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Cover Title Page Title Page Table of Contents Table of Contents Introduction Page 1 Page 2 Page 3 Page 4 Page 5 Page 6 Page 7 Page 8 Premiere partie Page 9 Page 10 Page 11 Page 12 Page 13 Page 14 Page 15 Page 16 Page 17 Page 18 Page 19 Page 20 Page 21 Page 22 Page 23 Page 24 Page 25 Page 26 Page 27 Page 28 Page 29 Page 30 Page 31 Seconde partie Page 32 Page 33 Page 34 Page 35 Page 36 Page 37 Page 38 Page 39 Page 40 Page 41 Page 42 Page 43 Page 44 Page 45 Page 46 Page 47 Page 48 Page 49 Page 50 Page 51 Page 52 Page 53 Page 54 Page 55 Page 56 Page 57 Page 58 Page 59 Page 60 Page 61 Page 62 Page 63 |
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This copy of a rare volume in its collections, digitized on-site under the LLMC Extern-Scanner Program, is made available courtesy of the UNIVERSITY OF FLORIDA LIBRARY , UT COMMER-CE --DEPS P COLO ELOIS, SES PRINCIPLES ET SES LOIS, La Paix efl le temps de rigler & d'agrandir Ie Commerce. .1 1 7 8;. YSII1224 r 4 T AB L E. IstTRO cr T pag. 1 P R'EMI ERE PART E. CHAPIT RE PREMIER. Contre les lois pro- hibitives appliquees aux Colonies Franfaifes de P'Ame'rique. 9 CH AP TRE I Du Commerce, de la Na i- gation, & des Matelots, des Negocians des Fabriques. 18 SECO NDE P AR T I E. CHAPITRE PREMixR. Du Commerce des Etrangers dans les lies Franpaifis de AlAm'- rique ; motifs de l' Arrit du Confeil du 30 Aolit 178' qui accord dans les Colonies plhfieurs entrepots aux navires e'rangers. 32 CH APITRX JI. Pe la traite des Noirs. 48 Fin de la Table. L--l- -~9~e~ sr~---- _.~ __~ u I I NTROD L C T lON. ' LA rcompenfe du travail feralt mefure fur les products de chaque territoire, & la nature du fol donnerait par-tout des boni'es A la population, fi le Commerce netait pas, entire les mains des Peuples, un effort uni., verfel qui fert a etablir une puiffance indireas d'une Nation fur I'autre, & qui communique fes impulfions jufqu'aux extrnjites de 'Uni- vers. Sous ce rapport, le feul don't les hommes- d'Etat puiffent etre frappis, la dire&ion di, Commerce ne doit pas etre foumife aux vues des Negocians, don't unique fyftime eft d'a- cheter a bas prix & de vendre cher: elle eft un des principaux objets de I'adminiflration pu- blique, qui a pour but de multiplier les changes & les travaux, & ne confidere les Marchands que come des etres adifs, que le ddfir de gagner rendrait nuifibles a la Na- tion elle- mmee, ii flon ne favoit pas leur. donner des occasions de fire payer & strangerr l'imp6t de leurs services.. Ci) Cependant les Lois commercials de prefque routes les Nations ont ete diAees par les Com mnerans, parce que, dans des temps oh les lumieres n'1taient pas gne'ralement r4pan- dues, ils etaient a peu prhs les feuls que l'on pit confulter fur les objets deleurs diverfes entreprifes. 11 e eft refiltte de grandes contradifions entire l'interet commercialde chaque Peuple , & les Reglemens particuliers de f6o Com-' nierce. Golbert, don't Ie genie a plus influx que ne peut croire le vulgaire; fur la situation & la politique a&uelle des principals Nations de rEurope (1), avait devaace par fes lu- (t) Colbert avbit attire en trance kls Arts & l'in- 'dufrie, que Louis XIV en chaffa dans fa vieilleffe. Les hommies habiles & pleins d'Vnergie qui pafTerent en Angleterre apris la revocation de 1'dit de Nantes, y porterent les grades idWes de Commerce & d'adminiif- tration civil: ddlivrds de toutes entraves, leurs rfpcula- tions ie porterent au .degr, le plus dtonnant. C'eft A leurs entreprifes que l'Angleterre dut fes fabriques, Ton cor.. merce, & fes navigations hardies. Maintenant que ces germes de profpcriti fe difpofent a revenir dans leur pays natal, ne les en chaffons pas par des id'es rcurecies de mocopole & de ptohibitioa, - ineries ious fes contemporans. Ii peifalt ique la France, pour rendre les autres Peu- ples viritablement tributaires de fon induf- trie h'e devait mettre dans ia iiaffe du Comn imerc qte Pichange de fon fupeiflu i qu'ert toute circonflande, le Commerce des objets tnanufa&ures 6toit preferable it celui des ma- tieres premieres, & que les encouragement donnes a- la peche les voyages du Nord, I1 sabotage des c6tes de la France qui domi- nent fti les deux -mers, etaient les feuli moyens de fournir des Matelots a nos forces navales, . Avant iui, ta France avait deja def Colo4 tiesi mais, fbumifes & des Gouverneurs pto- prietaires "veiXes par des Compagnies exclufi- ves, elles ne produifaient Hen a la Nation & leurs etabliffemens languiflaients. "Les Hollandais & les Anglais dejla eabli dans ies Antilles porterent aux Franais i leurs voifins, des fecours en tout genre, &- es Negres qu'ils firent fortir de leurs Colonies paurt aider aux entrepiifres de nios Cultiva- teuts, flient la reffource & les premieres caufes de la fortune de ces derniers. 1 fallut alors fupprimer les Compagnies ex- yufives, ~ les Colonies reflerent pou pr4 A ij ouvertes aux Navigateurs franpals 48 trattr gers. C'eft par des introdudions interlopes d'ef- ctaves --dinfcrumens aratoies ,que ces Colonies commencerent a fleurir: mais a peine donnerent-elles des revenues, que les Fran- _ais voulurent en bannir des rivaux don't la concurrence leur impofait la neceffite du tra- yail & de l'conomie; ils demanderent do nouvelles lois prohibitives, afin de gagner beaucoup en peu de temps- &ans pine : is ne reuflirent dans leurs folliciations qu'ea p72=7. Ce fut :epoque du privilege exclufifeR faveur des Negocians franqais. La peine de galeres & la confiscation des biens fut prononcee centre ceux qui favo- riferaient faces des strangers ou des mar-- chandifes etrangeres dans les Colonies (i j. Aufli-t6t les Armateurs de France abandon- merent toutesles autres branches de Commerce, pour fe livrer a la navigation des Antilles & I la traite des Noirs, qui, pendant foixante ans, ont donne des profits toujours croilfans, & don't il n'y appoint eu d'autre example dans les annales du Commerce. UIs ont ainfi retire tous les profits &etabliffemens qu'ils navalent o es I' ( ) Lettres patentes de z727 centre, Ie Commere i5rangr.: pas fatsr, qu'ils etaient hors d'etat de fair, & que leur aviditi ne ceffait pas d'dpuifer (j). .Sous ces lois exclufives & barbares, tou- jours enfreintes par les Colons &les Adminiftra- teurs, toujours vainement reclamees par les Wiegocians, les Colonies oat tprouve de grandes detreffes : elles fe feraient detruites, fi -a hardieffe-des fujets & l'humanit ede ceux qui gouvernaient, n'avaient pas brave la ri- gueurde-ces reglemens injuftes qui s'aneantif- faient par leur cruaute meme. La navigation a tet negligee, & tous les armmemns qui exi- gent de r conomie, onet t6 abandonnas a des Peuples moins favorifis par la Nature, mais excites par de meilleures lois. Les Negocians de nos ports n'ont point ceffi de s'enrihir & d'etre cemplaces par des hommes nouveaux, qui fe font enrichis a leur S tour, tandis qu'il-a fallu quatre generations pour former ces grades fucreries qui ne font pas encore a leur plus haut degr6 de product: Ia Colonie de Saint-Domingue n'eft pas a la moiti6 de ra culture. Ce retard eft proven du defaut (x) .11 eit de faith que les N-gocians de la Mitropole n'ont pas introduit la moitie des Negres qui ont itd ap- porits a Saint-Domingue depuis l'tabliflement de cette -- Colonie. _ i r o Negres, & de la contrainteo h les Plan- teurs ont et& pendant foixante ans de jeter - %ne parties confiderablde d leuis revenues, que 1es Negocians de Prance refufaient' dexpor- ter (r). us ne voulaiente ni fouffrir que les strangers en fiffent des enlevemens, ni en donner aucun prix, On a done toujours &6 oblige de fufpendre Yeffet de cestois injuRes &-- e les modifier, - Les guerres, les ouragans, les tremblemens de terre ont ndce(fit6 fins ceffe 'admiflion dis strangers dans les Colonies frangaifes, don't les Marchands nationaux ne craignaieist pas d'occafionner les pertes, fans pouvoir aider ,- les rdparer. Enfin, le Commerce des bois 8 des falaifons, & Iexportation des melaffes & firops, ont donned lieu en 1768 ~i tabliffe- went de deux entrep6ts, Fun au mBle Saint Nicolas pour Saint Domingue, ,& 'autre I $ginte-Lucie pour les Ifles du Veints Ces deux entrep6ts exciterenti les reclamaa tions des Negocians de tous les ports du Royaume, qui ciaient : Les Colonies [fnt faites our nous confondant toujours leur interest evec celui du Royaume: mais Y1 Gouverne- ( I) e I firops 8i nelafres ------ -+_ S71 Inent, rafulre centre ces clameurs par futilit Evidence de ces nouvelles mefures, a crude- toir y perfifter. L'augmentation rapide de la culture & du Commerce national ont juftifit fa prevoyance. L'6venement miimorable qui a rendu IPA mrrique Septentrionale a elle-meme, exige do nouvelles combinaifons politiques. Des peu. p!es nouveaux, fobres, & navigateurs, qui no font riches qu'en denrees d'utilite premiere fe trouvant places entire la France & fes Co- lonies de rfAmerique, ne tarderaient pas- rompre les barriers qu'on voudrait leur op. pbfer. 11 vaut mieux accorder aux befoins refpe&ifs de nos Colons & des Americains du Nord, tout ce qu'on peut c6der fans bleffer les interts de la Nation, que de caufer, pat des prohibitions mal entendues, une contre-, bande fi generaie qu'elle ferait fiditieufe. En affurant Ia Metriopole tous les pro" duits des Colonies, foit qu'elle puiffe, ou no puiffe pas fubvenir a leurs befoins, ce feraitocca- fionne aux Colons des pertes qui ne tarderaient pas a fe fire reffentir ans toute a nation. .Un Arret du Confeil d'Etat dr 3o Aoiit dernier, qui a fupprimd ces anciens entrep6ts du m6le & de Ste; Lucie, & en a fubftitu4 __ ___A iv i_'autres en plus grand nombre & plus port' d'etre furveilles par 'Adminiftration, permet aux strangers d'importer dans nos Colonies des bois de charpente & merrains, des falai- fons de toute efpece,- du-riz, des grains, des fruits, & des animaux vivans. Les Negocians des villes maritimes difent gue par cette loi le Commerce eft ruined, la navigation ditruite; que ladmiflion des dtran- gers dans les-Colonies eft contraire aux pritn- cipes de leur etabliffement. Nous prouverons dans ces Mmoires, que" loin d'avoir a redouter de femblables inconve- niens d'ue tolerance devenue neceffaire & lditee par experience, la politique, & lhuma. nite, il en rdfultera les plus grands avantages pour toute la Nation, & qu'on accdlererait le -.. mfentde-jouir-deees-avantages,-en-aouttarrt aux importations deja permifes aux strangers, telle des Negres de Guinee. Pour difcuter avec mithode ces objets ilwre -grande importance pur toutei-la-- Nation, examinons d'abord quelles font les lois prohibitive que ron veut maintenir on rappeler, & quel en a &t6 reffet relative- ment auxColonies, la navigation, & aux manufadures du Royaume. +9 DU COMMERCE DE-S COLO N IE S . cc_____ -I Ih-I *i *1 iU PREMIERE PLATIE., CHAPITRE PREMIER. Contre les lois prohibitwes appliquies aux Colonies Franaifies-de FAmdnriue. iE but que I'on fe propose en etablifant des Colonies, e'eftdc procurer de Pouv aux debouchess aux marchandifes fuperflues de la Metropole, en change d'autres denrees utiles ou plus faciles a commerce. Les colonies des Iles de rAmdrique font fortir tous les ans de la Metropole, des mar- chandifes plus precieufes par la main d'ceuVre r ro 1 qfe par leur matiereg & fourniffent en change des denrees qui ont une faveur decide dans tous les marchEs de l'Europe. Pour coiferver ces deux avantages, falloit- iI foumettre ces Colonies A un commerce ab- folument exclufif? Nous nous croyons bien fondes i dire qu'il ne le falloit pas, parce que, fijamais on n'avait fufpendu ou modern cetto exclusion, la fecondite des terres n'aurait pas elle-mAme furmontd les obstacles que le pri- vilige exclufif apportait lIa cultivation. Ces Colonies font enitreprifes par des Blancs & defrichees par des Negres enclaves. Elles ne, produifent que la m,oindre parties dees choes neceffaires A la fubfifance des Blancs. ElIes ne produifent pas mme fuffifamment de vivres pour les Negres. Mais elles donnent en abondance des den- rFes precieufes au Commerce. -La nation a-t-elle un veritable profit Jeur fournir exclufivement tout ce don't elles ont befoin? Non ; il fufli de s'affurer du plus grand debouche des manufacturers na- tionales, d de la recette du produit des Co- lonies dans la plus grande extension poffible. II n'eft jamais utile d'enlever la Mectro o dle, des comeftibles ou artres objets de pre- miere neceflite, pour les porter dans un autc. hemifphere, tandis qu'on les vendrait auli bien en'Europe, & qu'on pourrait en trouver un emploi plus utile dans le fein de la Nation nime par augmentation de fes fa- briques (C). Mais s'il etait impoffible a la Metropole :4 d fournir des comeftibles a ces Colonies un prix convenable, fi cela dtait demontr6e par Vexperience & par le raifonnement; ne ferait ce pas aller centre le but de ces eta- bliffement, que.de s'y referver une fourniture exclufive? Quand meme les lois faites autiefois pour les- colonies fucre eutlent ti fondees fur do meilleurs principles que celui de donner aux SNegocians nationaux deq occasions fans bor- nes do seenrichir ces lois auraient depuls long-temps cefl6 d'tre applicables. Les gre, niers de ces Colonies font dans l'Amerique (i) 11 ne peut farais etre avaniageux a ta lNation de porter a Saint-Domingue des farines ou des grains;. if ne faut y porter que des. objets de fabrique. C eft dans I'Amdrique Septentrionale que font-4es-grenieis nacutcl do e. aules Ic esd.e l Achifei occidentaLt Septentrdonate, les marches o fe. vendent leurs produits,dans toute I'etendue du monde, & la recette genrrale de ces products dans le fein du Royaume. Les denrees que 'on export des lies Fran- aaifes s'elevent chaque annie a cent cin- quanti millions (i). Les habitations de St. Domingue fourniffent les deux tiers de cette fomme, qui, fe pregnant fur les confommateurs de tous les pays, forme en ration une cir- culation que lon ne peut calculer a moins de ix cents millions : cette fomme immenfe fe repartit entire les Ouvriers & Manufaturiers en tout genre, -les Prepofls _auxFermes Royales, les Banquiers, Negocians, Naviga- teurs, les Colons _&leurs fubordonnes; enfin- a un people innombrable aux profits du quel les lois exclufives de toute importation itrangere ne tarderaient pas i apporter une diminution considerable. Car pour produire il faut cultiver : empe- cher les Colons de fe procurer les fournitures don't its ont befoin au meilleur marched pof- (i) Sans 'y comprendre te prir des melaffes & firops. . f~be, c'eft emp cher la culture & tarir la force des richeffes. C'eft du product qu'il faut s'occuper, & non pas de la furniture. Queles Colons bi- tiffent : peu de frais des mag2ins & des fucreries, tant miexi; qu'ils nourriffent leurs efclaves mieux a & meilleur' march, tant mieux; qu'ils achetent mne des Negres de trait trangere s'ils y trouvent -d bnedfice, tant mieux encore, -puiqu is ne cultivent que pour la1 Mtropole 8 felon fes vues, & qu'apris que-- toutes les Nations ont paye en achetant leurs denries, le tribute qielles devaient a leurs etabliffemens, le refultat te eit verfi dans les ports de a France (1). II faut conciure- dces verit s, qu2il 4y-- -eu de grande erreurs dans la mnaniere don't les Colonies des Iles Occidentales de rAmI- rique out Ite jufqu'a prt ent dirigees, & la premiere de toutes a ete re'tablifement des lois prohibitive. SOn allegue a ce fujet un pafage de Mon- ({) Nous ne croyons pas devoir rappeler ici tons les principles de l'adminiffration des Colonies, is font connus d4formais,, viennent d'pcre parfaitement refurms dans an Ouvrage d'un ancien Adminiarateur. tefquieu: mais cet Ecrivain ceiebre,- n traw gant une idee general fur les Colonies, n'a pas entendu qu'il ne dut etre fait aucuhi attention r efpece particuliere des Colonies &: fucre ni e aux r evolutions que fubirait le Nouveau Monde hi eenfin l'impoflibilitd d'approvifionner exclufvement des homes qui vivent 4 deux mille lieues de la MItro. pole, & qui ont en abondance dans leur voi- finage toutes les chofes don't on les laifi.f manque., II dit ailleurs, avec plus de juftefTis que les Infulaires doivent tirer leur fubfiflance de IUnivers entier . Les lois prohibitives etaht Af nuifibles i nos colonies de l'Amerique, que unique reffource etait de lesenfreindre fans ceffe, les Colons Sont OrfiftO pour 'interet -mene de--la-M& tropole & les Adminiftrateurs ont fermti les yeux fur des introductions qul ne pouvaient jamais etre flrlles; enfin les etabliffmens fe feraient aneantis, fi des .fecours puiffans ne leur avaient ite fournis par les strangers des leur naifance & dans les interruptions que les guerres apportaient a a tyrannie du Com, mnerce national. SLefprit de faveur & d'exclulon eRl oppof6 A tout bon priacipe de Gouvernement,& quand ta n&cerittI de prohiber n'eft pas P videmment demontree, on dolt laifler fubfifter la told- rance & la liberty. En fait de Commerce, de finances ou de manufaaures, ceux qui foutiennent le fyfteme de la liberty n'ont point de preuves i four- nir, parce que 'eft L' tat natural des chofes c'eft ceux qui demandent le monopole ou le privilege, a ddmontrer que des raifons d'- tat le rendent indifpenfable; car les privileges S- font-odieux-en- eu-x-m6mes; iit eft-de la fageffe Sdia Gouvernement de les refteindre toujours, Sans jamais les etendre , Qu'eft-il refulti du Commerce exclufif do Saos Iles en faveur des Ndgocians du Royau-: |me? L'abandon de toute autre efpce de na- vigation, raffaibliffement & la dimipution de la race des Matelots. Ce CommerFe eft de' venu lucratif ; mais la ,culture .6 td retar- dde: la fertility des terres inte4igence,'ac tivite.des Cultivateurs, des capitaux tranfpor- ts fur ces terres ficondes, de routes les par- ties de tEurope, ont peine pu fu. re i ba-a lancer les pertes & les prejudices qui reful- taient de ces lois barbares. Sans ceffe il a fall les fitfpendre pour evi- ter la ruine des ~tabiffemens. Or rin nr ". .. '* '* ^ :' 1"' * prouve ileux le vice des lois, que leur inex& | cution.. Quand la raifon publique s'~ltve cin- quante annees contre des reglemens, leGou- vernement ferait inexcusable d'y vouloir per- fifter. L'affluence des denrCes commergables quil viennent de nos Colonies, doit conflituer une part, effentielle de la richefle publique & ili fvrait abfurde de la donner en profit & fans reserve a quelques particuliers qui fe croi- raient bient6t intreffis & diminuer la quan- tite de ces denrees pour les vendre plus cher; ceft le patrimoine national. LesCoompagnies exclufives bruilent ce quel- les nie peuvent exporter, de m&tn pendant foixante ans les Planteurs de nos Iles ont `t6- reduits jeter dans lis paturages les matitres don't les Negocians de France ne favaient & ne Voulalent tire aucun part. L'interet du gloyaume & celui du Commerce eft qu'il y ait beaucoup de denrees commerrables &.beau- coup d'hommes employes; Ifintert particulier de chaque NMgociant et 'de diminuer la quan- tite des objets commergables, afin de les vendre plus cher, pace que c'ef toujours la raretiquietablitle therprix. Airifile Commerce exclufif nuit igalement aux Colonies & atw people du Royaume. Tiret Tirer des strangers les objets que la Me- tropole ne peut fournir que difficilement & A un prix excefif, c'eft augmenter dans la Colonie une profperit4 toute a l'avantage do la M6tropole, puifqu'elle en retire plus ded denrees & y trouve un pits-girand debouch6 des ouvrages de fes fabriques. tes Colonies ne doivent exifter que pour lutilitd generate de la Nation; mais cette utility n'eft point la confiquence des lois prohibitives, qui ruinent i la fois les manu- faCtures, le Commerce, la marine, & lesColo- nies, pour enrichir quelques particuliers, au prejudice du -Commerce quo ces derniers s'emprefeont de quitter. C HA PIT R E II. Du Commerce, de la Navigation & des-- Mte-- lots, des Ne'gocians des fabriques. iLE Commerce porte la puiffance des Etats au delay de fes homes premieres (0I) & utility des changes a fait nature la confiancc nceceffaire, que Pon donne aux commergans; ils font A. la fils les debiteurs & les crediteurs de la Nation; & lorfque les changes qu'ils avoient project n'ont pu fe realifer avec benefice, les lois viennent a leur fecours, & leur font indulgentes. Le Cultivateur & 1'Ouvrier font en ce cas le sacrifice d'une parties de leurs t__ ravaux J l' utiit g4ni ale du Commerce, qui en realife le prix. Les ouvrages inferieurs, le caprice des confommateurs, & la reciprocity des advantages entire les Nations voifnes, auraient rendu ces pertes tres-fr6quentes, fi la puiffance publique (i) Les clangers donnent aux homes 8& a leurs travaux, des filbflances & un prix que la Nature du fol qu'ils habicent ne Iauraieut leur promettroC tfavalt pas: acquis de nouveaut efforts 'af* la foundation des Colonies. La bonne administration de ces 4tabliffe- S nent iconfifte a multiplier les :dentres coloI Iniales, pour les revendre !' stranger, & iiorl pas a borner la fortune publique au plus grand Benefice d'un..petit iombre d'agens. S'il eft demontre que le Commerce de nos Colonies occaflonne uie circulation annuelle de fiz cents millions., il elt egalement conflant quit fournit. aux finances dui Royaume plus de cent-millions de tributs annuels, quife payment fans 'efforts parce ique cette contribution publique aft prdlevee fur les benefices du travail, &fur les plaifirs du luxe que procure Ja richeffe. il exile quelque moyep cd devie l. malheur de dem.arder au pauvre une p.r- S ion de fflqbfiftabce 4 e celle 4 fes en- fans, pour Loutenir les charges de FEtat & les depenfes, du Gouveinement ceft eni augmentant dans les Colonies une opulence qui rellue dans touted la Nation. ,fa conversion des marchandifes de lal - Stropoe en denrdes colonials in'eft avantva geife qu'T proportion. de la fuperfluite de cea marchandifes, & delay difficult qu'il y aurait B ij IN A les vendre autrement. (j) l peut done etrh utile d'exciter les strangers & porter dans les Colonies les objets qui font chers en France, & que ron ne peut en fair fortir qu'avec defavantage. Les premieres importations de Noirs dans les Colonies Fran9aifes de l'Amrique avant 1720, ont ete faites par les strangers; c'eft la Mctropole qui en a retired le fruit. Les strangers ont approvifionn fans cefe ces Colonies de toutes fortes de comeftibles (), & n'ont requ en payment que-des denrdes inutiles a la France; il en eft rdfulti des (,) Par confrquent la conversion ou I&change des marines, de la more, ds bois, &c., ne pent pas atre regarded come avantageufe ala France, parce que ces objets ont une grande valour dans le Royaume &6 s'y vendent-facilement. II n'en eft pas de mime des vins, des hailes, & des objets manufatures, qui fe vendent moins aifmernr t que ul cre, Ie coton, &c. (I) Nos Colonies ont it. abandonnies des natio- x naux pendant les guerres, & ce n'a et~ qu'i force I de travau,- intelligence & de privations, que les o Colons font parvenus a maintenir I'exiftence de lenrf P trabliffemens *-. Infiruitons donnies I an Admi* ilftrateut fous Ic i4iftcr de M. dO ChoifeiJ. C'21 1 ipargnes, des' accroiffemens de cttture, des amas de denies de quality fuperieure, don't la Metropole A retire le prix; & nos Negocians, qui ofent fe plaindre, ont encore enleve tous, les metaux & toutes les efp&es numeraires que le Commerce Amiricain fans ceeff renouvelle. c fait circuler dans sos Colonies. Ils parent toujburs de pertes & des fommes qui leur font dues, difent-ils, dans' les Co- lonies; mais it eft demontrd que toutes les dettes de nos Colonies ne s'dlevent pas au tiers d'une annee de leur revenue; & la fuccef- fion rapide des ralfons de Commerce de nos Villes maritime, prouve que beaucoup de os Marchands fe retirent fans cefe ~S portent les fommes qu'ils enlevent au people aborieux, dans ces grandes families, cette oifivet6, ces grandes charges, & ces biens honorifiques oh tout fe perd & s'engloutit au milieu des chi- Tmeres d'une vanity fans bornes. Si malgre les guerres & Finfuffifance des fournitures nationales, fi.malgre d'autres obf- tacles & des abus fans nombre, les Colonies font parvenues remplir en parties leur defti- nation, par la feule ficondite du fol, aidee de intelligence des Planteurs, il eft affez prouve qu'il eft indifferent que la culture foit mife ii an mouvement par les Ngoctanis Franta~- ou par la concurrence des Frangais & -des strangers pourvu que e fuperflu des fabri- ques du Royaume continue de s'echanger en d'autres objets plus faciles a commierceir. S11 eft vident que la Mdtr6pole 'ne peut que gagner par les fournitures dccoineftibles 'de beftiaux, &c nme de Negres quee les strangers front dans. les Colonies. r Nos Ncgociars demarident A fournir feuls : mais quels g;rans donnerbnt-its -de cette furnituree, puifqu'il efl une infinite d'objets qu'ils neo pourraient liver des prix corwve- venables, & d'autres qu'il leur eft impoflibOle de fournir a aucun prix En demandant des lois 'toutes en leur fa- veur & qu'ils favent eluder dis qu'eles- letr - deviennent pdnibles, qu'ils nous difent du moins quelle r-aifon d'Etat neceflite ces 't6is. La Nation gagne-tielle' voir -perir dars les voyages de Guine. 'la moitie des Matelots qul y font employes (I)? gagie-t-elle fur des ) O n'1 It a'-" '- I. e a i () On 'efme la perte des tatelos. qui fervent a Ir traite des Noirs la la moide pour un' voyage 'de dix- ' luit meis, '& elle des Matefdts employs au Ct'dnitrt ertAotilcs, i an cinquidme. ; t'l: ' 'ecours de comeftibles que nos pourvoyeut ne veulent accorder qu'aprcs la difette, pour en doubler le prix ? gagne-t-elle a obliger les Planteurs d'abforber leurs rcvenus neither pour nourrir leurs efclaves les mettre ainfi dans Fimpoffibiliti de recrutcr leurs ateliers, & d'acquitter a ces ma.rchands qui fe plaignent toujours, des engagemens ufurai- res? Enfin, n'eft il pas ruineux de laiffer per- dre les denrees de quality infrieure, quil ff- firalent a payer les importations etrangeres de comeftiblws.& de Noirs? ,Ne ferait-il pas plus avantagcux l a M'- tropole d'exciter ces importations & d'en retire tUn revenue Royal, don't le produit ferait appliqued encouragement de la navigation & du cabotage? SQuelle eft la raifon d'Etat qui pl rrait Deterrniner le Gouvernement a facrifigr a la cupidite de nos marchands tant d'objets de bien public & d'une fi haute importance? Cell, difent-ils, qu'ils font un Commerce de luxe & non pas de'conomie (), que c'efl un vice (l) a II. nous eft impoffible de foutinir dans nos arememes la concurrence des &rangers,, parcel que les Frangais font an Commerce de luxe, au lieu que B iv C'24) ft&rent la nature des chofes, & que telle eJ leur maniere d'etre. C'eft ainr- qu'ils metent--l'abus a la place du principle. Le vice don't it s'aglt n'eft point inherent a la nature des chofes, mais a celle des lois prohibitives, trop favorables a la pa. reffe, i f'ignorance, a la cupidity de ceux qui les avaient obtenues; il eft une fuite de cet efprit de faveur & d'exclufion, trop facile A sintroduire dans les Monarchies, & qui falfait croire a Montefquieu quo les grandes entreprifes de Commerce convenolent mal a ces Gouvernemens. Supprimez le privilege exclufif,le vice ne fubfiftera~plus; la concurrence des strangers, en tout ce qui n'ef pas contraire a la richeffe national, donnera fexemple de flconomie 1 les strangers font un Commerce d'conomie; que c'et * un vice inherent A la nature des chop-s auquel ii eft " impoffible de porter aucun remede i cel dtent a la ri- a chefle -du fol de la France I A la varite' de fes pro- a dud~ions, & des jouifTances qui en font la fuite; enfin * c'eft parce que nous fommes Franuais, & que tell * eft notre maniere d'&tre ). Voyez Mimoire des Nego- cians au Pliniftre de la Marine. Mais fi votre manire d'/tre eft mauvaife, il faudrait oen changer. nos Armateurs, & leurs en demontrera la neceflite. Plus le fol et abondant en produ&ions variees, moins la main d'ceuvre eft ichere. Elle n'eft nulle part i plus bas prix qu'en France, & tout le tort eft du c6te de nos Armateurs,. puifque, malgre la fertility de ce Royaume, une partie confiddrable du people y endure des privations inconnues aux journa- liers d'Angleterre, d'Hollande, & des Etats Unis de lAmerique. Les falaires de ceux-ci font mieux pays, & cependant les Armemens & la navigation fe font peu de frais & ne font point on6reux a FAgriculture. Attribuer ce defordre & ces contradi&ions entire la richeffe du fol de la France & Fin- duftrie commercial de ce Royaume, au ca- -ra&ere des Franais, c'eft une injure-gratuite que l'on fait a la Nation: de tels maux po- litiques ne proviennent que des erreurs du Gouvernement, trop facile- A -cder aux cris des Negocians; ,ils ne proviennent que du Commerce exclufif des Iles de rAmfrique, qui, en donnant trop d'injufes profits, a caufd Ie delaiffement de tous les autres Com- merces, C& fait ndgliger r conomie necef- faire dans les armemens. I! n'y a point de Commerce qui pure fe foutenir fans economic & fi les services de nos Negocians etaient trop chers pour qu'iI fit poflible la Nation & a fes Colonies de lcs payer fans s'affaiblir-& f-d-truire i fau- drait rccourir au service des Ctrangers; car pour que la Nation gagne, it fuffit que les retours des navires fe faffent dans nos ports. Le Monde enter nous fournirait des Matelots: & fi 'on employait a de nouvelles decouvertes, a fire voyager en 'temps de paix les efcadres royals, & t offrir a. refpett des Nations les plus reculees, le paviii,., FranSais, qui, pen- dant la paix, parait fi rarement fur les rivages Jointains, toutes les fommesqui proviendraient des tributs que nos voifins payeraient volon- tiers pour naviguer dans nos ports & dans nos Colonies, nous ne tarderions pas a former desNavigateurs habiles, courageux &robuftes, & nous n'aurions jamais a craindre ni lta di- fette des Matelots, niI I'abus des idees mer- cantiles qui attiediffent leur valeur (i). (r) Cette id e doic paraitre digne dektre ac- cueillie dL Gouvernenclnt, parce que.le eft analogue an caraCere dle la Nation, a a granrdeur de la Mo- narchie, aux befoins de notr Matine, & A tla fituaio I 4 -, 1 ---1 C 27 I L ~La tralte des Noirs, la vente du fucre ont fixe toutes les 'attentions de nos Marchands; nos Colonies-, qui devaient etre fecondes aut profit de la Nation entire, ne font et5 quti pour eutx. 1 On a mis dans les mains des Mar- ,, hands franqais lefiphon avec lequefilsiirent a la fubflance de ia Nation elle-meme. Colbert v avait voulu leur en donner un, autre pour les strangers; mais.ceux-ci ont bient6t trouve a les -myens de boucher-prefque entierement ce dangereux tuyau.s Se pbutrait-tl qu'un Roi:qui vellle au botn- ':heur de fes people's tardat long-temps : re- "connOitre que la caufe fecrete de ;la mistre de beaucoup -d'hommes laboriex fe troupe dans les vices du Commerce national ? Vou- l ant encourager le cabotage & les navigations qui peuvent former les gens de mer., il deve- naitindifpenfable de mieux regler leCommerce 'des Colonies:, &, de le turner entierement a / . . ' ; : t' ' des Peaples voifins, que leur fituarion oie rtaire Plus co6ninietias que guerriers, & qui an'onr ja~ais -dd leuts ptofp~rltRs navales qui .'i-ddulgence &' atlx faces du regne de Louis XV, AV otiV 'a -Offi' 'gndrd de Ia Marine de 'Franr. s. ..s ( 2a8 3 Ton but, qui n'eft pas la richeffe des Negocans, mais celle du Royaume. En temps de paix, nos Nigocians ontruinr la navigation & tari refpece des Matelots par le Commerce de Guinee & des lies a fucre (l). Sans ceffe la Nation s'epuif fournir i ce Commerce deftruf6eur, des homes qul font perdus pour elle. En temps de guerre, la furniture exclusive qu'ils reclament fait tomber, dsa la prere annie, un tiers de nos Matelots dansles fers de 'ennemi (2); elle neceflite des convois qui affaibliffent notre Marine & occupent les vdiffeaux qui no devaient fervir qu'l des conm- bats; elle emploie encore des navires don't fi) La moitid des Matefots envoys en Guinies meurn- pendant le voyage i un: uat_ de-ceux qui vont- A-S. - Domingue y perit on diferte. (s)' Dira-t-on que cette perte eft compenfte par ke profit que fait un Marchand de Bordeaux a vendre aux Colons, en temps de guerre, an barrit de marine cent ,: s, & 66 livres une paire de fouliers, & A prendre en payment du Lucre A 2o livres le quintal; en forte quc flon a vni dans la guerre de 7Y76, i LUogane, 13 bou- cauds de Cucre ne pas ftfire A payer un compete de four- aitures qui n'avaient pas coi6te n Fiance plus de I yc3s. at tles TEtat a befoin pour transporter les munitions & les armes neceflaires aux forces de terre & de mer. On a vu, dans la derniere guerre, la cupidity ,.les clanieurs, & la refiftance meme de nos Armateurs retarder une champagne di- cifive,-&-prendre place erntreJ.es caufes dd- plorables d'un revers inoui. Nos Ndgocians ne fe font pas born s a detruire la navigation & tout commerce d'eco- mie ce font eux qui, parleur privilege exclufif d'acheter a bon march & de vendre cher, ont fait tomber les bones fabriques. Aftlurs du debit, its ont ceff de s'attacher a la quality des ouvrages, & ont donned la preference i des marchandifes de bas aloi, qu'ils achetaient au rabais. N'ayant point de concurrens, it no leur etait pas difficile de vendre ces marchan- dies de rebut au meme prix queles meilleures, iibftituant l'apparence A ia folidite. Mais c'eft encoreunde leurs moindres.crimes envers les Ouvriers nationaux: car il ne "faut pas croire qu'ils n'aient port dans nos Co- lonies que des marchandifes franyaifes ; toutes cells qui donnaient plus d'efpoir de benefice ont ete preferees, les toiles de Saxe ,de Silebte, celles de I'frande & de la Flandre, Its Indienges fuiffes & les toiles peintes ca Angleterre, les marchandifes des Comnpagniek' dtrangeres des Indes Orientales, ont ete in- troduitts par eux chaque annie dans les Co- lonies frangaifes. Telles font lescaufes qui ont fait deferte -les atelier_s du Royaume & _ont emp&chi nos fabriques de lin & de coton de parvenir & la perfe&ion qu'elles pouvaient ac, " qu6rir & qui les auraient miles, avec le temps, en etat de foutenir la concurrence des toiles etrangeres. Toutes les fois que la loi prohibitive leur eft avantageufe, ils la font valoir dii elle leur devient contraire, ils 'enfreignent & 'eft ici que nous avons droit de leur reprocher que, fachant le befoin que nos Colonies ont de Negres, &i que 'importation d'un Negre fur une terre rival eft gale pour nous at.la , perte de deux, its en ont porter plus de dix mille dans les Colonies efpagnoles, don't le Gouvernement s'inflruit a nos depens & femble fe prevaloir de notre pareffe. Eft-ce done par le dfir de ces homes qui: n'ont point de patrie que le Gouvernement doit fe laiffer conduire ? N'eft ce pas ainfi que la Nation voit perir fes Matelots, detruire fes manufactures, les habitations manquer de Negres, & les Negres d'alimes ? Le Commerce c- edluf deffeche tout-,-& devore a leur nalf- fance tous les germes de profprit ; & lorfque le Gouvernement vient enfin a s'eclairer lorfque, pour la premiere fois peut-etre, fes lumieres femblent Adevancer cells des parti- Scioer usY-o resi,~tt refIs4a- dur&e de I'abus font retehtir leirs clameurs jufqu'au Trone du Souvernin, is ofent lui demander hautement le privilEge de fe repaltre touours & fans me- fure de la fubftance fes peuples, I ,-^ - SECOND PARTIES. S----API TRE PREBE M I ER. Du Commerce par les strangers dans les Iles Franfaifes de rAme'rique. Motifs de- Vrrit du Confeil d~Etat du 3o0 Aet 1784,, qui accord dans ces Colonies plufieurs entrepots aux navires strangers. 0o R s QU les denrees des Colonies ne fer- vaient qu' la confommation de la Metropole & que 1on dtait oblige d'y porter des farines & autres objets de premiere neceflite, pour nourrir les Colons, il pouvait paraitre dange- reux de permettre aux strangers d'y border, parce que la Nation faifant e sacrifice d'une quantity d'objets de premiere nicefitf ri- fultans de fon Agriculture, pour fe procurer des fuperfluites, on devait craindre de voir ces fuperfluites, pour lefquelles on faifait des depenfes rdelles, fe perdre dans des ecoule- mens interlopes, & d'tre enfuite oblige de les racheter cherement de ritranger. Cependant it eft de faith conflant que la fai- bleffe de notre Marine, s indolence de nos Marchands Marciands, le dfcouragement occafloantn jp le monopole de la Compagnie des indes Occidentales, les guerres,a& une infinite d'au- tres causes laiflaienti cette premiere epoque l_ e Commerce denos Colonies de-Amerique prefque tout enter centre les maibs des etran- gers, & que les Armateurs franpais ne s'y adonnaient que par intervalles & concurrem-r ment avec eux. Le Commerce des Antilles avait alors en France des partisans & des contradideursi -on trouve dans les Memoires du temps: cQue gagnons nous dans i Commerce a des Antilles ? Nous y portions nos marines, nos vins, & ce que nous avons de plus Sprecieux; nous courons erifques des hau- frages, nous bravons in cilimat ennemi &A 4 les influences d&un ciel qui brule & qu dde yore nous y perdons des Matelots; & tout 0 cela pour un peu de ucre & de caf& qu' r nous achteterons aui bien des rangers. Quand meme il nous en todtetait un peu Plus cher, ce ne ferait rien en comparairon des pertes & des embarras quel'on ~viterait ,, D'autres difaient: s Pourquoi porter eri a Amirique nos bleds & nos marchandifes., S-qui font utiles danrle Royaume, pour avoir C' h, du fucre & d'autres chores dont 8tn pet rd a pafler ? Nos Colonies reffmblent a ces mai SSfons de champagne qui t6t ou tard rui nent le propritaire. a Enfin on a porter Iinad-: vertance jufqu'a demanded dans le Confeil do nos Rois quoi fervaient les Colonies. Avec de tells idWes le Commerce excdufi de ces Colonies devait etre, accord, fans contradi&ion, A ceux qui offriraient de s'en charger. Tirons des Colonies te qz nous pourrons difait uwi Adminifra eur, avaant d'&re obliged peut-gtre de les abandonner. Mais ces Colonies ayant triomphe de routes ces entraves, it a fall s'eclairer. Ce n'a et6 que ]entoment: on a permits aux Marchands de faifir les Negres de jardin, pour fe payer de ce qui leur etait d., avant de reconnoitre que, pour fire fleurir le Commerce, ii faut que les Colonies fbient bien cultivees, & que pour qu'elles foient bien cultivees, it y faut be'aucoup de Negres. II a fall que des garnifons fuffent privees 'de vivres en temps de guerre, & qu'ii fit impofible de leur en envoyer de la Mitropole, avant que le Gouvernement s'apper^ilt que 'on pouvait ddcharger notre Agriculture du furdeau de nourrir entierement nos Colonies t On tolerant i propos les importations etrati- geres. Mait combien n'a-t-il pas fall de preuves & d'&ecits avant que Pon ait reconnu qu'l n'etait pas prdpos que le Commerce gagn-tbeaucoup fur les Colons, parcel que gagner fur eux, j~eft affaiblir les moyens de Oultiver, & que ce n'eft que du produit de a culture que la Nation &c e Commerce peu- vent retirer de glands 'profits ? Nous fommes maintehant arrives a une heu' teufe pboque, ou le Gouvernement eft infiruit de ces erits Dans radrmfinifration de coloniess, on ne peuti admettre que deux pHncipes" Vedrdre da'n s Cs Colonies lesmarcharidifes qui j dans la Mitropole, ne trouveroient point dcacheteurs. Prendre eii echahge des deriees plus faciles & omnmercercer. Lei marines, le beuf & les viandeses s fales a more & autres poifons fales, ies grains, le riz, les fuifs lI cire les cairS, ls bois de toute efpcei tes chanvres & cordages trouvent beaucoup d'acheteurs ed France: tous ces objets y font tres.:hers & tris-re- sherches; il 'eAf point avantageux de los Cij porter dans leg Colonies des Ifles beiden- tales. La Metropole perdrait a ette pridve de toutesces chofes, doit le manque ou le ren- chdriffement pourrait etre fatal a fes manu- faaures ; it faudrait les vendre trop cher aun Colons, qui, y employant utne trop grande parties de leurs revenues, ne pourralent augmen- ter leur culture. Cependant toutes ces provisions font de premiere neceflite dans les Colonies il eneft mnme que I!on ne faurait trop multiplier. Ce font les grains & les falaifons pour la nour- riture des Negres. 1 y a trois cent mille Negres a Saint-Domningue; &la viciflitude des fichereffes & des pluies, un derangement de faifons que tout Ie monde appergoit, & don't on nepeut donnerderaifon, ne permettent pas de leur fire trouver une nourriture fufl- Sfante & afluree dans les fruits & les racines que le pays produit. Les ateliers ont befoln d'etre augments, puifque la culture eft encore bien eloignie d'arriver a fon terme; & i Fron augment ces ateliers par do nouvelles importations Ole Noirs, it faudra de nouvelles importations de vivres. Mais fi dans le voifinage de ces Colonies privees de comeftibles, & qui ne peuvent ks tirer de la France'farns -dminuer les avan- tages que ce Royaume retire de leur 4tabliffe- ment, il fe trouvait des peoples nouveaux , poffefleurs de grands products agricoles & capable d'importer A peu de frais dans t6us les Ports de nos Iles les objets dont:elles manquent, ne dirait-on pas que la nature, les a places 1A pour cette efpece de service ,& que cette Providence qui raffemble les peuples & fournit i leurs befoins par les liens du Com- nerce, les a predeftines pour alimenter des lies o& le bled ne vient point, & ne ferait -cultive qu'au detriment de beaucoup de denrees precieufes . Si ces peuples ri'avaient point 'de manu- fadures, ne dirait-on pas qu'il ferait du plus grand intrePt pour la France de commerce avec.eux, non feulement d'une manikre dire&6e, mais encore A lfaide de fes. Colonies, qui lul rapporteront annuellement le montant do lepargne qu'elles auront faite fur l'acquiitionr de leurs comeftibles & de leurs bois i batir 4 Car sette; pargoe feia mile,. en culture; C ,.i- (dont le product en fucre indigo, cafd 4 Soon, fera vendu par les Franois ou a leur profit daas tous les m.irches de 'Europe. Et fi ces 'nouveaux fouriifleurs. prenaient on change de l.urs bois &-de leurs comeftli bles dts denrees qui ne conviennent point aux Negocians de la Mecropole, n'admirerait- on pas les operations de cette Providence, qui ne veut pas que rien derneure perdu dans la nature, &i faith confommer dans le nord de JIAmerique, ces firops & ces eaux- de-vie do lucre qui appartiennent aux Franmals, mais dont leurs bons vins les difpenfent de fair ufage? Aini les fublillances de premiere nkceflit n'&rant plus d&tourndes en France de leur ve- fitable objet, nos manufatures -ne tarderont pas a refleurir, & les payfans du Limoufin &c du Quercy redeviendront robuffes en man- geant eux-memes les grains que l'avidirt de.s Marchands portrait r Siint-Domingue. La France vendra avec b6nefice A fes Colonies les marchandifes don't la main-d'ceuvre eft plus here que la matirre, & tous l1s peuples acheteront d'elle les denrdes de fes Colonies qui ne cofiteront Ila Nation qu'une augmen- tation d travaux 8 & feron.t pa conTfquqn- t39 une force intariffable de profperites, dans tout le Royaume. Ainfi YAmcrique Septentrionale vendra fes comeftibles & fes grains, & les. Colons leurs firops, leurs eaux -de -vie, & autres matieres inferieures, fans que les vi- gnes & les diftilleies de Ia France en reoi-- vent aucun prejudice;. i en refuftera enfin une a&fivite, une circulation, & dek changes mul- tiplies de bboaheur & de travaux entire Ia France fes Cdlonies, & fes Allies(r), () It eff facile de prdfentes l.apperju de ces avans ages. On fabrique a Saint-Domingue pour cent millions de denrds commerables ; .cequi fuppofe au.moins quinze millions en firops ou denrdes de rebut* don't les Ami- sicains fe contentment pour prix de leurs bois & de leurs comeflibles. II y a plhs de moitiC de difference entire Ie prix de ces comeltibles & celai des m~mes objets que la France pent fournir. Deux quintaux "e arie,I achetis. des. Am6ricainsv, ne content que za A 36 livres * on aura done pour if millions ce qui et. codterait 34 par les importations franjaifes. Prix des firops & dentees infk6ieures, quinze millions, c.. . . tiy,ooooo .liv. Ecoamie, fur racquifition des co- meftibles -. .. .. y,ooeoe6 Miinudion fur la mortalitC dc. Ne- C 40 Quets jours plus heureux pouvahori pro, mettre a la vertu du Roi, lorfqu'ila couvert de fa protein puifante les Amricains du t Nord, opprimes par des Maitres fuperbes, qui abufaient de 'empire qu'ils avaient ufurp6 fur les mers F gres, par la mcilleure qua!iU & la. plus grande quantity des vivres, un, cinquieme. Or il meurt chaque anne un vingtieme de la rosaliiA des Negres de Sainr-Domingae, dddu&ion faite tdes naiffances; ce qui fair quinze rmille Negres, don't Je cinquieme eft trois -nille Negres I quinze cents lives, t_": O0 O00 -it it t 0 4,5 00,00o.. 34 Jooooo. Cette fomme, empIoyle annuie o t;ent en nouielles acquiftions de Noirs, en donnera vingi-trois A lle, dont Ie travail, e'valu A 30o I. par t&te,. 4onnera . ,oo,oo0. _. _, -** .,, .. 41,4o00,ooo. Voill done U9 profit evident de quarante-un mil-. lions quatre cent mille lives par an, fans ddpenfes ni frais. SE il en rlfultera dans les cultures.& les changes, ume progrCefion aue lon ne peut appxcie. . 1 n'en fera pas des avantages de ee Com- merce comme des ventes de denrees coloniales fates par nos Negocians, don't le prix n'eft pas toujburs applique, .. .beaucoup pres,, Augmentation de la culture: le proprietaire de ces. denrees en donne fouvent une parties en payment d'objets frivoles ; it ferait mnme dangereux que cela ne fit pas, parce quri faut fire vivre le pauvre, qui n'apour patri- maine que la vanity des riches ; fouvent une autre parties fe perd dans des voyages de plaifir &..dans le luxe de la Capitale; fouvent aufli va-t-elle s'engloutir dans les mers ou dans les faillites des Marchands. Mais les avan- tages que les Colons retireront du Commerce qu'ils front avec les Amricains feptentria- naux, front tous appliques a la culture; le melaa & firops ne peuvent fe vendre qu'aux 'Americains; eeux- ci ne peuvent les payer quivec des bois &-des comeflibles, t le.s bois & comeftibles ne peuvent etre employes .u'en nature fur les habitations. Deux autres confiderations ajoutent a uti- lito de ce Commerce, americain: 1i. un, quart des equipages des navires franais. permit ou -deferte a Saint-Domingue & il n'eft pasdou- tiux que la mauvaife" quality des vivres de t4l3 ces Eqeipages a toujours contribute A cette perte de Matelots; nos Apmateurs pourront deformais renouveler a peu de frais la meilt- leure parties de leprs provisions; 2. les Amc- ricains pourront prendre en change des vins, des etoffes, des objets de manufadure. L'oc- cafioad'un Commerce fait naitre d'autres occa- fions; la frequentation amene entire les peu- pies, des habitudes reciproques; ilpourra done fe vendre Saint-Domingue un plus grand nombre de cargaifons franqaifes. Les Americains prendront a Saint-Domin- gue, comme ils ont ddji faith, des charge- mens entiers d'objets qui fans eux ne trou- veraient point d'acheteurs, & ils donneront aux ports de cette Colonie la prdefrence fur tous les autres marchde qu'on pourrait leur ouvrir, & caufe de la facility qu'ils aitht de payer avec des denrees abondantes dans leou pays & rares dans les Antilles. (I) (1) J'ai fait i Newprovidence, difait ua Ameri-. cala, flexpdition duan bateau qui m*a coit6 mIill dollars j fy ai mis pour fix cents dollars en bois, grains falaifons, b&cail, chanvres, refines & gou- drons; j'ai vendu tout au Cap a un Negociant de Bordcaux qui y eft iabli, eVn change da defit Ac 43_ S1s acheteront des Anglais les fcurnitures 'de I'hiver, les gross draps & lainages; & des Frangais 14s habits de' 't&. Peut-etreporte- ront-ils i nos Colons de la biere, des cuirs, *argalfon de France, doet la vente languiffait. I cm'a 'fift bo6n marcheh parce que j'abregeais Ie e-' jour & les frals rde fon navire dans la Colonie, Je lui ai vendu I' bon compete par la' mnie railo , parce que les denrhes que fe je hI lirais coitaient mnoins -i a Nouvelle Angleserre, que les cargaifon qu'on eft oblig de _porter a Bordeaux pour y fdira les mames emplettes. J'ai double mes fonds dans ce voyage : les Armateurs Frtanais y ohi aulli trouveleur vantage & y onit ajoutd A leur benefice celui de la revenue qu'lls ont faite acx habirans, des marchandifes qu'ils-one acheres de moi, & fur le derail defquelkle (ls ont gagnd plus de quinze pour cent. La France pour- raic tu moyen de fes Cotonies--& en- proiiant le - nos services pendant qu'ils font encore I bon march, 4oubler rapiderei nifes entreprifes de Commerce. Cet homme avair rainn; il y aurait une fort mau-, "* aire politique i no pas profiter des services des Amr. *icains, pendant qu'ils font, come l le difait tes- bien, encore 4 fon march. Quand ces services devien- dront chers, quand il y aura une reciprocite d'avantages entire les Americais & nous, alors on pourra les rdpu- dier : miis A prdfent que tous les avancages font do notre c6~Ce il Y uraii bien 4c la nal adrec' ne Ora les faifir C. 44 3 ide la coutellerxe d'Angteterre; mals, a coup stir, ils acheteront de nos Marchands les vms, les denrees du levant & cells de Pro- vence & d'Italie. Leurs ports etant ouverts k toutes les Na- tions, is nous apporteront tout ce qu'ils auront & bon march; mais ils prendront en change ce qu'ils ne peuvent obtenir que do nous. Or, fi lon confidere la situation maritime de la France', fes productions, & celles des nations voifines, -Tancienne fplendeur de nos Manufadures, celle qu'on peut leur redonner, & enfin la multitude de nos avantages terri- toriaux ,. on fera force de convenir que i, dans une foire generale des quatre parties Monde, tout Ie fucces ne nous demeure pas ce feral faute de nos agents. Mais a tous ces motifs qul ontdonnelieu ! Ia Arret du Confeil d'Etat du 30 aoit der- nier, il s'en joint un encore plus. digne d'etre remarque; la neceflite, plus puiffnte que les lois. 1t ne faut pas fe perfuader que les Amd- ricains auront ete places par la Nature entre'a France & les Antilles, &qu'ils ne front aucun Commerce dans nos lies: hardis navigateurs, fi on leur refuse facccs des grands ports il abor- iiront la nuit dans toutes les anfes, Bans les troui de rochers, y front des ddbarquemensdan- gereux ; its enleveront les denrees precieufes, que Fon doit referver au Commerce national: rien ne pourra les enpecher de faire ces en-. levemens interlopes; car it eft impollible de garder dans tous les points une c6te de cent cinquante lieues; abordable par--tout, on ne peut pas 'enceindre de barriers. Les Colons leur preteraient afiftance; & plus la prohibition ferait -fvere, plus ils au- rident d'interet a la braver; car la prohibition fair nattre le cher prix, & le cher prix eft I'attrait de la contrebande. Or, fi le nombre des delinquans eft plus grand que celui des obfervateurs de la Ioi pro-. hibitive, cette loi neft rier que Ie plus ridicule & le plus meprifable des abus. Le'feumoyen de rigle ler Commerce des Americains avec nos Colonies, c'eft de Ie rendre public eft de permettre a leurs nar vires d'aborder dans les plus grands ports; iis y front furveilles : donnons-leur promptement un bendfice Idgitime de peur qu'ils ne foient tents de s'en attribuer d'autres plus dange- reux. _Hatons-nous, pendant quil en eft temps core a ne leur laiffons point de pretexte dt fe fouilraire an joug moddrd qu'il eft nicefTaire de leur impofer. L'Arrit du 30 aoft dtait un rdglement in iilfpenfable, ii eft. falutaire dans toutes fei parties, & fi Fon pouvait y trouver quelque chore A redire j ae ferait une forte de refpe&, pour de vieux prejuges qui font autant d'abus. Croit-on que les Colons payeront quarantd francs un quintal de mauaife farine de Nantes, tandis qu'ils pourraient avoir a quinze francs la fine fieur de Philadelphie? L'attrait d'une tell contrebande eft trop grand pour que ron y puiffe reiifteri II eft bien vraltermblable audi que les Amn- ricains no viendront pas acheter i Bordeauw e' fucre, le cafd & 'indigo ndceflaires pour leur confommation. N'aurait-il pas edtd pro- pos de prendre cet objet en confid ration &8 de fixer, par exempie, les qualities & la quantity des denrees qu'ils pourraient eipor- ter (l), afin de rdferver les qualities fupirieures. ( t ) On pourralt permetrre a chaque navire au-deffus 'de iso tonneaux, d'exporter cinquance boucauds de Lucre de la feconde quality, A la charge d'un droit qui le pour- tait etre moindre de fix pour cent, & de m6me A propot- tlon de la grandeur des navires* lu Commerce national, & d'impofer fur ces exportations limitdes un droit fuffifant pour qu'lls ne puffent pas, en cas de revente, fou- tenir la concurrence de nationaux. II eft une d&rIiere efppco de Commerce qu'il ferait enfin indifpenfable de leur permettre; cieit la traite des Noirs. A ce mota, nous de- vons nous attendre a do nouveaux cris de ralliement de la part de nos Negocians ; mais fans -nous arr8ter a leurs difcours,. tachons de ddmortrer que la traite do Noirs par les Francais n'eft qu'un imp6t, fur la Nation, don't lesColonies font le lpretexte, & don't II ferait facile & avantageux au Royaume da f voir ddlivrd. - t C HA PITRE IIL. De la traite dies ntirs, Lis Colonies dcs lies Occidentales de lAme- rique font cultivdes par des Negres, leut nombre eft la mefure des travaux & leur travail efl celle des products. ;, Plus ii y aura de Negres, plus ii y aura de terreins cultives. Les Colonies Anglaifes re font pas. aufli fertiles que les n6tres isais des ateliers nombreux leur font produire de grands revenues, De tous les Marchands de Negies, les plus habiles font les Anglais is les-achetent I bon march fe les prdourent en peu do temps, &-les vendent a proportion de cette diminution de frais. Un Negre brut, qui fe vend deux mille lives & Saint-Domingue pat les Traiteurs frangais, ne Vaut que la moitie de ce prix ?. la Jama'ique. Les Anglais ne font pas la traite des Noirs dans les memes lieux ni de la meme maniere que les Frangais; i s n'emploient pas a ce ,Commerce Commerce les mcmres marchandifes ni lesi rim~ies valeurs que nou's. Eft-il avantageuk aU Commerce de la MeV- tropole de tendre les Negres aux Colons des prix exorbitans ? Non ; car fi la m'me fomme qui paye dix Negres pouvait en payer vingt, augmentation de la culture ferait dou- ble,& l'augmentation des products fuivrait dans la meme proportion. Eft-il avantageux a la Nation que les egres foient imports a Saint-Domingue par des Franqais? Non l cat cd hell pas le benefice de la vente qu'il faut confiniderr, maisle pro- 'duit du travail des Negres vendus. Peu im- porte qu'uun Negre vienne de la C6te d'Or ou des bords du Niger; qu'un Juif d'Angleterre ou de France 'ait achete du brigand qui, fous le nom de guerrier ou de Roi, ravait tedult en' captivity, pourvu qu'au bout de-. Iannee Ii ait, product la fomme de travail qu'on devait en attendre.. Cependant nos Negoclans ne veuleht pat icder a ces raifons. Le privilege de vendre des Negres de' uinde & Saint-Domringue efl-it done fi precieux, que, pour le conferver on doive fire des efforts? Ils aimentmieux quo les Colonies ne foient pas cultivees, que d *- ? " C so ntre pas fouts a y fournir des Negres ;.plu il en meurt, plus on en manque, plus its fe r6jouiffent, parce qiuils les vendent d'autant plus cher, & ils ne peuvent les tendre chet que par la feverite du privilege exclufif car ils abondent dans les Colonies Anglaifes & y font A bon march (1), Mais eft-il de fintdre national eft-il meme convenable dans un fiecle eclaird de leur aq-. S border exclufivement ce Commerce ? Eft-e le genre de negoce don't les Franqais doivens fe mortrer jalouxi, foit a caufe de fes opi- xations, foit I caufe de fes products? C'eft un Commerce deftrufteur & vicieux, & qui, s'il n'tait pas dangereux & contraire Sla profperitd publique ferait au moins efrayant pour le moeurs? Quand on voit les Negres fur les grande habitations deSaint-Domingue, ayapt chacuzs leur jardin qu'ils cuttivent leaur profit, lve (t) Nos Marchands oat poedC (ucceffivneiec ile prix des Noirs de mille lives payables en trois ans, a ry,oo fivres payables en dix-huit mois, & de ix ,0o livrns A t,ooo livres don'tt qn tiers comptant, Ie refte dans l'aone : enfis ils 'n veulent plus en vendre qu'i z,4o0 lines, & aofoe que fix mois dc srddic. )poules, leur betail, un habit de toile fne pour les jours de fete ou de repos, fe livrers apres le travail, au plaifir d'etre ensemble, danger ou caufer de leurs amours refclavage he paraft plus une injuffice. Si 1on 6te 0 lefclave Findependance & la propriety, il perd en mime temps la prevoyance & les foucis qui tourmentent a vie. 11y a tant d'hommes qui n'ont pas 1e courage de s'appartenir & 1efprit de fe conduire que la plupart feraient heureux d'avoir un maitre riche, charge de prdvoir leurs befoins phyfiques & qui ceft un interet personnel a leur conservation. Les Negres des Colonies font moins malheureux que les Journaliers de I'Europe, qui,n'ayant rien & ne pouvant computer fur rien, nexif- tent que pour craindre & fouffrir. Mais quand on confiderede quelles iniquites les Noirs one te les vi(times avant de paffer A cet etat de travail, d'infouciance & de tranquillity, 'ef- prit fe r volte & le cceur fe refferre. ; un movement d'horreur s'empare de toutes les faculties de I'homme a qui 'avarice'n'a pas fait perdre tout fentiment de compafjion (l), :_(_) Mille defpotes falbles & inconnus fe partagent la cOre d'Afrique. Les combats & quelques traditions - ---- -~~J ^ ^- ^- Quand on fe* rend & bord des navires de nos Marchands de Negres, c'ef lI que l'on fondent leur fouverainetd. L'adulation de nos marchands deNegres leur done le nom de Rois. les Anglas Its appellent Chefs. Les diffentions que les Europdens fuf- cihent fans ceffe entire ces Chefs, caufent les guerres les guerres, 1'efclavage ; lIefclavage, la traite ; la traite, la adpopulation. .Elle ift tell i prdfent, que les rivages font di~erts; & qa'il faut alier chercher des efciaves jufqu'a deux cents lieues dans l'intdr;eur des terres. Dans les plus grandes & les moins barbares de ces mifrables hordes que nous appelons Royaumes, les lois ne font que I'avarice da Prince, & fes richefTes la vence des rtfra aires. Tout dditU & toute faute eft an prretxte dC confifquer & de vendre le diilnquaut, & le Souverain dtanout tot la . oisle juge & Ic vendeur, on ne dolt pas s'.tonner de fa tipugnance A1trouver des innocens. Les artifices que lei Capitaincs de nos navires de Guinee fe peimetter fojir faciliter la traite & multi- plier au profit des Rois Negres les precextes de faire des enclaves pour les vendre, font infinis, & le ricic en ferait trop penible & trop huiiiliant. En un mao; quand un grand navire eft ancre fur la c6te d'un de ces petits Royaumes, Its maffacres, les guerres, les zapts, les confifcations ne donaent point de reliche aux malhcureux jufqu'au moment de fon deparr. On arrache la filU es bras de fa mere, qui avale a langue & s'dtrangle de ddlefpoir; les fits ne peu- Cs5$ reconnait les traits de fefclavage & on igno4 minie. Rdduits i la condition des animaux, vent plus fecourir la viilleffee e leur pere celle qil fe croyait au jour de fon marriage, eft f(paT-e de fon amant. Le pienier coup de canon, don't le bruit fe prolonge & fC repete en frappant les rochers du ri- vage, femble tre un ordre funebre qui ae laiffe de pouvoir aux fentimens delay Nature, que pour accroftre les fupplices des infortuns : les convulsions du dfefppcir qui les faifit, ne peuvent 6mouvoir les acheteurs firoces qui jes chargent de fers les entaffent les uns fur les autres dans la cale de, leurs navires. C'eft 1 que .l6n entend les pleurs & les fanglots; ceft le fejour inefit & tendbreux de la douleur amere, od l home n'a pas befoin de patler pour fire comprendre quel eft l'abume de fon malheur. La contagion & la mort n'y donnent point de treve, & le fomnell n'y peut entrer. La garde y eft aufi vigif late que e defefpoir eft affreux; des homes farduches , arms de chaines & de fouets, y r~alifenc ce que la fable nous raconte de ''activird des Furies: mais epfin quelquefois le Ciel eft jufte, & la Nature venge fon ou- trage. Les cruels, que fappA~ de i'or entrance choifir pour metier la pratique infame d'acheter d'emprifonner, & revendre des homines, font immolds 4 la lhaine qu'Us infpirent, ou plutoi a tequite terrible. Le metier des brigarids a--il ien de plus affreux & peut-il jamais fini d'une maniere plus finiftre, Et voili ia mefure de crimes que nous voulons difputer a dei < C54 t ane leur refle pas mime la derniere prdroga- tive de homem, celle de parler & de corn- muniquer leurs fentimens: strangers a leurs tyrans & au pays ou on les conduit, strangers les uns aux autres & tires A la ronde des cantons oiu on parole des idiomes diffirens, ils ne peuvent s'expliquer querpar nges; igno- rance de leur fort ajoute I leur infortune; la plupart croient qu'on va les egorger, & Il plaifir que leur caufe la vue des autres Negres de nos Colonies, joyeux & bien vetus, doit donner une idee de toutes les angoiles don't ils ne font que fortir. Laiffons done aux strangers, laiffons a nos ennemis politiques ce que ce Commerce peut avoir de lucratif, afin qu'ils fe chargent aufli de ce qu'il a de deteftable & de vii. (i) .* ...... _]'7 .J .. I l [ I ... .... ... -. ^ . .. anarchands rangerss Ah pluti' rejetons fur eux cet odieur Coinmeice & n'achetons des efclaves gue pour adoucir letir malheur. Le Mufulman qai achete ut foract pour 'becler fes jardins, n'et pas oditieu s'il e traite avec humanity; mais le Pirate qui cfnchaine & Ie vend, elt un mot el abominable. ( ) 11 y a des homes que ces confiddrations ne peuvent toucher; &S lorfque M. Turgot, Miniflre & Contr61cur gindral des Finances, ne voulut pas laiffer poster fon nom i an navire de Nantes deftinl ce Mais des homes aux yeux defquels Ie gain ennoblit tout, ne font pas jaloux de rejeter fur autrui ce que ce ndgoce, malheureufcment ndceffaire, peut avoir de honteux; houneur eft le premier des facrifices qu'ils font I la cupidity; & toutes les fois qu'il s'agit de leur interdt personnel, la bienfiance n'eft pas plus menagde que rinteret dut Commerce ou celui de rEtat (i). Conynerce, l'Armateur alma mieuxen changer Ie norn que la destination. (z) Comment pourroit-on excurer les fraudes done nos Negocians font fire rapprentiffage a leurs agents dans le Commerce de Guinee ? Avant de mettre les Negres en venre, plutieurs Chirurgiens s'occupent a re- percuter les fymptomes de toute nature qui pourroient at- tefter l'acheteur les maladies de leur fang. Apres uan dejednd oil Iavarice prodigue les liqueurs fortes & les mets qui peuvent exciter 4 boire un vin choifi pour enivrer, on. conduit les acheteurs dans une parties du navire oil 'on a port& I'obcuritd fous le pretexte d'oppofer des obstacles i la chaleur du jour. Les Ne- gres, rafs dans touts les parties de lear corps, afinde les raeunir, font frottds d'une huile noire, qui tend !es plus malades femblables a ceux qui jouiffent d'une fante-robufte; its von mourir fur les habitations, vitimgp de ces mauz que 'en avoit caches. D iv La traltedes Noirs eft on0ereufe a Francb, elle emploie. des marchandifes de prix, tandk que nos rivaux dans ce ngace le font avec des chofes de peu de valeur; ils out des ma- tibres qu'il nous eft difficile de nous procurer; leurs comptoirs & leurs etabliffemens fur ta c6te leur facilitent des moyens d'economie. La valeur des cargaifons frangaifes pour !a c6te de Guinde & argent 'qu'eles font fortir du Royaume ne font pas les plus grands iconvdniens de ce nigoce; )a perte de beaucoup de Matelots merite latteqtion du Gouvernement, Nos Negocians arment de grands navires pour la traite des Noirs; les strangers n'y emploient que de petits batimens: le fejour .des navires fur la c6te eft proportionn6 a leur grandeur, & la mortality ef t ne fuite :d4 a duree do la traite. Dix mille Noirs que les Fran9ais important dai;s nos Colonies de rPAmerique avec beau.* coup de peine pendant c;haqu. annne de paix, ae, donnent a r6partir entire les Armateurs qu'un benefice 4'environ deux millions. Cetto fomme etant Ogale au cinquieme du capital Semployd i ces armemens, femblo &tre "n benefice exceffif mais elle n'eft que la com- C 5.7 penfation "d'une infinite de peils; & en fup- pofant que la concurrence etrangere dfit feur enlever ce profit-, ne Ie retrouverait-on pas dans Piparge que les Colons feraient fur leurs acquisitions de Negres i5 pargnes qul les mettraient en 6tat d'en acheter un plus grand nombre, & par confequent de donner au Commerce plus de denrees i exporter. On ferait difpenfr de toute mile dehors, &des rifques de la navigation, & de la perte do beaucoup de Matelots (r). (i) Eaevaluant a perse que nos Negocians trouve, roient A ne plus fair le Commerce de Guinee, I deux millions par annie de paix, 11 convent de voir ce que la Nation gagnerair A abandonner ce Commerce- auS Armateurs ttrasrgers. La traire accupe 4,,0oo Matelots, done la moiri p6rit :n Guinee ou dans les Miles i~.conomje de. Matelots, ci, za7o homa Les Colons Ce procureraient les memes "'"""' """ 'Neres A un tiers de moins, ci, . 3,330,000 liv Inter&ts de cette fomme, epargnes & employes a la cul:ure4 8 pour zoo, c, . .* '. . .' 2 64,ooo SInteierts de dix millions que les Ndgo. cians employeraient a d'autres Commerces P1 o pour 100 pour dix-huit mois que duren les voyages dcs Franjais en GA, C 58 a Eft-il neceffaire d'enrichir dans un feua voyage les Capitaines qui vont en Guinde ? Eft-il indifpenfable de rendre ce voyage -f coiteux, que ni les. Colons ni la Nation n'en puiifent supporter les frais ? Les Colons en voulant acheter les Negret de Guinee au meilleur march poffible, no difirent rien de contraire aux intirts de la Nation; ce qu'ils demandent eft conform aux vues du Gouvernement. Ils ne veulent que les moyens de cultiver plus de. terres, d'oii it rdfultera .un plus grand profit pour ILEtat & pour les Ndgocians eux-mames. Que les Ndgocians laitent aux strangers importation des Negres de Guinee, puif qu'ils ne favent point on faire la traite,, 8 que leurs services & leurs credits font trop chers. D'ailleurs ils font obliges de tirer de I'dtranger beaucoup de marchandifes pour ce Commerce, out d&y fubftituer des objets do prix ce qui tourne au detriment de la Md- I *- .* . . . o.1 v. ne . . . 9po000 0. li.: 4,494,coo. L'Eiat gagnerait done 4,494,000 lives, & Z7So Maielots, au lieu de perdre par I'abandon qu'elle feroit aau Ecrangers du Commcsce de Guindc. tiopole, qui fournit ces objets, & des Colo- nies, fur lefquelles on les reprend avec ufure. Et comment pourrait-on ne pas s'appercevoir que nos Armateurs Negriers font deformais dans 'impulfTance, non feulement d'augmenteri -mais m-mee de recruter les ateliers de nos Colonies ? I1 y avoit & St. Domingue feulement trols cent mille Noirs avant la derniere guerre, qui a durd cinq ans. II eft cer- tain que la mortality des Negres excede les naillances de prbs de la moitie, & ce n'eft ni la faute des Colons, ni la rigueur de la discipline des habitations, mais une fuite des fouffrances que les Negres endurent dans la traite, & de ces difettes frequentes de vivres auxquelles l'Arrt di 3o0 Aofit dernier a voulu remedier. Par leffet de cet Arret 6n a lieu d'efperer que les renaiffances de Negres ga- gneront peu A peu le niveau d eli mortality; mais les denombremens les plus furs atteftent que, dans retat prefent,11 permit chaque annde une vingtieme des Negres employes I la cul- ture, & qu'il ne natt qu'un fur quarante. La Colonie de St. Domingue a( done perdu pendant la derniere guerre plus de trente mille Negres, & tant que cette guerre a durd, les importation de Noirs ont ete fufpendues: Les Colons ont done a reparer cette perte, '& a remplacer encore le deficit annuel de dix mille Negres qui meurent de plus qu'il tnen renait, & a augmenter leur ateliers pour accroitre la culture. De tels befoins exigent au moins pendant cinq annees une importation de quarante mille noirs; & it ef vident que. nos Arma-. teurs font hors d'etat d'y fuffire. Apras cinq annees d'importations libres & confidcrables, ia population des Noirs pourra prendre enfin le niveau de la culture., les Negres, mieux nourris, mieux vetus par Ia prevoyanee des nouvelles lois, fe multiplie- ront plus aifdment, & I'on pourra enfin renon- cer pour toulours a ce Commerce cruel, dange- reux, & pnible de la traite des Noirs., qu'i eft d'ailleurs impoflible de fire durer long- temps deformais (i). (x) Cette perfpetive ne plaira peug-etre pas a no Armateurs. Un de ceux de Nantes, qui 1'ofa fiaia ob- ferver que 1Arrht du 30 Aoct eiait une loi d'humanieC, & qu'll en rdfulterait que les Negres, mieux nourris, mour- raient mo.iis & peupletaient davantagc, rcpondit froi- teii 11 a etc introduit beaucoiup de Negres p les strangers dans les Colonies, mats jamais leur concurrence n'a empeche la verite d'au- cune Icargairon franooife & il n'eft pas a craindre que' cela puiffe jamais arriver. Les Colons acheteront' a tout prix tous let Negres qu'on leur prefentera parce ,que c font les inflrumens de leur culture,: & quils regagnent par le temps ,ce qu'ils paraiffent perdre en achetant trop cher. Dans cette situation il ferait contraire aux interest de la Medtropole de prohiber' aucane :importation strangers. II fuffit de fixer une ligne de dd- mnarcation entire les uns & les autres, & de maintenir la faveur qui eft due aux nationaux, en les difpenfant d'un droit etabli fur chaqu- t*te de Negres apportie par les strangers. , N'eft-ce pas une bonne politique que d'en- courager le, Commerce & Agriculture des element: Voitl le mal, cela fera tomber le Commerce de la c6te, qui eft la richefle de nos mcilleures maifons i& f 'on avaitpenfe de m&me il y a trent an;, je g'aunispas fail fortune. Colonies, & de ddcharger ce Commerce 4es principles depenfes, de toutes les entraves, & des rifques & pertes, pourne lui laiffer qua des b4ndfices affures (r) Les Colons verraient evec plaifir deftiner les imp6ts qui feraient mis fur les importa- tions 6trangeres la reftauration de la peche, du cabotage, & du Commerce du Nord, que les gains trop grands & trop peu Idggitimes du Commerce exclufif des Iles de IAmerique, ont fait abandonner par nos Nigocians. SRetablir les branches de Commerce trop negligdes, rdgler fagement cells qui font plus produ&ives, &'en diriger les moindres rameaux auffi loin qu'ils puiffent s'dtendre entretenir par des moyens dconomiques les liens reciproques qui doivent nous attached i nos Allies, redonner I nos manufadures do nouveaux germes d'a&iviti, au negoce des Smatieres nouvelles, i la Nation des Matelots, & nos arfenaux tout ce que oe fo edpuifd leur refufe; tel eft !e tableau que prefente l'admi- niftration aduelle de notre Commerce mari- .: r) La premiere science du Commerce eft d'en dlmi. nuer les rifques. Aortimer's Elements of th/ trade,; . tine, & nos Armateurs feraient d'autant plus blamables de rdiifler .A de f fages projects, Cue lon a commence par les delivrer de tous les obfiacles don't ils avaient 'te environnds par d'anciens Riglemens. On n'a rien negligee pour affurer a leurs travauxde, juftes recom- penfes ; on ne s'oppofe qu'a abus que plufieurs d'entre eux voudraient fare d'une profeflioa tile & digne d'etre honored, FIN. |
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