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Histoire des troubles de S.-Domingue, depuis le mois d'octobre 1789, jusqu'au 16 juillet 1791;
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 Material Information
Title: Histoire des troubles de S.-Domingue, depuis le mois d'octobre 1789, jusqu'au 16 juillet 1791;
Physical Description: 48 p., 1 ℓ., 49-88 p., 1 ℓ. : ; 20 cm.
Language: French
Creator: Gaterou
Publisher: Desenne etc.
Place of Publication: Paris
Publication Date: 1792
 Notes
General Note: Issued in 2 parts, each with individual half-title.
Statement of Responsibility: par M. Gaterau, citoyen du Cap François.
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 25928815
ocm25928815
System ID: AA00008741:00001

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This copy of a rare volume in its collections,
digitized on-site under the
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is made available courtesy of the

UNIVERSITY OF FLORIDA LIBRARY




r' -n '-p- ".w-* *-


I


7


* ,&


HIS


T O


RE


DES


TROUBLES DE


S.


-DOMINGUE;


" i


Depus Ic mols


d'octobre


16 juillet Ij79I

PR E MIt E EL I V R A I'SOX.


jusqu'aei


S4" -
, t i
*' r


'1
9A
t.








H ISTO

DES


TROUBLES DE


IR


E


S.- DOMINGUE


Depuis


/t mois d'octol re


zTy8, jusqu'au


6' juillet f179 z


Par M.


GATvrnA,


Citoyen


du Cap


Francois.


RIS


DEs ENbiE libraire ,


au Palais-lioyal ;


Chez


AtrL-L -, libraire, rue S. Houoro, barribre. act
Sergens ;
Tous les marcliands do nouveaut6s;


At au Bureau du PATRnIOT FRANoIS place du Tlid4~r
alien.


I. -


4t D LA LIBEIltT4L(


L'AN


A


PA










HIS TO IRE

DES

TROUBLES DE S.-DOMINGUE;

Bepuis le mois doctobre 1789 jusUis'a
16 juillet 1791.


A u moment oA rassemblde national va
prendre des measures pour rendre la paix
aux colonies, et pour en assure la prosp&-
rit6 je dois rapporter ce qux s est passe sOUS
mes yeux clans celle de St.-Domingue. Les
princes colons ont dcfiE leurs accusateurs
de citer des faits qui deposassent contre
eux. Mais de quel danger pouvoit 4tre une
impudence de plus, lorsque le tableau de leurs
infortunes avoit jett, toute la France dans
la consternation, donna une nouvelle force
Ux impoStures qu 'ils avoilent precedemment
accrditdes, et rappel- A -l wr avantageleur ._
prescience des- troubles qui devoient boule-.
ver.,r Saitt-Domitngue? Que pouvoient-ils
eraiEdre, hlorsqu'on se plaisoit At les trouver
*3-









plus mallieureux que coupables, lorsqu'on
auroit hai celui qui les auroit d&masques,
lorsque les v4rit s les plus convaincantes
seroient restIes sans effet?
AuJourd'hui quo ces innocentes victinme
du patriotisie et de la honue-foi se soht
tralles par deo nouveaux forfaits qu'il leur
est impossible de nier ; aujourd'hui que
tous les Francois d6sabus&s veulent con-
noltre et dtruijre les causes des troubles
de Saint.-Domingue, le r6citffid6te et sue*
cinct d'une rOvolution don't j'ai 6td t6moin,
et doxt j'ai fini par -tre victim, suffira
pour dissiper le nuage de uensonges qui les
environnt.
Ds que la convocation des ktats-g6nd-
raux fut connue A Saint-Domingue, quelques
homnmes grdves de dettes etgangr4n*s d'aris-
tocratie, s'assemblerent clandestinementau
Cap et redi&grentleursdoleances particulie-
res, sous le titre de doldances leo la parties
4u nord. Un certain nombre d'entr'eux se
rendit e Friance et les, &ats generaux
s 'tant constitu-s en assemblee- rationale
peu de jours apr&s l'arrivte de cette dfpu-
tation colonial, le cahjer don't elle &tot
Ohargde ne fut pas mis au jour ; c'toit nu









recueil de pr4tentions, les unes plus olle.s
que les autres. Un roi despite en auroit
puni les auteurs; une assembled d'hommes
libres les auroit resett s avec m.pris.
La cocarde national et quelques relations
de la prise de la Bastille, arriv*rent au Cap
dans les premiers jours d'octobre 8 II y
avoit alors a Saint Dom-riinge le, ,'giment
du Cap, e r giment du Port au Prince, et ,
environ 5oo artilleurs. Si rinsuffisance de
ces forces Avoit command.. la moderat"uo
aux gouverneurs fune colonie sitfue 180oo
lieues de la: n4tropole, peuplhe de 6o,ooo
homes libres et de 5oo,ooo esclaves, don't
les miltres pouvoient se fair un rein art
conrtre oppression, elle dut i cette 6poqe
dmterminer M. de Peinier a ne fire aucune
tentative pour gener les mouvemens popu-
laires. Les temps dtoient changes, les ei-
toyens &toientsuppos6s corinoilre leurs droits
et avoir toute Ildnergie qui nait da sentiment
de la liberty. Une neutrality parfaite fat done
prescrite aux officers militaires. On s'as-
semnbloitrdans les rrues, on y partloit satns
obstacle de la revolution franroise, on se
consultoit sur ce qu'il y auroit A fire pour
la colonie, et l'on no savoit guere &. quoi si
decider. A 4









Un cornit, don't existencec6 eoit ignore,
se montra tout-a-coup et se qualifia de pere
du people. I1 persuade qu'il representoit le
people, et tint ses prenmi&res s6ances chez
1avocat Daugy. Ce comntic 6trt conipos
des signataires du cahier de doleances, don't
je donnerai lune ,ide dans le ciours do
ce rtcit., s s'etoient 6Ius eux-memes, et
avoient. envoy en France des ddput6s (r),
pris dans leur sein pour reprdsenter la par-
tie du Inord de Saint-Doningue,
Te4le est 1'indolence et Iimp"ritie qui rA-
gnent dans ces climats, quecette corporation
singulibre part dahord un 6tab-isseme1nt
xnerveilleux ; il s'en fallout mnme de pen quou
ne lii yot At des remerciemens pour iheureux
isysltine de representation qu'elle mettoit en
pratique. On etoit efi ,de sa conduit ses
meimbresetoientregaTdes ccinoaIitantde phi
losophes; les niotssiacrs ld'4giditt et de liberty
9toient toujours danseur bouche; ils appe-
loenIt I e defiance sur les agens du pouvoir


G() Des quc ces messieurs fiirejt a Paris, ifs se con-
tcrtLe ;it avec des, colons de l'Pucst et du std et c'cse.
'a PR is quc sc fic l'lctiol d finitive des dCput' s de ia
.o depte ede lau
e u ly fc . .. ... -. ^ "' -









execuliif; enlln, ils jouoient au inmux 1a pap
rodlic de la revolution frangoise. Je connois--
sot1s lctis priEcipes, et leur hypocrisie me
lhisoitfrIemir. A quels excess ne se porteront
pas me diso is-j a oi-ieme, des factieux,
que la crdulit4 des citoyens, t l'appui "des
gens slns aveu seconderont si bien dalds
leurs projects ? En effect c'est par la _r(dualiti
,des uns, et par la vnalitd des aulres, que
les 1umes bhoniies ont occupy toutes les
places et fomient4 tous les troubles depuis

Ieurs premieres operations furent desactes
4de vengeance personelle; ils avoientadopt6.,
pour se mnettre a covert, une taqtiqte quAls
ont toujours suivie. Les circonstances 'ont
soumise quelquefois a delegers changemens,
| de foibles additions; inais e fond en a tour-
jours etd le meme.
Ces messieurs !faisolent courier des bruits
calomnieux contre tel on tel citoyen; 1ors-
que ces bruits avoient produit leiur effect, ils
envoyoientp individuellement cherci er par. uan
negre domstique () les principaux-chefs des--

(i) Les esclaves ne peyvec.lt pas ue apprels en tcmiu L
< fagc.
* ',I*









gens'sans aveun, come qui diroit rEpine, an:
cien officer au regiment de Touraine, le bou.
cher Magnan, on A1gro; ils leur donnoient
tde Fargent, ils leur d~noncoient, come
nristocrates et philantropes, leurs ennemis
personnel, eties invitoient h faire justice de
ces ennemis de la chose publique. C'est ainsi
qu'ils s'y prirent pour fire promener sur
I'Ane et meurtrir de coups Ie mdecin Ar-
thaud. Grimperel, notaire et Gauvain;,
associd de la maison Poupet, auroient subi
le m6me sort, mais is furent pr6venus A
temps et se sauv6rent dans la champagne.
Ces trois citoyens 6toient proscrits par Po-
lony, Coimeaux et le Beugnet. Le crime
d'Arthaud dtoit de traiter les malades pau.
vres avec d6sintdressement, les malades ri-
ches A meilleur inarch6 que le medecin-Po-
lony: aux yeux dn notaire Cormeaux Ie
crim? de Grimperel &toit Ja commission de
totaire g4ndral d6 laI colonie, une fortune
tonsiddrableet son reftis de signer le cahierdes.
cloldances. Le crime de Gauvain 6toit d'avoir
lav6 la tete a le Beugnet (), parce qu'l avoit

(r) Cet home cst u1n des commissaires actuclCement
SParis.









denonc4, comme ami des noirs 'Moreau Jd
Saint -Mdry, son parent; et 'on salt quo
ce Moreau de Saint-Mdry est bien loin de
nlwriter aucun reproche honorable.
Les haines particulieres continu6rent a so
manifester pendant plusieurs jours, soit par
des manoeuvres 'seniblables A celles que je
viens d'indiquer, soit par des placards qui
se trouvoient, A la pointe du jour, affichLs
A la porte de l'dglise paroissiale. Cepen-
dant les assemblies populaires devenoient de
jour en jour plus nombreuses. Les citoyens,
fatiguds des ddnonciations multiplies qui ve-
noient les t tourdir, commencerent a prendre
sur les personnel d4noncdes des informations,
d'apr6s lesquelles ils declarerent que si les
auteurs ds faux bruits et des placards 4toient
d4couverts, leur z6le modest ne resteroit pas
sans recompense. Le, commit dit come les
citoyens, parce que c'toit lu q'i "toit cou-
pable; mais son hypocrite arrete en imposa
pas A tout le monde. Neron, Coton Duver-
dier et Argoux s'avisoient de divoiler sa con;
- duite aux honnetes genls, et leurs avis ebran-
lolent d4Ja la conflance que ce monstre polii-.
tique avoit d'abord inspire. Pour dMtourner
de lui le regard public pomws venger de
4' i ^ .*:


I. f.-




* r r C -. -. .^UHHiWt;
PpA..


ses detracteurs, le comitd fit courier le bruit
qu une revolt de negres alloit eclater que
Ndro'n, Coton Duverdier et Argoux la prd-
paroient et devoid ent en tre les chefs. II n'en
fallut pas davantage; on denianda u'ils fus-
sent artets, et le conmit6les fit empri:onner.
Argoux est iiort dans les eaclhois, apres
quatre mois de detention; GCoton, Duverdier
et Neron ont ete mis en6 liberty; celui-ci, A
condition qu'il passeroit pour un fou, et qu'on
ne feroit aucun cas de ce qu'il pourroit dire;
celui-la, A condition quil pai'tiroit pour la
France. L'infatigable activity du comite4 le
service signal qu'il venoit de rendre A la
colonie, lui concili6rent tcias les comrs : il
fut install dans 1'hotel dii government et
cntour6 de la confiance gLnerale. Les assem-
lfkees po])ulaires se-terioient, t cette Apoqu e,
dans la salle des spectacles elles etoient for-
meees de citoyens libres de toutesles couleurs;
on y frondoit les prejuges, on s'y livroit de,
bonne foi A lia rEvolution, et quoiqu'on ne
sAt pas la conduire, on sembloit du moms
avoir une idee des effects qu'elle devoit
op(rer.
Le coniitf,, pour lui donner nL caract're
pus imajestueux, aet se procurer le manie-




- -r 9 &' .~.. ,.-.T~ - U - .. ., ~'


"nent des espkces, fit d6noncer I'inuendant
Marbois A 1'assemblke th6Atrale coInme vo-
leur des fonds publics. I1 fit aussi rcnouveler
la dtnonciation de Moreau de Saint-M?;r'y. La
majority d"cida qu'un dtachliement Jt trte
honunes de bonne volont6, comman!t6 par
Ba con de la Chevalerie, nembe di comite,
se rendroit au Port.au- Prince, qu'il sy en-m
pareroit de Marbois, sur-tout des caisses, et
conduiroit le tout au Cap, oft' intendant se-
roit pendu et le tr'&or remis au cominie; que
la goilette de Paouilhac, arm'e de pierriers,
et aussi de gens a bonne volont6-:iroit croiser
devant le Port-au-Prince pour enlever l'admni.
nistrateur proscrit, dans le cas oA il se sau-
veroit sur quelque frigate, et que Moreau
de SaintM4ry, donton annoncoit laprochaine
arrivee, seroit pendu dans un hacon qui-res-
teroit mouill A l'entr6e de la rade.
Paouilhac venoit de faire la demand des
vivres necessaires pour lequipage et la gar-
nison de la goelette; et I'on avoit conclu A ce
qu'ils fussent fournis par le garde-magasin,
lorsqu'un homme tout essouffi percepla
foule, pr6vient que les n6gres esclaves sont
en insurrection, et se disposent A fondre sur
la ville dans la nuit mdme. Cet avis alarmant









kevientlrobjetd'une trts-bruyante discussion g
les uns disoient qu'on vouloit empkcher le
depart du d6tachement, les autres qu'il fal*
loit se mettre sur la defensive. La derni6re
opinion pr6valut. Les commnissaires de la mania I
Tine dormtrent ordre d'ouvrir l'arsenal, et de
,ddlivrer des sabres et des ftsils; Pomerole ,
commandant de lartillerie fournit de la-
poudre et des balls, et neufh'eures du'
aoir tons les citoyens et de regiment d Cap
furent ruinis sur la place d'armes. II y'eut
illumination' g6ndrale, I'arm6e ftt rdpartie
sur les diffdrentes avenues de la ville et 'dan
les rues; des patrouilles alloient jusquaux
habitations oi tout 6toit tranquille et rei
venoient en tirant des coups de fusi. Les
esclaves -de la campagne, qui avoient ti a'l-a
luminatiorn et entendu le bruit deola ,,mous-
queterie, savent qu'ils avoentz tt Id pI
texte de la prise d'armes. cc Gomnme ces blancs
e IA sont focus! disoient-ils dans le jargon d
t pays; ils croient que nous voulons les tuer!
SEh! sans doute; nous pourrio'n Ie fire,
Ssi c'tcit n-iotre dessein; mais quen arrive-
roit-dl? Le roi se mettroit en col6re, il en-
a verroit des soldats, des canons ; les mua
) IAtres qui sont les enfans des blanes,
1.1








> prendrolent le part de leurs p&res et notiu
o serious massacres t notre tour e.
Le iungage de ces malheureux ktoit tout
nature. En Afrique, ils craignent leurs roi,
parce que ces brigands f roces les vendent.
ou les assasinent iipundment. Danrs les co.
Jonies franpioises, its craignent le ci-devanVt
roi de France, parce qu'ils sont accoutum&a
a le regarder comme le mattre absolu des.
blanks et des noirs; ils redoutent les home.
de couleur, parce qu'ils les trouvent vaiL.
lans agiles et prompts A deviner leur
pensde (i).
Aussi le comitd, bien instruit des dispo-
sitions pacifiques des noirs n'avoit ei
d'autre vue, dans la fause alerte qu'il fit
i donner, que celle d'armer ses imbicilles et
crddules ddfenseurs. Cette operation faite,
la caravane des trente se mit en march
pour le Port- au -Prince. A. son arrive ,
Marbois 6toit ddjA loin : il s'etoit embarqu6
dans une frigate aprzs avo r rendu un

( ) Ici je demand aux commnissaires de la portenddc
assemble g&%nrale, s'ils nietont que les hommes de cou-
leur dtoient desaimns lorsq1 e des sci lrats one toulcv6,
aa nom da roi, les arelicrs de la pattie 4i Uord I







( 1C )1
compete (i) public de son administration ,
et laissl A sa place Iecommissaire -or
donnateur Proisy.
Quelques citoyens du Port au Prince
virent avec plaisir le courage des trente
braves qui s'etoient flatt, s d'enlever 1'inten-
dant etles caisses a la bare dut gouverneur
et du reginment dui Port-ati-Prince! ils _letur
donnoieiit des bals' des festins, et pretoient
de l'argent LV plusieurs, qui en avoicnt grand
besoin.
En attendant, le Cap *toit dIns les transes
on y formoit des voeux en faveur de ces gi
n"reux clevaliers, qui s'dtoient devours att
salut public. Le comniitY acquroit chaque
jour plus de credit et le cahier des do-
ldances fut public. Les signataires demann-
dolent au nom du people, toutes les places
de judicat"ure pour les grands proprittaires,
c'eVt-A-dire, pour ceux qui doivent dix fois
la valeur de leurs habitations ; ils deman-

(t) II fut intercepted. Les, officers administration du
Cap en current sculs des copies, qu'ils se seroient -biel- -
gard&s de monrer. Its avoient peur de fane du comitY
cdle que j'ai lWee m'avoilt ee emmuniquee par MdAuier
4crivain principal,
doient







dolent des titres de noblesse pour leurs en-
fans I'abolition des loix prohbtives, utre.-
ment dit la facultW de vendre amx dtrangers
des denrees qui appartenoientt A leurs crdan
ciers ; ils sollicitoient en me1ne-temps .or-.
ganisation d'un tribunal d'inquisition qui
fit pr&sid' par un lieutenant de police. A
ce tribunal don't l'autorit6 ne les auroit
point -atteints -devoJent tre sounmis les v-
ritables propriitaires, les vIritables citoyens ;
c'est-A-dire, ceux qui, exempts de dettes
jouissent d'une fortune mediocre et vivent
des fruits de leur travail. Chaque page,
chaque ligne de cette insolente et crimii
nelle petition portoit le caractere de F'or-
gueil, de la tyrannie et de la mautvise fo.L
Ii seroit impossible de peindre rin digna-
tion qu'elle eixcita. Les membres du comit6
furent mandes tils diient, pour sej.ustifier,
qu'au temps oit elle avoit t06 ridigde c'eit
td6 beaucoup que' d'en obtenir le succ6s ,
et mille autres sotises de cette espece. A ces
rnots on cria 'qu'il falfoit les pendre et
d6jA 'on entrainoit dans le parterre Cor-
--ieaux et Dautgy pour les od ffer lors.
qu'un citoyen calma l'effervessence par urw
discourse, oit des moyens de regeneration




WFr~rW~flrW


plus efficaces qu'un assasinat ttolent d&
veloppds avec energie. Le people ouvrit les
yeux pour un moment II fat r solu que la
ville seroit divis6e en douze districts, et que
les repr6sentans du peuplene s'6liroient plus
eux-m4mes.
Le eCom0 6 qui toit charge de diriger la
revolution, de concert avec les comitds de -
I'ouest et du sud (I), ne n6gligea rien pour
rentrer en grace. Avant que les districts s'as-
semblassent, il insinua, par ses agens, que
flouvray (a) 6toit le soul auteur du cahier


(x) Its avoient tous trois reu la fameise lettre du con- 4
diliabule des princes colons, s6ant & Paris, en date dua
.t1 aout. Cctte ddptche etant trop connue pour qu'il soit
mncessaire de la rapporter, il me suffira d'ea caractrdriser ,
l'esprit par les traits les plus saillans. 44Par-tout atrachet
n les gens de couleur, -crivoieir les princes colons. ,Les
*o affairs ont pris ici une tournure imprivue. Le people 1
o est ivre de liberty. Interceptez cows les dcrits rdvolu-
U tionnaires. Nous sommes sous le gouvernement de la
*) populace.... 1 est question d'affranchir les noirs. Une
society dite des philftntropes, envoye des emissaires
n pour les porter a la rdyolte. Faites visitor tous les na
a vires, renvoyez en France tout cc qui paroitra sus- 4
pect, etc. etc. etc. n
(.) Rouvray roit alors en France ayec Th6baudikre,




' 'L- r r - - 'I' ( :'' 1 " ,' irIP


d&s doldnces ; qtie ses tmembres I'avolent
bien sign, mais sans y regarder ; qu'ils
&toient desoles qu'une petite negligence de
leur part les eut rendus suspects et qu'ils
bruloient du desir de se rdhabiliter dans
rdopinion publique.
Cet acte d'hypocrisie fit tine certain im.
pression sur les esprits; et le -retour de la
caravan des treute acheva d'effacer du son-
venir du people les peches du comit6. Le.
preux chevaliers furent d6cor6s d'un ruban
bleu, rayd de blanc, en reconnaissance de
leur d6vouement h6roique. Les districts du
Cap et les paroisses de la champagne s'as-
semblerent(i), et tousles membres du comit6 ,
furent 6lus membres d'un tribunal souverain, '
qui porta le now d'assemblea provincial du
nord. -

A
l'archeveque Thibauc, Laborie et autres charges come
lta de prs&etiter aux htats ge'nraux le cahiler des
doleances.
(t), Les hommes de couleur libres vot&rent dans les
assemblies primaires. Entierement occupy de sa justifica*..
tion, le commit a'avoit pas eu le temps de fabriquer
Yes calomnieux placards qui les replongteret bientot dariw
la nullite civil et politique don't its ,coientc sorts pa
IC g6ndreux cnthousiasmc du pcuple.







/ "I j







1 se forma diffdrens corps de troupes
citoyennes; chacun se donna des officers
et un uniform particulier. Le commande-
mnent giniral fut ddf6r A Bacon de la Che-
valerie. Cet honn4te homme &toit en m6eme
temps president de lassemblde provincial.
II avoit dix-huit aides-de-camp ,en habit
rouge, h paremens de velours bleu, h dou-
ble hpaulette. Lndclat d'un costume aussi
rangene 6toit rehauss6 par, une clharpe de
soie blanche A fringes d'or. C'6toit au milieu
de ce cortege brilliant que le dictateur se
rendoit au bal, aux promenades, an s6nat.
Les volontaires donn6rerit, sur la terrasse
du gouvernement, une f4te ot tons les autres
corps &teient invites sans en excepter les
gens de couleur.
Des qu'on. vit paroitre ces derniers, quel-
ques -nmenbres de rassembl&e persuad6rent
qu'il y avoit idu danger A se ml1er avec ces
gens-la ; en consequence, it fut dress pour
eux des tables particuli6res au has de la |
terrasse. Les hommes de couleur, indigns6s
de cette avanie refusbrent de s'y placer.
-Comine ils se-retiroient en silence, Bacon
de la Chevalerie s'chappe, les suit de loin,
ftttte dans rauberg qu'ils avoient choisie,





I .I


et leur olfre A diner. Vaincus par ses instan-
ces ils acceptent; et lhommedel'igalit6 (i),
apr6s avoir rbu un coup avec eux, retourne
Ah la fte. des volontaires. Le vin ayant un-,
peu exalted les ttes les membres de 1'as-
semblde, qui avoient conserve toute leur
presence d'esprit, excitoient les blancs contre
les hommes de couleur. cc Avez vous vu
s'dcrioient-ils, l'orgueil de ces gueux-lA ? Ils
sont sortish en disant qu'ils se ..... de- a
fgte et des volontaires. Aussit6t les plus .,
6tourdis se rdpandent dans les rues, le sa-
bre nud & la main ils courent apres les
liommes de couleur don't les uns se sauvent.
dans leUrs demeures, et les autres se dis- ,
posent A se ddfendre; enfin, il n'y euta er-r.
sonne de bless6.
Les factieux de assemblee provincialoe
ne manqu6rent pas de mettre A profit une
circonstaujce si favorable a leurs vues. A la
pointe du jour, en vit sur la porte de l6d-
glise paroissiale un placard qui menagoit
les blancs des homes de couleur. II dtoit


(r) Bacoa carcoit toutt Ic monda. II aVQi sas 4t
de grands Jro ets .
B ;








conyu de maniere a persuader quil venoit
des rnalheureux qni devoient en subir la
peine. Des 0ors toutes les passions, tous
les pr6juges se rnveillent chez les petits
blancs, et les factieux furent satisfaits. Ils
savoient que ces passions et ces prdjugds
4toient les liens qu'it leur falloit -pour at-
tacher les lommnes de couleur.
A exception des gens sages et clairds .
quine se min6erent de rien tout le monde
convict d'exclure des assemblies primaires
des gens qu'on avoit eu tort d'y admettre.
Leur proscription fnt preoonoce hautement
par tous les factieux et tous les petits
blancs de la colonie; et les persecutions
don't ils se plaignent depuis si long-temps,
s'accumulerent sur leurs t6tes. Si par hasard
ils se trouvoient au haut du pav6, les blancs
les en faisoient descendre h coups de pied
ou a, coups de bAton. Se plaignoient-ils aux
juges les juges &toient bien fAchds de tout
cela ; p4ais 1'assemblhe provincial leur ayant
ddfendu de sdvir contre qui que ce fit, it
halloit aller-a1'assemblee-provinciate, qui,--
elle m'me renvoyoit aux juges. Balottis
entire leurs ennemis qui ne vouloient pas
lear rendre justice, et des judges qui auroiert








( i3)
tremblM de le fire, ces victims infortundes
fuyoient les blancs du plus loin qu'ils les
voyoient venir. A peine toldroit-on qu'ils
se parlassent entr'enx. S'ils faisoient un re-
pas de famille on d'amis, c'toit une cons-
piration : les maisons ,tolent ihvesties, et
les convives tranquilles trains en prison.
Un n6gre ayant d6noncd Lacombe, mulatre
libre, comme ddpositaire d'une requkte qu'il
portoit A la signature de ses frbres Lacombe,
fiut pris et pendu, et les; signataires, assist&-
rent A son suplice, en vertu de la sentence
qul 1'avoit assassin.
L'assemblde provincial avoit 61u les com-
inandans des bataillons de n6gres et de mu-
latres libres. Ces citoyens crurent avoir le
droit de choisir parmi eux les autres of-
ficiers ; ils prtsent6rent leurs rdclama-
tions A ce suiet. La deputation fut empri-
sonn6e pour un pareil exc.s d'andace.. En-
vain demanderent -ils qu'il leur fAt an
xnoins permis d'elir edes officers blancs; iI
fut arrvt6 qu'its marcheroient sous les or-
idres de -ceux-'qui leur seroient donnds par
les 'commandans., Ainsi, des hommes qui
avoient combattu sur (les vaisseaux du roi
*t dans les arm6es de terre pour Pinddpen'r
B4









dance de 1'Amdrique septentrionale, des
soldats intrdpides qui avoient mdrit6 les
dloges du g4ndral d'Estaing et de leurs en
nemis eurent & leur tate de jeunes crdoles
sans experience, et qui n'avoient jamais vu
que la Savane de la Fossette (i).
Le systdme revoltant de calomnie et dtop-
pressionqui r4gnoit dans la parties du pord,
se ddveloppoit dans toute la colonie. Deja
le vertueux sendchal ( Ferrand de Baudi6re)
avoit payd de sa tute un acte de justice et
d'humanitt envers les hommes de couleur
de son qurrir celui d'avoir Pddigd la p-
tition qu'ils presentereat A 'assembl6e pri-'
makre dejA le mulAtre domestique de M. Du-
fort de la Jarte avoit dtd pendu par les
brjnands di Port a Prince pour s' tre
permis-de fire des remontrances a run d'eux
qui 'avoit frpp ; ddjles factieux de routes
les paroisses faisoient courir le bruit que des
homes de couleur arrives de Fraqce, et


(i- ( 4 Cecie Savane est iircu l'ewtr4 dap, d
catd de la rue Espagnol. C'cst l que les spadqssins
vont fair leurs preuvcs de travourc. 11 et,rryq qq' Is s'y
assent beaucoup de rnal. Ell tire son nom du ;imetirq
4 I d |5




JN k w .





cach4s dans les bois, y prdparoient une in-
surrection g6ndrale, don't r'objet ne tendoit
A rien molns qu'& chasser les blancs de la
colonies.
Calonmies outrages, mena4s, avilis de
toutes parts et de toutes les mani6res; les
hommes de couleur ne savojent -ou donner-
de la tete. On ne ,'ouloit pas les entendre.
Des examples effrayans condamnoient au
silence les colons honndtes qui s'intdressoient
A leur sort.
I1 4toit defendu A tout homme de couleur
libre de sortir de la ville on de la paroisse
qu'il habitoit, sans une permission par 6crit1
du comit Le cornmit nei ddlivroit cette per
mission qu'aprbs avoir exig6 du- p-tition-
naire ]a communication des affaires qui ren-
doient sa presence indispensable. Le laisse-
passer nommoit le bourg ou la ville oi. alloit
le porter, et lui enjoignoit de se presenter
au comite du lieu pour avoir son VU.
Chaque jour amenoit pour les hommes
de couleur, de nouvelles vexations. On ne
se contentoit pas de les insulter, de les avi-
lir de les maltraiter; on les menagoit en-
core de les 6gorger, pour les forcer de prendrq
la fuite. Quand ils ktoient rd6fgids dans les








( 26 )
Sois, ou rdunis sur leurs habitations pour
se d6fendre, on les accusoit de sedition, de
rdvolte, de complots contre la slhretd de la
colonie. Les petits blancs marchoient con-
tr'eu. pour avoir le pretexte de violer leur
demeure de piler leurs effects de brhler
leuirs habitations. Ces monstres alters d'or
et de sang etoient ils repousses, ils ren-
troient dans les villes ,etforgoient les co-
nitds qui ne demandoient pas mieux, a
requerir la force publique. Enfin apres avoir
Larcelh, ruined, assassin les hommnes de con-
leur leurs premiers bourreaux, les comi-
t6s les prenoient s~os leur protection (i).
t-on des hommes libres, propri4taires,
>> contribuables, intelligens vigoureux et
.T. raves se laisseroient-ils intimnider, tan-
dis qu'ils pouvoient fair I'usage le plus
v terrible de leurs avantages naturels, et

(x) On trouvera dans leurs registres les proces-verbaux
des prhtendaus violence qui leur onte e' faires ; mais
- ls se-sont bien gardes d'y consigner leurs machinations
diaboliques. La vhrit4 sera connue lorsque les honnctes
gens de toutcs les couleurs scront delivres du joug affrcux
sous lequel ils g~missent.









o glacier d'effroi les tyrans pusillanimes don't
I invincible main pesoit sur eux ? L'habi-
) tude des humiliations avoit-elle done des-
, sdch4 leurs aines, au point de les rendre in-
. sensibles A tous les outrages ? Se croyoienrit
A ils une race proscrite jet6e sur la terre
Spour 6tre le jouet ternel de l'orgueiet
: de la cupidity d'une race privilegiee et'
3 se delioient -ils de leur intelligence et du
w sentiment de leurs forces, common e d'un
a phare trompeur don't le ciel ne les avoit
6) dclairds, selon eux, que pour les entrainer
.sur jdes 4cueils o& les attendoit la foudre
)> des invulnerables demi.dieux du nouveau-
)) monde?
S. Je sais qu'une sc'ldrate hypocrisie a fait
Passer pour ignorance et pour IAchet6 la
trop longue'moddration des homes de cou-
leur ; mais que l'on se--dtrompe, et que
les princes colons n'en imposent plus en
pregnant advantage contre leurs victims des
quality qui constituent leurs vertus. La
douceur la patience, 'amour de la paix
.une confiance entire dans la justice de
leurs semblables voilt l'ignorance et la la-
cheta don't les hommes de couleur ontf long-
temps voulu subir 1'infAme reproche. Ils at-









tendoient avec impatience la formation d e
fassemblee colonial pour y presenter leurs
Cdoliances, et soe reposoient d'ailleurs sur
Fassembll e national du soia de punir les
atteintes qmu pourroieint ere portees A ta
Declarations des droits.
TLl T toit P&tat des choses., lorsque Tar-
cheveque Thibant membre de Fanciea
comnite du Cap et l'un des ddput6s de ce
comit6 aupres de 'assemble national ,
arriva de PariN, sans doute avec des ins-
trctlions particuidires pour les factieux. It
6ft re:u da.s 1c sein de 'assemblee proo-
nc&e da nord oi il eut voix d&libdra-:
thve avant detre dlu par aucun district.
Ly sauces se tenoient A hui-clos; on
donnoit pour reason le danger q-u'il y au- -
roit de traitor en public I'affaire des hom:-
mes de couleur : c'toit te Massiac de
Saint-Dompngue. LU se fo;aieit les dino.t -
clations contire Ie ministry la Luzerne ; !
se donnoi.pp.tJ places de conseiller au con-
e-- il (i ), lesommnnissions d'officier de mar

() tUn d's psteerics arres de assemble provincial
At nerd Avpit .r!wgii Ile conseil da Cap, quir 4pci .
cai conriinu par 1'Ascpble coloniaIe.




a .s4tF ~ 'C. .~4*~* - ..- - -.. -
-.


(-9)
r&chauss e d'avocat au conseil, de procu.
reur, de notaire, ec. ; enun mot', c'6toit I&
qu'on disposoit tie tout, et qu'ont prtparoit
les grandes manaxuvres qui devoient s'ex&-
cuter A Saint-Marc.
11 importoit aux facticux de reverser ou
d'affoiblir d'avance tous les obstacles; aussi
ils se tourmentoient en tous sens pour trou-
ver une occasion d'andantir de rendre ai4
moins suspects les agens du poLvoir execu-s
tif. Bacon de la Chevalerie se cliargea de
remplir les vues tie ses collgues: voici les
moyens 4ont il fit usage.
Apr's s'Atre concert avec Allegre, Idlin-
ger Ducaux Charrier, Brocas et Castilloui
le jeune, il convint avec eux qu'ai i heu yes
, du soir Ducaux et Charrier iroient cheas
M. Cambefort colonel du regiment dii
Cap, et chez M. Vincent, commandant de
la parties du nord.; qu'ils les avertiroient ,
en anmis, qu'on alloit les enlever; leur
conseilleroient de se retire aux casernes
et exigeroient, avant tout leur parole d'hon-
neuir de ne jamnais nommer les -personnes
qui &toient venues les prvenir. Itdlinget de-
voit roder autopr des casernes ; jilusqui'ait
moment o uils seroent entrds, et se joindre


-UN




y^..r^


(So)
aussit6t anu autres initids, pour aller rrvei t
ler les citoyens, leur annoncer que le r4gi-
meut du Cap se prdparoit A les dgorger et
leur faire sentir la nkcessite d'appeler att
secours les lumibres et le courage dtu capi-
taine-g6ndral Bacon de la Chevalerie.Toutes
ces measures r6ussirent. On se porta en fouled
A la maison de Lair etChaudruc, ofh logeoit
la Chevalerie ; on le somma, au nom du salt
public de venir sur la place d'armes se
mettre a la t te des citoyens.
Ce sc6l4rat voulut d'abord fair sonner
le tocsin. 11 est facile de deviner le but que
se proposoit un tel home en pregnant une
marche qui auroit infailliblement mis aux
prises des soldats persuades que les citoyens
vouloient enlever leurs chefs, et des citoyens
persuades que les soldats .en vouloient A
leur vie. Mais Gauvain, trompd come les
autres ne laissa pas d'entrevoir daris la
proposition de la Chevalerie un acte tout
au moins imprudent. I1 s'opposa de toutes
ses forces & ce qu'on jettAt ralarme dans
- la ville, et dit qu'il seroit plus- Apropos d'en-
voyer une d6putation aux casernes pour
voir ce qui s'y passoit. Son.avis fut adopted.
Dugr s et lui furent de la deputation. La








porte des casernes s'ouvrit deS qu'ils se furent
annoncds. Le regiment dtoit sous les armes;
deux canons d6fendoient Ientr&e de la cour.
.Intdrogds sur les motifs d'une prise d'armes
si suspect, le commandant de la province
et le colonel rdpondirent inginuoement que
d'apr6s des avis qu'ils avoient requs ils
A etoient mis en suiret6; que d'ailleurs ils
n'avoient aucun dessein hostile.
La d6putation les invita de' venir eux-
inemes rassurer les citoyens rassemblds sur
la place d'armes. Ils y consentirent; et pour
rendre leur demarche plus efficace, ils re-
fus6rent 'une garde don't le regiment s'obs-
tinoit A les environner, et quittbrentjusqu'1
leurs 6pdes. A peine 6toient ils arrives au
lieu du rassemblement, qu'Allgre cria quil
falloit les pendre, les exterminer. Enfin ils
parvinrent & se faire entendre parce que
les clameurs des six confident de la Cheva.
lerie ne balan0oient pas la bonne.foi de x5
ou 14oo citoyens qui n'dtoient pas dans le
secret, et qui vouloient savoir la v6ritd.
_ Aprts une explication_ assez-longue, on se
retire de part et d'autre, et le reste de la
nuit fut tranquille.
DMs que le jour part les confidens se







mirent en march dans la ville. cc Oh! di-
* soient-ils, les traltres ont manqud leur
C coup. Si la Chevalerie fl'avoit pas 1'oeil
^ tout, nous serious 'charpds dans ce mo-
r ment-ci. 11 faut ddfendre au regiment de
) prendre les armes, m4me pendant Ie jour,
to mdme pour des exercices; il faut lui 6ter
Ii ses canons, lui fire renouveler ie segment
> civique, mander les chefs A l'assemblie;
Set s'ils noe donnent pas des raisons plus
' satisfaisantes que la nuit derni6re......
>) enfin nous verrons, etc. >
II est facile d'imaginer l'effet qtte produi
sirent ces dclamations dans un pays ou
celui qui parole le dernier a toujours raison,
sur tout lorsqu'il cherche A fair le mal;
dans un pays oth les passions actives et brf-
lantes come le soleil, n'ont Fesoin que
d'ttre excites pour exalter les esprits. On i
voulut que le commandant 6t' Ie colonel
fussent mand6s & rassemblke provincial,
et qne la stance fuit publique.
Ce voeu, 6tnergiquement exprim6, auroit'em- .
harrassd tout autre que la Chevalerie. II &toit
prTidednt de I'assemblee; le people deman-
dolt des tlaircissemens sur la prie d'ar-
wes et il etoit possible que les chefs, Ca-
lomni6ds








lomnids, reprissent pour se tirer d'affaire,
la parole d'honneur qu'ils avoient done
aux perfides agents du sc6l6rat qui alloit les
interroger. Mais rien ne sauroit altdrer les
ames accoutumdes au crime les ames
comme celle la Chevalerie. Loin de redou-
ter cette espkce de confrontation que le
people provoquoit sans le savoir, elle -lui
pr'senta une occasion plus sure d'iminoler
deux victims ndcessaires aux princes co-
Ions. Le front serein la countenance assu-
rde, il prend place et announce A l'assemble
que MM. 'de Vincent et de Cambefort vont
venir rendre compete de leur conduite. Aus-
Sit6t des cris d'indignation et de fureur sd-
16vent de toutes parts : cc au rdyerhbre! au
rdverb6re (lt! ce sont des assassins. a
Sans doute, messieurs, dit la Chevaleriev
les agens du pouvoir ex-cutif sont trAs-
coupables mais il est de votre sagesse de
les entendre, et sur tout de ne pas vous
livrer aux mouvemens de la fuste vengeance
quivous anime. Ne vois tu pas, disoient les
uns, que c'est un aristocrats ? prendroit-il

(1) II faut remarquer qui'il ny avoit pas encore do
riverbere au Cap.
C







( 54 )
leur part, s'il ne I'dloi pas ? Oni rd-on-
doit: c eh bien! il faut le pendre avec eux. ,
On ne s'entendoit plus, lorsque M. Vincent
et Cambefort se prdsentfrent A la barre.
M. Cambefort, interpelld le premier, rt-
peta ce quil avoit dit A la d&putation du
champ de bataille. M. Vincent en fit de
neire. L'archeveque Thibaut se Ieve come
un furioux et les some de. nommer les
personnel qui les avoient avertis du pr6-
tendu complot de les enlever. Ils rdpondent
que ce sont des masques. Des masques on
des sylptles,, c'est A peu pres la m. me
chliose, reprend I'archeveque Thibaut d'un
ton amCirement ironique et tous les mem-
bres de faire A ces pauvres diables les inter-
pellations les plus ridicules et les plus im-
pelrin. notes.
. La Chevalerie sur-tout les persifl a-de la
mani.re la plus cruelle. 11 avoit bien lui-
lnueme disoit-il, 6td averti non par des
masques, mais bien par des hommes A vi-
sage d6couvert que le gouverneur avoit
donn6 ord.e de I'arr6ter et de l'embarquer
pour la France; et cependant il n'avoit eu
recours a aucune precaution, parce qu'un
znilitaire doit tout braver et i-t honndtu
pomnme ne rien craincre.


,1







;






'6I

*

*








(35)
Outre de ces impudenqes le conmman-
S ant tut moins patient qu M. Cambefort;
ji fit sentir au president qu'il avoit des done
ces lunimmeuses sur [intrigue don't 11 avoit
itd la dupe, et-qu'il pourroit bien hliter le
denouement d'une com.die d.ja trop lon
gue ( 1). La Chevalerie I'entendit A demi-
mot; il agita la sonnette pour l'emp4cher


(i) Lit par la parole dc'honneur, come M. Cambe-
fort, M. Vincent avoit ete oblige de dire que des mas-
qucs avoicnx avert. 1 e se seroit pas contredit; mais
en demandant a la Chevalerie quels &oient les citoyens
qli lavoient averti lui-meme il 1'auroit mis hors d'hiat
de rcpondre. Le mystery a ,t devoile depuis par MM. la
Maronnieire, Poitou et Lidgard, officers au r6giment du
Cap, qui avoieut vu sorir les pr&cendus masques de la
mnaison de leur colonel. Les t'moins furent confronts
avec Ducaux Brocaset Cherrier en sance de assemblee
provincial; et quoique MM. Legios, Dugres et autres
cices dans la declaration se trouvassent absens de la
ville, l'asembl6e du notd fut en erat de prcndre un
arretd qui en rappclanc la prise d'aimes du 16 au 17
d'cenmbre 1789, rendit justice au regiment du Cap et a
ses chefs-, dnon a- Bacon-de la-Chevalerie--.ux--tr ibu-naux- -
de justice, et d&lara que les perronnes do"t ii s'"toit
servi, avoient &:d 1'instrument aveugle de sa perversity.
Cec arret, et sA pJ it juillet i790o fat impuissanrt
Ca









den dire davatge ; s'lnant devant la
table des secrktaires, iA invita les citoyens
A tout oblier et embrassa oui, ii eam-
brassa MM. Vincent et Cambefort, qui recu-
lerent d'&tonnement et d'horreur. II fit plus,
il d~tacha de sa boutonniere le ruban bleu
et blanc don't le comit6 ?'avoit d&cor6 en sa
quality de capitaine de la caravane des trente,
et forqa le colonel A l'accepter, comime une
marque particuli6re de son affection. La
salle retentit d'applaudissenlens. La stance
fut levee; le people sortit penetr6 d'admira-
tion, les accuses tout 6bahis, et1'enchanteur
la Chevalerie en se mordant les l&vres.
Quelques jours aprs on se douta que QA
le baiser n'avoit pas tout A fait expliqu6 les
motifs de la prise d'armes du rnginent. On
etoit un peulionteux d'avoir applaudi A une
pikce ou 'on avoit ote jo6; et sans revenir
ouvertement sur ce qui s'&oit pass, on
disoit qu'il seroit prudent d 4pier la con-


'ehgard de la Chevalerie. 11 eroit alors depute a assenm-
blWe colonial de Saint-Marc, et tous les tribunaux re-
.urent express defense d'accenter a~ inviolability6 de cet
honorable anembre.






37)
duite 'lu capitaine-gendral, aussi blen ,ue
celte des agents da pouvoir ex'cuti "
L'assemblee profit de la. dispositlori des
esprits, et se fit forcer i demander que les
forts fussent remis aux troupes pat iotiquer.
D'un autre cotd, 1'archeveque Thibaut 6tant
en guerre (i) ouverte avec la GCheyalerie'
fit travailler les grenadiers patriots, qui
vinrent a l'assemblde Ie sabre a. la main ,
demander la cassation de 1'6tat- major ge-



(0) Deux jours apres la seance du baiser, ilseurent,
au sein de I'assembide, une altercation trs-vive. Lnrche-
i veque Thibauc accusoit la Chevalerie d'avoir ch'erch &i
le fire assassiner. C'est roi ,-rqalheurcuxl qui en veux a
lines ours repondit la Chevalexie. Enfin apres s'Otre
mutuellement -accablds d'insultes, ils en 6toient au point
de se prendre aux cheveux lorsque I'aide-4c-ca.mp Ld-
pine ( le mime don't j'ai parld dans I'affaire d'Arthaud).
entra 1'pdce a la main, et vouluc en percer I'ennemi de
son gn-.ral. L'assemnbldele .dnonga aux ctibunaux. D'-
crte& au corps, il fur oblige.de fuir, et crivic une lectre
datee de habitationn Grammont. I1 y faisoiixdes excuses
A l'assemblde, et lui prometroit de lui faire connoitre Ic
Mahomet, si elle vouloit taire grace au Seide. Mais les
Slides n'etolent pas rarcs et il, eut e6e iMprudcnt d'd.
claircir des faits dans le seas dc la rdvolddon de Saint,.
Dominguc.
03



1 1 *1 -.. C } ^ .




- ..-.. . .... .---- - f .... .


Les forts fuaent livr6s aux citoyens. Bien-
t6t, harasses de fatigue, ils pribrent le re-
giment de les re ptendre; ce qui n'amusa
pas l'assemblie. La Chevalerie et tout son
6tat-m ijor furent casses.
L'archeveque Thibaut remplit un double
objet par cette manoeuvre. Sans compromet-
tre la coalition don't il Atoit I'ane, il r6dni-
si'au'neant un home qui tentoit de s'en
s~parer tun homme qui auroit debauch6
les troupes de line, &conduit les citoyens
pounr syrr- compte particulier (tandis que la.
coalition (1) avoit jett6 son d6volu sur toutes


(i) A Saitt-Domingue -on a 'mis en usage les momes
rnmyens qu'en France 'pout o'per des effets,contrJiies.
Les Frafi"oii d'Europe" tnt mis de leur cote 1'arm6e de
ligne pour 5onqurir la liberty. Les assemhides, Ics mu-
nicipalitis coloiates 'et leurs agents onr gagnd Ics troupes
de line pour opprimer les anmis de ia liberty, ec pour
les fotrer i desirer ce qu'ils appellent uine conire-rc-
volttion. Mais q,'eivtendenr-ils par centre-s ivolurion, ces
princes-c6lenI- si habils a@n politique Est-cc le passage
du mal au bien comme'en France, ou Ie passage du mal
au pire come _Saint Domingue ? Si_ cette derniere
definition es;celle qui kIur.convient s'ils ne peuvent
disconvenir d' loir rdge&ndr la colonic danis le' sens de
ccttc definition, certinacment !'armee des blancs et des









ces forces), et fait servirson influence an
succ(s de son ambition particiuiere en
ineme-temps qu'il se vengea de linsulte per-
sonnelle qu'il ern avoit reque.
Quaelques semaines fureat encore consa-
crees par I'assembl)e du nord ~ fortifier le
despotisne de la peau blanche, par de nou,
velles calomnies centre les homes de cou-
leur, a s'emparer des caisses fiscales a ra-
nimer la surveillance des commissaires de



homes de couleur libres reunis dans la parties de forest,
cst une arnec de contre-revolutionnaires.
L'horreur soul ve mon ame, lorsqe j'entends ces 1
ches imposteurs, toas converts du sang des victims de
leur aristocratic se qualifier de patriots dire qu'ils
aiment une constitution qu'ils drestent, se plaindre d'uni
revoke de noirs don't ils ont te l' a .premiere cause, rp-
peler des assassinats don't its ont donn6 l'excmple; d'autrant
lus effronres, que lPeloignemenc de Saint-bomingue ''
caprivit des honnetes gens qui l'habiient les measures
iu'ils prennent pour intercepter leurs gemissemens les
faissent sans contradicteurs dans Ie moment fe plus d6-i
cisif pour les colonies. Le ciel ne fera t N pas justice
de ces monstres a figure humaine, lorsqu'ils en imposent
a toute I'Europe et qu'ils se trahissent eux-mdmes im- .
punemrent ,
0 '4








40)
rde (1) le zdle des comitus de la colo-
me a s'entendre avec ces derniers sur les


(i) Les comimssaires de rade se transportent a bord
de toas le. navires des qu'ils sont signals a la Vigie.
hs out otdre de ne laisser descendre a terre aucun home
de couleur venant d'Europe, de visiter les malles, d'es-
corter jusqu'au bureau de police, les pascagers et le sac
aux leires. Celles qui sont adressees a des citoycns d .
couleur 'ou a des blancs suspects d'attachement pour
eux, spnt ouvertes er confisquecs par le bureau de po-
lice. Lovrqu'elles ne patirlent en rien de la revolution, on
y met, ve Ieon et le dircteur de la post est autorid
a les distribuer. 11 est rare qju'lles soient retirees. Plusieurs
blancs se sonr plaints de certe violation de Ia fbi publique;
mais I'assembitJe du nord a pris une devise qui ferme la
bouche a tout eI monde : Salus popudi supreme lex esto.
11 n'y pas d'horreurs, pas de forfairs don't l'abominable
abus de ces nots sacras n'ait assure I'impuaird depuis
1789. Cestr au nom du salute du peuplk que les citoyens
sont. emprisoonns, yols, embarques pour la France, as-
sassin's ou reduits au disespoir.
Pour cacher aux yeux des commrnissaires de rade tous
les jCunes gs etns ourdis, mais braveset honnedes, la bas-
jesse du robl qu'elle Icur fait jouer, I'assemblde du nord
Scur a permis de porter un uniform a- peu-. prts semblable
a cclui de la marine angloise, avec tune paulette d'ar-
gent. Comme leur age n'est pas celui de I'experience et
de la raison, mais bien celui de Ia gloriole, du plaisir




- ~Ad ~J... ~ ~4 ~M~i ti,... flAW-.~', ~.a jVrTff~


(41)
m nesures & prendre pour loigner des assem-
bldes primaires les aristocrats (1) afn de
rdunir darts 'assemblee colonial les honm-
mies les mnieux p6netri des bons principles
& entretenir les ddfiances du people contra
les agents du pouvoir executif, a tenter la
seduction du regiment di Cap.
Le comit6 dt- Port an-Prince ,celui des
Cayes de Ldogane, de Saint-Marc, en fai-
soient autant tie leur c6t6.
Tant de soins ne furent pas perdus. Les
factieux parvinrent h se faire 61ire d6put6s
A l'assembl6e coloniale dans presque toutes
les paroisses de la colonies, et voici com-
wnent: chacun des prdtendans avoit dans sa
paroisse ou dans son district, des gens affi-
des, (de ces hommes don't la paresse et les


et de la fougueides passions, il seroic difficile et peut-
Ftre trs. dan.gereux de chercher a les convaincre que,
sous un habit qui flare leur vanity, is exercent des
functions qui les feroient rougir, s'ils y rdldchissoient
un moment.
(i) Les aristocrats sont Saint"Domingue, les ne-
gocians a qui it est beaucoup di, les habitans qui ne
doivet trien les homines de couleur en 'n mot tous
ceux a qui convient It regime dc la liberty.




wyvi W)W6-nii~a C Ww' : 1v - Yt ** r." -". -I.-^ ^ h -.,-, ... ... -. -.- V -y-r y^..^^ ^ .^ ^.,


(42)
vices d6gradent Pame, et multiplient chaque
jour les besoins) et leur remettoit la liste
des bons citoensles phlus propres li exprimer
la volonte gdnerale. Cette listed 6toit prdsen-
t6e t I'assemblee primaire ; si quelqu'un y
trouvoit a redire, 1i etoit mis a la porte.
Ceux qui vouloient tre libres dans leur choix,
se retiroient bien vite, de crainte qu'il ne
leur en arrivAt autant, et les gens sans aveu,
restant alors maltres de la place, donnoient
alors leurs suffrages aux factieux.
Sur les cinquante-deux paroisses de Saint-
Domingue, il ny en a pas huit oh les elec-
tions ne se soient pas fates de ceLte mamAre.
Les habitans des campagnes voisines du
Port-au-Prince instruits des violence exer-
cees par les petits blancs contre I'assembl6e
qui se tendit A l'glise paroissiale de cette
ville y descendirent en armes pour retablir
l'ordre; mais les perturbateurs du repos public
avoient d6dj choisi leurs repr6sentans A 'as-
sembl6e colonial.
A peu pr6s A la minme epoque, le comitd
de Saint-Marc ordonna aux-hommes-de -co-
leur de PArtibonite, edo prendre les arines
pour une second prestation du sermient civi-
que. Ils ob6irent, et on leur lut la formula




I


(43) .
suivante : e jure d' etre jfdele I Ia nation "
Sa la loi et au roi, d'dtre soumis et respect
tueux envers les blanks, etde werser pour
eux jusqu'at la dernibre goutte de mon sang.
Un d'eux sortit des rangs et dit que c'4toit
bien assez que de prdter une second fois
te serment constitutionnel, le serment des,
hommes libres,; que les citoyens de couleur
ne jureroient pas etre soumis a des capri-,
ces, des volontes particuli6res; qu'ils ne
iureroient pas d'dtre les esclaves de leurs
6gaiux. Le commandant du quarter, appela
la mardchauss4e, qui se saisit de l'orateur,
et le conduisit dans' les prisons de Saint-
Marc.
Les bhommes de couleur ktolent en nom-
Sre stuplrieur A celai des blancs; cependant
Sis ddvor6rent in outrage qui les atteignoit.
tous ,et pr6t4tent le serment prescrit: mais
| leur bouche sedlel 'prononca des paroles que
I'amour de la paix leur arrachoit. Apres avoir
Sreu -de leurs tyrans les marques de, satis-
I faction les plus humiliantes, ils se retire
rent paisiblement..
Le lendemain, ils envoyarent quatre den-
* tr'eux A Saint-Marc pour y solliciter ldIar-
gissement de leur fr6re, et le pardon de son


q .







( 44)
imprudence. La deputation fut arrt4e et con-
duite en prison.
Cette nouvelle alluma indignation dans
leurs ames; ils s'assemblrent ,sur une sa-
vanne avec le dessein d'envoryr une autre
deputation; mais apres y avoir rtflechi, ils
renoncrent A cette deinarche, et se sepa-
rzrent le cour dkchird par la douleur et le
d6sespoir. I
La peur voit toujours les objets A travers
an microscope. Un voyageur qui les avoitf
vu rassemblhs, court A toute bride vers le.
comit6 de Saint-Marc. II y d6clara que les
homnmes de couleur, au nombre de 8oo (i),
6toient sous les armes dans une savanne, et
pr4ts Ai marcher centre Saint-Marc. Aussi-
t6t on crie, aux armes Le comit6 d..d.che
des couriers aux assemblies du Cap et des
Cayes, et au comity du Port-au-Prince, pour
leur demander de prompts secours coiitre
une insurrection d'hommed.4e couleur.
Toute. la colonie fu.t p6trifi6e de terreur;
par-tout les assemblies et les comit&s fai-
soient prendre les armes. Le Cap partagea.


(4) Its dtoient 90.









ses forces avec le comitY de Saint-Marc, qui,
en attendant, avoit double les patrouilles et
port des d6achemens sur les avenues de
la ville, pour arreter les entreprises d'un en-
nemi qui n'existoit pas.
Le bruit d'un aussi grand movement par-
vint jusqu'aux homes de couleur. Ceux de
'Ardibonite sur-tout, en m~me temps qu'ils
apprirent que less patrouilles en avoient ar-
ret6 plusieurs qui vaquoient paisiblement A
leurs affaires requrent la defense de sortir
de leirs maisons, sous peine de la corde.!
Etonn&s de tant de d4marches et de pricau-
tions, ils ne purent bientot plus se dissinu-
ler qu'ils en 6toient 'objet; des files de con-
lears, A qui des blancs avoient fait des con-
fidences indiscr6tes, les firent avertir qu'on
avoit rdsolu d'exterminer toute leur race, et
I'on voyoit ddjda haut des mornes les blancs
avancer dans a champagne.
Effrayds, perdus les hommes de couleur
prennent la fuite; les uns violent dans la
parties Espagnole, les autress'enfoncent dans
les bois; ceux don't Page ou les infirmits--
rallentissoient la course, sejettoient dans les
pieces de cannes, lorsquils sevoyoient sur
le point d'etre atteints. Qes derniers, dnon-


WS









( 46)
c6s par des noirs esclaves, 6tolent entours ,
fusilles sans misericorde, et leurs tetes san-
glantes portees en triomphe aux antropo-
phages du comit6 de Saint-M'arc.
Quand ces tires altar&s de sang recevoient
d'un oeil sec ces horribles offrandes, ils sa-
voient bien que les victims n'avoient pas
L6t coupables; mais pour comble d'atrocite,
ils m(ditoient froidement un nouveau forfait
qui It'gitimnt le sacrifice. ils rdpandirent qu'il
y avoit r6ellement eu un attroupement d'lom-
mes de couleur sous un chef, A qui ils don=-
nArent 1e norm d un mulatre qi n etoit pas
ans la colonie (i) promettant une some
de 5o portugaises a *elui qui en apporteroit

(;) Qui les auroit dementis ? est-ce la coalition face
tieuse doit is faisoic- n parre est-c, la pca.a aeug
ct cruelle qui lcs avoit servis ? esi-ce la race inforuinSe
qu'ils tiennicut sans cesse centre es cachots et la mort t
est cc le peu d'hommes sensibles qui se crouvent parnm
its blancs de Saint-Domingue, et qui' dans cc pays d'hora
reaws, sont condamnins a verscr en secret les larmes qu'ils
donnent-a- --humani6c gemissante ? D'ailleurs-,-les-princes
colons n'ont-iis pas, depuis 1789, emp."chd la descent
de tous les hommes de couleur venant de France n'ont-
"is pas intercepts leurs lcttres al arrive ct au depart.
i ont-ils p:'.s interdit la France a ceux qui vouloient y venir








(47)
la tete. II est des sc14rats sops toutes les
couleurs de respece humane, Un mulatre,
aninm6 centre un de ses voiins par la haine
]a plus implacable, lui tranche Ia tte aid6
'de ses esclaves, et Papporte & Saint-Marc,
o1 4l recoit le prix d'un crime qui iritoit
deux fois la mort; et tandis qu'on procla-
moit par toute la colonies que le chef' de la
pr&tendue insurrection i'existolt plus on
retenoit dans les fers, come chef de cette
pretendue insurrection, Iq sieur .oly ()
thomme de couleur de 1'Artibonite d6nonc6
par quelques muaitres anauvais sujets et
Sj aloux de son immense fortune.
Le second jour de cette chasse d hommes,
| faite par d'autres hommes une patrouille
de Saint-Marc avoit rencontre, a onze Ireutres
du soir, A Pentrde de la vile un inulatre et
ses.deux enfans, ages de sept et reuf ans,
qu'il ramenoit de la champagne; elle avoit

sous pretext de mauvaise sante mais recilei.ent pour se
plaindre a rasscmblde national I n'ont ils pas innnole
sur les echafauds ccux qui demandoient'cexdcution des
d.3crets I
(i) Je diral plus loin sur quoi s'cotienr fondes ses de-
nonciatetrs et ses geolier et par quls woyens ii rec
couvra sa libertY.










crMd qui va a~ ? Le pauvre home effray6
dlans ces circonstances terrible ou rencon-
trer un blanc, c',toit pour un mulAtre ren-
contrer la mort, avoit pris ses'enfans dans
ses bras et cherch6 A les sauver en fuyant.
ll tombe avec eux sous sept coups de fusil
tirds la fobis. Ce crime fut impuni come
tous les autres.
Un detachement devingt-cinq hommes fai-
soit des recherches chez tous les hommes de
couleur de la champagne. Arrive chez un mu-
Iatre tres-riche de la petite rivibre, il ne trouve
que deux enfans qui, voyant venir cette
horde menacante, se mettent a crier eta A
fuir vers la mason. -On 'crut qu'ils alloient
avertir leur p6re et six coups de fusil les
arreterent sur le seuil de la porte. Le pere
s'toit r6fugi6 dans les bois depuis le com-
mencement des inc des petits blancs.
Tandis que Saint mare et ses environs
ktoient inondes cdau sang des homes de
couleur', et qu'on les persdcutoit dans toute
la colonies, le LCap procddoit a la formation
do la municipality et les d4putes A l'assem-
blhe colonial se rendoient it Saint-Marc.
j