Correspondance secrette des colons députés à l'Assemblée constituante

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Material Information

Title:
Correspondance secrette des colons députés à l'Assemblée constituante servant à faire connaître l'esprit des colons en général, sur la Révolution
Alternate title:
Correspondance secrète des colons députés à l'Assemblée constituante
Physical Description:
1 online resource (ii, 1, 8-43 p.) : ;
Language:
French
Creator:
Saint-Domingue -- Députés
France -- Assemblée nationale constituante (1789-1791)
Publisher:
De l'Impr. d'Anjubault, Maison de l'Assomption, Rue Honoré, no. 20
Place of Publication:
À Paris
Publication Date:

Subjects

Subjects / Keywords:
To 1791   ( fast )
Blacks -- Haiti   ( lcsh )
Noirs -- Haïti   ( ram )
Blacks   ( fast )
Colonies   ( fast )
History -- Sources -- Haiti -- To 1791   ( lcsh )
Colonies -- France -- America   ( lcsh )
Sources -- Haïti -- Jusqu'à 1791   ( ram )
Colonies -- France -- Amérique   ( ram )
France   ( fast )
Haiti   ( fast )
Genre:
History   ( fast )
Sources   ( fast )
History.   ( fast )
Sources.   ( fast )
non-fiction   ( marcgt )

Notes

Citation/Reference:
Bissainthe, M. Dict. de bib. haïtienne,
Citation/Reference:
Martin & Walter. Révolution française. Anonymes,
General Note:
Title from PDF t.p. (LLMC Digital, viewed on Oct. 4, 2011)
General Note:
Last printed date in text is 1790.
General Note:
Bissainthe gives date of publication with no imprint as 1790? in ii, 43 p. Another 1790 edition with imprint of Paris : Anjubault, 1790 (Bissainthe 5238) given with 31, 1 p. Martin & Walter gives date of publication of 1793.
General Note:
Bissainthe lists another 1790 edition with 31, 1 p.
General Note:
Symbol of Les amis des Noirs with "Ne suis-je pas ton frère?" and a slave in a supplicating position printed on title page.

Record Information

Source Institution:
University of Florida
Rights Management:
All applicable rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier:
oclc - 755734910
ocn755734910
System ID:
AA00008608:00001

Full Text


8)
collgucs nous a J onnt. Notre per-
plexite est ail-cuse, a la vue du p6ril
imminent dont notre malhcureuse colo-
rne est menacce ; ,nozs n'avons appcr\.
de rcssurcc quc d.'ns la prompted couvocati:on
d'lne aisOnblic i'provincial dans chaque dd-
jfiaric'fl;:t (1) ; nous en avons faith la
denL-mnde au Ihinistre. Nous pouvions
.nous dipocaser de lui fair cette de-
mande ptiiqu'il est juge aujourd'hui
par 'a emb'e national elle-meme,
que oute soCicte a droit de s'assem-
bler pour confkrer librement des affairs
corrn2ei2,i t I ct qu'clk n'a pas besoin du
concmurs dc Ela;toriti pour cela. Les
dCui Ic- Saint- Domingue n'ont pa s 'it
itus dans des ascmrablkes aulremcnt convo-
quics et ces d'puths ant dt admis par
I'amn.s hie nalionale. Nous e nnous som-
mes donc adress5s au gouvernement
la for'ne de notrc c6t6: le ninistre nous
a refuse.


II) C':-t qJ!':vec cette assenblce on you-
,;&k tc't.: lr. e I i-yeCre bl6c nationa~e coni:e
clk. en l tia s bit., et. prayvc I'&ndl''pcii-
Of .; ; it :*l ; *1 > i *;1-






Sont sent que cet intcret les forgait de
se reunir a nous sur tous les autres
points, et leur influence tnol a servis hei-
reusement.
Enfin les nouvclles de la revolution
de la Martinique-, ;t les insurrections
des n-gres ,ensuitela rvolutiondu Cap,
sont venues nous aider, et nous pou-
vons vous announcer une position plus
heureuse. C'est ici une preuve de leurs
moyens employs pour fire retrogra-
der la revolution.
Ce novel esprit, nous l'avons ddja
dit dans notre lettre du 8 Decembre
dernier, et vous avez di, le voir par
les papers publics, s'est manifesto I la
seance du $ Decembre. Depuis les
nouvelles alarmantes venues des colonies
n'ont fait que le confirmed et 'etendre,
et nous sommes ccrtaims d'abord qi'il n'y a
ricn a craindre nsr a franchiscnment ; nous
avous tout aussi peu d'inquiltude sur la
suppression de 14 traite (1).

colons vouloient ,tre inddpendans par le fait
et voulaient commerce iLdistinctemtnL t avec
toutes les nations.
(i) Iiest bien evident que c'etait en cherchant






( )9)
edfl crasse; 71nos uavVtns, (dpres les chrcons,
lai:c s fortement .plai de lur ca'; (1) et
nous supplions la colConic de prendre
en consideration, i~ cet 6gard, note
lettre du 8 d&dembre dernier. Mahi nour
ne croyons pas prudent de confer toule la
force, de meltre routes les armes de la co-
lonie entire les mains d'une snle claJsc. Toutes
doivent fair corps, et tout corps doit
veiller at sa propre surete.
Nous espdrons, Messieurs, que la
colonies rccevra nos observations avec
indulgence, et qu'clle nous rendra jus-
tice sur I'esprit qui les a dictes ; nous
sommes ws deput6s, ctnous sommes
colons. Si nous &tions sur Ics lieux,
nous aurions partag6 ses deliberations,
ct..nous aurions fait enteudre nos opi-,
nions dans ses assemblies: nous avons
cru luii devoir le iiiemie tribute, et nous
les lui soumettons comme colons; com-
me d6put;s, nous 1k supplious de croire
que np,u recevrons. ss decisions avec
resptcet,'.t .que -n.as le ;ferons valoir-
avcec zeAle,

-i.) 'n va voir par Ic post-scriptum suivantf,
comment ils en prenaient la difence,
; i *' i : ^ I'






gnhrale aurait de grnids inconvdlens-
par la distance, la diicuite de se r'!uir,
e-tledanger d'aban do nilers:s oss es slolns
et ses alfaires pour de longs voyages.
Cependant ii y a des chooses d'un in-
teret commune, et c'est peut-.tre le plus
grand nombre; et ii faut ncessireienlt
des assemblies generales de temps en
temps, et que les assemnblies provlin
ciales sc communiquent ct se concertent
dans les intervalles.
-Lobjet Ie plus urgent est d'arreter
et- de nous euvoyer un mode de for-
mation de ces assemblies et il nous
semble que cela devrait ctie fait dans
une assemblee general.
Les Comites.ont regu tous les Decrets
de l'Assemblke national, et notamment
;e qui concern les Municipalits et les
Elections. iSains doute le part le plus
.a convenable et le plus propre 'a fire
, adopter ici les resolutions de la Co-
,lonic, serait de prendre dans ces
4:" Dccrets tout ce qui pourralt lui con-
4 vcnirst i. )
.- .---- ------ .. .-.. ... .. .__ .;
(i) N'est-ce pas 1 'dire et nous rejetteron$
C




CORRESPONDENCE


S E C RET T E


DES COLO N S



L'ASSEMBLEE COl


DEPUTIES


NSTITUANTE,


SERVANT faire connaitre 1'esprit des
colons en general, sur la Rivolution.







P
A IP e.RS.' ,. to "

AP 'AR I SA


De l'Imprimeric
, r'Assomption,


d'ANJUBAULT,
Rue Uonorx


Maison do
N. ao.0',







(9)
.NVo.a. Thpuis noire lettre icrite le mnsiitre
?Ious a fait ojiir de sc concerter avcc nous pour
I'assemblie oni ls assemblies que nous nli deman-
dous ; il a igalmnent rejettI d'autres Idcmandc que
cous lui avons faites et qne no us jdiguons let ave
sa reponse.
La colonic Messieurs est dans un
double danger galcment pressant. Dan-
ger au dehors; QJUE VEULENT CES VAIS-
SEAUX (i), que les papers publics nous
apprennent etre sortis de l'Angleterre ?
danger au dedans; on cherche a sou-
lever nos negres. Nous voyons et nodis
mesurons avec effroi lun et Fautre de
ces dangers ; mais principalement Id
dernier est vrairnent d'une nature iious
causer les plus horribles inquidtudes;
nousle voyons, et nous sommes for-
ces de nous taire : ON EST -lRE DE
LIBERTi (2). Messieurs, une society

(I) 11 n'y en avait aucun a cette cpoque
dehors.
(2) Quel language pour de chauds patriote;
tels que les Colons, qui sous le terrorism ,
ont pris son masque, pour parcitre patutotes et;
qui aujourd'hui crient plus haut que personnel
contre les buveurs de sa"g, lorsqu'ils sont eux-
miemes ,gorgs du sang des Affricains!






Ies' mis des noirs eux-memes, sont
ramcnis sur le premier objet. M. le Con-
dorcet I'a publiquement declare dans le
journal de Paris, et a cet 6gard, nous
vous annoncotis ici avec plaisir, que
64 excellent &crit de M. de Rouvrai,
,intit.uld de I'Etat des Negrcs, a port
,, dans l'opinion publique le coup le
, pliis violent A cette society ; qu'elle a
, 6td mEme abandonnde p.ir plusicurs
, de ses membres, quand ils se sont
a vus denonc6s a lcxexcration; enfin quc
"cet ecrit a excite la reclanmauon puis-
" sante de plusieurs places de com-
merce ,,.
Sur tous les points nous croyons pou-
voir vous announcerr qu'il y a toute
apparence que I'Assmble Nationale est
rdsolue de ne toucher a rien de ce qui
hiitCresse le Colonies qu'elle veut
attendre qu'elles aient formelcur Cons-
titution dans leur sein et qu'elle se
reserveseulement le droit de la con-

a effrayer l'assemblee constituante par des'prE-
tendues revoltes des noils, qtie les Colo:ns vou-
laient la mener aux fins, oi is1 dTiraient ariver,
A I'independamc.







( 4 )
prudence que votre sagesse vous sug-
gerera: mais nous pensions qu'une s.-
curite dangereuse ne doit pas non
plus vous empecher d'avoir les yeux
ouverts sur I'effet que pourra produire
dans les colonies la fermentation qui
Aregne dans le royaumc, et que vous
ne devez ndgliger aucunes precautions, au-
cutns soins, pour maintenir I'ordre, la
paix et la subordination dans votre sein;
ct il nous semble que le meilleur moyen
a employer pour assurer dans tous les
teams le repos et l'existence dans la co-
lonie, c'est d'affectionner a votre cause la
ciasse des gens de couleur. Ils ne deman-
dent s5remcent pas mieux que de confondre
lenrs interets avec les voires, et de sem-
ployer avec zde pour la jirete comniune(1)..
II n'est done question, de yot-e part,
que d'etre justes envers eux, et de les
trailer toujours de mieux en mieux..

(i) C'est une preuve incontestable que le
veritable intreAt des hornmes de couleur, est
de rester attaches a la France, et si quelques-
uns out etC egarCs, ce nest que parce que des
malveillans laur ont persuade que les d6crets
nationaux ne prevaudraient pas sur la volont6
des colons.






(25 )
t Enhn elle e st devenue une espuce
d:. tecreur, lorsque nous avons vu la
dclAiration des droits de t'homume
;, povcrr, pour base de la ConstituLion,
Sl'eg.tlite absolute, 1'idcntite de droits,
et Ia liberty de tous les individss ,,. ({)
A proportion que nous avons connu
Tesprit del'Assembl e,nous nous sommnes
aiscinent convaincus que importance
de Colonies &tait m connue;; t qu'un
, part nomnbreux existait pour risquer,
i s'il le fallait, leur conservation, en
a faveur 'des principles ph losophiqne,:
, d'une secte trop r.pandue; que ltaf-
a franchiissemnent des esclaves 4tait de-
, sire par la pluralii6 come ,un acte
, que I'hurimanite et la religion prescri-
, vaient et qui couvrirait de gloire les
1 r6formateurs ,.
C'est du temps, qui dissip.e les erreurs,
que nous avons altcndit des circonstances

(i) Par-tout on voit l'eloignenmeut des Colon
pour la liberty et l'rgalitL. Commeni croire apre
cela a leur prtr-endupatriotisime et. a .leut
attachement sincere "a la constitution qui 6tabli
ces principles, et *. une nation qui veut les
mainteni.?
B 4






( 41)
Ci joint un extraie dun memoire pr/seulz aU
comild des colonies.

Nous devons dire ici que nos com.
mettans, qui d'abord nous avaient char-
ges expressement de proposer une 'cons-
titution colonial a' assemble national,
,c nous ont express6ment dtfendu d'en
9, accepter aucune, depuis qu'ils ont
,, vu*la declaration des droitts ,,.
Ce n'est pas que Ia colonies veuille
repousser la liberty et F1galit6 de tous
les citoyens; elle existe deja a Saint-
Domingue: mais elle voit la declaration
des aroits sous le rapport des esclaves
seuls.
Nous devons vous preyenir aussi que
les noirs libres et les gens de cotleur
citovens actifs ont dtji 6te admis aux
assemblies qui ont nomme les d6putes
a l'assembl6e provincial du nord.
Pour etre citoyen actif, il faudra 3tre
ag# de 25 ans, avoir un an de domicile
dans Ia paroisse et payer la capita-
tion equivalent a trois journ&es do
travail dans la colonies.






(221
Paris, le it janvier 179o
MESSIEURS ET CHERS COMPATRIOTES,

ri Une rvolution.s'est faite au Cap;
, s'il faut en croire les relations qui
,, nous vicunent, une assemble pro-
,, vinciale s'est former, et s'est emparce
,, de administration int rieure. Sans
i, doute cet exempie a 4t6 suivi dans
,, les autres parties de la colonic(l). $
Nous anrions bien desire quc les details
de ces transactions importantes nous
cussent &ti transmis directement, etles
dernikres lettres que nous avons du
comit6 du Sid sont fort anciennes ;
cclle du comitk de l'Ouest sont du ia
octobre; et cells du comit6 du Cap,
du 15 du mmne mois, ne nous parent
absolument clue de inculpationn fate a
M. Moreau de Saint-Mery. Sur les pre-
miers bruits de cc qui s'est passe, nous
-a-----
(2) Ceci prouvs jusqu'a l'vidence qiue les
Colons, en provoqnant la formation des assem-
blies coloniales et provinciales, par ieur leture
du i1 aofit 1789 voulaient les fair rivaliser
avec l'assemble constituante, at s'emiparer du
gouvernerent.






40 )o )
Nous avons Phonneur d'etre avec
les sentimens de la plus intime fra.
ternit6.

MESSIEURS ET CHERS COMPATRIOTES*

Vos tris humble et tres-
obcissans serviteurs,

Les membres de la deputation de
Saint-Domingue.

P. S. DANS un m6moire remis au
comit6 des colonies de 1'assemblIe na-
tionaje, il a 6td dit que les gens de
couleurjouissaient dejA dans la colonies
du droit de citoyen actif, puisqu'ils
avaient deji t6 admis aux assemblies
primnaires.
Sur lessrepresentations d'un de MM.,
que co fait etait faux, it lui a kt6 rd-
pondu a qu'il htaitrnicessaire de trom-
,, per a ce sujet Ie comite, pour qu'it
t, ne fasse pas mention des gens de
,. couleur; et plusieurs de MM. n'ont
,, pas voulu Ic signer ,:.







ternite la plus inime, cheers compa-
triotes, vos tres humbles, obbissans
scrviteurs, Ics d6puts de Saint-Do-
ningue. Signts A l'original, RAYNAUD,
president; MAGALLON, L'ARCHE -
VEOUE THIBAULT (i), LE MARQUIS
DE PERIGNY, DE THEBAUDIERE, Dou-
GE, LE GARDEUR, DI, TILLY LE
CHEVALIER DE MARMf, GERARD,
BODKIIN fils, GERALD COURVEJODLE,
LE MARQUIS DE GOUY-D'ARCY.
P. S. 11 et possible, et meme pro-
bable, que les bruits alarmans qui se
sont repandus, et qui font la- matiere
de cette lettre, ne soicnt pas fondcs;
et, dans ce can's il serait ficheux. que
cela fit une sensation trop forte dans
la colonies, qui, independammcnt des
craintes qu'elle inspirerait, pourrait
peut-Qtrc donner lieu a des dangers
plus reels. C'est A vous, Messieurs,
a agir avec la circonspection et la

(1) L'archeveque Thibault, est le mme que
celaii que Santhonax a fait dcporter, et qu on
juge enfin l'hoinime qui a sign uin paTeille
lettre. Quil essay apre cela d'exalter son pa-
tiiotisme simul6.

\





( S56-)
1A'Assenblee Nationale a sagement
balar.c le degv d'*gaiiti possible entire
tous ics Citoyens avec le respect diU A
la ; opri et et lint6ere.t presumable
qu ile ia spire pour la chose publique.
I.es dispositions qui exigent f'ige de
inajorit un certain temps de sejour,
une contribution directed i 'imp6t d'une
certain some, et plusieurs autres,
nous paraissent d'une application tres-
importante a des &tablissemens comme
les colonies. Une consideration que nous
ne croyons pas qu'on doive oublier,
c'est que la culture est le fondement de
ces tablissemens, queles villes et toutes
les classes qui les habitent ne sont quo
des accessoires.
Pour avoir nglige ces principles fon-
damentaux a la Martinique, il s'est elev6
une division tr's-dangereure entire la

tout ce qui nie nous conviendra pas. En effect
telle a etC la march des assemblies coloniales
temoin les objections sur' le drcret du, huit
rnars 1790, le refus d'obiir a celui du i5 mai;'et
enfin toutesIcs opposition des Colons aux de-
crets nationlux, can faveur de la liberty et dc
rlgiduh.








(i) C'est un de vos plus grinds mal-
heurs qu'on n'ait pas pu, dans une
circonstancc aussi critique, empicher
'cmbarqu-nijent des gens de couleur
qui ctailenht cn France; nous Iavons
demand au luinistre, &csprit du jour
'oppcise srl' ce point a n1os dairs: em-
p(cher, 6ur notre derande mmce,
iembarquemient des esclaves, strait
regard come un acte de violence
qu'on dknoncerait A la Nation.

Courage, c n~in cortmptciot!S NE VOus
LAISSEZ POINT ADATTRE; NOUS CON-
TINIUE ONS DE FAIRE SENTINELLE POUR
VOLS: C'I ST TOUT CE (OUE NOUS POU-
VONS DANS 1.E MOlMENT PRESENT'; le
terns Viendra su:rcment on nous pour-
Tons fire miettx. IL FAU LAISSER
LF ROIDIR LES ESPRITS; CETTE C;RISE
NE 1 .L-RA. PAS: COMPTEZ SUR NOUS.

SNois avonls 'ihonneur d'etre, avec
ecs 'scttis:crs inal diablcs dc la confra-


(i) Alif n Piori:"ne des premierSs meassacies ,
comii ein c i .r ,pal. e et Cnsuite sur tous Fks
,rres -n i i i'o t j iis recl;ue, que l'xc cutiona
e.. -I cw'o nai.liona:...







moi pJill, ,.t; ;c, Icept bjet de
l'ap provisionnr o ient dcs CO lonlcs qui
nous a para d',.nc nemccssitc rrcnte ,
nous avons p-ris parti, non senmiment
d ne prIsciter r. c.tun deinan re relative
aix Colo'nies, ;mJ;is de mettrc toiis nos
Soins a eluder toutses cells quiptourraient
etre presentees ; et tel tait notamment
objectt du conittd des Colonies que
rioui .t vions demanded en dernier lieu.
SD'ailieur.s le ministry nous promet-
Stait 1eat Asseinble Coloniale&: Notre
4 letire du 8 Dcembre dernier vous a
Sinsttruits de ce qui sest passe a cet
, egard pour vous procurer prompte-
" ment des assernmbtesquelconqus,. (1
Nous pensions qu'unI fois runs, les
Colons reformeraient ais6ment cc qui
leur paraitrait vicieux ou suspect; nous
pensions aussi q u'instruits de I'tepta-ctuel


(i) Qu'on ne s'Ctonne done plis des entraves
dcIs oppositiuas dts colouI iix dcrcts nUaio-
(I) Ceci prouve qpils n avaient dfnimande ces
xssembl isc pac Ic'.tr litre du 12a ioIt_i;tg, que
pour riv.ali:Lr av.t; Ic t asembl'e nationiale et
qu ils Ctaitlt d accoid avac le nihistre pour c:t
obije; .






Nous avnns supplC6 antant qtuil etait
en nous : cette reduction, en arretant
que Ics d6putes votans se concerteraient
sur tous les objets avec leurs collRgues.
Mais bient6t I'asscmbl'e national a
pris iineforme nouv.ele au lieu de ces
ELats-G"n'raux, on les diverse Pro-
virices venaient humblement mettre aux
pieds du, Roi leurs griefs et leurs pe-
titions IAessenmble esi daveitue lgislatrice,
et a entrepris la grande tdche de crzer une
Constitution Iouit iiouvelle aprs avoir ren-
verst lolalemncnt fancienne.
Nous avons senti d'abord, que ce
nouvel ordre de chases non privu par
nos Consliluants et dans lequel le sort
des Colonies tombait entire les mains
d'une foule de D6putts des Provinces
intri eures qune les conjaieutd nulllcment,
et des Dtputis des villes de commerce
qui ont qudques inleirts o i Ps, devait nous
inspire la plus grande circonspection.
Cette circonspection a augmented lors-
que nous avons vu proscrire tous les
cahliers imnpratifs, etles Representains
leur qualitU de mandataires pour s'iriger
g/n lgislatcurs absolu.


I .






( 21
les assemblies paroissiales et coloniales.
Nouts pensions done qu'il vaudrait mieux
qu'ils tinssent de votre justice et bien-
veillance ce quevous croirez devoir leur
accorder, sans nuire au respect du la cou-
ltur blanche, et qui doit ktre niaintenu
dans un pays oui il y a vingt esclaves
centre un blanc. Vous sentirez aussi-
bien que nous tout l'avantage qui resul-
tera dans ces circonstances critiques, dc
nous attacherde plus en plus tous les
gens de couleur : ce seront 7ros meillcurs
d.fenmeurs contre les esclaves. Nous croyons
qu'il cstjuste d'autoriser tous ceux qui
sont majeurs et propietaires dassister
aux assemblies de paroisses, o ils au-
raient une place d part, et un orateur blanc
pour exprimer leurs-vceux, et qu'ils nom-
meraicntparjurisdiction un repr.sentant
a 1'assemblee provincial et coloniiile,
qui y sidgeraient dans un bane c part
avec un orateur blanc cbrnme dans
les assemblies de paroisse (I).


(i) Voila les grands priucipes d'&galit4 pro-
fesses par les patriots Colons grand. plan-
teurs.






S 4)
cc que nous ayonsdes iustiucilons bicn
positives.
Messieurs de it Martinique ont dc-
mandi au Ministre que M. de Damias
fit renvoyk dans cette Colonie. Nous
avons demand M. du Chilleau et
nous allons nous occuper de renouveller
cette demanded, malgr opposition pr&-
sumable du commerce.
Apris vous avoir instruits de ces faits
particuliers nous hasarderons de vous
presenter nos idees sur ce queTAssem-
blke Nationale semble attendre de vous.
D'abord, nous pensions que FAs-
semblc colonial, ou les Assemblkes
provinciales peuvent hardiment appcller les
Amnricains A icur secours dans tusles ports
d'amiraitd sil y- a lieu. (1)
II est a desire qu'il se former, au
Port-au-Prince et aux Cayes des As-
semble's provinciales come au Cap.
Ilparait constant qu'uneseule Asscmble'

(z) Ce conseil hard donn6 sans aucune au.
torisation announce que les Colons pensoient
qu'ils pouvaicnt tout entrepretdre.







( ln ,
d'cntiousiastes qui owr pris 'I t(ic
tl /iflRii dti tirsl, crit ouvCertcinet (.on-
thc nJlls ', ec tie ile moment favorable
dc: rc : plosionn centre Fesclavagc
i sli;4:dit peut itre quc nous eussions
ic x;,,lb,'i de prononcer le mot, pour
VMu i,'. s.L.i occasion de demander
I.iidachli;secment de nos negres (i).

a ia craintc que nous en avons nous
t. iLdCt it 11alire nouS a.u silence : le
SLii:c li!t nc seraitpas iavorable pour
C1? c 4a.J-cr fussembIce national i enter
J, da;.il nos insures pour nous garantir
d d t.ei'r q' tIu lous menace. C'E;T
A V IOU.;,, SSIEURS A V OIR
LE PAF.I' Q:UJ CONVIEN'r DANS UNE
? C IRCON ,'TANC;E AUSSI CRlITIcLU]i: lous
I cn1jAissons Ic le sC.l devoir don't il
Snous ,SOil CIerllS CiC lnous acqullter
..nis' V. s; ~ ivertssons le peil est
i1.i;.,id t, it prochlit. Veillon: a
9, .oi-re suticiLe nais ,ei1lons-y avec


(' Com'fmena croi.'c la snci'ritet des ColnEs,
rd :", ci ou vient de 1 re i, celn d(ot fLirc
., ,O: j, 1. Liovention cuclle precantitUn -.le
I,;,, i.cu.itfe. por. aire ex'cnute' ia loi du i6 lu:.
ir *- eI ft eur d-lcs Nola'..





( 37 )
kampagne et la villa de Saint-Pierre;
elle embarrnissa be:aucoup M. de Damas
a instant de son depart. Elle force la
Deputation 1 solliciter de 'Assembl&e
National un mode provisoire de for-
mation de I'Asseinblde Coloniale, qui
pourraavoir des iaconveniensluii-meme,
et dans la colonies et dans la decision
que les mulatres sollicitent ici.
I1 est tonjours malheureux que
, la force et Finjustice empoisonnent
,, les principles d'un nouvel ordre de
* choses 95.
: ... .
S C'est aussi un grand inconvenient
t que de s'arrogcr das pouvoirs trop
,t etendus, et d'embrasser une reform
,: general des les premiers pas ,,. (1)
Nous pensions que les assemblIes co-
lodiales doivent laisser le pouvoir virita-
blement l1giilatif ad l'aJsemblee national ;
que dans les colonies, plus qu'a`ileurs,
Si faut que le pouvoir cxecutif soit.
entire les mains des administrateurs.,


(i) Ceci s'adresse A l'assembl6e national.
Ca






( rS)
Que Iassemblic colonial, compose
i Paris de plus de deux cent cinquante
personnel a cu une audience par
un nombre de dCputs chez M. le
chancelier, ot se sont trouv6s plusieurs
mnembres du conseil., Ics ministres et
M. rarcheveque de Vienne; ct que Ia
il a t & question des interets de la colo-
nie, et du m&contentement qu'on a des
diputds (i).
SOri suppose que vous n'avez rien fait
pour la colonies; que vous n'etes occup6s
que de votre intrit 'et de votre avan-
cement particulier : voila les belles
choses qu'on made ici et qui sont
blues dans une assemble de quatre-vingt-
seize diputes, et ou il y a toujours beau"
ebup de spectateurs. ;
Le ix janvier 1790.

Les deputies ont dcrit au ministry de
la marine, pour le prevenir qu'ils etaicnt
itistruits qu'on le pressait de faiYe passer
des troupes i Saint-Domingue.

(i) .yoila ce que l'on appellait le club Massiac,
qui a faith tant de mal.








C ORRESP ONDAN CE
SECRETTE

DES COLONS DEPUTIES


L'ASS EMBLl E CO NS TITU AN T&


N. B. Cette premiere lettre a djal para daos
quelques papieos publics.

Copie de la lettre, kcrite par Messieurs te
dipults de Saintr Domingue d lefrs
constituans a LCap.

Versailles, le ra aoit i78g.

NMESSIEURS ET CHERS COMPATRIOTS

Nous nous empressons de vous fire.
passer une copie de 1'avis alarmant que.
M. le comte de Magallon, 'un de no





( 19 )
Ils ont.iorit dans la Coluie ;: r u' c
Joppose 4 li desic:nte de tlc'!t ::..ire pot' Lr
de tlO'lili'3.
Le 22 Ja ivicr 1i,7.1

Le ministry a rtpondu 11'on n'en-
verrait que le nombre necessaire de
recrues,pourcompleter les ri.gimens qui
sont dans les colonies.

Le 4 FeC'-icr 17qo,

Les d&put6s ont ecrit de nouveau
pour que ces recrues ne soient point
envoyCes dans ce moment (1).

Extrail d'n;i. lettre aux trois c ~;itE.

Du 5, Decembre i 89.

LES ne res, mul..ires lrres, et gens
-e g

(i) Tous ces articles ont et troui' inscrits
sur les re .ifstres de lassembln e qiin les Colois-
iAepuLC tIrii3nent conjointeinceit avec daWureL
Coonis. Ils piouvent qu"l, crai iaknt envoy
de -troupes pi.-ut-poiuvoir se donner -u Anglais,
tj. nfant qve I' ast'm l fi: national itai tarop cctupi
det intirur, t son.'r. a ..u






S( 20)
de couleur qui sont a Paris, se sont
rtunis ai examplee des proprietaires
bflincs, et ont la prdtention, non-scu-
leinent de jouir de tous les droits de
ccs derniers, mais encore ils sent de-
mander que tout mulrtre n0 d'un esclave
soit declared libre. Ce serait le moyen
de metre le desordre parmilesatteliers;
car les negresses ne voudraient plus co-
habiter qu'avec les blancs (l) Ceci est la suite
de icxemple bicn impolitique que les colons
de Paris leur ont donnti n se rhunissant en
orjps. D'aprds les principles de l'assem-
blee national, les gens de couleur libres
obtiendront au moins quant a leurs
propricts, tous les droits de citoyen,
et par consequent leur admission dans


(i) Ceci est une preuve que lespkce noire
en general aime beaucoup les blancs, etque
commnel'observe tres bicla iliard, ilsne haissent
que ceux qui leur font beaucoup de mal.
C onsiderations sui St-Domingue, par H. B***
tome 11 page 73.
Sa q-/ I ,
Tout ceci faLt stir la ndcessitt que ta con-
vention prenne les measures les plus sures, pour
fair ex6cuter la loi du 6i Pluviose par les
Instructions qu'clle donnera A ies dlitgues dans
lea colonies,








Colonies, qui n'enproduirontpas monms
de sucre, de cafi et autres denrdes,
quand les trahisons et les perfidies des
Colons cesseront d'egarer les homines,
nouveaux citoyens de ces contr es.
Voulcz vous savoir pourquoi les
Colons, grands planteurs, se remuent
plus fortement aujourd'hui que jamais?
c'est qu'ils ne pardonneront jamais aux
Assemblies nationals les trois decrets,
qui font leur plus grand eloge.
La Loi du 4 Avril 1792, qui appelle
les homes de couleur a 1egalitd des
dtbits.
La Loi en faveur des enfans batards,
qui les fait hdriter de lets peres.
Enfin l'abolition total de 'esclavage
dans les Colonies.
Ces Lois sont, pour les Colons, irot
jets d aller je pendre.


-O






( St )
Nous avons juge ne pas devoir Ie
prendre sur nous: d'abord on ne peut
ppluscompter surl'obbissance destroupes,
et une defection ginerale u partielle pouwrrait
empoisonner la Colonie d'une foul de gens
infiniment plus dangercux que les enclaves ;
ensuite, si les troupes .restaient sous Fo
beissanc nous avons craint quLon ne
les dirigcet plut6t centre les Colons
que centre les esclaves; et pleins de
confiance, dans unt Colonie, qui est
elleminme armCe pour sa propre defense,
nous avons ,eloigne cette demand jus.
qua la reception de vos ordres. On ap-
pergoitici que sils ne voulaientpas des
troupes, c'etait dans la crainte qu'elles
ne les g:nassent dans leurs projects i-
berticides.
t La pretention des mulatres est en-
*, core indecise et nous reunions tous
,, nos efforts pour la fire tomber ,,. (i)
Nous nous referons a ce que nous
avons eu Phonneur de vous ecrire a cet
egard par notre lettre du

(/ Cl'est de cette opposition etde ces efforts
reproduits de mille manierc, quest resulted la
lutte entire les aris'ocrates de la pe:iu avec les
homines de couleur, appellsiaa jouir des mnmea
droits par diffdrens dicrets.









43 r
lles scralent mises dans un dep6t, pour
etre renvoykes par le premier navire
pour France.
'Ainsi, monsieur votre demand
depend absolument de MM. Its deputies
de Saint-Domingue, que vous pouvez
voir a cet cffet.

Nous avons 'honneur d'etre, etc.

Les rcprescntans du commerce
du Havre.

Signed, touis PAPILLON, DEZBoU
LOGNUE, BELOT.

Au Havre,:le g avril 179o.






nous &tions h.tes de consigner la just;
fiction u'il nous a sur-le-champ pr-
sentc dans note proc6s-verbal du 21
d6cembre, et de la rendre publique par
la vole de F'impression; puisse-t-elle fire
a Saint- Domingue I'effet qu'elle a fait
sur nous qui sommes tous les jours
'teimoins du zec patriotique de ce digne
,colon !
Nous devons vous rendre compete de
notre position, et soumettro notre con-
duite et nos idles a la colonies, vraiscm-
blablement assemble.
Nous sommcs arrives ici avec des
cahiers de doleanccs, qui contenaient
un project de formation d'asscmblees
coloniales. Tout cela nous ktait donned
a titre d'instruction; et nos constituans,
etcndant nos pouvoirs jusqu' l entire
libcrt6 et a la confiance la plus abso-
lue, nous avaient autorises a modifier,
changer reformer, ajouter enfin a de-
mander tout cc qu nous croirions con-
venaible a la colonies.
Nous avons et '& Assemblke natio-
nale au nombre dec six seulemnent, a
raison de la population de la colonit.
$.3





( So)
firmer, ct de la prdsenter Ala sanction
du Roi. (1)
Avant d nous expliquer sur.cet objet
important, nous vous donnerons quel-
ques d6tLails particuliers.
L'h6bic de Massiac, qui nous a si
violenmeut combattus, semble dbranlk par
les mouvemens qui se sont passes au
Cap; tous les details annoncent quela
Colonie entend conserverla d6putation,
sauf a r6gler ses pouvoirs ; et 1h6tel
de Massiac semble attendre ses decisions
avec la nmem impatience et le .mme
respect que nous.
Ces Messieurs ont paru desire, et
quelques places de commerce ont ex-
prime le meme vceu, qu'on obtint du
pouvoir executif des forces pour pr-r
venir les d:;ordres qui pourraient se
passer dans les Colonies de la part des
esclaves.


( ) Vous voyez toujours la prevention des
colonies de fair leur constitution et de la
opposition qu'ils ont mise a 'ei:ecution des
drcrets nationaux, et de la les troubles it les
disastrei des colonies.







-Marc, ci-devant sellier-carrossier, rue
de Seine A Paris : c'est un forccne,
( qui pLarle de braver la corde et quc
, nous recommandons .a votre vigi-
, lance ,C. "
M. de la Fayette, membre de la So-
cit' des Amis des noirs, a_propos a
un dtputi de la Martinique d'ktablir des
coinfdrences entire quelques mcmbres de
la Socidth ,les Diputes, des Colons de
Sl'h6tel de Massiac et quelques negocians
des ports, pour s'occuper du soulage-
ment du sort des Nkgres. D'abord une
semblable proposition aninonce que les
amis des noirs temperent beaucoup;
ensuite il n'y a stfrement pas de Colon
qui ne desire l'amilioration de la con-
dition des esclaves ; mais nous n'avons
pas cru devoir nous peter a un project
auquel nous ne sommes nullement au-
torises, et qui pourrait Se pas convienir aux
Colons (1). La plus grande circonspec.
tion sera notre regle dans les circons-
tances critiques on nous sommes,jusqu''

(i) Jugez d'aprI Gct aveu des principles des
Colons, puisque Plamrlioration du sort: de Icurs
esclaves ne pouvait leur convenir.






( II )
, prudence. C'cst ici qu'on a bcsoin
SdeC toute sa tete: nc ri ,rillo pr.
SLfenllicii, mIis n ous ]tissons pas sur-
, prendre. Veillez, encore une fois,
, vtillez; CAR L'ASSEMBLEE NATIONAL
, EST TROP OCCUPEIE DE L'INTLRIEUR
, DU ROYAUME POUR POUVOIR SON-
., GER A NOUS. Nous avertissons de
7, tout c6t6 les Am&ricains de voler
,, a la defense de lear patrie: sans
,, doute la plupart vont s'erbarquer;
is IL Y AURA SUREMENT QUELQUES-
, UNS DE NOUS QUI LES SUIVRONT (1),
? en attendant que tous puissent se
D, r .unir. Prenez les measures que vo-
'9 tre sagesse vous dictera; observe
n bien les personnel et les choses;
a QU'AON ARRETE LES GENS SUSPECTS,
o t:iON SAIStSSE LES LCRITS OU LE
, MOT MEMi E DE LIBERATE EST PROc
5 NONCE; redoublez la garden sur vos
habitatiors, dans les villes, dans les
bou'gs; par-tout attachons l:s gens de
COUlr l .ibb.M, MEFIEZ VOUS DE CEUX
QUJI VONT VOUS ARRIVER DIEUROPE.

(l) En effer I'archeveque Thibault quitta
'aiselilb1e constituante pour y aller.







Nouj regardons cette espice come le vrat
boulevard de la sireti de la colonies. Vous
pouvez les assurer que vos deputies,
qui sont aussi les leurs, s emploicront
avec zele aupres de 1'Assemblte na-
tionale pour I'amelioration de leur
sort., et pour leur procurer la just
consideration qui est due a tout ci-
toyen qui se comporte honnetement.
-:N. B. Cc post-scriptum est de M. Gerard.

Letire des mimes aux chambres du commerce.

Du i8 Septembre., 1789.

SMESStEU RS.

Comme la suirete de Saint-Domingue
exige que lon prenne en cc moment
toutes les precautions possibles pour
s'opposer au desordre don't cette isle,
est fienacee, n ous vous prions ins-
tamment d'employer tous les moyens
qui sont en votre pouvoir pour em-
pecher.tous negres et tous mulatres
__ de_sembarquer_ pour ha colonies. Vos
interats qui sont insdparables des n6d





























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digitized on-site under the
LLMC Extern-Scanner Program,
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UNIVERSITY OF FLORIDA LIBRARY






S( 42

Lcttrc a M. .....

MONSIEU R,

Vous nous dcmandez, par la lettre
que vous nous aAcz fait I'honnaur de
nous ecrire le premier de ce. mois, s'il
vous serait possible de fair repasser
un negre dans les colonies.
Malgrd le decret rendu que vous
nous citez, qui doit ramener le came
dans les colonies, nous vous disons
que nous n'avons rien change encore
au regime qui a 'te adopt, de ne lais,
ser passer aucune personnel de couleur,
d'apres la reclamation qui nous en a
_tt faite par MM. les d6putes de Saint-
Domingue, rcsidans a Paris, qui nous
ont invites de continue a y tenir la
main.
La chambre du commerce du Cap
nous a 6galement fait par que I'assem-
blee provincial a arrete qu'aucune
personnel de couleur ne serait rescue
dans la colonies, et que s'il en arrivait,







tres, vous, front, sans doute, ap-
prouver toutes les measures qui seront
S commander par les circonstances, ct
ncccssaires i ctt effet (1).

Extrait des letres du Cap.

Des -o e", So Novembre.

LES nouvelles qui nous sont venues
de Paris, adressics a divers particuliers
du Cap, dissent que la deputation est
tombfe dans Ic mrpris, et par sa con-
dluie d'une .part, ct par sa scission
enItfelle et les habitans residans t Paris:

Que M. de Thibaudiires sacrifice tout
i son intCrit personnel, et que la pers-
pective di 'inttldance de Saint-Domin-
gte lui fait' oublierles imnthets don't il
est charge':
Ceu p I '
,i ) Cettp .lIetrstit connaitre 4 quel t.cks
d'audace les Cpos .dipuats s'tajerit portes.
n1 exi.tle des preives au cgmite des colonies
tnix- b'idi'ea'a -lar-narmie-, des riclrmnitions
sljm les. emnbhrquements, rcfutis! .aux homonies
4i,couleur .4 ce te,.ipoque,. ,
Quec







Que M. de Regnaud, dppute en la
place de M. I'archeveque Thibaut, vcut
,tre lieutenant-gendral, et vise a revenir
general a Saint-Domingue; que, malgre
hil, ses sentimens se manifestent:
Que M. de Cocherel veut la croix
de St.-Louis, a laquelle grace ii sacrifis
ses obligations et ses sermens :
- Que M le marquis de Gouy est huiS
lorsqu'll porte la parole, et que tout
le monde lui tourne le dos:
Que M. de Perigny est une machoire
i detruire iille Philistins :
OQuC M. de Gerard a de bo4nnes vues
at .sages mais sourd comme uh pot:
Que les caracter.os de MM. de Gouy,
de Regnaud et de Cocherel, sont peu
concilians, s'opposant a tout le bien
qu'on youdrait opyrer:
Q.ue M. de Rouvray.seu n'abandomanc
par les int&r^ts de la colonic qu'il d fcn
avec chalcur (i): ,
avcc h 1 *- ' . .... ,

(z) C'est que ce Rurvray Ltait un dces p'lu
chauds partisans de l'indepcndance.





Nous feronsvaloir avec Force ceque
nous apprenons que vous avez fit pour
cux, en les admettant aux Assemblces
Primaires de la paric di Cap, et les
marques de reconnaissance et d'attache-
ment que cette justice leur a inspires.
Nous devonsvouspr6venir acet guard,
s de veiller sur un sieur Oge, jeune,
, que nous avons deja dCnonc pour
,t une lettre audacieuse ecrite par lui
c; a un de nos collogues, Nous sommes
avertis qu'il passe dans la Colonic avec
six supp6ts ; qu'ils onrt voulu ttre seuls
passagers dans le batiment oi ils
passent; que cet homme et ses adjoints
- veulent soulever les gens de couleur,
s et qu'il est important de s'assurer non
,s sculement d'eux, mais de tons ceux
, de cette espece, et de tous les gens
" suspects qui pourraient arriver ,. (l)
On nous a annonce le meme project
d'un mulatre, Fleury, Creole de Saint-


(,) Voila comment les Colons blancs ont
persecute les hommes de couleur. II est si
faux que eI citoyen Ficuri ait ite & Saint -Do-
minguc, que la section certifiera qu'il na pas quit a
Paris depuis vingt ans.

s .- *^-L .





. *( 3:s )
pour avoir le dce'' d'ac-iuvitc neccssaiie,
et que des assnmnblc s nombreuses, qtui
ne s aurticnt $tre pcrmancntes ne pcu-
vent pas avoir.
Les assemblies coloniales doivint
s'en tenir au pouvoir de demander,
dans les loix et administration, les re-
formes, les suppressions et les innova-
tions qui leur paraitroit convenablcs.
Oue les projects soient presents t la
sanction dzs administrateurs; et que s'ils
la refusent, assemblele national en
soit le jugce
Pour le rest, c'cst au temps et
aux circonstances a amener rexamen et
]a rflexion. Les assemblies seront &taZ
blies pour toujours. Les abus se pr&-
senteront et seront discutis successive-
ment, et on les corrigera avec Ic temps.
Nous devons considCrer que nous
sommes entitrement neufi A la 16gislation
el a administration, et qu'il faunt laisser
muirir nos idles avant d'embrasser beaucoup
d'objei.
Les gens de couleur pourraient-ils
supplier aux milices ? No'us comptons .r






SS27 )
de l'AsscmblLe ct des instructions que nous
y actions pi; i/:s ia colonie les rfor' I'craf,
ci t nos en e nveUrrait d'autres plus rlatiras
aux circonstances E plus rjlchicjs conmme
plus prec:icis.
11 fallait cependant rectifier les idWes
lominantes sur I'importalice des Colo-
nies sur 1'tdat des n6grcs su, l:a nl-
ccssie de I' itinknir I esciadage et la iraile,
sur lc dlgreL e conlidncc quf'l pos'vait ac-
.order anu amis des noirs.
C'est a quoi nou nous sommes at-
tach's. Nous avons, recherchi les ,DPputs
pre)ifnderans ci dans les sbureaux, et dans
les comiUts, ft dans les socides parhliuliere ,
et dal.s aIas.emble en(rme; nous avons mis
la vdrit& sous les yeux, et nous en avons.
ramene un grand nombre.
Nous avons r6pandu a profusion
46 qudlqices 'crits propres I rectifier les
; idWes, nouis les avons faith circular
dans les villes .de commerce, et nous
1 avons excite leurs riclamations ,,.
Leurs Deput's rl'Assemble national
tkiojours nos ,. adversaires sur leur intirdc
pLeronnel, Ie rginie excdnsfde commerce, (1)

(5) Ceci announce bien rlairement que lts






A VE. RTI SS E ENT


LES lettres qu'on va lire ont it. extraites
d'une parti de la correspondence se-
crlte de la Deputation de St.-Domingue,
sous rAssemblie Conbtituante. Cctte
correspondence fut imprimee \veIs le
mois de Mai 1790 pour fair connal.re
les principles de ces marquis colons sur
notre revolution. Si-ces lcttres sonl re-
produites aiujourd'hui, c'est encore pour
mettre sOUS les escux de la Convention.
les principes de ces Colons afn qu'elle
puisse les juger. Car si i I'ipoqte du
i't Aout i7 89, ou nous.ne commenecons
qu'a secouetr nos chainss, lesColons
nous peignaienit coimme ivrcs d.e li-
i -' . .~i r J t .
_ i5i"' t 1 I1
Dbert com .ient oiet ieuv-is- nous
trouver aujourd'hui qu'll nc rcste aucunc.
trace d'e:;slavage pas n "iue danrs les

(i) Voycz cette depression dans leur premiere
lett Li
Az