Rapport de Philippe-Rose Roume, sur sa mission à Saint-Domingue, en qualité de Commissaire-national-civil

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Title:
Rapport de Philippe-Rose Roume, sur sa mission à Saint-Domingue, en qualité de Commissaire-national-civil
Physical Description:
75 p. : ; 19 cm.
Language:
French
Creator:
Roume, Philippe-Rose
France -- Convention nationale
Publisher:
De l'Imprimerie nationale
Place of Publication:
A Paris
Publication Date:

Subjects

Subjects / Keywords:
Slavery -- Insurrections, etc -- Early works to 1800 -- Saint-Domingue   ( lcsh )
Insurgency -- Early works to 1800 -- Saint-Domingue   ( lcsh )
Blacks -- Early works to 1800 -- Saint-Domingue   ( lcsh )
History -- Sources -- Saint-Domingue -- 18th century   ( lcsh )
Politics and government -- Early works to 1800 -- Saint-Domingue   ( lcsh )
Colonies -- Early works to 1800 -- France   ( lcsh )

Notes

Bibliography:
Documents: p. 51-75.
Language:
Text in French.
General Note:
Cover title.
General Note:
At head of title: "Convention Nationale".

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Holding Location:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
oclc - 502092377
ocn502092377
Classification:
ddc - 972.9403
System ID:
AA00008738:00001

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de 'Commfja4re ak,


CITOYENS,


Js vais fire e rapport d'une important mifrion
remplie pendant plus de cinq tois, au noml de la
Frai ce par un feul home a Saint Domii ,gte;
fpon language eft celui d'un R ipublicain qui ne fai
diflimuler ni fes fautes, ni le ben qu'd croit avoil
fait.
Une loi du xit fivrier 1791 ordonnoit renvoi. d6
trois commiffaires charges de maintenir lordre & la
tranquillite publique a Saint -Domit gue; diflerentes
circonftances ei ont retarde 'execution. Les premiers
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commifaires choifis ayant donnc leur d*miflion
Ie miniftre Thevenard les remplaga par Mirbeck,
Saint-Ldger & moi; notre nomination eut lieu dans
les premiers jours d'aout de la meme annce 1791,
Le patriotifme connu du vertueux Thivenard ne laiffe
aucun doute fur le notre; & certes, A cette Cpocque
il ne falloit pas avoir les prcjugds admis jufqu'alors,,
pour fe charger d'un emploi defendant du pouvoir
extcutiffans y tre autorif par le roi. Notre million
n'offroit que des dangers & des difficulttCs, puifque
nous devions faire exdcuter, dans la plus confid rable
des colonies, i.e decret du ix mai en faveur des
homes de couleur & negres libres.
Prets de ny qs en'barquer a Breft, nous fmes
retenus par unf dcret rendu d'aprl s des nouvelles de
Saint- Domirigue; la conflitution s'acheva, flut ac-
cepte & le miniftre retira nos premieres commif-
fions, pour nous en donner de nouvelles fignees du
chefdu pouvoir ex&cutif.
Parties de Breft le 27 oa&bre nous arrivames au
Cap-Franqais Ie at novembre 179t 1 nmai, au lieu du
ddcret dut1 mai, nlous actions charges de faire executer
celui du 24 fepterbre qui accordoit aux aflenmbles
roloniales & au roi le droit de rtgler Fetat politique
des honmmes de oouleur & A gres libres.
Je ne repiterai point le rapport qiue fit Mirbeck
I raffemblee nationallele 126 mal denier bon y volt
dans quel etat nous trouvames la colonie Ves moyens
que nous comptions employer afin de la retire de cet
dtatddfaftreux; nos premiers fucc s; les oIbflacles que
nous oppofbit wi0 aiiemblJe coloniate qu'aveugloient
adesprdtjgeslocaux i lsjes junoes mofs quidtl ermiierent
Mirbeck & moi, qui nous trouviois feuls au Cap,
a prendre un arr'te eII7 mars 179, al' effect de paffer
lmm(diatement en F~ance pou fare coninoitre les


4*
A








maux de Saint-Domingue, & propofer les rem"des
a y appliquer.
Je ne repeterai pas non plus le compete que rendit
a la meme affemblee national Saint-Leger le 2 juiI
dernier; on y reccnnott le zele, les talents & le cou-
rage qu'ila dcployds dans la paitie de l'oueft Saint-
Domingue.
J'atteflerois ici la verite des fats contenus dans ['ua
& lautre difcours fi mes collogues n'avoient eu fioin
d'en fournit les preuves.
Les citoyens charges de millions femblables a
la n6tre n'avoient jamals pris que le titre det
commiffaires civis ou cetui de commiffaires du
roi; mais nous, qui n'dtions pas du choix d'ua
rol & qui voulions porter au nouveau monde une
majeflueufe idde de la majefti des peoples, nous
primes le titre de commfinaires nationaux- civil
& Mirbeck fut celui qui le propofa.
J'appris le x 1 avril derier. par des lettres de Saint-
Leger, qu'i avoit, de fon oktd, rifolu de pafler cn
France, & qu'il etoit deja en route; c'eft a dater du
xnime jour 15 avrilt qua je pris feul fur ma refpon-
fabilite exercisee des fondions de la commiffion
national comme je Pai fait jufqu'au 17 feptembre
que font arrives les nouveaux commiffaires Polverel0
Ailhaud & Sonthonax.
Mon rapport contiendra les motifs & Iexplication
de maconduite pendant ce laps de temps; mais, laiffant
a 1'cart une multitude de dItails & d'incidens, je
ne rapporterai de mes operations que les chofes qui
peuvent interefler en France.
J'ai dit que Mirbeck & moi avions arritd de paffer
& Paris: cet engagement a ete fatisfait de fa part ; j'y
at manque je aois par confiquent me jufifier.
Lorfquenotre arrete ft pris le 27 mars itexilQit:
u.... P.* '2 i 'i A 3 -









dans I'aflemblde coloniale de Saint Domngue, un i
parti ii majeur & fi bien foutenu contre la commirf
fion, qu'elle fe trouvoit enticement paralyfie fans
qu'il nous part polible d'y remedier autrement,
qu'en inflrulfant nous memes l'affemblte natio-
nale de la verite des fats ;, te part don't je parole,
compof" des menbres qu'aveugloient leurs pre-
juges contre les hommes de couleur, nous abhor-
roit, parce que nous ne ceffons de rep ter que le
falut de la colonie deiendo't de la reunion de tous les
homes fibres, laqunlek r.'nion ne pouvoit s'eff:-far
que par la fixation des drolts po;tiques des nommes de
couleur. Un autre part beaucoup monis nombreux,
& prerque toujo:rs hu" par les ga!eres nus faifoit
accroire que s'il oTtenoit ia maitoiht, nous lui ver-
Iions prendre des rbfolutions convenahle5 au bonheur
du pays. Mes colltcges & mol regardions ceux du
premier farti come des ftieux &oceux du second
comme des anms de l'ordre.
Mir&eck me laita, e prettier av il a huit here du
foir pour mettre la voile le lenleman de grand
mrati, coimme it le fit & je devois pIrtir le 4 du
ineme mois; une here apres quil m'eut qutt, )Dumnas, .
membre de Paflemblie ," m'apprit que le palti des
amis de 1ordre, don't it toit ie ch i f, fa "t de grand
progris, fe flattoit d'avoir bint- t la preponderance,
& pouvoit d.ia tenir tte aux fatieux. Je compri que
ce chlangement inop e provenoit d'une coalition
de ce parti avec tous les amis d, l'ancen r~ime; ie
jug'. a d'apres cela quit me devenoit indifpenfable de
refler pour ddiouer cette ligue nai;hnte, & empicher
qu'iI n'arrivat a Saint-Domingue le mnme evenement
qui vient de fe pafler aux iles du vent.
Le plan qui convent a ma position, que fadoptal
que i'ai filvi conftnrmen.t & qui r-ttiiit routess rnes
operations en un fyfleme compIet, ce plan fut de re-


t ,-








donner la commifion I'influence morale qu'elle avolt
originairement eue, & que la fauffe politique de l'af-
femblee colonial lui avoit fait perdre; it fallout, pout
y paivenir, que je faififre les occafions de ddvelop-
per un grand caraftre, que je m'expofaffe toutes les
fois qu'il y auroit lieu entire la France & la colonies,
come entire les faflions interieures, & fur-tout que
j'empchaffe un engagement gdncral dans la ville di
Cap; engagement don't le fucces, quoique douteux
relativement au patti vainqueur, produiroit neceflai
rement, foit une contre-rcvolution, ifoit la forma-
tion d'une nouvelle Guinde, ou peut-etre ces deux
etats 'un apres I'autre; it fallout enfin qu'un feul
home en imposat par fa fermet fa prudence & fa
conflance a la colonies de Saint Domingue; ii et
inutile d'obferver que favors d'abord con9u ce plan
pour etre execute par Saint-Leger comnme par mo.i
Avant d'aller plus loin e dirai pour ne pas ca-
lomnier les habitans de Saint-Domingue foccafocaio
des contre-rCvolutionnairet don't je parlerai fouvent,
qu'il faut difinguer les trompeurs & les trompes.Les
trompeurs vrais contre-revolutionnaires voudroient la,
comme ici, le bouleverfement de la France, afin de
retablir iancien fyftlme monarchique & ariftoccati-
que, matns its empruntent ordinairement le language
d'un nombre considerable de citoyens qu'ils tronpent.
Les citoyens trompes aiment de bonne-foi la revolu-
tion, & feroient d'excellens patriots en France; mais
ils croient que la conservation des proprictes cooto
niales eft incompatible avec 1'exiflcnce des corps
populaires; & ces citoyens ne fentent pas qu'au iietu
de fervir la colonie ils ne font qu'augmenter le nom-
bre de fes ennemis: car ce font les vrais contre-revo.
lutionnaires, ainfi que vous le verrez ci-apres, qui ont
trame la tevolte des figures du nord, & xfmente la
A4








8
guerre civil des blancs & des citoyens de con-
,eur.
Je reviens a ma resolution de refer a Saint Do-
mingue; j'en fis part des le 2 avrit au miniflre eer-
trand; mais ecrivant a ce minlitr, je ne pouvois tui
prefenter que des lieux communs I la place de nies
motif & de mon plant; je me deliois tellenient du
miniflere de ce temps- la, que je crus devoir encc-urir
fa malveillance, en nmadreilhnt au president de faf-
femblee national, pour inflruire des envois des
pieces que je faifois au department de la marine.
Je vais expliquer la nature de ces pieces,& les
motifs qui mnengageren t a les envoyer.
Des commifaires de l'affemblee coloniatc, au nom-
bre de fix, parties le 31 mars,alloient enFranice peindre
les hommes de couleur & nigres libres fous des
traits fi odieux, qu'ils fe flattoient d'e provoquer la
deflrudion total. Je favois que parmi ces hommes
rouges & noirs, il s'en trouvoit de bien coupables,
mais que la trs grande majority d'entre eux etoit
digne deftime; & je favois qu il fe trouvoit egale-
ment des coupables parn les blancs: notre fecreta-
riat contenoit un grand nombre de preuves authen-
tiques de Fune & I'autre verit. L'affemblee colonial
connoifoit ce depbt de pieces contradi&oires, &
ddja fun de ces membres avoit propof& de le fire
enlever, fous Ie pretexte quit appartenoit a la co-
lonie; la mnime motion pouvoit fe reproduire avec
plus de fucces, iit toit plus vrailemnblable encore
que le commifaire & le fecretariat ne tarderoient pas
Sctre detruits par un people trompF qcu'o enflam-
moit tous les jours, en m'accufant d'ete I',:ilaire
des amis des noirs. Ce furent ces confldedrat ns qli
n'engagirent a tranfmettre au minifte nos pieces ort-








9
giales, accompagnIes de notes & d'6tats pour en
faciliter examenn.
Lorfque j'eus appris le depart de Saint-tLeger, fen
inftruifis a'aflemblee colonial, qui me fit une reponfe
d'un laconifine infultant.
Sa rdpoife me donna des forces irrdfiflibles, puil
qu'elle infltuoit ia France don't je me trouvois 'or-
gane. Rcfolu de forcer les reprdlentans de Saint-
Domingue t reconnottre la commillion national, je
leur dcrivis, le 17 avril, une lettre don't voici rex-
trait:
a de douter, Meffieurs, que vous ne vous flattlez
d d'avoir fuffifanmmcnt avili la commiffion, pour que
je doive la rdduire a une entire & meprifable nul-
SJ'ai I'Phonnetur de vous observer que ni vous ni
moi ne pouvons porter atteinte a des pouvoirs na-
) tiona::x & royaux, &S que je naurai jamnals a la-
C chete de vous facrifier les droits de empire fran-
ais.
La nation, la loi & le ro commandent en con-
a fiquence, par mon organe a Iaffemblie coloniate
de la parties frangaife de Saint -Domingue, de re-
i connottre catihgoriquement & authentiquement a
la commiffion national civil a&uellement exifl
tante dans la colonie la plenitude des pouvoirs qui
lui font d'lIguds.e
0 Ce-fera, Mefiieurs, d&apres votre reponfe, que la
commiffion iugra fi elle peut encore traiter avec
des Frangais fboumis Pautiorite-nnatonale, ou s'il lui
s faut tre dans la douloureufd nd.celit' de ne'plus
) voir en vous qu'un raffemblement de fa&ieux e.
L'affembhie colonial, -trois femnaines auparavant,
avoit vu le gindral Blanchelande, train devant elle








obdir i tous fes caprices; & malgrd les erreurs & torts
de cette affemblde zelle avoit conflamment montri la
plus grande dnergie. Figurez-vous done l'explofion
qu'y produirt ma lettre, & la rda&ion qui s'en fuivit
ans la ville du Cap.
L'afremblie ayant enfin pris le parti de paffer al'or
dre du jour, je lui rdpitai le 20 d'avril le mime
commandment,
Ma lettre du 17 avoit produit 1'effet que j'en efp-
rois; les premiers inltans de Peffervercence populaire
s'etoient paflfs en motions centre moi, qui n'avoient
pas eu de fuite, & la cormiflion commenqoit ne plus
paroitre un objet fi meprifable; 'affemblee, qui ne
'ignoroit pas, s'occupa frieufement de ma feconde
injon&ion.Dumas, Denard, & un autre de fes mem-
bres, vinrent fucceffivement a cette occasion chez
moi. Vous parlez bien fort,me difoientils. De
la force de vingt*cinq millions de Frangais, rpondois.
Je.- Mais vs vingt-cinq millions de Frangais font A
dix-huit cents lieues & vous ctes feul entourt d'en-
nemis; i faut, pour agir come vous le fates, que
vous foyez coalif6 avec le pouvoir exdcutif. -J'aime
mieux tomber fous les coups d'un people trompd par
vous que d'etre coalif avec e -gouvernement; e
veille feut ici pour la France, fur lui come fur vous;
choififfez de deux parties: ou reconnoiffiez la commif.
fion, oun dfaites-vous de mnoi; mais vous ne gagneriez
ien a ma mort, car voici ce que jait crit centre
vous.
Je fis lire a ces trois deputis mes lettres, mes notes
& mes tats envoys au miniftre depuis le 2 avril, &
je leur offtis d'en donner communication A Paffemblede
colonial.
Dumas revint palesnenter, & me propofa que 1'af







IE
femblIe reconnit ron Incomp fence ponr prononcer
fur ma deniande; je promnis d'en Il e t;atiFit.
L'affemblee co!oniate prit un aret tel que je le
voulos, puifqu'il pi oiuvoit au public que la commiffion
flavoit forcee de s'occuper d'clie, &conf6quenmment
que cette commrffion exilo t encore dans la coloni e;
je n'en defirois pas d vantage.
L'affemblee coloiiale, qui en quite de corps 16-
g;flatT a cettains igards, pouvoit occ fionner d chocs dangereux entire elle & la comnifilonr s'etant
neutralifee jufqu'a la decision de faffemblde naticnale,
je m'adreffai au gouverneur, en le requerant d'en-
joind e aux autoritds a lui fubordonnees qu'elles re-
connuffent la commiffion national, quoique rduite !
a un feul membre.
Le gouverneur, au lieu de fair publier ma procla-
mation fur cet objet, im'ecrivit une longue lettre,
donnant a comprendre qu'il fe reconnoiffoit egalement
incompetent.
Je lui repondis le 29 avril, en reiterant ma requi-
fition, pour Ifavertir que la commnflion qule que ffit
la dCterminationqu'il prendroit, continueroit Pexer-
cice de fes fondions, tant qu'il ne lui Tfroit pas phy
fiquement impoffible de le fire.
La foumiffion de 'affemblee colony ie, plus encore
que la vigueur de ma dCmarche, 'avoit prod;gleure-
ment raba:fle dans Popinion publique, & 'arifocratie
en triomphoit d'autant: de forte que je craignis de
voir bient6t cette afiemblIe plus avilie encore que la
commiffion ne Pavoit ete un mois auparavant; j'eus
done attention,tant pour mettre Plaffemble a fon aife
vis-a-vis de moi, que pour lui rendre fon influence
& entraver la marche de la fa&ioon contraire, d'crire
une lettre a l'afemble, conforme a ces diffirens
motifs.








12
Le part des amis de Iordre, renforce par les par-
tifans de Iancien regime colonial & les contre-revo-
lutionnaires, fe rendit maitre des deliberations de
I'affTemblee coloniale; fes mefures ne tendoient a rien
moins qu'i placer toutes les parties de Iadminiflration
dans les mains du gouverneur & d'un tres-petit
ncribre de riches colons : plufieurs arretts fur la
constitution de Saint-Domingue, & les ddbats de
Iaflemblee, mettent en evidence les principles qui
dirigeoient ces pr&tendus amis de Pordie; leur part
acquit encore de nouvelles forces par un nombre
de citoSens qi juqlu'alors avoient foutenu les corps
populaires. Ces nouveaux auxiliaires prevoyant ,
ftapres les journaux die I'Aflemble national, que les
homrmes de couleur & r:igres libres alloient etre
aftimitds aux blancs, aimant mieux ne plus avoir de
droits politiques que d'en fire avec eux le partage
fe rangrent fous les drapeaux de Dumas, de forte
que les plus veh i ens de ce part aveugles par
leurs fucces, ne parloienit plus que du retablifement
Sde ancientn rtgiine a Saint-Domingue & en France.
i .L'Archeveque-Thibault, procuxeur-fyndic de la
commune du Cap, leur oppofoit un civifine infur-
' mnontable; nais, n'coutant que fn zile & negli-
geant de calculer rinfiriorit6 du nombre des patriots
au Cap, ii ne fentoit pas qu'il sagiflit de patienter
jufqu'aux difpofitions que prendroit I'AIemble natio-
nale d'apres les rapports de Mirbeck & Saint-Leger;
plufieurs fois ii faillit mettre fon part aux prif ave
celui de Dumas: je fus me imr e u(x) ourforc (), pour
empecher ce malheur, de blamer publiquement a la
mnuncipalite des dcniarches trop peu mefurees de ce
procureur-fyndic en mme temps (t) Le 'Z3 A14i ?7-9z








Sla foliditd de fe.s principes. D'Affas, capitaine-
general de la garde national du Cap, auTfi coura-
geux que le parent don't it porte le nom, auffi bon
patriot que 'Archeveque-Thibault, mais poffddant
.un rare Ihng-froid, fut celui qui ce jour fe conduifit
le mieux de nous trois.
Dumas, que je prreente ici come le chef d'un
part dans sequel fe trouvoient des contre-rdvolution-
naires O ne doit pas etre confondu avec eux. Ces
contre-revolutionnaires come je lai dit ne di-
vulguoient leurs principles qu'autant qu'ils dtoient
applicabtes an pays. Les erreurs, les carts & la par-
tialit6 des corps populaires alors exiflans leur four- j
niffbient de viAorieui moyens, &, fans faire entrer
en compensation les cafes accidentelles qui ne
permettoient encore de connotre a Saint-Domingue
la revolution que par les abuse, qui en etoient infd-
parables, its perfuadoient que le regime arbitraire de
iancien gouvernement etolt le feul convenable aux
colonies. Pour Dumas, it avoit des motifs particu-
liers: home de loi, infiruit, fludietx doue d'una
bel organe, improvifant aifRment,il eft fait pour jouer
un role par-tout; mais ne s'oubliant pas, il vouloit
etablir a Saint-Domingue une efpece de monarchies
fubalterne, dans laquelle un gouverneur mannequin.
approuveroit ou refuferoit les arretes de, 1affTemble
colonial, &irgneroit les dep&ches de trois efpcees
de fecretaire d'6tat, pour le militaire, la finance &
la juffice; ce dernier dpartement etoit Ie but vers
sequel Dumas dirigeoit toutes fes aiions, &:tandis
qu ii fe eroyoit le chef dkun part 9 ceux qui l'etoient
yritablement & qui n'ofoient pas fe montrer, mettoient
toujours en evidence le future miniffre de la juflicel
Pendant que les chofes don't j'ai parld fe fucc-
doient atr Capi it fe pafifit ailleurs es dv nemens








F
don't je vais parcourir la march depuis feur origine.
Avant que nouts n'arrivaflions a Sait-Domingue,
il exifoit a la Croix des-Bouquets une ligue fortmi
dable de quato:ze parsilks; elle etoit compofde de
Sblancs, d'hommes de couleur & nigres ibres, armds
& confdderds pour conquer les droits politiques
des homes de couleur & rgres librts, ainfi que
your d'autres motifs conines da s; un concordat
t n trated de paix. L'alemblie colonial, a qui le corps
conflituant avoti, par tio dTcret du 2 feptembre
S31791, dleegud le pouvor de regler ces drots poli-
S"tiques, nous fitprier, pr diffdrens de es membres,
Sd'engager tes confddrees a reconnoitre ,es pouvors,
I nous promettant qu'lle rgleroit, auffitbt apres, 'etat
politique des homes de coudeur & negzes libres,
de maniere a les contenter,
i Nos marches eurent un tucces complete: la
SconfEddration fe btinUmit i a Ioi, reconnut les poe u
Svoirs de 'affemnble coloniale, voulut le itabliffement
de rordre,& denmanda que laffemblde pronon9 t fur
la queftlon qutui etoit foun.ife. Saint-Leger s'itant
tran fporte dant 1Ouelt, oibtint meme la deforgani
faction de 'armee de la Croix-des Bouquets, chacun
fe retirant chez fbi ou fe rdfugiant an Mirbalais.
t'afembl e colonial, au lieu d'acquitter fa pro-
meffe, & de mettre un term au malheur public;
Spar la fixaion demand-e, fe livrant I la foug!e des
pafflons qu'Ilumoit la guerre civile, fermant les yeux
fur 'es torts de Pun des parts pour n'appercevoit
que cfruXde sPautre. & sabandonnant a des foupgons
Liabfurs qu Afl affem
Sauffi abtinesqunjues centre nous; cette aTemblde
dis-je chcana es pouvoirs de bcommiffion, parvint
*lesparalyrer, & occa onnales defordrcs & anarchie
don't e rapports de Mirbeck & de Salnt Ldger offreat
un fiddle tableau.








Malgre des requifitions tres-fages de ce dern;er
conuniflaire, le Port-au-Prince fit fortir une arnme
qui apres avoir commis des dcgats fur quelytue
habitations, fe cantonna au bourg de la Croix-des-
Bouquets; elle devoit, tfelon les apparences, marcher
de-li au Mirbalais, tandis qu'une autre armee, que
commanderoit Borel, s'y porteroit par la gorge de
'Artibonite.
Les confdddres craignant d'etre forces jufqua lieur
dernier retranchement avant qu'lls ne puflent r.eorga-
nifer leur arme, quelques-uns d'entr'eux recouruCent
au funefte moyen fi fouvent employee par les deux
parties; ils foulev&rent les atteliers de la plane du
Cul-de-Sac, plaine qui comprend parties des paroiffes
du Port-au-Prince & de la Croix-des-Bouquets. A
S la fin- du mois de mars ces efclaves, commands
par le capitaine Jacinthe, negre affranchi, reprirent
e bourg de la Croix-des-Bouquets pillerent t e
maifons, en incendikrent la meilleure parties; & fi
Irarmce ne fut pas tout-a-fait extermninde, elle le dut
au pillage qui lui permit de fe retire precipitamment
en petit nombre au Port-au-Prince.
Peu de jours apres, les negres des paroiffes du
Port au-Prince, de la Croix-des-Bouquets,de 'Arcahaye
& des habitations voifines, furent foulevas au nombre
de plus de cent mille: come on provoquoit leur fu-
reur centre le Port-au-Prince, ils affaffinoient im-
pitoyablement les blancs qu'ils rencontroient & qu'ils
foupqonnoient 6tre amis de cette ville. Le maffacre
fut porter a un tel exc s, que ceux qui 'ordonnoient,
pour ne pas fatiguer dun poids inutile les executeurs
de leurs ordres froces, finirent par leur payer tant
par paired d'oreilles de leurs ennemis, u lieu detant pac
t tes coupP' ., come is -Iavo;ent d'abord tabli.
Les paroilles de Baynet, de Jacqumel & de Cayes







t6
de Jacqumel avoient ete faccagees quelque temps
auparavant: plus de trois mille efclaves de ces pa-
roifes, commands par un blan, ferendirent au Cul-
de-Sac, pour y porter leurs talents deftirdeurs.
Dans cet ctat des chores, tout annongoit come
inevitable & procaine la meme divaflation des pro-
Spridtes dans i'nluef que dans le nord.
Le Port-au-P since renrerme" dans fes fortifications,
te camp Sucquet aneanti le camp Borel diffipe, &
celui des Salines refugee aux Moles; les conf6idres
fe trouverent maitres de diiaer leurs volontes dans
Stoute la province de 'Oueft, fi ce n'eft aux enclaves,
i faciles a foulever & fi difficiles contenir.
La neceflite d'empecher lexinmion des homes
libres des trois couleurs, porta diffrentes paroifies
a former un nouveau pace, conforme aux prin-
cipes du concordat & du trait de paix de rIanniee
d'auparavant; cette n6gociation, protegee par Fon-
tange, m arechal-de-camp & commandant du cordon
de 'Oueft, fut redigee preliminairement au bourg de
la Petite-Riviere, Ie 14 avril 17p2, & definitivement
conclue par in trait de paix & d'union figne a Saint-
Marc, le 21 diu meme mois.4
En confluence de ce dece rnier trait, it s'etablit,
le 3o ma fuivant, a Saint-Marc, un confeil de paix
& d union, compof6 de deputis tricolors des paroiffes
deja coaliRfes & de celles qui s'y joindroient.
Le befoin de c-tte afobciation etoit fi urgent, que
toutes les paroiffes de IOueft, & plufieurs de celles
du Nord en faifoient deja parties lorfque la loi du
4. avrl arrival.
Je recus dans les derniers jours d'avril, & les pre-
nmier:; jours de mai, les traits de la petite riviere &
de Saint Marc,n accomipagns de lettres des paroiffes
coalit es; ces paroifles, me fouinettant leurs opra-
tions







17
tons demandoienl 'apfprobation de la commiffion
nctonale.
Voici mes r Peyioo s & ma dtermiateon dans cette
conjondlre auili dangereut que d ifcate.
Je n';inotrois pa4< co',bien ces traits ctoient i!ld.
gaux & incoitNtutiontnels plilqiu ls attaquoiert di-
re dlimiint a dclegation faite a rafiemble colonial,
par le dcfret du corps coinfltuant du 24 feptenibre;
& qu'en olu6te mes collegIes & moi ;)vios prononce
la ntllit c du oorat du trait ce paix don't ces
demriers traits nitoientLqu'une ainplification, Je de-
vois done, en ne con:fultant que la loi, prononcer
Cgalemett la nultdt de ceux-ci.
M As li PAi lliltle coloaiate n'avoit-elle paS promise
de rc ger Nt'.t poitique d-,s homes e couleur
auffi tot qu'i!s reconnottroient ces pouvoirs ? Ces
homes ne les nvoient-ils pas reconnu ? .N'avoit-elle
pas alors refuf6 d'acquitter fa promefle ? N'avoit-elle
pas jure la perte des homes de couleur ? N'avoit-
elle pas enfin reptonge la Colonie-dans Ietat de
premiere nature dins cet etat oin Ihomme repre-
nant la mife ewicifdt de fes droits imprefcriptibles,
ie trouve pour fe guidtr au lieu de loix ecrites,
que des prncipes d ternelle veiit ? Et moi com-
mniffare national, fachant que cette coalition pouvoit
fe!le enmpRcher la perte de la Colonie, ifit que
Padh.fion des Blanes fur lib e, foit qu'elle ffit extor-
quee par la f tce pourois-je inenteter a Pexecu-
tion d'une loi deifafreufe profcrite en France-
Pouvo;s-je i rnorer le DIcret du 7 DDeembre i7 t,
Oui defend d'emnlover, centre ie? hommes de Ccouleur,
les forces nationa!es, en derogation de Plarr'ete de
IAftemblee de Saint-Domingue du 20 Septembre
precedent; arretd qui prrtoit promeffe de fe fo.-
mettre a la Loi du i s Mai, lorfqu'elle feroit offi-
Rappo't ide P. Roumjuitr ft mizffion, &c. B


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^^ ~ -. ~<^ r-'-


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ii1


;1.
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cleltement connue, & d'en~etendre te benefiee aceux
des homnmes de couleur qui n'v toient pas comprise.
Pourquoi n'avoit-on pas public la Loi du xI Mai ?
N'dtot. ce pas une fuite d'intrigues honteufes pour la
Colonic, infultantes envers Ja France & criminelles
a 16gard du genre human ? D'apres les debate de :
rAirie mblee Nationale que j'avoislusd'apres les competes
que Mirbeck & Saint-Leger rendrolent, & d'apres
les pieces que j'avois remiles, m'etoit-i permits de
douter que la Nation n'intervint en faveur de
demandes non-feulement juffes, mais qu'il devenoit
impoffible de refufer, a moins d'enfevelir la Colonie
focus des monceaux de cendres & de cadavres
D'ailleurs mon refus d'approuver ne pouvoit pas
emplicher une coalition que' prpduifoit la force des
chores; j'aurois perdu la confiance des homes de
couleur eut frein qui put tempdrer les mefures
holtiles quils ne tarderoient pas vraifemblablement
a prendre tant centre i'Affemblee colonial, que
centre les villes du Port-au-Prince & du Cap. [
J'approuvai d'rpres ces raifons p6remptoires ,
les traitie de la Petite Rivitre & de Saint- Mare,
ainft quee les adhefions q'.v donnerent fucceffivement
d'autres paroiffes de la Colonie.
Mes lettres approbatives, fates pour circuler dans
'lfle ne pouvoient refer inconnies long- temps
au Cap, & le ne doutois pas que le premier infant
de leur publicitte ne f2t fivi de mon arrest de mort;
;lais malgrd les facilities que j'avois a fortir de cette
Ville ou ma presence import noit, pour me rdfuger
c Saint-Marc, o0i 'etois ardemment defird, je jugeal
que lhomnme, qui venoit d'aripprouver une association
centre l'Affemblee colonial, ne pouvoit s'en juftifier
qu'en mourant s'iT le falloit, auprcs d'elle come
Un d guide e dla Nation Fransaife, & je ne fortis


JI

:' I








19
Point du Cap malgr& les dangers que j'accumulois ur
ma t&te.
Outre ceux don't j'ai parl-, j'en courois journel-
lement d'autres, car je remettois a PAflfembnte colo-
niale copie des lettres que je lecevois de la coalition,
en la provoquant a chaque fois de regler les droits
politiques des hommes de couteur.
Mes lettres aux homes de coileur & negres
libres de rOueft & du Sud produifireattun grand efiet;
elles leur donnerent toute confiance en la corn
million; elles leur rendirent plus refpc(~ ables encore:
les conventions qu'ils avoient rates; ces lettres, elfin,
les engvgerent a furveiller tes gens dejleur pzrti, afin
d'empacher le renouveltement des crimes qui iavoient
prec.demment deshoaor.e
Les chores en 6toient a ce point, lorfque la pre-
miere nouvclle de la loi du A wit fut port e
au Cap par la frigate I'ncoLniante, le x1 Mai
dernier.
L'Affemblde colonial, ramenee par la fuite des
tvdnemens & fans doute auffi par les propres fen-
timens, a des principles dignes d'ele effaga d'ua
feul trait tous les torts qu'elle Avoit eus, facrifia! t
au falut de la Colonie, come fon refpeat pour
PAffemblee Nationale, fes prdjuges, fes principes
& fes paffions,elle declara, le 27 du meme mpois,
qu'etle fe foumettroit a la loi du 4 Avrrl. I eft
certain que la moindre, repugnance expriimee par
elle, en cette occasion, ecut donnd force i un
torrent de fang, qui, du Cap, fe feroit rdpandu
fur toute la surface de la Colonie.
Cette bienfaifante Loi parviit officieltement au
Cap, le 28 Mai, par un avifo, porteur auffi de lettres
de ce Minifire, qui enjoignoient au gouvernpur & aux
Commiffaires civils de proceder i executionn de 1l
SB a



*i








20o
Loi en tout ce qui nietoit pas perfonnellement
attue a trois nou.'eaux .ommnr'fIaires decretes par
la mmne Loi, iefquels devoient ;ncellamment partir
avec quatre mille homes de Garde national, &
deux IA,,:e Jde troupes die gne.
J'obferve que ccute little du Minitfre de la Marine
eft la feuleueque a tCom:n;lidion eal alt reque pendant
fon fjiour a Saint-Dumnitgue, qui fiit nativee a fa
mif on.
J'a!lfl mo m morme, le lendemain 2.9 Juin, fare
publier la Lot A IA.femble co!orate, a 'PAflmb le
pro'inci.le du Nord, & la Municipalite du Cap;
elle le fit fCcccffivenintt dans les paroifles des trois
provinces, par deux proclamations 'lune du gou-
verneur, & 'autre de la Commiffion; ii me fallout,
I ce fuiet, prononcer des difcours, dcrire des lettres,
& employer des precautions don't le detail, quoique
tres-confequent a Saint-Doningue, feroit inutile en
France.
Mais tun Lit que je rapporterai I pulque je
peux avoir eu toit, c eft celui ci : PAffemble
colonial craignant reffet quie produiroit fur les
efclaves, la date 'an quatrielme de la Liberte, qui fait
parties de la Loi du 4 Avali, m'en denianda la fuppret-
ioti dans la proclamation que jallois fire, & moi-
mtme convaincuk de la nceffite de fupprimer ces
mots,dan's un infant de crife od tous les prdjuges
coloniaux fe trouvoient attaques a-la- fois, J'ai of
prenl re ftr moi de tiare la fuoreffion demandee;
ce don't 'ai rendU compete au Miniftre de la Marine
par ma lettre du 9 Juin, n.1 02.
Je pris enflite un foin particulier de prmunir les
citoyens de cotileur du Cap, contre des propositions
infidicfes que leuti-rfuoient certain patriots foitpour
dfunir les mul.tlrs d'avec les ncgres libres, foit pour







entratner les uns & les autres dans d&s Tgaes, nfin
d'en pretexter une renoilciati. a tuis d~o is polili-
Sques; jepris le tn1eme fotn pour cClairer ces CUoyens
fur les propositions peridles que leur fcrocent les
contrer.svolutionnaircQ afin de !es accaparr, fous
le prctexte de ieur avoir autrefois rendu fervice.
La vile du Cap entierement tranquillifee par
'attentle prochaine de nouveaux Conmmflahires & de
for es mienres, je fent:s que ;e deveno;s plus utile
dans lOufld & dans le u, & je rerolus d'y aflTer.
Mot pojet toit d ne nierendre feul a Sain-Marc
&enf;te au Port-au-Prince, & fije parvenois a
rcunir les Citovens de ces deux parties avant i'arrive
des nouveaux Coinmiffaires, je pourfuivrois ma route
jufqu'aux Cayes, tachant de rttablirIa paix par-tout,
a & d'applanir les voies pour rmes fucceffeurs.
Les petfoines qui me parloient de ce voyage
vouloient m'eni deiourner. Le Port-au-Prince n'et.oit,
a les en croire, quiun refuge de brigands qu'il falloit
tous extermliier ou expufer. Carateux Lacave &
P. ruifel, f un & l'autre de rAfl:irmbLde Proti cncre de
l'Oeftt, furent les feuls qui r'encouragrent; is ne
nioient pa- qu'il fe rencon.trat la, come ailleurs, de
mauvais fuiets; nras Is m'aflurCrent que j'y tronverois
la Loi publi6e, Ies CI';toves empretls de P'executer,
& difpofls a la reconciaton; its me promirent fur-
tout que I y ferois parni de zeles patrintes auft par-
tifans de la revolution qu'ennemis de Iancien regime;
jai v~rifi' depuis P'exacitude de ce portrait.
Le General auquel je m'adreflai pour avoir un
bateau de iEtat m'apprit qu'il allot lui-mmem a
Saint-Marc afin d'obtenir un renfort de Citoyens
de couleur pour le cordon de [tO.:.f, imais qu il
viliteroit auparavant les camps du Terrier-Rouge. It
B5






.i







22
me propofa de faire lesdeux voyages avec lui, ce que
j'acce tai.
Parts du Cap le 12, le General & moi revinmes
le lendemain, apres avoir efiefivement vifite les
camps du Terrier Rouge.
.ecmployai les deux journees fuivantes a donner
au f crctaire. adjoint de la Commflion, les inftruc-
t'ons convenatles pendant mon abfe;ce; e I chargeai
d- me fuppl-er aupres des nouvt.aux Commiffaires,
s'ils arrivoicnt avant mon retotr; il me promit, de fon
c6te, qu'ii mn'inftrroit .s chofes qu fe pafferoient
au Cap: un habiiart de Sairt-Domingue me fit la
Mrirne prot efle C's deux citoyens Leborgne &
Dufti les feuls que j'euffe mis dans ma confidence
au Cim animes du plus ardent patriotifme ,
& auffi clairvoyans que' laborieux, rmont tenu
parole.
Le gLnral & moi nous embarquAmes fur le Jupiter
le 16 juln, & debarquames a Saint-Marc le 2o a trois
helres aprbs-niidi.
Le vailiau lte Icoree, quelques jours auparavant, y
avoit conduit deux bAtimens arms du Port-au-
P since. J'ai verifi- depuis, relativement a cette af-
faire, que Borel, membre de 'Affemblee colonial,
& commandant de la garden, rationale du Port-au-
Prince, &tant part du Cap, avoit apprise an Mole
que des corfaires de Saint-Marc Pattendoient pour
s'en emparer que le Port-iu-Prince, qu'il en avoit
inftunit, lu avo t envoy le navire FAgathe, muni
d'un fort d thchement de garden nationate, pour le
garantir d'iifutes; qu'en outre, diff&rens particullers
du Prot-au Piince, & des Salines, rifugies au Mole,
profiioient de ces deux batimens, & de quelaues
autres qui fe mirent fius Itur protection; & queenfin,
ces hoinmes & ces baiimens fe rendoient a1 Port-







au-Prince, fous la foi de la loi du 4 avril, lorfque
le Boree les rencontra.
Mais on nous fit valoir a Saint-Marc la capture
des deux btilmens, & fbr-tout celle de Borelr
come un Cvenement qui fauvoit la Colonie. Orn
accufoit les prifonniers d'avoir pris un btatiment du,
commerce, & d'avoir donned chaffe b une goalette
de Pitat; on denonooit mn complot fotre par
YAffemblee provinciale de Poueft, & les fadieux du
Port-au-Prince, pour incendier le refte de la vile,
& poter le fer & le feu dans les plains du Cul-
de-Sac & de Leogane ;on fuppo oit enfin, que
Borel, & fept on huit ceuts hommes diftribuds dans ;
les deux btirmens captures, & dans dix autres qui
s'toient dchappes, fe rendoient au Port-au-Prince,
dans Iintention de renouveler la guerre civil. On
demandoit la diffolution de PAltemblte provincial
de 'oueft, Pembarquement de quelques-uns de fes
membres, ainfi que du capitaine general Borel, &
du cioyen Guillet, pour 6tre envoy a la haute-
cour national on demandoit enfin le licenciem nt
des troupes patriotiques foldees du Port-au-Prince,
& Penvoi en France des fa&ieux, & des fauteurs &
adhrens de PAfiemblce provincial de roueft,
A gard de Borel, & des autres prifonniers, mon
pinion fut que la' finchauflee de Saint-Mare ve-
rifieroit les fits & en rendroit compete au g-
neral & a la commifion, pour que, d'apres nos
pouvoirs& ceux ruferaves aux nouveaux commiflaires
nous ordonnaflions ce qui conviendroit; mais comime
le miniftre ne chargeoit pas moins le generaI que
moi de executionn de la loi du 4 avril & que je
me trouvois environne d'une multitude d'ommes ,
que je m'empreffois de con:noltre je ne mioccupai
pas davantage alors de cet objet. Les accufes furent
i 4


.11b


I L .i- .-







14
tranfreds des deux btitmeijs a la jle, ,& le rnch:al
d'Aubancourt pronmit de nr ous inflrurec au pLitatt du
IrfuItat de fes rc herche5.
J'avois ben des fois blhn-. f'enttenent de 'rAP
fembice coloniale contre les confrd.es !i Crox-"
des-Bouquets; mais ccmbie ntie t:rouvai-je pas dcoc-
cafions a Saint-Mare pour excu!er, & Je d'ra prif e
potir approuver laflenblee. Les blarcs du partv de
Saint-Marc, i connus dans rlPflotre ds defoicres
de Saiint-Doniingue fous la dcnomnination "'e vo
lottaires, ou de pomonfos blancs, fai 'it valoir ltkur
p.cdtndtu patriotfme fhns le colonel Maud!ui, ,e
targuant des dloges quits ont rurpr;s de l'Afrr ble
conflituante, rapFelant fans cefe les crimes des fee.
Idrats proteges par le part de IPAffenblee colonial,
& ie mentionnant jamais ccux des feiCErats piot.eges
par le Itur, voulant fur-tout i,,dirpofkr le gouver-
nement, & la commiflion conti e Ie Prt-au-Prince,
par la rdpeat~ion cortinuelle des torts de cette ville
envers Vun & anre parlant toujours des lo1x &
'en parent jamais qu'a contre-fens, Four peu qu'elles
contrarent leurs pallions; tells font mes renmarques
gernrales fur ces pretendus amis de I'ord e : de la
paix, parmi lefquels je trouvai beaucoup danciens
agents du defunt riglnie colonial, un grand nombre
d'ariftocrates, & quelqies contre-rivolutionna:res p u
foigneeux de fe deCui er.
Pinchinat, Savary, Lapointe, Morin, & les autres
citoyens de couleur, que je vis Saint-Marc, jufti
fierent la haute opinion que m'avoient infpird leur, cner-
giele ur fageffe,& leurs ta!ens patriotiques & mil4taires;
n ais je les voyois fi unis avec les pompons ban Trc,
:jue en aurois contu de vers Inqutude, fii je
n'avois efperd de faire coniprendie a ces enfans de
la evolution, qu'ls dvoaet en etre les zeles de-


~flra~lr*~WR*r~*rrr~ir*lrr~







fen!eurs ; ccpendant, pour parvenr a ce butt, ii
falloit me lie aliez intimtunmept avec eux, pour ne plus
craindre leurs anciennes lhabitudes avec des ho nes,
qui, rous le nafique de I'amitX.l, ne les avoient Ver' s
qi'afin de fe venger de leur_ e ntmis comm uns, &
de retabb'r fancc:en reg me colonial.
Le reiifort que dernandoit le gcnerat, pour le
cordon de Fouiwft, 3Im fut promise, maIs a condition
que les citoyens des trois coldeurs, expulfits, o fu-
gitifs du Port-au-Prince, fifiLlt prelimIinairemeht
rintegres dans leurs foyers; on nous alhuroit, quoi.
que le Port-au-Prince eut public la loi du 4 ayril,
qu'il fe:oit impoflible d'y fire rentrer & demeurer
les expatrids, fans les e.ipofer a de n-imvelles per-
tidies, a r, ois de diployer la force pubtlique centre
la ville, d1en expulfer les plus dangereux, & d'y
placer une impofante garnifon de confideris.
Lorfquenfuite j ai eu connu ie Port-au Prince,
j'ai regretti que mon project d'y pafrer fcul, en
qua!it, de conciliateur, ait td rem lace par celui-
c:; ma' je ne pouvois cornoitre alors le Port-au-.
Prince- que du vitain c6te de la mcdaille; la vrtridc
eft que T!e pompons blancs, pour effacer la honte
de leur fu;te, la mort du .colonel iMaudit vou-
loient tne rentrde tri oph4le, & quetls citoyens
de couleur autxquels its perfuvdolent que ce triomphe
fe rapportoit niquement, ne s'en feroientdfifts pobt
aucune raifro que ce pit etre.
11 flt rtegld que ies vaifeaux le Jupiter & le Bore' ,
Fun & l'autrede foixate-quatorze pieces de canons, |
le navire armn IAgathe, & quelques petits bati-I
rnens, ayant a leur bord des expatri3s des trois cot-
lurs, en limpoferoient au Port-au-Prince4 par une
force maritime, tandis qu'on ra;fembleroit an bourg
de la Croixdes-Bouquets, & au camp Bizoton &








Volant deux armies de citoyens tricolors de
F'oueie & du fud, pour en impofer egalement du
cote de la terre.
Je ne pouvols m'oppofer a ce plan : 10. les scenes
d'horneur, qui avoient fouill le Port-au-Prince, n
juffitioient ma-heureufement que trop les precautions
demanddes; 1o. les camps d-u cordon de !'ouefl
avoient un urgent befoin de fecours, qu'on ne you.
loit accorder qu' cesd conditions; & 3. la loi du
4 avril & les lettres du miniflre, itoient invoqudes
dans les demands qu'on nous faifoit.
Non-feulement j'y fis participer la commillion na-
tionale; mais je profitai de cette dclatante mefare,
pour lui donner le maximum de fon inergie.
Rappelez-vous ce que jai dit, lorfque iai parley
Sides fa&ions du Cap; confiddrez que les pompons
planes voulolent le rtabliffement du gouvernement
militaire danls l'oueft.
Remarquez enfin, que la reunion des homes
libres, le retabliffement de la discipline parmn les
Satteliers, ne, pouvoient s'opdrer qu au mo en"de
pouvoirs nationaux, exerces dans leur plenitude, par
un ddidgu6 qui inpirAt autant -de confiance dans fa
fermetd, que dans le choix de fes moyens. Telles
font les bafes de ma condu'te dans pl'oeft, & je
vais la ddvelopper.
Le g nral Blanchelande i la tte de ia force
mr maritime, fit voile de Saint-Marc, le 2 juin, diix
heures du foir, pour le Port-au-Prince, & je parts
le lendemain martin pour me rendre par es paroifs
de I'Arcahye & de la Croix-desBouquets.
J'allois aourir vingt lceues d'un local, que pof.
fedoent, epuis quatre mois,plus de cent il e negres
'dr orcte;
revolts, & accoutumes a tous les genresde ftrocite;
mais pour conferver les propridtes de 'oueft, it







17
fallout effayer Peffet que produiroit tm pouvoir
national & moral, tout neuf pour des hommes qui
n'avoient Jamais entendu parler que de rois & de
baionnettes; une garde d'honneur, d'environ foixante
citoyens tricolors, m'accompagnoit, &loin qu'elle
put me defendre centre des armees d'efclaves, elle ne
pouvoit qu'infpirer de Iinquietude a des homes auffi
foupgonneux qu'ignorans.
Ma premiere conference, aveo les chefs des re-
voltes, eut lieu Papres-midi, le meme jour ,3, dans
le bourg de PArcahaye, & ce fut alors que je par-
vins a comprendre touted Pitendue du danger que
couroit le Port-au-Piince : des ennemis de cette vile
avoient fait accroire aux revoltIs que nous allions
la prendre d'affaut, pafter les habitans au fil de
S: epee, & liver les maifons au pillage & au feu. Les
rdvoltss, auxquels ces memes fclcrats promettoient
Ie partage du pillage, demandoient a marcher les
premiers, & ne parloient que de vols, de fer & de
feu; ii me fallout ufer de beaucoup de politique pour
modirer des fufeurs que foutenoit a paffion de Pa.
varice: j'eus le bonheur d'ob-enir de ces n"gres qu'ils
refteroient chez eux oe attendant oue e revinfre,
apres la reunion des hommes libres leur commu-
itquer des difpofitions pour Ie r6tabliffement de Ia
discipline parmi les enclaves; mais ils m'avertirent
que la promeffe qu'ils me faifoient, ne les lieroit
qu'aatant que le Port-au-Prince ne commettroit point
dhoftilites.
Le lendemain 24 je trouvai les efclaves du Cul* i
de-Sac plus exalts & plus provoques encore que
ceux de lArcahaye, nanmoins je reuflis galement
auprs d'eux; ils me firent la mane promefe, &
fous la mcme condition.
Le citoyen de couleur Lapointe, quim'accomI






28
pagnott deputs Saint-Marc, mavertifoit avec zele
/de oLiacles quton oppoott ta n'is vues pacinqiics,
& n'i'idiouoit avec fagac:t les Imoyens de d(~iuer
ces n.des ten~tbii'f~s & at:oces: pout 'A.e ne
rnef, il paseo te poflible de auver fans lui le
Ptrl-alPrlice.
Bt..,:vais, atle c'toyen de coulcur, & general
de Farmee de i'oue.fl, hon:me ve:tuet x epa te:pe-
rament, par pri,:c'Fes & tar couitijne que je
jognis a li Ctoix-dcs Bouqi ut5, trtu:va::t tJans f6x
coeur la morale que je prechos, a propageoit, fe-
cond, par Ls chefs de fon atnncc p:irt lis homnmees
de coulcur, & negres libres, qui y venoient da-
tOdlS CoteS.
Je voudrois avoir a renre le tneme temoignage
e, faveur de tous les blancs qui e trouvo9ent l mais
Sque jen ui s elo'gnei
Le 2 au mati n fccrivis l'Afkl-mbi!e provinciale
de IrOuf & a ta t miiicpal t: dau Prt au -Pinc'e ,
Sour leur announcer, au cas que le General ne ft
as encorvearrve, que la ferntntatiol *qui regi;oit
'dans leur Viltle avant fat craindre au Gn eral &
moi, qu'on ne s'oppor'at t a rentree des Citovens
cxpatrles nous avion pris les mefures neceffaires,
& venion pour operer c':tte rentrees .
Le nimfiger nm ippit a fon retour que e Ce General
& lEfcadree sk'toient rendus rapres-midi dans la trade
du Port.an-Pr!ncc.
T Hanius Jumecourt qui a joue un ii grand r8le dans
i la guerre cwvle de Saint- Domingue, quife trouvoit
Si la Crobx-des-Bouqcets, & auquel je rends la juflice
de dtre qu'il fut un de ceux qui avoient contribute le
plus a empecher Pincendie ds batirnens & des plan-
tations du Cut-de-Sac, fe rendit a board du Jupiter







9
le z2, rev'nt le lendemain, & me remit une lettre
du General qui nrfinvito t a le rejoindre.
Je me tranrportai le 8S Jun fur leJupiter, ou le Ge-
neral me remind une tongue lfle de profcrits Jont 0ode-
mandoit Penibarquement a la Conmmiloon Nationale.
Je connoifo:'s les intentions de ceux qui n'a'ten-
doient qu';n prcdexte : je favois que mon refuse le
letr fourniroit & que les profciits loin eden
profit-r, tomibroient cls premiers dans le nmaflacre
genial qu'accompagneroit Pincendie du Port-au-
Prince : je contents done a me rendre coupablte,
en apparence, d'une injuflice.
II etoit meme fi neceffaire de ne pas laitfer foup-
(onner aux Pompons blancs que je puffe avoir I'm-
l tentlon d'61uder leur demand, que je mr'empreffai
de r6diger une injon&ion pour la Municipalit~d don't
voici extrait :
La Commiffion nationale-civile charge de
a maintenir l'ordre & la tranquillity pu9blique, con-
a fiderant qu'il lui feroit impoffible de fatisfaire a fa
A tiche, fans prendre des mefures didtes par la
naturedes circonffances defaftreufe oA fe trouve la
a Colonie;
Confiderant notamment que la guerre civil de
a la province de rOueft y a fait nature des paflions
a qni entratneroient d'effrayantes fuites fi les parti-
s culiers du Port-au Prince, qui ont pris la part la
a plus active dans cette guerre, ne s'abfentoient de
x la Colonie.
) Arr&te, en confqnuence, fans rien prejuger i
Iegird defdits particuliers, & pour des raifotnsdont
1 elle rendra coimpte a lAffembl4e Nationa!e & ai
a roi, que les perfonnes ci-aprds nommies front
v immediatement envoyees dans les ports de France
a qu'elles voudront choifir.







30
v A cet effet, enjolgnons A la Municipalitd de
a fire conduire a board du navire le Bienfaifant, les
i fieurs. (Suivent cinquante-quatre noms
v d'hommes & cinq de femmes )& les hommes de
la Police les plus fufpe& & autres fans aveu
v mat fames.
) Toutes lefquelles perfonnes demeureront fous
a la protection rpiciale des Loix, pour y attendre
) I'inftant de leur depart. ,
Une deputation de PlAflemblee provinciale de
FOueft & de la Municipalite du Port- au- Prince,
s'toit rendue plufieurs fois pris du Gendral, 4e
revint auffi-tot qu'elle appri que j'etois a bord.
Malgre les prdventions quIon cherchoit a m'inmf
pirer contre le Maire & les autres Membres de la
d6putation, je les mis dans ma confidence, tant
fur les dangers que couroit la Ville par la fcedlrateffe
de quelques excitateurs que fur la ndceffite oh je
n.e trouvois de commettre un aAe arbitraire qui
pouvoit feul contre-minerces excitateurs; la Depu-
tation me rendit franchise pour franchise, & Ia pe7n-
! ture qu'elle me fit, redoubla nia follicitude. Des
Citoyens du Port- au -Prirce s'aveuglant fur leur
position, ne voyoient que leur couIage eprouvd
tant de fois; leur haine contre les Pompons blancs,
& 'humiliation de capituler avec des hommes qu'ils
avoient autrefois difperf6s comme de tinides trou-
peaux, La plus dangereufe fermentation r6gnoit dans
la Ville; quelques-uns des prorcrits la provoquoient;
its excitoient Ie Peuple a canonner & a bombarder
r'efcadre, & travailloient les equipages des vaiffeaux,
dans 'intention de les foulever ,ontre le General
& la Commiffion: fi ces mefures nc leur rduffiffient
pas leur derniere reflource feroit d'incendier le
refle de la ille, de paffer fur rarmde de Bizaoton,







3t
trop foible pour teur refiler, & de gagner par Ics
montagnes, la ville de Jacmel, oA its taliemble-
roient affez de mecontens pour revenir porter le fer
& le feu dans les planes de Logane, du Cul-de-Sac,
& de PArcahaye.
La Deputation ne calomnioit point; elle rendolt
juflice aux vertus civiques de ceux don't elle denon-
goit les funeftes erreurs; mais ces homes exalts,
forts de leur patriotifme, de leur nombre & de leur
bravoure, foutenus par deux cents Africains aufli
bien difciplinds que bien arms coopdroient, fans
qu'ils s'en doutaffent, 't a'exdcution d'un plan def-
trucleur traced par leurs fdroces ennemis.
Je fis lire la Deputation la life des proforits;
elle fut fcandalifee d'y voir les noms de quelques
paifibles Citoyens qui ne pouvolent s'y trouver que
parce qu'ils etoient crdanciers des auteurs de la life ;
mais elle y reconnut quatorze Citoyens, don't elle
jugeoit Parreflation momentande, indifpenfable au
falut public; elle m'en donna la note particulibre,
don't elle garda le double; m'affura que 'Affemblde
provincial & la Municipalite les feroient arreter s'il
4toit poffible, mais ne m'en cacha pas les difficulties ;
elle partit, ,k me laiffa dans alternative d'tre reveilli
la nuit par le bombardement des vaiffeaux ou pat
rincendie de la Ville.
La mmme Deputation revint le lendemain; les
deux Corps populaires fe trouvoient dans la pofitioi
la plus perilleufe; its avoient empech explosion
mais c'toit tout ce qu'ils avoient. pu faire. Leurs
mefures Spuifees, leur influence populaire nulle,
'unique moyen qui puit refer, & qu'ils me rendirent
affez de justice pour me propofer, c'etoit de rifquer les
ours du Commiffaire National, en linvitant a notifier
lui-m-me, a la Commune du Port- au Prince, la




:/


32
profcription &e ffrieur< de fd s Men.brs : je promts
que je dcrcenddosi ful a cet ffet le ll lendmain.
SAtifl-tt rna pr:mitle connue board du Jupiter,
les Pornl-ons bla.cs de ce vaifieau en inflr.i irent
ceuxd(id r fle dc 1'Ef aJie, & 1 lendemain mnatin j'enr
;re u une Dipi:t;tn n:.brteufe qui me fcandallfa
jp la ufi lr1 nl.:t. qu'c!le voucloAit cicer er, n.,i au
nmoven du Jtia .:, 3 d- ,srcor,'.ees de failaf-
finat du Colo:nel M .A il qu ( jo'Lt:ot L. DJpu-
tation) njcto it iUth n conf.aratfon du traitement
qucePe ftLoit qu'on me prcpaio.t a terre; fun des
Sorateters fe coznduiflt mcrne avec tant d'indecence ,
que je liena etial de Ic -lacer la lttee dets prof rt,
tLe gratl 1knlhe-Lande qui, dans cetpe opd-
.j | ration, la fci'e oniu e n e i~s trouve a .neme de
; T. l ',E1prdci'r, na Iar' n~ctre gnedi que par Pamiour
du b l t L rb:c & les f.l;Enins les plus hu1ia:ns
con(;rt d f vivs irclts dl Ps pres es r.pports
qui luivcle t dl t.te pits ,qu'ilvouhlutt pendant
Squ elque tenps-, r.: (fll'ad j._r _fi de dcfcendire au
cP t ort-au-Pnrince ; n, as la :"pf~-t.ation de Afemnblie
Sprovinciale & la n l- te caat venue me
cherther, elle tnrs fi -i tableau fi natutl & fi
terrible de efl;t il !Ifi:heii t, fi t'on s'uppofoit
Sv a i:a defeceite, que le Gn:r finit par s'en rap-
orter ent ir.nsi.t an -i.
Se me pr-cip':ta! lt a dllouFee le o in a nmihl,
acco dpgne la dpI ~tdion, 8: ne rendis a la mu-
ic. lit du Port nu-Prince, enfiite a Pafiemblee
prcvivciale de Ouell.
Cette afleniblJe,reunie dansPl.eeftoit environnie
d'un grand nombre de citoyenfs : e venois commettre
r ldee arbitraire qui pouvoit e plus les offenfer; uras cet
a&te enpecheroit d~s nm-aix itca'culables; mais j'6tois
Thomme de la nation, & je pailois au nnom de la loi
2 fupreme


L;~:...~d.. ....








fupreme du falut public; mais je donnois a cec ctoyens
une preuve de confiance digne d'eux, pulfque fteu au
milieu d'eux je prononqois l'olracifrlje des homes les
plus popuaires d'entre eux : un more fil nee regna;
une fiire & fombrn e attitude fut celle de tout ce
people. Vous culiez dit que, lifant dans mon coeur,
jls partageoient la honte & la douleur don't j'ftois
iiavre.
Bendu au gouvernement, il me fallout rlpondre a
des honunes qui vouloient favoir pour quels climes
je les puniflbis, & auxquels je ne pouvois dire autre
chofe, finon qu'ils etoient trop braves, trop faillans
dans leur part, & qiu'ls etoient des vidinmes particu-
lieres, devouiees pour le falut de tous; que, loin de
les lbumilier, je les honorois par un oftracifine qui ne
pouvoit att-indre que des citoyens don't le courage &
les tales effrayoient leurs adverfaires, & je leur'offris
les attelLations honorables qu'ils voudroient de moi.
J'efperois acquerir en peu de temps affez de con*
fiance chez les citoyens de couleur pour les engager a
demander la retradation de cette mefure, come ef-
feadvement j'y ai reufli a I'egard de ceux des prof-
crits qui eurent la prudence de fe teacher mais huit ou
dix furent mis a board du lienfaifant,,& j'en reparlerail
dans la fuite.
De retour, le foir, a bord du Jupiter, je n'eus pas
de peine a lire fur certaines figures qu'on auroit mieux
aimn me revoir mort que vivant; jannonq;ai que j'avois
promise de redefcendre le lendemain; mais je comnpris
bientot qu'on m'en emp)cheroit, ou que je perdrois
une influence qu'il me falloit manager foigneu ement.
Le gahnral Blanchelande m'apprit qu'on lui avoit de-
mande de s'oppofer at won retour au Port-au-Prince
par la raifon qu'avec nm. popularnt, j'y ferai fare tout
ce que je voudrois (c'etl a-dire, que j'ermpecherois
Rapport Ie P. R. Rour e. C







3i4e
tout pretexte de vengeance ) Le ggenral 6toit m.me
fi inquiet des frites de certain propose qu'il fat tented
de retourier an 'p; je lui oblervai que ce retour
qui, dans fe'cnIt a-uel des choFes, compron3ettroit
Iautorite national, & pouvoit renouveler la guerre
civil, ne devoit avoir lieu qu' la dernilre extremite;
je lui promise d'allert la Croix-des-Bouquets lle lend- i
main pour m'affTurcr des difpofitions prfentes des
citoyens de couleur; je lui promise enfin de piopofer
moi-meme le retour au Cap s'ildevenoit necetlaire.
Un rhume que javois gagn6 fiort a-propos au Port-
au-Prince, me de-gagea de la promeffe que j'y avois
fate.
Le 1 juillet je me tranfportai au bourg de la Croix-
des-Bouquets: on y avoit depuis mon depart furiet-
fement travaillh les citovens de couleur. J'entendis ,
et mnme pendant le diner, des chores decoura-
geantes : je m'itois, difoit-on vendu au Port-au-
Prince ; I eois devenu l'ennemi des citoyens de cou-
leur; je ne paroiflbi.s devant eunx que pour les trom-
per & les livrer au Port-au-Prince; les portes de la
ville etoient minnes, & Pon devoit fire fauter les deux
armees a leur entree. Un excitateur blanc eut maime
P'audace de propofer den n plusattendreni gouverneur
ni commilion & de marcher dis le lendemain matin
avec tous les eflaves arms de la plane, pour n. pas
lailter un feul tre vivant ni une feu!e maifon dans
cette abominable Babylone.
Je confervai fufifiamment de farg-fioid pour laitfar
aux tites echaufftes le temps de fe refrokiir; & avant
xruni les chefs de Parmee des citoyens de couleur, je
leur tins ce difcours: j
a Dcidez iimmId atement Meffieurs, qui de vous
ou de la comnmi 1on national dvit commander: ':
Sdccidez it celui qui vous a foutenus feul au Cap,







;51
V malgr vosennemis vi&orieux, & centre une Ioi qui
vous accabloit; fi cet homnne, cihaig de PtIxdcU-
a tion d'une autre loi qui juftifie fa condiile & recon-
4 nott vos droits, ayant des forces irreiftibles de terre
& de mer, profcrivant ceux qlui vous offufquent;
x, fi cet home peut vous tralirA aujouid'hli : dcildc
enfin fi vous meritez le titre ,de ciitoyens fral )ois,
O, o fi je dois vous fuira hiflant, pour aller vous
a fire mieux connoitre en France.
Les citovens de couleur, iumilids de leur faute,
la confefserent noblenient, & la reparerent par lafltu-
rance de leurs difpoftions conciliatoires & de leurs
efforts -pour me feconder. Ce fut a qui fe diflingucroit
Ie plus par de glands traits de generofite, & menme
Beaulieu, jeune home plein d'ardeur, qui pleuroit
-encore fa-femme enceinte, gorgee dansles rues du
Port-au Prince, me donna fa parole de ne pas s'en
venger, s'il retrouvoit le meurtrier.
La fcene attendriflante qii fe paffa ce jour-lh entire
les hommes de couleur & moi, ne me permit plus
d'etre inquietfur la rduflite de notre expedition, & me
denna la certitude que la chuite des Pompons blancs
fuivroient de pros leur entree triomphale.
Revenue le foir a bord du Jupiter, le general, iinfruit
.du rdfultat heureux de ma journde, convint avec moi
d'une derniere mefure conservative duPort-au-Pri:,ce;
je redigreaiune proclamation que nous fignames & en-
vov ^mes, le lendemain juillet., a Paffemblee pro-
viincale & a la municipalht, pour etre immediatement
publiee.
Cette proclamation autorifoitle confeil de paix & d'u-
nion de Saint-Marc, a continue provifoirement 'exer-
cice de fes fonfions de police & de diflcpline int&ieu-
re, en fe conformant auxdecrets nationaux, aux airetes
de l'affemblee colouiale, & correfpondant avec les
C 2








corps populaires, re gouvernement & la commiffion,
mnoyen qui, fatisfaTant I'amour-propre des citoyens
de couleur, mernbres par moitie de ce confeill, laif-
foit fibfifter ral.femblke provinciale de lOuefl & la
inunicipalit6 du Port au-Prince que les pompons
blancs s'acharnoient 4 detruire, & don't le concourse
patriotique m'dtoit nceffaiie pour empecher le reta-
bliffenient de r'aicien regime.
La mm:ne proclamnation donnoit aux citoyens de
couleur, les Iloges qu'ils mnuitoient dCja, & ceux
que nous voulions les engager a m writer.
Elle faifoit fi honorablement mention de la garden
national, des troupes de line, de la garde foldee,
& de la mar chauffu e du Port-au-Prince, que nous
mettions leurs ennemis dans impoffibilitd de leur
fuppofer des torts i
Elle ne contenoit aucune expreflion don't les pom-
pons blanes puffent retire advantage.
Elle motivoit les raifons de prudence qui nous por- i
toient a augmenter provifoirement la garnifon du Port-
ju-Prince, de la maniere don't le general le regleroit;
mais elle foumiettoit cette force publique a n'agir qu'en
vertu de la rquiifition des corps populaires, lefquels
corps fe trouvoient par 1a maintenus dans leurs fonc-
tions, en depit des contre-rivolutionnaires.
Elle avertiffbit que les citoyens de couleur rentre-
roic! et le jeudi du mrme mois de juillet, fept heures
du matin, accoinpagnes par d'autres citoyens, & que
le nombre des uns & des autres ne pafferoit pas mille.
Je ;r mRanquai pas d'ajouter, pour diffiper entierement
la fable der portes minees que le general accompagne
de dux oifciiers municipaux, fe rendroient a Iune des
ortes potir fare enter l'arme de la Croix-des-
Bouquets, tandis quele commiflaire national, accom-






37
pagrd de m&me par deux officers municipaux feroit
enter larmIe de Bizoton par I'autre porte,
Les citoyens de farmee de Bizoton, que je vifitai
le 4 apret-midi me donnerent les memes anllrances de
leursdipofi ions conciliatoires, & de leur confiance en
roi que m'avoient donnets dernierement ceux de la
Croix des- Bouquets.
Moyennant ces precautions & beaucoup d'autres
don't le detail deviendroit faffidieux operation la
plus timeraire en apparence, puifqu'il s'agiffoit de ren-
frmenr dans la nme enceinte deux parties arms a-peu-
pres Wgaux, & qui depuis long-temps e f faifient une
guerre implacable; cette operation, dis.le, s'eft exe*
cutee le jour & Pheure announces, avec autant de calmni
qu'une simple promenade militaire.
Les capitulans de la ville, & les citoyens de
couteur,,qui venoient d'y rentrer, avoient un in-
finitt de Fetits objets d'interets pdcuniaires a regler;
leur confiance en moi m'en rendit IParbitre, & far-
rangeai verbalement, i leur fatisfadtion mutuelle,
plus de ces petites affairs en hiuit jours, qu'il ne
me feroit poffible de m'en rappeler aujourdhui,
Le g ndral de fon c6te ne prenoit pas moins de
foins que moi, tant pour cimenter la reunion des
deux anciens parties, que pour raccommoder les deux
corps populaires avec le commandant de la pro-4
viwrce, Couftard marechal-des-camps viellard auffi
refpeAable par fon merite personnel, que par fon
zile pour le bonheur public.
Le juillet j'ecrivis au miniftre de la marine,
pour lui rendre fommairement compete de mes tra-
vaux dans I'oueft, & des motifs qui me faifoient
efpirer le r6tabtliement de la discipline parmi les
ecllaves revoltds dans cette province; je luih de
nonat rIembarquement cxtrajudiciaire que iavois etc
C 3








force d'ordonner, & je me foumeftal &Pavance S ce
qui en fcioit d :idd par rAiremblce national, &
e pouvOtir exccutif.
Le njme jour j'ecrlvis une lettre eour ctreremitfe
alx J;oILveaux coinmilhaires leur debarqucment au
Cap je les pri~enois de la confiance que nimrtoit le
fecr'taire-ado*int Leborgne; je leur fourniffios copie
d ina lettre au imnii fre; e les rati ois fur les craintes
qu1', voudroit leur infpirer au Cap, & leur ga-
rantilfbis Pexectition la plus facile de leur million
danls loueil; j'oflros eifin, s'ils me jugeoient utile
a leurs fucces, de continue d'agir fous leurs ordres
comme je le faifois feul en chef depuls le depart
de mes coll&gues.
Le gzn-ral partit avec les deux vaiffeaux de ligne,
dans la uitu du 11 au t 2 bullet; il alloit a Jertenie
fare proclimer la loi du 4 avril qu'on avoit reftuf
d'y publier, ainfi que pour renettre en iberte des
citoyens de couleur & negres libres retet1us prifon-
niers dans la rade delpui plufieurs mois, fous le
prCtexte de les empecher d'avoir envie de fire la
guerre. Le g'~ndral dit en partant qu'il reviendroit
fous huit jours prendre un nombre fuffifant de ci-
tloyeis de couleur qui fe trouvoient rendus au
Port-a-Prince anrmne. & d'if ofes a le filfvre au cordon)
de I'oulefIf ma s fe torrtet des circonflances fayant
entramin ana Cayes, ii reft pas revenue conine it
Favoit dit. #
Aant aflfiis paix fur des foundations affez fbliJes,
pour -ne plus redouter le rti;lenibement commnun des
homines ar"s .du Po:t-au -Prince je paropofal, des le
natint du 5 auu: deuxw cor.,s populdires, & aiux chcf
de Parnme des citoycns de couleur, de proc.derr a
lafidcration national, du 14du nicme niois de juillkt


Jr' .


1n a1*






39 !
ma proposition ne fit que devancer le voeu qu'ls
m'exprimnrent a cette occasion.
Les pompons blatcs fruent les feuls qui ne parti-
ciperent point acette circmonie doublenmt augufte,
puifqu'elle fcelloit la rdcosncia-ion des patriots du
Port-au-Prince, c& des cito) ens de couleur, & nIgres
libres; jappris incme quco! avoit reniarquu, pendant
la preflation du ferment civique quequet s pompons
blancs qui en pliaifntoient irsiolemment.
Ce ftut au milieu de la march que f- repandit
la nouvelle d'un crime commis a Saint-Marc, crime
d'autant plus afroce, qu'il d.vxoit probablement,
dans PlItct ou fe trouvoient les chofes, renouveller
les calaniites de la colonie; voici ihiflorique de cette
atrocity :
En par!ant de la life des proforits, fournie par les
pompons blancs, j'ai ohbri\ que la deputation des
corps populaires du Port-au-Prince v avot recon.an i
quatorze citoyens, don't elle jugeoit elle-imeme ar-.
reflation momentanee necefiTirc au falut public.
De ces quatorze offraces la muniipalite parvn t,
& non fans de grande difficultes, a en fire arreter
huit -ou dix don't ringigleur patriotique Praloto
faioiit nombre; elle les fit d.ipofer en vertu de
mon injond.ion du 28 juin, a bord du tavire le
Bienfifitnt, mouille dans la rade du P-,rt-au-Priutce
oui its ldemuroient fous la fauv e- rd de la loi,
juiqu'I leur depart pour France.
Ce qui s'eft paflT relativement aux autres per-
fomnes cosnprilbs dlans la life, prozuve que je n'avois
nullement 'intention de d&porter ces citoyens, fi je
pouYois m'en diEpenfer, fans dnger ur la ch'fe
publique & portir eux-m.mes; ceUK qui ne furent
point arretes fe cachrent; )e fts mis dans Ia con-: ..
fidence de quelques-uns; je me rendis caution pres
Ck






40
des citoyens de couleur pour quelques autres, &
quand le general Beauvals mn'et afturC que tous
pouvolent reparoltre, le maire Leremboure le leur
fit favor, de forte qu'avant mon depart de la co-
lonie, ces ctoyens vivolent tranouilles & heureux
dans Icurs foyers.
Le gcnr:,l Bl.Anchelande, inquiete fans doute par
les rapports continues qu'on nous faifoit de pr&-
tendues intelligence de ces prifonniers avec la ville,
& des comnplots qui en etoient l'objet, ce gienral
fit a mon ifiu transporter Praloto filr le navire FJA-
Vathe a Saint-Marc, & les autres prifonniers fur un
batinent qui partoit pour France, ou ils fo t ar-
rives. Si j'en avois cte averti, 'y euffe probablement
contribute, tant nos operations etoient alors fou-
mifes a 1Pimperieife loi de la neceffit ; mais d'apres
opinion defavorable q ijavois conque de certain
individus de Saint-Marc, j'aurois pris, a regard de
Praloto, des precautions auxquelles le general ne
penfa point.
Dans la nuit du 9 an u o juillet, Roirla-Grange ,
prev6t de la marechauffie a Saint-Marc deux ar-
chers nommis Droumeau : Baptifle, & deux qui-
dams retir&rent Pinfortune Praloto dui bord de l'A-
gathe, fous pritexte de le conduire a la geole, le
defcendirent dans un cannot, oif its lui mirent les fers
aux pieds & aux mains, ramerent au large, & apres
Favoir affaffine avec fon propre fabre, le jetterent a la
Sner,
En meme temps que j'apprs ce lache afafllinat
je fus averti que Borel & les autres prifonniers, que
nous avions laifes a la geole'de Saint-Marc, couroient
le plus grand danger, & ron m'affura que le m&me
R6i-Lagrange avoit depuis long-temps Plhabitude






41
d'affalfiner ou de noyer ceux don't on voulolt fe d frare
" Saint-Marc
9, ,
Je remets au Pouvoir exdetf lia procedure ote fai
fait inflrtuire a I'amira-;tS. dJu Port- au- Prince ceat- e
Roi-Lagrange & fes complices, ju.1~u'au dice, t !
prife-de-corps liche centre eux; je lIi remit i.-
lement ma correfpondance avec le confell dc p:aix
& d'union, la Munfcipalite & la Senechauif'e de
Saint-Marc, tant fiir iaatire de Pralato, que tiir celle
de Borel & autres prifbnniers : le detail en feroit
beaucoup trop long pour qu'il puite entrer dans ce
rapport.
11 me fiffit de dire ici, que Roi-Lagrange trouva
pour protefteur a Saint-Marc, la Senechauflee, la
Municipality & les Pompops blancs; ceux- ci fe
ligu&rent, avant a letr t ite Coigne, officer d'.dmi-
niftration, pour s'oppofer avec des canons, des
efpingols & des fufils, a execution du d.cret de
prife-de-corps; il et a remlrquer que, dants le neme
temps qu'il foutenoit un affafiln its empclihoient
Pelargiflement de Borel & des autres prison iers,,
quoiqu'il n'y eut aucune eTpece de charge centre
eux, que le G'nraal & moi euffions, des le fix
juillet, donned i'ordre de les elargir & que la
Commillion Nationale eft repete piufieurs fois le
menme ordre, enfin ce ne fur qu'a Pepoque du i
aout qu'il me fut poffible de retire Borel & fes
coinpagnons d'un c:chot, oiu depuis deux mois its
s'attendoient a chaque infant d'etre egorges.
Les citoyens de couleur r'offrirent d'arr~ter Roi-
L grange; mais fatisrait d'avoir, pir leur courageufe
contenance, delivre des innocens opprimes, je ne
voulus point expofer la vie de ces braves homes
pour eflayer d'arr&ter un fcelIrat puiflamment fou-
enu; j'ai laiflf dormir le decret de prife-de-corps




U




it


4%
jufqu 'a arrivCe des nouveaux commiffi~res, & j'en
ai remis un double a Sonthonaxk en linftruifant de
Iaffaire, & linvitant a employer des forces que je
n'avois pas eues, tant pour arrcter Roi-Lagrange,
que pour difliper le foyer de contre-r evolution qui
exiftoit a Saint-Marc.
Je me hate, afin de n'avoir plus h parler de ces
pompons blancs, de raconiter quelle ftt la fuite de
letr triominhe au Port-au-Prince.
Le 2o juillet me felltant fuffifamment affeimi dans
ma march, jfailenlblai les chefs 'de Parnmie des
citoyens de couleur, & leur parlai de la nianicre
fuivante:
a Je vous ai trop donned de preuves de mes*fen-
A times, & vous r'en avez trop donned de votre
a confiance pour que je puliTh diffdrer plus lo.g-f
a temps a dechlrer le bandeau qui vous couvre les
A vetx. i
a Vous etes les enfans de la Rdvolution vous
a devriez en etre les plus gardens dfenfeurs; cepen-
) danti vos amis font fes ennemis; ceffez de vous
P aveugler. Pouvez -vous croire que les Pompons
) blancs, ces vils fippots de Pancien regime, des
d &tres bouffis de morgue & de pritention qui
iv demandent en France des clafles de nobles & de
o roturiers, qui veulent ici de clafies de grands
a planters & de petits blancs, croyez-vous qu'ils
Saoient agi de bonne foi lorfq*u'iIs fe font joints a
) vous pour reclamcr en votre fa-vur I Pialite de-
A droits polhtiques ? Its vouloilnt fe ven;::er de leurs
A e-nremnis; ils vouloient la guerre civile & le rIta-*
> blifl'n:ent des abus doInt ils profitoik.nt autrefois;
i ma:s trop fibles pour a.ir fc-ilsits vous Ont urns
,, l eur caute en proIl.a i cc- rbattre pour la v6tre:
SLifez daus le veux des Patriots du Pot-au- I








, Prince, n'y voyez- vous pas la jole que votre
W bonheur ieurs caufe ? vote aminli les flatten: ifs vous
, font des avances, & leurs d'marches ne tendent
t qu'a refferrer, par de nouveaux liens, le pade
Sfed Jratif que vous avez jure ensemble. Lifez dans
Sales yeux de vos pretendus amis, come la baffe
Sjaloufise s'y laifle appercevoir : n'etes vus pas
ennuyes de vous entendre reprocher fans cefle de
a pretendus services defintereffes ? Que font a&uelle-
inent vos Pompons blancs ? Les uns fuyant une
Ville oi 'on cherche a leur plaire, fe refugient
dans la plaine pour continue de corrompre les
) efclaves & de fe fire craindre plus long- temps,
v ou poor emptcher la rentree des procureurs &
grants, don't its veulent accaparer les falaires.
h Ceux qui refient en ville, a quoi s'occupent-ils i
0 -Us font pres de vous, les officieux, en calomr
nmint les Patriotes & fuppofant des complots
, propres a vous alarmer, r.veiller vos haines, &
Sa rallumer les torches de la difcorde. Voulez-vous
' r:ntrer dans Popprobre ou d'abfurdes prejuges vous
, reduifoient ? foyez toujours les dupes des Pompons
a blancs, & travaih2z a la contre-revolution. Voulez-
a vous au contraire conferver les droits que la France
, vous a reconnus ? foyez les enfans & les defenfeurs
d de la Revolution; devenez les amis des Patriotes,
& n'ayez plus pur vous guider d'autre boufible
a oue P'Afihrbli'e Nationale.
Vous venez, Commiflaire, repondit Ie general
) Beauvais, de repeter en parties ce qe je difois hier a
Smes Concitoyens, & je puis vous prepondre pour
Sleux, COmme pour mot, que nous n avouIs )dI:iji s ete
les dupes des Pompons blancs; ii nous falloit
conqitrir nos drolts nous av'ioas befoin d'auxi-
v liaires, le diable fe leroit pr fente que nous l'au-







S44+
> rone enrtgmente : cis MM. fe font offers, &
Snus s avn em')) s, en leur permettant de
0, r ,i,) qu ifs nio .s dupo'eut: j'ai d.ja avert plufieurs
a dent.ti':: q' A Ie voi;) Ics djnoncerois 1s'*s perfift
a to-tt a J i r 12 im uv.Is co fells a mes { :unes
Sr .: 'Vous eI, notre pere, Thonmte de la Nation,
SL. a.. I de otr troiper; mns comptez auffi
SAqe noe S Sfom-ts incapable de trahir la N tion,i
L Je tous ref;fer a ce que vous exigerez pour
i cIe. 2|
Le r~iultat dt notre conference .ut que le g, nr;al
BenuvI as jnltfieroit aux Ponpons blancs que la
Con.mhflion leur offoit le choix de retor;er a a
Sa'- Ma-c ou de s'incorrorer d ai les diftilft du
P.At au-Ptinc ; ma's qu'elle expulfeioit de la Ville
t,:is ceux qui n opteroient pas dans deux fois vingt-
quatre heures.
It en partit en effet plufieurs; & les autres, conduits
par le gadcral Beauvais, vinrent m'affirer de leur
patr:otifine,
Le 23 iuillet au matin, je les prcfentai au confeil
d'Adminiffration de it Garde Nationale ; i s'y paffa
une fcine des plus intdreffantes, d'apres laquelle un
Te Derin fuit chanted I'apres-midi; les nouveaux
Patriotes preterent leur ferment civique le mnnie
fair, devant la Muanicipalite, en prefence de la Garde
Nationale, de 'armee des citoyens de couleur,
des troupes de Ligne & autres ; cette operation
fatisfit beaucoup les Citoyens du Port-au-Prince; ils
y trouverent une reparation proportionnee a I'injure
que leur avoit faite rentrie triomphale exigee par
les Pompons blancs.
Dans mes tourndes aux) diffirentes .paroiffs de
rOueft, jai repet6 aux citoyens de couleur & Negres








libres de ces Paroll'es, les rnmes chores que favos
dites aux Chefs de Icur armic & par-tout ils
m'ont fait des reponfes fcmblables t celle du gndiral
Beatvais.
Jai convert, & mime a Saint-0-arc, tous cerx
des Pompons blanes qui n'etoient qu'"garIs oi q"uil
n'a t poffible d'l&ver a la hauteur de la RFvo-
lution; quant aux autres e les a; itfobs :& pour
ainfi dire revetus de la livree de Cablentz; de fo:te
que les nouveaux Commiffaires n'auront pas eu de
peine a les connottre.
Je ne puis me difpenfer de parler du retabliffement
de la difcipline parmi les efclaves revoltes de 'Ouelft
Ces revoltes qui, a lepoque du a 3 juin, etoient au
nombre de plus de cent mille, avoient toum repri
les travaux del'agriculture deux mois aprs, & faifoient
oublier, par leur bonne conduit, les crimes don't
on les avoit rendus coupables : je n'entreral pas dans
les details de cette etonnante operation; je dirai
implement que le fucces en eft dI A i inflence
magique qui n'abandonna jamais la Commifiuon
National dans 'Oueft : j'eus le bonheur de irunir
la confiance illimitee des proprietaires & celle des
efclaves : vous euffiei eu de la j eine a diflingmuer f
les maitres avoient autant d'envie de recoullrer leur
Sropriet6, que les efclaves en a.voient de rentrer dans
eur pofleffion : pas un coup de fufil ne fut tire : pas
tn cri de douleur ne fut entendu: c'etoierit fur toutes
les habitations oi' les travaux recommengoient autant
de danfes & de fetes faturnales : on y vit la nature
reprendre des droits que la fervitude fembloit avoir
abroges pour toujours; les rmatres & les efclaves
fe confefilant leurs torts rdeiproques I pronmettoient
de kls r-parer, & feelloient leurs promefles par des
baifers dans leifquels fe confondoient pour la pie.




-W -* k



46
inirer fois, Ics larmes paternelles & filiales du mattre
& de t'efclave.
Creole, dtevN parmi les negres, jai prefque tou-iw
ours vecu dans les Colonies, ce qui me donnolt un
avantage & des connoiffances don't jai profit: j'ai
confervc our la Nation, plus de la nmotie de la
coloi e de Saint -Domingue; mais la commilion
i n a rien ordonn, rien crit, rien faith, en un mot,
qui fupposat qu'entre le mattre & refclave il putt
exiiflr un pouvolr ailleurs que dans la Colonic; jetois
le confident des nmatres, celui des efclaves, 'arbitre
de leurs difficult ;& lorfque tout etoit convenu,
les hommes libres de chaque paroiffe fe reuniffant ena
affemblees primaires, conflatoient, par des arr tis,
les fits coavenus pour les foumettre enfuite ;i
'approbation de FAffemblde colonial, d'apres Fin-
vitation de FAffemblee provincial de rOueft.
La parofle de la Croix-des-Bouquets donna cent
liberties, & celles de 1'Arcahaye quarante-quatre aux
ch.f ds es revots, pour les r6compenfer davoir
emp.chie rincendie des cannes & des bitimens; mais
ai condition qu'ils ferviroient pendant cinq ans dams
ine gendarmerie, & qu'ils maintiendroient, pendant t
ce temps, la discipline parmi les enclaves : les cent
quarante-quatre affianchis, come autant de pr di-
cateurs, fe font difnminns fur les habitations, & ont
juftifi par leurs prompts fccCs, la bontd de ce
noyen que fjavois propofe.
La folidite qtuavoit aoqtuife le-retablifferent de la
discipline parmi les atteliers de POueft, d s le com-
mencement de feptembre dernier, fe trouve prouv-e
par le fait fiivant: -
Coigne, officer d'adinniflration, connu par fes
principes anti-revolutionnaires Ile Meurtrier Ri-
ia-Gran~e & des archers de Marcchauffiei s'~iant



i i







47
tranlportes lur des habitations de IArtibonite y firent
quelques expeditions meurtri res capable de foulever
tousles negres: cependant, ces efctaves, au lieu de
s"infhrger, fiddles aux promefles qu'ils m'avoient fates
Un mois auparavant, confiant dans les confeils que
je leut: avois donnes, fe cacherent, & deputerent
des commniffaires au bourg de la Petite-Riviere, pour
recIamer la protedion de la Municipalite de leur
Paroiffe: la Municipaliti voulut les venger; mais ce
nouveau delit centre la surete publique, trouva
comme I'affaffinat de Pralato, de puiffans prote&eurs
& Saint-Marc, & refla impuni, fans que la tranquillity
de IArtibonite en ait fouffert.
D'apres les observations que j'ai fouvent faites &
Saint.Domingue, relativement aux revoltes d'efclaves,
je crois devoir indiquer ici les diffirens caradteres
de ces revoltes.
Les n gres de Saint-Domingue ne fe font jamais
fouleves de leur propre movement; la preuve en
eft qu'ils auroient demanded, d'abord une liberty
abfolue : car quel autre motif peut porter des
efclaves a courir les hafards d'une revolte ? mais
aucune des bandes n'a eu pette pretention dans
l'origine.
Les revolt.s dtu Nord, fous les ordres des efclaves,
Jean-Frangois &.Biaffou, demandoient le retablifesq
ment de la monarchies dans fes anciens droits : Une
femblable idee peut-elle germer fpontandment dans
une tete de n gre A Saint-Domingue ? Jean-Frangois
Biaffou & leur bande compofde de dix mille hmines
arms & d'environ cinquante mille travailleurs,.
vouloient fe rendre a mes deux colleagues & a moi,
& le jour avoit ete fixed au premier jauvier 1792 Its
ne demandoient que cinquante liberties pour les chefs
de farmee, n'attendoient qu'un pardon general, &








i trouvoient, dans lacceptation de la conflituton, le
SrJtblilifmeit de la monarchie pour lequel ils s'e-
to;ir:t arms: letur bonne fji n'tol point dquivoque,
pYr fqt us nous remire.t des prironn:eis gardds juf-
Sq +'I.i1rs come Lde efpes d'tages, & que Jean-
In o an; propoft de fe liver lui-meme a notis dans
SI vl;Is du Cap : ce uft, d'un cutc, 1obOiitt:lro de
1 A l AbI; con iiale qui ne vouilt, ni publier une
Sm< e ni la ela ir ptiblier Far nous : ce fut, de
Ir t I cit, des m I- :1 ges invent par des co:tre-
rcvolutonp!iLt:s .I de donner aex eaves des
fibtpqois centre .ous : ce fltent, dis-je, ces causes
qti eti'.pI- eir ent nos fucccs prcdts t, rcvoties; & fi
cetux-ci ont mant, fl t des prient Lnts U Ia ib-rte
gen rate, ce n'a ve qu ap:es la ;ublication de la loi du
4 avril, &, flltn toutls kcs ap :.r'ences., ai inf rtion
dun abbe Lahaye : i fauAotE s' ue..: ur nier
oue cet(e bande n'ai requ fa premiere imulion +ide
,a nll;i! adCs confre-revolutiorn:u.es.
l Qunt nt a rlvolte de Jean Label, daris le Nord,
& a celes de FOuett & du Sud, qui 'nont jl:;ras eu
de rapport avec les cv nemens d iE.rope il eft
fUce dcTn red teIe: les bL: cs voutorent em-
Iployer les efcl.ves con t tre Its homn:es de couleur &
nigres libres, & ceu::-ci vouloiehit eralumerit s'en
f'vir centre Its bta.ce ; :en certain- endroits ce
firent Is bL!ats qui coIniner, cent, en d'autres, ce
Sfluent les horrnv.s d: cooler. II n-e feroit imn-oliUbls.
de dire sequel des dedtx p rtis en a le premier idonnu
.. ;Mmple, chicin ,sen d fend -& le rprocle a autrAe:
i! eft ceit.in,.u man.s que les a-imbl.es provinciales
de Oiuel & du Sud, ayant ligalifel cet impolilque
riovenr par (its arrtits portant etab!iren.enit de force
d'efclave: ari'ns, cotrre Ics honmn.es de couleur
ceux-ci Li gardire: t ius de rnerur, &, prolilant
de







49
de leur's rapports plus direafs avec les efclaves, ils
en foulevcrent latres-grande majority centre les blancs
ces revo:'tes font done reffet des difiutes politiques
de la colonie.
La facility avec laquelle j'ai fait reprendre aux re-
voltes de rOueft leurs travaux ordinaires, me per-
fiade e ue jaurois egalement reufli pres de ceux de
Jean RAbel & du Sud, s'il m'avoit et& poffible de
m'y trantfporter, & que j y eufle trouve des proprie-
taires ai fi ages & aufti humains que ceux de POuef.
Mais loin que je pulre fortir de cette province, a
moins d'en rifquer le falut centre des pofibilitld, ma
prdfence lui toit fi neceffaire que, malgre des fa-
tigues continuelles, ne pouvant me transporter en
affez de lieux diffirens, iai pris fur moi d'dtablir des
contrmis de la Commifion national, pur me fup-
plier certain egards, jufqu'a l'arrivde des nouveaux
commiffaires; ces commis nationaux font:
Gattechair, citoyen blanc & la Baiffonniere,
citoyen rouge, charges de la pacification des paroiffes
de Bagnet de Jacrtel & des Cayes de Jac-
mrel, operation majeure don't ils fe font parfaite-
ment acquitted.
Lapointe citoyen rouge, charge de maintenir
fordre & la tranquillity publique dans la paroiffe de
rArcahayes, o ni'exiftoit aucune efpcce d'autofit6
Idgale; cette miffion, auffi dangereufe que difficile,
ne pouvoit tre confie qu' lui, & devint facile
dans fes mains.
Defpinaffe, citoyen blanc, charge de retablir a
difcipine parmi les efolaves des montagnes de la
Charbonniere, ou ii a eu le fucces le plus comp!et
& le plus prompt.
Couppd citoyen rouge, charge de la meme
operation dans les montagnes des Grands-Bois.
Rapport de Philipfe Ro c-Rozum. D









EtJoreph Cazeau, chtoen noi, auffi fage qu'hon-
note, charge d'entretenir les efclaves de la Plaine
du Cul- de- Sac dans les bonnes dirpofitions qu'ils
maniffltorent.
J'autorifai ces comnmis nationaux a porter ine
m-daie d'or, hfurpendue par un ruban national a la
boutonii *,iet; it en rIfultat deux effects, 1'. la corm-
Juiflion put agir par-tout a-la-fois ; 2. les croix de
Saint-Louis FprdJient toute influence dans 'Oueft.
11 a teu;ours exifle entre les grands Cvenemens
de la France & eeux des colonies une adion & une
readio1n limultan'e qui ne permettent pas de douter
que leur impulfion ne fut combinede d'avance par les
i,-emes mnoteurs. Dans les m.ois de juillet & d'aoit
derniers, tandis qu'on tramoit en Europe Pentree des
Strangers en France & l'aunantiflement de la liberty,
les tranmes des contre-revolutionnairs redoubloient
de rage & d'ai~ivite dans les colonies; ces meprifables
ele!- s des droits de 'honmme jouifent impudemment
aux tlles-du-Vent, d'un triomphe ephimre, don't
ils jouiiroient eg:.4enent a Saint-Domingue, fi la Nation
n'y avaEt pas eu un commiflaire qui ofoit en pro-
noncer le nom en maintenir la fouverainet em-
pecher les citoyens de couleur d'etre trompes & de-
jouer les manoeuvres des contre-revolutionnaires.
La loi du 4 avril promulguae paifiblement i Saint.
Domingue, devoit ctouffer tous les germes de divi-
fios; i ma~' iu colnttaire, ce fut alors qu'on vit nattre
t1ds fbup-qns & des fureurs dans la vile du Cap, i
d .t pelbimae ne pouvoit affigner la caufe.
L'ArcivxCque Thibaut, procureur fyndce de la i
.c-n uunie du Cap, fit diftribuer dans le nord, a
Pcro!- ue du premier about, un ddveloppement des
Su!ra.crtels ue de la colonies i fi lumiineux & fi
i fl
S1reitler la f'urvei.anacee dQs, pauiotes, ue,




i,,









j'en ordonnai Pimpreflion au nombre de deutx m.lle
exemplaires, qui produirent tn cr~:eca.t t.fI t daas
i'ouelt & dans le fud.
1 eft polible que des eye9ateur's auxstuea en
impofoit ma prefence a Ient itr ,liit le :e1n que 'avois
eu le boinhur de fire, & cd ::; je d .: le t c as au
patriotifine fge c& clairt :e -P A'l";"t' "r'Vinciale
de rouefl, dte la municipalite du Port aur'iLe ,: de
la gArde national de la mime ville, & des cthoens
de couteur, & negres libres d- la provice de FOueft.
J'appris a Saint-Mare, le 19 feptembre derhier, que
les nouveaux -cormmriffies dtoient arrivCs Pavanrt-
veille au Cap.
Un dvenement ficheux furvenu le 14 dul mois
precedent t entire les patriots & les citoyens de
couleur du Cap me donnant a craindre que les
ennemis de la revolution nen euffent fait leur profit,
"'engageai Savary, capitane-general a Saint-Mare
de pafler au Cap avec moi pour defabufr les ci-
toyens de couleur qui en auroient befoin. J'aurois
beaucoup defird de fire la meme invitation a Pin-
chinat, pr:fident du confitl de paix & d'union; nmais
la prefence du Francklin des citoyens de couleur,
n'dtoit pas moins necefiaire dans loueft, que le voyage
de leur Washington ne retoit au ndrd.
Partis de Saint-Marc le 21 nous nous rendFmes
par le cordon de loneft, le 25 feptembre, u Cap-
Frangais; Savary donna des lemons de patriotifine
aux citoyens de couleur de cette ville qui fe trou-
voient dans une flu6ation d'idees contradidoirel; it
eclaircit les doutes, diffipa les erreurs & il Clelrifa
toutes leurs tftes du feu facre de la liberty & de
Pegalite.
Enfin, parti du Cap le 5 odlobre je fu is arrive
D 2









IA arfeille le 18 dlcembre, & me fuit rendu Paris
Ie 6 janvier.
Le rapport que je viens de fire, fe riduit en fubf.
tance a ceci.
J'ai rempli une million, fans que j'en euffe peut*
ctre le droit; j'at pprouve une airociaion contraire
a la lettre de la loi; jai retranchi parties de la date
d'une loi que je faifois promulguer; j'ai ordonne
des deportations extraordinaire; mais jai prepare
toutes chores pour faciliter les travaux de mes fuc-
cefreurs: j'ai enipcche que les citoyens de couleur
& negres libres ne fufent trompes a Saint-Domingue,
come its Pont ete A la Martinique & a la Guade-
loupe; j'ai ddjoue tous les projects des contre-re-
volutionnaires Saint- Domingue; j'ai confervi le
Port-au-Prince malgr6 les complots de fes ennemis,
& les fureurs de fes citoyens; fai confervd plus de
la moitie de la coloie, & r&tabli la circulation,
'agriculture & le commerce dans la province de
r'oueft.
Et je n'avois aucune autre efpcee de moyens,
qu'une influence morale qu'il ma fall redonner
a commiffion.
Paris, t $ jiatnvier 179g, fa z second de4l.
ipublique fran aise.
Signe', Roui MB


___ I__ ___ ____I










N'. I.


P ROC LAM NATION

AUT NOM DE LA NATION, DE LA LOI ET DU ROI.

PnILIBER T-rFN.foIs ROtUXEL DE BLANCHE LANDE,
Marichal-des-camps et armeres du roil, lieutenant pour
le roi au gouvernement general des tils franiaises
dAmerique sous le rent;

Et PxJurPPs-Ross ROUME Commissaire national civil,
deltgue par le roi aux fles frangaises de lFAmerique
sous le ent poury maintenir I'ordre et la tranquillitd
publique en Pertu de la loi du I I frier 179 1 .

L'ASSEMBLEE NATIONALE et le Roi ayant, par la loi du 4 avril
dernier, fixed d'une mani"re invariable l'itat politique deshommes
de couleur et nigres libres, en leur reconnossat iuse igalitb
parfaite de droits avec ceux des Bancs; cette loi, dictee par la
justice et par l'inteet bien demontre des colonies, a etteretie par
tous les bons citeyens come un bienfait signal~ qui riunira
d',piuion les hommes libres de la colonic, et les fera concourir
au lien public.
Charges par nes etiplois respectifs, de fair executor la loi
du4avrit, saaf les points personnellement attributes a'Ix nouveau
commissaires qui sont journellemeiit attendus ; apris avoir reglk
dans la province du nord les objets relatifs i ladite loi, nous
avonsjuge devoir nous transporter dans cell de 'ouest, a leffet
d'y recononitre, par inois-nucmes,'la situation actuelle des closes,
et d'adaptar provisoirement les mestures propres a :rreter les
progress du xual, a reunirles cioyens, a preparer I execution
41Rit;ve de la loi confide aux nouveau commissaires,
Sr,










$4
Nous avons en Ta satsfactloi, de rencontrer chez tous es bons
citoyens des deux parts, qui ont, t divises par La guerre civil,
un desir eal de ste Loiu.ilier d'oblibter ters ciretrs rici-
proques et de prouveY a la nation et au roi leur invariable
loyauti; mnai nos avons te .arqi: qu'il regnoit, de part etd'autle,
une difiacti qne nous trouverions effrayante, si nous n'a ieus
I'cspoir de la surntIO:ier par de sages precautions qui iettant
ces toyens a meme de s: coi:num iquer sans danger leur
procurera 'iodcasoii de se euxci connote et de se rendre
muiuellemret la imnme justce (ue nous leur tendons.
NoNs jugeon que dans cette circ3nstance aussi majeure que
delicate, nous devuns, an. naus asservir aux forces regulteres,
n* nous diriger qne dapr es s lois de impeiieuse ndccssite,
tamoignerautant d'igard et de confiance ai un des parties come
i Pautre ne )ien prj uger pour ou contie, et ne rien detriire
de ce qui pent 2'tre utile.
liriges par ces considerations nous avons reconnu que le
couaet! de paix et d'union qui ~'est itabli A Saint-Marc par le
choix des paroisses -de 'Ouest et d'une parties de cilles du
Nord quoique inconstituti Jnnel dani la forme n'en est pas
moins un corps central oui se rCunissent les vceux et la confianice
de ces paroisse.; que la dissilution de cette respectable coalition
entramenroit la subversion total des mmems pa ioisses oi repgne
ume fermentation generate parmi les attliers ; et qpden ligalisant,
an contraite, le csnesil de paix et d'union et autuorsant a con-
tinuer provisoiremcnt exercisee des functions de police et d.
dhcipline iiitericurcs qui ju'qu'ici a produn: 1'effet le plus
salutaire nous parviendrons diriger vets Ie meme but
du bien public s librcs et les esclaves des paioisses
coalisees.
Nous avons reconnu chez les citoyens de .codeur et negresI
libres la pIlu forte ambition de prouver lai France qu'ils ne
otit pas moins jdtoux de lui appartenir par leur civisme et
letr gei rosit,; qut par le courage doat ils ont done des
preuvt icsatlante. i
Les troupes de line du Port-au-Prince se sontnmoutres de
vrais solddts -. toyvens, i.
* La garde national de la mime ville nonu a pnrn n'*re com-
Posee qu9 de b< ns Francois, nffli.,s des mlheAurs de la Colonie,
it desiratt concourlr ardeinment avec nous A les a'paier.









Et la troupe s'old]ie vieqIt d: s'acquirr a;i st que la ma.
rTcha! Sc de j"ii.s di i i xt i Cstinie.
Mai lonus aoV1 s, par u:1 fatale c:pC ientc qu'il se tronve
an Port- au-Prince uOI nmubre conslditrable de pei-connes
oisivei, dtcut Ies ttets ont eLe exaltieb par I'efferv'escen ce qui a
ieg"ic ; et nlas craindrKuns iue ces personnes .arCes ae lzeo ull
velazseut le-.> cne, disat Licucse qui s'y sO;-t p.xsees si noutsne
les retreinls daln, le devoir a't mnv.ye d' ae force i:rpsan!e
qu sous les oudres d'un militaire saie et &claire, puis.e exe-
cuter sutrerentles requuisc ,oiis dies corp, populiire-.
En coneqi.eince, nous autorisuns le cobeil de ix et d'union
de Saint-Mar icotinuer piovisliement 'erxe eice de Ses t:on--
tiois dans toutesesIs parisse de sou association en se confor-
m.iat aux decrets natiouau, sessoumettant au:. arrtes de Pas-
seablc celoniale approuvis: par le go"verneur et coirespon-
dant loraqu'il y aura lieu, avec les autres corp s poplalres 1I
gouverllerieCit et la com)tmission national c i: Ile.
Des ordroe; najeirs eigea.it le depart du L.itdillon de Nor-
mandie no's lai rend-ns la jaticee de declarer que noun avons
une entire satisfaction de la conduite qu'il vient de tenir.
Rendaut la mirme justice au bataillon d'Aartois et aux d -ta-
chemens d. Provence et d'artil!erie M. le gtiihrai les reticut au
Port-au-Princejusqu'a novel or-ire.
Nous ne doutons pas que la garden national du PJ6rt-it-0-'r:I ce
ne continue de nou:. donner des precves de s.,i zile et de buo
patriottiaic.
Nous prmettons tne protection speC;dl a la garde ,uldue,,
tant qtaelle se conduira come elle viuet de Ie fair.
Et nous iioublin_,. pas de s med.tionner ii la ta.iL.-tiP2 que
liou a cause la conduitdede la ri' i LauCe.
Nons aUnicentei onts l-r.. pv;oi e ~it a force ptbl que du
Port- au Prince de la ,,u, .;c di .t A,. le gnral le
ltelera.
Les eitoyens de cotleur de la vite du P. irt- -Prir:e r n l t
leur rentrie le jeudi, 5 du co5ur-t'i a s1ept .eu-,... d:!, rn ti':, l .
serqut tCcompain-s par d'atres. ctitoyens ; le c.-bre t-t ,..s
unSs et des autrcs ne pa-sei. it, ille, ii'M Ie g&naitljet 1: c .:-
n:s,.atre national civil se trauiipoi teiont d'1, ".le la t.tiU i-:-
palit et accompagui chliacu de edet:ux t0lct Iiu- tl.i.ii u:, ii1
se rmndront awix dctx 1port.s de la aitee, p ~ eL f l x.tCei,
1) 4








5c
esdits citoyens qui vicndront de Bizoton et de -1 Crolx-des-
Bouquets.
Nous invitons enfin tous les Franails de la colonies i se reunir
sincerement de cceur et d'esprit pour It r&tablisrement de lordre
et de la tranquillity publique; .et nous dcclaiins infamrs et
trahires A la p.ttle ceux qui, par leurs discours ou leur con-
duite, voudroicnt reveller des haines et des passions qui ont
failli caustr la perte de la colonic et la ruined du commerce
national.
Mandons aI MM. de Ira'.sembelc provinciale de 'Ouest et d
Ia mnunlcpalite de fire imprimer publier et aficher la pre-
scute proclamation et de tenir la main i ,on cxccation.

A board du vaisseau de l'itat, Ie Jupiter, mouilli en rade du Port-
au-Princt, le 3 juillet 179.

Signed BLANCHELA- DE RotLiM.





No. I


EXTRA rIT du Rcitisitoire de M LjR c n E SQ ErE
TM IA rV D procurcur syndic de la commune du
Cap.
Du premier aout 119.

.r.i. ?or o. erle de la Cor.:iuo;sn ntxlruale-civite.

3to comnifnslcn nauonale-cilde jugeant que dans les cirt
ConrtanOcs actuelCS le patriotistnc ; la surveillance et la rcuuion
des bons citoyens ne sauroient etre entrtenus par trop de
inoyens )-yant trouv' dans un requisitoire dt procureur-syndic
de la comnrune du Cap qui ac tt ditribue dans la province dt







57
Nord, un d'veloppement tris-blen fah des malheursde la colonel,
acconmpagn de vuas tris-sages pour en empccher les suites ,
ordonn etn consequence que ledit dveloppement scra imprime
au uonmlre de deux mille exemplaires, pour ctre distribue dans
les proviLces de rouest et du sud.

Jla Port-au.Princc It 4 anoat 1792.

Le commissaL;e national-civil, Saiut-Demingue. ROUMI.

PTITr VIILERS secritaire ad hoc de la ommisdin.





SDiF vELo P PE a ZENT.


Ouvrons dnc enfiaI les yeux ; inttrrogeons les v6onemens
qui se sont passes et qui se passent encore sons nos yeux
cessoas de nous etourdir sur la veritable cause de nos maux,
et tout nous dira, tout nous convaincra qu'ils prenuent leur
source dais le dessein foreign d'opercr ufe contre-revolution.
La loi du 4 avril est venue. Naturcllement, si les citoyens de
couleur et negres libres cussent hte les seuls qui eussent mis
le poignard et la torche aux mains de nos enclaves, tout devoit
fiuir du moment que cette loi a 't6 accept~e. Au contraire,
l'insurrection fait des progrs ; l'embrasement augmente ; la
revolte a gagne des cantons ou les esclaves s'etoient montris
plus que soumis ou ils s'itoient rendusiles defenseurs de leurs
mnttres ; le desastre enfin menace de devenir general.
D'at vicnt cela? On ne peut plus dire disormais que ce soient
les citoyens de couleur et negres libres qui fomentent, qui at-
tirent la rebellion de not esclaves; ils n'ont plus d'interet i
1'eitretenir; ils ent, au contraire l Imeme intirett que nous i
la fire cesser.
I y a done une cause sourde qui travaille nos esclave. Quelle
est-elle cette cause, si ce nest la fureur d'operer, i quclqu prix
que ce soit, la contre-rcveluti~na?









Jv eux croire que la ph;landLreple entire pour beaucoup dans
les mna:homrs que tnous eproIyuivs ; manis cette phItiLuthlropie u'y
etrl e qTe OVmiin. i-nialmnult et nol pas coumme cnale. It lloit
aux cUntre .,vohliuiiitiittrcs n app'it qu'ls puen present psieni'er
a cs.il r.cs poutir ic~ shoulder colsre ta se, itudCe j1 ls 8nt
IroLtv. d:.tu4 la *l'Le4iaVoti dcss droits dte i'lonane. Maic. sads les
ouitrc-.r\rlutionnuires jamais cette d clatatl;ou n'eit produilt
Str iD., scbl.'vej 1, m;;e TnpSJio assez torte pour les fire passer
tout d'Ja coap, c,-uinCie u. Ia u, de la sQuwnainsion la plus
pat f''te aux dernicr e:cs -dee la r&vohlt'.
Suivr.ni les :'e. :IzcniI Ofuanid st-oce qu'a commnlUce rlinsur-
rectio de ns eda eala .e ? let 3 iiot iJt et deux aSws anpara
t^atPUitat prti la .1 laration Jes dros.l de 1rhomme ; depuis
deuxa Jius cette dLtirail oa av:t, rieie:ti da.a; t-Alt funivers et,
y.ur ni,: ptalcr qae de Si;t-Domingue jUsques da-s ses triples
montagues, aisuts que nos ecla.:es eutsent t:1ui ngue la moiidre
envie de s'en prevaloir, et s Tuh.Seiilt rell-i"sh le moinsdu monde
do respect et de Iohbissance qu'ils avoicnti ens jusques-li pour
lers m.nltres.
Ce n'e:t dune pas la d claration des droits de lhomme qui
Ieur a fAit briser tles chuines.
L notuvelle du decree diu 5 mai arrive dars la colonies, et les
csdtavec ne lout pas etcore le moiudre imouvement.
Enuin arrive cell e de visionn du roi du 2z jmin suivant, ec
cette uou-velle semble itrete esiiual de Iisuurtection. La revolt
de nos atteliers elate pen dejours apres, et avec elle commenceut
les assassiuats les nceundies, et aus.sitt no, esclaves out des
fustls des canons toute es~e ce denies toute cip tc de inu-
nit;kts de Tnetre et de bouche, et Ie mal s'accroit avec tant de
v!olot ae avec tata de rapidit~ que ses progress Ctonnent autant
quits co!sterneatt cet x mines quit roient qu'on ne doit en
therth'.r la licause que din le d sir de briser tout-A-fait un jo.ug
ga'on a commence i Secouer.
Un3e leCIIque i fire cXt qu1e 1a on les citoyens de couleur
et Tcr s libres out conmiiis le plus de ravages les Cselves en
nnt fait moins : coWl tie si la meme main eiut d.-iun' Pimpulsiot
Lt, uns tt ,1 .e lttres, et se fl t conten've dair daurt une parties
de la c!oee par le moyen des esclavei' et O:ams flatre par
rfetricaiise dcs citoyeus de couleur et negres lI rcs.
Mait vet-on se bieni convaiucre quela philanthrople n'est ren
afinis que Ie mobile de la guerre pTue uiou font oUs eau clsva ?









59
qu'on jette un coup d'"cit sur ce qui se passe parm eux
y voit.-o aucunte des foirmi- p tpul iesl que la vo~lti'n a intro-
duitee? On-il!s es mui.lcip.t1s des iuag de paix des ut. em-
blh es de communes dc.s wrdes iuti-.unald etc. ? Ritn de tout
cela. On 'i y julre que par le rol,; i tn iy part que de rttablir
.J, roi bur son trone ; on y affected toiutes Iet distiiittions de Fan-
cien rigimle ; e un niot, ot y est i opposci asa uvu n au qu une
cau.e de mort bhen asruree pour les laiics qui oum lc inAnleMir de
tonber au pouvoir de res barbafes, est d'avoir joue un role daus
qiielquce coips p opul,,ie.
Cette haiuc tette aversion pour le nouveau regime, d, -
cclnt ouvertemeut le principe de l1insuirection de nos esclaves
car, si c'toient Ies philanthropies qui les etissent excites A la
revolte comme les plus grads philanthropes de l'assemblie
national constituante sent ausi ceux qui out le plus cooper
a la constitution francaisc, en soulcvant uos attelleis centre iLous,
ils n'eussent pas mauque de leur insiiuer le gout des forines po.
S pulaires que la constitution a itroduites ; ils n'eussent pas fait
prendre sur-tout i Jean-Fianuoij le cordon bleu et un su-
perhe crachat qu'il porte sur son habit.
N'en doutons pas, la revolte de nos eselaves est due alux
centre-rieolutionna'ies; la guerre que ces memes esclaves nous
font machinalInent est una veritable guerre de contre-
Siludtion.
Mais quel pent etre le but de ceux qnu nous out suscite eette
guerre et qui 'rntretienuent avec tant d'art ? Pense t ot n
que ce selt implement d'opeper la contre-revolution i Saint-
Domingueq? It fIadroit leur supposed des vues bieu courts,
pour s'imag!uer qu'ils bornassent a l eurs projects : et a quoi
leur sciviroui d'op.rer la contre-revulution i Saint-Domlningue ,
si elle no s'operoit pas en France ?
Voill done leur grand but : c'c(t d'opieti ou d'aider a oprer
la iontre-r'cohluti.n dans la mire-p:ttle. Or, pour parvenir A ce
but, que faut-ii ? ttruern, alatlntir Saitt-Dominague commei
rune des principLes sources de la prrsperite de notre ntion:
ils esperent, en effect, que la mi re du nouveau regime fera
regretter 1Iancier ; et certes poir u netK-r cette nmsere its ne
saurmoiet mnieux sy prendre qu en dt:iiantit une aussifloris-
sante colonies lae celle-ci. Oa compte deja plusieurs fGillites
consntlrabl-e dans lqelques po:t de mer ; et, par une suite
de ces faillites, des aliin de L.Ique, de-s II ieues de Pais,









ont stspendu, dit-on, leurs paiemens. 11 est fort a craindre si le
came ne renait promptement dans la colonie, que la fortune
putbliue du oyaume ne soft elle-meme bientot ebranle par les
secousses que doivent necessairememn lui donner des revers mul.
tiplies danb les fortunes pailticuliiles.
Tenons done pour certain que, dans le svsteme confre-rieolu-
ionnaire, Saint -Domiiigue e.t destie A peirr; et, si oe en
doute cq'on r1ilechisse, encore une fois, sur ce qui s'y passe
depuis que ia loi da 4 avril a etc recuc et accepted. Jamais nous ne
nous sil.oimes crus plus prei du term de nos niaux qu'a cette
epoque et cepeadant tout nious alnnune que nous so0maes
aijuud'lhui plus loin que jarmia de reuiri i bur nos proprietis,
Ct de recouvrer note trauquillite.
Quand on connote le ral, il faut y appliqner Ie remide. Quel
est celui don't nous pouvous userjusqu'a cc que le vrai remede i
'os niaux ntus seit arrive de France ? Je 'ai dqja dit, une
extreme surveillance : cette surveillance jointe aux nouvelles
measures que j'ai cru, Messieurs, devour vous proposer (r), em-
i ]pecheranos vrais emnemis d executerleurs projects avant IParrivee
des stcours que nous attendons (car c'est dans cet intervalle qu'iI
ont risolu de frapper leur grad coup); et les nouveaux secours
arrivant, la colonie est save lus projects de contre-rcvolutiow
&thouent, nos esclaves se voyant abandouans de ceux qui les
out mis en insurrection, rentrent dans 1ordre, Saint-Dormingue
renast pour lui et pour la metropole.
Mais ce nest pas tout de redoubler de surveillance, il fant
encore de Punion. Q6ie ceux de nos concitoyens qui forment
des vfuix pour Ie ritabbis:ement de lancic:u regime, ouvrent done
Its yeux lear tour; qt'ils soient bien persuades qut'ou lei
abuse qu'on les joue qu'on les trompe ; qu'ils fervent d'ins-
trument sans le savoir, aux mauvais desseins de ceux qui oat
wu Ies gaener ; qu'ils coop4rent en aveugles, et sans-autre profit
que des chlieres qui ne se realiseront jamals, a la destruction de
Cette colonie A Iappduvrisement de la mere-patrie, a la ruined,
a I'exil, i la mort de leurs concitoyens. Que cette seule idee les
rappr che, de leurs freres ; n'avous-nous pas eprouve asses de
mdrlihcurs, $sn y ajouttr celui de nos divisions ?


(i) Les ietsres dont il sagit out sai it st prti.ulthtes aux ciontauces
: Ii t dit dela vilk eu Cap.










Qu'ils se ptnetrent bien de cette vctit, qtu'l en est d es
COutre-tivolutioits ,omrnm des r.chtites en mlad~ie : les ravages
qie causent les unes et les auitre soout d'autaiit pius grands, que
les principles qui coustituent le corps politique, uinsi que Ie corps
hurnain, ntont pas encore eu le temps de se rmeitre en equilibre.
QIu'ls sactheit euCore qu ttAnt, coniine nouts le sommrcs, i i2
train de la nmtropole nous devons nicesNsairement suivre son
allure, si nous voulous cte Lheurucix t tranquilles ; qtxune
chaloupe qai est i la remoique d'tn gros vaisseau ,' selforceroit
vainremelt d'aller en sens contiaire ; que la i evolution etant
etablie ca France il faut de boli gre s'y livrer come i
torrent taiher sulement de gainer les bords le plus qu'il est
possible, et qu'en resistant a ce torrent ,on court le risque d' tre
englouti. C'est i quui ious mene la lauie contrc-revolutionnairc
que propagent 'oigueil et une cupidity mercantille.
Mais, qu'on ne s'en flatte pas, cette contre-revo!ution don't tse
repaissent ridiculement ceux qti n 'ont pas ete i porter de voir de
Spris le changement qui s3est optre en France dans la masse des
esprits, commune dans Ie gouvernement, ne se fera jhmais, Et ot
en sera faciement persuaded, si 1'en fait attention au c ractre
propre ct particulier qui distingue la revolution present d.
totes let autres.
Dans le rIvolutions qui ont precede, 1 n'y avoit d'rmi
que les troupes qui soutenolent run et t'autre part le I petple '
nen retiroitIpas le fruit it n'etonitat, au coutraire, qIe plu
fouled par It part vainqueur. Ici 1Iniversaliti du people a etc
armie tout-a-coup ii fa et6 pour recouvrer ses droits ; et il cit CI
deja accoutumu a enjouir. 11 a faila des siecles d'astuce pour l're
depotiller; ce ne sera pas la force d'un moment qui l'en privera
de nouveau, sur#tout lorsqu'il a de quoi reparer les plus graudet
pertes; et qu 'au courage et i Iintripidite 1 joint lintere t le plit
vii, celmi de conserver une conquIte qac cent peuples a'aim
roient pas Ie bouheur de fire come lui.


~~~b~ra r -- --











No. 1 I

L rTT.E du citoyen LARCHEYESOQU THIrA.VD,
Procureur de la Commune du Cap, au citoyen R o v.u
commissaire national civi

An aCap Ite a6 Septenabre it31s


.M o N U S E U v


M. Ie Borgne a enla bontl de me donner quelques exemplaires
de Tlxtrait que vous avez fait imp;imcr a Po t-au-Prince, de
mon riquisitoite du premier Aout. Je m'empiesse de vous trans-
nmettre ma reconnorssaauce pour un tcmoi'uae d'approbation
aussiflatteur. 11 me d'dommage implement de toilt cc que j'ai eC
a souflrir de uis que ma place m'a mis dans le ,as de signaler
mon attacLicent a la revolution. tLeloge que vous fates 4
monsieur, de mon travail et des vues qu'il renfrme met le
comble A mes desirs. J'y trouve tout-a-la-fois la rlcompellse de
mon zele, justice a es bones intentions, protectlofi contre
mes, ennemis et encouragement pour moi-meme aussi bien
que pour tous ceux qui se eont devoucs A la bqnne cause.
Elle va done triompher, moiasieur, cette bone cause. La
publcite que vous venez d'ajoutter i l'crit oi J'ai essaye de
dslmasquer nos vrais ennemii, est ravant-coureur de leur de-
faite. II n'y a plAus A s'y meprendre : nos ennemis seut ,eux do
la revolution ; Coblenltz est dans la colonie ; c'est vous-mcines,
monsieur, qai lannoncez. C'en est fait; le coup deciit est
point. L'essentlel etoit de fahie conoiltre les auteirs de nos
niaw x a cux q u sout envoyes pbur les preparer. Ia colonies, une
fois puree des traitres qu'elle recele dans son sei n'est plus
perdue pour la Fiance.
Qr ntf'tes-vous lei, Monsienr! 11s vont nous cchappcr, ces
trattres, Grauid. Dieux et tant de foaiflit resteroictIt impunis
-Hatcz, monsieur, hitez ,de grace,votrc retour en cctte ville. Votre









expirlence deasblera les forces qui nouls vienuent. Achever par
i votre outrage. L'amour du bien est une nilassioti quzi ~e si
l4evque pas. La confiance qui vivifie les pouvoiis, aausli la
vertu de le1 pioroger.

Lile cti i lieu dhow.tieurs 4 celui q 'eIle oore.

Le procureur d1e Ia commune du C-p.
Si dr, LARciArvr sE.TE HTHI AU'1.



N. I V.

Z T T R I ecrite k la Commission Nationale par It
Citoyen de couleur R G A v GI e'ral de farmec
de ces Citoyens dans le Sud ett sujet dun mir2te
transcendant qui reunite des vertus et des talons ausi
rares que precieux.

Dai 6 Septembrt 79z.

M. LE COMMISSAII.E NATIONALt -CVIL,

Etant charg4 de pouvoirs de l'assemblei provinclale.du Sud i
pour alter fire un arrangement avec les- ntgres ins uig s et ifluolt
dans les montagnes du Platou it tst de mona devoir de vous
instruite ouz en sont les hoses ; si je ne l'ai pas plut84t faith,
YmouSieur, c1est que je n'avois pas encore ,espoir de terminier
avec eux. Mais, apiUs un mois.de peines et de ri ques je suis
enfin parvenu tt ramnener ces ntgres i de priincipes de paix
On accord la liberty a sept cents ; je lent delivre des imprlmis
d'affranchisemeat au nom de la province du Sud en vcrtu des
pouvoirs qui m'oat cit donaes. Je m'occupe a les organiser ean
companies de cent honmpes thacune, pour fire le service et
proteger la plane at les mornes, et se porter pat-tout oi beuoia
eeradanus a province pour aireter Ics ltsurrections, les ijiendjes








'4
et Ie brigandage ; une parties sont deja en activity dans ce ser.
vice, lea habitans commnucent A rentrer chez eix ctj'espere
rtue sous pea ces mcmes habitans seroult i m me de rCpaier les
pertes considerable qu'ils viennent d'essuyer.
Veus avez vu, monsieur, I'adiesse que j'ai fite i la commis-
sion nationale- civil sous le covert de M. de Saint-LUger,
ou je parlois d'accorder la liberte a une partly des negres que les
habitans blanca avoicut armes centre les homes de couleur, et
qui out profit du moment qu'ils itoient arms pour secouer Ie
Joug; ces negres, forms en compaguies de gendarmerie, au-
roient maintenu tout le rest, seul moyen d'emptcher "insur.
reaction ginerale. Mais, M. e conunissaire national-civil, io4f
fisoit que3j'avois donna cct avis (qui auroit bien moins coit ,
et on auroit evite tuUs les malheurs qui sont ariives ) pour qu'il
ne fit pas adoptL. Les habitans disoicnt alois : .Nous aimoas
misux tout perdre que de constenir la lilberti d'un seil ntigre. Je voyois
lt mat qui se preparoit; je voulois le biea, et voulois l'oprer
au phril de ma vie; mais, monsieur, que d'entraves, que
de resistances s'ai-je pas treuvees I que d'orguell, que de pr"-
juges il falloit encore vaincre, malgri que la 1lo du 4 avril etoit
promulguic! Apres avoir ete persecute pendant deux ans, j ai
tit encore calomuin en recompens e de rs bonnet itentious;
etjusqu'aujourd'hui (qu'on dit ma'avoir mal connu) 'envie ne cesse
de me poursuivre; je sicrific mes interets i iintertt gienral ;
j'expose ra vie journellement pour preserver cell de rues
concitoyens. Ptet-etre qurnm jour on connoitra mon coeur ; deja
les honnetes gens me rendent justice cela me dedommage bien
de injustice des mechans
La lettre que vous m'aveW fait 'honner rde m'6crire, monsieur,
me sert d uie gui; je rOege toutes mes actions d'apres vos prin-
cipes d.honaeur de justice et de loyaute. Je desire avoir quel-
quefois cette faveur; la carrire qu'li faut parcoutrir a Saint-
Demingue pour soutenir centre no- ennemis et jouir de l'pa-
litd des droits politiques, est parsemee d'pines. Appele par rnes
camarades pour lea commander et ls aider i renverser Ie pedant
fardeau du prejug devenua insupportable par les vexations
et les humiliations reiterees depuis deux ana, epoque ou nos
maux auroient di ctre adoucis par la rigedration du people
fian;ais dent nous faisens partic e peux dire n avoir pas fait un
pas que mon cocur desavoue; jIat su respecter mes enuemis eak
combattant leurs erretrs; e'cst ce que votre lettre me prescrit:
*'est doe ous, monsieur Ie commissaire national civil que je








veux apprendre a fire le blen pour Ie mal; cest A votre
example que je veux oublier touts les injures qul'oi ui'a fate ,
et les calomnies tioces que mes ennemis se plaisent a veraer sur
mo ; VC est de vos crits monsieur, pusqu e je na pas eu le
bonheur de vous voir comme vous me Paviez fait espirer, quc
je veux me penitrer ide cette subl'ne morale afi l de Ie
rendre digne des bientaits de PraNsmbe tnationale et du rito
et de 'Cestime don't vous m'liouor ,. Je taihe d inspirer les nmmes
sentimcns a tous rues camarades idi ont de la cou 'ance en1 moi,
ct don't je suis charge de diriger la conduite ; c sera la march.
invariable que nous tieudrons ; si nuus ne par1enots pas .u but
que nous nous piopoous qui est de voir tois -:os conc;toyens
heureux nous ur aon au mins la satisfaction d'aveir fait notre
devoir*

Je suis avec respect,

M. e commissaire national c ivil ,

Votre trs humble et tresa
obCis~ant serviteur ,
A. R G A D.
Aux Cayas, le IS Scptembre x179s

Pour copic. R o ut E.*





rlk-









Rk de Phili Roe rum






LIi


NQ. V.


Le Conseil dAdministration de la Garde
National ,du Port- an Prince


A AM. RO FlM E Comrmissaire national cdvil de'egu
ar le Roi aux Isles sous le vent de A'me'rique.


MONSIE ,it

E'honnenr que vous avez fait au conseit de venir dans son
sein i la stanUce du jou d'hier a te salvi du regret le plus
prefond d'apkrs Pravi que vous bli avicz donned de votre depart
pour le Cap. Voas avcz dt ireconntitre expression de tous les
coeurs par les tenmiignages qu'oi vous en a donnes. Daignez
prcter votre attention aux importantes reflexiuns que nous allous
vous prtsenter.
Le comNell a consifr%' Monieut, que votre abandonwde cette
province seroit indubitablenient le signal d'une explosion geni-
rale, si & craidre dans ce moment et don't votre influence a
preserve jusqu't pre ent cette partie.
Les nouvelles de I Artilbouste, que votos avez communiquees
vous-uttline aun cuetllb d'adniniitratlon, deviennent un motif
puiLanat, et vous indiquent la niie:.site imperieuse de
tester danii rette pointe. Le voyage que vous avez bien
'oulu m usleur faiie d'apics n.>, s llciitatiots i Saint-Marc,
ct daus sequel vous noius a ~ez iredud des services que nous n'ou-
bellcons jmis e, en iestitui$t l a liberty nos coiicitoyens injus-
tcmeii oppt~ias, vous a inuailibtlemeut muns A imect de recon-
noitt'e lL unxll it& t..lre des liisurtecti'n de la plane de
rAtiboliite, et de celle du cut-de- ac. Toujours empresses
'ado4,lt1tr mui- par ies plus ..ra. sacrifices soit daus nos
Opn)ll t 'Y i0t1l t.;lS i0 IO huiti: pi art Iulie Cs C les iOVellS
que 4 -ous pensitz dcvL.r ,1inus proposer pour eviter lnot-
cUiticneit toute fet cltutaliion .iS cicnle lit moidie activity








7 .
dans les esprits seroit-ce daus tn moment aussi precieux et
aItssi critique quv celu;i-d que vous croatiet monsieur de-
voir abandonner une province aasst interessante que celle-ci....*
d'un c8te :..; sans on reprsentaiit de la nation qit y jouit de la
plus trenre amitil de tou s es parties qu'il a su commence a coni-
cilier, et qi y existe i lombre de la confiance la.micuv. ac.w
quise, et la plus parf ~tement prouvee de antre sans
le chef des troupes patriotiques l scul capable peut-~ue d'ius-
pirer nne terreur reelle aux revolts qui nous asauiiloent infaillt-
l element, du moment qo'ils ne seront plus maiLtenusc par le
respect dA a votre presence. ... Ce seroit aprrs avoir ete le
sauveur de la province de 'Ouest devenir indirectement soi
destructeur. Cette idee, d'une virite rielle doit fire frissonner
une ame aussi douce aussi franche aussi ge&nerense que cello
que vous nous avez dcveloppee. Restez done, moniear, att
milieu de ceux qui vous cl rissent, que vous ivez tons tes
meyeas possibles de conduire au plus haut degr$ d'estime pour
vous et continue a rcpandre votre influence dans toutes les
parties de l'uest jusqu' l' arive des forces, et de MM. les
nouveaux commissaires nIatiouaux, civil dan s cette mIme
province ... Ce serot une injustice reelle aux ycux de
FassembleIe naitionale ee- mienc que Ie Cap rcnriss~utt etle
corps egislatif de la -olonie et M. le lieutenant aa gou-
vernement. t gniiral nous privit de, la presence dA seal
etre bivufaisant qui depuis a11 r&volition ait b:aboitd nos
parades, et nous laissat, cn voul.nt Vous tirer de notre sein
sans aucun appui.
Le retour etrdre dans cette pantie de lOuest peut n'existet
qn'en apparence. Nous a'uiis des ennemis serets ( vous en etes
convenu _vous-menmc) qui saisiroecnt I instant de votrt depart
pour donner course A leurs tratnes odieuse;. Vote residence au
contraire deoncertera, et est seule capable de dcco certeri
leurs projects. I
Le' conseil d'admnistratlio ew t d'ailleur persuade quitayant
dejiapar vos eonseils, et sur-tout par votre cxeniple procurk
1'union et la concorde danrs "Tintricur vous tarineatre insensi-
blemeut l'ordre au-delots& don't le r6tablissexeniet prhnitif n'est
du qu'a vouj seal.
Nous pensous et probAblement vous ne pourre? pas vous
enipether de lecomlioItr voe voLmte que 1'mission par crit
de votre veu sur l: jrocldinat on clji vous est propose peut
eauiplir paraitrument 'objet doe invitaios t de, t'asV;-bllc colo-
E 2.






'S
aiale t:t qu'ait surplus dats 'Vetat des choses votre glotre ne
vyouu crnet. pas de balancer cuefie line adhesion de Tesidence
qui ten t conser. ez la sr-ule pro~ tice :Itatte de Saint-Domineue,
et ue resolution de deq art q jettant Ie trouble d ns les
espr"s, ocCasioIaeroit dcs desordres funestes ct des mAux in-
caic(.ablef .
Le conweil d'admilistration vout prie en consequence M. le
COiihi'Uls.ie national tivil, ia t % os, inviie au mom du bien
public, de reouclIcir vote project, d dodpat pouir le Cap,
oU vou C pt stnce, a raisoi de It situation de la partic du Nord,
es53 vidtnmmmrne nt iiis n.c' nai' que dans 'Oues', It vous
de aii i t Instatnitent de rescr dveL aLteution les mot fs justes
et >otidcs ,ur lsquels i! se fncl p .ur claame-' et obtenir de
vou. la continuatioai de vote r'ur au Po-t-au-Princ* .
11 finir par vous to!kiter vivement de rem lir .i-ta-fois deu?
dev-1rs qui divent voUJ pa Iottic galem':tit pr.c eux .., celui
dachcvel de rS rveriune proYviie, qui dcstip-ce 4 vous devoir
#1 colase van'nn, si vous consentez A teimintr l'ouvrale que
Ivous avez to0rannce ne cessera jamais e vous avouie sa
reconnoisantlC. .. et celui de porter au plus haut piritde
'honieur que s v os vus ctes acquis jusqu'a ptisesnt, 44n vous
trouvant te senl-de tous les charges de pouvoirs de la nation
frangaise i Saint-1omingue qui pdisries en ce moment lui
ofirir quclques pretieux testes de la plus superbe colonij de
ruuivers malegr es etffrts inouis r, tulutplts ct nialihc-
rTf.lient daus ct instant plus redoubI. qtue januals pour
la r.nverser jusques dans ses fondemeis.
a rt .Pirne, 14 Septnembre X79r

SAtL T :i Signi, J". Brunet, sit idei t eatitijo'- An.r,,ei
Simon secrtiare; Busque chef &u premier batailln ; Forest ,
ctef du second b4taillon ; A. Fournicr, m jor du hoiidnme
batailiot ; Lasecre, ma)or diu quatrlme ; Pichon c 4e a pemditre caompgnie du quatri mIe batailloI ; JiHoU aidfL-m tjor
gS.ira ; Jean Cireics ey ssj-lieutnn1 t ; B. Qichelle lwie
tete-t fHuttt, mtaj,-r Ju premier, bataitlon ; Charrier, commir-
s. t Jr ia .,I4 d ,'Vtd ial n ,nsell_atdmini3tration J. Caoulle,
:mi.Msn1Ce ; i Alittllicu, Clausson, ommissaire ; DuBois fils,
uommwis aii e ciaitaiu ein st'.edl de aic :ptfniet compa le du fAroi.-
sius. balti.l!:, ; Dubois, irlier matre- ireso rir ; Boistandtryv
Re, 1Dclssas','l ,1 cai'tabie Eiquillon chtf de t btadillon '
yeirurset lieuIcaut ; Pascau chef du irchiie l6 tialea ,









La munkitpite du Port-aU-Prince en reiteraut ses instances
arpics de MI. It comiuisaile national-civil pour le porter i
coILnaner sa resdence en cette ville, se joint au coscill d'admni-
nistiation de la arde national et apputi sa petition qui tend
au bien et aux avautages de la province, et qui a pour objet
de privenr les rnaux qui pourrolent resuLcr die lloiguement
de M. Ie commlssaire civil.

Port- au. Prince en Ia mrieln cemmunt, Ie 4 Septembro
1792.

Sign L ty-oBtyU maire; TAXIS DE BLAIREAU,
procureur Id la cmmunte; J. MACAIIAR ,
secretaitre grejfier.



Extrait ies Registres de dddlibdrations de l'Assemble Provinciate
Ct provisoiement administrative de lOuest.


Stance du 14 Septembre 1792a, au mating.


L'assemble delibirant sur I'expos* du conseil d'adminlis
tration de cette ville, psentrie de Futilit' de la presence de
M. Roume e cette province et pregnant dans la plus haute
consideration les motifs expo,,s par MM. de la garden aatiotiale
aopuie de tous ces movens et de son influence auptis de
M. Ic commissaire national-civil, les dbmarches qu'ils font en
cette circo.iotance.

En consequence clle requiert au nom Adu biet public,
M. Rorme cummissaire national-civil de continue son sejour
en cette province et plus patticulieremmet en cette ville,
jusqu Partrive dans cette mmne province, de'MM, les
couimissaires nationaux edvils; arttie que la picsente requi-
sition lai sera prc entee par deux conmiss;aircs de assembIee,
nommis a cet effect, qui .accompagneroit la deputation de
MM. du conseil administration.
R.rt!Jvrt Ac Pilfle R.c e." L 3










ait t close etn sancc es jours mois et an qae


Cot RTY et BER.TRAN see rtairesr
Collhtionne.
Sign, CROiZLmR president de la- seance.
CouRty secritaire,
for copie RomeE.




N. V I.

Les Citoyens de couleur et NJgres libres
arm Is, r6unis au Port au- Prince,

Ad Af. Ro U M i, commissaire national civil, deilgue
par It Roi aux Isles franfaises sous le vent.

M O N S E U R,

Le success de vJti operations pour Ie rktablissement de fordre
dans la pr since e de lOucst et la conservation de ce prcieuux
reste de la colnic n'est pas moins d '1 fheureuse influence
que vous dunnent vos veitus personuelles sur tous les individus
qui l'habitent qu' Ptfficaciti des ioyens que vous avez
tmployes.
On ne doit pas se dissi;mler que la douce tranquillite don't
nous jouissons main.ecnant repose sur vote surveillance patei-
ternclle ct sur Iheureux l2ct de votre prceote dani cctt
proy~nIeC










7'
Nous apprenons votre depart pour Ie Cp, Ea tnmme tems -.
nous appeicevont sur tous ItC citoyis amis de 'de I'-th d e lAt
constitution Plxpression duw chagrin :, r ond que cette nouve+~t
a rtpandu dans tous les course. Dans crtte ctrconltauLce alat-
mante nous ne sommeS rassui~ "sue par note gajilce cou-
fiance en la sagesse de vos mes.ur.s et de vob op.1iatiois.
Mats M. le comimss;s re RatIonal-civil, qtri pui:roit
oius gIrantir des malhcurs que votre absence d'ici prtL oe-
casionner !
Dalgnez fxer votre sollicitude str ca craintes peut-^tre
trop fondes ; daiginz counterr avec la boate qui vous carac-
terise rinstaate priire q, ue non, vous taisons de tie point in-
terrompre, jusqu'a I'arrivee des nouveaux commissaies vOtrc
sejour dans la province de IrOest, don't la conservation doit
etre actuellement l'objet le plus prcideux de votre mission.
Daignez agrier 'rasurance de netre tres prefond rc:.pect.

Port a., Prince, 14 Septfimbre 1792.

Les membres du comity militaire des citoyens de couleur et
negres libres en garnison a Port-au-Prince.

Sign G. Black; Beauvais; P. Caff ; A., Leprestre;
Petion ; Rany ; Lapommerye aien ; Lafontam ; Prunier;
Boissic ; Temcr ; Tray-Torrer ; Derjon jeune ; Malique;
Ru6ul ; Laurie ; Jean Hules ; Goulon ; Ludy; Plesinct,
secr taire ; lDiquin fils preh.ent,

Pour cope Rouine.



11 II I _1 1". -










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74
7*

No. VII.


C o 'r I de l'adresse de f'jssemblec Provinciale
et provioiremcnt administrative de I'Ouest ,
ML Ro 0Ut E.


Pert-au-Prince, le a3 Septtebre 1792.

Noes avouls urea ce m tin vote lettre datee de Saint-Marc,
le so d e Le mnos qti nous apprend votre depart pour It Cap;
oWns ,'it:s iunfoizrm de I'alivte de MM. les nouveaux commis-
saires civils s nous avi ns mime resu de atss'mbtie colonialt
leuis ,irl:nliions et une loi du 22 juin, concernant leurs pou-
voirs ; n1kLS nUus suLr41;es emprcsses de lesfaire publier, et nous
joig.tus ici ua ecxmcplaire des placards que ron affiche en, cc
mtomelnt en cette ville i
Nous vous i emntt':n monsieur, 5o exemplaires de Parrete
de c.u~sn1 ie deu ia de ce mis contenant rexpression de sa
feronnfijblanie pour ce que vous avez faith poura province de
1Ounet. TOttut le m te decet houloagei est dans la verite qui
1'r diezte' nous e-crons quce Passemblee national et le roi
ro .iio;otrot vos services, et les recompensercnt d'une ma-
niared ie e i a i 11iS':a frani.aise. April aj oir depose votre carac-
ter: public, vous n~.~s paalez en fire, en ami; vos expres-
tins f'e~ deviennent que plus peusuasives pour nous et
n vous asVOU PSsr que nous cnaploierous constamment tous
les mil'yens q ai sour en notre po-voir pour maiatenir notre
tialation autuelle juslu'i ce que MM. les commissaires civil
a ent fait cuinOiti:e le us disposition.
L'oir anicit une lgrine joie dins cette contrie si 1oa
apnirnit que vauu et2c asocie A leurs travaux. Qpli mieu
tite VtIAS mniol-ieCur coiunnOt notre mal ? Et qui micaz
q.c L:uts peut y alppliquer le remiede ?







73
Nous avions dtcrmniue d'envoyer au Cap un depute, princ-
palement pour tcher de disiper la pievcntioa que MM les
commissaires civils dovent avoir centre nous, ainbi que centre
les autres corps, puisplue nouous ovous colisiienq dans la lot que
'as-emblke natiouale a suppose qu'ils pouirolcut picuver de la
risi.tance a s'introduire daus la a lotoie. Mais monsieur, la
bonne opinion quc vous avez conti e de nous parce que
vous nous avez connus nous a fAlit penser que vous you-
diiez bict employer vos L'ns offices arlpris de cts ies-
sieurs pour dCtruire les mauvalses impressions qute lon a
cheiche leiur donuer de now. Noub ne deputerons done
poitt en cc moment ; naous allons nous tenir prtts a leur
soumettre nos actea et notre condu;e s'ils veulent les exa-
niner; et nous pr;iumons bien que, pour nous juger is
se reporteront aux temins et aux circoustauces on nous nous
sommes truves qui sont tel qdie toute la tevoluttion faui-
caise n'en presented ni d'aussi difficiles ni d'ausi peiilleux.

S A t U T : Signe CROIStIEi, ex -pfrt4dent BU'.'AND et
COURY sterelaires.

Pour coPe R o u E.




No. VI I

X T R A. Z des Registres de l'Assemblde Provincil
et provisoirement administrative de I' Ouest.

Seance du 12 Septembre 179.2

M. le commissaire national-civil se present da assemblee I
y prend seance et dit, qu'tantt i PArtalhaye, if a eu 1'oc-
casion d'apprendre pat 1an membre de & lasemblbe- colouiale ,
quie MM. les nouveau coniiuissares civil, au lieu d'arivar
a Saint Marc come on iavoit d'abord announce, dc bar
qurcoienit an Cap; qu'taznt nlutcssaire qu'il se tiouve au

,~.i,.~....~.~ ~~~ ,~~.....i, ~.









74
lieu de leur dLbarquemertt il arolt continue la route-de
'ArcIi-aye an Cap 'til unaroit dunne 1 a'assembie tors
de ,on dtpajit, sa par;ule de revenir id ; qu'il ui announce
aujourd'l'i que' ce n'est q'ave.c regret qu'i partira samedi
piochai: pour le C:Ip.
M. Ie prudent i tminne comblein lrPasemblee eIn par-
ticulicr la proviuc, et laa colonic en gniiral lui doivent de
rtmlLrctuiexi> et couzlen elle '.Lffige de le voir partir,
dans unm i.ent oL sa presence est si precieuse ; i l'rnvite
* manie-sa;r a 1M. l's rcouweau:: commlllsaires les icntim'nis
cles ci!oycni du P .*t-a-PiIe persuadlce quit leur trcdia
la- Jul'ceC qpui rler est due, et que se Trapelanlt que la con*
srrvT-'tlo i de lOuest est auu ouvrac it ne i'abandonucra
Ualt al-".Cli

MI. le colmm..saire se retire. Sur la moticn d'un membre ,
r'awsrmbl'e considdrarit que quoiquze lors ede Pari-:e en
cettt vilt de M. RIouine, COltfhinUsite nat'ional- cit il, la loi
du 4 avril denicr y avolt it6 proualrCe, l province etoit
mcal:,oilius daus tu tel ttat, que ptestlue JatlU toutes les
'aries Pa licultCure y e.it dI Ia:ss.e lks atrtelies y avoient
t: ouv :;ent Letore plus cu; me1ins tot Si'.rs ; la circulation
y siAt it nv'.-pt e, et tout y tend-,t a la destruction la plus
'chlia:e et la minus inu.italle ;
Conll-i ,rtat qye ce 'esCt qu'aux frequens xovages de M. It
tontirirs.-uire national civil dais les div-r.:cs paioisses de la
ptor.ee qu'est di le conmuiiuen.iu est du ret: _,.r de lordre
die lai rt d-s tt' ti er, 'rentCee en ville d-- d.ur s fabriques,
la tcrpr.je de.S trawv-ux de ai'ici:lture et les..ir 'ae .tcr aux
di. br's l'" la par tie f a.'s..x ae de Saint-bomiinlue ,la pra-
Av;,ce de COtle t, encoure iible .-e du icu.cerce fi.nilis
at;ias ctte i e;.
Dleciui q'elle vcte F ;,1 nom de la pr" ,2'.- d.-s re.rnr-
ic.ienI A [I. ituMIe fc nlrii sie. e *.l .il-civil, pour les
i les plt s fe~;' et le%-i ,o:es a$u-..uels il

D)elare q'ie pet- q.,e ce n'et q 'a son influence
et A s,;!. zlLe I nr. i,.,e quest te la conwsebJvatouL des
j t:dItt i-c et SUlt'O I'fttat de calne don't iele joait ea cc
nau3u c:lt ;







75
Declare qu'ele ne Ie volt a'a, ce le ptc r:. :id ireer .l:i- I
donner cette partle, et le lrie .d'tre son o,:n,- ;:ii.,r de
MM. les nouvr:auxs ou s vil et de i.: citude sur la province de PO'iet, la Lule qui ot'c encore
quelques ressources a lia colonic met a la mntropjl- ;
Arrete que le present sera aldres i la conns1I.l;en ua:iion; c C,
A 'assemblie culotile, A M le ,re.-I, et t MI. le dCre-.tur-
general des fiHances, et ren.lu ,ujblic piar la voie de l'impressiou
au notbre de cinq cuts cxemplailrs.
Fait et cos en seance, les jour mois et an que dessus,
at out sign :
CA R A D u LACA Y r, frCsident
COKRTi' ct BERI RAND sc'iittai'res.

CoUlationne. HtARD le jeune, secretaire garde der ariivt1s.






j


A PARIS, DE L'TIMPRIMERIE NATIONAL.