Pro patria

MISSING IMAGE

Material Information

Title:
Pro patria
Physical Description:
59 p. : ; 23 cm.
Language:
French
Creator:
Morpeau, Moravia
Publisher:
Imp. H. Amblard
Place of Publication:
Port-au-Prince
Publication Date:
Edition:
2. éd.

Subjects

Subjects / Keywords:
Haiti   ( lcsh )
Genre:
non-fiction   ( marcgt )

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
oclc - 23441970
ocm23441970
System ID:
AA00008881:00001


This item is only available as the following downloads:


Full Text






































































































































































UNI'VER SIT Y
OF FLORIDA
LIBRARIES







TH'IS VOLUME HAS BEEN

FLORIDA LIBRARIES.









































































~ :~~*,~~L?~P~gl~*~'~5~~-~E~E. rl~C~:_ ':U



'"'

















C




i-


.8;r







i

r\:~B~C~WPS~il~6E~HI~~i;:~::~R~k~CiiiQp~





















1
















-a





























Errata


Au lieu de :


Lisez


13, 32e ligne o'u alin~a
33., 366 ligne ~
33, 39e ligne
34, 27' ligane
J I, 24" ligne


Comme
L'Angleterre
Etats-Unis
Etats-Unis
Vol


Cemme,
Zangleterre,
]Etat-Unis,
Etat- Unis,
Voi


page
a
R
a
(














c :iTAPITRE f. .

~INSTRUCTION PUBLIQUE.-. TRAVAIL.-- RELGIONi.
SALUT DU PEOPLE HAITIEN.

D~ans -une brochur~e, que j'ai en l'avantage d'6diter en i
1881,- Apropos de l'Exposition national d'Hai~ti, je me -
sdgis efforedi, quloique en raccour~ci, de m'appesantir sur la
sl7uation morale, poliliqu'e, dconomiqlue, agricole de notre
chbre R~publique et sur les causes de son nialaise.
F'ai cru avoir accompli alor~s han devoir patriotique, en
offrantl, selon mes faibles lumieres, les moyens d'y porter
remb~de. J'ai dit que c'6tait par I'instruction publique, par
le travail et par la Religion que les Hailiens pouvaiept
briser les anges de -Lenfance, comnme people jeune, et"
avancer d'un pas stir ver~s la civilisation.
Depuis lors mes id~es ne se sont pas modifiPdes. ~Au
contraire, chaque jour, les affaires d'HaIti ne -font que
m1'y confimer.
En effel, peut-on asseoir lal vraie liberty, cette liberty
necessaire, en verto de laquelle chaque droit suppose un
devoir et vic6 verSj, cefte liberld, bis~e sur la cannais-
sance de la morale et qui apur limile la n~cesste du
Srespect- de la liberl, d droil d'autrui; car l'enfreindre,
c'est totuber dans le mal, c'est aller droit A la licence, a
l'anarchie, ou en sens inverse, A la violent au despolisme;
pent-on, dis-je, I'asseoir solidtement chez un people .igno-
r~ant, indiffbr~ent, q~ui Ir'a aucune notion de ses droits et
de ses devours, chez un people faiindant, un people sans (
foi Asstirdment non.
II faut, done I instruction publique, non pas .sur du pai
pier, comme I'on sait en faire parade trop souvent cheZ
nous, mais d'une manibre pratique, reelle.
'Elle est ncessaire, surtout en vue du bonh~ear de la
nation; partant, elle doijf 6lre fructoeuse et profitable 9.
toute la collectivild. i
Or, comment I'inrstruction ~i u~blique peut-elle profiter A~~
ha R~publique d'Ha'iti. ?
C'est par la confection de bones lois sur~ la matiere-













par le rekwrmlc~ent g la routline, quand it s'agit de P'ap-
plicatio6 de diles qui la rdgissent, par le recrutement d'un
personnel~anim6 d'abord du plus noble sentiment patr~io-
tique, de f'amour du devoir g remplir, des qu'on accepted
la mission difficile, mais d61icate, 61evge, d'instlruir~e ses
c~oncitoyens : ce qui 61ablit alors un vt'riTable sacerdoce.
Ce personnel doit 6~tre..instruit, a la hauteur de sa lAche
et avoir -la volonl6 de l'accomplir jusqlu'au bout.
II faut done que les lois sur Il'nstruction publique solent.
ex~cuties d'une maniare formelle, que chacun courbe une
16te docile d~evant klears ~prescriptions,- en s'y conformant
et qlu'enfin l'autoritb hierar~chique soit vraiment r~especl~e.
Ensuite, les etablissearents de l'instruction publique dol-
vent $tre places dans des endr~oits adres, et pourvus d'un
mal~riel convenable, afin de rtdpondre au but de leur for-
mation. II faut ericore et surlout quie le personnel de celle
branch der- I'dministration soit rggulierement payd, afin
qu'on puisse rdellemnent exiger qu'il fasse son d-evoir.
Les programmes d'dtudes des Ccoles doivent dire reli-
gieusement suivis, de mnanibr~e qu a un temps donn6 les
6516ves poissent terminer les course fix~s pour les diffbrenles
classes et passer d'une cole primaire, soit au Lyc~e, selon
leurs bonnet dispositions, leurs aptitudes p~our les feltres,
pour les sciences, les arts liberaux, soit h tone cole de
metiers, d'arts micaniques, comme peci sera plus loin
indiqut.
L'instruction primaire est obligatoire el I'instruction pu-
blique gratuite g -tous -les degFds, de par la Constitutioni.
VoilB on avan~tage reel qit'accorde I!Elat aux citoyens et
qui, cependant, lie profile ni g L'Elat ni aux derniiers.. Poui'-
,qjuoi ? Par~ce qu~e jusqu ici tout se faith chez nou~s' la IA-
gdre,- du morns pour les besoins du moment. It n'y a pas
malhieureusemenlt de pers~vdrance, d'esprit de suite dans
les affaires' publiques, politiques du Pays. Nous aban~don-
nons inconsid~r~ment- ce qlui pent coopi~rer 9 notre salute,
pour nous occuper de mesqluines questions de per~sonne,
pcur nous~ livrer i l'6go'isme et d ses absurdil6s, g de viles
ambitions, h la haine, B la vengeance, pour nous adon-
ner enfin Q la guerre intestine, le plus grand fl~au, dont
Dieu puisse punir un people, donnant, par nolve manpine
de patriothsme, I'exemple d'une nation, don't ~les citoyens,













qui visilent l'6tranger, sont par lui -regard~s avec Bionne-
ment comme des hommes civilises et dont la plupart, par
leurs menbes inidrieures, sont cause qu'elle en regit I'61-
pithete de SAUVAGrE.
CHAPITRE ii.

DES BCOLES PRIMAIRES.-- PROGRAMIMES D'ETUDES.

L'enlfant, qui d~bule dans une Ccole primaire, doit pou-
voir, A I'age de dix ans, atteindre le programme des Pltu-
des, par consiquent, savoir la premiere partie de la gram-
.maire frangaise de Guirard, avec l'analyse grammaticale,
les qualre r~gles fondamentales des math6matiques, les
principles de I'arpentage et du ~dessin lindaire. res notions
C16mentaires de l'histoire universelle et pr~incipalement l'his-
Loire. d'Ha'lli, celles de la gdographie geadrale et au bout
des doigts la gdographie d'Ha'iti, faire assez de calligraphie
et counaitre son opthographa~ pour pouvoir bien denrie une
fellre, avoir enfin assez de connaissances pour comprea-
dre bien ce qu'il lit; L'Elat ne do~it pas advantage. aux
6coles primaires.
L' 616ve y sera admis au moins h cinq n
L'enfant, a-yanti alleint le degr6 indiqu6 'age e xan
on avant, doit Btre envoyC, apr~s avoir Cte examine et
avoir requ son certifical ou dipl~me d'examnens, au lycee,
qul' sera ferm6C pour Jes 616ves d'nne instruction moins
avanc~e. Pass cet Ae I'enifant, qui n'a pas rempli le
programme d'Ctudes de coles primaires, I'achive. dans
l'Ctablissemnent scolaire, ohl ii se Lrouve et est achemind1,
-aprds qu'il'l'aura alleint et aura 616 examine, Lune cole
d'arls et metiers. 11 y sera remis alors, en vertu de soni
diplbme ou certifical d'examens et d'un oi'dre d'admis-
sion de I'Inspecteur des &coles on de la commission locale,
lb oil no sidge pas le bureau de I'lnspection.
Chaque 616ve, pour etre admis au lyc6e, pr~seatera son
acle de naissan~ce, constalant qu'il a l'dge exigible pour y
6tre regu, et fe certificat ou dipl~me sus-mentionne.
Des Clttves, venant d'6coles particulibres et reunissant,
dl'ailleurs, les conditions prescrites par le 'programme des
6coles primair~es, seront anssi r~egus au lyc~e i l'dge sus-
dit. Ceux qui ne les auront pas remplies, n'y seront point





gdriis. Cette r~gle, une fois'adopl~e pour -tous les 6ta-
blissements scohaires, former la meilleure p~nalil6 A %ta-
blir centre les parents on les tuteurs, qui ndgligent d'en-
voyer de bonne hieure,- a I'Ccole, leurs enfauls on leur~s
pupillent, etqui les~gardent trop souvent chez eux. Quand
lis .aaur.mnt que les bl~ves, qui- ne se~out point parvenus
au degrid-'6tudes des Ccoles primlatres a. 1 Age indiqu6, ne
seront point admis au lyede, pour en poursuivre les course
superieurs, its seront bjen obliges de les envoyer de bonne
here en classes et de ne pas les r~etenir c~htz eux, comme
ils le font si frbiplemment ; ct sera, d'ailletirs, un moyen
d'8mulation pour les enfants, afia qu'ils s'appliq~uent assi-
dilment B 1'Ctude.
Pour l'execution- pratique d'uiloe parecllo m ~sure, it fau-
dr~a necessairement' de la fermet4, de I'~ind~pendance et
une veritable impartialil6 d~e la -part de ceux, qui sout
prepos~s 9 la direction, i la sur~veilance, a l'inspection des
Bcoles, sous peine m~me de destitution. -11 faudra, &n
some, que les t~hefs b~annissent deleurs adtes le nCIpo-
tisnie et- le favoritisme.,

CHAPlTRE III.

DES LYCZAES.I-- PROGRAMME D'E~TUDES.- DES ECOLES
PROFESSIONNELLES` SUPeRIEURES.-- DLES ARTS
LIBeRAIJX.

Un programme 6tabli~ pour les lyedes comporlolra lej
48tudes g poursuivre, pour y &Ire requ b~achelier iAs-lellres
et celles pour le baccalaurbat As-scidbces. C~es etudes de-
vront 6tre,-autant qu'il sera possi~lie, ~celles preoscriles pour
les lyc~es de France;.
Assur~ment l'enfant, qui, i dix ans, entre~ danis un ly-
e~e, a~prbs avoir accompli le -progr~atil-ne des~ 6coles pri-
-hnaires, a de la marge devant lui et peul, avec des mattres
s~rieux, une direction hiabile et b~ieni eda-tSdle, r~emplir, de
bonne beure, le _programme de cel dtablissement sup~rieur
-d'oix devront sortir nos savants, nos sp~Ccialistes.
Les iJdves des lycles, qui en auront suivi le prograrinme,
Beront dipidates pour to genr~e -de connaissang~es auquel ils











I
,7_


.se geront appliqiues. Un mode d'examens, semestriels in-
diq'uera les progrbs accomnplis par chaque 616ve. Ceug
qui, s'6tant destines aux belles lettres, auront 6t6 dipidmes
bachelier~s Cs-lettres, les laisseront on y seront emplioyds.
Ceux, -qui, apr~s avoir ainsi 616 dipl~mbs, ~on ayant acquis
und~e~gre de connaissances suffisant dans les belles-lettres
voudront se livrer g l'Ctude des sciences, recevront de
m~me. leurs dipldmes de bacheliers es-scierices. AprBs
leurs Btudes`, tous ces dipld~m6s seront acheminds dans des
Bcoles professionitelles supdrieures, ohtdes arts libbraux
~lear serontenseignes. Nous consignons la m~me mention,
en faveur des bacheliers As-scignces, dont le service se-
r~ait. n~cessaireadans les lyeb~es, pour les y faire employer,
comme les bacheliers` 6s-letires.
LIes 6coles de m6tlecine et de pharmacie, de droit, de
peinture, de dessin, de musique, qui sont d~ji fondbes,
devro~nt atre d~ivelopp~es et poss~der un programme d'e-
tudes en rapport avec les exigences de tels etablissements.
Des-ecoles du gbnie civil, des points et-chaussees, des
mines, de sculpture, d'6conomte politiq~ue et administra-
tive; de complabililC et d'autres BLablissements de pro-
afessions libdrales devront 6tre; fondes pour le plus grand
bien de la R~publique.. Ces ecoles ne recevront dans leur
,sein que les 61Bves dipl~mbs des lyc~es.
C7es 618ves fer~ont cing ans, au plus, d'6tildes dans les
dies 6coles sur le complex de l'Etat, pass lesquels, s'lls ne
regoivent point, apr~s un der~nier' examuen, le dipl~tae ac-
cord6 pour les connaissances professionnelles, qtfi y seront
enseigades, its ne continneront plus A y etre requs auy
frals de.1'Etat ; mais ils y pourront rester pour achever
leuits etudes sur leur propre compete ou celui de leurs
parents.
OIne 6jcole spbeiale militair~e recevra les 616ves .des lyedes
et ceux des 6coles primaires onl professionnelles, qui, apr6s
avoir runt les conditions du programme respectif de ces
institutions, se d'estineront B l'art militaire ou y seront
acheminds par la voie du tirage att sort. 11 en .sera de
m~me de P'Ccole navale A fonder.
SLes Bcoles prodfessionn~elles supirieures, form~es avec in-
Stelligence et Bconomie, pourront rendre d'utiles S'ervices
et equtribuer Q saucer le Pays.










-8-

Abiasi, les lyc~es s~eront des Olablissements vraiment sup8-
tieurs, oh se recruteront tous les homnmes de talents, les
savants, sanls exlclue 'ceux, qui, dans des Ccoles pridees,
on par leurs etudes particuliBres, arriver~ont A se faire une
reputation, un norn dans les lettres on dans les sciences.
Pour que tous ces 6tablissemients progresseat et remplis-
sent le but de leur c~ba~tion, it faut nr~cessairement pour
eux un personnel compdlont. Il est plus que n~cessaire
flue les fonctionnaires appelbs i les contrbler soient rde!-
lement 4 la hauteur de leur mission et disposes A la rem-
plir efficacement.
C IAPIT11E IV.

DES JjCOLES D'ARTS ET' METIERS.-- tjES ARTS MIACA-
NIQUES.-- DEVOIRS DU GOUVORNEMENT.-- NOUVEL-
LE;S FONCTIONS PUBLIQUES, QUI CONTRIBUENT A LA
P8AIX, A LtA PROSPESRITIE DE L'ETAT.-- REFI;EXIONS,
CONSEILS PATRIOTIQUES.

L'une des questions dont la solution off re un intir61
raiment vital pour; le Pays, est assurdment celle des 8coles
professionnelles. Les hommes -poliliques d'Haiti ne sau-
raient asses s'en occuper~. C'est da'ns la creation do travaril
pour tons, de manidre que chacun posside une profession
-et puissa en vivre, que dependent le bonheur, la r~babi-
litation, le salut de la Patrie.
Le travail cr66, organism, contribuera, pour une lar~ge
part, a meltre finl anx .compCLitions, qui se font pour les
charges publiques, cauee 6vidente de nos guerres 'civiles
d'epuis les plus minimes jusqu'aux plus C1ev~es, de maniC-
re. que les hommes sp~ciaux seuls y puissent $Ire appeldsj
sans que la modicit6 de leurs fortunes que, d'ailleurs, its
seront obliges de gagner g la7 souru de leur front, leur dlon-
ne la tentation de se livi'er aux djob~s des deniers publics.
Ainsi, les principles d'honneur et d~e haute vertu, qlui font
14'r force des -r~publ l"ues naissantes. seront la vdrit-able sou-
plape de stlrete, qui .garantir~a, prd~serrerra l'autonomie et
I'avenir d~u pays; car, comme je l'ai dilt ailleurs, ce n'est
9cy par le travail seal qjue I homme assurc, .ici-bas, so~ii
,'bonheuri: s'a liberl6, .son ind~pendantce.









g9

Etendant done la measure au people haltieh, j'affirme,
sans crainte d'8(re d~menti, que le travail bien compris,
bien organise, est sa planche de salut. Quand je dis bien
compris, bien organis@, j'eniends assurdment .Ie travail,
appuye sur l'instruction publique, qui le d~veloppe, le rend
intelligent, productif, et sur la religion. q~ui en allege le
poids et I'amernume, en faisant ressortic les fruits con-
solants et avantageux.
C'est pourquol chaque c~toyen d'Halli, eli vertu d'ane
loi g 6tab~lir, doit avoir une profession. Celle sur le vaga-
bondage et la mendicild exisle; mais l'on o,'aur~ail jamais
dti crder de loi p~nale centre les vagabonds et les men-
diants, sans en avoir 6tabli une, qui exige que le citoyen
sit un mayen d'existence, Ainsi, la loi sur le vagabonage et
la mendicild sersit venue comm~e une sanction pdnale de
celle slic le travail. D'ailleurs, cette loi n'a prodbit, et nie
saurai( produire auenn effet; puisqu'avec le systi~me p~ni-
tentiaire de nos prisons, il n'y a pas de profession, qui y
soit fondde,-pour permeltre it de pareils individus de Ira-
vailler, meme pour y giagner leur existence et les travaux
publics, auxquels ils devr~aient 6tre condamnis, n'existent,
qu'j I'6tal de simple plaisanterie, ou du moins n'existent
que de nom. Contrairement au but du 16gislateur, elle en-
courage, en qudl~que sorte, le vagabondage et la mendicild;
car, en verlu d'une'loi r~cente, les cond~amn~s corr~ection-
nels et les crimin~els ont dr'oit a une ration d'une piastre
pa'r semamne.
Aussi, it ne ser~viirnit 5 des hommes de mauvaise foi qu'Q
vouloir passer cormme va7gabonds el mendliants, pour qu'a-
pri~s avoir 616 condamncis une premiere fois, au tribunal
de simple police et i'avoir did commie rdcidivistes au cor-
r~ectionnel, .ils jouissent des imimunitis de celle loi, qui,
tout ce paraissanlt humatnilaire, n'en encourage pas moins
le vicre, le crime; d'aulant plus que ce ne-sont pas seule-
ment les condamnes aux travraux forces qlui pergoivent
celtee r~ation, mais m~me ceux qui subissent d'autres pei-
nep, telles que la r~clusion, I'emprisonnemeal. En some,
ce ne sont pas seulement les vagab~onds et les mendiants,
qlui solent le pilus lentds d'en abuser. Au prp'llus, la sloi
sur le vagabondage et la muendicild n1'; presque jamais 616
ex~cut~e.












11 faut.'done reformer le syslt~me p~nileritiaire de' nos p~i-i
sons et :y faire travailler tous les condamn~s. Par exam;
ple,- A Saint T homas, bien pr~s- de riobus les gens oisits soMt
souvent mis en bLat d'arreslation et,. apris avoir subi un
jugemnent, envoys dans ces taines manufactures, daris des
'comploirs, on dans des fermes A file St. Jean. L4, ils tra-
vaillent mloyennant salaire, pendant le laps de, tem~ps -d8-
ter~min6 par le jugement et sont relaxes, aprbs avoir fait
.leur temps et s'i8tre form uste 6pargne.
Pour faciliter le travail, afin de pouvoir le rendre- obli-
gatoire eir Haiti, comme l'instruction publiqup, nos.gou-
vernants,' puiaque 1'Ha~ien compile sur le gouvernement
pour toutes chooses; A quelque exception pres, sont dans
Iobligation de cri6er des dcoles professionnelles, oil les arts
mdcaniques et les arts libdraux seront enseign~s aux jen-
nes gets et aux jeunes'filles, partout oix un bestiri imnp6-
rieux s'en ferail sentir, en commengant par -nos chef-
lI'eux d'arrondis-sement.
Ainsi, les arts mecaniques ou mannels s~econt, comme
noins l'avons dit, enseign~s aux 6ibves, qui out. faith leurs
dtudes -aux iAcoles primaiires, it les arts libecaux r6serves
g ceux, qui auront litteint re programmed'dtudes des lyebes.
Des dir~ecteurs et .professeurs en~pables seront charges
d'enseigner les difft~centes professions, don~t I'ur~gence: saute
le plus aux yeux.
Pour les jeunes hommes, qui sorfent des Ccolesl pri-
mnaires, des ateliers ~ de lailletars, cordontriers, me-
nuisiers, forgerous, serruriers, sellers, masons, char-
pentiers, Leinturiers, des scieriers B vapeur, des papete-
ries, des poter~ies,des chapelleries, des fabriques de chaises et
fauteuils, d'allumeltes chimiques, de toile, de drap, des sa-
vonneries, des edCgies de tabac, des manufactures d'hodlo'-
ges, des Ccoles d'arts v61frinaire, etc, et6, pourront 6tre
-avantageusemeapl ` tablis et leur perinettront d'ya appre~d re
les moybas de gagner leur existence, d'une manibre hdn-
n~te.
En parlant deuces divers aleliers d'arts et m~tiers, je noe
pretends nulleinent exclure les atitres professions, dont
l'uliit6 sereil plus d81montr~e. Je ne fais que c mples indiqueieraio
pour endtrie nchoix, un point d oprio'
:La fonderie nlationlale, 'l'dcole central et les poudritres












devront Z6tre r~for.mied, selon l'exigence des inter~ts de. la
Rbpaiblique. Elles second d~veloppdes dans des conditions
lelles, qu'ou fabrique dans celles-ci de la poudre, et dans
celles-lk des- armes et des instruments, B l'asage domesti--
qlue et public.
Dans la jeune rdpublique du Vdadzudla, qui a pris nais-
sance, kl'aide de notre argent, de nos munitions et dd'
sang de nos concitoyens, dont quelques-uns y onl laiss8
leur posibrit8, I'on respire f'air pur du Progres par le tra-
vail. Des manufactures, des fabriques consid~rables y dB-
veloppent I'agr~iculture, I'industrie, Lhe commere, .les arts et
contribue'nt a d6iour~ner les Citloyens du champ sterile des
pronuncia-mentos, vers la civilisation sons toutes ses formes.
Ifourquali ne ferions-nous pas comme elle ?
1 es jeunes fills, qui auront suivi le programme d'6tu-
des des Bcoles primiaires,- ser~ont admises aux Ecoles liup8-
rieures ou lyc~es de demnoiselles. Cells, qlui, i douze ans,
ne l'autont pas atteint, resteront aux icoles primaires,
pour: le remplic et sc!ront, aprbs les examen~s prescrits pour
les Jeuries hommes, admnises aux Pcoles professionnelJ~es
comme cect a 6th ex~prim6~. Nous 'en parieronis dans un
chapilre sp~tia,1.
Ce ne~ seron~t pas -sealement les il~ves des Ecoles primai-
res des grades villes, qui, ayant atteint to programme des
6tudes, A dix et. dquze ans, devront 6tre envoydes dans
les lyc~es et dans les 6coles supdrieures de demoiselles.
Tols les 616ves des @coles pr~imaires des deux sexes de la
Rdpublique, qui I'nuront rempli y seront achemninds aux
fr~ais d'entr~elien de leurs parents, sauf ~ceux qui y seront
placed comm~e boardiers de l'Etal.
LErs directeulrs,` les professeurs et les autres employs des
divers 6tablissements professionnels serontl autant de fone-
sionnaires, que poss~der'a l'Etal,qui auront inthret a la
conservation de la paix, de l'ordre de choses Ctabli et qui,
trouv.att leur moyen d'exisletice ou, pour nous servir d'une
expressions pltus popblsire, voyant la question du pot-au-feu
resolue en Jeur faveur, d~eviendront de vtirilables. conser-
valeurs et contribueront, par leur hombre croissant sons
cebSs, et par lear influtelle, b enr~ayer les insuirrections
continuelles, qui ddg~nbreal, chez nous, en des massacres
6~pouvantables, sans oulblier les pertes en tous genres,












qu'elles occasionnent, alors qu'elles n'ont jamais poni- but
rdel la revendication des principles, quoique ce soit en leur
nom qu'elles s'effecheunt. A vrai -dire, c'est I'Cternelle ques-
tion routes les revolutions d'Haiti, ou. en Isrtnes crdoles : Ou
,.fait assez, ban moin place pour moin fait part moin. Vaus
avez assez profile ; c'est maintenant mon tour;
Comme le vrai people, indif'f~~ent B iout cela, pout-dire
par d~sint~ressement on ignorance, n'aspire qu'd la paix,
les meneurs colorent a ses yeux les pronunciamentos du
tlre po~mpeux de .revendication des liberties, des droits con-
fisqud~s, des princi-pes meconnus, etc. pour le leurrer et
lui faire- accepler le nouvel ordre de choses. En dCfiniti-
ve, il est ionjours la -dupe; car c'est sur lui que pi~se la
plus forte besogine. et c'est encore tcin, qui, le plus souvent,,
verse son sang, sans en savoir trop le moif ; tant it est
vrai que c'est un devoir saced ponr les hlommnes, rdunis en
soci~te, de chercher, de connailre et de privenir-les causes
de leurs malhea~rs, 'sous peine de- disparaitre. C'est pour-
quoi, dans tous les tem ps et dans tons les pays, la puissan-
ce est aux inmibres, la force aux plus intelligents.
Aussi Volney, dans les , a-t-il prsenl6, par-
mi les causes des info~rtunes h~umaines, I'ignorance et la
cupidity.
<< Oui, ditt-il, I'ignorance et la cupid~il8 voilb la double
source de ious lej tourments de la vie de l'honmem. C'est
par elles qlue, se faisant die fausses idd~es de bonhear if a
miconnu on! enfreinI les lois de la nature, dans les rapport
de lui-m~me aux objets exteideurs, et que, nuisant i 'son
existence, it a viold la morale individuelle -c'est par elles
que, fer~mant sc n coeur B la compassion et son esprit a l'd-
quild, il a vex8, affg6, son semnblable et viold la morale
social. Par I'ignorance et la cupidity, Ihmesetam
contre l'homme, la famil~le contr~e la famille, la tribu contre
la trib~u ella terre est devenue uin th~dtre sanglant de 'dis-
corde et die brigandage; par I'ignobice et-la capidite, tine
guerre secrble, fermnenlant nu sein de .chiaque Etat, a divi-
s6 le citoyen du citoyen- et une m~me socidth s'est partag~e
en oppresseurs et en opprimbs, en mailres et en eselaves:
par elles, lantit insolents et audacieux,. les chefs d'une
nation ont tird ses fers de son prop:e sein et I'avidite mer-










- 13 -


cenaire a fonid6 le despolismie politi~qie :' pa'r elles enfin
se sont ddnaturdes les id~es do bien et du mial, du juste
et de I'injuste, du vice et de de la vertu ; et les nations
se sont egarPdes dans on labyrinthe d'crear~s et de cala-
milds... L~a cupidity de l'homrnme et son ignorance !.. Voilg
les g~nies malfaisants, qui ont per~du la terre Voils les
d~crels du sort, qui out renserve, les empir~es 1 Voil3 les
anath~mes c61esles, qui out frappi ces nurs jadis glorieux
et convert la splendour d'une ville populeuse on une so-
litude de deil et de r~uines. Mais puisque Ics manx des so -
ci616s viennent de la cupidild et de l'ignorance, les hom-
mes ne cesse~ont d'4tre tourmerlds qu'ils ne solent 4clai-
ris et sages, qu'ils ne praliquenit I'ar~t de, la justice, fonldC
sur la connaissance dee leurs fapports et des lois de leur
organization. > Ainsi, pour abattre l'effet de La cupidild et
de ignorance, il fault ndcessairemnent I'instruction publi-
que, le travail et la Religion, qui formne le f'ondement de
toute morale, de loule justice.
A propos de pronunciamentos, les hommes politiques
du Pays gagnent-ils8 monter au pouvoir, en les employant?.
Toute use s~rie d'6vinonemnts d~sastreux, qui dalent ddji
de longlemips, disent hautement le contraire. Ils oublient,
les pauvres,- cette maxime vrdne de tlous les temps: Qui
frappe par le fer, p~lrica Par' le fer ?
Danton, le c616~bre Danton, entrant au Luxembourg,
pour occuper le m~me eachot, otx quelqi~ue temps aupara-
vanit farent mis Les Gir~on-dins, ne put s'empicher de s'Pd-
crier : C'est i pareil jour, que j'ai fait instituer 'le tribn-
nall rdvolutionnaire. J'eni demand pardon & D~ieu et aux
hommes. Mlon but 61ail de pr~venic u n ouveau .septem-
bre et non-de d~chainer un fl~au sur l'humantle. n E
bien it passa par ce tribunal ceegme les 'Girondins, ses
adversaires et, comnme eux, il ful gruillottine. Qui ne se
souvient des paroles proph~tliques de l'illustre Vergoiaud:
a la r~volntion est com~me Saturne, elle devore ses propres
enfants 2> On ne pourra Ifien o tenir de bon chez nous par
les pronunciamentos, par les coups de main. Les reformes
les plins urgentes, les plus utiles dans an Etat, ne s'op~rent
et ne durent paiint par les moyens violent. Elles sont n6-
cessairement Il'oeuvre d'une pers~v~tance patriotique, a-











-- 18 -

ske sur l'opportuinit6 des,6poques, enfin elle~s sent.: I'osuvre:
dli temps,
Noais p'arlous, ici, avc le desint~ressement d'un citoyenq,
qui se Croit patriote et qui, a ce titre, cioil aussi avoir le
droil d'exprimer un avis, de dotuter un conseil et de dC-
sirer qu'il p~se dans la balance des opinions patriotiques.
Poisque nous sommnes sur le terra-in, nous disons, en pas -
sant, que I'on n'aura la transmission 16gale du pouvoir,
exi Holdi, que qtland l'on saura renoner, une fois pour
touts, aux coups'de main, aux agiolages politiques; quand
I'on observera les lois, non1 geulement~ par crainte, par rai-
son, mais stirtout par' passion, comme l'ant fait Rome et
Lac~demone : car, pour lors, dit Montesquieu, it se.joint'Q
la sagesse d'urn bon gouvernemnent touted la force que~ pour-
rail avoir une faction. On ne l'aura, ajoulons-nous, que
quand~ I'Cducaions-politique dti peuple sera faile, quand
I'oil saltra, en Haiti, qu'en politique-la lialience pers~6v4
ranted, pour; le clloyen convaincu du but g alleindre, Qaut
beaucoup plus poni- le triomphe d'un principle, d'une con-
viction que les revolutions les mieux reussles. Ecoulons ce
que Bossuet dit du peupl~e remain dans so'n discours sir.
l'histoire universelle : a De lous les peoples del'Univers,
le plus fier et le plus hardi, mais tout ensemble le plus rb-'
gl6 dans -ses conseils, le plus conlstant dans ses maxim~es,
le plus avis6, -le plus hIborieuxi et, enfin, le plus patiefit a
616 le people remain. De tout cela s'est foi'mbe la med~leure
mnilice, la politiqPe li plus ped~tvoyau~le, la plus ferme et lit
phis suivie, qui fut jamais ,,.
Nous desirerious qu~'il en fill ddji~ ainsi du peuple hai'-
tien.
Es fait de revolutionss, ii .n'y en apas sans reactions.
Celles qui s'operent par le libre jeu des institutions, des
pi~incipes,. stibissent,. it estavrai, -des rbactions ; mais ces
reactions sont salutaires, en ce sens qu'eliles consacrent
les progrbs accomplish, alors su'elles .n'ont pu les enray~er.
On ~dit done que les rivohutitios, quil ont de pareils rd-
sti~ltals, sont paelfiques,' morals ; tandis que les r~volu-
tions violentes.' c'est-A-dire, celfes qui sont faites. a l'aide
'de la carabin~e,- des coups de main, ont toujours, des rd-~
actions terrible qui, se produisant tijt ou tard, arinihi;
lent toustfes bienfaits -que ceux qui les out eptreprises,










- 15 -


espdraient en recueillir. Voill pourqjuoi toutes les. prises
d'armes, toutes les revolutions A main arm6e, faites en
Haili, aul nom des principles, n'en out pas plus~ nyanc6 le
triomphe et n'y ont pas meme donn6 f'ombre de la flu-
rde et de la cons~cration ; car l'on est toujours Q recom-
mencer :tant it est vl:ai que l'on n'obtierit rico de dura-
ble par les moyens violent. Ainsi, les revolutions mora-.
les sont celles, qui s'elffectuent par la seale force des ins-
titutions, des principles soutepus par le courage civique,
au lieu de la~ carabinie, n'en~diplaise a ceux qui, croyant
pouvoir les faire au moyen de celle-ci, n'en redoutent pas
les consiqueces filcheuses, les emportemnents, les exci~s,
qui entrainent toujouis I'effusiori du sang, I'anarchie et
ce cortege fle maux affr~eux, qu'eogendr~ent les dissensions
intentestines.
Les guerres tivile~s out fait iant de ravages dans noire
infortund Pays qu'elles ont d~truit-les sentiments les pilus
nobles, fail varier leshommes, que l'on poorrait croireles
plus indbraulables', les plus' honnites, les plus purs. Aussi,
tirant profit de l'expirience des choses d'Haiti,*il nous faut
conciture tlue les rivolutions morales, telles qune nous ve-
nons de les d~finir, sont les sentes fruitueures, les seules
possibles dans une R~publique.
Maintenant, comment l'6ducation politique du people
haitien peut-elle &lre faite, quand on ne trouve presque.
plus d'htimmes-mnodbles, d'hommes de principle, de~ con-
viction, ddsintdressis, qui prdfi~rent sacrifier leurs inid-
rCls g ceux de la P~atrie, qui regardent re respect des lois
comme un saint devoir et qui en fassent I'objet de leur culte ?
Peut-on trouver en Haiti un Cincinnatus, aun Curlirns,
un Aristide, un Themistoole et, nous reportant g uine
epoque non bloignie,' ott i semlblait existe'r du patriotism
en ce Pays, peut-on y rencontrer encore un Pierrot ? Si
oui, elle peut Ctre sauvbe. Aussi, notts inspirant de la vie
des hommes 6mineatss da. I'antique Rome, conseillous-
nous B nos mandlalaires, s'il en est encore temps, de: pren-
dre, de bonne here, la jeunesse si int~ressante ~du Pays,
I'avenir dle la Patrie, et de la familiariser avec les principles
61ev6s, les sentiments nobles et sublimes, qui ferment les
peuples, les grands hommeP. Comme l'a si bien explim6
BJossuel g y Qi peut meltre dans l'esprit des peuples la











- 16 -


<< gloiree, la patienlce dans les travaux, la grandeur de la
cc nation et I'amont *de la Patrie, pent se vanter d'avoir
a trouvC la constitution dt'Elat la plus propre g produire'
a hommes qui .font la force d'an empire. La nature ne
a ~manque~pas de faire naitre dans lous~les pays des esprits
<< et des courage 41Bvis ; mais il faut lui aider g les for-
a mer. Ce qui les forme, ce qui~ les achieve, ce- sont des
a sentiments. fortfs el -de nobles impressions, qui se r6-
a pandent dans' lous les esprits mt passent insensiblement
a- de I'an g l'autre. Tous les Riomains Ctalent nourris dans
<< ces sentiments et le people disputait avecla noblesse i qui
a agirait le plus par ces vigoureuses maximes. Durant les
a 'bons t~emps de Rome, I'enfance meime t51ait exerc~e~ par
o les travaux.; on n'y eptendait parler d'autre chose que
a de la grandeur du nom remain. 11 fallait aller g la guer-
a re quand la Rdpubliqub I'ordonnait, et la travailler,
a mourit on .vaincre. Les pihres qui n'blevaie'nt pas leurrs
< < r~endre capable de servir 'that, klaient appeles en jusli-
a ce par le ma'gi~strat et jugds coupables d'on attentat en-
a vers le public. Q2uand on, a commnenc6 g p~rendre ci:
a train, les grands hommes se font les uns les auti~es;: et
ac si Rome en a plus porl6 qlu'aucune autre ville, qui edt
<< bid avant elle, ce n'a point 616 par hasard ,mais c'est
<< que l'Elat remain, constitute de la mani~re qtie nous avons
ac vu, blait pour ainsi parler, du temperament qlui devait
< Alr'e le plu-s f~cond en h~ros, Un Elat, cini se sent ainst
a formC, se sentl aussi, en mime tecmps, d'une force mn-
cc comparable et ne so croit jamais sans ressource. Aussi.
tr -voyons-nous que les Romains n'ont ja-mais desesp~r8 de
<< leur~s affaires, ni quand Porserina, rol d'Etrurie, les affa--
a mait dans leurs murailles pi quand les Gaulois, apr~s
a. avoir bri~ll leur. ville, inondalent tout leur payrs et les
a, tenaient serr~s dans, le Capitole*; mi guand, Pyrrhus,
ac roi des Epirotes, aussi habile qu'entreprenant, les effra-
<< yait` par ses Bliphants et difaisait toutes leurs armies;
a ni cjuand Annibal, d~ji tant de fois vainqueur, leur tea
(c leare milice dans la bataille de Cannes u










-17 -


Ctest avec de parells #idments qlue Home a pu s'agrandir
et possidler la dominiiaion universelle. Cependant Rome,
dans ses comm-encemients, n'a 6td qu'une simple-ville elle
n'a Pas did alors plus grande qlue Port-au-Prince, ni les
Cayes, n~i le Cap ; et elle a fail la conqu~te du monde !!
C'est un exemple ficond, offert 6 la grande meditation de
nos concitoyens. A part Romne, bien des villes de la Grece
anciennepr 6sentent de beaux mioddles, qui m~ritent d'btre
suivis. Ainsi, entre Lant d'antres, une legon de patriotisme,
digne d'$lre midilde et appr~cide, est la magnalhimil6 d'A-
rislide, 'nnlt des personnages les plus remarquables de la.
Gri~ce. P6ndled des moux qlue son a~ntagonisme et celui de
son adver~saire Th6mistocle causaienit a leur patrie, il eut
la g~n~rositd de s'6crier : < O A~th~niens, yous ne serez
jainais heureux et tranquilles qlue lorsque vous nous aurez
jrelds, Th~mistocle el n0i, d ins le ~ar~athre !u
Les sentiments, le~s iddes qlu'l faul s'efforcer d'imprimer
h notre jeunesse, outre l'amour de l'instruction, de la Reli-
gion et du trav~ail, d'oh d~coulent toutes Les grandes qua-
litds,.sonit, en particulier, ceux de la vertu, du d~sint6-
ressement patr~iotique, enfin ce respect de soi-m~me, qui
emp~che l'homme' de s'avilir, pour posseder une fortune,
qu'il est aussi expose h pelrdec en celle vie meme qu'il doit
la laisser en mourant. acl 'or et I'argent s'dpuisent, dlit
Monitesquieu dons les causes de la grandeur et de la d~ca-
dence des Hnonlains; mais la ver~tu, la constance, la force
et la pauvreldS ne s'6p~ulsent Jamals 1, C'est aves ces prin-
cipes qu'ils sont allBs si loin. Un exemple de ddsintdres-
sement n'est -jamais oublid. Il no suffit souvent que d'un
simple acle dl'abnigation, de sonmuission aux principles de
l'honneur, de la' ddlicatesse sudloul danns la vie publique,
acle qlue, 10! vulgair~e, I'int~ress6 croif sans Importance,
qu'il croit mdme pudr~il et I~che, pour immortaliser un cito-
yen et faire toaurer en sa favour les cent voix de la Rdnom-
m~e.
Ainsi,. lorsqu'en 1878, le marechal de Mac-Mahon, due de
Magents, alors president de la Rdpublique fr~angaise, le
m~Cme qui, apras la pr~ise d'un camp ennems, eut dit ces pa-
roles plus d'une' fois -rpeides :
tro~uva on opposition avec la majority du people fr~angais
et ue les mois suivants, derils en caractbres menagants el













fatidiques,,lui forent 'prtbsentds, come a un nouvena Bal-
thazar : a se sounietire onl se d~imetire, a en homme d'hon-
neur, il compril, sa position. 1 so d~mit et il fit bien. C'C-
tait du patriotism ; car it c6vita I'iffusion do sang fran-
gais. Sardi Carnot, sous-secr~taireo d'Etal des F'inances, eni
France, s'op'posa aux exc~s financiers de Monsieur Wil-
son, alors secr~tsire di'Elat des Finances et, voyant que
ses justes r~prisenlations n'6talent pas Bcouties,~ il prbfdra
s'effacer, pour ne pas rester complice des gaspillages des
deniers publics. Cel acle de patriotisme, de `d~sint~resse-
ment et d'ind~pendance nie fult pas oubliP. Piluik tardl; quand
le people frnngaals voului 61ire un remplaantu i Mr Jules
Gr~vy, it se souvint de celui qui, le premier, par ddlica-
tesse, par honneur, par courage, s'Ptail refuse a partager
la responsabilt6 de~s fails, qu'il avail publiquement con-
damn~s. 11 le rbcompensan de son civisme ecn I'Clisant,- par
le vote de ses mandataires, Prdsidenlt de la Rdpubli~que
franqaise. De tels actes honored ~et le citoyen et le peu'ple,-
qui les consomment. Pour rester eni Haiti, noius voyons
que Rivibre Hdrard, alors Pr~sidentl de, la Rdpublique. par-
tit de Port--au-Prince, pour, soumetire ~l'insurrection de
Santo-Domingo, qui eut pour rdsultat la s~paration de ksi
pairtie de l'Est du Pays, oni 1841. [1 apprit a Azua, oit it
s'6tait dd@ rendu qu'une ~r~ise d'alrmes venail de s'effec-
tuer contre son Gouvernement et que le Gdner'al Guerrier
6tail nomme chef de L'Eotal, a sn pluce. oin de~ faire couler
inutilement le- sang de ses concitoyens, il dlit ces nlobles
paroles : a C'est le peupic, qui mn'avait nomm6 11
trouv6 A propos de prononcer .ma dcchdanic e ; jo L1'i quI;
me courier devant sa volonth: souver~aine;; car noi au5ssi
je suis du people. z II s'embarqyua pour1 i'edlanger. Cepen-
.dant il avail eu un reste d'armi~e et de s amis ; it aurait pu
faire de la rCsistance.
Tel est done le patriotism, qu'il 616ve celai, qul le sait
consacrer. C'est pourquoi it n'est pas sculement une ver-
tu ; Ii est aussi un culle, une I~eligion, qui a ses autels et
ses adeptes. La Patrie, pour le vral patrible,- est comme
une divinit son 6tendue en forme le temple. Ses monu-
HIeRIs et SeS l018 COnstituent les orncinents de ce temple ;
le coeur de cheque citoyen en represented 11autel et les
bonnes actions de chacon sont comme une offrande, un










- 19 -


eni'ens d'agrdable odeur, qni mnonle saintement au pled de
son tr~ne, pour I'ennoblic, I'immortaliser, la sanctifier.
Ce ne sonit pas seuloment nos mnaisons, nos villes. nos"
champs, nos montagnes et ious les chefs-d'oeuvre admira-
bles de la nature, qui f'ont la Patrie. Elle est encore dans
nos lois, danis nos meeneis, dans notre genre de vie, enfla
dans la Religion, qui en est comme l'dme, tandisque les
autres en composent, pour ainsi dire, le corps et l'esprit.
L'idPde de hI P'atrie est si dievde, ce mol inspire un id~al si
.pur, si sublime, qu'il en r~sulle une obligation sacrde liour
le citoyen die l'entourer de son amour la plus constant, de
la respecter dans .chacune de ses mnoindres parties consti-
tutives. Et ilest conisid~ird, nvec reason, comme tin criminal
de lIse-nation, quand il les viole de propos delibbr8. Ausbi -
r~flichissons, oui r~flchissonss beaucoup, avant de nous
livrer aux aventur~es de la~ guerr~e civil. Q2ui qlue nous so-
yons, jeunes et vieux, noirs on blancs, jaunes ou bruns,
qui avons pris part, plus ou moins aux dissensions intestines
de la m~alhemreuse H-aiti, en p~resnce de la patrie bafoude,
avilie,.soufflel~e. humilide, ahurie, vilipendde, d~sorganis~e
divishe, dpuisde, mroribonde et mouranle, ad~couvrons-nous~
et faisons noire mej culph Precnons garde de ne ree-.
versell un gotivernement vraiment constitutionnel; j'entends
ainsi celui, rjui est nomm6 selon les fo~rmes 18gales, le 11-
bre suffragedu people, 14galemnent manifesid. 11est toujours
plus facile de ddlmirue qlue dfe conlstruire. Si L'un des trois
pouvoirs. qui ferment le gouvernuement de la Rdipublique
p~che, rappelons le au devoir par les moyeits, qlue pres-
crivent les lois : << err~aree humanrium est. a Au besoin, rB-
sisions-!ui 1Pgklemen~t. .1ugeons-en les membres r6fr~actal-
res el faisons, Q cel effel, ce qlue col-mmandent la constitu-
tion et les lois. Ayons pour cela le courage civique et sa-
chous aussi, apr'es avoir choisi des mandataires srideux et
ind~pendants, parler par lear interm~diaire. Toutes les fois
qu'1ll e sera.pas possible d'agii ainsi, subissons de prC-
I'Crence nos mauvals gouvernants, croyant plutat qlue
l'bre de la vrtfie liberlC, le r~gne des lois ne nous est pas
encore~parvenu. Eelon l'opinion de Montesquieu, ~le despo-
tisme intelligent, qui fa'il le bien-etre public, ne tue pas
un Etal. Ce sont I'anarlchie, la corrulption et les guerres
intestines, qui le demoralisent et le tuent. 1)'ailleurs, d'aqq~











-- %O -


cord avea Voltaire, les nations n'obit que les gouvernements
qu'glles mf~rilent. Si nious voulouts dire ha people libre el
heureux, it faudra que nous prouvions, par nos aces, que .
nous pouvons le devenir. Celui-lB seul est r~oi, dissit SL-
Bazile, qu~i m~rite de l'dire. Montronsmrous donec dignes
de former un people sdrieux danstoules I'acception du mot,
par l'exemple de routess les vertus pub~liques et privdes.
CHAPITRE V.

DE LA PRZOTECTION DU TRAVA1IL.- EXAMPLE DES
ETti S-UNIS.*-- AVANTAGES REELS -- R~SIJLTATS OB-
TENUS. RESULTATTS DE L'AVENIR.

L'on nous demandera, sans doute, i quoi servit'aient les
6tablissements d'arts et m~tiers, si, les objets manufactu-
t*6s et d'art continual i venir librement de -l'6tranger en
HaIti, les citoyens ne pouvalent meltre i profit Jenrs con-
naissances professionnelles par un" travail r~mundrateur.
A cela n~ous pourrons rdpondre, en off rant I'exemple des
peoples, qui out faith valoir chez euz l'inidustrie par la pro-
tection du leavail national. On diia qu'il ne faut pas smn-
Iger les aulres nations.- Nous on convenous, en tant qu'il
.nefant pas imiter leurs d~fauts, onl encore leur -manibre
de`. faire on d'4tre pien alppropr~ide ri nos besoinkj B notr~e
cara~ctere, i nos aspirations; mais less anciens Roma-ins n'ont
progress qu'en s'assimnilaint les moyens de productions et
la force de vitalild des; peuples Ilurs avanedjs qu'eux, on~
aban~donnant leurs erreurs oul des. syslities devenus- sui an-
abs pour eux, par le contact de l'81lranger.
.Ce n'est pas settlement par des droits de doi~ane exclu-
sifs, exorbitants, que l'industrie. le trava-il pent-6tre prold-
g6;-5est' aussi par .la haute consid8ratio n don't l'homme
de mtier~est eidour6 et la faveur miritde, qui .est accor-
d~e au produit national, -ce qui faiti que, malgr6B ses im-
perfections ml~mes, on le pre~fire au simnilair~e exotique,
avec l'espoir qu'avec le progr~s:-qul emporte tout dans "sa
march ascensionnelle, it s'ameliorera davantage, par une
intelligence imita-tion et de sages innovations.
.L'industrie am~ticaine a 6te cr66e du moment que les













honimes considdrables des *Etals-Unis out fait fi du pre-
jug6 des fashionables, pour adopter, sans d~diain les pro-
dnits territoriaux, malgr68 leurs d~fauts m~mes.
A la naissance de Il'ndustrie amtbricaine le luxe 6-tait A
son comble aux ELats-Unis. Touls les objets d'art, d'ha-
bil~lements, par exemple, 61aient acheths ovec soins, des
.manufactures anglaises, frangaises, etc. Les toileries na-
tionales encore grossibres 6taient m~pr~isdes, les produits
Sde I'industrie ddlaiss~s, enfin' l'amnour de l'exotique y 6tait.
outr6. Chacon se demandlait qui pourrail revitic les ac-
coutrements grotesques, qlue l'on croyail fagonnis plutdt
pour les paysans des pays incultes, ignorants !! M ais A
l'occasion d'une f44e, un president de l'Union amb~ricaine.
se fit faire un habillement de la toile fabriquie dans une
manufacture nationale aussi blen que cel habillement eff
s'en revilit. I I pardl comnue ridicule, au premier aspect,
parmi ses h~tes ambr~icains et les 6trangers, qul y vintent,'
couver-ts de leu~s .plus riches eti plus somptueux habits. IL
fat I'objet. de la critique, dans les premiers jours. 11 ne
continue pas moins h s'en servir. Pais, I'exemple, parti
d'en haute, Ffu suivi et res grlands fonctionnaires, ainsi que
les riches particuliers, se reviliren~tj I 'unisson, des pro-
duits manufacturids des aleliers nationaux. Les manufactu-
res, qui auparavant ne ponvalent, A peine, faire leurs frais,
prirent de l'extension et cot exemnple d'encouragetnent per-
mil Q l'industrie ambricaine de s'affirmer et de deveniriin
progrks ria);ompli. Belle legon, en vretit8, pour nous autres?
Ha'itiens, grands am~aleurs du luxe, i qui il r6pugne sou-
ven~t de porter des soulier~s plus on moins m6chamment
confectionnis par nlos o~luvriers d61aiss~s (1)
Les P6tablissements professionnels, A part I'avantage im-
mense de donner au gouvernement un personnel d'hom-
mes conservateurs, intdressds a la paix publiqtie, a f'ordre
des choses 6(ablies, et de preparer la jeunesse A la .vgrita-
ble vie, qui. ne saurail durer, Gitrc.productive qune p~ar le
travail sons Loutes ses formes, aur~ont pour/r~sultats imme-
dials de permettre A l'Etat de b>~ir de bons idifieds.publies,

(1 )AL AjouId'hlUi nos souliers -pe~uvent avantagousement
rivaliser avec ceux des autres nions. Le progrds sur ce
poiut est tel que, grice aussiau change exorbitant, ~on n'im-
porte plus'`les souliers Btrangers.











- 24 i


d'y! employer des bras impr~od uctifs,de fai~e de bonnies recet-
tes et de couvrir amplement les depenses cotteuses, mais
profitable de l'instructionl publiqlue. J'en fournois un exem~-
ple : je suppose qlue le gouvernemnent, avant besoin d'ha-
biller des troupes, f~asse une commando de cing mille ha-
billements de drap ordinaire g quinze piastres i'habille-
ment, ce qui faith, avec le pavement des ~droils, soixsnle
.quinze mille plastres. Voild une valeur qu'll est bien oblig6
de payer Q l'6tranger, sauf les droils de doodane, valeur
qui pourrait pour la m-ijeure- partie rester chez nous, tan-
.dis qu'il n'alurait besoin qlue d'acheler au-dehor~s les mittid-
res premieres, en per~cevalnt les droils. II se forme ailors
une meilleure idee de sa situation. 41 se dit qu'en Haili
les citoyeps, g quelque exception pris, conp tent sur I'Elat,
pour ambliorer leur sort. Une.foule d'h~ommes qudmnan-
dent,- A tort et a travels, des charges -publiques. S'ils ne
sont pas satisfails, .ils s'en p~laignent et trouvent moyen de
critiquer les aces de l'autorlld, d'une manibtre on d'une
astre. De 18 A devenir opposanls et a faire une lev~e de
boucliers, its ne soot pas loin, guice anx acolytes du poll-
voir, qui, inleress~s, ou i la conservation de leurs forkn-
nes, de lears bindfices, ou g I'or~dre de choses- achuel, les
lui d~noncent, mal It propos. commeltent ou lui font com-
meltre sui' eux des actes de violence souvent injustifiables
.et injustifies.
cr D~jB, continue-t-il, les charges ne su~ffsent pas auxr
ac On n'en calcule pas les richesses immense. Et puis, la
a terre est au paysap. D)'ailleurs, une nouvelle gdnication,
a assutdment plus instruite,' mais mioins ddsint~ressde,
a va bient~t se firdsenter sur la scine, avec'la f~condit6 de
at nolre sol vierge, de notre nature luxurianle, avec L'acti-
<[ vile febrile, la chaleur do. noire climate tropicaf.'Prepa-
g rons-lui un avenir conforme h ses aspirations. Faisons
a travailler Jes bras inutiles ; par .ce moyen, nous nous
a constirverons, nous donnerons la paiix g la Rdpublique
( et pourrons y rendre ddfinitif le ra~gne du Progr~s. P-our
it cela, poisqu'il n'exisle plus de charge vacante, crbons-
a en de nonvelles pour le profit des ciloyens et pour le plus
ac grand bien de la chose publique, Coralncngons, d'abord
< conclut-il, par un atelier de tailleurs.










23 -

Que fait alors le Gouvernement ? 11 choisit, par elem
ple, A Port-au-Prince, on terrainl vaste el y bilit un idi
fice solide, aded, large, h l'6preuve, aulant qu'll est possi
b~le, du fl~iau de l'incendie, pouvant convenic au but pro
pos6 et recevoir cent a cingi cents 616ves.
L'gdifice, constrail dans les conditions slipuldes, hoiirec
vient. .eniv. P. 70.000
11 y emploie r Directeur i P. Too par mois,
soit pour l'annie 200
J << SousDirecIeur a P. 75 a soil pour l'ann~e 9000
< < a 20 ouvriers pour 500 Bl16-
ves h P. 60 soil pourI'anunde 1.400
a I Comptable-caissier a P'.90 a a
soil pour I'annie 1.080
<< 1 adjoint-Comptable &~ P. 50O par mois
soit pour I'anniie 600
II ach~te is.ooo aunes de dranp ordinaire qui lui
reviennent, apres 10 p~alement des droils ~de dodane,
A P. 2 I'aune, soit 30).000
-11 fail des fr~ais pour ac!iat de mobilier, de
fournitures, etc,s'dlevant A 10.000
Ce qui forme on total de G. 128.180
En d~daisantr de celle some le montant des
habillements venus de I'~tranger, soit 75.000
II y aura iine balance de "` G.. 53.180(T)
L'on voudrail dire que l'Elat n'y aurait rien gagn6. Nen-
ni. C'est pour la premiere annde. Tout le monde sait que,
par le manque de moyens ndcessairos, le soldat hailien
ne conserve pas souvent ses vetemnents militaires au-deld
d'u~ne' ahnne. Alors s'il fallail r~dpdlecr la m~me dd-
pense B l'tranger, pour f'annie suivanle, ce seraient
bien d~jh cent cinquante mille pias(res d'habillements
pour' la troupe. MaI~intenant, voyons les r~sultats oble-
nus et ceux a obl~enir. L~e Gouveruerthent bjlit un ma-
gnilique. edifice, qui lui duroria plus d'une annbe, cela
(I) Quand j'ai fait ces calculs la goulrdl e ou piantre ha~tienneP 6tait
g peu pries au pair avec le dollar ambricain.












va sails ~dire. II fait ve-nir de l'diranger l~e -drap et. les
autres rohatibres de confections,- qui patient les droils de
~doline. Le commissionnaire, a qui il s'adresse, A cet ef-
fet, en se fPaisant donner- pour le dra~p ordinaire dent pias-
tres l'aune, est r~mundr6 avantangeusemenlt. II emploie
dans l'atelier sus-menti~onne vingt-quati-e citoyens, qui sont
largement pays pour ce travail, qui lui revient, pour la
premiere annde,cent fingt-huit mille cent quatre-vingls pias-
tres. 11 est vral qu'en commandant les habhillem~nts a
N1'ranger i pale soixante-quinze miille piastres, da'otl l
balance suscit~e, en faveur de l'achat8 I '6tratige~r.-?~is
cette balance peul-elle Ivipondre h l'nvaulage immiense d'un
edifice public, solide, 4g I'6preuve .dlu feu, de vingI.-quatre
individus plus on 'moins malheureux, gagna~nt leur pain et
celui de leurs families, ayant intdrd~t a la conservation de
la paix, qui leur permet die palper miensuelleme~nt leurs
4moluments, et 'b~nissant le government rdparateur, qlui
assure ainst~ leur avrenir. Celle balance pent-elle encore
4tre oppose a une p~pinibre de cent a cing cents adu~ltes
qui, aprbs avoir 6t& munis du pain elisrutovn
apprendre A se clonner bientbt celui du travail?
A l'anube suivanle, I'on o'aura plus besoin de balir d'6-
difice pour la m~me Ccole de mdlier; ce nie seront que d~es
fr~ais d'entretien g y pr~voir. En deduisant des-soixante-
dix mille-piastres du b~fiment, soit : G. 70.000
les* frals d'entrelien s'elevant A cing
mille piastres, soit : 5.000
l'on' aura .alors en faveur de l'Elat
pour la deuxi~me annie une balan- -
ce de G. 65.000
A reporter les cing mille plastr~es G. 5.000 \
Les m~mes d~penses qlue pone la
premiere a~nube s'61evant, i la se-
conde pour la confection des ha-
billements, le' paiement des em-
ployes et des autres fr~ais, g Gx. 58.180~
soit le total de G. 63.1830
Au lieu des soixante-quinze mille
piastres A ddpenser A fitlranger,
flour en faire venir les m~mes ha-











E5 -

'billements une second fois,
soit, -G. 75.0c00
l'Elat n'aura d~pens8 dans l'ale-
lier pour la .delixibme ann~e que
soixante-trois mille cent quatr~e-
vingts piastres, soit G;. 63.180
Balance G. 11.82Q
d'ou, avec une nouvelle balance
en sa faveur de. enze mnille huit
cent vingt piastres, un b~nefice
rdel pour lui de soixantfe-seize
miille huit cent vingt- piaslres A --
la second annbe, soit G. 76.820
Mais ce n'est pas tout. Les d16ves progressent; its peu-
vent travailler. Un conseil dl'administration, compose de
1!Inspecteur des dcoles, de l'administrateur des finances, du
Magistral Communal, du juge de paix et do trois hom'mes
de Iart, regoit mandat, en vertu de la loi, qui 6tlablit Jes
Bcole~s -p rofessionnelles,de contr61er les opdrat ions d u direc-
teur et du comptable-calssier-, qui sont aut~oris~s par celle
loi Q rec~evoir des travaux pour $tre confeeliono~s dans
I'6lablissemient. Ce conseila droit de discipline, d'examens
et pr~end toutes les m~esures utiles pour le developpemnent
de l'd6tablissemnent et d'autres semblables, pour la bbone
confection des objets pr~senltes. Les trois homes sp6-
claux pourront elre rdtr1ibuds par la" suite surly es fonds de
I'8cole. A mesure que so forineront d'autres Bcoles d'arts
divers, I'on pourra exiger qu'lls poss~dent des connaissan-
ges multiples et approprides atux nouvelles 6coles profes-
stonnielles.
Le dir~cteur, le soas-directeur e t les vingt ouvrieos~crs, tra-
vaillant avec 100 ii 500 -616ves plus ou. moins ava~neds,
font par mois 1.00)0 rechanges h G. 3, soit G. 3.000 et pour
I'aonde, soit 3.000 multipli6.par 12 6galant G. 36.000 plus
76i.820 egalant GT. 112.820.
Voild qui est magnifique pour le Gouver~nement qui, au
lieu de payer soixantle-quinize mlille piastr~es pour cinil
miahabillemnents de drape, ordinaire, les oblient en lnfrli
midme avec une- difference de cinqurante-trolis mille cent
q natr e-vingis piastres pour la premiere atinde ;mais avec



















































l'on obtient alors la some de


- 26 -


le b~ndfice d'un Edifice public h l'6preuve du feu, d'un rifa-
idriel outill6, de vingt-quatre fone~lionnaires publics, qui
sont n~cessairement, amis de la paix, de cent A cing cents
616ves, qui apprennent A devenir des hommes libres et
utiles a la Patrie. A la deuxibme, le Gouverne~ment les
obtient 6galement, defalcation fate des d~penses indispen-
sables evaludes aux soixante-trois mille cent quatre-vingis
piastres ddja mentionnees, avec tous les benifices sus-6nu-
mer~s,puis cefui d-e cent douze, mille huit cent vingt piastres.
Chacun voit parfailement qune dans los chiffres prdsenIl~s,
rien n'est exag~rd, qualit aux bducfices. Au contraire, tout
le monde sail qu'en Haiti, I'on ne trouvera aucun tailleur,
qui acceplerail i confectionner une levile, un pantalon el
un gilet de drap noir supirieur pour trols piastres; mais
comme, par contre, unss rechange de la toile ordinaire,
par exemple, une rechange de denimns peut cotter deux
piastres et demie chez un confectionneur, nous avons pris le
minimun ou plutat,si l'oa veut,1a moyenne de trols gourdes
A la troisiibme annde, en ajoutant la valeur 6numrner~ de
G. 118.840, dont 65.000 ne torment pas on b~ndfice A pro-
pr~ement parler, mais une veritable 6cono'nie, nous suppo-
sons qlue le directeur,1e Sous-direclear, les vingt ouvriers et
les bl6ves de l'atelier fassent par mois 2000, rechanges B G.38,
A reporter les' C. 112.820
soit 2000 multiplied par 8 Cgalarrl 6.000
et pour l'annee 6.000 multipliC par
12 6galant G. 72.000
Frais de reparations de 1'6difice, four-
nitures, renouvellement et augmenta-
tion, s'll a y lieu, du mal~riel, paie-
meet des trois derniers membres du
Conseil d'administration B G. 80,
piar mois, avec the base de 85 olo de
diminution par ville d'une classifica-
tion inferieure g Port-au-Prince et oil
seraient fond~s d'autr~es 6~tablissements,
s'Clevant, outre qlue les autres d~peni-
ses sont d6falquees- comme dans la
deuxibme annie, A G. 28.000 G. 50.000


.L,--


G. 162.820











- 27 -


Ainsi. A cette troisibme ann~e,~ outre les b~ndfices Cnn-
mbrds, if y aura hien pour l'Elal encore le beau chiffre de
cent soixaule-deux mnille. hnit cent vingt piastres, et, de
m~me, A continner. pour les annnes suivantes.
11 est 9. noter que o'est une scule Ceole de m~tier, qtil rap-
porterait ece magnifigiue produit. Qu'unee dizaine d'6coles
soient fondues dans des conditions semblables, I'on verra
assurdment ce que l'Elat y gagneitail elicore. En sittendant,
comime ~r~sultat reel i ajouter aux bindfices, de jeunes ci-
toyens, pendant trois ans, auront largement pay8 B la RB-
publique les d~bours faits par elit pour lenr instruction.
Aynnt acquis avec leur profession le goQt du travail, ils ne
pourrobt on du moins ne voudront pas rester oisifs el pen-
ser auxr insurrections.
Comme on le voit, par I'exemp~le donn6, les bl8ves.se-
ront obliges de travailler tr~ois ann~es consecutives, dans
une Pcole d'arts. Its en sorticont munis d'ane profession,
apres avoir 616 examines sue' leurs connaissances A ce re-
latives, en presence du Conseil d'Administration et avoir
regu leurs dipldtmes ou certificals d'omvriers. Its second
employs dans I'6tablissement ou iront travaitler ailleurs.
Nous prionis les hommes politiques d'Haiti de m~diter
beaucoup sur les avantages de lexemple que nous venons
de proposer. Nous avons en vue de faire rtdgulariset une
branch do travail, de contribuer B sauver, en etendant
notre example i d'autres professions, la jeunesse du Pays
si intdressainte et qui, faute de mieux, s'expose aux balles
homicides de la guerre frir~licide. D'ailleurs, c'est un
moyen de cr~er des receltes au tr~sor, de faire vivre une
foule de citoyens, qui deviendraient conservateurs et de do-
ter l'ELal d'un blablissement remarquable.
Des adversaires voudront dire que la Rtdpublique nl'aura
pas, avec la penurie du Lr~sor, assez d'argent pour s'ocen-
per de I'atelier, dont -nous venous de proposer le mod~le.
Nous repondrons qu'il n'y aura qu'it le vouloir d'abord, i
faire ensuite un peu d'8conomie, B balancer I'opportunit6
de nos ddpenses les plus on moins utiles, et a~pres cela,
faire, pour amnsidie, un djob patri >lique sur les djobs do
cer'tains fonelionnaires publics, pour trouver les valeurs nd-
cessaires Al 61anblissement proposal, quii couvrica, au-lelit,
dans trois ans, toutes ses d~penses.











-- L8 -


Pour b~tir V~difice, le~ gouvernement pocurrait bien fonl
der sur les bases indiquees un atelier de magons,' un autr~e
de charpentiers et un troisibme de forgerons-serru ri'ers,
ayant un personnel appropri6 a leurs besoins avec des ap-
poinlemnents m6me mnoins 61eves et le mdale nombre d 4-
16ves on un frombre moladre que celni deitailleurs. Ce
seraient aulant d'6eoles professionnelles q'uiitournelaernien
au profit dui pays. II est vra~i que-nous nous exposons aur
fondres des grandss entrepreneurs, des grands bjindficiaires
de la sueur du people et don't la besogue deviondrait plus
difficile.. Mlais c'esr positivement conti's les entreprises
-scandaleuses que nous devons r~agir, avec r~aison. *
La. mission de ces so-rles d'atelier serait de b-~llr, r~pa-
rer et p~ournvoir du n6cessaire les ~Iditices publics, qui r~e-
q~uerraient le concours de I'un ou des trois atoliers. En:
supposant tdule proportion gardde, it n'y a pas dea double
qu'ils ne rapportent, i leur tour, de brands profits al LElat,l
en ce sens que les ouvriers, constamment au travail e;
bien pays, servir'aient partout, oil le besoin s'en~ fer~ail
sentir, a b~itir, r~econstruir~e, repa\e les edifices A? la con:
servatioft desquels les occupants et les membres du -Con-
seil d'administration seraient obliges particulibremen.t de
veiLler, Pour r~aliser touls ces hienfaiits, it faut absolument
d~la part de ce~x qui y sent prdposis, une fermeld, une
conviction patriolique, qui nei se relichze, ne se demenle
pas an instant. It est vrai qlue l'ou s'expose dans la pour-
suite du bien, i toutes sortes d'oppositions et de tracasse-
ries. T'out cel? est inevitable; mais l'on ne doit point se
decourager. TI fant de plus 6tre entreprenant, persev~rant,
positif et ne pas -licher prise, en presence des obstacles,
cles difficulties.
Si I'Elat, par contre, prevoyaitt I'impossibiiil6 de la for--
mation immediate de ces ateliers-6coles, it emploierait alors
utilement pour bjlic l'8difice projeld1, le corps des ouvrier~s
du g6nie milla~ire, qui ne faith pas grand' chose et qui, ce-
pendant, bien rdorganis8 et anis en activile. convenable-
mui ient, peuth rendre ~ d'inmmenses services; d'autant plus
qu'l aderit g faire beaucoup d'4conomie, a I'occasion des
e'difices publics.
L'Etat loue une foule de maisons, souvent fort impropres,
pour les admiinistrations publiques. II peut parfaitement,












en attendant la~crdation des aleliers sus-mentionnis, mettre
'g contributions les bras des ouvrierss du g6nie, ponr cons-
trair~e .ou~ rparer, ri cel effect, sous 10 coalrd0le aet la sur-
veillance des commnapdants des arrondissements et des ad-
ministrateyrs des finances, les emplacements domaniaux et
les edifices pnlblies toib~d en vitusle. Les Comumunes de
la R~publique peuvent bien fair, diacune en petit, ce
qlue nous recommandons i l'Etal-.d'effectuer en grand.
On pouri'4 faire d'autres objections contre notre plan.
I'on dira, par example, que les particuliers ne s'adres-
secont pas gA l'ltelie de tailleursL1. Point .du tout. Le~s seuLles
conditions de prdfirenlce, que 10 public accord parlout
aux itablissements manatacturiers, proviennent de la mo-
dicit6 du prix, -du solide, de L'e16gance et du fini des ob-
jets manufacturds. Or, ces conditions so trouvant dans cet
alelier, -le public s'empresser~a d'y accourir.
L'on prdlextera encore qu'ann parell atelier .46truirait
I'initiative privee et qlue l'Etat a dles affaires autrement sC-
rleuses, pouras'occuper de pareils diablissemnents. Nous af-
firmons qu'il ne servirait, au contraire, qu'B la r~gulariser
et 6 la p~romouvoir. D'ailleurs, en Hafit, le Gouvernement
est un veritable ruleur, qui est oblige! de tout faire, de
tout prbvyoir par Ini-m~me. L'initiative privde n'y existe
qu'a titre d'exception. II faut done qu'il commence par ce
qui est le plus' 616mentaire. En-effel, quel devoir plus im-
p~rieux pour lui qlue d'assurer le bonheur du people par
la couslitution do travail. Une nation no se develo~pe, ne
grandit et sa population ne s'accioil qjue quand I'indjus-
trie, les !arts, res -sciences, le commerce et I'agriculture y
sont favorisds et prosp~res..
L'on prelendra, au surplus, qlue co sera une source de
djobs. Avec le conseil d'administration tel qlue je l'ai indi-
quC et exergant un contrdle severe, de tous les instants,
cela ne se pourra gubre. Voici, d'ailleurs, comme lout de-
vra s'effectner dans l'atelier project : L'individu, qui veut
faire confectionner un habillement, va consulter le direc-
teur de l'6tablissement, .qui lui moytre le tarif affish6. 11
accepted le prix. Le directeur regoit de lui I'ouvrage et lui
en dbivrb un ric~piss6, qui est present au complable-cais-
ster. Celui-ci le vise et I'acquitle, aprbs avoir re~u le mon-











30 -

tant de l'objet i confectioners, L~e r~c~piss6e psut Ctre faith
de cette thanidre :

Molnsieur N:. .. a depos .. aune ... de. .
pour la confection de .. et doit verser cadh au-comp-
table-caissier de l'6tablisseudent la some de .,en
vertu du tarif en vigueur.

Por~t-au- Prince, le .. .. .

Le Direcieur,~

( Signatur~e)
Vu et acquitll le. ..


Le Comnptable-Caissier

.( Signatur~e)

Tous les mois, le Conseil d'Adminiistration v~rifie, coni-
froule et arr~le les compete du Directeur et coux du Comp-
table-caissier. Les bordereaux de celui-ci, vises ~par le Di=
recteur de t'6tablissement et par I'Inspectear des ecoles,
li oil if yra un bureau d'inspection, sinon par le President
de la commission locale, sont r6gularisis par l'Adminiis-
trateur des finances et le versement des fonds proven-ant
du dit 6tablissement est op~r8 i la Banque~ Nationale on
6 sa succursale, sur -un rlicepiss6 ddlivre par la dite Ban-
que ou la succursale, au complable-caissier, qui est tenu
de le communiquer h tourte rAquisition. Pour favoriser le
d~veloppement d'un tel BLablissement et en fonder d'autr~es,
soit de cette caidgor~ie, soit d'un genre different, le Gou-
vernement devra diablic un syst~me de protection, qu
consstea A86geve dedrals es maliibres premibres,n-
cessaires B l'industrie et venant de l'6tranger el A les aug-
menter sur les objets confectioonns avec ces matieres et
de m~me pjrovenance, jusqu'8 ce qu'on arrive a avoir, en
fla'iti, les matibres memes.'












CHAPITRE V-I

CRITIQUE DU SYSTibiE PROTEC.TE~UR --RE~FUTALIONJ
P'ROGRES.--APERCU SUR LA SITUA'TION -DU PAYS.--
LL GUERRE ClVILIE, VOILA L'ENNEMIE.

On dira que l'inslitution definitive du sysibme pro tec-
teur, en Ha'iti, sera la r~uine du consommateur. Nous you-
lonls bien croire~ que ceux qui soutiendront' cette thbse,
qui, du reste.,a Cid d~veloppde dejri chez nous, ou n'auront.
pas bien ALudid la question au point de vue des r~sultats,
quant a notre position de penple jeune, dont I'industrie
est g I'6tat emb~ryonnaire, on feront preuve d'unie bonne
foi doutense. Un en-fa~nt, par example, pour se ddvelop-
p~erl, croitre, a-t-il besoin d'&tre p~rol'dgb, entourb8 enfin des
soins iildispensables h sa position. On bien peul-il seul
luller pour arriver B I'61at de perfectionnement qu'on ad-
mire dans un homme; i l'Agie vicil ? Ne craint-on pas
les obstacles,' presque insurmoulables, parsembs sous ses
pas h nu Age aussi tendre que celai de l'enlfance. La loi du
progr~s 6tant telle qu'il fau l oujours avancer, sous peino
d~e reculer, lieut-on admeltre qune, pendant que cel enfant
fail senl ses efforts .pour se d6velopper, cenx qui sont plus
avancis qunelui,.acceplent a l'altendr~e? En le faisant ils dB-
cher'raient 6videmment de leurs avantages; et d'ailleurs com-
ment le pourraient-ils ?! Alors qlue fanrt-il g l'enfant? 11 lui
faut dire aidd, prot~g6.A ce sujet, nous nous souviendrons
toujoulrs de cell maxime, devenue banale et populaire, r6
force d'dire vraie :( aL'homme, ainisi qune la virgnei pour
grandir, a besoin de support. ,, De m~8me les nations,
pour se d~velopper, dokent 4tre n~cessairement prot~gees.
Or comment un people peut-il btre proldg8, si, a part les
lois de conservation ~du corps social, de son autonomie, ses
moves d'existence sont a la merci de la conucurrence 61ran-
gere. Par example, tout le monde Sall qu'en Halli le sirop
qui devrait atre employee, comme autrefois, B la fabrica-
tion do sucre, sert exclusivemnent a celle des alcools. Bea u
coup d'iadividus vivent largement de l'industrie des guil-
dives. A .part la question de moralild, qui command l'ex-
clusion chez nous du rhum et du tafia strangers, s'il plai-











-- 32.1

sait a nos gouverriants,- professant en cela le libre-6change,
de permettre leur introduction dans nos march~s, sdus
Je pi'dlexte .qu'ils sont mieux fabriquds qlue les ndlres ou
qu'ls so vendent A .un prix moins 41ev6, ne serail-ce pas
du mime coup .toer une industries nationale qui, par sa
lougue durde, est devenue~ respectable et ruiner une foule
de gens qu'elle fait vivre, d'autant plus qlue la fabrication
~du sucre Blant suspendue da~ns notre pays, on ne peut
convertir le sirop qu'en alcools par cons~quent, les ha-
bitants, qui aiment tant la culture de la canne -i sucre, ne
seraient-ils pas redoits- A la mendicitb, s'ils ne s'adon-
naient 9~ d'autr~es choses ? Assur~cment oui. (I)
Pour un people june, ii fault un gouvernement ferme;
intelligent, rempli~de sollicitude, pr6voyant, actif, vigilant et
qui, en acceptant la mission patriotique -de d~velopp~er, dans
lai measure de ses facullbs, les forces effectives et p~roductives
de la nation, filsse converger tous ses. efforts au profit de
la communaute. Ce people ne peut grandir que par. le db-
veloppement de loules ses facult~s, de tou~tes ses aptitu-
des. De 14, pour son gouvernement la n~cessild de pro-
tbger tous les genres de travaux,auxquels if peut se livrer
pour y parvenir. Or, si la Iprolectlion accordde, en g~n6-
ral, asux sciences et aux arts, g l'agricultdire, A l'industrie
,et au commerce, en Haiti, profit j la republique ea~tiare,
de sorte qlue I'argent afflue au sein des families qui, sans.
un moyen de travail encourag6,g~missaient sous les direin-r
tes de la mi Are et dans les caisses de l'Elat, qlui nagutbre
dutient obdrdes, il y aura un gain, un progr~s rdel pour la
libpublique. C'.est alors en vain qlue l'on dira qlue la pro-
tectionrest la spine du consommnateur. De plus, qui ser~t a
former un Eiat? Est-ee une cat~gorie d'individus ?. C'est
plaidt I'unifersalitLB de tous le; citoyens d'un people sou-
verain. S'il en est ainsi, ce qui est profit pou~r l'Etat, en g6-
neral, profile aussi ~aux citoyens, chacun en particulier ;
car I1'Etat se compose nonl seulemnent.de consommateurs ;
mais aussi de. pr~oducteurs.
Le consommnateur n'exet-ce-t-il pas une profession qui, le
rendant producteur en son genre, lui~ permette d'acheter?'
S'il est content,vu que toutes les ~professions nationals sont
(1) Depuis I'apparition de a1 Pro Patria o, j'ai constat6 un progress
rkel dans l'Agniculture par la fabrication du sucre raffine.











- 33 -


6galement encourages, de la protection accord6e A la sienne
pourquoi ne doit-il pas m~me payer plus cher qlue le simi-
laire exotique I'objet de consommation, don'tt it peut avoir
besoin ? A supposed qu'il perde en achelant cher, ne ga-
gne-t-il pas en verdant on travaillant cher ?
Or, alil y a perle d'un c616 el gain de l'autre, if y a done
compensation pour lui, par suite de ce qui vient d'8tre ex-
prim6 et profit pour l'ELat, en ce sens qlue tels objets a
d'arts, qui n'existalent pas auparavant dans le Pays, se
trouveraient fatbriqu~s dans les manufactures nationals.
Maintenant, si l'on veul dire qlue le consommateur ne
gagnera pas i cette compensation, il sera facile de r~pon-
dr~e que c'est a lai i savoir dconomiser, en n'achetant pas
au-deld de ses wrais besoins, en les limitant au strict n~ces-
saire.Ce sont la bonlne admlinistra8tion dles affaires privies
et I'amour de I'bconomie chez les particuliers, qui, se rB-
percutant aux affairs publiques, ferment la fortune des
Etats.
Outre qune, dans ce qlue nous venous d'dnumbrer, en fa-
veur du systime protecteur, it. y a un progr~s rbel, I'argenit
Q d6penser pour les products e~xotiques sera employ assu-
rement danis le Pays et augmente~ra le bien-6tre public. On
imported de l'6tranger l e riz, les pois on haricots, les pois-
sons, le tabac, les souliers, les habillements, les outils et
mnaints objets manufacturers.
Cependant on peut les produire ici abondamment. N'est-
ce pas une honte ? A qui en est la fate? A la plupart do
nos hommes d'Pdlat qui, lonjours occup~s d'une politique
sansfin,sans r~sultal pralique el profitable, a'ont pas pens6
A adlministrer les affaires, A organiser le travail, A intro-
duire L'ordre et I'8conomie dans nos finances et B toucher
du dorgt, enfin, les veritables plaies de la Patrie
En somine, -qm peut-4tre libre-6ehangiste ? Il n'ya, selon
nous,que le people, dont I'industrie, i'agriculture et le com-
merce sont arrives B la perfection.
LAngleterre, la France, peuvent 4tre et sont libres-4chan-
gistes; parce qlue leurs connaissances, leurs products en
tous genres sont! a l'apogbe. Cependant elles ne le sont pas
sans restriction. Malgr6 les progress divers des Etat-Unis
d'Ambrique, ils sont protectionnistes et y tiennent encore;
parce que, sans le syst~me protecteur, its n'eussent .point











--- 4 -

fail des pas anssi gigantesqlues apri~s settlement un si~cle
d'existence national. Its peuvent devenir libres-Cchangis-
tes, eu 6gard i l'6tat d'avancement de leurs industries et Q
la surabondance de leurs produits. Ils y out m~me de l'in-
trbrt.
Les deux premieres pulssances out Bprouv6 la nicessili
dulibre-echange; parce qu'elles ont eu besoind'6cooler ail-
leurs l'excident de leurs products, contre ceux des autres
peuples. Ce besoin est actuel et sons cesse exigeant, en rai-
son du d6velopement considerable du travail chez elles.
Pourtant it o'y a pas longlemps qu'elles out adopl6 le 11-
bre-6change.
Ainsi, un peuple ne peul 6tre libre-dchangisle que quand
il a intbrit d troquer ses products perifctiou~nds et surabon-
dants contre ceux des autres nations, dans des conditions
avantageuses pour lid; alors sortout qu'il ni'a pas g redouter
la concurrence dtrangere. 4lais, par "contre, les souliers
d'Ha'iti sont-ils parvenus a cel C6taL de perfection, qui per-
melte de ne pas craindre pour eux cclle concurrence ?
Assur~ment non. II faut done les prol~ger, sanls bannic
exclusivement le similaire exotique, qui est nicessaire poor
leur servir de module, de Ytimnulant, jusqu'a ce qu'ils pois-
sent la souffrir.
En fait, qlue nous rapporle le libre-Achange avec l'Angleterre,
la France,les Elat-Unis, 1'Allemague, elc? Quels sont les pro-
dails de notre industries capable d'entrer en lice avec ceux
de ces puissances, ou d'81co vendus avantageusementl h I'6-
tranger m~me pour servir de remises dans les transactions
commercials ? Ce ne sont pas cedulinoment ceux de notre
industrie non encourage. Alors, qlue gagnous-nous au li-
bre-Cehange ? Serait-ce un contact permeltant une facile
imitation ? Mais cela ne suffirait pas. Serait-ce lobon mar-
ch&, on encore le fini du produit ? Si l'on ne travaillait pas
pour payer, si la fertilil8 dn Pol, ou du moins, si nos: den-
rdes ne r~pondalent pas, pourrait-on acheler, m~ime a bon
march? Evidemment non. Comme on to voit,1e libre-6chan-
gle ne nous rapporte pas de profit. II facilite, au contraire,
drainage et I'exportationI du niumeraire, aprks la rdcolle:
ce qui occasionne dans nos centres de pop~ulations ef,sur
tout,parmi celles les moins indlustrieulses,dtes mories-saisons
affreuses. 11 ne nous donne douc pas des vantages sensi-











- 35 -


bless, puisque tout le monde ne peut Btre i la fois agricul-.
teur. Or, noitre people est-il rifractaire aux a tis de la civi-
lisation ?. Si non, pourquoi ne pas faire travaille'r nos bras
oisifs crier et organiser les divers genres d'industrie, qux
peuvent les ramener au bien et contribuer a les sauver
et ceite masse d'argent, qui va alimenter l'industrie 6tran-
gbre, circulerait dans l'intirieur du PFays.
Pourqunoi nos dlea~res, lelles qlue le Ca~fP6,1e cacao, le coton,1e
Rhum, le Camp~chs, le Talia, ele. n'entrent-elles point fran-
ches de tous droits en Allealagne, aux Elats-Unis, en Au-
gleterre et en France,oh l'on ne les poss6de pas, en premi6-
res mains ? Pourquoi ces droils exhorbitants que I'on y fait
peser sur el-les ? Du moins y devraient-elles dire assujet-
ties ii des droits modl~rds? Parce qu'en fa~cilitant dans leur
sein Pecntrde de ces dearbes, elles emp~cheraientle d~ve-
loppement des m~mes products dani la plupart de leurs co-
lonies, outre d'autres raisons aussi pla7usibles, peut-etre et
ces colonies, par~alysdes dans leur~s moyens d'expansion, ne
pourraient plus ar~e utiles ni B elles-m~mes, ni a leurs
mdiropoles. Aussi devons-nous accorder a pilus forte raison
la m~me protection au travail national.
Par un systltne d'ateli~ers-6coles, comme celui de tail-
leurs, P'on pourrail enseigner convenablement chez nous
plusieurs professions. Les maliibres premi2dres, comme nous
I'avons dit, seraient d~grevies de droits de doaane, tandis
qlue los droirs seralent augmenids sur les products confec-
lionnis a I'Btranger. Par ce qui vient d'btre exprim6, le
libre-Cchange, selon nous, convient aux peuples d~j8 tr~s-
avaneds, le sysl~ume protecteur aux nations jeunes, dont
I'industrie, le travail est g l'dtat radimentaire.
.Par f'organisation et la protection du tr~avail national
sons toutes ses formes, nos Gouvernements utiliseront des
milliers de bras improductif's, d6velopperont I'agriculture,
l'industrie, le commei-ce, les sciences, les arts.
Une jeunesse inqui~te, avide de connaissances, de gloire
et de jouissances, y trous era uni emploi avantageux et
I'iAre des rdvolutions steriles sera fermie pour Haili. En
effet, elles ne seront alors pluis de mode et front place B
des 6vrolutions pacifigues, pers6verantes et productive,











- 36 -


vers le progrids.- C'est pour voir notre Pays atteindre ce
but que j'ai pris la liberty d'6cr~ire ces reflexions. Pais-.
/sent-elles n'BLre vues et commeatees qu'd travers le prisme-
du pairiotisme.
Dans quinze ans, Ha'iti aura un slacle d'existence
comme nation independante. L'agriculture y esttoujours
a V'Ctat priitnifi. Nous suivons a son 6gardl les rligles de la
routine. 11 semble q~ue nos ptres aient voulu faire de nous
un people agricole et guerrier, g f'exemnple du people ro-
main. Malheureusement leurs descendants ne f'ont pas
compris. Nous ne nous occupons pas- plus de l'agriculture,
malgr6 l'exubdrance de notre sol vierge- et fcodid, -que
nous- n'avons progress dans l'art militair~e. Au contr~air~e,
une foule de products agricoles, .que~ nous p~ouvous avoir
par nos champs, nous viennent de I'61ranger. La d~ch~an-
ce du militarism est telle chlez nous que la soule
conqu~te due d abord i l'habilit6 do notre diplomna-
tie, de l'administration de l'Apoque et g la -renommbe
de nos armes~, la -Dominicanie, nous l'avons perdue,
nous ne disons pas, sans re touir ;car il ya -quelque
chose a faire de ce edib. En effet, il serait pudril
de croire que f'ile d'Haili pent vivre encore long-
temps en deux -R~publiques. Nous ne pouvous de-
venir une puissance, dans la v~ritable acceptioi1 dti mIot,
que quad elle former, comme autrlefois, un seul Gou-
vernement. Encore faudrait-il y joindre l'archiipel des An-
tilles. En attendant, que faisons-nious pour l'absorption de
cette parties du domaine national. Rien. Il en fant com-
mencer d'abord la conqu~le commercial, 6conomique
et nou~s en viendrons, plus tard, Q la conqu~te politique.
1\ias il faut surlout commencer par 6tr~e en paix avec nous-
m~mes et ert finir une fois pour toutes avec les guerres
civiles, afin de mett-re en activil6 chez nous tous les res-
sorts de la civilisation et r~pondre I ses exigences.
Tout est a faire, on A reformer ou encourager dans le
Pays.
Le Commerce ne vit souvent, h quelqne exception pres,
que d'affaires vraiment v~reuses. Pas de riagles, pas d'in-
'telligence, pas de capitaux sCIrieuxu qui y solent ap.pliq~ui~s!!
'in~dustrie, 6 Dien elle n'existe pas, commne oli le voila, on
du moinstelle ~est a l'6tat d'essai, d'embryon I!! L~es arts,











- 87 -


les sciences ?.. Qul s'en occupe pour la gloire de la Pa-
trie, p~our le b~ndfice m~me dune c616brith quelconque ?
P-resque personnel. En Lous cas, celui qui s'en occupe, est-
it encourage ? Non. Tout le monde, B quelque exception
pr~s, s'occupe de la politique. Ce n'est pas, comme aux
Etlas-Unis, oil Lous les citoyens. jusqu'au, dernier paysan,
toot on travaillant, se mellent au courant des affaires' de
leur Pays. Non; it semble qu'on doive vivre exclusive-
mnent de cela, en Halli. Mais, de quelle politiqlue, s'il yous
plail ?- d'une politiq~ue cautelease, homicide, dont toute la
tendance est la destruction finale de notre nationalil6 et la
condamnation de la race noire, dant nous sommes les re-
pr~sentants autoris~s, don't nous formons, pour ainsi dire,
I'avant-gar~de, comme une race inft'rieure, refractaire g touted
idde de civilisation.
Assur~ment notr~e situation n'est pas satisfaisante. De-
pu"is qualre-vingl-six anls d'IndP~pendance, comme people
autonomec, qu'avons-nous fail ? Qu'est devenu cet avenir
brillant, plein d'espoir et de bonheur, de gloire et de no-
bles rdsultats, que nous ont IdguB nas p~re;, apr~s I'oeuvre
grandiose, soleninelle et sainte de notre emancipation na-
tionale ? Avons-nous rompli le but 61ev6, qu'ils s'6taient
propose, quand ils conc~urent et rdaliserent cette oeuvre B
jamais memorable el imnmortelle ? N'ayons pas honte d'a-
vouer, puisque nous n'avons pas craint de rester au-dessous
d'eux et de nous-mdmes, que nous f'avons compromise par
nos faules r~ildr~es, par nos dissensions int~rieures.
Pour quels motifs faisons-nous la guerre civil ? Ne for-
mons-nous pas un people de fedres ? Ne sont-ce pas.des
Ha~iiens, qui le composent ? Ah!i ces motifs sont inavoua-
bles et inavouds; ou du mnorns ce sont I'ambition, la cupi-
dite, l'ignorance, la haine, la mauvaise foi, la vengeance,
la jalousie, I'oisivet6, I'6goisme et tout ce corlbge de maux
que l'onfer vomit, au sein d'hommes qui, comme nous,
n'ont pas la crainte rdelle de Dieu. des connaissances pra-
ti~ques, appnydes sur une saine morale et la foi aux prmn-
cipes immuables, qui 616event les peuples, les sauvent et les
immortalisenl.
Aussi 61evant nos coeurs a la hauteur du -pdril, qul nous
menace,-- sursum corda, ddgageons-nous de nos pas-
sions anti-patriotiques, do n~os int~rOis Pgoh-les, de notre











- 88 -


cupidity, de nos ambitions malsaines, de nos ha7ines, de
nos id~es de vengeance. Souvenons-nous qu'en polilique,
it faidt r~parer les maux el ne jamais les venger, selon l'o-
pinion fort judicieuse de Mr Adolphe Ik hiers. Groupons-.
nous tons ensemble au pied de I'aulel de la Patrie. Adju-
rons-y n as erreurs et fraternisons, en disant d'un commun
accord :" la guerre civil, voild I'ennemie, Elle est, en
effet, I'ennemie sans foi, sanls pitiC, qui nous m~ne A notre
perte, comine malgre nous, qui atrophie les meilleurs sen-
timents, les principles nalifs de notre race, dont les plus vi-
sibles sont l'urbanitd, I'amilie, la frater~nilC. C'est elle qui
annihile les principles de' morale, d'holineur, que nous out
laidsss nos afeux; c'est elle enfin, qui divise le fils d'avec
le p~re3, ife frbr1e d'avec le flrde, le citoyen d'avec le ci-
toyen. Formons done contre elle un faisceau national,
compact, indissoluble, el contre elle aussi ayons un mot,
un signe de ralliement : le delenda Carthago de Ca-
ton.
Oui, it faut, pour nous sauver, que nous L'extirpyions de
notre sein jusqu'a la racine par I'entente, I'harmonie, le
d~sint~ressement patriotique, I'organisiation do travail, la
justice une pour tous, le respect et I'6xdcution des lois et
I'introduction chez nous du proglres, sOU ousloes ses for-
mes et selon ses exigences. Dif~f~remment, nous n'aurons
jamais de stabilild; les gouvernements les mieux intlen-
tionn~s, les plus libdraux, les plus delairbs, les pliis cons-
titutionnels m~mes, passeront pour cruels, despotiques,
bhlards, nuls, avec tous les autres ddfaruls qu'on tour you-
dra donner.
Prenous, une fois pour Lotles, In balse de destruction de
la guerre civile dans l'organisation du travail app~ny6 sur
I'instruction publique et sur la Religion. Comme dit le
vieil adage : venture affam6 n'a pas d'oreille, et I'esprit
inoccup6 pense toujours au disordre, aux bouleversements.
Aussi l'homme oisif, en Ha'iti comlme ailleurs, sera tou-
jours conspirateur, soit contre le gouver~nement, soit con-
tre la societC.
Ii faut done occuper l'esprit du people A tout ce qui
peut'contribuer g le rendre heureux, et organiser le tra-
vail sous toutes ses formes.
Malheureusement par le fait de cerlains 61rangers de











- 89 -


mauvais aloi, qui compromiellent la bonne rdpulation de
lerirs cong6ndres, la guerre civiio est devenue chez nous
on commer'ce, une rd~colle, comiine l'un d'eux l'a dit ddja.
Nous almons l'exotique; m~ais 11 nouls doit aider, de pr6-
ference, a nous saucer el non i. nous engloutir. If y a 18
pour lui une question die haule philanthropie et de solida-
rite social.
A propos de 1 industrie, I'on ne viendra pas nous dire
qu'Haiti est on pays exclusivemnent agricole et commergant
et qu'll n'y a pas de u~cessiltd de f'y crt~er et proteger :
les objets manufatcturds nous parvenant de l'6tranger A bon
prlx; car tous les citoyens nie peuvent Alre h la fois des
agriculleurs et des n~gociant!s, non plus~ des hommes poli-
tiques, des m~idecius, des pharmaciens,, des avocats. C'est
la diversild, dans I'uniform-it6 des car'rikels, des professions,
des bosoins sociaux hr satisfairec, qui rend feconde I'homo-
g6ndite d'an people. II fauf, en effet, celle diversity, en
un mot, I'4chango des professions nationales et de leurs
products, pour 4tablir le h~icn-dire public. Afin d'y parve-
nir, nous r~petons que les pouvoirs de l'Etat dolvent se
metire ras~olument 6 I'osuvre, pour organiser sdrieusement
le travail. Nous y insislons; parce que nous y voyons l'es-
p~rance du salut. D)'ailleur~s, los nouvelles gdadrations n'at-
teiident pas; elles veulent 6tre quand mime satisfailes et
encore bien vile. Si I'on s'altar~de, elles rCgleront la ques-
tion sociale a coup dl'incendleJs et de carabines. Ce sera
alor~s pour no us le com~imencementt de la grande desolation.
Les incendies politiques du Pays donnent une id~e de ce
que nous avangons. Ils pr~sentent cedlainement la~ solution
de la qulestionu sociate, sons un niouvel aspect. Faisons-y
attention. N~e rcmarque--t-n pas que l'une des causes de
nos dissensions periodiques provient de cette' pl~thore de
citoyens, qui so prdsentent sur~la schae de la vie haitienne,
la plupart, fr~ais emoulnis des classes, sans profession, sans
un mayen honnite de gagner Icor existence et de soute-
oir leur~s nomis, leur diglldl, enlfin, San1s prplar'ationl aucune.
Alors le beSoini des emplois publics, f'ortifiant la pratique
inv61tere des troub'es civils et Le sang bouillant des Ha -
tions qui, comme les peoples des races latine et africaine,
no deviennent sages qu'npri~s In fol!ie, sont. conse qu'lls se
jeltent6l~ourdimentt dans les bouleverseealeus poliiiqlues,











- 40 -


souvent en y instigtuant, sans, r~fl~chir aux conshquerices,
qui peuvent en r6sulter pour eux et pour la Patrie;Cette pl6-
thore, Ijonne en talit qu'elle servirait h d~velopper les fo~r-
ces productive et expansives de la nation, dans les con-
ditions ddji inumbries, n'exi fait que le malheur et la ruine.
C'est pourquoi il faut ditruire la guerre civil, turner I'es-
prit des ciloyens de -la politiq~ue sterile, telle qile nous I'a-
vons, vers le travail sous toutes ses dduominations : tra-
vail moral, intellecluel, malbriel. Nous disions, en1881,
que la seule politique qu'll falllt au -peuple haitien, ce de-
wrait Ctre celle du travail: the labor partly. Nous la croyons,
en effet, la seule frudlieuse, la seale possible pour sauver
le Pays. II faut I'inaugurer cottle que cotte; car la velri-
table politique n'a pour ino rdelle que de rendre la vie
cqmmode et les peuples h~eureuxr Autrement il ne vau-
drait pas la peine a une agglomeration d'hommes de se
constituer en Etat autonome,
Crter done des journaux qui lie fassent plus de person-
nalit6, qui s'occupent le moins possible de la politique mi-
litante et attirent, convient le pdeuvple au travail, constitue
une (Ache patriotique, qui ne ditx pas pen sourire aux
hommes- de paix. Emnployer tous les moyens que procure.
la civilisation moderne, pour enrayer la frequence de nos
gulerres intestines, dont I'inopportunit& saute aux yeux
lsmoins clairvoyants,- cest f'onder l'avenir-de la Patrie,
c'est conserver son autonomie, c'est pr'Cparer, en somme,
un verdict de rehabilitation pour Ha'iti au centenair~e pro-
chain de son 6mancipatioq nationale, c'est plus, c'est af-
firmer, par anticipation, cehui de la race noire, dont elle
est le flambeau.
Si Ha~ii dispar~att, les chaines de l'esclavage des hom-
mes de notre race, qui est aboli dans une notable parties
de F~Univers, seront rivbes avec plus de violence sur e'ux
qu'autrefoip, que ce soit sou,s la forme d'un esclavage mo-
ral on matdriel; la champagne route philanthropique, que
mene Monseigneur Lavigerie,(1) pour l'abolition- de la
traite des noirs dans le monde entier, 6chouera ; le fruit
de-tant de'reilles, de sueur, de luttes, de sang et d'izitelli-
gence de nos aleux et de nos contemporains sera perdu
pour I'Humanit6 et pour nous ; le. char de la civilisation
(1) Monseigneur Lavigerie est dic~de depuis.











412 -

et I'8tendard du Christianisme, qui est celui de la liberty,
seront voilts de deuiL.
CHAPITRE Vil.
MOTIFS DE L,'INSTRUCTION DE LA FEMA1E.-- DES eco-
LES SUPERIEURES, OU LYCRES DE DEMOISELLES.-
DES TECOLES PROFESSIONNELLES D)E DEMOISELLIES.
Trous ceux, qui s'occupent de la philosophic de l'his-
toire et Ctudient le r8le de la femme dans l'Humnanitd, sont
d'accord qu'ella- est I'ngent le plus 6vrident de la civilisation.
En effet, gar'dienne du foyer, c'est elle` qu~i 416ve l'en-
fant, lui inculque, de bone heurS, les principles de reli-
gion, de morale, d'hionnieur, de verlu, qui le pi6parent au
grand combat de la vie.- Si elle a regu une bone instruc-
tion, une education solide, soignbe, il va sans dire qu'elle
communique tout cela a I'enfant.
Femme supdrieure, elle veut qlue son fits soit i la hau-
teur des exigences de sa condition dans le ~monde. Com-
pr.enant que ce qul Lue l'homme, c'est I'oisiveld, mibre de
tous les, vices, elle le predispose au Iravail, I'y habitue
de bonne here el en fail A ses yeux disparaitre l'amer-
fume, par l'espoir des jouissances qu'il accord.
Epouse, mi~re, ciloyenne, elle insinue A son enfant tout
ce qu'il y a d'avantagieux B ces trois tires, lui fait aimer
la -patrie, qui, autre. mare pour lui, a droit i toutes ses al-
fections, A son d8vouement le plus sincere, le plus abso-
la. Epouse, elle est la providence. I'ange tutilaire du fo-
yer; elle. conhibuue aul bonhour du mari par ses charmes,
par ses provenances. Souvent, quand les soucis de la vie,
les deceptions du travail pmbnent ilans le coeur de cefui-ci
de ces moments de dicouragement, prdentseurs, dirait-on,
de la- mort, sous I'inspiration d'un amour divine, elle le re-
m~ne a la vie par ses soins, par sa sollicitude, par sonl
empressemnent A souffl~ri avec Ini et a lui faire con~cevoir,
par I'espirance d'une foi sinc~re et agissante, que la joie,
la tilicitC est aprCs la souffrance, la rd-surrlection, aprbs le
calvaire. Elle justifle alors ces paroles de S. Paul : a la fem-
me est la gloire, le bonheur de I'homme, comme I'homme
est la gloire de Dieu. > Mais, pour qu'elle soit A: la hau-
teur de sa mission et la puisse remplir, faut-il qu'elle soil











- ab~ -


instmuile et qu'elle possbde une Education susceptible de
developpe r ses bons sentiments, ses facullbts naturelles.
Malre, ~n'est-ce pars elle cIni, ag~issant euversr son fils com-
ma noius venons de l'indiquer, I'appr~te g bi in accomplice
sa destinbe. Les hommes sont ce que font d'eux leurs
mi~res. Les grands hommes n'eot 616 que des fils bien en-
tour~s des sollicitudes mate nelles. Les Gr~acques se rendi-
rent c618bres par la tendre passion du beau, par le patrio-
tisme que laur sugg6ra lear m~re. c- On m'appelle sou-
vent, leur disait-elle, la fille des Scipions, quad done
m appellera-t-on Corn611e, 'mbre des Gracques ? >> Ces pa-
rol~s el~ les conseils affcplueux de leur mire les 61ectrisB-
rent et ils deviorent des* Romains fameux. Cdsar nie se
nommail'i-lpas avec gloire le fils de Julie, le descendant
des dieux 3 ZMn'ie, le satuv6~ des eaux, ne` devint-il pas un
Joiome illustre par l'affectueuse sollicitude d'une second
m81re, la fille de Pharaon, qui le prit sous sa protection,
alors que la v~ritable mbre, incapable de livrer son en-
fant g la mort, penidant la liersecution du roi, avait 416
obig~e de 1exposer dans un berceau sue les bords du Nil,
en veillant avec un somr jaloux sur le pr~cieux ber-
ceau, jusqu'i ce que I'enfaul y- ftt d~couvort par cette' prin-
cesse, a qui elle s'offr~it g en 6tre la gardienne et la nour-
rice ? Marie, mdre de Jdsus, ne contribua-t-elle pas, hu-
mainement parlant, a cette, gr~andeur immense, h6 cette
gloire immortelle,B celle domination universelle de son fils,
domination, qui scule suffirait, s'll n'6lait vraiment Dieu,
pour prouver sa divinity ; car Jamnats homme 6e poss~da,
mi ne podssdera une pareille domination. << Et l'enfant, dit
t;. Lue, croissait on sagesse, en Age, en science, devant Dieu
et devant les hommes, sous les yeux prdvoyants de sa mi:-
re et de son pbre. I
Citoyenne, n'est-ce pas encore la femme, qui fonde la
grandeur des nations par ce d~sint~resseme~nt, cet amour
patriotique qu'elle sail si bien inoculer ? Par un example
digne d'BLre m~dit8, n'est-ce pas elle qui, dans ses quali-
t~s de fille, d'6pouse, de mnire et citoyenne, termina,pa
une reconciliation retentissante et c616bre, la guerrede
Sabins et des Romains et posa les fondements de la gran-
dear future des deux peuples unifids ? P~ar un autre exem-
Ple aussi digne de meditation, n'est-ce pas encore elle, qui











- 48 T


fl~chit le courrioux vengeur de Cor~iolan contre sonl ingrate
patrie et le porlm 6 se sacrifice pour le salut de Hom~e.
<< M~re, dit-il h Vitarie, je pardonne pour Loi A mna perfide
patr~ie, je renounce a me venger d'elle ; mais je suis perdu.,
Etn effet, Rome fat sauvde el, Coriolan sacrifice par les
Volsques.
Le polio des mceurs, I'aust~rit6 des versus publiques,
le d~veloppement des connaissances, sont aulant de bien-
fails qlue l'Humanild p~ossade, grcice a la femme. Ainsi, le
degr6 de morality et die civilisation d'un people no se re-
marque qu'b celni d'avatncement, P la position de la fem-
me dans la socidid.
Depuis plus de deux mille anls, I'Asie n'a pas march,
parce qlue dans ce continent, la femme est encore esclave
et au-dessous de sa mission.Aa contraire, si les Ealas-Unis
d'Aimbiqiue ont fait tanit de pr~ogr~s en si peu do temps,
c'est parce que, 14, elle est I'8gale de I'homme, a une meil-
leare Cducation el est plus instr~uite minme que lui enfin
elle y est prdparbe 6 bien remplic sa destinde. C'est elle
done qui, dans les conditions ddja 6anumBrges, forme la v4-
ritable civilisation. Aussi, mettant en pratique les g~nd-
reuses exhortations, les saines r~flexions du adegrophile Mli-
ch!olel, devons-nous avoir' les youx lix~s sur elle, pour dC-
veloppjer la civilisationi en Halli et sauver notr~e nationalild,
d'aulant plus qu'elle en est une parties inl~granle. C'est
pourquoi nous devons l'instruire, la familiariser de bonne
heure avec tous les avantages et les exigences du progress
moderne, lui inculquer par une instruction solide, une
hiome education, I'amnour du beau, du bien, du leavail, de
la vertu et I'emp~cher~, par ginsi, do se perver~lir ; car', at
par le d~veloppemenit de ses bonnes qualilds, elle est si
excellent, par contr~e, la femnme ma~uvaise, pervertie, mb-
chante, c'est I'enfer sur la terre.
Toutes les villes halliennes sont pourvues, ii faut le dire,
d'autant d'6coles de jeunes homnmes qlue de celles de de;
moiselles. Ce n'est pas le plus haut p~riode B atteindre.
Nous avons des 6coles rurales pour ceux-la, nous n'en
avous pas pour celles-ci. 11 fautiles en doter. C'est une
urgente necessity, eu 6gard a tout ce qui vient d'Ctre ex-
primb.
SLes programmes d'CLudes des Bcoles primaires et des ly-











c~es leur 6tant applicables, les jeunes filles, qui, a douze
ans, n'auront pas rbnni les conditions~ exigi~es -pour les
6coles primaires, ne seront pas revues anx bcoles sup8-
rieures ou lycdes de demoiselles : mais elles seronI envo-
ydes, aprds examens, pr 'Inspection ou la commission
de surveillance des coeaux 6tablissements profession-
nels. Ces sortes d'Ccoles seront 6tablies dans des edifices
atir8s, selon le modble dbji propose. Elles y apprendront,
pendant les trois ann~es qu'ell~es y devront faire, comme
les jeunes hommes, la couture a I'aiguille et B la mdca-
nique, le tr~icotage, la broderie et toules les autr~es con-
naissances professionnelles enseigades dans lec: gcoles d'arts
destindes as beau sexe. II n'y a pas de doute qu'un ale-
lier de couture, de broderie, Pilabli dans les conditions
de celui de tailleurs, ne rapporte les m~tmes bbndfices que
celui ci. En effet, que do milliers do douzaines de che-
mises tant pour- hommes que pour femmes, que de robes
de toilettes, que de har~des n~e regoil-on pas de I'6tranger
en HaIti ? Cependant, que de mir~es de famille, de coutu-
ribres, de brodeus~es, de modistes no trouverait-on as d
employer dans un diablissement professionnel, pour les y
faire vrivre, instruire nos filles, nos soeurs et leur commut-
niquer cet amour du travail, du beau, de l'ulile, qui aide
puissammnent la viertu el permet de conserver le respect de
so!-meme ? En autorisant le con~seil d'administratioi, dont
le projet a 616 examine, At exercer le mgme contr~ie sur
un tel alelier, sauf les trois derniers mnembres de ce con-
seil, qul seront choisis pai'mi des femmes sp~cialistes, cel
etablissement pourra confectionner pour le public. Assu-
rement, -par un tarif appropri6 au course des choses, par
un travail fini, it ne manquera pas de se L'altirer.
ILes b~ufices fails par I'Elat lui per~meltrorti d'abord de r6-
cupbrer ses fra-is, ensuite d'Clablic de nouvelles Bcoles pro-
fessionnelles et d'assurer par ainsi la stabilit@ social, le
bonheur de la Patrie, par le pain de l'instruction et celui
du travail accords a une intdressante liortion de la na.ion.
N'~oublions pas qu'6tant donn8 qlue nous sommes redeva-
bles a la femme d'une bonne partL de nos airantages, elle
peut s'en prendre g nous, avec raison, de ses malheurs.
Empichons qu'elle ne nous en accuse; assurons son avenir.
Donnons-lui la main pour qu'elle ne tombe pas. D'ail











45 -

leurs, n'est-ce pas pour nous que nous la formons? Si elle
est instruite,. vertnreuse, B la hauteur de sa mission, elle
fait notre joie, c~ontrib~ue A note honheur; si elle se perd,
c'est ir nolre honle ; c'est aussi pour notre malheur.
J'entrevois des bienfails immense dans les diff~rents 6ta-
blissements, ch jeunes hommes el jeunes filles apprendront
s8par~tment g se prdparer moralemtent et physiquement au
grand combat de la1 vie.
Que l'on se figure a Port-au-Prince, aux Cayes, au Cap,
is acmel, aux Gonaives, A Jdr~mie, au Port-do-Paix et en
d'autres centres impor~tants, anl far et a measure des besoins
et~ ~ VI1 C~,tdes avanage du PI Gouvernemet, de malgnifiglues edifices
s'dlevant, selon les progribs de I'architeclare moderne,
comme par enchaulement, sur les terrains de l'Elal, dans
des quarters jadis abandounns et recevant dans leur sein
une pipinidre de jeunes personnel, la gloire de la Patrie et
le Gouvernement Ini-m~ime, comme un phre prdvoyant, di-
rigeant tout avec ou tact, une intelligence, une prudence, une
Pconomie, un soin jaloux, dignes de son rang, de ses pr6-
occupations, de sa misssion toute de civilisation et de paix ;
que l'on se figur~e 'ncor~e celle p~pinitre die jeunes gens,
fr~ais 6mioulus aes Pcoles, entrant sur la sc~ne du mionde
avec Loutes ~les dispositions, toutes les armes necessaires
pour comballre le bon combat, ne sera-ce pas pour l'ob-
servateur patriots la consolante esp~rance du salut pro-
chain de la Patrie ? Hali vivra, si les Halliens veulent vi-
vre ; car; vouloir, c'est pouvoir. J'ajouterni volontiers ~que
vouloir o'est avoir dbjA l foi de la rbussite, et pouvoir la
foi agissanle.
En effect, e~'est la foi, qui fond (our, qui r~gle tout, qui
dirige toul dans l'homnme, et qui, aprbs avoir Ini sur son
hercean co~mme une Btoile lumineuse, rayonne sur sa tomnbe
commec an phare d'immortalit6.
C'est la foi, qui rend possible tout ce qui parait impos-
sible par la Nature.
II faut done qlue -les Haitions cherchent le salut oh it se
trouve et non pas silleurs. Colle voie de salut n'est nulle
aUtre part, commne je l'ai dil, que dans I'instruction pu-
'bliq~ue, 10 Iravail el la religion.
Les jeunes filles, qui, a doneo ans, auront possid6 Tes
aptitudles ndeessaires, pour soliivre les course de's 6coles ~sup6-











- 486 -


rieures ou lycees de demoiselles, y seroup admises anx
mdmas conditions dua programme der- lyc~es.
Ces Clablissements superiours pourront Otre confines itidif-
fdSremment i des la'iques on Q des supelrieures r~eligiouses.
Des examens semestriets y fixeront les progress r~alis~s par
cha~cune des 618ves. Celles, qui so~ destinent aux letlres, re-
cevront, chacune, an dipl6me cor~respondant a celui .de ba-
chelier bs-lettres, apres l'achidvernenot des 6tudes g ce rela-
Lives. Celles destindes aux -sciences s'y adonneront el rece-
vront Bgalement un diplgme correspondant B celai de ba-
chelier~is-sciences, apres avoir oblenu leurs diplbmes dans
les letires, onl aprbs y @tre pailvenues a un ddged de con-
naissatices abcessaires. Ayant ainsi obelend leur~s diplblmes,
elles qulitterontt ces blablissements, on pourront y btre em-
ploydes. Celles, qui les quilteront, passeront trois anls dgns
une 6co!o professionnelle supirienire.
Des ecoles profe~ssi~onn~elles supdrieures, par example, de
dlessia, de musique, enseigneront a ces jeunes personnel
les connaissances utiles pour assurer leur avenir.
Celles, qui se croiront apes g suivre les course des Ccoles
de m~decine, de pharmacie, de droit, y secont admises s~ur
leur dlelilande.
Le pays 6tant d~pourvu de sages-femmes, qui sait si nous
ne tirooverons pas des jeunes personnel, qui venillent
apprendre les' connaissariees n~cessaires pour le devenir. (1)
Par un syst&me de travaux coufectioulnes pour les, gens,
qui se seront adr~ess~s aux ecolos pr~ofessionnelles de demoi-
selles, d'expositions des products industriels, auxquelles
l'on sera admis, par cartes pay~es, le rout bien prepare,
contr816 par le conseil d'administr~ation-, I'Etat arrivera Ai
couvric ses depenses pour la foundation de pareils diablisse-
ments.
En general, tous les objets fabriqubs dans les 6coles pro-
fessionn~elles, aux fr~ais de l'Etat, p~ourraient aLre vendus
mensuellement g L'encan, d~falcationl faite de ceuxs douit il
aurait besoin, en presence du conseil d'administr-ation, as-
siste du ministere public, proctks-verbal d~imentt dress. Le
montant en serail vers6 au trdsor public. 11- -n'en serait ja-
mais vendu pour moins d'une douzaine.

(1) Nos prBvisions se sont accomplies par la foundation de
la Policlmnique Pban et de la maternity de Port-au-Priuse.













- 47 -


CHAPITRE V Ill.

DES ECOLES RURALES.-- DES FERM\ES--MODE:LES.-D
L'ACRICULTURE.-- DE L'INDUSTRIE AGRICOLE.---
CENTRE DES SECTIONS RURALES, BASE DES
CANTON~.--- BIEN~FAITS IMMENSES.---
DEVOIRS DU COUVERNEMLENT.

Avec le sureroll de besogne qui';turonti les inspedleurs
des circonscriptions scolair~es, d'apris Le plan de cette bro-
chiure, il faudr'a ncessairement doubler le nombre des
sous-inspecieurs pour les circonscriptions les plus 6tendues.
Par ce moyen le Gouvernem~ent, avoc un contedle actif, in-
cessant, lIourra, en fa~isant progresser les Pcoles des villes
at des hours, obleuir quie les rurales marchent de l'a-
vant.
D'apri~s lin loi, toutes les cingccent deux sections rurales
de la R~publique sont doldes d'dcoles do gargous
Vraiment il n'y en a enlvir~o, que quatre cents, qui fouc-
tionnent et, parmi celles-ci, a peine si l'on decouvre une
cinquantaine, qui progressed. (1) Cet 6tat de choses ne sau -
rail duror. C'est qu'illne pale pas rbegulibremlent; mais, en definitive, les
povoi rs publics doivent s'appliquer h rem~dier anix abus
d'o qu'ils viennent.
Ces 6coles poulrredent bien dice places au centre des sec-
lions rarales. Nous dlironis plus : par une measure 16gislati-
ve, nios gouvernants doivent jeter les bases de L'6(ablisse-
ment des cantons, de m1aniidre qu'au centre de chaque sec-
tion rural, si I'endroit s'y pr~te, puissent se tr~ouver une
place d'armes avec l'autel die la patrie, le bureau du chef
de la section, I'8cole d~e gargons avec une fe~rme-modi61e,
uue cole de demoiselles, uue chapelle avec un presbyii~re,
on atelier d'industrie agricole pour les gargons, un autre
pour' les jounes flies, une prison, une justice de paix rurale,
un conseil de nolables pr~sidd par le chef de la section qui,

(1] Depuis c~les ont consider1ablement~ diminu C. C'est une
fadte.









- 48 -


oittre ses attributions ddfinies par le code rural, repr~sen-
terait le magistrat communal, dont il exercerait les functions
dans certains- cas ddlerminbs, d'apr~s un systime, qui se-
rait approprid aux besoins des sections rurales. Le conseil
des notables, dont le nom y existe d~Bj, aurait les attribu-
tions des conseils com~munaux, mais d'ane maniibre res-
reinte el .remplacerait lets conseils d'agriculture.
La competence des justices de paix rurales serait- na-r
turellement moins 6ter~due que .celle des tribunaux de.
paix ties Cchfs-lieux de-Commune. Ces tribunaux rurauxl
front dI'objet d'au opuscule o ilnous examinerons les ser-
vices rdels, qu'ils pourront rendre aux justiciables ruraux
et Q la republique, d'autant plus quie le gouvernement de
l'ex-pr~sident J. P. Boyer et le code rural en vcigueur
en ont p~osB las jalous.
Revenant anx Bcoles curales, nous, disons qu'll est bon
de les confier indistinclement B des hommes sp~ciaux et
A ds rrs e 'intuto chritienne, qui secont obliges
de se natu~raliser haltiens.(1) Ces instituleurs d'an nouveau
genre devront poss~der les connaissances pratiques, ap-
plicables a l'agriculture et g l'industrie agricole.
Chaque cole rurale renfermera, mutant qu'il sera pos-.
sible, une ferme-modidle ot seront etiseign~s, par ces ins-
tituteurs, outre I'instruction publique, conform~ment au
programme des 6coles primaires urbaines, I'agriculture
pratique, une industries agricole, afin d'en finic chez nous
avec la routine. Des instruments arato'res seront mis a
la disposition de chaque ferme-moddle. Les locaux des
6coles rurales seront bitis aux frais des habitants, sous le
contrdle des chefs de- section rurale et sons la haute sur-
veillance des commandants d'arrondissements et des' ad-
ministrateurs d-e finances. Certains objets indispensa-
bles pour ces 6coles et pour les fermes-nrodbles pour-
raient ndeessiler des sortlies de fonds do trdsor pdublic,
il-y serait pourvu par des allocations -suffisantes au budget
de la Ripublique. ( 2 )
II vil saus dire que, comme corollaire de tout ce que

(1) Ce serait peut-4tre de notre part trop exiger.
( 2 ) C'est la moindre des choses que nos pouvoirs publics
ktendent leur sollicitude vers les hommes ruraux car ils
sont les grands pourvoyears de la R~pu-blique.










-- 49 -


nous preconisons, les routes publiques devront Ctre rdpa-
rbes, de-nouveaux chemins. crls de voie-s ferries Bta-
blies. Qu'importerait-il, en eff~et, d'avoir beaucoup de pro-
duits, si~lon ne pouvait avoir la faculty de les transporter,
sans.trop de frais, et en peu de temps, sur les marches
publics ?
Un progrumme d'6tudes agricoles permeltra aux 616ves,
_qui devront s'y appliquer, pendant un temps d~termind1,
.de s'adonner, de bonne heure, aux connais~sances rdelles
d~e I'agriculture. Au lieu de -se livr~er aux hasards de la
routine, ils sauront qu'en effel, I'agriedur~le est un art
merveilleux, (Jul a ses r~gles, qu'ou ne penut impunement
violer. La terre tierge el f~conde d'Hai'Li, loja de rapporter
les minimes products gque I'on constate, les centuplera.
A part la culture do caf6, du cacao, de la canne A six-
cre, do tabac, du mals, du millet, de l'acajou, du cam-
p~ehe, du galac. du pile, du r~oucou, d-es fruits et d'au-
tres aliments, qui devra dire encourage dans les fermes-
6coles, de nouvelles cultures comnme celle du bl6, de la
vigne, de la ramie, seront introduites' sur notre sol, au
moven-de ces Btablissements. Par example, dans les plai-
nes d u Sud, danus les arr~ondisse ments des C6teaux e t de
Jaemel, la culture de la vigne peut dire facilement d~ve-
loppde, encourage, d'autan~t plus qlue la terre, dansces en-
droits, -s'y prdle avantageusement. Dans les -environs du
morne La culturede celte gr~aminde, introduite chez nous, profi-
lerait bien g la natioti. D'ailleurs, le mals, le miillet, que
nous avons ddji dans la pays, nie sont-ils pas de la meme
famille de plantss? Al'lle-8-Vaches, I'essal de milture de la
ramiee a assez blen rbussi. Toutes ces chitures, outre l'avan-
tage de nous permeltre d'user de leurs products comme
prd-venant de riotre sol, pourront, si elles se foot sur une
large echelei fournir de honnes mnalibtres d'exportation. Il
.n'est. pas 9 douter qu'aide de la boone volont8 des mattres
et diployant, a-I'occasion, un cont~rble astif sur les 6ta-
blissements submentionnis, I'Etal n'arrive Q en obtenir une
satisfaction rdelfe, par le d~veloppernent de l'agriculture,
par I'accuell, dout elle sera I'objet et les avantages 6vidents.
qu'e le commerce et I'industrie en etirerront. Les milliers
de piastr~es, qui sortent du pays pour I'achat du vid et- de
la! farine, y i'esteront,












NCous ne parlons pas, it dessein, des receltes que le fr~sor
pent effechuer, par les droils qu'il percevrait 4ur ces matiB-
re~s B exportation ; car. nousne sommes pas d'avis que
l'E~tat impose ses pro~pres produits.
Nous avons d~ji manifesid notre opinion, A ce sujet, dans
noire brochure s'ur I'exposition national.
Dans les ateliers 6iablis au centre des sections furales on
enseigneraii, g part la fabrication pratique du sirop et
des alcools, celle du sucre, de la mcalasse, des confilures,
des huiles oldagineuses, de Iri man~thgue, du beurrce, des
conserves alimentaires, etc, etc, celle des briques, de la
chaux et de ious aures products de l'industrie agricole. Des
poteries, des-scieries g vapeur fondues rendralent d'utiles
services, -contribueraient h cha~sser la misi~re el nous exemp,-
teraient d'etre obliges de faire venir -de l'6tranger de la
vaisselle, des planches, des alssantes, des bois de cons-
tructions. Nos forts sont encore vielges et plus peupl~es
de bois que notre ile n'a d'habitants. On pourrait ainsi les
utiliser avantageusement.
Tous les -produits fabriqu~ds dansles fermes-6coles et dans
les aleliers, aux fr'ais dn Gouvernement, seraient -men-
suellement vendus A l'encan, apri~s avoir 616 ~transporlds
dans un port ouvert.
II va sans dire que nous ne saurious recommandler l'en-
seiguement, dans les mimes ferness et danis leJ m~imes
aleliers de toutes les conunissances agricoles et industrielles
que nous avons Baum~ties. Elle~s y soront diversifies
Ces 6tablissements, cre6s d~ins dies conditions 6conomiques
pour le tr6sor, ne seront point castteux h I'Etat. Au cont ra ire',
ils deviendront les v~ritables leviers de la fortune publique
et du relevement de I'agriculture elde l'industrie naliduales.
Nous convenous qui'on ne pout'ra le fairer qu'au far el i
Smesure. Quelques-unes dles cos fermnes seraient places en
des endroits proptes auxl halls. On y enseigneralt d palrt
ce qui est piescrit dans les Ccoles primaires, I Alevage des
Sbestiaux. La laine' des moditons, qul se pue d on HaiLli, y
pourrait utilement servir g la fabrication d drap. etc. Les
peaux, les duirs, pourraient 6tre landes selonn los pr'oci~ddr
moder~nes elservir~aient h I'industri-e. L'imnporat~i io dul
beurre: dans noire pays u'a pas sa ranisoni d'edire, en prd--
seuce de rios riches paturages et de nos bonnes vaches
'~laitieres, alord q~ue le plus sonvent it n'est pas vditiable, 11











- 51 -


en est de m~me de la mantegue C1rangbre, Toutes ces
choses pourraient 6tre fabricludes dans les ateliers agri-
~c6les,
On par~le de s'int~resser au sort des campagnards, c'est
par toutes les measures que nous pr~conisons, que I'ou
contribuera it I'amtilior~er. 11 faut done que, pour les effec-
tuer, les pouvoirs publics se mellent a l'oeuvre, sans perle
de temps, qu'ils reported le.plusde bras'vers l'agriculture,
qui, dans la terre fertile d'Hai,, produit sans effort. En
effet, quelle terre offr~e plus d~'avantages au planteur ? It
n'a pas m~me besoin de labourer, de planter. II n'a qu'a
jeter en terre la semence.
Puis, sans arrosage, sans fumnier, sans soin, pourva
qu'une b~te no la d~truise, elle 16~ve, cr it, produit et fait
jouir avantagiensement de ses fruits. Franchement la fer-
tilit6 du sol d'Haitii est indlescrliptible. O qu'lls seraient
heareux, les habitants du pays, s'ils savaient tic'er pardi
des richesses de leur sol fd~cond. C'est le cas de nous
Ccrier comme Virgile : << 0 fortunatos nimiulm, sua si bona
.ndrint agricolas b
!YIligrC lant d'avantages, I'agricultuire est ddlaiss~e. La
cause en est dans le penl de cas qlue I'on en fait, dans le
manque de s~curild, diont souf~frent les campagnes, fruit
imm~ial es gerre civlesdansle vl, uan'est pasd

bonnes voies de communication. Au moindre grain de
pluie, les routes publiques sont defoncees, les rivibres se
r~pandent parlout. Quelle utilitt4 y a-t-il alors pour un
cap~italiste d'engager ses capilaux dans une exploitation ru-
rale, quand, qtunze~lours a uni mois aprbs les pluies, it
n'est pas she d'exp~dier ses p~roduits en ville. Mieux vaut,
se dit-il souvent,. les employer dans le commerce, dans
une distiller~ie, les d~poser dans dles banqlues 6trang~lres,
ou ailleurs.
La paix es;t n~cessaire tout d'abord pour redonner la
securl6e is lingriculture, qui, pour lors, sera mieux ap-
pr~cide. C'est ti son ombre que les pouvoirs publics pour-
ront faire la chasse a~ux voleurs et les distinguer des hon-
n~tes travailleurs. Avec elle, la question des travaux pu-
blics sera adrieusement mise i l'4tude. A part les routes
d~jit existantes et qui seront perrfectionndes, des voies
ferries comme nous l'avo;us di!, s rcnt cblabl~ies,. par le












canal desquelles les produits ag~ic~oles~ seront achemninbs-
aux marches publics. -( 1 )
Ainsi, it ne faut plus de retarcd dans I'oeuvre de rtiformel
que iros gouvernemeint sont tenus d'entrepr~endre potte
r~g6ndrer le Pays. Mais cettte r~forme doit com-mencer
dans l'organisation duL travail Ce o'est~ pas seulement dan~s
les administrations publiques qu~e cette oeuvre de rdFor--
me soit le plus urgente.
En effet, ce ne sent que- les faules, I'incapacit6 notoires
du fouctioanaire ou une raisin vraimenlt majeure qui- le
devraient faire rdvoquer.
La veritable r~forme pout; ious dail s'effeeluer, comme
nous I'avous exprime, dans le Iraivail, dans sort organisa-
tion. C'est en reportant les esprits verse le travail, sous
toutes ses formes, qu'on habituera l'Hailien g la vie d'in-
dependance, au-dessus du besoin, qui permet a I'homme
.serieux, d~sintbress6, de se former une opinion, de suivre
un principle, de le sontenir, au pdril de son existence,. de
la donner meme poort le faire triompher, toute chose
qui, s'iElendant ii In collectivit&, assure la libjerl6 d'un peu-
ple et le preserve d'6tre le jouet des agioteurs, des sp6-
culateurs politiques, des tyrans de bas blage.
Pourquoi le mnanque do fixilb drans le principles, dans
les opinions, que remargue le spectateml attentif dans
l'la'itien ? Pour~quoi ce jeu ,de bascule malad~oit. ? Parce
que le citoyet ne croit pas igue pauvr~e, c'est par an tra-.
vail hounn8e, incessant, qlu'd poss~dera I'a~isance, Le bien-
Qtre, la consideratio ; que riche, c'est encore par le tra-
Svail qu'il conservera sa fortune el son honoeur, parce
qu'il rougit, en qualque sorte, de sal pauvrfet, quailid il
Sl'est, ce qui le porte A se ravaler ;parlce qu'enfiun laliber'l6
o'est pas assise, en tla'ili, sur les bases solides do travail
moral, intellectuel,malbriel,suir le r~egpect des lois et ce je
ne sais quoi,dont les peoples vraiment libres se nourrissent:.
DBveloppans done le travail. Croons par lui la seile
politique, qul sont e'apable de rendre 10 Pays heureux.
A cet 6gard, voici ce que Bossuet, dans son discours
sur I'histoire universelle, dit du peuple romain,- que- j'of-

(1) La question- des voies ferries est en pleine solution.
11 n'en existait pas quand a paru Prb Patrih; de mime que
celles des 6coles professionnelles et des ferm~es-4coles.










- 53 -


fre voloutiers comme mod61e au people ha'ilien : a Le fond
a dl'un Romain, pour ainsi parler, 6tnit I'amnour de sa li-
< -bertC et de sa patr~ie, Une de ces choses lot falsait aimer
a f'antre ; car, parce qu'il aimail sa liberal, it aimail aus-
a dessentinments 6gatlement genereux et libres. Sous ce
a nom de liberL6 les Romains se figuraioni, avec les Grees,
<< un Etat oil personnel nie ftt sujet qune die la loi et oix la
a loi fut plus poissanle que les homes.
a La liberl8 leur @Iait done un tr~sor qu'ils prdfdraient
<< A loutesles r~ichesses de I'Univers. Aiussi avez-vous vo
<< dans lear pr~ogr~s, La pauvret6 n'8lait pas on mal polir
a de garder leur libert6 plus enlib~re, n'y ayant lien de plus
a libre, ni de plus ind~pendant qu'an homme qui sait vi-
<< yre de. pen et qui, sans rien attendre de la protection,
<< ou de la libbr~alitb d'autrol, ne fonde sa subsistence qlue
a sur son indusirie et sur son travail.
a- C'est ce que faisaient les Romains. Nourric du b~tail,
A labourer la terre, se dbrober h eux-mimes tout ce qu'ils
<[pouvaient, vivre d'6pargnes et de travail :voila quelle
a 6tait-leur vie ; c'est de quoi its soulenaient leur famille,
a qu'ils ac~coutumaient B de semiblables travaux.
a ple .oh' la frugalil6,ots l'6pargne, ott la pauvret6, aient did
<< plus longlemps en honnour.Les S~uateurs les plus illus-
a Lres,h n'en regarder que l'exterieuir, diffbraient peul des
a paysaus et n avalent d'P4clat, ni de majesty qu'en public
a, labourage el des autres soins de la vie rustique, quand
a on les allait qubric pour commander les armies. Ces
cc et Fabricitis, ces grands capitaines qjui vainquirent Pyr-
<< rhus, un roi si riche, n'avalent que de la vaiselle de terre;.
<< et le premier, A qui les Samnites en offraient d'or et
a d'argent, rdpondit que son plaisic n'Ctail point d'en avoir,
a ph6 et avoir enrichi la r6publique des d~pouilles de
<< ses ennemis, ils n'avalent pas de qluai se faire enterrer.
a Celte mod~tation durait encore pendant les guerres pum~-
a qlues. Dans la premiere, on voit R~gulixs, general des ar-














- 54 -


a md~es c~omaines, demander son cong6 nu Sinal, pour aller
a cultivar sa mditiirie abandonadiie pen~dant son absence~.
e Ap'r~s lil ruiner de Calrthage, on volt enlco'e die g~andls
a exemples de la pi-em~iire simplicity. Emilius P-aulus, qui
a nugmeuaa le tresor public par le tr~isor dles r~ois de Ma-
a cetdoine, vivail solon les r~gles de I'ancienne frugali!6
a et mournt pauvre. Mummius, en ruinant Corinthe, ne pro-
a fita qlue pour le public des richesses de cette ville opulen-
<< (o et voluptueuse. Ainsi les richesses 6talent miprisbes ;
a la mod~rationn et I'innocence des gendraux romnitis fa~i-
(r saient I'admiration des peuples vaiticus.
a dependant, dans ce grand amnour de la pauvret6, les
SRoma~ins n'6pargnaient rien pour la grandeur et pour la
Sbeaut6 de leur ville. D~s lears commencements, les ou-
Svrages-publics farent tels, que Rome n'en r~ougit pas die-
Spois m2eme qu'elle se vit mailresse du mondo >>
Un exemple de l'amour des Romains post- leur patrie et
leur dignitb personnelle~est dans ce irait de Scipion : An-
tiochus, dans la guerre qu'itsoutint contre 110me, voulat
le s~duire et lui offr~it de lui rendre on otage pr6cioux, con
propre fils. Sciplon de lui rdpliquier < de richiesses pour acheter mna conscience ct la nature- a'a rien
au-dessus de l'amour de la Patrie. >>
Malheurousement RSome, devenue la~ mailiresse du m~onde,
perdit, it son tour, sa liberlti et la domnination univer~sellu
lorsque, chez elle, la liberld~ ddgdadra en licence, que les
vertus publiques ne furent plus honiordes, qlue le travail
devint le parin~ge des eselaves et non ceoli des citoyens,
qlue la corruption arriva t\ un tel d~egrB que tout s'achecta,
qur'il n'y eut plus de foi publique, qune ciaeun sacrifia is
l'inlcret personnel, aux richiesses d'oih qu'elles viarent et qlue
ne parent plus regard~es alvec honoeur la dlCgradation et la1
vente des consciences. Alors elle trouva'un Jugurtha pour
dire d'elle : < Ville vijnale, tu te vendrais, si Lu trouvais on
achieteur, a et plus tardy~ au Julien pour mneltre a l'encan le
pouvoir d'y rd8gner











- 55 -


CHAPITRE IX

DE LA RIELIGION. DE SES ~BIENFAITS. ESPERANCE
DU SALUT D'llAIT[, SPES UNICA.

La constitution~ d'Halti di~clar~e tous los culles i4gulemen
libres. VoilB une garantie ,donnie, ce nous semnble, a tous
les cultes el qui accor~de, entre autres, it not~re tacle fonda-
mental le litre dec constitution lib~rale.
Eh bien, celle liberL, celle tolerance dies calls est-elle
annis nios coutumes, cJans nos hlabitudes ? Oui. Cel ar-
Licle est done conforme h nos mteurs. On ne pout ~en dire
aulant de beaucoup die nos' articles de lois.
Le cult protestant y tr~ouve une pleine satisfactioni. El le
culle cathotique remain ? Lul aussi assur~iment. Poisqu'il
est celui de la majority des H~aitienis, il est sp~cialement
prot~g6, dit le concordat entre Rome el flaili.
En effet, en vertu de ce concordat, I'Elal hallien a une re-
ligion,qui est le culte cathlolique promain. Ses minist r~es, en
vertu du miimenconcordat, sont de; fonetionnaires publics
imnargeant, comme les haioncs, au budget de la Re~publi-
que.
D~epuis I'6tablissemenit du concordal, is culle romainl on
Hiaili s'est 6purd. Des pritras, p~oss~dant un enractbre 61evi:
et pregnant vraiment1 lour I'ile aux seideux,u Ine mnquent
pas" do! nous aidier tlans l'ealvre de civilisation que' nous
avons entreprise pour la rehabilitation de notre ra;ce.
Le devoir do na.s gonlvementls, dans I'oceciirecnce, est d'en-
courager le plus qu'll est possible los efforts humalnitaires
ramministre s de lai Religion. Ils dtolvent prdchier d'exemple,
par leur sounmission it sa sable doctrine, par lours eiffortLs
po~ur ei tn lre drli mission efficace. On1 ne do(it pais so con-
tenter de dire qune le fune-lionuemen~t rd~glier de la\ R~li-
gion 6tant assure~ anu people hlaitionl, pourvu que I'on pour-
voie it ses besoins mathriels, la (ache Iles pouvoirs publics
est accomplie. On doil pouvoir comb~attre, par le bon
exemp~le, I'indiffi~ronce, quli s'empar~e doe nos concitoyens, sur -
totit die reux qlui somblent, lcs pluis instrnils el contlribuer g
eni fair~e compyendrl e it lout 10 mionrde 1 but sorlutaire et i616ve.
L,'owi no dolt point faire do noire'L people une nation super~s-
tlitense, fanatique,. utte nation de bigots ,mais it est appeal










--56 -

A savoir que la Religion est pour toute pgglombration d'hom-
mes un didment, on principle indispensable de- civilisation.
Elle est I'aliment essentiel et 16cond, qlui vivifie, renouvelle
le corps social, en y donnant de la dur~e, de la consistance et
de I'ampleur. C'est elle'quii vient poissumment en aide aux
peoples, pour leur peraleirelp d'accomplic leur destinide.
Tonies les nations chez qui la Religion ~est honored, ses
ministres v~nelris, sont spires de parveliir A l'apogde de
la gr~andleur. L'histoire- n~os en o~ffre bien des examples.
Tous leP hommes auxquels -elle a accor~d6 de lai co-nside-
ration, qu'elle a pu gratifier du Litre de gi-ands, de g~nie,
ont Cid positivement des CIres obser~valeurs des principles
de la Religion, de la morale. L'on sail blen I'influence des
grands hommes sur lIesprit et la dlestioee des peuples. N'al-
lons pas g I'antiquilb palenne pour' lui demander ce qui
a per~mis a Numa Pompillus, a Scipion, zi Cic~ron, A C~sar,
g Auguste, A Antonin, A Th~mistocle, g Epaminondas,
SAlexandre-le-Grand, Sociate,~ Platon, Pbriclbs, Confucius
el route cette pl~iade de g~tlies et dt! hdros en tous genlres
de s'illustrer. Consid~rons de pr~ef~rence le Chr~istianis-
me, la veritable Keligion qui a 61-vB I home Q la hau-
teur de sa destine e~t qui, en' l'invitant A reporter ses re-
gards, ses aspirations vers le clel, lui faitcomprendre le
but pour lequel Dieu l'a cr66, celle Religion salulaire et.
divine qui,, introduisant dans le monde renouvel8 la cha-
rit& que ne connaissaient pas les Anciens, a rendu I'etre
human Q sa propre dignild, g I'exce~llence de sa nature, en
Ini faisant goitter les bienfaits de la liberal, de I'Cgalit6 et
de la fraternit6. C'est bien elle, qui a dil: esprit el en v~rtith, aimez-le par-dessus toutes choses et vo-
tr~e prochain comme vous-meme.
C'est ercor~e elle qui y~a ajont4 per I'inter~midiairee de Saint
Jean:ae Si vous n'aimez pas votre fri~ra que vous voyez, com-
ment pouvez-vous aimer Dieu que vous ne voyez pas ? ? ? o
Qui a fait de Constantirp un grand em~pereur ? Les cent vozix
de la renomm~e rdpondent que cest elle. Qui a pu former
on Charlemagne, un Louis IX, un Charles-Quint,un Louis
XIV,un Pascal,un Newton, an Napoldon le Grand, ces hom-
mes illustres et ces Sainlg donf l'humanit6 s'honore a- l'en-
vi? Les fairs padlent d'eux ~mdmes et r~ponden~t a l'unisson
Sque c'est hien elle encoi'e. Ro~usseau le granld enicyclopedisti-
n'a-t-il pas narr& son-efficacile el sa grazideur ? Et Voltaire











- 57 -


lui-mime, cet esprit caustique e: railleur, ne lui ad-il pas
rendu l'homma~ge le p!urs delatant, en faisant ressortir dte quel
poids etle p se dans la balance des destindes hunaie. Le
grand,1'immortel Toussaint Louvertlure n'a-t-il pas connu les
bienfaits de la Religion ? Ce sont les saints deritures el le
livre de l'abbe Raynal, qui forent son vade mecum, pen-
dant son passage 6clatant sur le Ithidtre de Si Domingue,
comme il P'a dit lui-m~me.
Napoldon a reconnu excellence et la n~cessild de la
Religion, quand, arrive au pouvoir, it a r~concilid la
France avec le Saint-Siege.
C'est qu'elle est, en effet, un poisiant levier pour la ci-
valisationi.
MailgrB la grande corruption qui rdsidle mainlentint aux
Etats-Unis, ne sout-ce pas les descendants des purritains,
des Quakers qui, s'abritant a l'omrbre de la Religion, out
su se creer une patrie prospbr~e, qui fait I'admiration des
autres peuples et f'orgueirl du Nouvean-Monde ?
Norre plume est insuffisanto, en v~tild, pour retracer les
bienfails de la Religion. Pour cet objet, it f~audrait un
Bossuet, un Fdnelon, un Chateaubriand. Cependant, ma!-
g cette insuffisance, nous ne pouvons nouns empichler
delui rendre hommage et d'expr~imer ce fail notoie qlue
de la Religion sainement et sagement praliqude decoulent
les principles de vertu, d'honneur, de morality, qui forl
ment les garanlies de stabililtl de toute agglonindratio n
d'hommes. Poutprrsi done en Halli ne prendra~it-elle pa;s
de extension ? Le champ est assur~ment vase el ft~cend
et, la moisson abondanle. Matheureusement il y manque
des moisso~nneur~s. Comme le dit le Livre sacrd, prions le
14stlre de la mission d'y covroyer des ouvrier~s.
En-KceRJ.t's ce qui nous th~anque. Nos paroisses ne
sont pas pourvues de mi~ssionnaires; nos sections rurales,
nos quarliers, qmi auraient dt1 en avoir, en sont priv~s.
Noire s~minaire au Poni-Chiileau ne nouns en fournit pas
un nombre suffisant.\l) Meicfons donei a ex~culion la partie
du Concordat qui indiqu~e l'dla~blissement a Pelion-Ville
d'un sdminaire pour le r~ecrulement de nos pr~tres.
Qui sait si de jeunes compatriotes, pris indistinclement,
ya pee d tellusks!~ iterdas nos villes on dans nos campa-
(I) Maintenant c'est celui de St Jacques.










- 58 -


gnes, el touches par la patriotique Cmulation de q'uelques
pr~tres haltiens, ne-se sentiraient pas une vocation pour
le 8ivin sacerdoce.? Voyez d~j8 le grand bienfait, qui en
rbsultei'ait. Ils aideraient les boas missionnaires i r~pan-
dre parmi nous les lumibres~et les consolations de la Reli-
gion. Connaissant aulant qu'eux, pour ne pas dire mieux,
les misbres halliennes, Ipar exemple, I'existence du -vau-
doux, its emploieraiebt ct: qu'ils out de la foi et du patrio-
tisme rdunis g la Char~it6, pour les extirper de notr~e sein.
Et pois, yous figurez-vous, dairs toutes nos villes, .nos
bourgs, nos quarliers, nos sections rurales, le dimanche,
I'Hallien se rendant g la messe, dcoutant les saintes..6critu-
res, la predication du pretre, qui rappellen-t tout le mnon-
de g l'adoration d'un P~re commun, qui est .Dieu, B l'a-
moul: du prochain, par -l'extinction des haines, des, ven-
.geanices, des jalousies, des ambitions malsaines, g la vraie
fraternil6 des enfants de Dieu, au travail qui senil assure
la~libert6, le bonheur, en le faisant accepler com~me une
loi n~cessaire, in61uctable, g l'abn~gation, enfin au dd-
sinldressement patriotique; vous figurez-vous encore le
prCtre, un are saint' par sa bonne conduite, bdni par sa
char~it6, yous disanlt A tous : a Bannissez de voS coeurs I'in-
justice et le mal; nie faites pas h autrui ce que vous ne
voudriez pas que I'oir vous fit;. respeciez les lois divines
-et celles de l'Elat; a vous figurez-vous, disons-nous, ces
paroles consolatites, de- paix, que l'ou ne trouve, en r~a-
lit6, que dans la Religion, dites, r6p~ties, comprises et
mises en pratique par lui-nibme d'aboi'd, par, le citoyeit
ensuite, yous aurez une id6e veritable de la transforma-
tion qui se seia accomplie dans la socidt6 haltientle et qui
aura pour consequence heureuse la connaissance et la
crainte de Die~u, le respect'de-soi-mime et de ses sembla
bles, I'amour du travail,.1a pralique des vertas et la fin des
guerres civiles.
Un people, dans ces conditions, est vraiment heareux.
;Voila pourquoi nous prdconisons la -Religion sainement
pratiqube et~ rdpandue en Halti; vothj pouirquox nous y
insistonS et disons, en resumts, que, pour Ir~g~n~lrer HaEii
~et la sauver, il faut l'instruction publique, le-t~ravail, la
Religion spes unica. C'est notre umique esperan~ce.
Enfip, nous convions lous nos concitoyebs, quels qu'lls
soienit, g la paix`, g la concorde, A une entente vraimnent








59 -

patriotique. Nous disons g ceux qui sont vainqueurs :
soyez gbabreux, yous n'avez vaincu qlue vous-memes, en
vamquant v.os concitoyens, qul sont vos frdres ; aux vain-
cus :courage; a tous :oubliez le pass et prenons ensem-
ble la ferme resolution de travailler desormais au rel8-
vement de la Patrie.
Les paroles suivantes donnent blen a r~fl~chir : < souvenirs embellissent ~la vie; Anais l'oubli seul la read
possible. >















ENT






"'~" V4~r



~M.

~tum,
~./~ '-' muca H deJj


L
I'


as


A


.9


i












'









s I

:X_
I'-
;. 1..
..: ~


EFI-
--1`


* .?


I'`~ .: "


i.:... : t
:' jjL.lby:










~I



~:i ~l~kC'i~'~;~PLL~"~rerae~~_
4;I




r






a




ii



1F:bi~:4~E~SEbEi~?~ii~'~i~Sl~~"ia"~r~naw%

::~LIX;FY~:~C~PII~WL.~B~~IPi~~Ii' Ir~ rr*jy'-!~~:~:~H~a?~l~t~~l~~l~Il~*_~ .~'*21111:L1' h









~
1

















.I




UNIV. OF FLORIDA

3 1262 04277 3522


DOES NOT
CIRCULATE







Full Text
xml version 1.0 encoding UTF-8
REPORT xmlns http:www.fcla.edudlsmddaitss xmlns:xsi http:www.w3.org2001XMLSchema-instance xsi:schemaLocation http:www.fcla.edudlsmddaitssdaitssReport.xsd
INGEST IEID ELZS6VP5G_YBKPN5 INGEST_TIME 2012-03-28T16:57:41Z PACKAGE AA00008881_00001
AGREEMENT_INFO ACCOUNT UF PROJECT UFDC
FILES