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Discours sur la nécessité politique de révoquer le décret du 24 septembre 1791
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 Material Information
Title: Discours sur la nécessité politique de révoquer le décret du 24 septembre 1791 pour mettre fin aux troubles de Saint Domingue
Physical Description: 56 p. : ; 20 cm.
Language: French
Creator: Brissot de Warville, J.-P ( Jacques-Pierre ), 1754-1793
Publisher: De l'Imprimerie du "Patriote françois"
Place of Publication: Paris
Publication Date: 1792
 Subjects
Subjects / Keywords: 1792
Politics and government -- Haiti   ( lcsh )
Colonies -- France   ( lcsh )
Spatial Coverage: France -- Paris
 Notes
Citation/Reference: Martin & Walter.
Statement of Responsibility: Prononcé à l'Assemblée nationale, le 2 mars 1792.
 Record Information
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 33881144
ocm33881144
System ID: AA00008737:00001

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to enrich its on-line offerings and
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University of Florida Library







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Sur la necessity poliique de revoquer le dc ret
du 24 septcnbre 1791, pour mettre fin au
troubles de Saiiit-Domingue ;

Prononc" a tassembe/e nauiin.-i. l, ;I m rt. i .,,.

Par J. P. BRISSOT, D6putE du D.lartement
de Paris.


LA guerre civil a succdd dans Saint-Do-
mningue, a a guerre des esclaves on plotot trois
especes de guerre* dtchirent mainteiant cette
inalheureuse isle guerre des noirs centre les
blancs, guerre des mulAtres contre les blancs,
et guerre des-blancs entreeutCes trois gnerres
n'ont qu'une seule cause, maintenant b4en con-
hue, quoique 1'on ait cherch4 I'obscurcir, 1'i
justice comrmite envers les gens de couleur.
Tel est le point ou se reunissent maintenant
les opinions d'es homes qui, ddaignant l'esprit
de parti, ne s'attachent qua' I'6vidence; tous
eonviennentde la necessity de rdparer cette injus-
tice; on ne diffire que sur le nMode; tous con-
viennent de la ndcessit4 d'accorder aux homes
de couleur les droits de citoyens actifs ; mais les
uns veulent, conform6ment au ddcret du 24 sep.
J. P. Brissot A


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tembre, laser aur sells bales des colonis Ta
farc.ulte de leur confrer ces droit .; d'autrea dejman-
deInt an revocation du decret du 24 septembre;
dantres voudroientqute, sans rC oquer ce secret,
on se bornat a ratifier les concordats, ou Aprenidre
tnne ine-ure avec laqutlle on 6ludat la question
sur le decret du 24 septemibre.
Quel part devez vous pirefIrer messieurs ?
Celui que la justice et la politique s'accurdent a
Svous recommander; C'est la re"vocatiomn du decret
du '24 septenIbre. M. Garrand vous a dermontre,
ius"u a evidence que les principles de voire'
constitution vous ordonnoient celtte revocation;
il vous a dimontre que nonl-seitlellnit ce ddcret
n'etoit point consitutionnel mais qu'il Etoit
anlle inconsritutiolnnel. Per:.uadd que les preuves
de cet orateur austrte out porte la conviction
dans les ,n fL,0 jle n envisa,:gerai p int la question
sons Ie point de vrue de drit mais sous celti
dte la poi ilque; et je vais mnatacheLr a prouver,
par les uaits seuls, quee votdoir conserver le dd-
Jcret du a4 septelbr:-, c'est vouloir entretenir la
guerre civil dans Saint-DomIingue, c'est vouloir
perpettuer les dsordres qui afligent les colonies.
l. me ga.rderi biex de piser ces faits dans
les tiois rapports de vvotre comit4 colonial; la
veritet y estd eligurie presque par-tout; on a cher-
ch6 par-tout A letter .de la defaveur sur la cause
des lomimes de couleur; on les y a calomnisi
pur-tout; on a pallie pur-tout les inLuitices et les
atrocities des blanks. 1I imported de rtablir la ve-
rit6, puisqu'elle seule -doit dirig"r votre decision;
et pour la retablir, il me suffira de rapprocher
quelques pcepares e dans les pieces justiica*
tives produites par i cornite ; pieces qm s3oi
absolument la condemnation du rapport de votre
oioUti colomnal. On a cru que leur inorme vo-


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hlue .crteroit le lecteur le plus intrepid: e la
verification et des rapproc~l*ttlns : e les at faits,
je vou- ea ofile les rsoltats. C(est en parcouranit
la sere de ces taits que vous parvit-ndrez a con
noitre les dil ers parties q!u divisent Saint-Domilnw.
VCe, a vous faire ulne julte Fid'e de leur iiten-
tion, et a ous convaincte qte 1e: l i mholmes del
couleur sont in&rs pour la iiboert, tt que ls ad-
mettre dans les diffti'res c'rps adininistratifs,
c'est acqurirl de nouvetaux g ro s dc La l ra nqtl-
lite et de la prospdritd des colonies ; tandis que
les teloigner, que les subordonnier aux blancs,
c'est semer le. jalousi, les hainm les di codes
eternelles. C'Gst en voyant d'un autre `e6, dans
lihistoire de ces fCits r'or.ueil incurabedes blancs,
la perfidie de I'assemblre' coloniale et des LIsem-
blees admiitiStrative s les atrocitts et la soif du
pillage des petits blancs qui donminent ces assem-
b!ees; est la facility avec laquelle ils se sont
parjur6s quand il out cru avoir la force de leur
cote, que vous serez convaincus qudil seroit m1-
politique dabandonner a cette dasse orgueilleuse
et irascible des blancs le sort de la clasbe honnIte
et doace des hommei deauleuri, qu une pareilla
measure entraineroit k aS oii abjrectiona ti-sainr-
volte 6ternelles.
On nous a dit cent fois que la question des
homes de couleur ne devoitpas se dceider par les
rincipes, niais par les faits et les localities : eh
ien c est par ces faits, c'est par ces localitd
que je veux renverser le systdme de nos adver-
saires. Je dis que l'existence de cette insurree-
tion est par-tout la condamnuation du deret du
24 septembre. On y lit dans chaque fait cette
v6rit: ou supprimez le d6cret du 24-septembre,
ou consentez a avoir une guerre etcrnelle.
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Lutilt poli~lque. nteissietrt et la pri-mi&cre
base l}es operation de ci, x qu oni appelle homnnes
d'ta t. Au yuux du philosophe, le juate et futile
ie font qa un, et cttte cautse vott ell olire en-
core ,awe demonsta:ztiou. Onh vous a prouve qt'it
failoit i-Atre jut.; je vais vous pronver qtil est
tile d'etre tste; je vts le prouver en parcorant
les catn'es dte lt. guerre civi!e, les eldets, ietat
ac t el ld Saint D i ii gI e, et le remc de qu'il con-
yieii dL E po rter.
S'NelLh. a ete la pre !.;.cr cause de l'insurrection
dces hoiines do colettrn Loppi )resioti. On adit qute
le d(cl;,t du 15 tma al ete la cause de cete pre-
niiero insiurrcctio n; c toit utne gra.ide absurdit;t
car, coiiment sutippe r fque de homes se re-
voltn1t co Ire un duncret qita eur rend leurs droits?
Nin ce no fitl point le mecolntentement. de ce
Sdtcre ltqui mit ls armets a nL min des homes
de couieatr, mais hien la doutur de le voir fouler
aux pieds par les blancs, elt leUr resolution de ne
pas le faire exeuuter. Les honletie e b.ane-
toit conviennent aujoulrd'hui que ce dic" ecLit
sauvt la colonie si on e t voulu le s Ire et
l'acccmpagner de quelques forces ; mas les iin-
trigans qui nIavoient pu Iemipcher, en paraly-
sterent t execiition; eux seu, s Cdoite nt doui ac- t -
cuser de tous les troubles des colonies.
A l.gV ue ot le decret arrival dans les colo-
Wies, les umaleurs des hommnes de couleur 4toient
4 leur conmble. Je ne vous retracerai point ici
toutes les vexations, toutesd.es atrocit&s, toutes
les doulturs dont i's avoientt4t e abreuvds depuis
trois 4'0s; |j ne vous rappeUeaii pas le eupplice
.Ogg et ses.compagnons, laI persecution lougue
et cruelle doit elle tut le signal (1), le supplice
(r) Voycz kt pieces justifiative, pt' ges Sx et 87







*. A +.
d ce genreux Setdchal, puit ponr avoir e't'
juste envoers's Is Ilr'rs. La rvollte des noil's ft
iun pritexte cd'une nonvelle persecttion contre
es gens de couleiir. On les accusa d'eni tre les
auteurs, eux proprictaires d'esclaves conlue le+
blatnc, eux qie ceIte revolte devolt alariler et
ruiner 4galemrnt Mais la passion nie raisonne
point, elle force I'asyle des citoyens de cotdeur,
ellc ensanglante leurs mainions, t les prisons duI
Port-au-Prince regorg6rent bientot de prisoiiniers
q u'on touloit martyriser pour s'enmparer de leur
)lien (i).
It est un term a la patience des homnnes qui
Ont queltque courage: Ie momlenlt etoit \velLna oi,
insurrection devenroit, pour les citoyeins de con.*
leur, le plus saint des devoirs. Elle eclata cdabord
dans l phartie de I'ouet h la Croix-de.-Bott-
t quets. Rdsolus de recouvrer & la fin lears droirs
et de fire executer Ie d4cret du i5 mai les
liommes de eouleur s'assembtent le5-iaoltt- 1-,
sur la rnonta gne de la Charboinrmre (s). Is etoient
loin encore de sooner a aattaquer leurs adver-
saires ; mais poursuivis par eux sur le month
-Aventin-, ik.s it el dt pour- sawvekeurs_ _..._.
jours, a rejipadre le sang des Frangois qu'ils
avoient toujours disoient-ils regarded conule
leurs freres. Tel fut le signal de la guerre eivile:
i1 fut donn6 par les blancs. Ils vouloient etre int-
pun6mnent oppresseurs is s'indignolent de la-
resit.ance; -futtil jamis do resisttance rnieta.
fondue, d'insurrection plus sacree?-G est cell
que votre declaration des droits coIlsacre.
Le rapporteur du comit6 colonial vous a dit

(t) Voyez pieces justificatives, pae 89.t
() i pem p. 79.










que les homme' de couleur plaidolent une belle
cause, mais qu'ils font gitee par des actes de vio-
lence condamnables,; que ce qu'lls rdclamoient.
4toit just, inais (i) que, pour obtenir, ils de-
voient recnrrir A la loi, et non a Ia force. Mais
ou .etoit doeic- alors la loi? Ele etoit mniette ,
et son live 6toit dans la miain l_ e leurs ty-
Tans. Ils avoient la loi ; iais ils la paralysoient
et its ne repondatent aux petitions que par des
echafauds. II flloit done s'arimer ou courber
sous le joug. Je vous Iai deji< dit, Francois du
14 julilet, vous sites cIupables si les lmonmes de
couleur ne sont pas innocens.
La premiere cause de insurrection est done
connue : die est just; elle est dans l'oppression
et dans l'inex caution du decret du 15 mai. Voyons
Iuaintenant si les exces des hommes de couleur
ont souille cette insurrection.
Votre rapporteur vous a soutenu que les horn-
rnes de couleur ont commis des actes de violence
tondcmnnables c'est une calomnie dementie par
les faits et par les pieces justificatives. Je vois,
dans le course de cette insurrection, trois epoques
frappantes, trois priseas d'armes et deux traits
Iy paix: je vwospar tout'hiumami accompagner
les honuues de couleur dans les combats; je vois
llhumnanit6, la boune.foi presider a toutes leurs
transactions. Lors de la premiere prise d'armes,
ils sont les premiers attaques quoiqu'a cctte
'poque les iho'reurs don't iJs 4toient victims leur
doninassent le droit de repression contre les bri-
ganids dt Port-au-Prilnee. nBaitus dJas diverse
relcontres, ces derniers caitnent d'tret assid-
gdi et pris d'assaut. Les blancs se hiatent d'ianter-

"") 4c0i~i c pa"ici c V. 5,$


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(7)
poser leur mdation ; its envoyent des dCputa-
tions aux de~'.x p.arti:s; les ihonnmes de couleur
les reco'ivet en irreS; on les malt' rite an Port-
aa-Prince.
Attaques de notivean par surprise, les homr
mes de c-ouleur marchent ver.s e Port-au Prince,
respectant darns lear route lei proprities, nmain-
tenant les atelirs dans leurs devoirs, annonl:ant-
par-tout le desire de la paix (i). On la propose, its
l'acceptent; its ne demandent d'autres bases que
les principes de la sainte gdl!it; its ddmandent
qu'il n'y -it entre eux et les blaucs d'autre diff'-
rence que celle qt'entrainent nedcessairement le
merite et la vert u; que la sin c'rit", la fraternity,
la concorde cimentent a jamais leurs liens (2)
Telles ont e4 messieurs ~les bases dui concordat
du ii septembre, de ce concordat que vons avez
applaud avec enthousiasme de ce concordat
don't, je le repte, Locke et Montesquion s'hono-
reroient, de ce concordat qui retrace dans cIhapcq
line la fid6lite aux principles eterntels, le ddvoue-
ment la l mtropole, la seumission la consti-
tution.
Votlez-vous connoitre par un trait la grande
mne -des ho0nnn-esd-colteunr isezTces mots qur
terminent les tartcles du concordat propose pa,
enx : tous ce.s articles ou lai guterrte cizile. Les
blancs repondirtent, la paix, et signerent tous.t
Les homes de couleur les crurent. Eh! qui n'au-
rit crac an language de M. Ganot, president des
counisisaires blaucs lorsqdil vint apporter la
signature du trait? cc Nous vous apportons des
paroles de paix; nous ne venons plus traiter avec

(1) Voyez page 74.
(z) V. le concordat dau ti septeinbre,
A 4




-m~l~ -.~r mnr~ -


(8)
p +s+ +)
rovs; nous ne venons plus vous accorder des de-
mandes; nous venons reconnoitre authentique-
ment vosdroits, vous engager a neplus voir dans
les citovens blanks qie des amis et des frires.
Nous acceptons entierenient et sans aucune
restriction le concordat; inous avons nmpose si-
lence ..ux petits rejuges, au petit esprit de do-
mination. Vous lentelndez, mnssieurs auc pe
tits prelges, aut petit esprit de domination. Voil
done ces prejuges don't on sembloit nieltre la ra-
cine dans a nulit des tremps, qu'oon croyoit inex-
tirpables; voi!h done le snjet., la cause des ca-
tastrophes qui ont bouleverse les colonies. ULb
petit esprit de domination Les blancs eux-mie-
Xies iavouent, les blancs des colonies! On ne
nous objectera done plus en faveur de. ce pre
1u s, la conno,.sance des localites; c est sur les
lieux mnemes, c'e.t a la face des blahncs, c'est a
la face de Saint-Domingue que des blancs ont
frappd ce pr'jug6 d'an-.thmre.
Observez encore cet autre aveu: nous Venons
reconnoitre evos droits; et tout- a-1Iheure, vous
tverrez ces blancs perfides soutenir que ces droits
ne pouvoient venir que d'eux beuls.
lan meme per idi caractrisoit, tA la minIie cpo-
L 7 .a memeperf"i f,-
que, I'assemblee colonial ; et vous allez juger
par sa conduit, si come 1'a dit votre rappor-
teur, M. Blanchelande et les coimmissaires civIls,
les hommes de couleur aurolent dcr remettre leur
sort dans les mains'de cette assemble, s'il e't
dtd prudent et politique de le cvnfier jamais a
des blanks.
Press par le beslin qu'elle avoit4 die honilules
de couleur, 1 assenbltee c, lon ale cherchoit a cal-
mer leur ressentmiiient par des promesse's insi-
dicuse, Ses rti<,.'. seiublu ;t porter le sine de








;oallte et ce ni'-floit ('un tissue de perhfdlIes: i)
elie p)erltettoit aOlx ctoyls de couleur de red
get des pettitions, parce qtte des peti-ons n'en-
geo'lent ai ren exigeoient des d:ilbr:t tionC ,
pouv nt el.re trainees ein longueutr et donner le
temps d'rttendre un dccret rvocuatoire qui avcit
e prom is par- les intrigans.
On repttoit eternellement qu on tie s'oppose-
roit pas au decret du i ruai, iaussitt qui ser,:'t
ofliclelieent connu parce qu'on savoit bien
que les minister's, de la justice et de la im.rie
dalors dtoient entiieinent devouds anx factiex
quigotuvernoient sous leurs 1nors, et qui avoient
S rpond qtt ue le decret dut i5 mai ne seroit Ja-
.mais officielleennt envoy. On promettoit d'eten-
Sdre le profit du decret du 15 mai a ceux quil
n'embrassoit pas, parce qu'on di'iscit par citto
rnse les honu ris de couleur, pace qu'of se Ih i-
soit un fort parti contre ceux qui vouloient le
Sdicret du-5 mai, de ceux qu'il depouxlulcit, par,
ce que, decriant ainsi nassemblee national aux
yeux de ces dern ers, I'assemblhe colonial se subi -
tituoit sa place et s'acqueroit des droits sur
leur reconnoissanie: e:nfin, messieurs, on laisoit
grace ,aux iimines de couleur c6ndtamines pour
la conjuration d'Og4, parce qu'on cra ignoit que P
la prolongation de la sverite pour ceux qui 'tole
ddtenus n'indigoat lkurs ftrres en liberty. Mais
en mnme temps qu on usurpoit, en apparence,
pour le hien public ef pour Thrimanit le r.it
d e fire grace; en mauiine temps quon prometto .
de le fire ratifier par l'asscnmbl6e nation ale et
par le roi, on se gar-oit bien de fire demander
a assemblee national cette ratification, et d'au-


(1) VcyI:z les pje.'c j1srhaltves, umanho, 53, 51, S'?, :.






.( o )
torin.r les ccmminSiires envoys depuis a la de-

_n deIn.iitre rh'foxon doit vous rapper, me-
.s;,tirs, a la lecture do ces proinesses laiies par
os.ti! !,', coIoniale et e ouvernement de Saiit-
T)D:1.1mntr. Si le dJcret: du i5 mial etoit si iinlo-
iil; ue, .ii d-.'\.oit c;.us5r la ruine des co!lounes,
.conn" i Ylout 'eclit etn France, pour pi r.ttolit'- o o 11i j e- seulement de lex.cutler ,
.:; i 1M1tneie d en Pten. Ire le bienfait h tous tls mue
Iitres li:-re ? 11 y a mes -ieurs, une insigne Inau-
u oi dai-. cette ,ondluite. Guidee par un es-
1rit, 11tyt!nn a le (p IOie mac ilIvellS*, d1i0i-
f'i m Ial, fassemblie colonial dtt voir avec hor-
mrir le conc ordat dut 1 septembre. 1 renver oir,
r ttu c ,!e, tonss s Qtrn-taneIns pour eloigner Iexe-
cnti.~niJ du:d cret du i5 mai; .de lfatre, ilenlevoit
a # n ptarti cett clFas se dhommes de couleur, d-
pouillWs par le dtecret du 5 nmai, pmusque le com-
cf-,r~tnt no faisoit aucune distinetion entr- les hcon-
mfei de couleur et les negres libres; et enfin, il
detrisoil touttes les esperances de cette indepen-
dancee, qui toit le sy tome favor des factieux ,
et sur lequel je revienudrai dans in moment.
C'4toit la terreur de ce sy-strme qui avoit engage
- -hommes de couleur a--se maintenir en-corps
d'armiue o : 4'toit encore lamnCcessite "de maintenir
les atelierIs dans 1, r devoir; car, je ne dois cesser
tde vous le rappeler,, messieurs, puisqu'on 'a'pas
ces-e de caloullrer a cot egard les citoyens de
coulcur; ils eaplFoyoient tous lenrs moyens pour
Uirvciller 1es negres. Ils ies surveillent four et
nwtt, (i) disit M. Jancourt a M. Blanchoeande .
par dIes ptrlou,,illfc fquete s et ptiMbles. Et voila
tls hommnes que M. Blanchelande et assembly e

(i1 v ,\;Cl [** ; iet 2.







C,1)
colonial voulolent d-pouiller der leurs drotits,
qu'ils vonlolent d4sarmeri tandis qu'ils rendolient
A la cotonie des services anssi important !
Bient"It, de concert avec les tactieux du Port-
au-lPinc.t (1), ]'assenmbie colonial elre gel neral
tPne par un arret diu ao se ptehitre 1rautre par
iune procl:a.namio du 2s 2septemore (a), casserent
les concordats, et ordon tl'-rent atux citoycns armns
de se t ep:rer. Telle a Itd la cause de la second
insurrection des hommeltie con1eur. Ls blancs,
parjuires ,t Ie tgndral de Saint-Domingue, lctr
complice, en sont encore contpables. Iiten In'toit
plus iriv e que les motifs suriesquels portoient
cet arrest et cette proclamation; rien n'6toit plus
perfide que le; processes qu'elles contenoient. Le
general soutonoit (3) que article 4 du dcdcret da
a8 mars ne frappoit point sur hls homes de cou-
leur. 11 les engageoit A prendre patience, en conri-
Sdi rant le sortdes Juifs en France, r6dmits aui me
etat qt'eux, c'est-a-dire, qu'il vouloit pallier une
injustice par une autre injustice. Mais d'un autre
c6td, rien de plus fort, de plus victotieux, de plus
pressalt que la rdponse a Suos ces soplismes (41)
aite -:par MI. Ju necourt, si indignement calomnie
- cette tribune et il importelAinsteru r cs
taits, parge que seuls ius peuvent fixer votre opi-
nion sur la situation actuelle de Saint-Domingue,
sur les opinions des divers parties.
M. Jnmecourt rapp oit a ce g4ndral ( 5 ) les
motifs qui avoient nend le concordat des 7
et 1 septembre le motifs qtti avoient engage
es h 1oinnes de coulear a rester arms, les cala-
S(t) Voyez page 1s.
(z) V; P. 43 et 44.
(3) V. sa I tre, p. 93.
(4) e.ttre de M. Blauciihlance, p3ge Or:
(t) V. !,. 'lem, p. 9,.




4 -" r


mn Il n:-alctduibles qui devoient resilter de in.ex-
cution (h concordat : il exposoit les vexalionI s
iotveles dte la m nicipalite du Port-au-Prince,
Ia honie foL qpie les homes de couleur avoient
Ini.ie dans tonites leurs detdarches, les outrages
iltmve'aux qu'ils avoient enures patlenmnent: il
&h:mtontroit absurdity4, le danger de vouloir dis-
Zouidr1c 'aiitNe des homines de coulcur, 'onie
fe general 'ordonnoit: elie suppose, disoit iA. Ju-.
Inecohr't l t ranqtriuillit de nos ateliers, et ils stnt
(ji: d tre tirnquilles : elle suppose quc les ci.
toyens de couleur solt assembles pour souvenir,
Ict armes a lla nmin, des droits incon.~iittution
tcls, et its ne veulent que soutenir it s droits
(qtt ls tienuent de Pa:;seminhbe natr)naLe mO11e-ne
elAo suppose que la dispersion des citoyens de ccu-
lert rairmeiroit Ic a hne, et elle avm.rt tte suivia
de la r6volte des atelie_ et des vengeanice-- exer-
ces centre tous ceux jtui otat 4te aMs,:: eclairs
sur les vrais int6rets de la Fran'e pontr s-'tiir,
par a concordat soleIunel,Anne classes ad'hQuimes
Ibwres quie les bienfaits de la nation appeilent
plus particulierement A la d fense de la patrie:
ce _sot_ _esCtsermes de- M._Jmecourt nmdite -
Qucopposoit a ces fi-ts M. de Blanclelande (x) ?
Des flatteries envers les citoyens de couleur qa'il
vqulcit seduire, qu'il fdlicitoitde leur douc-ur et
de leur courage; il leur oppo$oit son nmpuisance
a dissoudre les corps populaires; et cependant
it letr conseilloit, i; leur ordonnoit memie de se
remettre sons le joug de ces corps.
Voulez-vous cortoltre esprit qui aninoit les
4d6ix parties a cette 6poque? Compare la lettre
ccrite i cette occasion & M. de Blanchelande, par
les citovons doe couieur du lMirebalais (2), avec 1a
w. -- .- -I ---- d-1AIe li----*le de M. laachl-"-.
\"\ "V.'_ pa) io' de i a 5ipiiuCe de M. biaslch4alt kd,


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r.'ns te e general. Drokture d1e c'ouirr, on
beSIt, Justese detsprit, voil CC qii &a 'rl CP
la tlhire des citovelns de c.ouluir : fautsett. pe-
iie, s~-;iptisii1e littelis*Cnlge, Viliace (PU 'oiil r t-4lve
a clique ligie dans la lettre du g( ,trtit. 11 a0 oi
invite ces citoVens a inlarlder conitre ls ilries
'(.lt(C. c Nous nec connoissonI, reponiid nt-1i ,
ni des causes, niles progress, Aile bltit, nit les tntiis
de 1Tinsurrectiont qai a en lieu dans la pro vinc e
du nolnrd: quaiHd mie nous lels aorlnnCoitrllot ls,
pouvons-nus aliaiidonlner Ia tdefene de os p:,er
sonnes et de nios proprietis, pour aler stecouir
une pro vi Wep uniss;ite et orgueillcuse, qul, ayant
4puise sur nous et sur nos frt'es toas les traits
S de la baarbatie et de 1'iniquitl, se trouve expose
t une just punition du ciel, et qui, dans Petat
desastreux auquel elle est rdduite brfle encore
du desir de lancer sur nous ses foudres exter-
11inlluaitel.
cc Que n-ous imported un pays don't les grand
cheminls, ornis depnis long-tenps de tetes d'hc,:,m
lines de couleur, plantees sur des piques, font
reciul C dC r.ortreles voygeursles plus intrepides?
Irons nous douc verser encore-oatre sang pour
les habitans d'une ville .o se tient une assernble
qui se cit general et qui, au ieu de s attached
a -tre juste, croit fire son devoir en se met!ant
elle-nidmeu au-dessus de la loi pour nous ploner
dans lcpprobre; d't;netville oi. le sang de noir'
free Oe' trie encore vengance; d'une ville qui,
deptis le rois de fdvrier dernier:, ne prdsente
aux x u de l'htumate indigxne que le spectacle
rvoltait de bour eaux, de gibets et de roues
Nous ne devons pas, a"outent-ils- cherche- A
augmenter le noQnbre de nos ennemts .t a nout
diviser,lAorsque nous sommes menacAs de tout-e


~?=-_~;rj~s;setL3~)(~CJ_:IYi_=-~F~__ _---- ---Qn-cr~---







parts, torq'-nprk -n coi ,c+, olne!,n c -oi
nous trouvonis ruiit, a i tr r..IZs, nbit' it deI
nous tenir en galre colntr tloute p. Ae de tra-
hison, lorsque des forces trangt_.rcei et des vaii-
senux anglais investjis:nI t SainLTDotii::tue.
C'est avec ta l,,icr.!e itvregie que les citoyens de
coieuir discutent etpuiv'risenlttt arr etdu 20 :ep-
tenbre, prouvent qu':aux tennis du dcrot du 28
mars, itssont citoyens actift. Nous soIunes sol-
dats de la patrie, s tcrLeiilt-ils_ ; mais Illonne-nous
done les suldats et les valt 'ts des planes ? Le temps
de 1erjitur et du pre',ge est p,,e pour nous
I'excution ponctuelle et litterae de tous les de-
crets de Irasemblee national, sancttioni< par le
roi, vuila robjet de nos rec i:aitllions : Ivre libre
oi m rrltt', voila notre devise, et le but auquel
)IOUS .spirolns.
A ce language, nessieurs, reconnoissez-vous
cs. lihonumi bruiet quee !es or anleilleuxclon4)s vous
out reprdcent- sjusqu'a present coumme une es-
pece uin peu suptirieure a celle da Ouran g-outang;
ou plut6t, s'il toit d4is homnnes qui, deslhono-
)rant fhumanitte dutssent en etre stpares, lie se-
roient-ce pas les tyrans et les fourbes ? Voyez
la fourberie qui r6gne dans la response dti g4ndral
Bkanchelaaide du lo octobre (i); i appelle les
gens de couleur ,es enrawIs, Atndis qu'ltt cotnsen-
toit a leur degradation; il leur reproch(e de dis-
puter, dans des omens d'alarmes, u-r des decrets
que personnel ne contestoit, disoit-il tandis qu'l
connoissoit 1eloignement itire'tible Lide assem-
blWe coloniule pour les leur accorder; ii justilie
l'assemblee de ses actes d'mti peindance, tatcdi
que vingt faits avoient dli lui prouver sa rebellion.;
i leur dit qu'un vieux Frau;ais commie lui,
( ,t oye. p-e 1.-...
(t) Voyez p.,ge io,






C :5 )
fih1e auro! et ~ta ( ptri; ne pet les trail e t -.
ces mots menes et leur cc jLtrii-uction, pei~.;uti t
bon aversion pour la librtut : ii leUr tt q'il i
peuvient interpreter 'article tV dua detet lu -
rlars, que cette interpretation itoit rt ,trui2e a U
seal corps 4ltgiblatif, landis qi-t 1..fck 1 c-Ul e
male et tli-Imeine s'etoiUn.t permnd. u t itEp:l.rter
ces articles en sens contraire, et de tronipr c .
consequence ls citoyens de couleur; i It- lur
>romet que bient6t les corps populaires srt.ini
dssoLus, ces corps qIe, dans sa lettrre parltlc _r
a M. Junuecourt, il se reconnoissoit hor.s dSt t
de dissoudre: alors vous cocourr'z, dit-il, aivc
les citoyens blames, a la formation des nouv,.tux
S corps : la 0,lonMt de l/ taessemtblde colonial est
tele, et tel!e eat aussi la nieIl:c, et un mois apr, ,
le 21 noi embre, il yioioit sa promesse il vouloit
fire executer le ddcret rivocatoire du 24 ep-
tembre.
J arrive, messieurs a a quatrieme epoque, au
deuxibme concordat du i u octobre, et je vois
encore les holnmes de couleur totujours plus 1io-
deres quoique, plus nombreux et plus I r s,
ii leur fiLt facile de se veneer. Je les vois rocher-
chantlapaix, malgre les provocations des habitats
duLort-au Prince~ nmal[-r les outrages auxqtm ue
ces derniers se portoient, soit centre les citoy.As
de couleur qui demencroient ldans ltur vlAle, soit
contre les Ceputations cu'on_ lear envoyoit ( ).
Its parvinrent a resemble. les' deputcs de qua-
torze paroisses, et ce fatt dans la reunion de c s
quatorze parojI es quetnet sni le nouueaiu tt'ailt 6
de paix.
Que voyez-vous msurs,ieus, danw ce nouveau
concordat, qui lut entii'-enient P ouvin ded ci-

(t) Voea pa ys zo0 et zQ .




;`' P' : ;ua".` ~ ~~~3 ias7:-r n


toyon\s ti coear? Hii(tit, justice, raison, oi
respect pour les decrets de la indtrpole, atta-
c.etnent at ses interdts. On y confirm toittes les
di-positioils dti premier; ond declare;. 1as.semnhle
coloniatl nudle et ill arreteint d'en rappelerI~:urs- dptuti: on annulled
ttts les actes fits pa" cette assenullee con-
tre les gens de coleiur; le general est invite a
convoiire1' a.S : lllemiOe priniaires pour former
lfe ilio velle a:emb-nle colo-iiadle les citoyens
de cou leur diovent y t"re admis; les denomiia-
ti:, ns de mulAtres,, e gens de couleur, de quar-
tc'roni, sont proscrites a ja nais; on prononce
;-A ,i~;Ustiegenerale; on convientde poursuivre
a re L:i!tration de ceux qui avoient peri vctines
du pr'~ju:g ; on leur conacre un serviceo!enmel;
un snment fedcrati doit unir desormais tnus
les ihommes libres., . Ce concordat doit
s tendn sur tOuns les homes de couleur de
I ie, et 1es citoyens de couleur jurent de sou-
teu ir de toute- leurs forces la nouvelle constia
l nation, et de verver tout leur sang pour s'cpposer
at retour de I'ancien regnie; ils declarent que
ne '-vulant seftarter ne-n-au e man i etie de la
Imarche prescrite pair lassenlbAe natiana1 po u
rexcuntion de ces decrets, it dentimandent que le
coacordat dui 11 septembie et Ie present trnite
de pax oitent soumis a son approbation, -decla-
rant s'en rapporter absolmnv.-nt a sa decision sur
les articles insdres dans les deux actes.
Tel est, nmessieturs, le laurgage de ces hommes
que le rapporteur dtn coniih colonial vous a pe it
comnme devouds A I'aritocratie, et corner port>;
& la contre-r4volutior. Ce trait de paix fut jure
de nouveau avec lta pls grande soleminite per les
d&putations de la garde national du Port-au-
*Price |


.1 -;




:U-*(UP~~l ~ ~qrlIwu~l~~FW-Lul~~Wl)C -R


Prince, les rdgimens d'Artois, de Normandlie,
et les equipages d ddff6rens vaisseaux idors en
rkde; et ce fut alors que M. Letremboure, niaire
4ue vous aVez tous applaud. II1 y disoit: j(nrons
tous de regarder et de traiter comnme perttu te
teurs du repos public tous ceux qui contrevien-
droient au corcordat; qtue la sineSriCf 6prjide
i Un trait aussi solemnel; proumettons-nbus tous
iamiti6, franclhfie et lbvautd. Les blancs lepro*
rrentt et un inois apr s its mi ssacrerentt leurs
rteiies 'et ~tolvrent ce m4me trait.
: Ces mnots votus rappellep~ dj la 'trite:catas
trd~hie tIu Port-au-Prince elle. fut beo asoiinn
Spr la nauvaise foi des blancs, qui vouloent rm-n
'ite 1e concodrdft. 'Is occasiloniirent la troisi~'m
Rpise d'arines des citoyens de conleutr, qu ne Tiu
pia moinis just tiquee les pjrcdientes.
1 ayoit 0t6 stiputl, par le trat e que la -gade
di' Port-ati-Prince seroit co'lfi.e ianille cit ens
db couleuir, coicurremmint 4e4c les iblana
r-mn.qufiretirit etablis dhiin c-tte vlle.,ce$ 1.
toyens y A tintenoient l'ordire, tandaisq ue eu
*esptit, se propageant dans touro, la colonel ii? i.
soit miter presque par tout lei r example, ;". ns
lusieurs parisse, comnme dans celle di Petit$
Goave et du Fond des Ntgres, les city ens Iq
tuleur casseret' es mtinticipalit, retBil rent
les arcien c6mnandans ('i), institirerent' e
buireaux decorrespondance, charges de stii6Aler
W :fpbolce; et'tes bureau dtoierit composes mo&
tit 'dt blancs et finoiti6 d grens de couleur. E'
attendant t'orgamisation nouvelle props!'p.i'
Ifdssmeblde i'amt4ale, il"falloit bien 4t:il~run:ii
djbtce .tept ssiV o6ntre.4 es brigands ct -liP
t I) V oIV p e 84l ct CC vtCs f ; 4 -
J^PriutSf i ^.-i-t








dievoient pas la laisser subsister dans la main d
ces brigands, qui composoient en parties les mui- 1
filiait4s, dans lesquelles, d'ailleus, les homes
ide couleur n'avoient aucun reprcsentant, et ou
Ion ne vouloit en admcttre aucun. Les factieux
et lfers defenseurs a Paris, s'atachant a calom.
ner les citoyens de conleur ont represent ceO
aites comme des actes de contre-rivolution: ila
ont dit que les citoyens de couleur ont viouli
par lA rctahlir lancien rgime; c'est une calom-
bie, et bientot je le prouverai. Les honmmes d
coaleur Bnrut cess4 d4tre les amris fervens dqt la
i-onstiuition et de la France; mais ils, vpoioient
a palx ei la jouissance paisible de leurs droits,
SAis ne pouvoier 1'esp rer, tant, que subsist-
rolent ies crp, .dont la dissotiton avoi t6 sti'
6ilde dans les concordats, et jp e r les bhiacp
)nemes. .
Les factiux dia Poirt-au Princ eniployerent-
,iO~dant un nmois, toutes les manoeiv.res poQul
lOigner cette dissolution*. La municlipalitt.,
^onrseil provincialI de 1Ouest, 'adminiligtration,
la cominiission prevotale, Ie comitc.esecret et 6
Tuf, tous couv.roent leur parjure et Jeurs vues
tiobtlius4s du. prdtexte qu'ox vouloit rtaTl ,;
,laniien regime. La province d'Ouest quoiqlut
ivr4e d'une parties de ses deputies, ne cessoit do
pruolUguer is loix contraircs an concordat.
+Tell 4toit, messieurs, la disposition des.es-,
trts lorsu 'arriv.t, au commencement de noveil-
re, Ie d cret dii A 4 .septembre. La partiali;4f p
iinistrp e e setmoitre-t rlle s .dan.s. cette,ra
ijidift'Pour envoyer rindlcretyrliumain, und-
cet qui. devoi, iaqnder la c.oPi de sang, pa
ai. moment..eei.ut perdu, et-pendant des mois
enters on 6luda I envoi d'un~8~rit humainr et
poiti ue, qui auroit raneii4 la tilixitO ne peut







raieux vous faire connoitre leffet f^ l cref
produisit sur les blancs, qu'en empruntant cls
ipuroles de M. Blanchelande lui nue () :
(cFieres de ce dtcret, les totes sont exalt6es d'une
maniere a faire connnultre que le prononce
sur le sort des gens de couleiur ne sera pas aussi
favorable qu'ils avoient lieu de lespjirer : ce
qui pourroit, ajoute le general, produire des
effets tres-ficheux, ces gens tant en armes et
en forces; et cependant malgr6 ces crainites,
le g Tneral eut la foibtesse de sanctionner Jarr&t6
de Tassembl6e colonial, du 5 novembre; arretp
qui, su-vant lui-mime, devoit irriter lea hommes
de couleur. 11 eut la foiblesse decrire ,sous sa
, dictate, une proclamation dans le mrm6de q q$ it.
(c Nous ignorons, ecrit-ilA au miistre, le :i nq-
vembre, Ireffet que produira ces pieces. Si les
hommes de couleur sont ,confians et raisonna-
bles ,tout ira bien, sinou la colonie course j I
plus grands dangers. .
SCoofIans eat raisomnables! des hormmes, q'oan
Dgorgeoit! Dorine-t on done. sa confiance -A'es
bouLrreaux? est-ce done se servir de sa raison, que
de soumnettre sa liberty A des hornmes iusatiables
de tyraitnie? Et c'toit cependant Ilrsqu'on avoit
la certitude que les homes de couleur:tne s'avir"
liroient pas A ce degr6, lorsque le gndr:'l attean
doit de leur resistance la ruine de I, olonie ;
c'atoit alors que ce gtrdral qui, lors da.la nou-
velle du d4cret du i5 mnai, avoit protests gqi[
ne voudroit pasle fire ex6cuter, de peur de rtaire
verser du sang ; c' toit le, mnme homme..qu4
signoit lgireuient I'ordre. de l'orgueil t de g
vengeance, la proscription des homes de Cou.
Jeur, et rincendie de la colonie. :,


(3) VoyeSz agce 2o.,


tI:


1' -B 'WAW






( zo)
Qut ne sera pas Cncore rdvolt6 en lisant llarrie i
dlu 5 novemhre (1), en voyant la mauvnise fbi avec e
.laquelle Iassenmll ke colh;iale cherche a differer ila
justice due aux hlommes de couleur on:, pr-
texte de troubles, et viole la parole qu'elle avoit
donnde; "tn vcyalnt sa joie mlal eMguisee sur la
revocation d(u lecret dua i mai; insolenLce avec
laquelle elle menace les citoyen. de comleur du
d&cret dut 4 septemibri ? ?Qui ne sera pas rivolti
del'entthdre trnitel de sediiteux ceux qui ne vou-
droierit paa dwposr leurs armnes et reclamer sa
cmienite? Qui Ine sera pas revolt en li.snt la
proclamation, encore phis ren elle plus perfide,
plusin achin ique, du gciral Blanchelande? (2)
Il, oluae la hietlaisance de I'assembhve.g ndrale,
dle cttre assemble qui n'avoit cessd d eraser les
iAmine. de couleur; i lIes invite A se better dans ses
bras, a computer sur :sa loyautd, tandis qu'elleles
repoussoit, tn se jottant lde enigagemels les plus
selemnels. t aite' les fiho-,; iI de couleur de si~di.
tieuk, lorsqt'ni mwis ui,,;ia\a ant il les flicitolt
sur letir-"r cactre docile e gltd'rcux. I1 dit qie
ler trlit6s Arrac.t S par !a-forc e ie peuvent avoir
iiu'un succws passager Oui, sans doute, les trai-
tbs arraches pir- letdepuotismin, mais non ceux
~ommanads par la liberty et cimenttas par I~quitd.
Quant A la perfidie, ele a toujours iet6 .erangre
tu cotncorl4t t"tandi qu'elle souille chaqub page
des pr"'Os-verbaux de rPasseibleecoloniaie. Ces-
~eer; 6crie M. Blatnchelinde, de croire que le
sgi sAnat de la France, (que le roi, que le people
*Ilneoi puisse approuver un moment les d-
ibr6res et les rebeifionS. Oui, sans doute, ce
s Ms rat, le row, le people ne veulent pas sou-
tenir le crime; mais te crime est de contester i
0( Vovye page i74.
(i2 V.'p;a:t








cds homes libres des droits qu'ils t;ennent de la
nature; mais le crime est de verser des flots de
sang poursatisfaire un caprice d'orgueil. Oui, cans
doute, ce s at qt e vous trouvez si sage depuis
le decret du Wa sfrptembre; ce sdnat que voui
couvriez d' s.ecartera jamliis dets prmncqipes : Ie people ,ur-tout
les soutiendra, les ad4orera sans cease, et c'et
parce qu'il les adore, qu'il n'a cesse de manifester
une opinion contraire a ce dtcret da 24 septembre.
N'en doutez pas, c'est a ce decret, c'est a 'in-
solence des blancs qiu'il encourageoit, quon doit
attribuer I'horrible project qui reduisit le Pcrt-au-
Prince en cendres. La saine parties des habitans
de cette ville, malgre le ddcrer, vouloit fexd-
cution du concordat. Trois sections sur quatre
avoient d'ja nmanifest6 leur va-n pour la dissolu-
tion des corps administrations; les factieux, pour
empecher l'eIfetde ce vux excitement ur, emeute.
Je n'entrerai pas dans le detail des fits; mais
apr6s avoir compared ensemble le recit de la ca-
tastroplie, fait par la municipalit du Port-au-
Prince (i), celui fait par les homines de cou-
leur (2), la lettre de M. Blanchelande (3), du 17
septembre, et enfin une relation faite par un t&-
moin oculaire (4), quti a march l lui-meme centre
les hommes de couleur, quatre points important
me paroissent d6montri.,
10. L'origine de cette catastrophe doit Qtre at-
tribute uniquement i la rage des factieux, qui.
ne cherchoient qu ine occasion de pillage.
0. Le hoes o es de couleur ont employ tous
(1) Voyez page 190.
(z) Page 2.7.
(3) Page 114.
(4, V. eI Padriote Fran:)is, du 14 fvWicr 1-9;14




(p








T(2)
Ls mdno6ns pour writer une nouvelle guerre ci-
ile, ete se ont bornbs & la defense.
3. Le feu ne s'est dhvelopp& dans la ville qu'a-
pr6s la retraite des homes de couleur.
4. Le pillage a 6t commis parles petits blancs,
et ils ont inhianainement massacre et les citoyens
de couleur, et le, blancs qui leur 6toient attaches.
Nous devons, messieurs, better un voile eur
touts ces atrocitts (,1; elles font frimir d'hor-
reur; mais aucune n'a souill les armes des ci-
toyens de couleur :ils auroient pu se venger, ils
ont ddpos 6leur ressentiment. Les habitans du
Port-au-Prince, qui ne partageoient pas les fu-
reurs des factieux, et qui craignoient les hor-
reurs d'une guerre civil, se hiAtrent de la pr6-
venir, en prdsentvnt un mtmoire A M. Grimoard,
cui conmmandoit les forces navales au Port-au-
Prince, et en envoyant une ddputation A larmde
des citoyens de couleur, campIe A la Croix-des-

C est dans ces pieces, messieurs, que vous de-
vez clercher le voeu des habitans de Suint-Do-
TlinLuti0, rqe vus trouverez les bases du decret
tl i u leI. rend r t. Le commerce, disent
ces babit ans f2), vient rkclamer votre appu pour
satever 'i In Franice les restes encore humans du
1P it a -' Piitce rt de la province de d 'ouest. Nous
faioouns n1ore. prorieision de fci d ohdir aux decrets
de la n.,;ion, et de ma mtenir la constitution qui
sera dicr't(e pour Saint-Doiningue; mais en at-
tendt:n-t ote del v(diitables reprieentans de la co-
lonie aentt termine ce plan de nos lois constitu-
tive, I nous rcaamoIm e mairien de 1'ordre, la
coQicrva\ionp des proprietes. Et q tarriweroolt.

v) a,.c 6 2.
Y 1^ ) ^*W ^ ^'i;- --.,----- ~.. -.- L-----..-- -- - - -- -- - ---







t;sent-ils en terminant, si lesgensde oleur ne la
maintenoientpas? i Pesez cette derniwre phrase.
L'assemblie general du commerce, au Port-au-
Prince, tenoit le meme language dans son arret6
du 5 novembre. Elle dclaroit que I'infraction
faite au trait de paix 4toit la seule cause de la
guerre qui alloit s ouvrir; que cette infraction
avoit 66e late au mepris du vu u presqu tunmma
des quatre sections du Port-au prince. Eie sup-
plioit en consequence M. Grimoard de ne preter
aucun secours pour aller centre les homes 4e
couleur.
Gest dans ce mime esprit, messieurs, que les
habitans le coinmerce M. Grimoard, firent
une d4putation vers leur arnne, et leur propo-
s6rent une negociation. Ils y consentirent; mais
h condition qu'auparavant on leur rendroit leurs
femmes, leurs entans et les effects qu'ils avoient
pu laisser derriere eux. Cette condition fut effec-
tude; mais la paix nua pas 6i6 retablie. Cependant
les citoyens de couleur se montroient disposes i
tous les sacrifices; oubliant les outrages, les mas-
sacres des leurs, ils se born6rent h demander
I'exkcution simple du concordat du 19 octobre.
Les brigands les rejetterent. M. Grimoard, chef
des forces navales dans-cettepartie de-Pile, qui
paroit avoir joud dans cette catastrophe le r6le
d'un mfdiateur sage et human; M. Grimoard
propose une confdddration entire les hommes de
couleur et les soldats. Malgrd la repugnance de
ces premiers a se lier avec des soldats qui n'avoient
cesse de les outrager et de se parjurer, ils accep-
tent cette proposition; mais elle est encore re-
jetee au Port-au-Prince, et la vie du pacifique
Grimoard est en danger.
Que devoient apr6s une conduite aussi pert
4








ide, que devotent fire ies hommes de couleur?
Se tenir en armes, assidger les brigands, porter
par-tout le respect des propridtes. Telle a et leur
conduite. Quandils ont eu lem alheur de s'armer
de torches, iA y out ete forces pour leur propre
s'rete, coIimne d'111s fat;ique du Bizoton. Tout
est tranqutille ut cdte des loirs, vous a-t-on dit
dans 1une l i0re qui a ed lue e cette tribune, tout
est l'mttlutille /dl cotLt des noirs dans la parties
de toneet; etet t aveu fait le plus bel Mloge des
citoye-.l de couleur et de lordtre qu'ils mainte-
nloient. uis sont done les gardens et les modd-
irat urs de ile en meme-temps qu'ils sont les
vengeturs de leurs frere- s.
L arie des coimm ubsaires civil a Saint-Do-
Ininguo na pOint a-rrete et iie ponvoit arreter la
guerr.i civil. Que venoLint-i s faire? Ex4cuter le
tf, crt du e4 pteimbire; c'est-a-dire, ordonner
aux lhonimes :e couieur de ereprendre leurs fers.
Quel ga e ofarient ils de la fin de cette servi-
tude nouvelle ? La bonte de ces blanks qui de-
puis triois un ne cessoient de les martyriser; qui,
animbs par la soif de la vengeance ne cher-
clioient que occasion de satislaire leur ressen-
timent et leur orgueil, et quila trouvoient dans le
dcret. Quel grage encore les commissaires pou-
v ient-ils donner? La bonne-foi de ces blancs, qui
n'oni cedS6 de se p'jurer? De pareils gages ne
polvoienit que rdvoter dt homes courntbeux,
iatniir 3, pen tires de la bont6 de leur cause, et
dcterminu. a Tc^aporter ou a pdrir. Aussi n'ont-
ils P ete selduits par la proclamation em ha-
tiqtue, ridicule, inignif inte des commissaries
civils. Lisez avec attention Fadresse envoyde A
ces cofinuniss;ires par les chefs de 1'anrme des
citoyctir bllancs et dc holnnmes de couleur, et


I II -








vous serez convaincus ,.u n ne suqbugue pas de
tels homes; qu'il laut ou leur accorder fran-
chement et plein"ment leurs droits, on songer
A exterminer jusquau dernier. C'est la raison qti
plaide avec nergie la cause de la liberty. c La
loi n'oblige, disiit-ils,, que ceux par qui elle est
consentie, et ii nest pas possible, lorsque I'as-
Femb!r e rnationale s'est propose cd'tendre les
bicnfaits de la regendration jusqui'a -dela des
miners, qu'on lui prte l'intention d'avoir voulu
oter un droit de representation aux deux plus
grandes sections du people fran ois de Saint
Domingue, les homes de couleur et les n6gres
libres ,.
) Tout le people, ajoutent-ils, doit 4tre re"
pr6sent6; voilh un principle constitutionnel. Les
hommes de couleur et les negres libres doivent
done e4re represents a l'assemible colonial. Ils
ne le sont pas ; cependant article IV du d6cret
du 28 mars 'ordonnoit. Nous vous le dclarons,
disent-ils en terminant, avec cette franchise qui
caracterise de vrais Frangois, nous voulons exd-
cuter litedralemen t les dderets nattonaux. En con-
sequence, nous n ob6irons jamais qu aux decrets
d'une assemblee representative de tout le people
libre de Saint-Domingue. Nous sommes en armes,
nous devons y rester, parce que nous avons tout
a craindre de ceux qui nous out cruellement
trompds, et qui peuvent encore le fire. a
Les commissaires civil pouvoient-ils esp&rer
de vaincre des homes arms de tels principes,
en leur affirmant, centre toute vdritt, que les
hommes de couleur n'ktoient point compris dans
le ddcret du 28 mars ; en soutenant, avec la mdme
faussetd, que le d4cret du 15 mai n'dtoit pas cons-
titutionnel et que la loi du 24 septembre ne pQu-







(26
wvot 4tre rdvoquAe que par levoe dela lgislature
en ddclarantles deux concordats nuls; en soute-
nant que radhision des paroisses &toit insiuni-
lante; en menwcant enfin les homes de cou'eur
du poids dc ia France entire (1) ?
Une pareille rdponse, messieurs, a du indigner
les gens de couleur. L'on ne doit pas s'tonner si,
depuis cette 6poque, le sang n'a cess6 de couler,
sides traits de ferocit6 ont souilld tous les parties:
A quels excs ne se porte pas l'esprit de vengeance?
On vous cite des barbaries incroyables de la part
des citoyens de coulear : la source en est bien sus-
pecte; mais le veux le croire. Mais est-ce de la
couleur qu'elles font le process ? Ce ne sont pas
des gens de couleur qui ont ensanglant6 la gla-
ci6re d'Avignon. Blancs, qui vous plaisez a inu-
m&re" des horrears, qui vous tralnez sur ces
rdcits affreux, ils sont votre condemnation; tout
le sang qui se rdpand dans les colonies rejaillit
sur vos tWtes; votre orgueil sel a fabriqub les poi-
gnards qui vous percent.


D'arnIs les fairs que je viens de vous exposer,
vous pouvez*, messieurs, vous fire une jaste idde
de retat actuel de Saint-Domingue : la guerre ci-
vile et la guerre des enclaves y dcploient toutes
leurs fureurs; les noirs sont arms contre les
blancs, que les homnme: de couleur attaquent dun
autre c6td; et ces blanks sont encore divisss entire
eux ; les blancs des villes combattent les blancs
4es campagnes. Vous voyez dans les villes des
hordes de brigands qui dominant toutes les auto-

(I ) V,. ....... - .....oyez r c I- 0 -- 4 i -.. .... ....- ...". I ..-. -
,(-) Voyz pay z5o.








rit s constitute si qui veulent impser des loix
aux habitans de la plaine, et tnettre sous leu joug
lIs gens de couleur. Vous voyez au Cap une assem-
blde coloniale, dirigge par des homes ambi-
tieut, accabls de-dettes, qui ont cherchd, dans 5J
linddpendance,- des moyens de rdparer leur.for-
tune ; des hommes qui ne veulent, A aucun prix,
ransiger avec.leurs prdjugs et qui, tranquilles
dahslents forteresses, contemplent de sang-froid
l'iticendie des habitations. Vous voyez an Cap un
government foible, dependant des caprices de
cette assemble, des, commissaires civil sous la
Sm4me tutelle, avilis et sans aucune influence.
An Port-au-Prince, vous voyez des factieux
dohner la loi, forcer les commandans de marine
et de terre A leur pr6ter des forces, sous peine da
rdverbbre; vous les voyez tant6t piller les maga-
sins, at tant6t piller les vaisseaux qui vontappro-
tisionner les autres parties de l'isle.
Vous voyez dans les planes la portion la plus
irombreuse, la plus respectable, celle des citoyens
de couleur, fbrcde de maintenir ses droits et sea
propridtds les armes A la main, se reunir & une
grande portion de planteurs blanks, interests ,
.cmnirme-eux~ a -conservation d la pix t k ex-
pulsion des brigands qui les assibgent dans les
villes.
*nfinn, messieurs, vous voyez au mil eu de ces
volc&ns une portion p is nombreuse, celle des
esclaves, d nt la revolte n'est pas encore tout-A-
fait appaisde, esclaves tranquilles par tout o i
les ihmmes de couleur sont manhres, turbulent
et siditieux par tout o1 let [lanes triormplent.
Ce n'est que dans Ia pI rt n d Nord qu'iljouis- .
sent de ces petits trio"che l dUas le rest de
'*








(^)
ele; la ,cause des homes de couleur I'emporte,
et c'est le bonheur de la colonies.
Le rapporteur du comity vous a dit (i), pour
vous rendre les gens de couleur odieux, qu'ils
n' tolent arme"s que pour retablir lancien regime.
It ne sCra pas difficile de d4truire cette calomnie:
m; is pour le fire avec stuct-s, il imported d'ex-
pliqutr le senls (qu'on donnime atx moots patriots
et a'ristccrates; il eAt impossible de ne pas taire,
a chlaque instant des contre- sens, si Ion ne
connolt pas le sens particulier de ces mots a
Saint- Doinrigue. Rappelez-vous la classifica-
tion que j'ai fate, dans mon premier discours,
des ha!bitans de Saint-Domingue ; rappelez-vous
ce que je vous ai dit de la classes de ces petits
blancs : un fait a dut vous les peindre lorsqu'ils
ent reftise de marc-ler pour la defense des ha-
bitations, si on ne leur en accordoit le pillage.
O(n m'a reproch4 d'avoir cherche A avilir le
people francais en avilissant les petits blancs;
ce reproche n'est qu'une injure. Qu'y a-t-il de
conwtun entire cette lie de l'humanite et la masse
dt people franyais q'i laisant justice des op-
preseturs, respectoit religietuscment leur or; de
ce people qui punissoit luii mime les pillages ?
Ce. petits blancs, dis-le, les colons endettes qui
lec dirigent, les soldats qu'ils ont embauchds,
comnposen t c.parti appeal les patriots. C'est ce
parui, qui aspiroit a l'independance, qui appeloit
le Anglais A son secours, qui veut tenir les
ho mmes de couleur dans l'opprobre; c'est ce
arti qui ne veut, qui ne comment que des pil-
ages, que des assassinate ; c est ce part qui s est

("o Irto i ;:; C ll rcnt\ppwr^ f e ;


- Ilb~"~"~f~C~e~~ "--rr~#c~''Yc~mh~






( -9 )
parjur6 deux fois, qui a caus6 les incendies du
Port-au-Prince, qui a occasionni les trois prises
d'armes; c'st ce parti que dirigecient 'lh6tel de
Massiac er les asseinbles coloniales : voili les
patriots de Saint-Domiingue. On conviendra,
messieurs, que ces patriots ne ressemnblet pas
mal aux patriots de Coblentz.
Ils qualifientt daristocrates tout ce part com-
posd de plahnteurs hoiietes de ndgocians et
d'homnmes, de couleur; part qui abhorre rindd-
pendance et desire ePgalit, qui vent et qui pr-
che la sountssion qui veut le regne des prin-
cipes, et par consequent 'galiteientre les honmmes
libres. Ce sont it faut Iavouer, de plaisana
i aristocrats, que les hommnes qui veulent 1'0galit.
Ainsi, nmessieurs, l mot patriote &quivaut, ASaint-
Domrigue, a celhui ade brigands de rebelles i
ia loit et le terme aristocrat signifie les homes
attached auxi decrets et aux principles: c'eat ave
cette confusion de mots qu'on a.4gar6 les esprits
en Europe, et qdon a cdbaiuchb les soldats a Saint-
e n gu~ro e e t ^ .-' on a d* *1 1! 11 * ."
Donrngue.
Si ous ne devez plus etre surprise maintenant de
voir le' rapporteur tanber si :rudtement sur les
-aristocrates de Saint-Drmingue; ii firappoit sur
les vrais atriotei It prttend que leurs chefs soa
tous des aristocrates; ii le pretend, parce qu'lls
conselrveit leirs titrese; iet" leehefs dIe farmie
de, couleur snt, en parties, des oitoyens de cette
classe d'hommnes de (couleur; et les blancs qui
commandant, sont de- hommnes connus par leur
sagesse et leur attachment a la metropole, ~els
-que MMI. Jumecourt et d'autres, que-le rapporteur
a injuri s, sans offrir aucune preuve de ce qul
:avaoit t.
II cite la satyre faite. par.les hommas de cou-







leur, de la garde national du Port-au-Prince.,
des soldats du club de la municipality, de la
commission prv6otaie de cette ile; et it oub!ie
dt4 citer vingt pieces justificatives qui attestent
les crimes oommis par cette garden riat*onale, les
iniquitws commies par la comn ssion prevotale,
les exces toldres par la mtnicilpalitd. It defend
cette coalition ide brigands, tIndis que les debris
fumans du Port- au- Prince, tandis que le sang
qui souille encore son enceinte, dAp'se contre
leur fureur. 11 stinligne de ce quo ces citoyens
,de couleur ont cOnstamtrient avili et calonZi.
les autorites nouvelles, filled de ie li berte ce
,arantes de nos droits et des leurs. Comment
Tarba a-t-ilpu qualifier ainsi des corps lus
sous 'autoritd des bayonietetes; des corps doait
les hommes de couieur ont 6td constamment
exclus; des corps qui, loin, de garantir leiurs
droits, les e ou)tt dI.pouills avec linhumanrit6
Ia plus rdvoltante? De pareilles autoritrs n'toient
que des tyrannies instltudes par la force Now,
la fourberie i'est point fi le de la liberty, J bri-
gandage nest pas un gouver cement re:piesent-atit;
et 1on ne voit ici que des brigandages. Le gou-
vernement representatif veut une 6gale repr.
sentation, et cette dgalih tdtoit dvidenmtent
violde.
Les homes de coulsur toient done fondss A
renverser le despotisme de corps faciieux iqui kl
i4crasoient depuis deux ans; desp.tisme cent fois
plus terrible, come ils ie dissent eux-memes,
que celui sous lequel its vivoient avant la rg6-&
ndration Frantaist; car, messieurs sous les prd-
.tendus corps populaires, i amis de la liberty et
de 'galit6, leurs lettres toient interceptiess
-tls ne poMV-iet il nu'ont Jamais pu envoyer ni







(3' )
dresses ni d4putation en France : leurs petitions
A I'assemblde colonial et provinciate 6toient
traities d'actes de rebellion; on emprisonnoit ,
on maltraitoit les blancs qui leur prktoient lear
plume et leur appui; enfin, la pers'tcution con
tre-eux toit portee A un tel excess qu'il Qtoit plui
paidonnable de tuer un malAtre que de battre un
n6gre esclave. La justice fermoit les yeux sur
tous les outrages faits aux premiers, sur les as-
sassinats commis centre eux. Les municipalities
dont les membres, l6us par les petits blancs, par
les soldats et les aventuriers, toient a leur devo-
iion; les municipalitis, loin de porter secours
aux homes de couleur, ne cessolent de soutenir
la persecution contre eux. Pourroit-on s'etonner
maintenant que ces homes emprisonnn s disk
leur ile, martyrisrs, sans aucune esp6ce d'appui,
eussent quelquefois regretted I ancien regime qUi,
laissant subsister le prdjug6, protdgeoit au moins
1lurs propri6t&s et leur sitret6 (i)?
Mais ce nest pas m6me cet ancien regime.,
quoique plfs favorable pour eux que le nouveau
de Saint Domingue; ce nest point cet ancieu
regime qu'ils veuleitr ratablir. GConaincus qu'l
falloit casser totiteseslesmunicipalits, toutes les
assemblies factieuses; que cependant, en les
ddpouillant de r'autorite don't ils abusoie!tt, it
falloit la transfdrer ailleurs; convaincus qu'lI
falloit, par quelques measures maintenir lordre,
en attendant quel'assemblIe nationaie eut d6cr6t6
l'organisation 'des colonies, les homes de C oii-
.leur imagindrent que les moyensles plus prompt%
**-** ---- T-'---' I l_--1 -_ --i .- --t---- l*--"--'^
(i) Vovez rhistoire des troubles de Saint-Domingie pa
M. Gatcreau, ct r'origin de ccs troublci, par M. Rlamoad.
*


-1 - ... - -0- I ---- -




-.- *-- -- -- -- "


( 2) ,
et les plus efficacs, toient de rktablir proviw
soirement le commandant militaire, et d'instituer
iln bureau de correspondence ei veilleroit sur
la police, qui seroit compose d'honmmes des deux
classes.
Veut-on, messieurs, une preuve decisive qu'ils
roscrivoient A janmais le retour de Iancien r6-
gime? It suffit de lire leurs deliberations (x).
C'est en vertin des concordats qu'is suppriment
les municipalites : c et en vertu des decrets qut
promettent une nouvelle orgatiisatioa des colo-
tlies, et qui ordontient Pexecution de- nouvelles
loix, quils r6tablissent I'ancien commandant;
:'est pour ex6cuter par advance le cocordi~t, qu'ils
comnposent le bureau, partie des gens de couleur,
etpartie des blancs. Liseez enih, liez la derii re
adresse qu'ils ont faite pour le conmmissaires
civils; elle est da iG6 fcemnbt (i) ) vons y verre
par;tout des preuves de leur attacheiemeut a lacons i
itiition. Nouswoufons, disent its, C sqnt: lers
terms, nous (voulons executer litt ralemest les
ddcrets. Est-ce done le langae de centre rf-
-'olutionnaire? Depuis quanidcle' relel.es oat4- i|
tant de tendresse pour la constitution et le- d&-
rcrets? M. Tarbe vt- jusqu'a reie.suspecte Pex-
pression trop vivee e leur amour pour le monarit-
que (5), et i tait, et ii ne sotligne pas leur
atiour pour la nation et la Ii, (ue, dans lame
adresse (4), ils expriment avec autant de fowce.
Quo'n cesse done de r6peter qu'ils vouloient 1|
retour de ancient lvrgilme. Ils olt jure, le 1i

(t) Page 184, ri cs justiticarives.
(i) Voyez page 144.
(3) V. p. 248.
S(4) V* P 249 *
octobrej


Ii-


i:




-- ^ .r.9F y.-




octobre, anatheme a ce regime t ils ne le res-
susciteront pas. Pretendre qu'ils veulent le res-
susciter, c'est prdtendre que rancien tiers-6tat
voudroit retablir le despotisme passe : c'est trans-
ferer Coblentz dans le faubourg Saint-Antoine.
Maintenant, messieurs, que doit faire la Fran-
ce pour 6teindre toutes les guerres ? Rendre leurs
droits aux hommes de couleur; voilA l'unique re-
rnde h tous les mauix; c'est celui que la poli-
tique ordonne; car, encore une fois, je ne parole
pas ici de la justice etdes principles, je ne 'ap-
puie que sur votre intdret et celui des colonies.i
Les hommes de couleur et ngres libres sont bien
plus nombreux que les blancs; ils forment pres-
que les deux tiers de la population libre de Saint-
Domingue; ils peuplent avec plus de rapidi~d que
les blancs; ils supportent avec bien plus de cou-
rage les variations et les intemppries de rair. So-
bres, ils ont moins de besoins; r'guliers dans leurs
affairs, ils ont moins de dettes; braves, ils ren-
dent moins necessaires les troupes pour la defense
de l'ile; craints des noirs, ils en sont les meil-
leurs gardens. Voilh des vdrites avoudes par M. de
Blanchelande li mme et par les blancs.
Sous tous ce rapports, cesl hmmes- prrcieie=-
mznritent dktre protgeds et d'etre soutenus.
Qu'avez-vous en efft A craindre pour la trarm
quillite des lies? Les aventuriers quiles d6solent,
les soldats qui s'y d6bauchent et s attachent A des
factieux; 1'esprit d'ind6pendance et de trahison
qui voudroit arracher les colonies ,i la mdtropole;
le voisinage des Espagnols, dans le territoire des-
quels les mulatres jouissent de 1igalite ; les aris.
tocrates qni s'appuyent de leurs secours; enfin,
les noirs, don't le nombre inumeuse et la tendance
J; P. Brissot. G




;,. .. F


A la liberty menacent sans cesse ldengloutir les
colonies.
Eh bien messieurs, rendez leurs droits aux
lionumes de couleur, et toutes ces terreurs s'eva"
nouissent. Soyez justes envers eux, et ils auront
bient6t dUlivrted ile de tous les aventuriers qui
]a desolent. Soyez justes enters eux, et pour gar-
der Saint-Doiliiimue vous n'aurez plus Pento
d'y envoyer des troupes de line, dontabee ter
tien et le transport sont si dispendieux il etoit
tardent pas A y sdcouer le joug de la discipline,
as 3yivrer-a-tous les exces que 'esprit de part
doit encourage, pour se servir de leurs armes.
Soyez justes envers eux, et vous conserverez k
iamais la souverainet6 de la matropole sur les
colonies, et vous andantirez cet esprit de r6volte
qui a tent6 de les transftrer i une autre puissance.
Admis dans toutes les assemblies les citoyens
de couleur ne cesseront d'y donner les preuves
de leur attacbement, et de combattre les projects
des ambitieux. Soyez justes envers eux, et vous
n'aurez plus rien a craindre des rdvoltes desnoirs,
qu eux seuls peuvent retenir, ainsi quen con-
vient M. Blanchelande, qui regardeles blancs com.
me incapables de soutenir la plus douce et la
plus corte crampagne centre eux. Soyez justes
Unvers eux, et vous n'aurez plus a craindre les
soulevemens excites par les aristocrats qui, de-
sesprdes de leurs deftites dans notre hemisphere,
vont semer des troubles dans le nouveau ; nos
vaisseaux en portent chaque jour qui dmigrent
dans cet espoir. Soyez justes enters eux, et vous
n'avez plus a craindre les entreprises d'aucunes
puissances etrange~res, et sur-tout des Espagnols;
les homes de couleur formeront toujours con-
tre ewm une barri6re imp6ndtrable. En un mot,







(35)
soyez justes envers eux, et la tranquillity renlt
tra dans vos lies, et la population indigene s':c-
crottra et vos products augmenteront, et I'en-
tretien du gouvernement sera moins dispendieux.
Continuez au contraire de subordonner le
homes de couleur aux blancs et tous les
naux qui ravagent aujourd'hui Saint-Domingue,
finiront par rengloutir ; car ici la force est LE
c6te du droit, et la force engloutira lile, plut6t
que de ceder son droit. Les homes de couleur
ont jurd de p.rir plut6t que de cdder; et vous
devez applaudir a ce noble et gdndreux design
teressement, on vous cesseriez d'ttre Francois ,
d' tre les homes du 14 juillet.
Quels sont les adversaires de ces hommes pr-
cieux? A qui voudroit-on les subordonner? Est-
ce a des homes plus braves plus utiles A la
revolution, plus attaches & la mntropole ? Non,
i c'est A des miserables qui ne veulent vivre que
de pillages A des fbux qui n'ont que de la va-
jnite, A des factieux qui ne veulent que lindd-
pendance et le desordre. Car, messieurs, et nous
ne devons cesser de le rdpiter les plant: urs
honnites, les propritaires respectable, les bonc
citoyens, tous-vous disent qu'i-- veulent4es- l s-
ser jouir des droits de citoyen actif: c'est le vou
de la grande majority, de cette majority paibible
et souuise qui veut le regne de la paix, et qui
nest arretee dans 1 emission de ce vceu que p.ar
l'aspect glagant des bayonnettes.
Pourrez-vous maintenant balancer A accorder
ce droit aux homimes de couleur? Mais, je vous
'ai dit, il faut accorder pleinement, franchement,
de manibre ai extirper h jamais la haine et les dis-
sensions. Or je ne tronve cette plenitude de
~ - Ga -- C




-'''* i-
.t 1' !



(5 G)
justice que dans la revocation du dacret du 24
septembre.
En effet, vous borner A ressusciter le d4cret
du 15 mai, ne seroit qu'une demi-justice; car,
ce decret privoit les citoyens de couleur d'une
parties de leurs droits. Ce decret ouvroit la porte
A mille chicanes que l'orgueil et 1 injustice n'au-
roient pas manqud de saisir pour tout brouiller.
Ratifier le concordat est encore une demi-me-
sure insuffisante, une measure qui laisser'a des i
germes de discordes on soutiendroit un jour
qu'ils ont dt extorquPs par la force, qu'ils n'ont
2t6 que parties.
D'ailleurs, deux objections irresistibles repois- ,
sent cette inesure. D'abord, en ratifiant ce con-| *
cordat, on reconnolt que les citoyens de couleur
tiennent leurs droits des blacks; cependant ils
les tiennent de la nature.
Ensuite qui prlCseutera ces decrets A la ratifica-
tion de l'assentbl&e national et du roi? Est-ce l'as-
semblee colonialeactuelle ? Elle stincomp4tente,
elle estillrgale. Faudra-t-il en former une nouvelle ?
11 y entreroit d es lhomnes de couleur, ou non?
Dans ce dernier cas l'illegalit6 reparoit ; dans
iautre, la question des concordats disparolt; ils
sont ratifies de fait. Enfin messieurs, ces deux
mnthodes entrainent des lentturs et des difficultis
qu'il fhut eviter, si on vent arreter les troubles
de Saint-Domingue.
11 est un raisonnement sans rdplique qui n4ces-
site la revocation du d4cret du 24 septembre.
Voousvoutezextirper lacause des troubles. Cette
cause est dans la resistance a l'oppression des
citoyens de couleur; elle nait de leur opinion
qu'ils sont les 4gaux des blancs, que lear sort no
doitpoint d6pendre d'eux. Or, cette opinion est |
0 ex







(57J
sera constamment blessee par le decret du A4
septembre, tant qu'il existera.
On me dit, et c'est la plus forte objection qu'on
aitfaite: les citoyens de couleur doivent jouir des
rnemes droits que les blancs ; mais lissez aux
blanks la faculty de les leur accorder : attachez-
les par la reconnaissance; maintenez le ddcretdu
24 septembre, et croyez que les blanes les leur ac-
corderont. Eh qui vous a dit qu'ils les Teur accor-
deront ? Qui peut garantir maintenant leurs pro-
messes ? Ne les avez-vous pas vu se parjurer apr6s
le serment le plus solemnel? Direz-vous que Tin-
retrt les y forcoit ? Cet interet existe di a depuis
long-temps et il ne les y a pas forces : les force-
rez-yous vous-memes A tre justes ? Vous violeriez
les principles du decret du 24 septembre.
Enfin je veux que les blancs changent tout &
coup; je veux qu'ils consentent a etre justes; je
veux qucartant tout ressentiment, its veulent
embrasser les mulatres come leurs freres; je dis
que la cause des troubles n'est pas dteinte. Elle
est toute dans l'ingalit6 entire les blancs et les
hommes libres de couleur, dans l'indignation que
ressentent les citoyens de couleur soumis A cette
intgalitd. Or, cette ingalit6 existeroit, inmme dans
les cas oiu les blancs la romproient eux-mnmes;
car on accorderoit par lia ceux-ci une superiority
qu'ils n'ont pas : ils tireroient de cet article du
decret un titre eternel de vanity ; ce seroit un,
germe 4ternel de division ; il le faut arracher.
Gardez-vous, messieurs, de perdre des momnens
prrcieux, d'attendre d'autres r6sultats, ou de la
force armee qui est maintenant a Saint-Domingue,
on du congr6s nouveau, convoqud a la Marti-
nique. Je veux que cette force armee se voue en-
ti4rement an gouvernement actuel; je veux qu'elle
CG







(%)
subjugueles chtoyens de couleur; je yeux qu'elle
leur arrache la promesse de se soumettre aux
d promesse .croit loin d'etre un grant certain de
tfasentilme t a cette esptce d'esclavage de la part
4 hoinlnes qui ont goAte les doux fruits de eI glite.
3) e pareils hommnes ny renoncent point; ils se
ttien t t ant qu'lls sont foibles; ils se revoltent a la
premiere occasion favorable. Or, les colonies,
par leur position et par la nature de leurs habitans,
oifrent ces moments favorables, bien plus souvent
que les autres pays. La soumission, qui n'est que
le proit c de la force, ne promet que des r6voltes,
qjIe :Ls malheurs; il faut done encore renoncer j
r c,2 mioyen.
En aurez vous un meilleur dans ce congress,
donut la trame avoit 6t6 si bien ourdie 1'annde der-j
niere; dans ee congress don't le patriotism a dd-
,jout 'tos les resorts et qui se rassemble malgre 6
Ie0 deicr onet; contres qui peut avoir les plus funestes
effects pour la dependance des colonies. ? Je dis que
non1; et que laisser a ce congress le soin de ddcider
du sort des homes de couleur c'est vouloir
ucrir le mal en l'alimentant: car les blancs seuls
sont admnis dnms Ie congress; ce privilege consacre
cNttte indgalitd de droit qui cause la r6volte Le con-
gr<^ f. t-il just dans sa decision, iln'en auroit pas
tolClns viole un principle, ii n'en auroit pas moins
constacre la racine des jalousies et des haines; car
Yles homes ne peuvent disposerdu sort des autres
hocimes. Oui, le blanc sera toujours fier d'avoir
tlev4 jusqu'a lui l'homme cuivr6, et ce dernier
s', n sentira toujours humilid, et par consdquent
co: deux classes d'hoinies se detesteront toujours.
D'ailleurs, messieurs, je ne vois pas, dans ce
: n,,r&r d. reprsesentan de Saint-Domingue; je







(39)
ne vois pas qe'on y ait convoqud les citoyens de
couleur de cette tie. Croyez-vous que, plus nuim-
breux qltue les blancs, plus forts, plus discipline
qu'eux; croyez-vous que, bien instrlits de leurs
droits, que revolted da joug des lmunic ipialitt"s et
des assemiblhes coloniales, les heommes de couleur
se soumnettent volontairemenit anx decisions tdtll
congr6s illegal, inconstitutionnel, et dans sequel
ils ne sont pas represents ?'Cette supposition est
absurd; les homnies de couleur n'ontjamais ce.s6
de le die ddans leurs addresses: 1"galit6 ou la mort.
Maintenant laisserez-vous 'tablir deux droits
dans Vos les?Coonsentirez-vous A ce queles hlommes
t de couleur de la Martinique et dela Guadeloupe
tiennent leurs droits des blancs, tandis qu'A Saint-
Domingue ils ne veulentles tenir que deux-mmemes?
Cette diversity de jurisprudence ne crteroit-elle
pas bient6t de-inu eaux troubles dans ces ies?
, Les martinicains ne se souleveroient-ils pas pour
se mettre au niveau de leurs freres de Saint-Do-
mingue ? II faut carter ces germes de dissensions
nouvelles; et c'est an adoptant une jurisprudence
uniform, fondue p.r-tout sur la justice, que
vous y ptrviendrez. La justice offre une regle in-
variable, et c est en la suivant seule qu on peuc
maintenir la possihilite de gouverner des colonies
a 15oo lieues de la metropole. Avec cette regle,
on n'a pas besoin d'attendre les nouvelles pour de-
terminer ses ope rtions; avec cette regle, on s'en-
tend d'un pole a l'autre; avec cette regle, on ne
blesse personnel, ou si quelqu'un est blessed, c'est
qu'il est hours de la justice, et ii murite d'ktre
blessed. Admettez des modifications, des excep-
tions A la justice, et il n'y a plus de terme aux
variations et aux desordres.
En un mot, msssieurs, voulez-vous une paix
04







(4o)
iternelle? rivoquez le d cret du z4 septeinbre.
SVoulez-vous une guerre 6ternelle ? maintenez ce
ddcret.
Souvenez-vous de ce mot, prononce par un
honnme qui n'est point suspect, par M. Blanche-
lande : c En attaquanr les hoimmes de couleur, il
n'y a plus de remede pour sauver la colonies. ,



MESSIEUtRs, en r6voquant le ddcret du 24
septembre ,vous devez prendre enfin des measures
rigoureuses, qui fa-sent respecter vos decisions;
de nouveaux conmissaires cvils, revetus de toute
1'autoritd que les repr(dsentans de la nation pen-
vent leur confier, seconds de bonnes troupes de
ligne atteindront parfaitement ce but, en sou-
mettant les'factieux les independans, les au-
teurs, en un mot, des troubles de Saint-Domingue
et de la rdvolte des noirs, sur laquelle je dois, en
terminant, fire quelques r4flexions.
Cette revolte offre, sans doute, des caract6res
bien ranges. N'est-il pas surprenant cu'on ait
mis tant delenteurs dissiper des honunes que
M. Blanchelande peint come des brigands?
i'est-il pas surprenant que ces n6gres fissent des
petitions et des observations si bien ecrites, et
nmtme des dissertations sur les ddcrets; N' st-il
pa1s surprenant qu'au milieu de la revolte on ait
vendu des nbgres au Cap A un taux assez avanta-
geux ? Nest-il pas plus surprenaht qu'apres tant
d'interrogatoires de negres appliques a la ques-
tion, apres tant de veilles de la commission pr-d
votale on n'ait aucunes lumieres sur les au-
teurs des troubles? Car, je ne parole pas de cette




*k~l4.I( ,c~-'LYy .m . ~~CD~~. u aT -- -1 .~_


S41 )
'carte mystique, portant les lettres M. L. coplde
par des hOmmes qui ne savent ni lire ni ecrire;
carte que la calomnie a interprktee d'une ma-
n ia.re atroce pour perdre un citoyen respectable.
Tout est enseveli dans le plus profound silence.
On parole de m lliers d'aristocrates 'igrans qui
ont form cette revolte, de blanks qui comman-
dent les rebelles; on parole de munitions et de
canons fournis aux r6volt-s; et le greffe de la
commission prevotale se tait sur tons ces faits;
et le commissaires de Saint-Domingue se taisent
aussi sur ces faits. Ce silence strange n'indique-
roit-il pas que ces aristocrates ont des complices,
et. que ces complices ont le credit d'dtouffer la
voix des temoins et de la veritd?
Quoiqu'il en soit de ces faits, qui s'explique-
ront sans doute un jour, lorsque les commissaires
patriots porteront la lumiire dans ces cavernes,
Sau moins est-il maintenant demontre, 10. que
l'embrasement rapid de la rdvolte des noirs dans
la.parie.uIn ord est dit au desarmement des
citoyens de couleur; 2o. que la socidtd des amis
des noirs, centre laquelle la calomnie a tant de
fois vomi les injures les plus degoutantes; quo
cette society, dis-je, n'a eu aucane part a la
rev 6lte.
Le rapporteur du comite colonial en faith lul-
meme I'important aveu. ce Aucunes des pieces,
dit il, qui nous sont parvenues, ne p)roavent que
les amis des noirs aient pris part la derniere
revolte de Saint-Domingue (i) ).
Que deviennent maintenant, messieurs, ces
accusations des forfeits les plus atroces, qu'on


(i) Deuxi me rappor page 7.




'V~jJ.-t -. -^



(4*.)
disoit appuydes de preuves importantes, dans ces
placards, dans ces proclamations, dans les libelles
r4pandus evec profusion, dans les petitions men-
dides et colporties par des homes fldtris? Que
deviennent ces menaces, ces forfanteries ces
Acrits hypocrites de ces homnme.s qri, daiis rim-
puissance do so justifier dec crimes don't ils sont
accuses, n'ont cess6 de reprouuire ces imputa- j
tions mensongres a cette barre, esptrant bans
doute que leur effronterie suppleeroit a la verit ? i
I1s se trompoient: le temps fait justice de tout;
il metau grand jour Pinnocence, il met les mechans
& leur place.
11 est vrai que le rapporteur, regrettant !'4veu
qu'il vient de fire, l herche A consAoer la ca-
lomnie, en nous ap- renant (1) que les amis des
noirs, et sur-tout quelquu.s-uns de ses nembres,
sont viyement incutpes d'avoir provoqud les trou.
bles de Saint-Domingue par leur. dcrits sur res- ,
damage et sur les droits des hornme-. 11 est dif-
-ie, 1ia1joute-t*iI, de calculerquelle est 'iifait nce
morale de ces dcrits dans les colonies ).
11 faut apprendre A M. Tarb6, qui connolt
raieux les 6crits des colons que ceux des amis
des noirs, que ces derniers n'ont point etit s ur
l'esclavage, mais bien sur abolition de la traite.
11 faut lui apprendre ce que les colons lui ont
cachM, que pas un de ces dcrits n'a pu pwndtrer
dans les colonies, grace A la vigilante inquisition
qui r6gnoit par-tout dans les colonies; ii faut
lui apprendre ce que les colons lui ont encore
cach6, que les noirs ne savent pas lire. Si les
noirs ont connu la revolution, its doivent cette

ft) Voyez ibdrm, ct il cite Its pieces numbros 11, 6a, 89, 8




:.,T3;alI*-v.,J^.tW ."-- .. .... ".




connoissance A lIindiscr6tion de leurs maltres,
et non a des livres.
Mais comment M. Tarhb a-t-il pu sdrieisement
regarder les amis des noirs comme vivement in-
culpis, parce que le president Cadusch, dans une
lettre tr&s-fleurie, ecrite au milieu des flames,
disoitaux Amdricains que la phliosophie quifait
la consolation des houmnes, porte a Saint-Do-
mingue le disespoir; parce qae M. Blanchetande
prdit que l'adresse de labbC GrCgoire perdra
les colonies ; parce qu'un anonyme dcrit, dans
une lettre aux Nantois, que les n~gres out A leur
t6te des bans, probablement envoyes par les
amis des noirs; enfin, parce que la municipality
des Cayes se plaint que la secte horrible des
philantropes troupe des appuis dans le gouver-
nement.
Combien est-il A regretter, messieurs, que
M. Tarb6 n'ait pas connu l'histoire des faiences
angloises, oh south reprdsent6s des esclaves en-
c51iS ~il nce m h. ithanment inventee-e--LE ondres
pour soulever, aussi les noirs de la Jamaique,
qui ne se servent point de faience. Ce petit conte,
ajout6 a ces quatre grande preuves, leur auroit
donn6 une force merveilleuse,
Mais, de bonne-foi, pent-on citer, pour preuve
d'une inculpation grave, une antith6se, une pr&- .
diction, un doute et une injure? car voilh le
rdsumd des quatre citations importantes de M.
Tarb6.
-- -----


MssIEURS c'est sur-tout enn xaminant les faits
relatifs f'accusation que j'ai portde centre ras-
semblde colonial, que perce la partiality du




S. >--* *


( 44 )
rapporteur. Je suis accusateur, et cette fone.
tion redoutable, confide au 1gislateur, ne peut
pas etre un jeu. Si je me suis tromp6, je dois
etre bl-Am,; mais si la vdrit4 m'a guided, les cou-
pables doivent tre puris. Je dois done au carac-
thre sacr6 don't je suis r6vktu; Je dois A cette
assemble qui a entendu mes accusations; je
dois enfin A h Fraince, A la colonies, de prouver
ceO qu I'a ,-vjIvllO.
M. Tart 6 n'a vu que des hommes purs ofi
Sj'a vu de c tuiabiles. Je vals prouve'r que M. TarbU
4a omis des laits important s, quil en a d4guis6
d'autres; je vais prouver qu'il a ferm6 les yeux
A I'dvidence.
SJiiaccuse assemblee colonial d'avoir cherch6
A so rendre indpendante, d'avoir conspire pour
enlever la colonies A la intropole, d'avoir usurpd
le pnvuvoir lgislatif,
M. Tarb6 me rdpond que ces accusations ne
sont pas appuyees d'une setle pice just ficatve ,
_quoque le comity ait tout exanzinaavec-atten-
rion. J i cependant cit4 une foule de fats A
Iappui de ma d6nonciation; discours d'ind4pen-
dance et de r6volte tenus dans I'assemble colo-
niale; translation de cette assemble au Cap,
nalgr6 un d6cret; soin avec lequel on fortifioit
cette ville; cocardes noires arbordes; lenteur A
appalser ia rdvolte des noirs, afin d'avoir un pr-
texte pour appeler les Anglois; commandment
dontn aux homes qui portoient le plus de haine
t la France; formation de trois regimens; envoi
d'anibassadeurs aux Etats-Unis et a la Jamaique;
correspondance suspect avec rAngleterre; sus-
pension de toute relation avec la France. Tels
sont les faits qui ont, ce me semble, prouvt I
syst4me criminal de assemble colqniale.







S(45)
J'ai prouv6, dun autre c6td, que de fait Ias-
semble colonial s'dtoit rendue inddfendante,
en s'arrogeant tous les pouvoirs, en uvgeant,
administrant, taxant les denrdes, s'emparant des
marchandises et de I'argent des particuliers, et
tous ces fits sent prouvds par des pieces jus-
tificatives imprimbes.
M. Tarb6 convent de tous ces faits dars son
rapport; mais il les interpr6te tons en faveur
de fassembl&e colonial. Mais comment le rap-
porteur, q i a eusous les yeux les proc6s-verbauX
des stances de fassemblde colonial, a-t-il pu
vous dire, qu aucune piPce n'6tablissoit le sys-
X, tAme diindMpendance et de rdvolte de I'assemblme
" colonial? Cest avec ces proc6s-verbaux que je
veux convaincre L'assembike national. Je n'en
citerai que trois a:tes, et ils sont ddcisifs.
Dans la seance du 5 aobt, assemble se cons-
titue assemble g4ndrale de la parties frangoise
de Saint Domingue, et non pas assemble co-
loniale, quoique le dtcret de I'assemble cons-
tituante y for ryert pouquwi-Parce q uele-
mot colonial indiquoit la d6pendance de la m&-
tropole, come le disoit M. Dosmond, dans son
discourse, en soutenant que assemblee devoit
se constituer come g& d.rale.II se-fondoit sur
deux points, et je les copie textuellement : Nd1
cessite de mettre les ddcrets nationaux de cdt,
et de ne sattacher qd i la monarchiefrancoise.
On a done pris cette qualification de gtndrale;
elle ilattoit la vanit*; elle corroboroit le systhme'
d'inddpendance; et cependant les d6crets ordon-
noient la qualification de colonial.
Une discussion bien plus important sdl6ve :
il s'agit de savoir si 1'assemblee se constituera en
vertu des dicrets de lassembide national, o0


~ ~ __ICLIICI ~ J,;ri4ci4r Li..r ~., x' ~l*m:~x ~-r~c~rr~IF -- -rc71 ---





"'



si elle se constitnera en vert: d.S ponvoirs de ses
commettans. Assureinent la ,siple propoi Otion
de cette question 6toit une violation de la loi,
ctoit une marque d'ind&pendance.
Lisez les discours des orateurs qui ont parle
sur cette question pendant plauieurs jours; vous
y trouverez les decLimations les plus indecentes
centre les dbcrets de l'assembkle national. Je
n'en citerai que deux fragmens. Je choisis le
premier dans le discourse de M. Lagourgue, unr
des six comnuissaires qui sont venus ensuite k
votre barre protester de leur soumission a vos
d~crets.
ec Pourquoi, disoit-il, sommes-nous rassem-
bles ici? N'est-ce pas principalement pour nous
opposer A la promulgation du decret du x5 mai?
Je suppose que ce funeste d4cret vous arrive
officieientent; point de doute que vous ne soyez
dans intention de le rejeter. Eh bien! il vous
est demontre que les decrets du a8 mars, du-
28 mars et du 12 octobre disent la meme chose
que le dicret du a5 mai. Vous devez done les
rejeter. )
Le systmie etabli dans ce discours, ktoit teller
menrt frappant, cue M. Laumont qui le combat-
toit, et qui vouloit que Fon se constitute en vertu
des decrets du 15 mai, disoit : c Si cette measure
n'eit pas adoptee, avouons de bonne-foi que,
les ddcrets des 28 mars et du i5 mai ne servent
ici que de prdtexte. Ayons le courage et ]a noble
hardiesse, puisque ce dessein seroit former, de
nous declare ind6pendans et puissance souve-
raine. C'est d'apres cette doctrine que l'assemble
SeAt constitute le 9 aout, a la majority de 67 voix
contre 47, en vertu des poiwvoirs de ses commzin
tans et non point en vertu cdes d.kcret -..







(47
Ainsi, messieurs, le premier acte e I'ssent-
biEe colonial a 6td un acte d'ind4pendance.
Vassemblee coloniale ne tard.: pas a i dnner
Iaulmres preuves d'independance. Constituee au
mepris du, decret du premier fivrier elle se
tranisfIre au Cap; malgr6 le decret; elle declare
ses membres inviolables; elle se declare corps
Ibgitslatif; elle nomme des commis-aires pour
juner; forme des tribunaux, It ur done une at--
tribution; nonine une coinmission pour emp-
cher la promulgation du decret du 15 mai, dans
It cas oi\ les commissaires arriveroient de France.
Voulez-vous une dern ire preuve de ce system
d'indtpendance? ecoutez unfragment dudiscours
de son president Cadusch, prononc6 le 4 septem-
bre, en presence de tons les corps et de tous les
fonctionnaires publics de Saint-Domingue.
cc Vous ptserea, dit-il, dans votre sagesse, si
vous vous mettrez ou non, ~ abri des entreprises
c centre vos interets, si vous devez attendre o non,
du dehors des loix qui doivent vous rtgir a
i avenir; vous verrez si ces loix puvntwertre
intagines loin du pays qni doit y 6dre soumiA,,
et par des homes qui ne connoisent rien aux
rapport sur lesquels on peut 4tablir le rginiet
constitutonnel des colonies; vous dtciderez si la
presence de ceux qui etoient en France come
vos ddputes, peuvent remplacer votre assenti-
inent, et si vous pouvez vous croire, a Saint-
Domingue, lies par leur asssLitance au s4nat
fran0ois.
cc Vous allez tablir nos droits oublids ou violds
la conservation de nos proprietis et la just me-
sure de notre souinission aux loix europeennes.
EntourBs de nos freres, il ne manqueroit rien a
xotre satisfaction si nous avions parmi nous o$






(48 )
compatriots, qu'une confiance tropaveugle dans
I'assemblhe national a entrain s loin de nos
regards. >
En laut-il advantage messieurs pour vous
convaincre de 1'esprit de revolte qui animoit l'as-
semblhe colonial? Observez que ces discours,
couverts d'applaudissemens, toient ensuite ho-
nords de l'impression, rdpandus avec profusion,
pr6n6s dans tourn les journaux.
Et un rapporteur qui a eu ces pieces sous les
yeux, viendra nous dire qu'il n'exi te pas une
seule piece qui prove l'esprit de revolte et d'in-
d6pendance de assemble colonial, tandis qu'a
chaque page on lit des protestations, tandis que
chaque acte atteste une rdvolte! Eh! pent-on re-
garder autrement les precautions prises, soit pour
fortifier leurs villes, lorsql'il n'existoit aucuns
ennemis extrrieurs, soit pour empecher les vais-
seaux francois d'aborder, soit pour les soumettre
A uine. inquisition severe? Peut.on qualifier cette
resolution de prendre la cocarde noire et 1'echarpe
rouge, autre;:ient quune insurrection iormeile
contre la mttropole ?
Qui de vous a pu etre dupe un seul instant
de la miserable excuse qu'on vous a donnde?
Image de deuil, image de sang, a-t on dit.
G'est at la perfidie joindre la lachet6. On a ar-
bor6 cette cocarde, parce qu'elle etoit 1'em-
bltime d'une puissance don't on desiroit I'al-
liance, parce qu'elle etoit le'signal d'une abn-
gation a la France. On entendoit de toutes parts
parler de se donner aux Anglois : dix lettres de
tlimoins oculaires et auriculaires en ddposent.
Beaucoup de tdmoins qui* oent entendu les fits,
existent en France. Ils peuvent tre interrogs.
Les lettres ou t ete consiigues au commit colonial.
Le






( 49 )
Le rapporteur dit qu' n'existe pas unie pitce jus
tificative des desseins pervers de 1'assetblIe co-
loniale.
II oublie les depositions des prisonniers fran-
.ois, de MM. Mailac et Pepin, des capitaines
iranois assembles au Cap; il oublie le t6moignage
des homes de couleur, qui ne o'toient arms
que pour se preserver du sysltnie anglois; il
oubie les lettres de M. Jumecourt ; i oublie cette
formation de trois regimens, qui devoit ktre 1e
soutien de la resistance A la m6tropole; car au-
trement, pourquoi former trois regimens?
Dira-t-on qu'ils n'6toient destinds que pour
appaiser la revolte des noirs ? Mais on auroit
f done comptd sur une rdvolte de quatre ans, puis-
qu'on n'engagea d'abord que pour ce temps. Eh!
ie quel droit I'assemblhe coronjale formoit-elle
des regimens? N'usurpoit-elle pas le pouvoir 16-
gislatif de I'assemblde national, A qui cepen-
dant, dans un arretd, elle avoit abandonnx le
soin de maintenir les droits politiques des colo-
e----s?Or-tddferse-extri re ne toibe-t-ell
pas essentiellement dans cette parties? L'assein
bl6e colonial n'imitoit-elle pas l'assemblne de
Saint-Marc, qui avoit voulu aussi se former des
-agimens, et qui: avoit et6 blame pour cette
usurpation?
M'arreterai-je a la ridicule justification du refuse
d'envoyer des aVisos en France? L( comit6 lui-
nmme avotle la faute. Or, ce refus est un des plus
brands crimes, car il a occasionn6 les plus grands
lmaux,
Le comit6 confesse encore que I'assemble a
augment I'octroi sur les denrdes de France; ce
quI dtoit usurper le pouvoir 1 gislatif. II a faith
fourair des fries de force; ce qui est un actr
D






(5o)
de tyrannie; et, par une contradiction imoonce-
vable, ce commit nuie ailleurs qu'orn se soit em-
pare des niarchandises fran:oises ie largent
francois ; mais il existe un arret4 du 26 aout,
qmu porte que tout capitaine tout particulier
qui auroit fait embarquer de i'argent a bord, se-
roit tenu de le debarquer, de le d&poser au trelor
public, c'est-a-dire, dans les mains des factieux;
on y ctoit condamnne, A peine de o1ooo liv. d'a-
anende; et cetarrelt a ete rigoureuuement execute.
Enfin, messieurs, tous les doutes sur esprit
d'independance ne doivent-ils pas s'evanouir de-
vant cette espece d'ambassade envoyde par fas-
semblAe colonial tant a la Jaumarque quaux
3itats-Unis, devant cette ambassade, que M. Tarb6
n'a pas rougi de justifier? N'etoit-ce pas 4videm-
-nent I acte l une colonies qui traite de pulsaiice
a passance? Lambassadeur francois it Philadel-
plhie n'est-l pas cotnvenu d'atvoir trouve dans les
lettras de crciace de Rotustan des expres-
sions qui donnoio:t ai r l'assemblee colonial
it-- -4--ler -avec de sta s-irsL -o-tiveranain L--
vetiIri? Le mrniistre des atlaires etranieres n'est-
il pas convenu quo M. PRoustan a pris le titre de
depute de ra6sIcmblee de Saint-Domiingue pres
les Etats-Unis?
Oif vous a dit, car a quels mensonges la per-
lidie n est-elle pas obligee de descendre? on vous
a dit qu on ignoroit a Saint-Domingue l'existence
de I'amibasadeur fiancois at Philadetphie; come
si ce fait n'eut pas ete connu dans la colonies
depuis l'arrlve de MA. Ternau; come si d'ail-
leurs r I nexistoit pas une correspondance conis-
taite en ire ces deux pays; coumme s'il nexistoit
pas toujourY des secr&taires de 1gation ou des
uysulsI don't la colonie devoit emprunter organen








'Ahl messieurs disoitivec raison un estimable
memnbre de l'assemble bonstituante ealomni
dans cette affaire, si le dtpartement du Rhin oit
du Nord s'avisoit de demander directement aux
princes de l'empire on au gouvernement des Pays-
Bas d'envoyer leurs troupes de line appaiser les
troubles dleves.sur les fronti6res, que diroient
les representans de la nation?
Le crime est maintenant prouvd; et que sera-ce
quand nous pourrons avoir toutes les preuves en-
fouies dans les greffes, ces correspondances que
le minibtre de la marine nous a si long-temps
caches ? Or, messieurs, si le crime est prouv6,
Si n'y a pas a balancer, il doit dtre puki; il faut un
grand example de sevdrit6, et parce qu'il s'agit
de l'exi;tence des colonies; et parce que 1'1doig-
nement n'enerve que trop la puissance de l'auto-
rite n'enhardit que trop les resistances coupa-
bles ; et parce que le crime est commis ici par
les d6positaires meme de l'autorit6, par des ma-
--gi e s he-par-le-peuplepar-ee-peple-qi-
veut etre, et qui sera toujours Francois. Plus
d'indulgence; elle seroit la -source de nouveau
crimes : plus de palliatifs; ils ne satisfont, ils ne
trompent personnel : plus de lenteur; elle acheve-
roit la ruine des colonies. Moins de sang eut 6t6
verse si, d6s le mois de decembre, vous eussie'
pris un part vigoureux.
Vous avez a reparer de grands maux et 1'hon-
neur de l'assembhl e prdc6dente. La justice seula
peut effacer cette tache et essuyer les larmes des
opprimes. Les principles vous dirigent, et vous de-
vez etre inflexible come les principles; suivre
en tout les princpes, cest eviter les rouages inu-
tiles dans administration. L'intirt individual
s'en trouve mieux; et cet intrikt est le meilleur




Y


pgen.t dupouv.or excr Sui8vreles primcpes, est
,e.eul mxoyen de voU teacher disormais les co,
pjies; car il n'y a p t pour les colonies fran-
oises, et bientot i ny aura plus pour les co-
lonies trangeres, de force capable de les garder
long temps centre les rdvoluti. ns qui s'avancent
dans le temps. Cette force doit ttre dans lintdret
detous, on elle sera nulle. La justice est done pour
yous le meilleur des calculs politiques. Votre r-
vr hution vient de se prononcer dansla diplomatic;
qu'elle se prononce dans les colonies. Leur anar-
chie estila satyre de notre revolution: hatez-vous
done de ]a fire disparoitre.
*- -`--1r--. --
PO S T-S CR IP T UMA dut 5o Mars.
LA cause de J'humanite a triomphW, et ce
trioniphe me dispense de r6pliquer MIM. Tarb6,
Dubayet eet Vanblanc, qui se sont attaches dans
la tribune a r futer les faits et les raisonnemens
que j'avois annonces. Cependant je dois fire
deux observations sur leurs discours.
On m'a reproch4 d'avoir exag4dr les dlits de
rassemblVe colonial : je n'ai qu un reproche &
me fire; c'est de ne les avoir pas d(velopp6s
suffisamment; c'est de n'avoir pas expose toutes
les preuves que j'aurois pu accumuler. Craignant
de latiguer I'assemblke j'ai voulu reduire mes
preuves. M. Tarb6, en les rdfutant, a bien eu
soin d'carter celles qui le condamnoient; par
exemple, j'avois soutenu que l'assemblde colo-
niale avoit fait un atted'inddpendance en se cons-
tituant en vertu des pouvoirs de fes commettans,
et non en vertt des dcdrets. Les proc6s-verbaux
attestent ce fa4t; ils prouvent dix autres fits


7-






(.53 )
aussi coupables; et cependant M. Tarbe n'a pas
rougi de dire quail n'existoit pas une piece jus-
tificative, tandis que cet arrete seul, quil avoit
imprimn toit I'acte le plus formel d'indepen-
dance.
M. Tarb6 se demand encore ou etoient les
injustices coinmises envers les homes de cou-
leur et qui justiioQient leur insurrection. 11 a
done oublie et scienmment ouble (i) et le
meurtre du senchal Ferrand de Baud&i'e, et le
d(cret de l'assemblAte de S&-int-Marc, du n8 avril
1790, qui defend aux homes de couleur de sortir
de chez eux ;;vec des armes, de voyager sans
cong4 de I'assembhle. It a done oublif empri-
sonneinent du vieillard Joly, don't I'innocence
ddmontrde ne put le sauver sans le sacrifice d'une
some de 400o,ooo liv. II a done oubli6 le serment
infAme prescrit aux mul.tres d'etre soumis et
respectueiix eners les lblancs, le meurtre de trois
mulAtres qui ne vouuurent pas le peter. II a done
oublid que la municipality du Cap avoit, depuis
Ie 15 avir usqu au 27 juin -- o, ,-emprisoni--ar-
bitrairement quatre-vingt huit homes de cou-
leur. II a done oublid ces tetes de mulatres qui
rest&rent exposes pendant quelques heures dans
'antichambre del'assemble provincial dunord,
et don't tout le crime 6toit dans la couleur. En-
fin, il a oubli6 que lorsqu'on apprit au Cap le
ddcret du i5 mai, les blancs all~rent a la chasse
des mulAtres comme a celle de betes fauves. Oui,
sans doute, ilfalloit etre complettement stranger

(i) Ces faits se trouvent dans 'Origine des tronblev de Saint-
Domingue, par M. Raymond, et dans la second parties de PHis.
totre des troubles Ic Saint-Damingue, par M. Gate'cau. Au but.
reau du Patriote Franfois, rue FaYart, no, 3.







0~i4)
& l'histoire des troubles de Saint-Domingue pour
ignorer ces faits publi4s, cenignis dans vingt
ouvrages, on s'etre entieremtot dtvousu aux co-
lons pour les dissimuletr. M. TarbI croit sejuns-
tifier en ne v.:ulaant citer que des pieces offi-
ciel es. C'etoit vY.ouloir n'entendre contre les cou-
pables que les coupables eux-m nemes, puisqu'il
ny avoit rien d'offiie que ce qui etoit envoy
p. r le gouverniiei'nt on les assemblees adminis-
iratives et qu'il etoit bien vraeni.sebluble qul'ls
n'en; irroient pas esdes pies probantes centre
euxm-tlme ,3r A is ces pieces officielles memne de-
posent a itre eux et il ne les a pas cities, on il
les a torturies pour justifier les coupables. L'as-
semblhe n'a pas t seduite par un pareil artifice ;
ma.is croyant qu'il 4toit des temps oft il falloit
voller la statue de la loi, elle a pardonne a ces
tyrans qui vouloie.t tout a la fois egorger leurs
fr'sre et rompre les liens avec la mrtropole. Elle
a cru que la declaration des droits des honmmes
-de o- -teur eirot Ie nl-eithIer dltcriet, a accusation
centre les traitres, le meilleur moyen de preve-
air dornavant leurs crimes, et de venger les
hoinnes de couleur.
M. Vaublant a port plus d'art que M. TarbA
dcans la maniere d'attaquer les faits que fai avan-
&e. If a discute avec 6tendue des griefs midiocres
On que je in'avois pas articule ; et il a gliss6 sur
les chefs principaux, parce qu'il etoit difficile
de lcs refuter.... II seroit inutile aujourd'hi de
le> ressusciter; ii faut miter indulgence de
rassentblite. M. Vaublanc m'a reproch6 une con-
iradiction qui m'a paru avoir fait quelqu'impres-
ion, et qu.e je dois dclaircir. II a soutenu qu'ent
1789, ai a auace que les colonies devoient s'ap-
partenir a elles-menies; et il mnaccuse d'icon








sequence, parce q'en e bme
voulvir se rendre Jtd'"A pet danr,;;. CeL fait so.t
vrais, et cependant e ne stis point -n cowntrd-
diction, et je le prIouve.
En 17894, et cavnt qtie les diput4s iles colonies
fussent adlmis ia I a tsmbiee nationale, je croyois
qu'elles ne devoi nt ; v ir aucuns deputes; lu'il
Illoit leur prescribe le r giline colonial an.gois,
et je fai soutenu (i). Depuis, on a admis ta las"
senblee natioiale leurs cdplutes et j'ai eiit
qu'elles ne pouvoient avoir de legislature inde-
pendante de notre assemblee natiouiile, et cela
doit ti e; car C'est pretendre i nous donner des
loix et ne pas vouloir en recevoir de nous. II n'y
S a done point ici de contradiction. La position
n'est pas sembllable dans les deux cas.


SECOND POST-SCRIPI 2' IT d 5 ar'ri.
MW. Tarbe pretend, d.iiis une note in.,-rde a Li aIe'to
tie sa Re/ilitque,, que je ii'ai pui'e irs preuv quie daii
a I -
les journaix et i p- iusante sti m" n tl, 7u'ureit da cruise
aux jOiulnaxll Vlais polrquoi M. TAi be feint-il ici t lig
rer que c'est doizs les aL'le mseme de lPasseniblle coi -
niale, a tes imprimes par lui-m ine, que jai pilst les
preiuves de ses desseiis p,-r ,r- P- N'a-t-il pas en eft lnf r
prijm lui-nemne iFcte [ar leqlueitLasimble ,--,,oialie se
itcdare assemblAe geiirale et union c:ol'lflule; Iacte p1as
lequel elle se constitute, en vcrtut de-s ponvoirs de ses corm-
mnettais, et non en ertta c de. d'cr-ts de :1aeilibJIle nation*
nale; les acts par ]lesquels elle former trol~ r'jgiIens,
augmente les octrois sur Ik-s denrees, s inplare de Iagment
Sides particuliers', les force a fburnir c,'fs n.aitLran!dises?
N'a-t-it pas nimprimn ou ei sons le yeux eI actes par eks-
quels I'abseilble'e noie tune unle coIuMnission pour S opposer a

( ) Voyez n;cs Reflexions sur l'admission des dieputas des crlonis
S lasstmbtil national 17839




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la promulga Lton u ud6cret du i5 Inmal s'empare du pouvoir
]udiciaire, le dlegue, fornne des trii.unaux., tde. conlink.-
jions, ressL.,titela tortut e? N'a-t-il pas impritlli 'acte par le-
quel elle envoie des amibassadeursaux pissatll.s ettiangi-res?
tAstce dansles journ ux que i aipu i' alettre te M. 'ernau,
ambassadeur, qui declare avoir trouvA, this les pouvous
du sieur Ilonstan, le caractere d'une colonie qui traite de
puissance a puissance ? IM. Tarb a ea tous ces actes
sous les yeux, et il a la n auvaise foi d ipriiiner que je n ai
puis6 nies preuves que uaus ie journaux 11 a faudace tie
easier e rsLe rsilie a (c6t le la nutlit Quaind on a
fait un rapport au ssi imanifebtermetet cottpable que le sien,
le silence est ue oi de l'prudence, et le pi rsil.age n'an-
monce que relfronferie qmu ne roiogit de rien. Si l8 Tarb6
avoit eu quelque reslpe,.t p our le poste qu'il remplissoit,
sil avoit voulu remplir religieusenieCtt son devoir, au lieu
de traiter avec cette lIgdret- les journaux o(i j'ai puist les
discours seditieux et coalables des einambres de rasseimbWe
colonitle, il auroit examuin avec soin ces preeures et ces 4lis.
course; ii aurcit'vu que ce journal, contenant les procds-
'erbaux de Iassemiblee, toit impr *uin par pcrmiLssion de
rassemible, sous ses yeux redi6e par.deutx de ses iienm-
bres, et par consequent .nritoit toCite hl ctnfliane p)OS-
sille; ii auroit vu que des disLours sIeditieux, imprimes par
itne assemble, trahissent ses intentions, et que ces mau--
vaises intentions deviennent 6vidcntes, lotr.que les arreths
pris enstite soiet coniiorenlls aux princi'es skdittieux, lors-
qu'une foule d'autres acles n'en offriet que les ddvelop..
xemens. .
M. TarbW ne s borne pas a' m'injurier, it injuries mnmb
te mart,'r Ogt: et ci potre Grego'ire. (Ces atroes plaisaite.
ries contre ue victiIme du prijug.- et centre un, des plus
saints d~~fiseurs dle I'liunianit delIenlt une ame 4tran-
gere a tous les princidl: de liberty et d'humni i. M. Tarb6
s'est juge lui-llnell ; tandis que le nom de I'apotre Gregoire
sera beni i janiais de tous les amis de i'hiauitH,, le sieA
doiL ttre devoue aau meris Que dis.-e? a 'oubli; car le
Souvenir dunr nowu anprisable suppose le souvenir di
quelques talents.


De 'Impriimerie du PA T or I T F AN O 8XS
place du Theatre Italien.