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This volume was donated to LLMC to enrich its on-line offerings and for purposes of long-term preservation by University of Florida Library I .... 1 / I -- -,- c~. 0 U R S Sur la necessity poliique de revoquer le dc ret du 24 septcnbre 1791, pour mettre fin au troubles de Saiiit-Domingue ; Prononc" a tassembe/e nauiin.-i. l, ;I m rt. i .,,. Par J. P. BRISSOT, D6putE du D.lartement de Paris. LA guerre civil a succdd dans Saint-Do- mningue, a a guerre des esclaves on plotot trois especes de guerre* dtchirent mainteiant cette inalheureuse isle guerre des noirs centre les blancs, guerre des mulAtres contre les blancs, et guerre des-blancs entreeutCes trois gnerres n'ont qu'une seule cause, maintenant b4en con- hue, quoique 1'on ait cherch4 I'obscurcir, 1'i justice comrmite envers les gens de couleur. Tel est le point ou se reunissent maintenant les opinions d'es homes qui, ddaignant l'esprit de parti, ne s'attachent qua' I'6vidence; tous eonviennentde la necessity de rdparer cette injus- tice; on ne diffire que sur le nMode; tous con- viennent de la ndcessit4 d'accorder aux homes de couleur les droits de citoyens actifs ; mais les uns veulent, conform6ment au ddcret du 24 sep. J. P. Brissot A (;~b(1J~i fa SC ~-j .p i^ ^ I /*'" '.. M.. F IESSIEURS, - 1l - *- - 2 : : .-f j5. Bi "9 A 'V *'. w. n^J--kjllll(LY1 LL ~k(Wr ~tyrW*j~ r tembre, laser aur sells bales des colonis Ta farc.ulte de leur confrer ces droit .; d'autrea dejman- deInt an revocation du decret du 24 septembre; dantres voudroientqute, sans rC oquer ce secret, on se bornat a ratifier les concordats, ou Aprenidre tnne ine-ure avec laqutlle on 6ludat la question sur le decret du 24 septemibre. Quel part devez vous pirefIrer messieurs ? Celui que la justice et la politique s'accurdent a Svous recommander; C'est la re"vocatiomn du decret du '24 septenIbre. M. Garrand vous a dermontre, ius"u a evidence que les principles de voire' constitution vous ordonnoient celtte revocation; il vous a dimontre que nonl-seitlellnit ce ddcret n'etoit point consitutionnel mais qu'il Etoit anlle inconsritutiolnnel. Per:.uadd que les preuves de cet orateur austrte out porte la conviction dans les ,n fL,0 jle n envisa,:gerai p int la question sons Ie point de vrue de drit mais sous celti dte la poi ilque; et je vais mnatacheLr a prouver, par les uaits seuls, quee votdoir conserver le dd- Jcret du a4 septelbr:-, c'est vouloir entretenir la guerre civil dans Saint-DomIingue, c'est vouloir perpettuer les dsordres qui afligent les colonies. l. me ga.rderi biex de piser ces faits dans les tiois rapports de vvotre comit4 colonial; la veritet y estd eligurie presque par-tout; on a cher- ch6 par-tout A letter .de la defaveur sur la cause des lomimes de couleur; on les y a calomnisi pur-tout; on a pallie pur-tout les inLuitices et les atrocities des blanks. 1I imported de rtablir la ve- rit6, puisqu'elle seule -doit dirig"r votre decision; et pour la retablir, il me suffira de rapprocher quelques pcepares e dans les pieces justiica* tives produites par i cornite ; pieces qm s3oi absolument la condemnation du rapport de votre oioUti colomnal. On a cru que leur inorme vo- * j: ii' 1 I-. /i L i: i i Ii r i Fr R~*:.ry-pp~'~p" ~ ~'-OtCI"l~:Cru~F1-~*?(llhCql(41(*~C1- B-i., ..,.,~.. ~;,,.~ ur~- hlue .crteroit le lecteur le plus intrepid: e la verification et des rapproc~l*ttlns : e les at faits, je vou- ea ofile les rsoltats. C(est en parcouranit la sere de ces taits que vous parvit-ndrez a con noitre les dil ers parties q!u divisent Saint-Domilnw. VCe, a vous faire ulne julte Fid'e de leur iiten- tion, et a ous convaincte qte 1e: l i mholmes del couleur sont in&rs pour la iiboert, tt que ls ad- mettre dans les diffti'res c'rps adininistratifs, c'est acqurirl de nouvetaux g ro s dc La l ra nqtl- lite et de la prospdritd des colonies ; tandis que les teloigner, que les subordonnier aux blancs, c'est semer le. jalousi, les hainm les di codes eternelles. C'Gst en voyant d'un autre `e6, dans lihistoire de ces fCits r'or.ueil incurabedes blancs, la perfidie de I'assemblre' coloniale et des LIsem- blees admiitiStrative s les atrocitts et la soif du pillage des petits blancs qui donminent ces assem- b!ees; est la facility avec laquelle ils se sont parjur6s quand il out cru avoir la force de leur cote, que vous serez convaincus qudil seroit m1- politique dabandonner a cette dasse orgueilleuse et irascible des blancs le sort de la clasbe honnIte et doace des hommei deauleuri, qu une pareilla measure entraineroit k aS oii abjrectiona ti-sainr- volte 6ternelles. On nous a dit cent fois que la question des homes de couleur ne devoitpas se dceider par les rincipes, niais par les faits et les localities : eh ien c est par ces faits, c'est par ces localitd que je veux renverser le systdme de nos adver- saires. Je dis que l'existence de cette insurree- tion est par-tout la condamnuation du deret du 24 septembre. On y lit dans chaque fait cette v6rit: ou supprimez le d6cret du 24-septembre, ou consentez a avoir une guerre etcrnelle. '" : '- A A z .k%4j- ,- -- --- ~ ~ _ Lutilt poli~lque. nteissietrt et la pri-mi&cre base l}es operation de ci, x qu oni appelle homnnes d'ta t. Au yuux du philosophe, le juate et futile ie font qa un, et cttte cautse vott ell olire en- core ,awe demonsta:ztiou. Onh vous a prouve qt'it failoit i-Atre jut.; je vais vous pronver qtil est tile d'etre tste; je vts le prouver en parcorant les catn'es dte lt. guerre civi!e, les eldets, ietat ac t el ld Saint D i ii gI e, et le remc de qu'il con- yieii dL E po rter. S'NelLh. a ete la pre !.;.cr cause de l'insurrection dces hoiines do colettrn Loppi )resioti. On adit qute le d(cl;,t du 15 tma al ete la cause de cete pre- niiero insiurrcctio n; c toit utne gra.ide absurdit;t car, coiiment sutippe r fque de homes se re- voltn1t co Ire un duncret qita eur rend leurs droits? Nin ce no fitl point le mecolntentement. de ce Sdtcre ltqui mit ls armets a nL min des homes de couieatr, mais hien la doutur de le voir fouler aux pieds par les blancs, elt leUr resolution de ne pas le faire exeuuter. Les honletie e b.ane- toit conviennent aujoulrd'hui que ce dic" ecLit sauvt la colonie si on e t voulu le s Ire et l'acccmpagner de quelques forces ; mas les iin- trigans qui nIavoient pu Iemipcher, en paraly- sterent t execiition; eux seu, s Cdoite nt doui ac- t - cuser de tous les troubles des colonies. A l.gV ue ot le decret arrival dans les colo- Wies, les umaleurs des hommnes de couleur 4toient 4 leur conmble. Je ne vous retracerai point ici toutes les vexations, toutesd.es atrocit&s, toutes les doulturs dont i's avoientt4t e abreuvds depuis trois 4'0s; |j ne vous rappeUeaii pas le eupplice .Ogg et ses.compagnons, laI persecution lougue et cruelle doit elle tut le signal (1), le supplice (r) Voycz kt pieces justifiative, pt' ges Sx et 87 *. A +. d ce genreux Setdchal, puit ponr avoir e't' juste envoers's Is Ilr'rs. La rvollte des noil's ft iun pritexte cd'une nonvelle persecttion contre es gens de couleiir. On les accusa d'eni tre les auteurs, eux proprictaires d'esclaves conlue le+ blatnc, eux qie ceIte revolte devolt alariler et ruiner 4galemrnt Mais la passion nie raisonne point, elle force I'asyle des citoyens de cotdeur, ellc ensanglante leurs mainions, t les prisons duI Port-au-Prince regorg6rent bientot de prisoiiniers q u'on touloit martyriser pour s'enmparer de leur )lien (i). It est un term a la patience des homnnes qui Ont queltque courage: Ie momlenlt etoit \velLna oi, insurrection devenroit, pour les citoyeins de con.* leur, le plus saint des devoirs. Elle eclata cdabord dans l phartie de I'ouet h la Croix-de.-Bott- t quets. Rdsolus de recouvrer & la fin lears droirs et de fire executer Ie d4cret du i5 mai les liommes de eouleur s'assembtent le5-iaoltt- 1-, sur la rnonta gne de la Charboinrmre (s). Is etoient loin encore de sooner a aattaquer leurs adver- saires ; mais poursuivis par eux sur le month -Aventin-, ik.s it el dt pour- sawvekeurs_ _..._. jours, a rejipadre le sang des Frangois qu'ils avoient toujours disoient-ils regarded conule leurs freres. Tel fut le signal de la guerre eivile: i1 fut donn6 par les blancs. Ils vouloient etre int- pun6mnent oppresseurs is s'indignolent de la- resit.ance; -futtil jamis do resisttance rnieta. fondue, d'insurrection plus sacree?-G est cell que votre declaration des droits coIlsacre. Le rapporteur du comit6 colonial vous a dit (t) Voyez pieces justificatives, pae 89.t () i pem p. 79. que les homme' de couleur plaidolent une belle cause, mais qu'ils font gitee par des actes de vio- lence condamnables,; que ce qu'lls rdclamoient. 4toit just, inais (i) que, pour obtenir, ils de- voient recnrrir A la loi, et non a Ia force. Mais ou .etoit doeic- alors la loi? Ele etoit mniette , et son live 6toit dans la miain l_ e leurs ty- Tans. Ils avoient la loi ; iais ils la paralysoient et its ne repondatent aux petitions que par des echafauds. II flloit done s'arimer ou courber sous le joug. Je vous Iai deji< dit, Francois du 14 julilet, vous sites cIupables si les lmonmes de couleur ne sont pas innocens. La premiere cause de insurrection est done connue : die est just; elle est dans l'oppression et dans l'inex caution du decret du 15 mai. Voyons Iuaintenant si les exces des hommes de couleur ont souille cette insurrection. Votre rapporteur vous a soutenu que les horn- rnes de couleur ont commis des actes de violence tondcmnnables c'est une calomnie dementie par les faits et par les pieces justificatives. Je vois, dans le course de cette insurrection, trois epoques frappantes, trois priseas d'armes et deux traits Iy paix: je vwospar tout'hiumami accompagner les honuues de couleur dans les combats; je vois llhumnanit6, la boune.foi presider a toutes leurs transactions. Lors de la premiere prise d'armes, ils sont les premiers attaques quoiqu'a cctte 'poque les iho'reurs don't iJs 4toient victims leur doninassent le droit de repression contre les bri- ganids dt Port-au-Prilnee. nBaitus dJas diverse relcontres, ces derniers caitnent d'tret assid- gdi et pris d'assaut. Les blancs se hiatent d'ianter- "") 4c0i~i c pa"ici c V. 5,$ 6 i I r 9 i i jI I i I ; j i i I ' i ' ' i I B i II It r I i i i i 1 ii i : i: i ; I ~i i I 'i i i i j ji (7) poser leur mdation ; its envoyent des dCputa- tions aux de~'.x p.arti:s; les ihonnmes de couleur les reco'ivet en irreS; on les malt' rite an Port- aa-Prince. Attaques de notivean par surprise, les homr mes de c-ouleur marchent ver.s e Port-au Prince, respectant darns lear route lei proprities, nmain- tenant les atelirs dans leurs devoirs, annonl:ant- par-tout le desire de la paix (i). On la propose, its l'acceptent; its ne demandent d'autres bases que les principes de la sainte gdl!it; its ddmandent qu'il n'y -it entre eux et les blaucs d'autre diff'- rence que celle qt'entrainent nedcessairement le merite et la vert u; que la sin c'rit", la fraternity, la concorde cimentent a jamais leurs liens (2) Telles ont e4 messieurs ~les bases dui concordat du ii septembre, de ce concordat que vons avez applaud avec enthousiasme de ce concordat don't, je le repte, Locke et Montesquion s'hono- reroient, de ce concordat qui retrace dans cIhapcq line la fid6lite aux principles eterntels, le ddvoue- ment la l mtropole, la seumission la consti- tution. Votlez-vous connoitre par un trait la grande mne -des ho0nnn-esd-colteunr isezTces mots qur terminent les tartcles du concordat propose pa, enx : tous ce.s articles ou lai guterrte cizile. Les blancs repondirtent, la paix, et signerent tous.t Les homes de couleur les crurent. Eh! qui n'au- rit crac an language de M. Ganot, president des counisisaires blaucs lorsqdil vint apporter la signature du trait? cc Nous vous apportons des paroles de paix; nous ne venons plus traiter avec (1) Voyez page 74. (z) V. le concordat dau ti septeinbre, A 4 -m~l~ -.~r mnr~ - (8) p +s+ +) rovs; nous ne venons plus vous accorder des de- mandes; nous venons reconnoitre authentique- ment vosdroits, vous engager a neplus voir dans les citovens blanks qie des amis et des frires. Nous acceptons entierenient et sans aucune restriction le concordat; inous avons nmpose si- lence ..ux petits rejuges, au petit esprit de do- mination. Vous lentelndez, mnssieurs auc pe tits prelges, aut petit esprit de domination. Voil done ces prejuges don't on sembloit nieltre la ra- cine dans a nulit des tremps, qu'oon croyoit inex- tirpables; voi!h done le snjet., la cause des ca- tastrophes qui ont bouleverse les colonies. ULb petit esprit de domination Les blancs eux-mie- Xies iavouent, les blancs des colonies! On ne nous objectera done plus en faveur de. ce pre 1u s, la conno,.sance des localites; c est sur les lieux mnemes, c'e.t a la face des blahncs, c'est a la face de Saint-Domingue que des blancs ont frappd ce pr'jug6 d'an-.thmre. Observez encore cet autre aveu: nous Venons reconnoitre evos droits; et tout- a-1Iheure, vous tverrez ces blancs perfides soutenir que ces droits ne pouvoient venir que d'eux beuls. lan meme per idi caractrisoit, tA la minIie cpo- L 7 .a memeperf"i f,- que, I'assemblee colonial ; et vous allez juger par sa conduit, si come 1'a dit votre rappor- teur, M. Blanchelande et les coimmissaires civIls, les hommes de couleur aurolent dcr remettre leur sort dans les mains'de cette assemble, s'il e't dtd prudent et politique de le cvnfier jamais a des blanks. Press par le beslin qu'elle avoit4 die honilules de couleur, 1 assenbltee c, lon ale cherchoit a cal- mer leur ressentmiiient par des promesse's insi- dicuse, Ses rti<,.'. seiublu ;t porter le sine de ;oallte et ce ni'-floit ('un tissue de perhfdlIes: i) elie p)erltettoit aOlx ctoyls de couleur de red get des pettitions, parce qtte des peti-ons n'en- geo'lent ai ren exigeoient des d:ilbr:t tionC , pouv nt el.re trainees ein longueutr et donner le temps d'rttendre un dccret rvocuatoire qui avcit e prom is par- les intrigans. On repttoit eternellement qu on tie s'oppose- roit pas au decret du i ruai, iaussitt qui ser,:'t ofliclelieent connu parce qu'on savoit bien que les minister's, de la justice et de la im.rie dalors dtoient entiieinent devouds anx factiex quigotuvernoient sous leurs 1nors, et qui avoient S rpond qtt ue le decret dut i5 mai ne seroit Ja- .mais officielleennt envoy. On promettoit d'eten- Sdre le profit du decret du 15 mai a ceux quil n'embrassoit pas, parce qu'on di'iscit par citto rnse les honu ris de couleur, pace qu'of se Ih i- soit un fort parti contre ceux qui vouloient le Sdicret du-5 mai, de ceux qu'il depouxlulcit, par, ce que, decriant ainsi nassemblee national aux yeux de ces dern ers, I'assemblhe colonial se subi - tituoit sa place et s'acqueroit des droits sur leur reconnoissanie: e:nfin, messieurs, on laisoit grace ,aux iimines de couleur c6ndtamines pour la conjuration d'Og4, parce qu'on cra ignoit que P la prolongation de la sverite pour ceux qui 'tole ddtenus n'indigoat lkurs ftrres en liberty. Mais en mnme temps qu on usurpoit, en apparence, pour le hien public ef pour Thrimanit le r.it d e fire grace; en mauiine temps quon prometto . de le fire ratifier par l'asscnmbl6e nation ale et par le roi, on se gar-oit bien de fire demander a assemblee national cette ratification, et d'au- (1) VcyI:z les pje.'c j1srhaltves, umanho, 53, 51, S'?, :. .( o ) torin.r les ccmminSiires envoys depuis a la de- _n deIn.iitre rh'foxon doit vous rapper, me- .s;,tirs, a la lecture do ces proinesses laiies par os.ti! !,', coIoniale et e ouvernement de Saiit- T)D:1.1mntr. Si le dJcret: du i5 mial etoit si iinlo- iil; ue, .ii d-.'\.oit c;.us5r la ruine des co!lounes, .conn" i Ylout 'eclit etn France, pour .:; i 1M1tneie d en Pten. Ire le bienfait h tous tls mue Iitres li:-re ? 11 y a mes -ieurs, une insigne Inau- u oi dai-. cette ,ondluite. Guidee par un es- 1rit, 11tyt!nn a le (p IOie mac ilIvellS*, d1i0i- f'i m Ial, fassemblie colonial dtt voir avec hor- mrir le conc ordat dut 1 septembre. 1 renver oir, r ttu c ,!e, tonss s Qtrn-taneIns pour eloigner Iexe- cnti.~niJ du:d cret du i5 mai; .de lfatre, ilenlevoit a # n ptarti cett clFas se dhommes de couleur, d- pouillWs par le dtecret du 5 nmai, pmusque le com- cf-,r~tnt no faisoit aucune distinetion entr- les hcon- mfei de couleur et les negres libres; et enfin, il detrisoil touttes les esperances de cette indepen- dancee, qui toit le sy tome favor des factieux , et sur lequel je revienudrai dans in moment. C'4toit la terreur de ce sy-strme qui avoit engage - -hommes de couleur a--se maintenir en-corps d'armiue o : 4'toit encore lamnCcessite "de maintenir les atelierIs dans 1, r devoir; car, je ne dois cesser tde vous le rappeler,, messieurs, puisqu'on 'a'pas ces-e de caloullrer a cot egard les citoyens de coulcur; ils eaplFoyoient tous lenrs moyens pour Uirvciller 1es negres. Ils ies surveillent four et nwtt, (i) disit M. Jancourt a M. Blanchoeande . par dIes ptrlou,,illfc fquete s et ptiMbles. Et voila tls hommnes que M. Blanchelande et assembly e (i1 v ,\;Cl [** ; iet 2. C,1) colonial voulolent d-pouiller der leurs drotits, qu'ils vonlolent d4sarmeri tandis qu'ils rendolient A la cotonie des services anssi important ! Bient"It, de concert avec les tactieux du Port- au-lPinc.t (1), ]'assenmbie colonial elre gel neral tPne par un arret diu ao se ptehitre 1rautre par iune procl:a.namio du 2s 2septemore (a), casserent les concordats, et ordon tl'-rent atux citoycns armns de se t ep:rer. Telle a Itd la cause de la second insurrection des hommeltie con1eur. Ls blancs, parjuires ,t Ie tgndral de Saint-Domingue, lctr complice, en sont encore contpables. Iiten In'toit plus iriv e que les motifs suriesquels portoient cet arrest et cette proclamation; rien n'6toit plus perfide que le; processes qu'elles contenoient. Le general soutonoit (3) que article 4 du dcdcret da a8 mars ne frappoit point sur hls homes de cou- leur. 11 les engageoit A prendre patience, en conri- Sdi rant le sortdes Juifs en France, r6dmits aui me etat qt'eux, c'est-a-dire, qu'il vouloit pallier une injustice par une autre injustice. Mais d'un autre c6td, rien de plus fort, de plus victotieux, de plus pressalt que la rdponse a Suos ces soplismes (41) aite -:par MI. Ju necourt, si indignement calomnie - cette tribune et il importelAinsteru r cs taits, parge que seuls ius peuvent fixer votre opi- nion sur la situation actuelle de Saint-Domingue, sur les opinions des divers parties. M. Jnmecourt rapp oit a ce g4ndral ( 5 ) les motifs qui avoient nend le concordat des 7 et 1 septembre le motifs qtti avoient engage es h 1oinnes de coulear a rester arms, les cala- S(t) Voyez page 1s. (z) V; P. 43 et 44. (3) V. sa I tre, p. 93. (4) e.ttre de M. Blauciihlance, p3ge Or: (t) V. !,. 'lem, p. 9,. 4 -" r mn Il n:-alctduibles qui devoient resilter de in.ex- cution (h concordat : il exposoit les vexalionI s iotveles dte la m nicipalite du Port-au-Prince, Ia honie foL qpie les homes de couleur avoient Ini.ie dans tonites leurs detdarches, les outrages iltmve'aux qu'ils avoient enures patlenmnent: il &h:mtontroit absurdity4, le danger de vouloir dis- Zouidr1c 'aiitNe des homines de coulcur, 'onie fe general 'ordonnoit: elie suppose, disoit iA. Ju-. Inecohr't l t ranqtriuillit de nos ateliers, et ils stnt (ji: d tre tirnquilles : elle suppose quc les ci. toyens de couleur solt assembles pour souvenir, Ict armes a lla nmin, des droits incon.~iittution tcls, et its ne veulent que soutenir it s droits (qtt ls tienuent de Pa:;seminhbe natr)naLe mO11e-ne elAo suppose que la dispersion des citoyens de ccu- lert rairmeiroit Ic a hne, et elle avm.rt tte suivia de la r6volte des atelie_ et des vengeanice-- exer- ces centre tous ceux jtui otat 4te aMs,:: eclairs sur les vrais int6rets de la Fran'e pontr s-'tiir, par a concordat soleIunel,Anne classes ad'hQuimes Ibwres quie les bienfaits de la nation appeilent plus particulierement A la d fense de la patrie: ce _sot_ _esCtsermes de- M._Jmecourt nmdite - Qucopposoit a ces fi-ts M. de Blanclelande (x) ? Des flatteries envers les citoyens de couleur qa'il vqulcit seduire, qu'il fdlicitoitde leur douc-ur et de leur courage; il leur oppo$oit son nmpuisance a dissoudre les corps populaires; et cependant it letr conseilloit, i; leur ordonnoit memie de se remettre sons le joug de ces corps. Voulez-vous cortoltre esprit qui aninoit les 4d6ix parties a cette 6poque? Compare la lettre ccrite i cette occasion & M. de Blanchelande, par les citovons doe couieur du lMirebalais (2), avec 1a w. -- .- -I ---- d-1AIe li----*le de M. laachl-"-. \"\ "V.'_ pa) io' de i a 5ipiiuCe de M. biaslch4alt kd, i i i ; ii ii ii Z ii 1~ I! !i i ii I: i' .15 ) r.'ns te e general. Drokture d1e c'ouirr, on beSIt, Justese detsprit, voil CC qii &a 'rl CP la tlhire des citovelns de c.ouluir : fautsett. pe- iie, s~-;iptisii1e littelis*Cnlge, Viliace (PU 'oiil r t-4lve a clique ligie dans la lettre du g( ,trtit. 11 a0 oi invite ces citoVens a inlarlder conitre ls ilries '(.lt(C. c Nous nec connoissonI, reponiid nt-1i , ni des causes, niles progress, Aile bltit, nit les tntiis de 1Tinsurrectiont qai a en lieu dans la pro vinc e du nolnrd: quaiHd mie nous lels aorlnnCoitrllot ls, pouvons-nus aliaiidonlner Ia tdefene de os p:,er sonnes et de nios proprietis, pour aler stecouir une pro vi Wep uniss;ite et orgueillcuse, qul, ayant 4puise sur nous et sur nos frt'es toas les traits S de la baarbatie et de 1'iniquitl, se trouve expose t une just punition du ciel, et qui, dans Petat desastreux auquel elle est rdduite brfle encore du desir de lancer sur nous ses foudres exter- 11inlluaitel. cc Que n-ous imported un pays don't les grand cheminls, ornis depnis long-tenps de tetes d'hc,:,m lines de couleur, plantees sur des piques, font reciul C dC r.ortreles voygeursles plus intrepides? Irons nous douc verser encore-oatre sang pour les habitans d'une ville .o se tient une assernble qui se cit general et qui, au ieu de s attached a -tre juste, croit fire son devoir en se met!ant elle-nidmeu au-dessus de la loi pour nous ploner dans lcpprobre; d't;netville oi. le sang de noir' free Oe' trie encore vengance; d'une ville qui, deptis le rois de fdvrier dernier:, ne prdsente aux x u de l'htumate indigxne que le spectacle rvoltait de bour eaux, de gibets et de roues Nous ne devons pas, a"outent-ils- cherche- A augmenter le noQnbre de nos ennemts .t a nout diviser,lAorsque nous sommes menacAs de tout-e ~?=-_~;rj~s;setL3~)(~CJ_:IYi_=-~F~__ _---- ---Qn-cr~--- parts, torq'-nprk -n coi ,c+, olne!,n c -oi nous trouvonis ruiit, a i tr r..IZs, nbit' it deI nous tenir en galre colntr tloute p. Ae de tra- hison, lorsque des forces trangt_.rcei et des vaii- senux anglais investjis:nI t SainLTDotii::tue. C'est avec ta l,,icr.!e itvregie que les citoyens de coieuir discutent etpuiv'risenlttt arr etdu 20 :ep- tenbre, prouvent qu':aux tennis du dcrot du 28 mars, itssont citoyens actift. Nous soIunes sol- dats de la patrie, s tcrLeiilt-ils_ ; mais Illonne-nous done les suldats et les valt 'ts des planes ? Le temps de 1erjitur et du pre',ge est p,,e pour nous I'excution ponctuelle et litterae de tous les de- crets de Irasemblee national, sancttioni< par le roi, vuila robjet de nos rec i:aitllions : Ivre libre oi m rrltt', voila notre devise, et le but auquel )IOUS .spirolns. A ce language, nessieurs, reconnoissez-vous cs. lihonumi bruiet quee !es or anleilleuxclon4)s vous out reprdcent- sjusqu'a present coumme une es- pece uin peu suptirieure a celle da Ouran g-outang; ou plut6t, s'il toit d4is homnnes qui, deslhono- )rant fhumanitte dutssent en etre stpares, lie se- roient-ce pas les tyrans et les fourbes ? Voyez la fourberie qui r6gne dans la response dti g4ndral Bkanchelaaide du lo octobre (i); i appelle les gens de couleur ,es enrawIs, Atndis qu'ltt cotnsen- toit a leur degradation; il leur reproch(e de dis- puter, dans des omens d'alarmes, u-r des decrets que personnel ne contestoit, disoit-il tandis qu'l connoissoit 1eloignement itire'tible Lide assem- blWe coloniule pour les leur accorder; ii justilie l'assemblee de ses actes d'mti peindance, tatcdi que vingt faits avoient dli lui prouver sa rebellion.; i leur dit qu'un vieux Frau;ais commie lui, ( ,t oye. p-e 1.-... (t) Voyez p.,ge io, C :5 ) fih1e auro! et ~ta ( ptri; ne pet les trail e t -. ces mots menes et leur cc jLtrii-uction, pei~.;uti t bon aversion pour la librtut : ii leUr tt q'il i peuvient interpreter 'article tV dua detet lu - rlars, que cette interpretation itoit rt ,trui2e a U seal corps 4ltgiblatif, landis qi-t 1..fck 1 c-Ul e male et tli-Imeine s'etoiUn.t permnd. u t itEp:l.rter ces articles en sens contraire, et de tronipr c . consequence ls citoyens de couleur; i It- lur >romet que bient6t les corps populaires srt.ini dssoLus, ces corps qIe, dans sa lettrre parltlc _r a M. Junuecourt, il se reconnoissoit hor.s dSt t de dissoudre: alors vous cocourr'z, dit-il, aivc les citoyens blames, a la formation des nouv,.tux S corps : la 0,lonMt de l/ taessemtblde colonial est tele, et tel!e eat aussi la nieIl:c, et un mois apr, , le 21 noi embre, il yioioit sa promesse il vouloit fire executer le ddcret rivocatoire du 24 ep- tembre. J arrive, messieurs a a quatrieme epoque, au deuxibme concordat du i u octobre, et je vois encore les holnmes de couleur totujours plus 1io- deres quoique, plus nombreux et plus I r s, ii leur fiLt facile de se veneer. Je les vois rocher- chantlapaix, malgre les provocations des habitats duLort-au Prince~ nmal[-r les outrages auxqtm ue ces derniers se portoient, soit centre les citoy.As de couleur qui demencroient ldans ltur vlAle, soit contre les Ceputations cu'on_ lear envoyoit ( ). Its parvinrent a resemble. les' deputcs de qua- torze paroisses, et ce fatt dans la reunion de c s quatorze parojI es quetnet sni le nouueaiu tt'ailt 6 de paix. Que voyez-vous msurs,ieus, danw ce nouveau concordat, qui lut entii'-enient P ouvin ded ci- (t) Voea pa ys zo0 et zQ . ;`' P' : ;ua".` ~ ~~~3 ias7:-r n toyon\s ti coear? Hii(tit, justice, raison, oi respect pour les decrets de la indtrpole, atta- c.etnent at ses interdts. On y confirm toittes les di-positioils dti premier; ond declare;. 1as.semnhle coloniatl nudle et ill ttts les actes fits pa" cette assenullee con- tre les gens de coleiur; le general est invite a convoiire1' a.S : lllemiOe priniaires pour former lfe ilio velle a:emb-nle colo-iiadle les citoyens de cou leur diovent y t"re admis; les denomiia- ti:, ns de mulAtres,, e gens de couleur, de quar- tc'roni, sont proscrites a ja nais; on prononce ;-A ,i~;Ustiegenerale; on convientde poursuivre a re L:i!tration de ceux qui avoient peri vctines du pr'~ju:g ; on leur conacre un serviceo!enmel; un snment fedcrati doit unir desormais tnus les ihommes libres., . Ce concordat doit s tendn sur tOuns les homes de couleur de I ie, et 1es citoyens de couleur jurent de sou- teu ir de toute- leurs forces la nouvelle constia l nation, et de verver tout leur sang pour s'cpposer at retour de I'ancien regnie; ils declarent que ne '-vulant seftarter ne-n-au e man i etie de la Imarche prescrite pair lassenlbAe natiana1 po u rexcuntion de ces decrets, it dentimandent que le coacordat dui 11 septembie et Ie present trnite de pax oitent soumis a son approbation, -decla- rant s'en rapporter absolmnv.-nt a sa decision sur les articles insdres dans les deux actes. Tel est, nmessieturs, le laurgage de ces hommes que le rapporteur dtn coniih colonial vous a pe it comnme devouds A I'aritocratie, et corner port>; & la contre-r4volutior. Ce trait de paix fut jure de nouveau avec lta pls grande soleminite per les d&putations de la garde national du Port-au- *Price | .1 -; :U-*(UP~~l ~ ~qrlIwu~l~~FW-Lul~~Wl)C -R Prince, les rdgimens d'Artois, de Normandlie, et les equipages d ddff6rens vaisseaux idors en rkde; et ce fut alors que M. Letremboure, niaire tous de regarder et de traiter comnme perttu te teurs du repos public tous ceux qui contrevien- droient au corcordat; qtue la sineSriCf 6prjide i Un trait aussi solemnel; proumettons-nbus tous iamiti6, franclhfie et lbvautd. Les blancs lepro* rrentt et un inois apr s its mi ssacrerentt leurs rteiies 'et ~tolvrent ce m4me trait. : Ces mnots votus rappellep~ dj la 'trite:catas trd~hie tIu Port-au-Prince elle. fut beo asoiinn Spr la nauvaise foi des blancs, qui vouloent rm-n 'ite 1e concodrdft. 'Is occasiloniirent la troisi~'m Rpise d'arines des citoyens de conleutr, qu ne Tiu pia moinis just tiquee les pjrcdientes. 1 ayoit 0t6 stiputl, par le trat e que la -gade di' Port-ati-Prince seroit co'lfi.e ianille cit ens db couleuir, coicurremmint 4e4c les iblana r-mn.qufiretirit etablis dhiin c-tte vlle.,ce$ 1. toyens y A tintenoient l'ordire, tandaisq ue eu *esptit, se propageant dans touro, la colonel ii? i. soit miter presque par tout lei r example, ;". ns lusieurs parisse, comnme dans celle di Petit$ Goave et du Fond des Ntgres, les city ens Iq tuleur casseret' es mtinticipalit, retBil rent les arcien c6mnandans ('i), institirerent' e buireaux decorrespondance, charges de stii6Aler W :fpbolce; et'tes bureau dtoierit composes mo& tit 'dt blancs et finoiti6 d grens de couleur. E' attendant t'orgamisation nouvelle props!'p.i' Ifdssmeblde i'amt4ale, il"falloit bien 4t:il~run:ii djbtce .tept ssiV o6ntre.4 es brigands ct -liP t I) V oIV p e 84l ct CC vtCs f ; 4 - J^PriutSf i ^.-i-t dievoient pas la laisser subsister dans la main d ces brigands, qui composoient en parties les mui- 1 filiait4s, dans lesquelles, d'ailleus, les homes ide couleur n'avoient aucun reprcsentant, et ou Ion ne vouloit en admcttre aucun. Les factieux et lfers defenseurs a Paris, s'atachant a calom. ner les citoyens de conleur ont represent ceO aites comme des actes de contre-rivolution: ila ont dit que les citoyens de couleur ont viouli par lA rctahlir lancien rgime; c'est une calom- bie, et bientot je le prouverai. Les honmmes d coaleur Bnrut cess4 d4tre les amris fervens dqt la i-onstiuition et de la France; mais ils, vpoioient a palx ei la jouissance paisible de leurs droits, SAis ne pouvoier 1'esp rer, tant, que subsist- rolent ies crp, .dont la dissotiton avoi t6 sti' 6ilde dans les concordats, et jp e r les bhiacp )nemes. . Les factiux dia Poirt-au Princ eniployerent- ,iO~dant un nmois, toutes les manoeiv.res poQul lOigner cette dissolution*. La municlipalitt., ^onrseil provincialI de 1Ouest, 'adminiligtration, la cominiission prevotale, Ie comitc.esecret et 6 Tuf, tous couv.roent leur parjure et Jeurs vues tiobtlius4s du. prdtexte qu'ox vouloit rtaTl ,; ,laniien regime. La province d'Ouest quoiqlut ivr4e d'une parties de ses deputies, ne cessoit do pruolUguer is loix contraircs an concordat. +Tell 4toit, messieurs, la disposition des.es-, trts lorsu 'arriv.t, au commencement de noveil- re, Ie d cret dii A 4 .septembre. La partiali;4f p iinistrp e e setmoitre-t rlle s .dan.s. cette,ra ijidift'Pour envoyer rindlcretyrliumain, und- cet qui. devoi, iaqnder la c.oPi de sang, pa ai. moment..eei.ut perdu, et-pendant des mois enters on 6luda I envoi d'un~8~rit humainr et poiti ue, qui auroit raneii4 la tilixitO ne peut raieux vous faire connoitre leffet f^ l cref produisit sur les blancs, qu'en empruntant cls ipuroles de M. Blanchelande lui nue () : (cFieres de ce dtcret, les totes sont exalt6es d'une maniere a faire connnultre que le prononce sur le sort des gens de couleiur ne sera pas aussi favorable qu'ils avoient lieu de lespjirer : ce qui pourroit, ajoute le general, produire des effets tres-ficheux, ces gens tant en armes et en forces; et cependant malgr6 ces crainites, le g Tneral eut la foibtesse de sanctionner Jarr&t6 de Tassembl6e colonial, du 5 novembre; arretp qui, su-vant lui-mime, devoit irriter lea hommes de couleur. 11 eut la foiblesse decrire ,sous sa , dictate, une proclamation dans le mrm6de q q$ it. (c Nous ignorons, ecrit-ilA au miistre, le :i nq- vembre, Ireffet que produira ces pieces. Si les hommes de couleur sont ,confians et raisonna- bles ,tout ira bien, sinou la colonie course j I plus grands dangers. . SCoofIans eat raisomnables! des hormmes, q'oan Dgorgeoit! Dorine-t on done. sa confiance -A'es bouLrreaux? est-ce done se servir de sa raison, que de soumnettre sa liberty A des hornmes iusatiables de tyraitnie? Et c'toit cependant Ilrsqu'on avoit la certitude que les homes de couleur:tne s'avir" liroient pas A ce degr6, lorsque le gndr:'l attean doit de leur resistance la ruine de I, olonie ; c'atoit alors que ce gtrdral qui, lors da.la nou- velle du d4cret du i5 mnai, avoit protests gqi[ ne voudroit pasle fire ex6cuter, de peur de rtaire verser du sang ; c' toit le, mnme homme..qu4 signoit lgireuient I'ordre. de l'orgueil t de g vengeance, la proscription des homes de Cou. Jeur, et rincendie de la colonie. :, (3) VoyeSz agce 2o., tI: 1' -B 'WAW ( zo) Qut ne sera pas Cncore rdvolt6 en lisant llarrie i dlu 5 novemhre (1), en voyant la mauvnise fbi avec e .laquelle Iassenmll ke colh;iale cherche a differer ila justice due aux hlommes de couleur on:, pr- texte de troubles, et viole la parole qu'elle avoit donnde; "tn vcyalnt sa joie mlal eMguisee sur la revocation d(u lecret dua i mai; insolenLce avec laquelle elle menace les citoyen. de comleur du d&cret dut 4 septemibri ? ?Qui ne sera pas rivolti del'entthdre trnitel de sediiteux ceux qui ne vou- droierit paa dwposr leurs armnes et reclamer sa cmienite? Qui Ine sera pas revolt en li.snt la proclamation, encore phis ren elle plus perfide, plusin achin ique, du gciral Blanchelande? (2) Il, oluae la hietlaisance de I'assembhve.g ndrale, dle cttre assemble qui n'avoit cessd d eraser les iAmine. de couleur; i lIes invite A se better dans ses bras, a computer sur :sa loyautd, tandis qu'elleles repoussoit, tn se jottant lde enigagemels les plus selemnels. t aite' les fiho-,; iI de couleur de si~di. tieuk, lorsqt'ni mwis ui,,;ia\a ant il les flicitolt sur letir-"r cactre docile e gltd'rcux. I1 dit qie ler trlit6s Arrac.t S par !a-forc e ie peuvent avoir iiu'un succws passager Oui, sans doute, les trai- tbs arraches pir- letdepuotismin, mais non ceux ~ommanads par la liberty et cimenttas par I~quitd. Quant A la perfidie, ele a toujours iet6 .erangre tu cotncorl4t t"tandi qu'elle souille chaqub page des pr"'Os-verbaux de rPasseibleecoloniaie. Ces- ~eer; 6crie M. Blatnchelinde, de croire que le sgi sAnat de la France, (que le roi, que le people *Ilneoi puisse approuver un moment les d- ibr6res et les rebeifionS. Oui, sans doute, ce s Ms rat, le row, le people ne veulent pas sou- tenir le crime; mais te crime est de contester i 0( Vovye page i74. (i2 V.'p;a:t cds homes libres des droits qu'ils t;ennent de la nature; mais le crime est de verser des flots de sang poursatisfaire un caprice d'orgueil. Oui, cans doute, ce s at qt e vous trouvez si sage depuis le decret du Wa sfrptembre; ce sdnat que voui couvriez d' les soutiendra, les ad4orera sans cease, et c'et parce qu'il les adore, qu'il n'a cesse de manifester une opinion contraire a ce dtcret da 24 septembre. N'en doutez pas, c'est a ce decret, c'est a 'in- solence des blancs qiu'il encourageoit, quon doit attribuer I'horrible project qui reduisit le Pcrt-au- Prince en cendres. La saine parties des habitans de cette ville, malgre le ddcrer, vouloit fexd- cution du concordat. Trois sections sur quatre avoient d'ja nmanifest6 leur va-n pour la dissolu- tion des corps administrations; les factieux, pour empecher l'eIfetde ce vux excitement ur, emeute. Je n'entrerai pas dans le detail des fits; mais apr6s avoir compared ensemble le recit de la ca- tastroplie, fait par la municipalit du Port-au- Prince (i), celui fait par les homines de cou- leur (2), la lettre de M. Blanchelande (3), du 17 septembre, et enfin une relation faite par un t&- moin oculaire (4), quti a march l lui-meme centre les hommes de couleur, quatre points important me paroissent d6montri., 10. L'origine de cette catastrophe doit Qtre at- tribute uniquement i la rage des factieux, qui. ne cherchoient qu ine occasion de pillage. 0. Le hoes o es de couleur ont employ tous (1) Voyez page 190. (z) Page 2.7. (3) Page 114. (4, V. eI Padriote Fran:)is, du 14 fvWicr 1-9;14 (p T(2) Ls mdno6ns pour writer une nouvelle guerre ci- ile, ete se ont bornbs & la defense. 3. Le feu ne s'est dhvelopp& dans la ville qu'a- pr6s la retraite des homes de couleur. 4. Le pillage a 6t commis parles petits blancs, et ils ont inhianainement massacre et les citoyens de couleur, et le, blancs qui leur 6toient attaches. Nous devons, messieurs, better un voile eur touts ces atrocitts (,1; elles font frimir d'hor- reur; mais aucune n'a souill les armes des ci- toyens de couleur :ils auroient pu se venger, ils ont ddpos 6leur ressentiment. Les habitans du Port-au-Prince, qui ne partageoient pas les fu- reurs des factieux, et qui craignoient les hor- reurs d'une guerre civil, se hiAtrent de la pr6- venir, en prdsentvnt un mtmoire A M. Grimoard, cui conmmandoit les forces navales au Port-au- Prince, et en envoyant une ddputation A larmde des citoyens de couleur, campIe A la Croix-des- C est dans ces pieces, messieurs, que vous de- vez clercher le voeu des habitans de Suint-Do- TlinLuti0, rqe vus trouverez les bases du decret tl i u leI. rend r t. Le commerce, disent ces babit ans f2), vient rkclamer votre appu pour satever 'i In Franice les restes encore humans du 1P it a -' Piitce rt de la province de d 'ouest. Nous faioouns n1ore. prorieision de fci d ohdir aux decrets de la n.,;ion, et de ma mtenir la constitution qui sera dicr't(e pour Saint-Doiningue; mais en at- tendt:n-t ote del v(diitables reprieentans de la co- lonie aentt termine ce plan de nos lois constitu- tive, I nous rcaamoIm e mairien de 1'ordre, la coQicrva\ionp des proprietes. Et q tarriweroolt. v) a,.c 6 2. Y 1^ ) ^*W ^ ^'i;- --.,----- ~.. -.- L-----..-- -- - - -- -- - --- t;sent-ils en terminant, si lesgensde oleur ne la maintenoientpas? i Pesez cette derniwre phrase. L'assemblie general du commerce, au Port-au- Prince, tenoit le meme language dans son arret6 du 5 novembre. Elle dclaroit que I'infraction faite au trait de paix 4toit la seule cause de la guerre qui alloit s ouvrir; que cette infraction avoit 66e late au mepris du vu u presqu tunmma des quatre sections du Port-au prince. Eie sup- plioit en consequence M. Grimoard de ne preter aucun secours pour aller centre les homes 4e couleur. Gest dans ce mime esprit, messieurs, que les habitans le coinmerce M. Grimoard, firent une d4putation vers leur arnne, et leur propo- s6rent une negociation. Ils y consentirent; mais h condition qu'auparavant on leur rendroit leurs femmes, leurs entans et les effects qu'ils avoient pu laisser derriere eux. Cette condition fut effec- tude; mais la paix nua pas 6i6 retablie. Cependant les citoyens de couleur se montroient disposes i tous les sacrifices; oubliant les outrages, les mas- sacres des leurs, ils se born6rent h demander I'exkcution simple du concordat du 19 octobre. Les brigands les rejetterent. M. Grimoard, chef des forces navales dans-cettepartie de-Pile, qui paroit avoir joud dans cette catastrophe le r6le d'un mfdiateur sage et human; M. Grimoard propose une confdddration entire les hommes de couleur et les soldats. Malgrd la repugnance de ces premiers a se lier avec des soldats qui n'avoient cesse de les outrager et de se parjurer, ils accep- tent cette proposition; mais elle est encore re- jetee au Port-au-Prince, et la vie du pacifique Grimoard est en danger. Que devoient apr6s une conduite aussi pert 4 ide, que devotent fire ies hommes de couleur? Se tenir en armes, assidger les brigands, porter par-tout le respect des propridtes. Telle a et leur conduite. Quandils ont eu lem alheur de s'armer de torches, iA y out ete forces pour leur propre s'rete, coIimne d'111s fat;ique du Bizoton. Tout est tranqutille ut cdte des loirs, vous a-t-on dit dans 1une l i0re qui a ed lue e cette tribune, tout est l'mttlutille /dl cotLt des noirs dans la parties de toneet; etet t aveu fait le plus bel Mloge des citoye-.l de couleur et de lordtre qu'ils mainte- nloient. uis sont done les gardens et les modd- irat urs de ile en meme-temps qu'ils sont les vengeturs de leurs frere- s. L arie des coimm ubsaires civil a Saint-Do- Ininguo na pOint a-rrete et iie ponvoit arreter la guerr.i civil. Que venoLint-i s faire? Ex4cuter le tf, crt du e4 pteimbire; c'est-a-dire, ordonner aux lhonimes :e couieur de ereprendre leurs fers. Quel ga e ofarient ils de la fin de cette servi- tude nouvelle ? La bonte de ces blanks qui de- puis triois un ne cessoient de les martyriser; qui, animbs par la soif de la vengeance ne cher- clioient que occasion de satislaire leur ressen- timent et leur orgueil, et quila trouvoient dans le dcret. Quel grage encore les commissaires pou- v ient-ils donner? La bonne-foi de ces blancs, qui n'oni cedS6 de se p'jurer? De pareils gages ne polvoienit que rdvoter dt homes courntbeux, iatniir 3, pen tires de la bont6 de leur cause, et dcterminu. a Tc^aporter ou a pdrir. Aussi n'ont- ils P ete selduits par la proclamation em ha- tiqtue, ridicule, inignif inte des commissaries civils. Lisez avec attention Fadresse envoyde A ces cofinuniss;ires par les chefs de 1'anrme des citoyctir bllancs et dc holnnmes de couleur, et I II - vous serez convaincus ,.u n ne suqbugue pas de tels homes; qu'il laut ou leur accorder fran- chement et plein"ment leurs droits, on songer A exterminer jusquau dernier. C'est la raison qti plaide avec nergie la cause de la liberty. c La loi n'oblige, disiit-ils,, que ceux par qui elle est consentie, et ii nest pas possible, lorsque I'as- Femb!r e rnationale s'est propose cd'tendre les bicnfaits de la regendration jusqui'a -dela des miners, qu'on lui prte l'intention d'avoir voulu oter un droit de representation aux deux plus grandes sections du people fran ois de Saint Domingue, les homes de couleur et les n6gres libres ,. ) Tout le people, ajoutent-ils, doit 4tre re" pr6sent6; voilh un principle constitutionnel. Les hommes de couleur et les negres libres doivent done e4re represents a l'assemible colonial. Ils ne le sont pas ; cependant article IV du d6cret du 28 mars 'ordonnoit. Nous vous le dclarons, disent-ils en terminant, avec cette franchise qui caracterise de vrais Frangois, nous voulons exd- cuter litedralemen t les dderets nattonaux. En con- sequence, nous n ob6irons jamais qu aux decrets d'une assemblee representative de tout le people libre de Saint-Domingue. Nous sommes en armes, nous devons y rester, parce que nous avons tout a craindre de ceux qui nous out cruellement trompds, et qui peuvent encore le fire. a Les commissaires civil pouvoient-ils esp&rer de vaincre des homes arms de tels principes, en leur affirmant, centre toute vdritt, que les hommes de couleur n'ktoient point compris dans le ddcret du 28 mars ; en soutenant, avec la mdme faussetd, que le d4cret du 15 mai n'dtoit pas cons- titutionnel et que la loi du 24 septembre ne pQu- (26 wvot 4tre rdvoquAe que par levoe dela lgislature en ddclarantles deux concordats nuls; en soute- nant que radhision des paroisses &toit insiuni- lante; en menwcant enfin les homes de cou'eur du poids dc ia France entire (1) ? Une pareille rdponse, messieurs, a du indigner les gens de couleur. L'on ne doit pas s'tonner si, depuis cette 6poque, le sang n'a cess6 de couler, sides traits de ferocit6 ont souilld tous les parties: A quels excs ne se porte pas l'esprit de vengeance? On vous cite des barbaries incroyables de la part des citoyens de coulear : la source en est bien sus- pecte; mais le veux le croire. Mais est-ce de la couleur qu'elles font le process ? Ce ne sont pas des gens de couleur qui ont ensanglant6 la gla- ci6re d'Avignon. Blancs, qui vous plaisez a inu- m&re" des horrears, qui vous tralnez sur ces rdcits affreux, ils sont votre condemnation; tout le sang qui se rdpand dans les colonies rejaillit sur vos tWtes; votre orgueil sel a fabriqub les poi- gnards qui vous percent. D'arnIs les fairs que je viens de vous exposer, vous pouvez*, messieurs, vous fire une jaste idde de retat actuel de Saint-Domingue : la guerre ci- vile et la guerre des enclaves y dcploient toutes leurs fureurs; les noirs sont arms contre les blancs, que les homnme: de couleur attaquent dun autre c6td; et ces blanks sont encore divisss entire eux ; les blancs des villes combattent les blancs 4es campagnes. Vous voyez dans les villes des hordes de brigands qui dominant toutes les auto- (I ) V,. ....... - .....oyez r c I- 0 -- 4 i -.. .... ....- ...". I ..-. - ,(-) Voyz pay z5o. rit s constitute si qui veulent impser des loix aux habitans de la plaine, et tnettre sous leu joug lIs gens de couleur. Vous voyez au Cap une assem- blde coloniale, dirigge par des homes ambi- tieut, accabls de-dettes, qui ont cherchd, dans 5J linddpendance,- des moyens de rdparer leur.for- tune ; des hommes qui ne veulent, A aucun prix, ransiger avec.leurs prdjugs et qui, tranquilles dahslents forteresses, contemplent de sang-froid l'iticendie des habitations. Vous voyez an Cap un government foible, dependant des caprices de cette assemble, des, commissaires civil sous la Sm4me tutelle, avilis et sans aucune influence. An Port-au-Prince, vous voyez des factieux dohner la loi, forcer les commandans de marine et de terre A leur pr6ter des forces, sous peine da rdverbbre; vous les voyez tant6t piller les maga- sins, at tant6t piller les vaisseaux qui vontappro- tisionner les autres parties de l'isle. Vous voyez dans les planes la portion la plus irombreuse, la plus respectable, celle des citoyens de couleur, fbrcde de maintenir ses droits et sea propridtds les armes A la main, se reunir & une grande portion de planteurs blanks, interests , .cmnirme-eux~ a -conservation d la pix t k ex- pulsion des brigands qui les assibgent dans les villes. *nfinn, messieurs, vous voyez au mil eu de ces volc&ns une portion p is nombreuse, celle des esclaves, d nt la revolte n'est pas encore tout-A- fait appaisde, esclaves tranquilles par tout o i les ihmmes de couleur sont manhres, turbulent et siditieux par tout o1 let [lanes triormplent. Ce n'est que dans Ia pI rt n d Nord qu'iljouis- . sent de ces petits trio"che l dUas le rest de '* (^) ele; la ,cause des homes de couleur I'emporte, et c'est le bonheur de la colonies. Le rapporteur du comity vous a dit (i), pour vous rendre les gens de couleur odieux, qu'ils n' tolent arme"s que pour retablir lancien regime. It ne sCra pas difficile de d4truire cette calomnie: m; is pour le fire avec stuct-s, il imported d'ex- pliqutr le senls (qu'on donnime atx moots patriots et a'ristccrates; il eAt impossible de ne pas taire, a chlaque instant des contre- sens, si Ion ne connolt pas le sens particulier de ces mots a Saint- Doinrigue. Rappelez-vous la classifica- tion que j'ai fate, dans mon premier discours, des ha!bitans de Saint-Domingue ; rappelez-vous ce que je vous ai dit de la classes de ces petits blancs : un fait a dut vous les peindre lorsqu'ils ent reftise de marc-ler pour la defense des ha- bitations, si on ne leur en accordoit le pillage. O(n m'a reproch4 d'avoir cherche A avilir le people francais en avilissant les petits blancs; ce reproche n'est qu'une injure. Qu'y a-t-il de conwtun entire cette lie de l'humanite et la masse dt people franyais q'i laisant justice des op- preseturs, respectoit religietuscment leur or; de ce people qui punissoit luii mime les pillages ? Ce. petits blancs, dis-le, les colons endettes qui lec dirigent, les soldats qu'ils ont embauchds, comnposen t c.parti appeal les patriots. C'est ce parui, qui aspiroit a l'independance, qui appeloit le Anglais A son secours, qui veut tenir les ho mmes de couleur dans l'opprobre; c'est ce arti qui ne veut, qui ne comment que des pil- ages, que des assassinate ; c est ce part qui s est ("o Irto i ;:; C ll rcnt\ppwr^ f e ; - Ilb~"~"~f~C~e~~ "--rr~#c~''Yc~mh~ ( -9 ) parjur6 deux fois, qui a caus6 les incendies du Port-au-Prince, qui a occasionni les trois prises d'armes; c'st ce parti que dirigecient 'lh6tel de Massiac er les asseinbles coloniales : voili les patriots de Saint-Domiingue. On conviendra, messieurs, que ces patriots ne ressemnblet pas mal aux patriots de Coblentz. Ils qualifientt daristocrates tout ce part com- posd de plahnteurs hoiietes de ndgocians et d'homnmes, de couleur; part qui abhorre rindd- pendance et desire ePgalit, qui vent et qui pr- che la sountssion qui veut le regne des prin- cipes, et par consequent 'galiteientre les honmmes libres. Ce sont it faut Iavouer, de plaisana i aristocrats, que les hommnes qui veulent 1'0galit. Ainsi, nmessieurs, l mot patriote &quivaut, ASaint- Domrigue, a celhui ade brigands de rebelles i ia loit et le terme aristocrat signifie les homes attached auxi decrets et aux principles: c'eat ave cette confusion de mots qu'on a.4gar6 les esprits en Europe, et qdon a cdbaiuchb les soldats a Saint- e n gu~ro e e t ^ .-' on a d* *1 1! 11 * ." Donrngue. Si ous ne devez plus etre surprise maintenant de voir le' rapporteur tanber si :rudtement sur les -aristocrates de Saint-Drmingue; ii firappoit sur les vrais atriotei It prttend que leurs chefs soa tous des aristocrates; ii le pretend, parce qu'lls conselrveit leirs titrese; iet" leehefs dIe farmie de, couleur snt, en parties, des oitoyens de cette classe d'hommnes de (couleur; et les blancs qui commandant, sont de- hommnes connus par leur sagesse et leur attachment a la metropole, ~els -que MMI. Jumecourt et d'autres, que-le rapporteur a injuri s, sans offrir aucune preuve de ce qul :avaoit t. II cite la satyre faite. par.les hommas de cou- leur, de la garde national du Port-au-Prince., des soldats du club de la municipality, de la commission prv6otaie de cette ile; et it oub!ie dt4 citer vingt pieces justificatives qui attestent les crimes oommis par cette garden riat*onale, les iniquitws commies par la comn ssion prevotale, les exces toldres par la mtnicilpalitd. It defend cette coalition ide brigands, tIndis que les debris fumans du Port- au- Prince, tandis que le sang qui souille encore son enceinte, dAp'se contre leur fureur. 11 stinligne de ce quo ces citoyens ,de couleur ont cOnstamtrient avili et calonZi. les autorites nouvelles, filled de ie li berte ce ,arantes de nos droits et des leurs. Comment Tarba a-t-ilpu qualifier ainsi des corps lus sous 'autoritd des bayonietetes; des corps doait les hommes de couieur ont 6td constamment exclus; des corps qui, loin, de garantir leiurs droits, les e ou)tt dI.pouills avec linhumanrit6 Ia plus rdvoltante? De pareilles autoritrs n'toient que des tyrannies instltudes par la force Now, la fourberie i'est point fi le de la liberty, J bri- gandage nest pas un gouver cement re:piesent-atit; et 1on ne voit ici que des brigandages. Le gou- vernement representatif veut une 6gale repr. sentation, et cette dgalih tdtoit dvidenmtent violde. Les homes de coulsur toient done fondss A renverser le despotisme de corps faciieux iqui kl i4crasoient depuis deux ans; desp.tisme cent fois plus terrible, come ils ie dissent eux-memes, que celui sous lequel its vivoient avant la rg6-& ndration Frantaist; car, messieurs sous les prd- .tendus corps populaires, i amis de la liberty et de 'galit6, leurs lettres toient interceptiess -tls ne poMV-iet il nu'ont Jamais pu envoyer ni (3' ) dresses ni d4putation en France : leurs petitions A I'assemblde colonial et provinciate 6toient traities d'actes de rebellion; on emprisonnoit , on maltraitoit les blancs qui leur prktoient lear plume et leur appui; enfin, la pers'tcution con tre-eux toit portee A un tel excess qu'il Qtoit plui paidonnable de tuer un malAtre que de battre un n6gre esclave. La justice fermoit les yeux sur tous les outrages faits aux premiers, sur les as- sassinats commis centre eux. Les municipalities dont les membres, l6us par les petits blancs, par les soldats et les aventuriers, toient a leur devo- iion; les municipalitis, loin de porter secours aux homes de couleur, ne cessolent de soutenir la persecution contre eux. Pourroit-on s'etonner maintenant que ces homes emprisonnn s disk leur ile, martyrisrs, sans aucune esp6ce d'appui, eussent quelquefois regretted I ancien regime qUi, laissant subsister le prdjug6, protdgeoit au moins 1lurs propri6t&s et leur sitret6 (i)? Mais ce nest pas m6me cet ancien regime., quoique plfs favorable pour eux que le nouveau de Saint Domingue; ce nest point cet ancieu regime qu'ils veuleitr ratablir. GConaincus qu'l falloit casser totiteseslesmunicipalits, toutes les assemblies factieuses; que cependant, en les ddpouillant de r'autorite don't ils abusoie!tt, it falloit la transfdrer ailleurs; convaincus qu'lI falloit, par quelques measures maintenir lordre, en attendant quel'assemblIe nationaie eut d6cr6t6 l'organisation 'des colonies, les homes de C oii- .leur imagindrent que les moyensles plus prompt% **-** ---- T-'---' I l_--1 -_ --i .- --t---- l*--"--'^ (i) Vovez rhistoire des troubles de Saint-Domingie pa M. Gatcreau, ct r'origin de ccs troublci, par M. Rlamoad. * -1 - ... - -0- I ---- - -.- *-- -- -- -- " ( 2) , et les plus efficacs, toient de rktablir proviw soirement le commandant militaire, et d'instituer iln bureau de correspondence ei veilleroit sur la police, qui seroit compose d'honmmes des deux classes. Veut-on, messieurs, une preuve decisive qu'ils roscrivoient A janmais le retour de Iancien r6- gime? It suffit de lire leurs deliberations (x). C'est en vertin des concordats qu'is suppriment les municipalites : c et en vertu des decrets qut promettent une nouvelle orgatiisatioa des colo- tlies, et qui ordontient Pexecution de- nouvelles loix, quils r6tablissent I'ancien commandant; :'est pour ex6cuter par advance le cocordi~t, qu'ils comnposent le bureau, partie des gens de couleur, etpartie des blancs. Liseez enih, liez la derii re adresse qu'ils ont faite pour le conmmissaires civils; elle est da iG6 fcemnbt (i) ) vons y verre par;tout des preuves de leur attacheiemeut a lacons i itiition. Nouswoufons, disent its, C sqnt: lers terms, nous (voulons executer litt ralemest les ddcrets. Est-ce done le langae de centre rf- -'olutionnaire? Depuis quanidcle' relel.es oat4- i| tant de tendresse pour la constitution et le- d&- rcrets? M. Tarbe vt- jusqu'a reie.suspecte Pex- pression trop vivee e leur amour pour le monarit- que (5), et i tait, et ii ne sotligne pas leur atiour pour la nation et la Ii, (ue, dans lame adresse (4), ils expriment avec autant de fowce. Quo'n cesse done de r6peter qu'ils vouloient 1| retour de ancient lvrgilme. Ils olt jure, le 1i (t) Page 184, ri cs justiticarives. (i) Voyez page 144. (3) V. p. 248. S(4) V* P 249 * octobrej Ii- i: -- ^ .r.9F y.- octobre, anatheme a ce regime t ils ne le res- susciteront pas. Pretendre qu'ils veulent le res- susciter, c'est prdtendre que rancien tiers-6tat voudroit retablir le despotisme passe : c'est trans- ferer Coblentz dans le faubourg Saint-Antoine. Maintenant, messieurs, que doit faire la Fran- ce pour 6teindre toutes les guerres ? Rendre leurs droits aux hommes de couleur; voilA l'unique re- rnde h tous les mauix; c'est celui que la poli- tique ordonne; car, encore une fois, je ne parole pas ici de la justice etdes principles, je ne 'ap- puie que sur votre intdret et celui des colonies.i Les hommes de couleur et ngres libres sont bien plus nombreux que les blancs; ils forment pres- que les deux tiers de la population libre de Saint- Domingue; ils peuplent avec plus de rapidi~d que les blancs; ils supportent avec bien plus de cou- rage les variations et les intemppries de rair. So- bres, ils ont moins de besoins; r'guliers dans leurs affairs, ils ont moins de dettes; braves, ils ren- dent moins necessaires les troupes pour la defense de l'ile; craints des noirs, ils en sont les meil- leurs gardens. Voilh des vdrites avoudes par M. de Blanchelande li mme et par les blancs. Sous tous ce rapports, cesl hmmes- prrcieie=- mznritent dktre protgeds et d'etre soutenus. Qu'avez-vous en efft A craindre pour la trarm quillite des lies? Les aventuriers quiles d6solent, les soldats qui s'y d6bauchent et s attachent A des factieux; 1'esprit d'ind6pendance et de trahison qui voudroit arracher les colonies ,i la mdtropole; le voisinage des Espagnols, dans le territoire des- quels les mulatres jouissent de 1igalite ; les aris. tocrates qni s'appuyent de leurs secours; enfin, les noirs, don't le nombre inumeuse et la tendance J; P. Brissot. G ;,. .. F A la liberty menacent sans cesse ldengloutir les colonies. Eh bien messieurs, rendez leurs droits aux lionumes de couleur, et toutes ces terreurs s'eva" nouissent. Soyez justes envers eux, et ils auront bient6t dUlivrted ile de tous les aventuriers qui ]a desolent. Soyez justes enters eux, et pour gar- der Saint-Doiliiimue vous n'aurez plus Pento d'y envoyer des troupes de line, dontabee ter tien et le transport sont si dispendieux il etoit tardent pas A y sdcouer le joug de la discipline, as 3yivrer-a-tous les exces que 'esprit de part doit encourage, pour se servir de leurs armes. Soyez justes envers eux, et vous conserverez k iamais la souverainet6 de la matropole sur les colonies, et vous andantirez cet esprit de r6volte qui a tent6 de les transftrer i une autre puissance. Admis dans toutes les assemblies les citoyens de couleur ne cesseront d'y donner les preuves de leur attacbement, et de combattre les projects des ambitieux. Soyez justes envers eux, et vous n'aurez plus rien a craindre des rdvoltes desnoirs, qu eux seuls peuvent retenir, ainsi quen con- vient M. Blanchelande, qui regardeles blancs com. me incapables de soutenir la plus douce et la plus corte crampagne centre eux. Soyez justes Unvers eux, et vous n'aurez plus a craindre les soulevemens excites par les aristocrats qui, de- sesprdes de leurs deftites dans notre hemisphere, vont semer des troubles dans le nouveau ; nos vaisseaux en portent chaque jour qui dmigrent dans cet espoir. Soyez justes enters eux, et vous n'avez plus a craindre les entreprises d'aucunes puissances etrange~res, et sur-tout des Espagnols; les homes de couleur formeront toujours con- tre ewm une barri6re imp6ndtrable. En un mot, (35) soyez justes envers eux, et la tranquillity renlt tra dans vos lies, et la population indigene s':c- crottra et vos products augmenteront, et I'en- tretien du gouvernement sera moins dispendieux. Continuez au contraire de subordonner le homes de couleur aux blancs et tous les naux qui ravagent aujourd'hui Saint-Domingue, finiront par rengloutir ; car ici la force est LE c6te du droit, et la force engloutira lile, plut6t que de ceder son droit. Les homes de couleur ont jurd de p.rir plut6t que de cdder; et vous devez applaudir a ce noble et gdndreux design teressement, on vous cesseriez d'ttre Francois , d' tre les homes du 14 juillet. Quels sont les adversaires de ces hommes pr- cieux? A qui voudroit-on les subordonner? Est- ce a des homes plus braves plus utiles A la revolution, plus attaches & la mntropole ? Non, i c'est A des miserables qui ne veulent vivre que de pillages A des fbux qui n'ont que de la va- jnite, A des factieux qui ne veulent que lindd- pendance et le desordre. Car, messieurs, et nous ne devons cesser de le rdpiter les plant: urs honnites, les propritaires respectable, les bonc citoyens, tous-vous disent qu'i-- veulent4es- l s- ser jouir des droits de citoyen actif: c'est le vou de la grande majority, de cette majority paibible et souuise qui veut le regne de la paix, et qui nest arretee dans 1 emission de ce vceu que p.ar l'aspect glagant des bayonnettes. Pourrez-vous maintenant balancer A accorder ce droit aux homimes de couleur? Mais, je vous 'ai dit, il faut accorder pleinement, franchement, de manibre ai extirper h jamais la haine et les dis- sensions. Or je ne tronve cette plenitude de ~ - Ga -- C -'''* i- .t 1' ! (5 G) justice que dans la revocation du dacret du 24 septembre. En effet, vous borner A ressusciter le d4cret du 15 mai, ne seroit qu'une demi-justice; car, ce decret privoit les citoyens de couleur d'une parties de leurs droits. Ce decret ouvroit la porte A mille chicanes que l'orgueil et 1 injustice n'au- roient pas manqud de saisir pour tout brouiller. Ratifier le concordat est encore une demi-me- sure insuffisante, une measure qui laisser'a des i germes de discordes on soutiendroit un jour qu'ils ont dt extorquPs par la force, qu'ils n'ont 2t6 que parties. D'ailleurs, deux objections irresistibles repois- , sent cette inesure. D'abord, en ratifiant ce con-| * cordat, on reconnolt que les citoyens de couleur tiennent leurs droits des blacks; cependant ils les tiennent de la nature. Ensuite qui prlCseutera ces decrets A la ratifica- tion de l'assentbl&e national et du roi? Est-ce l'as- semblee colonialeactuelle ? Elle stincomp4tente, elle estillrgale. Faudra-t-il en former une nouvelle ? 11 y entreroit d es lhomnes de couleur, ou non? Dans ce dernier cas l'illegalit6 reparoit ; dans iautre, la question des concordats disparolt; ils sont ratifies de fait. Enfin messieurs, ces deux mnthodes entrainent des lentturs et des difficultis qu'il fhut eviter, si on vent arreter les troubles de Saint-Domingue. 11 est un raisonnement sans rdplique qui n4ces- site la revocation du d4cret du 24 septembre. Voousvoutezextirper lacause des troubles. Cette cause est dans la resistance a l'oppression des citoyens de couleur; elle nait de leur opinion qu'ils sont les 4gaux des blancs, que lear sort no doitpoint d6pendre d'eux. Or, cette opinion est | 0 ex (57J sera constamment blessee par le decret du A4 septembre, tant qu'il existera. On me dit, et c'est la plus forte objection qu'on aitfaite: les citoyens de couleur doivent jouir des rnemes droits que les blancs ; mais lissez aux blanks la faculty de les leur accorder : attachez- les par la reconnaissance; maintenez le ddcretdu 24 septembre, et croyez que les blanes les leur ac- corderont. Eh qui vous a dit qu'ils les Teur accor- deront ? Qui peut garantir maintenant leurs pro- messes ? Ne les avez-vous pas vu se parjurer apr6s le serment le plus solemnel? Direz-vous que Tin- retrt les y forcoit ? Cet interet existe di a depuis long-temps et il ne les y a pas forces : les force- rez-yous vous-memes A tre justes ? Vous violeriez les principles du decret du 24 septembre. Enfin je veux que les blancs changent tout & coup; je veux qu'ils consentent a etre justes; je veux qucartant tout ressentiment, its veulent embrasser les mulatres come leurs freres; je dis que la cause des troubles n'est pas dteinte. Elle est toute dans l'ingalit6 entire les blancs et les hommes libres de couleur, dans l'indignation que ressentent les citoyens de couleur soumis A cette intgalitd. Or, cette ingalit6 existeroit, inmme dans les cas oiu les blancs la romproient eux-mnmes; car on accorderoit par lia ceux-ci une superiority qu'ils n'ont pas : ils tireroient de cet article du decret un titre eternel de vanity ; ce seroit un, germe 4ternel de division ; il le faut arracher. Gardez-vous, messieurs, de perdre des momnens prrcieux, d'attendre d'autres r6sultats, ou de la force armee qui est maintenant a Saint-Domingue, on du congr6s nouveau, convoqud a la Marti- nique. Je veux que cette force armee se voue en- ti4rement an gouvernement actuel; je veux qu'elle CG (%) subjugueles chtoyens de couleur; je yeux qu'elle leur arrache la promesse de se soumettre aux d tfasentilme t a cette esptce d'esclavage de la part 4 hoinlnes qui ont goAte les doux fruits de eI glite. 3) e pareils hommnes ny renoncent point; ils se ttien t t ant qu'lls sont foibles; ils se revoltent a la premiere occasion favorable. Or, les colonies, par leur position et par la nature de leurs habitans, oifrent ces moments favorables, bien plus souvent que les autres pays. La soumission, qui n'est que le proit c de la force, ne promet que des r6voltes, qjIe :Ls malheurs; il faut done encore renoncer j r c,2 mioyen. En aurez vous un meilleur dans ce congress, donut la trame avoit 6t6 si bien ourdie 1'annde der-j niere; dans ee congress don't le patriotism a dd- ,jout 'tos les resorts et qui se rassemble malgre 6 Ie0 deicr onet; contres qui peut avoir les plus funestes effects pour la dependance des colonies. ? Je dis que non1; et que laisser a ce congress le soin de ddcider du sort des homes de couleur c'est vouloir ucrir le mal en l'alimentant: car les blancs seuls sont admnis dnms Ie congress; ce privilege consacre cNttte indgalitd de droit qui cause la r6volte Le con- gr<^ f. t-il just dans sa decision, iln'en auroit pas tolClns viole un principle, ii n'en auroit pas moins constacre la racine des jalousies et des haines; car Yles homes ne peuvent disposerdu sort des autres hocimes. Oui, le blanc sera toujours fier d'avoir tlev4 jusqu'a lui l'homme cuivr6, et ce dernier s', n sentira toujours humilid, et par consdquent co: deux classes d'hoinies se detesteront toujours. D'ailleurs, messieurs, je ne vois pas, dans ce : n,,r&r d. reprsesentan de Saint-Domingue; je (39) ne vois pas qe'on y ait convoqud les citoyens de couleur de cette tie. Croyez-vous que, plus nuim- breux qltue les blancs, plus forts, plus discipline qu'eux; croyez-vous que, bien instrlits de leurs droits, que revolted da joug des lmunic ipialitt"s et des assemiblhes coloniales, les heommes de couleur se soumnettent volontairemenit anx decisions tdtll congr6s illegal, inconstitutionnel, et dans sequel ils ne sont pas represents ?'Cette supposition est absurd; les homnies de couleur n'ontjamais ce.s6 de le die ddans leurs addresses: 1"galit6 ou la mort. Maintenant laisserez-vous 'tablir deux droits dans Vos les?Coonsentirez-vous A ce queles hlommes t de couleur de la Martinique et dela Guadeloupe tiennent leurs droits des blancs, tandis qu'A Saint- Domingue ils ne veulentles tenir que deux-mmemes? Cette diversity de jurisprudence ne crteroit-elle pas bient6t de-inu eaux troubles dans ces ies? , Les martinicains ne se souleveroient-ils pas pour se mettre au niveau de leurs freres de Saint-Do- mingue ? II faut carter ces germes de dissensions nouvelles; et c'est an adoptant une jurisprudence uniform, fondue p.r-tout sur la justice, que vous y ptrviendrez. La justice offre une regle in- variable, et c est en la suivant seule qu on peuc maintenir la possihilite de gouverner des colonies a 15oo lieues de la metropole. Avec cette regle, on n'a pas besoin d'attendre les nouvelles pour de- terminer ses ope rtions; avec cette regle, on s'en- tend d'un pole a l'autre; avec cette regle, on ne blesse personnel, ou si quelqu'un est blessed, c'est qu'il est hours de la justice, et ii murite d'ktre blessed. Admettez des modifications, des excep- tions A la justice, et il n'y a plus de terme aux variations et aux desordres. En un mot, msssieurs, voulez-vous une paix 04 (4o) iternelle? rivoquez le d cret du z4 septeinbre. SVoulez-vous une guerre 6ternelle ? maintenez ce ddcret. Souvenez-vous de ce mot, prononce par un honnme qui n'est point suspect, par M. Blanche- lande : c En attaquanr les hoimmes de couleur, il n'y a plus de remede pour sauver la colonies. , MESSIEUtRs, en r6voquant le ddcret du 24 septembre ,vous devez prendre enfin des measures rigoureuses, qui fa-sent respecter vos decisions; de nouveaux conmissaires cvils, revetus de toute 1'autoritd que les repr(dsentans de la nation pen- vent leur confier, seconds de bonnes troupes de ligne atteindront parfaitement ce but, en sou- mettant les'factieux les independans, les au- teurs, en un mot, des troubles de Saint-Domingue et de la rdvolte des noirs, sur laquelle je dois, en terminant, fire quelques r4flexions. Cette revolte offre, sans doute, des caract6res bien ranges. N'est-il pas surprenant cu'on ait mis tant delenteurs dissiper des honunes que M. Blanchelande peint come des brigands? i'est-il pas surprenant que ces n6gres fissent des petitions et des observations si bien ecrites, et nmtme des dissertations sur les ddcrets; N' st-il pa1s surprenant qu'au milieu de la revolte on ait vendu des nbgres au Cap A un taux assez avanta- geux ? Nest-il pas plus surprenaht qu'apres tant d'interrogatoires de negres appliques a la ques- tion, apres tant de veilles de la commission pr-d votale on n'ait aucunes lumieres sur les au- teurs des troubles? Car, je ne parole pas de cette *k~l4.I( ,c~-'LYy .m . ~~CD~~. u aT -- -1 .~_ S41 ) 'carte mystique, portant les lettres M. L. coplde par des hOmmes qui ne savent ni lire ni ecrire; carte que la calomnie a interprktee d'une ma- n ia.re atroce pour perdre un citoyen respectable. Tout est enseveli dans le plus profound silence. On parole de m lliers d'aristocrates 'igrans qui ont form cette revolte, de blanks qui comman- dent les rebelles; on parole de munitions et de canons fournis aux r6volt-s; et le greffe de la commission prevotale se tait sur tons ces faits; et le commissaires de Saint-Domingue se taisent aussi sur ces faits. Ce silence strange n'indique- roit-il pas que ces aristocrates ont des complices, et. que ces complices ont le credit d'dtouffer la voix des temoins et de la veritd? Quoiqu'il en soit de ces faits, qui s'explique- ront sans doute un jour, lorsque les commissaires patriots porteront la lumiire dans ces cavernes, Sau moins est-il maintenant demontre, 10. que l'embrasement rapid de la rdvolte des noirs dans la.parie.uIn ord est dit au desarmement des citoyens de couleur; 2o. que la socidtd des amis des noirs, centre laquelle la calomnie a tant de fois vomi les injures les plus degoutantes; quo cette society, dis-je, n'a eu aucane part a la rev 6lte. Le rapporteur du comite colonial en faith lul- meme I'important aveu. ce Aucunes des pieces, dit il, qui nous sont parvenues, ne p)roavent que les amis des noirs aient pris part la derniere revolte de Saint-Domingue (i) ). Que deviennent maintenant, messieurs, ces accusations des forfeits les plus atroces, qu'on (i) Deuxi me rappor page 7. 'V~jJ.-t -. -^ (4*.) disoit appuydes de preuves importantes, dans ces placards, dans ces proclamations, dans les libelles r4pandus evec profusion, dans les petitions men- dides et colporties par des homes fldtris? Que deviennent ces menaces, ces forfanteries ces Acrits hypocrites de ces homnme.s qri, daiis rim- puissance do so justifier dec crimes don't ils sont accuses, n'ont cess6 de reprouuire ces imputa- j tions mensongres a cette barre, esptrant bans doute que leur effronterie suppleeroit a la verit ? i I1s se trompoient: le temps fait justice de tout; il metau grand jour Pinnocence, il met les mechans & leur place. 11 est vrai que le rapporteur, regrettant !'4veu qu'il vient de fire, l herche A consAoer la ca- lomnie, en nous ap- renant (1) que les amis des noirs, et sur-tout quelquu.s-uns de ses nembres, sont viyement incutpes d'avoir provoqud les trou. bles de Saint-Domingue par leur. dcrits sur res- , damage et sur les droits des hornme-. 11 est dif- -ie, 1ia1joute-t*iI, de calculerquelle est 'iifait nce morale de ces dcrits dans les colonies ). 11 faut apprendre A M. Tarb6, qui connolt raieux les 6crits des colons que ceux des amis des noirs, que ces derniers n'ont point etit s ur l'esclavage, mais bien sur abolition de la traite. 11 faut lui apprendre ce que les colons lui ont cachM, que pas un de ces dcrits n'a pu pwndtrer dans les colonies, grace A la vigilante inquisition qui r6gnoit par-tout dans les colonies; ii faut lui apprendre ce que les colons lui ont encore cach6, que les noirs ne savent pas lire. Si les noirs ont connu la revolution, its doivent cette ft) Voyez ibdrm, ct il cite Its pieces numbros 11, 6a, 89, 8 :.,T3;alI*-v.,J^.tW ."-- .. .... ". connoissance A lIindiscr6tion de leurs maltres, et non a des livres. Mais comment M. Tarhb a-t-il pu sdrieisement regarder les amis des noirs comme vivement in- culpis, parce que le president Cadusch, dans une lettre tr&s-fleurie, ecrite au milieu des flames, disoitaux Amdricains que la phliosophie quifait la consolation des houmnes, porte a Saint-Do- mingue le disespoir; parce qae M. Blanchetande prdit que l'adresse de labbC GrCgoire perdra les colonies ; parce qu'un anonyme dcrit, dans une lettre aux Nantois, que les n~gres out A leur t6te des bans, probablement envoyes par les amis des noirs; enfin, parce que la municipality des Cayes se plaint que la secte horrible des philantropes troupe des appuis dans le gouver- nement. Combien est-il A regretter, messieurs, que M. Tarb6 n'ait pas connu l'histoire des faiences angloises, oh south reprdsent6s des esclaves en- c51iS ~il nce m h. ithanment inventee-e--LE ondres pour soulever, aussi les noirs de la Jamaique, qui ne se servent point de faience. Ce petit conte, ajout6 a ces quatre grande preuves, leur auroit donn6 une force merveilleuse, Mais, de bonne-foi, pent-on citer, pour preuve d'une inculpation grave, une antith6se, une pr&- . diction, un doute et une injure? car voilh le rdsumd des quatre citations importantes de M. Tarb6. -- ----- MssIEURS c'est sur-tout enn xaminant les faits relatifs f'accusation que j'ai portde centre ras- semblde colonial, que perce la partiality du S. >--* * ( 44 ) rapporteur. Je suis accusateur, et cette fone. tion redoutable, confide au 1gislateur, ne peut pas etre un jeu. Si je me suis tromp6, je dois etre bl-Am,; mais si la vdrit4 m'a guided, les cou- pables doivent tre puris. Je dois done au carac- thre sacr6 don't je suis r6vktu; Je dois A cette assemble qui a entendu mes accusations; je dois enfin A h Fraince, A la colonies, de prouver ceO qu I'a ,-vjIvllO. M. Tart 6 n'a vu que des hommes purs ofi Sj'a vu de c tuiabiles. Je vals prouve'r que M. TarbU 4a omis des laits important s, quil en a d4guis6 d'autres; je vais prouver qu'il a ferm6 les yeux A I'dvidence. SJiiaccuse assemblee colonial d'avoir cherch6 A so rendre indpendante, d'avoir conspire pour enlever la colonies A la intropole, d'avoir usurpd le pnvuvoir lgislatif, M. Tarb6 me rdpond que ces accusations ne sont pas appuyees d'une setle pice just ficatve , _quoque le comity ait tout exanzinaavec-atten- rion. J i cependant cit4 une foule de fats A Iappui de ma d6nonciation; discours d'ind4pen- dance et de r6volte tenus dans I'assemble colo- niale; translation de cette assemble au Cap, nalgr6 un d6cret; soin avec lequel on fortifioit cette ville; cocardes noires arbordes; lenteur A appalser ia rdvolte des noirs, afin d'avoir un pr- texte pour appeler les Anglois; commandment dontn aux homes qui portoient le plus de haine t la France; formation de trois regimens; envoi d'anibassadeurs aux Etats-Unis et a la Jamaique; correspondance suspect avec rAngleterre; sus- pension de toute relation avec la France. Tels sont les faits qui ont, ce me semble, prouvt I syst4me criminal de assemble colqniale. S(45) J'ai prouv6, dun autre c6td, que de fait Ias- semble colonial s'dtoit rendue inddfendante, en s'arrogeant tous les pouvoirs, en uvgeant, administrant, taxant les denrdes, s'emparant des marchandises et de I'argent des particuliers, et tous ces fits sent prouvds par des pieces jus- tificatives imprimbes. M. Tarb6 convent de tous ces faits dars son rapport; mais il les interpr6te tons en faveur de fassembl&e colonial. Mais comment le rap- porteur, q i a eusous les yeux les proc6s-verbauX des stances de fassemblde colonial, a-t-il pu vous dire, qu aucune piPce n'6tablissoit le sys- X, tAme diindMpendance et de rdvolte de I'assemblme " colonial? Cest avec ces proc6s-verbaux que je veux convaincre L'assembike national. Je n'en citerai que trois a:tes, et ils sont ddcisifs. Dans la seance du 5 aobt, assemble se cons- titue assemble g4ndrale de la parties frangoise de Saint Domingue, et non pas assemble co- loniale, quoique le dtcret de I'assemble cons- tituante y for ryert pouquwi-Parce q uele- mot colonial indiquoit la d6pendance de la m&- tropole, come le disoit M. Dosmond, dans son discourse, en soutenant que assemblee devoit se constituer come g& d.rale.II se-fondoit sur deux points, et je les copie textuellement : Nd1 cessite de mettre les ddcrets nationaux de cdt, et de ne sattacher qd i la monarchiefrancoise. On a done pris cette qualification de gtndrale; elle ilattoit la vanit*; elle corroboroit le systhme' d'inddpendance; et cependant les d6crets ordon- noient la qualification de colonial. Une discussion bien plus important sdl6ve : il s'agit de savoir si 1'assemblee se constituera en vertu des dicrets de lassembide national, o0 ~ ~ __ICLIICI ~ J,;ri4ci4r Li..r ~., x' ~l*m:~x ~-r~c~rr~IF -- -rc71 --- "' si elle se constitnera en vert: d.S ponvoirs de ses commettans. Assureinent la ,siple propoi Otion de cette question 6toit une violation de la loi, ctoit une marque d'ind&pendance. Lisez les discours des orateurs qui ont parle sur cette question pendant plauieurs jours; vous y trouverez les decLimations les plus indecentes centre les dbcrets de l'assembkle national. Je n'en citerai que deux fragmens. Je choisis le premier dans le discourse de M. Lagourgue, unr des six comnuissaires qui sont venus ensuite k votre barre protester de leur soumission a vos d~crets. ec Pourquoi, disoit-il, sommes-nous rassem- bles ici? N'est-ce pas principalement pour nous opposer A la promulgation du decret du x5 mai? Je suppose que ce funeste d4cret vous arrive officieientent; point de doute que vous ne soyez dans intention de le rejeter. Eh bien! il vous est demontre que les decrets du a8 mars, du- 28 mars et du 12 octobre disent la meme chose que le dicret du a5 mai. Vous devez done les rejeter. ) Le systmie etabli dans ce discours, ktoit teller menrt frappant, cue M. Laumont qui le combat- toit, et qui vouloit que Fon se constitute en vertu des decrets du 15 mai, disoit : c Si cette measure n'eit pas adoptee, avouons de bonne-foi que, les ddcrets des 28 mars et du i5 mai ne servent ici que de prdtexte. Ayons le courage et ]a noble hardiesse, puisque ce dessein seroit former, de nous declare ind6pendans et puissance souve- raine. C'est d'apres cette doctrine que l'assemble SeAt constitute le 9 aout, a la majority de 67 voix contre 47, en vertu des poiwvoirs de ses commzin tans et non point en vertu cdes d.kcret -.. (47 Ainsi, messieurs, le premier acte e I'ssent- biEe colonial a 6td un acte d'ind4pendance. Vassemblee coloniale ne tard.: pas a i dnner Iaulmres preuves d'independance. Constituee au mepris du, decret du premier fivrier elle se tranisfIre au Cap; malgr6 le decret; elle declare ses membres inviolables; elle se declare corps Ibgitslatif; elle nomme des commis-aires pour juner; forme des tribunaux, It ur done une at-- tribution; nonine une coinmission pour emp- cher la promulgation du decret du 15 mai, dans It cas oi\ les commissaires arriveroient de France. Voulez-vous une dern ire preuve de ce system d'indtpendance? ecoutez unfragment dudiscours de son president Cadusch, prononc6 le 4 septem- bre, en presence de tons les corps et de tous les fonctionnaires publics de Saint-Domingue. cc Vous ptserea, dit-il, dans votre sagesse, si vous vous mettrez ou non, ~ abri des entreprises c centre vos interets, si vous devez attendre o non, du dehors des loix qui doivent vous rtgir a i avenir; vous verrez si ces loix puvntwertre intagines loin du pays qni doit y 6dre soumiA,, et par des homes qui ne connoisent rien aux rapport sur lesquels on peut 4tablir le rginiet constitutonnel des colonies; vous dtciderez si la presence de ceux qui etoient en France come vos ddputes, peuvent remplacer votre assenti- inent, et si vous pouvez vous croire, a Saint- Domingue, lies par leur asssLitance au s4nat fran0ois. cc Vous allez tablir nos droits oublids ou violds la conservation de nos proprietis et la just me- sure de notre souinission aux loix europeennes. EntourBs de nos freres, il ne manqueroit rien a xotre satisfaction si nous avions parmi nous o$ (48 ) compatriots, qu'une confiance tropaveugle dans I'assemblhe national a entrain s loin de nos regards. > En laut-il advantage messieurs pour vous convaincre de 1'esprit de revolte qui animoit l'as- semblhe colonial? Observez que ces discours, couverts d'applaudissemens, toient ensuite ho- nords de l'impression, rdpandus avec profusion, pr6n6s dans tourn les journaux. Et un rapporteur qui a eu ces pieces sous les yeux, viendra nous dire qu'il n'exi te pas une seule piece qui prove l'esprit de revolte et d'in- d6pendance de assemble colonial, tandis qu'a chaque page on lit des protestations, tandis que chaque acte atteste une rdvolte! Eh! pent-on re- garder autrement les precautions prises, soit pour fortifier leurs villes, lorsql'il n'existoit aucuns ennemis extrrieurs, soit pour empecher les vais- seaux francois d'aborder, soit pour les soumettre A uine. inquisition severe? Peut.on qualifier cette resolution de prendre la cocarde noire et 1'echarpe rouge, autre;:ient quune insurrection iormeile contre la mttropole ? Qui de vous a pu etre dupe un seul instant de la miserable excuse qu'on vous a donnde? Image de deuil, image de sang, a-t on dit. G'est at la perfidie joindre la lachet6. On a ar- bor6 cette cocarde, parce qu'elle etoit 1'em- bltime d'une puissance don't on desiroit I'al- liance, parce qu'elle etoit le'signal d'une abn- gation a la France. On entendoit de toutes parts parler de se donner aux Anglois : dix lettres de tlimoins oculaires et auriculaires en ddposent. Beaucoup de tdmoins qui* oent entendu les fits, existent en France. Ils peuvent tre interrogs. Les lettres ou t ete consiigues au commit colonial. Le ( 49 ) Le rapporteur dit qu' n'existe pas unie pitce jus tificative des desseins pervers de 1'assetblIe co- loniale. II oublie les depositions des prisonniers fran- .ois, de MM. Mailac et Pepin, des capitaines iranois assembles au Cap; il oublie le t6moignage des homes de couleur, qui ne o'toient arms que pour se preserver du sysltnie anglois; il oubie les lettres de M. Jumecourt ; i oublie cette formation de trois regimens, qui devoit ktre 1e soutien de la resistance A la m6tropole; car au- trement, pourquoi former trois regimens? Dira-t-on qu'ils n'6toient destinds que pour appaiser la revolte des noirs ? Mais on auroit f done comptd sur une rdvolte de quatre ans, puis- qu'on n'engagea d'abord que pour ce temps. Eh! ie quel droit I'assemblhe coronjale formoit-elle des regimens? N'usurpoit-elle pas le pouvoir 16- gislatif de I'assemblde national, A qui cepen- dant, dans un arretd, elle avoit abandonnx le soin de maintenir les droits politiques des colo- e----s?Or-tddferse-extri re ne toibe-t-ell pas essentiellement dans cette parties? L'assein bl6e colonial n'imitoit-elle pas l'assemblne de Saint-Marc, qui avoit voulu aussi se former des -agimens, et qui: avoit et6 blame pour cette usurpation? M'arreterai-je a la ridicule justification du refuse d'envoyer des aVisos en France? L( comit6 lui- nmme avotle la faute. Or, ce refus est un des plus brands crimes, car il a occasionn6 les plus grands lmaux, Le comit6 confesse encore que I'assemble a augment I'octroi sur les denrdes de France; ce quI dtoit usurper le pouvoir 1 gislatif. II a faith fourair des fries de force; ce qui est un actr D (5o) de tyrannie; et, par une contradiction imoonce- vable, ce commit nuie ailleurs qu'orn se soit em- pare des niarchandises fran:oises ie largent francois ; mais il existe un arret4 du 26 aout, qmu porte que tout capitaine tout particulier qui auroit fait embarquer de i'argent a bord, se- roit tenu de le debarquer, de le d&poser au trelor public, c'est-a-dire, dans les mains des factieux; on y ctoit condamnne, A peine de o1ooo liv. d'a- anende; et cetarrelt a ete rigoureuuement execute. Enfin, messieurs, tous les doutes sur esprit d'independance ne doivent-ils pas s'evanouir de- vant cette espece d'ambassade envoyde par fas- semblAe colonial tant a la Jaumarque quaux 3itats-Unis, devant cette ambassade, que M. Tarb6 n'a pas rougi de justifier? N'etoit-ce pas 4videm- -nent I acte l une colonies qui traite de pulsaiice a passance? Lambassadeur francois it Philadel- plhie n'est-l pas cotnvenu d'atvoir trouve dans les lettras de crciace de Rotustan des expres- sions qui donnoio:t ai r l'assemblee colonial it-- -4--ler -avec de sta s-irsL -o-tiveranain L-- vetiIri? Le mrniistre des atlaires etranieres n'est- il pas convenu quo M. PRoustan a pris le titre de depute de ra6sIcmblee de Saint-Domiingue pres les Etats-Unis? Oif vous a dit, car a quels mensonges la per- lidie n est-elle pas obligee de descendre? on vous a dit qu on ignoroit a Saint-Domingue l'existence de I'amibasadeur fiancois at Philadetphie; come si ce fait n'eut pas ete connu dans la colonies depuis l'arrlve de MA. Ternau; come si d'ail- leurs r I nexistoit pas une correspondance conis- taite en ire ces deux pays; coumme s'il nexistoit pas toujourY des secr&taires de 1gation ou des uysulsI don't la colonie devoit emprunter organen 'Ahl messieurs disoitivec raison un estimable memnbre de l'assemble bonstituante ealomni dans cette affaire, si le dtpartement du Rhin oit du Nord s'avisoit de demander directement aux princes de l'empire on au gouvernement des Pays- Bas d'envoyer leurs troupes de line appaiser les troubles dleves.sur les fronti6res, que diroient les representans de la nation? Le crime est maintenant prouvd; et que sera-ce quand nous pourrons avoir toutes les preuves en- fouies dans les greffes, ces correspondances que le minibtre de la marine nous a si long-temps caches ? Or, messieurs, si le crime est prouv6, Si n'y a pas a balancer, il doit dtre puki; il faut un grand example de sevdrit6, et parce qu'il s'agit de l'exi;tence des colonies; et parce que 1'1doig- nement n'enerve que trop la puissance de l'auto- rite n'enhardit que trop les resistances coupa- bles ; et parce que le crime est commis ici par les d6positaires meme de l'autorit6, par des ma- --gi e s he-par-le-peuplepar-ee-peple-qi- veut etre, et qui sera toujours Francois. Plus d'indulgence; elle seroit la -source de nouveau crimes : plus de palliatifs; ils ne satisfont, ils ne trompent personnel : plus de lenteur; elle acheve- roit la ruine des colonies. Moins de sang eut 6t6 verse si, d6s le mois de decembre, vous eussie' pris un part vigoureux. Vous avez a reparer de grands maux et 1'hon- neur de l'assembhl e prdc6dente. La justice seula peut effacer cette tache et essuyer les larmes des opprimes. Les principles vous dirigent, et vous de- vez etre inflexible come les principles; suivre en tout les princpes, cest eviter les rouages inu- tiles dans administration. L'intirt individual s'en trouve mieux; et cet intrikt est le meilleur Y pgen.t dupouv.or excr Sui8vreles primcpes, est ,e.eul mxoyen de voU teacher disormais les co, pjies; car il n'y a p t pour les colonies fran- oises, et bientot i ny aura plus pour les co- lonies trangeres, de force capable de les garder long temps centre les rdvoluti. ns qui s'avancent dans le temps. Cette force doit ttre dans lintdret detous, on elle sera nulle. La justice est done pour yous le meilleur des calculs politiques. Votre r- vr hution vient de se prononcer dansla diplomatic; qu'elle se prononce dans les colonies. Leur anar- chie estila satyre de notre revolution: hatez-vous done de ]a fire disparoitre. *- -`--1r--. -- PO S T-S CR IP T UMA dut 5o Mars. LA cause de J'humanite a triomphW, et ce trioniphe me dispense de r6pliquer MIM. Tarb6, Dubayet eet Vanblanc, qui se sont attaches dans la tribune a r futer les faits et les raisonnemens que j'avois annonces. Cependant je dois fire deux observations sur leurs discours. On m'a reproch4 d'avoir exag4dr les dlits de rassemblVe colonial : je n'ai qu un reproche & me fire; c'est de ne les avoir pas d(velopp6s suffisamment; c'est de n'avoir pas expose toutes les preuves que j'aurois pu accumuler. Craignant de latiguer I'assemblke j'ai voulu reduire mes preuves. M. Tarb6, en les rdfutant, a bien eu soin d'carter celles qui le condamnoient; par exemple, j'avois soutenu que l'assemblde colo- niale avoit fait un atted'inddpendance en se cons- tituant en vertu des pouvoirs de fes commettans, et non en vertt des dcdrets. Les proc6s-verbaux attestent ce fa4t; ils prouvent dix autres fits 7- (.53 ) aussi coupables; et cependant M. Tarbe n'a pas rougi de dire quail n'existoit pas une piece jus- tificative, tandis que cet arrete seul, quil avoit imprimn toit I'acte le plus formel d'indepen- dance. M. Tarb6 se demand encore ou etoient les injustices coinmises envers les homes de cou- leur et qui justiioQient leur insurrection. 11 a done oublie et scienmment ouble (i) et le meurtre du senchal Ferrand de Baud&i'e, et le d(cret de l'assemblAte de S&-int-Marc, du n8 avril 1790, qui defend aux homes de couleur de sortir de chez eux ;;vec des armes, de voyager sans cong4 de I'assembhle. It a done oublif empri- sonneinent du vieillard Joly, don't I'innocence ddmontrde ne put le sauver sans le sacrifice d'une some de 400o,ooo liv. II a done oubli6 le serment infAme prescrit aux mul.tres d'etre soumis et respectueiix eners les lblancs, le meurtre de trois mulAtres qui ne vouuurent pas le peter. II a done oublid que la municipality du Cap avoit, depuis Ie 15 avir usqu au 27 juin -- o, ,-emprisoni--ar- bitrairement quatre-vingt huit homes de cou- leur. II a done oublid ces tetes de mulatres qui rest&rent exposes pendant quelques heures dans 'antichambre del'assemble provincial dunord, et don't tout le crime 6toit dans la couleur. En- fin, il a oubli6 que lorsqu'on apprit au Cap le ddcret du i5 mai, les blancs all~rent a la chasse des mulAtres comme a celle de betes fauves. Oui, sans doute, ilfalloit etre complettement stranger (i) Ces faits se trouvent dans 'Origine des tronblev de Saint- Domingue, par M. Raymond, et dans la second parties de PHis. totre des troubles Ic Saint-Damingue, par M. Gate'cau. Au but. reau du Patriote Franfois, rue FaYart, no, 3. 0~i4) & l'histoire des troubles de Saint-Domingue pour ignorer ces faits publi4s, cenignis dans vingt ouvrages, on s'etre entieremtot dtvousu aux co- lons pour les dissimuletr. M. TarbI croit sejuns- tifier en ne v.:ulaant citer que des pieces offi- ciel es. C'etoit vY.ouloir n'entendre contre les cou- pables que les coupables eux-m nemes, puisqu'il ny avoit rien d'offiie que ce qui etoit envoy p. r le gouverniiei'nt on les assemblees adminis- iratives et qu'il etoit bien vraeni.sebluble qul'ls n'en; irroient pas esdes pies probantes centre euxm-tlme ,3r A is ces pieces officielles memne de- posent a itre eux et il ne les a pas cities, on il les a torturies pour justifier les coupables. L'as- semblhe n'a pas t seduite par un pareil artifice ; ma.is croyant qu'il 4toit des temps oft il falloit voller la statue de la loi, elle a pardonne a ces tyrans qui vouloie.t tout a la fois egorger leurs fr'sre et rompre les liens avec la mrtropole. Elle a cru que la declaration des droits des honmmes -de o- -teur eirot Ie nl-eithIer dltcriet, a accusation centre les traitres, le meilleur moyen de preve- air dornavant leurs crimes, et de venger les hoinnes de couleur. M. Vaublant a port plus d'art que M. TarbA dcans la maniere d'attaquer les faits que fai avan- &e. If a discute avec 6tendue des griefs midiocres On que je in'avois pas articule ; et il a gliss6 sur les chefs principaux, parce qu'il etoit difficile de lcs refuter.... II seroit inutile aujourd'hi de le> ressusciter; ii faut miter indulgence de rassentblite. M. Vaublanc m'a reproch6 une con- iradiction qui m'a paru avoir fait quelqu'impres- ion, et qu.e je dois dclaircir. II a soutenu qu'ent 1789, ai a auace que les colonies devoient s'ap- partenir a elles-menies; et il mnaccuse d'icon sequence, parce q'en e bme voulvir se rendre Jtd'"A pet danr,;;. CeL fait so.t vrais, et cependant e ne stis point -n cowntrd- diction, et je le prIouve. En 17894, et cavnt qtie les diput4s iles colonies fussent adlmis ia I a tsmbiee nationale, je croyois qu'elles ne devoi nt ; v ir aucuns deputes; lu'il Illoit leur prescribe le r giline colonial an.gois, et je fai soutenu (i). Depuis, on a admis ta las" senblee natioiale leurs cdplutes et j'ai eiit qu'elles ne pouvoient avoir de legislature inde- pendante de notre assemblee natiouiile, et cela doit ti e; car C'est pretendre i nous donner des loix et ne pas vouloir en recevoir de nous. II n'y S a done point ici de contradiction. La position n'est pas sembllable dans les deux cas. SECOND POST-SCRIPI 2' IT d 5 ar'ri. MW. Tarbe pretend, d.iiis une note in.,-rde a Li aIe'to tie sa Re/ilitque,, que je ii'ai pui'e irs preuv quie daii a I - les journaix et i p- iusante sti m" n tl, 7u'ureit da cruise aux jOiulnaxll Vlais polrquoi M. TAi be feint-il ici t lig rer que c'est doizs les aL'le mseme de lPasseniblle coi - niale, a tes imprimes par lui-m ine, que jai pilst les preiuves de ses desseiis p,-r ,r- P- N'a-t-il pas en eft lnf r prijm lui-nemne iFcte [ar leqlueitLasimble ,--,,oialie se itcdare assemblAe geiirale et union c:ol'lflule; Iacte p1as lequel elle se constitute, en vcrtut de-s ponvoirs de ses corm- mnettais, et non en ertta c de. d'cr-ts de :1aeilibJIle nation* nale; les acts par ]lesquels elle former trol~ r'jgiIens, augmente les octrois sur Ik-s denrees, s inplare de Iagment Sides particuliers', les force a fburnir c,'fs n.aitLran!dises? N'a-t-it pas nimprimn ou ei sons le yeux eI actes par eks- quels I'abseilble'e noie tune unle coIuMnission pour S opposer a ( ) Voyez n;cs Reflexions sur l'admission des dieputas des crlonis S lasstmbtil national 17839 ~ '~ .- f ( 56 ) la promulga Lton u ud6cret du i5 Inmal s'empare du pouvoir ]udiciaire, le dlegue, fornne des trii.unaux., tde. conlink.- jions, ressL.,titela tortut e? N'a-t-il pas impritlli 'acte par le- quel elle envoie des amibassadeursaux pissatll.s ettiangi-res? tAstce dansles journ ux que i aipu i' alettre te M. 'ernau, ambassadeur, qui declare avoir trouvA, this les pouvous du sieur Ilonstan, le caractere d'une colonie qui traite de puissance a puissance ? IM. Tarb a ea tous ces actes sous les yeux, et il a la n auvaise foi d ipriiiner que je n ai puis6 nies preuves que uaus ie journaux 11 a faudace tie easier e rsLe rsilie a (c6t le la nutlit Quaind on a fait un rapport au ssi imanifebtermetet cottpable que le sien, le silence est ue oi de l'prudence, et le pi rsil.age n'an- monce que relfronferie qmu ne roiogit de rien. Si l8 Tarb6 avoit eu quelque reslpe,.t p our le poste qu'il remplissoit, sil avoit voulu remplir religieusenieCtt son devoir, au lieu de traiter avec cette lIgdret- les journaux o(i j'ai puist les discours seditieux et coalables des einambres de rasseimbWe colonitle, il auroit examuin avec soin ces preeures et ces 4lis. course; ii aurcit'vu que ce journal, contenant les procds- 'erbaux de Iassemiblee, toit impr *uin par pcrmiLssion de rassemible, sous ses yeux redi6e par.deutx de ses iienm- bres, et par consequent .nritoit toCite hl ctnfliane p)OS- sille; ii auroit vu que des disLours sIeditieux, imprimes par itne assemble, trahissent ses intentions, et que ces mau-- vaises intentions deviennent 6vidcntes, lotr.que les arreths pris enstite soiet coniiorenlls aux princi'es skdittieux, lors- qu'une foule d'autres acles n'en offriet que les ddvelop.. xemens. . M. TarbW ne s borne pas a' m'injurier, it injuries mnmb te mart,'r Ogt: et ci potre Grego'ire. (Ces atroes plaisaite. ries contre ue victiIme du prijug.- et centre un, des plus saints d~~fiseurs dle I'liunianit delIenlt une ame 4tran- gere a tous les princidl: de liberty et d'humni i. M. Tarb6 s'est juge lui-llnell ; tandis que le nom de I'apotre Gregoire sera beni i janiais de tous les amis de i'hiauitH,, le sieA doiL ttre devoue aau meris Que dis.-e? a 'oubli; car le Souvenir dunr nowu anprisable suppose le souvenir di quelques talents. De 'Impriimerie du PA T or I T F AN O 8XS place du Theatre Italien. |
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