Une explication philologique du vodu;

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Material Information

Title:
Une explication philologique du vodu; communication faite à la Société d'histoire et de géographie d'Haĩti
Physical Description:
40 p. : ; 18cm.
Language:
French
Creator:
Dorsainvil, J. C ( Justin Chrysostome ), 1880-1942
Publisher:
V. Pierre-Noël
Place of Publication:
Port-au-Prince
Publication Date:

Subjects

Subjects / Keywords:
Voodooism   ( lcsh )
Genre:
non-fiction   ( marcgt )

Notes

General Note:
Cover title.

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
oclc - 01441423
ocm01441423
Classification:
ddc - 133.4 D717e
System ID:
AA00008856:00001

Full Text













UNE EXPLICATION PHILOLOGIQUE DU VODU

J. C. fDorsainvil












.... ...i ...

.* .......

j.,gj














p


4



F

~


'p












AVANT-PROPOS

Pour jrpondre A de nombreuses solicitations,
nous publionu les pages suivantes qui, coinme
'etude V6odu et n6vrose, font partie d'une
en(quete que nous poursuivons suiv nos origins.
Un people le sne suait en effect se d(sinteresseP
de co problhme. A le meditei attentivement, it
y decouvre souvent les motifs do ses qualitts
come les raisons de ses defauts. C est de la
psychologie retrospective, vrai coup de sonde
jete dans l'abime des temps passes.
Nous le soutenons avec conviction. On ne pent
penetrer intimement la mentality du people hai-
tion, sans Uine elude approfondie de nos antiqui-
tes africaines. Cette etude doit se poursuivre A la
fois dans les doinaines physiologique, historique,
psychologique et moral.
Sans rien pltdjuger de la question de l'unith.
gnet.ique e de l'espece humaine. il ne reste pas
mioins vrai que les siecles d'existence traverses
par I'humnanite, out nettement diversified les races.
Sous les rormes specitiques g6nerales de penste
(t d'action, l'analyse permet de saisir en chacune
d'elles, des paiticularites qu'on peut declared
itrrductibles.
Aucune oeuvre d'education individuelle on col-
lective ne saurait produite routes ses processes,
sans tenir compete de ces particularites et, Mr
A. Balfour a raison de parler dans eSes fonde-
inents de la croyancev, d'un elimat psychologique
de I'hommie a l'instar de son climate physique.
D'autre part. v a-t-il dans le comur human
un sentiment plus delicat que le respect intelli-










LATIN _. .

g-ent'des Iradit ons, le bosoin do savoii cc qu'ont
0ee Ies ancetres, coninente its ont pens6 et agi,
ce,souci enfin deo iecueillie, mniine au milieu de
.. oyjances informes, les sentiments el les ide(es
- i : i ont manifesto les inLuitions pirofondes (de la
anee. 11 y a, dit-on, quolqute pal., une aine de
verit6 dans les choses fausses, come il y a une
aine de lIonLt dans les hoses inauvaies.
Elle n'est (lone pas viable, lta race on la nation
qui, parvenue U une eetlaine civilisalion, imnpriso
son pass ciiommo.i ndignc d'elle, )arce q(i'alieis,
elle aura oinipui sous ses pas la chaine des tra-
ditions iqui la lie avoc ses anc ietrs.
Nous devons par ailleurs indiqu(tr au lecleur,
dans quel espril, A I'aid, de quelle indthode, nojs
poLursuivons l'enquote annon(cee. fLe s e(Y vanclcs
'eligieuses, c'esl-a-di('e Ic domain oH nolIs sn011-
imes, sont en general mystiques et totle religion
n'est en delinitive qu'une syslematisalion du mon-
de par e10 sentiment. Or, dans Ln tel domain, les
al'firinmaions les plus leinoraires prevent s'y taire
jour, sans qu(on ppssedo un mnoyen de departa-
ger les esprits. De plus, la pailrt de meitapsychlie
qui est dans le monde n appai4ient en propre a
aunune race ; tile est universelle.
Noutts avons done adople pour mener note en-
quote, une metlhode histoiique et loul olbjective,
laissant a de plus qualiflis (11ue nous, le soin do
suivro les inanifestations possilles de l'Au-dela
mysterieux dans notrie monde sublunaire. Cela
nous reimet A l'esprit [anecdote do cette secte reli-
giouse alg6rienne don't I'Abbb Sifflet nousa racon-
I'histoire, oen nous faisant toucher du doigt une in-
tervenlion indiscutalble do l'espiit malin dans les
allaires d'ici-bas, aloris que IC prol'esseur Lanne-

























longun n'y 1 dcouvre qu'Lin simple. cas do n6 'vos'.
lii pes6I l1 I nous l(o nous t i (i te(nons qu i'a x la'ils
deji conii-loes par 1'obsetrvaltiOll LI ia scienlee.












NOTES EXPLICATIVES

Le 1'onghe, I'Lun des six dialectes wous, don't
I'etude sert de base fA note communication, est
iune langue parole.
L',s Ions ort ignore l'usage de l'Periture cou-
rante et 1'ceriture liieroglyphique qu'ils avaient
inventee. tailt srtilotl une langue hieratique con-
ntuie surlout des prltres et des inities du ctlle des
vodus.
Celte pavtieularitte a poussO la plupart des sa-
vanits qui out etnidie e i'ongb6, A adopter on
alphabet ct de: signs conventionnels pour ren-
dre avec le phls de lidelite possible la pronon-
viation dans eelt idi mie.
Nott. poiuvons eiter les :ilphab)ets d"Alb6ea, de
Corirdiouix, de Sehlege.l, de Delalosse etc.
Norls avolns suivi. dans I'othog.rap)he des noni-
l)ie.ux iots daIhomeens lqui figurei i dans note
(tude, le derinier, I'alp!habt). de D.'lafosse, pouti
quieltques bonnes raisons.
En i)(mnieie liigne, il est le plus simple de tous,
le inoins (harge'e de signs savants oLl d'iae,.iti-
(Iues, [)ar consequent le plus at la portee de (ous
les leeleutis.
II nest d'ailleurs (que l'alphabet francais sim-
plement anugmente de quel(uies comblinaisons lit-
terales et de (ertains signes qui permettent do
rendre des sons du fonglbe qui n'exi.stent pas en
franeais.
La prononiciation haitienne des motsl dahomeens
eonserves, soit dans le creole, soit dans le lan-
gage vodounique, n'a pas pIM toujours nous servile'









-7-


de base. Sous I influence d( nouveau clinmat psy-
(hiologique du people liaitien, ces mots sulissent
p' rois uine alteralion proflonde, en s'amalgamant
avee des sons franais.
Un faith nous a particuli('eten t frappe dans
nos rechevehes, c'est, absencee complAte de la
eLttre B dans les .adieaux du t'fongl)e et memne
dans les mots composes on agglutines. COtte
dentale nWest viaimetnt pas dans Iappaveil vocal
de la race. N'y Lrouve-t-on pas touL de suite et
en grande parties, 'explication de celte chute
( mnots ftl'anais adapt|(s an cvtole ?
Cos obisevvations comnportlent line autre conclu-
s.ion, qui ser'a mnise en lieft dalns note etude.
Elles signaled it I 'aUienlion de l'historien oU du
sociologue le role considerable joue par le culte
et les ceremonies vodouiqCes dans la fusion et,
ia nouIvelle formation ling'utistiques des tribes
afri(aines, tepreseotees A S' Domingue.
Sous le benelice d( ces coti(Les explications,
tiouis p)rions done ceux qui nous t'eront I'lonnetu
de live eette elude, d'accorderI lemu attention au
tableau suivant :
Base de Prononciation
V Mawi Al Maou
lawulhwe Maouoni
Avi zf Ayizan
OkA i Okou
1)mn'l c Dounou
Ak hwe < Akoui
Ze e Zin
AzOlt6 AzOxt
Azeini I Az/nou












-S -


Ajinakou Aguinakou
AghOto Q Ag6uct
Legha 1 Logueba
D:g'be a Dangbe
En resumti, los sons nasalis6s produits par la
sMrie d( s voyelles nasale-s, a. t,), t't. qu'il faut
prononcer A, (ll, int. oil, O, avo; un foPt aCneent
nasal, dterlpninent onl grande parlti la pronon-
cialion du t'ongh).
Dans cot idiome le I" a le son anglais. I'11 com-
muinn se prononce on et le I Cpolnd In son yi
comnmo dans lo mot italien U1iorno ele.
L te foiini) possd' le enin deux antres sons,
diffic.iloment plolonm aos pat les- cOtangers. Is cor-
respondent aux consonnecs dol)loes 1b. /kp. cominm
dans i s mols Legh)a. Alokl)a, Akpo, Akpoti. Dag-
hI ekt. elc. MP Delalosse nous app)rend (c le son
!b ests line artitulation gnttrpale (qui est common
)'aheioement dA b, do mime que Ie son k/ est A1
peO prPs '1 aloioemc t dIu '. On vondrai toltefois
noto (que les Lonm l)inaisons litlAeale,., iendent di'-
licilement par I'erpiture. la pponii )nci:tion, ear
c'iles no so pr tent pas: I tr aduiei les inille ini'le-
xions de la voix hIunaine.





;5ya












Une Explication Philologique Du Vodu



A preminie vue. la conninication qu( nous
a vons I'hounnv i tde vous faie,. parait ne point
se raltachepr notre histoire national.
II'en el'iet (eiiieux de eonstalei i t (iuel leCg'.
os lhistoriens et nlos sociologuties. dans l'6tude
des dominantes doe note evolution histori(que,
OnL eompi)'0ement ii6g'ligo I'Atfrique.
ieos annes I03, 1o;17, sont un1 point de depair
an-delAi duquel plus rien n'iiintre.se, qu'importe,
si par ses tinditions persistanles. le pays ves-
senlhie pinlu au Senegal oni au Daliome, qu'' lit
Jamin'iqu on Ai la Duiinicanie, ses voisines.
En dcMiniLive, (qI'est-ce que lI people haition *?
Un amniassis de cent tribus africaines qui toutes
ont laissc dans la grande mass populair'e., des
Irac.'s indelebileOs do lcii proppe lihetdite physio-
logique, epsychiologique ont morale.
Gette ascendance est faite de millions de morals,
si on so rappelle q([e p)Oii plus d'lun d(0ni-si0cle, le
tii ix do lit movetnu do la mortality des ai'ricains a
-t& lix6 Ai 20.000 individus pat an. Chiffre eiff'ayait
) )iit uine ( )popuIlation (Lli, dans 1'intervalle, a
oscill de 150 ;L 500.000 ames.
Nous nous repvrsentons a pine l'aspect d'Haiti
au inoinent oh les f'angais coinmmencertnLt. de'fi-
ch(er I) pays.
Ton tes nos planes, particulierement colles du
nord, de Leoghai et du Sud, etaient de vasles
nuaitecages, semes d'arbres millnaires. Dans ces
plaines. les seules routes que parcouauient les









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Indiens, Maient les berges des riviores on les
pistes teaches par les torrents dans leur course
vers la mer. De IL, sans doute l'expeession ; mar-
cher a la file indienne. D'ailleurs, nos paysans habi-
tues A suivre d'etroits sentiers, n'ofi'ent-ils pas
dans nos rues, le mIme spectacle.
Sur la montagne, les domes feuillus des arbres
laissaient a pine error en plein midi, de faibles
rayons de soleil sur la moisissure tapissant le
sol.
Chaque annie, ces arbres gigantesques, on se
d(pouillant de leurs feuilles, ajoutaient une tl1o0-
velle couche a lhumLnus mortil'Ie du sol ombI a-
g6.
Ces giants, don't au dire de S'-Venant. un
seul trone permettaiL de construire une barque
de 50 tonneaux. ne sont pa-; le seul obstacle au
del'richement. Autour d'eux, dans les maigres
spaces entire letir trone, to tbent en feston des
lines enomnes. Le figuier maudit les enlace
de ses mailles seirees, elend A des centaines do
mitres interminable reseau de sa vegetation
etoultante. Aussi quel spectacle quand le soulte
duI large passant suL les loinitains btiisants, vient
animer cette nature, dans le fracas do tonnerre
et la phosphorescence des eclairs !
Cette \'egetation exuberance dans la nmonta-
gne et dans la plaine est un puissant condensa-
tetu. Les pluies sont abondantes et Lorreutielles
et com co consequence, dans le creux du vallon,
dans la cuvette que la montagne dessine a sa
base, dans la moindre aufractuosite de la plain
se vemarquent des 6tangs, des lagunes et des
llares.
C'est un sol hiinide et malsain que l'ai'ricain doit
defricher pour asseoir les 8.000 plantations de








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St Domingao. Plonge du matit au soi' dans la
pestilence de cetto nature tropicale puissanito, it
succombe, anOini6 yar la fiH e o et l'exces de tra-
vail.
Vous vous dites alors, pourquoi Haiti n'est
qu'un immnonse ossuaire oil dornient par centai-
nlies do nille, les victimene do la (upl)iiite (uro-
pOenne, tropO hoIreu.oe d'aillcnturs. si olle ne rxeomn-
meilnce avec les evenenoments en course, le cycle
fatidique des Lerribles hie(atonmbes.
En 1802. St Venauit. colon do S, Doiniguie. an
lendeminiia d(e I'expt'dition de Ictle t, supplant.
los moyens de reliever la colonice de ss mines,
fixe A 1.i(l1 .(11.)(l 10e t nouvOanx os1(claves a v intri o-
duire. Mais so rIeprena lt f ('taisa ni la part du
fen, it porte A 1.8hUJ.00t lo nimbrtl des eselaves
ni cesesair.es, n(a selon lu i, 4 A 111(i.(Hlil de t's in-
foturine(s periaientl dans coltv (uv dHe' r'cons--
t ruction colonial.
lItons-nons cep ndantn de quitIlr ce domainei
qui nous fait voir I'lhuimanit sous mi trop niui-
vais jour. CoCs millions dle victines ii'()nt-elles
laisse A la terre d'lailti ((l leuis oss clients '.'
Nul d'enlro nous nIe le [)ns-( car nou s som Iios
1aboulissant de cotte feroee sl(-eltion colonial.
Dans quelle measure alors ves \' ictimes )onl,-
clles (contrilLe A favonner not re lredtite )io-
nmorale ?
Nous repondrons an jour d'une inanioneo direc-
toe cette question, mais aujoaPd'hui, nous som-
ines pluatL preoccupo d'ulne (question d'inf'luenie
lingaistique eLe t psycliologi,! religiouseO. Celecnons
tonjours. autant pour *justificm la those que nous
allows dIvelopperI que pour I' lave, do (qieliues
apocitis sr il'uniit physio-iorale de la raco liai-
tiennie cf (do sos aseiitlanits ai''iatins, los l'als
suivails :
Voyez-vous cLtte troiup de paysannes qui










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longent la rue !a file indlienne '? Elles sont gaies
n'est-ce pas. cnusent brvanmmnent, execulent,
mmine des movements desordonnes sans so
pC'oOccuper outro-mesnre de I'{quilibre du far-
dean qu'elles out routes suV In toLe.
Une tell observation parait de mince impor-
lance a Yotre esprit, transcendant. 1H y a la
pourtant u.n igeste racial note pa. lousl les obser-
vateurs qui ont tidi0 les tribus eongolaises,
lesquelles ont si larigemnent contrihbuca former
nolre people, entire aut res Mgr Le Roy, le D'
(iCreau etc.
3Be6iengei-FIriiand, medecin de la marine iran-
*aise quii a e.udi6 les popillations noires (Iu SI '(I -
,gal em des Antilles. comsigne tn autire este.,
solvent relieve ici.
univez cete i'emine qui passe. Elle a 1'avant-
hIras fortemeit tlelhi sur lI Ibras. le code appu-
v' contre Iv .rone. Ic torse rijicl en alrrioe'. la
main (ifCorespondaiit a I'avant-bas t11ecii. place
danns le p)ln hoi rizonial. Sn celle maini. elle a
place ,i n 'ardeaii donll a son toiur elle ne se
Irioccvuipe giiore, dans sa conversation maiiiine
a;-c'e( sa compaglie. fIus eng'e-l 'i:i;ii t ,io nS ip-
pte'nd qiue i ce Ieste ,4 sIt prol)r at, i" ( ili> s lo'.s. forman[ le lond dc In population dn S'onogal.
Pensez-vous eidin que 'ialiltudle scule sni'filt
expli(iuier chez (celte illette, assise st son illi.m
I'oqjuililbe siurprenant d( ses pmnlo ii'les simple-
inent rellnues p ] line extension d(i gi -s or. eil '!
Nous potvons eiler (- ('ent exenQi)les du(t nmeIl gi'Il e
qui nous coniluiranieit Ia coiielsion. qo' Hnaili.
telle qu'ello ces. en (ve E2,' sircle, nest qiui n pro-
]ongement dle 'A-'riquie dains fespace. MaIis
hAltons-nous d'ab'o-er notre sujet verilab!e. ..









14 -

II
II y a quelquc dix Ons, dans une etude pu-
)lic(e palr la revue :s( J-Ia i medical )). nous afi'ir-
mions que le I'odu dans ses elTels psycho-phy-
siologiques constatLs iei, di ait tine psyeho-ne-
vrose racial. d'ordre velig'ieux confiinant aux
paranoins.
Nolie opinion n'a gtcre chliang.
Mais, conmnie vons le voyoz. la question avait
le6 envisaged ;ti point de vue mi(`(lical.
Notus nous perinellons aujouPirl'uli (Ie voius
pr'sesellor a 1m" 1in'1( (ilem-io n sonS 11 n aut r aspect.
aspectl, )lhilli)2i()ioe. (, no ne s(e'a (d'illeurs (i'un
(Iha)ite de letude (que nlous poursuivons -ti' nos
origines.
Aul(aniit sinon iniux quo nos rAvolutionsg, I
vodiu a contriilie a' perd, e la i'('[>iltation de nio)-
t 1o pays. I hila 'iii ati iol do ch(lro( iquetii's ihiie-
voles. de S, John ,a o ot ire plus I'ec('nt visitI'u, en
passant par (I'Alax, 'exiO. etc. sest, W VertII
:'i decounvrii dans les ce(einonlies si souveint ino-
I'Tenives dto e culle. les plus vipuginalites se(nes
do canibalisinme on d"'orgies. (Co'lains de nos joiiur-
u1:lisles 1ni0 e n I )aii ln avCe c' lte l gotC e reltt el.
cotee abl)sece d'0tudes. (|ti'on peut leup reprocher
tr )) SOlVso lil.
Nous avons done Un p)Uissanl intr-tl, i pr-ojetle
sir les origins d(e e CUltO inysLerieXi. la plus
vive l miiiiereO. CO( tavail est aIJould'lIIIi f'acile,
car l'a(livil.' des clihe cliheirs na laissd en t'riele.
antlCI (oill (coin \V lste dotnaiine m)or)lal de l(humani-
tI(. Nous devohis l:iinener Ie V'Wi-I nx simple
pro()p rllion des ( tile unliv irsels '(poildani ;'i,
('eIc pOiWrio Ie t l'l i')iullc c >noit,) I divin. Ia'r lc








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p'oc6de qcue Renouvior appelle la miithlc des
apothdoses.
Evideoiiient, nous no soninmes pas le piemiei
fi envisaged le V6du sous 1'aspect plilologique.
Vous avez Il Ou vous avez oitendu p:u'ler d'un
ouvrag recen L : Le: s dai'nons du V.a a,.
De cce livro. nous ne (Lions vien pai- la simple
raison qte tt: op de ..)clIsiot n-i ii ainteiir ,unt,
'n deliovs (de la science positive au sIons gen'v'al
du teiine.
N-os contesto)Is icamIiinoiins, ai noin de la phi-
loio 'ie onseiis ,'oi(',e Ipar los Ionis altiill'S, ulno des
conclusions (te Fl'orivain, la filiation qu'il )pense
(ideouvi'ir entire l'he]l)iO Ot Ie dahonmeen. Notu-
)vo des radicaux fouiriis par l'auteuir apparLien-
nei L an l'tran'tis. an c .',)l'e. t I'anlglais, au green.
Ia IIholoi et ano iu sei et 'ouvenLt a niUimli deg1e
dans.le /ifn/b', dialecto priniicipal du giroupe des
langues ,Wi;eS qu(i dlonneent le angaige hiivatlique
on ouvCrt du VYOd i.
(Conini On l il l s it. l)tiCb i (est ine langtiil', sa-
vante, flexionnelIc on grande partie, i1 racines
tri.sy/llabilJu/'s. donee d'une giraniiose ipo)sie, don't
ia (*l'riotisC' iniot. ique n'a 'LtO inise en evidence (qu
tIuLt V1-6 ininlI- I. e.J l 'ongh6 est nil dinatel( p)vi-
mniil', (.sit u,''l. juxtap.)saint, aggliiLiniatil, a raci-
11is in1 tsyf/ll/tbiui'js, le lype' onllin dii la kngag'e
primniLif. Nous ahI ninistrons Ios p'LIuvOs die (s
car'acLres du fongbe.
En fongbe par e.emnple, lai lune se (dit L s et
enl'anL vi. OP, dans lua tosinogonic pvinitlive dOi
fon, les tloiles sont los ('eniailts de la lne. 11
ies appelle sioi, infants de la lune. C'est pao"ti-
que, mais kotlI piimilif' et ne s'mspire guiter de
la large cosnmogoinie ilo.(s 'iqe.
Le 1on, poilr dt(si'gn 1' le, doigts de la main dit:
alovi, do (alo main, v',, oiifant. Les doigts sonL les
enuants de la Inain. 11 u)ppelle le ciel n rulu:',









-1 45 -


do mawa Dieu, hwe demeure. Un temple reoit
le nomn de Vo6duhwe, de vddu, saint, hwe de-
ineure. Un autol dans un temple est ddsign6 sous
le noin de v6dutavo, do v6du saint, tavo tablo. etc
etc. Pour les 3 A 4000 mots de cc dialecte quo
nous avons analysis do cetto mainire, ce carac-
fk6re de juxtaposition et d'agglutination mono-
syllabiques s'y ievele avee itie de6esplrante per-
-sistance. I)e plus, le fongb) est ase.cuiel. It ignore
*les differences de genres ct de nombres.
Par excepLion il possede tn terneo pour d6si-
guer l'hioinme suntu t uil autre poiur designer la
feomme nona, inais n'a pas (de Imots propres )()tLu
designer un enfant garqon on une enntatt lille.
Aussi ce dialect a recours a un suil)lte'Ottge pour
marquer ces differences. Suntt-vi, lihomn -eontfant,
nonu-vi, femme-enfannt.
Comment d'autre part justifier dans la tlihse
nerales de la philologie qui elablit par l'ob)scr-
vation la plus minutiouse, que los langues pri-
mitives sont communiment juxlaposantes et que
la forme ilexionnelle tralhit at contraire tin nota-
ble degree do civilization. 11 n'est pas de tradi-
tion en philologie do voir sortir tinle langue n0o-
nosyllabique d'une langni synthletiquie deja sitn-
plifi6e par un effort de condensation do pe1rise,
v )al pour parler sa "pensee, il 'aIt penser sa pa-
role. 11 est done evident que le longh ee dia-
lecte asexuel, ignorant par consequtent les diffe-
rences (td genres, depourvu do flexions internes
pour l'expression dti nw)ml)re, des Ltemps et des
modes, ne peut venir do I'h6breu.
Cerles, une langue, sous l'influence d'une re-
gression d( la race qui la parle pout se degra-









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der, mais l'analyse permit toujours d'y decou-
vpir les vestiges de son ancienne splendeur. Ainsi
les langues indo-ariennes sont loin d'avoir eu
toutes, au course des Aiges, la mnme bonne fortune,
mais rien n'est moins discutable que leurs liens
de parent.
Nous n'avons voulu contredire personnel, sans
nous livree de notre c6t6 a do miutieuses re-
cherches. 11 imporLte cependant, pour l'inlelli-
gence du d6veloppement qui va suivre de dfti-
nir ce qu'on appelle le gpoupe des langues douees.
Parini les 590 a 600 dialectes eL idiomes de P'A-
frique, A suivre la classification do Robert Cust,
les langues eouees constituent un groupeinent
nettement parlicularis6 : C'est le groupe des dia-
lectes dahomeens. Ces dialectes sont au nombre
de six :
10 Agnlob6 ou dialecte des Agalo. .
2 Angfouedb6 Angfou6
3" Ouatchigb6l Ouatchi
A4 Anagbe Ana
:o Mahile m Mahis
6o Fongb( a Des fons.
Ces dialectes constituent une famille pace que
les radicaux, los te-mes d'ordre, de genres etc.,
se retrouvent, en d6pit do l(g6res variantes, par-
lout les mimes. La finale fgW. eot le terme daho-
meen qui traduit, notre mot a Inngne D.
Les dialectes dahom6ens ont (ee l'objet d'ctudes
serieuses de la part de savants tels que : Schlegel,
HIenrici, Koelle, Albhca, Zimmeriman, Courdioux,
Skertchly, Fonsagrives, Delafosse etc. Laissez-
nous de plus vous dive quo cette liLttualure A
propos de l'Afrique noire, don't nous tmeconnais-









- 17-


sons ici l'importance, est dejA l'une des plus riches
et des plus savantes du monde.
Les contacts ethniques, les infiltrations lin-
guistiques en Afrique, permettent-ils de soute-
nir la these que nous avons repoussee ?
Nous avons eu la patience de rechercher pour
des groups assez elendus de mots, les infiltra-
tions possibles. Ce Ltavail n'est pas aussi 6pinenx
qu'il peut paraitre A premiere vue. II suffit de se
munir des Vocabulaires comparatifs de Delafosse.
professeur A l'6cole des langues orientales vivan-
tes. .
La pensde du philologue anglais Robert Cust
est just < L'invention d'un language n'est pas le
< resultatd'une longue et patient succession d'ex-
< periences, mais au contraire, elle est le product
K d'une intuition primitive qui revele a chaque
a race le caractlre general de la forme qui lui
convient come instrument de la parole ct le
< grand compromise intellectual qu'elle doit adop-
< tLer uue fois pour touts, coniune le moyen de
a communique ses pens6es aux autres P.
S'il faut une illustration a ces paroles de Cust,
le creole nous la fournit. Quoique constitute de
mots frangais deformes, il est couple dans Ie inou-
le racial. II fait un usage abusif des affixes na-
salis6s qui caracterisent les idiomes dahomeeas
et congolais.
Suivant Cust, les principaux groups de lan-
gues africaines sont compris dans une aire lin-
guistique fermee. On n'y constate point, coin-
mepour les langues ariennes, cette repetition des
m6mies racines qui a permnis a Grimm, A Pictet, A
Muller, de les rattacher A une langue-mere, le
sanscrit.









- 18-


A ceLte regle de l'aire linguistique fernuee, no fait
exception que le Haoussa devenu d-ms l'Afrique
equatoriale une maniore de langue international
ou imieux intertribal. Lors memo que les guIer-
res, les conquetes, entrainent une superposition
des tribus, leur fusion nest .janiis assez cotnple-
te pour rendre impossible ['analyse de lour idio-
me particulier.
Ainsi les Peuls ou Poulah so sontL tabli3 au
S6ndgal par droit de conqutte. Leue idiomne se
distinguede coux de toutes les autres tribus sene-
galaises, Ouolofs, Mandingues, bambaras, Ser-
reres etc. On le rattache plus volontiers au grou-
pe hamitique on egypto-numnide.
Le longbl don't nous allons maintenant nous
occuper, est une fleur de terroir. Les terms et
les radicaux de cet idiotme proprement daho-
miren, ne se retrouvent que dans le groupe des
Iangues do'es et tr .i lhegereinent daus l'A ,iamnp
et le mine ou aklabW. Les tinales gbq ou pn in ti-
quent la p:mrente do ces langiues. Mais hours du
group suB-mentionne, les termes du 'oiigb6 ne
se retrouvent inuine pas dans les idionies los plus
voisins.
Ainsi, en fongbe, Dieu se dit Mawu, en ibo
JukuI, en nago Olortu. II n'y a pas de rappro'che-
ments a faire entire c's terms, lorsqu'on songe
qu'on est en face de langues monosyllabiques.

III

Le v6.1u, don't on a chereh6 de mille fagons
I'origine, mmtne dans les mots veau d'or, vat iois,
etc. Ost tout simplement un term de genre du dia-










-19 -


l'le fionghi. Le plus grand lerme de de dialect,
puisqu'il embrasse presque tonic la vie morale
ct religious des 'ons et esl ft 'A rigine oU mieux
il est le radical invariable de toute une grande
famille de molts.
Quel est Ie sens precis de co term on fongb6 ?
It d6signe les r/i'iies honiis ou maunais, inf'riitrs a
Mll mio et par extension la .lAtte de l'iin de Aces gn/ies
on tout o.jet sy!mbolisant Irmi cullt ott lemr puissance
proletr'ice on mal/aisanle.
Du term v6ddi d(eoule immediatement le mot
ridiini. Cest. le vocable dosignant, dans son en-
somble ln religion des vdlt. Le pontife ou le prptre
des v6du repond A I'expression Widuno.
lodt-h-I,.ul-liil. est out seemnent don't Ia significa-
tion precise est : je jure par le.s vodus. IVodudoho
est une milddiction. I'appel sur un ennemi de
Ia colore des vdnu. U[t tnemiple reoit le nom de
vodu-hwe, demeure de v6dii et' lautel qui l'orne
prend le nom de voditlavo, de vodu saint et de
two table. Le sacrifice offeTt par le ponti'e rdpond
a l'expresion riodu-w'nii. Ainsi. si le pontife oflre
par example un coq en sacriflee, cela se dit : ro-
d1iuo wit ,'olklo ni volu. Si c'est an contraire un
cabrit, cela repond A expression: odmunno wni gbo-
!1bovi nt vnodi. Le sacrilge en general repond A
lexpression rodii/llNo. mais un acle particulier
de sacrilege se dit : ridiglbni. Dans la religion
des vdut. I'impie, I'ineroyvat est un menoserodn.
uni maudit un 0 dio rd/i hiiit,ceai le verde do voduli
signifie mnaudire.
Mais le Ietichisme. I'ido'Iarie correspond au
terme v6dcisenu, d'o)t le mot azenu, sorcellerie.
Une idole autre cque les vodu est un vodunukume.









- 20-


La statue incarnant l'esprit d'uLI vodu est an
vodu-wuilu, wutu, coPps.
Suivons Ioujours le rdle considerable jou6 par
cc vocable cn fongbe.
Le dimancho dahomnen se dit : v6dugb6, litte-
ralement, jour des vodu.
Parlant de co ternie et utilisant le mot az-
qui coirnio gbs signifie jour, les pretros dalho-
inuens (ldsignont Ltous les jours de la semaino
( az-itewe ) uza, jour, tewi sept Le tableau sli-
vant le prove.
Vo ugbe. jour des vodu. . .
Vodutghl sayilit, jour des j .
Vodugbel sazato, 36".o jour apres vodugb5
Voduglb si azene 4e
Vodugbe si azato bS e
Voduigbt si azaize G6 L
Vodiugbl si azatewe 7* (I
Note : ~i6 3e, ene, 4e, ato 50, aize 6e, tewe 70,
it6 ot at6 so distinguent par la prononcia-
tion, A peu pres ant6 et at6.
II est iare do rencontror, m6me en frangais,
un Lormen compuortant tant de inots dants son ex-
tensionl oi sa comprehension. Notez que nous
soImes loin Cd'avoir epuise tous los vocables da-
hoinmens d6ecoulant de v6du.
La plus cele!bro expression do la religion des
Yodu est le culte du serpent Qu de la cottleuivre
DA pr: Dan, inearnant le g6nie DigjbW, pr Dangbe.
Les deux principaux sanctuaires de ce culte se
trouvaient dans le bois sacrP de Somorno pres
d'Allada et a Ouida. Chez nous, par contraction.
1'expression dahomeenne Dangb' Allada a donn&
le loa ( mot congolais ) Damballah, don't le sym-









- 21 -


8)jle reste encore la couleuvre ( Damballah-Ou&l&
ce coulivoe ). Quant au terme Ouad) attache au
norn du loa, it vient des liens de fratcrnith que
les vodouisants haitiens present existed entire
Oangb6 et Ayfida-Oud&o ou mieux Wedo, la ddesse
tde I'ae-ea-ciel, une maniere de Junoui daho-
mtnenne.
Los temples de Dangbe6 talent desservis pat
des prktresses designees sous le norm de dangbesi.
De lA. la elanson A coup stii altlepe, entendue
ici fort souivent sous la tonnelle : manballah
.dangbesi Ouida etc. et qu'il faut traduirC par :
< Les femmes de Dangbe A Allada et A Ouida P
etc. l)'ailleurs le culte de Dangbe 6tait secret
avec des degrees d'initiation. Certaines paroles
prononcees par les prvtresses ktaient des mots
de passe co'nine Bohsi, Bohla inintelligibles pour
4es profates.
Un autre grand v6du du Dahoni), est Legba.
'C'est le Pryape du Dahorna, le dieu die la gene-
ration et de la feeondite.
Avant l'occuipation frangaise, la statue de ce
v6du se dressait sur. toutes les grandes routes.
il tou- les carrefours, dans toute l'obscenite d'utii
art primnitif pour bien marquee les attributs par-
ticuliers du dieu. Vous coinprenez alors, pour-
quoi chez nous, Legba est dit: ma.tre des carre-
fours et des grands chemins. De la, la chanson biea
,eonnue :< Papa Legba ouvri barrie pour mtini ago-e,
papa Legba ouvri chimin pour li ago-e > ete. A ce
v6dui, on sacrifiait volontiers des moutons, ea
luongb6, legbo, animal de Legba.
Les femmes d6sireuses de proer6er, lui offrait
'une poule. Le vodunu officiant s'emparait du
volatile, lui eialevait la tote entre ses deux pre-









- 22-


miers orteils, puis aspeegenit avee I sang tout
.chaud de l'aniial, Ina statue du dieu.
Cependant, avec l1 temps. .e genie devi t
conmme I incarnation dc l'esprit du final, I'analo-
gue du diable par opposition fi Dangbe, Ie ge.-
.nie ,du ieIn. Aussi, la lnunlio dahoncenne n'.,
pas beaucoIup d'alutrs vocables pourL dlesigne'C le
bien cl le mal. Pour (lii'e iu'un homnie est bon,
le fon empI)loie souIvenit 1'expression ; mn dibe
et smu I../.,,.., (dans le sens c6,traire.
Par ce trait, eCo tains observateurs ont vouilit.
rapprocher le culte d(es V6du .dn inithiat'lisiiie.
Nous verrons plus loin (quil' n'en est riein.
Ayida-Veldo est la deesse de l'arc-en-ciel com-
me Ayizxa pr Ayizan est la d6esse gaiId(ienne des
rues. Ayida est la servante dui genie de la tou(ide.
En fongbe, aic-eI-ceicl se dit, A ido-W '1i, so.ti '
de la terre. Ayida avail ses princi.paux temples
a Dahome et a OWida. Les p'oites et.les nturs de
ces sanctuaires etaieit couverts do hiS roglyphes
que le capitaine 1.onssagvives aide de quelquis"
indigenes l6ev6s l 1l'ecole franpaise a dechifftes.
Aliviodn oi le genie-aibre, est. le protecteur de
la maison, le dieu lare. 11 a pour symliole des
arbres quon plante dans les course des habita-
tions. On l'invoque dans les eas de maladies.
Vous saisissz lai, suI le vii', 1'origine de cette
pratique haitienne des arl)res consceres. Aynasu
est un autre grand v6du du Dahomin, il est le
garden des costumes et des traditions. Son
cult dlait desservi pap les 'rui. on pitres

llu esL le Neptune du Dahome. En Haiti. on le
conlond avec A.,I.,'i., un autie genie de la mer.
(f'villoso, est Ie J upiter du Dahome, le dieu de
la ioudre. 11 repoinl i Pi' Jii p(t-i'o-Ton n des v6-











dobuisants haitiens. Neanmoins. oh e(iinnd pirfoi
6sous la tonnelle, en tHaiti, le nom de ce vNdu.
Nous n'en finirions vraimnent pas, s'il faut ion-
tier on mieux nous arrOter a* une etude detaillte
de tous les v6du dahom hens. Le pantheon vo toui-
que est aussi riche que eeluii de la Grace on de
Rome. Mentionnons done rapidement certain
autres v6du.
G'bo est le Mars dahomeen. il est le proteeteur
des braves comme il est I'ennemi des Iaches.
Gbeji-nibt, un g6nie ehampetre. un pen gardieu
des troupeaux, -ibit veut dire bontf. Zo, le dieu
du feu, Tokpod*, genie protecteur dlu Dahome,
avikite et agheto, deux genies de la mer. Ho-
neli, autre dieu lare. Ase, I'Hogoh Feraille des
Vodotiisants haitients patron des forgerons.
Asilahi, Hoho, patron des jumeaux ou des c ma-
ruasa>, Lisa genie de la lane, A(po, protecteur de
la famille royale du Dahome,. Akibaji, Deje, G4i
Gbociy6, Josusu. Mate. ete, etc. Quant A Loko e'est
le genie que les fons pensaient s'incarner dans
un arbre tres v6neneux de leur pays, le luko.
Tout ce eulte. foneierement ansmiste, reposait
sur la crovance en la possibilitY de I'incarna-
tion de tots ces v-Odus, dans le corps de leurs
serviteurs.
En dehors du language hiiratique du v6du, les
fons n'ont transmit qu'un nombre assez restreint
de mots ta notre idiome creole. Cilons les plus
courants tie cef terms fons (Id creole.
Ag'amA pr. aganman, camreleon. qu'A tort on
croit d'origine indienne, a0o! .qui vent dire gare!
attention ababo lBobobo qui sont des o'notnato-
pees d'applaudissements.. Azdtd, sorcier. azenu
magie, dunfi, mnnger, oku. tuer. dosu, dusa,










-24-

enfants nds ape'Cs deux jiumoeaux, IAdid', doncee-
inent, zope, mot (dsig'nant un insect. j4:? ,eri
d'appel, enfin l'ononmatopeo yi que posse la
parysanne eondniszaiit son Ano par la route. Vi
est le veieho allei en fong bi. Ainsi je vais paHlir
ce soipr, n yi e/1,e /1fil(at (m1oi aller iuijoun'd hiL
soir ). (1) Yi !sig-nilie in. mafrcli.
Darns le langago vodoniqnue, en dehors des nomns
des genies dahoindeons, nouis avons: tihoni (enlfant).
Ce terml'o a veai dire s'neploie plus paprticulio-
ri'einont pour desiege' .e lilk:aii rdii. lholhioi a 've
Io niome o sons,. ils indi.ican i t dls ini'antLs jt-
ineaux, a,/thi0 devehn uItici .in.,. soirte rd Cr'eoellh
'aite d'une petitl, :calelisse ent' re' ,',.-'li Is.
( 'est.un insltruiime it importantL ;les;,.'a* In'., ,,ii's
vodouiques., /kok /'/. !)o0le, si.-rgoi.i_. Ce l/e <('lc Mz'
on zin,(marnxile, kni.o pr : ki 4U:. d'e kai muscl,.
chair,'-o tent alighl/ afl/bl-b,, 4o. te'i'e.
Un autre termne qui evieit -souvent dans l'es
chansons vodouiques .Cst Adi'huso pP (wnlaUiso.


(1) Creole : m' a alley assoue jodi la.
Note.- II est infinimnent probable, que Ie mot race
vienne aussi du fong'he, car A notre avis, le terme es-
pagnol similaire, indiquant un vol fait avee une ex-
. treme habilet6, concorde difficilement avee le mnieurs
de nos a( cacos n, Les Caro to/fku lormaient A l'instar
des amazones, un regiment reput6 du Dah6mon et
hien avant les preliers evenenients de Hindclpen-
dance, les revolts de Plaisance, assez eioig'nes de la
frontier 6taioent designs suus lenoin de litc ou ocui.
Par ailleurs, Christophe qui n'ainait pas les con-
gos, paree qu'on lui avait predit qu'un home de cette
tribu le renverserait du pouvoir, avait achete a prix
d'or des negriers anulais, de jenues daihouieeis pour











;Il: a,'' t' it s. implement do d-eux mounarquo--
jJpopi)ilii?.s 'lit I )Aio) i-j Adihlmso I et Ad.il'iiso
.11 qui r6 'neent, de 1;1 'a 18)(1 de 1771:; 17' I .
JAe premier surtouL esl vinere C l'ega' l in
.vjdll. Quant mix autres teriines du language vc-
,(loiiqpi : lo (. 11'q/m/ wrmii(/t etc, ils sont genue-
ralementt conogolais. I1 es( ( ';illeurs facile de. es
dlisltin ier par Icuir Flexi)o interne. Le conigo
coming le liamoiis le f'niig, le .'omdiI /i etc, lappi-
,tienlt anu group(i)e des; laiigiues /Iuno.o doit totsI
.s aiuIt'ilrS. tIi 'nitrLLis Igl' A. le 'Rooy, iiii -i-
g'nal la relative perfection.
Ce (qi ciez nous, selon tOiites pr.ol)al)ilitlei,
s5est. conserve saips altlration est. le rythln, vi-
dloy.ique onI mieux la mnisique teas special 'i ce

G(est ini rythme grave. A Il'allure de pri' r'. Ot
d invocation Ai leicontre de la phrase imusicale
eongo, petian.len. hlac:iee, comnie hyslti t~ue.
Les expressions' ; wiao-. ,/ o-yvi qui reovieni.ent
coninie nlt leit-motii daias la (liamnsoi .i x0-
douique. sold pen pres I'eCquivaleit de /I'c.I.-


instituer son regiment du ((royal Dalhomin). Ces jeunes
soldats n'ont-ils paspi) populari-er.1-exiression dans
la region dlu nord? De plus, si le mot est ant&'i'iur a
lindependali'e, il Tie pent venir de la parties de 1-Est.
Sous le regime colonial, tout negre marron (qui
traversait la frontlire etait -poursui\i avee aeliarne-
ment et la i ela'sse a ces fugitifs .coustituait 1'un desc
inoyens d'existeoce des his mano-indigieines de la
frontier. LA's seuls -nt''gros nilarrins qui se peri et-
taent ides incursions armin'os. Lani sur leo territoire es-
pagnol que sur celui de la 'coloni te ranciaise. Ifu'ent
leux dIii t Doco oIt potourtllanLt lti mot caco n a; ja-
mnais t,6 iiiiusart. i.









-26-


cez-anna. des litanies eatholiques. ar/yo significant
faiths attention et ,, ye, Mtant deux pronoins per-
sonnels r6pondant aux pronoms Iranvais u.r et

Ce rythnie vodouique est tellement persis-
tant qu'il se maintient, n'mme lorsque les ctan-
sons rituelles sont fortnees de mots exclusive-
ment creoles ou se development sur tine suite
d'onomatopees inintelligibles.
II lie faut pas coneliire de certaines Prserves
preeedentes, que le dahonmeen n'a pas impose
au creole. bon nombre dle ses ftoriutls pthrasev-
logiques. Nous avons eonserv6 dans le creole,
le cadre. la structure de la phrase dahomeenne
ou congolaise, ce quiie nous avons nornm6 plus
haut, le motule racial. Des exemples explique-
ront mieux notre pensee.
Le creole dit: m in graw'i pass oft, traduction
franqaise litterale moi grand surpasser vous. C'est
bien l'equivalent de cette phrase dahomeeane
aginaku e daho wu kinikini elephant lui grand
surpassed lion. Le creole dit encore: moins travaille
pass# ou- iuoi travailler surpasser vous: equiva-
lent dohomeen nm iwu we wasd moi surpasser
toi travailler. Des examples du mmnie genre
abondent dans le ereole Prenons nos t'ortnules
elimentairep- de pohttesse : cou.na, oun -- m tin
bien maerci. Sans nons avrrtevr cette intterven-
tion du verbe dahomeen, yi en lieu ot plate du
verbe francais, lle'r, ces lormules rIeproluisenit
textuellement les formules dahoIneeiintes: n [.
datb ao. m fi; d(hrlb, Okitedu.
Personnel ne se demtnmidc la ipovenanne de c ees
deux expressions nt et /(; qui joiient 11tn role si inar-
que dans la conjugaison des verl'bes etreoles : ma











vini, m' na albl, Ih pan lko vini, li pan k'o vli', etc etc.
II s'agit tout simplement de deux destrois auxi-
liaires du fongb6 : no qui marque l'action de de-
Imeurer, li,; qui indiquequ'une chose a prio fin, 11
qui indique l'action de donner. Ex : m no do-- ni'a
I habitude de dire. mn. ko, do- j'ai lini de dire i.
no do je vais dire etc. Pin n'est que Ie nason-
nement de pas.
A la rigueur. on pourrait (roire que kI vient
de la deo'ormation de ennore, mais on sent tout(-
la distinction clue le creole met dans les deux
expressions-: i, p.us ri epnii et In' pn 1k,'o r/. Dans
la premiere. it marque sa volonte de ne pas re-
nouveler 1'nele ; dans nla second, sa decision ide
suspendre pour des motif's queleonques l'exe
e'tiion de l'acte. D'ailleurs. le people n'emploie
jamiunis indifleremmnent c.es deux expressions.
Notons d'autire part, Ie role considerable joined
dans not re .idiome.e Crole par le term p.ssi-oni
l'equivalent du verbe franic'.s *sipetossve et dii
verl'o dahomeen itu II perimetl u ereolisant li:iT-
lien d'ecarter Ir's souve-nt les mots plus, tres,.
advantage, que. autant que, plus que ele. (1qui
n:iPrq(uent on franalis les degrt's de comparaisuon
et celta. est surtout remial'quable. dans loe latgage
des illottrLs de nos Campagnes.
Loes pronoims personnel deconjugaison du (iC-
(il(e ta'p//, l ap, lap. Il), on ap, ya p/. y 'o, se soni I'o -
ies visiblement sous 'inl'luence du l'ongbe. VNiei
d'ailleurs les pronoinms personnel de conijugai-
sons de cot idiome : m je, 'we tu, 'e, il on e//e'. 1,
nous, *mi2 vous, ye ils ou elles. Les prionolUs per-
sonnels rIgime se rapprochent au.si des premiers
nti in ou inoi, ie te ou toi, (i o nu li lui. In, elle.
'i nous, n1 vons, i eeux ou elles.










- 28 -


Les rapprochement entro cs deux group rps
de formes dans les deux idioimes sont faciles,
tant. it est vrai qu'en deformant une langiue, en
l'adaptant a son usage, un people obhit. en (d-
pit do tout. Ai une heredite l1ysvhologique linglis-
tique.
Le Corolo a conserve le pronom per sonnel sn-
jet de la premiere personnel d(u ronghe dans les
miots par example : in' prend, in' ait, m'vie, ni
vini etc. En outpe, il a pr,-id( ;i Ina formation lde
*map. wP a donna ovap. y/ a donn( e i/ap el yo, esl
souvent litteralement conserve.
D'autre part, les voyelles nasales du longilie
comine les sons de m(emi nature dui coiig) out ini-
pose au creole sa piononiiatnion. AVinsi on.i est
devenu mUb)oi, manin, manmanll tc. et les syl-
labes roulantes et dentales du firan.ais disparnis-
sent on g'n6ral couineo dans los lmots g'ad(' poi
reg'arder, prend pour prendre, [)ri pour pri('oe,
affai pour atfaires. La dental r n'e.s pas dains
l'appareil vocal de la race.
En un mot. dans la formation du creole,
1'africain et ses descendants A: SL-Doinil'que. ont
ramene le fiancais ai lenr degir6 d evolution lin-
guistique. Les categories de relation, de subs-
tance, de mode, d'action, de passion, de transi-
tion, si admirablement iendues dans la langne
de Montaigne. ont 6tc abandonnoes on coinmpile-
temont simplifies. onmmimnemennl 1'action, la pa-
sion, la transition, marques en franeajis par les lle
xions ds veres et deo leurs a nx il iires on tL rem-
placees par un simple jei des pronons suijets )on
regime dans l'indicaltion des models et dets temps.
Certains nodes et ltempns soult rinIIis par des ar-










29 -

tifles oit i'on utilise des anxiliaires du i'ongbN et
juelques tenmoes du flancais deiormoi. tels que na,
/I,;, Jo qwuI. etc.
11 y n. At rgard de la question dle linllueneo
les idiomes alri'iains sur la roriatiomn du ecoole
li11ne intoerssante 6t.iiude it i'aire, dont les conclu-
sions dlpassev'aienlt nla orlee d'iun simple pro-
Illpme de philolog'ie raeiale.
NuIs ne pouvoIs nous imaginer l quel degree"
nous so .llInes (Idas lI vl'ai, q lnd lnous disons
(qu la masse liaTtionne e.l primiltive. Son laln-
g'' niu'mne (,est cel ii des peuples primiti's.
Or, la puissance innltale do 1'inlLividu liinain
'st, en maison dil'ect des api)ports (iqu'il prtit 'll
Itrvoir ('ntr doux idces.
l' nvre d'liii c1 h ,geIl, d'un BPpl'SOl I (('itaii'-
i 1ent1 pen de valeI r)l'.ig altiq(lue.
Nusl ne considrons Ias anIoins (S honriiis,
(1onlnl(' d(le) puissantis (('ervelux par la 'onule Al0
liaiisonls i lnvellces idlc's, ponrt'lanit, vieill's f(ollnm el l milolind Q l'4ni
colisidi ie'r s(iillment. Ilans I (e P vi'' dii dl irlieri',
sonll expose d vitiOUx )i'o)l!'l" ledes lrappo)ls de
'instis t et cl de Iintellitgen'e.

IV

P Iar 'inpal' ison anix nallit~s I'ril)uis a'iicaiines
anadas, congo,(l ,' nagos ele, les 'ons ont c(`L' inii-
liieitj'Il, m aini s linl e 0utix sa l-Doiniigut'. iCol i-
mentl, expliquei"r aoi s la i'ortle ('eliliit'ol reli-
'imuse dont, ils oit, inarqu le polpl)le?'.
C'est iei (iU't"'clate to tl l iil ,i|o laincl'e ( iillt
dtsvo I_ iSt-Doiniiile. Q(L'on l v10 il 1 on 11011,











le v6du est un grand fait social de notre his-
toire. Les colons tolraient touted les danuses
bruyantes des esclaves, mnais craignaient les ee-
remonies vodouiques. Is redoutaient intincti-
vement ce culte Ai allure myvstrieuse et sentaient
confus6nient qu'il pouvait 6tre un puissant 61ee
ment de cohesion pour les esclaves. uls ne se
trompfiient pas, car c'est, du sein des ceremonies
vodouiques que s'elabora la grande r6volte des
esclaves de St-Domingue. Toussaint lui-memie,
le sut si hien que devenu la premiere autoi ite
de la colonie, il ne tolcra pas non plus ce genrie
de culte.
Les fons, pour revenir AL ces derniers, for-
maient une peuplade guerriAre et conqueranle.
remarquablement intelligence.
Ils ont represents parmni les tribus routes guilr-
rieres du Dahom6, ce que repr6sente parmi les
tribus sen(galaises, le negre hamliara. apprecie
par F'tat-major francais pour sa valeur miii-
taire.
A St-Domingue. les dahom ens, aradas, iu-
gos, fons ec., ont et les chefs i l'eneonltredu con-
go A l'esprit domestiquii. On sait, qu'il a fallil
toute lintr6piditW de Yayou. durant Ia ]>ataille
du Cap, pour empecher ceux de la hanide de
Tellier, etc. devoler au secours de RIicliamnbeanii.
D6s le 17e"0o siecle, le royauime des, fons (st
constitute avec des villes importantes: Aoomin,
Cana, Hoghonu. Allada, OLida Dahome etc.
Leurs monarques. Tacodoni. AdAhuso I, Akaba.
Agbadga, Tegbou6soun: Kfpingoula, Adaii'nso 11.
etc. de 1620 ia 1789, soimnirent a l'aitoit uriles
fons, les aradas, le mahlis. les trilbis de J uidat
et les Egha nagos.









- 31 -


Les fons 6taient, avons-nous deji dit, en pos-
session d'une ecriture hi6roglyphique que le sa-
vant anglais Skertchly et le capitaine frangais
Fonssagrives, ont dechiffre.
Cette ecriture etait hien une invention locale,
ear aucun des auteurs que nous avons parcourus
n'a essays, selon la traditionnelle coutume de la
rattacherA l'6criture egyptienne. On devined'ail-
leurs que les fons, malgre les qualities que nous
leur reconnaissons, n'6taient point arrives A
cette hauteur de conception abstraite et m6ta-
physique qui a signal les anciens adorateurs d'O-
Siris.
Cette ecriture hieroglyphique couvrait l'inte-
rieur des temples, raeontait les exploits des
monarques, les legends des vdith, en mtnxe
temps qu'elle fixait les erobyanees religieuses.
La religion des fons etait foncitrement mono-
th/isle. Mawn., I'(quivalent du grand Maitre des
vodouisants haitiens est le createur de toutes
choses, l'esprit tellement superieur aux homes
et aux vodu eux-m(mes que les fo4ns n'oit jn-
mais tent6'de Ie representer sous une formne quel-
conque. II est dans le ciel. mnawuhwe, demeure
de Mawn.
Mwvu n'intervient pas ilans la trame courante
de l'existenee des homlles, maisil les juge apres
la mort, suivant letirs I)onnes onu mutvaises ac-
tions qu'il a milutietis(ment not es. Ave I inma-
gination dli primi itif, qui tend tout ol)jec(tiver
(lails des forces eonc(r&tes le ion ditquoe chaqiue
holnille esil represeitile aulprPts de M\awun par li
baton. A line des extn-mities di l )lton sont mar-
qutes les I )onnes actions el :'l nutre les inu;l-
vaises. A la mort, le ItUoi est plaiee en e(Iiliblt'e









-32-

sur un support et selon que Fune ou 1'autre des
extremists I'emporte, 1'Ame est r6compensee ou
punie.
Les v6di, pas meme DangbU et Afa, le v6di de la
science et de la divination, ne sont des dieux. 11s
sont des 6tres sup6rieurs aux hommes,des esprits,
mais tous inferieurs A Mawu. [Is correspondent
aux anges et aux demons du catholicistne. D'ail-
leurs en fonghb, e'est le terme legba qui repond
au mot d6mon comme ( ?ye-dangfl- esprit bon-
r6pond au mot ange.
i Les bones ames vont au kutuim4n (ku morts.
lthm-sejour). oi elles sont admises ai jouir de la
presence deMawu et de la compagnie des vodli
bienfaisants. LA, elles s'int resent au sort des
hommes, deviennent de veritables saints, d'oh
importance des sacrifices propitiatoire- dans le
culte dahomeen.
L'idee du sacrifice human n'a jamais Rt6 chez
ce people le resultat de la perversion d'un ins-
tinct. Elle repondait comme chez les egyptiens,
comme chez les grecs. exeusez do peu, line con-
.eption strictement religieuse. Quand l'un de
leurs monarques, A la conscience plus delicate.
Gtuzo, don't la statue se trouve au miuste du Tro-
cadero, voulut faire lesser ces sacrifices, les pr&-
tres le firent mourir pourt sauvegarder leur
prestige.
Nous ne pouvons encore precise si les degres
di'initiation du vNod'ittismni haitien corpelsponlfent
Sidolement Ai ceux du c(ulLe dalhom(nen, bien que la
similitude de eer'tains series. noius ptusse I le
e'noire. Chez nou.s, cos degves d'initiation sont au
ioinlire de quatre: 1 le lavage de la t(te, 2u le
kanzo, 310 la prise de l'ahw on de l'n on, 40 la









- 33 -


prise des yeux. Les deux premiers degres sont
plut6t symboliques et s'adressent aux serviteurs
ordinaires, A la foule des fiddles du culte. Les
deux derniers conferent tn pouvoir et font le
N'gan. Le premier degrd est confer6 au- fiddle,
quand il est reclam& pa" les v6dh. C'est come
on dit pour mettre les loas en place. Le second de-
gre, don't les details varient avec les regions,
initie un peu plus le fiddle aux secrets du culte,
II est M'si KiAzo et puisqu'it s'agit communsment
d'une femme, elle devient. selon la valour da-
homznenne du terme asi ou si, spouse du vudu,
dasi, dagbe si etc...
Le troisiome degrO d'initiation, la prise de
l'ahwe ou de 1'acon, confere le pouvoir d'entrer
en communication avee les morts, ceux qni out
eti pendant leur vie des inities grades du eulte.
des possedes des v6dNi. Cette initiation dure des
mois, pendant lesquels le n'gan instructeur
garde 1'impetrant chez lui et lui enseigne le
language hieratique du v6dh : it lui apprend a
earlier angfjate. Nous nous reservons d'ailleurs
de rechercher dans une etude ult6rieuie la
concordance de ee language et du fotglh&. Ce troi-
sieme degree crere le sprviteur, le n'gan qui n agit
que sons la dictee des v6du ou des loas.
Le quatrimrne degree fiorme le n'gan, parfait.
les voyants, les (dit'ritD. cux qcui lisent dans le
present et dans lavenir a i instar dles pretres da-
homteens d('Afa.
V

Dans la croyanee des fons. les mauvaises ames
etaient prtcipitees par Mawu dans le corps d'un









-34 -

animal pour recommencer une nouvelle vie d'6-
preuves.
Mettez dans un tel culte l'id6e de la providence,
supprimez les sacrifices humains tout en conser-
vant les offrandes propitiatoires, vous avez pour
le moiiis les traits gen&raux de la religion juive.
Vous vous expliquez maintenant le compromise
historique qui s'est ftabli en Haiti entire le v6du
et le catholicisme;
Au dire de tous les observateurs, e'est le culte
d Afa qui a iniroduit la magie dans la religion
dahom6enne. Ce vodu est le genie de la science et
de la divination. Voici comment M" Delafosse
nous parole de son culte.
< la sagesse et de la divination, don't les preires
< pratiquent la magie. et se livrent A des prati-
i ques rappelant absolument les suggestions
< hypnotiques. Us ped'isent l'avenir an moyen
' de combinaisons obtenues avee des amandes de
L palmnes jet6es en l'air et qu'ils figurent A l'aide
t de signes geometriques. lls se servant d'une
< langue A' part que le vulgaire n'entend point et
i que I'un apprend aux inities dans le plus grand
< mystere. Enlin ee quit est au moins eurieux.
*. ils ont invenLte line (Ceritui+e hieroglyphique
a don't Skeirtehly a consi at et observe des spe-
i ecimens au temple de l'are-en-ciel D)ahonme et
bas-reliefs d( divers palais.
Et meme encore. en deliors de cela. tfous les
, syml)oles employes po)ur repr',senter les g6nies
k et letrs attril)uts ainsi quite les mois, ne consti-
, tuent-ils pas ine verilable tecriture symvbolique
( qui (d0Core les portes des palais ct des temples









'V.,


< et en orne les omurs souir 'ormne de bas-reliefs.
aLe marine auteur ajoute : Le spiritisme et l'in-
t cantation -sont en grande vogue au Dahom6.
L Beaucoup de pr'tres on plut6t de moines vivent
SA 1'ecart et surtout des femmes, jouent le v61e
a de mndi'um et mettent on communication les vi-
r vants avec les morts. Le voi a ses femmes-me-
( di/um auxquelles it fait coisul ter les manes de
' ses anectres dans les circonstances difliciles D.
II ne laut pas un bien grand elTort d'imagina-
tion pour decouvrir. dans ces lignes, l'origine de
nolmbre de croyanees et de pratiques des v6doui-
saints ha'itiens.
Les moines de Delafosse qui mettent les Vi-
vants en coinmunieation avee les morts. sont les
ancOtes de nos N gan, les femmes-medium ne
sont que los possedes de loa de note milieu. Y-
a-t-il enltin une croyance plus repandue chez nous
que sous l'inlluenee de certaines devotions, it
('onient, A ceetains. jours determines, de vivre
eluigner de la femme.
Sur los pratiques spirits et hypnotiques nous
avons encore, it est v'ai pour une autre partie
de I'Afrique, le temoignage d'un auteur compe-
tent et sePieux, M'g"' Le Hoy.
L'(evque d'Alinda nous apprend que dans cer-
taines regions de 1IAfrique, pour enteer dans une
society secrete ( le postulant doit.d'abord mn-
Schler des racines et boire une dedoection d'ecorces
L d'un arbuste que les botanistes connaissent
c sous le norm do (,1h'!/'lno./ /,'ja. : iI ne tarde pas
< a s'assoupir et A tomber dans un .tat de com-
< plete inconscience. On lui passe alors une liane
< an COI, et quand trois jours apres, it commen-
tee a reveni' a lui, le soreier' Iinvite a regarder











- dans on moreeauii ( verre flxe at venture flu
< -Boity". II v verra certaines figures qu'it doit
4 detailler. .. .
iEn verite, le fakiv indien ne faith pas mieux et
il ost inutile que nous ajoutions que dans cetto
semi-inconsc.ience de ses fac.ultes. le pauvre hyp-
ino iso verra tout ce qu'il plaira ita 'ofiiciant de
lui Iaire voir.
A ce point do note thlsee, nous ne voulons pas
personnellemnent concltire. Nous redoiinons la pa-
(role a Mr i)eln bosse.
Pour ce qiii est de la religion dahiomennne,
t dit l'auteivr, en particuilier, et mnalgr touites
* les aceilsations (qt1'0n1 pouitra Ime lancer de cher-
Selier Ie paradoxe, jo n'lhsite pas A affirmer
* qu elle appartient i la; classes .des religions les
' plus levees, parce qu'elle est, essentiellemnent
monotheiste. Et en cela. je ne fais que parta-
Sgecr l opinion dt'unent inotivke de l'homme qui
eertainement a le inieux etudie la religion
- dahiomeenue, l'anglais Skertchly.
Quelques auteirs y ont vu une religion dua-
liste, dalls laquelle Miou representait 1'esprit
dii bien et Lefflm, I'esprit dul nial. quelque chose
c* ommne le Dieu eL le liable de la religion chre-
* ti inne.
Pour moi. et cette opinion result aussi bien
des (' VConv'ersation.s fi'reqientles qute jjai eues A ce
s ijet avee des indigeincs intelliigents et des
p* irtres dits fotiicheurs. que de 1'etude de diffe-
Sorents ecrivains (Jili oWt traite eetlte question,
* j consider la r elig'ion dahonienei cnmmie
* al)solhment mioniotihiste. ne reconnaissant
i ( tilln seitl el r di\ in. .MaNoit, imais adniettait. a
* titre d'intevmediivres entire Dieu et lt-s hont-


- 6











i' mn, des etres ni divins ni humains, plus
puissants que l'lionlte et i oins puis-
sants que Dieu. des etres non materials,
' des' ghnies, des ang(es coimme on voudra, des
" vdIt, ee que ['on Iiaduit bien a tort par feticlie".
Li re A nous, ai)prs ces considerations, de
InIus laisser ecvaser sous Ie poids de la mauvaise
reputation di vt6di. Secait-ce trop dire d'affir-
nier que (citte conception religieuse represent
quel(I'ues id(ees mnotaphysiques (qui font honneur
a l'iintellig''ence ng'(re. Ge n'est pas a coup s~ir.
nil p leinotnei, I aal de voiv une peuplade pri-
1mitive a iver e' une conception monotheiste si
claire et si prev)cise. N'est-ce point ia, la plus
gra de gloive de la nation juive qui pourtant n'a
coii.u Elohi das;,e sous la dictee d'Elohim.
Cno+ religiu o, hi(erarchiste, si enveloppee de
mystoLe devait, on le coinprend. exercer une
ptuissante attraction sini les autires tribus africai-
nes repvesentees S-Domingue. Elle leur offrait
il ( corps de doctrines religieuses qui ne se re-
trouvait iA autiun degyed dans les superstitions
pratiquees par eiles. Mais en s'elargissant le v6-
dut se depouilla de ses caranet.res originels. 11 se
succhargea d e coyances parasites, aradaennes,
con Idaises. minel na'gos, caplaous. iloutdon-
gies. Le tableau que fious offrous A la lin de ces
pages. met cela en pleine lumi0ve.
Cependant. si vous nous avez faith I'honneur de
suivre avec attention not ie developpement. vous
a'e.z sanis (doute vemar(qtu, qu'en d(pit de ses crIo-
yances parasites, on pent, retrouver (en Haiti. les
lines essentielles du v6odi. simplement masqu'es
par les nouvelles croyances. catholiques (du [pays.
Nou1 noIus poem1At ;.lllo -'. el tLerm-lillai it. de -'foriiu-


3 7 -


















38 -

ler un' OVCu ; c'est de voir note soei(t( d'histoire
constitubep dans son sein une section occupee iA
mettre en relief, ce qui dans note formation so-
ciale composite, revient a l'Afrique.
Pour notre part, nous avons creuse un sillon
en y jetant A la volce quelques semences, stin
que d'autres travailleurs viendront qui feront
lever une nmoisson plus belle et plus abondante.
Malheureusement, il y a quand meme par
de lA ce qu'on sait ce qu'on ignore, et ce qu on igno-
re est peut-ktre ce qu'il faudrait essential element
savdir pour hien penser ou bien agiv.



,+..S 1









SIN`HEONR YODOU!QUE A!TIEN

Le tableau suivant fait voir. ainsi que nous 1,
disioi s plus haut, I'4Lrange inlainge subi par le
culte dahomeen en Haiti.
It renfeime, en effet, sous le noin generi(qule
de loas, des genies provenant de toutes les tri-
bus africaines qui ont A6e represciiutes A S1-l)o-
mingue, Fons, Aradas, Mines, 3ihis., Mahis,
Ibos. Nagos, Congos, etc. On y relive des genies
qui sont le produit do l'imagmiation locale.

TABLEAU


Fons, Aradas,
Legba
Damballah
Ayida-Wedo
Aguas u
Loko
Tokpoddu
Ayizan
Agbtto
Gbeji-nibii
Aviekete
Zo
Grigine
Legba-Avadpa
Gbeji-Ouessou.
Azaca-Si
Zo Mankild
Zo Mandiale
Agaou-Wedo
Loko-azamblo Pidi
aobo-gran


Mines, Bibis, X
Agovi
Adama n si- Wedo
Agaou-Tonne
Aghe-si
Bado-si
Adanhuso
Gbibo-LbI) so u
M'bo Zo-B'iati
Badd-si Ouanman
Sili-gl)o-Vavou
M'bo Aghia
Za
Gbeji-Masaka
Zofi-Badd
AgAmIa
Gbeji-Ni
Agadi-Kombl)
,. M'bo-Zila
Soba-k1es
Sobo-si


[ahis.


5









- 'It -


Fons, Aradas, Mines, Bibis, Mahis.
BosO-COss6 Kadia-Bos5
Agaza-kouesi Aga;za-kiliko
Azaka-mede Zinklizin-Vavouf-
Adime-ghidi Ouan-Ghile
Damballah-kato Damnballah Laflan-gbo


Congos,


Nagos Ibos,


Ca ngas.


Simbi-ampaka
Limba-zaou
Zazi-Boulonmin
Inglinsou
Simbi-mazambi
Seli-Bouka
Hogon Obatala
IHogou Batagri
Hogou-Yamsan
H ogou-Fer
Hogou-Mileni
Hogou-Chango.
Hogou-kankannikan
HIogou-Timal
Hogou-Dod6
Hogou-Balinguio
Hogou-llaba
Hogou Bakoule
Hogou-L61q


M'bo Nannan
H alou-Malncguia
Achade-Boed
Golimin
Ossange-kohi
Ossange-agul0 ingui
Ossange-aguenilt.
Ossange-Batagi-
Ibo souanman
Ibo-Ibliki
Ibo-Ikia nman
Ibo-LOlO
Ibo-kikilibo
Ti-Bita
Azaca-yoninbo-Vod ii
Zantai-Imede
Canga-kaplaou
NAvavonu ei...


3o de provenance hailienne
Taureau Duchine Brise
Ersulie g6 rouge Marie-Louise
Femme-cheche Guede l'orage
'Criminel-Petro Roi d'Angole
Jn-Philippe Petro... Evsulie-Balianne
... etc, etc.

















iYtlrTh





Date Due


Returned


Due


APR 01 2)09




JUN 1 4 201---


NUV 0 1 -all


-I __________________ __________________


Returned


Due




Une replication philologiq UGL
1334 D717e

3 12b2 01121 8277


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ResLib


IT IS
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IMPORTANT THAT
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