprit assez cultive pour
atre la haateur des idWes et des hommes de son teimps,
pour accepter et r dliser touites'.les rdformes r6alisables. II
est le .r4gulateur de ld machine parlementaire Le propul-
seur est ertii sanis etre hui: c'est son minist6re.
Le propre du g6nie ,ou d'un grand, talent,' c'st d'emet-
Lre .on -de defendre des idees houvelles, de provoquer ou
de- continue' des reformes -qui, froissant de;s iddes relies',
des' prejiges regnanits, des intdrkts xtablis, rencontrent la
resistance du milieu .social. Le genie ou I-e-talent attaque
et riposte, -dpnne des coups et en regoit.- ;Sa place est au
ministere ou, au, Parlement. Ce sera Richard Cobden ou
John.Bright, Robert Peel ou' Gladstone.
Prenez un juriscohsulte et un grand o rateur corfime Charles
Sumner, un diplomat come Seward, un financier comme
Chase: en -umieres,, en talent, et m6rihe ei. influence dans
"leur .parti, ils staient supdrieurs A Abraham Lincoln, ils lui
,4taiea4t inf iieurs par les qualitds qu'il fallait au 'Pr6sident
de l'Union. Abraham Lincoln a miontr6 une grande bhabilete
pplitique lai of des hommes d'Etat de renom eussent dchou6.
Sa conduit a justified sa nomination, aucun talent politique
extraordinaire nc le -dsignait d'avance A la premiere M'agis-
trature. L'honnete Abraham Lincoln, sans qu'il ffit'le chef
dii parti- 'rpublicain, gtait .'hbmme de la situation.
Daiis un pays comme'le n6tre, plus encore qu'aux Etats-








- 27 -


Unis, on. n'est pas 1'homine de la situation, quand on re-
prdsente ride la plus avanc6e d'un, parti, quand 'surtout on
represente les passions aveuigles d'un group qui aurait pris
la tWte de ce -iarti. L'homme de la situation doit se trouv-er
dans les ter.mes moyenrs, non pas dans P'un des terms ex-
tremes du problIme .pose en. Haiti par.: l election: prdsiden-
tielle : l'homme de la situation,= genie, talent ou mrdio-
crit6,- doit' tre avant: tout 1'homme le. plus .possible.
Un president d'Haiti, selon le dogniatfsme ;du libdralisme
transcendent,: ne peut pas plus sortir des votes;'.ositifs. et
voulus- du people' qu'un luth6rieed ou. un calviniste des votes
du conclave remain. Le people ne peut pas youloir honorer
dans un citoyen une capacitY, une competence qu'il nr'est
pas meme de juger. Si un tel citoynh devient-Ie candidat
du people, et' par -ss suffrages s'assoit au fauteuil pr6si-
dentiel, ceI sera en ..dpitde la thdorie des*droits de la plus
haute -capacit6 politique, ce. sera. en faussant le principle fOs-
tueux et sonore oA l'ou se drape et epj'empruntant beaucoup.
& a politique hpnnie et condamnee sous le titre de ]oli-
tique de la, doublure.
En effet, a ,la .toge doublure du sabre,' ee serait toujours
le vieux jeu que .de substituer le-sabre doublure de-la toge.
Si les deux facteurs, conservent la mime v leur, et ce n'est
pas. un siinple chaseo-croise qui les mondifiera, les interver-
tir, faire le multiplicande, multiplicateur, -en bonne arith-
mdtique, 'cela ne changera pas le product, ce sera souvent
'd'un calcul plus long. Selon q.uie Ie sabre ser plus .ou moins
intelligent, plus-ou moins honnete, plus ou moins exigeant
qu'ai'.paravarit, le gouvernemrent seraa superieur ou infdrieur
aux. gouvernements prdc4dents, mais le progr4s, si progress
il y a,; sera dans la puissance et non .pas dans l'interver-
sion des facteurs.
Il 'se pourrait encore que, le candidate dui libhralisme trans-
cendant ffit port aupouvoir par une Rdvolution triomphante,
mais il faudrait qu'il en' fit l'incarnation populaire, et, pour








- 28 -


Atre cotte incarnalioni qu'il par ticipit' du people par, une
certain conformnite de imeurs ou d'ides que la nouvelle t.ihb-
rio no comported point.
Une Revolution, quels que soientld'ailleturs ses principles. et
ses consequences, est une force qui domine par l'Nnergie
beaucourp plus que par le nombre de ses adberenti.' Un group
pol)itJiqu- peutdon.d; s'emparer adroitement de la force revo-
lutionna'ire sans representer pour cela opinion de 14 majority.
Ef. il devra ses succ6s moins a l'adoption desiddes dent
il se targue. le plus qu'A une sprle -de degoiitkou de crainte
fl'une situation pire que celle .qu'il peut crder, et A d'ha-
biles conesspioris, pratiquees, dir cetemerit at A piropos, sou-
Yent 4 son insu, pas ses chefs les plus autoris&s.
Si ce group politique a unie orgaRisation quelconque, de
la persv6ranmce, uine grande activity de 'propagatide, il aura
quelque chance doe donner -un president A ia Rdpublique.
Et si ce president est uf homnme de talent, il sera A meme
de r6aliser quelque bien. Sons quelques formes constitutidn-
nelles qu'il deguise ses procedes, its seront .au 'fond, revo-
lutionnairesi ,t son role sera efficace, tout le temps .que du-
rera la force rvolutionnaire sur laquelle il s'hppuie.
Mais toute revolution, dtant une crise, est ou doit 4tre une
exception. Et la nouvelle thonie ne vaut rien, si elle nes'adap-
te pas au train 'ordinaire des choses humaines'.
'TenonS-nous ei au regime parlementaire et reposons-nous
sur sa sincere application pour nous donner le President d'Hai-
ti qui: convient a chaque. situation. Le i'rgime parlementaire
ne demand pas a Haiti d'6tre constamment en gestation
de quelques genies ppour la supreme magistrature. 11 ne les
empache. pas de6 naitrte, 1 permit deo s'en passer. II excelle
surtout A fournir matiere a transaction entire nos diflerents
ideaux politiques. Et pour cela, il refuse de poser la ques-
tion Tpresidentielle .A ces hauteurs scientifiques itidiquies par
leo iibralisme transcefidarit,:parcdurues sans doute par tous, se









adeptes, mais inaccessibles au gros du public, et oi, les ai-
gles seuls bttissent leur aire.
A. THOBY.
P.S. L'dlection de Mr. Sadi-Carnot comme President de
la f6publique Frangaise vient de confirmer note raison-
nemnent. Mr. Jules Grdvy avant cru devoir rdsigneres hautes
functions, deux candidates se pr6sent6rent aux suffrages de
l'Assemblde. Personne ne contest, on s'accorda, au contraire,
6 proclamer les haiutes capacities politiques de Mr. Ferry et
de Mr. Freycinet. Cependant ni l'un ni l'autre ne fut elu,
et on leur pr6f6ra Mr. Sadi-Carnot qui, saus Wtre incapable
(Mr. Sadi-Carnot est un ingdnieur distingu6, sorti de I'Ecole
polytecnique) n'ktait pas place comme eux au premier rang
dans l'ordre des capacities politianes

ERRATUM:
A ]a page 28 au lieu de : a d'habiles concessions pratIquees
dircCetment, lisez : d'habiles concessions pratiqu.es discrN-
tement.














PORT-AU-PRINCE


Tip. ATHANASE LAFOBFW


- :IIV-












LATIN AMERICA

THIS VOLUME HAS BEEN
MICROFILMED
BY THE UNIVERSITY OF
FLORIDA LIBRARIES.





Date Due

ru- Rpe-i-'d ,",0