Nos constitutions republicaines et leurs metteurs en oeuvre

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Material Information

Title:
Nos constitutions republicaines et leurs metteurs en oeuvre
Physical Description:
28 cm. : ;
Language:
French
Creator:
Thoby, Armand
Publisher:
s.n.
Place of Publication:
N.p.
Publication Date:

Subjects

Genre:
non-fiction   ( marcgt )

Notes

General Note:
Type-written.

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
oclc - 24509182
ocm24509182
System ID:
AA00008891:00001


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Full Text














A. THlOBY


NOS CONSTITUTIONS REPUBLICAINES IET LEUJRS
METTEUTRS EN OUVRE




















UNIVERSITY
OF FLORIDA
LIB RAR IES






THIS VOLUMJE H~AS BEEN
MICROIFILMED
BY THE UNIVERSITY OF
FLORIDA LIBRARIES.













NOS CONSTTITUTIONS REPBDLI[CAINES

Leurs MostCiurs En Oeuvre.

INTRODUCTION.


Le people haitfeied sijttsobe aves passion A son ind~pendanes.
Il sait que seei p~res lutu~rent gloriousement pour luir 16guer une Pa.
trie, et que la lutte, out un oaract~re sacr6. Il s'agissrait purour eii ~ no
plus retomber dans 1'esolavage. Ils voulurent Stre ind~pendants pour rseter
librea, et 1a fond~rent l'ETlAT D'HFAITI.
II 6tait petit par le nonbre de ses habitants qui 6tal~ent envirop
600.000. II 6tait grand par l'idie pu'il reprisentait, par 1'iddal aidlA
poursuivait: nos perea affiMnnrent leur foi daen la perfectirbilit6 & T'eor'
race avilie.
Le Noir commae le dlano est fait pour la liberty. TPoutes les races sent
soeurs. Tous les pouples ont des droits 4gauxt mots fatidiques, Manb*T~h8(el-
Phards, Que 196pbe de Dessalines traga en lettres de sang dans la salle du
festin de ohaque solent
Ainsi, i 1'entrbe du gdbfe du Mexique, as milieu des deux Ambriques,
aux portes de la Jamnaique, de Cuba et de Puerto-Rice, un petit peozgpl noir
esait rejeter le serment du "Respect aux Blanc8," 8saffranchir d'un jous
humliliant et 6branler jusque dans ses fondonents le superbe bdifice oele*
nial. Et des hourras fr~n~tiques, se rbpercutant partout, allatent ~porter
la bonne nouvelle anx affranchis et aux esolaves des autres colonies, &5mer-
veillbs d'entendre proclamer, le ler Janvier 1804: "Saint-Domingue n'est
Plus Saint-D~omingue, la G~henne des noirst Saint-Domingue ett maintenant
Raiti, la terre de promission, la terre de Chanaan des parias duz ouaveau--
Mognde'."
Sublime dbfi d'une poignbe d'ano~iens esolaves aux grandes nations maa-
ritimes qui entretonaient la traite et 1'esolavage! utdace de Titans dansr
des pygmies qui s'6levalent jusqu'aux nues'.
L'Angleterre et la France so mirent i rbflbehir en attendant que vint
le tour de l'Espagne, du Portugal et des Etats-Unia d'Ambrique.
C'btait done une oeuvre imples et inutile que colle de Bonaparte, quandi
il abrogea, on 1802, l~immertel d~cret du 4 Fbvrier 1794, qui abolissait
1'esolavage colonials la grande idbe de la Convention frangaise devait rain*
ore le grand homme de la r5action coloniale, et la question d'bmanaipation
aqucil croyait avoir enterrbo oonmme une folie de sans-oulettes, on ajourn(5e
pent-Stre jusqu'au 20e sidole cormme un rave humanitaire, la question d' $*
mancipation surgissait de nouveau par le soul fait de notre existence ce>n
me n nations 11 fallait qu'Hiaiti ou l'esolavage disparilt de 1'Ambrique.
L'h~roisme do nos phres avait posl ee dilemma et rendu nboossaire une
solution quneleonque: tel est leur titre i la reconnaissance de tous nes
cong6ndrea.
Depuis le sublime Blan de la gjinration de 1804, la question des
Snoire a marched presque sans nous. Souhaitons qu'elle continue de ma~rcher
)plut~t aveo notre concours que malgri nous. Nous avons le temps de remon*
ter aux oimes que nos peree oocupatent. Pour cela, soyons envers nous-shmes
asoses, asires et convenons que nos fautes politiques, colles des gouver*
nants aussi bien que des gouvernds, les horrours et les turpitudes de nos
guerres civiles, ont servi a souhait la rbaction coloniale qui a dirig4 oon-
tre nous les traits les plus acerbs d'une critique, tres passionnbe sans
doute, toujours fausse et malveillante dans ses conclusions, maais padfois







asses wraie dans la pointure de nea dafanut aet do nes d6faillances.,
Un tel arou no deit point nous coeuter, ear 11 pourrarit t~m~igner do ne- -
tre sinobrit6, de notre abrieux, do notre forme oolentb de travailler i no-
tre culture intellec~tueslle et morale.
Et puis, qu'on sit refus6 do nous faire orbdit d'an pen de temps, lame I
d'un sidole d'existence, qu'on ae seit empreash de crier i notre incapacit6
politique, aussitSt que nous avens trsbuchi sur la route du progrbs; qu'en
sit conolu do notre ma~rche oDeiteurs i 1'inaptitutde de la race noire a so g~ou-
verner, et de oette ineptitudee au maintain de 1'esolavage colonhal, la lebgi-
que des trafiquants d ochait humnaine pouvait-elle avoir chance do anoods au-
tribunal de la saine philosophief. C'eat 18 yue nous on avens appel6. Et
sana Stre des mouniers de Sans Souoi, les8 Neire et les, Jaunes ent on des Ju*~
g*** Leur cause a BtB plaidie an nom tant de la M~orale et du Droit que de la
dignit6 et de l'unith de 1'eaphece humnaine. Et l'Economiie politique eat venue
joindre sa voix 1 eelle de la philanthrepie pour preelamaer la supbrietitS da
travail libre sur ie travail servile.
Griioe aux philanthropes, oes courageux et d58ouba 46fenaeurs d'ane race
opprimbe, surgis du sein m~me des peuples eppresseurs, l'esolaiage n'existe
plus on Ambrique. Le brbail 1'a condramne. Il est Bgalonment avoli i Cuba ed~
il nl6tait plus qulune exception. Toute 19iAmbrique jaune et noire est libre
do nea jours. (x)
Elle no jouit pas soulement de la libertS civile~: aux anoiena oesmme aux
nouveaux libres des deux nuances, les droits, politiques sent recenans. La re-
ligion chretienne, catholique on protestante, s'coupe d'6puter et d'enne-
blir leurs Amnes* Les gouvernaments ouvrent des Booles gratuites pour les en-
fants des plus deahbritsa, ALux Etats-Unia de 1'Ambrique du Nord, 17.816 bee-
les distribuent 1'instruction i 839.938 infants des deux sexces.- ( zz )


( x ) Nous revendiquensp pour la France l'henneur d'avoir, la presibret, aboli
1'esolavage par son imamortel d cret du 4 Pivrier 1794. Go fut le fruit des
efforts de la Socidth des Amtis des Neirs, o~i figuraient aux premiers rang
les nobles et malhoureaur Girandina. M8ais le Frangais a qui tlaiti doit le
plus dans cotte question, o'est l'abbi Gr~goire dent la benti pour nous 6tait
6puisable. Au noam de la race neire nous devons payer aussi netre tribute d'hes*
images et de reconnaissance, i Wilbelforce, Soharp, Clarkson, Buxton en Angle*
terre; i Isambert, Scheelehers Lamartine, Huge on France, & John Brewn, endelli
Philips, Charles Sumner, Beechebr Stewe, Brahuam Ednooln, aux Etats-Unia.
( xx ) Rapport de Monsieur Paul Passy, professear de l'Ecole Nlormalea d'Ins-
titut~eurs de la Seine.
( xxx ) Neus disons le monde blano des colonies on comprenant sous ce ti-
tre oelui des Etata-Unis d'AmIBrique e4 le prijug8 de la peau r~gne encore
aveo le plus de feore qu'aillours. On sait qu'il a fallu une lei du Congrbs
hour obliger les hoteliers i recovoir dea n~gres et des mul~trea et alle eat
constamonent Bludbe. Il a'est Bhtabli dea hotels sp8oiaux pour les individual
do race negre.







Partout,dans les colonies de l'Angleterre, de la Franoe, de, lat iollande, du
Danemark, une oivilisation supbrieure, qui crhargesit la race negre de fers
et d'epprobe, aide aujourdlhui & son relevement et A son intronisation dana
lar famille desr peruples chvilisks. La premiere R~publique frangaise avait dbja
offert le s uperbor spectacle du negre Teus saint-Louverture, Gouvernear de Sain
Domingue, la seconde nasma le mula~tre Perrinen, Couvernour de la Martinique,
la troisieme comptet an grand -nombre de jaunes eat de noirs dans les fonotions
chvilesr et militairep., Aux Etata-Unis, les repriasent~ants de la race noire siBI
gent dbji dans les 16gislatures d'Etats et au Congr~s.
Pourqxei fant-il qu'il y ait des embrea d ce tableaux L'affranchi d'hier,
place en face d'une population blanches est insuffisamment ambR1 pour les com-
bats de la vie. 11 ne a'518ve pas asses vite, et quoique se position so soit
amblierbe, elle laisse encore beaucoup i d0sirer. I1 aurait peut-e8tre droit i
plus d'6gards, i plus de considsration. Dans ses relations nombrouses aveo
les groups sociaux plaobs au-deasus de lui, on n'oublie pas asses qu'il n'est
plus esolave, et do son o~t6, la liberty est pour lui at pleine dcattraits
qu'il oublie realentiers que la fin de 1'esolavage n'sat pas la fin des inb.
galitbs sociales, et que le travail, la vertu, le talent orbent des distine-
tions entire lesP homes, quelles que solent leurs nuances. Il auryait 646 abjt
dbeabubs de son erreur, at la conduite des classes supbrieures stait plus
bdifiante.
LA od les relations eget~-ales derratenet reposer sur le sentiment de la
plus parfaite Bgaliti, elleas'sont- encore empreintes d'une certain reserve
qui n'iahappe pas a 1'attention de 1'hommer do tact. Le monde blano des olol-
nies ( zxx ) voit des individes de race ndgra sc'emparer des hauteur scociales
et s'y asseei1r aves autant d'aise que les plus vieux occupants. Les hemmages
publics no sent pas refuses $ oes dignes parvenus; nianmoins, comrme reprb.
sentants dune race gadia asservie, ils ne franchiront pas 1'entr~e de cer-
tains salena et de certain ceroles oi se cantennont quelques vieux dibris
de 1'aristocratie colonial. Le prbjugh qui a capitulb dans les lois, garde
encore dans le9s moeurs quelgues retraites eG 11 y a plus de dignity i le lae*r
ser so morfondre que dcutili~t;b a 'y aller a~ttaquer et vaincre.
En Haiti, oi 1'homme neir, malgrb le despotisme de certain gouverne-
maents, a plus \iue partout ailleurs le sentiment de sa dignity, on exagbre
ssoured les effets et les causes du prbjugh colonial qui reste encore debout,
et le bien qui a it6 r~alish~ aux colonies so d~rebe ainsi, obsouroi on ignore
aux youx dese halition~s. On ne yout point laisser as temps et; au progrbs des
meeurs le soin d'effacer des colonies les dernibres traces du prijugs de la
peau, et volontiers on y consid~rerait, commre une pr8iouse conqu~te de 1'ess
prit debgalitb, une promiscuity des gens do toutes les couleura, oG 11 ne ase
rait nullemlent tenu compete des difference% do conditions sociales, dciduoa-
tion et d' instruction. Une teller soci6th prbsenterait as plus haut degrb 1'i-
mage de la contrainto et de 1'hypoorisie, et oe n'est pas do cotte fravn que
doit s'opbrer le rappreehement dea classes.
ans 1'btat actuel de la question de la race noire, il est ben que lee
haitians so montrent pour leurs co8ng~nrea des colonies plus exigeants qu'tle
no le sent eux-ms8m~es; mais certaines revendications sent ohes nous appuybes
de tels arguments que la masse ignorante d'Haiti s'imagine, aish~ment que 1'es*
olavage pout Stre rgtabli. E11e ;y trouve an motif puissant pour s'attacher
i 1'indipendance national, mais elle eat arrive i cotte houreuse conabquen-
ce, moins par les bonnes raisons qui no manquent pas pourtant que par une suib
to d'inductions on de deductions faussea, as point qu'A force de wouloir rba-
g~ir contre le syst~me colonial aujourd'hui tout i fait transform, elle est
elle-m~~ne victim d'une fouled de prijugba que la mauvaise foi entretient et
exploit.






La mauraise foi so donne libre carribre dans le, domain de la po'litique
surt out.
Cheque foia qlue le people haitien o'engage sons la conduit d'un grou-
po de patrictes 6olafiroa,dansl la voie difficile et fboonde de la liberty
pollitiue), aussitiit on lui crie qu'il eat dans une orete de perdition et qu'il
court a la perte de son indipendanoe. Et pour lui 1'indipendance national
est le boulevard de la liberti oivile.
11 s'arr~te done, hiisitant, et a'il ne retrograde pas jusqu'B son point
de 46part, du moins, son attitude passe pour un signed de fatigue et de dieou*
ragement. Alors des frdres pr~ohours apparaissent, qui lui promettent de le
sauve~r de lui-m~~me et de ses dangereux conseillers de liberty politique; et
voici qu'on lui enseigpe que pour S~tre libfre civilement, 11 faut qu'.il soit
independant, et que pour e8tre indipendant, il faut qu'il soit esolave politi*
quement .
Eaolave d'un Maitre indigline, e'est la fiche de consolation. Mais de-
vant lui, les intelligence les plus cultivbes doivent ab~digruer leur ro~le!
Sans doute, si le peuple haition n'avait jamris, comptk dans son sein une
Slite, si cette lite ne 1'avBait pas men6 aux combat et & la conque~te de
1'indipendaclne, si au-deessus de ce M~aitre indigie, 11 Stait possible qu'il
n'exis-tit que des hommiesl primitifs, tous d'un meme niveau intellectual et
moral, sana doute la liberty politique out BSt un non-sens,qui plus eat, le
people haition n'en aurait pas eu le moindre souppon,
MYais est-oe li le problime politique d'Hiaitift
O'est un vantage pour le people qlue, depuis 1804, 11 ait pesaad8 une
Minority june et noire, Sclairie et Bnergiqu~e, qui a eu le dsi sh t le goit
de la liberty politique. En ]penntt; elle-m~me, elle ne pourait manquer de
travrailler pour lui, et de fait, n'est-oe pas du sein de oette Min~orit" que
sent sortis les plue chaud avocats, les viritabules amis du people? iuel chef
d'Etat 1'aima plus que P~Cionl- La MYinorit6 Balairse, rbdig~eant on 1806 le
premier bill desr droits, no prbtendit pas au privil~kge d'un rigime consitai-
re, elle -pros~cl`E~~amna le su33 ffra universal.
11 est vrai, la liberty polit~ique sera comprise de bien des fauons dif*
firontes par coux-lA qui so rBolameront df'elle. Chaoun apo~ortera a la com*-
annaut& politique et l'$ducation qu'il a reque du hasard de la naissance on
du milieu social, et les idbes, quall a forgheas au fou de sette fournaise ar-
dente que la France rivolutionnaire avalit allumde jusque dans uies colonies.
Et solon les lumidrea, solon les caraothr~ea, oermme aussi bten solon certaines
circonstan~ces de tem~ps et de lieu, une question de plus ou de moins de liber-
tb on d'autorith sera srans eesse ag~itbe. M~me le Gouve~rnene~nt institub pour
consacrer la liberty politique la violera, at telles seront les violations
qlu'il sera qlualifib de despotique. n'est-oe rien pourtant que de pouvoir le
qualifier et rappeler au Chef de 1'Etat les paroles de, 1'importun plzae6 der-
ribre le char du triomphatearl "Souriens-tot que to n'es qu'un horme," Du
moment que la diaoussion reste ouverte, qu'on on appelle d la raisin, que
l'epinion rend des arr~its, la vie publique n'est pas 6touffie, et le Gouver-
nement, malgr6 ses Boarts, n'est pas un despotism pur. Il n'est pas non plus
un gouvernement liberal. Plein d'insoonstitutionnalitis, mais asses respeo*
tueux de la lbgalitb on tout ee qui no touche pas d la politique, 11 tiendra
le mhilieu entire le despotisme pur et le gouvernement liberal, et pour le de-
signer par an nom qureloonque, neus l'appellerons un Gouvernement illiberal.
( x)
Par la contradliotion des idbes et des m~oeurs, par les laeunes et l'in-
expirience de notre education politique, meme le gouvernemlent liberal no se-
ra pas int6gralemnent th~ixak ce qu'il se dit ftre. Il aura ses defaillanoes

( x ) LittrB dbfinit ainsi le mot illibbrals~qui esst restriotif de la liber-






et ses maupais acts: 11 ne m~ritera pas moins son non.
Et alors trois types de Gouvernement ee montrerent tout A tour, lesquels
auront leurs principes, leurs constitutions, leurs thdoriciens, am er
sectaires. E~t si, de 1'exa~nen de oes constitutio~ns, on passe t& eelui de leur
maise on oeuvre, par consequent 1 examnen des moeurs haitiennes dent elles de-
vraient Stre & la fois l'expression at le correctif, on no tarde pas d dshm^-
ler, sous la pompe et 1*hypoorisie des terms, quelles id~es cont reellem~ent
on lutte aveo les contumes Stablies, 1'indluence rcioproque qu'elles exercent
les unes sur les autres, et leur tran~sformation totale on partielle sous la
pression douloureuse des r volutions et des coups d'Etat.
Dans l'espace de soixante-seize ans, de 1804 & 1880, le peuphe haition
s'est octaooy ou s'eat vu octroy& onse ( xx ) constitutione.- L'ann~e de leur
promulgation sert le plus souvent & l~es designer et on dit: les Constitutions
de 1806, 1807, 1816, 1843, 1846, 1867, 1874, 1879. Trois sont autrement in-
titulies: la constitution imprriale de Dessalines (1805), la constitution ro-
yale de Christophe (1811), la Constitution imp riale de Soulougue (1849),
Ces trois dernibres Constitutions sont des oeuvres 'a part, plus propres
$ oaract~riser les trois chefs d'Etat dont elles expr~imaient la volentoa qu'a
montrer 19 v~ritable esprit politique de leur te:ps quant aux choix de la Rd.
publique ou de la Monarchie comme former de Gouvernement.
Un despite haitten a beau s'appeler Empesreur on Rot, 11 no orbo pas d'em-
blbe avec s a onarchie l'idie de la monarch~ie qui, 14 oG elle n's jamatisexis-
tj, a besoin de s'inearner sanis -interruption dans une suite de monarques,
avant de devenir une id5e reprbsentfie par un parti pblitique digne du nom de
parti.
L'idke de la onarchie wroteSf sur des editionsons, s'entoure presque tou-
jours du respect religieux et suppcose un contrat, taoite ou formel, en vertu
duguel un people confond ses destinies avoc colles d'un honmme dons la personne
de cet homme aussi bien que danis sa descendance. Lchbridith est une cons*3-
quence nbeessaire de 1'id~e de la monarchie, nous parlons, bien entendu, de
1'idio moderne de la monarshie,
La monarchie 61eotive a exists, mais elle a toujours vjcu d une vie Pre-
oaire et trouble, et elle a pjri misirajlement. Le syst~me ilectif est son
germe de mort, et o'est pourquot la mnonarchie moderne le reocusse commer Con-
traire I sa nature. Le Cisarisme napol onten, on playant la 14gitimitj du
pouvoir dans le suafrage populaire et plbbiscitaire, nor rlaliset la monarchie
que par l'h~ridit5, qui neest pas une consi~quence de son principe.

tS, ce n'est pas lasupprmr emtilbrlcovetpratmn e
hommes politiques, asses nombreux ero kai~Ti, no sent pas partisans d on des~
potisme pur, mais qui so prononcent nettement contre la pridorminance du Corps
L~gislatif et par vote de conab~quence contre le parlementarisme. Il y a dea
illibbraux qui conffent au liblraliarme, coeme 11 y on a qui confthen an despo-
tismle. L'illibbraliame an tant que syst~me, ne se confond pas avec le despo-
tisme. Uous no nous flattone pas d'avoir donn6 1'expression juste pour 1'idae
que nous woulons exprimer, au moins nous sommes-nous fait comprendre, et cela
suffit.*
( xx ) Depuis 1880, 11 yra on lai constitution Sh~mbre de 1888 que le cin ra'l
L~gitime n'eut pas le temps de mettreaeq~uvre, et la constitution de 1889Rao-
tuellement on viguour.






Si la facility aveo la~quelle les Empenaura ou les Rois so sont impro-
viss a n haiti eat lar reason dont on so paie, selon nous il n' n a pas d'au-
tre, pour oroire ou donner A croire (lue le .people haition ne rpgne pas i
la monarchie, on youdra Liien d pouiller 1'idie de la mlonarchie de tout ce
qu'elle a de serieux chess les peuples civilisks de 1'i>urope, et centem~plor la
monasrchie! haltienne dans le despotisme pur de l'Orian~ts mais dans l'Orient
le Chef de l'"tat est presque toujoursr le Chef de la religion, le Gourerne-
ment est plus au moins thiocratique, et tel n'a pas "t9, tel ne sera pas le
eas des empires et des rotyautds d'Eaiti. La mnonarchie n'est pas une idie
haitienns.



ALEXAND)RE PETION
(1806-1818)
-x-

La Republique est le voeu du people haition pour plus d'une raison ao-
cessible A son bon sets. Deux raisons sent pour lut capitals: l'bmancipa
tion gid~rale des noirs et la petite proprtit5 aont des dons rspublicains.
La C3TnVention frangajise aboli~t lesolavage dans les co'onies par son
iammertel dberet du 4 Eivrier 1794, mais en ce q~ui concerne St-Domingue,
le deretne fit qlue confirmler 1'note d'5manlcipat~ion gin'tale proclamb,
le 29 Aeut 1793, par les commissaires Sonthonax st folv~tel. Sonthanax 6tait
apprelf le bon Uieu Southonax.
Et d8s 1809, ?4tion s'svi-tit d'ajouter 4 la pleine et entire libert'
du people la propriits du son!
hous disons la pleine et entire liberti, ear Lessalines et Christophe
no voyaisat la liberty que dans le sim le bris~ement des fers de 1'esolavage,
que dans l'affranchissement de la race noire du joug de la race blanche.
C'est la Constitution de 1806, oeuvre de Pition et des Re~publicains qui,
pour la premiiBre fois ppoolane la libert4 politique et donne Fi la liberty ci-
vile son vrai sens, toute son Stendue. Dbs8 lors, sous l'5gide de la ConstiLth*
tion, la pensse de 1'honne Peut se manifester dans toutes les sphbres de 1'ao-
tivit6 social, la libertj cherche i borner I'auitorit8, et imm~diatement commera
ee la lutte des doux principes, 1'6ternelle dispute de leurs frontibrea na-
turelles.
Mais deux progres cont accomplie et d~sormais hors de c~onteste: le GouverL
nemnent reprisegntatif et le suffrage universel.
Le l igislateur-constituant de 18)06 a une serveilleuse enatente de la. lI-
bert6 chvile. Par l'article 26 de la constitution, 11 consacre la libertb de
la press; par 1'art, 186, 11 pose en principle l'inatitution du jury, Dans tout
le carpattre intituliz "De la justice criminelle", i1 montre le plus profound
weapeot de la personnalith humane par les regles qu'il trace pour la d ten-
tion prbreantive pour l'information et l'instruction judisiaires.
Le Sinat, qui sueedde i la tGonstituante, montre son ardent amour de 1'Bu-
manit8 dans son Arr8th du 28 F6vrier 1807, don't article 2 reduit 28 cea de
pine de mort i 8, tandis que Christophe les 61bre i 51 '- ~ranscrivens 1'art.
8 de 1*Arrgth :
Le Sinat abolit pour toujours la Peine des verges; elle est remnplao~e
par six mois de d"tention. Il abolit Agalemetnt le genre de mort i la
batonnettei oeux qui l'ordonneront, exbouteront, setont poursuiris et
punis comme assassins.t
lot on redonnait bien les reprisentants de la civilisation. Tout de mejme,
serent-ils fidbles d leur programme, et la Constitution sera-t-elle, dans tou-
tes see parties, exioutie i la lettre? "on, sans doute. Mos meil1eurs hommes







d'rEtat n(6ohappatent pas tonjours i la contagion des mstours barbares de leur
6poqiue. Une longue pbriode de paix et une forte Lduclation national dir~elop-
peront les qualitia Bffectirre d'un people docile, g~ouvernable, bon infant
au demourant; mais les crises r~volutionnaires surexcitent on lui des pas-
siens qui no s'accommodent point des lenteurs d'une justice proebduribre.
Le vainqueur est le justioier impitoyable du rainou.e
Dessalines tom~bb si tragiquem~ent du pouvoir le 13 Oetebre 1806, des oul-t
tivateurs de la plain du Gul-de-Sao, victims de la tyrannie du Gesmain FrB-
re, demaandent I'4xboution sommaiire d o e ghnjral, et P~tion et Go~irin y con-
sentent. 'uelques ours apr~s, Boierond Tonnerre et Etienne M~entor sreront en-l
prisonnas et exbouths comme des conseillers perfides de Dessalines, parce quel
dans une reunion de quelques officiers de l'armbe, leur mort a it9 r~eolue.
Dbjej on avait exiouth aux Gayes deux g~n~raux de, l'"rmbe, Ouillaume tagleur
et Cooo Berne. Tous avalent tenu une conduite blamable sons Dessalines, maia
o'est Id une oiroonstanoe att~nnan~te et non pas une justification do ees
exaoutions soemmaires. Plus tard, en 1807, un d'tcachement de soldate asasasi-
nera i C~abaret-Carde, entire Jaemel et L&Ogine, 17 nbgootants de Jaemel ae-
enabs de complicity aveo Magloire Aimb~roise, et Pgtion n'osera provoquer une
enqu~te sur ce fait quci-l d~plore, de pour de compromettre trois illustra-
tions de notre histoire. Enfin, le 24 Decemnbre 1815, le G~noral Delva, con-
damnl i 5 annses de, 44tetntion, sers assassin8 dans la prison de Portwau-Prin-l
oe, la veille du jour de sa mise en liberty i P~tion eat douloureusemenrt af-
feeti de ce crime qui oependant resters impuni; point de reoherches, point
investigations s'riouses, car aelui qu'on accuse d'avoir armee le bras de
l'assassin ( x ) est le favori prbaidentie1. Faiblesse coupable et condamna-

uone woili des faiits en contradiction aveo les principles solennellement
proclamejs de justice, de droit, d'humanitb; voild des coutumes qui narguent
la constitution. Et pourtant la poursuite du wrai, le desir du bien, les
blans vers le beau, tout cela est ai abrieusement penab, si sinebremenrt rou-
lu que la Rqpublique de P~tion, vue dAns son ensemb7le et i travers, les pas-
sions tumrultuousesa qui 1'agitent;, cermande le respect et la symzpathie.
Teller qu'elle eat, oette R~publique, elle place 1'homme at le oi.toyen
our le terrain de la wraie libertth On n'y est pas i plat ventre srous les
talons d'un 8aitre indighne; on est detrout, et quelquefois pour le mauraia
motif, pour gutter une proie d'amour comme un Romain de Romulus et onlever
une belle Sarbine i son voisin, i son fr~re d armes, mnais on est debout, mome
dans une fiert6 m~alsaine de larren d'hennour. D'ailleurs, quoique larron
d'hennour, on @ehappera des bras de la dame do sea pensbes pour roler i la
defense de la Kepuoliq;ue.
Elle est attaquie par C;hristophe qui ragne on Diotateur sanguinaire dans
les departements de l'^rtibonite et du Nord, d'abord sous le titre de Pr~Si.
dent i vie de 1807 ( x) i 1811, puis sous celui plus pmpoux de Roi de 1811 a

( x) On pout lire dans c. ardouin, tome 8, page 171, la relation attaill e
de l'assassinat de D~elva.
( x ) La prjsidene i vie es~t consaorie dans la Constitution de 1807 qui
institute aussi un Conrseil d'Etat de neuf membres i la nomination du president
dent les deux tiers au moins Jsent des gin'raux (article 10)
La Constitution de 1807 n'accorde pas le droit de suffrage au people.
Le President a le droit de ae choisir un successeur mais parmi les gen~raux
soulement. (^rt. 9)
Les fonotions du Conseil d'EBtat sent de recovoir les projects de loi
pr sentia par le jr~sident, de les rbdiger de la manibre jughe convenable
par le Conseil. (Art. 17)






1820. L~imaginiation est bipouvantbe des tueriesr ininarrables de Christophe
on 1612, maisa durant toute sa diotature, ne fut-il pas sans piti6, sans en-
traillee pour le peuple, pour oe people enfant qui ne demanded qu'd couvrir
de sea baisers toutes les mains douces et bienfaisanies.
Les populations, plaebes sous l'autorit6 du Roi, travaillatent et mobu-
ratent tristoment pour lui. Elles bttissatent non soulement la citadelle La-
ferribre, mais le palais de Sans-Souoi et des chateaux dont les ruines sent
encore debout. Courbfesa sur la houe, elles travaillaient encore 4 la produe-
tion de ces denries coloniales dont la vente fasasit affluer tant de millions
de plastres dans le ~rbsor royal. Et quand elles avaient ainst pourvu i tou-
tes les nicessitia comme i toutes les fantaisies ds la Royaute, les homrmes
?nettalent bas l'instrument de travail pour s'armer du fusil,cote d ems rtan, hials vndbs ptn e u ra-et aprbs oux,

ger, qui & un mari, qui i un frere, qui mime i un phre '.
La Royauth, faisant sa richesse et sa force de la sueur et de la sea-
mission arougle de tout un peuple, avait des finances plus prosphres que cel-
les de la d publique, et ses armies tout aussi braves, tout aussi Mien~ comt-
mandies, pluts di~sciplinres8, plus nombreuses que les armies rjpubclicaines,
mirant saux fois le ?ort-au- 'rince & deux doigts de sa perte. Cela prouvsea-
ce que peuvent le courage, 1'inergie, 1'activitj, 1'intelligence dans an ds
poter 11 oatiaht des riaultats immbdiats et puissants mais peu durables. 11
commande a des automates, et 11 faut B n'importe quel gouvernement, organi-
sateur et orjateur, l'adhision des Ames libres et aimantes.
u~sat, qu~oique la RPoyautS n'eut pas commne la R~publiqve un Parlement
dont une majority d'opposition allait jusqu'au Palais m~efaire des Riemon-
trances au Prisidenti quoique les Fiddles et loyaux sujets 3e Sa Miajests,
ne disant mot, parussent adhirer B tout, beaucoup de faits attestent que la
disaffection 6tait grande et qu'ou soupirsit aprbs un changement dans le
royaume.
Christophe Cbtait craint, flattl, arougliment obbi, mnais 11 ~tait hai ,
tellement on horreur que des ames pieuses faisatent des neurainet pour sc
chute... Tel hjres de son armke regardait la mort en face et baissait les
youx devant le Roi... Depuis le lor Janvier 1805, cam~e g~niral en chef de
1'ermbe de Dessalines, Christophe avait Stabli la coutume que l'Prmie derait
o'agenouiller pour presenter les armes au Monarque. Vuel admirables systhmes
pour transrigurer les oi-devant esolaves de Saint-bomingue et en faire des
oitoyena dignes et fiers d'Baitif Christophe pouratt computer dan3s son armJe
plue d'un Lamarre,- ?bOtion soul, un Coutilian Coustard ( x )
Le President s'y prensit autrement que le Rot pour favonner les Am~es i
la liberty, et lover qi elgue peu le niveau intellectual et moral du people.
Le genre de mort i la baionnette, la flagellation par les verges do bayvaonde,'
toujour a n honneur dans le Royaume, talent abolis dans la R publique. PBI
tion noa manquait pas pourtant de ditracteurs qui le tritiQuqihnt ouvertement,
1'insultaient, le onlamndalent, mais quel amour et quel d'vouemfent pour sa
personnel dans les hautes oanmes dans les basses classes socials i
11 slen fallait de beaucoup que la iiepublique fGt unie: o'est le propre

( x ) Lamarre est le brave ~dea braves, le type du hjros repu'blicain. -Trois
ans 11 tint Chrtiatophe en Bcheo dans la preesqi'il du Yole ~aint "icolas
oG 11 moutut emporth par un boulet. Il avait 35 ans.- Coutilion Coustard
est le type du divouement. Pendant la dbroute de l'armie r~publicaine,apr8s
la batailLe de Sibert, le ler Janvier 1807, P~tion reconnaissable a son cha-
peau galonaj, 'tatLt poursuiri par les dragons des Christophe qui "talent sur
le point de l'atteindre; Coutilien Coustard voyant le danger que Oourt son
gjndral, s'emlpare de son chapeau galenni, s'en couvre, donne ainsi le change
aux dragons qui s'acharnenent contre lui et le poursuivent mais dans une
direction oppoade i colle que prend pgtiona. Son oheral s*6Stant abattu pr~s






de la liberty do surexciter touted les ambitions, blevies et vulgaires, sai-
nesr t malsaines. Pition out i dejeuer lea trois conjurations de Yayou, de
Magloire Ambroise et de Farin, ginbraux de la guerre de 1'Indbpendane, at
miritanta i d'autes Sgards. 'ar sa sagesses plut~t qiue par les anses, 11 $int
a bout de la aciaAlon du djpartement du Sud (1811-1812), et aves une telle
habilotb Eque dels soissionnaires, commoe dorgella et Lye, furent do jour au len-~
demain rse premiers lieutenants, les raillants d~fetnseurs de Port-au. rnc
durant le siege memorable de 1812. Dans touted 1'opposition contre le ir sident
de la dipublique, considres oeci; personnel ne tourne les veux rers Christo-
phe, m16me so les ditournant de Pition. La Ripuolique asjourdie de tant de
olamoeurs, enfidwhos de tant de luttes intestines, branlante sons tant de chiee
eat enoore plus douce et Blus forte que la Royauth. G'est quie des r~publicains
ai peu gouvernables, frondours on diable, facotieux et furieux d'8tre qualifies
tels, puissient depuis longtemnps sur les c~hanps do bataille les noable set for-
tes -motions qlui habituent les coeurs i Atre toujours haut situis. Et quand
ils descendaient aur le terrain fangeux des conspirations t nibrouses, ila
restatedt de grands imprudentg,pout-etre sanls la sagesse de Pition seraient-
ils devenus de grands criminals, ila n'6taiant jamais des vieieux ihontja.
Leura &mes n'gtalent pas vinaleas maeme quand leurs actions jttient mauraises,l
et la dipublique qu'ils troublaient gardait leur am~our et leur foi.
Entrona au Senat de 1808. C'est Lys qui y preside, quaiqu'il soit colonel
du lor r giment d'artillerie. donnot, gjn'ral de tbrigade en activity de servi-
ce, et avid Troy, colonel du 22e rsgimaent d'infanterie, sont aussi senatears
et i la thte de coux qui provoquent la dilibiration du jour. De quoi a'agit-
11 T- De pMader Pjtion a la carre de l'Assemslie, pour qu'll a'entende accu-
ser et convaincre d'ineptie. ce qui algitlie que le iPrjsident eat plus sage
que tons les Sinateure r~unia et plus modir4 que Christophe. On r~uasit i metl
tre un pou dteau dana le vin par trop empiteux de 1'0poosition et nos Pbres
coonsorita s'assagisasnt asses pour voter soulemnent les famouses iiemontrances
que rjdiges Ijumeo. Le Senat on corps so read an Palais prisidentiel, et c'estl
L~aumeo lui-meme qlui est charghi d'y lire oe riquisitoire parlemientaire que
Pition booute, du rested aveo le plus grand onlmne.
ii consid~rer les chosea d'un point de wue strictement lagal et constituij
tionnel, plus d'une oritiqiue cstit juste, plus d'un reprooke fond contre
l'adminilstration de Bition, mnais onl faissit ainai absrtraction de 1'eetat des
moeurs, on supprimai~t touted les difficult politiques de la situation, et
1'on raisonnait comme at I'on n' itait pas en presence de Chrisotphe, qui n'a-
vait, lui, de compte i rendre i personnel de see acts, et faisait maouvoir
comme an soul homnme le ?Jord et l' frtibonite silencieux. Politiquement, la conj
duite du S inat fut done pleine d'inconsiquence, mais sette incons~quanore, olj
dois oaraotbres ardents et irrjflichis montraient dans leurs ~carts meme tou-
to 1'indipendanoe ripublionine, touted la fierti civique qui sied i une "4mo-
oratie, oette ineonaysluence, no devons-nous pas la prifirer i la servilit*
du Conseil d'Etalt de C~hriatophe?- D'autant plus que la harute raison de pJ,
tion apportait a touted chose le correotif necessatres 11 revoit le 3inet aveo
tous les Agard dus au pcreder (;orpade l'Etat et no r-jpond pas aux Remoultrane
Le 36nat s'irrite da son silence, et annule par le d~aret du 5 Acut 1808
les pouvoirs qu'il lui aivait dil gu`:s par l'arr~ti du 21 Masrs et par le d'ore
du lor juillet 1807; (x) pour com:;ler la1 meaure, il rappelle data son sein

( &un pont, Coutilien Coutardetu ousdsbe i vi28as
( x ) En vertu de l'art. 43 de la Conetttution, le S nat nommait les fono-
tionnaires civoils et militaires, et en vertu de l'art. 43, 11 dirigenit soul
les relations ext rioures: ce sont oes deux pouvoirs qui avaient BtL dStiguba
i PBtion et dont 11 no voulut plus as dbasaisir.-




-10-


Gbrin dimissionnaire i Le jour de sa rentree au d6nat, 1'irascib1l e grclndour
provoque une soone orageuse, oG 11 'est question do rien motns que de d'poser'
Pi~tion i irevant l'attitude ferme du Prisident qui avait 3leg& Mb~tellus, le
6 AoGL, au grade de gintral, le Sinat reoule, et le 17 Lcembr6, 1808, 11 a'a-
journe.- De oet ajournement volontaire en apparence, car 11 eut lieu sans vio-
lence, sans acte offiolel de la part de Pbtion, mais forc5 au fond, puisque
re Zrusident bravait le dioret du 8 AoGt, la dictature s'ensuivit et dura
jusqu'en 1811.
arous ne sommes pas de oeux qui pr conisent les coups d'ktat, pourvu
qu'ile tournant a l'avantage du bian publio: nous savons que le bien public
est le pritexte dont so couvrent tous les ambitieux vulgaires, tous les spe-
oulateurs politiqiues pour ensanglanter et asservir lear patrie. Youjours eat-
11 ,ue, de qiuelgiue figon, ligale ot illCgale que se soit accompli un act~e
politiqlue, il reste B le juger par ses ri~sultats, a dbm$1er le but d travers
le moyen, & examiner si le moyen itait le maillour on le moins mauvais do
tous ceux qui pouvalent Stre employ~ls, a se reporter alors dana le milieu
social et a 1';poque ou les acteurs talent on abbne pour scruter leurs pas-
sions et leurs idjes et pour dbcider enfin de qiuel c~ti 'tait, non plus la
ligalit6, mais la raison et la justice dont la ligalitj he saurait etre la
nsgation.-
Le Sinat jstit une hssemtblie unique de 24 membres avant le droit de li-
gifsrer, de gouverner et d'administrer, mome de juger. ~our ne pas devenir
despotique on anarcohique, il lui fallait une grande sagesse et le contropoids
d'un autre copps politique dans l'Etat. Or ce contre-poide n existait pas
constitutionnellement, et 11 advint que It4ssem 15je, malgrj Ta sagesse de
quelgiues sinateurs, no fut pas sage. Ce qui le gaits, oe fut son "lSment mili-
taire sur lezuel l'Opposition tent de s'appuyer. En vertu du 2e paragraphs
de 1'art. 74 de la C'onstitution, lequel d3olarait compatibles les fonotions
abnatoriales et les fonetions militaires, dix sjnateurs sur vingt-quatre
jtaiant des officiers sup~irieurs en activiti de service dans 1'armie xx )
A 1'importance du Senateur vensit s'ajouter 1 importance du m~ilitaire,
et I'importance du militaire so recaussait de 1' ~clat des services ren'us
Sla patrie. Tout Senateur militarire 'tait fatal~ment ameni & a:user de sa
position. Tous le temps qlue l'harmonie rsgna entire 1'Ex'cutif et le L gislatif
elle dissimula les vices du systeme et deux conspirations mdlitaires echorod-
rent, fomentbes coup sur coup par deux Sinateurs gin raux, Yayou et %agloire
rAmbroise, qui y perdirent la vie; ?lais q:uand les deux grands pouvoirs ne fu-
rent plus d'accord, 1'exorbitcunce et la confusion des attributions du S nat,
loin de lui Stre une force, mirent A nu sa faiblesse et son inaptitude $
gouverner la hepubliqlue. ~omm~ent les S Qnateurs-militaires, susceptiblesr, on

( x)Magloire-Amb;roise, comne iiaied aatnntd 'us,
r~in, commandant milit~aire du Ljpartemetnt du Sud; Yayou, commandant militaire
des arrouldissement~s du Port-au-Prince et de L~og~ine; Lamarr~e, commandant en
obef du rR81e, tionnet, commandant militaire de l'srrondissement de Jaemnel;
jlanchet june et Lamlothe-bigron, ge~niraux attaches A 'ttMjr nral
Lys et havid-Troy, colonels de r giments et commandmarts de place; Volt~ire
adjudant-g ~n ral .




-11-
tant qlue militaires, d("etre bl8ambs et m~me punia par le Prjsident d dlaiti,
pouvalent-ils, en tant que 3anateurs, contro81er, censurer, dnorjter d'accu-
sation le Prjsident d'yaititl- Et e'est en eux que residsit linfluen~ce du S nat
Avec un ennemi aussi vigilant qlue Christophe, 1'itat de guerre exigeait 1'u-
nit8 de pensie et d'action et la concentration de tote la puissance exbou-
tive dans les mains d'un citoyen, & la fois sioldat et homm~e d'Etat, qui joi-
gnit A 1'art de connlaitre et de ditiger les passions, 1'affection, I estime
et la confiance du peuple et de l'armie: tel S-tait Pition et tel n' Btait au-
eun Sinateur, ni meme le S~nat envisagi dans son ensemble. Qjuand 1'Opposi-
tion so group autour de Girin avee l'intention manifesto de l'Opposer, et
au besoin de le substituer a Pition, la R publique fut dans une impasse d'od
elle ne pouvait sortir que par la djfaite du Sjnst. Girin, o' itait 1'utopie,
1'irrflexion, 1'emp~ortement pretendant i la prisidence, au detrine~nt du bon
sena, de la meditation profande, de la prbroyane 'sns les combinaisons, de
la patience dans l'attente des risultats: 11 eut, en toute surety de cons-
cience, perdu la Rjpublique, et plus que Pition, 11 eut exig6 ou assum' la
dictature. Pbtion, en empi~tant sur les attributions du Ssnat, depassa les
limited constitionnelles, non pas les limrites rationnelles du pouvoir exbou-
tit; 11 le fit pour exrroer des pouvoirs que touted bonn1e Constitution n o ye-
vait lui refuser et que le Sinat lui avaiit d5ji d liguis. Et sans effusion
de sang, s~ins oatraciane, sans suppression des libertks publiques, sans al-
tjration de la former rjpublicaine, la tribune fut silencieuse, et 1'on psut
ajouter, du consentement des S~nateurs-militaires. Car i1s no d~miessonn8*
rent pas come militaires, on forme de protestation contre leur'privil~ge et
leur gloire d'etre inconsjquents plutbt que de set~vif Chrristophe par leur
abstention. D~s que la trompette guerribre sonnait I hbure du combat, 1'4-
pie s'emp~ressait de reparer les fautes de la parole.-Une campagne est entre-
prise contre Christophe on 1809: Girin, Bonnet, Lys, David Troy ( x ) rigue-
ront 1'honneur de verser leur smag pour la Rip~ublique.- Lamarre n'avait ja-
mais siug6 au Sinat et s'immnortarlisait au Y81e. Lui et "onnet sont primus
par Pition ginlfraux de division que penssient-ils en 1809 des attributions
du Sinat?
Certes, le SSnat ne manquait ni de patriotism ni de lumi~rea. Cuelques-
uns de ses memsres, tels Ijue Thiodat-Trichet, Dauaes, Fresnel, 6taient tras
verses dzns la science du droits Bonnet itait l'hamme le plus competent dans
lee matu~res administrative set finanothres; Lys, Bourjolly uodB et d'au-
tres encore avaient une haute culture intellectuelle. Du lor 3anvier 1807
au 17 Dicab~re 1808, date de l'ajournement forei, le Sanat rendit de tr~s
bonnes lois q~ui t~moignen~t de son amour du bien pub~lio. Toutefois 1'esprit
politiqlue lui fit djtaut en maintes circonstasnces. Il no comprit pas qu e om-
battre Christophe sur les champs de "ataille n'4tait qu'une parties de la tb:
che rjpublioaine; qu'll fallait attacher i la Re;publique la mlasse populaire,
les classes lamorieuses, par des r'formes sociales qui saistasent le corps ed;
1'Rme, 1'esprit et le coeur d'un p~uple. C'est par li que P~tion est supj-
rieur i tous ses contemporains, et qu'il rested, malgrb ses inconstitutionna-
litis, I'homme d'Etat le plus progreesiste et le plus human de son *poque.

( x ) lamothe-A~igron avait pris sa admission de Sinateur deputs 1807 pDour
behapper a une condamnation politique, mais Pjtion 1'avait conserve dans
1' arm6e, GOrin s*Ltait, demis du commandemen~t du Dj~partemnent du Sud, on "ars
1808, mais il no faisait pea moins parties de 1'arrmie. Blanchet june 3tait
mort; en 1808, Lys jtait commandant de 1''^rrondissemnent de Port-au-Prince,de-
puis la mort de Yayou, Bonnet Secr~taire d'Etat en 1808, DaRvid-Troy, colonel
du 22e regiment. L*Adjudarnt-Ginubral Voltaire avait remplao4 lamothe.A5igron,







11 n'est pas seulement le F~onda'teur de la Eipubjlique, ~llnestsle premier ilr-
mocrat~e haitien par sa constitution de la petite pro~pri-~th pour les classes
laboriouses et par son systSime d'exploitatilon rurale, apneli de mottib mb.
tayage on vo~rtuc duguel les cultivateurs partagent les produite R~diu sol parl~
portions ta~les avec les propriitaires,
Tout dans oette question de l'sgriculture et des agricult~ear marite de
fixer 1'attention.
Ai 1 soclavage colonial avait suoaid4 une servitude de laR glibe institute
par T ousaaint-Louverture et maintsnue par Diessalines. La chute de 1*Empereur
devait-ello en marquer la fin? Le cultivateur Rvait-il acquis le droit "e so
dSplacer at de so fix Jtaire?- Dis 1807, option pr~opoa de mettre la terre & la portie do toutes
les bourses et de rarer la petite prppr~tith C'~citat ;n acted de justice, mais
aussi d'hab;ile et profonde politiq~ue, en face de Christophe qui rivait Plus
que jamaina au sol le peuple des cultive~teurs aves son syst~rme de fiefs royaux.
La question pose par Piition no pourait etre rjsolue, oanstitutionnelle-
ment que par le Sinat. *Acssemblie avait d'id status d'une fayon trbs sage et
trbs humaine sur presque touted les choses'Qilitaires, sauf sur la consc~rip-
tion. E~lle avait votf des lois sur 1'organisat~ion de l'armie, sur 1'avaneen
sur la sold et les appointeme-nts, sur la discipline militaire, sur les inva-j
lides, sur les hopitaux, sur la marine de gu~erre. L'administrat~ion des finan-
ces, les douanes, le commerce avalent ith aussi rigle-n ntis. Il lui restait i
so pronomzer aur 1'organisation du travail, sur 1'atelier agricole, On woulut
so placer a 3gale distance du Pr~sident at du iiot, de la libert4 plminire et
de la servitude de la glbbe: de 14, cette lot du 20 Avril 1807 sur la police
des habitations, rpototype de tous nos codes ruraux. Bhoiqu'elle fu~t plus res
pe c tu~eus;e ds intiretsset dea la di gnit h des paysana que le raglement de TPousa-
saint-Louverture du 2 Octo -re 1800, elle n* 6tat pas moins restrictive de la
liberty du travail agri=ole. Selon les idBes du temps, 1'Etat ne pounvit pros
pjr-r que par la production des denrbes coloniales, at la grande culture jtai4
plus propre que la petite a cette production: an en tira la consequence qu'ill
fallait porter les cultivateurs $ se livrer, pour le bien de 1' ~tt et le leuJ
aux travaux en Itelier sur les'grandes plantations, On semblait ne pas s'aperi.
cevoir que les moyens jidictis pour encourager 1'sgriculture italen~t on con-
tradiction aveo les principles farmules dans la Constitution, et que la liber-i
t&j jtait pratiquie dans toutes les satres branches de l'activith sociale;
aussi s'est-on toujours heurti centre des difticultks pratiques que Christo-
phe soul pouvait lever. avec son systame de terreur. Le lei du 20 Avril 1807
et toutes cells du -.eme genre que nous avons eues n'ont jamais at6 embouthea
d'une faivon ganbrale Bt permnanente, et son finalement tombbes on d8bsustude.
Phtion fut le premier F= lbttre en hreche la lot du 20 B8vril 1807: par un/
arr~t4 ma~nifestement inconstitutionnel, rendu le 30 Dbeemtre 1809, i1 fit une
distribution gratuite de terreo aux invralides et aux~ militaires en non-aoti-
vitj do service coimme suit:
Aux sous-efficiers et soldata, ainq carreaux de terre; aux officers
depuis le grade de sous-lieutenant jusqu'i eelui de capitarine inclusiveme~nt
dix oarreaux; Aux chefs 'Be bataillon quintet carreaux et aux colonels, 25 oar
reaux. ( x) Les g~rants des plantations et les conducteurs des ateliers quote
qu'il n'en soit pus fait mention drans 1'arr~et4, rei~urent aussi des conear-
sions de terres. Les concessions de oing carreaux de terre itaient une abro-
gation de 1'art. 2 do la lot du 20 Avril 1807, lequel stipulait "que nul ot-
toyen ne pourait se rendre acqubrour de moins de 10 oarreaux de terre." st
teller fut la force de cotte abroagation que le G~rand-Juge Presnel, dans sa
dip8che du 10 Janvier 1820 au notaire Ballan ( xx ) s'exprime ainsis~il Btait

(x) Voir gi~nstant Pradines, Page 44, Tome II Recueils des lois.-
(xx) Linstant Pradines, page 520; tome III, Reoueil des lois.- i


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natural que l'on permiit Ilali~nation d'une qiuantitb de cing carreaux, guisque
les done du GouvBernement ont dC ncessairement changer la disposition de la
lot pricitie.- Or une limitation de cing carrea~ux n'en est pas une pour Haiti
(x) surtout pour cet~te jpoqjue oi la terre Stait A vil prix. 11 eat just de
dire qiue ai P~tion fut plus liberal que le Sinat, celui-ci n'avait pas moins
rli un progris par l'art. 2 de la loi du 20 Avril 1807 puisque 1'a.
lor de 1'arr~ti de Toussaint-Louverture, sous la dte du 7 F*Prier 1801,avait
fix5 a 50 carreaux le minimum de la qluantit6 de terre que pournit acheter un
cultivateur, et encore lui fallait-il 1'autorisation de 1 administration mu-
nucipale de son canton. (xx) Pition eut la gloire de ramener le S6nat a son
point de vue et de 1811 a 1814, eing lois furent votes sur la distribution
gratuite des terree aux fonsctionnaires civiles et militaires, aux petits comrme
aux brands.
lo.- Loi du 21 Octobre 1811:
Aiux gbnoraux de division et de brigade,- charcun une habitatio~n-suorevie
"ux adjudants-gin~raux et aux colonels,- ot.acun une hab.itation-cafibrer
2o.- Loi du 5 dovembre 1812:
Au Prrsidient d'ai-cti... 2 habitatione-sucrecies;
A l'Administrate~ur des Finances... 1 habJitation-suererie;
30.-- roi du 27 Avril 1813t
Aux chefs d'escadron on de bataillon, chacun... 35 clurreaux de terre
Aux capitaines ..................... 30 "
aux lieutenants ........... 25 "
Aux sous-lieutenants ........ 80 n
4o.- Lot du 19 iAout 1814:
A4 chaque commissaire des guerrea et a l'inspec-
tour on chef des h~opitaux........... I habitation caf~ibre;
Aux officers de suand et aux fonetionnaires de l'administration dea
finances, chacurn une 4uantith de ateears terre enr raison du grade militaire
aug4uel ils sent assimiliss Et d la veuvre Pellerin mire de fou le general
Lanarre, 1 habitation-suererie;
5o.- Loi du 23 D~cenbre 18141
bux fonationnaires de: 1'ordre judiciaiire, chacun, "une concession do
terre a3n raison de 1'*minence de leurs charges, a quoi le S~nat so rapporte
a la sagesse du chef du Gouvernement pour la juste ripartition." (x)
L'Bdi-t royal du 14 Juillet 1819 aooor;ait aux colonels, chaeun, 20 oar-
reaux de terre, aux chefs de bataillon, capitainess 166utenants, sous lieume
tenants, chaoun on proportion de leurs grades, une mloindre quantit3'de terre,
et auxt soldats un carreau, chacun; tandis que, depuis 1811, le gin"ral de di-
vision, fatt prince ou dux, avait regu en fief deux habitations-suereries et
le gjnsral de brigade fait comnte, une habitation-s.ucrrie. A~insi le sous-lieu-
tenalnt de la 'Cbpublique reoceva~it autant 3que le colonel de la Royaut ~; par
contre, les princes, dues et codtes 5tzit plus avan~tag~b que les ginbrarux r6-
publionins: o' jtait logique.

(x Cte imttin ee dsar episl pomlatond cd civil qui
seraa exiouth dans toute la Ripublique, a date du lor mai 1826; en contstguen-
ce tous actes, lots cout~umes, usages, et rsglaments Irelatifs aux matibre a o-
viles our lesquelles 11 est statuS par le dit code se~ront ab.rogbazart.2047."~
Au surplus, le code rural de 1826 en ne reproduisznt pas 1'art. 2 de la lot
du 20 avrtl 1807, 1'a aussi formellement abrog6.-
(xx)Volt Linstant raviness, note au bsR de la ?age 307, tome lor, Reoueil dea
1018, et i1. Ardouin, HIistoiLre d'3ailti, p. 318, tomne IV. Gra~nd 6 btB notre
6ton~nement de voi r metire do nos jours 1'aFrr~ti? de Toussint-Louverture aO~GTI~ U
nomlbre des m~faits de Jeaun-Pierre Boyer '.
(x) Voir toutes cos lois dans Linstant Pradinea, tome 2, Reoueil des lois.*





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Blais auoun document ne t4moigne que 1* *dit royal de 1819 n eut on eme
an commencement d'executions le temps aurait manqub par cela. Du 14 Juillet
1819 au 8 Octobre 1820), date de la obute de Christophe, on ne pournait pas v4*
rifler les titles de tous les mailitaires et lear dblivrer dea c3anoessions.
Coux-oi avalent, on outre, B faire arpenter les terres etdon hrendre posses-
alon. Qiue toutes les fonnalitbs requises enssent ot4 remplies ou non, les
lois de la Rbpublique btant plus libsralesa que colles de la Roayauts sur la
matibre, lesa militaires de l'Airtibonite et du IRord avaient inthr~t a renon-
oer aux concessions royales pour rbolamer de doyer des concessions r~publi-
oaines. En effet, nous lisons dans- Ardouin (xx) que 3oyer "oongbdia les
vieux soldata auxquels 11 distribute de nembtrouses concessions, de terre, a
titte de don national, eas meme temps que les gSn;7raux et officers do tous
grades recoealent leurs done nationaux comme aeux de 1' nest et du Suda. Et
dans un ordre du jour de doer, 18 Juillet 1821, portent suspension des conets
sions \jusqu'd nouvel ordre "pour donner le temps aux concessionnaires de fai-
re reconnaitrea les asornements de leurs terres", nous lisone encore:"Depuis
le mois do novembre dernier jusqu'a ce jour, un nembre consid rable, de son*
sessions de terre a St6 dilivrb dans le territaire de 1' rtiribnite et du Hord.
Lea of iciers civil set militaires ont refu les dons nationauxn tooordia par la
lot; les peres de famille habitant la campagne, et les sous-officiers et sol*
dats distingubs par leur conduite, ent aussi ressenti la munifience de la
RBpublique. Tous 11a sauront apprbicir leur nouvelle existence".
House n'avons pas on notre possessionde documents pour fixer exactement
le nombre des concessionnaires du 5 oarrefaux de terre ; tout de eame, oe
n'eat ni par dis~aines, ni par centaines, o'est par mialliers qu'il faut les
compter.- Car oe no sont pas soulement les invalides et les soldats oongi-
dibs, les grants d'habitations et les conducteurs d'ateliers agricoles,qu'en
appelle B la jouissance de la propri~ti: des militaires on activity de sorri-
ce qui se recommandent par leur bonnet condnuite, et des cultivateurs hennetes
et labotteux sont 8galement l'objet de la sellicitude du Gouvernemnent. f1 est
inutile de multiplier les preuves de oe que fit Pbtion dias sette question
de la petite prppribt9 rurale; (1) mais en oe qui touche Boyer, 11 faut in-
sister davantage, oar on a fait de lui, d tort, 1'ennemi systimaatique et ima-
pitoyable des olasses laboriouses et de la petite propri~te.

(xx) Hiistoire d'Baiti, tome 8*, page 491.-
(1) Pourtant nous ne pouvons nous emp~cher de reproduire ioi une aneodete ra-
contSe par Ardouin et qui montre bienm la sellicitude de Pbtion pour les clars-
ses rurales :"IndBpendamment des habitues de la Capitale, les visitours de la
oampagne affluatent au Palais par rapport aux dons nrationauxc. Un jour, 1'un
d'entre eux doananda $ Pgtion une concession, et 11 lui dit de presenter une
petition on dbsignant Ilhabitation do son choix. Le selliciteur revint ernsui-
to aveo la petition et dbsigna le verger de Wolant-le-Port, propri~th de PQ.
tion.- Celui-ci tit beaucoup de oette demanded Stranges mais oupponnant que le
campagnanrd avait 6th SgarB par 1' crivain de la petition, 11 lui dit:Cormment
mon ami, vous woules que je dtous diinne noma beau verg~er tbG j'ai plant maoi-
me~me des arbree auxquels je tins tant?- Non! President, je no vous dcunande
qu'une concession do terre.- Qui done a borit pour vous la p~titiont. C'est
un vieux multtre, normmb L~richey 11 m'a demanmd8 vingt gourdes pour la faire.
*Eh bient alles lui dire que le Pr~sident ordonne qu'il rende aes oingt Sour-
des, sinon it sera mis en prison. Revenes ensuite supr~s de moi, et je vous
donneral oing oarreaux de terre sur unes bonne habitation.- On coengoit bien
que le vieux anl~tre s'*xbouta aussitst."-




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Boyer est d pine au pouroir qu'il rend 1'^~rrs~ti du 11 Juin 1818 sur les
fonnalitis a remplir pour obtenir la Gouvernement des concessions de terre.
L'article lor dit entre autres choses:"Les personnel qui d airont obtenir des
concessions de terre ou faire Sohanger des titres dbji exp~di6s, quelles que
solent leurs qualitis, on duels que scient lours emplois, seront tenues de
ppoduire un certificate d'un arpenteur constatant que le terrain demands est
disponible et qu'il pout Etre concidS sans nuire A antrui."
Ainsi toute personnel, quelle que soit sa qualitS, peut dempander et obtenir
une terre demaniale. L'article 3 mirite d'eStre reproduit entibremasnt:
"Si le pititionnaire eat militaire et que la concession soft r4elambe
a titre de ricompense national, il sena tenu de joindre h la petition un
certificat du chef du corps oil il eat employs constatant qu'll fait exacte-
ment son service et qu'il est de bonnes vie et moeurs."
Notex qu'il e'agit ici des sous-officiers et soldata, et non pas des of-
ficiers dont les droits & une rboompense national sont dji'fix~s par les
lois du 24 Octobre 1,11 et du 16 arril 1814.
M~ais sans titre, sams autorisation prialable, desr militaires et des
campagnards vont occuper et oultiver des terres domraniales. S'il eat Trai
que clover no youille pas qu'tls soient propribtaires, voil$ une raison plauc
sible, 1 gale pour les expulsor de cos terress 11 agit pa contraire comme eut
agi Pitibn. Par sa circulaire du 22 NJovembre 1822, il demand aux commandants
d'arrondisaemlent un relev6 de oes oocupants sans titre, et 11 termine par oes
motss"Yous no diplaceres point coux qui ont cultird dea jardins oil 11a y a
des denries de, plantiea, la prisente n'ayant pour but que d'empe~oher que 1'en
fasse do nouveaux ttabliasemrents." Gette enqu~te soulbre dea r clarmtionst
ooyer lance aux mimes autorites sa oirculaire du 8 GOtobre 1824:"Les rbolamla-
tions dluns grand nombre de personnel qui pritendent avoir travaillb sans ti*
tre sur les terres de 1'btat qui copendant no so trouvent pas porties dans
leJ relevS que vous m'aves adre~sa, conformiment a ma ciroulaire du 2 D)cem-
bre 1822,(1) m'ayant prouv5 que oe relevi itait inezaot, et quil no pourait
remplir on consequence le but que je m'btaia propose, je vous invite, d~s
la prbsente reque, a vous coeuper sfrriousement de faire un nouvel 'tat de
tous ceux qui out fait des Sta -lissements our les habitations appartenant as
domaine nationale" juand Bioyer ae o oit auffisamment renseign8, 11 prend une
premiere mreaure que le Seoritaire d'Etat Imbert transmet aux administrateure
dea Finances par as oiroulaire du 18 Janvier 1825 oG nous lisone:"Il no sera
fait doronavant auoun partage aveo l'Eta~t des denrbes qu'aurait produites
le travail des personnel auxquelles le Priaident d'Haiti a aooord8 la permis-
sion de tr availler sur les terrea de 1'Etat, attend qu'il avait ith d'oidb
dans le temps qu'ils jouirraient de la totality de leurs denrbes." Fuis vieint
learr~tS du 28 novembre 1826 dont les articles 1 et 2 sont arinst conqus.
"Art. 1.- Les personnel qui ont plenty andenresa (2) et b-ien entretenu
des terrain de l'stat (dtapr~a 11autorisation du Gouvernement) obtiendront
le titre de concession nboeasaire pour leur on assurer la propri~th. Cotte
concession sera de cing oarreaux."
"'art.2.- Pour l'obtention de ce titre, oeux qui y ont droit et qui nb.
oessairement doivent avoir St-; inscrits sur lee titate fournis au Gouvernement
par lee Commandants d'Arrondissement, devront prisenter a la Searitairevie
Ij6narale un certificat du Commandant de la Commune oi est la~ terre ainsi oul-

(1) a crculiredu 2dicmbre182 nest autre que la circulaire du 22 No*
venbre qui, adresabie & oet~te date aux commandants d'artrondissemesnt de l'qrti-
bonite et du Nord, a dG e8tre adressje au 2 dicembre seulement, aux commsandants,
d'arrondissement de lc0uest et du Sud. De 14 pout-etre vient eette difference
de dates.-
(2)La loi du 28 F~vrier 1885 est la reproduction de 1'^irr~t6 do ~over: elle
exige 6galement que la terre conddide soit oultiv~e on denrbes frappbes de




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tivje, viab par le Commandant d'iirrondissement, constatant que aelui d~nom-
m6a etiia rbellement cultiri et bien entretenu la dite terre. La
certificat sera dblivrb et visi gratis."
far l'artile 2, on voit clairement que, pour eeux qui occupaient se-ns.
titre les terres domaniales, le fait do n'en Ztre pas djpossidjs et d'atre
inrorite sur les Ilates fournies par les Commandants d'arrondissement jqui*
valait a 1'autorisation dont parle article lor.
c;'est la loi du lor Mdai 1826 qui abrogea les diff'rent~es lois accordant
dea dons nationaux aux autoritjs civiles et militaires, La raison de oette
abrogation est donnae par Boyer dans sa dip~ohe du 18 avril 1826.11 fait sa-
voir "qu'an numbre prodigioux de proprijtaires do biens ruraux se trouve avoir
9th fait par la munificence nationale, puis 11 ajoute:" les consid~rationa
qui ont motiv4j cos lots et qpi avaient pour vut de recompenser des services
rendue antirieurenent no devalent avoir d'effet que durant l'Apoque soulemnent
ori elles avaient Ltj rendues. Co qui prouve que les intentions des ligislater
d'alors ne tendaient qu'h ricompenser des services d'ji rendus danzs les gra-
des et qjualitis que coux i rboompenser posabdaient, c'est, il faut s'en sou-
ven~ir, que daas les premiers temps de la Kipubliques les ressourlces de l'^d-
ministration Stalent at born es, i cause des dbrastations caus -es par la guer-
re, que le Gouvernement ne pouvait que rarement donner aux dzjfenseurs de la
patrie quelgues faibles compensations piouniaires, mais aujourd'$~i les temps
sont changes sons ces deux rapports et il faut provoir 1 avenir.
11 imported de fire ressortir que la loi du ler Mai 1826 Snandre toutes
les lois qu'elle abroge, sauf 1'"rr~th du 30 Decembre 1809 qui accord des
concessions de cing carreaux de terre. En vertu de ce silence, boyer, jusqu'~
au moment de sa retraite, continuera d'accorder des concessions de eing car-
reaux de terre, surtout aux sous-officiers et soldats congidi's. Or la durje
du service militaire n'jtait fixie par accune loi jusqu'en 1841. Mais on fait
Eloyer congiiait tous les soldata qui avaient 18 annies de service, Si 1'en
porter les deux armies thunies de la Ajpublique et de la Royauth i 35,000 hom-
mea, et si 1'on date des premiers enr81ements de 1804, difalcation faite
des soldata mnorts et de coux Sleve"s au rang d'officiers, oe n est pas exage.
rer que d computer pour un peu moins d'un dixi8me les sous-officiers et sol-
data qui ont resu des dons nationaux de 1809 i 1822, soit 3,000 concession-
naires; res~ouvelant le calcul de 1822 i 1843, date de la retraite de aoyer,
nous aprons encore 3.000 concessionaires; en tout, et parmi les mailitaires
soulerment, 6.000 concessionnaires de 5 oarreaux de terre.
La lot budgbtaire de 1817 permet de fanire un autre calcul qui, sans etre
d'une grande p~ricision, donne le nombre approximatif des concessionnaires de
plus de cing carreaux de terre pour les deux dipartements de l'0uest et du Sud
11 s'S1&ve i 2.322 proprijtaires de 76.000 carreaux de terre environ, ainsi
que cola resort du tableau oi-joint des diffsrentes categories de conces-
sio nnaires. La grande propri ~ti n'y est reprisentbe que par 134 concession-
naires d'habitations suoreries et d'habitations-eafbibrea.(1)
dn m~me temps que l'on ricampensait les serviteurs de 1'Etat, le S'nat
mettatt en ventem de 1812 i 1814, 100 habitations dont nous *valuons la su-
perficie d 15.000 oarreaux de terre soulement. Et une lot subabquente du 18
Aott 1814 ordonna 1'alijnation ganJrale des biens du domaine.
Sans computer les siens deji possid~s par les anciens librea, lesquels
srble~valent au tiers des proprijtis terriennes, ni les concessions de 5 oar-
reaux de terre, il n'y out pas moins de 90.000 oarreaux ie terre livrbs a 1'ae
tivith sooiale jusqu'en 1814, et soulement dans les deux d~partements de
l'Ouest et du 3ud. Ur, o~n Haiti, les families sont nombrouses et les tBoule-

de rois dexportaton touanqud'lesott densaursi
den~t Salomon pour la loi du 28 Fivrier 1883t
(1) Voir le tableau qui doit 8tre insdr6 en travers de la page.




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versesments politiques les ruinant sauvanti. Comoien de grandesa habitations,
par la division des hbritages, par des alienation s ecoessives, sont deve-I
nues le patrimoine des petits propriitaires, oz'est ce qu'aucune enquote nta
encore Btabli, mais un coup d'oeil jethi sur Hiaiti pernet d'affirmer que Tel
petite propriist6 y est soule prospbre et constitute le trait dominant de notre
agriculture.
Et Pbtion avait la claire, vue de oe qu'il voulait et de ee qu'il faisait,
Dans son message au Selnat sur la lot du 27 Avril 1814, 11 s'exprime ainsi:
"Les beana que je vous propose de distribuer ont Bt4 conquis sur les en*
nesdas de la libert? hattienne, ils doivent naturellement entre la recompense
de coux dont la mission eat difendre l'Etat; et puis je pense que vous vous
pinbtreres de oette, frande vjritS pour les Etats naisants qu'en sugmentmat
le nombre des proprietaires fonciers, o'est donner une existence reelle et
solid `a la Patrie."
La question agraire pour Hlaiti, la voild rjsolue par P~tion de 1809 d
1814. Le r'ondateur de la Rejpublique a re~ndu les Gracques haitions inutilesse



aprbs la petite propri~th, une des plus belles crdations de ?btion fut
les Lyobe national qu'il fonda su Port-au-Prince en 1816.
Lue 1'on ae report a ees temps troublis oG le sabre occupait le premier
rang dans le gouvernement et dans la soci~tS, La plupart des officiers sup6.
rioues, jusqu'aux gbn~raux, Stalent tout i fait illitria, et its veillaient
ainst avec un soin jaloux au salut de la patrie, ils r~glaient le sort de I'E-
tat, 11s designaient, si le Atnat blisait, le Prisident d' atti. C'btait une
nbeessitj social et politique de p~rem~ier ordre que d'assurer les bienfaits
d'une instruction superieure aux fils de nos timoniers inoultes du vaisseau
de 1'Etat., aussi ien qiu'd tous les jeunes gens youis aux 4tudes classiques
par une incbination personnelle on par le voeu de leurs families. 11s 3talent
tous ap;el~s i remplacer les hommes instruits de la gon'ration de 1804; dj 4
en trop petit nombre et souvent moissonnis i la gleur db 1'8ge dans nos tour-
mentes rbvolutionn~aires. L'oeuvre Itattardue, car le nom franigais Jtait alors
en horreur en Haiti, et il fallait des Franguais pour composer le personnel en-~
seignant. P~tion, qui adnettait dsji dans nos ports des navies fransais sons
pavilion neutre, n'hjsita pas a faire ouvertement appel i des professeurs fran
gais, et le Lyobe put ouvrir ses portes i deux iaattants i une jeunesse, june
et noire, curiouse de toutes choses et avide de savoir. PBtion y plaga comme
boursiers plusieurs enf~ants des militaires morts au service de la K~publiqpe.
Aussi souCIeux du r81e de la femme dans la famille, quede celui de l'hom-
me dans 1'Etat, P~tion cria jgalemenzt un pensionnat de demoiselles sous la
direction d'une anglaise, Mdadame Drury, qu'il fit venir de Kingston, Elle
poss~dait parfaitement le frangiais. Cet Stablissement retut les filles jaunes
noires des pretmibres families de la Lipublique.
I l no nous semble pas que le v~rdrable Ponsieur Schoolcher ait bien stu-i
did la vie et les oeuvres de ?4tion, ear i1 ne 1 aurait pas accusi d avoir
assassin& intellectuellement la race noire!
scuelle que soit I'autorit: de Victor Shhoolcher dans les Antilles frangaises
et on iiaiti, on peut sourire de son accusation contre Alexandre s~tion et ne
peas s'en occuper autrement. (1) L'illustre, Prisident voulait sans doute m6ri-
ter de plus en plus 1'anathBne de 1'illustre phnilantrhope, car dans le bud-
get qu'il prbsentat au Corps 19gislatif en 1817, 11 avait inscrit des fonds
pour la fondation d'un Lycde aux Cayes et de huit Seoles primatres, mais la
lot budgitaire, quoique vote, ne fut pas exieutie par son sucoesseur.
La politique de Pbtion avait obtenu d s risultats heureux et visiblea
aux regards les moins p~nbtrants. A partir de 1812, ses adversaires les e.




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plus achh~rnbs reonnaissaient 1'ascendant de son ginie calme et patient. Les
visilles querelles du Sinat` et du Prbeident avralent oeassh Le people, du res-
te, n'y comprenait rien, si Ite nest que plus d'une fois Pition lui Youlait
du bien malgri l'"ssemabl~e, et sans doute il donnaiit reason au Prisident,
meme quand eelui-oi avait constitutionnellement tort. Il n est pas ztennant
qu' on vouliit etn'l" e ses pouvoirs et qu'en1 reBVist dans ee but la constitutional
de 1806. E11ie avait durB neuf ans. Ulne Ass emblie de r vision, siigeant au
Grand-Gotve, Blavora la Constitution dite de 1816, qui fut promnlg~ube le 2
Juin de sette ann e.
La R~publique rested le trait oemmaun des deux Constitutions, mais elles on*
ohacune, leur physionomie propre qui les dlistingue et les spare nettement.
La Constitution de 1806 proclame la Pr~sidnce temporaire pour quatre
ana aveo le principle de la rieleetion.- La Constitution de 1816 proclame la
Prisidence A vie.- Pition ~lu trois fois Prisident: en 1897, 1811, 1815, fut
nommb d vie aprbs le vote de la Constitution.
Dans la Constitution de 1806, une Assemvlie unique sous le nom de S naPt,
a la plenitude de la puissance 18gislative, le droit do normmer aux fonetions
publiques sauf ii celles de Clommissaires du Gouvennement pres les tribounaux,
dc'lire le Prisident d'Hlaiti, de diriger les relations extjri ures, d ar
office de "our desbomptes, de Tribunal de Cassation, d'auccuser le "resident
d'Hfaiti, les Secrbtaires d'Etat, les Sinateurs qui sont alors dif60~s pour le
jugement $ une Haute Cour de Justice.- Dans la Constitution de 1816, le Corps
L~gislatif est divisi en deux Chambres: Le Sinat et la Chambre des iepr~sen-
tants~de-s ~ommunes. Le Prisident d'Eiaiti a la plenitude du pouvoir exitoutif,
la direction des relations extbrieures, 1'initiative des lois, except on ma-
tibre d'impot, le droit de faire tout traits de paix, de commerce, d'alliance
avec les nations Strangeres, ainsi que les declarations de guerre, lesquels
ne valideront qu'apres la sanction du Ssnat. La Chambsre des Reprisentants a
l'initiative des lois d'impet. Et o'est le S~inat qui d orbte le budget des
d~penses. O'est encore au Sinat qu'est Sohu le droit de sanctionner les trai-
tiS, d'ordonner la translation du siege de la Caoitale, de proposer la revi-
sion de la Constitution (1), d' B1ire le Prisident d'Hasiti, de le dborbeter
d'accusation ainsi que les autres grands fonotionnaires (2) qui serent jugs
par une Baute-Cour de Justice.
Dans la Constitution de 1806, le S~nat est de 24 members nomcnes pour 9
rqns et se renouvelant par tiers tous les troi~s ana, Ce tiers est choisi par
le Sinat sur des listes do sandidata prisenties par les assemblies "lectorales
de Lipartement. (3)

(1) Monsieur Schoolcher fait peaer la meme acousat-ion encore plus fortemnent
sur Boyer : elle sera plus loin l'objet dune rifutation.-
(1) La revidoan me pearait avoir lieu que dans 1'espace do neuf aps, sur la
demande du dinat, renouvelje & trois 3poques bloignies 1'une de 1 autre de 3
annies. Get article est le meme dans la Constitution de 1806.
(2) Except5 Les Rieprbsentants du people qui doivent Stre mis on "tat d'acua
tion par la Chhmbre dont ils font parties.
(3) L'article 50 dit que:"1e S~nat ecosit, dans les listes qui lui sent env~o-
ybets, lea quantity de Sinateurs qu'il a d sign8s pour representer le Lparte-
ment; mais auoune lai ne vint determiner le nombre de Sinateurs attribuds &
obaque D partemdnt. Cependant le premier sinat, formd par 1' asembl~e 'onsti-
tuante mem en vertu de l'art. 44, 'tait compose de 24 memnbres 4 raison de 6
pour c-hacun d s quatre ujpartemaents d'alors.
(4) En 1839, B 1'occasion de, 1''lection de cing Sinateurs, la Chamb~re des ~e-
pr sentantsr adressa au Prisident dcrHaiti un message oi elle soutenait; les
trois propositions suivantes comme ressortant des textes meme de la Constitu-
tion: lo Le Sjnat doit 8tre renouveli commne la C~hamb3re des Representants.
2o En cas de mort, de d chja~nce ou de admission, les replacements no doivent




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Band la institutionn de 1816, le Sinat se compose tonjours de 24 membres,
mais le renouvellement du tiers disparait, et au fur et $ measure des vanan-
ces, chaque Sbnateur est nomm@ pour 9 ana sur une liste de trois candidate
proposes par le Prjsident d'"aiti. (4) Les Reprisentants des Communes sent
alus pour oing ans gpar le suffrage direct et universal et au scrutin unino-
minal. Ils ont on outre, chaoun, un suppliant qui deviant Kept sen~tant on oar
de mort, de djchiance on de admission. "a Chambre ae renouvelle intdgralement.
Dans la Constitution de, 1806, le S~nat get permanent et s'assemnble tou-
tes les fois qu'il le juge d propos. 11 s'ajourne et laisse un Comiti perma-
nent qui le convoque au baesoin.- Dans la Constitution de 1816, le S~nat, quoi*
que d pouill9 de toute attribution exboutive, est aussi permanent, bar il
excroe encore soul, et sans la participation de la Chambre des Communes, cer-
taines attributions legislatives et l'importante fonotion 6letorale de nom*
mer le i'risident d'haiti: i cet effet, il siajourne et laisse un LoaitS per-
manent. La c~hamb:re des Communes n'est pas permanent, E11e s'assemble ler lun-
di d'^Lvril de cheque annie et sa session dure trois mois. Le Prisident d'Haiti/
peut la convog~uer A l'extraordinaire dans 1'intervalle d'une session i 1 autre
Dans la Constitution de 1806, il y a un Secr~taire !'Etat nomati par le
Sinat qui fixe ses attributions et pourra Qtablir d'autrea Secritaires d' -
tat, si les 'esoins du service 1'exigent.- Dans la Constitution de 1816, il
y a un Secritaire d'htat, un Grand-Juge et un Secritaire-Gbndral. "e secrs*
taire d'iatat est chargB deaFE~hances et s embjle poss idetr constit~utionne'llement
une certaine prbjminence sur ses deux autres coll8gues. Ses aippointelgents
sont de 6.000 piastres par an et les leurs de 4.000.- "a lot du 4 ^out 1817
qui regle les attributions de cheoun, les fait marcher de pair dans les a rS.
monies publiques. ;e Grand-Juge est exclusivement charge de la Justice. th Se-
orbtaire*Gin ral t~ravaille sous les ordres directs du PrbsiLdent d'hatti.11
est le moins ind,,enant et le plus puissant des trois. 11 conttresigne tous
les actes qui n'ont rapport ii aux finances ni r; la Justice. 1l est charg"
des D~partement de la Guerr~es de la "arine, des Travaux Publies. Dans la Cona-
titution de 1816, 11 est dit d'une part (article 158)" que les Relations Ex-
tjrieures et tout ce qui peut les concerned appartiennent au Prisident d'Efki.
ti";- d'autre part (article 167) "qu'll y aura pres du residentt d'Haiti un
Seoritaire-Gdn~ral. charge du travJail personnel I done le Secritaire-Gin'ral

avoir lieu que pour alcherer la pbriode de neur annies de 1'A~lection primitive.
3o S'il s'agit d' 61ire plus d'un S~lnateur, le Pouvoir Lxioutif est tenu de
fournir, non pas une liste speciale de trois candidates pour oahque S nateur,
mais une list e ghn~rale de trois fois autant do candidates que die "ndteurs a
elire, entire lesquels san-didats la Chamb're determine ses choix."
- Une controversy des plus anirbes s'engagea entre le Pouvoir Exboutif et 1
l'Opposition dont HBrard Dumnesle 'tait le cher parlementaire. Le Sinat, char-
g6 du dspit de la Constitnution actiole 113, rejetea les trois propositions
de la Chambre des L6put69set donna ainsi gain de cause au Pouvoir kad~ "x4.
cutif.- La premiere et la deuxi$re proposition de la Chambre Btalent erronies
en ce sens qu'elle n' ttalent en accord ni avec l'esprit de la'Constitution,
ni avec 1'esprit de la jurisprudence consti-ttdtionnelle, La trcisibme proposi*
tion Btait soutenable et miritait d'8tre prise en consideration. "ous rarvc-
yons I'examen de cos trois propositions au Ch~apitre intituS"Question Conati-
tutionnelle" public cormme annexe,




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itait Agalnemet charge des Relations Extkrieures. M8ais toutes les pieces sorn
tant de ses mnains ne seront point obligatoires dans la RBpublique ai elles
no sont rev~tues de la signature du Prisident d'Haiti", dit la lot du 14 Aou^t
1817. Une telle disposition read le Seoritaire-Oinbral politiquement irres*
ponsable et la mae11vetqels Chambrqs l'interpellent sur le service
dent il est charge. 11 est comnme le Seoritaire d'Etatt et lGrand-Ju~ge, ora-
tour du Gouvernement et comme eux responsaFblex devant les Chambrea.- La Cona-
titution de 1816 et la loi du 14 Aott 1817 embrouillent la question minister*
rielle, mais pouvait-on ea tirer le Gouvernement parlementaire?
L'article 2 de la lei du 14 Aodt 1817 prescrit fothnellement la pr~sen-
tation du Budget g~nbral aux deux Chambres, mais les articles 13, 221, 222
de la Constitution ne prescrivent qlue la presentation des comptes ganeraux
a la Chambre des Reprisenitants, e'est-8-dire des Stats des Recettes et des
D)4penses pr~esumbeeaa presenter au 86nat, et 1'article 153 confbre i la Chamn-
bre des Reprbs -ntants 1'initiative des lois d'impo~t; de la combainaison des
articles 126 et 153 de la Constitution, il risulte nicessairement la prjsen*
station dtun budget de provision, e'est-A-dire d'un Etat de Recettes et de D6-
penses prdoumbes. Ainst pensait Pjtion qui prisenta en consequence i la sane*
tion du Corps-L~gislatif le Pudget des D'penses, le 14 Aoit 1817; cela fait
d'autant plus d'honneur A son libitalisme qu'il agissait selon l'esprit et
non Selon la lettre de la Constitution. Boyer ne 1'imitera pas sur ce point.
La Constitution de 1816 ne permet pas au Prisident d'Haiti de dissou-
dre la Chambre des Reprisentuats: elle itablit si bien la pripotence du tou.
Yoir Ex~cutif qu'aucun oas de conflict ne devait 8tre possible qui n oessi'84C
xxit une dissolution de la Chambre des Representants et un appel au peupl~e,
en quoi 1'on se trompait. (1) Par contre, elle,autorise le Prjsident d'Haiti,
s'il se tramne quelque conspiration contre la suretS de l'Etat, i d"oerner des
mandates contre les conspirateurs et lear complices, mais il est obligS, sous
les peines portjes contre le crime de dritention arbitraire, de les renvoyer
dans le dilai de deux jours par devant le tribunal habile d les juger,(Art.
159).- La Constitution de 1816 proclamne le meme droit public, la meme justi-
ce civil et oriminelle que la Constitution de 16306. E11e complete 1'organi*
station dgadiciaire par 1'3tablissement du TFribunal de Cassation. La lot du 15
MFai 1819 supprime les tribunaux d'appel qui existaient conform~rment & la Cons-
titution de 1806. Le code d'instruction criminelle, public on 1826, institute
le jury on matiere criminelle. Deux articles bizarres de la Constitution de
1816 sont article 164 accordant au Prisident d'H~aiti le droit de designer
son successeur dans un pli oacheth qui ne sera ouvert qu'd la vacance de la
Prisidence; et l'article 166 donnant au Sinat le droit d'adnettre ou de reje*
ter ce choix.(x) En fait, aucun Chef d'Etat n'usa de ee privilege.
La duealit6 au lieu de l'unit$ du Corps L gislatif, le syst~me des deux
Chambres, 3tait une modifrication constitutionnelle trds important et tres
heureuse qui, depuis lors, n'a jamais Sthr remise en question.
La Pr~sidene i vie nea pas jout de la rmiie inviolabilit3. 41 nty a pas
de doute qu'elle ne fGt $ l'origine une hommage rendu au mjrite incontesta-
ble et aux services Aclatants d'Alexandre Pjtion. E~lle fut encore davantage
Icoeuvre riflehie de beauooup d'hommes influents, entire autres de Jorgella,
qui avaient itb frappis des dangers que la Rhpublique avait courus, de 1807
i4 1512, per le fait des ardentes competitions politiques auxqiuelles la peur
m~me de Christophe n'imposait pas de trere, juoi que l'on pense de ses causes
et motifs, la prisidence i vie n'est pas une royaut" batarde reculant devant
son titre, ni une magistrature elective inconsequente au principlee atIsa~ft-
re ripublicain. E11le peut server de transition d la prbsidence temporaire, ma

(1) La Constitution n'accorde pas non plus le droit de vete au 'rbjsident d~ai-j
ti, puisqu'il a seul 1'initiative des lois.
(x) La Constitution de 1807 donnait B Christophe, le droit, non de d sig~ner
son successeur, mais de so le choisir. Art. 9.




-21-


nais ce n'est pas li son principal oebjet. La viag~ret" du couvoir convient
aux longs desseins en politique, aux grands travaux 8(lutiliti publi.que;elle
est; 6minemment propre i fonder le rigime parlementaire, elle' doit logique-
mont y aboutir. D~s 1817, P~tion entrait dbj$ dans la voie du parlementa-
risme, quan~d il nrisenta un Budget d la sanction du Corps Ligislatif, mais
11 mourut le 29 Mvars 1818, et la Republique, parlementaire fut &ajournbe .
Mort i 48 ans, et diji il s'appelait le vieux Pition, ce qui voulait dire
le sage. Quelle fin primaturbe'.
Pjtion aimsit le people d'un amour sublime, de l'amour qui trouve sa rs-
obmpepse en soi et n'attend pas la reconnaissance et la bia~ddiation des hou-
reux qu'il fait. II jouit njanmoins de ee qu'il ne recherchait pas. Ls Peuple
ne fut pas ingrat envers lui, et jusqlue de nos jours b~ien cher est son soure-
nir i la classe at nombreuse des petits propriitaires ruraux.
Les sentiments dixmooratiques de Pition sont d'alt~ant plus dignes d'61o-
ges qu'ils ne procitdent chez lui d'auaune poursuite de revanche et de reven-
dication populaires. Il est le reprisentant des harmonies sootales. 1I preud
ea main l'int~r~t des masses laborieusea encore plongies dans 1'ignorance,
mais il en fait dicouler l'intjr~t de la minority i flair~ie. I1 a une co0ncep-
tion trbs jlevie du ro"te de celle-ci, de ses droits et de ses devoirs dans
la d~mocratie haitienne. 11 est et il veut qu'on soit avec lui l'avocat du
peuple, pour qu'un~ tel r81e ne pulsee Schoir $ la dimagogie ni au obsarisme.
11 favorite et il vTeut qucon favorise avec lui lei-galit3 pour emp~oher le
nivellement social.
-Par see idses, Pition 4jtait fort en avant de ses contemnporains, maislt 11
n'eut pas exerc6 une action durab'le, son oeuvre eut 5j Aph~mbre, si sa.hau-
te intelligence n'itait pas rehaussse et seconidie par de solides vertus.
Pjtion stait inthere et disintiresseJ Quel- ardent patriote 11 "tait, touted
les pages de notre Histoire en t5moignent. Son patriotism nej diffirait pas
moins du patriotism de ses rivaux de gloire et de puissance: 11 'tait exempt
du chauvinisme.
^xn une poqiue 04i le or~i de mortt taux blanks" marquait l'$nergie du sen-
timient national, Pition ne le poussaL jamlals, et il osa rester human au mi-
lieu d'un dichainement inoui de passions sauvages et de vengean~es imp~la-
cables. Au Haut-du-Cap, le 13 Octbobre 1802, au moment oG il so d~tache de la
France, admirez ea conduit envers les canonniers europbens et d'autres blnes
qui talsaient parties de la 13e demi-brigade coloniale; 11 les d~sarme et les
renvoyant sains et saufs: "Cette cause n'est pas la votres lefur dit-il,vous
retourneree aupr~s du ginical Leclerc, o'est li qu'est votre drapeau". Apris
la proclamation de l'Ind pendance, quand la tuerie des bJlanes est ordonn~e,
sa maison devient 1'asile sacri d'une fouled d'hommes et de femmes dont il fa.
cilite 1'8vasion. Il parsit que o'est en cette ciroonstance qu'il m"rita
16)ith~te, tant soit peu didaigneuse dans la bouathe de Dessalines, de "Papa
au bon coeur". 11 ne fut pas le soul qui eit des entrailles, mais pour qlue
d'aut~res ag~issent commne hli, peut-ktre fallait-il que la d sob~issance aux
ordres riiteris de Dessalines partit de si haut et rest~t impunie, Farmi lee
noirs at les jaunes kninents qui sauv~rent des blanes, on ette, outre P~tion,
Geffrard, Fbrou, bonnet, Jeoma-Louis Frangois, Thomas Durocher, Bszile, Bor*
gella, IFr~mont, Cisar, -Thilimaque, Giraud, ThBodat et Jergbrao, Trfichet,
Volt~aire, Alain, Gaspard, Beaucoup de gSens obscure, sur prnsque tous les /
points du pays, se montr~rent Sgalement pleins de charit6 et de d vouement
pour les persieuths. Ainst, A 08th des farouches guerriers qui or~rent con-
solider notre nationdlit6 naiassnte par les hicatomb~es de tant d'6tre inno-
cents et innofensifs, 11 est consolant de placer dos guerriers plus doux et
non moins fameux sur les champs de bataille, qui penabrent que le sang fran-
gais, versS au mapris die touted justice et de toute humarnit8, ne pourait
S~tre pour notre sol. une rose fi~condante. Pition, le plus illustre de cas der-3
niers, est aussi cela~i i qui il 'tait riserv comme Chef d'Etat, de formuler





*22*

une politique de rapprochement des races, des peuples et dies indivpidus.
11 ne pensait pas qu'Haiti diiti a'isoler come une Chine minuscule, car
11 considarait 1'isolement cormme un obstacle au progris et une cauise de fai.
blesse. N~on qu' 1 fut contre certaines measures temooraires, telles que 1 ex*
clusion du blano de la nationality haitiennet auoune puiscance, ni 1'Angle-
terre, ni 1'Espagne, ni les Etats-Unis d'Ambriqcue, n'avait eneere feconau
notre ind~pendance, toutes pratiquaient l'esolavage et la trance n avait pas
renoncd R reconui~-rir sa solonie, "ais tout; en prifmunissant le Deuply hai-
tien contre curtains dangers possi lee alors, -Pition voulsit qu'il fut au-
prbs de l'Europe et de l'Amb~rique blanches le reprisentant civilis9 de la ra-
ce noire et I'hvocat de Itabolition de l'esolavage colonial. 11 d-itermainait
ainsi notre place, nos droits et .oa devoirs dans la grande-famille des na.
tions civilisjes. Et pour qu'Haiti fiit ien accueillie au dehors, no fallait-
11 p"s qu'elle f~t acoueillante au dedanzs? Ainsi Pition aceueillaitt 1'5tran.
gSer, le comblait d'attenltions, 1'enchainait memne par des Sienfaits pour lui
fai~re aimer Hiaiti et ser~vir la cause des noirs. Vioild certes une politique~
grande, gjnbreuse, humanitaire. 3olivoar sut en profiter.
Le h~ros de l'-uiri.3ue du Sud ar:ive en Hainti, aux Cayes, dans les derni
ers jours de Dicemb1:re 1815-, vaiinou, disespjr ?Jtion le .revoit avec bont$
et sans9 craindre l'E`spaglue, sans la braver non olus, 11 ouvre au prosorit
nos trisors, nos arsensux; L1 permet aux hiaittens de s'enroler s6'2 Sa ban-
nibre. nra~c3 A nou~s, Solivsr peut organiser une expedition et theoanmentercha
la luttte quiiaboutipa JJ-1 85nd~apendance des rjpubliques hispano-am'rionines .
ans, 1'exalta-!ion de sa reconnislsane, Boliva~r "rit & PQtion le'HI "r'rier
1816:
"Monsieur le Prisident, je suis aceabli du noids de vos sienfaits......
"Lans ma roclanation aux habitants de 'V~idu~ll et daris les d crets que
je doisa expddieor pour la_ liberty des esoltaves, je ne sai s s'il me sera
yardss de tbmoigner les se;;;nti-~jments e mn ceu envers V. Ex. et de
"laisser ci la postbrit-i un mnonumen-t irr voca \le de votre philanthropic.
"Je ne sale, die-je, si je devral yous nommer cormme 1'auteur de notre li-
"berth! Je prie V. Ex. de m'e~rpimer sa volontS I Ce-t *ga d.--~r
Le 18 Fjvrier, Pition r;;pond & Doliver de tire son nomn et de proclamer
1*abolition de l'esolavage des noirs.-
L'esolavag~e ne fut pas tout de suite aboli, mais "olivar, plus reconnsa is
sant que le confrjs ds Paneama, affranchit ses propres esolaves au nombre de
1500 et inscrivit le nom de Pition & c~t4 du sien. (1)
C'est ainsi qu'une de nos gloires les plus pures ri'es~t pas seulement une
gloire haittenne, elle est une gloire amjritaaine. Nous devrous en r'essentir
une ligitime fierti nationale.
-usrnd nous avons ainsi parlS de la profondeur de ses desseins qui ou-
wraient au pantriotismet halttion tant d'horizons nouveaux, et de sa haute moa.a
liti qui forkait le respect de ses adversaires memnes, avonsrunous tout dit
sur ?5ti~on? 'ne humeur philosophique, insensil-le'aux injures et aux calem-
nies, sorre de mots, mais lang~ant parfois un trait aCQri, toujoura juste,
toujours A propos; une gonbrositd qui guirissait v~ite, A la fin de la sets-
sion du Sud, jusqut& des pleasures d'amour-propre profondes et Baignantest
uns simnplicit3 pleine de grandeur, un abandon san~s famniliarits, qui attirait
et imposait d la fois; void~ tant d'autres qualitbs qui valurent au fonda.
teur de la Ripublique 1'affootion des grands et des petite.




*2~3.


JEAN-PIERRE BO3YER
(1818-18343. Constitution de 1816.)


Le Prrsidlent jEayer, qui e~uocedar i P~tioni ne devait point hiriter de son
prestige ni de son influence, et oependant, tournant Je des au GOuvernement
parlementaire, 11 s'Svertus i fonder le Gouvernement personnel. ^ien no uSn-
ti fiait oette tentative.
La paix assure i 1'intbrirur par la pacification du iuerd on 1820O et par
la reunion, on 1822, de la parties orientale de 1'lle a la Rjpuo~liques la
pair assures i 1'extirieur par la reconnaoissane notre Ind~pendanc ar la
trance on 1825, I esprit d'une g n ration nouvelle on contact raveo 1treau
ger; I esprit, sinon la lettre de la G~onstitution de 1816; le: pricident
de P6tion e~n 161'1 touchant la presentation annuelle du budget de gravision;
que de raisons cour convier is pn Chef d'Etat jalairS i I'jtablissment du
Gouvernement parlementaire! jayer fut sourt i tons les avertissemaents, meme1
i coux de sea entours.
Ils n'entendhit pas Btre consaeilli, encore moins contr'ol5, et conbien
o' btait nioessaire qu'il le f~.t pour sa gloire et pour I'avanem~ent d'Haiti.
11 n'avait pas les grandes quarlithe qui mettent P~ition hors de pair, son ta-
lent qui ncitait pas de premier ordre, quoique riel et trbs apprbeiaole,
lui commandait dcStre moins autoritaire. Gardons-nous, oependant de juger
Boyer aveo les passions qu'il avait 1'art d'exciter au plus haut degr$ con*
tre lui. 11 avait des hants et des bas, mais il avait du patriotism~e, des
lumibres, de l'intifrit6. On ne lui assiginera sa oraie place qu'en le d~idon-
blant. 11 y avait on lui le percepteur du revenue public et 1'homme politique
Le percepteur fut con. Et ee sont ses qualitis fiscales, poussies d
l'estrie par une certaine 6troitesse d'esprit qui font faire i SIoyer une si
bells figure parmi les Chefs d'Etat corrarapus qui sont venus apris lui.
11 rita'alit l'ordre dans les finances, et il m'rita d'Stre qualifib d'avare
des deniers publies. Apr~s avoir rec~onnu une in~demnit i la France, on fareur
des colons expropriss (1), il s'aLppliqua i en payer rjgulibremeant les termeas
et i ovtenir une rituation sur le maontant de lab dette et il r~sussit pleine-
ment dans oe-tte double t~che. pris avoir Smis le papier-monna~te on 1826,il
voulut on opbrer le retreat an 1842, et dans cotte question il raisenna mieux
qu'une Commidssion qu'il a~vait nommi~e et qlui fut d'un avis contraire au nain.
Qiuansd il abdulilua le pouvoir, le AA 13 dars 1843, 11 laissa un million de
piastres au Triaor public.
iais le rigide percepteur, I'honnr~te oaissier avait la mnanie de 1'4cone-
mie sordide, ii n'avait pas i'art de la dipense uitile et reproductive eas
opinions, au rested, peuvent Stre partagies sur les avantages et les incon-
vrinients do~ son systbme d'cadministration. I0e qui est indiniable, c est que
Joyer sotcapara et voulut exeroer" toutes les hautes fonotions de son Gouverne*
ments guerre, marine, finances, relations ext6tieures, justice, police, etc.
II pr~tendait tout voir et toucher i tout: il fut son premier comm~is. Et
quel commis paperalssier'. Ing~inao, le Secritaire-i3-Snral, qu i 11switrc a
mnangluait pas de maice, le bourra et I'emp~tra de paperasses. Mais Imbert,
le Seocrjtaire di'Eta~t, qui no mangiuait pas de bile, le bouda pendan~t vingt*
cpatre anis. deul le Grand-Juge Voltaire fut correct et i sa place auprks de
boyer: l'incom~putence du dinistre de la Justice Stait ass-es connue pour ga'er
n'attri';tut qu'au Prosident dlllaiti les bonnes mesures judiciaires qui pou.
valent etre prises.
Voici un trait de la judiciaire du Gran!d-Juge. "os jeunea-gens du ~ort.
au-Prince avaient, fait une manifestation peflitique, le 14 Avril 1831, aux
fun~rcalle~s de Frunneau, jeune professeur du Lyche, tuS en duel par fakess
Duton Inginac, le fils du Secri-taire-G;?Hrral, :Boyer, levant cette manifea-
tation i la hauteur d'une sidition, convoqua au Falais des fonotionnaires






oivils et militaires et leur demand gravement leur opinion sur les meaures
de rigueur qucil important de prendre contre les additioux. Le Grand-Juge
opina pour leur deportation i 1'E~trangr (sio) et Diendonne, le Doyesn du
tribunal de Cassation appuya le Grand-Juge, pour qu'on ne jugett pas! bes
S~nateura Leapinasse et Audigh firent observer qu'on no pourait mettre le
Code pbnal de oo~t", et Boyer se range i leur sage avis de dif~rer 1'affaire
aux tribunaux. Grand fut l'embarras du Comnmissaire du Gouvernement pour trou.
ver qui assigner panni oes gmentiers tout frais 6moulus du Lyobe. On so ra.
battit sur leurs pr~tendus cheFs politiques qui parent arssignis an numbre de
huit, i comparaitre devant le thtibunal correctionnels 11s furent tous acquit,
tbs, le M(inist~re public ne pouvant pas m~me prouver que des oris abditioux
avalent 6th pousabs. Le G~nbral de brigade Vol~taire, notre Grand-Juge, n'i*
tait pas moins un fort brave homme, mais que comprenait-il aux six codes pre-
paris aveo soin sous 1'imnpulsion Belairie de doyer meme et promlglUb~s de 1825
A 18263
L'esprit fiscal de Boyer devait naturellement 1'amener i 1'Stablissement
d'un con~tr61e serieux des finances, mais sa madle de vouloir tout diriger
par lui-m~me anoindrissait, quand el1e no gitait pas ses mailloures inten-
tions. Par la loi du 27 Juin 1923, 11. or~e une Chambre dea Comptes. Elle vj*
rifiera les comptes qui lui seront indiquis par le President d'Hiaiti on le
Seoritaire d'Etat (Art.6 et ell signalra 'uoiJehuietu e
abuse qu'elle aura dboouverts et en~glant les comptes des comptables (art.&).
sinsi la Chambre des Comptes n'a auoune comp~tence judicriaire; son contr81e
purement admninistratif, eat subordonni i 1'action de 1' xioutif. Les deux
lois du 7 Avril 1826 et 27 Mai 1834 dbrel~pperont oe point de vue, La fono-
tion ne sera plus gratuite mai s rbtribube, ie travail augmentera jusqu'd
embrasser la comptabilit8 des Conseils des Notables, ags attributions se*
ront plue 8tendues: la Chambre des Comptes aura sur les comaptables an droit
de r6primnande on oas de negligence, et d'information on oas de malver ation,
sauf i en rbrdrer i l'autorit5 ozboutive qui exeroera les poursuites art.
16 de la 101 du 27 M~ai 1834) "ais as me~me temps, pour une besogne anoodesi-
vemen~t augnientse, le nombre des membres de la Chambre des Comptes sera suo*
oessivement rkdult de 7 i 5 et de 5 i 5! Mlesure d'4conomie, dit "over, dana
son M~essage du 19 Ma~i 1834 i la Chambre des Reprtisentants. D'aillours le
President n'ecrt-il pas an Argus qui voit tout? &6 18 Juin 1818, une circu-
laire du Secr~taire d'Etat annonce aux admainistrateurs des E'inances que le
President d'Haiti" so reserve le droit de faire la vdrification et 1'apupe*
ment de leurs comptes pour le second trimestre et qu'il continuera de mmoe
de trimeatre en trimestren. Et en execution de son arrent8 du 25 Septemnbre
1826 sur les emissions de papier-monnatre, evyer lance au Secr~taire d' tat
sa d~p~ohe du 26 Goto'bre 1826, laquelle continent oe qui suit:"les billets
imprimbs vous ont 6tB et vous seront expbdiBs sous vos rer;us gu~e ,e a~rd
rai en dBpht au fur et A mesure qu'ils sortitont de l'Imprimerie, afin que
vous leas Passies signer par le Trisorier.G~nbral et par la Chambre des
Comptes, ensuite par vous mI~ne." (1)
Ainsi le President dlHaiti est le dbposltthrre des recius que fournit le
Seclretaire d'Etat pour des papers sortis des presses de 1'E~tat, A quelles
thatP Le Contr8ie do ovyer etait si peu efficace que lors du retrait, on
1842, des derniers billets de la quotitC de 10 gourdea, 1'Etat fut oblige
de rembourser 179.000 gourds on sus des quantities 5mises, sans qu'on out
soupgonns 1'existence de faux billets dans lat circulation, ni su comment
11s f Staient entrjag

(1) L'indemnith italit de 150 millions de franes. Pat dhabilesa njgoeta-
tions qutil engages de 1826 i 1838, Boyer parvint i la faire r~duire de 6
million de francs.
(1) Voir la dBp6ohe dans Linstant bradines, Reoueil des lois,tome IV,pag
507.-





-25-


Tout on s'occupant d'admainistrer on de faire admdnistrer, un Chef d'Etat
doit e'eocuper de bien gouverner, Boyer, perdu dans mille d tails admginia-
gratifs, no aut pas tonjours so maintoenir i la hauteur de 14 velle ache pe-
litique qiue lui avait 16gube Pltion.- A la v~rit4, 11 eut le talent de recol-
ter oe que oelui-ci avait semb.- Zar example, 11 rbunit i la Rjpublique, de
1830 i 1822, les deux d6parrements du "ord et de 1'drtibonite et touted lax
parties orientale de l'lle. 11 y aurait didi do justice i lui refuser une part
de gloire dans 1'accomplissement~ de oes deux oeuvrea. Le reproche marftl
qu'on peut lui faire, o est de n avoir rien fond5, o'est surtout de n avoir
prspar4 auoun group d'homsmes, ni m~me un hommae, i 1'exeroice du pouxvoir
apres lui, Les d~ifauts do son oaracot~re, plus que la faible porthe do son
esprit, expliquent une fagon d'agir si dismi~tralmemen oppose i oelle de son
pr Sdecess eur.P iti on, le pregnant par la main, lui avait fait gravir rapide-
ment et ma~me avec une evidente partiality, tous les deg~ria de la crarriike mti-
litaire qui, aeule, donnait alors un titre i la prlsidence. ;Jayer n'associa
personae i l'oeuvre gouvernementale, ni parmi les vieux, ni parmi les ,jeunes.
Par lui personnel n'avait grand en politique. Personae autre que lui no de-
vait etre en bridence, ni i 1'intbrieur, ni i 1'extirieur. On dirai~t que 0e
soleil refusait de so coucher pour enpe~oher les s>toiles de briller,
L'excessive et riddoule priocoupation de no pas se laisser belipser
mettait doyer aux prises aves touls les hemmaes, i la fois ind~pendants et
belairba, qui voulaient peser de leur propre poids dans les aff~aires poli-
tiques; 11 ne les enployait pas, fussent-ils jaunes on noirs. I1 est done
faux de prjtendre, comme Mionsieur Sohoolcher, que la plupart des noirs Sclaim
ris itaient systimatiqueaent Boartss des emplois publiosr, surtout des hauts
emplois. L'illustre philanthrope a fait un oalcul dont les donniers no sont
pas acceptables: il met I'as o~th la minority june, de 1'autre la majority
noire, et il demande si Boyer distribusit les emp~lois publics proportionnel-
lement i la force numirique des deux nuances.* Pons r~spondons-nous, maisr on
ocei Joyer ne montrait aucune partiality on favour des jaunes. Les emploia
public exigent ceraines connaissances, si dljmentaires qu'on veuille les
supposed pour haiti et pour l'6poque de Boyers force lui fut d'agir comme
Dessalines qui avaitlpour Seoritaires, i 68t6 de Mentor et de Diaquoi, noire,
Boisrond Tonuarro, U'iste Chaulatte, Charbron Dupuy, Carbone, untlitrest crom-
me Christophe qui, malgr5 la tuerie de 1812, conserve et anolblit certain
m~ul~tres indispensables au fonotionnement de son administration, tels que
Prbrost (Ministre), Vastey, Jrbseau, Juste Chanlatte, Du uy, Perrier,
Rouanes. Si l'on pourait ranger d'un o~ts la minority jaune "olairbe, de
1'autre la minority noire bolairbe, et Stablir sur ces nouvelles donn~es,
les soules rationnelles, la lot de proportionnalit6, Moansieur Sohoolcher
aurait donns peut-Btre un bon point i soyer.
11 imported, au point; de vue haition,de, bicen di~terminer quel homme poli-
tique, quel despot fut Boyer, car, depuis 1845, presque i cheque orise r4-
Polutionnaire, on sonne le glas fundbre de la sociith~ avoc le r~quisitoire
passionn8 de Maonsieur Schoolcher.
nLa pgUvretb, la paresse et 1'ignorsane, dit le philanthrope fran~ais,
"sont deve~nues des moyens de Gouvernement dans les mains de sette admai*
"nistration saoril~ge (de Boyer)....., Avilir et digrader un people pear
"le dominer, o'est la conception la plus hideuse qui so poisse imaginer.
"Bh bien! o'est oe qu' on voit en laiti. Christophe assassinait comrme un
Sa barbareae aoyer infiltre le poison comm!e un bourreau raffini."
On voit par cstte citation, nous on passion s t des pires, que tous les
energundnes qui, depuis 1813, ent dsnono3 Boyer cormme avant woulu abe~tir
lee newrs au profit de s acaste, n'ont fait que copier Ilonsieur Sch~oolohei;r,
Serrens de pres la question.-




-26-

jover, nous l'avene diji dit et prouud, continue la grande oeevre de PS-
tion sur la constitution dbmocratique de la propri ~th. De 1818 H 1848 1
oria beaucoup de petits propribtaires pardi les captpagnards surtout. ar sa
circulaire du ler Septembre 1825, 11 fait estimer des cafgybres on favour de
ceux qui les ooccupnt. at son arr~ti du 25 Novembre 1825, il donne des con-
oessions de oarreaux de terre i ceux qui ont; fait des 'tablissemaentsr sur
les terrains de l'Etart. Par un aris de la SecrBt~airerie d'Etat du 17 F~vrier
1836, 11 abolare que l'ali~nation des domaines nationaux, dans les campagnes
n'aura lieu qu'en fareur des formiers de oes habitations. Et apr~s avoir mia
la terre dan s les mai ns ap~,a~bles e la f~i~re vaor1podi gue desa encou*
ragemenlts aux agriculteurs, propriitaires et non propri~taires.
S'agit-il de recrutement dans les earpagnes pour les diff rents corps do
troupes at la gendarmerie, Boyer ordonne que 1'on reerate soul~ament~les joeu-
nes gens de 16 d 25 ana qui no sent pas chefb de famnilleet qui ne cultivent
pas la terre de leurs propres mains." tels sent les terms formels de sa cir-
oulaire du 3 D~canbre 1823. Dans sa circulaire du 16 F~ivrier 1824, 11 ajoute:
j'ai adja exp~liquS que let recrutement ne dott porter que sur les jounes gens
non attaches I la culture; ati on devaift digarnir. les bras attach~a B la ctl1-
ture, il vaudrait mieux ne pas faire de recrues." L'article 6 du code rural,
du 6 rai 1826 et l'article 2 de 1'arr~eth du 26 Juin 1826 reproduisent la me-
me penabe on des ternes presque identiques. La lot de 1841 sur 1'erg;anisation
de 1'armge %numbre 7 oas d'exception dussavite mdlitraire, dont deux en fa-
veur des agriculteursr lo si l'on est propribrtaire d'un bien rural que 1 o~n
fait valoir soi-m~me; 2o at l'on est cultivateur pourvu d'un contract synal-
lagmnatique conformiment au code rural. (1)
Lue toutes oes measures aient jth impuissan~tes A faire revive on atsti la
splendeur cultural de Saint -Domingue, cela n'est pas disentable, mais il no
s' ensuit pas queelles aient 6th inefficaces. Sans elles, la culture de la ter*
to strait tomb~e encore plus bas; dans tous les eas, elles t~moig~nent haute-
ment de la aollicitude de Boyer pour les classes rurales. Le chef d'"tat qui
agissait ainst no pensait pas A x~~ig briger la pasuvrettb et la parease on
noyens de gouvernemnent.
Le Paysan haition eat encore tria arribr9. Mdr. Scheeloh~er soutient, et
nous admettons aveo bui, qu'il dtait possivle A Boyer de le laneer plus ra-
pidemeint dras is -^:ik du progrbal mais ce qui est ind~niatle, ca et que sa
position s' Btait ambliorbe, o'est qu'il "tatt mieux traith, plus heureux
matiriellement et moralement, plus respect', plus libre sous Boyer que sons
Toussaint-Lo6uverture, Des salines et Chri stophe: en voill as ses pour rejeter
les deux praniers chefs d'aeousation de Moansieur Schoolcher.
Pour vaincre la paresse, il ne btait, plus permis aux autoritis militafres
de passer. les cultivateulrs et cultivatrices par les verges de bayaonde. 1r,
sans la flagellat-ion et la bastonnade, moyens avrilissants,, d~gradants, don't
usait royalement Christophe, le barbarea, que Mr. IS~Fhhoolchere pr~fere pour-
tant i 3oyer, le trourreau raffins, sans ces meyens, touted la parties inqui-
sitoriale du node rural eroulait. fbaillours, alle "tatt inapplicable aux
petits propri6tairers ruraux dont le nombre augmetntait obaque jour. Qiuant aux
non propribtaires, fermiers de moitiS et simples journaliers, 11s riaient
sous cape des fameux contrats synallagmatiques prescrits par la lot (1) sa-
ohant trbs bien comment :ehapper aux recherches de la police rurales quand th~
its ne composaient pas avec elle sur le dos doe propribtaires. Que de dolgan


pour les autres lois, arrQtQs, avia et circulaires, voir Linstant Pradines,
Hecueil des loi set actes, tomes II,III,IV.-
(1) 9r. Ed. Paul fait observer aves raison que le contrat synalagmatique
jtait la parties nova~trie du code, la plus respectuouse des droitg du faew
mier set la plus favorable d ses int Mta, mate les campagnards 1 envisa.
gecaiont sous un tout autre point de vue, sous oelui souleme~nt des'oblig~a-




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anoes ci ee sujet'. L'opposition se m31le d encourager 1 agriculture par des
discoura. Hitrard Dumeale et David St-Preust arrendissent learea plus belles
piriodes~ pour eegretter que le code nrral soit tomb36 en disubtude. 101,
nos deux gaands libbraux sont inoon~g~i~s~;7equents a p-~leuspope ricp
Quoi! oe paysan a la de droit de voter aux assemblies primfaires, par
cons~quent d'exprimer une opinion politique, d'exeroer par sea Beprbsentants
une notion our le Pouvoir Exicutif, et oe Souverain, p)litiquenent indipen*
dants, sera civilement dependant d'un gendarme qui s'introduira dans son
champ et, oamme un censeur de son travail, comme tuteur de sa famille, gour-
mandera as paresse, demandera mdue qu'elle soit punie,.. "ais la paresse
est une infraction a la lot morale, un des sept p~oh~a eqpitaux de 1'Eglises
alle relive de la conscience et de 1'opinion, elle ne tombe pas directement
sous le coup du code pinal: le gendamae n'est ni pretre, ni moraliste. Aua~
si le lbgislateur du code rural sentant 1'objection, force-t-il le sons des
mots vaabon, &ens sans avetu, pour atteindre le soi-disant panreaseux de la
champagne, mari~s helas'. 11 s avise de rendre oe paresseux ju~sticiable du tri*
bunal de paix. Q~uand 1*autorit6 militaire decidait du eas, elle-meme arre*
tait, jugeait, cond~mnait, flagellait. C'Btait brut41, bnergique, expbditify
on traitait 1'homme cosmme un a$ne riitif, et cela produisait un puissant effet
immbgdiat: o*4tait christiphien. Miaintenant il faut se rendre compete de ce
constitute la paresse delictuouse et pnssable. 11 la faut constater dans
les formes, il faut extnr 1 'aeouse, et autorith qui dbnonce n'est pas
1'autoritb qui juge. Les choses n'Btant pas menbes tambour battant, qu'esrt-
ce que le code rural? Une lot mort-nbe (1)
A cela il n~y avait pas grand dommnage, maais il fallait tenter autre chose
Pourquoi done Boyer n'a-teil pas propggk 1'instruction dans les mrassesTel
est le troisieme chef d'accusation de Mionsieur Shchlcher.
Boyer Stait prioccup6 du bien-gtre g~niral, mais 11 le concerBait i sa
fagon. II voulait assurer le pain du corps avant le pain de l'esprit, L'i-
dbe 6tait incomplete, elle nibtait pas machiavilique. 11 est certain que
Pbtion, on pleine paix, euit meni de front l'une et I'autre chose; en 1817,
il avait dbji propose de crier huit tooles primaire set un deuxibme Lycebe
Boyer 6tait incapable de devancer son temps, et il atvait le d'faut capital
de repousser touteilide qui n'Litait pas sienne, Or, o'ltait se mettre an
avant, non sealrament dHaiti mais de la France, la patrie do nos id6es, que
de concevoir alors la difftaian des lumnibres & la fagon d~mocratique, d'au-
jourd'hub. L'erreur de Boyer fut colle de la grande majority de ses contem*
porains.(1)
L' opinion que Boyer ne fit absts enittm rien pour ~l'instruction publique
est tellanent ~corbditie que personne ne s'est donne la pine de consulter
sa loi du 4 Juillet 1820 antgtieure A la chute de Christophe, (2),0n y trou-
ve quelques idbes justes q~ue Boyer out soulement le tort d'appliquer dl'une
fagon trop restreinte. Citons**n quelques articles,

tions auxue~leles 1 s btaient astreints par ierit envers 1es propri~tairee
et ilr disatent du contract papier-14 marr9 maain moin, maig li pas marrb
pieds moin (ce paper me lie les mains, mais non les pieds).
(1) L'intervention du juge, de paix annulait tellement le code ruraJ qu'une
lot du 15 Novembre 1839 remet 1'exercise de la justice aux mains des auto*
ritbs militaires, mais oe fut on vain: le code rural etait d jj mort.
(1) Nous devons nbanmoins dire, i 1'honneur de 1*Asse, mblie Consltituante de
1816, qurelle consacra le principle de la gratuity de 1'instruction prim~ai-
re comme suits Art. 36(Constitution de 1816)11 sera orb6 et organis4 une
instruction publique commune i tous les ch~ovens, gratuite 1 l' bgard dea
parties d'enseignement indispensable pour tous les hommes, dont Bes Sta-
blissements serent distribuba graduellement deas an rapport aveo la divi-
ston de la Rkpublique.
(2)Voir L.Pradines,Reo. des lois et notes, tone III, page 290.*




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Alrt. 11 11 sera itabli aux frais de l'itat quatre Dcoles primaires destingee
i 1'instruction grahtuite blSmentaire des enfantsl des eitoyens tant civails
que miliraires, qui auront rendu des services i la patrie.
art. 18.* Il pourra Stre Stabli par la suite de nouvelles *eoles primatree
dans les autres commuznes de la Ripublique, si 1'utiliti en est reconnue.
i1 en sera de me~me pour dea bcoles spbotales aux fraix de l'btat, ed
sont admises leas demoiselles dont les phres morts au service de la patrie on
se signalant n'auratent pas laissb les moyens de les 'Jlever convenablement.
Art. 19.. Le Lyo~e fond par Alexandre P1Stion, du Port-au-Prince, est con*
seryb aux frais de l'Etat et maintenu dans la capital; il est par son ins-
titution consacr8 d 196du~cation des file des eito~yens qui auront rendu d'4.
minents services i l.a patrie ett qui sont morts sans avoir laissS des mey~ens
pour donner une education libbrale i leurs enfants.
Airt. 20.- Le nombre! des enfants requa au Lyobe aux frais de 1'Qtat sera fix8
par le Prisident dbHaiti,
Ceptndant, pour rendre oet itablissement gbabralement utile, des pension-
naires et externes particuliers pourront y Otre admis aux frais de leurs pa-
rents qui, 4 cet effet, prendront des arrangements avec le Direct~eur.
Art. 27.- Le Prisident d'Haiti aura la facu~lt4 de faire suirre les course du
LyoBe, comlme un moyen de rboompF~ens national au m rite, par an des enfants
des autres Bcoles dont la famille n'aurait point de moyens et qui, par ses
dispositionls naturelles, pourrait devenir un sujet utile pour le Pays,"
La collation des bourses aux file des attoyens qui auront rendu des ser-
vices Aminents & la patrie, encore une idse de Pition consaeod~e par doyer,
et 11 y a joute me~me une id~e dimocratiques chercher l'enfent pauvre don't
la pricooe intelligence annonce quelgue talent et lui donner pour le bidnfi-
ce de la commutnauth une instruction classique qui lui ouvre les carribres
lib'rales. House ne savens pas au just jusqu'a quel point Boyer rgalisar ees
deux idbess nous affirmlons eependanrt qu't1 plafa des boursiersr au Lycee.
En vertu de l'article 15, quatre 6coles btablies au Port-au-Prince, aux
Cayes, 4 JBr~mie et i Jaemel, devaient distribuer un enseignement primaire
gratuit aux tenants des serviteurs de l'Etat, mais en vertu de 1 article
18, d'autres &coles primaires furent Stablies dlans d'autres silles, et nulle
part on no s'est a r8th au sens littoral de l'article 15:1ea citoyens de
toutes les condities qu'tle fussent ou non serviteurs de 1'Etat, pouvaient
obtenir l'admission de leurs enfanlts dans ces Booles. D'apr~s une excellen-
to note que nous a fournie Mdr. Eugine Bourjolly ( un citoyetn instruit qui
a St6 institwar, achf de division au Mlinist~re de la Jursti~ce), Boyer avait
fondb jusqlu'au moment de as chute aix-rbuit 6coles primaires dansr les quatre
villes diji oitbes et dans les suivanteer Santo-D~amingo, Gap.Haition, G~onai*
ves, Liotne, Pe -it-Gotye, Saintingue, Saint-M~arc, Port-de-Palix, Aquin, Mi-1
ragoince, Puerto-PLlata, Grande Rivibre du NJord, Anse-i-Veau, direbala~ia.
Co nombre at restreint d'Aooles prima~ires accuse lan esprit pen progrea-
siste mais no tbmoigne nullement d'un plan, d'un system d'abetissement
poursuiri contre la majority noire. Du rested. Boyer ne genait pas 1'essor
de 1'initiative privde dans la foundation des maisons d' duration. ioin des
villes et des ~bourgades, oi le besoin de l'inatnuction he faisait le plus
sentir, comptaient, chaoune, une ou plusieurs icoles particulibres qui sup-
pliaient a 1'insuffisance ou au djfau~t complet de l'enseignement offiie1.
Mdr. T. Chlalvir6, encien dipu~te des Cayes, nous a fourni aussi de prboieux
rensiengments sur l'6tat de instruction publique dans cette ville du temp
do Boyer. Sept jtablissements soolaires y distribuatent 1'instruction B 14
jeunesse somme suit:
lo.- LcEcole Nationale prima~ire, de 380 i 400 616ves. Elle avait m~ae
dbpaseb le programme de 1 enseignament primaire.
2o.- L'Ecole pa~rticulibre dirighe par MM6~, Ibartin et Presper Luamoine.




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L'enseignement y "tait suphrieur & coluiJ des autres booles.
So.- L'Ecole particulibre dirighe par M. cElissagara~ys fran~aisJ conne
les deux pwbobBdents institueurs, E11e comptait 250 Slbres.
4o,.- L'Eoole particulibre dirigje par 9M. Nadeaus haition. Elle comptait
100 i14ves environ.
6o.- L'Ecole particulibre dirigBe par M. Hyppolite Roux, franGais. E11e
comaptait 100 ElBves environ. L'enseignement y Btait l.e /r4me que celui de
1'Eoole Martin.
Go.- L8Eole mixte dirig~e par id. Amd~e L~hirisson. E11e comptait 150
gargons et 60 gilles.
To.- M. Dalencour, un frangais, tenant dans la plain de oarbeclk on
pensionnat oi furent S1evia plusieurs jeunes gens des families dse Cay~es.
L'Etat de 1'instruction publique au Cap-Haittlen, A Jaemael, A Jbr~mie
stait ti peu pris le m~me qu'aux Ca~yes. Le Port-a-.-Prince occu~pait naturelleb-
ment le premier rang avec son lycoe et d'autres itablissements soolaires.
Conb~i~en de noirs et de jaunes, sortis des isoles publiques ou privies
sous Boyer, ont fait hon eur au Pays par leurs lumibres et. leurs talent, 11
impor-te que tout haition $ache, afin la crit~ique sur ce Chef d'Eitat me s'5.
gare plus dans la dbmoniaque agitation des questions de couleurs. Une pro-
digieuse m~onoire a permis ii M. Eughne Biourjolly do nous retracer les noms
des Lycoens, de 1816 $ 1843, qud sont parvenus, jtant homnmes, d quelgue no-
toribt5 dans les diffirentes branches de 1'ac~tiviti social. iHous reprodui*
sons sa note au has de ces pages. (1) Selon 1l. Bou~rJolly, un oinqu~ikame de
noirs suivatent les course du lyebe du Port-au-Prince. La forte poopertion
des jaunes, eu 5gard 4 la force numbrique de leur xxxxa nuances, s'expliques
lo la minority jaune occupant & ce to ipoque plus qu'aujourd'hui les hauteur
sociales; le godt de 1'instruction, et surtout des Jtudes classiques, y 3tait
plus r~pandu que dans la mtajorite noire; 2o cette mrinoritl tant presque
concentrate dans les principales villes, avait l'Scole primaire ou sup~rieure
plus d sa port~e que la majoritS noire r~pandue partout et formant presqu'*
entibroment la masse rurale.
L,'Ecole est un puissant agent de progrbs moral et mat riel. Iiien n'est
plus propre B opirer chess nous le rapprochemenbt~ef mmerr lunion de toutes
les classes socialeq. Ce fut un gr-and malheur pour Haiti q~ue Boyer ne comprit

(1) Depsuis sa formation jusqlu'en 1843, le lyob~e national du ftort-au- 'rince a~
eu pour Dirrceeurs: Durive Laprie, Balette pdre, Delille Laprbe, Doc~teur
Fournier Presoay, Jonathas Granville, V~ictorin Plsance, Lhoumerau Saint-M~aca*
rry et Pierre Paubert.
Les 614bves les plus distingu-is de cet Btabli segment out 4ti: parmi les
jaunes: Cauvin, V. Pl sance, AndrS Jr. Simon, David.Troy, May iBenjamin,
Andrb G~ermain, Excellent, Bay.allemand, L. Ehtbart, Ch.Heantjens, D, Delva,
Saul Liauthand, P. Lorsquet, Exilien flourteldu, Ovi~de Cameau, Alexandre 'late,
Lami Dural, Darius Denis, Anemon (iuttieres, R. A. Dealandes et David fils
ain8, anciens ministrea.- N. B,- L'ex-minit;sta bag, Lespinasse 8tait bien
b1&ve au l?;ebe, mais 11 a terming sets etudes en France. 2411sm~o Bouchereau,
A. N.Gateau, Alex. Benjamin, J.P. Dauphin, Ar~tus Dural,A. Henriques, H.
Granville, Dr. Louis Audlain, Bdcy. Dag~uerre et 3runi ~aignan, anciens Shna-
toures Panayoti, Dec. NagBre, Kensooff, Dorcelly, Armand, Emile lanuel, et
Mr. Perpignand, anciens dltput~s: Trichet B. Laroche, Yaucreason Laroche, A.-
riatide Lespinasse, Ten. Poiterin, J. $artineau,'Coriolan Louis Charles,
Saint-eaurent Leblase, Lamontagne, 3lanchet, Dec. Coucet, Omee Duchatellier,
J.J. Lilavois, Coulange Lelson, Lblio Dominique et darbancourt, dans la
magistrature. Dolob Laroche, Barabb, Fen, Lespirasse, Bonnecase, Jh.Robin,
M. Cullen, L5o harmonibre, Astrel Months, Dutervil Duchatellier, Chapuzet
HarmnoniBre, Romnano Bomane, C%16oentr Nau, dans 1'instruction publiquet






pas oette virit8 suffisamslent pour donner une vive impulsion 4 l'instrue*
tion publique, mais lui i~nputer $ crime une erreur qjui lui itait comnmune
aveo bien des noirs Bminents,oersuei 'lftda cteqsio
le representant d'un intir~t de caste, o'est li le language d'une8 passion
arougle ou d'une insigune mauraisT ET~i. Il n'a jamais exists de aeastes on
Haiti comme on Egyp~te et dans 191nde. Ce mot ne disigne chess nous ni un or*
dre apdcial, ni une classes particullbre de eitoyens jytissant 16galement
de privil~lges dans 1'Rtat. La Constitut~ion de 1806, article 5, 2e paragra-
phe, et la Constitution de 1816, article 7, 2e paragraphe, a'expriment ainsis
"l'BEaliti n'admet auoune distinction de naissance, aroune h ridit5 de pou-
voirs." Q~ut renversa ce principle et jtabFlit des distinctions 4e naissance,
I'hiridit: des pouvoirs?* Christophe et Soulougue qu'on ne saurait donner
comme des representan~ts de la pritendue east jaune. Scrutons done avec in-
dependance les probl~mes positiq~ues et sociaux de notre pays, et dans 1'in-
thret de la masse populaire, ne voilens la vgritS decant aueune peau noirp,
june ou .blanche.
u, reaste, si D~oyer par son ignlorantisme entendait favoriser sa priten-
due caste, elle envisageait; elle-m~me la question d'ur- tout autre point de
vue, car les voeux en fareur de l'instruction publique itaient formrulS par
l'Opposition qui se recrutait dans les hautes classes de la socibt8, d'eti
partaient toutes les idbes nouvelles. QuantA La massse populaire dont les
soft-disant avocats se sont toujours tus sous boyter, elle vograbit cheague
jour s'all6;er le fardeau de s a misbre, surtout le fardeau mtilitaire; elle
timoignait sa satisfaction du bien*8tre relatif et de la liberty oivile dont
elle jouisPait, et, pour tout le rested, elle n'dtait pas bien exigeante aves

Pollx Fon, Dur Lespinasse, Camille u, lineRT.uuBaru
du ressortt
Mcassic~a Per, Florian Landais, 9, Laroche, Cyrus Greffin, Berthaud, Stjphesn
Dioatrol, P~re M~iltiede Blouchereau, Aristide WP:illiamn, U. Dicatrel, Fortalis
Pierre Andrj, J.M. Oric1, dans 1'admninistration;
Lysis Freanel, Felix Paret, A.D. Maroband, Astrel Dural, Elisbe Duplessis
et M8yrtil Bruno, dans le service de sanitS;
N~ormil Dubo~is, Pitior.Faubert, Jb.Lilavois, Bienaimj Rivibre, C. Charpentier,
Tancr~de Morisse~-, Sans 1'armie,- Basquiat, Baude, Rinchire, Tullas Labor-
de, dans le g~nie;
iV~rovi, Numlra, Charles et Linnie Mdiot, Louis, Oscar et P4tilon RiviBre, Pomnpi-
lius et Fi5nilon Faine, A.E. dazanae, Bemours GrandchampF, Nelson, Chata et
Lausincour Duchatellier, dens le b~gcoa:
Professions diverses:Steven Preston, Ministre Plinipotentiaire & W'inshong*
ton thatris ci~vibre, Consul d'Haiti au E6vre, Louis Orio1 et Mar. taforest ,
notaires, Simbon Daguerre et Riboul Unin, agriculteurs, J.a. Remain et Emile
Masu, homes de lettret, Eugine Niau, agronomes avant aohed3 sea etudes on
Franob, Th~sbe Pouponneau, pharmacien, Louis eslson Frangeul, chirurgien denl
tist~e, Seauvais et Massillon Leapinassed, connerga~nts, Mdahotibre et Riod~ney
Laffiteau, tentpurs de livres, les fibres Arnoux.
Pardl les noirs:
Philippeau et Dadhiy tabontS, anotens mhinistres, Brutus jean Simnon, Tfibbre
Toussaint, J.E. Gilestin, Pierre Asor, Hippolyte Lucas et F. St.Yictorgan-
oiens S~nateurs, Ocian Ulysse, Sinateur en exeroice; Dcorelly Etienne, vice*
risident, et Marcellus Friment, juge au Tribunal de Crassation; Dalgh Phi,
e, membre de la O~bambre des Comptes, M~i~lien1 Jn Jacques, ancien comman-
'4rrondissement; les docteurs Chrisphonte et Etienne file; G~niral
;iirecteur de l'Arsenal; Mars, directeur da conseil des notables du
Goive, Miobel Lafrgrue, directeur du conseil des notables de l'aroa*
et Alcindor, 1'un des meillours S14ves du lyebe ap~r~s les Cauvin, le
.antanx





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le Prisidenrt. C'est pr~oisiment de ce sentiment que Boyer s'empare pour db.
olarer clu' il sait cequ'elle yout mieux que quiconque, et qua'k1 lui cotroie*-
ra tel ou tel prigrbs, quand il le gugers i propos, Boyer aimed son pays,
maisil e s crit ays de retour que si le Prisident est incontr$16: o'eat
un tuteur qui ne veut pas de conseil de famille ind~pendant. Durant sea vingt
oing annies de Gouvernemnen, s'%l refuse de prjsente; rl pSbdget de prbsision
i la swantion des Chambres, ce n'est pas pour faire de folles depensress oe
n'est pas non plus dans une penabe de pboulat; 11 soumett~ait les conmtes B.,
njraux, o'est-d-dire les comptes des redettes et des POpenses effootubes a
la Chamb~re des aeprlsentants qui les vbriftiit et et donnnett djeharge au
Secritaire d'Etat.
Dans la question budgitaire comme dans beaucoup d'autres, "over dipasse
$3ami~nment la limited, dbj$ si Ctendue, de son droit constitultionnebl. Et aves
quel ton de commlandement, de hauteur, de confiance absolue on soi, on 802
armse en son peuplet
Boyer no lutte pas, ou 11 no eroit pas butter swee le people, avee des
voeux et des besoins pop7ulaires. Une g~njration courelle a surgi, qui n's
pas fait la patrie, qui c's pas fait la Ripublique, qui n's combattu nl Le-
clero, ni Rochambeaus ni Christophe. Et cotte g~nbration ose ae poser on fa*
ce des Pires Consorits, d3es Miaitres de obans et leur res reseantred! D'ed sort-
elle?- De oes Phree conscrits.* "Done halte-lk, Messieurs, nos entantat Youse
n'av~e pas cormme nous, hommnes d'Rge et d'expbrience, vbou dans le people,
yous ne saves pas lui tater le pouls, vous ignores combieni de pulsations cons
tituent son 4tat de sa~nt6 ou son S*tat de fibvre, vous risqures de lut admi.
Master de la quinine a forte dose, quand 11 se porter bien, et pous lui db*
traques le cerveau. Nous ne vous permettrone pas de ruiner la sant$ publique
et de vouleverser 1sEtat qui est A nous, qui 1'avons fond$, avant d'8tre i
vous. Puilsque vous n,8tes pas sages, nous arous mettrons i la raison. Le sa-
lut du people, e'est la lot sup~reme."
foyer, le S~nat, la portion moutonnibre de La Chambre des ReprBsentants,
e'inspiren~t de ces idjes dans leurs aetes liberticides; et de l'enoeinte 19-
gislative, a la pointe des baionnettes, 11s exy-1sent trols fsis, on 1833,
en 1839, en 1842, Hbrard Dumesles et David Saint-Preux, trols fois *lus.
D)'autresr Rept estakatst, qui avatent successivemnent grossi la phalange de
l'Oppositiongsont 6galement expules.s
Cea coups d*Etat, dont la r$~pitititon shme d~mentrait 1'inefficaoit8,
avalent 6th prjeidbs dcun acte enaooe plue edieux, dont le souvenir semblait
effees en 1833: nous voulons parlor de 1'exboution de Darfour.
Fblix Darfour Btait un noir sItvittab, dit 8. Ardouin. hrriv8 de France
osn HEaitis on 1810, et natural 5-iishe~ ~ hattn,1 s'btait faith journaliste, ar*
penteur, dbgenseur public,. Il ne tarda pas a so m81ler de politique et i so
jeter dans loopposition contre "oyer qui lui avait pourtant accord6 quelgues

Pl~anc, es ndr dan imo.-Des61vesquiexivaentle corsdy ye
11 n'y a Llu'un oinquikme de noirs.
NJ.B, M.d Bourjolly n's pas parlS de Lbremond Jn-Jacques, noir distingu6,aor-
ti du lyobe et nort trop tst pour la gloire de son pays. 1;1 s'annongsit comlme
poet. Mlr. L. Eth~art lui a consacr6 quelsues pages dans ses discellan9os,
N~ous n'asvons pDu savoir si Mr. Jeantys un noir qui jtatt Seeritaire de la LS.
gation haitienn~e d Londres sous le Prssident Geffrard, jtait un B1Bve an
L~yobe. I1 aai~t du rested acquis son instruction sous do er.
Lets deux frbres Salomon et les fr~res Rameau de la ville des Cayes ttalent
dea g16es~B de Monsieur Dalencour, un frangais.






favsurs. 11 oritiqluait non soulement les actes du gouv8ernement, ae qui ?tait
dCSjl or~iminels mais not~re jtat politique et soacial; en un mot, 1euit
selon le langage du temps, les cluestions de coulerurs, ce qu. "tait un eass
pendable aux yeux de Boyer. 1
Le 2 Set~emblre 1822, Darfour gut fusill8 pour avoir prbsenti une p~tih
titon t& la Chambre des Repr-isentant~st.
C~t~te pbti~tion qui fut qualifilje de pamphlet infetrr~l, de, memoire incen*
d i mire, tecndan t A pe rverti r 1'es prit p ubli c, d d trulrF n~os lnst~ituton,
bouleverser i'.tat, d je r la dscordea et exaiter une uerre civi le pardi
les haitions, Boyer la fit dispar-itre entire; 11 ne voulait pas la aonser-
-Jer pour le jugemenrt de 1'histoire. Tant de pricautlon~s ne sauratent etre con-
sidlries comm~e dles diraoostances attbnuantes de la conduite du Prisident.
Les meeurs et les idies dominantes en 1822, la prioccupation excessive do
nos hommnes d'Etait d'endiormir les question de cou~leur, au lendemain de la ohu-
t~e de C~hristophe, voila tout oe qu'on peut dire pour expliquer, non pour ex-
cuser la rigueur du chatiment infligj i Darfour. do~yer, le 86nat, la Chambre
d.es Reprisentntant procleunent Rudaciousmen~t; que le aeuple indiggh arr~ta Dar-
four et ses complies, tan~dis qu'il est avird que o'est la fore armee qui
opira ces arrestations.(1)
L$ oG Boyer est nit le plus condamnable, o'eat d'avoir livrb Darfour au
jugement d'un Conseil de .guerre sans avoir ou en main la v~tition memse, tout
le co-ps du dilit. Le 30 A~out 1822, la obD~~'tition e;s~t~-6~~ lu aCaot elle
y soulbre des protestations contre Darfour. Uin iAide-de-Camp du ifrisident,
pr~senlt B lsa sance coulrt au Palais et racontre i doyer ce qui so passe dans
1sAssembl4e. Sur une teller abnonciation, Darfour at ses complices senlt imman-
diatement arr~t~st lui, quatre Reprisentants du p~euple, quatre invioables,
le Doyen du Tribunal oivoil et une juge du Tiribunal de Casslation, Le 31 odut
Darfour sotul est livrb au tribunal militaire qui le juge sur quoil sur une
d'lpeche de Boyer, qui dbelare que dess theo~ins comparaitront pour dbooser sur
le contenu de la petition que l'indi ntion populaire a fait despa~raitre
Le tribunlal mnilitai re, jugeant sans d~semp~are r, condamne D~arfour d mort le
31 Amee; manin le memne jour, la Chamb~re des IRurbsentants s. r~unissait et
envoyatt la pritition a aoyer. "Nous ig~naonro, ?it. B3. ardouir, at l'a~yant
reque de la diputation de la Chambre, le Prisident 1'nura tratnsmise i oa
genital(le ginbral T~omas qui pr~sidait le tribunal militaire) pour etre pla*
e~e sons les yeux des juges, mais cesla est prisumable." "ocln etpa
prisumable. So~yer, aprbs avoir affirmB dans ulne piece off~icielle que 1'indi*
nation publique avait fait disparaitre la pit;ition, devait Bprouver un grand
embarras 4 so donner un d~imenti en envoyant au course du jugement, non de
l'instructioan de l'affaire, la pitition meme. 8'il 1 avait; evoy~e au tri*
bunal militaire, 11 est prisumable qucl l 'eit accompaagnie d'une secondet d**
0oe~he annulant ou rectifiant la premier qu'il eut redemandje. st, le tribunal
Inilitaire avant la petition sous les youx, I'ett vise dsan son jugement. byt,
B3. Ardouin qui btait dbjai on1EJP, chef de parquet pres le tribunal oivil de
-3ort-au-Prince, et en outre trbs an courPant do lp politique de Boyer, n'a pa

T1) vo~ir Linstanit Pradinets,"Recut1 des Lois et Actes"'ome III, pages 482 P
490, par toutes les proclamations, prooks-rerbaux, artitoles de journauz,
sur I'affaire Darfour.






parler du proc~s Darfour qlue sur les pies du dossier juaiciaire. Si la cor
respondance de BoyQr ou le jugement du tribunal ailit~aire ne font pae mlent~io:
de la pBtition, et E. iirdouin re le.dit pas, il n'y a pas soulement p~rjsery-
tion, 11l Sa certitudle que Darfour fut jug;S et condamnlgi morct sur la prQI
mibre drpeche de Boyer, en adfini~tive sur la simple narration faite par an
aide-de-ceamp dZis la lecture de la pi~tit~ion i la C~hambre des ReprBsentants.
L*Assemblje ne sut djfendre, ni la dignity ni la lIberts de ses membrea
secusis qui furent sao-ifibs sur 1'autel de la paix pdb~lique et laissis i
la mterei du Pouvroir Exjoutift
"La voix publiq~ue les a sig~naliS, dit la Chambrre, commae dee ci~toydnsr doni
"les lumikers ne se thoarnaient ijue vers l'innovation2 6; on op)POsition
iavec la mnarabe diji Stablie et cossacrbe par nos instiftution pour conso*
lider notre Gouverneme~art",.....
"Comapatriotes, exmopte de tout blame, la Chambre des Cormmunes doit 1'8*
"tre aussi de tout soupgo~n, et das lors que quelques-uns do seer membres
usedt secus~s par l'opinion msaifestie du people, ils doirent n'~tre
plus adm~ia dans son sein. En consequence, nous diolarons que les otto-
yens Bd~rengerJ Lab~ordle, Saint-Martin, Satint-Laurent out oess"; de faire par*
utie des Repr a ntant~s des Communes et; que leurs suppliants sont invitia
"A venltr singer d leur place et 1 venir concourir aveo nous au bonheur
n!de la Ripublique.n-
boyer, satisfait sans doute de 1'attitude humbile et abaiss"e des depre-
sentants des Comnaunes, enit en liberty; les Rept jsent~ants bliminja, ainsi que
les deux juges, Noel Etron et Fierre Andrj,"tout en leur _imposant pour quel*
ques ours un sore de bannissement & 1'int,3rieur, diit c^rdouin.
L'afrfaire barfour, plus qjue toute au;tre ~peut;-e~tre a valu d Soyer les
Apithhtes de despite, de tyran. Cet acted sanguinaire le montre :au-dessous
de lui-me~me, au deasous de son r81e de Chef db~tat; mais 11 ;tait mial i l'ai*
so au milieu des supplices, 11 n'aimait pas d'ordinaire d vefser le sang. Bo*
yer "tait rageur, et 11 ne fallait souvent jue le calme d une nuit pour qu'il
passtt de la plus violent colirc i des actes der bont; e_ de gmn rush'. Sea
inegalithe d'humeur talent connues. Aussi il avait beau se mohtter r'edouta-
ble, 11 n(btait; pas redoutis, du maius come les~ dcespotes qui l'ont pr~oodj
et suiri. Il trourait dans son 5duciatin un certain frein at jusque do~ne ses
entourb une t- Matine qui a-vait, nous on conve3ons, le d'faut ou le tort
dc8tre trop passive, t~rop muette. Il n'est pas mains orai 3ue ai loin qu'il
alliit dans l'arbritraire, les ^Rees Snergiques conserva~ient leurs resorts;
com~primies, elles rebondissaient sofls la pression et enflammainrt; 1'cpinion
publique de leurs protestations indigniess. La.Presse "tait libre et no mb.
nagenit pas ses, critiques. Le Pris~ident cl'Hait~i St~ait publiquement chanson-
n6. (1) H4rard Dumesle, cbass6 de la Chamrerceite Jrimeun b
daile fappe e sonhoneur ;tla ille des Cayes le riilisslt d put6 en
le doublant de Lau~dun. Aquin r" 51si us ai ait ex r-uci
Blisait Dumat Lespinesse, EmilaeZwt et CAuving d'au~tres oemm~unes, d autres Re-
prbsentants de L'Opp~osition qui, cette fots-ei`, en 1842, so trouw aon major,
tb i la Ghambre des Reprisentaints.

(1~) Voicli une pe-tite chanson orsole qui'n'east pas,- il est~ vrai, unre des neiT1y
leures de oette *poqlue, mlais qui montre bten 1'idie pu'oa se faiasst du des*-
potisme de Boyerr
Rhum qui rhum
Femm~e boit li sans d'1'eau
TPafia blane
ga to croais to yi
"Le rhum, tout rhum quril est, les femmes le boivent sans eaux; tafia blano.
que pensea-tu 8trep- Le thum, c'btait Christpphe; le tcafia blano, joyer.n





*34*

Quelle vie publique pleine d'animation et de premesses pour leavenir
a' 6taft 46gag6e des e1eotions de 18422 Il y avait neur ans que Boyer ef 1'Op-
position istaietnt on regard 1'un de 1'autre, on champ, oos, et les bulletin
de vote avait soul rbpondu $ toutes les 'brutalitbs du sabre. YTua d'ensemble
et de hauf, Boyer et 1'Opposition prisentalent jusque 14 un bean tableau,
oi les omb2rees du despotiasme ressorthienf d'autant plue qu'elles Itarlent tou-
jours bolairesr desr avb lumikers d'une r4bello liberti politique~.
De teller lut~tes todpnent la tea~pe, aux oaract~resr, la virility politique
a un jeune peuple, B la condition, tloutefols, qu'elles aient un d'nnemelent
pacifivue et 16gal. 11 n'a manqui c~tunet chose oeux n~itres sous Bojrer, pour
Store salutaires et grucho~us~es, o'eat que -:yer woulut y mettre un termed
raisronanble, qu~i'il conentit qluelquesa concession et opirat quelques r foensr
qu'll fGt on libBral a la; mode du joibrnal "Le Tempe", o'est-aedire, e~ame B.
Ardouin et Inginae. Co n'jbtait pas s ~`trsansfigurer. Boyer, qui enragonfit
pout-Stre trop qu'on 1'ett si sottemebt soeus6 de wouloir so faire C"oi,n'a-
vait qu'd 6tre Louis XVIfIf an point de v:ue temnperameanf au lieu d'8tre obs-
11Somn hrlsXi eut pourtant une yellbith parlmekair. "ous venons de dire que
l'Opposition stait on majiorith dans la Ch~ambre des Cormmunes de 1842;1-
lection de M8r. Laudun combr~ Prjsident die la Chamb~re, on fut la prouve 9ola-
tante. Soyer woulut rsparajr cet bceho a~t i1 confias 1'exioution de son pro.
jet B Inginao qui so piiuri~t do quelque1 stratjgie parlementaire. Tous deux
en quete d'un chef de la Ge~horter gouve nonmentale B la Chambre, d'un leader
parlementaire, avisirent Le dbpjutd Yafartune, afrionin de naissances,"brave
homme, dit 9. Ardouin, qui, avait su apprendr L lire et.ri bortre, mlais dent
le parler trahiessait l'origine." En ea qualitjl de Doyenr d'Cge, 'afortune
avait prisidj le bureau prtovisoirel qu'imag~ine Inginact. Le 12 Afril, Lafor-
tune et les diputbs gouverlthmentaux so kendent a la Chambre plutot que Laru-
dun et les Dbput51e de 1'Opplosition. LCe poyen d' age feignant d'ignorer que
son thle de Preaident provisoire 6tait ~fini, s'assied au fauteuil pr~siden-
tie1 et refuse de le obder' 4u Prjsident Blu, quand coluf-ci so Erisente.
Ya tete sa mes pieds, sb n) bi~tdjrB as la faute~uil,(1) s'Bcrie afortune.
Lt il eat raison de Laudeuh qui fut forfB6 de sortir de la Chambre~ aves sea
principaux Coll~gues de 1'Opposition. Lea batonnettes de Boyer talent aou*
rues au secours de Lafortune, et la lamim Chambre dont la majority avait Blu
Laudun Pr~sident vota A 1'unanimlit6 deny~rbseolutions~ qui 1' 611miatent do +ao
sein ainsi que leaD ~putta A6rard Dumeslb, David St-Preux, LOohard, ~tartigue,
Lumai Lespinesse, Corkn ainL,` Smile 1Jaui IDor~sinville Dautant, Benoit et A.
Ponthieux.
I5noble c~om3diet Trofisikne viotoircit la Pyrrhus qui dev8ait etre la der-
niire pour boyer.
11 out d'ab~ord un grarnd'suooks de ridicule. Le M8anifeaste, journal de
1'Opposition, publia les pshroles de Lafo ~tune, et d'un bout tZ 1 autre de la
ABpublique, 11 y eut on ipmnense Eolat de thiel Boyer no poupait reprendre
son abrieux et son prestige qu'en nagean~t dans le sang comme Christophe: 11
en itait inoapable et il disparut, le 13 MPars 1845, derant la Rjvolution
qu'il avait provoqu~e par.4es coups d'Efat.
"out do momae, n'oublions pas oet cjolaf de rire qui prtre da asa hute;
o'est le dernier que la ilibert6 ait osS pousaer on face du despotiseme. De-
puts Boyer, quels despotes so sont donn4 tant de pine contre ore qu'on appe
le dbdaignaeusement le eaguuptage parlemeniaire on les indisoritionsd de la
PresseS- Le journaliate so: vend. Le DdpuiBs, qui vout conserver un rested d
dignity, donne asa didesig~, et 11 so garde bien de so reprisenter devant
61eoteurasr 1 est d'avancy convainoru de Que~lgue chose de pia que d'8tre 6
min6 de la Chambre', et ilj so le tent pour dit.
(1)#Ia tote A mesa pieds,. je no oederai pas le fauteuil."





*35*


Le despotism de, Boyer out un cent~re-poids et une limited queleonques.
Clbtait on despotism mitig5, .rigoureuslement parlant un gouvernement illi*

-z*I

RIVIERE HERARPD
01T GIIRARL WE'lRARD AI[NE
(1843-1844. Constitution de 1843)


Voili le peuple haition lanoa tout i coup dans un tourbillon d'idies
nouralles et dchommes naouveaux. Sea anciens guided officiels mont dbehus, et
11 apprend qu'il avait en tort de croire en eux. Ea qui et i quoi va-t-il
subitement aroire? Car il lui fant i tout instant Un credo politique, et
sa foi, si chmagealrte qu'on le suppose, ne sait pas @changer une id~e maurai*
as contre une idbe obscure. Son sons pratique saisit 1'id~e maitresses pare
qu'elle off re de pratiqIue. uMui done pour lui rirera au clair les principles
de 1843, 6oartera 1'utopie, formulera le possible et constitalera une majo*
riti de youvernemaent autour d'un progra~mme de gouvernement?
La Revolution a see enthousiastes, ses penseurs, aes activains, sesora-
tours, la plupar-t de talent et de conviction; 11 lui manque un hommes supi*
rieur, capable de la prisoervg des eroes do ses amis comame des pi~ges de
se sennemis, de la diriger i travers les "eueils du prejugh et de 1'igno-
ranoe, et de la faire pinitrer juaqu'aux dernieres couches sociales, jus*
qu'au coeur de la masse poputtire, Rivibre Hlrard eat un vaillant seldat,
HBrard Dumneale, un tribune Bloquent; ni 1'un, le bras, ni 1'autre, le cer*
veau de la R~volution, ne so rid~lent hommes d'jEtat. D~u rested, i tous les
deux, la bonne foi fait dbfaut, autant que la capacity politique.
L'Opposition sons Boyer avait dbolaan6 ontre le rigimae militairet, et tou-
to une jeunesse r~volutionnaire, qui n'avait Jamais appartenu aux oadres de
l'arade, straffuble d'bpasulettes'.- Et qui lui trace ce mauvais exemplet- II4-
rard Dumeale, le tribune, bombarded general de division', Un instant il h~site
i so montrer sous son travestissemaent de divisionnaire, ma~is reprenant son
aplomb et so levant:" Eh bien'. la mitarnorphose est faite 5" et 11 court re-
oevoir les honnours militaires aux bruit du fifre et du tambour.(1)
NBgannoins, prozneur du regime civil, ifi fant qu'il tienne ses promessess
de gradd liberal et alors apparait, le 9 at 1843, un djeret qui o~rSe des
municipalitbs et des maires on lieu et place des conseils des notables.
C'est Imbert, Voltaire, 36grettier et IRuertier, deux ministres et deux gl*
nbraua de Boyer, qui signent le dberet oemmes membres du Gouvd~ernenst pro.
visoires aueun d'eux n'eat on f'aveur de la liberty cosmunale.
Le Chef d'Exboution de la Ri~volution s'ooeupe, lui, de faire aveo son
Bsst-3at0 sao t 1'arm~e dite populaire, une march triomphale dans touted la
Rbpublique. Du Port-au-Prince jusqu'A Santo Doming~o, on passant d abord par
l(Artibonite et le Nord, on parade, on festine, on dans. Rivibre Hbrarrd no
csese de gouter touts les joies de la populat~itj. La chanson qui, un an

(1) 11 n'a pas manque a oe~tte Bpoque meme de protestations contre sette pro-
fusion de grades mailitairces. Dans la aba~nce du 20 D)'oembre 1843 de 1'^assesa
blee national constituante, le Constituant Donat fit la motion suivantes
"Je propose i 1shssemblie, 1 insertion dans la Constitution, d'un article
ainal conqu:Tous les brevcetadblivrds par la revolution i des hommes de
1'ordre civil sont nuls et non avenue aussito~t apr~s 1'installation du Gou-
ver sment dbfinitif.n- La proposition Donat, dbrelopp~e par son auteur dan





*36-

plue tard ridioulbsera son oeil rairon, admire ses bettes qui e-ient; tal ta!
at sea 'paulettes qui itincellent aul soleil isn'. lan'. On se grise de paroles;
comme de vin, on ne prend pas garden aux nuages qui s'amoneellent a 1'hori-
son. Le voltairBnisme des rivolutionnaires froisse le bigotisme des domtini* '
oaine d'aillours dbji dbsaffootionnia et pr~Ca A opirer leura soission. A
1'autre bout de 1lfle, dans la vile des Cayes, befoeau des S~rard, la lutte
entre Mdrs Salamon p~re et fils et les rivibrisrtes, soulbre les passion po-
pulaires, les prijughs de couleur, et le piquitimle s'approte 2 enter on
soline.
iOn a copendant le temps de r~igier une Consti'ution et d'jlite un Pr6.
sident d'Haiti, parr quoi. l'on esaplre sans doute r~aliser le bonhour du poru*
ple, et s' acquitter.de touted obligation rbroluitonnaire.
Le people, convoqub da~ns ses comises, namne ses mandataires, et coux-oi
forment l'Assemblae national constituante de 1843, Jamais Assembl~e hai~tion-
no n'a contenu un plus grand nombre d'hommes Sminents par la sagesse politi-
que, par les lumieres, par le patriotisme. Donnons les principals disposi-
tions de la Constitution sortie de leurs dilibbrat~ions et vote le 50 DBeem-
bre 1845, an 40e de 'indipenddaae et le ler de la Bjgsnration.
La Constitution de 1843 n'est pas la modification, elle est 1'antith~se
de la Constitution de 1816.
Colle-oi Staolit la prisidence d vie.* Celle-li, la prisidence temp~orai*
re pour 4 ans, aveo le principle de la non-rbbleation.
uans l'une, le P~resident dlEHaiti peut designer son successeur que le SS.
nat pout blire ou ne pas blire.- Dants l'autre, le people nomme des 'leoterurs
qui s'arssemblent en colleges j1eotoraux et votent pour an candidate; si atr.
oun candidat ne riunit la mjorit4j absolue des suffrages, 1'assemb1 e "ational
o'est-d-dire le SBnat et la Chambre r~unier, crhdait le Prisident d'Haiti par*
ad les trois candidates qui ont obtenu le plus de suffrages.
Dans 1'une, le Pr6sident d'Hhiti, d~aigne, pour cheque 8 nateur a Slire,
trois candidate entire lesquels la Chamnbre des Reprisentants choisit un Sina*
tour, Dans, l'autre, le people bommne les Blecteurs qui se r~unissent on as-
semblees O1eotorales, une on dfeux par d8partemuent nomment les Sin~ateurs.,
Dans 1'une, le Pr'rsident dlHaiti a soul 1'initiative des lois, except
on mature d'impot.- Dans 1 autre, les deux Cham~bres ont, comme le *ouvoir
Ex~cutif, 1'initiative des loiS, et la Chambre des Repr~sentants a la prio-
riti de la proposition et du vote des lois de finances, du contingent mili*
taire, de organisation de 1'armie de terre et de mer, de lat garde national
des elections, de la responsabilitg des Secr~tak~es d'rEtat et .utres agents
du Pouvoir Li8outif.
Dans l'une, le Sbnat, oriature et orjateur du residentt d'Haiti, est le
d~positaire et linterpretre de la Constitution, le soul competent pour on
proposer la revision, pour ap rouver ou rejeter les traitbs de paix, d'al-
liance on de commerce, les dbolarations de gue re, pour dioider de la trans-
lation du sieg~e de la capitale, pour dioriter d'accusation le residentt d'Hai*
ti et les grands fonotionnaires sauf les Repr~sentants du Peuple.. Dans 1'au-
tre, le Corps Lbgislatif, o'eat-i-dire les deux Chambre djlib'rant sbpar6.
ment, a le droit de diclarrer qu'il y a lieu Q une r vision de la institutionn
sur la proposition de l'une ou de 1'autre Chambre, it alors l'"ssemblje na-

Bn long; disc3ours, appuyie fortement par les Constituants Dumay Lespinsass y~
David-Troy et Basin, fut vothe par 1sAssemblie~, mais le 22 D~oem bee elle
revint our son ;lote qu'elle annular, enzII rnont la qestion d la premi Br
16gislatures attend qu'elle doit prononeer surly organisation de 1'arm e.






tionale exeroe toutes les antres attributions extraordinaires du S nat de
1816, plus le droit de glr~oe et d'amnistie, colui d autoriser les cjmprunts
et 1'gtablissemnent d'une Banque.
L'une n'accorde pas le droit d'ob eation ni de veto suspensrif an 'ouroir
Ex~outif par la raison qu'il a soul 1 initiative des lois. L'autre a~ceeode
au Pouvoir Executif le droit d'objection pb 1' 6gard des lois don't 1'initia-
tive n pppartient pas exclusivement B la Chamlbre des Communes.(1)
L'une dif~re les manbres du Corpe Lbgislatif au juigement d une Raute Cour
de justice sur la mise en accusation de l'une ou de 1 au~tre Chamb1re.*
L'autre les d~f~re au jugement du Tribunal oriminel avee assistance du jury.,
Ni 1'une, ni 1'autre4 n'accordent au Pouvoir shout~if le droit de dissoudre
la Chambre des Repr~sentuats.
L'une Free un Comaith permanent du S'nat.- L'autre le supprime.
Uans 1 une), 'le President d'Hlaiti namme aux fonotions judicriaires et con-
munales, ean grades d'officiers dans le garde nat~ionale.- Dans 1'autre, le
people.
Da~ns 1'une, I institution du jury, pos~e conme facultative, est Btablie
en 1826.- Dans l'autre, elle eat fornellement d"or~tae, en matibre criminelle
comme pour les dilits phlitiques et de la presse.
La Constitution de 1843 abolit Ila peine de mort on matibre politique et
elle institute, comme aux Etats*Unis, le jugement politique, mais soulement
i 1'Bgard du Prisident d'Haiti. Les Seeritaires d'Etat sont jug6a par le
tribunal de Cassation, sur 1'aocusation de la Chambre des Communes; 11 est
vrai qiue oe Tribunal est le produit d'une i1eotion au Se degr:. "Ues tribunaax
ont, on outre, le droit de refuser d appliquer une loi i~nconstitution.nepl e,
autre prinoipe emprunt8 aux Angle-k~akicains, et don't jusqu'ici nous n avone
pas mesurb touted la portie pratique.
La Constitution de 1843 erse une, v'ritable Cour des Compteas, les liber-
tis eat les franchises communales, et aireo des maires et des pr'fets, elle
inaugure administration oivile dea communnes et des arrondissements.
P'Malgrb quelques contradictions, elle veut positirement le r gime parle-
mentaire, voulant la responsabitlith politique des Seor~taires d'dtat. Ceux-
ci-quoique qu'ils no poissent faire parties du Corps legislatif, ont leur
entrse dans les deux Chambres pour soutenir les projects de loi et les objeo-
tions du Pouvoir Ex'cutif, 11s sent resp-onsables taht des actes du Prisident
d'Haiti, qu'ils contresignehtt que de oeux de leur d0oartement et de 1'in*
ex~oution des lois, et ile peuvent etre interpellis sur tous les fits de
leur administration.
La Constitution de 1845 introduit presque partout le srusthmne "lootif,
dut la base du suffrage universel, puisque pent voter aux astsembl;)es primai*
res tout citoyren de 21 ans qui exeroe une profession, un emploi on une in*
dustrie quelconqlue. Fr~f des sections au lor au 2s, au 3e degri, sont nommasr

(1) Le droit d'objection former la matiere des particles 90,;91,92,93194 de la
Gonstituti~on de 1845, 101 nos Constituants ae sont attachis a: Drendre le
crontre pieds de la1 Constitution des Eitats-ilnis, oe qlui no fait pas honneur
& leur bon sens. Le Prisident des Etatg-Unia a le droit d'ebjection ou le
veto suspensif juste:nent parrce qu'il n a pas 1 initiative des lois et que les
Secritaitres d'Etat (head Departemesnts) n'ont pas le droit d'entr e dans les
Chambreas le Pr~aident d'Haiti n's pas le droit d'objection just~iment dana~
les one oi il en aurait le plus beaoin, pour les lois dont 11 n'a pas 1'i-
nitiative. "es objections du r'rsident des Ltats-Unis no peuvrent etre rsejet
qu'$ la majority dels deux tiers des votants; les,objection du Lrisident d'He
Iti, qluand 11 a le droit d en faire, ne pourent etre admises qu'a la majo-
rite des deux tiers des votants, de telle sorte que des Secr~taires d'Etat
inospables de faire prevaloir 1'opinion de 14~x~outif dans les deux Chambr:
alors qu'il suffit de la majority absolute, o'est-4-dire de la moiti5 plusg
des suffrages, sent foro~s, par le droit d'objection, de rbunir sur le mer,




-38-


Tous les deux ans, le tiers des 86nateurs at les Conseillers cormmunaux;
Tous lea trois ana, la Chambsre des Repr~aentants et les jugs de paixt i
Tous les quatre ana, le President d'Haitii
Tous les neuf ans, les uges des Tri 'unaux de lete instance, d'appel et
du Tribunal de Cassation.(1)al
La Constitution de 1845 no pouvait e~tre mise en oeuvre que par une Dano-
ocratie sage, iolairie, exempted de prijughs militaires et on pleine possession
dcelle-meme. Ce que valait eette supp~osition, plus d'un fait le prouva.
La Revolution de 1843 abolit les droits percqua sur les produits agrico.
les et on riagit contre elle au nom et danP 1'intiret des paysansr.(2)
Le droit do e'administrer eat reconne i toutes les colmmunes existanes,
et touted agglomeration rurale de 5000 kmes doit S~tre "rig~e en commune. Li.
ber~tJ communale*. bloc enfarin8 qui no dit rien quir saille, s'iorient de
vieux rats empa~nachis, 8t maires, prifets, annicipalitia sont d4none~a commne
des nouveratia perfides et anti-nationales sentant leur syst~me colonial
et prisageant la ruined de la patrie.
Les municipalitis, criatiton de la R~volution fran9aise, s'8taient ef*
frondries dans les bouleversements de la guerre de 1'ind~pendance, et le
regime militaire les avait entibrement remrplacjes jusqu'd la loi du 21 Quil-
let 1817 qui orja les conseils des notables; mais ceux-ot, quoique leurs at.,
trii-utions fussent successivement blargies par d'autres lois, no rappelaient
que trbs imparfaitement les municipalitis, ear 11s talentt nomms spar le Pou.
voir extroutif et suvordonnias dans cheque localitS a l'autorite Ailitaire. La
Revolution de 1843 avait, en effet, reasusoiti une institution que la cole-
nie de St-naningue seule avait connue; maais 11 y avait qluelque obocse de plus
colonial que les municipalitis, o' Stait notre regime militaire mome qluquel
on les sacrifiait, r gime qui jtait celui de Saint-Doming~ue ,\vant 1804, et
qui n'avait 1'air national que parce que s;ysthmatis5 et applique aven ri*
gueur par Toussaint-Louverture de 1800 i 1804, maintenu par Dessalines et
par Christophe, il n'avait gubre StJ modifib par P6tion ni par aoyer.
11 incombait au 'ouroir exjoutif d'6olairer les masses ignorantee aur les
avantages de l'institution comrmunale, mais i la honto de Charles hBrard ain"
(Rivibre), Blu Pr~sident d'Hiaiti. 11 ne fit rien pour d'Bendre des Institution
qui n'jtaient que la consequence rigoureuse dejs principles ultra-d~mooratiques
d'une Rivolution dont il 3tait le chef peut-etre inconscient. 11 no lui fut
pas donn5 de jouir longtemps d'un pouvoir qu'il no savalit pas exeroer. TPan-
dia qlue nos conoitoyens de la parties oriental de 1'lle se s'parent de nous
on 1844, JeanJdacques Acao,(ginBral on chef) des riolamations do ses drbres,
i la 68te, de l'Armbe des Piquets, ditest Armne Souffrante, se 10ve dans la
plain des Cayes; la ville du Cap-naitten et le rested du D'partement du o6rd
se prononcent iagalement contre Charles H~rard aini; de toutes parts sa dich%*

SUJTle dux ies essuffrages: 'stl suppressor duaoit d'objectio
(1) Art.t 149.- Les juges sont blus, savoir: pour les tribunaux de paCx, par
les assemblies primatres,
Pour les tribunaux de premiere instance et d'appel par les assemb1 es jloo-
torales de leur resort respectift
r'our le tribunal de Cassation par le Sonat sur la pr-'sentation d une
listed triple do oandidats par chaoune des assembl3es Alectorales du resort
des tribunaux d'appel.
Lea tribunaux d'appel, supprimbs sous ;;oyer, n'ont amnais Stl r tablir,
quaique plusieurs Lonstitutions on atent fait mention.
(2)Apris quarante ana, le ~moa fait devrait serfrrauinie. La R~volution de
1883 abolit tout droit de douane 6 1'exportation et elle sucoomba a haemel
sous les coups du piquitisme qui pr tend toujours representer 1'int ret
des paysans.*





-39-


ance est prononose. Four le salut de la socibti qui avait le couteau BcA.
con sur la gorde, Charles Rbrard ainS accepta cette sentence formulae, du
reste, par le mouvement r~volutionnaire du 3 MBai qui se couvrit du nom de
Philippe Guerribir A la capital (x), Charles HSrard ain5 et Hirard Dumeale
prdeque sans le sou, e'est tout oe qui honor leur chute, pritent le chemin
de 1'exil.
Et ainsi, Schous aveo eux la Rivolution de 1843. Tout de m~me, nous pen-
sons que leur reniement n*6branla le nouvel ordre de choses que parce queil
y existait d'autres cause plus actives de dissolution et de ruined. Efa R~volu*
tion pose des problbmes qu'elle nes pouvarit r~squdre, su.rexcita des ambi-
tions qu'elle ne pournit satisfaire, souleva des passions qu'elle no pou-
vait contenir, et elle disparut sous le dibordement de tous les instincts
asuragies que les propres liesses de sea promoters, mutant que les machina-
tions de sea ennem~ia, avalent mis on rut.

(x) Le Reoueil des lois et actes de Linstand radine, t~ome 9, nc: reproduit _.
auoun des actes de jean-Jdcques Acao, mais 1'arr~t; du 21 mai 1844, qui ba-
nit Rivibre HBrard et H~rard Dumeale du territoire de la Kpublique, contiett
le considerant suivant:
"Attentugue d'apr~s le voeu Dormellement prononzci par les d~partemente
"du neerd et du Sud, 1' 0uest, en consacrant & 1'Ex-Pr Ssident'Rivibre H4*
"rard sa pension et son grade de g~n ral de division, donne lies d ma
"desarccord qui pourasit empe~oher la fusion des sus-ditsr dipartements.
Art. 2.- Lea cito~yens Rivlire HBrard et Hirar~d Dumesle sont bannia du
-"territaire de la R~publique.
Sign: Guerrier.
Par le Yrasident de la Re~publique,
Le Secrbtaire d'Etat des Relations Extbrieures, de la
G~uerre et de la "arine: SignS: Hypplite.
La protestation du Nord, date du 15 Mai et adresase au Lrisident de la 6.-
publique haittenne, s'exprime ainsi: quand 1'ennmi commnun', ce sel1 homrme et
son perf~ide conseiller seront exclus de la sociiti, nous rentrerons en confi-j
rence av~eo nos frrres de 190uest et ous dirons avec eux:"nous ex cutons les
opinions, les croyanoies et les besoins politiques; et sous une constitution
sage, A venir nous ritablirons le faisoeau de la R~publique." usu Jl
GLnsral Pierrot est autorisS 4 d;'fendre nos limitess maintenant 1 arm e our
pied, pour e~mpgcher 1 entrie de l'Ex-Prbsident Hgrard.
Le President du Conseil par interim
Signb: F. DBjoie




-40*


PHIILIPPE GUERRIER (1844-1845)
LOUIS PIERROT (1846-1847)
FAUJSTIN 80ULOUQUTE (1847-1849)



Let Gfouvernement des H~rrard avait orbS 1'anarchie et 1'aaarchie nices*
sitat la dictature. A qui la donner on qui la prendral
Par le Mdanifeste des habitants du Cap-Raition (25 Avtril 1844), le, Gb.
n~ral Louis Pierrault est quarsiind~pendant ~Jans le DbparrtementC du jcord, la
Ripublique fbdjrative doit reamplacer la Rjpublique militaire, o'est une neu-
velle scission, o'est le morceallement, l'imiet~temen~t du territoireAcaea est
maitre du d~partement du Sud et no vent d'aucun ordre social fond sur le
respect des personnel et des propri ~tis. Il faut done un homme qui, repr6.
sentant 1'unith national et la civilisation, joigne & la force mathrielle
la force morale ndoessaire pour imposer a Pierrault et ii Jean-Jacques Acae:
tel est Philippe Guerrier nquk devient dietateur le 3 Mai 1844.
C'Qtait un officier sans passions politiquesr, snan esprit do systhme,
sans prijug6s de cou'leur,d'un grand renoan militaire, quFoiqu'il no fut Plus
ue l'ombre de lui-mame, a-t-on dit qjuelqlue part. Le danger social group
auteur de 101 boeise et rivibristes, noirs et jaunes, tout oe qui par les
idbes, par les moeurs, par la posit-ion social, Stait sous le coup des mena-
ces d'Acao et ne pourait pas ne pas camoattre la sauvagerie afrioaine, vers
laquelle Haint~i allait ritrogr~ader. C'est dens une commiune pens~e de difendesa
social et d'unith natb~nale que Ferry, Laudun, Preston pbre, A. Spaupuy, Aug.
Elie, David Iroy, Dumal Lespinasse, Rwnmeau phres rivolutionnaires de 1843,
donnarent la main aux deux Ardouin (djeaubrun et Celigny), J. Paul, V* Plesans
ce, Mahbtibre, Hyppolite (Gbling boybristes ou non-rivolutionnaires, Grice d
1'alliance de tous les ailments civili~s set civilisateurs, Guerrier, put sans
effusion de sang, dompter Acao, pacifier le Sud et maintenir 1'unith national*
le, Nous extryons des actes de 1814 quelgues passages qui front bien comp-
prendre taraxx l'4tatt pricaire de la R~publique dans cette annie de troubles
civil.
Le Manifested des habitants,du Caps aitien (25 Avril 1844) forrmule neuf
resolutions don't les deux suivrmtes:
"lo- Le G~rnbral de division Pierrot est nommS G~ndral en chef de 1'ar*
"mbe du Nord, jusqu'd ce qu'il alit eu conference aveo le G nbral Guer-
rier, son ainJ, avec lequel il s'entendra.

9o.- Nos lioites assurbes, les officers ginbraux de 1'srmieg joints
"aux autoriths civiles et au Conseil d'Etst, enverront lets d~putds pour
"s'entendre aree l'Ouest, le Sud ;t l'Est pour oe qui eat de l'indem.-
"'nit8 due a la France et pour A5tablir le government de la RBpublique
"ean Etat fidbratif, on faire simplemen~t~ n traite offensif, dbfensif
"et de commerce, si tel est le voeu des autres D~partements de l'lle,
"&&o~larant on outre 8ouloir nous gouverner pews-memes, sons anticiper
"sur les droits d'autrui, no voulant pas entretenit obes nous la guer-
"re c~ivile, verser le sang de nos fr~rea, d moins que oe soit dans la
"'cruelle nicessitb d'opposer la for-,e contre la force, dans lequel casli
"nous jurons tous de nous ensevelir sous les drapeaux du present NYa-
Znifeste, qui serent omnposes des couleurs bleu et rouge et utne 6td.i
"le :blanche dans le .leu, repr~sentant 1'9tat du Nord quant a pr'isent.'(
Le 26 Avril 1644, le Conseil d'Etat, Btablit au CaprSfaition par la son
vernineth national du people d~uNord, s'exprimait ainst dans une adresse

"Le Conseil d'PEtat du d~partement, Gbngrag, bien p6nitrb des senti-
"ments de gratitude pour les nombroux Bervices que vous n'aves jamaail




*41-


coshs de rendre a la patrie, pour la gloire de la nation hattienne, vous
nomme, au nas du peuple souverain dent 11 tient le mandate, Praisident
"du D~partement du Nord, et le digne ginjcal Youis Pierrot, vetre
vi "vioux compag~non d'armes, commnandat 1'Arrondissement du iBorgneb, au
ntitre d~atinctif de ghnrjral en chef des armies du dit dbpartemaent.
"Le people, come nous, Ginsral, est dbjah satisfait de ces choix,
combinba pour la prospirith de notre Etats et la surat4 do tous.
#aintenant, nous attendons votre arrive pour, ensanble aveo le Con-
soil, nous aouper de 1'installation des bases de la Constitution
qput nous sera propre."
Malis le 8 Mai 1844s Guerrier fat nommS, B Port-au-Prilnce, t~risident
de la Idgublique d'Ha ti, et le 21 Juin, il ritablit 1'unit6 national par
un arreti dont voici les prinoipales dispositions :
"Le President de la Ripublique, considbrant que les causes qui avalentj
ndonni lieu a 196tablissement du Conseil d'Etat du Cap-Haition ent
ndipa~ru par l~adhision u.snnane des haitions a: la prFsidence du gsn$-
ral de division, Philippe Guerrier, et que, par ne `fait, L'existence
"de oe conselil no prbsente plus auoun but d'utilit5 et no Dourrait
"que jeter de la perturbation dans la marobe des affaires publiques.
"Art. lor.- Le Conseil dbEtat du Cap-Haition est dissout et les
m;embres devront inmmediatement ceaser leurs fonetions.
"Art. 4.- Le ginbral de division Louis Perrault, (x) coammandant le
"diparrement du hjord, est charge de tonir la main B 1'exioution du
"prksont arr~th.
Sign6: Querrier.
r'ar le Prisident de la Ri-publiques:
Le Seorstaire d'Etat de la Guerre, de la M~arine
et des Relations Extirieuress
SignL: H~ypplite.
L'arreth du 21 Juin 1844 avait 6t4 prBeddi de la proclamation du 19
Juin aux habitants du Nord. Le Prbsident Guerrier leur disait:
"J'ai dilig~ub vers vous, tout ricemnent, trois honorables oitoyena.
11s Staient particulibrement charges de vous pr~muntr contre les
adangers d'une scission dont les partisans, rares pardi vous, n'a*
"valent pas sans doute calcul3 les disas~treuses cons5quenes, Je
"suis houreux d'apprendre que oes idbes de abparation ont jtS aban-
ndonnses, et que, du rested, la grande majority dea citoyens du Nord
les rep~ouseatent; oar elle sait trop bien que la patrie no peut rester for-
"to et prospbre qu'd la condition que ses infants ne so divisent ja-
"mais. Malhour & nous si des besoins et des inth~r~ts commune, les ma*
"mes maux soufferts et les momes esp6rmaces d'avenir n'jtalent pas
dar "des raisons asses puissantes pour retenir tous les haitions jtroi-
"tement et indissolublement unist"
Uans le D partement du Sud, la politique d~e G3uerrier fut igalemaent
auosi habile que forme. Elle so rvidle et s'alfirme neettement par les li-
gnes suivantesi dans sa proclamation du 3 M~ai aux habitants du Suds
nJ'ordonne que les personnel et les proprtiths solent respectjesa
"je d~eaeds qu'auoun acted de rborimrination soit exeroir,aur auoun
"point du pays; on s'en gardera dans le Sud comme on a es est gardb
"dans 1'0uest, dans le Nord et & l'Artibonites je saurai faire ex5*
nouter la loi dans toutes ses rigueurs contre oeux qui s'oublieraient
"au point de porter la moindre atteinto soit aux pers~onnes, soit auxe
"propriitbs."
Maessieurs Salomon pere et fils furent au nombnredes del~gu4s de Guer*
rier dans le Sud. Le recours A leur intervention jtait-il un hommage rendu
& leur influence ou plut~t un acte d'habile politcIque pour les mettre on
face d'Acao qu'il a'agiassit maaintenant de contonir et de dbsarmedt Yuoique /
le President Salomon aittrevendiqub en 1883, pour son phre et pour lui le






titre de orbateurs des Piquets, ils twrent tous deux imapuissants contre Acae,
qui rit sous cape du suit respect dont on lui conseillait de se saisir pouT
14* personnel et les propri~tis, et continue encore q3uelque temps 1sEervir
ses inspirateurs politiq~ues en leur disobbissant, jusqu'd ee qu'il fut con-
traint par l' bvidence d'une d'faire et- du chiitiment i so soumettre I'Giuerrier
qui savait coinldre l'Gpie de combat. La proclamation du iPrssident de lar K5-
publiq~ue du 21 Juillet 1844 announce sa soumission otn ces termaes:
"Plusieurs des principaux chefs des Cayes, dont la soumkasion 4 mers
rdtb16guris en cette ville a it&i des plus empress es, en~t rendu comqpte
au gouvsernent de leur conduite et de leus~s actions dans lers Asple*
"rables ivanements qui ont jetB trunt d'alarme dans la socii~th. Celui
"qui, par sa risistane opinittre I difbrer aux ordre du gouverneament,
"s'est constitu- en rebellion ouverte contre lut, le GaBnral J. Uacques
"Acasu, contraint~ de e~Sder i la puissance de 1'autrorit4i, est enfin a
"la Capitale pour se justifier des accusations qui s'418vent do touted
pa "parts coontre lui."
La dictature de Guerrier protigea la liberty, fit rsgner la justice
entire toutes les classes de la socijtS et honor le talent. En faith, le Par6-
sident-diotateur out toute la conduite d'un t~rbs correct Prsbsdent constitu-
tionnel. Un ministbre capable 1'inspirait et le secondait. Un Consail d'Etat
'clairt partageait aveo lui la puissanoe legislative. Coe modus vivendi, qui
exclusit tout esprit de systbme, toute sentence prirtenti ous;e -d'u;rn~e log~ique
a outrance, qui prenait les hommtes et les faits tels qu'ils sent, du moment
qu'on pourait les faire concourir au bien gsnbral, ce modus vottendi, ne sera
pas fl~tri peri Il'$pithSte gy'un group politique a voulu rendjr;~~ re m~rsanter
de prbsidence i dou~lure: 11 restera coDmme un monument de la sagesse et de
lthabiledj politique des hommes dEtat de 1844 qui ne croyalent pas so dimei-
nuer, qui eroystent, au contralire servir Pt le pays et eux-mmens o norn
Ihilippe Guerrier et en servant sous lui. Son premier :;inistere, forma le 6
Bai 1844, gtait ainsi compose: aucques Sylvain fJypplite, SecrBtiiire d'Etat -
dep Relations Extirieures, de la Guerre et de la daarines, Prisident du Conseil:
J. Paul, Secritaire d'Etat de l'Intbrieur 46 de l'^griculture; d. Ferrys Se-
oritaire d'Etat de la Justice, de l'Instruction publique, et des Cultos; A.
Laudun, Secritaire d'Etat des Finances et du Commere. Le 18 F yrier 1845,
monsieurr Fierry fut; remplaef par Monsieur B. Ardouin, et "onsieur Laudun par
aonsieur D~tr6. Rappelons-nous que o'est le gouvernemnent de Guesrrier qui fon-
da les deux Lyoies du Cap- aition et des Cayes.
Guerrier mourut le 15 Avril 1845, a Saint-daro, et le 16, le Conseil
d'Etat, sijgeant i Port-au-?rince, proclana le gi~n-ral de division Louis Per-
rault, Pr~sident de la R~pub3lique d'Haiti.
3n ne fonda~it pas sur Pierrault les m~mes espirances que sur Guerriert
le nouveau Prisident, trbs bonhomame au fond, trop bonhoane pout-Stre, so sin-
g~ularisait par des rates, surtout: par une-profusion de grades meilitaires dis-
tribubs i tout venant, qui devaient compremettre .la prestige de l'autearite.
Meale le patti en possession dumpouiooir, parti dit de la prisidene 4 doulblure,
ne so sentiit pas asset fort pour rompre on visibre aveo un g~inral qui, mai*
tre du dbpartement du Nord et d'une grande portion de 1'arrmbe, rjchnmait la
prisidence du droit de son .ipbe et de 11anciennet6 de son titre militaire.

(xr) P)ous ferns remarquer que les actes du Cap-haitian portent louis Pierrot
et learr~tb du Prisident Guerrier Louis Pierraultt sette dernibre orthographe
du nom est colle de l'Ailmnabch royal de Christbphe et'nout semble pfifffrable8
xxkkktLa l'autre orthiographe qui est; oependant plus usittiee


-42-





*45-
On lui pretait ce met quril n'avai~t fait que oBder son tour a Guerrier.
Un des premiers nlotes de Pierrault fut de libiter Acao interng a Saint
M~are et de lui confier le commandment de 1'arrondissement do "ippecr. Co
n'est pas que le nouveau PrBaident entendit r~habiliter le piqultisme, mals
les chefs spirituals de ce parti farent contre le retour d'Acao dans le d4-
partement du Sud. Celui-ci es'tatt dbji affranchi de toulte direction sup5.
rieure; son indiscipline, son syn~isme 6tcalent genants. Dalns une lettre adres*
sae 12 27 Buillet 1845, B J. Paul, Secritaire d'Etat de l'I~ntjrioulr, Mdonsieur
Lysius Salomon s'exprimes ainsi:"Quand au Ginbral Acae, on veut de luir mais
avenc v~himences o est le chef illustre de leurs riolamations (espquts,
et il propose d'extirper du Sud un si r~ed~ourtable concourrenlt~. M~onsi eur y
sius Salomon no hFa~ard~-as p g 4re servi d souhait. Pierrault, incapable d'exer-
cer le pouroir, provoqua une revolution qui lui signifia sa dbehea~nce et ap-
pela le g~jnjral Aiich5 & la prisidnce de la R~publique, le lor Mdars 1846. Jean
Jacques Acao voulut thagir contre le mnouvement, fut d~fait et so brula la
cervelle. Ce n*4tait qu'un homme d'action, et le piquitisme no mount pas
avec lui.
La rivolution contre Pierrault avait belatS & Saint-da~re, mais habile*
ment conlseillbe et dirig~e sous main, elle ne fuxt pas une protestation centre
la plitique des hommes d'Etast de 1844, ni contre les Qinilstres du dLrisident
dichu. Richi, giniral en chef de la garde prisidentielle, avait 6it pri~parb
au r81e qu'il venait de jouer, de sorte qu'Zl n'y eut que le prS~sident de
chiangS dans le personnel gouvernemental. Idi encore, la nbcessit3 et non pasr
l'eaprit du~ syst~me, avait dicthi le choix de RichS. -'our se mesurer aveo A~cao
et les piquets, oe n'est pas un scribe, o'est un soldat qu'll fallait. RichB
mit fin 1 la dictature et rStablir la consitution de 1816 en promettant de
la riviser. Le Con~sell ed'Etat, devenu le Sinat de la R6publique, fuxt charge
de co~tte revision et data le pays de la Consti~tution du 18 N~ovembre, 1846.
Vient-elle, oette Constitution, consacrer simplement la difaite des
principles de 18437 NJ'est-elle que la revanche de 1'ancien systbme pibitique
sur le nouveau, de 1816 sur 18437 Elle est une victoire et une transaction.
Le S~nat de 1846 lui-meme nous l'appreadt
"Le rjtablissevnent de sette Constitution (1816) deva~it Stre nscessaire
ment lij i la conaboration des idbes nouvelles nses de nos debate politiques
et aoopetees par les sprits judioieux du pays, C'est & cette tendance de
l'opinion qu'il (Rich4) rendit hommage."
#ichs, 4 son tour, corroble la diolaration du Sinat par oes paroles:
"Hlaittens, nous allons entrer dans le libreF exercise du Gouverneament
"constitutionnel..... Soldats, mes braves camarades d'armes, vous vous
"souvenez sans doute combien d~as cos derniers Gr~nements le titre
d'"dtarmine constitutionnelie gut glorieux pour vous."
La constitution de 1846, q~uodqlu'elle prochde de la Constitution de
1816 et qu'eille soit la restaurrtion de la prjpotence du Pouvoir Exboutif
est une oeuvre thioriqjuement mieux conque que son module, -ien coordoarnne,
et qui pose nettement, plus logiquemnent Gue la Constitution de 1843, les wrais
principles du Gouvernement parlementaire.
Le L~giislateur constituent de 1846, comm~ie celui de 1816, eat prboocu*
pi des dangers d'une d~mocratie ignoranlte et eavieuse; 11 vent mettre le
pouvoir supr8me hors de l'atteinte tes ambitions vulgaires et des appbtits
grossiers, et il ne croit pas attenter 4 la souvi~raineth populaire, en ren*
dant la prisidence viagbre et en conflant 1' b1eotion prisidentielle a un S4.
nat conservateur que le peuple n'ilit pas.
Le Sinllt, qui engendre $ 1'occasion un Pr5sident d'Haiti, est engendrb
par lui, malis ici so prisente une modification d la Constitution de 1816r at
le Prbsaient d'Haiti prlsente tou~jours pour cheque Sinateur i blire, trois
candidate aentre lesquels la G~Chambre des R~epr s~enta-nts choisit un S nateur,
il est tenu, quand il y a plus d'un S;6nateur i ilire, de fournir une liste




*484-


gsnbrale do oandidata, oe gli rbglait la question tant dibattue enttre Boyer
et PlOpposition. Le 86nat ae compose de trente-skx memb~rea au liesl de vingt*l
quatre, nounds9 pour neuf ans. Q~uant a sea attributions propres, obu~t~r qu'll
proe~de B 1'61eotton pr~sidentie~lle, soul 11 djeide de la translation du siA.
go dcg la Capitale, approuve ou rejette lres dielarations de guerre, les traitba
de paix, dalliance ou de commerce, pourqu que oes tiraitba no stipulent pasr
de sormmes i la charge de la Ripub!lique, IL erst, an outre, une Haute-Cour de
Justice qui juge les memorge du Corps LSBgislatif, ou tous autres grands fono*
tionnaires, sur l'acousation, soit de la Chambre des Reprjsentants, soit du
Pouvoir Ex~outif, en quot la Constitution de 1846 diff~re et de la Constit~utic
de 1816 qui ne donned au Sslnat, que le droit de les djor~ter d'saousa~tion, et
de la Constitution de 1843 qui 6tabli-t pour le Prisident d'Hfaiti le jugemaent
politique comme aux Etats-Unis, et qui renvote les Secrstaires d'Etat par
devant; le Triblunal de Cassation et les membres du Corprs LJgisla~t~i par de-
vant le tribunal crimninel ordinaire avoc l'arssistano~e du jury.
Les lattributions du Pouvoir Exboutif sron-t encore consifdbrables, quai*
que mieux rigl1Bes. ?ar example, il reprend son r81e tutblaire sur les Comma-
nes et Borme les Conseils des ilotables, ~mais la p)orte est ouveste d touted les
riformes par l'action que la chambren~r des Rerprisentants peut exercer sur les
MAinistire.
Le systijne parlementaire est la parties heureuse de la Constitution de
1846. Elle consacre 1'initiative des lois pour les Chambres comme pour le
Pouvoir dxjoutif, le renouvellement qluinquennlal et integral de la Chambre doe
~eprbsentaints, la priority pour elle du vote du budget le droit de sanction-
ner, comme le Sinat, les traitia ou il est stipul do da comes d argent, le
droit de propose, comme le S-~na~t et le Po0uvoir Lxbcutif, la revision de, la
Constitutions sous la former ordinaire des lois. Le Mivnistbre parrlementaire, a
1'initiat~ive~ de lat propositiondes lois de fiances et touted les autres attri*
butions que lui done la Constitution de 1843.
Une modification moins houreuse est cell qui change le mode d' 61eotio
des Reprssen~tants du people et de leurs suppllants. Solon les articles 52 st
53 de la Constitution de: 1846, 11s solsrt mnlms au 2e degrb par des elldgess
Blootoraux d'arrendissement forms d'un certain nombre d'51eoteur primairea
nonmmis par les communes de chaque arrTondissement
Le Lig~islateur Constitutnt de 1846 innove en~un point; 11 accorded au
Pouvoir rxboutif le droit de dissoudre la3 Chambre des Rept a .ntants, mais eofo
cent est une conssiggence logiq~ue du systime parrlem~entaire. 11 permet arssi
le cumul des fonoptions de Seoritaire d'Etat et de! L gislateurs sons la r5-
serve dune ruilection pour le Legislateur, oumul fornellement in~terdit par
la Constitution die 1843.
Les deux C~hambres avant 1 initiative des loi~s, le Fouvoir kxboutif eat
anni du droit d~objection et du veto suspensif. S'il y a dissolution de la
Ilhatmbre des riepr ssantants et, que la nouvelle L~gislature J-ote do nouveau la
m~me loi, le Fouvoir ixboutif est ternu de la promulguer. Le Prssident d'Haiti
jouit on outre du droit de grice et d'amnistie, La Constitution de 1816 eat
muette sur ce point;, mais: le Prisident royer exerge, l'un et 1'autre~droit.
Le !,ouver-nament de RichiJ eut le m rite d'avoir inaugure le regime par
lementaire on haiti. C'est lui rqui, depuis 1'essai de Pehion on 1817, dres*
sa le premier Budget, de la n~publiquue, Et ce Budget qui ne fut prisenti aux
Chamnbres que sous la prbsidesrce de Soulougue, out l'honneur d'un refus de
sanction au Si~nat et provequa une crise ministirielle.
Un fait Qu'il n'est pas permis de passer sous silence, o'est que la
Chambre des Repr~sentants de 1846 fut nommie par le 5 nat sur des listes do
trois candidates pour chaquee depr sentant prisentbes par le Piouvoir Exboutif
(a1rt. 191, disposition transitoire). iE11e ne fut ni la moina ind'pendante,
at la muoins islairbo do nos cGhtabres.
iiich4 mourut on 1817 et Soulouque lui succ )da le ler M~ars de la mome
a~nn$Be






L'esprit de part no cease de rip~ter jusqu'd present que son ignoran*
ae fut son principal titre $ la pr4sidence, et qu'il ne fut prjpbrb an G~ns.
ral Paul que pour server la po itique machiavblique de nos hommnes d'Etat,
laquelle so risumait en oes mote: le abgre rbgne et le mul~tre gouverne .
Nous '1ous rseryons11 de disouter i fond oette opinion dans notre r6futation da
la fameuse th orie: la preisidenc~e i la capacity sans Spithhte (x); ici nous
dirons soulement que Soulougue fut 1'erreur pluto^t que le otime des hermmes
de 1847. Lee nelheureux 6v~tnements de 1848 firent de lui un Empereur le, 26
kout 1849.
La Rjpubliq~ue reparut le 22 Dboembre 1858 avec le Prisident Geffrard et
la Constitution de 1846.(1)
Si jamnais Chef d'Etat manqua & ses promesses et ruin les espiranes
qu'il avait fait concovoir, ce fut le Prisident Geffrard. Les hommnes politi-
ques les plus consid~irales des deux am~iens parties boyiriates et rivibris*-
tes avaienot o~ubliB leu~rs griefs et lours rancdnes dare le long silence de
l'Empire, et ils s' talent fratncherment ralltis eu Gouverneme~nt du 22 Dioembrea.
-e President Geffrard did4 Herb sur le pavois par les soo,1smations de la so*
3i3Fb, et surtout par l'en~thousiasme de la jeunesse belairbe, avait on main
tous les Gliments de succes, Pendant, cuatrei ans et jusqu'en 1863, son adminia*
tration fut rigulibre malgrb qiuelques d'.scordances au djibut, et son Gouverne*
ment en somrae liberal. Il1 ne put supporter 21us longtemps la liberty politique
il s'en digout~a commre d'un frein irnsupportable, il la malmena, i l 'anoin-
drit: rjussit-il a 'i-touffer?
lious no sormmes pas suspect de partialit5 envers le President Beffrard
et memeg nous avouerons qu'd son Agard nous arons B nous difendre d'un exoes
de strariti plut6t que d'un exchs d'in~dulgence. 11 nous sembl3e qu'il est cou-
pable, moins par le mal u'll fit anPIXyt et que nlous n'avocs jamais attinu8,
que par le bien qu' il atait 1 meme de faire et qu'il ne fit pas.
Le Pr ~sident Geffrard pour 2craser les conspirations, institus sous
le nom de Cours martiales, des tribunaux d'exception quil composait lui-
meme et qui prononuoalent sans appel des sent~ncaps de mort. 11 alla mtmo jus*
qdi'd soudoyer des agents qui s insinuatent dans les eomplotsetqicndm
nis A mort, $talent ensuite gracils: ce qui fit naitre 1 idie de retire le
droit de grace au Pouvoir rit outif. Ennuyb des critiques senses de 1'oppo-
sition parlemientaire, il proonoma la dissolution de la Chamnbre des ReprBeen-
tants, et exeriga toute la pression de 1'autoritb pour o~rier une nouvelle Chas
are a son image. 11 eut peu d'3gards pour ses Miinistres qlu'il comaparait a
des citrons dont on exprime le jus et qu'on rejette ensuite. 11 fit bannir
le Ginbral Salomon par un d cret 1 gislatif au liou de le faire Juger par lee
Sribunaux conformimnent i la Constitution: oe qui a attire sur sa famille
la persboution encore plus odoisos dlu Giniral Sa-lomon devenu Prssident d'Hait
P'ar contre, le Prisident Geffrard donna un grand esso & 1'instruction
puolique si ataissie et si n gligje sous l'Empire de Soulouque. Des bourses
trernt accorioes & do jeunes haltiens jaunes et noirs, qui furent plaiSa dans8
les lyosea de Paris. D~es professeucrs gra~n~oas furent appelbsa on Haiti et y
bleybrent le niveau des Atudes dans les trois lyd~es du Po rt-au-Prince, du
C~ap*S~aition et des cayes. Le Lyebe '3inchinat fut fond a Jaemael sous las mese
administration. Dej icoles d'enseignement primaire supesrieur, dites Booles

Ix) Cette refutation ad 3ja paru so~us l irDelacaci padeill
oous le regime parlementaire."
(1) uuelques ligares modifications furent apporties i la Constitution de
1846.


*45.




-46-


secondaires, furent Btablies dans d'autres villa. Chaoune de nos 67 Commnum
nes d'alors out une boole primatsre de gariions et une ioole primaire d filless
la capital et quelgues autres villes on evrent m~me plusieurs solon 1'btat
de la population. Lea campagnalrds no furent pas oublibs: Geffrard est le pre-
mier Prbs~ident qui ait 6tabli dans nos campagnes des beesles primatres, dites
iooles rurales.
rce n*6tait pas assres de propager 1'instruction, Geffrard songea d la
culture morale du peuple haijtion par lar religion. Quoique voltaidesn, 11 n'h6.
sita pas Q conclure un concoirdat aveo le Saint-Siege aux fine de deter le
pays d'un olerg6 moral et Cclgairb dont, pour lengtemps enoocre, la prinolpale
tiche sera dcarraoher au oulte du Vaudoux nos orbdules campagnards. Le cler*
gS fortified et Stend sonnoti4n ibivilisatrice par ses jtablissements d'instruo,
tion publique, Au temrps de Gybfrard, il comptait dBjd le college Saint-Mdar-
tial, l'Ecole Superieure dea $oeurs de Saint-Joseph de 01pay~ et quelques ioo-
les primaires pour les deux a zes.
Geffrard etait aussi f vorable a 1'extension de la petite propri~t8s
sa loi du 29 cotobre 1864 su17 la vetnte des biens domaniaux divisait le do*
naine alienable de l'Etat en lets de 5 oarreaux(environ 7 hootares) pour rem*
dre la terre accessible aux petites 'bourses: on no pouvait ae rendre acqub.
reur de plus dtun lot.
Il est de mode aujourd'but d'attaque et de vilipender G~effrard juste-
mesnt par oi merite quelques bloges. On so tait sur ses maurats acotea, parce
qu'on les imite, et par exemple, on no lui reproche plus les condamnations
Sort par les ooyrs malrtiales,, les dipo~ttations et lesr enpriseennements ar*
bitraires, les defenses exager.ies de pd~ice secrete, le desordre financier,
mais on dit de lui comms du Pri~aidenlt Soyer qu'il voulut aB~tir les noirs.
Et la plupart deas brivailleurb qui laneant oes propos doivent d ueffrard d'a-
voir acquisa, soit H Paris, s~oi~ en Haiti, le pou d'instruction dont il8 font
un usage at oriminel.
Bomme de 1845, Gesffrard .N'64ait pas, commne "over, 1'ap~tre sincere du
pouvoir disor4tionnaire qu'il ~onlait a'a:-rroger, E~t le dbsordre financier
qui rbgna as meme temps que sol geuvernement personnel no lui laisse pas les
apparences d'uae conversion dei bonne foi. Tout de m~me, le Prisident Geffrard.
fut violent, moins par syst~meiique par occasion, soulement loraqu' il etait at
taqub et qu'il no pouvait qu'A/oe prix manitenir son pourcir. Son oaracthre,
son education, ses antbobdentag see alliances, sea amitiba, jusqu'd ses vices
qui 4taient aimables, s~duisantsset de oeux qu'Baiti peu puritaine n'a jamais
condnmnanb, tout faissit de lui,un chef'd'Etat plus rua6 que abohant, et du
gouvernement; de sea quatre der ibres annies un glouvernement qui, encore qlu'il
soit blamable et condemnable e9 Quelgues points, ne merited pas oependant
d'~stre considrir comme un deep time pur, ni commme une tyrannie odieuse. ~
Le President Geffrard, par le mauvrals usage qu'il fit du droit de disk'
solution et du droit de grtoe, ~enfin par la fagon dont il mit on oeuvre la
Constitution de 1846, a jeth sltr elle une telle dCoonsid'ration qu'on dirait
que la chute du Pr~sident sit PparquB pour toujours la chute de la Conatitutior
i,moins d'une transfoormation complete dans les espritls, transformation aman
oue rien :ne-nousr annone jusqu'iioi, le President Gesffrard restera le dernier
des presidents a vie.
11 s'effacja, brish plus ~oralement que matbriellemeast, le 13 M~ars 1867,
dea als ns R.~volution qdui n' 6t it que la suite et la consequence du grand
mourement insurrectionnel de 1 ~65 dont Sylvain Salnaver avait 6th le bra set
YMonsieur Delorme la t8te.


*i




*47.


STLVAINJ SALNAVE.* NISSAGE SAG~ET.*
BOISROND CANAL.-


La prisidence temporaire fat proolamae de nouveau dans la Constitution
du 14 Juin 1867 que Salnave fut cha~rg8, comnme Prisident d'Haiti, de settre
i exsoution.
Une guerre civil de deuxx ana, teller que le Pays n'en avait pas tra.
iverab depuis un dedi sidole, durant laquelle la Constitution fut mise do oo~t
P'humanit6 outrage, le for et le feu promen6s partouts le sang verab & fl~ta,
les propridt8e dbtruites, woil8 la prjsidence de Salnavel
Co nrbtsait pas un Chef d*Etat, ce n' Itait qu'un soldat 1 dbploya
dans la guerre un courage, presque indomptable, une inergie et une activity
inouies, une thnaoitS sans gale, et il fallut, pour qu'il fut vainou, que
la socistl, jibranltje jusque dansees Fondements, arm~it ses fils les plus
vaillants et susoitiit plus dcun hgrosl. Fait prisonnier, Salnave fut attach
i un poteau et fusillL le 15 Janvier 1870!
L'exemplarit6 du oh~timent n'en a pas dimentr5 la justice A la cone-
oience de tous les haitions. Les classes infbriceures du Port-au-Prince et du
CGap-riaition surtout consid8ren~t Sainave comme le martyr de la cause populaire,
E~t teller eat la profondeur de ee sentiment qu'on n'a pas imnagin4 d'autre me-
yen pour les flatter que de r~habiliter Salnave par der magnifigues funbraille
.ais le dpspotisme a Qou4 la sette co0midie. 11 y a un dangereux esprit do ni-
vellement social qui travaille les classes Inrtbrieures de quelques grandes
villes et qlue Salnave favorisa hautements o'est tott le secret de sa popular.
rit8. Comme lui, ne sera pas nirolour qui veut. De quoi que l'on. so targue,
e6 n'est pas avec des discours de d~nmagogue et des manibres d'aristocrate
qucon sera simb et d~fendwan compme 11 a it6 aim5 et d~fendu.
La populace a perdu le respect, elle reut la -camaraderie dans la com-
plicitb, la promiscuity dans lItBsout, quelles que solent les differences d'B*
tat social et de culture intellectuelle. E~lle n'(sntend pas qu'en monte aur son
dos pour gi'en frappe soulement du talon de la bette au ftont de la Socij6tb
II faut, pour la possbders qu'on 1'aime pour elle-m~ne, et non pas soulement
Spar haine et par vengeance des sup~rioritba sociales. E11e demande qu'on la
visited dans son bouge, qu'aveo elle on o'attable, que parfois on mange et
boiree dans son. Bcuelle, et meme, que le coeur en dise asses pour qu'd 1'ecoaa
sion on se livre i de chaudes amours sur son grabat. A se nourrir de pit~s
de foie grars, i ingurgiter de fine bordieaux et du champagne mousseux, d sa-
vourer dansa un lit meoelleux les voluptis vinales et raffinies de Paris, on
n'est pas l'amanit de coeur qu'elle a perdu.
Salnave, sans pitib dans la guerre, ornel envers ses ennemia, Btait 46.
bonnaire dans l'intimiti, approchable pour sea plus infines partisana, leur
camarade. Il neb fit auoun d'entre eux rishea, mais jusqu'aux viragos des rues,
chaoun avait as part, si petite qu'elle fut, des choses de 1sEtat, de 1'ar-
gent du trbsor public. Et as part, i lui le Prisiden~t, n' itait pas colle du
lion. Il n'btait pas oupide, 11 gaspilla la fortune publivue et laissa ses
enfants pauvres. Sa prbsidene rut l'gge d'er de la populace. Vivant, 11
6tait pour elle, lui le farouche, Salnave le doux. Bdort, 11 est le chef Dg.-
funt!.... Gr8oe i Salnave, tout pseudo.C8sat, pour disposer d'une certain
forced, sera disonnais Gatilina.
Une opinion trbs acerbdithe, 11 y a de cela quelgue temps, sinon au-
jourd'hui, a prbsentd la.Gonstitutionde 1867 comme une camisole de force
invented et confectionn~be pour Salnave, En sorte qlue celui-ci abatth, colle*
li n'avait plus de raison d' ^tre. Cotte opinion a &bb une arreur on une fau
sets a 1'usage des dominguistes qui auratent dG Faire leur critique de la
Constitution de 1867 avant le supplies de Salnave et non pas on 1874.
conne ou maurairse, la Const~ition--de 1867 fut une conception srino~re




1 __ _L __I


-48i


de 1'eslprit poliaftiqu de l' sseemblbe constituente sortie sans pressies au*
oune, des blootions de 1867. Et sette Assem'blbe reprisenta~tt aussi exactement
que possible, 1'epinion mayenne de la nation pensante.
^uoune do nos Constitution no nous a oo~ti antant de rantsautant de
larmea que colle de 1867. Qiuels prinoipes proclame-t-elle qui excitent autour
d'elle tant de oris d'amour, et tant de oria do haine, une latte si passion-
nMe, surtout si prolonge* 1
Elle est la soeur eadette de la Constitution de 1845. (2uaiqu'elle an
di~ff~rP sur quelgges points essent~iels, notamment sur le mode d'41eo~tten du
President d'Haiti et des Sinateurs, et sur le8 mode de nomination des Juges.
E11e eat 1'antithese de la Constitution de 1846, quaiqu'elle s'en rapproohe
on bien des points, notamment en oes qui touche la propealtion du budget par ler
Pouroir Exboutif, la orbration d'un Cormiti permanent du 86inat, le mode de nomi-
nation dea Juges par le Pouvoir Exboutif.
Son trait accus4 de ressembl.ance aveo la Constitution de 1843, O eat
gu'elleavoulent toutes les deux la prbsidence tempgoraire pour quatret anr aves.
le principle de la non rbilec~tion immediate, et qu'elle donnent aux deux bran*
ohes du C~orpa L g~islatif, rianies et dbilib~rant on emanmun sons le titre d'As*
aembl~e Nationale, quelgues attributions distinates et de droit atriot.
Ce qu'elle a an propre, o'est l' Ilection du Prbsident d'Haiti par 1'As-
sanblbe national, 1'blootion desl Sinateurhl par la Chambre des Xepresentants
our des listes de candidates des celleges S1eetoraux d'arrondiesements, et
l'bileotion des memabrea dB lal Coursr des comptes par le 85pat srur des listes
doubles de candidats prbsenthe par le Pournir Executif et par la Chambre des
"epr~Bsntants.
Elle 6itablit dune fagon plus rationnelle que la Constitution de 1848,
le jugameent politique, en oe sena que les Seo~ritaires d'Etatr commes le Pr~si*
dent ~d'Haiti sont justiciables du 86nat sur 1'accusation de la Chambre des
Reprbsrentants, mais elle reprodtuit les m~mes articles, partant les mAmes er-
rours touchant le droit d'oojection, et elle font, 4 propbs du droit de grii*
ce at d'amnirstie, une distinction au retbours de Ccus les principles consacrbs:
elle accorde au Pouvoir Exioutif Pe droit d'amnistie A 1'exclusion de l' asan-
blio~ national set d colle-ci le droit de grtoe A 1'exclusion d ocelui-12.
Par cela soul qu'elle n'apporte aucune restriction & 1'initiative du
Pouvoir BxBoutif dans la proposition desr lois de finances et du contingent
militaire, elle pose, our des bases plus rationnelles que la Constitution de
1845, le M~finisatbre parlemaenttaire. iiais cronme colle-ci, elle, regusle au Pouvoir
'xiou~tif le droit de dissoudre, la Chambre des Representants, elle no permet
pas non plus que lea membtres dU Corps L~gislatif solent & la fois Seerritaires
d'Etat et L6gislateurs m~me en subissant 1'6prouve d'une r9Bbeetion,
La Constitution de 1867, tout on vou~lant les libertfjs et les franchises
communales, 1'6tabliasement d'administrations locales indspendantes, n'a pas
reproduit oes denominations de municipalitis, de maires et de pr~fets si fa-
tales ri la Constitution de 1845. Cependant le changement dans les m~ets denote
une modification partialle dans les id~es. La municipality et le maire de la
Constitution de 1845 sent de tous points semblables au Conseil cannunal et
abu Mag~istrat communal de la Constitution de 1867, mrais le Conseil d'arrondia.
sanent et le Prafet de l'une no ressemblent pas au Conseil d'arrondissement
at au Prbaident du Conseil d'arrondissement de 1'autre. Le Conseil d'arrondia.
asom!er de la Constitution de 1845 est form4 des d518gation des comitba anni*
oipaux de l'arrondissement; le conseil d'arreondiss~ement de la Constitution de
1867 est le product dune election au 2e degrb comn~net suits toutes lesr commu-
nes de chaque arrondissement nomment, chaoune, des blototeure qui so r~nnisaern
au chef-lies de l'arrondissement et a'y forment on un coll~ge blederal qui
nomme les conseillers dont le conseil d'arrondissement doit stre fords, Le
Prirfet est un fonotionnaire dbpendant du Pouvoir Exhoutif qui le nomame et ri
vogue B volentb; le Priaident du conlseil d'arrondissement est simplement ch:




-49.


L


str par le Pougoir Ex~outif spTr la, liste dea consollibr,asst rit abpeut Etre
lrbroga6n, Pti meae suspendu, que dane certainsi oas d~termin~ss et sons la reser-
Ive de la eanction du Corps Lgi~rislatif,
Yueignea nous rerp~tion asatilt5 1'aphoriarne de Tooquerille; la oplme> ,
:no eat l'6oele .primafre~de la liberty, tous les efforts tentes jusqu'ftoka~e
nous ont pas encore donnb area la ommune libre 1'e~sprit opamupnal qui -deft;l.
lja Vvidfier. EIt lear-rondissanent, dont le consei~l d arrendissement devaPit
'itret la reprbsentation chvile, eat on Haiti use division puremnent militaire
qui no rbpend A auoun breach, a auoune ndoessit8 d'administration chvile. La
Lot,- du rested abrogbe, qui oriait sau~tant de conseils d'arrondisasement que 4dSr
divisions militairess, phchait done par un e~tl .essentiel, mais 14 p? bts~id
pas son soul dbfasut. E11e avait pour but de dbeentraliser le pays, e6 t:B'' ds-
ee-que la plupart des gens entebndaleant par le mno'jt dee dbeei~nt raliseati on? La b
partition entire tous les arrendissements d'un fonds commun tir4 du kLBsor
publior. Entre l4ca immune et l'Etat, une division administrative interebi;Btg ire
eat ndoesasaire, mais de quelle fapon sera-t-elle organisepe O'est yec pruestio~n
dent la solution ne depend pas soulement de Iraapplication de certsain principle
ghn~taux: il faut que 1'tesprit sootaire de quelgues groupes politiquetsg *
1'esprit de, localite venillent abdiquer devant 1'intsrbt g~indral et piermasnent
/d'Haiti .
Malgrb ase heureux em~prutnts i la Constitution de 1846 et ce qulelle a
on propro, la Constitution de 1867 est-elle une oeuvre irr2procha'ble :hbort-'
/quemenmt, bien agenobe dens toutes ses parties, et pratiqukn~ent plui'S stphajl
iadaptie d nos moeurs que les autres Consti;tutionst E11e a eu six ann**~ra de
~fonetionnement rsgulier: de 1810 i 18173 sous le gouvserneent du ig~niral NJirr
sage Sage~t de 1876 g 1879 sous oelui du gin~ral tBoisrond Canal, De 1847 &-g
,1876, elle fut deux fois renverebe par Salnave et les Domingue-Raganru et sansl
'discussion, dans dbbats parlementaires, deux fois restaurie par deax rgvolu*
tions trieampiatteesr
Le gl6nral Pissage Saget a BtB, non sans raison, s68rbramen jug8 pour
les actes de sa quatribme annie pr5sidentielle qjui ne comrpte pas :an point de
vedu parlement~arisme; mais quelgues opinions que 1'on professe' sur 1'heages
de 1874, son genegrl~8sent, dans ses trois premibres anndes, fut parlaamentaiire
jet mirite plus d'un bloge. Sous lui, s'est; aooompli une grande chosen -1e re-.
'trait du papier-monnate, et lion inaug~ura le contr 1e skieux des:fiisnases.
Le gjndral Boisrond Canal fut ausasi un prisiden~t; parlemen airrs. Sea
aversaires contestent ses aptitudes politiques, mai3 ils ne santalien0 nier
qru'il fut un Chef d'Etat patient, rjsigni et comm~e nous 1'avons dit ailleursr
lie sonffre-douleur de la Presse et de la Tribune. Sous lui, le systhae par~le*
/mentaire qui pout provoquer, et qui, en effect, a provo~qub des exobs reg~refta-
Ibles, a'est diploy6 aveo la magnifience orageuse de ses dbbats oratoire-s.
uuelques reprochee que 1'on formula d ce propos, 1'"x'outif et le Ligslrtif
n'ont pas maoinse servi la liberty et le progr~s.
Le r~sultata ainsi obtenus sauts Nissage Saget et Boisrond Canal ent
iblout les une, consern6~ d'autres, et 11 en est rtsulti que la Conatitution
de 1867 a sea seotaires qui la professent comme un dogue et ses d~igniors qui
l'anat~himatisent cosmme une oeuvre de Satan: 1'esprit de libre exauemenqui est
1'easenoe Am~e du parlementatisme, rjpugne i ces solutions extriea et les
Irejette.




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Date Due.

Due Returned





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